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DICTIONNAIRE
DE
L ACADÉMIE FRANÇAISE.
TOME PREMIER.
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TAniS, Ull>RlMF,r.IF, DE l'Al'I. 1)1 PONT F. T (.
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DICTIONNAIRE
DE
L'ACADÉMIE FRANÇAISE,
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KEYL, CORRIGE ET AUGMENTÉ
PAK L'ACADÉMIE ELLE-MÊME.
TOME PREMIER.
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CHEZ PAUL m POINT ET C %
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
La Revolutit^n Françoise, qui dans sa marche, devoit rencontrer tous les obstacles,
devolt aussi donner dans tous les excès. Les excès dont on doit le plus gémir et
rougir, ont été des actes : mais ceux-là ont toujours été précédés par des excès dans
les 0{)ini()ns.
Durant plusieurs années, tout ce qui n'est pas entré dans la Révolution comme
instrument et comme acteur, a été regardé et traité comme contre- révolutionaire.
Il y avoit trois Académies en France, l'une consacrée aux Sciences; l'autre, aux
reclierches sur l'Antiquité ; la troisième, a la Langue Françoise et au Goût. Toutes les
trois ont été accusées d'aristocratie, et détruites comme des institutions royales,
nécessairement dévouées à la puissance de leurs fondateurs.
Il (alloit, ']c le crois, les détruire pour les recréer sous d'autres formes : il falloit
que la République eût son Institut des Arts et des Sciences, né avec sa Constitu-
tion, destiné, par son origine même, à décorer la Liberté, à la fortifier, a la propager
dans le monde comme la lumière. Mais il falloit surtout être juste et vrai; et la vérité
et la justice ordonnoient de compter les trois Académies, leurs travaux, leurs ouvrages,
leurs influences, parmi les causes qui ont le plus contribué a préparer la Révolution,
à donner à la France le génie qui devoit la conduire à la République.
L'Académie des Sciences, toujours occupée de la nature et de ses lois, devoit
nécessairement découvrir, dans les mêmes recherches, la nature de l'homme, ses
droits et les lois de l'ordre social. L'exactitude rigoureuse de la Langue des Mathé-
matiques, devenoit, pour toutes les Langues et pour toutes les connoissances humaines,
nn modèle qui apprenoit à éloigner de nous les erreurs, à rapprocher les ventes.
L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, fouillant toujours dans les rumes
de l'Antiquité, devoit y trouver, partout, les monumens, les pensées, les lois, les
sentimens de ces Républiques de la Grèce et de Rome , dont l'Histoire a été la plus
éloquente protestation du genre humain contre toutes les espèces de tyrans et de
tyrannies.
L'Académie Françoise ne sembloit appelée ni a de si grands objets, ni à de si hautes
destinées : instituée, jirotégée par des Ministres, par des Rois, dont les éloges reve-
noient incessamment dans tous ses discours, on eût dit que l'unique et servile objet
de sa fondation étoit l'art de cacher la bassesse de la flatterie sous les vains agrémens
de la parole.
Entre les trois Académies, l'Académie Françoise, cependant, est celle qui a le plus
contribué au changement de l'esprit monarchique en esprit républicain : en caressant
les Rois, c'est elle qui a le plus ébranlé le trône; ce n'étoit pas le but qu'on lui avoU
loine I. «
Vj DISCOURS
marqua, ni celui qu'elle avoit; c'est celui qu'elle a rempli; et cette influence a ëte'
l'eflet nécessaire, quoique très-imprévu, de plusieurs circonstances de son institution.
Par un statut ou par un usage, l'Académie Françoise éloit composée d'Hommes-
de-Lettres, et de ce qu'on api)eloit grands Seigneurs. Ses Membres, égaux comme
Académiciens, se regardèrent bientôt égaux comme hommes : les futiles illustrations
de la naissance, de la flivcur, des décorations, s'évanouirent dans cette égalité acadé-
mique* l'illustration réelle du talent sortit avec plus d'éclat et de solennité.
Cette espèce de démocratie littéraire étoit donc; déjà, eu petit, un exemple de la
grande démocratie politique.
L'Académie Françoise, plus que les deux autres encore, donna un autre exemple
très-contraire au régime monarchique, et qui devoit lui être très-fatal.
Les éloges publics prodigués aux Rois, n'étoient accordés qu'à eux: on eût dit que
la louange, cette dette de la foiblesse , de l'admiration et de la reconnoissance, ne
devoit jamais être payée par les Peuples qu'à la divinité et à la royauté. L'Académie
Françoise, à leur réception et a leur mort, loua pidjliquement et solennellement ses
Membres de tout ce qu'ils avoient écrit de vrai, de tout ce qu'ils avoient fait de bien ;
on entendit dans les mêmes pages , et souvent dans les mêmes lignes, l'éloge de
Fénclon et de Racine à côté de celui de Louis xiv : les talens et les vertus loués comme
la puissance , commencèrent donc à être regardés comme des grandeurs : en rappro-
chant les titres on les comparoit; en les comparant, il étoit aisé de voir quels étoient
les plus légitimes et les plus beaux.
L'Académie Françoise, dont les panégyristes ont été les sujets de tant de plaisan-
teries , ne les borna pas toujours à ses Fondateurs et à ses jVIend-)res ; elle appela tout
ce qu'il y avoit d'iiommes éloqucns dans la Nation à célébrer ses grands Hommes : le
Magistrat qui avoit rendu la justice plus pure, les lois plus impartiales entre le puis-
sant et le foibh^ ; le Guerrier qui avoit perfectionné l'art de rendre la victoire plus
éclatante en la rendant moins sanglante , l'art de triompher par le génie plus que par
la force ; le Ministi'e qui, à côté du trône , avoit travaillé pour la Nation, comme s'il
avoit reçu sa mission d'elle; Je- Poète qui, au milieu des puissantes et douces émotions
de la Scène, avoit fait servir les jouissances d'un grand Peuple aux progrès de sa
raison et de sa morale ; h; Philosophe , dont le génie avoit cherclu' les lois de l'Uni-
vers, et trouvé quelques-unes des m<'illeures règles que l'esprit humain peut suivnî
dans ses recherches : tous ceux qui, dans tous les états et dans tous les genres, avoient
servi avec éclat, avoient illustré et éclairé la Nation, reçurent ses hommages dans les
séances publiques de l'Académie Françoise; ce qui n'eut d'abord l'air que d'un con-
cours d'éloquence , devint un établissement vraiment politique et national : dans ces
discours, dont plusieurs offriront éternellement des modèles à fc'loquonee du patrio-
tisme, tout prit le ton simple et auguste de la Langue; ré[)ubliraiue ; là, le nom de
Roi étoit rarement prononcé; le nom odieux de Sujet ne l'étoit jamais. Placés par les
objets au milieu des plus grands intérêts de la Nation , les Orateurs ne voyoieui
PRELIMINAIRE. îif
qu'elle , ne parloient qu'à elle ; et comme si , par un don de prophétie accordé aux
su])liines inspirations des talcns , ils voyoient déjà la République , en adressant la
[)arole aux l'raiicois , déjà ils les apjieloient Cltoyeiis.
Ces formes rcîpublieaines valunMit à l'homas plus d'une persécution ; mais elles
naissoient , comme; toute son éloquence , de l'élévation de son âme : et s'il étoit pos-
sible de le faire taire , il ne; l'étoit pas de le faire parler autrement qu'en homme
libre , qu'en Citoyen de ce Peuple si fécond en talens , et que tous les talens appe-
loient à la jouissance de ses droits , à l'iîxercice de sa souveraineté.
Riclielieu , le vrai Fondateur de l'Académie Françoise, ne vouloit pas de maître
pour lui-même ; pour n'en pas avoir , il le devint de son Roi. Il (.ut la fierté de l'or-
gueil; il ne pouvoit pas avoir celle de l'égalité et de la vertu. S'il avoit pu assister à
l'une de ces soltumités àv. l'Académie Françoise, sans doute il eût frémi de voir son
ouvrage a ce point éloigné du but pour lequel il l'a voit créé : son but, cela est très-
probable , n'avoit rien de politique ; il n'étoit que littéraire.
Richelieu avoit la prétention de bien parler et de bien écrire: il institua l'Académie
Françoise pour veiller à la pureté de la Langue , pour en faire le Dictionnaire :
Richelieu ne songeoit à faire ni des Monarchistes , ni des Républicains ; il song(.'oit à
faire des Puristes ; et cela jirouve qu'il ne connoissoit pas plus ce que doit être un
Dictionnaire, qu'il ne savoit ce qu'est une Nation.
Pour savoir ce que doit être un Dictionnaire , il eût fallu savoir ce que sont les
Langues ; et au siècle de Richelieu, parmi les Philosophes même de toute l'Europe,
il n'y en avoit peut-être pas deux qui le soupçonnassent. Hobbes est celui qui paroit
avoir le mieux connu , a cette époque, , la nature des Langues et leurs rapports avec
la nature de l'esprit humain.
A la naissance de l'Académie Françoise , on ne croyoit , en général , un Diction-
naire destiné et utile qu'à deux choses : quand on veut apprendre une Langue
ancienne ou étrangère , à vous faire trouver , a côté l'un de l'autre , les mots équiva-
lens ou correspoudans de la Langue qu'on sait, et de la Langue qu'on étudie; et
quand on veut acquérir la certitude déparier et d'écrii'e sa propre Langue avec pureté
et élégance , à mettre sous vos yeux tous les mots de votre Langue en ordre alphabé-
tique , avec la délinition de leur valeur , de leur seTiSj avec des exemples de l'usage
qu'(m en fait dans les bons Livres et dans le beau monde.
Ce sont deux espèces de Dictiounaires.
La première espèce étoit à l'usage des Enfans et des Savans ; la seconde servoit sur-
tout aux Gens de Province , qui avoient l'ambition d'écrire et de parler comme à
Paris, et aux Puristes de tous les pays, pour terminer, par une autorité, leurs scru-
pules et leurs disputes sur l'usage des mots et des phrases de la Langue.
Depuis, les liangucs ont été considérées sous des points de vue plus philosophi-
ques ; tt les bons Dictionnaires, qui sont les archives des Langues, sont devenus des
ouvrages plus dilliciles et plus importans.
a.
vi DISCOURS
On a vu, (]('piiis, que les mots ne nous servoicnt pas seulement, comme on le
croyoit , a nous communiquer nos pensées, mais qu'ils nous etoient nécessaires pour
penser; on en a conclu qu'il ne falloit pas s'occuper seulement des usages très-divers
(ju'on en faisoit , mais de l'usage constant qu'on en devoit faire : on en a conclu qu'il
jie làlloit pas consulter le beau Icmgage du beau monde, comme une auloriië qui
décide ou tranche tout ; parce que le beau monde pense et parle souvent très-mal;
parce qu'il laisse périr les etymologies et les analogies; parce qu'il fenue les yeux aux
sillons de lumière que tracent les mots dans l(>ur passage du sens propre au sens
figure; parce qu'enfin la difFerence est extrême entre le beau langage formé des fan-
taisies du heau monde, qui sont très-bizarres, et le bon langage, composé des vrais
rapports des mots et des idées, qui ne sont jamais arbitraires : on on a conclu encore
que la vraie Langue d'un peuple éclairé n'existe rc'cllemcnt que dans la bouche et
dans les écrits de ce petit nombre de personnes qui pensent et parlent avec justesse;
qui attachent constamment les 'mêmes idées aux mêmes mots; qui, guidés par un
sentiment exquis , plus que par une érudition pénible, éclairent tous leurs discours
de toute la lumière des etymologies , des analogies, et de ces figures du langage,
de CCS tropes , qui font sortir avec éclat tous les traits et tous les contours de la
pensée.
En puisant dans ces sources, les Auteurs d'un Dictionnaire ne sont pas seulement
utiles à ceux qui n'ont d'autre ])rétention que de parler et d'écrire purement et cor-
rectement une Langue; ils le sont à la Langue elle-même; ils le sont au bon sens et à
la raison de tout un peuple.
Ces deux assertions pourront surprendre, la dernière surtout. Elles sont pourtant
d'une vérité assez simple, pour être rendues facilement évidentes, et en peu de mots.
Une Langue, comme l'esprit du Peuple qui la parle, est dans une mobilité conti -
nuclle : dans ce mouvement, qui ne peut jamais s'arrêter, elle perd des mois , elle en
acquiert. Queîc^uefois ses pertes l'enrichissent, et ses acquisitions la défigurent .-quel-
quefois ses pertes sont réi-llcmc-nt des pertes , et ce qu'elle acquiert n'est pas une
richesse : quelquefois elle se jierfectionne également par les mots qu'elle ado])te , et
par les mots qu'elle rejette. Dans le premier cas, le bien et le mal se compensent; dans
le second, il n'y a que du mal; dans le troisième , il n'y a que du bien. C'est cette
troisième din'ction qu'il faut donner aux changcmcns d'une Langue , pour que tous
ses cliangcmens soifnit ou des ])rogrès , ou des perfection nemens; et celte direction
constante, elle ne peut la recevoir que d'un Dictionnaire, fait suivant les vues et dans
le plan. dont nous avons parlé.
Un tel Dictionnaire, en effet, en même temps qu'il devient un d(']M)t de tous les
mots de la Langtu^, en fait la revm\ En déierminant les acceptions que l'usage h; pf.is
général leur a données il prononce ou il indique le jugement qu'il faut porter de cet
usage : il appreiid à distinguer les cas où l'usage a eu raison, et les cas oii il a eu tort.
De tan,t de cas parliculiers , où l'on voit la marclie de l'usage, on ne Urde i»as à
PRELIMINAIRE. v
remonter aux causes les plus générales qui tantôt ont égare l'usage, et tantôt l'ont
bien guide. L'usage, qu'on a si souvent donné comme la seule loi des Langues, verra
donc lui-même les lois qui doivent le gouverner; il ne pourra pas les voir si distinc-
tement sans les suivre; et tout un Peuple apprendra, dans un tel Dictionnaire, à
lixer sa Langue sans la borner; à la fixer, dis-je, non dans des limites qu'on ne peut
pas plus donner à la Langue d'un Peuple qu'à sa raison et à ses connoîssances, mais
dans les routes où elle pourra toujours s'avancer, en acquérant toujours de nouvelles
richesses sans en perdre jamais aucune.
L'influence , bien ])lus im])ortante , d'un bon Dictionnaire sur la raison d'un
Peuple, est, peut-être, ]ilus facile encore à démontrer.
C'est une vérité luiiverscîllement reconnue aujourd'hui; la cause la plus générale et
la plus dangereuse de nos erreurs, de nos mauvais raisonnemens , est dans l'abus
continuel que nous faisons des mots.
Cet abus lui même a sa cause, et cette cause n'est pas simple ;. il y en a deux : la
première est dans l'indétermination où chacun de nous laisse les mots en parlant et
en écrivant ; nous les prenons et nous les donnons tantôt dans un sens , tantôt dans
un autre ; la seconde est dans le défaut d'une détermination luiiverseliement conve-
nue et connue. Chaque homme qui ])arle et qui écrit, ])eut remédier à la première,
et les grands Ecrivains n'y manquent guère; ils se font une Langue qui est à eux •
elle est exacte et claire dans les ouvrages philosophiques ; elle est exacte, claire et
belle dans les ouvrages d'imagination : ils parlent toujours cette même Langue qu'ils
se sont faite : c'est pour cela qu'ils sont de grands Ecrivains. Mais ])ar la raison, pré-
cisément, que chacun d'eux se fait une Langue, les Langues que tous se font sont
difl'érentos; et c'est a cette diflcrence qu'il làut attril)uer, très-souvent, celle des opi-
nions qui les divisent : ils se croient séparés par des mondes ; ils ne le sont souvent
que par un mot dont ils ne font pas le même emploi.
Quand tous les grands Ecrivains, par une espèce de traité secret et d'alliance très-
naturelle entre le génie et le génie, s'accorderoient dans le même enq)loi des mots, ils
sont en trop petit nombre; et leur convention , très-propre à en préparer de plus
étendues, seroit bien loin encore d'être une convention nationale. C'est pourtant cet
accord, c'est cette convention de tous avec tous, qui est indispensable, pour qu'un
Peuple s'entende toujours dans la circulation de ses mots et de S3S idées; pour que ce
commerce de tous les esju'its serve aux progrès et a la richesse de tous. Il làut que
chaque mot d'une Langue, en quelque sorte, soit frappé d'une empreinte particu-
lière, «[ni marque son titre et sa valeur, comme chaque pièce de la monnoie d'un
P(U])le : il làut qu'en donnant ou en recevant un mot, on sache ce qu'on reçoit et ce
qu'on donne, comme en donnant un écu ou un louis.
Qu'est-ce qui ])eut donner a tous les mots d'une Langue cette empreinte, qui ni
fixe et qui en constate la valeur, non pour cpu'lques Écrivains seulement, mais pour
tous ceux qui parlent et qui écrivent dans celte Langue? Qui dé.llnira les mois pour
vj DISCOURS
toute une Nation, de manière que cette Nation sanctionne ces définitions en les adop-
tant , et ne s'en écarte point dans l'usage des mots?
Je reponds qu'un bon Dictionnaire peut , seul , donner à ime Nation ces lois de la
parole , plus inqiortantes, peut-être, que les lois même de l'organisation sociale ; et
qu'un Dictionnaire , pour exercer cette espèce d'autorité législative , doit être lait
par des hommes qui auront, à la fois l'autorité des lumières auprès des esprits éclai-
rés , et l'autorité de certaines distinctions littéraires auprès de la Nation entière.
Ces distinctions, les Membres de l'Académie Françoise les avoient reçues avec le
titre même d'Académicien : et s'il falloit chercher des preuves de l'espèce de puissance
littéraire que l'Académie Françoise a exercée sur la France, on en trouveroit dans les
efforts même qu'on a toujoin's faits pour contester celte puissance, pour la nier ou
pour la nniverser : il faut être très-puissant pour faire le mal dont on l'a accusée ,
comme pour faire le bien dont on l'a louée.
Mais, cette autre autorité, l'autorité plus légitime des lumières, étoit-elle dans
l'Académie et dans ses Membres ?
Une réponse absolue est ici impossible : il faut distinguer les temps; et cette dis-
tinction, au lieu d'une réponse, qui n'eut été qu'a demi vraie, nous donnera deux
réponses, entièrement vraies toutes les deux.
A sa naissance et long-temps après, l'Académie Françoise fut composée de trois
espèces d'hommes, qui avoient assez peu de rapports les uns avec les autres, et qui,
tous ensemble , n'en avoient pas beaucoup avec le travail d'un Dictionnaire.
C'étoient, en très-grand nombre, de beaux-esprits, connue Cotin, qui, n'aj^ant
point dépensées, cherchoient des tours , et en trouvoient de ridicules; et un grand
nombre d'Amateurs des Lettres plutôt que de Littérateurs , qui , n'écrivant point
eux-mêmes , se constituoicnt lecteurs et juges de tout ce cpi'on écrivoit , comme
Conrard ; et cinq a six hommes supérieurs , de ces génies éminens qui créent, pour
leur Langue et pour leur Nation, les modèles de la Poésie et de l'Éloquence; comme
les Corneille et les Bossuet.
De ces trois espèces d'Académiciens , les derniers , ces esprits créateurs, ont été,
peut-être, ceux qui ont le moins travaillé au Dictionnaire, et qui y étoient les moins
propres.
Dans leur sublime eswr, occupés a enricliir les mots de nouvelles acceptions, ils ne
povivoientraljaisscr leur génie à la recherche et a la définition des acceptions connues.
Ils étoient trop doués de ces facultés exquises de l'imagination qui analise par le sen-
timent et par le goût; et ils ne possédoient pas assez cette analise de l'entendement
qui veut remonter jusqu'aux principes même du sentiment, qui impatiente quelque-
lois le goût, alors même qu'elle l'éclairé.
Les bj-aux-esprits, ces singes inaladroits du talent et du génie, aussi dépourvus du
don de sentir que de l'art de définir, étoient trop occujjés à défigurer et à gâter
la Langue dans leurs sonnets et dans leurs sermons, pour travailler beaucoup à la
PRÉLIMINAIRE. vij
fixer dans un Dictionnaire. Us s'en mèloient \>hXf et c'est ce qu'ils faisoient de mieux
poiu- cet ouvrage.
Tout le travail du Dictionnaire ctoit donc prcsqu'cutièrement abandonne à ces
Amateurs de Lettres qui n'écrivoient rien, et qui prononcoient sur tous les écrits;
qui, tout fiers d'être Académiciens, ne mauquoient pas une séance et une discussion,
se faisoient tour à tour entre eux Directeurs et Secrétaires de l'Académie, et croyoient
diriger et faire la Langue comme ils faisoient et dirigeoicnt le Dictionnaire.
On voit qu'à cette époque, le Dictionnaire de l'Académie Françoise nepouvoit pas
être très-bon ; il ne pouvoit pas non plus être très-mauvais : il fut médiocre ; et c'est
ce qu'il pouvoit être.
Pour h faire paroitrc plus mauvais, on en publia d'autres; et il en parut meilleur.
A sa naissance même et malgré toutes ses imperfections , le Dictionnaire de l'Aca-
démie Françoise fut une autorité dans la Nation et dans la Langue , parce que l'Aca-
démie elle-même en étoit une. La critique du Cid, si supérieure à toutes les critiques
qui paroissoient dans le même temps, prouve que cette autorité n'étoit pas tout à fait
usurpée.
Cependant, au milieu des progrès de la Poésie, de l'Eloquence et de tous les Beaux-
Arts, l'esprit pliilosopliique naissoit ; il eutroit à l'Académie Françoise cacLé, tantôt
sous le nom d'un Orateur ou d'un Poète, tantôt sous celui d'un Grammairien et d'un
homme de goût : c'est cet esprit qui , seul , peut faire un bon Dictionnaire : il
aime l'étude des mots, parce qu'il ne peut se passer delà justesse des idées; et la
variété, l'importance, la richesse des points de vue, sous lesquels il envisage cette
étude qui, aux esprits frivoles, paroît puérile et sèche, la fait embrasser et cultiver
avec une sorte de passion par tous les esprits pénétrans, étendus, solides. Les Acadé-
miciens, qui n'avoient vu d'abord qu'un devoir pénible dans le travail du Dictioa-
naire, y cherchèrent bientôt , pour leur esprit et pour leur goût, des plaisirs et des
secours : les séances et les discussions se prolongèrent.
Chaque nouvelle Edition du Dictionnaire corrigea donc ce qu'il avoit d'imparfait,
et ajouta a ce qu'il avoit de bon : la dernière fut ccUe de 1762.
A cette époque, déjà depuis vingt ans h peu près, l'Académie Françoise étoit com-
posée très-cHlléremnicnt qu'à sa naissance et dans les jours qui la suivirent. Pascal,
Bossuet, Raciue, Boileau, u'avoient pas été surpassés, ni peut-être égalés ; mais ils
n'étoient que des Maîtres, et ils avoient formé des Ecoles ; les génies créateurs, les
talens sublimes, n'étoient pas plus nombreux ; le nombre étoit beaucoup plus grand
des Ecrivains qui se partageoieut avec é lat tous les genres de Littérature , et des
esprits qui cultivoient avec succès tous les genres de connoissances.
L'esprit luunain , qui avoit pu s'observer dans les Arts et dans les Sciences créés
par lui , avoit appris à s'étudier en lui-même et dans ses chefs-d'œuvrcs. De cette
étude, ('toit né cet esprit qu'on a apj)elé fes[)rit philosoj)iiique. C'étoit dans l'obser-
vation des Langues , surtout, que cet esprit philosophique avoit pris sa naissance
viij DISCOURS
et SCS kmiièrcs ; et il reversoit surtout ses lumières sur les Langues où il les avoit
puisées.
Il n'y avoit pas de Philosophe qui ne fut profond Grammairien, ni de Grammai-
rien qui ne fût grand Philosophe. Les Locke etoient des Dumarsais; les Dumarsais
e'toient des Locke.
Une analise hardie, fine et sûre, poursuivoit l'esprit dans ses plus secrètes opéra-
tions, le çoùt dans ses impressions les plus mystérieuses, etdévoiloit a l'un et à l'autre
les prodiges de la pensée et du sentiment.
En préparant des siècles nouveaux, l'esprit philosophique avoit fait renaître les
études, presque abandonnées, des beaux siècks de l'antiquité. Homère et Virgile,
dont on avoit voulu ébranler les autels, recevoient un culte plus éclairé, un culte qui
n'étoit plus celui delà superstition, mais celui d'une admiration sentie et de l'amour.
Tous ces progrès de l'esprit humain entroient dans l'Académie l'rançoise avec les
hommes auxquels la France et l'Europe en etoient redevables; et les hommes illustres
qui n'en étoient pas, y faisoient entrer encore leurs lumières.
La, les Poètes, les Orateurs, les Historiens, capables de rendre compte à chaqike
instant des règles et des principes de leur Art qu'ils avoient approfondis, étoient éga-
lement capables d'analiser, avec finesse et justesse, tous les mots et tous les procédés
de leui- instrument, de la Langue Françoise, A cette même époque où les Ecrivains
distingués descendoient dans toutes les profondeurs de leur Art et de leur Langue, ils
se répandoient davantage dans le monde : en y parlant leur Langue, ils observoient
celle qu'on y parloit: ilsobservoient l'usage dans ces sociétés brillantes de Paris et de
la Cour, d'où il dictoit des lois à toute la France.
Tels ont été les hommes qui, depuis 1762, époque de la dernière Edition du
Dictionnaire, jusqu'à la destruction de l'Académie, c'est-à-dire, pendant trente ans,
ont travaillé constamment ensemble à l'Edition que nous donnons aujourd'hui à la
France et à l'Europe.
On a nié que ce fût un avantage pour un Dictionnaire d'être composé par trente
ou quarante Coo])érateurs; on a prétondu qu'un Dictionnaire, comme tout autre
ouvrage, ne peut être très-bon, que lorsqu'il a été conçu et exécuté par un seul
homme.
Nous n'examinerons point si les hommes qui, à différentes époques, depuis Fure-
tière, ont fait de pareilles entreprises, y ont réussi : ceux qui annoncent aujourd'hui
avec tant de bruit qu'ils font seuls un Dictionnaire de toute la Langue, paroissent
croire, an moins, que la même confiance a beaucoup trompé ceux qui l'ont eue
avant eux.
Nous examinons la chose en elle-même.
Il n'y a presque pas de mots dans une Langue qui ne soit pris dans une multitude
d'acceptions différentes; d'analogie en analogie. Un mot passe d'acceptions en accep-
tions; dans les Arts qui se ressemblent le plus, il reçoit des acceptions très-variées;
i*
PRÉLIMINAIRE. ix
dans la bouche même de l'Orateur, de l'Historicu et du Poète, dcja il a des nuances
que le goût distingue beaucoup, quoiqu'elles soient légères; et les Arts les plus éloi-
gnés l'un de l'autre, des Métiers qui n'ont aucun rapport ensendjle, s'en emparent,
enfin tous les Esprits, tous lesTalens, tous les Ails, tous les Métiers, travaillent
sur chaque mot d'une Langue, avec ce mot et autour de ce mot. Dans le même mol,
il V a mille expressions; et un Dictioiuiairc n'est, bien fait, que lorsque ces mille
expressions sont saisies et rassemblées autour du mot qui en est devenu le signe.
Est-ce un seul homme, étranger nécessairement à tant d'usages du même mot, cpii
les connoîtra tous? Et n'est-il pas plus raisonnable d'attendre cette eonnoissance de
trente ou quarante hommes, dont ks études, les travaux et les talcns sont partagés
entre tous ces Arts et toutes ces Sciences; qui ont rencontré cent fois toutes ces acce])-
lions des mots dont l'origine conimune, en s'effacant de nuancée en nuance, finit sou-
vent par entièrement se perdre?
Quarante hommes, éclairés dans beaucoup de genres, peuvent être regardés, en
quelque sorte, comme les Représentans d'une Nation, chargés })ar elle de recueillir et
de sanctionner toutes les acceptions qu'elle donne à tous les mots. Ou th.- jieut ])as
supposcn" que cette espèce de mission univei'selle soit donnée à un seul homme, tou-
jours incapable de la remplir, par cela même qu'il est seul.
Cette vérité, évidente jx)ur tout le monde, frappera bien davantage een\ (jui ont
assisté a des discussions entre plusieurs personnes sur les mots et sur les acceptions
qu ils reçoivent dans une même Langue.
Chacun de ceux qui ont parlé est tenté de croire qu'il a tout vu; a l'instant où nn
autre commence a discuter , chaque parole ouvre des points de vue qu'il eiit été im-
possible h tous de soupçonner : h mesure que le nombre de ceux qui parlent s'aug-
mente, les points de vue elles acceptions augmentent aussi, et dans une progression
beaucoup plus grande , les idées que chacun entend lui en rappellent ou lui en font
naître de nouvelles : ceux qui ont une mémoire lente et paresseuse, sont étonnés de
Tactivité qu'elle reçoit d'une mémoire plus prompte et])]us étendue; des souvenirs
efTacés se réveillent; des exemples perdus se retrouvent; tous croient apprendre poui
la première fois la Ltingue que toutt; leur vie ils ont étudiée.
Si l'on réfléchit actuellement entre quels honnnes de panuUes discussions ont m
lieu long -temps au Louvre; et si l'on est juste, si l'envie et la haine ne poursuiveni
])as les Académiciens a travers les tombeaux des Académiciens, de l'Académie, et de
la Monarchie; on avouera que ee Dietionnaire, qui est le résultat de ces discussions,
doit être le seul où la Nation Françoise et les Nations de l'Europe peuvent chercher
avec confiance les usages et les lois de notre Langue.
Une autre circonstane^î unique en nivein- de ce Dictionnaire, c'est (jii ', (•oinnici)C('
a l'époque précisément où la Langue Françoise commtMiçolt elhî-niême les grands
progrès qui dévoient lui donner ses plus beaux caractères et sa perfection, il n'a jamais
été interrompu un moment; il a assisté à tous ces progrès: il ev a l<nu roi'- en y
Tome ]. 0
X DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
couvant • il a été un témoin et il est devenu, un monument fidèle de toutes ces
variations fugitives qui ne laissent aucuns souvenirs, si on ne les marque pas à l'ins-
tant même où ils se succèdent et passent; c'est qu'enfin il a été fini à l'instant où la
Monarchie finissoit elle-même; et que par cela seul, il sera pour tous les Peuples et
pour tous les siècles, la ligne inefFaçahle qui tracera et constatera, dans la même
Lanpue, les limites de la Langue Monarchique et de la Langue Républicaine,
Chez aucun autre Peuple et dans aucun autre Siècle, il n'a existé un pareil Dic-
tionnaire; il ne peut plus en exister pour les Langues de l'Europe; elles n'ont pas
reçu sansdouie, tous leurs accroissemens; mais elles ont reçu tous leurs caractères.
Des Dictionnaires pourront bien dire où ces Langues sont arrivées : mais ils ne pour-
ront plus les accompagner, en quelque sorte, dans le chemin qu'elles ont suivi ; ils ne
pourront pas les aider dans tous leurs accroissemens et dans leur formation.
Il étoit indispensable d'ajouter à ce Dictionnaire les Mots que la Révolution et la
République ont ajoute^ à la Langue. C'est ce qu'on a fait dans un Appendice. On s'est
adressé, pour ce nouveau travail, à des Horames-de-Lettres , que l'Académie Fran-
çoise auroit reçus parmises Membres, et que la Révoluliona comptés parmi ses par-
tisans les plâa éclairés. Ils ne veulent pas être nommés; leurs noms ne font rien à la
chose ; c'est leur travail qu'il faut juger, il est soumis au jugement de la France et de
l'Europe.
LOI portant que V Exemplaire du Dictionnaire de l'Académie Françoise,
chargé de Notes marginales, sera rendu public par les Libraires Smits,
Maradan et Compagnie.
DV PRFMIEK lOt'IÎ COMPLÉMENTAIRt, LAK H; DE LÀ RÉPTJBLIQI'E lliANÇOISE.
La Convkntion Nationale , après avoir entendu lej
Rapport de son Comité d'Instruction publique, décrète!
ce qui suit :
Aet. I. L'exemplaire du D'ctiounaire de ('Académie
Françoise, chargé de Notes marginales cl interlinéaires
actuellement déposé à la Bibliothèque du Comité d'ins.
ruction publique , sera remis aux Libraires Smits ,
MARADAîf et Compagnie, pour être par eux rendu public
après son entier achèvement.
AbT. n. Lesdits Libraires prendront , avec des Gens-
de- Lettres de leur choix , les arraugernens nécessaires
pour que le travail soit continué et achevé sans délai.
Art. III. LTÉdJtion sera tirée à quinze mille Exem-
plaires.
Art. IV. Il en sera prélevé . au nom de la République ,
cent Exemplaires qui seront places dans les Biblio-
thèques des Écoles centrales . et autres Bibliotb'.ques
publiques.
Art. y. Les Citoyens Smits, Maradan etCompagniA
rembourseront, s'il y a Jieu, les frais de copie qui pour-
ront avoir été faits par d'autres, pour cet objet, à la
Bibliothèque du Comité d'Instruction publique.
Art. VI. Lesdits Soumissionnaires fourniront une ga-
rantie de l'exécution de cette entreprise entre les mains
de la Commission d'Instruction publique , laquelle de-
meure chargée , et après elle le Ministre qui aura dans
ses attributions l'Instruction publique , de l'exécution
du présent Décret.
Visé parle Représentant du Peuple, Inspecteur aux Procèi-
Verbaux. Signé E^JDBADLT.
Collationné à l'original, par nous Président et Secrétaires
de la Convention Nationale. A Paris, le deuxième jour
complémentaire de 1 an troisième de ta République Fran
çoise. Signé T. Bkklieb , Président; J. Poissow et
DîKAZKv, Secrétaires.
Pour copie conforme : la Commission des Adroinistrationt
Civiles, Police et Tribunaux. Le Chargé provisoire,
ligne AciiOKT.
Eia vertu de cette Loi, et d'arrangemens particuliers pris avrc le Cit. Maradan, je suis
resté seul Éditeur de cet Ouvrage. Les Édit'ons avouées seront revêtues de ma signature.
J'espère que cette précaution ne sera pas illusoire , et que la cupidité ne me forcera pas à
Solliciter l'application de la Loi contre les Contrefacteurs.
XI)
LISTE ALPHABÉTIQUE DES ABRÉVIATIONS
EMPLOYÉES DANS CE DICTIONiN AIRE
adj. ou adjeci
ndj. des 2 g. ou adj. des 2 genr.
adject, ou adjectiv
adj. et s. 07^ adjccl. et subst. .
adv. ou advcrl)
coiij. oa C(,injoiict
fani. ou fauiil
f. ou fém. ou fémin. . . .
fig. ou figur. an fig
m. ownias. o?< inascul. .
part
plur. au pliii-
poétiq
pop. ou pojjul
prép. ou prépos
proii. ou j)roii. jMTS. . . .
prou, ou pronoiic
prov. ou proverl). o« proverbial
subst. ou snliàtant
s. f. o« s. fém. on sulisl. fl'niiii.
s. 111. ou s. masc. ou suhsl. nuise
s. f. pi. OM subst. f^in. pbir. .
s. m. pi. ow siibst. maso. plur.
s. in. et r. ou siibst. masc. et fém
V. a. ou V. act. ou verb. act
V. n. ou V. lient, ou vei
V. p. ou verb. proii.
V. r. ou verb. récip.
V. réf. ou v'.'ib. réfl.
P'. l'o;)-. . . .
■Ignific
b. lient.
adjectif.
adjectif des deux geiii'e.s.
adjectivement,
adjectif et substantif,
adverbe , adverbialeiiienl.
conjonction,
familier , faniilièremeiit.
féminin.
figurémeiil , au ligm-c.
masculin,
participe.
pluriel , au pluriel.
■'poi'li(iueint'nt.
p(.)pulaireinenl.
préposition,
pronom ])er.somiol.
jjrononcez.
proverbialenienl.
substantivement .
substantif féminin,
substantif nidMulin.
substantif féminin jjlurii;!.
.«iubslantif masculin pluriel,
âubstantil masculin cl réniiiiin.
verbe acui.
verbe neutre,
verbe pronominal,
verbe réciproque.
Tcrbe réfléchi.
Voyez.
i>
DICTIONNAIRE
DE
L'ACADÉMIE FRANÇOISE.
A.. Lettre voyelle, qui forme à elle seule un
ipol présciilant plusieurs acceptions.
A. I ettre. sui)si. maso. Premier caractère de
notre alplinbet. Dans presque tous les alp?ia-
hets lA précède le B.
Ce caractère reçoit diflerentes formes, soit
dans l'impression, soit dans l'ccriture manuelle.
L'A majuscule. Le petit a. jL'A romain. L'A
italique.
C'est un roni indcclinahle, qui ne prend
pas, comme presque tous les noms, un S au
pluriel. Ofi tcrit deux A, et non pas deux AS.
On dit communément ï)e quehju'nn qui ne
sait pas lire, cl figurénient l>e quclqu un qui
est fort ignorant, qu'ii ne sait ni ./, ni B.
On dit, l ne panse d'A , pour dire, Lî com-
mencement de la formation de la lettre -■/,
qni j dans l'écrifure ordinaire , s écrit a. El dnns
ce sens, qu»nd on a donne quelque chose à
écrire ^ quelipruB, et qu'il n'y a point encore
t'-aTaillt;, on dit proverbialement qu7i n'en a
pitj ^lit une panse d a. La môme chose se dît
Ggurémcut , pour donner h entendre qu'Un
homme qui avoit entrepris de composer quel-
uuc ouvrage, n'y a point encore travaillé. Ou
dit aussi, pour signifier qu'Un homme n*a
oulK' part à un ouvrage d'esprit qu'on lui ot-
trihuo, qu'il n'y a pas fait une panse d'à.
On dit aussi figurémenl, Depuis A jusqu'à
/. pour dire. Depuis le commeocemenl d'uuo
cLtMC jus'ju'à la fin.
Tome /.
A. Son. s. m. Le son de VA est celui qui
se prononce par le mouvement le plus natu-
rel de la bouche; aussi entre-t-il dans les pre-
miers mots que prononcent les enfans dans
toutes les Langues. l'apa^ marna.
Le son de VA, en franrois, est le même
dans tous les mots : il ne diflure que par sa du-
rée et par des nuances peu sensibles. Il est long
ou bref; long daus Piiîc, grâce; bref dans
Glace^ trace.
Dans les deux preccdenîcs acceptions, A est
un nom substantif masculin. Il n'appartient au
vcibc que comme tioisjt'me personne du pic-
sent de l'indicatif du vecbe Avoir. Il a de l'es-
prit. }l a tort. Elle a aimé.
On l'emploie eu ce st-n.. kxhus celte phrase,
qui est un gallicisme, Il y a. On dit. U y a
un homme, pour dire, Il existe un homme j
Il y a eu un temps, pour dire, Il fut un tenipE.
Dans tous les autres cas on l'on emploie le mot
^, c'est une l'articule <"t >t.diquc une multitude
de rapports, difiicile? i i'cmlr»'rft ii classer.
En certahis cai, \tt peitiiul.^ A sert îi rem-
placer te datif du latin , lorsqu'elle est mise
après un mot par lequel elle est régie, et dont
'lie détermine Tobjet : après un verbe, Ecrire
à quelqu'un ; apris un subsUuilif , Soumission
à l'autorité; après un adjectif. Attentif à la
ïeçon ; après un adverbe, Con|ûrmenien( à la
rèqle ; après une simple pn'positioo, Jusqu'à
Paris.
Dans ce sens il s'unit souvent à l'article le,
la y les, et alors il se décline en quelque sorte,
puisqu'il st? ehaiij^e en au, au lieu de à le. et
qu'il a !e pluriel aux, au lieu de à l€.<;. Obéir
au Magistrat^ à la Loi ; obéir aux Magistrats,
aux Lois.
Sous ce mêriie rapport, A s'emploie dans
plusieurs phrases elliptiques, lorsqu'un danger
ou un inlérct pressant oblige de n'exprimer
que l'idée principale, en supprimant des idées
accessoires que l'esprit supplée aisément ;
comme : Aux nrmes. A moi. À vous. Au fcu.
Au meurtre. Au secours.
A, seul, n'est jamais adverbe, comme t'ont
avancé queUmes Grammairiens; maïs il formé
une expression adverbiale, loi'squ il se joint ^
un adverbe ou à certains noms adjectifs on
substarlifs ; à un adverbe, comme, Durer à ju-
mais, venir à rien: à un adjectif, 7"o:nber a
hasy à tort ou à droit; U un substantif, Parler
à propos. Parler tète à tcte.Mal à propos. Crier
à tuv-ttte^ à pleine tête. Tirer à hrtilc-pour-
point. llaiî à mort, à la mort. Etre blessé à
mort. ^larcher à tdtons. Aller à reculons. Tro-
failler à hdtom rompus. Juger à boulcvue. Dé'
cider à la légère. Déchirer à belles dents. Trai-
ter à forfait. Battre du fr à froid. Mâcher à
vide. Mettre de l argent à intérêt. Donner à
bon compte. Vendre à l'encan.
Dans toutes les autres acceptions du mot A ,
il C4l une sintp! pn-position, qui exprime dif*
A
fc'rem apports .!e situation . de lon.p» , di' !■
de mouvement, clc. Os diverses sii^nifican
rcuVeut se réduire ."uT pn-positinns suu
lea-./lfris. Avec. Vam. En. l'ar. Pour, c
yuivant. fur. Vers.
À, dans la sigiiificalion d'.^près. Â deur
mois '.le là. À <icu.c jours de là. Hier pus à pus.
y'.rracher brin à brin. Dire mol à mol. Comy
1er son l'i sou. Manyer morct'uu à morceau.
À , dans la siKiiificalion à Avec. Travailler .i
faijuHle. Gagner ù la pointe Je lipêe. .Hier <i
voiles el à runies. DcUir à i/.-uiix el à cimcnl.
Se battre i lépêe el au pistolet. Marcher à
petit bruit, in fusil cJiar;|é à balle. Canon
chargé ci cartouche. Faire brûler à petit feu.
Vivre à peu de fiais. Ponner, prendre à toutes
mains. A petit manijer bien boire. Fromaije a
A ABA
août par, On Jiroil en le royanl. en l en-
tendant. Et toute» le» autres Sf niblalilcs façont
de parler se peuvent résoudre de iiic:iic.
Quel'iucfois aussi il s'explique par de quoi ,
el par de raison pour, l'erscr il boire. Il n a
pus à manqer. Il ne trouve pas à Iruvuiller. Il
V auroil à craindre. Trouver à redire. Il n j a
.pas à balancer. Jl n'y a pas à diffirer.
Il se joint encore à l'iufinitif des verbe»
dans divers autres sens. II s'emporta à lui dire,
! jus./u ù lui flire. il s'abaissa à le prier. S'amu-
homme à soutane, à eb.veu-r couris.' "l/arcber I ser à causer. Je suis encore i savoir II est cn-
à petits pas Courir à toutes jambes, à toult i core à venir. Je su.s ici a l attendre. C csl a
■ !„ yte. ( n Iwmmcà bons \ fiire h lui d'ordonner des fêles. Je sais, a n en
Il s^rt uu«i i ma, qucr le I.ieu. .*^e lenir à
l'enlrée du bois. H rleineure à deiu: lieues d'ici
„ vinyt lieues de là. Être à l'ecarl, à l'air;, ù
.'eiijiu'i rt.
I a tltaalion. À droite. À cjauche. A côté.
A pied. À cheval.
La l'osture, le Geste. Élre à yenoux. Dos à
dos. y ez à nez.
La Manièri' de vivre, de s'Iiabiller, de se
mettre, de marcher, da^lr, de parler, etc. Vi-
ireù la Françoise. i'Iiabillerù I Espagnole, t n
bride. S'embarquer a
procédés, in homme à systèmes, in homme à
rands mots.
La Qualité d'une chose. De l'or à vmjt-
Bouton à queue. Bdton à deiur bonis. \ q:wtre carats. Du velours à (rois poils. _
à ressort. £cuelle à oreilles. Clou à L. Quantité. Jl en a à /-oison, a saticte.
etneu-
Jeter a la
la crenie.
Couteau à ressort, bcuelle a
crochet. Chandelier ù branches. Ch.ipeau à
grands bords. Aqir i bonne intention. Trier à
mains jointes. Sauter à pieds joints. Recevoir
il bras ouverts, etc.
À, pour irions, en. i'iiTC à Taris. I-'ei
ler <1 Kome. /;c(ourner ù lu V'ille
ricière. Se promener à lu campagne. Jlcssurf
A I cpauli, à la ciin-iic.ll y v'icndra à son rang.
Etre à sa place.
k, dans la signification de Var. Cbtcnir i
f-rce de prières. On juge à sa mine. On voit i
i oir dont il s'y prend. Allei- à courbettes.
A, dans h signidcntion de Pour. Prendre i
témoin. Infiler t|uil(|ii'un à diner. l ni- /Ile i
marier, .'.voir q
'i'dliey
ucl ;ue cliose ù bon iiiurcbé. '/ e-
nir i honneur. Tenir à injure. On eut bien di
la peine à lui f.ire entendre, l ne selle à (oui
chevaux, in cor.le à dormir debout. J- trcr li
jamais.
À, 5'elon. suivanl. I n liabil à la mode.
Biitir n la man ère d Italie, rivre à sa fmtai-
«ie. Cela n'est pas ù son godt. .i ce que je vois.
A ce que vous dites. Il fiut donc à vutri
compte, à votre avis.
À, dans la signification de iur. .IJonler à
cheval. Mettre pied à terre. A peine de la v<c.
Vn oiseau qui se bat à la perche.
À, dans la siguilicalion de Vers. .1 lire à sa
fui. Venes à rooi.
À, entre deux noms de nombre, signifie
L'nlic ou eni-iron. Ainsi on dit, Cn fcommc de
quarante à cinquante ans, pour dire, Un
homme dont 1 .'ifie est entre qu-rente et cin-
■lua.ile ans, ou dont l'âge eM d'environ qua-
rante OTi cinquant'^ ans ; i ne troupe de sept à
huit cents hommes, pour dire. Une troupe
dhommes d. ut le nombre est entre sept el huit
cenis. ou une troupe d''nviron sept ou huit
cents homme»; Il y avci't siu: ù srpl fmmcs
dans cette assemblée, pour dire . Il jf avoit en-
viron »ix i sept femme».
À, sert aussi à marquer le temps. ■' c lever a
six heures. Diner à midi. On l attend à toute
keuie, (1 tout moment, devenir à heure indue.
A la fin du mois. A jour préfiur. .i l'arrivée du
courrier. A perpétuité. A l'uccnii-. Il y pa
viflu.fra à la longue.
poial douter, que. ..C'est i vous à parler.C'csi
à lui de décider.C'est à savoir s'il le -iioudru. Il
n'y a rien à qaqner avec lui, etc.
À, s'emploie aussi dans les phrases suivan-
tes, et dans une infinité d'autres, qui seront
expliquées chacune en son lieu. //rriKcr ù bord.
Se résoudre à tout. Mettre à l'air. .AJelIrc à la
voile, y/ppliijuer à la question. Crier à laide.
Attacher à la muraille. .-iKelcr à la charrue.
Coucher à la belle étoile. Jouer à la paume,
louer à quitte ou dcuble. Valet à gages. Ten-
sion à vie. Ils se prosternèrent à ses genoux.
Ils tombèrent à ses pieds. Se tourner à bien, à
mal. Se mettre à 1 élude. Jllcr à l'armée, à
Home, à r£glise. 'Voyons à gui l'aura.
On VI rra les différens sens de ces phrase» ,
tl de celles de» articles précédens, aux mot»
ilout elles sont composées.
À, lorsqu'il procnde l'article masrulin. sui»i
j'un mol <;ui commence par une consonne,
devient A-:. V. Ad.
ABA
ABAISSE, s. f. l>ite qui fait la croiMe de
dessous dans plusieurs pièces de pâtisserie.
ABAISSEMENT, s. m. Oiniinution de hau-
teur. L'abaiïsemcnl des catLX. L abaissement
d un mur. L'abaissement du mercure dans U
baromètre.
On dit. L'abaissement de la l'oix, par op-
position .'i féléi-iltion de la roix.
Il est plus en usage au ligure. .-(bniJ'emeMl
ou le mauvais iraileme.U qu un homme, .[u'uue i de fortune. .iba,ssem,nt de courage.
chose mérite, t 'esl un a.is à suivre. C'est un. Quelquefois il si-nifie Hum.l.at.ou vol.-.n-
parlie à remelire. C esl une alfa Ire à accommo- \ taire , ou l'état dans lequel on se met qu.and on
der C'est une occasion à ne yas laisser échup. 1 s'abaisse volontairement. .<e tenir dans 1 «bais-
per C'.-st un ch»al à garder. C'est un homme sèment devant l:,eu. t n par H t ' r, lien rfo.l
i récompenser. Il en est plus <i craindre. Il n'en j se plaire dans l abaissement
est que plus à estimer. C'est un hommeà noyer.
C'est un homme à nasardes. C'est un livre,
non-seulement à lire, mais n retenir par cœur.
Ce qui peut aniver d'une chose, à quoi elle
peut servir, et de quoi une persoune est capa
Le Prix et la Valeur d'une chose. Pu vin i
-jinqt sous, à trente sous la pinle. Du drop i
i'ingl francs l'aune.
La .Mesure ou le Poids dont on se sert peut
la débiter, ''l'endre du vin à la pinte. Vendrl
du drap à l'aune. Vendre de la viande à II
livre.
À, s'emploie aussi four désigner La Caus» |
mouvante, le mojen qui L.it ■<',:,ir. 3Ioulin «
vent. IHoulin à eau. Moulin à bras. Anne i
f,u.
Le Jloiif qui fait agir, il lu dit i bonne in-
!enlion. Il ne l'a pas fit ù mauvais dessein.
i.'lLlM et la Disposiiion d'une eliosc. Da
(iuils 11 garder. Des fleurs à cueillir.
L'Usage auquel une chose est propre. Terre
i froment. Moulin à blé. Moulin à poudre.
,1/ouliii ù papier. Mouchoir à moucher. Bassii
i laver les mains, l'assin à barbe, l'cis à bril-
ler. Pois li flire du merrain.
Ce qu'une chose est propre ou destinée i
toiiteoir. ( nclui à peignes-, une boite à moucha,
la boiiliille à 1 encre, un pot à l'eau, pour dire,
Uu étui U mettre des peignes, une boite Ji met-
Ire des mouihis, une bouteille > mettre d«
l'encre, un pot à mctlre de l'eau.
Ce qu'il esl convenable de faire, et I.^• bon
ble. C'csl une afuire à vous perdre. C'est un
procès li ne jamais fnir. C'est une entreprise à
vous flire honneur. C'est un homme à réussir
dans tout ce gu'il entreprendra. Il esl liomme
à se ficher, à vous jouer d'un mauvais lour.
À , joint avec un verbe .'i rinlinitif, s'explique
- * .luelquefois par le gérondif du même verbe.
n se prend aussi pour Humiliation forcée,
pour l'état de bassesse où l'on est mis malgré
loi. C'est un «.sprit a!i:er, qu'il f'iut tenir dar.s
l'abaissemerrt.
AB.MSSER.v. a. Faire aller eu bas. /i baisser
un slore. .-(baisser une lanterne.
\\ signifié quelquefois, Diminuer de la hau-
teur, /^baisser une muraille. .Ibaisser une table.
On dit, //baisser la voix, abaisser le ton de la
voix , pour dire , Parler plus bas.
On dit en Céoinélrie , Abaisstr une pcrpeii-
dic-ulairc, pour dire. Mener une perpendiculaire
Aiori. On diroil à le voir, à l'entendre, K n-v i une ligne, d'un point p.is hors de cette l.;ne.
A B A
Il se prcnti aussi pour, Déprimer, liuiTîi!i(!r,
rnvaler. ^ieu aluùsse les superbes. Home tihniss,:
l ortjueil ilc Caithage.
S'ADAissEn, avi'c le pronom pcrsonm'I. lors
«|u'il est joint à la particule À, sigiiiiîe, S'avilir
se deTader. S'ulnusser à des c}ioses iniii(pies tL
soi. Lorsqu'il esl joint k la préposilion l)ci'aTit .
il signifie. S'humilier. S'abaisser devant la Ma-
ji'sfe de l'Être suprême.
Abaissé, éf. participe. Il se dit eu lemiea
lie Blason, de lotîtes les piices plact^cs dniis
lecu nu-dessous de leur situation nnlinnire, ei
particulièrement du vol des oiseaux, lorsqui-
rp^trémité de leurs ailes est inclinée vers lu
jioiutc de l'cru. Vol abaissé,
ABAISSICUR. adj. Ternie d'Anntomie. Nom
(pu se donne à diffûrens musc!?t, dont la fonc-
tion est d'ahiiisser les parties uuxquelles ils sont
attaches. Muscle abaisseur. \\ se prend aussi
sulisiantivenienl. L abalsseur de l'œil.
ABANDON, s. i!i. État où est une persom;e,
une cliose aIi;tndonnee. il est dans un abandoJt
qcîtéral. Il est dans l'abandon de Dieu, dans
l'abandon de tous ses amis.
Abandon, se dit aassi en parlant Des dis-
cours, des ouvrages, des manières, etc. d Unu
sorte d'aboiidaiiCR i.icile, de négligence aimable,
qui exclut toute recherche, toute affectation. Il
y a dans cette partie de son discours un heU'
rcux abandon. Elle a dans ses manières un
abandon séduisant.
Il se dit aussi pour Résignation. In parfait
abandon à la volonté de Dieu; et aussi pour
L'oubli de soi-même, ^'e laisser aller à l'abun-
Jon;w»ainiafc/ea6an(/oM; et généralement pour.
Renoncement, oubli. L'abandon de tous soin^.
Cet abandon de vous-même nous désole.
Au Palnis, Abandot* se dit pour Délaisse-
meRt. Il a fiit l'abandon de sa Terre.
A l'abandos, manière de parler adverbiale.
Aller à l'abandon. Laisser à l'abandon, i out
est à l'abandon.
ABANDOISNRMENT. s. m. nélaissemcnt
entier. Il se dît *^galement et De la p^TSonne qui
abandonne, et de la chose abandonnce. Il est à
plaindre dans l'abandonnement où il est de
tous ses parens et de tous ses amis. Il a fait un
u5an<ionnement qénéral de tous ses htens.
Abasdosnemest, mis sans ré;;iine, signifie,
Dérèglement excessif dan-» la conduite, dans les
Biceurs; Prostilution. Abandonnemcnt infime,
'i'ïVrc dans l'abandonnement ^ dans le dernier
abandonnement.
ABANDON^F.R. v. a. Quitter, délaisser en-
titTcment. Le% nens de guerre l'ont contraint
d'abandonner sa maison. Il a abandonne le
pfiys. Abandonner sa fmme et ses enfin$.
Dieu n'abandonne pas les siens, i'ous m'avez
abandonne dans le besoin ^ au besoin. Aban-
donner la poursuite d'une aU'iiire. .abandonner
une cause.
Un dit quTn fièrtr a abandonné son fls^
qu'il la endèremcnl abandonné y pour dire,
qu'il ne prend plus aucun soin de lui, qu'il ne
s'en mri plus en peine.
Un dit, Abandonner une succession^ ahan-
ABA
ABA
donner ses prétentions ., pour dire, \ rciioncct ABAOUE. s. m.Termed'Architecture.'î'oy.
entièrement. TAiLi.oin
On dit que LesMédecins ont abandonné un - .ABASOURDIR, v. a. Étourdir, consterner,
malade y pour dire, qu'Us ont cessr de L* voir
ou qu'ils ne lui ordonnent plus rien, parc;
qu'ils désespèrent de st guérison.
Adandosneu, sii^nifie aussi, Laisser en proie,
exposer, livrer; et il est toujours suivi de l.i
préposition à. Abandonner une ville au pil-
la
l'abandonner à la fureur des soldat';.
Abandonner un vaisseau à l'ornjjc, au t'enf.
Ahandonmr à la merci de^ etc. ù la disposition
de, etc. Ahaiidonner (jueltpi'un à son carac'
tère, ù SCS pcnchans, à son mauvais sort.
On dit. Abandonner son cheval, pour dire,
Le laisser aller coamie il veut.
On ilit, Abandonner un Ecclésiastitfuc au
bras séculier, pour dire, Le renvoyer au Jug';
laïque, afin qu'il le punisse sr.\oQ les lois; et
proverbialement et Iigurém-;nl, en parlant De
i|uelque chose à boire ou à manger, qu'on veni
bien laisstr aux domestiques, on dit, qu7/ fnui
l'abandonner au bras sernlier.
Ou dit d:ins le langage de ri-Icrilure, qu-;
Dieu abandonne souvent les tnéchans à leur
sens réprouvé^ pour dire, qu'il les laisse s'en-
durcir dans leur péché.
On dit aussi, Abandonner nue chose, une
personne à niteUiu'un ., pour dire, Lui permet-
tre d'en faire, d'en dir:- ce qu'il lui plaira, lui
en laisser l'entière disposition, .ibandonncr tout
ses biens à ses créanciers. Vous vousphiigTiez dt
cet homme ^ je vous l'abandonne. On dit aussi .
iju'i ri père a abandonné son fis y le soin di
i:on fU à la conduite de cjuelqu'un y pour dire,
iju'U en a charge quelqu'un sur qui il s'en re-
pose.
On emploie aussi ce verbe sans réf^iœe indi-
rect. .Son père l'abandonne, pour dire, qu'il un
veut plus prendre soin de lui. Dieu l'a aban-
donné. ?tIon couraqe -m'abandonne.
S'abanuonseo. v. réfl. Se laisser aller, se li-
MYT à quelque chose, à quelqu'un, sans au-
L'tiue tCtenue, sons aucune réserve. .S'abant/on-
ner a la débauche, auvice. S'abandonner à sel
liassions. S'abandonner aiuc f-mnies. S'aban*
donner à la douleur , à la tri.tesse, aux pleurs.
\' abandonner à la joie. Je m'ahundonne i
TOUS.
On dit, S'abandonner à la Providence,
pour. Se remettre entièi-cment entre les mains
i.e la Providence; et, 5'jbûn(îonner à la fr-
tune, pour, Laiss<*r aller les choses au hasard.
Et d'une fctnme qui se proplitue, on dit,
que C'est une ftmme qui s'abandonne à tout U
monde. En ce sens, il se dit aussi .ibsoîumenL
[.es mauvais exemples d une mère portent quel-
nuef'is une file à s'abandonner.
Abamwnsé, ée. participe. On dit C'est un
enfint abandonné j pour désigner Un enfant
qui se trouve sans secours , loin de ses parens.
Il est aussi substantif , et alors il se dit d'Un
homme perdu de liln-rtinaf^e et de débauche, el
(l'Uue femme qui se prostitue. C'est un aban-
donné, c'est une abandonnée. IJ est plus en
uMgc en pftrtant des femmes.
accabler. Il a ete abasourdi du coup. Cette nou-
ui'I/e l'a abasourdi. Il est du style familier.
AoAsounDi, lE. participe.
ABATAOE, s. m. sij^nifie entre Marchands
de bois, la peine et les frais pour abattre les
bois qui sont sur pied. C'est à l'acheteur de
payer l'abataqe.
ABAIWRDIR. v. a. Faire déchoir rinc chose
de son état naturel, la faire dégénérer, laltérer.
Il ne .se dit qu'au figuré. La lonque servitude
abôtardit le couraqe.
S'AB.KTAnmn. v, rcfl. Les jeunes qens s'abâ-
tardissent dans l'oisiveté, dans les délices. Ce
^dant de vigne s est abâtardi.
AsÂrAnni, ie. participe. Le crenr abâtardi,
( e couraqe ab.'ttardi.
AB.A'IAROISSEMKNT. s. m. Altération
i'une chose, dccliet, diminution. J/abiitardis'
\ement du courage. L' abâtardissement du plant
fait que le vin devient mauvais.
ABAT-JOUR. s. m. Sorte de fenôire dont
l'appui est en talus, afin que le jour qui vient
d'en haut se communique plus facilement
dans le lieu où elle est pratiquée. Les Mar^
vhands ont des abat-jours dans leurs maqasins
pour fiire paraître leurs marchandises plus
bel/es. OrdinaiVemerU les fnêlrcs des Eglises
sont taillées en abat-jour,
A BATIS, s. m Quantité de choses abattues,
telles que bois, arbres, pierres, maisons. Les
tnnemis embarrassèrent les chemins par dt
grands ahatis d'arbres. Cette rue esl bouchée
var un ahatis de maisons.
On dit aussi, l'aire un ahatis, un grand
abutis de gibier, pour dire, En tuer beaucoup.
On appelle aussi Ahatis^ les pieds, la lète ,
le cou, les ailerons, etc. des volailles. . 'es nba-
\'is de dindon, etc.
Abatis. Lieu où les bouchers tuent le bé-
tail.
ABATTEMENT, s m. Afloiblissement, di-
minution de forces ou de courai^e. Ce maladie
tsl bien mal, je le Irouv'e dans un grand abat-
tement. Cette mauvaise nouvelle l a m:s dans
un étrange abattement.
ABATTi:UR. s. m. Çui abat. Il ne se dit
t;uère absolument. Ce bûcheron est un grand
abattcur de bois. En parlant d'Un homme fort
adroit au jeu de <pnlles, on dit.Osl un grand
abatteur de quilles. Il se dit au figuré en par-
tant d'Un homme qui a fait de grandes choses
en quelque genre que ce soit : mais plus ordi
nairement et par ironie, on le dit d'Un homme
qui se vante d'avoir fait ce qu'il n"a pas laÎL II
est familier.
AB.\TTRK. T. a. ( U se conjugue comme
Ba!(re.} Mettre à bas, renverser par terre, faire
tomber. Abattre des nnii-çons, des murailles.
Abattre des arbres. Abattre par le pied. Les
grandi vents a^nittirent bien des chênes dans lu
f^rêt. Ils ont abattu nos fruits. Il a abattu son
bois de haute fitaie.Illepril rudement au -"oU
Ut y et labuttii tous lui. On lui a abattu la têU
I.
4 AliB
il dessus les épaules. Il lui abattit le bras <lun
couv lie sabre. Ce chasseur est adroit, il abat
bien du gibier. Ce cheval est fougueux, on est
contraint de l'abattre pour le ferrer. Ces mois-
sonneurs abattent tant d arpens de blé en un
jour. Abattre des (juilles.
Abattiie, signitic figurL-ment Afloililir," di-
minuer, abaisser, fuire perdre les forces, le
courage, t ne pèvre continue abat bien un
homme. Cette maladie a bien abattu ses forces.
Cette perte lui a abattu le cmiraijc, a abattu sa
ferlé. Ces deux Maisons, ces Jcii.c Puissances
sont ennemies, elles font leurs cjf'rls pour s'a-
battre l une l'autre. La moindre a[]iiction
l'abat.
On dit au jeu de Trictrac, .-Uiatlre du bois,
pour dire, Jouir beaucoup de diiincs de la pile,
afin de caser plus aisiincnt. On le dit aussi au
jeu de quilles, pour, Ahallre bien des quilles.
On dit aussi Ggurcmeot et familièrement,
Abattre bien du tois, pour, Expédier beaucouil
d'affaires en peu de temps. On dit de même,
Abattre de la besogne.
On dit proverbialement, que Pelile pluil
abat grand vent, poiu- , qu'Une petite pluil
fait cesser un grand vent. Et on le dit li;;ure-
ment, pour, que Peu de cl:ose calme uni
grande colère, fait cesser un grand ressenti.
menu
Abattue, s'emploie avec le pronom person^
ncl. On dit qu'i ii cheval s'abat, pour dire.
Que les pieds lui manquent, et qu'il tomlx
tout d'uu coup. En galopant, son c/iei'iil s'est
fibatlu sous lui. Le terrain est glissant, si vous
poussée votre cheval, il s'abattra. Et on dit
d'Un oiseau de proie, qu'il s'aïwt sur sa proie,
pour dire , qu'il fond dessus. On dit aussi : Une
'volée de pigeons .%'ubattit sur mon champ. Un
orage terrible va s'abattre sur nous, pour.
Foudre sur nous. Ou dit encore, que Le vent
s'abat, qu'il est abattu, pour dire, qu'il s'a-
paise, qu'il est apaisé.
Abattu , le. participe.
ABATTURES. s f. pi. Terme de Chasse.
Foulures qu'un cerf laisse dans les broussaillci
où il a passe.
ABAT- VENT. s. m. Charpente couvert»
d'ardoises ou de tuiles, et qui garantit du ven)
et de la pluie les ouvertures d'une maison,
d'un clocher.
A BB
ABBATI.'.L, ALE. adj. Appartenant à
l'AblK- ou il l'Alibesse. l'alais Abbatial. Mai-
son Abbatiale. Les droits .'ibbatiaux. Fonction^
Abbatiales, lignite Abbatiale. Mente Abba-
tiale.
AUBAVE. ». f. (On prononce Abéie.) Mo-
nastère d'Hommes, qui a pour Supérieur un
Abbé; ou de Filles, qui a pour .Supérieure une
Abbeskc. Abbaye Royale, ou de Fondation
Iloyale. Abbaye en licgle. Abbaye en Com-
mefi^fl. Abbaye sécularisée. Une Abbaye fort
riche. Le lioi lui a donné une Abbaye. Abbaye
de l'Ordre de ,S. l'cnoit, de l Ordre de Ci-
tenujc, de lOrdie de rrânotrlié.
. I
ABC
Il se prciwl quelquefois pour Les seuls bôli-
niens du Monastère. ( ne Abbaye bien batte.
Une Abbaye (jui tombe en ruine.
On dit proverbialement et fi^urenient, Pour
un Moine l'Abbaye ne faut pas^ i>our. Que
(juund plusieurs personnes ont fait quelque
partie ensemble, et que quelqu'une d'entre
elles manque à s'y trouver, ou ne laisse pas de
faire ce qui uvoit été résolu.
AlïIÎÉ. s. m. Celui qui possède une Aljbaye.
Abbé de l'Ordre de S. Be'ioit. Ahhê réanlier.
Abbé croisé et mitre. Êiirc un Abbé. />é;rtr
un Abbé. Abhé triennal. Abbé Commcndatairc.
On dit fi;;urcment et proverbialement , que
7'our un Moine on ne laisse yas de faire un
Abhé, pour dire, qu'Encore qu'un hnu.ine
manque k une assembltîe, à une partie de di-
vertissement où il dcFToit être, on ne laisse
pas de délibérer sans lui, ou de faire ce qu'on
nvoit résolu.
Quand quelqu'un n'est pas encore venu
pour mander, et que néanmoins on se met tou-
jours à table, on dit proverbialement et figu-
rément, On l'attend comme les Moines fnii
lAbbé.
On dit proverbialement el figurémeut, Li
Moine répond comme l'Ahhé chante, pour.
Ordinairement les Inférieurs se coufornient
aux Supérieurs.
Ou dit aussi, Jouer à l'Ahhé, pour, Jouer à
une sorte de jeu, où l'on est oblif^é de iairc
lout ce que fait celui qu'on a pris pour être ie
conducteur du jeu, cl auquel on donne alors le
nom d'Abbé,
On appelle communément Abbé,, tout homme
qui porte un habit ecclésiastique, quoiqu'il n'ait
point d'Abbaye.
AUIifclSSK. s. f. Supérieure ti'un Monastère
lie Filles, qui a droit de porter la crosse, Ab-
hessc triennale. Abhesse perpétuelle. Nommer,
ilirc, bénir une Abbesse.
ABC
ÂBC. (On prononce Abécê.) s. m. Petit Li-
vrer contenant l'Alphabet et la combinaison
des lettres pour apprendre à lire aux enfans.
Acheter un A h c pour un enftnt.
Il signifie fii^urément^ Le commencement
d'un art, d'une science, d'une affaire. Ce nesl
là que VA b c des Mathématiques.
On dit proverbialement et fij^urtrment, Ren-
voyer quelqu'un à l'A b c, pour, Le traiter d'i-
gnorant; Remettre quelqu'un à lA b c, pour,
L'obliger i recommencer tout de nouveau.
ABCÉDER. v. n. Terme de Chirurgie. Se
tourner en abcès. Celte tumeur ahcédera.
ABCÈS, s. m. Apostume. Amas d'humeurs
corrompue» qui se fixent On quelque partie du
corps, et qui y forment une tumeur. Abcès dan-
{jercu^v. Abcès au poumon. Abcès nu foie. Vider
un abcès. L'abcès a crevé. Il y a danger qu'il
lie se forme uji abcès.
ABE
ABD
ABDALAS. s. m. pi. Nom général que le»
Persans donnent aux Religieux; ce que les
Turcs appellent Derviches, et ce que les Chré-
tiens nomment Moines.
ABDICATlOiy. s. f. Action par laquelle on
renonce volontairement li une dignité souve-
raine dont on est revêtu. Il se dit en parlant De
celui qui abdique, et d&-la chose abdi(jucc.
L'abdication de Diciclétien. L'abdication de
Charlcs-Quint. L'abdication de l'/'-mpirc, etc.
ACDIQUEIÏ. v. a. Abandonner la possession
d un Ktat, d'une Dignité souveraine, et y re-
noncer entièrement. Abdiquer la Royautt. Ab-
diquer la Couronne. Abdiquer l'Empire.
Il se dit aussi en parlant Des Magistrats des
anciens Romains. Abdiquer la Dictature. Abdi-
quer le Consulat. Abdiquer les honneurs.
Par extension, il se dit Des principaux em-
plois et des places éminentcs. Ce Général d'Or-
dre a abdiqué.
Il se met aussi absolument. Ce Prince a ab-
diqué, on l'a forcé d'abdiqUer.
Abdiqué, ée. participe.
ABDOMEN, s. m. (On fait sentir l'N.) Mot
purement Latin, que les Anatomisles ont trans-
porté dans notre Langue, pour signifier Le Las-
ventre. Les muscles de V Abdomen.
AlîDOMLNAL, ALE. adj. Qui appaitient au
has-venire ou à l'abdomen. Les artères abdo-
minales.
ABDUCTEUR, adj. Tei-me d*Anaiomie. Nom
qui se donne à différens muscles, dont la fonc-
tion est de mouvoir en dehors les parties aux-
quelles ils sont attachés, ,1/usc/e abducteur.
Il se prend aussi substantivement. L'abduc-
teur de Vœil.
ABDUCTION, s. f. Tenne de Logique. Ma-
nière d'argumenter, par laquelle, en accordant
la majeure d'un syllogisme, on exige les pa-u-
ves de la mineure, pour déterminer la consé-
quence.
ÂBE
ABÉCÉDAIRE, adj. C'cit l'ordre des lettres
Ruivant l'alphabet françois. Ordre abécédaire.
ABECQUER ou ABÉQUER. v. a. Donner
la bec'juéc à im jeune oi.seau. Il est familier.
ABÉE. s. f. Ouverture par laquelle coule
l'eau qui fait moudre un moulin. Il se dit par
corruption pour Baie. Voyez Baje.
ABEILLE, s. f. Mouche à miel. Abeilles d(v
rées. Essaim d'abeilles. Une ruche d'abeilles.
Leà abeilles volent sur les jlcurs. L'ainuillon
des abeilles.
ABERRATION, s. f. ( On prononce los R.)
Terme d'Astmnomie. Mouvement apparent et
fort petit qu'on observe dans les étoiles, et (^ue
les AsLïonomcs attribuent au inouvciiicnt de la
lumière combiné avec le mouvement de la terre.
L'aberration des Fixes.
On ap|H'lIe en Optique, Aberration, Les-
pacc qu'occupent autour d'uu foyer d'un verre
ABI
on J'uii miroir, les rayons '[iii n'y sont pas
exactement reutiis.
AliÉTlR. V. 3. Rendre stupide. Vvus abeli-
m cet enfuit. Il est aussi nciilrc. /I nhrtit tous
les jours, 11 devient béte. Il est familier.
Adéti, ie. participe. I enrUi bcle. Devenu
béte.
ABU
AB HOC ET AB IIAC. Mots emprmités du
Latin, dont on ne se sert tjue dans le style fa-
milier. Confusément, Siins ordre, sans raison.
71 ne sait ce qu'il dit, il en pnrle, il en rai-
sonne ah hoc et ah hac.
ABHORRER, v. a. (On prononce les deux
R. ) Avoir en liorreur. Les honnêtes Çjens
abhorrent les pipons. L'Ecjlise abhorre le
Kinj.
ABHonnÉjÉE. participe. Le tyran est abhorr»
lie ses sujets.
A E I
ABIGÉAT. s. m. Vol de tronpeauT.
ABÎME, s. m. (JoufTre trrs-profond. llorri-
ble abîme, effroyable abîme. l'ar un (remble-
ment de terre, il s'est fuit là un abîme. Ai
nous baignez pas en tel endroit de la rivière, il
y a un abîme. Il est tombé dans un abîme.
Abîme, dajis le langage de l'I'criture, signi-
fie qucUiuefois l'Enfer. Les Anges rebelles on\
été précipités dans l'ahlme. Les puits de l'a-
Urne.
On dit figuremciit, In abtme de malheur,
un ui'îine de nincre, pour dir,', Un c.xlitl'iiit:
malheur, une extn^me misère, //est tombé Har.s
un abîme de malheur, dans un abîme de misère.
.•\BiME, se dit aussi fii^uremerit. Des choses
qui engagent à une excessive dépense, et fjiii
sont capables de ruiner. Le je», les procès, le\
hdtimens sont des abîmes.
Il se dit aussi figurément Des choses qui
sont impcne'trables à la raison. La divisibilité
de la matière à l'infni est un abîme pour l'es-
prit humain.
Il se dit aussi fi^^urémenl l>es sciences diffi-
ciles, et qui demandent une très-grande étude<
La Métaphysique est un ttbtme.
Ou dit familièrement et populairement
d'Un mots qui consume une grande quantité
de sucre ou d'autre chose. C'est un ahîme de
sucre ^ etc
Il se dit encore particulièrement Des secrets
et des jugemens de Dieu. Les ah'tmes de la sa-
gesse, de la miséricorde de llieu.
On dit d Un Itomme très -savant, que C'est
un abîme de science.
.\BiME. se dit en ternies de Blason, Du mi-
lieu de l'ccu; et il n'est d'usat;e qu'eu cette
phrase, Un atîme. Ainsi on dit d'Une pièce
qui est posée au milieu di- l'écu sans être char;;ée
d'aucune autre pièce, et sans toucher ù aucune
•lUlre pièci; de l'écu, qu'elle est en abîme. Il
porte d'azur à une jîcur de lis d'or en abîme.
ABIMKR. V. a. Uenvcrser, pnicipitcr dans
un abîme. Les cmtj Villes que Dieu abima.
Il lignifie iigurémcnt, Perdre, ruiner entiè-
ABI
remeiit. Cet homme est puissant et vindicatif,
il vous abîmera. Cette affuire Va ahhné. Ha /
dépenses excessives Vont ahUnê. Prenez (jarde
à cette porte qu'on î'icnt de peindre, elle abî-
mera votre habit.
ÀBÎMF.n. V. u. TonilnM- dans un abînir. Cette
Ville ahima en une nuit.
Il si!;nifie figurL-nient, Périr. C'est un mé-
chant homme, il abîmera avec tout son bien.
Toute sa fortune abîmera quelque jour.
AuÎMEn, so ilit anssi au fij;un; avec le pro-
nom persnnïiel; et alors il sif^nlfie, S'abandon-
ner tellement ix quelque cliose, qu'on ne son^e
b aucune aijtre. .S''(*bimer dans ses pensées. S'a-
bîmer dans la contemplation de:; merveilles de
Dieu. S'abîmer âans l'étude. S'abîmer dans sa
douleur. S'abîmer dans la débauche. S'abîmer
dans les plaisirs.
Il signifie aussi, Se ruiner, se perdre.!/ s'est
abîmé var son lujce, par ses débauches.
Abîmé, ée. participe, (ne Ville abîmée par
un tremblement de terre. Vn homme abîmé
dans la mer. On dit figurcmcnt : Vne f-mme
abîmée dans sa douletir. In homme abîmé de
dettes. Ce meuble est abîmé de taches.
AB INTESTAT. Voyes Intestat.
AB IRATO. Locution latine qui sî;;nifie,
Par un homme en colère. Il se dit d'Un testa-
ment fait dans cette disposition. Testament ah
irato. Les Lois !c condamnent.
ÂBJ
AP.IKCT, ECTE. adj. (Ou prononce le C
PU K.) Méprisable, bas, vil, dont on ne lait nulle
islimo. { n homme vil et abject, i n esprit ab-
ject, l ne créature abjecte, l ne physionomie
abjecte. Pes emplois ^ des usuçjes vils et abjects.
Des sentimens abjects.
AliJECTK^N. s. f. Abaissement, état de
mrpiis où est une personne. Il est tombé dans
une telle abjection, que.... Vivre dans l'abjec-
tion. Il signifie aussi. Bassesse méprisable. L'ab-
jection de ses sentiuiens et de ses mnurs.
Il signifie aussi Rebut, en cette phrase dt
l'Écriture -Sainte, L'opprobre des hommes,, et
I (d'jection du peuple.
ABJURATION, s. f. Action par laquelle ou
renonce à une fausse Rclij'îon. Il se dit en par-
lant De celui qui abnir^*, el de la cljrro qu'il
abjure. Abjuration publique , solcnnelU. îl fi'
son abjuration entre les mainc de l'Evêque.
Abjuration de l hérésie. Hecevcir Vahy^ratiou
de quelqu'un. Depuis son abjuration.
ABIUKER. V. a. Renoncer à une fausse Re-
ligion, ou à une mauvaise Doctrine, par sermcul
et acte public. Abjurer son erreur. Abjurer le
Judaïsme.
On le met quelquefois absolument. Il a ab-
juré dans lEqlise dt ^otre I^ame. Depuis ou i'
eut abjuré entre les mains d'un tel Evéque,
Il s'emploie aus<â figurément, pour dire sim-
plement, Renoncer à. jlhjurer une opinion, un
sentiment. Il a abjuré Arislote, Dcscurïcs,poui-,
II a abjuré la Doctrine rl'Arislole, de De«CQrtcs.
Aajché , t-'.. pirlicijw.
ABO 5
AB L
ABLATIF, s. m. Terme de Grammaire. I.e
sixième cas dans la Langue latine. .4blatif sin-
fjiiiiL-r. .thlutif pluriel. Ce verbe réqit l'ablatif.
AnL.\TIVO. Terme adverbial ei populaire,
qui ne s'emploie que dans cette phrase, .4hla-
tivo tout en un tas, pour dire. Tout ensemble,
avec confusion et desordre. Il a mis cela abla-
tivo tout en un tus.
AELE ou ABLETTE, s. m. Petit poisson
plat et mince, rpii a le dos vert et le ventre
blanc.
ABLERET. s. m. Espèce de filet carré atta-
ché au bout d'une perche, avec lequel on pèclie
des Ables et autres petite poissons.
ABLUER. V. a. Laver. Il est vieux en ee
sens. Il signifie ordinairement, Passer légère-
ment une liqueur préparée avec de la noix lie
galle sur du parchemin ou du papier, pour faire
revivre l'écriture.
.•\blué, ée. participe. Lavé, efTacé. Il est
vieux. Cependant on peut dire dans le style lîe
la Chaire, iVos péchés peuvent être ablués pur
le repentir et les bonnes œuvres.
ABLUTION, s. f. Action d'abluer. Ce n.ot
est particulièrement consacré aux cérémonies
de la Messe. Il signifie Le vin que le Prétrcr
prend après la communion, et le vin et l'eau
que l'on verso sur ses doigts et dans le calice
r'près qu'il a communié, .-ivant l'ablution. Après
l'ablution. Quand le l'rêtre prend l ablution.
ABîi
ABNECiATIOlN. s. f. Terme de dévotion qid
n'est guère en tisage qu'en celle phrase, L'ab-
nénation de soi-même , pour dire. Le renonre-
metit à soi-même, et le détachement de4ont » e
qui n'a point de rapport ît Dieu.
ABO
ABOI. s. m. Bruit que fait le chien en ab<i\ .int.
L'aboi de ce chien est frt importun.
Anois, au pluriel, se dit proprement l'e
l'exttémité où le cerf est réduit quand il est sur
ses fins. Le cerf e^t aiiX abois, tient les ahois.
On dit figurément d'L'nc personne qui se
meurt, qu'/ Ile est aux abois. On le dit aussi
d'Une Place qui ne peut plus se défendre.
ABOIEMENT, s. m. (On piouonce ylbcU
mentf et quelques-uns l'écrivent.) Aboi, cri du
chieB. L'ahoicmenl li'uM chien. De longs aboie-
mens.
ABOLIR. V. a. Annuler, mettre hors d'u-
sage, mettre à néant. Il n appartient qu'à ceiuc
qui fimt les Lois de les abolir. Les nouvellei
coutumes ont aboli les anciennes. Le lioi u
aboli les duels. Le non-usage a aboli peu à
peu cette Loi trop sévère. Cette Loi a été abo-
lie par le fait, sans être f-rmellenient révo-
quée.
Abolir un crime, «e dit Lorsque le Piii;ce,
par des Lettres qu'il donne, remet d'^uturili'
f^ ABO
alnoluc la peine d'un crime qui, par 1rs (Jr-
(kiuniiices, n'est pns rémissiblc.
S'aboiih, V. pron.Cc((e coutume s'est aîwlie
Jt elle-même. Cctoil une ancienne pratu/uc, (^ui
$'est abolie.
On dit, que Tout cvïpie s'iihoUt au hoiil
li'ttn certain nombre d années, pour dire,
«ju Alors cesse le droit.
Abou, ie. participe. Loi abolie. Crime aboli.
AB(.)LISSKMI:M .s. m. Aclioud'ab .lir. L'a-
boUssement des anciens usaqes parlementaires.
ABOLITION, s. f. Anéantissement, extinc-
tion opérée par un acte de la volonté lc;^isla'
live. U se dit principalement en p;irlant Des
Lois et des Coutumes. L'abolition des cérémo-
nies de l'ancienne loi. Abolition d'une Loi.
Abolition d'un culte superstitieux. L'entière
abolition de ll)rdrc des i empUers.
Abolition, sii;nifie aussi. Le pardon qne le
Prince accorde d'autorité absolue , pour un
crime qui, par les Orilonnanccs . n'c-it pas ré-
mi&sil>l^. Lettres d'abolition. Abolition géné-
rale, i'rcndre^ obtenir une abolition. Il a eu
sou abolition. Le ]*arlement a entériné sou
abolition. On appelle, en termes de Pratique,
i'ortcur d abolition, C^Iui qui a o)>tenu uno
abolition.
ABOMINABLE, adj. de» ?. genres. Exécra
ble. déleslabli'. qui est en horreur. Crime abo-
minable. Ln /lomme abominable.
Il se dit par exagération , De tout ce qui csi
très - mauvais en son genre. Cette Comédie,
ceile musique est abominable.. Cela a un goill
çhominable. l ne o^eur abominable.
VnoMINABLEMKM". jkIv. D'une manière
abominabli*. Il se conduit abominablcnicnt.
Il se dit aussi très-souv(^nt par exagération.
Il chante, il tcrit abominablement ^ abomina-
blement mal.
ABOMINATION, s. f. Déteslation, exécra-
tion. Avoir en abomination.il est en (d>vmina-
tian à fous- les qens de bien.
11 se dit aussi De ce qui est l'objet de l'ibn-
niiiiatinn. Cet homme est l'abomination de tout
le monde.
U sif;nific au.ssi , Action abominable. Ci
crime est une des grandes abominations qu'on
puisse imaginer. Commettre des abominations.
On dit, / es abominations des Gi'.ntils^ pour,
Le culte idolâtre des Gentils.
>^^OMiination de la désolution, plir.ise tirée
de l'Écrilure-Sainte. On s'en sert pour exprimer
U'« plus grands excès de l'impiété , la plus
grande piofanation.
ABONDAMMENT, adv. En obon-lance. 71
ne doit pins souhaiter de biens, il en a ahon-
datnment. Cela est abondamment cxpluiué ,
û/jondamoKnt démontré dans plusieurs livres.
ABONDANCE, s. f. «irandc quantité. //ion-
danre de tout. Abondance de biens. l'ays d'a-
bondance, t.n grande abondance. Avec abon-
dance. Être dam l'abondance. Avoir abon-
dance de toutes choses.
On dit proverbialement, De l'abondance du
erur la bouche parle ^ pour dire, quOn ne
petit s'enipêcJicr de parler des choses doot le
ABO
cœur est plein. Kt on dit famlliérenient, Parler
d' abondance, ^nuT dire, Parler sur- le- champ
cl s'iiis préparation; et, ï'arler avec abqndance,
pour, Lire fertile en pensées, en expressions,
Il tournures.
Ou appelle Corne d'abondance. Une comc
I emplie de fruits vt de fleurs, qui est le sym-
bole ordinaire de l'idjondance. .'^clon aueltniei
Mythologues, la Corne d'abondance est celle
iju'Ucrcule arracha à Achéloiis changé en tau-
reau. Selon d'antres, la Corne d'abondance
est la corne de la chèvre A malthée, gui avoit
nourri Jupiter.
ABONDANT, ÀNTE. adj. Qui abonde. Pays
abondant en toutes sortes de biens. Maison
abondante en richesses. Il est abondant en pa-
roles, en comparaisons. On ne diroit pas sans
régime, C'est un Auteur abondant. Ou dit Hé-
coite abondante j pour. Grande récolte.
D'ABONDANT, adv. De plus, outre cela. Je
l'ous ai dit telle et telle raison, j ajouterai d'à-
botidaut. Il est vieux.
AHONDI^R. V. li. Avoir en grande quantité
Abonder en richesses. Abonder en toutes choses.
Celte maison abonde en bietis. Cette Province
abonde en blés, en vins, en soldats, en qeni
d'etprit.
Il signifie aussi, pAtc en gramie quantité.
Le bien abonde en cette maison. Toutes choses
y abondent.
On dit en Jurisprudence, que Ce (jui'abontîe,
ne vicie pas, ou ne nuit pasy pour dire, qu Uns
raison ou un droit de plus ue peut nuire dans
nne affaire.
On dit figurément, Abonder en son sens,
pour dire, l-^tre fort attaché à son opinion.
ABONNIOMENT. s. m. Convention ou mar-
cl)é qui se fait îi un prix fixe, pour une chose
dont le produit est rasucl. Faire un abonne-
ment, l'aire un abonnement avantageux. l'aycr
|)(ir abonnement. Proposer un Journal par
abonnement. Établir un Concert public par
abonnement. lîecevoir des abonncmens à un
Spectacle. Dans ce sens on dit. Donner une
représentation avec abonnement suspendu .
Lorsque les abonnés sont obligés de payer leurs
phiccs comme le public.
ABONNER , S'ABONNER, v. pronomin.
Composer ù un prix certain d'une chose ca-
sucllcj et dont le produit n'est pas fixe. 5'û-
donner ni'cc un Curé pour les dîmes. Un cuba-
reticr ipii s'est abonné avec les Fermier* dei
Aidcs.On l'emploie quelquefois activement. On
a abonité cette i'ri-vince à telle sommL.S'ahon-
ncr à un Journal , ù un .'' ptctacli . à un C( n-
rcr(.
Abonné, kf.. participe. Celui qui a pris un
abonnement pour un Journal, un Spectacle.
On m'a abonné à tel J onrnal. J e me suis abonné
au Concert.
Il s'emploie aussi substantivement. Ce. 'our-
nal a beaucoup d' abonnes. J e suis un dc.> ahon-
néi du ( oncert.
C'est aussi un terme de Fief, qui signifie,
' ^ r.valuc. Ainsi oo dit, / n c'ieiNiI de setvice
abonné à tant, pour, I value à tant.
ABO
AliOTNlR. V. a. Rendre bon, rendre meil-
leur. Les caves fraîches abonnissent le vin.
Il est aussi neutre, et sii;uifie , Devenir
meilleur. C'est un vieux pécheur, il n'abonnit
point en vieillissant. Il est familier.
Il est encore pronominal. Ce vin-là s'abon-
nira dans la cave avec le temps.
Abonni, ie. participe.
ABORD, s. m. .\ccès. lise dit proprement
Des Torts où les vaisseaux peuvent mouiller. Ce
i ort est de fucile abord, est de difjicile abord.
Il se dit aussi De l'action d'aborder à une
rôte, dans un Port. A'ous avons tenté î'ahord
inutilement.
II se dit aussi figurément en parlant l>es
personnes qu'on aborde; comme, L'abord de
cette personne est fort difficile. Cette personne
a l'abord facile, gracieux. Cet homme a I'a-
hord rude, fâcheux. Craindre l'abord de guel-
iju'un. Abord doux, engageant. Leur abord n
ité fort froid. Je lui ai dit cela dès l'abord,
i't!St-h-dire, En l'abordant, iiv;ini tmitcs choses.
Il me parut froid à l'abord- mats dans la suite
je ie trouvai très-honnête.
On dit aussi dans le 'uènic sens, H me parut
kl du premier abord' et iàmilièremcnl , De
irimc abord.
Il signifie cucoro, Une af&uence ou de pcr-
ïnnncs, ou de choses, qui arrivent et que l'on
ipporte en chaque lieu. Il y a un si grand
jtbord de monde en cette maison., en cette V'illr.
H y a un abord de toutes sortes de nuircimn-
dises et de denrées.
d'Aboud. Expression adverbiale. Dès le pre-
jiiicr inst.uil , au conmicncemenl. picmiêrc-
ment. ! ''abord il semble gue cela soU vrai. D'a-
bord j'ai été trompé.
Tout d'abobd, se dit au nu^me sens, et «la
rend l'expression un peu plus forte.
ABORDABLE, adj. des a genres. Qu'on
peut alïorder. Cette côte n'est pas abordable a
tause des écueils.
On dit fîmirénient , qu'/ n homme est très-
abordable, n'est pas abordable , pour, qu'il est
de très-facile, de tr^s-dilhcile accts.
ABORDAGE, s. m. L'action d'aborder un
vaisseau, ,/I/er à l'abordage. U se dit ordinaire-
ment en parlant Des combats de mer. Prendre
un vaisseau par abordage , à l'abordage. La
nouvelle construction des vaisseaux a rendu
l abordage presimc impossible.
11 se dit aussi du heurt de deux vaisseaux
qui viennent îi tomber l'un sur l'auti-c. Dans
la temjKtc% il ny a rien de plus à craindre
(fUC l'abordage. Les vaisseaux portent des feux
la nuit pour éviter les abordages.
ABORDER. V. n. Aller à bord, prendre
terre. (H prend Etre ou Avoir aux temps
composes.) Le vent étdt si fcH que nous ne
pûmes aborder. Aborder à la côte. Aborder au
rivage. Aous avons abordé, yiborder dans une
île, .\ous sommes abordes.
Adordpii , d ins rncr<piion d'Approcher, «c
dit aussi avec la prepokitinn De, On ne sauroit
^ aborder de cette Eqlise, tant elle est pleine de
monde.
Ai)0
AsouDm. T. a. Approclier, joindre. Aborder
un vaisseuu, se dit tu deux sens : Jhortîer un
iKjissedU ennemi, C'est y monter par iorcc dnns
un combat. On aborde aussi un vaisseau , loi'S-
qu'un V lisscau va en licurter un aulie, soit
qu'il De i'iiperçoive pas dans les tcnèhies, soit
qu'il y soit pousse par la force du vent ou d'an
CiXirant.
n signifie fièrement, Accoster quelqu'un,
«pproolier do quelqu'un pour lui parler. 7 n
f ule ctoit si nrande auprès de ce M inistrc , (jue
je n'ai pu l'dfcorder.
Il se dit figurtîmenl Du discours, pour, Trai-
ter, discuter. Il n'a pas même abordé la (jnc5-
lion. C« sujet est diljictlc à aborder.
AnonDÉ, KK. participe.
ABUKlGKiNES. s. m. pi. Il se dit Des pre-
miers liabitansjdes naturels d'uuPays, par op-
position à ceux qui sont venus s'y établir.
.VBOIVXEMENT. s. ni. Action d'aborner, ou
l'eâct qui résulte de cette action.
ADORM-^R. V. a. I\Iettre des bornes l un
lerrain. Aburncr un champ.
Abouné, le. participe.
Alit>UTir, IVE. adj. Avorté, qui est venu
avant terme, qui n'a point acquis la perfection,
le maturité. Enfr.nt ahortif. Fruit ahonij .
ABOUCHKMi::^!. s. m. KnUcTue , confc-
rence de deux ou de plusieurs personnes. On
avoit ménaqè un ahouchement entre eujc. L'a-
bouchement acs (ïcu-r /'rinces n'eut pas le suc-
cès qu'on en allendoit. Il vieillit.
^uolchi;mk\t. T( rme d'Anatomic. Rcncon'
Ire des orifices i!c deux vaisseaux.
.^BOUCHER. V. acl. Faire trouver deux nu
jtlusieurs pcrsonnts dans Uïi Heu pour confi-rcl
e«iscinblc. Il faut Ifs u}>oucher ensemble.
Il s'emploie aussi au pronon'inal. S'ahouciiet
avec (pielifu'un. ?sous devons nous aboucher at
premier jour, ils se so)il abouchée.
AnotcnÉ, ÉE. participe, /'es tuyaux abou-
chés l'un à l'dufre, Appliqués 1 uni l'autre pal
leurs ouvertures.
AIîO\0. Phrase a Iverbfale empiuntredu
I.alin, pour signifier, Dus rorii;ine, dès le con>
mcuccniniL J rendre un fi.it ab wo.
ABOU T. s. m. l'ernic de Cliaqienterie et da
Mei-.uisrrie. Il se dit en général De l'extrémité
de toute pirce de bois coupée A lVît]ucrre et fa-
fouDce eu tutus.
ABOUn^, ÉE. adj. Terme de Blason. Il sr
dil De difTircnlcs pi'^cs d'armoiries qui se ré-
pondent par les pointes.
ABuUriR. v.n. (Il se conjugue sur Finir.;
Touclirr par un bout l n arp^ent de f.-Tre fju:
aun cûlc aboutit uv jrand cheinui^ et de Tau^rf
«u champ d'un ici. Ce champ u.'mulit à un ma
rais,
.^BOOTin, se dit fi purement în ptrla'.'t'i'l.'n<-
aflaîrc , d'un raisonnement, d'une entreprise.
Ainsi on dit. Tous ses desseins ahvulissent à
cela, pnur, Tous ses dessiins tendent unique-
ment à ceb ; A fjuoi aboutissent tous les rais(in-
fumetis que vous faites? pnur, Quoi dessein
Hvei^Tous en cela ? Cela ne peut aboutir à ricu,
puor, Cela ne peut avoir aucun succcs ; Cela
ABR
n'aboutira qu'à le perdre, jKJur , Cela ne se Ilt-
minera qu'à sa njîne.
ABOi'Tin, se dil nussi, Des apostmnes et des
abcès, lorsqu'ils viennent à crever, ctfjue le pu-'
en sort, l'aire aboutir un apostwnc, un abcèf.
Un clou ipii aboutit.
AboIïi, ie. p.irticipe.
ABOUTISSAM", AN'ITl. adj. t'n rtr;jcnl
[i6ou(i.^.f<irit (i la f rèt. L ne pièce de terre abou-
tissante d'un côte ù, etc.
Il s'emploie au pluriel comme substantif.
Ainsi on dit, les tenans et aboutissans dune,
pièce de terre, dune maison^ etc. pour, l.es
côtés et les bouts par oii elle tient et aboutit îi
d'autres (erres et îi d'autres maisons.
On dil fij;urénienl, quTn homme sait (tus
les (cnnns et les aboutissans d'une affaire^
pour, qu'il en sait toutes les circonstances t(
les dépendances.
ABOUTlSSI'.ME?iT. s. m. Il m? se dit guère
i]uc d'un aî>C(*s qui vient à aboutir. L'aboutis-
sement d'un abcès.
ABOYANT, ANTE. adj. Qui aboie. Vu
chieiK ahoyans. Meute aboyante.
ABOYER. V. n. Japper. (Il se conju;.;»n;
comme Employer.) Il ue se dil au propre ([Ul'
il'un chien, l n chien qui aboie à la Lu:tc. i n
chien qui aboie au.v voleurs. L n chien qui
aboie contre tous les passans. i n chieti qut
aboie après tout le monde.
On dit proverbialement et figurcnvent, Tout
les chiens qui ubo-.etit ne mordent pas^ pour
dire. Que tous ceux qui menactnl ne sont pas
toujours fort à craindre.
Aboyeb, an figuré, signifie. Crier nprci
quelqu'un, le presser, le poiv^suivre importu-
némcnt. / 01*5 ses créanciers ahownt après lui.
On dil aussi (îgurén:ent et familiùrcmcnt,
Aboyer après quelque chose, pour, La désirer.
la poursuivre arcicninu-nt. Ils sont trois o«
quatre qui aboient après cette charqe. /,boyct
après une succession.
Et ou dit proverbialement et fij^urénienl
(l'Un Itomnie qui ciie inutilen;enl contre uii
plus puissant que lui, que C est aboyer à h
Lune.
Aboté, le. participe. l\ n'est f;uère en usage
i|u'au fu;uré. i n dcbttcitr aboyé dit tous set
créanciers.
ABOYKUR. s. m. Cbicn qui aboie à la vue
ilu sanf;licr sans en approclier. Il s'emploie au
figuré. L n aboyeur de I ènéfces. Ce critique
n est qu'un abo^euv. Ce créanci.-r est un dan
^ereux ubo^enr. Il est f.miilier.
A B t\
ABRACADABRA. s. m. Mm auquel on ai-
tnbucit onnennenieiit des vertus magiqui s
pour guéri»- la firrvrr, en le portant autour du
cou , txrit dïins une certaine furnie.
ABKAXA.S. s. m. .'^lot auquel la supersti-
tion attjcboit de grondfl mystères. L'abraxat
est un drruifettr.
AltREGI". s. m. Raccourci. Il se dit d'Tn
•écrit, d'uD discours dam lequel ou rend plus
ABR 7
îourt ce qui est ou ce qui pui:rroit itre rji.^nirs
plus anqile et pPis élctitîu. A réduit ttute la
i htoloqle^ tout le lirait Canon en ubiéqé. Il
en a ft.it un abréijC. L'abréqé de l'Histoire i'o-
maiiie. l'onncz-moi un uhréqé de votre affïtire.
On dit , pour exprimer L'exciUence de
l bonime, qu'ii est un abrégé des merveilles de
Vi nivcrs. C'est un monde abrégé.
ABiti'.cK se dil aussi dans le sens d'Abrévia-
tion. Ecrivez ce mot en abrégé ^ par obrégt.
Voy. Abukviatiow.
ABREGER, v. a. Rendre plus court, ^e*
débauches lui abrégèrent la l'ie. Cela a ahréqé
ses jours. La méthode qu'il a pour enseigner It
Latin, abrège de beaucoup le temps des études.
Abréger une narration. Abrégez votre discours
On s'en .sert aussi quelquefois al^olument.
Vous êtes trop long, abrégez. Il ftut abréger.
Laissons ce point pour abréger, i renez ce c/ie-
mîn ., il abrège.
ADr\i':GK, ék. pjrlicipe.
ABREVIATEUR. s. m. Auteur qui abrège
l'ouvrage d'un autre. L'Abréviatcur de S. Jh&-
mus, de /îuronius,
ABRÉVIATION, s. f. Reirancb. ment de
(juriqucs lettres dans un mot, pour écrire plus
vite, ou en moins d'espace; par exemple, lors-
qu'au lieu de i)/onsieur, Marchand ^ et de
V'oire, on écrit .).'., .Vd. , t're. Et ordinaire-
ment on passe uu trait de plume sur les mots
ibrégés.
On appelle aussi Ahréviat'.on , L'cniploi iie«
lettres initiales d'un mot jinur ic désigne»-.
V*. M. pour, Votre Majesté. 5. A. pour. Son
Altesse. Sa S. pour, Sa Sainteté (Te Pape.)
'a l'i. pour, Sa Hautesse (L'Empereur des
Turcs.) etc.
ABREUVER, v. a. Faire boue. En ce sens .
il ne se dit proprement que Des bûtes, et pai!;-
ruliérernent des chevaux.
Abueï ver , >c dit aussi De l'tflèt de la pluie
sur la terre, lorsqu'elle la pénétre. Laplui'cabicn
abreuvé les terres. Et on dit, que L.\ terre es4
^icn abreuvée, quand il a bien plu. En p.irlant
d'Une nouvelle qui est dejù répamlue parlout,
on dil figurénient et familièrement, que 7 ont
le monde en est abreuvé. Et cela se dit priui i-
palement quand on parle à quelqu'un qui n en
sait eiicoic rien, ou qui en fait mysleie.
On dit figurénicnt. Abreuver, poui", Entrete-
nir, préserver de dessccbcraenl et de langueur.
Hes rentes jotirriiibères abreuvent un commerce,
Lui donnent des fonds. H y a dans ce Eourg
un gros marché qui nous abreuve de loutei les
choses nécessaires.
Oti dit aMs>i figurément, /abreuver (juet^u'un
de chagrins, pour, I.ui faire essuyer dcf peinos
d'esprit.
Il s'emploie avec le pronom p4-r.onnel, S'c-
l'rcueer de larmes. S'abreuver de fcl et d aniez-
lunie.
On dit. î n Cixnr abreuî-é de /îrf eiâe haine,
pour figurer L'n boinme I aincux et mcdi&ant.
Abreuvi:, lk. pailicip»*.
ARREL'V'OlR.s.ni.Lieuoiil'onmèncIcscI.e-
vaux ÏJoite tt *e b-iigner. L n grand ahreui-uir.
8 ABP,
in bel abreuvoir. Mener Us chevaJu: à l'abreu-
voir. Les chcvaiux sont allés à labreuvuir. \^
ProTcrbiakmctit et bassement on appelle
Abreuvoir à mouches. Une priinde plaie A la
tcte ou an visage. Il lui u fait un abreuvoir ù
mouches avec son sabre.
ABRI. s. m. Lieu où l'on peut se mettre J
couvert du vent, de la pluie, de l'ardeur du
«oleil , et de toutes les autres inconmiodités du
temps. L n bon abri. Chercher un abri, de ia-
(wi. Il y a un bon abri ilans celte plage pour
les vaisseaux. C'est un lieu extrêmement décou-
vert, où il n'y a point d'abri.
On dit d'Une plage où les vaisseaux sont en
Miretc conuo le vent, conue la tempête, que
t'est un bon abri.
Aoiii, se dit aussi Cgurément De quelque
lieu que ce soit ou l'on est en sûreté, et géné-
ralement de tout ce qui nous met hors de dan-
ger. I.a solitude est un ahri contre les embarras
du monde. I.a pauvreté volontaire est un abri
contre- la cup'idité. Il ne se dit que des choses,
et non pas des personnes. La maison d'un pro-
tecteur est un ahri; sa personne est un appui,
un recours.
A. L*.\Bi\i. Façon de parler ;idverl)iale. A cou-
vert. iSe nicKre à l'abri de la pluie, du vent,
du mauvais temps, de la tempête. Etre à l'abr'\
derrière une muraille, derrière une haie. On
dit figarémont, Se mettre à l'a'iri de la persé-
cution , de la vexation. Et dans tous ce.^ exem-
ples la p; rt'cule De a la force et la signiGcation
de Contre.
A t'ABni, se dit aussi De cequi sert i mettre
h couvert. Ainsi en dit, Élre à l'abri d'un bois,
à l'abri d'une muraille; et figurémcnt, .4tjir à
l'abri de la piveur ; et alors A l'abri signiGa
Sous l'abri.
ABRICOT, s. m. .Sorte de fruit à noyau,
dont le goût lient de la péehe et de la pnine,
et dont la chair et la peau tirent sur le jaune.
Al'ricots en espulier. .'Ibricols en plein vent.
jibricot-Véche. Compote d'alrirols. Abricots
ton/ils. Pille d'abricots. Marmelade d'abricots.
ABRICOTIKR. s. ni. Arbri' qui porte les
abricots, /ibricotier en espalier. Abricotier en
plein vent.
ABRITKR. V. a. Mettre à l'abri. Abriter un
espalier. Celte maison est abritée par une mon-
(ajne.
AiiniTÉ, ÉE. participe.
ABROGATIOiV. s. f. Action par laquelle
une .îhose est aimule'e. Suppression. Cassation
pat non-usage. U ne se dil guère qu'en parlant
d'une Loi , d'une Coutume. L'abroçjation d'une
Loi.
ABROGER. V. a. Rendre nul, abolir, met-
Ire hois d'usage. Il ne se dit guère qu'en par-
lant De Lois, de Constitutions, deCérémonii s,
et autres choses semblables, .■ibroqcr une Loi,
une Ordonnance, une Coutume.
U s emploie «vee le pronom personnel. Celte
Lot s^est abrogée d'elle-même.
Abbocé, f.i . participe.
ABROIOXE. Voy. Aun(.t<E.
4BROUTI,lE.adj. renne d'Eaux et Forcfi,
ABS
qui se dit Des bois dont les bourgeons ont élc-
détruits par les bestiaux.
.ABKUPTO.s.m. ABABniTTOetEXABnupTO.
Mots empruntés du Latin, qui signifient, Inopi-
iiéincnt, brusquement, et sans pri'jiaralion. Il
^t" init à parler ex abrupto. En entrant il lui
donna un soujjlet «ii ubruplo.
Ou appelle E.vorde ab abrupto , L'exorde d'un
discours où l'on entre sur-le-champ et vive-
ment en matiùre sans préambule. V. Exoiujk.
ABRL'riR. V. a. Se icndrc comme une béte
brute. Le ^lin pris a'iec excès abrutit les honi-
les, abrutit Icsprit.
s'.^BRUTiB. V. prdn. Devtnii comme une
bète boile. Cet Jiomme s'abruti'.
Abboti, ie. participe.
ABRUTISSEMENT. s.m.L'étatd'unbommc
abruti. Cet homme est tombé dans un jranil
abrulisjcment.
ABS
AB'-XI.SSE. s. f. Terme de Géométrie. Por-
tion de Taxe d'ime courbe, comprise entre le som-
met de la courbe et la rencontre de l'ordonnée.
ABSENCE, s. f. Éloigncmcnt d'une per-
sonne qui n'est point dans le lieu de sa rési-
donce ordinaire. Lonnue a}^sence. Courte ab-
sence. Les peines de l'absence.
Il se dit aussi Ru défaut de présence i une
assignation donncï. 71 fat ordonné iju'on pro-
cédei-oit tant en présence gu'en absence.
On dit figurément, Il y a dans cet ouvragi
une absence totale d'esvrit, de (joilt,delotji(jue.
Ou aiipelle a'issi Ssuvi'mrni , Absence d'es-
prit, La distraction, le manque d'attention.
C est une absence d'esprit cjui n'est pas excusa-
ble. Il est sujet à des absences d'esprit. Et quel-
quefois absolument, Il a souvent des absenceii.
ABSENT, ENTE. adj. Qui est éloigné de sa
demeure ordinairr. Vous avez, été lonrj- temps
absent. Être absent de Paris. Être absent de la
Cour. Un IleligieiLX absent de son Couvent.
Un Chanoine qui touche ses distributions tant
absent que présent.
Il se dit figurément pour Distrait, inattentif.
Son esprit est quehjuefnis absent.
Il est quelquefois substantif. 7 ant les ab-
scns auc les présens. On oublie aisément les ab-
sens. Les absens ont toujours tort.
ABSENTER. S'absknteb. t. pron. S'éloi-
gner de quelque lieu, ,'e m'absenterai durant
trois mois. S'absenter d'un lieu, d'un pays.On
U cherche pour le prendre, il faut qu'il a ab-
sente.Il s'est absenté, etc. Il marque ordinaire-
ment quelque ficheuse cause de s'éloigner.
ABSINTHE, s. f. Plante médicinale qui est
irés-amèrc. ,/bsintlie Vontique. Absinthe lio-
mainc. Cela est plus amer que de l'absinthe.
'i'iii d'absinthe. Huile d'absinthe.
ABSOLU, UK. adj. Indépendant, souve-
rain. Pouvoir ab.<olii. Autorité objoluc. in
commandc^nent al'solu.
On dit, qu'L'n bommc est absolu dans sa
compflonic, pour, qu'il y fait tout ce qu'il veut,
' ijuc personne ne lui résiste; qu'Ln homme csl
iiMolu dans tout ce qu'il l'cut.pour, qu'il veut
fortement qu'un exécute tout ce qu'il ordoni»'- ;
ABS
Cl, Parler d'un ton absolu, pour, Parler d'un
ton impérieux.
On dit dans le Didactique, .absolu, par op-
position il Relatif . Homme est un terme absolu,
Père est un terme relatif. Et on dit en termes
de Grammaire Latine, .'Iblatif absolu, pour
dire, Un Ablatif qui n'est régi par auciuie
partie d'oraison qui soit exprimée.
Quelques Ci rammairiens disent qu'un mot se
prend ri l'abso/u , dans li_' même sens qu'.-Zbso-
liiment, pour dire, que ce mot s'emploie seul,
sans régime, 'i'oy. Absolu.ment.
ABSOLU.'MENT. adv. D'une manière abso-
lue , sans restriction , sans bornes , sans partage.
Ccl homme dispose absolument de tout dans la
maison.
On dit, 'Couloir obsolumenl, pour, Vouîo'ir
déterminément , malgré toute opposition et
toute remontrance. On eut beau lui d'ire qu'il
ne devoit pas partir, il le voulut absolument.
Je n'en ferai absolument rien.
Absollmeni, signifie aussi, Tout-à-fait, en-
tièrement. Tout le monde absolument fut de cet
avis. Il nia absolument.
On dit, qu'.ibsoliimenl parUml , une chose
est bonne, pour dire, qu'A en juger en gros, et
par ce qu'il y a de priucipai, elle est bonne. Et
on dil de même, quTnc chose n'est pas mau-
vaise absolument parlant. Il y ii des beautés
dans cet ouvrane; nuits, absolument parlant,
il n'est pas bon.
On dit, qu't'n verbe se prend, se met abso-
lument , pour dire, qu'Où ne lui donne point
de régime. Ainsi dans cette phrase, Il [nul loii-
jours prier , levcrlie / rier est mis absolumeni,
On le dit aussi D'une phrase où il y a ellipse,
comme Pied à terre , où le mot Mettez est sous-
entendu. Pied à terre est pris absolument.
ABSOLUTION, s. f. Jugement juridique ,
par lequel un homme est déclaré innocent du
crime dont il étoit accusé. Les Juges buinntérent
entre lubsolulion cl la condamnation.
Il signifie aussi, L'action par laquelle le Piè-
tre remet les péchés en vertu des paroles san-a-
nieutelles qu'il prononce, /donner l'absolulion.
Uefiiser l'absolution. Dijfrer l'absolution. Ab-
solution Sacramentelle. Il est mort un moment
après avoir reçu l'absolution.
ABSOLUTOIRE. adj. des i g. Qui porta
absolution. Bref absolutoire,
AI).SORB.\NT. s. m. Terme de Médecine et de
Pharmacie. Substance qui a la propriété d'aii-
sorbcr les acides, en s'y unissant. Les yeux
d'écrcvisse, le corail, la craie de Briançon, etc.
sont def absorbans : ils ont il peu près les mi-
mes propriétés que les alcalis. On dil d'un ma-
lade, Ou lui a donné les absorbuns.
Absoubamt est aussi adjectif. Les terra
absorbantes.
AB.SORBER. t. act. Engloutir. Les sabjc,
les terres sèches cl légères absorbent les ci«.r de
la pluie en un momcnl. L'éponge absorbe l'cuu.
le Rhin à la fin de son cours se perd dans des
sables qui I ub.'iorbcnl. Le Rhône tombe dans
,\un go'iffrc qui lubsml'e,
AusonoEK, se dil aussi en pnrbnt Des cou-
ABS
leun , des sons, (les odeurs, des saveurs. /.«
noir absorbe lu lumière. Lue voie foihle et tlè-
licute est ubsothée dam un ^rand chaur de
musique. L'odeur de la tubéreuse absorbe /o-
àcur de la jdufuirt des fleurs. Le (joût de l ail
ûbftorhe le août de toutes les autres choses.
On dit en Chimie, tjuc Les alcalis absorbent
]es acides, pour, qu'ils en éniousseul la pointe,
qu'ils en tempèrent l'iiciiviié.
Adsouber , signifie (ï^urément , 0)nsnnier
entièrement. Et en ce sens, il ne se dit que Des
liicns, des ricliesses. Les procès ont absorbe
tout son bien. !.cs frais du scelle ont absorbe la
meilleure partie de lu succession. Les conven-
tions matrimoniales ont absorbé tout le bien du
mari. Cela absorbera trop de temps.
On dit aussi, Absorber l'attention^ absorber
l'intérêt. Cet orateur ovoit tellement absorbé
V attention ^ qu' il n'y en eut plus pour les autres.
Cette scène absorbe tout Hntèrcl de la Pièce.
ABSoiiBEn, est aussi verbe pron. Les pluies
s'absorbent dans les sables.
AiïSouBÉ, tE. participe. On dit d'Un homme
profundànent applique k quelque (:lnise,qu'/i
y est absorbé., entièrement absor}>é. Il est ufc-
torhè dans l'étude des mathématiques. On dit
d'un hon)niequi est dans une méditation coiui-
qiielJe des choses de Dieu, qu'il est tout ubsurbQ
en l'ieu,
ABSOUPTIOXs.f. L'action d'ulisorlicr. Peu
usité.
ABSOUDRE. V. a. J'absous, in absous ^ il
obsout; nous absolvons ^ vous absolvez, ils ah-
^fiTHr. J aV.cUoK. j'ai absous, J'ali!>OHi{rui,
J absoudrais. Absous. Qu il absolve. Absolvant.
Déclarer par jugement juridique un homme in-
nocent du crime dunt il eloit accusé, lly a eu
tinq l'oijc pour condamner l accusé , et sept pour
l'absoudre. On l'a absous malijrc le crédit de sa
tnnemts. Il s'est fuit absoudre du crime dont on
î'acciisoi't. Llle fit absoute à pur et à plein. En
altsolvant cet homme., on n'a pas fuit justice.
IIseditfij;u.Jiiiop'. djoi '.e Uu-ip^e ordinaire
Je vous absous dt votre 7iéije,^c,ence^ en fiveur
de votre repentir. liicn ne pourra l'absoudrt
d une si grande faute.
AobOirortF, signifie aussi, Remettre les pc-
elu^ drtns ie Tribunal de \a Pénitence. Toul
i rètre c pouvoir d'absoudre en cas de mort, /i
i le pouvoir d'absoudre des cas réservés Ah-
•ouJrc un peniïent. Absoudre en confession.
On dit, eu parlant d'Un morr, i n tel que
Dieu absolve, pour, A qui Dieu fasse miséri-
corde. Cette façon de parler vieillit.
Adsols,ou AB-.01.T, OLTE. parliripe.
ABSOUTE, s. f. Absolution publique et so
Âïnuelle qui se donne en g'-ne'ral au peuple, et
dont la céréniooic se fait le Jeudi Saint au nut-
tin, ou le Mercredi Saint au soir dans les cailié-
di aies. L'Lvèqtteafnit la cèrtmo"u de l'absoute.
On f.itl absoute danslesl'arolsstk auxnrandes
blesses le jour de Pâques.
AUSrt.ME. i.^ Celui ou celle qui ne boit
|K)int de vin. L'K^lite dnpensoit du calice les
Ahstème».
ABSXI:INIR. S'ABirESun. v.pron. (Il ae coD-
lomc fc
ABS
jugue comme Se tenir.) S'empêcher de faire
quelque chose, se priver de l'usage de quelque
chose. S'abstenir de boîre et de manqer. S'abs
tenir de jurer. Quand on a pris Ihabitude de
fttire quelque chose ^ il est bien malaisé de s'en
abstenir, y abstenir de vin. Je m'abstiendrai de
tout ce qui peut nuire à la santé. Il s'est abste-
tiu de toute sorte de plaisirs. Il s'en abstint ce
jour-Itî. Elle s'en oï abstenue.
On le dit «ptelquefuis absolument. Il est plus
aisé de s'abstenir que de se contenir.
ABSTERGKNf, IvNTE. s. m. et adj. Terme
de IMédeciue.On appelle un //tsl^rncnf, ou des
Abstergens , Les remèdes qu'on emploie pour
dissoudre les duretés eî les épaississeinens.
ABSTEUGER. v. a. Terme de Chirurgie,
>'ettoyer. Il se dit Des plaies, des ulcères.
Abstepgé, ee. participe.
ABSTERSIF, IVE. adj. Propre à nettoyer.
Ou remploie snbstanlivement , et l'on dit,
C'est u'ï abstersif : ou dit aussi, et même
mieux, i n abst^rnent.
AIÎSTERSIO^. g. f. L'Action d a;>slerser.
ABSTI>E>'CE. s. f. Aciion de sabsu-inr. Il
se dit principalement en parlant Du boire et du
manger. Abstinence de vin. L'abstinence est
utile au corps et à l'dme. On lui a ordonné
une qrunde abstinence. On lui fiisoil fiire
abstinence malijrc lui.
Il se dit aussi De la privation de viande en
certains jours, qui n'est ptis accompagnée du
jeûne. Il n'est pas jeiine U'ijourd hui, il n'est
que jour d'abstinei' c.
ABSn.NENT, ENTk. adi. Qui est mo.leré
d,uis le boire et le manger,
ABSTRACTIO.N. s. f. Terme didactique.
Opération do l'esprit, par laquelle il considère
séparément des choses qui sont réellement
unii's. Considérer les accidens en fiisant abs-
traction des sujets au.cqueU ils sont attachés.
La blancheur considérée par abstraction d'avec
son sujet. En fusant abstraction de la qualité
wjr personnes j vous jugerez que, etc.
On dit, qu'/ n homme est dans des abstrac-
U^ns continuelles , pour, qu'il rêve continuel-
Jcment, qu'il est appliqué h toute autre chose
^u'à celle dont on parle, ou qu'il a sous les
j eux.
ABSTRACTIVEMENT.adF. Par abstraction,
d'une manière abslraile. On peut considérer
abstractivement les qualités du corps.
ABSTRAIRE, v. a. (Il se conjuj^uo comme
Tnii're.) Tenue didactique, l-'aire abstraction,
considérer sépan-mcut des choses qui sont réel-
lement uni. s. / ûur connoftrc I liccidcnt comme
flccti/t'nï,i/ fiut l abstraire du sujct,de la subs-
tance.
AiiSTP.AiT, AiTK. paiticijje. li est aussi adjec-
tif et terme didactique, et n'est {;uért' d usage
que dans celti: p''r^se, 1 erme abstrait y qui se
dit d'une qualité c^onsidéré-e toute seule, et dé-
tat-h<-e du siij<-i. Ainsi, /.j roni/iuir, la blan-
t/urur, la bonté, sont des ternies obstr.iits; et.
rnndy blanc, bon, mis à .Irs noms de substan-
ces, ronune pa\n tond, vin blanc, bonlrincCy i
sout des Icruies i niu.'i\t4
ABU
9
Du dit, qu'( M discours est abstrait, quand
il est trop métaphysique, trop éloigné des idées
communes. On dit d.Éus le mfme sens, qu'Un
homme est abstrait, fnt abstrait.
On le dit aussi pour signifier, Plonge dans \i
médiuiinu et la it'-verie. n'ayant de penst-e t*
d'atlention que pour l'objet intérieur qui oc-
cupe. Il ne iàut pas le confondre avec Distrait.
On est abstrait pour être trop appliqué à une
seule chose. On est distrait par inapplication et
légèreté.
Abstrait, est aussi substantif. L'abstrait et
le concret. Voyez Concret.
ABSTl^US, USE. adj. Qui est diificUe h en-
tendre, et qui demande une extrême applica-
tion pour êirc bien conçu. Il ne se dit qu'eu
parlant Des sciences et des choses qui exigent
de la méditation. Àcrences abstruses. liaisonnc-
mens abstrus. Question abstruse.
il se dit quelquefois IVs teivalns. Ce Phi-
losophe m'a paru ftrt abstrus.
ABSURDE, adj. des 2 genres. Qui est évi-
demment contre la raison et contre le sens
eominun. Cela csï absurde. Voilà un raisonne-
»ic/it absurde. Pire des choses absurdes. Propo-
sition absurde. Conséquence absurde. Conduite
iibsnrdc.
Il se dit aussi De l'homme qui parle ou agft
abinrdcmcnt. (, n raisonneur absurde. Il n'y a
pas d homme plus abstu\U dans le monde.
On fuit Absurde subslaulif. Tomber dont
l'absurde. Lé du ire son homme à l'absurde. Le
forcer à se rendre cm à déraisonner.
On dit, Hfiduire à l'absurde, pour, Réduire
une opinion, un raisonnement à quelque chose
qui choque le bon sens.
On dit par extension et familièrement, en
parlairt Des personnes, Ln Jiomme absurde,
pour si^nilier. Un homme qui dit Aiibiluellc-
ment des obsiudilés.
ABSURDEMi:>T. adv. D'une manière ab-
surde, iiiiikonner, parler ahsurdemUit.
ABSURDITIv. s. f. Vice de ce qui est al>-
surde. L'absurdité d un discours. Il se dit aussi
De la chose absurde. Il s'cnsuivroit de là une
grande absurdité.
On dit par extension, en parlant Des per-
sonnes , Cet homme est d'une absurdité rare.
ABU
ABUS. s. m. Usage mauvais, excessif ou io-
l'usle de ijuelquc chose. L'abus qu'il a fait de
ses richesses, de ses f>rces, de son autorité.
Il se dit aussi absolument, pour sii^niHcr,
Désordre, usage pernicieux. Abus manifeste ^
notuirc. Uéjormcr, ccrrlqcr, retrancher Ici
abus. Ils C5(r^b"ssé divers abus dans la Justice. H
fiiitt'dtstinqiur entre un usage reçu, et un abut
qui s'est introduit. les exemptions trop fré-
quentes dégénèrent en abus.
Appel eufiiiMc du /'lis. C'est l'iippel qu'on in-
terjette au Parlement d'une Sentence rendue
[>ar un Juge Ecrii-siasiique , qu'on prétend
avoir excédé son [>i)nvoir. Interjeter appe\
comme dabus. Quand 0:1 dit. Le ï'arlement a
,0 ACA
jugé (ju'd y <"0'' "!"•«; "'" signifia' 1""= ^'
Parlcmeut a jugé qae l'appel comme il'obus a
été bieii inteijcié, et que le Juge a excédé son
pouvoir.
A BCS , signifie aussi .Erreur. Voilà un él ranji'
abus. Ces jieuples-là sont dans l'abus. C'est un
abus de croire (juc cela puisse réussir.
On cUt provcihialimenl , te momie n'es!
nu'ahus et tjue vanile.
ABUSER. V. a. Tromper. Il vous promet
cela, il vous abuse. Abuser hs espriti fuibles.
1 1 abuse les peuples.
On dit, Abuser une fiUc, pouf, La séduire,
1.1 suborner. J( a abusé celle pauvre file sous
uronrcsse de mariage.
Ablseu de. V. 11. User mal, user oulremenl
qu'on ne doit. Il a abusé de votre bonté. Abuser
des Sacremens. Il abuse des (jrdccs (jue Dieu
lui fait. Si vous luf (iules cet honneur, il n'en
abusera pas. Il abuse de son loisir, de son
temps, de son crédit, àe son autorité. C'est un
homme qui ne se mémje point, el cjui abuse de
sa santé. Vous abuses de ma palience. Il abu-
soit de la confiance que j'avois en lui.
On dit. Abuser d'une flic, pour, lin jouir
sans l'avoir épousée. C'est une file dont il a
lonn-tenips abusé.
Il se dit aussi avec le pronom personnel. S'a-
buser, pour. Se Irompi'r. Il s'est abuse.
Apusé, ée. participe.
ABUSKUR. s. m. Qui alnise, qui trompe.
XJn qrand abuseur. 11 est familier.
AliU.Sir, IVE. iidj. Qui est contraire aux
règles. Usajc abusif. Vrotédure abusive.
ABUSlVEMK.vr. adv. D'une manière abu-
sive, jllol empiojc abusivement. Cet homme a
été abusiiicmcnl décrété.
ABUTILO^. s.ro. Plante de la famille des
m.nuves. Ses fleurs sont semblables & celles de
la guimauve , avec celte dill'érence qu'elles sont
jaunes. Elle en a les propriétés.
AliYME. s.
ABYJIER.
A B Y
Voyez .^bÎme.
1. Voyez Adîmeh.
ACA
AC.VBIT. 8. m. Çuallié bonne ou mauvaise
Ae certaines cboscs. Il si- dit priucipalenicnl Des
fruits. Des poires d'un bon acabit. Des lécjumcs
d'un bon, d'un mauvais acabit.
ACAGI.4. s. m. Arbre de haute ligo, et d'un
Lois tendre et moelleux , ayant des branibes
semées d'épines, et portant des fleurs blanclies
qui viennent par bouquets. Ln bel Acacia,
i'ius'ieurs Acacias.
ACADÉMICIEN, s.nl. Philosophe de la secte
de l'Académie. I-fs ./cridémicicns et les Pér'ipa-
télicicns éloicnt opposes en certaines chose<.
Il sigurtie aussi , G'Iui qui est de quelque
Compagnie de Gens d^'liCllres, ët.iblie par au-
torité publique. l.esAcad-mieiens tic la t rusca.
/,ei (juarunle/(caJéniicie;i.s de l'Académie Fran-
çoise.
I ACAOÉMIE s. f. Certain lieu pris d'Allic-
ACA
nés, où s'asserobloient quelques Philosophes
qui prirent de \i le nom d Acadénùciens. les
l'hiloaophes de l'Académie el ceux du Lyctt 1
étaient d'accord à ce point.
Il se prend aussi pour La secte même de ces
Philosoplies. L'Académie prétendait que, etc.
AcAT>ÉMiE, se dit aussi d'Une Compagnie de-
personnes qui se réunissent pour s'occu[>er de
UcUos-Lettres , de Sciences , ou de Beaux - Arts,
f-'^cai/émie de laCrusca. Les.,4cailémiesd'Ila-
lie. L'.'icadémie l'rançoise. L'Académie lioyale
des Belles - Lettres , des Sciences, de Peinture,
d'Architecture, etc. Être reçu à l'Académie,
litre de l'Académie. AlUr à l.4cadémie. Pro-
noncer, lire dans l'Académie.
Il se dit aussi Du lieu du lis jeunes gens ap-
prenTicnt i» monter à elieval, el les aiures exer-
cices qui leur conviennent, il a mis son fils à
l'Académie, /lest en pension li l'Académie d un
tel. Au st'rtir de l'Académie, il fit à la cpicire.
Ln tel tient Académie. Et on dit, Faire son
.icadémie, pour, Faire ses exercices à l'Aca-
démie.
On dit aussi, Tenir Académie, pour dire.
Avoir des Écoliers pour leur enseigner l'équi-
tation et les exercices du coq)s.
Il se prend aussi pour Les Écoliers mêmes.
Ce jour-lù un tel Ec:ûyer fit monter toute son
Académie à cheval.
Académie ue Musique. C'est le titre qui est
donné i l'Opéra dans les Lettres de son établis-
sement.
Académie, se dit aussi d'Un lieu oii l'on
donne publiqueniiTt à jouer. î enir Académie.
Il a perdu son arqent dans une Académie. Il
fitit faire juger ce coup à l'Académie. Les Aca-
démies de jeu sont soui'ctit des coupe- gorges. Il
y a un livre intitulé, ['.Académie des Jeux, qui
donne les règles des jeiLi en usage.
Académie, en termes de l'einlure, est Une
figure entière dessinée d'après le modèle qui csl
un liomme nu, et qui.n'est pasdestinée h enlrei
dans la composition d'un tableau; les figures
qui y sont destinées s'appellent Etudes.
ACADÉJIIQUE. adj. des 2 genres. Qui ap-
partient ou qui convient à des .académiciens, :)
un corps de Gens de Lettres. Discours Acadé-
niivie.. Oiivr<ige Académique. Style Academi-
quc.Confèrences, questions Académiqiies.Exer-
ciccs Académiques. Séances .'Icadémiques.
On l'applique quelquefois aux personnes.
C'est un sujet Académique , pour dire, C'est un
lionnne qui convient i\ l'.^cadi-niie.
Ai:ADi;MlQl5EMENT. adv. D'rnc manière
Académique. Il a traité son sujet académiijuc-
ment.
AC.ADÉMISTE. s. m. Celui qui dans une
Académie apprend ses exercices, cl surtout ..
monter à cheval. Un Acadétniste qui est biii: à
cheval.
ACAGNARDER. v. a. Accoutumer quel-
qu'un Il mener une vie obscure el fainéante. La
iirauvaisc cornpannie l'a acagnardé. lin est que
du stvie familier.
Il s'cnqiloie le plus souvent avec le pronom
personnel, S'acaqnardcr dans sa terre. S'aca-
ACC
^narâer auprès d'une femme, auprès du feu,
dans un fauteuil.
AcAGSAiiDÉ, ÉE. participe.
AC.4JOU. s. m. Arbre d'Amérique. On le
nomme aussi Anacarde. Son fruit Csl une noix
en forme de rein , dont on fait usage en Méde-
cine. On donne aussi le nom i\'.4cajou ^ diffe-
rens arbres d'Amérique; mais ils sont fort dil-
fércns de celui qu'on vient d'indiquer. Le bois
en est très-estimé. On l'emploie dans la tablet-
terie et la menuiserie. Meuble d'acajou. Porte
peinte en couleur d'acajou, en acajou. Vn fait
une teinture d'acajou.
.ACANTHACÉ, ÉE. adj. Il se dit Des Plantes
épineuses.
ACAN THE. s. f . Plante qu'on nonmie Bran-
che- Lrsine, qui pousse des feuilles larges el
hautes, dont la partie supérieure se recoiube
naturellement. Les .(nciens cl les .lloilerncs ont
orné le Chapiteau Corinthien de fuHles d'A-
canthe.
ACARIÂTRE, adj. des 2 genres. Qui est
d'une humeur fâcheuse, aigre et criarde. Jl est
iicnrirfirc. C'est une bunieur, un esprit acaritl-
Irc. ('ne femme acaridtre. i'nenfint acariâtre.
AC.iRNE. s. m. Poisson de mer de la fi ;urc
Cl de la grandeur du Rouget, mais blanc. On
appelle encore ainsi Une espfcie de chardon à
fleur large et jaune.
ACATALEPSIE. s. f. Maladie qui attaque
le cerveau et ôtc à celui qui en est attaqué la
faculté de comprendre une cliose, de suivre un
riisonnenicni. Cliei les .anciens, on donnoil ce
nom à la d'ici rine de quelques Philosophes qaî
n'admrttnient aucune certitude 'dans les con-
noissances humaines.
ACAT.VLEPTIQUE. adj. des 2 genres. On
appelle de ce nom les partisans de l'vicatalcpsie.
ACC
ACC.VBLANT. ANFE. adj. Qui accable ou
qui est capable d'accabler. ( n poids accablant,
il se dit plus ordinairement en parlant Des
ch.oses qui sont considérées comme un poids
didicile à porter. .4 jjii ires accablantes. C'est une
chose acrabliinlc pour un père que d'apprendre
la mort de son fils unique. C'est une noueclle '
nccabliinle: Celte charge est accablante, 'i'oilj
un reproche accablant.
Il signifie aussi , Importun , incommode. '
Ainsi on dit : Un homme accablant. L ne
femme accablante. Les visites accablantes.
ACCABLEMENT, s. m. L'étal où l'on tombe
par maladie, ou par excès de douleur 1 1 d'af-
Iliclion.On dit, .-ficablemcnl de corps; el figu-
rémeut, y^ccublenicnt .1 esprit. On le dit aussi
absolument Sa maladie l'a mis dans un si
;Tand (iccul'leuicnl, /^i'il a peine il se soutenir.
Depuis la moii de son fis, il est dans le der-
■tier accablement.
Il se dit aussi d'Une grnnde surel ar;« d'af-
faires, n est dii.'is un accablement d'aj^'aires, de
travail, qui lui laisse à peine le temps de res-
pirer.
ACCABLER, v. a. Abattre par la [K-santciu',
ACC
faire succomber sous le poids. La maison est
tombée, et a accMé tous ceiix qui ttoient de-
dans. U fui accablé sous les ruines. Ils furent
accablés tie la chute d'une muraille.
On dit J peu pri-s dans le nicmo sens. Etre
accablé par U nombre , pur la multitude da
ennemis.
l\ se dit aussi par exagcration pour, Sur-
charger. Ilportoit un furdetiu dont il étoit aC'
c-ahlé. Vos bontés m'accablent. Ce dernier esl
une phrase badine pour repousser la pljîsaii-
urrie.
]] se dit figurL'nient,De la pluparldcscliO-ses
considcrces conimc un poid* qui accable, l-c
tra'>ail,les affaires l'accablent. Ae vous laissez
point accabler au mal, à la douleur, à la tris-
tesse. Il est accablé de dettes^ de misère. Il ert
accablé de Visites. />e somuititi Vaccuble.
On dit, Accabler quelqu'un de reproches,
l'accabler d'injures, ]>our, I,ui faire de grands
reproches, lui dîie lieaucoup dinjures.
.•On dit aussi. Accabler quelqu'un de fca'ni,
de qrdces, de hienftits^ de présens , potu- , Le
coupler «ie biens j de grâces, il a été trahi par
un homme qu'il avoit accablé de biens.
U se dit aussi avec le pronom personnel.
S'accabler de tra^'ail.
Accablé, èb. participe.
ACCAPAKKMKNT. s. m. (Acaparement.]
I^spèc!; de monopole, qui consiste à acheter on
il arrher une rjuaulité considérable de blé , de
iaiue, ou de toutes autres denrées ou marchan*
dises, ri.ins le dessein de se rendre maître du
tiix, faute de concuirens dons lu vente. L'i
Police doit empêcher les accapavemens.
ACCAPARER, v. a. {Jcayarer.) Aciirlei
ou arrlier des denrées pour les vendre plus clieri
H ne se dit que dans un sens odieux.
Accapahé , ée. participe.
ACCAPAREUR , EUSE. adj. CeUii ou cclU
»;ui accapare. On le fait substantif. C'est un ac-
capareur ^ une accapareuse. Le peuple confon^t
quelquefois très- injustement les (jeus qui ont
soin de t approvisionner à bon comptCy avec la
accapareurs qui ne cherchent qu'à s'emparer
des marchandises nécessaires.
ACCÉDER. V. n. Terme de Droit public.
Entrer dans les engagement contractés déjà pur
d'autres Puissamcs. Les Couronnes du AomI
ont accédé à ce Traité.
ACCi:Li:n.\TELR, TUICE. adj. Qui accé-
ItTe. Muscles accélérateurs. Forces accéléra-
trices.
ACCÉLÉRATION, s. f. AugmcmaUon de
vitesse. L'accélération du mouvement dans la
chute des corps graves,
II se dit aussi pour. Prompte expédition ,
pour, Lâction d'accélérer. ïl fiut faire telle
chose pour i'ûcct'ierulion de l'ouvrafje.
ACCKI.ÉREU. V. a. Hiler, presser. H fi:ul
accf-iévcr ce travail,
AccLLint, tz. participe.
ACCE>'SE, 8. f. signifie, dans U Jurispni-
dcacc de beaucoup de Couturuca, Luc dé|>ca-
dftnca d'au bien. Ce pre est une accense de ma
Ferme.
ACC
ACCENSER, V. a. terme d'Économie ni-
ialf , veut dire, i ^ Joindre un I»ien à un autre
ccnime une dépendance, -Recenser un pré à une
Ferme; 2° Joindre un objet d'admiuisti'alion
rurale îi un autre. J'ai accensé plusieurs bou-
qiicts de bois à une seule coupe.
AccKssEii , en Economie pnlitiriiie , veut
dire, Réunir sous la même division. Ces deux
villages ressortissoient de dijfcrcns Bailliages ,
on les fi accensés au même. 1 . W i \
AccENsÉ, ÉE. participe. >.
AfXiENSES. s. ni. pi. 06Gcicrs publics à
Rome, qui avertissoienl Je peuple de s'assem-
bler, introduisoicnt à l'audience du Préleur, et
marclioient devant le Consul lurstiu il n'avoit
point de faisceanx. Leur (onction lépoudolt à
celle de nos Huissiers.
ACICENT. s. m. Ternie de Grammaire. Élé-
vation ou ubaissement de la voix sur certaines
syUa!)CS.
Accent , se dit aussi d'Une prononciation
vicieuse propre ù certaines Provinces ou nu
peuple. On connaît à son accent de quelle
/Voi'incc il est. Accent Gascon. Accent ^\or-
mand. On dit que, Pour bien parler^ il ne faut
]}oint avoir d'accent; c'est-à-dire, qu'il ne iàut
point a voir d'accent provincial, mais qu'on doit
prononcer comme les gens instmits de la Capi-
tale.
On dit poétiquement : Les accens de la voir.
Tristes accens. Acccîis plaintifs. Les doux ac-
cens de sa voie. On dit aiLssi dans le style ora-
toire et soutenu, Les accens de la douleur ^ de
la pitié, de la tendresse, e'.c.
Accent, signifie aussi, Une petite marque
:pii se met sur une voyelle, soit pour eu faire
L'onnoitre la prononciation, soit poiu: distinguer
le s!ns (l'un mot d'avec celui d'un autre mot
i;ui s'ê( rit de même. Accent aigu '. .^cce/i(
nrûvc '. Accent circonflexe *. Ainsi on met un
accent aîqu sur un e, pour marquer que c'est
nn e fermé, et qu'il doit être prononcé comme
jans ces mots. Santé, charité. On met un oc-
rent grave sur un è,pour marquer que c'cstun
( ouvert, comme dans procès., succès. On le
met aussi sur là, adverbe, pour le distinguer
le la, article, et sur où, ajvcrbe, pour le dis-
tinguer de ou, conjon'ïtion. Et l'on met un oc-
rent circonflexe sur les voyelles longues .
romnic dans ces mo'..s, Aqe, tête, gite, côte,
{lu te.
ACCENTUATION, s. f. Manière d'accen-
tuer. Celle acceatuation est vicieuse. Entendre
bien l'accentv.ation.
ACCEN'IjER. V. a. Illettré des accens sur
des voyelles. // ne sait pas accentuer,
AccENTiÉ, ÉE. participe. L n é accentué.
ACCEPTABLE, adj. dos 2 genres. Qui peut.
qui doit être aeccpié. Ces offres sont acceptables.
ACCEPl'ATiON. s. f. Action par laquelle
on reçoit volontairemcM ce qui est proposé,
ofTert, ou donné. Acceptation d'une donation.
Acceptation d'une lettre de change, c'est La
promesse par tVrit de la paver.
ACCEin'Eîi. V, a. Apitjrr ce qui est oîTrrt
Accepter une douiU.on, uMeo/frj:, une rondi-
ACC II
(ion, nn yarti. .îccepter un emploi, une charge.
J'accepte ce que vous m'offrez. Les ennemisont
accepté la trêve. Accepter une tutelle.
On dit, Accepter une lettre de change, pour
dire, Promettre par écrit dv. la payer; cl, Ac-
cepter un défi, pour dire. S'engager ii faire
quelque chose dont on a été défié.
On dit, J'erf «rcepic l'augure, pour dire,
Je souhaite que et la arrive comme on me le fai'.
espérer.
Accepté, ée. participe.
ACCEPTEUR, s. m. Terme de Banque. Qui
acrepie. l/accepleur dune lottre de change de-
vient dtbitcur personnel après l'acceptation.
ACCEPTION, s. f. t-orte de préférence. Il
n'est guèie d'usjf^c qu'en cette plirnse. Accep-
tion de personne.';, (jui signifie, Un ceriaiii
égard qu'on a pour des personnes plutôt «juc
pour d'autres. Il n'y a point acception de per-
sonnes devant Dieu. Hendre la justice sans ac-
ception de personnes. Lu Justice ne fuit accep-
tion de peisvnne.
Acception. Terme- de Grammaire. Significa-
tion. Le sens dans Icipiel nn mot se prend. Ct
mol a plusieurs acceptions. Ce mot, dans su
plus naturelle acception, signifie, etc. Ce mot
est mis ici dans une acception détournée.
ACCÈS, s. m. Abord. Il n'est guère d'usage
'jue dans les phrases où le lieu dont on parle
est considéré comme étant de facile ou de dilli-
cile abord, i'iace de facile accès, de difficile
accès. La place n'est pas fortifiée; viais l'accès
en est difficile. L'accès en est aisé.
lin dit, Avoir accès auprès de quelquun,
pour dire, Avoir h facilité de lui parler, de
l'entretenir : ct dans ce même sens on dit,
iju'f n homme est de facile accès, de difficile
accès. Avoir un libre accès auprès de quelqu'un.
Acci;s, se dit aussi en p niant De ce (]ui se
pratique au Conclave, lorsque dans le scrutin
aucun Cardinal n'avant eu le nombre de voix
requises pour être élu Pape, on redonne des
billets por lesquels nn marque qu'on se ran^c
du ciJté d'un do ceux qui ont été proposes oii
scrutin. Les billets du scrutin, les billets de
I accès. Après le scrutin, on alla à l'accès. Ln
tel Cardinal a eu tant de r^oix à l'accès. Il fut
fait J'apc à l"(iceès-.
Accès, se dit aussi en parlant De la fièvre.
et alors il signifie, L'émotion de h fièvre, ct
'out le temps qu* la fièvre dure sans inlennis-
-i<,)n. Avoir un accès de fièvre, un accès violent
II en a été quille pour un accès, i e premier
cccès, le second accès. Son accès n'a duré que
deux heures. In accès avec des re double mc-ns.
L'accès est sur sa fin. L'accès ot-unce, i'arces
letarde, Vaccés diminue.
U se dit aussi Des ntta^pies de ccrl-iines ma-
ladies qui ont ordin.iin'menl des retours f t des
redoublen»cns , comme la i3gc , la folie, le ui»\
caduc, il est sujet à des accès de ftlie en d>:
certains temps.
AccÉ«», iv dit aussi au figuré ct dans lei
choses morales, ct si(;nifie alors Mouvement
intérieur et passager, eu conséquence dnqucJ
nn ogil. Il a des accès de dévotion ^ des accès
2.
T2 ACC
àe lihérahié. Avoir des accès àe folie, de co-
lère, de rage. Il ptut prendre cjarde à ses accès.
ACCESSIBLE, ailj. des 2 pciircs. i)m \ic\H
être nliordc, doul on piut npinoclicr. Il se dii
cgûlt'inenl Dca Ucux et des personnes, l m lien
i^ui n'est pas accessible. Celle place n'est pas
accessible. C'est un homme (jui est accessible iJ
totita heure. Il est accessible w tout le monde.
ACCESSION, s. f. Terme de Droit pnl.Iic.
Consentement par lepicl on cnire dans un en-
gagement déjà eontract'J par d'autres Puissan-
ces, Ac{e d'accession.
Accession, se dit en g(5neral,De l'action par
laquelle on adhère à une chose, à im acte, h un
contrat quelconque. Il y a eu accession du père
au contrat de mariage du fils.
Il signifie aussi, Ce qui survient de plus, ce
qui augmente quelque chose. Accession de droit.
Accession de richesse , d'héritage.
ACCESSIT, s. m. Terme emprunté du Latin*
On dit qu't'n écolier a eu un accessit, poui
dire, qu'il a approché du prix. On s'en sert eu
parlant Des prix d'Académie. Un accessit à l'A-
cadémie. Obtenir V accessit, Uu'apoiotd'Sau pi.
ACCESSOIRE, adj. des 2 genr. Qui n'est
regardé que comme la suite ou l'accompagne-
ment de quelque chose de principal. Cela n'est
qu'accessoire. Une idée accessoire.
Il se prend aussi substantivement, et signifie,
Ce qui suit ou accompagne le principal. Le
principal et l'accessoire. L'acces&oire doit suivre
le principal.
On dit ftu Anatomie, Les accessoires, en
parlant De certains norl's qui naissent de la
nioello du cou, et s'éleudeni par filets des deux
côtes.
ACCESSOIREMENT, adv. D'une manière
accessoire , par suite. ïl ajouta accessoirement
bien d'autres choses.
ACCIDI:îVT. s. m. Cas fortuit. Ce qui arrive
jiar hasard. Il se prend toujours en mal, quand
il nVst accompaj'né d'aucune epillièle qui en
tU'termine le sens ta bien. Accident imprévu.
Accident inopiné, /ccident étranqe. Accident
funeste, Acci4ent fiiehcu.v. La vie Itumaine est
sujette à tant d'accideus.Il est orrivé un grand
accident. Accident ftvorable. îïeureux acci-
dent.
Pau accident. Manière de parler adverbiale.
Par cas fortuit, par hasard. C'est par accident
tpie cela est arrivée Cela ne s'est fiit tjne par
accident.
Accident, en termes de Philosophie, signi-
fie, Ce qui est en telle sorte dans un sujet, qu'il
peut n'y pas Otre, sans que le snjel soit dctiuit,
comme hi blani heur ou la noïiccur dans une
muraille, la rc-idcur ou quelque aulie fr^urc
d lus une table. En ce sens on dit , que La subs-
tance soutient les accidcns.
En termes de Théologie, et en jiailant Du
Saint Sacren)ent de l'Euchniistie , on appelle
Accidcns, I>a figure, la coulmr, la savoiu-, lic.
qui restent apri $ la conséaation. Tous les acci-
dcns ijut étoicnt dans les espèces avant la eon-
tccr.Iion, subsistent encore après la consécra-
tion.
ACC
Accident , en termes de Peinture , est Ce
qui ne vient pas de la lumière principale, mais
d'une fenêtre opposée, d'un fiambcau, etc.
ACCIDENTEL, ELLE. adj. Qui arrive par
occident, par hasard. Cette circonstance est
purement accidentelle.
Il est aussi ternu* de Philosophie, et signifie,
Qui n'est que par arcidont dans un sujet, ei
qui pourroit n'y ^-Ire pas, sans que le sujet fût
détruit. La blancheur est accidentelle à la cire.
ACCIDENTELLEMENT, adv. Par accident
// n'est gu accidentellement impliqué dans cette
affaire. La blancheur , la rondeur, etc. ne sont
qu'accidentellement dans les sujets 014 elles se
trouvent.
ACCISE, s. f. Nom d'une taxe qui se lève
sur U vin, la bière et autres boissons en An-
gleterre. On dit aussi Excise dans le même
sens. Dans les Provinces-Unies, taxe sur plu-
sieurs clioses qui se consomment,
ACCLAMATION, s. f. Cri par lequel on
marque la joie qu'on a de quelque chose, ou \z
haute estime qu'on a pour quelqu'un. A son
arrivée, il se fit une acclamation générale. Le
Sénat fnisoit des acclamations aux nottveatui
Empereurs. On fait des acclamations à la fin
des Conciles. Il fut reçu avec de grandes ac-
clamations. Les acclamations des peuples. La
applaudissemens et les acclimations.
On dit , Elire par ncclamation , Qnaïui
toutes les voix s élèvent à la fois ec faveur d'un
^ujcl.
Onditaussî.qu'L'neLoi', qu'un avispassent
par acclamation , Qu'ind une Loi et un avis soni
reçus et appiouvés dès qu'ils sont proposés.
Acclamation. Manière de donner sou suf-
frage, usitée dans les assenihlées en certaines
occasions. Il a été i:ommc à cette place par ac
clamation.
ACCLAMPKR. v.a. Terme de Marine. For-
tifier un mât, une vergue, en y attachant des
[>ièces de bois par h'S côtés. Acclamper un mât.
AccLAMPÉ, ÉE, participe.
ACCLIMATER, v. a. Accoutumer h. la tem-
pérature d'un nouveau climat. Zi ^^/uf du temps
pour acclimater une plante étrangère.
On dit aussi, avec le pronom personnel,
S'acclimater j pour dire. Se faire à un nouveau
climat. Les habitans de l'Europe s' acclimatent
di'jicilemcnt dans les Antilles.
AccmvatÉ, ke. participe.
ACCOINTANCE. s. f. Habitude, familiarité,
communication. Je ne veiLcpoint d'accointancc
avec lui.
On dit aussi qu'Un honnnc a eu accniniame
avec une femme, pour exprimer Une li;iison
d'amour on de galanterie. Ces deux accepiiui.s
sont du langage familier.
ACCOINTER, verbe avec le pronom per-
sonnel. Se lier intimement, se familiariser avec
'juelqu'un. 7/ s'est accointé de cette file.
Accointé, ke. participe.
ACCOISEMENT. 9. m. Calme. Terme de
I Médecine. Il n'est d'usage que dans celle phrase.
i'arcoisemenl des humeurs.
ACCOISER. V. a. Calmer, apaiser, rendre
ACC
coi, Accoiser les pots. Accoiter la tempête. H
est vieux.
On dit, en termes de Médecine : Accoiser
les humeurs. Les humeurs sont accoisées^
AccoisÉ, ÉE. participe.
ACCOLADE, s. f. Embrassement. Grant^ej
accolades.
On appelle >^cfoïa^c, dans un compte, Un
trait de plume qui joint plusieurs articles pour
n'en faire qu'un.
On appelle, Accolade de lapereaux, Deux
lapereaux servis ensemble. Servir une accolade
de lapereaux.
C'est aussi le nom d'Une des principales cé-
rémonies anciennement observées dans la ré-
ception d'un Chevalier. Elle consistoit ordinai-
rement en trois coups du plat de l'épée que le
Seigneur donnoit sur l'épaule ou sur le cou do
celui qu'il armoit Chevalier. Donner^ recevoir
l'accolade.
ACCOLER. V. a. Jeter les bras ou cou de
quelqu'un en signe d'affection. H me vint flc-
coltT, Ils s'accolèrent avec grande amitié.
On dit, ^ccoh-r hi cuisse, accoler la botte à
quelqu'un, pour dire, Lui embrasser la cuisse,
la botte ; ce qui est une marque de grande sou-
mission et d infériorité.
On dit, Accoler la vigne, pour dire, Lfl re-
lever et la lier à réclialas.
On dit figurément, yiccoler deux ou plu~
sieurs articles dans un compte, pour dire,
Comprendre sous une seule marque, sous une
seule somme, deux ou plusieurs articles de
tompte.
Accolé, ée. paiticiiie. Il est aussi adjectif,
et se dit en termes de Blason , De deux clioses
attenantes et jointes ensemble, les écut de
Fiance et de iS'avarre sont ordinairement ac-
coles.
ACCOMMOnAlîLE. adj. des 2 genres. Qi«"
le peut accommoder. Il ne se dit guère qu'Ek
matière de diflefut et de querelle. C c(îc af-
faire, cette qucielle est nrconmuKiidi/e, n'est
{•Itère nccommodable , n'est acconimodable que
par ce moyen-U'\.
A(X:0MM<>I>AGE. s. m. L'apprfit des vian-
des que les Cuisiniers ou Uôlisseiu's arcommo-
tlent. Payer l'accommodage des viandes. Il
fiut tant pour l'accommodage. l\ s'emploie en-
core en parlant d'Un Perruquier. Payer ï'ac-
commodage d'un l'erniquier,
ACCoiviMonANr, ANTE. ndj. Qui est
complaisant, d'un commerce nisé, nvcc qui
l'on peut traiter aisément. C'est un nomme ac-
commodatit , d un esprit fort accomvnodant.
Une humeur, une personne accommodante.
ACCOMMODEMENT. 9. m. L'accord que
l'on fait d'I'n difïVrent, d'une querelle entra
(luelqu' s iM'rsnnncs. i7cconmio</cnifn( à l'amia-
ble. Un méchant accommodement vaut mieux
(juc le mfilll'ur procès. Faire un accommode-
ment. S'entremettre d*accommvdementy d un ;ïC'
commodément. Cn lui propose un accommode-
ment. iSoussommescn i'oic,cn termes d'<ICrc^»*
modemenf. Travailleiù cet accommodement. Je
les ai disposés, je les ai portes à cet accommo-
ACC
^cmenf. On traite un accommodement ^ itun
accommodement. Entendre à un accommode-
ment.Il ne veut point d'accommodement, H ne
veut entendre à aucun accommodement. H re-
fuse tout accommodement. Rompre un accom-
modement. Il ne s'éloigne pas d'un accommo-
dement.
Il se dit aussi Des moyens, des expédions
qu'oD trouve pour cuiicilitr les esprits, termi-
ner les aflàiies. Il y auroit un accommodement
en cette affaire ^ s'ils vouloient. J'y ai (roiivc
un accommodemenL Klle n'est pas susceptible
d'accommodement.
On dit, qtiTii homme est un hom)ne d'ac-
commodement^ de ft te île accommodement, pour
dire, qu'il est aise de convenir avec lui.
yiccommudement ^ se disoit Des ajustemens,
orrangemens , emlxlliâsemeus que l'on faisait
d.ins une maison pour la rendre plus agréable.
Jl faudra hien des accommodemens dans cette
muison. Il a vieilli ; on dit , Arrangemens ,
euilM?lIisâemei\s.
ACCO^LMODKR. v. n. Donner, procurer de
la conmiodité. il lai faut cela pour Vuccvmmo-
der. Cela ne m'accommode pus. Cette pièce dt
terre I uci*ominodcruil bien , ua;omniodcroit/<'rl
son parc.
11 signifie aussi, Ranger, agencer, ajuster,
mettre dans un état convenable. Il a bien ac-
commodé sa maisoUj son jardm, ce canal^
cette allècy cette fontaine^ etc. Vous avez bien
accommodé votre cabinet. Accommoder le feu.
On dît,. 'accommoder ses affaires ^ pour dire,
Mettre ses affaires en meilleur état.
Il signifie encore, Apprêter à manger. Qui
voulez-i'ous (juon nous accommode pour notre
àiner ? Comment accommodera- t^ on cette
viande? à ijucllc sauce l'accommodera-t'On.'^
Ce Cuisinier accummodc fort bien le poi<:son.
Il se dit aussi , en parlant De coiffure. Ac-
commoder des c/it'vcux, une perruque. Accom-
inodcr quclau'un.
Un dit De ceux cpii tienm'tit Lolellerie ou
cabaret, iju'itj accommodent bien leurs /io(cs,
qu'on est b.en accommodé chez eiu:,pour dire,
qu'Un, y est bien logé, bien traité, bien servi,
Cl proprement C'est une bonne Adïcllertf , on
y est bien accommoiU.
On dit iroDi<|Ucmcnt, Il l'a hien accom^
mode; je l'accommoderai comme il faut^ pour
dire. Il l'a miliraitd; je le Iraïierci dureuicni
comme il le mérite. Un dit aujisi, populaire-
mietit, dans, le même sens. Accommoder un
homme de toutes piè-cSyl accommoder d'impur-
'ancc
On dit enrore, d'Un homme qui est en
mauTais état et en désordre, (ju'i( est étranfje-
nient accommodé. Vikus voilà accommodé d'une
éiranfje manivre. Il tst tout couvert de: boue,
te voilà, bien ûcconunodc. Qui la accommodé
djc la sorte?
AccnMMooEn, so ditenc- re en parlant Des
oflâ.rcscju'oii icnuiuc k l'amiable , cl àea pcr-
•oiuics que l'on met d'accord. Il faut accom-
niodcr celle affaire, ce diffirent, celte tiuerelU.
Ils clo'uni prés dé se battre, on Us u accom.'iio-
ACC
Set. S iU ne s'accommodent f ils se ruineront
X en procès.
Il ^e dit aussi en j^arlant De cert;iines clioses
dont on convient cnscmbie dans le coumieice
de la vie. l'ous avez un beau cheval, voulez-
vous m'en accommoder ? .le vous accommoderai
de ma maison^ si vous la Tonfez <jf/jt'(tT. i'ous
avez une maison dans mon fief y ien ai une
dans le vôtre^ nous nous accommoderons si vous
voulez.
Ou dit aussi, Accommoder son qotit, son
humeur., ses discours à, etc.j et simplement,
S'accommoder, pour dire, Confornur son
goût, son humeur, ses discours, et se confor-
mer à, elc. Les Courtisans savent accommoder
leur août, leur humeur, leurs diicours à ce </ui
plait au l'rince. Il fiut s'accommoder à l u-
saqe. S'accommoder au temps. Il n'est pas dil -
/ici/e , il est compluisiuit , H s'uccummodL' a
tout.
s'AccoMMonER, sii;nifie encore, Prenilnj si
commodité, ses aises. // entend bien à s'accom-
moder. Voyez comme H s'accommode.
Il signifie aussi, Èlre d'un facile accomnin-
dément, d un commerce aise dans toutes les
cliosts de la vie. Donnez-moi tel cheval tju'ii
vous plaira, je m'accommode de tout. îlest fort
difficile, il ne s'accommode de rien, il n'est
point délicat, i} s'accommode de toutes sortes
de viandes^ Donnez -moi telle monnoic, tcllet
espèces qu'il vous plaira , je m'accommode de
tout. Donnez- moi pour ma dette, telles mar-
chandises, tcllci hurdesj tels effets au il vous
plaira, je m'en accommoderai.
On dit en plaisantant, qu'(. n homme s ac-
commode de quelque chose, pour dire, qu'il
prend quelque clmse un peu liardimenX, ctsans
y avoir droit. Il s'accommode de tout ce qu lï
trouve sous sa main.
On dit aussi. S'accommoder, pour dire . Ac-
commoder ses aflîiires. il devient nV/ie, il s c-it
accommodé. Je l'ai vu pauvre, mais il s'est
bien accommodé. Il rst du style familier.
On dit proverbialement et par raillerie .
qu't n homme s'accommode , s'accommode
comme il faut., ou qu7I s'est accommodé,
pour dire, qu'il prend trop de vin, qu'il en a
pris jus<ju'j l'excès. Quand il trouve de bon
l'in , il s'accotnnwde comme il faut. Il fut
l'autre jour en débauche^ et il s'accommod.i
d'importance.
Accommodé, ée. participe. On dit famittî.*-
remenl , qu't n homnu: est peu accommodé des
biens de la firtuiic, pour dire, qu 11 n'est pal
riclic, qu il n'est pas ^ sou aise.
Ottdit, £(re mal accomjnodé , pour diiç.
Ittie mat coiffé» mal fri^é.
ACCUm^AONAriiULU s. m. Terme de Mu-
sique, (^ïui aocompngne la voix, avec quelque
instrumcnL C'est un bon^ un savant accontpa-
ijnateitr. On appelle ^^ccompa^nalnce,. Celle
qui acconip.i|^r-
Aa:OMPAG>E.MF.NT. s. m. Action d'ac-
compagner eu certaines c>:rcu)n::i4>s. On porta
i ce Soui'crain au (omf>eiiu de ses ancêtres, et
plusieurs Vi inees furent destinci pouv rticcotn-
ACC
i3
pacjnemcnt du coips. Le Maréchal dt France
qui était nommé pour laccowpuqncment de
l .imhassadcur., etc.
Accu.Mi'AGNEMEvT , est aussi un lenne de
Musique, qui se dit I)< s accords dont ou ar-
compaf;nc la voix qui clianle le sujet, ou quel-
que instrument (pu le joue. Apprendre l'accom-
pagnement. Savoir l accompagnement. L'ac-
compagnement sontîcnt la voix^ et sert à la
faire paroitre. L'accompagnement Au Clure-
cin.^ de la %^iole. Bon accompagnement. Mau-
vais accompagnement. L n accompagnement
qui ne'it pas assez varié. Une pièce à grand
accompaqnement.
Aeco.MP.V(i>EME.\T, se dit aussi en parlant
De ce qu'où rej;ardc cooime une suite néces-
saire de cfrlaliirs choses, soit pour la rummo-
dite, soit pour l'orTiemcnt. Cette chambre à
coucher est belle; mais elle manque des accom-
puijncmens nécessaires. La fiqiire principale de.
ce tiililcau iiuruit besoin de quelques accompU'
qnemens.
On s'm sert encore en tenncs d'Armoiries ,
pour dii*, I>-'s supports, les tenar.s, le cimier,
les iandjrcquins, les marques de cliargc ou de
ilignitc,< t g<-néralemcnl tout ce qui est lîors de
l'écu. Porlev des Armoiries sans aucun accom-
pagnemenl.
ACCOMPAGNER, v. a. ^ler de compagnie
a\ ec quelqu'un. Je vous accompagnerai jusque-,
là. Il m'a accompagné en ce voyage.
Il signifie aussi. Suivre par ijonneur. La
plus grande partie t'e la. Noblesse accanj'U'
gnoit le Couvcrneur de la Vrovince. Ce J'tircc
est toujours accompaqnii de gens de qualité.
Tous ceux qui se trouvèrent ta, accompagnè-
rent le S. Sacrement.
Il signifie encore, Conduire en cérémonie.
C'est un Prince qui accompagne l'Ambas:>a-
deur à VAudicju:e.
Il signifie aussi, Reconduire par lionneur
une personne dont oa a reçu visite. Quand il
s'en alla, on l'accompagna jusqu'à son car-
rosse.
Il signifie aussi, Escorter. Je vous donnrrut
des gens pour vous accompagner. Il se fait
toujours bien accompagner , parce qu'il a dus
ennemis.
Un dit figurément, que Le bonheur, qur la-
f'rtune accompagne quelqu'un, pour dire,
qu'il est Iicur.ux; et. (jue Le muUjcur l'accom-
pagne, pour dite, qu 11 est mnlbeureux.
AccoMPACNicn, se dit dans la significalioiL
D'assortir, de convenir; mais alors il ne s'em-
ploie guère qu'avec l'aiiierlie Bien. Ainsi on
dit, quTne qurnifjirc accompagne hitn une
robe; qu'un*: tapisserie accompaqne hicu un
lit; que des ;nJv'i//ons accompugnetit bien un
corps •'de -logis , pour dire, Que t<»utt's ers
choses-lj souL bi*Mj assorties. Pour un bon ma-
riage, il faut quelque chose qui accompagne la
beauté, quclqu- esjrit, du bien.
Ou dit dans ce nu^nic sens, q^ie Les chc%'e\t.c
accompaqncnt bien le visage' que la flûte tu-
compagnc bien la votx.
Accompagner une chotc d'iuie autre. C fct
il Acr,
joindre, ajoiKcr une chose ù w\r nuire. U aC'
roinpaqna son présent d'une liiiritJttjne. Il ac^
conwdQiia ses remontrances di: menaces. 'I ont
ce (jiiU disait^ il Vaccovipagnoit d'un rjestc.
d'une action qui maranoit Îh'cm, etc. Tout ce
un II fait y tout ce rjtiil dit^ il l'acconipitgne de
tant de eirâces, etc.
AccoMPACSEn, en termes de Musirfue. si-
gnifie Jotier la Da'^sc cl les prutics arcossoii-cs
il'une pltTp de musique, snr un ou plusicnis
instrumens, pendant f|u*une ou plusîpurs voix
cliaritcnt, ou que (luel'pic instrument jonc !c
biijei. i)i vous voulez chanter, j'e vous occom-
piiijnerai avec le Clai-ecin. Il chante bien, et
s'accimipafjne hii-mênic avec Ui Viole. En ce
sens , il se met d'onlînaire absolument. Accom-
pafjner avec le Chn'eciu , avec la basse de
i^ioic, etc. Il accompagne bien. Il acconipacjne
mal, H acconipannc. à livre oir/crt , H sans être
préparé.
s'AccOMPAONEu. V. pron. Mener quelques
cens avec soi pour (pickpi'-î dessein. Il se prend
II* plus souvent en manvnîse part, i/ s'accom-
pafjne toujours de mèchans gnrnemens. Il s'ac-
compagna de gens de main pour faire ce coup-là.
AccoMPAGNii:, v.E. pOTlicipe.
A(>COMPMK. V. a. Aclicver entièrement.
AccoiiJpLr le temps de son hanniasemeTU. (, n
liehgicnx (jui a accompli le temps de son A'o-
viciât.
H signifie aussi, ElTcctucr, ntcttre îi execu-
lion. Accomplir sa promesse^ Accomplir son
Vivn. Accomplir un dcfssein. Accomplir wn
traité. Accomplir un mm uiuc 'uii nvmt été ré-
solu. J'espère que Dieu accomplira vos désirs.
Jésus-Christ a accompli les Prophéitcs.
On dit, At'ccmjlir la Loi, accomplrr ses
nhlïqations, pour dire, Faire ce que la Loi, ce
qu" le devoir érige de nous.
,\cco;\iPi,in , est aussi pronominal c is !e
sens d'Effectuer. Le traité qu'ils avoient fiii ,
n'(î pu s'accomplir. Si ce martaqc s'accomplit.
Si vos désirs s'accomplissent. Cela arriva de la
sorte, afn que l'Ecriture s'accomplit. Toutes
ies Lrophéties s'accomplirent
Accompli, ie. pnrticijx'. // a trcjite ajis ac-
compli':.
Ij est aussi adjectif, et signifie, Qm est par-
fait dans son genre. C'est un homme accompli de
tvnt point, l nCourtisan accompli. Vnc beauté
accomplie. L'n ouvrage accompli
ACCOMPLISSEMENT, s. m. AcUi-vemcnt,
exécution entiùc L'iiccoHip/is^cmcnl d'un des-
sein , d'un ouvrage. L'accomplissement dune
promesse, de eo parole, d'un va'U,d'un ser-
ment. L'accomplissement de nos vœux, de nos
di'-in, de nosrypi'riinces. L'accomplissement des
Vrophéiic.., L'accompUssemeni d'un traité.
ACC05. s. m. Terme de Marine. Bateau
plat dont en se .•,crt ^our ollcr -.nr les vnecs.
ACCOOUmA^•T, ACCOOUI.NKR. Voyez
AcovviNANr, AcoQurVE».
AC<^)ORr). s. m. Convention, nccommode-
incnt 4UC Ton fait pour terminer un diflerent.
faire un .iccord. Va.^^er un accord. Je me tiem
à Vaceorâ qui a été fait.
A C C
Il S" t^Jt ;iussi au pluriel , pnitr signîtii.T, La
c-iiivcnlioiis préliminaires d'un mariage futur.
On c. siiiné les accords. ' ''
l! signifie aussi, Consentement , tmion d'es-
prit, conformité de volontés. Ils ont tonjoun
vécu dans une grande liaison, dans un parftit
accord.
En ce scns,n s'emploie avec la particule De.
Ainsi on dît, A/c((re des gens d'accord. Ils sont
d'accord. Ils en sont convenus d' un commun
accord. Ils en sont tomhrs d'accord. J'en de-
meure d'accord.
Et par ellipse, on- dit uLMdnmenl, D'ac-
cord^ pour dire, J'y consens, j'en conviens.
On dit d'Un homme, qu'if est de tons bons
accords^ pour dire, qu'il est d'une humeur
aisL'C, et qu'il consent à tout ce «jnf les autres
Veu-lciit.
Acconn, signifie aussi. Convenance, pro-
portion , juste rapport de plusl(;urs choses en-
semble, il y a un merveilleux accord entre
toutes lex parties du monde, entre les parties
du corps humain.
Acc0ivD,en Musique. signifie l'Union dedtu\
ou de plusieurs sons entendus h la fois, et for-
mant harmonie. >^ccord d'inslrumens. Accord
de voix. Bel accord. Accord parfait. Accords
harmonieiLT. .IccorAs cottsonuans. Accords dis-
sonans.Ily a de beaux accords dans cette pièce di
Luth. l''rappcrun accord. L'Octave et la Quinte
sont de bons accords. Les ncoords dissonans font
un bon cff (, quand ih sont bien sauvés.
Ou dit, qu't n in.vtrumeut est d'accord,
[jour dire, que Les loriles en sont nionttcs juste
au ton oii elles doivent être; et que /?es cordes
ne tiennent pas l'accord, pour, qu'Elies ne
É^emeiueirt pas au ton où on les a mises.
ACCORDABLE. adj.des^.g. (^m peut s'ac-
corder, qu'on peut accorder. Il se prend dans
Ions les sens du verhc Accorder. Cette grdce
n'est pas accordahle. Ces Plaideurs ne sont pas
accordalles.
ACCORDATLLES. s. f. pi. Ixs cérémonies
qui se font pour signer les articles ou le contrat
d'un mariage. Il se trouva peu de parens aux
aorordailles. Il est populaiie.
ACr:Oni)ANT, AM'E. adj. Terme de Mu-
fiiijae. Oui s'necordc bw'i. Ut et Siiï sont des
tons accordans entre eux. Ut et Si :>ont des
tons discordans entre eux.
ACCOKOEK. V. a. Mettre d'nrrord. Kemeî-
tre en bonne inlelligencc. /iccordcr les esprits.
Accorder Itn durs. Ces deux hommes étoient
en procès, en querelle, on vient de h-s accorder.
AcooiîOKii, se dit en parlant I>e Doctrine,
d'Opinions, de Lois, et signifie, Concilier, ôt( r
rapparencc de contraric'lc , de conrcidiclion.
Accorder les Ecriiures. H n'est pas facile d'^ac-
corder ces deux passages. Comment accorder
toutes ces Lois ?
Accor.DF.u. se dit enCrammaîre. et signifie,
.Mettre les mots ctunme ils doivent être les uns
à l'i'-gard des autres. Su:vant le.; régies de X>\
Granimane , tl faut accorder Vadjectif avec
son substantif en genre et en nombre; et si les
Langues oui des cas, les accorder aussi en ras.
ACC
On dit en Musitpie, y^ccordcr sa voix r.vce
un instrument , pour dire. Chanter de manierr
eue la voix ( t l'instrum' nt fassent des accords
agréables et réguliers. Lllc nceordott parfaite-
ment sa voi.r avec h Clavecin.
Accorder un Luth ou un autre instrument
de Musique^ C'est mettre les cordes juste au
ton où elles doivent étiv entre elles. Ce 3/usi-
cien a été lonq-temps à accorder son Luth.
Accorder des tnstrumens les uns avec Im
tinfrcs. C'est les mettre tous au ton ofi ils doi-
vent être les uns à l'égard des autres. >4ccor(icr
ilci Tuotbes Cl de^ Violes au ton du Clavecin.
On dit proverhinlement , Accordez vos flûtes,
pour dire , Convenez de ce que vous vouIct,
laiie, convenez des moyens de faire ren sir
votre dessein.
AccoiiDi:n, signifie aussi, Octroyer, concé-
der, .accorder un privilège^ une grâce, une fa-
veur. Le Vape a accordé tant d'années d'In-
dulgence pour, etc. Je lui accorde tout ce qu'il
• eiaunde.
Accocder uni ^Ih en marîagej C'est la
promettre verbalement ou par écrit â celui qui
la demande pour l't-pouser.
Acconnnn, signifie aussi , Reconnoitre pour
lual, demeurer d'accord d'une chose. Je vous
accorde cette proposition. C'est une vérité de
piit qu'il faut que vous m'accordiez.
s'AcconoER, avec le pronom personnel. Être
d'accord, d'intelligence, de concert. Ih s'ac-
cordent tons ensemble pour me tromper, pour
me perdre. A ous tJchcrons de nous accorder.
AccorUez-vous avec vous-mi^me.
ïl se dit «ussi Pe la conformité des esprits
et des humeurs. Ils sont de mime humeur, ils
s'accorderont toujours bien ensemble. Ces^ttx
esprits n'auront pas de peine à s'accorder.
On dit, Ce que vous me dites aujourd'hui
ne s'accorde pas avec ce que vous me (files Aier,
pour dire, N'y est pas conforme.
On dit proverhialcment , que Des grns s'ac-
cordent comme chiens et chats, pour dire,
([u'Us ne saiiroient s'accorder, vivre ensemble.
.s'ArconoEn, se dît aussi généralement De
tniilcs les choses qui ont entre elles de la con-
venance, de la ressemblance, du rapport en
quel(pie manière que ce soit. Ces voix s'accor^.
dent parfaitement. Ces deiur couleurs s'accor-
dent bien.
AcconDÉ. iz. participe.
AccOTiDÎ;, AccoiU)i-E. s. CeVn et odle qui
sont réciproquement engagé-s pour le maringe
par des articles signés de pari et d'autre. Où est
l'Accorda ? Voici l'Accordée. Les Accordes se-
ront mariés dans peu de jours.
ACCOKnoin, s. m. Espi'cc d'outil dont les
Lutliitn-s cl les Facteurs se servent pour occor-
der les insinimens de musique.
ACCOUNÉ, I^:e. adj. Terme de Blason. Il se
dit Des animaux qui ont des cornes, qiwnd
elles sont d'une auli-e couleur que l'enimal.
ACCORT, OUTE. adj. (^hii est adroit , sou-
ple, complfaisant, qui s'accommode à l'humenr
des autncs. Cet hvnwK est fort accort, d'une
liumeur accorie.
ACC
ACCORTISE. s. f. Humeur complaisante,
acconiniodantc. 11 est da style fainUier.
ACCOSTABLE. adj. des 2 genres. Qui rst
facile à alxirJer. C'est un homme ficu accoitn-
hle.U est iimi;/m plus accoilMe. Il est familier.
ACCUSTEIÎ. v.a.Alxirder quelqu'un qu'on
rencontre, pour lui pnrler. Il me l'int iwcustcr.
H m'iiccosta lorsijiii; je n'y pciisois / us. 11 csl
familier.
s'Acco*TKn DK, avei' le pronom peisonncl.
Hunier, fréquenter quelqu'un, avoir iialiiliide
avec quehju'un. Je ne suis de tpteîles cji'iis vum
vous accostez. Il s'accosta dun mnuvuis Cfar-
nemcnt. 11 est familier, et ne se dit (juire qu'en
mauvaise part,
AccosTt, LE. participe.
ACCOTER. V. 0. Appujer de coté. Asceler
sa tête.
11 s'emploie aussi avec le pronom personnel,
5\iccoter sur une cJuiise , coiitix une cltaisc.
S'accoler contre une muraille. Il est familier.
Accoté, ée. participe.
A(X;0T01IÎ, s. m. Ce qui sert d'appui, cfl
qui est lait pour s'y ;iccoter. Les accotoirs d un
carrosse, d un piUteuil.dun coitf.ss:vnnal.Cchi
vous servira d accotoir, La diirércnce d'Accou-
doir à .\ccotoir , est (jue l .iccotoir sert ptinr
s'appuyer de côté, et l'uccoudoir pours'appu\ er
eu avant
AGCOVCIIÉE s. f. Femme qui est en
eouclie, après avoir mis un enfant an monde.
Aller voir une accouchcc. Q'iand est-ce ijtu
l'accouchée rclcycru.'' Ou dit d'Une femme qui
est fort parée dans sou lit, qu'£IIc est parée
comme une accouchcc.
Oq appelle proverbialement. Le catjuet de
l'accouchée j La conversation de baj^atelles qui
se fait ordinairement dans les visites qu'on fait
aux femmes en couelic.
ACCOUCUEMENf. s. m. Enfantement.
lleureiic accouchement. Accouchement di'Ji-
cile. DoulourciLV accouclicnient,
ACCUL'CIIEK. V. u. Enf.inler. Accouclier
heurensemeut. Elle e.^t accouchée en tel endroit.
Elle est accouchée dun enfant mâle, dune
fille, de deux l'unicinic. (^uand accouchera-
t-elle ? tille est ucconclice. Quand elle fut ac-
couchée. Accoucher à terme., avant terme, jic-
coucher d'un cnfiint mort. Pour marquer l'ac-
tion, on peut eniployar l'atuiliaire Avoir. J'ai
accouché avec iloniiiir. L'Ile a accouché trés-
couraqcuseincnt,
AccoiCHEn, se dit fi^urémcnt, en parlant
De rcs|iril et di s productions do l'csptil. J 'ai
eu hien de la peine à accoucher de cet ou-
vrage, t'ocratc disot ijn'il faisait l'o//ice de
!>age-ftnnie, qu'il fiisoil accoucher les c.\frits.
Accotciiiii, est aussi actU , cl si^nilîc, Ai-
der ^ une (t:niiac & accoiubcr. C'est celle iiaqc-
fjmmc ijui a aico:u/ic une telle Dame. Elle
accouclie hien. Ce Cli;rurijien uccuuc'ie mieuj
qu'aucune .''ain^f-niine.
Accolent, i.E. pariiciiie.
ACCOliCIIELlt. fc i,u Celui dont la pro-
fcsaion Mt d'a;coucl>cr les fimnirs. l'wn accou-
duur. Il est l'accoucheur de cette Daine
ACC
ACCOUCIIJiUSK. s. f. Celle dont la pro-
fession est d'accoucher les femmes. Habile ac~
i^.couchcuse. Ou dit plus comniuiicinent iStme-
f;nimc.
Ac;CUUI3EIl , s'AGCOUDER, av(c le pro-
nom personnel. S'appuyer du couHr. S'accou-
der sur lu table. Il èlotl accoudé Mir son c/ie-
vct. S'accouder mi une balustrade.
Accoudé, ij;. p.irlicipc.
A(iCUïJUUlIî. s. m. Ce qui est fait pour
s'y accouder, //l'oir un accoudoir suus les bras,
i^accaudoir dun prie ' Dieu. Avoir les bras
sur un accoudoir.
ACCori'Lli. 5. f. Lieu avec lequel on at-
laolic les chiens ensemble.
ACt:uLJPLEMi:i\T. s. n\ Assemblage p,u-
couples. Il se dit priiîcipalen.ent Des aulmnux.
J ccouplement de i;a.u/i' pour la charrue. Ou
dit en Architecture, Accoupleiutnt de rolonties.
Il se dit aussi De la conjonction du m;\l(' »■!
lie lu femelle iioui* la giJntiralion , et il ne ^e di;
[;uèrc ijucDes animaux. Le mulet vient de l uc
l'ouplcnient d un due et d une cavale. L'accou-
plement d un chien et d'une chienne.
ACCOUPLl:;U. V. a. Joindre deux chosci
ciiscndde. Ces deux personnes sont mal ac~
couplées. Ce serait vouloir accoupler le loup cl
la brebis.
On dit, Accoupler des h -tufs , pour, Le-
uifc'ttre ensemble sous le joug.
On dit aussi, Accoupler du Unqe, accoupler
des serviettes «ju'oq veut mettre k la les>ive,
pour, Kn faire des paquets.
AccOLPLEn, en parlant De quelques ani-
maux, signifie. Apparier ensemble le mâle et
la femelle. Accoupler des pigeons., des tourte-
relles., des serins, lit quand ils se joignent pour
la K^'ucration , on dit , qu'ils s'accouplent ,
qu j/s soni nrcotinics.
Accovri-É, KE, participe.
A(X;uL UCIPi. V. a. Pendre plus court , re-
Ir.uichiT de la longueur, so t au propre, soil
au figuré. Accouicir une robe, un manteau.
.-Iccourcir un bdtou. Accoutcir d'un doiqt ,
d'un pied. Accourcir un ouvraoCj une scène ,
un discours. Si cela est trop loncj , il faut l ac-
couicir.
On di( aussi, Accourcir son clîemin, pom
dire. Prendre quelque route de travcr-sc qui
rende le chemin plus court. Si vous allez par-
là vous accourcirez bien votre chemin. La
chaussée (fu'on a fuite en tel endroity accourci.
le chemin dune grande lieue.
s'AccovRCiu, avec le proncm personnel.
Devenir plus court. Les jours commcn^oieni
alors à i'dCt'ourei'r.
AccotRci,iE. participe.
ACC0UKCISSEMI::M'. s. m. Il nest guère
ru usage qu'en parlant d'L'u chemia et des
jours. Celle chaussée serl beaucoup à laccourcia-
sèment du chanit. L'acconrcisscnient des jours.
AïXiOL'IllIl. V.». U se conjugue couune
( oariV, cAcopr'' qu'il reçoit également l'un ou
1 autre des verbes nuiiliairc». J'ai uccourUy je
.<iitj accouru. Courir, %'ei>ir prouiplemcnl eu ^
uu lieu où qu I que cbosc Uuua tttlire , nout-
ACC I J
appelle, -accourir en diligence , en gvar.de
hâte. Accourir au besoin. Accourir eu finie.
Il est accouru au bruit. Je sui.^ accouru pour la
féte^ etc. Des qu'on sut gue la bataille se don-
noit en tel cndruit, toute la Noblesse y accou-
rut. On y accourut de tous côtés. Accourir nu
secours de guehju'uuj à l'aide de (jucbm'uM.
Accounu, ci;, piiriicipe.
ACCOUTULMEM'. s. m. TlalHlIemcnt. il
avoit ses beaux accouln.mt,iis. U csl \ieux
en ce sens. Il se prend plus urdinaircnicnl eu
niaiivaise part, y/ccyu/rcmi'/i/ ridicule.
ACCOUTREU. V. a. Parer d liabils. En w
sens il est vieux, ( t il n'est guère d'usage qu'eu
style Iduiilier. Vous voUù bien accoutré. Ou Va
plaisamment accoutre.
On dit proverbialement quTu homme est
bien «ccoutre. aecoulrê de toutes pièces^ poiwr.
dire , qu'il a été fort ni.ùiraité.
AccouTHÉ, tE. punicipc.
ACCOUTL'MAACK. s. f. Habitude, cou-
tume que 1 oo prend de faire ou de souHiir.
quelque chose. Mauvaise accoutumance.
ACt.OUiUAIl'Uï. V. a. Eaire prendre une
coutume, une \hihu\xdc. Accoutumer guelgu' un
à guelgue chose. Je l'ai accoutumé à fuirc^ etc.
Il avait peine à fnire telle chose: mais on l'y a
(lecouïuiné. H fuit accoutumer de bowie lu-me
les cnfiins iiu (ravtui, à la ftiique. Accoutume
uu cheval à galoper sur le bon pied.
Quand il se joint a\ec le pronom personnel,
il signifie, Contracter une habitude. Il faut
bien vous accoutumer à cela. Je m'acconium^
au froid, au chaud, ctc. Il s'est accoutumé à Inx
fiittguc. On s accoutume à tout.
l\ .signiiîc aussi, Avoir coutume; et alors il
est neutre, et n'est guère d ui:ige qu'avec le
verbe .-ivoir. Il a accoutumé d' aller ^ de faire, ctc.
baltes commt' l'ous avez accoutumé. On Irui-
ploie cepe.id inl qu-'lquefcis avi c le verbe Être.
Je SUIS accoutumé <1 rne lever de bonne heure,
à me promener le matin.
Il se dit qucliuefois Des choses inanimées.
Ces terres, ces arbres avaient accoutumé de
produire.
AccouTir^iiÉ , ÉE. participe. A ccnutumé à la
fatigue. A sa manière accoutumée, licnlrer
dans lordre dccoutitnié.
A l'accoutumée. Façon du |>arler adverbiale..
A l'ordinaire, comme on a accoulumc. Il en n»
usé à l'accoutuiHè*!. Il est du style familier.
ACCRÊDiriJl. v. a. Mcttie en ei-edit, en.
réputation. Sa bonne foi la accrédité parmi
les Marchands. L ctactitudc à payer, est ce nui
accrédite le plus un Hanguia: Sa bonne con-
duite l'a f-'Vt accrédité dans sa compagnie.
i\ se dit aussi au liguri',De eeriaii:e!t chose*,
pour , Douner cours , nuloriser, rrn<Iie ]>bi$
vraisemblable. Accivditer une nouvelle, un
bruit, une calomnie,
AccnÈDiTÎ:, ke. pniiicipc. On le dit Des^
!ionim -s ptililies qui ont une niis«ion autorisée-
d'une Puissance auprès d'une autre II est uc—
crédité par sa Cour.
ACCROC. ». m. (On ne itrononcc p-j 3»»
fintvle.} Uéc'iirurc que iail ce qui accrocJie. Ul
i6
ACC
y a un grand accroc^ un vilain accroc » votre
mhe, à votre manteau. Quctit-ce qui a fuit
c«t accroc à lofre habit?
Il se dit 6j;iircni€iU et faTTiilirn'mrnt D'une
difficulté, d'un cmbiinas qui appoilf du relfir-
denieiit dnns une aff.iire. tl est sntvcnii uti ac-
croc Qiti retarde leur acconimodement.
ACCnoCIIi:.MKNT. s. m. Action d'iiccro-
duT. L'accrocheinent de deux voitures.
ACrROClII'.K. V. a. Atiaclier, suspendre
«quelque chose U un rlou, h un rrorlirt. ,/crro-
cher une gravure. Il demeura accroché par son
habit.
On dit provcrhiititîmcnt, Dcllc file et mé-
chante robe, trouvent loii/onrs iftii les accroche.
On dit en termes de Marine, Accrocher un
vaisseau^ pour dire, Jctnr des grappins et drs
wocs (l'un vaisseau ù un autre, pour venir îi
ral>ordagc. H accrocha l'Amiral des ennemis.
Les deux vaisseaux s'accrochèrentV}iii i'imlrj.
Accrocher, signifie fii;iircmcnl Retarder,
arrêler. On a accroché celte ajjaire. Cette nê~
qoriation est accrochée. Ce procès est accroché
depuis long-temps.
il so dit aussi avec le pronom personnel, et
siftnilîc, S'altaclwr, s'arrclcr à qucltjue chose
que ce soit. Sa robe s'accrocha à des ronces.
l^uand en se noic, on s\iccroche où l'on peut.
FX l'on dit ûgurénieut , <^)(iand on fst mal dans
SCS aflàir^'S, On s'iiccrochc à tnutj on s'accroche
ù ce qu'on peut.
6'accrochcr à un Prince, à un grand Sei-
gneur^ se dit fainiiiO'rGinent De ceux que !e
mncvais ctat de leurs adirés oblige de s'atta^
>her h la fortune d'un Prince , d'un f^rand
Seigneur. Il ne suvoU où donner de la tcte^ il
s*est accroché à ce grand Seiqneur. Il ne sait
oit s* accrocher^ En ce sens, il est familier.
Arcnoc»!-:, ée. pnrti<ipe.
ACCROIRK.v. n. Il n'est d'u6a':eqn'.i l'infi-
tiï*it" avec le vribc Faire; et il siLinifir, Fniro
croire ce qui n'est pas. i'ous voudriez notis
l'aire accroire qne^ etc. Vous voudriez nous en
faire accroire. Il n'est pas homme à qui Ion
en puisse faire accroire.
On <iit, qu'« n iiunum sUn fuit accroire,
s'en veut faire accroùe. pour , qu'il pnJeume
trop de lui-nièniG, qu'il croit pouvoir en im-
poser. Depuis qu'il a c^ttc place, il est devenu
glorieux, il s'en fuît accroire. Il a quelque
mérite y mais il s'en fait trop accroire.
ACGROISSEMKNr. s. m. Augmentation ,
agraadissemcnt. Grand accroissement, .iccrois'
icmenl notable ^ tcnsidérable, soudain. L'ac-
croissement des rivières. L'accroUsement du
corps humain^ d'une plante^ etc. L'accroisse-
ment d'un Etat. Accroissement de biens. d'hon-
neurs y de f'rtune, etc. l.' accroissement de la
îicligion Chrétienne dans les Indes,
AccnoissEMEsr, (ûgnifii- aussi, Le droit par
lequel une chose accroît à quclqiLC iiersonneon
k quelque funds. Cela lui est venu par droit
d'accroissement. Les terres que î'atterri&sctucnt
ajoute à un rivaCfC, à une î/c, appartiennent
au propriétaire pur droit d'accroissement. Ln
accroissement à la Tontine,
aCG
ACCKOÎTIîE.v «.Augmenter, rendre plui
grand, pins étendu. Accroître son bien ^ son
revenu, tccroître un pnrr, ii'i jurdin, lac-
crultrc de beaucoup ^ de la nwiiie. .-iccruitre sa
nit s.sdficCj sa gloire y sa réputation, son auto-
rttr.
AccnctîmE. v. n. Aller en augmentant, de-
venir plus grand, ^on bten^ son revenu accroît
tous les jours.
On dit en termes de Droit, quT'ne chose
accroît à quelqu'un^ pour, qu'Elle revient j
son profit par la mort ru par l'absence de quel-
qu'un , ou outreniriit. l.nïrc Collégataircs ^ la
portion de l'un accroît à Vautre. Parmi les
Cltitno.ncSfla part des absens accroU aux pré-
sens.
On dit aussi, qu'L ne porlion de terre ac-
croît à une autre par alluvion^ par atterrisse^
ment.
s'AccnoirnE. v. pron. Cette Ville $est for\
accrue pur son commerce. Sa fortune^ son bien
s'accroît tous les jours. Il avoit une terre firl
bornée., il s'zst accru.
Acr.iiL, VF., parlioipe.
ACrROUPlK, s ArcnoiPin. v. pronon. .'^c
tenir dans une posture, ou la plaiih; des picdt
louchant à l'rre, ledeniëre tourbe presque .-iu\
talons. S'accroupir auprès, du feu.
AcCiioLPi, lE. participe.
Af:CROi;PI.SSE.ML>T. s. m. L'étal d'uni
personne accroupie.
ACCRUL. s. f. Terme de Couume, qui se
dit d'Une terrcsur la<|uclle un bois s'est étendu
nu-defà djB la lisiè'v-,
ACCUEIL. 8. m. (On prononce AJieuH.)
Réception que nous faisons à quelqu'un qui
vient v«rs nous, Bon accueil. Mauvais accueiL
,'fccueii froid. Accueil civil y fivorable, obli-
geant. Faire bon accueil. Faire mauvais ac-
cueil. Avoir l'accueil agvcnhlc.
Faire accueil y se prend toujours en bonn^-
part, et signifie. Taire une réception civile el
lionnéle. Ce prince fait accueil à tous ceux qui
vont clicz lui.
A(;CUEU.L1R. V. a. (Il se prononce îheui]-
lir^ et se conjugiie comme Cueillir.) Keeevoir
ijucKpruii 'pli vient ù nous. // nous accueilli}
de la manière du monde la plus honnête. Il
nous accueillit fort froidement.
On le dit aussi quelqurfiii* fiiîurémenl Des
choses. Il accueilli' f'rt tuai cette proposition.
U se dit iiguréïn "nt De tous les aecidens fà-
clieux qui arrivent à quelqu'un. La tempête., le
vent les accueillit. Us furent accueillis de l o-
ragc. La pauvreté^ la misère, toui les mallieurs
du monde l'ont accueilli.
AcciEiLLi, lE. participe,
ACCUL. s. m. (l'L se prononce.) Lieu qui
n'a jjoint d'issue, où l'on est accule. Ceux
qui pnursuivuicnt les criminels j les poussèrent
tiont un arciiï, où on les prit.
Il se dit paiiiculirnîniiînt Du fond du ter-
rier où bs chiens acculent les renards ci h's
itiaireaux. Quand on voit que le renard est n\
l acculy avant que de inrhcr les bassets^ H faut
tavoir où sont L^s accuU.
ACC
fl se dit nus^i Des piqueta qu'on enfonce en
Icrre au bout d'une plate-forme, pour retenir
le canon quand il recule en tirant.
Il se dit aussi d'Une petite anse dans la mer.
ACCUf.ER. V. a. Pousser quelqu'un, el le
réduire en un cnîn , en un endroit où il ne
puisi^e plus reculer. // le pouranivit lèpée à
la main., et l'accula contre la muraille. Aoirc
armée avoit acculé celle des ennemis.
It se dit aussi en parlant Des sangliers , des
loups, des renards, et autres l)^tes. Les r/iie?ij
avaient acculé le sanglier, le loup^ le renard.
Le blaireau étoit acculé dans son terrier.
Avec le pronom personnel, il .signifie, Se
ranger, se retirer dans un coin, contre une
muraille, pour se défendre, et pour n'être pas
pris par - derrière. Se voyant poursuivi p.tr
ijuatre hommes^ il s'accula contre la muraille^
et se défendit long-temps.
En termes de Manège, Le cheval s'acculcj
Ne va pas asseï en avant h. chacune des voltcs
En termes de blason, Vn cheval accuU,
Cabré en arrière et sur le cul.
AcccLÉ, KE. participe.
ACCUMULATEUR, s. m. Celui qui ncru-
mule. L n grand accumulateur déçus, de vi-
vres, etc.
ACCUMULATIO:^. s. f. Amas de plusieurs
choses aj(ïutées ks unes aux autres. Accumu"
hition de biens., d'honneurs.
On appelle y/ccunuih'f ion de droil . Une
augmentation de droit sur quelque cliose
ACCUMULP-R. V, a. Am<isser e; mettre «n-
scmide. accumuler des Hens, des trésors. A>
cuiniiler sou sur sou.
On dit fii;urément, -accumuler crime sur
crime, pour dire, Ajouter crime sur crime.
AcCL'Mri,En, est aussi v. pron. Et dans cette
acct^)tion on dit, Pes arrérages s'accumulent
tous les jours, p. ur dire, Us augmentent tous
les jours.
AcciMT LÉ, ÉE. participe.
ACCUSABLE. adj. des a genres. Qui peut
ttre accusé.
ACf:USATEUR, TRICE. s. Celui on celle
qui accuse qudqu'uti en Justice. Se rendre ae-
ntstitciir. File $'est rendue accusatrice.
ACCUSATIF, s. m. T<Tmc de Grammaire.
Le quitri''Hie cas en Crée et en Latin. Accusa-
tif singulier. Accusatif plurieL Ce verbe régit
l'accusatif,
ACCUSATION, s. f. Action en Justice, par
laquelle on accuse quelqu'un. /accusation capi-
lalf. Il y a plusieurs chefs d'accusation contre
lui. Former une accusation. Susciter une acci*-
fdtion.
U se dit aussi génrralemcnt De tout repro-
che, de toute imjmtalion qu'on fait à quelqu'un
de qnrlqtic défaut que ce soiu Vous l'accusez
de paresse, de peu d exactitude, c'est une accu-
sation bien mal fmdce. On l'accuse de beau-
coup de désordres, mais ce sont des accusations
calomnieuses.
ACCUSER. V. «.Rendre une plainte en Jus-
tice contre quelqu'un pour crime, déférer en
Justice quelqu'un pour crime. Accuser uh
ACE
nomme <U vol, i'assassinat. Il a été accusé
d'woir intellitjcncc avec les ennemis. Le cri'mo
dont on l'accuse.
On (lit d'Un criminel qui a .ivoué son ctima
en Justice, qu'il s'est accusé lui-même; et,
Accuser un acte de piux, i>our, Soutenir iju'ua
acte est faux.
AccusEn, signifie nussi génér.ilcraent, Im-
puter quelrjue faute, quelque déf.uu à quel-
qu'un, lui reproolier quel(]ue faute, (juelque
défaut. //ccwstT fjuelijuun de nc^flitjcnce. L'ac-
cuser à tort. On l'accuse d'avoir piit cette
satire.
11 se dit aussi au sens de Scr\ir de preuve,
ou au moins d'indice contre quelqu'un. Le piil
vous accuse. Toutes les apparences accusent sa
mauvaise intention.
On dit, «S'accuser en Confession , accuser
ses pêches^ pour. Déclarer ses péche's au Prêtre
clans le Tribunal de la Confession. Il fitut s'ac-
cuser de tous ses péchés. S'accuser d'avoir of'
fertsé Dieu.
On dit à certains jeux deCirles, Accuser
son jeu, pour. En déclarer ce que les régies
veulent qu'on déclare. Accu^e^ votre point.
Accusez juste. Vous avez accusé faux.
0*i dit, Ln homme accuse juste, accuss
fnwc, pour, Il est exact dans un récit, ou il n«
l'est pas.
Oo dit en style et en matière d'alTaires , Ac-
cuser la réception d'une lettre, jHjur, Marquer,
donner avis qu'on l'a reçue.
AcccsEB , ternie de Peinture. Indiquer,
ibire sentir certaines parties ou formes de<
corps, recouvertes par {juelque enveloppe, .'le-
cuser les os , les muscles sous la peau. Accuser
le nu par les plis des draperies.
Accusé, ée. participe, .iccusé de meurtre,
lie vol.
Il est aussi substantif, et signifie, Celui
qui est accusé en Justice. L'accusateur et l'ac-
cusé.
ACE
ACEjNS. s. m. Terre ou héritage quelconque
tenu à cens.
ACE>ISEiMli:^■T. s. m. Action de donner à
cens. L'nccnsciiicnl de cet héritage, de cette
maison.
ACENSER. V. .1. Donner à cens un fonds de
terre, une maison, i condition A en payer un
cens ou une rente seigneuriale. Ce seigneur a
"censé vingt arpens de l.rre, ù rui'son de dix
livres de rente.
AcEïsF, ÉE. participe.
ACEPH.\LE. adj. des 2 genres. Qui n'a
pomt de tùte. Insectes acéphales. Monstre acé-
phale. Statue acéphale.
Il sigciEo au figuré. Qui n'a point Je clicf.
Concile acéphale. Secte acéphale.
On a encore donné ce nom à une secte d'an-
ciens IliTCliques.
ACERBE, adj. des a génies. Qn', est d'un
goAt âpre. Du vin d'un joiil aeei fce. Des fruits
i*cerbcs.
ACERDITÉ. 5. f. Qu.,':ié de ce qui est
Tome l.
i
ACH
acerbe. Ce fruit est d'une acerhilé insupporta-
, hle. Il est de peu d'usage.
ACÉUER. V. a. IMettre de l'acier avec du
fer, aûu de reudre celui-ci propre à couper.
Acéré, ée. participt\Il signifie en Médecine
et en Pharmacie, Une suveiu- austère cl asirin-
f;cnte. Goiit acéré.
îl est aussi adjcctil", cl n'est d'usage qu'en
parlant Du ler, lorsqu'il est reudu tranchant et
perçant par le incycu de l'acier. Lame acérée.
Pointe acérée. î' lèches acérées. Des Iraits bien
acérés.
ACÉRÏDE. s. m. EmpUue fait sans cire.
ACESCKNCIi:. s. f. Terme de Médecine. Dis.
posilioa à l'acidité.
ACKbCE.NT, ENTE. adj. Qvi approche de
l'acidité. Les alimens Acescens sont ceux qui
aâectent 'e goût d'une maoière un peu pi-
quaute.
ACÉTEUX, EUSE.adj. Qui tient du goiil
du vinaigre. Plante acétcuse.
ACII
ACIÎALANDER. v. a. Procurer des clia-
lands. La bonne niarchandise et le bon marche
achalandent fort une boutique. Ilcst fort achu-
la ndé.
Il est aussi pronominal. Cc(te boutique com-
mence à s' achalander. Si vous voulez vous acha-
landcr^ logez- vous dans un meilleur quartier.
Achalandé, ée. participe.
ACHARNEMENT, s.m. Actiou d'un anima!
5ui s'attache opimâtremenl a sa proie. L'achnr
nement d'un loup., dun animal.
Il se dît aussi . e la fureur opiniâtre avec la
r|ufllr des animaux, et même drs hommes, se
battent les uns contre les autres. L'acharne-
ment de deux dogues Vun contre Vautre. Ces
deux animaux se sont battus avec acharne-
ment.
Il se dit aussi figiirémcnt De l'animosît»'^ opi-
niâtre qu'on a contre quelqu'un. L^adiarnc-
ment de ces deux plaideurs est inconccviiMt*.
ACH.4RNER. v. a. E.\citer, animer, inilcr.
Je ne sais qui peut les avoir acharnés les uns
contre les autres. Il est fort acharné contre
moi. Ils sont acharnés au combat.
Il se dit aussi avec le proocœ personud, cl
fiil^uiûc, S'attacher avec fureur, avec opluià-
treté. Le lion s'arharne sur sa proie. Ces deux
tigres 5'acnarneni } un contre Vautre.
AcHA»>L, LE. participe, i n com^ ut acharné.
Il sii^riifi: RU£-i, Attaché à quelque chose
avec e-v-rs. Ln homme acharné au jeu, aux
procès.
ACHAT, s. m. Emplette, acquisition faite à
prix d'argent. Ln bon achat. Ln mauvais
achat. Faire achat de marchandises.
U signifie aussi La chose achetée. Je veux
vous fiiire voir mon achat.
ACHE. s. f. Uirbe <jui ressemble ou persil.
En certains jeu.v de la Grèce on donnait une
ronronne d'achc au vainqueur.
ACIIEMKNS. *. m. pi. Terine de Blason.
Lambrequins dccuu|iés.
A C H 17
ACHEMINEMENT, s. m. Ce qui est propre
;i faire parvenir à la fin qu'on se propose, dis-
position, préparation. C'est un grand achemi-
nement à la pai.c. Pour acheminement au traité,
on résolut, etc.
ACHEMLNEU. v. a. Il n'est en usa^e i l'ac-
tif, qu'en parlant d'Aflaircs, d'enircprises, et
signifie, M( itre en état de pouvoir réussir. Cet
tvenement peut acheminer la paix. Acheminer
un c/icvul. Habituer un jeune cheval à marcher
droit devant lui.
s'AcHE-viNEn. V. pron. Se mettre en cln m'm.
iNous nous acheminilmes vers un tel endroit.
On dit figurément, qu'Cnc affaire s'acht-
mine, pour dire, qu'Où l'a mise en bon train.
..\cuEjusÉ, ÉE. participe.
Il esl aussi ailjcclif , et signifie , Dégourdi ,
presque dressé. 11 se dit d'Un cheval.
ACIIÉROJS. s. m. Terme de Mythologie.
Fleuve d'Enfer. Les Poêles le prennent pour
l'Enfer mcme,oupoiu-la Mon. /, iii'are.-/c/iéron.
ACHETER. V. a. J'achète, j achetais. Ac-
quérir quelque chose à prix d'argent. Acheter
des étojfùs, des provisions, des livres, une mai-
son, une terre j une charge. Acheter argent
comptant. Acheter à crédit. Acheter à bon mar-
che. Acheter cher. Acheter à vil prix. Acheter
au poids de l'or. Acheter au double. Acheter en
gros. Acheter en détail.
On dit proverbialement, en parlant De vin
et de quelque autre liqj^fiT, Qui bon l'achète ,
bon le boit j et ce proverbe s'applique à toutes
les denrées qu'on achète.
On dit, Aclieler des bans, pour dire. Obte-
nir dispense de faire publier des bans de ma-
riage.
AcHETEn, signifie figurément, Obienir quel-
';ue chose arec beaucoup de peiue et de difîi-
rulté. J'ai bien couru pour obtenir cette nrâcc-
on me l'a b'ien fuit acheter. C'est une dignité
tju'il a achetée au pri.v de son sang. C'est ache-
ter cher un repentir, (fue de se ruiner pour sa-
tisftire ses passions.
Acheté, ke. participe.
ACHET'tUR. s. m. Celui qui achète. Le
vendeur et l'acheteur.
ACHÈVEMENT, s. m. Fin, exécution en-
tière, accomplissement d'une chose. /l ne nioA-
tjue plus (ju'un portail pour l'achèvement de
cette église.
11 se dit au figuré , De la perfection dont iir
ouvrage est susceptible. La perfection est l'a-
chèvement d'un ouvrage.
ACHEVER. V. a. Finir une chose commen-
cée. Il a achevé son entreprise. Les hiîtimens
sorit achevés. Il a fait achever sa galerie.
Achever , se dit aussi eu parlant Des per-
sonnes, et signifie. Porter le coup mortel ii
quelqu'un qui est déjà blessé. Ce passant a été
blessé par des vcleurs , il en est venu 'l'autres
gui l'ont achevé.
On dit aussi, ie Peintre m'achcvera aujour-
d'hui, pour dire. Achèvera mou portrait.
On dit figurément et familièrement, i-'oilii
de nuoi m'achever, pour dire, VoiU de quoi
coasormmer ma ruine, ma perte, mon mallieur.
iS
AGI
Achevé , ée. participe.
11 est aussi adjectif , et alors il signifie, Ac-
compli, parfait, <]ui a toutes les bonnes quo-
llti^s de son genre. Un ouvrarje achevé. Une
beauté achevée.
Il se dit aussi De ce qui est extréniemenl
mauvais dans son genre. C'est un fou achevé.
Un sot achevé. Un scélérat achevé.
ACHII.LKE. s. f. (On prononce les I. sans
les mouiller.) Plante radiée qui croit sur les
montagnes. C est une espèce de Jacobée. On
prend sa feuille en tisane ou en façon de tlié
On l'emploie contre l'aslhmc et les maladies du
poumon.
ACHIT. s. m. Espèce de vigne qui croil
dans ril= de .Madagascar. Klle porte beaucoui'
de grappes.
ACHOPPEMExNT. s. m. Il ne se dit guère
que dans celle phrase, 7'iene d'achoppement.
pour dire, Occasion de faillir, de tond)er dans
l'erreur. Les gens déréglés sont îles pierres d'a-
choppement pour ceux qui les fréquentent, tel
soi(e.« de propositions sont des pierres d'achop-
pement pour les faibles.
ACHORES. s. m. pi. Petits ulcères qui vien-
nent à la tète et aux joues, espèce de teigne qui
attaijuc principalement les enfai».
ACHKOMATIOUE. adject. des 2 genres.
Terme d'Optique. Qui laisse voir les qbjetJ
sans couleur étrangère, et sans iris. Lunettes
achromatiques.
ACHRONIQUE. adj. des 2 genres. Un astre
achroniquè, Astre oijposé au Soleil dans son
lever ou dans sou coucher.
A Cl
ACIDE, s. m. Vn des sels qu'on appelle
l'rir.iitifs. Lorsqtie ce sei est pur, il est tou-
jours dans un état fluide; il imprime sur la
langue une saveur piquante . semblable h celle
qu'y excite le vinaigre; il change en rouge \s
couleur bleue des (leurs , et le suc qui en a ctii
tiré : lorsqu'il esl uni avec le sel qu'on appclli
Alcali , il forme dc3 sels concrets que l'on
nomme .Sels neutres. Les Chimistes comptent
trois acides : i" /-Vrirfe lu'lri'o/ifjiie ou acidt
universel, c'est celui qui se tire du vitriol ; e'csl
le même que l'aeidcdu soufre, cl il est généra-
lement répandu daus l'air. 2" l.'acide niireux.
c'est celui qui se tire du nilre ou du salpêtre;
on lui donne aussi le nom d'/ùui-^nrfc ou d'cs-
pril-ric-nilre. 3" L'acide du sel marin, c'en
celui qui se tire du sel commun ; on le nomme
Espri(-(i«-sel. L'un de ces aci'ics, lorsqu'il a éi'
tiré des plantes ou des végétaux, tel que 11
verjus, le jus de citron, le vin.-igre, s'appelle
Acide végétal, pour le distinguer des acide:
qui se tirent du règne minéral, que l'on nonmif
Acides minéraux.
Acide, est aussi adjectif les 2 genres. Ci
dit. Un sel acide, une liqueur acide. Alors i
signifie Une liqueur ou un sel où l'acide do
mine.
ACIDITE, s. f. Qualité de ce qui est ncidc
L'acidité de ('oscille, l'aeidifé du rerjus.
ACO
ACIDULE, adj. des 2 genres. Qui est de la
nature des acides. On se sert de ce mot, quoi
ijue assez improprement, (iDUr désigner d'-s
eaux minérales froides , lors même (ju'elles ne
eimtiennenl point de sel aciile, et pour les dis-
tinguer des eaux minérales chaudes, que l'on
nomme Eau.c thermales. Daus ce sens on dit,
que Les eau.t de Passy sont acidulés.
ACIDUUÎR. V. a. Rendre aigre, pi(piante .
acide , une chose qi-.elconque, en y mêlant
quelipic suc aigre ou acide, il faut aciduler les
tisanes de ce malade. Une fcoisson légèrement
icidnlce.
ACIER, s. m. ?^om que l'on donne ^ du fc. ,
lorsqu'il est parfaitement pur, et très-chargé de
■e que les Chimistes appellent Principe inflam
jiable ru phlogistique, ce qtii le rend beau-
coup plus dur et plus élastique que le fer ordi-
laiie. Acirr h bonne trempe. Acier de Damiir,
jame d'nc'cr. Couteau d'acier.
ACIÉRIE, s. f. Bâtiment où l'acier reçoit s
■emicre façon après sa fonte.
ACL
ACLIiWATER. V. a. Voyez AcC!:lvateb.
ACO
ACOLYTE, s. m. Clerc promu îi l'un dct
latre Ordres mineurs, et dont l'office est d<
|Orter les cierges, de préparer le feu, l'encen-
oir, le vin et l'ciu, et de servir à r.4uiel le
Prêtre , le Lli.icre et le bous - Diacre. Faire tn
fonctions d'.icolytc à une Grand'Messe.
ACOMAS. s. m. Arbre des Anlilles propre
B la menuiserie, et aussi à la construction de)
navires.
ACONIT, s. m. Espèce de plante vénéneuse
ACOQUINANT, ANTE. adj. Qui acoquine
qui attire. Le ftu est acoquinant. Une vie aco-
iiuinante. 11 est familier.
ACOQUINER. V. a. Attirer, attacher, faire
rontracter une habitude. Le métier da aueu.ï
acoquine ceux qui l'ont fnit une fois. L'cisi-
^el6 iicoejuinc. Kn hiver le feu acoquine, 11 csi
lauiilier.
11 est aussi pronominal, et signiCe, S'atta-
c'ner trop, s'adonner trop. (1 s'est acoquine er
ce pays-là. S'ncoqnincr au jeu,
Il se dit aussi De <iucl(|ues animaux domes-
tiques. 71 ne faut pas qu'un chien de chasst
-'acoquine à la cuisine.
Acoquiné , ée. participe.
ACOU.SM.WE. s. m. Rruit de voix humaines
ju d'instrumens qu'on s'imagine entendre daus
l'air.
.\COUSTIQUE. s. f. Théorie des sons et de
leur* propriétés. Traité d'acoustique.
Acoustique, se dit aussi adjectivement, en
parlaut Des instrume'ns qui seiTcnt J augmen-
ter le son. Cornet acoustique.
On appc\W y'erf acoii.tliejiic, Lo nerf qui va
^ l'oreille.
ACQ
ACQ
ACQUEREUR, s. m. Celui qui acquiert. Il ne
se dit guère que Dr celui qui artjuiert des biens
immeubles, y^cijuereiir ele bonne foi. Un tel,
l'résent acquéreur. Nouvel acquéreur.
On dit proverbialement, Il y a plus de fous
acquéreurs , que de fous vendeurs.
ACQUÉRIR. V. a. J'acijuiers, tu acquiers,
il acquiert; nous acquérons, vous acquérez, ils
acquièrent. J'acquérois. J'ai acquis. J acquis.
J'acquerrai, .icquicrs. Que j'acquière. Que j'ac-
quisse. J'acquerrais. Acquérant. Acquis. Rcndi e
sien par achat, faire acquisition de quelque
chose d'utile et d'agréable, .^cejuérir une terre ,
une charge, une maison, un pré, une rente. Ac-
quérir de ses deniers, des deniers d'autrui. Ac-
quérir du bien légitimement. Acquérir du bien
par de bonnes, par de mauvaises voies. Acqué-
rir quelque chose en son nom, au nom d'au-
trui, sous le nom d'un autre. Il a beaucoup
acquis dcjmis quelque temps. Il acquiert tous
les jours. Il est en état d'acquérir.
On dit aussi, Acquérir les droits de quel-
qu'un. Acquérir un nouveau droit sur quelque
chose.
AcQUÉi\in , se dit aussi De toutes les choses
honnêtes qui se peuvent mettre au nombre des
biens et des avantages. Acquérir de l'honneur,
de la réputation, du crédit, de Vaulorité, de
la science. Il s'est acquis quantité d'amis. Jl
î'est acquis les botmes grâces de son maître.
Vous avez acquis beaucoup de gloire en cette
occasion. Il a acquis des droits à l'eslipiie pu-
blique, ou absolument, à l'estime.
Acquis, ise. participe. Du bien mal acquis
Qualités natwrcllcs, qualités acquises.
On dit. Je vous suis acquis, cet homme
m'est acquis , pour. Vous êtes assuré de inou
attachement, je le suis du sien.
Acquis, est au.ssi substantif, et dans celle
acception l'on dil,qu'l'n lionime a de l'acquis,
beaucoup d'acquis, pour dire, qu'il est très-
instruit dans sa profession ; et cela se dit ordi-
nairement en parlant D'un Homme de Lettres,
d'un Médecin, d'un Avocat, etc.
Ac:QUÊT. s. m. Terme de Jurisprudence.
f'.hose .icquis'c, ce que l'on a acquis. Il a fnit
un bel acquêt.
On dit provcrhialemcnt, 71 n'y a si bel ac-
quêt que le don , pour, 11 n'y a point de bien
plus légitimement , plus agréablement , et plus
sûrement acquis , q-ac celui qui est donné.
En style ilc Pratique cl ele Coutume, Je-
qucts, au pluriel, se dit proprein ni Des biens,
tant meubles qu'immeubles, qu'on a acquis
I es acquêts et les propres. Il est permis à un
homme de disposer de ses acquits. Acquêts et
conqucts. Les droits sur les francs-fefs et nou-
veaux acquêts.
Acquêt, signifie aussi, Avantage, profit,
gain. Il n'y a pas grand acquêt à vendre rr'lj
marclianelise-là. 'l'ous nure» plus d'acquit de
le payer que de plaider. Il est familier.
ACQUÊTER. V. act. Terme de Jun'pni-
ACQ
*iencc. Acquérir un immcuijie par uo aclc quel
contjue.
ACQUIESCEMENT, s. m. Action par la-
quelle on se soumet à quelque chose, on se
oonforme aux senlimens, aux volontés d'aulrni.
Un entier acquiescement aux volontés dequel-
ait'tin. Acquiescement à la Sentence ^ à la de-
nuimle. Acquiescement à la vulonté de Dieu
On ne peut refuser son acquiescement à une
proposition si bien demontrce.
ACQUIESCER, v. n. Ucfcrcr, ciidcr, se
soumettre. // a acquiescé à ce qu'on souhaitoit
de lui./icquiescer aux scntimcns^ aux volontés
d'autrui. Acquiescer à une demande ^ à une
Lienlence.
ACQUISrnON. s. f. Aclion d'acquérir.
Faire un contrat d'acquisition. Depuis cette
acquisition^ il n'est rien arrivé, ha're une ac-
quisifiori. Il a put acquisition d'une belle terre.
Acquisition, sij'nide aussi, La chose ac-
quise, lionne acquisition. i'oHà ma nouveUi
acquisition. Il lui a cédé son acquisition.
ACQUIT, s. m. Quittance, dcchaigc. Terme
de finance. J'en ai un bon acquit. Je ji>urnira\
des acquits bons et valables. Pour acquit.
On dit, Payer une cfiosc à l'acquit d'un
nuire, pour,L:i payer à la décharge d'un autre
J'ai payé cela à Vucquit de la succession. Ce/.i
va à l'acquit des mineurs. Et on dit Hfjurc-
oient, Faire quelque chose pour l'acquit de sa
conscience j à l'acquit de sa conscience y pour,
Afin de n'en avoir point la consci-.'nce chargée.
On dit» Jouer à l'acquit^ Korsrne. dans m, '
partie de plusieurs p:*rsounes, ceu\ qui ont
perdu, jouent entre eux à qui piiiera le tout.
On dit, Faire quehjue chose par manièri
d'acquit, pour, Négligemment, et seulemeul
parce qu'on ne peut pas s'en dispenser.
Acquit, au jeu de Billard, se dit Du pre-
mier coup que l'on joue pour se mettre en
passe. Donner un bon acquit ^ un mauvais
acquit.
AcQcn-À-CAUTiON. s. m. Tenue de Bureau.
Billet ou ccrli(icnt que les Commis d'un bureau
donnent pour faire passer librement un ballot
ù sa dcblination.
ACQDIT-PATKNT. VoyCS PATENT.
ACQUÏTTEIÏ. V. a. Rendre quitte, libérer
ie dettes. II a acquitté son uini, son parent,
sa famille y sa succession. Il s'est obliqé de
m'acquilter et indemuiser.il s'est bien acquitté
depuis un tel temps. Il s'est acquitté de cent
mille francs dej uis peu. Il a u. i^uitté entière-
ment sa terre. Il devoit sur $a chaL^e, mais il
l'a lout-ii'piit acquittée.
On dit proverljialemc-nt , Qui s'acquitte^
s'enrichit.
On dit figurément. S'acquitter des obliga-
tions qu'on a à quelqu'un^ pour, Les recon-
noitre par ses services; et géncndeincnl. en
parlant Des devoirs et obligations de la vie, et
en parlant De charge, d'enq)lui, etc. on dit,
5'en acijuitttT, pour, Y satisfaire. 5'tir(^iiiïfer
de son devoir, s'en acquitter bien, s'en acquit-
ter mal S'acquitter d'une commission. Il s'ac-
quitte bien de sa charge. H j'ua^juilte bien de
ACT
tout ce qu'il fait. Il s^acquitte bien de cet em-
ploi^ il s'en acquitte dinnement.
On dit iîgurémeut, Acquitter su conscience^
pour. Faire ce qu'on croit être obligé de faire
en conscience.
On dit au jeu de Billard , S'acquitter, pour,
Jouer le premier coup pour se mettre en passe.
Acquit TEH , signilîc aussi. Payer. Il a ac-
quitté toutes les dettes de sa famille. El on dit.
Acquitter un con(ru(, une obligation^ j>our.
Payer les sommes portées par ce contrat , par
cette obligation. On dit dans le même sens,
S'acquitter.
AeQUiiTii, Éi:. participe.
ACR
ACRE. s. f. (La première syllabe est bK-ve.]
L'ne mesure de terre contenant uu arpent cl
ilcmi, ou environ. Cent acres de ï^rre, de pre.
ACRE. adj. des 2 genres. Qui a qu(-'Ique
cJiose de piquant, de mordicant, de corrosif, etc.
/ ne ^t7c dcre. Il lui timiba une humeur lîcri
sur les yeux. Liie pituite acre. Le suc de cetti
herbe est acre. Cela est dcrc au goût, est d'un
goût dcre.
ACRKTf.. fl. f. Qualité de ce qui est icre.
'.'ilcreté du sel, l'dcreté de la bile.
Il se dit aussi au Bguré. il a de l'dcreté
dans l'humeur.
ACRIMONIE, s. f. Acreté. L'acrimonie du
sel. L'acrimonie des hutneurs.
VCRIMOMEUX, EUSE. adi. Qui .i de 1'.-.-
rrîmonie. Ces ats sont acrimonieux.
ACROSTICHE, s. m. On appelle ainsi Un
ouvrage composé d'autant de vers qu'il y a de
lettres dans le nom qu'on a pris pour sujet, ci
dont chaque vers commence par une des lettres
de ce nom, prises de suite. Ln acrostiche in-
génieux, i n sonnet par acrostiche.
Il est aussi adjectif des 2 genres. 5onne(i
acrosïicnes. i'ers acrostiches.
ACROTÈRES. s. m. pi. Ce sonf. des espècei
de piédestaux que l'on met d'espace en espaça
dans les balustrades, de manière que les balus<
Ires répondent siur le vide, et les acrotères sut
le plein.
ACT
Acte. s. m. Action d'un Agent, opératioa
La création du monde est un acte de la puis-
sance de Dieu.
Il se dit en Logique par opposition à ce
qu'on 3pp?)!c Piiissrtncc, c'est-à-dire, Capacité
d'agir, qui n'agit p&s encore. Réduire la puis-
sance à l'acte, La conséquence est bonne de
l'acte à la puissance.
Ou dit en termes de Pratique, Faire acte
d'héritier, pour. Agir comme liéritier. (Juand
on a fait acte d'héritier^ on est obligé aux
dettes.
Acte, en termes de .Morale, se dit générale-
ment De toutes sortes d'actions. En ce 5ens
on dit, Les mêmes actes plusieurs f>is répétés
ferment l'habitude.
H se dit plus particuliùremcnt Des *nouve- |
ACT
^n
mens vertueux que l'-îme produit an dedans
d'elle-même, et principalement de tout ce qui
regarde la Jîelij^ion.ylcÏL' de foi. Acte de contri-
tion. Acte d'humilité.
Ou dit, Acte d'hostilité^ pour, Aclion hos-
tile, '^^oy. Hostiuté.
On dit, i'rtirc acte de possession, pour,
Disposer d'une chose en maître. Voy. Posses-
sion.
Acte, en termes de Jurisprudence, se Hit
De tout ce qui se fait par le ministère d'un Of-
ficier de Justice, soit en jugement, soit hors du
jugement. Acte authentique, solennel, public.
Acte passé par-devant \ otaircs. Passer un act£.
Signer un acte. Prendre un acte au (irefj'c,
UTi acte de soumission.
En ce sens, il se dil encore Des déclaraiions
faites en Justice. Demander acte. Prendre acte
de sa comparution. On lui a donné acte de sa
\dainte. Acte de désaveu. J'en ai l'acte à la
main.
Quand on anive des pi-nmiers à un rcn.lez-
vous , on dit proverbialement cl figurément,
Je prends acte^ ou simplement. Acte de ma
diligence, pour, Je n'ai pas manque au rendev-
vous.
On appelle Acte sous seing pnVe', Touïe
convention et toute recoanoissance passée enltv
des particuliers sans être revêtue de l'aulorilé
[>ubli(|ue.
On appelle Acte Capiiulaire, Une dclibera-
lioK prise dans un Chapilre de Chanoines» o»!
'1-- Religieux.
Acte, en termes d'École, se dit D'une <H1$^
pute publl<.jue où l'on soutient des Thèses,
i' uire un acte. Soutenir un acte. Présider à un-
acte. Assister à un acte. In acte de Philoso-
phie. Ln acte de Jhéoloqie. l n acte en Sor-
honne. i n acte aux Ecoles de Droit. Lu acte
aux Kcoîes de Médecine.
Acte, en termes d'Oim-ages diamatjqnes,
se dit De chacune des parties principales dont
une pièce de Théâtre est composée, et entre
lesquelles il y a un intervalle pendant lequel le
Théâtre reste vide. L ne pièce de trots actes, en
trois actes, de cinq actes, en cinq actes. Tous
les actes de cette Tragédie ne sont pas de la
même force. Les actes se divisent en scènes.
On appelle Pièce d'un acte, ou Pièce en un
acte. Une (lomédie dont toute l'action est ren-
fermée dans un seul acte. Les Précieuses ridi-
cules de Molière sont une pièce en un acte.
Actes, au pluriel, se dit Des décisions faites
par autorité publique, et rédigées dans des re-
gistres publics. Les actes du iiénat. Le Sénat
cassa les actes de iSeron. Les actes des Con-
ciles. Cela est extrait des actes publics,
On appelle Les ^c(e5 des Apotrea. Un livre
canonique écrit i^r Saint Luc, et conltnnnt
une partie de l'Uistoite des Apoires.
ACTEUR, TfilCE. s. Celui ou celle qui re-
présente un personnage dans une pièce de
Théâtre. I>on acteur. Grand acteur. Méchant
acteur. Excellente actrice, /'orniep une actrice.
Instruire un acteur.
Il se dit (iguréineot De celui qui n part dans
3.
v^o A C T
1.1 runduitc. d^ins l'exécutioa d'une affaire. Il a
été un des priiidpaitjc acteurs dans cette néncf
riattott. L'homme dont tous variez est un tvés-
bon Officier et un (jrand acteur un jour de
comhiit.
Il Si" dit aussi dans le même sens, Dans dfs
parïiiis de jeu, dans des parties de plaisir. Il
nous manque un acteur. Il est familier.
ACTIF, IVE. adj. Qui agil,ou qui o'.t vertu
d'agir. Il se dit par opposition h Passif. (Jualites
rtCftVes. Ondit dnns l'ancienne Philosophie, <jnr
La forme est active , et qucla matière est passwe.
On appelle Dettes aciivts, L^5 sommes dont
on est créancier; Dettes passives ^ Les sommes
dont on est dtîhilcur.
On dit, eu parlant d'Election, Avoir voi.v
active et passive, pour, Avoir droit dVlire rt
d'Atre élu. Dans Vélection des Empereurs
d\4Uemaqr,e , les lAecteurs Ecclésiastiques
n'ont nue voir active; les autres Electeurs ont
voix active et passive.
On dit. Prendre une part active dans uni
affaire, pour, Concourir de son action , de son
iiifluoDce. Je laisserai fitre^ et ne prendrai
point de part active. Il a eu une part tri's-aC'
tive dans le succès.
iVcTiF, signifie aussi. Qui agit avec promp*
tiludc, avec force. Le fhti est le plus actif det
clémens.
Il signifie aussi, Qui est agissant, diligent j
laborieux. C'est un homme actifs exirême-
ment actif. Un esprit actif.
Ou appelle en maliL-re de dévotion, Vie ac-
tive, Celle qui consiste dans les actions exté-
rieures de pii':ié, par opposition i la Vit* con*
lemplative, qui consiste dans les sentimcns e|
dans 1<.'S aficctîons de l'âme.
Actif, en termes de Grammaire, se dit Dej
verbes qui expriment une action dont l'objel
est énonce ou sons- entendu. Ainsi, dans cet
phrases, /limer Dieu^ servir son ami, bâtit
itne maison, etc. ces verbes, Aimer, servir el
hdtir, sont de* verbes actifs.
Il se dit aussi De certains adjectifs verbaux,
Ainsi l'adjeciif verbal, iS'ecournblc, qui signifie.
Qui aime îx secourir, Il donner du secours, esl
un adjectif verbrl actif ^ parce qu'il a une si-
gnification active. Aimable y Qui mérite delrc
aimé, esi un adjectif verbal passif, parce qu'il
a une significntiou p.is::i«'c.
ACTION, s. f. L'opération d'un ag'^nt. L'ac-
tion du feu sur U bois. L'action di: Soleil sur
les plantes. L'action de Vesprit. Le fuy par la
violence de son action^ vitrifie les métaux
Une action vive, soudaine j momentanée.
Act;os, se Hit auFsi par rapport h la I\Io-
rrde.etse dit gcnéralement, De tou*. ce qu'on
fait. Bonne action. Mauvaise action. 'S'Haine
action. Jctinn noire, iàchs. Action généreuse.
Faire de belles actions. Action militaire.
Action, se dit aussi D'un combat, d'une
rencontre entre des Troupes. Les deux armées
êtoient ii près l'une de l'autre, qu'on jufjea
qu'elles ne se séparcroient pas sans qu'il y eût
quelque aciion. C'est un Officier admirable
pour un jour d'action. Etifjager une action.
ACT
On dit, Des troupes commencent à 'entrer
i :n action, pour, Elles commencent à agir, à
entreprendre. Les armées commencèrent tard à
entrer en action.
Action, s'; .lit aussi peur marquer La Vo'lié
menée, la chaleur h dire ou ;'i faire qucljue
chose. Parler avec action. Varier d'action. Ce
qu'il fiit, il le fait avec action.
On dit, £lre en ficdon , pour. Être en
mouvement , se remuer, s'agiter souvent. C'est
un homme qui est toujours en action. On dit
aussi d'Un cheval, // csf toujours en action^
pour, U s'agite contiriuellcnient.
AcTios, se dit aussi De la contenance, du
maintien, du geste d'un homme. C'est son ac-
tion ordinaire de hausser les épaules, de peii'
cher la tvte. Il se tint loun-tcmps devant lui en
action de suppliant.
Action, se dit plus parliculiôremcnl D<
tout ce qui regarde la contenance, le mouve-
aient du corps, et les gestes de l'Oratem-. Cl
Prédicnteur n'ji point d'action. Il a l'action
\eUe, noble, libre, aisée. Cet Acteur a l'action
froide, contrainte.
AcriON, se dit aussi D'un Discours piiblic,
lel qu'un Sirnion, une Harangue, un Plai-
doyer. Une action publique. Il vieillit en ci
lens. /
Action, se dit aussi d'Une demande, duns
poursuite en Justice. Action criminelle. Action
civile. Action personnelle. Action réelle. Action
de rapt. Action de garantie. Intenter action en
Justice.
Il si^nilie aussi Le droitqu'onade fu're v.u*
demande en Justice. Avoir action contre quel-
qu'un, il Va subrogé en ses droits, noms et ac-
tions.
Action, se dit aussi en Poésie, Du princi-
pal événcmeni qui fait le sujet d'une pièce d'
rhc.llre, ou d'un Poënie épique. Il fiut dam
un Poëme dramatique qu'il y ait unité rf'nc-
\ion. Cet Episode n'a point de rapport à U
\}rincipal- action du Poëme. Vne pièce régu-
lière ne doit point avoir duplicité d'action.
On dit aussi, Il y a beaucoup d'action dani
une Pièce de Théâtre, dans un Poème drama-
!ique, pour, La plupart des choses s'y passent
rn action, et non en récit; et les évcucmcus y
naissent les uns des autres.
Kn parlant Dj nuelqucs anciens Conciles,
on appelle Actioc.. Oi que dnns les derniers on
appelle .Vcs-Tion. Dans la pr'*micrc action. Dans
la seconde action du Concile, il fut délibéré.
Action, se dit aussi De la somme qu'on a
mise dans une Compagnie de commerce, eu dans
cpielrpic autre Société utile, et à proportion de
laquelle on doit avoir part au ]>rofit général de
la même ."-ociété. Action de la Compagnie des
Indes. Avoir une action à la Tontine.
Ou appelle Actioti Je grdces, Un rcmerci-
ment, un ïémoign;ige de reconnoïssance. Ren-
dre mille actions de grâces. LeJTe Deuni fut
chanté en action de grâces. On lui rendit de
très-humhlcs actions de qraces.
ACTIONNAlitE. s. Celui ou celle qui a une
ou plusieurs actions daui une Compagnie de
ADA
t-ommerce. Les Actionnaires d: la Compagnie
des Indes.
ACTIONNER, v. a. Terme de Pratique. Agir
contre quehiu'uii en Justice, intenter action
ciuitie lui. yil ne paye pas, il faudra le dire
actionner.
Actionné , ée. participé.
ACTIVEiMENT. adv. D'une manière active.
Cela n'a pas été coyidu:t assez activement.il ne
s'est pas montré activement dans ce procès^
pour, U n'a point paru agir, concourir h l'ac-
lion.
Il se dit fréquemment en Grammaire. On
dit d'Un verbe neutre. Il s'emploie quelquefois
activement , pour, Il s'emploie quelquefois
flans une signification active. Ainsi, Parler,
qui est un verbe neutre, s'emploie activement
iJans cette plirusc, C'c5( un homme qui parle
bien sa langue.
ACTIVITÉ, s. f. Faculté active. Vertu d'a-
gir. L'nclû'ite du feu. L'activité des esprits. On
appelle Sphère d'activité. L'espace dans lequel
1.1 faculté d'agir d'un agent naturel esl renlcr-
niéc. et hors duquel il u'a point d'action.
Il signifie figurément, Diligence, prompti-
tude, vivacité dans l'action, dans le travail.
J'admire l'activité de cet homme.
ACTUEL, ELLE. adj. Effectif, rceb Paie-
ment actuel. 11 signifie aussi Piésent. L'état
actiieL
Il se dit dans k style didactique oii diffé-
rentes phrases, et par opposition à diveises
jioscs. Ainsi Chaleur actufUe, se dit par oppo-
■v.fion à Chaleur en puit^sance; Intention ac-
luclle, par opposition à Intention virtuelle;
firdcc actuelle, par opposition à (Jrâce habi-
luelle; et Péché actuel, par opposition à Péclié
nriginel.
ACTUELLEMENT, adv. Présentement. On
\uqe actuellement mon procès. Il demeure ac-
Uicllcmcnt en tel endroit,
ADA
ADAGE, s. m. Proverbe. ïl n'c st guère d'u-
E.ige qu'en plais:interie, particulièrement dans
cette phnse, On dit en commun adage. On dit
aussi, D'un bomme qui affecte un ton senien-
cieux, Il ne parle que par adages. On appelle
Les Adages d'Erasme, Un recueil qu'Erasme a
fait des Proverbes de la Langue Grecque cl de
la Langue Latine.
ADAGIO, adv. Terme de Musique, qui se
met à la tête d'un air, pour marquer que cet
nir doit être joué d'un mouvement leni , mais
moins lent cepend mt que le mouvement indi-
qué par Largo. Il se dit aussi sulislantivcmenl
De l'air même. In bel adagio.
ADAPTATION, s. f. Action d'adapter. U
n'est guère en usage.
ADAPTER. V. a. Appliquer, ajuster une
chose i une autre. Adapter un récipient au
chapiteau d'une cornue.
ïl se dit aussi De l'application qu'on fait
d'un mot, d'un passage à une personne, à un
sujet. Ce vers de Virgile lui est bien adapté.
ADH
Adapté, ée. participe. Comparaison bien
aiUpIce.Vers bien adaplé. yassagehieri adapté.
ADATIS. s. m. Mousseline des Indes Orien-
tales. Les tttUtis les plus estimés se fntt an Ben-
gale.
A D D
ADDITION, s. f. (On prononce les D.) Ce
qui est ajouté à quelque cbose. Faire des addi-
tions, de lonques additions. Vn Hure avec des
additions.
On dit, en termes de Pratique, Informer
par addition, pour. Ajouter une nouvelle in-
ferm^ition h la prctïiitTe.
AnorriOM , »e dit aussi De la première rèsle
d'Aritlinictiquc, qui apprend à ajouter ensem-
ble plusieurs nombres. Jl ne sait encore (juc
itiddition.
On dit. Faire une addition, pour, Praliquei
ce que la règle d'addition enseii^iie.
ADDITlOKINiiL , ELLE. adj. ^ui doit être
ajoute, qui est ajouté. Sou additionnelj ea
matière d imposition.
ADDITIONNER, v. act Mettre plusieurs
nombres ensemble pour en savoir le total. Jl
f:ut additionner tontes les sommes.
Additionné, ée. participe.
ADDUCTEUR, s. m. Terme d'Anatomic.
ftom qit-i se donne à diflerens muscles , dont la
fonction est de mouvoir pb dedans les parties
auxquelles ils sent attaches. L'adducteur di
l'œil. 11 se prend aussi adjectivement. Les mus.
clés adducteurs.
ADE
ADEMPTION. s. f. Terme de Jurispru-
dence. Révocation d'un legs , d'une dona-
tion , etc.
ADEPTE, s. m. Celui qui est initie' dans iej
mystères d'une Secte ou d'une Science.
11 se dit parliculièremenlDe ceux q<]i croient
ttr< parvenu? nu grnnd oeuvre,
ADEQUAT, ATE. adj. Terme de Philoso-
phie. Entier , totaL L'objet ané(juat d\int
science. L'idée adéquate d une chose.
ADEXTIiÉ, I;e. adj. Terme de Blason, qui
se dit Des pièces qui en ont une autre à leur
droite, l'ai adexlré d'une croix.
ADH
ADHÉRENCE, s. f. Union d'une cbose i
une autre, /idhérence de deux corps entre eux.
H y a adhérence du poumon aux côtes. L^ad-
néreuce de la pierre à la vessie , est ce qui a
empiché le succès de cette taille.
Il signifie figurcnient, Attacliement à un
mauvais parti, à une mauvaise opinion. On
iacmsoit d'adliéreutce au parti des rebellesf
aux opinions des hérétiques.
ADHERENT, ENTE. adj. Qui est attaché Ji
quelque cljose. ( ne pierre ndhércnte à la ves-
iie. .■/l'oir le poumon adhérent aux côtes.
AniiÉnENT, s emploie aussi substantivement,
te lignifie Celui qui st du watimeul, du parti
ADI
de quelqu'un. II fut condamné avec ses adiiê-
rens. Ses f tuteurs et adhéren$. En ce sens, il
IIP s»' dit guère cju'en mauvaise part. On l'cm-
ploif plus ort-linoircmcnt au pluriel.
ADIir.RER. V. n. l^trc attaclié h quelque
chose, contre quelque cliose. En ce sens, il
n'est gu^re d'usaj^c que dans les phrases qui
suivent : On trouini en l'ouvrant, t^ue son pou-
mon adhcroit aux eûtes, (jue Ut purrc adhéroit
à la vessie.
Il signifie fi;urcnicnt, I^trc du sentiment ou
du perd de quoiqu'un. Il adhère à tout ce que
7'ous cites. Adhérer auic^fiittaisîeSj aitr opi-
nions d'autrui. Tous ceux (jui ont adhéré à ce
varti-là.
AtmFHF.H, se dît pussi en termes de Prnti
i(uc. vt sif;iii6c, Confirmer un premier acte par
nti sub'ji''quent , iiiterjetor une nouvelle appel-
'atiun, en adhérant i^ la prcmiiire. La Cour
adhérant aux: conclusions du Procureur Géné-
rât Adhérezr-vous à cela? J'adhère.
ADHÉSION, s. f. Union , jonction. Ces
deux corps ont ensemble une adhésion aui les
rend difficiles à séparer.
Il signifie :iussi, Action d'adhérer, et en ce
sens il se dit principalement D'un acte par le-
quel une Puissance adhère à un traite qui lui
est proposé. Par son adhésion au tnuté. Acte
d'adhésion.
AD HONORES. Mot emprunté du Latin. Il
se dit De ceux qui sont décorés d'un titre sans
en faire les fonctions, ou sans en avoir les ap-
pointemens.
A DI
ADLVNTIi:. s. m. Plante capillaire. Elle croît
contre les murailles et dans les crevasses de)
vieux édifices. Elle est bonne dans les maux de
poitrine.
AniEU.T'açon de parler elliptiqnr. C'est un
terme de civilité *i*. d's^iîtié, d-^nt on se sert,
en prenant congé les uns des autres. AdieUy
Monsieur. Adieu, je m^en vais. Dire adieu. I\
ne lui a pas seulement dit odleu. Il y eut bien
des larmes répandues quand ils se dirent adieu.
Dire adieu, signifie Prendre congé. Il est allé
dire adieu à un tel. il ne dit janlais adieu à ses
amis.
Adieu vous dis, Façon de parler populaire;
et Adieu, en voilà assez ^ Façon de parler fami-
lière dont on se sert quand on veut congédier
un importun, 6iiir un cntr«.'tien qui eunuie.
Adiku, se dit qur.l(|uefois Cgurément, en
parlant d'Un homme qui ert en péril évident,
ou dune chose qui court grand risque. Si la
fiF.'."-e vient à redoubler, adieu le malade. Si
vous toucher à ce cabinet . adieu mes porcelai-
nes. Adieu ma bouteille. Adieu la voiture.
On dit proverbialement. .^Wieu panier ^ ven-
danqes sont faites, pour, Ou n"a plus que faire
du panier, rjuand le:i vendanges sont passées.
Et cela so dit figurémcnt De toutes les choses
dont on n'a phis que faire, ou dont on ne se
(oucie plus.
On dit aussi fi^unîmcnt, Pire adieu au montJc,
pour, Renoncerai) monde, se retirer du monde.
ADJ ai
Il <;c dit dans le même sens De toutes îes
choses auxquelles on renonce. Jl a dit adieu au
l'alais. Vire adieu aiuc plaisirs, aux Muses.
Adu:u, est aussi substantif masculin. Vn
t'ternel adieu. Les adieux furent lonns et
tendres.
ADIPEUX, EUSE. adj. Terme d'Anatomie.
Il se dit De certains vaisseaux et de certaines
membranes qui se distribuent à la graisse.
\'eines, artères adipeuses. Membrane adipeuse.
ADIRER. V. a. Perdre, égarer. Il n'est guère
d'usage qu'en style de Jurisprudence.
AninÉ , ÉE. participe, i lïre adiré. Pièce
adirée.
ADITION. s. f. Terme de Droit, qui sii^nifie
l'Acceptation d'un héritage. //(h ti'on d'hérédité.
A D J
ADJACENT, ENTE. adj. Qui est situé au-
près, qui est aux environs. Pays adjacent.
Lieux adjaccns. Terres adjacentes. Iles adja-
centes. I out le Pays adjacent, il ne se dit
guère que De ce qui est étendu en surface.
ADJECTIF, adj. m. Terme de (irammaire,
qui se dit Des noms que l'on joint aux substan-
tifs, pour les modifier ou les caractériser. Ainsi
blanc, noir, froid, chaud, heureux, malheu-
reux, qrand^ petit, etc. sont des noms adjectifs.
H se prend aussi substantivement. Un ad-
jectif verbal. L^adjectif doit s^accorder avec le
substantif en qcnre et en riomî/re. Un adjectif
masculin. Un adjectif féminin.
ADJECTIVEMENT, adv. En manière d'ad-
jectif. Ce mot s'emploie adjectivement.
.ADJOINDRE, v. Q. Joindre avec. Il ne se
dit que Des personnes, lorsqu'on eu joint une
ou plusieurs à une autre pour avoir soin de
quelque afluîre. Il ne pouvoit pas suffire tout
seul à un si yrand emploi^ on fut contraint de
lui adjoindre quelqu'un.
Adjoint, ointe, participe.
Il est aussi substantif. C'est mon adjoint. On
lui a do}tué un adjoint, des adjoints. Il aura
un ici pour adjoint, Il ne iKut poiïit d'adjoint,
il veut être seul.
AnJonST. En certaines Compagnies, C'est un
Ofiicier établi pour aider au principal Officier
dans les choses de sa charge, et pour la faire eu
son absence. Le Hccteur et ses deux Adjoints-
Le Syndic des Imprimeurs et Libraires, et ses
quatre Adjoints.
ADJONCTION, s. f. Terme de Palais. Jonc-
tion d'une personne 5 une autre. L'adjonctto é
de ces deux Co»imissatrc5 fait bien espérer d4
son afftiire. H n^y a qu'à prononcer une a.i~
jonction de Commissaires,
ADJUDANT, s. m. Officier subordonné à un
autre pour l'aider dans ses fonctions. Il s'em-
ploie en parlant d'Officiers étrangers, au civil
et au niilit^iire.
AIÏJUDICATAIRE. s. Celui ou celle à qui
on adjuge. Il est adjudicataire de cette maison,
idjudicataire des fruits de cette terre. Adjudi-
cataire de ce bien-là. Elle t'en est rendue adju-
dicataire.
■.2 A D M
ADJUDICATIF , IVE. adj. Terme de Juris-
pnideiice. Qui adjuge. Juijement atljudicat: f.
Sentence ailjuilicative.
AnJL'DICA'l'ION. s. f. Acte de Justice, pni
lequel on ;idjuge de vive voix ou par éciil.
l/aiijtidication en fut juite puhlùjucincnt. Un
bail par adjudication.
ADJUGER. V. act. Décimer en Jtigenieni
iju'Uae cliose conlcitec eiilre deux parties, "p-
partient de droit à l'une des deux. La Seiitenre
lui a adjugé telle chose, lui a adjarjé les dé-
pens. Adjuger la récréance, les fruits.
Il signiKe .lussi, Attribuer, délivrer i quel-
qu'un par autorité de Justice un bien meuble,
ou immeuble, qui se vend ù Icncliùre. On lui
adjugea ces meubles. Adjuger une terre à l'en-
chère. Elle lui fut adjugée à tant. Adjugé à un
(cl. Formule Je si)- le de pratique.
Adjugé, éi:. p.irlicipe.
ADJURATION, s. £. formu e dont l'Égiisc
se sert dans les cxoroi,suie3. /-u, Cidjuiatiowr. gui
l'oi fuit dans les exoici^incs. Apres plusieuis
adjurations.
ADJL'RIiR. V. a. Commander au nom de
Dieu de faire ou de dire quelque chose. 11 s'em-
ploie pacticuliéremeut dans les exorcismes. Je
l'adjure de dire vérité. Je t'adjure par le Dit\
vivant.
On l'emploie quelquefois dans le style ora-
toire. Je vous adjure au nom de la Patrie.
AujtnÉ, liii. pnticipe.
A D M
\DîVrETTRE. V. n. (Il se conjugue comme
.1/e((re.) Recevoir à la participation de quelque
avantage. Admettre guchju'un dans une So-
ciété, dans une Compagnie, à sa iuhle. /tdntct-
tre guelgu'nn au rang, uu iwmhre de ses amis.
Admettre aux Ordres sacrés. Admettre à la
sainte Table. Admettre à la Conmuinion de
l'Eglise. Admettre aiuc Sacrcmens, à la parti-
cipation des Sttcremens.
On dit, Admettre ^uelguun à se justifier,
l'rtrlnicflre à ses preuves justificatives, à ses faiti
justificatifs, poui-. Le recevoiràsa juslilication,
consentir qu'il se justifie dans les formes.
On dit d.'uïs le munie sens , Admettre guel-
gu'un à ftire preuve.
4Jn dit aussi. Admettre les raisons, les cr-
euses de guelgiiuti, jHjur, Les recevoir pour
bonnes, pour valables. Admettre une rcguète.
ADMErxRE, iignilie aussi, Ufcoiinoilre pour
véritable. Les I hilasopUes admettent pour prin-
cipe, gue... Les ï'Iiilosoplies n'admettent plus
les gualités occultes. Vous admettez tr.te...
Admis, ise. p.irticipe.
AhMIMGUI.E. s. ni. Terme de Pratique. Ce
qui aide ^ faire preuve dans une afTaire civile ou
crimînelL-. // n'y a pas de preuves ftrmelles , H
u y a gue des adminicules. C'est un grand ad-
mmicule.
*< te dit aussi en termes de Mc'decine, De
tout ce qi-.l peni servir a faciliter le bon elTct
U'iin remède.
ADMIMSTRATGUli, TlilCE. s. Celui ou
ADM
celle qui réi;U les biens, les affaires d'une Coin-
' iiiunautL-, d'uu Hôpital. H est Admiinsiruteur
iVun tel ilvpital. Les Jdm'uiistiatt^urs (le Vilù'
Icl-I^ieii- Cette Ahbessc a clé une bonne Admi-
nistratrice.
Il se (lit d'Un lionimc chargé de (|uelqn(;
partie du Gnuvcrncmenl. C'est un matu^iii^
Administrateur^ un ejccellcnt Administrateur.
ADMiNisTHATEun, CM parlant Des Etats pos-
sèdes par divers Princes d'Allemagne, sj dil
De celui qui, pendant la minorité du Prince,
a le gouvernement de l'I'itat. J,c Prince Admi-
uistrateur. 1/Admini9x<\ateur de Wirtembern.
Il se dit aussi De q\iclques Princes d'Alle-
magne qiif tiennent des Évêclirs Lutliériens
réiuùs à leur Souveraineté. V Administrateur
ile Matjdebourcj. I/Evcifue Administrateur.
ADMIMSTRATION. s. f. OirL-ction d'une
iffûirc particuliùre. L'administration des biem
'.V:in pii})Hle. Il se dit De la direction des af-
faires publiques, d'une partie du Gouvernc-
rr.eut. Il a eu lonrj-tenips l'adminir-irction dci
/'iMiinct's, des principales ajpiircs. il av'oil
Vadministration d^. toutes clwics. Cet hommi
n'entend rien en administration.
On dil , L'administration de la Justlcc^
pour, L'exercice de la Justice avec autorité pu-
!)lique\/i n'a aucun é(jard''aux personnes dam
l'administration de la Jm^tice. Les abus qui sa
commeifent dans Vadministration de la Justice.
Un dit, L'' administration des Sacreniens,
pour, L'action dû conférer les Pacremens. Dans
[administrdtwn des > acreniens, il faut pren-
dre qarde r/»e...
AU:\IINISTR?:R. v. a. Gouverner, régir.
C^esl un homme oui a toujours sagement admi-
nistré les alJhires. On Vaccusoit d'avoir mal
administré les affiiires, d^avoir mal administré
(es ]' inunct's, /c's revenus de l'Etat.
Ou dit. Administrer la Justice^ pour, Rert-
dre la Justice; et, Administrer les Sacremens^
pdur, Cotiféi'cr les Sacrenicns. En ce sens il se
dit aussi ab^olument. II' Curé a administre ce
malade.
On dit en ternies de Pratique, Administrer
des témoinsy des preuves, des titres,, pour,
Fournir des témoins, des preuves, des titres. Jl
a uhninistré les témoins nécessaires pour véri-
fier la dénonciation (ju^il avoit faite.
Adriimstiik, ke. particioe. Il a été adminis-
tre avant de mourir.
AOMIlîABLK. ad}, des 2 genres. Qui attire
l'admiiation. liieu est 'idmirahlc en ses œuvres.
Cet homme est admirable par sa vertu ^ dans
sa conduite. Ce Peintre est admirable pour son
coloris.
On dil duns le style familier, et souvent par
ironie, qu'(7n homme est admirable, que ce
(juil dit, que ce ({u'ii fait, est admirable,
pour, <^)u'ou est surpris ou choqué de ce qu'il
dit, de ce qu'il fait. Vous êtes admirable de
venir ici nous contrôler.
ADMlUAIÎLIv\U::Sr. adv. D'une inanièrn
admirable. Cet ouvrage C5t admirablement beau.
Il peint admirablement bien. Il chante, il danse
admit aoleincnt.
ADM
AOAIIRATEUR , ATRICE. s. Celui ou celle
qui admire, ou qui a coutume d'admirer. C'est
un admirateur de l'Auti(piilé. Il est de vos ad-
mirateurs. C'est un admirateur perpétuel. Elle
est ijrandc admiratrice de tout ce qui est nou-
veau.
ADMin.M'IF, IVE. adi- Il n'est guère d'u-
sage qu'en ces phrases. Point admiralif^ par-
ticule admirative. Ou appelle Point admiratif,
Uu signe de ponctuation qui se marque ainsi!
et qui snrt à faire coniioilre qu'il y a exclama-
tion et admiration dans le discours. Et ou ap-
pelle P«r(icii/i: adiMi'rud've, Une particule qu'on
emploie aussi h marquer l'aiimiration. Ah at
(fueUpiefoii particule admirative.
Eu parlant Des difl'érens caractères des Poètes
tragiques, ou a distingué le genre adroiratif.
pour désigner celui qui a plus particulièrement
pour objet d'exciter l'admiration. Corneille est
supérieur dans le qenre udmiratif.
ADMIR \TI01N. s. f. Scnlimcut de celui qi i
regarde une chose comme merveilleuse dans
son genre. Quand H voit un beau tahlàau, il
est en admiration , il e;t ravi en admiration.
Avoir de Vadniiration.Être saisi d'admiration.
Causer de l'admiration. Donner de l'admira-
tion. S^attircr l'admiration de tout le monde.
Mouvement d'admiration. Transport d^adnii-
ration. C'est u» sujet d'admiration. C'est une
chose digne d'admiration,
ADMIRER, v. a. Considérer avec surprise,
avec étonncment ce qui paroit merveilleux.
Admirer la future. Admirer Vimwensité du
Ciel. Admirer une beauté parfaite. Admirer
la sagesse, la valeur, la magnificence dun
Frince.
' 1 se dit aussi , en critique ou par ironie , De
re '{ui paroit extrême, étrange, excessif dans
son genre. J'admire la fdie des hommes. Je
vous admire de vouloir qu'on suive aveugle-
ment vos avis.
AïoiinK, !':e. participe.
ADMISSlBLi:. adj. des 2 g.-nres. Valable,
lecevablc, qui peut cire admis. Ses jnoycns de
PiCcpictc civile ont été jugés admissibles. Ses
moyens de fiiux ont été déclarés pertinens et
admissddes.
ADÎMISSU»'. s. f. Action par laquelle on
est admis. Depuis son admission aux Ordres
sacrés j il a toujours vécu en bon Ecclérii^-
tifjue.
ADMONÉTER. v. a. Terme de Jurispra-
dcnce, dont on se sert, lorS'ju'Un particulier
ayant manqué en quelijue chose qui ne mérite
pas une grande punition, lo Juge le demande
pour lut taire quelque renioniranre à huis clos,
avec défense de récidiver. La Cour ordonna
qu'il scroil mandé et admonété. On l'a admo-
nèté.
AdmosÉtk, ÉE. participe. Il est quelquefo»
substantif , et signifie Aclioti d'admonéier.
L'admonété n'emporte point d interdiction.
ADMOMTEUR. s. m. Qui a la fonction
d'avenir, de donner des avis. Un sage admcii-
leur. La conscience est un admoniteur severe.
.\l)M0MT10N. s. f. Action d'admonéier,
ADO
avertissement. Jprès plusieurs ailmonitions.
/iprès deiLv ou trois aâmonitions. \
ADO
ADOLKSCENCK. s. f. L'i^c qui suit la pu-
Ijeilé ju9(fu'à rage viril, c'est-à-dire, depuis
qualorie ans iusqu'à vinj;t-ciuq. Il ne se dit
guère que des garçons. An commencement de
l'adolescence. Il est encore duns l'adolescence.
ADOLESCENT, ENTP. s. Jeune personne
de l'un ou de Tautre sexe. Il ne se dit guère
qu'en plaisantant. Un jeune adolescent. Il s'em-
ploie quelquefois adjectivement. Un jeune
homme encore adolescent. L'amour adolescent.
On dit aussi figuiément, Lue vigne adoles-
cente,
ADONIEN. adj. Il se dit d'un vers composi!
d'un dactyle et d'un spondée. J.e dernier vers
des strophes ea vers Saplii:jues est un vers
Adonien.
ADONIS, s, m. Plante qui jqjpioclie de l;i
renoncule, et qui vient dans les l)lcs.
ADONISEII. v. a. Terme de plaisanterie cl
de pure conversation, qui ne se dit qu'en par-
lant Du trop grand soin que prend un Iipmnu:
de s'ajuster pour paroitre plus jeune ou plus
beau. Il s'emploie principalement avec le pro-
nom personnel. H aime à s'adoniser.
Anosist, ÉE. participe.
ADONNER , s'Adonner, v. qui ne s'emploii.'
qu'avec le pronom personnel. Se plaire parti-
culièrement îk quelque chose, s'y appli'iner
av?c chîîeurj s'y fivrer habitueUemcut. Il s'a^
donne à l'étude, aux plaisirs, à la chasse^ /)
s^est adonné à boire.
On dit aussi , 5'afJonner à un lieu, à unt
société, à une personne, pour, Fréquenter ha-
bituellement un lieu, une société', voir frù-
quemraent, familièrement une personne.
On dit aussi, qu'L/n chien s'est adonné à un
Tiomme, Lorsqu'il s'est attaché à suivre quel-
qu'un qu'il a rencontra par Iiasard; et on dit
qu7i s'adonne à la cuisine, pour, qu'il y est
continu(.'llement
s'AdonneiIj se dit aussi eu parlant De che-
Dain. Ainsi on dit, Je vous prie de passer chez
ftioi, si votre chemin s'y fldonne. pour, Si c'est
votre chemin d'y passer en allant ailleurs. En
ce sens il est familier.
Adonné, ée. participe. Un homme adonné
à l'élude. Une femme adonnée au jeu. Être
adonné atix femmes.
ADOPTER. V. a. Choisir quelqu'un pour
fils ou pour fille, le faire entrer dans tous \r<
droits et dans toutes les obligations de ses pio
prcs enfans : ce qui n'étoit en usage que c\u/-
les Anciens. Auguste adopta 'î ibère. Chez la
Rcunaint, ceux (iu''on avoit adoptés passaient
dans la fimiUe et sous la puissance de celut
ijui les avoit adoptés.
AooiMEn, se dit au figuré, et signifie, Cou
sidérer et regarder comme sien. J'adopte vos
senfimens. Je n'adopUrai jamais une pareille
oj» il lion,
II se dit aussi pour Cloi-ir de pvéfcrcnce.
ADO
Après avoir essayé des dijfrrens nenres de
leinture, d a adopté le Paysage.Cet Ecrivain
a adopté depuis peu une mauvaise manière.
ADOPTl^., ÉE. participe.
ADOPTII', IVE. adj. Qui est adnpté. Kn-
fins adoplifs.l'ils udoptif. l'Ule adoptive. Dans
le langage de rKcritun', Jésus-Chuist nous a
fiit enfans adoptij's de son Vère.
ADOPTION, s. f. Action d'adopter. Tihèrc
n^éioit fils d'Auqustc que par adoption.
Il se dit aussi au sens de Choix , préférence.
Je ne sais pas ce qui a pu motiver une adop-
tion aussi bizarre. C'est son goût d'adoption.
\ DORA BLE. adj. des 2 genres. Digne d'être
adoré. Dieu seul est adorable. Les mystères de
la Religion sont adorables. La Providence de
Dieu est adorable en toutes choses.
A110HABI.E, se dit par exagération, De ce
t|iie l'on estime ou que l'on aime extrêmement.
Ainsi, un amant dit De sa maîtresse, qu'Ellc
est adorable. Un caractère adorable. Une bonti
adorable.
ADORATEUR, s. m. Celui qui adore. Les
adorateurs du vrai Dieu. Les vrais adorateurs.
On dit par exagération, qu't/u homme es\
adorateur d'une femme, qu'il est au nombre
de ses adorateurs, pour, qu'il lui est fort atta-
ché ; et qu'(/n homme est adorateur d un autn
homme, pour, qu'il est prévenu d'une estime
extraordinaire pour lui, qu'il l'admire en tout
ce qu'il fait.
ADORATION, s. f. Action par laquelle oï
adore. î.^adoration n'est duc qu\'t /'it'u seul.
On dit aussi, L^ûdoration de la Croix, allei
à Vadoration de la Croix : mais cela ne se dit
que par relation à Jksus-Christ.
On se sert aussi du mot (ï Adoration ^ eu
parlant De ta cérémonie qui se pratique à l'é-
g.ird (l'un Pape nDUvellement élu , lorsqu'il est
mis sur l'Autel après son élerlion, et que les
Cardinaux lui vont rendre hommage, l't ç'csl
en ce sens qu'on dît, Aller à Vadoration da
Pape.
Ou dit aussi dans cette même acception,
'ju'L'n Pape est fut par v^ie d'adoration,
lorsque tous les Cardinaux U vont rcconuoîlrc
( "ur Pape, sans avoir fait de scrutin aupara-
v.int.
ADORER. V. a. Rendre à Dieu le culte qui
lui est dû. Il ne faut adorer que Dieu. Adorer
e vrai Dieu en esprit et en vérité. Adorer
lésts-CHiusT dans l'Eucharistie. Les Païens
.tuoroient de faux Dieux. Les Israélites adore
rent le veau d*or.
On dit aussi, Adorer la Croix : mais c'est
ians un autre sens qu'adorer Dieu, et seule-
ment par rt^lalion ù Jksus-Chuist.
On dit en ce sens, Adorer les Reliques. On
tdore les Reliques de St. Janvier dans une
très-helle Chapelle à Saples.
AoonEn, se met quelquefois sans régime.
Les Juifs adoroicnt à Jérusalem ^ et les Sama-
ilains à Samarie, Le peuple d'Israël alloîi
adorer sur les montagnes.
Ai>oiiEn,ne signifie quelquefois, que Rendre
des respects extraordinaires , en se prostci oauL
ADO 23
La Peine Esther adora le Roi Assuérus. Les
Ji'ois de Perse se fiisoient adorer.
Adoreti , se dit encore par exagération ,
pour, Aimer avec une pï'ssion excessive. Il ne
l'aime pas, il l'adore. Cette mère est folle de
son fils, elle l'adore.
On dit proverbiah-ment et figiirémcnt, Ado-
rer le veau d'or, pour, Faire la cour h un
homme de peu de mérite, h cause de ses ri-
ches^.cs, ou ù cause de son crédit.
AoonÉ, ÉE. participe.
ADOS. s. m. Terme de Labourage et de Jar-
dinage. Terre qu'on élève en talus le long de
quelque mur bien exposé, pour y semer quel-
que chose qu'on veut faire venir plus tôt qu'on
m; le pourroit en pleine terre.
ADOSSER. V. a. Mettre le dos contre quel-
que chose. Adosfser un enfant contre la mu-
raille pour l'empêcher de tomber. Il z'adossa
cintre la muraille, et se défendit long -temps
de la sorte.
Il se dit aussi fij^urémont en parlant d'Un
h.'itimcnt qu'on place contie une montagne,
contre uu rociier; d'un appentis qu'où appuie
Donlre un Miiraent.
Adossé, ée. participe. En termes de Bla-
son , ii se dit De deux pièces d'armoirii-s ,
comme deux lions, deux poissons, mis dos à
dos. Le Ihiché de Bar a pour armes deux baids
adossés. Il porte de qiieuïcs à deux lions ados-
sés. Les peintres, Les Sculpteurs et les Anti-
quaires se servent du même terme, en parlant
De deux tétcs mises sur une même lic;ne c
sens oppose.
ADOUBER , V. n. qui ne s'emploie qu'abso-
lument, et qui n'est guère d'usage qu'au Tric-
trac et aux Échecs, dans cette phrase, J'u-
douftc, par laquelle on marque qu'on ne touche
une pièce que pour f arranger, et non pour la
jouer.
Il se dit aussi, mais activement, en fait de
Marine. Adouoer un vaisseau, C'est y faire les
réparations nécessaires pour qu'il puisse soute-
nir la mer. Ces réparations se renouvellent de
temps en temps, et alors elles s'appellent Ra-
douber. Voyez ce mol.
AnoiBEn. V. a. Boucher des lions dans une
machine, dans une fontaine, etc.
ADOUCIR. V. a. Rendre doux, tempérer
Tûcrcié de quelque chose d'ai;»re, de piquant,
de saJé. Adoucir Vacide du citron avec le sucre.
Adoucir avec de Veau une sauce trop salée. C cla
adoucit Vâcreté des humeurs. Adoncir Vdcrcté
du sang.
On dit. Adoucir sa voix. Parler d'un ion
moins aigre ou moins élevé; Adoucir une cv-
presùon, La corriger, la tempérer par i\uc
nutn- moins dure. Cette crid'^uc est trop sé-
vère, il fiut Vadoucir.
On dit, que La pluie adoucit le temps,
pour, qu'Klle le rend moins froid.
Aooucin, signifie aussi, Rendre moins (a-
rlicux et plus supportable. Cela adoucira vu
peu votre mal ii quelque chose vouvoit adou-
cir ma peine. Adoucir iVriiiui, ramer(wnic, le
cacnrin , cfc
24 ADR
On dit dons le même sens, Adoucir l'Iiu-
vieur, le caractère.
On dit, Aiioucir Us (rails, arloucir l'air dn
visage^ pour, Les rendre moins iiidcs. La ma-
nière de se coi/fur adoucit l'air dit visage, ou
îc rend plus rude.
On dit, en termes de Peinture, Adoucir les
iraits d'une figure , pour, Les rendre plus ten-
dres, plus délicats. Il finit un peu adoucir les
contours de cette figure, (jiii sont trop nutr-
ijiiéî, trop ressentis. Adoucir l effet d'une cou-
leur, La tempérer par le mélange d'une leintc,
ou ropposition d'une couiour amie.
Il signifie encore, Apaiser. Adou'.ir la co-
lère de quelqu'un, .tdoucir un esprit irrité.
Il s'emploie avec le pronom personnel, e
signiâc, Devenir plus doux, ion tiumeur s'a
doucit. Le temps commence à s'adoucir. 7 ou>
tes maux s'adoucissent avec le temps, iu voiz
s adoucit.
Adouci , lE. participe.
ADOUCISSANT, s. m. Remède qui adoucit.
Donnez- lui des adoucissans. 11 est aussi adjec-
tif. £lia:ir adoucissant. Tisane adoucissante.
ADOUCISSEMEM. s. m. Action par la-
-luelle une chose est adoucie. L'état d'une
.liose adoucie. Il pavoit (piclijuc adoucissem^inl
dans son état. La censure est tempérée par
guelques adoucissemens. îl a rendu son tableau
beaucoup plus beau par l'adoucissement dci
contours.
Il se prend aussi fi^urément, poui', Soula-
gement, diminution de peine , de doulciu'. 71 y
m quetnue adoucissement dans ses maux, liien
lie peut apporter le moindre adoucissement à
sa douleur.
Il se dit encore Du temps. Il y a quelque
adoucissement dans le temps. c'est-i»-dire , Le
temps n'est plus si rude, si fâcheux, il ne fait
plus si froid.
Il se dit aussi 6gurement en parlant Des
choses morales, des adàires; et il signifie. Ac-
commodement, tempérament, expédient pro-
pre à concilier. Ac suuroil-on trouver d'adou-
cissement à cela? On trouve des atloucissemens
à toutes choses. Les ajfnires sont fort ainries
entre eux, on y cherche quelque adoucisse-
ment.
ADOUÉ, ÉE. adj. Ternie de Chasse, qui
signifie Accouplé , apparie. Les perdrix sont
ud'L.uces.
A DP
AD PATRES. Expression latine, <jui si-
gnifie Vers SCS pères. On s'en sert m Trançtiis
dans le style familier, pour désigner Quelqu'un
qui es; racrt. Il y a long-temps qu'il est ad
patres, pour dire, Il j a long-temps qu'il est
mort
A DU
ADRESSANT, AMTE. adj. Qui «adiessc,
qui es; adressé. Il n'est guère d'usiijjc que dans
celle plirass, i-cllres paientct adressantes au
Parlement.
ADUESSIv. j. f. Indication, dés'ignatio:^-,
ADR
soil de la personne à tjuî il faiil s'adresser, soîi
du iieii où il faut alJer ou envoyer Donner uue
adresse four faire tenir des lettres. Une bonne
adresse. Une adresse sûre. Une piussc adresi\s.
Je vous donnerai^ je vous laisserai mon adresse.
Envoyer une lettre à son adresse.
On dit, Faire tenir des lettres à leur adresse,
à leurs adresses^ pour , Envoyer des letti-cs u
ceux h qui elles sont adressées.
On dit fîgurcmiut et familièrement, d'Un
ir.iit malin ou qurlqu'uu csl désigné, Cela ru
à l'adresse de M. un tel; et pour dire, qu'il sera
aperçu, senti, Le trait arrU'era à son adresse.
On appelle Bureau- d'adresse ^ Un lieu où
l'on s'ad res.se pour diverses clioses qui regardent
I' société et le commerce. Il est principalement
en usaf;e en parlant Du lieu ou l'oa reçoit les
nouvelles pour la Gazette, et où on la débile.
Et on dit iigurément d Une maison où l'on dé-
bite ordiuairemeul beaucoup de nouvelles, que
C'est un vrai bureau d'adresse.
On dit aussi d'Un bomjiie qui donne indis-
crètement des commissions importunes, H nia
pris pour son Bureau d'adresse.
ADRESSE, s. f. Dextérité . soit pour Jei
choses du coq>s, soit pour celles de resprît
Grande adresse, îl fût toutes choses avef
adresse. Il a beaucoup d'adresse à faire toui
ses exercices. AdtV.sse d''e'sprit. Il faut traiter,
il faut manier cette affaire a\'ec adresse. Il i
lire cela de lui par adresse.
On appelle 7 our d'adresse, Un tour de sub
tilité de main. C'est un Itonime ijui suit^ qu.
Iiiit des tours d'odrcst.e.
M se prend aussi pour Un tour de (încsst
d'esprit. H lui a joué un tour d'adresse.
On dit aussi De certaines loiu'uures fines d<
style, Ce sont des adresses de style; et, D«
certains coups de pinceau qui aident à l'eÛet.
l'Cs odrcsse-s de pinceau.
ADRESSER, v. a. Envoyer directement à
quelque personne, en quelque lieu. Adresser
une lettre, un pa ptet à ijudcpi'un. i'nic: n'avez
qu^à me Vadresser à un tel endroit. Vous adres'
serez vos lettres à un tel pour ms les fain
icnir. Vous m'avez adressé un homme t^uî n'a
pu me rendre raison de rien. H m'd adressé à
un excellent ouvrier.
On dit , adresser le discours , «dresser h\
parole à (juel(fu*un. |îour. Parler directement
a quelqu'un. Un dit aussi dans le mf*me sens,
Adresser ses va-ux , adresser ses prières. Et on
dit aussi , Adresser ses pas^ pAur, Toui-ner se.
pas vers quelque endroit, aller vers quelque lieu.
!i s'emploie souvent avec le pronom per-
sonnel, pour, Aller trouvei directemeut quel-
qu'un, avoir recours h lui. Il faut s^adrcsser
à un tel pour cette affaire. Je m^adresse à vous
comme à la seule personne de (jui je puis espé-
rer (jueUiue secours. Et ou dit. Vous vous
adressez uia/, pour. Vous vous méprenez; soit
qu'on ne puisse accorder la chose demandée,
soit qu'on ne le veuille pas : ce qui se marque
encore ilavaiila;;c dans ces plirascs, A qui vous
a dressez- vous, à(pii pensez-vous vous adresser?
On dit, q l'f. ne lettit s'adresse à (pteliiuunf
ADU
poui, Que la suscription delà lettre marque
que c'est à lui qu'elle doit être rendue. Le pa-
quet s'adresse à voiisj mais il y a une lettre
pour moi
On dit d'Une chose qui concerne quelqu'un,
qui le désigne dans le discours, dans lui com-
pliment indirect , dans une critique ou même il
n'est pas nommé. Cela s'adresse à vous.
.■VDnESSER. V. n. Toucher droit oii l'on vise.
.'tdresser au but. Vous avez bien adressé, vous
n'avez pus bien adressé.
AnnEssÉ , tE. paiticipc.
ADROIT, OHE. adjcct. Qui a de l'adresse,
de la dextérité. ïl se dit Du corps et de l'esprit.
Il est adroit à ses exercices. Adroit à courir la
laque. Adroit comme un singe. Etre adroit à
manier la esprits. C'est un esprit adroit.
ADROn'EMEJiT. adverbe. D'une manière
adroite, avec adresse. Il fait adroitement dci
armes. Il a conduit cette affiiire fort adroilt'
ment. Il s'est tiré adroitement d'afj'nire.
ADU
ADULAl-EUR, TRICE. S. Flatteur, flat-
teuse. Celui ou celle qui, par bassesse et parin-
Icrét, donne des louanges excessives à une per-
sonne qui ne les mérite pas. Lâche adulateur.
Les adulateurs ont perdu ce Prince. C'est un
perpétuel adulateur. C'est une grande aduiu-
Irice.
ADULATION, s. f. Flatterie la.-.he et fiasse.
n y a trop d'adulation à cela. C'est une adu-
LiMon honteuse.
ADULER. V. a. Flatter. Il est depeu d'usage.
Aduler la puissance.
ADUL l'E. adj. des 2 genres. Qui est par-
venu ù l'adolescence, à l'âge de raison. 71 n'é-
loit pas encore adulte. Lne personne adulte.
Il est aussi substantif. Le Baptême des
adultes. Il n'est guère d'usage, soit à l'adjectif ,
soit au sulelantif , que dans les phrases précé-
dentes.
ADULTÉRATION, s. f. Terme de Jurispru-
dence. .\clion de gâter cl de dépraver ce qui
est pur. L'utliillcrfllion des monnoies est un
délit capital.
Adultère, adj. des ?. gemes. Qui viole
la foi conjugale. Epouv adultère. Commerce
aùultere. .Imouradtllére. Une femme adultère.
Il se dit aussi quelquefois au sens de Mé-
lange vicieux. Mélange adultère. Coniposi'ion
adullére. Genre adultère.
Il se pr^nd aus-ii substantivement, et alors
il se dit De celui ou de celle qui viole la foi con-
jugal:. Ai les foruicaleurs ni les adultères ne
posséderont le royaume des deux.
AblitÈbe. s. m. Violcment de la foi conju-
gale. Coinnicllrc un adullére. On les surprit en
odullére. Ou appelle Double adultère, L'adul-
tère qu'un homme marié cl une femme mariée
commettent ensemble. Enfin! né d'un double
adultère.
ADULTÉRER, v. R. Terme de Pharmacie.
Altérer, falsifier un remède, il est de l'intérêt
des malades qu'on n'adultère pas les médica-
Kiens.
ADV
ADUI.TKRm, INi;. adj. Çai est né d a.Iul-
tire. yVs enfiins aàidltriiis,
ADUSTE. adj. des 2 genres. Qui est bn'ilo.
Il ne se dit gu<'Tc q'ic Des luuneurs du corps
humain, J/unieiir tidustc , saiiq aditstc j htlc
aduste.
ADUSTION. s. f. Terme de llùdecinc. Étal
de ce (jiii est bn'ilc. Uudustiun du sutiq.
A D V
ADVENTIF, IVE. adj. Terme de Jurlsprii-
dence. Il se dit Des Iiiens qui arrivent 'j quel
qu'un , soit par successiou collatérale , soit pai
la libéralité d'un étranger. Biens adi'entifs.
Adverbe, s. m. Terme de Granimain?.
Partie indéclinable du discours, qui se joint
avec les verbes et avec les adjectifs , pour en
exprimer les manières ou les circonstances.
Adi'erbe de lieu. Adi'erbe de temps. Àdvcrhc dé-
rivé du verhe. Âdn-ibe dérivé d'un nom adicc-
tif. Les adverhei servent à modifier les verbes
ou les noms aire li'sijucls ils sont joints. Ici el
l.\, sont lies adverbes de lieu. Aujourd'hui, de-
main , bientôt, tantôt, sont des adverbes de temps.
Beaucoup cl peu, sont des adverbes de quantité.
Doucement e( Ibrlement , sont des adverbes de
fjualité et de manière.
ADVERBIAL, ALE. adj. Terme de Gram-
maire. Qui tient de l'adverbe. 11 se dit de deu\
ou de plusieurs mots qui, étant joints eniemble,
wit force et signification d'adverbe. À contre-
temps, sens-dessus-dessous , sont des façons de
parler adverbiales, des p/irases adverbiales.
ADVERBIALErHEiVr. adverbe. Terme da
Grammaire. D'une manière a.lverbialc. Des fa-
çons de parler qui se prennent adverbialement,
ADVERBIAUTÉ. s. f. Terme de Gram-
maire. Qualité d'un mot qui est considéra
comme adverbe. Il y a des mots dont Vadver-
hialité est accidentelle.
ADVERS.ilRE. s. ('(lui qui est opposé, cl
sur lequel on veut remporter l'avanlage. Il se
dit en parlant De combat, soit avec les armes,
soit p.TT la parole, l'aincre son adversaire, ses
adversaires. Désarmer son adversaire, le ména-
ger, l'écraser. Foible adversaire. Adversain
puissant, génércu.T.
Il se dit aussi De celui qui est d'un parti ou
d'une opinion contraire. U est mon adversaire.
Il n'est guère d'usage qu'au masculin. On
peut cependant dire d'Une femme : Elle est
mon adversaire; mais on ne diroit pas : C'osI
une puissante adversaire.
ADVERSA11F, IVE. adj. Terme Je Gr.im-
maire. Il ne se dit guère qu'en celte plirase :
une particule qui
l'articule adversative. C'est
mar jue quelque opposition, quelque dilléience
tnuc ce qui la précède et ce ijui la suit. Mais
e.-( une particule adversative.
ADVER.SE. adj. Contraire. Il n'est d'usage
qu'en ces deux phrases, fortune adverse. Par-
lie adverse, dont la dernière ne se dit qu'en
'i.vle de Barreau, et signifie La personne contre
•lui Ion plaide. On dit lutsi, L'Avocat ad-
'nse.
Tome I,
AFF
'DVERSITE. s. f. L'état d'une fortune
malheureuse. Être dans l'adversité. Tomber
dans l'adversité. Les adversités que Pieu nous
envoie. Être consdint dans l'adversité. Su,com-
ber à l'adversité. Sa vie a été mêlée d adversité
et de prospérité.
U se dit aussi d'Un accident f.klieux, et
dans ce sens il se dit plus ordinainnient au
pluriel. Il a soutenu de grandes adversités. Il a
eu de grandes adversités à essuyer.
AER
AERER, v. a. Donner de l'air. .'\IeHre en
-cl air, en plein air, au grand air. (jliasser
le mauvais air. ..^n-ei- une chambre, une salU
de spectacle.
Mak, i':e. participe. Qui est en bel air, en
grand air. Il ne se dit qu'en parlant De la situa-
lion d'une maison. Une maison bien aérée.
AI:RIK.V, E>'NE. adj. Qui est d'air, qui ap-
partient à l'air. Il ne se dit guère qu'en ces
phrases: Un corps aérien.Les Démons aériens.
Les esprits aériens. La perspective aérienne.
AERIFORME, adj. des 2 genres, se dit
d'Un fluide qui a les propriétés physiques d«
l'air. Le tjaz inflammable est une substance aé-
I if^rmc.
AÉROGR.APIIIE. s. f. Description, ilicoria
de l'air.
AÉROLOGIE. s. f. Traité sur l'air et sur
jes difiTérentcs propriétés.
AÉ R OM A iNCIE. s. f . L'art de deviner par le
moyen de 1 ;..!■ et des ohénoniènes aériens.
AKROAIETRE. s. m. Inslniment qui sert à
mesurer la condensation ou I,i raréfaction du
l'air.
AÉROMÉTRIE. s. f. Science qui a pour
objet les propriétés de l'air, et qui en mesure
Dt en calcule les cITuLs. £/éniens d'Jérométrie.
AÉROSTAT, s. m. Esi.èce de ballon rempli
il'un fluide plus léger que l'air, au moyen du-
ïuel on peut s'élever dans l'aêniosphèrc à une
grande hauteur. L'aéros;-! s'-'lcvc jusqu'à ce
ju'i'l ait atteint une couche d'air où il soit en
iquilibre.
AÉROSTATIQUE, adj. d-5 2 genres. .1/,.-
c/unc aérastatique,
A ET
-AÊTITE. subst. fém. Espèce de pierre qu'on
nomme aussi i'ierre dAiijlc, parce qu'on pré-
tend qu'elle ,se trouve dans les nids des aigles.
On trouve des «élites sur les montagnes.
Al' F
AFFABILITÉ, s. f. Qualit '■ de celui qui re-
çoit et qui écoule avec bonté et douceur ceux
qui ont affaire i lui. Recevoir avec affabilité. Il
a beaucoup d'afJiibHllé. L'affabilité de ce Prince
lui gagne tous les c.t-urs.
AFFABLE, adj. des 2 genres. Qui a de l'af-
fabililé. C'est un t.omme crtrcmement aiïabh;
Il est à'un e.jriK-léri: dou-r et affable
AFF .-
, AFFABLEMENT. adv. Avec affabilité. H
est de peu d'usage.
AFFABULATION, s. f. Terme didaclique.
Sens moral d'une F.ible, d'un Apologue.
AFFADIR. V. a. Rendre fade. Affadir une
sauce, un ragoiit, en y mêlant quelque c/io.sc
de trop doux.
U se dit figurémenl en parlant De» ouvraget
d'esprit. Affadir un discours par des pensées
et par des e.rpressions affectées et dourercus«s.
AiFADin, signifie aussi. Causer une sensa-
rion désagréable au palais, à l'estomac par
quelque chose de fade. Une sauce qui affadit
le c rur.
On dit figurémenl, que Des louanges ou-
trées afj'adissent le ciur.
An- .11)1, lE. parliripl^
AFFADISSEMENT, s. m. Effet que produit
la fadeur. Affadissement de cœur. Il s'emploia
Sgiurémcnt. Il loue jusqu'à l'affadissement.
AFFAIRE, s. f. Tout ce qui est le sujet de
quelque occupation. Affaire importante. Af-
faire de conséquence. Affaire agréable. Aff.iri
•.pilleuse, difficile. Je suis à présent de loisir,
je n'ai aucune affaire. Dites-moi la place que
nous désirez, j'en faismon affaire. ILn'a d'autre
affiire que de se divertir. Il est fort occupé, il
u (lien des a jf lires, il a mille aff lires. Je suis
accablé d'aff lires. Il a affaire. Il est en affaires.
I ouïes affaires cessantes. L'affaire du salut est
la plus grande d'un Chrétien.
On dit, Il n'entend pas les afpiires, mais d
veut que cela se termine promfitement , pour^
Sans entrer dans des discussions, sans s assu-
jettir aux formes ordinaires, il veut lâire exé-
cuter sa volonté.
On dit, Fa:'re affaire, pour dire, Conclure,
terminer une aflaire. Fui're affaire ensemble.
Et on dit ironiquement d'Un homme qui a fait
quelipie chose de mal à propos, qu'il a fuit
une belle affaire.
On dit proverbialement, jDicu nous garde
d'un homme qui n'a qu'une affaire, pour don-
ner i entendre qu'.ordinairrment Un homme
qui n'a qu'une seule chose à faire, en est si
occupé, qu'il en fatigue tout le monde.
AirAinE,sc dit pailiculi.}rement Des procès,
et de tout ce qui se traite eu quelque Juiidic-
lion que ce wit, tant en matière civile, qu'en
matière aiminelle. 71 y a une grande affaire
au Conseil, au Parlement. Cet Avocat est charge
d'une belle affaire, d une affaire d'éclat. Pour-
quoi prendre tant de peine pour une affaire de
rien? Il n'y a point de petites affaires. C'est
une affaire de grande discussion, dehngue dis-
cussion, l Ile affaire embrouillée, épineuse,
embarrassée, enveloppée. Une affaire favorable,
malheureuse , extraordinaire. Une affaire cri-
minelle. Son affaire se rapportera, se videra
bientôt. Il a un Rapporteur qui ejcpédie bien
des affaiies. Le point, le secret, le fin de l'af-
faire, l n tel est son solliciteur d'affaires, son
homme d'à 'fa ires. C'est lui qui mène ses affaires,
l'oursuivre une affiirc. .tvoir un esprit d'af-
faires, propie aiLc affaires.
XI se dit .nussi De toutei le» chotcs qu'on a i
26
AFF
discuter, ^ démêler avec quelqu'un dons U
commerce de la vie. C'est une affnire d'intérêt.
C'm( une ajpiire dlionncur. y ottïr d'une affaire
avec Jwnncur. Se bien tirer d'une afj'tiirc. Voilà
le n.titd de Vajftiirc. Sortir d'ajpiire avec <fUi-i
qu'un. Il s'est tiré d'ajpiire. S*entremettre
d'une affaire. Se charger d'une affUÎre. Je
TOUS rendrai bon compte de votre affaire. En
tendre bien une affaire^ comprendre^ concevoir
une affaire. Entendre les affaires. Il débrouille
fcieri, il démêle bien une affaire.
Il se prend aussi pour Soin , ji(;îne, embar-
ras, dt^môlc. Fâcheuse affaire. Il a bien des
affaires sur les bras. Il a une mauvaise affnire
sur le corps. Si vous vous brouillez avec cet
hommc-lù, vous vous ferez, vous vous attire-
rez des affaires. Cela lui a fait une affaire. Il
m'a fait une affaire avec un tel. Il vous don-
«er-1 bien des affaires. Ilétoit bien embarrasKj
mais il s^est tiré d'affaire. Ses amis Vont tiià
d'affaire. Susciter des affaires à quclcju^un. Il
a si bien fait, (ju'il s'est mis hors d'affaire. Il
ne veut point d'affaire. On dit d'Unt' chose
qu'on reijarde comme ^leniljlc ou malaisée à
faire, que C'est une affaire • et d'Une chose
aisée et facile, que Ce n'est pas une affaire.
AFrAint, se dit particulièrement Des actions
de guerre. C'est im homme qui a vu bien des
affaires. Il a toujours bien fait dans toutes les
affaires où il s'est rencontré. Il fit des merveillei
dans la dernière affaire. L'affaire fut quelqui
temps disputée.
Ai'PAinE, se dit anssi partiruIîtTemeiit De
ce qui reg:irde la levée des deniers puljHrs, li
recette, la j;estion et radministrnttoa des finan-
ces. Il est intéressé dans les affaires du Roi. I
a commencé par une petite recette^ présente-
ment il est dans les grandes affaires. Il a bien
tiré de Varqent des affaires qu'il a faites. I\
embrasse toutes sortes d'affaires. Il proposi
une affaire qui paraît bonne. Les Fermiers Gé
néraux ont traité de cette affaire-là. Il n'es^l
plus dans les affaires. Ils^est retiré des affaires.
Les qcns d'affaires.
Art-AïUE, est aussi un tenue généiiil qui
s'emploie pour exprimer Toutes sortes de cho-
ses, et que l'on substitue souvent à la place des
termes propres et pailîcullcrs de chaijue cliose.
Ainsi , en parlant d'Une victoire remportée sur
les ennemis, on dit, que C'est une grande af-
faise^ une ffairz glorieuse; en parlant d'Un
mauvais succès , que C'est une affaire f'cheuse;
en parlant d'Une entreprise, que C'est une
afftire aisée ou malaisée. Vous me contez là
une étrange affaire. Le bon de l'affaire est
Ce que vous dites là est une autre affaire.
Affaires, au pluriel, se dit généralement
De toutes les clioses qui concernent la fortune
et les intérêts du public et des particuliers.
Afjnirci publiques. Aff'.ires d'Fjat. Ce Minis-
tre est chargé d* toute la conduite des affaires
du Uoi. Le train ^ le courant des affaires. Pou'
les affaires urgentes. Pour les cjcpresses af-
faires du Pioi. Les affaires d'une Ville .
d*unc Communauté. Les affaires d'une suc
cession. Un homme dorU les affaires sont en
AFF
dort état, en mauvais état. Ses affaires vont
bien, vont mal. Il est bien , H est mal dans set
affaires. Ses affaires sont nettes, claires^ sont
décousues, délabréeSj en désordre. Donner or-
dre, mettre ordre à ses affaires. Affaires do-
mestiques. Chacun a ses affaires, doit savoir
ses affaires. Il a soin de ses affaires. îl a donuâ
la conduite j le maniement de ses afjiires à un
habile Praticien. Il a un homme iCaffaircs fort
négligent. On est souvent trompé par ses gens
d'affiiires. Ce ncsontpas là mes affaires. Pour-
quoi en parlez-vous y sont-cc là vos affaires!
Mélez-vouc de vos affaires.
On dit, pour expiimer L'aptitude de qnel-
-{u'un à traiter les alfaiics d'intcrût ou autres
qu li entend les affaires, qu'il a le génie des
uffuires, qu'il est habile en affaires.
On dit ironiquement tt un homme, que Son
affaire est faite^ pour, qu'Klie est manqnéc,
qu'il ne doit plus rïeu espértr, qu'il n'a plus
rien à prétendre.
On dit familiiTcmcnt, Faire ses affaires ^
aller à ses affaires, pour, Satisfaire ses besoins
natiu'cls. On appelle chez le Roi, Chaise d'af-
faires, La chaise percée; et Brevet d'affaires,
Le privilège d'entrei dans le lieu où le l\oi est
6ur sa chaise d'aflàires.
Ondit,^woir affaire de , ponr dire, Avoir
besoin de. Il a affaire d'argent. J'ai afuiirc
de vous, ne sortez pas. En co sens on dit par
ironie, J*ai bien affairede cet /lomme-hl ,pour,
J '- ne me soucie guère de lui. Kt dans une pa-
ri-ille acception : J ai bien affaire de tout cela.
(Ju ai- je affaire de toutes ces querelles? Il est
du style familier.
On dit, Avoir affaire à quelqii'un, avec
quelqu'un, pour. Avoir à lui parler, avoir à
irailcr,à négocier avec lui de quelque chose.
J'ai affaire à lui, il faut que je l'aille voir. Il
fiiut les laisser, ils ont affaire l'un à Vautre,
Is ont a fj'aire ensemble. Ils sont en affaire. J'ai
affaire à des gens difficiles, avec mon Avocat.
Un Marchand a affaire à (ouïes sortes de gens.
On dit aussi, Avoir affaire à quelqu'un,
pour, Avoir quelque contestation, quelque dé-
mêlé avec quelqu'un. Kt dans ce sens on dit
proverbialement. Avoir affaire à la veuve el
aux héritiers. Avoir affaire à forte partie.
On dit dans le même sens et par manière
d'avertissement, de réprimande, lorsqu'un
homme a manque en quelijue chose enviTs
quelqu'un qu'il ne counoissoit pas, // fini
prendre garde à qui on a affaire. Et par
manière de menace, on dit, Il verra à qw
il a affaire , pour , Il verra que je saurai
bien lui tenir tète. On dit aussi, pour manjurr
qu'on prend hautement la défense et les inté-
rêts de qneliju'un, Si on Vattaque, on aura
affaire à moi.
On dît quX^i homme a eu affaire avec une
femme, nu Une femme avec un homme, pour,
(|u*Ils ont eu ensemble un commerce de galan-
fcrie.
AFFAIRÉ, ÉE. adj. ^ui a bien deg alTaiica.
Il est si fort affaire, qu'il n'a pus une heure à
lui. Il fiit Vaffatté. Il est du style fa.nilier.
AFF
AFFAISSEMLliST. s. m. État de ce qui est
^ aflàissé. L'affaissement des terres. J'ai trouvé
ce malade dans un grand affaissement.
AFFAISSER, v. a. Faire que des clioscs qui
iont l'une sur l'aulte, s'abaissent, se foulent,
et tiennent icoics d'espace eu hauteur. Les
pluies affaissent les terres.
ArrAissEii, signifie aussi, Faire ployer, l'aire
courber sous le faix. El dans ce sens on dit,
i\u'Unc trop grande charge de blé a affaissé le
plancher d'un grenier.
Il est aussi pionominal. Une terrasse qui
s^affaisse. Les terres rapportées sont sujettes à
i'affaisser. Ce monceau de foin s'est affaissé de
tant de pieds.
On dit dans la même acception, Un plan-
l'/icr qui s'affaisscy qui commence à s'affaisser.
On dit Gi^'cment d'Un vieillard qui se
Eourl)e, qu'il s'affkisse, qu'il commence à s'af-
((MR.tT SOUS le poids des années.
Affaissl, iiE. participe.
AFFAITER. v. a. Terme de Fauconnerie.
'.l'est apprivoiser un oiseau de proie.
Affaité, le. participe.
AFFALER, verbe actif. Terme de Marine,
abaisser.
Affalé , ée. participe.
Ou dit qu'L'n vaisseau est affalé. Lorsqu'il
isl arrêté sur la côte, par le défaut de veots ou
>ar les couraus.
AFFAMER, v. a. Oter, retrancher 1rs vi-
bres, causer la faim. Affamer une 'l'iUe, une
Vîcce, une Frovine, tout un rrivs. "i 'ouï ne
élites que l'affamer en lu: donnant si peu à
uanger.
Ou dit fîgurcment, en parlant d'Un grand
aiaogcur, qu'il affame toute une table.
On dit figurémcnt, Affamer son écriture,
pour, La rendre trop déliée, trop maigre.
On dit figurcmtnt, ^^Jimcr un habit, af-
famer un ameublement , pour, V éjjar-^ner trop
l'étoirc. Mais en ce sens son usage le plus oïdi-
Iiairc est au participe.
Affamé, ée. participe. £crj|iirc affamée,
]iahit affamé.
On dit au propre, qu'Ln homme mange
ron»me un affamé; et iîgurémeut, Ventre af-
I .nie' n'a point ^'oieii/cs. pour dire, In homme
ijiii a faim, n'écoute guère ce qu'on lui dit.
'. riAMi:. ÉE, adj. signifie figurémcnl, <^'ui a
lie l'avidité pour quelque cliose, qui souhaite
i;uelque chose avec ardeur. Être affame de
ijloirc , aljumé d'honneurs, affamé de non-
vcllts. Je suis affamé de le voir.
AFFÉAGEMENT. s. m. Action d'afTéager.
AFFEAGER. v. q. Terme de Coutume.
Donner une partie de son fief à tenir en fief ou
en roture.
Affkagé, ée. participe,
AFFECTATION, s. f. Attarhcoaent vicieux
II dire ou à faire certaines choses d'une manière
bjnsulière. Il y a de Vaffctation en tout et
qu'il fait, en tout ce qu'il dit. Affectation mar~
quée. Affictatlon de langage. Il n'y a rien
de naturel en elle, elle est pleine d'affictat'ion
en toutes choses On ne saurait la corriger dr
AFF
les af'fcttttions. Une de tes affectations est de
dire. . .
AFFECTEiR. v. a. Marquer une cspcce de
prodilectioii it d'attaclicmc nt pour de rertiincs
choses, ou pour de certaine» jKMsoiities. Affi-c-
ler une place, un loijemciil. Ajftctcr un rap-
porteur. Je n'en affcte aucun.
11 signifie aussi , Faire un usa^c fréquent , et
mJnw vicieux, de ceUaines cliosns. .Iffcter
certains mots, certaines façons de parler, cer-
tains air:, certains qestes. .itfcctcr un lanc^a.je
extraordinaire.
Il sijjnifie aussi. Faire oslenlatioii de .]ui'l-
<]ue rhose. // affecte de paroilre sai/anl. Il u/-
fecte une (jrande himiililé, une grande modestie.
W sù^nifie.Tussi simplement, Prendre quelque
cliose h lAche, faire quelque cliose de dessein
forme. // affecte un air distrait. Il afjl'Cte de
chre en qrund secret des choses de rien.
Il signifie encore, Rechercher une chose
avec ambition , s'y porter avec nideur, y aspi-
rer, lit il ne se dit guJre que dans le style sou-
tenu, en parlant Des grandes dignités. .tffLCtet
te pouvoir suprême. Affecter le premier rann .
les premières places.
AffECTEn. Ilesiiner et appliquer une chose
à un certain usage, il ne se dit guère qu'en par-
lant Des fonds de terre, des lieritages, det
rentes. Affecter un fmds de terre pour l'entre-
lien de cjuelijues Prêtres, .-iffecler cl hypothé-
(juer une terre au paiement d'un douaire. Af'
f'cler une rente pour le paiement d'une dette.
AiTECTEB, se dit figurément pour expriniei
La disposition qu'ont certaines substances J
prendre certaines figures. Le sel marin affectt
dans sa cristallisation la figure cubique.
Afi'ECteii, est aussi un terme de Mcdecine,
et signifie , Faire une impn ssion f.'tcheuse. /I
tst à craindre que le trop grand usage d'un re-
mède si chaud n'afji cte la poitrine avec h
temo!;.
Affecter, signifie aussi figure'm. Toucher
faire impression. C'e((e pttcc est dans les règles.
mais elle n'affecte point les spectateurs. Cet
événement Va beaucoup afjictéj ne laissera pm
de l'aff, ctcr.
Il s'emploie aussi «vec le pronom personnel
C'est un homme qui s'affecte aisément.
.Affecté, v.k. participe, in fmds de terre
.affecté à l'entretien de.... Une maison affectée
au paiement d'une dette Un geste affecté.
C'est une place qui lui est affectée. Ilumiliti
affectée. Modestie aff clée. Il est à craindre
ifu'il ne se fusse un dépôt sur la partie affectée.
Il se prend aussi pour Aflli^c, olK-nsé. 71 <i
été vivement afjicté de cette nouvelle. Je sui\
tres-afft cte de son mauvais procédé.
AFFECTIF, ï\l'.. adj. Qui in-spire, ou qui
m propre à inspirer de l'aQl-ciion. Il n'est
gu<-re d'usage ((u'en parldiit Des choses de piété.
/( pari', des choses de Dieu d'une manière très-
affective. .Viiiiit fiernord est un des l'ères de
VF.glise les plus affectifs. On a intjirimé des
Livres sous le nom de Théologie afj'^ctive.
AFFKr. riUN. >. f. Amour. Sentiment qui
fait quon aime quelque penonne, qu'on se
AFF
plaît h quelque cliose. Tendre affection. Afft'Cm
ùon pflfcTMt'/Ie. Affection inatcrtiAlc. Avoir àe
Viiffrcùon pour (luAtju un. Varier de l'affection
<i (juclqu^un. Mettre son afjcction à une per-
sonne, à une chose. C est le cadet nui est Vohjet
des affrétions de la mère. Il n'a d'afficùon
pour rien. Il n'a afjrction à rien.
Il se dit aussi Dt- l'ardeur avec lai|iiellcon
se porte il dire, ou i faire quelque chose piir
sentiment d'alTectiiui. Se porter à (fuelque chose
avec afft'ctwu , par affection. En parler d'aj ~
fct'-on,
Afff.ctio.v, en termes de Médecine, sii;nifie
Uno impression fjclieuse diins toute 1 liabilude
du corps, ou dniis quclqu'ujic de ses parties.
Ajfction mélancolique. Affection hy.^tériijuc,
AFI'i:CriONNER. V. a. Aimer, avoir de
rultlclion pour quelque personne, pour quel-
que < liose. C'est une personne (jue j'ajjcctionnc.
C'est une sorte d'étude qu'il ajfifctwnne fort.
C'n dit, Affectionner quchfue chose^ pour,
S'y intéresser avec aniclion, avec cliiileur.
C'est Vaffiirc du monde ipic fafj'cctionne h
\dus.
Affectionnea , est aussi pronominal. Ainsi
on (lit, S\tfjtctionner à une c/iose, pour, S'y
attacher, s'y appliquer avec afi'ection.
Affectionné, ée. participe.
C'est aussi un terme de civilité qu'on em-
ploie quelquefois dans lu souscription des Let-
tres , et <lans les formules suivantes : i'otre
Irèi-humhle et très-ajfectionné Serviteur. Votre
ajpctionné Serviteur. Votre affectionne à ftn
servir. Votre affectionné à vous rendre service.
Et toutes ces formalités s'emploient suivant la
condition de la persouue qui écrit, et de cell^
h qui on écrit.
AFFKCl'URUSEMENT. adv. D'une mn-
nirre aflectueuse. Il lui parla fort affectueuse-
ment.
AFFECTUEUX, I USE. adj. Qui marque
beauenup d'afUction. Discours a ffectiieiu.. l'ii-
rohs afftctueuses. Mouvement affectueiLX, Ma-
nières affectueuses. Un Orateur patliétitpie et
ajfectaetir.
AFFÉRENT, ESTE. adj. Terme de Juris
prutltnto qui ne c'eniploie guère qu'au fi'ini-
iiin et dans ces phrases. l*ortion afférente,
part ajp-reritCy pour signifier La purt qui re-
vient à chacun dts iiuéres-sés dans un objet in
divi-i.
AFFERMTiR. v. o. Donner à ferme. Un
Seigneur qui afferme sa Terre. On leur a af-
ferme les droits d'Entrée.
Il signifie aussi , Prendre ii ferme. Tous les
Fermiers qui ont afferme cette terre j y ont
bien fuit leurs affaires.
Affeomé, èe. participe.
AFFERMIR. V. a. Rendre ferme et stable.
Affermir une muraille. Affrmir un plancher.
De l'opiat qui affermit les dents ^ les gencives.
11 signilieau&si, Rendn- ferme et consistant ce
quiétoit nioii.Lct'in afj'ermtt le yonson.Laqdée
aiprimt les chemins. L'esprit-de-v'n affermit
let gencives. Et d.iiu ce sens '^u se sert plus
u>uventdG Raffermir.
AFP 27
U sif^nifie fi;;urément, rendre plus assuré,
plus diflicîle ù ébranler. Affrmir le couraqe.
Ajfrmir l\1me. Jjprniir quelqu'un dans une
résolution^ dans une croyance, dam une opi-
nion, dans la i'oi. Affrmir l'autorité., affrmir
le sceptre dans la main d'un Hoi. Cette vic-
toire Va aff rmi dans son Etat^ lui a affrmi
la Coiironnc sur la tête. Cela vous doit affer-
mir encore davantnqe dans votre sentiment.
Les heaiLx jours acheverottt d\i(J< rniir sa santé.
Aff rmir le repos des peuples. Affrmir la trau-
quilltté publique. Affermir les peuples ttans U
devoir. Afjkrmir les volontés chancelantes. Et
avec le pronom personnel, iS'ufftrniir dans une
resolution . dans un dessein.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel
en certaines phrases, et signifie, Devenir plus
ferme, plus consistant. Ce poisson s'est affermi
en cuisant. Les chemins s^affermiront bientôt.-
Sa santé s'afjermira avec le temps.
Affed^h, ie. participe.
AFFERMLSSEMENT. s. m. Action pnr la-
quelle une chose est affermie. 1-Uat dune chose
allui-raie. U n'est ^utVc d'usaj^c au propre.
Il signilic figurément, Coniirmution dans
un bon état. L'affermissement de l'Etat^ du
Irone.^ des Lois, de la Rehqion. L'amour des
peuples envers le Prince e*t Vaffermissemen'
de son Empire.
AFFÉTÉ, I-:E. adj. Qui est plein d'affecta-
tion dans son air, dans ses manières, par envie
J^^ plaire, il ne se dit ^uère qu'en parlant d'Une
femme ou d'une fille coquette. Elle ne seroit
fas désagrûibk. si elle n'étcit point si affétée.
U se dit aussi Des choses qui marquent de
rafif'clation. Mine affttée. Discours afj'tté. Ma-
nières affctées. Paroles afftées,
AFFETERIE, s. f. Manière affétée de par-
ler, ou d'agir, par envie de pl.iire. Il y a trop
d'afjlterie en tout ce qu'elle fait. Les afféteries
d'une coquette, d'une précieuse. L'afJ'eterie du
ilyle.
AFFETfUOSO. Terme de Musique, ein-
jinmté de l'Italien, pour avertir qu'Un mor-
ie;in doit être rendu avic une expression lendrc-
AFFlCHi:. s. f. Placard, feuille écrite ou
ji. primée que l'on attache dans les concfoi is .
pour avertir le public de quelque chose. Affiche
de Comédie. AjUxAie pour les criées d'une terre
en décret.
AFFICHER. V. a. Attacher un placard,
pour avertir le public de quelque chose. 4fji-
rher un Monitoire, une Ordonnance ^ etc. Ou
dit par exagération, en parlant d'Une chose
qu'on voudroil faire savoir h tout le monde si
on pouvoit, y en-seulement je le dirais mais
je l afficherai partout.
On dit au figuré. Afficher le bel esprit^
pour, Se donner pour bel esprit , vouloir passer
pour bel esprit.
On dit aussi , Afficher sa honte , pour .
lïcndre publique une action ou de« sontimeiis
qui déshonorent.
Il s emploie aussi avec le pronom personnel.
S'afficher pour bel aprit^ pour savant j etc.
Dans ce scos il ne se prend guère qu'en mau-
78 A FF
vaUc part. On 1c dit aussi absolameot. Vr
homme sensé ne s*alJiche point.
Ai'KicHK, KE. participe.
Al-'KICHEUR. s. ni. Celui .pii affiche des
plac.irds diiiis les rues. Ajjlcheur de la Co-
métlic.
AFFIDÉ , ÉE. adj. À qui on se fie. Envoyer
nu homme a^Jiilé, Il lui fit dire par une per-
sonne afjidée.
On l'emploie quelqutifois au substantil. Il
lui fit dire par un de ses affidés.
AFFILER. V. a. Donner le fii à un instru-
ment cjuî coupe, lai^^uîser. À/J^hr le tranchant
d'un rasoir^ d'un couteau, d'un coutelas ^ d'un
sabre.
Affilé, ée. p.irticîpe. On dit figurément
d'Uop personne qui p^iile facibment et beau-
coup, qui a beaucoup de babil, iixiEUe a la
lannue hien a*f'>lée. U est du style faniilier.
AFFILIATION, s. f. Espèce d'adoption. Il
se dit aujourd'hui en parlant d'Une Compagnie
ou Communauté qui en a affilie d'autres. U y
a affiliation entre l'Académie Françoise et
celle de ^Jarseille.
AFFILIER. V. a. Adopter. L'Académie
Françoise s'est affilié quelaucs Académies de
Province.
AffilîEh , s'emploie avec le prouom ])i r-
sonnd. S'ajfUcr à une Congrégation , à nui
Société.
AiTiuÉ, ÉE. participe.
AFFINAGE, s. m. L*action par laquelle on
afiine, on puriP.c certaines clioscs, comme Ici
métaux, le sucre. L'affinage de l'or. Cet or esl
déchu de tant de grains à Valfinage. L^afji-
naqc du sucre.
AFFI>'Ï',H. V. a. Purifier par le feu, ou par
quelque audc moyeu. Affiner Vor et Vargcnt.
Affiner du fi.-r, de Vétain,
On dit, Affiner du sucre ^ poiu', Te rcndro
plus pur, plus fin. El on dit, que Le temps.
que la cave affine le fronuine , pour, Que le
temps et la cave lui donnent un goût plus fin,
plus relevé.
On dît, Alf.ner le lin, le chanvre., pour, Lu
rendre plus fin , plus délié.
ArriNEn, s'emploie avec le pronom person-
nel. L'or s'affine dans la jurnaise. Le s-jcre
s^affine avec du salpctre. d' f omage s'affinera
avec le temps. On a dit fii;urenicnt S'affiner,
pour , Devenir plus fin , plus dtlié. L'cçpni
s^affmc par lu convevsafion. Celte acception est
Je j)eu d'usa;5c.
Affisé, ée. participe.
AFFLXERIK. s. f. Lieu où Von afHne. Por-
ter le fer à Vafflnerie.
AFFl>'EUR. s. m. Celui qui affine ï'or et
l'argent. Maiirc affincur.
AFFINITE, s. f. Alliance, depré de pro\i-
milé que le mariage fait acquiTir ^ un homme
avec les parcns de sa fiMunie, ?t îi une femme
avec ccujï d" son mari. // a cyousé ma stur .
i\ y a a'iftnilc entre lui cl moi. Les divers de-
grés d'affinité.
On apjielle Affinité spirituellcj celle qui so
contracte dans la ccrtmoitip du Baptême entre
A FF
les Parrains et les Marraines, et les persomies
dont ils ont tenu les enfans; et encore entre les
Parrains et les Mairaincs, et Ieur,î filleuls on
filkuiles.
Affinité, se dit aussi De la conformiîL^
de la convenance, du rapport qui est entre
diveiïps choses. Ces deux mots ont heaucoup
d'affinité. La Géométrie et la Physi(pie ont
une grande affinité. Il y a de Vaffinité entre
la J^oésie et la Peinture. Aff'nité entre les ca-
ractères. L'affinité des caractères.
Il su dit aussi De la liaison que des prr'
sonnes ont eDseml)le. _/I y avoit une grande
affinité entre eue.
ArFiNirÉ, se dit en Cliiniie, De la disposi-
tion que deo substances ont à s'unïr ensemble
AFFl?JOIR. s. m. Instrument au travcrf du
ijuel on fait passer le lin ou le chiinvrcpour
faffincr.
AFFIQUET. s. m. Parure, ajustement. Il
ne se dit guère qu'en raillerie,. et au pluriel,
m parlant Des petits ajuslcnieus dune femme
.'ivcc tous ses affifjuetSj clic ne laisse pas d'ctri
laide. l\ est familier.
Affiqvet, se dit encore d'Un petit b^toii
treux qui sert aux femmes pour tenir leuri
aiguilles, lorsqu'elle^ tricotent. On l'appellfl
aussi Porte-aiguille.
AFFIRMATIF , IVE. adj. Qui affirme, qu:
soutient une chose pour vraie. C'est un homm^
fort affirmatif En cela H est un peu trop afflr-
matif. On appelle en Loj;iquc , Proposition
alfirmative, Toute proposition par laquelle ot
affirme une chose. Discours a'iirmutïf. Et o:
dit. Parler dUin ton ajfrmatif^.-pouTj Pailci
d'une manière trop décisive.
AFFIRALVïION. s.f. Expression par la-
(juelle on assure qu'une chose est vraie. Il n'esl
guiîve d'usage qu'au Palais, ou il se prend pour
Assurance avec serment, et dans les furmes Ju
ridiques. Prendre un acte d'a'firmation. Jl
m'en rapporte à l'otre affirmation. Le Juge a
f.Tis leur affirmation. Le (>reffe ('es affirma
lions.
En Lo^i^iqurî, Affirmation siijnii'e L'cxpres-
ûon par laquelle une proposition affirme. L*af
fivmation est opposée à ht nécjation.
AFFIRMATIVE, s. f. Proposilion par la-
i|uellc on affirme. Ils sont toujours d'avis dif-
f'rens ; jamais l'un ne ni'c une chose, (pic
Vautre ne prenne l'affirmative. Sut Ve.Tpédient
rjn'on proposa, les uns furent pour Vafjirma-
tivc, les autres pour la négative. Il y eut tant
de voix pour Vufjirmativc. Ceux nui soute-
i.oient Vaffùmalivc.
On dît , / rcu(/rc Voffirmattve pour (juel
ijti'uu. ponr. .^'r (î('rlar(;r liitiIcmeM! en sa faveur.
A F l- l K M A II V F M E N T. adr. D'une ma
iiii";re adirmative. ' arlcr offinjiafivcment II en
parle aussi uffirmativcment (juc s'il Vavoit vu.
AFFUOIER, v. a. Assurci , soiUenir qu'une
chose est vraie. Oseriez-^'ous hîen affirmer cela'
Eu style de Palais, Affirmer se prend pour.
Jurer, assurer avec serment.
On dit en Logique, qii'J ne proposition af-
firme, pour dire simplement, qu'Elle exprime
AFF
qu'une cliose est. Toute proposition affiriM
ou nie.
AFFin-viF, ÉE. participe.
AFFLEURER, v. a. Réduire deux coips
contij^us à un même niveau. Affleurer une
trappe au niveau du plancher.
AFFi.EunÉ, ÉE. participe.
AFFLICTIF , IVE. adj. Il n'est guère en
usa^e qu'au féminin et dans celte phrase ,
fxine a'flictive^ qui signifie Une peine cor-
porelle à laquelle la justice condamne un cri-
minel, et qui u'est pas simpicnient pécuniaire.
Condamner à ur.c peine afflictive.
AFFLICTION, s. f. Déplaisir et abattement
d'fsptit- Grande, cxtrér.jc affliction. Affliction
sensible. Cela lui causa un2 affliction morIc(/c.
Les afjl'clions au il plaît à Dieu de nous en'
■.'oyer.
AFFLIGEANT, ANIX. adj. Qui alBif-e.
Cela est hien affligeant. Vne nouvelle hieji
'iffltgeante.
AFFLIGER, v. a. Causer de la douleur, de
la peine, du déplaisir. Affliger son corps par
des jerincs, par des macérations. Dieu a voulu
affliger son peuple. Joh fat alfiigè en son corps
et en ses biens. Son malheur m'afflige. Celte
nouvelle l'a extrêmement aUligè.
Afflickr , est aussi réfléchi, et sî.^nîfic ,
Sentir du déplaisir, de la peine, se faire du
chagrin de quelque cliose. Vous vous affligea.
sans sujet. Il s'afflige d'une chose dont il de-
vroit se réjouir.
Affligi': , Ée. participe. Appliquer un re-
mède, une fomentation sur une partie affligée.
Il se prend aussi substanlivoujent. Consoler
les afjlicjés.
AFFLUENCE. s. f. Concours et chutf
d'eaux, d'Iiumcurs, etc. L'affluence des eauc
t^ui venoicni de la fonte des neiges fit déhoi'der
la rivière. L'afflucnce des humeurs sur une
partie affligée cause souvent de grands acci~
dens.
11 se dit fip;mvmenl J'Une grande abondance
de biens, d'un grand concours de monde. Af~
jiuence de toutes sortes de biens. Grande af^
fluence de peuple.
AFFLUENT, ENTE, adj. se dit Des ri-
vières qui se jettent dans une autre. Le Rhin
et les rivières affluentes, y affluentes.
Il se dit aussi en Physique, d'Un fluid:- qni
se poiic dans un certain sens. La modère of-
flucnte.
AFFI^UER. V. n. Se rendre en un môme
ranal. Il se dit proi>rcmcnl Des eaux dont le
concours rt la chute se font dans un même en-
droit. Il y a plusieurs ruisseaiuc et plusieurs
rivières qui affluent dans la Seine , (fans le
ixhâne, etc.
U si;jnific figurément, Abonder, arriver en
abondance. / outes sortes de biens affluent dans
cette uuii'son. La vivres affluoient dans le
ramp.
Il si:;nifie encore fif;urémcnt. Survenir en
;^rand nomine. Les j->èicrins affluent à Home de
tous les endroits de la Chrétienté pendant
l'Année sainte^
AFF
AFFOIBMR. V. a. Débiliter, rcndie foiWe.
Les ûêhauches affoiblissent le corps. Le vin
pris «i-ec excèi affi'iblit les ncrfc;, affinblit l-
cerveau, afj'nibUt la vue. Afjhiblir un parti.
Affaiblir une armée. Ajfinblir la puissaitee il-
son ennemi. Vdffc afjoiblit Ve^prit, alfoibl.t
la mémoire. On dit en pulaiit Des nionnoie5,
Affaiblir les espèces d'or et d'argent, pour dire,
En diminuer le poids ou le titre.
Il est aussi rcllcclii. // s'affoiblit. Son esprit
t'affaiblit.
AtFoiBLi, lE. participe.
AFFOIBLISS.USÏ, AlNTE. adj. Qui ofToi-
blit. Il y a des remèdes conforlatifs ^ il y en a
à' affaiblissons.
AFFOIBLISSEMENT. s. m. Débilitation ,
diminution de forcrs. Il se dit Des forces du
corps, de celles de l'esprit, de celles d'un Êtiil,
d'un p?rti , etc. L'affaiblissement du corps.
L'affaiblissement de la vue. L'afjaiblissemctil
de la voix. L'affaiblissement d'une armée.
L'affaiblissement d'un parti. Vaffaiblissemen\
<i« firces ennemies. L^ affaiblissement dei
ntonnoics.
AFFOLER. V. a. Rendre exccssivemeut pas-
sionne. Il n'est guère d'usage que dans le style
familier et au participe. H est affolé de sa
femme. Il est affilé de sa maison.
On l'emploie avec le pronom personnel
S'affoler de quelqu^un, de (juelque chose ^ Ec
eue très-épris, en être engoué.
Affolé, ÉE. pariicipe.il se dît princîpriîo
mcot De l'ai^uilti- d'une boussole qui zi'indiatu
pas exactement le ^'ord.
AFFORAGE. s. m. Droit qui se paye à u:i
Seiguciu- pour la vente du vin,
AFFOUaCMER. r. a. Tenne de INIarine.
Disposer deux ancres . en 1< s jetant ù la mer, de
lunnii^rc qu'elles forment une espèce de fourclie.
AfFOUiicBÉ, ÉE. participe. Vaisseau affour-
ché sur ses ancres.
AFFRANCHIR, verb. act. Mettre en lil)ert^
Affranchir un esclave.
Il signifie aussi , Dccli.'irger, exempter. Af'
franchir une personne de toutes sortes dt
charges. Affranchir de tailles. Affranchir uni
ville. On dit. Affranchir une lettre^ un paquet,
pour, En payer le port au bureau d'cù en les
fait partir.
Jl signifie fi^urëment , Délivrer. La mort
nous afj'ranchira de> misères de ce monde.
En matière de I- iel", on dit, Affranchir un
héritatje, pour, Ubi-rer un héritage de quelque
diargc. de quelque rente.
AFFRANCHr , lE. parîiripe.
H est auss substantif, et signifioit parmi les
Romains un esclave .'i qui on avoit donne la li
bcrlé. La condition d'affranchi. Les affranchit
d'Auguste. Actè^ Vaffranchie de AéroM.
AFFRA.NCmSSEME>r,5.m.ll n'est pu.^rc
d'usage dans le premier sens d'AflraucIiir,
qu'en parl.inl Des anciens (»recs ou Romains.
et il sii^nific, L'ariion par laijaelle on allVan-
chissoit un esclarc, ainsi que l'état de b per-
sonne aArancliip. /( devait son affrnnchisse-
ntciil à Id bonté de son mailre.
AFF
Il signifie aussi, Exemption, décharge. L'a/"
franchissement d'une lenc. L\iffranchls:.c
ment d'une Ville. Lettres d'affranchissement.
AFFRE. s. f. (l'A est Ion i;. ) Cir.uule peur,
extrême frayeur. Il n'est ^uère eu usage qu'au
pluriel. Les affres de la mort.
AFFRÈTEMENT, s. m. Terme de Marine.
Convention pour k louage d'un vaisseau.
Affréter, v. a. Prendre un vaisseau îi
louage.
Affrété, le. participe.
AFFRÉTEUR, s. m. Celui qui prend ua
vaisseau à Inua^e pour un temps.
AFFREUSEMENT, adv. Eifroyablemeut ,
épouvaulablemenl, dune manière anreuse. Il
crioit affreusement. Il cet affreusement laid.
AFFKEU.X, EUSE. adj. EfiVoyable, bor-
riblc, qui fait frayeur. Un spectacle affreux
Une image afj'reuse. C^est une chose affreuse.
Jeter des cris a'fieux. C'est une personne af-
freuse.
AFFRUMN'DER. v. a. Rendre friand. Vcuf
l'avez affriandc par la b&nnc chère gue vou^
lui avez faite.
Il signifie aussi , Attirer par quelque cliosi
d'agréable au goût. On affriande les poissons^
les oiseaux avec de Vappdt.
Il signifie figurémcnt, Alliier par quelqufl
chose d'ulile, ou plutôt d'agréable. Le gain l'i
affriande.
AiFiuASDÉ, ÉE. participe.
AFFRIOLER, v. act. Attirer par quelque
diose d'aTsabîe j («orit. Vous Vavez aiTriolt
far votre bonne chc-€. Il est du st\ le familier
Il sij^nifie figurément, Attirer par quelqu(
cliose d'utile ou d'agiéablc. Les présens l'oii
affriolé.
Affiuoi.!^, ÉE. participe.
AFFRONT, s. m. Injure, outrage, soit dl
parole, soit de fait. Cruel ai^ront^ S;inglaTi\
affront. Sensible affront. Affront signalé. On
lui a fait un affront. Il a reçu un nranl
afj'ront. Endurer un affront. Venger un aj-
li ont.
On dit, Essuyer un affront, pour, Recevoir
un affront; Boire un affront, avaler un affrcnt^
dévorer un affront, pour, Souffrir patiemment
un pffront : et on dit, jSe poui-oir digérer un
affront, pour, Avoir toujours sur le cœur un
a'IVont qu'on a reçu. Il ne. saurait digérer cet
affront
Affrost, signifie aussi, Déshonneur, honte.
Il fiit affrotit à ses parens. Vous pouvez ré-
\jondre hardiment de lui, il est honnête homme,
d ne vous fera point d'affront. Au milieu d-
sa harangue sa mémoire lui fit un affront. Le
armes de ce I rince reçurent un affiont devant
telle place. Si vous entreprenez celte affiàre
iafjioiit vous en demeurera.
AFFRONTER, v. act. Attaquer avec liar-
diesse, avec iuirèpidité. Affronter les tnnemis
lusque dans leur camp,
Ondilli;;urcuieiil, Affronter lu mort ^affron-
ter les hasards , afjionter les périls, affronter
les danqerSj pour, .^'exposer i;ai\iiinent ix la
mort, aux périls, aux daii;;rrs.
AFT 21)
Aithon TEK , sltniifie aussi , Troniuer , sons
prc'tcxtc (le honnc foi. C'est un coquii) ijui af-
fronte tout le luondi.-. Il m'a viUiinciiictil
affronté,
ArFKONTK, i';e. participe, //prés tant rfe pé-
rils affrontés. Bien îles gens affrontés par ce
Marchand, se pluignoient de lui.
ApFno.iTÉ, ÉE. adj. Terme de Blason. Il «e
tlit De deux auimaux <jui c~ regarJcul. Deux
lions affrontés.
AFFnONTERTE. s. f. Action dalTronter.
.M'I-RONTEUn, liUSK. s. Celui , celle qui
adiroiite, <|ui trempe. C'est un affronleur. line
vraie affronteuse. Je liais les affronteurs.
Al'l-Uni.EMENT.sul)S. n.as. Vciile, habille-
ment, ce tjui couvre la tète, ic visage, le
corps.
AFFUBLER, v. a. Couvrir, envelopper la
tête, le visage, le corps, de quelque liahillc-
ment, de quelque voile. On Vtijfubla d'un long
ercpe, d'une longue robe. 11 est du style fami-
lier.
On s'en sert aussi avec le pronom personnel.
S'afjiibler d'un manteau. Elle s'afjubla d'une
longue mante.
Affublé, ée. participe. Un Moine ajfMé de
son froc.
On dit familièrement, Comme le voilà affu-
blé ! il est plaisamment affublé^ pour, Coiiunc
le voilà vêtu i il est velu d'une manière bizarre,
ridicule.
AFFUT, s. m. Macliine de bois servant .'•
poser, à soulcnir le r.inon, à i«* lime avancer
on reculer, ■'ifjut de canon. Poser le ciiion
sur son ttijut.
.\fflt, en termes de Chasse, signifie L'ci-
droit où l'on se poste pour attendre le gibier J
'a sortie du bois , ou h la n'nlre'e. Tirer un
lièvre à l'affiit. Attendre un loup, un sanglier
à l'afltit. Sortir! de son affût. Choisir un bon
affût.
On dit fi;.;urément et proverbialement. Etre
à l'affût de (juelgue chose, ou absolument, £(rc
li l'affût, pour, Épier l'occasion de faire quel-
que chose, ^Ire nu guet. Il y a long-temps gUe
je suis à l'affiit de cette place, <jue je suis ici à
l'affiit.
AF.'UTAGE. s. m. Fn termes d'Ateliois .
Action d'aiguiser des outils, l'rovision des oti-
tils nécessaires 5 un ouvrier. Façon que le Clia-
peliiT donne .'i un chapeau.
AFl- Otage, s. m. I^ peine, le soin, I in-
dustrie d'affutcT un canon. Un a donné tant
pour l'affûtage.
AFFÛTKR, V. a. se dit, en termes d'.Alc-
'icrs, pour, .\iguiser quelque chose. Mffiitcr
ses outils, son ciseau, ses crayons.
.\ffCter, /tffûter un canon. Les canons
étoienl affûtés, et tout prêts à tirer,
Afi^Jtê, él. participe.
AKI
AFIN. Conjonction qui dénote la fin pour
Jiqnellc on fait quelque chose, .^fln a deux ré-
gimes; l'un avec que, et le subjorciif, Afj\
3o
AGA
f|tie vous le sachiez; et l'autre avec ta préposi-
tion rftf, et l'infinitif, /i/in de pouvoir dire, afin
d'obtenir cette qrdce. Ce livre est toujours sur
le bureau afin (juon puisse le consulter. JVi
pris ce livre afin de le consulter.
AGA
AGA. s. m. -Mot très-commun d-ms 1 His-
toire des Turcs, (^onimamîant) Gardien. Aga
des Janlisuires. Aga-si, vent diie, Comman-
'datit de, Gnrdien de. La préposition se met
apiV^ le suï)8t.-intif régîssint. Capou y/ga-si,
Gardien de !a Porte, hiskr Jtjtisi, Gardien
dea filles.
AGAÇANT, ANTK. ndj. Oui agace, qui
excite, l'es reqards, des propos arjarans. Des
manières tKjaçituies.
AGACIi. s. f. Oiseau qu'on nomme plu5
comnuMR'nient l'ie. Quelques personnes ccri-
reui Aijasse.
AG AGKMENT. s. ffi. Impression dcsagréabla
que les fmils verts font sur les lîenls, quand
on k'S mange. L'tujaccment des dents est in-
commode. On dit en RL-decinf, L'di^iicement
des nerfs ^ pour exprimer Une ccrlaine irrita-
lion intcrieure qu'on atlribuc au système ner-
veux.
AGACER. ▼. a. Causer aux dents une es-
pèce de sentiment désagiénble et incommode,
tel qu'est celui que causant les fniits verts cl
acides, quand on les man;;e. En ce sens il uc
M dit qu'étant joint avec le mot de Dents. Le
iwiwi aijnce ie^ dents.
Il s cmj)liiie iî^un'^ment pour, Chercher i
plaire par des rcganls , par des manières at-
trayantes. C'est une cofjuette qui r.cjace tout le
monde.
Il sii^nifie figurément aussi, L'action d'ani-
mer, d'exciler. Il ctoit pensif et distrait; on
Va anacé , et il est devenu f>rl aimable. Il se
prend encore pour exprimer L'intention d'im-
patienter, de mortifier. Cet homme est natu-
rellement doux f mais si on Vaqace^ il s'enu-
porte aisément.
Agacé, ée. iwnicipe. Avoir les dents aga-
cées'. L'es nerfs anncés. C'est un homme froid
qui n'a d'esprit que quand il est anacè.
AGACEKIE. s. f. Terme par lequel on ex-
prime Les petites choses qui- dit ou que fait
une femme, et les petilcs manières dont elle se
tcrt pour s'attirer l'attention de quelqu'un qui
ne lui déplaît pas II pnroit qu'elle a quelque
dessein sur luij elle lai fuit des agaceries co«-
tinuelles.
AGAPES, s. f. pi. C'est le nom de ces repas
que h s premiers Chrétiens faisoient dans If s
Kf^li'-es, et (jui ont uté ahoiis, ;i causp tics abus
qui s'y etnient f;liss'>s dans la suite des temps.
Les Agapes des anciens t'hrétietis.
.■\GAl*i:^TES. sulw. fiin. plur. Nom qu'on
donnoil , d^iiis la priraitivc l-glise, à des fittes
f|ui vivoicnt en communauté sans faire de
votux.
A(;ARIC. s. m. Plante de la nitnrc du
champignon , et qui s'attache nu tronc des
AGE
arbres. Agaric de chêne. L'agaric de mélèse !
purgatif.
AGASILLIS. s. m. Arbrisseau qui prodi
la goirirc ammoniaque.
AGASSK. s. f. Voyez Agace.
AGATE, s. f. Pierre de la nature du ca
lou ; elle est fort dure et prend parfaitement
poli ; elle donne des étincelles lorsqu'on :
frappe avec de l'acier, et elle varie pour h
rouleiu's j les veines et les accidens qui s'
trouvent. Les agates les plus estimées soi
celles qui vieunent d'Orient. Les agates nrhon
secs ou herborisces sont celles dans lesquelh
tiu remartjue des accidens seinl>lal)les à des ar
brisseaux, des buisson;», ou dc5 rameaux qu
ont été formés par la nature dans l'intérieu
de ce^ pierres. Agate d*CJricn(. Agate oricn
taie. Agate- onyx. Agate commune. Agati d
V.ohhme. Vase d'agate. Cachet d agate. Aqat^
bien qravp.e. Agate (rès-cwricusc. Une tête d'A
lexandrc d'agate. Une tête de Ce'iur sur un>
agate.
On ditj Une agate d'Alexandre, une agut<
d^ Auguste, etc. pour dire, Une reprèseiilaiio;
de lu tète d'Alexandre, de b tête d'Auguste ei
af;ate. Et généralement on appelle Agates .
toutes les représentations de quelque chose qut
ce soit en agate. Les agqies du lioi. Un beau
cabinet d'agates. L'es plus belles agates sont à
Home
AGE
AGE. s. m. La durée ordin;iire de la vie.
L\1ge de l'homme uc passe pas communément
quatre- vingts ans. L'ooe des chevaux nes\
guère que de trente ans.
Ac.z u'hom-me, signifie, L'igc viril. (Juan^
cet enfant sera parvenu à Vdqe d'homme. Il si-
gnifie aussi La durée comnuuie de la vie de
l'homme. H n'a pas vécu uge d'homme.
Age, se dit aussi De tous les dilT.'rens dc-
Tcs de la vie de l'homme. Pas dgc. Age tendre.
Jeune âge. Âge de raison. Age de discrétion.
Jqc nubile. A je mûr. Age viril. Age avancé.
Age caduc. Aqe dénépit. A la fleur de l'dge
Sur le déclin de Vdge. Avoir atteint certain
dqe. Une femme hors d'dge d'avoir des enfnns.
La vigueur de Vâge. La caducité de Vdge.
En parlant Deschomiscset des souliers qaoïi
donne aux petits cnfaus, on dit, Des chemises
du premier âge, des soubeiN du premier dgc.
AcE.sif^nifie aussi, Le temps ([u'il y a qu'on
rat en vie. Lonn dge. (irand âge. À l'dge de
trente ans. Il est de moJt due. Aoiis sommes du
ménic (^ne, de mètnc dqe. (^uel dge avez-vous?
On dit, // ne paroit pas son dge, pour. Il
ne paroit pas avoir l'âge qu'il a en efiel,
Agf, Si' dit aussi, par relation à divcBS
temps marqués par les Lois, pour certaines
fonction!! de la société civile. Ainsi on dit,
d'Une fille (|ui n'est pas encore nubile, qu'On
ne la peut pas marier^ parce qu'elle n'esf pas
en dqt; d'Un jeune homme qui ne peut pas
disposer de son bien, parce qu'il n'est pas ma-
jeur, qu'il n'est pas en dge, qu'il n'a pas en-
core VdgCj qu'i/ n'a pas atteint Viige, On ap-
AGE
pelle, Lettres de Ifénèftce d'dge, de dispente
d'ugCy Des Lettre;» par lesquelles le Prince ac-
/orde h quelqu'un le privilège de posséder et
d'exercer quelque Charge, quoiqu'il u'ail Dûs
encore 1 Age prescrit par les Lois.
Age, se prend absolument, pour, Vieillesse,
pour un ûi;e fort avancé. Ce^t un homme d'dge.
Etre sur Vdge.
On dit , qu't/n homme est d'un certain âqc^
pour, qu'il n'est plus jeune; cl qu'il est entre
deux dges^ pour, qu'il n'est ni jeune ni vieux.
Age, dans la signification du temps et du
cours de la vie , se dit aussi Des animaux. Quel
Il oc a ce chien? Quel dqe a ce chenal ?
On dit, qu't/n cheval est hors d'dge., pour,
lu'll n'a plus les marques par lesquelles ou
loiuioit l'âge des chevaux; et qu'L/n cheval est
l'e boti dgCj pour, qu'il est d.ms tonte sa force,
ni jeune ni vieux. On dit proverbialement et
lassenient, que L'dge iiest fait que pour les
j/ia-aux, pour, qu'il y a de l'indiscrétion ^
(arlcr d'âge devant des personnes qui ne sont
I lus jeunes. Et cela se dit encore pour marquer
[u'Il ne faut pas prendre garde à l'âge des
[onmies, mais à leur santé.
Age, se dit aussi Du temps auquel ieschoses
iont on parle, sont, ou ont été; et en ce sens
\ ne se dit qu'avec le pronom personnel. Mer-
f^dles de notre uge. Il fut V ornement de son dge.
Age, en termes de Chronologie, signifie,
Tn certain nombre de siècles. La durtt du
^\onde est difiséc en plusieurs dges. Le premier
iqe du monde est depuis la cvéïttion du monde
^i!:qu'au Déluge; et le second^ depuis le De-
tige jusqu'à la vocation d'Abraham.
On aiipelle aussi L\'ige du monde ^ La dmee
iu monde, le temps qui s'est écoulé depuis
!ue le monde est créé. Le Déluge nrnVa en
hlle année de Vdge du monde.
Les Poètes appellent les quatre dqes du
Twnde, Oualre dill'éreits espaces de temps,
l'ont le premier est L'dqe d'or, le second Vdqe
d'argent , le troisième Vdge d'airain , et le qua-
Irième Vdge de fer.
On nppelli; 3/ovcn dqe. Le temps qui %'cjsX
irroulé depuis (Constantin jusqu'u la renaissance
des Leltres au quinxièinc siècle.
On app( lie figuréracnt L'dge d'or. Un temps
heureux; et L'dge de fer, Un temps dur, un
temps d<; guerre, de calamités, de crimes.
En termes d'.Astrouomie, on dit, L'dgt de
la Lune, pour. Le t"mps qui s'est écould depuis
que la Lune est renouvelée. Par VEpacte on
conncit Vdge de la Lune.
ACE, ËE. adj. Qui a un certain âge, un
certain nombre d'années. Un homme dgé de
trente ans. Une fille dgéc de vingt ans. Il
n''est pas si dgc que vous. Elle est plus âgée
que lui.
Quand Agé est mis tout seul sans rien qui
suive . il signifitT , Qui a iK-aucoup d'âge. H y a
long-temps que je le ronnow, il est dgc. C'est
une fi-mme déjà dgèe.
AGENCE, s. f. La charge, l'emploi d'Agent.
II a été nommé à VAgcnce du Clergé. Durant
le temps de son agence. Durant son agence.
AGG
AGENCEMENT, s. m. Manière d'arranger,
de mettre en ordre. L'agenametil fuit uulocr
lee petites choses.
AoENCEMisT, en Peinture, est l'incliainc-
ment des groupes dans unt' composition. C'est
aussi la liaison des C^nlcs d'un même groupe.
A(-il'!NCKR. V. a. AjustiT, ucconinioder, ar-
rotigcr. Il ne se dit pui'ie iju'en parlant De pe-
tites choses acconimodt'res ou rangées avec soin.
JI s'enteiiA à aqcncer de petites ehuses. Il a as-
sez bien aqcncé, assez mal tiuencé tout cela. Il
eM du style faniilirr.
AcESCÉ, LE. partieipe. Il se dit Des cijoscs.
CcU n'est pas bien ucyeMcé. Il se dit aussi Des
hommes, pour, AJtisté, part'. Comme il est
agencé! Il tic se dit guère alors que dans un
aens badin et critique.
A(!ENDA. 5. ni. ( Mol emprumé du Letiu. )
Mémoire des choses qu'on a à faire. Il fuît tous
les nidtiris un uncni/u des choses tju'd se pro-
pose de ^it're le reste du jour.
Il se dit aussi d'Cn pi tit livret destine pour
y écrire les choses qu'on a à faire. Acheter «ii
agenda. Jgenda garni d\tr. Mettez cela sur
votre agenda. Ecrivez cela sur To(re agenda.
AGE.NUL II, 1.1:11, s'AG1;î<()UILI.ER. v.
rcfl. Se mettre i genoux. S'agenouiller à VK-
glisc. On ft iK^cnouiiler tout le monde. Les
i^hameaux et les l'.lcphans s'agenouillent.
AGE>OUlI.LOIR. 5. m. Petit escabe.u sur
lequel on s'agenouille. L'uyeiioiiil/oir d'un
tirie - dieu.
AGENT, s. m. Tenue dont on se «er* en
Fliilosopliie pour expriilter Tout ce qui agit,
tout ce qui opère. Agent naturel. Agent surna-
turel. Le feu est le plus puissant de tous les
agens naturels.
Il se dit par opposition à l'atient. Ainsi ou
dit, L'iiï^cMt et le patient, pour signifier, La
cause qui opère, et le sujet sur lequel elle
opère.
Agent, se dit aussi De celui qui fait les af-
iàircs d'un Prince dans la Cour d'un autre
Prince, sans caractère public. L'Agent d'un tel
Prince. Les Princes gui entretiennent des
Ageiis dans une Cour étrangère. Agent des
Suisses.
On appelle Agens du Clergé, Les deux Ec-
clésiastiques du second IJrJre choisis , pour
avoir soin des afl'iires du Cierge, par les deux
Provinces Ecclésiastiques qui sont en droit de
les nommer. Les deu.c Agens du Clergé. Le
Clergé ayant été averti par tes Agens.
Ou ap|>elle y^ijciil de change et de banque.
Celui dont l'emploi est de s'entremettre entre
les Marclianrls, Kcgocians et Banquiers, pour
faciliter entre eux le conunerœ de l'argent, des
latlrcs et des billets de change,
AGG
AGGLOMÉRATIONouA0LOMÉn.\-
TION. s. f. Action d'agglonicrcr, ou état de
ce qui est ag;;lonictc. L'agglomération des nci-
gei , des sables.
AGGLOMERER ou AGLOMÉREU, V. n.
AGI
ce s'emploie qu'avec le pronom personnel. C'est
. un terme didacliqur. S'asscmbUr, se gic^sir
par pelotons. Les sables se sont luyjlomérés tle
manière à Jormer des masses solides.
AGGLUriNAIST, ANTi-:. s. et adj. Terme
de IVIcderinc. (^)ui u^f^lutiur.
AGGLUTIISATION. s. f. Terme de Méde-
cine. Action de réuuir les chairs, les peaux sc^
pan'cs par quelipie plaie.
AGGLUTINIùR. V. a. Rcunir les chairs, Iss
peaux, les coiiâclidcr.
AoCLUiiNt, KE. participe.
AG(;KAVA.NT ou AGRAVAJST, Ar^Ti:,
ndj. Qui rend plus gr^ef. Il n'est guùre d'usage
qu'en cette plirase. (jircoristtincc aqcjravantc.
AGGllAVE. s. m. La seconde fulniinatlo:.
solennelle d'un Monitoire à chandelles élcinti!-,
apr«s trois publications du même Monitoire,
pour avoir révélation de quelque cas, avec me-
nace de fulminer les dernières censuics de l'I^-
plîse sur ceux qui en savent quelque chose, e|
(jui ne veuleut rien révtfler. l'aire fulminer nti
iiqqrave.
AGGRAVER ou AGRAVICR. v. a. Rendu
plus grief. Les circonstances aggravent le crinti:
AGr.nAvi':, ée. participe.
AGGRliGAT.AG(;RÉGATION,AGGRL:«
GER. V. Agrégat, Agrégation, AanÉGEit.
A Gï
AGILE, adj. des 2 genres. Léger et dispos,
'lui a iiiiR grande facilité à agir, i» se immoir
Un homme evlrémement aqile. Le 'J igre^ &
Singe^ le Chat, sont des aninuiiix fort agiles.
AGILEMENT, adv. Avec agilité, i! monte î
cheval et voltige fort agilemenl.
Agilité, s. f. Lcgèreté, grande facilite à si
mouvoir. 5aH(er avec agilité.
Agio. s. m. Terme de change el de banque;
qui désijînoit d'abord L'exccdant qu'on premi
sur IU.C soimne, pour se dédommager de h
pcriiî qu'il pouiToit y avoir ît faire. Il exprimo
plus m^neralemeut aujourd'hui Les spéculations
faites sur les eQèts de commerce en papier,
dont la valeur peut être sujette à varier soit en
h lussj , soit en biisse. On écrit aussi Agiot.
AGIOTAGE, s. m. Ce mot désigne L'espèce
de trafic qu'on fait des effets publics , en pa-
pier, en 1rs achetant oti les vendant suivant l'o-
pinion qu'on a qu'ils baisseront ou hausseront
Je valur. On a fuît de grandes fortunes par
l'agiotage. Il s'est ruiné à l'agiotage.
Agioter, t. n. Faire l'agiotage. Il s'est
enrichi à agioter.
ACilUTEUR. s. m. OWi qui lait l'agiotage.
C'est un agioteur bien connu.
A(iIR. v. n. Faire quelque chose. Il n'est
jamais sanê agir.
Il signifie aussi, Opérer, produire quelque
effet , faire quelque impression. C'est un re-
mède qui agit puissamment. Le feu agit sur
tous les metiiu^r. Les Philosophes prétendent
que Us Planète a agissent les unes sur les autres.
L'cloguenco agit sur les esprits. L'exemple des
supérieurs agit j rtcment sur les injorieurs.
AGI .Tr
A&iH, s^niOe aussi, ]Scsocier, s'cinplojer
en quelque aflàire. Il agit à la Cour pour /«
mtércts de su Prov.nce. Il a tout pouvoir H\i-
gir. Je vous pne d'agir j our moi.
Il sif^nKie au.ssi , Se n nduire, se comporter.
v^f^ip en homme dlioniicur. Agir en homme
d'esprit. C'est mal agir. Ctt n'est pas hieu agir.
Il signifie aussi, Poursuivre en Justice. //ni'r
criminellement. A gir civilement. Il a été obligé
d agir contre son tuteur.
Agih, s'agir, s'emploie aussi impei-sonn» 1-
l'incnt , cl alors il sert h marquer de quoi il est
iptestion. Il s'agit de savoir. Il s\igissoit de
choisir entre l'un ou Vautre. (Juand il s'agira
de votre service. De guoi s'agit-il? Il s'agit du
■^alut de VElal.
AGISSANT, AJSTE. adj. Qui a«it, qui se
donne beaucoup de mouvement. Un homme
ejrtiêmcment agissant. Une femme ftrt agis-
tante.
Il siî^nifie aussi, Qui aj^it, qui opùrc avec
force , avec efUcace. Pour rendre ce remède
plus agissant.... La poudre est moins agissante
'jtiand elle est humide, quand elle est érrn.sce.
f/eau-f>Hc et l'eau régale sont bien ylua agis-
tantes quand elles sont mêlées ensemble.
qin;
ijuand elles sont séparées.
On appelle -l/ec/t'cine agissante. Un système
deMédeclue qui enq)loie beaucoiq» de remèdes.
AGITATIOIN. s. f. Ébranlenieul pn)U)ni;c,
Mouvement en sens opposés. L^agitattou tin
t aisseau étoit violente. Il ne sauroit souffrir
Wiqitation du cheval. L'agitation du carrosse
bi fait mal Vagitation âe la mer. f^agtta'
lion des pots.
U se dit figurément Du trouble que lis par-
lions causent dans l'âme. Etre dans une grande
agitation dVsprit. L'amoiir, la haine, le désir.
I<i crainte, causent différentes agitations dans
l'Jmtr. Il y a une grande agitation dans les
isprils.
AGITER. V. a. Ébranler, secouer, remuer
m divers sens. Les t>ent.s agitent la mer. Les
vagues agitent le vaisseau. Le vent agitoit il
peine les feuilles des arbres.
i )n l'emploie avec le pronom pwsonnel ,
Pt Ion dit, qu' L n malade s'aqïte ro'ifinuc'l-
lement, pour, qu'il est dans un mouvement
ronliruiel, qu'il se lounnenlc sans ccaSc. On
dit aussi, qu'L'n cheval s'agite, pour, qu'il
so remue avec trop d'ardeur.
On dit aussi , en parlant Du mouvement
qui arrive à la mer et aux flots : La mer com-
ment^oit à s^ag'.ter. Les flots s'agiioient vio-
lemment.
Agiter, se dit figurément en p.irl.mt Des
difTérentes passions qui ont accoutume de trou-
bler l'esprit de l'homme. Les pjssions <jui
agitent Vhomme. Le désir el la crainte sont
les passions gui nous agitent le plus. La eo-
Ivre l'agite. Cela lui agit^: sans cesse Vcsprit.
On dit, Agiter le peuple, pour, Clierchcr
il exciter ses pnssions , le porter â quelque
mouvement de vioK'nce.
Il se die nussi figurément en pnriaot De
diflurentes questions qu'on propose .'i cxanii»
32 A GO
uer, et «ignifie, Discuter de part et d'autre.
y/g:(er une auestion. On agita long-temps celle
ujjii ire.
11 s'emploie aussi au figuré avec le pronom
p<frsoniu-I, cl signifie, Être discuté de pnrt t't
il'autre. L\tssemhlée tïura lonq - temps , et il
s*iinita une question importante. Les (juestion^
tiui s'y anitèrcnt.
AiiiTÉ, ÉE. pn-iicipe.
Al!N
AOPiAT. s. m. Terme d.- Droit. ( Dans c«
terme et les deux suivans Oii pronosce le G
dur.} On appelle Agnats le.< colluti raux descen-
daus par m.ilcs d'une inème souche masculine.
AGiSATION. s. f. <.,)ualilé des Asnats.
AGNATlv)UE. adject. Qui appartient aux
Agnats. Ligne agnatique.
AGN1-..AU. subs. m. Le petit d'un'- Ini-liis.
(Le G se prononce mouillé ici, et dans les
cinq articles suivans.) Agneau de lait. Agneau
tardif. Mar.ncr de Vagneau. Quartier d'agneau.
Ou appelle r.^g'ienii /^ascnl, L'agocnu ()uc les
Jnil's mau^eoi/nt à la fête de IVitjues.
On dit d'Une personne d'iiumcur fort douce,
qu'E/le est douce comme un agneau, que c^esi
un agneau. Et cela se dit même de quelques
animaux , comme du chien, du cheval. Ce
chei'al est doux comme un agneau. C'est un
agneau.
AGNELEK. v. n. Il se dit De la brebis qui
met bas. Vne hrelfis pi^ic à aqneler.
ACXfXKT. 9. m. diminutif. Petit agneau.
11 est vieux.
AGNEL.S. s. m. Espace de monnoie qui a
eu cours en France sous plusieurs Rois.
ACJNÈS. s. f. (On prononce l'S. ) Jeune
fille très-innocente. C'est une Agnès. Elle fait
V/lgni:s. Cela est du style familier.
A<i>'[JS. s. m. ( On mouille le G , et on
prononce l'S. ) On appelle ainsi Une cire bénite
par le Pape , siu- laquelle est imprimée la fi-
gure d'un agneau. On donne aussi le même
nom i de petites images de piété onices de
Ijroderic , et faites pour les cifans. L n hel
aqnus. On donne des agnus aux petits Eco-
iiers qui disent bien leur leçon.
AGKUS-CASTUS eu VITEX. subst. masc.
fOn prononce le G dur, et les deux S. fuialcs.J
Arbuste don', les branches sont pliantes comme
celles de l'osier. Sa semence est Irès-rafr.TÎchis-
»inle ; elle adouci; l'Jcreté des humeurs , cl
tempère l'ardeur du s.ing.
A U O
AGOME. subs. f. Le dernier combat de la
nature cootre la mort. Il ne se dit qu'en par-
lant De riiomme. Être à l'agonie. Une longue
ojoim'c. Une agonie douloureuse. Pendant une
longue agonie U conserva toujours sa tète.
Il st dit figurénicnl, pour signifier Une ex-
trême angoisse, une grande peine d'esprit. De-
u«i.< que son procès est sur le bureau, il est
anf.s de cofilinucl(<;i ajonies. En parlant De
AGR
Ictat douloureuT où Notrc-Sfifpu-ur 5« trouva
au Jardin des Olives , on dit , L\iqonie ('c
?totte- Seigneur au Jardin des OUves.
AGONISANT, AN'l'E. adjectif. Oui est a
l'agonie. Je l'ai laissé agonisant. KUe était
aqoni':ante.
Il est aussi substantif. fVier pour }cs a^oni-
sans. La Confrérie des aqonisans. Dire Ic^^
prières des aijonisans.
Agoniser, v. n. ï-:ire h rngonic. il açjn-
nise. On Va laissé qui aqonisoit.
AGONOSTIOUK.s.r. Partie delà Gvnin;>s
lique chez les Anciens, qui avoil rapport an.
combats.
AGONOTÎIKTK. s. m. Tenne d'Anliquilc
Ofïicier (jui presidoit clicz k-s (irecs aux jeu-
sacn-s. Le tribunal dc^ Agonolhéles distrihuoil
les couronnes aux vainqueurs.
A G li
AGRAFE, s. f. Sorte de croeliet qui passi
dans ua anneau qu'on appelle porte, cl qui
sert i attacher ensemble différentes cliose.s
Acjrapt d^or. Jgrafe d'argent. Agrafa de dia-
mans.
On appelle La porte^de V agrafe ^ La petite
ouverture dans laquelle ' n passe le crochet
d'une agrafe.
On appelle Agrafe de diamans , Une agraft
enrichie de diamans.
AGRAFER, v. a. Attacher avec une agrafe
Agnifrr une be..
AcB\FÊ,ÉE. participe.
AGRAïRE. adj. des -à genips. Nom que In
Jurisprudence et l'Histoire Romaine donncnl
aux Lois qui avoient pour objet la distribution
des terres conquises eutre les Citoyens ou les
Soldats. Lofs agraires.
A(;rANDIK. v. a. Accroître, rendre plus
j;rand, phis étendu. Agrandir une maison, un
iardin. Il a agrandi son parc de tant d\irpens.
Cette ouverture est trop petite . il la fiut agran-
dir. Ce Prince a fort agrandi ses LAats.
l\ signiiic figurément. Rendre p!ui i;raud en
biens, en dignité, en fortune. La l'rincei
agrandissent qui il leur plaît.
Il se dit aussi pour, Fairî paroître plus
f^rand. Ce i>i'tenieni agrandit la tailU. Une
distrilmti':-n bien erfei^due aqrandit un jardii
en apparence. Cet Kcnvain ugrandtt tout le
qu\l traite.
Il Sf. dit quelqîicfojs dans un sens critique,
pour , Exagérer. Cet Jiomme est uji peu sujet à
agrandir le récit. Il anrandit volontiers. Il
est familier en ce sens.
On dit aussi, Agrandir ses prétentions ,
pour , Porter ses désirs , son ambition plus
liant, plus loin.
AcnANDin , avec le pronom personnel, si'
dit De celui qui augmente sa terre, son héri-
tage, sa maison, qui lui donne plus d'élendue.
Il s^cst bien agrandi du côté de la rivière. Il
cloit logé trop étroitement , il à trouvé moyen
de s'agrandir.
AtinAi<Di. lE. participe.
AGR
AGRANDISSEMENT, s. m. Accroissement,
augmentation. L^ agrandissement de son parc
est de deux cents arpens* On a.abattu ces mai-
sons pour Vaqrandissement de la Place.
U se dit figurément De l'augmentation et
de raccroissemeut en biens, en foilune. H tra-
vaille pour Vaqrandissement de sa famille ,
pour Vaqrandissement de ses enfins. L'aqran-
dissement de cette maison vient d'un tel
î-rince.
AGRl':AnLE. adj. des 2 genres. <^>ui plait.
Vnc personne agréable. Conversation agréable.
Maison agréable. Demeure ^ jardin fort agreu~
[lie. Campagne aqrèuhle. ^i cela vous est
agréable. Il a l'abord agréable, la physionomie «
aqrêablcy des manières agréablts. Il est agréa*
l'ic de vivre avec ses amis. C'est un homme
tvès-agrèable en compagnie.
Il s'emploie quelquefois substar^îvement. H
ne fiiut pas sacrifier Vutile à l'agréable.
On dit aus?i , qu'Un homme fait VagrèabU ,
ijue c'est un agréable , pour , qu'il croit être
lii^réable, et qu'il alTccte de passer pour tel ; et
qiCUn homme fait Vaqréable auprès d'une
fammc, pour, qu'il s'attache ù lui faire la coury
qu'il cherche -t lui plaire.
Ou le fait substantif, pour désigner Cent
qui affectent l'agrément dans leurs maniùrcs et
li'ur langage. C'est un agréable. Elle cherche
les agréables. Il est familier et critique.
On dit. Avoir pour agréable, poui , Agréer.
AGRÉABLEMENT, adv. D'une manière
aj^réable. Il reçut cela fort aQréahlement. H
parle agréablement. 1} est agréablement à (a
Cour, Il est agréablement logé. îl écrit aqié.i'
hlemcnt.
AGRÉER. V. a. Recevoir favorablcmcui.
Dieu agrée nos offrandes, nos prières. Agréer
le service de quelqu'un. Il a agréé la prvposi^
lion que je'lui ai faite.
Il sii^nifie aussi, Tromer bon. Aqrcez om.-
je vous dise. On dit en parlant d'Un Officitr
ipu a traité d'une Charge dans la Maison du
Roi, dans les Troupes, ou dans la Robe,
fjue Le Uoi Va aqréé, pour, quf Le Roi tiouve
bon qu'il entre dans la charge dont il a traite'.
71 avoit acheté une belle Charge, mais le l\oi
ne Va pas agréé. Il n'a pu se faire agréer.
On dit proverbialement, que ijuand on
doit il faut payer , ou agréer , pour , qu'U
fjul donner de l'argent à son créancier, o» dôfc
BÛrctés dont il soit content. En ce sens. Agréer
est corrélatif, et signii'.c, Faire un mutuel accord.
AGiiFXH,est aussi neutre, et si-nilie. Plaire,
être au gré. Cchi ne m'agrée pas. ^on servies
sa personne n'agrée pas au maître.
Ac;nÉÉ, ÉE. participe.
ACiRIŒR. V. a. Terme de Marine. lixjuiijcr
uu vaisseau de voiles, de cordages, et de loat
ce qui est nécessaire pour le mettre eu étal d«
naviguer. On a envoyé ordre d'agréer un tel
vais'ieau.
AGRiEUR. s. m. Terme de Marine. Celui
qui fournit les agrès d'un vaisseau.
AGRÉGAT. 5. m. Terms didactique Aksem-
bLtge.
AGR
ACRIr.-jATION. s, f. Assouat;*)n dans un
<^orps, dans une Conipagnîc. Lettres d'afjrêcja-
(l'on. On s'est opposé à son a(jrcgatioti.
En termes de Pliilosophic. on appelle Corps
p«r aqiêijiition jXJn corps (jui n'est forme que
ds l'cimas de plusieurs clios s qui n'ont poiot
entre elles de liaison naturelle.
Acukoation, en (Chimie, est L'assemblage
ou l'union d'un a,i->cz grand nombre de parties
îjomogènes pour ibr.ner un corps censihle.
AGRKGER. V. a. Associer quelqu'un h un
Corps, à une Compagnie, pour le faire jouir
des mtfmes lionneurs, des mêmes preroj;alivcs
que ceux qui en sc^t. L" Faculté de Droit l'a
anréqé. La Faculté ac liJédeciiif. a voulu agré-
qcr un tel à son Corps. Il nVtoil vas du Corps,
mais on l'y a anréqé.
A&nÉcé, ÉE. participe.
On appelle substantivement Anréqé , Un
Docteur en Droit, dont la principale fonction
esc d'assister aux tlit-scs et aux examens de
Droit. Les Ànréqés en Droit, ou simplcmenl
Les Agrcqés.
AGRÈi\IE?îT. s. m. Approbation, consen-
tement. H a ohtetiH VaqtêmciU du iioi pour
cette Charge. La mère a donné son aqrément
pour ce mariaqe. Il ne veut rien faire sans
l'agrément de sa Compagnie, Il ne sauroit dis-
poser de cette maison qu'avec mon agrémcTit.
II signifie aussi, Qualité par laquelle on
plaît. Ccïtc femme n^est pas hellcy mais elle a
beaucoup d'agrément. Cette maison n'est pas
^'•qulicrement bJ'ie , mais clic a de qrands
a^rémens, La solîtudf a ses a^-émens. Il n*y a
nul agrément dans cette pièce , dans cet ou-
vrage. Cette femme est belle, mais elle n'a nul
agrément. les agrémens de la figure^ de l'esprit.
n signifie encore, Avantage, plaisir, sujet
de satisfaction. Celte personne a raison de de-
meurer à la Cour, elle y a de très -grands
agremenx, elle y trouve de grands agrémens.
Cet homme trouve de qrands agrémens dans
sa fiimillcj dans sa profssion, dans sa Charge,
dans la Compagnie dont il est. Jl ne trouve
aucun agrémejit dans sa Vrcvince. Il est es-
time dansles 7 roii^e5,e( il y sert avec agrément.
On appelle aussi Agrémens, certains orne-
tncns qu'on met snr îes liabits. Vcirc hahit est
trop tini, il aurait besoin d^agrémeus.
On appelle aussi /^^rémcns, certains divcr-
'Usemens de musique , ou de danse, que l'on
ioinl à des pièces de lî:(îitrc. Cclîc pièce n'a
réussi que par les ugiéniens. Cn a donné U
Bourgeois Gentilhomme avec tous ses agré-
ment.
On appelle encore Agrémens^ dans la mu-
61 jUC,soil vociïle, soit imtrumentaïe, Des sons
accessoires ajoulis au chant pour II* rendre plus
jgrciible.
AGRI*^. s. m. pi. Temic de Marine. Voilcf .
cordages, poulies, et tout ce qui est nécessaire
pour mettre un vaisseau en élat c naviguer.
Le vaisseau a tous ses agrès.
ACîRîiSSlX'R. a. m. Celui qui nllique U
premier. Vagresseur a toujours tort. Il faul
«avoir lequel des de 7 tst l'agresseur
AGU
AGKESSIOPf. ç. f . Action de celui quî a év
le premier à attaquer. Il y a preuve d'agressioi
l'e su part. Cette critique est une véritabl
agression.
AGRESTtS. aJj. d.rs 2 genres. Rustique,
sauvage, cbampclre. Fruit agveJe. Site, Uch
agreste. U est plus d'usage au Gguré. Humem
ijnrcsfe, m^furs agrestes.
AGRICOLE, -idj. dej 2 genres. Qui s'a-
donne a ragricnllnre. Il est presque toujoun
joint à un nom collectif. Un Peuple, une Na-
tion, un V.oyaume agricole.
AGRTCUl.TKUR. s. m. Celui qui cultive la
terre. Un bon /Iqriculteur.
AGRICULTURE, s. f. L'art de cultiver In
terre. Cet homme aime l'agriculture, cnteni\
bien l'agriculture. Traité, d'agriculture,
AGRII-!. s. f. Espèce de dnrtre qui coiTodo
a peau, tt fait tomber le poîl.
AGRIFFER, s'AGRIFFER. verbe qui s'em-
ploie .Tvec le pronom personnel. S'attaclier avec
les griifes. Le chat s^agriHa à la tapisserie.
Ac.niFFÉ, ÉK. participe.
AGRIP.\UME. s. f. Plante qu'on nommfl
aussi Cardiaque, parce qu'on la croit bonntf
dans Us palpitations et autres maladie* du
cœur.
Agripper. V. a. Prendre, saisir avidement.
Elle agrippe tout ce qu'elle voit. U est bas;
AcniPPÉ, ÉE. participe.
AGRONOME , s. ra. se dit d'Un hommfl
versé dans la tlieorie de l'agriculture. L'Angle-
terre a produit dliabile^ Aq: or-cmes.
AGRONOMIE, s. f. Tliécrie de l'agricultura
S^appliquer à ^Agronomie. La Chimie a cor*'
Irihué à perfectionner l'Agronomie.
AGROUPER.v. a. Assembler cn groupe des
figures, des corps.
AcnoupÉ, ÉE. participe.
AGU
AGUERRIR. V. a. Accoutumer à la guerre,
aux fatigues, aux foncti-jns de la guerre. Ce
Général a aguerri ses troupes en une seuh
campagne. Depuis ce siège les troupes étoicnt
tout aguerries.
Il si.;iiific figurcmcnt , Accoutumer qurrl-
qu'un à quelque chose qui paroîl pénible dans
le commencement. Il a petne à s^accoutumci
à la raillerie, îl fnut l'y aguerrir. Jl fuit l'a-
tjucrrir.
On l'emploie au>si avec le pronom person-
nel au propre et au figuré. Ces troupes se sont
aguerries. Il n'est pas fait au grand monde, i'.
s'y aguerrira avec le temps.
AoLi.nr.i, i^ participe.
AGUE T. s. m. Vieux mot qui signifie Poste,
lieu dioisi |)Our guetter. Il n'est plus d'usage
qu'au phiriel, et dans ces phrases : Être aujt
aguets, se tenir atix aguets, pour, l*!pier, ob-
server le temps, l'occasion; être aux écoutes,
soit pour surprendre quelqu'un , soit pour évi-
ter d'sire surpris. Il étoit qux aguets pour
prendre ses avantages, Cn dit aussi dans 1<J
mcnic sens ^'cttrj nix aiuets. Le ÎWcvôt a iii.i
AID
33
I (les gens aux aguets pour se saisir d'un ici
Voleur.
A H
AW. Interjection qui sert 5 marquer la joie,
la douleur, l'admiration, l'amour, etc, suivant
la diilurencc des sujets. Ah! que je suis aise de
vous voir! Ah! que vous me faites plaisir!
Ah! vous me faites mal! Ah! que cela est
beau!
Ce n'est souvent qu'une interjection expié-
live qui ne sert qu'à rendre une locution plus
aninire. Ah! Madame, gardez-vous de le
croire.
AU A
AIîAN. s. m. Peine de corps, grand elTort.
irl qu'est celui que font ceux qui fendent le
bois, ou qui lèvent quelque pesant firdeau.
C'est un de ces mots qui se forment du son de
la chose qu'ils signifient. Suer d'ahan. U est bas.
AIL\NER. V. n. Avoir bien de la peine en
faisant quelque chose. // a bien c.hané avant
yuc de venir à bout de ce travail, ds cette
ajfitire. Il est bas,
A II E
AHEURTEMENT. s. m. Obstination, atfa-
ïhcraent opiniâtre ^ un sentiment, à un avis.
C^est un étrange aheurtcment que le sien,
AHEURTER. v. a. Obstiner quelqu'un, ex-
titer son liumeur. Il ne faut pas trop l'aheur-
1er. >i t'oiîs Vaheurtez davantage, îf finirai par
fclater. Il est familier et de peu d'usage.
Il s'emploie ordinairement avec le pronom
personnel. iS'u/ieurîer à un oh stade. S' ahcurter
à un sentiment, à une opinion. Il s^ahciirte à
cela contre Vavis de tous ses parens. S'aheiuter
à f:ire quelque chose. C'est un homme qui s\i-
licurte tellement à ce qu'il s" est mis une [cis dans
la tcte, qu^on ne le fait jamais revenir.
AHEijnTÉ, ÉE. participe. C'est uiï hommt
uheurté à son opinion,
AHI
4HI, Sorte d'interjection Qui exprime h
douleur. On dit aussi AiE. Voyez ce mot.
AHU
AHURIR. V. a. Interdire, etont;cr, rendre
stupéfait. T^'ahurissez pas cet enfant. Il est fa-
milier.
Anuni, lE. participe. Interdit, stnpéfart. //
tst tout ahuri. Il e^t familier.
A I n
AIDE. s. f. Secours, assistance qu'une per-
sonne donne à une autre. Aide prompte. Aide
assurée. Donner 'tie. Donner aide et ftvem.
Demander, implorer de ''aide. Crier à l'aide.
Appeler à son aih. /n*»o'. jt ^'aide de quer-
qn^un.
34
AID
Oa dit provcrbi;iIenieiit, Un peu ^*alâe ftit
qrand bien, pour, L'n petit secours ne laisse pas
d'i-tre queli|nofois très-utile; <^t, Boti ilroit a
hesoin il\iidc^ pour, Quelque l)oniie que soit
uue oiTiire, il ne faut pas laisser de la soUi-
citer.
Aide , se dit aussi Des secours et des grâcs
de Dieu. Il fntt tout attendre de Vaide de Dieu.
Mon Dieu, venez à mon aide. Dieu vous soit
en aide. Façon de parler populaire, dont ou se
sert qu.'ind quelqu'un ëteniuc, ou quand on
n'a pas de quoi donner l'anmône à un pauvre
qui la demande. Il vieillit.
Aide, se dit aussi Du secours, de l'utilitd,
fie l'avantage qu'on tire de certaines choses. On
a fait de grandes dccoui'crtes à Vatde des lu-
nettes de lonaue vue. Il n'^eût pas réussi sans
l'aide d\itie telle machine.
Aide, se dit aussi, tant De celui dont on re-
çoit du secours, que de la cbcse dont on en
tire. Dieu seul est ma force et mon aide. Vous
êtes toute son aiâe, tuut son secours. Il na
point eu en cela d'autre aide (jue les mémoirei
(ju'on lui a donnés.
Aide, en matière ecclésiastique, se dit d'Une
Église, d'une Cliapelle bàlie pour être la suc-
cursale d'une Église paroissiale dont les liahi-
tans sont trop éloignés. Sainte-Marquerite^
tJajis le fiiuhourq Saint-Àntoinejétoît une aidt
de la Paroisse de Saint'Paul.
Aide. s. m. Terme dont on se sert en par-
lant Des personnes dont l'emploi consiste à ctn
auprès de qiielqu'ua, pour sen'ir conjointe- ;
ment avec lui, et sous luL Ainsi on appelle
Aide des Cérémonies^ Un Officier dont la fonc-
tion est de servir sous le Grand-Mailre des Ce*
rémûnies.
Ou appelle Aides de cuisine, Aides ^olfice^
Lee bas Officiers qui servent sous un cbef d<
cuisine et d'office. Et Aide à Maçon^ se dil
d'Un garçon qui seit àous un Maçon.
On appelle Aide de Camp, Un Officier d<
Guerre qui s^rt anprès du Général ou d'un
officier Général, pour porter ses cidres parloul
où il est nécessaire. Aide de Camp du Roi. Aide
deCamp du GcnéraL Aidr de Camp d'un LieU'
tenant Général, d'un Mirschal de Camp.
On appelle dans les Groupes , y/ it/c-3/(qor,
Un officier q-ii sert avec le Major, £ous son au-
loritê, et en faii toutes les rouerions en «on ab-_
sence- Aide- !\ljjor des Ga'-de?. Aide-Major
d'une place de Guene. I/Aidc- Major de la
Place.
On appelle Aide -Majorité^ La place des
Aide-Majors.
On appelle au-^sî Sous- Aide j Celui qui csl
subordonné à l'Aide dans les marnes fonctions.
Aide, se dit .tussi De celui qui contribue
aux frais de lustensile des gens de guerre, avec
rliôte chez lequel ils sont loges. Donner des
aides à un hôte, afin qu'il ne soit pas sur-
elmrqé.
À t'AiDE. Façon de parler adverbiale. Au
stcours.
AIDES, s. f. pi. Subsides établis sur le vin,
et sur lc« autres ïioissons, pour aider à soute-
AIE
nir les dépenses de l'État. Les Fermiers des
' Aides. Les Aides montent à tant. L'octroi des
Aides.
On appelle Cour des Aides, Une Compagnie
supérieure, dans laquelle les aflaircs qui con-
cernent ceii sortes de subsides sont jugées en
dernier ressort. Premier Président de la Cour
des Aides, Conseiller de la Cour des Aides.
Aides, se dit aussi au pluriel, en termes de
Mauége, De toutes les choses dont le CavaUcr
se sert pour bien manier un cbeval. Les aides
de la voix, les aides des talons j de la qaule,
de l'epcron. Le cheval coiuiolt les aides, répond
aux aides, a les aides fines.
AIDKR. V. a. Donner secours, assister. Ai-
der queK^u'un dans ses besoins. Aider les pau-
vres dans leur nécessité. Dieu les a hien aidés.
Aider -quelqu'un de son hien, Vaider de sa
hourse, Vaider de son crédit. Les lunettes de
lontjue vue ont f^rt aidé les Ar.tronomes dam
les dccouvertes qu'ils ont fiites. Cette méthodi
aide beaucoup la mémoire. Il faut s'aider la
uns les autres. Aidez-vous. Vous ne vous aide*
[joi'nï. On dit proverbialement, Aide-toi, Dieu
t'aidera.
AiDKn, se met aussi avec la préposition à de-
vant la personne; et alors il signifie ordinaire-
ment, Secourir un hoitfme trop chargé, ou s<
joiiulre à lui pour un travail qu'il ue pcul
faire à lui seul. Aidez un peu à ce puin'n
homme.
Il demande aussi la préposition à devan'
ia rliosc , 01! un équivalcL'f. lorsau'il si^iiin-
(Jontrîbuer h faire réussir quelque chose. T! n\
^}as peu aidé à cette affaire, à cette entrepri<.c
Aider au bon succès d'une affîtire.
On dit proverbialement, Aider à la lettre
pour , Suppléer à ce qui n'est pas exprimé
Ola signifie auss:, Ajouter quelque chose i
uue histoire, h une fable, pour embellir !i '
ronle, et pour le rendre plus agréable. '
AiDEH. se joint aussi à l'infinitif des verbes •
avec la particule à, ou avec un équivalent, ci
jignific encore, Contribuera une fin. Aider t
faire réussir une négociation. Cela a bien aidt
ù le tirer d'' affaire. Cela n'y a pas peu aidé.
AiDEit, s tmploie avec le pronom personnel,
rt alors il se joint avec la particule de, et si-
gnifie, Se servir d'une chose, en faire usage.
On s^ aide de ce qu'on a. S'aider hien d^mc
r/ét',(/'i/n espadon. S\iider bien d'un cheval, li
ue s^aide pas du bras droit.
On dit, Dieu aidant, pour, Avec l'aide de
Dieu.
Aidé, iz. participe.
AIE
AlK. InlerjeclioD. Exclamation de douleur.
AiCj que je soujjre! A'ie^vous mehlesscz! li
s'emploie plus fréquemment seul , lorsqu'on
Éprouve une douleur inattendue : Aie.
AÏEUL, s. m. Grand-père. Aïeul paternel
Aiertl maternel. Auplurit 1 on dit Aïeuls, quand
on veut désigner précisément le grond-pèrc pa-
ternel et le maternel. Ses deux aïeuls ont rem-
AIG
pli les premières charges. Hors de là on dit
aieiLT, pour signifier géuéralement, Tous ceux
de qui on descend. Suivre les traces de ses aicux.
A' 05 aïeux.
Le mot d'Aieul n'a point de composé au-
delà de ceux de Bisaïeul et de Trisaïeul' et quand
on parle des degrés qui sont au-dessus, on dit,
Quatrième «îe»l, cinouièmc aïeul, etc.
AÏEULE, s. f. Grand'mcrc. Aieule pater-
nelle. Aïeule maternelle. Cela étoit bon du
temps de nos aïeules.
AÏEUX, s. m. pluriel. C'est le même mot
qu'.^iculs, mais plus usité, pour désigner, i°
Ceux qui ont vécu dans les siècles passés : Ce-
lait la mode chez nos aieux ; 1° Les personnes
dont on descend : Il a hérité ce droit de ses
tilcux. C'est un terme d'honneur en parlant De
sa famille ; et une personne ordinaire ne dit
point, Mes aieiui , ni mes ancêtres] elle doit
dire, 3Jeï grands-pères.
A I G
Aigle, s. m. Le plus grand et le plus fort
des oiseaux de proie. Aigle noir. Aigle IloyaL
Aigle roux. Grand aigle. Le vol de l'aigle.
L'aire d'un aiqlc. Aigle mâle. Aigle femelle.
On dit figurémcut d'Un homme qui csl
il'un génie, d'un esprit, d'un talent supérieur,
[uc C'est un aigle. Il se dit aussi dans un sens
relatif. Cet homme-là est un aigles au prû; de
:eux dont vous parlez.
On dit aussi fii;urénier.f f|u'?^i Jiomnie a
^e$ yeux 3*aîgle, pour, qull a les yeux vîTs
eî perçans; et au figuré, qu'il a un oil d'aiah,
le regard de l'aïqle, pour, qu'il a une giando
pénétration d'esprit.
On dit proverbialement , Crier cconme un
ligle, pour dire, Crier d'une voix aiguë ut
;>crçante.
AicLE, en termes d'Armoiries et de Devises ,
■st féminin. Ainsi on dit, V Aigle Impériale^
,>our. Les armes de l'Empire, qui sont un aigio
deuxt^^es. Il porte sur le tout d'azur^à l'aigle
iployée d'argent.
On dit aussi au (enunîn, L'aigle ]?omnine,
les aiqles Romaines, pour, les Enseignes des
[.égions Romaines, parce qu'au haut de ces
Enseignes é*oil la fii^ure d'uu aigle.
Aigle, se dit ^ussi De la représentation co
CTiivre d'ur «igle avant les ailes étendues pour
servir de pupitre au milieu du choeur d'une
Eglise. Cluuitcr à l'aiqle. En celte acecplion
Aigle &st toujours masculin.
Aigle, s. f. est aussi le nom d'Une constel
lation de l'Hémisphère septentrional.
AIGLON. îi. m. I^e petit de l'aigle. Une
aiqle avec ses aiglons dans son aire. Un jeune
aiglon.
Aiglon et Aiglette, sont aussi des termes
de Blason ç dont on se sert indiffi-'remnienl,
pour désigner De jeunes aigles , représentés
:-ans bec cl sans serres. 71 porte d'azur a trois
aiglons d^or, à trois aiglettes d'or.
AIGRE, adj. des 2 genres. Acide, piquant
.Ti goiU. Le citron, la gienade, sont des fruits
AIG
flinrei. Le vin, le lait, deviennent aigres ijunnd
ils se niîisni. Des fruits ijul sont d'un cjoùt aitjre ,
qui ont un (joùt uicjre, qui sont aitjres au joiif.
AicnE, se ilic aussi Ds qucl.iues odeurs ik's
«grcablcs qui sortent de certaines choses coiTom-
pues, i'ne senteur aitjre qui fiit mal au caiir.
Vin aiqre.
AicnE, se <iit aussi Des sons aigiis et rudes
en même temps, d'un bruit et d'un son tiop
aif;u et perçant, y^voir la voir aiqrc , une voix
aiqre et tîésaqrcahle. Vnc cloclie qui rend un
son aiqre. L'n son de voix ainre. IVun ton aiqre.
On appelle en Peinture, Couleurs aicjrcs.
Celles qui ne sont pas liées par des passages
qui les acconlent.
Air.r:2 , se dit aussi Ces roe'taux dont les
parties ne sont pas bien liées, et se séparent
facilement les unes des autres. Un fer extrême-
ment aijre. /'ii cuivre fort aiqre. Ce fer-là est
si aiqtc, qu'xjU ne le s:iuroit forqer.
Aiguë, sj dit Sjur^iment Ue l'esprit , de
t'iiuniear, tîc. , pjur signifier Rude , fàclieux.
Avoir i'esp.-it ciqix, Vhumcur aiqre. Dire des
paroles aiqres. Il lui a écrit d'un style fort
aiqre. îl lui fit une réprimande aiqre et sévère.
H lui parla d'une manière fcrt aiqre, d'un ton
fort aiqre.
Il se dit aussi BgurémeDt Des personnes
fcômes qui ont cette sorte d'esprit et d'iiunieur.
C'est une personne bien aiqre, une femme bien
aicjre. C'est un esprit aigre. C'est l'humeur du
monWe la plus aiqre.
AicnE , s'emploie aussi substantivement.
Cela sent l'aiqre, cela ttrc .^ur l\n:jrr.
On dit fl^urén.ent , qu'/I y a encore de
f aigre aans l'air, pour, que Le temps n'est pas
encore tout-à-fait adouci.
AIGRK-DE-CÉDRK, DE-UMON , DE-
BKi.ARADI*",. s. m. Sorte de litpieur , qui se
fait avec du Jus de citron , de cédrat, de limon,
ou de biî^arade, et avec du sucre, et ([ui étant
mêlée ensuite avec de l'eau, fait une boisson
agréable.
AIGRE-DOUX, OUCK. adj. Il ne .se dit
gu^re au propre que Des frui'5 qui ofit un
goût mélii d'aigre et de doux. Un fruit aiqre-
doux. Des oranges aigre - .-louces. En cette
phrase et dans les autres semblables, Aiqre ne
se décline point.
11 se dit fi^urémcnt De la voix et du style,
quand on parle ou qu'on écrit d'une manière
entre aigre et douce. Un ton de voix aigre-
doiLT. Un style aigre-donx.
AIGREFIN, s. m. 'ferme de mépris, qui
•igniBe Un homme qui vit d'industrie. Gardei-
Tous de cet aigrefin. 11 est du style familier.
AIGRELET, ETTE. adj. diminutif. Un peu
•igre. L'Epine-vinette a un petit goût aigrelet.
Vne sauce aigrelette.
Il se dit figurément au moral, l'n (on aigre-
let. Manières aigrelettes. Il est familier et badin.
AIGREMENT, adv. Dune manière aigre. Il
n'est guère d us.ige qu'en parl.int De la manière
aigre dont on parle , ou dont on écrit, l'arler
tigremcnt à quelqu'un. Répondre aigrement.
Il'Uii c'crivil fort aigrement.
AIG
AIGREMOINE. s. f. Sorte d'iicibc médici-
nale. Tisme iVai(jremoine, ^
AlGREMORE. s. m. EspÙce du cliarbon
pulvérisé propre aux feux d'arllfire.
AKÎRKT, KTTE. adj. dimiruuil'. Un peu
aii;r6. Ce fruit-là est un peu aijret. Cela a un
qoiU aiqvet qui n\st pas désanréubïe. Vne
sauce (fui est un peu ai(frette.
AIGRETTE, s. f. Oiseau blanc, du genre
du héron, dont quelques plumes servent à faire
des aij;rettes.
AiGHETTE. Ornement de tùte, en ftirme de
bouquet de plumes. On fait des aigrettes do
dianians, de perles, de verre. Avoir une ai-
qrctlc sur sa télé.
AicrETTE, se dit aussi Du panache d'un
casque, de celui d'un cheval, de ceux d'un daig
et des pomnics de lit.
Aigrettes, en termes de Physique. On a^
^cWv. Aiqrettes lumineuses ^ Cet amas de rayons
enflanimt'S qui s'élancent en forme de bouquet
d'un corps clcctrise.
AIGREUR. S. f. Qualité de ce qui est aigre.
Des fruits qui ont de Vaiçjrcur^ ijui ont une pe-
tite aiqrcur. Ce vin a de l'aigreur.
AïonEin , se dit aussi Des rapports «jue cau-
sent quohjuefois les îilinieiis mal digères ; et en
ce sens on s'en sert plus oïdinairement au plu-
riel qu'au slnL;ulier. Cela donne des aiqreurs,
cause des ainreurs.
AiGnLun, se dit fij;urcmenf HlJne certaine
disposition d'esprit et d'bunieur, qui porte à
offenser îes autres par des paroles piquantes.
C'est un homme oui a beaucoup d'aigreur dans
l'espritj dans Vhumeur. Parler avec aiqreur,
répondre avec aiqreur. Il y a toujours de l'ai-
greur dans ses discours, dans ses paroles. Vne
réprimande pleine d'aigreur.
On dit, «ju'H y a de l'aigreur, guehjue ai-
nrenr, un peu d\tigreur entre deux personnes^
pour dire, qu'il y a quelque commeDCenient
de brouillerie entre l'une et l'autre.
AicnEcns , en gravure, sont Des tiillcs ou
l'enu-furte a Irop mordu.
AKiRIR. V. a. Rendre aigre, faire devenit
ni^re. Le tonnerre aigrit le vin, La chaleur
aigrit le lait. Le levain aigrit la piUe.
Il se dit iigurément, et sii:;niiic Irriter, met-
tre àattz une disposition plus fâcheuse. Cela ne
fuit guaigrir son mal, qu'aigrir sa douleur.
Son discours a fort aigri les esprits. Cela ne
servira quà aigrir les affaires. La mauvaise
fortune lui a aigri Vcsprit.
Aic.Rin, s*mploie avec le pronom person-
nel. Des viandes qui s'aigrisFent sur l'estomac.
Du vin qui s aigrit.
Il se dit aussi fif^urument. Son mal s*aigrit
de jour en jou,r. Les esprits commençoient à
^'aigrir. Les ajpiires s'aigrissent de plus en
plus.
Aisni, iR. participe.
Al(;U, ui!. adj. Qui se termine en pointe
ou en tranchant, et qui e«>t propre ii percer ou
à fendre. Un jiivclot aigu. Un fer aigu^ Un hd-
ton aiqrt. Des coins de f r fort aigus.
Ou appelle, en torracs de Grommaixc, Ac'
AIG
35
cent aigu, US petit accent qui va de droite h
g.iuchc, et qui se met sur l'é fermé, comme
dans liégéuéré.
On appelle, en tenues de Géométrie. Anqle
aigu, Un angle qui est moins ouvert que l'ani^Ie
droit.
Aigu, sa dit figurément Des sons clairs et
pcrçans. f 'n son aiqu. Une voix aiguë.
Il se dit aussi figurément d'Une doulenr
vive et pi([uantc. Vnc douleur aiguë, une co-
lique aiguë.
On appelle Maladie aiguë, fièvre aigitë ,
Une m.'iladie, une fièvre violente et dange-
reuse , qui se termine en peu de temps par h
mort on l;i guérison. Il est attaqué d'une mala-
die aiguë, d'une fièvre aiguë.
AK1UADE. s. f.(Ce mot et les cinq snivniis
se prononcent comme s'il n'y avoil pas d'U. )
Provision "d'eau douce que l'on prend sur le ri-
vage de la mer pour les vaisseaux, lorsqu'ils en
manquent dans le cours de leur voyage. Il n'est
guère en usage que dans ces plirases : Faire ai-
giiade. C'est un lieu où il y a i?onnc aiguade.
AIGUAIL. s. m. Terme de Chasse. Rose'e,
petites gouttes d'eau qui demeurent sur les
feuilles des herbes et des arbres. L'aiguad ôte
le sentiment aux chiens.
On dit en Poésie, L'aiguail des prés, des
fleurs ; et hors de Ii il n'est guère d'usage.
AKiUAVER. r. a. (Il se conjugue comme
Payer.) Baigner, laver dans Veau.Aiguayer un
theval, C'est le faire entrer dans la rivière jus-
|u'au ventre , et l'y promener pour le laver et
le rafraichir. Aiguayer du linge , C'est le laver
ti le rcnuier quelque temps dans leau, avant
[ue de le tordre.
AIGUE-MARINE. s. f. Espèce de pierre
précieuse tendre, qui est de couleur de vert de
lier, t ne belle aigue-marine.
.AIGUIÈRE, s. f. Sorte de vase fort ouvert,
pii a une anse cl un bec, et dans lequel on met
lie l'eau pour le service ordinaire de la table,
tt pour d'antres usages. Aiguière d'elaiii. yli-
quiére d'argent, de l'ernieil doré, de crrstnl.
diguiére de fiience. in bassin e( une aiguière.
L'ne aiguière couverte.
AIGUIÉREE. s. f . Plein une aiguière. Vue
aiguiérée d'eau. Il lui a jeté une aiguiérée d'eau
tur la tcte. 11 est peu usité.
AIGUILLADE. s. f. (Les voyelles UI font
une diphthongue dans ce mot.) Gaule dont se
servent les Lahoiu-eurs et les Voiluricrs pour
piquer leurs bceufsi
AIGUILLE, s. f. (Pron. ^igi'iide.) Petite
verge de fer, ou d'autre méwl, pointue par un
liout, et percée par i'autrc, pour y passer du
fd, do la soie, de la laine, et dont on se sert
pour coudre, pour bro-ler, pour faire île la
t.ipjsseric, etc. .liquille fine, aiguille bien poui-
!ue. La pointe d'une aiguille, le chas ij'ine
aiguille , le trou d'une aiguille. Enfiler ur.e
aiguille. Aiguille à conclrc, iiiijniKc li (rii™il/er
en (jpisserie, ainiiille (J'enidalleiir.
On appelle Aiguille de tête, One grande
aiguille don' les fcisnies «e servent pour arran-
ger leurs cheveux.
36
AIG
On 'dît proverbialement ei figiiriment, Fair«
un procès sur la poi'nle d'une aignille , disputer
sur la pointe d'une aiguille, [jour , Corilcstei
sur un objet sans fondement, ou de nulle con-
(équcnce.
On dit Bussi proverLiaiement et figurémcnt,
De ^1 en aitjuille, pour. De propos en propos,
d'une cliose à une autre. 71 nom u •■icontc tvule
Vhisloire de fil en aiguille. Ve fil en aiguille
ils en l'inrcnl jiisgu'à se gucreller , à se dire
àes injures.
On dit aussi d'Une cliosc qu'on chcrclic,
mais qui est trés-difficilc fi trouver à cause d«
sa pelilisse , que C'est chercher une aiguill:
dans une bolle de foin.
AicuiLLï, se dit auiïi Pe différentes sortes
de petites verg-s ùe 1er ou d'autre nictal qui
scrvenl à dilférens usages. Aiguille à tricoter
des bas. Des bas faits à Vaiguille. Aiguille
d'oculiste pour abattre les taies des yeux, .■li-
guille de iialance. Aiguille d'horloge, jiii scil
à marguer les heures, Us :i:nutes, sur le cU'
dran. Aiguille marine. AiguilU aimantée, doïû
on se sert sur le mer pour r;connoïtre h
Aori
Aiguille, se dit Eus<i HUne espère de py-
ramide, soit de jjiiîrre de taille, soit de char-
pente, comme sont les cloclicrs des l'^gliscs,
lorsqu'ils loni extrêmement pointus. On ap
pelle autrement ces sortes de clochers , di(
Flèches. L'aiguille de la Sle. Chapelle li
JV.r.j.
Aiguille , se dit aussi d'Un Obélisque
L^aiguille de St. Vierre de Home.
On appelle aussi Aiguille , Une espèce d<
poisson de mer qui est long et menu, et qui i
la tête extrêmement pointue.
AicLiLLES d'essai OU TOLCHADX. Terme d<
Chimie. AIli.ige d'or ou d'argent dans des pro-
portions dilK'-rentcs.
AIGUILLÉE, s. f. ( GUI font une diph-
tlionguc dans ce raot et les suivans. } Certaine
étendue de fil, de .soie, ou de laine, coupée dt
la longueur qu'il faut pour travailler à l'aiguille.
Aiguillée de fil^ aiguillée de soie, aiguillée di
laine. Faire des aiguillées. Apprêter des ai-
guillées. Couper de longues aiguillées.
AIGUILLER. V. a. ferine d'Oculiste. Ôtet
la cataracte de l'œil.
Aiguillé , ée. participe.
AIGUILLETTE, s. f. Cordon, ruban,
tissu, elc, ferré par les deux bouts, pour servir
à attacher, mais qui ne sert quelipiefois qua
d'ornement. y^i(juil/ellc de /il. Aiguillette de
soie. Aiguillette de cuir. Aiguillette plate. Ai-
guillette ronde. Ln fcrret d'aiguillette. Ferrer
des aiguillettes. Des aiguillettes ferrées d'ar-
gent.
On dit bassement, L/lcher Vaiguillette, pour ,
S« décharger le ventre.
On dit aussi, Aoiier ruiquillelle, pour.
Faire un prétendu maléllce auquel le peuple
attribue le pouvoir d'empêcher la coiisouinia-
tion du tnarragc.
AiGiiLLETTr. , se dit figurcmCDt De» mor-
ceaux de la peau ou de la cliair, arraches ou
AïL
coupés eu long. Couper un canaril^ un oiseau
de rivière, par aiguillettes. Les Barbares lui
arrac^ièrent toute la peau du dos par aiquH-
leltes.
AIGUILLETTER. v. a. C etoit altaclier sr-
chausses h son pourpoint. La mode de s'aiqnll-
letter a duré long-temps.
En termes de Mitriuc, Ai^uilletler les ca-
rions, Les amarrer fortement dans un '^vos
temps.
Aiguillette âes lacets ^ Les ferrer.
AiGiiLLtrxt, ÊE. participe.
AK;UILLETTIKR. s. m. Artisan dont le
métier est de ferrer les aiguillctles et les luccts.
AlGUILLIKR. s. m. Petit étui où l'on uiet
des aiguilles. Un aiguilUcr d'argent. Un ai-
guillier de chagrin.
AIGUILLON, s. m. (On fait sentir 1 U dans
le mol et dans ses dérives.) Il se dit propre-
ment d'Uuc j>ointe de fur qui est au bout d'un
grand bâton , et dont on se sert pour piquer lei
bceuiâ. L'aiguillon d'un Bouvier. On pique la
hœufs avec un aiguillon pour les faire aller.
AiiiUiLiON, se dit aussi d'Un petit dard dcj
mouclies à miel, des guêpes, des frelons. La
abeilles laissent ordinairement leur aiguillon
dans la piqûre. On dit que la Reine d-:s ubeilla
n'a point d'aiguillon. .'
AiGLiu.ON, se dit figiu^men; De tout ce qui
incite à quelque chose. La gloire est un aiquil-
Ivn , un pLîi55u;it aiguillon à la vertu. L'inlèrà
est le seul aiguillon qui le puisse faire agir. Oc
dit dans le lanj^age ùt riCciiiuie, L'aiguilloA
de la c/uiir, pour, Les tentations de la chair.
• AIGUILLONNER, v. a. Il n'est guiïre d'u-
»age qu'au fi'uré, et signifie, Inciter par quel-
que chose. C'est un homme lent et paresseux,
nu'îl faut un peu aiguillijJiner pour le fuirt
agir.
AiGtJiLLOSNÉ, ÉE. participe.
AIGUISEMENT, s. m. Action d'aiguiser.
L'aiguisement d'un canif. (On fait sentir l'C
dans ce m">t et dans le suivant. )
AIGUISER. V. a. Rendre aisu, rendre plm
pointu, pins trancliant. Aiguiser le fer d'un*
lance. Aiguiser la pointe d'un couteau. Aîgui'
ser des coins de fr. Pierre à aiguiser.
On dit fifjurtmcnl, Aiguiser l appétit, pour,
Donner |>lu^ d'appctit, rendre l'appétit phu
vif; et Aiguiser l'esprit j pour. Rendre l'esprit
plui prompt, plus pénétrant. Le travail mo-
dîré aiguise Vcsprit. La nécessité aiguise Ves-
priL
On dit proverbialement et iîj^rcment, Ai-
guiser ses couteaux, pour, Se préparer au
combat.
Aiguisé, ée. participe.
A 1 L
AIL. s. m. (Il fait AULX au plur.) Espfenc
(l'ofjnon d'une odeur et d'un goût 1res- forts, el
qui vient par petites gousses. Une tête d\iil.
une gousse d'ail. Un gigot de moiiïon à l'aiL
Frotter son pain d'ail. Sentir Vail.
AlIJi;. s. f. Partie du corps des oiseaux el
AIL
de quelques insectes, qui leur sert à voler et à
se soutenir en l'air. Les ailes des oiseaxtr sont
revêtues de plumes. Les ailes des chauve- souris
sont membraneuses. Les ailes des insectes sont
u* déliées, qu'elles en sont transparentes. Vn
oiseau qui étend les ailes, qui déploie ses aîles.
Un oiseau qui vole à tire-d'aile. Les pigeons
ont Vaile forte, l'aile roidc. Un moineau qui
bat des ailes^ qui trénwusse des ailes. Un oi-
seau blessé qui ne bat que d'une aile. Une
uoiile qui rassemble ses poussins sous ses ailes.
Les ailes d'nn moucheron. Les ailes d*Un pa-
pillon. On peint ordinairement les Anges avec
des ailes. Les Anciens donnoient des ailes à la
i'icloirc, à la Renommée, à l'Amour,, au che-
val Pégase. Les Peintres et les Poètes donnent
des ailes aux Vents, au Temps, aux Heures, à
Mercure, etc. Et on dit poétiquement, 5ur les
ailes des vents. Sur les ailes des zéphyrs. Sur
les ailes du temps.
Ou dit provcrbialenient et figurémeol, A<
battre que d'une aile, pour, Être fort déchu de
vif^ueur, de crédit, de considération. Depuis sa
maladie U ne bat plus que d'une aile. Sa dis-
grâce fait quil ne bat plus que d'une aile.
On dit proverbialement et fi;^urcment, d"Un
homme à qui il est survenu quelque altération
considérable dans la santé, quelque disgrâce,
ou d'un homme qui est devenu amoiueu^ ,
qu7i en a dans VaUe.
Ou dit proverhialement et fîgurément. Tirer
une plume de Vaile à quelqu^un, pour, Le pri-
ver, le dépouiller de quelque cliose qui lui ap-
partient , tirer de l'ai^cnl de lui ; et liogner Us
ailes à quelqu'un , pour, Lui retrancher de son
autorité, de son crédit, de ses profils.
On dit proverbialement el figurémenl, Vou-
loir foier sans avoir des ailes, pour, Entre-
prendre une chose au-dessus de ses forces; et
i'oïcr de ses propres ailes, pour, Être ea état
de se passer du secours d'nutrui.
On dit aussi provcrbi;jiement et figurémenl,
7 ircr pied ou aile de quelqu^tn, pour, Trouver
moyen d'en tirer une partie de ce qu'on prtî-
tcndoit en avoir. -^
On dit aussi proverbialement et figurément,
qu'( ne fille est encore sous Vaile de sa mèrej
pour, qu'LlIe est encore sous la conduite de sa
mère.
Dans le langage de rÉcriture, L'aile du
Seigfieur, signifie. La protection de Dieu. Sei-
gnenr, couvrez- moi de vos ailes. Je ne crain-
drai rien à Vombre de vos ailes.
Aile, se dit aussi de cette partie choiuue
d'un oiseau, qui prend depuis le haut de l'es-
tomac jusque sous les cuisses ; et en ce sens il
ne se dit que Des oiseaux prépares pour être
mangés. Servir une aile de perdrix ^ une aile de
chapon., une aile de bécasse. Le haut de Vaile y
le b(i5, le bout de Vaile.
En parlant De plumes h écrire, on appelle
Bouts-d'ailc, Les plumes du bout de l'aile des
oies.
Aile, se dit De diverses choses par analogie.
.\insi nn dit. Les aUcs d'un moulin à vent, en
parlant De ces grands châssis garnis de loile
AIM
qiiç l'on met j an moulin, et qui, étant mus par
le reut , font montre le blé.
On dit aussi. Lft ailes d'un hutimentj en
p:fr!aiil Des drus parties d'un bjtiment qui
»ODt jointes de chafjue côté au corps du priT>-
dpal édifice, Lts dttLZ ailes d'un hutimcnt. Un
bâtiment qui n'a (ju'une aile. On dit aussi, Les
ailes étunt Eglise ^ pour, Les bas côtés d'une
Église.
On dit auisi. Les ailes d'un" armée, pour,
Les deux flancs d'une armée supposée rangée
en ordre de baîniDe. lesjuels sont ordinaire-
ment composés de cavalerie. L^aile Jro fc ,
l'aile gauchi d'une armée. L'aile droite de la
première Ugne ^ Vaile gauche de la seconde
ligne. On avait jeté des yelotons d'infanterie
sur les ailes. L^aile droite enfonça les ennemis,
mais l'aile gauche plia au premier choc. Le
Général S, commandait Vaile droite.
AILE. s. f. Mot emprunté de r.A.oglois, qui
dcsigTie Une espèce de bière gui se fait sanï
boubion. Boire de Vaile-
AILE, ÉE. adj. Qui a des ailes. H ne se dit
gu^ que De certains animaux it qui il n'est pas
ordinaire d'aroir des ailes. Des serpent ailés.
Des poissons ailés. L n cheval ailé.
On rrpréseot'i' ordiDaircment Vn foudre
ailé, pour Symbole de la pais«ance et de la vi-
tesse.
AîLEHO;^. s. m. L'extrémité de l'aile d'un
oiseau, à laquelle tiennent les grandes plumes
ée l'aile. Un oiseau t^ui a l'ai'Ieron rompu. Vn
ragoût y une fricassée d'ailerons.
AiLEftOS , se dit aussi Des petites phncbes .
des petits ais qui font tourner les roues dei
moulins ï eau.
H se dît aussi Des nageoires de quelques
poissons. Les ailerons éPune carpe.
AILLADE. i. f. Sauce £ûte avec de l'ail.
AILLEURS, adr. de lieu. En un autre lien.
On souffre cela ici y moù ailleurs on ne U
toujfriroit pat. S'il ne st Xrouve pas hien où il
est, tjue ne ra-I-il ailleurs? Qu'il aille se pour-
voir ailleurs. Vous chercherez inutilement aiU
leurs. Vous ne saunez trouver cela ailleurs que
chez lui. Je tâcherai de l'avoir d'aîllcars. Je le
ferai venir d'adleurs. La voie dont vous vous
sen-et pour va lettres n*est pas sûre^ il fnut
les faire tenir par ailleurs.
AiLLEiKS, eo parlant d'Un livre.si^i&e, Dans
■o autre passage du même eo'ivain. A ous avons
dit ailleurs,^ AUleurs il dit... Ailleurs encore.
On dît «usi D'ailleurs y pour dire, D'un
•utre principe , d'une aoire cau&e, poor un
autre sujeL Vous lui attribuez rruil à propos
votre disgrâce ^ elle vient d'aiUeurs, elle pro-
tède d'ailleurs. Il le querelle fur un sujet de
nen, cest qu'il lui en veut d ailleurs.
Il kigoifie aussi. De plus, outre cela. Je vous
dirai é'adUurs. D'ailleurs il faut considérer
que . . .
AIM
AIMABLE, adj, des % genres. Qui est di:;ne
rf'*:re «iiné, ^i mérite détre aimé. La vertu
€st KÏinahU. L'n objet aimable, un c-ractére
AIM
aimable, des manières aimahlet. Aimer tout
ce qui est aimable. C'c:l 2e lieu du monde le
plus aimable.
Dans le lanta^^e de la société , on appeUe
Aimables, Ceux qui y plniseot par leurs a^ré-
mens. C'c«l une femme Irés-almahle. C'est un
aimable homme.
AIMAJVT, A>'TE. adj. Porté 5 aimer. Il est
d'un caractère aimant Elle a une âme natu-
rellement aimante,
ALMA>T. s. m. Fieirt qui a la propriété
d'cltiicr le fer, et ï laquelle il y a deux points
déterminés, dont l'un se lourn'- toujours rcrs
le Nord , et l'autre vers le Sud. Purre d'ai-
mant. Aiquille frottée d'aimam. On appelle
les deux poif>t5 déterminés de l'aûnant , Le;
deux pôles de l'aimant. La déclindson de l'ai-
nant. L'aimant esl unz. vraie mine de fer^ et il
lui communique sa vertu atlraclive.
ALMANTER. v. a. Frotter d'aimant Aiman-
ter Vaiguille d'une boussole. On aimante la
boussole en la passant sur une pierre d'aimant
AtMA5TÉ, ÉE. participe. Aiguille aimantée.
AI>L4yn>' , I>'E. adj. Magnétique. Qui
appartient à l'aimant, qui est propre à l'ai-
mant. Le ftr acquiert avec le temps une vertu
aimantine. Il est de peu d'usage.
AIMER. V. a. .A^voir de l'aflcclion pour un
objet quel qu'il soit, dans la pensée que c'esl
im bien. Il faut aimer Dieu par-dessus toutei
choses. Aimer son prochain comme soi-même.
Aimer son Prince, Aimer son pays. Aimer sa
patrie. Aimer son père et sa mère. Aimer ses
tnpins. Aimer sa famille. Deux personnes qui
f^aiment tendrement. Ils s'aiment comme frères.
Aimer quelqu'un d'amitié , de bonne amifîé.
Aimer d'un amoUr îionnéte. Aimer tendrement.
Aimer la vertu- Aimer la gloire. Aimer quel-
qu'un plus que ses yeux^ l aimer plus que sa
vie, plus que le jour, plus quon ne peut dire,
Vaimer à la fdie. jusqu'à la folie , follement
Aimer constamment Aimer fidèlement Aimet
ardemment Aimer éperdument. Aimer passion-
nément Aimer jusqu'à la mort. Aimer de toul
ton cueur.
Lorufu Aimer se met absolument et sans ré-
gime, il ne se dit guère que Ce la passion de
l'amour. Il est doux d'aimer. Il est dangereux
d a imer.
On dit proTçrbialemrui, Qui bien aime,
bien châtie, pour, que C'est aimer véritable-
ment quelqu'un, que de le reprendre de ses
(bules.
Oo dit aussi proverbialement. Qui m'aime,
me suii>e, pour, que Ceux qui nous aiment,
doivent prendre nos intérêts, doivent dou5
imiter en ce que nons faisons.
On dit f roverbialoueiit et figurément .
Qui m'aime, attne mon ehten ^ pour, que
Quand on aime une personne , ou aime tout
te qui lui appartient
On dit. Aimer sa personne, s'aimer soi-
même, et absolument, s'aimer, pour, Avoir
un attacb'-ment exceMif i u personne. Ce:f(<'
petite personne s'aime beaucoup, veut dire
saivani U oroonstaoce, A beaucoup d'amoor-
AIN 37
propre, ou, s'occupe beaucoup d'elle- mûmr.
Et •S'aimer dans un lieu, pour, S'y plaire,
prendre plaisir h y être. // s'aime à la cam-
pagne. Je m'aimerois infiniment chez vous,
dans votre sociiîé.
On dit aussi, que Les animaux, que les
plantes s'aiment en un heu, pour, qu'ils v pr«>-
ûteut , qu'ils y réu-ssistcnl mieux qu'ailleurs.
Let pigeons s'aiment où il y a de leau. Les
altviers s'aiment dans les lieux sablonneux.
AiJiKn, se dit aussi iJe l'altaclienwnt que
l'on a pour les animaux , et pour certaine:
choses auxqu'-'llts on prend plairir. .^imer scn
chten. Aimer son chevaL Aimer les chiertu
Aiincr les chenaux. Aimer le jeu. Aimer la
chasse. Aimer la bonne r'-ére. Aimer les armes.
Aimer les livres. Aimer l'étude. Aimer le trn-
vaiL Aimer Us peurs. Aimer les tableaux. Ai-
mer l'agriculture. Aimer la musique, etc.
AiMEn, se joint souvent avec la particule à,
devant l'infinitif des verlies ; et alors il signi6e .
Prendre plaisir à faire qut;!quje chose. Aimer à
jouer. Aimer à lire. Aimer à chasser. Aimer a
%e promener. Aimer à travailler.
On dit , Aimer mieux , pour , Piéférer ,
aimer une cltose par préférence à une autre.
E'Ue a mieux aimé entrer dans un Ccui'e.ir,
gue de faire le nuiriage qu'on lui proposoit
J'aimercis mieux mourir, que de faire une si
mauvaise action. Aimer mieux Vétude que
le jeu,
Aimé , ée. participe.
A I 5
AINE. s. f. La partie du corps humain qnt
rsl entre le haut de la cuisse et le bas-ventre,
II fut blessé dans Vaine. Avoir une excroissance
dans l'aine, un bubon dans l'aine.
AIXÉ, ÉK. adj. Le premier né des cnfar:
du même père et de la même mère, ou de lui
des deux seulement. Son fils aîné, sa fil»
aînée. Votre frère aîné, votre sœur ofnei
Il est Vaîné de tous.
En parlant Des diiférenies branches d*un<
.Maison, on dit, La branche ainée, la branche
cadette.
îl est au56i substantif. 37 on aine, votre
lûné. Le cadet vaut bien Vainé.
Il se dit aussi d'Cn second en^t à l'égard
d'un troisième, et ainsi des autres. Il est mon
aine, et je suis le vôtre.
Il 6c dit aussi par extension , De toute per-
sonne plus âgée qu'une autre. Il est ph.t
vieux que moi, il est mon aîné de cinq ans,
de six ans, etc.
On dit du Roi de France, qu'il est le fU
aîné de VEglise; cl de 1 L*niver>ité de Paris ,
\u'Elle est la fiUe aince des liois de France.
Aï>'KSSE. subst. f. i*iimo;'énilure, priorité
d âge entre frères et sœurs. U n est gnèrc d'usage
qu en celte phrase. Droit d'a'nesss.
AI^S. conjnnclion advcnatire. Mais. D est
vieux, et îl n'est d usige qu'en plaisanterie, <t
dans celle plira»*, Atnt au contraire.
AI>il. advcrh . Kn orttr manifTC, de eclic
38
AIR
façon. L'Orateur parla ainsi. La chose se pBj»2
ainsi.Cela n'ira pas ainsi. Il n'en irapas ainsi
Le sort le veut ainsi. Ainsi l'a imulu sa desti-
née. On dit, Ainsi des autres choses, ainsi du
reste, pour, Il en est ainsi des autres choses, ii
en est ainsi du reste.
ïl signifie quelquefois , Par conséquent. Ainsi
H est évident ijue
.Vissi, dans la première signification, se ri aussi
b faire l'appUcalion du premier membre d'une
comparaison avec le second. Comme le Soleil
chasse les ténèbres, ainsi la Science chasse
l'erreur.
Il sert aussi à marquer un sou?iait qu'on
fait pour quelqu'un. Ainsi le Ciel vous soit
propice. Ainsi Viea r s soit en aide, Formule
de serment dont on se sert en certaines ren-
contres.
Atssi soiT-it.. Façon de parler ordin.nire,
(lont on se sert pour demander l'accomplisse-
ment de ce que l'on souhaite. Il se met ordi-
nairement à la fin des prières qu'on fait à
Dieu.
Comme air\si soit. Façon déparier ancienne ,
qui signifie, Vu (jue, attendu que, cela (ÎLint
ainsi. Comme ainsi soit tjue
Puisau'ainsïest,puis(ju\tinsiva,s'ilestainsi.
Autres façons de parler dont on se sert à peu
piès dans le même sens.
Ainsi que. adv. De même que. On l'emploie
d'ordinaire dans le commencement des compa-
raisons, .^iusi cjue les rayons du Soleil dissipent
îes nuagss, ainsi la piésence du /'rince dissipe
Us séditions. On s'enf sert aussi dans le discours
ordinaire. Les plaisirs ainsi que les peines
troublent i'iîme.
Aissi QUE, signifie aussi. De la maniera
que, de la façon que. Cela s'est passé ainsi que
je vous l'ai dit.
S'il est ainsi que, signifie aussi, S'il est vrai
que. S'il est aitisi que nous ne soyons créés
que pour sen>ir Dieu. Il vieillit.
A 1 R
AIR. s. m. Celui des quatre Élcmans qui
environne le globe de la terre. L'air est plus
léqerque l'eau. La basse, la haute, la moyenne
ricjion de Vair. Une colonne d'air. La pesan-
teur de l'air. La circulation de l'air. L'air se
dilate, se raréfie. L'haïr se condense, se com-
prime. Le ressort de Vair. L'air fait ressort.
Tout est plein d'air. Cela s'évapore en Vair.
Toute Vétenduc de Vair. La masse de Vair
^ ous respirons Vair. L'air rafraîchit Ici pou-
mons. Se tenir à Vair. Mettre quelque chose à
lair. Exposer à Vair. Tirer un coup en Vair.
On dit poétiquement : Les plaines de l'air.
Le vague des airs. Dans les airs. Au plus liaut
des airs.
On dit en parlant De la température et de l,i
qualité de l'air: Air sain, mahain. Bon air
Jjel air. Giaiid air. Mauvais air. Air doux.
Àir tempéré. Air subtil. Air grossier. Air étouffe,
renf:rmt\ corrompu. Àir contagieux , infecté.
On dit , Aller prendre Vair , pour, Aller se
AIR
promener, aller au grand air; rt sîniple:nem,
Prendre Vair-, pour, Respirer l'air, éire dans
Un lieu où l'on respire un air plus'pur, plus
léger. Changer d'air ^ pour, Clianj;cr de sô-
jour^ afin de respirer un antre air; Prendre
Vair du feu, pour, S'opproclier du feu, afin
de se chaafTi;r comme en passant ; Donner de
Vair à une ckamhrty pour^ En ouvrir les fe-
nêtres, afin que l'air entre et sorte plus lU)re-
nient; Donner de Vair à un muid de vm^pour,
En ôter le bondon , de peur que le vin ne jetlc
s<;s fonds. Et en parlant d'Un homme qui se
donne inutilement d(; la peine pour quelque
chose, on dit, qu'// ne fut que battre Voir.
On dit d'Une cloche , qu*£(/e fend Vairj ei
par extension, cela se dit d'Un oiseau qu: vole
rapidement , <rUn cheval lancé à la course ,
d'Un lioninie qui court très-vite.
On dit qu't/» nomme a porte U mouvais air
en quelque endroit, pour, qu'il y a porté la
contagion.
On dit, Prendre h matwais air ^ pour, Ga-
gnei le mal contagieux. On dit figurément Jans
le sens moral, L'air du monde est contagieux: ,
pour , que La fréquentation du monde peut
aisément nuire ;i l'innocence.
On dit, Avoir toujours le pied en Vair, un
pied en Vair^ pour, Être; -ton jours prêt à partir,
k courir, h sauter," à danser.
0:1 dit qu'Lne chose est en Vair y toute eu
l'air, pour, qu'Elle ne paroit presque soutenue
de rien. Un cabinet en Vair. Un escalier qui
est tout en Vair. Un bâtiment qui paroit tout
enVair.
Et figuràment , en parlant d'Un homm<
dont la fortuiie n'est soutenue de rien de so-
lide, on dit, que Toute sa fortune est en Vair.
On dit figurément Des contes en Vair, en
parbnt d'Un discours qui n'a ni vérité, nifon-
dcroont. Ce récit est un conte en Vair. Vom
nous faites des contes en Vair. Et on dit, îiai-
sonncnient en Vair^ d'Un raisonnement qui ne
porte sur rien. Voilà bien ce qui s'appelle rai-
sonner en l'air. On dit dans le même sens,
Craintes en Vair, espérances en Vair; paroles,
menaces, projets en Vair.
Air, se prend aussi pour Vent, Il ne fait
point d'air. Il y a do Vair. Il n'y a point du
tout d'air, pas un hrin d\iir.
On dit d'Une fente, d'une ouverture d'où il
vient quelque vent, Il y a un air, il vient de
Vair par-là.
On dit aussi, Vue fente d'air. Vne vieille
croisée où il y a des fentes d'air, pour. Dont
les montures mal jointes laissent passer de Vaiv.
En parlant d'Une aflairc qui est siu" le Bu-
reau, devant les Juges, on dit, que L'air du
Uuràau est favorable à quelqu'un, pour mar-
quer, que r.e fjui paroit du sentiment des
Juges, fait croire qu'il gagnera son procès; et
que L'air du Bureau n'est pas pour lui, pour
marquer, qu'Où croit qu'il le perdra. La même
phrase s'emploie dans toutes les affaires qui
sont h la décision des hommes.
AiB , signifie aussi , Manière , façon ; et il se
dit De la manièie de parler, d'agir, de mar
AIR
cher, de se tenir, de s'habiller, de se conduire
Hans le monde ; et généralement de tout ce qui
regarde le maintien, la contenance, la mine,
le port, la grâce, et toutes les façons de faire.
Marcher de bon air, de mauvais air. $e tenir,
snabiller, se mettre de bon air, de mauvais
air, d'un air ridicule. A Vair dont il marche,
dont il entre, dont il se met, on Toit qui il est.
De Vair dont il parle, dont il onit , dont il se
conduit, on peut jujcr que... De Vair dont il
va, dont il vit, il ne durera pas lonq-tcmps.
De Vair dont il s'y prend, il aura de la peine
à réussir. L'air qu'il prend avec ces qens-là na
lui réussira pas. L'air dont il fait toutes choses.
Dire les choses d'un certain air. Il a un cci-
lain air de dire les choses qui fait qu'on ne s'en
fiche point. On juqe à son atr. On voit à son
nir. Avoir bon air, méchant air, mauvais air.
Avoir Vair noble, Vair spirituel, Vair qr and y
ffvand air, Vair du monde, Vair de la Cour^
Vair querrier, Vair d'un homme de qualité^
Vair d'un honnête homme. Avoir Vair d'un fri-
pon. Avoir Vair aqréable, Vair aisé, l'air qra-
tieux, Vair enfantin, Vair enjoué, Vair tadia.
As'oir Vair bas, Vair simple, Vair niais, Vuir
ridicule. Tiiir provincûil, Vair bourqeois y Vair
écolier, Vair d'un écolier, l'uir d'an vaurien,
Vair embarrassé, Vair enqoncé , Vair rcfro-
qné, Vair sombre, l'air triste, Vair chaqrin,
Vair méprisant, Vair hautain. Elle a Vair con-
lenf, et Tair contente. Il a Vair persuadé de ce
(ju'on lui dit.
On dit d'Un bomme, que C'est un homme
du qrand air, pour, qull vît h la manière des
Grands; et d'Une chose, qu'EVe u un nrand
mr, ([u'eile a qrand air, pour, qu'LlIe a une
belle et grande apparence.
On dit, Avoir Vair bon, Vair ma»i'fu5,pour,
Avoir la mine d'un bon homme, ou d'un mé-
chant homme.
Ain. dans le sens d'apparence, se dit aussi
dans ces phrases : Avoir un air de qrandeur,
de noblesse, de supériorité. Affecter un air de
maître, un air de capacité. Avoir un air de
malinnité , de malpropreté. Il y a un air de
niaqnificcnce dans cette maison. Se donner un
air de bel esprit, un air d'opulence.
On dit , >^v»oir ï*air d la danse , pour ,
Avoir de la disposition pour danser de bonne
grice.
On dit aussi figurément et iamilièremcnt,
.ivoir r.jrr à la danse, pour, Avoir l'aïr vif,
éveillé, et avoir de la disposition à réussir à ce
ijuon fuit.
Ou dit qu'Un homme a bien Vair de faiiv:
une chose, ou de ne pas la faire, pour, qu'Oii
juge qu'il la fera, ou qu'il ne la fera pas. il a
bien Vair de nous fiire attendre, il a bien Vaîr
de ne pas venir, de nous cacher quelque chose,
de se moquer de nous.
On dit. Les qens du bel air, les qena dti
qrand air; et cela ne se dit ordinairement
qu'eu raillerie, en parlant De ceux qu'on pré-
tend qui se veulent distinguer des autres par
'des manii^res plus recherchées, plus polies, ou
m me plus libres, dans leurs habits et daus
AIR
leurs façons de Êiirc. On dit dans le même sens,
Messieurs iu bel air, Messieurs du cjrand air.
■ On dit i peu près dans le même sens, ei
toujours en mauvaise part, Prendre des airs,
se donner des airs. On dit aussi, Prendre des
airs, se donner des airs de Mailre, de Aa-
vant, de Bel esjirit, pour. Vouloir s'altribuei
sans raison une autorité de Maitrc, afîccter da
passer pour Savant , pour Bel esprit , <juoi-
qu'on ne le soit pas; Se donner de grands airs,
pour, Prendre un ton, dis manières, un exté-
rieur de faste , au-dessus de son état ou île sa
naissance.
On dit, Avoir des airs penchés, prendre des
airs penchés, pour, Affecter des moiivcmens
de la létc et du corps, pour tdcher de plaire. Il
est du style familier.
On dit, que Tout y va du bel air^duqrand
air, pour, que Tout se passe avec magnificence
dans une Cour, dans la maison d'un grand Sei-
gneur, d'un homme riche.
Ajr, se dit aussi d'Une certaine ressem-
blance qui résulte de tonte la personne, et par-
ticulièrement des traits du visage. Ils ont bien
tle Vair, beaucoup (i'nir l'un de Vautre. Il a
beaucoup de votre air. Un l^einlre qui prend
bien , qui Attrape bien l'air du visaqe. ' On
voit tous les traits de son visage dans ce por-
trait, mais Vair n'y est pas. On dit, Amir de
Vair, un fiiux air dti quelqu^un, pour, Avoiï
*juelt|Ue ressemblance arec lui.
On dit en termes de PeiutiU'e, de Sculpture,
Un air de tête, des airs de tête, pour. L'atti-
tude 'd'une tcte, la manière dont ime tête e^
dessinée. De beaux airs de tête, de grands air\
de lê:e, de vilains airs de tête.
Avoir tout Vair. Façon de parler familière,
usitée pour dire, Grande apparence, resscm"
blance frappante. Celle oneuilole a tout Vai\
d'un cotite. Cette maladie m'a tout Vair d'ètri
sérieuse.
Am , en termes de Manège , se dit Des allurei
d'un cheval ; et en ce sens on dit, cju't/n che-
val va à tous airs, pour dire, qu'Où le manit
CQuune on veut.
Ain, en termes de Musique, se dit d'Un<
suite de tons oui composent un chant, suivant
les règles de l'art. Air gui, air triste. Air nou-
veau, air ancien, air vieu.x. Un bel air , un
grand air, un petit air. Un air connu. Un aii
à la mode. Un air de sarabande. Un air dt
violon. Un air de ballet. Composer un air,
apprendre un air. Chanter un air, faire un ail
sur des paroles. Faire des paroles sur un air.
L'air va bien aux paroles.
On dit De quelqu'un qui ne chante pas
exactement un air, qui détonne, qu'/I n'est
pas dans Vair,
Il se dit aussi Du chant et des paroles tout
ensemble. Un air à boire. V.n livre d'airs.
Apprendre un air nouveau.
AIR I.M L.-\XnUBLE. Voy. Gaz.
AlUAir*. s. m. Cuivre, métal de couleur
souge^tre. Chaudron dairain. Poêle d'airain.
rravailler en airain. Graver sur l'airain, l'ia-
ÇUf li'nirain.
Aïs
Selon la Fable, il y a eu Un siècle l'airain
un uqe d'airain, que l'eu met entre le siécl
d'argent et le siècle de fer.
Ouditfigurénient, Un siècle d'uirain,poui
Un temps malheureux et dur j Un ciel d'ai
rain, pour dire, Une constitution de temp
5(C et aride , où il ne pleut point, où il ne lomb
ni pluie ni rosée; et Un front d'airam, pour
Une extrême impudence. Cet homtiiç a ui
front d'airain. Il faut avoir un front d'airain
pour oser.. ..
On dit d'Un 'lomme dur et in.pitoyable
qu'il a un cttur, des entrailles d'airain.
On dit iigurément, que Les injures s'écri
vent sur Vairaln, et les bienfaits sur le sable
pour, qu'On oublie aisément les bienfaits, ei
qu'on se souvient long-temps des injures. Ll
mot d'airain est plus noble et plus poétique
i]ue celui de cuivre.
.■\[RF.. s. f. Place qu'on a unie et préparé!
poui Y battre les grains. L'aire d'une grange.
Airt à battre les grains.
On d t en termes d'Architecture, i'aire d'un
bâtiment, pour, L'espace contenu entre le;
murs d'un bitinu.'nu
IJn dit en termes de Marine, Une aire di
vent, pour, L'espace marqué dans la boussole
pour chacun des trente-deux vents.
Aire , se dit aussi Du nid des oiseaux dfl
proie, parce qu'ils font ordinairement leur nid
sur un terrain plat et découvert. Les aiglei
font toujours leur aire en même lieu. Un fau-
con de bonne aire.
AiiiE, en termes de Géométrie, signifie L es-
pace qu'une figure renferme. L'aire d'un trian-
gle. L'aire d'un carré. L'aire d'un cercle.
AIRÉE. s. f. La quantité de gerbes qu'on
met en une fois dans l'aire. Une airée de fro-
ment , de st'inle, etc.
AIRELLE ou MIR'HLLE. s. f. Arbrisseau
jui porte une petite baie molle et noirâtre,
dont on fait usage en Médecine.
AIRER. V. a. Faire son nid, en parlant De
tertains oiseaux de proie.
AinÉ, £E. participe.
Aïs
AI.S. s. m. Planche de bois. Ais de chine, dt
liéire, de sapin. A'is de six pieds, de neuf pieds,
de douze pieds. Faire des ais. Scier des ais.
Scieur d'ais. Cloison d'ais.
Ou appelle Ais de bateau, Des ais qui ont
lervi à la construction d'un bateau. Cloison
d'ais de bateau.
En termes de jeu de Paume, on appelle Un
roup d'ais. Le coup que la balle donne de vo-
lée dans un ais qui est du cote du service. Voilà
un beau coup d'ais.
AISANCE, s. f . Facilité , liberté d'esprit et
de corps dans l'action, dans les manières, dans
le commerce de la vie. Faire toutes choses avec
une grande aisance, avec beaucoup d'aisance.
L'aisance avec laquelle il se démêle des choses
les plus diijicilei. L'aisarKC q<Al a dans ses
manières.
AIS 39
On dît, qu't/n homme vît avec aisance^
qu'il a de Valsancc, pour dire, tjull subsiste
conimodénicm, <|u'il a de quoi jouir des com-
modités de la vie.
AisANcus , se dit au pluriel d'Un Heu prati-
qué dans une maison, pour y satisfaire les be-
soins naturels. Les aisances d^une maison. Ca-
binet d'ai$anccs.
AISE. s. f. Contentement , sentiment de
j©!e, de plaisir, émotion douce et agrcahle,
causée par la présence, par la possession d'un
hicn. Être ravi d'aise, tressaillir d'aisCj être
trauspurtê d'aise. Il ne se sent pas d'aise.
Ai.sE, signifie aussi Commodité, état com-
mode t;t agréable. Etre à son aise, hien à son
aise. Vous ctes là bien à votre aise. 5c mettre
à son aise. Mettre les antres à Vaise, à leur
aise. J ravadhr à son aise. C^cst un Jwmme
a(jreable et commode^ avec <jui on est toujours
il son aise. Je ferai cela à mon aise.
Kn parlant d'Un homme qui est dans raI)on-
dance selon £a condition, on dit, qu'il est à
ton aisCy qu'il vit à son utse, qu'ii est fort à
{'aise : et en parlant d'Un homme riche qui a
toujours de légères incommodités, on dit pro-
rcibialement, qu7/ n'est malade qiée de trop
d'aise.
On dit familièrement et proverbialement,
A'en prendre t^u'a son aise, pour,IN'e faire que
ce qui plait, sans se f;cncr, sans se fatiguer.
Quand un homme donne quelque conseil
difficile à pratiquer, et dont il est hors d'élat
d'avoir besoin, on lui dit^ Vous en parlez hic i
à votre aise.
On dit, Aimer ses aises, cJiercher ses aîse&,
prendre ses aîses. On n'a pas toutes ses aise^ en
ce monde. Et ce n'est guère que dans ces sortes
de phrases, qu'aises se dit au pluriel , pour si-
gnifier Les commodités de la vie.
À l'aise. Façon de parler adverbiale. Com-
modément, facilement, sans peine. Vn cheval
(jui porte à Vaise, qui va à l'aise. On est frt à
l'aise, flirt à son aise dans ce fauteuil-là. Une
porte (^ui s'outre à Taise. Il tient six personnes
à Vaise dans ce carrosse. On y va à l'aise dans
un jour.
On dit proTcrbîalement, Paix et aise^ pour,
Doucement, paisildemcnt , commodément. /!
n'a pas un qrand bien., mais il vit chez lut
paix et aise. Je ne demande que paix et aise.
pour dire, Je ne demande qu'une vîc tran-
quille, sans contrainte et sans soins.
Aise. adj. des a genres. Qui a de la joie j
qui est content. Que je suis aise de vous avoir
rencontré! Je suis bien aise rfe vous voir en
bonne santé, j'en suis très-aise, extrêmement
.Ji'sc, infiniment aise y on ne peut pas plus oî:c,
j'en suis aîse au dernier point II ne se sent
yasj tant il est aise. Que je suis aise de cette
nouvelle! Aous en sommes bien aises. Eile en
est fort aise.
AISÉ, ÉE. adj. Facili'. Cela est aisé, bien
aisé, c'est une chose aisée. H n'y a rien de si
aisé. Des moyens courts et aisés. Voilà le c/ic-
min te plus aisé. Une chose aisée à faire. Cela
e$t aise à faire. Cela n était pas aisé à trouver.
4o AJO
Unf Utire (jni n'est pas aisée à lire. U n'est pat
■aisé de bien écrire.
Aisé, signifie aussi, Commode. Vue roi-
lure aisée. Un cheval ijui a îles allures aisées.
On dit» Une dévotion aisée ^ poiir, Une dé-
votion reljchée. Et quelquefois aussi on le dii
par opposition à Uévotioii cli ^rine et trop
austère.
On dit, .^voir le.; manières aiiées, la con-
versation iiisécy pour, Avoir des maniiTos d a-
gir faciles, et où il n'y a rien de contraint, i-ien
de gênant; avoir une convcisati)n facile el
agréible; Avoir l'aprit aisé, pn-jr. Imaginer,
concevoir, s'expliquer facilement; Avoir un
style aisé, pour, Écrire d'une maiière natu-
relle, claire, inlelliphie, et qui paroit n'avoir
point donné de peine. Et ou dit. Des vers
aisés, nour, Des vers qui paroissent faits sans
peine, qui ne sentent point le travail.
On dit, Une taille aisée, pour, Une taille
libre, dégagée; et on d:t dans le même sens.
Un air aisé.
AisK, ÉE, sîiïQifie aussi, Qui est à son aise,
qui est riche dans une condition médiocre. Un
hourqcois aisé. C'est un homme aisé, fort aisé.
U est aussi S'il;stantif. l.a taxe des aisés. Ou
Va mis sur le r^'lc di'.s aisés.
AlSEMEN !'. s. m. Commodité. Il est vieux,
et ne se dit p!us que dans cotte phrase prover-
hialf, À son j)oint et aisément, à ses bons.
points et aiseinens, pour, A son aise, à son
loisir, à sa commodité.
*3.SÉM^^''^. fidv. I-"acllen;enl. J'en viendrai
aisément à hont. Travailler aisément. Faire ai-
iémcnl des vers,
U siqniâc aussi, Commodément. .Ainsi on
dit, quT'n cheval va aisément, pour, qu'il a
les allures douces, commodes et aisées.
Al.SSELLK. s. f. Le dessoi/s (tu liras à l'en-
droit ou il se joint à l'cpitule. L\iisselle droite.
L'aisselle qaut,}ic. Porter (juelouc chose sous
ses aisselles.
AISSIEU. Voyez Essieu.
AIT
AITIGLOGIL. s. f.(Ti se prononce comme
tLins Tirer. ) Terme de Médecine. Traité de l.i
cause des Maladies. Voyez Étiulogie.
AJ O
AJO'C. s. m. Arljuîtte ji fleius lé^nâ-
neuscs de couleur jaunj , et garni de piquans.
On l'appelle aussi Jonc marin. Voyez ce mot.
AJOURÉ, l-.E. adj Terme de Bla.son. Il se
dit Des pièces percées ii jour.
AJOURNEMENT, s. m. Terme de Pratique,
.assignation. Kjrploit d'ajournement. Ajourne-
ment fait à domicile, fuit à personne.
Ou appelle Ajournement personnel , Une
assignation donnée U quelqu'un U compaixiilrc
en personne, pour répondie sur les faits dont
d est accusé, l-éccrncr un ajournement person-
nel. Décréter d'ajournement personnel.
AJOURNER. V. a. Assigner quelqu'un k
A. TU
certain Jour en Justice. Ajourner par exploit.
.ajourner à comparcîlre devant j etc. Ajourner
devant le Lieutenant Cii-il, l' aire- ajourner.
Ajourner à son de (rompe. Ajourner à trots
hrieft jours. Ajourner des témoins. Ajourner
niiehfu'un_pour dire ses causes d'opposition.
(Jn dit, Ajourner une affaire, une (jnestitm,
une discussion^ pour, Les renvoyer à un ccr-
laîii jour, ou ix un temps indéterminé.
AjocnNÉ, i:e. participe.
AJOUTAiJIi;. s. m. Adjonction, chose ajou-
t;-e à r;ne antre.
AJOUTI'-R. V, a. Mettre quelque cLose de
plus. Joindre une cliôse a une autre. Faire ad-
dition d'un nombre. Ce passaqc a été ajouté à
ce livre. Il a njouté de r.ouvcaux legs à son tes-
tament. A toutes ces raisons ajoutez (jue
Ajoutez à cela (^ue.Je n'ajouterai plus cfu^un
mot. Sa compagnie n^étoit oue de trente soL
dats^ il en a ajouté encore dix.
On dit, Ajouter au conte, et ajouter à la
lettre, pour, Amplifier un conte par des cir-
constances inventées.
On dit, ^jowfer pi à quelqu'un, ajouter f>\
à (fue\(jue chose, pour, Croire ce que quel-
qu'un dit, croire quelque chose. On peut lu
ajouter fi. Il tu: faut pas lui ajouter foi iroji
léqèrcmcnt. /Ijonte-Zi-vou/ fci à ces choses-là:
{*ous pouvez ajouter foi à loutcequ'il vous dira.
Ajouté , ée. participe.
En 5Iustque, il se dit d'Un son ajouté à un
autre, dont il ne fait pas partie essenlieUo,
** û te aiouîce.
AJOUTOIR s. m. Voyez Ajutage.
A J U
A.TUSTEMENT. s. m. Action par laquelle
nn ajuste quelque chose. L'ajustement d*un
poids, d'une mesure, d\ine machine.
Il signifie aussi, Accommodement. Cher-
cher , Iroui'er des ajustcmcns dans quclqu<i
a-Ji.ire, pour, Che»"'*her, trouver quelque voie,
ijuelqi''" moyen, quelque expédient, quelque
Icmpcrnrrient, poiu- concilier deux personnes,
pour accommoder quehjue aflaire.
U siij;nifie encore, Panirc. Elle n'est pas
hcUe , elle a besoin d^ajttstement. Un peu d'a-
|usfemcnt lui sied bien. Elle est si jeune et si
'elle, qu'il ne lui faut pas grand ajustement.
On dit, l'aire des ajustemens à une ma'
cy.me, pour, Y .ijouter quelque fiicilité de plus;
et Faire des ajustemens à une maison, pour,
L'orner. On se passeroit bien de tous ces ajus-
temens, de tant d'ajustemens.
Ajuster, t. a. Rendre un poids ou une
mesure juste. Ajuster une mesure sur l étalon.
Ajuster un boisseau, un miaot, une balance,
mr Vetalon.
U signifie aussi, Accommoder une chose,
en sorte r^u'elle convienne à une autre , et
qu'cilc y ^.v.t propre. Ajuster une barre à nne
fcnétrt, un ccufcrclc ri une boîte. Ajuster une
vis à un écrou. Il signifie aussi , Mettre une
chose en état de bien faiie son effet. Ajuster
un ressort, Ajuster une arquebuse pour tirer.
AJU
On dit ^hst)lumciit, Ajuster, pour dire,
Viser juste. le qibicr est parti trop v te , je
n'ai pas eu le temps d'ajuster. En ce sens, il
se prend aussi activement. Ajuster une per-
drix,, ajuster son fusil, son coup.
Ou dit, en termes de Manège, Ajuster un
cheval sur les voltes; l'ajuster à toutes sortes
d^aire de manège.
AjfSTER , avec le pronom personnel, signi-
fie. Se préparer à faire quelque chose, se mettre
en état , en poslurs de fuirc quelque cliose. S'a-
juster pour tirer au blanc. S'ajuster pour
courre la bague. Les joueurs de mail sont long-
temps à s'ajuster ; our frapper la boule. En ce
sens il se met toujours avec le pronom per-
sonnel.
On dit , que Pes gens se sont ajustés, pour,
qu'Us sont de concert pour quelque dessein.
Ils se sont ajustés ensemble pour cela. Et on
dit, Leurs humeurs sont trop diffêrcTitcs , ils
ne sauront jamais s'ujusler, pour, Us ne sau-
ront jamais convenir l'un avec Taulre.
6'ûjus!cr au temps, S'y accommoder.
On dit aussi, Ajuster toutes choses pour
juclque d&sseîn, pour. Prendre des mesures
l^jour faire réussir uu dessein.
On dit, Ajuster deux personnes, pour, Les
concilier, les foire convenir ensemble, faire
qu'elles soient d'accord touchantqaclquechose,
il est difjicile de les ajuster l'un avec Vautre.
Il nV a que vous qui les puissiez ajuster.
On dit aussi, Ajuster un différent, pour^
i-e terminer à l'dmiiJj'o-
On d-H, en matière de dispute sur quelque
■)oint de Doctrine, Ajuster des passages qw
.'aroissent opposés, pour. Les concilier ensem-
i>le, faire voir qu'ils n'ont qu'un même sens.
Comment ajustercz^vous ces passages opposes?
On dit proverbialement, Ajustez vos fiiites ,
soit en parlant ù un homme qui ne paroii pas
')ien d'accord avec lui-même dans ce qu'il dit,
'oit en parlant à plusieurs personnes qui ne
convicnnenl pas des moyens de faire réussir
quelque chose.
On d'il, Ajuster une pièce au Ihédtre, pour,
lia rendre propre au Théûtre. On le dit aussi
fgurément et familièrement, pour. Raconter
inie chose, en la tournant à sa fantaisie, pour
servir au dessein qu on a. Il ajuste au 1 liéâtre
iout ce qu''il dit.
Ajuster , Embellir par des ajusicmens. Il a
!'-ien ajusté sa maison, i^oilà une chambre bien
ajustée. 'Vous avez bien ajusté votre cabinet,
votre jardin.
Il se dit aussi en parlant De la parure dans
l'habillement; el en ce sens il se dit principa-
leraeni des femnies. Une femme qu,i est deux
heures à sa toilette., à s ajuster. Ses femmes de
chambre ne peuvent jamais venir à bout de
l'ajuster à son qré.
Ajuster, se dit ironiquement en dilTcrentea
sgnifications , selon les difTérrntes matières
dont il s'agi\ Ainsi ru p.Trlant d'Un homme
qui a perdu son procès, qui a été condamné
au\ dépeîis. on dit qu'(>n Va bien ajusté,
qu'on Va ajusté de toutes pièces. Dans le slyU
AL A
familier, on dit à quelqu'un que l'on mcprise :
Si je vais là , je vous ajuslerai comme il juut.
Etcnpailint il'L'n homme qui a élô écIaboussL*,
et dout riial.it est couvert de boue, on dit,
Voilà votre hahit bien ajusté, vous voilà bien
ajusté.
Ajouté, "ée. participe.
ATUSTOIIt. s. m. Petite Lalance où l'on
pi'Sc et ajuste les monnoios avant que de les
marquer.
AJUTAGE , s. m. ou AJOtrrOIU. Quel-
C|iics-uns ûcrivcut AJUTOIR. (Le premier est
le meilleur.) Petit tuyau de cuivre monte â vis
sur une souche de même métal , que l'on soude
ou tuyau de plomb d'une fontaine, d'un jet
d'eau , pour en former le jet gros ou menu ,
s.'lon l"ouverttu"e qu'on lui donne. Gros flj«-
tagc. Petit ajutage. Àjutane à tclc d'arrosoir.
fl'fiiut mettre un plus qros, un plus petit aju-
tage à cette fontaine. L'ajutoir est troV petit.
ALA
ALAISE. Voyez Alèze.
ALAMBIC, s. m. Sorte de vaisseau qui sert
& distiller, et qui est composé d'une cucurbite
et d'un chapiteau. Plusieurs écrivent Ai.embic.
Alambic de verre. Alambic de cutVre. Alambic
de terre. Le hcc d'un alambic. Le col d\tn
alamhic. Il f.nt mettre cela à l'alambic. Tirer
à Valambic. Tirer par Valambic. Passer par
Valamhic. liepasscr par Valambic.
<in dit fîgurcment, qu'Une afpnre a j:ass6
par Valambic y pour, qu'Elle a été examinée
HTCC un grand soin, avec une grande exacti-
tude, qu'elle a été discutée et approfondie.
ALXMBIQUER. v. a. ïl nesl d'usage qu'au
figuré , et presque toujours avec le pronom
personnel, comme dans ces phrases : Alamhî-
tjuer r«prit, s'alamhiquer l'esprit, qui signi-
fient, Fatiguer l'esprit, se fatiguer l'esprit,
épuiser son esprit par une trop grande appli-
rplion à des choses abs:railes. trop subtile^ et
trop raffinées. S'alambiancr Vesprit mal à pro-
pos sur des (juestions épineuses , difficiles ,
inutiles. S\dambiguer la cervelle. Des gues-
tions gui ne sont bonnes flu'à alamhiguer Ves-
jvrit. A 'aï/es point vous alamhiguer Vesprit
intitifernent. Ces gueslions ne servent gu^à
iilambiguer Vesprit. Cela n''a servi ou'à lui
alambiguer Vesprit.
r.D l'emploie quelquefois d'une jnanière ab-
solue. Du:is ces sortes de matières ^ il ne s*aqii
pas d'alambiquer. Allez au fait, sans alambi-
guer plus long-temps. Ou sous-entend le sujet,
la pensée.
Alambiqce, ée, participe. Il ne se dit que
Des questions, des pensées, des réflexions trop
•ubtiles et trop raffinées, l'iscours alambigué.
ALARCiUIiR. V. n. Se mettre au large, s'é-
loigner de la côte ou de quelque vaisseau.
ALAntui:, f.e. participe.
ALARME, s. f.Cri, signal pour faire courir
aux aruK». Chaude a/arme. Fausse alarme.
Sonner Valarnie. Donner Valarme.
Il se dit aussi d*Une cfmotion causée dans un
Tome 7.
ALB
camp, dans une place de guen'C, à l'approrlip
ou sur le bruit de l'approche des ennemis.
L*alarme est au Quartier y l\ilurmc est au camp.
Les ennemis nous donnoient de fréguentes
alarmes.
lise ditfigurément De toute sorte de frayeur
et d'épouvante subite. Il a pris Valarme bien
légèrement. Vous nous avez donné Valarme
bien chaude^ bien des alarmes. On dit aussi
fif^urément , Une fausse alarme, pour. Une
vaine craint-, une peur sans sujet. Et prover-
bialemonl et figurément, en parlant De quel-
que chose qui mot tout d'un coup dans une
grande inquiétude, on dit, que L'alarme est au
camp.
Alaiime, se dit aussi pour lnr|uiétnde ,
souci , cliii;rin ; et en ce sens 1 » emploie d'or-
dinaire au pluriel. // est dans de grayider
alarmes y dans de ierribles cïtirmcs, de con-
tinuelles alarmer. Il n'est pus encore revenu
de ses alarmes. Cela lui donne des alarmes se
crêtes.
Ou dit aussi poétiquement, Au milieu de\
alarmes, nourri dans les alarmes, pour, Au
milieu des combats, élevé dans les dangers de
la guerre.
ALARMER, v. a. Donner l'alarme, causer
de l'émotion , de l'épouvante de l'inquiétude.
Cela va alarmer tout le camp. Il ne ftut pas
gue cela vous alarme. Ne vous alarmez pas d<:
tous ces faux bruits. Il fut fort alarmé de ceiti
nouvelle. Sa maladie nous a alarmés.
S'ALAif.Hn, V. proa S'inquiéter; s'efïiayer.
Être ému. 71 s'alarme sans cesse. On croiroil
guHl aime à s'alarmer. Je ne m*alarme pas du
bruit.
Alamïé, ée. participe.
ALATERNE. s. m. .arbrisseau dont les
feuilles sont rangées alternativement le long des
tiges.
ALB
ALBATT'Z. subs. m. Pierre de la nature du
morbrc, mais plus transparente, et qui est
remplie de veines diversement c:>lorées. L'ai-
biilre le plus estimé vient d'Orient , et se
nomme pour cette raison, Albâtre oriental.
On dit figuréïjient et poétiquement , Vnû
gorge d'ai/xîlre, pour, Une gorge extrêmement
blanche.
ALBERGE.s.f.Espcce de petite pèche pré
coce. Vn panier d'alberqes.
ALBERGIER. s. m. Arbre qui porte des
alberges.
ALBIQUE. s. f. Espèce de craie.
ALBRAN. Voyez îlALDnAN.
ALBRKNÉ. Vojc; Halbi\ené.
ALBUGINÉ, ÉE. adj. Terme d'Anatomie.
Il se dit De certaines nwmbrancs blanches. La
membrane ulbuginée des testicules. La mem-
brane albuginée de Vœil.
ALBUGLNEUX, EUSE. adj. Terme d'Ana-
tomie. Oui est de couleur blanche.
ALBUGO. sultft. féminin. Terme de Méde-
cine. Tache blauclie qui se forme à l'œil sur la
cornée.
ALC 4i
ALBUIM. s. m. (On prononce Albàm.) Mo*
emprunté du Latin. Il se dit d'Un cahier que
|)oi-teut les voyageurs . sur lequel ils engagent
les personnes illustres h écrire leur nom , et or-
dinairement avec une sentence. Ce jeune Alle-
mand vous prie de vous inscrire sur son Album.
ALC
ALCADE. R. m. Mot emprunté de l'Arabe.
Nom qu'on donne à un Jw^c en Espagne.
ALCAÏQUE. adj. Il se dit d'Un vers grec
iuv( nié par Alcée , et adopté par les Latins,
dont voici un exemple :
Civlo tonantem credidimus J ovem.
ALCALI, s. m. Mol composé de deux moK
Arabes , savoir de l'article ai, le, et de îcu/i ,
qui est une plante que l'on nomme en françois
onde. Ce mot eslcnq)Ioyi= géncrîquement dans
la Chimie pour désigner un sel que l'on rctii-e
des cendres des plantes, après qu'elles ont clé
brûlées. On dislingue deux espèces d'Alcalis ;
l'un s'appelle /llcah fixe., ainsi nomme, parce
'pie l'action du feu le fond sans le dissiper ;
l'autre s'appelle Alcali volatil., parce que la
moindre clialeur le dissipe ou le volatilise : ce
d'Mtiier se lire des animaux. Les sels alcalis
fivs inqirijucnt sur la langue une sensation
semblable à celle d'une brûlure; c'est pour
cela qu'on les nomme quelquefois Sels causti-
gues. On les nomme aussi Sels ïixiVtcîi, parce
qu'on les relire des cendres des plantes en \tê
lapant. Tous les Alcalis ont la propriété de
changer en vert la couleur bleue des fleurs; en
(juoiils diffèrent des Acides, auxquels d'ailleurs
ils s'unisserit avec cnîTvciiccnce ; et de celte
union il r.-sulle diflereiis sels neutres,, suivant
les differens Acides que l'on a joints avec les
Alcalis.
ALCALIN, USE. adj. Qui a quelques-unes
des propriétés des Alcalis, t ne substance alca-
line. Une terre alcaline.
ALCALISER. V. a. Terme de Chimie. Dé-
f;ager d'u'i sel neutre, par la voie du feu , la
partie acide qui y étoit contenue, de manièic
qu n ne reste plus que la partie alcaline.
AlCAusÉ, ée. participe.
ALGANTAR.\. s. m. Oidre militaire d'Es-
pagne, institué en i i^o. On nommoit ancien'
nement les Chr.valiers d'Alrantara ^ Chevaliers
du Poirier.
ALCHnnE. s. f. :Mot qui proprement ne
signifie que la Chimie, étant composé de l'arti-
cle al et de ciu'mi'e. Il se dit De la partie mysté-
rieuse de la Chimie, qui a pour objet de di*
couvrir la tiansmutaiion des métaux, la pierre
philosophale, etc . et qu'en appelle aussi Phi*
losophie hcrmétiguc.
ALCHIMILLE. Voyez Pied-de-lion.
ALCHIMISTE, subs. m. Celui qui cullire
l'Alchimie.
ALCOHOL. subs. m. Tcnne de Chimie em-
prunté de r.Vrabc. Poudre impalpable ou ex-
ir^mement divisée. On «'en sert quelquefois
pour désigner rcsprit-dc-vin parfaitement dô-
6
42
ALE
flegme , c'cst-à-'dire , dê;;aj;é dé sa partie aqucjse.
C'est ainsi qu'on <!it le Vtsprit-de-vin alcoho-
iiséy ou /'e Viilcohol de vin,
ALCOHUiaSKR. V. a. Terme de Cliimie.
Réduire en poudre 'mpulpahle.
AlcohOiMsk. Éî:. participe.
AI/:tH\ \?i. s. m. Mot Arabe/Le Livre qui
coiiliont l;iLoide Mahcnct. On rappellcencore
Korati. Lire VJlcoran.
Alcohan, signifie dans son orîf;ine Le livre
Al est raiticlc. el Uotati veut dire livre.
Il ii^iiide aussi La Loi de Maiioniet con-
tenue dans l'Alcoran. Abjurer VJlcoran.
On dit familiircnirni , eii parl-mt d'Une
cliose à latpielltî on n'entend rien, ;'c n'y cn-
tetttls vas jihtn au'ii /'.'Zcorrtn.
ALCÛVK. s. f. Enfoncerr.enI piatiquo d;ins
une chambre pour y placer un Ht. Aluuve dotvc.
Vue belle ulcvi'C. Une alcôve maqtMiique.
ALCYO>. s. m. Oiseau de mer. Les Pcetes
ont feint fjuc les alcyons rendaient la mer
calme pendant (juils jaisoient leurs nids.
ALCVOMEN, lENNE. adj. Appartenant i-
l'Alcyon. Il n'est d'usage qu'en cette ph«ase ,
Les jxiurs alcy oniens , qui sont sepi joiirsavanl
h; solstice d'hiver^ et rept iours après pendant
lesquels on dit que l'Alcyon fait sou nid, el
C[ue la mer est oïdiuairement calme.
ALD
ALDCBARAM. aubs. m. Mot emprunté d.
l'Arabe. Nom d'une iloile fixe de la premicn'
t;raudetir, i^iii csi duis l'œii du l'auiean.
ALUl-^K. s, f. Nom qu'on donne aux buur/;^
et aux vilb'gcs i la côte de Coromandcl , et ail
leurs.
ALDERMAN. s. m. Nom qu'on donne ci
Angleterre à certains Officiers municipaux.
ALE
ALEGRE. adj. drs v, genres. Qui est dispos,
agile, gai. Il est toujours alègre. Il est sain ei
alègre. Il est du style familier,
ALËGRKMENT. adv. D'une manière alt'f^re.
Marcher alégrement. Allons , compagnons ,
ulégremcnt. Il vieillit.
ALKORESSE. Voyez ALLKcnEssE.
ALK(;JU>. adr. Terme de Musique, qui se
met h la tête d'un air, pour marquer fpie cet
air doit être joué vivement et ^aiment, { On
prononce romnuinémrnt Alléfjro. ) U se prend
aussi substantivi-ment en parlant de l'air môme.
Jouer un alégro.
ALEMBIC. Voyez Alambic.
ALflNE. s. f. Espèce de poinçon de fer,
emmanche dans un morceau de bois rond, et
dont on se seil pour percer le cuir cl pour le
eoudre. Alcnc plate y rondcj carrée. Manche
d'alêne. Les Cordonniers, les Bourreliers y etc
>5 iCrvenl d'alênes. La pointe d'une alêne,
ALI^MER. s. m. O'iui qui fait et vend des
alênes.
ALENTOUR, adv. Aux environ». Tourner
^leniour. Lcg échos d'alentour, lei bois d'alcn'
taur.
ALG
Alentouhs. s. m. pi. Ce sont les lieux cîi-
ronvoisins. Les alentours de ce château sont
>na{jmlU\ues,
Il se dit aussi De ceux qui vivent familiè-
rement, qui sont en liaison avec une personne
Si vous voulez réussir Uuprcs de ce Ministre
assurez-vous de ses alentours. Ce fut par se
alentours tjue Von pénétra son secret.
ALl'^RION. s. m. Tt-rnie de Blason. Petit aiglon
'pi'on reprcacnte avec les ailes étendue*», e!
sans b('( ni pieds.
ALERTE, adverbe. Debout, sovez sur vos
gardes, prenez garde à vous, AleitCj alerte.
ioldats.
ALERTE, adj. des ?. genres. Qui est vigi-
lant, et qui se tient sur ses gardes. On ne h
surprendra pas aisément, il c$t toujours aleite.
U signifie aussi, (iai, vif; et il se dit d Un
jeune garçon et d'une jeune fille. Un jeune
garçon alerte. Vnc ,euMe fille alerte.
Il se prend aussi substantivement, el alors
il est féminin. Vonner une vive fllerle, Aohj
(iv'ons eu cette nuit trois ou (juatre alertes.
ALEU. Voyez Ajjleu.
ALEVIP*. s. m. Menu poisson qui sert a
peupler les ëtanj^s. Il faut jeter de l'alevin dant
cet étang.
ALEVINER. V. a. Jeter de l'alevin dans un
étang. Aleviner un étang.
Aleviné, ék. participe.
ALEX-iNDUIN. adj. ï! n'est d'usage qu«
d;ms cette plinse, Vers Alcruridrins ., Veii
■^anvois de douze syllabes dans les rimes mas-
uiines, et de treiie ^yl!al.es dani iea lîmes le-
iniuines. L"S Iragetlies^ les l^oémrs Epiques
•^e font ordinairement enVers Alej:andrins.Li
césure y le repos du Vits ^le.Tû/idrin doit êtri
tmmédiatement après la sixième syllabe. Lei
i^ers Alexandrins sont aussi appelés Vers Hé-
roïques.
ALEXIPHARMAQ0E ou ALEXITÈRK
idj. des 2 genres. Il se dit Des remèdes contre
les venins. U s'emploie aussi substantivemenL
Un bon Alcxipharmaguc.
ALEZAN, 4NE. adj. De ruuleur fau»e, li-
lant sur le roux. Il ne se dit ^ju'en parlant De
elicvaux. Un cheval de poil aletan, Ln chf.va\
alezan. Une cavale alezane. Ln cheval alezan-
brûlé y alezan-moreau , alczun-doré.
Ai.E/.Ar* , est aussi .ubstantif , et signifie Un
clieval de poil alezao II ctoit monté sur un
alciun.
ALÈZE. s. f. Grand linge dont on se sert
pour soulever et tenir [Toprcs des milades el
des femmes en couebe. Les ulèz*s sont ordinal
rernenf de vieux Imge. Envelopper un malade
avec une ulète. Mettre i-nc aléze autour d'un
malade,
ALG
ALGALIE. 5. f. Sorte de sonde.
ALCiANON. s. m. Chaine qu'on met aux
galériens.
ALGARADE.», f. 5ortio bnisque rontîe
quelqu'un. Faire une algarade. Il lui a jnit
miilc algarades. Il est lajnilier.
ALI
ALGÈBRE, s. f. Science du calcul des gran-
deurs en générai , repi-csentécs par les lettre*
de l'alpliabct. y/ppreiu/re V Algèbre. Savoir ÏAX-
gèhre.
On dit figurément d'Un homme qui n'en-
tend rien du tout à une chose dont on parle,
que C'est de V Algèbre pour lui.
ALGEBRIQUE, adj. des 2 genres. Qui ap-
jjarlient i l'Algèbre. Calcul algéhritjue.
ALGELRISTE. s. m. Celui qui sait l'Algè-
bre, qui fait des opérations d'Algèbre. C'eM
un excellent Algébrisle.
ALGUAZIL. s. m. (Cn prononça A Iq ou azii.
Le L final n'est pas muuillc. ) Mot qui a jiassâ
de l'Arabe dans l'ICspa;^nol , el qui se dit p«r
plaisanterie en François, d'un Exemjil ou d'un
.\rcher. // a été arrêté par des Alguazils.
ALGUE, s. f. Sorte d'herbe qui croît dont
la mer, et quelle jette quelquefois sur sei
bords. L'algue et le sable servent à faire une
ejcellcnle diauc conïre la mer,
A L I
ALIBI, s. m. Tenne de Jurisprudence. Om
s'en sert pour dire qu'Une personne ctoit ab-
sente d'un lieu, par la raison qu'elle étoit alors
dans un autre. U n a point d'S au pluriel. Lu
juusseté de cette pièce a été prouvée par un
alibi. Frouver Valihi, Prouver son alibi. Leé
aldn ne sont guère reçus en matière criminelle,
ALIBIFORAIN. s. m. Pn.pos qui n'a poini
le rapport h la chose dont il i-si question. Il eal
familier. Il ne m^a donné que de manvaiset ex~
euses, de mauvaises défaites, des alibiforains.
ALIIÎORON. Voyez MAÎxnE.
ALIDADE. 9. f. Règle mobile qui tonnt*
sur le centre d'un instrument avec lequel oa
prend la mesure des angles. Diriger Volidadt
vers un objet.
ALIENABLE, adj. des 2 genres. Qui m
peut aliéner. Il y a des biens qui ne sont pa$
ûliénahles. C'est une terre substituée, elle n'êsi
pas aliénable.
ALIÉNATION, s. f. Transport de la pro-
Iiriété d'un fonds, ou de ce qui tient lieu de
fonds. /iUcnation d'un domaine^ d'une terre.
(in dit, L'uhénativn des volontés ^ des «r-
prits. pour, L'éloi^nement que des personnes
ont les unes pour les autres ; et llicnation d'é»*
prit, pour. Ei^arement d'esprit, folie.
ALII'.NKR. V. a. Transférer h un autre U
prt)priété d'un fonds, ou de ce qui tient lieu dt
fonds. Aliéner une terre. Aliéner une rente.
mener un domaine. Aliéner des meubles pré-
cieux. Il y a des biens qui ne se peuvent pnê
(lîicMcr. Cest aliéner son argent, que de le pi»'
cer par contrat de constitution.
On dit figurément, y^liéner les affcttont^
les cifurn, les esprits j pour, Faire perdre la
b'"enveill.tncc , rafTcclion , l'estime. Cela lui
aliéna le c^iur des pcujdes. Il a des munièm
hautes qui aliènent les esprits. Il a nlicne les
esprits par ses manières. Les esprits elvient
aliénés.
On dit, Aliéner Vespritj pour, Faire perdm
ALI
Tesprit, rendrr fou, faire devenir foii. Sa der-
nière miilaà'i^ hti u Alèné Vesprit.
Aliéné, éi:. piirticipe. Domaine tihèiié.
Terre aliéncf. Cœurs uliéiiés. Esprits iiîiéiiés.
Avoir l'esprit aliéné.
ALI'iNKME.NT. s. m. ÏJi;iic qu'on donne,
«pi 'on lire, iifin qu'une muniillc, qu'une rue,
qu'une allée, qu'un clieniin , soient diri:;és en
ligne droite. On a pris VuUqnenient de la rue
uu'ort veut biUir. Suivant l'alignement qui en
m été donné. Prendre des aliqnemens. Il a mal
yris ses aliqnemens.
On dit, qu't/n ouvrage de maçonnerie nVsï
pas il\iltqncmcnt ^ jour, qu'il ne va pas en
ligne droile.
ALIGMîU. V. a. R.TUé^ef, dresser sur une
m6nic lif^iio. Il se dit ordinairement Des bàli-
mensetdfs Jardins. On n'a pas bien aligné cette
muraille^ cette allée.
On dit ausïii, Jliqner des aohîalSy Les ran-
ger en lif^nc droite. Aligner le premier r nq. Il
s'emploie aussi avec le pronom personnel. S^a~
ligner. AUgnez-vous.
Aligné, ée. participe.
'ALIMENT, s. niasc. Nourriture, ce qui se
mange, se diffère, et entretient la vie. Le pain
est un bon aliment. Les alimcns les plus sim-
ples sont les plus sains. Des alimens qui se cor-
rompent dans l'estomac. Des biens destinés pour
Valimcnt des pauvres.
On dit figure'ment, que Le bois est /'aliment
4u feu.
Al 1MEN5, au pluriel , se dit généralement D«
loul ce qu'il faui jiour nourrir et entretenir
une personne, i h pé'C doit les ali'ucns ù se^
tnfans. On lui a udjujé une pension pour ses
nlimens.
Alimkst, se dit iiu figuré. Les sciences sont
taUment de l esprit. C'e^t un esprit vif ^ il ji-ul
lui donner de l'aliment.
ALIMENTAIRE, adj. des a genres. Qui est
destiné pour les alimens. Il n'est guère d'usage
^e dans ces phrases. Pension alimentaire^
Provision al mentaire.
ALIMKNi'Eiî. V. a. Nourrir, fournir les
aiimens n ressaires.
AïoiENTÉ, ÈE. participe.
ALIMENTEUX, KUSE. a-'j. Terme de Mé-
oecine. <^)ui nourrit. Remèdes alimenteux. Sucs
mlimentcu.v.
ALINEA. Façon de parler adverbiale em-
pnintée du I^tin. A la ligne.
Il se prend aussi suhslanlivemrnt. Lûces jus-
tpt'au ptemwr ai néa. O'tservez les alinéa.
ALlQlfAME. adj. f. Terme d- IMalliéma-
liquc. Il se dit des pariie-s qui ne su:it pas
•^actenienl coulenuts dans un tout, par oppo-
tilion aux i-arties altquotes qui y soûl co:jte-
unesevartemcut. Lenom'tre troi- est une ^arïte
aliquote de ncuf^ et le nombre deux en est une
part\e aUquante,
ALU^HOTE. adj. f. 11 n'est d'usage qu'en
«lie plir.isr . Partie aliquote^ qui se dit d'Une
partie conuiiuc un certain nombre de fois juste
dans un tout. 1 ros est partie aliquote de douze.
Le pouce est une partie aliquote du pied.
ALL
\i se prend quelquefois substantivemeol |
' DeiiT est une aliipwte de si.v.
S'ALITEK, avec le pronom personnel. Se
mettre, se tenir au lit pour cause de nialodi .
Il y avoit long-temps quil traluoit , enfin il n
été eontriiint de s'aliter.
Alité, ée. part. Elle est alitée depuis hier.
ALIZE, s. f. Sortp de petit fruit aigre, de
couleur rouge. Manger des alizés.
ALIZE, tidj. m. Terme de Marine, qui se dit
De certains venls réguliers, e* sp'-cialeinent de
ceux qui i«'^nent entre les deux Tropiques, cl
qui souillent de l'Est à l'Ouest. La vents alizés.
ALl/.IER. s. m. Arbre qui croît dans les
bois, et qui porte des alizés,
ALL
ALLAITEMENT ou Alaitemeht. 8. m.
Action d'allaiter. L'Allaitement d'un enfant.
ALLAITEU ou Ai aiteh. v. a. Nonnir
de son lait. La nourrice qui la allaité. Une
mère qui allaite son enfant. Vno chienne qui
allaite ses petits. La loui'C qui allaita Rému^ et
Romulus.
Allaité, ée. participe.
ALLANT, s. m. qui n*a point de féminin,
et n'est guère d'usage qu'en ces phrases : Les
allans et les venatis. A tous allans et venons.
Cette maison est ouverte aux allans et i>enans.
ALLANT, ANTE. adj. Oui aime h aller, à
courir. C'est un homme allant. Une femme fait
allante.
ALLANTOrOE. s. f. Terme d'Anatomîe.
L'une des nnmbranes qui enveloppent le fœtua
de certains animaux.
ALLKCHKIMEST. s. m. Moyen par leqiM I
ou alK'che. Les allèchemcn^ de la volupté. Il
\ieillit.
ALLECHER, v. a. Attirer par le plaisir, par
la douceur, par la séduction, etc.
Alléché, ée. participe.
ALLEE, s. f. Pissa^'.' entre deux murs pa
rallèles dans une maison. Lonque allée. AUéc
ob.^cure. Allée étroite. Il ne faut pas embarras
ser Vallée. La porte, l'issue d'une allée.
Allée, se dit aussi d'Un lieu propre ù se
promener, qui **étend en longueur, et qui est
bor-lé d irbres ou de verdure , sans être cn-
furmé de murailles. C'e ï'ois est aqréahle, il est
tout planté en allées. Il se promène dans la
grande allée du jardin. Lvnqites allées. Bellt
allée. Allée double. Alice à perle de vue. Alléi
couverte. Planter des allées dirmcs, de ttUeuh.
tie noyers, etc.
On appelle Allées et venues^ Les pas, les
déniarclie-. ()ue l'on fait pour une allairc. Après
plusicu's allées et venues^ il fut conclu que....
ALLEOAflON. s. f. Citation d'une auto-
rite, d'un passage, d'uu fait, elc. L'allégation
d'ii/i passage y d'une loi.
Il se dit aussi De la simple proposition d'une
chose qu'on met en avant. // répondit fort per-
tinemment aux allégmlions de ses Parties.
ALX.E(fE. s. f. Petit bateau qui va à la
viite d'un [dus gran *, cl qui sert h le dt'-char^
ALL
43
ger de ce qu'il y a de trop. L'allé je d'un muiid
ba'eau.
ALI,I-:(;EANCE. s. f. Admicisscment. Don-
ner ijUfhjHe allérjeaiice à îles toiinnciis. Il est
vioux.
On appelle en -Angleterre, Sament d'Allé-
geance , Un acte de snuniisji(>n et d'oli^issance
Hu Roi. Ce serment re^.irdoit irni<pu-nieiit la
souveraineté temporelle du Moniiripie, et son
indépendance à l'égard du P:ipe. Le .-îcnient
;i'<il/cjcance fut ordonne par Jacnnes I , en
iGoG.
AI.LI':gEMK!NT. s. m. Soulagement, /en-
tier u/(é()cment à un fAancher, li lui |/ri(i'ciii.
Recevoir tiUrjemcnt , de lalléijement. Il se dit
Bussi au figuré. Ne senlez-vous point d'allégi-
ment à votre mal?
.M.I.KGT.R. V. a. Dccliargir d'une part c
d'un fardeau. AUèger ijuelq\i'un de son fai-
dcau. Alli'rjer le jordeuu de cjuelqii\w. Alléqer
un bateau. Le y.lanchei- e-,1 trop citarnc, il It
faut alléqcr.
11 signilie fi-tiremcni, Adoucir le ni.-il , di-
minuer la douleur. Ce que vous lui avez dit Va
jort allège. Aliéner la douleur de quelqu'un.
Allégé, i;n. participe.
ALLEGORIE. s. f. (On prononce les dcii^tL
dans ce mot et les siiivans jusqu'à Allcquer. ) Il
signiGe génériquenient et dans son sens le i)ins
étendu, Une espèce de fiction, dont l'artifice
consiste à présenter à l'esprit un objet de ina-
rùère à lui en désigner un autie.'/.c haudeaut
les ailes et l'enfance de l'Amour sont nue allé-
joric ingénieuse qui re^ ésente le caractè:-e et
les elj'tts de la pasiion de l amour. L'ancienne
Mythologie est le plus soiuxiil une allégorie.
I,es mystères des Grecs et des Égyptiens étoicul
remplis d'allégories.
ALLéconiE, dans le- langage des lUiéleuri,
est LTne figure du di,scours, qui n'est aw.te
citose qu'une métapî'orc prolongée.
On appelle paniculièrement et on inlilnle
Allégories, Un ouvrage dont le fond est celle
même espèce de fiction où l'on leprcsenle nn
ibjet pour donner lidée d un autre. Les Allé-
qories de Bousseau. L'Apologut et la Parabole
iont des espèces d'Alléqoriec.
On le dit au stns d'AlIusioii adioite. // fai-
ioit allégorie à un événement de sa vie. Il y u
(<i quelque allégorie caeliéf.On^oup^onne dans
I e l'C'-.'! quelque allégorie à une anecdote de ce
emys-là.
ALLÉGORIQUE, adj. t'a 2 genres. Qui
.ient de rAlIégorie, <pu appartient à l'.VIIégo-
rie. Discours alleqorique. Termes alléqoriqties.
Sens allégorique. E.vplication alléqoriqiie. Ta-
Ideau allégorique. Style allégorique.
ALLÉGURinUE.MENT. adv. D'une m;i-
niére allégorique. C'cîa se doit entendre alléno-
riquemeut, non pas litléralentcnl. Les Pio-
phéles parlent quelquefois altégoriquement.
ALLÉGORISER. v. a. Expliquer Kion le
sens allégorique. Donner un seus allégorique.
Les Pé*-es de tKglise ont allégoris: jn'csque
tout l'Ancien Testament.
AiXKuonuÉ , in. p.irticipe.
6.
44 ALL
ALLÉGOAISE'JR. s. m. Celui qui allégo-
tUq. Il ne se <lit j;iière (ju'en mauvaistr part, en
p::rl.-int d'Un homme qui s'attaclic toujours ii
cherclier un s™s allégorique a toutes cliosts.
C'est un aUcijoriseur perpoluel.
ALLÉOOniSTE. s. m. Celui qui explique
«n Auteur dans un sens allcsori([uc. Oriijine
est an fjrand aUégoriate. Un tel écrivain est un
^mauvais aUégoriste. Un aUéqoriste ennuyeiuc.
ALI.i'iGRliSSK. j. f. Joie qui colite au de-
Iiors. Il TC(;ut cette nouvelle avec une grande
alUqref-se.
U se dit plus ordinairement (VUne joie pu-
blique. Cris iVallcgrcsse. L\Mé:jre.ise de son
nrniéo lui pronieKoil la victoire. Dans l'alle-
tjresse publigue.
On appelle T.es sept AUcijresses, Cerlaines
Prières i la Vierge, dans lesquelles on exprime
les sept dillerens sujets de joie qu'elle a eus
durant sa vie.
ALLiiGL'EU. V. a. Citer une autorité, un
passage, un fait, etc. Alléguer un passage, un
terte. Alléguer des Auteurs. Alléguer faux.
C'est un tel gui m'a ilil celle noin'clic, je voiu
allègue mon auteur.
11 signiHc aussi, Mettre en avant, avancer.
Alléguer des raisons. Alléguer des excuses. Jl
allégua pour ses raisons guc... Les Juges sont
ohligés de juger selon ce gui est allégué et
prouvé.
Al LF.ouÉ , ÉE. participe.
ALIJJLUIA. s. m. (Ou prononce //lleluyii. )
Tenue cm])runle de l'IIélircu , dont l'Église sii
sert pour exprimer sa joie.
ALLKLÏJIA. s. ni. Petite j.lante ainsi nom-
mée, parce <]u'elle (leurit vers le temps de Pâ-
ques. Hcs feuilles ont un goût aigrelet : ou les
emploie dans les ùi-\ va miilignes.
ALLE.>L\>nE. s. f. Pièce de Musiquequ'on
a prise des Allemands , et dont la mesure est h
quatre temps. Jouer une hclle Allemande sut
le luth, sur le clavecin. Danser une Allemande.
ALLER. V. n. Je vais, ou je vas, tu vas.
il va', nous allons, vous allez, ils vont. J'ai-
lois. Je suis allé. J'allai. J'irai. J'irois. Va.
Que j'aille. Que j'allasse. /Illant. Allé. Se mou-
voir, se transporter d'un lieu à un autre. Aller
vite. Aller doucement. Aller lentement. Aller
en avanf. Aller en arrière. Cn liojnnte gui va
à grands pas, à petits pas. Un cheval gui va
bon train, gui va le trot, gui va Vamhle, ijui
va le pas, gui va à l'aide. Aller à pied. Aller à
cheval. Aller en carrosse. Aller en bateau. Aller
en chaise. Aller en poste. AVer en relais. Aller à
llonic. Aller à J'uris. Aller en Italie. Aller en
Espagne. Aller aiue Indes. Aller au Japon. Aller
à la Messe. Aller à Vêpres. Aller à la guerre.
Aller à l'armée. Aller à un siège. Aller à la
chasse. Aller en Ambassade. Aller en pèleri-
nage. Aller en parti. Aller à la petite guerre.
Aller aux nouvelles, ytller aux écoules. Aller
par mer. Aller par bateau. Il ne fait gu'allcr c:
l'cnir. y^llcr contre i;cn( et marée. Aller au-
devant de guel'juun. Aller à la rencontre de
guelgu'nn. Va savoir des iioiivciles de telle
chose, t'as-cn savoir des hoiivcIIcj.
ALL
On dit quelquefois, Je fus, j'ai efé, j*avois
; ptè,j'iiuroisêté, pour, J';illai . je suis alliJ,jt'tois
ilîé, i<; scrois allé. Voyez le verbe Ètï\e.
Il signifie aussi, Se mouvoir, ou élrc mu
vers quelque en(lToit. Les rivières vont à la
mer. Les miècs alloient du levant au couchant.
Les galères vont à voile et à rame. Les vais-
seaux alloient à toutes voiles, c pleines voiles.
Les planètes .voJït continuellement
Ou dit, Aller au combat, pour, S'avancei
pour conihatlre; Aller aux ennemis, puui .
S'avîuiccr vers les onuemis pour les coniliattiT,
pour les cliurgcr; et cela ne se dit propicmenl
que quand les aipnées sont îi porlcc l'une de
['autre, on en présence.
On dit par coK'rre et cn forme d'imprccation,
à nn iioninie qui impatiente, Allez au diable;
(juil aille au diable, à tous les diables, et au'ii
me laisse en repos. On dit aussi d'Une aflùire
'[ui se dillêriore , qui périt, qui tourne mal ,
qu'£i!e s'en va au diable, à tous les diables.
On dit, Aller bien, pour, Être dans le l>on
clicmin; et, A'ûïïer pas bien, pour, N'être pas
dans le bon chemin. ^Hons-noits tien, sommes-
nous dans le bon chemin? Il me semble nue
nous n'allons pas hietu
En tei-mes de taienc, on dit, Aller au fiu,
pour, S'exposer au fendes ennemis, s' exposer à
essuyer leur feu : et en, parlant d' L'n lioraniequi
b*y expose bravement et qc bonne grûce , on dit
familière m eut , qu'/i va au feu comme à la noce.
Ou dit, Aller aux opinions, aux avis, pour.
Kecueillir les opinions, les avis. On dit aussi,
■Hier au conseil, uonr, Dt-niandcr conseil a
quelqu'uii ; et, Aller au Devin, pour. Consul-
ter le Devin.
Kn parlant Des choses qui dépendent de
l'autorité , de la juridiction de quelqu'un , on
dit, Il faut aller à lui pour cela, pour dire,
C'est à loi qu'il faut s'adresser. Il faut aller au
Roi pour cela. Il a été obligé d'aller au Pape,
d'aller à VEvéque.
Ai.r.En , joint avec les uifiLJtifs des vertes,
sert quelquefois h sif^nider, Se mettra cn mou-
vement pour faire quelque chose. yîUcv icpro-
mcuer , aller travailler, aller étudier.
Cn dit cn s'impatientant, on se mettant en
coitre contre quelqu'un. Allez vous promener,
'.juil aille se promener.
Qneli|uerois il sert à marquer Les choses qui
sont iiu- le poi t d'être faites. iSous allons voir
ce qu'il va d''re. Ils vont partir. Le jour va
fttiir. Un homme qui va mourir, qui s'en va
mourir.
Il s'emploie qnelf£uefois de telle sorte avec
le gérondif des verbes, cjuo tous deux enscm-
hk ne signifient que la même chose que le
f^érondif avec lequel il est joint. Ainsi on dit,
Cn ruisseau qui va serpentant j il alloit criant
par la Ville, pour, Un ruisseau qui serpente;
1 crioil par la Ville : et ainsi du reste. On dit,
qii't/n homme s'en va mourant, pour, qu'il
est sur le point de mourir.
Alleo, se dit aussi Du mouvement et de
l'efTct de certaines choses artificielles. Une
nmntrc ({ui va ttentc heures. Ce ressort ne va
r
ALL
pins. Faire aller im moulin. Il y a quelque
chose qui empêche la roue d'aller.
Il se dit aussi pour marquer L'écoulement
du temps, et la durée du temps qui a été em-
ployé à quelle chose. Le temps va toujours,
liien ne va plus vite que le temps. Son dis-
cours n'ira qu\'i une demi-heure. Les ouvrins
vont bien lentement. Ce bdtimcut-là est allé
fort vite.
Il se dit aussi pour marquer L'étendue de
certaines choses. La forêt va depuis le village
[usqu'à la rivière. Cette montagne va jus-
qu'aux nues. Ses cheveux vont jusqu'à la
ceinture. Un manteau qui va jusqu^à terre.
U sert aussi à marquer La manière dont
une chose est fi,i;urée. Cfnc pièce de terre qui
jHi en pente. Cela va cn rond.
Il sert aussi à marquer Où mine un clie-
niin j où il aboutit. Ce chemin va droit à
l'Eglise.
Il se dit aussi poiu: marquer A qnuî se
montent des nombres, des sommes, des sup-
putations. Ce calcul va bien haut. Les noi*-
i'e!/rs levées vont à trente mille hommes. La
dépense ira plus loin qu'on ne croit.
AiXEn, sert aussi à marquer, tant au pro-
pre qu'au figuré, Le progrès en bien ou eu mal,
des i^ersonnes et des choses. Cela va, cela ira.
Vous n'allez pas. Cet écober a bien de la peine
à aller. Il n'y a point dliommc dont Vesprit
ailU jusque-là. Son imagination va si loin ,
qu^elle se perd. Le raisonnement des plus ?ia-
bilcs ne va pas bien avant. Cette vengeance est
allée trop loin. Son amour va jusqu^à Vcxcèsi
va jusqu'à la folie. C'est uti homme qui ira
bien loin danc les Arts, dans les Sciences. Cette
alJhire ira plus loiti qu'on ne pènse.Cela va de
mal en pis. Sa santé va de miatx en mieux.
Une maison qui va en décadence. Cette affaire
peut aller à vous perdre. Cela va à vous dés-
honorer.
On dit qu'Une chose va de suite, qu'elfe
doit aller de suite, pour dire, qu'Elle est la
consciiuence naturelle, nécessaire d'une autre
chose.
Il sert aussi à marquer L'aliontissement et
la fin de quelque choee. Toute son entreprise
est allée en fumée., est allée à rien. Cette u^^iiire
va là. Tous ses vœux vont à la Paixt vont ait.
bien de VEtat.
On dit, quX'^n homme va toujours au bien.
pour, qu'il tend toujours au bien. Kt torsqnc
des pcKonnes qui disputont ensemble, com-
mencent à s'échuuflt.T un peu trop, on dit,
Cchi va trop loin. Cela pourroit aller trop
loin.
On dit, C'est un homme fait pour aller a
tout, pour, C'est nn homme fait pour parve-
nir aux plus grandes places, lu la plus grande
fortune.
Ai.i,Ei\, se dit au<si pour signifier La nia-
uière dont on agit, dont on se comporte cn de
certaines choses. Aller vite en besogne. Il ne
faut pas reprendre avec aigreur, il faut y aller
doucement. Il n'y faut pas aller ni rudcmenL
l.a chsse est tonne cn elle-même, mais il faut
ALL
y aller avec de (jraiulcs précautiotis. 1 1 y va de
bonne foi II y vu à la bonne f-'i, tout à la
bonne fn. Il est allé par les voies de droit, par
Us voies dj (iiit. Aller à la fntune par des
voies d'honneur^ par de méchantes voies. Aller
aitx grands emplois par la faveur. Aller d'abord
aux grands desseins. C^esi un homme gui va
droit en tout. Il va au fait.
Alleh, se dit aussi pour marquer L'état bon
ou mauvais de certainea choses. Comment va
votre santé? Comment vous en va? Tout va
bien, iies affaires vont hlen^ vont maly ne
vont pas trop bien.
Un dit d'Un lioramc ûi;é ou infirme, qu7î
ne peut plus aller y ou qxill va encore.
Il se dit aussi pour marquer La manlt-re
dont une clinsc est faite, est mise, est disposL-o.
K: cela se dit surtout De ce qui regarde l'ha-
bilienient. Un collet gui va mal. Ce manteau
ne va pas bien. On dit qn'Unc étoffe va en
biais, pour, qu'EIle est taillée en biais.
On dit h p;:u près d;ins le même sens, que
Des choses vont bien ensemble, vont bien Vune
avec ratitrtjpour, qu'Elles conviennent bien
ensemble. Vaurore et le bleu vont bien en-
semble. Ces deux couleurs -là vont bien Vunc
avec l'autre.
Kd parlant D'habillement, de parure , on
dit, qu't/nc chose va bien, ou qiiElle va mol,
pour,qu'Elle sied bien, ou qu'elle sied mal.
Cet hahit-îà vous va bien. Le ftuillc-morte ne
va pas bien aux brunes. Votre perrugue va
maL 5a perrugue lui va mal, Ne lui sied pas.
Et en parlant Do certaines choses qui sont
appariées, et qui ne se vendent poiut séparc-
mçnt ,ondit,qu'Ki/e,Ç'UOM(ens('nit/e. Ces deux
qants vont ensemble. Ces deux basvont l'un avec
l'autre. Ces nuatre cstiwipes là 7'ont ensemble.
Aller de pair, aller du pa/r, locution dont
on ne se sert qu'eu parlant^Des personnes, par
rapport à la qualité, ou h la dépense, ou au
mérite, et pour dire. Être égal, être pareil.
Ces deux Maisons vont de pair pour la no-
blesse. Il va de pair avec le» plus grands Sei-
gneurs pour la dépense. Cicéron va de pair
avec Vémosthène.
Aller j mis à l'impératif, sert cgaîrment à
faire des soulinits ou des imprécations, des
exliortations ou des menaces, et à marquer de
l'indign-'ilion. Allez en paix. Allons, en fans ,
courage. Va, malheureux. Va, impudent. Allez,
ii'ai>e^roii5 poiVit de honte?
On se sert quelquefois du mot Aller ^ pour
donner plus de force à 1 expression. Ainsi l'on
dit, A'al/e; pas vous imaginer, pour, >'e voui
inui^incz pas.
AjxEti, devient souvent auxiliaire pour mar
quer Un futurproc!:ain. Le sermon va commen-
cer. La contestation allott finir, lorsque, etc.
AtLEn, S'' dit en qurlques jeux de caries,
comme le Brelan, et les autres \eux de renvi,
eu parlniit De ce que l'on I.as.^rdc au jeu. Le
combien allez-vous? J'y vais de deux pistoles.
Il y va de son reste. Va mon reste. Va tout.
Acertiir.^jeux dccartcs,comnic:i l'ilombre,
KM-ftqu'ilyflplusiciirsbJlcs.ondtmaude.Queiic'
ALL
bête va, pour savoir quelle (it la bête sur la
quelle on joue. l
Au.Ea, joint à la particule y , et employé à
l'imperscnnel, sert à marquer De quoi il s'agit,
de quelle iniporLince est laclioscdont on parle.
(Juand il devroit y aller de tout mon bien.
Songez gu'îl y va de votre fvrlune. C'est une
affaire où il y va de V intérêt public. Dans cette
afpîire-là il n'y allait pas moins gue de son
honneur et de sa vie. Souvenez-vous guHy va
du salut éternel. Lorsque dans cette significa-
tion l'on se sert du temps Iroit, on supprime
la particule -y. Quand il iroit de tout mon bien,
guand il irait de ma vie; et en général dans
tous les sens du verbe Aller, la particule y se
supprime devant les temps Trois et irai. Avzz-
vousètéà Paris? J'irai. Ira-t-il à Home?Il ira.
Il s'cmploîe aussi à l'impersonnel, étant pré-
rétlé de la particule relative en. Ainsi on dit, il
cnvade celte affaire-là comme de l'autre, pour,
Il en est de cette affaire-là comme de l'autie. Il
n'en ira pas dt cela comme vous pensez.
Aller, signifie quelquefois, Faire ses nétes-
sités naturelles i et c'est dans ce sens qu'on dit,
Le remède git\l a pris, l'a fait aller cing on
six fois. On dit, Aller par haut, pour, Voreir.
Un remèdcguifait alhrparhaut et par bas.Kt
on dit, qu'Ln malade laisse tout aller sous lui,
pour, qu'il ne peut plus retenir ses exciémcns.
Se LiMssEU ALLKr. , façon de parler dont on
se sert en plusieurs plirases, pour dire, >'e paj
faire la résistance qu'on pourroit ou qu'on
devroit faire. *-e laisser aller au torrent de la
coutume, ^e laisser aller au torrent. Se laisseï
aller à la *entatwn. S e laisser aller ativ mauvaii
e^remples. Se laisser aller à la douleur, à U
tristesse, au désespoir. Je me suii laissé aller d
ses prières, à ses soUicitations. Se laisser aller
à la /aiTur, ûiu; présens. Elle s'estlaissée aller
à sa passion.
En ce sens on dit absolument, qu't/n hommi
se laisse aller, pour dire, que C'est un homme
facile, et qu'on fait tout ce qu'on veut de lui.
Alllii , joint avec le pronom personnel, et
la particule en, est réfléchi; et alors il signifie.
Partir, sortir d'un Ucu./I s'enva. Ils s'en iront
bientôt. Il t'en est ûllé. Elles s'en .sont alle'tJs.
// ftut gue tout le monde s'en aille. Va-t-en
porter ma lettre.
Il signifie aussi. S'écouler, %e dissiper, se
vaporcr. Et dans ce sens on dit. Un muid ne
vin s'en va, pour. Le vin qui estdans le muid
s'écoule, s'enfi'i'.'icnî (cî'in s'en ira par-là, *;/
/ on n'y prend (jarde. La fumée s'en va par /.i
cheminée. Si Von ne bouche bien cette fiole,
tout Vesprit-de-vin s'en ira.
Dans les acceptions de ces deux derniers ar-
ticles, on se sert aussi de Faire en aller ■ ei
ainsi on dit, Faire en aller tout le monde, t n
secret pour faire en aller les punaises. De la
pommade pour faire en aller les rousseurs.
Ln secret pour faire en aller la fièvre. Un:
pierre pour faire en aller les taches. Il est l'u
*t)lc familier.
S'en alleo. ^r. dit aussi en parl.mt Dudéclii
lie la vie, des ^j^f roch s de la mor'- Les jeunes
ALL
45
t^ns tiennent, et les vieillards s'en vont. Cet
homme est bien mal, il s'en ?.'(i, il s'en ira avec
les feuilles, U se dit pareillement De tout ce
qui cesse d'être djns un sujet, ou qui com-
mence h se passer, à s'effacer. On ne croit pas
que sa fièvre s'en aille sitôt. Son mal s'en va
peu à peu. Son rhumatisme s'en est allé par les
sueurs. Sa beauté s^en va. L'éclat de son teint
commettce à s^en aller. Ce malade s'en va , Il
n'est pas loin de la mort.
il se dit encore De tout ce qui se dissipe , si*
consume, s'use enqurlque manière que ce soit.
Tout son argent s'en va en procès. Tout son
temps s'en est allé à cette affaire. Voilà un habit
gui s'en va.
On dit d'Une chose qui est sur le point
d'être achevée, qu'EIle s^en va faite. le Ser-
mon s'en va dit. Le Carême s'en va fini. Il est
du style f.uuilier. On dit aussi, Il s'en va onze
heures. Il s'en va midi.
Dans les jeux de cartes, on dit, S'en aller
d'une carte, pour, Se défaire d'une carte. j4lles-
l'ons-en de votre carreau. Je m'en suis allé de
mon i.oi de j iguc.S'en aller des plus liantes
curÏL'S.
Aller, s'emploie en diverses phrases prover-
bialement et iigurém. Ainsi on dit, y^ller son
c/iemin,pour diie, Poursuivre son entreprise,
ne se pae détourner de la conduite qu'on n
commence à tenir; .-^ller son grand chemin,
pour, Agir sans artifice ; Aller vite en besogne,
pour. Agir avec preVipitation ; Aller et venir
comme pois en pot, pour, >"e faire qu'alier ej
venir, se donner beaucoup de niouveuient sans
sujet; A f-rce de mal aller, tout ira bien,
pour, Il faut espérerqn'aprèsbeaucoupde ni-if-
heurs et de disgrâces, il arrivera quelque revo-
Intiou heureuse, et que ce qu'on croyoït devoir
nuire à une afîàire, y servira peut-être; On Vu
bien hdtc d'aller, pour, On lui a fait une rude
réprimande; On va bien loin depuis giCon est
las, peur, U ne faut pas se rebuter, se décou-
rager dans les aflàïres; Tous chemins vont à
Rome, pour dire, que Par différens moyens on
arrive îi même fin; Les premiers vont devant ,
pour. Les plus diligens ont toujours de l'avan-
tage; Il va comme on le mène, pour, Il n'est
pas capable de prendre une résolution dt lui-
même ; Cela iHi tout seul „ pour dire, qu'Une
ufiîiire ne reçoit point de diilîcuilé; Cela va
comme il plait à Dieu, pour faire entendre-
ju'Cne afliiireest négligée, que l'on n'en ppjmi
aucun soin ; Cela va sans dire, pour inarq':cr
Une chose que l'on suppose certaine, et qui u'a
pas besoin d'être exprimée; Il s'en est idl'
comme il est venu, pour, 11 n'a rien fait de ce
tju'il vouloit oudcvoit faire; 7"ont s'en est uUc
en fumée, pour, On n'a pas réussi; I oui y
va, la paille etlebléj peur, On n'y a rien
ïpargnc; Il n'y va pas de mainmorte, pour, Il
frappe rudement, il emploie tout ccqui dépend
ic lui; 7'ont va à la d'cbandadc, pour, Tmii
la en désordre.
Aller, se prend substaulivcmcnt dans ces
façons de parler. Au long aller petit firdcau
\iésc, pour mun|uer, qu'il n'y a point décharge
d6 A L L
si légère qui ne devienne pénible à la longiic;
et qu'f/» homme a eu Valler pour le venir,
pour dire, qu'il n'a rien fait de ce qu'il préten-
doit iàire où il étoit allé, qu'il a f.iit unvoyagt
âautile.
On dit ftussi au sultstaniif, Le pis alUr^
pour dire. Le pis qu'il puisse arriver, le moin-
dre avantiigc qu'on puisse avoir. S'il ne peut
épouser cette fille-là, son pis aller sera tle de-
meurer comme il est. Si r^ous ne trouvezmieux,
je serai votre pis aller. Appelez^vous cela un
pis c.ller?
On dit adverbialement, Au pis aller, pour
marquer Le plus grand liai, ou le moindre
avantage qui puisse arrive* c"- quelque cliose.
Au pis aller, il en sera (juiHe pour une amende.
Allé, Ée. participe.
ALLKU. s. m. Terme de Droit public et de
Jurispiudencf. Ce mot n'a d'abord signifie
qu'Un bien immeuble patrimonial, une pro-
priété hérédilaire. On y a ensuite ajouté l'idée
d'une franchise absolue de tcut assujettissement
féodal ; et on y a joint communément le mol
Franc. Ainsi on dit, Un franc- aïlcu, pour
désigner. Un fonds de tcnequi ne dépend d'au-
cun Fief.
Le mot Franc- alleu s'emploie aussi pour
signifier Cette franchise; et l'on dit. Posséder
une terre en frnnc-ulleu^ pour dire, La pos-
•cder iVanclie de tous devoirs féodaux.
ALLLVGE. s. m. Union de plusieurs métaux
ou demi-Hiétaux par îa fusion. Le bronze, le
tombac, le cuivre jaune, sont des alliages. Les
jnonnoyeurs doivent faire ialliaqe selon Vvi
donnance. Varient et le cuivre servent d'al-
liage à Vor.
Alliage, se met aussi au fi;;urc. 71 y o peu
âevertus iiumaines sans nuehjuc allia(je.
ALLL'MRF. s. f. Plante de la famille des
truciféres, qui s'emploie dans les ragoûts et en
Médecine. L'alUaire a Voileur et le qoùt de
Vail
ALLIANCE, s. f. Union par mariage. Il a
fait une grande alliance en mariant sa fille à
un homme d'une si haute naissance. Ces Mai-
sons sont joii.tes par plusieurs alliances.
n se dit aussi De l'union, de la confédéra-
tion qui se fait entre des Ittats pour leurs inté-
rêts communs. Les Suisses ont une ancienne
ûlliance avec la France.
AtLWNCE, se dit aussi D'une affinité spirî-
luellc. Voyez Affinité.
On appelle /ancienne alliance, L'alliance
que Dieu contracta avec Al)rahrm et ses des-
ccndans ; et '''Ouvellc alliance, L'»diance que
Dieu a contractée par la te'demption, avec tous
ceux qui croiroienten JÉçus-CnnisT. L'ancienne
alliance a duré depuis la vocation d*Abraham
ju%rjuà la venue du Messie. La nouvelle al~
Uatïce durs depuis la venue du Messie^ et du-
rera pisqu'à la consommation des siècles.
Alliajsce, se dit encore Ggiucmcnt De
nnion et du mélange de plusieurs clioseï
Taire une alliance du sacré et du profane^ du
vice et de la vertu. Vne ^eureiàte aiitance de
mots.
ALL
Alliascc, se dit aussi d'Une ba^ue faite
, ' J'un fil li'or et d'un fil d'argent cntrt^lacés, qui
fait l'anneau de mariage. Acheter une alliance,
l'orter au doigt une alliance.
AutER. V, a. Mêler, incorporer ensemble
Allier Vor avec ï'arïjenf.
En ce sens on dit, Ces deux métaiLT ne s'al
lient point, ne petK'ent s'nlïier ensemble.
Allieh, & l'actif, signifie aussi, Joindre par
mariage; et alors il s'emploie ordinairement
avee le pronom personnel. /! s^est alUé cti hvn
lieu. H veut se bien allier. yalUer à une bonne
jnmiile, avec une bonne famille. Ces deux fa-
milles se sont alliées;
11 se dit aussi Des Princes et des Élit? qui se
liguent ensemble pour leurs commun? îrtérêis.
Ces deux Républiques s'alUèrent ensemble.
C'«I l'intérêt de leurs États qui allie ces deux
Princes.
AxuÉ,' ÉE. participe.
II e-st aussi substantif ; et alors il sî-^nific,
Celui qui est joint .ï un autre par affinité. Cet
homme-là est won allié, ^ os paren s et nos alliés.
A eus ne sommes pas parens, nous ne sommes
nu allies.
Il signifie aussi, Celui qui est confédéré. Le
Boi a toujours eu soin de secourir et d'assister
ses alliés. Ce Princc-là est allié de laCouronne.
Cette République est notre alliée.
ALLIER, s. m. (Ce mot n'est que de deux
syllabes.) Sorte de filet à prendre des perdrix.
Il a prit tant de perdrix avec des alUers. Il est
plus usité au pluriel qu'au singulier.
AlLUHAuHi-. s. m. t,f ii.iH u ist point mis
ici comme un nom de Peuple ancien, maispar^e
qu'on s'en sert pour signifier Un bomme gros-
sier, un rustre, un homme qui a le sens de
travers. C'est un franc allohroge. Traiter quel-
qu'un d'allohroqe. U est familier.
ALLOCUTION, s. fém. (On prononce les
deux L.) Terme par lequel on désigne les lia-
r.ingues que leî Généraux et les Empereurs
Romains faisoient h leurs troupes.
On donne au5si dans ce sens le nnm d'-^ïlo-
ctttion aux médailles sur le revers desquelles ils
sont représentes srr un gradin, parlant h d&s
soldats.
ALLODIAL, ALE. adj. Qui exprime La
qualité d'une terre tenue en franc-alleu. ïcrn
allodiale, biens allodiaux.
ALLODIALITÉ. s. f. Qualité qui constitue
l'alleu. L^allodialité de cette terre est contestée.
ALLONt-E, s. f. Pit-ce qu'on met h un vê-
tement, à un meuble pour l'allonger. Mettre
une allonge à une jupe. Il faut mettre une al-
ionqe à ces rideaux. Une allonqc de table.
ALL0N(;EMKNÏ. s. m. AiigmenlatioQ de
longueur, ce qui est ajouté à la longueur de
quelque rliose. t. 'allongement d'un canal, d'un
jardin, d'une allée, d une avenue.
Il S" dit figurénicnt Des lenteurs affcrtécs et
recherchées dans les a0uires. C*est un homme
qui cherche, qui trouve toujours des allonge-
mens dans les a^f tires. Ce ne sont qu\illonge-
msns. Il es! peu usilé.
ALLONGER, v. a. Faire qu'nne chose ioitj
ALL
ou paroisse plus longue, plus étendue. Allon-
ger une table. Allonqer une galerie. Allonifer
un habit, une jupe. Allonqer des étrievs. Al-
longer le cou. yillonqcr le bras. Allonqer Ie«
jambes,
U si^'nifie aussi . Faire durer davantage. Al-
longer le temps. Allonger un procès. Allonger
une affaire. Allonger le truxHiil. Allonger un*
procédure.
On dit. Allonger un coup d'cpce, Allonqer
une estocade, pour. Porter un coup d'épée,
une estocade, en allongeant le bras. ,
On dit figurément, -i^iionqer ie p(ire/ien»ûi,
pour. Faire de longues écritures dans le des-
sein d'en tirer plus de profil. Tirer un protê»
en longueur par des formalités et des chicanes.
Allonqer la courroie , se dit figurémcul
pour. Tirer parti d'une somme modique, d'un
revenu borac, en mettant une grande écono-
mie dans sa dépense. Il a peu de revenu, et
beaucoup de charqes, il faut qu^il allonge bien
la courroie pour se tirer d'affaire.
On le dit aussi, pour. Etendre les profiu
d'une Charge, d'un Emploi. Sa place ne lui
vaudroit pas tant, s'il n'allongeoit un peu la
courroie.
Allongé, ée. participe.
ALLOUABLE. adj. des 2 genres. Qui sepem
allouer, accorder.
ALLOUER. ». a. Approuver, passer ud«
dépense employée dans un compte. CJn lui m
alloué un article de deux mille francs pour let
faux frais. Il avoît bien peur gu'on ne lui al-
louât pus cette dépense.
Alloué, ée. participe.
ALLOUE, s. m. Nom d'un Juge dans cer-
taines Juridictions. L\4lloué eA le Lieutenant
du ."^énéchal.
A{,LUCHON. s. m. Pointe ou dent qui sert
au mouvement des machines qu'on fait mou-
voir par des roues.
AIXU^IER. v. a. Mertre le feu h quelque
nliosc de combustible. Allumer un fiqot. Allu.'-
mer une javelle. Allumer les bougies. Alluma
de lu chandelle. Allumer un flanibeau. Allumer
les cierges. Allumer la lampe. Or. dit, Allumer
le feu, allumer du feu, poiu- dire, Allumer U
bois qui est dans le foyer.
On dit figurément, Allumer la guerre, poi»
dire, Être cause de la guerre; Allumer une
passion, pour. Exciter une passion; Allumer
la colère, pour, Exciter la colère. On dit aussi,
qii'(7ne violente passion allume les /irirTicurs,
pour dire, qu'Elle lef fait fermenter, et les met
dans une disposition procha:nc à la fièvre; et
[uUne trop grande méditation , une trop
qrande application ^ une trop qrande conten-
tion allume les esprits, pou'-dire, qu'Elle Us
subtilise trop, et les met dans un trop grand
mouvement.
Alli MER , est aussi pronominal dans le pro-
pre et d.ms le figure, llu bois qui a bien de la
peine à s'ulfurncr. La guerre s*alluma de toutes
parts. H est à craindre que sa bile ne s'allume.
AuAMÉ, LE. participe.
ALLUMÉ, ÉE. adj. Terme de Rlason, U îc
ALO
dît des yeux qui sont d'un antxc rnuiilqiic I'
forps de l'animal , ou Du flambeau tlout U
flamme est d'un t-mail diff<-rcnl.
ALLOIKTlTi:. s. f. lîrin de bois ou di
clianvre, soufré par les deux Iiouts, et servant
d'ordinaire h allumer des chandelles, dts bou-
gies. Vendeur d'allumettes.
ALLURE, s. f. Dèmnrclie, façon de mar-
cher. Contrefoire son allure. Je le reconnus à
K^n allure. Ce cheval a une allure (vrt douce.
En ce sens propre il n'est d'usage au piuriel
fjn'en pprlant Ocs^icvaux. Ce cheval a les al-
lures belles, de belles allures. Mais ^j^urémcnl
et en mauvaise part, il se dit De la manii-rc
dont un homme fi conduit dans une aflaire,
J'uï recouiiu ses allures. Il faudra bien (jutl
change d'allure. Cette ajj^ire prend une nitf-
chante allure.
ALLUSION. 6. f. ((tn prononce les L.) Ti-
j^rc de Rbclorique, par la((uelle on fait 5cntit
la convenance, le rapport que des cbosrs ou
des personnes ont lune tTcc l'aulr*. Àllusum
ingénieuse. Allusion (urcè*. Allusion froide d
insipide. Allusion naturelle. En parlant u:n.îi,
H faisoit allusion aux nururs <i< son temps.
ALLUVION. s. f. ( On prononce les L. ) Ar
eroissement de terrain qui se fait à un des botvls
d'une rivière, lorscjuc la rivière s'en retire, ei
qu'elle prend sod cours d'un autre côté. Drvii
W'alluvion. Cette terre s^est accrue par alluvion.
A L M
Al.MAGESTE. s. m. Collectioa d'observa
lions astronomiques. UAlmageste de Ptolomée^
àe HiccioU.
ALMA^iACH. s. m. (On prononce ^^/nuina.)
Calendrier qui contient tous les jours d<' l'an-
née, les Fètcs, les Lunaisons, les Éclipses, les
Signes dans lesquels le Soleil entre, et quelque-
fois de prt'tendus pronostics du beau tt du
BiauTais temps. /ibiiunuc/i nouveau. Almanacl
pour Vannée etc. Voyez dans VAlmanach.
Faire des Almanachs. Composer des Àlma-
nachs. Almanach royaL Almanach perpétuel.
On dit figmcment et en raillant, laire des
Almanachs^ composer des AlmanacliSy pour.
S'amuser à faire des pronostics en l'air, se
remplir 1 idée de choses qui peuTent n'arriver
jamais. Et on appelle Faiseur d' Almanachs ^
Un homme qui se ni^;Ie de faire de pareils pro-
■ostics.
On dit proverbiulcmenl, d'Un homme qui
•Toit prédit ce qui dcvoit arriver dans une af-
tin;, qu'L ne autre fois on prendra de ses Al-
manachs,
On dit aussi fi^urémcnt d'Une personne qui
i tous les changcmetis de temps se ressent de
»fue'.que infirmité, que ^on corps est unAlniu-
mach.
ALATANDIÎ^E. s. f. Espèce Je rubis.
ALO
ALOfCS. a. m. (On p)-«nonce fortement i'S.*
Plante qui vient en Arabie, et en d'aulrca en-
ALO
' droits de l'Asie, etc. dont on tir» un suc fort
inier, et dont on se sert dans la Médecine. Pï '
biles d'uioès. Extraits d'aloés. Ama' comme de
Ctilûès,
Aloès, est aussi Un arbre qui croît dans les
Indes, presque scmbl;»ble à un Olivier, et dont
le bois est odoriférant et fort pesat^t. Du bois
d' aloès.
ALOL s. m. Le titre que l'or et l'argent doi-
vent avoir. Ainsi on dit, que De Vor^ que de
l'argent esf de bon aloi^ pour, qu'il est au litre
'le rOiilonnance; et qa'/i est de bas aioï, pour,
qu'il n'est p;is du titre dont il devroit être.
On dit (Igurémenl.qu'C/n homme est dt bas
aloiy pour, qu'il est de ^lassc naissance, de
basse condition, d'une profession vile, ou qu'ii
est mcprisible par lui-Dn*^me. Et on appelle
'^îarchandiscs di uauvais atci, Dtsmarrlian-
dises qui ne sont pas c^c la ijualifé requise put
les Règlements, par les Ordoi-rauces.
ALOILS. adv. dn temps. En ce temps -là.
Alors on vit paroîtrc. Alor^ je lui dis. Oit étiez,-
vous alors ^
On tlit proverbialement, y/lor5 comme n/oi5.
pour dire, Quand ou sera eu ce lemps-li, eu
cette conjoDcliU'e-là , on avisera à ce qu'il fau-
liiafai.e. Vous me dites gu'en ce temps-là les
iiifiiires sei-ont bien changées : ht bien! alors
comme alors. On dit, C'ctoient les manières
d'alorSy la mode d'alors, pour, On en usoit
alors de la sorte, cétoit alors la mode.
Alors nue, pour Lorsque, ne vaut rien dans
l» prose ordinaire, 'uais il est reçu dans le st/l
le plus élevé, et en poésie. ^lors que la fron'-
pctte guerrière se fait entendre , tout s'é-
hratïle, etc.
ALOSE, s. f. Poisson de mer, qui remonte
nrdinnîrement au Printemps dans les rivières.
La pêche des aloses. Lne alose bien fraîche,
hien grasse.
ALOUETTE ou ALOUÈTE. s. f. Petit oi-
seau dont le ehant est agréable, tl qui est du
^enre de ceux qui Tirent de grain, et fonli leur
nid à terre da..* les campagnes. Le chant de
l'alouette. Tendrt aux alouUie^. Prendre des
alouettes *u miroir. Une douzuim d^alouettes.
"^langei des alouette». On appella /^loue^e^u;»
pée. Une aorte i'aîouclM qu on n^mme autre-
ment Coche¥ii.
On appelle «nmmnBémerrt Dca Inres sa-
l)lonneu'^c?, l)e$ ferre» À alouette9.
On die proTerbiahmeot, .Si te Ciel tomhoit.
il y (luroit bien dts alouettes prises : et cela se
dit pour se moquer d'une supposition abstirde,
en y répondant par une autre encore plus ab-
surde. Et on dit proverbialement dUn pares-
■.(ux qui voudroil avoir leî choses sans peine .
qu'/I attend que les alouettes lui tombent toutes
rôties.
ALOURDIR. V. a. Rendre lourd, appesan-
tir. Il n'est ^uère d'usage qu'au participe, ou
aux temps formés du participe. Cela m'a tout
dnurdi. Je su:s tout alourdi. J'ai la tète alour
die. On ne l'emploie guère que dans la coover'-
'dation familière.
Ax.nDitDi , ic participe.
ALT
47
AT.OYAU. s. m. Pièce de \xeuf coopte k
long du dos. Aloyau de la première pièce , dt
Ut seconiîe pièce. Ci os aloyau. Aloyau rôti.
Aloyau cri raqoiit.
AL P
Alpha, s. m. La prcnilèic lettre dc! l'alpli»-
hel fjrec; au ligure, (Joiiiincnci'ment, premier.
L'alpha et ioiiicga , poiu dire , Le commcnce-
UK-nt et la liu.
ALPWAIiET. s. m. Recueil de tontes I ^
lettres d'une Langue , rangées selon lordr"
L'I.nlili d.ins celte Langue. AlphahH flèbreu.
Alpliahcl Arabe. Alphabet Grec. Alphabet La-
tin. L'AlpIiabct Friinçois.
Ou dit d'Un liumme qui n'a que les pre-
miers conimcncenicns d'une science , qu'/[
n'est encore tjiii l'alphabet; et d'Un homme
qui n'a pas les premiers principis dune chose
dont on parle, qu'il faut le renvoyer à l'al-
phabet.
AipiiADET, se dit aussi d'Un petit Ijvrc im-
primé , qui contient les lettres de l'alphabet, et
les premières leçons qu'on donne aux eiifaiw
à qui on apprend à lire. Acheter un alphabet
pour un cnfmt.
ALPHABI^-riQUE. adj. des 2 genres. QrJ
est selon l'ordre dei'alpliabet. Une table a'pfia-
fjelif^ue. Un index alphabétique.
ALPISTli. s. m. Plante ainà nommée pat
les Grèneliers. C'est une espèce de Cbiendcar.
Un en nourrit les serins.
ALS
ALSINE. 'Voyez Monctun.
ALT
ALTE. Voyez H.tLTE.
ALÏÉR.4BLE. adj. des 2 genre». Qui peut
être altéré, l'armi le.^ métaux^ il y en a de plut
ou de motfis ahérables.
ALTÉr.VNï, ANTE. «dj. Qui altère, qia
cause d(r la soif. Un mgoùt altérant
ALTERATION*, t. f. r,han!;-iKtntdonsl'cl»t
d'une «Iiose. I-^n ce sens il n'est guère d'usage
que dans la Plijsique. y^'tilférjtfon des quatitèi
dunt Ut corps.
Ai.TÉi\'ri05 , dens l'ussct ordinaire , s«
prend pour ChsngenitM de Lien en mal dans
l'eut d'une chose, 'i oiw les excès causent de
l'altération dans la tinté. Cela lui a causé une
grande altération ilan$ les humeurz, daiu te
^ang ^ dant toute l'hibitude du corps.
On dit fi^'rémeut dans le même sens, C<iii-
ser dt l' aliéi ati..;i dans l'-^mitie, pour, (Causer
du r**"r'.'idi?«cn'cnr dftns l'amitié; et Causer de
/'ulte'riition dans la esprits ^ pour, Y exciter la
colère, l'indignation, la haine, etc.
Altéhatio:!, siguilie au.<isi, Emotion d'es-
prit ,S'on di.^cours causa une grande altération
dans les esprits. Il dit cela avec quelque allé-
tation.
ALTERAnoN, en parlant Des Mooaoies. si-
48 ALT
pnifie, La faUificiilion des Monnoies, par IVx-
cts de l'alliage. l.'ulUration de la monrwie est
un crime capital.
AiTÉnATiON , si!;iiifîe aussi , Grande soif
Cela Itti a causé une nrantle aUératiun. Il a
une altéralion continuelle. L'altération est une
suite ordinatre de la fièvre.
ALTERCAS. s. m. Il si^nifle la même cliose
qu'Altercation , cl il n'est guère d'usage que
dans le style niarotique ou badin,
ALTERCAIION. s. f. Débat , contention ,
contestation entre deux ou plusieurs personnes.
71 s'éleva une nrande altercation entre eux.
ALTERER, v. a. Clianger l'état d'une cliose.
En ce sens il n'est j»uère d'uscge que dans le
didactique. îoul ce ijui altère les qualités des
corjrs.
Alti'iiEi\, dans ;'.;sag- ordinaire, signifie,
Changer l'eut d'une chose de Tiien en mal. Le
Soleil altère les couleurs. Le qrand clinud al-
tère /es liqueurs. La fièvre altcrc les humeurs ,
iilrère le sanq. Cela lui a altéré le lempéraiiient.
On dit Cgarëment, Jllirer l'amitié, pour,
Causer du refroidissement dans l'.iniitic ; .-illé-
rer les esprits, pour, Exciter de l'émotion dans
les esprits, ce qui se dit louj'>uis en mauvaise
part; .îltérer un discours, pour. Le rapporter
autrement qu'il n'a été prononcé ou écrit ; et
Altérer ic sens des hcriturcs, pour, Les dé-
tourner dans un sens dill'érent de celui qui esl
reçu pour le véritable.
On dit aussi, Altérer les wonnoies, poui
dire , Les falsifacr par un faux alliai^e
AxTinrs, sigr.ilie aussi. Causer de la soif.
Cette sauce m'a fort altéré.
ALTKnKR , s'emploie avec le pronom pcr-
«onncl, et ne se dit qu'on parlant Oes clioscs,
soit pliysi(|nes, soit morales, qui sont suscep-
tibles de changement, le vin s'altère à l'air.
Les bonnes coutumes s'altèrent peu à peu.
AiTKnÉ, ÉE. participe.
Il se dit quelquefois d'Une émotion visible.
/( prtrorssoj'l fort altéré.
On dit proverbialement, Les Chantres soril
toujours altérés, pour dotuier à entendre que
lei Musiciens aiment à boire.
On dit figurément d'Un bomme cruel qui
se plait a répandie le sang, qu'il esl altéré de
sang humain, que c'est un tigre altéré de sang.
ALTERNA IIK, IVE. adj. Il se dit propre-
ment De deux choses q\ii agissent continuelle-
)nent l'une après l'autre. La systole et la dia-
slole du cœur sont deux mouvemcns alternatifs.
V'Cux pièces d'une machine qui ont un mouve-
ment alternatif.
En lermes de Logique, on appelle Proposi-
tion alternative , Une proposition qui contient
<leux parties opposées. Il faut ou rendre la
terre , ou la payer,
AtTEHNAnr, se dit aussi De certains olTlces
qui sont exercés sncc*''ssivemcnt par deux per-
•onnes qui entrent en exercice tour it tour. Un
office altcrn..tif, une charge al/ernrtfii'e. Il a
acheté les dtu.c offices, l'ancien et l'alternatif
ALTERNATIVE. •. f. L'option entre deux
propositioDi, enltc d«ix chose». On lui a pro-
Al.V
postf on (îe rendre la . s., ou âe ht payer ; il
est einhiirrassè sur Valternntn'C. Je vou*: offre
ValtiTiiittive. On lui a donné Vallcrtiative,
A LTi:ili\ATl VEiMEKT. adv. Tour ù tour, et
l'un aprt'S l'autre. Commaïu/er alternativement.
ALTKRNE. adj. des 2 genres. Terme d-
Clêomt'tvie. On nppel!« Àn(jlt'$ uUernes ., "La^
;tnglcs (ju'unc lij^m* forme de deux difTémis
côtés avec deux parnlUles qu'elle coupe.
Altehne, en Botanique, se dit Des icuillfs
Fpii croissent des deux côtés de la tige et des
liranclies , et qui partent de différens points.
On les distingue des feuilles qu'on appelle Op-
posêes , en ce qu^ cc-Iics-ci parient des points
correspondons de ûîfîcrens côtés. Les feuilU^
de Vérahle som opposées j celles de Vorme tont
al(erncs.
ALT'SRMîP. V. n. Faire une cliose tour U
tour entre drux personnes. Ces deux Ofjîcie's
alternent tous les ans , Exercent alternative-
ment d'anni'e en onuée.
ALTEHNÈ, ÉE. adj. Terme de Blason qui
se dit Des pièces qui se correspondent.
ALTESSE, s. f. Titre d'honneur qui se
cîonne à dilK^rens Princes en pailant et m
écrivant. Altesse Royale. Altesse Sérénissime.
Altesse ïllcctorale. Traiter d'Altesse. Donner
de l'Alh":sc. Donner l'Altesse.
ALTH.'KA. Plante qu'on appelle autrement
Guimauve. Voyez Guimauve.
ALTIER, ÈRE. adj. Super})e, qui a de h
fierté, qui marque de la fierté. Mine altière.
Façon aU'ère. Esprit altier. Humeur altièrCj
Caractère allier.
A LU
ALUDE. s. f. Basane colorée dont on couvre
les livres.
ALUDEL. s. m. Terme de Chimie. Espèce
de cliapitc.ju qui n'a point de fond. On forme
t\c plusieurs Aludels un c.inal qui est terminé
par un chapiteau avcui^le, c'est-à-dire, qui n'a
point d" I>ec. On s'en serl pour sul^limcr une
substance.
ALTJINE. Voyez Absinthe,
ALU.^IELLK. «. f. L;.nie de couteau, Il
vieillit.
ALtJMINEUX, EUSE. adj. Qui esl d'alun,
ou qui tient de la nature de l'alun. De Veau
alutnincuse.
ALUN. s. m. Sel neutre, d'im goût austère
et astringent. Alun de roche. Alun hrùlé. Alun
calciné. }*oudre d'uliin. Eau d'alun. Laver un
livre dans de l'caa d'alun. On appelle Alun de
plume, Une espèce de Talc qui est par petits
fibmens , et <]ui s'appelle autrement Pierre
d'Amiante.
ALUNER. V. a. Tremper dans de l'eau d'a-
lun. Aluner du papier. Aluncr des étoffes pour
les teindre.
Aluné , ÉE. participe.
ALV
ALVÉOLAIRE, adj. des a genres. Qui ap-
partient aux Alvéoles. Le nerf alvéolaircL^ar-
terc alvéoiaire.
AMA
ALVEOLE, s. m. On appelle ainsi chn'|ne
petite cellule où h's abeilles déposent leuvj
oeufs et leur miel. Cha(jue abeille a son pâlit
alvéole.
Il se dit aussi Des trous où les dents sont
placées. L'alvéole d'une dent,
AMA
AM.\BILITÈ. s. f . Caracirre d'une personne
aimable.
AMADES. s. m. pi. Terme de Blason. Trcii
listes plates parullèles,
AMADLS. s. m. On appelle ainsi Des bouts
de manche de veste qui se boutonnent sur le
poif;net. Pes amadis brodes d^or. iJe i eaux
amadis. Ces amadis sont trop courts.
AMADOU, s, »»u 'îèche faite avec une cs-
P'':cc d'aç^aric, ci. qui s'embrase aisément, eu
faisant tomber dessus une ctincelle de feu, a^i
moyen d'im briijuet et d'un caillou.
AMADOUER, v. a. Flatter, caresser, pour
attirer h so\. Amadouer les en fans. Amadouer le
pniple. Il l'amadoua par de belles paroles. II
est familier.
Amadoué, ée. participe.
A-MAIGRIR. V. a. Rendre maigre. Le jeûne
amaigrit. L'usaf^e fré(^ue}it de certains alimcns
dessèche et amaigrit. Le travail Va amaigri.
U -est aussi neutre, et signifie, Devenir mai-
gre./I amaigrit tous les jours. Les bœufs omai-
gri^sent dans ces pâturages au lieu d'ennrais-
ser. Dans les deux sens, on dit mieux Maiqric
qu'a ma 1*3 rîr,
AmAir.ni. ie. participe.
AIVIAIGRISSEMENT. s. m. L'état d'an*
personne qui passe de l'embonpoint à la mai-
greur. V amaigrissement est un mauvais pré-
sage dans les personnes âgées.
AM.4LGAME. subst. m. Terme de Chimie.
Union d'un métal ou d'un demi -métal avce le
mercun; ou le vif-argent.
AMALGAIWER. v. a. Unir l'or, l'argent,
l'étain , etc. avec le mercure. Faire un amal-
game.
Amalgamer, dans le sens figuré, signifie.
Rapporter et unir des choses dilTérenles. Amal-
gamer des idées nouvelles avec les anciennes.
Ces deux caractères auront de la peine à s'a-
malgamer.
AM.M.aAMt, ÉE. participe.
AMANDE. 8. f. Fruit de l'Amandier, de sa
veur douce, ou amére, selon la nature de l'ar-
bre, de matière compacte, couvert d'une pe
tite pellicule, ri enfermé dans une coque dure,
entourée d'une écale verte. Am^inde douce.
Amande amère. La cogue d'une amande. Huile
d'amande douce. Du lait d'amande. Pute rf'a-
mande. Un gâteau d'amandes. Biscuit d'a-
mandes amères. '
On appelle Amandes lissées , Des dragées
fiites d'amandes rouvertes de sucre; et Aman-
des à la praline^ Des amandes cuites dans du
sucre brûlant,
Amanue, se dit aussi Du dedans de tous )m
' \ fruits il noyau. Ca.^.tcr un noyau pour avoir
Vamande. Les amandes d'abricots sont amèrss.
AMA
AMASDÉ. s. m. Sorte de boisson faite nvrc
du lait et des amandes broyées et passcJes. '
Prentlre un amande,
A3IANDIER. subst. m. Arbre qui porte Ic!
«mandes. Les amandiers (leurissent de bonne
lieure. Les amandiers sont sujets à jelcr. Gr.ef-
j'cr des fruits à noyau sur un cmandier.
AMAST , ASTE. s. Celui ou celle qui a de
Vaiïiour pour une personne d'un autre sexe.
Iniiint fidèle. Amante infortunée. Une femme
■j:ii a beaucoup d\imans. Les /'octes sont les
iiiiians des Cluses; ils appellent l'.4urore. Va-
mante de Céphale. Amaîil de la liberté.
AsUNS, se dit aussi au pluriel, De deux
personnes de diflcrcns sexes qui s'ain.ent. Le
vtariage entre ces deux amans est résolu.
.\ M ARAKTE. s. f . Fleur d'.Automnc, qui est
''idinairenient d'un rouj;e de pourpre velouté;
li y en a quelques-unes qui flfurissenl en forme
lie p.inaclie, et d'autres en form<; de grappe.
L'amarante est le symbole de l'immortalité. D'
Ht qvaine d'amarante.
.^MAnASTE, est aussi adjectif des ? genres,
et il se dit Des clolTes de couleur d'amarante.
Un Dclours iimiiriinte. Un satin amarante. Un
drap amarante. De la soie amarante.
AMARINER. v. a. Terme de Marine. C'est
envoyer des gens pour remplacer l'équipaga
d'un vaisseau pris.
.VMAnisÉ, F.E. participe.
A^LVRRAGE. s. m. (Amârage.) Terme d»
Clarine. C'est l'ancrage du vaisseau, ou lattjche
Je ses a^rcs aTec i^es cordages.
.IM.ARRE. s. f. (Amàre.) Terme de Ma-
rine. Cord.t&e se-v;:nt h attacher un vaisseau,
cl .1 attacher aussi diverses choses dans un vais-
s.:iu. Les amarres d'un vaisseau. Retenir h
«•iiRon avec les amarres. Lier une table avec
une amarre. On dit, qu'(/n vaisseau a (ouïes
ses amarres delwrs^ pour du-e , qu'il a jeté
toutes ses ancres.
AMARRER, v. a. Terme de Marine. Lier,
attacher avec une amarre. Amarrer ^ri vais-
seau aux anneaux du port. Amarrer le canon
dans un vaisseau ^ de peur tju'il ne rou/e.
A-MAitnÉ, ÉE. participe.
AMAS. s. masc. Assemblage de plusieunj
choses, soit d'une même ■latnre, soit d'une na-
ture différente. Amas de pierres. Amas d'ar-
çfent. Avant (jue de commencer à bdtir. il faut
faire amas des matériaux nécessaires. Faire de
grands amas de blé. Faire amas de toutes sortes
de provisions. Il se fait un grand amas d'hu-
meurs dans un corps mal disposé. Ce livre n'est
(ju*un amas de citations.
Il 9€ dit aussi De l'assemblage, du concours
de plusieurs personnes. Voyant un si grand
amas dépeuple. Ln amas de toutes sortes de gens
ASL\SSER. V. a. Faire amas, faire un amas,
mettre ensemble. Amasser des matériaux. Amas-
ser de l'argent. Amasser de grands biens. Amas-
ser sou sur sou.
Quand .-/masser est employé sans régime,
on sous-eotend toujours , de l'argent. El c'est
dans celle acception qu'on dit, qu't'/i homme
ne fait (ju'amasser.
Tome f.
A jM B
Ama-ïSER , se dit aussi pour, Assembler
beaucoup de personnes. Il amassa aussitôt ce
qii\l put ïrom'LT d\imis. Amasser des troupes^ .
de lùiis côtés.
On dit figiircmeat , Amasser des preuves
pour une ajjhirej amasser des matériaux pour
un ouvrant, pour, Rassembler, recueillir des
preuves, des raaitfriaux.
Amasser, se met aussi avec le pronom per-
sonnel. Le peuple s^amassa autour de lui. Il
s'est amassé beaucoup de sahle nui endommaqe
le port. Les maladies viennent par les mau-
vaises hwjneurs nui s'amassent.
Amasser, sii;nifie aussi, Relever de terre ce
(jui est tomlie. Amasser ses cjants. Amasser un
papier. Dans celte sîgnificaliou il vieillit, et on
dit f.;i';néra]enicnt Ramasser.
Amassé, él. participe.
AMATEUR. 9. m. Celui qui a beaucoup
d'attachement, de goût pour quelque chose.
Amateur de la vertu, de la qloirc. Amateur de
louanges. Amateur de la jwuveauté.
11 se dit aussi De celui qui aime les Beaux-
Arts sans les exercer. Amateur de la peinture,
de la sculpture^ de la musique. Il ne sait pas
peindre y mais il est amateur.
Quelques J-'-crivains ont dit au féniinin ,
Amatrice. Ce mot est encore nouveau.
AMATIR, V. a. Terme d'Orfcvre. Rendre
mat l'or ou l'argent , en leur ôtaut le poli.
Amati , lE. participe.
AMAUROSE. s. t". Terme de INFédecine. Voy.
Goutte sereine-
AMAZO>'E. s. r. (Amazone.) Femme d'un
coiu-age mâle et guerrier. C'est une Amazone.
Cette signification vient de ce que les Ancien^
ont ^crit qu'il y avoit autrefois en A^îc un
î;rand pays habiti* par des femmes toutes i;uer-
rièies, appele'es //macones, à cause que dt'S leur
enfance on leur brûloit une mamelle pour les
rendre plus propic* à tirer de l'arc.
A :ii B
A^IBAGëS. s. f. pi. Circuit et embanas de
paroles. De longues ambages. Il ne parle ja-
nuits gue par ambages. Il est de peu d'usage.
:;t ne s'emploie qu'au pluriel.
AMBASSADE, s. f. L'emploi, la fonction
d'un homme envoyc p-':r un Prince ou par un
îiltal souverain, à un aulre Prince ou l'itat sou-
verain, avec caract^te de représentation. Am-
bassade honorable. Envoyer un habile homme
en Ambassade. On l'envoya en Ambassade à
Rome. Il alla en Ambassade à Constantinople.
I.\tmbassade de Rome.
On dit, Envoyer quelqu'un en Ambassade^
pour dire , Eu qualité d'Ambassadeur.
On dit aussi, Envoyer une Ambassade^ re-
cevoir une Ambassade j pour, Envoyer des
Ambassadeurs, recevoir des Ambassadeurs.
On dit, qii Une Ambassade est magnifique.
pour, <^ïuc 1.1 suilc de l'Ambassadeur est nom-
breuse et magnifique. Et l'on dit De quelqu'un
employé dans la maison de r.\mbassadcur,
qu*// appartient à VAmbassadt^ qu'iî est atta-
ché à VAmbassade
A MB 4§
A-MBA^sABE, dans le discours famihcr. «e dit
De cirtains messages entre particuliers. Ainsi on
dit, l'aire une ambassade, s'acquitter d'une
ambassade auprès de quelqu'un ^ se charifcr
d'une ambassade. Je ne me charge point d'une
pareille ambassade.
AMB.4SSADEUR.S. m. Celui qui est envoyé
en Ambassade par un Prince ou par un Étal
souverain, ft un autre Prince ou État souverain,
avec caractère de représentation. Ambassadeur
ordinaire. Ambassadeur extraordinaire. L'Am-
bassadeur de France à Rome. L^Ambassadeur
d'Espagne en France. Sommer un yîmbasss-
deur. Envoyer un Ambassadeur à un Frince.
L'Introducteur des Ambassadeurs.
On Xn dit aussi figurément et familièrement
De toutes les personnes que l'on emploie à faire
quelque message. Vous ne pouviez employer
un plus habile Ambassadeur.
AMBASSADRICE, subsi. f. La femme d'un
Ambassadeur. Il s'est dit aus.si autrefois d'Une
Dame qui avoit été envoyée en Ambassade
avec le titre d'Ambassadrice.
Ambassadrice , se dit aussi familièrement
au ^uré. Vous m'avez envoyé une jolie Am^
f^assadrice.
ÂMBE. s.m. Combinaison de deux numéro
pris ensemble à la loterie, et sortis ensemble
de la roue de fortune. .4voir un ambe. Gagner
un ambe. Il est sorti un ambe.
Il se dit aussi au jeu de; loto De deux nu-
méro gagnant ensemidc sur la même ligQo
horizontale.
AMBESAS. s. VA. Coup au jeu du Trictrac,
lorsqu'on anu'ue deux as. Amener amhesas. Ov
dit plus communément Besct.
AMBL\NT, ANTE. adj. Terme de Physi-
que. Qui entoure, qui enveloppe. Vn (luide
ambiant. L\iir ambiant.
AMBIDEXTRE, adj. des a genres. Qui se
sert également des deux mains. Un homnte
ambidextre. Une femme ambidextre.
AMBIGU, UË. adj. Qui peut être pris eu
deux sens, qui présente deux sens, comme un
corps terminé d'une manière douteuse prcsen-
teroit deux angles, deux pointes. Réponse am-
biguë. Paroles ambiguës. Farter en termes
ambigus. Des signes ambigus. Des preuves
ambignës. Les Oracles étaient souvent ambigus.
Ambigu, s. m. Sorte de repas où Von sert
en même temps ta viande et le fruit, et qui
tient de la collation et du souppr. On servit un
ambigu magnifique.
Ambigu, sed't aussi fignr. pour Un mélange
de choses opposées. Caractère ambigu. Celte
femme est un ambigu de prude et de coquette.
A-^IBIGUÏTE. s. f. (U et I font deux syl-
labes. ) Défaut d'un discours équivoque cl sus
ceptiblo de divers sens. Parlez net et sans am-
biguïté. Il y ta toujours de Vamhiguité dans
I tout ce qu'il dit.
AMBUiUMENT. adv. D'une manière am-
biguë, équivoque. Il par/c, l'ï répond toujours
ambigument.
AMBITIEUSEMKM*. adv. Avec ambition.
Rechercher ambitiet:«ement les honneurs.
5o
AMB
AMBITIKCX, EUSE. odj. Qui a de l'am-
bition. Un homme ambitieux. Une fimme am-
bitieuse.
On dit y^iiilu'lien-r, Uc tout ce siii renfenui'
ou exprime l'iiinhition. Esprit, caractère ambi
tieux. l'<élentions,manièri:s ambitieuses. Style
ambitieux.
On appelle Omemens ambitieux dans nii
discour», Des omemens tjop redieiclies, uop
affectés.
Ambitieux , est aussi sulistantif , et signifie
Celui ijui a de l'ambilioii. I.'ambitieiLC sacrifie
tout à sa passion. Les ambitieux se permettent
tout pour parvenir à leurs /i»s-
Ambitieux, ne se prend jiiniais ilaus un
sens d'éloge.
AMIUTIO.V, s. f. Uésir ininiodére d'iion-
aeur, de gloire, d'élévation, de distinction.
Griindc nmjiilion. Ambition déréijléc. Ambition
démesurée. Ambition sans bornes. Ambition in-
satiable. Avoir de l'ambition.
Ambitios , se prend aussi en honnc part ; niaij
alors il laut en détoiu-ner le sens par une é|ii-
tliète, ou parqueUjueclioscd'ikjuivalcnl. ^obU
ambition. Ambition louable , honnête. Uni
sainte ambition. Ce l'rince n'a d autre ambi-
tion (jue de rendre ses peuples heureux. 'l'oule
mo« ambition est d'avoir l'honneur de vous
servi)-. L'ambition des Saints Cil Je (jaijneT
beaucoup d'dnies à Uieu.
AjMBlTJO.NM^n. V. a. {Ambitioner.) Re-
cliercher avec ardeur, avec enipressimeiit. Am-
bitionner les honneurs, les diijnités, les pie-
mièrcs places. 11 se dit par e.xagéraMoa ddns les
formules de civilité. Ce que j'ambitionne
le plus, c'est l'honneur de vous servir, c'est
de vous pouvoir rendre quelque service.
AiUDiTio.NNJt:, ÉE. participe.
AMBLE, s. ni. Sorte d'allure d'un cheval,
entie le pas et le trot. Cirand amble. Amble
doux, dmble rude. Vu cheval qui vu l amble.
Mettre un cheval à l'amble. Une haquenée
franche d'amble, qui se met d'elle-même à
l'amble.
AMIiLER.v.n. Aller l'amble. Une ha:jueiicc
qui amble bien. Il vieillit.
AMBON. s. m. Voyez Ilbé.
AMBRE, s. ni. Sulistance résineuse. Amhrc
jaune, amhre qris. Un collier d'atnbra Un
chapelet d'ambre. Des bracelets d'ambre. Ve
l'huile d'ambre. De l'ambre fort net. L'ambre
jiinne attire la paille. Pièce d'ambre, morceau
d'ambreqris.tentirl'ambre, lemuscet l'ambre.
Essence d'ambre. L'ambre gris est odoriftrant.
Un dit proverbialement et fîguréiuent d'Un
bomine très -pénétrant, très-délié. H est fin
connue l'ambre.
.UIBRER. V. a. l'.Trfunicr avec de l'ambre
f/c'is. Ambrer des qants.
Ambili^, ÉE. participe. Du rossolis ambré.
AMBRETTK. s. f. Petite (leur dune odeur
agréable, et qui sent lamlirc. Elle vient de
Coiutautinople. Un bouquet d'ambreUe.
On appelle Poire d ambrctle , Une espèce
de petite poii% qui a quelque odeur d'anilne.
Un panier de ^hji, es d'ambielte.
AME
AMBKOSIE, et plus conimiinemcnt AM-
liROISIK. s. f. C'est, selon lu t'able, la nour-
riture urdinaîre des Dieux. Les anciens dîsoienl
que les DieiLX se nourrissoîent tl'umhroisie.
Les Botanistes ont donné à une plant*' mari-
time le nom à Ambroisie j ù cause de son odeur
vineuse.
A3IBULANT, ANTE. adj. qui vient du
vieux verbe Amhulcr. Il ne se dit guère que
d'un Commis qui est obligé par son emploi
d'aller de côté et d'autre, Commis umhuUmt ;
vl dans ce sc»^ on le lait quelquefois suJjslan-
tif , Un ambulant.
Ou appelle Hôpital ambulant , L'hôpital
qui suit 1 armée.
Un dit d'Un lioninic qui est toujours par
\oie et par chemin, que C'est un homme fort
ambulant, que c^esl un homme qui mène una
vie fort ambulante.
AMBULATOIRE, adj. des 2 genres. Il se dit
d'Une Juridiction qui n'est pas fixe eu un môme
Heu, mais qui se tient tantôt en un endroit,
tantôt en nn autre. Le GraniUConsed est am-
bulatoire. Le Parlement eloil autiefuis ambula-
toire.
On dit proverbialement , La volonté ih
Vhomme est ambulatoire j pour dire, qu'h'llfl
est sujette à dijuger.
AI\IE
AME. s. f. Ce qui est le principe de fa vie
dans tous les' êtres vivans. Ou appelle ^me vc*
lycluïifc, LV.me qui fuit croître les piaules;
Âme sensitive, Celle qui ùùl croître j mou-
voir et sentir les animaux; e%Amc raisonnable ^
Celle qui est le piiucipe de la vie, de la ptnsce
et des mouvemens volontaires dans l'homme.
Les Philosophes anciens ont appelé VAme du
mondc^ Un esprit universel, qu'ils supposoiL'nt
répandu dans toutes les parties de l'Univers.
Ame, se dit principalement De l'âme rai-
fionnahie , de l'Ame de l'iiomme. Vâme es(
indm^iihle^ spirituelle y immortelle. Les facul-
tés de l'dme. Les puissances de l\hne. Les fonc-
tions ^ les opérations de Viîme. Les passions di
idme. 1 1 faut aimer Dieu de toute son âme.
Eu parlant De l'ime par rapport à ses bonnes
ou mauvaisi's qualités, on dit ; Ame bcile^ no-
ble, qrande, cfénéreuse^ élevée, royale, héroi-
tjue. Une âme bien née. Ame foible. Ame basse.
Ame lâche, intéressée. Ame de houe. Ame vé-
nale. Ame mercenaire. Ame noire. Ame étroite^
Incapable de desseins généreux , de projeta
vastes.
Eu parlant De l'âme par rap[>oit h la Keli-
^ion, on dil : Une âme réqénérée par le Bap-
tême. Une àme rachetée par le sang de Jésus-
Christ, /fm-i sanctifiée, illuminée par la grâce.
C'est une sainte âme, une bonne âme. Les âmes
dévoies, les âmes chrclienncs, Aous u^'Oms une
âme à sauver.
En parlant Des Âmes séparées du corps, on
dit, Les âmes des iiépiLiscs. Dieu veuille avoir
I son âme. Prie':- Dieu pour son âme, pour le re~
pOi de son âme, 5un âme est devarU Dieu. Lu
AME
âmes qui sont en purgatoire. Les âmes brén-
/leureitses. Les âmes damnées.
On dit d'Un honune entièrement dévoué à
un autre, et qui le sert indistinctement dans
toutes sortes de choses, quelque injustes ou
quelque odieuses qu'elles soient, que C'est son
âme damnée. Il est familier.
Ajiu;,sc dit aussi pour Conscience. Il sait
bien en son âme que.... Il a Vâmc bourrelée.
On dil absolument, qu'f/n?iomme n'a point
d'âme, pour, qu'il n'a ni cœur, ni sentiment.
Ame, se dit aussi pour signifier Une per-
sonne, soit homme, femme, ou enfant. Il n'y
a âme vivante dans celte maison. Vous n'y
trouverez pas une âme. Il y a cent mille âmes
dans cette ville.
On dit , qu'Une personne a Yâme sur les
lei'res, pour dire, qu'ElIe est près d'expirer.
On dit figurémeul, qu't/ne chose est Vâme
d'une autre, pour, que C'est sur quoi elle est
principalement fondée , que c'est ce qui la
maintient, qui la fait principalement subsister
ou agir. La raison est l'âme de la Loi. La
bonne foi est Vâme du commerce.
Ou dit, Donner de Vâme à un ouvrage,
pour dire, Exprimer vivement les choses qu on
y représente, y mettre beaucoup de feu, de
vivacité ; et cela se dit , soit en parlajU d^^s Ora-
teurs et des Poètes, soit en parlant des Pein-
tres, des Sculpteurs et des Musiciens.
Ou dit, en parlant De la Sculpture, qu'£l/e
doniA: de Vâme au marbre, pour dire, qu'Elle
anime, qu'elle fait vivre eu quelque sotte le
marbre.
Ou dit, qu'//y a de Vâme, qu'il n'yapoint
d'âme dans le chaJit de quelqu'un , dans sa lU-
clamation, pour dire, qu'il chante, qu'il dé-
clame d'une manière froide et languissante.
OnditproTCrbialementet iigurémeut, d'Une
Compagnie, d'une Armée sans chef, ou dont
le chef n'( st pas capable de l'être, que C'est un
corps sans âme.
En parlant de Devise, on appelle Ame, Les
parole* qui servent à expliquer la figure repré-
sentée dans le corps de la Devise. La Devise
avoit pour corps un Lion , et pour âme ces pa
rôles , etc.
On appelle popnbiremcnt, VAme d'un fa-
qut,hc menu bois, iis menues branclifs qui
sont au milieu d un fa;j;ot. Allumer le fu avec
Vâme d'un f'got.
On appelle VAme du canon, le crctix où
L'on met la poudre et le boulet.
En parlant Des inslrumcns de Musique, uo
appelle vïme, Uu petit morceau de bois droit
qu'on met dans le corps de 1 instrument suus le
clievalet, pour soutenir la table.
On appelle Ame^ dans les ligures de slite.
La première forme qu'on leur donne en les
ébaitcliant, avant que de les couvrir de stuc
pour les Gnir. On donne aussi le nom A' Ame,
aux fi^ures de pKUre ou de terre, qui servent
."i celles qu on jette eu bron/.e ou auUc inclul.
AiMË, ËE. adj. Aimé. Vicu\ ii.ot tjui ncfit
plus d usa^c qu'en stvle de Chancellerie, dans
h& Lettres , d dans Us OrJou-nances du llui-
AME
A'os (iniés et féaux les Cens tenant notre Cour
de Parlement Sotre très-cher et très- amé frère.
lYofpe amé et f-al.^ etc.
AMÉLIORATION. sub5t.f,Pro;;rès vers le
bien; meilleur éfal. Ce bien est délahré, mais
avec du temps il est susceptible d'amélioration.
Il y a une qrande amélioration dans l'état de
ce malade, h'insensihles améliorations.
Il se dit De ce qu'on fait dans un fonds de
ivTTv ou dans une maison, pour les mettre en
meilleur t';tnt, et pour en augmenter le revenu.
On est ohliqé de payer les améliorations à un
possesseur de honncfoi, (jue Von dépossède. Il u
fait une amélioration considérable dans sa terre.
Amémoiiatios, en termes de Cliimic , est
Une opération par laquelle un mêlai est porté
à une plus t^-ande peifeciion.
AMl^I.IORKR. verb. act. Kend.e une chose
meiUcirro. // « recouvre des litre.', fju' ont amé-
lioré son droit.
I) se dit principalement en parlant Des té
parations qu'on fait à un bàliment, des aug-
meutations qui se font à un héritage. Il a forl
amélioré cette métairie ^ en faisaitl rétablir lei
Ihîtimeus ijui tombaient en ruine^ et en faisant
fumer les terres.
AhéliobÉ, èe. participe.
AJIEN. ( On prononce l'N. ) Terme em-
prunté delà Langue Heliraïque , qui signifie,
Ainsi soil-il. Il s'emploie pour dire que l'On
consent à une chose. Il dit amen à toutes la
propositions (juan lui fait. Il est familier.
On s'en sert aussi pour signifier La fin d'un
discours , «l'une proposition. Attendez iusqti'ei
.imen.
AMENDA BLE. ndj. des 2 genres. Çui csl
sujet .'1 l'amende.
ATTENDE, s. f. Peine pécuniaire imposée
par la Justice, pour satisfaction et réparation
de quelque faute. Amende ordinaire. Amendi
arbitraire. L'amende d'un fnl appei. Payer
Vamende. Être condamné à l'amende, à dt
tarasses amendes. Vous serez mis à Vamende,
lîeceveur des amendes. En matière criminelle,
toutt amende est infimante.
On dit prOTerbialemenl , d'Un honjire .]ui
est condamne, tandis qu'il devoit être dédom-
magé, C'est la Coutume de Lorris^ les battus
payent Vamende ; et tout simpleraeul , Les
battue payent Vamende.
A3ÏESDE HOSORADLF., sortc de peine infa-
mante ordonnée par Justice, cl qui consiste à
reconnoître publî'juenient son rrime. et h en
demander pardon. Faire amende honorable^ la
torche au poînq et la corde au -ou.
A3IEM)EMkNT.«.m.ChaQ2ement en mieux.
il a toujours la pèvre bien fort, il n'y a point
d amendement. Il n'y a point d\imendemcnt à
sa %ante. Depuis qu'il s'est relire des mauvaises
compatjniet , on remarque dans sa conduite un
^rand amendement,
Ameî«dement , se dit aussi De l'enpiais des
inres. Une terre maigre qui a besoin d'amen-
dement
AMENDER, verbe act. Terme de Palai» qui
si^ifir j fx>ndaroner .1 l'amende
AME
Il sii^nifie aussi, Rendre meilleur, corriger.
// n'y a que Dieu qui le puisse amender. Un
Juji'j entérinant des lettres de pardon pour un
conpablCf lui dit : La Loi te condamne^ le Ko:
te pardonne, que Dieu t'amende.
Amender , s'empJoie aussi avec le pronom
personnel. Il faut espérer quil s'amendera. On
dit proverbialement en ce sens, Mal lu'l nui ne
s'amende, pour. C'est faire un mauvais usage
de la vie que d" ne se point corriger.
On dit, Amender des terres, pour, Lts amé-
liorer. Amender des terres avec de la marne ,
avec du funiiiT.
Gn dit pro\erbiaIemer:t et figurément, Cela
n'amendera pas votre marché^ pour, Cela m.
fera pas que vous en soyez quitte ù meilleur
compte, cela ne rendra pas votre condition
meilleure,
A^fENDKn , v. n. signifie, Devenir en meil
leur état. Ce malade *n^a point amendé depuis
la laiqnée.
Il signifie aussi, Baisser de prix, devenir ii
meilleur marche. Le blé est bien amendé. Cela
a fait amender le vin.
On dit proverbialement, Jamais cheval ni
méchant homme n'amenda pour aller à Rome.
Amendé, ée. participe.
AMENER. V. a. Mener, faire venir au lieu
où l'on est. // pi a amené ici. Si vous venez
nous voir y amenez votre frère. Il a amené du
secours, des troupes. Amenez-le moi pieds et
yoinqsliès.Je vous Vamenerui par le collet ^ par
\a main , par le poîuq. Il a ameité des chevaux
d'Angleterre. Amenez -moi mon cheval^ mon
carrosse. Ces Boulancjers nous amènent du
pain. Ces charretiers nous amènent du vin, du
hais, etc. Amener des marchandises par char-
roi, par bateau, par mulets.
Ou dit familièrement, Quel sujets quel bon
vent, quelle bonne affaire ^fous amène? pour,
Quel sujet vous fait venir ici? El par indigna-
lion, on dit d'une personie qui déplaît, Qui m'd
imienê cet homme, cet imposteur, ce hâbleur ?
Amener, signifie aussi, Tirer îi soi. Les For
çnti amènent les rames à eux.
Ou dit. Amener les vaisseaux à bord _ pour,
Les fikire venir à bord ; et en ternies de Marine,
Amener les vcilcs, pour dire, Los abaisser. En
termes de Marine ausfi , lorsqu'un vaisseau de
guerre rencontre un vaisseau inférieur, on lui
crie, A'uéne, pour lui commander d'approcher.
DU de baisser le jiavillon. Le vaisseau fit obli-j \
d'amener.
On dit figurcmcnt , Je l'ai amené où je vou-
.'ois, pour, Je l'ai fait couiieseendic à ce que je
Jésirois de lui.
Kn matière d'Ouvrages de prose et de vers,
et surtout dans les Pièces dramatiques, on dit,
qu'C^n iuteur a bien amené un incident .^ itne
reconnoissanee , etc. pour dire , qu'il l'a fait
venir H propos, qu'il l'a pniparc avec art. Et
en matière de contestation juridique , ou de
dispute, on dit, qu'Une preuve est amenée de
bien loin, pour dire, qu'Ellc est bien recher-
chée, qu'elle n'est guère naturelle.
Aai£m;r, iignifie encore figurcmeati Inlro-
AME
5i
duirc, mettre en usage. Ce sont les jeunes gens^
les femmes qui amènent les modes des habits.
C'est lui qui a amené ce jeu. Ces! un tel Mé-
decin qui a amené Vusage d'un (cl remède.
Amener , se dit aussi Des choses qui se suc-
cèdent ordinairement. Ce vent nous amènera
la pluie. Un malheur en amène un autre.
On dit au jeu, Amener rafle, amener gros
feu, amener chance, lorsqu'en Jetant les dés,
il vient rafle . gix)s jeu , chance.
Amené, ée. panicip -.
Amené, est aussi quelquefois substantif. Et
r^:i a dit eu ce sens en termes de Jurisprudence,
Un amené sans scandale, pour, Un ordre d'a-
mener un homme devant le Juge, sans bruit,
sans lui faire affront.
AMÉMTÉ. s. f. Agrément , ce qui fait
qu'un?' chose est a-^réaljle. Il se dit particuliè-
leniint d'Un lieu, d'une situation flgicable,
d'un air doux et agréablement tempère. V.imè-
nilé d'un lieu. L'amènilé de Vair.
Un l'emploie aussi figurénicnl. // a de Vamè-
nité. Il n'a nulle aménité dans le caractère. Un
style plein d'aménité.
AMENUISER, v. a. Rendre plus menu,
rendre moins épais. Amenuiser un bâton ^ une
cheville y un ais.
Amenuisé, ée, participe.
AMER, ÈRE. adj. (l'R final se prononce.)
Qui a une saveur rude et ordinairement dés-
agréable , telle que celle de labsintlie ou de
l'aloés. Être ame)', devenir amer, amer comme
suie, comme de la suie. Des herbes amères. Un
me amer. Cela est d'un goût a-mer.
On dit. Avoir la bouche amère, pour dire,
Scniir un goût amer à la bouche; e: qu'f'nc
chose rend la bouche amère, pour dire, qu'ElIe
y laisse un goût amer. Et on dit proverbiale-
ment. Ce qui est amer à la bouche, est doux au
(• » ur.
Amer, se dit figurément De diverses choses,
pour en spécifier la qualité, .^insi on dit, Une
douleur amère, pour. Une douleur vive et pro-
fonde; I^es larmes amères, pour. Des larmes
qui partent d'une très- grande douleur ; Pcs
plainlcc amères, des reproches amers, une ré-
primande cmcrCj une raillerie amère, pour,
Des plaintes aig^e**, des reproches durs, une
forte réprimande, une raillerie piquante.
On dit de même. Une perle amère ^ u
contre-temps amer; ci.. On lui rend la vie
amèrc, pour dire, Ou lui fait rssuyer des hu-
miliations, des contradiciioDS fdcheusct.
On dit aussi figurément Amer, [>our Dou-
loureux. Il est bien amer à un père de voir ses
enfans ne pas répondre à ses soins. Il est bien
amer à un homme d'être chassé de sa maison.
Amer, s'emploie quelquefois au substantif.
I<'amcr et le doux sont tliix qualités con-
traires.
On dit dans ce même sens. Prendre îles
amers, pour, Prendre des bouillons faits d'her-
bes amères.
Il se dit ausci substantivement Du fiel de
quelques animaux, et principalement des pois-
sous. Crever Vamer d'une carpe, d'un brochet,
7-
32 AMI
AMEREMENT, adv. Il ne .seditqu'au figïuc,
et signifie, Doulouienseinent. 5c jAuînâtc auiè- \
renient. Pleurer amèrement.
AMERTUMi'. s. f, La qualité, la savriir de
ce qui est anier. L'amertume de Valves et de la
coïo<iuinte.
Il signifie figurëment, Affliction, déplaisir,
jjcine d'csprir.yivotr le ciLur plein d'amertume.
Je vous en parle dans Vamertume démon c-vur.
Cela servit à adoucir Vamertumc de sa douleur.
Les douceurs et les amertumes de la vie. Les
plaisirs du monde sont toujours mêles d'amer-
lumc.
AMÉTHYSTE, s. f. Pierre précieuse, de
couleur violette, tinnitsur le pourpre. Tuilier
nue améthyste. Une améthyste bien mise en
itHvre.
AafEUBLEiMliNT. s. m. La quaulite et ras-
sortiment des meubles nécessaires pour garnii
une chanil)rc, un cabinet, etc. // a acheté un
bel a'meuhlement. Un ameublement de velours.
Un ameublement de damas.
A;\IEUIîL1R. V, a. Terme de Pratique et de
Coutume. Rendie meulile, rendre de nature
inohiliaire. Elle a apporté trois cent mille hvies
en dot y et on en a ameubli cent mille livres. Il
en a été ameubli tant,
AMECBLin, se dit aussi Des terres cpi'oii
rend plus n;eiiblcs, jdus légères. Celle lent
est trop compacte y il jnut Vameublir.
Ameuiîi.i, ie. participe.
AMKUBLISSEMENT. s. m. Action d'ameu-
blir, et ce qui ost ameubli. Le père maruint sa
fille y n'a consenti (juà Vumcubliisement de
cinquante mille /iVrâ5. L'ameuhlissement mon-
toit à tant.
AMEUTER. V. a. Mettre des cliicus en ét;ii
de bien cliasser ensemble. // jcut du temps
pour ameuter des chiens qui n^ont pas accou-
tumé de chasser ensemble.
11 sij;nifîe figurément Attrouper, et aniny-r
plusieurs personnes pour les faire agir de con-
cert. Il ameuta les Marchands du quartier,
(^uand il eut ameute tous ses amis pour faire
passer celle délibération.
Ameutl , ÉE. participe. Des chiens qui ne
sont pas encore ameutés. Des qens ameutés.
AMI
AMI, lE. s. Celui ou celle avec qui on est
lié d'une afTeclion réciproque. Ami fidèle. Ami
constant, yimi sincère. Ami solide. Ami cor-
dial Ami sûr. Ami éprouvé. Ami cjénércu.v.
Ami intime. Vrai ami. Véritable ami. Ami
chaud. C'est sun bon ami, son meilleur amî.
C'est Vami du civur. Il est son ami depuis
lonq- temps, de tout temps. Il a été son ami
dans tous les temps. Être ami dans la bonne
et dans la mauvu.se fortune. Etre ami à loate
épreuve. Etre ami jusqu'à la mort. Avoir des
am'ts, 6c /titre des amis. Acquérir des amîs.
Entretenir, ménager, cultiver, conserver ses
amis, yéglifjcr, oublier ses amis. î: e brouiller
avec ses amis. Perdre ses amis. Servir ses amis, k
Employer ses amis. Irailer en antî. Parler en
AMI
flini. Aqlr en ami. Cela n'est pas d'un ami,
d'un bon ami. Cela est d''un mauvais ami, d'un
faïur ami. Il ne faut point de cérén\onie entre
amis. Tout est commun entre amis. Cela vaut
tant entre deux amis. Deux femmes qui sont
bonnes amies. Elle est fort son amie. Cest une
de ses amies, une de ses bonnes amies. Il étoit
autrefois de mes amis. Je serai toujours son
ami, quoiqud ne soit pas le mieJi.
On dit, Ami jusquauc auleïs, pour, Aini
h tout faire, excepté ce qui est contraire à la
Religion ; et Ami jusquà la bourse, pour. Ami
.i rendre toutes sortes de services, excepté d'ai-
der de son argent.
On dit proverbialement Ami à pendre et à
('e/;en(/re,pourdirc, jUjsolument djvoué. Il est
du style le plus familier.
On dit, Ami de table, amî de houteille, ami
de débauche, pour, Un aini avec qui on n'a
d'autre liaison que celle qui est fondée siu" le
plaisir de la table, de la débauche. Et on ap-
Ijelle Ami de Cour, Un homme qui n'a que dtî
fausses apparences d'amitié ; Ami de la |aveur^
Ami de la frrtnnCj Un lionuiie qui ne rend dès
sjins, qui ne s'aïUiche qu'à ceux qui sont en
faveur, en fortune. El on dit, <\\iUn hommt
est ami de la vérité, de lu raison , de la justice,
pour dire, qu'il aime la vérltc, la raison, 1|
)ustice.
Ami, est quelquefois un terme de familia-
rité, dont on se sert en parlaut à des personnes
fort inférieures. Travai7/es , mes amis , foui
serez bien payés. Tiens ^ mon ami, mon bon
flïnî, voilà pour ta peine. Viens-çà, l'umi,
fhras-tu bien un messu(je pour moi?
C'est aussi quelquefois un terme de Iiauteui
et de mépris. Mon petit amî, je veux que voui
sachiez que. . .
On dit proverbialemi nt : f-cs bons complet
f-nt les bons amis. Ami au prêter, et cnnenu
au rendre.
Ami, se dit aussi Des animaux, pour inar-
quer i'EQcclion quils ont poin* les hommes. I\
y a des animau.c qui sont amis de l homme. Le
chien est ami de Vhommc.
il se dit aussi De certaines choses qui pa-
roissent avoir quelque sympatîùe les unes avec
les autres. Uormcau est ami de la viqne.
Il se dit pareillement De certaines liqueurs,
de certaines odeurs qui confortent, qui réjouis-
sent. Le vin est tant du cœur. Il y a des sen-
:curs qui sont amies du cerveau.
Amie, subsl. fem. s'est dit autrefois pour
signifier Une Maîtresse, une personne avec qui
on est en commerce de galanterie. Cette si^nï'fi-
calion s'est encore conservée dans les Généalo-
gies, où en parlant de bâtardise, on dit, Un
tel eut d'une telle son amie; et dans quelques
phrases proverbiales, comme, Jamais honteux
n'eut belle amie, pour dire, qu'En amour il
ïa^it élrc entreprenant. Et l'on <))t, d après
1 ancienne Chevalerie, Aoits verrons qui aura
belle amie, pour dire, Nous verrons à qui la
fortune sera favoral>Ic,
Cn dit, }Vamic, par abrégé de Von amie;
et c'est un terme doHt quelques maris se scr-
AMI
vent en parlant à leurs femmes, et dont on se
sert aussi en parlant h des femmes d'une con-
dition fort inféricnre.
Mie, se dit atissi par abrégé d'.^iiti'e, et c'est
un terme dont on se sert populairement avec
les enfans, quand on leur parle de leur Cîou-
vernanlc. Aimez-vous bien voire Mie?
Ami, est aussi adjectif, et alors il sig'ïiific,
Propice , favorable , et n'est guère d'usage
qu'en Poésie. Les deslins amis. La fortune
amie.
AMIABLE, adj. des 2 genres. Doux, gra-
cieux. Accueil amiable. Paroles amiables.
On appelle ,^n(iiWi!eComposi(cur. Celui qui
accommode un différent par les voies de la
douceur.
A l'amiaei.e. Façon de parler adverbiale.
Par la voie de la douceur, sans procès. ?i ous en
conviendrons à Vamiable. Traiter les clioses à
Vanûablc. Vider un diffl-rent à l'amiable.
On appelle Vente ù Vamiable, Celle où les
prix sont marqués sur chaque effet.
AMIABLEME>T. adverbe. D'une manière
umiable. Il lui a parlé f>rt amiablement.
AMIANTE, s. m. Matière minérale dont on
fait de la toile incombustible. /-e.ç Anciens hrù~
loient les corps dans de la toile d^ Amiante.
AMICAL, ALE. adj. Qui part de l'amitié.
Conseil amical. Ex}torlations amicales. Il n'est
point d'usage au pluriel masculin.
AISIICALEMENT. adv. D'une manière ami-
cale.
AMICT. s. m. (Le C ne se prononce point}
Sorte de linge bénit, que le Prêtre met sur sa
tète, ou sur ses épaules, quand il s'habille
pour dire la Messe. C'est par Vamict que le
Prêtre commence à s'habiller pour dire la
?-Jesse,
AMIDO>', s. m. Certaine p.Ue qui est faite
de fleur de froment sèche, et qu'on délaie pour
en faire de l'empois. Une livre d^amidon. L\i-
midon le plus fin est la poudre à poudrer.
A:\HD0.\MKU, ou AMIDONIEU. s. masc.
Faiseur et Marchand d'amidon.
AlMIGDALE. s. f. Voync Amygdale.
A-MI-LA. Terme de Musique, par lequel
on désigne la ncle la. Le Ion d'a-mi-la. Cet air
est en a-nii-la. Prendre Ta-mi-la de l'Opéra,
d'un concert , etc.
AMINCIR. V. a. Rendre plus mince. Amin-
cir une pièce de bois,
Aj\unci , lE. participe.
AMIRAL, s. m. Grand Officier qui com-
mnndc cn chef à tous les vaisseaux de haut-
bord, >i tous les navires de guerre. Amiral de
France. La Charqe d\'1nnral de /' ronce est une
des qrandesCharqcs de la Couronne. Amiral de
Hollande, de Zélande. Amiral d'Anqlclerre.
Il se dit aussi De l'OOicier qui commande
une Armée navale, une Escadre, une l'iolie,
quoiqu'il n'ait pnînt la Charge d'Amiral. Ce
Capitaine étoit Amiral de cette Elotte.
On appelle aussi Amiral, Le principal vais-
seau d'une Flotte. Il a servi toute la campagne
iur l'Amiral.
AMIRAUTÉ, s. f. Etat cl Office d'Amiral
AlNfM
L'Amirauté de France. Les droits de l'Ami-
rauté. '
II se prend aussi pour Le Siège de la Juri-
diction d- l'Amiral. Lieutenant de l'Amirauté.
Procureur du Roi eu lAmiraulè. Faire jujer
une prise en l'Amirauté.
AMITIK. s. f. AfTcctîon que Ton a pour
(!uc^u"un, et qui d'ordinaire est miituelle. lU
vivent dans une grande amitié. Ancienne ami-
tié. Etroite amitié. Ferme, constante amitié.
Grande amitié. Bonne amitié. Amitié récipro-
eue. Amitié sainte, satréc ^ inviolable, rerita-
We, tendre, sincère, cordiale. Amitié uppa-
rente. Amitié finie , simulée , trompeuse ,
fausse. Les nœuds ^ les liens de Vamitié. Les
lois, les devoirs, les engaqemens de Vamitié.
Les plaisirs y les douceurs ^ les tendresses de
Vamitié. Les senlimcns de Vamitié. Contracter
amitié- et familièrement, Faire amitié avec
quelqu'un. Entretenir Vamitié, renoncer à Va-
mitié, manquer à Vamitié. Rompre Vamitié.
Renouer amitié. Répondre à l'amitié. Promet-
tre, jurer amitié. Lier amitié. Cultiver Vami-
tié. ViVrc en amitié. Faire quelque chose par
amitié, par bonne amitié. Ils sont en grande
amitié. Demander à quelqu'un son amitié. /îe-
cevoir quelqu^un dans son amitié. Prendre en
amitié. Il n'y a guère de véritable amitié
qu'entre égaujc. J''ai toujours eu de Vamitié
pour lui, et H n'en a jamais en pour moi. Le
Prince Vhonore de son amitié.
On dit daus le style familier : Faites-moi
Vamitié de parler de mon aijhire à mes Juges.
Faites-moi l'amitié d^aller jusque-là.
On dit aussi. Faites^moi celte amitié; ei
c'est pour dire. / aites~moi ce j lui':iry faîtes-
moi le plaisir,...
On dit proverhialonient. Les petits préscn-
entretiennent /'amiïié, pour, Les petits soins,
lea moindres choses servent îi lier davanl:ii;i-
l'amilié.
Amitié, se dît aussi De l'aflcction que les
animaux ont pour les Iiommes. Ce chien a bien
de l'amttie pour son maître
On dit , en termes de Peinture. L'amitié dea
couleurs j pour, La convenanct* que certaines
couleurs ont 1* s unes avec les auîics.
AaiiTifs, au pluriel, signifie Caresses, pa-
roles obligeantes qui marquent de l'afTeclion.
71 m'ti foit des amitiés. Il m'a jait mille ami-
tiés. Faitc<-lui mes amitiés.
On le dit aussi au singulier. Faire amilic
à quelqu'un. H m'a f. it amitié en toute occa-
SlVfl.
A M M
AMMAN. ». m. Titre de dignité qu'on donne
vu Suisse aux Chefs de quelques dotons.
AM.MEISTRE. subst. masculin, l-xhevin de
.Strasbourg, et de plusieurs autres Villes d'AI-
leniagiif.
AM.MI. s. m. Plante ombellifére. I,es se-
mences ne queltjucs-unes de ses espèces on!
une odeur aronKiti(|uc.
AMMON. (Corne d') ». f. (On prononce Iot
deux M.) Nom donnj daiu Vllisloirc nituietlc
AMO
J une coquille en spirale qui ne se trouve tjiif
pétrifiée et dans le sein de la terre.
A.'VnMMVC, AQU13. adj. (On prononce
les M, et le C final.) On le joint au mot Sel,
pour désigner Un sel neutre formé par l'union
du sel marin et de l'alcali qu'on nomme vola-
til. Il se tire de l'urine et des excrémciis des
cliameaux. C)d dit, le Sel ammoniac. Il y a aussi
une gomme -résine qu'on nomme Gomme am-
moniaque.
AMN
AMNIOS. s. m. (On prononce l'M etl'S.)
l'orme d'Anntomie. Une des enveloppes du
l'uetu.'!.
AMNISTIE, s. f. (On prononce l'M et l'S.)
Pardon que le Souverain accorde à ses sujets,
principalement pour crime de rébellion , ou de
désertion. Le Roi accortla une amnifiie géné-
rale. On puhlia l'amnistie, .accepter l'amnislie.
Il fui compris dans l'amnistie. Ceux (jui furent
exceptés de l'umnislic.
AMO
AMODI.iTEUR. s. m. Qui prend une leire
i forme. Il s'est rendu anwdiateur d'une telle
terre.
Il n'est plus guère d'usage qu'eu quelqneiî
Provinces.
AMODI-VTION. s. f . Bail il ferme d'une terre
en grain ou en argent. Faire /'(imoduition d'une
terre.
AMODIER. V. act. Affermer une terre en
grain ou en argent. Il a amodié sa terre à tant
en !j!c, à tant en arqent.
A.M0D1É, ÉE. participe.
AMOINDRIR. V. a. Diminuer, rendre moin-
dre. Cela amoindrira votre rtvenu. Cela a
l'CKKCOixp amoindri ses forces.
On dit aussi S'amoindrir, Devenir moindre.
Son revenu s'amoindrit tous les jours.
Amoindri , ly.. participe. ,* on revenu est
amoindri
AMCnNDRlSSEMENl'. s. m. Diminution.
L'amoindrissement de sa f>rtu;ie. ^amoindris
ïcincrit de sa puissance, d.' ses moyens.
.•\Mv)LI.IR. V. a. Rendre mou et mani.iblc.
Le chaud amollit la cire.
Il sigiïifi,; fi^nrément, Rendre mou et tfle-
niiné. La volupté amollit le cowuqc. I,n retniil ■
f^rti/ie la vertu, la vie dissipée l'amollit.
S'.iMOLLiii. V. pron. Devenir mou. .4u fi
gurc, S'afToililir, devenir efliimine'.
.A'ioiti , lE. participe.
AMOLLISSEMENT. •». m. Action de mollir.
L'amollissement de la cire.
Il se dit aussi au figuré. L'amollissement du
ccuraqe.
AMONCELER, t. a. J'amoncelle, j'umon-
ccJoij. Entasser, mettre plusieurs clioses en nii
monceau, .fmoneeler des gerbes. Amoncelé:
plusieurs choses les unes sur les autres.
Amoscklk , t.K. participi'.
AJUONT. sdw Terme usité parmi les ."llmi-
nicrs, pour j!gi:iGer, Le cjlé d'où vient lu
AMO ^3
rJTÎère, et qui n'est d'usage qu'avec la parti-
cule Ve. Le Pays diamant. Ces hateaujc, ces
marchandises viennent d'amont^ du Pays d'a-
mont. Le vent est d'amont, vient d'amont. On
appelle Vent d''amont , Le vent du Levant.
AMORCE, s. f. Appât pour prendre des
poissons, des oisenux, etc. l'rcndredes poissons
avec de l'amorce. 1 e Vamorcc potir prendre
tl'îfs'oiseaiLX.
Amorce, se dit aussi De la poudre h canon,
'|u'on met dans le bassiiïel d'une arme à feu,
nu à des fuse'es, a des p-li-rds, etc. pour yliiire
prendre feu. L'amorce e.st bien sèche. L'amorce
t's( mouillée. Vamorcc ne prendra pas.
A^MoncE, se dit figurément Ue tout ce qui
attire la volonté, en flattant les sens ou l'esprit.
Les amorces de la volupté. Douce amorce.
Dangereuse amorce. Il n'y a point de plus
grande amorce pour les âmes basses que l in-
térêt. La gloire a de puissantes amorces pour les
grandes âmes. Eviter i*aniorcc, y résister. Ae
nous laisse; pas prendre à Vamorce.
AJVIOUCER. V. a. Garnird" amorce, .^niorctr
un hameçon. Amorcer up. pislolef , «ne arque'
l>nsc, un canon, une fusée.
j^MOftCER , signifie aussi, .Attirer avec de
l'amorce. Amorcer des poissons ^ des oiseaux.
A.MOHCEn, sij^nilîo aussi figurément, attirer
par des choses (pii flattent l'esprit ou les sens.
Se laisser amorcer au gain. Etre amorcé par le
gain. C'est une femme adroite et dangerciLse,
qui sait les moyens d'amorcer les gens. Il s'est
laissé amorcer par une apparence de gloire.
Amoucé, ée. participe.
AMORÇOLRf. s. m. Outil dont l'arlisan .jui
iiav.iilie en boîs se sert pour coLimencer le*
Irous.
A!\IORTIR. V. a. Rendre moins ardent ,
aïoins ûcre, moins violent. Ce f^u est trop
jrand, il fant y jeter de l'eau pour Vamortir.
itnortir le fu d'un érysipélc avec de Voxy-
.nit.
\\ signifie aussi. Faire perdre de la fnrrc ù un
inup de feu. Il reçut un coup de pistolet de
l'-^rt près, mais son buffle amortit un peu le
coup. 0\i dit aussi ^ 'amortir. Le coup j amortit
contre son bujjle, c'est-à-dire, Devint moins
lort.
Il se dit aussi Des herbes, et il signifie pa-
reillement. Leur faire perdre de leur force,
de leur Acrcté et de leur amertume; et il s'em-
ploie plus ordinairement au neutre. Faire
amortir des herbes dans de Veau bouillante.
Faire amortir du cerfeuil sur une pelle rouge.
Il se dit aussi Des couleurs, pour dire, Kn
uffuiblir la vivacité, l'éclat, par des couleui-s
sombres, ou autrement. Ces couleurs sont un
peu trop vives et trop dures, il faut les amortir
far d'autres plus douces. Le tcmj s amortit les
Couleurs^ et rend la peinture plus tendre.
On dit figurément, Amortir les feux, les
ardeurs de la jeunesse^ amortir les passioi^r^
pour dire. Rendre les passions moins vives,
moins ardentes. Le temps amortit les ftitx de
, la jeunesse.
' AjionTiii,sc dit encore en mali^redc renies.
5i AiMO
de pensions, et Ue devoirs di.» fief, et signifie,
Les L'teindre, les faire cesser, en payait ou en
dédommageant ceux à qui l'on doit, /iniorlir une
ilette^ nne rente, une pensiott. Amortir une
re(lc\'iince <îe fief,
A.MOnnn. v. a. Terme de Pratique. Payer le
droit d'amortissement. Amortir une terre, un
/.'e/\ une maison.
On dit aussi-, que Le Roi amortit une terre.
pour dire, qu'il permet que des gens de main-
morte possi'dent une terre en fief, ttc.
AsionTi , lE. participe.
AMOHTISSEMEiYl-. s. m. Tenue de Pra-
tique , qui signifie, Le vach;il . I extinction
d'une pension, d'une rente, d'um- redevance
de fief. Faire l'amortissement d'une rente ^
d'une pension.
Il se dit aussi en parlant d'Un domaine,
d'une terre, d'un héritage qui tomlie en main-
uiorie; et il signifie, La faculté (jue donne le
ïïoi pour faire que des gens de mainmorte
puissent devenir propriétaires. Ces ï\eli(jiciuv
ont P(»;)é Irtnî ponr l'amortisse/nenï d'une telle
terre. ïls ont payé les droits d\imortissemcnt.
A.MOTiTissESiENT, est aussi un lenne d'Ar-
chitecture, et signifie, Ce qui termine, ce qui
finit le comlile d'un bâtiment. On a mis pour
(i)Morfisscmcnt il ce pavillon un vase de fleurs.
Mettre des figures, des vases ^ des trophées au-
dessus d'une corniche^ pour servir d'amortisse-
ment. Mettre un -vase, mettre une fqnre en
amortissement.
' 1 se dit aussi , par extension , De tous les orne-
nuîns qui terminent des ouvrages d' Arclntecture.
AMOUR Mibst. m. ifentin;* :,t par lequel k
cœur se porte vers ce qui lui paroit aimable,
et en désire !a possession. Amour ejrïrénie.
Amour ardent. Amour violent. Amour horuiête.
Amour légitime. Amour naissant. Amour di-
vin. Amour céleste. Amour terrestre. Amour
charnel. Amour désordonné. Amour sensuel.
Anuynr conjugal. Amour paternel. Amour filial.
Amour réciprogue. Amour mutuel. Avoir de
l'amour, donner de l'amour , inspirer de l'a-
mour.Être transporté d^ amour, hrùler d'amour.,
languir d'umour, mourir d^amour.
On dit proverbialement, en parlant d'L'nf
femme laide, que C^est un vrai remède d'amour.;
AMoun-pnornE. C'est, dans le sens absolu
et philosophique, Le si-ntinienl d'amour et de
préférence que chacun a pour soi, et qui est
naturel ^ tous les hommes : mais dans le sens
le plus ordinaire, il se prend pour ce même
sentiment porté jusqu'à ICvccs qui en fait un
vice; et il signifie, L'opinion trop avanta[»eusn
qu'un homme a de lui-même, le trop grand
attachement ^ tout ce qui lui ol personnel.
Cet homme a hien de l'aminir- propre. /I est
pétri d'amoirr- propre. Il y a hien de l'amour-
vmpre dans cette prétention , dans ce langage,
dam cette réponse. L' amour-propre est le nw-
hiic de toutes ses actions.
AMOt;n DE SOI. Ou le distingue de l'Amour-
propre,en ce qu'il u'exprinicque l'allachemen'
dechaetinà son evislencc et à son bitn-ctrc |
aentimonl légitime et nécessaire ù tons les
AMO
hommes : il ne devient vicieux que par l'excrs;
et alors c'est , ou T Amour-propre , ou l'Egoisme.
L'amour de soi a été donné à chacun pour
veiller à sa conservation.
Le mot d'-'/"io«r, étant joint avec divers
termes précédés des particules de, du, des, re-
çoit divers sens, selon les divers termes ave
lesquels il se joint.
Ouelqucfois la particule de, dont il est suivi
s'Tl il marquer de quelle nature est l'amour
dont on parle ; et en ce sens on dit, Amour de
hienveillance , amour de charité , amour de
concupiscence., amour d'intérêt, pour dire, Un
amour qui procède d'un sentiment de bienveil-
lance, de cliarité, d'intéi-êt, etc.
Quelquefois les p;u"ticules de , du , des ,
sen'cnt à marquer l'objet vers lequel l'amour
se porte. Ainsi ou dit. L'amour de Dieu, l'a-
mour du prochain , Vamour des créatures ,
l'amour de la liberté, Vapiour de la Patrie ,
l'amour de la gloire, Vamour de la vertu,
Vamour des richesses, Vamour des piaîsirs^
Vamour des femmes, pour dire, L'amour qu'on
a pour Dieu, pour le prochain, pour les créa-
tures, etc.
Quelquefois aussi ces mêmes particules
6ervent ;\ marquer le sujet dans lequel l'amour
réside. Ainsi on dit, Y^'omour des pères, Va-
mour dus mères , Vamour' des peuples, etc. poiu*,
L'amour qu'ont les pères et les ni''res, rani()ur
qu'ont les peuples, etc.
Vamour, expression familière, autrefois
employée pour. Mon amour ^ et qui a vieilli.
On dit proverbialement, Tout par amvur,
et rien par force, pour marquer qu'Où réussit
toujours plus par la voie de douceur que par
tonte autre; et, Pour Vamour de Dieu, pour
dire, Dans la seule vue de plaire à Dieu. Faire
guelque chose pour Vamour de Dieu. On le dit
de plus dans Vi discours familicF , pour dire ,
Sans aucun intérêt. On lui a donné cela pour
i'amour de Dieu. On dit ironiquement, Conmiii
pour Vamour de Dieu , | our exprimer Une
cliose faite ou donnée à contre-cœur, ou un
don fait avec lésinerie. On lui en a donné
comme pour Vamour de Dieu. On dit aussi,
Pour Vamour de guclfju'un, pour, Par la con-
sidéralion, par l'estime, par rafTcclion qu'on a
pour quelqu'un. C'est une chose gue je vous
prie de faire pour Vamour de moi. Je voudrais
pour Vamour de vous guc cela fitt.
En parlant Des femelles des animaux, on
dit, qu'jE//es sont en amour, pour, qu'Elles
•-.ont en chaleur. Une chatte gui est en amour.
Quand les biches sont en amour. Quand les
oiseau.c eont en amour. Au Printemps toute la
terre, toute la nature est en amour.
Amoi'iî , quand il sif^nifie La passion d'un
sexe pour l'aulre, est quch{uefois féminin au
singulier, en Poésie j et presque toujouis fémi-
nin au pluriel, même en Prose. De nouvelles
(jmour.s, d\irdentes amours, de fdles amours.
C'est Vobjct de ses amours- et dans cette accep-
'ion on dit. Troubler deiur personnes dans leurs
'n imours, pour. Les troubler dans le commerce
de leur passion.
AMO
Amocbs, se dit aussi au pluriel , pour signi-
fier L'objet que Ion aime avec passion. Etre
avec ses amours. Quitter ses amours. Kl dans
ce sens on dit proverbialement, qu'il n'y a
point de belles prisons, ni de laides amours.
On dit aussi proverbialement, Froides mains,
chaudes amours, pour, La iVaîrheur des mains
marque d'ordinaire un lejnpérament chaud.
Amours, se dit encon: nu pluriel, De tout
ce qu'on aime avec passion. Les tableaux, les
médailles, les liires, son( ses amours.
Amouu. s. m. Divinité fabuleuse , à qui les
anciens Païens allribuoient le pouvoir de faire
aimer. On peint ordinairement VAmour avec
un arc, un hundeau et des flèches. La mère df
VAmour. Le bamleau de VAmour. Les traits
de VAmour. Le flambeau de VAmour. Les ailes
de VAmour. Il est beau comme VAmour. Les
Anciens ont donné plusieurs frères à VAmcur:
et c'est dans ce sens qu'on dit, Les Amours.
les tendres AmoKrs. Les Jeux, les ilis et les
Amours.
AMOURACHER, v. a. Engager dans de
folles amours. Je ne sais gui a pu Vamoura-
cher de cette sotte. Le plus souvent ou dit
S'AMOunACHEn , et il signifie , Prendre une
passion folie. Jl est sujet à s'amouracher. îl
s'est amouraché des sciences occultes. Il n'est
que du style familier.
A.MounACHÉ, ÉE. participe.
AMOURETTE, s. ï. diminutif. Amour de
pur amusement, et sans grande passion. C'est
un homme gui a toujours guelque amottreite.
Ses amourettes lui ont fait tort dans le monde.
On dit, Se marier par amourette, pour, Se
marier par amour; et ordinairement cela ne se
dit qu'en parlant d'Un mariage inégal, et qui
n'est pas approuvé.
On appelle Amourettes, Certaines parties
délicates, friandes, (ju'on délache de quelques
os de la viande. On lui servit les amourettes.
AMOUREUSEME>T. adv. Avec amour.
So'tpirer amoureusement. Regarder amoureu-
sement.
U se dit dans les Arts , De ce qui est exécuté
avec affection, avec grâce. Cet air veut être
joué amoureusement. Ce petit tableau est amou^
rcusement peint.
AMOUREUX, KUSE. ûdj. Qui aime par
amour. Etre amoiircii,r , épcrdument amou-
reux, passionnément amoureux. Devenir amou-
reux. Il est amoureux de cette femme, et elle
eit amoureuse de lui.
Il signifie aussi, Enclia & l'amour. H est
d'un tempérament amoureux, de complpxion
amoureuse.
On dit proverbialement d'Un homme qui
fait l'amant de toutes les femmes qu'il voit ,
qu'/I est amoureux des onze mille vierges ,
qxiTl seroit amoureux d'une c^cire coiffe.
Amohiieux, signifie aussi. Qui marque de
l'amour, qui est plein de seulimens d'amour,
(|ui tend à inspirer de l'amour, à donner de
l'amour. Soupirs (UMoureux. llegcrrds amou-
1 rcitc. Lciires amoureuses. Style amoureiLV.
on dit poéliquement, L'empire amoureux,
AMP
pour, L'empire, les lois de l'Amour, pi Is comniL-
Divinité fabuleuse ; et pour signifier aussi L'é-
tendue de cette domination. Vwrc sons Vcm-
pire amoureux, dans lentpire umoureii.r.
Amouheux, se dit aussi pour signifier, Qui
a une grande passion pour quelqui- chose. Être
antoitreux de la {jhirc. Il est «mourcii-c de la
Peinture. Il est amoureux de tuhlcaiLV. On dit.
an Un homme ciï amoureux de ses omTUQes,
de ses pensées, de ses sentimcns ^ de ses opi-
nions, pour, qu'il en est eulêlé.
AMOinElx, est aussi substantif, et alors il
signifie Amant. Vn anwureux transi. L'aniou-
reux dci onze mille vierges.
AMOVIBILITE, s. f. Qualité de ce qui est
amovible. L'amo\fihiUtc de cette place en dimi-
nue bien le prix.
AMOVIBLE, odj. des s», genres. Qui peut
être ûtë d'un postr, qni peut être dîslituc h.
Solonlé. Il ne se dit gucirt- qu'en matiire Ecclé-
siastique. Vicaire amovible. Chapelain amo~
¥ible. Ou dit aussi, Emploi amovible, place
amovible.
A MP
AMPIIIRIK. adj. des a genres. Qui vil sur
la terre et dans l'eau. Les veaux marins. Ici
loutres, les castors, les crocodiles, les rats
d*eau, etc. sont des animaux amphibies.
Il se prend quelquefois substantivement.
C'est un amphibie.
On dit (igurénicnt d'Un Jiomme qui exerce
0cu\ professions disp.iratns,C'ej( un amphibie.
AMPHIBOLOGIE, s. 3. lJoui)Ie sons .]•.,-
présente une plirn*;'? mal construite. // y avoil
souvent de l'amphibologie dans les oracles des
fuiiX Dieux. Cet homme ne parle gue pur am-
phibologie.
AMPFIlBOIXKiïQUK. adj. des 9. i;enres.
Ambigu, oh«:ur, ayant double sens. Discours
amphibologique. Oracle amphibologigue. Ué-
ponse amphibologigue.
AMPHIBOIOGIQUEMENT. adv. D'une
manière anipliiboloni(|ue. Souvent les oracles
parlaient amphibologiaucment.
AMPHUnVONS. s. m. pl. Nor.i que les
lirecs doriunient nux Représeutans des Villes
qui avoirnt droii de suffrage dans le Tribunal
de la Nation. Les Amphictyons s'asscmbloient
à Delphes et aiir Thernwpyles. Droit d^Àm-
phietyojiie. Ville .tmphictyonide. Suffrage
AmphicI yontgue.
AMPHIGOUIU. s. m. Discoura dont les
mots lu- préscnleiil que des idées sans ordre ,
et u'unt aucun sens détermine. Il est familier.
AMPH!(;OURlQrE. adj. des 2 genres.
Ob$4:ur , burles^jue , qui ne présente aucun
sen» dL'tiTinine, Un style amphigouriguc* Des
vers amphigourinues.
AMPHlS<:m>S. adj. m. pl. Terme de Gco-
gripliie. Il se dit des liabitans de la Âone lor-
ridc, dont l'ombre toralx* tantôt vers le midi,
tantât vers le nord.
AMPHITHl-ATRE. ». m. Chci Ica anciens
Rnmains, r'rloit un f^and tMifice biti en rond,
d*iai l'ioté: îtriir étoii formé de j;raùiiis , d'où
AMP
l'on voyoit les combats des (îladialeurs et des
bétes. Grand amphithé'itre. Amphithéâtre spa-
cieucP. L'amphithéâtre de Aimes. L'amphi'
théâtre de Vespasien s'appelle aujourd'hui Le
Colisée.
AmpuithéÂtuk , C'est parmi nous un lieu
élevé par degrés vis-à-vis du Théâtre, d'où les
Spectateurs voii-nt le spectacle plus commode-
ment. L'amphitliédtre étoît plein de monde.
AMPHORE, s. f. Vase antique : il étoii de
différentes grandeurs; mais la jauî;c la plus or-
dinaire est évaluée, par les Antiquaires, à en-
viron vingt-quatre de nos pintes.
AMPTJ£. udj. dos 2 genres. Qui est e'iendu
en lonf^ueur et en largeur au-delà de la mesure
la plus ordinaire, la plus commune de chaque
chose. Ample étendue. Ce lieu, cet espace n'est
pas assez ample. Une robe bien ample. Vn
manteau fort umplc. Ce rideau est trop ample.
A-MPLE , se dit figuréraent De plusieurs
choses, par rapport à l'élenduc, cl quelque-
fois par rapport à la durée. Ample repas.
Ample déjeuner. Ample discours. Ample récit
Ample sujet. Une ample matière. Une relation
bien ample. Un ample traité. Un champ bien
ample pour discourir. Ample pouvoir. l*ermis-
sion bien ample, l^riviléges bien amples. Il ii&
demandoit gu'un congé d'un mois, on lui en a
accordé un bien plus ample.
Aniple^ sans modificaiif , prêcè,de le nom,
comme on le voit dans les premiers exemples.
Ample ^ précédé d'un modificaiif, suit le nom.
Un pouvoir bien ample. Un congé plus ample.
AMPLEMiCNT -idv. D'une niaiiuVe ample.
Je lui ai écrit anij^lement, bien amplement. Je
vous en enlreliendnn plus amplement. Il m*a
amplement satisfait. Il leur donna amplement
à diuer.
Ai^IPLEUR. s. f. Étendue de ce qui est
nmpic. Il ne se dit qu'en parlant D'habits et
de meubles. Vn manteau gui a trop d'ampleur.
Un rideau gui n'a pas assez d'ampleur.
AMPLIATIf , IVE. adj. Qui augmente,
qui ajoute. Il ne se dit guère qu'en parlant Des
Biefs et Bulles, et autres Lettres Apostoliques.
qui ajoutent quelque chose aux précéiieiiU-s.
Le lirvf amplialif de Clément IX. La BulU
umpiiutive de Paul III.
A^IPLlATïCiy. s. f. Terme de Finance. La
double d'une quittance ou d'un autre acte,
que l'on garde pour le produire, iîcgistre de^
ampliations.
On apptdle Lcfircs d'anipli'afion, Des Let-
tres en ftiaccelleric, pour expliquer les moyens
qu'on avuit omis dans une Requête civile.
AMPLIFICATEUR, s. m. a-lui qui ampli
fie. C\"=t un grand amplificateur. Il ne se dit
qu'en mauvaise part.
AMPLIFIC/VTION. s. f. Terme de Rhéio-
ri<|uc. Discours par lequel ou étend la sujet
qu'on traite. M y a trop d^amplification dam
ce discours.
Ou appell ' dans les Collèges, ^mpfi/Tcrtfron.
Le discours que les écoliers font siur un sujel
qu'on leur donne & développer. Cet écolier
réunit dans la ampliiicalions.
AMU
AMPLIFIER. V. a. Étendre . augmenter par
le discours. Amplifier une îwuvelle. Il amplil':e
toujours les choses. Il amplife tout ce qu'il dit.
Amplifié, ée. participe.
AMPLISSIME. superlatif. Trés-anaple.
(;'< st aussi un titi'C d'honneur donné au Rce-
teur de l'Université de Paris.
AMPLITUDE, s. f. Dans c jet des bombe»,
c'est la ligne horizontale comprise entre 1p point
d'où part la bombe, et celui où elle va tomber.
L'amplitude du jet.
Ami'Litude , en Astronomie, est l'arc de
l'horizon compris entn* le vrai levant ou le vrai
couchant, et le point où un astre se l<-vc on se.
couche. Amplitude orientale ou orïi'ye du soleil.
Amplitude orcidfnUilc ou occiise.
AMPOULE, s. f. Fiole, petite bouteille. En
ce sens il ne se dit que de La sainte Ampoule,
qui est une fiole où l'on conserve l'huile qui
sert à l'onction des Rois de France quand m»
les sacre.
A.MPOCT-E, se dit aussi De ces petites enflure
qui se font sur la peau, et qui sont plein 'S
d'eau. Il lui est venu une ampoule à la main.
Il a des ampoules, de grosses uriipoiiles aux
mains y des ampoules sous les pieds.
AMPOULÉ, ÉK. adjectif . Enflé. Il ne se dit
guère qu'au figuré, et seulement en parlant De
prose ou de vers. Discours ampoulé. >tyle am-
poulé. Vers (im^ïoulé.
AMPUTATION, s. f. Terme de Chirurgie.
Retranchement, ./nïp.'iïadon d'un bras. Il n'.i
cté sauvé gue par l'amputai ion ne si: iautOe. i.rs
Chirurgiens furent d^avls de l amputation.
AMPUTER. V. a. Terme deChinugic. V.t-
tiaucher.
A.MILTÉ- ÉE. participe.
AMU
AMULETTE, s. masc. Figure ou caractère
)ju"o;i porte sur soi, en y attachant nue cou-
fiauce superstitieuse.
AMURER. V. act. Terme de Marine. C'est
bander les cordages.
AmiuÉ, tz. ]:articipc.
AMURES, s. f. pl. Trous pratiques dans k
plat -bord d'un vaisseau, pour y arrêter ctr-
laines Cordes qui servent h. bander les voiles.
AMUSANT, ANTE. adj. Qxû amuse agréc-
Idement, qui divertit. C'est un esprit amusant.
C^est la personne du monde la plus uniusiinfe.
L'n ïiVrc ftrt amusant. C'est un homme d'umi
conversation fort amusante.
A.MUSEMENT. s. m. Ce qui amuse . ou qui
Bcrl h amuser. Doux amusenu-ul. Amusenuut
innocent. SoJï luth fuit son amusement. C^cst
son amusement. Agréable amusement.
AMUSEstEST, signifie aussi Trompeiic, pro-
messes tromp'.'uscs. Tout ce gne vous me difCf
là, tf'est gu'un amusement.
AMUSER. V. a. Arrêter inutilement . faire
perdre le temps. Amuser guclgu'un. Il ne faut
rien, il ne fiut qu'une mouche pour Vamuscr.
^ Anutscr l'ennemi.
Il sigiiine fM-si, rKvciiir par des clioscf
56
AK
\]NA
agréables, t'n allsndant le souper, on amusa la création du monde, ou à la naissance de JÉsos
compagnie par un concert. C'est un homme ijui
u i'arl d\nmtscr agréablement ceux gui le vunl
voir. Amuser des enfans.
Ajiuseii , signifie aussi , RejiaUre de vaincs
espérances. // vous amuse pour vous tromper.
Il I iinmse de belles paroles. Il y a trois ans
gu*il l'amuse.
S'amosed , signifie. S'occuper par simple di-
vertissement, et pour ne se pas ennuyer. Il
s'amuse depuis guehjue temps à faire des expé-
riences de P}iysi(pte. C'est perdre son temps ^
gue de s'amuser à faire des l'crs, quand on n^a
peint de talent vour la l'ocsie.
Ou dit dans ie <!iscoiu:s fiuiiilier, A guoi
vous amusez -vous de parler à un fou? pour,
De quoi vous avisez -vous? El dans le môme
sens, ?ie vous amusez pas à le plaisanter , il
fi'entcrirf pas raillerie.
On dit proverbialement 5'omuser à la mou-
tarde, pour, S'arrêter ù des choses inutiles. Et
lorsqu'un homme parle beaucoup sur une af-
faire, sans en venir au fait, on dit, Il ne fait
gu amuser le tapis. C'est amuser le tapis.
Amusé, ée. participe.
AMUSFTTE. s. fera. Petit amusement. Les
poupées sont des amusettes d'enfant. Il rcnat-dc
cela comme des amusettes. Il est du style fa-
milier.
.^'MU.SOIRF. , s. féni. se dit famihcrement
d'L'n moyen d'pmuscr, dans le sens de Dis-
traire. Cela n'est pas sérietLX ; ce n'est gu'une
arnusoire. Il est peu usité.
A M Y
AMYGDALE, s. fera. On appelle ainsi les
glandes en forme d'amande , qui sont aux deux
o'ifs de la gorge sous la luette. Jvoir !es amyg-
dales enflées.
A.MYCJDALOiDE. s. f. Pierre figurée
ressemble à une amande.
■1"
AN
AN. s. m. Le temps que le Soleil est il par-
courir le Zodiaque, et qui est composé de
douze mois. An commencé. .4près un aiii entier.
Après un an révolu. Au bout d'un an. Au bout
de l'an il arriva gue L'an étant expiré. Le
premier jour de Janvier est le premier jour de
l'an. Il y a deu-c ans, trois ans, etc. Au bout
de cinguante ans. Il n'a pas encore vingt-cing
ans accomplis. Il a dix ans de service.
On appelle .Service du bout de Van, ou sim-
plement Lé bout de l'an, Le Sen-ice qu'on fait
dans une E^glise pour une personne un an aprSs
«a mort.
On appelle An Ilissextil , Celui où l'on
compte un jour de plus au mois de Fcviier,
qui alors en a vingt-ncnf, au lieu de vingt-huit
qu'il a d'ordinaire.
L'an du monde, l'an de grâce, l'an du sa-
lut, l'an dePiotre-Seiqnenr, Va.i de l'Incarna-
Chiiist.
On dit, Le jour de l'an, pour, lie premiei
(our de l'an. Et Bon jour et bon an, est une
façon de parlfr proverbiale et familière, dont
on se sert pour saluer les personnes la première
fois qu'on les voii dans les premiers jours de
chaque année.
Bon an , niul an, espèce de formule qui si-
gnifie. Compensation faite des mauvaises an-
nées avec les bonnes. Don an, mal an, ce pre
lui rapporte tant de foin. Bon an, mal uJi, sa
terre lui vaut tant.
Par un, c est- h -dire, Chaque aunce. Sa
terre lui rapporte tant pur an.
En style de J urisprudenct , on dît, An et
jour, pour signifier, L'année révolue. Voyez
Année.
AN A
AK.V, s. m. Terminaison qu'on donne à des
titres de recueils de Pensées détachées , de
traits d'Histoire, etc- tels que IcMénagiana , \c
Pcrroniana, etc.
An.\, est aussi un mot employé dans les or-
donnances des Médecins , pour signifier, Quan-
tité égale de drogues qu'on mêle ensemble.
.•\NACARDE. s. m. Fruit qui a du rapport
avec celui de l'Acajou j et qui s'emploie en Mé-
decine.
ANACHORÈTE, s. m. (l'II ne se prononce
point, ) Ermite , Moine qui vit seul d.ins un dé.
sert. Il se f'i' par opposition aux Moines qui
vivent en commun, ei qu'on app:'I!e autic-
ment Cénobites. Les Anachorètes de la ihé-
baide.
ANACHUOSISSIE. s. masc. Faute contre U
Chronologie. On accuse Virgile d'avoir fait un
anachronisme , en faisant Ënée et D'id<)n con-
'cmporains.
AN.4CRÉONTIQUE. adj. des 2 genres. Qui
est dans le goût des Odes d'.\tiacréon. i'er,-;
y/nacréonfif^ues.
ANAG.ALLIS. s. m. Voyez MounoN.
ANAGOGIQUE. adj. des 2 genres. Terme
Je Théologie. U ne se dit guère que dans cette
phrase, I nterprctation anagogigue, pour dire,
L'nc interprétation qu'on tire d'un sens naturel
et iitiéral, pour s'élever J un sens spirituel et
mystique.
AISAGRAMMaTISER. v. n. S'occuper de
l'anagramme des mots.
ANAtJRAMM.iTlSTE. s. m. Qui fait des
anarramrae.s.
A.NAGRyVMME, s. 1. Arrangement des Ici -
tresd'ur- mol, di«posées de telle sorte, qu'elles
font un autre mot et un autre sens. Fiiirc une
ancgrammc. Cette anagramme est heureuse.
L'anagramme n'est parjaite gue guand on ne
change aucui'^ lettre du mot sur lequel on la fuit.
ANAGYRIS, ou BOIS PUANT, s. m. Arhrc
d'une moyenne grandeur, qui croit en Italie,
en Espagne, etc. Sa fleur est légumincuse. Ses
feuillLS, froissées dans h s mains, rendent une
fion, sont dr/i formules dont on se sert, suivantjAodeur forte et désagréable. On en fait usage
qu on suppute les temps par rapport ou à la en .Médecine.
ANA ■
A.NALEOTES. s. m. pi. Fragmens choisis
d'uu Auteur.
ANALÊIWE. sul)st. raasc. Projection ortho-
grapliifjue de la Sphère sur le colure des Sols-
lices.
ANALKPTIQUE. s. f. Partie de l'an de
conserver la saulû, ou de l'hygiène.
A>Ai.EPTiQUE. adj. des 2 genres. Il se dit
d'Un remède qui fortifie.
AN ALISE, s. f. Terme didactiijue. La réduc-
tion, la résolution d'un corps dans ses prin-
cipes. Faire Vanalise dhine vlante. Aiialisc
chimiaue. Analise par voie de Chimie.
On dit aussi, Faire Vanalise d'un Discours,
pour dirCj Le réduire d.-'as ses parties princi-
pales, pour en mieux connoître l'ordre et la
suite.
Eu Mathématiques, on appelle Analîse ,
L'art de résoudre les prohlèmes par l'Algèhre.
Être versé dans Vanalise.
En Logique, on appelle /(nulise, La mé-
thode de résolution, qui remonte des consé-
quenci'S aux principes, des efifets aux causes.
ANALîSER. V. a. Faire l'analise. Il se dit
principalement des productions de l'esprit.
Analiser un discours, un plaidoyer j un rai-
sowicment.
Anausé, ÉE. participe.
ANAUSTE. s. nLTermedeMathémati(jiie6
Qui est versé dans riinalisr. Hahile Analistc.
Arv'ALlTlQUE. adj. dos 2 genres, (^^ui tient
de ranahs*. Méthode analitique. Examen una-
litigue,
ANALITIQUE^ÏENT. adv. Par analîse, par
vuie analitique. Procéder anulitiiiuemenl.
ANALOGIE, s. f. Rapport, ressemblance;
proportion. Il s'emploie un peu diversement en
Mathématiques et en Philosophie. Dans les
premières, il signifie, Rapport exact et rigou-
rcuxT II y a la même analogie de deux à trois,
fjue de six à neuf, La solution de ce prohlèfiie
dépend de Vanaloqie, de plusieurs analogies.
En Philosophie, il se dit Des rapports plus ou
moins éloignés, même de similitude. Vanalogic
du fer avec Vaimant. La partie basse dune
montagne s'appelle le pied de la montagne, pur
analogie avec le pied dn l'honune. Raisonner
par analogie. Foible analogie. Analoqie /î"(ip-
pante. Il ne faut pas toujours conclure par
analogie.
Il se dit en parlant d'Histoire. Il y a entre
ces deux récits des analogies de temps et de
circonstances,, <jui font croire gue c^est lemcma
(ait diversement raconté.
Il se dit en Morale. Ces deux hommes se sont
liés par Vanalogie de leur caractère et de leurs
goûts.
U se dit aussi en teiines de Grammaire,
pour marquer Le rapport que divers mots
dune Langue ont eoscnihle po\ir leur forma-
tion. Le mot jia.ssionué est /crnie de passion,
parla même analogie f|u'aflectiunné Vest d'af-
fection.
ANALOGIQUE, adj. des 2 genres. Qui a
A de l'analogie. Ter mes an,iloqigues.
A>ALO(;iQUEMENr. adv. D'une mamècc
AN A
analo;;!que. Le mot lU pied se ilit analoqi(jue^
ment du bas d\iiie montagne.
AîJAI.OGUIi. a.lj. des 2 genres. Terme de
Pliilosopliie. Qui a de l'analogie avec une autre
chose. Le ji^ed de Vhommt: et le pied d*unc
montdfjîte sont des termes aiialoques.
On le fait quelquefois sulislantif. Les ana-
logues. Ce sont dcitx analoques. Ce terme n\i
}}oinl d'analogue en François.
AS.\LVSK. s. f. Voye; Anause.
ANAIjYSKR. V. a. 't'ojc; A^AI.1SEP.
ANALYSTE, s. m. Voyez. Asaliste.
ANALYTIQUE, odj. des 2 gsiircs. Voyez
Ax.M.IT|f)lE.
ANALVTIQUEMENT. adv. Voyez Akku-
TIQUKSIKNT.
ANAMURPIIOS:;. s. f. On a;ipclle ainsi Tn
tableau qui , vu d'iiuc certaine di.stince, rcpril-
sente certains objets, et représente toute aulic
cbose, vu d'une autre distance.
ANANAS, s. m. Plante qui croît entre 1rs
Tropiques, et qu'on élève en Europe dans
des serres chaudes. Le fruit de cette plante
s'appelle aussi Ananas, et est trèsestimi par sj
saveur.
ANAPESTE, s. m. Sorte de pied dans Ij
Poésie Crccf{ue ou Latine, composé de dcus
brèves et une lonj^ue.
ANAPHORE. s. f. Figure de RJic'.oriquc.
ÏVcpe'tition.
ANARCHIE. 9. f. État sans chef, et sn!i
aucune sorte de gouvernement. La Déinocratit
}>ure dégénère fucilement en Anarchie
A.NARCHlObK. odj. d-s 2 penrcs. Qui
tient de l'Anarchie. Vn Etat Anarchique.
ANARCIIISTi:. s. des 2 genres. Partisan du
l'an-irrhic, fauteur de troubles. Il est aussi
adjectif, cl se dit Des opinions. Ves principct
anarchistes, un système anarchiste , -puixT, Fa-
> orablcs ï l'nnarcliie.
ANASAHQLT:. s. f. Enflure œdémateuse
dr toute Hialiitude du corps.
.ANASTOMOSE, s. f. Terme d'Anatomie,
qui signifie L'abouchement d'une veine danj
une autre veine, ou de l'extrémitd d'une arlérii
d.ios l'eitréniité d'une veine. Les anastonwsti
servent à la circulation du sang.
ANASTOMOSER, v. a. Terme d'Anatomie.
Il ne se met qu'avec le pronom pei-sonnel. .Se
iomdre p.-ir les extrémités, s'emboucher lun
dins l'autre. Il ne se dit que Des vaisseaux. Lej
artères s'anastomosent avec les veines.
, ANATIll'iM VTISER. v. .x Frapper d'.ma-
thiine. Excommunier. Anathématiser les llcié-
■ifuci.
AsATBtMVTIsé, ÉE. parliripc.
ANATHEME. s. m. E\conunun'cation. Re-
«ra-ichcmentdela Communion de l'Église. Lu;i-
fer nnal/ié;ne. Frapper d'anathéme. Prononcer
anatkéme. fulminer anathéme. Dire anathcme
à <fuel.;..'u;i. 'foiii les Pères du Concile d'E-
phèse crièrent analhème à .\e>((,riiij.
Amathéiik. se dit aussi Des personnes; cl
«lors il signifie Excommunie, retranche de la
Communion des Fidèles IJuieon^ue dira. . .,.
9u'il joif anathèmt.
J orne I.
ANC
ANATOMIE. s. f . Dissection du corps ou Hf,
quelque partie du corps d'un animal. Faire
Vanalomie du corps humain. Faire l'anatomie
d'un sujet humain. Faire Vanalomie de l'œil,
du cerveau. L'anatomie d'un chien, d'un
oiseau , d'un poisson.
On dit aussi, J'\a'rc rnndlomied'iincp/iintc,
pour dire, La disséquer, afia d'examiner de
quelle» parlies clic est composée.
.AsATOMi:, se prend aussi pour I/art de
disséquer le corps d'un animal. Etudier l'Ana-
tomie. Il est h".i,:lc dciis l'Anatomie.
On dit nus.s.', qu'Un homme sait bien l'cnc
lomie, pour dire, qu'l! a une grande connj'--
sancc de la slrnctore du corps hiimaii:.
AN.ATOMiti. sf dit aussi fijurémcnt , De
toute sorte de discussion particulière et exacte,
il • quelque sujet que ce soit. 7'aire l'anaiûmii
d'un discours. Faire l'anatomie d'un livre.
ANATO.MIQUE. adj. des 2 genres. Qui ap-
partient à l'Anatomie. Ofcservû(ions anat-jmi'
ijues. Sujet nnatoniiqne.
On appelle '1 hcatre anntomique , Un lieu
destiné pour y fuir." des anatomics.
ANA TOMIQUEAIENT . adv. D'une manière
Dnatomique. 7'our un Historien, vous décrivez
ces blessures 'rop onatomiquement.
AN.4TOAI1SER.V. a.Faiie l'anatomie. .4na.
tontiser un corps.
On dit Gjiirément, Antitomi':er un livre, un
discours, pour dire. En examiner toiues les
parties en détail.
AsATOMisi, es. participe,
ANaTOMISTK. ^ m. Qui est savant dans
l'Anatomie. Grand Anatomi.:te. Cet hommc-U
s'est pas Analomistc.
ANC
ANCÊTRES, s. m. pi. Les aïeux, ceux doqni
m descend. Il ne se dit guère qu'en parlant De
l?uxqui sont au-dessus du degré de grand-père,
it qu'en parlant Des maisons iUusIres. Dégé-
iércr de la vertu de ses nr.ccties. Le tombeau
h scsancdlres. Tous sesancétics se sont rendus
iecoiuniandahles.
Il bC dit aussi De tous ceux qui nous ont de-
lancés, encore que nous ne soyons pas de leur
race. Aos ancêtres nous ont laissé de beau:e
exemples.
.■VNCIIE. s. f. Petit tuyau jilat, p-j frnel
on soudle dans .'î:, cmi'ijois , dans les /.assona.
L'anche d'un haut^fO^.
Aj<Che, se dit aussi d'Un demi-tuyou de
cuivre, qui se met dans les tuyaux d'orgue. Oi;
l'appelle Anche d'orgue.
Anche, se dit aussi dX'n petit conduit par
lequel la farinccoule dans la huche du moulin.
ANCHE, adj. 'Terme de Blason. Il se dit d'L'o
cimeterre recourbé.
ANCm LOPS. s. ro. ( On prononce Aniiilops.)
C'est une tumeur (ligmoneuse située h l'angle
interne de l'œil , qui dégénère en abcès. Quand
cet alicè» s'ouvre, il prend le nom d'F.gilops.
ANCHOIS, s. m. Petit poisson de mer, qui
n'a point d éraillcj , qui est de \a grosseur
et de la longueur duo doigt, que l'on sale et
ANC 5;,
que l'on mange cru. De bons anchois. Une sa-
lade d\tnchois.
A.XCIEX, lENNE. adjectif. (U est de trois
syllabes en vers : mais aulrcfois on ne le faisoit
que de deux. ) Qui est depuis long-temps. Celle
Loi est f>rt ancienne. C'est une ancienne coit-
liinie. liJtiment fort ancien. Meuble bien an-
cien. Anciens titres. Anciens manuscrits. An-
ciens monumens. Celle famille est ancienne.
li se dit par opposition à Nouveau cl à Mo-
liernc. /^'ancien et lenouveauiestament. L'an-
cienne et la nouvelle iiomc. L'ancienne Or.ce
et la Grèce moderne.
Il se dit aussi Des personnes qui neso.it plus
en charge. Les anciens £c/iei»ins. Les ancien,?
Marguillicrs. L'ancien Evcque d'une telle Villt.
Ancien , s'emploie aussi substantivement ;
en pr.ri!int De ceux qui ont vécu en des siècles ■
fort éloignés de nous. Vn ancien disait. Il ap-
puie son opinion de l'aulorilé d'un ancien. Les
anciens avoient coutume. La Poésie drs an--
cicns. Les ouvrages des ancims. Les anciens
ont porté les Arts et les Sciences bien loin.
L'Eciiturc-Saintc, en parlant De Dieu, lap-
pelle quelquefois, l'Ancien des jourt.
Ancien, est aussi un terme de Dl-nité,
parce qu'originairement on choisi.ssolt les vieil-
lards pour remplir les premières places. Les
anciens du peuple d'Isrc.él.
11 se dit aussi De celui qui a été reçu dans
une Charge, dans une Compagnie avant- un
futre homme dont on parle. Il est votre ancien
ilans la Chambre, quoique plus jeune. C'est
nu plus ancien en charge à porter la parole.
Tous les anciens de la Compagnie furent de
tet avis.
ANCIENNEMENT, adv. Autrefois, dans
les siècles passés. Anciennement on faisoit telle
ihose. Anciennement on vivait d'une autre
ttanière.
ANCIENNETE, s. f. Qualité de ce qui csl
■ Incien. Des citoses vénérables par leur ancien ■
Keté. Cela s'est fait de toute ancienneté.
On ne dit pas. L'anciennelé des temps, ni,
lîcmonler dans l'ancienneté. Il faut dire, L'ar-
hquilé des lemps; Jiemonter dans l'antiquité. '
On dit, /,'uHciciiuclé d'une il/aison,pourdire,'
■L'antiquité phis ou moins reculée de son origine.
Ancienneté, se dit aussi De la priorité de
réception dans une Compagnie. Ils marchent ,
ils ont rang selon leur ancienneté, selon l'an-
cienneté. Ancienneté de réception.
ANCILES. s. m. pi. Terme d'Antiquité.
Nom qu'on donnoit h Rome à certains Bou-
cliers sacrés que les Rom,iinsregardoicnt comme
lombjs du ciel , et comme des gages de la dui ée
de leur Empire.
ANCOLU;. s. f. Plmtc qu'on cnllivc dan»
les jardins, à cause de la beauté de sa (leur.
ANCRAGE, s. m. Lieu propre et comnuidt!
jiour ancrer. Il y a bon ancrage en toute relie
côte. Oo appelle Droit d'ancrai;e. Un droit
qu'on paye [>our avoir liberlé d'ancrer. l'a .er
le droit d'ancrage.
ANCRE, s. f. (Jrosse pièce de fer, ilonl let
extrémités se terminent i deux branches l.tur-
8
J8
ANE
liées en are, el Je laquelle on se sert pour ar- ^
réliT et ])Oiii- lixcr les \ aisscau\ quand on veut. I
L'aniieuii, lu iiirnue, le bras d'une ancre. La
nrandc ou la maîtresse ancre. Tenir l'ancre
sur les hords du vuisseai: iloulller l'ancre.
Croiser les ancres. Se tenir , denifurer , t'tre
à l'ancre. Jeter l'ancre. Lever l'ancre. L "
vaisseau cfui a perdu toutes ses ancres.
AscnE, en Icrmes de Serrurcile et d'Arrhl-
lecture , signifie Une grosse l)arre de fur dont
on alU-niDt les murailles. /( f'ut mettre une
e.ncre à celte muraiUe-là. Il y a des ancres de
vlus'.eurs formes.
ANCIIKU. V. n. .lelcr l'ajicie. Ils trouvèreni
ijuc le mouilhicje ctoit bon là , ils y ancrèrent.
Il se dit fi;^uri;nicnt, et signifie, S'ct.ililjr ,
s'nfleraiir dans queljuo emploi, dans quelque
condition ; cl dans cette acception il ne s'cin-
]>loic qu'avec le pronom pcisonnel. Il cherche à
s ancrer auprès de ce Prince. Il s'est ancré dam
cette maison. Il y est bien ancré. Il est familier.
Anciié, le. participe.
AND
ANDAI5ATE. s. ni. Terme d'.Vnllijuité. (;la-
dioleur qui combaltoit avec un liandeau sut
les yeux.
AMK'VIN. s. ni. I. 'étendue qu'un Kauclieiii
peut faucber à cliaque pas qu'il avance.
ANUAiSTÉ. Terne d;' Musique pris de l'Ita-
lien. Il se met à la tcte d'un air, pour marquer
que cet air Joit être j'Uic d'un nuiuveniont mo-
déré , ni trop vite, ni trop lentement. Il ne
t'emploie que substanlivemeiit, en parlant He
Tair niénie. Joiier un Andanté. Vn bel.4nJant,'.
ANOKI-I.E. VoyeiBois.
AN DOUILLE, s. f. Boyau de porc , rempli ,
farci d'autres lioyaux , ou de la chair du mC-nie
animal. Ànàuuilles fumées. Grosses andouillcs.
Andouille de c/.a:r ilc porc.
ANDOUILLIiU. s. m. Petite corne qui vicui
nu lioisdu Ctrl'. Un Chasseur blessé d'un cuup
li'aiuljuiUer.
AMJJUlï.I.ErTE. s. f. Cliair de venu hi-
rliée , et pressée eu l'unie de petite andouille.
Vn pol'aqe nitrni d'auduuillcttes.
AJiDUUtJYKi;. s. in. Herniapliroditc. P>i-
f,onnc qui est niûle et fcnielle tout ensenilile.
1,(1 l'uble de VAndrogync dans les Vialo(jues
de Platon.
ANDUOÏME. s. m. I"i;uie d'iiomnie qui
pai le et qui inarelie par le moyen de ressorts.
ANlJKUlliiUIi. s. f. Constellatiou de llié •
misplière septentrional.
ASURUijACK. s. m. Plante qui croit dans
les bois et dans les endroits maritimes. KUe est
apéritive, hunnc dans les réteulions d'uilne,
lliydropisie, la goutte, etc.
A N E
ANE. s. VA. VMc de sou-.nic qui a^do foit
grandes urcîllcs. Un (înc (jui hrait. Ane san-
Vii(jc. Ane domestique. Le hJt d'un âne hâter
»ii •'«II!. Aller mr un âne. Monter sur un âne.
ANE
On dit d Une chose plus loii;;ue que large.
et dont le.-, cotés fout une esp'ci- de pointe en
se joignant par en liant , qui.' Ile va en dos
d'dnc.
AsE, se dit Ggurément d'Un esprit lourd et
grossier , d'un ignorant qui ne sait point les
clioses qu'il doit savoir. C'est un âne, il ne
sera jamais qu'un âne. En ce sens , on dit
proverbi.ilcmenl, Est bien âne de nature, cjui
ne sait pus lire son écr'iture.
On dit d Un homme entêté, opiniJire, '/ cdi
comme un due; cl d'L'ii caractère malicieux,
Méchant contntc utt due roufje.
On dit jîroverbialeineiil, pour faire entendre
]ue les afliiires qui regardent l'mtériM de plu-
sieurs personnes sont d'oidinairi' les plus bcgli
gées , L'âne du commun est tovjrurs le plus
nnil b,'té. ' ,
On dit proveriiidleintiitet figuréinent, A la-
l'cr la tête d'un âne, on y perd sa lessive, pour
dire, que C'est perdre ses soins et se» peines,
que de vouloir instruire et corriger une per-
sonne stupide et iiicon-igible ; qv'On ne sauroil
faire boire un âne s'il n a soif, pour dire, que
yuand un bo.Timc s'est mis en tète de ne pas
faire quelque clios», il est diflîcile de l'y obli-
ger, lui p;irlant d'i^njiomnie qui cliercbe c€
qu'il a entre les raai'ns, on dit provcrbiale-
nienl. Il cherche son âne, et il est dessus. El
pour iaire voir à quelqu'un qu'il se trompe ,
on dit proverbialement et popul.iirenient, / our
j)0U5 moiilrcr ijiic votre âne n'est qu'une béte.
On appelle Contes ne peau d'âne, De petits
contes labuleux qu'on a accoutumé de faire
aux enlaiis.
On dit proverbialement , C'est le pont au.^
oncs, pour, C'est une diosc si trivi:de et s
coniniune, que personne ne peut l'ignorer.
ANÉ.VNTIR. V. a. Ré.lnirc au néant. Dlcl
n'a qu'à retirer sa miun , jioiir iiiiénnlir loula
les créatures.
11 se dit par exagération en parlant De di-
verses choses , Cl signifie , l)i-lriiiic absolmnent
Il n'y a point de fortune si élci'ée , qu'un re-
vers ne puisse anéantir. les Barbares onl
.ine-inli l'Empire Romain. Anéantir une cow
Miiiie.
On ili., in tcri.-.rs de Dévotion, iS'inieiinlij
devant Ihzn, puur.S'abaissT et s'humilier de-
vant Dieu, par la counoissance qu'on a de son
nnaiii. El l'Écriture dit, que JÉSLS-Cliuisr s'est
anéanti Uû-mémc.
S' ANÉv.NTiB, signifie aussi, Se dissiper, de-
venir presque ii rien. Cet homme avait amassé
de qrands biens, et mis de qrniides Charges
dans sa Maison; mais tout cc'a s'iJsl «neuiili.
Cetti objection s'anéantit li'clle-meme.
Asi''ANTi, IK. participe.
ANÉA.N'TISSEMKK ('. s. m. Réduction au
nc.inl. L'iiiiéiinli.sseiiieii( de toutes les créatures
liépcnd de Dieu.
Il se dit aussi figurément. De rabaissement
d'une fortune élevée, du renversement, de la
destinctioii d'un Empire, dune Monarcl.ic,
' d'une famille. Celle fimille est tombée dans l'a-
néunlissemcut. La clmte el l'iineaMlissemcnl des
ANG
Iroi! f.Tcinièrcs.'lionarcfcies. Vepuis l'uiiéniffit-
scnieiil de sa fortune, il est tombé dans le lici-
nier mépris.
En termes de Dévotion, il signifie, 1,'abaii-
scment dans lequel ou se met devant Dieu.
Être dans un continuel anéantissement deviint
Dieu.
ANECDOTE, s. fém. Particularité secrète
d'Histoire, qui avoit été omise ou supprimée
par les Historiens jirécédcns. .4nectlo(e curieuse.
Les Anecdotes sont ordinairement satiriques.
Il s'emploie aussi adje> tivement. L'Histoire
anecdote de l'rocopc.
ANECDOTIER. s. nv Homme qui riiconle
souvent des anecdotes peu certaines. C'est un
anecdotier. Il est familier, et c'est un ternie de
mépris et (le plaisanterie-.
ÂNEE. s. f. La charge d'un Sue.
ANEiMOMÈTiiE. s. m. Instrument qui sert
à mesurer la force du vent.
ANÉMONE. 3. fém. Fleur printaniére, qui
vient d'une espèce d'ognon qu'on nomme Pâte.
Planche d'Anémones, l'aie d'.lnémones. Carré
d'Anémones. Anémone simple. Anémone double.
ÂNERIE. subst. f. (iiande Ignorance de ce
qu'on devroit savoir. Quelle dnerie à un Méde-
cin de ne connoitre pas les remèdes qu'il or-
donne'. Tout ce livre est plein d'ânenes.
ANESSE. s. f. La femelle d'un anc. L.iil
d'ânesse.
ANE'r. s. m.l'lante qui ressemble beaucoup
au fenouil, mais dont l'odeur n'est pas si agréa-
ble. La semence d'Anet est slnmnrhique et aiio-
oine;elle chasse les vents, provoque riiiine,
et a plusieurs autres vertus. Ilnile d'.4net.
AXÉVRIS.ME. s. m. Terme de Médecine.
Tumeur contre nature, causée par la dilalalion
ou par l'ouverture d'une arn're. Le C/u'iuii/ieii
en le saiqnant lui a piqué l'arlere, il s'y «I
fait un anévrisme.
AN F
ANFRACTUEU.X, EUSE. adj. Plein de dé-
tours et d'inégalités. Clicmin anfractueux.
ANFRACTUOSITÉ. s. f. Détours et iuég«-
lités. Ce chemin est plein d'anfracluosités.
Eu termes d'Aiiatomie, il signifie, Les éml-
iienccs ou cavités inégales qui se trouvent dans
la surface des os.
ANG
ANGAR. Voyez Hascak.
ANtJE. s. m. Créalure piirenienl spirituelle.
Jîon Anqe. Mauvais Aaqe. Anqc de lumière.
Anqe deléné'jrc.^. La chute des Anqes. L'Anqe
erterniinateur. Anqe tutélairc. jlnqe (gardien.
Ouand ce mot est employé sans épithite, il
se dit giiKT.iIrmcnl De lors les Esprits bien-
lieureujc qui composent la Ilicrarcliie céleste.
Les Jnqes environnent le Trône de Dieu. Les
Anges sont les Ministres des volontés de Dieu.
""«inl .liirliel rsl l'Anqe tulélaire de la prance.
I Les neuf chœurs des Ânqes.
Il se dit particulièrement et proprement De»
ANG
Ançcs qui sont du dcrnitr Clireur. Les Aritje:
sont ittt-des^ouf (Us .Irchanqts.
Ange, sp dil fisiiréracnt , pour signiticr Une
IKTsoniie d'une pieté extraordinaire. Ce sor:l
des Avqes (jue ces lUligietix-lîi.
Ou dit IJe S. Tliomas, <(u7l est !'.■/«;;« <(.•
l'Ecole, pour, qu'il excelle entre les Scolas-
liques.
Dans le discou:i: ordinaire, on dit d'Une
pcrsor^ic qui chante trt^s-Ijirn , qu'Eiie chante.
comme un Anne; (t qu't^n homme voit tles
Anges violets, pour dire, que C'est un fana-
tique qui a des visions creuses.
On dit, Rire aiuc Anijes, en parlant De
ceux qui sont tellement transportés de joie,
qu'ils an paroissent extasiés. On le dit asissi De
ceux qui rient seuls, niaisement, et saui sujet
connu.
Ahc.e, se dit aussi De deux honlets de ca-
non attachés cnsenilde par un • cliaine ou p.ir
vne barre de fer.
AUGE. s. f. Sorte de Poisson de nier <|iii
ressemble à la raie. L'n morceau d'ange.
ANGELIQUE, adj. des 2 genres. Qui ap-
partient i r.4nge, qui est propre à l'.^nge. La
nature AncjcU(juc. Les esprits Angclitjues. Le^
Chifurs Angéli(jncs. Les perfections Angé-
licjues.
On appelle l'.^ic Maria, La Sahilatio:i
Angtlitjue.
ANOtLiQrE, se dit fi;iuréTtient, pour mar-
quer Une perfection extraordinaire, une qua-
lité' excellente. In esprit Anqêliijns. Une beauté
Anréliijue. Vne noi-t Atiijélitjue. Vureté Angé-
lique. Mener une vie Angéliijne. S. l homus est
appelé le I octeur Anrjéli.jue.
On dit proverliialcnient, Une chère Ait(;é-
ligue, pour dite, Lie chère trcs-bonne et tirs
dclicate.
ANGÉLIQUE, s. f. Pl.ii.te noniniw ainsi , à
•i«usc des grandes vertus ipi'on lui attribue. La
principale espîce est fiirt odorante : ou en con-
fit la lige enliiTC. L'unjcli^jiic f arfiime la bou-
che et fortifie l'estomac. On en tire une liqiuur
«stimcc.
ANGÉLIQUEMENT. adv. Dune n:anièrc
•ngélitpie. 11 est de peu d'usage.
ANGELOT, s. m. Sorte de petit fioma;;e
qui se fait en Normandie. Une douzaine d'an-
gelots.
.\xcELOT, est auïsi Une espère de monnoie
qui a eu cotm en France s: us Philippe de
Valois.
ANGÉLUS. 8. m. (On prononce l'S. ) Priro
qui commence par le mot Angélus, en llion
ncur du mystère de l'Incarnation , et qui se fait
irois fois If jour, au son de la cloche des É^li-
»cj, qui en avertit les Fidèles, en tintent tinis
fuis , I ■ matin , à midi , et le soir. Dire l'Ange
luf. Entendre sonner l'Annchis.
ANC'INE. s. f. Maladie de !a gor~e, qui ré-
trécit le larvnx et le pharj nx , et rmpéci.e d'a-
valer. '
ANGIOLOGIE. j. f. La partie de l'An lo
«lie (|iii traite des vaisseaux du corfs I un-.oia.
ANGIOSI'EK.ME. «dj. d« a genre». Terme |
ANG ■
de ".lîaniqup. Tl so dit Des planl**» •.Wnd m se-
mence est t'nvi'!o[)j)ee daiîs nnc rnpsuîe dilil:-
renie de leur calice. Le mit^ie de venu est aii-
qiosjjvrme.
A>'CiIOTOMÏE. s. f. Disseclioa des vais-
seaux.
ANGLE, s. m. Ouverture de deux lipnr* fjni
se rencontrent. Angle droit. Angle aigu. Jrigl:
obtus. Annie de fiuarante-cînq degrés. Annie
de cent degrés. Annie sailhint. Annie rentrant.
Une figure à plusieurc angles.
On dit n::ssi, Lc^ anales d'un bataillon,
pour, Les coins d'un T).'.li>i!!on. Garnir, dégar-
nir, énious^-:r les angles d'un bataillon.
ANGLK, ÉE. adj.Tcrire di: Ilbson. Il sn dil
d'Une rroix sn sauloir, qurind il y a des *i;5u-
resmouvanles qui sortent des .'ingîes.
ANtJLET. s. m. Terme d'Architecture. Pe-
tite cavité creusée en nngle droit, qui si-pjrc le^
lïossages ou pierres de refend.
ANGLEUX, EUSE. adj. Il ne se dit Kuèic
ijue Des noix dont I.i substance est tellement
roufcrmét; «i de certains petits an;;les ou cotus,
qu'il est d;IÎ:cile de l'en tirer. Lue noix an~
nleuae. La plupart de ces noix sent angleuscs.
AiNGLlCAlV,ANE.adj.IlnesGditqucnece
ijui a rapporta la Religion dominante en An-
f;leterre. Le Rit An ^Vcan. L'Egli^iC Anglicane.
Il est Anglican.
Il est aussi sulislan.'if en parlant Des per-
sonnes. Ce Ministre est un An<jlican.
ANaLICIS:\lE. s. ni. Faeon de parler An-
oloise.
ANGOiSSS. s. f. Grande afTliction d'esprit.
Etre en angoisse. Etre dana d'ertrêma an-
goissc^y dans des angoisses morlcUcs^ dans les
dernières aïKjoisses.
On appelle l'oîreS: d^angois.^c , Certaines
] olvcs si âpres et si ro. relies au j;nût, qu'on a
peine à les avaler.
On nonîmc aussi Toire d'angoisse. Un cer-
tain instrument de fer en forme de poire, et k
ressort, qiie des voleurs melloient par for.-'É
dans la I)ouclie des perso:incs pt>ur les empê-
cl:er l'e crier.
On dit figurcmeni , /U'alcr di's poires d'tm-
goisse, pour, Avoir àc grands dt'phisirs.
ANGON. s. m. Javelot, demi -pique ù l'u-
sn^e d?s Frunc>. On /.inçoit l'angon, ou l'on
i'e.w servait po'.ir combattre de près.
A>GUILLADK. s. f. (UI ne fait pas dipli-
ihon^uc dans ce mot ni dcna le suivant ; et h^ L
y sont mouillés. ) Coups qu'on donne à quel-
qu'un avec une peau d'angnide. Lonner dis
annuillades à mtelgn'un.
Il se dit ausii Des coups que l'on donne
avec un fouet.
ANGUILLE, s. f. Poisson d'ciu douce, lon^
ei menu, de la figure d'un serpent. Anguilles
noires, Anguilles blanches. Pâte d'anguilles,
î rançon d'anguille.
On dit proverbijicmrjii . qu /ï y « tjuehnte
anguille sous roche, pour dire, qu'il y a <^juf|-
rpie chose de caclié dans l'-diàirc , dans l'in-
tu;j;n-' dont il ^'igit ; Ecvrchcr Vanguilie par la
fiuctc . pour dire, GomnuncfT p:ir où il faa- I
A N I 5()
droit finir; et, îî ressemble aur anguilles de
7:h'htn, il cri-s avant gu^on Vécorche, pour. Il
n peur sans sujet , ou , il se plaint avant de sen-
tir le mal.
On dit aussi provcrlnalement et fijçurcment
d'Un lioniïTie qui trouve moyen d'échapper
lorsqu'on croit le tenir, qull s'échappe comme
une anguille. J\ivois traité avec /fii, je croyoiz
en être à la conclusion, H rn'n échappé comme
une anguille. C'est un Sophiste, gui dans /.t
dispute échappe comme une anguille.
ANGULAIRE, adj. des 2 genres. Qm n mt
ou plusieurs angles. Figure angulaire. Corps
angulaire.
On appelle ansS: Pierre anqulaircj La pre-
mitTC pierre fondamentale qui fait l'angle d'un
b'itiment. Et c'est dans ce sens que Jksus-
(^MniST est appelé ugurément dans l'Écutun'i
Lii pierre angulaire.
AsGOLAinE, pris substantivement, se dit
d'Une arlèrf qui passe au f^ran I angle de l'œil ,
et d'une veine qui, de l'angle interne de l'ail,
vient aboutir à la jugul'jire (xt-rne.
ANCiULKUX, EUSE. adj. Dont la 5urf;»ce
a plusieurs angles. Un corps fart ajigideux.
ANGUSTICLAVK.s. m. Terme d"Aiiti(iuitc.
Tunique que portoient les Clicvalicrs Romains,
(^cllc des Sénateurs se nommoit Laticlave.
ANGUSTÏÉ, I^:E. adj. I^llroit, serr^. Il ne
se dit que d'Un chemin. Il est de peu d'usage.
A M
AMCROCIÎE. s. f. Difficuhc, embarras. H
y a guclgne anicroche dans cette afjhire. Il
trouve toujours (luelquc anicroche dans /f«
ciioses les plus faciles guon lui propose. Il est
■ du -".tyle faiîiiiier.
ANir.R , ÈRE. s. m. et f. Celui ou celle qui
conduit des âucs,
ANIL. s, m. plante dont on tire l'indigo.
ANILLK. s. f. Terme de Blason, ter de
moulin.
AM.'\I.\DVERSION. s. f. Improbalion, cen-
sure, bl.'.mc, correction en paroles seulement.
Ce h'rocureur a fait une fi iponncrie gttl mérite
anlmadvcrsion. Ce procédé mérite Vanimad-
vcrsion pïd}Ugue. L'animadversion de la Cour.
Cet cent lui a attiré Vanimadversion des cri-
tignea.
AN[M.\L. s. m. Être orj^nnise, et doué de
sensil)ilité. Animal terrestre. Animal atiuu-
tiguc. Animal amphibie. Animal à quatre
pieds. Dieu a créé tous L-s aniuinu-r. Un Traité
de la nature des animaiLV. L'homme est un
animal raisonnable. L'homme est le plus noble
de tous les animaux.
On appelle par mépris, Animal y Une per-
sonne .nupide ou grossière. C^est un animal^
ce n'est qu'un animal ^ un grand animal, un
7Tai animal. Celui qui vous a dit cela est um
animal, un fane animal. ,
ANIMAL, ALE. adj. <^>ui appartient à l'iini-
mnl. Vie animale. Les facultés animales. Les «*-
prits animaitx. La partie animale , la parité
raisonnchle.
8.
6o ANI
En termes d'Histoire naturelle , on appcJJe
T^èqne animal. Lu classe des animaux.
On appelle fn Chimie, Huiles animales,
Cellt'S fpii ont clé tirt'cs dos onininiix.
Animal, dans lelanf;ogederKcrilnrc-SainTr.
sigiiidc, Sensuel, charnel, et est opposé à Spi
rituel. L'homme animal ne comprend pas ce
(jiii est de Dieu.
ANIMALCULE, s. m. Pctil aninial. H nv se
dit guùre que Tics animaux qu'on ne peut voir
qu'à l'aille du microscope. Les animalcules de
la semence.
A.\L^L\TION. s. f. Terme didactique. Il se
dit de l'union de l'àme ou corps. L\i.ninuitu)n
du j.ettt^.
ANLMER. V. a. I\Ietlre l'ilme, le principe de
la vie dans un corps organisé. Il y a dans lc->
corps vivans un principe qui les anime. Qui
est-ce qui anime les corps? Dieu peut animer
tes pierres. La hahle dit que Promcthée anima
la statue d\irqile qu'il venait de former.
On dit, Animer quclqu^un de son cjpnt ,
pour dire, Faire passer ses idées et ses senti-
nicns dans son âme.
On dit aussi dans le même sens, que Le
zèle de Dieu anime un homme., qu'un Mis-
sionnaire est animé d'un saint zèle.
Animer, signifie aussi. Encourager, exciter.
Animer les soldats au combat, les animer par
son exemple.
Il signifie aussi, Donner de la vivacité, de
l'action. C'est un homme indolent (pie rien
ii*anime.
XI signifie encore, Iniicr. m'itiecn colérc-
On a pris plaisir à les animer les uns contre
les autres. On lui a fait des rapports qui Vont
fort animé contre vous.
Ammbh, signifie fr^urément , Donner de la
force à un ouvrage d'esprit, soit par les traita
vifs el brillans que l'on y jette, soit par la ma-
nière vive dont on le pronoppe. Il y a danfi
cet ouvraqe quelques endroits qu'il (androil
animer. C'est un orateur qui n\i point d'ac-
tion, il n'anime point ce qu'il dit.
On dit à peu près d^ns ce même sens,
Animer la conversation , La rendre plus vive.
Il se dit aussi pour marquer Lt force et l'air
de vie que les Sculpteurs et les Peintres don-
nci.t h leurs ligures. C'est un Sculpteur qui
nnÎMic IoHfC5 ses fqures. Les tableaux de ce
JVtntre sont animés.
Animé, ée. participe. Ils sont tous animci
du même esprit.
On d'i d'Une hclle personne h f;ui i! manque
un ceria'n air vif, que C'est une beauté qui
n'est point animée.
AMMi^, I.K. ndj. Temic de Blason. Un
Cheval animé (st celui (pii paroit en action.
ANIMUSITË. s. f. Mouvement de Iiaine ,
par lequel on est porté Ii nuire ù quelqu'un d<
qui ou a reçu ou cm recevoir quel<jue olK-nse
Avoir nue grande animosiié contre quelqu'un
Etre por^c d'animosité contre quehpi'un. Agit
par animosité, par pure animosité, avec ani-
mosiié, s.ins aucune animositc.
AN15. s. m. âorlc de plante o:!oriféranic
AISiN
qui porte une graine de même nom, ronde et
un peu longue, qu'on met nu rang des quatre
srnî'Tîces chaudes. L'anis vient dans les terres
clioniles et sablonneuses. Manger de l'anis.
Cette liqueur sent Vat\is.
On appelle Anis, Une sort? de dragée faite
avec de l'anis. Anis deVerdun. Anis commun,
A>'ISER. V. a. Mettre une couche d'anis sur
quelque chose. Gdieau anisé.
AsiSK, KE. participe.
ANISETTE. s. f. Liqueur composée avec de
l'anis.
ANK
ANKILOGLO.SSE. s. m. Terme de Méile-
cine. Vice du filet, on ligament de la langue
qui est trop court de naissance , ou endurci pai
quelque cicatrice. L'Ankiloglosse cause une
grande difficulté de parler.
ANKILOSK. s. f. Privation de mouvement
dans les artlculalioci ou Jointures.
A NN
ANNAL, ALE. adj. (On prononce les N.]
Terme d^- Loi. Qui ne dure qu'un an, ou qui
n'est valable que pendant un an. FossessioK
annale. Il tie lui donna qu'une procuration
annale. Un Conimittim'us. un Arrêt de la Cuut
des Aides pour les tailles, n'est qu'annal.
ANNALES, s. f. pi. (On prononce les N.)
Histoire qui rapporte 1( s événemens année par
nnnée. Les Annales de Tacite, Les 4nnales
de France. î'airc des Annales. J'ai lu dans la
Annales. Les Annales desce:idenl dajis un pUn
grand détail que l'Histoire.
Dans le st)le soutenu , Annales se prend in-
liîfî'ércminent pour l'IIisloiie. yous lisons dans
nos Annales.
ANNALISTE, s. m. (On prononce les N.;
Historien qui écrit des Anualcs. Les Annalista
de France.
ANNATE. s. f. (On p-o::vnce Us N.) Dn-ii
nc^ordc au Pape par le Concordat de Fran-
çois ^^ , qui se paye pour les Bulles des Eve-
".hC'S et des Abbayes, et qui consiste dcus h
revenu d'une année. Droit d\ninatc. Payet
l'anuatc. L\tnnatc de ce Bénéfice, est trop forte.
Les anufilcs des Bénific2s consistoriaux on\
été accordées au Pape par François V^. ht
Pape a remis Vanna'e, une partie de Vannait
à un tel Evéquc, à un tel Abbé.
ANNEAU. 8. m. (On prononce Aneau.]
Cercle qui est fait d'une matière dure., et qui
sert àattachcrqueljue cliose. Un anneau de fi:r ^
de cuivre, d'argent, de corne. Les anneanr.
d'un rideau, l'asser une corde, un rufcan, dans
un anneau. Le gros anneau d'une ancre.
Anneau, se dit particuIÎMemeut d'Une ha-
'^ue. Anneau d'or. Anneau l'.jiscopal. Anneau
nuptial, il lui mil un anneau au doigt.
Anneau, se dit ligurément Des boucles for-
mées par la frisure des cheveux. Etre frisé
par anneaux.
Dans l'Astronomie, on appelle Anneau de
Saturne, Uu corps lumineux en forme de ccr-
ANN
de, qui environne la planète de Saturne, et
qui en est à quelque distance. L'anneau de Sa-
turne ne présente pas toujours les mêmes appa-
rences; on n'en voit souvent que les deux ex-
trémités, qui paroissent comme des anses.
Année, s. f. ( On pronmce Anée. ) U
temps que le Soleil emploie h. parcourir les
dou/.e signes du Zodiaque, et qui est de douze
mois. Une année, deux années. L'année passée.
Vannée précédente. Vannéequi vient. L'année
brochcdnc. Celte année. La présente année. Le
cours des années. En cette année-hl. Ce /"ut
Vunnce du grand hiver. D'awiéc en année. Les
années passent vite. Les plus belles années de la
vie. La suite des années. Le commencement ^
le milieu, la fm de Vannée. Le bout de Vannée.
On appelle Année Lunaire, L'espace de
douze et queicpiefois treize mois lunaires, c'est-
ii-dire. De douzo ou treize révolutions de la
ÏAUïG autour de la Terre. Elle se nomme ainsi
pour la distinguer de l'année Solaire, ou année
proprement dite, qui est de trois cent soixante-
cinrj jours.
Ou app: lie v/niiée j^s(ro"OMii(jng, Le temps
que !e Soleil emploie ù revenir au même point
du Zodiaque d'uu il étoit parti;
yinnée CivUe, Celle que l';s peuples ont éla-
bifc pour faire leurs supputations, ou ils n'em-
ploient que des nombres ronds et d'uu usage
commode. Et alors, Année Civile, se dit par
opposition h l'Année Astronomique, qui es»
calculée exactement sur le coius du Soleil, ius-
qu'oux dernières minurcs. L'Année Civile est
de trois cent soixante-cinq jours; et VAnt^
Astronomique est de trois cent soixante-cinq
jourSf cinq heures, (^\iarante-7ieuf minutes.
Vannée Bissextile est detroiscent soixante-six
jours.
On appelle Année d'Exercice, Celle où l'on
exerce actuellement une Chaîne que plusieurs
OlTiciers ont droit d'exercer l'un après l'autre.
C'est son année d''e.vercice, ou absolument,
Cest son année, ilest en année, H est d\tnnéc;
Année de Probalion, Celle pendant laquelle
un Religieux ou une Ueligicuse font leur novi-
ciat ; et Année de deuil. Une année pendant
I.Kjueilc on est obligé de porter un deuiL
Une veuve qui se remarie dans Vannée de son
deuil, perd son dunairc en certains !icu.r.
On dit, 5ou/i(iitcr la bonne année, souhaits
dehonne année, complime>nt de bo7ine année,
pour exprimer Les souhaits mutuels qu'on est
dans 1 usage de se faire' au renouvcUcmeul de
ranncc, au nouvel an.
On appelle Bonne année, Une année abon-
dante en blés, en vins, etc. etMauvaise anneCf
Une année où la récolte a été mauvaise.
On dit aussi, Pleine année, année médiocre,
demi-année, pour exprimer ïx:s diflerens de-
grés de sa fécondité.
En parlant Du revenu annuel d'une lerrû,
on dit, quEi/e vaut tant année comrr^me,
pour dire, En faisant rompensatiort des mau-
vaises années avec les bonnes.
AssKE, se dit aussi Du revenu d'une année*
5ori fermier lui doit deux années.
ANN
On Jit, La telles années, ijoui due, I^s
années de ia jeunesse.
ANNKLER. y. a. 11 n'est guère d'osagc qu'en
parlant Dos clicvcux qu'on frise, et qu'on tourne
en boucles, -innelcr àes Acvcux.
A^stl.É, ÉE. p.irlicipe. Ves chcv.ux anneUs.
ASXELET. s. ni.l'ctit anneau. Il nVstguète
d'usage qu'en tcnnea de Blason et d'.ArcLi-
lecture. ,
AWIELURE. s. f. Frisure de cheveux par
•nnraiix.
ANKKXE. s. f. (On pron. les N.) Ce qui est
uni à quelque autre bien. Et il se dit des terres
ou domaines attacliés à une Seigneurie, dont
ils n'étoient pas niouvans ou déperidans. Les
unnexc's (i'ync Seigneurie , d'ime Terre. C'est
un terme de Droit.
Il se dit aussi d't'ne Église où l'on fait les
fonctions paroissi-iles, et qui relè\'e d'une Cure.
L^Eqlise de Hainte- }JarqHerile étoit une an-
tiexc de la ^\troisse de Saint-Paul.
ANNEXER. V. a. Joindre, att.iclier. Il n'est
d'usage qu'en parlant d'Une terre, d'un droit,
d'une prérogalive qu'on joint à une Terre, à im
BéncGee, Si une Cliarge. j^nneier un Fief à
une Terre. Annexer un Prieuré à une Abbaye,
à un Êvêché. Il a anntxré ce Vroit à $a Terre.
Annexe, ée. perticipe.
ANMHIL.VTION. s. f. (On pron. les V.)
Terme didaciique. Anéantissement.
ANNIIIILEU. V. a. (On pron. les N.) Terme
didictique. Ancanlir. Il est usité dans la Juris-
lirudence. Anniliiler un acte, un testumcnl .
une donation.
Annihile, ée. participe.
ASMVEnSAlRK. adj. des 2 genres. Il ne
se dit que d'Une époque, ou d'une cérémonie
qui ramène le souvenir d'un événement arrivé
nue ou plusieurs années auparavant Jour an-
niversaire. Fêle anniversaire.
On l'emploie d'ordinaire substantivement.
C'esi ûiijour<niUï ianni^'ersaire de sa nais-
sance, de son mariaqe.
Il se dit de ia conimémoraison pieuse ou du
Service pour un mort, &u retour annuel du jour
de son dé*cês. Fonder ur. anniversaire , C'est
(lipuler un revenu pour rcttc com.némoraison.
ANNONCE, s. f. (Ou pzaa. Anonce.) Avis
par lequel on annonce quoique chose au public,
Terbalement ou par écrit. Faire '.'.n^ cnnonce
au Prône. Annonce de livres à vendre. On dit,
Un tel Comédien a fait run nonce, pour dire,
A aRnoiicc la Pièce (ju'on doit jouer tel jour.
Ilsedit aussi Iles ptiblical ions de Mariagtrqui
K fout dans la Religion prétendue Réformée.
H se mariera bientôt, on a fait la première an-
nonce. On a fait toutes les annonces.
AN.NONCER. t. a. Faire savoir une nou-
velle j quelqu'un. Annoncer une bonne noii-
velie. Annoncer une méchante nouvelle. Il
n'annonce jamais que des doses déiaqréables.
Il nous at venu annoncer le mariaqe dun tel.
Je vous annonce une clwsc qui vous surpren-
di-a. n noti.î a annoncé la Paijc.
On dit. Annoncer la parole de Dieu, an-'
>ionjcr l' Evangile. j)Our dire, Prêcher , ethor-
_ ANN
ter. Ce hon Curé n'a cessé d'annoncer VE;'an~ y
nile pendant trente ans.
Il sî^ni^e aussi, Prédire, nssurcr qu'une
chose aiTÎvera. Les Prophètes ont annoncé lu
venue du ^îessie. iJAnqe qui annonça le mys-
tère de l'Incarnation.
Il si;;iiific aussi, Avertir de qucUiuc cliose.
/ eCuré annonce les Fctes^ les jeunes dans son
Prâne. Les Comédiens ont annoncé une t^llc
Pièce.
Annoncé, hE. porticips.
AKNONCIAIIO.N. s. f. Ou appelle ulnsi le
Message de l'Ange Gabriel à ia Vicige, pour
lui aimotiCcr ie mystère de 1 Incarnalion; et on
appelle aussi de luCme, le jour où Tlilglise cd-
lèbre ce Mystère. L'-'/nrio»icùilion de la Vitrée.
Le jour de T Annonciation. La Fêle de l\in-
nonciat- -n.
AJN'NO'J ATEUR. s. m. O-lui (jui fait des
remarques.
AWNOTATIO>\ 5. f. Noie un peu lon;^ue
que Ton fait sur le texte d'un Auteiir pour eu
êclaîrcir quelques passages. Il a fuit de belles
annotations sur ilomèr:, sur Virailcj sur
AristotCj etc.
Il signifie, eu termes de Pratique, l'Élatet
inveulaire des biens marqués et saisis par au-
loiilê d:: Justice, sur un criminel, cfii sur un
accuse. On fît Vannotation de tous ses biens.
Annoter, v. a. il n'est d'usage qu'en style
de Pratique, pour dire, Marqurr l'état des
biens saisis p^U" autorité de Ju.-tice, sur uu eii-
QMucl, eu siu" uu accusé. On a saisi et annote
ses bicîL'i.
A5>0TÊ, ÉE. participe,
ANNUEL, ELLE. adj. Qui dure un on. Le
Consulat à Rome étoit annuel. L'exercice de
cette Charqc est annuel.
Ann'cel, se dit aussi De certaines clioscs
qui arrivent, qui reviennent tous les ans. Re-
venu aU7iucï. Rertte diintielle et perpétuelle.
On appelle Plantes annuelids, Cert^tincs
plantes qui ne vieuuent que de graine, et qu'il
faut semer tous les ans; et 1 leurs annuelles^
Les fleurs de c.s plantes.
En termes d'Aslrouomie, La révolution ap-
parente du Soleil, d'un point du Zodiaque, au
inùuie point, s'appelle Le mouvement annuel
du Soleil. Le mouvement arniucl se dit par
opposition au iiiont/ement diurne ^ qui est
toujours de vinnl-quatre heures.
On appelle Droit unniiei , Le droit que
certains Officiers payent au Roi chaque nnuôe,
poiu* consei'vcr, au proSt de leurs hériliers,
leurs Charges, qui sans cela vaqucroïent par
i'jar mort au profit du Roi. Pay er le droit
annuel. H n^a jamais payé le droit annuel.
ANM'EL,s. m. se dit d "Une Messe que l'on
fait dire tous les jourfi pendant une année,, pour
un;- pcTioniic morte, à compter du jour de sa
uiori. / / a ordon né un ann ucl après sa mort. On a
charqc un tel Prêtre de cet anr.ucL Faire dire
un annuel. Il se dit aussi Du droit qu'un Otli-
cier paye nu Roi pour la conservation de sa
charge en cas de mort. l'ayer l'annuel.
Annuellement, adv. parciiaqucanoéa.
ANO
6i
Il l'u-e (ir/u!iellcment tant de revenu de cette
terre. On lui en paye annuellement tant.
ANNUITÉ, s. f. ( UI fait deux syllabes dans
ce mot) Il se dit d'Une sorte d'emprunt, par
lequel le déljiteur s'engage à faùc annuellement ,
pendant un nombre d'années limitées, un paie-
ment qui comprend la ri.nlc du capital et un
remboursement d'une partie ; de sorte qu'au
hoiit du tenue indiqué, le débiteur est eniiérc-
nienl libérée
ANNULAIRE, adj. des 2 genres. 11 a peu
d'acceptions. On appelle Doigt annulaire. Le
quatiièmt doi\jt, parce que c'est celui où l'on
met ordinaiiement l'auneau en de certaines cé-
rémonies.
Ou appdie Eclipse annulaire^ Une éclipse
du .Soleil, telle. qu'il reste autour du disquc de
cet asiie un cercle ou anneau lumineux.
ANNULAIRE, s. f. Nom d'une cbenille ap-
pelée aussi lu Livrée. Elle vient sur les poiriers
et pruniers.
ANNULATION, subst. fém. Action d'an-
nuler.
ANNULER. V. a. Rcucbe nul. LeParUment
a annulé ce testament j a annule foutes cespro-
cédures.
AssuLÉ, ÉE. parîicipe.
ANO
ANOBLIR. V. a. Rendre noble. Il ne doit pas
se confondre avec Ennouliu. Voy. ce mot.
U se dit Des personnes, au sens de Déclarer
pielqu un Nubie, lui donner le titre ctles droits
de Noblesse. Le Rci Va anobli. Celte famille fut
anoblie sous îlenri 7V.
Eu parlant Des Pays ou la Noblesse se prend
ducôlcdcs femmes, et où l'on est réputé Noble,
pourvu qu'on soit né d'une mère noble, on dit,
f[uEn ce Pays-là le ventre anoblit.
On dit figurément, Jnoblir son nom j au
sens d'.'icqucrir de Li réputation, de la gloire.
Il a anobli son nom par ses ouvrages.
U se dit aussi du style. // faut anohlir cette
expression trop familière.
Anobli , lE. participe.
' A>OBU,est aussi substantif , et il signifie,
Celui qui a c'té fait Noble depuis peu de temps.
Les anoblis^ les nouveaux anoblis jouissent des
privilèges des anciens Nobles.
ANOBLISSE.MENT. s. m. Criée et conces-
sion du Prince , par laquelle on est anobIL
Lettres d'anoblissement.
ANODIN, INE. aJj, Terme de Médecine,
qui n'est d'usage qu'en parlant Des remèdes qui
opèrent doucement, et sans faire de douleur.
Remèdes anodins. Purgation anodine. Il s'em-
ploie aussi substantivement. Scpurger avec du
anodins,
ANOMAL, adj. Terme de Orammaire, qui
ne se dit gucrc que Des vcrhcs qui ue suivent
pas dans leur conjugaison In rrgle ordinaire des
autres verbes. Vn verbe anomal. Les verbes
anomaiLT. All»r, est un verbe anomal.
ANOMAIJE. s. f. Terme de Grammaire,
IrrégulaiÎLô dans la conjugaison, ou dans U
62
ANT
déclinaison. Il y a bie'i 'le l'anoiiiuUi: dans ce
verbe j tlaiis ce nom.
Anosiai.ie, en termes d'Astronomie, se dit
De la distance du lieu vrai ou moyen d'une pla-
nile i l'apliélic ou h l'àpogir. AiwmuUe vruie.
Anomalie moyenne.
ANO.MALISTIQUE. adj. Terme d'Astrono-
mie. 1! n'est d'usage q>ie dans cette phrase ,
Année anomalisllqiie , pour signifier le temps
que la terre emploie h revenir dnn point de son
orLite au mi'mc point.
n'aulrcs appillcnt Année unomuiis(iiJiie,Lc
temps ijui s'tcoule entre l'instant ou la terre
•st apliilie.ct celui où elln rCMCvient apliélic
l'aunce suivante. Ce temps est plus long que
l'année sidérale, ou que l'Année nnomii/islnjua
prise dans le premier sens.
ANOMIES. s. f. pi. Co»iuiIles fossiles, dont
on ne connoit prvnt les analogues vivans.
kyoy. s. m. Le petit d'u:i ."me. L'itnesse cl
l'dnon.
ANONIMlî. adj. des j. genres. Qui est sans
nom. Il ne se dit que Des Auteurs dont on ne
sait point le nom, et des écrits dont on ne sait
point l'Auteur. Auic.ii' unonînic. Livve ano-
nime. Lettre anonimc.
Il se met quelquefois substantivement. L'A-
nonimeaui a imité cette matière^ dit (juc...
On appelleaussi ceux qui n'ont point encore
reçu de uom au Baptême, Anonimes, en ajou-
tant inimcdiatemcnt après leur nom de famille.
Anonime Ac Montmorency, Anonime de Mù'
lun , etc.
Ou dit. Carder Vanonime, relier anonime,
pour dire, Ne se pas faire connoitrc pour l'Au-
teur d'uu ouvrage.
ÀNONNKR. V. n. Ne lire ou ne répondre
qu'avec peine, qu'en licsitant. Il y a deux ans
(jue cet enfant va à Vecole. et il ne fait encore
au dnonner. Qnand il soutint ses thèses, il ne
fnisoit qu'dnonncr. Il est familier.
11 se prend quelquefois activement. Cet éco-
lier ne fait mt'ànonner sa Icçoh.
Anossé, ée. participe.
ANS
.V?'^E. s. f. r.n partie de certains vasrs. de
.certains ustensiles, p-ir laquelle on les prend
pour s'en servie, et qui est ordin.iîremcntcûur-
be'c en arc. Uanse d'un seau, d'un pot, d'un
cliaudron, d'une viarniite. Pot à dctut: nnsus.
Prendre un pot par l'anse.
On dit proverhialeincut et bassement, Faire
le pot d deux anses, pour, Mettre les;nains sur
les cotés.
A.vsc, signifie aussi Une espèce deOolfepcu
profond. Il y alàune anse où nous mouillâmes.
AN-SÉATIQUE. Voyez HAN.SlU'l'IQdE.
A^SPESSADE. s. m. Bas-Officier d'Iufanie-
ne , au-dessoiu du Caporal.
ANT
ANTAGONISTE, s. m. Adversaire , celui
<{i/i Kt opposé ^ an autre dans qucl'UC MUll-
ANT
ment, (];ins quelque nj>inion, dans qïiclque
niL'trntion. Les bcotistes ctoietit Antiinonistes
des Thomistes.
Kii lernics d'Anatomïe, on appelle l\liisclei
ituttifjunlstes, Les muscles qui sont nltacliés à
la iiicuie parlie,ctqiii tirent l'un contre l'autre:
et m celle plirase. Antagoniste est adjectif. Un
dit aussi an substantif, Chaque muscle a son
antaqonistc.
ANÏ.VN. s. m. L'année qui prt^cèdc celle qui
court. Il est vieux, et ne se dit guère qu'en
cfttf pljrase proverbiale, 7)es neiges d'antan.
Je ne m'en soucie non plus gue des ndaca
d*antan.
ANTANACLASE. s. f. V'i^^nrc de Rlir'lori-
que. Répctition d'un mdmc luot pris en diflë-
lens sens.
ANTARCTIQUE.adj. des 2 genres. Qui est
opposé au pôle Arctique ou Septcntrion;il.
Pule Antatxnqut. Les Terres Anlarctinucs.
Cercle Polaire Antarctique.
ANTECI':DENT, ETPE. adj.Qui ai aupa-
ravant, qui prL'ctdc en temps. Les actes anlc-
cédcns. Les procédures antécédentes.
Antécédent, s. m. entermes dcGrammnîrr,
se dit Des noms et des pronoms, quand ils pré-
cèdent et régissent le relatif qui. Ainsi dans ces
deux phrases, Dieu qui .peut tout^ celui qui
l'oits a dit telle chose' Dieu etCelui sontlesan-
écédensj et qui est le relatif.,
Antécédent, s. ni. En termes de Logique.
La première partie d'un argument qu'nn ap-
pelle EnthytnèmCj et qui ne consislequ'enune
neule proposition , dont on lire une consé-
quence. Je vous accorde l'antécédent j mais je
vous nie la conséquence.
Antécédent, en termes de !\Iatliématique .
se dit Du premier des deux termes d'un rap-
port, par opposition à (Ton.stfjKcnï , (jui Oit le
second.
AN'TÉCESSEUR. s. m. Professeur en Droit
dans une Université. Il vieillit.
ANTECHRIST, s. m. ( l'S ne se prononce
pas.) Celui qui est opposé à JÉsrs-CtinTST, qui
est l'ennemi de .lÉsis-Cnnisï. Il est dit dans
rEcriture, que dès le temps des Apôtres, il y
livott plusieurs Anlcchrists. Il se dit particuliè-
rement d'Un imposteur qui cherchera à établir
une Religion opposée h celle de Jésus-Chiust,
et qui, suivant l'opinion commune, viendra
dans les derniers temps. Le temps de la venue
de l'Antéchrist est incertain.
ANTENNE, s. f. Lorigiie ver^oif", longue cl
grosse perche qui s'attache à une pculie ver^ le
milieu ou vers le liaut du rafit, poui soutenir
les voiles. Le vent rompit Its anlcnies.
ANTENNES, s. f. pL Kspi-ce de cernes sur
!a '.tte de plusieurs insecte-'). Les papillons et
les uhciUcs ont des antennes.
ANTIvPÉNULTIÈME. adjcct. des 5. genres.
Çui préci-de immédiatement le pénultit.'mc.
L'(inïe/?é»u/l['ènic vers de cette page. Dans l'an-
tépénultième ligne. L'antépénultième syllabe
d'un moi.
V ÀNTÉpiifCLTifcME, scmploîe aussi substanti-
vcincntj pour signifie! L'anlépcnulli'me «vl-
ANT
labe d'un mot. Dans ce mot, l'accent est sur
Vantépénulticme.
A^n-:RIEURj EURE. adj. Qui est avant,
qui précède, il se dit par rapport au lieu et au
temps. La partie antérieure d^m vaisseau. Les
parties «nléncrires d\tn corps, i ne époque an-
térieui-:. Va fait antérieur. Ce contrat est an-
térieur à Vautre. Ma dette est antérieure à la
Sienne. Je dois être colloque h premier en or-
dre ; car je suis ajitérieur en hypothéqué. L'ou-
vrage dont je vous parle, est antérieur à celui
dont vous parlez.
ANTÉUIEUREMKNT. adverbe. Précédem-
ment. Cette dette a été contractée anîéricura-
meut à la vôtre.
ANTÉRIORITÉ, subst. f.Pnorilé de temps.
Antériorité d'hypothèque. Antériorité de date.
L'antériorité d'une demande^ dune décou-
verte.
ANTHOLOGIE, s. f. Il signifie proprement
Choix de fleurs, et il se dit d'Un recueil de pe-
tites pièces de Poésie choisies.
ANTHRAX, s. m. Esprce de bubon très-
cnHammé. qui cause des douleurs aiguës.
ANTHROPOLOGIE, s. f. Figure par U-
qwlle ou attribue ^ Dieu des actions, des afie»-
tions humaines.
ANTHROPOMORPIÏISI^IE. s. m. Doctrine
ou opinion de ceux qui attribuent à Dieu une
iigurc humaine.
ANTHROPOMORPHïTE. s. m. Celui qui
attribue à Dieu une figure humaine.
ANTHIÎCPOPHA(;E.adi. des 2 «enrcs. Il
ne sedit que Des homiues qui mangent de la cliair
huri aine. Une ÏSation anthropophage.
M est aussi substantif, t'est un Barbare j un
Al thropophaqe.
ANiï. Vrcposilion empruntée du Grer. et
qui s'emploif en Fran(;ois dans plusieurs U'olj
couqiosés, pour marquer Opposition, contia-
riét(?. Ainsi l'on dit, Antiscorhutique^ Anti-
septique y en parlant Des remèdes contre ]*t
scorbut, contre la gangrène. On trouve dans le
Dictionnaire ceux de ces mots composés qui
sont le plus en usîige ; car il seroit inutile de
rapporter tous coux que le besoin ou le caprice
peut faire imaginer.
ANTi,se joint encore à plusieurs mots Fran-
çois dans le sens de la préposition antè des
Latins, pour marquer Antériorité de temps ou
de lieu. Tels sont les mots composes, Antidait
et .hitichambre. On trouvera dans le Diction-
naire tous c:-ux que l'usage a autorisés.
ANTiCïlAMRUE. s. f. Celle des pièces d'un
appartement qui est immédiatcmcnl avant la
chambre. Il y a dans cet appartement anti-
chambre, chambre y et cabinet Attendre d'.'us
une antichambre. La première antichamhi c.
La seconde antichambre.
Quelques personnes le font mal â propn»
masculin , cl disent, Un bel antichambre. Petit
antichambre.
ANTICIPATION, s. f. Action par laquelle
on anticipe. Servez-vous contre lui de la voie
d'anticipation j du moyen d^ anticipation.
On appelle Lclî:tt d'anticipation^ Dca
Tj-llrcs (le Cliaiicellcric , pour anticiper un
Appel.
AsTicirATios , terme de Finance. On appelle
■insi Les expédiens auxquels ont recours les
AdniinisIr.Mcurs des Finnni es pour se procurer
des fonds d'avance par des espaces d'cmiirunls
secn-ts, liypotl»é<|ués sur des parties du revenu
puMic qui ue jont pas encore reçues , cl rein-
Itouisablcs .5ur ces produits à mesure qu'ils
rentrent. Les anticipations sont onlinairancnt
des emprunts très- onéreux. Faire un service
yar anticipation.
AaxiciPArios , signifie aussi, Une usurpa-
l!ou faite siu" le bien ou sur ies droite d'autrui.
C*esl une anticipatioii sur mes droits, sur nni
terre.
AtïriciPATioN, est aussi Une figure de Rhé-
torique , par laquelle l'Orateur réfute d'avance
les clioscs qui lui pi-uvent être objectées.
Pab AsxiCïpation. l'uçon de parler adver-
biale. Par avance, il j'en cs( emparé par anti-
cipation.
Anticiper. V. a. Prévenir, devancer. Il n«
se dit que Du temps, et par ellipse , Des clioseï
dont on prévient le temps. Le terme ri'étoit pai
échu, il a anticipé le payement. Anticiper h
temps, ie jour.
On emploie ce verbe nu neutre, avec la pré-
position ^wr. .-Inticiper sur ses revenus, pour
dire , Les recevoir, les dépenser eu avance ;
Anticiper sur les temps, pour dire. Raconter
Vliistoire d'un événement avant son époque.
On dit en termes de Pratique, Anticiper un
Appel, pour dire. Faire assigner devant leJiig<
iijpérieur, l'Appelant qui diflcrc de relever soc
Appel.
Anticipeiï , signifie aussi. Usurper sur au-
trui. Anticiper sur les droits de qiwlqu'un
Anticiper sur son voisin. Vous anticiftez sut
ma Terre, sur ma Cliarge. Kn ce sjus il est
neutre.
AsncipÉ, £e. pirtirjpe.
On dit, l ne joie anticipée, pour. Une joie
qu'on a , dans la .vue d'un bien qui n'est pas
encore arrive. On dit de même , Une douleur
anticipée, une connaissance anticipée.
AJXnDATE. s. f. Date mise faussement à
une lettre, h un acte, en marquant un jour
antérieur à celui auquel l'acte a été véritable-
ment passe , ou auquel la lettre a clé écrite. On
< prouve' l'antidate de cet acte.
ANTIDATKK. v. a. Mettre une antidate
^/ilirliiter un contrat , une lettre.
AsTiDATÉ , ÉE. participe. Acte antidate.
Sentence antidatée. Lettre antidatée.
ANTIDOTE, s. m. Contre-poison, rcrat'dc
pour se garantir de la peste, de l'eflct du (Mi-
son, du vcniu.^on, puissant, (jrand, crcel-
Unt antidote. Antidote spécifique. I.a tl.ériarjuc
tit un nrilidolc contre lu pe4te, coutrcla pùjiire
ies serpcns. Prendre de l'mili'iJole.
AN MEXNE. 5ul»t. f. Sorte de Verset que le
rliartre dit eu tout ou en partie dans l'Oflicc
de l'Eglise, av.int un Psaume ou un Cantijuc,
et qui se lépéte a;ir(3 tout entier. Annoncer
unt-Anlienne. Entonner une Antienne.
ANT
Ou dit figurt^ment et faïuilicrement , Anrton-
cer nue triste, une ftcheuse Antienne j pour,
Annoncer une triste, une fàcliciisc nouvelle.
A>riLO(iIK. s. f. Ternie clidiictûiuc. Gon-
Irndictioii entre quelques idées d'un inêine dis-
cours.
ANllMOINK. s. m. Demi-métal, dont on
fait différentes jtn'parations dans l.i Pharmacie,
telles que l'Énu-iiquc, etc. IJusnçje uc Vunti-
moine a (roiu-e de grands adi'crsaîres,
AlNTINOMIK. s. f. Contradiction vt^ritable
ou npp.iienle entre deux Lois. Celte antinomie
embarrasse les J urisconsultes.
ANTll'APi;. S. nu Celui qui se porte pour
pape, sans être Icgitimenienl et caDouiqucmem
élu. Dans le dernier Schisme on a vu en mêmt
iemps deux Antipapes.
A.\TIPATIIIE. s. f. Aversion, répugnance
naturelle et non raisonncc qu'on a pour quel-
qu'un, pour quelqui; chose. Il se dit Dos per-
sonnes, des animaux, et des choses inanimées.
Antipathie naturiAle, invincildc. Grande anti-
patliie. Secrète antipathie. Avoir de l'antipathie
pour (jiielf^ue chose. Agir par untipatitie: Il y
a de V antip'Uthic entre CCS deux personnes. Ay^vir
de V antipathie pour la lecture, poar la mnsi(uie.
ANTIPATHIQUE, adj. des 2 penrcs. Con-
traire, oppose'. Ces deuc personnes-lij ont dei
humeurs antipathinues.
ANTIPiiRISTALTIÇUE. adj. d-s ?. genres.
Qui est opposé au mouvement përistaltiquc. U
se dit principalement Des iulestiiis. Voyez PÉ-
niSTXI.TlQUE.
ANTIPSRISTASE. s. f. Terme didaclîqne.
Action de deux qualités contraires, dont l'une
augmente la force de l'autre. Les Pêripatéti-
ciens disent, que cVîf par antipéristase que h
/tu est plus ardent Vhiver qu'en etc.
A>TIPi-:STtLEiSTlEL, ELLE, adject. lîon
«onire li pc*.to.
ANTlPilUMEU. s. m. Livre d'Église, on
1rs Anli(;nnes sont uo'ics avec des notes ds
PUtin-cliant.
A>'TIPHRASE. 8. f. Fi-ure par laquelle on
emploie un mol , ou une fa;on de parler, dim
un sens contrarre k sa vérilalile signilicatiim, à
sa siî^nificaliou ordinaire. Cela est dit par anti-
pi ivase.
En parlant d'Un fripon , oa dit p^r anti-
pliras?. Cet hon^'ste homme.
AyiTPODS, c. iSf T.'.Uii qui liabî*.': dans un
endroit de la tcrro, que Von cousidère par rap-
port 'j un nuire endroit diamélralcnientopposé.
Il se dit plus ordii.aircmcnt au pluriel. La
Antipodes. Ces peuples sont nos Antipodes,
1\ se dit Des lieux par extension. Tel pays
est l'antipodcj est antipode de tel autre.
On dit proverbialement , qu'iJa voudroil
qu\tn homme jiit aux Antipodes^ pour dire,
^l^[\ fût bien loin.
Od dit d'Un homme qui a l'esprit de tra-
vers, que C'est l'antipode du bon sens.
ANTIQUAILLE, s. f. Tcnnc de mépris,
dont on se *ei1 en parlant De rerïaines choses
antiques de peu de v.ileur. Ce sont c/es «nti-
'^uaiViCs, C'e:>t un chercheur d'antiquailles.
ANT
63
Il se dit aussi De certaines choses usées et
de peu de valeur, comme de vieux meubles.
Tous ces meuhles-là sont des antiquailles, dont
il f-iudroit se défiire.
ANTIQUAIRE, s. m. Ct lui qui est savant
dans la connoîssance des I^Ionumens antiques,
comme statues, mcdiilles, etc. C'est un grand
Antiquaire. Tous les Antiquaires conviennent
que cette médaille est fattsse.
ANTIQUE, adj. des a genres. Fort ancien.
Il est opposd ;\ Moderne; ct il ne se dit qu'en
parlant Des choses d'un temps fort reculé. Les
nionumens antiques. 7\îonnoie antique. Statue
antique. Pièce antique. Palais antique. Lu s;ni-
phcile des nijîurs antiques.
Astique , se dit aussi Des pereonues ovai-
cées en ;îge; ct il ne se dit guère que par raille-
rie. Il est un psu antique. Il a Vair antique.
C est une beauté antique.
Antique, se dit dan-; un sens d'clogc, pour
exprimer Une beauté s^^mhlihle h celles que
l'antiquilc nous a transmises. Cet ouvrage est
d^unc sinijdicitc , dhtne majesté antique.
Ou emploie substanTivcmcnt le mot Ati-
, (i(j«c,j.io:u*,Cc qui vient des Anciens. Etudier
l'yintîquc. Copier l'Antique.
Antique, s. f. se dît Des Moiuimcns curieux
qui nous sont restés de rAntiquilc, comme
nicdailles, statues, agates, vases, etc. Vne
belle antique. Une antique très- curieuse. Le
cabinet des antiques du lioi.
A l'Antique, adv. A la manière antique.
Fait à Vantique. Bâti à Vantique. Habillé à
Cantique. L\iir à Vantique,
Antiquité, s. fém. Ancienneté rccuhV.
i emple i*énérable par son antiquité. Cela est
' d'une grande antiquité. Cette Miiison est illus-
tre par sa noblesse et par son unliqu.ti'. L\inli'
' quité des temps. ^
U se prend aussi coUccliveraent pour Tous
ceux qui ont, vécu dans les siècles fort cloîjnc-s
du nJlre. L'.întiquité a cru que... Vous ne
verrez rien de pareil dans toute VAntiquité.
Il se prend encore pour Les siècles les plus
éIoi;;n.;s. Les Héros de VAntiquité.
Il se dit aussi Des choses qui nous restent
de l'Anliquite. On Toît encore en ce Ueu-Vi
une belle Antiquité. En ce sens il sa dît surtout
au pluriel. Les Antiquités de liopte. L'Histoire
des Antiquités de Paris, d'Orléans^ deSînies.
ANTISCIENS, s. m. pi. Terme de Gco^m-
pliie. Il se dit Des peuples qui hahi'.eut en dt-s
lieux opposes dc-çÀctdc-U l'iiquattur, ek|ui a
midi ont des ombres contraires.
ANTISCOIÎBUTIQUE. adj. des 1 genres.
Propre i guérir le scorbut. Pcmèile antiscor-
bulique.
Il st prend aussi substaniivcnienl. /crit-*-
son est un nntiscorhutiquc.
AN nSEPTIQUE. a Vy des 2 j;enres. Piopr*
à arrèlcr hs progrès ilc la gangrène, h la gué-
rir. pKcmède antiseptique. Ou remploicsubstaji-
liveinent. User des antiseptiques. Un puissant
antiseptique.
ANTLSfROPHE. s. f. Nom que port.. il
chez lis Grec» une de» stanos des Cliaurï
64
A^•x
daus Us Pièces dramatiques. C'étoît orJinaire-
ment la seconde, seniLlaLle, pour la mesure
et le nombre des vers , ù la première qu'on
iiomniolt Stropbe. La troisième se nommoit
l'^potie. Le mot Antistrophe n'est d'aucun usiigc
auj'^urd'Iiiii dans la Poésie Françoise.
.AyriTHÈSE. s. f. Figure de Rhétorique,
par laquelle l'Urateur oppose daus une même
période des clioses contraires les tuies aux
autres , soit par les pensées , soit par l(;s termes.
71 est petit (luns le (jiand, cl grand dr.ns h
petit, eu une anlilhèsc. Lis uutithèscs dans cet
Auteur sont trop fiéijucn:cs. Il n'y a rien Je
solide dans cet ouvrage, ce ne sont ijue des
antithèses froides et puériles.
ANl'lVÉNÉRIEN, ENNE. atlj. Propre à
guérir les mau.x vén^'rieas. Remède anlivéné-
rien. Tisane antwencrienne.
Il se prend aussi substantivement. Faire
us, jC d'Anti.'htériens. Le mercure est un puis-
sant Jjilivénérien.
ANTIVERMirŒTJX , EUSE , adj. se dit
Des remèdes propres i combattre les vers. On
le fait quelquefois suLstanlif.
AKXONOMASE. s. f. Figure de Rhéto-
rique, qui met un nom appcllatii ou une péri-
phrase au lieu du nom propre. On dit par an-
tonomase, l'Aputre, pour dire S. Paul ; UOra-
teur Romain , pour dire Ciccron ; Le père des
Dieux, pour Jupiter.
ANTORE ou ANl'ITORE. s. f. Plante dont
le* fleurs sont d'un jaune sale , et qui est un
préservatif contre les poisons.
.4^'^OXA. s. f. Plante dont la racine est ré-
putée bonne contre la morsure des bétcs veni-
meuses. UAntoxa est alexttère et cordiale ■
elle est le contre-poison du Napel.
ANTRE, s. m. Caverne, grotte faite par la
nature. Antre obscur. Antre profond. Se ca-
cher dans un antre. L'antre du Lion. L'antre
de la Sibylle.
ANTKOPCLOGIE , ANÏROPOMOR-
PHITE, ASTROPOPHAGE. Voyez An-
THBOPOLOGiEj A>TniioroMonpurrE , Anthi\o-
POPilAGE.
ANU
ANUrrER , avec le pronom i^rsonncï. v.
S'e::poscr à être surpris en chemin par la nuit.
lîïi vous m'en croyez, ne vous anuitez pas.
ANUS. s. niasc. (On prononce l'-S. ) Terinç
d'Anatomie. On appelle ainsi Le fondement ,
ou l'extrémité de l'intestin nonmié Rectum .
qui se rétrécit el se termine par un orifice
étroitement plissé. Avoir une fistule à ianus.
AUX
ANXJÉTÉ. s. f. Travail, peine et embarras
d'esprit. £îre dans une grande anxiété d'es-
prit. 11 n'est d'usage q.ic dans te style souteim.
Les Médecins appellent Anxiété, Un grand
malaise. Son mal est accompagné de grandes
iinxictéi.
APA
AOR
AORISTE, s. masc. ( On prononcé Oriste. )
Terme emprunté de la Lanjjue Grecque, ou il
signifie Indéfini Dans la Latlg^lc Françoise, il
se (lit Ou prêtait qu'où appelle Simple , je fus,
je ïus^ j'«mioi, elc. par opposition ou prtlrrii
qu'on ai)pelle Composé, j'ai éïé, j'ai /u, j'ui
ainiê^ elc. Voyez Dù-isi et Indéfini.
AOR1"K. subst. fém. Terme d'Anatomie.
Anùrc qui part du cœur.
AOU
AOUT. s. m. (Frcnonccz Ont.) Le liuîtîtn:<î
mois de raunéc. Au nwîs d'Août j h premier
jour d\îoûi.
Lorsque ce mot est mis avec ï'ariicle !c, il
signifie, La moisson. Faire VAoïU. A'ous voilà
bien avant dans VAoùt. UAoût n*éloit ptfs
coumiencé dans ce pays-là. On a promis telle
somme à ce valet pour son Août^ c'est -à-dirc,
Pour sa peine d'avoir moissonné.
On appelle, La mi-Aoûtj pour dire, Le
quinzième du mois d'Août. i\otre-/?anje de lu
mi-Août A la mi-Août.
AOUTKR. V. act. (Prononcez TA.) Il n'est
guère d'usagL- qu'au participe.
AotTÉ, ÎE. participe. Mûri par la cljalcur
du mois d'Août. Citroiitlle aoûtec.
AOÛTERON. s. m. (On prononce Oûteron.)
Ouvrier loué pour les travaux de ta mmjiiienc
dans ie mois d'Août. Il faut tant iTAoïltcroni
à ce Fermier.
APA
APAISER". V. a. Adoucir, calmer une per-
sonne. ^paiVcr Dieu. Apaiser le Prince.Cet en-
fant ne cesse de crier, apaîsez-le.
Il se dit aussi De Témotion, de l'ugitaiion,
de la violence de certaines choses. Apaiser les
ilôts. Apaiser les troubles dhin Etal. Apaiser
une sédition. Apaiser une querelle. Quand le
bruit fut apaisé, /ipaiscr les murmures. Apaiser
sa douleur. Sa fièvre est-elle un peu apaisée?
i\ s'emploie aussi avec le pronom personnel.
L'orage s'apaise. Le vent s\ipaise. La mer s'a-
paise. Après avoir bien crié, il s^apaisa. Le f'U
s'àiant apai:iv. Sa douleur commence à s'apaistr.
Ai'AiSE, ti:. participe.
APALACIIINE. s. f. Plante qui croît dans
la Floride et sur les Apalachcs , où elle est
nommée Cnssme. On l'emploie dans les rliuma-
lismes et autres maladies de c(,'tti? nature. L'a-
palaclnne se prend comme du thé.
APALATH. 8. m. Plante qui s'emploie dans
la Médecine, et pour les parfums.
AP.VNAGE. s. m. Ce que les Souverains
donnent îi leurs puînés potir leur icnir lieu de
partage. Donner une terre en apanage, ou
pour apanane. Les apananes des Enfans de
France sont réversibles à la Couronne, au dé-
faut d^hoirs mâles.
ArANAGE, se dit fîgurÂuient Dm clioses qui
APE
sont les suites et les dépendances d'une autre.
if^ Les infirmités sont les upanaijes de la nature
humaine.
APANAGER. V. a. Donner un apanage. Lt
iîoi a aparïaqé tous ses puînés.
Apanage j ke. participe. Ce Prince a été
apanage du Duché de
APANAGISTE. s. masc. Qui a un apanage.
Prince apanaqiste.
APARTE, s. m. Il n'a point l'S au pluriel.
Mot pris du Lalin,d'où il a pas é daus notre
langue, comme d.ms l'Italien et l'Espagnol; il
signifie Ce qu'un Acteur dit, de manière à être
entendu des Spectateurs, mais qu'on suppose
ne l'être pas des antres Acteurs. Lc5 aparté exi-
ijcnl de l'art, et doivent Cire rares et courts.
APATHIE, s. f. État d'une ftme qui n'ert
susceptible d aucune émotion. Être dans Vapa-
thie. Les Stoïciens vouloient (Utc leur Sage fiit
dans une enlièrc apathie,
APATHIQUE, adj. des 2 genres. Qui est
insensible à tout. Un homme apathique nVsï
touché de rien.
APE
APENS. Voyez Guet-Apews.
APERCEVABLE. adj. des 2 genres. Qui
peut être aperçu. Il y a des corps qui ne sont
yoint apercevahles sans microscope,
APERCEVANGE. s. f. Faculté d'aperce-
voir. Apercevancc fine, prompte.
APERGEVUIIÎ. v. a. Il se conjugue coniOïc
P>ecevoir. Commencer h voir, decouvrii*. L/i
pas-stinï par une telle rue, il aperçut celui qu'il
cherchait. Nous vous avons aperçu de loin.
APERCEVoin , avec le pronom personnel,
Connoître, remarquer. /( s'upcrçu! rîu piéqe
qu'on lui tendait. Il y a long-temps que je me
suis aperçu qu'il n''est pas de mes amis. Il cache
si bien son dessein^ qu'il est difficile de s^en
apercevoir. Elle s'est aperçue j ils se sont aper-
çus de l'erreur.
Apeuçu , pE. participe.
On dit substantivement, et en termes de
Barreau, Vn aperçu ^ jxmr dire, Un exp(»e
sommaire des principaux points d'une aflaire.
Cet Avocat a donné au public un aperçu de la
Cause.
On dit aiïs>i, Vn aperçu, pour dire, Une
première vue non approfondie sur un ol)j"l.
Ce que je iious dis là n'est qu'un aperçu. Je
nai sur cet objet qu'un aperçu, on ne m'a
donné quun aperçu. Cet homme a quclquelois
des aperçus Ircs-hcurcux.
On dit aussi en parlant De comptes, Un
aperçu, pour dire, Une estimation au premier
coup d'ail. L'aferçu de la dcpcnsCj etc. Par
aperçu cela montera à tant
APÉRITIF, IVE. adj. Terme de Médecine,
Qui facilite les sécrétions et les déjections, et qui
ouvre el desobstrue, tlcmède laxatif et apcri'
tif. Tisane apcritive.
Il se prend aussi substantivement Les Àpo-
ritifs j>ousscnt ordinairement par les wincf.
Ai'ÉTALE. adj. Sans pétale. Voy. Pltale,
A PL
APhTISSESIKXT, siilist. mnsc. Dinilnulitin.
l'iipetissenit^nt ijni puictt dans les objets éloi-
gnés, etc.
AI'ETISSKR. T. 0. Renrfrc phi'! polit, ar-
ctuirir. Cette Jiniire est trop çjntitde, il la fiut
tipetisser. On dit pins conmmnL'îKcnl et dans ifl
mOnie sens, Fupelisser.
U est aussi neutre, et sisjnifie, Devenir plm
pclit. Après le solstice (i'tié, les jours nnc-
lùsent.
11 se met aussi avec le pronom personnel.
Vne étoffa (jiii s\ipctissc tî ietiii.
ApETissÈj Éi:. pttrîicîpe.
\ l> Il
APHELIE, s. m. Terme d'Aslnmoniie. T.c
point de l'orbite d'une plaucle , ou elle ; i
trouve dans sa plus grande distance du soUil.
L'itphélie de la terre.
11 est aussi adjectif. La terre est aphélie.
APHEIUvSE. s. f. Figure de diction , par la-
quelle on retranche quclfjne cliosc au comniei-
cenient d'un ii:ot. 1 cnitwrc pour con(einnert',
«t une Aplierùse. L'Aphérèse est d'un grani
nsa;;e dans hs lMymolofj;ios. C'est ainsi que di
(jibhasus, nous avons fait bossu.
APHOME. s. f. Extinction de voix.
APHORISME, s. m. Sentence ou mavlmi
énoncôc en jieu de mot5. Aphorisme d'iiippo^
crate. Aphorismcs de Jiin'sj rudcnce.
APHTHE. s. m. Petit ulcère qui vient dan
la Imuclie.
API
API. s. m. Sorte de pomuic, petite, et ordi-
nairement colorée d'un roujje assez vif. XJri
f'oinnics d'Api. Voilà de frrt bel Api. J'ui
heaaconp d'Api datis mon jardin.
APITOYER. V. a. AIKcier de pilié. Rien ii!
put l'apitoyer sur mon sort ; elle s'apitoya sut
le vôtre.
Il s'emploie souvent avec le pronom per-
sonnel. »S'ti^i(o^-fr sur les malheurs de (luel-
i/ii'riii. U est du style familier.
A P L
APL.\NIR. V. net. Ficndre uni ce qui étoit
inégal. Aplanir un chemin. .-Iplanir des allées
dans un jiirdin. .-iplanir une moutanne.
On dit fijurémeiH, .Iplanir les obstacles, les
difficultés, pour dire, Lever les dillicullcs, les
oljstacles, les enipèchcnicns qui se rencontrent
dans une alTiire.
APLA^II, lE. prirliripe.
APIANISSEME.^T. s. m. Aclio'i d'aplanir,
ou état d'une clinse aplanie. l.'aplunisscinenl
u un chemin. L' aplanisscmcnt des allées d'un
jardin.
APLATIR, vr. a. Rendre plat, relie surface
«I trop bombée, H'f'audroit un peu l'aplatir.
Aplati, ie. participe.
On dit . que l.a terre est aplatie vers les
|'<<leî, [lour dire, (^)ur son axe est plus pelil
que 1 ■ diamètre d; l'Lcjn itcur.
1 orne /,
A PO
APLATISSEMEN-I-, s. m. L'ellci produit
dans un corps aplati par le e! oc, par l'impres-
sion d'uu autre corps. L'aplatissement tPune
boule de cire. L'aplutisseinent d'une balle dp.
olomb.
On dit aussi en Pliyslque, L'aplatissement
■Je la terre, pour sij^nilier L'clat de la terre, en
lant qu'aplatie.
APLO.MB. s. m. Ligne perpendiculaire au
plan de l'horizon. C'e i»ur fient b'en son aplomb.
On dit aussi .idvcrbialement , Ce mur, cette
' liane est iVuj lomb. Voyez Plo.mb.
On renq)l<jie dans le sens propre en parlant
De l'Escrime, de ta Danse; et on dit fii^uré-
_ ment qn'Vii homme a de l'aplomb dans sa
ionduite, dans son caractère, pour dire, (ju'II
i de la tcui e, â", la suite.
A PO
APOCALYPSE, s. f. Révélation. On -ppellc
.insi le Livre Canoniqtie qui contier.t les ré^'é-
tilions faites' à Saint Jean l'ICvangélîsIe. Les
ifjures de l'Apocalypse. Commentaires sur l'A-
^calypse de Saint Jean. m
Ou dit ligurcmcnt , Style d'.tpocalypKc ,
ionr dire, Uu style obscur.
On dit proverbialement et populairement,
Chetuil de l'.ipocalypsc , pour désigner Un
nauvais cheval, une hariilelli; ellliuiquéc.
.41'OC(). s. Terme emprunté de l'Italien,
fui sî^nifij Un homme qui a peu, on sous-en-
cnti .i'rsjirit ; on s'en scri pour un raisonneur
iirple ci h.'ibUiard. Il parle comme un aj.oco.
Un le traite d'apoco.
APOCOPE, s. f. Eigure d' Grammaire, par
laquelle on retranche quelque chose Ji la fin
i'un mot. !\e(jotl, pour A'enotti, est une Apo-
lope.
APOCRTSIAIRE. s. m. Nom de dignité chez
les Grecs du E.»s-Empire. Agent, Envoyé qui
jinrtoit les réponses des Empereurs. Il désij^noil
Jus olllciers publics chargés de l'expédition des
idits cl des actes: leur cliefs'appeloli Le Grand
/tpocrisia'ire.f^ous Charlema^ne, le Grand Au-
tm'mier s'appeloit Apocrisiairc. Ce mot dési-
piolt aussi Un Député revêtu de pouvoirs par
une lïglise ou un Monastère.
APOCRYPHE, adj. des 2 genres. Terme pris
de la Langue Grecque, dans laquelle il signifie.
Inconnu , caché. Il n'est d'usage dans noire
Langue, qu'en parlant des Livres et des Écri-
vains dont 1 autorité est douteuse. Et eu ce sens
il ne se dit proprement que de certains Livres
que l'Eglise oc reçoit pas pour Canoniques, le
\roisiime et «! ijualricine Livre d Esdras sont
apocrypiies.
U se dit pAT extension , en parlant Des Ilis-
loriens et des Histniics dont l'autorilé est sus-
pecte, pilleur apocryphe. Histoire apocryphe.
Livre apocryphe.
On dit d'Une nouvelle dont on doute, que
C'est une nouvelle apocryphe : et |)oui m ir-
ipier qu'on n'.ijoiue pas grande foi !i celui de
qui elle vient, on dit, que C'esl un .tuteur
apocryphe.
APO
65
APOCYW ou APOC:i?f. 3. m. Plante dont on
coiinoit difitreiitts csptres. Ln princip.-ile est
appelée CuufCj ou Ilcrhe de la Oiictte, ou La
L oycuse.Vnc autre est appelle y^lfrnpi;-mou-
c/ii's, et est un ap^pât funeste aux mouclics.
On appelle improprement v^pocyn, LeCoI-
cliique, appeli; Tiic-chien,
APODICriOUE. adj. des 9. genres. Terme
didac*i'pie. Démonstratif', évident.
APOGEE, s. niasc. Terme d'Aslionomie. Le
poiiii ou une planifie se trouve à sa plus grande
distance de la teire. L'Jponée de la Lune.U est
aussi adjectif. La !.une est apogée.
On le prend fîgurénient pour 1*6 plus linut
degié de la gloire, de la fortune, de la puis-
sance. Sa firtune est à son apogée.
APOGIîAPHK. s. m. Copie d'un écrit, d'un
original. U est opposj à Autographe.
APOLLON, s. m. Dieu du Parnasse. On dit
d'Un Poëte qui n'a point de talent , cju7i fuit
lies vers en dépit d'Apollon. On dit figurémen:
il'Uu Poêle, cpie L'amouK a été son Apollon,
[!our dire, que C'est l'au.our qui lui a inspiré
ies vers qu'il a faits.
APOLOGÉTIQUE, adj. des 2 genres. Qui
lonticnt une Apologie. Lettre apoloi étique.
Viscours apologéliipie.
Il se met aussi buhstanlivement, en parl.'inl
lie l'Apologie de Teitullien pour les Clirétiens.
1 ertulhcn dans son Àpoionétiane.
APOLOtilE. s. f. Discours par écrit, ou de
live voix, pour la Justification. pour la défense
lie que'qu'un . df. (pielqne action, de quelque
onvra^e. Faire une apologie. F aire V apologie de
([vel(^n'un. Il a écrit lui-même son apologie.
On disait alors du mal de tous, mais depuis
on a bien fait votre apologie. Faire l'apologie
d^un Lii're. l'aire l'apologie de la conduite de
(juelnuttn.
il se dit aussi, par extension. De tout ce qui
est propre à justifier quelqu'un. Sa conduite
depuis (juel jue temps fait bien son apologie.
AP()LO(;iSTE. s. m. Celui qui fait l'apolo-
gie de quelqu'un. C'est votre apologiste.
APOLOGUE, s. roasc. Terme didactique.
Kahle nioraliî et instructive. L\ipoloquc de Ves-
tomac et des membres du corps humain. L*ajj-^
loque du loup et de Vugncau. Se servir d un
apologue.
Al'ONÉVIÏOSE. s fém. Terme d'Anatomii:.
Expansion menihiancuse de rexlremiie d'un
muscle
APOPIITHEGME. s. ni.sc. Dit notable de
quelquepersonneiXuslrc. Lcsiipop/,l/ie<ynies des
sept Sages de Grèce. Les apophthegmcs de »* ci-
pion, de Caton , etc.
Il se dit aussi De tout discours qui a l'air de
sentence ou de maxime. Il ne parle gue par
apophtUeqmes.
APOPHYSE, siihst. f. Terme dAnatomie.
Partie cniincntc qui s'avance hors du corps
d'un ns.
APOPLECTIOCE. adj. d s 2 genres. Qui
appartient î» Inptqjlexie, qui mennre d'apo-
plexie. Symptôme apoplectique. U >\ Vair apo-
plectique. li se dit «umi Des rpnièdes dont on
9
66
APO
f sert contre l'apopltaie. Du baume apoplec-
tique,
II s'emploie aussi substantivemeot pour si-
gnifier (Juelqu'mi qui paroit menace d'apo-
phxle, ou qui en a eu des attaques. C'est un
itpopiecti(jue.
APOPLEXIE, s. f. Maladie qui attaque le
cr-rvcau, et qui oie subitement la fjculic «les
iiK.avemcns yolontaires. £lrc frapfé d'apo-
plexie. Tomber en apoplexie. Être menace d'a-
poplexie. Etre ntlaijiie d'apoplexie. Mourir d'à-
popltxie. Fausse apoplexie.
APOSTASIE, s. f. Abandon public d'une
Religion pour une autre. Il se prend (n mau-
vaise part, et se dit plus particulièrement De la
Kcligion Clirelicnne. Tomber dans l'Aposta-
sie. Il se dit aussi d'Un Religieux qui renonce à
ses vœux et i son habit.
APOSTASIEU. V. n. Tomber dans l'aposta-
sie. 11 se dit, et d'Un Cliréiien qui renonce à la
. Foi, et d'un Religieux qui renonce À ses vceiu
et i sou habit. Le plus {jraiid aime qu'un
Chrétien puisse commettre ^ c'est d' apostasier.
Le libertinaqc a fait apostasier ce l\eh(jieiu:.
APOSrAr. adj. Qui a quitte la vraie Reli-
gion. Cbrélien apostat.
Il se dit aussi dTu Religieux qui renonce à
ses vœux et à son habit. Moine apostat.
Il s'emploie .jussi subslantivemtnt , en par-
lant d'Un homme qui a renoncé ,\ la Foi, ou
d'un Religieux qui a renonce h ses vœux. C'cjl
un Apostat.
APO.S'l'f'.ME. Voyez AposTCSif:.
AfOSTEU. V. a. Jlettre quelqu'un dans un
poste pour observer ou pour exécuter quelque
cliose. Il se prend le plus Communément enmau-
Yaise part. Aposter des qens pour jaire une in*
tulle à quelqu'un. Des témoins qu'on a aposiéi
pour charqer un innocent. On a^'oit aposte un
Notaire pour rcdiqer aussitôt le testament.
Apostk, ée. particiiw.
APOSriLI-E. s. f. Addition faite i la marge
d'un écrit, ou au bas d'une Icllre. îl y ni'oil
deiux lianes en apostille. L'aposldle d'une let-
tre. Après sa lettre tcrite, tl mandott par apos-
tille.
APOSTILLKR. v. a. Mettre des remarques
h côté d'un t'ait. Le Ministre avoit apoUdlé les
dcpcches de l'An.hassadeur.
Apostille f tz. participe.
APOSTOLAT, s. ci. Le .Ministère d'Apôtre.
S, Paul fut appelé à VAposlolat par une voie
miraculcHsc.
APOSTOLIQUE, adj. des 2 genres. Qui
TÎcn: des Apûtres, qui procède des Apôlres.
Doctv'ne Apostoliffue. L'l\nlise Catholitftie cl
yf postal Kjuc. Tradition Apostolique. Mission
Apostolique. Le ^oint Siéqe Apostolique.
On dit, i ne vie Apostolique, un zèle Apos-
toltque^ pour dire. Une vie conforme i celle
des Ai>ùtres , un zisle d'v^ue du temps de»
Ap'*'tre*i.
On nppdlc aussi, EfflifiC Apostolique, Um*
Lglisc fi.ndt'c pnr Jes Apôtres. La Trad tion des
r^glises Ayoitoliques,
AjpOdTi
OUQCE, MT dit aMSsi, en patlaiH De? k l'Apothéose d'Enée.
APO
Brefs et des Lettres du Pape. Bref Apostolique.
Lettres Apostoliques. On à'n nussi dan^le même
sens,/-.tï bénédiction Apostolique ; et on appelle
y once Apostolique y Le IVonco du Pape.
On appelle aussi Motaires Af ostoUqueSj Les
Notaires qui sont autorisés dans chaque Dio-
cèse à rédij;er les actes en matii-re ecclésias-
tique. Il faut s'adresser à un Notaire Aposto-
lique.
APOSTOLIQUEMENT. adv. A la façon des
Apôtres. Vivre A postoUqiicmenl. Prêcher Apos-
toliquement.
APOSTROPHE, s.f. Figure de Rhétorique,
par laquelle ou adresse monicntanémenl la jia-
role à dei clioses oit ù des personnes au\qTiellc3
ne s'adresse pas directement le dUcours. Ainsi.
Et voiLS^ braves François qui, etc. Affreux dé-
serts, confideits de mes peines , sont des apos-
Iroplies.
On s'en sert pour signifier Un Irait morli-
fiant adresse a quelqu'un. Vigoureuse apostro-
phe. Essuyer une aposlropîie.
Apo^TiiOPUt:, est aussi une petite marqu<
En forme de virgule, dont on se sert pour mar
ijuer l'élision d'une voyelle. Ainsi dans cei
mots, L'hqiise^ l'Etat^ s'iï est permis, doit
vient, quoi qu'il en soit , la petite note qu'on
met eu haut enlre la cynsonne et la voyelle,
s'appelle apostrophe.
APOSTROPHER, v. a. Adresser la parole
dans un discours à une personne, ou à um
chose considérée comme si c'étoit une per-
sonne- Le Prédicateur , au milieu de «on Se*--
mon, apostropha la Croix. Après avoir lon^
temps parlé contre les impies, il les apostropln
avec véhémence.
Apostropher a«eîou'H?i,sîi^nirie quelquefois
Lui adresser la parole puur lui dire quelqut
chose de dcsagrùablc.
On dit aussi d;jns le style comique, Apos
Iropher quclqu\in d'un sou^'ct, d'un coup di
bdton.
Aposthophé, ée. participe.
APOSTUME ou APOSTÈME. s. m. Ter m <
de Médecine. Enflure extérieure avec putréf;ic-
lion. Un aVcàs est un apostnmc ouvert. Apos-
tiime qui aboutit, qui miirit, qui suppure, i'cr-
rer un ajcstu.ae. Les Médecins disent Apos
téme; tans le langage ordinaire, on dit com-
tuunément Apostume.
On dit proverbialement cl figurc-ncnl. /l
faut que Vapostume crève ^ Il faut qu'une pas-
sion cacliée éclate en^.
APOSTUMER, V, n. «e dit d'Un abcès qui
perce, qui suppure. 5on abcès commence a
npoS'Hmcr.
Apostvmi-:, i':e. p.^rticipe.
APOTHÉOSE, s. fém. Déificalion. Il se dil
p:incipalemrnt De la cérémonie par laque]l<' les
anciens Romains déifmient les Enq>crcur5. L A-
pithéose d'JufjHstc. Des Médailles qui repré-
sentent des apvthecses.
AroTUKosE, 3e dil aussi quelquefois De la
réception fabuleuse des aïKiensIliros parmi les
Dieux. Ainsi on dit, L'Apothéose d' Hercule ,
APP
Apothéose, se dit aussi par hyperbole Des
l'.onneurs extraordinaires rendus i un homme
qu? l'opinion générale et i enthousiasme public
élèvent au-dessus de l'iiumanitL'. Le public a
fait son apothéose.
APOrmCiVIRE. s. m. Celui dont la profes-
sion est de préparer les drogues pour la guéri-
son des malades. £on/ypolfiicaire. Habile Apo-
thicaire.
On dit proverbialement et figurcment, Un
Apothicaire sans sucre, pour dire, Un homme
qui n'est pas fourni des choses qui appartiennent
ft sa profession; Des mémoires d'Apothicaire ^
pour, Des comptes sur lesquels il y a beaucoup
à rabattre; eKjFaire de son corps une boutiane
d'Apothicaire, pour dire, Prendre trop de r*'
modes.
APOTIIICAIRERIE.subst. fém. Magasin de
drogues d'Apothicaire.
Il signifie aussi, L'art de l'Apothicaire. 71
y'est mis d,ins l'Apolhicairerie.llcnlendl'Apo-
thicaircvie.
APOTRE, s. m. Nora qui a été donné aux
douze persontH'S que >"oIre Seigneur choisit
particulièrement entre ses Disciples, jxmr gou-
verner l'Église après lui. A ûire Sciqneur Jksus-
(^HRiST et ses douze .-tpâlres. Lt Symbole des
Apôtres. L'Apôtre S aint P icne. L'ApotreSainl
Jacques.
Le nom d'Apôtre, depuis la mort de îiolrf
Seigneur,, a été donne à Saint M.ilhias, qui fui
mis à la place de Judas^ et à Saint Paul et i
Saint I>;jrnabé. au! furent appelés de Dieu es-
Iraordinairemcnt pour prêclier l'Evan^^ile. Od
appelle communément Saint Pierre et Saint
Paul, I.es i'rinres des Apôtres. Et quand on
ô'il, L'Apôtre des Gentils, le Grand Apôtre,
ou simplement , V.ipôtre, on entend Saint
Paul.
On dit , Vrécher en Apôtre , comme un
Apôtre, pour dire, Prèclier avec onction , ot
d'abondance de cœur.
On appelle aussi Apôtres, Tous ccni qui
»nt les premiers prêché" la Foi en quelque pays.
Saint i-'eiiis est l'Apôtre de Paris. Saint
/•'rnnçois Xavier est l'.4pôtre des Indes.
On d t proverbia'ement, Faire le bon Apô-
tre, pour, Conlref.iire l'homme de bien ; et
proverbialement et iioniqueuert , C'est un
l'on Apôtre, pour dire, C'est un homme qui
fait 1 homme de bien plus qu'il ne l'e.-il.
On donne cnroix; le nom d' Apôtres , Aux
enfaus dont on la\e les pieds le Jeudi Saint a
la cérémonie de la CîïDe.
APOZÈME. s. m. Terme l'e Médecine. Po-
tion mé-dicinale failc d'une dé-eoclion d'iierl-es.
Faire un apozcme. Donner un apozéme. Pren-
dre un aposéme.
APP
APP.^RAT. sulist. m. Éclat ou pompe qui
accompagne certain» discours , certaines ac-
lioiis. 11 n'est guère d'usage que dans les phrase»
luivautcs: Uaranquer avec apparat. Discours
Sapparat. Cause d'apparat. Il est venu dam
un qrand apparat.
APP
Il se prend qucUjucfois eu mauvaise jinrt,
rt sii^iiifie alors Oslciifition. Il ne dit rien ^ il
ne fuit rien (ju'us'cc apparat.
APPARA'l'. s. m. Mol tryJuït du I,atin,qui
désij;ne un Oiclioniiaire de Langue pour les
comnien7;ins,
APPARAUX, s. m. phir. Terme de Marine,
qui se dit Des agrès cl de lailillcrie d'un vais-
seau.
APP.iRKTL. s. ni. Apprtl , préparallf du
tout ce qui a de la pompe , de ta solennit<l* ,
du spcclarle. I! se dit aussi De la cliosc niênn!
aîusi préparée. Grand appareil. Appareil ex-
traordinaire. Appareil iunuhre. Appareil di
nuerre. (hi fait de grattds appareils pour son
entrée. Il u fuit son entrée dans un maquifi-
que appareil.
ArpAnEii,, se dit aussi Des ongucns , des
<:mplâlres qu'on applique sur une plaie. l\!cltri
le premier appareil. Lever le premier appareil
<-'n ne pourru juger de la pluie, nue auaiid on
tci'era le troisième ajtpareil.
On dit proverbiidenient , Faute de bon ap-
pat'eil ou autrement , pour dire, Faute d'avoi»
apporté les snins nécessaires^ ou par quelque
autre cause que ce soit. Il est mort faute de huit
appareil OH autrement.
En parlant Des' difTércntes manières d!
tailler les personnes qui ont la pieixe, on dil,
'l ailler uu grand appareil, au petit appareil,
etc. etc.
APPAREILLER, v. a. Joindre .î une clios.-
unr nitre rlioso ani lui .st>it p rcillc. 'i'c/ ,
iiri l»etï« vase y je chvrhi' à l*apparei\ler. Vo'Aa
un beau cheval de carrosse , je voudrois bien
trouver à Vappareiller.
ApPAnEiLLKit, est aussi im terme de bili-
racBS , et signifie. Donner des mesures justes
jxiur taiil T les pierres suivant les places on
elles doivent ('-ire posées. Ce (jui contribue h
plus à la beauté d'un bâtiment, c^st de bien
appareiller. C'est lui <jui a appareillé toute U
face de ce bâtiment.
AppAREaLEn. V. n.Trrme de Marine. Miltre
à la Toile. Aussitôt (ju'rï vit les ennemis , il j.t
appareiller. Il faut appareiller.
S'APP\nEiu.En , avic le pronom pet^onnel.
Se joindre avec un pareil à soi.
Appaheillt:, >,e. parCÎcipe.
.U»PARK1LT.EL'R. s. m. Ouvrier qui traça
ie trait, la coupe de la pierre pour celui qui
la taille. C'est un bon apparcilleur. Quand on
bâtit, c'est un grand avantage d'avoir un ha-
bile apparcilleur.
APPAREILLKUSE, s. f. Terme injuiieux,
qui s« dit d'Une feranicqui fait métier de pros-
tituer des femmes,
APPAREMMENT, advcrhe. Selon les appa
renées. VrQi5cnJ>lal)Icnicnt Vous croyez appa^
remmrnt (^ue. ... Il viendra apparemment. On
dt aussi, .'/ppurcmmenl qnil viendra.
l\ signifie iuissi. Sans doute.
APPARENCE. $. f, L'exii^rieur, cr qui pa-
roil au dehors. Belles apparences, il ne faut
pas se fter ù l'apparence, aux apparences. Les
apparences sont trompetises. Je ne m'arrétf
APP
point à Vapparence. Elle Va trompé sous appa-
rence de dévotion , sotts Vapparence d^amitié.
Ce chiUeau, cette maison a belle apparence.
On dit, 6'«ut'er les apparences ^ ■p'^ur dire,
Faire en sorte qu'il ne p;iroisse rien au dehors
qui puisse être blinié, qui puisse cire ron-
dannié. Klle sauve les apparences du viietix
(ju'elle peut.
Appahence, se prend aussi pour, Vrals'^m-
Mance, prohabililé. Quelle apparence y a t-H
tpie....? Il n'y a nulle apparence. Cela est /ior|
d'apparence j sans apparence. Je n'y vois point
il\ipparence. U y a apparence, il y a (jueUpte
gpparence., il y a grande apparence que cela
frrivcra. Il y a bien de l'apparence (pi'il n'en
tavoit rien.
APPARENT, ENTE. adj. Qui est visible,
(vident, manifeste. On dit qu'il est riche en ar-
Qtntj mais de bien apparent on ne lui en voit
foint. Il n'a aucun bien apparent sui lecjuel
pu puisse asseoir une hypothèque. Son drvit
tst apporent, très-apparent.
Il signibe aussi , Spécieux , qui n'est pas tel
|u'il paroît être. Un prétexte apparent. Sous
fespérance d'un bien apparent. Il prciid les
Viens aj'parens pour les véritables. Le moiur-
7tent apparent du so^.eil (Uitorir de la terre.
Il signifie aussi, Qui est remarquable cl
)insidérab!e entre d'autres personnes, entre
i'auU'es c];oses. // s'adressa au plus apparent
ie la compagnie. Les plus apparens de la
tille. Il a la maison lu plus apparente de
\t vilh.
APPARENTER, v. a. Donner à quelqu'un
les paréns par ;dlianrp. Ce mariage Va iiiul
Ipparenté. 'lâchez de bien ajtpurenter votre
\lle.
S'appaiif.nter. Entrer dans une fauiillc,
. l'allier à quelqu'un. S^apparcnter à la noblesse,
f la bourgeoisie. Il s'est bien apparenté.
AppAnENTÉ, ËE. participe. (>; mot ne s'em-
ploie jamais seul : et on dit, Il est bien appa-
renté . pour dire , Il a des parens nobles , riclies ,
pa puissons.On dit aussi , Mal apparenté, pour
iliic. Qui a des parens qui lui font honte, des
parens pauvres, de basse naissance.
APPARIEMENTou APPAKÎMKNT. s. m.
Action d'^rppr.ricr.
APPARIER. V. a. Assortir, unir par paires,
pai couples, joindre des choses qui se con-
vietuunt cl sont faitis pour aller cnscmlil*».
Apparier des chevaux. On a IrouHlé tous ces
nunts , démêlez-les, et les appariez.
AppAniEn , signifie aussi. Mettre ensrmble
le mâle avec la femelle; et il ne se dit que De
certains oiseaux. Apparier des pigeons, des
tourterelles.
Un dit aussi Des pigeons, des tourtercllis,
des perdrix, et de quelques autres oiseaux,
qu7/s s'irppdrierilj jx*ur dire, qu'ils s'associent
par couples.
AppATiiÊ, Tt. participe.
APPARITEUR, s. m. Espi-ce de Sergent
dans tes Tours Ecclésiastique». On nomnir en-
core Apj aiiteurs , Le» TJedeaux de crrtaincs
Universités.
APP 67
APPARITION, s. f. Manifestation de (Quel-
que ubjet , qui, étant invisible de lui-même, se
rend visible. L'Ajparition de VAngc Gabriel
à lu Saintc-Vierge. L'apparition des esprits,
des spectres.
Il se dit anssi De la manifestalion subite
d'un objet, d'un phénomène, qui ii'a\ oil iioiut
I ncoreparu. L'apj)arition de Vtlvilc aux M unes.
L'apparition d'une comète.
Dans le langage familier , on dil d'Unïi«mnis
tjui n'a demeuré que tiès-peu de temj>s d;uts
un lieu, qu'/I y u fait une courte apparition ,
(pi'il u*y (I fuit qu\tne apparition.
APPAROIR. V. n. Terme de Palais. Être
évid-nt , être manifesle. Faire apparoir -d^
pouvoir qu'on a. Il a fait apparoir de son bon
droit.
Ce verbe n'est d'usage qu'à Tinfinitif, el a
la troisième personne singulière de l'indicatif,
DÙ il ne s'emploie ([u'inipiTsotmellemenl, cl où
il fait appert y au lieu qu'.^ppflroIïrc fait appâ-
tait. S'il vous appert que cela soit. Comme
il appert par un tel acte.
APPAROÎTRE, v. n. Il se conjugue comme
VaruUre ; il y a celte seule dî/rérence, i^n'Ap-
[iiroïtre emploie les deux auxiliaires Être et
/voir avec le participe, au lieu que /*iiroître
n'emploie que l'auxiliaire .^voir. Devenir visi-
lle, d'invisible se rendre visible. Quand Dieu
tpparut à Moïse dans le buisson ardent. L'Ange
pui apparut en songe à Joseph. Les spiclrcs
yu'on dit qui apparaissent. Ce spectre lui a ap-
paru, lui est itpjydru. U se met :\\iss'\ int[»ei-son-
icllcmenl. Il lui apparut un spectre.
AppARoiTiiE, se dit aussi eu ïemies de Fra-
ûque. Ainsi on dît â l'impersonnel, «S'i/ vous
appuroît que cela soit. En cas qu'il vous appa-
raisse que cela soit., pour dire, Si après avoir
failles perquisitions nécessaires, vous trousez
ipie cela soit ainsi.
On dit aussi , en parlant De Négociation .
Faire apparotlre de son pouvoir, pour dire,
Donner communication de s< s | onvoii-s dans les
Ibrmes, les iiolificr. Les Ambassadeurs ayant
[(iit «pp«roî(re de leur pouvoir.
Appaiiu, UE. participe.
APPARTEMENT, s. m. Loc;(Mi:ent compose
lie plusieurs jjirrcs de suite dans une inaisoH.
Bel appartement. Grand appartement. L'ap-
partement de Monsieur, Vappartement de .V«-
dame j l'appât lement des Enfuiis. Aftpartc-
ment d'/uVer, appartement d'été, etc. On lui <t
donné un appartemet?t sur le devant, sur le
derrière. Appartement haut, appartement bas.
L'appartement d'en haut, d'en bas. >tt maison
est grande, H y a quatre appartemens completSy
quatre appartemens de Maître.
AppAriTEMEST , se prend aussi quelquefois
pour Étage. // est logé au premier, au second
iipparfemefiL
On appelle aussi Appartement , Un divertis-
sement accompugné de niusiqtie *l de jeu , que
le Roi donne c;uclque(i)is ik touie la Cour, dans
ses nppartemcus. Il y aura demain apparte-
ment à Versailles.
.U'P.VRTlOi'ANCE. ». f.Dépendnncr,c«qm
9-
6S
APP
np^^rtient b une chose, ce (^ui dépend d'une
chose. Vendre une maison avec toutes ses ap-
partenances et dépendances. Cette métairie est
une di'3 appartenances de ma Terre.Ce village
est une appartenance d'une telle ChtUellenie.
APPARTENANT, ANTE. ndj. Qui appai-
tî<^nt de droit. Les hicns appartcnatis à un tel.
Une maison àlui (i;;/;iirït'nii/i(e. 11 n'est presque
d'usage qu'en ces sortes de phrases.
APPARTENIR, v. n. Il se conjugue comme
Tenir. Eîre de droit à quelqu'un, soil que ce-
lui Il qui est la clioso b possriie, ou qu'il ne la
possède pas. Les biens (^ui oppurtunncnt à des
particuliers. Il retient injustement un /ujn (jui
Jtn^ appartient. La part et portion quilui appar-
tient dans cette tuccvssion. Il m'en appartient
une moitié. Les honneurs qui vous appartien-
nent. Ces droits appartiennent à ma Charge.
La connaissance de cette alpiirc appartient <t
un tel Juqe.
Il signifie aussi, Avoîi" mie relation néces-
saire, ou de convenance. Cette question appar-
t cnt à la Philosophie. Cela appartient à lu
matière que je traite. Cela appartient à l^i
Grammaire. Cela n'appartient pas à mon sujet.
Il signifie encore, Être parent. Il apparle-
noit à d'honnêtes qens. Il appartient aux plus
grands Seigneurs du lloyaume. L'honneur que
j'iii de vous appartenir. Il y a toujours quel-
gue sorte de supériorité du coté de ceiLX à qui
Von dit que l'on appartient.
Il sig-uKic aussi, Élrc atlaclié à quclju'un,
î-lri- domcîiliquc'd:.' ijuclpiu;!. Je ne savoi.-i pas
aue ce laquais vous appartint.
Gi! dit impnsoiine'lenicut . Il appartient^
pour dire, Il convient, il est de droit, de de-
voir, ou de bienséance. Il appartient au-r iSu-
|.'er;e;(rs d'avoir soin de ceujc qui sont sous leut
charge. Il appartient aux pères de châtier leun
enfans. H appartient à l'hvêque d^instruire sej
ouailles^ Il ne vous appai tient pas delercprcn-
dre. Il n'appartient qu'aiLt Princes et aux
grands Seigneurs de faire utie si grosse dépense.
On dit en termes d.; Formule, Ainsi quil
appartiendra ., pour dire, Selon qu'il sera con-
vcnahle. l'our être statué cequ'Happarliendra
Et on dit encore en termes de fo:;inule,danslcs
Actes publics, A tous ceux qu'il appartiendra.
APPAS, s. m. pi. Ce icnne ne .se dit ^ai'Vtt
que pour exprimer Les cliar.nes de la volupté,
ou ceux de la hrauté. Les cppas de la volupté.
Soupirer pour les appas d'une belle femme.
Ou dit ati.s$i figurément, L'.s appas de la
gloire^ de la i;er(ii, etc. Le jeu a de grands ap-
pas pour les jeunes gens, c'esl-à-dire, A de
grands charmes, de {grands allrasls.
APPAT, s. m. Pâture, mangeaillequ'on met,
soil ^ des pièges. pourutlirer des bJtcs à quatr;
pied», cl des oiseaux; soit k des hameçons.
j'Our pécl;er des poissons, /ippat j'i iand. AppAl
trompeur. Le «eî, la pdte salée^ le salpêtre,
sont un cjccellent appât pour attirer les piqcons.
Les vers, les moucherons , sont de bons appdt.^
pour prendre des poi:;sons. Mettre lappdt à la
ligne. Le pcisson a avals luppât^ a mordu a
1 l'appât, '
•V
APP
-4 II se prend fii^urômcnt pour Tout ce qui at-
tire, qui engage ù faire quelque chose. L'intérêt
est un grand appât pour un avare. Ce bon ac-
ciiedy ces paroles obligeantes ne sont autre
chose ffu'uu appât pour l'engager à faire ce
que Von souhaite de lui.
APPATER. V. a. Attirer avec un aiqnlt. Il
faut appâter les oiseau.v., appâter les poissons.
Ai'pÂTER, signifie aussi, Mellre le manger
dans le bec des petits oiseaux, ou donner îk
manger à quelqu'un qui ne peut pus se servir
de ses mains. // juiit Vappâter comme un en-
ftnt.
ApfÂté, ée. participe.
APPAUMi^C . adj. Terme de Blason. Il se dit
J'Un écu cliargé d'une main étendue, et qnl
montre la paume.
APPAUVRIR. V. a. Rendre pauvre. Le
grand nombre d^cnfans Va firt appauvri. L'in-
terruption du commerce appauvrit un Pays.
Et on dit provcrbiulemei't, Doiiuer pour Dieu
n\ippauvrit homme.
On dit figurém-'nt, Àpvauvrii un-: Langue.
pour dire, En retrancher des mots el des laçons
de parler, cl la rendre par-là moinsabondante,
moins expressive. Il faut prendre garde d'ap-
pauvrir la Langue à foret de la vouloir polir,
S'APPAUVniii. ncvenii pan\re. Ce Pays-là
s'appauvrit tous les jours. Il s\st appauvri en
peu de temps par ses dépenses excessives. Vn
iJat s'enrichit par la paix ^ et s'appauvrit pat
la guerre. Les Langues vivantes s' enrichissent,
vt s'appauviissent selon la diurence des tempi
et des esprits.
AppAuvui, lE. participe.
Ou dit. Un sang appauvri ^ pour dire, Uji
sang qui a perdu de sa (pia'it.'.
APPAUVRISSEMENT, s. m. L'état de pau-
vretj, d'indigence où l'on tombe peu ù peu
par la diminution des choses nécessaires h h
\ie. De là vient V appauvrissement de la Pro-
vince. L'appauvrissement des peuples.
Il se dit figurémcnt De l'elat d'une T.angu"
devenue moins abondante, moins expressive. Ci
qui fuit l'appauvrissement d'une Lanque, c'est
ucl'usaqeen supprime des termtsct des phrases.
Un dit aussi , L'appa-'vnssement du sang.
APPEAU, s. m. Sente de silUet avec h-qucl
on contrefait la voix diS oiseaux pour les fiiiri!
tonb.T dans les filets. Un appeau pour prendre
des cailles.
On appelle aussi Jppcaux^Lcs oireaux dont
on se sert pour appeler les autres oiseaux.
APPEL, s. m. lU cours au Juge supérieur.
Action d'appeler d'un JugesubaUeriieA un Jnge
supérieur. Acte d'appel. HcUef d'appel, Ccuses
et moyens d\ippel. A ppcl comme d''abus. Appel
simple, l'ol appel. Par appel. Juge d\ippcl. In-
terjeter appel. Piclevcr son appel. Juger sahs
appel. Il y a appel.
Appel, se dit au^si De l'appellation à haut*
voix des personnes qui se dt>iveol trouver à une
revue, h une asicjitdée. Ce Garde du Corps ne
se trouva pas à l'appel. Cet ouvrier n'cloit pc.i
j à Vappel^ il a été raye. Pour être payé de-
venus sur l llôtel-dc-V die , il faut être à Vap-
APP
pel. Se trouver à Vappeî. Il a manqué à Vappel
L'appel ne se fera que dans une heure.
Appel, se di; aussi d'Un signal qui se fait
avec le tambour ou la tiompelte, pour assem-
bler les soldats. Battre Vappel.
Appel, signifie aussi Le défi qu'on fait ù
quelqu'un de se battre en duel, taireun appel.
Recevoir un appel. Les appels sont défi:ndus
comme les duels.
Il se dit figurémcnt De toute provocation,
même littéraire. On Va défié de prouver ce quHl
avançait , il n'a pas répondu à Vappel.
APPELANT, ANTJ*:. adj. Qui appelle d'un
jugement. Il est appelant de cette t^'entence.
Elle est appelante. Se rendre appelant. Ltre
rejt appelant.
Il est quelquefois sulïslanlif. VAppelant et
Vlntimé. En parlant d'Un homme qui est triste
d'avoir perdu son procès j et qui en a appelé ,
on dit, qu'il " un visage d'Appelant.
Appelant j se dit aussi Des oiseaux qui ser-
vent pour appeler les autres, et les faire venir
dans les filets. Un bon appelant.
APPELER. V. a. J'appelle, j'appelais^ j'ui
appelé, j\ippellerai. Nommer, dire le nom
d'iuu;i>prsonne, d'une chose. Cornniejit appelez-
vous cet homme? Je ne sais co'Jinicnt on ap-
pelle cette pbiJite, cet animât Appelvz-les
comme il vous plaira.
On dit provcrbiaU'mcnl ô'I'ii liomnv qui
n'aQ'oiblit j)oint par ses expressions des vciilôd
dures, qu7i appelle les choses par leur riotïi.
ArptLLH, signifie aussi, Désigner une per-
sonne ou une chose, par quehgue qualité î^onDfl
ou mauvaise. J'appelle unvrai ami celui qui..,.
Peut-on appeler valeur une action si téméraire?
On appellera toujours folle, une conduite pa^
vedlc à celle-là.
AppELEft, dans ces deux acceptions , s'eni-
[doic aussi avec le pronom personnel. Ainsi on
dit : Comment vous appelez-vous? Je m'aj^
yelle Louis. Cette fleur s^ appelle Anémone. l\
i'appcUe Charles. Cela s\ippelle un vrai ami.
Cela s'appelle fdic en bon français.
AppELim, signifie aussi, Prononcer à hanie
voix les noms de ceux qui doivent se trouver à
rcrtaine heure pour qu( !que cîiose. On va ap-
jeîer tons les soldats l'un après Vautre. Ce
soldat n'était pas à la revue quand on Va ap-
j clé. Je ne me suis point entendu appeler quand
on a lu le rôle.
Un dit à peu près en ce sens, Appeler une
cause, poir dire, Lire tout h;:ut le nom des
Parties, afin que leurs Avocats viennent plaider
pour elles. On vient d\tppclcr votic cause, La
catisc sera appelée à tour de rôle,
ArpE.'.Kn, signifie aussi. Se servir de la voix
oudequel]ue signe pour faire venir quelqu'un.
Je l'appelle, et il ne vient point. Il appichni
inulileme.it , pas un domestique n'cfoit à la
maison. Appelez un tel. Ae |'0»i'(inl ylus l'd,"-
jclerde la î'Oi.c, il Vappeloit encore (îe la mam.
Appeler des yeux. Appeler les -noisùis. Appeler
à haute voix. Appelc:^ mes gens. Appeler de
toute sa force.
On dit provcrbialcracnl cl figunîjncnl eu
APP
parlant d'Un l'onimc(]iii s'en va lorsqu'on vent
le retenir, qii • C'est lechien deJeun de^iMle,
qui s^e'tfuh tjuantl on VappeUe.
On dit aussi, Appeler au secourt, appeler à
l'oidi-, pour dire. Crier an secours, crier à l'aide.
Il signifie anssi, Envoyer clierclier, faire
venir. /Y;'j)<ler les Médecins. Appeler le Confes-
seur. Et ou dit, Appeler nu combat, appeler en
duel, ou simplement y//if>eler, pour dire, En-
voyer défi-T.
Appeleh , se dit aussi Ou cri iont les ani-
maux se servent pour fair:.' venir à eux ceux d».'
leur espèce. Le vnile appelle sa femelle. La
brebis appelle son nqtieau. La vache appdle le
taureau La pf^iile appelle ses poussins.
AwEiïB, se dit pareillsmcnt De toutes les
clioses dont \', son sert de signe, pour avertir
de se trouver en qn^l jue lieu. Les cloches ap-
pellent à VEglise. La trompette appelle au
corn!»tit. J'entends l'iteure tjui m'appelle.
Appeler, se dit fi;;iu"e*nienl De tout ce qui
avertit, qui excite, qui oblige à se trouver en
quelque endroit pour quelque diose que ce
puisse cire. J'irai où l'honneur m'appelle. La
charité vous y appelle. ?Jes affaires m'appel-
lent a.lleur.'!.
.AppELEn, S" dit aussi Des inspirations que
Dieu nous envoie , et pir lesquelles il nous fait
connoilre sa volonté. Il ne faut pas résister
quand THeu nous appelle. Dieu appela Saint
l'aul à l'Apostolat,
11 se dit aussi par extension. Du penchant,
de linclinalion, des dispositions naturelles ,
qu'on a |>our un état, pour une profession
plutôt que pour une autre. Cet homme n'a
aucune dî-ij oùtivn pour la querre, il n'étoi.*
jvi'iif appelé à ce nie'lier-lô. Cet homme est
appelé au commandement des armées.
ApPEiEn, signiGc aussi. Citer, faire venir
devant le Juge. On l'a fait appeler poin* se voir
condamner à payer une somme. Ajipcler quel-
qu'un en Icmoiqnag'e. Appeler en Justice. Ap-
peler en (jarantic. Le Juqe a ordonné que les
l'arties ieroiail apf/cFees. Et dans une acception
i peu près .semMable, pour dire, qu'Une per-
sonne est morte, on dit, que Dieu l'a appelèt
à tut.
On dit. Appeler les Icllrcs, pour dire, I>ej
nonuncr. On dit aussi , et plus coiuniunement,
Epeler. Voyci ce mot.
AppEîJin, est aussi neutre, ctsigniGs, Ap-
peler à un Tribunal supérieur, delà Sentence
d'un' Juge subalterne. 71 nppi-Ilcru de cette
Sentence. Il a appelé du Vrésidial au Parle-
ment. Appeler comme de Juqe incompétent.
On dit, Appeler comme d'abus, pour dire,
Appeler à un Tiibiinal Laïque, d'un Jugement
Eccksiasllquc, qu'on prétend avoir clé mal ei
aLiisivcnicnt ren.lii.
On dit Ggurùtwnt dans le discours familier,
qu'Oïl en appelle, Quand on ne consent pas à
quelque cliose, à quel pie proposition. Vous
me condamnez à cela, j'en appelle.
Ou dit nuvsi dnns le sljle familier, en par-
lant d'in IjoniTiie revenu d'uia grande nia-
l».Jir, qu'/( eu ci appelé.
APP
Appela, lÈz. pniticipc. Il s'emploie en par-
i.int Du mystère Je lu Prcdcaliiinlîou, suivant
l'expression de l'Lciiture : Beuucoup d'appelés,
et peu d'cUis.
APPELLATIF. odj. (On pron. I« dtux L.)
Terme de (irammaire. Il ne s'emploie quednns
rpllc plinise, Nom appcUutif.^ (^u'i se dh d Un
nom qui convient ;\ toute une rspi-cc. //oninic,
arfcrc, sent des voms appeUatifs.
APPELLATION, s. f. (On prononce les
deux L. ) A])pt'l d'un jugement. Il ne se dil
jijuère que dans les Formules des Arrêts cl des
Sentences. La Cour a iris VnppcUation tiu
ticaiit. La Sentence sera erâcutée uonobiAuiit
opposition ou appellation cptelconque.
On dit, JppcUation des lettres, pour dire.
La nomination des lettres.
AlMM:MnCE ou APPENDIX. s. m. (Pro-
noncez Àppaindice.) Supplément qui se jniul
il la fin d'un ouvrage uvec Ictjucl il a du rap-
port.
APPENDRE. V. a. Pendre, attacher à une
voiite, à des piliers, 5 une muraî!li'. li ne se dil
guère que Des choses que l'on offre, que l'on
consacre dans une I-glise, dans un Temple, en
signe de Tvconuoiss:ïncc. Appcndrc une ofj'randc
à une Chapelle. Jppendre des étendards à la
voûte d'une EfjUse. C'est une coutume f>rt
appen
dre dans les Temples les En-
seioncs prises sur les ennemis.
Appesdu, ve. participe.
APPENTIS, s. m. Bâtiment lias et petit, qui
rst appuyé contre un plus haut. et dontlacnu-
verturc n'a qu'un égout. Il a fiit construire un
petit appentis. Se mettre à Vahri de la pluie
sous un appentis. îl faut faire là un appentis
pour servir de remise.
APPEPiT (IL.) V. imp. Il pareil, il est évi-
dent. Il appert de sa complicité par la procé-
dure. Il appert qu'il est complice. \o\cz AppA'
nom.
APPESATTTm. V. a. Rendre plus pesant ,
moins propre pour le mouvement, pour l'ac-
tion. L'âge, la rfieillessCy Voisiveté^ la fainéan-
tise, appesantit les corps. Sa dernière maladie
l'a beaucoup appesanti.
Il se dît lî;;urcment , en pirlai:t Des fonc-
tions de l'esprit, L*dqe ite lui a point encore
appesanti VesprÎL
Il se dil encore G^urcment, en parlant Delà
colère de Dieu, des chûtimens qu'il envoie aux
pêchrurs, aux peuples; et ainsi l'on dil, que
Dieu a apj esanlt sa main, a appesanti son
bras sur ce peuple.
Il s'emploie aussi avccle pronom personnel,
et signifie, Devenir plus pesant. Le corps s'ap-
pesantit par Voisivcté et par un trop long repos.
On dit d'Un Peintre, d'un Chiiurjjicn, etc.
que Sa main s^ appesantit ^commence à s'appe-
santir^ |>oiir dire, qu'il a l-i main moins U-gèrc,
moins projire j>our son travail. Et on dit, que
Les yeiur . les paupières commencent à s\ippc-'
ïniidr, pour dire, que L'envie de dormir cora-
ntcjtce à pn.'n.lrc, et fait fermer les veux.
Arrrj.\>'Tin, »c dit aussi fi purement avec le
nmnom personnel, suit en p:ir!aut Dca fonc-
APP 69
tiens de l'c^pi it Iiumaio , soit en parlant de* •
elK'ts de la culère de Dieu. Son esprit baisse et
s'appesantit de jour en jour. Il s'est trop appe-
santi sur cj snjeï,ïl en a parlé trop long'.ic-
incnt. Cet Ecrivain s'appesantit sur les détails.
Fait de trop longs détails. I^a maiji de Dieu
s'est appesantie sur ces peuples-là.
Api'ivSAsri, lE. p.'irlicipe.
APPESANTlSSEMKXr. s. m. L'élat d'en-
personne appesa:itie, soit de corps, soit d'es-
prit , par l'ig.' . par la mal idii: , par le sommeil,
etc. // est dans un qrand appcsantlsscmcn'..
Appcsantisscmcnt d'esprit.
APPIOTENCE. (On prono:irc les doux 1>. '/
s. f. Action d'appeler. 11 n'est gutre d'usagu
qu'en niati<'-re de Physique.
APPKTEIl. v. a. (Ou prononce les deux P.)
II n'est d'usage que dans les m-iiî^res de Phy-
si(]uG. Désirer vivement et par instinct, par in-
clination naturelle, indépendamment de la rai-
son. L'estomac appâte hs iilimens. La femelle
appctc le mille.
Appêté, i:t. participe.
APPÉTISSANT, ASTK. odj. Qui donne de
l'appélil, qui excite l'appétit, l'iiindc appétis-
rante. Cela n'est quére appétissant.
On dit d'Une jeune p:-rsoni>e qui a de la
fraiclieur et de l'enibonpoinl, qu'ÊI/c est appé-
tissante.
APPi'CTIT. s. m. Inclination, faculté, par
'laquelle r.inic se porte ;\ d siier quelque chose
pour la satisfaction des sens. Appétit scns^tel,
charnel, brutal. Appétit dcri-qlé, désordonné.
Contenter, satisfiire ses appétits sensuels. Se
Iiit'.^ser enfruÎMcr, se laisser (jouverner par ses
appétits. Avoir un appétit insatiable des ri-
chesses, des honneurs.
Selon les Philosophes de l'École , L'appétit
concupiscible , est Une faculté par laquelle
l'âme se porte vciî ce qu'elle regarde comme
un bien; et L'appétit ira.scîMe, est Une autre
faculté p.ir laquelle l'âme se porte à repousser
ou h éviter ce qu'elle envisage comme un mal.
.ippélit en ce sens est didactique,
.\pi'ÉTiT, se prend parliculièreincnt pour
Le désir de manger. Bon apfiétit. Grand ap-
ftélit. Avoir appétit. Avoir un violent appétit.
Donner de l'appétit. Exciter, e'i'cilfer, nijiiiser
('ii;;)é(it. Perdre l'appétit. Etie sans appétit.
Hcntrcr en appétit. Oter, émousser, ftire pas-
ser rappétit. Cela m'a ouvert l'appétit. Re-
mettre en appétit. Manqer avec appétit, ^tan-
qer d'appétit. Je n'ai point d'appétit à cela.
Gagner de l'appétit. Se mcllrc en appétit
L'appétit uie l'i'enl. Pour se bien jiorlery.il fmt
demeurer sur son appétiL Avoir l'apjiitil ou-
vert de bon matin.
On dil familièrement, Chercher »« «,'^»-
ti'ls , prendre ses appétits, pour dire . Clioisir
les viindcs, les ragoùu pottr I<-sq lels on a Je
plus d'apptlîl. ' .■•■.•
On dit provcrhiaicment , Il n'est çTiére que
d'appétit, pour dire, que I.a f..!nf' açsiiisonnt
tous les mets; et d'fn jeune libiiime & qui lijul
semble bon, que C'est un cadet de I .mf ap-
pétit.
,'70 APP
On àii fi^^urcnient et proveibiulement , d'Un
liommc qui a bcnucoup d'avidllé pour le hic»,
que C'est un homme qui a hon apfiétU; cl
L*appétit vient en mangeant, pour dire, que
l'ius on a de bien, plus on en veut avoir.
On dit aussi provcrl)i;ilcm«'nt cl fij;uréincnt,
C'est un homme nui a Vappctit ouvert de hon
matin, pour dire, que C'est un Iioiunic qui
reclicrclic prcmaluix-'inent quelque chose d'ulilc
et d'af;rcable ; cl, Vcmcnrcr sur r,on appétit ,
pour dire, >"c point aller ami'i bln que nos
désirs, que nos gofit* jourroltnt nous porter.
À l'appétit. iMaaièrc de perler adverbiale
et fanûlitrc, pour dire, Taule de vouloir dé-
penser, par envie dcpa[j;ner. Il a laissé tonv-
hcr sa maison, à Vaj'pétit d'une vin(jîaine de
pij(o!es qu'il julloît dépenser pour lu répLirer.
A Vapi'éttt d^in ccu, il a laisi>e mourir un
chei'id de cinijuante pistoh'S.
APrLAUUlH. V. n. liaiire des mains en
signe d'ppprobation. Dans les spectacles du
Cirijue et du Thédtre^ le peuple liomain mur-
(fuoit sa joie en applaudisuint ^ en buttant dci
tnaiiis. /ipplaudir aujc Acteurs, JppUiudir aiiJl
Comédiens.
Il sif^uific figurément, Approuver ce qu(
fait ou dit une personne , et ic marquer d<
quelque manière que ce soit. Toute Vnssemh^é^
applaudit à t:ne proposition si juste. .S'il /«i-
soil ce bien -là uu public, tout le monde lui
appluudiroit. Quand un homme est dans U
faveur^ toute la Cour lui applaudit.
Appi.ArDin, est aussi actif. Chacun Va ap-
vlaudi d'une si icnne cction. Il a jnii mw h-,
ri^itjne (jue tout le monde a applaudie. Applau-
dir une pièce. Applaudir les Acteurs.
Applaudir, s'emploie avec le pronom per-
sonnel, et signifie, Se féliciter. S'applaudir de
sa bonne fortune. S'applaudir des hantée de
quelqu'un^ de son accueil. On s\ipplaudit du
hon choijc qu^a fait le Gouvernement.
li sij;niiie aussi , Se vanter, se glorifier. C'esf
un homme vain qui s'applaudit sans cesse. Il
e&t fiichcux de s'applaudir tout seul.
Applaudi, ie. participe.
APPLAUDISSE3rF>T. s. m. Grande nj.
probation, marquée, soit par des battcmens dt
maijis, soit par occlamation, ou de quel<ju«
manière que ce soit. // fut reçu avec m-ami
applaudissement. L'applaudisaement des peu-
ples. Donner des applaudtssemens. Ucccvoir
des applaudissemens. Cherche: de l\.ppUiU'
diiscment. Il a l'applaudissement i.niversvl,
l'applaudisstment publiCy V applaudissement dt
tout le monde,
APPLICABLE, ndj. des 3 genres. Destiné,
propre i élrc appliqué à certain usugc. // fui
"wmaamneà cent ècus d'amende ^ applicables à
la mourriture des pauvres^ Applicable à l'Iloel
Dieu, Cepaisaçfen^eit point mplicahU c\ sujet
dont il ^ agit,
APPLICATION. •. f. Action par laqncUr
on applique une chose sur ujie auuc. Vappli-
cation d'un emplâtre , d'un tovûjue sur une
partie malade,
Ijm Physiciens diaeut, que Le mouvement
APP
est Vapplîcation successive d'un corps aux dif-
fcrentes parties de l'espace.
Il se dit aussi ligurûmcnt , De l'adaptation
d'une maxime , d'un passage , d'un discoius ,
d'une science, ou en général d'une chose h une
autre. L'appbcfilion d'un passaqe. Cette tiPpU-
cation est juste^ c;-[ /leureuse, est fausse. Il est
si défiant , si soupçonneux, qu'il se fait l'appli-
cation de tout ce qu'on dit, VappUcotii^n de la
Géométrie à la l'hy-biipie.
On dit en Théologie, L'application des me-
ntes de Ji'iUs-CHniST.
Il se dit aussi d."une atu:ntion suivie. Avoir
de Vapplicaiio'i à l'élude. Il n'a point d'appli-
cation à ce qu'il fait. En ce sens on l'eraploiu
souvent seul. Cela demande une grande appli-
cation. Il fuit tout san^i applicatior,
Al'PLK^iUEK, V. a. Mettre une chose sur
une aulre j en sorte qu'elle y soit adhérente.
Appliquer des couleurs sur une toile. Appliquer
une couche, deux couches de peinture. Appli-
quer un empldtre sur l'eslomac. Appliquer uu
cataplasme. Appliquer des ventouses. Appli-
quer un bouton de ftu. yippliquer des fileU
d'or sur de Vivoire, Appliquer de la b'roderu
sur une étoffe.
On dit (Igurément et familièrement, Appli-
quer un soulflet , puiir dire. Donner un suui-
flet.
On dit, Appliquer un liomme à la question ^
pour dire , Le mettre à Ki quesiion.
AppLiQVEn , se dit aussi ligurément, en pir
lant Des coniparaisons, des passages, des cit-i-
tiuns que l'on adapte à quelque sujet , et en
général d'une chose qu'où adapte à une autre,
.ippliqucr une comparaison , un passaqe. On
peut lui appliquer ce vers de Viiqile. Cette
nifl.rnne - îti peut s^apphquer à divers sujets.
Appliquer l'Mqcbre à lu Géométrie.
Applique» , se dit aussi pour marquer L'em-
ploi, la destination de certaines choses à cer-
tains usages. Appliquer une somme d'arqeiit à
hiîtir. Appliquer une amende aux pauvres ^ aux
prisonniers. Il a appliqué cette somme à S07i
profit. Il applique une partie de son retenu à
s''acquitter envers ses créanciers.
Appliquer son esprit^ ou simplement S'ap-
[i/uyuiT, signHl<r, Apporter une cxîicaie attei-
t;on h quelque chose. Il applique son tspi'it
aux Malhèmatinues^ à la Médecine. H s^ap-
pliqw. uniquement /« bien remplir les fonctions
de sa charge. C^est un indolent qui ne s*ap-
plique à lien.
Appliquer, avec le pronom personnel mis
pour à soiy signifie, S'atlrlhuer, s'approprier,
prendn- pour soi. Il s'applique toutes les loufln-
ges qu'on donne à la valeur. 1*ourquoi s'est- H
appliqué cette histoire? Un avare s'applique
rarement ce quil entend dire contre Vavaricc.
Il s^tippliquc tous les émolumens'de sa Com-
pagnie.
Appliqué , le. participe. On dit, C'est un
homme appliqué ^ fort appliqué , pour dire,
C'est un boinnu; dont le caractère est de s'ap-
pliquer tout entier au.\ choses dont il fait sa
, principale o^cupalion.
APP
APPOINT, s. m. La monnoie qui se donne
pour achever une somme qu'on ne sauroit par-
iaire avec les principales espèces employées au
payement. Vour faire mille francs en écns^ il
faut trois cent trente-trois écus, et un appoint
de vingt sous. On dit. Cela fait l'appoint^
pour diie, Cela complète lu somme.
APPOINTE MENT. s. m. Terme de Pra-
tique. Ilèglement en Justice sur une affaire
pour parvenir ù la juger par rapport. Prendre
un appointement à l'audience, i^rendre un ap-
poinlement au Greffe.
On appelle Appointement en droit .^ Vu Rè-
glement par lequel le Juge ordonne que li^s
parties produiront par écrit : El Api-ointemeitt
à mettre, Un Hèglemeut par lequel U.- Juge or-
donne que les parties mettront leurs pièces sur
le bureau, pour tire jugées somniaircjneni.
AppoiNTEaiEST , signifie aussi , Le salaire
annuel attaché à une place, à un emploi, etc.
Il lui donnoit , il revevoit de gros appointa'
mens. Il a mille écus d'appointemens. Les ap-
^lointemcns d'un Gouverneur. Eu ce sens il tu.
je dit qu'au plui'iel.
Lorsqu'un homme aide »ï la de'pense, à l'en-
trelien , 'a la subsistance d'un autre , qui ite
pounoit pas subsister si commoLlément par
lui-même, ou dit farniHèrenu-nt , que C'est
lui qui fournit à l'appomtciuent ^ aux ap-
pointemens.
APPOINTER. V. a. Vieux mot qui se disoil
lulrefois pour signifier, Accommoder, terminer
]x raniiablc. Il n'est maintenant en usage que
pour signifier, Régler par un ;ippuintemeut en
Justice. Aiusi , lorsque sur une iiffaire qui se
piaille à l'Audience, mais qui est trop cmbar-
ra!>.îéc pour y pouvoir être jngi-e, les Juges
ordonnent que les Parties produiront par écril,
nn dit, que Les Juges l'ont appointée. C'est
une affaire à appointer. Cette affaire est trop
i-mhrouillée pour- être j^^gée à l Audience , H
faut nécessairement l'appointer. On appointa
les Parties à écrire et produire.
Appointer en droit ^ appointer à mettre.
Voyez Appointement.
APPOINTER. V. a. Donner des appoinle-
mens à un Employé. Appointer un Commis,
Appo:>tÉ, î.l. pailicipe. Cause appointée.
Les Parties ont été appointées. Ajtpointé que,
Itiimule dont les Juges se servent quand iis
(ippointent une cause. Appointé que les Parties
mettront leurs productions au Greffe En ce
sens i! est aussi substiuitif. Prononeer un ap-
pointé à niedre, un appointé en droit.
On dit De deux honnnes qui sont toujours
opposés l'un à l'autre, qu'Jis sont toujours
appointés contraires.
Appointé, se dit aussi d'L'n soldat, d'un
Officier de guerre, qui linr une plus grosse paye
que les autres, àobiul appointé. Capitaine ap-
pointe.
Appointé, Ée. adj. Terme de Blason. On le
dit Des pièces qui se touchent par les pointes.
APPORT, s. m. Lieu ou marche où s as-
srmblent les marchand» de denrées. VApport
de Paris.
APP
APPOUTF.R. V. a. Porter d'un lieu plus ou
moins éloigné, au lieu où csl la peisomif qni
parle, ou doiil on parle. Jpportt:z-moi le Uvrc
qui est sur ma table. On m'a u;.porïc ce matii\
de bi'aïuc fruits, Jpporter de Lyon à Paris.
Apporter ilcs Ictives. //;jpor(tT de dehors. Ap~
]H)rler de loin. Apporter dct marchandises par
Cdit, parduuToi^ tic. Un conrnerijui c.pporlc
de bonnes nouvelles. On dit aussi, (Juclles nou-
velles nous apportez-vous? pour diro, Quelles
nouvelles avc/.-vous à nous apprendre?
On dit d'Une femme, <jn'L."!Icr a :ippôrtc
heaucottp de bien en mariage ^ pour dire,
qu'KlIc a eu lieaucoup de bien en marijgc. Et
un dit provcrl)iali'ment,/iie« venu qui apporte.
ApronTEn, sîgniGe ausii, Causer, p-^duîç-s.
La guerre n'apporte jamais que du dom'.;'tge.
C'eyt uitiî ulpiire qui lui a ayporté d,' lulilitéj
du profit. Le mariage ]"'i! a fait , et do'it il
cspéroit de grands av'untagcs , ne lut a <rrvcit&
^ne (in chagrin tt da procès.
ApponTEn, signifu? nu>-.i All»^iier, riier. 71
a apporté de bonnes raisons. Il a apporté plu-
sieurs autorités des Saints Véres, du-ers pas-
sages des bons Auleurx.
ApponTKn, si^^nifie aussi. Employer, Il y a
apparié beaucoup de précaution. Il a apporté
tous les soins nécessaires pour faire léusstr son
âe*sein.
On dit, CD parlaut d'Aflàircs et de utlgocia-
lious . Apporter des fucHilcSy apporter des dif-
ftcuUè.i, apporter des obslaclcSy pour dire. En
tiriiii<T le sucr/^, y former, y faire naîue des
difficultés el des obstacles, le mon côté, j'y
apporterai toutes les lucilités possibles. Cettl
afl'tiire, ce nmriage, ce traitéj ne se concluri
point^ on y a apporté trop de difjiculté de pui\
et d'autre. On dit aussi, h peu près dans It
m'Jme sens, Apporter det tempéramcns^ i\l
adoucisscmens dans une affaire,
AppomÉ, I E, participe.
APPOSKil. V. a. Appliquer, mettre. Appose\
le cachet de ses armes à un certificat, etc.
On dit , Apposer le scellé, pour dire , Applique!
juridiquement le sceau du Kot ou de l'OtHcie]
public à un apparteaiCQt , h un coffre, etc. afît
d'empicbcr qu'où n'en tire ce qui y est enfermé.
Le Commi-isaire vient d'apposer le scellé chet
cet homme.
Ou dit , Apposer une condition à un contratf
à un traité; apposer une clause à un confrul,
l»our dire, Y meure, y iuscrer une condition,
une clause.
Apposé, ée. pirticljic.
APl*OSrriON. s. f. L'aciion d'apposer.
L'apposition du scelle se fil dans les ftrmcs
ordinaires. Il sera pourvu à la sûreté de ces
effets ^ de CCS titres, de ces papiers, par appo-
sition de scellé.
ArpOiiTio», se dit ausM en f-bysiquc, en
parlant Oc la joixtion de cerrains corps ii d'au-
ireso-rpsdr nionic esj>ccc. C"c5l unc(jiiC5Ïion Je
savoir si les minéraux croissent par apposition.
Apposition, m Icrmcs de Grammaire et d«-
Rhôlnriqnc, eal une figure qui joint un sul»«-
Unlif k UQ autre sam ^Kirûcule conjonctive, el
APP
par nnr sert" d'ellipse, pour ra irquer qticli|uc
attribut particulier de la cbusc dont on parle.
Ainsi dans ces exemples, Cicéron VOratcur
Romain, Attila le ftéau de Dieu, L'Orateur
Romain, le fléau de Dieu, sont des Hppositions;
cl c'est comme si l'on disoit, CictVon, qui est
VUrateur liomain, etc.
APPRl^BENDER. V. a. Assurer h quelqu'un
qu'cQ cboisit, la Prébende qu'on possède. H uf
se dit que Des Clianoînesses. Appréhender une
de SCS parentes.
AppnÉuLNDi': , LE. participa.-
ArPRKClATEUU. s. m. Celui qui appré-cie.
Il ne se dit guiiie que joint avec une cpillièir.
Juste appréciaUur du mérite.
APPRKCIAIIF, IVE. adj. Qui marque
l'appréciation.
APPRÉCIATION, s. f. Eslimatîon de la
val'-ur d'une cbose. v/pprcciulion juste, raison-
Utit/i'. C'est un Iclquien a (ait V appréciation. ^
iVPPRÉClER. V. a. ICstimer, évaluer unr
chose, en fixer la valeur, le prix. Apprécier da
tneuMes. Ce collier de perles a été apprécié à
mille écus, a été apprécié mille cens. A com-
bien a-t-on apprécié celte tapisserie .^ On Va
appréciée à tant.
Ou dit aussi : Apprécier un livre. Apprécier
le mérite de quelqu^un.
Appiiîtcii, ËE. p^yticipe.
APPRÉHENDER, v. a. Terme de Pratique.
Prendre, saisir. Il ne se dit qu'en parlant De
[irise de coq)s. On Va appréhendé au corps. Si
\iris el appréhendé peut être. Formule de Seu-
ivmv. et d'Arrêt par contumace , en raatiùn
criminelle.
AprnÉiiENDF.n , signifie aussi , Craindre , avoii
peur de. Appiéhendcr le jugement du public.
Appréhender le froid. Il appréhende de se nié-
sentcr devant vous. Il appréhende de vous dé*
pbiirc. On appréhende que la fièvre ne rei-i'ennc
C'est une afjhirc dont on appréhende les suites,
ApPutUENDÉ, ÉE- participe.
APPRÉIIEMSIE, IVE. adj. Timide, porti
it la rrainle.
APPRÉHENSION, s. f. Crainte. Être dam
l'appréhension. Avoir de V appréhension. Dant
Vappréhension qu'il a qu'on ne le trompe.
Aithéiiensios, en termes de Logique, C'est
lidéc qu'on prend d'une cbose, sans m portci
alors aucun jugement. La simple appréhcnsîou
est la première opération de l'esprit.
APPRENDRE, v. a. Il se conjugue comme
Prendre. Acquérir quelque connoissauce qu'on
u'avoit pas. Apprendre la Jurisprudence. Il
apprend à liie. Il appreud à écrire. Il com-
mence à apprendre les Mathématiques, Ap-
prendre à danser. Apprendre r^Mf^uc chose
parcuur.J'ai apprispar une longue expérience
que Quelle nouvelle avcz-vous apprise?
C'est un homme avec qui il y a toujours quel-
que chose à apprendre.
Ou dit prurcrbîalcmcnt, Il fait bon vitre cl
Vtf rien savoir^ on apprc:id toujours.
AppaENDHE, signifie aussi, Enseigner, dou-
oer à quelqu'un quelque connoi. usante qu'il
u'avoiL pas, faiie Mvuîr. C'est lut qui m'a
APP 71
appris ce que je sais. Le Docteur qui lui
a appris le Vroit. Il vous a appris de grandet
nouvelles.
Proverbialement , eu parlant De cerlaînes
bonnes qualités de3 bétes, par exemple. De lu
fidélité des cbiens, on dit, que Les bêles nous
apprennent à vivre j pour dire, que Ijî*
lionimcs peuvent quelquefois tirer d'utiles ins-
truction*; de ce qu'ils voient faire aux ïnjtcï.
Et en menaçant quelqu'un, on dit, Ou lui
apprendra bien à vivre, on lui apprendra bien
.son devoir, pour dire, On trouvera bien le
moyen de le ranger à son devoir. On dit dans
le môme sens, On bii apprendra à parlor ^ 0:i
le Pjrrera de modérer ses discours.
Api'nis, isE. participe.
On dit De qurlqu'un, qu'/ï est mal apprit^
pour dire, qu'il paroît n'avoir point eu d'éduca-
tion. On dit aussi £ieri appris , dans le sens
contraire.
APPRENll, APPRENTIE, s. Celui ou
relie qui apprend un mélier. Un apprenti
Marchand. Un apprenti Menuisier, L'ap-
prentie d'une Coiffeuse.
On écrivoit autrefois Appretitif au mascu-
lin, Apprcntivc au féminin.
On ne dit plus aujourd'hui, (luApprcntij
Apprentie.
On le dit figuniment d'Une personne peu
babilc dans tes choses dont elle se mélc.
Cet homme n'est qu'un apprenti à la guerre.
Cette femme nest quune apprentie en ii%~
trique-
Au figuré, AppnESTi, lE . est du style fa-
milier, badin ou critique, // fait le Vocteur,
et il n'est quun apprenti. Dans le style sé-
rieux ou relevé, on uit H-ieux Aoi'i'ce.
APPRENTISSAGE, s. m. L'état , l'emploi ,
l'occupaMon d'un apprenti. Dans un telméticr,
V apprentissage est difficile, long^ laborieux.
3/f(ïrc un jeune homme, une jeune fille en ap-
prentissage. Un garçon qui jait son apprentis-
sage sous un Marchand. Etre en apprentissage.
Sortir d'apprentissage.
Il se prend aussi pour Le tempe qu'on n>ct
à apprendre un mélier. Durant son apprentis-
sage.
Ou dit. Faire V apprentissage de la guerre,
de la politique, etc. pour dire, En pi'cndcc les
premières leçons j el Faire V apprentissage du
crime, de la perfidie , etc. pour dire, En foire
les premiers essais.
Il signiGc fi^urc'menl L'essai, l'épreuve que
l'on fait de ce que l'on a appris; et il se dit prin-
cipalement Des épreuves que l'on Lai^ardc. Ce
Médecin j ce Chirurgien a fait son apprentis-
sage aux dépens d'un tel nuiltnic ^ui in est
mort , sur ce pauvre blessé.
Ou dit en style oratoire ou poétique, Faire
V apprentissage du mélier des armes, des tra-
vaux guerriers.
APPRÊT, s. m. Prcparatif. Fuine des ap-
prêts, de grands apprêts, pour recevoir un
Prince y un grand Seigneur, Faire de grands
apprêts pour le festin (Tufld noce. H ne faut
\ point tant d'apprêts, nous ne voulons manger
73 APP
flii'un morceau. Kn ce sens, il ne se clït £;uère
qu'au plurit'l ; et dans les acceptions suivanV'Si
il ne se dit qu'au singulier.
Il sij^nilîe aussi Manière d'apprêter; et 11 se
dit principalement De la nianitrc dont on ap-
pri'*tc des cuirs, des ctofl'os, des loiles. Ce atir-
/,i ne vaut rien, ou y a donné un méchant ap-
prêt. Ce dntp-lii est mam'uis, Vapprct n'en vaut
rien.
On appelle Chapeau sans- apprêt^ Un cita-
peau extrèniemcnt bïeti foulû, et dans lequel il
n'y a point de gomme.
On dit ausfi. qu7/ n'y a point .l'apprêt dans
vne toile. , pour dire, (ju'Oii n'a employa ni
eliaux ni colle pour U blrmcliir.
A.PiMiKT,se dit nus^i De ('assaisonnement
des viandes. 1,'apprét des viandes coûte d'ordi-
naire plus nue les viandes mêmes.
Il se dit au figure Ue l'esprit, du style , da
manières, pour désigner Un peu d'affectation.
Un esprit plein d'apprêt. H y a trop d^appsêi
dans son style. Uapprêt deses manières fatique,
AppuÊt, se dit encore Ue la peinture sur le
verre. La peinture d'apprêt êtoit autrefois forï
en usage pour les vitruu.r des Enlises.
APPKÈ'i'K. s. i\ Mouillette, petite tr.mclic
de pain étroite et longue, avec laquelle on
mange des œufs îi la coque. Couper des apprê~
tes. 1 ailler des apprêtes. Faire des apprêtes. Il
\ieillit. On dit plus communément Monillette.
APPRfyiER. V. a. Prép-irer, mettre en état.
Jpprêtcz-moi tout ce (ju'H faut pour mon
voyacje. Apprêtez mes harde^. Apprètezle diner.
^prêtez à dîner. Un Peintre (jui avpric.e dcl
couleurs. UnCorroyeur <fui a-jprête des cuirs.
Un Cha'pelier qui apprête un chapeau.
On dit. (]^n'Vn Cuisinier apprêtehien à.man-
ger 'j et absolument, qu'il apprête bien, pouf
dire, qu'il assaisonne bien les viandes.
On dit, Apprêter à rire, pour dire, Donne:
h rire, donner occasion de rire. Si vous faites
telle c/iosc, vous apprêterez à rire à tout h
monde.
Appni^.TEn s'emploie aussi avec le pronom
personnel. S'apprêter., Se préparer, se mettre
en étrit de faire quelque cliose.
Appni-TE , Ék. participe.
On dit Un air apprêté, ponr dire, Un u'ii
offede'.
On appflle Cartes apprêtées^ Des cartes ar-
rangées d'une Cl rtainc façon, pour tromper au
jeu.
APPRf:TKUIÎ. s. m. Terme d'Arts. Celui
qui apprête, qni fait les préparations,
APPHïVOTSEIl. V. 9. Rendre douxetraolns
farouoïic, ..apprivoiser un Sttuvaqe. Apprivoiser
un lion. H y o peu d'animaux farouches (j«'ou
ne pKi^se apprivoiser. Apprivoiser des oiseaux.
II s'emploie fijjurcmcni, en parlant Des per-
sonnes, et signifie, Rendre plus doux, plus
Irailablc. C^étoil un homme peu sociablCf on a
bien eu de la peine à l'apprivoiser.
Kn ce sens, il s'emploie aussi avec le pro-
nom personnel, et signifie. S'accoutumer, se
familiariser. // s'est apprivoisé dans cette mai'-
tpn.
APP
On dit de même. S* apprivoiser avec le daU'
(Ter, avec le vice, pour dire, S'accoutumer h la
vue du danj^er, à l'exemple du vicD.
Ai'Pnivoisib, ée. participe.
APPROBATEUR, TRICE. s. Celui ou cello
qui approuve par quelque témoi^na;^e d'estime.
Il est surtout d'usa{>e au masculin. Une pareille
conduite n\iura qncre d'approbateurs. Elle est
fjrande approbatrice de tout ce qui est nouveau.
On ap[)ellc plus pnrliculii'rement .-Ipiiroha-
teur, Olui qui a donné son approliution pu-
blique à un Livre, ît un Ouvrage. Z,cs approba-
teurs de son Livre sont tels et tels Docteurs.
APPRORATir, IVE. adj. Qui marque de
r.ipprohation. ' ^Semence approbative. Geste,
iujne approhatif.
APPROBATION, s. f. Ayrôncnt, consente-
ment qu'on donne à quelque cliose. Ces' une
nfjhire fuite, pourvu que le père et la mère y
veuillent donner leur approbation.
Il signifie aussi Jugement favorable qu'on
porte de quelqu'un, de qticîque chose, léinoi-
' giiage qu'où lend au mérite de quehpi'nn. // a
V approbation de tous les honnêtes nens. Iln.êritâ
Vapprobation de tout le monde. Il a l'appr.y)a~
lion ijénérale. Cette Pièce de 'i'hédtre a eu unû
fjrande approbation.
APPROCHANT, ANTE. adj. Qui a quelque
resscnd)lance, quelque' rapport. Son style est
\ort approchant de celui des Anciens. Ce sont
ieux couleurs fort approchantes l'une deV autre.
Approchant, est aussi une espèce de prépo-
ttlon, qui signifie, Environ , ix jhu près. Ainsi
oa dit, // est approchant de huit heures ^ il e^
iuil heures ou approchant, pour dire, Il est
rnviron huit heures. Il lui a donné approchani
de cent pistoles, cent pistoles ou approchant
Il est du style familier.
APPROt^IIE. 3. f. Mouvement par lequel
une personne s'avance vers une autre. L\ip-'
pfoc'.e de *:on ennemi le déconcerta. A l'ap-
prûf/ie de l'eunet^i^ les troupes se mirent sous
es armes.
Il se dit aussi De tout ce qui avance, ou pa-
roît avaïicer vers nous. L'approche de la nuil
lui fit doubler le pus. Les approches de la mort
le firent pen';er à sa conscSetice.
En ternies de Guerre, on n-ppeWe Approches.,
au pluriel, Les travaux que l'on conduit par
tranchées jusqu'au corps dt la Place qu'on as-
siège. Lianes d'dpproches. Les approches de
cette Place roii(èrenI bien du monde. Les enne-
mis firent plusieurs sorties pour empêcher lei
approches., pour éloigner les approches. Il fut
tué aux approches de la Place. Pour faciliter
les approches. Afin de pousser davantage la
approches. On dit d'Une Place de guerre ,
qu'/C//c est de difficile approche, pour dire,
qu'il est difficile d'en faire les approches.
On appelle Lunette d'approche ^ Un long
tuv.iu,qui d'ordinaire peut s'allonger et se rac-
courcir, et qui, par le inovrn des verres qui y
sont placés, (grossit et approche les objets. L'in-
vention des lunettes d"* approche est du commen-
cement du siècle dernier. Toutes les limcttei
d'approche ont un câté qui grossit et un côté
APP
qui d'minite lés objets. Les lunettes d'approcht
ont fait découvrir les taches du Soleil, Us Sa»
tcUites de Jupiter., l'Anneau Ae Saturne.
APPROCHER. V. a Avancer auprès, meîTre
proche, mettre prés. Approcher une ch'j'.e à une
autre. Approchez la table. Aj>prvcher le canon
de la Place, en approcher une batterie. L'en-
nemi s'approcha des lignes. ApprocIieZ'Vous
du fiu.
On dit, qu't'ne lutictte approche les objets ^
pour dire, qu'Elle Vcs fait voir comme ^taiit
plus proches.
On dit figurément , quT^j l'rinre , qu'ua
c^rand Seigneur a approché quelqu'un de lui y
pour dire, qu'il l'a admis dans sa fanidiaru;,
qu'il lui a donné quehpie eniploi auprès de s;i
pera '..ne.
On dit figurément, qu'Un Ttonime approche
le Prince y pour dire, qu'il a un accès libre et
facile auprès de lui. Et on dit d'un homme âf
diilieiie accès, que Cest un homme qu on ni
sauroit approcher.
AppiioCHEn. V. n. Devenir proche, être pro-
che. L'heure approche. Le temps approche.
On dit aussi au iiciitre , Approcher , pour.
Avancer. Empêchez mt'i'I n'approche. Et Ap-
procher du but, pour, Mettre bien près du hut.
On dit aussi figurément, y/pproriier du but ^
pour dire, Deviner a peu près, arriver à peu de
distance de l'objet qu'on se proposoit. Ce n'est
pas tout- à- fait ce que vous dites, mais voua
avez approché du hut.
Appuocheu , signifie aussi, Avoir queloiffl
convenance, quelque rapport, quelque parité.,
quelque ressembluuce. Ces deux coulsurs-ld
approchent fort Vune de Vautre. Son style ap-
proche de celui de Cicéron. Il fait des Vers qui
approchent de ceux d'Horace et de Virgile.
Hien n'approche de la grandeur, de la magni-
ficence de ce prince. La beauté de la fille n'ap-
fjroc/((j pas de celle de la tnéie. Ces imagina-
lions-lù approchent fort de la folie.
Ai'PRocheu, s'emploie avec le pronom per-
bonnel. L'heure s'approche. Le temps s'api>ro-
fJtc. Je me suis approché du feu.
Appuoché, tz. participe.
APPROFONDIR. V. a. Rendre plus profond,
creuser plus avant. Approfondir un f'ssé. Ap-
profmdir un c.inu!. Approfondir des fonda-
tions. Il ne fiiut pas les approfondir davan-
tage.
Il signifie figurément, Pénétrer bien avant
dans la connoissancc de quelque chose. li y u
du plaisir à approfmdir les Sciences. J'ap-
profondirai cette affaire. Il ne faut pas vou-
loir trop approfondir tes l\]ystères,
Api'uofondi, ie. participe.
APPROPRIATION, s. f. Action de s'appr^n
prier une cJiosc. L'appropriation d'une Terre.
Appropriation , en termes de Chimie , est
l'état où sont mis deux corps qui ne peuvent
s'unir ruseudile (pic pai" le concours d'un lioi-
sième corps, qui dispose les dinix prtmïeis ù
s'unir.
APPROPRIER. V. a. Proportionner , f.dre
cadrer, rendre j>rnprc ù sa destination. ,4;/ r<^
APP
pri'er les ïois d'un ptuy\e à ses ni.rurs. Ajtpro-
tfrier les retnédes au temijérament du malade.
Approprier son discours aux circonstances ,
ton langaqe aux personnes. Il ftiut approprier
le slyle iiu sujet ijue l'on traite.
Il signifie , avec le pronom personnel mis
jiour ù soit Usurper la propriélc de quelque
chose, yapproprier un hèritane. Peu à peu il
s'est approprié les biens dont il n'avait (juc
l'administration.
On dit, S'approprier une censée, pour dire.
Se la rendre propre par tii ninnièrc de la placer,
de l'exprimer, de la faire valoir; et S'appro-
prier l'ouvriiqe d'un iiixtrc, pour dire, Se l'at-
tribuer, s'en dire l'Auteur.
APPROPKIER. ». a. .ajuster , ascucer .
mettre dans un état de propreté. // faut ap-
proprier cette chambre. Il approprie bien son
cabinet. Il n'y a (ju'ti lui mettre cette maison
entre les mains, il l'aura bientôt appropriée.
.AppnopnlÉ. KE. participe.
APPROVISU)>'>EMEM'. s. m. Fourniture
des clioses nécessaires ù une Armée , une Flotte,
un Hùpital.
APPROVl.SIO>>"ER. V. a. Faire un appro-
visionnement Il faut approvisionner la h'iotte.
Approvisionné, le. participe.
APPROUVER. V. a. Agréer une chose , y
donner son consentement. Approuver et rati-
fier un contrat. Le père refusa d'approuver le
mariage. Les parens approuvèrent la recherche
qu'il faisoil. Le Roi approuva tout ce que l'Am-
iassiideur avait fait
V. $:^iGe aussi ,Jager louable, troaver dignt
d'fst'roe. J'approuve fart son style, mais jt
1 approuve pas le fand des choses. Approitvez-
T'urts une conduite si étrange^ On ne siiuroil
affprouver son procédé C'est une action qui
mérite d'être approuvée.
Il signifie aussi , Autoriser pyr un Itmoi-
gouge autlientitjuc. Plusieurs Conciles ont ap-
firouvi cette Doctrine. Ce livre a été approuvé
far les Docteurs.
ApPROtJvt , ÉE. participe.
APPROXI.MATION. s. f. Terme de Bhthé-
matique. Opération par laquelle on approche
toujours lie plus en plui de la valeur d'une
quantité dierchée, sans la trouver exactement.
Résoudre un problème par approximation. On
dit : l n calcul ;>ar u/j^roximation. Ce résultat
n'est qu'une approximaiion.
APPROXIMER , v. n. qui signifie, (Ire très-
voisin. Il nés emploiequ CM parlantDe» sciences.
l ei deux syttémes s'appro.ciment en plusieurs
points, et diffèrent en quelques autres. Cette
I roposition approxime l'erreur.
APPUI, s. m. Soutien, support; ce qui sert
i «oulcnir. .Ilellre un appui à un nirir. .Sion ne
donne un appui à cet arbre, le vent l'abattra.
On appelle Hauteur d'appui. Une hauteur
qui n'est élevée qu'autint qu'il faut pour «•
pouvoir appuyer deasiu. Un mur à htuteur
tl'appui. i ne balustrade à hauteur d'appui.
Arpti , signifie fi^urùnent Faveur , aide .
secours, protection. C'est un hommt qui a de
l'appui à la Cour. C'est un homme sans aju'^f
Tome I.
APP
En ce sens il se dit Des pTàounes et des
choses dont on tire de la protection , du se-
cours. Ce grand homme était regardé comme
l'appui de l'État. Ce jeunchommesera quelque
jour l'appui de sa maison. Ce mariage a été
'appui de toute cette famille.
Et en parlant de Dieu, on dit. Le .'^ciijneur
est mon seul appui, mon unique appui.
On dit au Jeu de Boule, Aller à l'appui de
la boule, pour dire. Jouer de manière que s:i
houle pousse celle de son compagnon et ra(>-
ptoche du but.
Il se dit aussi figurénent, et signifi?, .Aider
Il «'lui qui a commencé dans quelque afiàire
que ce soit. 1 aites la proposition, j'irai h
l'appui de la houle. Il est du siyle familier.
En Mécanique , on appelle l'oint d'appui
d'un levier, ou simplement Appui, Le point
(ixe par le<|uel le levier est appuyé.
APPUI-M.\I?Î. s. m. Espèce de canne ou de
baguette dont les Peintres se servent pour ap-
puyer la main qui tient le pinceau.
APPUVER. v. a. Soutenir par le moyen
d'un appui. Appuyer une muraille />ar des pi-
liers. Appuyer un édifcc par des arcS'hcutun:^.
On dit , Appuyer une maison contre une
autre, l'appuyer contre un coteau, pour dire.
La bâtir contre une autre maison , |j bitir
ronire un coteau. Oa a^ ù'ijoe armée, qxiElle
est appuyée d'un bois, d'un marais, Sur un
bois , sur un marais. On dit, Appuyer le mott.';-
queton , le pistolet à quelqu'un , pour dire . Pré-
tenter le mousqueton , Je pistolet à quelqu'un i
bout portanL
On dit aussi, Aopuyer l éperon à un cheval.
pur dire, Lui appliquer tortement l'éperon.
On dit, en termes ci Escrime. Appuyer la
hotte , pour dire , Appuyer le fleuret sur le
corjjs de son adversaire , après l'avoir touché.
';cla se dit figurément De la conversation, pour
Jire , Adresser à quelqu'un un trait qui le presse
K l'embarrasse. Voyez. Botte.
Apputeb, signifie aussi, Poser sur. Appuyer
une chose sur une autre. Appuyer ses maim,
les bras, ses cou.les sur une table.
On dit, ^'uppuye.', pour dire, .Se servir de
juelque chose pour appui , pour soutien ; s'ai-
Jcr de quelqu'un, ou de quelque chose qui
serve d'appui. S'appuyer sut un bdtor.. .ïp
puyez-voiLs <ur moi. Il s'aj:puyoit sur la table,
contre la muraille, contre un arbre. Il s'éli'i.
appuyé sur la balustrade.
AppLTEB. se dit figurément, et siguilie ,
Protéger , aider . favoriser, .ippuyer une a'ptire,
appuyer une /leisonne. /( m'a promis d'appuyer
mon l'iacet. Il I appuiera de tout son cré-dil.
On dit aussi figurément , S'appuyer sur
l'autorité, sur le crédit, sur la faveur de quel-
pi'un, ou simplement, S'appuyer sur qucl-
pt'un, pour dire, Faire fonds sur la protection *
le quelqu'un. On dit aussi , S'appuyer de
l'autorité, du crédit, etc.
On dit encore figurément , .S'appuyer sur
un romau, pour dire, Mettre son appui, son
espérance en une personne qui n'a aucun
pouvoir.
y\PR 73
On dît aussi , S'appuyer sur l'autorité des
Anciens, sur un passage de l'Ecriture, sur un
usage reçu, pour dire. Se servir de l'autorité
des .Anciens, d'un passage de l'Écriture, d'un
usage reçu , pour soutenir ce qu'on dit. On dit
aussi dans le même sens: .ippuyer son opinion
sur de bonnes raisons. Son droit est appuyé
sur de bons titres. Sur quoi appuyez -vous ce
que nous dites ?
Appoïeu, est aussi vcrh;' neutre, et signifie,
Poser, être porté. Les murs sur lesquels le
plancher appuie. Une voâle qui appuie sur des
colonnes, sur des piliers.
Il signifie aussi. Peser sur quelque cljose.
Appuyez davantage sur le cachet. Appuyer sur
le burin. Cela n'a pas bien marqué, on n'a pas
assez appuyé. Il ne \iiut pas appuyer pour bien
écrire.
On dit d'Un cliei d de scUc qui porte la tête
basse, qu'/l appuie sur le n.ors.
jVppuveu , se dit aussi figurément au ncuu-e,
et signifie, Insister. 'Vous avez trop appuyé sur
ce fait. L'Avocat n'a pas assez appuyé sur cette
raison. Il devait appuyer davantage sur cette
demande, sur la fausseté de cette pièce.
ApptrrÉ, LE. participe.
A PR
APRE. adj. des 2 genres. Qui est rude, qui
par sa rudesse cause une sensation désagrèabU
W""' '"~yà des poires bien après. Les nèfles
«^•- • -r^es. Apre à la langue. Apre am
JO.lt.
Il se dit aussi De ce qui est iude au lou
cher, de ce qui fait quelque impressiia in-
commode ou fâcheuse sur l'organe du tou
cher. Et c'est en ce sens qu'on dit, que Le f.ii
est iîprc,que Le froid est extrêmement âpre.
Il se dit aussi Des chemins difficiles et ra-
boteux. 7/ nous mena par un chemin tiprt et
raboteur.
Ou appelle, dan? la Cirammalro Grecque,
Espr.t iprc. Une aspiration qui est ordinaire-
ment marquée par un c, au-dessus de la Ictti'e
qui s'aspire. Ou dit plus communément Esprit
rude.
-ApHE, se dit figurément De diverses choses
pour eu mard^uei la rudesse ou la \ icicuec. ?•
lui fit une réprimande f'rt ilpre. C'est un homiTie
qui a l'esprit âpre et austère, l'humeur ùpre
Le combat fut des plus après.
U s • dit aussi Des personnes qu: se portent
avec trop d'ardeur à quelque chose. C'est un
homme âpre à l'argent. Il est upre au gain, il
est âpre au jeu, à la chasse. Kt de certains ani-
maux qui sont trop avides. Vn chien âpre à h
curée. Un oiseau trop âpre.
ÂPRE.MEXT. adv. Avec Spreté, d'une ma-
oière ipre. Le froid commence bien Jpremenl,
Il se porte dprement , trop uprement à tout ce
qu'il fait. Il l'a réprimandé Jpremenl. lin
chien qui se jette i':prement sur la viande.
APRÈS. Préposition de temps, d'ordre et
de lieu , qui s'emploie en parlant, soit des per-
sonnes, soit des choses, et qui sert à maïquQX
74 A P R
celles qui suivent Us autres. Apii': le déluge.
Aprèi la vuctition d'Abraham. Après lu nais-
sance de Jl:^us-CHnlsT. Tibère fit Empereur
après Auqitstej Trajan le fut apiès iVefVd, etc.
Les Conseillers sont après les Vresidens. Api es
Vor, Vargent est le plus précieux des niétaïu..
Les richesses ne sont désirables tpi^aprés Vhon-
neur et lu santé y etc. Après ce vestibule est un
magnifique salon. Aptes le parterre est un
boulingrin j et après le boulingrin une grande
pièce d'eau ^ etc.
Après, se met devant le» Vcrhes avec la
ooiLJonclion Que. Après gue vous aurez parle ^
gue j'aurai acliac.
ludépendîniÉmeiit do ce rapport de temps,
d'ordre et de lieu, la pr»ipositioii après entre
dans plusieurs phrases auxquelles elle donne
lui sens tout différent. Ainsi on dit au propre ,
que iJes Archers courent après les voleurs,
que des chiens sùnt après un lonp^ pour dire,
que Des Archers poursuivent les voleurs, que
Des chiens donnent la chasse à un loup j et au
figure, que L'on court après les honneurs, que
Von soupire après une succession, pour dire,
Que l'on recherche avidement les honneurs, que
l'an est empressé de recueillir une succession.
On dit, qu'(7n tableau est d'uprès llaphacl,
diaprés le J'oussiu , pour dire, qu'il est copie
sur l'original de RaphuL-l, du Poussin. On dit,
qu't/fi portrait est fait d'après nature ^ pour
dire, qu'il est fait sur In ptasonne même qu'il
représente. On dit au propre, en parlant dXiie
pfiiiture, et au ligun*, on parlanid'Un nuvriige
d'esprit, qiie Tout y est peint d'après nature.
Et dans ces sortes de phrases, la ])réposition
indique toujuuis un temps anlurieur, les ou-
vraj;es de la nature cl les lahleaux de Raphaël
tyunC nt^cssoiremenl précédé leur imitation ou
leur copie. On dit aussi figurénicnl à peu près
dans le niûme sens, PaAer d\iprès (pielguuUy
raisonner d'après ses préventions. Et on dit,
particulièrement au jeu, Le coup d'après, pour
dire, Le coup qui a suivi ou qui suivra immé-
diatement celui dont on vient de parler, il a
cédé la place le coup d'après. Je céderai la
place le coup d'après.
On dit, Après dhier , après souper , en sup-
primant l'article, pour , Apres Icdiner, après le
souper.
On dit piovcrbialemenl. Après la panse,
vient la danse; après la pluie, le beau temps,
poar marqnci que Certaines choses en iimètient
ordinairement d'autres in leur suite.
On dit aussi proverlnalcment , /tprès lui, il
fout tirer l'échelle, pour donner à entendre
que Celui dor.t on parle s'est tellement élevé
dans le genre dont il s'agit, que personne ne
pouvant se promettre d'aller si haut, il est
inutile de songer aux moyens d'y arriver; et
Jeter le niancne après la cognée, pour dire, Se
rebuli-r, abandonner totalement une aOaire par
la crainte de n'y pas réassir.
Apoès, entre dans pUisieurs auiics manières
de parler, qui dematulcnt d'tflrc explitpiées
diacune k part.
Ainsi on dix, £lrc après gudrjue chose ^ Cire
APR
après à fnre fiuehpie chose, pour dire, qu'On
« y travaille actuellement. J ai trouvé gue mon
l^rocureur étoit après mes papiers. Il est après
à bittir sa maison. Et on dit pi-esque dans le
même sens, Être après un Emploi, après un
Bénéfice, pour dire, Travailler i l'obteDir,
faire ses efforts pour cela. Vous occupez-vous
de mon aifnire? Je suis après.
On dit Après guoi^ pour dire, Après cela,
ensuite.
On dit, Êtie après gueijuun, pour signifier
qu'On s'en occupe benucoup, ou qu'on le fa-
tigue. Cette mère est toujours après ses enfaJis.
Cet homme est toujours après ses valets. Et,
6'c mettre après guelgu'un, pour dire, Le cha-
griner, le maltiaiicr.
On ait, Crier aprèf guehpi'nn, pour dire,
Gronder quelqu'un, le quereller. Et au con-
ïraiivundit, A''t/i'Oir(p'un cri après quelqu'un,
pour signilîer qu'On souhaite, qu'on attend
cette personne avec empressement.
Ou dit dans le même sens d'Un homme qui
s'est fait attendre long-tenipli , qu'On a long-
temps attendu après lui; et d'Une chose sans
laquelle on ne peiU partir, ou achever ce qu'on
se propose, qu'Un n'attend plus qu'après cela
pour partir, pour finir : au contraire, A'al-
tendre pas après quelg ir chose, c'est pouvoir
s'en passer facilement."'
Quand une société est si fraude que la pari
de profit qui doit revenir à cliacun ne peut être
que for! petite, on dit proverbialement et bas-
ï.emenl, qu'il y a trop de chiens après l'os.
Après, s'emploie ([ueiqucfnis adverbiale-
ment, par ellipse. Vous irez devant, et lui
après. JSons en parlerons api-ès. C'est aussi
quelquefois une manière de questionner, ou
d'engager ceux qui suspendent leur récit, à le
continuer. Il vous a dit quil me connoissoit :
Après? Vous arrivâtes malade : Après? Il est
en ce sens synonyme d'Ensuite.
ApiiÈs TOL'T. Manière de parler adverbiale,
qui s'emploie û peu près dans le même sens
que Cependant, en dernier résultat, et qui serl
de conjonction. Après tout, il nest guère pos-
sible de.. ..Vous avez beau avoir dt la bravoure,
a rés tout il piut de la modestie.
Ames coup. Autre manière de parler advtr*
biale, qui signifie. Trop lard, et après qu'une
chose est faite, est arrivée. Vous voulez pro-
duire des pièces quand votre procès est jugé;
c^est venir après coup.
Par les exemples qui viennent d'être rap-
portés, on voit qu'Après peut se constniire de
six façons diflerentes. Ou il précède un subs-
tantif ; Après la promenade. Ou il préctdc
l'infinitif des verbes auxiliaires être et m'oir ;
Après avoir chanté, après mouvoir parle, après
7>ous être promené, après nous âtre vus. Il n a
guère d'exception que dans cette plirwc, Après
boire, pour dire. Après avoir bu. Ou il précède
la conjonction que, et les mêmes verbes auxi-
liaires, soit au prétérit, soit au futur : Après
que vous avez parlé, que vous aurez parlé. Ou
^ il est précédé de la |>articule de, qui s'élide î
rdndre d'après nature. Ou il est iuivi de la
APU
particule à , tx d'un verbe : Je suis après à
écrire. Ou enfin il s'emploie adverbialement :
J artez et revenez après.
Ci'\ttits. Façon de parler adTerbiale, pour
dire, Ensuite, dans la suite; elle t'emploie
dans un discours, pour marquer quelque cliose
qu'on doit dire dans U suîîe. Comme on tierra
ci-aprés. Comme U &cra dit ci-après. U n'est en
usage .que dans le style didactique et dans le
style do Pralîquc.
APKKS-LiEMAIiS. adv. di: lemps, scrvont
à marquer Le second jour aprts celui où l'on
est. L'alj'iiirc est remise à après-demain. U doit
revenir après-demain.
Il s'emploie quelquefois substantiveracut.
Après-demain passé j il ne sera plus reyii.
APRfeS-DÎNIŒ. s. f. L'espace du tem])» qui
est depuis le diner jusqu'au soir. On vous prit
de passer l'après-dlnée en un tel lieu. Je n'ai
point d'aRUirc cette aprês-dlnée. Il passe toij(fS
les aprés-dlnées en tel endroit.
APRÈS-MIDL s. f. La partie du jour qui
tst depuis le midi jusqu'au soir. Je l'ons ai
attendu toute taprès-midi. Plusieurs !(■ font
masculin.
APRÈS-SOUPÉE. s. f. Le temps qui »t
enti'e le souper et le coucher. Il passe ses aprcs-
soiipées en bonne compaonie. Une belle après-
toupée.
APRETÉ. s. f. Qualité de ce qui est apro.
Il a toutes les significations de son adjectif.
Vdpreté des fruits. L'dprclé du froid. L'âpreté
du feu. I.\!pieté des chemins rend le commerce
Hfflcile dans ce pays-là. L'fipreté de son esprit
h rend inwciahle. L'dpreté d'une réprimandé»
H a une (grande dpreté à Vargent ^ un quin.
APS
APSIDES, s. m. pi. Terme d'Asu-ononiic.
Les deux points de l'orbite duue Planète dons
les(|uels elle se trouve, soit à la plus gmnde,
.Koit h la plus petite distanci' du ioleil ou de la
terre. Les apsides de la Lune.
APT
APTE. adj. des 2 genres. Terme de Palais.
Propre à quelque cljo.sc. Il n'est d'usage q le
clans ces phrases : .tpte et idoine. Apte à posséder.
APnrUDIC. s. f. Disposition nsiurcllo i
quelque chose. Il ne se dit guère qu'eu pillant
De !a disposition aux Arts, aux Sciences. Avoir
une nrandc aptitude à (jucltjue chose. Il n'a
ijuère d'aptitude aux Matlicmatiques.
A P U
.\PUllE>IE>"r. s. masr. Terme de l'inanc*.
Itedditiou finale d'un compte , par laquelle
loutcs les souliranccs d'un compte «)nt levées,
et le comptable est riconnu quitte. Depuia i'a-
piireniciJt de ses comptes.
APURER. V. a. Lever les charges qui ont
clé mises sur les parties d'un eomiMc , lorsqu'il
n été rendu. I.e conijtc de l'Epar<jnt a été
ARA
rendu . et on travaille à l'apurer. Ce comjytaVte
aura bien de la peine à faire apurer xs comptes.
Apint, ts. participe.
A P Y
APYHE. adj. des 2 uenris. Terme d'Histoire
naturelle, qui se dit Des terres ou des pierres
«jui résistent au feu , et n'en éprouvent aucune
altcrariou, c'est-i-dire, (jui n'y sont changées
ni en vcirc, ni en rliaux, ni en pllttre; tels
sont l'Amiante , le Talc , etc.
A <^> U
AQUATIQUK. »dj. des 2 genres. (I.a se-
conde syllalie se prononce comme si elle ctoil
écrite couti. ) Marécageux, plein <l'<*au. lerrc^
aqnati(jues. Lieu.v a<juttti(jiies.
Kn parlant d'Une maison h.'itie dans un ter-
rain marécageux , on dit (]uLlle est acfuatiqtic.
Aquatiqde, se dit aussi De ce qui rroil,
qui se nourrit dans l'eau. Plantes atfuutiqucs.
(iiseaiix aauatituies. Animaux aquatiques.
L'hydre est un serpent aquatique.
AQUEDUC, a. m. (Prononcez .ilc.) Canal
construit de pierre ou de brique, pour conduire
de l'eau d'un lieu h un autre, maigre l'inégalitii
du terrain. Les liomains ont hiUi un nrtind
nombre cf aqueducs. Les reqards d'un aqueduc.
AQUEU.X, E;U.SE. «dj. (Prononc. AVewc.)
>Jt]i est de la nature de l'eau. La partie aqueuse
du sang. L'humatr itquvusc de l'œil. Tumeur
atfaeuse. Ces fruits n'ont point de goût, ils
njnt trop aqueux.
AQUII^-ALBA. (Prononcez Ahla.) Terme
de Cliiniie cnq>runté du T.alin. Il convient il
tous les sublimes blancs , et se dit particulière-
ment du mercure sublime doux.
AQUILI-N. adj. (Prononce! AUi.) 11 n est
d'usage que pour signifier , Courbé en bec
d'oi;;lc,ct il ne se dit qu'eu cette phrase. iVei
aquilin.
AQCriLOS. «. m. (Prononcez .rffci.) Vent du
Word. Le froid Aquilon.
En Poésie, Les Aquilorts signiHeat Tous le
yeuxs froids et ortk^ux. La violence des Aquk-
loru.
ARA
.\RjVBE. ». m. Ce mot n'est pas mis ici comnte
un nom de Nation, mais comme signifiant Un
homme qui exige avec une extrême durcie ce
qui lui est du. /( est cruel d'awir nffùre à lui,
c'est un Arabe.
ARABKSQUE. «dj. des a genres. Dan» le
Henre des .Aralws. Il se dit en particulier Dn
genre d'Arcliiticturc i|iii a précédé la restaura-
tion de» Arts. Le qeilre araheaqiu. On le fait
quelquefois •ubtunlif. L'Arabesque. Il excelle
dans l'Arabesque,
AiuBEsgoKi. s. f. pi. Sortes d'oraemcns
qu'on suppose venir dns Arabe», mais plus an-
aens qu'mii, familio» chez les Romains, et
dont le goût a été renouvelé piu^ Raphaël. Il
comme en de» cotrcUcemens de feuillages.
ARB
d'arcliitpcture, Je figures tic cnprîcc, sans liai-
son et sans ensemble. Un cabinet orné de jolies
Arahesi^ues.
AKABIQUi:. adject. des 2 genres. Qui c>:
d'Arabie. Gomme arahi(jue.
XRABLE. adj. des 2 genres. Labourable,
Des terres aruhlcs.
ARACHNÉOS! ri:S. s. m. pi. Nom dniini- îi
l'espèce de Cancre nommé Araignée Ae mer, et
devenu fossile.
ARAGK. s. m.^ Liqueur spirilueuse (ju'oii
faicaux1iidcs,ct qu'on tire du nzfcrnienlL',ctc.
C'est la niônie lifjucur qu'on fippelle Tafia et»
Amérique.
AKAIGMiE. s. fàn. Nom générique d'une
muitilude d'insocles à plusieurs pieds, et qui
dini'-n'nt iM-aucoup en grosseur. Plusieurs es-
pèces Iiiibiteut les maisons, et ont la propricK)
de lircT de leur corps un (il dont elles forment
une toile, v^rainnccfïc Ciiye.y/niirjnec de jardin.
L'araignée commune s'inlroduît diins les cham-
bres, et y suspend ses iilcls pour y prendre des
mouches. Il y ^^ en Améiiaue de grosses ami
qnêes qui sucent le sanq des petits oiseaux.
Grosse araiqnée. Araiqnce (fui ftle. Toiles d'a-
raiijnéc. Les arai(jnèes se mangent entre elles,
et n'usent faire Vamour (ju'avcc des précautions
infinies.
On dit figure ment , Des pales d'ordir/nec,
pour dire, Des doigts longs et maigres. On dît
d'Une chose ou d'une personne pour laquelle
on a une grande antipathie, J'en ai horreur
comme d'une araignée. Et on dit proverbiale-
ment et ligureineni, t(ueLe.s loi\ sont des toiles
d'araignée qui n^arretcnt cjue les mouches ^ et
qui sont rompues par les frelons.
On dit p.;r ellipse ,jL'ler les araignées d'un
^Aaucher, ytoiiv dire, En ôler les toiles d'arai-
gnée.
AJIASEMENT. s. m. Il se dit en Maçonnerie
et en Menuiserie, Des pièces égales en hauteur,
uni-s et sans saillie.
AR-ASER. V. Qct. Terme de Maçonnerie,
îileltre de niveau un mur, un bitiment , en clc
vant les endroits bas h la hauteur de celui qui
est le plua élevé. Ce mur est d'iuéqale hauteur
en plusieurs endroits ^ il faut Varaser. Au^.,it6t
qu'où aura arasé les fondations de ce mur, de
Ce bâtiment j on posera la première assise de
pierre de taille.
AnASK, ÉE, participe.
ARATOIRE, adj. des 2 genres. Qui sert ou
qui appartient à l'a^ritulture. L'art aratoire.
Les instrumena aratoires,
 R B
ARB.ALfCTR. 5. (cm. Sorte d'arme de trnit.
C'est un arc d'acier qui est monté sur un fût, et *
qui se b.indo avec on ressort. Grosse arbalète.
L'arc y la corde, lefUt, la twix d'une arbalète.
Trait d'c.rbalète.
On «jïpellc Arbalète à jalct , ou Arc à jalct ,
l'nc arl);ilrlc avec laquelle ou tire de petites
boules de terre cuite , ou des balles de plomb.
On dit provcrbiulemenl, Vins vite qit'uu
ARB 75
trait d'arhalèXe, pour marquer Une grande vp-
tesse.
ARBALÉTRIER, s. m. Ou oppeioit niusi
aulrciois Un homme de guerre qui tirort de
l'arbalétc. Arbalétrier à cheval. Arbalétrier à
pied. Une compatjnîe d'Arbalétriers.
ARIUIR AGE. s. m. Jugemeni d'un diffé-
rent par Arbitre. Mettre queltfue chose en arbi-
trage. Se soumettre à Varbitrage. 5uhir Varhi~
trage. S'en tenir à l\irhitrage.
ARBITRAIRE, adj. des 2 genres. Qui dé-
pend de la volonté de chaque personne, du
choix de chaque personne. L'Eqlise n'a point
décidé là-dessuSf cela c^t arbitraire. La chose
est arbitraire.
l\ se dit plus ordinairement De ce qu'il dé-
pend de la volonté des Juges de prononcer, de
sta4ucr. En certains eus les peines sont arbi-
traires. Une amende arbitraire.
On appelle "oiii-oir arbitraire j Un pouvoir
absolu qui n'a pour rtgic que la volonté du
Prijice, Il ne se dit qu'en mauvaise part.
ARBITRAIREMENT, alv. D'une façon ar-
bitraire et despotique, yfgir arbitrairement.
Gouverner arbitrairement.
ARBITRAL, ALE. adj. Il n'est guère en
usage qu'eu ces deux phrases, iSenïencc «rfci-
trale^ Jugement arbitral, pour dire, Une Sen-
tence rendue par des Arbitres, Un Jugement
prononcé par des Arbitres.
ARBITRALEMENT. advcrb. Par Arbiti«i.
Cette affaire fut jugée arbitralement.
ARBITRATION. s. f. Terme de Jurispru-
dence. Estimation.
ARBITRE. 8. m. Faculté par laquelle l'âraa
se détermine à luie chose plutôt qu'hune autre.
Puissance que la volonté a de choisir. Ce mot
se joint toujours avec les épithùtcs de jprauc ou
delÂbre. Dieu a donné aux hommes leur franc
arbitre^ leur libre arbitre.
AnBiTRE, se dit aussi De celui que des per-
sonnes choisissent de part et d'autre pour Icr-
raincr leur différent, frendre, nommer, choi-
sir quelqu'un pour arbitre. Convenir d'arbitres.
Se rapporter de quelque chose à des arbitres.
Sortir d'une affaire par arbitres. Compromettre
entre les mains d'arbitres.
Il signifie aussi, Maitre absolu. Vous é(csl'ur-
bi'tre de mon sortjde ma fortune. Dieu est l'ar-
bitre de la vie et de la mort , l'arbitre du monde.
Ce Prince s^est rendu Varbitre de la paix et de
la guerre.
ARBITRER. v.,a. Estimer, régler, décider,
en qualité de Juge ou d'-'Vrbilrc. J/< paieront
l'amende qu'il plaira au Juge d\irhitrcr. Je
m'en remets à ce que le Juge en arbitrera. Ils
lui ont tant arbitré pour ses frais et dépens.
Les réparations ont été arbitrées. Les Experts
ont arbitré j etc.
.\nniTaK, Ér. participe.
AUBORER. v. n. Planter quelque cho.«e
haut et droit h la manière des arbrea. Arborer
les enseignes. Arborer un étendard. Arborer les
drapeaux. Arborer la croir. Arborer le pavillon
de France. Ce Cardinal a arboré les armes de
France sur son Palais.
y6 ARB
AnBOBEn, se dit au^sl an figure, pour dire.
Se déclarer oiivcrtcnu:i>t pour quelque |>.trti.
H a arboré le Pyrrhonistne. Il a urhoré Viin-
plélé.
AnBonÉ, ÉE. participe.
ARBORISi':, ÉE. adj. Il se dit De ccMaliios
pierres sur les'tuclles on voit des reprôseiila-
tions d'arbres. Pierres arhorisces. Aijate tirho-
I iséc.
ARBOUS.'Î. s. f. Finit (!c l'.Arbousi^-r.
ARUUUSIF.R. s. II). Arlire toujours vert, et
fort loufTii, ([ui croît en Italie et en Provence,
et proiluit des fruits fort doux et presqne sem-
blables à des cerises, en couleur eien grosseur.
ARBRE, s. ni. Plante boiscusc , qui croit en
grosseur et en haulcurplus ijue tomes les autres
plantes, et qui pou.sst diifércntcs bronches.
Grand arbre. Gros arbre. Arbre haut et ilro:t.
Arb.e torlu, braiiclm , touffu. Arbre sec. Arbr,'
mort. Arbre vert. Arbre cjui se dépouille. Arbre
qui repousse. Arbre qui fleurit ^(jui se couronne.
Planter, transplanter des urbrcs. Tailler des
arbres. Elaguer, émonder, ététcr des arbres.
Déchamser des arbres. Allée d'arbres. Avenut
d'arbres. Arbres plantés en (juinconce. Pied,
tronc, branches, ^i-ui/fcs d'arbres. Arbre frui'
lier, (jiii porte des fruits bons à mancjer. Arbrl
en plein vent. .'Irbre en espalier. Arbre en buis-
son. Arbre de haute tiije. Arbre na'u. Jeuni
arbre. Bon arbre. Un plant d'arbres.
On appelle, selon rÉcrIllUC, \' Arbre de vie,
et VArbre de la science du bien et du mal,
Deux arbres plantés eu milieu du l'ar.ndii ''«'-
lettre.
AnBRE, se dit aussi Oe certaines grossis el
longues pitces de bois, qui sont les principa-
les pièces dans les macliines. Arbre de mou-
lin. L'arbre d'un pressoir. L'arbre d'un navire.
On appelle l.i Croix où Notre-Seignenr fut
atlnclu^i V.-irbre de la Croix.
On appelle figurcinent, .-fr'" c t^énéalorjiijue.
Une figure Iraive en forme d'.al le, d'où l'on
voit sortir comme d'un tronc d"v( rses branches
de ronsanguinité , de parente, i a re qraver un
arbre (jénéalofji(jne.
Ou dit fignrénicnt et priiverbialeinent , Si
tenir au gros de i'nrtre, poi.r dire. Demeurer
attache à ce qui est le plus ancien ou le plus
généralement établi. Je m'en rajij orte à ce gue
l'Église en a décidé, je me tiens au gros tle
l'arbre. Vans les guerres civiles il n'a jamais
guilté le serv'ce du ."^or, il s'est toujours tenu
au gros de l'ar're.
Arbbe de Di.\Nr. Les Chimistes appellent
ainsi De l'argent uni ou amalgamé avec du
mercure. Cette union , après elre restée quelque
temps tranquille dans de l'eau-fortc, forme une
espèce d'arbre ou de végétation. On l'appelle
aussi quelquefois Arbre philosophigue,
ARBRLSSEAU. s. m. dlmiiiutif. Petit arbre.
Jeune arbrisseau. Petit arbrisscuu.
Arbuste, s. m. Espèce d'arbrisseau qui ne
s'élève guère. 3/elfrc des arbustes dans un par-
terre.
ARC
ARC
"«^
ARC. subst. m. (On prononce le C.) Sorte
«l'arinc courhee en demi-cercle, et servant à
tirer des flèches. Arc de corne. LapoujnèeiVun
arc. Bander, débander un arc. Tirer de l'arc.
Cela est courbé en arc.
On dit prove:hialoincntelfigurément,^vûir
plusieurs cordes à son arc, pour dire, Avciir
plusieurs moyens pour faire réussir un desst-iii;
et^I^ébanderVarc ne qnérit pas la plaie, \iuiir-
dire, que Qunnd on a I;ut nu mal, on ne le
guérit pas, on nele n'-pare pas en se mettant
en état de n'en plus faire.
On appelle Arc de carrosse, Denx pièces de
fer courJiees en arc, qui ii)i*;nciit le l)onl de la
flèclic à l'essieu des petites roues, el par le
moyen desquelles le caiTosse tourne aisément
daus un petit espace. ïJarc du carrosse est
rompu.
Ane, se dit en Arcliileclure, et signifie Cin-
tre, h'arc d\inc voûte.
Abc, eu tennes de Géométrie, signifie Une
portion de cercle. Et on appelle ^rc diurne,
La portion de cercle qu'nn Astre parcourt sur
riiorizon ; vlArc nocturne, La portion de cercle
qu'il parcourt sous l'Iiori'^on.
Ane DE TniuMPirE, ou Ane TnioMpnAi,.
Monument qui consiste eu une grande porte
faite eu arc, accompagnée quelquefois de deu:t
petites, et ornée de figures de bas-relief et
d'inscriptions , pour attester quelque grande
action, et pour en conserver la mémoire. Ele-
ver un arc de triomphe. Varc de Sévère. L'arc
de Constantin.
ARCADE, s. f. Ouverture en arc. Grande
arcade. Les arcades d\tn bâtiment. Les arcades
de la riace Royale.
ARCAiVE. s. m. Mot emprunte du Latin par
les Alchimistes, pour designer queUju'une de
leurs opérations mystérieuses.
ARC-BOUTAN'i*. s. m.{ Le C ne se iirononrc
point.) pilier qui fuiit en demi-arc, et qui sert
îi soutenir une voûte. Vn des arcs-boutans de
la voûte est tombé. Kn parlant d'Un train de
carrossCjOn appelle -/rcs-/>ouï(ins, Les verbes
qui servent à tenir en état les moutons du car-
rosse.
Il se dit figurcmcnt Des pei-sounes qui sont
les plus considérables dans im parti, dans une
aflïiire. Cet humme étoit Varc-houtant de son
parti,
ARC- BOUTER, v. a. ( Le C ne se prononce
point. ) Soutenir, appuyer. Jrc-i)ouïer un mur.
Anc-BOUTÉ, ÉE. participe.
ARC-DOUHLEAU. s. m. C'est une espèce
d'arcade qui a de la saillie sur le creux d'une
voûte. On en met de distance en dislance, en
nombre égal îx celui de.s colonnes ou pilastres,
c'est-à-dire, que cha<pie colonne ou pilastre
porte son arc-doubleau ; et il en résulte une
voùlc qui paroit armée de bandeaux qui sem-
blent la fortifier et la soutenir.
AKCEAU. s. m. Arc. Il ne se dit qii'cn par- S
tant Des voûtes. L'arceau d'une voûte.
ARC
ARC-EN-CIEL. s. m. Météore qui pareil
dans les nues comme une bande de diirércnte»
couleurs, courbée en arc. Les couleurs de i'arc-
en-ciel. On voyntt plusieurs arcs-en-dcl en
même temps. Dans l'Écriture-Sainte, DJeu dit,
en parlant de !'arc-eu-ciel : Je ferai vuir mon
arc dans les nues.
ARCHAÏSME, s. m. ( On pron. ArcaUme.)
Il se dit d'Un mot antique, d'un tour de phrase
suranné.
ARCïIAL. VoyezFit.
ARCHANGE. s. m. (On prononce Arcanqe.'\
Ange dun otdre supérieur. 5(a'nt Michel Ar-
cjianqe,
ARCHE, s, f. La partie d'un pont sous la-
quelle l'eau pas.se. Le pont a tant d'arches. Ar~
che trop haute. Arche trop basae. Les eaux ont
emporté dctuc arches du pont. Un pont à uri«
seule arche^ d'une seule arche.
AncHE, se dit particulièrement d'Une sorte
de bâtiment, de vaisseau, que Noé fil cons-
tmire par le commandement de Dieu, pour
se sauver du Dtîluge universel. Dieu commanda
à Noé d'entrer dans l'Arche avec toute sorte
d'animau.x. L^Arche flotta sur les eaux.
On dit figurémcnt , Être hors de V Arche,
pour dire, Etre hors de l'Église.
On appelle figurément et proverbialement,
Arche de Noé , Une maison où il y a toutes
fiortcs de gens logés. Cette maison-là est une
drche de Noé.
L'AncHE d'Alliance, dont il est parlé dans
l'Ancien Testament, éloit une espèce de coffre
fait par le conunantlcmenl de Dieu, et dans
lequel If s Tables de la Loi étoirnt gardées. Les
i'hdistins prirent V.irche d'Alliance.
Ou dit proverbinlement et figurément d'Uiw
chose dont 11 est dangereux de parler, qu'il
ne faut pas loucher dans ses discours, C'est
VArche du Seigneur, VArchc sainte.
ARCHEE. s. f. Terme de Chimie peu usité
aujourd'hui, pour designer La chaleiu' interne
lie la terre. Ou l'avoit transpoilé en Médecine,
pour désigner Le principe de la vie. L'.4rchée
de Viin-Ilelmont.
ARCHER, s. m. Homme de Guerre, com-
battant avec l'arc. Archer à pied. Archer à che-
val. En ce sens-là, il n'y a plus d'Archers en
France.
On appeloit aiUicfois F van es- Archer s , Une
sorte de Milice établie par Charles VIL
AnCHEns, se dit aujourd'Imi De rertains Of-
ficiers suballenies de Justice ou de Police, qui
portent dos épées, des hallebardes, des armcsi
tcu, soit pom- prendre des voleurs, soit pour
faire la garde des Villes, soit pour exécutei
quelque ordre de Justice ou de Police. ./rc/icr«
du Grand Prévôt. Archers du Guet. P.tre
poursuivi par les Archers. Les Archers de Ville,
de la Villa, ont frit revue aujourd'hui. Le
Vrevôl e.;( en campacjnc avec tous ses Archers.
ARCHEROT. s. m. Polit Archer. Épitlièie
que les vieux Poètes François donnoient .-m-
ircfois h Cupidon, et qui n'est plus en nsage.
ARCHET, subst. m. Sorte de petit arc qui s
pour cordes plusieurs crins de cheval, el dont
ARC
on se sert pour tirer le son d'un violon , d'une
Ylole. Coup d'archet. Passer doucement i'ur-
chet.
AnCHET , se dit aussi d'Une sorte de clijssis
de bois tourne en arc , que l'on met sur les
berceaux des enfans, pour soutenir une cou-
verture au-dessus de leur tête. L'arc)iet esl
trop bas, Venfnnt n'a pus assei d'air.
AncHrr , se dit pareillement Des cliissis
courbtSs en nrc, sous lesquels on fait suer
des malades. Faire suer un malade sous l'ar-
chet^ pour le quérir d'un rhumatisme. On dit,
qu't'n homme a pttssc sous l'archet , pour
dire , qu'On l'a fait suer pour une maladie
secri^te.
AnCHET, se dit aussi dans certains arts mé-
caniques, d'Un arc d'acier, aux deux bouts
duquel il y a une corde attacbce , dont les Ou-
vriers se servent pour tourner et pour percer.
ARCHliT\T>lv s. ni. Terme didactique. ( Il
8C prononce .irhétypc.) Original, patron, mo-
dèle, sur lequel on fait un ouvrage. Il n'est
guère d'usage qn'( n cette plirase, L'Archétype
du monde, qui est, selon le langage des Philo-
sophes, l'idée de Dieu sur laquelle il a croc le
inonde.
Dans les Monuoies , c'est L'étalon général
des poids et mesures.
ARCHEVÊCHÉ, s. m. L'élendue, le terri-
toire, la Province où r.-\rcl)evè(|ue a la supé-
riorité. Tours est un Archevêché.
Il signifie aussi Le logis, le Palais de l'Ar-
chevêque. Je m'en vais a l'Archevêché. Dans
îa Cour de l'Archevêché,
ARCHEVÊQUE, s. m. Prélat métropolitain,
qui a un ccrt-un nombre d'Evêqucs pour Suf-
fragans. Archevcnue de Lyon. .Irchevêcjue de
Reims. Archevétfue de Paris. Cet Archevétjuc
a tant de Sulfranans. C'est à l'Archevêque
ifassemhler le Concile de sa Province.
ARCHI. Mot emprunte du (irec, que l'on
joint à d'autres dans le style familier, pour
marquer un grand excès dans la chose dont on
parle. Ainsi on dit, Archi-fou, .4rchi- vilain^
etc. pour dire. Un homme exlrèniemcnt fou,
un homme extrêmement avare.
ARCHIDIACON.VT. s. m. La Dignité d'Ar-
diidiacre. C'est en vertu de son Archidiaconat.
(ju'il a droit de visite sur les Curés de la cam-
pagne.
ARCHlDIACOXE.s. m. L'étendue du leni
toitc soumis à la Juridiction spirituelle d'un
Archidiacre. Cartes géographiques fuites par
Archidiacoués.
ARCHIDI VCRE. s. m. Celui qui est pourvu
d'une Dignité Ecclésiastique qui lui donne quel-
que sorte de Juridiction sur les Curés de la
campagne. L'Archidiacre fait sa visite tous les
ans.
vlRCHIDUC. s. m. Titre de Dignité qui
n'est d'usage aujourd'hui qu'en parlant Des
Princes de la Maison d'Autriche. Archiduc
d'Autriche.
ARCIlIOUCtrÊ. .. m. Seigneurie d'Archi-
duc Archiduclié d'Autriche.
ARCHIDUCHESSE. -. f. La femme d'un
ARC
Archiduc, ou la Princesse qui est revêtue de
' ' cette dignité par elle-mèrae. L'Archiduchesse
d\iuiriche. I es Archiduchesses filles de l'JEm-
pcrcur.
ARCHIÉPISCOPAL, ALE. .uljectif. (On
priiiionce Jvhiépiscopal. ) Appnrtenant à l'Ar-
clicviVjue. I\diiis Archiépiscopal. Dignilê Ar-
chiépiscopitlc.
ARCllIMA.NniîITAT.s. m. I,.- Bnneficcque
possùde uu Aicliiniandrite. Ï/Archimandrital
de Messine est d\tu revenu vonsidcruhlc.
ARCHIMA?JI)IUTF. s. m. On nomme ainsi
le Supérieur de quelques Monastères. Archi-
mandrite de Messine. Ce mot signifie Chef du
troupeau j de Vctahle. C'est la niéinc chose
i[u'Ahbc.
ARCHIPEL, subst. m. Quelques-uns disent
Archipchige ou Archipclague, Étendue de nier,
tntrecoupcc de plusieurs îles. L'Archipel du
Mcxitfue. Il y a plusieurs Archipels. On np-
pclle parliculièrcmcnt Archipel, ce que les
Anciens iippeloii^nt la Mer Egée.
ARCHIPRESBYTÉRAL, ALE. adjcct. Çui
regarde rArcltiprêlie.
AKCIIIPRÈTRE. s. m. Titre de Dignité ,
en vertu duquel les Curés de certaines Églises
ont prééminence sur les autics Cures. Un
Mandement de l'Evètjue adressé aiu: Archi-
prétres.
ARCHIPRÊTRÉ. subst. m. Étendue de la
Juri;liction d'un Archiprétrc dans un. certain
territoire. Cet .4rchiprêlré est d'une grande
e/eu.7.(C. Les Cartes de ce Diocèse-là sont faita
pflp Archiprêtrês.
.\JÎCïnTKCTE. s. m. Celui qui exerce l'art
lie l'-lrchitecture, l'art de bAtir. Grand Archi-
tecte. Savant, excelletit, fameux Architecte.
Ce n'est pas un Architecte^ ce n'es( nu'un
Maçon.
AUCriïTECTONlQXTE, adj. se dit propn-
meut iîe Van de la construction. L'art Archi-
tcctonitpte. On le fait substantif. Knseiqner
lArchitectoniquc. Il est didactique et peu usitt
lUins la oonversution.
A.RCHITKCTO^OGRAPHE. s. m. Celui
qui fait la description de quelque bâtiment.
ARCHITECTONOGRAPHIE. subst. fém.
Description de bâtiment.
ARCHITECTURE. 9. f. I/art de construire,
disposer et orner les édifices. Ancienne et mo-
derne Architecture, .-irchitccture Gothique.
Les cinq Ordres d* Architecture. Chef-d'œuvii\
d'Architecture.
On appelle ^/rc/u'(rcï«re Militairey L'art do
fortifier les Places; et Architecture Navale.
L'art de construire les vaisseaux.
AncHiTECTunE , si;.;nific aussi, La disposi-
tion et rordonnancc d'un bltînient Voilà une
belle Architecture, une mauvaise Architecture.
Un beau morceau d'Architecture.
ARCHITR \VE. s. f. Membre d'Architec-
ture, qui pose immédintemeut sur le chapiteau
des colonnes ou des pilastres, et au-dessus du-
quel est la frise.
AKCH!TRICLI?I.s. m. Terme d'Antiqmlc.
Celui qui Otuit chargé du rotdonuancc du ie»-
ARD 77
tin. On ne s'en sert plus gitère qu'en style fa-
1 milier et badin , en parlant De celui qui
arrange un repas. Nous avions un bon Archi-
triclin.
ARCHIVES, s. f. pluriel. Anciens titres,
chartes, <t autres papiers imporlans. Les ar-
chives d'une qra.idc Maison, d\iii Monastère.^
d'une Abbaye. Le trésor des archives. Vieilles
archives. Feuilleter les archives.
Il se dit aussi Du lieu où l'on rardc ces
sortes de titres. Cette pièce a été tirée des ar-
chives. Archives voûtées.
ARCHIVISTE, s. m. Garde des Archives.
Le l'ére Archiviste.
ARCHIVOLTE, s. f. C'est une bande bige
qui fait saillie sur le du du mur, qui suit lu
cintre d'une arcade, et qui va d'une imposte à
l'autre. Les archivoltes sont ornées des mêmes
moulures que l'architrave, et ressemblent vé-
ritablement à une architrave cintrée.
ARCHONTA T. subst. masc. ( Oa prononce
v^rcon((i(.) Dignité de l'Archonte.
ARCHONTE, s. m. ( On prononce y^rconïe.
Tilic des principaux Magistrats des Républi-
ques Grecques, et particulièrement à Athènes.
Arcliontcs décennaux. Les neuf ArchonTts.
Archontes annuels. Archonte Eponyme.
ARÇO>'. subst. m. L'une des deux pièces de
bois courbées en cintre, qui servent.! faire le
corps de la selle d'un cheval, avec deux bran-
ches de fer qui les joignent l'une h l'autre.
Art'ons de devant. Arçons de derrière. Attacher
des f»i.s(ûïcï.s- il l'arçon de la selle. L\trçon ble.ise
ce cheval. Etre ferme dans les arçons, sur les
arçons.
Perdre les arçonSy vider les arçons. Façoos
de parler qui se disent d'Un Cavalier qui est
désarçonné, ou renversé de clieval.
On dit fî;;urément. Être ferme dans ses ar-
çons, sur .çe.« arçons y pour dire, Être ferme
'.^ans ses opinions , dans ses principes , cl les
bien soutenir; et Perdre les arçons, pour dire,
Être embarrassé dans la dispute, déconcerté
dans quelque an[:urc , et ne savoir pjys quelles
nipsuros prendre.
AR(yn<^UE. adj. des 2 genres. Seplentrio-
nal. Il n'est guère d'usage que dans ces phrases :
Fûle .'irctigue , Cercle Arctique , Terres .irc-
tiques.
ARCTURUS. s. m. Mot emprunté du I.aliu
et dérivé du Grec, qui est le nom dune t'ittilc
fixe de la première grandeur, située dans la
constellation du lîouvier.
ARD
ARDÉLION. s. m. Homme qui fait le bou
valet, qui se mêle de tout, qui a l'air touîouts
aflàiré.
ARDEMMENT, adv. Avec ardeur. H ne se
dit que figurémeot. Aimer ardemment. Désirer
ardemment. Se porter ardemment à quelque
chose. Il est ardemment épris de la beauté de
cette femme.
ARDI-:NT, ENTE. adj. Qui eit en feu , qui
est allumé , eDHommô. Vournaise ardente.
78 ARD
Brasier ardent. Ver ardent. Lampe ardente.
Torche ardinte, ['lambeaux ardens.
Un appelle Chapelle ardente, Le luminaire
nombreux ijui brûle autour du cercueil , ou de
la représentation d'un corps mort.
Ardent, signifie aussi, Qui enflamme, qui
brûle. Miroir ardent. Le Soleil est très-ardent
aujourd'hui.
Il signifie fijjurémcui , \iolcnt, véliément.
Désir ardent^ Amour ardent. Zèle ardent. Dé-
votion ardente. Poursuite ardente. Soif ar-
dente. Fièvre ardente.
W signifie aussi figuremeiu , Qui se porte
avec aficction et vûliémence à (juchjue ciiose.
Un homme ardent an combat, ardent à l'étude,
à la chasse^ à la dispute, ardent et âpre an
qain.
11 signifie aussi fi^^urtmeut , Qui a une grande
fictivitc; et il se dit des aniniaux comme des
hommes. C'est un homme extrCm^ment ardent.
tin cheval trop ardent. Chien trop ardent. Un
faucon trop ardent. Un ardent adveisaire. Un
jeune homme trop ardent.
ARDENT , se dit Ggurément Du poil rou?c.
Poil ardent. Il a le poil ardent. On dit aussi ,
Des cheveux d'un blond ardent.
AnDE^T , est aussi substantif , et signifie ,
(.'ertaîne exbalaison enHamméc, qui parott fml
prôs de terre , et ordinairement le long des
taux, pendant l'Automne. Ou voit souvent de.'
urdens dans les marais.
AnDENT, s'est dit autrefois Des malades at-
taqués d'une fièvre rîolente, épidémique, rp»!
le* briMoî». Le mal des urdens étoit fort cruel-
Sainte Genevi(\'C des Ardens.
ARDEUR, s. f. Chaleur véhémente , cha-
leur extr<ime. /^'ardeur du fu. L\irdeur du
5oIet/. Pendant les qrandes ardeurs de la Ca-
I niculc.
U se dit aussi De la chaleur i'icre et piquante
qu'on éprouve dans de certaines maladies.
L'ardeur de la fièvre. Ardeur (rcnlrai/!es. Ar-
deur d'urine.
Il signifie figurément La chaleur, la viva-
flité avec laquelle on se porte i quelque chose.
Faire (jueltjuc chose avec ardeur. Une sainte
ardeur. L'ardeur de swi zèle. L'ardeur de su
dévotion. Poursuivre ciuel(jue chose avec ar-
deur. Être plein d'ardeur pour le .<icrvice de ses
amis. Modérez, un peu cette ardeur. L'ardeur
du coin!;at. Lourdeur de la dispute.
Il se dit aussi De l'activité excessive de quel-
<]ues animaux. Ce cheval, ce chien a trop d'ar-
deur^ Ce cheval donne de l'ardeur à celui qui
est attelé avec Ira*.
ARDILLON, s m. Pointe de fer, oud'aïun;
métal, faisant partie d'une boucle, et servant
i arrêter la courroie que l'on pusse dans la
boucle. L'ardiUon d'une boucle. L'ardillon de
cette boucle est rompu.
On dit proverbialement, Il ne manque pas
'in ardillon à cet équipage, pour dire, Il n'y
uuuique rien.
AJt IX)ISE. s. f . Espèce de pierre tendre , et
de couleur bleuâtre, qui se sépare par feuilles, i i.
«;t qui est propre à couviir les maisons. Car
ARE
Itère d'ardoise. Aidoi*e fine. Grosse ardoise.
Jrdoise dt Mézières. Ardoise d'Anjou. Pavillon
couvert d'ardoise. Couvreur en ardoise. On
écriiy on dessine sur l'ardoise.
ARDOISI^;, ÉE. adj. Qui tire sur la couh ui
d'ardoise.
ARDOISIÈRE, s. f. Carritre doii l'o» tii-c
de l'ardoise.
ARDRE ou ARDER. v. a. Brûler. Vieux
niût qui n'est plus en usage que dans celte
imprécation populaire, Le feu Saint Antoine
vous arde!
Aude , tt. participe. Exposé à une f;;raride
chaleur. On nes'tn sert plus f^uère.Ondit quel-
fjucfois faniiiiirrcaicnt, (Quittons cette place, où
■K'n> somme.*; ardès pur le soleil.
ARDU, VU. adj. Escarpé, difficile à abor-
der. H est vieux. On dit cependant encore ,
Une vwntaçjne fort ardue, un sentier ardu ■
et au figure'. Question ardue; ces matières
sont très-ardues; entreprise ardue,
ARE
AREC. s. m. Fruit d'un arbre que quelques
Nations des Indes Orientales mangent avec la
feuille de bétel et un peu de chaux.
ARÈNE, s. f. Sable, gravier dont la terre
est couverte en certains endroits, et principa-
lement aux rivages de la mer et des riviiïres.
Les brûlantes arènes de la Libye. Ce mot ap-
partient plus à la Poésie qu"à la Prose.
AnÈNE. se prend quelquefois pour Le ter-
rain de VAuiphithcàtre , où se faisoîent les com-
bats des (iladiatcurs cl ceux des bêtes féroces,
l't que l'on couvroit de sable. Descendre dans
V arène , .sur lurène. C'est de là qu'on appelle
encore l'/Ymphithéâtie de Nimes , Les arènes
(/(• Nîmes. Et en ce sens. Arène est de b Prose
aussi-bien que des Vers.
On dit figurément, Descendre dans l'arène^
pour, Se présenter au combat. Il ne faut pas
descendre dans Varéne avec cet homme vil.
ARÉNEUX, EUSE. adj. Sablonneux. La
Libye aréneuse. Les plages aréneuses. U est
vieux, et n'est guère d'usage qu'en Poésie.
AREOLE, s. f. Petite aire, petite surface.
Il se dit principalement Du cercle coloré qui
entoure le mamelon.
ARÉOMÈTRE, s. m. Terme de Physique.
Pèse-liqupur. Instrument dont on se sert pour
conuoitre le degré de pesanteiu- des fluides.
ARl':OPAGE. s. HL Nom d'un Tribunal
d'Athènes, placé dans un liru consacré à Mars,
et célèbre dans l'antiquité par sa réputation de
sagesse. Dans le style figuré , on dit d'Une Com-
pagnie respectable , C'est un Aréopage ; et
dans ce sens il s'emploie pour désigner en
général Une assemblée de Juges, de Magistrats,
d'Hommes d'Etat.
AREOSTATIQUE. adj. des 2 genres. Qui
est en équilibre avec l'air. On le dit par exten-
sion, Des machines qui s'élèvent et se sou-
tiennent dans l'air. Globe, ballon aréostatiquc.
Voyez Aérostatique
ARÉOSÏYLE. s. ni. Terme d'Architecture
ARG
Édifice donl les colonnes sont cIoî^jikcs les un<'>
des aulrcs.
j AJIÉOTKCTONIQUE. s. f pj.^j jg y^^
chitecture militaire qui regarde l'altaqne et ta
défense.
ARKTIi. s. f. On .'i|i|}ellc ainsi dan» le corps
des poissons, Ce (jui sert h soutenir leur chair,
comme les os soutiennent la cliair des animaux,
i^'are'le d'un& soie. L'aréic d'une carpe. Arde
pi(j)iaiite. l'élite arête. Gros.'^e aréle. Poisson
qui a beaucoup d'arêtes , peu d'arêtes. Aifoir
une arête dans le gosier. Avaler uae arête. //
s eiruiijla avec une arête. Pcctieo ijarde aux
arêtes.
AnÊTE , en termes d'Architecture, est aussi
T/angle saillant que forment deux faces , droites
i>u courlKS , d'une pierre , d'une pièce du
Lois, etc.
On dit d'Une pièce de bois, comme dSi!,r
poutre, ou d'une solive, qu'Elle est taillée ii
vive arête j pour dire, qu'Oc l'a bien cquarrie,
qu'on n'y a laisse ni écorce ni aubier, et que
tous les angles en sont bien marques.
ARÊTIER, s. m. Terme d'Architecture. Hèw
de charpente, droite ou courbe dans sa lon-
gueur , qui forme l'encoignure d'un comble.
ARG
ARGANÉAU. s. m, Tenne de Marine. Uro»
anneau de fer oi'i l'on attache des covdage^.
Voyez OnoAHEAD.
AR(;eMONE. s. f. Plante aussi nonun(*';
Pavot épineux , parce qu'elle est armée d'é-
pines, et qu'elle ressemble au pavot.
ARGENT, s. m. Métal blanc, le plus par-
fait et le plus précieux après l'or. 'Wine d'ar-
(jent. Minière d'anfent. Veine d'arqent Barre^
lingot d'arqent. Arnent de mine. Argent de
chimie. Argent de bon aloi. Argent de coupelle.
.'Irgent de Paris. Argent d'Allemagne. L'ar-
gent de Paris est à un plus haut titre qu'au-
cun autre. Argent en barre, en lingot, en
chaux, en feuilles, en œuvre. Nonnoie d*nr-
gent. Médailles, jetons, pièces d'argent. Ou-
vrages d'argent. Vaisselle d'arqent Plats, a»-
sictfc5 , flambeaiue d'argent. Toile d'argent.
]\issemcnt d'argent. Dentelle d'argent, htojfe
à fond d'argent. Argent fin, alfini, purifé,
monnoyé , travaillé, ouvragé, poli, battu ^
moulu. Argent trait. Argent filé. Argent mat.
Argent hruni. De l'argent faux, de faux ar-
gent. Tirer , fondre , affiner , fcallre , mon-
noycr, margucr, travailler de l'argent,
Anr.ENT, se dit aussi De toute «orlE de
nionnoie d'or, d'argent, ou de quelque métal
que ce soit. L'argent du lioi. L'argent du fisc.
L'argent des particuliers. Il a volé l'argent du
Itoi. il a pris l'argent du lioi. l'ayer en ar-
gent comptant. Avoir de l'argent en bourse ,
dans le commerce , à la banque. Prendre de
l'urijcnl à intérêt. Prêter de l'argent. Emp-iiii-
ter de l'argent. Placer son argent. Toucher de
l'argent Tirer de l'argent de quelqu'un. Amas-
ser de l'argent. Faire argent de tout. Il a si
fort envie de vous payer, qu'il vend ses meu-
ARG
Mes pour vous faire de Vargent. Avancer et
l'argent. Fournir de Varefent. Dépenser de l'ar^
gent. Dépenser son argent nutl à propos. Man-
ger son argent en débauches. l'erdre son argent
au jeu. Aimer l'argent. Être dprc à l'argent.
Courir à l'argent y après l'argent. Courir après
ton argent. Être court d'argent. Se trouver
court d'argent. Attendre, languir après son
ornent. L'argent s'en va vite. Il faut avoir
toujours l'argent à la main avec les ouvriers.
Faire tout à force d'at-gent. Travailler pour dj
Vargent. Ae n'en faire (|ue pour de Vargent. Se
laisser corrompre par urgent. C^cst un Juge
incorruptible f il ny a rien à fiire auprès de
lui par argent. Entre gens d^honneur la pa-
role vaut Vargent.
On appelle Argent du jeu, L'argent gnf^nc
*va jeu ; ou appelle Argent des cartes, L'arçenl
d<uiné pour les caries fournies aux Joueurs.
On dit, Payer argent sec, argent has^ar-
.'ChI siir table, pour dire, Payer en argent
coniptsKt. On dit auisi. Mettre aroent soui
corJe. pour dire, Mettre au jeu; expression
enipruiKce du jeu de la paume. Et on appelle
Argent mi(jnon. Un argent de réserve, et qu'on
peut employer comme on veut , en dcpeuscî
soperQuès, sans touchera son revenu ordinaire.
AnciENT, se dit plus particulièrement De h
Moanoic fuite de ce métal. Voulez-vous élrt
payé eu or, ou en argent? On a battu ccttt
année à la Monnaie tant de millions en argent,
tt tant en or. Tous ses sacs sont 0:1 argent. En
ce stus , OL Appelle Jrqent blanc, I.'ar^eiil
outiuioyâ. Tout son remboursement lui a éti
jaît en argent blanc.
On dit proverlualement et figit:;'ment, Ar-
ijent comptant porte médecine^ pour dire, qui
L'argent comptant est d'un grand secours dan*
les aOaires; l'rcndre quelque chose pour argcn\
comptant^ pour dire, Croire légèrement quel
que chose; Avoir le drap et rur(je«I,pourdiie,
Retenir la marchandise et le prLx; Avoir U
temps et Vargent, poui^ dire, Avoir toutes
choses à souhait ; Jouer bon jt'u, bon argent,
pour dire. Jouer pour payer sur-le-champ; Y
aller bon jVm, bon ur(ycri(,pour dire, Agir loul
dp bon, frapcliement, sérieusement; et, Mettre
ae bon argent contre du mauvais, pour dire.
Faire des avances, des frais dans un procès,
dans une afTain- ou l'on court risque de ne lien
retirer.
On dit aussi proverlnalcment et figuremenl .
d'Une chose qui est de bon et de prompt débit,
d'un eflel qui vaut jutant que de l'argent comp-
tant, que C*csf de l'argent en bdrre,d'Un lon^
terme pour le payement d'une dette, que Le
terme vaut Vargent ; d'Un argent dépensé pour
une afHtirc qu'on ne pense pas devoir réussir
que C'est argent perdu, autant d'arqent perdu:
et De l'argent qui ne porte aucun pn>fit, aucun
intérêt, que C'est de Vargent mort.
On dit ans-si proverbialement et fi;;urémenl,
Qui a de Vargent, a des pirouettes, pour dire,
que Ou.md on /> d** l'argent, on a de tout, jus-
qu'aux choses Ici plu» inutiles; roin(<i'ar^c;i(,
voint de 5u*««, p-mr man|ucv qu'On ne fera
ARG
rien sans cire bien assure du pnyciurnt; foui
' cda est hA et bon ,maisdeVarcjentvaut mieux,
|K)ur , qu'On ne prétend pas se payer de l)elles
[)roniesscs ; et on dît d'Un lionime cxccssivc-
nienl prodigue , que C'est un bourreau à'tir-
(jeiil.
Arcett , est un des deux métaux qu'on em-
ploie dans les Armoiries. On le représente par
lie l'argent, ou seulement avec du hl;uic. Cette
Mavton porte tVtirqent au lion de sable,
ARGEMIilt. V. a. Couvrir de feuilles d ar-
gent. Faire ar(jenter un vase.
AncENTÉ.tF.parlieipe. Garde â'épée arqen-
téc. Boutons il'ètain aryentcs. Boucles urcjcn-
tées.
On dit .il ijctité, d'Un hianc ijui a l'éclat de
l'argent. Le plimiuje urjciné J» -yj'ie-
Il se dit aussi poétiiiui'menl, en pailant Pc
I eau. Flots arqent(-. f)n dit aussi, lumière av-
qintée, les rayons arjentés de la lune.
On appelle Gris arjciilé, Une couleur gri'.c
inélcc de blanc, qui lui donne de VéclaL Dci
cheiLUjc J'-jn gris argenté.
ARCFATERIK. s. f. Vaisselle et autre»
meubles d'argent. Il a vendu toute son arqcfi-
rerie. Garde de l'argenterie chez le /îoi.
AncKNTEniE, dans les Paroisses, se dit De In
froi.\, du bénitier, des chandeliers, et de tous
les vases d'argent qui sont h l'usage de la Pa-
roisse. L'argenterie d'une Paroisse.
On appelle aussi Argenterie cliez le Roi,
Un fonds qui se fait tous les ans pour certaines
ilépenses extraordinaires. Trésorier et Contri'-
!eur de l'argenterie.
ARGE.NTEUX, F.USF.. adj. Pérunieux , qui
a beaucoup d'argent. C'esf un homme gui n'est
guère argenteiLx:. Il est populaire.
ARGENTIER, s. m. Officiel dans les Mai
ions Royales, et dans d'autres grandes Maisons,
qui csl préposé pour distribuer certains fonds
J'argenl.
ARGESIIÎJ, TSE. adj. Qui a un son clair
rt retentissant. Cloche, luth, quia un son ar-
jeiilin. Voix nrijcnliii;.
Il se dit aussi d Une couleur qui a quelque
rliose de l'éclat de l'argent, CouL'ur iirnenlinc;
rt en Poésie, on dit. Onde argentine, en par-
lant De l'éclat dune eau claire et brillante de
fraîcheur.
On dit en Peinture, /l y a iins ce tableau
un ton argentin, pour cxprimsr Un certain ef-
fet de couleur qui rappelle le blanc de l'argent
\RGENTISE. 3. r. Plante dans laquelle I
dessous des feuilles est d'un blanc luisant , ci
comme argenté,
ARtiENTURE. t. f. Aident fort mince ap-
pliqué sur la superficie de quelque ouTrago.
Ouvrages de dorure et d'argenture.
Il se prend aussi pour r.\rt d'appliquer les
feuilles d'argent. Cet ouvrier enltni fciert l'ar-
genture.
ARGILE, s. f. Terre grasse, molle et duc-
tile. Glaise et .\rgile sont des mots .synonymes.
Vase d'argile, l'élri d'argile.
ARGILEUX, EUSE. adj. Qui tient de l'ar- i
gilc. Terre argileuse.
ARG 79
ARMRASPTDF.S. s. m. pi. Nom d'un corps
j d'élite de l'aimée d'Alexandre, Les Argiraspides
liroient ce nom du bouclier d'argent qui faisnit
partie de leur armure.
ARGOT, s. m. Certain langage d« gueux et
des filous, qui n'est inlelligiblc qu'entre eux.
Savoir V Argot, /pprendre V.'irgot. Parler
VArgot.
ARGOT, s. m. Terme de Jardinage. Il se ftit
Du bois qui est au-dessus de l'œil. On retran-
che les argots qui paroissent sur un arbre.
AKGOTER. V. a. Couper l'extrcmLlc d'um
hr.uiehc morte.
AiiGOTÉ, ÉE. participe.
ARGOULKT. s. m. Il scstdii autrefois d'Un
Carabin ; et il se ditfigurcmcnt d'Un homme de
néant. U est familier.
A RGOUSI.\. s. m. Bas Officier de galère qui
veille sur les forçats.
ARGUKR. V, a. (l'U et l'E se prononcent
séparément.) Reprcndre,contrcdire. Il est vieux
i n ce sens , et n'est plus guère d*usagc qu'an
Palais.
AncuÉ, ÉE. participe. On dit , Argué de faux ,
pour dire, Accusé de faux.
ARGUMENT, s. m. Terme de Logique.
Raisonnement par lequel on tire une consé-
quence d'une ou de deux proposilions. Argu-
ment en forme. Puissant argument. Argument
conciuanl, démonstratif ^ pressant, invincible.
Fort argument. Faux argument. Argumertl
victorieux , péremptoire , captieux , sophistique.
La force li'un argument. La solidité dhin ar-
gumcni. Faire un argument. Pousser un arg--
mcnt. Résoudre un argument, llcpondre à un
arqument. .^ al i.^ faire à un argiiment. FAuder
un argument. Pctorqucr un argument.
On appelle Argument ad Itominem, Un ar-
gument qui tire sa force des circoustauces pi-o-
pres ou relatives îi la personne même Ii qui on
l'adresse.
Il signifie aussi, Conjecture, indice, preuve.
J'en tire un grand argument contre lui.
Il signifie aussi, Le sujet en abrégé d'un ou-
vrage. L'argument d*une pièce de Théâtre,
d*un Poème Epique , d'une Oraison , d'un
Traité,
ARGUMENTANT, s. m. Celui qui argu-
mente dans un Acte public contre le Répon-
dant. Le premier argumentant. Le second ar-
gumentant.
AR(;U.ME.NTATKUR. s. m. Celui qui aime,
qui se plait, (|ui clicrclic h argumenter. Argu-
mcntateur perpétuel j continuel. U ne se dit
qu'en mauvaise part,
ARGUMEVr.VriON. 9. r. Manière de faire
des arguinens. 7 ralté de V argumentation.
ARC;UME>'TER. v. n. Faire un ou plusieurs
arguraens. Prouver par argumens. Tirer des
conséquences d'une chose à une autre. Il argu-
menta contre un tel. Argumenter couïrc une
proposition. J^argumente ainsi. C'est mal ar-
nuirienfer. Une faut pas argumenter de la pos-
sibilité à Velfct. On peut toujours argumenter
de l'ade à la puissance ^ et non pas de la puis-
sance à Vacte,
8o
Mil
ARGUS, s. n. ( On prononw VS. ) Nom em-
prunté de la Kable, et qui signifie Un espion
assidu et vigllniit.
On dit an figuré, Des yeux d'araus, poui
dire, Des yeux Irûs-pénétrans.
ARGUTIE, s. f. (On prononce Arfjucie. ]
Raisouoemcnt pointilleux, vaiue sulHiiitc. H y
a plus d'arquties dans ce discours (jue de nii-
sonnemetis solides. Ce sont là des arçjuUes sco-
iastiques.
ARGYRASPIDES. Voyez AncinASPiDEs.
A R I
ARIDE, adj. des ?. gcnr. Qui est sec ou sté-
rile. Terre aride. Suhloris arides. Citerne aride.
IlseditCi^urcment d'Un sujet qui ne fournil
pas au discours, et d'Un esprit (jui ne produit
rien. Sujet aride. Esprit aride.
ARIDITÉ, s. f. Scclieresse. Il se dit au pro-
pfi: et au figuré. L'aridité de la terre. Variditc
d'un terroir. Varidité d'un sujet. Une grande
aridité de style. Il y a une sécheresse, une an
dite étranges dans tous ses ouvrages.
AniDiTÉ, en matitre de dévotion , se dit De
l'ëtat de l'ûnio qui ne sent point de consolation
dans les exercices de piélé. Les plus grands
tydinïs ont des temps d'aridité.
ARIKTTE. s. fém. Air léger et détaché, à
l'imitation des Italiens. Les Cantates sont en~
ttccoupees de récitatifs et d'ariettes.
AIUSTARQUE. s, masc Nom propre qui
«'emploie figurémcnt pour e^p^ime^ Un cri-
tique s;:\ère.
ARISTOCRATE, s. m. Partisan de l'Arislo-
crntie. Il est tantôt adjectif, Cc( homme est f>rl
Aristocrate 'j tantôt subslantif j C'est un Arts-
tocralc.
ARISTOCRATIE, s. f. Gouvernement poli
tique, où le pouvoir souverain est posséda et
exercé par un certain nombre de personnes
considérables. La lUpuhlique de Venise est une
Aristocratie.
ARISTOCRATIQUE, ad), des o genres. Quj
apparlient à raristocralic. F.tat Arislocrati(jHC.
Goui.'ernement Anstocraliquc,
ARISTOCRATIQUEMENT. adverb. lYnuc
manière aristocratiijue. Cet pAat est gom'ernc
arislocralinuemcnt.
ARISTOTÉLICIEN, ENIVE. adj. Conforme
j la Doctrine d'Arislotc. La pliUosopltie aristo-
télicienne.
ARISTOrÉUSME. s. m. Pliilosopliie d'A
lislotc.
ARITHMETICIEN, s. m. Qui s:iit l'Ariibnu'-
tiqiie. Bon Arithméticien. Savant Arithmi-t-
cien,
ARITHMÉTIQUE, s. f. Science des Nom-
bres. Art de calculer. Arithmétigue spéculative.
Arilhmêtigue praticiue. Les quatre premières
règles de V Arithmétique. Vous (rouverea en
honnc Arithmétique ^ etc.
AniTHMÈriQUE. adj. des 2 genres. Qui est
fondé sur les nombres , sur le» quantités ; selon
le» règles de rAritlimctique. Calcul arithmé-
tique. Proposition arithmétique.
ARM
On appelle Rujijiort iiritJiinctique de deux
quautltés, La dificrencc de ces deux (juantités;
et l'rojHiilion arilhmétiijue, L'égaillé de deux
rapports arithni(^titjues.
ARrnLMliTiyUEIMENT. adverbe. D'une
manière arltlmiclique. Procéder arithwétinuc-
ineiil.
A R L
ARLEQUIN, s. m. Bateleur, farceur, bouf-
fon dont le vêtement est chargé de pièces de
diverses couleurs.
ARLEQUINADE. s. f. Bouffonnerie d'Aile^
quiu, soit dans le jeu , ,soit dans les paroles.
ARM
ARMADIÎ.LE. s. f. Frégate légère, peûi-
(.'oite que le Roi d'Espagne entretient dans le
'f uveau-Monde , pour cmprcher que les
Etrangers «■. commercent dans ses possessions.
il y nwicAmiadUle à Carthanine, et une à
Callao,
ArmADïlle, est aussi le nom de l'animal
communément appelé Tatou.
ARI\L\TEUR. s. m. Celui qui arme à ses
frais un ou plusieurs vaisseaux pour alltr en
course. Les Armateurs de Dunl<erque. Les Ar~
inaleurs de Saint~Mal0. Les Armateurs Fran-
çois ont fait plusieurs prises. Il se dit aussi Du
Capitaine qui commande le vaisseau, et par
extension , du vaisseau même.
-iRMATURE. 8. fém. Asiembla^c de dilTé-
entes batros. nu 'iens de inoial, pour soutcn-
nu contenir les parties d'un ouvrai:e de Méca-
uiqur'.
ARME. s. f. Instrument qui sert à attaquer
ou ù se défendre. y/rrne ofî^ïUtVe. /irme défensive.
Arme àfvU.Arme hlanche. Le fusil et le pistolet
sont des armes à fm. Ucpée et la halonnette
sont des armes hlanches. Arme à l'épreuve. Arme
d^une bonne trempe. On disoit autrefois, Arme
d'hast^ arme de trait. V. Hast. V. TnAiT.
Armes , au pluriel , se dit dans ces plirases :
Faire des armes., tirer des armes, pour dire,
S'exercer à escrimer; Illettré les armes à la
main à un jeune homme, pour dire, Être le
premier à lui appiendre à faire des armes;
Avoir les armes belles, pour dire. Faire des
amies de bonne grâce; et Etre bien sous les
armes., pour dire, Avoir bonne mine, bonne
grâcej qu;md on c<t armé, quand on a la piejue
à la main j ou le fusil sur l'épaule.
Ou se sert aussi du mot Armes, pour signi-
fier , Les diiTcrentes espèces de troupes, qui
composent une armée, c'estr-.'i-dire. Cavalerie,
Infanterie, Dragons. Ce détaclu^mcnt étoït com-
posé de dijft'rentes armes. Il y a des instruc-
tions pour les différentes armes.
Cn appelle Valtre en fait d'Armes , ou
Maître «('^/rmcs. Celui qui montre à faire des
armes; et Homme d^Annes^ Un Cavalier armé
de toutes pii^ces.
On dit figurément. Faire tomber les armes
,. des mains de quelqu'un^ pour dire. Le fléchir,
l'adoticir, l'apaiser. Les soumissions ^u'^^ri lui
ARM
a faites lui ont fait tomhei' les armes tîcï
mains.
' En parlant Du nombre des gens qui sont
dans une Ville, on dit, qu7/ y a tant d'hom-
mes portant armes^ pour dire, qu'il y a tant
d'hommes capables de porter les armes.
On dit, Fuirc ses premières armes ^ pour
dire, Faire sa preniirre campagne, aller à la
guerre pour la première fois.
On dit, Faire p(i.«tT»n Soldat parlesarmes^
pour dire, Le faire fusiller par .Jugement du
Conseil de Guerre.
AniHEs , au pluriel , signifie aussi . La profes-
sion de la Guerre. // est né pour les armes.
Suivre les armes. Quitter les armes Prendre le
métier des armes.
Il signifie aussi. Les entreprises de f^uerrc,
les exploits militaires. L'heureux succès ne«
armes du Uni. I.Hcu a béni, a fuit prospérer lr<
armes du Poi.
On a])pcUc 5wspc;i.'îion d'armes, La cessa-
tion convenue pour un temps de toutes Iiosti-
litcs entre deux nations, deux armées qui sont
eu guerre.
On dit proverbialement, que Les arme:
son! journalières, pour dire, que Le sort des
armes est inégal , que dans la Guerre on est su-
jet h éprouver la bonne et la mauvaise fortune.
La même locution s'emploie figurcment dans
toutes les occasions ou Ton peut bien ou mal
réu.ssir, où il arrive qu'on fait tantôt bien, tan-
tôt mal. On ne gaj"e pas toujours au jeu, le^
armes sont fourimiièrei;. Un (halevr un Au
leur dramatique i:e réussit pas,toujours èqata'
nient, les atones ç.mU joumaîiÊres.
On dît d'Une cliosc qui peut servir à ta dé-
(cnse ou à l'attaque. C'est une arme, et on dît,
Faire arme de quelque chose. C'est un homme
qui fait arme de tout. Cela se dit figurémenl
d'Un homme qui profite de tout dans la dis-
pute, ou de celui qui emploie indifTéremmriit
tous les moyens de se dotnier quelque avan-
tage.
Armes, au pluriel, se dit encore pour signi-
fier, Toute l'armure d'un homme de guerre.
Armes complètes. Armes à Vépreuve du mous-
quet, à Vépreuve du pistolet. Armes fort riches.
De belles armes. Endosser les armes. Se cou-
vrir de ses armes. Il reçut un coup dans ses
armes, qui faussa ses armes.
Aux \rmes. Cri par lequel on avertit une
troupe de gens de guerre de prendre tes armct.
On crioit aux armes, aux armes!
On dit figm.nient d'Une femme qui est ex-
trêmement parée, qu'E/ie est sous les armes.
Ahmes, se dit figurémcnt De tout ce qui
sejt à combattre, h détruire une erreur, une
passion. Vou.'S me fournissez des armes contre
}H)us-même. Le jeiate et la prière sont les meil-
leures armes d'un Chrétien contre les tenta-
tions.
AmtBS , en termes de Blason , se dit De cer-
taines marques propres .. chacjuc Maison noble,
et peintes ou figun'i s -ur l'écu et sur la cotto
' d'amu's. Les armes 'le. France. Les armes r.*:
^'Empire. Belles ai '..^. l es armes fort nolU&
ARM
ïl a hévitè de tous Us hiens de cette Maison* à
condition d'en ^^orter le nom et les armes.
Armes pleines. Armes hrisées, mi-parlies , écur-
tdées^ contre -i car teléfs, timbrées. Il porte un
lion en ses armes. Les supports de ses armes.
Les armes font partie de la succession. Héraut
d'Armes. Roi d'Armes. Chef du nom et armes
de cette Maison. Sceller du sceau de ses armes.
Caclicl d'armes.
Ou appelle Ju{je d'.irmesj Celai qui est
clahii pour ji'g'T des armoiries et des tÎQTs de
Noblesse.
Oc appelle Armes fausses ^ ou Armes à cn-
nucrre^ Des anucs <jui ne sont pas selon les
ivyles Qki Blason, connne loiequ'il y a mêlai
sur int'iaî, ou couleur sur couleur. Kt ou ap-
pelle Armes parlantes. Celles qui expriment en
lout ou en partie le uoni de la Maison. Ainsi
Les armes du Royaume de Casliile sont un
Chdteau • Us armes de la Maison de Maiîli,
des Maillets; celles de la Maison de Créijui,
un Créquier^etc,
Gi;?<s d'Armes. Voyez Gendaiime*.
AUMÉE. s. f. Grand nombre de troupes
tsseniblees en ua cori)S, sous la conduite d'un
(ivoéral. Grande, puissante, nomhrense armée.
Armée victorieuse ^ triomphante ^ invincible.
Année délabrée^ défaite, battue^ ruinée. Armée
en déroute, yirmée leste, en bon ordre. Armée
de vieilles troupes, t ne armée de gens ramassés.
Armée de mer, ou armée navale. Lever, mettre
«ur pied, entretenir j faire subsister une armée.
Général d''armée. Les Chefs de Varmée. Officiers
tTarmée. Maréehatdes camp^ et armées du iioi
Les troupes sont en corps d'armée. L'armée
marche. La marche de Varmée. L'armée cam-
poi'i, tto'.t campée. Les quartiers de Varmée.
L'armée a pris ses quartiers. Mettre., ranger
une armée en bataille. Rassembler ., rccueilUr^
Us débris d'une armée. Faire la revue d'une
armée. Commander une armée. La tête d'une
armée. Le choc de deux armées. Les deux
armées étaient en présence. L'Iilcriturc-Sainte
appelle Dieu, Le Hieu des Armées.
On appelle Armée Royale, Une armer
nombreuse (jui niarclie avec un train dartil-
Veric.
ARMELIXK. S. f. Peau Irùs-fuié et fort
blanclie, <|ui vient de I^ponie.
ARMKMENT. s. m. Appareil de guerre.
Grand y puissant, formidable., terrible arme-
ment. Faire un armement. Armement par mer
et par terre. Armement sur mer. Atmement
i>aval. Armement par terre.
On dit, L'armement d'un vaisseau, d'une
galère, j>our dire, Ce «[ui sert ^ armer un vais-
seau, une galùr*'. Cet armement u conté fort
cher.
Oq dit, L'armement d'unô troiijK, poui
dire, Lfs jriQps dont elle est araice.
On dit auwi, L*armement iTun vai-iseau .
'l'une flotte, pour dire, L'action de rarnu-r; el
.; jn« ce sens-là on dk , qu7l y a tant de vcis-
$ean.r en armement di.ns tel port,
ARMER. V. a. FouDir d'armer II y a dans
cet .irienul du quoi afmer cinquante nulle
Tome /,
ARM
hommes. Il lui en a tant coûté pour armer sa
Compagnie.
Il signifie encore, Revêtir d'armes défensives
/irmer quelqu'un de toutes pièces.On laima de
pied en cap.
AnMEn, s'emploie absolument, pour dire,
lever des soldnts, \v\'va- des troupes. On arme
de tons côtés. 1 ous les Princes de la Chrétienté
arment.
Oii dit, v^mer un -vaisseau, pour dire, Le-
r|uiper, le pourvoir de tout ce qu'il faut pour
la guerre. Anvcr un vaisseau en coumc.
AnMKR, se dit ;mssi pour signifier, Donner
orcasion de prendre les armes, ô-' faire b
guerre, L'inferet de la Religion a souvent armé
les peuples les uns contre les autres.
AnMK», S" dit aussi, pour dire, Garnir une
chose aver une autre qui y ajoute de la force,
et qui la met plus en étal de servir. Armer une
pierre d'aimant. Armer une poutre de bandes
de fer. Armer une meule de moulin avec des
liens de fer.
Aj\>tKn , avec le pronom personnel, sii;nific,
Se munir d'armes, soit offensives, soit défen-
sives. S'armer d'une épce, d'unpistolet. S'*armcr
d'une cuirasse. Ils .sVirmercnf aussitôt j et fu-
rent en état de combattre.
U signifie aussi. Prendre les armes, faire la
guerre. Cet Ecrivain autorise les Sujets à
s'armer contre leur Prince.
Il se dit fi^urcm. pour signifier, Se munir,
se precautionner contie les cboses qui peuvent
nuire, qui peuvent incommoder, ^'tirmcr contre
le froid. S'armer contre la pluie, contre 'e
mauvais temps. S^ armer d'une ro!>e fourrée
contre Vhïver.
Ou dit aussi figurc'ment, à peu prè» dans le
même sens : S'armer de courage. Scanner de
patience. Armez-vous de résolution. S*armer
contre les accidens de la fortune. S^armer
contre les tentations. S'armer do la prière.
S'armer du signe de la Croix.
S'ABMt», se dit encore, en termes de Ma-
nège, d'Un cbeval qui appuie les branches de
son mors contre le poitrail, pour se dt-fendre
d'obuir à la main. Vn cheval qui s'arme^ qui
s'arme de son mors.
AnMÈ,ÉE. participe. Un homrr.e bien mo:i(c,
bien armé. Armé de toutes pièces. Armé à cru.
Arme de pied en cap. Armé à la légère, ou
cijcrement. Pesamment armé. Armé d'épée et
de pistolets. Les Princes armés. Un vaisseau
armé en guerre, en coune. Un homme armé de
patience. Armé contre le froid.
On ditd'Un homme qui est armd plus qu'on
n'a accoutumé de l'être, qu'/I est armé jus~
qu^aux dents.
On dit figurcraent d'Un homme qui est prêt
sur tous !cs points d'une aflàire, et en *!lat de
repousser toutes les attaques, qu7i esi arme
de (oiite^ pièces.
A MAIN AnuEC. Manière de parler «dTcr-
binlc. Avec force, et les armes à In main. Entrer
à main armée dans un Pays. Il a cnicv* le^
fruits de ma terre à main arm4€f • force
arnue
ARO
8i
ARMKT. s. m. Armure de tête, casino. Il
n'est d'usage qu'en parlant Des (Jlirvalicn et~
rans des vieux Romans.
ARMILIjVIKE. ad;, des 2 genres. (On pro-
nonce les L, mais sans les mouiller.) Il n'est
d'usage que dms cette phrase, .Sj'/icre armil-
Itiire, qui se dit d'L'uc .Spbire évidéc, et corn-
l)Osée de plusieurs eercles, jiour le— -(.tenter la
dis|>ositiGn du Ciel et le mouvement des .\slics.
AR.MlLLlîS. s. f. jilur. Ce sont de peiites
nioulurcs qui entourent en façon d'anneaux lo
cliapiteau dorique, inimédiatemeut au-dessout
de love. Ces moulures cinces se nonimcnf
Filcls nu Listeaux, lorsqu'au lieu de tourner
cireulairement elles sont étendues en (ig.nc
ilroitc.
Armistice, s. m. Suspension d'armes. Un
loiij arniislice. Convenir rf'iin armistice, /iom-
pre l'urniistice. ./armistice <!e cjueltjnes jours.
L'urmiïliee ne fiil pas de durée, ne tarda pai
à cesser, à expirer.
AftMOIRE. s. f. Meuble de bois, dont le
premier usage a été pour serrer des armes , et
qui sert à renfermer toutes sortes de clioscs.
Une armoire qui s'ouvre à quatre volets. Les
laMdtes d'une armoire. Les tiroirs d'une ar-
moire.
ARMOIRIES, s. f. pi. Il signifie la même
chose qu'Armes, en termes de Illason. Fairt
peindre ses armoiries.
Armoise, s. f. Sone d'herbe odoriférante,
que le peuple appelle Ilerhe de la Samt-.lcati.
ARJIOISIN. ». m. Taffetas foible et peu
lustra.
ARMt)N. s. m. Une des deux pièces du traîm
d'un carrosse, entre lesquelles le gros bout dn
timon est placé. Les armons d'un carrosse.
.■VRMORLVL. s. m. Livre coBtenanl les Ai^
moiries de la Noblesse d'un 'royaume , d'une
Province. L'Armoriai de France. I^'Àrmorial
d'Kspaqne. Armoriai de ^'ormandie, de Bre~
laqne, de Dauplùné . etc.
ARMORIER. T. a. Mettre, peindre, graver
ou appliquer des armoiries sur quelque chose.
Faire armorier un carrosse, de la %iaisselU,un
cachet.
AiiMoniÉ, ÊE. participe. Des coiwerlures de
mulet .irmorices.
AKMllRI.STE. s. m. Celui qui fait des ar-
moiries , qui enseigne le Blason, ou qui écrit
sur le lUeson.
AUMURE. s. f. I..es armes défensives qui
couvrent et joignent le corjjs . comme la cui-
rasse, le casque, et*. .Irmure léqére. Armure
pesante. Armure complète.
AnMLnK , se dit aussi Des plaques de fer
qu'on attache à un aimant, et qui en augmen-
tent la force. .
ARMURIER. ». m. Ouvrier qui fabrique
ou qui vend des armes défensives, comme cas-
ques , cuirasses ; et de» armes i feu , comm»
fusils, pistolets.
ARO
AROM.VTE. s. m. Drof^ odoriréranle. te
baume, le itorax, la cannelle, l'encens, k je.
Il
82 ARQ
n lèvre ,, le girope ^ la muscade y etc, sont des
aromalts. jiromale précieux^ excellent aro-\
mute. La pluj^art des (iromaiis ctvisscnt dans
les Pays chauds et nous arrivent dn Levant.
AKOMATIQUK. ndj, des 2 i;riires. ^ui est
i\r. b nature des aromates, qui a lodciir de-i
aromates. Odeur aruniatiipH: ileihe arotna-
tiijiic.
ARO>3ATISATU)N. s. f. lermc d<- l'iiir-
macie. Action de m^ler des aromatts dans Icw
drogues et les ii^iMlir.-imeus.
AROMATISER, v. a. M^lcr des aromates
f Trc qufi-|uc clios ■.
AnoMATisÉ; ÉE. participe
AUOM)K. s. f". Hirondelle. W n'est guère
d'usage <juVn celle plimse, A (jueue d'aiondc,
qui se dit d'Une pièce de bois laïllcc par un
bout en forme de queue d'iiirondelle, et qui
t'assemble avec une autre par le mojcn il'une
Mtaille de la même forme.
AK P
ARPiiGK. s. m. Terme de Musique. Leçon
et exemple d'/ir: érjcrnens. Voy.ce mot ci-après.
Recueil d'arpjqcs et solfiées.
ARPI^Gi:Mt:NT. s. m. Terme ds Musique.
Manière de frapper successivement et rapide-
ment tous les sonsd'uu accord, au lieu de le-*
ffdppcr h la fois.
AiiPÈGKR. V. n. Terme de Musi jue. Faiic
des Arpégemeus.
AnT'Fr.iL . ÊE. participe.
ARPENT, s. m. Certaine ('tendie de terre,
contenant ordinairement cent perclies caiTt'cs
de superficie. Ln arpent de terre labourable.
Un arpent de pré. Un arpent de viqnc. Un
arpeut de bois. Un bois de tant d'arpens. Lu
âtanq nui contient tant d^arpens.
ARPIÛ.NTAGE. s. m. Mesura';e de terres par
arpcns ou parties d'arpent, ou autres mesures.
h'aire Varpenlaqe J'une (erre.
Il se dit aussi De la Science de n.esurer les
terres. Entendre bien tarpentatjt.
ARPENTER, v. a. Mesurer des terres par
arpcns ou parties d'arpent, ou autres mesures.
On a arpente le terrain d'un tel Vdlugc. Faire
arpenter une pièce de terre. Arpenter des bois.
Il se dit fij;urément pour signifiei , Marclier
vite et ^ grands pas. Voye% comme il arpente.
Il est du st) le familier.
AnpESTÉ, LE. participe,
ARPE>Ti:UR. s. m. Officier dont U char^^e
est de mesurer et d arpenter Ici terres, quaud
il est uomnic par Jusiic:. Arpenteur Juré.
AR Q
ARI^>UEBUSAUE. ». f. Coup d'arquebuse.
/[ fut blessé d'une art^uehusade.
Ou appelle Eau d'artpiebusade , Une eau
composée, dont on se sert contre les coups
de fru.
ARQUEBUSE, s. f. Ancienne arme k fou
^t se jMftoit sui IVpiiule.
On »it\H:\\eAi'iHchnserayêe, Une arquebuse
AVJ.\
dont le ciiuon csl rayé par dedans; et Arquebuse
à croc. Une sorte d'arquebuse dont le canon
cioit si gros cl s! pesant, qu'on ne s'en servoil
guère que pour tirer de derrière les murailles
d'une Phice. On n'en voit plus f;uèrc que dans
les arsenaux, pai-mi les curiosit. s cl les ar-
umres antiques.
On doifuc le n(mi <le Jeu de l'ar(iud)usc^ au
l.iru où s'assemblent les Compagnies d'Arqué-
liusieis pour s'exercer à tirer.
ARyUElïUSER. V. a. Tuer à coups d'arqué
buse, ihi le fit arauebuser.
AiigucBi si^;, LE. participe.
AHQUi:iUJSKRIi:. s. f. Le mctitrd Arque-
busier. Il est très-habile, très-expérimenté dam
V .frquebnserie.
\RQUIi»jUSIER. s. m. Celui qui est arme
d'une arquebuse. 5on ./if/ (^!icb(*4ier.^r(^ue/^usi(;r
(i pied. Arquebusier à cheval. Des pelulons
d'Arqucbui^ievs.
AnQU':t)DsiEn, signifie aussi, l'Ouvrier ([ni
fait des arquebuses et toutfS sortes d'armes à
feu portatives. C'est un exce/(cnt Arnuebusicr,
ARQUER. V. a. Courber en arc. Arquer un
hordage, M s'eniploie aussi avec le pronom
1 ersonnel, .*'^^ar<^uer. La qntlle du vaisseau s' es\
artntée.
Il est aussi neutre, et signifie Fléchir, s«
Courber. Cette poutre commence à arquer.
AnQLÉ, i':e. participe. Une poutre arquée,
Des jambes arquées.
AR R
ARRACHEMENT, s. m. Action d*arracbei:
On a tant j'ayé pour l'arrachemcnl des saw
clies.
AnnAcncMENT, est aussi un terme d'Arcbi-
lecture. On appelle Arracberaens d'une voftte,
les endroits par ou elle commence à se formel
en cinin- , ce qui est au-dessus de l'imposte,
ARRACHER, v. a. Detacbcr avec effort et
qui tient ii quelque chose. Oterde force quclcpM
iliosc. Arracher des at hres. Arracher des herbes.
Arracher /er cheveux. S'arracher les cheveux
Arracher les dents. Arracher un clou d'uni
niuvuille. On ne sauroit arr-icher une pierre di
ce mur qu'à qrands coups de pique et de mar-
teau. Arracher quelque chose des mains dl
quelqu'un. Arracher un rnf-tnt à sa mère, dei
bras de sa mère, d'entre les bras de sa mère,
il» sont prêts à s'arracher les ycur.
On dit figurément, Arracher de Carqent de
quclqu\tn , jinur dire, Tirer avec pjine de l'ar-
gent de qiicKjU'unhqui on a dioil d'en deman-
der. On ne :auroit arracher de larnent de lu:.
On ne peut arracher un sou de personne.
On dit figurément d'Un homme qui a un
extrême altichement à quelque chose, qu'On
ne Ven peut arracher , pour dire, ^'On ne
peut l'eu détourner, l'en dét;!cbcr. On ne .kmi-
roit r<irrac/icr à l'étude, Varracher de Vctude.
ihi ne saurait Varracher du jeu. Il est s: at-
tacl^ à cette (imme, qu'on ne Ven peut arra
cher.
Un dit encore figurément , Arracher une
ARR
opinion de l'esprit, de la tête de quelqu^un.
On ne sauroit lui arracher cette iqnnion de
Vesprii. Vous ne lui arracheriez jduiiiis cela
de la tétc.
On dit aussi £;;urémcnt, d Un Iionime qui
;ie veut [>oîut parler : (-n ne sauruit lui arra-
cher une parole. Il n^y a pas moyen d'urro-
chcr une parole de lui.
On dit proverbialement et figurément j pour
luanpier l'extrême répugnance d'un bonunc i
faire quelque chose, et combien il seroit dif-
ficile, de l'y obliger, de l'y contraindre : Vous
lui arracheriez plutôt la vie. Vous lui arra-
c/ierc; plutôt le c .'«r. Ce seroit lui arracher
Vi'ime.
On dit aussi fi.:;urcmcnl et proverbialemeut,
// vaut mieux laisser son enfant morveiuc y
ipie de lui arracher le «es, pour dire, qu'il
vaut mieux tolérer un petit mai, un léger dé-
faut, que de se servir d'un remède violent,
qui pourrolt causer un grand maljotquc Tirer
de l'argent d'un avare, C'est lui arracher une
di'ut.
D'ARnAcnv-piEU, ne se dit que dans cette
phrase adverbiale, D'arrache-pied, pourdiïc,
Tout de suite, sans inlermission. Je rain((c'ji a
trois iieures d\irrache-picd. Il a travaillé six
îieures d'urruc/ie-pîed. H est familier.
Ce verbe ne s'emploie guère avec le pronom
personnel qu'au figuré. On dit d'Un homme
fort recherché dans la société qu'On se Varra-
che, pour dire, qu'On se dispute à qui l'aura,
l'at tirera chez soi. Le rcman nouveau a le plus
qrand succès, on seVarrachc. On dit aussi, Ils
se sont disputés à s'arracher les yctue, pour
dire, qu'ils ont porte la dispuie iusqu'à la tio-
Icnce, h l'emportemi nt.
AnnACHÉ, ÉK. participe.
ARRACHI'.UR. s. m. Qui arrache. Arra-
clicur de detits. Arracheur de cors. Il n'est usit«
qu'en ces phrases. El on dit proverbialement
d'Un homme qui a accoutumé de mentir, qu'/f
ment comme un arracheur de dents.
ARRAISONNER, v. a. Chcrclier i» amener
ijuclqu'un h un avis, en lui eu donnant les
raisons. On Va arraisonné à ce yiqcf, et ii
s'est rendu. Il est familier et de peu d'usage.
Ou l'emploie aussi a\ec le pronom persou-
neldi.'iis knîèmescns. .S'urruùo/iner avec qucU
(^w'uu, pour^ Entrer en explication avec lui,
chercher à lui laire entendre r.iison.
ARRANGEMENT, s. m. Ordre, état de «e
qui est arrairgé. Arrangement de livres. Arran^
qement de vases, de porcelaines, de tableaux.
Il y a du goiit dans Varrangement de eu
meubles.
Il se dit aussi De la dispcsitionct de l'ordie
qu'on observe dans un discours, en mettaiX
chaque terme à la place qui lui convient. L*ar-
\ rangement des paroles contribue à la clarté,
I .j la beauté du discours.
Il signifie aussi. Louable économie , esprit
i d'ordre dans la dépense. Cet homme manque
I d^ arrangement. Il faut mettre de Varrange^
I ment dans ses afptires.
Il signifie quelquefois Conjcllialion. Féir:
ARR
un arranqement entre deux personnes. L'ar-
rangement de ce procès ne sera pas aise.
Il se dit encore Des mesures qu'où prend
pour fiuirune uf^re. Prendre des arrangemem
pour payer ses dettes.
AKKA>'GER.v. a. Mettre dam Tordre con
Tcnablc. .arrangez bien tout cela. Arranger des
iurci. Arrangeons-nous autour du fcu^ autour
di la table.
On dit dTn homme qui parle avec Just-^ssc
et avec ordre, que ( 'est un homme qui ar-
range hien ses paroles^ (jui arrange bien ce
au il dtt.
AAnATfGEn, s'emploie aussi, pour dire, Ac-
commoder, établir, mellre en bon ordre,//
• bien arrangé ses affuires ; et ironiqucincm,
pour dire, Maltraiter ou metlre en désordre.
/( l'a bien arrangé. Comme le vent vous a
arrangé !
On dit aussi, S'arranger chez 5oi, pour
dire, Mettre ses meubles en ordre, rendre sa
aiaisOD propre et commode. Il me fanxlra du
temps pour m^arrangcr chez moi. Vous vous
êtes bien arranaé.
■j
Ou dit S^arranger ensemble, pour dire,
S'accorder : Arrangez-vous ; et dans ce sens on
dit. Arranger une affitire^ pour dire, L'ac-
cuuinioder, la terminer à l'amiable.
AniiANGÉ, ÉE. participe.
On dit d*Un homme, qu'H est arrangé ^
pour dire, qu'il a de l'ordre, soit dans ses
âdaire* , soit dans sa conduite, soit dans sa
maison.
Il se prend aussi en mauvaise part , puac
dir(», qu'Un homme a de l'apprêt, de la pédun-
t-rie, de l'afiectatioD dans son ton. dans ses
manières. Il est toujours arrange dans sa ma-
nière de s^ejcprimer. Il a toujours un air ar-
rangé.
Uu dit proverbialement dtjn homme qui a
cté battu ou malmené en paroles, qu'il a été
f rt mal artangé, ou par antiphrase, qu'il a
été bien arrangé ^ arrangé de la I onne ma-
n içre.
ARRENTEMENT. s. m. Action de donner
ou de prendre ^ rente, /donner un arrentement.
Faire un arrentement. Prendre un arrente-
ment. lenir un champ, une vigne, un pre
par arrentement.
ARRENTER. v. a. Donnera rrnt<' quelque
héritage, ou qurïqui' pièce de terre, de vi^ne,
i»tc /l u arrenfé toutes ses vignes aux l'aysans.
Il lui a arrenté tant d^arp^s de terre, moyen-
nant telle redevance.
AnncïfTF., ÉE. partici()C,
ARRÉR AGICR. v. u. Il se dit Des renies en
redevance annuelle qui ne sont pas payées, et
qui s'accumulent. On ne laisse pas arrérager
tu Aimes.
ARRERAGES, s. m. pi. O qui est dû, ce
(ui est échu d'un revenu , d'une rente, d'un
loyer, d'une ferme. /( lui doit tant d'années
'Varrérages. Cela fiit mille écus tant en prin-
cipal qu'en arréragu. Payer le principal et les
arrérages.
ARRESTATION. •. f. L'action d'arnVcr
A Ri;
qu^^lqu'un , de rcnipfr tr d*' continuer imc
roule.
AnnFSTATiON , signifie aussi , Prise de corps
arlion d'upprcheuder ati corps. Il signifie au&>
l'ét -t de relui qui est arrêté. Il est en état d'ar-
restation.
ARRiVr. s. m. Juf^ement dune Cour, d'une
Justice souveraine, par lequel une question de
fait ou de droit est déridée. Arrêt du Conseil
Arrtt du Parlement. Arrit interlocutoire. Arrêt
p(ir dSfi'it. Arrêt définitif, .irréi contradic-
toire. Arrêt sur ! e-jucte. Arrêt par firclnsion.
Arrêt solennel. Arrêt en robes rouges. Arrêt les
Chambres csscmblées. Arrêt de mort, Ariêi
d'absolution. Poursuivre un ArrêL Prononcer
un Arrêt, /lendre un Arrêt, Dresser un .Arrêt.
Lever un Arrêt. Obtenir un Arrêt. Être fnndé
en rrêt. Casser un Arrêt. Se pourvoir contre
nn Arrêt. En cassation d'Arrêt. En interpré-
tation d'Arrêt. Exécuter un Arrêt. En exécu-
tion de VArrêt. îl y a tant de chefs à cet Arrêt.
L'Arrêt porte telle chose.
On dit Ëgur.'ment d'Un homme d'un juge-
ment srtr, b qui on s'en rapporte inuji.urs
quand il a prononcé. Ses paroles sont des ar-
rêts sans appel. On dit au contraire, qu'il faut
se défier guelguefois des arrêts des critiques,
parce qu'il leur arrive de se montrer passion-
nés, ou d'être mal iustruits.
AnnÉT, si^ni6e aussi. Saisie, soit de la per-
sonne, soit des biens. En ce sens on dit : On a
jait arrêt sur sa personne et sur ses biens.
Mettre en arrêt un homme entre les mains
d'un Huissier. Il a fât arrêt sur de Vargent
qui revient à son débiteur. Faire saisie et ari'.t
entre les mains de quelqu'un.
On dit en termes de Guerre, Mettre aux
arrêts, pour dire, Ordonner A un homme de
f^uerrede ne pas sortir de chez lui ; et Garder ses
arrêts, pour dire. Ne point sortir du Heu où l'on
est aux arrêts, tire aux arrêts dans sa chambre.
On dit. i'ompre les arrêts^ pour dire, Sortir,
avant le temps, du lieu ou l'on est aux arrêts; et
X^ever les arrêts, pour dire. En révoquer l'ordre.
Arkêt, se dit aussi De l'action du cheval,
(jticnd il s'arrête. Ce cheval a Varrêt beau ,
l'arrêt sur et léger. Il est ferme sui l'arrêt.
U se dit aussi De l'aclion du clucn cou-
chant, lorsqu'il arrête le pibîcr. Ce diien est à
l arrêt. Il est en arrêt. Il a fait un bel arrêt.
l enir le gibier en arrêta siguiËe, Être en arrêt
devant le gibier.
AitRËT, se dit aussi de la pièce du hamois
où un Chevalier appuyoit et arr^toit sa lance
pour rompre en lice ou autrement Mettre la
lance en arrêt.
Il se dit aussi d'Une petite pit?ce de fer qui
arrête le ressort dune armcth feu , et qui l'em-
pêche de se il> bander. Ce pistolet est en arrêt.
Il se dit aussi d'Une petite pièce qui em-
pêche que le mouvement d'une horloge n'aille
îrop vile. L'arrêt d'une horloge.
On dit fij;urcment d'Un jeune éventé, ou
d'Un homme léi^er, vslage, et sur le* paroles
duquel on ne sanroit compter, qu'/l n'a point
tParrét, que C'est un esprit sans arrêt.
A R R
83
Anr.èr, se dit aussi, en termes de Couture
et do Lingerie, Des ganses qu'on met à l'ex-
tn'mité des ouvertures, pour empêcher que le
lin;.;o ou 1 étoffe ne se déchire. On a oublie de
faire un arrêt à l'oK'crturc de cette chemise.
ARRETE, s. m. Résolution prise dans uim
Compagnie. C'est un arrêté de l'Assemblée.
Arrêté sur le Registre. On dit aussi, In arrêté
de compte, pour dire, Un rù'i;lemcnt de compte.
ARRÊTE-BŒUF, s. m. autrement Bitufiandk
nu Iîi(;nA?iE. Plante qui croît dans les champs,
cl y jette plusieurs lif;cs h la hautcurd'unpied.
Ses raciïMs longues, ligneuses, el difiiciles à
rompre, arrêtent souvent la chamie. De là sur,
nom.
ARRÊTER. V. a. Empêcher la cnutinuatîou
d'un mouvement, le cours, le progrès de quel-
que chose, l'ëcoulemenl de quel({uc liqueu..
Arrêter une horloge. .înêter un homme gui
s^enfuit. Arrêter un cheval , l'an éler tout court.
Arrêter Veau par le moyen d'u:ie digue. A rJ-
ïcr le cours deVeau. Arrêter une fliuvion. Arrêter
le sang.
On dit. Arrêter ses yeux, ses reqards sttr
quelque chose, pour dire, Regarder tixemeul ;
et figurêmcnt. Arrêter sa pensée sur quelque
chose^ pour dire, Refléchir sur quelque chose
avec attention.
On dit en termes de Cha-sse, qu'î/n chien
arrête des perdrix, des cailles, ou absolument,
qu'il arre*(e, pour dire, que Quand iî ren-
contre des perdrix, des cailles, iJ s'arrête, et
marque par li au Chasseur ou eiles .<;otiI,
AnatTEn, sii^nifie aussi, Empêcher quel-
qu'un d'agir , de faire ce qu'il vouloit faire . de
continuer ce qu'il avoil commencé. Ilveut faire
des poursuites contre moi, mais j'ai de quoi
Varréter. Je n'ai fait que dire une parole, et je
Vai arrêté tout court.
On dit à peu près dans cette acception,
qu'On a arrêté un Courrier' soit pour dii*e,
qu'Où a relardé son d'ipart. soit i>our dirt ,
qu'On l'a empêché pour un temps de continuer
sa route.
AnnÊTEit, signifie aussi, Saisir par voie du
Justice. Les Sergens ont arrêté son carrosse et
ses chevaux. Arrêter les exemplaires d'un
Livre,
Il signifie aussi, Prendre prisonnier. Stt
créanciers l'ont fuit arrêter. On l'a arrêté pour
dettes. On l'a arrêté pour crime d'Etat, On l'a
arrêté prisonnier.
Il se dit aussi d'Un domestique qu'on retient
à son service. Arrêter un Laquais, une 5er-
vante. Arrêter un Valet de Chambre. Arrêter
un Cuisinter, une Cuisinière.
U signifie aussi, S'assurer de qucli]ue chose
pour son service, pour son us.içc, pour sa
commodité. Arrêter une maison. Arrêter une
voiture. Arrêter des chevaux à la peste.
AnnÉTEn, signifie aussi. Résoudre et déter-
miner quolt[uc chose, demeurer d'accord de
faire quelque chose, en convenir Après avoir
bien crami/ié l'afpiire, on a arrêté telle chose,
on a arrêté que Ion ferait telle chose, de faire
telle chose. *Jua-t-cn arrêté dans cette confc*
11.
8iî ARPt
renct? Il a arrêté dans son caprll tic donner sa ^
ttèniissîon. ./Vu arrillé en vwi-même. Aous^j
avons arrêté cela ensemble. Arrêter unentarche^
un plan de conduite. On ne peut rien arrêter
sur celte affaire.
On dit, Arrêter un compte, arrêter des
parties, pour dire, Ri-^lcr uii compte, rosier
des parties. Et on dit , Arrêter un point en
cousant, pour dire. Faire un nœiiil au dernier
point de la couture, de peur qur le fil n'e-
chappe.
AiiBÊTEn , s'emploie auss.' avec ie pronom
(Krsonnel , et signifie , Cesser d'aller. Il mar-
chait à grands pas, mais il s'arrêta tout d'un
coup. Il s'arrêta tout court. Le Soleil s'arrêta
d la voix de Josué. Une montre (jui s'arrête.
Il signifie aussi, Tarder, s'amuser, rester
quelcjuc temps dans un lieu s.-fns en sortir. Où
vous êles-^KUs arrêté? iSous nous sommes ar-
rêtés une heure chez lui. Allez vite et revenez
ta:is vous arrêter. Il s'arrête à tous les coins,
à toutes les bornes.
Il signifie encore , Se contenir . cesser de faire
quclcjue chose. Vos enfans jettent des pierres,
dites-leur de s'arrêter. Arrêtez-vous donc.
11 se dit encore figur.5ment , et signifie , .Se
déterminer, se fixer. Après avoir écouté dijft'
renies propositions, il s'arrêta à la première
Après avoir vu toutes les étojj'ts (jui étoienl à
vendre, il s'arrêta à ceUc-ïti.
Il signifie aussi , Avoir égard , faire atten"
tion. Il s'arrête à des apparences. Il ne faut
vas s'arrêter à des haqatella. Il ue {uut pas
t'arréter à ce iju'il dit.
AnnÊTEii , est aussi neutre , et signifie ,
Cesser de marcher, et demeurer en un lieu
pour quelque temps. Après deux jours di
marche, nous arrêtiluies a un tel endroit.
AnniiïÉ , ÉK. participe.
On dit, qu'Un homme n'a pas la -une arrê-
iée, pour dire, qu'il n'a pas la vue assurée; et
qu'il n'a pas l'esprit bien arrêté, yotir dire,
qu'il n'est pas bien sensé.
On dit en Peinture, qu'C'ii iJessin est arrêté,
Lorsque les contours en sont déicrminc^s avec
justesse et sans indécision.
ARRÉTLSTh'.. s. m. Compilateur ou Com-
mentateur d'.'Vrréts , de I)écIarations , etc.
ARRîIiilMKNT. s. masc. L'action d'arrhcr
Achat de grains en vert et sur pied.
ARRHER. T. a. S'assu.-er de quelque chose
Ofl donnant des arrhes. Arrher des marchan-
dises.
Akuhf:, ée. participe.
ARRHES, s. fém. pi. L'argent qu'on donne
pour assurante de l'exécution d'un marché, et
que l'on perd si le marché n'a pas Lieu par la
faute de celui qui les a données. I.e marché est-
il conclu? donnez des arrhes. Il s'est engagé,
il a pris des arrhes. Donner des arrhes au
coche.
On dit familièrement, qu'On a donne des
arrhes au coche, pour laire entendre qu'On
s'est engagé dans q^ielqne ailàire, dans quelque
ARll
.fïinnES, lie tlisoil autrefois figiuémenl dans
en même sens d'Assurance et de i;aj;cs. Les
bonnes œuvres sont les vraies arphcs du salut.
Les presens soni des arrhes d'amitié.
ARRltUE. adverbe de Heu, (;4ii a diverses
.icceplïons selon 1ns diflerentes plirasos où l'ou
s'en sert. Ainsi dans cette plir.ise, >4rricre de
moi SataUy il si_:;nifie. Loin de moi Satan; et
dans ceUe-cij J<k'oir vent arrière, il sij^nifie
Avoir vent en ponpc.
On dit En arriére, poiu: dire, En reculant.
Aller en arrière^ retourner en arrière, faire un
pas en arrière.
On dit familicr'cment , En arrière, de tjueU
^j'iïfi, pour dire, En l'absence de quelqu'un.
Il me loue en présence^ et me déchire en ar-
rière.
En AnniÈnE, signifie aussi Eu retard. En ce
sens 'jn dit, tju'^'n Trésorier, qu'un Fermie'
est et* arrière^ pour dire, que Le temps de ]'é.
chénnv-e de son paycmi-nt est dôjà passé. 7/ efoù
en arrière de trois (juarticrs. Un Fermier qiô
est toujours en arriére.
On dit aussi fij^urcment d'Une aflàire, qu'£ïlî
ne va ni en avant ^ m en arrière, poiu' dire.
qu'Elle est toujoiTs dans le ni<>me état.
AnniHiiE, est aussi une préposition inscpa<
rable qui se joint à un autre mot, pour faire si
piiifier à ce mot- une chose placée derrière unj
autre. Cette préposition est opposée à Avant,
Varrière-corpSj Vavant-corps d^un bâtiment.
On dit substantivement , L'arrière d'ui
vaisseau^ pour dire, La poupe,
ARRlERE-BA^. s. m. Assemblée de ccuï
qui tiennent des Fiefs, ou qui, sans tenir de
Kiefs, sont Gentilshommes, convoquée par \t
Prince, pour le servir i la guerre. Conforruer
/'urrière-biin. J sseinbler Varriére-han. Dès qut
Varrière-îuin fut en marche, il se dit aussi De
la convocation m.'înie.
AJIRIÈRE-BOUTIOUE. s. f. Boutique de
plain-pied après la première. Ce Marchand c
SCS marchandises les plus préclciuics dans son
arrière-bout in ue.
ARRIÈRE-CORPS, s. in.Tcnne d'Arcbitcc
turc. La partie d'un bitimcni qui est derrière
un autre.
ARRIt'lRE-COUR. s. f. Petite cour, qui
dans un corps de bâtiment sert à des dégage-
mens pratiqués dans les apparlemcrs. Cettt
maison a une arriére-cour fort tommode.
ARR11':RE-FAIX. s. m. Les membranes où
l'enfant est enveloppé, et qui sortent de la ma
trice après l'enfantcmert.
AlU\IbîRE-KlEE. s. m. Fief mouvant d'un
autre Fief. Une terre (jul a plusieurs arricre-
Flefs.
AJRRIÈRE-GAHANX. s. m. Garant du ga-
rant.
ARRIÈRE-GARDE, s.f. La dernière partie
d'uDe armée marchant en balailJe. Les cnnrnii.t
^onnèrcnf sur Varrltrc^qardc. Jls harceloicnt
perpétuellement Varritre-garde.
ARRIÈRE-GOÙT. s. m. Il se dit d*Un ^oût
■société. Je ne puis plus mVn dédire, fai donné .h que laissent dans la bonciie certains aliuiens
4ei arrhes au cocht. oa certaines liqucius, ditTcrenide celui qu'on
ARR
avoit éprouve d'abord. Il ne se prend jamais
en I)onnc pari.
A1\R1KRE-MAIN. s. m. Coup du rovers de
la main. Ce mot n'est guère d'usage quau jeu
de Paume, où l'on dit, J'ut (}u(jné la partit par
unhel arnère-main.
On dit au même jeu . et au féminin, en par
lanl d'Un homme qui joue bien du revers de
la raquette ou du battoir, qu'/I a l'arriére'
main belle.
ARRIÈRE-NEVEU, s. m. Le filt. du neveu.
C'est îon arrière-neveu.
On dit dans le style soutenu , Nos arrièra-
nevetix,, pour dire, La postérité la plus re-
culée.
ARRIÉRE-PENSÉE, subst. f. Pensée inté-
rieure, vue secrète qu'on ne laisse pas voir, qui
détermine une action, une conduite. Il y a
dans celte proposition queltjue arrière -pensée
dont je me défie. Cet homme a toujours de»
arrière 'pensées. Il y a dans cette démarche
une arriére -pensée qui se démêlera avec le
temps.
ARRlfcRE-PETlT-FILS. s. m. ARRIÈRE-
PETITE -FILLE, s. f. Le fiU ou la lille du
petit -fils ou de la petite- fille, par rapport au
bisaïeul ou à la bisaïeule. Louis XV élolt ar-
rlcrc-pelll fis de Louis \1V,
ARRIÈRE -POINT, s. m. Rang de points
continus qu'on fait avec une aiguille et dil fU
sur le poignet de la manche d'une chemise.
Faire un rang d^ arrière-points.
ARRIÉRER. V. aci . Arriérer un payement.
C'est le différer, ne pas le faire à soc échéance.
Il s'emploie avec le pronom personnel. De-
meurer derrière. L'Injunierle .s'ornera.
Il se dit figurément, en parlant Du paycmenl
des redevances. Un Fermier niK s^arrière^ qui
s'est arriéré.
Annitnr;, ée. participe.
ARRIÈRE -SAISON, s. f. On appelle ainsi
I Automne, et plus ordinairement la fin de
î Automne, /-es fruits de V arrière-saison.
On dit, que Des pommes ^ des poires, •!
aulrc-i fruits^ sont pour l'arriére -saison, pour
dire, qu'Us ne sont bons à manger qu'à la fia
de l'Automne, ou même bien avant dans l'Hiver ,
lorsqu'on ne mange plus d'autres fruits. Le
bon- chrétien j la ralnctlc, ne se mangent que
i dans V arrière-saison.
On dil figurémcnt,L\:rrtére-5(itson, en par-
lant Du eommenrcment de la vieillesse.
En parlant Du blé et du vin, on appello
Arrière' saison. Les derniers mois qui précè-
dent la récolle, ou les vendanges. Le ble te
vend plu.*; cher dans V arrière- saison , c'est-ii-
dire, Dans les mois de Juin et de Juillet. Et,
Ce vin ne se boit que dnns l arriére- saison ,
I c'cst-îi-dire. Dans les mois de Juillet et d'AoAl.
{ ARRIÈRE- VASSAL, s. m. Celui qui i-eU-ve
d'un Seigneur vassal d'un autre Seigneur. I)
\ est arrière-vassal d'un tel Prince.
ARRIÈRIC-VOU.SSURE. s. f. Terme d'Ar*
chitccturf. Espèce de voAtc pratiquée derricrf
une porte ou une fenêtre pour couronner I'cib-
brasure.
ARR
ARRIMAGE, s. m. Arrangement de la car-
gaison d'un navire.
AlïRIMCU. V. a. Arranger la cargaison d'un
navire.
AiiniMÉ, ÉE. participe.
AlUUMKURS. s. m. pi. Petits Oflfîcicrs éta-
blis sur les porls, (jui rangent les tonneaux et
autres niarclirindiscs dans les vaisseaux.
AURISEU. V. a. Terne de Marine. Al) «îsser,
descendre, amener. Arrïser les vergues.
AnnisÉ, tK. participe.
AKRIVACiK. s. m. Abwd des mvires dans
nn port. Il se dît plutôt Des baiennx de rivièrt*
que des bjtiniens de mer.
On le dit aussi De l'arriver des nian'ïiamliscs
par les voilur-s d'eau. L'arrivaqe des aratns,
des farines.
ARRiyÉK. s. f. Action d'arriver. Le temps
où une personne arrive eu queUpie endroit.
Son arrivée m'a [ait grand plaisïr^Je me trou
vai à son arrivée^ à l'arrivée du Courrier. De-
puis mon arrivée.
En parlant De la poste aux Lettres, ou dd
Toitiiri'S publi((urs , on dit^ Jour d'arrivée^
pour designer Le jour où elles ;irrivenl, vt pai
opposîtiou au jour où elli s part) ot.
Il se dit aussi Du temps où des marchan-
dises sont apportées ci; queUjue lieu. A l'orri'
vée de ces marchandises.
ARRIVER. V. n. Alwrder, approcher de II
rÎTe. La tempête nous obligea de relâcher, d
nous arrivjmes à une pl^igc déserte. Arriver au
porf.
Il «e dit en lenries de Marine, en parlani
d'Un vaisseau qui vient sur un autre. Ce vais-
seau arriva sur l'autre, et lui Idcha toute sa
bordée. Dewx vaissecux sont urrù'és sur nous.
Commandement d'arriver.
AnniVEn, signifie plus ordinairement, l'ar-
Tenir ù uo lieu où Von vouloit aller, .^rri'v^r à
Paris. Arriver de bonne heure. Arriver tard.
La nuit nous empêcha d'arriver à un tel lieu.
Arriver dans sa patrie^ dans sa maison.
Il se dit aussi Des marchandises qui vien-
nent par tfrre, ou qui abordent par eau. Dèt
^ue ces marchandises seront arrivées. Il csl
«rrifé à ce Marchand trente balles de café.
On dit, /irriver à bon porf, pour dire,
Parvenir heureusement au lieu où l'on vouloil
aller; et figurcnienl, ^rnVer J ses fins, poui
dire, Venir à boni de ce qu'on s'étuit pro-
posé.
AnniTEn , se dit foroilièremect au sens de
néussir, de parvenir. Avec de tels moyens on
arrive On rcussÎL Vous aurez peine à arriver^
«• vous n« vous y prenez autrement ^ pour dire,
Vous aurez peine à réussir,
AnniVEii, signiÔe aussi, Survenir. Il nous
«iTir.i compagnie. Il esi arrive un grand
nombre de personnes
Il se dit h peu prùs dans îe même sens , des
•ccidens.des érénemcns de la vie. i'n malheur
n'arrive jamais seul. Voyez ce (jui m'arrive.
Dans cette acception Ion dit. Cela peut arriver
à tout le monde, |>our dire, C'est .i quoi tout le
niODde at cxp-^vl El Cela ne m\irrivera
ARR
jamais, pour dire, C'est une chose que je ne
, . ferai jamais.
AnnivEn, s'enpioie impersonnellement. /I
m'arrive un grand malheur. Il arrive souvent
(jue Il arriva des gens que nous it'atlen-
dions pas. Il est arrive nouvelle gue, etc. La
première fois qu'il vous arrivera de faire telle
chosCy pour dire, La première fois que vous
ferez telle chose, foutes les fois (ju'il m'arrive
de songer à cela, pour dire, Toutes les fois
fjue je ioni^p à cela ; et oînsi du reste.
Artuvi':. Kf. participe.
ARROlii:. s. m. Mesure de poids, uAÎtée
dans jcs possessions d'Espagne et de Portug'd,
et qui v.-îrie suivant les diilerens lieux. ViH' t
arrobes de sucre.
ARROCHE 5. f. Plante potagère. On U
nomme aussi Benne - dame, Atriple.T. Ses
teuilles donnent au bouillon une couleur dorée.
ARROGAMMEM". adv. Avec arrogance.
Parler arrogamment.
ARROGANCE, s. f. Fierté, orgueil, pré-
somption, qui fait qu'où s'attribue un merilt:
un droit, une autorité qu'on n'a pas. .Suffi
arrogance. Arrogance insupportable. Varia
avec arrogance.
ARROGANT, >VNTE. adj. Hautain, fier,
superbe. Une personne arrogante. Paroles ar-
rogantes. .1/ine arrogante. Ton arrogant.
Il s'emploie aussi subst.inliv. C'est un arro-
gant, un petit arrogant. C'est wïc arrogante.
ARROGER, S'ARROGER, v. S'uimbuei
mai h propos quelque chose. Il ne se dit jamaii
sans ie pronom pmsonnel. Il s'airoqe injuste-
ment un pouvoir, une gualité, une autorité
^u'îï n'a pas. Pourquoi vous arroger un drot(,
un titre qui ne vous appartient pas? Il s'est
urrogé ce privilège.
AmiOGÉ, ÉE, participe.
ARROl. s. ui. Traiu, équipage. Se mettre
en arroi, en magnifique nrroi. 11 est vieux.
ARRONDIR. T. a. Reudre rond. Arrondir
une boule. Cela n'est pas assez arrondi. Ar-
rondir un maiifedu, une robe.
On dit proverbialement et (igurém. qu'?7n
homme a arrondi son champ, son pré, sa
terre, sa fortune, pour dire, qu'il y a f.iii des
augmentations. El dans ce même sens ou dit
eucnre simplement, S'arrondir,
Ou dit aussi figurcmenl, Arrondir une pé-
riode, arrondir ses f/AruiCs, pour dire, Leur
donner du nombre, de l'harmonie.
Annoscia , en Peinture, C'est faire sentir la
rondeur des objets, leur saillie et leurs toui -
nans, par l'inlelligcnce du clair-obscur.
AniiosDi, IE. participe. Une boule bien ar-
rondie. Une péri-jde bien arrondie. Une fic-rt
arrondie.
AnnoTVDi, en termes de Riason, s'applique U
loul ce qiM t'tanl rond par sa nature, est repn'-
^e^té en relief par le moyen de certains trails.
ARRONDISSEMENT, s. m. L'action p.r
laquelle on arrondit. L'flrrondisscmcn( de ic
globe a coûte beaucoup de temps.
II se dit aus>i De l'ctal dune rJîOsc arroisdic. . ,
; L'^arrcndissenicnt de ces fgures est parfait. :i
ARS S5
On dit figurément , L'arrondissement d'une
période, en parlant d'Une période nombreuse,
harmonieuse.
Ai\ROSA(;E. s. m. En termes d'Hydrau-
lique, Canal que l'on pratique pour conduire
l'eau d'une rivitre sur des terres Iroj) sèches.
AnnosAcE, dans les moulins à poudre à
cinon, L'eau qu'on met de temps en temps
dans les mortiers pour lier le salpêtre, le
soufre et le charbon.
ARKOSEMENT. s. m. Action de verger île
l'eau sur dea plantes. L'urroscment est néces-
saire, à cause de la sécheresse.
Il signifie aussi L'action d'arroser au ;ea.
L*ano$cment a été cher. Voye" AnnosEH.
ARROSER, v. a. Humecter, mouiller quel-
que chose en versant de l'eau dessus. Arroser
des fleurs. Arroser des plantes. Arroser des U-
gumes. Arroser le pied des arbres. Arroser un
jardin.
Ou dit, Arroser de la viande qui rutit, pour
dire. Répandre surdc laviandc lesucque lelcu
eu a fait sortir, ou du beurre, ou du lard fondu.
On dit, (ju'Cne nVière urrojtc une Cdrri-
j-agne, un qrund puys , pour dire, qu'ElIe y
passe, qu'elle y coule.
On dit, Arroser de larmes, pour dire,
Mouiller de larmes, La Madelaine arrosa de
ses lurnies les pieds de ^otre-Seiqneur. Il ar-
rosoit son lit de ses larmes.
Ou dit Hgnrcmcnt, Arroser des créanciers ,
pour , Distribuer à ses créanciers quelques
sommes qui les iipjîsent. On \r dit de même
en parlant De i>etites libcndit'^s qu';î faut dis-
tribuer. Ayez soin d'arroser ces qcn-i-là.
AnnosER, en te»-mes de Jeu - se dit De U
re'trihulion qu'un Joueur doit à tous les auties
dans certains jeux et dans certains cas. Il ha
en a coûte tant de louis pour arroser. Il w dit
aussi d'Un supplc^ment que des Actionnaires
ou des intéressés dans une cntreprise^sont obli-
ges d'ajoult-r à une mise de Ibnds pour subve-
nir aux dépenses imprévues qu'exige 1 entre-
prise. // nous en ti coûté uutun! pour uirt>4er
que pour la première mise.
AnnosÉ , ée. participe.
ARROSOIR, s. m. Vase fait pour arroser.
Arrosoir de cuivre. Arrosoir de terre. Ce jardin
est sec, il faut qu'un Jardinier ait toujours
Ttirro^oir à la main.
ARRUGïE. s. f. Dans les Minières, Canal
pour faire écouler les eaux.
ARRU>L\GE. s. m. Terme de Marine. Ar-
rangement de la cargaison d'un vaisseaxi. Voyer
AnrjuAGE.
.ABRUMER. v. a. Arranger la cargaison
d'un vaisseau. Voyez AnnoiLn.
AKRU.MEUR. s_ni. Celui qui arranRC k*
marchandises dans un vaisseau. Voyez Anni-
HEins.
ARS
ARS. ». m. pi. iMcnibres. Il ne se dit i^icrc
que Des j imlx's du cheval , et dans cette phnse
seulement, Saiqnerun cheval des ^unfrc ars.
ARSENAL. 6. m. Magasin d'armes et do
8G ART
toutes sortes d'instnuiieiis de guerre, soit i>our
U Icrre, snit pour la mer. V Arsenal de /'oriV.
L'Arsctml tîc Venise. ArsLiial bien muni. On
dit au pluriel. Arsenaux.
AWSE^UZ. s. m. Demi-iiiétul qui a lu pio
priété de se dissiper dans le feu sous l.i fbrnif
dune iïimce dont l'odeur est seiiili^ihle h celle
de l'nil. i_)n compte tro'S espèces d^Arscnic, le
blaiie, ie jaune ei le rouge. L'Arsenic blanc est
pur, et a été sublimé par le feu qui lui u fait
picndre b forme d'une poudre blanche- et If-
gère, ou d'une farine; c'est ce qu'on apjxUe
Yulgairenxul tic la mort aux ruts. Quand le
feu a clé assez fort pour fondre cet arsenic
hlanc, il forme une masse iraiisparenle comme
du verre blanc, que l'on nomme Arsenic cris-
tallin. VArscnic )a\ine est de l'arsenic blanc
combine avec une portion peu considérable de
soufre. Varsenic rouqe est l'arsenic uni et su-
blime avec une plus i;rande quantité de soufre
que l'arsenic jaune, ce qui lui fait prendre une
c:oulcur rougi; comme un rubis ; on l'appelle
Pièalgar. L'urseuic sous la forme de demi-métal
se nomme liénidc d'arsenic: alors il est giis-
brillant assez 5eml)IaI)le à du fer , mais il se
luiiicic à l'air, 'i oui arsenic est un poison très-
dnnqcreux.
ARSEMCAL, ALE. adj. Qui tient de !;.
qualité de l'arsenic, i n poison arsenical, he^i
esprits arsenicaux. Les terres nouvellement re-
muées envoient quelquefois des vapeurs arseni-
cales.
A RI
ART. s. m. Métiiode pour faire un ouvra|;p
selon cerlainfs règlts. Art noble. Art vil et
nhject. ^.avoir un art. Savoir Vart. Les terme:
ie Vart, Les préceptes de l'art. Les renies d,
ar(, les procédés de l'art. ! e.t secrets de Vart
Le sublime de Vart. Réduire quelque chose en
art. C'est un chef-d'omvre de Vurt. Vn dis-
cours où Von a employé tout Vart de l'Elo-
quence. Un Toënic fait avec art. L'art rfc l.i
Poésie. Inventer un art. L\trt de la TsUiviqa-
tiûn. L^art Militaire^ ou Vart de la Guerre. Il
est habile^ il est expert en son art. Les maître^
de Vart. il faut croire chacun en son art.
On appelle Arts libéraux, Ceux où l'esprit
a la priucip'ile part; et Arts mécaniqucXf Ceux
qui dépendent surtout de la main.
AnTS, au pluriel, sans cpitbète, se dit en
général I)c> Aits tant lilx'raux que méca-
niques ; mais souvepl aussi on se sert de ce
mot pour signifier simplement la Peinture, la
S ilpture, l'Archileclure, la^lusiijueetlaDaTise.
Ces derniers Arts s'apptdlent aussi souvent
Ccûitr-^r(s ; on y joint communément l'Klo-
quence et la Poésie. Les Lettres, les Sciences
et l's- yirts. Aimer les Arts, les Beaux- Arts.
Ercouratjcr les Arts.
Anr, se dit fij^urcment De b mt'îlioJe, de
l'adresse, de l'industrie avec laquelle ou se
conduit dans tout rc qu'on fait. Aqir avec art.
Se conduire avec art. L'art de plaire. L^art de
hitJi vivre, yintinuer avec art. {l y a de Vart
ART
dans tout ce (ju^il fait. Il y a de Vart à cacheT
Vart.
Lorsque sur quelque point de Science il y a
quelque contestation , quelque dispute entre
le:j personnes (pii ne sont piis capables de dé-
cider , on dit, qu'/I faut s^n rapporter aux
Maîtres de Vart, aux gens de Vart^ pour dire,
qu'il faut s'en rapporter à ceux qui sont rci;ar-
dés comme les plus liabilcs, les mieux instruits
dai><4 la matière dont il s'agit.
Alix, se dit souvent dans lo propre et dans
le fiL;uic, par opposition ii Nature. L^arl jkt-
pctiunnc la nature. Les productions de la na-
ture et les ouvrages de Vart. Il n'y a point
d^art dans tout ce qu^H dit^ c''est la nature qui
parle j c^est la nature toute pure II y a en cela
JjIus de naturel que d'art.
11 se prend souvent au figuré dans Iç sens
d'Ai-lifice. L'art perce dans tout ce qu''il dit.
Cette femme est tout art.
Arts, au pluriel, signifie encore, dans lo
langage des Universités, Les Humanités et la
Philosophie. En ce sens, on appelle Maître es
ArtSj Celui qui est passé Maître en cette sorte
de Littérature , avec pouvoii' d'enseigner ; et
La Faculté des Arts, Celle qui comprend les
Ré;;ens de l'Université qui enseignent les Hu-
manités et la Philosopliie, et tous les Maîtres
es Arts immatriculés, Il fut reçu Maître es
Arts, Le îiecteur de VUniversité se prend dans
la Faculté des Arts.
ARTÈRE, s. f. Vaisseau du corps de l'ani-
mal, qui porte le sang du cœur vers les exiré-
mités, où il est repris par les veiucs pour être
reporté au cœur. Le Chirurgien lui piqua Var-
tère en le saignant. Il eut Vartèrc coupée. Bat-
tement d'artère. On appelle l'aorte, la grosse
artère.
ARTÉRIEL, ELLE. adj. Qui appartient à
l'artère. Sanq artériel. Le sang artériel est plus
rouge et plus subtil que le sang l'eineux.
AKTI'CRIOLE. s. f. Petite artère.
AIITÉRIOLUGII':. s. f. La partie de la Mé-
decine et de rAnatomie qui traite des arti^res.
ARTi-lRIOIOMIE. s, f. Terme d'Anatomic.
Ouverture qu'on fait à une artère avec la lan-
relte, comme on en iàit ïi une veine.
ARTIIIUTIQUE. adj des 2 genres. Il se dit
en Alédecine Des maladies, tell s que la goutte,
qui attaquent les joiutures, et des médicamens
qui y sont propres.
ARTICHAUT, s. xc. Espèce de légume fait
à peu près en forme de gios chardon , avec plu:
sieurs icuilles birges et piquantes, qui se re-
couvrent les unes Its autres. Une y.omnic d'ar-
tichaut. Des cardes d'artichaut. iJes artichauts
à la pcivrade. Vn ragnùt d^artichauts.
ARTICLE, s. m. Jointure des os dans le
corps de l'animal. Il se dit principalement de
1.1 jointure des os des pieds et des maius de
riiomme. Les fluxions tombent sur les articles.
Il étoit blessé à un des articles du petit doiqt.
Les doigts sont divisés en plusieurs articles.
Faire Vampulattou dans Varticle. En ce sens
■ ^U n'est gui^re en usage que parmi 1rs Annlomisics. ^
Article, se dit aussi d'Une des peiitei* par-
ART
ties d'un écrit, composé de divers cliefs , tel
qu'est un traité, un contial. un compte. Un
long article. Un article important .^ considé-
rable. Mettre par articles. Examiner des ar-
ticles. Examiner un compte article par article.
Examiner chaque article Vun après Vautre.
Diviser un livre par chapitres, et les chapitres
par articles. Article (Vun Journal, d'une G Q"
zette. Avez-vous lu Varticle de Londres? L'ar-
ticle Spectacles. Les articles d'un traité. Ar-
ticles secrets. Les articles d'un contrat de ma-
riage. Les arlicles d'un compte. Débattre un
article. Allouer, rayer un article, l'roposer
des articles. Signer des articles. Dresser des
articles de mariage. Un article de dépense.
Interroger sur faits et articles.
On dit quelquefois, C'est un autre article,
pour dire, qu'Une cliose est différente de celle
dont un a parlé. Je veux bien lui prêter cette
tapisserie- mais la lui donner , c'm( un autre
article.
Ou ditj A Varticle de la mort, pour dire. Au
dernier moment de la vie. Il ne faut pas atten-
dre à l'article de la mort pour se convertir.
Article de Foi, s3 dit De chaque point de
la croyance en matière de Religion, de cbacuoe
des vérités que Dieu a révélées à son Eglise.
C'est un article de Foi. Tout ce qui est dans le
Symbole des Apôtres est article de Foi. Croire
une chose comme un article de Foi. Pour dire
iju'Une chose ne mérite pas d'être crue, on dût
Ce n'esf pas un article de Foi.
On dit aussi d'Un homme trop crédule,
qn'll croit tout comme article de foL
AnTiCLBf en Grammaire , est Une partie
d'oraison qui précède ordinairement les noms
appcllitifs. Article masculin. Article féminin.
Le, est Varticle du nom masculin. La. est Var-
ticle du nom fc min in. Les, est Varticle pluriel
du masculin et du féminin.
ARTICULAIRE, adj. des 2 genres. Qui a
rapport aux articles, aux jointures du corps.
ImI iioutte est une maladie articulaire.
ÀirncULATION. s. fém. Jointiire de» os.
L'articulation des doigts. Les Anutomistes re-
marquent plusieurs sortes d articulations dans
le corps humain.
On dit, en termes de Procédure, Articula-
lion de faits, pour dire, Déduction de faits ar-
ticle p.ir article. Et dans le stvle ordinaire on
dit, L'' articulation de la voix, pour dire, La
prononciation distincte desmols. /I n'a pas l'ar-
ticulation de la voix bien nette, bien libre.
AJïnCULi:R. V. a. Déduire par articles.
Articuler des faits, et les proposer par ordre.
On dit aussi, Articuler un fait, pour dire,
Affirmer positivcmenl c» circonstamier un fak.
Il signifie aiissi Prononcer distinctement les
mots syllabe jiar syllabe, i es petits enfans ne
peuvent articuler les mots les articuler distinc-
tement. Il convtience déjà à articuler. Il y a
des oiseaux qui articit'.ent fort bien plusieurs
mots de suite.
Il s'emploie avec le pronom personnel #^n
Anatoniie, en pmlanl Dei os qui se joigntot.
L'humérus s'articule avec romop/u(c
ART
AnnCCLÉ, ke. participe, res fiils articulés.
^iOts hUn articitles.
On dil^ussi, Voix articulée, sons articulés.
Il n'y a ijuc Chomme dont la i'oi.r soit nalu
Tellement .irïieiWee, (jui forme des sons articulés.
On s'en sert fi^^urement pour dire, Expriiiit'
nettement, avec précision, i^'oiiù qui est arti-
culé ; cela se coni;oit.
.\RTIF1CE. s. m. Art, industrie. Celle hor
loqe, cette machine est fuite avec (m arlifici
merveillctu:. L'artifjce d'un ouvrane. On le dit
Des ouvrages d'esprit, d^t slyU-. L'artifice de
son style séduit
Cnditqu'f^M liommc ne vit rj:iepararti/ice.
pour dire, (ju'll ne vit qu'à force de soin et de
r^imc.
On dit, Péussir par ard'/ice.se .<OK(ciiir jiir
artifice, pour dire, .\ foree d'industrie et de
moyens.
AnTinCE,se prend plus ordinairement pour
Ruse, déguîsouicnt , l'riiude. j^écliant arl:;ire
Détestable urtijlci. .Irtifce grossier. Ust-r d\ir-
tipce. Se garantir iTiin arli;i'ce. Un jjrorédè
plein d'arlijîce. C'est un Lomme sincère et sans
artifice.
Ou îippelle Feu d'artifice. Un feu préparc
avec art, en signe de réjouissance, et dans l;i
composition dutjuel il entre plusieurs matières
■bées à s'enll.inmier. comme Poudre .\ raiiou,
aoufre, bitume, camphre, etc. T'riparer un fui
À'artifce. l'atre un fu d'artifce pour le gain
d'une bataille Tirer un f u d'ai tifce.
On appelle aussi aliM.I'iment .Irtifice. Cctt'
composition de matiirres aisées & s'enflammer
/ 'n magasin plein de lances à feu , de grenades
et d'autres semblables artifices.
ABTIFICIEL, KU.E. ,ndj. Qi.i se fait pai
art. Il est oppose à Naturel. i''on(ai'Mcartt|icifi/d
Des f.eurs artificielles. J'ei yeux aitificicls.
Des dents artificielles. Les ! liysiciens font un
froid artifciel. On dit d'Une Ijeauté où l'.irl
et le soin oijt plus de part (jui- U D.Tture,que
C'est une beauté artifcielle.
On appelle Jour artifciel, L'espace de temps
qui est depuis le lever du Soleil jusqu'au cou-
cher, h la (liiTérencc du jour naturel qui est de
vingt -quatre luurcs. Kt on appelle Mémoire
<rli/îci'elle , Une méthode pour retenir plus
aisément certaines choses dont on veut se sou-
Tenir.
AR'HFICIELLEMEM-. adv. Avec ait. II
•U opposé '•! Niturcllemenl, et il ne se dit qii'c»:i
E«rlant Des ouvrîmes de l'art. Foiitdine.-; gui
vont urlifciclkmenl. Ce corps ne se vicul
(qu'artificiellement.
ARTIFICIER, s. m. Celai qui fait des feu-
d'artifice. C'i-.'il le meilleur Artificier de l'aris.
AH,TIFI(:iEUSEME> r. adv. D'une m.inirre
•rtiËcicuse. /I a crposé le fait fort artiflcicusc-
ment.
ARTIFICIEUX, EUSE. adj. Plein d'artifice
et de finesse. C'esl l'homme du monde le plus
«rti/îci'eux. Esprit artificieu.T. Une fcmmt ar-
tificieuse.
ARTIU.É , 1:E. adj. Garni. On dit, fn
•tiucdu ortillé de toutes piicts.
AS
ARTIIJ.EIUE. 8. feni. (On niouiîle !e.s LJ
jToul l'aitiiMil de (guerre, qui comprend les ca-
nons, les mortiers, les bombes, etc. L'arûllc-
rie fut bien servie à ce siége-là. (>n manquod
de nrosse artillerie. La grosse artillerie ne put
arriver assez à temps, londre de Vartillerie.
Faire jouer l'artillerie. Le parc de Varlillerie.
lout lé(^uipa(jc de Vartillerie. Un Eéqiment
destiné your la garde de Vartillerie. Grand
uitre de l'artillerie. Lieutenant Général de
Vartillerie. Commissaire de Vartilhrie. Les che-
vaux de Vartillerie. C'étoit un tel Officier qui
commandait Vwtîllerie. Ou iippclle Un canon,
Une pièce d'artillerie. On battit la Place avec
cent pièces d artillerie.
Artiu»me» se prend quelquefois pour Le
corps des jUiciers qui servent à l'artillme
! oute Vartillerie se plaionoit. Il est de 'artil-
lerie. Il est dans Vartillerie.
AllTiLLEL' K. s. masc. Celui qui sert dans
l'artillerie, !i rartillerie. C'est un bon^ un er-
cellent artilleur.
ARTIMON, s. m. Terme de Marine. L'arlirc
de poupe d'un vaisseau. Voile d'artinion. Lt
mât d'artimon.
ARTISAN, s. m. Ouvrier dans un art mé-
canique. Homme de métier. Simple artisan.
iiahile artisan. Les boutiques des artisans.
Il se dit fii^urénient De celui qui est l'au-
teur, la cause de (juelque chose. Il a été Varti-
san de sa fortune y Varttsan de son malheur.
C^est un artisan d' impostures y de calomnies.
ÂRllSON. s. m. Petit ver qui s'entendre
dans le bois. '
ARTISONK, J- K. adject. Qui se dit Du bois
troué par les vers.
ARTISTE, s. m. Celui qui travaille dans un
art uu le génie et la main doivent concourir,
qui cultire les Arts libéraux. Un /Vmtrc, un
/trchitecte^ sont des artistes. Il se disoit autre-
fois plus particulitrement De ceux qui fout lei
opérations cliimiqucs. Jl faut être artiste^ un
rjrand artiste^ pour réussir dans ces sortes d'o-
pérations.
ARTISTEMENT. adr. Induslrieusement,
nvec art et industrie. Ouvra(je artistement fuit,
i.rtistemeni travaillé^ artistement combiné.
A RU
ARUSPïCE. s. m. Ministre de la Religion
ciiez les Anciens, dont 1 1 fonction consistoit .1
cliercber des pronostics de l'avenir dans \c-,
niouTenicns de la Ticlimc avant le s.iCxKîce. u
dans l'inspection de ses entrailles après la c6i\-
mouie.
AS
AS. ». m. (l'S se prononce.) Un point seul
marqué sur uu des côtés d'un dé, ou sur une
caçte. Ces dés (ont petit jeu, ils n'amènent que
des as. As de pique ^ as de cifur, etc.
As, dans les Auteurs l^atins, si^niGe tantôt
un certain poids, tantôt une monnoie p;:rticu-
lière, dont la valeur a v.irjc dans les dlfférens
temps.
ASC
ASA
87
ASARINE. s. f. Plante qui a quelque ras-
port avec la I-înaire.
ASARUM. s. m. Plante dont la tige e«t trés-
court3, et dont les fleurs sont in forme de clo-
cbetles et odorantes, Voy. (Cabaret.
ASli
ASBESTE. s. m. Pierre de la nature de l'A-
tTii;in(e. Elle est composée de Glcts, mais ces
lilets ne sont pas moins fle\ibies que ceux de
1 Amiante. Celle pierre, comme l'Amiante, né-
prou/(. aucune altération dans le feu. Voyez
Amiante.
ASC
ASCARIDES, s. m. pi. Petits vers ronds qui
ne se trouvent que dans les gros et courts in-
testins.
ASCENDANT, ANTE. adjectif. Qui % a en
ïnontont. Terme de Géuéalogie, qui se dit Des
personnes dont on est uc. En ce sens i! nesi.
mièrc d'usage que dans celte phrase, La liqne
ascendante.
Il se dit aussi en termes d'Astrologie, cni
parlant Des Astres qui montent sur rhoriion.
L'Astrologie observe le signe ascendant. La
/i.'^troloques diient que le point ascendani «
hcitucoup d^injluence sur la naissance des hom-
mes et sur les ci'éncmen.f de leur vie.
Il se dit aussi dans l'Anatomie, en parlant
De divers vaisseaux du corps. Les vaisseaux
ascendans et descendans.
Ascendant, est aussi substantif, et, eu
termes de Généalogie, il signifie I-es persounet
dont on est descendu. I^c mariage est défendu
entre les descendans et les ascendans en ligne
d.rccte.
En vlermes d'Astrologie, il sîgnitie Le point
du Ciel, ou le degré du signe qui moute sur
l'horizon. Un tel signe étoit à Tuscendiirit
quand il s^éleva une furieuse tempête.
En ce sens, il se dit aussi par rapport à U
nativité des personnes. Il faut savoir votre as-
cendant. Il avait Mars à Vascendant y Jupiter
à Vascendant. Il a un heureux ascendant. Il
n'a pu résister à son ascendant.
AscENUAST, se dît figurcmcul, et signifie Le
pouvoir, l'autorité, la supériorilé qu'une per-
sonne a sur l'esprit, sur la volonté d'une autre;
Un certain génie dominant, qui fait qu'une
personne a toujours avantage sur une autre. /(
a un grand ascendant sur son esprit. Il a pris
un grand ascendant sur elle. 0 é(oi( un grand
Capttaincj mais H avait en tête un homme qui
avoit un grand a.vcenduiit sur lui.
Il se dit iiussi Du bonheur que l'on a au jeu
de hasard. Il a un grand ascendant sur moi au
\eUj il me gagne toujours.
ASCENSION, s. f. l-:lévation II se dit ordi-
uaircmcut De l'élévation niiniculeusc de Notre-
Seigneur Jïsus-Cnni.sT, lorsqu'il monta au Ciel,
La glorieuse A^ccmion du FiU de Vieu. Les
8S
ASI
Ajpôires se trouvèrent à V Ascension 3e A"o/iv-
Sei(jneHr.
11 se dit aussi Du jour auquel ri'glisoct'Ièbrc
ce MvslÈre. L'Ascension est quarante joum
après Pitquci.
AscENSios, en termes de Pliysîque, se dit
De l'action par laquelle un fluide monte dans
dcA tuyaux, etc. L'ascension de Veau dans les
pumpcs^ dit mercure dans le haromètrey etc.
En Astronomie, on appelle Ascension droite
d'un as'rCj I.c degré de IVquateur qui se lève
avec cet astre dans la sphère droite; et Ascen-
sion oblique du même astre ^ Le degré de l'é-
quatcur qui se lùve avec ce munie astre dans la
splicTC oblique.
ASCKNSIOiNEL, I-XLE. ad j. Terme d'As-
Ironomic. li ne se dit que dans cette phrase,
Vifprence asccnsionelle y qui est la dilïcrence
entre l'ascension droite et l'ascension oblique.
ASCÉTK. s. m. On appelle ainsi Celui qui
s'est consacré d'une manière particulière aux
exercices de la piété.
ASCÉTIQUE, adj. des 2 genres. Çu\ a rap-
] nrt aux exercices de la vie spirituelle. Vie Ascé-
tique. Auteur Ascétique. Ouvrage Ascétique. Les
Ascétiques de Saint Basile, etc. Et dans celte
dernière phrase j Ascétique est employé subs-
tantivement.
ASCIENS. s. m. pi. Terme de Géographie,
^li signifie, Sans ombre, il se dit Des habitons
de la Zone Torride, qui n'ont point d'ombre le
|Our de l'année ou le Soloii est perpendiculaire
sur leurs tèics.
ASCITE. s. f. Terme de Médecine. Hydro-
|iibic du hns-veiitrc
ASCLÉPIAPE. adj. il se dit d'Un vers grec
ou latin, composé d'nn spondée, de deux co-
riambes et d'un ïambe. La prcmtère Ode d'i/t
race est en vers Asclêpiadcs.
ASCLEPL\S. s. masc. Voy. Domîte-vetçiis.
Plante du nombre des vulnéraires.
ASI
ASIARCHAT. s. m. (Ou pron, Àtiarcat.)
Terme d'Histoire ancienne. Magistrature an-
nuelle jointe au sacerdoce, et qui donnoil le
droit de présidence aux jeux sacrés célébrés en
commun par les Villes grecques d'Asie.
ASIARQUE.-S.m. Celui qui étoit revêtu de
l'Asîarcbat.
ASIATIQUE, fldj. des '?. genres. Quî appyr-
|.ient à l'Asie. H se dit particulièremcnl. Du
stylo, du luxe, des mœurs. On apix-Ue Style
Asiatique. Un style diflus et chargé d'oine-
mens inutiles; Luxe Asiatique , Un luxe exccs-
•if; et Mœurs dsictiques^ Des mœurs cfl'é-
minccs.
ASILE, s. m. Lieu ctalili pour servir d-'
refuge aux débiteurs, aux aimincls qui s'y
rctirenl. Asile saint ^ .ç/icre, inviolable. La Lot
de MoUe établit des asiles. 5e jeter , se retirer,
se sauver dans un asile. La franchise , la sain-
ieté des agiles. Violer un asile.
II se dit De tout lieu où l'on est à couvert J^
ilcs poursuite* de U Justice ordinaire. Trouve
ASP
un asîle dans la maison d'un tel Prince. Les
niuisons des Grands ne doivent point servir
((''asile aujc criminels.
Il se dit figurément d'Une maison où un
homme qui n'a pas de quoi subsister, trouve
une reiraitc dans sa mauvaise fortune. Il ne
savait plus où donner de la tête, il a trouvé un
asile chez un de ses amis.
Asile, se dît aussi fîgurément Des personnes
et des choses dont on tire de la protection.
Vous êtes mon asile. La Justice du Prince est
Vasile de Vinnocence. Le Cloître est un u^iilc
contre la corruption du siècle.
ASIMPTOTE. s. f. X.rme de Géométrir.
Ligne droite dont une li^ne courbe s approcbt;
continuellement et â l'infini, sans jamais la
rencontrer. Les Asimptotes de l'Hyperbole.
ASINE. ndj. f. Terme de I*ratique, qui n'est
m usiige qu'crï cette phrase, Bête asine, pour
dire, Un àue ou une ânesse.
ASP
ASPALATHE. s. m. Sorte 'de bois qui ap-
proche du bois d'Aloès, et qu'on emploie dans
les parfums.
ASPECT, s, m. Vue d'un objet, 71 tremble
à l'aspect de son maître. L'aspect de toutes ces
choses-là le surprit. Vous lui pouviez épargner
un aspect si /lic/ieur, si désagréable.
Il se dit aussi De la perspective que présenta
un lieu, une situation. /.'aspect (ie cetfe maison
est très-beau tP^è&'aqrruJile. Cela fait >ni hel is-
vccT. un an^-éahle aspect. Voilà un vilnin aspect.
Asp£CT, se dit aussi De la situation des
Planètes les unes îi l'égard des autres. Les As-
trologue^i disent que le trine aspect de toute
î'ianètc e^t bienfaisant. Jupiter regardant
Venus de Irine aspect, en trine aspect. Aspect
hénin. Aspect favorable. Mauvais aspect. Aspect
infortuné. .IJabn aspect. Suivant les difprcns
aspects.
On dît figiu-ément d'Un projet, d'une aâairc,
Ce projet f cette entreprise, se prcsentent sous
un fiîcheua: aspect.
ASPERGE, s. f. Plante légumincuse qui a
une longue tige plus ou moins grosse, et qui
selève ensuïle en forme d'arbrisseau , et porte
uns petite foraine rouge. Grosses asperges. As-
perges vertes. Asperges de couche. Asperges de
terre. Fosse d'asperges. Botte d'asperges. Des
asperges qui monfenf en graine.
ASPKRCJEK. V. a. Arroser avec de l'eau on
autre îiqueur, qu'on épand par petites gouttes
avec une bramhe d'arbre, ou un goupillon. Il
n'est guère d usage qu'en parlant Des choses de
la Religion. Dans quelques sacrifices on asper-
qeoit le peuple du sang de la victime. On
asperge les Chrétiens d'eau bénite.
Aspeugé, ée. participe.
ASPERGÉS, s. m. (On pron. l'S final.)
Goupillon à jeter de l'eau bénite. Présenter
Vaspergcs. Dans cette acception, il est du
style familier. U se dit aussi Du temps où se
fait la cérémenic de jeter de l'sau bénite. On
en est à l'ugpergès.
ASF
ASPï^hTIE. s. f. Rudesse, qoaliié de ce qrj
est raboteux. On dit aussi au ligure, L'aspérité
I du caractère de quelqu'un.
ASPERSION, s. f. Action d'asperger, de
letcr de l'eau bénite avec l'aspersoir, avec la
goupillon. Légère aspersion. À l'aspersion de
[ l'eau bénite. On dit Baptême par aspersion , 4
la didiTencc du Bapii^nie, soit par infusion ,
soit par immei-sion.
ASPERSOIR. s. m. Aspergés, goupillon ^
jeter de Ttau bénite. /Vesenïtjr l'aspersoir. Jeter
de Veau bénite avec l'aspersoir. L'Kvêque pr^
senta Vaspcrsotr au Hoi.
ASPHALTE, s. m. Espèce 'de bitume solide,
rowipacle et dur . d'un noir luisant comme la
poix , dont on fait du ciment qui résiste
l'eau. On le trouve nageant sur la surface d
quelques eaux, telles que la Mer Morte, eic
Asphalte de Judée, de Suisse, etc.
ASPHODELE, s. m. Plante dont les ra-
cines sont eu forme de navets. En temps do
disette, dans nos Provinces méridionales , on
en fait une espèce de pain. U y a aussi uob
sorte de lis qu'on nomme Lis-asphodèle. Voyei.
Lis.
ASPmXlE. s. f. Terme de Médecine. Sus-
pension suljite de tous les signes extérieurs de «
la vie. Tomber en asphyxie.
ASPIC, s. m. Petit serpent, dont la morsure
est très-dangereuse. Il fut piqué d^un aspic.
On appelle figurément Un médisant, Un
aspic, une langue d'aspic.
Aspic, se dit aussi d'Une espèce de Lavanda
d'une odeur trc-sfurte.Enccscn-U n'est guci
li' usage qu'en cette phrase, lltiile d'ospic.
ASPIRANT, .MVTE. adj. U n'est guère d'u-
sage au propre que dans cette phrase. Pompe
aspirante, qui se dit d'Une sorte de pompe
qui élève l'eau en l'attirant, à la diflTérence do
celle qui élève l'eau en la poussant. C'est une
pompe aspirante, qui porte Veau dans ce ré-
servoir.
Aspirant, est aussi substantif. Il se dit pro-
prement d'Une personne qui aspirs à entrer
dans une Charge, k être reçue dans une Mai-
son Religieuse , dans une Er.culié de Théologi*,
de Médecine ou autre. 7/ n'y a ^t deux Char-
ges qui vaquent j et H y a quantité d'aspirants
Il y avoit dans cette Maisvn Religieuse piu-
sÎTirs postulans , plusieun aspirans' n.iîs il
n'y en eut que deiLr de reçus. Il n'est pas en-
core reçu Bachelier, il n'est qu'aspirant. C'est
u'i des aspirons. Aspirant au Doctorat j À la
ilaitrise,
ASPIRATION, s. f. Action de celui qui as-
^)irc, qui attire l'air extérieur en dedans. Dans
cette acception, il n'est d'usa°c qu'en cette
phrase, L'aspiradon est opposée à Vexpiration.
Il se dit on parlant Des poniprs qui servent
à l'élévation des eaux. Vne pompe qui agit par
aspiration, et Vautre par compression.
Il signifie eu Grammaire, La manière de
prononcer en aspirant. L'H (Inns plusieurs
mots se prononce avec aspiration.
A5p1nATioH.se dit, en medèrc de Dévotion,
De certains mouvemcns de Tâmc vert Dieu.
4SS
ASPIREK. V. a. Attirer loir avec la I)Oudie.
U est opposé à Expirer, suivi d'un régime.
AsPiiiEn , en termes de Grammaire, signifie,
Prononcer de la gorge, en sorte tjue la pro-
nonciation soit ft)rtemcnt marquée. // v " tic
teiiains mots dans la langue où il faut aspirer
Vu, comme dans ces mois. Hauteur, hardiesse,
iiunte, etc.
AsPinEO, se dit fi|^urément , cl signifie,
I^ritendre à quelque cliose, porter ses désirs à
quelque chose. Aspirer aux honneurs. Aspirer
à un Emploi, à une Charge. îl aspiroit à VEm-
pire. Aspirer au Ciel. Il n aspire ^u'ii î;ou>
plaire. Je n^aspire au à vivre t) an qu die ment.
AspinÉ, ÉE. participe.
ASPRE. s. m. Petite monnoîe d'argent chez.
les Turcs. L\îspre vaut environ neuf deniers.
ASS
ASSA. s. f. Suc concief. Il y eu a de deux
•spcces : h'Assa dulcisy qui est le Benjoin, et
r.'/isa fxjetida , dont on fait usage en IMcdecinc.
ASSAlJX.ANT. s. m. Celui qui attaque. Il
lie se dit au singulier qu'en parlant De Tour-
noi. Uassaillant et le leriant. Il ctoit un des
assaillans. En parlant De ceux qui assiègent
une Place, et qui y donnent un assaut , il n'est
d'usage qu'au pluriel. Les assaillans furent re-
poussés jusque dans leurs tranchées.
ASSAILLIR. V. a. J^assaillcy tu assailles.
il assaille; nous assaillons, vous assaillez, ils
mssaiUent. J'assaillois. J^assaUUrai. J'assadli-
rois. Que j'assaillisse. Attaquer vivement As-
iatllir un camp. Assaillir les ennemis dans
leurc retranchemens.
Il se dit aussi au fipuré. L'orale nous assail-
lit. Nous fumes assaillis d'une furieuse tempête.
Assailli, ik. participe.
ASSAI?J1R. V. a. Rendre sain. L'écoulement
des eaux qui croupissoient dans ce vallon a
bien (tssaini le Pays.
Assaini , ie. participe.
ASSAISONNEMENT, s. m. .'Mélange des in-
grcdiens qui servent à assaisonner. La viande
étoit bonne ^ mais V assaisonnement n^en valoit
rien. L* assaisonnement d'une salade.
U se dit ligurement De la manière agréable
dont on accompagne ce qu'on fait, ou ce qu'on
dit. Quand il ftit des qrdces^ il y joint tous les
assaisonnemens possibles.
ASSAISONNER, v. a. Accommoder une
viauJe , ou autre chose à manger , avec les
ingrédicns qu'il faut pour la rendre plus agréa-
ble au goût. Ce Cuisinier sait bien assaisonner
Us Viandes. Assaisonner une salade.
U se dit figurcment Des manières agréables,
bonnètes, douces, etc. dont on accompagne ce
qu'un dit. ce qu'on fiil. Les grâces que ce
Frince fait y il les assaisonne avec les paroles
du mjnd^ les plus hontictes. Ce père ûisouonne
Us réprimander qu'il f,it ù ses enptns^ de tout
et qui peut les rendre plus supportables.
AssAisoïiNÉ, ÉE, participe.
ASSAKL s. f. Titre de U Sullaue favorila
du Crand-.Scignenr.
ASSAVSls. ». m. Meurtrier de guft-apeiu
Ton^ I.
ASS
Je (iessL'ln /orme, et en u-^ihison. L'assassin a
été pris. On a arrêté les assassins.
AssA-ssis , iSE. ad). Fer assassin. On dit
aussi figurement au moral : Ves yeux assas-
sins. Une bouche assassine. Il n'est guùre
d'usage qu'en Poésie.
ASSASSINAT, s. m. Meurtre en trahison,
r t de guel-apens. L''assassinat est puni de la
roue. C'esï un pur assassinat.
On dit, pour exprimer l'injuslicc de la plu-
part des guerres, que CUst un assassinai entre
les nations, par ressemblance à l'assassinat or-
dinaire entre des gens armés et d'autres qui ne
le sout pas.
Il se dit pnr extension, et suilout en ternies
de Palais, D'un outrage J" 'l de dessein formé,
d'une trahison noire. Ils Vont attendu au coi ■
d'une rue, ci l'ont chargé de coups' c^est un
assttssinat. /
Un dit figurément Assassinat, d'Une action
ou d'un discours nuisible contre lequel il n'y
avoit point de défense. Révéler un tel secret.,
rst un assassinat.
ASS.VSSINER. V. a. Tuer de guet-apens, de
dessein formé, en trahison. On Va assassine
iur le grand chemin. Il n'oserait vous atta-
yucr en homme d'honneur^ mais craignez qu'il
ne vous assassine. Il Vassassiria au coin d'une
haie.
Il se dit aussi par extension , pour dire ,
Outrager, excéder de coups en trahison. Ils se
mirent quatre sur lui, et Vassassinèrent de
coups. Il a rendu sa plainte contre ceux qvi
Vavoient assassiné.
Il se dit aussi figurément par exagération,
pour dire. Fatiguer, importuner avec excès. Il
assassine tout le monde de complimcns ., de cé-
rémonies. Il assassine les gens du récit de ses
ttventureSj de ses affaires .^ de ses procès^ de ses
vuvragc.t.
On dit figurément, Assassiner la réputation
de quelqu'un^ pour, L'attaquer lâchement par
des discours.
Assassiné, ée. participe.
ASSAlTl'. s. m. Attaque pour emporter de
vive force une Ville, une Place de guerre, un
Poste, etc. Assaut vigoureux. Assaut général.
Aller à Vassatit. Monter à l'assaut. Donner un
assaut. Repousser un assaut. Les assiégeatis
furent repoussés à Vassaut, Prendre une Place
d'assaut., Vemporter d^assaul. Soutenir un as-
saut. Soutenir Vassaut.
On le dit figurément De tout ce qui exige
une résistincc. Les assauts de la tempête. Sa
firtune a eu un rude assaut. Ce malade
éprouvera encore quelques assauts de son mal.
On dit eu termes d'Escrime, Faire assaut,
pour dire, Se Uittrc au Ilcurel pour s'exercer.
.■\ssACT, se dit figurément De toute sorte de
sollicitation vive et prcssuite. Résister aux
assauts des Passions, des tentations. J^ai sou-
tenu plusieurs atsauîs pour cette affaire. On
m'a donné plusieurs assauts pour m^obliger à
cela.
On dit figurément. Faire assaut d*esprit^
de Grec, di Géographie^ de Chronologie, etc.
A S S Sç)
pour dire , Hisputer à qui fera pnrnîfre plus;
d'esprit, ^ qui montrera qu'il sait plus (!e
Grec, de Géographie, etc.
On dit aussi Des Dames qui vont au bal ou
'a quelque autre assemblée pour y faire pa-
rade de leur beauté, tin Elles y vont pour
faire assaut de beauté.
-ASSEMBLAGE, s. m. Union de plusieurs
choses ((u'on joint ensemble. Un bateau se fit
de Vassenihlagc df. plusieurs pièces de bois.
AssKMDLAGF, CQ icmies de Menuiserie, se
dit De la n:::nlère d'assembler le bois de Me-
nuiserie, et des pièces principales qui servent
■a cet ellct. L'assemblage de cette porte ne vaut
rien. Bois d'assemblage. Porte d'asccmblticje.
Il se dit aussi Des cboscs morales. 5on
carflclère est un assemhU'ge de bonnes et de
mauvaises qualités.
ASSE.MBLËE. s. f. Nr,îr»^'-e de personnes
réunies dans un même lit?- Belle., grande,
nombreuse assemblée. Assemblée d'Etats. As-
semblée de Ville. L'assemblée des Notables.
L^assemblée desChambres. Assemblée gcnérale.
L'assemblée du Clergé. Président de Vas.wmhlée.
Il préside à Vasscmblée. Assemblée de parens.
Assemblée de créanciers. Convoquer une as-
semblée. Congédier l'assemblée. Empêcher^
défndre les assemblées.
On dit, Tenir Vassemhlée, pour dire, Pré-
sider A rassemblée; qu'On fi'enî Vasscmblée ,
que Vassemblée se tient en un tel endroit, pour
dire, qu'on s'assemble en un tel endroit ; et que
L'assemblée tient ou se tient pour dire, qu'On
est aetucllemeul assemblé. Aller à l'assemblée.
C'est aller au lieu de riissemblée. Rompre l'as-
•^emblée. C'est la faire séparer d'autorité. Et on
dit aussi, ({u'Une assemblée s'est rompue, pour
dire, qu'Elle s'est séparée sans avoir rien dé-
cidé; et que L^assemblée est levée, pou i dire,
yu'Elle est finie.
En parlant De l'Ëglise, on l'appelle L'as-
semblée des Fidèles,
Assemblée, se dit d'Une réunion de per-
sonnes en société. ^sscniMce de jeu. Madame
une telle tient son assemblée les mardis.
On le dit d'Un hiA particulier, par opposi-
tion à un Bal dans les formes, qui est ordinai-
rement public. Il y a eu peu de bals cet hiver*
mais il y a eu beaucoup d'assemblées.
Assemblée, en matière de chasse, se dit Du
lieu où se rendent les Chasseurs , et où ils
. déjeunent avant que d'aller au laîsser-courre.
I Quand on fut À Vasscmblée.
I On api>ellc Quartier d'assemblée pour dct
troupeSf Le lieu que l'on donne aux troupes
pour s'assembler; et on dit, Battre Vassemblée.
pour dire, Battre le tanilxinr, afin que les Sol-
dats d'une Compagnie se rendt ut sous le dr.i-
peau. Ce n'est pas la marche qu'on ^rt(, c e.st
Vassemblée,
ASSEMBLER, r. a. Meure ensemble. //.<-
sembler des troupes. Assembler les Etats. As-
sembler des matériaux pour hiltir. Assemblr
des papiers t des livres. Assembler les feuilles
d'un livre pour le relier.
As^L>iBLt:ii , se dit au*.si en termes de Mrnoi-
1^
go AS S
Perle et de Cltarpcnlerie, pour dire, Joiiii-lrc,
cmboUcr, encii.isscr plusieurs pièces de Lois,
en sorte qu'elles ne fassent <]u'iui corps, yis-
senthler des yièces de charpente ^ de menui-
série j etc.
On dit proverbial. qu't7/i homme a hicntât
nssemhlc son conseil^ pour dire, qu'il prcud
hrusqi^piiK'nt ses résolutions :ans consulter
personne.
Assembler, s'emploï;' aussi avec le pronom
personnel. LePurlcment s'assembla. Le peuple
s'assemble. Les créanciers de cette direction s'as-
semblent detu: fois la semaine.
Às~y.^'Jii.tj ÉE. participe.
ASSKMCR. V. a. Porter un coup rude et
violent. Il lui asscnn "" coup de massue. Il lui
a assené un Ci.mp de fierre entre les deux
yeux.
Assené, le., porticipe. Un coup fortement
assené.
ASSKNTLMK^'T. s. m. Consentement vo-
lontaire donné h une p.'Dposilion, à un acte.
Je n'fli pûintdonné mon assentiment à cet acte.
Il se dit plusordinair.merit L)e ra;)prot)alion
intérieure et forcc'e qu'on donne ;i une chose
évidemment vraie, évidemment bonne. Assen-
timent de conviction. L^ évidence force l'assen-
timent.
ASSENTIR, V. n. toujours suivi de la pré-
position à. Donner son assentiment. Il est di-
dactique et de peu d'usage ; il ne s'emploie
guère que dans l<i Jurisprudence, ^sscnïir à un
acte, ou en Pliilosophîu, Assenlir à une vérité
démontrée
ASSEOIR. V. a, J\issicds, lu assieds^ i\
assied; nous asseyons ^ vous asseyez y ils as-
seyent. J 'asseyais. J'assis. J'assiérai^ ouj'as-
seyerai. Assieds y asseyez. Que f asseye. J'as-
%iérois, on fasseyerois. Que fassisse. En
asseyant. Mettre dans un fauteuil, sur une
chaise, sur un banc, etc. Asseoir un enfant.
Asseoir un malade. Asseyez cet enfant^ ce ma-
lade. Asseyez bien cette femme à cheval.
Il s'emploie plus ordinairement avec le pro-
nom personnel, et il signifie. Se mettre dans un
siège. Asseytz-vcus. Il s'assit. Asseyons-nous.
On le fit asseoir, on le pria (te s'asseoir.
On dit, qu'^y» oisiau s'est zllé asseoir sur
une branche, sur un arbrSy pDur direjiju'U
s'y est allé percher.
AssEOir, en termes de Bâtimen', sr'oifie.
Poser sur quelque cliose de ferme ;!■: ^'ms celle
signiBcalion et dans les autres qui suivent, il
est toujours actif. Asseoir les fondemens d'une
maison sur le roc. Asseoir la première pierre
d'un édifice. Asseoir une pierre. Asseoir une
statue sur un piédestal.
On dit. Asseoir les Tailles., lesGahclleSj etc.
pour dire, lnq)oscr et départir les Tailles, les
Gabelles, etc.
On dit, Asseoir une rente, pour dire, Plîicer
une rente. On a mal assis cette rente ^ on la
pouvoit mieux asseoir.
On dit. Asseoir un camp y pour dire, Placer
un ctinip. JI assit son camp hors de la portée du
canon de la ville.
ASS
Ou dit figurément, Asseoir son junemcnt,
■•^yosseoir un jucjemcnt, pour dire. Fonder un ju-
gement sur (piclque raison, sur quidque appa-
rence. Il ne faut pus asseoir son jugement sur
une simple présomption.
On dit aussi fif;urément, qu'On ne peut as-
seoir aucun jondcment sur ce auc dit une per-
sonne^ sur ce (ju'eUc promet, pour dire, qu'On
ne peut se iier à sa parole, à ses promesses.
Assis, ISE. parlicipe.
ASSERiMENTEK. v. a. Assujettir, enga-er,
obliger sous la foi du serment. Exiger le ser-
ment. Il fait assermenter votre a ard-'.- chasse,
sans quoi il ne pourrait pas verbaliser.
AssEUMKNTÉ, Ée. parlîeipc. Pris .\ sennrnf.
Attache par serment. Des témoins assermentés.
Un vonimis assermenté.
ASSERTION, s. f. Terme didactique. Pro-
position qu'on soutient vraie. La seconde as-
sertion est une suite de la première.
Il signifie aus.si en style de Prati^juc, Aflir-
niatioti en Justice. (Jn le renvoya sur son as-
sertion. Il n'est guère en usage.
ASSERVIU. V. a. Assujettir, réduire sous sa
puissance. Ce Conquérant a asservi plusieurs
nations.
Il se Hit au figuré. Je ne saurois m'asservir
à toutes ce-: ccvémonics-là. S'asservir aux règles.
On dit rigurcmcnt, Asservir ses passions,
pour dire, Dompter ses passions. Et figiu-émcnl
et poétiquement, en parlant d'Une belle fcmjue.
on dit que Ses charmes ont asservi beaucoup
d^amatiSy ont asservi tous les c^vurs.
-IssEnvr, lE. participe.
ASSESSEUR, s. m. Olficier de robe longuci
rjuî est adjoint S un Juge principal, pour jugei
eonjointenient avec lui dans uti Présidial, dans
un Bailliage, et qui préside en son absence,
Conset/iery.ssesseur. Premier Assesseur, etc. As-
sesseur au Siéqe Royal de, etc.
ASSEZ, ad v. Suffisamment, autant qu'il faut.
Assez bon. Assez grand. Assez long. Il n'a pas
assez de vivres pour un an. Assez d^argent. As-
sez d'amis. Assez et plus qu'il ne faut. Assez
bien. Assez mal. Il est assez fort pour vous te-
nir tête. Il a assez de courage. Vous êtes venu
a'^sez à temps. Il y a assez de temps. Assez et
trop long -temps. C^est assez parlé, assez dis-
puté. C'est assez parler, assez disputer. J'en -m
assez, je m.'en cor.tcnte. C'est assez, ctn eu
assez.
On dit, Assez peu, et Assez souvent, p )ur
dire simplement, Peu et so»vcn(. ^-t-i7 beau-
coup de bien.^ assez peu. C'est un homme d'as-
sez peu de génie, d'assez peu d'esprit. Ll va as-
sez souvent dans cette maison. On se trouve
assez souvent embarrassé à choisir.
ASSIDU , UE. adj. ^ui est exact à se trou-
ver ou sou devoir rajipclle. Ce Magistrat est
fort assidu aux Audiences. Ce Chanoine est
assidu au Chœur.
Il signifie aussi , Qui a une applicolion con-
tinuelle ît quelque chose. Un homme assidu au
travail, assiiiu à sa charge y assidu à l'étude.
.Se rendre assidu à son devoir.
"* 11 signifie aussi. Oui rend des soins conli-
ASS
nuels à quelqu'un. Être assidu à faire sa cour.
Il est fort assidu <in^)rès du Prince. Cet homme
est fort assidu aui>rès de cette femme.
AssiniJ,se dit aussi De certaines clioses pOMC
en marquer la continuation, ou la fréquente
répétition. Des soins assidtts. Des peines assi-
dues. Un travail assidu. Des visites assidues.
ASSIDUITÉ, s. f. (XJI fait deux syllabes.)
Exactitude à se trouver aux lieux où le dévoie
appelle. L'assiduité d'Un Chanoine à l'Office.
11 signifie aussi , Application continuelle à
tm travail, h une chose. Cette charge demande
une grande assiduité. J'ai refusé cet emploi,
parce qu'il demandoit ., parce qu'il y falloit
trop d'assiduité. L'a.<isiduité vient à bout de
tout. Son assiduité à la Cour. Assiduité à l'étude.
Ondit,^/voir(ici'ai;su/ui(é auprès du Prince,
pour dire, Être assidu à lui faire sa cour; et,
Avoir des assiduités auprès d'une femme y pour
dire, Lui rendre des soins.
ASSIDÛMENT, adv. D'une manière assidue.
Il travaille assidûment. Il est assidûment au-
nrès du l'rinee.
ASSIÉC;EAIST, ANTE. adject. Qui assiège.
Les troupes assiégeantes devinrent assiégées.
Il est plus ordinairement substantif, et il ne
se dit qu'au pluriel. Les assiégeans ont beau-
coup avancé les travaux cette nuit. Un des as-
siégeans.
ASSIÉGER, v, a. Faire le siège d'une Place,
On va assiéger une telle ville, un tel Château.
Il se dit aussi Des personnes qui sont enfer-
mées dans une Place assiégée. Ce Prince fit
assiégé dans sa capitale.
11 signifie figurém. Enfermer, enviroii'ipr.
Les eaux nous ont assiégés.Ses créanciers l'as-
s'.éqcnt tous les matins dans sa maison. Com-
hicn de malheurs nous assiègent!
Il signifie aussi u^^un-m. Importuner par une
présence continuelle. C'est un homme quim'aA-
sicgc tout le jour. J'ensuis assiégé à toute heure.
AssiÉe.É, ÉE. parlicipe.
Il s'emploie aussi au substantif pluriel , cl
signifie, Ceux qui sont dans une Ville assiégée.
Les assiégés firent une sortie. Un des assiégés
vint se rendre dans le camp.
ASSIENTE. suJïst, f. Terme emprunté de
l'Espagnol. Ferme. L'Assicntc est une Compa-
gnie de Commerce peur la fourniture des Nègres.
ASSIETIE. s. f. SilUPtion, manière d'^4re
assis, couché, placé. Bonne assiette. Mauvaii-e
assiette. Assiette contrainte, incommode. Ce
malade ne peut trouver une />onnc assiette
C'est un homme inquiet qui ne peut demeurer,
oui ne peut se tenir daîis la même assiette.
Il signifie aussi La situation d'un corps so-
lide posé sur un autre, en sorte qu'il soit ferme
et stalïle. L'assiette d'une pierre, d'une poutre.
Cela n'est point dans son assiette.
Il se dit aussi De la situation d'une Maison,
d'une Ville, dune Forteresse. L'assiette Àe
celte Place est avantageuse.
En termes de Manège, Assiette signifie La
situation du Cavalier sur la selle. Cet Ecttyor
fait prendre une bonne assiette à ses écoliers.
11 se dit figuréjueut De l'état et de la disp»-
ASS
gîlionde l'esprit II n'a pas l'esprit (laris une
hoiiiie assiette. Il est fort inconstant, il u\i ja-
mais l'esprit tlaus une assiette ferme, dans une
égale a<sictte. (htns la même assiette. // n^est
pas aujourd'hui dans son assiette naturelle,
dans S071 assiette.
Assiette, se dit aussi De l'imposition des
Tailles, et des autres droits (jui y sont joints.
I.'i:<isiette générale de la l aille se fait par les
Intendans dans chacjue Election, dans cïiafjut
Généralité. Les Collecteurs des Tailles fnit
l'assiette de la '/aille dans chaaue Parois.ie.
Assiette , se diten ternies de Jurisprudence.
Du fonds sur lc([uel une rente est assise, est as-
signée. Une rente en bonne et sûre assiette.
Assiette, se dit encore d'Uuc sorte de vais-
selle plaie qu'on sert à tuble devant chaque
personne, et sur laquelle chacun met ce qu'il
vent manger. Assiette Marnent. Assiette de
vermeil doré. Vue douzaine d'assiettes. Assiette
d'étain. Assiette de fûcnce. Assiette creuse. Vue
pile d'assiettes. Channer d'a-s^iette.
On appelle Assiettes volantes , Certaines
assiettes creuses que Ton sert entre les plats,
et ou l'on met des entrées, des ragoûts: et
Assiettes blancites , Les assiettes nettes qu'on
donne en relcvantcelles qui ont servi. Donnez-
notis des assiettes blanches.
On dit £gurément d'Un bommc qui est en
pension d.ins une au!)erge, que Son assiette
dîne pour lui, pour dire, qu'il ne laisse pas
de payer, quoiqu'il ne se trouve pas au repas.
ASSiETi'KE. s. f. Plein une assiette. Vne
nsitettee de potage. On dit j-lus ordinairemenr,
Vne asùette de potaqe.
ASSIGNABLE, adj. des ?. genres. Qui pcul
être assigne', déterminiî avec précision. 71 n'y
a pas entre ces deiux objets de diff-rence assi-
gnable.
ASSIGNAT, s. m. Constitution ou as$i£;na-
lion d'une rente sur un héritage, qui demeurt
nommément destiné et afTcclé pour le pavement
annuel de la rente.
ASSIGNATION, s. f. Destination de certain
tonds fiour le payement de quelque soniine. Oit ■
lui a donne des assignations sur tel cl tel fonds.
De méchantes assignations.
Il signi6e aussi l'Exploit par lequel on est
assigné à comparoitre par-devant le Juge. Je
lui ai fait donner assignation. J'ai reru une
assignation. Il faut comparollre, se présenter
à toute assignation.
Il se jirend aussi pour Rendez-vous. Vous
deviez vous trouver à midi en tel Ueu^ vous
ava manqué à l'assif^naltci'i. Donner des assi-
gnations,
ASSIGNER. V. a. Placer , colloqucr un paye-
ment, une dette sur certain fonds, ou certaine
nature de deniers. On a assigné le douaire de
cette princesse sur telle et telle Terre. On a as-
signé son remboursement y ses gages, sa pen-
sion, sur les litcettes générales, sur les cin<)
efrotses fermes. Sw (^uoi éles-vous assigné/
i^ons êtes bien assigne^ mal assigné. Être as-
signé sur un bon , sur un mauvais fonds.
Un dit provcrbiulrment, quVJri a assigné
ASS
un payement sur les brouillards delà rivière de
Seine, pour dire, qu'On l'a assigné sur un
maiivais fonds.
A^sicNEHj signifie aussi , huUquer , faire coM-
noitrc. On ne peut pas toujours assigner la vé-
ritable cause des événemens.
AssiGKEn , ^.ignifie encore, Donner un Ex-
ploit pour comparoitre devant le Juge. On l'a
assigné au i. hdtilcf. Je l'ai fait assigner.
Assigné, Ée. participe.
Il se prend aussi substcniivenient. Vn dé-
cret d'asuiijné purir être oui. C'est le premier
lécict et le plus doux que puissent roiidro les
Juj;es en matière criminelle : ec décret n'est
point déshonorant ; mais si l'assi'r^né ne com-
paroît pas dans le délai prescrit ,1e décret d'As-
sig)ié pour être ouï, est converti en décret d'A-
journement personnel.
ASSIMILATION, s. f. Terme d.- Physique.
Action par laquelle les cho-es sont rendues
tenihlablcs.
ASSLMILEH. v. a. Rendre sj-nihlahle, ou
présenter comme semblable. ' n est parvenu à
assimiler CCS deux choses. On le dit aussi pour.
Etablir entre deux choses une comparaison qui
(.uppose ressemblance. On ne peut assimiler ci;
ras à aucun autre.
On l'emploie avec le pronom personnel.
Cela tie s'assimile pas du tout. S'assimiler à
rjuelgti'un. Se cqmparer à quelqu'un , s'estimer
Ion égal. Je ne m'assimile point à ce grand
homme.
Assimilé , ée. participe.
ASSISE, s. f. Rang de pierres de taille qu'on
pose horizontalement, pour eonstruire uni
muraille. Ils sont à la premièrCj à la seconde
assise. Chague assise a tant de pouces de haut.
Assises , au pi. se dit Des séancct extraordi-
naires que tiennent les officiers des Seigneurs
lie Fief, pour faire rendre l'hommage, les
aveux et les dénomhremens auxquels les vas-
saux sont tenus; et pour faire revenir les de-
voirs seigneuriaux, et rendre la Justice. On a
tenu les assises dans cette Terre. Assiqncr pour
les assises.
On dit quelquefois, qu l/ii /io»:me tient ses
as.'ises dans une maison^ dans v.nc compagnie.
pour dire, qu'il y est fort écoulé, fort applaudi,
qu'il y domine.
ASSISTANCE, s. f . Présence. En ce sens il
n'est guère d'usage qu'en style de Pratique,
soit en parlant de la présence d'Un Juge, ou
d'un autre Officier de Justice dans quelque af-
faire du Palais; soit en parlant de !a préstMice
d'un Curé, ou d'un autre Prêtre dans quelque
fonction ecclésiastique. On donna tant au Com-
missaire pour son droit d'assistance. Lt droit
d'u.<:sis(anre du Cure. Pour son assistance.
Il signifie aussi, Aide, secours. Donneras-
sistance. Prêter assistance. Promettre assistance.
Demander assistance, de l'assistance. Il a be-
soin de votre at^istance. Il en est venu à bout
sans aide, sans assistance de personne.
Il se dit aus6i d'Une compagnie as«emi>lé«
en quelque lieu. Son discours ravit touteVassis-
tance. J'en prends à témoin toute Vassistuncc
ASS Qî
A.<;siSTANCE, en quelques Ordres Religieu>:,
se dit Ou corps des assistans qui composent k
Cxniseil de l'Ordre. Après la mort du Gniéral,
l'Assistance ordonna
que..
Il se dit aussi dans quelques Ordres Reli-
gieux, par rapport aux difTérens Étals où les
Maisons de leur Ordre sont situées, et par rap-
port .i la première etprinripale division qu'ils
en ont faite. i.'.Jssistance d'Italie. L'Assistuncc
de France. L'/issistance d'Allemagne , etc. Il y
a tant de Provinces sous l'Assistance d'italic.
ASSISTANT, ANTE. adj. Oui est présent
en un tel lieu. 71 y avoil tant de I^rêlres ussis-
tatis à l'Autel. Les Êvêgues assistans. Le pre-
mier, le second Evêcjue assistant.
Assistant, s'emploie souvent substantive-
ment, tous les assistans furent édifiés. Il prit
tous les assistans à lémom. Un grand nomfcre
d'assistans.
Assistans, se dii dans certains Ordres Reli-
gieux, De ceux qui sont établis pour aider le
Supérieur Général dans les fonctions de sa
charge. P'n ce sens il se dit aussi au singulier.
Il est Assistant du Généial, un des Assistans.
Dans les Couvens de I-illes, on appelle yfs-
• i.stti rite, La Religieuse qui , au défaut ue la Su-
périeure, en fait les fonctions.
ASSISTER. V. n. ïvtre présent A quelque
chose par quelque sorte d'ohligalion , de de-
voir, de bienséance. ..^ssKfcr .1 un juncmeut.
Assister au .*' ervice Divin. /Assister à un Sacre.
Assister à la Messe. Assister à une cérémonie.
Assister à un enterrement.
II se dit en matière criminelle, pour mur-
çuerUne présence qui tient de la complicité. //
n été banni pour avoir assisté à un vol II fut
rondamné comme complice à assister à la mort
Ue celui (jui fut exécuté. Il assista à l'amende
nonorahlc. Assister à la potence.
Assister, signifie aussi, Juger conjoinie-
flient avec un autre Juge qui préside. Vn Cletc
ipii assLstc à un jugement de mort , devient irré
nulicr.
AssisTEn, esl aussi verbe actif, et signifie.
Secourir, aider. Assister les pauvres. Assister
ses amis de son crédit, de sa bourse, de sea.
conseils. Dieu nous a bien assistés. J'espère gue
Dieu in assistera. Assister un homme dans son
besoin, l'assister dans sa maladie. Userait mort
si on ne Veut assisté avec soin.
On dit. Assister un malade, un criminel à
la mort, pour dire, L exhorter à bien mourir.
lui aider à mourir en bon Chrétien.
Dieu i;ous assiste. Façon de parler familière,
dont on se sert quand une personne cteruuc.
On s'en sert aussi piesque toujours, lorsqu'on
veut marquer a un pauvre qu'on n'n rïcn à lui
donner.
AssisrEn, siguitie aussi, Accompagner pour
quelque action : en ce sens il n'est guère d'u-
sage qu'.\ l'infinitif avec le verbe Faire, et an
participe passif. Se faire assi-itet' par guelgu'un.
Il se Ht assister par des Archers. Il etoit assisté
de deux Commissaires. Il comparut assisté de
son Procureur.
Assisté, ée. participe.
ASS
ASS
ASSOCIATION, s. f. Union de plusieuis Assomption, en ternies de Logique, signi
personnes qui se joignent ensemble pour quL'l-^,fie, La seconde proposition d'un syllogisme
que intérêt commun. Vn acte (V associai ion.
Leur associution est rompue, est finie. Associii-
ûon d* intcrëls.
ASSOCIER. V. a. Prendre quelqu'un pour
rompiignon, pour collègue dans un emploi,
dans une commission. Je l'ai associe « mott
emploi pour me soulager. Dioclétien assoaa
Maximicn à VKmpiie. Tihèrc fut associe à cet
honneur f Eut p.irt à cet Iionneur.
Associe», signifie aussi, Rect^voir dans une
comp;»gnic pour participer aux avantages de
cette compagnie. Les i'railans des Gabelles Vont
associé avec eux, Vont associé à leur traite
dans celte Ferme-là.
On dit , iS''ii.s:;or(er avec ijuclquiin , pour
dire , Faire une société avec quelqu'un pour
quelque inl<'rôt commun. Ils se sont ussocies
pour le commerce des Indes.
Il se dit aussi pour, Hanter, fréquenter quel-
qu'un, avoir liaison, avoir commerce avec quel-
qu'un. Il ne faut pas <ju'un jeune homme s''as-
socic avec toutes sortes de qens.
AssoCiR, Éi:. participe. Il est aussi substan-
tif. C'est mon associé. Un tel Bampiier, un le
Marchand et ses associés. Leur associé est morl
tt sa l'ciive est présentement leur associée.
AS.SOGUE. s. 1". :\Iot Espagnol, qui signilî*
Vif-argent. Ondimue ce nom à c;TtainsGalioni
d'Esp.igne, parce qu'ils portent du Vif-argcnl
aux Indes Occidentales, dont on se sert poui
épurer l'or quand il snit de la n'ine.
ASSOMMER. V. a. (On prononce Assomer.]
Tuer avec quelque chose de pesant , comnifi
une massue, un levier, des pierres, etc. yis^
sommer un bœuf avec un maillet. Assommer à
aoups de hdton. Il fut assommé à coups de pier-
res. Les paysans Vont assommé dans un hois.
Il signifie aussi , Tuer avec quelque arma
que ce soit. Ses ennemis lui ont dressé une cm-
huscade^ et Vont assommé. Il s'esï allé faire as-
sommer mal à propos. Plusieurs furent assom-
més à cette demi-lune, à cette grande sortie.
AssOMMEn , signifie aussi , Battre avec exc(^s.
Ce 3/nîtrc (issomnie de coups ses domestiaues.
AssoM^viEn , se dit aussi figurément De tuul
ce qui incommode et qui importune, ou qui
aftligc beaucoup. Cet habit-là m\iisomme. Ct
grand parleur assomme tout le monde. Lu
perle de ce procès Va assommé.
A-SSosniÊ, i.E. participe.
ASSOMMOIR, s. in. ( On pron. A-isonwir.)
lîùton garni du ne laugueilCjiI'un appitetd'uno
pierre, pour tuer des rats et d'autres b:>'ns.
On donne aussi ce nom à un bâton garni
dans le haut d'une balle de plomb cnvelopjK'e
de ficelle.
/^SO:\IPri<)N. s. f. II ne se dit qn'en par-
lant Du moment où une tiadilion respectée dans
l'Église assure que laSainte-Vierge fut enlevée
nu r.'cî en corps et en àme. L'yissomption de la
Sa'.titc Vierge.
li se dit aussi Du jour auquel l'Ej^lise en ce-
tèîcr !a fête. Le jour de VAssomptt
unnption est le (pùnze d'Août.
ulrement appelée , La mineure. Cette assomp
tion n*est pas exacte.
ASSONANCE, s. f. Ressemblance impai
faiie de son dans la terminaison des mots. Dar
la prose, il ne su^t pas d'éviter les rimes ù I
fm des membres des périodes, il faut éviter U
assonances. Or et (ifirorc, peur et heure soij
des assonances.
ASSORATH ou ASSONAlI. s. m. VoyC
Sonna.
ASSORTIMENT, s. m. Convenance. L\i^
sortiment de ces couleurs est agréable ^ bien er.
tendu. C'est un éirange assortiment qu'une fil
de quinze ans avec un vieillard de guatre-vingtn
Il signifie aussi, L'amas, rassend)lag(' com-
plet de ccrlaii.es clioses ijui conviennent en-
sendile. Un assortiment de diamans, de pierre:
de couleur^ de perles, etc. Elle avoit au bal ur
assortiment d^émeraudes. Elle a une altachi^,
des boucles de pierreries., et tout russortimeiiï.
AssonTiMENT, en termes d'Imprimerie, Tor.t
ce qui convient à cliaque corps de caractères.
Chez les Libraires, les Livres d'assortiment.,
sont Ceux qu'ils tirent des autres Libraires. Il
n'a quun f>tids d'assortimetit.
AShOK'ITR. V. a. Mellie plusieurs cho»^i
ensemble, eu sorte (m elles se conviciment. -as-
sortir diverses -couleurs Vune avec Vautre. Cc(ft
ctofTt' est riche y H faut l'assortir d'une doublu't
gui le soit aussi.
Il se dit figurcment Des personnes. Qur.-\i\
on prie des gens à un lepas, il fiut avoir sciu
de les assortir. Pour ftire un bon mariage, \\
faut bien assortir les personnes. Il faut asso! ^'<
les conditions , les dges.
Assonrin, signifie aussi, Fournir de t(?3^.«;
sorte de choses convenables. Assortir un m i-
nasin, une boutique de toute sorte de marchmi-
dises. Allez, chez, un tel Marchand^ il a de quoi
vous assortir.
AssonTin , est aussi neutre , et signifie , Con-
venir à. Cette pièce de tapisserie n\iSSortil J?as
bien à Vaîilrc. Ces deux conleurs-Ici n'assoKis-
scnt pas bien ensemble. Cette garniture assortit
bien à Vhahit^avcc l'habit. Il fiut trouver quel-
que chose qui (i.ssordsseà cela. Il chercheun che-
val de carrosse gui pui$se assortir à ceux qu'il a.
AssoiiTin, s'emploie au^si avec le pronom
[iiTsonnel. Ces deux couleurs, ces deux mcAles
ne s'assortissent pas ensemble. Il se dit fi(Tré-
mont ou moral. De la convenance ou de i'op-
posilion des earactcres, des buuieurs. Ces ài:ux
personnes s assortissent. Leurs cartictèrtTS ne
.s'rts.îortis.seat point. Je nai pu m'tissorlù cvec
cet liommc.
Assonxi , lE. participe. Il n'y a poi',* de
Marchand miciuc assorti. Il est bien asso^i^i.
ASSORTISSANT, ANTE. adj. Qui convi Mil,
qui assortit bien. Donnez-moi une coulo'iT as-
sortissantc à ce gris-deAin.
ASSOTER. y. a. Infatuer dune paoa'o" ,
rendre sottement anionreux. // s'est lais:(tcsso-
VAs~ 1 ter d'une file. Il s'emploie ordinairement avec
' le pronom pcrsoDucl, et signifie, l'rendr:: un
sot amour. îl s^est tissotc d'une muison qui le
ruinera. Il est familier.
AssoTÉ, Ée. participe. Il est bien assolé de
son fils.
ASSOUPIR. V. a. Endormir ù demi, causer
une disposition procbalLc au sommeil. Les fu-
mées du vin, des \nandes. V assoupissent. Les
vapeurs qui montent à la tête assoupissent. La
monotonie d'un discours assoupit ordinaire-
ment les auditeurs. Une drogue qui astoupit
les sens.
Il signifie aussi. Adoucir, suspendre, dimi-
nuer pour un temps ; et il ne se dit guère qu'en
parlant Ocs douleurs aiguës. Ln remède qui
assoupit les grandes douleurs.
Il signifie figurément, Empêcher l'éclat, le
progrès , les suites de quelque chose de fâcJieiix*
Il se trouva implique dans l'accusation j sCê
parcns ossoupirent bientôt Va'fuire. Cette af'
faire est capable de vous ruiner., devousperdrCf
il faut Vassoupir, Assoupir la sédition. La guerre
fut assoupie. Assoupir un dijfirent. Assoupir
une querelle.
Assoupir, s'emploie aussi avec le pronom
personnel, et signifie, S'endormir. Il s'assoupit
d'ordiniiirc après le repas.
Assoi VI , lE. participe.
ASSOUPISSANT, ANTE. adj. Qui assoupit.
Fumées, vapeurs assoupissantes.
ASSOUPISSEMENT, s. m. L'état dune per-
sonne assoupie. Il ètoit dans un grand assou-
vissement , dans un profnnd assoupisscmeni.
Vn assoupissement Icthanfujuc.
Il se dit figurém. , pour sïgnîfîer Une grande
nonchalance, une grande négligence pour se*
devoirs , pour ses intérêts. îl est lomijé dans un
honteu.r (issowpissemenl sur tous ses devoirs. Il
ne songe point à ses intérêts, il est là-dessua
dans un assoupissement étrange. Sortez de
votre assoupissement. Il est temps de revenir
de votre assoupissement.
ASSOUPLIR.v. a. Rendre souple. Assouplir
une étoffe. Assouplir un cheval.
11 s'emploie aussi au figuré. Assouplir le ca-
ractère de quelqu'un.
AssOiH'Li, lE. participe.
ASSOURDIR, v. a. Rendre sourd. Ce bruit
m'assourdit. Le bruit du canon assourdit.
Assounnin , en Peinture, est Diminuer la
lumière et iijs détails dans les demi-teintes.
Assounni , ie. participe.
ASSOUVIR. V. a. Rassasier pleiri»»ment ,
apaiser une faim vorace. Depuis qu'il est relevé
fie maladie , on ne saiiroit Vassouvîr. On ne
peut (issoKvir cet enfant. C'est une faijn canine
quon tissouvirn difficilement. Que faut-il faire
pour assouvir cette voracité? CVsï un loup
affamé qu'on ne sauroit assouvir. On ne peut
Vassouvir de pain, r«ssora'ir de inande. Vue
bête féroce qui ne s'flssoiiyit que de carnage.
Assouvin, s'emploie au figure, eu parlant
i)c certaines passions violentes, et de ceux qui
s'y livrent. Assouvir sa vengeance , sa cruauté,
sa rage.C*est une cruuntc qit^on ne peut assou'
vir. Il a un désir de gloire qiCil ne peut assoU'
vir. Cette avarice ne s'assouvira jamais.
ASS
Assouvi , lE. piirtici^je.
A5S0UVISS1:MKNT. s. m. État de ce qui
esc assouvi. L^ assouvissement des désirs , des
passions. Ce mot n'est guère en usa^c au propic
que duiis cette phrase, L'assouvissement de la
fa im.
ASSUJETTIR ou ASSUJf'.TIR. v. a. Sou-
mettre, ranger sous sa doininatîon. Assujettir
unveuvlef une l'rovince. On n'a pas encore
assujetti ce Pays-là.
On dit figun-mt^iit. À ssujeitir ses passions,
pour dire, Les soumcltre à la raison.
Il signifie aussi , Astreindre h quel'{ue chose.
Les règles de l'art assujettissent l'ouvrier. Il
veut vous assujettir à d'vtranrjes conditions.
Je ne veux pas m'assujettir à cela. S*assujeltir
aux heures d'autrui. S'assujettir aux jantai-
sics^ aiLc caprices d'un autre. J'ai trouvé dans
ce bâtiment un pavillon de jatt , nui m'cssnjeltil
à en faire un pareil. Il n'a pu triiler le sujet t/i'
cette Traqcdic d'une autre manière, parce (ptc
l'Histoire V assujettissait.
Il signifie eu Mécaniqnc, Arrêter une chose
de telle sorte qu'elle soit stable et sans mou-
vement.
Assujetti, ie. participe.
ASSUJETTISSANT ou ASSUJÉTISSANT,
AJSTE. ndj. Qui astreint, qui reud extrt-nie-
JUeot sujet. C^est un mélier bien assujettissant.
ASSUJETTISSEMENT ou ASSUJETTISSE-
MENT, s. m. Contrainte , ohli^aiion de fairr
certaine chose. C'est un qrand assujettissement.
Il ne peut souffrir cet assujctlissen-.cnt.
ASSURANCE, s. f. Ccrtiiude. On ne peut
plus douter de cette nouvelle y on en a une en-
tière assurance. Vous n\ivez quà partir ^ avec
assurance que je vous suivrai de près. Prenez
cette étoffe avec assurance, en .i.xsur.incc . elh'
est fort bonne.
En parlant d'Un homme en qui on ne peut
prendre de confiance, on dit, (\ii II n'y a point
d'assurance y qu'il n'y a nulle assurance à pren-
dre en lui.
AssunAMCE, se dit aussi dUne forte proba-
bilité. J^ai des assurances presque certaines
ifue On nous en a donné des assurances
très -probables. Ce ne sont pas là de vaines
assurances ^ des assurances en Vair.
AsstnANCE, si-;nific aussi, Etat où l'on est
hors de p*^*ril. Je l'ai mis en lieu d'assurance.
C*est ce qui fuit Vùssurancc du Pays.
AsscTiANCE, si;^nific aussi. Promesse, obh-
gatioD , nantissement , etc. qu'un donne pour
Sffvir de sûreté i un homme avec qui l'on
traite. Je vous donnerai vos assurances, une
Ifonne assurance.
En termes de Commerce, il se dit d'Un ecte,
d'un traite par leijuel, moyennant une. certaine
Konniie, ou s'engaj;e à répondre des pertes que
des Negocians pourroicnt faire sur mer. Et on
appelle* La Chambre des .Issurances , Une
•onq>p.SDie de gensqui font d-' semblables Irailt'-».
AssL'nA?(CE, signifie aussi Hardiesse. // ne
craint rien, il parle avec assurance. Voyez
avec quelle assurance H répond aux Ju.jes.
C'est un Acteur nouveau , qui n'a pas encore
ASS
â''asstirance sur le Théâtre. Vnc noble assi
rancc. ^
ASSURÉMENT, adv. Certainement , sûre-
ment.-^ssurémeii! cela est vrai. Oui assurément.
ASSURER. V. a. Affirmer une chose. Cela
est-il ainsi? Oui, je vous en assure. Il assure
un mensonge aussi hardiment qu'une vérité. Il
leur a assuré (Qu'une telle chose étoit vraie. Il
nous l'assura tant de /<'is, que nous le crûmes.
^VsstnEn, sif;nifie aussi, Rendre témoignage
J<ï (|ufclque rliusc. Vous pouvez Vussurer que je
j)r-iidrai ses intérêts. Assurez-U de mea res-
pects y de ma reconnoissance.
On dit, Absurez-vous que je vous servirai.
que je ferai vicn devoir^ pour dire, Soyez cer-
tain, soyez, persuadé que je vous servirai, que
je ferai mon devoir; et, Je m'assure que^ pou.
dire, Je suis persuadé que, j'espère que. Vous
avez promis de nous itenir voir, je m'assure
que vous n'y manquerez pas.
S'assurer d'un f'it. C'est se procurer la cer-
titude de ce fait. Assurez-voiu dt, cettf nom-ellfl
avant de la répandre.
Assuiœh , signifie aussi, Eaire qu'une cliosc
ue périclite point, .-assurer le donaire d'une
femme. Assurer une dette, une hypothèque.
Ou dit en termes de Commerce, Assurer un
vaisseau marchand, pour dire, Garantir, moyen-
nant certaine somme, le prix des marchandises
dont il est charj^c. Assurer un navire à tant
pour cent- et. Assurer le Capitaine et l'èqui-
paijc du vaisseau, pour, S'enjjagcr â les riche-
tcr , en cns qu'ils soient pris,
AssunEn, s'emploie avec le pronom person-
nel, au sens d'Avoir confiance. Je m'assure
qu il fera ce que je lui demande.
Il se dit aussi avec les prépositions Dans et
/Cn , pour signifier. Etablir sa confiance. Mal-
heur à celui qui ne s\issure que dans ses ri-
chesses ; il faut s\issurer en Dieu.
Ou dit, (S'assurer de quelqu'un, pour dire.
S'assurer de la protection, du suffrage de quel-
iju'un dans les cli oses où l'on a besoin de lui.
L'est de cet homme que votre affiiire dépend;
ti iJor^s voulez quelle réussisse, assurez-vous
dehii.
Et ou dit aussi, S'assurer de quelqu'un
^'assurer de sa personne, pour dire, I.'arrèler
l'emprisonner.
On dit aussi, 5'ass»rer de quelque chose,
pour dire, Preudre ses précautions pour enètie
le luaitre. Ce Général s'est assuré de tel poste.
AssvnEti hA. MAIN. Hendie la main fcrnse ei
sûre. Cette façon de parier n'est dosage qu'en
parlant De l'adresse de la maîn pour bien faire
les opérations de Chirurgie , ou pour bien
écrire. Il fiut qu\tn Chirurgien s'exerce sou-
vent pour s'assurer la inain. Faire écrire S'ju-
vent un écolier pour lui assurer la main.
On dit, Assurer une muraille, un plancher.
pour dire, L'étaycr; et. Assurer un vase, pour
dire. Le poser de manière qu'il ne puisse toni-
hcT. On dit aassi au figuré. Assurer sa conte-
nance, son visage, etc. pour dire, Prendre uoc
lODlenance, un visage ferme.
AssuntR, "tj^îiiGe encore Faire qu'on n'ait
AST 93
point do peur. 71 (ire des coup-i de pistolet aux
oreilles du cheval pour l'iissurer. On dit que le
bruit du canon, les fréquens coups de canon
assurent les soldats.
AssunÉ, ÉE. participe. Il est aussi adjectif,
et signifie Hiu-di, sans crainte. CouIeiinncC as-
surée, mine assurée^ regards assurés.
Il se prend qucKjuefuis en mauvaise part, Ct
alors il se met ordinairement devant le substan-
tif. Un assuré voleur. Un assuré nicnfcur.
ASSUREUR, s. m. Il n'est d'usage (lu'en
parlant De ceux qui, pour certaine somme,
assurent les marchandises dont on charge des
vaisseaux pour le commerce.
AST
ASTEK. s. m. Genre de plantes dont il y 1
be^u'^oup d'espèces, et dont la fleur est radie;*.
.\STtRIE. s. f. Nom donné par quelques
Auteurs h une espL-ce d'opale.
ASTERISMF,. s. m. Terme d'Astronomie.
Constellation. Assemblage de plusieurs étoiles.
Les Astérismes sont marqués sur le Globe cé-
leste. La grande Ourse, la petite Ourse y so*\t
des Astérismes.
ASTÉRISQUE, s. m. Terme d'Imprimerie.
Petite marque en forme d'étoile , qui se met
dans l'impression des livres pour marquer uu
vcnvoï. Mettre un astérisque. Cet astérisque ren-
voie à une grande note.
ASTHMATIQUE, adj. des 2 genres. Qui a
un asthme, qui est sujet à l'asthme. Il y >'
juinze ans quH est as(}imiitii}u\
ASTHIME.s. m.Sorted'infinnné*|ni consiste
dans une grande ditKcullé de res|iirer en de
certains temps. // a un asthme focheux. ijuand
sou asthme le prend. Quand son asthme le
tient. Il c>-t dans l'accès de son asthme.
.VSTICOTER. v.a. Contrarier, tourmenlei
{juelqu'un siu- de petites choses. Il est familier.
il ne cesse d'asticoter ses enfans : cela les
rebute.
Asticoté, ke. participe.
ASTRAGALE, s. m. Moulure ronde qui
embrasse l'extremité supérieure d'une ctnonne.
I,orsqu'elIe est cmplovée ailleurs, comme dans
la corniche, on l'appelle /)ii<jucï/e. Elle est quel-
quefois en grains longs et ronds. Un chapiteau
urne d\tstraqales.
(/■s Anatomistes appellent Astragale, l.t:
plus gros os du tarse.
ASTRAG.'VLE. s. m. Plante légumineuse.
Sa racine est douce au goût. Quelques-uns p«r
cette raison la nomment fausse Réglisse.
ASTRAL, ALE. adj. Q>ui apparlitmi aux
astres.
ASTRE, s. m. se dit en gcne-ral De tous les
corps célestes. Le niouirmcNt drs Astres, Le
cours des Astres. L'aspect des Astres. Observer
les Astres. Spéculer lesAstres. Calculer le mou-
vement des Astres.
On appe'lc le Soleil. VAstre du Jour; et li
Lune , {'Astre de la Suit.
Ed parlant Des diflércns aspects des Astre»,
par rapport au pouvoir que le» Astrologues
leur aiiiibuent sur les coq}S :eiTcstres. on dit ;
94 ASÏ
I/influence Hes Astres. Les Astres infucnt sur
les corps siihUinaircs. Astre bénin. Astre fiivo-
rabl:. Astre niiilin. L'Astre aiti présiih m la
nuissancc. Lire ne sous un Astre favorable .
sous ïin Astre malhenreux. Il prétcndoït con-
naître iavenir par Vinapcction des Astres
Les Astres inclinent et ne forcent pas. Le saçjc
commande aux Astres.
ASTREINDRE, v. ji. Assujettir. Astrcirulre
'jueUju'un à des conditions déraisonnables et
injustes. Il voudroit m'astreindre à telle chose.
Je ne veux ]>as m'y astreindre.
Astreint, F.iNTt. iKirticipc.
ASTni>'t;KNT, E\TK. adj. Qui resserre.
Ilemcde astringent, ilcrbe astringente. Poudre
astringente.
Il est qi'.clq!;."ibis substantif, .^rr^lcr le sainj
avec des ai-iring<Mis.
ASTROÏTE. s. f. Espt^ce de inadre[}ore ou
de corps marin , sur lequel on voit repre'sentéc
la iigtire d'une étoile.
AsTnOiTE , se dit aussi d'Une espèce de
pierre A laquelle la Magie Orientale aitribuoit
de grandes vertus.
ASTROLABE, s. m. Instrument Astrono-
mique , dont on se sert pour oI)server la liauieur
des Astres, traité de Vusage de l'Astrolabe. On
donne aussi le nomdV/sïro/ube à certaines pro-
jections de la Sphère.
ASTROLOGIE.'*, i. Art chimérique, suivant
les ri>£;!es duquel on croit pouvoir connoïtrc
l'avenir par l'inspection des Astres. L'Astro-
logie est une .science vaine. La plupart des
Astronomes se moijuent de VAstrologw.
Comme le puLlic confond qvielqurfois l'As-
tronomie avec l'Astrologie, on les dislingue en
donnant ;"i l'Astrologie l'épilliète de Judiciaire.
L^Astrologie Judiciaire.
ASTROLOGIQUE, adj. des 2 genres. Qui
apporlient à l'Astrologie. Prédiction Astrolo-
gi(jue. -On appelle Figure Astrologigue , La
Description du Thème Céleste, ou de la posi-
liou dans laquelle est le Ciel dans le temps
donne.
ASTROLOGUE, s. m. Celui qui fait proies-
sion de l'Asirologie Judiciaire.
On dit proverb. d'Un homme qui n'est pas
fort habile eu quelque profession que ce soit-,
qu7! n'est pas un grand Astrologue.
ASTRONOME, s. m. Celui qui sait l'Astro-
noniie. Grattd Astronome. Les Astronomes ont
ohservCj ont remarqué....
A.STRONOMII">. s. f. La Science du cours el
de la position des Astres. Il est savant en As-
tronontie. Les principes de l'Astronomie sont
certains.
Or appelle Astronomie physique., La partie
de l'Astronomie qui n pour objet d'expli^ei
le» phénomènes célestes.
ASTRONOMIQUE, adj. des a genres. Qui
appartient à rAstrouomie. Tables Astronomi-
tfues. ObM^rvaliona Astronomiques.
ASTRONOMIQUEMENT. adv. D'une ma-
nière Astronomique, suivant les principes de
l'ABlroDomie.
j\-STlICE. s. f. Mauvaise (înesse. Un homme
A T H
plein d'astuce. Il a fait cela par astuce. Em-
ployer de petites astuces.
ASTUCIEUX, EUSE. adj. Qui a de l'astuce.
AS Y
ASVLK.Voves Asile.
ASYMPTOiE. Voyez Asimi'tote.
ATA
ATARAXIE. s. f. Terme de Pliilosopliie
r)uictude, calme, tr.inquiliitc de l'ûme. Les
Stoïciens tendaient à i.}tura.vie.
ATE
ATELIER, s. m. Le lieu où certains Ou
vriers, comme Peintres, Sculpteurs, Maçons,
fiharpentiers. Menuisiers, etc. travaillent sous
uu môme Maître. Un Maître Maçon gui a son
atelier à tel endroit. Un Sculpteur gui a son
atelier dans le Louvre. Un atelier dans VArsc-
nal. Des garrons gui travaillent à un atelier.
Quitter un atelier.
Il se prend aussi collectivement pour tons
les Ouvriers qui travaillent sous un mùme
Maîtiv. C est un homme gui fait bien aller un
atelier^ gui conduit bien vn atelier. Tout Vate-
lier gaittit en même temps.
ATELLANES. s. f. pi. Espèce de farees en
usage sur le Tho-Hre Romain. Les Atcllanes ti-
roient leur nom de lu Ville d'Atelles. Elles rc-
pondoienl aux Pièces satiriques des Grecs.
ATÉMADOULET. s. m. Titre du premier
Ministre de Perse.
ATERMOIEMENT, ou ATERMOlMENT.
s. m. Terme de Pratique. Accommodement d'un
débiteur avec ses créanciers pour les payer à
certains termes. L'atermoiement gu^il a fail
avec un tel a remis ses aflaires. Moyennant cei
atermoiement H a satisfitit ses créanciers. Con-
trat d'atermoiement. Lettres d'atermoiement.
ATERMOYER, v. a. {Il se conjugue conimr
Employer.) Terme de Pratique el de Commerce.
Prolonger les termes d'un payement, //fernioyer
unelettre de change , unepiomessc, un billet^etc.
Il signifie aussi avec le pronom pei-sonnel
S'acconmioder avec ses créanciers pour les payer
à certains termes , par-delà les ternies échus. Il
s*est atermoyé avec ses créanciers à six ternies
devinée en année. Il s'est atermoyé pour ses
dtUcs , à tant de temps et tant de payemcns.
Ateumové, èe. participe.
AT H
ATHANOR. s. m. Terme de Chimie. Fotr-
ncau disposé de manière à faire ûvec un même
fc'i des opérations qui exigent des degré* de
chaleur dllFérens.
ATHÉE, s. m. Celui qui ne rcconnoîi point
de Dieu. C'est un Athée. Il passe pour Athée.
Il s'emploie aussi adjeclivenient , et signille,
Qui nie la Divinité. Un sentiment athée. Une
proposition athée.
ATHÉISME, s. m. Impiété, qui consiste à
ne rcconnoitre point de Dieu. Le Ubertinagr
mène à l'atlicisme. Celte opinion approche de
l'athéisme.
ATO
ATHLÈTE, s. m. C'ctoit, chez les anciens
(irecs, (<ehii qui conibatloit dans les Jeux so-
lennels de lu Grèce. Vn puissant Athlète. Lu
Atlilète robuste. Combat d'Athlètes.
Il se dit fiijurém. Des hommes forts et ro-
bustes, adroits aux exercices du cor-ps. C'est un
vrai athlète, un corps d'athlète.
On appelle figur. Les Martyrs, Les athlètes
de la Foi, les atlilètes tie Jksus-Chuist.
ATHLÉTIQUE, s. f. C'est une branche de
la Gymnastique des Anciens.
AITILÉTIQUE. adj. des 2 ^. Qui appar-
tient à r.'itlilète. Taille athlétigue, force alhlé-
tujue. Cet homme a des formes athlétiques.
A/'HLOTHÈTE. s. m. C'est le nom qu'on
donnoit chez les Grecs h un Officier qui prési-
doit aux Jeux Gymuiquf s.
ATI
ATINTER, s'ATINTER v. a. Parer, orner
avec trop d'affcclalion. Elle est deux heures a
s'atiuter. Qui vous a ainsi atintée? Il est po-
pulaire.
Atinté , ÉE. participe.
ATL
ATLANTE, s. masc. Terme d'Architecture.
Statue d'homme, qui tient lieu de colonne.
pour porter les entablemens. Des Atlantes et
des Caryatides.
ATLAS, s. m. Recncil de caries géograpH-
ques. Grand Atlas. Atlas portatif.
Atlas, en termes d'Anatomie, est le nom
rfu''>n donne ;'i la première vertèbre du co».
ATM
ATMOSPHÈRE, s. f. La masse d'air qui
invironne la terre, et où se forment les mé-
It'ores. L'Atmosphère est tantôt plus y tantôt
moins chargée de vapeurs.
ATO
ATOME, s. m. Corps qu'on regarde comm«
indivisible, à caxise de sn petitesse, l'émocvite
et F.picure ont prétendu que le monde étoit
com^»)sé d'atomes^ que les corps se formaient
[lijr la rencontre fortuite des atomes.
Atome, se dit aussi De certe petite poussière
que l'on voit voler en l'air aux rayons du soleil.
AT( ïNIE. s. f . Termt de Médecine. Eoihlesse,
relâchement d<'S fibres.
ATOUR. s. m. Parure. H lie .-îe dit qut De
la parure des femmes, et guère qu'au pluriel.
Elle avoit ses plus beaux atours, Quaiid elle est
dans ses beaH.v atours.
On appelle chez les Reines et chez les Prin-
cesses de la Famille Royale, Dame d'atour ,
Une Diime dont l.i charge est de coifteret d'ha-
biller la Reine, la Princesse. Dame d'iitonr de
la Reine. Dame d\itour de Madame. Chargt de
Dame d'atour.
ATOUR NKK. v. a. Orner, parer. H "esr dit
qu'en parlant De la parure des femmes, et eu
plaisanterie. Atourner l épousée.
ATOunNE, LE. participe. Vous voilà bien
atournée.
ATT
ATOUT, s. m. Terme du jeu de cartes. V.
TiiOMPBE. C'est la même cliose.
ATR
ATRADILAIRE,adj. des ?. gcnr. qui se dit De
eelui qu'une bile noire et adusie rcuJ triste it
chazna.V'Si^ncatriihiUiire.Uunieuriitfaf'ilaiii'.
Il est aussi substantif. C'est un atrabilaire.
ATRABILE. s. f. Terme de Médecine. Bi^'
noire, mélancolie. Nom (ju'ou donne ii la ma-
ladie hypocondriaque portée .'i un ccriaiu deîjré.
•ÀTJiE. s. m. Foyer, l'endroit de la cifomi
née où l'on fait le feu dans les maisons. Les
carreatu: d'un âtre. Otcr les cendres de l'ûtrc.
On dit proverb. d'Une maison où on ne fait
qu'un fort petit ordinaire, qu'une fort mau-
vaise cuisine, qu'il n'y a rien de si froid, de
plus froid que l'iitrc.
Atroce, adj. des 2 j;. Énorme, excessif. Il
ne se dit guère que Des crimes, des injures, et
des supplices. Crime atroce, injure dïroce. (hi
lui lit souffrir des tourmens, des supplice
atroces.
Od appelle Ame atroce, Une aine mécliantc
et féroce.
A'TUOCEiUENT. adv. .Vvec atrocité. L'ut
action atrocement perjide.
ATROCITÉ, s. f . Énonnité. L'atrocité d un
ci'ime. L'atrocité des tourmCfi.<. L'atiocité des
injures.
Atrocité, se dit encored'Un caractère noir.
et capable de grands crimes.
A'IROPHIE. subst. f. Terme de Médecine
Amaii^issement excessif, consomption.
ATROPOS. s. f. (On pronom e l'S.) Nom d;
l'ime des trois Parques.
A T T
ATl'.iBLER , verbe qui s emploie avec I«
pronom personnel. Se mettre à table pour y
demeurer long-temps. Ils s'altahlèreut à midi,
et ne sortirent de table qu'à six Jicurcs du soir.
Il se dit aussi en parlent L'u jiu. 71s se sont at-
tablés pour jouer aux échecs, aux dés, au trie,
trac. Il est familier.
Il peut quelquefois s'employer activement.
Si'vous ne pouvez accorder ces Paysam-j ulta-
ble^leSj et vous les concilierez bientôt.
ATTAC.4V>r, AN-l'E. adj. Qui aiurhe,
qui fixe forieuicnt l'attention. C'est une étude
fort attachante. Celtclecture est fut attachante.
Il veut dire au.«i, .assujettissant , qui asservit.
C'est une place fort attachante. 11 faut cepcn-
danl éviter rct (niploi du mot //tiachant il est
plutôt introduit dans la Langue, qu'il n'y e,sl
Admis.
AlTACHE. 5. f. Lien , courroie, etc. Ce qui
sert i Bttaclier. L'attache d'un limier, d'un lé-
vrier, itledre un chien à l'attache. Mettre un
lévrier à l'attache. .1.' élire un cheval à l'attache.
En parlant De cerlaios endroits où on met ks
clic^aiix i l'atlaclic, seulement pour y élre ii
couvert pendant quelque temps, on dit, Pren-
dre tant pour l'attache de chaque cheval; ou
absolument, /'rcpiilrclanlponr l'attache. Pren-
dre du chevmx à l'allache.
ATT
On dit proverb. et fi!;urt*in. d'Un homme <jui
est dans un emploi, dans un travail tjui de-
mande ijeaticoup de sujétion , qu'/l est là
comme tin chien li Vattache,, comme un chien
d'ottnchc.
Un appelIe-'/(ttic/;e de ilumuins, Un assem-
blage dediamaiis mis en œuvre, et con)nosii de
plusieurs pièces qui s'accrochent l'une à l'aulre.
On appelle Bas d'attache, Un grand bas de
soie que l'on ;iituclioit aulrcfois au haul-dc-
cliaussc,el dont on ne se sert plus ^iière main-
len.inL que dans de cerlamcs cénimonies, ou
dans des h;d>its de Tlieâlre.
On appelle Lettres du»uc/ic, Des Lettres
de Cliancellerie que le Boi donne, soîtsurdes
l'uUcs du P^pc, soit sur des Ordonnances d'un
Clicf d'Ordre Iiors du Royaume, pourh-s faire
exécuter. Obtenir des Lcltrea d'attaché du Roi.
Prendre des Lettres d'attache du cjrand Sceau.
On appelle aussi Lettres d'attache^ Descom-
niis&ions expédiées, soit à la Cliambre des
■".omptes, soit ailleurs, pour l'exécution do
juclque Arrêt, de quelque Ordonnance.
Attache, se dit lussi en ce sens, de l'Or-
donnance d'un C;ouV2rncur de Province, pouf
r.iire mettre à exéculio-i Its ordns du Roi qui
lui sont preicotés ou adtcssés. Piendrc l'at-
tache du (lOiiverncur.
Ou le dit aussi Des I-ellrcs que les Colonels
Génciaux d'Infanterie, de Cavalerie et de Dra-
f^uDs, donnent pour élre jointes aux Brevets el
(iomniissions accordées par le Hoi aux oiiiciera
qui doivent servir sous eux.
On dit fi^urcni. et par civilité, Prendre Vat~
(ac/ic de ^neït^u'itn,pnirdir«.', Prendre ses ordres,
recevoir ses ordres. Je ne veux rien faire sans
votre attache, sans prendre voire attache.
Attache , se dit figure'm. De tout ce qui oc-
cupe l'esprit, ou qui tngage k* cœur, et qui le
tient en dépendance. Il aura bien de la peine à
rompre celle attache. Vue malheureuse attache.
Lue attache criminelle.
On dit, qu'C'ne personne a rompu son at-
tache; mais cela ne se dit pas De deux person-
nes qui ont cessé d'eue attachées l'une à l'autre-:
on ne dit point, Ces deiLc amis ont rompu leur
attache.
Oo dit, ^voir de l'attache au jeu, pour le
jeu; avoir de l'attache à l'étude, pour Vétude,
pour dire, Etre extrcmeuient attaché au jeu, à
l'etudc.
ATTACHEMENT, s. m. Attache , sentiment,
qui f'\it qu'on s'attache furteuient et volonla;-
renient à quelque personne, ù quelque chost*.
Avoir de Vattachemcnt à un parti. Avoir de
Valtachement pour une f.mme. il a Jrop d'ol-
lâchement à ses întéréls.
n se dit aussi poui" signiijcr Uuc grande ap-
plication. Avoir de l'attachement à Vetudc.
Avoir de J'uttuc/iement au travail ^ à l'ouvraoc.
AITACHEU. V. a. Joindre une chose à utH-
autre, en sorte qu'elh- y tienne. Attacher avd
un cordon f avec un clou y avec de la colle. A:
tacher avec des épingles. Attachez cela à la ta-
pisserie. Altadicr des boutons, des rubans sur:
un habit. Allai hcr coude la mura Oie. Attachez
ATT q5
ces pKCes ensemble. On attache les Galériens à
la chaîne.
On dit, en parlant de Nolre-Seigncur Jésus-
Christ, qu7/ a vie attaché pour nous à Tartre
de la Croix.
On dit, Attacher le Mineur au corps d'une
riucc, pour dire, I.e mettre en état de travailler
ù couvert, à faire une mine au coq>s de la Place.
ATTACHEn, se joint aussi avec le pronom
personnel. Ces deux ennemis s'attachèrent si
jortement <Vun à l'autre, (ju'on ne pouvoit les
séparer. Ce chien s'attache si fort au taureau,
(jue...La poiv s'attache si fort à VétofJ'c, qu'elle
emporte la pièce.
Attacheh, signifie fi;^ure'meut, Lier par
quelque cliose qui engage, qui obligea quelque
devoir, h quelque marque de reconnoissance.
Ce Prince la attache à son service par' une
Char(je qu'il lu: a donnée. Son devoir Vattachc
auprès de vous. Ils sont attachés l'un à l'autre
par une amitié réciproque. On l'emploie en ce
sens avec le pronom personnel. S'attacher à
(juelqn'un, auprès de quelquun. S'attacher au
service d'un Grand. S^attacha- à la jortune
d'un Ministre.
Attacher , signifie aussi figurém. Appliquer.
L'clude des Malhématiques attache beaucoup.
Le jeu l'attache plus qu'Une faut. Ce rornuu
m'attache beaucoup. Attacher son afj'rction à
quelque chose. .îttacher son esprit au jeu. Il a
une afJAire qui l'attache fort. U s'emploie dans
ce sens avec le pionom personnel. C'est un
homme qui ne s'attache qu'à desbofjateUes. 5*fl/-
tacher à son devoir. S'attacher à faire *ix
charge. Les choses de la terre ne méritent pas
qu*on s'y attache.
On dit aussi en ce sens, (pi't/n homme s'at-
tache trop à ses op.'ni'ons, à ses fantaisies , à
son sens, pour dire , qu'il y est ahciirté ; et
qu7i est attaché à son profit , attaché à sa
intérêts, pour dire, qu'il aime trop son pro-
fit, qu'il est trop intéresse.
On dit eu termes de Peinture, que Les ob-
jets s'attachent , lorsqu'ils ])an)issent tenir en-
semble, quoique l'.'Vrtiste ait liupposé de l'es-
pace entre eux.
Attacuh, ée. participe.
ATTA(^>UABLE. adj. des 2 genre». Oui
peut être attaque. La place nest attaquahU'
que de ce côté.
ATTAQUA NT. s. m. Assaillant, celni qn
attaque. Il ne se dit guère cpiau pluriel. JLe.t ut
taquaus furent repoussés.
ATTAQUE, f. f. Action par laquelle on at-
taque l'ennemi, ^ffa^nc vigoureuse. Vive at-
taque. Hude attaque. Attaque imprévue, l'es 'a
première attaque les ennemis Idchèrent le pied.
Use dit particulièrement d'Un assaut donné
h une place. .Hier à l'attaque. l'onner une at'
taque générale. On fît trois attaques j deux vé-
ritables el une fausse.
Attaqlk , se dit aussi Des travaux qu'on
fait pour s'appiocher d'une Place assiégée. Let
assiègeans avouent fait trois attaques. Un tel
commandait ,'^ttaque du cvtc de Lt rivière. On
aivif /(ir( avancé les attaques.
96 A r T
Attaque, s<î tîit /ii;urem. De ccitalncs pn-
lolcs dites cxpW's pour disposer quehm 'un à ac-
corder quelque chose, ou pour sondiT son in-
tention, ou pour le piquer par quelque repro-
ciic. 7/ m'ii tlcjù ftil une aUinjuc lîi-tlessus.
Attaqie, se dit aussi fmircm. De l'iittaq»'^
de certaines maladies. Il a déjà eu une aUticjn*:
d'apoplexie^ ou simplement, Une atta(jiic. Il n
eu deux ou trois j(f(K|(ics de (joutte.
AITA(,)L'1:R. V. n. Assaillir, cire agresseur.
Atta(juer Vcnnemij l'uttaquer dans ses retrim-
chemens. Attaquer une l'iice. Atta(^uer rude-
ment, viqoureusenient. C'est lui ()iii m'a atta-
(jue le premier. S' il m\iilu.fuc, je me défendrai.
ATïAQUEn, si«:nilie aussi, Uflenscr le pre-
mier. Attaquer (ptehju un de paroles. Il ne di-
soit rien y vous létes aile attaquer sur sa nais-
sancCy sur sa noblesse. Attaquer un Autcursur
ses ouvraqe.s.
On dit fimirem. Altaquev quchjii'un de con-
vcr.^alion^ pour dire, Adresser la parole a
quclqu wn, afin de l*enj;a,';cr à parler.
Ou dit avec le pronom personnel. S'atta-
quer à fliie'.7u'«», nour dire, L'ofl(;nscr ouver
tçinent, se dûclamr ouvertement conti'O lui. il
est dangereux de s'attaquer à son maître. Il
t^cst attaqué à plus fort que lui.
.'Vttaqué, En. participe. On dit pruvcWjial.
Bien attaqué , bien fïe^cnJw, pour dire, que La
défense a bien répondu à ratlaque.
AlTEliSURi:. V. a. Atteiijnunl , j'atteins,
j'alteiqnois, j'atteignis, j'atteindrai, j'attein-
«^rfots, utteins, que j'atuitinc nue j^itleignisse.
Toucher h une chose qui est h une distunce as-
sez éloignée pour qu'on ne puisse pas y tou-
cher facilement. Atteindre à une certaine /laii-
teur. Dans ce sens il s'emploie ncutralement.
Je ne suurois atteindre là, jusque-là. Je n'y
puis atteindre. Atteindre au plancher» Atteindre
au but.
Atteindre , signifie encore , Frapper de loin
avec quelque cliosC H Vatteiqnit d'un coup de
pierre. Il ne put atteindre son ennemi que du
second coup de pistolet.
Il signifie aussi, Attraper en chemin, joindre
en chemin. Il prit la porte pour atteindre ceux
qui étoicnï devant. Il a beau courir, je l'attein-
drai bien. Et on dit. Atteindre un certain âge,
pour dire, Parvenir h un certain âge.
Atteindiii:, se dit aussi figurém. pour dire,
Egaler. Il se flatte d'atteindre Corneille^ d'al-
teindre Hacine.
II signifie figuri-m. Parvenir .1 quelijue chose
Ccffc Cliargc est au-dessus de sa portée, il n'y
tauroit atteindre. Atteindre à la perfection.
Atteiwt, einte. participe.
Or. ait, Atteint de maladie, atteint de peste,
pour dire, Frappé, aliligc de maladie, de [wstc.
Et on dit, Atteint decrirïie, pour dire, Accusé,
prévenu de crime. Atteint et convaincu d^avoir
volé.
ATTEINTE, s. f. Coup dont on est atteint.
Rude atteinte , légère utteinte. Il est en usage
principaler.icnt, pour marquer Le coup *|u'un
cheval ïic donne lui-mt^me, en s'atteigoant les
pi«<Î6 <le devant avec «:ux de denture, ou qu'il
A r T
reçoit aux pieds de derrière d'un autre rlievul
qui marche trop près derrière lui. Ce cheval se
donne des atteintes. Prenez garde, que votre
cheyal ne donne des atteintes au nin'ji, Ce che-
val boite d'uni' atftinte.
On dît, Donner une atteinte à une bague.
poiu" dire, La toucher en courant sans IVm-
poiler. H a donn- atteinte à la hague. En trois
courses (lu'il a fûtes, il a euun dedans et deux
iilteintes.
On dit figurém. Donner atteinte à quchjnr
chose, pour dire. Faire ou dire quelque chose
qui y fasse préjudice. C't.si ^/onner atteinte à la
Déclaration du Hoi.C'esl dcnne^ atteinte aux
privilèges, aux libertés de la Province. Don-
ner atteinte à la réputation de quelqu*un. Or-
dit ù peu près dans le même sens, Porter at-
teiîite il.
Atteinte, se dit figurén*. Des attaques de
certaines maladies. Il a eu une légère ntteintt'
de noiifte, u/jetifteintc de qravfll^. Il en a déj'i
eu nuelaues nffciutcs.
On dit frgniem. Une atteinte mortelle, pour
dire, L'inipn ssion vive et douloureuse que I,iil
une chose dont on est scusihlement louché.
ATTELAGE, s. m. se dît d'Un nombre de
chevaux, ^de bœufs, etc. qui sont nécessaires
pour tirer la charrue, ou pour traîner des vol-
turfs. Ce Laboureur a tant d'attelages. Ce Hou-
lier a perdu deux altelaqes.
Attelage, en parlant des carrosses, se dit
oi\:înairement De six ou de huit chevaux pro-
prrs à ctrc attelés ensemble au carrosse. Un
uttelage de six chevaux qns ponitveles. Voila
un bel attelage. Un attelage bien assorti. Il
manque un rhcvalà son attelage. Il lui est mort
un der ^lus beaux chevawc de son attelage.
AlTELEK. V. a. Attacher des clicvaux, des
mulets, ou autres bêtes de voiture, à un car-
rosse, h iJi chariot, h une charrette, etc. pour
les tirer. Atteler les chevau.v au Cfirros.'îe, ou
s:mplcment>^(ïe/cr. Dîtes au Cocher qu* il attelle.
On dit aussi , Attelerun carrosse, un chariot.
Attelé, KE. participe. C^cvd».r «ffc/es. Car-
rosse attelé de deux , de quatre , de six' chevaux.
Carrosse bien attelé, mal attelé.
A'ITENANT, ANTE. adj. Contigu, qui est
tout proche, tout contre. U ne se dît guère que
d'Une maison, d'un jardin: et il n'est i^uèrt
d'usage que dans le discours familier, ou dans
le style ùc Pratique. Un loqis attenant à un
autre. Son jardin est attenant du mien. Il de-
meure dans la maison attenante.
AlTEI^ANT. prép. Joignant, tout proclie.
contre. // loge tout attenant d'un tel Palais, à
un tel Parais, u-i Ici Palais. Il s'emploie quel-
quefois a iverbial. Connois.ses-Tous une telle
maison? Je loge tout ûU:..7nnt.
ATTENDUE, v. a. i>irc dans l'attente de
quelque chose qu'on croil devoir arriver. Atten-
dre le retour de quelqu'un. Attendre quelqu'un.
L^altendre à diner. Attendre avec impatience.
Attendre tranquillement. Attendre le beau
temps ^ la belle saison. Attendre la récompense
^ de ses services. Cnc Place quinttend du secours.
Toute l'Europe attend la paix. Il attend la
ATT
fièvre. Elle n\iltcnd nue l'heure d'nccoucl^cr.
Attendre l'ennemi, l'attm'ire de pied jçrme.
Attendre la mort avec courage.
Ou dit proverbialement, Il crnuie à qui at"
U'nttj pour marquer que c'est presque toujours
avec impatience et avec enruii qu'on attend.
On dit figurém. et proverbial, qu'/l faut
attendre le boiteux., pour dire, que Pour étie
bien assure de la vérité d'une nouvelle, il eu
faut attendre la confirmation; et. Attendez-moi
sous l'orme, pour niaïquer à queUju'un qu On
ne compte pas sur o. qu'il promet.
On dit aussi proverbiftl, et figurém.. C'est
où je l'attends, c''est là que je lattendsj snk
pour marquer qu'on est en ê'^at de ne point
craindre celui dont ou parle, et qu'on est ri
état de lui faire plus de mal qu'il n'en peut
(aire; soit pour faire entendre qu'on saura hrer
avantage contre lui, des choses où il a le plus
de confiance.
On dit aussi proverbial., Tout vient à point
à qui peut attendre, pour dire, qu'Avec le
Ienq)s et la patience on vient à bout de tout.
Ondit aussi ^vovevhia\. , Attendre quelqu un
comme les 37oine5 font l'Abbé, pour dire, Ne
l'attendre point, et se mettre à table sans lui.
Attendhe, se joint souvent avec la prépo-
sition.^prè5; et alors il sert àmarquer le besoin
qu'on a de la personne ou de la chose qu'on
attend, et rimpatienci- avec laquelle on attend.
/I y a long-temps qu'on attend après vous. On
n'attend plus qu'après cela. Il attend après set
chevaux pour partir, C'at un argent aprtS
lequel U attend pour partir,
Attendhe, se joint aussi avec la préposîttAi
A. Pour partir attendez au jour, à la belle
saison.Il attend à partir qu^ il fasse moins chaud.
Attendue, signifie aussi Espérer, se pro-
mettre. Il ne faut attendre sa récompense que
de Dieu. Je n*attendois pas cela de vous. Que
peui-oii attendre d'uji traître, que des perfidies*
On attend quelque chose de ijrandde ce Prince.
C'est un homme dont il ue faut rien attendre,
dinit je 7i'attends rien de bon. Il est à l'agonie,
on n'en attend plus rien, on n'en attend plus
que lu mort.
Attentïhe, s'emploie aussi avec le pronom
persoiuiel, et signihe. Se tenir comme assuré
de quelque chose, compter sur qucl(|u'un» sur
quelque chose. Je n'en fus pas surpiis, je m'y
atlendois hien.Jt m'nttendsquil me manquera
de parole. Je m'attemls que vous viendrez dû-
main. Je m^attcnd'! « tous. Il ne faut pas s'at-
tendre à lut. Ne l'attends qu à toi seul. Je ne
m'attendois pas à vous voir sitôt. Je ne m^at'
tendais pas à un pareil traitement de V(T^'^
part. Je ne m'affenrfow pas que les choses v ••
sent tourner si mal.
En ce sens on dit proverbial, et figurénienl.
Qui s'attend à Vécuelled'autrui, a souvent tnal
dîné, pour dire. Que q land on compte sur
autrui, on se mécompte souvent
Es ATTENDANT. l'ai,H)n de parler adverbiale.
Cependant. Jl se mit à lire en attendant, lie-
posez-vous en attendant. En attendant n0us
uous promrnerûti!:.
ATT
Il signifie aussi Jusqu'à ce que. En atteU'
dant (jue tous soyez tclairci. Kt dans cetu-
atxTpttou l'on dit, En aUendant Vhcure^ en
atUn.iaut Hiieii.r, pour d're, Jusqu'à a: que
l'h( un- sonne, jusqu'.i ce qu'il arrive iiueux.
ATTi:r*DU,lJE. prlicipi'.
Attkndd, «c dii aussi d'Une inaiiii're ah-
joliie el indéclinable. Vu, eu égard à. Il fut
€.rcntvté des cliuifjes puhliciucs^ attendu son
iioCy attendu son infirmité.
Attendu que. Karon de parler qui lient
lieu de conjonction causative. Attendu cjuil
s^agissoit d'une mutièie impcrtantc , il fitt ar-
ritc (jue....
ATTENDRIR, v. a. Rendre tendre et facile
à manger. La qcîée attendrit les choux. Cela
t^ttendrit la viande.
M signiiîe fi;;uri-nient , Rendre sensible à la
eompassion. h ramitic, etc. •''es larmes m'ont
ûttendrile Cifur. Il m'a attendri par ses larmes.
Il s'enqdoie aussi avec le pronom personnel
dans le propre et dans le figuré. Les c/ioïkc
s^attendnssent à la gelée. Son vère s^est at-
tgndri en le voyant à ses qenoux.
Attendhi, ie. particij>e.
ATTENDRISSANT. ANTE. adj. Qui al-
lendiit, qui rend sensible à la compassion, h
I aïîiour, à l'amitié. Ce (juil dit est fort atten-
drissant. Des paroles attendrissantes. Spectacle
attendrissant. *
ATIENLRISSEMENT. s. m. Senument par
tequcl on s'attendrit. Ces paroles lui causèrettt
un ijraud altendrisfcment de cœur. Il profita
de V attendrissement où il le tmuva.
AlTKNTAl'. s. m. fintreprise contre les
Lois lia ns une occasion importante, dans um
cliose capitale. Enorme attentat. Ilirrible at-
tentat. C'est un attentat. Faire un attentat.
Commettre un attentat. Ln attentat contre la
liberté public^ue. Kmpéclier reJCcudon d^tn
Arrêt ^ c'est un attentat. Le Parlement a casi^è
toute iii procédure y £t t^tit ce ijui s'ecl ensuivi^
romme un attentat à ses droits.
ATTEXTATOIRE. adj. des 2 g. Ternie de
Palais. Qui attente, qui va contr(T"autorile d'une
Juridiction, l'rocêdure attentatoire. Cette Sen-
tence est attentatoire à l'autorité du Parlement.
ATTENTE, s. f I/état de celui qui attend,
ou le temps pendant lequel il est ù attendre.
Etre en attente de tptclque citose. Si vous prê-
tez à cet homme ^ vous y perdrez et Vurgent et
Vattente. i^ous n'y sauriez perdre que l'attente.
Longue attente. Ennuyeuse allente.
11 &u;nitie aussi . L'espt'ranre, l'opinion qu'on
a conçue de quelqu un , ou de qui (que chose.
Ce Prince a répondu à l'attente qu'on avoit de
lui. Il a rempli notre attente. Il a surpassé
notre attrnte. L'attente publique. Cela est ar-
rivé contre Vattente de tout le monde. Le succès
n'a point trompé notre attente.
Un appdlc table d'attente ^ l.'ne lame ou
plaque de métal, un bossage de pierre ou de
marbre, une tnilr de Peintre prt parée, et gè-
uéni'.enient touirs lis choses qui MUit dcstinëf^
pour servir à gra\ cr ou à pr-indrr.
On dit fii»ureuient d un jeune lionime donl
l'ome /.
ATT
l'esprit n'est pas encore entit-rement fomié ,
mais qui est propre a recevoir toutes les im-
pressions (]u'ou lui \oudra donnt-i , que C'est
une tiihlc d\ittentc, que ce n'est encore rpi'unc
tiiJdc d'attente.
On appelle Pierre d'attente, Les pierrrs i;ui
avancent d'espace en espace ù l'extiimilé d un
nuir, pour faire liaison avecui) autre nuu- qu'on
a dessein ou droit de bâtir.
Ou le dit aussi au figure, en parl;int d'Une
afiairc , d'un ouvrai^e d'esprit, dont il n'y a
qu'une partie d'achevée , et qui fait attendre
une continuation.
ATTENTER, v. n. Former une entreprise
contie les Lois dans une chose capitule. Atten-
ter à la vie de (fuelqu^n. Attenter à la pudi-
cité, à l honneur d'une femme. Attenter sur la
personne de auel(jn'un* Attenter contre la li-
berté publiaue. Défense d'ultenter à su per-
sonne m à ses biens.
Attenté, î.k. participe.
ATTENTIF, IVE. adj. Qui a de l'attention,
de l'application. £lre attentif à son ouvrage
Être attentif à un discours. C'est un hommi
fort attentif à son devoir. Avoir l'esprit atten-
tif. Prêter une oreille attentive.
ATTENTION', s. f. Application d'esprit à
quelque chosc^t-oir a(fenïion d ce (ju'on fait^
à ce qu'on dit. Pr»'ter attention. l'rêler une at-
tention favorable. Cela demande beaucoup d'at-
tention. Il travaille avec auention, sans atten-
tion. C'est un homme qni n'a attention à rien.
Ecouter avec attention un discours. Réveiller
iattcnlion. Attire» d i>oi . '*-'nt ion du public.
Faites attention aue... Faites attention à...
Attention, signille aussi, Soin officieux,
oblij'CNnl. Il m'a donné mille preuves d'atten-
tivn durant ma maladie. Il a eu pour moi dei
attentions infinies.
ATTENTIVEMENT, adv. Avec attention.
Lire attentivement. Ecouter attentivement.
ATTENUANT, ANTE. adj. Terme de Mé-
decine, qui se dit De plusieurs remèdes qui
procurent la Huidilé aux humeurs.
Il s'emploie aussi subs;autiv. Les atténuans.
ATTÉNUATION, s. f. Afioihlissement, di-
minution de forces. Il n'est guère d'usage au
propre que dans cette phrase, Etre dans un
étal d'atténuation.
Enlermc$dcPrauque,i1 «i^ifie Diminution
des charges contre un accusé. Donner ses dé-
fenses par atténuation. Donner des réponses par
atténuation. Moyens d'atténuation.
ATI'ENUER. V. a. Affctiblir, diminuer les
forces , l'embonpoint. Lc5 jeunes, les veilles,
les jtitiqaes Vont ertrêmcmcnt atténué.
On d't en termes de Mt-decinc, Atténuer les
humeurs, pour dire, I-es rendre moins gros-
sières et plus iluides.
Airisvy., ke. participe.
ATrÉRAGE. s. m. Terme de Marine. L'en-
droit ou un vaisseau peut prendnî terre.
ATTÉRIR ou ATTERRIR, v. u. PrLndrc
terre.
ArrÉni, ie. pariieipe.
ATTEK.';ER nii AITÉPER. v. a. Alutiic,
ATT 97
renverser par terre. /Iv en vinrent aux prises,
et il Vatterra sous lui. Il attendit le taureau nu
pasyaqe, le prit par les cornes^ et Vatterra.
Il signifie fi^uiém. RuiniT entièrement. La
Goths achevèrent d'attcrier la puissance des
Homains.
Il signifia* aussi au figuré. Accabler, affliger
excessivement. Il avoit soutenu ses ïiiul/ienr.t
<ii'cc eons((incc, r«rt!s ce dernier coup la atterré.
Cette ncvvellt a de quoi atterrer.
ATTEnnEn, se prend aussi neutralemenl ,
pour dire , Prendre terre. Sous atterrdmes «
tel endroit.
ATTEnnÉ, ÉE. participe.
ATTïiRRISSEMENT ou ATTÉRISSeI
MENT. s. m. Amas de terre qui se forme par
la "zy.: ou par le sable que la mer ou les ri-
vîéres apportent le long d'un rivage, par suc-
cession de temps. Celle prairie s^est accrue de
beaucoup par les a((en issemens. Droit d'atler-
rissenient.
ATTESTATION, s. f. Certificat , témoignage
donné par écrit. Il a Vattestation du Curé. At~
testaiion de vie et niuurs. Attestation de Méde-
cin. Attestation en bonne forme. Attestation '
fausse, niendiâe, supposée. Pour être Mattrt
es irts, il fiut apporter les attestations du Pro-
l'vsseur en Philosophie sous qui on a étudie.
ATfESTER. V, a. Assurer, certifier, témoi-
gner, soit de vive voLx, soit par écrit. Le Cure
a attesté qu'il les avoit mariés. Il a atteste avec
serment que l'dction s'éloil passée ainsi. La chose
est attestée var plus de cent personnes.
Atteste», signifie aussi Prendre h têmoia.
Cela n^cst point arrivé par ma faute, et /et
attef^te tous ceux qui étaient présens à l'action.
On dit dans le m£mc sens : Attester le CieL
.fttester les Dieii.v.
AiTESTK, ÉE. participe.
ATTICISME. s. m. (On prononce les deux
r. ) Déiicalcsse, finesse de goût parLculière aux
AUiénlens.
ATl'IÉDIR. V. a. Rendic tiède ce qui ctoil
chaud. (Tcf/e eau est trop chaude ^ Hjuitt Vattié-
dir avec de Veau froide.
S'attiédir. Devenir tiède. Cette eau s'est
attiédie.
On dit figurém. en matière de Dévotion , que
Les plus ftrvens s'u/(ié(/isseni quelquefois^ pour
dire, que I^ ferveur de leur dévotion se ralentit.
A.TTIKDI , IE. participe.
ArnEDISSE:\IEN r. s. m. f.tat dune chose
qui passe de la chaleur ù la tiédeur. Il n'est
guère d'usage qu'au figuré. Son amitié pour
moi a soujp rt un nrand attiedissenient.
On se sert particulièrement de ce mot poui
marf|uerquelqucdiniJnuliou de ferveur dans ':
dévotion. // iivt.it d'abord fuit paroUre une
grande frveur ; mais il csi tombé depuis peu
dans rtj/lict/issiîmeM(, dans un grand attiédi»'
sentent.
ATTIFER. V. a. Orner, pan-r. Il ne se dit
que Des feoimcs, et ordinairement en parlant
de leur coiflure. Les fcmmct sont longtemps à
s'atti/lr.
Aniri, it. participe.
p8
ATT
AÏTIFET. s. m. Orucment de tête j)our les
ieinmes. Il est vieux.
ATTiyUE. (On [jron. les deux T.) adj. des
2 genres. Qui est à la façon du Pays d'Atluncs.
Manière Atticjue. La colonne Altiifuc. La hase
.lulijuc.
Ou appelle 5el Auicjue, Ce qui paioit avoir
»juelipie rapport aux bons mots et à la raillerie
fine des Atliéuiens.
AïTtyiii. (On prononce les deux T.) s. m.
Terme d'.Arcliitecture. On appelle ainsi dans
les b.Uiniens, Un petit étage qui est au-dessus
de tous les autres, et <jui a ses ornemens parti-
culiers. Au-iksiui du second ordre est un ulli-
flue, un petit dflû^ur.
Attiqce-fai'x, s- "1. est, dans les lûtinicns
irès-élcvés, Une espèce de i)iédestal que l'on
inet au-dessous de la base des colonnes, pour que
Il grande saillie des corniches ne les eillice pas.
ATTIR.VIL. s. m. Tcnne collectif , qui se dit
d'Uue grande quantité et d'une grande diver-
vité de choses nécessaires pour certains us^iges.
L'attirail de la chasse. Vattirail d'un méiiuge
de campaqne. L'attirail d'une Imprimerie.
L'attirail de la cuisine. L'attirail d'un voya(jC
de lu CoUr. Il faut un {jrHnd attirail pour le
service de ï Artillerie.
Il se dit par extension, d'Une giandc quan-
tité de bagage inutile et superflu que des gens
mènent avec eux en voyage. / 1 (nclnoit un cjrand
attirail après lui. Qu'étoit~il besoin de tant
d'attirail?
ATTIRANT, AKTE. adj. Qui allire. 11 nest
gufire d'usage qu'au lignré. Cette Marchandi
est adroite el attirante. C'est une f,:mnie lyui a
des manières fart attirantes. C'est un esprit
adroit^ attirant^ insinuant.
ATTIRER. V. a. Tirer h soi. Le soleil atlin
les vapeurs. L'aimant attire le fer. L'amhrc
attire la paille. Cet onquent a la vertu d'atti-
rer les matières , a la vertu d'attirer.
On dit figiuénient : Attirer ijuchpi'un à son
pcrrti . dans son parti. Attirer l'ennemi dans
une embuscade. Attirer les yeux , les rerjards
de tout le monde »ur soi. Sa beauté, sa bonne
mine lui attire tous les cn-urs. S'attirer l'atj'i c-
lion, le mépris j l'estune, l'approbation de tout
le monde. Cette action lui a attiré de cjrandti
hénédiclions , de (jrandes louanqcs. S'attirer de
méi-hantes ajji.ires. S'attirer une (fuerellc. S'at.
tuer la haine du public. Ce crime a attire de
qrands malheurs sur le coupable et sur toute sa
lamille. Vn malheur eu attire un autre. Un
abîme en attire un autre.
AiTinK, ÉE. parlielpc.
A'ri'ISICR. V. a. Il nH;st d'usage qu'en cette
piirase, .-ittiser le fu, qui signilie au propre,
Approcher les tisons l'un de l'autre, pour les
faire mieux brûler. El au figurii , Attiser le feu.
C'est aigrir des esprits déjà irrités les uns contre
les autres.
Attisé , ir.. participe.
A'ITIiEUU. I. m. Celui qui nitise.
ATI'ITRIJl. V. a. Charger quelqu'un d'un
emploi, d'une commission, etc. Il s'emploie
ordiDaireu^cut au participe ; Commissionnaire
A T T
attitré; marchand attitré^ ot souvent en mau-
vais'.' paît : Des témoins attitrés- des assassins
attitrés.
Attitré , ée. participe.
A'ITITUDI^. s. fem. Sltualion, position du
corps. Belle attitude. 'I oiiti's les attitudes de ce
t(d)leaH sont admirables. Mettre un modèle dans
une certaine attitude. Le peindre dans une clt-
taine attitude. Son attitude étoit à peindre.
On donne ce nom aux diffeiens mouvemcns
du coqis que fait un Danseur. Toutes ses atti-
tudes sont pleines de {jrâce. Cette Dans ^u-^e ne
varie pas assez ses attitudes.
On dit fif-urcnient , L'attitude du respect . de
la craiiite, de la menace, pour dire, L'uititude
qui exprime ces sentiniens ou ces passions.
On dit en ce sens, que Quel(fu'un prend une
certaine attitude imposante dans les occasions.
pour dire, qu'il sait s'y faire respecter.
A'nOMIiISSKUR. s. ni. Termes de Knucon.
neric. Oist au qui attiique le Héron dans soii
vol. Ce Faucon est bon attombisscur.
ATTOUCHIOMENT. s. m. Action de tonclicr.
iVoIrc-5et^ncur guérissoit les maladies par h
seul attouchement. On connaît la dureté ou la
mullesi.e d'un corps par l'attouchement. AttoU'
ehement illicite, dcshonnéle.
ATTRACTIF, ïVIi. adj.Qui a b force d'ni-
tirer. Un onquent attractif. Uaimant a uni
vertu Mractivc.
ATTRACTION, s. f. Action d'ntîirer, ou
rtat de ce qiu est allircî. L'attraction du fer pat
Vaiiiiant. L'attraction Ne-.\- ionienne.
ATTR VCTIONNAlRK.s.m. Terme 'le Pliy
siquc.On appelle ainsi Les partisans du syslèmt
de l'altractinn
A'I TRAIRE. V. a. Attirer, faire venir par k
moyen de qucli^ue chose qui plail. Lcselestbon
pour attratreles pigeons. l\ nicsi.qurrecn usage,
surtout dans ses auti'es temps , qui suivroient i.i
conjugaison de iraire. Il se prend activement
et passivement.
ATrRAlT. s. m. Ce qui attire agréablement.
La beauté est un puissant attrait. L^altrait de
la qloire , des richesses. Cet emploi , ci;t(c charge,
cette maison a de qrands attraits pour vous. Je
me suis laissé prendre aux attraits de cette
f'mme. Je me sens de l'attrait, beaucoup d'at-
trait pour la musiauc y pour cette itersonne. Lu
musinue , tctte personne a de Vattrait^ beau-
coup d'attri.it pour mci.
On dit, .*^es attraits de lu ^rdcc, pour dire,
Les douceurs int.^'rieurcs que la grâce fait quel-
jucfois sentir.
ATT K A VE. s. f . Tromperie, apparence trom-
peuse. ÎSe V(nis ftez pas à son air de candeur.
c'est une attrajie. Il n'est que du style Hunilier.
On le fait masculin, quand ou le joint nux
mots Sigaudj lourdaud. C'est un altrapc-tonr-
daad, un uïtrupe-iîJflHiid, pour dire, GVst une
ruse grossière, cela est bon à tromper des igno-
rans, des iml>éeiles.
ATTRAPER, v. a. Prendre ù une frappe, à
un picge, ou à quelque autre cliose de sem-
blable, attraper un renard dans un piéqc. At-
traper un loup à une traînée.
ATT
Il signifie aussi famiiièrem., Obtenir par in-
dustrie, il a si bien fait, qu'if a attrapé un bon
Emploi^ un bon bénéfice.
Il signifie figun'-ni., ïiurpremlrc artificieusc-
ment , tromper. C'est un flou nui m'a attrape.
Il s^cst laissé attraper par un filou gui lui n
gagné son argent. Les plus fins y sont attrapes.
On dit, dans lo style familier, Attraper un
rhume, une fièvre^ attraper un coup de mous-
quet ^ pour dire, Prendre un rhume, gagner l«
fièvre, recevoir un coup do mous(juet.
Atthapi;!!, signifie aassi, Atteindre en cou-
rant après, en allant après. Le lièvre eut beau
ruse-, les chiens Vattrapcrent. Le Vrevût a al-
Irapc les voleurs. Partez toujcurs devant y je
vous attraperai à la coucliée.
Proverbialement, en parlant d'Un Iiomine
qui s'enfuit, qui s'est évadé, on dit. Il courra
bien , si Von ne l'attrape^ pour dire, qu'Un îa
[ïoursuivra si vivenient, qi^e selon toutes Us
npparenccs on le prendra.
Ondil. qu't/nc pierre a aHr.\pê un homme
iiu nKtiton, à la tempe, etc. pour dire, qu'Ellc
la alteint au menton, à la tempe, etc.
Un dit fi:;wréni., Attraper le sens, la pensée
d'un Auteur^ pour dire, Pcnélrer dans le sens,
dans la pensée d'un Auteur.
On dit aussi dans le figuré, Attraper le ca-
ractère, attraper les manières, pour dire, Bien
exprimer, bien représenter, bien imiter le
caractère, les manières. Ce Poctc a bien attrape
le caractère d'un homme jaloux. Il a bien
attrapé le caractère des anciens GrccM, àe<
anciens Romains. C^est un grand Peintre ^ Û
attrape bien les caractères des pa'isions. Cet
élève a bien attrape la manière de liapha'rl. On
dit aussi d'Un Peintre, qu'il attrape bien la
ressemblance j qn il attrapai bi^n Vair de ceux
(ju^il peint j pour dire, qu'il fait des poriruits
hicn rcssemblans. Ce Peintre a bien attrapé
votre ressemblance. Il a bien attrapé votre air,
Vair de votre visage.
AttravÉ, ée. participe.
ATTRAPETTE. suhst. f. Tromperie légft-c ,
[ictitc malice. C'est une attrapctte. Il est familier
Et badin.
ATTRAPOIRE. s. f. Piège, macliine pvur
attraper des animaux. Uu'est plus guère d'usage
l'n ce sens.
11 se dit fifîurém. dans le style familier, LV»
tours de finesse dont on se s<'rt pour surprendre,
pour tromper quel*pi"un. Les flous ont cent
sortes d'attrapoire.y. La plaisante aftrapoirc!
ATTRAYANT. AIVTE. adj. Qui attire agr.-n-
h\rment.Discours attrayant. A ccucilattrayauL
Lîeauté attrayante. Il n'y u rien de si attrayant
nue SCS manières.
AT'fREMPi';. ailj. Teime de Fauconnerie.
désignant Un O'scau qui ne prclie ni par 'n
maigreur, ni par trop d embonpoint.
ATTRIBUER, v. act. Attacher, annexer
quelque prérogative, quelque privilège, ipiel*
que utilité, t-tc. L'Edit de création de cette
Charge y attribue de grands privilèges. Les
nages, les émolumcn.i gui ont été attribués ù lu
Charge de.... Le liai a attribué à chaguc p-J-t'"
ATT
culier lie cette Compaqnle, le droit tîc Corn-
mittiinus,
Atthiisueh , sî;;nific aussi, Rapporter, réfé-
rer une chose li celui (|u'on prétend en cire la
cause, l'aulrur, ou le principal instrumout. On
lui attribue cette victoire. On lui attribue la
Hrle de cette bataille. Ne lui en attribuez point
la faute. On lui iittrihue ce livre -là, mais il
n\-ti est pas l'Auteur. Il s'attribue le travail
ii'iiutrui.
Oa tlit, Attribuer une ïjiialile, une vertu à
une personne, à une c/k s£, pour dire, AOIrnier
qu'une personne, qu'une cliose a une certaine
qualîljé, une crrtnitie vertu. Vous lui attribuez
des rertiii et des vices (juil n'a pas. H a ioutes
les bonnes aiuil tes nu'on lui tittribue. C'est un
remède auquel vn uttrilmc de qrandes vertus.
ArmiBir, iH:. pariiripe.
ATTRIBUT, s. m. Ce qui est propre et par-
ticulier ù clitiquc sujet. L'immensité est un des
«((riants fie Dieu. Vn des principaux attributs
de la Souveraineté, c'est.... Ce droit est un des
attributs de ma Charge,
Atthicut, chez les Peintres, les Sculpteurs
cl les Anti'jUiiircs, se prend t]U(-!<iuefbis pour
Ce qui sert h c.iraclériser une lii^urc.
Atthievt, en termes de Logique, est Ce
qui s'affirme ou se nie d'un sujet, d'une propo-
aitiuD. Ainsi lorsqu'on dit. Dieu est tout-puis-
sant^ Dieu est le sujet , et tout-puissant est l'at
irihut,
ATTRIBUTIF, H^. adjectif. Terme de
Palais. Qui attribue. Attributif de Juridic-
tion.
ArmiBUTIUN. s. f. Concession de quel-
que prérogative, de quelque privilège, on vertu
d'-- I.elti-es du Vrînce. in Edit d'attribution de
droits. Ces Charges ont de grandes attrdn^
tiens.
Dn appelle Lettres d'attribution, Un pou-
voir donuê par K* Koi .1 des Commissaires, ou
à une Juridiction suhatternc, pour juger une
adliirc en dernier ressort.
ATTHISTAiNT, .\i\TE. adj. Qui attriste.
Nouvelles attristantes.
ATTRlSTIiR. V. a. Rendre triste, adli-er.
Cette nouvelle m' aUrisie y m'a bien attristé. Il
ne faut attrister ptTJcnne.
U s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Il s'attriste mal à pro^wj. ]Se vous en attristez
pas.
ATTnisrÉ, tE. participe.
ArmiTIUN. s. f. lîcïçret d'avoir on*ense
nicu, cause par la crainte des peines. L'ctlri-
tion ne suffit pas sans la confession.
A'ITROUPKMExNT. s. m. Assemblée tu-
ninluieuse de gens sans .lulûrilê cl sans aveu.
Dans un F.tat bien pvUcé, les attroupemcm
sont défi ndus.
A'ITiîOUPER. T. ». Assembler plusieurs
personnis en troupe. /( attroupa toute la ca-
naille, tous I« fiinéansj tuus les v.iqiibunds.
pour faire une sédition.
Il sVmpIoic aussi avec le pronom pcisonncl.
rt si;;nitie. S'assembler rnlroui>c. // est défendu
par les Ordonnances de s'attrouper. Il s'at-
AUB
troupa une (juantlté de gens. Au son du (oc^i'rt,
les paysans des environs s'attroupèrent.
Atthoupl, ée. participe.
AU
AU. Particule fornice par contraction de la
préposition (1, et de l'article /c. Klle s'emploie
avec les noms masculins qui contmcnccut par
une consonne, et qui reçoivent l'article au no-
minatif. Céder au torrent. Déférer au senti-
ment de ses amis. Obéir au Hoi.
Au, fait au pluriel uux, par contraction d'ù
rt de l'article pluriel Us. Donner aux pauvres,
l'onnor aiLx Eglises. Pardonner aux coupa-
blés. Se soumettre aux lois, etc.
Ces deux particules au et aux, ont enrorr
d'autivs usa;^es dont on renvoie la si^niticatio 1
il l'ordre des noms et des verbes avec lesquclî
I Iles se joignent, comme: Prendre audépimnnt.
Passer iut travers des ennemis. laisser au fd de
\'cpéc. Au sortir de l'Eqlise. Au bout du compte.
\2uand ce vint au fait et au prendre. Il soutC'
toit au contraire. Aller aiLX champs. Aller au.t
Mtux. Us en vinrent aiuc grosses paroles^ auj
nainsy aux prises. On cria (lux armes.
AUB
AUBADE, s. fém. Concert de Musique ou
JTnslrumens que l'on donne vers l'aube du
jbur,il la porte, ou sous les fenêtres d'une per-
sonne. Donner une aubade. Donner des aubades.
Aubade, se dit figurcment et â conli'e-sens,
d'Une insulte, d'une avanie, d'une peur, faite
ivcc vacanne a quelqu'un. Il en a eu Vauhade.
\l en aura Vaubade tout du loua. On lui en a
ionné Vaubade. Il a eu une étrange aubade,
tne furieuse aubade. Il est familier.
AUIîAIN. s. m. Tenue de Cliancellerie et de
hdais. Klranger qui n'est pas naturalisé dans le
jays où il demeure.
AUliVINE. s. f. Succession aux biens d'un
lUr;in^er qui meurt dans un pays où il n'est pas
naturalisé. L'aubaine appartient au /îoï. Le
;7oî a druit d'aubaine. Ce Seigneur a droit d' au-
baine. Le droit d'aubaine. Le droit d'auha.ne
a été presque entièrement supprimé.
AcBAiNE, se dit fîgurcm. et familièrem. I)<î
lout avantage inespéré qui arrive à quelqu'un.
II lui est arrivé une succes.çion qu'il n'ejipéroil
paSj c'est une bonne aubaine pour lui.
AUBE, s, f. La pointe du jour. Il ne se met
Ruère seul. L'aube du jour. Je me suis levé dès
Vaube du }our.On dJt cependant ,tSeIei*eravunf
Vaube^ sans ajouter, du jour.
AUBIv s. f. Vêlement ecclésiastique qui e.sl
fait de toile blanche, et qui desceiul jusqu'aux
talons. Vètir une cube. Ceindre une aube.
AUBÉIMN, s. m. ou AUBKPIMi:, s. f. Ar-
brisseau él>ineu\, qui produit de petites fleurs
blanches p.ir Iwjnijuets d'une odeur très-agréa-
ble. Des branches d'Aubépine. L^ Aubépine llcu-
rit att mots de Mai. Le liossiqnol oirac l'Aiihe-
pinc. et y fut ordinairement son nid. Le mot
t.\' Auhcpine est beaucoup plus d'usage que ce-
lui d*./ulfepm,qui ne se trouve que dciis des
l^oésies Qucicuncs.
AtJD
m
AUBtRE. adj. des ?. genres. Il se dit d'Un
<h(*val dont le poil est couleur dépêcher, entre
le blanc et le bai.
AUBElUiE. s. f. Maison où l'on trouve à
manger en pavant, et où ou lu-^e en chambre
garnie. Ponne aubevqc, On fuit bonne chère
dans noire auberge, ienir auberge.
On dit aussi, Tenir auberge, jwur dire.
Avoir maison ouverte, recevoir tout le monde
â sa table. Celle place est onéreuse, elle force à
tenir auherqe.
\.n parlait de l'Oitlre de Malte, Auberge st
dit pariiculiiTcment Du lieu où les Chevaliers
de chaque Langue sont nourris à Malle en coai-
mun. 71 y a une auberge séparée pour chaque
Langue. L'auberge de France. L'auberge dt
Provencii. L'auberge d'.-iuvergne. L'auberge
d'Allemagne. Un Commandeur qui tient au-
berge. C'est un tel qui tient l'auberge de France.
AvGZnr.F.. s. f. Espère de |H'cbc,
AUBERGINE, s. f. Plante d'Amérique, qui
porte un finit oblong de la forme du concom-
bre. On l'appelle aussi Melonqène.
AUBERGISTE, s. m. Celui qui lient Au-
berge. Il mange chez un Aubergiste.
AUniER. s. m. Voyez Obieh.
AUBIER, s. m. Le bois tendic et blancbAlre
qui est entre l'écorcc et le cœ^s de l'arbre. Cet
arbre ne vaut rien à faire une poutre, il y n
trop d'aubier.
AUBIFOIN. s. m. Sorte d'herbe qui croit
onlinairement dans les blés, cl que h: peuplo
îil)pelle rutienunï. i5Iut'(, parce que sa fleur est
blene.
AUBIN, s. masc. ADure d'un cheval euUc
l'aïuble et le galop.
AUC
AUCUN, UNE. adj. Nul. Vous n'avez au-
cun moyen de réussir dafis cette aifitirc. Je ne
cannois aucun de vos Juges. Je ne le veux en
aucune manière.
Il s'emploie rarement au pluriel dans le sens
nég.ilif. On peut dire rependant : // ne m'a
rendu aucuns soins. Il na fait aucunes di^o-
sitions, aucuns préparatifs.
Aucun, sans négation, s'emploie au plutic!.
H a obtenu ce qu'il demandoit sans aucuns
frais.
Aucun, dans le même sens, s'emploie aussi
en style de Palais, Ce fait raconté par aucuns;
et en style marolique ou badin, D'uucun; croi-
ront que j'en suis amoureux. Il sigui&e alors
Quelques-uns.
AUCUNEMENT, adv. Nullement En au-
cune manière. Je n'en veiLv aucunement.
Il s'emploie aus.si sans négative en style de
Cbancellcric et de Palais, pour dire, En quel-
que sorte, & certains égards. Le Roi ayant au-
cunement égard ù..,.
A U D
AUDACE, s. f. Hardiesse exrc&iivc. Grande
audace. Audace inouïe. Audace incroyable.
Audace avevgle. Audace funcnse. Entrer avec
audace. Se présenter avec audoce. Parler avec
i3.
.00 AUD
«udaee. Rcpotidre avec audace. Être plein
J* audace.
W se dît aussi en bonne part. Noble audace.
Généreuse audace. Audace héroïque. Audiue
(guerrière. Des Soldats (j«i vont au coinhut
avec audace. Alexandre eut l'audace de passer
le Granique avec trente mille hommes, à la
vue de deux cent mille.
AUDACIF.USEMi:>îT. adv. Avec nudnce.
D'uDo mani.'re insolente. Parler oudacieuse-
ment. Répondre audacieuscment. Entrer auda-
cieusement.
Il se prend aussi (jueKju^fois en bonne pari.
Il se jeta audacieusemcnt au milieu descmiemtsi.
AUDACIEUX, EUSE. adj, Qui a une liai-
diessc extrême. // est audacieux. C^est un
homme fort audacieux. Il a un air audacieux^
une mine audacieuse.
11 est aussi sulistaclif. C'est un audacieux.
Vn jeune audacieux.
11 a communément un sons de blâme; ce-
pendant il s'emploie quinqucfois en éloge .
L'audacieux Pindate , Vaudacieux 'i^illars ,
pour désigner Une nobli- et vive hardiesse.
ACDACiKljx, se dit queki'jefuis an figuré.
Style audacieux. L'hyherhole est une ftqure
audacieuse. L'ode doit être audacieuse dans ses
txprexsions et dans sa marche.
AUDIENCE, s. f. Attention que l'on donne
h celui qui p.trlc. Paviez, vous aurez audience.
Prclez-moi audience. Donnez-moi un moment
d^audience. Une audience favorable.
En ce sens, il se dit plus parliculicremenl
en parlant des Princes, des Personnes consli-
tue'es en dignité, qui emploient un certain tcnipi
& écouter fceux qui ont à leur parler. Les Am-
bassadeurs envoyèrent demander audience, fu
renl admis à l audience^ introduits à Vaudiena
au Hoi. Ils furent quelque teinp.^ san^ pouvoir
avoir audiencCy sans pouvoir obtenir audience.
Le Uoi Icurdorina audience. Le Chancelier., h
Contrôleur (iénèral des Finances^ donnent au*
dience un tel jour, à telle heure. Se trouver à
Vheure de l'audience, dans la salle de l'au-
dience. Il y a aajourd'^hui audience.
AcDiENCE, signifie aussi I-a Séance dans
kiqriellc ïcs Juges écoulent les Causes qui sr
plaident p-ir A"ccats ou Procureurs. C'uitse
d'Audience^ qii se doit plaider à l'Audîetjce.
Cette ajj'i.ir*' se ju(jera à V.!ttdience, en pleine
Audience. Un tel Président tenoit VAudiaice
ce jour-là. Sentence d'Audience. Arrêts d' .lu-
dience. L*: Président lui a promis l'Audience.
Cause app'ilée à V Audience. Ouvrir l' Audience.
Vouverturt des Audiences, Les Audiences sont
finies.
' Il signifie aussi L'assemblée de ceux h qui
on donne Audience, qui assistent à l'Audience.
'I ouïe l'Audience en fut scandalisée.
Il se dit aussi du Lieu où se donne l'Au-
(hcnce. Ouvrir VAadiencc, Fermer l'Audienec.
On le mit hors de V Audience.
AuDiENCK, en termes de Géographie, s'em-
ploie au sens de Province j en parlant des Pays
loumis aux Espagnols. L'Audience de Quito.
V Audience de Panama, l! se dit aussi de lAd-
AUG
ministralion qui rrside dans ces Provinces, /l
fallut s'adresser à l'Audience de I^os-Reyes.
AUDIE>CIER.adj.m. Il n'est guère d'u.sa,î;e
qu'en celte phrase. Huissier Audiencier,(iui se
«lit de riluissier qui appelle les Causes dans les
Audiences du Parlement, ou des autres Tri-
bunaux.
Il est employé substantivement dans le titre
de Grand Audiencier , qu'on donne à Un des
prineipauxOfficiersdelaChancellenedel-'rance,
qui f,ut rapjïort au Chancelier des Lcllres de
grâce , de Noblesse, etc. Une Charqe de Grand
Audiencier. Il y adeux Grands Audienciers.
AUDITEUR, s. m. Celui qui écoute quelque
discours dans quelijue assemblée publique. Ce
Prédicateur a toujours un qrand nombre d'au-
diteurs. Il suiisft extrêmement ses audileuis.
Il édifie ses auditeur .
U se prend quelquefois pour Disciple. Ce
Profsseur a beaucoup d\iuditeurs, 7i'n point
d'auditeurs.
On appelle Auditeur bénévole. Un Autîjleur
qui est favonblenienl disposé. II se dit aussi
De ee!ui,qui vient écouter un Maitre par goût
rt sans s'astreindre à l'assiduité.
AcDiTKL'n DES CouTTEs , Officicr de la Cham-
bre des Comptes, de qui la fonction est de voir
L't d'examiner l.es coitiptes qui s'y rendent el
qui lui sont renvoyés. Une Charqe d^Auditeur
des Comptes.
ArniTEun, en parlant De certams Pays, est
iiussi un titre de Charge, d'Emploi. L'Auditeur
d'un Cardinal. Un Auditeur de liote. Auditeur
de la Nonciature., dans les Etats Espagnols est
le titre d'un Magistrat.
Auditeur de Rote. Voyez Rote.
AUDITIF, IVK. adj. Qui appartient h l'or-
gane de l'ouïe. Le nerf auditif.
AUDITION, s. f. Ternie de Physique. Action
d'entendre. Expliquer comment se fait Vati-
dition.
Audition, est aussi un ternie de Pratique,
(]ui n'est d'usage qu'en cesdcux phrases, L'au-
dition des témoins^ qui est Tartion d'ouïr des
rénioius en Justice; et VAudit'wn de comptCf qui
l'st l'action d'ouïr et d'e?iamiuer un compte.
AUDITOIRE, s. m. Le lieu où l'on plaide
dans tes petites Justices. Les qu'il jut entré dai.s
V Auditoire.
Il se dit aussi De i -Usemblée de tous ceux
'jui écoutent une personrc qui parle en public
Ce Professeur, ce Prédîcatcj'r a toujours un
bel auditoire, un nombreux auditoire.
AUG
AUGE.5. f. Pîen*e, ou pinède boiscreuscr.
qui sert 5 donner h bcii'*' et à manger aux rlir-
vaux et aux atJtres animaux domestiques. Mciur
boire la chevaux à l'aune. Donner à mantjer
aux cochons dans Vauqe.
AtJGE, se dit aussid Un vaisseaadebois<laiis
lequel les Maçons délaient leur pl.ilre. L'aurje
d'un Maçon, Porter l'aune. Cet Architecte a
coninicnré par porter Vauqe el tailler la pierre.
pour connoltre tous /c-t détails delà construc-
tion. On dit proverbialement , pour marquer le
AUG
mépris qu'on fait d'un Emploi , J'aimeroit
mieux porter l'auqe , mieiux: vaudrait porter
Vau(je, que de faire ce métier-là.
Accès, se dit au pluriel De certaines rigoles
de bois ou de pierre, qui servent ordinairement
à faire tomber l'eau sur Va roue d'un moulin ,
pour la faire tourner.
AUGf'^E. s. f . Ce que ppul contenir une auge
de Maçon. 7/ ne fautqu\inc année de plâtre pour
boucher ce trou-là.
AUGKT. s. m. Petit vaisseau où l'on met U
mangeaillc des petits oiseaux que l'on nourrît
en cage. Il n'y a plus rien dans Vauqet.
Il se dit aussi Des petits vaisseaux attaclidt
à la, circonférence de certaines roues hydrau-
liques
AUGMENT. s. m.Temie de Droit. Il ne se
dit qu'en celle phrase, Anqmcrit de dot, qui
es't Ce que la Loi permet de donner li la femme
sur les biens du mari , dans les pavs de Droit
écrit. L'auomcnt de dot est ordinairement de la
moitié ou du tiers de ce au une femme apporte
en mariaqe , et ce prend par préférence sur tous
les bie/is du mari.
Algment, est aussi un terme de Grammaire,
dont on se sert en parlant des veibcs (Vn-cs. U
y en a de deux sortes, L'auqment syllahique,
qui consiste dans l'addition d'une syllabe , el
L^auqment de temps, qui consiste dans 1 allon-
gement d'une voyelle.
AUGMENTATIF, IVE. adj.Tcrme de (iitira-
maire, qui se dit de certaines particidcs ou de
certaines terminaisons qui servent .'i aiipmenirr
le sens des noms et des verbes. Très, /orl, etc.
sont des particules auqmentatives dans notre
Langue. La Langue Italienne a plusieurs 1er-
fntnaisons auqmentatives.
AUG:\IENTATiON. s. f . Accroissement , ad-
dition d'une chose à une autre de même genre.
AuQmentation de qaqes. Nouvelle augmenta-
tion. Il a bien fait des auamentations à cette
maison. Il ftut payer les améliorations et auO'
mentations.
AUGMENTER, v. a. Accroilr?, agrandir,
rendre une chose plus grande . en y joignant une
autre chose de mcmf genre. /lau^mcnïc son re-
venu tous les jours. Il a bien augmenté sa mai-
son, son train, sa terre. Augmenter le prix.
Augmenter îe nombre. Augmenter la dépense.
Anqmenter un livre. Il ne faut pas diminuer
la récompense quand on augmente le tra^*ail.
Il se dit aussi Des personnes, -^u^menrcr u.i
Domestique , augmcnlerun Commis. pourdiic.
Augmenter leur salaire. Tous les Oui-uers ve»-
lent au ourd'hui qu'on les augmente. Cethonime
ne routera pas, ci on ne l'augmente.
Il est aussi neutre, et alor> il signifie, Croîl\^
en qualité ou en quantité. Ses richesses aug-
mentent tous les jours. Il augmente en bien et
en honneur. Cela va en augmentant. Le mal
augmente tous les jours. l\ se met aussi arec le
pronom personnel. .Son mal s^augmcnte. Se*
richesses saugmcnteut,
AucMENTr. lE. participe.
AUGURAL, ALE. adj. Ce qui appartient i
l'Augure. Bâton Augurai, liohe Augurale,
AIIL
AUCrPE. s. m. Prieage, signe par Uqinl
on juge de 1 aviiilr. Kn pailaiil Des anciens Ru-
mains, il se prcml prinripalcmcnt pour le pré-
sage ipi'ils liroicnt de l'ohscrv atiou des oiseaux
Parmi nous , il se dit Ue loul ce tjui semble pré-
sager, indiijii'-r quelque chose que ce soit. Bvn
augure, mauvais autjure. Augure sinistre. An-
oure funeste. Prendre à bon uunure, à muuvitis
uuaure. Oiseau de hoti augure ^ de mauvais au-
gure. J^en aec\'pU- Vaugure.
On dit fi;4uréju. d'Un lioninie dont on s'ima-
gine que l'aiTivi-e va nous apprendre quelque
boDUC ou quelque mauvaise nouvelle, que C'est
un oiseau de bon augure , un oiseau de mauvais
augure.
Augure, se dit aussi, en parlant des Ro-
mains, Oc celui dont la charge ctoit d'observer
le vol , le chaut et la ïaçon de manger des oiseaMX,
pour en tirer des présages. L'Augure étant con-
sulte, répondit... La dignité d'Augure éicit en
grande considération parmi /ej Romains, h' in-
qure publie. Le Collège des Augures, Bâton
d'Augure.
AUGURER. V. a. Tirer un au;:;ure, ifne con
jectnre, un présage. Je n'en tmflwre ricr: Je bon
(Ju'eii pouvcz-vous augurer ^ J'en augure bien
J'en augure mal. Je n'en augure rien de mau-
vais.
.VUCUSTE.adj. des 2 g. Grand, respectable
digne de vé-nération. Le très- auguste .Sacre-
ment de l'Autel. Cet auguste Empereur. Dam
ce temple auguste. Dans une assemblée si au-
l^-ute. Dans cette auguste assemblée. Ce Palat
a auelgue chose d'auguste
l\ ^e dit De l'air, du maintien, pour signi--
Cer Une gravité imposante. Il parla d'un ail
auguste. Prendre l'air auguste, se dit ironi-
quement.
AU J
AUJOURD'HUI, adv. de temps, quisiguifi<
le jour où l'on est. Il arrive aujourd'hui à
ntidi. Il a l'ait grand chaud tout aujour-
d'hui. Ce n'est pas d'aujourd'hui eue nous
nous co/inoi.\-sons. Il part dés aujourd'hui. La
journée d'aujourd'hui est plus belle gue celle
d'Iiicr. La jclc d'aujourd'hui. Le Saint d'au-
jourd'hui. Il n'a la f.èvre (jue d'aujourd'hui.
J'ai diU'cré jusju'aujourd'hui à vous donner
de n.es nouvelles.
U s'emploie quelquefois subslautiv. Aujour-
d'hui passé, ils ne seront plus reçus à leurs offres.
AlJODno'HCi , se prend aussi quelquefois
adverbialement, pour A présent, au temps oit
nous sonnnes. Cela se pratiguoit aulrej"is ,
mais aujourd'hui on en use autrement. Les
jeunes gens d'aujourd'hui. La mode d'aujour-
d'hui.
AUU
AL I.lt^lL K. s. f. On appelle ainsi uneThésc
que souli. ni un étudiant .-n Théologie, lors-
qu'on donne le bonnet i un Docteur. Il a sou-
tenu son .Iulicjue.
.VetiQii;. est aussi adjrclif, et se dit dun
TnLunal qui a nue Juridiclion universelle et
AUM
en dernier restort sur tous les m> nibrcs et su-
jets lie l'Kmpire , pour les Causes qui doivent y
être jxïrtées.
Conseil Aulique, se dit aussi du Tribunal
pîtrliculier de certains Princes d'.VIlemagne.
Conseiller .4uUguc du Duc de haviére,
AUM
AUMAILLES. adj. f. pi. Terme d'Ordon-
nance des Eaux et l-'orcts, qui ne se dit que des
hùtes à cornes , comme Bœufs, "Vaches, Tau-
reaux. Un troupeau de bêtes aumailles.
AU.MEUÎTTE. Vojci 0.^rELETTE.
AUMuNE. s. f. Ce qu'on donne aux pauvres
par charité. Aumône publiguc. Aumône de pain
et de vin. Faire l'aumône. Donner raurrione.
Racheter ses péchés par l'aumône. Donner par
aumône. Donner en aumône. Distribuer des
aumônes. iS'e recomnitinJer au.x aumônes de^
'lens de bien. Vivre il'auniunc. i'n tronc pour
les aumônes. Le tronc des aumônes. Être à
laumùiie. Être réduit à rtiuinone. ^(re à l'ait.
(r*one de la Paroisse. L'ambitieiLz fuit des lar-
gesses, il ue jait pas d'aumônes.
Ou dit d'Un honnue qui drniande l'aumône
par pure fainéantise, qe'/i djrohe l'aumône
tiiuc pauvres; et d'Cne chanté bien employée,
[ue C'est une belle aumône. Faire du bien
à des pauvies honteux, c'est une belle aumôue,
c'est une aumône bien employée, bien placée.
En parlant Des terres ou des renies qui oril
clé donne'es ù l'Église par le Roi , ou par quel-
Tue Seigoeiu-, sans aucune autre obligation que
de reeonnoilre qu'on ies tient de celui qui \a
a données, on dit, qu'Eiles sont tenues en
franche aumône, qu'elles relèvent en francht
aumône.
On apjwlle aussi .'tumône. Une peine pécu-
niaire à laquelle la Justice condamne eu cer-
tains cas ceux qui perdent leur procès. 71 a été
condamne à une aumône.
.iUMONEl'i. V. a. Donner par aumône. Il
ne se dit guère qu'en termes de Pratique. On l'a
condamné à aumôner cent écus aux pauvres.
AiMÔ.vÉ, ÉE. parlicipc.
U SL' dit d'Un homme condamné par juge-
ment à payer une aumône. lira été aumône.
AU.MÔSERIE. s. f. On appelle ainsi dam
les .\bbiyes, certain Bénéfice claustral, affcci^
'i la iictvibution des aumônes. L'Aumônerie ii<
S aint-Dsnis en Frani e. L'Aumôncrie de Saint-
G erma ii>-des-Prés.
La grande Jumônerie de France, est La
Charge du Grand .Aumônier.
AU.MÔNIER, ERE. adj. Qui fait sci-vcnl
l'aumône aux pauvres. Dieu lui fra mi'Sri-
corde, car il est grand aumônier. Cette Dame
est fort aumvniére. Saint Jean-l'.-lumônier.
.ViMÔNiEn. 8. maso. Eccliiiiastiquc, dont la
fonction ordinaire est de disulbuer les aumônes
que ceux à qui il est attaché luidouncntà faire,
de leur dire la .'Messe, de faire la Piiére du ioir
1 1 du matin , etc. Grand Aumônier de France.
Premier Aumônier duRoi. Aumônier ordinaire
du Roi. .-lumônier de guartier. Aumônier du
Commun. Aumônier de la Reine. L'.-luméntcr
AUP loi
a'uM hvêijuc. L'Aumônier d'une Princesse, d'un
grand Seigneur. L'.lumônler d'un Régiment,
dun l'aisseau.
AU.MUSSE, ou AUMUCE. s. f. Fourrure
dont les Chanoines, les Cljapclains et lesChan
1res se couvicul qucicjiiefois la tète, et qu'ils
portent ordiri.iirem'iil sur le bras. Porter l'au-
niusse. Auiuusse de petit- gris. L'aumussc des
'.'hapelains et des Chantres diffère de celle des
Chanoinet.
AUN
AUNAGE. s. m. Mesuragc à l'aune. Faire
hon autiage. L'aunage n'est.pas bon.
.AUJiAIE. s. f. Lieu planté d'.Hines. Il y «
itne belle aunaie sur le bord de cette rivière.
Aune. sul»t. f. Mcsiut de trois pieds liuil
pouces de longueur, telle qu'elle est à Pari».
Mesurer à l'aune. Vendie à l'aune. Une aune
et demie. Une demi- aune. Demi- aune demi-
guart.
Il signifie aussi Le bâton de même longueur,
dont on se sert h mesurer, ^unc ferrée par les
deux bouts. Aune brisée.
11 se dit encore De la chose mesurée. Une
ruine de drap. Vne aune de toile, de dentelle,
de ruhan.
On dit proverb. Au bout de l'aune faut le
drap , pour dire , que Les choses iront jusqu'où
elles poîirront aller.
On dit proverb. et figurém. que Les }iomnitt
ue se mesurent pas à l'aune, pour dire, qu'il
ne faut pas juger de leur mériti- par leur lïille.
On dît aussi proverb. et fi^urém. -1/esurer
les autres à son aune, pour dire, Juger d'aii-
Irui par soi-même.
On dit aussi proverbial, et figurém. d'Un«
chose dont ou a fait expérience ^ ses dépens ,
qu'On sait ce gu'en vaut l'aune.
Tout du losc de l'.Vdse. F.içon de parler
figurée et proverbiale, pour dire. Beaucoup,
Pxce.^sivenleot. lia fait débauche, et ilenapris,
il s'en est donné tout du long de l'aune. On Va
battu, il en a eu, on lui en a donné tout du
long de l'aune. S'il perd son procès, il en aura
tout du long de l'aune,
AUKE. s. m. Arbre de bois blanc, qui croit
dans les lieux humides. Des tuyuux de bois
d'aune. Des sabots d'aune.
AUMJE, ou ÉsLXA Campasa. s. f. Plante
médicinale. Elle est du genre des .\slers.
AUNER. V. a. .Mesurer .i l'aune. .4uner une
pièce de toile, une pièce de drap, .-(uner fidèle-
ment, .iuner mal.
Aisé, le. participe.
AU>'EUR. s. m. Oflieier e'tabli pour avoir
inspection sur l'aunag'-.
AUP
AUPAR.\VANT. adv. qui marque priniilê
de temps. Si vous voiiles vous en aller, réglez
auparavant ce qu'il fiut faire. Je l'en avois
averti long-temps auparavant. I'n mois, un an
auparavant.
Quelques personnes disent. ^uparai'anl que;
c'est une faute : il làut dire, .tvant que. ^'. AvA.vT.
loo. AITR
AUPRÈS. Préposition du lieu. Sa maisoii
est iiuprès de la mienne. La rivière passe auprès
de cette Ville. H csl logé iiiij;iès du P(dais.
(^uand il Cft eil colère, il ne fi, il pas bon au-
près de lui. Il vient d'auprès du Palais, d'au-
près de la Place PiOyale.
Aui'nF.s , sert aussi i marquer L'attachcmrnt
domestique. Ainsi on dit, Etre auprès d'un
qrand Scinneur, pour dire, jf'trc Qtî;iclie a son
acrvgcc. ('ii Va >nis auprès d'un tel Prince. Il
n'est ; lus auprès d'un tel. On l'a ûlé d'auprès
de ce jeune Prince. Il s'est retiré d'auprès d un
tel *:einneur.
On dit aussi, quX'n homme est lien auprès
il'iinc personne puissunle, pour dire, qu'il est
dans SCS bonnes gr.iccs. Il est fort h'en auprès
du Poi, auprès des Ministres.
Aupiits, s'emploie quelquefois comme ad-
verbe. Je ne puis voir cela, si je ne suis au-
près, si je ne suis tout auprè;. Kt dans le style
familier, on dit proyirbialemcnt, Si vous n'en
/voulez point, conc/ies-i'crts auprès.
AtenÉs , signifie aussi , Au prix , en compa-
raison. Voire mal n'est rien auprès du sien. La
Tare n'est qu'un point auprès du reste de
l'Vnivers.
AU R
h
AURÉOLK. *. f. Cercle dn lunHt'-re que les
Pcinti-es mettent autour île In tête des images
des Saints.
Il se dit pussi pour signifier ï.e drgrc de
clt*ire qiri distingiK' Ifs S;iinls dans le Ciel.
VÀiirèo]c ilca '^hirlyrs. L\4uréolc liesVicrcjc-i,
AIRICULAIUK. cdj. -îes 2 genres. Il n'csl
guirred'us.igeque dans les phrases qui suivent:
Témoin aiiricnlaire ^ pour dire, Un témoin <(u.
a oui de SCS propres oreilles ce tpi'il dépose ; ci
Confssion auriculaire . pour sïi^nifi La con-
fession qui se fait en secret h rorcilledu Prêtre.
AURILLARD. Voyez Omu.akd.
AURONE. subst. f. Pl.intc qui a presque les
m^^mes qualités que l'Aljsintlie» et qui en ap-
proche beaucoup pour la f<)rnic de ses fleurs el
de ses semences.
AUROKK. s. f. Lumière qui paroit avant
que le Soleil soit sur l'horizon. Le lever tic
l'aurore. L'aurore commcnçoj't à paroibw Les
Anciens en ont fjil une Hcesse.
Il se clii figurcmcnt d'Une chose qui com-
mence, Cela n'est encore <ju' à son aurcie ; et
en parlant d'Une trt^s-jeuae personne. Une
heanté dan- son aurore.
On dit aussi fif,arciren(, Cest Cjurore d'un
beau jour, pour exprimer Quelque incident
heureux qui innoncc un pi is gnind bonheur.
Aur.or.E, se du a\:yÀ pour le Levant. Du
coiicV.nt à iaufore. Les climats de l'aurore.
On appelle Couleur d aurore ^ Une espcce
de jaune doré, TaffiUs^ iaiin couleur d'au-
rore; et on dit pir abrcj;ë, Du sniin nurore.
AunoiiE BonÉAtE.On appelle ainsi Uu phé-
nomène lumineux qui paroit quelquefois dans
le Ctsli de Ct!.[c du >'ord.
AUS
AUS
AUSPICK. s. m. Terme géne'rîqùe qui dési-
j^iioit chez les Romains diverses mani^^res de
consulter et de eonnoître l'avenir, Icsqnellei
furinoient parmi les Au;^ures trois ordres dif-
férens. Prendre les aw-'jnces par le vol des oi-
scauXj par le chant des oiseaux, par la façcn
de manqer des pou/t-ïv sacrés. Heureux auspicc.
Les Grecs et les ilomains avaient qnmd éqard
aux auspices. Les auspices lui furent favorable.':.
On dit figurf?.!!., Sous d'heureux aiv:piccs.
pour dire , Avant la fortune favorable j et on
dit, Sow: les auspices deauclnu^unj pour, ^otis
lii cond.iite, àous la licune fortune, sous l'ap-
[)ui , sous la faveur de quelqu'un. Ce Capitaine
faisoit la guerre., et (jiujnoit des batailles sous
les auspices du liai. J'entreprendrai cette af-
fairô sous vos auspices.
AUSSI, adv. Pareillement, de mùrae. Vous
le Lfouîez , et moi aussi.
Il s'emploie souvent pour Encore, de phis,
lilui a donné telle chos"., ei cela aussi. Dîtes*
'i(i aussi de ma part.
Il signifie quelquefois, C'est pourquoi, H
cause de cela. 71 sert un mnitre qui le traita
malj aussi le veut-il (piitter. Ces étofffs sont
belles^ aussi coûtent-elles beaucoup. // en us&
niai avec tout le monde, aussi tout le monda
l'aha'idonne.
Il sert encore h marquer La conformité, la
rapport d'uiiC-proposiiion avec celle qui pré-
cède. Il faut être rcconnoissiint, aussi Vcst-iL
Il auroU eu tort d'en user de la sorte ^ aussi na
l\i~t-il pas fait. îl a été volé la nuit; maîi
aussi pouritnoi est-il par les rues à ces heuies-là ?
II est quelquefois Icmic de comparaison, et
signifie. Autant, éf^alcnicnt; el alors il exige
apr's lui la conjonction que. Il est aussi saqi
que rniillant. Il vit aussi maqnifujuenient qu'il
se peut. Il est aussi à plaindre qu'un autre. Il
voit aussi clairdans cette affhirc que personne.
Quelquefois on supprime le que par ellips» ,
conmie dau5 cette phrase : Ce livre est esti-
mable^ mais il y en a d'aussi bons.
On ne peut remployer pour *Sj, sans occa-
sioner une sorte d'équivoque qu'il faut éviter.
Un homme aussi éclairé (jue vous, peut vouloii
dire, Un autre honmie non moins éclairé que
vous.
Aussi-B[EN QUE. De même que» autant que.
Je sais cela aussi-bien que vous. Il faut écouter
les pauvres aussi-bien que les riches.
Aussi - bifn , sert encore à rendre raison
d'une proposition précédenir, Je ne veux point
y aller; aussi-bien est-il trop tard. Je n'ai que
faire de l'en prier; aussi-hlen n'en fera-i-ii
ien. Aussi-bien il n'en fera rien.
Alssi peu, sert aussi à marquer Une cer-
taine égalité de privation ou de modicité entre
deux personnes. J'en ai aussi peu que ifous.
L'un est aussi peu nécessaire que Vautre. Ib
ont aussi p'.u d'ar^'mt Vun que l'autre.
AUSSITOT, adv. de temps. Dans le moment,
sur l'heure. J'irai auisït U. Il rsl quelquefois
préposition. Aut.siti)t qu^il aura fa:t.
AUX
On dit proverbialement, Aussitôt dit . aussi-
tôt fait, pour marquer Une grande prompti-
tude dans l'exécution de quelque cliose ; et ,
éussitoi pris,, aussitôt pendu ^ pour mnniuer
Une prompte jusiice, une prompte exécution
en quelque occasion que ce soit.
Un dit par ellipse, Aussitôt votre lettre reçue ,
j'ai fait votre commission^ pour dire, Aussitôt
que j'ai eu reçu votre lettre.
AUSTEKE. adj. des 2 genres.Qui est rigou
reux en ce qui legarde Ih traitement du corps,
et qui mortifie les sens et l'esprit. Vielinion aus-
tère. Hcqle austè'-e. Jeune austère. Mener une
l'ic austère. Faire une pénitence austère. Il qavde
un silence austère.
Il signifie aussi, Sévère, nule. Homme aus-
tère. 3l(i'»rs austères. Mine austère. .Vistine
austère. Ver(« austère. Doctrine austère.
AuspÈnE , en termes de Pliysitpie, se dit
d'Une certaine saveur ûprc et astringente. La
plupart des fruits verts sont d'un août austère,
sont austères au août. La plupart deji fruits sau-
vages sont austères. Vin austère.
AUSTÈREMENT. adverbe. Avec austérité.
Vivre, jeûner austèrement.
AUSTÉRITi^.. s. f. Rigueur qu'on exerce
sur son corps, mortification des sens et de l'es-
prit. Il n'a pu supporter Vaustcritv de sa règle.
Paire de grandes au.stérités. Pratiquer de qran-
des austérités. Exercer de qrandes austérités. Il
y a beaucoup d'austérité dans ce Monastère.
Il bignific aussi Sévéïité. L'austérité de Caton.
L'austérité de ses mœurs. L' austérité de la rcrlu
Konirtine.
AUSTRAL, ALE. adj. Méridional- Oui est du
côîc que souille le veiU du midi , qui se nonmje
Ausler en latin. Le Pôle austral. La partie aus-
trale du Zodiaque. Les terres australes.
A UT
AU TAN. s. m. Vent du Midi. Cet espalier a
soujft.rt dn vent d'Autan. Le vent d'Autan in-
commode les malades. Il est peu usité h Paris,
où l'on dit. Le vent du Midi; mais on l'em-
ploie dans la Poésie. Le soxijfîc des Autans.
AUTANT, adv. Il sert à marquer Egalité. Je
51x1*5; autant que vous. Il s^eslimc autant qu'un,
autre. Ce diamani vaut autant que ce ruhis. 71
boit autant d eav que de vin. Ce vaisseau con-
tient autant que Vautre. S il a fait cela . j'en
rini's fiire autant. Je donnerai de cette maison
autant (fu'un autre. Je le défnds autant que
je puisj tout autant que je puis. Travaillez au-
tant que vous pourrez. J'irai chez vous autant
de fois que vous i>oudrez. Donnez-moi cetit
pistoles à compte, vous serez quitte d'autant.
On dit absolument et familièrement, Cela
est fini, ou autant vaut. C'est un homme mort,
ou autant vaut.
On dit proverhial., /i lui en pend autant à
Vit il., à Voreille, pour dire, Il peut lui en ani-
ver autant; Autant vaut être mordu d'un chien
que d'une chienne, pour dire, qu'Entre deux
clinses également mauvaises, on n'a point de
choix h faire.
On dit, //u(*in( vaut hicn haltu que mal
AUX
li.illu, |Our dire, que Quand on a commeiio;
une entreprise où l'on a eu quelque cliose à
souffrir, ce n'es! pas la peine de s':irriHer et de
sr ménager par l.i crjinic d'un plus grand doni
«nage. On sui>prime quelqr.efois V^ut. Aillant
faire cela sur-lc-chump (jiic dt di/Ji-rtr.
On dit aussi provcrb. d'Un homme tjui a
trop bu, qu'il en a ouUiiit (p'tl en peut porter:
D.s choses vaines, et qui n'ont point d'ellct,
qu'Autant en emporte le vciil.
Od dit , yi lu charge d'autant, pour dire , A
U charge de la pareille.
Autant, se dit aussi en termes de Pratique,
uour dire , Une expédition pareille. Vous deve^
fne lournir liuliint de l'acte aite vous avez.
Autant giE. Façon de parler adverbiale,
qui signifie. Selon que. Aut.iiit (jue j'en pun
juger.
Autant co.mme autant, raçou de parler
adverbiale. ICgaleiuent , en c'gale quantité. Il en
meurt tous les ans autant comme autant. l\ est
populaire.
Autant bien que,. autant mal que. Façons
Ue parler adverbiales, dont on se sert, poui
dire. Aussi bien, aussi mal. Il £.■;( (lutcnt bien
à la Cour (ju'on y puisse être. I Is'en est acquitta
autant mal qu'il se pouvoit. l\ vieillit, et à sa
place on se sert d'.htssi.
D'autant, adverbe. Il s'emploie .absolumcni
dans quelques plirases du style familier, pour
dire, >'cannioiDS, ni plus, ni moins. Boire d'au-
tant. Buvons d'autant. Il parle hcauccntp^ maii
il manqe d'autant. Pendant qu'il me parlait,
je dormois d'autant.
D'autant plus. adv. de comparaison. Elh
eu est d'autant plus à estimer. Il agissait avei
d'autant / lus de chaleur, qu'il était porté pat
ses propres intérêts. Je lui en ai d'autant plut
d'obliqation , que je le ntérite moins. Je suii
d'autant plus ol'liqé à le servir, qu'il m'a fiil
plaisir. Jele croisd'autant plusqu'il est Iiommt
de bien.
D'autant miecx. Autre advcrbf de comp.a-
raison , qui si;.;tiifîc à peu près la même chose
que DViiittirit plus. Je l'en aime d'autant
niicii.T. Je sais la chose mieux que lui, et d'au-
tant mieux que j'en suis témoin oculaire. On
di: dans le sens contraire, D'autant moins.
D'autant que. couj. Parce que. Et d'autant
que c'est mon pupille, il faut que je veille à ses
intérêts. U se dit siu-lout eu style de Pr.itique
et de Chancellerie.
4Ul'liIj. s. m. Espèce de table de pierre
destinée à l'usage des sactifices. Dresser un Au-
tel. Ele\xr un Autel, .''c prosterner devant
V Autel, devant les Autels, aux pieds des Au-
tels. Les ."^littistrcs des .'tutcls. Les cornes de
l'.iiitel. l'armi les l'.ébreu.r,ily avait un Autel
desliolocaustes, un Autel des l'arfums. etc. i)aui
nos églises, ou appelle .l/iiilrc/fulfl, ou Gnind
Autel, ix principal Autel de chaque tglise ;
Autel priviléijic. Va Autel ou l'on p. ut dire la
Messe des morts , les juut» qu'on uc sauroil la
dire aux Autels qui ne sont pas privilégiés; et
Autel porlijtij', Cne pierre plate et carrée, bc-
nit • sli.n les furines ordinaires de l'i ;;lisc.
AUX
pour pouvoir célébrer la ^Ic^se dessus en pleine
campagne. Tahlc â'Autel. Nappe d'Autel. On f
met oriiuuiircmetit îles llvli(pies sous les picncs
ii'Auteî. Un devant d'Autel. Vn ornement
d\iutcl. Les marches de l'Autel. Le l rétre est
à l'Autel. Servir à l'Auld. S\ipprochcr de
VAutel pour communier. Le Sacrifice de VAu-
tel. Vn Autel dédié à la Sainte^Vicrae. L^Autel
de la Vierqe. VÀittcl de Saint François^etc,
On appelle l'iLUcliaristie, Le Saint Sacre-
ment de l'Autel.
Les Paiens avoient aussi des Autels ilédics li
leurs Dieux. L'Auiel de Jupiter. L'Autel de
Mars, etc.
Oo dit ordinairement , Qui sert à VAutel ,
(toit vivre de VAutel; ou simplement, Le Prè-
tie vit de V Autel f pour dire, qu'il est juste
i[ue cliacuu vive de sa profession : et cela ne
se dit giii;rc<]u'en parlaut des professions liouo-
raJdcs, comme de celles d'un Juge, etc.
On dit aussi fi^urem. Elever Autel conlm
Autel,, pour dire, Faire un Schisme dans l'É-
f^lise. Il se dit aussi d'une Compijgnic qui se di-
vise en deux partis , en deux factions contraires ,
et lorsqu'on oppose son crédit pu celui d une
personne [uiissante, au crédit d'une autre dont
tm craint le pouvoir.
On dît d'Un homme qui prend liaidinienl
tout ce qu'il peut, et partout où il peut , qu'/l
prendroit sur VAutel y sur le Maître AuteL
On dit Cgiu-e'm. qyCUu homme mérite nw'oii
lui élève des autelsy pour dire, qu'il est digue
des plus grands honneurs.
On dit figurém. Les Autels,, pourd're, La
Religion. Attaquer les Autels, respecter les Au-
tels. Cet impie avoit juré la ruine des Autels.
On dit provcrhial. et fi^urcm. Ami jusqu'aux
Autels j pour dire, Ami i tout faire, cxceptû
ce qui est contraire â la conscieuce, à la Reli-
gion.
Altei.. s, m. Constellation de l'Hémisphère
mé'rîdional.
AUTKUR. s. m. Celui qui est la premirrc
raus? de quelqitc cîiose. Dieu est VAuteur de la
nature. JEsts-Cunisr est VAuteur de notre sa-
lut. Dieu n'est point VAuteur du péché. Les Au-
teurs de la sédition f de la conjuration ^ furent
pMMis. On ne sait point VAuteur de cette nou-
velle.
Il signifie auasi InTenteur. L*Auteur de Vo-
pinion de la Métempsycose. Les Auteurs des
opinions nouvelles. L\4utenr d'un nrojef, Celui
qui l'a ••naginé, proposé. L'Auteurd'un crime.,
se dit improprement De celui qui l'a exécute :
si un autre le lui a sui^gêré, dans ce cas c'cr^
celui-ci qui en est appelé VAuteur,, le premier
Auteur; l'autre est VExécuteur^ Viwitrumeat
du crime.
AiTixn. se dit aussi de Celui qui a com-
posé un Livre, qui a fait quehpic Ouvrage
d'esprit, en vers ou en prose. Auteur ancien.
Auteur moderne. Auteur rlassinue. Auteurqrave.
Auteur Grec. Auteur Latin ^ Italien^ Arabe.
Auteur approu^-é. Auteur apocryphe. Auteur
orthodoxe. Auteur anonime. Auteur original.
Lire Us hons Auteurs. Entendre les Auteurs.
AUX io3
Commenter un Auteur. Compiler les .tutcui s.
Citer un Auteur. Ces Auteursnes^accordentpcs.
En parlant d'Une femme qui aura conqjosé
uu livre, on dit, qu'Alie est l'Auteur d'un tel
livre , d'un tel ouvrage. On dit aussi simple-
ment. Une femme Auteur.
AuTEi'ii, en termes de Jurisprudence, si-
gnifie Celui de qui on tient quelque droit. On
lui disputoil la possession de cette terre, il fit
appeler ses auteurs en garantie : et dans ce sens
ou dit, Les auteurs de sa rac9j pour dire, Ceux
de qui l'on descend.
AuTEca, se dit aussi De celui de qui on a
appiis quelque nouvelle. C'est mon auteur. Je
vous nomme mon auteur. Je vous cite mon
auteur. Il ne veut pas dire son auteur. Je tiens
cela d'un auteur grave. En ce sens on dit d'Une
femme de qui on lient quelque uouvelle, C^est
elle qw est mon auteur.
AUTin:NTICITÉ. s. f. Qualité de ce qui
PSI autJienlique. L'uuthenticilc de cette pièce
n^est point contestée.
AUTIIK>TH^)UE. adj. des 2 genres. Muni
de l'autorité publique, et rcv-Jtu de toutes ses
formes. U ne se dit guère qu'en parlant Des
uclcs publics. Pièce authentique. Contrat au-
thentique. Ecrit authentique. Titre authentique.
Scel authentique. Acte authentique. Preuve
authentique. Attestation authentique.
U sij;nifio aus.si Célèbre, notable. Témoi-
gnage authentique. Passage authentique.
Authentique, se dit De la copie certifiée
légalisée, ainsi que de l'original. Copie authen-
tique.
Ou l'emploie aussi substantivement, comme
dans ces phrases : On trouve Vauthcntique de
cette pièce dans les archives. J'ai vu Vauthcn-
tique et la copie.
Mode authe.itiguc. 'Venue de Musique. Vv\.
Mode.
AoTHENTiQrE. S. f. Ccst le nom que l'on
lionne à certaines lois du Droit Roniaiu. L'Au-
thentique, Si qua mulier. Les Autlicntigues de
Justinien. Les Novclles et les Authentiques.
AUniENTIQUIOAIENT. adv. Dune ma-
nière autlientique. Un traité, un contrat fut
aulhentiquement.
AUTHENTIQUER. V. a. Terme de Pratique.
Rendre authentique. Il n'est guère d'usage qu'en
parlant des actes où l'on fait mettre I alieslatîoii
des Magistrats, et le sc':au public. 7i /wiil ut:-
thentiquer cet acte.
Authentiquer une femme j C'est la déclarer
atteinte et convaincue d'adullùre.
ALTar.NTiQLÉ, ÉE. l>"rlicipc.
AUTOCÊPHALE. s. m, >'om que les Gr c»
donnoienl aux f^vêqncs qui n'étoient point mi-
jels î» la Juridiction des Palriarches.
AUTOCRAl'lE. s. f, c;ouvcriiement excicê
par uu dcNpotc avec une outorilc absolue, in-
dépeudante, qui n'est limitée p.ir aucune loi.
AUTOCRATOH. s. m, ilont le fénuDÎn est
AuTOCnATniCE. Souverain alisolu. Tilrc du
Czar ou Enqwîreurde Russie, onde la Ciarne,
qiïand c'est une fcnimcquin>j;nc.Cat/:erinc îl,
Autocratricc de ToutcsleslUtssics. Ou dit aussi
M A UT
au mnsculin, Autocrate. Ce mot, tiré Ju Grec,
•ii^iiifie. Qui gouverne p^r lui-m^nic.
AtTOCTIfOM-:. s. m. Temic d"Anli«jint<'*
ijui n'est usit^ (ju'cn parlant des (irccs , oti d'a-
\nbs eux, pour désigner I.cs premiers liabitnns
d'un pays, d les dislingucr des peuples venus
d'ailleurs sVtablir d;ins le mènïc lieu. Ce teime
a lo même sens que celui A' Àhorigciics.
AUTO-OA-FI*:. s. m. ^\o^ emprunté de l'Es-
paf^nol . qui signifie Jcte de foi. Exccnlion
du Ju-^enicnt que l'Inquisiiion rend contre les
inallieureux qui lui sont ilcfèrés. VAuîo-da-fa
fil* horreur à lluimatiite.
AUTOr.RAPIIi:. adj. des 2 f^enrcs. Terme
didactique. Qui est écrit de la main même de
l'auteur.
Il s'emploie aussi substantivement. J'«t vu
l'antograjifii.
AXJTC.^» ATE. s. m. Machine qui a en soi les
principes de son mouvement. Vue Iwrloçje esl
un autôiiiittc. Quelques Philosophef; prétendenl
que Us hCles ne sont aue des automates.
On le dit plus communément aujourd'hui
Des macliines qui imitent le mouvement des
corps anùiïts. Le pûteur automate. Le rtmurd
automate.
On dit fi^urcment d'Un homme slupidc, que
C^est un automate.
AUTOMNAL , AT.E. adj. (l'M se pi ononc'\
Qui est de rAniomue. Les fièvres automnales.
La partie automnale du Bréviaire. U n'a poini
de pluriel au m.asculiD.
AUTOMNE, s. m. et f. fOn prononce Àu-
tonne.) CeWc des qu;itre Saisons (k r.ii.née qui
est entre l'Été et l'Hiver. Un bel Automne. Un
Automne fort sec. Vue Automne froide et plu-
vieuse. Une Automne venteuse. Au commence-
ment de l'Automne. A la fm de VAutomne,
L^ Automne est une saison tempérée. U Automne
est la belle saison pour les fruits. Des fruUi
d'Automne,
ALTOiN'OME. ndj. des 9, genres. Titre qu'or
donnoil aux Villes Grecques qui avolent le pi,.-
vilé;;e de se gouverner par Inirs propres lois.
.■VUTOM ÏMIE. s. f . Tilierlé dont jouissuicnt
sous les Romains les Villes qui nvoîcnl conservé
le droit de se gouverner par leurs propres lois.
AUTOPSIE, s. f. Vision intuitive des M\s-
Itres. On désignoit par ce terme la cérémonie
la plus auguste des anciens MyslJ-res, par la-
quelle les Initiés se flatloient d'être admis îi
contempler la Divinité.
AUTOIUSATiON. s. f. Ternie de Pratique.
Action prrr laquelle ou autorise. 1! ne se dit
guère q\ie dans ces phrases ; L'auforisnlion
d'un mari. Autorisation d'un tuteur.
AUTOR ISER. V. a. Donner r. uJorilé , donner
pouvoir. C'est \e Roi qui autorise les Manis-
Irats. C'est une chose que la Cnnt'ime autorise.
La confiance que vous avci en •^:o', m'autorise
à voui dire C'est Saini ï'cnl îni-m'Une qui
niautorise à avatictr cette pvcposiiion. fhic
femme ne peut contrccfer , si srn mar- ne Vnu-
tarise. lue f<mme qui s' K~t fait autorisa' par
Justice.
Il »e met au^fti avec le pponom personnel , et
AUX
signifie, Acquérir de l'autorité. Les Coutumes
s'aittoTÎsent par le temps, et acquièrent force di
Loi.
AtToniSKjÉE. pactîeipe. Femme dûment au-
torisée de son tnari.
AUTORITÉ, s. f. Puissance légitime, à la-
quelle on doit être soumis. L^autorité des Ma-
cjistrats. L'autorité des Lois. Uautorité spiri-
tuelle. L'autorité temporelle. Vaiitcrité du Hoi.
L'autorité i'oyale. L'autorité absolue. L''autO'
vile souveraine. Autorité paternelle. Être en
'jrande antoiité. Avoir de l'autorité. Se main-
tenir en autorité. Abuser de son autorité. Se
{revaloir de son aw(ori(e. /nferposer scn aufo-
rité. Cela s'est fait par autorité publique. Blessi-r
Vautoiitc des Jnnes. User d'autorité. Perdre
son auforife. Conserver , maintenir son auto-
rité. Etendre son autorité. Sous votre autorité.
Par autorité de Justice. Homme san$ autorité.
De pleine puissance et autorité lioyale.
On dit, en parlant d'Un homme accoutumé
à parler, à agird'une manière impérieuse, qu'/i
veut tout emporter d'anfon'fé; cl qu't/n homme
a fnit une chose de son autorité privée, pour
dire, qu'il l'a faite.sans avoir droit de la fuirCi
ou sans garder les formes ordinaires,
AuroiurÉ, se prend aussi ponrCJcdit. con-
siiléralion, // a bien de l'autorité dans sa Conh
pagnie., dans son Corps., dans sa famille.
Il se dit aussi Du sentiment d'un Auteur,
ou d'une personne illustre, que l'on rapporte
pour confu-nier ce que i'oû dît. / roiaero^oui
T/i-'f/up aiiorité d-iu^ les ^'Krp<; ni_ur appuyer
î'of rc sentiment.-* A f léguer des autorités. Ap-
porter des autorités. J'ai cent bonnes aulorîtét
pour prouver ce que j'avance. Il dit ctla san:
autorité.
AUTOUR. Préposition qui sert à dcsignei
ne qui environne. Autour de sa personne. Au-
tour de lui. Autour de la tête. Autour du bras.
Autour de la place. Autour de VP.glise. Uôdct
tout autour d'une mai^vn.
On dit provcrhinlement et fiqurém. Tourier
autour du pot ^ pour dire. Biaiser, user de dé-
tours au lieu d';dler au fait. Pourquoi tant tour-
ncr auïoiir du pot? Expliquez- vou,s m-tlement.
AuTOun, signifie quelquefois, Au]>rès^ et
sert à marquer AHachemenl , assiduité. Elle est
:^i charitable , quelle est continuellement autour
des malades. Il est toujours autour d^elle.
Il s'emploie qu< Iquefoia adveri>ialcment el
N.ins régime. Il rcgarduit tout autour si on le
smvoit. Et on dit. Ici autour, pour dire, Ici
près. Il loge quelque part ici autour.
AUTOUR, s. m. Oiseau de proie, du genre
de ceux qu'on nomme Oiseaux de poing. Au'
tour passager., ou de passage, 'tiercelet d'Au-
tour. Faire, voler un Autour. Paître un Autour.
Dresser un Autour au leurre.
AUTOURSERIE. s. f. L'an d'élever et de
dresser les Autours.
AUTOURSIER. s. m. Celui qui fait profes-
sion d'élever et de dresser des Autours.
AUTRE. Adjectif ou pronom relatif des 2
gsnres, qui marque Distinction, différence en-
ixo deux choses j ou entre une et plusieurs. Dei
AUT
deux Vivres que vous demandiez, voici Tun,
voilà l'autre. Des deux frères , l'un a pris le
parti de l'Kghse., et Vautre te parti de l'Epée.
îls étoient atqiis Vun contre l'aulre. Ils pa-
roisscnt faits l'un pour l'autre. Ils sont nés
Vun pour Vautre. Il ne fntt pas prendre Vun
pour Vautre, confmdre Vun avec Vautre. Il y
a une grande diffirence entre Vun et l'au(rc.
Les uns et les autres. L'un et Vautre y a man-
qué. L'un et Vautre noiLt ont manqué.
On dit. Nous aulics, vous autres^ eux au-
tres. Ces façons de parler sont familières.
On dit, dans le discours familier. L'un vaut
Paulrc; ils sont aussi bcns^ et aussi mauvais
Vun que Vautre , pour dire, Il n'y a pas de dif-
férence de l'un 5 l'autre; Il y en a d'uns et
d'autresj pour dire, Il y en a de bons et de
mauvais; et d'Un homme dont les actions sont
rontraires i ses discours, qu'il dit d'une façon.,
et qu^il fuit de Vautre.
Cet autre. Ah! cet autre! Ecoutez ce que
nous dit cet autre! Façons d(.* parler extrême-
ment familières, et même populaires, et qui
expriment une sorte de mépris de la jîersonne
b qui on les applique.
Comme mx LAuraE. Façon de parler popu»
laîrc, dont on se sert pour citer eu général sans
nommer pirsonne. Car , comme dit Vautre ^
tomme dit cet autre, il faut bien, etc.
Autre , sr dît quelquefois pour marquer
Une personne indéterminée. J'arme niicuj: que
Vous l'appreniez d^un autre que de moi. QuA"
rjue autre voH<i 'e dira ..l'Ctz-r que moi. Tout
autre que lui ne s'en seroit pas si bien tîrf.
ÂijTiïE, n'tst souvent qu'un simple adjectif.
Ce que vous ne frez pas dans un temps, vous
le ferez dans un autre. Quelle autre chose soU'
hailez-vous de moi? Entre autres choses. Autre
chose est une simple ajprmatioiy, autre chose
est une affrmatïon avec serment. Autre est la
Ville de Vienne en Autriche, et autre la Villf.
de Vienne en Dauphiné.
On dit, L'autre jour, pour désigner ind:-
terminémeut Un des jours précrdeiw.
Autre, se dit aussi pour, l'ius excellent,
meilleur. L^hommedont vous parlez est habile-
mais celui que je vous dis est bien un autre
homme. Le vin de 7 onnerrc est bon ; mais ce~
lui de lieims'cstbicn d'autre vin, est tout un
antre vin.
Il ^igntfie (pielcpiefois. De plus grande con-
séipience, de plus grande importance. Il avoit
été mis en prison pour dettes, mais depuis on
Va accusé de f.usse monnoie ■ c'est bien une
autre aÇf.ire.
On dit d'Un iiorome qui a changd en hirn
ou en mal, qu'il est un autre homme, tout un
autre homme, qu'il est dd'enu tout autre; et il
se dit pins ordinairement d'Un changt?ment en
bien, que d'un clianç;enirnt en mil.
Autre, se dit aussi pour marquer J.* res-
Bcmlilance, l'égalité , la conformité qu'il t a
entre deux jïersonnes, entre deux chose*. C'eM
un autre Alexandre, un aiifre César. Il le re-
garde comme un autre lui-même. Celte ViUe
est un autre Paris.
A UT
Authe, se met quelquefois absolument en
diverses phrases proxerhiales ou le substantif
est sous-eulendu. U n'en fuit point d'autres. H
en sait bien d'autres. En voici bien d'une nu-
ire ^ en voici bien d'un autre .^ etc. pour dire,
11 ne fjil point d'autres actions; 11 a bien fait
d'autres choses, d'autres tours ; Voici une chose
encore plus surprenante , etc. On dit h peu
prés d.ins le ni^nic sens et familièrement , C'est
:iiu' (iiitrc paire de manches.
On dit aussi d'Un homme qu'on connoît
fort, Je ne connais autre. Et parlant à ceux
ipii nous veulent tromper ou nous faire accroire
quelque chose ,yl d'autres, comme si on disoit ,
,^<lresje::-i;ous j J'aulres.
AUTREFOIS, adv. Anciennement , au temps
pass(^. On croyait autrefois (jue.... On voyait
autrefois. C'était autrefois la coutume, y^ous
prétendiez autrefois que
AUTREMENT, adv. D'une autre façon.
Faisons autrement. Il f tut vivre autrement. Je
ne le veux pas comme cela, je le veiLx autre-
ment. Il est fut tout autrement que ifous ne
croye-.
11 signifie quelquefois Sinon , sans quoi.
Dttes-lui qu'il soit plus sane., qu'autrement on
le clidtiera^ autrement il s'en trouvera mal. Il
Tous a vendu sa Chartje à telle condition., au-
trement il ne l'eut pas fait.
Ai'TiiEMiiNT, précédé de la négation pas^ si-
gnifie Cîuère. C'est un homme qui n'est pas au-
trement riche. Il n'est pas autrement disposé à
faire cela. Est-il malade? pas autrement, mais
H est cJtagrin, Ces phrases sont du style fa-
milier,
AUTRE-PART, adverbe. Ailleurs. C'est un
livre que j'ai cherché partout, mais je ne l'ai
pn trouver autre-part que là. Vous ne le trou-
verez point autre-part.
On dit aussi, D'autre part, pour dire, D'ail-
leurs, de plus. D'autre part on doit considérer
que. . . .
AUTRUCHE, s. f. Grand oiseau, fort haut
sur jambes, qui a le cou fort lon^, le» pieds
faits comme ceux d'un Chameau . et qui n'a
presque de plumes qu'au bout des ai'erons et
de la queue. /.«y^ulruc/ie.': -jienuciil d'Afrique.
Des plumes d'.lutruchc. Les plumes, les bou-
quets de plumes qu'on porte sur le chapeau,
sont des plumes à'.'lutruche. Vopinionvulqairt
tit que l'Autruche diqère le fer. Et de li vient
qu'en parlantd'Un grnud mangeur, on ditqu'//
a un estomac d' .iutruche. C'est un estomac
d'Autruche, il di(jéreroit le fer.
AUTRUI. V m. qui n'a point de pluriel. Il
tigniâc, l«s autres personnes. Il ne fnut pas
désirer le bien d'atitrui. la femme d autrui. Se
jais a autrui que ce que tu vaudrais qui te fût
fut a tai-mime. Juqer d'autrui par soi-même.
Etre loqé chez autrui. Parler par la bouch,
d'autrui.
On dit proverbial. Prendre son cœur par
autrui, pour dire. Se mettre en la place de
quelqu'un, agir à son égard comme en pareil
CM nous vou'drions qu'on agit au n6tre.
On dit proveib. aussi. .Val d'autrui n'est
Tome I.
A VA
que songe, pour dire, que Le mal dTaulnii fait
peu d impression sur nous; et, Qui s'a((e;irf à
l'écuelle d'autrui a souvent mal d'iné, pour
dire-, que Nous ne devons compter que sur ce
qui dépend de nous, et luillement sur ce qui
dépend des autres.
On dit en termes de Chancellerie, Sauf en
autres choses notre droit, et l'aatriii en taules.
Et dans celte phr.isf,', l'autrui veut dire le droit
ir.iuuui.
AU V
AUVEN T. s. m. Petit toit en saillie, allaclié
ordinairement au-dessus des boutiques, pour
garantir de la pluie. 5e mettre à couvert de la
pluie sous un auvent.
AUVF.I'N.VT. s. masc. Nom qu'on donne è
cetiain vin d'Orléans.
e K X
AUXILIAIRE, adj. d<!s 2 g. Qui aide, dont
on tire du secours. Il n'est d'usage qu'en ces
phrases, .-^rmcc auxiliaire, troupes auxiliaires,
pour dire. Des troupes qu'un Prince ou un
Etat envoie au secours d'un autre Prince, d'un
autre ]-,taL
.\uxiLiAinE, en termes de Grammaire, se
dit Des verbes qui servent h former plusieurs
temps des autres verljes. Verbe auxiliaire.
Avoir et Être sont les verbes auxiliaires de la
Langue Françoise.
A VA
AVACHIR, verbe. On ne l'emploie qu'avec
!e pronom personnel, S'/^vac/iir, Devenir l.iche.
mou et sans vigueur. Il se dit plus ordinaire-
ment Des femmes qui deviennent trop grasses
On le dit Des éloffes, du cuir, d'un h.-ibit.
Cet luih't commence à .s'avachir. Il est familier.
Avachi, ie. participe.
AV.AL. s. m. Terme de négoce. C'est une
souscription qu'on met au bas d'un billet, par
laquelle on s'oblige d'en payer le contcim, en
cas qu'il ne soit pas acquitté par celui qui l'a
sousriit,
AV.VI.. Terme de la navigation des rivières.
Cest l'opposé d'Amant, et il désigne ce qui
descend la rivière, comme ./mon: ce qui la re-
nioiilc. Un de ses bateaux allait amont, l'autre
uval.
On on. Le vent d'aval, pour dire. Le veut
du couchant. Le vent d'aval amène presque
toujours de la pluie.
A-vau-l'eadj façon de parler adverbiale,
pour dire , Suivant le courant de l'eau. Le ba-
teau allait à-vou-l'eau. Personne ne ramoit,
'icus nous laissions aller à~vau-l'eau.
l 'n dit figun;mcul, qu'l/ne affaire, qu'une
•iifrcprise est allée à -vau-l'eau, pour dire,
qu'Elle n'a pas réussi, qu'elle est devenue à
tien.
AVALAISON. s. f. Chute d't»u impétueuse
|ui vient des grosses pluies qui se fonnint en
torrens.
AVALANtJK ou AVALANCIIE. aÙM. f.
Masse formée pir les neiges qui roideut ep
A VA
io5
«'accumulant du haut des monlognes. C'est le
même mot que Luvanqc ou Lavanche, et plus
usité dans les Alpes. Voy. Lavaschk.
.AVALER. V. a. Faire passer par le gosier
dans l'estomjic i]uelque aliment, quelque li-
'ineur ou autrr chose, .avaler un botcillon. Avo-
ir un ii'tif. Il avale les morceaux sans milcher.
Il ne saurait plus rien avaler. Avaler uncar^te,
un os, une épinnle.
On dît faniilièrem. qu'î/n homme ne fai4
que tordre et avaler, pour dire. qti'U mange
goulûment; et qu'il avalerait la mer et les
paissons, pour dire, qu'il a un app.'iit insa-
tial.l".
On dit provcrb. ylvaler le calice, avaler le
morceau, pour dire, Se soiunettre à quelque
chose de fâcheux, malgré la répugnance qu'on
y peut avoir; cl Avaler des couleuvres, poiu:,
Recevoir des dégoûts, des cliagrins, des morti-
fications qu'on est obligé de dissinmler,el dont
nn n'ose se i)laindre. A la cour on avale bien
des couïeuiref.
Avaler une branche, La couper près du
tronc
AvAiEn, signifie aussi, Abaisser, faire des-
cendre. Avaler du vin dans la cave. 11 est po-
pul.iire.
On dit sur les riviires, qu'6'n bateau avale,
qu't/n Eialenu va en avalant, pour dire, qu'il
suit le courant de la rivière; et dans ce sens.
Avaler est neutre.
S'avaleb, avec le pronom personnel. Pendre,
descendre trop bas. Le ventre de cette jument
s avate.
Avalé , ée. participe.
Il est aussi adjectif, et signifie. Qui pe.nd
un peu en bas. Avoir les joues avalées, les
épaules avalées. Celte chienne mettra bas bien-
tôt, elle a le ventre f'rt avalé. Ce chien cou-
rant a les oreilles bien avalées.
AVALEUR. s. m. Celui qui ava!e quelque
idimcnt, quelque liqueur. C'est un avaleur de
houiUons, de tisane, de mcdecne. 11 est fami-
liiT.
ttn dit faniilit'rem.d'Un glouton, d'un goiu-
inand . que C'est un avaleur de pois qris.
t.)n dit aussi proverb. d'Un fanfaron , que
C'est un avaleur àe charrettes ferrées.
AVALOIRE. s. f. Terme de plaisanterie et
familier, qui se dit d'Un grand gosier. 71 a une
belle avaloire. Quelle avaloire!
AvALOitxE, est aussi Une pièce du harnois
des chevaux . qui Iciir descend derrière les
' uisses, un peu au-desscus de la cpieue. I.c har
nais ne vaut plus rien, l'avaloire est toute
rompue. L'avaloire descend trop bas, il la faut
rehausser.
AVANCE, s. f. L'esp.ice de chemin qu'on a
devant quelqi,'un. Il a tant de lieues, tant de
journées d'avance sur nous. Il court micu-r que
lui, il lui donnera dix pas d'avance sur cent.
Avasce, se dit aussi De ce i|ui se trouve
déj.'i de fait, ou de pr<^>aré dans une afiàirc,
dans un ouviage. C'est une grande avance
quand on veut bâtir , que d'avoir des maté-
riaux. Si vous avez les mémoires qu'il fous
i4
io6
A VA
faut yonr écrire cctle îtistoirey c'est uutinit
d'itvance.
Il se dit iiiiiii eri jiaii.iiil d'I'ii;* purtii* de
hàliiuciit <]ni .Tutîci|îe sur une me, sur lUie
cour, cl <iui sort de l'alignement i!u resle du
i>^f1iiient. Le. Voyer fera abattre cette avance.
Il se dit encore De l'nntîcipiitiun du temps,
lorsqu'on fait une chose en provenant le temps
où on a accoutunié de la faire. Je m'eti rejouis
par avance avec vous. Je m'en réjouis d'avance.
Je vous en fuis mes complimens par avance.
Payer par avance. Payer une année d'avance.
Il se dit aussi Du paiement (pi'on fait avant
1- terme, l'air': une a'^'ancc de mille écu:<. C'est
moi (jui ai fait toutes les avances, tous les frais
de cette entreprise. Êtr^en avance^ C'est avoir
fait une avance de queUpie soninif .
Un (lit lifiurenient, Finie des avances, pour
dire, Faire le.s premières reclierclies, les pre-
mières deniarcbes dans un accominodemcnl,
dans un traité, dans une liaison d'amilié. // se
tient firme, et ne veut faire aucune avance. Un
bon Chrétien nliésite pas à faire les avances
pour se réconcilier. Ce n\'st point lui qui a re-
cherché celte femme, elle a fuit les avances,
toutes les avances.
AVAKCE;\IKNT. s. m. Progrès en quelque
matière que ce soit. On voit un qrand avance^
ment dans cet écolier. XJn Prince (jui a beaucoup
ftit pour l'avancement des Lettres, beaucoup
contribué à l'avancement des Lettres. Il fa-.i
tout ce au'il peut pour Vavancement de son
travail Ce bâtiment, cet ouviaqc ne s'achèvera
pas sitôt, je n'y 7'Ois pas d\tvanceuienl.
It se dit aussi pour signifier Ktnblissemenl
de fortune. Être cause de Vnvuncement d'un
homme. Procwer I avancement de nuchni'nn.
Il se dit aussi en j^arlant De ce qui se donne
par avance .'i un fils, .'i un héritier. Cela lui fut
donné en avancement d'hoirie, par avancement
de succession.
AVANCKR. V. a. Pousser en avant, porter
en avant. Avancez la table. Il avança la tête
hors du carrosse J^ancer le btas, avancer U
pied
Il est quelquefois opposé à Différer, retarder.
Avancer son départ, yivanccr ie jour de son
départ. Avancer le dîner, l'heure du dîner.
Avancer l'horloge.^ etc.
Ilsiî^ifi'j aussi. Faire du progrès en quelque
chose. Avancer besogne. Avancer un ouvrage.
.'' a bien avancé ses affairea en peu de temps.
Il signiiie aussi,' Payer par avance, avant
que l'arj^ent soil dû. Avancer un terme à son
hôte. Avancer les naqes à ses valets. Avancer
de Vargenl à un Architecte, ànn Entrepreneur.
Il signifie aussi, Délwurser du sien pour
quelqu'un. Comme il n'étoit pas sur les lieux,
j'ai avancé cet argent peur lui. Il a avancé xcs
deniers. H c^t juste tjuil reprenne ce gu'il a
avancé. Il a avance cela de ses deniers.
Il sJ!;niiie aa^si, Illettré eu avant, proposer
une cliosc comfuc vcritablc. Vous avancez une
proposition fort dangereuse. Je n^avance rien
dont je n'aie ds bonnes preuves. Vous avance':.
une chose dont vous serez désavoué.
A VA
On dit, Avancer guelqn'un, pour dire.
Faire la fortune de quelqu'un, lu! procurer
quelt|ue avancement. Son protectcnr l'a fvrt
avancé.
AvANCEn. V. neul. Aller en avant. Avancez
Faites-lcs avancer. L\irmée avant^oit dans le
pays. Il recule an Ijeu d^avanccr. Avancer ven
tjnelqu'nn. Avancer sur l'armée ennemie.
ODdit,qu'i7nf horloge, une montre avance.
pour dire, qu'Elle va trop vite.
Il signifie aussi Anticiper. Vous avez avancé
de plus de deux perches sur ma terre.
Il signifie aussi, Sortir de l'alignement. On
a abattu le dtvantde c^ltc maison, parce gu'clle
:ivançoit trop sur la rue. Celte gouttière, ce toit
avance. Cet arbre avance hors de Vallée, il fuul
l'abattre.
Il signifie aussi. Faire du progrès. Avancer
en 'IgCf en sagesse, en vertu. Avancer dans Vé-
tude. Avancer dans la piété. Il se tue de travail,
et nVi-arice poi/i(. Cet écolier avance-l-il^ Il a
beaucrip avancé en peu de temps. Il avance à
vue d\x'ÂL
En ce dernier sens, il se ditoussi Dos clioscs.
Voilti un travail gui n'avance point. Les af-
faires n'avancent point entre ses mains. L^inu
pression de ce Livre n'avance guère. EUe avanci
peu à peu.
S'AVA^Cta. AHir en av^nt. Avancez-vous,
L^armée s'avançait. Il s'avança de tant di
journées. Le temps s'avance insensiblement. Lt.
jour s'avance La saison s'avance.
Il signifie figurcm. , Faire du progrès. // s*e$i
extrêmement avancé en peu de temps.
l! se dit figurém. en matière d'affaires et dfl
négociiitioiis, lorsqu'on met en avant quelque
chose qui engage eu quelque sorte. Je me siùi
avancé de lui offrir telle chose de voti-c part. Je
me suis avancé jusipi'à lui ojjrtr telle somiiie.
Cet Ambassadeur s'est trop avancé, il court
risque d'être désavoué.
Avancé, ke. participe.
On dit, Un homme avancé en âge. ou dam
un âqt avancé, pour dire, qu'il commence k
vieillir jet. L'année fort avancée, la nuit bien
avancée, le jour bien avancé , pour dire, qu'Oi
est l)leii avance dans l'aimée, dins le jour,dant
la iiuil.
On dît aussi, La saison bien avancée- soit
poiu" dire, q.i'On est déjà bien avant dans la
saison; foil pnur marquer, que Ix:s fruits, les
fleurs, les blcs poussent avant le temps ordi-
nnif^. On dit de même, ((Un x^cs arbres, les
fruits, les jlcurs, etc. sont fort avancés.
On dit encore dans cette dcrt;ièri; acception,
d Un jeuue hi^mme <jui a iaiide bonne iiear«
un grand progrès dans s''s cludes, Un jeunc
Itvmmc avancé, un esprit avancé. Les esprits
avancés, Irop avancés, avancés de trop ï'ofun'
heure, ne réussissent guère.
On dit, en parlant d'Aflàires et de profits.
ju'Oii n'est guère avancé, qu'on n'est pas fort
avancé. Après six nwis de travail et d'atiaite,
nous voilà peu oi'oncr's.
En termes de Guerre, on dit, Utl ouvrage \
avancé, pour dire. Un ouvrage de fortificoliuo
A VA
qui est avant I- s autres, et qui les couvre ; et,
Lm eorps-de-garde avancé , garde avtituée . pour
dire. Un corps-de-garde , une garde qu est fort
avant vers l'ennemi.
AVANIE, s. f. Affront fait de gaîcr.e de cœur
il quelqu'un. Un lui (2 /ùil une avanie sanglante.
^' allez pas là, vous vous exposeriez à gnelnue
avanie.
En parlant des Pays du Levant, on désigne
par Avanie, La vexation que les Turcs font â
ceux d'une autre Religion que la lear, pour en
tirer de l'arj^ent. Ceur (7Uï voyagent dans le
Levant, sont exposés à beaucoup d\ivanies.
Avant. Préposition , servant â marquer
Priorité de temps. Cetcv qui ont été avant nous.
J'ai vu cela avant vous. Avant Pdqacs. Avant
la fin de l'année. Avant l'heure. Avant le terme.
■Ivant terme. Avant midi, yîvant le jour. Avant
jour. Avant diner. Dans cette acception, il se
joint aussi avec les verbes, précédés des parti-
cules que et de. Plusiiurs Ecrivains suppiiment
la particule que. Avant que de venir. Avant de
venir. Avant que je fusse venu. Avant quil
parte. Avant qu il fasse froid. Avant quH soit
un an. On supprimoit autrefois dans quelques
occasions la préposition de. Avant que paitir.
Il sert aussi à marquer Piiorité d ordre. Il
faudrait mettre ce Chapitre avant l'autre, il
faudrait mettre les Histoires nenéfales avu/it
les particulières.
AvAST,esl aussi une préposition insf^pnrabtc
qui se joint à un auti'O mol pour faire signifier
à ce mot quelque chose d'antérieur, qui est en
avant. Cette piéposition est opposée à Arric:re.
L' avant-cor jys, l'ari'iere-corps rî'un bâtiment.
Avant, adverbe àe lien, qui ne s'emploie
dordinaire qu'avec ces p;irticules ou adverbes,
SI, bien, trop, plus .^ assez, fort, et qui sert à
marquer Mouvement cl progrès. N\iï/c- pas si
avant. Il entra as},ez avant dans le bois. Le coup
entra fort avant dans le corps. Creuser bien
avant dans la terre. Vous creusez trop avant.
Il se dit aussi par rapport au temps. Bien
avant dans Vhiver. Bien avant dans la nuit.
Bien avant dans le siècle passé.
Il se dit figurément, en parlant Des clioses
spirituelles et morales considérées conunc éten-
dues. Jamais Phdusojhe ne pénétra plus avant
dans la cannoissance de£ choses. Vous pousse:,
les affaires trop avant. Il fait des proposi-
tions bien hardies, il va un peu trop avant
Il est bien avant dans les bonnes grdces du
Prince, dans l'esprit de son Maître. .Gravez
cela bien avant dans votre mémoire , dnns
notre cu-ur. // est mêlé bien av.int dans cetti
affaire.
En termes de Mnrine, on appelle La proue
V. ivant ; et pour lors Avant est pris suhslanli-
vcment, et est opposé h l'Arrière.
On dit. Le chdtcau d'avant, pour dire, J-c
iliAteau de proue.
Ev AVANT, adverbe de lieu. Au-delà du
lieu où on est. Pousser en avant. Aller en
avant,
l\ se dit atisii De ce qui /vance vers lesi>rc-
lateiir, ou de ce qui est situé entre lui cl lobji t
AVA
qii il a devant \e$yeu\..Au pieâtlu tionc et deiix
jjas en avant.
On dit, qiiVn cheval est%eau tie Li rmitri
en avant, pour dire, qu'il est boau du devant.
K.** AVANT, est aussi adverbe de temps, ei
signifie, Ensuiie, après. De ce jour-là en avant
Dr là en avant.
On dit figuremenl, .^/ef(re en avant, poai
dire, Avancer une proposition. Vous mettez en
avant nn principe fort dan(jereiLv pour la mo-
rale. Cet avocat a-tÀl les preuves des faits (ju'i/
«I mis en avant.''
AVANT-BEC. 5, m. Nom qu'on dorme auv
ongic*" des piles d'un ponl de pierre.
AVANT- BRAS. s. m. Terme d'Annlomi"
Partie du bras depuis lecoude jusqu'au poignet
Il a en Vavant-bras cassé.
AVANT-CORPS, s. m. Terme d'Arcliitec-
lurc. Corps de Maçonnerie qui est en saillie sur
h face d'un bâtiment, et généralement tout ce
T|ui excède le nu de l'arcbitccture de quelque
ouvrage que ce soit. Cet avant-corps a trop de
saillie.
AVANT-COUR. s. f. Esp^ce de cour par
laquelle on passe pour entrer dans les autres
cours d'un f^rand bAtiment. L'avant-cour (f un
Chtîteau. Avant-cour plantée d'ormes.
AVANT-COURKIK. s. m. C^Iui qui va de-
vant quelqu'un, et qui en marque par avancu
larrivce. Les l art ares sont ordinairement les
Mvant-courcurs de larmée des i urcs.
En parlant Des Prophètes qui ont annonce',
qui ont prédit la vernie de JÉsis-rjiniST, on
dit fî^urém. ijulls ont été les avant-coureurs
i]p A'fttre-.Çeijyneup JÉscs-CiiniST.
.\vANT-coLnECn , sr dit aussi fi^ircni. De
tout ce (jui annonce ou présage quelque chose
Tjuî arrive bientôt après. 7 ous ces mécontente-
>;ien$, tous ces murmures des peuples ^iirent
les (ii'ant-courenrs de la querre civile. Les trem
l'iemens de terre^ la peste, la fnnine, et tous
ïfs mitres signes qui doivent être les avant-cou-
reurs du Juqement dernier. Ce*! petits frissons y
cet lassitudes, sont des avant- coureurs de la
fièvre.
AVANT-COURRIÈRE.s. f. Il n'est d'usage
qu'en Poésie en parlant d.- t-'Auror»;. L'.ivant-
courricre du Soleil, f^^ Jtvant-yourrière du jour.
AVANT-DERNIER, if.RE. adjectif. Pénul-
lième, qnî est avant li- dernier.
AV>Nr-GARDE. s. f. La partie la plus
avancée d'anc année qui marche en bataille.
L^ avant- (jarde éloit commandée par un tel
i.ttutenant Général. L'avant-qarde plia.
AVANT-GoCT. s. m. î.e goût qu'on a par
nvinee de quelque chose d'agivable. liieu U
combla de consolations spirituelles y et lui donna
un avant-^oiit de la Béatitude. Ce n'est quun
avant-goùt des fruits de la paix.
On dit familièrcm. en parlant Des tenlimens
d'ane dcvolion alTctuense. Des avant' tjouts
de Parad». Il ^e dit par plaisanterie, d'I'ne
dcTotion un pru imaginaire.
AVANT-HIKH. Adv.dc temps, qui niarqne
l'Avint-veillc du jour où l'on est. Il purtil
apartt-hier. Il est arrive tP-ivant-hier.
AVA.
AVANT-MAlî^. s. m. Il se dit au jea de h
Paume , d'un coup pousse du devant de In ra- .
quette cm du b.itloii. Un coup d'avaut-main.
AvASr-MAis, se dit aussi; en termes d'
iMané^e, d'Cn cheval qui a un heau poitrail.
lï a de. Vavaut-matn , un bel avant-main^ un
beau bout de devant.
AVANT-PÈCIIE. s. f. Espèce de petite pO-
cîie qui mûrit avant les anlres. Ces avant-piclics
sont fort bonnes.
AVANT-PKOPUb. s. lu. Préface, discours
qui se nici au-devant de quelque * >uvr.*ige pour
faire connoilre ce qu'il conlient , et qi7'l a été
le dessein de l'AutenPen le composant. Il y a
un lor.q avant-propos à la tcte de ce Livre.
Il se dit aussi dans la conversation, De ce
qu'on dit avant que de venir au fait, quand on
cnlrepirrid de raconter quelque chose. // a f.it
un avant-propos bien inutile.
AVANT-OUART.s.m. Terniod'IIorIo!-,erie
I.e coup que quelques horloges sonnent avunl
1 heure, la demie, etc.
AVANI'-SC(:N1:.s. m. Cêloit, chez les An-
ciens, La partie du tliéâtrc où jouoient l«s Ac-
teurs; et chez nous, c'est la partie du ihê.'iLre
qui est en" avant des décorations, et quis'avance
jusqu'à l'orchestre. On dit, en ce dernier sens,
Le théâtre a tant de pieds d^avant-seène.
AVANT-TOIT. s. m. Toit en saillie.
AV.4NT-TRAIN. s. m. On nppt lie ainsi le
train qui comprend les deux mues de devant
et le tininn d'un carrosse. L'«i'nnH(ram du car-
rosse a été brisé.
AVANT-VEILLE, s. f. Surveille. Le jour
qui est immédiatement avant la veille.
AVANTACiE. s. m. Ce qui est utile, profi-
table, favorable à quelqu'un. Grand avantaqe.
Insigne avantaqe. Notable avantaqe. Avantaqe
considérable. C'est votre avantaqe. Il n'y a
nul avantaqe pour moi dans le voyage que
vous me proposez, i'n lui a fuît tous les avan-
tages possibles. Les avanfaqes de \a fortune.
Les avantages de la naissance. La beauté, la
santCy la bonne constitution ^ sont de grands
avantages de la nature.C'cst un homme nui est
ne avec de qrands avantages. Parler à Vav(4r.-
tagc de quelqu'un. C'est un homme qui tire
avantage de tout. La querelle a été terminée à
son avantage. Il contoit la chose à son avan-
tage. Tirer avantaqe de tout. E.rpliquer ^ tour-
ner tout à son avantage.
Il signiFe aussi . Supcrioriié, ce qu'on a par-
dessus un autre rr. quelque genre de bien que
ce soit. En tous ses combats., il a toujours eu
l'avantage. Not troupes ont eu l'avantage ilu
combat. Lff ennemis avoient l'avantage du lieu.
Conserver l'avantage du poste. Conserver ses
avantages. Ménager ses avantages. Prendre de
l'avantage. Profiter de Vavantage. Attaquer
'ptelqu'un avec avantaqe. Se battte avec avan-
tage.
AvA^TAGF, se dit aussi De ce qu'un père
donne h quelqu'un de $«\s enfans <le plus qu'à
un autre dans lepartaj^ede sa surcession. Avan-
tage direct, .ivantage indirect Le père a fiit -
de grands avantages à son fils aine.
AVA
•07
Il se dit en général De tout traitcnicui fiivo-
lab!.' qu'on fait à quelqu'un, en lui donnant
plus qu'il ne pouvait exiger ou atlendie. Cn u
(lUt à cette femme de grands avantages par son
contrat de mariaqe.
En matière de Jeu, il se dii Pc ce qu'un
"liomme qui joue mieux qu'un àiiirc, lui donne,
pour rendre la partie ^ peu près éralc. Je ne
jouerai point avec lui, s'il ne mt donne de } a-
vantagc. Quel avantage vous donne-t-il, vous
fait-il? C'est un grand avantage au piquet qut
dix et la main.
Au jeu de la Paume, on dit. L'avantage du
jeu, ou simplement L'avantage , Lorsque les
Joueurs étant venus à avoir chacun quar.inte-
cinq, l'un des deux g'ignc ensuite le coup.
On dit. Prendre de l'avantage pour monUf
.( cheval, pour dire, Se servir de quelque petit •
hauteur, de quelque élévation pour monte.- plus
aisément à cheval. Il ne sattroit plus monter à
cheval sans prendre de Vavantage, sans avan-
tage.
Ou dit aussi , Prendre quelqu'un à son avan-
trtfjc, pour dire. L'attaquer quand un est ou plus
fort, ou mieux armé que lui ; Etre monté à l a-
vautage, pour dire. Être bien monté j et, Etrt
habillé à son avantage, être coiffé à son ni^ari-
taqe, pour dire, Être hahillé, être coiftV- d'une
manière qui relève la bonne raine et la bonne
f;râce.
AVANTAGER. V. a. Donner des avaclages à
quelqu'ini par-dessus les autres. I.ecielel lana-
ture Cuvoient extrêmement avantagé, Vavoient
avantage de beaucoup de grâces. Lu Loi, Ki
Coutume de ce pays-là avantage f^rt les aines.
Un père ne peut avantager aucun de ses enfant
que d'une certaine portion de ses biens.
AvANTAr.É, KF. piriicipc.
AVANTAGEUSEMENT, adv. D'une ma-
nière avantageuse. Il s'est marié avantaqeuse-
metit. Etre monté avantageusement. Vêtu avan-
tageusemetit. Expi.qtu,r une chose avantageu-
sement pour SOI. // u partage avantageusement
son fils aîné. Etre posté avantageusement. Par-
ler avantageusement de set amis.
AVANTACiEUX, KUSE. adj. Qui apporte
de l'avantaf-e, qui produit de i'avanlagc. Je ne
voîs pas en quoi tela voue est avantageux. Ce
n'est p(L* une chose qnî vous soit ai^antagaise.
Elle a trouvé un parti avantageux. Condition
avantageuse, l raite avantugeux. Poste i.fanta-
neux./( e5t (n'(int(if^eii.r ^\iroir Test iniepul'Iiaue.
On dit , ('ne tai7(c ovanfafjeiise, poiii dire.
Une groi'de taille avec une Hgurc noble ; et,
Une couleur, une coif^i-re. unt parure avan-
ageusCy pour dire. Une co'tleiir, une coiffure,
une parure qui sied tr^s-bien.
AvANTAcELX , signifie quelquefois , Con-
fiant . préson.ptueux , qui clicrcîie .1 prendre
avantage sur h^ autres, qui se prévaut de U
facilité des autres, et qui en ahuse. C'est un
homme avantaqeiLv en paroles. C'est un nomme
QvantageiLr à qui il ne faut rien céder.
On dit d'Un houuiic qui est attentif il prend» t
loules sortes dnvnn!.tf;p$ au jeu, et à profiler de
tout, qu'il Cit avautageiLT au |cii.
14.
io8 AVE
AVANTIS. s. m. Voyez CnossErrE.
AVARE, «ilj. Ji-s 2 genres. Qui a trop d'aï- \
l.ichcinent aux ficliesses. Vieillard iivnre. Hu-
meur avare. Il est si avare nu'il se icfui:e tout ,
fju il se plaint tout.
Un dit, Un caractère avare, pour. Le ca-
racU'rc d'un avare. Un air avare. Manières
avares. Une dépense ui'iiic. On dit d'Un lioinnie
qui aflectc uuc mngnilicence aiélée d'avarice.
<jue C'est un avare /«.s- («eux.
Ou dit (igurémcnt, que / c ciel, que la na-
ture, que 1.1 fortune a été avare de ses dons
envers ifucliju'un, pour dire, qu'il n'a pas reçu
de grands avantages de la nature, ci de la for-
tune;, et au contraire, que Le ciel, que la na-
ture, que la fortune ne lui a pas été avare de
ses dons, pour dire, qu'il a été bien li-aité de
la nature, de la fortune.
Ou dit aiLssi, £lrc avare de louanf]es, de ses
loutuiq''s, de ses visites, pour dire, I-i 'aimer pas
ù donner dis louanges, i faire l)caucoup de
visites; et, £lre avare du temps, de son temps.
pour dire, Être bon ménager de son temps, ne
votiioi. point perdre de temj'S.
AvAHE, est aussi substantif. C'est un avare.
L'/varc ne niautfue pas moins de ce qu'il a,
ijue de ce qu'il n'a pas.
-VVAlvIiJli. s. f. Attachement excessif aux
richesses. Avarice insatiable, Avarice sordide,
il se phint tout par avarice, par pure avarice,
^'On avarice le jaitvivredans une épargne sor-
dule.
AVABICIEUX, i:r,SE. ndj. Q<\\ est svare.
iromnie avaricieu.x. Femme avarlcicuse. Hu-
meur avaricieuse.
Il est aussi substantif. C'est un avaricieiur.
C'est une avaricieuse. Il est f^unilier, et il vieillit.
AVAUIK. s. f. Terme de Marine. Dommage
nrrivéàunvaiiseau , ou aux marchandises dont
il est chargé, depuis le départ ju.'iqii'au retour.
il se dit aussi d'Un droit que paye ponr
Tcntretien d'un pon chaque vaisseau qui v
mouille.
AVARIÉ, ÉE. adj. Il se dit Des luaicliaii-
dises gâtées dans un vaisseau.
A V F.
.'■VÉ, ou AVÉ .MARL4. s. m. Terme latin
qui n'a point de pluriel. C'est ainsi qu'on ap-
pelle la Salutation de l'Ange à la Vierge. Ccl
enfant sait delà son Avé.
On dit, Je reviendrai dans un Avé, dans un
Avé Maria, pour dire, Je revii ndrai dans aussi
peu de temps qu'il en faut pour réciter un Avé.
Il est familier.
11 signifie aussi r>esf7ains d'un chapelet, sur
lesquels on dit Y Avé.
.\vÉ MAniA, est aussi l'en liolt du Sermon
où le Prédicateur implore les secours du Saint-
Esprit jKir l'intercession de la Sniutc-Viergc.
Je suis %'cnu avant l'Avé Maria,
AVEC préposition conjonctive. lOuscmbIc,
conjointement. Je me joindrai avec vous. Il
faut essayer de bien vivre avec tout le monde.
Je suis venu avec lui. Il partit avec dix mille y
luiuinies. Il s'est marié avec elle. Mêliez tous
AVE
ces papiers les uns a^ec les autres. Il a une
qrosse fièvre avec des redouhlemens. 7>Ietlre le
bon avec le mauvais.
En ce sens, il se met qucl-iuefois s^ns n,'-
^iir.e, cl par rédoudunce, mais ce n'est que
dans le style familier. // a pris mon manteau^
et s'en est ullt' avec. Il a été bien traité^ et il a
encore eu de Varqent avec.
A\'Ec, est aussi pr(;posiuon qui sort k mar-
quer la cause mait-riclle, ou la matière dont
uuc chose est faite. Le rossolis est fuit avec de
Vesprit-dc-vin. En ce l'ays~la ils ne bâtissent
(fuavec du bois. Carreler avec de la brique.
11 sert aussi à marquer la cause instrumen-
tale , ou riuslrumcnt tju'on emploie à faii*e
quelque cho.'-e. Couper avec un couteau. Tuer
avec une épéc. Ecrire avec uneplume. Se purger
avec du sene.
Il sert aussi h marquer la manière de faire
quelque cbost'. Parler avec justesse. Se conduire
avec prudence. Se défendre avec courane. Ecrire
avec facilité. Travailler avec peine, ilecevoir
avec joie. Il n'en peut parler qu'avec douleur.
Avec, s'emploie aussi dans le sens de Contre.
Il s'est battu avec un tel. la France ctoit en
guerre avec l'Empereur.
Avec, e£t,quelqiicrt)is frècédc de la prépo-
sition de, pour marquer la dilK-rence de deux
choses ou de deux personnes d'une manière
plus jxisilive. Distinquer Vanii d'avec le flat-
teur. Distinguer la f:usse monnoie d'ovec la
bonne. Séparer Vor d'avec l'argent.
AvECQUE, jpour AVEC. Il n'est plus en usage
qu'en Poésie^ où même U vieillit beaucoup.
AVKINDKI:. v. a. Tirer une chose hors du
lieu où on l'avoit serrée. Aveindre du linge,
des hardes d^'un cofp e. Avcignez- ce livre, cei
papiers de dessus cette tablette. \\ est du style
familier.
Avî:int, einti;. participe.
AVEl^'ii. s. f. \ oyez Avoine.
AVELANi!;DE. s. f.Cossedu gland. On seii
sert pour passer les cuirs.
AVEU NE. subst. fém. Espèce de gi-ossc
noisette. Citsscr des ui'elincs. Mantjcy des ave-
lines.
AVELINIER, suhst. m. Arbre qui porte les
a-velines. On le noimne pJus conimunémenl
Coudrier,
AVÉNAGE. subst. m. Redevance eu avoine,
L\ivcnaqcde cette Ferme rend pliL^ de sixcents
livres.
AVENANT, ANTE. adj. Qui a bon air et
bonne grJlce. C'est un homme avenant ^ fort
avenant^ mal avenant. Cette femme est cctrc-
mement avenante.
À t'A venant. Faconde parler adverbiale,
pour dire, A proportion. C^est un homme qui
fait grande dépense en habits^ en chevaux, cl
en toutes choses à l'avenant. Il n'est d'nsii^L-
que dans le discours familier.
AVENEMENT, s. m. Venue, arrivée. Il ni*
se dit guère que De l'élcvalion & une digniiô
suprême. Le lioi à son avènement à la Cou-
ronne ordonna , etc. J son joyeux avènement.
A ton heureux avènement. Le Vape depuis son
AVE
avènement ou Pontificat. L^Empereur après
son avènement à l Empire.
Avènement, se dit aussi en parimi V.u Mes-
sie, pour signifier Le temps auquel il s'est ma-
nifeste aux hommes, cl celui où il doit paroîtrc
pour les juger. Le premier, le second avène-
ment du Messie.
AVENIR, V. n. Arriver par accident. Il ne
se conjugue que dans les troisièmes personnes.
Les choses étant en ces termes, il avint que
S'il avenoit que Quand le cas aviendroit.
Quoi qu'il avrcnne. /( en avïendra ce quil
pourra. Quelque chose qu'il en avienne. Je me
résous à tout ce qui en peut avenir. On ne peut
pas prévoir tous les cas qui aviendront.
Avenant, ante. participe actif du verbe
^yenir. Terme dont on se sert dans les contrats
et autres actes publics, et qui signifie. Si!
Rvient que, s'il arrive que. Avenant le décès de
l'un des deux. Le cas avenant que. . ,
Avenu , i;e. participe. Ce quon craignoit
est ai^enu. Les choses qui sont avenues. Il faut
regarder cela comme chose non avenue,
AVENIR, s. m. Le temps futur. Qui peut
pénétrer dans l'avenir? On ne peut pas rèpjn-
dre de l'avenir. L'avenir est incertain. Les soins
de l'avenir. Prédire Vavcnir. Lire dans l'ave-
nir. JJn fucheux avenir. L'avenir en décidera.
On peut, en Poésie, et même dans le style
oratoire, personnifier L'rtfenir, comme exis-
tant dèji. LWenir vous contemple. On dit de
Dieu seul : L'avenir lui est présent, est prés-nt
devant lui, pour dire, <ii:e Dieu cnnnu)i . pré-
voit tout ce qiii arrivera.
AvENiii , se dit aussi, en termes de Pratique,
De l'assignation qu'une Partie fait donner ù '
l'autre, pour comparoître en Justice à certain
jour, et à certaine heure. Donner un ufenir.
Faire signifier un avenir.
A l'avenir. Vaçon de ]>arier adverbiale. Di;-
sormuis. Vous en userez à l'avenir comme il
vous plaira. A'^e ^i(cs plus cela à l'avenir.
AVENT. s. m. Le temps destiné par l'ÉgUse
pour se prépaier îi la Fcte de Noël. L'Avent a
ilé plus long cette année-ci que l'autre. Le pre
mier Dimanche de VAvent.'
On dit, Prêcher VAvent, jeûner VAvent,
pour dire, Pendant l'Avent. Et on dit au plu-
riel, Les Avents de \oël. C^est aux Avents
qu^on a coutume de planter.
AVENTURE, s. f. Ce qni arrive inopiné-
ment à quelqu'un. .jVenlure heureuse, hizanr,
étrange. Il lui est «rrive une aventure extraor-
dinaire. Il doit s'attendre à qucl<jue aventuie
fâcheuse. Raconter une aventure. L'ne (iverïïure
amoureuse. Ce l\oman est plein d^aventures
surprenantes. Aventure burlesque, romanesque.
On dit. Dire la bonne aventure, pour, Pré-
dire par la Chiromancie, ou de quelque outre
façon que ce soit, ce qui doit arriver ù quol-
i[u'un. Elles font profission de dire la hvnne
aventure. Croire aux diseuses de bonne aven^
titre. Se faire dire sa bonne aventure.
AvENTunE, dans les anciens Romans de
Chevalerie , signifie , Entreprise Iias^rdcusr^ ,
mtil(-c quelquefois d'cnclionleraenl. Aventure
AVE
périlUuse , (lifjlclle , dangereuse. Chercher ,
achever^ mettre à fin les aventures, une aven-
ture. Celte aventure êtoit réservée à ce Cheva-
lier. El on dit J't'n homme qui aime les entre
prisesfxtraordinaircs,C'(ï5( un homme (jui aime
Us aventures^ qui court après les aventures.
AvESTcnE. ïrasard. C'est grande aventure si
je n'en viens pas à bout.
On dit, Errer à l'aventure , pour dire, Sans
dessein, sans savoir où l'on veut aller; Faire
toutes choses à Vaventure, pour dire, Sans ré-
Hcxion; ."1/^fïre à la grosse aventure, pour dire.
Mettre une somme d' aident sur quelque v.iis-
seau marchand, au hasard de la perdre si le
vaisseau périt. Et on appelle Mal d'avenfure,
Un mal qui vient ordinairement au liout (!<:s
doigts sans cause apparente, avec iuflammalioD
ci abcâs.
D'avestlre. PAO AVENTt;iiE. Farons de
parler adverbiales, pour dire, Par hasard. Si
d^avenlure il fenoit quelqu'un. Si par aventure
il arrive. Si d'aventure vous n^aimez mieux. Il
e«t familier.
AVENTUREn. v. a. Hasarder, mettre à
l'aventure. Il a aventuré tout son bien. Je veux
bien aventurer cette petite somme. Il faut aven-
turer r^ue^ne chose.
Il se met aussi avec le pronom personnel. 71
ne faut pas tant s'aventurer. Vous vous aven-
turez fort. Il s'est aventuré plus qu'il ne fallait.
AvE:iri;BÊ, i:e. participe. Cc/a est bien aven-
turé. Cette affaire est ejctrémcment aventurée.
C'est de l'argent très-avcnturé. Un procès bien
aventuréy très-aventure.
AVENTUREUX, KUSE. adj. Qui s'aven-
ture, qui h:sai'de. C'eslun homme qui est ex-
trétnement aventureux au jeu.
AVKNTL HIER , ÈRE. s. Celui qui cl:erche
à la guerre !cs aventures , les occasions de se
distinp;uer , sans être enrôle en aucim corps. Il
se disoit autrefois particulièrement De ceux qui
alloient volontairement^ la guerre, sans rece-
voir du solde, et sans s'obliger aux gardes, et
aux autres fonctions militaires, qui ne sont que
de fatigue. Il y eut beaucoup de soldats., de
ceux qu*on appelle aventuriers , qui passèrent
les monts avec lui. Les aventuriers firent mer-
veille dans ce rornEr'it.
Dans le dismun familier, il se dit d'Un
ictmc homme qui t;\che de gngncr les boniioâ
grâces de toutes les femmes, sans ôtre amou-
rcus d'aucimc. C'est un jeune aventurier qui
ne s'attache à rien, et qui se donne à tout.
On appelle aussi ,/vi.*ii(urier, Celui qui est
i.ms nom et sons fortune .et qui vit d'intrigues.
Ce n'est qn'itn aventurier. Ce n'est qu'une
aventurière. Cette acception est aujourd'hui la
plus commuaa
On donnoit le nom d'-Yvcnturrers h certains
i:uurcurs de mer, qui piraloient sur les mer.
de r.\mL*riquc. cl qu'on appcloit autrement,
Flibustiers et Boucanier*.
AVE>TUIU>E. i. f. Sorte de pierre pré-
cieuse, d'un jaune brno Mme de petits points
d'or.
K y a ausvi une A^enturin? £kcticc, qui est
AVE
une composition faîte avec de la poudre d'or,
< ■- jetée ;1 l'aventure sur du vernis, ou sur du verre
fondu. Une hoUe d^aventurine. Un bdton d^a-
vetAurine.
AVENUE, s. f. Endroit par oii on arrive en
quelqui; lieu. Les gardes étoient rangées à
toutes les avenues du Palais. L'armée se saisit
de toutes les avenues des montagnes. Fermer,
boucher les avenues. Les avenues de cette Ville
sont belles.
Avem:e, se dît aussi d'Une allée phinlée
d'arbres du-dovant dune maison. Il y a une
grande avenue qui conduit à sa maison. Il a
planté une avenue d'ormes y de tilleuls j de
ncyers, etc. devant ta porte de son Château.
Ouvrir des avenues dans un fco's, V cuvrir des
a lices.
AVÉRER. v,a. S'assurer et faire voir qu'une
cliosc est vraie. On a avéré ce fiit-lù. C'est une
chose nu'on ne peut avérer.
AvÉïiÉ, ÉE. participe. C'est un fait avci'é.
Une chose avérée.
AVERSE, s. f. Pluie subite et abondante.
A'ous essuyâmes une averse. Il est familier.
À verse. Voyez Verse.
AVERSION, s. f . Haine. Avoir quelque chose
en aversion. Avoir de Vaversion contre quel-
qu'un., pour quclquUtn. Prendre quelqu^un en
aversion. Avoir de l'aversion pour l'étude. Avoir
ie l'aversion pour le vin. J'ai grande aversion
pour cela. L'ingratitude est ma bcte d'aversion.
AvEnsioN, se prend aussi quelquefois pour
Antipathie ou répiif^nance naturelle. // a de
f aversion pour les chdts.
AVERTIN. s. m. Maladie d'eàprit qui rend
opiniâtre, emporté, furieux.
Il se dit aussi De ceux qui sont travailles de
cette maladie. Le peuple appelle S. Mathurîn
le Patron des Avertins. Il est vieux dans l'un
et l'autre sens.
AVERTIR. V. a. Donner avis, instruire,
informer quelqu'un de quelque chose. Je vous
avertis qu\in tel est arrivé. Je l'ai averti de
tout. Il ftut avertir les parens. Avertir du dan-
ger. Avertir d'un accident Avertir du feu.
On dit proverhiol.,yiver(ir quelquhin de son
iiihit, pour dire. Lui doimcr un avis très-ini-
portant.
Averti , ie. participe.
On dit proverbialcm. qu'L'n averti, qu'un
bon averti en vaut deux, potu* dire, qu'K.
toutes sortes d'affaires, un homme qui est ini--
truit, qui est informe, a un grand avantage sni
celui qui ne Test pas. Il se dit aussi par forme
de menace, et pour nrirquer à 1 homme qu on
iveilit, que s'il y rciourne, il s'en irouvem
mal.
On dit qu'f'n homme Cft bien averti, pour
dire, qu'il est bien informe de tout ce qui si
passe. Il se dit aussi De quelqu'un qiii , êcinl
menace, se tient sur «es gardes.
AVERTIS.SEMENT. subsl. m. Avis qu'on
donne à quelqu'un de quelque chose, ofm qu'il
y prenne garJe. //vertissemcnt salutaire. Don-
ner, envoyer, recevoir un avertissement.
AvEiiTi5S[;'E5T, est aussi Le litre qu'on
AVE 100
donne à une espèce de petite préface qu'on met
û b tôte d'un livi-e, pour avertir le Lecteur rie
quelque chose.
On dit familièrement, en parlant d'Un acci-
dent, ou de qucltjue autre chose qui peut ser-
vir ix faire qu'on se tienne sur ses gardes, et
qu'on prenne des précautions poursaconduite,
que C'est un avertissement au Lecteur.
Avertissement, signifie aussi, en termes
de Pratique, La première pièce pour l'instruc-
tion (les Juges, qui est suivie de l'inventaire de
production. Il n'a pas encore communiqué sun
-'A'crti.sscnient.
Il se dit aussi De l'avis donné par les Per-
cepteurs de l'impôt de payer telle somme.
AVEU. s. m. Rcconnoissancc veibalc ou jw
écrit, d'avoir ûiit ou dit quelque chose. // pa-
reil par son aveu même, on sait de son propre
aveu. . .
Il se dit aussi Du témoignage qu'on rend de
ce qu'un autre a dit ou fait. C'est lui qui a le
mieux fait, de l'rtveu de tout le monde.
Il sij;nifie aussi. L'approbation, le consen-
tement, l'agrément qu'une personne supéricme
donne i ce (p4*un inférieiu" a fait ou a destoin
de faire. Je ne veux rien faire sans votre avi-u.
Il a entrepris cela de votre aveu. Il a Vaveu de
ses parens pour son mariage.
Aveu, signiBc aussi, en termes dcFief , Une
reconnoissance que le Vassal donne à son Sci-
[;neur, pour raison des terres tpi'i! tient de hii.
Hendre un aveu. Ba'iller par aveu. Jven et dé-
claratio:t. Aveu et dénombrement.
On appelle //omme sans aveu, Un vagabond
que personne ne veut reconnoîtrc, un homm-*
qui n'a ni feu ni lieu. Ce sont des cjcns sans aven.
AVEUER ou AVUER. v. acl. Terme de
Chasse. Garder à vue, suivre de l'ueil. Aveuer
la perdrix.
Avelé, ée. participe.
AVEUtiLE. adj. des a g. Qui est privé île
l'usage de la vue. DeveniV aveugle. Aveugle-né.
On dit proverb. d'Un homme qui crie bica
fort pour quelque mal léger qu'on lui a fait , qu7i
crie comme un aveugle qui a perdu son bâton ;
d'Une chose facile à comprendre par les pins
i^norans, qu'C'n aveugle y mordroit; et qn'Au
Royaume des Aveugles, les borgnes sont Rois,
pour dire, qu'Un homme d'un me'rite médiocre
paroit beaucoup parmi les gens qui n'eu ont
point.
On dit aussi proverb. d'Un homme qui se
mêle de jxgcr des choses dont il n'a aucune
connoissancc, qu'// en juge cuniuic un aveugle
des couleurs; et, Chanjer son cheval borgne
contre un aveugle, pour dire, Empirer son état
en vout.int le rendre meilleur.
Avecgl::, se <Iit figur^'m. d'Une personne à
qui la passion ofrus<{uc l'entendement. Les
amans sont aveugles dans leurs désirs, dans-
leurs desseins. L'ambition^ la colère le rend
aveugle. Chacun est Oi'cugle dans sa propre
causc^ Aveugle sur ses déf-tuts^ il est cluir-
voyant sur ccuc des autres.
Il se dit aussi De In passion même. Désir
aveugle. An'hitlon aveugle. Amour aveugle.
1 1 0 A V I
On appelle Obéissance aveuffle^ soumission
aveuqlc , Une olx'issancc, une souniiÂsion cii-
îièrc aux oniics d'un Snpériour; et Confiance
(jvcKjIe. Une confiant qui ne se pemict point
d'examiner. Une confiance avcuqle est daugc-
rcitsc. On dit ;m nièmc sens, Une foi aveugle
en quelqu'un , dans ce qne dit ijiichju^un.
On dit figurcm. que Le sort est aveugle , 411c
i,i fortune est aveugle^ pour dire, que Souvent
II' sort, 1.1 fortune, favcriirnt àes personnes
qui ne le mériteai point
AvEt'GLE , est aussi subslantif. C est un
dvcuqle d^s Quinze -Vingts. Vn aveugle incu-
rable. Mener un aveunle.
A l'aveugle, l-.n;on de parier advcrbi-dc,
youràhe^Aifeunlcmt'nî. llcgit à Vavcugle, ou
fft aveuqle, Sans ronnoissancc, sans iulelli-
g'^iice. Il no- «e dit qu'au propre.
AVETIGLEr.IENT. s. m. Privation du «ens
«le la vue. Dieu le frappa d'un avengtenieni
soudain.
On dit aujourd'Iiui Cécité au propre.
Aveuglement, ne se dit giii!:re qu'au figuré,
pour marquer Le tiouhle et rohsciu-cisscment
de la raison. Aveuglement è'range. Grand
avcunlemcut. Aveuglement l'olontairc. Quel
aveuglement! il faut être dans un étrange
aveuglement pour. . . . L'aveuglement des ^;e-
cheurs.
AVEUGLÉMEN I". adv. Il nest en usng
f|u'au figure, et signifie, Sans rien considérer,
sans rien examiner. Je frai aveuglément tout
ce quc- vous voudrez. Obéir aveuglement. 5.
yrécipiter aveufjlêment dans le péril ^ y courir
ttveugléniCJit. Il $utt iH-eunle-nrnt ses caprices.
AVEUiJLER. V. a. Itecdie avcui;lc. H y a
eh des gen.i que le grand soleil, le grand éslut
de la neige a aveuglés. Les Grecs du Bas-Em-
pire ont souvent aveuglé des Princes, en leur
passant devant les yeux des plaques de cuivre
fart ardentes.
Il seditparcxagc'ralion. et signifie, tbiouir,
empêcher pour quelque temps la fonction de la
vue. La trop gratide lumière aveugle. Lu neige
aveugle ceux qui ia regardent trop longtemps.
Le» éclairs tious aveuglaient.
AvEVCLER, signifie figurém., Oter l'usage
de la raison. La passion nous aveugle. L^amour
aveugle les jeunes gens. La trop grande pros-
périté aveugle. Il faut que Dieu ait t'ien aveuglé
cet homme., qu'il soit lien avcuqlt.
. AVEOGLEH,se met ausji avec le pronom per-
sonnel, maisseulemcntau figuré, potir signifier,
Renoncer \ l'exeicice de sa raison, ne pas user
de ses lumières. Il ffut s^aveugler pour ne pn.%
apercevoir cet inconvénient.
Aveuglé, ée. participe.
AVEUtiLE'iTK. À i*aveuglette. Façon
de parler adverbiale. A i;**ons. On disoit autre-
fois, A avcuglctle; mais l'usage a depuis ajoute
l'arricle; et on dit, Aller à l'aveuglette. Cher-
cher quelque chose à Vaveuglettt. Il est familier.
AVI
.VVTOE. adj. dr> 2 jreiir. Oui dcsire quelqtu- , '
■itoftu avec iK-aucoiip d'ardeur. U se dit propre-
AVT
ment, en parlant Du désir immodéré de boiie
:t de manger. Il est si avide, qu\l ih lore j lutct
qu^il ne nianqe.
U se dit fij^urémciit. en parlant Ue tout c»*.
qu'on souliaif: avec,Vc'hémence. f.tre avide dt
gloire, avide dlwnneur. Être avide du bien
d^ autrui,
U se dit (igurcment dans un sens de l)l.ime.
pour désigner Un homme Itês-intércssé. Il ne
f:ut pas être si a\'iâe. C^est un homme avide.
AVIDEMKNT. adv. Avec avidité. Munrjcr
iivtJcment. Boire avidement. Courir avidement
ait.c honneur.^!.
AVIDITl'-;. s. f. Û6ir ardent et insatiabh. Il
se dit daDS tous les sens d'Avide. Manger avec
avidité, avec une extrême avidité. L^avidité des
biens. L^avidiié des Itonnenrs.
AVUJTî. V. a. Rendre vil, abject, mépri-
sable, lia laissé avilir sa charge, sa dignité.
Cet homme s'est avili lui~mcmepar ses bassesses.
Il se dit aussi au sens de Déprécier. Il ne
faut pas avilir la marchandise. L'abondance de
cette marchandise l'a avilie, en a avili le pris.
Avili, ie. pm-ticipe.
AVILISSANT, AINTE. adj. Qui avilit. U
est dans un état avilissant, dans une dépen-
dance avdissnnte.
AVILT.SSEMEKT. s. m. L'état d'une chose
avilie, l.' avilissement d'une dignité , d'une
charge.
Il se dit aussi Des personnes. Il est tombé
dans l'avilissement. Vivre dans l'avilissement
et la honte
AVfNER. T. a. Imbiber de vin. Avincr tinr
cuve. Avinrr des futailles.
AviNi';, ÉE. participe. On dit far.iiliciemciit
d'Un homme qui a accoutumé de boire hcati-
coupj.qu'/I est aviné, que c'est un corps aviné.
AVIRON, s. m. Sorte de rame dont on se
sert pour faire aller les bateaux sur les rivières.
Manier l'aviron. Coup d''aviron. Aller à force
d'avircns.
AVIS. s. m. Opinion, sentiment. Dire son
avis. C'est mon avis. Ce n'est pas là mon avis.
Changer d\ivis. Être d'un avis. Il est toujours
du bon avis. Être d'un avis singule::
U se dit parliculièrcnicnt De l'opinion et du
•.ufTrage de chaque Jui;e, lorsqu'il s'agitde juger
de quelque afiaire. Prendre les avi^. Aller aux
avis. Les Juges en sont aux avis. Être de lavis
courant.
Il se prend aussi pour Conseil , délibération.
A^c rien faire que par bon avis. Prendre avis dé
quelqu'un. Les Avocvts ont donné leur avis, et
l'ont signé.
On appelle ,/vis de parens. Un acte judi-
ciaire par lequel le Magistrat ordonne ce qui
doit être exécuté sur les aflàires d'un mineur,
suivant la délibération des pareus. Le tuteur a
fait ordontifir quun tel héritage serait vendu
par avis de parens. Il a été résclu par avis d,'
parens.
On appelle /^tu'sdortrinu/. Ix* sentiment des
Docteurs en Théologie consultés «ur quelque
point de Doctrine.
On dit provcrLial. et figurcm., qu'/I y a
AVI
jour d'avis y pour dire qu'il y a temps de défi-
bérer ; et Prendre lettres d'avis, pour dire,
Prendre du temps pour se résoudre.
Avis, se prend aussi pour Avertisseuient. Je
vous donne avis que la Cour où vous allez est
fort oraqeuse. Je profiterai de Vavis que vou«
me donnez.
Avis. Conseil. Avis amical, charitable , pa-
ternel. Il a profité des avis de sa mère, de son
Iu(e»r.
U se dit aussi Des nouvtjles qu'on mande,
et de celles qu'on reçoit. Je vous donnerai avis
de tout ce qui se passera. On a avis de Vartnée^
que. ... On a reçu avis de Home. Les avis qu'on
reçoit de toiu côtés, portent que...
On appelle Lettres d'ai'is, Les lettres da
négoce que les Marcliands et les Banquiers s'é-
crivent les uns oux autres.
Avis au Lecteur j TÎIre qu'on donne h une
espèce de petite préface qu'on met à la tête d'un
Livre, pour avertir le Lecteur de quelque cbow.
En parlant d'Un accident, ou de quelque
autre chosequi peut srrvir d'instruction àquel-
cju'un , on dit proverbialemeut , Avis au Lec-
teur, pour marquer que Cela le doit obliger à
prendre garde à lui.
AvLS , se dit aussi d'Un moven proposé pour
faire venir de l'argent dans les coffres du Hoi.
/! se mcle de donner des avis. Ccst un don-
neur d'avis. Il a eu tant pour son droit d'avis.
Cet avis a été rebute.
AVISÉ, ÉK. adj. Prudent, circonspect, qni
ne fait rien sans y bien penser. Cest un hommt
Lifjc et avisé. Il est ft'rt avise.
AVISEU. V. artit". .\vertir, donner avis. On
dit proverbialement, qu'l/n fou avise bien nn
iage, pour dire, qu'il n'y a point d'homme si
peu sensé dont on ne puisse recevoir quelque
bon avis; et qu'Un i>firra.de vin avise bien un
homme. Hors dé ces phrases proverbiales, il
vieillit dans cette acception.
Il signifie aussi, Apercevoir d'assex loin. J*
l'avisai dans la foule. Il est familier.
Aviser, est aussi neutre, et signifie, Faire
réflexion, faire attention, prendre garde. Avi-
sez à ce que vous avez à faire. Avisez-y bien.
Il y a du temps pour y aviser. J'avisai que....
Il se met aussi avec le pronom personnel, et
signifie. Penser, faire attention à quelque chose,
faire attention sur quelque chose. Jt ne m'en
suis pas avisé. Il ne s'avise de rien. Il s'en eil
avisé j elle s'en est avisée, ils s'en sont arisét
trop tard.
Il signifie aussi, S'imaginer quelque chose,
trouver quelque chose, s appliquer .'» trouver,
à inventer queUpic chose pour quehiue fin. /(
lui fit tous les honneurs dont li se put aviser.
Il n'y a sottise, il n^y a malice dont il ne s'a-
vise. Il s'avisa d'un ton carpédient. De quoi
s'est-il allé aviser?
Avisé, ^.e. participe.
AVITAILLEMENT. s. m. Approvisionne-
ment de vivres dans une Place, un camp ou
un vaisseau. Ou dit aussi ^vituai/ienient, pour
les vaisseaux.
AVITAILLEK. v. act. Mettre de» vivre»
AVO
dans une Place, dans une Ville qui court risque
d'ttre asslcgoe. Ce n'est pas U tout que (?e mettre
une garnison tlans une Place, U li> faut ut'i-
(nillcr. On dit encore Ayiluailler .pour les v:li^-
«eaux.
AviTAii.LE, ÉE. participe.
AV1\ liR. T. a. Poiincr de la vivacité.
rendre une matière, telle (jnc le marbre, les
iiji'taux, plus fraiclic et plus uitlc. On aviie
une statue de bronse en lu qraltant léijènnieiil
pour la rforcr. On avive une poutre en In tail-
lant à l'iVe urt'tc.
On le dit aussi Des couleurs, pour dite, Les
ralraicliir. les fortiilcr. Cu 1.; dit même Du
icint V-i peu tic roune aAve ic teint d'une
f;mm'.
Avtvi, <:e. participe.
AVIVES, s. f. pi. Serres de glandes cjui sont
i la gcrge des cl'ovaux, et qui, venant ii s'en-
fler, leur causent une maladie qu'on oppelle
attssi Les avives. Vn cheval cjui a les avives jurt
enjlves. Battre les avives à un cheval. Les avives
ont étranqlé ce clu't'iil. Il est mort des avives.
il a cu les avives, pour avoir bu trop tut étant
échauffe.
AVO
AVOCASSER. V. n. Faire la profession d'A-
vocat. Il y a tant d'années tju'il avocasse. U est
familier, et il ne se dit guC-re qu'en mauvaise part.
A\ OC.\T. s. m. Celui qui fait profession de
défcnore des causes en Juslire. .-Ivocat fameur,
célèbre, éloquent. Savant avocat. Avocat au
Parlement Avocat au Coufcii f'iaider pai
Avocat.
On appelle Avof at Général . Vu Magistral
^ui plaide pour le Roi , et pour l'intérêt public .
dans une Coui supérieure; et Avocat du Roi.
Vn Magistrat qiii fait les mêmes fonctions dans
les Tribunaux inférieurs.
On appelle .-f vocal Consullanf, Un Avocat
qui ne plaî.le point . et qui donne seulement
son avis et son conseil par écrit, sur les alîàires
litigieuses.
Avocat, se dit figurcment De celui qui in-
tercède pour un autre, qui en soutient, qui en
défend les intérêts auprès de qu'-lqu'nn. Vous
avei un bon .-ivocat en sa personne. Je serai
*»o(rc Avocat auprès de lui.
En ce sens, ou ilit aussi .^vocale. Sa mère
fût son Avocate. Et on appelle lo Sainte- Vierge,
L*/.vocate des pécheurs.
AVOlNi;. s. f. (On prononce assez commu-
nément Avène.) Soi te de f^ain, qui sert ordi-
naitcn^eut à la noiuritiire des chevaux. Avoine
hlanche. Avoine no:rc. Cette avoine est bonne,
elle est fort pesante. Avoine Ic'jcre. Vn picotin
d'avoine, l ne mesure d'avoine. Cribler l'avoine.
Vonner l'avoine uiur chevaux. Ceciieval manqe
bien l'avoine. Il a bien travaillé, on lui a fait
gagner jon avoine. Paille «l'avoine. Dalle d'a-
voine, de la balle d'avoine.
AvoisES , au pluriel , se dit De l'avoine quand
eàlf est encMp- sur terre. Le:: avoines sont belles.
V'eilj un t. 1 l.-iii, > jour les avoines. Faucher les
Mvoinu Pa'rclci avoines.
AVO
Avoir, v, a. 3\n^ tu asy il a ; nous uronc,
a vousavet, iUont.J*avois.J*eus.J'aieu.J*auraî.
Aye ou ûiV, ayez. Que j'aye ou (jue j'"iV, (jue
tuoyesoii (jite tu aies, (ju' Hait; que nous ayons ,
(jHc VOUS ayez, quiU ayentounu'ils aient. Que
j'eusse. J'aurots. Que j\tye eu^ ou que j'aie
eu. Que j'eusse eu. Jyant. Ayant cu. Poss(^der
(It; (juelqiic mnnîire que rc soi'. Avoir du bien.
Ai^'ûir une Charge. Avoir un Bénéfice, Avoir
lie l'argent. Avoir une mai.sori u vendre^ à
louer. Avoir un cheval d'emprunt. Avoir le
hier, u'autrui.
Eli ce sens, on dît provcihialcuiont, 7/ ?tVî(
rien tel que d'en avoir ^ pourUirt, que Si or. n'a
Ju bien , on n'csl point considère dans le monde ;
et d'Un boniine &vide et Apre à l'argent, (ju7l
en veut avoir à quelque prix que ce soit.
Avoin, s'emploie aussi pour dire, Être le
sujet d'uDC pnssioD , d'une impression , d'un
mal, d'une i»jnsatioD, d'un sentiment, d'une
habitude, etc. Avoir des pensées, des opinions.
Avoir de l'amour. Avoir de la liaine. Avoir dt
Ifi douleur, de la hontCy de la joit, du plaisir.
Avoir faim. Avoir soif. Avoir patience. Avoir
tort. Avoir raison. Avoir en horreur. Avoir ei
estime. Avoir quelque soupçon. Avoir de Vdne,
.4voir Vùgc de raison. Avoir Fhonneur en re-
commandation. Avoir la crainte de Dieu devan\
les yeux. Avoir un procès. Avoir une querelle.
Avoir la migraine. Avoir mal à la tâle. Avoir la
fièvre. Avoir lehras cassé. Avoir un coup d'épée.
On dit par menace à un liouuiie, Vous en
aurez,, pour dire. Vous serez cliAtif-, maltraite;
et par r;iillenc à uu liomnic ijui a icçu (jui^l'iue
coup , qu'Ique dis,:^r.'icc , etc. Il en a. On dit aussi
d'Une personne dont on espère st; venger, qu'On
l'aura y qu'on saura bien lavoir.
On dit dans le discours familier, L'avoir
heau,, Vavoîr hdlc, pour dire. Avoir une occa-
sion favorable de faire quelque cliose.
On dîi aussi, Il a beau dire^ il a beau faire,
ilabeau crier, pour dire. Quoiqu'il puisse dire,
rjuoi qu'il puisse faire, il crie en vain.
A VOMI, se met souvent avec la préposition à ,
dev.iiil un infinitif; et alors il sert à marquer
I.'i-tat, la disposition , la volonté où l'on est de
faire ce que l'infinitif du verbe signifie. J*ai à
fiire une visite. J'ai à vous remercier. J'ai à
parler à un tel, îl a à choisir. Il a plusieurs
Bénéfices à donner. Il a heaucoup de choses à
^0Ui dire.
Avcm , s'emploie aussi 3 Vimpcrsonnel dans
le sens d'être ; et alors il se joint toujours avec
la i>arlicule y- H y o un an. Il y a deux ans
Il y o hcducoup de gens. U y a lieu de croire.
Il y a sujet dcfrrtîndrc. / ' ny a personne. Il y
avoitplns de mille personnes. Iln*y a rien qu'il
ètoit ici. Il n'y a rien que je ne fasse pour vous.
Il n'y a rien à faire. Il y a tout à espérer.
Avoir. , est aussi verî>c auxiliaire, et sert à
former la plup.irt des prt-léritsdesaulres verbes.
Avoir lu. Avoir écrit. J'ai donné. Ilaplu touil-
la nuit. Nous en avons parlé enîemhle. Vou.<
avez été sages. Ils ont vécu. Il en tiurotC donne
cent pistolcs.
11 est Bu^i quelquefois auxiliaire de lui-
AVO iif
même. J'ai eu rai'son. Il aurait eu tort de fiire
telle chose. Il auroit eu peur.
Eu, EUE. participe. Il n'est gi.èie d us:ii;e
qu'étant joint .1 quelciue aut>e temps du vi rl,e
Avoir. Les choses qu'il a eues. Le bUn qu'il u
eu. Sans lui j'aurois cu dinc de meilleure heuie.
Un dii dans le discours fainilirr. Dès qu'il a
eu fait, pour dire. Sitôt <)u'il a eu aclievé. Dès
qu'il a cu fwl , il est parti.
On dit, Ku égard â sa qrande jennesse, on
lui a pardonné. Il est familier.
-W'OIR. s. m. Ce qu'on possède de bim.
Vo:M (oui mon avoir. C'est tout son avoir. Il
est familier.
Il se dit aussi d'Une possession, d'un bien.
Celle maison se loue bien; c'est un bel avoir.
C'est aussi un ternie de comptabilité , opposé
\ Dette. L'anoir surpasse de tiès-peu la dette.
Les livres de compte portent d'un côté, Avoir,
de l'autre, Doit.
.WOISINER. v. act. Être proclie, être voi-
sin. U ne se dit que De la proximité de lieu.
Les terres aui avoisinent la forêt. LesPruviners
qui avoisinen* la Fr.unce.
Il se net avec le pronom personnel, et si-
gnifie. Se rapproclier. La recette ne tardera pas
il s'avoisiner de la dépense. Ces deii.r Plaideurs
semblent vouloir s'avoisiner , Entendu* h un
accommodement.
On d:t en Pot'sie, qu'I/n arhrc, qu'un ro-
cher avoisine les cimijc, pour dire, qu'il est
fort élevé.
AvoisisÉ, ÉE. participe
.'.\0IUE,MI:M'. s. m. Accourliemem avaut
terme. Causer un avortemenl. Procurer un avor
tement.
-WORTER. v. n. Accouclier avant tei;ne.
Une se dit guère qu'en parlant d'Un acconclie-
nient causé par un nccidtiit ou par un rrinr .
Cette femme reçut un coup qui la fit avorter.
On la .<oupçonna d'avoir pris des hrenvaqes
pour se faire avorter.
AvonxEn, se dit ordinaiiement en p;irlant
Des femelles des animaux. Celle cavale a cu un
coup de pied qui Va fait avorter. Les vaches
avortent quand elles manqent de certaines
/le^^e.^■,
En parlant Des femmes, yfvorltmenl et uvor-
ler, ne se disent guère qu.^ d'Un avorlcmen;
volontaire. Celle inal/ietireu.<:e fcntme prit des
breuvages (jui causèrent son nvorfeinetil, qui la
firent avorter. Quand l'accouclrement avant
terme arrive par des causes imprévues, on l'ap-
pelle Fflus5C-coHc/ie. Voyez Couche.
Il se dit, par extension. Des fruits qui ne
parviennent pas \ la grosseur et ù 1& maturité
requises. Il y a des vents qui jvnt avortet les
fruits.
11 se dit figuréicent , eii parlant De dessein ,
d'alliùre, d'entreprise. Ainsi ou dit. «ju'c ne en-
treprise est avortée, pour dire, qu'Elle a été tel-
lement éventée 01 traveiséc, qu'elle n'a pu êlçe
mise il exécution. Ce dessein avorta. Cet ceci-
dent fit avorter l'entreprise.
AvotirÉ, l'r. participe. U n'est guère d u-
sageqnc d >n5 le ligure, en parlant De dcftaciu,
.12 AVR
iVnflalre , d'entreprise. Dessein avorté. 'Entre-
fjrise avortée. Son affaire est avortée.
AVORTON, s. m. Animal né avant terme.
Il se dit, par eitension, Des animaux qii.
sont fort au-dessous de la grandeur dont natn-
rt- Ucincnl ils devraient ctre. C'est un amrlon .
un petit awlon, un avorton de nature.
Il se dit aussi De» arbres et des planles. Les
f,\us beaux arhres, les plus belles pUnles, pro-
duisent souvent <juelque avorton. Cette tulipe
n'est qu'un avorton.
En parlant d'Un petit homme mal fait et
roalblti, on dit liguriment, Ce n'est qu'un
avorton.
Il se dit Bii.ii âgurtment Des productions
d'esprit trop précipilces, et auxquelles on n'a
pas donné assez de soin et assez de temps. C'est
nn ouvrage plein de défauts et fait à la hâte,
ce n'est qu'un avorton.
AA'oilÉ. s. m. Vieux mot qui a la même
orit^ine que celui d'Avocat. On appeloit ainsi
autrefois Un Seigneur qui se cliargeoit d'ôtre la
protecteur, 'e défenseur des droits d'une Lglise.
V.tvoué de CUcaux. L'Avoué de l'Evéclié
d'/irras,
AVOUKR. V. act. Confesser et reconnoitre
qu'une chose est, en demeurer d'accord. Avouer
le fait ^ le crime. Avouer ingénument, franche-
ment. Il a tout avoué. Avouez -moi la vérité.
Avouez le vrai. Je vous avoue mon foible, mon
ignorance. Je vous avoue que je n'y connois
rien. H faut avouer que cet homme est bien
étourdi
On dit proverliialem. et figurem. Avouer la
dette, pour dire, Beconnoîlrc qu'on a tort:
Avouer un écrit, un ouvrage, pour dire, S'en
reconnoitre l'auteur; et, Avouer un enfant,
pour dire , S'en reconnoitre le père.
AvotTEn, .signifie aussi. Autoriser une chose.
j'avoue tout ce qui s'est fait.
On dit aussi. Avouer un homme, pour dire,
Déclarer qu'on l'approuve en loutcequ'iLafait,
ou qu'il fera; et cela se dit d'Un homme h qui
on a doimé charge de faire ce qu'il fait. Je l'a-
vouerai detout cequ'il fera, en tout cequ'ilfra.
Lorsque Avouer s'emploie avec le pronom
personnel, comme S'avouer de quelqu'un, I!
signifie , Se renommer , s'autoriser de quel-
qu'un. Il s'est avoué de vous.
AvotxÉ, ÉE. participe.
AVOUTRE ou AVOUfcTRE. subst. masc
Vieux mot , qui signifioit un Bltard adultérin
AVR
AVRIL, s. m. Le quatrième mois de l'année.
( IL se prononce mouille. ) Nous avons Pilqutt
en A/riL
4ZA
On aiipelle figurém. et populairement Les
Maquereaux, Poissons d'Avril- et figuréraenf
et proverbialement. Poissons d'Ay^ril, Ceux
qui fotit métier de prostituer des femmes et des
raies.
On dit provcrb. Donïier un poisson d'Avril,
poiu- dire. Engager quelqu'un à faire quelqiu;
démarche inutile, pour avoir lieu de se moquer
de hii. On lui a donné un poisson d'Avril.
Cette mauvaise plaisanterie ne se fait que le
premier jour d'Avril.
AXE
.AXE. s. m. Ligne droite qui passe par le
centre d'un giobe, et sur laquelle le globe
lourne. L'axe d'une sp'hère. Il se dit aussi De l.n
ligne qu'on suppose qui passe par le centre de
la terre, et par les deux pôles. L'ojeJu monde.
L'axe de lu terre.
On appelle communément Axe d'une courbe
en Géométrie, La ligne droite qui divise cette
courbe en deu.\ parties égales et semblables.
L'iwre d'une parabole.
A .\ I
AXILL.41RE. adj. des î g. (On prononce
les L, mais on ne les mouille pas.) Qui appar-
tient h l'aisselle. JLes glandes axiilaires. Le nerf
axillaire. Veine axillaire.
AXIOME, s. m. Maxime, proposition géné-
rale, reçue et élablie dans une Science. Axiome
r'e Philosophie- Axiome de Mathématique.
A.xiome indubitable. C'est un axiome en Phy-
sique.
AXO
AXONGE. s. f. Partie de la graisse des ani-
maux. On distingue dans les animaux trois
sortes de graisse; le lard, qui est la graisse
fei-me; le suif, qui est la graisse sèche; et
l'aTonge, qui est la graisse la plus molle et la
plus humide. L'axonge humaine est regardée
comme un trés-hon remède.
AZ A
AZAMOGLAN. s. masc. Les Turcs disent
Jgiam-Oglan. Enfant étranger. Oglan signifie
Enfant, et Aoiam, Barbare, étranger. On donne
particulièrement ce nom daud le Sérail aux en-
fans qi^i sont chargé» des fonctions les plus
basses, les plus pénibles. I^es autres ser\'lcts
sont faits par les Icoglans ou Itch-Oglans, qui
sont aussi étrangers, et qu'on emploie i la
chambre.
AZY
AZE
AZÉDARAC. s. masc. Arbre dout les Heurs
vieDoem en bouquet , et sont disposées en
roses. Son fruit pas>(; pour ûtre vénéneux.
AZEKOLK. s. f. Sorte de petit fruit aigre-
let, de la couleur et de la grosseur d'une cerise,
et qui a plusieurs petits noyaux. Un panier
d^azerohs.
AZiiROHER. s. m. L'arlire qui porte les
azeroles. L'AzcroUer est un arhre épineux. On
(jrelp.' VJzerolier sur Vèpine- blanche, et sur
l'épine - noir*.
AZl
AZIME. adj. des 2 g. Terme de l'Écrin:re-
i^aînte. Qui est sans levain. Il n'est d U8af;e
i^u'en celte plirase, Les pains azimes , qui
éloicnt des pains sans levain, que les Juiis
mangeoient dans le temps de leur Pâque.
Il est aussi substautit an pluriel, dans celle
plirasc de l'Écrilure, La Fctc des Azimes.
AZIMUT, s. m. Terme d'Astronomie. On ap-
pelle ainsi, tantôt i'anglc compris entre le mé-
ridien d'un lieu, et un cercle vertical quelcon-
que, tantôt ce cercle vertical même.
AZIMUTAL, ALE. adj. Oui repi-éscnte 0:1
qui mesure les Azimuts, instrument Azimutal.
AZU
AZL'R.s. m. Sorte de Minéral dont on fait un
bleu fort I>eau,et de foit grand prix. Une mine
où Von trouve de Vazur^ de Vazur d'outremer,
II se dit aussi De la couleur de ce minera/;
et en ce sens, ou dit proverbialement d'Un ap-
partement fort doré et fort enrichi, que Ce
n'est (ju'or et azur.
On dit , L'azur des cieux , un ciel d'azur , e»
parlant d'Un ciel serein, sans nuages, de ce bleu
qu'on appelle Céleste.
Oc dit aussi, Les montagnes d'azur, en par-
lant Des montagnes très- éloignées qu'on voit à
l'extrémité d'une pei->[it'cii\i' immense, et qui
paroissent lilcues.
On appelle quelquefois le Lapis La-^-uli ,
ri erre d'Azur.
Azun . en termes de Blason , se dit de Vémail
bleu des Armoiries. Les Armes de France sont
iCazur à trois fleurs de Lis d'or.
AZURÉ, P-E. adj. Qui est peint de cou-
leur d'azur. Lambris azuré.
Orf dit en Poésie, La voûte azurée, pou»
dire, Le Ciel; et, Les plaines azurées , pour
dire, La mer.
AZY
AZ\"ME. Vo>ei AziME.
B
ii3
BAB
r>. s. m. La seconde Icitro de l'alpliahet, et la
première des consonnes. Ln B bien formé, mal
formé.
On dit popalairemcnt, qu't/n homme est
marqué au B, pour dire, qu'il est ou borgne,
ou bossu , ou l)oitcux ; et on entend par U guc
CTest un homme niatin, et fjue les bossus, lea
borgnes et les boiteux le sont ordinairement.
On dit ({u'Uti homme ne sait ni A, m B,
pour dire, qu'il est très-ignorant
BAB
BABEL. (La tour de Babel.) Mot dont on
se sert familièrement, pour signifier une grande
confusion d'opiaions et de discours. Celte con-
férence, cette assemblée est la tour de Babel.
BABECRE ou BABEURRE, s. m. Liqueui
séreuse que laisse le lait, quand la partie grasse
est convertie en beurre.
BABIL, s. m. ( IL se mouille dans ce mot et
Ici suivaits. ) Caquet , abondance excessive de
paroles inutiles. Il nous étourdit par son babil.
Eu parla ut d'Un homme qui aime «^ parler beau-
coup, m^ts qui a peu de fonds d'esprit, on dit
que C'est un homme qui n^a ijue du hnhil.
BABILLARD. ARDK. acîj. Qui aime à par-
ler beaucoup. Femme babill(\rde. ïtopime ba-
billard.
Il est plus ordinairement substantif. C'est
un grand babillard^ un franc babillard. Une
qrande babillarde.
Il se dit aussi d'Uo homme qui ne sauroit
j;arder un secret. Ae X'ous fiez pas à cet homme-
là , c^est un babillard.
BABILLER, v. n. Avoir du babil, caqueter.
On dit que les ftmmes aiment à babiller.
BABINK. s. f. Lèvre. Il ne se dit propre-
xneot que Di- quelques animaux, comme des
Taches, des sinf;cs, etc. Un sinqe qui remue les
babines. Les babines d'une vache.
On dit fignrémcnt et basspm. d'Un homme
qui a beaucoup m.-in^é de quelque mets, qu'il
t'en est donné f-ar les babines. 'Et la même chose
se dit d'Un liommc qui a mangé son bien.
aVBIOLi:. s. f. Jouet d'eolànL Donner des
babioles à un enfant.
Il sedit Bgurément De toutes sortes de choses
puériles, il ne s'amuse qu'à des babioles. Et on
dit que Le cabinet d'un homme n'est rempli
que de babioles^ pour dire, qu'il n'est rempli
que d*' choses de nulle valeur.
BÂIÎORD. s. m. Terme de Marine. Le côte
gauche d'un vaisseau en partant de la poupe.
Bâbord est opiKïsc i Stritord, qnî signifie le
cùtc droit.
BABOUCHK , ou mieux , BAnorrBE^. s. f . pi.
Sorte de pjintoulle ou de mole de diambcc , qui
Tomr 1.
BAC
a un quartier de derrière, et qui nous est venut
^u Levant Des babouches jaunes. Lue paire
de babouches.
B.\BOUI>*, s. m. Espèce de çros Sin-^e.
On appelle aussi Babouin, Certaine fi^ra
rdiculc , barbouillée sur la muraille d un Corps-
de-garde, pour la faire ba's-r ^ns Soldats qui
ont fait qu' Ique làute légiîre. On lut a fait bai-
ser le babouin.
On dit proverbialement et figiircmcnt Faire
baiser le babouin à quelqu^in, pour dire, Le
réduire ù se soumettre malf;ré qu'il en ait, et
avec quelque espèce de honte.
Babouin, n«E, se dit d'Un jeune enfant badîii
et étouidi. C'est un petit babouin, une petite
babouine.
BAC
BAC. s. m. Espèce de grand barteau plat,
servant à passer les carrosses, les charrettes, etc.
d'an bord de la rivière à l'autre, au moyen d'une
corde qui la traverse. La corde d'un bac.Passer
la rivière dans un hae.
On dit, Passer h bac, ponr dire, Passer la
rivière dans un bac.
BACAL.VS ou DACALAB. s. m. Pièces dfl
bois qui se clouent sur la couverture de la poupe.
BACCALAURÉAT, s. m. Le premier de:;ic
qu'on prend dans une Faculté pour parvenir
au Doctorat. Etre examiné pour le Baccalau-
réat.
BACCH.\NALE. s. f. (On pron. Bacanale.)
La représentation d'une danse de Bacchanleâ et
de Satyres. La Bacchanale du Poussin.
Bacchanale, se dit aussi d'Une débauche
faite avrc grand bruit Ils ont fait bacchanale.
Ils ont fait une bacchanale qui a duré toute lu
nuit. Il est du style far'ilier
Bacchanales. La fête que les Pai«is célé-
oroicnt en l'honneur de Baccluis. La jéte dct
Bacchanales. Célébrer les Bacchanales.
Un dit aussi Bacchanal au masculin , pour
signifier. Grand bruit, t^ipage. Un qrand bac~
ehanal. Faire du bacchanat
BACCFLVNTE. s. f. Femme qui célébroit la
fête des Bacchanales.
On appelle figurémcnt Bacchante , une
femme emportée et furieuse. C'est une vraie
Bacchante.
BACCIFÈRE. adj. des ? penrcf. Terme de
Botanique, qui se dit Des plantes qui portent
des baies.
BACHA, s. m. Voyez Pacha.
BACIIEI.ETTE.s.f.Vieuxmol-iuidésignoit
Une jeune fille d'une figure gracieuse. Il n'a
iamais été admis que dans le stjl** badin. Jeune
Bachelettc Bachelette encore novice. Il »e disoit
BAD
d'Une jeune fille, au même sens que Bache-
lier, d'Un jeune homme. Voyez ce mot.
BACHELIER, s. m. O'iui qui est promu au
Dncoalauréat en quelque Faculté. Bachelier en
rhéolonie . en Droit, en Médecine, etc.
On donnoit autrefois ce litre à un jeune
liomme !l marier, et celui de BachelcllJ à une
jeune fille.
On appeloit aiLSsi Bachelier^ Un jeune Gen-
tilliomrae qui servait sous la bannière d'un
autre,
BACHIQUE, adj. des •>. genres. Qui appar-
tient à Bacchus. Fête Bachique. On appelle
poétiquement le vin, Liqueur bachique ; et
Une chanson à boire, Chanson bachique.
On dit, Le genre bachique, en parlant De
tableaux pour des sujets d'ivrognerie, des scènes
de Buveurs.
On dit, Talens bachiques, en parlant d'Un
convive gai et de bon appétit.
BACHOI'. s. m. Petit bateau. Passer la ri-
vière dans un bachot.
BACHOTEUR. s. m. Batelier qui conduit
un bachot
BACILE, Salicot, ouFcnocilmahih. s m.
riante. Elle croit dans les endroits maritimes et
pierreax. Il en est une espèce qu'on nommé
vulgairement Perce -pierre. On en confit leî
fleurs au vinaigre pour les manger en salade.
BACLER, v. a. Fermer une porte ou une
fenêtre par derriè»"o-avcc une batre ou autre
chose.
On dit aussi, Bilcler un bateau , pour dire,
Le mettre dans un lieu cominodr du Port ,pom
la change et la d<<;I)arge des marchandises.
BÂci.En . se dit aussi pour , Expédier un
travail à hi h.Uc II a bdclé en huit jours un
procès qui pouvoit durer six mois. Ce n'est pas
faire l'ouvrage que d aller trop i>ite, c'est bn-
cler la besogne.
BÂCLÉ, ÉE. participe.
On dit figurémcnt et familièrement, en par-
lant d'Un traité conclu, d'un** aflàîre arrêtée,
Cela est bdclé, c'est une affaire bdclée.
BAD
BADAUD, AUDE. s. Mais, qui s'amuse à
tout, et admire tout. C'est un vrai badaud, un
franc badaud.
Badaud, est un sobriquet qu'on donne tn
dérision aux Parisiens, Badauds de Paris, à
cause de leur frivole curiosité . de leur empres-
sement pour voir tout ce qui est nouveau , tout
ce <iui fait specl.xlc. Ce mot et les deux suivor. ■
sont familiers.
BADAUDER. v. n. S'amuser à tout . nlftl^rc.
Cet homme ne fait que badaudrr.
i5
ii4 BAF
n.VDAUDF.RIl',. s. r. Action, discours ilc
badaud. Ce que vuus <liUs, ce que iJOus failcs
là est une franche haàaiiàer'ie.
BADIANE, s. f. ou Asis DE la Chine. C'est
le fruitd'une plante qui croit à laCliine etdaus
les Philippines. Lis semences que ce fruit nn-
ferine ont une odeur fort agnî.ible, qu'elles
connuuniquûut aux alimi'ns, et aux drogues
dans lesquelles on les fait entrer.
BADIGEOS. s. m. Couleur jaunJtre dont
on peint l''s nuiraitles.
DADKJIiD.N'EU. V. a. l'eiiulre une muraille
avec du badigeon.
Badigeo."sé, le. participe.
BADLN, l.NK. adj. Kol.Urc, qui s'amnsc i
dis brigatellcs. Cet homme est badin, il a l'air
bmlin. Elle est li'njours haâine.
Il est aus-si suhsianlif. C'est un haïUn. C'est
un vrai budiji , un petit badin , un acjréabU
badin.
BADINAGE. s. m. -■iclion ou discours do
badin. C'est nn pur badinu^e. Tout cela n'est
que badinaqe.
Il signifie aussi figurcm. Certaine façon de
faire , certaine manière particulière d'agir. Elle
est faite au badinaqe. Ce valet est [ait au badi~
nanc de son maître.
BADiSAr.E , se dit aus>i d'L'ne sorte de galan-
terie, d'agrément dans le style, dans la couver-
s.ition. Il y a un badinaqe açiféahle dans fei
éatts d'un tel. C'est un homme qui a un joli
badinaqe.
BAOINÂFf. subst. m. On appelle ainsi Un
elieval surnuméiaire dans un .ittelafte. Il y a
ûx chevaux de carrosse^ et un badinant.
BADINE, .s. f. iSaguette mince et légc^re qu'on
porte à la main. On nomme aussi Badines y dcf
pincettes légères.
B.iDIXER. V. n. Faire le badin. Il ne fait
que badiner. C'est un homme qui badine,^ qu.
aime à badiner.
Badi.veii , se dit aussi , en parlant d'Une
sorte de galanterie et d'agrénient qu'on met
dans la conversation, dans la manière d'écrire.
Cet homme badine aqréablcment dans ses lettres
et dans ses discours.
En parlant d'Ajustcmens et d'onu;mens, on
dit qu7ïs badinent, pour dire, qu'Us voltigent.
// ne faut pas que cette dentelle soit si tendue,
il faut qu'elle badine. Cette draperie badine
iiqréablement.
Il s'emploie airssî activement dans le style
(iiTiûVier. Badiner quelqu'un. i'Upeut le badiner,
il ne se fiche pas.
BADI.VERIE. s. f. Bagatelle, cbosc frivole.
Ce n'est qu'une badinerie^ qu'une pure badi-
ncrie. Il ne dit que des badinfrics. Il ne .t'(iiiiu.«c
ijii'(i des badineries.
BAF
BAFOUER. V. a. Traiter iDJiu-ieuscnirnt et
,ivcc mépris, Baffucr quelqu'un. Il l'a bafoué.
Bakocé, ie. participe.
BAFRE, s. f. Repos abondant. // y a au-
jourd'hui une biifre en Itl e:idrnit. <le mot
est bas.
BAG
Il si;;nifie aussi, L'oction de manger. îl ne
^^ songe (ju'à la bâfre.
liATRER. V. n. Manger f;ouluinenl et avec
c\ccs. Il est bas, et ne se dïtquc dans le discours
populaire, ou par mépris, en pailaiil d'Un
Iioinme qui aime cxtrémemeDl à manger. C'est
un homme qui aime à hùfier, (jui ne fliit qua
bâfrer,
BAFREUR. suhst. m. Gourmand. Celui qui
ûiiue cxcessiveraeiil h manger. Grand hâfrcur.
\i A G
BAGAGE. sub^sU f. Canne dt- sucre -.(u'on a
pnsscc par le moulin pour la biîscreten tirer le
sncre.
BAGAGE, s. m. Equipage de ceux qui sont
en voyage ou h la j^iicrre. Cheval de huijatjc.
Gros bagacje, pourdire, Ij' baj^age qui ve sau-
roit être voiture que par des charrois. Menu
bufjtiije, pour dire, Le bigage qui peut ctiiR
porte sur des bêles de sonim;;. L'is haqaqcs di
la Cour. Les baqaqes de l'armée. Cn a (ionné
sur le bacjacjc. On a pUlé le bagage. Il com-
mande le bagage.
On dit fîj^urcm. et familier., Plier bagage^
trousser bagage, pour dire, Déloger furlive-
tuent, s'enfuir; et d'Un homme qui est mort,
ipi'/I a jjlié bagage,
BAGARRE, sub^l. f. .Tumulte, (irand bruit
rausc ordinHirermeni par une querelle. Il y a là
de la bagarre. Il n'a point voulu se mcler dans
la bagarre. Il est du style familier.
EAgASSE. b. f. Terme populaire et maU
honnêle.qui sij^nific, Vue tciiinie prostituée.
Vieille hogasse.
BAGATELLE, s. f, Cliose de peu de prix,
et peu nécessaire. Cette boutique n'est pleine
nue de baqatelles. Dans ce cabinet j il n^y a
ijue des baqalelles.
Il signifie 6gurcnient, et c'est son plus
Rraud. usage, Chose frivole et de peu d'impor-
lance. Il ne s\imuse qu^à des bagatelles. Il ne
dit, il ne conte que des bagatelles. îl prend
ouï pour des baqatelles.
On dit, S'amuser à la baqiitclie, ptiur dire
S'occuper de toute autre cli '.-e (juo de ses de
voii-s.
Bagatelle, se dit absolnmeul pour signi-
fier, qu'On ne croit pas, qu'on ne craiut pas
fpielque chose. Vnus dites que cet homme fera
telle chose, bagatelle- qu'il me maltraitera,
Inigutclle.
I>A(iNE. s. m. Lieu ou l'on renferme lej
f jrvats jpràs le travail.
BAGNOLETTE. s. f. Espt'cc de coi/rurc de
femme.
BAGUE, s, f. Anueau ou il y a uuo pierre
cncJiâssée, et que Ton met au doigt. Porter une
bague. Une belle bague.
Ou dit figurcment d'Une jolie maison do
campagne, ou d'une autre chose de jmx qu'on
n'a que pour le pl&isir, pour l'ox-ncmeul, M
qu'on peut vendre aisL-ment, que C'est uuc
biique an doiqt.
Kn termes de Pratique, on appelle Bagues
et joyauXt l-es pie: leiios, perles €i auU^s scm-
BAG
blables rlioscs de prix, qui appartiennent à une
femme mariée, et quVIIe reprend après la mort
de son mari. Les bagues et joyaux de cette
femme ont été estimés cinquante mille francs.
Elle a emporté une telle somme pour seshaqucs
et joyaux.
On appeloit autrefois Bagues d'oreilles, Ce
qu'on appelle aujourd'hui Boucles d'oreilles.
Voyez Bot CLE.
On dit en termes de Guerre, 5or/û- vie et
bagues sauves, pour dire, Soilir. d'une Place
avec permission d'rmporter sur soi ce que l'on
peut, li^t ou dit iigurrm'ïnt, qu'f/n homme est
sorti, estrevenu fcuyues sauves, pour dire, qu.'ll
est heureusement sorti d'un pdril.
Ba<;le , signifie aussi L'anneau qu'on sus-
pend vers le bout d'une carriùre où se font des
courses, et que ceux qui courruî,li\chent d em-
porter avec le bout de la lance. Courre !« bague.
Emporter la haque. Donner une atteinte à la
haque. Une magnifique course de bague. La
plupart des courses de bague se font à cheval,
BAGUENAUDE, s. f. Petit fruit qui est en-
veloppé dans de petites gousses pleines de vent,
et que les onfans font claquer en les crevant
entre leurs mains.
BAGUENAUDER, v. n. S'amuser à des
thos: s vaines et frivoles. II ne faut pas bague-
nauder dans une occasion si sérieuse. Ce mot
est du style familier.
BAGUENAUDIER. s. m. Petit arbre qui
porte des baguenaudes.
BAGUENAUDIER. s. m. Celui qui hr.guc-
naude. CVst uu vrai .'•. guenaudier. U est du
Uyle familier.
On appelb- cmovc Baguenaudier , Une e*-
jn;ce de I(u d'enfans.
BAgUER. v. acl. Arranger ics plis d'un
habit, d'une robe, etc., e.l les arrêter cuscnible
avec du fil ou de la soie. Il faut baguer ai'ni.t
tpie de coudre.
Bague , ée. participe.
BAGUETTE, s. f. Verge, houssine, î.dlon
fort menu. // avait une baguette à la main.
}Utquette d'Huissier.
On appelle Zîuiyuci'fe d' arquebuse , de jusil,
lie jiiitolet. Une sort:- de baguette de fer, de
iiois , de baleine, etc. dont on se sert pour pres-
ser la poudre, la bouri-e, etc. qu'on met dans
le c mon de ces armes; Baguette de fusée vo-
lante, Uuc baguette atlacluie à une fusée vo-
lante pour lîi faire monter cn lij^ne dioite; ei,
liaqncttcs de tambour. Deux petits bâtons courts
■Tvec lesquels on bal le tambour.
On dit, Commander à la baguette, mener les
qois à la baguette, ymuT dise, Commander avec
hauteur et impérieusement. C^cst un homme
qui commande à la baquette.
En termes d'Arclùlecturc , on appelle Ba-
quette, Une petite moulure ronde cn forme de
Ita guette.
Baguette, divinatoire^ Biauche de coudrier
fourchue, avec laquelle ou prétend découvrir
les mines, les .sources d'eau, la trace d'un vo-
leur, d'un assassin.
) Baguette à mi-chc. C'est celle sur laquelle
BAI
les Cliandelicr» et les Ciriers cutileni leurs
mèclie^ I
Faire passer un solial par Us baguettes. •
C'es! l'oixigpr, en vertu d'un jiig<n.eiit . i pas-
»er corps nu , entre deux lignes de soldats qui
le jappent chacun d'une baguette.
BAGUIER. s. m. Petit collici pour serrer
des bagues. Vn riche baguier.
BAH
BAHUT, s. ni. ( le T ne se prononce point. 1
Sorte de coflie, couvert ordiuîiirenient de cuir,
et dont le couvercle est en voûte. Griinii 6ti/iut.
Ji'errec cclu dans ce bahut.
BAHUTIEK. s. m. Artisan qui fait des bahuts
et des malles.
On dit proverbial. d'Un homme qui fait
beaucoup de bruit, et peu d'ouvrage, qu'il
ressemble aux Bahutiers , qu'ii fait plus de
hruit aue de besoqtte.
BAI
BAI , lE. adj. Qui est de certaine couleur de
rouge-brun : il se dit Du poil. Ce cïievrti a le
poil bai. Bai brun. Bai obscur. Bai doré. Bat
clair. Il se dit aussi Du cheval même. Monta
un cheifal bai
B.\IE. s. f. Plage, rade, espèce de golfe où
les vais.^aux sont à l'abri de certains vents. La
baie de Tous-les-Saints. La baie de cette cote
est fort sûre.
En teimcs de Maçonnerie, on appelle Baie.
Une ouv Cl lure qu'on laisse d<ins les murs ;>oui
y mettre une porte ou une fenêtre , ou pour
quelque autre objet. La baie d'une porte, La
baie d'une fenêtre. Voyez ,Abêe.
BAIE. s. f. Tiompeiiequonfait i quelqu'un
pour se diverlir. C'est un qrand donneur de
baies. îl m'a donné la baie. Donner une baie.
Il n'est que du style familier.
B.AIE. s. f. Ternie de Botanique. Petit fruit
mou, charnu, et qui renferme des pépins ou
des noyaux. Baie de genièvre , de laurier ^ etc.
B.AI(;>'ER. V. a. Mettre dans le bain. ( n Va
baigné durant cjuinze jours. On n oserait bai-
gner ceiu: qui sont sujets au rhumatisme. Se
baigner dans l.t rivière. Ceux qui sont iiiordui
diî ehicr.s enragés l'ont se baigner à la mer.
On dit figurém. , qu'Une rivière baigne les
murs d'ane uilie, les bords d'un jardin, etc.
pour dire, qu'Elle coule le long des murailles
d'une ville, le long des bords d'un jardin, etc.
B.\IG>ER, s'ignilie eiicnre (îgurcm. Mouiller.
arroser. Baigner son lit de larmes. Baigner
ton l'Jenije de pleurs.
On dit figurénient. que Les Tyrans se bai-
gnoirnt dans le sang des Martyrs, potn-dirc,
qu'ils se plaisoicnt à verser leur sang; cl ,qu'(n
homme se baigne dans les larmes des malheu-
reux, pour dire, qu'il ;e plail i les voir souf-
frir, i voir couler leurs larmes.
BAicstn, est quelquefois neulrc, et signifie,
Etre enliéreniint plongé, et tremper longtemps.
Il faut que CCS herbes baignent dans l'esprit-
de-vin; que cette perce-pierre , que ces concom-
BAI
breshainnent dans le vinaigre. Bal qncr dans le
sjnq, Perdre tout son saug.
lÎAK.NÉ, ÉE. participe. Drs > eux haigués
de larmes. C*n la trouva les yi;ux haiqnés de,
larmes.
Od (Ut, qu't/n Iwmme est haiqné de sueur,
pour dire, que La sueur lui ducoulc du visage;
et on dit, Baljnè dans son sau{j„ pour diie,
qu'il en rst rouvert, qu'il en perd beaucoup.
On dit, Baujtié de rosée,, pour dire, Mouillû
par l'humidité du matin.
BAIGNEUR, EUSE. s. Celui ou celle qui
50 baigne à l-i riviire. 7'oute la rivière étoît
pleine de hainneurs.
ïl signiG'- aussi, Celui ou celle qui tient bains
etctuves. Ile^it allé descendre chez un Baiqneur.
Il couche chez un Baigneur.
Ç .Vie; NOIRE, s. f. Cuve faite pour prendre
le hn'in. C.'ltc hainnolrc est trop petite.
BAIL, au pluriel Baux. s. m. Contrat pnr
lequel on donne une terre à femie, ou uno
maison à louage. Bail à ferme. Baux à fi-rmc.
Bail de maison. Bail de six, de neuf ans. Bail
à lonnues années. Bail à vie. Bail ù rente. Bail
emphytéotique. Bail dl.critaqcs. Bail convenu
tionncl. Bail judiciaire, fait en Justice, d^unc
terre ou d^une maison (pt'on décrète. Faire un
liail. Rompre un hail. liésiUer un hall. Entre-
tenir son bad. Se tenir à son hail. Benouvelcr
un hail. Faire rapporter les baux précédent.
Ou dit figurt^ni. , Cela n'est pas de mon hall,
pour dire, Cela est arrivé dans un temps ou
rien ne m'obligeoit îi y prendit; part.
On dit fiçjurcni. au^si, Bail d'amour, pour
Jiie, Un engagcmeuld'amcir ou de galanterie,
îl est familier.
BAlLE. s. m. Titre qu'on donne à lAni-
hri'^adeur de Venise à la Porte. On le donne
aussi dans quelques endroits à un Juge Royal.
BAILLE, s. f. Terme de Marine. Moitié de
mnncau en forme de baquet.
BÂlLLEaiENT. s. m. L'action de bâiller.
Ax'oir de fré'.piens hdlllemens.
BAILLER. V. n. Respirer en ouvrant la
îiouclieextiaordinaip-mcntet involonlaircmenl.
Bâiller d'ennui. Bdiller de sommeil.
Il signiGe figuii5ment , S'cntr'ouvrir , être
mal joint. Les jis de celte rloison h iillent. Une
porU qui bâille. Une fciictre qui hjiile.
BAILLER. V. a. Donner, nicnre en main,
iivier. Ce verbe n'est plus guère en usage dans
!'■ discours ordinaire; mais en termes de Pra-
tique , on dit : Bailler à firme. Bailler par
contrat, par testament. Bailler et dilaisser. Les
parties ont baillé ïeurs requêtes.
On dit dans le style familier , Vous mVn
baillez d'une , vous me la baillez belle , pour
dire, Vous mec voulez faire accroire.
Bmixk, ù:. paiiicipo.
B.VILLET. adj. maso. Il se dit d'Un cheval
ayant le poil roux tirant sur le blanc. Cheval
baillet.
BAILLEUr,. 8. m. On appelle ainsi Celui
qui fait prore>sion de remettre les os rompus
ou dis1<^|U('-s. 1rs côtrs enfoncées ou rompues. '
Le Baillcul lui a remis le bras.
BAI
ii5
Bailleur, s. m. Qui bâille, qui est sujet
à lililler. C^est un grand bâilleur.
BAILLEUR, s. m. Terme de Pratique. I. ne
56 dit guère que de Celui qui baille à ferme, et
par opposition à ci:\u[ qui pr^nd une ferme, et
qu'on appclii: Preneur. Le Bailleur et le Pre-
neur.
Baili^hksse. s. f. Cille qui baille à fcrms,
qui passe un LaïLEf ladite bailleresse a affermé
cette terre, etc. Il n'e--.t d'usage qu'en style de
Notaire.
BAILLLs. m. Officier Royal d'ûpée, au nom
duquel la Justice se rend dans l'élendue d'un
certain Ressort, et qui a datit de commander la
noblesse de son district, lorsqu'elle est convo-
[juée pour l'Arri-^TC-ban. Le Bailli de Rouen.
Le Bailli deVermandois. Le BailU de Touraine.
Bailli, se dit aussi d'un Oflicier Royal de
Robc-Iongue, qui rend la Justice dans l'éteu-
ilue d'un certain Ressort, et dont les appella-
tions ressorlissent au P<!rl»:mciit. Le Bailli de
Nonent-sur-Scine. Le Bailli d'Jmboise.
11 se dit aussi d'Un OEficicr de Robt: - longue,
qui rend la Justice au nom d'un Seigneur. Il y a
quelques-uns de ces lîaillis qui ressarl'ssent im-
médiatement au Parlement, comme les Baillis
des Pairies, ou des Terres tenues en Pairie ; et
d'autres qui ressorlissent à des Ju^tices Royales,
comme les Baillis de certains IVLnquisats , de
certaines rliâtcUenics.
Dans l'Ordre de Malte, on appelle Bailli.
Un Chevalier rcvôtu d'une dignité qui le mer
au-dessus des Commandeurs, et qui lui donni-
le privilège de porter la Grand'croix. Le BaîîU
de la M orée.
BAILLIAGE, s. m. Tribunal composé de
Juges, qui rendent la Justice au nom du Bailli,
ou avec le Bailli. /'rocHreiir du Jîoi au î'a-lliage.
Il se dit aussi De certaine étendue de pavs
qui est sous la Juridiction du Bailli. Ce bourg
£st d'un tel Bailliage.
Il se dit aussi De la maison dans laquelle 1'-
Bailli ou son Lieutenant rend la Justice.
BAILLIVE. s. f. La femme du BailU.
BaÏLLON.s. m. Ce qu'on met dans laboncîir
d'une personne pour l'erap^clier de parler cl de
crier; ou dans la gueule d'une bêle pour Icm-
pécher de mordre, et de faire du bruit. 3/c(fre
un hdillon à une personne, à une béte.
BÂILLONNER, v. a. Mettre un bdillou.
Bdillonner une personne, bâillonner un chien.
Bâillonner une porte ^ La fermer en dehors
ïvec une pièce de bois.
B.xiLLONNÉ, ÉE. participe.
BAIN. s. m. Eau, ou autre liqueur, dans la-
quelle on se met ordinairement nu, soit pour
le plaisir , soit pour la sanl^-* , et où l'on demeure
un temps convcnaI)lc.^(iin que Von prend dans
la mer, dans la rivière. Bain qu'on prend dont
la maison. Bain d'eau avec du lait, avec des
herbes aromatiques. Bain dans le vin , dans
une cuve de vendange. Bain chaud. Bain frvlà.
Les bains étolcnt f-rt en usage chez lesAnclent.
Aller aux bains. Tenir bains et étuvcs. PrépO'
icr le bain. >c mettre dans le ba'n^ au bain.
On lui a ordonné le bain,
:5.
116 BAI
On dit, par rapport h la dispostiion du lien
ou du temps où l'on peut prendre le bain com-
inodéineiit et agrcahlement dans udc rivière ,
<|uc Le hain est bon dans cet endroit-là , qu':
!.c bain est bon en ce temps-là , ce jour-là.
On le dit aussi par rapport aux eftets que \c.
bain produit. Le hain es' bon fwnr la népbre-
ti<]uc. Et on dit d'Uuc boisson, qu'i-Z/f est
chaude comme ttii», pour dire, qu'KlIc n'est
pus assez fniicl)e. Vous nous aviez promis de
nous faire boire frais^ et nous bui'ons chaud
comme bain.
On dit d'Un i;ros nua,i;c, C'ei^l un hain qui
chauffe. Bain de grenouilles Jniin de crapauds,
Lieu où IVau est sale ot bourbeuse.
On dit, Prendre un demi-bain, pour dire,
>V se iruntie dans l'eau que jusqu'à laceinture.
Bain, se dit eucore De la cuve ou l'on prend
le bain, iemplir le bain. Vider le hain. Metlrc
de Veau dans le bain.
Bain, cIicz les Teinturiers, Cuve où il y ;i
de l'eau et des dro'jues.
Bais, en Chimie, se dit d'Une liqueur ou
d'une substance dans laquelle on place uiv vais-
seau, pour faire quelque di;4eslion ou distilla-
tion. Quand un vaisseau est exposé aux va-
peurs de l'eau bouillante j on dit qu'/l est au
bain de vapeurs; quand il est dans le sable, on
dit qu'/i e.vl au hain de sable; dans le fumitT,
Au bain de fumier ^0*1 bain de ventre de che-
val. Être en fcaùi, se dit De la coupelle de l'ai-
geut qui bout dans le plomb.
On appelle Baiu-marie, L'eau bouillanic.
dans laquelle on met quelque vase pour faire
cuire les viandes et les autres choses qui y sont.
Faire cuire de la \)iande au buin-marie. In
bouillon fait au bain-marie. Du the au hain-
marie. VA on appelle Distillation an haîn-ma-
ric, Celle qui se fait en mettant dans un viis
seau plein d'eau cliuude qui est sur le feu, h
vase où sont les matières qu'on veut faire dis-
tiller.
Baiss, au pluriel, se dit Des canx naturel-
lement cliaudi^s, où l'on va se baigner. Lei
bains de Bourbon. Les bains du Mont-d^Or*
On le dit aussi De l'appartemenl destine pour
se baigner. Les bains du loi. Les bains de la
Heine. La chambre du bain. L'app'xrlement des
haius.
Il y a en Angleterre un ordre qu'on appelle
rOidrc des Chevaliers du Bain.
BAÏONXBITK. s. f. Espôce de lon^ cou-
teau qui se met au bout d'un fusil. Il fut blesse
d'un coup de baïonnette. Mettre la fc(jïon»c(ïc
au bout du fusil. La baïonnette lire son ori~
qine de Da'tonne.
BAÏOQUIi. s. f . Petite monnoi« en Italie. Le
Julc vaut di.e Baïoques.
BAUIAM ou BLIRA.M. s. m. Fête solen-
nelle clicz les Turcs, à la fin du Ramadan , qui
al le temps de leur jeune.
EAISKIMAIN, 6. m. Terme qui n'est préscn-
lenient en usage qu'en matière féodale, et qui
(»c dit De riionimajjc que le v:issa] rend au Sei-
gneur de ricf j en lui baisant la main. Il nedoil
rue le baisemain.
BAI
Baisemains, au pluriel, signifie Compli-
mens, recommandations, i^uire ses baisemains,
à tjuelqu'un.Je lui ai fait vos baisemains, et ils
ont été bien reçus. Mes baisemains à un tel, je
vous en prie. ïl vieillit dans ce sens. Ce mot est
féminin dans cette phrase du style familier, A
belles baisemains., pour dire, Avec soumission
et supplication. Il a été trop hcureua: de me re-
chercher, il est venu m'apportcr son arnent à
belles baisemains,
BAISEIMK.NT. s. m. Action de baistr. 11 ne
►o dit guère que De l'action de baiser les pieds
ilu Pupr. Il a été admis au baisement des pieds
le Sa Sainteté.
BAISER. V. act. Appliquer sa bouche on sa
joue srr le viï"aj;e ou sur la main de quelqu'un,
par omilié, par amour, par civiliié, par reu-
pcct, Baiser (juehju'un. Baiser à la bouche, .i
lu joue, au front. Des enfans qui se bcÀsent.
lîniser la main d'un iVi'nce.
Il se dit aussi, en parlant Des choses sur
lesquelles on applique la bouche en signe de
renér^lion et de respect. Baiser la croix. Bai-
ser des reli(pics. Baiser une imaqepar dévotion.
Baiser la terre par humilité. Baiser les pieds
du Vape. Baiser Vanneau de VEvèque. Baiser
]a pair. Donner la paix à baiser. Baiser le bas
ie la robe d'une iiciue, d'une Princesse.
Baiser la main, si5:;m(ie. Porter sa main par
respect près de sa bouche , quand ou veut pré-
icnter ou recevoir quelque cliose, ou quand
>n veut saluer quelqu'un. Dans cette acception,
m dit à un enfant, Faites la nvércnce, baisez
la main.
On dit aussi communément à un homme qiu
a très-grande obligation à un autre, Vous de-
vriez baiser les pas par où il passe.
Baiser les mains, est un terme de compli-
ment et de civilité, par lequel ou salue une per-
)onne , soit en présence , soit en absence. Je
n'ai que le temps de vous venir baiser les mains ,
tt je pars. Dites à Monsieur, à Madame, que
je lui baise les mains, que je lui baise très~hum-
Hement les mains, et que je .^uis son serviteur.
Ou dit en plaisanterie, Je vous baîse les
mains, pour témoigner à une personne que
l'on n'approuve point ce qu'elle dit, ou qu'on
ne v(!Ut pas faire ce qu'elle demande.
< )a dit figurém. De certaines choses, qu'£ïïes
se baisent, pour dire, qu'Klles se louchent,
iju'elles se joif^nent. Des pains qui se baisent
dans le four. Il n'a à son feu que deux tisons
qui se baisent.
Baiser le cul de la vieille, C'est, 5 certains
jeux, perdre sans prendre un point, sans ga-
■^ucT un jeu. U est très-familier.
Baisé, Ûe. participe,
BAISER, s. m. Action de celui qui baise.
Biiiscr de paix. Baiser d'u/m'tic. Chaste baiser.
Baiser amoureux. Doux baiser. Donner un
baiser à quelqu'un. Bcndrc un baiser. Elle lui
a laissé prendre un baiser. Dérober un hai.ser.
Elle lui a demandé un baiser. Elle lui a refusé
un baiser.
On appelle proverbial. Baiser de Judas, Le
baiser d'un iraitre.
BAI
BAISEUR, El'SE. adj. Qui se plaît à baiser.
,Un (jrand haiseur. 1\ est familier.
BAISOTTER ou BAISOTJCR. v. diminutif
cl fréquentatif. Ils ne font que se baisotter. Il
est faiiiUier.
BAISSE, s. f. Déchet. Il se dit Des espèces
ou des papiers royaux commerçables , qui
tombent au-dcssou-. du prix quils avoient. La
baisse des Actions.
On dit, Jouer à la baisse, pour dire, Parier
que les Actions baisseront.
BAISSER. V. a. Abaisser, mettre plut lias.
Baisser les qlaces d\tn carrosse. Baisser pavil-
lon, le pavillon. Baisser la tête. Se baisser, se
baisser bien bas.
Il signifie aussi, Rendre plus bas. Baisser
une muraille. Baisser un toit.
On dit, Baisser les yeux, pour dire, Rej^ar-
der en bas; Baisser la voix, pour dire, Parler
plus bas.
On dit, Baisser la main à un cheval, pour
dire. Pousser son cheval h toute bride; et figu-
rcment, Bim.^er la lance., baisser pavillon de-
vant quelqu'un, pour dire, Lui céder, lui dé-
férer.
On dit proverbialem. et ironiquem. d'Une
chose qui paroit aisée et qui ne l'est pas, //
semble qu'il n'y ait qu'à se baisser et en prendre.
On dit aussi proverbialem. Baisser Voreille,
pouF dire, Foiblir, se décourager.
Baisser, v. u. Aller en diminuant. La ri'
vière a baissé d'un pied. La rivière est baissée.
Le jour baisse. La vue commence à lui baisser.
On dit que Du vin baisse, pour dire, qu'il
a perdu de sa force; qu't/'i vieillard baisse,
poui' dire, qu'il s'afroil)iit tous les jours; qyx'Un
malade baisse, pour dire, qu'il empire ; et que
L'esprit haisseà quelqu'un, pour dire, que ijon
esprit s'aflToiblil.
On dit que La mer hausse et baisse deiLV
fois le jour, pour dire, qu'il y a deux fois par
jour flux et reflux.
On dit queLcs Actions baissent, îesPapiers
baissent, telle Place baisse, pour dire, que Les
Actions, IesPapiers de finance et de comnieree,
telle Place de commcrre, perdent de leur crédit.
Ou dit figurém. d'Un homme, que Ses ac-
tions baissent, pour dire, que Sa puissance,
son crédit, sa réputation, diminuent. On dit
aussi dans le même sens, que Son crédit, sa
fivcur baisse.
On dit proverbialem. C'est un homme qui
ne se hausse ni nese baisse, pour dire, qu'il est
toujours égal , et qu'il ne s'émeut de rien.
Baisser, se dit aussi en parlant Du chemin
qu'on fait en descendant le long de quelques
rivières, et principalement le long de la rivière
de Loire. Baisser depuis Roanne jusqu'à Or-
léans.
Baissé, ée. participe. Tefe baiwce. Expres-
sion dont on se sert en parlant De ceux qui
vont hardiment, coura;^eusement au romhat.
H ira au combat tète baissée. Les ennemis vin-
rent à nous tête baissée. Il se dît aussi d'Une
personne qui se poilc 'i qu<lque chose avec r«-
sohiiion ; sans rien examiner , sans rien craindre.
BAL
Aussitôt (ju'on luieutproyosé cette alfiiirCj il y
donna tète baiss('!C. H a donné tête buissee dans
cette aventure.
BAlSSltKIv, s. f. Le reste ilu vin f|uuncl il
approche ik* lu lie. Boire de la bui:^sicrt'.
BAlSURE.s.f. L'endroit par lequel un p;iin
en a touclié un autre dans le four. Entamer
du pain par la hai^fitrc.
B A .1
B.UOIRE, s. f. Mcijaillc ou r.ionnoie em-
preinte de deux icies en profil.
RAJOUE. s. f. Partie de la tête du cuchon,
qui s'utcnd depuis l'œil jusqu'à la niichoirc.
BAL
BAL. s. m. Assemblée pour danser. Grund
bal. Faire un bal. Donner le hal aux Dames.
Courir le bal. Avoir bul chez soi. Il v a en ce\
hiver plus d\tssemblées que de bals. Le bal a éti
brillant. Le bal lanquissoit ; de nouveaux dan- '
leurs Vont animé, liai paré. Bal masque. Bal
hourqcois. Bal champêtre.
La Heine du bal. On appelle ainsi Cellf? i
qtù on donne le bal, ou à qui on en fait les hon-
neurs.
On dit familiiTem. et ironiquement. Donnci
le bal à quelqu'un y pour dire , Le maltraiter. 71
faut tluiKier le bal à ce drôle-là.
On dit au jeu, Mettre une carte au bal,
pour. Jouer sur celte carie. C^est le bal de telll
carte.
Od dit fisurémfnt, ^lettre le bal en fTiTin,
pouTf Mettre une affaire, une discussion eu
inouveinont: élever une qut'stion qui ai;ite ei
réveille les esprits. Il est familier.
BALADLN. s. m. Ce mol signifioit aulrcfoij
linil UaEiseur dcTliL-àtre. il ne se dit plus guère
que pour signifier Vn Farceur, et dans la so-
ciélè . un liomme qui , par son action lx)uf-
fonne, proie à rire. On 3it dans le même sens
et au fcniiuiu , L ne Baladtne.
BALAIHNAGE. s. ni. Il ne s'emploie guère
que pour signider Une plaisanterie boufibnne
et de mauvais goût. Cette plaisanterie n'est
quun b'tladtnaqe d'esprit.
BALAFHIC. s. fcm. Blessure longue faite au
visage. Grande balafre.
On le dit ptu.s commuDement De la cicatrice
qui reste quand la blcss'iic est gue'rie.
RALAFRKR. v. a. Blesser en faisant une ba-
lafre. Balafrer quelqu'un. Qui est-ce qui l'a
ainsi balafre?
BalakhiI, ke. participe.
BALAL s. m. Instrumenl servant à nettoyer,
u ôtcr les ordures d'ui:c i-ue , d'une cliambrc,
d'un cabinet. Balai de bouleau. B-ilai de jonc.
Baltii de plumes.
On dit proverb. Rutir le balai, pour dire
Mener une vie obscure et peu a'iséc. Mous avon-i
lontj- temps nki le balai cntemble.
11 sit;niûe aussi. Mener une vie qui tient d.i
libertinage. Cette femme a lonj- temps rôti i-
Pli lui.
Jl signifie encore, Atoif éic long-lemps dans
certains enqilois. Il a lontj-temps rôti le balai.
BAL
( On dit proverb. dUn vale* nouveau qui,
' ' sert bien les premiers jours , que C'est un baltii
neuf , qu'W fuit balai neuf.
iJAi.Ai, t*n Fauconnerie, La queue des oi-
seaux; eu Vénerie, Le bout de la queue des
I hieris.
BALAIS, adj. m. Il ne s emploie qu avec le
mot liubis. Sorte de rubis de couleur de vin
foît paillrt. Acheter un rubis-balats. i'endrc un
rub^S'balais. Un ruhis-halais bien mon(c, bien
mis en tfuvre.
BALANCE, s. f. Instrument dont on se sert
pour peser, composé de deux bassins de même
[)()idsj suspendus à un fléau. Balance juste.
Fausse bal.ince. Les bassins, les plats d'une
f>ui(iuce. L(i hmquette d'une balance. Le fléau
d\tiic balance, i enir la balance juste, la tenir
vn c luilibrc. Fuire pciirher la huluncc en faveur
de quelqu'un.
<*n dit, que Le poids emporte la balance,
[)our dire, qu'il est plus pesant que la chosf
pesée.
On appelle Balance d'essai y La balance pir
iiculi^re dont se servr-nt les Essayeurs.
Balance, signifie figurcm. L'attention avec
l:iquelle on pose dans sou esprit les raisons qui
ie présentent pour et contre, sur un sujet.
Mettre en balanre les raisons départ et diantre.
On dit. Mettre dans la balance, pour dire,
Kxaminer en comparant; et, iVelire dans la
balance les actions de deux qrands hommes^
pour dire, En laire la comparaison. Et on di|
;iussi fi^iurém. Fufre pencher lu balince^ pout
iire, Faire qu'une personne, qu une cbose.
ipi'un avis, qu'une considération l'emporte sui
i autre.
On dit, Être m buluncc^ pour dire. Être en
suspens, ne savoir quel parti, quelle résolu-
liou on doit prendre. Il est en balance, il ne
iatt à quoi se rcsoudrc.
On dit, qu'L'iie choi^e tient l'esprit en ba-
lance, pour dire, qu'Elle le lient irrésolu el
en suspens. Kt en parlant d Un combat où la
victoire a été Iciig- temps disputée de part el
d'autre, on dit, que La victoire a été lonq-
temps en balance.
Balance, en term-s ae ..ommerçans, sigui-
fie L'état final ou la jolde du livre de compte.
Balance du commerce, se dit aussi Du résul
tat général du commerce actif et passif danii
une nation.
Balance, est le nom d'Un des Signes uu
/odiaipic. Le Siqne de la Balance.
BALANCE, s. m. Pas de dmse où le cori>s
se balance d'un pied sur l'uuue en temps
égaux.
BAI^ASCEMENT. s. m. Mouvement par le-
quel un coqts penche, tantôt d'un côté, lanlût
de ^3utn^ C'ciu: qui dandinent en marchant,
font avec leur corps un balancement fort dt's-
acfréahle. Le mouvement de vibration que quel-
ques Astronon.es ont observé dans la Lune,
est un balancement vrai ou apparent.
BAL.\>'GLH. V. a. Tenir en équilibre. Un
danseur de corde qui ne balance pas bien ion
corps , est en àangcr de tomber. ^
BAL 117
On dit, Se halancer, pour dire, Se pencher
tantôt d'un côté, (.miôt d'un autre, en mar-
chant.
Il se dit aussi Dr deux pcrsonces qui, étant
sur les deux bouts d une planclie mise eu équi-
libre, se font hausser et baisser altcrnalive-
iiieut.
On dit d'Un Oiseau de proie, qu'il se ba-
lance en Vair, pour dire, qu'il se tient sus-
pendu en l'air, sans presque renuier les ailes.
Il se dit aussi au ligure , et signifie , Exami-
ner dans une chose, dans un sujet, les raisons
'[ui sont pour et contre. Balancer une affaire.
Balancer toutes les raisons de part cl d'autre.
Il se dit pour, lîcndrc incertain. Balancer la
7ncto\rc. La }>ictoire fut long-temps balancée.
Il bc dit aussi pour,Coiiq)cnser une chose par
l'auti-c, Balancer les pertes par les quins. Ses
vertus halancciit tous ses vices.
Balasckh , en Peinture, C'est mettre une
sorte d'étjuilibre daus les groupes, de façon
•juil n'y ait pas un côté du tableau plein lie
(ij^ures, tandis que l'autre est vide. Une figure
est /»(i/iincee, lorsque les membres sont disposés
avec équilibre relativement au centre de gravité.
Balancer est aussi v. n. et signifie, Être en
luspens, et penclier tantôt d'un côté, tantôt de
l'autre. 71 a lonn-tcmps balancé entre l'espé-
rance et la crainte, balancer dans la choiv de
deux choses. La victoire a lonq-temps balancé.
Baxancê, ée. participe.
BALAïVCIER. s. m. Pièce d'horloge, qui
par son balancement règle le mouvement de
l'iiorloge. L'usage du balancier est une des plut
belles inventions de la Mécanique. Charger U
balancterj pour en ralentir le moui-emenL
Balancier, signifie aussi. Une macliine
avec laquelle on monnoie des pièces d'or, d'ar-
gent et de cui\Te, des médailles et des jetons.
Ce balancier monnoie tant de louis d'or par
\our, tant de jetons. De la monnoie frappée au
balancier.
BALANCIER, s. masc. Ouvrier qui fait des
poids et des balances.
BALANÇOIRE, s. f. Pièce de bois mise en
équilibre sur un point d'appui élevé, et sur îa-
ijuclle se balanc( nt deux pirsonues placées aux
deux bouts.
BALANDRAN, ou BAL.\NORAS. s. masc
Espèce de casaque de campagne, dont on se
servoit autrefois.
BALANDRE. s. f. .Sortede bâtiment de mer.
It.VLAL'STE. s. f. Fruit du grenadier sau-
vage.
BALAUSÏIER. s. m. Grenadier 5auv,ige.
B.ALAVER. V. a. Oter ha ordures d'uji lieu
avec le balai. Il se conjugue comme Paver. Ba-
layer une Eglise, une chambre.
Il se dit atisâi Du lieu et de ce qu'on en ôtr.
Balayez cette chambre. Balayez cette ordure.
On dit figurém. en termes de Guerre, Ba-
layer l'ennemi, pour dire. Le chus6er, le meiln-
en fuite, On a balayé les Hussards qui infvs-
toienl la plaine; cl en ternies de Marine, Ba-
layer les Curs^ircsy pour dire, En pur};cr (•>
mer. On dit aussi, potu- ces deux choses, Ba-
BAL
MO
layef la mer, balayer la fjlatiie , balayer un
l'ays.
On dit figurément, que Le vent nu Noril
balaye le Ciel, pjiu-dire, qu'il en chasse Ils
imagos.
IÎAI.AÏK, Éi;. participe.
HALAYIÎUU, KUSi:. s. Çui balaye.
BALAYURES. ». f. pi. Les ordures qui ont
été amasse'cs nvcc le bal.ii.
Balayures de mer. Certaines cliosrs que la
mer jette sur «îs bords.
B ALBU i'Ili.VIENT. s. m. ( Le 1 se inunoncc
cnninie un C.) L'action de balbutier; le déi'aul
ilWganc ((ui fait balbutier.
BALBL'TlliU. ï. n. (Le T se prou, comme
unC.) Prononcer imiiarfaitcroent, en hésitant
et en articulant avec peine. Un enfant qut
lommeace à balbutier. Cet domine ne jait i(uc
balbutier.
Balbi;tif,h, se dit aussi figurém., pou.- dirr,
Parler sur quelque sujet , confusément et sans
copnoissance suffisante. Il a voulu parler sur
cette affaire, et il n'a fuit que balbutier.
D.\LBi;TiEn , est quelquefois actif. Il n'a ftit
«ne balbutier son compliment , son rôle.
Baibutié, ée. participe.
BA1,GUIS. s. m. Saillie coustruite en pierre
ou en bois sur la façade d'un bâtiment, coninui-
nénient soutenue par des colonnes ou des con-
soles, et conunuucincnt cmourée d'une balus-
trade. L'alcon doré. Les Dames ctoicnl sur les
balcons à voir le Carrousel.
Ou appelle aussi lialeufl, La f;rille de fer
qu'on met U une fenêtre , quoi.iu il n'y ait
aucune saillie.
BALDAQUIN, s. m. Dais qu'on porte sur
le Saint Sacrement dans les Processions. Ce
mot es; pris de l'Italien , et n'est guère d'usage,
en Fran</'jis, que pour un ouvrage d'Arcliile.c-
tttre qui est orne de colonnes , et qui sert à
environner et à couvrir l'Autel d'une liglise,
On dit aussi. Le baldaquin d'un catafalijue,
et un lit à baldaquin.
B.\LI•"I^■E. s. f. Poisson de mer d'une gran-
deur extraordinaire. Côte de fculeiMC. Huile de
baleine. Aller à la pèche des baleines, à Ui
pêche de la baleine.
On appelle aussi Baleine, ij.ie espèce de
corne pbantert forte, tirée des fanons ou barbes
de la baleine. Il n'y a pas assezde baleine dan:
ce corps de jupe. Buse de baleine.
Bai.eiNk, en .\strouoraie, est le nom d'unt
constellation de l'hémisphère méridional.
B.VLI'.lNi;, K!i. adj. qui ne s'emploie guèr«
que dans cette phrase, Corps fcuieinc, pou.
dire, Un cor()s garni de baleine.
BALKINliAl.. subst. masc. Le petit de l.i
baleine.
BALENAS. s. m. Membre de la Baleine. (Jn
prtîlend que c'est le seul poi.sson qui engendre
comme les animaux terrestres.
BALÈVKK. 6. f. Lèvre d'eu baiî. En Archi-
tecture, O «lui passe d'une pierre près d'un
joint d.ins li ilouello d'une voùlc ou dans le
parement d'un mur.
U.VLL 9. m. Nom d'une Lingue savante
BAL
dfins laquelle sont (.'crits les iirliicîpauv livres
ii(.'s Itrames.
lîALISK. 8. f. Pieu, fascine, ton m au , ou
nuire marque que l'on met à l'cntrco tlts ports,
ou à renibouchuredes rivières, et autres lieux,
pour montrer les endroits où il y a du péril. //
y a là un banc l'e sable, il fntt -y mettre des
balises. On met ordinairement des tonneaujc
pour setvir de balises. En quelques rivières,
comme d;ins lu l.oire, on n? et. des balises pour
marquer les endroits où il y a assez d eau pour
!e passa;;!' des bateuux.
BALISEUR. s. m. Celui qui veille ù ce que
les riverains laissent dïx-liuil pieds sur les))ords
iic.5 rivières pour la navigation.
lîALîSIi^H. subst. m. Plante des Indes. Ses
Beincnces cent si dures, qu'elles peuvent servir
de balles «» mousquet, Quelques-unes des espaces
lie cette plante portent des (leurs d'un très-
beau rouge.
lïALlSi'ii. s. f. Machine de guerre usitée
chez les Anciens. Ou s'en servoit dans les siéf^es
pour lancer des picires, des torches allumées,
L-t autres matières combustibles.
BALIVAGE. sul)St. m. Choix et marque des
baliveaux qui doivent être conservés.
BALIVEAU, s. m. ^Vrbre réservé dans li
coupe des bois taillis, pour le laisser croître
comme les arbres de hayte futaie. Jeunes bali-
veaux. Il faut réservet tant de baliveaux par
arpent.
BALIVERNE, s. f . Sornette , discoiu-s fri-
vole et de peu d'importance. Ce qu'il vous dit
lîi est une /mliverne, «ne franche baliverne.
Conter des balivernes. C'est un diseur de hnli-
vernes. Il est du stvie familier.
BALlVERiNER. v. n. S'occuper de baliver-
nes. Il ne fait que baliverner. Il est familier.
BALLADE, s. f. ( Un ne pion, qu'un L
dans ce mot et les suivans.) Espèce d'ancienne
Poésie Françoise, composée de couplets faits
sur les mêmes rimes, et qui finissent tous par
le même vers. Voilà une jolie ballade. La bal-
lade est composée de trois couplets et d^un envoi.
On appdle Le refrain de la ballade. Le vers in-
tercalaire qui revient à la ûu de chaque couplet.
On appelle aussi dans l'entretien oordinaire,
Le refrain de la ballade, Lediscours sur lequel
unt! persoime retombe toujours, après avoir
parle de toute autre cliose.
lîALLAKIN. s. m. Espère de Faucon.
BALLE, s. f. Sorte de petite boule, de petite
pelote ronde, faite de ro^nures d'étoffe, recou-
rerte de drap ou de feutr<-, servant à jouer à la
?aunic. Bd'/e fv.irèe. Balle cousue. Balle à
peloter. Balle à jouer parti". Prendre la bail-
lu bond^ à la volée. Aller bien à la balle.
On dit au 'eu de Paume, La balle la perd,
'a balle la gagne, pour dire, que Celui qui a
oué la iialle, a perdu ou gagné la chasse.
On appelle Enfnns de la balle, Les enfans
l'un Maître de Jeu de Paume; et figurém. tous
es enfans qui embrassent la profession de leur
ifcre.
On dit aussi fiî'urcm., Prendre la balle au
lond, pour (lire, Sai-> r liabileui''i!t l'occasion.
BAL
On dit proverbial, et ligurément. Ait bon
joueur la bulle, la balle va au joueur., et abso-
* lument, La balle au joueur ^ Quand l'occasion
de faire quelque chose de bien se présente ù
celui qui est le plus capable de s'en acquitter.
Et on dit dans le même sens, La balle cherche
le bon joueur.
On dit fif^urém., A vous la balle., pour dire.
C'est ti vous h dire ou à faire quelque chose;
c'est vous que cela regarde. Il a tout dit, à
vous la balle.
Ou dit (if^urément, J?eru'oyer la balle, pour
dire, Se déchar;^er sur quelqu'un d'un soin,
d'un embarras, d'un travail, d'une impor-
lunité. // se lutta de renvoyer la halle à son
collègue.
Il se dit aussi en parlant de dispute, pour
dire, Uiposlcr, faire retomber sur quelqu'un
le trait qu'il a Imicc. On lui renvoya sa balle
Il est familier dans ces deux sens.
li.VLLE, se dit aussi De petites boules de
plomb, dont ou charge certaines armes à feu,
comme fusils, mousquets, arquebuses, pisto-
li ts. Balle de mousquet., d arquebuse. Balle de
pistolet. Balle de calibre. Dans les capitulations
honorables, les assiégés sortent balle en bouche.
On appelle Balles ramées. Deux balles de
mousquet attachées ensemble par une petite
verge de fer.
Balle, sedit aussi Du boulet dont on charge
le canon; mais ce n'est guère que dans les
phrases suivantes. Canon charqé à balle. Ce
canonportc vingt-quatre livres de balle.
pALLE d'avoine. On appelle ainsi La petite
enveloppe qui couvre immédiatement le graiu
de l'avoine. Un oreiller de balle d'avoine.
BALLE, s. f. Gros paquet de marchandises,
lié de cordes, et enveloppé de grosse toile,
pour être tr.ui>;porté d'un lieu à un antre. Faire
une halle. Défaire une balle. Il a reçu, il a
envoyé une balle de L:vres.
On appelle Marchandises de balle. Celles
que vendent les Porte-balles, et qui sont ordi-
niiircuumt de moindre vaieurque les autres. Ce
sont des pistolets de balle, des ciseaux de balle.
Il se dit figurém. et par mépris. De personnes
de peu de consé<pience et de choses de peu de
valeur. Juge de balle. Uîmeur déballe.
Balle. Terme d'Imprimerie. Instrument de
bois en forme d'entonnoir, qui est rempli eu
dedans de laine recouverte d'une double peau
de numlon. et avec lequel on touche les formes,
après l'avoir trempédansdc l'encre en le tenant
par une longue poignée. Toucher une forme
avec les halles. I.a balle n'a pas bien prt:: rcnrrc.
BALLEU.v.n. Danser. // ne fait que danser
et baller. Ce mol est vieux.
Il se dit en p irlaul De c-rémonics ecclésias-
tiques des aneieiuies Cathédrales, de certaine»
salutations auchœur par letirand-Chantre,qni
rcssendilent îi une danse grave et antique. Le.
(irand-Chantre hallera au premier psaume.
On dit qu't^n homme va les bras ballons.
pour dire, qu'il marche en laissant aller ses
bras suivant le mouvement de son corps.
BALLET. 8. m Dause figurée et concertée
BAL
tmtre plusieurs personnes, i|iii reprcsentiîquel-
ijue sujet particulier.
Ballkt, se dit aussi d'Une espèce d'Opéra
loniposû d'actes détachés réunis sous un titre
commun , ctdoDt cuatuu amtue ime fêle. Griiiuî
halld. Entrée de ballet. Faire un ballet. Répé-
ter un ballet. Danser un ballet. Un air de ballet.
Dans ce ballet il y iivoit une ent:re de Bac-
dtantes, une entrée de^tymphes.
BALLON, s. m. Vessie enflée d'air , et re-
couverte de cuir, avec laquelle on joue en la
tVappunt avec le poing ou le pied. Enfler un
ballon. Jouer au ballon. La languette d^un
ballon.
On dit Enflé comme un- ballon ; et on le dit
aussi fîgurénicnt en parlant d'Un honune pleiu
d 'orgueil
Bax-lon , est aussi Une sorte de vaisseau <i
plusieurs rame!>, dont ou se sert pour aller sui
les fl(^uvps cl les mers du pavs de Siani.
Eu Cbiniie on nomme Ballon , Un gros ma-
tras ou une i)Outeille ronde qui sert de réci-
pient dans quelques opérations chimiques.
Bau.on A!:ROsT.vTiQtT:, ou AÉnosTAT. s. m.
.Machine enllre de '*az inflammable, ou d tin
autre fluide aérien plus léger que l'air de l'at-
mosphère, et recouverte de papier ou de toile,
qui s'élève d'elle-même à une plus ou moini
grande haiilcur, suivuut le degré' de légèreté
de l'air quelle contient. Voyez ^VinosxAT.
B.U-LO>'MKR s. m. Faiseur d-* ballons.
B.VLLOT. s. m. Gros paquet de meubles on
de marchandises. Un balloi. de meubles. Vn
ballot de marchandises. Un ballot de livres.
/}» ballots qui viennent par le mes^agcv.. pat
le coche.
On dit fi;;urcment et familièi-oment , VoiU
votre vrai ballot^ pour dire, Voili ctî qui voui
est propre, voilà votre vrai fait.
BALLOT lADK. s. f . Tci-me de Slanégc. Srmi
d'un cheval entre les piliers, eu jnant tes quatre
pieds en l'air.
BALLOTTAGE, s. m. Action de ballotter.
Plusieurs Electiotis se font par le ballottage.
BALLOITE. s. f. Petite balle dont on s4
sert ptiur donner les suffrages, ou pour tirer
au sort, loutes les ballottes ont été en fnvcur
d tin tel.
BALLOm-:. Voyez AfAanrBE.
B.ALLO'lTi'^S. s. f. pi, Vaîsscmx de bois
dans les'-|uels on met la vendange.
BALLOTTER, v. n. Se servir de ballollcs
pour donner les suflragt's , ou pour tirer au sort.
It est de peu d'usage en ce sens.
On dit figurémcnt, Ballotter une «flîiire.
pour dire. I^ discuter, ra;;itcr de part et d'au-
irc, en délilwrtr; cl en ce sens il est actif.
Un dit 6gurément à l'aciif. fî<iIIof 1er ^ut'l-
qu'un , pour dire , Se jouer du lui , le tenir lonj;-
icmps on haleine, le renvoyer de l'un à l'autre,
sans avoir envie de rien faire pour lui.
Ballotteh. V. n. PeloU>r , se renvoyer la
balte, sans joiuT partie.
Baixotti:, le. ^Mirticipe.
RALUtlU), LIE, %. Terme de icépcis. qui
se dit d'Une ;»rrsonnegioMicreeisiupide. C'est
B A IN
un gros balourd. C'e:it une vraie balourde, une
; ' grande balourde.
BALOURDISE, s. f. Chose faite ou dite sans
esprit et m;d à propos.
BALOunnisE. signifie aussi Le caractère d'un
balourd. Cet homme et d'une grande balour-
dise.
BALSAIVIINE. s. f . (Dans ce mot et h-s deux
siiivans , l'S se prononce comme un Z.) Plante
qu'on cultive dans les jardins , h cause de la
beauté de sa fltnr.
BAl.SaiuI(^)1 E. adj. des 7. genres. Il si' dit
Des clioses qui ont une propriété, une vertu.
une qualité semblable à celle du baume. Cette
plante a une odeur halsamigue ^ une vertu bal-
samique.
On dit. Lu air baUamiguc^ en parlant De
relui qui s'exliaie de l'abondance des plantes
embaumées.
BAfiîAMITE. Voyez Tàsaisie.
BALUSTRADE, s. f. Assembla-e de plu-
lieurs balustres servant d'ornement ou de clû-
luie. BaluslruAe de marbre.
On appelle aussi Balustrade , Toute sorte de
rlôlure qui ist à jour, à hauteur d'appui.
B.VLUSTRE. s. m. Sorte de pt^it pilier fa-
ronné. Balustre de marbre, Balustre de bronze,
{îahistrt bien tourné.
Il se prend aussi pour Un assemblage de
rlusicurs baluslri s servant de clôture dans ime
Kglise . ou dans une chamlire. Balustre d'AutcL
Le balustre de la chanibrt d^un Prince.
BALUSÏRER. v. a. Orner d'une Balustrade.
lÎAïASTnÉ, EL. participe
BAL/^AX a;!i. Il se dit d'Un cheval noir on
liai, qui a des marques blanches aux pieds.
BALZ/V^E. s. f. Marque blanche aux pieds
d'un cheval.
B A M
BA M !)!>'. s, m. >'oni qu'on donne à un en-
iàut. Tl est familier.
BAMBOCHADE. s. f. >'ora qu'on donne à
lertains tableaux dans le génie grotesque. Com-
position de sujets populaires tt d'une nature
ba.sse.
BAMBOt:ilE. s. f. Marioirfictte plus grande
ijuc les marionn<'ttes ordinaiies. Faire jouer r/c'.<
bamboches.
Bamboche, se dit aussi d'Une personne de
petite taille. Cette femme, cette fille n*est qu'une
bamboche. Cet homme est proprement une bani
boche.
BAMBOCHE, s. f. Sorle de canne qui a d.'-
nœuds . et qui vient des Indes. Quelle canut
avez-J>ous là? C^est une bamboche.
BA:\inuU. s. m. Arbre des Indes. Il tient de
la nature du roseau. Il pousse une si grande
quantité de jci.«, et si pressés les uns contre les
auin'S, qu'ils forment des forcis pres<pie inqi.'-
nétrablcs. Canne de bambou. Etui de hambru.
BAN
BAW.s.m. ^'andempnlfjitàcri public, ponr
rrdonner ou pair dâfendru qnelque clio^e. On
a publié, bntf.i nu b^in dans tonte Varmce^ afin
BAN 1.9
que tout le monde en soit averti. Et dans le
même sens, on appelle Ban (/cvenJtmne, La
publication du jour où la vendange s'ouvrira;
Ban à vin ou Cti/ii-in, La publication du jour
où il sera permis aux particuliers de vendre leur
vin nouveau.
Il signifie aussi La proclamation qui se fait
dans l'Éi^lise, pour avertir qu'il y a promesic
de mariage entre deux personnes, ou que qtîel-
qu'un va s'engager dans les Ordres sacres. On
a jeté le premier ban. Publier des bans. Obte-
nir dispense de ses bans. Dispenser des bans.
yicheter des bans.
H se dit aussi De rassemblée de la Noïd-ssc,
lorsqu'elle est convoquée par le Prince pour le
ervirà la guerre. Corifo^er le Bim eï J',-/rrièrc-
ban. En ce sens, on ne dit guère Ban sans y
ajouter Arrière-ban.
On appelle Fowr ù ban^ Moulin à ban., etc.
Le four, le moulin auquel un Seigneur a droit
d'assujettir ceux rpii sont dans l'étendue di* sa
Seigneurie.
Ban, signifie aussi Exil, bannissement, i'ap-
ycl de ban. Il lui a été enjoint de garder son
î»im, à peine de...
On dit, -Vctlre un Membre, un Vossul de
l'Empire au ban dt l'Empire, pour dire, I^
d^rhirer déchu de sr^s dignités et de ses droits,
et le proscrire; et dans un sens à peu près pa-
reil. Mettre une Ville au ban de VEmpire, au
han Impérial,
B.VIVAL, ALE. adi. Terme qui se dit Des
choses tx l'usage desquelles le Sci;;neur de Fief
u droit d assujettir ses vassaux, afin qu'ws lui
payent certains droits. Foor banal. Moulin ha-
nal. Pressoir banal. Taureau banal.
On ap])e]Ie figurém.. Témoin banal, Celui
qui est toujours prêt h servir de témoin à tout
le monde. El on dit dans le même sens, Cou-
lion tonale, galant banal.
On le fait synonvme de Trivial. Excessive-
ment commun. Louanges banales. On lui a fait
\in compliment banal, qu'On adresse a tout le
monde en pareil cas. Cette invention est banale.
BANALFI'É. s. f. Le droit qu'a le Seigneur
de Fief d'assujettir ses vassaux à moudre à son
moulin, à cuire h son four, etc.
BANANIER, ou Ficrirr. d'Adam, subs. m.
Plante fort commune dans les Indes OrienLiIcs
et dans les Indes Occidentales. Ses feuilles ont
jusqu'à sept ou huit pieds de hauteur. Le Ba-
nanier porte nn fruit nommé Banane, tl qui
est bon h manger.
BANC. s. m. Long siège où plusieurs per-
sonnes se peuvent asseoir à côte l'une de l'autre.
Banc de menuiserie. Banc garni de tapisserie.
Banc de pierre. Banc à dos.
On appelle Banc de Galère ^ Une longue
pièce de bois couverte de cuir, sur Inqnelln
sont assis plusieurs forçats pour tirer à la même
rame. On dit aussi quelquefois , qu'L'n coup de
canon a etnpnrté tout un hanc, pour ilî.T.qft'Il
• emporté tous les forçnL<î d'un nicmc banc.
Un appelle Banc dEqVse. Un espace ordî-
unij ement entouré de meniriseri/», on nne ramiitt.'
a droit de se mettre poiira5si>trr au Srrrifc di-
lao BAN
vin ; cl Banc de Procureur j Banc d'Avocat .
L'endroit dans la Salle du Palais où un Procu-
reur, un Avocat donne reude/.-vous i ses Par-
ties.
On appelle encore Banc d'ïlippocrate. Unr
C3prce de bois de lit. dont on se servoil antur-
ibis pour réduire les luxations el les fractures.
Ou appelle au Palais, Grand Banc, I.e
Corps des Présidens ù Mortier; cl en ce sens nn
dit. que Le Grand Banc ne se sépare yonit.
Kn parlant Des cérémonies, on appelle fîufir,
I.a jilflcc destinée h certain ordre de personnes.
Le banc de la ^ohlesse. t.c honc des Députes
des Villes.
On dit dans les Universités, Être sur les
hancs, se mcllrc sur les bancs, pour dire, Fré-
«juenter les classes où Ion argiunente.
Banc, signifie aussi Un écueil, une rorlic
tachée sous l'eau, ou un grand amas de sahie
dans la mer. Ce vaisseau a échoué sur des bancs
de snhle. Une mer pleine de hancs.
BA^CAL, ALE. adj. Il se dit popul lirement
dans le même sens qu on dit Bancroch:. Il est
aussi substantif.
BANCROCHE. adj. des 2 ^. Terme de déni-
gn.Mïient, qui ne s'emploie «jue dans le style fa-
milier, et en parlaut d'Une personne qui a les
jambes tortues. Il est aussi substantif.
li.'ilSDAGE.s. m. Bande, lien qui sert .1 ban-
der. Faire un bandage. Délier un bandage.
U se prend aussi pour La façon, la manit^re
de bander quelque chose, Vn des grands se-
crets de l\iri des Chirurgiens, c'est le bandage.
Bandage, se dit aussi en parlant De rouei
et d'autres machines semblables, pour sîj;nifier
Les bandes de fer ou d'autre métal qui les en-
tourent, et qui les serrent pour les tenir en état.
Le bandage de ces roues ne vaut plus rien.
Bandage. Instrument composé d'un fer sou-
ple, garni d'une pelote, et qu'on attache avec
une courroie autour des reins, pour conlcnir
les hernies ou' descentes. Bandoqc simple y est
Celui dont on se sert pour la descente qui n'est
que d'un coté; Bandage double, est Olui qui
est garni de deux ] elotcs contre la double
licrnie.
BANDAGISTE. s. m. Ouvrier qui fait les
bandages contre les hernies. On appelle Cbi-
ruro'ft Bandagiste, Celui qui s'occupe de la
perfection des bandages, et qui les appli'jue.
ti.<NDE. s. f. Sorte de lien plat ;t idigc
pour envelopper ou serrerqucjr|ue chose. Bande
d^écarlatr. Bande de toile. La handed''une plaie.
Bande de fer. Bande de cuivre. La bande d'une
saignée. Sa bande s'est défaite.
Il se dit aussi d'Un ornement plus long que
large, qu'on joint à des meubles. Bande de ta-
pisserie. Bande de l'clours. Un lit par bandes.
Bande, signifie aussi Les côtés intérieurs d'un
Bithird. Les guatre bandes d'un Billard. Il faut
toucher la bande. Cette bande fiit sauter.
Bande, en termes de Blason, signifie Une
des pièces de l'Écu, laquelle va du haut de la
partie droite de l'Ecu au bas do In partie gauche.
/{ porte de gueules à la bande d'or.
BÂTJOË. s. f. TroQp«, compagnia. Bande
CAN
hoyeuse. Vue bande ù'yfrchers. Une bande de
voleurs. Vue bande de gens de guerre. Les
ovieaux vont par bandes ^ tous d'une hande. '
lue hande de l'iolons.
On disoit autrefois, Les Bandes, ptïur dire.
L'Infanterie. Et ou dit, Le Pre\'ùt des Bandes.
pour dire. Le Pre\ôt de l'Armée.
U signifie aussi, Parti ou Ligue. Il est d'une
autre bande.
Ou dit, Faire bande à part^ pour dire, Se
séparer de ceux avec lesquels ou est en société.
< >n dit en termes de Marine, Bande du?iord.
Bande du Sud^ pour dire, Le côté du Nord, le
côté du Sud., par rapport h la Ligne.
On dit encore, qu'L'i vaisseau est à la hande,
pour dire, qu'il est siu le côté.
Bandes ut;AM£HiE*i.ES, en termes d'Ana-
[omie, Ce sont trois bandes adhérentes h la lu-
niqxie membraneuse ou commune du cœcum.
11A.\DE.\U. s. m. Bande qui sert à ceindre
le front et la tête. Bandeau de Ungc. Bandeau
de cièpe. Bandeau de iielinicuse. Bindeau de
veuve.
Il se dit aussi d'Une Jjande qu'on met sur les
veux de queltpi'un pour l'empêcher de voir.
Les Peintres et les Poètes représentent l'Amour
avec un bandeau sur les yeux.
On dit figurém. y^voir un bandeau sur les
yeux y pour dire, >'e voir pas quelque chose,
parce qu'on est préoccupé ; et. Arracher leban-
deau, faire tomber le bandeau de dessus les
Yeux de quelgu''un ^ pourdire,Lui faire voir ce
qu'il ne voyoi't pas, le détromper.
Bandeau r su prend aussi pour LcDîaâême ,
dont anciennement les Rois se ceigm*;ent la
tète ; et il ne se met guère sans lépithète de
Royal. Ceindre le Bandeau Royal.
BANDELETTE, s. f . diminutif. Petite bande
avec laquelle on entoure eton lie quelquerhose.
(ne bandelette giiî serre trop. Les bandelette.-^
d'un maillot.
U se dit aussi De certaines petites bandes
rpii étoîent attachées à la coiffure des Prêtres
des faux Dieux, et de celles dont ou ornoit les
victimes,
BANDER. V. a. Lier et serrer avec une bande.
Bander une plaie.
Il signifie aussi. Mettre un bandeau sur les
yeux. Bander les yeux à un Trompette que
Von reçoit dans une Place de guerre. Bander
tes yeux d'un criminel à gui on va couper le
cou. Il faut bien bander le C olin - maillard ^
de peur gu^il ne "joic.
BANDEn , signifie aussi , Tendre quelque
chose avec efTorl. Bander un orc, une arbalète.
.ni ressort, Bander un pistolet. Lèvent handvit
les voiles.
On dit proverbialem.etfigurém. Bander son
esprit, avoir l'esprit bandé, pour dire, S'appli-
quer, être appli(]ué àquelquc chose avccgrande
coQlcntion d esprÏL
ÎÎANDF.n ,cst aussi tin terme de Jcude Paume.
Et on dit, iiïindcr une huUcyOU absoUiment ,
Bander^ pour dire. Pousser avec la raquette
dans les filcUi une balle qui roule sur le pave.
Oo dit aussi en ce «ens, Jouer à bander- cl
BAN
Bandera Vacyiit . pour dire, Jouer .-iquipnicru
les frais de la paume, en poussant la balle de
cette sorti'.
_On dit fiiîurcui. Se bander^ pour dire, S'op-
poser, se roidir opiniâtrement contre quel«|u'un j
être lout-îi-fait contraire. Celte Ville est pleine
de divisions, ils se sont tous bandés les uns
contre les autres.
BANDLn , est aussi un verl>c neutre , et si-
gnifie, Être tendu. Cette corde hande trop.
Bandé , i.e. participe.
Il se dit en termes de Blason . d'Un écu ou
de toutes pièces couvertes de baiulcs. Bandé
d'or et de sable.
BANDtREAU. subst. m. (Gordon qui sert à
pendre la trompette.
BANDEROLE, s. f. Espèce dctendard que
l'on met pour ornement à diverses choses, t n
vaisseau avec ses banderoles. L u pain bénit
orné de banderoles.
BANDIÈRE. subst. f. Terme dont on se sert
quelquefois pour Bannière. Les vaisseaux ont
mis leurs handiéres. Et l'on dit qu't'ne armée
est campée en front de bandièrc , pour dire ,
qu'Elle est campée en ligne avec les étendarcîs
et les drapeaux à la tète des Corps.
BANDIT, s. m. Terme dont on se sert pour
désigner I^s vagabonds malfainans. Use dit aussi
par extension , des gens sans aveu.
On dit, VÛtc comme un bandit, pour dire .
Mener une vie vagabonde . déréglée , sans
mœurs et sans décence. On dit d'Un homme
qui vitmal, quoiqu'il ne soit pas un Tagabond.
C'est un vrai handit.
B.\NJ30ULIER. ».m. Brigand qui vole dam
les montai;n(S. Il a été volépar lesbandouliers.
Vnc troupe de bandouUers. Le peuple se sert
de ce mot pour dire, Un mauvais garnement;
C'est un franc bandouUer.
BANDOULIÈRE, s. f. Large bande de cuir,
qui passe de l'épaule gauche sous le bras droit.
el qui sert aux Cavaliers pour porter leur
n:onsqueton, et aux Fantassins pour y attacher
leur fourniment. Ce Cavalier portoit son mous-
queton pendu à sa bandoulière. Vn Soldat
sans handoulièrc.
On dit, Donner la bandoulière à quclquun,
pour <lire , L'établir Garde dans une Terre;
Pocter la bandoulière, pour dire. Être Garde;
et Oter la bandoulière à un Garde^ pour dire.
Le Casser.
BANDUKE. s. f. Plante d'Amérique. Elle
ressemble h la (icntiane par sa semence, et par
son fruit , <|ui fournit une liqueur très-agréable
.1 boire. Ses feuilles rafraîchissent, et sa racine
est astringente.
B.\N1.ANS. subst. m. pi- Idolâtres des Indes
Orientales, qui croient i la Met- mpsycosc.
BANLIEUE, s. f. Une certaine étendue de
pays qui est autour d'une Ville, et qui en dé-
pend. La banlieue de Paris. La banlieue de
Rouen. Ce Village est dans la banlieue deParis.
BANNE, s. f. ( On ne prononce qu'un N
c'ans ce mot et les suivans.) Grosse toile qui
sert ordinairement ^ couvrir les grains et les
autres marchandises qui sont d^ms les bateaux.
BAN
liJettre une hanîte sur un bateau^ tle peur de Ut
pluid OU de lu chaleur.
Il si;;nifie aussi Une espèce de grande inannc
fait: de hriiiiclinge.
BAN NKR. V. a. Couvrir quelque cliosc uvc»:
uae l}4iime.
BASNt:, Ie. participe.
BAN.NERET. adj.Unappeloit autrefois ainsi
Celui qui avoit druit de banuièrc à la guerre.
Seiqneur hanneret. Chevalier hunneret.
BA>'NETO>. s. ni, Espèce de conVe pcrcJ
qui sert îk conserver le poisson dans l'eau.
BANNIÈRE, suhst. f. Euscigue, Drapeau,
Étendard.
Anciennement on np|>eIoit de ce nom l'En-
seigne du Seigneur de FiL-f , sous laipiellc se
rangcoient ses Vassaux, lorsqu'ils alloient «i la
guerre. Et ce mot ucst plus d us;ige en cette
acception que dans ce pruvcrbe. Cent ans han-
mère, cent ans rivière, par lequel on marque
les cliangemenâde furtuiiequi arrivenldans in
familles.
A présent. Bannière signifie l'Enseigne ou
l'Étendard d'un vaisseau ou d'une galère, pat
lequel, quand il est arboré ^ on reconnoit de
quelle nation est le vaisseau, s'il est t'rani^-ois ,
Espagnol, Anglois, Ilollandois , etc. Arborer
la bannière, 'i'rti/itjuer sous la bannière de
France. On dit géncralemcnt aujourd'hui Pa-
villon. Voyez ce moL
U signifie aussi l'Étendard d'une Église,
d'une Confrérie, que l'on porte aux Pioces-
•îons. La croix et la bamuèrc. La bannièn
dune i'urois.<tr. La bannière d'une Confrérie
On dit pro\crltijl.. ailler au-devant de quel
quun avec la croix et la bannière^ pour dire,
Lui faice tu»e nVeption honorable.
On dit familièrmi. cl fii^urém., Se ranqef
$ous ht bannière de quclquunj pour, Se ranger
de son parti.
DANMR.v. a. Condamner par autorité de
Justice à SOI tir d'un iLtat. d'tme Province, d'un
lU-Siiort, etc. Bannir à son de trompe. Bannir
u temps. Bannir à perpétuité. Bannir d'un
Hc^sort. Dannir du t'oyaume.
Il signifie aussi, Chasser, éloigner, exclure.
H faut bannir les mtdisans des bonnes com-
p'iffniet. Bannissons les fripons de notre 50-
cièlè. Et on dit. Se bannir d'une compagnie ,
pour dire, ^'ahsleuir d'y aller.
CA:<ain, daiks le sen<t d éloigner de soi, se
dit fiyurém. De diverses choses, /bannir ie vice.
Banmr toute crainte^ toute honte. Bannir U
chagrin de son esprit. Bannir un inqrai de sa
mémoire,
Cashi, ie. pailieipe.
Il est aussi sul>stanttf. Obtenir U rappel
Sun banni Un misérable banni.
On dit d'Un bonime odienx et méprise, h
qui toatrs les portes sont fermées, qu'il est
èunïii iJc purfouf; et d'Une opinion générale-
ncnl abandonnée, t'etlc opinion^ ce système
e t banni de toutes les Ecoles.
BANMSSABLE. adj. des % genres. Qui doit
c! e bjnni.
BANMSSE.UEfrr. ». m. Condamnatton à
Xuine 1,
être haini
pai
BAN
autorité de Justice. Être con-
damné à un bannissement perpétuel. Lonn ^j'hourré.
BAP 121
BANQiLTTE,cst aussi Une sorte de banc reni«
baiim<si'ment.
BA>X>rE. s. f. I.e lieu où un homme (jui
fait coninierce d'argent, exerce sa prol'ession.
Porter de Varqent à la banque.
On dit d'Un homme voisin de sa ruine, et
dont les ressources s'épuisent, Que sa banque
est a fond^ est à sec.
U se dit plus ordinairement De l'éuit et de
In fonction de celui qui fait un tel commerce.
Tenir la banque. Faire la banque, ienîi
banque ouverte. Ce Néqcciant e^ttend bien la
batique.
Banque, signifie aussi, Vnef aisse pulili-jne.
tenue sons la dircetion des .M;igistrals, et dans
laquelle l'argent des particuliers est en d>pôt.
La Banque deVenise. La lianque d\-imslerdam.
Ba.:<>l'E, en de certdns Jeux de cartes on
autres ; se dit Du foiids d'argent <p:fi celui qui
lient le jeu a devant soi , pour payer ceux qui
gagnent contre lui. La banque ef^t considérable.
BANOUEROUTE. s. f. Faillite que font les
Kégocians qui manquent à paser leurs créan-
ciers par insolvabilité feinte ou véritable. Ban-
queroute frauduleuse. Faire bauquerotife.
l\ se dit dans un sens plus étendu. De l'a-
bandon qu'un liomnie fait de tous ses biens à
ses créanciers, faute de les pouvoir payer. Il a
tant fait de folles dépenses ^ qu^il a été oblinéde
faire banqueroute.
On dit fi;^urément et familièrement, Faire
')<inq«cr«"*Ie , pour dire, .Mai'^uer à ce tja'on a
promis, il ùrvcit etrr de nvtre partie^ m^is il
nous a fuit banqueroute ; et Faire banqueroute
ù l'honneur^ pour dire, Manquer à son hon-
neur, n.;ir contre son devoir.
BANQUEROUTIER, s. ni. Négociant qui a
fait banqueroute, et géuéralenient tout d*'bi-
Leur qui ahandoune ses biens, et en fait cession.
On cundamnoit autrefois les banqueroutier i
^audu/eu,T au pilori et Ou qibet. On dit Ban-
ijueroutiére dans le m^mc sens.
BANQUET, s. m. Festin, repas ir.agnifitiue.
Banquet somptueux. Assister à un banquet.
On appelle Le banquet des sept Sages. Le
repas où on dit que se irouvèrent les sept Sagffs
de la Gr^ce. Et en Poésie on dit, Le banquet
dcsDieux^ pour dire. Le repas où l'on sup-
posoit que les Dieux se Irouvoient avec Jupiter.
On nomme Banquet Royal ^ 'Ju repas de
cérémonie, où le I\oi mange nn public avec
toute sa famille et tous tes Princes et Princesses
du sang.
En termes de Dévotion , cm dit , Le banquet
des i^/iis, le banquet de V.igneau, pour dire.
La joie de la béatitude céleste. Et on appelle la
Sainte ('omniunion, Le sacré banquet.
BANQl'ETER. v. n. Faire bonne chère. On
dit de quelqu'un qui se trouve fréquemment
I Hans de grands repas. Il ne fait que banqueter.
Il est familier.
BANnUErTE. s. f. Terme de Fortification.
Petite élévation de pierre, de terre, ou de ga-
lion, ou le revers d'une iranchée.
On appelle Banquettes ^ Les endroits relevés
d'un cliemin , d'un pont, où il n'y a que les
gens de pied qui passent.
On donne ce nom aux petits bancs places
dans les salles de spectacles, dans les Hiux d'as-
semblée, et où s'asseyent les assistans. Dispo-
ser des banquettes. Garnir une salle Jf tofi-
oueïfes.
BANQUIER, s. m. Celui qui tient banque.
et qui fait commerce d'argent déplace en place.
Marchand Banquier. Les Banquiers de Lyon,
d'Anvers, de Paris. J'ai pour tant de lettres de
change sur un leA Banquier.
On appelle Banquier en Cour de Borne,
Cm-iins OHiciers dont la fonction est de faire
venir des expéditions de la Cour de Rome,
comme provisions de Bénéfices, dispenses, etc.
Banquier Expédittunn-dirc eu Cour de Rome.
Banquier , se dit aussi, en de certains Jeux ,
De celui qui tient le jeu contre tons ceux qui
veulent jouer avec lui, et qui a un certain
fonds d'argent pour les payer lorsqu'ils stagnent.
Le Banquier a beaucoup gagné.
B.\NS. s. m. pi. Terme de Chasse. Nom qu'on
donne aux lits des chiens.
B.\NVTN. s. m. Droit qu'a un Seigneur de
vendre le vin de son cru, i l'exclusion de icut
autre, dans sa Paroisse, durant le temps mar-
jué par la Coutume.
BAP
B.iPTÏvîVïE. s. m. f Le P ne se prononçant
pas, on écrit aussi Ratifie. ) Celui des sent ."^a-
fremens de l'Eglise par lequel on est fait Cliré-
tien, et qui se confère par le moven de l'eau
qu'on verse sur la létr, et des paroles sacra-
mentelles. Le Sacrement de Baptême. Le péché
onginel i^ï effacé par Veau du Baptême. ! enir
un enfant sur les fonts de Baptême. Recevoir
le Baptême. A'om de Bartême. Dans les pre-
miers siècles de l'Eglise, en conféroit le jBh/*-
tême par imn^ersion. Baptême par aspersion.
On appeîlcfigurém.Bijplemeticsnng. Le mar-
tyre d'un Ncopliyte avunt que d'être baptise.
BAPTISER, ou BATISER. v. acl. Conférer
le Ba])tème. On baptise avec de IVuu, au nom
du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Il se dit quelquefois Des seules cérémonies
ipii arcompngnent le Baptême. Cet en^int nV.<H
qu'ondoyé, il faut U jorter à l Eglise pour U
baptiser.
On dit par extension . Baptiser des cloches,
pour dire. Les bénir avec certaines cérémonies,
et leur donner un nom.
On dit proverbial, et abusivement, fîa^'fi5Cr
quelqu'un, p(mr dire, Lui donner un sobri-
quet; et figurera, et familièrement, Bcptisfr son
vin , pour dire, Y mettre de l'eau. Cet homme-
là n'aime pas à baptiser son vin.
Baptisé, ée. participe.
BAPTISMAL, ALE. adj. ( Le P et l'S se
prononcent ) Qui appartient au Baptême, qui
zoD, pour tirer par-dessus le parapet d'un ba^- , donne ie B.qitëmc. L'eau baptismale. Garder
'rinnoceuce baptismale.
16
122 RAR
On dit. Les Fonts baptismaux , pour ùirc,
I.CS fonis où 1 on baptise ; et on appcloit au-
trefois K(J)e ba}>tismale, Une robe blanchi' .
cju'on portoit Imit jours durant après le Bap-
tômp.
OAPTISTAIRE. adj.Il ne se dit guère qu'a
vcc Rcijislre et Extrait. On apiicUe liegistre
lUiflistaiie, Le Registre où l'on met les noms
de ceux qu'on baptise; cl E-ilrait Bapintairc,
l'hxtrait qu'on tire de ce Registre.
Dons ce dernier sens il est aussi su)-stontif ,
et signifie Extrait liaplistairc. // juiii/îc par son
Baptistiiire cjti'il est majeur.
B U'TISTÈRK on BATlSltRE. s. m. (LeP
M se prononce point , mais l'S se prononce. ) On
appcloit ainsi Une pciite Église qu'on bitissoit
nntrefois .nupros des Catliédralcs pour y admi-
n-strer le Rnprt^me. KcBnplistérc dcCoustantin
r<i auprès de Saiiit-Jean~de-Latrttt.
RAQ
IîA(,)LET. s. m. Espèce de petit envier de
])ois , qui a les bords fort bas. Mettre de l'eau
dans un ba(juct.
BAR
BARAGOUIN, s. m. Langage imparfait et
corrompu. Cet Iwmme-là parle nii.i, son dis-
cours est un vrai haranouin.
H se dit aussi, abusivement, Des Lan;:;ues
qu'où n'entend pas. Je n'crtterir^ rien au bara-
qouin de ces ètranners.
BARAGOUINAGE, ». m. se prend auiis!
dans le sens de liararjoniit , mais il se dit plus
roiiimunùnent d'L'ne manière de palier vi-
cieuse, embrouillée, qui rend ce qu'une per-
sonne dit dilTicile i comprendre. Tout son iJis-
cours n'itoit qu'un baratjouinaye. H eslfamdier.
n.ARAGOUINER. v. ncut. Parler mal une
Langue. Cet homme ne fuit que baracjouiner.
Il se dit aussi, abusivement, d'Une Langue
qu'on n entend pas. Ces étrangers barajoui-
Moicnt entre eux.
Il se dit par extension , pour dire , Pronon-
rcr confusément, parler ininlelliglblenieiit. /l a
luiragouini son discours. Il nous a baracjouiuè
je ne sais quel raisonnement. Il est ici actif.
BARAGOUINEUR, EU.SK. s. Çui bara-
gouine, qui parle mal une Lani,'uc, qui la pro-
nonce mal. C'VsI un baragouineur. Vu bara-
gouineur fort importun.
BARAQUE, s. f. Huile que font les Soldats
pmir se mettre à couvert. Sitôt qu'on j.U ar-
r'ivét on fit des baraques.
C'est aussi un terme da dénigrement, en
parlant d'Une maison mal bâtie- Ce qu'il ap-
pelle son C'iiîtcuu, est une baraque, propri:-
ment une baraque. Les donustiqucs disent
d'Une Maison où ils sont mal payés, mal nour-
ris, C'est une iiAfaijuc.
BAR AÇUI'.R. V. ». Faire des bariquefc Son
p]u» grand usaf'e est avec k* p>'onom personnel.
/vCj inlilais ii'curetil pus le temps de se bara-
ijuer.
BaïAquc, iz. ^lortvcipc.
BARATTE, s. f. Sorte de vaisseau de bois,
BAR
fait en forme Je Iniif; baril, plus large par eu
bas que par en liaut, tlaus lequel mi bat lo <
beurre.
CARAlTnR. V. a. Remuer, agiter ilu lait
dans une baratte pour faire du beurre.
Bahattf, ke. p.irticipc.
BARAïnaUE. s. fcin. Terme de Marine.
rromperie d'un Patron de navire, par déguise-
ment de niarcliandise, ou fausse r«uie.
BAKBACA>K. s. f. Petite ouverture prati-
quée dans les murs des Cli-Ucaux et de* Forte-
resses , [lour pouvoir tirer à couvert sur les en-
nemis.
Il se dit aussi T)e^ ouvertures ([non laisse
au nmr d'une lenasve pour récouleiuent des
eaux.
BARB.ARE. ndj. des 2 g. Cruel, inhumain.
Ame hurharc, Ctrur harbore. ?i ' attendez au-
cune misêru'ordc^ aucune qnice de ces (jensdù,
ce sont des qens harbures.
Il signifie figiircm. Sauvaj^e, qui n"a ni loib,
ni politesse. C'est un peuple barbare.
Baubahe, en malic're de langage, se dît Des
termes qui sont impropres. Cette manière de
parler est barbare. Ces termes sont barbaref:.
On appell'i3ar/>rtre,Uue Lan^e qui n'o point
de rapport A In nôtre, et qui est rnde et cboqun
1 ort-'ille. Les Iroquois parlent une Lannue fort
barbare.
Baubaive, est aussi substantif dans la sij^nî-
fîrâtion de Cruel , sauvage. L\rruption àcs
barbares. Lesiroqnois sont de vrais barbares.
C'est un 7^^ai barbare. Les anciens Grecs et les
i.omains trattoient de barbares tous ceux oui
u eIoic?it pas de leur nation.
BARr>ARI:::\Ili>T. adv. D'une façon 'i«;ir-
bnre. Il a été traité barbarement. Ces peuples
l'iucnï barbarement. C'est parler barbarement.
lïARBARIvSOUli. aJj. des 2 g. Qui appar-
tient aux peuples de Barbarie, Navire Barba-
resauc. Corsaire Barbarest^ue.
U se prend aussi subst intivera. pour sign'n
fier Ces peuples mêmes. iJre en (jucrre avec
les Barbarcsfjues.
Il sij^nifie aussi quelquefois. Qui appartient
à des peiq)les barbare?. 6' run^eur barbarcsquc.
Faste barbaresque. Dans ces phrases il est pris
adj.'^tivement.
BARBAUIR. s. fém. Cruauté, inhumanité.
Tout le monde déteste la barbarie de ces peu-
ples, la barbarie de cet homme-là.
I5\nnAniE, signifie aussi, ?Ianquc de poli-
îoîiic. La barbarie était qrande. en ce temps-là.
Le lio. François Premier a rétabli les Belles-
Lettres e.r, Frimcc, et en a chœ^sé la barbarie.
On appelle Uarharic de langa^e^ Les faç»"*
de parler grossières et impropres dont on se
seii.
RAKBARlSMîi:. s. raasc. Faute de diction.
T " Kn se sel vaut de mots inu-sitcs. comme , Vn
l'fsuje rêhaihaKiitif , pour, rébarbatif ; Aitjle^
don ^ pour. ('r/rcr?on , duvet de eorlaîns oiseaux
du Kord; Ils téduiraii^ pour, ils réduisirent :
a" En dosnant à de.s mots un sens contraire an
lH>n usage ,Il a pour t «u« des hoyatix de père,
pour, des cnlt ailles de pcrc ■ Il a lôcouvort la
R \ R
vue, pour, il a recouvré la vue; Z° Fn asso-
ciant les mots d'une manière choquante fl ex-
traordinaire, Je suis froid, pour, j'ai froid. Le
barbarisme et le solécisme sont deux qrands
vices d'élocution.
BARBF. 5. f. Poil du menton et des jou*?s.
Barhe blanche. Barbe qrise. Barbe vénérable.
Barbe rase. Grande barbe. Porter la barbe Ion-
fjue. Faire la barbe à (juelipi un. Se faire la
barbe. Faire sa barhe. Se faire faire la barbe.
La barbe lui vient. Il n\i pas un poil de harbff.
Il a fiit une recrue de bons hommes tous por-
tant barbe. Se peindre la barbe. Se metïrc une
fausse barbf. pour se déguiser. Un bassin à
barbr., un plat à barbe.
On appelle par mépris Un jeune homme.
Jeune barbe; et quand il \eut faire d<'s rlinscs
qui demandent phis de miilurité, plus de poids
que n'en ont ordinairement les gens de son
ûgc, on lui dit, qu7l a la barbe trop jeune : et
l'on dit, en parlant d'Un vieillard, Barbe
grise. L'un et l'auire sont familiers.
On dit familièn-nient, Faire guèlgue chose
à la barbe de quelqu'un . à la barbe de Panta-
lon , pour dire , Faire quelque chose en sa pnî-
senee, et comme en dépit de lui.
On dit, Faire la barbe à quelqu'un , pour
dire, Exercer la supériorité sur lui.
On dit proverbialem. qu'Un homme rit dans
<:a barhcy pour dire, qu'il est bien aise de qurl-
que chose, mais qu'il n'en veut pas faire sem-
blant.
On appelle Barbes, Des b?ndps de toile ou
lîi- dentelle, qui pendent aux rorneltes des
le mm es,
Batibe, se dit atissi Des longs poils que cer-
t lins animaux ont à la gueule. Bmbc de bouc.
Barbe de chat.
Ou appelle Barbe de coq. Les deux petits
morceaux de cliair qui pendent sons le bec de»
co js; Barbes de Baleine, Les fanoîis d'une ba-
leine. Et en parlant d'Un turbot, d'une barbïie,
M de quelques autres poissons plats, on uppelle
Barba, Le» cartilages qui leur servent de na-
^eoii-cs. Servir les barbes d'un turbot.
On appelle aussi fignrrm. Barbes d'épi. Les
pointes des «pis; et Barbes de plume ^ Les pe-
tits filets qui tiennent au tuyau des phimfs.
BARBE, s. m. Cheval de cette partie de la
ri'.te d'Afrique qu'on appelle la Barbarie. // a
acheté deux beauv Barbes. Les Barbe: ont
Itcaucoup de vito'sc. Il est aussi adiectif. 17»
cheval barbe.
BARBE-DE- BOUC. s. f. Phiiue laiteuse.
dont en connoit parlirulièremenldenxesptfrs:
l'une, dont les lleutï sont jnunes, croît dans le»
prés et outres lieux humides; l'autre a lesftenrs
purpurines, tirant sur le bleu. On la rullïv*
dans h's jardins; c'est le Salsifis ordinaire. Toutes
deux sont slomarh»<pirs, apéritives et vulné-
raires.
BARBE-DE-CHÈVnr:. subst. f. Planlc qui
pnrie de petites fleurs blanches, et tire sou
nom de la manière dont elles sont arrangées
\ sur les tiges.
DARBK-DE-JUPITER. s. fém. Arbri«y'-*>i
BAR
gaïui de petites feuilles ai|j.entécs ou soyeuseî,
et qui porte ilcs ilcnrs Kguiiiineu^cs. On donne
le niiuic iioiii ù plusieurs autres plantes dont
ie caiacUrc est fuit difT^reut.
BAlUÎC-nii-MOLNI:: , ou Gi;;CVTE. s. féin.
Plant •. Klle jwusse des filets rou;^Ls aussi délits
nue Ivs clic veux, et qui s attaclKUl ù UiUu entes
surics de plantes.
BARBE-DK-RtJ*'AaD.*.f. Plante épineuse.
Ue ses tigei découle une gomme nonuniie vul-
gairement Gomme adraguut. Les Peintres en
fuiil usage, et clic entre dans q^iclques coiupu-
»itionK rnédieinales.
SAI.NTK-BAKLiïi, s. fcm. eu termes de Ma-
rine , Chambre des canonuiers , l'endioit du
vaifcse^ju où l'on tient la poudre. Le jeu prit ô
In Sainte-Burbc.
BAUBKAU. s. m. Poisson d'eau douce, ainsi
oonmié, parce qu'il a comme quatre barbes ou
mousl.'icliesàcltacun des deuxcét;sdc la gueule.
Dtiibeuu de Seine.
ll.vn BEA t^ est aussi Unepetïte plante qui vient
dans les blés, et qui porte des fleurs bleues. On
l'appelle quelquefois Bluet.
BARIiÉŒR ou liARIiOTER. v. n. Terme de
Marine. Il se dit Du vent lorsqu'il rase la voîle.
BARCEKIE. s. féni. Terme des Statuts des
rcrruquiers, pour sij^nilior L'art de raser et de
faire les cheveux. Dans quelques communautés
d'hommes, lieu où l'on lait la barbe.
UARUKr,ErT£.s.CijieiiàpoilIongetfrisê,
qui va à lean. Ce barbet vu bien à l'<\iu , i7 rtip-
poitebicn. Tondreun barhcl. Une belle barbette.
Ou dit fjmilièrem, d'Cn liomme foit crotte.
qu'il est crotté comme un buibcl • et d Cii
bonmie qui en suit un autre partout , qu'// U
âuU comme un barbet. Et dans le discours la-
niiiier, en parlant dX'u Lomme soupçonné de
r.qportcr tout ce qu'on fait, tout ce qu ou dit .
un dit que C'est un barbet.
CAKBETfE. s. f. Espèce de plate -fonn:
sans épaulenient, d'où l'on liit: du cuuoa à dé-
couvert. 1 irer à barbette.
nARDICHO.r s. m. Dimiuulif de Bnrbel.
L 'I ju'i l'tjrbichuii.
CVRBIER.s. m. Celui dont la profession est
de faire la barlie. Barbier Ktui,'iste. Barbier
Vcnui^uier. Barbier de village.
On dit proverbialement» qu'î-'n herbier ruse
ï^aittiCy pnui' dire, que Les gens d une même
profession, de même humeur, se servent et se
favorisent mutuellement.
BAKBlhTER. v. a. Knscr, faire lu barln.-. Sly le
familier.
BiLBiriÉ, F£. pjrlicipc.
B \RBILLU>'. s. m. Diminutif de Barbeau ,
(lUIlSOQ,
Un appelle austi Barbâlon , Ce qui pend en
forme de mousUche aux deux c^és de la gueule
du barbe lU cl de qucU|ues autres poissons. Ma-
ladie qui vient À U bouche dcs chevaux, des
Ijocuiii , h lu langue des oÎMraux.
BAUBO.V. ». m. Vieillurd. Terme dont les
leuncs ^tiii et le» R'mnti^ « servent pour railler
les \ ieillar.is. Vteux borhon. La jmnes tieiis fc '
BAR
homme trop séricu\ pour son ige , on dit ,
qu/i li:it dejiï le barbon.
BAKBDTE. s. f. P()iss(m de rivière, qui a la
iCle et h queue terminées m pointe.
BARBOTER, v. n. Mot qui sert à exprimer '
!e mouvement et le bruit i[ue certains oiseaux \
aquatiques fout avec le bec , particulièrement 1
les canes cl Jes canards , quand ils cherclient
ilans l'eau ou dans la hou>2 de quoi manger.
Des can^^ qui barbotent dans une mare.
Il se dit aus^i , pour, Marcher dans la boue
humide, s'y crolter. Le jardin est monde, on
y baibole partout.
BARB'JTI.UR. s, m. On appelle ainbi com-
munément Cu canard privé. Prendre un bar-
boteur pour un canard sauvage.
liARLOTfX'SE. s. f. Raccrocheuse. Terme
d injure et de mépris, en parlant d'Une femme
de mauvaise vie, qui sollicile les hommes dans
la rue. C'est une burboteuse. Il i>ott des larbo-
Icuses. Il est fuwiilir, et même populaire.
BARDOTINE. s. f. Semence menue, amÔFC
et chaude, propre à f^îire mourir les vers qui
s'engendrent dans le corps humain.
lîARDOUlI.LAOi:. s. m. Mauvaise peinture.
Ce n'est pas là de lu peinture, ce n'est que du
barbouillage.
Il se dit aussi d'Cn réeit, d'un raisormcmcnt
embrouillé. 0" ne comprend rien à ce bar-
bouiUuije.
BAKB0UILLF:R. y. a. Salir, gâter. Il lui û
barbouillé le v sage. Se barbouiller les mains.
Il est tout barbouillé d'encre.
BAiiuutiL .1 11, si{;;nitie aussi, Peindie jpov-
siercmeul de quelque couleur avec une bro';se.
Barbouiller de noir un jeu de paume, bar-
bouiller un plancher. Barbouiller des portes^
(les fl-nétres.
Il se dit aussi pour, Prot.oncer mal, parler
sans ordre. Cet homme barbouille, on ne t'en'
U-nd pas. (^u est-ce qutl barbouille? Il a bar-
bouillé tout du long de son discours. Il a bar-
bouillé sa haranruCj veut dire, Il l'a mal
prononcée.
On dit, Barbouiller du papier^ pour dire,
Mal écrire, soit pour les caractères, soit p(*ur
lu conq)o^ition. Cet homme a barbouillé bien
du papier en sa v/c, et n'a jama-s écrit une
ligne qui Vaille; et, Baroouiller un récit, pour
dire, L'embrouiller. Je ne sais comment il a
barbouillé ce récit, cette affaire.
On dit Cgurément, qu'(/n homme s'est bien
barbouille y pourdire, qu'il agile sa repuUtion.
Il s'est bicu barbouillé dans le moiMc , dans sa
Compagnie. M est du style fonnlicr.
BaucoliU-É, êe. participe.
On dit proverbialement el bassement, d'Une
personne qui dit quelque chose de fort dérai-
sonnable et de fuit ridicu'e, qu'£/Je se moque
de la barboutllée.
Il te dit aussi De ceux qui, ayant bien fait
leurs ainiires.,sc Hioquent de tout ce qui peut
arriver, el de ce que l'ou peut dire d faire. Il
B A 11
i'..3
des murailles, des i>orte8,de5 fenôtris. J'ai fuit
venir un barbouillettr pour noircir ce jei* de
paume, f:oui- blanchir mon escalier.
On appelle fi^urémenl Un mauvais Peintre,
Un Barbouillfur.
On up|>elle d-* même L'n méchant Ecrivûin,
Un Barbouilli-iw de papier; cl simplemenl,
Vn Barbouilleur.
Il signifie aussi, Bavard confus, inîntrlli-
gihle. Faites taire ce Barbouilleur.
BARDU, UE. adj. Qui a de la barbe. Fjie
tout barbu. Cette femme est barbue comme u i
homme.
BARBUE, s. f. PoUson de mer, plat, et d'i
genre de ceux qu'on appelle lurbots. Grande
Barbue. 7 élite Barbue.
BA RG.\LON. s. m. Titre du premier Ministre
de Siam.
BARCAROLLK. s. f. Chanson Italienne,
chantée à Venise par le peuple, et surtout par
les Gondoliers.
BARD. s. m. Civière à bras, sur laquelle on
porte des pierres, du fumier et autres choses*
Ils ont apporté cette pierre sur un bard.
BARDACÏIE. 8. m. Terme obscène. Jeune
homme dont les Pédérastes abusent.
BARDANE , ou Glouteron. s. f. Plante
qui croit le long des chemins. U y en a de deux
sortes, la grande et la petite. Elle est vulné-
raire, et a plusieurs autres vertus.
DARDE, s. f. C'éloit auli^efois une espèce
d'anuure faite de lames de fer, pour couvrir le
poitrail et les lianes d'un thrvai.
JUitDi: , aujourd'hui ne se dit plus que pour
signifier L'r.e tranthe de hml fort mince, doi.t
ou envelop[îe des chapons, des gelinottes, des
cailles, et autres oiseaux, au lieu de les larder.
Une barde de lard.
BARDE, s. m. Poète chez les anciens Celtes,
dont le principal ministère étoit de chanter les
vertus et les exploits des Héros. Le célèbre
Barde Ossian.
BARDEAU, s. m. Petits ais minces et court*,
dont on couvre les maisons, cl dont on se sert
à divers autres usages. Ln militer de bardeaux,
i ne maison couverte de bardeau. Acheter du
bardeau.
BARDELLE. s. f. Espèce de selle faite de
grosse toile piquée de bourre.
BARDER. V, a. Armer et couvrir de bardes.
Barder un cheval.
Bauder, signifie encore, Charger des pierres,
des bois, etc. sur un bard. Barder des pierres.
Son plus grand usage est poursignifier, Couvrir
de bardes de lard. Bardtr un chapon, une geli-
notte^ une caille, etc.
BaddÉ, ée. participe. Vn cheval bardé et
caparaçonné. Chapon bardé. Des cailles bardées.
On dit d'Un homme qui porte plusieurs dé-
corations de diverses Cours, qu*// est bardé de
cordons; et familièrement d'Un homme qui a
beaucoup de travers , qui pn''ie beaucoup a la
raillerie, qu7/ est bardé de ridicules.
B.iRDEUR.tubfti.m. Quipoite un bard. Il
ne craint rien, il se moque de la barbouillée.
BARBt.'UlLLKUR, s. ni. Artisan qui peint fmt avoir des bardeurt pour transporter oes
OMfUAMl du barbL^is. En purliut d Un j une ;;ro*sicremeQl avec **ue brosse des plam4iers, pierres.
i6.
.2Î BAR
BARDIS. s. m. Tenue de Marine. St'paiatiou
Ae plniiclics fjuon fiât tt fond de cjIc pour
cliar;;cr des b!i*s.
BARDCXr. s. m. Petit mulet (jui est ordin.il-
remcnt i la tête des mulets, et qui porte le
mulcricr avec ses provisions et ses ustensiles.
Ce bardot est trop charqc.
On appelle rij;uri;m. Bardot, Celui sur qui
les autres se déclinrgtnt de Icurticlie, ouqti'iU
prennent jwur sujet de leurs plaisauleries. C'est
le bardot de la compucjnic.
BAUET, s. m. Cri d'uu Élépliant ou diui
Rhinocéros.
nARGUI(;>\V(;F.. s. m. Difficulté à se rr-
soudre, à prendre un parli. Point tant de har-
guifjtuu^c. Il rst du style funiilier.
BARGUIGNKR. V. n. Hésiter, avoir de l;i
peine à se d^-terminer, prïrticuliL-rrment quand
il s'agit d un achat, d'une affaire, d'un tniili'-.
il ne feiut point barquigner avccce Marchand.
Jl a cttj deux mois à harquirpicr av^nt <pie de
tien conclure, H ne faut pi.mt tant Inirqiiiqiier
pottr dve son opinion. A (jnni hon tint bar-
quiqncr? Il est du stvle familier.
BAROUICiMiUR , EUSE. s. Qui Iiarsuif^ne,
Ce n\'st qu'un barquiqneur. Cette fi^nïnic est
une qrande bavgniqneuse.
BARIL, s. m. (On prononce Bari.) Sorte
de j»elit tonneau. Baril plein. Baril vide. Dé-
foncer un baril.
On dit. Baril d'huile , Baril de moutarde.
Bar il de poudre. Baril d'olives. Baril de plomb.,
Bard d'anchois., Baril de harencjs, etc. pour
dire, Bnril plnn d'iuule, etc.
BARÏLLAR. s. m. ^On mouille les L.) Offi-
cier de (îalère, qui a soin du vin et de 1 eau.
B.iailJ.ET. s. xn. diminutif. ( On moniilr
les L.) Petit l)aril. Barillet d'u-vire. Barillet
d'argent.
On appelle Barillet dans les montres ri
prndules h ressort, La boîte cylindri-pie qui
renferme le ressort,
BARIOLAGE, s. m. Asscmhl.igc de diverses
rouleurs mises d'un" manière I) zarre. Voilà un
ctranqe bariolaqe. Il est du style familier.
BARIOLER. V. a. Peindre de diverses cou-
leurs mises sans règle. Qui est le barbouilleur
€jni a bariolé cette cheminée? Il est du style fa-
milier.
RAnioi.É, t^.. participe. On dit, Un habit
hanolc , pour dire. Un liahit fait de <livprscs
ptoffi-'S, de diverses couleurs mal assorties.
BARLKRIX.s. f. Pl.mt'- d'Amiricpir, qui n
pris son nom de ceini dun >atiiraliste qui la
iipport<?c en I',urope , le P«Te Barelier, Jacobin.
BARÏONG, GITE, a Ij. Qui est d'une lon-
gueur mal prnportioim<f<\ Ce bosquet est bar-
lonq. Il est plus usité en parlant d'habits. Votre
mantran est barlong.
BARN.iCIIE. s. f. Oiseau de passage , cspt d*
d'oie qui se trouve sur lr*s c'jtes di- In met. Les
harnaches se mangent en Carême comme le:
niftcreu es.
BAROMfcXRE. s. m. Instrument st»rvant h
faire connoiire la pesanteur de l'air. E.rceilenl
hurométre. Ce baromètre est fort juste. On pr^
BAR BAR
tre , . i on aura ces, ri les adjudications des biens par décret.
l'oif ordi)iairenient parlebai
de la pluie ou du beau temps.
nARO?J. s. m. On appeloit aiAsi autrefois
les grands Seigneurs du Royaume. Le lioi et
ses Barons. I.e Hoi assembla ses Barons.
Aujourd')iui,^rtronseditd'un(;entilliomme
qui possède luie Tene avec litre de Baron nie.
Le Baron d'un tel lieu. Monsicisr le Baron.
Madame la Baronne.
BARONNAGE. s. m. État, qualité de Baron.
Slvlc comique ou burlesque.
BARONNET, adj. m. (^'est, en Angletcne.
le titre affecté à unOrdrt; deClievalerie conféré
par le Roi, mais qui se transmet aux enfims
du Titulaire. Un Chevalier Baronnet. On l'em-
ploie aussi substantivement. CV-s(«nBnronner
BARONME. s. f. Seigneiîtie et Terre d'un
Baron. La Baronnie d^un tel endroit.
BAROQUE, adj. des 2 genres. Terme qui
n'est d'usage qu'en parlant Des pcrks qui sont
d'une rondeur fort imparOit'î. Ln collie*- de
perles baroques.
Bahoque, se dit aussi au figiué, pour Irrc-
gulier, bizarre, inégal. Un esprit baroque. L'ne
expression baroque. Une figure baroque.
BARQUE, s. f. Petit vaisseau pour aller sur
l'eau. Barque de pécheur. Barque de passage.
Barque longue. Coudune la barque. Cette bar-
que prend l'eau. Barque d'avis. Le Patron de
la barque.
On dit figurëm. Conduire la barque, pour
dire. Conduire quelque entreprise, quelque
aHàirc; et quX'n homme conduit bien sa bar-
que, pour dire, qu'il coiidutt bien ses aRair^s
BARçirr:, dans le langage poétique, se prend
pour La naclledans laquelle les anciens Poètes
supposoient qu'aj)rès la mort les Tinies pas-
voiffit dans les enfers. La barque de Caron. La
fatale barque. Il faut passer tut ou tard dans
'a barque. Et c'est dans ce sens et familièrement
qu'on dit, Lfl barque à Caron.
BARQUEROI-LE. s. f. Petit Bâtiment sans
mût, qui ne va jamais en h- ute mer.
BARRAGE, s. m. Certain droit qu'on lève
sur les bêles de sonim • et sur les chariots pour
l'entretien du pavé et des grands chemins.
BARRAGER. s. m. O'Iui qui reçoit le droit
de barrage.
BARRE, s. f. Pièce de bois, de fer, etc.
étroite et longue. Barre de bois. Barre de fer.
Il serait malaisé d'enfoncer cette porte, il y a
une bonne barre. Barre (Tor, barre d'argent.
On dit fignrément, Cette promesse, ce billet
est de l'or en barre j C'est une jiromesse sur la-
quelle on peut compter, un billi't qui sera bien
payé.
On dit, qu'On donnera cent coups de barre
à quelqu'un, pour dirc,qu'On h- maltraitera.
Et proverbial, on dit, Hoide comme une kcrrt
d-i ft-r, pour dire, In(le\ib!c, inlrailable.
On dit d'Un homme ferme, inébranlable,
Cet homme est une barre.
Jeter la barre, lancer la harre. Sorte de Jeu
où 1 on s'cxer^oit aiilrcfuis.
BAnnK,en termes de Jurisprudence, se dit
Du lieu où se foiu quelque.^ instructions de pro-
Sa Charge a été vendue à la Barre de la Cour.
La Barre des Requêtes du Palais, du Chii-
telet.
Il se dit aussi De la place martjnee où on
doit se tenir, soit lorsqu'on est mandé par quel-
que injonction des Magistrats, soit lorsqu'on se
présente poor quelque demande. On Va mandé
à la Barre. Il a parlé à la Barre.
On l'emploie dans le même sens en parlent
Des Assemblées nationales. La Chambre de$
Communes d'/îngleterre fait venir un Citoyen
à sa Barre pour l interroger sur les objets dont
elle s\iccupe.
BAitnK, Cit aussi le nom de la pièce d'un
tonneau qui traverse le fond par le milieu. Il
juut percer ce mutd au-dessus de la harre, au-
deasous de la barre. Ce vin est à la barre.
BAr.nE, se dit aussi d'Un trait de plume qite
l'on passe sur un acte pour l'annuler, ou sur
(jiicique pallie d lui érrit pour refl*acer,ou sous
((urlques mots pour les faire remarquer. Tirez
une barre sur ces mots-là pour les effacer.
Faites une barre sous ceux-ci pour les faire re-
marquer.
Il se dit aussi d'Une ligne qu'on lire à la fij
d'un écrit ou d'une liste. Tirer une harre. Tiret
la barre.
BAaBE,en termes de Marine, est Un banc
de sable qui barre une rivière ou un port, en
tout ou eu partie, et force, lorsqu'elle est con-
tinue, d'alléger les vaisseaux, ou d'attendre la
marée. La barre de Baïonne, de San~Lucar^
d'Arcasse, etc.
BATinK, en termes de Blason, signifie Une
«les pièces de l'écii , laquelle va du haut de la
partie gauche de i'écu. au bas delà partie droite.
Il porte de gueules à la barre d\irgent.
BAnnEs, au pluriel, est Un jeu de course
entre dos jetuies geiis, et dans de certaines
limiles. Ils s'amusent à jouer aux barres. Tou-
cher barres.
On dit figurémcnt, Jower aiur barres, en
parlant de ceux <jui se cîierch?nt lun l'autre
sans se trouver. Et on dit, qu't/n homme a
barres sur un oufrc, pour dire, qu'il a quelque
avantage sur lui, ou qu'il est en pouvoir de lui
nu re ; et Partir de barres, pour dire. Partir
sur-le-champ. .
On dit aussi, Je n'ai fait que toucher barres .
pour dire, qu'On est parti le moment dsprè»
[pion est arrivé.
On appelle ^«rres, De longues pièces de
bois rondes susjx'n lues liorizontalemrni a deux
cordes, pour séparer les chevaux dans les écu-
lies. Ces chevaux $e hattroicnt , il faut leur
mettre des barres. Ce cheval s'est blessé, paret
qu'il s'est pris dans sa harre.
Baiuies, se dit au pluriel, De cette partie de
la m.rclioire du chevnl.snr la jueile le mors ap-
puie. Ce cïitrvuï n les barres usées, cchaufjict.
!l faut ménaqer les barres d'un jeune cheval,
l\ VRREAU. s. m. Espèce de barre. Les bar-
reauc d'une fenêtre. Il passa au travers des
^barreaux. Il rompit les barreaux.
Bahueal-, signifie aiiftsi Le lieu ou 9C meltenl
BAR
les Avocats pour plaider. Hanter le Barreau.
Suivre leBtirreau. Fréquenter le Barreau.
Od dit, Quitter le Barreau, punr dire,
Quitter la plaidoirie; et (juclijtiefols pour dîrc,
Quitter cutiéremcnt la profession d'Avocat.
Bah HE AU, se dit aussi De tout le corps des
Avocats. Tout le Barreau est de cet avis. C'est
Vusaqe da Barreau. La discipline du Barreau.
Uéloquence du Barreau.
BARRER. V. a. {Bdrer.) Fermer avec une
harre par- derrière. Barrer une porte , barrer
une fenêtre.
11 signifie aussi, Garair d'une barre, forti-
fier d une b.inc. Barrer une table. Barrer la
table d'un luth. Barrer urt tonneau.
11 siguilie encore, Tirer des traits de plume
sur quelfjue écrit, pour montrer qu il n'y faut
point avoir dt-gard. // ftul barrer ces deuj:
li^ues'ln.
Od dit aussi . Barrer le chemin , pour dire ,
Clore, fermer le pas3iif;e, le cliemiu ; et figuré-
ment , Barrer le chemin à quelquun , pour
dire , L'enipêclier d avancer sa fortune , de
réussir daus ses desseins. On lui a barré le
chemin.
Ondit, Barrer quelquun, pour. Lui faire
rencontrer des obstacles. On la barré dans tous
ses projets. Si x'ous entreprenez cela^ on pourra
bien vous barrer.
Od dit. Barrer la veine, barrer les veines
d'un cheval, pour dire, Y mettre le fea, afin
d'arrêter récculcment des îiumcurs. // jaut
barrer les veines à ce cheval,
Baprjé, èe- participe.
Il se dit aussi c» termes de Blason. Barrd
d'argent et de qucules.
BARRETTK. s. fém. Sorte de petit Bonnet.
A Venise^ les Nobles portent la Barrette dans
les rues.
Eo parlant Des Cardinaux, on appelle Bar-
rette, Leur bonnet carrcrou£»e. /,e Koi a accou-
tumé de donner lui-me'me la Barrette aux Car-
dinaux faits à sa nomination , et à ceux nui.
quand ils la reçoivent^ se trouvent à la Cour.
On dit proverbialement et fif^rément, J'ai
bien parlé à sa barrette, je parlerai bien à sa
barrette, pour dire, Je lui ai parlé sans le mé-
nager, je lui parlerai ouvertement.
BAKRlG.\l)E.s.f. Espèce de rcU-anchement
qu'on iait ordinairement avec des barriques
remplits de terre , ou avec des pieux , des
cliaines, etc. pour ic défendre, pour se mettre
à couvert delenncmi. Faire une barricade. En-
foncer^ forcer, rompre une barricade. Attaquer
une barriciide. Franchir une barricade.
BARRICADER, v. a. Faire des banicadcs.
Barricader les. rues. On dit aussi, Barricader
une porte, une fenêtre, pour dire, Mettre der-
rière une porte, derrière une fenélrc. toiu ce que
Ton peut, poui- empêcher qu'on ne les enfonce.
On dit. Se barncader , pour dire, (Jpposer
au-devaiit .!*■ soi tout ce que 1 on peut pour se
mettre à couwrl. pour *e dtifcndrc. Kt (J;;uré-
uieni, quand un linmroe s enferme d.ms une
eJjambrc pr>ur ne voir pcnoni»r, on dit, qu'//
ê^y «Il harrtcadt.
BAS
Bahiïicadé, Ée. participe. ^
HARRIKRK. s. f. Assemblage de plusieurs
pièces de bois servant à lenner un passade. La
hiirritre qui est devant la porte d'une Ville.
Ouvrir la barrière. Fermer la barrière. Fran-
chir lu barrière. Bompre^ forcer la barrière.
H a été arrêté aiLV barrières.
Il se dit aussi Ile cette enceinte que l'on fai-
soit autrefois pour les combats , soit ^ pied ,
soit ù cheval, et pour les joutes et les tournois.
Combattre à la barrière. Combat de barrière.
Rompre à la barrière. Être tenant de barrière.
BAnniÈDE, si<^nifie aussi Ce qui sert de borne
et de défense. L'Espagne a de grandes barrières
qui la séparent de ses voisins , la mer et les nion(s
Pyrénées. Les Alpes sont des barrières entre la
France et l'Italie.
I) si;;nir)e figurém. Empêchement, obstacle
îi qnel(juc chose. // faut mettre des barrières à
sa puissance. Les Lois sont des barrières y de
fortes barrièrec contre les abus ^ contre les
crimes.
lî.VRRIQUE. s. f. Sorte de gros tonneau.
Barrique de vin. Barrique d'eau-de-vie. Bar-
rique de sucre. Barrique d'huile. Dec barriques
pleines de terre.
Un dit par cxaj;ération , dX'nc personne très-
corpulente. Grosse comme une barrique. C'est
une barrique. Il ne peut non plus se remuer
qnune barrique.
liARRURE.s.f. Tenue de Luthier. La barr^
i!u corps d'un Lutlj.
BARSES. s. f. pi. Boites d'étain dans les-
quelles ou apporte le tlié de la Chine.
B.\RTAVhLLE. subst. fera. Espèce de per-
drix rouge, plus grosse que les perdrix ordi-
naires.
BAS
BAS, BASSE, adj. Qui a peu de hauteur.
l'n siéqe bas. Homme de basse stature. Le
plancher de celte chambre est trop bas. La
rivière est basse.
On dil, que Les marées sont plus basses en
certains temps qu'en d'autres, pour dire , Que
le (\iïx de la met- monte alors moins haut; et,
qu7i y a basse inareCy pour dire, Que la mer
s'est retirée.
On dit figura et lamilièrem. d'Un homme
à qui l'argent commence ù manquer, que Les
eaux sont basies chez lui; que£.e tcmpscfthas,
pour dir^' , que L'air est forl cïiar^é de ouoges,
et qu'ù men-ice de pluie; et que Le Carénic
est bas, [^.u^ dire, qu II vient de trè^-boune
heure.
On dit, Avoir la vue basse ^ pour dire, Kc
pouvoir distinguer les obji tsquede près;^i'oiV
la voix basse, pour dire. Ne pouvoir se faiie
entendre 'pic de prè»; qu'L'ne corde d'instru-
ment est trop basse, pour dire, qu'EIIc n'est
pas moniii' à un ton assez haut; et qu'Un
tunrbe e»( trop bas pour la voix, pour dire,
qu'il faut le monter d'un Ion plus haut. Et on
ip|>cllc Cu< -(/l'.uiu. Une voix plus b.-issc que
le dessus or linaire, et qui est bonne k chanter '
un second dca6U«.
BAS t25
Ondit,qu'î'n homme a Toreille basse, pour
dire, qu'il est humilié.
On dit aussi, J'arler d'un ton bas, pour
dire, Parler d'un Ion peu élevé; et figurém.,
qu'On a bien fait parler quelqu'un d'un ton
plus baSf pour dire, qu'Oo a bien rabattu sa
fierté.
On appelle Messe basse. Une Messe que le
Prêlre dit sans chanter, et sans être assisté de
Diacre ni de Sous-Diacre.
Bas, se dit aussi De ce qui est situé en un
lieu peu ou point élevé, par rapport à ce qu»
est plus haut et de même genre. Appartepient
bas. Salle busse. Bas i'taqe. La basse réqion
de Vair. Un l'ays bas. Le bas-vejitre. On dit,
Ce bas monde, pour dire, Ici-bas, sur la terre.
l'-n Ce sens on dit aussi : La basse Alsace.
Le bas Palalinat. Le Cercle du Bas-iihin. Lu
Basse- Normandie. La Basse-Bretagne ^ etc. à
cause qiie ces l*rovinces sont dani^ des lieux
plus basque ceux d'où descendent les rivières
qui les arrosent.
Bas, sij;nifie fi;;;urément , Vil et méprisable.
Aé de bas lieu. Ln homme de basse crtraction.
de basse condition. Il a la mine basse. Faire
des actions basses. Il a les inclinations basses.
On dit proverbial, et figurém. Le cœur haut
et la fortune basse ^ pour dire, Plus de courage
que de fortune; et qu't/n homme d'honneur
ne doit rien faire de bas, pour dire, qu'il ne
doit faire que de bonnes actions.
Il signifie aussi, Qui est sans courage, sans
Rénérosiie*. sans élévation. Avoir Vdme bas*.
Avoir le e.tur bas, Vesprit bas.
Bas. se prend cncorepour Cequiestinfénciir
et de moindre dignité. I es basOfficiers. Le bas
Ch l'ur. Le bas bout de la table. On dit, Basses
Classes, pour dire, Celles par où commencent
les écoliers; Basse Justice, par opposition ù
haute et moyenne Jasticc, Ce Seigneur a dans
sa 1 erre y liaute, moyenne et basse Justice; et
Bas Justicier , par opposition à Haut Justicier.
En termes deForiification, ou appelle Phire»
basses. Les casemates et les flancs qui servent
à défendre le fossé. El on appelle ordinairement
Maître des basses • o:uvres f Les Cureurs de
retrait:.
Bas, signifie aussi, Qui est de moindre va-
leur, de moindre prix. Bas or ^ bas argent. Or,
iir^ent de bas aloi. Les basses caries du jeu.
On npptile Bas prix, L'n prix médiocre,
modique. J'ai acheté cela à bas prix, à iirtprt.L-
for'I basy à très-bas prie.
On dit. qu'L'n mot est bas , qu'une expref-
$ton est basse, pour dire, qu'il n'y a que le
peuple qui s'en serve. (Tu appelle Style I»ii,t,
Un style rmpli de manières de parler popu-
lain*s et triv iales. et qui ne répooil nuIU'nicnt
à la dignité du sujet.
Ou appelle Le Bat-Empire . Fy temps de la
décadence de I Empire Romain, qui commeiire
il Vahrien; et La ba.Kse Latinité, Le lan^n^e
des auteurs Latins des dcniirr« lcni|*s, ihj le
petiple p.-trhnt turore la l^ugue Latine.
On dit, r(ure main-basse, pour dire. Tner,
pas!^e^ au fil de I Vpée. D^abord on ft niuin^
126
BAS
basse sur tout ce (jni se présenta lei armes a ta
inatn.
On le dit B:ïurém. pour, Critiquer sans mô-
na^pinent. On fait main-basse sur tout ce (juil
Ait. On a fait matn-baese sur tousses ridicules.
A BASSE NOTE. Façon de parier adverhiale,
jmur dire, Sans élever In voix. Chanter à htisse
ftole. Prier Dieu à basst note. F-t figunim. et
familièrement. Dire des injures à quelqu'un à
btKse note.
Bas , est aussi subit-intif , pi signiGe , La
partie inférieure de certaines choses. Le bcs <iu
ventre. Le bus du dcijré. Le bas de la rw.. Le
bas du pavé. Le bas du visafjc. Le bas de la rohe.
On dit, f^xe Le vin est au fcas, Quand le
tonneau es* presque vide.
On dit figurem. qu'il y a du haut et du bas
dans Vesprit de quelqu'un j dans sa conduite,
dans son humeury dans ses ouvrages^ pour
dire, qu'il y a de grandes inégalités.
Bas. adverbe qui a difl^L■B<^ntes significations.
On dit,37e!Ire les armes bas^ mettre armes bas^
mettrebas les armes^ pour dire, Poser les armes ;
tt on dit par ellipse en rommandnnt , Bas les
armes, chapeau bas. Mettre chapeau bas^ pour
dire , Ôter son chapeau; Etre chapeau bas ,
pour dire. Avoir la tètedécouveilepar respect;
Jouer argent fcjs, pour d\re, Jouer argent
comptant.
On dit, Mettre pavillon bas, pour dire,
Baisser le pavillon; et tlgurcmeut, pour dire,
Céder, se rendre.
On dit Des femelles de (luelques animaux,
f^i' Elles ont mis 6iis, pour dire. qu'Elles ont
fiit des petits. Celte ch emie, celte cavale a mis
bas. On dit aiiî^si Des cerfs, iulls ont mis bas,
ï^)uand leur bois est tonibc.
Bas, adv. se dit aussi Du ton de la voix ,
soit pour parler, soit pour chanter, Parler bas j
parler tout bas, chanter bas; et Du ton d un
instrument, Ce luth est monte trop bas.
On dit d'Un malade, qu7/ est bitn bas.
qu'il est fort ha.^j qu'il n'a point encore été si
/>fls, pour dire, qu'il estlr*'s-mal ; dUn homme
qui a peu d'argent, qu'il est bien bas. qu'il est
bas percé : il est familier; et d'Un homme in-
solent, qn'll jiiut le tenir bas, pour dire, qu'il
fjui le tenir dans la crainte, dans le respect et
dans la soumission. Et dans quelques-unes de
ces phrases, Bas peut être regardé comme ad-
jectif.
A BAS. adverbial. Il se jeta à bas du Ut. Il
te mit à bas de son cheval.
On dit, (px'Une maison n'e^t bonne qu'à
mettre à boa, pour dire, qu'EUe n'est bonne
qu'à abatti'e.
On dit fi;;urém. d'Une maison , d'une famille
ruinée, Cette maison est à bas.
A BAS , est aussi quelquefois une expression
dont on se sert pour dire, Dcscendei. Ainsi, à
des gens qui sont sur quelque lieu élevé où l'on
ne Tcut pas <{u'iU soient, on dit, A bas, à bas.
C'est ;iu5si Un cri d'improbation. A bas lOra-
teur. A bas la molion. A bas la cabale.
E» BAS. adverbial. Il se dit par opposition J
Eu haut. Il est en bas. Il descend en bas.
BAS
On dit fi^iin'm. Traiter un hnmme de haut
en bas, pour dire, le traiter avec fierté.
On dit, Tirer en bas, pour dire, Tirer vers
le bas.
On dit aussi , Tirer en en - bas , tirer par
en~bas.
I-AH E.vs. adverbial. 71 est logé par bas. Il a
quatre chambres par bas.
On dit. Danser par haut et par bas, pour
dircSelrver quelquefois beaucoup en darsunt,
el quelquefoifi danser trire à terre.
On dit que L^êmetique fuit aller par haut et
par haSj pour dire, (pi II fuit vomir et aller .j
la garde-robe.
LÀ-BAS, et Ici-B.^s. Façons de parler adver-
biales. Allez voir ce qui est là-bas. Allez là-bas.
Il est là-bas. 'Venez ici-bas.
Ici-BAs, se prend aussi pour Tout ce qui est
de la vie présente. Les choses d'ici-bas sont pé-
rissables.
BAS. s. m. Vêtement qui sert à couvrir le
pied et la jambe. Bas de soie. Bas de peau, de
coton. Bas d'cstame. Bas de toile, etc. Tirer
ses bas. Bus d'attache. Bc.s à étrier. Bas à bot-
ter. Bas de chamois.
BASALTE, s. m. Espèce de marbre noir.
BASANE, s. f. Peau de mouton préparée,
dont on se sert ordinairement îi couvrir des li-
vres. Basane verle^ v olettej rouge. Portefeuille
de basane.
BASANÉ, ÉE. adj. Qui a le teint noirâtre.
Visane basané. îiomme basané.
BAS-BORD. Voyez Bonu.
BASCULE, s. f. Contre-poids servant h lever
et à. baisser un poni-levis. Vne bascule qui n'eht
pas assez chargée.
Où apjwlb aussi Bascule, Un ais, ou autre
chose qui a un mouvement semijlalile h relui
de la bascuh- d'un pont-levis. La bascu'.e d'une
souricière.
Faire la bascule. C'est faire un mouvement
sfîmblable à celui d'une bascule. Il marchait
sur un ais qui a fait la hascule, et c'est ce qui
l'a fait tomber.
B.A..-ctxE. est aussi un Jeu où deux enfans
étant chacun sur le bout d'un ais mis en contre-
poids, s'amusent à se faire hausser et baisser.
Des enfans qui jouent à la hascule.
BASE. s. f. Terme d'Architecture. Ce qui
soutient le fût de la colonne. Base Dorique. Ba^e
Ionique. Base Corinthienne. Poser une colonne
iur sa hase.
Il se dit aussi De la partie qui soutient le dé
d'un piédestal. La base d'un piédestal.
En termes de Géométrie, Basd signifie Le
côté du triangle opposé h l'anf^lequiest regardé
comme le sommet. La base d'un triangle.
Il se dit aussi De la surface sur laquelle on
conçoit que certains corps solides sont appuyés.
Base d'une pyramide, d'im cylindre, d'un
cône. Etdans toutes sorte» de compositions mé-
dicinales, on appelle La l)ii.<:e,0 qui en fait le
corps ]>rincipal. cl dont la dose ^st la plus grande.
La base de ces pilules est laloès.
Il signifie fiç^urément , Appui, soutien. La
Justice est la base de toute autorité.
BAS
On dit figurém;nt, La base d'un s\.stènie^
pour dire, Le principe fondamental de ce sys-
tème. Tout ce que vous p> étendez établir dans
votre livre, porte sur une fausse base, manque
de base. Ces soup'^ons n'ont de base que dans
son imagination.
BASER, V. art. qu'on emploie depuis quel-
que temps, et plus au fij^uré qu'au propre.
Fonder, établir sur une base solide, donner
une base. On doit baser un impôt sur la con-
sommation habituelle. Ce système est basé svr
des faits constans.
On l'emploie quelquefois avec le pronom
personnel, au ^ens de Se fonder. Il faut, en
niaïiè»" de Gouvernement, se baser sur les rr-
ri(é$ dénwntrées. et non sur des opinions va-
riables.
Basé, ée. participe.
BAS-FO>DS. s. m. En termes d'Agricul-
ture, il se dit Des terrains bas et enfoncés. Les
Bas-fonds sont fertiles, mais humides et sou~
vent inondés.Il n'a gelé ce Printemps que dans
les bas-fonds.
En termes de Marine, il se dit Des fonds de
mer où il y a peu d'eau, où la sonde ren-
contre promptement le fond. Ce bdiiment tire
beaucoup d'eau ^ il ne peut naviguer dans les
bas -fonds.
BAS-RELIEF, s. m. Ouvrage de Sculpture ,
dans lequel ce qui est représenté a peu de sail-
lie. Bas^reltef de marbre^ de bronze. Bas-relieJ^
antiiiue.
B.VS-VENTRE. s. m. La partie la plus basse
îîu venue.
BASIL.VÎRE. s. f. Terme d'Anatoniie,se d.t
d'L'ne artère formée par l'union des deux vir-
tébrajes et de l'apophyse à l'extK'niilé de I'or
occipital.
BASILIC, s. m. Herbt odoriférante, que l'on
met dans quelques ragoûts. Des pigeons au ba-
silic.
BASILIC, s. m. Serpent fabuleux, qui, selon
l'opinion du peuple, lue de son regard. Le re-
qard du basilic. Des yeiu: de basilic. Elle me
fuit des ^eux de basilic.
BASILICOS. s. m. Onguent suppuratif.
BASILIQUE, s. f. Nom qu'on donne h cer-
taines Eglises principales. La Ba.çi/nyuerft;5iuiif
Pierre. La Basilique de Saint Jean-de-Latruu.
On appeloit ainsi autrefois Les lieux ou se
rendoit la Justice.
On appelle aussi Basilique, La veine qui
monte le long de la partie interne de l'o» du
bras jusqu'à l'axillairc où elle se rend. Saigner
quelqu'un de la hiLsiiique, à la basilique.
Les Basiliques sont une collection des Lois
Romaines, traduites en Grec parordre de l'em-
pereur Basile.
BASI>. s. m. ÉiofTe de fil de coton quelque-
fois mêlée avec du fil de chanvre, si^mblable i
de la fut.iine, mais plus fine et plus forte. Ca-
misole de basin. Jupe de basin.
BASIOCLOS.'-E. s. m. Terme d'Anatomre.
Muscle abaisseur de la langue.
B.\SOCHE. s. f. Juridiction tenue par h s
anciens Clercs des Procureurs du Parlement d«
BAS
T; ris. On y juge des diffcrcns que les Clercs ont
tutre eux, ou dans lesquels ils sont Défendeurs
contre les Marcbands et Artisans. Le Chunce-
lier de Ut Basoche. Le Roi de la Basoche.
B\SQL'E. s. ft'ni. Petite pirce du bas dun
pourpoint, ou dun corps de jupe. Pourpoint à
petites basques^ à grandes basques. 1 irer un
homme par la hasque. Les basques de ce corps
sont trop hnguei.
On dit d'Un eofant qui suit sans cesse son
pore, son instituteur, sans le quitter d'un pas
Il ne quitte pas la basque de Vhubit de son
père, il est toujours petidu aux basques de son
habit.
On appelle aussi Basques y Les quatre pans
du justaucorps. H le tua par la basque. Ces
basques sont trop amples. Basque à la mode.
BANQUE, s. To. Nom de INation, qui n'est
mis ici que parce qu'on s'en sert dans cette fa-
çon de parler, Aller comme un Basque, courir
comme un Basque, pour dire, Aller fort vite,
courir fort vite. On dit. Le Basque, pour dire,
L'idiome usité chez les Basques.
BASSE, s. f, f>tie partie de Musique qui est
la plus busse de toutes. Chanter la basse. Faire
la basse. Composer la basse d*un air.
Il se dit aussi De la licrsonnc même qui
ehante cette partie. Avez- vous jamais oui cet
liomnie-là? C'est une bonne basse. C'est une
bAle basse. Il se dit p;ircillemcnt De quelques
inslrumens, Une basse de Viole, une basse de
Violon ; et mùjne Des grosses cordes de quel-
ques instnimens, Les basses de ce Luth ne sont
pas d'accord.
On appelle Bas^e continue., La 1 osse qi:i se
joue sur les inslriimcns, qui sen de fondement
à toutes tes autn-s parties, et qui continue tou-
jours pendant que les voix cbantcnt ou se re-
posent.
On dit figiirt-m. et familirrcm. d'Un sujet de
ronversaiion , d un principe qui revient ronti-
nuctlemrnt dans le discours dun homme, C't>l
lu basse continue de son discours.
On apiwUe Basse contrainte. Celle qui re-
T'Cnt la nicmc aru liout d'un certain nombre de
luesures.
En termes de Manne et d'Hydrographie, on
appelle iîti>sc, Un endroit où il y a peu de bau-
leur drau.
BASSE-CONTRE, s. f. C'est la même cîiosc
que Basse; et il >c prend également pour celle
partie de Musique, et pour la personne qui la
cliQutc. Tenir la hasse-cotttre. Chanter la basse-
contre. Vue belle basse - contre f une bonne
basse-contre,
BASSE -COUR. t. f. Cour qui sert au mé-
nage d'une maison de campagne. Il a une
biisse- cour bien fournie de bestiaux ^ de vo-
lailles. Ce Gentilhomme vit de sa basse -cour.
Vaste b*tse-cour.
On appelle au5Û Basse- cour, Une cnur sé-
parée de 1.1 piincipaiecour,et desiiut-e poiir les
tcurics, les équipngcs, etc. Et on appelle faroi-
lii-rement you\'elles de la basse-cour. Les nou-
TcUes fauvscs rt mal foudre».
BASSE-FOSSE. Toy. Fcs^e.
BAS
BASSE-LICE. Vo>. Lice.
BASSEMENT, adv. D'uïic manière basse. Il
n'est d'usage quau fit;uré. i^itt-'é, imurri basse-
ment. Il s'exprime bassement. î\nser basse-
ment.
BASSES, s. f. pi. Bancs de sabir, ou rochers
cachés sous l'eau. Ventrée de ce Port est dan-
gereuse ^ parce qu'il y a des basses à droite et à
gauche.
BASSESSE, s. f. Il ne se dit point dans le
sens propre de l'as, mais seulement au figuré,
pour signifiiT, Sentiment, inclination, action,
manières iudi;;nc5 dun honnête homme, ou
d'un homme de cceur. Bassesse d'itnic. Bassesse
de cœur. Il arit avec bassesse. H a fat une
bassesse, cent Ï.AteMes. Il y a de la bassesse
dans toutes ses cciiorts.
Il se dit aussi De la naissance et de l'extrac-
tion, Dour dire, qu'Elle est vïle, On se sent
quelquejvis de la bassesse de sa naissance y de
son extraction i et Du style, pour martjuer,
qu'il est populaire, La bassesse du style. La
bassesse d'une expression.
BASSES-Vv;ILES. s. f. pi. On appelle ainsi
la gronde voile et celle de misaine.
B.ASSET. s. m. Chien de chasse, qui a les
j.'Uiiht;s fort courtes et quelquefois tortues. On
cliasse le blairçju avec des bassets. Bassets à
jambes torses.
Basset» se dit aussi dans la conversation,
en parlant d Un petit homme dont les jambes
'.'t Ks cuisses sont trop courtes par rapport à sa
taille,
H.ASSE-TAILÏ.E. s. f. Terme de ^Tusique,
qui se dit De la pa.-îie de bass't qui se chaule,
ou ti'ii se joue sur l'îrtstrument.
On .-ippelle aussi Busse-taille, La persoune
qui cliaute cette partie.
lî.ViSK-TAiixE. s. f. Terme de Sculpture.
Bas-relief. Ou\Ta3C de Sculpture, dans lequel
ce qui est nprésenté, est allach^ au fond, et
n'eu sort qu'en partie, à la différence des ou-
vraj,cs de plein relief et de ronde bosse. S'oilù
une basse-taille bien travaillée.
BASSETl'E. s. f. Jeu de hasard qui se joue
avec des cartes. La bassette est un jeu piquant.
Tenir la bassette. On a défendu la bassette.
B VSSILE. s. f. Plante, dont les Huilles res-
semblent à relies du pourpier.
B.'VSSIX s. m. Espèce de graml plat rond ou
ovale. Bass.n de cuivre, d'argent, de vermeil
doré. Bassin de faïence. Bassin de porcelaine.
Bassin à laver les mains.
On appelle Bassin de fruit, de fraises, de
confitures, etc. Un bassin où il y a du fruit,
des coulitures, etc. et Bassin de Confrérie, Le
bassin ou l'on rc^'oil les oflrandes dune Con-
frérie.
On dit pruvcrbialcin. cl bassement, Crnc/icr
au bassin, pour dire. Cunlribtier a quelque dé-
pense. H ne vouloit rien donner, mais on la
fait cracher au bassin.
On api>clle Bassin daus les jardins, Vue
pièce d'eau. Le grand bassin des Tuileries,
On opiHl!e Bissîn de fontaine, Le lieu bit
en forme de bassin, pour y recevoir les caox
BAS 127
cfune Tunliili^e; et dans les Poris de mer, on
' appelle /îuisin, Le liea où les vaisseaux jettent
l'ancre. Ce jyort est hun , mais le bassin en est
petit.
On appelle Bassins. Les Jeun plats d'une
balance; Bassin à btirbc , Unn cspi-cc de plat
échaucré et creux, où on met 1 eau dont on se
lave pour se faire la barbe; ctBassin de cham*
hre ou âe (jarde-rohe. L'n vaisseau qui reçoit
les oxcréniens. t"t on dit. Aller au bassin, pour
dire, Aller k ses nécessités, aller à la selle.
Un dit (ij'uréra. d'Lne Lellc plaine cnlouri-c
de montagnes, et dont la forme approche de la
rondeur, qrc C'e»t un beau biissin.
Jin termes d'Anatjouiîe, ou appelle £nssift ,
La Iroisiéme partie ou la partie inférieure do
tronc.
Bassin oculaihe. s. m. In-.tiumcnt de Chi-
rurgie.
BASSINE, s. f. Sorte de bassin large et pro-
fond, dont se servent les Apothicaire», les CLi-
mistes, les Confisenrs, les Marchands ciricts.
l!ASSl>'EIl. V. a. CliauSer avec une bassi-
noire. Bas>iiier un liL
Il signifie aussi , Fomenter en ruouillaul
avec une liipifor tiiJe ou chaude. Bassiner
une flaie. ,''« bassiner les' i eux. Bi'siiiier les
jajnbt'.s des- chevaiLV.
lÎAssiv;':, KE. p.Miioipe.
HASSLN'ET. s. ni. La petite jîiùcc creuse de
1.1 platine d'une .iruie ii feu , dans laquelle on
met l'amorce. .Vellrc la poudre au bassinet
Bassinet, s. ni. Ivsprt:e de chapeau de fer
cjuc portoieni les hommes d'armes.
Bassinet, s. ib. Ternie d'Analomie. Cavité
dans laquelle alx)utisseut tous les entonnoirs
de la troisième substance du rein.
lÎAssixtT. s. m. Plante. C'est nae espèce de
KenoiH-ule, Elle croit en abondance dans les
prés, t-a fleur est d'un jaune doit. Elle est acre
et brûlante comme presque toutes les renoncu-
les, et on ne l'emploie qu'citérieurement.
B.\.SSI>'OIRE. s. f.Bassiii ayant un couvercle
percé de plusieurs trous, et servant à chaulfer
le lit. /îa,ssinoire de cuivre. Bassinoire d^arnent.
B.VSSOIV. s. ni. Instrument de Musique à
vent. Jouer du basson.
Il se dit aussi De l'honiine (jui joue de cet
iiiïtrument. C'est un cccelUnt bit,fson.
li.i.Sr.VNT, AN TE. participe et adjectif,
nui .suTit. Cela n'est yas hastant. Cela est bas-
tant. Etcs-1'ous bastant pour une si qrande en-
treprise? Cette raison n\'st pas bastante. Il est
du style familier.
BASTE. s. m. ()|i appelle ainsi l'As de IréOe
aux jeux de l'IlondHe, du Quadrille, etc. Le
baste e.st le troisième de.s Mulatlors,
B.VSl'ER. V. II. Sulfue. Il est vieux, et ne
s'emploie tpie dans quelques pîiraset familière».
fiaste pour ce.'a, ou Baste siniplenient. pour
dire, Pa^se |)oiir cel.t. Baste! simplement, se
dit anssi eu foruio d'exclomaliou , poiu- dire,
<|it'On ne s'inquiète pas d'iiiie inetiarr. q,i no
lient |>eu do compte iliui discoucr. ;l dil cela.'
liasle: il n'en fera rien.
*> B.lSl'LRNE. s.f.>'oiU(l'aiMesp«oe dcdur
ïïS BAT
attelé de bœuis , en iisa^e chez d'annenç peu-
ples du Kord, et sous Dos Rois de la prcmirrc
Race.
UASTIDE. s. f. Nom qu'on donno "i Mar-
seille et dans les environs aux maisons de plai-
sance;
BASTILLE, s. f. On appeloit ainsi autrefois
un Château ayant ]>lu$icurs tours pioche l'une
de l'autre ; et ci nom est demeuré long-temps
à un Château construit ainsi à Paris, par le Roi
Charles V, ( t qui depuis son n'gne a servi de
prison d'État. Les vrisonniers de la UaslUle.
Kos citadeUcs sont a: iaut de Baslillcs.
Proverbialement et llsurement, en parlant
d'Un homme qui :ie bouge de sa place, quoi-
qu'on l'appelle, on dit. Il ne branle non plus
qu'une Bastille, i/uf la liaslille.
B.-VSTILLK , ÉE. adj. Il se dit en termes de
Blason des pièces qui ont des cre'neaux renver-
sés qui regardent la pointe de l'écu. D\ir(jenl
au chef bastille d'or.
BASTINGUE. s. f. Nom qu'on donne sur
ks vaisseaux à des toiles matelassées, pour ca-
cher ^ l'ennemi dans un combat ce qui se fait
9ur le pont, et pour parer les balles de fusil.
BASTIUGUER, (Se Bastingdeh) v. pro-
nominal. Tendre des bastingues. Nous nous
bastinquilmes.
Bastibgué, ée. participe.
BASTION, s. m. Ouvrage de fortification
Un peu avancé hors du corps d'une Place, ayant
deux flancs et deux faces, et tenant des deux côtés
à la couttine. Bastion Royal. Btustion revêtu d<
pien e ou de fcriijue. Cislion fcien jlan-jué. Gorgi
de bastion. Face de bastion. Miner un bastion,
.ittaijuer un bastion. Défendre un buitivn. Re-
lever un bastion.
IJA.ST10NNÉ,KE.odj. Une tour bastionnéc,
Fortification qui tient de la tour et du bastion.
BA.STONNADE.s. f. tou;» do b.Uon.Donner
des bastonnades. Il craint la bastonnade.
liASruDE. «. f. Terme de Marine. Espèce
de filet dont on se sert pour pécher dans les
étangs salés. ,
BAT ,'
B.-VT. s. m. ( Le T se prononce. ) Queue de
poisson. Le poisson est mesuré entre ail et bat.
On dit, qu'/i a tant de pouces entre œil et bat.
pour dire. Entre l'eeil et la queue.
B.\T. s. m. .Selle pour les bétes de somme.
BiU de mulet, de cheval, d'dne. Cheval de bât.
Ce bât blesse ce mulet Rembourrer un bât.
On dit fi^url■m. d'Un sot, d'Un lourdaud .
C'est un cheval de b^t. On dit aussi , en parlant
'd'Un homme chargé dans une maison , dans
une comniunaut/5 , de la grosse besogne que les
autres refusent , C'est le cheval de bât ; et pro-
\erbialement et figurément d'Un homme qui a
quelque chagrin caché, Vous ne savez pas où
le bât le blesse.
BATAILLE, s. f. Combat général de deux
armées. Bataille ranqée. Sannlante , furieuse '
halaille. Buluille navale. Le jain, in perle J'uiic '
fcataille. Jour de bataille. Champ de bataiHe. \
Ordre de bataille. Combattre en bataille ran-
LIAT
jée. Ranger en hitaiUe. Mai cher en lataiUe .
;n ordre de bataille. Caqner, perdre une ba-
taille. Hasarder une bataille. Présenter la ba-
taille. Mettre l'armée en bataille. Le champ de
}rataille nous est demeuré.
On appelle Corps de bataille. Celte partie
Je l'armée qui est entredeux ailes, et qu'autre-
fois on appeloit La bataille.
Cn appeloit aussi autrefois, Maréchal d.-
bataille, Sertjent de bataille. Des Officiers di
guerre dont la charge étoil de mettre les ti oupe-,
tn bataille. Et on apiielle Chenal de bataille .
Un cheval propre à bien seivir un joui de
combat.
On dit figurément, qu7l a bien fallu donnci
des batailles, qu'un a donn:' bien des batailles
pour en venir là, poui dire qu'il a CiUu bien
roiitister, bien disputer, bleu se tourmenter,
surmonter bien des obstacles pour, etc.
On dit figrnéiuent d'Un homme qui a rem-
porté l'avantage .sur un autre dans une dispute,
que Le champ de bataille lui est demeuré.
On dit aussi (igurém. d'Un homme qui dis-
pute, qui entreprend quelque chose dans un lieu,
dans des circonstances qui lui sont favorables,
qu'/i n'a pas mal pris son champ de bataille.
On dit aussi figurément d'Une chose sur la-
quelle un homme compte le plus, que C'est son
cheval de featai/le,' qu'/l en frit son cheval de
bataille.
La baiflille est aussi Une espèce de jeu de
cartes. Les enfans jouent à la bataille.
B.VrAILLÉ, ÉE, adj. se dit en termes de
Blason, d Une eloclie dont le battant, qu on
nomme Batail, est d'un autre émail que la
cloche.
BA TAILLER, v. n. 11 est vieux dans le sens
de Donner bataille , et il no se dit plus que dans
le sens figuré , pour dire , Contester fort , .se
donner beaucoup d'agitation. Il a bien fallu
batailler pour en venir là. On a bien bataillé.
BATAILLON, s. m. Troupe d'infanterie de
plusieurs centaines d'hommes. Bataillon carré.
Bataillon rond. Bataillon en bataille. Bataillon
en colonne. Bataillon épais^ serré. Former un
bataillon. Serrer, étendre, rompre, rallier un
bataillon. Percer, enfoncer, renverser un ha
taillon. Ouvrir un bataillon. Le flanc d'un ba-
taillon. Le front d'un bataillon.
BÂTARD, ARDE. adj (Jui n'est pas de la
véritable espèce, mais qui ei: a]iproclie, et qui
en est comme dérivé. Olii^itT bâtard. Couleur
bâtarde. Il se dit dans le mime sens De» Fruits.
Berqamote bâtarde, etc.
On appelle Lévriers bâtards. Ceux qui sont
nés de l'espèce des lévriers et de' celle des ml-
lins; et Bâtard de doque,Vn chien né d'un dogue
et d'une chienne d'un autre Pa\8 que l'Angle-
terre , ou d'une autre espèce de chiens.
On dit proverbialement cl bassement ,L'Iu-
ver n'est point bâtard, s'il ne vient tôt, il vient
tard.
On appelle Porle bâtarde. Une porte de
maison, qui n'est ni petite poite, ni porte co-
chèrc. Et on appelle en termes d'Ecrivain ,
Lettre bâtarde, Une sorte de lettre qtii est entre
BAT
la lettre ronde et la lettre italique. F.crire eit
lettre bâtarde. Cette sorte d'écriture s'appelle
aussi substantivement De la bâtarde.
BÀtaud, se dit substantivement et adjecti-
vement d'Un enfant né hors de légitime ma-
riage. C'est un bâtard. C'est le bâtard, U
bâtarde d'un tel. Légitimer un bâtard. Les bâ-
tards avoient autrefois une part dans la succes-
sion du père. Heureux comme un bâtard. En-
fini bâtard. Race bâtarde. Ligue bâtarde. Le»
dcsccndans d'un bâtard.
B.\'r,ARDEAU. s. m. Espèce de digue faite
de pieu-X, d'ais et de terre, pour détourner leaa
d'une ri\ ière. Faire un batardeau.
BATARDIÈRE. s. f. Terme d'Agriculture.
Plant d'arbres greffés qu'on élève dans des pé-
pinières, pour les transplanter dans des jardins.
B.VTARDISE. s. f. État de celui qbi est
bâtard. La bâtardise exclut de toute succession
en France.
BATAVE. s. et adj. Ancien nom des habi-
lans de la Hollande. Les Bataves, les peuples
Bataves. La République Batave.
B.ATE.\U. s. m. Esprée de barque, dont on
se sert ordinairement sur les rivières. Bateau
couvert. Bateau de pêcheur. Passer en bateau.
Faire remonter un bateau.
On appelle Pont de bateaux. Un pont fait
avec des bateaux attachés les uns aux autres.
Et on dit, Bateau de sel, de foin, de bois, etc.
pour dire. Un bateau chargé de sel , de foin , etc.
On dit figurément, qu'f'n homme est encore
tout étourdi du bateau, pour dire, qu'il n'«»t
pas encore remis des fatigues d un long voyage
ou du trouble que lui a causé quelque accidtut
fâcheux.
Bateau , se dit aussi De la menuiserie d'uu
corps de carrosse. Le bateau de ce carrosse n'est
pas bien fuit.
B.iTEL.\GE. s. m. Métier ou tour de ba-
teleur.
B.4TELEE. s. f. La charge d'im bateau. Ba-
telée de foin. Batelée de bois.
^ Il se dit figurément et familièiement d'Une
nmltitude de gens ramassés. Il vint une batelée
de gens dans sa maison.
j B.VTELET. s. m. Petit bateau. // est venu
sur un batelet.
BATELEUR , EUSE. s. Faiseur de tours de
passe-passe. Ce Bateleur est bien adroit , bien
subtil
On appelle aussi de cette sorte , Ceux qui
montent sur des tréteaux dans les places pu-
bliques, connue les Charlatans, les Danseurs de
corde, les Jimctirs de farce, etc. Il s'amu.se à
regarder les Bateleurs. On dit d'Un homme qui
s'amuse à faire de petits tours de souplesse |
Iqu 71 fait le Bateleur.
I BATELIER, ÈRE. s. Celui ou celle dont Is
■profession est de conduire un bateau. Bon Bo-
telier.
BATÈMI; et ses dérivés, l'oyes BAPTf-MF.
BATER, v. act. .Mettre un bât sur imc fcéte
de somme. Bâter un cheval, un mulet,
BÂTÉ , 1:1:. participe
' Ou dit proierbl ilenient et figurément d'Ua
EAT
lourdaud, <jue Cest un ânehitè, un vrai dnc
hâté.
On dit aussi proverbial, et figur.'n). qn7l n'y
i: point d'Jne pîus mal bitte que celui du com-
mun, pour dire, qu'Une afTaire est plus mol
conduite, quand plusieurs personnes en sont
chargées, que sï une seule l'etoit.
BÂTIER. siibst. m. Arlisnn qui fait des bâts
Acheter des bâts de mulet chez le hiUier.
BATIFOLKR. v. n. Se jouer à la manière
dej enfans. Ces gens là s^amusent à batifoler. Il
;iit du stvle familier.
BA n MR>'T. s. m. Édifice. Bâtiment superbe,
magnifique t Royal. Btttiment public. Vieux
hâiimcns. Bdtiment ontique. BtUiment qui me-
nace ruirit'. Entretenir y réparer un bittîment.
Surintendant j Directeur ijénéral. Contrôleur,
Trésorier des Inltimens du Roi. La Surînten-
iance des btîtimens. Entrepreneur de hiîttmcus.
Il entend bien les b.Uimens.
■^Q appelle aussi Biitiment de mer, nt plus
souvent encore Bâtiment (ont court, Un Na-
vire, un vaisseaM, Vodà un beau bât'mcnt. Les
erands batimensy les petits butimens. Il com-
mande un petit bâtiment,
BÂTIR. V. a. Édifier, construire, faire un
édifice. Bdtir une maison , une hglise. Bdtir en
pierre, en brique. Bâtir sur pilotis. Bâtir à la
moflerne. Bdtir à l'antique. Bdttr un pont,
Bdtir un vaisseau.
Bâtir en i'air, Se mettre des cliîmi-rcs dans
la trie, former des projets sans fondement. On
dit E^urémcnt et familît-icment dUn Iiomii:c
qci engraisse et prcud un j.ros ventre, Il batii
sur le dei'ant.
Il signifie, en termes de Tailleur et de Cou
tunère, Af^encer, dresser la besogne en la fau-
filiint. et l'assemblant avec de grands po nis
d'aiguille. Celté jupe n'est pas cousue, elle ncsl
que bâtie.
Il sij;ni(îe fiçîurément , Établir. // a buti sa
fortune sur les ruines d'un tel. Il bâtit tout son
système sur une supposition en l'air.
BÂTI, lE. participe. Maison bâtie de pierre .
de brique.
On dit fisiuréraent. Voilà un homme bien
bâti, pour dire. U;i liomnie bien fait. Et on dit
aussi. Vn grand malbdli , pour dire, Un
grand homme mal fait, ou mat.idroil.
il est aussi substantif, et se dit, en termes
f<e Tailleur, au même sens que Bdtir. Voilà
«n bâti qui est mal put. Il faut ôler le bdli dt
cet habit.
B.VnSSE. s. f. I.'étai ou l'entreprise d'un
bâtiment quant à la mar-onneric.
H.\TISSEUIl. s. m. Oui aime ît bihir. Il ne
»r dit ni du Maçon ni de r.4rcliilectc , mais de
cMui qui fait bâiir. C'i->t un grand bâtisseur. Il
ot du %lyle familier.
BATISTE, s. f. Espùco de toile tRS-fine.
Une aune de batiste,
B.VTON. s. m. Lod^ morccnu d« liois qu'on
peut tenir j la main, eiqiii sert :'i divers us.i{;cs.
Gros bu'fon. Bâton noueux. Bâton de fagot.
B-^tonde cotret. S'appuyer sur un bâton. }iar
€Îicr avec un bâton. Donner des coups debâion
Jome J,
R A T
(l l'a menacé du bâton. Il Va fût mciirir sou!i
U' h/Uon.
On appelle figurcmonl Bâton de vieillesse.
Celui ou celle qui sert d'appui à une vieille
personne, et qui l'assiste dans ses besoins. Cet
cnjunt sera un jour votre bâton de vieillesse.
On appelle J3i/(on de commandement y Le
b.'iton que portent certains Officiers dépée;
Bâton de Maréchal, ou simplement Bâton ^ La
dignité de Marcclial de France. Le Roi l'a fait
Vdrcc/inl de FruncCj lui a donné le bâton. Et
on appelle î^âtons de Maréchal, Les deux bu-
tons fleurdelisés que les Marccliaux de France
portent derrir-re leur ^cu, passés en sautoir.
On appelle Bâton de Chantre. Une sorte de
bûlon foit orne et recouvert d'argent, que le
Chantre dune F^lise lient i la main pendant
rofiice divin, en marchant en chape dans le
(;hccur; Bâton de Prieur, Le bà^on qu'un
iiommc en qualité de Prieur jiorte deixii'rre i'écu
de ses arnioiri''s; Bâton de Confrérie, Le b.Uon
■ [ui soutient l'Etendard d'une Conbvrie; et
Bâton de la Croix , Le bùtou au haut duquel
on met une Croix pour la porter dans les Pro-
cessions.
On appelle Btiton de Jacob ^ La bajjuette
des Escamoteurs.
On dit proverbialement Bâton ferrât et non
fi-rrat, pour dire. Toute sorte d'armes. Les
l'aysans de ce villaqe sortirent sur une troupe
de voleurs y avec bâton ferrât et non ferrât,
B.VTON j se dit aussi l^J^e diverses choses qtiî
ont la forme d'un petit bjion. Bâton de cire
trLsiHtque, b.'iton de /ryb.-i.st;, de cannelle, de
casse, etc.
En parlant d Une j^arnison qui est sortie
il'une Place sans armes et sans Iw^nge, on dit.
iju"E//e en est sortie le bâton hlanc à la minn.
Et on dit fi;;iurémcnt, Sortir d'un emploi,
(i'iine administration J avec le bâton blanc, ou
fe /)iJÏon blanc à la mam, pour dire. En sortir
ruiné.
(Jndit figurémcnt ,Fafrc^iirc(jucf(7»c chose
à quclquun le bâton haut, mener quelqu'un le
bâton haut, pour dire. Le faire obéir par vio-
lence, par force; et Faire sauter le bâton à
quelquun, pour dire. Lui faire faire une chose
malgré lui. On lut a fait sauter le bdton.
On dit aussi Sauter le bâton, pour dire,
Faire une chose à ses risques ot périls.
Oa dit proverbial, et G^nrénient, Tirer au
blton, iu court bâton avfc. quelqti\inj pour
dire. Contester, 'disputer avec lui pour quelque
j!)o^e. Voulez- vous tirer au bâton, au court
bâton avec votre Maître? On dît aussi, Faire
une chose à bâtons rompus^ pour dire, La
faire à diverses reprises. // nt m'a parlé de
cette affiiire qu'à bâtons rompus. Et on appcllt;
bl^nrénient I.e tour du bâton ^ Ce que les gens
prennent au-del^ de leurs droits.
On apjK;Ile Bdton à deux bouts. Une espiîce
d'arme uiK-nsivc, qui conaisie en un bâton ferré
par les deux bouts. Jouer du bâton à deux
bouts.
On appelle Bâton de perroquet. Un b.'ilon
élnbli sur un plalcau d:.- bois, et garni de di»-
BAT 119
lance en distance d'échelons sur lesquels cel
ois.au monte et descend à sa fantaisie.
On appelle figurém. et faniilîèrem. du même
nom. Une petite maison de plusietns i*ta;;es ,
dont chacun n'a qu'une cbanil>re Cette niatson
est un bâton de perroquet.
BATONNER. v. a. Donner des coups de
b^ton. On l'a bâtonné rudement.
BÂto5Si:ii, terme deChanrelIerie.Cancellor,
rayer. Brflonnerunc Ciiiise. iifu(onnerun<ir(ic/c'.
BÂtonné, ée. participe.
BÂTONNET, s. m. Sorte de petit b.'.ton
amenuisé pnr les deux iiouls, et qui sert à un
jeu d'cnfans. Jouer au bâtonnet. Faire saul-:r
le bâtonnet.
BÀTO>'>ÏER. s. m. Celui qui a en dépôt
pour un temps le bâton d'une Confrérie, et qui
a droit de le porter aux Processions.
Et au Palais, on appelle Bâtonnier des Avo-
cats, Celui qui est choisi par le Corps des Avo-
cats pour être leur Chef pendant un certaii.
temps. On le nomme ainsi, parce qu'il a en
garde le bflton de ly Confrérie de Saint piicolas.
B\TR.\CHITE. s. f. Pierre verte et creus5%
représentant un œil dans son milieu.
BATTAGE, s. m. Terme d'Agriculture. lï
se dit De l'acliou de battre le blé, et du temps
qu'on y emploie.
BATTANT', s. m. Espùce de maricau eti
forme de massue , qui frappe de côté et d'autre
dans rinlérieiu-d'une cloche. On disoil autrefois
Batail
Battast, se dît aussi De chrtque parti*» «l'une
porii.' qui s'ouvre en (Jeux. Une porte à deux
hiittans. Ouvrir les deux battans d'une porte.
Battant d'un ptu-d/oM, se dit pour signifier Sa
longueur. Sa hauteur ou larj^eur s'iippclle le
Guindant.
On l'emploie aussi adjectivement. Métier
battant, pour dire. Un mclier actuellement
LMnpIoyé ; et Porte battante, pour dire, Une
porte qui se referme d'elle-nitnie.
Battant, s'emploie encore familièrement
danscelte façon de parler, Vnhabit tout battant
neuf , pour dire. Un habit neuf.
BATTE, s. f. Maillet ou plateau de boïs qui a
un lon^ manche, et avec lequel on bat la lene
pour l'aplanir, ^//jhniir une allée avec desbattf'i.
lÏArrE, petit banc sur lequel 1rs blanchis-
seuses battent et savonnent le linpe.
Batte À beloiie. Bilon rond pour b;ilUT le
l>eurre.
On appelle aussi Batte y Un sabre de bnis
dont .Vrlequin se sert.
BATTËE. s. f. Ce qu'un Papcer, un Re-
lieur bal h la fois de pnpier.
BAn'ELLEMEM". s. m. Double rang de
tuilcsqui termine un toit par en Las, et par oh
le toit s'êgnulte.
BVTTE.ME.vr. s. m. Il n'est guéie d'usape
que dans les phrases suivantes : Battement de
mains J se dît De l'action de battre des mains
en signe d'upplaudiss*^nicnt; Battement decuur^
et Battement d'artères, se disent De la palpita-
tion du ranir, et du mouvement fréquent des
artères. Battement d'ailes. Battement du pouls.
'7
i3o BAT
BATTERIE, s. 1. Querelle où ilyad«seoup«
c!onii«. Il y a M une hatlcrle. Il fui tué tlam t
ttne hdtUric
Il se (lit aussi De ])lu5ieur5 pièces de cnnon
eî de nioniers , dispose'^ pour tirer contre i'eri-
iienii. Une !>.ille;ie tic phisicurs canons. Cunon
de biitlerie. Meltre le canon en halteiie. Dresser
une batterie. Il y a cinq hnticrics clivant celte
l'iace. Changer de batterie. Démonter une bat-
terie. La batterie de la l'Iacc a démonté celle
des assiégeans.
Od dit fi-iircm. Dresser ses batteries, pour
ilire, IVcndrc si's mesures. El ou di', qu'Un
homme dresse de bonnes batteries , qu'il a une
forte batterie, pour dire, qu'il a et qu'il em-
ploie de puissans moyens pour réussir dans une
affaire; et Changer de batterie, pour dire, Se
servir de quelque autre moj-en.
On dit, d:nis le mfms sens, Démonter la
batterie, les batteries de quelqu'un, pour, Ren-
dre SCS moyens nuls, eu leur en opposant de
plus forts.
On appelle aussi Cndcrie, I.a picec d'aciei
qui couvre li^ liassinet des anncs îi feu, el
contre la jiudle donne la pierre qui est aucliicn.
Batkeiue, se dit aussi He la manière de
baltrJ le tambour. La batterie des Gardes
Françoi'-es, la batterie des Suisses, etc.
Il se dil aussi d Une ccrlaiuemanièri; dc«jooer
sur la Guitare. Rien ne plaît tant sur la guitare
que les batteries.
On appelle Batterie de cuisine, Les uslen-
•iles oui servent à la cuisine, et qui sont ordi-
naireuiciit de cuivre battu. Acheter de la batterit
lie ciii.'viiie. Voilà de belle batterie de cuisine.
n.^Tl'EUR. s. m. Celui qui aime i battre, h
frapi)er. Eji ce sens, il ne se dil guère que dans
c.^9 pluascs du style familier ; Batteur de gens.
Batteur de paysans.
Ou aitpcWe Batteur en graïqe, TJn liomnir
qui, apr.'s la recolle, fait fcorlir le grain de ti
jiaille avec un -léau dont il la bat; Batteur
d'or, Un ouvrier qui bat les feuilles d'or pour
les aplatir; Batteur de pavé, Un fainéant qui
n'a d'autre occupation que de se promener dois
les rues; et Batteurs d'estrade. Des gens déta-
cliés pour aller à la découverte.
l'.u termes de Chasse , on appelle Batteurs ,
Des hommes employés à battre le bois pour en
faire sortir le gibier.
BjVTI'OIR. s. m. Espèce de palette à manche
court, enduite de colle et de nerfs, recouverte
de parchen)in, et dont on se sert pour jouer à
la courte paume. Jouer du battoir. L'un jouoit
delà raquette, el l'autre du battoir, L'n beau
coup de battoir.
II se dit parcillenîcnt Des palettes à long
inauche, desquell s on se seit pour jouer à ta
longue paulir.-. Ou ne juuoit que du battoir à
lu iunnue paume.
It.MToin, se dit aussi d'Cne grosse palette
de bois, avec l.iquelle ou bat la lessive. Un
haltotr de lessive.
B.VITOUXJIE. s. f. (On prononce les T.)
Répétition inutile d'une niâmc chose. Ce n'es'
Iju'une batli lorjie couliiiue/ic.
ByVT
BATTRE. V. a. Je hats^fu hatSf il bat :
uoits hiittonsj 'Vous buttez, ils battent. Bats^ Je
hattoia, je battis , je battrai Battant, battu.
Piajiijcr, donner des coups pour futrc du ina!.
Battre un honwte. Battre tjuehju'un à coups de
voiiiq. Battre un chien.
On dit prnvcrhialeiïi. Battre un homme dos
et ventre^ le buffrc comme plâtre, le huttrc
comme un cïiien,pnurdire, Le battre avec excès.
On dit fif^urcm. Buttre cjuehpi'un n terre,
pour dire, Accabler qucli]u'un qui n'a plus la
force de se défendre ; et on dit aussi, Se laisser
battre à terre, j)Our dire, Se laisser accahlcr,
opprimer sans y opposer aucune défense. On
dit encore proverbialem. Battre le chien desuuit
le lîoi', pour dire, Faire une réprimande ù
quelqu'un devant une personne plus conside-
labîe, afin qu'elle se l'applique; et Battre le
chien devant le loup, se ùiî De ceux qui feignent
dVtre désunis, pourinieux' tromper leur ennemi.
Ou dit familièrem. cl p-overbial. îl fait bon
lattre un glorieux, il ne s^en vante pas, pour
dire, qu'Un liomme vaîn aime niietix endurer
lies luimilialions secrètes que de s'en pliindrc.
Ou dit de même, S'il ne tient cpiW battre,
la vache est ù nous,, pour dire, qu'Au besoin
on ne ménagera jras les moyens de force pour
venir à bout de ce qu'on désire.
On àil aussi nroveriiialemenl, A battre
fiut TafTiour, pour dire, Que les mauvais irai-
tenicns font cesser rnniour.
On dil, Battre ïes ennemis, pour dire, I.ra
vaincre, les défaire: Notre aile gauche battit
l'aile droite des ennemis , el, Mener hatla},t le:
ennemw, pour dire, Les poursuivre, ai>rès les
avoir mis en déroute. Et iîgurém. Mener bat-
tant , se dit , Lorsque dans une dispute on pressï
son adversaire de tant de raisons, qu il ne sau-
roit Y répondre. Il tdchcit de sonteJiir son opi-
nion, mais un tel le mena battant.
H se dit aussi, Lorsque dans le jeu on a une
Jurande supériorité de fortUTK? sur celui contre
qui l'on joue. Je n\ii pas gagné un coup, il
m'a toujours mené battant.
On dit. Battre «ne Vdle en ruine, poiii
dire, Tirer de l'arlillerie sur luie Ville pour I;i
ruiner. On dit, Battre une muraille en htcche,
peur dire, 1, a battre pou'fjire I>i relie; fignrém.
Battre un homme en ruùie,ponr dire,repons
ser, le réduire i'i l'extrémité dans la dispute,
dans les aflàircs qu'ojii a contre bii.
(ÏD dit aussi figurém., Battre en ruine un
système, un argument, etc. pour dire, L'atta-
quer avec des raisous si fortes, qu'on n'y puisse
rien opposer. Et en parlant He qu-dqn'un qu'on
a complétemcul refulé, on dil, On Va battu de
vingt raisons sans rêpUgne.
B\TTiic,se dit De diverses clio^^cs sur les-
qui'lles on lôuclic fortenirnl avec .-idereus ins-
tiuiiiens . comme , ijuffre une ((ij.'isseric, pour,
La nettoyer; Battre un noyer, pour, En faire
tomber les noix; Battre du papier, battre le
fusil, battre du blé, battre en grange, battre
le beurre, battre du plHrc, buttre la lessive,
battre monuoie, battre des armes à froid, haltic
le fr sur l'enclume.
BAT
On dit, Battre des Livres, pour dire, Don-
ner des coups de marteau sur les feuilles d'un
Livre pour les presser, afin que le papier en
Roil plus uni, le volume plus mince, et que la
reliure eu soit mieux faite ; Battre la terre . pour
dire, La rendre unie avec une batte; et. que
La pluie a battu la terre, pour dire, qu'Kllc a
rendu la terre plus ferme.
On dit , qu't/ne rù'icre bat les murs d\tne
inlîe, les nniniîHes d'une rnuisun, pour dire,
l]u'l'".ile passe tout aupr^t.
On dit, Battre les cartes, pour dire, Txîs
Uiêlor ; Battre des (vu(s, pour dire, Les mOler
H les brouiller ensemble ; et Battre la mesurCy
en Musique, pour dire, Marquer la mesure en
lidussaut et baissant la main, dans laquelle on
lient ordininairement un bùlon ou un rouleau
de papier. Vous ve battez pas bien la mesure ^
vous la battez trop vite, trop lentement.
On dit aussi. Battre le tambour, battre la
caisse, pour dire, Frapper sur le tambour avec
deux petites baguettes; et. Battre l'assemblée ^
hatire la marche, battre aux champs, battre la
cJiarge, battre la retruid', pour diic,Battic le
tauJjour pour rassemblée , pour la marche,
pour faire charger les soldais dans le cojnbit ,
pour faire qu'ils se retirent.
On dit, Battre la chamade, lorsque d.tns
une ville assiégée ou bat le tandjour,pourmïir-
juer qpi'on vcjut capituler, lit ou dit, Battre à
ïa Frani;oise, battre à ta Suisse, pour dire.
Battre le tambour comme les François, comme
îcs Suisses.
On dil. Battre le fer, pour dire. Faire àou-
rcal des armes : Il y a lonq-temps qu'U bal Is
fr dans les Salles; et figurruient d'Un homme
qui s'exerce depuis long-temps à quelque élude,
.'i quelque profession, (\ull y a long-temps
ru\l bat ïe fer; et proverbial, et figurémeiil ,
qu'iï faut battre le jrr pendant gu'il est chiud,
pour dire, qu'il ne faut point se relâcher dans
ia poursuite d'une aflàire , quand elle est en
lion tnin.
On dit en tenues de Guerre, Battre IVs-
lrj(?e, battre la campagne , pour dire. Courir
ilc-çâ et dc-l.'i dans la canqiaj^ne, aGn d'avoir
l'.cs nouvelles ôvs cimrAms. Buttre la campngnc,
se dit fi;;urèm. d Un bimnit qui dans mi dis-
roifts s'éloigne de son sujet ptr des dif^re; iions
fiefjuentes et inutiles, ou d'un homme que la
maladie a fait tondicr dans le délire. On dit
aussi, Baïïre la c(impuqne,pourdire,Rcpo!idic
vaguement, avec dessein d'éluder uuequcttion,
une objection.
On dit . qu'L-n homme bat le pavé, s^amusc
à battre le pavé, pour dire, qu'il va el vient
dans xmti ville en plnsieurs endroits difl'érens,
sans auciuie oceupuion sérieuse; et, fitilïre bien
du pays, pour dire, N'oyager en beaucoup de
lieux difl'érens. Et on dit fi;;uiéui. d'Un homme
qui par'.e Ijcanconp cl de beaucoup de clioses,
que C'est un homme gui but bien du pays en
peu de temps.
On dil, Battre le bois, battre la plaine,
pour dire, Les pitrcourir eu chassant. ?ions
battîmes tout le bois et toute la plaint j ians
BAT
voiwolr trouver th gibier • et proverbialement.
Jl a battu les buisscnsy et un autre a pris L\^
oiseaiLCy |iour dire, Il a eu beaucoup de peine.
et un autre en a profité. El eu pulaiu des pei-
nes qu'on se doitne pour une cliosc «]ui ne pcul
pas réussir, on dû proverbialement et Hgiué-
nient. C'est battre Veau,
Battre, est aussi verbe acutrc. Ainsi nn
dit, que Le cœur bat à tous les animaux^ pour
dire, qu'il se meut d'un mouvement continuel;
que Le c^fur bat à (juehju'un^ pour dire, qu'il
a une espèce de paIpilatio:i de co-'ur; et figuiv-
ment, que Le c.ciir, que le pouls bat à quci-
tfu'uHf pour dire, qu'il a peur.
On dit, qu't n oiseau bat de l'aile^ pour
Hire, qu'il trémousse de l'aile; et figun;nieiit ,
quVn homme ne bat plus (jue d'une aile, pour
dire, que Sa santé, sa fortune, non activi!é,
fconi extrêmement diminuées.
On dit aussi, que Le fer d'un cheval hnî>
pour dire , qu'il loche ; et , que Le Soleil bat à
plomb en fjuel(jue endroit ^ sur la tête de qucl-
tjn'un^ pour dire, qu'il y darde peipendiculôi-
remeut ses rayons.
Ou dit, Le tambour bat^ pour dire, qu'On
entend te son du tambour. On dit, Marcher
tambour battant, pour dire, Marcher au son
du tambour} et Sortir tambour battant^ pour
dire, Sortir avec les !ionneurs de la gucn*e.
On dit fîgurcm. Mener tjucltfuun tambour
battant, pour dire, Le traiter sans aucun nic-
uaf;enieulî et, Faire une chose tambour bat-
tant, pour dire, La faire au vu cl au su de tout
le monde.
On dit, Battre des maÎAS, pour dire, Ap-
plaudir.
Ou dit provcrb. Tant qu.' lame me battra
dans le corps y pour dire, Tant que je vivrai.
On dit, qu'Ln homme a battu froid à (juel-
tfu'un , pour dire, quTl la reçu avec froideur;
qti'/I bat froid y pour marquer qu'il reçoit avec
froideur ce qu'on lui dit, ce qu'on lui propose;
et qu'Un homme bat en retraite ^ pour dire,
qu'il commence à se détacher du commerce du
monde, ou d ■ quelque engagement qu'il avoit,
ou simplement pour dir«, qu'il se retire de la
conipa;;nie où il est.
lÎArTiiE.sc dit aussi au jeu deTrictrac, lors-
que p:ir le point du dé, eu partant d'une flèche
ou vous avez une ou deux dames, vous frap-
pei une dame découverte de voire adversaire,
ou fon coin. Je bats utie telle dame par cincj et
iix. Je bats les deux coins par sonnez.
Batti\e, se mil au^^ï avec le pronom per-
sonnel, et signifie , Condi;itIre. Se battre à pied
et à chevaL Se battre en t'uel. Il a désarmé ce-
'ni conlre t^ui il se battoit. C^est un homme tfui
se but bien. Ou dit, Se battre en retraite^ pour
dire. Combattre de telle sorte qu'on ne laisse
|#i5 de se rctinr.
Eu juirlant d'Un Oiseau do proie qui se
tourmente, qui s'agite sur la perche ou il est
elLicîië, on dri, qu'il se bat a la perche. Et on
dit fijuiéiuent, qu Un homme se bal à la per-
dit, i»our iLr«, qu'il »e tourmente fort inaiilc-
Lli II».
BAU
r>ATTC, VE. p.irticipe.
On dit. Avoir les yeut battus, pour dire,
Lis avoir comme nieurti»; et, Avoir eu sou-
vent^ avoir eu toHcj-temps les oreilles battues et
rebattues d'une affaire^ pour dire, En avoir
oui souvent parler.
On appelle C/jemm tfl(t«. Un chcn-.in fort
fréquenté. Et on dit figurenient, quï Dans la
plupart des affaires ^ 'il vaut toujours micii-r
suivre le chemin hattu^ pour dire, qu'il vaut
mieux suivre l.i route la plus ordinaire et la
plus commune.
Ou dit aussi fi;^i*rémcni, Les roufcA battues^
pour diic, Les piocédés ordinaires, Its moyens
connus.
Ou (lit, qu7//i l'dissfflu a été battu de To-
rafjc, df la (cmpcte, pour dire, (]u'Il a été tour-
menté par la temple.
Kl G;;urém. en i>irlanl d L^ii homme qi'i est
coiis'crué de heaucuiip de dis,^!.*res (jui 'uisonl
arrivées l'une sur l'autre, on dit, qu'il est
battu de Voiscau.
On dit provcrb. /iiitant vaut bien battu nue
mal battu, pour dire, qu'il v a de certaints
clioses qu'il ne faut ])oint faire à demi,que]iiuc
danger qu'il y oit, et quelque dommaje qu'on
en jmissc recevoir; et, que Les battus paieront
l'amende f pour dire, que Ceux qui ont éti mal
Iraités, seront encore hlàmcs. El dans celte der-
nière phrase, Battus t si cmplovc substanlivem
BATTUK. s. f. Tenne de Cliasse, qui se dii
d'Une assemblée de j;eus qui baUvni les Jjois el
les tùllis avec grand bruit, (louren faire sortir
les loups, les rouiir Is et auircs l>ctes. Il faut as-
sembler des paysans pour faire une battue dam
ce bois.
BATTURE;. s. f. Espèce de dorure qui se
fait avec du miel, de l'eau de colle et du vi-
naigre.
EAU
BAUD. s. masc. Chien courant qui vient de
Barbarie. Il chasse le cerf. On l'appelle aussi
Chii>n muet, parce qu'il cesse d'aboyer quand
le c rf vient au change.
BAUDET, s. m. Âne. Être monte sur un
baudet. L^apoloquc du cheval et du baudet.
Fi;;nrément et par injure, on appelle Bau-
det, Un homme stupide.
BAUDIR. V. a. Terme de Chasse. Exciler les
rhirns du cor et de la voix. On baudît aussi les
oiseaux.
Bai Di, iK. participo.
BAL OUI EB. s. m. Large l>an le de cuir ou
d'élotTe, qui ] end en écharpc, cl qui sert à
porter i'cpie. Baudrier de cuir. Baudrier en
broderie.
BAUDRUCHE, s. m. Pellicule de boyau de
Ijoeuf , dont les batteurs d'or se servent pour
réduire l'or rn feuilles.
B.VUGE. s. f . Lieu fangeux, où le San;;Iicr
se r.'tire. se couclie. Faire sortir un ^anqlter
l'e sa hauqc.
Il se dit aussi dtJu certain mortier de terre
grasse, n:6\ce de pAÎlle. Maçonnerie fiite de
bauqe. Lnduire une muraille èc bauge.
BAV i3r
A B.icr.E. Façoii de parler advcrb. île et
basse , qui signifie , l-'.n abondance. Cet homnu
est fort à son aise, il a Je tout à 'jauge.
li.VLKjUE. s. f. Herbe à feuilles ciroites .
ni vient dans les elangs salés. La Bauguc sert
d fumer les terres, et !i garnir de» caisses d'cin-
balla^c.
B.MJ.ME s. ni. Pl.intc trts-odoriR-r.mtc qui
cntie dans les fournitures des salades. Ce ti uu«
es|iice lie SIentlie.
il 82 prend plus souvent pour La liqueur
qui coule de certains arbres. Baume oiicntaî.
Uauinc hliiiic. Baume d'Eijyf te. Baume du l'é-
fou. Baume de la Mecgue.
Il se prend aussi pour Certaines composi-
tions propres aux pluies, et qui servent à les
ronsoliiler. 71 .ïiiil faire un baume excdUut. Il
la cjucri avec sou baume.
On (lit familièrement (t figurement, Celle
liowv'el/e, ce discours a été pour moi un haunte.
.M'a console, a guéri mes inquiétudes, mon
tliagrin.
On dit de 'même, Je n'ai pas de foi à sou
baume, pour dire, J« n'ai point de coufiuiice
aux discours qu'il débite, aux promesses qu'il
fait.
On appelle aussi Baume, Une certaine jiàle
du" senteur, que l'on porte sur soi daijs une pe-
tite boite, contre le mauvais air.
On dit proverb. Cela fleure comme baume ,
pour (lire, O la sent fort bon. Et fi ;uréii:pnt .
in parlant De quciqu/: cliose d'avantajeux que
quelqu'un propose, on dit. Cela flcwe comme
baume. Sa réputal'.ou f.eure comme baume. U
est fainilii.T.
Kti (Chimie et en Plnrmacie, on app- lie im-
proprement Baumci, Crtciinis préparations,
irest ainsi qu'on dit Baume de Soufre, Baume
de Saturne.
BAl'MIER. s. m. .\rl)re qui porte le baume.
B.VU(,>L'IN, s. m. Eu tenues de Verrerie,
Le bout de la canne qu'on met sur les lovres
pour souiller.
B AV
BAVARD, ARDE. adj. qui s'emploie d'ordi-
naire substantl^'ement. f^ui p:u-Je sans discré-
tion et sans mesure. C'est un qrand bavard.
C'est une bavarde. Il est du strie familier.
B.\V,\IlDAtiE. s. m. Action de bavarder.
5or(ons du bavardage , ?»e nous arrêtons pas à
dite des choses vaincs.
U se dit aussi Des discours iusignifians cl
vains. Vodà bien du bavardage. Je mépriie les
bavardages des Commères. Il est du sljle fa-
milier.
U.VV.VRDER. y. n. Parler excessivement de
choses frivoles, ou qu'on devroit tenir secrèti's.
C'est un homme qui bavarde toujours. Il ne
fait que bavarder. Quelqu'un a bavardé. Il est
du strie familier.
BVVABDERIE. s. f. Caractère du bavard.
Cet homme est d'une bavarderie insupportable.
Il se dit aussi dans L' mêmes^-ns que t>uv(irdui7e.
Je sui.ï ennuyé de sa bavarderie.
bavarois:;, subst. fém. In.nision de llii
i32 BAZ
cMi l'on met du sirop de Capillaire au lieu de
sucre.
BAVK.s. f. Salive ijui dccoule di- la lioiicI)i'.
Essu^icr la buve â'uii petit enfant. Un vicilluvct
Il ijiii lu bave tombe le Ipny du menton.
Il se dit aussi d'Uiie espèce d'écume que
jiHent certains animaux ; et de la liqueur vis-
ijucusc qui est dans la coque du limaçon- -L"
hwe d'un limaçon. Un serpent qui jette de la
bave. Bave l'enimeuse.
BAVEU. V. u. Jeter de la bave. les petits
enfin& ne font (jue baver.
BAVKT'i'E.s. f. Pilitc piLte de toile que les
cnfans porlcut p;rr-devant, depuis le liaul de
la robe jusqu'à la ccintuic. Porter la bavette.
Être J i<i bavette. Cet enfant est encore à la
bavette.
Ou dit llgur.-iiicnl qu'L're personne est à la
bavette, ou n'est encore qu'à la bavette, pour
dire , qu'lille est eneoT; trop jirice nour les
choses dont il s'agit,
BAVEUSE, s. f. Poisson de mer, ainsi ap-
pelé sur la côte de Provence, pnrcc qu il est
loujcuis couvert d'une sorte de bave.
BAVKUX, KOSE. adi. Oui liave. Enfant
baveux.
On appelle Omelette baveuse, Une omclolto
qui a ctt passée de telle sorte dans la poôle,
«lu'eîle en est plus mollette et plu» délicate.
BAVOCIIÉ, ÉK. adj. Terme de Gravure et
d'Imprimerie. Il se dit d'Un trait de burin, d'un
contour qui n'est pas net, d'un caraclère qui
ui}npiimcp.isnetlcment. {/neeprrt.veeufOcJiec
BAVOCHEn. v. n. Imprimer d'une manicn
peu neltc.
BAVOCIIURE. s. f. Défaut de ce qui es!
bavoclié,
B/VV'OIS. s. m. Tableau qui contient l'éva-
luation des droits seigneuriaux suivant le prii
courant des espèces.
B.W'OLET. s. m. CoiCurc de Villagcoisa
Un bavolet bien blanc, bien plissé.
B.VVX'UE.s.f. Petite traccqucfont les jointi
des pièces d'un moule.
B A Y
B.WER. v. n,(llseconjuguc>coramePiiyer. I
■ Tcuir la bouche ouverte en regardant long-
tcnq)s quelque chose. 71 ne fait que bayer pen-
dant tout le jour. On dit, Bayer aux corn-xllcs^
pour dire, .S'amusera regarder en l'air niaisc-
snenl.
11 signifie figuréraent , Désirer quelque eliose
avec grande avidité ; et ou ue s'en sert en ce
fcns qu'avec la préposition après. Bayer après
Us richesses, après les honneurs. Il est familier.
BAYEUK, l-;USE. s. Celui ou celle qui re-
garde a\ec avidité, connue les gens du peuple.
La fête attira une infinité de Bayeurs et de
Bayeuses. ,
BAYOX.VETTE. s. f. Voyez. Baiossette.
i; B A Z
BAZAH. s. m. >'om qu'on donne dans VO-
rîeut aux marchés publics, et aux lieux où l'ou
enferme les esclaves.
BEA
BDE
lîDELLIUM. 8. m. Arbre qui croît dcui*; les
Intlt'S et dans l'Arable Heureuse. Il est i']Hneux.
On en tire nne gomme nonnnéc aussi BdeUinm.
On l'emploie pariiculiciemcnt rentre la toux,
et dans les maladies du poumon.
BEA
Bf-iANT, ANTE. Participe de l'ancien vciIh'
Céer, et qui ne s'emploie (jue comme adjeclif",
pour bi^nifuT, qui pit'scule une grande ouver-
ture. Les dnicfons, iCi baleines oni une quciih
hciinte. Le hou alla à hti la queiile hcar.ic.
CoujJ'ie hcunt. Kt on appelle figureni. et fami
lii.'ren;ciit Gueules héuutiSj Ceux qui oni une
continuelle avidité de manj^rr.
liliATjATE. s. lîévot, ou (jiii fait le d(?vot,
L-t il ne se prend guère que dans ce dernitr sens.
C'est ùii héitt j un vrai béat. C'est une béate
(jui n'a pas le sens commun.
Bt'ATj est aussi uu terme de Joueur, el il se
dit d'Un bomnie qui, daiiK une partie de jeu ou
de repas, se trouve exempt de jouer avec les
autres, et de payer sa part. iVoîis sommes cinq
à jouer le reptis, faisons un béat ^ et jouons
deux contre deux.
Bîi:ATIFICATION„s. f. Acte par lequel le
Pape , après la mort d'une personne , dcclare
qu'elle est au nombre des Bienheureux.
BÉATU'"IEii. V. a. Mellre au nomlire des
lîienhcurcuxi Le Pape a béatifié un tel. Il est
béatifié, mats il n'esL pas encore cammiié.
'ÎÉ4TIF1É, ÉE. participe.
BÉATIKIQUK. adj. (^):ii rend lîcnliciucux.
La vision hèatijique dont nous jouirons en la
présence de Dieu. Il n'est d'us.ige que dans
cette phrase du style dogmatique.
Cn dit provcrbidlcmoiit, Les Grands croient
nue leur vision est béatijique, qu'il suffit de les
voir pour être lieureux, sans qu'ils se donnent
aucun soin pour cela.
BÉATILLKS. s. f. pluriel. Menues cliose^
délicates, et propres à manger, que l'on met
dans 1j3 pât^s et dûus les pciapcs ; comme ris
de veau, crèlcs de coq, foies gras, etc. Tourte
de héatilles. Assiette de héatilles.
BÉATITUDE, s. f. Félicité , bonltrur. Il ne
se dit guère que De la félicité éternelle. La
vraie héatii'tde consiste dans la vue de D'îu.
Les avant-qoûts de la béatitude. Parvenir à la
hcutitud2. Jouir de la béatitude. Il n'y a point
devcii'ahle béatitude daus b^ niondi'. Il ne se
dit f;u';re au pluriel qu'en celtt; phr.ise, Les
huit [béatitudes.
BEAU, BI'XrK. adj. Qui a 1rs proportions
de traits et le mélange des couleurs nécessaires
pour plaire aux yeux. Bcauvisaqc. Beau corps.
Beaux yeiur. Belle bouche. Belle femme. Ellv
est belle à ravir. Un enfant beau comme le jour.
U se dit aussi par rapport aux seules pro-
portions. Avoir la taille belle. Avoir la jambe
belle, les mains belles. Une belle s((iïuc.
Il se dit aussi Des animaux qui sont bien
proportionnés dans leur espèce. Un beau cheval.
Un beau chat. Une belle jument.
BEA
Il se dit nussi De l'aeiémcn» et dp l'éclat de*
couleurs. Beau teint. Beau coïorts. /Jolies cou-
leurs. Beau vert. Belles fleurs.
El dans cette acception, on dît d'Un Pays,
que Le sanq y est beau, pour dire, que Com-
munément les Iiabitans y sont bien faits, et
surtout ont le teîut beau.
Il se dit aussi Des sons qui plaisent aux
oreilles. Belle voix. Beau son de voix. Beaux
accords.
U se dit encore d'Un air pur et d'un ciel
serein. Beau temps. Beau jour. Il fait un beau
Soleil. Beau clair de Lune. Belle nuit.
On dit figurément, Mettre une c/uwe, urt
raisonnement dans un beau jour, pour dire.
S'expliquer avec clarté.
Beau, se dit aussi généralement De tout ce
qui est agréable et excellent en soit genre. Beau
jardin. Belle allée. Belle avenue. Belle riVière.
Belles eaux. Belle vue. Belles étoffes. Belle
maison. Be.r.ix meubles. BcaiLr habits. Beau
diamant. Beaux rubis. Eellz Uirnuoise. Belle
éweraude. Belles perles^ etc.
Il se dit aussi De l'âme. Cest une belle dme.
Il se dit encore De l'esprit et de ses opéra-
tions. Beau génie. Belle imaijination. Belle
mémoire. Beau loëme. Belle Haranquc.Beaux
Vers. Belle pièce de 1 héâtre. Belle pensée.
Beau tour de Vers. Belle période. Beau raison-
neinent. Beaux sentimens. Voilà les beaux
endroits de ce Livre,
Bel, se disoit autrefois, et ce terme est de-
meure encore en usage dans ces noms, P/ii-
hppe4e~Bel, Charles-le-Bel. Aujourd'lj ui i>Vt
ne se dit que devant un substto'.it' MU^ulier
qui connneiice par une voyelle ou par un h
non aspiré. Bel esprit. Bel homme. Bel oiseau.
Une maison en bel air. On dit aussi Bel et bon.
On dit, Un bel dge, pour dire, Un grand
ùge; et Le bel lïye, pour dire, Le temps de la
jeunesse.
On dit de même , Il y a beau temps , il y a
beau /oiir, il y a beaux joitrs qur je ne Vai vu,
pour dire, Il y a long-temps que je ne l'ai vu-
Il est du style familier.
On dit, quU.n hontTne est du bel oir, pour
iliic, (pi'll a les manières des gens de la Cour.
On dit familièrement, qu'/ï fait le beau jîls ^
pour dire, qu'il aflecle de paroilre l>eau, qu'il
a grand soin de s.t j>ersoiine; et qu'/i fait le
beau parleur,, pour dire, qu'il aifecte de bien
parler.
On dit, Le beau monde, pour signifier, Les
gens les plus polis. // voit le beau monde. Il
est du beau monde.
Beau, se prend aussi quelquefois pour Crnnd
dans son gcure. Ainsi on dil , Faire beau (eu,
pour dii"c, Faire grand feu; C'est un beau
mangeur^ c'est un beau dîneur,, pour dire.
C'est un grand nnmgeur; qu't/n homme a eu
belle peur, pour dire, qu'il a eu grande peur;
et qu'/i fait belle dépense, pour dire, qu'il fait
grande dépense.
On dit aussi , quX'n homme est beau par-
leur,beau danseur,, pour dire, qu'il parle bien,
qu'il danse bien ; el qu7l est bel homme de
BEA
c/iLV.il, pour dire, qu'il est de lonuc grûce à
clieval. Ou appelle Beau JousuFj Celui ciiii
juuc fraiicliement , saus se fâcher, et qui ncf^it
puiiiC d'incident.
Ou dit aussi. Avoir les armes belles ^ pour
dire, l'aire bien des armes et de bonne grAce.
Et on (lit,qu'6n cfiei'al porte beau, pour dire,
qu'il porte bien sa Ictc.
UuAU, se prend aussi pour, Boa, licurcux,
favorable. L'occasion est belle. Kl en certains
jeux, comme le billard et la paume, on dît,
Faire un beau coup, pour dire, Faire un coup
fort adroit.
On dit proverbialement, A beuu jeu, beau
retour, pour dire, que L'on aura, eu que l'on
r eu sa rcviinche de quelque injure.
On dit aussi, Donner beau jeu, pour dire,
Donner des caries qui font un jeu favorable; ei
fij^urûm. Donn^ir beau jeu à (juelau'un , pnui
dire, Lui présenter une occasion favorable de
faire ce qu'il souhaite. On dit d;uis le même
sens, Avoir beau jeu.
Et dans les jeux de hasard, on dît, Faire un
beau cuu/J, pour dire, Faire un coup fort heu-
reux.
Beau, se prend aussi pour Uojinète« bien-
séant. Cela n'est pas beau à un jeune liomnic.
iiicn n'est si beau aue la modestie.
lÎE.\c,scdii quelijuefuis iront'.juement^ dans
un sens fort coulraire i sa pitïpre si^niHcution.
Ainsi on dit f;.nAlièrement, eu paiiant d'Uu
homme qui ruine sa santé et ses affaires par la
«^cbauclie, qu7i se f,iit beau garçon; d L'n
homme t|iii s'est enivré, qu'i/ s'est fuit beau fjar
çou; De ceini qui ne tient point ce qu'il pro-
met, qne C'est un beau prometteur ; De celui
qui a fait quelque cliose de mal A propos, qu'/l
a fait une belle é(juipée; d'Un lionune qui
commande sans en avoir {'.lutorité, qu'/I u /(
coniman lement beau; et d'Un homme qu'on
liiépr»<e, Voilà un bel homme.
Ou le dit aussi Des choses. Voilà de beaux
discours j de beaux raisonnemens , de beaux
t'onles,
D'AU, se joint aussi k des lemics de mi-pris
et d'injure, pour en augmenter en quehjue
sorte la force. C^cst un beau fripon. L n beau
co(|tiîn. Un beau maraud.
l\ se joint pairillcment àdivers aulrestcrmes
piT une espitc de rôdnudance. (l s'en alla un
beau matin, une M^e nuit. Il Va déchiic à
belles dents. On Va vendu à beaux deniers
compltins. Il a reçu son argent à belles baise-
mj 1115.
ICt en parlant De quelqu'un avec qui on ne
vctu plus ovoir de commerce, on dit, Il fera
ne.Mi, ou il fera beau temps, (piand je Virai
voir. Lt pruverliia'ement , quand on veut rc-
jcler quelque proposition, on dit, Cchi est beau
et bon , mtjîs Vurgcnt vaut mieux; et, Voilà
un beau venez - y ^ voir , pour dire, que La
chose dont ou parle ne mérite pasqu'on yfa.sse
attention.
Beau et Bellk , se prennent quelquefois
substanlivcmcnt. Le beau. Le souverain beau.
i^uand on acheté, il faut prendre du iea,!. Il y
lîEA
a de beau dans cet ouvrage. C'est un Iwmnic
cfui fuit le beau. Elle fuit la belle. Il aime les
belles. Aller de belle en belle.
Ou dit, Une belle, pour signifier. Une
femme qui a de la hcauCt; mais on ne dit L'n
^beau^quc dans uu sens ironique, pour signi-
fier, Un homme qui fût le fcenu, c'csl-Ji-dire,
(^>ui se fi;;ure Télre, ou qui étale sa beauté avec
orgueil. Je me dtfie de tous ces Beaux , ils sont
très-commun iment sans mérite.
On dit, qu7/ ftil bcau^ ytour dire, qu'il fait
beau tciiips; qu7/ fait beau dans un tel lieu,
pour dire, que Ce lieu est beau, aj;rcable ;
qu7i y fera beau march.r , [xiur dire, que l.c
temps y sera propre pour niaiclur; qu7f fait
beau courre dans une foret , pour dire, que Le
terrain eu est conmmde.
Ou dit aussi. Il fait beau l'oiV, pour dirr.
Il est agréablcj de voir : Il fuit beau voir un
Général à la télc de ses troupes ; et ironique-
ment, Il vous fait beau voir, pour dire, \ ous
avez bien mauvcùse grâce h....
On dit aussi. Vous «ves beau faire et beau
dire, vous avez beau prier, beau pleurer, nom
avons eu beau suIhci^T, ils ont eu beau se récrier ,
pom- dire , (^'esi inutilement que vous priez
que vous pleurez, que nous avons sollicité,
qu'ils se sont récriés.
Ou dit à la Paume, Donner /«eau, pour dire,
Jouer la balle de niariicre qu'elle soit facile i'i
prendre ; et Donner beau sur les deux tu:ts.
(^(uand la balle purlf sur les deux toits, et esl
disée à jouer.
Et on dit h^un'nient, Donner beau, pour
dire. Donner à quelqu'un une belle occasion
ds dire ou de fuir.; quelqiu: chose; et, Donner
beau à ses ennemis, pour dire. Leur donner
des moyens, des occ-islous do nuire.
On dit familièrement. Vous l'avez beau,
vous ne laurez jamais plus beau, peur dire,
Vous avez une belle occasion, vous n'en aur-z
jamais une plus belle; et, Vous mêla baillez
belle, pour dire, Vous vous moquez de moi.
On dit, Prendre sa belle, pour dire, Saisir
l'occasion.
Ou dit proverbialement, La plume fait
le bel oiseau, Les beaux habits relèvent l;i
beauté.
Bien et beau , Bel et bead. Façons de
parler adverbiales et pojïuïaircs , pour dire ,
Toul-ù-fait, entièrement. Il refusa bien et beau.
On dit, De plus beau en plus beau, pour
(lire, que Les br.aulés d'un ouvrage, l'intûit
d'un drame, vont toujours en croissant.
De plus belle. Autre façon de parler ad-
vcrbi;ile, et qui n'est que du style familier,
pour dire. Tout de nouveau. Quand tout le
monde jut sorti de table, il se mit à boire en
core de plus belle. Il s'étoit retiré du monde,
mais il y est rentré de plus belle. Il avoit
promis de ne plus jouera cl il a recommencé de
plus belle,
I£n beau. Façon de parler adverbiale. Sous
un bel aspect, sous une apparence favorable.
Veindrc iptclyt'un en beau, se dît i.int au pro-
pre qu'au ligure, pour diie, l'jiiie \aloir dij
BEA
i33
préférence ce que quelqu'un a d'avantageux.
Cet homme voit tout en beau. Cette affaire 40
présentoit en beau. Cela est peint en beau.
ToL'T BEAU. Façon de parler adverbiale,
pourdii«,y^rre'(es, modérez-vous, modérément.
BEAUCOUP, adv. de quantilé. U Va dit
beaucoup de fois. Il y ^i beaucoup de gens. Avoir
beaucoup d\irgeiit^ inuiucoup de bl-, beaucoup
de fruits. Ils sont beaucoup d'héritiers à par~
tagcr cette succession. Beaueoup de gens pen-
sent ainsi. Ilyena beaucoup ipii disent que, etc.
L'Lcriluro dir, qj7i y u beaucoup d appelés, et ■
peu d'élus.
On l'emploie nbsolumentdans le môme sens,
lorsque la chose qu'on n'expriine point peut
ùlie aiscmcnl sous-entcuduc. Ainsi on dit, C'est
un homme qui s«i( beaucoup. Il a beaucoup lu.
Il dit beaucoup en peu de paroles.
BuAUCoiJ», mis devant ou après le compa-
ratif, sert i» marquer une augmentation consi-
dérable: : s'il esl mis aprôs , il doit toujours être
précédé de la particule de. Vous êtes plus savant
de beaucoup. S'il est mis devant, ou peut éga-
lement dire, Vous êtes beaucoup plus savant,
vt vous êtes de beaucoup plus savant.
Bkalcolp, *,eit aussi à marquer quelque
eliuse d avantageux ; et alors il s'cjuploie comme
un substantif. C'est beaueoup que de savoir
commander. îl sait déjà le Latin, c'est beau-
coup pour son ugc. C'est faire beaucoup que de
commencer.
Il se dit ironiquement. C'est beaucoup s'il
î'orw regarde, A peine rcKaidc-l-Jl les gens.
C'e-it leaucoup si vos fraie vous rentrent, A
peine les retuerez-voi;s.
Beaucoup, lient lieu quelquefois d'adverbe
lie temps. Ainsi on dit, Parler bcaucoup.^ mar
cicr beaucoup, attendre beaucoup, pour dire,
t*::rlei- longtrmps, marcher long-temps, atten-
dre loi.g-tomps.
On dit, Il s'en faut beaucoup, pour dire,
qu'il y aune grande diflcrence. Le cadet n'est
pas si sage que Vaîné, il s'en faut beaucoup. Et
on dit, Il s^en faut de beaucoup, pour dire,
que La quantité qui dcvroil y être, n'y est pas.
Vous ctoyez ni avoir tout rendu, il s'en fautde
beaucoup.
BEAU-FILS. s. m. Terme relatif, qui se dit
Oc celui qui n'est fils que d'alliance par maringc.
C'est votre bcau-lils, vous avez épousé sa mère
Un enfant dont le père s^est remarié, est le
hean-jtls de la seconde femme de son père.
BEAU - FKÈRE. s. m. ^ora d une aorte
d'alliance par mariage. C'est le frère de votre
mari, et par conséquent votre beau-frcre. C*est
mon beuu-frère, j'ai épousé sa saur. C'est mon
beau-frère, ilaèpousé ma s<iiir.Ih sont leuu.i-
frèrcs, ils ont épousé les ilcHX scturs
BEAU-PÈRE. s. m. Nom d'alliaucp, qui se
donne par un mari au père de sa fciume, ou
par une femme au père de sou mari, ou par
des cnfans au second mari de leur mère. C'est
U père de votte mari, ci par conséquent vode
beum-père. C'est mon beau-père, fat épousé sa
fil}e,C'eM mon beau-père, il a épousé ma mc»e.
BEAUPRE, s. m. >om d'un des mils d'un
i34
EEC
vaisseau. 11 est le plus nvancû sur la proue , et
n est couché sur IV-peron.
îiEAtrrÉ. s, f. Juste proporlion des parties
<iii corps, avec un agrirahle nitîlange des cou-
leur. Il se dit proprement Des personnes, cl
porticulitrrcnicnt du visrij^e. Lu beauté tlu corps.
La hcauté du visitqc. La beuulc d'une femme.
La beauté de la tailU. Une femme (jui a soin
di sa beauté, qui néfjlifjc sa heattîc. La betmtc
s€ pasôe en ;icu de temps. Sa beauté est par-
faite, accomplie. Elle a une biouté naturelle.
Beauté artificielle. Grande becuté. Beauté fade,
journalière. Ueaulé animée. Benuîc bien conser-
vée. Entretenir sa beauté. Conserver^ néfjli'jcr
%j liante. Sa beauté est né(jll(jée.
hu.KVTtf se dit aussi De chacjue in'Ilf piT-
«onne. Une jeune beauté. Vne beauté dèd:ii-
qneuse. Une beauté fère. Toutes les beautés de
la Cour étoient de celte assemblée,
Beaiti':s, se dit au pluriel Oe la réunion de
, plusieurs belles choses. Les beautés de cet ou-
vraqe sont sans nombre. Cette femme a mille
beautés. On ne peut détailler toutes les beautés
oui se trouvoit réunies dans cette Vdle.
On appelle Beauté Grecoue et Beauté Bo-
maine. Des femmes dont la beauté se rapporte
h l'idée de la beauté que l'on voit dans les sta-
tues et dans les ratîdailles de la Gtèce et de
Rome.
Il se dit aussi De ce qui touche agiénblemenl
les sens et l'esprit. La beauté du jour. La beauté
Au cîclj de la terre ^ des feursj des eaux^ des
arbres. La hcnuie des animaiLx: d\n cheval,
il'un oiseau. La beauté d'une loix, d'une nm-
siquCj d'un concert, La beauté de l'esprit. La
beauté des pensées, La beauté de Vdme. La heauti
des tentimens. La beauté d'un ouvracje.
DEC
BEC, s. m. La partie qui tient lieu de bouche
aux oiseaux. Lonq bec. Bec ccurt, auju, lurqc.
crochu. Un oiseau qxii se ilcjctid du bec, qm
donne un coup de bec.
On dit figurém. d'Une personne, qu*7C//c (i
hec et onqlesy pour dire, qu'Elle sait w: dé-
fendre de toute manière; C[r\'Elle a bon bec.
pour dire, qu'Elle parle avec une vivacité, avec
une hardiesse, accompagnées quelquefois de
malignité; <\ii Elle a le bec bien afj.léy pour
dire,qu"Elle parle t^icilcmcnt; et, f[aElle •j\i
que le bec. quelle n'a que du bec, jmur dire,
qu'Elle n'a que du babil. Ce sont des phrasrsdu
style familier.
En ce dernier senSjOp dit aussi dans le stylu
famiiier, Se défendre du ftec, pour dire, S-- dé-
fendre de paroles; Se prendre de bec ai'cc quel-
qu'un^ pour dire, L'attaquer de jiaroles. et en
être att:iqué de même; Donner un coup de bec,
pour dire, Lancer en passant un trait pi>(u;inl,
un trait de médisance; et proverbial., Etre prii
par le bcc^ pour dire, Être convaincu par ses
propres paroles.
On appelle par mépris ou par badinage ,
Jjlanc-bcc^ Un jeune homme sins expérience.
Vous n^êles qu'un hlanc-hec. Ce blanc- bec tient
tdte à tout le monde. Taisez-vuus^ blanc-bçc.
BEC
On dit , 3fon(rer ti quelqu'un son bec jniinc,
pour dire, Lui faire voir qu'il n'est qu'un igno-
r;inl; Lixi faire payer son bec j(iU«e,pour dire,
Lui faire p;iycr sa bienvenue ( Dans ces deux
phrases, le c ne se prononce point ); et, Tenir
quelqu'unle bec dans Veau^ ù Veau, pour dire.
L'amuser de belles paroles, de belles pro-
messes, ou simplement , Le faire attendre long-
temps.
On dit r-ïnûlièrem. Passer la plur.ie par U
bec à quelqu'un, pour dire, Le irnmper, h
îrusirer adioitement de ses espérances, de ses
prétentioce; et, Faire le bec à quchnVun, puui
ilire, L'.'ailrTiire de te qu'il doit dire. El eu
parl-iut d'un accuse, on dît. qu'/I a bon bec.
pour dire, qu'il ne répend ncn (jui puisse lui
[ rejudicicr.
On dit aussi fanniién-m. , Causer hec à bec ,
pour dire, Parler tèle a \f-Ae : i\n' L ne femme f'u il
le petit hec, pour dire, qu'elle fuit la pctilc
houche. Et on appelle Bec de licvvc. Une per-
sonne qui n la lèvre d'en haut fendue.
Bec. s. m. Il y a plusieurs instrumens d'
Chirurgie auxquels on donne ce nom, et ils onl
un surnom suivant leur forme, tels que Bec d(
cane, Bec decyqne. Bec de corbeau ou de cor-
tin. Voyez Bec-de-Coiïdin.
Bec, se dit aussi figurtîm. De la pokite de
certaines choses. Le b'ec d'une plume. Le bec
d'une aiqulère. Le bec d'un alambic.
Et on appelle aussi Bec, Ccilaines pointes
déterre qui se rencontrent au confluent de deux
rivières. Le hec d\imbr.s. Le hec d'/UUcr.
BEC, en Architecture, Masse de jâcnc de
taille disposée en angle saillant, qui couvre h
pile d'un pont de pierre.
BÉCABUNGA ou feECCABU?«(;A. s. m.
Plante aquatique, qui est une espice de Véro-
nique, l'.lle est antiscorbutique.
BÉCAUD ou BECCAKD. 3. m. La femelle
ilu Saumon.
BÉCARRE, s. m. ('aractère de .Musique en
fonne de petit carré, (pi'on met audevantd'nnn
note qui avoit été haussée ou baisser d'un dcnii-
lon, pour rétablir cette note dans son ton na-
turel. Mettre uti bicarré à une note, devant un:
note.
Ou dit proverbialem., Ignorant par bémol
ainsi qu par bécarre, pour dire, Totalenienl
ignorant. Cela se dit De l'ignorance en tout
genre, comme de celle en Musique.
Il est aussi odjictif des 2 genres. Celte 7iote
est becaiTe.
BIÎICASSK. 5 f. Oiseau de passage, qui a le
bec fort long. 7 ucr une bécasse. Faire un su/iino
de bécasses. Vn ptlté de bécasse.^.
On dit fii;uri-ni. el proverhiah'ni. , La héca.^sa
est bridée, (^>u;mdquelipruu s'est laissé surpren-
dre à une tromperie qu'on lui avoit prép.trée,
BÉ(-.VSSEAU. s. m. Sorte de bécassine, l ucr
des bécasseaux.
BÉCASSINE, s. f. Oiseau plus petit que 1 1
hécasse , qui a aussi le l)cc fort long, et qui
est très -bon à manger. Lue assiette de hécas-
tlnes.
On dît provcrbiah menl , Tirer la Wca^sinc,
BED
pooT dire, Cicher soa jeu, sa supcriorilé, son
adresse.
BEC-DE-C0RBTX.8.in. Instrument de Chi-
rurgie, qui sert de tenaille pour tirer des plaies
les corps nuisibles , et qui est fait comme le bec
d'un corbeau.
Bec-ue-cohbis , est aussi L'ornement appro-
rhant d'un bec-de-corbin mis au haut d'une
canne. Canne à bec-dc~cvrhin. On dit aussi ,
Canne au bcc-à-corbin.
lÎEC-DF.-coMiN , est CHcorc Une espèce de
hnlIcLcrde que porte une compngnie parlicu-
lière des Cardes du Roi, et qui ne sert que
dans les gr;uides cérémonies. Porter un bec-de-
corbin. Gentilhomme à bec-de-corbin. lin des
cent Gentilshommes au bec-de-corhin.
On appelle aussi Becs-de-corbln , Ces soilcs
lie Gardes. La compaqnie des Becs-de~corbln.
BEC- DE-GRUE ou GÉRANIUM, s. m.
Plante ainsi nonmiée , parce que sa semence
:lans (juelcpics-uncs de ses especc.s approclie de
la b;;ure du bec tie cet oiseau, Celle qu'un ap-
[elle i/erfce-ti- Jlofcert , est emplo)'ée contre
dllfércns maux.
BECl'ÏGLE. s. m. Petit oiseau qui se nourrit
ordinairement de Ggucs, et qui est très-délicat
It manger. Munqer des hecfitjues.
HÉCHARU. s. m. Oiseau aquatique de pas-
■age. Les Anciens le nommuicnl P/ic/ucopfère.
BECHE, s. r. Oulil de Jardinage, qui a un
long manclre de bois, avec un fer large et tran-
chant au bout, et qui sert à remuer la lene. Lo'
hourer une fiimchc de jardin avec ui.v. bêche,
BflCHER. V. a. Couper et remuer la teric
avec une bêche. Bêcher la terre.
Proverbialement , en parlant d'Une chose
qu'on regarde roinnie très-diflicile, on dit, J\ii-
merois mieiuv bêcher la terre, que de fine ce
nue vous dites.
BiCHÉ, ÉE. participe.
BIXHIOUE. adj. des -2 genres. Terme de
Médecine. On appelle ainsi les plantes et en ^ï'.-
nt-ral tous les remèdes pn^presù guérir les maux
lie poitrine, surtout la toux.
Il est aussi substantif. Le Capillaire est un
très-bon béchlque.
BEC<^)UÉE ou BfOQUÉE. s. f. Ce qu un
oiseau prend avec le bec pour donner à ses
petits. Vn oiseau qui porte la becquée, qui
donne la becquée à ses petits.
BKCQUETICR ou BÉ<^)UETER. v. a. Donner
lies co(q>s de hec. Les oiseaux ont becqueté ces
fruits-là.
Se BECQUETEn , signifie, Se battre ^ coups
de bec, comme font les coqs; ou se c;»re5scr
avec le bec, connue font les pigeons.
BrcQUETÊ, Éi;. participe.
BÉCUNE. s. f. Poisson de mer qui ressemble
au brochet par la ti;;ure. Il a jusqu'à huit pieds
de long, et il est à craindre pur sa voracité.
BED
BEDAINE, s. f. Panse, gros %entre. Bemplir
sa bedaine. Farcir sa bedaine. Vne grosse hc'
daine. Il ne se dit qu'en plaisanterie.
BEDEAU, subst. m. Bas - Officier portant
. BEG
liagiiette ou mnsse, et servant aux Églises ou
Universilos, pour niai-cli:T devant les princi-
paux OOiders, et pour leur faire faire place. / ii
hedeau de Saint- jLUStache. Le prcmia fceiieuu
de VL'itivi^rsitè.
BKDKGAR. Voyes Éci.ASriEn.
IIKDOS. s. m. Vieux mol , qui sijmifioit au-
trcf.i» Pclit tambour, mai» ijui n'est plus eu
u*;ige que dans celle phrase. Un rjios bedon,
qui se dit par plai>aiiteiie d'Un Immnie gros il
gras. C'est un qros bedon.
BÉE
BÉE. adj. Ce mot ne s'emploie qu'en rcll<i
phrase, Ciaulee bée, qui .se dit Ocs tonneaux
ouverts par un de leurs fonds. Des tonneaux^
des futailles à t^ucule bée.
DÉliR, V. u. qui n'est plus en usage. Ou dit
■ujourd liui Bayer. Voyeî liAYEn.
BEF t
BHNFA-SI. Terme de Musicpie, par lequel
(.n distingue le tonde5i. Le Ion <ieBe-fa-si.
Cet atr es: c/. Re-la si.
BICFFROI. s. m. Tour ou Cloclicr, d'où l'on
fait le gncl, et où l'on sonne l'alarme. On a
sonné lu cloche du beU'roi.
Il se prend au.ssi pour La cloche qu! est dans
l-' lielTtoi, Le beiVrui sonne: et pour La cliar-
pcnlerie qui porte les cloches, Il faut refnirl
le beffroi de celle lour.
BEG
B£CAIKME?5r. s m. L'action de bogayer.
lltCWER. V n. .-iniculcr mal les mois,
les prononcer avec peine, par un delaut de l'or
ganc. 11 se conjugue comme Payer. L'n hommi
qui bégaye si ftrt , qu'on a Inuïes les peines du
monde à l'entendre. Dés qu'il a bu trois verra
de vin , il commence à béqayer.
On dil d'Ln cn.fanl qui commence !i parler,
Hu'llne fait encore que béjayer.El figiircnicnt
on dit , que Les plus qrauds Philosophes ne
font que béqayer, quand ils veulent parler de
la grandeur de Dieu, pour dire, qu'ils n'en
peuvent parler qtie trt-s-inipaifaitcmcnt.
RÉi.AYCR, est quelquefois actif. Il n'a fnt
que bégayer sa harangue.
BÉtiATK , KE. participe.
hdGV , Cfi, adjecl. se dit d'Cn cl.tïal qui
Uiarque toujours, quoii]u'il ait passé l/ige. C/ic-
val beau, jument bègue.
ni:^GUE. adj. des y genres. Qui n peine i
imler el à prononcer les mots, liésitani et re-
l'etant souveul la m6me syllabe, avant que de
prononcer celle (jiii suit. Ln homme bcque.
Il se dit au.ssi sul>sUnttvcin. C'est un béque.
niGULULK." 5. f. Terme injurieux, q'ti se
dil d t'nc femme pnt le a^ec hauteur, ou dé-
daigneuse avec impertinence. A e plaisantez pas
avec cette f<-mme , c'est une l.équeule. Il lus
s'emploie (pi'ju familier.
On dil Paire la Iie^ueule, pour diic, Se
donner des airs de iM-gueiile,
BîUil'.X'l.Klilii. s. f. I.e ciracl.re. les airs
d'une It "gueule. On ne peut supporter sa bé-
BEL
queuleiU. C'est un trait de héjucitîene des plus
ri licules.
BÉGUIN. 8. mosc. Espice de coifle de lin;;e
pour les enfuns, qui s'attache soui le menton
avec une petite bride. Un enfant qui a encore
le héquin.
UKGUINAGE. s. m. Maison, Couvent do
lît'^tiincs.
BÉGUINE. 8. fcm. Koni d** certaines Reli-
gieuses lies Pays-Iîjs, el qu'on donne par mé-
pris ix une Dévote supeI-sliticu^c cl minutieuse.
Il est familier.
BK(;LM. sul)si. f. Terme de voyîi;;^. Tiin
d'IionuLur i|U un donne tiux Princesses de l Ln-
Jousluu,
BEJ
LEJAV^K. s. masc. Terme de Fauconnerie.
Oiseau jeuue et niais. On donne fisurcracnt ci
nom h i:v jeune homme sot et niais. '\^oy. Bec,
Il si|;iulle aussi Sottise, ineptie. XonUer i
quelqu'un son héjaunf, U est familier.
BKI
BEIGE, s'ibsi. f. Sorte de serj;c faite avec !i
laine j tille qu'on l'enlève de dessus les mou
tons.
BEIGNET, s. m. Espèce de p/if* frite .'i II
poèlc. Be'fjnet de pommes. Faite des hei(jneU
Manqer des bciqnets.
BKIHA.M. s. m. Voy. Bairam.
BEL
BEI..\NnBE. s. f. Peut Lâtiment de trans*
port, du port d environ tiuit tonneaux, don)
on se sert sur les rivicres, sur le* canaux ci
dans IfS rades.
11I>L.\NT, AKTE. adj. Qui b^le.
Ou dit provcrlii.d'-ment, 3'oufon hélante e\
h euf saijnar.t, pour tlire» qu'il fuut que 1«
hœuf et le mouton rôtis ne soient guère cuits.
BEI<KMENT, s. m. Le cri des moutons el
des brebis. Lu btehis et son agneitu se recon"
rioi.'iscnt l'un Vautre à leur hélement.
BLLK.M>"ITE. s. f. (Prononcez Bé/èmnilc.)
Espèce de fossile.
HELEU. v. n. U ne se dit que I>u rri mtu-
lel du mouton, des agneaux, et de la brebis.
Les aqncaux bclent.
On dit proverbialement et bassement, Brehis
qui bclcj jcrd sa notilée, pour manjuer qu'A
table il ne f.iut pas trop s'amuser h Ciiuser; La
brebis bclc toujours de mâne, pour dire, qu'Un
ne change guère les manit^rcs qui \ienneat de
la nature.
BELI'^TTE. s.f.Pelit animal sauvaf;e, lonj;,
de couleur rousse, qui a te museau pointu, les
pales courtes, cl qui fait ta guerre .'i ta volaille.
L0 helftte est entrée tlans le colombier,
BKLIEB. s. m QuaJrnprde portant l.iinc,
et qui est le niMc de la brebis. Un qros hcUcr.
tàCt cornes d'un helitr.
En parlant Des guerres anciennes, on ap-
pelle Bélier^ Vue nmctiine de guerre, faite
d'une lon:;uc p>ulre, donl rrxlrcmilé êioit nr-
niàfi d'une tcic de Leber d'airain , il dont on se
BEL
i3.)
scrvoit à battre el à renverser les muraille?
des Places assii^i^s.
Bélier, b- dit aussi Du premier des douz«
Si^es du Zodiaque. Le Soleil était dan^ U
Signe du BcUer.
BELil'RK. s. I. Anneau qui est au-dcdans
d'une cloche, pour suspendre le bauant.
BELÎTIiH. s. ni.(^o pûn, gueux, homme de
néant, etc. Un vvui Ih'litre.
r>i:LLA-DO>A ou BELLIvDAME. s. fiin.
Plante, qu'on nomme ainsi, parce qu'en Italie
on en compose une capùcc de fard. Elle est d'u-
sage en Médecine.
BELLATUE. s. mnsc. Qn\ a un faux air de-
Iwaulé, une beaiUé mêlée de fadeur. C'est un
helLître, qui se crvii fort beau. 11 sVmpIoic
quel imfois adjeciivemeut.
BELLE -DAME, subsi. f. Voyez ei-deisiis
BEIJ,.\-nONA.
nELLE-DK-JOUnouIulMÉaOCAl^.s.f.
iCsp^-ce de l's. On ta cultive dans les jardins
pour la I)eautd de sa fleur. Elle est d'un jaune
lirant sur le rou^c.
BELLi:-DE->UIT ou JALAP. s. f. Plante.
Elle vient de l'Améri'^ue. Cn la cultive dans
les jardins à cause de la beauté de ses fleurs. Sa
racine est un violent piiï^atif.
BKLLE-EILLE. s. f. Ternie relatif. La Glle'
ilu mari par rapport à l.i femme, la (ille de la
femme pnr rapp*>rt au mari, quand elle est née
4'un autre lit.
On le dit aussi De la Bru. C'est votre heîl£~
(îïïf, T oris avez épousé son père. C'est ma belle^
ilîe, elle a épousé mon fiU.
lîElLLEMKNT. ndv. Doucement, avec mo-
dération. Il est familier, et ne s'cn»ploic guèro
jue pour avertir quelqu'un d'être plus modéré.
Bellement y vous vous emportez., vous vous ou-
bliez. Jllez tout bellement.
BELLIvMEIîK. s. f. Terne relatif. C'est, à
l'c-g^rd des enfans, la femme que leur père »
fpousée après la morl de leur mrre. A l'égard
d'un gendre, c'est la mère de sa femme j cl à
l'égard d'une bru , c'est la mère de son mari.
BELLE-SOEUR, s. f. Nom d'alliance qui S£
lionne, eu par un mtri à ta sneurde sa femme,
DU par une femme ii la s:i-ur da son mui, ou
par un frt're m» une sauir h la femme de son
fr!'re. ou h drux femmes qui ont épousé Ics-
Heux frères. C'est la s tur de ma f:mm€^ et par
ronscqucnt ma hcile-s tur.
BELLKiÊKAiST, A>rE. ajject. (On pron.
les deux L. } Il se dil Des peuples «jui sont en
fiuerre. Il s'emploie ordinairtnient au ftmiuin.
Puissances y parties bolUgcrantes.
BELLIQUEUX, ECSE. adj. ( On prononce
les deux L.) Guerrier, martial. Aulion belli-
queuse. Peuple bclliqueu.t. Humeur belliqueuse.
Prince belliquetLC.
BELLlSSniE. adj. des a gcnrcj. Tris-bea 1.
Il n'est d'u&o^c que dans la conversation fumi-
li'rc.
BELLOT, OITE. adj. Diminutif du brou.
Il se dil Dpseufans. Cet enfant est belUit. Vue
petite fiUequt est bellotle. Il cal du slvlcfimilior.
DELVKDL.Ï, ou BEL\ iLDtBE. i. )n. Lieu
i3C BEN
oralîquc au haut d'un logis , et d'où l'on dé-
couvre une grande étendue de pnys. J'fli chez
moi un heU'éder, d'où je vois deux lîeues à lii
ronde.
3EH
BKMOL. subst. m. Caractère de Musique en
forme de petit fc, qu'on met au-devant d'une
note, pour U baisser d'un demi-ton. Mettre un
b<fjnol « une nofc, devant une note.
Il est aussi adjectif des 2 geares. Cette .lofe
est bémol.
BEN
BEN ou BEHKN. s. m. Arhre qui croit en
Arabie. Il porte un fruit dont le noyau donnt
rhuile de ?ïeii. Klle est sans odeur, et ne de-
vient jamais rnnce, ce qui fait que les Parfu-
meurs en font grand usage.
lïKNÉDIClTÉ. s. m. Mot latin, que Pusas'^
a rendu françois, et qui signifie La prière qu'on
fait avant le repas. Dire le Bcnédicitc. Un en-
fant qui ne sait pas son Bénédicité.
BKNÉniCTE. subst. masc. Terme de Pliar-
macie. Électuaire purgatif, et qui oj)cTe douce-
ment.
BÉNÉDICTION. s. f. Action de Iîelij;ion , qui
se fait dans rii'i^lise par le Prêtre qui bénit les
Assistons, en riisJintsureuxlesii^ne de la Croix.
Donner la bénédiction. Recevoir la hénédic-
tion. Assister à la héncdictton. La bénédiction
du Saint Sacrement. La bénédiction Episco-
pale. La hénédlction du Prêtre,
Xi se dît aussi De ï'action de Religion , pai
laquelle l'I-'-vêquc ou le Prê'tre bénit une .Vbbcsse,
une CiiapelJe, des Fonts, des Cloches. Et on
appelle Bénédiction nuptiale , Celle qui se
donne par un Prôtre aux nouveaux mariés.
Il se dit aussi De l'action par laquelle un
père et une mè:e bénissent leurs cnfans. L'n
père et une mère qui donnent leur bénédiction
à leurs enpins.
lÎKNÉDiCTioN, signifie aussi, Ordce et faveur
particulière du Ciel. Dieu Vu comblé de béné-
dictions. C^cst une bénédiction particuhèie de
Dieu. Les hénédictions célestes. Dieu a ré-
pandu , a versé ses bénédictions sur cette fumillr.
Dieu y a mis, y a donné sa bénédiction. Atti-
rer, s'attirer les bénédictions du Ciel.
On appelle j\ïaison de fcénédtcdofi , Une
maison ou réj^ns ï.i piélè. On le dit aussi d'Une
maison où tout abonde.
BÉNÉDICTION, se dit aussi Des vœux qu'on
fait pour la prospérité de quelqu'un, des sou-
haits qu'on fait en faveur de quelqu'un. Si vou%
faites une telle chose ^ on vous donnera mille
bénédictions. Tous les peuples donnent mille
hénidiclions au Prince. C hacun donnoit mille
bénédictions à cet enfant.
On ditj que La mémoire d'un homme est en
bénédiction, pour dire, qu'On ne se souvient
de lui qu'en louant sa piété, sa vertu , etc.
On dit familièrement et ironiquement, en
parlant d'Une chose dont l'abondance e-it gran-
de, qu'Ei/o (Inonde, que c'est «ne bénédiction.
H pleut y il ncirjej que cest unehcnédiclion. Il
BEN
Vi été battu, que cétoit une bénédiction. Et
dans ces phrases, Q"f^î se dit pour, Tellement
que.
BP:NÉFICE. s. m. Privih'-e accordé par le
Prince ou par les Lois. C'etit un droit dont il
jouit par bénéfice du Prince. Être héritier par
béuéfce d'inventaire. Étrt reçu par bénéfice de
cession.
On appelle Lettres de bénéfice d\1ge, Des
Letlrf s de Chancclicric , que les mineurs ob-
tiennent pour être rniaticipés, et pour gouver-
ner eux-mêmes Icui" bien jusqu'à pleine majo-
rité; et LeUres de bénéfice d'inventaire. Des
Lettres qu'on obtient pour être reçu à hériter
saos être obligé de X)iy.i les dotics d'une suc-
cession, que iusqu'à la concurrence des biens
qui la composent. On i*,* , Il croit en Dieu
par bénéfice d'inventaire, pour dire, Il ne pro-
fesse la P-^'i^^ion que quand il y trouve son
intérêt.
BKwéFiCE , siqnific aussi, Profit, avantage.
Toiil a tourné à son bénéfice. Il a eu du béné-
fice dans cette affaire.
On appelle, en termes de ]\Ii'dccine, Béné-
fice de ria/»re,Les évaCHaiions extraordinaires,
par lesquelles la nature se décharge; et Béné-
fice de ventre, ou simplement Bénéfice, Un
dévoicment calurcl et peu violent. // lui est
arrivé un benéjice de.ventre.
BÉNtFiCL. Titre, Dignité Ecclésiastique, ac-
compagnée de revenu. Un bon Benéjice. Béné-
fice simple. Bénéfice ayant charqe d'unies', avec
charqe d\(mes. Bénéfice séculier, régulier, cvn-
sntorial. Bénéfice rn commendc. Bénéfcr r*.
fondation Royale. Bénéfices incompatibles. Bé^
néfice déclaré imjiétrable. Bcntfce litiqiciw. Len
charges d'un Bénéfcc. La collation d\tn Béné-
fice. La nomination des Bénéfces, Pourvoir
quelquhin d'un Bénéfice. Poursuivre un Béné-
fice. Courir un BénéUce. désigner, permuter un
(îénéfce. Présenter, nommer à un Bénéfice.
Conft^rer^ remettre, tenir des Bénéfices. Dispu-
ter un Bénéfice, le titre d\in Bénéfice. Taxer
un Bénéfice. Posséder un Bénéfce, Remplir un
Hénélice. Prendre possession d'un Eénèfcc.
ÎS\ivo'r ni 0//ict, ni Bénéfce.
On appelle Bénéfce à simple tonsure, Un
Bénéfice qu'on peut poss(;der, quoiqu'on ne
.soit que tonsuré; rt Bénéfce sécularisé. Un
Bcnéfic? qui n'rtoit possédé que par des Bégu-
lieis, et qui , par dispense du Pape, peut ètr^'
possède par des Séculic.s.
On dit prove:biaIement et figurénicnt,qu'/l
faut prendre le Bénéfice avec les cliarqes, poiu
dire, qu'il faut souffrir les im-oinmodités d'une
chose qmnd on en a le profit. El en parlHiil
(l'Un bien, d'un avantage que l'on n'a pas .sans
peine, sans dépense, ou mf-me sans danger, on
dit. Ce n'est pas un Bénéfce 'simple. Ce n'est
pas un Bénéfce sans charqe.
BÉ>Éi-iCE,se pi^înd aussi pour Jje lieu même
ou est l'Église et le bitn du Bénéfice. Ce Béné'
fice est bien situé. Un homme qui réside à son
Bénéfice, dans son Bénéfce.
BENÉFlCilAlUK. adj. des 2 gcnr. Ce mot
n'est d'usage que dans cette phrase, lléritier
BEN
bénéficiaire , pour dire, Hcrilier rar bénéfice
d'inventaire.
BÉNÉFICL\L, ALE. adj. Qui concenie les
Bénéfices. Ce mot n'est guère d'usage que dans
cette pîirase, il/ij/iVre Pténéfciale. Être savant
dans les matières Bénéfciales.
BÉNJ^:FICTEn. .«ubst. masc. Qui a un Bë-
ncfiL'e. Un riche Bénéfcicr. Un qros Bénéfi-
cier.
BRNfl:T. adj. m. Niais, sot.'Voi'M un homme
bien heiicf.
Il est aussi ctphiscomniuiiénu-nt substantif,
C^cst un grand benêt. Un franc benêt.
BÉNÉVOLE, adj. des 2 genres. U ne se dit
qu en badinant, et dans ces phrases. Lecteur
bénévole, Auditeur bénévole, pour marquer Un
Lecteur, un Auditeur qu'on croit favorable-
ment disposé,
Bknévoi.e, en termes de Droit Canonique,
se dit Du Bénéficier qui possède en vertu d'y»
litre qu'on ne lui coulcste pas , quoique sujet h
examen. /! resta possesseur bénévole par la re-
traite volontaire de ses contendans, ou parce
que le Collatcur ne réclama pas ses droits.
BÉNIGNEMENT. adv. D'une manière bé-
nigne. Il l'a reçu, il Va traité héniqnement.
BÉNIGNITÉ, s. f. Douceur, bonté du fort
au foible, du supérieur à l'inférieur. Il a de
reçu de son maître avec beaucoup de béiiiflnûc.
Un air de béniqiitté.
BÉNIN, BÉNIGNE, adject. Doux,buTOniD,
Un naturel doux cl bcnin. lîiimeur beniqne.
Il se dit souvent en rlt'iision, d t'n'' bnnlé
et d'une tolérance mal placée. C'est le plus bé-
nin de tous les maris.
Il signiâe figurémcnt, Favorable, prop'ce.
Air bénin. Le ciel bénin. Astres bénins. In-
fluences bénignes. Et on nppelle Remède bénin,
Un remède qui pui^e doucement.
BÉNIR. V. a. Consacrer au Culte Divin avec
de certaines cérémonies ecclésiastiques. Bénir
une Eglise, une Chapelle. Bénir un cierge. Bé-
nir des ornemens d'Eglise.
On dit , Bénir un Abhé, bénir une Abbcste,
pour dire. Faire sur eux certaines prières, et
certaines cérémonies ecclésiastiques, par les-
quelles on les installe dans h-ur dignité. C'cif
(uix Evéques de bcnir les Abbés et les Abbcss^^.
On dit aussi, Bénir des armes, bénir des
drapeaux, bénir le lit nuptial, bénir la ta-
ble, etc. pour dire, Faite quelques prièru*
pour attirer la grûce de Dieu sur -les armes, sur
le.«5 drapeaux . etc.
BÉsin, signifie ausM simplement, Donner b
bcnL-d:e'ion en faisant le signe de la Cvoi'x,
comme les Evéqucs, les Pasteurs, et les Supé-
ricuro des Couvcns ont accoutumé de faire.
U se dit aussi Des i)ères et des mères qui
donnent lu bénédiction à leurs enfans.
BKSin , signifie aussi. Louer, rendre grâce
avec de grands senlime is de respect et de re-
connoissanrc. Bénisicz Dieu de la griice qu il
vous a faite. Bénissons la main qui nous a rrc'cî.
Tout le monde vous lénit. On vous bénira, si
7>otis faites cette bonne action.
U se dit aussi , en parlant Des choses qui
BER
rai)[)ellent r|uc-l|iie agri':ilile souvenir. Je lit-iin
le lieu, l'heure, le moment où je vous ni imi.
Il sigiiilic aussi , Rcmlre licurtux , faire pros-
pérer; et il lie se dit que de Dieu. Dieu veuitL:
iéiilr les armes ilu Roi! Dieu bénit le trMuil
Je ces yens-là. hènit leur famille.
Diru vous BÉNISSE, façon de parler du stylo
fainiliiT, pour souhaiter du bien à quelqu'un
qui etcrnue. On s'en sert aussi, en parlant i
au pauvre, pour marquer qu'Où n'a rieu k lui
donner.
BÉNIT, BÉsrTE, par:ici[îe, qui se dit De cer-
uiines clioses sur lesquelles la bénédiction 'du
Prêtre a été donnée avec les cérémonies ordi-
naires. Euu hciiite. Pain bénit. Cierge bénit.
Chandelle bénite. Les Draj>caux ont été bénits.
BÉNI, BÉNIE, autre participe, qui a toutes
ÎC3 autres significations de son verbe. L'Ançjc
dit à la Ste. -Vierge ; 'l^oiis êtes bénie entre
toutes les femmes. Les armes bénies de Dieu
sont (o[ij'o»r.s /ie»rc«5t's. Un peuple béni de Dieu.
BÉSITIER. subsl. masc. Vase i mettre de
l'eau bcoilc. £éiiilier de marbre. Bénitier d'ar-
gent.
BEN"J.\-"*n>'. s. m. (Od prononce £e'njaniin. )
Le fils qu'un père et une mère aiment plus que
leurs autres eul'uns. Cet en/ùii( est leur Ben-
jamin.
BENJOI>. subsL masc. Substance résineuse.
Cîomme aromatique qui découle d'un arbre ,
et qu'on en recueille avec soin pour divers
usages. Du benjoin cl du stora.v. Il entre dt*
henjoin dam celte composition.
lî!:I?îOITE. s. féin. Plante qu'on croit ainsi
lioinnu'e ù cause de ses vertus; elle croit cnni-
niuuéinent le long des liaies , dans les lieux
sombres et incultes.
BE(1
oEQVILLÂRD. s. m. Vieillard assez courbé
et cassé pour avoir besoin d'une béquille. Voyez
venir ce béquillurd. Il est du style familier et
comique.
BÉQUILLE, s. f. Sorte de bâton , qui a par
le bout d'en haut une petite traverse, sur la-
quelle les vieillards ou les gens infirmes s'ap-
puient pour marcher. 71 ne nidrcfie plus gu\ivcc
une béquille., (juavcc des béquilles.
BÉQUILLER. v. acL Terme de Jardinage.
Fair^ un ]jctit labour dans une plaurlie ou
une caisse.
OÉi]mi.i.En. Aller avec une béquille. Il com-
mence li ï»é(jrii/!er.
BÉQUII.LON. s. ni. 'l'ernie de Fleuriste.
Petite feuille qui finit en pointe,
BER
BERBERIS. Voyei Épini-vinette.
BERCAII.. i. m. Bergerie, le lieu où l'on
enferme un troupeau de moutons ou de brebis.
On dit figureraeiit, llamener au bercail une
brebis égarée , pour dire , Ramener un Héré-
tique dans le giruii dr l'Eglise.
BERCE, i. iiL Petit oiseau qui vit dans les
bois.
BERCE, (.f. Plante ires-communc, et dont
Tome 1.
BER
il y a plusieurs csptccs. On ordonne SCS semences
dans U*s aft'ections v.iporeuscs.
lîKKCIilAU. s. masc. Sorte de petit lit oî
l'un roucIie les cufnns â la mamelle, et qui est
purlti sur deux pieds arrondis en forme de crois-
sant, de nianiùre q l'on peut le balancer aisé-
ment. Berceau d'osier. Berceau de menuiserie
Mettre un enptnt dans son berceau. Un eitfanl
aui est encore au berceau. On dit, Dés le ter-
ccaUj pour dire, Dès l'enfance.
On le dit aussi au figuré, en parlant Dts
lieux où une chose a commence. Florence a cU
le berceau de la Peinture moderne. La Saxe a
été le berceau du Luthéranisme.
Il se dit nussi Des commencemcns diin él;.-
bj.'sscment. Cet établissement est encore au bct'
cc(i«, (î .sofi berceau.
On dit proverbialement et figurémcnt d'Un
ni:il auquel il faut remédier dès sa naissance
il fiut éiouïïttr le monstre au berceau.
Rehceau, se dit aussi De l'assemblage de
I)lusieurs perches, les unes droites, les autres
disposées en voûte dans un jardin, liées en-
semble, et couvertes de jasmin, de chc'vre-
feuille, etc. Berceau de jasmin. Berceau dt
chèvre- feuille. Prendre le frais sous un berceau.
Kn termes d'Architecture, on appelle Ber-
ceau j Une voûte en plein cintre. Le berceau
d'une cave,
BERCER. V. a. Remuer le berceau d'un
enfant pour l'endormir. Bercer un enfant.
Il si{;nifie fîgurém. et familîèrera. , Amuseï
' d'espérances fausses ou éloignées. Il y a long~
temps que vous me bcrceu. de cela. On dît aussi
fl^urénlent, J\n été bercé de cela, de ces contes-
là , pour dire, J'en ai oui parler mille fois.
On dit aus>i fîgurém. et fumilièrem. , d'Un
homme toujours im|uict cl ajjiiéj que LcDiable
le berce.
BEnCt, KE. particii».
lïERCHE. subst. f. Terme de Marine. Petite
pièce de canon de fonte verte.
BERCi/LME. s. f. Sorte de tapisserie fort
commune et de peu de valeur, nommée ainsi,
à caiiscde la VilledeBerçame, d'où sont venues
les premières tapisseries de cette sorte. Il n'y a
dans sa chambre qu'une .<:imjile tapisserie de
Ber(jame. Il n'y a tjue de la Bergame, qu'une
Bergamc.
BERGAMOTE, s. f. Espèce de poiie fon-
dante d un irè»-boïi goût Bergamote d'Eiê
Bergamote d'Uiver.
lÎEnr.A-MOTE, est aussi Une espèce d'orange
qui a une fort bonne odeur, et dont on tin.
une essence agicable.
BERtJE. s. f. Bord relevé ou escarpe d'une
rrvière, d'un cliemin, d'un fosse. Les berges de
cette rivière sont trés-élevées.
BEncE, est aussi Une espèce de chaloupe
étroite, dont on se lerl sur quelques rivières.
BERGER . ÈRE. s. Celui ou celle qui g.irdc
les brebis. La houlette duHerger. Le chien du
Berger. La mort égale les Rois et les Bergen.
Vn jeune Berger. Une jeune Bergère.
On appelle communément La Planète de
Véuiu, L'étoile du Berger.
BER ,37
En Poésie Pastorale, Berger cl Bergère, se
disent figurémcnt pour .■\)naut et Amante. Vu
Berger fdéle. Une Bergère inconstante.. Et
c'est dans cette acception qu'on appelle figurtim.
L'heure du Berger , Le moment favorable auï
Amans.
BERGÈRE, s. f. Espèce de fauteuil com-
mode.
BERGERETl'E. s. f. Sorte devin mi-Mionué
:ivec du miel.
BERGERIE, s. f. Jm lieu où l'on enferme
les brebis. Le loup est entré dans la ber{jeric.
On dit figurémcnt, qu'Où <i enprmé le loup
dans la bergerie. Lorsqu'on a laissé fermer une
plaiï avant que d'en avoir fait sortir tout ce
qui pouvoil être nuisible. Il ne faut pas laisser
fermer celte plaie ,sil<!(, ce scroil enfermer le
loup dans la bergerie.
Beugeiiies, au pluriel, se dit De ccrlaiu':
ouvragi's en prose ou en vers, qui traitent des
amours des Bergers. Les Bergeries de Bacan.
BERGEROS.NETTE. s. f. Petite Bergère,
jeune Bergère. Il est vieux.
BERGERO>'>E'n'E. s. f. Petit oiseau noit
Kt blanc, qui fréquente les rivières.
BERLE. s. f. Plante ombellifére. Elle croit
dans les lieux aquatiques et sur le boid des
ruisseaux. Il yen ade plusieurs espèces, et un?
entre autres dont le suc est mortel.
BERLINE, s. f. Horte de carrosse suspendu
entre deux brancards. Faire faire une bealine.
Acheter une berline. Une berline à nuatre, à
sir chevau.x. JUcr dans une berline. Les ber-
lines sont d'ordinaire moins versantes que les
autres carrosses.
liERLI^Gor. s. m. Berline coupée.
BKKLI^'GUE. Terme d'un jeu des enfans.
Berlinguc, fujuette,
BERLUE, s. f. Sorte d'éblouîssement pas-
lager. Il n'est que du style familier, et ne se dit
qu'en cttte plirase. Avoir la berlue. i/i>oil les
itbjets autrement qu'ils ne sont, il a la berlue.
On dit figurémcnt et familièrement, Avoir
la berlue, pour dire. Juger mal d'une chose,
en juger de travers. // faut avoir la berlue pour
piger comme vous faites. Vous ne voyez pas
qu'on vous joue, il faut que vous ayez la berlue,
BER)ME. s. f. 'l'erme de Fortification. Che-
min de quatre pieds de lar^e entre le pied du
rempart et le fossé.
BER^MUUIE.VNE. s. f. Plante qui tire son
nom des ilesBcrmudes d'où elle a été apportée.
Ka fleur est belle et faite en lis.
BERNABLE. ùd). drr i g. Qui mérite d eue
berné et moqué.
BERNACLE. s. f. Coquillage 'dont la co-
quille est composée de cinq piè-ccs. Lcsbcrnacles
sont adhé'rentcs aux rochers et aux vaisseaux.
On croyoit autrefois qu'il sortoit de ce coquil-
lage une espèce de canard.
BEUM".. s. f. Espi«e de jeu, où quatre per-
sonnes, tenant 1rs quatre bouts d'une couver-
ture, mctlcDt quelqu'un au milieu , et le font
sauter en l'air. Cela mérite la berne. Il est digne
de la berne.
DEKNEMENT. t. m. Action de berner. Me
l8
i38 BES
nière dont on berne quelqu'un. Le bcrnement
Ae Sancho-Pansa.
BERNER. V. act. Faire saulèr qnclqu'nn en
l'air par le mouvement d'une couverture sur
laquelle on l'a mis. lU U mireni sur une cou-
itrliire et h hernèreiil.
Il signifie figurera., Tourner en ridieule. Il
a été herné en bonne compagnie. Si je disais
cela , je me ferais berner.
Berné, ée. participe,
BERNEUR. s. m. Celui qui berne. Je ne
crains ni la herne, ni les hernatrs.
RERME.SQUE, et plus communément BER-
NESQUE. adj. Il se dit d'Un style approelianl
du burlesque, mais plut soigné. Benii, Poc(c
7lali«n, fut l'ingénieur duBerniescjuc.Le jrviri:
Bernes(jilc.
BERMQUE. Expression adv. pour signifier
que, Croyant tenir quelque chose, on ne tient
rien. Vous campiez sur lai? Bernique. Il est
populaire et badia.
BERKIQUET. s. m. Terme populaire, qui
n'est guère d'usage qu'en ces plirascs, Etre au
fcerniijuel, mettre au berniquet, pour dire,
Être à la besace , mettre à la besace.
BÉRYL, s. m. Pierre précieuse, verdâtre et
transparente. Le Béryl était une des pierres du
peclaral du Grand-Prêlre chez les Juifs. On le
nomme aujourd'liui Aifjue-marine.
BKS
BESACE, s. f. Espèce 'de sac ouvort par le
wiilieii , et fernu: pir 'ea deux liniits, en sorti
qu'il forme deux poclies. Les lieligleux men-
dions portent labesace. Mettre dans unebesace.
Il s'en est retourné la besace vide. ,
On dit figiu'ém. , qu'l/n homme est à la be-
sace, qu'il est réduit à la tesacc, pour dire,
qu'il est ruine;
Et proverbial, et figurém. , d'Un homme qui
.'1 un grand attacliement à quelque chose, qu'/i
en est jalou-c comme un (jucux de sa besace.
BESACIER. s. m. Qui porte une besace. On
le dit quelquefois par mépris De certains Moi rus.
Il est familier.
lil'.SAIGRE. adj. des 2 g. Il se dit Du tIu
qui aigrit , parce qu'il est au bas.
BES-'UGUË. s. f. Instrument de Charpen-
terie tout de fer, taillant par les de.ii: bonts,
mais plus large par l'un que par l'autre , pour
tailler et dégrossir du bois de eliarpciitc. Di eS'
scr une pièce de bais avec la besaijue.
BESANT. s. m. Ancienne monnoic de l'Em-
pire de ConstJintinopIe. Besant d'or, ficsiinl
d'arncnt. On paya tant de bcsans pour la ran-
çon de ce Prince.
Besattt, en termes de Blason, est une pitce
d'or ou d'argent. Il porte d'azur à trois besans
d'or, deux et un.
BESET. s, m. Terme dont on se sert au Tric-
trac , et qui se dit , lorsque du ni*nic coup de
de un joueur amène deux as. J^ai amené hcscl.
BESI. s. m. Mot originairement Celtique.
Nom générique qu'on donne à plusieurs espaces
de poires , en y ujout.iiil le nom du pays d'eu
on Ici a tirées. Ainsi on dit, Bcsi d'Jleri, Tes:
BES
rîe LamoltCf Best Chaïauontclj ou Chaee*
juontel.
BESICLES, s. f. pi. Sortfs dr luiiMlcs qui
s'attachent à la lêtr. Mettre si-s hcsiclcs.
On dit figuréin. et faniilitTcm. h un lionimc,
Qu^il prenne ses hes'icîeSj i\nïl n\i pos bien
mis ses besicles, pour dire. Qu'il prenne micnx
garde à la chose dont, il s'agit, (jm'U ne l'a pas
assez bien ronsidên^c.
BESOGNE, s. f. Terme du style familier.
Travail, ouvrage, l'action pir lacjuellc on fait
une œuvre. Un artisan allentif « sa hcsonne.
Mettre la main à la besogîic. Aller à sa besogne.
Etre ù sa besogne. Une longue besogne. Faire
sa b'^so()ne. Quitter sa bet^ngne. S'attacher ,^
être asùdit à sa besogne. Mettre guclgu'un en
besogne. Ce gîte vous lui donnez à fiire est une
farte besogne. On dit, Faire de la bonne be-
sogne, de honnebesogne, pour dire, Travaille!
Diilenient.
Il signifie aussi, L'effet du travail, l'ouvra^u
ïacme qui résulte du travail. Bonne besogne.
Une bcsogiie délicate. Besogne grossière. Uni
besogne commencée. L ne besogne achevée. Une
\>csogi.e bien faite. Faire voir sa besogne. Faire
voir de îa besogne fuite. Gilter de la besogne.
Il fait plus de besogne que quatre.
On dit, Besogne de commande , d'Un travail
lommandé, qui doit être cxccuté au grê do ce-
lui qui le commande. Il se dit «juelquefois pai
opposition à Besogne d^affcction, que l'on faïl
tomme on l'entend. La besogne d'affection
réussit mieux que celle de commande. Vcyea
Commande
On d'il. Âpre à la hesor^ne^mou à labesogne^
m parlant Du degré d'activit*î ou de noncha-
lance qu'on Y met.
On dit proverhialem. ^Sclon Vargent la bc-
50f/ne. pour dire, que Les ouvriers Iravaillea'
selon qu'ils sont payés; Faire plus de bruit qu(
de besogne, pour dire, Avoir plus de paroiet
qnr d'eiVct ; Do?jner bien de la besogne à quel
fjii'un, lui tailler de la besogne, pour dire, Lu
donner de la peine, de l'exercice et de l'em-
barras; Aimer besogne faite., pour dire, K'ai*
mer pas à travailler; et, S^cndormir 'sur lu Ré-
sonne, pour dire, Travailler nonchalamment.
Kt ironiquement, enparlaut à Un homme qui
ti f^ité «ne alTaire dont il s'est môle, on lui dit,
i'ous asfez fait une belle hc^c^ne.
En parliint d Un homme qui ne s'appliqua
qu'aux choses de sa vocation , do sa profession.
nu dit, que C'est un homme qui ne songe qu'à
fiirc sa besogne^ ouM sa besogne.
El en parlant d'Un homme qui agit précipi-
Lanmicnt,sans mettre aux choses le temps su'Ti-
5ant, on dit, .4Uer vite en 1 csogne' vous allez
bien vite en besogne.
BESOtJ.NEU. v. n. Faire une besogne, fuirc
fie la l>eso;^n('. Nous avons bien besogne. Il est
familier, et il vieillit.
BESOIN, s. m. Manque de qu'lque clio*'
qui est ntîcessairc. Grand besoin. Extrême be-
soin. Avoir besoin de quelque chose. iV avoir
besoin de rien. On lui a donné de l'argent^ il
en avoil bien besoin. On connott les amis au
BET
lesoÎM. Cela servira au besoin, en un besoin.
Chacun sait ses besoins. Pour subvenir à ses
besoins. Confier, exposer à quelqu'un ses be-
soins. Cet édifice a besoin d'une poutre neuve.
On dit d'Un homme, d'une chose, 71, elle
lui a manqué au besoin.
Il signifie aussi. Indigence, nécessité. Il est
dans le besoin, dans un pressant besoin. U l'u
assisté dans le besoin, dans son besoin.
Besoin , signifie aussi Piécessité naturelU
Il est sorti pour un besoin. H lui a pris un
besoin.
On dit, Le blé est l'un des premiers besoins,
est une denrée de premier besoin.
On dit, Qu'cst-il besoin <îc.'Qu'esl-il besoin
fme.-* pour dire, Qu'est-il ni'ccssairede? Qu'est-
il nécessaire que? Mais hors de l'interrogation,
il ne se dit guère qu'avec ia nég.ilivc. Il n'est
pas besoin de Il n'est pas besoin que. . . .
Et on dit, Avoir besoin , non-seulement dans
la signification d'Avoir faute , comme dans
quelques exemples de l'article précédent, mais
aussi dans la signification d'.-fi'oir afpiire j
ronuïie. Je ne puis vous prêter es que vous me
demandez , j'en ai besoin.
On dit aussi , J'ai besoin d'aller en tel en-
droit, pour dire, Il faint que j'y aille, je suis
obligé d'y aller.
On dit , qu'Une chose fait besoin , pour dire,
rju'Elle manque.
BESSOJS, 0>'NE. adject. Jumeau, l'un des
di ux enfans d'une même couche. Il est vieux.
BES TI.\1RE. s. niasc. Les lîrsii.nlres éloirpi.
chez les Romains, des hommes destinés à com-
battre dans le Cirque contre lea botes féroces.
BE.STIAL. ALE. adj. Qui tient de la bétc .
ipn appartient à la b'îte. Fureur bestiale.
BE,ST1AI.EMENT. adverbe. En vraie Wte.
Vivre bcslialement.
BESTIALrrÉ. s. f. Le péché qui se commet
ïivec Tuie bête. Le crime de bestialité.
BESTIA.SSE. s. f. Pécore, dépourvu d'es-
prit. C'est une batiasse. Il est injurieux et po'
pulaire, quand il" n'est pas de plaisanterie.
BESTIAUN. s. iKasc. pi. Il signifie la nu'mt
tliose que bét.iil. Il a beaucoup de bestiaux. Il
est riche en bcstiiiu.c.
Bi;SnOLE. subst. f. Diminutif. Petite bi;te
Vne petite bestiole.
U se dit figurém. et fanrilièrcm. Des jeune;
personnes qui ont peu d'esprit. Cet enfant -là
n'est qu'une petite bestiole. Cette fille fait lu
capable, cl ce n'est qu'une be.'iiole, une pauvre
bestiole.
BET
BÊTA. s. m. Terme faniilicr, U se dit De
quelqu'un qui est !rrs-b*lc. C'est un ^ros bélii.
BÉTAIL, s. m. Troupeau de biHes h quatre
|âeds , qu'on mène paître ; roiunic vaches , bre-
bis , Ixrufi! , chèvres. Il ne se dit guère que de
ces sortes d'animaux. Gardir le bc'tail. A'oiirnr
le bétail. Gros bétail. Menu bétail H a perdu
tout son béfafl.
BÊTE. s. f. .\niinal irraisonnable. Bêle, n
quatre pieds. Bête brute. Bête sauvage. Cèle fu-
BRT
toncht. Bile priir •. Bêle ù cornes. Uèle à Uine.
Bile i poil. Bêle fcroce. Bêle île c/iurje , il
voilure. Bêle de somme. Apprivoiser une fctli
sauvage.
On jppclli^ Be'Iei /ôiivej.ies cerfs, les clic-
vieiiiU , les dalnis ; Biles noires , I-es sangliers ;
et Biîles puanles , Les renards , les blaireiux , elc
En termes de Chaise , on dit , La bt'le , pi>ui
dire, Le cerf, le sanglier, le daim, et lis autres
:iiiininiix qu'on cîi.'isse h cor et à cri. lielancei
h bêle. Dèlournct la bêle. La hêlc csl dans les
tilels, dans lus loties; et figurément et familiè-
rement on dit , /.Il héle est dans nos jilels, poui
dire , >'ous no-.is sommes rendus nuitie^ de telle
personne.
On appelle B;lfj de cor pngni'e, De jeunes
sangliers qui vont encore par troupes.
Quelcjuefoiî, par le mot de Béte mis abso-
lument , en entend , Les bétes sauvages , les
bétes féroces. On erposoit les Martyrs aux
bêles. Saint Folycarpe a élé dévoré par la
bêles. Comh il <{•: bêtes. Livrer aux bêles.
On dit figurément et familièrem. , "îenionter
sur sa belc, pour dire. Recouvrer l'aTantage ou
le bien qu'on .ivoit perdu ; qu'/l faul reprendre
du poil de la bele,Dour dire, qu'il faut chercher
son rimède daiis la cho>c qui a causé le mal ;
illorle lu fcete, moi I le "cniii, pour dire, qu'Un
homme ne peut plus nuire quand il est mort ;
Vii-re en bête., et, mourir en bête, pour dire
Vivre et mourir san» aucun sentiment de Re-
ligion; et, h aire la héle, pour dire, Parler ou
.TRÎr rontme femii une b'-te. soit h dessein, soit
înToiontaireraent. On vous ojpe un bon éta-
blissement, ne le refasczpas, et n'allez pas fain
la bêle; ne vous avisez point de faire la bêle.
B£ti, se dit fi^tlrcment d'Une personne stu-
pide, ou qui n'a que peu ou point d'esprit.
C'est une bêle. C'est une vraie bête, une qrosse
bêle , une qrande bête, une petite bête , une
pauvre bêle , une soKe tcfe. La sotte bête. Bêle
à manger du foin. Et d'Une persoiuie rus^e et
artificieuse, on dit par ironie : C'est une bonne
béte. C'est une fine bêle.C'esl une méchante bête.
On dit d'Un homme de peu d'esprit et de
boa naturel, que C'est une bonne bête.
On dit aussi d'L'n homme qui pousse ].1
bonté, la crédulité jusqu'à la b^-tise, que C'est
la bite du bon Dieu.
On appelle populnircm. Bile épaulée , Va
cheval qui ne vaut rien, et qui n'ert plus en
état de servir : et figurémcut et populairement,
on dit la in^-me chose d'Une fille qui est sur le
retour, et qui a f.iit parler d'elle. Bête épaulée ,
M dit encore par mépris d'Un homme inca-
pable. Celd ne sert non plus iju'une bête épaulée.
C'est une hlte épaulée ijuc cet Iwmnie-là.
On dit, en pnriant De quelqu'un génémle-
nirnt haï , que C'eil I.i bête noire ; et , C'est ma
bile d'aversion, on simpU ment. C'est mu («fie,
en parl.int l'e <|uelqu'uD pour qui on se sent de
l'aversion.
BtTE , est pris quelquefois adjectivement.
fil propos bête, une conduite bête. Hien de si
fci'le ijue ce qu'il vient de dire, suc ce ou'il a
fut. Il écoute d'un air bile.
La b£te. Sorte tic Jeu décaties, amiue' on
lotie à troU, à quali'c , ou à cinq. Joitcr à la
béte, 7 irer la béte. C'est gagner le coup, lori-
qu'il y a une bêle sur jeu; et, Faire la héte.
C'est perdre ie coup.
BÉTE, se dit aussi De la somme que I on a
perdue en faisint la l>cle. Ma béte est sur le
jeu. Les deux bétes vont ensemble. Ce mol est
fort usité au jeu d»; l'ilombre.
BKTEL. s. i)}. Plante qui croît dans les Indes.
Elle s'attaclie aux arbres, et y monte comme le
Liene. Les Irulii'ns font f;rand usa[;e de ses
feuilli's. Ils les croicnl propres à affermir les
gencives et à fortifier l'estomac.
ni^/rKMK.\r. adv. En bète, sottetufiMl, siu
piilement. Il parle et aqit héterient.
Bl' n.SE. s. f. Défaut d'intelligence et des
notions les plus communes. Il csi a''une bêtise
2jctr'':n€.
On appelle aussi Bêtise ^ Les actions et les
(ircjKts qui annoncent ce défaut des facultés
iuîcUectacllcs. H a dif, il a fa:t une hélise^ une
arande hêlise.
BÉ rOlNE. subsl. f. Plante fort commune et
trî»-c<i'phaUque. On la réduit en poudre, et on
la prend comme du tabac. C'est un bon ster-
culaioiro.
BÉTON, s. m. Terme de Maçonnerie. Sorte
de mortier qu'on jette dans les fondemens d'un
L.itiment, et qui se pétrifie dans la terre.
BEITE. s. f. plante potagère, qu'on appelle
atissi Poiree. Il y en a de plusieurs espèces, de
Llauchci , de rouges et de jaunes. On en fait
usa_L;e(lans la Médecine. 3iflnqer des hettcs. Vnt
planche de bettes,
BETIERWE. s. f. Espèce de poirée, ainsi
nommée, parce que sa racine, qui est fort
groise , re&semltle à celle de la rave. La phia
commune est d'un rouge très-foncé. Salade d«
betterave. Couleur de betteraxfe.
Onditd'Uo gros nex d'ivrogne, bourgeonné,
rouge, Le nez comme une betterave,
B;-.1TVLE. s. m. Espèce de pierre employée
à faire les plus anciennes Idoles, auxquelles
on attribuoit des vertus merveilleuses.
" BEU
BEUGLEMENT, s. m. Meuglement, mu-
gisicment, la voix, le cri du bœuf et de la
vaclie. Le beunlement des vaches et des bicufs.
fiECCLER. V. n. !^Iriu;ler, mugir. Il ne se
dit proprement que Du cri d-i bauf et de la
vache. Des bœufs et t'es vaches qui beuijlent.
Il *f dit figurém. pour dire, Jeter de liauL-:
cri.«. /( <r mt à beuqler.
BELHHIC. s. m. Sulxslancc grasse et onc-
tueuse qui se tire de la crème battue dans la
baratte. Beurre /rors. Beurre frais battu. Beurre
salé. Beurre f*ndu. Beurre qras. Beurre de
l'iinrre. Beurre de Bretagne. Battre le beurre.
Des rôties au beurre. Une livre de beurre. De
la friture au bettrre. Vu jwtage au beurre.
Etendre d\i beurre *ur dit pain.
On ap{>ellc Beurre noir. Du beurre fondu
et noirci d.in* la poêle. Faire des ceufs au
heuriL noir.
BIA i39
On appelle lîeurre fort, Du beurre qui a
une odeur et un goùi forts; Laj't de beurre. Le
lait qui dtuieure dans la baratte après que le
beuire en a été lire; Pot de beurre, tinette de
l'eurre, Un pot, une tinette où il yadabeune;
Pot ù fceurrc, Un pot 5 mettre du iK.urrc.
On dit proverbialement , Promettre plus de
beurre (juc de pain, pour iiire, Promettre plus
qu'on ne veut et quon ne peut tenir;
El figurém. et bassenirnid'Un hommequ) a
b's yeux meurt ris de quelque coup ou de quelque
chute, qu'if u les yeux pochés au beurre noir.
Becrue, en Chimie, s'applique à quelques
préparations. On dit , Beurre d'Antimoine ,
beurre d'Arsenic, beurre de Cacao,
BEURRE, subsl. m. Sorte de poire fondanu*.
Beurré blarc. Bturré gris. Beurré doré. Bcur'^é
rouge.
BEURRI'IE. subst. f. Trancliede pain, sur
laquelle on a étendu du beurre. Donner une
iïeurrei: ù un enfanta etc.
BEURRIER , 1ÈRE. s. Qui vend du beurre.
On dit figurémeïitd'Uu mauva):> livrcqui ne se
vend point, qu7i faut Venvoyer à le lÉurn'érc,
qu'il «eiï bon fjtie pour la bcurrière,
B E V
BEVUE, s. f. Méprise, erreur où l'on lomb"
par ignorance, par inadvertance. // a fuit un»
mjinité de bévues dans son LiVrc, dans m
traduction. Lne bévue, une étrange bévue, un£
bévue grossière. Il n'entend rien aux affaira
dit Palais, aux ajfiires de Finance j il y fait
à toute heure des bé*'ues.
BEY
BEY. s. m. Les Turcs disent Beg. Gouverneur
d'une ville. Ce mot «gnifie Seigneur , et Beglier-
bey. Seigneur des Seigneurs. Les Begiierbey^
sont les principaux Gouverneurs des Provinces;
ils font porter devant eux trois (pieuesdccbevnl.
BEZ
BEZKSTAN. s. m. Nom que Ton donne dan»
les principales Villes de Turquie à des Mar-
ches puJ)lics, qui sont des espi-ces de Uallei
couvertes.
BEZET. 5. m. Voyez Beset.
BÉZOARD ou BEZOAR. s. m. Pierre qui se
forme dans Ir corps de certains animaux des
Indes, et qu'on tient être souveraine contre k
venin. Une pierre de bézoard. De iTri(iif)/e hé-
zoard. Vrai bézoard. Bczoard filsifé. On ay*-
pcllc Bczoard fossile, et Bézoard minéral, \J ne
certaine pierre qui ressemble au véritable fîc-
t-ourd, par sa vertu, cl qui se trouve en divers
lieux.
BI A
BIAIS, s. m. Terme relatif. Tra\-crs, liRii»?
oblique. // y a du biais dans ce bJLimrnt.da$is
cette chambre. Cette maium est de biais. Ce
parterre esi de biais, tout de biais. On a fuit
cette palissade pour cacher le biais du mitr.
En parlant d'Une étofic, on dit aussi : Cou-
per urre éfo^* de (uaij, en btais. Vous ne cou-
■ a
i4o RIB
pe% pas cela âroit , vous allez de hîais. Couper
une éîofl'' du bon biais, du mauvais biais, C'est
la couper du bon sens, du mauvais srns, sui-
vant l'usage auquel on la destine.
Biais, se prend Ggurcm. pour les diverses
faces d'une afiàire^ les divers moyens dont on
peut se servir pour réussir à quelque cliose. //
y a plusieurs hiais dans toutes le$ afpures. Le
tout est de prendre le bon biais. Prendre une
affaire du bon biais^ du mauvais hiais, detous
les hiais, du vrai biais. Prendre un biais.
Ou dit aussi, Prendre itn homme de biais,
pour dire, Le gagner avec liahilelé; et Prendre
une affaire de biais, pour dire, Kmployer des
moyens détournes pour U faire réussir.
BIAISEMÏ':>'T. s. m. ÎManièred'aller en biai-
sant. Au figiu-é. Détour pour tromper.
BIAISER. V. u. Être de biais, aller de hiais
Ce chemin biaise.
Il sii^uific figurcm., Se servir de mauvaises
linesscs, n'agir pas sincèrement. /I lui faut par-
ler franchement^ ce n'es! pas un homme avec
qui il faille biaiser, aller en biaisant.
Il signifie aussi quelquefois, Prendi'C quel-
que lempe'ramcnl dans une affaire ; et alors il
se prend en bonne part, et suppose de l'adresse
et de la prudence. Il est des circonstances où
Von est obligé malgré soi de biaiser^ de savoir
aller en biaisant.
BIB
BlBERO?î. s.ra. Petit rase d'argent ou d'autre
maiiôrc,qui n un petit bec ou tuyai: par Icqur-I
on boit. Boirà avic un biberon.
On le dit dans le langage familier, en par-
lant De celui qui aime le vin, et qui en boit
volontiers. C'est un bon biberon. On l'en^plole
moins communément au féminin j on dit ce-
pendant dans le langage badin, C'est une bibc'
ronne.
BIBLE, s. f. L'Kcrilure-Saintc, l'ancien et
le nouveau Testament. La sainte Bible. Le
Texte de la Bible, Les Fassancs de la Bible. La
Version delà Bible.Bible Latine. BibleOrecquc.
Bible Françoise. Bible Polyglotte.
BIBLIOGR^VPHE. s. m. Celui .^ui est versé
dans la connolssance des livres, des éditions, etc.,
qui fiit des catalogues de livres.
BIBLIOGRAPHIE, s. f. Science du Biblio-
graphe.
BïBLIOMANE. 3. des a g. Qui a la Biblio-
manie.
BIBLIOMAKIE. s. f. Passion d'avoir dv-^
livres. j4voir la lUbliomanie.
BIBLIOPHILE, s. m. Cchû qui nimc les
livres. H est bon d'être Bibliophile , mais il ne
faut pas é.'re BihUoniane.
BlBLîOTAPHE. s. m. Celui qui ne commu-
nique ses livres <i personne.
BIBLIOÏIIÈCAIRE, s. m. Celui qui est pré-
posé pour M'oir soin d'une Bibliolliéquc. Bi-
bliothécaire du Vatican. Bihliothécairc du Bai.
BIBLU>ni^;QUE. s.f. Lieu où l'on lient un
grand nomltre de livres rangés en ordre. Faire
bittir une liil-liothèque. Il ne sort point de sii
Bibliolhiqut.
13ID
Il se dit aussi De rasscmltln^c d'une certaine
(juantitc de livres. Nombreuse Bihliùlhéque.
l'et'.le Bibliothèque. H n'a pas lu la dixième
partie Je sa Bibliothèque. Un quart de sa Bi-
hliothéque est relié eu maroquin. Il fait arran-
ger sa Bibliothèque.
On dit fimirém. d'Un homme très-snvant,
que C'est une Bibliothèque vivante, amhulanle;
et d'Un bomxnc qui sait beaucoup , mais qui
sait mal et avec confusion, que C^est une Bi-
bliothéque renversée, une Bibliothèque mal
ranqèe.
On appelle aussi Bibliothèques, Dej Re-
cueils, des extraits, des catalogues raisonnes
d'Ouvrages de même ou de diU'érente nature.
La Bibliothèque de Photius. La nouvelle Bi-
bliothèque des Pères. La Bibliothèque du Droit
François.
C'est aussi le nom d'Une armoire disposée
par rayons pour recevoirdes livres. Une Biblio-
thèque de bois d'acajou.
BIBUS. (On pron. l'S. ) Terme de mépris,
ijui ne s'emploie guère qu'avec la préposition
de, pour dire. Qui mérite peu d'attepiion, qui
ïst de nulle valeur. C'est une afftiire de bibus.
Ce sont des raisons de bibus. Il est familier.
ISIC
BICEPS, s. m. (On prononre le P et l'S.I
Terme d'Anatomie. Il se dit Des muscles doni
la partie supérieure est divisée en deux. Lt
hiccps du bras. Le biceps de la cuisse.
BICHE, s. f. La femelle du Cerf. Un faon
de Bich Ln pied de Biche.
BICHET. s. m. Certaine mesure poui; le lil(
et pour d'autres grains, contenant à peu prù
un minot de Paris. II se dit également De 1(
mesure, et de ce qu'elle contient. Acheter nï
bichet. Un bichet de blè. Un hichct d'avoine.
BICHON , OXNE. s. .'^orte de pet'.t cliicu,
qui a le poil long et le nez court. Un joli bichon
Une belle bichonne.
BICOQUE, s. f. Petite Ville ou Place de j^u
d'importance et de peu de défense. La réputa-
tion de ce Général échoua devant une bicoque,
Ccttebicoque arrêta lonq-tenips toutes lesfurcct
des ennemis.
Il se dit aussi d'Une liés petite n liscn. Jt
n'ai dans ce villaqc qu'une bicoque.
EID
BIDET, s. m. Petit clioval. Un petii bidcl.
Monter sur un bidet.
On appelle Double lu'(/e(. Un bidet plnJ
grnid et ijIus rcnforcéque les bidets ordinaires.
Dans hîs postes aux chevaux, on appelle
Bidets , Les clicvaux <lcstinés à monter les
courriers. Un bon, un mauvais bidet.
On dit figurera, et familii'rera. d'Un homn.e
qui a fait une fortune prompte, qu'/l a bien
poussé son bidet.
On appelle aussi Bidclj Un meuble de garde-
robe qui sert ;i la propreté.
BIDON, s. m. Espùcc de broc de bois qui
contient environ cinq pintes.
On appelle aussi Bi'/oM, Un vascdefcr-blaTir.
RIE
dont les soldats se servent pour aller chercher
leur provision d'ea.i.
liî E
BIEN. s. m. Ce qui est bon, utile, avan-
tageux, convenable. Le souverain bien. Lebien
public. Le vrai bien. Bendre le bien pour le
mal. Il faut aller au bien de la chose.
vJn dit proverbialem. , Aul bien sans peine,
pour dire, que Tout ce qui est avantageux
coi\te k acquérir.
On dit, que C'est un grand bien qu^une
chose soit arrivée, pour dire, que C'est un
grand bonbcm", un grand avantage.
On dit, Faire du bien à guelquun, procurer
ihi bien à guelgutin^ pour dire. Lui procurer
quelque avantage, quelque î^rflce utile. Il aime
K faire du bien à tout le monde.
On dit aussi j Vouloir du bien à quelqu'un ,
pour dire , Avoir envie de l'oblijjer.
On dit d'Une chose dont on reçoit quelque
ïvantage, quelque soulagement, qu'JEHe ^iit
lîu tien, qu'elle fait grand bien. Il lui est
arrivé une succession qui a fait grand bien uses
vfpiires. La saignée lui a fait grand bien.
BïE» , signifie quelquefois Religion , vertu ,
probité j ce qui est louable, estimable. C'est un
\eunehonime qui se porte au bien, qui se tourne
HU bien. C'est un homme de bien, une femme de
bien. Ce sont des gens de bien. Il a fuit en cela
une action d'homme de bien. Il en a usé en
homme de bien.
Onditqu't/n homme sent son fcien, pour
dire, qu II a l'air. les manières d un homme
bien né, bien élevé, etc.
On dit proverbial., Le mieux est tennemi
iuhicn, pour dire, qu'En voulant perferiionncr
ce qui est bien , on le gile communément.
On dit proverbial-, Fm (ont bien et en tout
honneur^ en tout bien et tout honneur^ pour
dire, A bonne fin, h bonne intention. Il voit
cette fille en tout bien et en tout honneur.
Bien , signifie aussi , Ce qu'on possède en
nrgeni, en fonds de terre ou autrement. Bien
de patrimoine. Lesbieus de père et de mère. Les
biens paternels, les biens maternels. Bien .10-
hJc, bien de roture^ biens paraphcrnaïuv. Il ne
faut pas toucher au bien d'autrui. Avoir dubien.
.icqucrir du bien. Manquer de bien. Etre né
sans biens, yivoirun bien clair et net. Vn bien
clair et liquide. Vn beau bien. Un bien eni~
broiiine. Vn bien embarrassé. Vn bien litigieux.
Avoir tout son bien engagé^ tout son bien hy-
pothéqué. Tout son bien est saisi. Etre sans
bien, .ivoir du bien mal acquis. Dépenser son
bien, manger son bien. Partager son bien. Mettre
ordre à son bien. Amasser du bien. Posséder de
qrands biens. Vn mari et une femme séparés de
corps et debiens.Être en communauté de b:ens.
Faire cession de ses biens. Faire cession de
biens. Il a laisse de grands biens. Curateur
aux biens vacans. Les biens meubles et un-
meubles.
On dit absolument,' qu'Un homme a du
bien y pour dire, qu'Un homme est riche.
On dit , Avoir du bien au rolcil, pour dire,
BIE
Avoir dfs biens-fonds, des Icrres, des maisons.
On appelle Biens d'Eglise, Les biins qui
appartiennent à l'^yise; Biens pnssajers, Les
biens de ce monde; et Biens (lenicls, La béa-
titude éternelle.
On appelle figiu-e'ment , Eicns du corps, La
santé, la force; Biens de l'esprit, Les talens;
et Biens de l'Jme, Les vertus.
BtES. Particule adverbiale, qui sert ù m.ir-
quer un ccxtain degré de pcrfeclion, un certain
c'tat heureux et avanliigeux dans la chose dont
il s'agit. /' se conduit bleu. Il se porte bien. Il
va aussi bien , autant bien qu'il est possible. Il
parle bien. Il dit bien. Il ftit bien. Tout va
bien. 3Iener une ajîiiire à bien. Je me Irou^£
6ii'n aujoiirti'/iui. Je me trouve bien d'une telle
chose. Je me trouve bien d'avoir été là. Il fait
fort bien sa charge. Il s'est jott bien acguittê
de sa commission. Il est bien à la Cour, Il est
bien dans ses ajpi ires. Il est bien auprès du Roi ,
bien auprès des Ministres. Il y est autant bien
(juon y peut être. Un ouvrage bien fait. Un
jeune homme bien né, bien jait, bien pris dans
sa taille i cl Bien mis, pour dire, Habillé de
bon goAi.
On dit d'Un malade, qu7I csl bien, pour
dire, cpi'On est rassuré sur son état; et d'Une
femme, qu'lAle est bien, pour dire, qu'Elle est
d'une figure agréable.
BtE!i, signilie aussi Beaucoup, fort. /( y
avait bien du monde, bien des spectateurs. Il
mange bien. Il boit bien. Il s'est levé bien ma-
tin. Il est airù-e fci'er» à propos. La chose s'est
passée bien autrement gue vous ne dites. Il
est bien savant II est bien malade. Il est hieit
mal.
Aptes Bien, signiCant Beaucoup, et sui\i
d'un substantif , on met l'article du substantif:
Bien de l'argent, bien de la peine, bien da
monde, bien des hommes; et sans l'article,
Ceuucoup d'urgent, de peine, de monde,
d'hommes.
On dit. Bien attaqué, bien défendu, pour
dire, que La défense n'a p.is été moins vigou-
reuse "lue 1 attaque. El lorsqu'on'ne peut éviter
du domninf;r, quelque parti qu'on prenne, on
dil. Autant vaut bien LaCtu , que mal battu.
pour dire, qu'il y a des choses où il ne faut
point s'épargner, quoi qu'il en puisse arriver.
BcET», avec le verbe l'ouloir, exprimé ou
•<nu-.'ntcndu, sert h marquer Consentement.
AUei, je le veux bien; et pour marquer qu'on
igrcî ce qu'un antre propose, on dit absolu-
ment. Bien, fort bien. Et quand il est précédé
de la particule lié, il sert aussi à marquer
Exhortiition cl interrogation. lié bien, conti-
nuez, lié bien, que vous en semble? lié bien,
que nous a-l-il Ji|.> lU bien, ne nous l'avois-
)t pas dit.' On dit aussi dans le même sens, Eh
bieTK
U t'imploie aussi dans l.i signification d'.V
p«a prés, environ. Il y a bien trois uns ijuc je
ne l'ai lu. Il y a bien deux lieues d'ici. Et
quelquefois il ne s'emploie queparredondanrr,
ri pour doiiorr pluj de force i c« i]u'oii dit
Jiuici-vous bien l'assurance de le nier.' Je le
Î3IE
savais bien. Je m'en Jbulois bien. Il est bien en
chemin, mais il n'est pas arrivé. Il est bien
vrai que cela est , mais
BtES QUE. conjonction. Encore que, quoi-
que. Bien que je le souhaite de tout mon cjLur,
je ne le puis pas.
BIEN-ALMÉ, ÉE. adj. Qui est très - chéri ,
qui est niraé par préférence h tout autre. C'est
son fis bien-aimé. C'est sa fille bien-aimée.
ElES-AiMK , est aussi substantif. C'est le bien-
aimé' de sa mère. Il est le Itten-aimé de la mai-
son. C'est la bicn-aimée,
BIEJN-DIRE. s. m. Ce mot n'est d'usage que
dans le discours familier, et d'ordinaire eu se
moquant dr (piclqu'un qui se pifjuc de hiec
parler. Qnunti il se met sur son bien-dire. U
est sur son bien-dire.
BIEX-DISANT, ANTE. adj. Qui piirlebicn
et avec facilité. U se dit aussi par opposition à
Médisant, C'est un homme bien-disant.
BIEN-ÊTRE, s. m. se dit d'Une sulisislancd
aisée et commode. U a le nécessaire, mais il
n'u pas le bien-être.
Il se dit aussi d'Unc situation agre'able du
corps et de l'esprit. 5enlir du bien-être. Goiilet
le bien-être. Eprouver du bien-être, un bien-
être sensible.
BIEKF.'VISANCE. s. f. ( On prononce dam
le discours ordinaire Bienfesance, Bienfcsant',
mais au Théâtre et dans le discours soutenu,
on prononce Bienfesance, Bienfèsant.) Incli-
nation i faire du bien aux autres, pratique des
bienfaits. Il a un grand fonds de bienfuisance.
Acte de bienfaisance.
lîIENFAISAIST , ANTE. adj. Qui prend
plaisir à faire du l>ien atix autres. /( est géné-
reux et bienfiiisant. Avoir l'humeur bienfai-
sante, le caractère bienfaisant. Il y a des dmct
naturellement bienfaisantes.
BIENFAIT, s. m. te bien qu'on fait à quel-
qu'un , gr,ice , faveur, pl.iisir, bon office. Jt
n'oublierai jamais un si grand bienfait. C'es\
un bienfait signalé. Combler de bienfaits. Ac-
cabler quelqu'un de bienfaits. Il en a reçu milli
hienjails. Il ne faut pas reprocher les bienfaits.
H fiut lilehcr de reconnaître les bienfaits. Il j
a des gens qui oublient également les injurci
et les bienfaits. On oublie plutôt les bienfaiti
que les injures.
On dil proïcrbialem. , qu'l7n bienfait n'est
l'rtnuu's ;ïcr.iri , pour dire, que L'on retire lou-
iours qucli|Ue avantage da bien qu'on fait, ou
que les moindres personnes i qui on fait du
bien, peuvent trouver occasion de le recon-
noitre. Et on dit proverbialement et Bgurém. ,
i|u'// y a des gens qui écrivent les injures sur
[airain , et les bienfiils sur le sable.
BIENFAITEUR. TRICE. s. Celui ou celle
qui a f.iit quelque bien, quelque gr,\cc à quoi-
qu'un. C'est lotre bienfaiteur. Le bienfaiteur
d'un tel Couvent, Vous devez honorer votre
bienfailrice.C'ett la bienfaitrice de votreCom-
munaulé, de votre Compagnie. On disoit aussi
aulrcfoii^ Bicnfiicteur.
BIEMIEUllEU.X, EUSE. adj. Fort heu-
reux, extréiucmcnt heureux. £(al6icnficurcuji
BIE ttr
5e|0ur ti'en/iciireirr. Vie bienheureuse. Bien-
heure:~T qui peut vivre en paix. L'Écrilme dit,
Bienheureux sont ceux qui sont persécutés pour
la Justice
Lorsque Bien /leurcux est joint avec un verbe,
il ne fait plus un seul mot, mais alors le mot
«le Bien devient advcrlie , et est séparé de l'ad-
jectif Heureux. Je le tiens bien heureux d'en
être échappé. H est bien heureux d'avoir évité
ce danger.
lîiESHEinECx , est aussi un mot consacré J
la Religion, et signifie, Qui jouit de la béati-
tude éternelle. Les esprits bienheureux.
En ce sens, il est quelquefois substantif. Le
séjour des Bienheureux. Les Bienheureux.
Biesheouelx, signifie aussi Béatifié ; et c'est
un titre cpic l'Eglise donne i ceux que, p.Tr u«
acte solennel qui préc.Me celui de la cac-onisa-
tion, elle reconnoît et déclare être du nombre
de ceux qui jouissent de la gloire étemelle.
On dit d'Un homme qui a une figure véné-
rable, l'air recueilli, Il a l'air d'un Bienheu-
reux.
BIENNAL, .ILE. adj. Qui dmc deux ans.
L'exercice liennal d'un Ojjice. Ce terme ne
s'emploie guère qu'en parlant De Charges et
d'Offices.
BIENSIJANCE. s. f. Convenance, rapport
He ce qui se dit, de ce qui se fait, avec ce qui
-St du aux personnes, à l'âge, au sexc,.et avec
re qui convient aux usages reçus et aux mœurs
publiques, etc. Cela choque la bienséance. Il
''ait ce q:ii est de la bienséance. Cela n'c^t vas
dans la bienséance. Cela est contre la bien-
séance. Conno'itre les bienséances. Garder la
bienséance, les fciensc'unces. Observer les bien-
séances. Négliger les bienséances. Les règles,
les lois de la bienséance. Pécher contre la bien-
séance. Se mettre au-dessus des bienséances.
On dit, qu'Une chose est à la bienséance de
quelqu'un , pour dire, qu'il lui con\ iendroit de
l'avoir. Celle charge est à rolre bienséanci:.
Celle terre est à votre bjenséance , à cause du
voisinage. Et on dit, Par droit de bienséance ,
pour dire, Sans avoir aucun autre droit que
celui de sa propre convenance , de sa propre
commodité.
BIENSK-iNT, ANTE. adj. Ce qu'il sied bien
de faire . de dire , etc. Il est bienséant aiLV jeunes
gens de rcijicc-tcr la vieillesse, de n'être pas trop
pressés de parler.
BIEN-TENANT, ANTE. s. Terme de Pra-
tique. Celui qui lient, qui possède les biens
d'une succession. Il a été attaqué comme bien-
lenant. Elle est bien-tenante. Les héritiers et
bien-tenans.
BIENTOT. advcrl>e de temps. Dans peu de
temps, dans peu. Je reviendrai bientôt. Il sera
bientôt rci'enu,
BIENVEILLANCE, s. f. AITertion, bonne
volonté , disposition favorable enver* quel-
qu'un. Se sentir de la bienveillance pour quel-
qu'un. Gagner, captiver, se concilier la bien-
veillance de quelqu'un. Le Prince l'honore de
sa ùienveillancc. Il a reçu des marques de sa
bienveillance qui ne saut pas équivoques. Il «.-
t^2 BIG
liit plus conimuncnient du lupéricur à l'éganl
tic l'infirieur.
KIKJtVElLLANT, ANTE. adj. Oni a de la
Lioiiveill.nnce.
BIEîS'VEMJ, UE. adj. Qui est liien reçu.
Il se dit aussi «ubslantivement. Soyez, Ji
bienvenu, la bienvenue.
niKNVENUE. s. 1'. I.'hcuieuse .iiriv.'e de
f|uclqu'un. 11 ne se dit prnpri:in<ni que De la
l'ioinit-re fui.s qu'on arrive en quelque endroit,
ou (ju'ou est roru en quelque corps : et pnrce
que lu c<Iuiunie est de paver quelrjue droit en
y entrant, eu dj i'.ur3 quelque rogal à ceux qui
en sont, on d;l, Payer sa bi:,v.'enue ; donner
un repas your sa bienvenus.
BliCNVOULU, UE. ad|. Voyez Voui.oin.
BIÈRE, s. f. Sorte de colTre, fait de plan-
ches, où l'o." met un corps mort, cercueil.
tiletlre un corps dans la bière. Clouer une hicre.
I\hllre une bière dans la fosse.
BU-RE, s. f. PO termes de Forets, se dil
d'Ln fonds de forêt, d'un pays tout en bois.
C'est une bière, un pays de bière.
BIERE, s. f. Espic« de boisson fort com-
mune, qui se fait avec du blé ou de l'orbe, et
du houblon. Double bière. Bière forte. l'elila
bii're. liiére blunchc. Bière nouvelle. Bière des
Ooliclins. Bière il'Anijleterre. Faire de la bière.
Brasser de lu bière. Brasseur de bière. Levure
de bière. Il y a de la levure de bière dans c<.
pain~là.
On appelle Bière de Mars, La bière brassée
d.iiis le mois ce Mars.
On dit pro.i ibialeinent d'Un porirait , d'un
taldeau mal fait et niai peint, que C'est une
enseigne à bière.
BIEVRE. s. m. Animal amphibie à quatre
pieds, comme la Loutre et le Castor.
BIEZ. 8. m. Canal qui conduit les eaux pour
'es faire tomber sur la roue d'un moulin.
BIF
BIFFER. V. a. Effacer ce qui est e'cril, en
sorte qu'on ne le puisse pas lire. II ne se dit
guère qu'en ternies de Praiique. // a été or-
donné par .4rrél, (jue ces mots seront bifjii
d'un tel Livre, ou d'un tel écrit. Il a biffé cette
clause de son testament. L'écrou de son empri-
sonnement a été rayé et hilji .
Biffé, ÉK. participe.
BIFURCATION, s. f. Terme d Analomie. Il
se dit d'Une partie qui fourche et se divise en
deux, l.a bifurcation de la racine d'une dent.
Il •>>: dit aussi en parlant Des arbres.
B I (;
lllO.V^IE. ad), des 'z {ïeiircs. Temic de Ju-
ri^iirudeuec. Qui est marie i deux pei sonnes
en morne temps. Il est biijame. Elle est bigame.
Il est aussi substantif. Autrejijis les bigames
uMt cle punis de mort.
Il se d;t aussi De ceux qni ont c'té maries
dfux fois; cl c'est dans cette acception qu'on
dit, que Les bigames ne sont point reçus aiLt
Ûrdrci sacté» sans dspcnse. Les Canonistei
BIJON. s, m. Terme de Pliarmrae. Sorte de
comme, de résine cpii s'emploie aux niâmes
usa;;es que la Tércbeniliii;e.
BIJOL. s. m. IVIii ouvra;;e de luxe pi\'Tienx
par le travail ou par la matière. Celle femme a
de hcauc bijoux. Il a un cabinet tout plein
de ti'j'ou.r. On dil d'Une jolie maison, ou d un
pi'tit ouvraj^c achevé dans son genre et d<!lica-
Kauenl travaillé, que C'est un vrai bijou.
BU
(railcnt de bigames ceux gui ont épousé une
veuve.
BK;,\MIE. suIjsi. f. Mariapc avec deux per-
sonnes en même tenq)s. Crime de bigamie.
II signifie aussi, L'état de ceux qui ont pass^
ù un second mariagi-. Dispense pour tcsOrdres,
à cause de la bigamie.
BIGARADE, s. f. Espèce d'Orange aigre ei
un peu amèrc, sur la piau de laquelle il y a
quelques exrroissanrcs. Grosse bigarade. Jus de
bigarade. Sauce à la bigarade.
iil(;ARHEAU. s. m. Espèce de cerise de la
figure des guignes, ni..is d'une chair plus ferme
et de meilleur goftt. Les bigarreaux sont siijrl.»
auv vers.
BIGARREAUTIER. s. m. Arbre qui porte
des bigarreaux.
BIGARRER. T. a. Rassembler sur un fond
quelconque des couleurs qui tranchent, ou qiii
sont mal assorties. Il a trop bigarré sa livrée.
On dit au figuré. Bigarrer son style de ci-
tations Grecques et Latines, pour dire, Coudre
des passages inuliles qui ne produisent que dt
la confusion.
Bir.AnnÉ, ée. participe. Un habit bigarré.
BIGARRURE, siibst. f. Variété de couleun
trancliantcs, ou mal assorties. Il y a trop dt
bigarrure r. ce lit, à cet liabit.
Il se dit au figuré. Il y a bien de la bigar-
lure dans cette société, pour dire. Un mélange
de personnes mal assorties; Il y a de la bigar-
rure dans cet ouvrage, pour dire, Un mélau'^c
de choses qui vont mal ensemble. Cn Wil lii
garrure de style, pour, iVîclangc d'expressions
nobles et de locutions basses.
BIGLE, adj. des 2 genres. Louche, qui a un
œil ou les deux yeux tournés en dedans. Vn
homme bigle. Une f-mme bigle. Il est bigle.
Il est au.ssi suhstantif. Vn méchant bigle.
BIGLEB. V. n. Regarder en bigle. // s'.ic-
routume à bigler.
BIGSE. s. f. rumeur au front, qui provient
J'un coup ou d'une eliuii'. H est vieux.
BIGOT, ( ) Ti;. adj. Dévot outré et supersti-
Ireux. Il est bigot. Elle csl bigote. Airs bigots.
Manières bigotes.
Il est aussi sribsianiif. Faire le biqot. C'est
an vraibi.-^ol. Vn franc bigot. Vnevieillebigole.
HiGOTElUE. ». f. Ilëïotiou outrée et su-
perstitieuse. 7 ouïe sa dtvction n'est que bigo-
terie.
BIGOTISME. s. m. Canclèrc du Bigot
BIGUE.S. s. f. pi. 'Terme de Marine. Pièces
de bois qui soutiennent des machines pour mai
1er, ou pour d'autres travaux.
BU
BIL
BIJOUTERIE, s. f. Profession de eeltù qui
fait commerce de bijoux.
BIJOUTIER, s. m Celui gui fait commerce
de bijoux.
BIL
BILAN, s. m. Livre où les IHaicliands et le»
Banquiers écrivent leurs dettes actives et pas-
sives. Le bilan d'un Marchand.
Lorsqu'un Négociant suspend ses paiemen»,
il dépose son bilan au tribunal institué pour cet
effet. On dit, qu'l/'n domine a déposé son bi-
lan , poiu- dire , qu'il fait faillite.
BILBOQUET, s. mase. Petit instrnment de
bois ou d'ivoire, servant à un jeu d'adresse. Vn
bilboquet de bois. Vn bilboquet d'ivoire.
Il se dit aussi du Jeu. Jouer au bilboquet.
On appelle aussi Bil()of/r<el, Une petite figure
qui a deux plombs aiLx deux jambes, cl qui est
posée de manière que, de quelque façon qu'on
la tourne, elle se trouve toujours debout : ei
c'est de l.'i qu'on dit d'Un liomjue qui se tient
toujours debout, qu7i se tient droit comme un
bilboquet: cl d'Un Iionime dont les affaires de-
meurent toujours en bon élat, quelques tr.-v-
verses qu'on lui suscite, qu'il se retromv tou-
jours sur ses pieds comme un bilboquet.
On dit familièrement d'L^n homme frivole et
léger, que C'est un vrai bilboquet.
BILE. s. fém. Lune des humeurs du corps
animal, dont la sécrétion se fait duns le fcie.
/)i7c jeune. Bile noire. Avoir la bile échauffée.
'î û la bile reniite Fmnrivnir la hile. Exciter
ta bile. Purger la bile. Être plein de bile. H re.
gorge de bile. Des vapeurs de bile. Dégorge,
ment de hile. Débordement de hile.
On dit li;;urém. Emouvoir la bile, échauffer
la bile, décharger sa bile, pour dire, Exciter
la colère , décliarger sa colère.
BlLI.MRi;. adj. des 2 genres, rernic d'Ana-
loinie. Il se dit Des conduits de la bile , Pores
biliaires; et De certaines pierres qui se forment
dans le foie, Pierre biliaire.
BILIEUX, EU.SE. adj. Qui abonde en bile.
Une liumeur bilieuse. Vnc complexion hili-use.
Vn tempérament bilieux. Vncpersonne bilieuse.
Il s'emploie aussi subslanlivemenl. Les bi-
lieii.r sont sujets ù de grondes maladies.
Ou dit figurcm. d'Un homme colère, que
(- 'est un homme bilieux.
BILL. s. m. Mot de la Langue Angloise qui
signifie Un projet d'.Vcte du Parlement d'.An-
gleterre. Le Roi it rejeté un tel Bill. Les deux
Chambres sont d' accord sur la teneur d'un tel
ii:n.
BILLARD, s. m. ( Ix^s L sont mouillés dans
ce mot et les suivans. ) Jeu qui se joue avec tict
boules d'ivoire sur une table à rebords, cou-
verte d'un tapis vert, avec six blouses. Voyet
lÎLOlSE. Jeu de billard. Jouer au billard.
(;n apjvlle aus.ii Billard, La table sur lo-
quclle on joue. Ce billard n'est pas droit. Le
lapis du billard.
Ou appelle aussi Billard, Tj salle où est le
liill.ird. et la maison où Ion doimc à jouer au
billard.
RIT.
Il s< ilil ™ssi 1)0 riiistnini(-nt avec lequel
ou poasse les boules il'iToirt;. Ce bilUird iie
frappe pas bien, il n'a point île coup. La queue
du billarJ. Jouer île la queue du billarii.
ItlI. LARDER. ». n- Touilicr deux fois sa
bille ovrc le billard, ou pousser les deux hillcs
â la r>l». On perd le coup quand on billardc.
Vous avez billardé. Il a billardé.
BiLLADDÉ , Éï. participe.
BILLE, s. f. Boule d'ivoire, avec laquelle on
ioue au billard. Pousser une bille. Bille d' ivoire.
On dit, Faire une billcy pour dire, La mettre
dans la blouse.
Et proverbial, et Cgurëm. , en parlant Dr
deux hommes qui.daus une concurrence, n'ont
aucun avantage l'un sur l'autre, on dit, qu'/^
sont à billes pareilles, à billes égales.
On appelle Billes d'acier, Des morceaux d'à.
cjer carrés.
BILLEUARRER. v. act. Bigarter par un
mélange biiarrc de diverses couleurs, il a fiil
lilleburrcr son habit d'une é:range façon. 11 cM
du style familier.
BlixEBAnnÉ, ÉE. participe.
BILLEB.\L'DE. s. f. Confusion, désordre.
C'est une hillebaude que tout ce menage-ld. 11
est du style familier,
À LA liiLLEBAn)E. Façon de parler adverbiale,
.Sans ordre et en confusion. Tout cela s'est fui
u la billebaude.
On appelle à la guerre, ou en termes dt
guerre. Feu de billebaude , Celui que chaqu(
•oldat fait i volonté, en tirant clwcun de sti
coups sans attendre de commandement.
On s'en sert aussi en parlant d'Une partie
de chasse où chacun tire h sa fantaisie, coup
sur coup, sur ce qui se rencontre, sans distri-
buer les places , sans former de cordon , sani
règle. Chasser, tirer à la hillebaude. Les c/ias-
seurs firent un |*eu de billebaude sur te sannlicr.
BILIJiT. s. m. Petiti' leltre missive. Billcl
doux. Billet galant. Vn tel m'a écrit un hillel
ce malin. Hecevoir un billet. In petit billet. Ij
diflerencc qu'il y a entre lettre et billet, c'est
que dons un billet on se dispense des formules
et des complimens qu'on emploie ordinairement
dans 1rs lettres. £crire en billet.
Il se prend aussi pour certains Écrits im-
primés, nu i la main, par lesquels on informe
les particuliers et le public, de certaines choses
qu'on veut faire savoir Billet d'Opérateur. BilLl
d'enterrement Jeter des billets. Semer des hil-
kls. Billeli léilitieur.
<-)n dit. Faire courir le billet entre les par
ticuliert d'une Compaqnie qu'un veut assem-
bler, pour dire, Ixur envoyer des billets, afin
de les avertir. Et en ce sens on dit, Faire cou-
rir le bdht chn lesXolaires, pour diri-,. Avertir
par billet les Nouire», qu'un diercbe de l'argent
i empr.mtcr.
On dit ouNsi , Fai're courir le hdlet chez le.<
Orfrvres, chez, les Joailliers. |>onr dire. Le»
avenir par bdlri qu'on a perdu <iurli|ue ar^en-
wrie, et cju'ils aient U unlcr ceux qui la leur
[/orteronL
On a donne le nom de rillets à divers pa-
BIL
plers roy''"t <iui nvoicnt cours daas le public,
comme billets d'État, billets de Monnoîe, bil-
lets de Dunqne, etc.
On appelolt nulrcfois Billet de VÊparqne^
Une rrscriptlon p;i\nblc sur le Trésor Rovnl,
(ju'on appcloit alors Vr.parqne.
Billet f signifio aussi Kcrit ou promesse,
par laquelle on s'oblîce de payer, ou de faire
payer une certaine somme. Billet de caissCy de
chatiqe. Donner un billet sur quelqu'un. J^ en
ai fait mon billet. Billet payuble au porteur.
iSéqocier^ escompter ^ endosser, acquitter un
billet. On trouvera de Varqent sur son billet.
Les billets d'un tel perdent tant sur la place.
Billet dlwnncur.
l\ se dit aussi d'IIne nianiue nu d'un peti,
ccrit. que l'on donne ii ceux que l'onTcul faire
entrer à quelque spectacle, à quelque assem-
blée, etc. On n'entre en es lieu -là que par
billets.Où est voire billet? J'ai un billet. Billei
d'entrée, billet de loqe., de parterre j etc.
Kl on dit, que Les soldats loqent par billets
dans les villes et dans les villaqesy parce qu'on
leur donne de petits écrits qui marquent la
maison où ils doivent loger.
On appelle aussi du nomde Billet^ Les petits
rouleaux de papier que l'on donne à la blanque,
ouàuuc lolerie,îiceuxquiy lircDl. BUlet hlunc.
Jiiîlet noir. Il a eu un bon billet. Et quand on
fait tirer au sort plusieurs soldais , pour voir sur
lequel d'entre eux doit tomber la peine qu'ils
ODt tous méritée, on dit qu7l les faut faire
tirer au billet.
On appelle Billet de santc. Un passe-pori
pour passer ou entrer dans quelque lieu, et qui
marquequ'on ne vient pasd'un endroit suspeet
de contagion.
BILLETl'2. ad). En termes de Blason , Un
écu billeté, Vn écu chargé de billettes.
BILLETER. v. a. Attacber des étiquettes. îl
faut bdleter ces pièces de drap, de soie, etc.
Bii.LETÉ,ÉE. participe. Marchandise billetée^
Marcbandise sur jaquelleon a mis une étiquette .
un numéro relatif à celui qui est dans le livre
du Marcband.
BILLEITE. 9. f. Terme de Blason. C'est
une pièce d'armoirie en forme de peut carre
long, qui est quelquefois de métal, et quelque
fois de couleur.
BILLEVESÉE, s. f. (Les L sont mouillés.)
Discours frivoîw, conte vain et ridicule. Il ne
nous a entretenus que de hUlevesées. C'est un
donneur de billevesées, 'foitl ce quil dît n'f.-i
que biVui'cscc. U est du style familier.
On donne aiiwi ce nom à des idées ci^^u^e^,
d des projets cliimériques.
BILLION, s. m. (On pron. Bilion.) Tenu-.
d'Arilbjnéti<|uc. Mille millions.
BILLON. s. m. (Les L sont mouillés dat.s
ce mot et ses dérivés. ) Monnuie de cuivre pur,
ou de cuivre mêlé avec un peu d'argent , cojnni»'
sont les sous. Monnaie de bilîon.
U se dit au^si Dr toute aorte tie mnnnoio
décriée ou d«-fertueus«. Il a trouvé dans un suc
de mille franct pour plut de cent francs di
billon.
BIN 43
Biu-os , »e prend aussi pool Le lieu 0('i l'on
poru- toutes les monmiies défectueuses. Perler
eu bilion toutes les pistoles léqéres ou décriées.
C'est aussi un terme de Vigneron. Il se dit
d'Une verge de vigne taill.Jc de la longueur de
trois ou quatre doigts.
BILLONN.4GE. s. m. Crime de celui qui
substitue des espfrces défectueuses à la place des
bonnes. 71 a été puni pour btllonnage, pour
crime de billonnane.
BILLONNEMENT. subsi. m. .action de bil-
lonncr.
BILLONNER. ▼. n. Substituer des esptc~s
déCfctucuses à la place des bonnes. Cet homme
s'est enrichi li billonner.
BILLONNEUR. s. m. Celui qui fait m<?lier
de biUonner. Ce Commis est un grand billon-
neur.
BILLOT, s. m. Tronçon de bois. Couper sur
un billot. On lui a coupé la tête sur le billot
Attacher au billot. Billot de cuisine.
On dit proverbialement, J'en mettrais ma
(c;(esurIel)il(o(,roa main sur le !)i/(o(, pour dire,
J'en suis bien assuré.
Ou appelle aussi Billot, Un bàlon que 1 nn
met en travers au cou des chiens, pour les
empêcher de chasser, et d'entrer dans les vignes.
On appelle aussi Billot, Un bvre d'un vo-
lume excessivement épais.
BI M
BIMBELOT. s. m. Jouet d'enfani , comme
poupée, moulinet.
BIMDKLOTIER. s. m. Marchand de jouets
d'enfans.
BIN
BIN.\GE. s. m. Actûip de biner, ou seconde
façon quel'on donne aux champs ou aux vignes.
C'est aussi l'action d'un Prêtre qui célèbre
deux fois la Messe. Le binage est permis dans
cerlninj Diocèses, à cause de la rareté des
Prêtres.
BINAIRE, adj. des î genres. Qui est com-
pose de deux unités. Nombre binaire.
On appelle .^riï/ime'ïr(^uc binaire. Vne arith-
métique qui n'emploiroit que deux chinres i
ul o , pour marquer Ions les nombres.
liI!SARO. s. masc. Chariot .i quatre roues
d'égale hauteur, ovcc un plancher sur lequel
nn met de grands fardeaux.
BI^ER. V. art. Donner une seconde façon
aux terres labourables, aux vignes. £incr les
vignes.
BiNEn, est aussi un terme d Tglise, cl il
s'emploie en parlant d'Un Prêtre qui dans U
nécessité dit deux Messes le môme jour, ïinns
tleux Eglises difl'erentes. Ce Curé a la permis-
sion de biner. En ce sens il est nrul;e.
BisÉ , te. participe.
BINE'r. s. m. On appelle ainsi I.e |>etil ins-
Inunent d'an;ent ou de fer-blanc qu'on met
ilans le cliandflier, pour brûler une chandelle
tu une bouf:ic jusqu'au bout. Acheter un hiiiet.
On dit. Faire liinel, pour dire, Mettre nn
t>out de chandelle ou de Iwugie parrp Tgnt sur
i44 BIS
un biiici, ou sur le liautd'un cLaDdeIier,pvui
le briller jusqu'à la lin.
BINOCLE, s. m. Télescope au moyen duquel
on voit un objet avec les deux yeux en inéuii
temps.
BINÔME, s. m. Tenue d'algèbre. Quanlitc
algébrique composée de deu\ termes , c cst-a-
dire, de deux parties unies entre elles par les
signes jilis ou moins. A-f-B, est un hinânie
qu'on prononce A plus B. A'civloii a opéré
(rès-savaiUHient sur le binôme. Le fciiiJiiic de
A'civlon.
BIO
BIOGRAPHE, s. m. Auteur qui a c;fit une
ou Diusieurs vies particulières.
ÎIOGRAPHIE. s. f. Genre d'ouvrage qui a
pour objet des vies parliciilicres.
BI P
BIPÉDAL, ALE. ailjecl.f. Qui a deux pieds
d'éîei;due.
BIPÈDE, adj. des 2 genres. H se dit Des ani-
maux à deux pieds , qui marclicnt à deux
pieds.
11 se prend aussi siiliStantivement , Un bi-
pède, L'iiommc est un bip-~^de.
BIQ
BIQUE, s. f. La femelle du Bouc, la CliOvrc.
11 ne s'emploie que dans le style familier.
. BIQUET, s. m. Le petit d'une Biciue.
Il se dit aussi d'Une espère de trébuchât qui
5en U peser de l'or ou de l'argent.
Bl R
BIREME. s. fera. Vaisseau ancien qui aroit
deux rangs de rames de chaque côté.
BIlllBI. s. m. Jeu de liasard qui se joue avec
des boules dans lesquelles .sont des numéro cor-
rcspondans à ceux d'un tableau. Banquier de
Biribi. Tableau de Biribi. Jouer au Birihi.
BIRI.OIR. s. m. Tourniquet qui sert i rete-
nir un cttâssis de fenêtre levé.
B IS
BIS. ISE. atlj. Brun. Il ne se dit {iroprcmenl
que Du pain ou de la pâle. Pain'bis. Piile bise.
Un lièvre mis en piltc bise. .
On dit familièrement d'Une femme bnine,
qu'Ellc est bi-îc, qu'elle a la peau bisi.
Bis -BLANC, ne se dit qu'en cette phrase,
Pain tis-blaric, pour dire, Un pain entre le bis
et le lilanc.
BIS, adv. pris du Latin, ci employé pour
demander que l'on répète ou que l'on recom-
mence c£ que l'on vient de faire, de dire ou de
(hanter.
SlSA'lEUL. subst. m. Père de l'aïeul ou do
l'aieuIe. Bisaïeul paternel. Bisiiieul maternel,
BISAÏEULE, subst. f. Mère de laieul ou de
l'aieule.
BISANNUEL, ELLE, adjectif. Il se dit Des
plai'.tcs (]ui périssent après avoir subsisté pen-
dant deux années.
BISBIl-I<E. subsi, f. Petite querelle sur des
BIS
objets fiitiies. Ces (jcns-là sont toujours en hîs-
hiilc. Il est familier.
lîlSCOUNU, UK. ûtlj. Qui a une forme iné-
gulii-re, haroque. Bâtiment biscornu. H est du
style familier.
Il se (lit fi^urcmeat De l'esprit, et tics ou-
\Tai;es d'esprit. Ouvraqe hiscornii. ïiai:^unne-
ment hiscornu. Esprit biscornu.
BISCOTIN. subst: m. Sorte de petit biscuit
ferme et cassant.
BISCUIT, s. masc. Pain auquel on a donné
deux cuissons, et dont on fait proi'ision pour
It'S vovaj;ts sur mer. liiscnit fraif. Vieu.v bis-
cuit. Biscuit moisi, lune du biscuit. Un baril,
une tonne de biscuit. Line ration de biscuit.
Tremper du biscuit. Carser du hiscuil.
On dit provcrbialcai. et figurdm. iS'em^.r-
(ji/er saiij biscuit, pour dire, S'engf.ger i une
entrepose, sans avo:r les c)«oses ntceseaires
pour y rcussii.
Biscuit, se dit d'Une ccrloiue sorte de piî-
lisseric, faite ordinaircmeiit nvcc de la farine,
lies œufs et du sucre. Bon biscuit. Biscuit frais.
Petit biscuit. On appelle Biscuit de Carême ^
l>rt.iln biscuit qui est fait sans œufsj et qui est
ibrt cassant.
Biscuit, est aussi Un ouvrage de porci-'laine
nui reçoit drux cuissons, et qu'on laisse dans
ïon blanc mat, sans peintuie ni couverte. Fi-
uure de biscuit. Le biscuit est ftivorable aux
ttatues,, il imite le qrain du marbre.
BISE. s. f. Veut du Nord. Vent de bise. //
(ait une bise qui ccupe le visacje. Lieu exposé à
la hise.
BISEAU. s. m. Extrémité coupée en lauLs. >i
K dit particulièrement Des bords des glaces de
miroir, des glaces de carrosse, etc. taillés de
letlc sovte. Faire un biseau à une (jlace.
Il se dit aussi d'Un diamant taillé eu ,tal>le.
Un diamant i'pai.% de biseau.
On appelle au^si Biseau, Ce qui lient et ar-
rête la pierre d'une battue dans le chaton.
Biseau, est aussi la même cliose que Bai-
sure. Voy. Baisuuk. C'est aussi un instrument
de Menuisier.
BisicAï-x. En termes dlniprimerio, ce sont
des morceaux de bois en glacis, qui servent à
entourer les pages, cl h les serrer.
BISER. V. n. Terme d'Agriculture. Drvaiir
bis.
R:S1:U. v. a. Keieindre. // fnd biscr cetli
étot!'-:
BISKT. s. masc. Espèce de pigeon qui a h
chair plus noire que les iittr***:.
BISETTE. s. f. Esptce de petite dentelle de
J>as prix. Kmployer de la bisctte. Ce n'est ijue
de la bisette.
BISMUTH ou BISMUT. s. m. (On pron.
le T. ) Corps minéral, demi -meta! d'un blanc
tirant sur le jaune. Un le n<mune aussi Etain de
(jUice.
BISOM. s. m. Budle. Ixruf sauvage.
BISOUAIN. s. m. Peau de mouton en laine.
BISOUE. s. f. L'avantage qu'un des joueurs
donne h l'autre au jeu de la paume, et qui vaut
quinze, mais que celui qui le reçoit place ù sou
LIT
choix dons U partie. iJonjier nue oîs-juc. Pren-^
dre sa biscjue. Donner (juinze et bisiitic.
On dit iigurément d'Un homme qui a une
grande supériorité sur un autre, en quelque
genre que ce soit, qu'/i lui dvnneroit quinze et
bisfjue; et, Avoir quinze et bisque sur la partie,
pour dire, Avoir un grand avantage, ou de
ï^rands préjugés en sa faveur pour le succès
dune aflaire. S^^ajpiire de rcs deux hommes^lù
e.4 sur le bureau; mais l'un des deux a déjà
quinze et bisque sur la partie.
Ou dit figurém. et familièrement, Prendre
sa bisque, bien prcndie sa bisque, pour dire,
Prendre bien son temps, profiter de son avan-
ta"e.
BISQUE, subst. f . Potage fait avec le coulis
d'écrcvisses, et garni de diflcrens ingrédiens.
On appelle Denu-Ltst^uc, Une bisque dont
le coulis est plus léger, et où il entre moins
d'ingrédiens.
BISSAC. s. m. (On prononce le C. ) Sorte
de sac, ouvert en long par le milieu, et iërmé
par les deux bouts, en sorte qu'il fvirme comme
uu double sac. Porter un bissac sur Cépaule.
On dit qu'(/n homme est au bissac, pour
dire, qu'il est rédui» ix la mendicité.
BISSE, s. f. Terme de Hlason, emprunté de
l'Italien Bisda. Il signifie Un serpent.
BISSEXTE. s. m. 1,'addilion qui se fait d'un
jour tous les quatre ans, au mois de Février,
qui est alors de viugt-neuf jours. On aura bi*-
sexte cette année.
BISSEXTIL, lï-E. adj. Il se dit de / annci
où se rencontre lcT)issexte. L'an hissextil. ï-'s»-
liée bissextile.
BISTOQUET. s. m. Sorte de billard , avec
lequel on joue pour éviter de billarder.
BISTORTE. s. fém. Plante ainsi nomnicr,
parce que ses racines sont tortues, et repliées
ordinairement les unes sur les autres.
BISTOURI, s. m. Instrument de Chirurgie.
Il y en a de plusieurs espè-ces, éi ils servent
tous à faire des incisions. Le Chirurgien lui a
donné un coup de bistouri.
RISTOURNER, v. a. Tourner dans un seni
contraire, et qui dctigure l'objet. Il est familier
et même populaire en ce sens ; mais il signiGe
ordinairement, Tordre les testicules d'un ani-
mal , en sorte qu'il suit incapable de génération.
J3isîo»rner un chei'al.
BiSTOLnsÉ , EK. participe. Oii dit . Des jamba
histournées , pour, Des jambes toiles.
BISTIŒ. s. f. Suie détrempée, dont on se
sert pour laver des dessins.
BIT
BITOKP. s. m. Menue corde à deux fils.
BITL.ME. s. m. Matière liquide , épaisse ,
noire et inllammable, qui se trouve dans le
sein de la terre, et dont ou i)rétend qu'on se
servoit autrcftiis au lieu de ciment. Les niur$
deBahylonectoient Inîtisdc brique et dcbttume.
BITU.MINEUX, EUSE. ud). Qui a les qua-
lités du bitume, les tourbes sont bituivineufCê.
BLA
BI V
BlVACou BIVOUAC, •-m. Terme emprun lé
ée rAllemind. (Janle exlraordinyirc fni'on Ihit
la nuit en plein air pour !a sûreté d'un ramp,
d'un dctacliemenl, dun poste. Coucher an bivac.
BIVALVE, s. f. Terme d'Histoire Naturelle.
Coquillage qui a deux parties jointes par une
jorie de charDÏère. Les huîtres, les moules sont
des bivalves.
BIVAQUER ou BIVOUAQUER, r. neut.
Passer la nuit à l'air. Nous n'^arrivïimes point
le soir ù Vuuberqe, il fallut bivafjucr. J/arméc
a hivaqué trcnte-ciii<i jours de suite sans maison
ni tente.
n IZ
BIZARRE, adj. des 2 genres. Fantasque ,
cxlravaj'ant , capricieux. Un esprit bizarre.
Avoir l'humeur bizarre. Sentimcns bizarres.
Opinions bizarres.
Il s'L;Dil)C aussi , Extraordinaire , liors de
l'usage commun. Couleur bizarre , Poil bizarre.
Plumaqc bizarrt. Hahity ajustement bizarre.
BIZARREMENT, adv. D'une façon bizarre.
Afjir bizarrement. Etre bizarrement habillé.
BIZARRERIE, s. f. Humeur bizarre, extra-
vngftuce. £tranqe bizarrerie. Faire (luelaue
chose par bizarrerie, pur pure bizarrerie. Cet
homme e*t sujet à de grandes bizarreries.
Il !ti-;nifie aussi Singularité , inconstance
dont on ne peut rendre raison. La bizarrerie
dfji mct^f* J,a h'zarrcric des stiKoris, dci, lan-
Tlites^ des opinions^ etc. La bizarrerie de mon
étoilc^ de ma destinée.
BLA
BLAFARD, ARDE. adj. Pâle. Il ne se dit
guèi e que d'Une couleur terne, et d'une lumitre
foible. Couleur blafarde. Lueur blafarde. Lu-
mière blafarde. Teint blafard. Visarje blafard.
BLAIREAU, s. m. Taisson. Sorte de Lôle
puante qui se terre. La chasse du blaireau.
Puant comme un blaireau. De la qraïsse de
blaireau.
BLÂMABLE, adj. des 3 genres. Digne de
bUmef rcpréliensibic. Une personne blâmable.
Vne action blâmable.
BLAME. 0. m. Sentiment, ou discours par
lequel on condamne une personne, une action.
Tout flatteur est digne de bldme. Une action
di'jne de bUme. Encourir le bldme. Eviter le
blJme. Porter tout le bldme d'une chose. Don-
ner le bldme de quelq -e chose à une personne.
'J out le bldme en tombe sur lui, en retombe sur
fui- S'attirer le bldme i-e tous les honnêtes gens
Je veux bien prendre fur moi le bldme de cette
tiff.'ire. Ucjeter sur un autre Vmt le blîme de
gi.ctque chose. Cela lui a tuumé à hldnie. Il
mérite beaucoup de bldme.
BlÀme , fc' dit aussi De la réprimande que
iâil le Ju^r. La peine du bldme est infamante.
BLAMER, r. «et. Reprendre, condannicr.
Bldmer utu penonne, une action. On ne sau-
rait le bldmer. Tout le monde a bldmé son vro-
cédé.
Tome /,
RLA
B:.!;MEn,en termes de Pnlais, se dît , Lorsqtie
le Ju'jnfuit publiquement une rt'primandi-î^ un6
personne qui a commis quelque conlravcnlioc
aux Lois, aux Oi'donnanoes. Il a été ordonne
<ju''il servit bldme ^ VAudicnce tenante. Etre
bldmé en Justice, porte note infamante.
On dit en matière de Fief, qu'(/n5eir^ncur
a bldmé un aveu (jui lui a été présenté par
son vassal, pour dire, qu'il y a trouvé à re-
dire.
Bt.Âmé, i.t.. participe.
BLANC. ClIE. adj. Qui est de la couleur,
du lait, de la neige, etc. Martre blanc. Satin
hlanc.J^lume blanche. Couleur blanche. Uuhati
Mtinr. Echarpe blanche. Chevtax blancs. Barhc
blanche. Homme tout blanc de vieillesse. Dents
blanches. Pain blanc- Pain bi^hlanc. Sel blanc.
Cire blanche. Blanc comme neige. Blanc
comme cygne. Blanc comme ivoire. Blanc
comme lait.
Il se dit aussi De plusieurs choses qui ns
•sont pas tout-i-fait blanches, pour les distin-
guer de celles de même espèce «jui ne le sont
pas tant, ou qui sont d'une autre couleur. Vin
blanc. Poivre blanc. Verre blanc. Bière blan-
che, liaiiin blanc. Figues blanches. Mûrier
blanc. Bois blanc. Poisson blanc. Avoir le teint
blanc, la gorqe blanche , les mains blanches^
la peau blanche.
Blasc , se dit quelquefois pir opposition h
Sale. I-i/i>j|c blanc. Linge blanc de lessive. Ces
draps ont servi, ils ne sont pas blancs. Chemise
blanche. Voppe blanche. Serviette blanche.
Assiette blanche. Donner des assiettes blanches.
Blanc, se joint aussi h plusieurs substantifs,
dont on ne prut le séparer saris îilttrer la si-
t;nilicalion qu'ils onl ensemble. \ insi on appelle
Fer-blanc, Une sorte de fer r5duit en fcuilres ,
et rendu blanc par le moyen de l'étain ; Armes
blanches. Les armes oflcnsives, comme cp(5es,
ItaUt-bardcs , baïonnettes , etc. par opposition
aux armes à feu; et Argent blanc. Toute sorte
de nionnoie d'argent, par opposition aux mon-
noies ou de cuivre ou d'or.
On appelle Blanc -manger , Un extrait dd
viande avec du lait , de ta corne de cerf, du
sucic et des amandes, ou bien une espèce de
gelée qui se fait seulement avec de la corne do
cerf, des amandes et du surre, Un plat, une
assiette de blanc-manger- Eau blanche, Du
IVau dans laquelle on a jeté du sor pour faire
boire le> clievaux ; Sauce blanche, Une sorte
de sauce ùûlc avec du beurre qu'on n'a pas fait
roussir; Carte blanche, aux jeux de caries.
Toute carte ou il n'y a point de figures. Il lu:
filloit une figure, il lui est entré une carte
blanche; Billet blanc, Un billet de certiincs
Loteries où il n'y a rien d'écrit; Gelée blanche,
La gelée qui se forme le matin de la rosée , ou
du brouillard cougelé'.
On appelle Magie blanche , La connnois-
sancc de certains secrets naturel*, par opposi-
tion !i Magie noire.
Cornette blanche. Voyez Comette.
Drapeau blanc , te dit du Dra|>rau de la
Compagnie Colonelle d'un Régiment, "l du
B L A 145
Drapeau que des Assiégés orboreni, lorsqu'ils
demandent :'i capituler.
On dit provcrbîalem. Donner carte blanche
à quelqu'un , pour d'nv, Donnée p'ein pouvoir
à quetqu'ut}, lui promettre d'agré-er ce qu'il
fera.
On 'dit d'Une garnison qui sort îl'une place
sans armes et sans bagage, qu'E/Ze en sort U
buton blanc à la main. Et on dit aussi fîgurem.
et familièrrm. d'Un liommc qui sort pauvre de
quelque emploi, qu'/l en sort le bdlon blanc à
la main.
On dit prnverbialem. Mettre quelqu'un en
beaux draps blancs, datis de beaux draps blancs,
pour dii-e. Le mettre dans l'embirras, lui sus-
citer des alTaires. Vous vous êtes mis dans de
beaux draps blancs. Vous voilà dans de beaux
draps blancs.
On dit aussi proverbialement, Se faire tout
blanc de son cpée^ se faire blanc de son épée,
pour dire. Se vanter de faire quelque chose
[)ar un pouvoir ou par un crédit qu'on n'a pas.
On dit proverbialrm. Avoir mangé son pain
blanc le premier . pour dire, Avoir été dans
un état aisé, heureux, agrcaijle , et n'y être
plus.
On dit aussi proverbialement d'Un homme
rxtrémement heureux en toutes choses, qne
C'est le fils de la poule blanche. Il est vieux.
On dit aussi provcrbialcm. Bonne soir et
blanc matin, c'est la journée du Pèlerin^ pour
ilirc, que Ceux qui voyagent sont bien aises de
loir le ciel rouï»e le Sf>ir. ci Manr le matin,
parce nue ce sont des marques qu'il fera beau
tout'' la journée.
On dit proverbialem. quand quelqu'un dît
!jnelque chose qu'on ne croit p.is <ju il pMi>?io
faire. Si vous faites cela, je vous donnerai un
merle blanc.
î BLA>'G. s. m. La couleur blanche. Le blanc
à celé du noir en a plus d'éclat. Cette couleur
lire sur le Miinc.
Il signifie arissi La couleur ou matière blan-
che que les Peintres emploient pour reudre
blanc. Blanc de plomb. Blanc de oèm^e. Broyer
du blanc. Peindre une chambre de Manc, tu
peindre en blanc.
On appelle Livre en Munc, Un livre qui n'a
e'té,.ni relié, ni broché. Acheter des livres en
blanc. El on appelle Livre blanc. Un livre dont
tous les feuillets sont blancs.
Vouer au ï)/anc. Faire vœu qu'un enfant
sera entièrement vêtu d'un Iiabit blanc pondant
un certain temps, en l'honneur de la Vierge.
Un enfant voué au blanc. El dans le même
sens on dit, iS'e vouer au blanc.
On dit, Poudré à blanc, pour dire, Poudre
excessivement.
On dit proverbial. De deux personnes, ou
d^c deux chose» ln>s-diirérenles l'une de l'nutr».
(|u'/I y a de la difTcrence comme du blanc an
noir; et qu'6ri homme va du blanc au noir,
(raurdirc, qu'il passe d'une extréniitc à l'auJrc.
Bla?(C, signifie au&siUne sorte de faid, duBi
quelqu''» femmes s^' scn'enl. Cette femme met
du blanc , a du blanc.
"9
i4ô B L A
On dit aussi, Blanc de Perle, hlanc Je Ce- '
ruse, bhmc d'Es])iiijiu.C.e sont des pri^paralioiis
cliiniiqiies. Ondll, lilunc de chaux, en parlant
d'L'ne eau où l'on a délayé de la cliau\. Fatie
un blanc de chaux. Donner un hlanc de chaux
à une muraille.
On appelle Le hlanc de l'œil, Celle partie
de l'œil qui paioit blanclie, cl qu'on appelle
auu-ement la Cornée. Et l'on dit provcrliiale-
ment Dv deux personnes qui se sont extrOrae-
nicnt querellées, qu'EI/es se sont marijé le
Liane des yeux. On appelle aussi Le hlanc d'un
ceuf, un blanc d'auf , I.a glaire d'un œuf, et
tout ce qui entoure le jaune ; el Blanc de cha-
pon, hlanc de perdrix, hlanc de poulet, La
diair de leur estomac quand elle est cuite.
On dit, Saiqncr juscju'au hlanc, pour dire,
Saigner un honmie autant qu'il est possible.
Blasc, au substanlif , se dit aussi Des peu-
ples qui ont le teint hlanc, ou même olivâtre ,
à la différence des noirs. C'el enfanl est fils d'un
blanc el d'une noire.
El.\sc, se dit aussi d'Cn but où l'on lire.
Tirer au hlanc. Donner dans le blanc. Tirer
de but en blanc. C'est du lieu marqué où l'on
est, tirer droit dans le blanc où l'on vLse. Kl
figurén:CDt et familièreni. , Dire cjuelque chost
de but en blanc, C'est dire iiardimqnt, iuconsi-
déiénient, sans préparation, quoique chose de
désagréable. /( fui alla dire de but en blanc...
On dit, en parlant d'Un cheval d'un autre
poil que blanc, qu'// boit blanc, dans le blanc,
dtin.s son bLanc , fjuaiid il a tout le tiair de Ij
ItoucLe bknc.
Blanc, signifie aussi Une espèce de petite
nionnoie qui valoit cinq deniers ; mais eu ca
sens il n'est plus d'usage qu'au pluriel, el avec
le mot Six. Cela vaut si.c blancs, pour dire,
Deux sons six denie.''s.
Ou dit proverbialement, Nettre un lunnme
au blanc, pour dire. Lui gagner tout ioix ar-
gent , le ruiner.
Blasc, se dit & plusieurs jeux, d'Un coup
nui ne produit rien. Lorsque des dés piéscnieni
la face qui n est marquée d'aucun point, cela
ft'aj) pelle Amener blanc.
dndit aussi au jeu des Quilles, d'Un joueur
qui n'abat rien, qu'IÎ a fait Chou-blanc , ou
«iniplement, on dit Blanc.
Blanc , se dit aussi d'Un papier ou paiclie-
niin signé , que l'on donne pour servir de
quittance en quelques occasions. Cet O^l.cier,
en partant pour l'armée, m'a laissé son hlanc
pour recevoir sa pension au Trésor iîoynl. Et
on appelle Quill'jucc en Mime, Une quiltaricc
où ou laisse en blanc I' nom de celui qui doit
paver; Promesse en hlanc, Une promesse ou
\r nom de celui .'i qii l'on doit payer n'est poini
exprimé; Procuration en hlanc. Une procura-
tion où le nom de celui que l'on constitue Pro-
cureur , est aussi laissé en blanc; Blanc-sitpic ,
ou Blanc-seing, Un papier ou paichcmin que
l'on donne à ipn Iqu'un pour le lemplir îi sa
volonté. Il lui a donné son hlanc-scing. A'ous
avons donné notre blanc-sïnné à notre Arbitre.
Ui.kNCiiE, au fcminiu. s' emploie suljslanlivo
BLA
ment dans cette phrase, y^ioir blanche, qui se
dit au jeu des Caries, lorsqu'on n'a aucune
ligure dans son jeu.
BL.4>'C-IïlOtl. s. m. Jeune homme sans ex-
périence. Ce /l'est (ju'un Blanc-bec.
BLANC-DE-BALEIKK. s. m. Cirvcllc de
Baleine dont on se sert en Médecine.
BLA>'Cn.\lLLK.s.f. Fretin, nirnu poisson
blanc. Un etantj où il n'y n (jue de la hlanchaillc.
BL,\NCIlÀrKE. adj. des 2 genres. TiranI
sur le blanc. Couleur blanchâtre. Liqueur blati-
châtre.
BL.4NCHEMENT. adv. Il n'est guère d'usage
que dans cctle phrase. Tenir blanchcment. Il
faut tenir les enfans le plus blanchemcnl tju'ou
peut , pour dire, qu'il faut les changer souvent
de linge.
BLANCIIERlE.s. f. Lieu destiné J blancbit
des toiles , de la cire.
BLANCIIE'I'. s. m. Terme d'Imprimerie.
Morceau d'étolfe de laine qui se place entre les
deux tympans.
BLANCHEUR, s. T. La couleur blanche. La
blancheur dti lait. La blancheur delà neinc. Une
blancheur tfui éblouit. La blancheur du teint.
liLA.NCIlî.MICNT. s. m. L'action de blanchir,
Il l'elTcl qui eu résulte. 11 ne se dit ordinaire-
ment que Des pièces de toile entières, et de la
monnoic d'argent. Le l'/unc/jî/nen£ des toiles dt
Flandre. Le blanchiment de Caen. Le blanchi
ment de Senlis. Le blanchiment de Laval. Cet
toiles sont d'un beau blanchiment. Le blanchi-
ment de la monnuie. Avoir soin du blanchi-
ment de la mcnnoie.
BLANCHIR. V. a. Rendre blanc. Blanc''':
une muraille. Cela blanchit le teint, blanchi\
les mains. De Vopiat pour blancliir les dents.
Blanchir des tuiles. Blanchir du linge. Donner
du linge à blanchir. Blanchir de la monnoic.
Blanchir de la faisselle d'argent.
On dit qu'il ne l'eiiinic blanchit, pour dire ,
qu'Elle fait métier de blanchir du linge ; cl
qu'Elfe blanchit gucliju'un , pour dire, (ju'Elle
hlancnil le linge de celui dont on parle.
BLANCMir, , est aussi v. n. Dt venir bîanc.
Fuire blanchir des toiles à la rostc. Mettre des
loilessur l'herb: pour blanchir, la meticc blan-
chir.
On dit, Fuire blanchir de lu m'nnffe, poni
dire , La merire dans tir l'eau il. de pour !a f-ire
i-evcnir.
On dit, Faire blanchir de la chicorée, des
cardes, du céleri, etc. pour dire. Les faire de-
venir blancs en liant les feuilles quand elles
sont encore vertes, et eu les couvrant avec de
la tene ou du fumier.
BLANcnm , se dit aussi Des personnes ; et on
dit, qu'Un homme commence à bl<inc/"V,p(nu
dire, que Ses cheveux commencent à blanchir.
On dit proverbialement, 7'ê!e ifc fou ne b'an-
cJiit jamais j parce qu'ordinairement les fous
sont exempts des soins et des soucis qui font
blanchir les clic\enx de bonne heure.
BLASCHin, se dit figuréraent à l'octif , pour
dire , Faire paioiire innocent un homme qu'on
an:usoit de quelque diose. On l'accusoil de
BLA
beaucoup df choses, mais il a trouvé à la Cour
lie bons amis (j\ii l'ont entièrement bhinchi.
Il se dit figurcin. aussi a» nculre, pour dire,
Piisscr un long icmps de sa vie dans une occu-
pation. Blanchir dans le service. Blanchir sous
les arma, sous le harnais. Ce vieux courtisan
a blanchi ilans Vintrinue. C\'st un savant (fui
a blanchi sur les livres.
On dit fignrém.j qaUn coup iJe mousquet
ou (le pistolet «'a fait que blanchir, <^uaod il
a porté sur les armes sans les fausser ; que Tous
les efpuis qu'on a faits pour faire réussir quel-
ffue chose n'ont fût (pie blanchir j pour dire,
que Tous les cfrorts qu'on a faits ont tic iuutilcs;
et qu Un homme n^a fuit que blanchir devant
un autre , pour dire , que Malgré tous ses cflorU
il lui est resté U'ès-inféricur.
Blanchi, ie. participe. '
BLANCHISSAGE, s. m. L'action de bUn-
cliir du linge el l'eflct de celte action. Mettre,
envoyer au blanchissane. Voi/a un mauvais
hlanchissaije. Payer le blanchissage. Retirer le
linge du blanchissage. Il lui en coûte tant tou0
les ans en blanchissage.
BLANCHISSANT, ANTE. adj. Çui blancLit,
qui paroit blanc.
BLANCHISSERIE, s. f. Lieu où Ion blan-
fliit des toiles, de la cire. On a établi des blan-
chisseries en plusieurs endroits.
BLANCHISSEUR, SEUSE. s. Cclirt , celU
qui blancliit du linge. Blanchisseur au mois, à
Vannée, à la pièce. Donner du li'jujc à Itt hlan-
chi.sseu<ie.
6LANQUE. s, f. Espèce de jeu en forme de
loterie, où ceux qui tombent sur certains cliillie*
ou sur certaines figures ga*;nenl ipïclque nippe
ou bijou. /'iurc une hlannue. t irer uneblanqne.
Avoir un bon billet à la blanque.
On dit proverbi;dement et figurén». Hasard
à lu Manque, pour dire, A tout hasard, il eu
anivcra ce qu'il pourra.
BLAN(^)L'ETTE. s. f. Soric de j élite poîr?
ilVtc, qui a la peau bianclu*. Un Poirier dé
blanquette. Ve la blanquette.
Blanql'EiTE, se dit aussi dTnc sorte de pe-
'jt vin blanc de L;insuedoc. De la blanquette
de Limoux.
Blanquette , est aussi Une frica«s('e blanclie ,
cl faite ordtnnirenient de veau, d'agneau, o«
d'autre viande blanche.
BLASER , SE BLASER, v. r. S'user Ix forn
de boire des liqtifurs fortes. /I a tant bu d'eatt-
de-vie, qud s'est blasé. Vous vous blaserez.
Blaser, v. act. Émousser bs sens, afTûibîir
le goût de cr?l;iines choses. La solielc blase le
goût. Les excès Voul blasé.
Il s'emploie avec le pronom personnel. H
s*csl blaté sur les plaisirs^ sur les tpcctacles ,
sur (ouf.
Blasé, ék. p.irlicipi'. C'est un homme blasé.
Il a le goût, le palais blasé.
BLASON, s. m. Armoirie, assemblage de tont
ce qui compose ITcu armoriai. Sur les anciens
tombcaiLC, on troUvc les blasons de plusieurs
Maisons iffrisircs.
Ou appelle aussi Blason, Larl des Arrooi-.
BLE
t'tf^. Entendre le Blason. Savoir JeBiosori.Kn-
stiqner le PAitson. Les rèijks du Bluwii. Armoi-
ries qui sont contre les rèjles du Blason.
BLASONNKH. V. act. Peindre les Armoiries
avec les nittaux et les couleurs qui leur appar-
tiennent. Le Peintre a fait ces armoiries en
jrisaiile, il falloit /t-^s hUisonncr.
Il se dit aussi De ccrlaJnrs lignes et des
points «jucn noniroc //rtc/mrc5,et(|ue les Gra-
Tcurs ibat pour rcprésculcr les nn-laux et les
couleurs. Le Graveur na yas bien blasonné les
Armoiries sur cette vaisselle.
Il signifie aussi, Expliquer les Armoiries
dans les termes propirs à la science du lilason.
Quand cet homme parle d'Armoiries ^ il les hla-
êonne très-bien.
Blasosnek, s'emploie (igun'nient pour, Mé-
dire , hlàiuer , crilifjUfF. Il a clé bien blasonné.
Il est du styie fanrilier.
Blasonné, ée. participe.
BLASPHEMATEUR, s. m. Celui qui blas-
phème. Grand blasphémateur.
BLASPIIÈM VlOIRE.adj.des 2'^. Qui con-
tient des Maspliènies. Ecrit impie et blasphéma-
toire, proposition blasphématoire.
BL.VSPIliCMlO. s. ni. Parole ou discours qui
outrage la Divinité, ouqui insulte à laltelii^ion.
Blasphème horrible t ejcécrahle. Proférer un
hliisphémc. Dire uifhlasphcme.
â On le dit par exagération familière, potu-,
Discours injuste, indécent, déplacé. On ne penl
médire île cet homme-là sans faire un blas-
phème
BLASPHÉMER. r.n. Proférer unhlaspliémc,
4es id.TSpIiinies. Vous hlasphémez. On ne sau-
roit dire cela sans blasphémer.
Il est aussi quelquefois actif. Blasphémer le
saint nom de Dieu. Cet homme ne cesi:e de blas-
phémer Dieu et SCS Saints.
On dit proverbial., d'Un homme qui paile
arec mépris d'une science ou duu art qu'il ne
•onnoit pas. Il blasphème ce rju'il iijnore.
Bl.vspiikml, tE. particljw.
BL-VriER. s. m. Marchand de blé. Il ne se
dit çuènî que De ceux qui transport-ut du blc
•ur d(j c/ievnux d'un marché à l'autre.
BL.VUOE. s. f. Souqucnille, espi-cc de cur-
•oul de j;rnssc toile que les Charretiers porleni
par-dessus leur vêlcmcnL Ils la nomment aussi
Blouse.
ii LE
Cl.t^. t. m. Plante qui produit le grain dont
OQ fait le pain. Du blé en herbe. Du blé en
tnyau. Le hlé est en épi. Terre à blé. Voilà une
hellt pièce de blé. Blé-froment. Blé-scitjle. Blé
èpjis. Blé$ niellés ^bruinés. Les blés sojit beaux.
Vnc ijerhe de hlé. Un épi de blé. Couper Ui
hlcs. Scier les hlés. Battre le blé. Serrer le blé.
àlettre le hlé en qranqe.
On iipp Ile Grandi hléx , Les blés- froment
et les hl' ■ seig'c; Blc nicteil. Le blé moitié fro-
mcol, nioili: *ei-Ic; Petitt hlés. L'orge et In-
*oine; rt Blé «oir, ou hit sarrasin , Une autre
pUtitc qui porte par petites grappes un jjroin
»9T . et qui a dts on^'es.
BLE
r.u', âïgntfîo aussi Le Epaîn seul, Ily a tiVif
du hlcdansces greniers. Ces greniers zont plein:
de hlé. Un sac de hlé. Un boisseau ^ un setier .,
un muid de blé. Vendre du blé. Acheter du blé.
Le hlé est cher. Un grand amas de blé. Un
Marchand de blé. Enlever tout le hlé ttun
marché. Faire provision de blé. Serrer h: blc.
Semer du blé. Blé gui germe. Moudre du blé.
^!esurcr du hle. Un qrain de blé. Un tas de
blé. Un monceau de blé. Un sac de blé. La traite
des blés.
On appelle Blé tTjyofé, Certains grains noirs,
qui, dans les épis du seigle, sont allonges en
forme d'ergot ou de corne. Ces grains sont d'une
qualité très-mauvaise; et mêlés dans la fjiinc,
ils causent de fàclieuses iiiahulles.
On dit proverbialement, Manger son blé en
vert ou eu /itTi>e,pour dire, Manger son revenu
par avi'uce ; Etre pris comme dans un fc/e, pour
ilire, Élre sui-pris sans pouvoir s'cchûpp'.'r ;
Crier jumine sur un Uis de blé, pour dire, Se
plaindre lorsqu'on est d.ins l'abondance. Et en
p.irhint des choses dont la garde est bonne, et
peut uu'me être avantageuse, on dit que C'est
du hlé en grenier.
lÎLK DE TcRQUiE, OU Maîs. S. m. PlaDlcdont
le grain, plus gros et plus rond que celui du
blé ordinaire, croit sur de longs et foris épis.
et sert de nourriture i une grande partie des
peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. On la
cùllivc eu France, maïs principalement pour
engraisser la vclaille.
Isi.K dï: Vache, ou MrrAMPiTiTiM. s. m. Plai.ii»
ainsi nommée , parce que les l>fi'ufs et les vaches
en sont avides. Elle croit ordinairement dans
les blés.
BLLCIIE. ad), des 2 grnrcs. Terme d'In-
jnn*, qui signifie Un hnmm" mou. qui n'a
pi.ini de fermeté, et qui n*a par la force de te-
nir les paroles qu'il donne. C'est un homme
bien blcche.
On l'emploie aussi substanlivemenL C'est
un blèche. C'est un vrai bléche. H est du style
familier.
RLI-.CIHR. V. n. Devenir bléche.
BLI-^ME. adj. des 2 genres. Pâle. Avoir le
visage hléme. Avoir le teint blême.
B/.Ï^MIR. V. n. Pâlir, devenir blême. Votts
lui avez dit quelque chose qui l'a fuit blêmir.
C'est un Comédien y il rougit, il pdlit^ il blêmi'
quand il lui plaît.
BLESSER. T. act Donner un coup qui fait
plaie, fracture ou contusion. Blesser quelqu'un^
le blesser légèrement ,hhlesser dangereusement^
le blesser à mort. Il n'a pmnt encore fait d'
campagne qu'il n'ai'l été blexsé.
Lorsqiien parlant d'Unc action de giirrre ,
d'un combat , on dit que Quelnu^un aéléblessé ,
on entend toujours parler d'Un coup qui a fait
plaie. // n'a pas été blessé , il n'a rc;u quune
contusion.
On dit ft^urcmcnt et poétiquement, que
L*amour blesse les arurs.
Bi-Esscn, signifie aussi simplement. Causer
qui-lque iiict'Utn.oditè. Les souliers me blessent.
Et proverbialement, i>our donner ^ cnKudrc
BLE x.\y
que Les gens qui paroissent les plus heureux
ont souvent des chagrins secrets, on dit, Vous
ne savez pus où le soulier te blesse, où le bût le
blesse.
On dît figurém. qu'Tn objet blesse la thc,
qu'im son blesse l'orcHlc^ pour dire, qu'il fait
une impression désagréable. El on dit pareille-
ment . que Dea nudités^ que des paroles dé^^hon*
nctes blessent la pudeur j que des objets ou des
récits affreux blessent V imagination , pour dire,
que O's nudités, ces paroles sont contraires à
la pudeur, que ces objets ou ces récits font une
impression désagivablc sur l'imagination.
On dit de même. Blesser les convenances .
la vraisemblance, pour signifier. Faire ou dire
quelque chose de contraire , d'opposé aux con-
venances, qui s'écarte de la vraisemblance.
On dit aussi , B/t'-isiT l'honneur et la répu-
tation dr quelqu'un, blesser l'amitié, blesser la
bonne foi, pour dire, Faire quelque chose
contre l'honneur et la réputation de quelqu'un,
contre ce qu'on doit It laniitié, ^ la bonne foi ;
et qu'C/n homme a le c.tur blesse de quchiue
chose, pour dire, qu'il en est oflensé.
On dit figurément, Blesser quelqu'un, pour
dire , L'oflenser, lui déplaire. Qu'a donc ce dis-
cours qui vous blesse.'^ Cet homme se blesse
uiscmentj il se blesse de tout.
Blesser, signifie aussi, Faire tort, fuire pré-
judice, porter dommage. Cela ne blesse per-
sonne. La claiLSc de cette transaction, de ce
contrat, me blesse.
Lorsque Blesser so joint nvrc les pranonts
pcrsouucis , il se prend quelquefois pour , w
faire du mal à soi-méaie par accident ci par
mégarde. /( s'est blessé en tombant. JYe vous
êtes-vous point blessé?
On dit d'Une femme grosse , qu'JE//e s'est
blessée, pour dire, qu'il lui «si arrivé quelque
ircident qui met son fniit eu danger. Elle
gurih le lit, parce quelle s'est blesKee- Elle
<'i*st tellement blessée, qu'elle en est accouchée
avant ternw. On lui fait garder le lit de peur
qu*elle ne se blesse.
Blessé, Ée. pnriîcipi:. On dit, quTn homme
a le cerveau bles.^é, pour dire. <^ue sa tête est
dérangée, et qu'il a quelque travers dans l'es-
prit.
Blessé, se prend aussi substanlivem. Avoir
soin des blessés. Les morts et les blessés.
BLESSURE, s. f. Plaie. L'impression que
fait un coup qui entame ou qui meurtrit les
chairs. Grande blessure. Dangereuse Mcwiire.
l'rofondc blessure. Blessure mortelle. Légère
blessure. Faire une blessure. Guérir une bles-
sure. Mourir d^une blessure. ^ es blessures se
«ont rouvertes.
Il se dit fi;urcment Des choses qui ofTcnsent
l'honneur, l'auiour-propre. Lex blessures qui se
{'>nt à Vhonneur, à l'amour - propre , si.nt plus
tensihlfs que les autres.
Il s>e dit aussi nu figuré. De la violente im-
pression que le> prissions, sut tout celte de lu-
inour, font sur l'âme. Vamour fait de danqt-
reitscs blessures.
BLE'ITE. s. f. Plante qui croit partout &.-111S
»9
i/jS
BLO
culture. On en coiinoit particulicTCmenl d.ux
<«^)icis, b lilanche H b roiije.
Bl.in'TE, adj. {. qui u'est presque d usage
(jue dans celle plirase, Poiic hlctu^ pour dire,
Poire moUe ;ip|)rochanl de l'état de ijoniiture.
BLEU, EUE.jdj.Qui est de couleur d'oiiu-,
de la couleur du Ciel. Satin hlcu. Jupe bleue.
Avoir les y eux bleus.
Bled, se dit quelquefois De la couleur que
CErtaius épaochcmcos de sang, certaines contu-
sions font prendre à la jwau. Quinul le san<j
lui port-: « li tête, il devient tout bleu. Ven-
ilroit de la contusion est encore bleu.
On appelle Cordon bleu, Un grand ruban
de tabis bleu , que portent les Cljcvalîers de
l'Ordre du Saiut-'îspril. Perler le Cordon hlcu.
LeRoi a em'oyc !» cjrrion bleu à un telPrince.
On appelle aussi Cordon bleu, Un Clievalier
du Saint-Esprit. Il est Cnrdon bleu.
Kleb. s. ni. La couleur l>leue. Bleu céleste.
Bleu pâle. Dieu foncé. Bleu clair. Bleu de roi.
Bleu mourant. P'eu turCjuin. Une étoffe d^un
beau bleu.
On dit, -llefîre une carpe, un broclicl aa
bleu, pour dire, Faire cuire c^'s poissons ii une
sorte de court -bouillon, qui leur donne une
couleur aj»procljante du bleu.
On appelle, ch termes de fjnerre, Parti
bleu, Vu parti de gens armés, soldatâ ou autres
qui, sa.i.'; aveu, font des courses poar piller
amis nu ennemis. On pend les par'.is blew.
(juand on les attrape.
On dit aus*;i . P'iett de nwntaqnr , bleu d^on
tremer j hlcu de Prusse, bleu de safre ou d'em-
pois.
BLEUATRE, adj. des 2 genres. Tirant sui
le bleu. Couleur bleutitre.
BLEUIR. T. a. Faire devenir bleu. Bleuir de
l'acier.
lli-Ei'i , lE. participe.
(■ BLI
BLINDER. V. act. Garnir de blindes une
tr-ÉUcliée. Blinder une tranchée.
Blimjé, Éf. participe.
BLLNHES. s. f. pi. Pièces de bois, arbres
cntielacés pour soutenir les fascines d'une
Iraocliée , et mettre les travailleurs ii couvert.
BLO
BLOC. s. m. (On prononce le C. ) .Amas, as-
semblage de diverses choses, et principalement
de plusieurs marchandises. Faire un bloc tic
rrarchandises.
On dit, Acheter en bhc, vendre en bloc,
pour dire , Achotcr en gros , vendre en gros ; et
Faire marclié en bloc et en tdcKe, pour dire.
Faire un marché i forfait, et sans entrer dans
le détail.
Bloc, se dit aussi d*Un gros morceau de
marbre ou de picnc qui n'est pas taillé. Vn
bloc de marbre.
On appelle aussi Bloc de plomb, I« billot
de plomb sur lequel les Graveurs posent cl ar-
rêtent les ))nvra;;es qu'ils veulent gravei.
BLOCAGIi, s. m. ou BLOGAILLE. s. fém.
BLO
Menu lîioclhm, petites picnes (|ui servent quel-
quefois à remplir le vide qui se trouve dans les
iniirs entre les gros moelK'iis.
Blocage, en termes d'Imprimcnc, se dit
d'Une lettre mise à la place d'une autre.
BLOCUS, s. in. (On prononce l'S. ) Disposi-
tion d'une iu'nice ou d'un corps de troupes sur
les ovcnues d'une Place, pour empêcher qu'il
n'y puisse entrer aucun secours d'iiomnies ni
de vivres. Faire Je blocus d\ine Vlace. Conver-
tir le scijc en hlocus. Lever le hlocus.
BLOND, ONi)E. ni]. Oui est dure roui, ur
niovennc entre le Joré et le cli.itaïa clair. Il se
dit particuHilTement pir riipport îi la couleur
des cJievcux et du poil. Voit blond. Des che-
veux blonds. La hcrhe blonde. Une perruque
blonde. Vn homme blond. Une femme blonde.
On dit par extension, Du lin bien blond,
un rot blond j une friture blonde.
Proverbialement, en parlant d'Un lionimo
qui a les cheveux extrêmement blonds, on dil
populairement, qu'il est blond comme un bas-
sin; et d'Un lioninie drlicat et diû5cilc à con-
.enter, qn'Il est dclicat et blond.
On dil en Pocàie, La blonde Cérès , le blon^
Phcbus.
Blond, s. m. T,a couleur Monde. Avoir Ici
cheveiLT d'un beau blond ^ d'un blond cendré.
Blond dore. Blond de filasse.
On appelle Blond ardent ^ Une sorte de cou-
leur blonde qui tire un peu sur le roux. Il a
les chz^eux d'un blond ardent.
î'l(jnI), se dit aussi sul)sl;iiili\enicnt Des
personnes. Oest un (jrand blond bien fuit. C'e^l
un blond bian fade. Une belle hlondc.
BLONDI-',, subst. fém. Espèce de dentelle
de soie. Coiffure de blonde. Fichu de petite
blonde.
BLONDIN, ÎNE. s. Celui, celle qui a les
cheveux blonds. C*C5t un blondin. C'est une
blondine.
On appelle figurcm. et familît^rem. Blondins^
Les jeunes ^ens qui font h'S heaux.
BLO>DIK. V. n. Devenir blond. On ne le
dit qu',en termes poétiques. La moisson com-
mence à biouMr. Les épis commencent à blondir.
BLOiSDiSSA-NT, ANTE. adj. Qui blondit.
Il u'est fîU'^ro d'usng<r qu'en style poétique. Les
èpis hlondissans. Joules l z campaqnes blondis-
santes d^èpis.
BLOQUER. V. n. Tl n'est gurre (l'usage <juc
dans ces pl:i.'>scs. Bloquer une Place, bloquer
nn Camp fortifié, qui signifie, Occuper avec
des troupes toutes l'^s cveuues d'une Place,
d'un Camp.
BLOQtEn , en termes de Miiçonncrie, signi-
fie, Remplir de moellons et de mortier les
vides entre les pierres.
Bloqi i:n , en termes d'Imprimerie, signiGe,
Mettre à dessein rlans la composition une lettre
renversée ^ la phicc de celle qui devroit y (!"lrc,
mais qui manque dans la casse.
BLOfiUF.n , est aussi un terme du j*'u de Bil-
lard, et signifie, Poussir droit et de force la
bille de son advi isiirc dans une blouse. /( jaut
bloquer ccllchillc.
. BOR
Bi.OQUi, tZf participe; et suhslautîvomont,
Un beau bloqué,
BLOrriR, SE BLOTTIR, v. S'accroupir,
se mettre tout en un tas. Il ne s'emploie qu'u-
vcc le pronom personnel. 5e blottir dans un
coin., dans le Ut. Les perdrix se blottissent de-
vant le chien.
Blotti , lE. participe. !
BLOUSE, s. f. On appelle ainsi chaque troti
des eoins et des côtés d'un bill;u^d. Les blouses
des quatre coins. Les blouses du milieu. Il y a
iix blouses dans un billard, Tdcître une bille
dans la blouse. Les blouses de ce billard a(-
ItrcnL
Blouse, est aussi la même chose que BlAUDE. A
Voy. ce mot.
BLOUSER. V. a. Blousrr une bille, au bil- \
i *
brd, C'est la faire cmrer dans une des blouses* \
On ditj Blouser son adversaire, pour dire, ,
Mcllre la bille de son adversaire dans une des
blouses; et 5e Mouser soi-même, pour dire, ï ",
mettre sa propre bille.
On dit figurémcnt, Se blouser, pour dire,
Se tronq>cr, se méprendre. H s'est blousé eu
icla. On dit aussi De la perionu'? ou de la chose
ijui nous a trompés, îl m'a blousé. C est ce qui
m*a blousé. Prenez qarde que cette espérance
ne vous blouse. Il est du style familier.
Blousé, ée. participe.
RLU
BLUET ou BARBEAU, s. masc. Plante quî
rroit dans les blés. On la nomme ainsi, parce
que la plus con:mune a les fleurs bleues. Ou
I Ordonne dans les maladies îdes yeux; ce qui
Ciit qu'on l'appelle encore Casse-lunettes.
BLUETTE. s. f. Étincelle. Une bluette de
ft u. Des bluettes de feu.
On dit figurcmcnt, qu'il y a quelqucshlnettes
d'esprit dans un ouvratje, pour dire, qu'il y a
quelques petits tr.'îits d'esprit. Et l'on appelle
faniilièremeul Un petit ouvrage, un ouvrage
finns pr;''lcntinn, un bidinage d'esprit, Une
bluette. Il a fait imprimer l'an passé je ne sais
quelle bluette assez agréable.
BLUTEAU ou BLUTOIR, s. m. Espèce de
sas fait d'ûlamine ou dccriu, cl qui sert à passer
la farine. Ce hluteau nest pas asiezfm^ ihtefait
pas la farine as^cz blanche.
BLUTER. V. a. P.isser la farine parle blu-
teau. Bluter de la farine
' I
Blitk, ek. particqv.
BLUTERIE. subst. fém. Lieu où les Bou-
langers Llulent la farine. Une bluterie fort
proptj. .
BOB
nORfCCIîE. s. f. Celle pnriie d'un chande-
lier dans laqm-lle on met la I>ougic ou la elion-
delle. La bobèche d\in chandelier. Un chande^
lier à deux boltèche% , à trois bobèches. Une
bobèche ronde, une bobèche carrée. La bobèche
est trop larqc, trop étroite, trop courte.
On appelle parlirulièrcmcnl de ce nom, Une
hohrcIiC posticî.e qui a un rebord . et qu'on
met lians lui chandelier, pour cmi>ê(herque la
BOEU
cliandellc ou la l)oiigic iic le gjlc. Bohècle dur.
aeiit. /î<i/ièi/ic de l'uiVre.
BORIM;. s. f. Espèce de fuseau sur lequel
on (Icïide du Gl, de la soie, de l'or, etc. Lu
bohine n'est pas assez pleine,
BOlilNKK. V. act. Dévider d» fd, de la
•oie , cic. sur la bobine.
lioBiNÉ, É£. paiticipe.
BOBO. s. ni. Mot pris du langage des eiifans,
oui se dit de quelque léger mal. On lui a jtiil
bobo, du bobo, tu pclil bobo.
BOC
BOC.iGE. s. m. Bosquet, petit bois. A l'omlr*
A^un bocatje. ^
BOC.VGE^ ÈRE. adj. Qui liante les bols.
H n'est guère d'usage qu'en style de Poésie.
Les Dieux bocagers. i\'ympïie bocaçjère. Il
vieillit.
BOG.^f*. s. m. .^lot pris de la Langue Ita-
Jicnne, pour signiflir. Une bouteille de verre
eu de grés, dont le col est court tt l'ouvcrlur»
large, et qui sert i difl'érens usages. Vu bocal
de vin.
Il se dit encore d'Une espèce de bouteille
londe de rri>lal ou de verre, reniplie d'eau,
dont plusi( urs Artistes se servent pour voit
plus distinctement en Iravailluiit.
BOCAIU). s. m. .Macliiue au nioyeii de la-
quelle on écrase la mine avant que de la foudre.
Passer une mine au bocard.
BOC.VKUER. V. a. Passer au booird. Bociir-
Jer 1,1 mine.
BoCktot , iE. participe.
BOD
BODRUCIIE. 3. f. Voyes BAtnjnociŒ.
BOEU
BOEUF. 5. ta. Taureau châtré. Boeuf ijiii
(Ir« à la charrue. B^uf de labour. Troufean
de bœufs. Une couple de baufs. Une paire dt
bjeuff, Vn attelage de bceufs. Accoupler la
bœufs. Découpler les bj-u^s. Des pas de bœufs.
Langue, c6te, pied de bœuf. Engraisser dei
hceufs. Xettre des bj^ufs à l'engrais. Vn joug
de b-tufs. Vne eltifile à boeufs. Le meuglement,
le beuglement d'un bueuf. Des bœufs qui mu-
nissent. Tuer un b.tuf. Du cuir de b.tuf. Vn
nerf de h.vuf. Vne pièce de b.fi:f Iremblante.
Vn palais de b.ruf. Vn (riinieaii de b.i'uf. Vne
Iranclte de b.ruf. Vne culotte de b^puf Vn mor-
ceau de b.iuf. B'iuf fumé. Biruf talé. Biruf
entrelardé. Persillade, miroton de bœuf.
Bcci:f , se dit poiu* Taureau , dans ces phrases :
Des 't injs sauvages. Le bjcuf Apis.
On appelle XJiz-u/' â tu nioJe, Du Ixi^uf assai-
foni:c cl cuîl dans son jus. Et en parlant De
certaines clinses dont on fait un usage ordi-
naire , et nii'-mc de certaines personnes remar-
quables par leur assiduité a fivqiicntcr une
«able, une inauon, on dit famili.lienicnt, que
C'eA la pi''\-e de b ruf.
BcEi r. se dit p-ir injure, d'Un homme stu-
pidî et liéiièlé. C'cjI un biruf, un vrai h ru,'
Lou:d ca::i",e un b ruf Un appelle C^il-dc-
BOI
fecpu/", Une lucarne ronde ou ovale, qu'on placé
ordiiinirement daus la couverture d'un bjtî-
meut.
BOI!
BOUÏ^:ME,ouBOnKMIE>',BOHÏi:MmNNE.
s. On It'S iioinnie aussi l'.qypttens. Ces mois ne
son: point mis ici pour signifier I,es peuples de
celte parlie de l'A l]cnia;ne qu'on appelle Bo-
hème^ mais seuirnient pour dtisigner Une soitd
de Vagiiiontis (jui courent le pays, dis;int It
bonne avenlnre, et dérobant avec adresse. Une
troupe de Bohémiens.
On dit faniilicrera. d'Une maison où il n'y
a ni ordre ni règle, que C'esl une maison. de
Bohème.
On dit proverbialement, qu'î7» homme vît
comme un Bohème, pour dire, qu'il vil comme
un liommc qui n'a ni feu ui lieu; et Foi de
BuJième , pour exprimer TTne foi pareille h
celle que les Bohèmes son» supposes se garder
faire eux.
DO I
BOÏARD. s. m. Nom qu'on donne aux Sei-
gneurs et Sénateurs de Russie, et aux p.irens
des Vaivodes de Transilvanie.
BOIRÎL. V. a. Je huis, tu bois, il hoït • mouï
huvons , vous buvez. Us hoîvctit. Je bnvois. Je
bus. Je boirai. Bois. Qu'il boive. Que je husse.
Je boirois. Avaler une liqueur. Boire de Veau ,
du vin, de la bière, etc. Boire frais. Boire à la
ijluce. Boire chaud. Boire dans le creux de la
main. Boire à la fontaine. Boire d'un trait.
Boire à lonqs traits, à la régalade. Boire un
coup, un grand coup. Verser à boire. Donnez-
moi à boirCj ou simplement, A boire. Faire
boire un cheval au seau, le mener boire.
On appelle Vm prompt à boire. Du vin
qu'où l)oit dans la primeur, et qui n'est pas de
gardi* ; et Vin prêt à boire. Du vin qui a acquis
s.a maturité, qui est en état d'ctrc bu.
Un appelle Chansons à boire, Des chansons
failci pour être chantées à table.
On dit provtrbia'em. , A petit matîner bien
ï»oirc, pour dire, qu'Ayant peu à manger, on
s'en dédommage en buvant beaucoup; qu't'fi
houinie boit l>icn, qu'il boit sec, pour dire,
qu'il boit beaucoup; Boire d'autant, pour
dire , Boire à tout propos ; et , Boire à sa soif ,
|iour dire, Pie boire que quand on en a clTccli-
vcmenl besoin.
Boire à la santé de quelqu'un. Boire la santé
de fjucUpi'nn, aux inebfidtions de quelqu'un.
Boire ù quelqu'un. Façons de parler dont ou se
sert à tiible, en buvant les uns aux autre*.
On dit de même, Boire au bon retour de
quelqu'un, pour dire, Ko signe de joie de son
arrivée; et, Au retour , au prompt retour, à
l'heureux voyage, pour exprimer Les vœnx
qu'on f.iit CD faveur de celui qui part.
On dit proverbialement, Boire à tire-larigot,
rn (ir<;-turii^o(, 6oire comme un Templier^
Gloire comme un trou, coitmie rjnc éponge, pour
dire, Boire exrcKsivcmcnl ; Boire une rasade,
ôoire un louge bord, (Kiurdirc, Boire un verre
BOI 1.^9
plein de vin, boire le verre tout plein ; BoiVe ù
lu ronde, pour dire, lîoire h la santé de tous
les convie's l'un après l'autre; et, que Les con-
viesburent à hi ronde, pour dire, qu'Us burent
tour à tour h la sanlé les uns des aul-es ; Boire
undoigtde vin, pourdire, Boircun petit coupi
'•'oirc ensenible, pour dire, Faire un repas en-
•eiidile. Quand 6oiro/is-noiis en^emMc? Kl eu
,)aitjnt de deux personnes qu'on a rdconcllices,
t à <{ui on a <lonné ensuite à manger, on dit,
:ju"On les a fait boire ensemble.
Un dit, Donner pour boire à des ouvriers j
pour dire , Leur donner quelque chose par-
Jessus leur salaire. Donner powr boire, se dit
aussi De tout ce que l'on donne ti de petites
jcns, ou par liî)éralité, ou pour quelque pclil
service qu'on en a reçu.
Boire le vin du marché, «e dit proverbiale-
ment De ceux qui, apr<>s avoir fait un marché,
vont i)oire ensenible. Un dit aussi, Boire le vin
de létrier, pour dire, Boire un verre de vin
quand on est sui' le point de partir d'une hôteU
le rie.
On dit proverbialement, en parlant d'Uu
hou vin, Qui bon VachétCf bon le boit; cl figu-
fénient, pour dire, qu'il ne faut point plaindre
l'argent h de bonne uiarcliandise.
On dit proverbial, et figurém. qu'Où ne
iauroit faire boire un âne s'il n'a soif, pour
dire. qu'Gn ne peut pas persuader i de cer-
taines gens de faire ce qu'ils n'ont pas envie de
fair^\
Proverbialement et fi;;urém. , pour signifier
iju'on est trop engagé dans une affaire pour
reculer, on dit, que Pui<:que le vin est tiré, il
le faut boire; et qu'il faut boire h calice, pour
dire, qu'il faut se soumettre h faire ou h souffrir
ce qu'on ne sauroil éviter; et qu'/I faut boive
le cahce jusquà la lie, pour dire, Supporter
un malîieur dans toute son étendue.
Le Roi boit. Sorte de cri, de réjouissance
parmi ceux qui mangent eiiscmble le jour des
Rois, après avoir fait un Roi de la fève. On
nie, Le Roi boit. Toutes les fois que le Roi de
la fève boit. Quand c'est une femme qui est U
Reine de la fève, on crie, La Reine boit.
On dit populairement, Faire le Roi~boitj la
Ç.Ue du lîoi-boitj pour, Le festin du jour de»
Rois. Il est mieux de dire en ce cas. Faire les
Rois.
Boire, sipiifie aussi quelquefois S'enivrer.
Il est sujet à boire. H boit
Oo dit proverbial., Qui a bu boita, pour
cxpi'iuicr Un défaut dont on ne se coi*rigc jamais.
On dit proverbial., Ou ne sattroît si peit
boire qtton ne s'en sente, pour dire, qu'il ar-
rive presque toujours .'tceuxqui t>oivent un peu
trop, de dire ou de faire quelque chose de mal
j propos.
On dit fii-urcmcnt, Boire un affront, ^our
dire, Souffrir une injure sans en témoigner de
rc&scnliroent ; cl, Qui fait la faute lahoit, pour
dire, Que celui qui a fait une faute en doit por-
ter la peine.
On dit fjue Le pa^ ier hcît , pour dire, que
L'encre jH-rcc au travers^ et que La terre huit
i5o
BOI
I fau, poor dire, qu'Elle s'en abreuve: et en ce
môme sens on dit, qufJne éponje hoit.
BvvAST, ANTE. p-iilicipc du prt'-sciit. On dit
d'Un liomnic ijui se porte bien, qu'// est bien
iuvanl el bien man(]eant.
Bn , BiE, p.iriicipi'.5on m^iUeur vin est bit.
Toutes les bouteilles ont été bnes.
On appelle Trop !m. Une sorte de droit perçu
por les Aides sur les boissons.
On dkl provcrlii.'.l. i]uVn homme a tiute
Iwnic bue, pour dire, (ni'Il n'a plus liontc de rien
BOIiU:. s. m. Ce qu'on boit. < n lui npprete
son boire et son mmujer.En parlant d'Une per-
sonne qui met nne application extraordinaire 1
une rhose, on dit, qu'£lle en perd le boire el
le inunrjer.
BOLS. s. m. Ij substance dure et compacte
des arbres. Bois vert. Ilois sec. Ilois vermoulu.
Bols pouri. Bois iiciiie. Bois blanc, 'fois de
chêne, de hrlre, de sapin , de cèdre, de Brésil
Bois de Ciiliimbourq. Bois de la Chine. Bois
Je violette. Bois à b.ltir. Bois de construction.
Bois de sciaqe. ISois de churronncuje. Bois de
charpente. Bois de chnujfnçje. Bois d'éijnarris-
satje. Bois de brin. Bois de menuiserie. Du bois
nui travaille. Du bois ijiii se tourmente. Du
lois nui se déjetle. Du bois à brûler. Une voie
de lois. Bois neii^ Bois flotté. Bois de compte.
Vue corde de bois. Bois de moiiJe. Cois de
auartier. Il n'est feu <fue de gros dois. Bois
lortu fait fau droit. ]\'oulèur de bois. Fendeur
de bois.
Bois d'Asdelie. Bols 'de Iir'trc )ilns court
■que l'autre, et qui vient de Normandie par la
rivière d'Andelle.
Bois MAnMEVTEACX ou de TorrHE, sont
ceux qui ne servent que d'ornement à un cliâ-
Icati.
On appelle dans les aibns, Bois vif,l.e
bois qui pousse îles liranclics et des feuilles; et
Bois mort. Les blanches qui ne reçoivent plus
de sève.
On appelle aussi Bois mort, Tout arbre sé-
ché sur le pied; ilforl-bois, Certaines sortes
d'arbres de peu d'usage et de service , comn-^
.Marsauv, Épines, Ronces, Genêts, etc.; et
Boii chablis, Le bois des arbres abattus par les
Tcnts.
Bois Canauds, sont ceux qui étant jetés li
bois perdu, vont au fond de l'eau, ou s'arrôteut
sur les bords.
On dit , Jeter du bois à bois ytrdu , {iimi
dire. Jeter des bilclics une îi ucc ilans dïj ca-
naux , ou dans des rivières, qui les partent aux
lieux oii l'on doit lis charger sur des bateaux ,
8u en composer des trains qu'on met h (lot.
On dit provi rbial. et figuréni., qu'On ncrni
de quel bois un homme se chauffr, pour dire,
qu'On verra ce qu'il vaut, on ce qu'il sait faire;
qu'/ï ne sait de quel bois faire flèche, pour
dire, qu'il est dans un extrême embarras, ou
dnnt une grande nécessité; qu'/l ne faut pas
mellrc le doiqt entre le bois et l'icorce, pour
Jire , qu'il ne faut pas s'ingérer mal h propos
liatit les difTérens des personnes naturellement
vnics.
BOI
On tilt aussi provcrbiak'in. , Trouver visaac
(h hois ,, pour dire, Tro'ivcr la porte fermée,
ne trouver personne ; et - y/ gens de villaqs
trompette ih hois^ pour dire, qu'A des gens de
peu de go lit , ou de mauvais goùl, il ne faut
pas des clioses bien délicates, bien exquises.
Quand on veutf;iir': entendre qu'Un homme
t,'st d'une qunlité ou d'un mérite îi pouvoir de-
venir Duc et Pair, M;irt-clial de France, etc. on
dit familièrement, qu7/ est du hois dont on le^
fait; et d'Un liomnietjui par complaisance est
toujours d'accord de tout, on dit populairera.,
qu'/I est du huis dont on ja'.l les flûtes.
Bois, signifie aus:.i ~Jp lieu planté de cei-
taines sortes d'arbres, comme cliéncs, liètres,
rli'irnies, ftlc. Un grand hoîs. XJn petit hois.
Un hois de cent arpeiis, de deux cents arpens.
L n jeune hois. Un hois sur le retour. Vn hoii
epnis. Un hois toujju. Un hois de huute futaie.
Uîi hois taillis. Un hois eu coupe. Passer à tra-
vers un hois. Traverser un hois. Un pays di
hois. Percer des rouies dans un hois. Un hoU
(' icn perce. La lisière d\in hois. A Vorée du hois.
L'wi'i^rc des hois. Le silence des bois.
On appelle G(Jr(/c-/)ois , Un bas-OfTicier
préposé pour la conservation des bois et de la
ubasse d'une Terre.
On dit figuiem. et provcrbialcm. Qui craint
les ffuilles n'aille -pas au fco/s, pour dire, que
Qui craint le péril ne doit point aller au lieu
où il y en a sûrement; et, La faim chasse le
loup hors du.hois^ pour dire, que L'cvirnme
besoin réduit Ifs lioninies à faire beaucoup de
choses contre leur inrlination.
Bois, se di soit aussi De la lani c d'un Gen-
darme. Ils haisscrent leurs lances, et coururent
Vun contre Vautre dune telle impétuosité, cjuc
leurs hois volèrent en éclats.
On disoît en ce sens , c^u'Un GcTidarmc por-
toit hien son /ois, Quand il portoit sa lan^e de
bonne grâce : et de là est venue la mélapJiore
de Porter hien son hois, en parlant d'Une per-
sonne qui, étant de belle t.iille, marche droit
et de bonne grâce.
On appelle Bois de ïiï,ïoul ce qui compose
Il mcBuiserie d'un lit. Acheter un hois de Ut.
Faire dresser un hois dé lit.
Bois, se dit pareillement Des cornes d'un
Orf. Le hois d'un cerf. Un cerf tjui a pos
son hois. Des hois de cerf.
On dit provcrbiabment cl en style badin
d'Un-- fomnie qui ne respecte pas le lifn conju
gai, i[xiElk plante du hois sur la tcte de son
mari.
On dit au Trictrac et aux Quilles, /ihatlre
du hois,, pour dire, Abiiltre d»'s Dames , abattre
des Quilles. Et cm dit {"gurénient d'Un homme,
qu'/I est nraud ahattcur de f>uis, pour dire,
qti'Il est fort et vigoureux.
Bois Gkmii.ou MÉ/.ÉnûoN. s. m. Arbrisseau
qu'on cultive dans les jardins, piirce qu'il est
a;;réjible & la vue. Il porte de petites baies
rouges qui purgent violemment
Bols Puant. Voyez ANAf.vnis. ,^;
Bois de SAiNTi>LrciK ou Mahaleo. s. m.
On appelle ainsi Un nrbre dont le bois est em-
BOI
ployé par les Lbcnistcs. Il y en a de diflTérenUi
espèces.
lîOlSAOj;. s. m. Tout le bois dont on s'est
servi pour l)oiser.
BOISL-R. V. a. Garnir de menuiserie. Fairt
hoiser une chamhre ^ un cahmet.
Boisé, ée. participe.
Boisé, ÉE, est aussi adjectif, et il n'est g^iw
d'usage qu'en cette phrase. Terre hien hoisè»,
qui se dit d'Une terre bien garnie do bois.
BOISERIE, s. f. Ouvrage de meiuiiftcric dont
on couvre les murs d'une chambre, d'un ca-
binet. Une helle hoiserie.
BOISEUX, EUSE. adj. De nalure de bois.
Cette plante est botseuse. Hacin^oiseuse.
BOISSEAU, s. m. Jauge, vaisseau servante
mesurer des choses soliJes, Il se dit , et du vais-
seau, et de la quantité de ce qu'il contient. Lt
boisseau est plus fort dans tel pays (jue dans le
pays voisin. Vendre eu boisseau. Mesurer ou
boisseau. Un boisseau de hlé. Un boisseau dé
farine. Vu boisseau de charhuit. Un hoisscuh
de .çel, etc. Un dcmi-hoisseau.
3/ctIre le chandelier sous le boisseau. Ei-
prcï-^ion proverbiale empruntée de iKvangilc,
pour dire, l-£.*iïscr les venus, les talens dans
l'obscurité.
BOISSELEE. 8. f . La mesurt d'un boisseau ,
ce qu'un boisseau peut contenir, .^cïieïtr .-'ne
l-oisselee de grain. Semer une hoisselee de grain.
On dit, Une hoisselee de terre, pour dire. Au-
tant d'espace de terre qu'il en faut pour y ]>ou-
voir semer un biMsscnu de Me.
B(^)ISSELIER. s. m. Artisan qui fait de»
Iioisseaux, et divers ustensiles de bois servant
au ntcnage.
BOISSELLERIE. s. f. Le niétier de f-iira
des boisseaux, el autres ustensiles de hois wr-
vant au nu'nagc. Il se dit aussi Du cominrrro
des boisseaux. La hois sellerie est excellente dans
tel cantoti.
BOISSON, s. f. Liqueur i boire, ce qu'on
hoit ordinairement. Sa boisson ordinaire n'est
ipie de Veau. Il ne prend guc de Veau rougie
pour toute boisson. La bière,, Voranceade, la
limonadcj sont des boissons rafraîchissantes.
Boisson, se prend souvent dan* un sens
plus particulier, et se dit Du vin qu'on boit
ordinairement, y^r/ieter du vin pour sa boisson.
.ivoir toute sa boisson en cave.
On ai>pclle en plusieurs Provinces, BoixjîOfi,
Dr l'eau passt-esur le ripe, ou sur le marc dum
vcndiMige. pour donner aux Valets. Fain dt
la boisson. Un muid de boisson.
On appelle aussi Boisson, sur les vaisseaux,
Un mélange dune grande quantité d'eau avec
(juelqucs parties de vinaigre. Donner d* U
hoi'ison aux Matelots.
lïOIlK. s.f. (LaprcmirresylIabeeiitbrèTe.)
Le degré auquel le vin devient bou à boire./)"
vin en boite., du l'in <\ui n'est pas encore «n
/'or(c. pour, I*rùl à boire, ou qu il faut encoi*
aitendif.
BOÎTE, sukst. f. ( La première syllabe «l
longue. ) Sorte d'u.stcnsile fait de bols fort miuc«,
ou de caitOD, avec un couvercle, lervaul à d»-
BOI
Tfts usngi^s. Petite holte. Gramh hotte. Botte
He sapin, ïîoite de hoii rfe noyer. Boîte de hais
de cèdre. Uolte dt: la Chine. Boite a pernKjiic,
• Botte à pondre. Boite à confitures. Ouvrir une
hotte. Fermer une hotte, le couvercle d'uJic
hotte. Le fend d'une hoUe. Des hoUes de loterie.
Mettre des billets dans les hoites.
UoîrE, se dit aussi De divers petils usteii-
iilcs d'or, d'ar-^ent, etc. qui ont un couvercle.
Boîte d'or. Boite d'arrjent. Boite à mouches.
Botte de fer-hlanc. Boite de plomh. Boîte d'i-
voire. Boîte à montre. Boîte à portrait. Boîte
qarniey enrichie de diamans. Boîte à tahac.
Botte de chasse. Boite à deux fonds.
On dit ahsolunicul Une toile, pour dire,
Une tal>afière.
Boîte, se dit au&si communément De ce qui
est conlenud^'ns une boite. Unchoite depruncs.
Botte d\d'ricots. Boite d'onquent. On nppfile
Bottes d'Epicier^ huiles d'.îpothicnire , Les
boiles dont li'S Epiciers et les Ajotlilciins se
servent dans leurs boutiques. Et on dit prov.
et fi^iirt'n). Dans les petites hoites sont les hons
onguens.
Cndil d'Un homme délicat jusqu'i Ctre in-
commodé des "moindres impressions de l'air ,
qu*/I faudroit qu'il fût toujours dans uni
bol(e; d'Un hommeextrcmeracnt propre et paré,
qu7I seinhle qu'il sorte d'une hoite' et d'Une
chambre, d'une voiture bien close, qu'On y
est comme dans une hotte, qn'el.îc ferme commt
une 6oîfe.
On appelle Botte de la poste, La lioite où
1 on Td poficr les lettres pour la poste; et La
botte de la lanterne^ La boîte où est enfermée
U corde qui seili hausser ou à abaisser chaque
laDtenie.
Boîte . est ans^i Une espt-ce de petit mortier
de fonte, qu'on rhnrge de poudre, qu'on bou-
che ensuite d'un l;inipou de bois, et où l'on
met le feu par One tuinif.re. Dans les réjouis-
sances publiques on tire des ooUts. Aux feux
d'-artifice on commence par tirer des boîtes.
BOITER. V. neul. Clocher, ne pas mnrclier
droit. Cet homme boite. Il boite parce qu'il a
une jamle p/iK couite que l'autre. Boiter d'un
pied. Boiter des deux pieds. Boiter des deux han-
ches. Boiter des deux côtes. Un cheval (fuibolte.
Ou di:. Boiter tout bas, pour, Fléchir très- !
bas du c jté foible ou mahidr Cela se dit d'Une i
persoiin-* et d'un animal. Il est nouttetix, il
boite tout htu. Ce cheval boite tout bas.
BOUEUX EUSE.adjeclir. ^}ai boîte. £frc .
hotteiLv.
U se prend aussi substantivenient. C^est vn '
hottenjc. C'est une boiteuse.
On dit proverbial. Il ne faut pas clocher de-
vant les boilcriir, pour dite, qu'il ne faut rien
fuire Jci.int lia gens qui semble leur rcproclicr
quel {ue défaut naturel. |
On dit encore proverbial. qu7/ faut atten-
dre le boitctLt ; cl celi k dit .1 l'orcaj^ion des
premit^rrs nnu^<'llc5 qui se rép.Tn.knl de quel- I
f|He cliov, el pour dnnner à entendre qu il ne \
faiji prf^ y .-j -utcr foi, que le temps ne Us oit |
coulirmccs.
BOM
BOITIER, s^. Ksptcc de boîte d'argent ou
de fer-bbnc que portent les Chirurgiens , et
dans laquelle il y a plusieurs sortes d'ongucns.
BOL
BOL ou BOLUS. s. m. (On pron. IS dans
Colas.) Petilc boule de drogues médicinales,
qu'on prend seule, ou enveloppée de pain h
cliantci. Prendre de la casse en bol. Un holus
de casse. Prendre des bols.
BOL. siibst. m. Terre médiocrement grasse,
iriable, nstrinj^cnie, etc. U y en a dedUTércnies
couleurs, et il en vient de dififérens pajs. Bol
d*Armcnie.
nOLAIHE. adj des 2 g. On appe'le Terres
bolitircs ou Bols, Une espèce d'argiîo très-fine.
C'est a\ec hs terres bol-nres qu'on tait ce qu'on
nomme les ierre» sigillées.
BOM
BOMB.WCE. s. f. Somptuosité en bonne
chère. 71 s'est ruiné en festins^ en toutes sortes
de bombances. Faire bombance. Il n'est d'usage
que dans le si vie familier.
BOMBARDE, s. f. On appeloit ainsi Cer-
taines machines de guerre, dont on se seivoît
autrefois pour lancer de grosses pierres; et l'on
a donné ce nom à quelques-unes des jwemières
pièces d'Artillerie, depuis l'invention de la
poudre. .
BOMBARDEMENT, s. m. L'action de jeter
des bombes. Le bomhardemenl d'une l'ille. Le
l-ow.har dément y mît bientôt le feu et déirnhlt
plusieurs maisons.
BOMBARDER, v. a. Jeter des bombes. Il
n'est guère d'usaj;e qvie dans les phrases sui-
v.ir.tes, Bombarder une vtUe., bombarder une
place de querrCj bombarder des retranchemensy
pour dire. Jeter des bombes dans une ville,
dans une place de guene, dans des rctran-
chemens.
Bomuaudé, ée. participe.
BO^IBABDIER. s. m. Celui qui tire des
bomltes. Companniede Bombardiers. Capitaim
de Bjmbardiers.
UO.MB.VSIN. s. m. Étoflc de soie, dont U
fabnque a été apportée de Milan en France.
Ou nomme encore ainsi une Futaine 5 deux
envers,
BOMBE, s. f. Boule de fer creuse plus ou
moins grosse, qu'on remplît de poudre, cl
qu'on met dans un mortier, d'où l'explosion de
la poudre dont il est chargé la fait p^ii tir pour
crever en arrivant h su deslÎDaiiun, au inoven
d'une fusée qui y est adaptée. Jt-fcr des bombes.
La bombe a crevé eti l'air. Gare la bombe. Un
éclat de bombe. Voiile à léprcuve de la bombe.
On dit fi;-;uri'ment , La bombe crèvera , la
bombe est près de crever, pour dire, que Quel-
que malhi'ur e^t près d'arriver, que quelque
comph-t est prè^, quelque machination est pm
de se di couvrir, d'eclaler.
BOMBr,ME>T. Miljst. m. Etat de ce qui est
lH>.nl>c. Convpxitc, Le bombement d'un verre,
d'uhe (i mmcde.
E0.MB:£R. v. a. Roudie convexe. Boml.-
BON
iSr
un chemin, une rue . un ouvrage de Sculpture,
d'Orf'vrerie. de Menuiserie^ etc.
Il est aussi neutre. Cette Menuiserie homhe.
BoMQÉ, EL', participe.
B(J N
BON , BO>'XE. adj. nuî a de la bonté. Die**
est souverainement bon.
Il signifie aussi , Qui a en soi tomes les qua-
lités convenables h sa n;'lure, à sa dectinalion ,
à l'emploi qui s'en doit fiiire. Dieu vit que la
limière êiri' tonne.
U se dit Des ouvrages tie la nature, des ou-
vrages de l'art, et des qu;iliiés de l'esprit. De
bon vin. De bonne eau. De I on blé. De bonne
avoine. Un bon air. Une bonne terre. Un ho7i
piiy.". De bon fruit. De bonnes pfches. Un bon
che^nd. De bon or. De bon argent. Un bon
l'oëme. Un bon Livre. Il n^y a rien de bon
dans cet ouvrage. Il y a du bon dans ce Livre.
C^est un homme qui a de bonnes qualités.
Dans ce sens, on dit même Des choses nui-
sibles, qnF.Ues sont bonnes : De bon arsenic,
de lnvi i^ublimé corrosif j de bonne clnuJ • et
c'est pour dire, Propres à faire leur efTct. j
Bo?», se dit aussi Des personnes qui cxcellenl '
en quelque cliosc, en quelque prolession. Bon
Citoyen. Bon Marcheur. Bon Capitaine, Bon
i^oldat. Bon homme de enterre. Bon Général.
Bon homme de cheval. Bon homme de mer.
Bon ouvrier. Bbn Médecin. Bon Philosophe.
Bon Poète. Bon Avocat. Bon Prédicateur. Boit
Orateur. Bon Grammairien.
On du d'Un liommequï écrit bien, qui peînt
bien, qu'/l ti une bonne main- qu'f/ne noii^
velîe vient de bonne main, pour dire, qu'EîIe
vient de bonne paît; qu'(.'nc a^f.ilre est en
bonnes mains, pour dire, qu'Elle est entre les
mains d'une personne qui siura bien la con-
duire; et qu*f/« homme est en bonne mcin,
pour dire, que La personne qui en est charriée
en aura bien soîn , ou bien qu'il est sous l'au-
torité d'une personne qui lui fera bien fuire son
devoir. Il n'a qu'à se bien tenir, il est en tonne
nmin. L'éducation de ce jeune homme est en
bonnes mains.
Bon, signifie aussi Clément, miséricordieni*,
et c'est dans ce sens qu'on dit, que Dieu est
fcoTi, que Dieu est tout I>on,et qu'on se sert de
ces façons de parler : yiimer le bon Dieu. Prier
le bon Dieu. S'il plaît au bon Dieu.
On dit par exclamation. Bon Dieu! pour
marquer La suqirise où l'on est de quelque
chose, iion Dieu! Vauroit-on jamais pu croire ?
On dît aussi Boni pour exprimer L'élonne-
ment, le doute ou l'incii-dulilé.
Touf-Jt'-l'on. Phrase adverliiale, interrof^a-
tivc quelquefois avec îronie .et tfTirmntive de l*i
part de c*lui qui repond. r<îul-£/c-bo» .' Oui ,
Joiit-de-fco»,
Bon, en parlant Dos personnes, signifie In-
dulgent, humain . facile et commode ù vivie. l\
faut être bien bon pour toujfrir cela. C'est un
trc!:-bon homme. C'«( une tréî-bonne |cr?im».
Un homme d'un bon commerce. Ce sont à*
lonnes nent.
iSî
BON
On dit d'Un liomnie simple et do peu îî^es- *•
prit, que C'est un bon Israélite: et à' Vu liomnie
aise à vivre, et qui ne prend pas garde de si
prcs \ l:i plupart des choses, on dit proverbial-
et familièrement, que C^est un bon Prince. Il
est bon Prince.
On dit dans le dbcoursfuroilier, Bonhomme,
bonne femme et bonnes nens,pour sii^nifici Un
homme et une femme qui sont di'jit dans un
âge arancé. Lebon homme se porte encore bien.
La bonne femme n'en peut plus. Les bonnes
gens commencent à baisser. On dit encore, Ce
wnt de bonnes nenSj vn parlant d'Une famille,
dune s^jcitfié composée de personnes qui ont
de la honte ( t de la siniplicitt:. Ces tonnes qens
nous ont offert tout ce qu'ils avaient, et n^ont
rien voulu recevoir.
On se sert aussi du mot Bon homme ^ en
deux sens fort diflcrens, l'un de critique, l'autre
d'clo^e; c'est le ton qui décide du sens. Ou dit
d'Un hoinrie simple, peu avisé, qui se laisse
dominer et tromper par les autres, que C'est
un bon homme : et l'on dit, avec élof^e, d'Un
homme d'esprit, plein de droiture, de Ciindeur,
d'afTection, que C'est un homme de mérite, et
un très-bon homme. C'est un sî bon homme!
La première qualité dans la société est d'être
bon homme, il faut être bon homme avant tout.
Bon, sif^nifit' aussi. Propre à certains usages.
C*est un homme bon à mille choses. C^est un
homme qui est bon à tout. Bon à employer^
bon pour le conseil ^ bon à avoir auprès dt soi.
Un remède bon au mal de tcte. Cela cM bon à
ht fièvre j contre la fièvre. Une viande bonne à
manqer. Du vin bon à boire. A quoi cela esi-i\
bon? Cela n'est bon à rien.
On dit proverbialement dUn homme qui
n'est propre à rien, qu'// nesl bon ni à rôtir,
ni à bouillir. On dit d'Un mdchont homme,
qu'/I n'est bon qu''à noyer. Et lorsqu'on veut
faire entendre que ce qui a été bien reçu venant
de «quelqu'un, anroit été lrè»-mal reçu venant
d'un autre, on dit. iSt un autre avoit dit, avoit
fait cela, il ne seroit pas bon à jeter aux chiens.
On dit d'Un homme, qu'il est bien bon de
prétendre^ de dire, de faire, cfc. qu'On le trouve
Ion de dire, de faire, de prétendre ^ etc. pour
dire, qu'il n'est pas hien fondé, qu'il n'a nulle
raison de prétendre, de dire, de faire, etc. Et
on dit, qu7l est bien bon de croire une chose ^
de la permettre, etc. pour dircj qu'il wt trop
crédule, trop facile, e'c.
Dans le style familier , en parlant d'Un
homme qui a réjoui la compa'^nic par les choses
qu'il a dites, on dit, Il a été bon aujourd'hui.
Et en parlinl d'Un mot, d'un cohte qui causo
quelque surprise a'rénblc ù ceux qui l'enien-
dcnt. on dit, H est bon là. 11 se dit aussi iro-
».jquement.
Bon, en parlant Hes choses, si|;nific Avan-
1ii!;cux, favorable, utile, convenable. Ceia ne
présaqe rien de hon. Voilà un bon temps pour
les voyageurs. Le temps est bon pour semer,
pour planter. Voici la bonne heure pour lui i
rarlcr. ^
On dit. Prtndre quelque chose en bonne
par^, pour dire, Y donner un sens favorable
lorsqu'on pourroit y en donner un autre, ne
s'en point ficher.
Proverbialement, lorsqu'un créancier ne sp
contente pas des excuses dont on lèvent payer,
il dit, Tout cela est bel et bon, mais de l'argent
vaut mieu.v. La mémo chose se dit i ceux qui
en veulent amuser d'autres par de belles pro-
messes, par de vaines espérances.
On dit aussi proverbialement, Ce qui est-
bon à prendre, est bon à rendre. Mais cela ne
se dit guère que par celui qui ayant trouvé
qud'juc chose, le prend, et compte que le pis
qui puisse arrivcr.r'est de le rendre.Et on dit,
A quelque chose malheur est /ion,pourdire.que
Quelquefois un niallieurquianiveest l'occasion
d'uu bien.
On dit proverbîaleraent, qu7/ fait bon en
im endroit, pour dire, qu'On y est aj^réable-
ment et h son aise. Et en parlant d'Un ftmps
propre et commode pour parler à un homme ,
on dit, qu'il y fait bon : comme au contraire,
en parlant d'Un homme austère, difficile, fâ-
cheux ou dangereux ,- on dit, qu'// ny faA
pas hon.
On dit aussi proverbialem. Il fuit hoti vivre
et ne rien savoir, on apprend toujours; et. Il
fait hon battre gloricu.r, il ne s'en vante pas.
On dit proverbialement, Bon cela, pour.
Approuver une chose, après en avoir désap-
prouvé une autre; et Bon^ pour signifier qu< In
acquiesce h une proposition, ou siinplcmtiil
auvn a entendu-
An Jeu, on dit, Faire bon, pour dire. Ré-
pondre qu'on paiera ce que l'on pourra perdre
au-dcK'ide ce qu'on a au jeu. Faire bon partout.
Faire bon de tant. Et on dit en termes de Fi-
nances, Faire les deniers bons, pour dire, Se
rendre garant du paiement de la somme dont il
est question.
Bon, e'^t aussi emplové abiiolument et soli-
laîrcment en diverses autres pliroses. Ainsi on
dit, Trouver bon, pour dire. Approuver, per-
mettre, avoir agréable; Trouver tout bon^ pour
dire, S'accouinit)der presque également de tout:
Tenir borr, pour dire, Résister avec fermeté;
iSenfiV hon, pour dire, Avoir une oileur agréa-
ble ; et, CorJtcr bon, corîfer fconnc, pour dire,
CoiUer extr^-memcnt Jier.
Bo^', joint avec les motsdeGcnic et Démon,
signifie, Bienfaisant, favoral^lc. Ainsi on dit,
Ce son bon Génie qui iu in:<pité.quiVa con-
duit. Et on appelle BonAnqe, l'Ange CJardien.
5c recomni(in(/tT à son bon Anqc.
On dit par caresse k quelqu'un dont on dé-
sire les conseils. Vous serez mon bon Angc^
Vous me préserverez de chute.
On dit familièrement d'Un homme gai, d.:
bon caraclfcre, qui ne se fiche pas, C^est un
bon diable. Il est sans esprit, assez bon diable
du reste.
Bon , en parlant d'Un homme, se joint avee
certains substantifs, avec lesquels il ne signifie
autre chose qu'Un homme de bonne humeur ei
commode àvivre. C'e^t un hon compagnon, un
bon vivant, ui.bor enfant ^un bon garçon, un
BON
hon drôle. On dit d'Un liomme fin et nisé, que
C'est un bon Apôtre. Et dans le style familier,
soit par injure, soit pir plaisanterie, on dit.
C'est un bon coquin, un bon fripon, un bon
débauché, un bon vaurien, une bonne âme^
une bonne pièce, une bonne bète, un bon bec;
et par exclamation , La bonne pièce! la bojuH
îîme! la bonne béte!
On dit, qu'Un homme a le corps bon, et
que C'est un bon corps d homme, pour dire ,
qu'il est sain, robuste, vigoureux; qu'il u bon
pied, pour dire, qu'il marche bien, qu'il va
bien du pied; qu'il a bon pied, bon œil, poiur
dire, qu'il est agile, akrte , éveillé, ce qui
signifie aussi figurément qu'il est actif , vigilant
sur tout ce qui l'intéresse; et qu'il a encore
le cœur bon, pour dire,, qu'il a encore de la
force.
On dit, qu'Un homme est de bonne maûon,
pour dire , qu'il est d'une aneienne Pioblesse.
Kl lorsqu'un homme qui a famille mène une
vie rangée, économe, ou dit, qu'/I fera bonne
maisott.
On dit d'Un homme franc et sincère, que
C*est un bon Gaulois; et d'Un homme franc
et sans finesse, qu'il y va de bonne foi, qu'il
y va tout à la bonne foi.
Bon, en parlant des choses, signifie quel-
quefois Grand, et sert à donner plus d'énergie
et de force aux substantifs avec lesquels il s«i
joint. Ilya une bonne lieue d''ici là. Il y a unt
bonne journée d'ici. Boire un bon verre devin.
Vous fU'cj une bonne traite à faire. Il y a un*
bonne heure que je vous attends. Je vous dis t>i9
bonne fois pour toutes. Donner u.ibon soufflet,
un bon coup d'épée. Avoir une bonne jièvre.
Bon, se joint aux mots de temps, de jour,
û'heure, d'an vt d'année, avec des significa-
tions assez différentes l'une de l'autre. Ainsi on
dit. Avoir bon temps, se donner du bon temps,
prendre du bon temps, pour dire, Se divertir.
Et en termes de civilité. Donner le bon jour à
quclquun , lui souhaiter le bon jour, lui sou-
haiter la bonne année. Et dans le style fami-
lier. Bon jour et bon an.
Bonne Année j se dit aussi pour dire Une
annt't; fertile et abondante. El ou dit prover-
bial* aient. Bon an, mal aii, pour dire, l.e pro-
liuit d'une année compensant celui de l'autre
5(1 terre vaut dix mille livres de rente bon a
mai an.
Bon Joun , se dit aussi jïour signifier Un
jour de Fête. C'est aujourd'hui un bon jour.
El lorsqu'on parle d'une méchante action faitfl
en un jour colennel, on dit pioverbialemeut vt
ironiquement, Bon jour, bonne œuvre.
On dit populairement. Faire son bon jour,
pour tlire. Communier, recevoir lo Sacremuit
de l'Eucharistie.
On dit aussi, Les bonnes Fêles, pour dire.
Les grandes Fêtes. Il ne va au sermon que le»
bonnes Fêtes.
Bo\N£ Helue, outre la signification dont ou
a déjà parlé, se dit dans diverses outres ucccjv
lions. Ainsi on dit , Dehonnc /icurc,pour dir»f,
lût. Tâchez de venir de bonne heure. Il est
BON
encore At honne heure ^ pour dire, À temps , h
propos. 'Vous venez à la honne heure. On di(
aussi, A la honne heure, pour iniir(|Ufr uc cs-
p(îce d*;ipprobation de quelque chose. On le dil
aussi poirr exprimer rindiilirence. Il tne me-
nace! à la honne heure y Passe, je m'en inquièlc
peu.
On dit. Bon visaqe tVHutc^en parlant d'Un
Iiommc qui fait bien les liunneurs de cliez lui ,
Faire bon visage à (luAquun^ lui faire hon
accueily lui faire bonne mine, jwur dire. Lui
faire un accueil agréable, le recevoir civilement;
Faire t^uel^ue chose ^ donner (juel(fue chose de
honne gnlce, pour dire, Dune maniètc gra-
cieuse et lionnète; et , Avoir honne grâce à faire
tjuel(iuc chose, pour dire, S'en bîtn acquitter.
JI danse de Confie grâce. On dit aussi d'Un
homme qui dît ou qui fait quelque chose de
zual h propos, et qu'il ne devroit pas faire,
qu^l n'a pas honne grdce d'en user de la sorte.
On dit qu'Une chose fait honne houchc,
pour dire, qu'Elle laisse un goilt agréable ix la
bouche; et tiguréniont , Garder une chose pour
la honne bouche^ pour dire, La reserver pour
la dcrnitTC comme la plus agréable; et dUn
Lonmie qui, après avoir fait plusieurs pièces à
quelqu'un, lui eu fait une dernière plus san-
glante que les autres, on dit qu7i la lui gar-
dait pour la honnahouche.
On dit, Rester sur la bonne houche , pour,
S'irrèler apr^s quelque chase d'agrcaLle, sans
tiiquer le retour. // a gagné cent louis an jeu,
ft if s'ist retiré, afin de rester sur la honne
houche.
lio^SE, est aussi employé sans aucun suhs-
tAutif précédent ('ans les phrases suivantes: La
bailler bonne à (jnel(ju'uji , pour dire, Lui faire
quelque pièce; et, La lui garder honne, pour
dire, Conserver du ressentiment avec dessein
de se venger dans roccasion. Ces phra.es sont
du style funiiliir.
On dit. Jouer hon jeu, bon argent, pour
dire, Jouer tt'rieusemcnt, et avec obligation da
puver; cl fi^urémcnt, ) aller hon jeu, hon
argent, pour dire. En user sans ménagement ,
comme deux personnes qui se battent, qui plai-
dent, qui disputent. Ils y vont bon jeu, btpu
arqent. fiect'i'oir de l'argent à compte , pour
dire, A déduire sur ce qui est dû. Et, Â tout
ion compte rcv'eniV, jwur dire, Sans préjudice
des erreurs de calcul. On dit aussi, qu'C u
homme est un homme de bon compte , pour
dire, qu'il est fidèle dans les comptesqu'il rend;
et, Rendre hon compte de sa conduite ^ pour
dire . Faire connoitre qu on n tenu une con-
duite .'i laquelle il n'y o rien a reprendre.
On dil. Donner de bonnes enseignes de Quel-
que cnose, pour dire. L'indiquer par des mar-
que» fariles h reconnoître. Et adverbialement,
A ùonnes enseignes^ pour dire, .Vvec une con-
noissauce suflisanle tic ce qui est à faire, avec
«nreté. /.' ne veut payer qu'à bonnes enseupies.
Jt n*y ucitr aller rjii'ù bonnes enscignef.
On dit qu'f n cheval galope sur le hon piedy
pour dire. qu*Eu p'Iopnnt il Icvr le pied droit
le premier. Kl Cgurénici.t on dil: Mettre quel'
i orne /,
BON
qu^un sur le hon picâ, pour dire, Le réduire à
faire ce qu'il doit, 5 faire ce (pi'on exy;e. // ^i-
svit le sutlisant , mais je l'ai mis sur le hon pi^d.
Kt un dit aussi d'Un homme qui o de la répu-
tation, du crédit, qu7/ est sur un Ion pied dam
le monde.
On dit proverbialement , Après bon vin , bon
chcvalj pour dire, que Quand on a un peu bu,
on fait aller son cheval meilleur train.
On dit fimilièienient en parlant de vin, Ti-
rer du bon, (^o'wilt dn hon; et proverbialement ,
Qui hon V achète j hon le boit. Kt cela ne se dit
pas seulement du vin, mais figurém. de toute
autre marchandise, pour dire, qu'il n'y faiil
pas plaindre l'argent, et que quand on l'achète
honne, ou s'en trouve bien.
On dit aussi proverbialem.otligurém.yi bon
vin il ne faut point d^enseigne. Et il se dil gé^
néralenicnt, pour marquer qu'Une chose qui
est bonne n'a pas besoin d'être annoncée par
aflbdje.
On dit aussi proverbialement, A hon chat
bon rat , pour dire . Bien attaqué , bien défendu ;
et, A bon entendeur suiuf. Quand on veut faire
entendre quelque ciiose h quelqu'un, en ne
s'expliqnant qu'à demi. Untcl a dit telleet telle
chose, à bon entendeur salut.
Bon, se prend qtielquefois substantivement,
et signifie, Bonne qualité, ce qu'il y a de bon
dans la personne ou dans la chose dont il s'agit.
C'est un homme (fui a du bon et du mauvais.
Un fils gui n'a pris de son père cfue le bon. La
pièce dont vous parlez- a des défauts, mais il ne
laisse pas d'y avoir du Oon. taire nn erfruil
d'un Livre, et en tirer tout le honj en prendri
tout \e bon.
Il signifie aussi Ce qu'il y a d'avantageux,
d"inq>ortanl , de principal en quelque chose.
Le hon de VafJ'uire est (jue On dit, Le bon
de l'histoire, le bon du conte, pour dire, Ce
qu'il y a de plaisant dans le récit qu'on fait
d'un conlc, d'une bisiorielte.
On dit queDe-tncns d'afpiircsontcu dubon
dans un paiti, dans un traité, pour dire,
qu'ils y ont trouvé du gain, du profit. Et en
parlant d'une afîliii-c d'argent , d'une entreprise
lucrative, on appelle Le revenant hun . Ce qui
en revient de profit. Ils ont eu tant de reve-
nant bon dans ce traité, dans cette afftiire. On
appelle aussi Deniers nvenann bon*, J^somme
qui reste d'un fonds qu'on avoit destiné pour
quelque dépense.
BON. s. m. La girantic, l'assurance par écrit
il'unc chose promise. Le bon du Roi, pour.
Son agrémeut ; Le hon d'un Ministre, pour.
Son consentemeut par écrit; Le bon d'unlian-
guicr, pour , Sou acceptation ; Un hon de Fer-
mier Général, pour, La promesse signée d'une
place de Ft rmier Gcueral.
On dil d'Un lionuuc facile jusqu'à l'excès,
qui ne refuse &on con.sentcinent h ricc, qu'/i
met son bon à tout. On dit aussi d'Un homme
qui domine dans une iociété d'affaires, On ne
peut se passer de son bon sur rien.
Ho** , est iéUssI une copiée d'adverbe dont on
•e siTl pour maïquL. qu L-'u approuve la choM
BOX
i53
dont il s'agit. Vouj avez fiit telle démarche?
bon.
Il se 'dit aussi pur une csjx^cc d'inlerjeclion
de surpri'ie , ou iii plaisanterie, et pour mar-
quer qu'on ne fuit nul cas de la cliose dont il
s'agit. Vou* i/i'lis qu'il s'eit jilchc contre moi?
hon !
On dit. Tout de hon ? pour dire, Sérieuse-
ment. Piirlez-i'otts tout de hon?
ItONNK. s. f. Femme cliarçi'e de veiller sur
un enfant, de l'amuser. Une honne d'cnfuitt.
Allez, petit, rejoindre voire Bonne.
On dit. Des contes de Bonne; et, Il juiil
conter cela à quelque Bonne , pour dire, À
qiiriquf femmelette.
IioNN£ AVEsri;nE. Aventure heureuse. /( lui
est arrivé une assez honne m'enlnre. Il se dit sur
tout Des vaines prédictions de l'avenir, et par-
ticulièrement des prt-dictions qu'on fait sur
l'inspection de la main. Se faire dire sa bonne
aventure. Une diseuse de bonne aventure.
liosvE FonTfSE. Ce qui arrive d'avantageux
et d'in-'iltendu. Il lui est arrivé une honne for-
tune depuis peu. Dans le discours familier, on
appelleCoiinc; fortunes, Les faveurs des femmes.
Il a eu plusieurs bonnes fortunes. C'est un
homme à bonnes fortunes.
Bonne cnACE, outre la signification qui a
été marquée ci -dessus, se dit Des lés d étofi'e
qu'on att.iclie vers le clievet et vers les pieds
rl'un lit , |)Our accompagner les grands rideaux.
Les bonnes qrdecs d'un lit.
BoN.NE VOGUE. Terme pris de l'Italien »l
jui se piDuonce eomme oillc. Il se dit De celui
qui se loue pour ramer sur une galère , et qu'or,
appelle commuuémint .Marinier de rame. H y
a dix bonnes voqlies sur cette qalère.
Il s'emploie adverhialem. dans cette phrase ,
De bonne voqlie, qui signifie, De bonne vo-
lonté. Faire quelque chose de bonne vcqlie.
BON.\CE. s. f. Calme, tranquillité. 11 ne se
dit guère qu'en parlant De l'état où est la mer
quand elle est calme. Un temps de honace. En
bonaee. Etre en bonace. La bonace retarde les
vaisscau.v sur la mer.
BON-AS.SE. adj. des 2 genres. Simple et sans
aucune malice. 11 ne se dit gucT que d'Une
personne de peu d'esprit. Il est bo.insse, lotit
bonasse.
BO>"BA>'C. ». m. Pierre blanche des c.ir-
rières de Paris, propre h des ornemens, à faite
des colonnes, etc.
BONBON, s. m. Terme de Confiseur. P.'.tcs .
friandises. Il y en a de l)eaueoup d'esp^-cs. Vn
tel vend toutes sortes de bonbons. Ce bonbon
est excellent pour le rhume.
On promet du bonbon aux enfans , et ce mot
semble tiré de leur langage. Ne pleura pat,
vous aurez du bonbon.
BONBONNlItRE. s. f. Boite i bnnboiu.
BON-CHRÉTIEN, s. maso. Sorte de grosse
poire. Bon-c/irélîcn d'été. Bon-chrétien d'hiver.
BOND. s. m. Le saut, le rejaillissement que
lait un ballon, une balle, ou autre chose sem-
blable, lorw]u'étint tombée ^ terre elle se re-
lève plus ou nioind haut. La balU n'a point fait
ao
^^
V, o '^
de honA. Attethhc la boUe nu boni. Prendre la
bulle au bond. Ln halle a fait deux fconcîs, (rois
tonds. Le boulet de canon /i( plusieuts bonds.
Entre bond et volée.
On dit figiirdm. Prendre lu balle au bond,
pour dire , Fuirc une cho«! précisément dans
le nic:nfnt qu'elle est faisable. Et en pnrlant
«îune chose qu'on relève après iiuel'iic'iin, on
dit, que Ce n'est (jue du second bond.
Ou dit aussi BgurL-m. Prendre la bnlh- entre
bond et volée, pour dii-e, Taire une chose dans
un nicmcnt après lequel il seroit à craindre
qu'elle ne manquât; et, Fain- m-.n r)iosc font
je bond que de volée, pour dire, I.a faire d'une
manière ou d'une autre, selon qu'on le peut.
On dit, qu'f'nc (mile fait un faux bond,
Lorsqu'en faisant le l)ond, elle s'écarle du lieu I
où vraiseniblalilenient elle dcvoit retomber. Kt
on dit fij^urénient, qu'l/n licmme a fait fuix
bond à un awfre, pour dire, qu'il a manqué j
ses cngagemens, i ce qu'on étoit en droit d'at-
tendre de lui. Il m'a fait faïuc bond. Faire f:u.i:
bond à son maître, à son ami. '
On dit, Faire faux bond à son honneur,
jinur ilirc, i^Ianquer Si ce que l'on doit i son
lionncur. Et on dit, qu't'ne femme, qu'une
fdle a fait faiLt bond à son honneur, pour dire,
qu'Elle a manque à son honneur.
On dit d'tJn cheval , d'un ciievrcui! et de
qupUjurs autres animaux, qu'Us vont par bond.-;,
i\u'ils ne vont ijuc par sauts et par bonds, pont
dire, qu'ils ne ll)nt (pie sauter. La nicnic chose
se (lit d'tÎTi jeune l'f.nmie aui ne fait cjue sauter
cl gambader. Et fignrément, en parlant d'Un
homme dont le discours est inégal, sans suite
et par sailli s, on dit,qu'7l m' va que par sauli
et par bonds,
B0NI3.\. s. m. Arbre d'Afrique. C'est le plus
gros et le plus haut des arbres , dont on fait des
canots d'une grandeur eylraordinaire.
BONllE. s. f. Pièce de bois, qui , étant baissée
ou haussée, sert h retenir ou ii lielier l'eau d'un
ét^tng. Lever la bonde. Hausser la bonde. Liîclier
Va bonde.
Ou dit figurémcnt et fainilièrera., h'.cUer la
bonde à ses larmes, à ses plaintes, lilcher la
bonde à sa colère, pour dire, Donner un Ifbre
coin-s à se j larmes , ù ses plaintes , îi sa colère , etc.
BosDE , se dit aussi d"Jn trou rond fait dans
un tonneau , pour ve.'.'er la liqueur d(;dans.
Tampon de bois qui sert à boucher ce trou.
Voyez lioxDON.
BONOIR. V. n. Kairo un ou plusieurs bonds.
Les boulets de canon bondissent sur le pavé,
dans les champs , sur la mer. Cette balle est
trop molle, elle ne bondit point.
Il se dit aussi De certains iinimnux qui vont
quelquefois en sauLiut. I es agneaux bondis-
saient dans les eumpanncs. Un cheval quihondit.
Figurémcnt, lorsqu'on a une extrême répu-
gnance pour un aliment, ou pour quelque autre
chose qi:v fait soulever l'estomac, on dit. Cela
fait bondir le cfrur. Le cœur me bondit.
BONDISSANT, AKTE. odj. Qui bondit, les
nqncau.x bondissans.
BOSDISSEMEM'. s. m. Mouvement de re
BON
qui htindit. I.e huiidiisemcnt des agneaiLV dans
une prairie.
BONDON. s. m. Morccnu de hoîs, dont on
bouche le trou par où l'on remplit un tonneau,
un muid. Le houdun d'un muid.
On appelle aussi Bondonj L'ouverture où
l'on place r(! morceau de lîoîs.
liONDONXKR.v. a.Meltrcunboadon.Bon-
Jomitr un muid. Bqndonncr un tounatii. On
bondonne le vin quand il a houiili.
ÉONDONNÉ, ÉK. participe. Tonncanr hun-
donîiés. Une fiitaiUe nuil hondonnéc.
BONDUC. s. m. Plante d'Ameritiuc. Elle
croît de la liaulcur d'un homme. Ses fouilles
ont quelquefois deux pieds de longueur.
BON-HIilMil. Voyez Pate-u'Oie.
ItONMEÏUÎ. snbst. m. Félicite, dlat heureux.
Grand,, vrai bonheur. Véritable bonheur. So-
lide bojiheur. Bonheur parfait. Bonlieur appa-
rent. Jouir du bonheur de la i>ie. Perdre le.
bonheur de la vie. Rien ne trouble son bonheur.
Le bonheur de l'État. Le bonheur du rccjnc.
d^un Roi. Contribuer au bonheur de ijucl-
qu'un^ faire son bonfieur. Env'.erlc bonlicur di
(juelquun.
Il signifie aussi Prospérité, événcmejjr heu-
reux, bonne fortune. Bonheur inespéré. Il lu:
est arrive un fjrand bonhcin\ Jouer avec bon-
heur. Jouer de bonheur. Il a du hvnheur. Étri
en bonheur. Prendre part au bonheur de quel-
qu''un, s*inxcrcsser au bonheur de ses amis. Un
coup de boyihcur. Avoir plus Je bonheur que dt
mérite. Il s'en est tire par le plus (jrand bof-
heur du monde. Kt dans ce s;'ns il a un pluriel
71 lui est arrive plusieurs bonheurs en un jour.
Avoir lk ïiONiit;i:i\, est une façon de parler
du style familier, et dont on se sert parciviliti;,
par compliment. Il est trop hctireux, puisqîi'H
a le bonheur de vous plaire. Depuis que je n'ai
eu le bonheur de votis voir.
On dit adverbialement, Par fion/icur, pour
dire , Heureusement. 7/ arriva par bonheur pour
lui que
BONHOMIE, s. f. Ce mot exprime une mn-
nirre d'être qui reunit la bonté du cœur et la
simplicité extérieure, mcmc dans les moindres
iluises. Cest un homme plein de bonho:nic. Il
est du style familier.
On dit, Des bonhonics au pluriel dan un
sens particulier. Tl signifie Dv's propos un peu
simples. Il m'fl confé ses bonhomies à son aise.
Il est aussi du style familier.
BONH-'ICATION. s. f. Amélioration, au2-
nienlationdu produit d'une afTairc. Celte ajjhirc
est susceptible d'une qrande bonification.
BONIKIER. V. act. Mettre en meilleur étal.
Bonifier des terres^ en les fumant^ en les ïimr-
nant. Plusieurs choses se bonifient étant gar-
dées ^ telles que le ui«, le cafJ, etc.
BoNiFiEn , signifie aussi quelquefois, Faire
bon, suppléer. Si cette j>lace ne vous,vaut pas
mille écus^ je vous honifcrai ce qui s'en man-
n liera.
Bonifié, ék. participe.
BOMTK. s. f. Poisson de mer. La bonite
fait la guerre awc poissons volans.
BON
BONJOUR, s. m. Manière de parler dont on
se sert pour saluer quclqu'mi. Bonjour, Mon-
sieur. Je l'OHs donne le bonjour. Je vous soU'
haite le bonjour. Ces manières de parler sont
familières, et ne s'emploient guère que de su-
périeur à inférieur, ou d'égal i ég,il.
BOSNE-D.IME. s.f. Plante polagèrc, qu'on
nomme encore Arrache.
BONNEMENT, adv. De bonne foi , naivc-
ment, avec simplicité. // a dit bonnement ce
qu'il en pense. Je vous l'ai dit tout bonne-
ment. J'y -nais tout botinemenl sans y entendre
finesse.
BoSNEïiEST, se dit quelquefois pour Préci-
•-ément ; et alors il ne s'en;ploie jamais qu'avec
la négative. Je ne sais pas bonnement combien
il y a d'ici Ici, On ne saurait dire bonnement
ce que c'est. Il est du style familier.
PO.NNET. s. ni. Espc-ce d'habillement do
tète. Bonnet de laine. Bonnet de satin. Bonnet
/'i(/iié. Bonnet à V.inyluise. Bonnet de ni:'.<.
Bonnet carré. Bonnet à corne?. Bonnet de Doc-
teur, Bonnet rouge. Bonnet de Cardinal, Au~
trefois en France, tout le mande neportoitque
des bonnets.
On dit. Prendre le fconnel de Docteur, cl
absolument. Prendre le bonnet, pour dire, Se
faire recevoir Docteur; et. Donner le bonnet à
q)ielqu'un, pour dire. Lui meltie le bonnet de
Docteur surlatète,T!.insutic fonction publique.
On dit. Opiner du bonnet, pour dire. Se
déclarer de l'avis d'uu auti-e , sans l'appuyer
d'.'iucune raison, ef er) '"«l.nnt s'-ulcment son
bonnet, H n'a fait qu'opiner du bonnet; et,
Cchi a pa.^sé au bonnet, du bonnet, pour dire,
Tout d'une voix.
On dit aussi au P,ilais,qu'6'"C c/iote ii passé
à volée de bonnet , pour dire , que 'l'ous les avis
ont été prompts et uniformes.
On dit, qu'(7n homme a pris le bonnet vert,
qu'il porte le bonnet vert, pour faire entendre
qu'il a fait cession de biens, "afin de se sous-
traire h la punition de la banqueroute; et ctttc
façon de parler vient de la coutume qu'on
avoit autrefois" de faire prendre un bonnet vert
il ceux qui faisoient cession de leurs liiens.
On dit proverbialcmeat et populairement.
Jeter son bonnet par- dessus les moulins, pour
dire, N'être arrêté p r aucune considération,
braver l'opinion, les inronvcnicns, les consé-
quences.
On dit aussi fainilièrcment, qu't'n Aomme
a pris une chose sous son bonne!, pour dire,
queC'esl une chose qu'il a im,ngin(!e, et qui n'a
point dr fondement.
On dit figurément et familièrement, A'oir
la tête près du bonnet, pour dire, Etre prompt,
colère, aisé h se fâcher; et, -VcKre son fconnel
de travers, pour dire, Entrer en méchante Int-
ineur.
On dit, Mcllre la main au bonnet, ôtcr son
bonnet, pour dire. Mettre la main au chapeau,
otei son chapeau par respect. Ce sont des yen»
dont il ne faut parler que la main au bonnet,
niic le bonnet ci la main.
Proverbialement et figurémint, en pailonl
BON
D» .1cm ou Irais personnes lices cl'araitic cl
d'iiitiirèt , et toujours d'un uiéjne sentiment , on
dit, eue Ce sont deux tcies, que te sont Iroù
ietes dans un bonnet.
On dit aussi proverbialem. (ju't/n homme
ett Irisle comma un donne! de nuit sans coijjo,
pour dire, qu'U a I air triste et recljigné. Et
pour marquer (jti'il n'y a presque poiul de dif-
férence entre deux clioses dont on parle, on
dit, Que C^est bonnet blanc ^ et blanc bonnet.
On appelle familièrement Gros bonnet, Un
personnage important daits une Communauté.
BONNET ADK. s. f . Coup de l.onnet , révé-
rence. Il ne se dit qu'eu plaisanterie.
BONNETER. V. a. Rendre des respects et
des devoirs assidus h des persoimes dont on a
besoin. Il se dit p.nrtieulièrement Des sollicita-
tions soumises et fn'quenles qu'on est oblige de
làire. Et en ce sens on dit. Je ne saurais tant
bonneter ces Messieurs. On dit aussi, Ces Mes-
sieurs renient être bonnefes, pour dire, qulls
veulent (ju'on les reclierclie . et qu'on leur fasse
la cour. Il est du stvle familier.
BoNNETÉ, ÉE. participe.
BO.NNETERIii. s. f. L'Art et le Métier de
Bonnetier.
BONNETELH. s. m. Filou, qui à force de
dvilitcs tâche d'attirer les f;ens pom' leur ga-
gner leur argen!. C'est un honneteur. Il fout
éviter les honneteurs. Il est du style familier et
vieux.
BON.VF.TIF.R. subst. masc. Cclii qui fait
ou qui vend des bonnets . drs bas . ou autreii
marchandises de bonneterie. Maître bonnetier.
BONNETTE. •. f. Terme de Fortification
Ouvrage compose de deux faces qui forment
nu angle saillant, avec un parapet et une pa-
lissade au-devant
BONNETTES, s. f. plur. Terme de Marine.
Petites voiles dont on se sert, lorsqu'il y a peu
tie vent, pour alliuiger les voiles ou les multiplier.
BONSOIR, s. niasc. Terme dont on se sert
pour salufr quelqu'un sur la fin du jour et
dans la nuit, t^onsuir^ Monsieur. Bonsoir et
bonne nuit.
On s'en sert pour dire qu'L'ne aOàirc cs|
finie, qu'il n'y faut plus songer. Voul est dit,
bontoir; n'en parlons plus. Il faut dire bon-
soir. On dit fjniiliiTcment, d'Un homme qui
meurt. Il a dit bonsoir à la compagnie.
BONTÉ, s. f. (^.ualité de ce i|ui est bon, ce
qui Diit qu'une chose est bonne dans sou^nrc.
La bonté du vin. i.a bonté d*un terroir. La
bonté de Va'r. La bunté d'une étojjt.-. La bonté
d'un remède. La bonté d'une montre. La bonté
(fun cheval. La bonté d'un omTage. La bontj
à'une action.
BoTi:, se prend plus pniiiculièrement pour
Une qualité moraU', qui i-rte .'i Ciirc du bien.
1^ propre de la boulé eil de se faire aimer.
Boni-! naturelle, livnlè sin.,ulicre. .'a bonté est
connue de tout le monde. La bonté d'un Prince.
A>/oir recours à la bonté tlu l'rince. Ahuicr dt
la honte de ifueliju'un. /I a eu la bonic l'e l'as-
siiler rlani le bcMin. Ce.-! un Jioni;ne plein de
honli.
B O R '
Ou se sert qnel|uefois du mot de Donté ,
pour exprimer Ce tjui se Tait à notre égard , de
l.'i part des ;iu(reSj {>3r ptirc lioiin^teté, par
pure civilité. La honlé que vous ui^cz eue de
luécriic. Vit€S-lui (^in: je lui suis extréntemcut
oUiijé de sa bonté ^ de ses bontés, de toutes ses
bontés, des bontés (juU me tcmoiqne. Vous
avez trop de bonté. Vous avez bien de la bonté.
Il se prend aussi pour Simplicité, et trop
'^rnndc facilité. La bonté du père est cause de la
perle du jîb. Use laisse tous les jcurs tromper
par sa bonté, par son trop de bonté. Sa bonté
Va ruiné. Il a une sotte bonté.
Bonté, eu pjulmil de Dieu, est un des nttii-
buts divins; n c'est dans celte acception qu'on
dit : La bonté infinie de Dieu. La bonté divine.
IJieu est la souveraine (jonic, la suprême bonté.
On dit par exclam-ilion: Bonté de Dieu! Douta
divine !
BUNZE, s. m. Nom d'un Prêtre Cliinois ou
Japouois.
BO Q
BOQUILLO>'. s. m. Bûclisron. Il est vieux
BOR
BORAX, s. m. S*.-! U'ès- propre à faciliter b
foule des métaux.
BOBBORISMli: ou B0RB0RYG:\IE. s. m.
Vent cpii se fait entendre dans les iulestins, e\
qui est un symplôme d'indigestion.
BORD. s. m. L'extrémité d une surface ou ce
qui la termine. Le bord d'un verre. Lh fcorti
d'une jupe, d'un mciteaii. Le bord rie Teau.
f.e hcrd (Cune rivière. Le bord de la mer. Le
hord d'un vaisseau^ d'un bateau. Les bords de
la Seine.
On le dit poétiquement au pliuiel, pour
litre, Des r^^-gions cnviionnées d'eau. Les bords
.ifricaim. Les bords Indiens.
I.or>qu'on dit dans ce sens, A bord^ sans
rieri ajouter, on entend toujours parler du bord
il'une rivière, ou de la mer. Ainsi, .irnvcr à
liprti, signifie, Arriver au bord de l'eau, au
bord de la mer. 11 se dit d'un bateau et d'un
vaisseau. Et on crie,' A bord! à bord! pour
faire cnlcndre qu'on veut aller à terre.
Quand on ne peut trouver un luot qu'on
(licrclie, et dont oo croit à tout moment qu'on
va se ressouvenir, on dil,qu'On l'a sur le bord
des Icvr'.^. £.t on dit, qn L*ti homme a le caïur
rur le bord des Uvres, pour dire, qu'U ne sait
rien disâimuler;et qu7E a l'unie sur le bord des
Uvres, pour dire, qu'il va mourir.
On app< Ile Rouqc fcord. Un verre plein de
\in jusqu'au bord. Et dans ce sens on dît,
Boire un rou^e bord^ boire dct rouqts bords,
huirc à roufjes bords , pour dire, Boir^-' des ra-
stdrs de vin.
On dit li<;urémcnt, Etre au hord du préci-
f ICC, cire tur le bord du précipice, pour dire.
Être près de tomber dans un grand malJu-ur,
être sur le pt.>inl d'élrc pndu, d'ùtrc niiué ; tl
d'Un Iiouinir* evtràuenieut vitux, qu'il est sur
le hord de sa fosrc
Bons, âc dit nu -m De tout ce qui «V#end
BOR i55
vers les e\;rémités de certaines choses, El dans
ce sens on np|)elleLcs bords d'un i l.t. Tout ce
qui est depuis ta pnrlie concave d'un plat jus-
qu'à rextrciiiité. On appelle aussi dans ce sens,
Les boitls d'un chapeau , Tout ec qui excède ta
forme d'un cliap-au. Chapeau à grands bords ^
à petits bords ^ à bords retroussés.
BOi\D,se dit aussi d'Une espèce de ruban ou
i;aIon, dont on borde certaines parties de l'Iia-
billenient. Mettre un bord d'arqcnt à un cha-
peau. Mettre ufi bord à une jupe.
Bono, en termes de Marine, se dit de tout
Vaisseau, Galère, etc. Le Capitaine nous ré-
(jala sur son hmd. Il a tant de matelots, de
soldats, de passagers sur son l\ird. Coucher à
bord, aller à bord, envoyer à bord. Il étoit à
bord de VAmiral.
On appelle Vaisseau de haut-bord, Un Na-
vire, un grand Bjiiiucnt à voiles. On nonmie
Vaisseau de bas-bord. Une Galirc, ou tout
autre petit Bâtiment plat. Changer le bord, se
dit pour. Revirer le vaisseau; Courir bord sur
bord, pour, I.ouvo\er et gouverner, tar.lôt à
droite, tantûl i gauche.
En parlant des Corsaires, on dit, qu7/s
rourent le bon hcrd, pour dire, qu'ils pir.Uent.
El la même cliosc se dit ligarémenc Ur-s gens
déb.iuchés.
Bord À boud, pris adverbialement, se dit
Des liqueurs, lorsqu'elles remplissent loulc la
capncité de ce qui lc<i contient, La rivière est
bord à bord du quai. L'eau est bord à hcrd du
vasvt etc.
BORDAGE. s. m. Revêtement de pLmdies
qui rouvre le bord ilii A'uisseau par-dcliors.
BORDA'i'ER. v, iieuuc, Tcrate de .Marin;.
Courir des bordées, cest-i-diie, gouvero-T
alternativcmentd'un C(*;té ctd'un autre, lorsque
le veut ne permet pas de porter ù iï>ute,
BOROK. s. m. Galon d'or, d'argtnt, ou de
ïoi(*, qui sert h borjer des Labitï, des meu>
blés, etc. Il n'j a partout qu\n simple bordé.
Le bordé de sa veste n'est pas assez large.
BORDÉE, s. f, I.a décbarjZe de tous les
ranons rangés d'un des ciWs <îu Vaisseau. Il
lâcha contre l ennemi une bordée de son canon. ,
Tirer unebordée. Envoyer unebordée. Essuyer
une bordée. Je lui lâchai toute ma bordée.
On dit figurémcnt <t familièrfjuent. Une
bor dé i d'injures y ou absolument, une bordée.
Il lui a Idché une bordée. Il a essuyé une fu'
rieuse bordée.
BonDi^K,sedit aussi pour signifierl^ chemin,
la roule que fait uu Viûsscau qui est obligé de
louvoyer, et d'aller tantôt sur un côte, t.uitôt
sur IduU'cpour arriver en quelque endroit.
Le vaisseau fit unebordée. Les vaisseaux jurent
obliqés de faire plusieurs bordées pour arriver
sur les ennemis. Couru- des bordées.
BORDEL, s. m. Lieu de pmsiiiuiion. C'est
un terme qui ne s'emploie pas en bonne rom-
pagiiie.
BORDER. V. a. Ganiir l'cxlTémite de quel-
que chose, comme d'une jupe, d'un maniciu,
etc. en y cousant uu ruban, uu galon, un
mon eau (!'<to!T>:, r:ic Border un rnanlCiiM, It
i56
ROR
fcorder d'hermine. Bvrtlcr un chapeau d'wl
qalon d'or.
Il se dit aussi De ce qui s'elend le long de
certaines choses, et qui y sert comme de bord.
Ce auai, celte chaussée^ bordent la nt'iere.
Une belle prairie qui borde un c'fniii;. Une
grande allée d'arbres borde la rivière. Tout le
chemin étoit bordé de inonde.
Border la haie, en termes de Guerre , signifie,
Disposer des troupes sur nii des deux côtés d'un
chemiu. d'une rue. Les Héijimcns des Gardes
hordeni .'u haie dans les rues quand le Roi
vient à Paris.
l)n dit, qu'Un lieu est bordé de précipices,
pour dire, quT y a des pn'cipiccs ttHil autour.
On dit , Border un lit , pour , Engager le
bout des draps et de la couverture entre le l)oi3
de lit et l.i paillasse , ou le matelas ; Border un
filet, pour dire, Attacher une corde autour
d'un filet pour le rendre plus fort; en tenues
de Jardinage, Border une allée, pour dire, Y
[ilanter une bordure; en termes de Marine,
Border une voile, pour. L'arrêter par en-bas;
et Border un vaisseau ennemi, poiu, Le suivre
de côté, afiii de l'observer.
BonoEii, en termes de Marine, signifie aussi,
Côtoyer, marcher le long des côtes. La jlotlc
ne fit que border les cotes.
JioRotftE. participe. C/inpcaii bordé. Vnpar-
terre bordé de fleurs. Un bassin bordé de qazon,
liORUERKAU. 9. m. Mémoire des espitei
diverses qui composent une certaine somme,
p'airc un bordereau d^ Varqint qu'on reçoit
Bordereau de compte.
BOKUIiilU. adj. des 2 genres. Terme de Ma
rine. On nomme Vaisseau bordier , Celui f^i(
a un coté plus fort que l'autre.
BOKDIGUE. s. f. Terme de Pêche. F.spac)
retranché avec des claies sur le bord de la mer
pour prendre du poisson.
BORDURE, subst. f. Ce qni borde quclqul
chose et lui sert d'ornement. La bordure d'ui
tableau. La bordure d'un miroir. La hordiin
d^une tapisserie.
On dit, La bordure d'un parterre, poui
dire, Les plat" -bandes qui entourent un par*
terre; et, 1,0 !iorr?uic d'un fcois, d'une jorct,
pour dire, Les arbres qui sont au bord.
BoiiDr'r.E, en termes d'.Armoiries, se dit d'tJna
hîisuic qni entoure tout l'Ecu , et qui est tou-
ioiirs din'érente de l'email de l'Kcu. Le Roi
d'Espaqne porte sur le tout de France, à la
bordure de queules.
BORÉAL, ALE. ixlj. (,lui est du côté du
Nord. /*d/c boréoi. Aurore boréale.
BORÉE, s. m. \ent septentrional, bise,venl
du Nord.
BORGNE, adj. de» 2 genres. Celui, celle ii
qui il manque un oeiL Cet homme est borgne.
Cette femme est borgne. Son cheval est devenu
borgne.
On dit d'Un homme qui est borgne, et qui
outre cela est fin et méchant, que C'e.'l un rnc'
chant borgne. Eu ce .«iîns, Borgne est employé'
substantivement; mais ce n'est qu'au n;asculin
qu'il t'emploie de celte wrle.
BOR
On dit proverbialement et fij^uréin. Troquer
son cheval horgne contre un aveugle j pour dire,
Pertîre au change sur quelque chose que ce soit,
cliîinger une chose défectueuse contre une plus
défectueuse enc»re ; et, Jaser comme une pie
horcjne^ pour dire, Jaser continuellement.
Bougne, se dit figurément De diverses choses.
Ainsi on dit d'Une maison fort sombre, fort obs-
cure, que Oest une maisoti borgne ; d'Un mé-
chant petit cabaret, que C^est un caharct bor-
gne; d'Un méchant conte mal fait, que C'est
un conte borgne ; et d'Un compte qui n est pas
clair, que C^est un compte borgne.
lîOHGiN'ESSE. s. f. Terme bas et injurieux,
qui st; dit d'Une femme ou d'une fille borgne.
Une borqnessc. Une méchante borgnesse. Une
vilaine borgnesse.
BORNAGK. s, m. Terme de Palais, qui si
gnifie L'action de planter des bornes dans une
terre. Ils sont en différent pour le bornage (k
leurs terres.
BORNE, s. f. Pierre, ou autre marque qui
Bert ù séparer un champ d'avec un autre. Plan
ter une borne. Asseoir des bornes. Arracher ilc\
bornes.
Boune, se dit aussi Des pierres qu'on met à
côte des portes ou le lon^^ des murailles, poui
empêcher qu'elles ne soient endommagées pai
les voilures. Mettre une borne cont'-e un mur.
Nettre des bornes à une porte.
Un dit d'Un homme qui se tient debout e|
fans remuer. Il est planté là comme une borne.
Bornes, ;iu pluriel, se dît De imt ce (jm
sert à séparer un Etat, Une Province d*um
autre. L'tlsyag}ie a pour bornes les deux meri
tt les Pyrénées. Reculer les (jornes d^un iLlal
Klendre les bornes de son Empire.
Bornes, se dit aussi fij^urement au pKiriel,
De tout ce qui est regardé comme les limites d<
rhaque chose. Ainsi on dit, Passer les'bornei
de son pouvoir^ de sa Juridiction. Passer lei
homes de la raison et de la modestie. Passer îet
bornes de son sujet. Mettre des bornes, donner
lies bornes i son ambition. Se contenir dans ïcj
bornes du devoir. Franchir les tomes du res-
fcct. Aller au-delà des bornes, passer au-delà
des bornes de lu bienséance. Se prescrire de^
[ïornc5. Connoilre ses bornes. Demeurer dam
les bornes, se (eniV , 5e renfermer dans les
})ornes de la raison , dans les bornes les phn
ctroitw dit devoir. Son ambition n'a point di
bornes y est sans homes, ne connoît point dt
bornes.
BORNER. V. a. Mettre des bornes. Borner
un champ. Borner un vignoble.
Il signifie aussi ï.imiter. res';errer dans une
certaine étendue, dans un ceriain espace. La
mer et les Alpes bornent l'Italie. Son jardin est
beau, mais la rivière le home de trop près.
Dans cette même îicceplion. Borner se dit
aussi Des personnes, pir rapport h leurs mai-
sons et î» leurs Ijérilages. Il est borne par une
qrandc foret du côté du Levant. Il veut tendre
cette maison , parce (ju'H s'y trouve trop borne,
et an'il ne sanroi't fiire d'aC(juisitions.
On dit, qu't n objet borne agréablement la
BOS
l'iie, pour (lire, qull la termine agréablement.
Ces coteaux qui sont un peu éloignés, bornent
u^réablcmenf la vue de ce coté-là,
BonsEK , signifie figurément Modérer. Borner
son ambition, ses désirs , ses prétentions , ses
espérances. Jl faut se borner à cela ; et absolu-
ment. Il faut se borner. C'est un homme qui
sait se borner,
BonNÉ, ÉE. participe.
On dit, qu'^/ne maisofi a une vue bornée.
Quand la vue en est de peu d'étendue ; et figu-
rément , Avoir des vues bornées , pour dii-e
.Vvoir peu de lumière ou peu d'ambition ; et ,
.4voir l'esprit borné, être borné, pour dire,
litre cap.ible de pru de chose. Et on appelle
Fortune bornée, Vue fortune médiocre et com-
mune, et qui ne peut guère augmenter.
BORNOYER. v. a. (Il se conjugue comme
Fiiiployer. ) Regarder d'un seul œil une sur-
face pour juger de son alignement,
Bohnoyé, ée. participe.
BOS
BOS.VN. s. m. Breuvage fait avec du millet
bouilli dans de l'eau. Les Turcs font un grand
usage du bosan.
BOSEL. s. m. Terme d'Architecture. Membre
roud , qui est la base des colonues. On l'appelle
plus communément Tore.
BOSPHORE, s. m. Nom qu'on a donné au
détroit qui sépare la Thrace de l'-Asie mineure ,
et à celui qui forme l'entrée de la mer d'Azoph.
Le Bosphore de Thrace. Le Bosiihore Ciminé-
rien.
BOSQUET, s. m. Petit bois, petite loufTe
de bois. Un petit bosquet. Les bosquets de Ver-
sailles.
BOSSAGE, s. m. Tcr.iic d'.\rchitecture , qui
se dit De toute pièce saillante , laissée exprés
pour y tailler quelque ouvrage de Sculpture.
Laisser un bossage dans un tympan pour y
tailler des Armoiries, On dit, .1/ur à bossages,
porte à hoss:iges, colonne à bossages, en par-
lant d'Un mur, d'une porte, d'une colonne,
garnis de pierres s.iillantes hors du nu du innr
et de la colonne.
BOSSE, s. f. Grosseur extraordinaire an dos
ou à l'estomac, qui vient de mauvaise confor-
mation. Grosse bosse. Avoir une bosse par-
devant, une bosse par-derrière.
Bosse, se dit aussi De certaines grosseurs que
quelques animaux, comme Chameaux, Dro-
madaires, et quelques Taureaux sauvages, ont
nalurellcment sur le dos. La bosse d'un Cha-
meau.
Il se dit aussi d'Une enflure ou élevure qui
vient de contusion. Il s'est fait une bosse au
front.
On dit proverbial., que Les Chirurgiem ur
demandent que plaie cl bosse, pour dire, qu'il»
souhaitent des querelles, des batteries, afiii
d'avoir de la pratique. La même c.'iosc te dit
figurément De tous ceux qui se plaisent h exci-
ter des querellis, ou dans l'espéranc- ri'ca prc>-
ûter , oti par pun-' nialignilé d'esprit.
Boss> , se dit aussi d Une élévclion dans
BOS
tnule superficie qui dcvroit être plate et unie.
Un terrain ykin (le bosses. Une pièce d'argen-
terie pleine île bosses.
Bosse, en tiTnies de Sculpture, se dit Du
relief d'une figure. Une fi(jure relevée en bosse.
t'iie fiijure de demi-bosse. Et on appelle Ou-
vraaes de ronde bosse. Les ouvrages de plein
relief , comme le» Statues.
En termes de Dessin, on dit, Dessiner la
busse, d'après la bosse, pour dire, Copier une
Kgure en relief, une sculpture.
Od appelle Bosse , dans un Jeu de Paume ,
Cet endroit de la nmraiUc du côté de la grille,
qui renvoie la balle dans le dedans par bricole.
Et dans ce sens, Altaijuer la bosse, donner dans
la fcossc.se dit Lorsqu'on pousse la balle a l'en-
droit qui la renvoie dans le dedans ; et , Dé-
pendre la bosse. Lorsqu'on rechasse la balle
avaot qu'elle y puisse entrer.
On dit figurcment, Donner dans la bosse,
pour dire. Donner dans le panneau, £trc dupe.
On appelle 5eprnre li fcos5e,Une serrure ap-
pliquée en saillie sur le dedans d'une porte.
BOSSELACiE. s. m. Travail en bosse. Il ne
■e dit guère que Du travail en bosse sur de l.i
"Vaisselle. Travailler en bosselage.
BOSSELER. V. act. Travailler en bosse. 11
irc se dit f;uère qu'eu parlant Du travail en
i>osse sur de la vaisselle. surdel'argentcrle.lîo.'!-
*eier de la vaii^scUc par petites bosses.
BossELEix, se dit aussi Des bosses qui se font
par accident it une pitce d'argenterie. Cette
ccuelle s'est bosselée en tombant. Elle est toute
bosseUe.
Bosselé, ée. participe.
En Agriculuire , il se dit De certaines feuilles
de plantes qui ont des éinineuces i grandes
mailles, et creuses en dessous. Les feuilles dei
choux sont bosselées.
BOSSEMAN. s. m. Terme de Marine. Second
Oonlre-Maitrc dans un vaisseau. Il est particu-
Uirenicnt cliargc du soin des câl>le«,des ancres,
des bouées , etc.
BOSSETTE. s. f . Ornement attaché aux deux
CiMés du mors il'nn cheval, et fait en bosse.
Bossettes dorées. Bossettes argentées. Mors à
hossettes.
BOSSU, BtJSSUE. adj. Qui a une bosse au
dos ou â l'estomac. Un homme bossu, une
femme bossue. Bossu par-devant. Bossu par-
dernire.
11 se dit aussi substantivement. C'est un mé-
chant bossu.
BossD, se dit aussi d'Un terrain où il j a
beaucoup de petites inégalités.
BUSSUEK. v. act. E.iire des bosses. Il ne se
dil qu'eu parlant Mes bosses qu'on fait à la
Taisselle en la laissant tomber , ou de quelque
•utre manière. Bossuer des plats. Bossuer des
ituielle».
Bossix, ïï. participe. De la vaisselle bos-
fufs.
BOSTANCl - B.\Cin. s. m. Inundant des
Jardins du (Jrand-Scigneur. Gi en Turc, ajouté
j un nom primitif, fait un nom dérivé, /'ojlon,
Jardin J Bot-tanni, Jardinii-r.
BOT
BOSTRYCHITE. s. f. Pierre figurée qui res-
semble .1 la chevelure d'une femme.
BOSUEL. s. m. Nom de la seule Tulipe qui
ait de l'odeur.
BOT
BOT, adj. qui n'a point de féminm, et qui
n'est d'usaf-c que dans cette phrase, Pied bot .
cjui se dit d'Un pied contrefait. Avoir un pied
liot. On appelle aussi Ptcd bot. Un homme qui
a le pied contrefait. C'est un pted bot Ils ne
sont (jue deiijcoïi trois pieds buts. Il est du style
familier.
BOTAL. ndj. .n. Terme d'Anatomie. Lf trou
bolal, Ouverture par laquelle le sang circulj
dons le fœtus.
BOTANIQUE, s. f. Science qui traite des
Plantes et de leurs propriétés. Etudier laBota-
I inue.
BOTAMSTE. s. m. Celui qui s'applique à la
Botanique. Un excellent Botaniste.
BOTTE, s. f. Assemblage de plusieurs choses
de même nature lit'es ensemble. Botte de paille.
Botte de foin. Mettre du foin en bottes. Lier
des bottes. Bottes d'échalas. Bottes d'allumettes.
Bottes de raves. Botte d'asperqes. Botte de
cclcri. Botte d'ognons.
On appelle Botte de soie, L*asseiublage de
plusieurs écbeveaux de soie lies ensemble. Une
iotte de soie. Marchand de soie en bottes.
Botte, se dit aussi dans le style familier,
d'Une grande quantité de plusieurs choses.
Lne hotte de lettres. Une botte de paperasr.es.
Botte, s. f. Terme de Botanique. Il se dit
principalement Des racines de cert^iincs Plantes ,
comme celles de l'Asperge, qui forment degroi
paquets. À l'égard des fleurs ou des fruits qui
feoiit disposes de cette manière, on se sert plutôt
du nn)tdePanû-u!e. Les fleurs duM illet naissent
en panicule^ quoiqu'on dise aussi, qu'E^/ej
naissent en botte.
Botte , se dit en termes de Chasse, De la
longe avec laquelle ou mène le limier au bois.
Ce limier tire contre lu botte , dès quil évente
quelque bête.
Botte, s. f. Tenue d'Escrime. Coup que Ton
porte avec un fleuret, ounveruneépée, à celui
t outre qui on se bat. Porter une botte. Fournir
nue botte. Allonger une botte. Parer la botte.
Esquiver la botte. Une hotte franche.
Onditfigurcmeuttt familière ment, Pousser.
porter une botte à quelqu^un , pour dire Lui
demander de l'argent h emprunter, sa-ns èlre
trop eu pouvoir de le rendre.
On dit aussi figurcmcnt d'Un homme qui.
dans une dispute avec un autre , lui a fait quel-
que objection pressante, qu7/ lui a porté.
pousse une étrange botte,, une rude hotte y et
d'Un homme qui a rendu ouvertement quelque
mauvais oflïcc à un autre, dans l'esprit de
quelque personne puissante, qu'/t lui a porté
une terrible botte ^ une vilaine botte.
Botte, s. f. Chaussure de cuîr, qui enferme
le pied, la jambe et noe partie de la cuisse, et
qu'on met pour monter à cheval. Belle de vn-
chc. Boite de roussi. Botte de marcqinn. BoUci
BOT i57
de campaqtie. Bottes de chasse^ de demi-chaixe.
Bottes d'Académie. Bottes de Pêcheurs. Botte
haute. Botte levée. Boite tirée. Botte blanche.
De grosses boites. Bottes fortes. Bottes molles.
Sottes à VAnqloise., àla housarde. La qenouil-
lère de la botte. La tige de la hotte. Le talon de
la botte. Botte cirée. Une paire de hottes. Mettre
•t:.s hottes. Faire tirer ses bottes. Faire graisser
>cs hottes pour partir. Prendre ses bottes pour
niotiter à cheval.
On dit, daiaS le style familier, p7cndre la
hotte, pour dire, Se mettre en état de monter à
cheval « t de partir.
On dit provcrbialem. et ûgurcm. , Graisses
les bottes d'un vilain ^ il dira qu'on les lui
brûle. Et cela se dit pour donner à entendre ,
qu'On ne reçoit ordinairement que des repro-
ches et des inarques d'ingratitude pour un ser-
vice qu'on rend à un malhonnête homme. Et
proverbialement on dit h un homme, qu'/I faut
qu'il graisse ses fcot(es, pour dire, qull faut
qu'il se prépare à partir pour quelque voyage ,
ou à mourir.
On dit aussi proverbialement et figurément ,
Mettre du foin dans ses hottes,, pour dire.
Amasser bien de l'argent dans un emploi, y
Men faire ses aflaires. El quand on veut faire
connoitre qu'on ne se soucie nullement d'une
rliose, on dit, qu'O/i ne s en soude non plus
que de ses l'iciiïes bottes.
On dk proverbialement . À propos de hottes ,
De tout ce qui se dit ou se fait sans que rien y
fiit dûtuié lieu. // dit des injures à propos de
hottes. Il se juche à propos de hottes.
On dit d'Un cheval vicieux, et qui se défend
de celui qui le monte, en Uichant de le mordre
à la jambe, qu7l va à la botte. Ua mêmcchose
se dil d'Un homme qui est accoutumé à faire
de« réponses piquantes aux plaisanteries Us
plus douces. C'csï unhomme à qui il ne se faui
pas jouer j il va d'ahord à la hotte.
Botte, se dit aussi en parlant Des carrosses,
et signifie Ce qui <;cit de marchepied pour
monter en voiture. Il y a quelque chose ù re-
faire à une des bottes de ce carrosse.
Botte, est aussi le nom d'Une sorte de
lonneau. Une botte d'huile.
Hottes, se dit aussi au pluriel, De la terre
jui s'attache aux souliers quand on maixhe
ilans un terrain gras. Ce lerniiri est si gras,
qu'on ne sauroit s'y promener sans en rappor-
ter des hottes.
Botte , Forme de mandic. Voyez Manche.
BOTTELAGE.s. m. Action de lier en bottes.
le bottclagc coûte tant. On dit que Le hotte-
laqe est bon , Quand la boite de foin , de paille ,
etc. est du poids requis, de la grosseur requise
pir les Rt'glemens de Police.
BOTTELEB. v. a. Lier en bouc*. BotteUr
du ffin, Botlcler de la paille.
BoTTEtÉ , ÉE. participe.
BOTTELEUIî. 5. m. Celui qui fait des botte»
de foin , ('e paille, etc. P^iyer des hotteleurs.
BOITER, v. a. Faire des bottes. Botter un
lîcqimcnt. CcCordonnicr hotte bien, hotte mai,
Qui est le Cordonnier qui vous hotte?
i!)8
BOU
Il signifie aussi, Meure les boites à ijutl-
iju'iin. Apjielcz, iju'ûn me vienne boKer; et
Mettre SCS bottes soi-même, Je vais me boiter.
Ou dit aussi, qu' I7n homme se botte bien, ou
se boite mal, potir dire, qu'il porte ordinaire
lueiit des hottes bien faites ou mal faites.
SEBOTTEH,se dit De ceux qui, en ni.ircliani
dans un terrain gras, amassent beaucoup dt
Hrrc autour de leurs pieds. On ne saurait Si
jiromcner dai.s le jardin, qu'on ne se hotte.
On dit aussi, Ce lerruin fcolle. Dans ce sens
ou dit aussi, qu't/n cheval se botte.
Botté, ée. participe.
On dit proverbialem. , C'est un siiuje botté,
il a l'air d'un singe botté, en parlant d'Un
hoiiune qui est embarrasse dans son accoutre-
nicut.
BOTTIER, s. m. Cordonnier qui fait dis
bottes.
BO TTIXE. s. f. Diminutif. Petite lotte d'un
cuir fcrt mirtce. PcrJer des bottines. On met
des fcoitines de fer aux enfans (jiii o.il iej
jambes faibles ou de travers,
BOU
BOUC. s. m. { On prononce le C. ) Anim;il
i cornes , qui est le m.ile de la cliùvre. Boni:
puant. Une peau de houe. Les cornes d'un
bouc. La barbe d'un bouc.
Parmi les anciens Juifs , on appeloit Bout
liniissaire , Celui des deux boucs sur lequel le
sort lomboil pour ^tre envoyé au désert, aprèi
•*voir cle' chargé des iniquités du peuple.
Bote, se dit aussi en termes de Commerce,
d'Une peau de bouc pleine de vin ou d'iiuilc.
Un houe d'huile. V.n banc de vin.
On appelle iîiube de bouc, La barbe d'un
Iicmme , lorsqu'il n'en a que sous le menton.
lia une barbe de bouc. Une vraie barbe de houe.
BOUC.VGE. s. masc. Plante ombellifére. On
attribue à sa semence et & ses racines la vertu
de briâer la pieire des reins et de la vessie.
BOUC.4M. s. masc. I.c lieu où les Sauvages
font fumer leurs viandes. On appelle aussi de
0^ nom, I-e gril de bois sur lequel ils les fout
i'iimcr et séclier.
Boucan , si.;nifîe aussi Un lieu de débau-
che. C'est un terme bas et peu lionnéte.
BOUCANKR. v. a. l'aire cuire des viandes
à la manière des .Sauvages de r.\me'riqne. Itou-
caficr de la viande. On dit aussi , Ijoucaner des
cuirs, pour dire. Les préparer il la manière des
Sauvages ; et simplement , Boucaner , pour
dire. Aller à la cl asse des bœufs sauvages ou
autres bètcs, pour en avoir les cuirs; et dans
cette acception , Boucaner est neutre.
Bocc.^sÉ , LE. participe.
BOUCAiSIiiU. s. m. Celui qui va à la cliasse
des bœuff saUvagi s.
BOI.'CARO. t. m. F.spècc de terre sigillée,
rongeâtre, qui vient d'I'.spagne, où i lie Siq)-
pellc iJouciiros. On en fait diU'éicus vases , tels
<jue des pnVi, des lliélères, etc.
BOUCAf^.SIN. s. m. litolfedc coton, dont on
fait des doublures.
U*JUCAU'r. 9. in. Movt n .ormeau <:u: sert à
BOU
renfermer diverses ni.irchandiscs. Un houcaiit
de tiihac.
BOUCHE, s. f. Celte partie du visage de
riioinine par où soit la voix, et par ou se re-
î-oîvciit les aliraens. Avoir la houclic belle.
Avoir la bouche vermeille-, l" ^r\uche incar-
nate, la bouche relevée i la "boucfte aqréahle.
la bouche petite. Jvoir une qrande bouche.
Avoir la bouche plate.- Ouvrir la bouche. Fer-
mer la bouche. Tourner la bouche. Baiser à hi
hiHtchcj sur la bouche. I.a première fuis qu'au
Cardinal e^t rr;» au Consistoire., le Pave fail
la cérémonie de lui fermer et de lui ouvrir la
bouche.
Ou dit figuirnicnt, IV"oser otvvl, la bouche,
pour dire, N'oser parler; et. Fermer la bouche
à quchiuun, pour dire, Le faire taire.
On (lit, Bouche béante^ pour exprimer L'c-
tonncnient. îls étaient tons bourhr béante.
On dit d'Un Iiomme tjui s'( st fait une hqbi-
tuJe de dire couiinuellenient de ccrl.iines pa-
roles, qu'/i les a à tout moment à la bouche.
C'est un mot quil a toujours à îa bouche.
On dit, Faire la petite bouche de quelque
chose, sur quelque chose, pour dire, Û^e vouloir
pas s'expliquer tout-.'i-fait sur quelque chose.
On dit aussi absolument. Faire îa petite bouche,
pour dire, Faire le difiicilc, le déi;oûlé, le du-
ilaij^neux sur quelque chose; JSc faire point la
petite bouche de quelque chose, pom-dire. S'en
expliquer lihroment et ouvertement ; Dire quel-
que chose de bouche à qnelquun, pour dire,
^'f']) expliquer de vivevoi?c avrr hii. et n:»v-ei-
bialement, Bouche close, bouche cousue^ pour
dire, qu'il faut garder le secret sur rallàirc
dont il s'agit.
On dit, quX'ne nouvelle va de bouche en
bouche, pour dire, qu'elle devient publitjue,
qu'elle court partout. Et ou appelle poélique-
ment La Renommée, La Déesse aux cent
bouches.
On dit provcrbialem'^nt d'Un homme qui dil
sans ménagi-mént tout cequ'il pense, que C'est
un Saint Jean bouche d'or; et d'Uu liommo
qui parle contre sa pensée, // dît cela de bouche j
mais le ccpur n'y toucJie.
On dit d'Un vassal , qu'/l ne doit à son Set'
t-jueur que la bouche et les mains, pour dire,
qu'il ne doit point de reliuf , et qu'il ne doil
qu'hommage et service.
lîocCHE, se dit aussi par rapport à l'organe
du f;oiU. Ainsi on dit, Traiter quelqu'un à
bouche que veux-tu^ pour dire, Lui faire très-
honne chère; Manqer de la viande de broc en
bouche, pour dire, Aussitôt qu'on l'a tirée de
la broche; qu't'nc chose fiit bonne bouche,
pourdire, qu'Klle laisse un bon goût : ces trois
phrases sont familières. Eton dit, qu'l^ne c/iosc
rend la bouche aniére , pâteusej mauvaise,
sèche, etc. pour dire, qu'Elie laisse quelque
mauvais goût de ccttr; sorte.
Quand on donne à ni:uigcr uses amis, cl
qu'i la Gn du repas on leur donne quelque
chose d'exquis, on dit, que C^est four les,
laisser sur la bonne bouche. Ou dit cussi , De-
meurer sur la bonne bouche, pourdire, Ho-.
BOU
menrer sur ce qu'il y a de meilleur et de plus ex-
qui.s dans un repas; et, Garder quelqu-e chose
pour la bo7ine bouche, pourdire. Réserver pour
le dernier morceau ce qu'il y a de meilleur à
manger. La même phrase se dit figur^ment de
tout ce qii'on réserve d'ngréable et de meilleur
pour la fin. Et on dit aus--i ligurément , Lai,s-scr
quehju^un sur la bonne bouche, pour dire. Le
laisser sur l'espérance de quelque chose, ou sur
quelque autre pensée agréable. Toutes ces
phrases sont familières.
Lorsqu'on parle de qnehjue chose à manger,
et que la manière dont on en parle excite une
espèce d'envie et de désir dans ceux qui écou-
lent, on dit famihèremcnt, que L'eau en vient
à la bouche, que Cela fait venir Veau à la
bouche. La même chose se dit fiï;urén:ent de
tout ce qui est agréable, et qui dorme quelque
idée de plaisir.
On dit, Prendre sur $a bouche, pour dire,
Épargner sur la dépense de sa nourriture. //
prend sur sa bouche les charités qu'il fait.
On dit aussi familièrement, S'6ter les mor-
ceaiLT de la bouche ^ pour dire, S'épargner le
nécessaire pour fournira quelque autre dépense.
On appelle en termes de Cliiruri^ie, Flujc de
bouche. Une grande abondance de salive qui
sort de la bouche en de certaines maladies. Et
on dit figurément d'Uu grand parleur, qu'il
a le flux de bouche, qu'il a un flux de houclte
continuel.
On dit encore , Être sur sabouchc, être sujet
'i sa bouche, pour dire, Être gourmand. Il «sf
popul.irç.
On dit, Aïoir louche à Cour, povir dire,
Être nourri dans la maison d'un Prince; et
cela ne se dit proprement que Des Officiers de
la maison du Roi et des Maisons des Princes,
lorsqu'ils ont droit de manger à quelqu'une des
tables. On appelle chez le Roi, Vin de la bou-
che, Le vin destiné pour la personne du Roi.
On appelle aussi chez le Roi, La bouche ^
Le lieu où l'on apprête i manger pour le Roi ;
et Officiers de la Bouche, Les Ofhciers qui
servent, soit à la cu'sinc du Roi , soit au Gobelet.
Et on appelle absolument La Bouche, Les
Officiers de la bouche du Roi. La Bouche eU
partie.
liouCHK, se dit aussi Des personnes mîhncs,
par rapport à la nourriture. // a tous les jours
cinquante bouches à nourrir. Les vivres conir-
mençant à manquer dans la J'iacc, on en |ît
sortir (oiilcs les bouches i^.iutiles.
Boucnr, se dît aussi en parlant Des chevaux,
et de quelques autres bêles de somme et de
voiture. La bouche d'un cheval, l n cheval qui
a la bouche fraîche, la bouche échauffée. Vn
cheval qui a la bouche bonne, la bouche pne^
la bouche tendre, la bouche délicate, la bouche
mauvaise^ la bouche éqarce, la bouche forte.
On dit aussi , Bouche de saumon, de carpe ^
de ijrenouille.
On dit, qu'(/n cheval est fort en bouche, et
qu7/ n'a point de bouche, pour dire, qu'il
n'obéit point au mors; et qu7f n'u ni bouche,
ni éperon, pour dlie, que ^'on-seulemcnl i! est
BOIJ
fort en bouclic . mais (ju'il est dur à 1 cpc-
roiL
On dit aussi figurémcnt et faniiliôremcnt , '
qnVn /lomiiie csl fort en /joac/ie, pour dire,
qu'il parle avec beaucoup de véheuiciicc et de
hardiesse; et qu7/ na ni houche^ ni éperon,
pour dire, qu'il est stupide et iascnsiblc, çt
qu'il ue s'émeut de riec.
BoLCHE, se dit aussi en parlant dXTne pièce
d artillerie, et signifie L'ouverlure par ou le
boulet sort du canon. Exposer des troupes à la
bouche du cation. On dit aiisiiî Bouches à ftu
au pluriel, eu parlant Des canons et des mor-
tiers. Il y avait tant de bouches à fcu.
BoiCHES, auplurid, se dit Des embouchures
par où de grands fleuves se dccbargent dans la
mer. Les bouches du i\i7. Les bouches du Da-
nube. Les bouches du Ganqe.
BOUCHÉE, s. f. Petit morceau de quelque
chose à manger. Une bouchée de pain^ une
bouchée de viande. Il n'y en a qu'une bouchée.
Ou dit, A'e faire qu'une bouchée d^un pâtéj
pour dire , Lo manger avidement et promp-
icmcnt.
BOUCHCR. V. a. Fermer une ouverture.
JBouc/ieruM trou. Boucher un tonneau. Boucher
une boulciUc Boucher une porte. Boucher une
fjnétre. Se boucher le nez. Se boucher les
oreiller. Se boucher les yeux.
On dit. Boucher le passanCy boucher les
eheminSy boucher les avenues, pour dire, Em-
pèchcrquou n'y puisse passer. On avoit bouché
tous les passâmes à Venncnii. Kl eu parlant d'Un
bâtiment qui est au-dcvanl d'uu autre, en dit
qu7l en bouche la vue. On dît aussi, Faire
boucher les vues d'un bâtiment ^ pour dire, En
faire murer les funètres . lorsqu elles regardent
'de tiop près sur une maison voisine, contre la
disposition de la Coutume. On lut a fait boucher
ses vues.
On dit fi^urément, Se boucher les yeux,
pour dire, Ne vouloir point voir; et, Se hoU'
cher les oreillcsy pour dîï-e, Ne vouloir poiitt
entendre. Et en parlant d'Une somme d'argent
qu'on reçoit, ou dit familitjrcmcnt, qn'ElU
servira à boucher un trou, pour dire, qu'Ella
«er\'ira 5 payer quelque detlo^ ou dcdununa-
géra de quelque perle.
BoDCH^, LE. participe.
On dit Hj^urem. d Un homme qui a l'intel-
ligence durt*, qu'/I Il l'esprit bouché. Il a au-
jourd'hui l'esprit si bouché j quon ne lui peut
rien faire contprendre.
BOUCIII%R. s. m. Celui qui tue des bœufs,
des moutons, etc. et qui les vend ensuite en
détail.
On dit Ggurém. d'Uu Iionirac cruel et san-
guinaire, d'uu Chirurgien ignorant et maladroit
que C'est un vrai Boucher.
BUUCIlfcRE. $. f. La femme d'un Boucher.
BOUt-HElUE.». f. Le lieu oix Ton tue, et
celui où l'on vend publiquement la viande du
gros cl du menu IxJiail. Acheter ilc lu viande à
la boucherie. Les boucheries sont fcrniccs^ sont
0itvcrtts,
Il si^DîGe n^uréaL, Tuerie, iarisMcrCi car-
BOU
nage. Il se ft une (jrajide boucherie dam ce
combat. On dit, Mener ou envoyer des soldats
à la touc/ieri'e, pour dire, Les exposer h uue
mort presque certaine. El proverbialement, Il
n'a pas plus de crédit qu'un cJiien à la hiurhe-
rie, pour dire. Il n'a .lucun crédit, il ni- peut
rien en celte aflàiri*.
BOUCHOIR. s. m. Grande plaque de fer qui
sert ^ boucher un four.
BOUCHON, s. m. Ce qui sert à boucher une
bouteille , ou quelque autre vase de m<"nie
nature. Le bouchon J'unc bouteille. Bouchon
defiUiine^ bouchon de ïiefje, bouchon de boîs,
bouchon de pApier^ bouciion de verre ^ bouchon
de rristiW. Le bouchon d un cornet d'ccriiotre.
Faire un bouchon. Ncltre un bouchon, Falrt
sauter le bouchon.
On appelle Bouchon de p^i'He, bouchon de
juin. Une poignée de paille tortillée, ou de foin
lortill.'. FniVe un bouchon de paille pour frotter
un cheval. Mettre un bouchon de paille à la
queue d'un cheval , pour marcpier qu'il est î*
vendre. On dit aussi , Vn bouchon de linge. \i\
on dit, .l/e((re du linqc en un touc/ion, poui
dire. Le chiflonner et le mettre tout en un tis
lîoDCHON, se dit aussi d'Uu rameau de ver-
dure , ou de quelque autre cîiose semblable .
qu'on attaclie à une maison, poui* faire con-
noitrc qu'on y vend du vin. Un bouchon d<-
cabaret. Et on dit proverbialem., A bon vin il
ne faut point de bouchon j pour dire, que Les
bonnes choses n'ont pas besoin daflicbe poiu
être recherchées
Bouchon , est aussi un terme dont on ee sert
en caress.mt les enfaus. Mon p-.iit bouchon. Il
est du si) le familier.
BOUCHONNER, v. a. Mettre en bouchon,
cliifibnner. Bouchonner du lincje.
On dit, Bouchonner un c/ieifal, pour dite,
Le froUcr avec un bouchon de paille j Lui
mettre un bouchon de paîllc à la queue ^ pour
avertir qu'il est à vendi'e.
ButciioNKEn , signifie aussi familièrement.
Cajoler, caresser, et ne se dit qu'en parlant Des
jiifans. Bouchonner un enfant. Il est familier.
Boi-'CiiossÉ, ÉE. participe.
BOUCIJi. s. f. Anneau de métal qui n une
petite traverse, avec un ardillon et une cliape.
Des boucles de souliers. Une ceinture à boucle.
Des boucles de jarretière. Les boucles d'un /te;-
nois, etc.
Il se dit aussi d'Une espèce d'anneau dont
on se sert Ix divers usages. On appelle ainsi
principalement ce que les femmes attaclicnl à
1. urs oreilles pour se parer. Des boucles d'o-
reilles. Des boucles d'or. Des boucles de diamans.
Il se dit aussi De ces anneaux de cui>Te qu'en
met aux cavales qu'on veut emjii^cher d êti*
saillies. Mettre des boucles à une cavale.
Boucle, se dît (ïgurément Des anneaux que
font des cheveux frisés. De qrandcs boucles de
cheveux. Friser à boucles^ en boucles^ à gran^
des boucleSj à grosses boucles^ à petites boucles.
Les boucles d'une coiffure, d'une pcn-uque.
BOUCLER, v. a. Mettre une boucle, nlta-
dicr «v.c uiic buucl.'. Boucler ses soulier..
BOU r:>9
On dit , Boucler une cavale , pour diic ,
Mettre des boucies k une cavale, pour Icnip*-
clier d'être saillie.
On dit , Boucler tics chcvciuc , pour dire ,
Faire prendre la fomie de boucle !i des che-
veux, mettre des cheveux en boucles. Il est
tous les soirs une heure ù se friser, à se boucler.
Boucler une pcrrurjuc.
BoiciEB, siguilie aussi Fermer, mais uiii-
qui'iiiciit dans cette phrase. Boucler un porj,
qui signifie , Fermer l'enu-ée d'un l'on.
BoLCLÉ, ÉE. participe. Des souliers houclr^.
Une jument bouclée. Des cheveux bouclés. Un
Port bouclé.
B0UCLII;R. s. m. Arme défensive qu'autre-
fu.s les gens de guerre portoient au bras gauche ,
et dont ils se scrvoicnt pour se couvrir le corps.
l'n bouclier ronil Un bouclier ovale. Parer du
bouclier. Les Grecs et les Romains portoient (Je"
nriinds boucliers.
On dit figurém. , Faire une grande levée ^
une belle levée de boucliers, pour dire, Faii«
Je grands préparatifs pour uue entic]>rise qui
ne réussit pas ou qui n'en vaut p.is la peine.
De (juot lui a servi cette grande levée de bou-
cliers?
BouCLiEn , se dit aussi figiuiiment Des per-
«uncs ; par exemple , d'un General d'armée .
C'est le bouclier de r£(at; D'uu grand J^'.vèquc,
d un grand Théologien, C'est le bouclier de la
Foi, le bouclier de la Religion.
Ou dit encore CgiutSni. , faire son I>ouc7icr,
tiniir dire, Faire sa orinciçale dcfensc. }l fait
Sun bouclier de cet argument. Et l'on dit d'Uu
mauvais raisonnement , C'est lu un méchant
bouclier , Une pauvre défense. 5ou âge h?:
sert de bouclier.
BOUCON. s. m. Terme pris de l'Italien, et
qui de lui-mftnie ne signifie que Morceau, mais
qui n'est d'usage que pour significrun morceau
enipoisoiiiKj, ou un breuvage empoisonné. Ainsi,
Donner le boucon, n'est autre chose qu'Empoi-
sonner. /( iui a donné le boucan. Il a pris, il a
avalé le boucon. Il a vieilli.
BOUDER, v. n. Il se dit proprement De»
enfans, lorsqïl'iîs eut quelque petit chagrin . et
qu'ils ne le tcmoigneut que par la mauvaise
mine qu'ils (ont. Un enfant (jui boude toujours,
iiui ne fait cfue bouder. 11 se dit aussi d'Une
pei-soune qui, ayant accoutumé de vivre fami-
liéremeut avec une auue, vient tout d'un coup
^ ne iui plus ]i:irlcr, h cause de quelque petit
sujet de mccontenteuient qu'elle croit en avoir
reçu. Je ne sais pas ce quil a contre moi ; mat>
il boude depuis rjuclifuc temps, et ne me parle
plus.Ilsboudent l'un contre l'autre. Une Çemnir ,
oui ne fiit oue bouder. Ces deux ptrsonnts
boudent.
Bouder, dans le stjlc ramillci , $'empbi«
quelquefois activement D'cii vient que vous
me boudez? U me.boudc depuis quelque (eriij^i.
On dit familièrement, Bouder contre r..n
ventre, pour dire, Se priver par dépit d'un"
chose utile ou agréable.
BoiDÉ, 1 E. p.irticipc.
BOUDERIE, s. f. Action de bouder, .l'-l-»t
j6o
BOU
où est tine pf rsoiinc qui boud^. Il y o toujours
ijuelaue houileric entre eux. Ce sotit des boutîe~ -^
ries continttcUcs de sa part. Quand sa houderit
le tieitt. Quand sa bouderie le prend. C'est une
boaiderie ^ui passera.
BOUDEUR , EUSE. adj. Qui boude. C'est
un enfant naturellement boudeur. Il est d'une
humeur boudeuse.
11 s'emploie aussi au sulistantii. C'est un
boudeur. C'est un franc boudeur. C'est une
boudeu.se.
DOUniX. s. m. Boyau rempli de sang et de
gialsse de porc, avec rassnisonneiiient néccs-
s lire. Faire du boudin. Faire griller du bou-
din. Piaucr du boudin pour Vempcrher de cre-
ver en grillant. Une aune de boudin. Deiux
au^ies de boudin. Cclto sorte de boudin s'ap-
pelle ordinairement , Boudin noir.
On appelle Boudin blanc, Celui qui est fait
avec du lait et du blanc de cliapon.
Provcrhiaiement et bassement, quand on
veut faire entendre qu'une chose ne réussira
p<iint. on dit,<ju'£l/e s'en ira en eau de boudin.
BouDis, en termes d'.Arcliitecture, signifie,
Le gros cordon de la base d'une colonne.
Boudin, en termes de Serrurerie, sert i de-
signer une spirale de fil de fer dont l'elaslicité
forme un ressort. On en fait usage pour les
stores d'une voilure. Le store ne va plus, le
boudin est casse.
Boiui», en termes de Sellerie, se dit d'Un
p.'tlt porte-niantcau de cuir 'n forme de petite
ab'se , qu'on met sur le dos d'un cheval.
// se dit aassi en tarmes de l'nsurc, pour,
Boucles de cheveux. Frisé en bouiins.
Boudin, est encore un terme de Mineur, et
si;;niâe, Une fusée ou il entre des étoupes cl
Butrcs matières cf»mlmstil)les.
BOUDOIK. s. m. Petit cabinet où l'on se re-
tire quand on veut être seul. Elle est dans son
boudoir. Il est du style familier.
BOUE. s. f. I.a fange des rues et des che-
mins. Un cliemin plein de bouc. Des rues plei-
nes de boue. Être tout couvert de boue. Tomber
dans la bouc. Faire rejaillir de la boue. Les
Imues des rues.
On dit, Payer les boues et lanternes, pour
dire, Payer la t.ixe ijui est imposée pour l'enlè-
vement d(s boues cl pour l'cnlreticn des lan-
lcrne.s.
On dit proverbialement, qu'(/nc maison
u'est faite nue de bouc et de crachat, pour
dire, qu'KlIe n'est hJtie que de nicchans maté-
riaux. Kl proverbialement et hassemenl, en
parlant d'Une chose dont on ne se soucie oucu
ncnienl, on dit, qu'On n'en fait non plus d'é-
tat que de la boue de ses souliers.
On dit figiu-ém. Tirer (jucl(|ii'un de la boue,
pour liiic, I,e tirer d'un étal misérable et bas;
« d'Un homme qui a l'âme ba5,se, qne C'est
une (Jme de boue, l.c (ruiner dans la bouc, pour
dire, I.e vilipender.
BoUK, se dit aussi Du pus qui sort d'un
apostume, d un alicès. Vn apos'.unie doit il
i'jrt beaucoup de boue,
BOl'EK. 3. I. Terme de Maiiue, MoKeau de
BOU
bois ou de liège, ou baril vide nitachc à un
cordage, qui flotie au-dessus d'une ancre, et
sert à marquer le lieu où elle est. Les Bouéf s
marqueril aussi les ëcueils, les pieux, les bris
de Vaisseaux.
BOUEUU. 9. m. Charretier pavfî pour enle
ver les boues des rues avec un tombereau. Le
Bouenrs de Paris.
liOUKUX, EUSE, adj. Plein de boue. De.
chemins tout boueux. Une rue boueuse.
On dit, U'it écriture boueuse ^ une W' pres-
sion boueuse^ De celles dont l'encre s't-c.irle el
tacbt le papier au-del^ du volume naturel du
caractrre. On dit aussi, cl mieux, Bavcchée.
Voyez ce mot.
On dit. Une estampe boueuse^ Lorsque le
cuivre n'ayant pas cte bien essuyé, on a laisst
du noir entre les liacluircs.
BOUFFANT, ANTE. adj. Qui bouOc, qui
paroit gonflé. Il ne se dit gUL-re qu'en parlaai
Des étoffes qui ont assez de consistiince pour ne
pas s'aplatir , et qui se soutiennent d't Iles-
mêmes. Vue étoffe boujfante. Une qarnitun
bouffante.
BOUFFÉE, s. f. Terme qui se dit De l'ac-
tion suliite et passagrre de diverses choses. Uuû
bouffce de vent. Une houffcc de fumée. H vient
des bouffces de chaleur de temps en temps.
Il se dit aussi quelquefois pour Halenée. Des
boufft-es de vin. H nous empoisonne par dci
bouffies d'ail.
On app -lie Bouffée de fièvre, Un accès de
Êt'vre qui n'a poît.t de .suite. Et fi^urénient en
parlant d Ln I.omme qui ne s adonne am
clioscs que par intervalle et par boutade, oi
dit, qu7l ne s'y adonne que par bouffes. Ol
dit dans le mCme sens, Bouffe d'humeurs
houffre de dévotion. Il est du style familier.
BOUFFER. V. n. Enfler les joncs exprès d
par jeu. En ce sens il n'est guère d'usage.
On dit d'Un homme fâché, et qui marque
sa colère par la mine qu'il fait, qu'/I bouffe di
colère. Il est clu style familier.
U s'emploie plus ordinairement pour signî- ,
fier Un certain effet que font les étoffes qui sr
soutiennent dolles-mùmes, cl qui, au lieu de
^'aplali^, se coutticnl en rond. Une étoffe (jui
bouffe. Du ruban qui bouffe.
BOUFFKTTE. s. f. Petit*- houppe qui pend
aux liamois des chevaux. // faut des bouffettes
à ce narnots,
BOUFFIR. V. a. Enfl.r. Il ne se dit au pro-
pre qu'en parlant Des chairs, yhydropisie lui
■2 bouffi tout le corps.
Il est aussi neutre. I^ visacje lui bouffit tout
fcs jours.
On dit. Faire bouffir un harenq sur le gril.
pour dire, Le faire renfler en le faisant cuire
sur le gril.
Bouffi, ie. participe. Avoir le visage bouffi,
les joues bouffies. Du harenq bouffi.
On dit 6^urémcnt d'Un homme plein d'or-
gueil et de vanité, qu7/ eut bouffi d'orgueil et
de vanité. El on appelle fi'jiu^m. Style bouffi,
Vn style cmpouié.
BOl.''"Fl^^L'RE. «ul>st. f. Enflure dans les
BOU
chairs, cinsi'c par quelque indisposition, pnt
quelque accident Bouffissure de Visage, du
visaqc.
On aijpelle iîguréraenl, Bou/^ssure du sl"yl«,
Le défaut d'un style ampoulé.
BOUFFON, s. masc. Personnage de théâtre
dont l'emploi est de faire rire. On le dit aussi
d'Un homme qui fait le môme rôle dans la so-
ciété. 5on métier est de faire le bouffon. C'est
un très-bon bouffon. C'est un excellent bouffon.
Le bouffon de la Comédie. Faire le personnage
de bouffon. Un mauvais bouffon. Un froid, un
filat bouffon. Autrefois les Rois, les Princes,
iivoient des bouffons.
Servir de bouff>n, s'emploie pour, Servir
de sujet de moquerie, de risée. Dans ce sens,
un homme qui voit qu'on se moque de lui, du.
Je vois bien que je sers ici de bouffon. Je ne
prétends pas être votre bouffon.
On dit d'Un homme qui aîme à faire rire la
compagnie, qu'/i se plaît à faire le bouffon. Oa
dit aussi d'Une femme qui est de même hu-
meur, qu'£ïïe fait la bouffonne- et on dit par
caresse a une petite fille gaie et enjouée, que
C'est une petite bouffonne.
Bouffon, onve. adjecl. Plaisant, facétieux.
C'est un bouffon personnage. Avoir la mine
bouffonne, l humeur bouffonne. Un djscour*
bouffon, un style bouffon, une avt'niure bouf^
fonne. Cela est bouffon.
BOUFFON^ER. V. n. Faire ou dire quel-
que chose dans le dessein de fau'c rhe.Ilne fait
ijue houfionrier,
riUL'P r'ONNERIE. s. F. Ce qu'on fait ou Cb
qu'on dit pour faire rire. Platsantt' hou^fonneriem
Mcc}uiute bouffonnerie.
BOUGE, s. m. Ks])ècc dr petit cabinet au-
près d'unr cliambi-e. Une chambre avec un
houqe.\\ se dit en parlant Des maisons où logent
les artisans et le bas peuple. Il se dit encore
d'Un logement malpropre. C'est un vrai bouqe.
BOUGEOIR, s. m. Espèce de chandelier san»
pied, qui a un manche, qu'on porte 5 la main,
et dans lequel on met ordinairement une bou-
gie. Un bougeoir d'argent. Un bougeoir de
riuVrc doré.
BoLGKOin, se dit aussi p;irticnliéremeiit De
rc petit chandelier d'or qu'un valet de chambre
porte au coucher du Rci , et que le Ro:, lots-
(ju'il se déshabille, fait donner par distinction !i
quelqu'un des ('ourlisaus. Le Roi ft donner \e
bouqeoir à tin tel Seigneur. Un tel Seigneur a
eu le bougeoir ce soir.
B(>U(iKR. V. n. Se mouvoir de l'endroit oii
l'on est. Si vous bougez de votre place vous
me désobligerez.
On s'en sert plus ordinairrnienl avec h né-
gative. Je ne bougerai de là .puisque vous i'or-
(/(innej. A'c bougez, de L'i. Ae ^ou'J^.•:.Et on dit-
qu'f/n homme «'- bouge d'un lieu., pour dire,
qu'il y est fort assidu. C'est une ntflison dVù il
ne bouge. Elle ne bouge des Eglises. U ne
bouge de la Comcdte, de VOpcra. C'tsl un
homme qui ne bouqe de la Cour.
BOUCJETTE. $. f. Petit sac de cuir qu'on
-rte on voyage.
BOUGIE. 8. f. chandelle de cire. Grosse
hcuqie. Petite bvu(pe. Bougie de nuit. Pain de
bougie. Allumer de la bougie, Ae brûler (jue de
la boucjif. Pjottcjic bla,iche. Bou(jie jaune. Vus
livre de bouriie. Allumer lei boufjics. Eteindre
let bouqics.
Bot'GiE, se dil aussi en Cliiruigift, d Une
peiile vt'rge cirée qu'on introduit dans l'urèlre,
pour le dilater et le teni" ouvert, ou pour con-
sumer des carnosittîs.
BOUCilER. V. act. Passer sur la cire fondue
d'une bougie allunitje les bords de quelque
étoffé, pour empCclier qu'elle ne s'cûile. Bou-
cier du tajjetas.
BouciÉ, ÉE. participa.
BOUCiO>'>'ER, V. n. Gronder entre ses
dcQts, Cette vieille ne fait gue bougunncr. Il
e^t popul.iire.
BOUGRAN. s. m. Sorte de toile forte ei
pomnice, dont les Tailleur» se servent pour
nieltie dans quelques endroits des habits entre
1j doublure et l'ctotTe. afin de les tenir pliui
tenues. Mettre du bouqrun à des boutonnières.
BOUILLANT, A.NTE. adj. Qui bout. De
Veau bouillanU. De l huile houillante.
l\ se dit ilgurcmcnl Des personnes, et si-
gnifie Prompt, vif, ardent. Vu homme bouil-
lant. Un courage bouillant. L n esprit bouil-
lant. Une jeunesse bouillante. C est un Iwnime
qui a le sang bouillant.
BOUILLE, s. f. Longue perclie dont les pé-
cheurs se servent pour remuer la vase et trou-
bler l'eau, afin que le poisson entie plus faci-
tement dan» les filets.
BOUILLER. V. act. Troubler l'eau avec uiie
bouille.
Bou Hier une étoffe j TuA niarijucr suivant lei
»t-gles prescrites.
BotnxÊ, LE. participe.
BOUILLI, s. m. Viande cuite dans un pot.
d.ms une marmite avec de l'eau. Ac manger nue
du bouilli. Servir le boudlt.
BOUILLIE, s. f. Sorte de nourriture qui csl
fjile de lait et de farine, et qu'on donne ordi-
nairement aux petits enfans. Foire de la bouil-
Uj. Donner de la bouttiie à un enfant. Lui
faire manger de la bouillie. Vn jioêlon de
bouillie.
On dit familièrement, d'Une vianoe qu'on
a £ïit bouillir trop long-temps, qu'£/ie s'en
va toute en bouillie.
On dit proverbial. , Faire de la bouillie pour
let chats, pour dire , Prendre de la peine peur
faire uuc chose qui ne servira à rien.
BOUILLIR. V. n. Je bous, tu bous, il bout ;
nous bouillons, i^ous bouillez, ils bouillent. Je
bvuiîloiv. Je bouillis. Je bouillirai. Bnus. Qu'il
houille. Que je bouille. Que je bouillUse. Il se
dit proprement Des litjueurs, *)ui par la cb;i-
kur ou par ijuelque fcrmcntati<»n sont mises en
mouvement, et s'clèvcnt en petites bouteilles.
taire bouillir de l'eau. Mettre de Veau bouillir.
Un lait gui bout. Quand le vin bout dans le
loi:n£iiu. Quand Veau bouillira.
On dil fii^uréra. d Lu jeune homme ardeni 4,
cl fuugueux, qui e>t datu la prtmicrc vigueur
Tomç /,
BOU
de l'û^e, (jue Le satg lui bout dans les veines;
n fii^uitmeiil aussi, La tête me bout, la cer-
velle me bout, pour exprimer qu'On sent une
2>ccssive chaleur à la tète.
On dit figui-emeiU et proverbialem. , Ofi nie
bout du lait, il me semble nu'un me bout du
liuty guand on me dit ccla^ pour dire. On se
mo'juc de moi, il me semble qu'on se moque
de moi, qu'on me traite d'enfant. Et dans celte
pbiasc, Bouillir est employé activement.
On se sert aujourd'hui de cette façon du parler
proverbiale. Bouillir du lait à guelguun, dans
un sens favorable, pour signifier, Faire plaisir
à quelqu un , lui dire des choses agréables.
Loin de It fu'cher^ c'est lui bouillir du lait.
Bot'iLLin, se dit aussi Des clioscs qu'on fait
cuire dans Icau ou dans quehpie autre liqueur.
Faire bouillir de la viande. Faite bouillir des
herbes dans du vm.
Il se dit aussi Du vaisseau où l'on fait cuira
rjucUjue chose. Faire houillirlepot.Lepothout.
Et on dit familiCicmeiit Des choses qui servent
à la subsistance du ménage, que Cela sert à
faire bouillir la marmite, à faire bouillir le
pot; et figiu-énienl et familièrcm. d'Une chose
qui n'e&t bonne !i aucun usage, qu'EUe n'est
bonne ni à rôtir ni à bouillir. Il se dit aussi Des
person nés.
Bouilli, ie. participe. Du bœuf bouilli. Di
la viande bouillie. Des chàtaignt;» bouillies.
On appelle Cuir bouiib, Du cuir de vache
prépare d'une certaine façon , et eiidu»ci à force
lie l>ouil!ir.
BOUILLOIRE, s. ft^m. Vaisseau de enivre
nu d'autre métal , propre à làiie bouillir de
l'eau.
BOUILLON, s. m. Cette jiartie de re;m ou
de qtiehjue autre liqueur, qui s élève en rond
au-dessus de sa surface pur l'action du feu.
Faire bouillir de l'eau à petits bouillons, à gros
bouillons.
Ou dit d'Une chose (ju'il ne faut pas faire
liouillir long -temps , qu'// n'y faut qu'un [
bou:i!ori ou deux.
On dit Gguiêment et familièrcm., Dans les
premiers bouillons de sa colère, pour dire, Dans
les premiers mouvcmens , d.ms les premiers
lran*;porls de sa colère.
Bouillon, se dit aussi De l'eau qui a long-
temps bouilli avec de la viande , ou avec des
herbes, pour servir ensuite d« nourriture ou de
remède. Il n'y a pas assez de bouillon dans le
potage. Cela fait un bouillon clair. Un bouillon
perlé. Un bouillon nourrissant. Un bouillon
succulent. Une écuellée de bouillon. Bouillotis
amers. Bouillons rafraîchissons. Bouillon de
vipère, de tortue, de poulet., etc.
On dit , Prendre un bouillon, pour dire,
Avaler autant de bouillon qu'il en lient !i [wu
près dans une écuelle. Prendre un bouillon à
la viande, un bouilion aujc herbes.
On dit d Un homme infirniCi qui D*est pas
eu ciat de prendre de nourriture solide, qu //
est réduit au bouillon, guil est au bouillon.
Boou,i,o>, se dit aussi De l'cfTct qui arrive ^
eau cl aux autres liqucun, lurvjuc la supei-
]JOU ,n.
ficie en est agitée par quelque mouvement vio-
lent. L'eau sortoit à gros bouillons. Une source
(jui fait de gros bouillons d'eun. Une fontaine
gui jette de gros bouillons. Le sang sortoit à
gros bouilloni de sa plaie.
On appelle Bouillon d'eau,Ungros jet d'eau
qui sort eu grande abondance, sanss'élevcr bien
haut. Au bout de Vallée on voit un gros bouillon
d'eau.
Bouillon , se dit aussi par extension , De
certains groc plis ronds qu'on fait faire à quel-
ques étoffes pour la parure cl l'ornement, soit
dans les habits, soit dans les meubles. Du taffe-
tas renoué à gros bouillons.
On appelle aussi Bouillon y Une bulle d'air
qui se trouve enj;agée dans le vene, dans les
métaux fondus, etc.
BOUILLO>-BLAXC, s. m. ou Molèse, s. f.
Plante Irès-coraniune. Elle est vulnéraire et I)é-
cliiqne. On emploie ses fleurs et ses feuilles, tant
dans les maladies internes que dans les mala-
dies externes.
BOUILLONNEMENT, s. m. L'état d une
liqueur qui bouillonne. Le bouillonnement de
Veau. Le bouillonnement d'une source. Le
bouillonnement du sang.
BOUILLONNER, v. n. Il ne se dit que De
l'eau et des autres liqueurs, lorsqu'elles sortent,
ou qu'elles s'élèvent par bouillons, soit par la
violunce de leur propre mouvement , soit par
faction du feu. L'ne fontaine gui bouillonne.
Une source gui bouillonne. Le sang bouillonne
in sortant de la plaie. L'eau commence à bouit*
lon ner,
BOUIS. Voyez Cdis,
BOULAIE. s. f. Champ planté de bouleauit.
BOULANGER, ÈRE. *. Celui, celle dont
le métier est de faire et de vendre du pain.
Boulant^er de gros pain. Boulanger de petit
pain. Maître Boulanger. Garçon Boulanger.
Les Boulangers de Pans. Une Boulangère de
Goncsse. C'est mon Boulanger. Un bon Bou-
langer.
BOULANGER, v. act. Pétrir du pain, et le
faire cuire. Un garçon gui boulange bien. Une
femme gui boulange bien.
Boulangé, ee. participe. Du pain bien bou'
langé.
BOULANGERIE, subst. f. L'art de faire le
pain. Le lieu où il se fait, dans lesCommumut-
tés ou dans les maisons à la campagne. Aller à
la boulangerie.
BOULE, s. f. Corps sphérique, corps rond
en tout sens, servant à divers usages, foit pour
le jeu, soit pour l'omcmcnl. Boule de bo:<.
Boule d'ii'otre. Uue boule à jouer au mail.
Une boule de mail. L ne bvulc à jouer aux
quilles.
On 'dit d'Un homme gros el replet, qu /ï est
rond comme une boule.
BoL'LË, se dit aussi De certains arbrisseaux
tailles eu fonne de boule. Une boule de myrte.
Une boule de chèvre-feuille.
On appelle Jouer à la boule, Ji.urr à un
rpTtiiu Jeu, où plusieurs [H'rsonnes funi rouler
des boules d'uo endroit ù un autre , et jouent à
Ul
l62
HOU
BOU
qui feia uîlor sn boule plus prrs de l'cntïroit tremblement àe terre fit un bouleversement /je-
niarf|ué pour servir de but; et Jeu de houle.
Le lieu où l'on joue h la boule. Des gens qui
jouent à la boule. Un bon joueur de boule. Jeft
de houle couvert. Jeu de boule découvert.
On dit, Avoir la boule, pour dire. Avoir
l'nvantage de jouer le premier. Il faut voir a
(jui aura la boule. On joue en trente, cl ih
ont dix et la boule. Kt on dit, JUcr à Vappui
de la houle, pour dire, Jouer sa boule, en
sorte qu'elle puisse joindre la boule de celui
avec qui on est , et la pousser plus près du
but.
On dit fij;urémcnl et familièrement, Aller à
lappui de la houle ^ pour dire, Seconder quel-
qu'un dans une affaire qu'il a commencée, dans
une proposition qu'il a faite, dans un avis qu'il
a otïvert. Volts n'avez cju^à commencer, j'irai ù
l'appui de la boule.
Ou dit au jeu de Quilles, Pied à boule.
Pour avertir celui qui joue de tenir le pied -^
l'endroit où sa boule s'est arrùtcc ; et figuré-
ment. Tenir pied à boule ^ pour dii-e, Se ren-
dre assidu â quelque ouvr.-t{^o, a ([uelque em-
\tWi \ et, l'aire tenir pied à houle à (juelquun,
pour dirr, L'oblij^iT h une grande .issiduitt".
On dit proverbialement e.( figurrnienl d'Un
Jiomnie qui est sujet à (Hre maltraité de préfé-
lence .-mx autres, qu'/ï attrajie toujours la
houle noire. La houle noire lui tombe toujours,
Le sort lui est toujours défavorable.
DOUrEAQ. s. m. Sorte d'arbre qui pousse
une pnrtle de ses branclics par scions et pir
menus brins, et du genre de ceux ou 'on ap-
pelle Bois blanc. Un balai de bouleau.
lîOlîLET. s. m. Grosse balle de fer servant
â cbaiser un canon. Un Itculet de canon. Un
boulet de
t- quatre li\
mjt-q
Un boulet de
^iilUJt- quatre. In boulet de calibre. Il fut tue
d'un boulet de canon.
On appelle I]oulet rouqc. Un bouli't qu'on
a fait rougir au feu avant que de le mettri; dans
le canon.
On dit figurcmcnt, Tirer à boulet routjc sur
(jucl/ju'uri, pour dire, Parler de lui en termes
injurieux , en parler mal , sans ména^cmerjt.
Boulet, s. m. ha jointure qui est au-dessus
du paturon de la janil)e d'un dicval. Un cheval
blessé au boulet.
BOULETÉ, l'iE. adject. Terme de Marecbn-
Icric. Il se dit d Un cheval dont le boulet est
liors de sa situation naturelle.
BOULETTE, s. f. Petite boule de pite ou
de cliair liacliec. D'ej:cellcntes boulettes. Ou
fail des houlettes de viande hachée , qu on met
dans les ranoûts et dans les piltés.
lîOULEVART ou BOULEVARD, suhsi. m.
Bonipart. Tout le terrain d'un bastion ou d'une
roiirtine. Se promener sur le houlevart. Ln
houlcvart revêtu de pierre.
On dit fifjuréincnt d'Une place forte qui met
un praiid pays à couvert de l'invasion des en-
nemis, f\u'FAle est le houlevart du pays. Mitlle
est le houlevart de la Sicile.
ueral dans toute la ville.
Il se dit fi^urément Uu désordre qui nrrive
dans les affiiires. Ses ajrnires sont dans un bou-
leversement total.
BOULEVERSER. V. act. Ruiner, abattre,
renverser entièrement. La tcmpcl a tout bou-
leversé.
Il tij^nifie aussi "siir.plemenl , Hcranger ,
mettre sens dessus dessous. Bouleverser tout
dans une maisoUj datis une chambre, dans un
cabinet.
Figurcmcnt, en parlant d'Un liomme à qui
il est arrivé quelque chose qui a mis du désor-
dre dans ses aflàires, on dît, que Cela a fcoulc-
versé ses affaires, sa fortune.
On dit aussi d'Un homme qui a causé de
grands désordres dans un État, qu II a boule-
versc VEtat ■ et d'Une nouvelle qui a cause
quelque grande altération dans l'esprit d'un
homme, c^n'Elle lui a bouleversé l'esprit, h
tête,
Bom-EVEnsÉ, ée. participe.
BOU LE VUE. À boulevue, à la houlcvue.
Expression adverbiale, pour dire, Vaguement,
avec peu d'alteniioii. On a juqé cela à boule-
vue. Faire quelque chose à la boulevue.
BOULEUX. s. m. Terme tpii n'est d'usage
au propre que pour sif^nifier Un cheval Jrapu,
et qui n'est propre qu'à des services de fatigue
Le cheval qu'il a achète est uti assez bon hou-
leux.
On dit G,;^uiémcnt et familièrement, (\'Vt.
liomme d'un génie médiocre, mais qui ne laisse
pas pourtant de bien faire son devoir dam
l'occasion, que C'est un bon boulewT,
BOULICHE. s. f. Grand vase de terre dont
on fait usage sur les vaisseaux.
B<3UL1ER. s. m. Terme de Marine. Espace
de fdet qu'on tend aux embouchures des étangî
salés.
BOULIMTE. sirbst. f. Terme de Médecine
Grande laïm, frétpiente et avec défaillance.
BOULIN, s. m. Trou pratique dans un co-
loniliior, alin que les pigeons s'y retirent et y
fassent lenis petit-s. Il y a douze cents bouhm
dans ce colombier.
On appelle aussi Boulins, Des pots de terrn
faits exprès, pniir servir de retraiie îi des pi-
peons.
Dans les B.Uiu'^is on appelle Trous de bou-
lins, Les trous où l'on met les pièces de bois
qui porlcnl les échafauds
BOULINE, s. fem. Terme de Marine. Corde
amnrrdc vers le milieu de chaque côté dune
voile, pour lui faire prendre le vent de côté.
BOULINKR. v, n. Voler, dérober. Il ne se
dit guère (pi'en parlant d'Un Soldat ou autre
(jui dêroltc dans un rnmp. On lui rt houUnc ses
bardes. Il s'est laissé houliner. Il est populaire,
lîouMNÉ, ÉE. participe.
Bt)ULINER, V. n. ou Aller à h bouline.
Naviguer avec un vent de biais.
On dit d'Un homme un peu lourd, qui vn
BOULEVERSEMENT, suhst. m. Renverse- k d'un pas pcs-mt et un jx'u inrcrtain . penchant
ment qui met toutes choses rn désordre. Le du côte où il oppuic, Il va /'o«/im(im(.
BOU
BOULINEUR. 8. m. (On prononce Boali-
neiLx.) Voleur. Il ne se dit que d'un Soldat ol
autre qui vole dans un camp. C'ier uu bouli-
neur. C'est un boulineur.
BOULINGRIN, s. masc. Pièce de gazon que
l'on tond , et que l'on cnlretient dans un jardin
ou ailleurs. Passer le cylindre sur un houlin-
qrin.
BOULINGUE. s. f. Petite voile au haut du
mit.
BOULINIER. s. m. Vaisseau qnî va à bou-
lines lialces. Ce vaisseau est un bon fcouiiMicr,
BOULOIR. s. m. Instrument avec lequel oo
remue la chaux quand on l'éteint.
BOULON, s. m. Terme de Chorpenterie et
de Charronnage. Cheville de fer qui a une tète
ronde h un bout, et à l'autre une ouverture où
l'on passe une clavette. On se sert quelquefois
de boulons pour soutenir une poutre. Les bou-
lons du tram d'un ca.rosse, '
BOULONNER, v. act. Terme de Charpen-
[crie. Arrêter une' pièce de charpente avec un
boulon.
Boulonné, ée. paitiripe.
BOUQUE. s. f. Terme de Tîavigation. Pas-
sage elroit, d'où est venu Emhouquer et Dé-
houqucr.
BOU(^)nER, V. n. signifioit autrefois, Bai-
ser pal' contialnte, comme on fait boiser les
verges h uu singe, à un enfant qui u penr d'être
fouetté.
On l'emploie fîgurcraent nu sens de Se rési-
iner par force. ./\n houqiic là trois heures i) m*
niouillcr en vous attendant. Il avoit beau faire
la qrimacey il a fallu bouquer.
BOUQUET, s. masc. Assemblage de fleurs
liées ensemble. Un bouquet de fleurs. Vn hoit-
ijuet de roses. Vn bouquet de violettes. Vn
bouquet de jasmin. Vn bouquet de diverses
sortes de fleurs. Faire un bouquet. Vn beau
bouquet.
BoL\HET, se dit aussi De l'assemblage de
rertaines choses qui sont liées ensemble, ou
rjui tiennent naturellement l'une avec l'autre.
In bouquet de plumes. Vn bouquet de dta^
nians. Vn bouquet de pierreries. Vn bouquet
de perles. Vn bouquet de cerises. Mettie in*
Itouquet de sarriette dans les fèves.
Ou dit, Donîier le bouquet à quelqu'un,
pour dire. L'engager k donmT à son tmir un
bal, un festin, ou quelque autre régal. On lui
a donné le bouquet. Il a le bouquet.
On dit, qn'Vne Dame a le bouquet, pour
dire, qu'Elle est la Dame du bal, qu'elle en
rceoit les honneurs. Et on dît figure'm. Hendre
le bouquets pour dire, Faire i son tour un ré-
gal h ceux par qtii on a clé rf'-gnlé.
On dit provcrbialrmenî cl figur<?m. qu'î/»e
/î//e rt le bouquet sur rort'i7/e,])our dire, quEllc
Cit à mnrirr. Et on dit p;ireiliement d'Une mni-
■ion , ou de quelque nuire chose qui est à ven-
dre, qu\L"//c a le bouquet sur Voreille,
Ou appelle Bouquet de paille, La paille que
Ion met à laqurueou au cou deschevaux, p<iur
marquer qu'ils sont à vendre.
Ou appelle Bouqtiet de bois, Uiw petite
BOU
toufTc de boîs de liauic futaie. // a un homjuet
de bois auprès de sa maison.
On dit , en termes d'Artificier, Un bouquet
d'trrtiVice. un bouquet de fusées, pour sigiiiiier
Un ptifjiict de ditlî-rcntcs pi<'cc» dortifice qui
parlent enstmble. hn gerbe di- fusées, ou giran-
dole, (|ui termine le feu d'unilice, s'.ippelle par
excellence, Le bouquet.
On dit d"L*n liuninie, qu'// <i Ici barbe ptir
houquctSj pour dire, qu'il n'a de la barbe que
par |>etiles touÛ'es. cl par-ci j>ar-là.
Bouquet, se dit Du parfum qui dîsiinî;ue
certaines qualités de vin. Le bounuel du vin de
Bourqonne. Ce l'in a du bouquet.
BOL\)UETlER. s. m. Vase propre i mcltro
de« fleurs.
BOU<^)UETlKRE. s. fém. Celle qui fait des
bouquets pour les vendre. La Bouquetière de lu
Reine.
BOUQUETIN, s. m. Bouc sauvage qui se
trouve dans les Alpes. On se sert du sanq de
Bouquetin dans les pleurésies.
BOUQUIN, s. m. Vieux bouc. Et dans ce
sens on dit, qu'Lne chose sent le bouquin^
pour dire, qu'ElIe a l'odeur puante d'un vieux
Bouc.
On appelle Bouquins j Les Lièvres et ks
Lapins mâles.
On appelle Bouquins ^ L<-$ Satyres, à cause
que, selon la Fable, ils sont faits comme de^
Boucs, depuis la ceinture jusqu'en bas.
On appelle par injure, Vieu-v Bouquin , Un
vieuT déliauclié, qui est adouné aux femmes.
Il est bas.
Bouquin, se dit aussi d'Un vieux Livre
dont on fait peu de cas. Ft:«ii/t;/t;r de vieu~t
bouquins.
BOUQUINER. V. n.ll se dit des Lïcvrcs qui
rouvrent leurs lèniclles,
BouQUiNEn, signifie aussi, Clicrcbcr de vieux
Livres dans les boutiques des Libraires. 71 ne
l'ait que bouquiner, il est du style familier.
Il signiBe aussi, Lire de vieux Livres. Il
s'jmuse tout le jour à bouquiner dans son ca-
b^nct.
BOUQUINERIE. s. f. Amas de bouquins,
de livres peu estimes. A'e vous arrêtez pas ù
vjir ces livres^ c'est de la houquinerK.
BOUQUINEUR. s. m. Celui qui clierx;lic de
vieux Livres, C'est nfiBou^uwieur.
BOUQUINISTE, s. m. Olui qui achète et
revend de vieux Livres, des Bouquins.
BOURACAN. s. m. ^orte de gros Camelot.
Manteau de houracan.
BOURBE, s. f. Fange, bouc. Il ne se dit
pu're que De lu fange de la campagne, et il si-
fjnilîe proprement Le fond des eaux croupis-
santes des étangs et des marais. Bourbe épaisse,
puante. Une carpe qui sent la bourbe.
BOURBEUX, EUSE. adj. Plein de bourbe.
Eau bourbeuse. Un étan^ bourbetu:. Une ri-
vière bourbeuse. Chemin bourbciLx. Fossé bour-
beux.
BOURBIER, s. m. Lieu creux et plein de
bourbe. S'engager dans un bourbier. Entra iKlans toi
dans un houriier. Se tirer d'un bourbier. qrandb
BOU
BOU
i6j
Figurément , en parlant d'Un lioumie qni
-'est ( ni;;ÉgL' dans une mauvaise aflùire", d'où il
est malaisé de se tirer, on dit, qu7i s'est mis
dans un bourbier, d'où il aura peine à se tirer.
BOL RBILLON. s.m.Pusépai.ssiquisortd'un
apostume, d'un clou, d'un javart, etc. Quand le
buurbiUon e^t sorfî, on est tout d'un coup sou^
litné. Ce cheval a un javart; tnais dès que le
bourbillon sera 5or.'i, il pourra marcher.
BOURCER. v. n. Terme de Marine. Voyez
CAinitKn.
BOURCKTTK. s. f. Voyez Mâche.
BOURDAINE, s. f. Arbrisseau fort commun
dans les bois. Il porte de pcliles haies noires.
Sun Lois rrdiiil en cliarbon entre dans la com-
position de la poudre <! canon.
liOURDALOU. s. m. Tresse qu'on attache
avec une boucle autour de la forme du chapeau.
Il sij^nifie aussi Un pot de chambre oitlong.
BOURDE, subsl. f. Mensonge, défuite. Ce
hiquiiis donne des bourdes à son maître. C'est
un donneur de bourdes. Il est populaire.
BUURDER. V. neut. Se moquer, dire des
mensonges, des sornettes. Il est du style popu-
laire.
BOURDEUR. subst. m. Menteur, celui qui
donne des bourdes. Il est du style populaire.
BOURDILLON. s. m. (On mouille les L.)
Sorte de bois refendu propre à faire des fu-
lailles.
BOURDON, s. m. Sorte de lonf" b.'.ton qui
est fait au tour, avec un ornement au haut, en
forme de ])oinme, et que les l'ileiins portent
ordinairement dans leurs voyages, Hlarcher
avec un bourdon. Avoir le bourdon à la main.
Bourdon, s. m. Espèce de mouche-*;urpe
ou de grosse mouclie, qui se mêle avec les
abeilles, et qui fait un bruit continuel avec sa
trompe.
BounDON. Terme de Musique. On appiUc
Bourdon de Musette , de Cornemuse et de l^ie//c,
Le ton qui sert de basse continue dans ces Ins-
trumens.
BotriDo:*, signifie aussi Une grosse Cloche.
Les livurdons de ?iotre-Dame.
On appelle Bourdon d'orque. Un des jeux
de l'orgue; et Faux - Bourdon , Une pit-ce de
Musijue dont toutes les parties se chantent note
contre note, ^'cilà un beau jiiujC' bourdon.
Chav.ter en faiuv -bourdon.
Bouhdon. Terme d'Impiimcne. Faute d'un
Compositeur qui a passé un ou plusieurs mots.
On a fait un bourdon dans cette paqe.
BOURDONNÉ, ÉE. adj. U se dit en termes
de Bl.ison , Des croix gjiruies aux extreuiilés
de pommes ou bûions semblables à ceux dus
Pèlerins.
BOURDONNEMENT, s. m. Le bnût des
Bourdons , et des autres insectes de cette nature.
Le bourdonnement des hannetons.
\\ signifie (igurém. Le bruit sourd et confus
qui nait de plusieurs voix non articulées, et
[ui d'ordinaiic ne marque pas approbation.
■/près qu'il eut achexv de parler^ on entendit
ute l'assemblée un bourdonnement j un
bourdonnement.
BounDONN£MENT , 56 dit Bussi d'Un bruit cm-
' tinuel dans l'oreille. Cette maladie lui a laissé
un bourdonnement dans Voreille.
BOURDONNER, v, n. Il se dit pour expri-
mer le bruit que font certains insectes, comme
bourdons, mouches, hannetons. etc. Des mou-
ches qui bourdonnent aux oredlcs.
Il se dit aussi pour exprimer Le bruit sourd
et confus que font plusieurs personnes qui
n'approuvent pas ce qui a été dit ou fait. À^rès
sa hurancjuc , on entendit bourdonner toute
l'assemblée.
Enfin il se dit pour, (llianler à basse voix,
entre ses dents, et il est pris alors a.iivenieiit.
// bourdonne ïorijotirs quelque chanson.
Il se dit aussi fi^rém., pour, Faire entendre
des discours importuns. Que venez-vous nous
bourdonner sans cesse?
BOURDONNET. s. m. Terme de Chirurgie.
Charpie qui a la forme d'un noyau délire.
BOURG, s. m. (On pron. Bourli. )iiros
village où l'on tient marché. Gros bourg. Grûnd
bourg. Bourg fermé.
BOURGADE, s. f. Petit bourg. Une bour-
gade de tant de maisons, de tant de ftux.
BOURGEOIS, EOÏSE. s. (Onpr. fîonrjoiV)
Citoyen d'une ville. Bourgeois de Paris. Un
riche Bourgeois. Une riche Bourgeoise. Un
bon Bourgeois. Un Bourgeois aisé et accom-
modé.
On dit absolument , Le Bourgeois , pour
dire. Tout le Corps des Citovens, toute la
Ville. Le Bourgeois se souleva. Ijt Bourgeois
prit Us armes.
Les Ouvriers, en parlant Des fens pour quî
ils travaillent, ont acconlumé dédire, Le Bour-
geois, de quelque qualité que soient les ])er-
sonnes qui les cmjdoient : et c'est dans ce sens
qu'ils disent, Il faut servir le Bourgeois. Il ne
faut pas tromper le Bourgeois.
Dans les difTcrens Métiers, les Garçons ap-
pellent Leur Bourgeois, lu Maître cher lequel
ils travaillent.
BouncEOis , se dit aussi pour Roturier, cl
par opposition à Gentilhomme. Il n'est pas
GentilhommCymais c^est un honnête Bourgeois.
BounoEOis, se dit aussi par mépris, pour
reprocher à un homme, ouqu il n'est pas Gcn-
tilliomme, ou qu'il n'a nul usage du gratu]
monde. Ce it'est qu^un Bourgeois. Cela sent
bien son Bourgeois.
BounoEOis, EOiSE. adj. Il a diverses accep*
tions en bien et en mal. Dans la première ac-
ception , l'on dit, Caution bourgeoise, pour
dire. Caution solvable, ei facile ^ discuter;
Garde bourgeoise, voyez Gai^de ; L^n ordinaire
bourgeois, une soupe bourgeoise ^ pour dire,
Un bon ordinaire, une bonne soupe, mais
simple, sans coulis, sans jns, etc. Du vin
bourgeois, pour dire. Du vin non frelate, et
qu'on a dans sa cave, par opposition au vin de
caharct. Dans la seconde acception, l'on dit,
y^voir Vair bourgeois, lu mine bourgeoise, les
mcnières bourgeoises, pour dire. Avoir l'air
commun , et des manières difféieotca de celles
du grand monde.
i64
ROU
BOURGEOISEMENT, adv. D'une innnii-ie
bourgeoise, enfcimplc bourgeois. Il vit bow-\
geoiscment.
BOL'UGEOISIE. s. f. Qualilc de Bourscoi».
Droit de Bourneoisie.
lise preiui aussi pour les Tîourieois nn'ir.es,
Cl alors c'est un terme collectif. Toute lu Boiir-
qeoisie étoit sous les armes. Prendre ulliance
duns la Bourcjcoisie. limiter la Boitrcjcoisie.
BOURGEON, s. m. Le bouton qui pousse
aux arbres et aux arbrisseaux, et d'où il vieni
ensuite des branches, des feuilles, on du fiuif.
Au mois de Mars on commence à voir leshour-
néons aux arbres. Il y a bien des bourgeons
aux vignes. Le bourgeon commence à sortir.
L'n arbre qui pousse (juantité de bourgeons.
II te prend aussi pour Le nouveau jet de la
vî"ne. loi-îqu'il est déjà en scion. Couper les
nouveaux bourgeons d'un cep de ^ngnc.
Bourgeon, se dit (îi^urément d'Uneélcvurc.
d'une bube qui vient au visa;;e. Avoir le visage
tout couvert de bourgeons.
BOURCiEONNEK. V. n. Jeter des bourgeons,
pousser des bourgeons nu printemps. Tout
eoi'inience « bourgeonner.
On dit fi^urénient d'ï'n homme qui a des
clcvures, des bubes au front, au nez, au vi-
s;if^e , que Le front lui bourgeonne , que son
nez, que son visage commence à bourgeonner.
BoLTGEONNÉjÉE. participe. Il ne s'-dit î;uère
que Du visage, du nez, du front. Avoirlefront
bourgeonné , le visage tout bourgeonné,
BOURGMESTRE, s. maso. (On prononce
Eouiguemeslre.) On appelle ainsi Les premiers
Magistrats de quelques villes de Flandre, de
Hollande et d'Allemagne. Le Bourgmestre dt
Hambourg. Les douze Bourgmestres d\îms'
terdam.
BUURG0(;NE. s. f. Nom qu'on donne eu
plusieurs endroits au sainfoin. On liqïpelle aussi,
De la petite Bourgogne.
BOURG UIGNOTE. s. f. Esprce de casque
de fer. l\ m'cM plus en usage dans ce sens. On
appelle maintenaut Bour(juignutc , Une sorte
de bonnet garni en dedans de plusieurs touis
d:^ mèches, et revciu d'ctoiTe, que l'on porte
dans les occasions à l'armée pour parer le coup
de sabre.
BOURRACHE. s. f. Plante potagère, propre
à tcnip:'rer l'àcrelé du s;ini;etde la bile. Cueiibr
de lu fcourrtjc/ic. Mettre des fleurs de bourrache
dans une salade. Tisane de bourrache.
BOURRADE, s. f. L'atteinte qu'un h-vrier
donne h un lièvre qu'il coiut. Le leVrier a
donné bien des bourrades au hèvre.
Il se dit aussi Des coups que l'on donne .t
quelqu'un avec le bout d'un fusil, On lui a
Joiiaé des bourrades ; et figuri:m. el familial e-
m'ut, Des attaques ou des reparties vives qui
se fout dans une dispute, dans une contestation.
// donna de bonnes bourrades à celui contre
(^m il di.-iputoit.
BOUKRAS. s. m. l'oyez ntnK.
BOURKASOUE. s. f. (On prononce 1 S. )
Touïbillon de vent impctueui et de jx'u de k,
durée. Il s'éleva tout d'un coup une bourrasque.
BOTT
À peine êtoienl- ils en mer, qu'il survint une
bourrasque.
BoL'imASQUE, se dit figurènient d'Un redou
blcnient subit de quelque mal, ou d'une vexa-
tion imprévue cl de peu de durée. Je me croyois
en repos, ou quitte de ma fièvre, il est survenu
une bourrasque. C'est une bourrasque quil a
fallu essayer.
Il se dit aussi fi-^urém. Des caprices et de 1^
i.';auv;iise humeur de quelqu'un. Elle a fort à
souffrir des bourrasques de son mari.
BOURRE, s. f. On appelle ainsi l'amas des
poils de certaines botes à poil ras, qui étant ra-
lié de dessus leur peau quand on les a écorelu-es,
sert 5 garnir desselles, des bals, des colliers d;.*
chevaux de cban^ette, et autres choses sembhi-
blés. Bourre déliée. Bourre fine. Garni débourre.
Ou appelle Bourre y La nialière qu'on mel
dans les armes â feu car-dessus la poudre ci
pir-dcssus le plomi). // l'a tire à bout portant,
ti lui a mis la bonrre dans le ventre.
On appelle Bourre-lanicc , La partie la plui
grossière qui provient de la laine, Matelas de
bourre ~ lanice ; Bourre-tontice .^ La laine qui
tombe des draps lorsqu'on les tond; et Bourre
de scie ^ La partie la plus grossière du cocon, el
qui ne se dévide pas.
On appelle encore Bourre, Une cioffe doni
la chaîne est toute de soie , el la irame toute
de bourre de soie.
On dit figurément, qu'/î y a bien de la
bourre dans un ouvrage^ pour dire, qu'il y a
bien des choses non -seulement inutiles, mais
Basuvaises , mêlées avec d'autres qui sont
bonnes.
BOURREAU, s. m. Exécuteur de la liaule
Justice. Mourir par la main du Bourreau.
Mettre ou livrer un criminel entre les mains
du Bourreau. Le valet du Bourreau.
On dit d'Un homme qui se fait payer dV
vaiice, qu'il se fait payer en bourreau; el figu-
rément, que Le remords de la conscience est
un cruel bourreau , pour tiirc, que Les remords
de la conscience lournientenl cruellement ceux
'jui se sentent conpnbles.
RournEAU , signifie figurém. Cruel, inhu-
main. C'est un vrai bourreau.
On dit aussi d'Un gr.ind dissipateur, qufl
C'esi un bourreau d'argcif^ un vrai bourreau
d'arq:nt.
BOURRI^E. s. f . Espèce de fagot de menues
brr.nnhcs. Brûler une bourrée. Chauffer le four
avec des bourrées. Et on *_' »iroverbialcment et
figurément, que Fagot cherche bourrée, poiii
dire, que Des gens de mtîme sorte sont volon-
tiers en commerce les uns avec les autres.
BouniiÉE, se dit au*,! d'Une sorte de danse,
et de l'air sur lequel on la danse. Faire un pas
de bourrée. Jouer nue bourrée. Chanter une
bourrée. Danser la b-^nirrce. La bourrée d'Au-
vergne.
BOURRELER. v. a. Tourmenter, gêner. Ce
\"erlie n'est d'usage ^^ 'au figuré, et pour mar-
quer les peines intérieures que les reproches de
i.i conscience font souffrir. La conscience bour-
relé /cl wéchans.
BOU
BoinnELé , ée. participe. Une conscience
bourrelée.
BOURRELET ou BOURLET. s. m. Espèce
de coussin rempli de bourre ou de crïn , fait en
rond et vide par le milieu. Bourlet de cuir.
Bourlet à bassin. Bourlet au on met par-dessus
le bonnet des enfnns, pour empêcher qu'ils ne
fie b/e5sent quand ils tombent.
On appelle aussi Bourrelet ou Coiirïc( , Uo
certain rond d'étoffe qui est au haut du chape-
ron que les Docteurs, les Licenciés et ceilains
Magistrats portent sur l'e'paule.
BounnELET ou BounLET,sc dit aussi De l'en-
flure qui survient autour des reins, à une per-
sonne attaquée d'hydropisie. Il est hydropique,
il a le bourlet. Le bourlet est déjà formé.
BOURRELIER, s. m. Celui qui fait les har-
nnls des chevaux et des bêles de somme. Ache-
ter des harnois d'un Bourrelier. Arrêter les
parties chez un Bourrelier. Payer un Bourrelier.
BOURRKF.LE. s. f. La femme du Bourreau
On dit figniiMiient et popubircm,, d'Une mère
ijui traite ses enfauj avec une dureté excessire,
i]ue C'est une véritable hourrelle.
BOURRER, v. a. C'est :n«ttre de la bourre
iprès la charge dans les armes à feu. Bourrer
un fusil, bourrer un canon,
Bounr.ETi , se dit aussi en parlant d'Un chien
qui, en poursuivant un lièvre, bu donne uu
coup de dent, et lui arrache du poil. Le ehien
a bien bourré le lièvre.
On dit figurément et familièrement, qu'l/^i
homme en a bien bourré un autre, pour dire,
qu'il lui a donné bicu des coups avec le bout
l'un fusil , qu'il la f'urt maltraité ; el que Deux
hommes se sont bien bourrés, pour dire. qu'Us
;c sont poité plusieurs coups de part el d'autre.
On dit aussi figurcm. et faraili«-rem. Bourrer
jueltiu^tn dans une dispute, pour dire , l-e
presser vivement, en sorte qu'il ne sache que
répondre; et que. Deux hommes qui se dïsptt-
tent ensemble se sont bien bourrés, pour dire,
'|ue De part cl d'auue ils se sont bien attaqués
et bien défendus.
BoinnÉ, i':e, participe.
BOURRICHE, s. f. Espi-cc de panier dont
lin se sert pour envoyer du gibier, de la vo-
laille, etc. J'ai reçu une bourriche.
BOURRIQUE. s. f. Âne, âncssc Un paysan
monté sur une boiirrique, qui porte du blé sur
une bourrique.
On appelle aussi Bourrique, Toute sorte de
méchans petits chevaux, dont on se sert î» di-
vers nsnges, comme pour porter des lierl>05 au
marclié. pour porter du p'itre, etc.
On se sert aussi figurém. et familièrem. du
mot Bourrique, pour celui d'Ignorant. Tui'se»-
l'cus. pfliïc bourrique , en parlant à un cnfanL
Ce médecin est une bourrique.
BOURRIQUET. s. m. Petit flnon.
BOURRIQUET. s. m. C'est le nom qu'on
donne dans 1rs mines au tourniquet qui ^crt à
monter les fardeaux de dissous terre. Et en
termes de IMaçonnerie, C'est une civière qui
serl ^ enlever avec une grue des moellous ou
du mortier dans des baquets.
non
BOURRC, UK. ajj. Qui est d'une liumear
)jr:ïsque et chagrine, l'n homvie bourru. Vu
csvrit hvurru. Avoir l'humeur bourrue.
On apprlle h Paris» Moine bourru, IJnn
c«pèc2 de lantôinc, dont on fait peur aux petiti
eiifuiis.
On appelle Vin bourru ^ Une sorte de vin
Manc nouveau qui n'a point bouilli, et qui se
cons(;rvc doux duiis le tonneau durant quelque
temps.
BOl-'RSK. s. f. Pelit sac de cuir, ou d'ou-
Tra*;e k l'aiguiile, qui s'ouvre et qui se feinic
avec dès cordons, et où l'on met ordinairement
i'argenl qu'on veut porter sur soi. Il y en a
aussi sans cordons. Bourse de cuir. Bourse de
tissu. Bourse de point d'Espagne. Bourse à
ressort, t/nc bourse bien garnie. Une bourse
plate et l'ide d'argent. Vider sa bourse. Mettra
îa main à la bourse, ^voir toujours la maïn a
la bourse. Tirer de l argent de sa bourse. Ouvrir^
fermer sa bourse.
On dit, Demander la bourse, la bourse ot
lavie, et faire rendre la bourse, pour exprime!
Ce que font les voleurs de grands cbeniius; et,
Couper lu bourse, coupeur de bourse j en par-
lant Oes filous qui dérobent avec adresse.
On appelle Bourse de jetons, Une sorte d<
grande Itoursc de velours, où l'on met ordinai-
rement un reul de jetons. Le Garde du Trésor
Royal porte tous les premiers jours de Van une
bourse de jetotis d'or au Roi.
On dit figurément d'Un homme qui prête
volontiers de l'ar^firt ii ses amis, lorsqu'ils en
ont besoin , que Sa bourse est ouverte à sei
amis; et que Toutes les bourses sont fermées,
pour dire, qu'On ne trouve point d'argent \
eaiiprunler sar la place.
On dit aussi fi^urément , d'Un homme qui
p'iichc de ses droits pour l'accommodemenl
d'une affaire, et pour le bien de la paix, qu'il
s'est laissé couper la bourse- et De l'Arbitre
qui l'y a disposé, ou qui l'y a condamne, que
C est celui gui lui a coupé la bourse.
On dit, Avoir la bourse^ tenir la bourse,
tenir le cordon de la bourse, manier la bourse.
pour dire, Avoir le mnuiement de l'argent; et
De plusieurs personnes qui font leur dépense
eu commun, qu'£//cj font bourse commune,
qn Elles n'ont, quElies ne font gu une bourse.
On dit aussi, Au plus iarrori la bourse, pour
dire, Donner l'argeut à garder, la dé|)cnsc à
fjîre^ celui dont on auroi^dù le plus se méfier;
l'aire une aifure sans bourse délier, pour dire,
Sans donner de rarj;enl; et d'Un homme riche
et pécunicux, que C'est une bonne bourse.
i;uLn<iE, eu parlant Des paicniens qui se
f'ini en Turquie, se prend pour La fomme de
cinq c^nls écus.
Botn'iE, se dit aussi d Une pension fondée
d.ins un roUé^e, pour entretenir un Écolier
pauvre durant le cours de ses éludes; et comme
H y a des pensions plus fortes les unes que les
auucs, on app. Ile Grandes bourses, J^cs pen-
sions les plus fnrtes , qtii se donnent à ceux qui
sont dcjii Maîtres e< Arts , afin qu'ils contiiiueni
l'.'Urs études dans les l'aculti-s supétieuros; rt
BOU
Petites bourses t Les moindres pensions, qui se
donnent à ceux qui étudient les Humanités ou
la Philosophie pour être Maîtres es ,\rts.
BotnsE, se dit aussi eu plusieurs villes, Du
lieu où s'assemblent les Marchands et les Ban-
quiers pour traiter de leurs afiaircs. La Bourse
de Rouen f de Toulouse, d'Anvers j d'Amster-
dam, etc.
On appelle aussi Botrrse, en termes d'Église,
Le double carton couvert d'étofie, dans lequel
on met les corporaux qui servent à la .Messe
On ap|x.'lle encore Bourses, Deux sacs de
tuir, qui se mettent des deux côtés au-devant
de b selle du cheval.
BoLnsE, se dit aussi d'Un jK-tit sac de tafTe-
las noir, où l'on enferme ses cheveux par-
derrière. jVctirc se* cheveux dans une bourse,
»n bourse. Perruque à bourse. Porter ses c?ic-
veiuv en bourse.
On appelle anssi /Bourses, De longues poches
c réseau, qu'on r^et à l'cnirée d'un terrier,
poiu" prendre les lapins qu'en chasse au furet.
Prendre des lapins dans les bourses.
Bot:nsES, au pluriel, se dit De la peau qui
fnveloppe les testicules. Avoir les bourses en-
flées. Avoir une hydrocèle dans les bourses.
BovnsK A, pASTtrn, s. f. ou Tabouret, s.
m. Plante. Kllc est astringente et bonne dans les
hémorragies.
BOURSIER, s. m. Celui qui a nne bourse
dans un CoHéi;e. Boursier au CoUcge de JN a-
varre, au Collège de Lisieux. Ai-oir une plaa
de grand Boursier^ de petit Bourj^er
BOURSIER , ERE. s. Ouvrier qui faitelqui
vend des bourses. Marchand Boursier.
BOUnsILLER. V n. ( On mouille les L. 1
ronliLbuer chacun d'une petite somme poui
qnel(]ue chose. Jl n'y avoit pas assez d'argent^
il fallut encore boursiller. Il fallut gue chacun
boiirsillât. On les fit tous boursiller. Il est du
stvle familier.
liOURSON. s. m. Petite poche au dedans de
la ceinture d'un l;aut-de-chausse. 3/ef tre de l'tir-
(jent dans son bourson.
liOURSOUELAGE. s. m. Enflure. 11 ne s»
Hit qu'au figure , en parlant Du style. Ln style
ylein de loursouflage.
BOURSOUFLER, v. art II n'est d'usage
!]u'en parlai i De l'enHurc qui survient h la
peau , soit qu'elle soit causée par le vent , soït
qu'elle vienne 'd'ailleurs. Le vent lui a tout
boursou^ le visage. Une maladie gui lui a
boursouflé Us yeux.
Boi'RsocFLÉ, Ér. participe. Vtsa^c boursou-
flé. Avoir le corps boursouflé j les yeux bour-
lûufîés, les chairs boursouflées.
Ilsedit figiirém.dusljle. Un style boursoufla.
On dit d'Un homme gras et replet, et qui a
de grosses joues, que C'est un gros boursouflé ;
et alors il se prend snbstantivcinenL
liOURSOUELURE. s. f. Enflure. Il se dit
au propre cl au figuré. Il a de la boursouflure
dans le risiigc.Scs expressions sont d'une bour~
souflure rontinuille.
BOUSCl'LKR.v.tct. Mettre sens dessus des-
sous. On a bousculé tous mes ln'rrs.
BOU
ifiâ
Il signifie aussi , Poiisser en tout sens. Nous
1 r filmes horriblement fco:isc«le$ au parterre.
BousciLi:, ÉE. partirij».
BOUSE ou BOUZE. s. f. Fiente de b-vul
ou vache. Mettez de la bous^ de vache dans le
pied de ce cheval.
BOUSILLAGE. s. m. ( On mouille les L
dans ce mot et les deux suivans. ) On appelle
ainsi Un certain mélange de chaume et (ie terre
détrempée, dont on se sert pour faire des mu-
railles de clôture dans les lieux où ia pirne est
rare. Une maison gui nest faite gue de hvu'
sillage.
On dit figurém. et familièrement De tout
ouvrage mal fait, et qui doit durer peu, que
C'est du bousillage , que ce n'est gue du bvu'
sillage.
• BOUSILLER, V. n. Ma^^cnner avec du
chaume et de la terre détrempée. En ce pnys-
là on n'a ni pierre, ni vldtre, on ne fait gue
bousiller.
On dit figurëmcnt d'Un ouvrage quîest md
fait, que C'est un ouvrage gu'on a bousillé,
guon n'ii fait gue bousiller. En ce sens il est
actif.
Bousillé, ée. participe.
BOUSILLEUR, EUSE. s. Celui ou celle
qui travaille en bousillage.
Il se di* figurém. Des mauvais ouvriers en
toute sorte d'ouvrages. Ce n'est guun boustlleur.
BOUSIN. s. m. Surface tendre des pierres de
taille. // faut abattre le bousin en taillant U
pierre. Il n'y faut point laisser de housinà
BOUSSOLE, s. fém. Cadran, dont l'aiguille
frottée d'aimant se tourne toujours vers leNoid.
Le principal usage de la bousnde est sur la mer.
Se conduire par la boussole. Se servir de la
boussole. Il se dit aussi De l'aiguille même.
Il se dit aussi au figuré pour Guide, con-
ducteur. Vous êtes ma bou.<sole.
BOUSTROPHÉDON. s. m. Il se dit De la
manière d'écrire alternativement de droite ii
gauche, et de gauche à droite, sans disconti-
nuer la ligne, b l'imitation des sillons d un
champ. Les plus anciennes Inscriptions Grec-
gués sont en Bonstrophédon,
BOUT. s. m. L'extrémité d'un corps, d'un'
espace, en tant qu'étendus Cn long. Le bout
d'un bâton. Le boufd\ne ptgue. Le bout^Rune
perche. Le bout d'une table. Les deux bouts
d'une table. Le bout d'une galerie. Le bout
d'une allée. Le bout d'un jardin. Le bout d'un
champ. Il est logé à l'autre bout de la ville
Courir la ville d'un bout à Vautre. Il lui pie-
tenfa le bout du mousgueton. Appuyer le bout
du pistolet sur Vestomac de guelqu'un. Tirer
un coup de pistolet à bout portant, à bout tou-
chant. Le huut des doigts. Le bout du nez. Le
bout de l'oreille. Toucher à guelguc chose du
bout du doigt , du bout du pied.
On dit, /tire du bout des dents, pour dire.
S'efforcer de rire , quoiqu'on n'en ail nulle
envie.
On dit proverbialement et figr.îxm., qu'O/i
sait une chose sur le bout du doigt , pour dire,
^ qu'On lisait parfaitement bicnj et qu'On a un
i66
BOU
nom, un mol sur le haut de la lanqiut, pour
dire, que Dans le momeut qu'on croyoit l'aller
dire, il cch;ippc de la mémoire.
On dit d'Une chose qu'on a oublié d'écrire.
qu'Elle est demeurée au boni de lu plume ; cl
d'Une chose qui est sur le point d'nrri*'er ,
tin'O» y touche du bout du doicjt. Toucher du
bout du doicjt, se 'dit encore figuréincnt, pour,
User de légèreté, ne pas trop appuyer. Il ne
faut toucher cela que du bout du doigt.
On dit, Le bout de la mumellc, le bout du
télon, pour dire. Le bout ou le mamelon qui
est au milieu de la momclle. Un enfant (jxti n'a
pas encore pris le bout de la mamelle, ou sim-
plement, le bout.
On dit d'Une nourrice dont la mamelle n'a
pas de bouton saillant, et ne donne pa.sdc prise
h la bouche de l'enfant, qu'El/e n'a }>as de
bout : qu'elle ne peut nourrir faute de bout.
On appelle Bouts d'ailes, Les (Xtrémilés dis
ailes de certains oiseaux bons ù manger. Une
terrine d'cjccellens bouts d'ailes.
Les Maitrcs à écrire appellent Bouts d'aile.
Les plumes qui se tirent du bout des ailes , el
dont ou se sert pour écrire.
On dit, Un bout de flambeau, un bout de
bougie, un bout de chandelle, pour dire, Ce
qui reste d'un flambeau, d'une bouj^ie, d'une
chandelle. Et dans ce sens, on dit proverbiale-
ment d'Une économie dont on ne peut tirer que
tn';s-pcu de pobt, que C'est un ménage de
bouts de chandelles.
On dit au-ssi prtiverb. et fif^urém., Briiler la
chandelle, sa chandelle par le. dcut bouts,
pour dire. Consumer son bien en faisant dilFé-
rcntcs sortes de dépenses éi;alcment mineuses.
Onditd'Un grand voyageur, qu'/iu l'oynje
depuis un bout de la terre juscjuà l'autre. Et
par exagération, en parlant d'Un homme qui
est logé dans un quartier fort éloigné de celui où
l'on est, on dit,qu'/l c.^l/ojéau/ioiilrJumonrfc.
On dit aussi Du plus haut point où l'on
puisse poittr une chose dont on fait inie espèce
d'estimation, que C'est le bout du monde, que
c'ejl (ont h boiA du monde, si elle peut valoir
tant. S'il a cent écus cher, lui, c'est le bout du
monde. S'il a dir. mille écus de cette succession ,
ce sera tout le bout du monde. Il est du style
familier.
Botrr, se dit aussi d'Un morceau, d'une pe-
tite portion de ccrtiines choses h m.tnger ,
comme boudins, saucisses, cervelas, etc. /( n'ii
munnc gu'un bout de boudin , iju'un bout de
saucisse, etc.
U se dit aussi pareillement d'Une pclire
partie de certaines choses . comme ruban , fi
celle, corde, etc. Vn bout de rubiin, un bout
de licellc.
Dans le style familier, on appelle par déri-
sion. Bout d'homme, un petit bout d'homme,
Va homme extrêmement petit. Ce n'est qu'un
bout d'fiomme.
Ou dit adverbialement , A tout bout de
champ, pour dire, A chaque moment, h tout
propos. Il redit la même chose à tout bout de
$kamp. U s'arrête i tout bout de champ.
BOU
On du De certaines clioses dont les extré-
mittîs sont jointes, qu"£i/es sont hoitt à haut
l'une de l'autre ; Coudre deux toiles bout à bout :
f t d'Un homme qui ne subsiste que diflicilement ,
(|u7l (1 bien de la peine à joindre les deux bouts
de l'année, ou simplement, Les deux bouts.
Mettre bout à l>out, se dit aussi en parlant De
l'énumcration et de rassembla^;» de certnine.s
choses qui ne sont presque rien à les prendre
séparément, mais qui font un tout considérable
rei;ardces ensemble. Si on mcltoit bout à bout
le chemin (ju'H fait toim les jours dans son jar-
din j il se troui'croit qu^au bout de Vannée il
auroit fait plus de cinq cents lieues.
On appelle Le haut bout ^ I,a p'acff qui C5t
regardée comme la pins honorable; et Le ba'^
bout y Celle qui est re;;nrdce comme l'étanl
moins. Être au haut bout. Tenir le haut bout.
Se mettre au bas bout.
On dit provcrbialem. vi Çi^rcm.^ Au bout de
iaunc faut le drap, pour dire. qu'Une chose
durera ce qu'elle pourra. On dit à peu près
dans le même sens, Au bout le bout.
On dit provfrbiidemcnt et (Igurém. De quel-
qu'un , qu'ii n'aura une chose (lue par le bon
bout, pour dire^ ou qu'il ne l'obtiendra qu'à des
conditions avantageuses à celui qui la donne,
ou qti'Ou ne la' cédera que par force. S'il en a
envie , il ne l'aura cjue par le bon bout. Et on
dit, qu'Un homme tient le bon bout par-dei-crs
(ui, pour dire, qu'il est nanti, et qu'il a par-l'i
de grands avanta_i;cs dans l'aiTairc dont il s'agit.
Boij'T, se dit ôur.si Ve ce qui i;arnit I extré-
mité de cert lines ciioses. Mettre un bout a'rtr-
nent y un bout de cuivre ^ un bout d\voue à une
canne.
On appelle Bout do fleuret, l'n bouton de
ruir rembourré , qu'on met h la pointe d'un
fleuret, de peur qu'il ne blesse; Bout de four-
reau, ou bout d'épécj La garnilure de fer ou
d'autre métal, qu'on met au bas d'un fourreau,
de peur que la pointe de l'épéc ne blesse. Et en
parlant de souliers, on appelle Bouts,, Les mor-
ceaux de cuir que l'on met a des souliers à l'en-
droit où ils sont usés.
On appelle Bâton à deux bouts, Une sorte
d'arme oflcnsivc , qui consiste en un grand bâton
ferré par les deux bouts.
Bout, se dit aussi en parlant Du temps e
des clioses qui ont de la durée, et il en signifie
la fin. Au bout de l'an. Le bout de l'année. Au
bout du mois. Au bout du terme. Un Fermier
nui est au bout de son bail, au bout de sa ferme.
C'est une affaire dont il ne verra jamais lebout.
H est à peu près au bout de son travail. Ces!
une bonne ètofjh , de lonn- temps vous n'en
verrez le bout.
On appelle Bout de l'un, l^c service qnï se
fait pour un mort un an après le jour de son
déci"*. Le bout de Van d'un tel. J'ai assisté à
son bout de Van. Faire le bout de Van.
Bout, se dit aussi De plusieurs choses qui
rcufomient également l'idée de l'étendue , et
celle de la durée. Le bout d'un sermon. Le
bout d'un discours. Le bout d'une haranc^uc.
Il est au bout de son argent. Quand tl aurait
BOU
un million d'or, il en trouverait bientôt le bout
Il faut Ventcndre jusqu'au bout.
On dit d'Un homme qui est près de sa fin,
ou qui a rempli jus'ju'ii la fin toutes les fonc-
tions de sa place, tous les devoirs de son em-
[)loi,qu'// est au bout de sa carrière ; eiqu Un
homme est au bout de son rôlct., pour dire, qu'il
ne sait plus qiie dire , qu'il ne sait pliu que de-
venir.
Botrr, se dit quelquefois De la moindre partie
de certaines choses qui ne devroienl point se
diviser. Et en ce sens il n'est guère d'usage que
dans les phrases suivantes. Entendre un bout
de messe. Entendre uiî bout de vêpres. Je n''ai
pu entendre qu'un bout du sermon.
An BOUT nu compte. Façon de pailcr adver-
biale el familière, dont on se sert h la fin d'un
discours, d'un raisonnenicnt, et ([uï signifie,
l'ont consifléré, après tout. Au bout du comple,
que lui en peut-il arriver? Au bout du compte
il n'a pas trop de tort.
À BOUT. Façon de parler adverbiale , dont
on se sert en diverses phrases. Ainsi on dit,
Être « bout, pour dire, >'c savoir plus que de-
venir; Mettre un homme à bt/ut , pour dire. Le
réduire à ne savoir plus que faire ni que dire;
Pousser un homme à bout, mettre, pousser sa
patience à bout, pour dire, Le mettre en colère
à force d'abuser de sa patience; Venir à bout
d'un dessein , d'une entreprise , pour dire .
Réussir dans un desseia, dans une entreprise.
On dit aussi. Venir à bout de f ire une chose ^
venir à bout d'une chose, ponr dire. Parvenir
à faire une chose , parvenir ii la fin d'une chose,
en trouver la fin. // est venu à bout de Vépouser,
C'est un livre si ennuyettx que je n'ai jamais
vu venir ù bout de le lire, il est venu à haut
de son argent, il n'en a plus. Ils sont i>cnus à
bout d^iric douzaine de bouteilles de vin. Ou
dit. Venir (i bout de quelqu'un, pour dire. Le
réduire .'i la raison . le réduire îi faire ce qu'on
veut. Il est venu à bout de ses ennemis.
De BOIT EN BOUT. Façon de parler adver-
biale. D'une extrémité il l'autre. Purcourir le
France de bout en bout. Courir la ville tk
Ituut en bout.
D'un BOUT À i.'authe. Façon de parler arl-
vcrbiale. Depuis le commencement jusqu'à lu
fin. il m'a conté d'un bout à Vautre tout ce qni
s'est passé.
Haie au boit. Façon de parler adverbiale,
et du si) le familier, dont on se sert pour signi-
fier, Encore davantage. Il a dit mille livres de
rente., et haie au bout.
BOUTADE, s. f. Caprice, saillie d'esprit et
d'humrur. Quelle boutade vous prend? Il a
des boutades. \'aqir que par boutade. Composer
par boutade. C^est une boutidc qui lui a pris.
BOUTANT, ad), m. Terme d'Ait:hiteclurc,
qui se dit pnr corruption pour butant, et qui
n'est d'usage qu'avee les mois Arc et Ptlter.
Arc-boutant, est Un pilier qui fmit en drmi-
arc, et qui sert a soutenir une voûte; et Pilier
boutant, se dit d'Un pilier qu'on appuie contie
un bâtiment pour le maintenir, pour le foi'lilljr.
Consfruirc dcj pib'«rj boutans contre un mur.
T50U
DOUTAKCUI-:. sul)sl. !'. On appelle ainsi
ries œufs tic poisson salés cl conflis dans le
vinaigre. La lioutarqne est très-ituligeste.
BOt'TK, va:. tn\]. Terme tle Munrge. Il se
'dît d'Un clicval (jui a Ifs jiinilns droites depuis
le genou jusqu à lu coiuonne.
C'est Oîissi un terme de Vigneron. Ce vin
est hoiité. Voyez Bouter.
BUUTK-E.N" -TRAIN, s. m. indccl. formé du
verbe Boii/cr,qui ne se dit plus. l)n appelle
ainsi Un petit oiseau qui sert h faire chanter
les autres^ et qu'on nomme aulrcmcnt Tarîn.
Kt fii^urenienl ou appelle Hussi de la sorte dons
lo Style funiilier. Un homme de pLiisir qui
excite les autres , et qui les met en iniin de
rire, de se divertir, elc. C'est le boutc-cu-lrain
-ie 1(1 compannie.
lîOUTK-KKU. s. ni. Tncendiaire, relui qui
de dessi'in fonné met le feu h un édifue, à une
ville. On surprit des houte-jeux.
Il se dit nussi dXn hjton, au bout duquel
il y a une (ourchellc garnie d'une mi-clie allu-
mée, i)our nirllre le feu auranon. Kt on appelle
encore Boute- fi tt^ Celui qui met le feu au canon.
On dit figuicnieni De ceux qui excitent des
discordes et des querelles, que Ce sont des
houte-fctue. ]{ a cité le houte-fcu de la sédition.
C'est un lirai Ifoute-l-u.
BOUTE-HOKS. s. m. Espèce de Jeu qui
n'est plus en usage ; mais fipirément , en par-
lant De dcuK hommes qui tâchent de se dcbus-
qncr l'un l'autre de quelque emploi, dequelqua
charge, on dit , qu'/is jouent au boute-hors.
BOUTE-SEI.LE. s. m. Terme de Guerre
Signal qui se donne avec la trompette, pouj
avertir de seller les chevaux atin d'être prêta
monter à cheval. Sonner le houtc-scUe.
BOLTE-TOUT-CUIKE. s. m. Terme bas,
qui se dit d'Un dissipateur, d'un goinfre qui
luange lou'. C'est un houtelout-cuire^ un franc
boute-tout- cuire.
BOVTEU.IE. s. f. Vaisseau 6 larj^e ventre
et à cou étroit et long, fait de terre, ou de
verre, ou de cuir, et propre ^ contenir de l'eau,
du vin et autres liqueurs. Bouteille de verre.
lioutciUc de terre. livuteille ronde, carrée, plate.
Bouteille de cuir hviiîlli. Bouteille qui tient
chopine. Bouteille de chopinc^ de pinte. Bou-
teille à V encre. Bouteille OH vinaiqre. Lerientrc.
le cou, le bouchon d'une hou'eille. Bouteille
coiffve. Coifpr, dêcoifpr une honteille. Bou-
teille eastcCj ftléc, étoïlée. Remplir une hon-
teille. Vider une hotiteille. Tirer une pièce dû
vin en houieilles.
On dit pTOVfrbinlenient et fij;tircm. , qu't'n
homme n'a rien vu que par le trou d'une bon-
ttille, pour dire, qu'il n'a aumne conmiltsancf
des chose* du niond<- , aucun itsagc du monde
On dit pmverbiilcmcut. Etre dans la bou-
teille, p«mr diri», Être dans U- s. cn-t d une af-
fiiire.
BoirrciixK, se dit aussi De In liqurur qui
est contenue dan» une ImutriMe. Une huntetUc
de vin. Boirr une fwutrîde. Boite boulville.
j4imer la bnuteille, pour dire, Aimer le \iu. Il
est [>opu'dire.
I30U BOU 167
BotTEiLLE, se dit ;iussi d'Une sorte tPam- Tne maison où les domestiques sont mal. // ne
poule, de vessie pleine d'air, qui se forme, 9 sera pas loufj-tcmps dans cette maison^ c'est
une boutique.
BOUTIQUIER, s. ni.Mi.ichand tenant bou-
tique.
BOUTIS. s. m. Terme de Chasse. U se dit Les
lieux où les Ijètes noires fouillent
BOUTISSE. s. f. Pierre qu'on place dans nu
mur suivant sa longueur, de manière que sa
iarf^eur paroît en dehors. Placer aUernativc-*
mettt des pierres en houtisse et en parement.
liOUTUlK. s. m. lustr'inH-ut avec lequel les
^ïartchaux parent le pied d'un cheval avant
que de le ferrer.
lioLTOin , so (lit aussi Ou groin d'un sanglier.
Le sanijUer lui donna un coup de boutoir.
Coup de boutoit , se dit figurémcnl, poir,
Un trait d humeur, un propos dur, repous-
sant, qui blessée. i\e vous jiez pas à lui dans
SCS caprices, il vous donnera quelque coup de
boutoir.
BOUTON.s. ra. T.e petit liourj^eonque poua-
BCnt les arbres et les plantes, et d'où se forment
les feuilles et les fleurs. Zioufon ù fleur. Boulon
à fruit. Il y a bien des boutons à cet arbre. Vn
bouton de rose.
Un apj)ellc figurcmcnt Boutons, Ccriaîncs
bubes qui viennent quelquefois aux diflUrentcs
parties du corps. Il a le visage tout plein de
boutons. Il a un qros bouton sur le nez.
On appelle Boulons de fircin , De certaines
bubes qui viennent aux chevaux lorsqu'ils ont
le iiucin.
Bouton, signifie aussi Une sorte de petiw
boule d'or, d'argent, etc. ou de bois couvert de
«oie, de fil, etc. servant à attacher ensemble
différentes parties d'un habiilenicnL Bouton
d^urft'i'retie. liouton d'email. Bouton de soie,
de crin, de fil. Bouton d'ur. Bouton d'argent..
Bouton de diamant. Bouton à queue. Mettre des
houtons à un pourpoint. Passer les boutons
dans les boutonnières y dans les nanses. Habit
garni de boutons. Attacher, coudre des bou-
tons. Une douzaine de boutons. Une grosse de
boutons.
On dit figurement d'Uo bomme qui porle
la robe ou la soutane, que Sa robcj que sa
soutane ne tient quà un 6oufon, pour dire,
yu'Il est tout prêt il la quitter pour prcndic
l epée, ou un autre étal.
On dit proverbialem. cl n;;urcnicnt, Serrer
oit sur l'eau qu.ind il pleut , soit de quelque
autre manière que ce soit. La pluie fait des bou-
teilles en tombant. Les enfans font de grosses
bouteilles en soufflant de Veau de savon avec un
chalumeau.
BOUTER. V. net. Mettre. Ce mot est vieux,
et ne se dit que pur le bas peuple cl par les
paysans.
BotTEn , est aussi un verbe iKMiire,qui se
dit d'Un vin qui pou:,se au gras. Les vins de
ce cru sont suj^'ts à bouter. Cette cave fut
bouter.
BOUTEPOr.LE. s. f. La garniture qu'on
met au Imut d un fourreau d epée. Vne boute-
Voile d\tcicr. l'ne boutc'-ollc d'urgent. U est
aussi terme de Blason.
lîOUTIULIER. s. m. (On mouille les L. )
Oflîrier (pii a linlcndance du vin. Il n'est eu
lïsaj^e qu'eu celte phrase , G/ unt/ Boutifb'er de
France.
]î(_)UTIOUE. s. f. I.ieu cù les Marchands
étalent et vendent le:irs mai-cliandises,et ou Ica
nisans travaillent. G ronde boutique, belle tou-
tique, petite boutique. Boiiti(pie bien garnie,
bien fournie. Boutique de ?ilcrcier,de Chandc'
ier, de Cordonnier. Tenir boutique. Avoir
boutique. Garçon de boutique. Mettre un jcunC
homme en boutique.
On appelle par mépris, Courtaud de bou-
tique., Un garçon de boutique; Garde-bou~
ttque, Une étoffe, une marchandise qui n'est
[jIus à îa mode, et que lu Marchand garde de-
[Miis lon^-temps. Et on dit la même chose Uc
toute UKirchandise de mauvais débit.
On dit, ^e tnettre en boutique, ouvrir bou-
tique, lever boutique, pour dire. Commencer h
faire marchandise; et. Fermer boutique, pour
dire. Cesser de faire marchandise, i/ ne veut
plus être Marchand^ H a fermé boutique.
BorTiQUE, se dit aussi De toutes les mar-
chandises dont une boutiipie est garnie. // a
vendu ca boutique, *on fonds de boutique. Il
a engage toute sa boutique. Et quelffuefois il se
prend jwur Tous les instrumens d'un artisan.
Il a emporté ses marteaux, ses limes, etc, enfin
toute sa boutique. Vous avez une boutique de
Menuisier cliez vous.
Lorsque quelque chose vient !i tomber, et
surtout plusieurs choses cnsendile, on dit pro-
verbialement, ^r/iV» lu boutique:cl proverbial,
et 6;^rémenl, qu'f/n homme fait de son corps
une boutique d'Apothicaire, pour dire, qu'il
prend conlinucllemeni des remèdes. Kt en par-
lonl d'Une clios<' rcpanJue, telle qu'une nou-
velle, un on\rûj;c sans nom d'Aultur, on dit,
que Cela vient de la boutique d'un tr/, pour
dire, que Cela est de l'invention, du cru d'un
tel. Et ordinairement cela %e dit en mau-
vaise part.
BoiTiyfE, se dit aussi De l'endroit d'un
baleau de p'cheur, tur le Iwird d'une rivière,
où l'on garde du poiuoa. Aller qucrir du jxtis-
son à la boutique.
F.n style iHïpuUîre, on ap|>elle Boutique,
leboutun à quelqu'un, |>ourdire, Le presser
vivement sur quelque chose, et quclquciuis
avec menaces.
BoLTOS, se dit nussi De plusieurs anitcs
rho«esqui ont la fi;<ured'nn lx>uton. Le boulon
qu'on met sur le bout du ctinou d'un fusil, pour
tcrvtr de mire. Le bouton d'un fleuret. Le bou'
ton d'une serrure. Le bouton d'nn verrou, etc.
thi ap{h Uc Bouton de feu , Un boufoo do
r<T rou^i au feu, dont les Chiiiii^ieuâ fl le*
M-iréchuux se servent eu plusieurs o{M.'ratiu«is.
Appliquer un boulon de feu.
On donne encore ce nom tu caulùrc actuel
propre à brûler les os, pour consumer le* exoi-
tjscs et \r% caries.
i68 BOT]
où appelle encore Bouton, ou /ioufbn âe
fin, dans les essais, La petite portion d'oi ^
ou d'aigent cjui reste après l'opcraliou de la
coupi'lle.
On appelle Bouton -d'or, Une fleur d'un
Irés-beau jaune, qui ne se fane point.
liOU'l'ONMSR. V. n. Il ne se dit q-je Des
arbres et de» plantes qui commencent à pous-
ser dps boutons, tes rosiers commencent à
houtonncr.
Boctonneh. V. a. Passer les boulone d'iui
liahit dans des ganses, dans de petlles ocver-
lures qu'on nomme boulonnicns. Boulonner
sou habit, sa soutane. On dit absolument, 6c
boutonner.
BouTOSVK, ÉE. participe.
On dit fifsun'mcnt et familièrement, d'Un
Iiomme mYSt'Ti<:ux et caclié dans ses discours,
que C'est un homme toujours boutonne. Bou-
tonné jusnu'au na;uti de la Qorge.
BOUTONNERIE. s. f. Marcliandi^c de Bou
tonuicr.
BOUTONIVIER. s. m. Celui qui fait cl qui
vend des boutons. Maître Boulonnicr.
BOUTONNIÈRE, s. f. Petite taillade faite
dans un habit pour y passer les boutons, cl
bordée d'or, de soie ou de (11. Faire une bou-
tonnière. Kecouvrir de soie les boutonnières
d'un habit.
BOUTS-RIMÉS. s. m. plur. Rimes données
pour terminer des vers dont le sujet est 5 vo-
lonté. Donner des bouts-rimés pour un soniicl.
tiemplir des houls-rimeK Kt dins celle arrep-
tion, on appelle Bout- rimé au singulier, Une
pièce composée de bouts-rimés.
BOUT-SAKiNEUX. s. maso. Le cou d'un
veau , le cou d'un mouton , tel qu'on le vend à
U boucherie. Bout- saiijneu.t de venu. Bout-
suigneuj: de mouton. Quand on dit Bout-sai-
qneux tout seul, sans rien ajouter, ordinaire-
ment on entend parler d'C'n boul-soijncuo: de
mouton.
BOUTURE, s. f . Branche coupée d'un arbre ,
et qui, étant plantée en terre, y prend racine.
Il y a des arbres tjui viennent de bouture,
coi^me le saule, l'osier, etc.
COUVARI). s. m. Marteau dont on se scr-
voil pour frapper les monnoies , avant l'inven-
tion du Balancier.
BOUVEIUE. ». f. Étabic à boeufs. On l'em-
ploie jiarliculiereinciit en parlant Des elaliles
qui sont dans les marches publics.
BOUVET, s. m. Sorte de rabot à faire des
rainures.
BOUVIER , itliE. subst. Celui ou celle qui
conduit les bœufs et qui les garde. C'est aussi
un terme d'injure qui se dit d'Un homme gros-
sier. C'est un gros bouvier, un vrai bouvier.
BocviEii , est aussi le nom que les Astro-
nomes donnent h une constellation de l'Hémi-
sphère boréal proche de la grande Ourse , remar-
quable p.ar une étoile brillante qui s'y trouve ,
et quon nomme ..^rcturus.
BOUVILLON. s. mosc. diminutif. Un jeune
bceuf.
' BOUVREUIL. ». m. (Jlsi-«u de la grosseur
RRA
d'une alonettc, qui a !e bec noir, el tjui esl de
plusieurs couleurs.
BOY
BOYAU, s. m. Intestin , conduis qui lai
plusieurs circonvolutions, et sert à rerevoir les
nliir.ens au sortir de l'estomac, et Ji faire sortir
du corps les excréniens. Il a les hoyaujc gan-
nrencs. Gros boyaux. Boyaux grêles.
On appelle Descente de boyaux, Une niala-
die causée par la rupture du péritoine, qui fait
tjue les boyaux sorteut de leur place, et des-
rendent dans les bourses ou au-dessus.
Ou dit proverbialement et bassement d'Un
bomnic qui est toujours prêt à bien manger dus
iju'on l'y invite, qu7i a tcu'^ours six aunes dti
boyaux vides.
On dit aussi proverbialement et bassement,
Rendre tripes et boyaux^ pour dire , Vomir ex-
cessivement ; et populairement , Aimer (juel-
(juUin comme ses petits boyaux , jiour dire ,
L'aimer beaucoup.
Ondit d'UncIieval, qu7I a du boyau, qu'il
n'a point de boyau, pour dire, qu'il a beau-
coup de flanc, ou qu'il en a peu; et gu'/i est
étroit de boyau j pour dire, qu'il n'a point de
corps.
On appelle aussi Boyau, Un long conduit
de cuir adapté a une niachine pour transmettre
l'eau.
On appelle Corde à boyau. Une corde d'ins-
trument de Musique, cuumie Violon, Luth,
Tuorbe , etc. faite des boyaux de certains ani-
maux.
On dit proverbialement et figurênienl d'Un
tspace Ions ^^ P^'" ^^^^^-t 'I"^ C'est un boyau j
que ce n'est nu\in boyau,
Kn parlant d'Une tranchée faite pour assié-
ger une place, on appelle Boyau, (Chaque par-
tie des chemin-» en W^ue droite qui composent
les zi;;zags par lesquels on communique d'une
parallèle îi l'autre. Faire un boyau de commu-
nication d^une tranchée à Vautre.
BOYAUDIER. s m. Celui qui prépare et file
lies cordes h boyau.
BR A
BRACELET, s. m. Ornement que les femmes
portent au bras. Bracelet de perles. Bracelet de
corail, de tables de diamans ^ d^énieraudes. Bra-
celet de cheveux.
BRACHIAL, ALE. adj. (On prononce J5rn-
liial.) Terme d'Anatomie, qui se dit De ce qui
n rapport au bras. Muscle brachial. Artère bra-
chiale.
On dit aussi, Les nerfs brachiaux. Ils sont
au nombre de six de chaque côté.
BRArJIYGRAPlIE.s. m. Kcrivain en notes
abrégée».
BRACHYGRAPHIE. s. f. L'art d'écrire en
abrégé.
BR ACMANR, BRAMINE ou BR AMIN. £. m.
Philosophe ou Pr^-trc Indien.
BRACONNER, v. n. Chasser sur les terres
d'autrui furtivement cl sans jjcrmission, pour
Ciirc son profit du gibier. Les Paysans vont
BRA
braconner sur telle Terre. Les Ordonnances
défendent de braconner.
BRACONMKR. s. m. Celui qui braroni.e,
qui chasse sur les terres d'autrui furtivement et
sans permission , pour vendre le gibier qu il
lue. Les Braconniers sont punis par les Or-
donnances. Les Braconniers détruisent tout le
gibier.
BnACONNiEn, se dit aussi De ceiix qui san»
ménagement tuent le gibier qu'ils peuvent,
mais seulement pour leur plaisir. Ce Gentil'
liomme est un grand Braconnier ^ un vrai Bro-
L"û/irn'er.
BRAI. s, m. Espèce de goudron, mélange de
gomme, et d'autres matières propres ù calfater,
BRAIE. s. f. Linge dont ou enveloppe le
derrière des enfans. Attacher une braie à un
enfant. Lui changer de braie.
On dit 6surémcnt et populairement, d'Un
homme qui s'est retiré henireuscment d'une
u)auvaise aflaire, qu7l en est sorti les braies
nettes.
BRAILLARD, AROE. adj. Qui parle ordi-
nairement l>eaucoup, fort liant, et mal à pro-
pos. C'est l'iionime du monde le plus braillard
Une femme braillarde. Il est du stvle familier.
On s'en sert plus ordinairement au substan-
tif. C'est un grand braillard, une grande brail-
larde.
BRAILLER, v. n. Parler bien haut, beau-
coup, et mal ii propos. H ne fait (jne brailler.
BRAILLEUR, KUSE. adj. Qui braille, qui
ne fait que brailler. Un homme fort bratllfur^
If ne femme jort bratUeuse.
On s eu sert plus ordinairement au kub6tai>-
tif. C'est un brailieur. C'e.\( une urailleuse.
BRAIRE. V. n. Il ne s'emploie guère qu'à
riDfiiiitif, à la troisième peisonne du présent
(le 1 indicatif. Il brait, ils braient; ^ la troi-
sième personne du futur, Il braira • ^t à la
troisième du snbjonelil" , Il brairoit. Les autres
temps sont peu d usage. Il ne se dit que ppur
signifier Le cri de l'âne. Le propre de l'une est
de braire.
BRAISE, s. f. Bois réduit en charbons ar-
dens. Du bois gui fait de bonne braise. Des
poires cuites à la braise j sous la braise.
Proverbial, et figurément, en parlant d'Un
honmie qui s'est vengé promptement de quel-
que tort qu'on lui a fait, ou dun homme qui a
fait une repartie vive et prompte h quelcjuc
cho&e de piquant, on dit, qu'// Va renduchaud
comme braise. Et quand quelqu'un est venu
annoncer sans aucune préparation une mau-
vaise nouvelle, on dit, qu7ï Va donnée chaud
roiumc braise. Kt dans ces sortes de phrases,
Chaud e-tt employé adverbialement.
On dit aussi proverbial, et fi^urcmenl,d'Un
homme qui, dans un discours ou dans un écrit,
passe légèrement sur quelque article qu'il ne
veut pas trop approfondir. Il a passe là-dessus
cofnnic chat sur braise.
BnAi&E, se dit au>si Des charbons que 1rs
Boulangeis tirent de leur four, et qu'ils étei-
gnent ensuite pour les vendre. Acheter de U
6raîie chez unBoulanger,
RRA
BRAISIER. 8. m. La huche où le Boulanger
met |;i braise quaiia elle est ëtounce.
URAlSIKRt:. s. f. Vaisseau dans letiuel on
fail cuire dilléiens mets h la braise.
BRAMER. V. n. Il ne se dit que du cri du
cerf, /-e cerf brame (juand il est en rut.
BRAMIN, BRAMI>E. Voyez Bracmaïe.
BRAN. s. m. Matière fe'calf. Il est bas.
Ou appelle hasscuu'iit Bran de Judas ^ Cer-
taines taclies de rousseur qui viennent au vi-
sage et aux mains. Un appelle Bran de son,
r.a plus grosse partie du son ; et Bran de scie,
La pondre du Lois qu'on scie.
BoA!* , est aussi uu terme bas qui sert à m-u--
^cr du nu'pris pour quelqu'un , pour qu( ique
chose. Brun de lui. Bran de vos promesses.
BRANCARD, s. m. Sorte de voiture sur la-
quelle on transporte uu malade tout couoIjc,
ou des choses fr;tgilcs, et qui est pcilc par des
chevaux ou par des mulets, l'un devant, l'autie
derritîre, et quelquefois par des hommes. Ou
Uapporta de l'armée sur un brancard. Il fiiul
transporter ces porcelaines sur un brancard.
On appelle aussi Brancard, Les deux pièces
de bois qui se prolongent en avant d'une char-
rette, et entre lesquelles est place le cheval qui
la traine. Le cheval de brancard. Mettre le che-
val au brancard.
On appelle aussi Brancard, Les deux pièce»
de bois qui dans une voiture rcuDisseul le train
de derrière et celui de devant. Le brancard di
cette berline est trop court. Alors on dit aussi.
Les brancards. L'un des brancards decette voi-
ture est rompu ^ est cassé.
BRANCHAGE, s. m. coll. Toutes les branches
d'un arbre. H faut. couper tout ce hranchune.
BRANCHE, s. f. Le bois que pousse le tron«
d'un arbre. Petite branche. Grosse branche.
Cet arbre étend ses branches bien loin, pousse
tes branches toutes droites. Il faut couper cette
branche. La branche rompit sous lui. Une
branche de laurier.
On appelle fîgure'ment Branches, Les dif-
férentes parties d'une entreprise, les difTéreDl
objets d'une science. Ce commerce a bien des
branches. Une bonne branche de commerce.
Les différentes branches des Malhèmati(jues, de
la Physit^ne^ de la Mctallwgie, de l'Anatomie.
On dit proverbial, et figurcm.dX'n homme
qui, au lieu d'approfondir les matières , passe
légèrement d'uo sujot ^ l'autre, sans s'arrêter à
aucun, qu7f saute de branche en branche. On
dit aussi Bgurément, ^e prendre, s*attacher
aux branches^ pour dire, Sarrêtcr aux cir-
doiistaDces inutiles d une chose dont on néglige
le fond ; et d'L'n hoinnie qui est dans un état
incertain, chancelant, qu'I^ est comme l'oiseau
sur la branche.
On dit proverbial, et figurement. Il vaut
ViieiLt se tenir, $^attacher au gros de l'arbre
^«'tiiLr ^^(lJu•/l«. pour dire. Il vaut mieux s'at-
tacher ^ celui qui a lautoritti su|ïcrieure, qu'i
celui qui n'a qii une autoritc subalterne.
On appelle Branches^ dans l'Analomie, Les
petites veines et les petites artcies qui tiennent
aux grosses veines cl aux grosses urlère». le»
i oine I.
BRA
branches qui sortent du tronc de la veine-cave,
Et en termes de Gcnra!o;^iejOu;ippelle6gu-
renient Branches y Les familles dilTérentes qui
sortent d'une même tige. La branche de Bour-
}>on. La branche de Valois. Il a fait une nou~
l't'ï/e branche. Il est la tige d\uic telle branche.
Il est l'atné de sa branche.
Branches, au pluriel , se dit De divei-ses
autres choses. Ainsi on appelle Branchis, Ijs
deux parties du bois d'un cerf. Le bois d'un
cerf a deiuv branches. On appelle aussi Bran-
ches, Les deux pièces de fer qui tiennent au
mors du cheval , et où la bride est attachée. Les
branches d'un mors. On appelle Branche de
tranchée , Le boyau dune tranchcf. On dit
iiuL'ne question , qu'une affaire a plusieur.
branches^ pour dire, qu'il y a plusieurs chefs,
plusieurs ar[irles à discuter; Branche de com-
merce. Un objet particulier de commerce. On
(lit, Un chandelier à plusieurs branches^ po'jir
dire, Un chandelier d'où il sort plusieurs ra-
meaux qui servent aussi de chandelier.
BR/VNCHE-L'RStNE. s. f. Voy, Acanthe.
BRANCHER, v. a. Pendre, attacher à la
brandie d'iui arbre. Il n'est guère d'usagequ'en
parlant d'Un voleur, d'un déserteur qu'on pend
k un arbre. Le Prévôt de l'armée trouva un
soldat en maraude , et le fil brancher au
premier arfcre. Il est familier.
BnANCHEii, se dit en termes de Chasse, Des
>)iseaux qui se perchent sur des branches d'ar-
lire; el alors il est neutre. Ce Faisan branche.
RnANCHÉ. ÉK- participe. Il sedit proprenieul
3*Un oiseau place sur une bianchc. Il se dit
iîgurénuntdaus((ueiques occasions. Cb mousse
branché sur une vergue.
BRANCHU]:S. subst. f. pi. Les ouïes des
poissons.
BRANCHU, Ui:. ad*. Qui a beaucoup de
branches, ('n arbre fort brancha.
BRANDE. s. f. Sorte de petit arbuste ïjui
rroît dans des campagnes incultes. Un pays de
brandes. Chauffer le four avec des brandes.
On appelle aussi Brande, Une campagne
pleine de ces sortes de petits arbustes. Entrer
dans une brande.
Ba.\NDEBOURG. subsL m. Une espèce do
houtonaière. Brandebourg d'or. Brandebourg
d'argent
On appeloit atissi Brandebourg, Une sorte
de cisaque h manches, ainsi appelée, porccque
la mode en est venue de Brandebourg. Porter
une Brandebourg. En ce sens, ce mot étoit
féminin.
BRANDEVIN. s.-nL Terme emprunté de
r.MIcmand , et dont on ic sert pour signifier
De l'eau-dc-vic.
BR.VNUEVINIF.R.ltRE. s. Cehii ou celle
qui vend et qui crie du brandcvin. Il n'est
d'usn;.;e qu eu parlant De ceux qui crient et qui
vendent de re.iu-de-vie dans un camp, dans
une f;an.isnn
BUANDILLE.MENT. subst. m. Mouvcmeni
qu'on se donne en se brandillant.
DRANDîLLER.T. a. Mouvoir do^^ cl de lu,
Brandiller !c-.< jinnocs. Brandilîer les bras.
BRA 109
On dit, Se brandiller, pour dire, Se mou-
voir, s'agiter en l'air par le moyeu d'une corde,
d'uneescarpoIette,oudequeliUC autre machii»e
BrandillI, ee. participe.
BRANDILLOIRE. s. f. On appelle ainsi
Des branches entrelacées, ou quelque atirre
chose de semblable , dont les jeunes gens se
servent îx la campagne pour se brandiller. Se
mettre sur une braudilloire.
lîRANDIR. V. a. Secouer, branler en sa
main un q>icu, une lance, une halhbardt, eic.
roranie si on se frôpaioit à frapper de la poinle.
/( Irundisoit unt pique. Brandissant une haU
lebarde en sa main. Il est vieux en ce sens.
BnANnin, se dit aussi en termes de Cbarpcn-
lerie, pour dire, Arrêter, affermir. Et dans
cette acception on dit, Brandir un chevron sur
'a patoue, pour dire, Ancter;. aflermir un ehe-
vrou sur la panne.
Bbanui, ie. participe et ad ject. On dit pro-
verbialement, Enlever un gros fardeau, un.
qros ballot tout brandi, pour dire, L'enlever
tout d'un coup; et, Knlever un homme tout
brandi, pour dire, L'enlever en l'état où on le
trouve. Il est fomiher.
BRANDON, s. m. Espèce de flambeau foii
ftvec de la paille tortillée. Allumer des brandons.
On appelle aussi Brandon, De la paille tor-
tillée au bout d'un b;Uon qu'on enfonce dans
(juelqucs héritages, pour marquer qu'ils sont
saisis. Et de là vient le mot, Brandonner un
champ.
EnANDOS, se dit aussi Des corps enfliimmcs
qui s'élèvent a'un incendie. Le vent poussait
des brandons qui portoient partout l'incendie.
On appctoii autrefois le premier Dimanclje
de Carême, /-cDimanc/iC des Brandons, paice
|uc ce jour-U le peuple allumoit des feux,
ilausoit à rentour,eien portoil dans les rues et
ilans les campagnes.
On dit fi^urément, et dans le style élevé.
Les braudons de la discorde. Jeter le brandon
de la discorde parmi les citoyens. Cet écrit est
un brandon de guerre civile.
BR.\NDONNER. v. actif. Mettre dc6 bran-
dons. Brandonner un héritage.
BnANDONXÉ, ÉE. parlicipi'.
BRANLANT, .OTE. adj. Qui branle, qui
penche tantôt d'un cote, tantôt de l'autre. >^i'otr
la tclc branlante , les jambes branlmtti.
On dit proverbialement et figurénient De
quelqu'un, ou de quelque chose de mal abSurC* ,
et qui paroit pr-is de tondjer, que C'est u»
Château branlant. Ce!a se dit faniilièren.ciK
d'Un vieill.ird ou d'un convalescent mbl ^auré
sur ses jambes.
BRANLE, s. m. AgiLition de ce qui cft r^-
muc, tantôt d'un cùié. tintôt de l'-iutre. Le
branle du carrosse lui fait mal. Cela a un grand
branle. Mettre les clochesen branle. 5oRner er
branle.
BnANLC. Preml^e impulsion donnée à une
chose. 5uiyrc le branle général.
Dans Cl sens-1^ on dit figurement et famiU^
renient, Etre en branle^ pour dire. Commence»
j éUc en mouTement pont faire quelque cIhjsc,
32
«70 I^ R ^^ „ :.-:r
i être en action. Cel homme enl jjaresseux ;
mais quand il «( iiiii- fols en hratile y il iii j'ail
plus ijii'un autre.
On (lit figuremcnt, Donner U hraule aiur
autres, pour dire, Les nuttre en dis|iosHlion,
Icsmellrc en train d'agir; et, /donner le hrank
à uii'. ajfiiire, pour dire, La mettre en mouve-
ment, In faire avancer, la mettre en élat dctre
liecidée. Il a donni un arand hranle à celle
ajiiire,
' On dit aussi CgureKient , 3/o((rf les antres
enhranlc, pour dire , Les mettre en train , les
mettre en mouvement.
B1US1.E. Esp:-ce de danse de plusieurs per-
sonnes qui se tiennent par la main, et qui se
mènent tour à tour. Grand hranle. Branle (jai.
Hranle à mener. Danser un hranle. Mener un
branle. Kc hranle de Metz, Us: branles de Poitou.
On dit proverbialeni. d'Uu homme et d'une
femme d'une gaieté excessive, qii'/l est feu,
qn'('//f est folle comme le fcratile ijui, ou sim-
plcinenl , comme îiranle (jai.
Bbame, se dit aussi De l'air sur lequel on
danse un branle. Juucr un branle.
On dit figurcment, .1,'encr un hranle, pour
dite, Commencer et être suivi de plusieurs au-
tres. Vous voulez que nous nous rcjalious Vun
après Vautre, menez le branle.
BiiASiE, se dit aussi d'L'ne espèce de lit sus-
pendu , dont on se sert dans les vaisseaux.
Couclier dans un hranle.
BiiASbE-BAS. Terme de Marine. Comniande-
meni qu'on fait de détendre tous les branles
J'entre U.-. ponts, pour se préparer au combat.
On fit U commandement de hranle-has.
BRANLr.MliNT. s. m.isc. Mouvement déco
qui branle. Crunltmwil de tclc. Le hranlemenl
d'un carrosse.
lîKANI.ER. V. a. Agilrr, mouvoir, remuer,
fabe aller ile-çà et de-l.'i. Branler les jambes.
Branler les hras. Branler in tète.
On dit, Bnaiier le nieiKon, lininJcr la mâ-
choire, polir dire, Manjer. Il ist bas.
BnANLKti , est aussi neutre, et signifie. Etre
■iglté, penclicr do coté et d'autre, 'foui le plun-
cher branle. La tête lui branle. Les dents lui
branlent. lîn ce sens on dit proverbial, nient ,
Tout ce qui hranle ne tombe pas.
On dil figurément et familièrement d L'ii
liomn;c qui est engagé dans un parti qu il est
tente d'abandonner, ou un poste qu'if est pris
de perdre, qu'/ï brunie au manche.
BnAKi.En, s'emploie rncore en plusi'urs
phrases, où il a diverses significations. Ainsi
on dil, Ne branlez pas de là, pour dire, 11e-
mcurez lii, tenez-vous où vous êtes, ne bongei
pas de Ih; d figuiément.quc Desenfans n'nse-
roient branler devant leur père, pour dire,
qu'ils sont dans une crainte et dans une con-
trainte continuelle devant leur pèic.
BllASLi;, ÉE. pajticipe.
BRANI.OniE. s. f. On .ippelle ainsi Un ais
posé en travers cl en cjuilibre sur qiir Iqu ■
chose d'élevé, et aux deux bout» du |ucl deu.v
cnfans font tour !i tour le contre-poiJs.
BRAVUU ou liRAG. subsl. lispi-w de chien
ERA
«iecliaiîsc. I7n bnif^ue. Vnehrarjne. Ce hra(ju^
arrCle bien.
On dit provcrbialem. Étourdi comme un
brit(^ue^ fou comnii' un hrufjue ; e.i figurt-meui
il'Un jeune étourdi , Ce$t un hnujuc. Il est fa-
milier.
BKAQUEMART. siibst. niasc. Épce rotirif
et l.irge qu'on poiloït autrefois l* lon^ de l.i
CUÎS'^<'.
BUAQUnVTENT.s. m. L'action do braquer,
nu I,;i situation de ce qui est braqué. Le hni-
iiui'wciit (/'un ciirrvssf j le hrunucmeut d un
Iîi;AQt/KR. V. art. Il ne se dit que De cer-
taines choses qu'on peut tourner et présenter
d'un côtR ou d'un autre. Braquer un timon.
Braquer un rarrosiT. Braquer le canon contre
les ennemis. Braquer une lunette.
CiîAnrÉ, ÉE. paît. Canon oraqné.
On dit fi;^urt'nient , qu'l/n homme est hva-
t^iic au sujet d'une ajj'airc,, contre une a'f»:ire,
contre une idée, pour dire, qu'il est fortement
pnîvpuu, qu'il y (st dclermli:* nient oppose. Il
L'st hunilier.
BRAS. s. m. Partie du coqïs bmn;itn qui
tient ù re'paulc. Bras droit. Bras qatiche. Brai
fort. Bras uciveux. Gros Irai;. La fvrce dx
hras. Lever f iausscr^ étendre le hras, Êtt\
hlesié au hras. Avoir le hras rompu , crisse, dé-
mis. Monlerj tirer à hras. à force de hras.
Moulin à hras. CiVicre à hras. Couper^ rompri
hras et jamhes à quelqu'un. Elle portoit un en-
fant sur ses hras, entre ses hras. Porter un
paquet sous le bras. Ils s'en. brassèrent tras tiVs-
siis, hras dessous. Il a le hras en écharpe.Jl va
les hras penda-jis.
On dit, Avoir les hras re(roussc5, pour dire,
Avoir la manche rctrou^suo de manière que !«
bras paroisse h nu.
On dit, A tour de îjrns,pour dire , De toul«
sa foi ce. il lui donna un coup de hdton à tour
de hras.
On dii,qu'f7u homme ne vit que desesbrar.y
pour dire, <iu'll est fort pauvre, et qu'il ne vil
i|ue du travail de S(?5 bras.
On dit (î^ménienl. DcMJeurer les bras crolsè$\
pour dire, U-^roeurcr sans rien faire.
On dit fif^iirL-ment d'Un Juge, d'un Arbitre,
ou de toute autre personne qui rclranehc à
ijuelqu'un beaucoup de ses droits, de ses pré-
tentions, qu'il lui coupe hras et jambes. Cet
arrêt j celle Çcntcnee arbitrale nous a couye
hras et jamhes. Cri Evaminatenr^ par les re-
tranchcmcns q:i*il a pitts à cet ouvrage^ a coupe
hras et jambes à l'Auteur.
On dit, Couper hras et jambes, d;ins un
îuilre sens, pour dire. Mettre quclqii'un dans
l'iinpuissanc»? d'agir, lui ôtcr les moyens d'agir.
Il se dit aussi pour, Décourn;^er, causer un
tjraud étonncnirnt, une sorte de stupeur cl
d'immobilild. Cette noiu'elle nous coupe hras cl
jambes. 11 est familier.
On dit fij;;u<nitnt, Se jeter entre les hras
de quelqu'un, pour dire, Ke mettre sous sn pro-
tection, recoin ir à lui potir en avoir du se-
<ours. Se voyant perscculé de tous côtesj il se
BRA
jeta entre les hras d^untet.Se jeter entre les hvs
de Dt'eu, dans les hras de sa miséricorde.
On dit, ({ulln Médecin a tiré un homme
d'entre les hras de la nmrtj des hras de la mort,
pour dire, qu'il l'u f;utTi d'un mal qui scm-
bloit mortel.
On dit figurément, Recevoir quelqu'un à
hras ouverts f jx)ur dire. Le recevoir avec
i;randc joie.
Od dit fi;^uremenl, qu't/n Itomme tend les
hras à un autre, pour dire, qu'il est prêt i le
lecevoir, à lui donner sa protection. Ce fils a
fuit de (jrandcs fautes; mais son père Vtnvite
au repentir^ et lui tend les hras. Eî on dit, que
Dieu nous iend les tr£i.s,qu'ii noi« fend le*
hras de sa miséricorde, jiour dire, qu'il est toiM
jours prêt h. nous pardonner.
On dit figiu-ément et proverbial. , -^voir quel-
qu'un sur les hras, pour dire, Ef> être chargé
im importune. Cette pauvre veuve a cinq en-
fans sur les hras. Cet homme-là est sur mes
bras, il faut que je le nourrisse. Que cet hommes
là est importun ! je l'ai toujours sur les hra*.
BnAS , se prend fignr«'nn-nt pour Puissance.
Le bras de Dieu nest pas raccourci. Et on ap-
pelle fi^uréni. /Jrds séculier^ La puissance tem-
porelle. Implorer le hras seculior. Livrer un
Ecclésinslique au hras séculier.
On dil figurément et familièrement De quel-
qu'un, qu7/ a les bras longs, pour dire, que
Son pouvoir, son crédit s'étend bien loin, ^
qu'on ne l'ofTcnsf' pas impuncmfnf.
Il se prend aussi Cf^urément pour \'.illbncff
et exploits militaires. Tout cède à Vejfort de
son hras.
On dil figuréni., qu'(7n homme est le hras
droit d'un autre, pour dire, qu'il est le prm-
ripal instrument dont cet autre se «ert eu toutes
choses.
BnAS , se dit figurément d'Un canal on d'um»
rivière qui se sépare en deux, en trois. Lu
Hhin se sépare en plusieurs bras. Le plus grand
hras est celui de Et Bras de mer, le dil
li'l'no partie de la mer q\i\ passe entre deux
terres assez piociîCïi l'um: de l'autre.
On appelle Chaise à bras, Vn fauteuil, un©
thaise qux deux côtés de laquelle il y û d« quoi
s'appuytT les bras, l'^l dans celte acception on
liil, Les hras d'une chaise, les hras d'un fau^
leuil. Une chaise à bras.
On apiKlle aussi Uras, Certains chandeberi
rju'on attache à «ne muraille, à cause que d'ft-
bord ils avoienl In figure d'un bras. Des hras
dorés. Des hras d'argent, de vermeil doré. Kt
ou .npprlle Bras de balance, hras de levier. Les
.kiix parties de la balance, du levier, qui son»
Je eût- et d'autre du point d'appui.
À BKAS. adv. À force de bias. Faire monter
le canon à hras.
BiiAS DESSUS, BrAS DESSOUS, adverbe. Avec
amitié.
lïKASER. v. act. Terme d'Armurier. C'esl
joindre deux morcenux de fer ensemMe otcc
une certaine soudure. Ce canon de fusil a de
mal hrasc , H jdut le icbraser,
&nAsÉ , ÉE. participe.
BRA
BRASIER, s. masc. Ftu decLorboiis ardeus
Bi'o^ier tirtlciit. Grand brasier.
BnAsiE n , se dit aussi d'Uiie espèce de graml
Lassin de mrt.il où l'on mit de la braise pour
échaiitTer une cSambre. Lu brasier il'arcjent,
de cmVre, de joute.
On dit fîgui't'EQenl d'L'n lionmie qui a une
fièrre ardente, qïie C^est un brasier (jue son
corps.
BRASILLER. t. a. Faire griller un peu do
temps sur de la braise. Il n'est guère d'usa°e
qu'en cette phrase, Faire brasilîer des fiches,
dans laquelle il est employé au neutre.
RnAsiLi.É, lE. participe. Des pêches bra-
silléis.
BRASQUE. s. fe'm. Mélange d'argile et de
cliarbon pil»; , dont on eu^Uiit l'intérieur des
fourneaux de fonderies.
BUASS.4GE. subst. m. Oroit du Maine dfi
Monnoies pour les frais de la fabuc.ition.
BRASS.VRU. s. masc. La partie de l'armurj
qui couvre le bras d'un Gendarme. Il étvil
armé de toutes pièces, de cuirasse, brassards,
cuissards, etc.
On appelle aussi Brassard, Une espèce ih
garniture de cuir, ou de cylindre de Ixiis. dont
on se couvre le bras pour jouer nu billoii.
BR.4SSE. s. fém. .Mesure de la longueur dei
dcu.x bras étendus, qui est ordinairement de
six pieds. Brasse de corde, i ingt brasses dt
corde,
À la mer, quand on jette la sonde pour con*
no Irc W profondeur de l'i-au , .'>n di( . on'// 5
a tant de brasses d'eau, pour dire, qu'il y f
taot de profondeur.
On appelle /*uifi de brasse, Vn fort grand
poin de vin^t ou vingt-cin(j livres.
BR.^SSEE. s. f. Autant qu'on peut contenir
entre ses bras. Grande brassée. Brassée de foin,
de bois, de paille. Emporter à briKsées. Empor-
ter une brassée, une bonne brassée.
BIl.VSSER. V. act. Remuer avec lea bras, à
force de bras plusieurs choses , pour faire
qu'elles t'incorporent ensemble. Il faut bien
brasser tout cela. Brasser de l'or et de l'argent
fondus dans le creuset.
On dit. Brasser de la bière, dn cidre, poui
dire, Faire de la bière, du cidre.
BiiA.t:)En. signifie figurém. Pratiquer, tramer,
négocier serr«'-tenient;et il ne se dit qu'en mau-
TaL.e pan. Brasser une (maison. Brasser (jnel-
ijuc chose contre l'Etat.
Bntss^., ÉE. participe.
BRADERIE, s. f. l>e lieu ob l'on brasse de
la bière. Il y a lanl de brasseries dans cette
ville.
BRASSEUR, EUSE. t. Celui ou celle qui
brasse de la bière, et qui en vend en gtt)j.
BRASSIAGE. v m. Terme de Manne. .Me-
surnge .'1 la br.isse.
BR.VSSIÉRES. I. f. plur. F.tpite de pniie
camisole qui sert à tenir le corps en état. Bras-
tieret de bastn , de futaine, de serge. Mettre des 1
brassières. Cvurher avec des brassières.
On dit ligiirément, que Quel ju' an est en
lr,iuièrei,quon le lient, qn un le met en br—-
BRA
siV'c.-, poUr c'irc, qu'il est dans un état decon-
iTuinte, qu'il n'a pns la liberté de faire ce <]a'il
voudroit.
lîRASSIN. s. m. Vais<ic;iu, cuve où les Bras-
seurs font lo bière. On appelle aussi Ihassin^
La qurtniitc de bière contenue dans la cuve.
BRAVAOUK. s. ni. Faux brave, fanfaron.
Ce n'est (ju'un bravache. Il est familier.
BRAVADE, s. f. Action, parole, inanîèrfl
par laquelle on brave quelqu'un. îl lui n fait
une bravade. Il pensait m'étonncr pi.r ses bra-
vades.
BR.WE. adj. des 2 genres. Vaillant, qui a
beaucoup de valeur, beaucoup de courage.
Briivc Soldat. Brave Capitaine. U est brave
brave comme son épvc , comme Vépee (jriM
porte. Il n'est brave qH\'n paroles. On dit iro-
nitpunient d'Un fanfaron, qnll est brave jus-
nu\iH dtnatncr.
BnAVE, se prend aussi quelquefois dans le
Style familier pour Honnête. C'est un brava
homme. "VoiLa êtes un brave homme d'être venu
ici. C'est une brave femme.
Il signifie encore Vêtu, paré de ses plus
bc.iux Ijjibits.
Cn dit familièrem. Vous voilà bien brave.
Il s'est fait brave pour aller à la noce. Brave
comme une noce^ comme un jour de Ptînues.
f les deux expressions sont proverbiales et fami-
lières. Oo dit aussi dans le même sens, Brave
comme un îapin.
BnA^T:, se dit souvest au' substantif, dans
le s^n? d** Viiîllnnt, rourif^eux. Toit^ nos braves
se signalèrent en cette occasion. C'esf un faux
brave. Il fait le brave^ etue Vcsl pas.
On le dit aussi au substantif, dans un sens
adieux// a toujours des brades à sa suite, pour
dire, Des j^ens aéierminés .'i tout faire.
BRAVE.MEM'. adv. D'une niani(Ve brave,
vaillanmirnt. Il monta bravement à Vassaut.
Ouelquofois il signifie Habilement, adroite-
ment. Il joua bravement son personnaqe. Il
s'est acquitté bravement de sa coinmissiûn. Il
î'esï bravement tiré de cet embarras. Il est du
sty'o familier.
BRAVER. V. act. Morgucr, regarder avec
mépris, avec hauteur, traifr de hnrt enbce.î/
l'alla braver jusque chez lui. Est' ce p^^nr me
braver^ ce que vous en faites?
On dit h peu près dans le uiéme sens, Bra-
ver les dangers^ brav^ la mortj pour dire,
Affronter les dangers, aflrODter la mort, s'y
exposer sans crainte.
BnAVÊ. ÉE. poilicipc.
BRAVER Wi. s. f. Magnifircnce en habits.
Les cnfans aiment la braverie. Il est du style
familier, et il vieillit
BRAVO. Terme emprunté de lllalien , doni
on se sert dans la Langue françoisc pour ap-
pliiudir.
BRAVOURE. «. f. Valeur «^clni.inte. Je >ais
qu\l a de la bravoure, il a fait pé^oUre sa
bravoure en mille occasions.
H signifie quelquefois Ijc^ actions de valeur.
En ce sens il n'est d'usage qu'au pluriel. Il ra-
conte ses bravoures à tout moment.
BRE 171
En termes de Musique, il se dit au sens de
ce qui ei^t d'une exécution di(ïictle. Àir de bra-
voure. Il est emprunté d*; ritalicu Bravura.
BRAVER, s. m.Bandige pour ceux qui sont
sujets aux descentes de boyau. 7'«rfer un
broyer. Un faiseur de hrayers.
BRAVER, v. a. Enduire de brai up v.iis-
scau.
RnATF, , ÊE. parlic'qie.
BRAVETTE. &. f. îj fente de devant d'un
Iiaut-de-chausse. Fermer sa brayc'^. Boulon-
ner sa brayette,
BRE
BRUANT, s. m. Petit oi.>»au.
lîRERlS. s. f. Qujidrupède portant laine, et
qui est la femelle du Bélier. Brebis blanche.
Brebis noire. Lait de brebis. Toison de br€bt<.
Troupeau de brebis. Mener paître les brebis.
lirehis (Jal^u$e.
Proverbialement et figurément, en prirtant
â'Une personne qu'on craint qui ne corrompe
ts autres par son mauvais exemple, on dit,
tue C'est une brebis qaleuse qu'il faut séparer
du troupeau.
On dit proverbialement et figurément, FuiVc
un repas de brebis, pour dire, Manger sans
boire; et, Brebis qui bêle perd sa qoulée, pour
dire, que Quand on parle beaucoup, on perd
le temps d'agir. Et cela se dit particulièrement
De ceux qui parlent tant à table, qu'ils perdent
le temps de manger.
On dit aussi provcrbislement cl figurément,
À brebis tondue Dieu mesure h Tcnt , poi<r
âiie, que Dieu proportionne à nos furces les
ifTliclions, les peines qu'i-l nous envoie ; Faites-
l'ous brebis , le loup vous mangera , ou , Qui se
((ij( brebtSj le loup le mange ^ pour dire, qu'il
rst quelquefois dangereux d'avoir tn^p de dou-
reur, trop de bont^; et. A brebis comptées ^ le
loup les mange, pour dire, que Quelque soin
pjue l'on prenne de bien gardti ce «pi'on a, et
d'en savoir le compte, on ne iai*:cpas quelq^ie-
fois d'être volé,
BnEBis, dîin5 le lan;;a;;e de TÉcrirure, signifie
Ta Cliréticn, en tant qu'il est sous I.i conduite
<le son Pasteur. Le bon Pasteur dcmeson âme
pour SCS brebis. Le bor» Pasteut va chachcr la
brebis égarée pour la rcmencr au trofpeuu.
BRÈCHE, c. f. Ruine, ouvertur* faite par
force ou autrement îi ce qui sert de clôture,
comme une muraille, un rempart, une baie.
Grande brèche. La brèche est praticable y on y
peut aller à Vassaut Faire une brèche. Befai-e^
réparer une brèche. La batterie^ le canon avoit
fait brèche à la muraille. Monter à la brèche.
Planter un drapeau sur la brèche. Mourir sur
la brèche. Entrer par la brèche dans une ville
conquise. La narnison sortit par la brèche.
Ccu-T qui ont t'o/c h:s fruits de ce jardin, y sont
entrés par une brèche.
Battre en brèche. C'est batirc une muraille,
un rempart d'assez prt*», avec du canon, pour
y faire hré. lie.
BaJïCiiK, se dit aussi de plusieurs autres
choses. Ft-ire une brèche à un ccutoau. Faire
175 B R E
brèche à un pâle. On a ahatlu cent nrpcns di
bois dans cette furet, c'est une (jrunde brèche.
IîitÈCH£, siijiiifie ngiirc'in. Le tort, le dom-
mage qui est fait à quelque chose, la diminution
d'un bien qui doit être conserve entier. C est
une brèche à l'honneur. Cela fait brèche a ij
fijrtune. Riparer les brèches (le sa fortune.
Brèche aux immunités, aux pnVi7t'i;es d'une
nation i d'une ville, etc.
BnÈciiE. s. f. Sorte de Marbre. De la brèche
violette. Brèche d'Alep, etc.
bRÈCIlE-DENT. s. des 2 genres. Qui a
perdu quelqu'une des dents de devant. Cet
himmeetbièchc-ilent. Cette file est bvec'he-dent.
BRliCIIE T. s. m. L'extrùniité inférieure de
la partie de la poitrine ou abouliSiCit bs côtes.
Avoir mal au bréchet.
BUKDI-CPiEDA. Expression ailvcrbialc du
style familier, qui inar.;ue qu'On dit ou qu'on
fait une chose trop à la hàtc. H nous a raconté
cela bvedi-breda. Il commence brcdi-hrcda,
sans samir ce qu'il va faire.
BREDINDIN. s. m. Terme de :Mafine. Petit
palan dont ou se sert pour enlever de médiocres
faideaux.
BREDOUILLE, s. C. Terme du jeu de Trie
Irae, où l'on dit, Avoir la bredouille, Être
en hredouil'^e, pour dire, Être en état de pou-
voir gagner les deux trous. On dit aussi, Mar-
quer bredouille, marquer en bredouille, pour
dire, Jîarquer avec deux jclous l'un sur l'autre,
qu'où est en ctat de g-'gner deux trous; et,
Gagr.er .'a partie ou ie tour bi cduui'de: . p.im
dire, Ci.igncr lcsdou/.e Irous de suite. Ou dit
aussi , Gaqner la qrande bre.îoui'lc, tire marque
i la yietile h} edcuille.
On dit figurémcirt et familièrement, Sortir
bredouille d'un lieu,d'unii os.iemhlee, pour dire,
Eu sortir sans avoir j>u rien faire de ce <pie l'on
s'e'toit propose.
On dit proverbialcnietit , Dira à quelqu'un
deux mots et une bredouille, pour dire, Lui
expliquer sa pensé» librement dans le p.irlicu-
lier, sans lui dissimuler les reproche* qu'il mé-
rite. Il est du st)le familier et badin.
BREUOUILLEME.NT. s. m. .iction de bre-
douiller.
BREDOUILLER. V. n. Parlerd'uue maniira
mal articulée et peu distincte. On n'tntend rien
à ce qu'il dit, il ne fait que bredouiller.
II s'emploie aussi activement djns le style
Aimilier. Que bredouille::^vous li? Il me bre-
douille un mauvais compliment.
BnrDOLiLLK, Et. participe. Un discours bre
douille.
BREDOUILLEUR, EU.SE. t. Celui nu celle
qui bicdonillu. On n'entend point ce qu'il dit ,
c'est un bredouiUenr.
BREF, BRtVE. adjrct. Couit , de peu de
durée, de peu d'étendue. Le tempe que vous
me donnes est bien bref. Cet homme est brcj
dans ses décisions.
Autrefois on a dit Bref pour l'etit, de petite
taille; cl cette siguific.ilioQ n'est plus en usage
qu'en parlaiit du Roi l'cpin, qu'on appelle
eucore Pe/)in le Bref.
BRE
le féminin Cnt:vE n'est piirre usîié qu'en
parlant d'une syllabe, pour dite, qu'on la pro-
noixt: rapidement. Ainsi l.i pi'oniière syllabe
de jRuce est brève, et la prcinicrc syllabe de
Gr,1ce est longue. Dans cc-m^mc sens il s'em-
ploie aussi substantivement. I-is hrè^'Cs et la
loncjites sont tiès-mar(jHCcs en Grec et en Latin.
L*iambe est comjjosé d'une brève et d^uie longue.
On dit fignrément et proverbialement d'Un
Ijoninjcqui se conduit avoc beaucoup de cir-
conspection, ou d'Un Iiomnie cérémonieux,
qu'// observe lef longues et les brèves^ et d'Un
bonm.o habile et iniclligent en quelque afiàire,
qu'// en sait les lonnites et les biévcs.
lïuKF, adv. Enfin , pour le dire en peu de
mois. Je vous ai dtjà dit (jue cela ne se pcut^
<juc cela itc se doit point , bref je ve leveux pas.
On dit riuu'iièrem., /'ci 1er hiefj pour dire,
Avoir une piononcii-l'on '■op prompte , trop
prccipilee.
V.y cnEi-'. adv. Kn peu de n;ots. Je vous le
dirai en bref. Il vieillit.
BRKF. s. m. Lettre du Tripe. Il a reçu un
Vref du Pape. Le Secrélairc des Brefs. Bref
.!postoli(iuc.
Dm>'. s. ninsc Peut Livre qui marque quel
OfTice les Kcclésias'âques doivent dire chaque
jour. ( n Bref à Vu^aji- de Paris ^ à Vusa<je di
Home.
lîKEGlN. s. m. Terme de Marine. Espèce de
ùlel à mailles étroites.
BRÊHAIG>'E. adj. f. Il se dit des femellf*
lies animaux qui sont stériles. Ainsi on apjielk
Carpe bréhaicjne ^ Une carpe qui u'n m œufs
ni laite.
BftLHAiGNE, se dit aussi Des femmes stériles,
mais seulement au subsuiilîf. C'est une bre-
haiqne. Il est populaire.
BRELAN, s. m. Sorle de Jeu de renvi . où
l'on joue h trois, à quatre ou ù cinq, et où l'on
ne donne que trois caries à chaque joueur. Jouet
au brelan. Caver au brchin.
On dit i ce Jeu, Avoir brelan ^ pour dire,
Avoir trois caries de m^-me figure ou de màim
point. Jvoir brelan d'as. Avoir brchin de liois.
On appelle aussi Brclaji favori. Le Brelan
qu'on a déclaré au commencement du jeu qui
se pjiieroit double; et Brelan quatrir.nie, Lois-
qiie la carte qui retourne est de mnmc sorte quf
les trois qu'un des joueurs a dans la ninin.
En parlant Des gens qui donnent contiiiucî-
Icmcnt îi jouer chez eux. on dit en mauvaistf
prut, qu'i/s tiennent brelan çhci ciue , que C'esl
un brelan perpétuel chez eux.
BRELA.NDEB. v. n. Jouer continuellenicnl
à quelque jeu de caries quj ce soit. Ou dit, îl
ne fait que brelander.
BRELANOII'.K, ÈRE. s. Terme injurieux.
qui se dit d'Un homme on d'une lènime qui
joue continnellcment aux caries.
lîRI-'LLE. s. f. Asscuddaf;e de pii^ces de bois
en radeau , dont on forme un train pour le faire
flolier. (Quatre Brelles font un train comylel.
BRELOQUE, s. f. Curiosité de peu de va-
leur. Cet homme vend bien cher ses brclofjucs
BRELOQUET. s. ra. Assenibbgc de plu-
BRE
sieurs petits meubles ou bijoux, comme étuis,
ciseaux, tenant A une chaîne conunune.
BRELUCHE. s. f. Droguet de fd et de laine.
BREME, s. féni. Poisson d'eau douce, plus
large et plus plat que la carpe,
BRENEUX , EU.SE. adj. Sali de matière fé-
cale. Une chemise fcreiicuse. Il est bas.
BRÉSIL, s. m. (On prononce IX mouillé.)
Sorte de bois rouge , très-compacte et très-lourd ,
fort propre i la teinture, et qui a le mén:c nom
que la Province du Brésil , parce qu'il y en croit
beaucoup. On ne se sert guère de ce mot que
dans cette phrase , Du bois de Brésil. Et ou dit
proverbialement , Sec comme du brisil , pour
dire, Extrêmement sec.
BRlSSILLER. V. a. Rompre par petits mor-
ceaux. Voilà qui est tout brèsillè.
BuKsiLi-tî, LE. participe.
BRÉSILLET, ou H-CMA TOXyi.UM. s. m.
Arbre. C'est tme espi'xfi de bois de Brésil , et de
toutes la muius estimée. Il croit dans les îles
Antilles
BRftT AILLER, v. n. Être dans l'habitude de
fréquenter les Salles d'armes . et de tirer l'cpée.
BRÈTAII.LKUR. s. m. Celui qui brétaillc.
BRET.\UDER. V. a. Tondre inégalement. On
a hretaudé ce chien. BreSauder un cheval , Lui
couper les oreilles. Bretauder les chevaix de
quelqu'un, Les lui couper trop court».
BniîIAUDÉ, ÉE. participe.
BRETELLE, s. f. Sorte de tissu de chanvre
DU de fd , dont on se sert h divers usages. il/cl(re
une bretelle à une hotte. liacrourcii . allonqer
les bretelles d'une hotte. Des bretelles pour loiw
(cni'r le haut-de-chausse. Uleltre des iirelcllej.
Porter des bretelles. Se servir de brc(el/cs.
On dit proverbialemeiu et figurém. qu't'n
homme en a jusqu'au.t bretelles, par-dessus les
hre(L*/lcs, pour dire, qu'il est fort engagé dans
lie mauvaises afliùres.
BRETESSÉ, ÉE. adj. Terme de Blason. Il *c
dit Des pièces crénelées haut et bas en aliema-
live. Une bande brctcssée.
BRETTE. s. f. P^pr'e. On ne l'emploie guèrfl
iju'en plaisanterie et familièrement. C'est iift
lidKenr de pave, qui porte toujours une Ixeltt.
BRETTELER. v. a. Terme d'Archilecliue.
r.illler une pierre, ou gratter uu mur avec Je»
insiruniens à dents.
lîaETTELÉ, tÎE. participé.
IWIETTEUR. s. m. Qui aime h se battre, i
ferr^iillc r, et qui porte ordinairement une cpéc.
liREUIL. 5. masc. Terme d'Iviux et Forêts.
Bois taillis ou buisson enfermé de haies, où le»
bêtes se retirent.
BUEUII.LI;R. v. n.En termes de Mer, Car-
!;uer les voiles.
r.REUILS. snbst. m. pi. Terme de Marine.
Petites cordes ([ui servent ù cargucr les voiles.
Voyci CAnr.L-E.
BREUVAGE, snbst. m. Boisson, liqueur il
boire. Breuvarje aqréahle, délicieux. Breuvaye
mirtionné. Les Pm tes ont dit que Le ?i'ectar
était le brcuvaqe des DieiLi : et de \k vient
qu'en parlant d Une liqueur agréable ii boire,
on dit, que C'est le breuvaije des Dieiui.
BRI
BnEDVACE, dans une signification plus par-
ticulière, se dit De certaines mëdecrucs (juon
donne !i des clievaux , des iKiufs, des vaches , clc.
Paire donner un breuvage à un chevut.
BRKVKT. suhst. m. Sorte dexpcdition non
KcHée, par laquelle le Roi accorde quelque
prjre, ou quelque titre de dignité. Brevet di
Duc, de Conseiller d'f.tat, de Maréchal di
Camp. Le brevet d'une Ahbnyey d'un JEvêchê.
Le brevet d'une pension. Faire enreqistrtT un
brevet.
On appelle aussi du nom de Brevet, Cer-
taines expéditions, par lesquelles les Princes,
les grands Seigneurs, et niciuc les Seigneuri
particuliers, accordent quelque gr.':cc à quel*
qu'un.
On appelle Ducs à brevet, Ceux qui n'ont
qiic des brevets de Duc, et à vie.
Oo appelle Brevet de rcfeniie. Un brevet par
lequel le Roi assure certaine somme sur le pri:(
d'une Charge, d'un Gouvernement, à la iemme,
aux héritiers, ou aux créanciers du Titulaire.
On appelle Justaucorps à brevet ^ Une sorte
de juslaucoqis bleu, à paremens rouges, brodé
d'or, que quelques Courtisans ont droit de por-
ter par brevet du Roi.
Od appelle Oλ/i(jii(ion par î>ret'e(.Une obli-
gation dont il n'est point resté de minute chet
le >'olaiie.
On appelle Brevet d'apprentissage ^ Un acU
passé par-devanl Notaire, par lequel un Ap-
prenti et un Maître s'engagent réciproquement;
TApprontï a apprendte un art ou un métier;
et le Afaiire à le hii montrer pendant un cer-
niu temps, et à certaines conditions.
On dit familièrement, Donner à ijuelf^u'nil
brevet f son brevet d'étourdi^ d'extravagant^
pour dire. I.e déclarer tel. Il y a long - lempt
«fuH a son brevet de radoteur.
BRF,VErAUïE.s.m.T<rmcdePiaiique,qui
n'est dusa;;e qu'en parlant Mu porteur d'un
brevet du Roi, en matiore Bcuéncialc.
BREVETER, v. a. Donner & quelqu'un le
brevet d'un Office, d'un Emploi ou d'une Pen-
sion.
Bn^vET^. ir.. participe. Qui a un brevet
flrevric du Roi.
BRÉVIAIRE. 9. m. Une conietiant l'Offici
<jue ceuv qui sont dans 1rs Ordtcs sncrés, o«
qui joiu'sscnl de quelque Réncfice, sont oblii;cf
de diie t*ins les jnurs. Brêv'aire Romain. Brê-
rii.iie de Paris. Acheter un Bréviaire.
Il se pn'iid plus p.irticulièrrmcni pour l'Of-
fice m^nir que doivent dire chaque jour ceuj;
qui y sont obligés. Dire jon Bréviaire.
B R I
II r»
BRIBE. 5. fi'm. Gros morceau de pain. Vnt
brihe de pain. ïl a mangé une hribe de painbis.
Il est populaire.
Bnisrs. nu pluriel, «e dit pir extension rt
familièrement, Dc!! murcenux de viande que les
Taicts se:r.*nl. ou que l'on dnime i eux qui
demandent l'aumniiF. Ce juear avoil de bonnes
hribjs diius son sac. Ils mirent tout*.* /eur.«
bribes eiuemlle.
BRI
Oo dit Cgurement, et toujours en mauvaise
[Jarl, Des bribes <i'iin liVre, d'un ou^rane,
pour dire, Des cilalions et des phrases prises
ile-çî» et de-15 sans clioix.
BRICOLE. 8. f. Celle paille du Iiamois d'un
clieval de carrosse, qui passe sous les coussi-
nets, et qui s'atraclie de côté et d'autre aux
boucles du poitrail. /)eJ bricoles neuves.
On appelle aussi Bncoïcs, Certaines longes
de cuir dont se servent les porteurs de cliaises,
poiu porter la cliaise.
linicnLE. ^ju jeu de la Paume, C'est le retour
tle la bîilîc quand elle a frappé une des nni-
railles des côtes. Jouer de bneole. Un coup de
bricole. Mettre de bricole dans le dedans.
On se sert de ce terme au jeu de Billard .
poui signifier, Le cliemiu qu'une des billes
fait pour rencontrer l'autre , après avoir frappe
une des bandes. Faire une bille de bricole.
On dit fi;^uement et proverbialement De
iiucl<]u'un qui use de voies trompeuses et dé-
lourrtées : // joue de bricole. !l ne va que par
bricoles. Je me défie de ses bricoles. Il a voulu
me donner une bricole. C'est un ternie em-
prunté du jeu de Paume.
On dit figurément et adverbialement, Di
bricoïe, par bricole, pour dire, Indirectement.
S'il ne peut parvenir là directement., il y vicn^
dra de bricole, par bricole.
B111COLF.S, au pluriel, est aussi Une espta
de rets ou de filet pour prendre des cerls, des
daims, etc. Tendre les bricoles. Le cerf a
donné dans les bricoles,
BKICOI.ER. V. neut. louer de bricole i la
Paume ou au Biliad. 7( est adroit à bricoler.
Lorsqu'un homme ne va pas droit en beso-
•ne dans une affaire, mais qu'au contraire il
biaise, on dit familièrement, qa'll bricole.
BBIDE. s. f. La p.inie du liamois d'un che-
val, qui sert à le conduire, et qui est composée
de la lélicre, des rênes et du mors. Mettre la
bride à un cheval. Lui tenir la bride haute. Lui
tenir la bride courte. Rendre la bride. Lâcher
la bride à un cheval. Lui mettre la bride sur le
cou. Courir à toute bride, à bride abattue.
Tourner bride.
BninE. se prend quelqucrois pour Les rênes
\cules; et dans ce cent on dit, qu'{/" cheval a
rompu sa bride, I.oicqu'il a rompu ses rênes;
cl on dit, -Veiier un cheval par la bride. Lors-
qu'on le mène en tenant les rênes.
On dit figurém. Tenir quelqu'un en bride,
pour dire, L'emp<'!cher de faiic ce qu'il veut;
Lui tenir la bride haute, lui tenir la bride
courte, pour dire, Le traiter avec quelque
orii- de sevcrilé, de pcur'qu'il ne «'échappe;
tt Aller bride en main dans uue affuire, pour
dire, Y procéder avec bc.iucouji de retenue et
de circoiisjicction.
On dit auvi figur(<m?nt, Lâcher la bride à
quelqu'un, lui mettre la bride sur le cou, pour
dire. Ne le pluj tvleiiir comme on fâisoit, l'a-
bandonner à sa propre volonté, Il sa propra
conduite; et on dit , Lâcher la bride à ses pas-
tioni, p«iir dire, S abandonner entièrement i
ves liassions.
BRI ,73
On dit figurément. Courir à bride abattue
après les plaisirs, pour dire. S'y porter sans
aucune retenue; et quTii homme court à bride
abattue à sa ruine, à sa perte, pour dire, qu'l!
se porte ardemment et inconsidérément à quel-
que cliosc, sans voir que ce qu'il recherche est
capable de le prrdre.
On appelle figurément et dans le style fami-
lier, JBrides li veaux, De sottes raisons, de sols
. raisonucmens, qui n ■ sout capables de persua-
der que dis gens simples. Tout ce que vous
dites li'i sont brides à veaux.
BnioE , se dit aussi De diverses autres
clioses qui servent i l'habillement. Ainsi, en
parlant d'Ln béguin d'enfant , on appelle
Bride , Le petit cordon de fil qui passe sous le
menton de l'enfant, et qui sert à tenir le bé-
guin en étal sur sa tète. On appelle aussi Briife,
en parlant d'Une boutonnière et d'une chemise.
Les poinu en travers qu'on met, aux deux ex-
U'émités de la iKiutounlcre et à chaque ouver-
ture de la chemise , pour empêcher qu'elle ne
se déchire. Et en parlant Des points de France,
de Venise, de Malines, on appelle JSriifcs, Les
petits tissus de fil quiservemàjoindrelesfleurs
les unes avec les autres.
On appelle Toiirnc-bn'tJc, Certaines aulier-
ges construites dans le voisinage des Cli.Ueaux,
Maisons de campagne, et destinées h loger et
nourrir, en payant , les gens et chevaux étran-
gers qu'on ne reçoit pas dans ces Châ-
teaux, etc.
BRIDER. V. a. Mettre la bride h un cheval ,
a un mulet, clc. Brider un cheval, et absolo-
menl , Brider, Il est temps de brider. Bridez , il
faut partir.
BitiDEit , signifie aussi , Ceindre et serrer
étroitement. Vn bé(juin qui bride trop un en-
fant.Son^ justaucorps le bride.
On dit. Brider le nez à quelqu'un avec une
houssine, avec un fouet, pour dire, Frapper
quelqu'un au travers du visage avec une hous-
sine, avec un fouet, etc.
On dit figurém., qu'On a bridé un homme
jar un contrat, ou par un autre acte, pour
dire, qu'On a mis dans le contrat, dans l'acte,
des conditions qui l'obligent indi.spcusablemeiil
il se tenir dans de certaines bornes.
On dit aussi fi^urcmeut et proverbialement,
Brider la bécasse, pour dire, Eugager adroite-
ment quelqu'un de telle sorte, qu'il ue puisse
plus s'en dédire, l'altraper, le tromper. La bé-
casse est bridée.
BniDÉ , £1;. participe. Cheval sellé et bridé.
On appelle par dérision , Oison bride, Une
personne niaise et sotte. C est un oiso/i.bruié.
Celle femme n'est qu'un oison bridé.
BUIUON. .s. m. Esp.^cc de bride légère qui
n'a point de branches. Mener un chcv.il avct
un bridon.
BRIKI", EVE. adj. Court, de peu de duriic,
prompt : c'est la même chose que Bref ; mais
Bricf n'est guère en usage que dans la Pra-
tique. Il a été crié à trois briefs jours. Ils en
ont fait bonne et briève jutlice.
Ou dit, Briève description , briéve narration,
17-4
BRI
et non pas, /îrèi'e, pour dire, Courte 3c«crii>-il-
tion , coiirie narration.
On (lit aussi, Brièi'e Sentence, pour dire,
Une Snitcncc rendue promptement.
liRIKVI'.MKNT. «dv. D'une niauitre briève
ri ^ourle. Il tious raconta hrici'cmctit. E^pli-
fjuez-moi cclti bricvcment et nettement.
BRitVETK. s, f. I.e pcn de durée de qiicl-
que cliosc, La brièveté de la vit: I.a hnéveté du
temps. La hricveti' de son règne l'empêcha d'exé-
cuter tout ce ifu'il omit projeté.
BRIl'"i;. s. r. tires morceau de pain. Il esl
populaire,
BRU'F.R, V. art. Terme populaire, qui si-
gnifie, Manger avidcn-.enL Ces ijem-lù ont bon
appétit, ils auront bientôt hrifé tout cela. Ili
hrifent comme il faut.
BnirÉ, ÉE. participe. Le dîner a été brifs en
tm moment.
BRII'EUR , EUSE. s. Celui ou celle qui
brife. C'est un bon brifcur. C'est une qrandc
hrîjt'use. Il est populaire.
BRIGADE. 5. f. Troupe de f^ens de guerre
d'une môme Compa?,nie, sous un OITieicr que
l'on nomme Brigadier, Brigadier des Gardes
du Corps.
Il se dit aussi De plusieurs bataillons ou es-
cadrons d'une armdc , qiii sont sous le com-
niandcment d'un Officier principal , appelé Bri-
gadier.
On dit au.esi : Brigade d'Àrchers. Brigade
ie Gardes. Brigade du Guet.
BRIGADIER, s. m. Celui qui commandr
tinc 'Biljidc. Il est Brigadier dans une telle
Compagnie. Vn Brigadier de Ciivuleric. Un
Brigadier d'Infanterie. Brigadier de Dragons.
Brigadier des arnrées du Roi.
BRIG.AND. s. m. Volenr de grands cliemins.
Une troupe de brigands.
Il se dit par extension , De ceut qui font des
exactions et des concussions. Ces petits Juges
lont de vrais brigands.
BRIGANDAGE. s. m. Voleriesur les grands
ricmius. Ce n'étoit alors gue brigandages par
toute la France.
B111CANDA61: , se dit aussi par extension ,
jTour Concussion, ex.ieiioTi ùijusle, déprédation,
et mauvaise administration de la ,Jur.tice. Les
Traitans furent punis pour les br\gandages
qu'ils nfoiciil exercés sur les peuples. Il s'est
fait de grands brigandages dans les Finances.
C'est une Juridiction où il se fait guclguefoU
de grands brygandages.
Il se dit aussi, dans le sens absolu. De toute
aapicc de volcrie, pillage, d&ordrc, etc. Ces!
un brigandage.
BRIGANDEAU. s. m. Vn maître brigan-
deau. Terme d'injure, pour dwigncr Un Pra-
ticien fripon. Ou dit firailièrenient , Un bri-
nuiidoiiM, pour. Un petit lirig.md.
RRIG.\NDER. v. n. Voler , vivre en brigand.
CVjI un Iwmmcgui n'a fait <pte hrigandcr toute
fa vie. Des gens qui se sont attroupés pour bri-
gander. j^
BRIGANTIN. s. m. Sorte de petit vaisseau '
^ }tmla et ti raroes pour aller en course. Courir, _
BRI
la mer avec un hnqantin. Pirater avec un hri-
(jantin.
BIUGNOLE. s. f. On appelle ainsi Une sorte
de prune qui vient fie Brif^iioles, Ville de Pçr>
vence. Vue hoite de prunes de hrlnnoles. Une
compote de hr'ujnoïes. De bonnes hriqnoles.
lîRKiUK. s. i". Poursuite vive qu'on fait pnr
le moyen de plusieurs personnes qu'on eng;i^e
dans ses intérêts. Faire ifiie hrinue, des hnniics.
Cela se fît par hrinue. Obtenir quehjue <:lto>c
par brique , à force de bricjnes. Il ne s'einploit-
^vière que dans un sens odieux.
Il se prend aassi ponr (Cabale, faction, parti.
Ai^oir jine forte brique. Une puissante briqtte.
Toutes les briques se réunirent en sa faveur.
BRIGUER, V. act. Pomsuîvre par brigue,
Bc servir du concours de plusieurs personnes
pour obtenir quelque cliose, lîrinuer unemplo' .,
une dicjniié. Brirjucr les roi-r, les suffrarjc-
d'une compagnie.
Il signifie aussi simplement , Rocberclier avec
trdcur, avec empressement. Briguer les bonnes
vrJceSj la faveur, la protection de (juelqu^tn.
BniGuÉ, ÉE. participe.
BRIOUEUR. s. m. Oui l>rigiip. Il y a heau-
toup de hricjueurs pour cette Chargct il est de
peu d'usage.
BRILLAMMENT, adv. D'une n.anièrc bril-
lante. Ce "Jorr^n» de musique- a été brillamment
exécuté. Cet Ojjicier i'est montré brillamment
dès sa première campagne.
BRILL-'VNT, AM'K. adj. Qn'i brille, qui a
un gtand éclat. P^^s brillant que le soleil. Vtu:
htmière brillante. Vn dianwJit fort brillant.
Il se dit fi}:^U'ement des Choses morales cl
ïpirituelles. C'est un homme (fui n fait des ac-
lions bri/ltintes. La valeur^ la géMérosité, la
Mbéralité, sont des vertus hrillautes. Une pièce
lie Poestc pleine de pensées brillantes.
Brillant, est aussi substantif; et alors il si-
(;nifie, Éclat, lustre. Les perles orientales ont
un rertaitt brillant gui ne se trouve point dans
les atitres.Ce diamant-là a plus de brillant ijuc
l'autre.
Ou dit figurémenl dans erite acception,
qu7ï y a du brillant dans un Poème, ou dam
une pièce d'Eloquence , pour dire, qu'On y
irouve beauco'ip de beautés brillantes et d'un
g'-ond ceint.
On dit aussi figurcment d'Une pîùee d'Klo-
quenec, i[u'Elle est pleine de futur bnllaus,
pour dire. qu'Elle est pleine de penv'cs ingé-
nieuses, mais frivoles, fausses, ou mal Qp,ili-
quces au sujet. Et on dit au.ssi fip;urem. d'Un
liomme qui a beaucoup d'imagination et de-*-
prit, m&is peu de jugement, qu7ï a j^lus de
brillant que de solide.
Bnir.LANT, s. m. se dit aussi d'Un diamant
laill-; à facettes pnr-dessns et par-dessous. Vous
avez là un fort beau brillant. Kt dans ce niênio
sens on appelle Diamant brillant, U l'adjerlii ,
Un diamant laillé de la sorte.
BRILLAM-EU.v. act. Il no sedit gu^^c que
Des diamans qu'on taille à facettes, par-dessous
comme par-dessus. Brillanter un diamant,
BRLLLA^T^:, ée pnriitipe.
BRI
On dit quelquefois fi^u^ém., Un style hrii'
lanté, pour dire, Un style cliargc d orncmens
rec]iercli«*s.
BRILLER. V. n. Reluire, jcttr une lumièie
étincelantc, avoir de l'éclat. Le soleil brille. Les
étoiles brillent. Il y a des diamans qui brillent
plus les uns gue les autres. Ses yeux brillent
d'un vif éclat.
On dit aussi, que Les fleurs brillent dans un
parterre; et d'Une belle personne, qu'£//c
brille et gu^elle a de Véclat.
BnlLLKn, se dît figurement De la gloire, de '
la vertu , des belles qualités et dcR productions
de l'esprit. iSiJ gloire brdle dans tout VUnivers.
Lu valeur^ la libéralité^ sont les vertus gui
brillent le plus en ce Prince. Cet Ambassadeur
brilloit dann cette Coury par sa magnijicence,
La vertu brille dans l'adversité. C^esi l'tndroit
de sa pièce gui brille le plus. Son esprit brilla
partout. C'est un homme gui brille dans toutes
les compagnies où il st trouve.
BiuixEn , se dit aussi d'Un chien de chasse,
i[ui quêle et qui bal beaucoup de pays. Cet
vpagneul brille fort dans une plaine.
BIUMBALE. s.f. Levier qui sert à faire aller
une pompe
BRIMBALER, v. act. Agïier, secouer par
un branle réitéré. Il se dit principalement Des
pioches quand ou les sonne mal et en désordre.
Ces sortneur» ne fout gue brimbiderles cloches^
aue brimbaler toute lu nuit. Il est familier.
Bni:\nîlr.É, tv^ participe.
BRLMUOiUOÎ^. fc. m. Cnlifidiet, babiole,
chose de néant , nu de i>eu de valeur. Que voi^
Icz-vous faire de tant de brimborions? Son
cabinet n\'st plein quede bnm^orio/j.ç. Il esl du
Hyle familier.
BRIN. s. m. Ce que le grain ou la gnine
pousse d'abord hors de terre. Brin d'herbe. La
qréle n'a pas laissé dans ce pré un brin d'herbe.
Le seigle et le froment ont déjà jeté de bcaitx
lirins.
Il se dît aussi Des scions que les plantes et
les arbustes poussent, et de la tige des arbres,
ipiand elle est droite. Des brins de marjolaine.
i)cs brins de romarin. Couper des brins de fagot.
Onditd'Une poulrequi est longue cl droite,
ijuc C'est un beau brin de bois. Un beau brin
(le c/jénc, de hctrCs etc.
On appelle eu Charpenlerie, Bois de fcnn,
Le bois qui L-'a point été fendu par la scie.
Tout ce comble est de bois de brin. Solives de
bois de brin. Solives de brin.
On dit fignrément et dans le discours fami-
lier, eu parlant d'Un jeune Iiimme grand et
bien fait, que C'est un Iteau brin d'homme; et
d'Une fdle ou dune femme grande cl bien
faite, que C'est un beau brin de fille y un beau
brin de femme.
BniN, se dit aussi Des cheveux, du poil et
du crin. // n'a r^nc dewv ou trois brins de che-
i*('ii.r de chague côte. Arracher le crin d un
cheval brin à brin.
Il se dit nussi d'Une plume d'aulntelio. Il
avoit un beau brin de ^lume à .son chapeau.
En pailaul De cerlaiocs choses , comme
BRI
paille, foin, fourrage, bois, etc. on dit qn7l
ii'v en a pus un biin, pour dire, «ju'll n'y en a
point du tout. Il n'u pat un brin de bois pour
te àiauffiXi. Il n'y avoil pas un brin de paille,
pas un brin de fourrage dans tout le oamp.
Et on dit proverbialement, en parlant IJe
toutes sortes de choses , qu'il n'y en a brin ,
pour dire, qu'il n'y a rieu de Vi cliJSe dont ou
parte.
BniN-À-BiiïN, Kxpression ad\erLiale. Succès-
livemcnt, l'un après l'aulr'". Oler l:s mauvaise
herbes d'un jardin brin-à~brin.
Bniîi d'estoc, s. m. Long bâton ferré par
les deux bouts. Sauter un fossé avec un briii
d'e^loc.
BRINDE. s. f. Un coup (ju'ou boit i la
iauié di! ijuelf|u'un, et que l'on porte à uq
•ulre. U n'est guère d'usage t]ue ;{atM ce» pîafi"
ses. Faire des br'indes, boire des brindes, pont
dire, Boire des santés à la ronde. U est vieux.
BRINDILLE, subst. f. Brandie menue d'un
arbre.
BRlOCiri;. s. r. Sorte de Pilisseric. Bonnt
brioche. Commander des brioches à un Pulissier.
URIOINE. Voyez CoinjiUvntE.
BRION. s. m. .Mousse ([ui croit sur l'écorce
des arbres, et parlieulièrcment sur celle dct
diéiics.
BRIQI'E. s. f. Terre argileuse et roitge.Ure.
pétrie et moulée, puis seclice au soleil ou cuite
ou feu. et dont on se sert pour bi\tir. Carreau
de brique. Bâtir de brujue. Maison de brique.
Bastion revêtu de brique, l'.n Orient , ou
faisait cuire ta brique au soleil.
Ou dit aussi Brique d'êtain, de savon, etc.
pour, Morceau d'ctain, de savon, qui a la tiguri
d'une brique.
BUiQUEr. s. m. Petite pièce d'.-rcier, dont
on se s rtpour lirerdu feu d'uu caillou. Battre
U briquet,
BiUQl'ET.VGK. s. m. Brique contrefaiu
a\ec du plâtre et de l'ocre. Tout les dcvam dt
la niiiison ne sont que de briquetaqe. litvétil
en briquelaye.
On appelle aussi Briquetaje, De» morceau]
de terre cuite qu'on unit avec du ciment, et
qui font une bonne construction. CoFisIruin
en briquetarje.
BRIQUEl'ER. T. s. Contrefaire de la briqus
»7ec un cndu'l de pUlre et d'ocrc sur une mu-
raille. '/ vut le devant de la maison est briqucté.
BnpjiETK. FE- participe. On appelle Urine
bi'iquetée, Qlle qui est de couleur de brii|ue.
BRIQUEfERlE. s. f. Lieu ou l'on Ciil de
la Lriijue.
BRigUEflER. s. m. C, lui qni fait ou qui
vend <lc la brique.
RUIS. s. m. Tcrn:e de Talais- Fracture. U
n'est d'usage qu'en parlant De la rupture d'un
«celle ou d'une porte avec violence. Le Juije
ordonna le bris du portes. Il est accusé de bris
de scellé.
Bris de prison, se dit «ussi pour Une simple
évasion de |irisuu. LU homme accusé de bru
ie prison.
Bais, signifie aussi, Les piices d uu vai3-
BRI
\eau qui s'est brise i-n donnant contre les ro-
flicrs ou sur les bsincs. Le hris des vaisseaux ^
après Van et jour pnssc-i saiis réclamation , ap-
parlietit au Seigneur du lieu où la mer le jette.
Buis, en termes de Blason, siguiGc Une
bande de fer propre îi tenir une porle sur ses
gond*..
BRISANS. s, m. pi. Terme de Marine, qui
se dit De» vagues de la nier pous.sc-os inipi!-
tucuscmtnt contre la c6tc. Il y a dts hrtsan^
fort rudes à cette côte^ sur cette cote.
Il se dit aussi Va ccueits qui sont îi fleur
d'eau. Ventrée de ce porl est pleine de hrisam.
BUISCAMUII.LE. s. f. Jeu de cart<squi se
joue ontie deux personnes.
lîUlSE. s. r. lerme de Marine, >'oin (pion
lionne à de petits ve«ts frais et périodiques
daas cectâios çier^.-
lilUSÉES s. f pi. Branches que le Veneur
ronqjt aux orhrcs, ou qu'il sème dans son rlie-
miiij pour reconnoiue l'endroit ou est la hêtt',
Et où on l'a <lctourDce. Faire des brisées. Aller
hu.T brisées.
On dit fîi^urenient. Suivre les brisées de
^uel(ju^un , pour dire, Suivre son exemple,
l'imiter; Courir y aller sur les brisées de ifucl-
(■li'un, pour dire, (Courir sur son marché, en-
irer eu concurrence, en rivalité avec lui.
On dit aussi, Heprendre ses brisées ^ revenir
tur ses brisées^ pour dire. Reprendre nue af-
faire, un dessein qu'où avoit abandonne ou in-
lerr(unpn.
BnisÊES, au propre, se dît aussi Des bran-
tbfs qu'un coupe dans un tallis, ou li tie
[;rands arbres, pour marquer les bornes dr-.
toujies.
BRISKI^IENT. f. m. Il se dit Des flots qui se
brisent coutre un r'-clicr, une dij^tiCj une côte,
etc. Le brisement des flots fat beaucoup d-:
bruit en cet endroit.
BiiisRAiENT, se dit aussi figurcmenl en ma-
tière de picië, d'Une vi'bémente douleur de ses
péchés, de la contrition de cœur. Le baisemenl
de cu'UP est une manjue de convertior.
BRISER, V. a. Rompre cl meiire en pièces.
Briser une ports. Le coup lui brisa l'os. Briser
en mille pièces. Les }iéiéti(^ues ffui s'êlcvèrené
ious Léon l'haurien, hrisoient les images.
Ou dit (igurcm. , que Des peuples ont brîsè
leurs fers, pour dire, qu'Us se sont délivres
d'une domination l\r.inuique ; et poifiiquemeut,
qu'j 11 ufiiarit a brisé ses chaînes y pour dire,
qu'il s est di>^agé dc sa po^^iou, de la passion
qui l'cncbainoit.
BnsKn, signifie aussi, Fatiguer, incommo-
der par une agitation trop rude. L'agitation
du Carrosse Va brisé. Ce cheval a un train
rude (jui m'a tout brisé. Il est brisé dc fatigue^
de lassitude. H se tent tout brisé du dernier
accès de fièvre, il a le corjts tout brise.
BnisEn, est quelquefois neutre; et alors il
ist terme dc Marine, et signifie, Ileurlcr ovec
impéluosité, avec vioteocc. Aiusi ou dit. Le
vaisseau alla briser contre un écueilj nous
allâmes briser à la cufc, pour dire, que La
LuupéU porta le v anse au cou ire un écueil, jeta
17/5
BRI
le vaisseau b la cote où il se brisa. On dit aussi,
que La mer brise contre la cale, pour dire ,
qu'ElIc est poussée inipeliicuscmeut CQQtrs lu
ci'.tc.
Lorsqu'on veut emp&licr quelqu'un de cod
tinuer un di.scaius qui déplaît, on dit dans b
slvle fàniilii r, Hnsuns /ù, brisons là-dessus,
Bniscn , s emploie aussi avec le pronom pcp
sonne! , et si unifie , Ltre n.is en pH'-ccs , se cas-
ser. Le va,sseau se bi*a coutre le rocher. Le
verre, la jnience, la porcelaine, se brisent fa-
cilement.
On dit prov';rbialement, Tant va la cnuhe
à l'eau, i(ii'ii lu |fn elle se fc/iiie, pour dire,
iju'On s'expose tant Je fo'is au danger, qu'à la
fin on y périt.
BniSEu, se dit aussi Bc plusieurs ouvrages
f}o f«r 01 Hi» hoift. r.nnu>os(ls dc diverses nièces
qui , fiaiii. juiiitcs ciinc,iu>i3, pcuveot tnsAm^...
se plier, s'allonger et se raccourcir, fn bois de
Ut, une table, un fauteuil, qui se brisent. Des
(orles, des fenêtres qui se brisent. Ceu.t qui
ont chet eux des orr^ncbuies qui se brisent,
sont condamnés à l'amende.
BnisEn , v. n. se dit aussi en termes d'Ar-
moiries, pour dire, .Ajouter une pièce d'Ar-
nioirie à l'ccu les armes pleines d'une .Maison ,
afin de distinguer les liranclics cadettes de lu
liianclie aine'!. Briser d'un lambel. Briser d'un
lion. Briser d'une barre. Briser d'une bordure
dc queules.
BnisÉ, ÉE. participe.
On appelle, en termes dc Blason, Clenron
linséy Lu chevron dout la tcte est SL'p;ici,'e. /l
porte d'or à trois chevrons brisés de ijueules.
BIUSE-GCiU. s. m. On appelle ainsi Uu es-
calier fort roi'ie, où il est aisé de lorubcr, si
on n'y (ircnd bien garde. Cet escalier est uik
brise-cun. Il est du style familier.
BillSE-tJLACE. s. m. Espè'Cc d'arc-boulant
qu'où met en avant des piles d'uo pont pour
briser les glaces cl les séparer,
IÎR1SE-R.4ISON. s. m. Celui qui est don)
rh.ibiludo de parler sant suite et hors de pro-
pos. Cet /iO(Mine-lti n'est qu'un brise-raison.
BRISE-SGKLLÉ. s. m. >Iot devenu popu-
laire, piur désigner Un voleu." qui s'appropria
et enlève ce. qui ctoit cousigné sous la f4i du
tcellé.
BRISE -VEXT. s. m. Terme d'.-lgricullnre.
(ilotiire faite pourarrètci' relTurt du veut, cl tu
garantir les arbres,
BRISEUR. 3. m. Celu' qui brise, qui rompt
qucljuc chose. U ne se dit qu'eu parlant Des
ilérctiqucs qui brisoii nt les images, et qu'un
uonunoit Iconoclastes , ou Briseurs d'images.
iilU.SIî*. s. m. Ternie d'.irchilecture. L'angle
que forme uu comble brisé, tel que dans Ips
mansardes. Il lune dans les brisis du chtiteau.
BRISOIR. s. m. lostruiuent ^ briser. Uns'rn
sert parliculièremeut h briser du chanvre et de
la paille.
BHLSnUE. s. f. Sorte dc jeu dc cartes.
BRISURE, s. f. Partie fracturée, détirliée.
Il y a des biisures dans ce parquet, dans eeltt
huilerie.
TjS BRO
En termes di- Blason , c'est Une pièce d'ar-V
moirie <]iic les c.ncl<'ts ajoulent i l'ccu des armes
pleines de la Maison dont ils sont.
BRO
BROC. s. masc. (On ne prononce pas le C. )
Sorte de gros vaisseau d'étain , ou de I)ois re-
lié avec des cercles de fer, dont on se sert pour
tirernne grande qnantite'dcvinà la fois, et quia
noe anse. Mettre du Tin dans un broc. Emplir,
vider un troc. C'est un liomme qui fcoiroil un
hroc de vin.
Bnoc, s'est dit autrefois pour Broclie, et il
en est encore reste cette phrase familière ,
Manger de la viande de broc en bouche, pour
dire, La mauf;er sortant de la broche.
De Bnic ET DE BHOC, expression adverbiale.
De-çà, de-là, d'une manière et d'une autre. 71
a ramassé des écus de bric et de broc, comme H
; pu. De hric et de broc il s'est composé une
assez jolie fortune. Il est populaire.
BROCANTKR. v. neut. Achcicr, vendre et
troquer des curiosile's , comme tableaux ,
bromes , mëdaillcs , bijoux , etc. C'est un
homme nui ne fait cjue brocanter.
BROCANTIOUH. s. ina.sc. Celui qui achète,
qui vend , et qui troque des curiosités. C'est
un On brocanteur. Il fait le métier de brocan-
teur.
BROC.4RD. s. m. Parole de moquerie, rail-
lerie piquante. Donner un brocard. Donner
des brocards. Un diseur de brocards.
BBOCARDICR. v. a. Piquer Dor des paroles
plaisantes et satiriques. Brocarder le tiers et U
quart,
Brocafidé, ée. participe.
EROCAROEUR, F.U.SF.. s. Celui ou celle
^i dit d( s Ijrocards. C'est un brocardeur odictix.
BROCART, s. m. Étolll' brochée de soie,
d'or ou d'argent. Brocart d'or ou d'arcjenl.
Hahit de brocart. Jupe do brocart. Du brocart
de X^cnisc. Du brocart de Lyon. Du brocart de
Gènes.
BROCATFLI.E. s. f. fitoffe fabriquée ,i la
manière du brocart, et de moindre valt-ur. Une
tapisserie de brocatclle. De la brocatelle de
.Venise
On appelle tuasi Brocatclle , Une sorte de
jnarbrc d'Italie qui est jaune et violet, ou rou-
^citre.
On appelle encore Brocatclle, Une sorte de
marbre de plusieurs couleurs. Il y a plusieurs
9ipêccs de brocatelles.
BR(X'.HANT" adj. masc. Terme d'Armoiric,
qui se dit Des pièces qui passent toutes entière!
'd'un côte de i'écu h l'autre, en couvrant «ne
partie des autres pièces dont l'ecu est cliargc,
Lts anciens Ducs de Bourbon portoient de
France à la bande brocliant sur le tout.
On dit figuréntent et familii^rement , Bro-
'citant sur le tout , en parlant d'Un surcroit re-
marqunble. Il a eu la iic\>re, la nouttc, et un
wros rhume brochant sur le tout.
On dit de même , Ils sont sic, et un tel bro~ *
enant sur le tout. lï est communément employé
flans un sens dérisoire , pour désigner Quel-
BIIO
qu'un de nulle importance, gu on compte par-
dessus le marché.
liKOCHE. s. f. Ustensile de Cuisine, instru-
tuent de fer long et poiulu, où l'on passe la
viande qu'on veut faire rôtir. Mettre de la
viande à la broche. Mettre à la broche. Mettre
en broche. Tourner la broche. Tirer la viande
de la broche. Il faudrait encore un tour de
brocli-î. Cela se dit pour la viande qui a besoin
d'élrc un peu plus rutie.
lînoCHFj sit;nifie aussi Une espèce de cbe-
ville de bois pointue, dont on se sert pour bou-
cher le trou d'nn tounenu qu'on a percé.
l'noCHK, se dit aussi De certaines petites
verges de fer dont les ïilcuses se servent à leur
rouet, et de celles dont on se sert ii tricoter, en
les faisant passer dans !e (il ou dans la laine
pour former àv.s mailles.
On appelle Onip à double broche jVne sorte
lie drap plus fort et mieux façonné j mieux
frappé que le drap ordinaire.
Ou appelle aussi Broche ^ Une j>ointe âv
fer qui est dans la scrrm-e, et qui doit entrer
dans le trou d'une clef forée.
Btioche, se dit aussi d'Une baguette de bois
ilontonSQ sert à enfiler diverses choses, commis
des cierges , des rhaudclles , des liarengî»
Il se dit aussi De cette petite verge de fer
qui sort du milieu d'un cnrlon qu'on met poui
Ûrer au blanc. Donner dans la broche.
Broches, au pluriel ,est un terme de Chasse,
ijui se dit Des défenses du sanglier.
BROCHÉE, B.f.ioute U quantité de viande]
qu'on fait rôtir h une broche. Une brochée di
viande. Il y avait je ne sais combien de fcro-
c/i:cs de viande au jeu.
BROCHER. V. aet. Passer l'or, la soie, etc.
de côté et d'auue dans réloffe. Brocher uni
étoffe, la brocher d'or et d'argetit^ la broche.}
de soie.
BnoCHER, en parlant De reliure de livres,
se dit Des livres dont on n"a fuit qu'assembli'!
et plier les feuilles, les cahiers, en les cousant
avec de la ficelle passée dnns lamarj^e intérieure.
Faire brocher un livre. Il ne^l pas besoin dl
le relier^ il ne faut nue le brocher.
HnocnEU , signifie aussi , lixécuter à la bâte
}l ne prend pas le temps nécessaire^ il ne fait
nue brocher la hesofjne. Je n'ai m'is que mon
idée sur le papier y j'ai broché cela en deu.r
heures.
On disoit autrefois. Brocher des éperons,
^urdirc, Piquer un cheval avec les éperons
ïl est vieux.
BiioCHF., ÉE. participe.
BHOCIIKT. s. m. Poisson d'eau douce, qui
a la chair blanche et ferme, la tète Ionique,
et les dents pointues. Vn qrand brochet. Un
vieu.r brochet. Le brochet est vorace. On ap-
pelle Bf'ochcl carreau^ Un fort gros brochet.
nilOClIICTON. 5. m. Petit brochet.
BROCHETTE, s. f. Petite broche de lK>is
dont on se sert pour tenir la viande en état J
la bruche.
On dit, FAever des oif^eaux à la brochette,
jDOUi dire, Élever de ^^tits oiseaux, en leur
BRO
tlonnant h manger au I>ont d'nn petit bàtod;
Kt on dit au fi^ré et faniUitrem. Vn etifant
élevé à la broc/ienr,pi»ur dire, Élevéavec beau-
coup d'attention et de soin.
On appelle Brochettes^ Des morceaux da
foies gras et de ris de ve;iu, passes et rôtis daris
de petites brochettes de bois ou d'argent. 5erf)r
une pièce de bœuf avec des brochettes.
BROCHEUR, EUSE. s. Ouviier, ouvrière
qui biorlic des livres.
ItROCHOIR. 8. m. Marteau de Mniéchal
propre i ferrer les clievanx.
BROCHURE, s. f. Action de Inoelier un
livi'e. Cette femme esf^occupée à la brochure^
Des livres en feuilles et en brochure.
On donne aussi ce 'lora à des livres impri-
més, de peu de volume, et qu'on ne vend
puère qu'en brochure et non reliés. Petite
hroclmre. Forte brochure. Cette brochure est
assez rare.
BROCOLI, s. m. Espèce de chou qui nous
vient d'Italie, et dont on a conservé le nom
ItJilien. Manqer des brocolis. Ih se mangent
ordinairement en salade.
BRODEOUIN. s. m. Sorte de cliaussure an-
li(|ue qui couvre Je pied et une partie de la
janJje, et qui n'est en usage que dans de cer-
taines grandes cérémonies. Mettre les sandales
et les brodequins à un Kvêque.On chausse fît*
brodequins aux Rois à leur sacre. Des brodc'
quins en broderie.
BnoDEyiiiN, est aussi Une chaussure donl
se servent les Comédiens quand ils jouent de*
tragédies.
BnoDEQDiîJS, au pluriel, se dit d'Une soife
de question qu'on donne avec des plancW et
des coins dont un se sert pour serrer fortement
les jambes d'un accusé. Donner les brodequiiut
à un criminel.
BR0DI':R. v. act. Travaifler avec laiguille
sur quciquc étoflfir, et y faire des ouvrages d'or
ou de soie f0 relief. Broder un habit. Brodtr
un lit.
On dit figurément, quTn homme broda
bien un conte, pour dire, qu'il orne, qu'l
embellit bien un eonte. ICt on dit dans le même
senSj Broder une nouvelle, pour dire, I. 'am-
plifier, y ajouter des circonstances pour la
rendre pUis intéressanu:.
BnonÉ, V.V.. participe.
BRODERIE, subsl. f} Ouvrage de celui qui
brode. Broderie relevée. Broderie plate. liicn^
broderie. Travailler en broderie. Faire de la
broderie. Une étoffe toute couverte de broderie,
ïlahil en broderie,
Figurcmeut, Broderie signifie, Les circon»-
lances que l'on ajoute ,i un conte, à une nou-
velle pour i'eml)cllir. Il y a de Ut broderie^ un
peu de broderie à ce que vous dites.
BRODEUR, KUSE. subst Celui, celle qui
brode. Porter wne étoffe chez le brodeur, i ne
habile brodeuse.
On dit proverbiilem. Jutant pour le bro-
deur, pour dire, qu On n'ajoute jmint foi h oe
jUC dit quelqu'un, et qu'on n-gardc ce qu'il d<t
comiue un conte fait à plaisir.
BRO
BROIF ou M AQLE. s. f. Instrument propre
à lirovcr le cliau\Tc et le lia.
BiioiE, dans le mime «cas, est un terme de
Blason.
BROIEMEXTouBROÎJIE.VT.s.ra. Laclioii
de broyer. Le hroiemenl des couleurs.
BnOJIOS ou BROMOT. s. m. Plante com-
prise dans la cl.isse de celles qu'on nomme
Granun. Ses feuilles ix-sseniblent à celles di
l'avoine sauvage. Elle est déiersive et vnlno-
ruire.
BROSCH.IDE. s. f. .\clion de broncher.
5on cheval jit une hrouchaile.
BRO'CHER. V. neut. l'aire un faux pas.
cliopper. Une pierre m'a fuit hronehcr. Un
cheval qui hrunche.
11 signifie llgnrenient Faillir. // ne faut pal
broncher devant lui.
Dans ce sens, on dit provcrbialem. et fi"u-
remenl, iju'/J n'y a si bon cheval qui ne bron-
che, pour dire, qu'il n'y a point d homme si
l]«bile ijui ne fasse queKiuefois des fautes, qui
De se Uoinpe quelquefois.
BROKCIIES. s. f. pi. Terme -d'Analomie.
C'est ainsi qu'où nomme les vaisseaux du pou-
mon qui reçoivent l'air.
BRO>CHl.VL, .VIJ2. adj. Terme d'.4nato-
niie. (Jui appartient aux bronches du jrounioo
1*eine bronchiale.
iJRO>'CIIIES. s. f. pi. Les ouies des pois-
ions. Voyez Bn.tscHiES.
BRO^f:o(;ÉI.E s. m. Terme de Médecine.
Goitre, liin eue rpii croit il la gor^e «ntre l.i
pe^ui et la trachcc-artire.
BiiONroro.inEou larvngoto.mie. s. f.
Terme do Chirurgie. C'est une incision ou un<
ouverture qu'on fait h la tiaeliée-artère dam
une violeute esquinancie.
BROXZE. s. m. Alliage de cuivre, d'étaiii
et de zinc. Une statue de bronze. Le cheval di
bronze. Des médailles de bronze. Graver sur le
bronze. Fondeur en bronze.
Bnos7E, se dit aussi d'Une figure de brome,
î'oi'dl un beau bronze. Il aime Us bronzes. Il
a de beatLi bronzes. Un bronze antique.
On dit en fait de Médailles, Le grand bronze,
U pelil tron:c , cl le moyen bronze, pour
dire. Les grandes, les petites et les moyeaoes
Médailles de bronzr.
Oo dit, qu'l/'n homme a le cœur, un atui
de bronze, pour dire, qu'il a le coeur fort dur.
r.RONZER. V. a. Peindre en couleur de
broTitc. Bron:crunes(a(/ie, uni'ase.On brome
aussi des canons de fusil pour les préserver de
la rouille.
Il signifie aussi. Teindre en noir; et en ce
sens il ne se dit guère qu'en parlant Des gants
«des soulicrsqu'on porledans le deuil. Bronzer
Jts gants. Faire bronzer des souliers.
Bno^a:, Et participe.
BROniART. ». m. Nom ,pie les Chawicurs
doiuirnl .lUX Ivtes fauve* d'un an.
BnOOUinTE . 5. f. .Sorte de petit rl„„ de
fer h tilt. .^cLlcr de la broqueite. .Illaclier une
l.ipisserie avec de la ^„,urtle, une estampe
>^"c une hroquette,
Tume /.
BRO
BRO.SSAILLES. Voyez ltBOiJs5Ai11.ES.
BROSSE, s. f. Sorte d'L'siensile scrvsnt à
nettoyer les habita, ou à otor la poussière et la
crasse, et fa:! de brins de hruyérc très-fins, ou
(le pi.il de cochon et de sanglier. Des brossa à
nettoyer les habits. Une brosse à ucKoycr la
tt'tc. Une brosse à panser les chevciLc. U faut
donner deux ou trois coups de brosse à ce
cheval.
BnosSK, se dil aussi d'Une sortede gros pin-
ceau, dont on se sert pour eoiuhcr ou pour
étendre les couleurs.
BROSSER. V. a. F.otier avec ur.e brosse,
nettoyer avec une brosse. Se brosser ta» tête.
Brosser un luihil. Brosser un cheval. Se faire
brosser.
BnossÉ, Eu. participe,
BROSSER, v. n. Coune ix chevtl ou à pied
nu travers des bois les plus épais et les plus
r< rts. Brosser dans les forets, dans les bois.
BROSSIER. s. m. C--lui qui fait ou vind des
brosses. Marchand Brossier.
BROU. s. m. L'écaic verle des noix. Le brou
des noie sert à divers usages, selon qu'il est
réparé. Des noi.c confites avec leur brou. lia-
'ajia de brou de noix. Boire du iroii de noix.
BROUEE. s. f. Bruine , brouillard. Une
'irouée qui s'élève. La brouée tombe. Lue brouéc
pii se dissipe. Brouéc froide. Brouée épaisse.
BROUEf. s. m. Ejpècc de bouillon au lait
et au sucre. En ce seus il n'est guère d'usage
'[ue dans ces phrases, Le brouet de l'épousée,
i.e hro'tet de l'accouchée.
On dit quelquefois Brouet, pai mépris , d'un
niécliant ragoiit. Il a craint de t.!tcr de cebrouct
r i , c'est du broueL
Provcrliialcmenl et figurenient, en parlani
d L n dessein , d'un projet qui n'a abouti à rien,
on dit, que Tout s'en est allé en brouet d'an-
douilles.
BROUETTE, s. f. Espèce de petit tombereau
ïui n'a qu'une roue, et qu'un homme pous.se
levant lui. LVoucKc de Jardinier. Brouette de
Vinaigrier.
BnoitTTE, seditaussi d'Une sorte de chaise
ï diux mues, t-'ée par un homme. 5e faire
traîner dans une brt uelte.
On Jit provcrbialem., Pousser li la brouette,
pour dire, Aider au succi». U est du style fami-
lier.
BROUETTER. \erh. net. Traosport«r dans
une brouette. Brouetter de la terre, ats gra-
vons, etc.
U si.;uifie aussi , Mener dans une petite chaise
à deux roues. Je nie suis fut brouetter tout le
jour.
BnocETit, ÉE. partiape.
BROUEl lEUK. ». in. Celui qui traine des
humilies d.ii:s les brouettes.
BROUEITIER. subsL m. Celui qui troiis-
|ioi le des u-i rcs ou d'autres fardeaux dans des
bioueiies qui oui une roue.
BKOUII MI A. s. m. i.ulécl. Biuit confus qu'on
fait a un spectacle , .'1 une action publique . .'1 une
pièce de 'rhéiltre. etc. p..ur marquer .q>proba-
tion ou inipiobation. On u fut un grand hrou- j
BRO 17^
haha à cette Comédie , on y a fait de grandi
brouhaha. Il est du style familier.
BROLII.LAMIM. s. m. Désordre, brouille-
rie, confusion, .\insi on dit , qu'/( y a bien du
brouillamini dans une affr.ire. pourdiie,qu'Elle
est embrouillée, quon n'y comprend rien. Il
est familier.
Les Marceh.-iux appellent BroiiiK.imini, par
coiTuplioD, Un emplâtre pour les chevaux fait
de ImjI d'Arménie.
BllUUIl.I.VRU. s. ni. Vapeur épaisse et or-
dinairemr-nt froide , qui obscurcit l'air. Un
brouillard épais. Brouillard qui s'élève, qui se
dissipe. Vn brouillard puant. Le brouillard est
tombé.
H semplcie au figoié. le n'y vois qu'un
brouillard , Je n'y démêle rien. On dit d'Up
discoureur qui échappe a la discussion, à laido
dis obscurités qu'il fait naiiro, qu'/l se sauve u
travers les brouillards.
B110UI1.1.AP.D, est ,iussi adjectif; mais dans
cette acception il n'est d'usage que dans celle
phrase. Papier brouillard, qui se dit d'Un cer-
tain papier qui boiv, et qui est ordinairement
de couleur gris:' ou fcuiMe-mortc.
liUOUlLUi. s. f. Brouillerie. Il y a de la
brouille dans le ménage. Il est populaire.
BllOLlLLE.ME.NT. s. m. Mélange, coniti-
sion. U ne s'emploie q\ic dans le langage familiet
BROUILLER. V. a. .Mettre pèle-méle, mêler.
U a brouillé tous ses papiers. Brouiller plusieurs
'■'ins les uns avec les autres. Et on dit. Brouiller
au vin. pour dire. Remuer un muid. un ton-
neau, une bouteille de vin , en sorte que la !:•
et le sédiment se mêlent avec la liqueur.
Il signifie figurément , Mettre de la confusion,
du désordre. Brouiller des atj'uires. Cif homme,
SI Ion n'y prend garde, brouillera tout.
On dit figuréincnt et familièrement, d'Un
homme à qui ) amour trouble l'esprit , que
f-'umour lui a brouillé la cervelle, l'esprit.
On dit aussi figurénient et familièrement ,
Brouiller les caries, pour dire. Chercher !i
mettre du trouble , h embrouiller les alTaiies ;
Brouiller deux personnes, deux amis l'nn avec
l'autre, pour dire. Les mettre en mauvaisein-
telligence; qu'i/'ii homme est brouillé avec le
lion sens , pour dire , qu'il n'est pus raison-
nable, qu il est extravagant; et qu'/l »( lirouillé
avec l'argent comptant, pour dire, qu'il n'n
point d'argent . ou qu'il ne sait pas en garder.
Brouiller du papier, se dil pour, Écrire des
choses ir.uliles ou riiliculcs.
BaouuxEii, se dit aussi absolument, pour
dire, l'aiiv lis choses avec confusion, soit par
igourancc, soit par malice. Il n'a ni réijle ni
ordre dans l'april, il iie fait que brouiller.
BnoL'ii.LEn , se met aussi avec le pronom
personnel, cl signifie S'embarrasser, se troubler
en parlant. Il se brouilla tellement , qu'il ne
savait plus ce qu'il disait,
Oudk,niir DeiLrpersonnessesontbrouilléet,
pour dire , qu'Elli s ont crssé d'eue amies ; et
que Le temps se brouille, pour due, que Le
ciel se couvre de nuages.
BnuDiu.i:, ix. participe. Des œufs bronUtà.
•j3
178 BRO
BROUILLERIE. s. f. Désunion, niésintelli-
f;cncc, dUsension. 71 est arrivé une brouillerie
entre eux. C'est lui ijiii est cause rfc leur brouiUe-
I ie , de toutes ces hrouiUerics.
liROUUXON.OSNE. ad). Qui a accoutumé
de )>roniller , qui ne l'ail que brouiller, que s em-
brouiller. C'est un es}irit hrvuiUon , ri-c humeur
brouillonne.
U se preud aussi subsluuiivement. C'est un
brouillon. C'est une biouillounc. On ne sait
jamais ce iju'il veut dire, c'est un brouillon.
BnouiiLON. s. m. Ce qu'on écrit d abnrd, ce
qu'eu jette d'iibordsur le papier, pour le uictlre
ensuite ou net. Voilà mon brouillon. Je n'en ai
fait qu'un brouillon.
BROUIK. V. a. Terme qui se dit Ces blcis et
des fruits, lorsqu après avoir été attendris par
une gelée blanche, il survient un coup de soleil
qui les brûle, qui les grille. Le soleil a broui
iusnu'tnuv feuilles des arbres ù fruit. Des fruits
brouis. Un épi broui.
Bnoui, IE. participe.
BRUUIS-SURK. s. f. Dommage que la gelée
fait aux fleurs et aux premiers bourgeons des
arbres.
BROUSSAILLES, s. f. pi. Les épines , les
ronces, et auues sortes de bois semblables, qui
croiss"nt dans les {orèts et en d'autres endroits.
Ce ne sont tjue broussailles partout. Un jaçjot
de broussailles.
ii'cchappcr par les broussailles , se dit pour,
Échapper conmic on peut. Il se dit aussi (igu-
rément pour , Se dérober par des subterfuges à
quelque raisonnement embarrassant.
BROUSSIN D'ÉRABLE, s. m. Excroissance
qui vient h l'érable. On se sert du broussin dans
la tabletterie.
BROUT. s. inasc. On .ippellc ainsi ce que le
hois des jeunes taillis commence h pousser au
printemps, et que les bêles vont manger. Les
rerfs aiment le broui , vont au troul.
BROUTANT, .ANTE. adj. Qui broute. En
Vénerie, Les bttes broutantes. Le cerf , le daim ,
le chevreuil, etc.
BROUTER. V. a. Paitre , manger l'Iierbe, la
feuille des arbres. Il ne se dit guère qi.'; De
fhcrbe qui tient h la terre, et que de la fcuiik
attaché'.' h l'arbre. Les moulons broutent Vlierhe.
Les chèvres broutent la feuille, lebourcjcon,etc.
h» famine fut si grande en ce pays-là , ijiic les
pauvres furent réduits à brouter ilierbe.
On dit proverbialement , Où lu chèvre est
attachée, il faut qu'elle y broute, pour dire,
qo'On doit se résoudre à vivre dan» l'étal où
l'on se trouve engagé.
On dit aussi d'Un homme qui a de l'indus-
trie, que L'/ierbc sera bien courte, s'il ne trouve
de quoi brouter.
Broité, ée. participe.
BROUTILLES, s. f. plur. Menues branches
d'aibre» dont on (ait des fagots. Des broutilles
jTour faire des ftnots.
BnotJTiLi.ES, se dit aussi De plusieurs petites
choKS inutiles et de nulle valeur.
BROYER. V. act. (_I1 »e conjifjue comme
Employer, j PUer, caM«T, réduire en poudre.
BRU
Broyer au poivre. Broyer des couleurs. Broyer
menu.
BnOYÉ, Es. participe. Pain hroyé , Espèce
de petit pain blanc qui est peiri fort dur.
BROYI-:UR. s. m. <:clui qui bicie.
BROVON. s. m. K^pècc de molctîc avec la-
quelle Ips linprimeui-s broient le vernis et le
noir dont ils composent leur encre.
.BRU
BRU. s. f. I-a femme du fils par rapport au
pt'rc et y la mère de ce fils. (>n la nomme aussi
Belle-jiUe. Elle a épousé mon fi/s, c^est ma bru.
BRUrOLAOUK. s. m. Nom que les (irecs
donnent au cadavre d'un excommunie, et à ce
que le peuple appelle Revenant.
BRUGNON, s. m. Kspi^cc de pèclie ou de
pavie. Brugnon vîvlet. Bruqnon jaune,
BRUINE, s. f . Esptce de petite pluie froide.
La hruine a qaté les blés.
BRUINER, verbe impersonnel , qui se dil
De la biuine "•i tombe. Il bruine. Il ne pleut
pas bien /or(, il ne fait que bruiner.
Bruiné, ke. participe. U n'est d'usaï;e q\x'o.n
parlant Des bl''s. Les blés onf été bruinés, c'est-
j-dire, Ont été g.'ités par la lïruine.
BRUIRE. V. a. II n'est guère d'usage qu'Jj
l'infinitif, et h la troisième personne de l'im-
parfait de Vindicatif, où l'on dit, Il bruyoit.
Rendre un son confus. On entend bruire les
îmaue5, le vent^ le tonnerre. Les jlotsbruyoient.
U n'a point de pnrticipedu prctèrit. On dit h
raclif, LVuyanl, qui n'est souvent uu'un similis
adjectif. Flots bruyatis. Trompette bruyante.
Voix bruyante.
On appelle Vn homme bruyant^ Un liommu
qui se rend importun par le bruit qu'il fait. Il
est du style familier.
On dit qu'Une rue est bruyante, pour dire,
qu'On V liii' . qu'on y entend l>eaucoup de brnît,
BRUISSEMENT, subst. m. Espèce de bruit
confus. Le bruissement des vagues. Vn bruis-
sement d'oreilles.
BRUIT, s. m. Son ou assembla'^e de sons,
abstraction faite de toute articulation distincte,
et de tonte harmonie. Grand bruit. Petit bruit.
Bruit sourd. Bruit confus. Bruit éclatant. Le
bruit du tonnerre. Le bruit du canon. Bruit
agréable. Le bruit de Veau. Le bruit des flots.
On dit, Loin du bruit, pour lire, Loin du
tumulte et du commerce du monde. Se retirer
loin du bruit. On dît. Sans bruit., pour, Tuur
doucement, sans qu'on soit entendu, Ou le fit
entrer sans bruit; et, Faire beau bruit, }X>ur
dire , Gronder , se fâcber . sVmj>orter. S'il vient
ù savoir cela^ il fera beau bruit j vous verrez
beau bruit. Ce dernier est du style familier.
BnuiT. signifie aussi Nouvelle. Le bruit court.
Il court un mauvais bruit. Vn bruit .^ourd
Semer^ faire courir des bruits. Vn faux bruit.
C'est un bruit de ville. C\st un bruit gui court.
Il s'est réjuindu un bruit.
On dit. Il n'est bruit gue de cela, il en est
grand bruit (/uns /c moruie, jîour dire, qu'On
en parle lienucoup.
Ou dit proverbial, qu'l/n homme n'aime pas
BRU
«f bruit, x'il ne le fait^ pour dire, qu'il prend
des libertés qu'il ne veut pas permettre aux
autres, et qu'il s';irrogc le droit de parler d un
ton ïiaut avec -nutorilé, et ne veut pas soufTiû
que les autres parlent de même.
On dit aussi, qu'L^n bomme est hcn c/uv<il
de trompette^ qu'il ne s^étonne pas du bruit ^
qu'il ne s'étonne pas pour le bruit^ pour diie,
qu'il ne s'épouvante pas aisément.
BnuiT, se dit aussi De l'éclat que font ccr-
t.^ines clioses dans le monde; et dans ce sens
il se construit 'toujours avec le verbe Faire.
Cette affaire fait du bruit, fait grand bruit.
htoufft'Z cette affaire, n'en faites point de bruit.
On dit. Chasser à grand bruit, pour dire,
Chasser à cor et à cri avec une meute et des
piqueurs.
On appelle Bruit de nucrre, Un concert
d'insirumens guerriers,
À c-RAND DRuiT, Signifie aussî , Avec faste,
avec ostentation. C'est un homme gui marelle
toujours à grand bruit. Et par opposition, l'on
dit, À petit bruit, pour dire, Secrètement,
sans éclat. Faire guelt^ue chose à petit bruit. Il
fait set affaires à petit bruit.
BnujT, 6c prend aussi pour Démêlé, que-
rella. Ils ont eu du bruit ensemble. Il y a eu
du bruit entre cilt.
BauiT, signifie aussi, Murmure, sédition.
Il y a bien du bruit dans cette Province y dans
cette Ville.
Il signifie aussi, Réputation, renom. Elle a
mauvais bruit. Avnir bun bruit. On dit pro-
verbial, et figurém. , Â beau se lever tard, guî
a bruit de se lever matin , pour dire, que Quand
on a acquis une bonne réputation, on ne la
perd pas aisément.
BRÛLANT, ANTE. adj. Qui brûle. Le so-
leil est bien brûlant. Vu vent brûlant. Vn plat
brûlant. Fièvre brûlante. 21 a les mains brû-
lantes.
Il se dil fij;urément pour, Vif, animé. Vn
zclcbrûlant. Vnc brûlante ai:deur de combattre.
Style brûlant.
BRÛLEMENT. s. m. Action de brûler, ou
liât de ce qui brûle. Le brûlemetit des titres
d'une créance.
BRÛLER. V. a. Consumer par le feu. Brûler
une maison. Brûler des vaisseaicr. Brûler du
bois, de la paille, du charbon. Brûler des pas-
tilles. Chez lesOrccset chez les Romains^ on
brnloit ordinairement les morts. Brûler pfl
bomme tout vif Le brûler à petit feu.
Il signifie aussf. Faire du feu de quelque
cbose. En ce pays-là, on ne brûU gue du
charbon de terre, gue de la tourbt, que du
cliarhon.
On dit, En cette maison-là on ne brûle gut
de la cire, pour dire, qu'On ne se sert que de
bougie; et, On ne brûle gue de la chandelle,
on ne brûle gue de l'huile, pour dire, On ne se
sert que de chandelle, on ne se sert que de
lampes à huile pour éclairer.
On dit provrrhialem. et figurêm., qu'l/n
homme brûle sa chandelle par les deux bouts ^
^X)ur dire, qu'il mange son bien nul à propos,
BRU
en Ciisant i la fois plusieurs dépenses diflc-
reiiles.
On dit provcrbialem. et figurem. J'en vien-
thaï à bout, ou j'y brûlerai mes livres ^ poui"
dire, qu'Où icra tout son possible, qu'on em-
ploiera toutes sortes de moyens pour venir 5
Iwut de quelque chose.
On dit figiu'e'meut, en p:»rlant De lettres
passiimiitrs, qu Elles brûlent U papier.
C>n dit, Briller la cervelle à (fuclipi' un ,\youT
dire. Lui casser la tète d'un coup de pist*>lol
lire à bout touchant.
Brûler du 111/1, C'est mettre du vin sur le
feu pour le distiller et en faire de l'eau -de- vie.
BrCler, se prend oussi quelque-fois pour.
Échauffer excessivement, causer une violente
dialeur, desscclier par une chaleur excessive.
Cela me brâUj me brûle les mains. Cela brûle
le sang. Il a une jlcvre (jui le btûle. Le soleil a
brûU touU la campagne. Le soletl lui a hrûlt
le teint.
On dit aussi par extension, Brûler j en par-
lant De leffet du froid excessif. La gelée a
brûlé la racine des arbres. La neige brûle les
souliers.
On dit Ëgurémcnt et dans le style familier,
Bnîler un gîte, une poste, uneètape^ la dlnèe^
pour dire, Passer un gite , une poste , une étape ,
le lieu de la dinêe, sans s y arrêter.
BrCleh. v. n. Ètrecousuiiié par le feu. Voilà
une maison nui brûle. On voyait de loin des
vaisseauxgui brûloieni. Le bois sec brûle mieujc
que le bois verL
It signifie aussi simplement, £u'e ciiaud.
Touchez ses mains, elles brûlent. Les mains lui
brûlent
BniLEn, au neutre, signifie figurém. , Être
possédé d'une violente passion . en être ardem-
meot épris. C'est un nomme f^ui brûle d^ambi-
tion. Il brûle d'amour. Il brûle pour elle. Il
brûle du désir de se signaler.
Il ftc dit aussi pour exprimer simplement un
grand désir, une extrême iinpatieucc de faire
quelque cliuse. Je fcrdlc de vous revoir. Je brûle
d'aller lu.
On dit Cgurémcnt et proverbialement d'Un
homme inquiet et impatient de faire quelque
diosc, d'aller quelque part, que Les pieds lui
brûlent.
Proverbialement ei 6|;urcm. ^ Quand quel-
qu'un n'a pas mis au jeu, et qu'on veut I y
ûire mettre, on dit , que Le tapis brûle. Kl
quand on vfut faire hâter quelqu'un qu'on
attend it diuer , cl qui s'amasc trop, on dit ,
Pendant t^ue vous vous amusez^ le rôt brûle.
Cela s applique aussi à beaucoupd'autr* s choses.
BniLEfi, se met aussi avec le pronom pcr-
sooml, ri signifie, comme diins le neutre, Être
brùic. On ne peut toucher cela sans se brûler.
On dit proverbial' ment rt ligurém., quX'n
homme est i-enu se brûler ù la chandelle^ Lors-
que ne voulint qur s'amuser aupri-s d'une jolie
pcrsonno, it m dc\ifnt amoun-ux. On le dit
HUMi d'Un homme qtii , scduit par c^uetque .ip-
pareitcc , tombe dar:« quelque inconvcnii-nt
couaidcrable, utestcm**- lui-nkme de s« perte.
BRU
Il s'est venu bnîlfr à ta c'iundel/e; cur s'imo-
ginant iju'il n'y avoit point de preuves contre
lui, il s'est remis en prison^ et on lui a fuit son
proc'S.
On dit adverbialement, Tirer à brûle pour-
point, pour dire, Tirer à i)out portint, et de
si près, que l'on ne puisse f;uère manquer son
coup; et fif^mcment et familièrement, Dire li
(judfju'an ses vérités à brûle pourpoint, pour
signifier, Irfs lui liire en fjce et sans niéun^e-
ment. Oudildcm^mc, C'est une raison à brûle
pourpoint, un argument à brûle pourpoint,
pour dire, Uni; raison convaincante, un arjju-
mcnt convaincant.
DniiLB, Éi;. participe. On appelle Pnin tnife,
Du pain trop cuit; et Vin brûlé ^ Du vin qu'on
a mis sur le feu avec des épiceries.
On appelle figurcmcnt. Cerveau hrûlê, cer-
velle brûlée, Un fanatique, unlionunequl porie
tout it l'excès.
BnCi.Ê, est aussi quelqucfuîs subslautif. //
sent ici le brûlé, c'cst-.'i-ili.c. On y sent l'o-
deur de quelque chose qui brûle, ou qu'on a
brûle. Cdte bouillie sent le brûlé j a un goût
de brûlé.
IlKtJLEUR. s. m. U n'est ^uire d*nsa|;c
qu'en cette phrase. Brûleur de maisons. Kt on
dit proverbialement, d'Un homme mal babille
cl tout en desordre, qu'/! e:^t fait comme un
brûleur de maisons.
BKÛLOT. s. m. Sorte de Bitimoiit rempli
de matières Combustibles , et destiné pour brû-
ler d'autres vaisseaux. // y avoit dans l'al•mé^
trente navires et six brûlots. Un Capitaine tU
brûlot. Accommoder une vieille frégate en brû-
lot. Attacher un brûlot à un vaisseau de guen'e.
On appelle Brûlot, Un morceau très-salé el
très-poivré.
En parlant d'Un homme de parti, ardent,
mquiet, et qui est une espèce de lioutc-feu, on
dit figurément et familièrement, que C'est un
brûlot.
BRULLT^E. s. f. L'imprrssion que le feu
fait sur la peau, ou sur quelque autre chose,
lorsqu il en brûle un endroit. C'est une bnilure.
La cicatrice de la hrûlip-e. De l'onguent pour
la brûlure. Le ftu tomba sur ses habits, et y
fit une grande brûlure. C'est un trou de brû-
lure.
BRU>LAX, ALK. adj. Qui vient l'hiver, qui
appartient h l'hiver. /'/(in(c brumale. Les Ilo-
mains célcbroient ., T/nvcr, en /'honneur de
BacchuSy les fêtes bru'nales.
BRUME, s. f. Terme de Marine, Brouillard
épais. Les ennemis se retirèrent à la faveur
d'une brume qui survint.
BUUMKL'X.adj. Couvert de brame. Temps
brumeua*. Ciel brumeux.
BRUN, U>E. adj. De couleur tirant sur
le noir. Teint brun. Cheveiur bruns. Habit
brun. Drapbrun. Gris-brun, vert-brun. Beauté
brune. Elle est brune, bnine-ctuire.
Bitcv. s. m. Coulcui brune. Cette étoffe tire
sur le brun, elle est d'un beau brun, d'un beau
gris-brun. C/iei'ui bai-brun.
On dit, Sur U brune, pour dire, Ver» la
BRU 179
commencement de la nuit. Je le rencontrai sur
la brune.
BncNelBnt-iE, sedisent aussi au substantif,
d'Un homme brun, d'um* fiUc ou femme brune.
Un beau brun. Vue belle brune. L ne brum
claire.
On dit, qu'/i commence à faire brun, pour
dire, que La nuit approche.
HRUNELLE. s. r. piaaic vulnéraire. On
l'enq>loie partirulicrcmeui dans les maladirs de
la gor«c et du poumon.
BRUN'ET, ETTE. s. Uirainuiit de brun. Un
beau brund. Lue petite brunette.
Ou appelle J5rune((es, De petites chansons
tendres et facdes à chaciter. Il y a des Recueils
de Bruneltes.
BRUNI, subst. m. se dit en termes d'Orfè-
vrerie, par opposition au mat. Le mal et le
bruni sont, dans un ouvrage, les diverses par-
tics, dont les unes ont l'apparence du mat, ol
les autres sont respleudlssames de poli.
BRUNIR. V. a. Rendre de couleur brune.
Faire brunir un carrosse.
Il signifie aussi à l'actif, Polir, lisser. Brunir,
de l'or. Brunir de Tari^ciii. On dit aussi, Brunir
de l'acier, pom* dire. Lui donner une certaine
préparation qui le rend plus brun.
Il est aussi neutre , et signifie. Devenir de
couleur brune. Les cheveux de cet enfant étoicnt
blonds, maij Us commencent à brunir. On dit
aussi à se brunir.
BncNi, lE. participe. De l'or bruni. De Var-
gentbruni. De Vacicr bruni. Des armesbrunies,
BRUNISSAGE, s. m. Ouvrage du Brun'is-
seur,vu action de brunir. Le brunissage de la
vaisselle, des ouvrages d'or et d'argent.
BRUMSSEUU. s. m. Artisan qui brunit la
vaisselle d'arf^ent. Porter de la vaisselle d'ur-
<7e/it chez le Biunisseur,
BRUNISSOIR, s. m. On apiK:lIe ainsi Un
instrument de fer, ou une dent de loup dont
on se sert pour brunir les mélaux, et pour
les polir.
BRUMSSURE. s.f. Façon tpion donne aux
étoffes que l'on teint pour diminuer et brunir
leurs teint?s, afin de mieux assortir les nuances
des couleurs.
BRUSQUE, adject. des 2 genres. Prompt et
rude, iîommc brusque. Femme brusque. Hu-
meur brusque. Air brusque. Réponse brusque.
Et on dit quelquefois, ftiirc une rt^'onse bruj-
qucj pour dire, Faire sur-le-champ une réponse
sèche et dure.
BRUSQUEMENT, adverbe, D'uue manière
brusque. Bepondre brasf^ue/îien/. Faire quelque
ehose brusquement. Ou dit, Charger brusque-
ment les ennemis , pour dire , X>es charger
promptement et vivement, sans leur donner le
loisir de se rcconnoitrc.
BRUSQUER. T. a. Offenser quelqu'un par
des paroles rudes, inciviles. C'est un homme
dangereux, il brusque tout le monde.
En parlant D'une petite place de gucne qui
ne mérit'' ims un siège dans les fi.>rmes, m.iic
ju'on peut enijmrter d'emblée, on dit, que
C est une Place qu'il faut brusquer. Kt od dit,
a3.
i8o
BRU
Bruicnter l'aventure, yo\ir dire, Prendre î>ruS'
quemeut son parti, au linsnrd du ce ipii pcuf A
en oriiver.
Brusquer une afliiire, La faire vite, sans
préparation, sans ménagement.
lîMjsQU^. , ÉE. participa.
liRUSQUERIli. s. f . Caraclcrc de ce qui est
brusque. Dire une hrusijuerie. Se permettre (ies
brus:juenes.
BRUT, UTK. ailj. Oui n'est pas poli, qui
est .ipre et raboteux. (LcTse prononce au mas-
cnlin.) Du sucre bral, ilu cachait fcrni, qui
n'est pas rallini!. Il se dit ordinairement Pes
diamans et des pienes dures. Vn iliitmiiiU
brut. Des iliiwums bruis. Vue pierre brute. Du
marbre brut. On dit d'Un jardin qui u'esl pas
encore achevé, arrangé, .iccommodé. tpi'/l csl
encore (oui brut.
Bbct, se dit fignrément Des ouvrages «l'es-
prit qui ne sont qu'chaucliés, et auxquels un
u'a pas encore mis la dernière main. Je ne puis
■uoi« montrer cet ouvrarje, il est encore loul brut.
BncT, se dit Des manières de quelqu'un qui
a encore besoin 'de culture. 71 a des manières
brutes. Je l'aivu arrivant de son villacje encore
tout brut.
BRUTAL, ALE. adjrcl. Tenant di la bcte
brute, grossier, féroce, emporté. Homme bru-
tal. Esprit brutal. Couraje brutal. Valeur bru-
taie. Passion brutale. Le trait est brutal.
On dit d'Une franchise imprudente et peu
mén.igée, V ne franchise brutale.
Il s'emploie aussi substantivement pour si-
gnifier Un homme féroce et grossier. Cest un
brutal. Un franc brutal.
BRU'I'AIiKMENT. adverbe. Avec brutalité,
avec férocité, avec grossièreté, ^^ir brutale-
ment. Parler brutalement.
BRU'l'ALISKR. v. act. Outrager quelqu'un
avec des paroles dures et l)nsalcs. Il le bruta-
li^a sans sujet. 11 n'est que 'de la conversation.
Brutalisé , ÉE. participe.
BRUTALiriC. s. f . Vice du brutal, férocité,
passion brutale. Sa brutalité lui a fait beau-
coup d'ennemis. Il y a de la brutalité à cela,
jissouvir sa brutalité.
RncTAi.iTÉ , signifie aussi Action brutale.
Faire une brutalité. Commettre une brutalité.
11 signifie aussi Parole dure et bnitale. 71 lui
(1 dit une briifûlifé. Dire des brutalités à quel-
qu'un.
BRUTE. 9. f. Animal privé de la raison. //
tient moins d Vltomme que de la brute. Il n'a
pai plus de raison qu'unebrute. L'instinct tient
lieu de raison aiur Ifriile'!. La raison fait une
(Uffcrence essentielle entre les hommes et les
brutes.
On dit d'Un homme qui n'a ni esprit ni rai-
son , que C'est une vraie brute.
BRUTIER. 9. m. Oiseau de proie, qu'on ne
peut pas dresser. On dit proxerbialemcnt , D'un
J5ruticr on ne saurait faire ut. J^'.pervier^ pour
dire , On ne sauruit rendre Iiabile celui qui est
SOI et butor.
BRUY 'iNT, ANTE. Voy. BnrniE.
BRUVtRIi. », f. Sorte de petit arbuste qui
BUC
croît dans des terres incultes et stériles. Fagot
(le bruyères.
Il se prend aussi pour Le lieu où croissent
ces petits arbustes. Au sortir de là on trouve
une (jranile bruyère^ de grandes bruyêics.
ïiU A
BUANDERIE, s. f. Lieu où sont un four-
neau et des au'ïcr* peur faire la lessive.
BUAM)ÏER, Èni!:. s. Celui ou celle <iui fai'
\r premii^r hlancliimeiit des toiles neuves.
BU li
BUBALE, s. ni. Voyez Buffle.
BUBE. subst. f. Petite clevure, pustule 17111
l'ient siu" la peau. Avoir des biihes sur le visaijc.
/'(■;■ rer une biihe.
BUBON, s. m. Tumeur maligne qui vient ru
rerlaines parties du corps. Buhvn j cstUentkl
Bubon vp.iwrien.
BUBONOCÈLE. s. m. Terme de Chirurgie
Esptcc de hernie cauace par la clmte de 1 cpi-
ploou.
ÔUG
BUCCALE, adj. f. Terme d'Anatomic, qu;
te dit Des parties qui ont rapport h. la bouclie.
Gliindes buccales. Artère buccale.
BUCCIIANTE. s. f . Plante fort commune
aux environs de Montpellier. C'est une espccd
de Conyze.
BUCCIN, s. m. Espèce de coquille qui a h
forme d'un cornet. On trouve des buccins dam
lu ij;er, dans les rivières et dans la terre.
BUCCLXATEUR. s. m. Terme d'Anatomie
Muscle (jui orcupe latéralement l'espace qui csl
entre les deux mâchoires.
BUCENfAURE. s. masc. Nom du vaisseau
ijue monte le Doge de Venise, pour faire la ci--
iL-monio d'eponser la Mer.
BUf^ÉPHALE. suhst. masc. Nom du clievnl
il'Alcxandre, (pie l'on donne à un cheval âe
parade, ou par raillerie, à une rosse. C'est un
vrai buccphale.
BÛCHE, s. f. Pièce de gros bois de cliuuf
fage. Grosse huche. Bûche de hélrc. Bûche di
chêne. Biiche de bots flotté.
On dit proverbialement d'Un Jiomme lent
et pesant, que C'est un homme (juî ne se remue
non plus au'unc huche , et figiicémeut d'Un
homme siupidc, que C'est une bûche.
BÛCHER, subst. m. Le lieu où l'on serre le
bois à brûler. Aller anerir du hois au bûcher.
Bdchkh, se dit aussi d'Un grand amas de
I)ois, sur iejuel on metloit anciennement les
corps morl-s pour U's liniler. Dresser im bûcher.
Mettre le feu nu bûcher.
BÛCHERON, s. masc. Celui qui travaille .1
abattre du bois dans une foret. Bon Bûcheron.
Faire (r(!i*)n7Icr des Bûcherons.
BUCHEITE. s. (ém. diminutif. Menu bois
que les pauvres gens vont ramasser dans les
bois, dans 1rs for^^ls. Ramasser des bûchettes.
BUCOLIQUE, adj. des 2 genres, qui se dii
Des Poésies piisioriilrs. Poemc bucolifjuc. Poésie
Imcoli^ue, Il cvcclle dans le genre bucolique.
BUI
fl est aussi siibstantif frminin. En ce sens it
n'est guÎTC d nsa'^e qu'au pluriel, et dans cette
phrase, Les lUtroli(ptes de Virgile ^ pour dire,
Les Églogues de Virgile,
On appelle aussi Bucolimics^ Vu ramas de
choses do peu de conséquence, comme papiers,
nippes, etc. J'ai cela dans mes bucoliques. Et
on dit h un enfant, Emportez hors du salon
toutes vos bucoliques. Voilà toutes mes hucoli-
qnes perdues. H est familier.
BUE
BUEE. s. f. Lessive. U est vieux. Foire la
huée.
lî U V
BUFFET, s. m. Espace d'armoire pour en-
fermer la vaisselle et le liuge de tablC:
Il se prend aussi pour La table où l'on met
une p:rrtie de la vairseilc qui doit servir au re-
pas, avec le pain, les verres et le reste. Dresser
U buffet, ôter le bufft.
Il signifie aussi La vaisselle même. Un beau
buffet. Un bujfit d^argent ciselé ^ de vermeiï
doré. Un buffet de grand pri^.
Buffet, eu parlant des Orgues, se dit De
toute la menuiserie où sont enfermées les Or-
gues, et de la menuiserie de cKaquc jeu en par-
iiculier. Il y a quelque chose à refaire au bufft
de cet Orgue. Le buffet du grand Jeu. Le buf-
fet du Positif.
Buffet D'Onr.rF.s, signifie aussi Un pctK
Orgue tout entier; c'est -. 1 - dire. Le bufTft et
tout ce qu'il renferme, tuyaux, soufïïets, cla-
\ier, etc. Acheter un joîi buffet d*Grgues,
BUFFLE, s. ni. Espèce de bœuf qui a les
cornes renversées en arrière. De la corne de
buffle. On mène les buffles par le moyen des
anneaux qu*on leur passe dans les naseaiLX.
On dit proverbialement, Se laisser mener
par le nez comme un buffle j pour dire, Se lais-
ser tromper par tiop de simplicité.
On dit d'Un homme qui u'a point d'esprit,
que C'est un vrai buffle.
Buffle, se dit aussi d'Un cuir de buffle, ou
iVautres animaux, préparc et accommodé poui
porter à la gnerrf. comme une csp''*ce de jus-
taucorps. Un collet de buffle. Porter un buffle.
Un pourpoint dchuljle.1l reçut un coup d*i'péc
dans son buffle. Son buffle lui sauva la vie.
BUFFLETIN, s. m. Jeune buflle.
BUG
BUG LE. s. f. Plante qui est rcgarddc comme
un excellent vuliKfraire.
BUGLOSE. s. f. Herbe yoln-'ère et médici-
nale. L(i huqlose est à peu près de même nature
que la bourrache. Des fleurs de buglose. Une
bordure de hunlose.
BUGRANE. s. f. Voyez Ahiûte-Bcb-uf.
BUI
BUIRE. 5. f. Vase à meiu-e des liqueurs.
Buire d\trqent. Buirc d'or. Emplir une buirc.
Cette buirc est vide.
BUIS. s. m. Espèce d'arbrisseau toujours
BUL
vert, dont les fleurs sont fort petites, et le boia
jaunâtre. Parterre de huis. Bordure de huis.^
i'alissudc de huis. Peiqne de huis. Poudre de
huis. Totidrc le huis. Qup|(iues-uiis prononcent
Boui$; mais il ne se prononce pli;^ i;uôre ainsi,
que dans (juricjncs phrases hnssoi» et prover-
biales, comme dans cclU^ri, Donner le bonis,
dont on se sert pour dire, Donner une dexni^re
façon à quelque cliose, li polir et la pcrleclion-
ncr; et d.nns celte autre, i'n mentou de houis,
pour dire, Un menton relevé et qui avance.
BCïSSON. s. m. Hallier, touflïe d'ar!)risseaux
sauvages, épineux. Buisson épais. Buisson d'é-
pines. Buisson fort. Des arhres nains taillés en
buisson. Dieu apparut à Moïse dans un huis-
son ardent.
On dit proverbial., Il a hatlu les haïssons,
cl un autre a pns les oiseaiur^ pour dire. Il a
pris toute la peine, et un autre en a eu tout le
profit.
On appelle Buissons^ Des arbres frnilicrs
nains , quand on leur a donné la forme de buis-
sons, en les taillant au-dedans.ct les laissant
pousser en deliors de tous côtés. Voilà de heiuut
huissons hien tenus, et tpii doivent rapporter
bien du fruit.
Bt'issoN, se prend aussi pour Un bois d<
peu d'étendue, et il se dit par opposition à Foret
Ce n^est pas une forêt, ce n'est (ju'un buisson^
(juUin petit buisson.
On dit figurément et proverbial. , Se sauver
d travers les buissons, pour dire, Chercher de*
échappatoires, quand on est pressé dans la
dispute.
On dil en termes de Chasse, Faire huissofi
creujc^ pour dire, Ne trouver plus dans l'en-
ceîiite la bête qu'on a détournée. Et l'on dit û-
gurémenl, qu'Où a (roufé buisson creu.r, poui
dire,qu'On n'a pas trouvé la personne on li
chose qu'on étoîi allé chercher.
Buisson AimEST ou Pvn acanthe, s. m. Ar-
brisseau épineux. Il porte de petites baies d'un
I>eau couleur de feu.
BUISSONNEUX. EUSK. adj. Couvert de
buissons. Vn pays buissonneux.
BUïSSONMKK, 1ÈRE. adj. Il nest gutre
d'usage que dans ces façons de parler , Lapins
buissonniers , c'&»i-à-dire, Qui n'ayant point
de terrier, se retirent dans des buissnnti ; et,
F.dirc Vècole huissonnière , qui se dit d'Un éco-
lier qui manque à aller en classe.
BUL
BULBE, s. f. Terme de Botanique. Ognon
de plinte.
BULBEUX, EUSE. adj. Qui participe de la
nature d'une kulbn, et qui rn vient, il y a des
plantes bulbeuses , et des plantes tjui viennent
de qraine.
iîULBON.tC, 1. m. ou Lcsaihf. Plant.-
dont le-, r.icines ont le pouî de la Raiponce, et
se roant^t-ntdc même. Elle est de <|'iel']uc usage
•a Médecine.
BULL.A.UtE. s. m. Recueil de plusieut?
Bulles. Le grand BuHaire. Le Bullaire d'un tel
Ordrt,
BUR
BULI.E. s. f. Ëlivalion splidriqnc qui se fiit
sur l'eau, sur le savon, sur lis me'taux en fu-
éion, cl <jui contient de l'air. Les en fans, »
Vinâe â'un chalumcmt , tirent, du sai'oii , tics
JntlU's qiiils chassent en Vair.
BULLE, s. f. Ix-ttre du Pi-ipe expédiée en
p.ircliomin , et srellée en plonih. T.lle se pn-nd
ordinairement ])our Une Constiluiion générale
d'un Pape. Lu lîidlc ilu Juhité. Fulminer, pu-
blier une Bulle.
Au pluriel , clic se prend ordinairement
pour Des provisions d'un Bénéfice Consistorial.
Avoir ses Bulles. Vn ]£vé(juc aui attend ses
Bulles pour se faire sacrer. Les Bulles d'uKc
Abbaye. Les Bulles d'un ÈvêchJ.
Bulle, se dit aussi Des CoDstitutioos de
c|nclquos Empereurs. Ainsi, la Conslilutioa de
ri'mpercur Cliarics IV, qui règle entre autres
choses la forme de l'élection de l'Empereur, es:
appelée La Bulle d'Or.
BtLLE. 5. f. Nom qu'on donnoit chez les Ro-
mains à de petites boules qu'on pendoit au cou
des cnfans.
Bl'LLÉ, ÉE. adj. Qui est en forme authen-
tique. Une Expédition , une Commission bien
huilée.
On dit aussi De toutes les Lettres d'ixpédi-
lion qui sont en bonne forme, qu'Eïfc5 sont
bien scellées et huilées.
On dit aussi , Vn Bénéftce bulle, pour dire,
Un Bénéfice dont les provisions ne s'expédient
h Rome qu'en fonne de Bulle. Ce Prieuré n'est
po"'jf bulle . les provisions s'en expédient à
Rome sons simple signature.
On dit encore d'Un Ecclésiastiijiie nomme i
un Bénéfice, dont les provisions s'expédient \
Rome en forme de Bulle, qu'il est huilé, ou
qu'il n'est pas huilé, pour dire, qir*!! aieçuscj
Bulles , ou qu'il ne les a pas encore reçues.
BULLETIN, s. m. Petit billet, suffr.ige donné
par écrit. Il n'est j^uère d'usage qu'en parlant
Des sutiVa^cs donnés de la sorte pour l'élection
d'un Pape. Les Cardinaux portent leurs bulle-
tins dans le calice. Compter les bulletins.
rtn appelle fînilc/in. Un billet par lequel on
rend compte chaque jour de l'état actuel d'une
iiflàire intéressante, d'une maladie, etc. .4vez~
vous vu le bulletin de l'armée?
BU?
BUPRESTE, s. f. Insecte ailé, qui a un ai-
guillon comme la guêpe et l'alieille. On a fuit
Je Bupreste le nom d'un genre d'insectes.
BUR
BURALISTE, s. m. Celai qui est préposé i
un Bureau de poiement . de distribution , de
recette, etc. Le Buraliste de la Loterie.
BURAT. s. m. Eloffc commune de laine.
Bl 11 A TI.NE. s. f. Papeline dont la chaîne
est de soie, et la trnmc de grosse laine.
KURI". s. f. Etoflè grossifrc faite de laine.
Habit de biirc. Etre vêtu de bure.
On «ppelle aussi Bure, Le puits des mines,
qui descend de la surface de la l'm dans sod
intéiieur.
BUREAU, 8. m. signifie la même chose qu*
Bure. Vêtu de bureau.
iîURRAUjS. m. se dit d'Un comptoir sur
lequel on compte de l'argent, et d'une table sur
laquelle on met des papiers. On a compté Vur-
(jtni sur le bureau J'ai mis mes papiers sur son
bureau.
BvnEAc, est aussi Une espèce de Mble ^
plusieurs tiroirs et tablettes, où Ion enferme
des papiers, et sur lafiuellt on écrit. J'ai mis
des papiers dans mon bureau. Je me suis mis à
mon bureau pour écrire une lettre.
U signifie aussi Le lieu où plusieurs Compa-
gnies s'assf^bKnt pour travailler. Le qrand
Bureau de le C* ambre des Comptes. Le Burctiu
des Trésoricrz de France^ on le Bureau des Fi-
nances. Le BnrecH du Domaine. Le Bureau d.^
Aides. Le Bureau des Gabelles.
On appelle. Le Bureau des Pauvres^ Le Bu-
reau où s'assemblent les Commissaires des l'iiu-
vres. Et on appelle Bttrcau d^adresse. Un en-
droit indiqui: au Public, ]»our donner ou rece-
voir certains rcnseignenienr..
Ou appelle par plais.mterie . Bureau d'rt-
dresse ^Viip personne qui s'informe de tout ee
ijui se passe diins la Ville, et qui le va débiter
L■n^uite de côté et d'autre. Cette fcrnmc-lù est
un vrai Bureau d^adressc.
BtnEAC, se ditd'Un lieu destiné pour v tra-
vailler i Texpédition de certaines ofTaires. Pu^
reau de la Marine. Le Bureau de la Guerre.
Le Bureau d'un tel. Les Commis d'un tel />»-
reart.
BtmEAu. so dit ausii d'Un ccrte'b nombre
de personnes tirées d'une assemblée, pour s'oc-
cuper spécialement de différentes esp'ces dif-
fairrs qu'elles reportent ensuite 5 rassemblée
pénérale. L'assemblée se partagea en tant de
Bureaux.
Il se prend aussi quelquefois pour les iier-
Bonnes mêmes qui travaillent à un Bureau. Eu
ce sens, il se dit principalement Des Commis
qui travaillent aux Bureaux des Secn:taires
d'Ktat. Les P.'treaux ne suivent point à .Marli.
Les Bureaux sont allés à Paris. On dit, Avoir
du crédit au Bureau^ pour dire, Avoir du cré-
dit auprès des Commis d'un Bureau.
On dit aussi, qu't'n procès «t sur /e Bureau,
peur dire, que l'On commence 6 y travailler; et
i]u'(7n Conscii/cr, qu'un Rapporteur a le Bu-
reau j pour dire, qu'il a commencé à rapporter
un procès, ou qu'il est le premier qui doit rap-
porter. En ce sens, on d'f aussi, qu't'n Prési-
dent a donné le Bureau à un Conseiller.
Quand on veut donnera entendre que les
.q)parcnces sont bonnes pour le succès d'une
iflaire, on dit, que Le vent du Bureau, Vair
du Bureau est bon^ est favorable; et au ron-
ir.iîrc. que L'air , que le vent tlu Bureau n'ett
pas bon. On dît aussi, Connottre Vatr du Bu-
reau,^ur^rc, Pressentir révéoeniCDl d'une
a flaire.
BUR^:LES. s. masc. plur. Terme de Bl.ifon.
Kascos diminucrs en nombre pair.
BURET. s. m. Poisson d'où Ton tiroît aulrc-
fois In pourpre.
i82 BUS
BURETTE, s. f. Petite Buire. Buretle d'or,
burette d'arqent, burette i/e cristal. Il se dit
particulièrcnuut Des petits vases où l'on met
ie vin et l'eau pour dire la Messe.
lînRG.\NDlNU. s. f. Nacri-, qui est Iccalllf
d'uue espèce de limaçon noinnié Banjuit.
BURG.\U. s. uiasc. I.a plus belli- csp(V<: de
mcie.
BURGRA^T:. s. masc. ïilrc de dignité en
Allemagne. C'est le .Seigneur d'une Ville. Bur-
qrave de Majdebotir^. Il n'y omit ancieime-
iiient que quatre Burgraves.
BURGRAVI.'VT. sulist. maso. Dignité du
Rurgrave.
BUIUS. s. m. Instrument d'acier fait pour
graver. Ouvraqe fuit avec h burin , {ait au
hurin.
On dit d'Cn excellent Graveur, <ju'/! a U
huriii beiui, le burin délicat, pour dire, (ju'U
grave Lien.
BURINICR. V. a. Travailler avec le burin ,
travailler au burin, graver. Faire buriner da
iirines. Une planche bien hurincc^
On dit Burina au figuré, en parlant d'Un
Écrivain énergique et profond. Il burine ce
qu'ilécril. Il le grave fortement dans la pensée.
BuniNÉ , ÉE. participe.
BURLESQUE, adj. des 2 genres. Ce qui est
d'une bouflônnerie outrée et hors de nature.
Vers burlesques. Style burlesque. Termes bur-
lesques. Genre burlesque.
Il se dit, par extension, De ce qui est plai-
sant par sa bizarrerie. Cet homme a une mini
burlesque. Posture burlesque. Celte action fut
burlesque. Il se prend aussi substantivement.
Le burlesque n'est plus à li mode.
BURLESQUEMENT. adv. D'une maniera
burlesqu;'. il se met burlesquement.
BURS.AL. adject. Il ne s'emploie qu'avec le
mot d'iidit , en parlant Des Édils que le Prince
fait pour lirerdi' l'argent daus une nécessité pu-
blique, lidit fciir«i/. Edits hursaux.
BUS
BUSART. s. masc. Oiseau de proie qui fait
surtout la cliasse aux poulets.
EUSC. s. m. ( On prononce l'S et le G. ) Es-
pèce de lame d'ivoire, de bois, de baleine, etc.
pille et étroite, et arrondie par les deux bouts,
dont les femme» se servent pour tenir leur
corps de jupe en état. Mettre un buse. Porter
un b'isc.
BUSE. s. f. ICsptce d'oiseau de proie, qui
ne vaut rien poui la l'auconncrie, et qu'on
nomme aussi Bondrée.
Oi-. dit proverbial. , qu'Oii ne sauruit faire
d'une bu^e un cpervier, pour dire, qu'On ue
sauroit faire d'un sot un liabile lionipie. Et on
dit d'Un sot, d'un ignorant, que C'est ""efcnse,
que ce n'est qu'une buse.
BUSQUEH. V. acL CliercLer. Il ne ee dii
qu'en cette façon de parler familière et qui
vieillit, /Jusijucr /orliinc, pour dire, Chercher
îk faire fortune.
BisQLtn, signifie aussi, Mettre un buscdans
lin corps de jupe, (/ne |einnic ^iii se busqué dés
BUT
qu'elle est habillée. Elle ne sort jamais qu'elle
7ie soit busquée^
Busqué, ée. participe.
BUSQUIÈRE. e. f. L'endroit d'un corps dt
jupe où l'on met le buse.
BUSSARO. s. m-YaNseau composé de douves
et de cerceaux , où l'on met de l'cau-de-vie ou
autre liqueur, et qui lient presque un nmid de
Paris. Le Bussurd est ime des neuf espèces d^:
futailles réaulières.
BUSTE, s. ni. Ouvrât;*' de sculplure. reprr-
S'ntant auc figure humaine qui n'a que la tî:i'^
et ia partie supérieure du corps. Buste de mar-
bre, de bronze^ buste antique. Il se dit dans If
niJme sens, d'Un ouvrage de peinture et de
gravure. Il s'est fait peindre en buste. Son por-
tiait gravé n^est qu'en buste.
On dit d'Un homme qui a la tète helle et
hien placide, Il a le buste fort beau.
BUSTROPIIE. s. f. Manière d'écrire de h
gauclie A la droite', et ensuite de la droite u la
gauche. C'est la nianii.'!re d écrire l'Ilcbreu.
BUT
BUT. s. m. Point où l'on vise, et auquel
on veut atteindre. Viser au but. Frapper au
but. Mettre sa boule sur le but. Atteindre au
but. Toucher le but. Donner au but.
Il signifie figurément, La fiu que l'on se
propose, la principale intention que l'on a. Je
n'aiautrebut , je n^ai d'autre bulen celaquc
C'est mon but. Se proposer un but. Il a sou
but. atteindre son but. Cacher son but. /Hier ù
son but par des voies détournées. But txtrava''
qatU. But fort sensé, etc.
Aller au blt. C'est aller directement à. la
fin qu'on se propose. Lorsqu'un liomme a saisi
le vrai dans quelque chose, a trouvé le point
de 1j difiiculté, le nœud d'une afiaire, etc. on
ilit, qu'/l a touché au but y qu'il a frappe
an but.
Ou dit figurém. et adverhialcm., De but en
hlanc^ pour dire, Ineunsidurénient , brusque-
ment, sans garder de mesure. // lui alla dire
de but en blanc que Il l alla quereller de but
en blanc.
On dit aussi adverbi:ilemcnt , llut à but ,
pour rUre, Également, sans aucun avantage de
part ni d'autre. Son plus grand usage est lu
jeu. Jouer but à but. Être but à but.
On dit Troauer but à but, pour clirc, Sans
aucun retour de part ni d'autre, et troc pour
troc. Et lorsque deux personnes se marient,
sans que l'une fasse aucun avantaj^c A l'autre,
on dit, qu'/ïs .se sont mariés but à but.
BUlTi. s. f. Instrument de Maréchal, qui
sert à couper la corne des clievaux.
BUTINE, s. f. En Maçonnerie, Massif de
pierre aux deux extrémités d'un pont . pour ré-
sister h la poussée des arcades.
BU'IER. y. u. Frapper au but, toucher le
but. En ce .-icns, il n'est guère d'usage qu'au
jeu de Billard. Il faut buter. Il a buté.
Se buteu , si.;nific. Se fixer, se déterminer
avec ob-'ïli nation. Vvilà à quoi je me bute.
En parlant De deux personnes qui sont tou-
BUT
jours contraires l'une à l'autre, on dit, que Ce
sont des Gens qui se butent ^ qui se sont butés
l'un contre l'autre.
Bi'TLn, figurément , veut dire, Temlre à
quelque fin. C'est ù quoi je bute. Il tiitoit ti une
telle churqe, à un tel emploi.
Buter, se dit encore d'Un chev.-il que !a
moindre inégalité de terrain fait broncher. Ce
cheval bute à chaque pas.
RuTEn. v. a. Ternie de iMaçonncrie et de
Jardinage. En termes de Moronnerie, on dit,
Buter un mur, buter une voûte, pour dire,
Soutenir un mur, soutenir une voûte, par le
moyen d'un pilier boutant, d'un arc-boulant ,
pour les empêcher de s'écarter. En termes de
Jardinage, on dit, Buterunarbre, Uorsqu' après
l'avoir planté, on le garnit tout autour du pied
avec des mottes de teiTe. Oo dit aussi , Buter
des cardes d'artichauts, buter du céleri, pour
dire , Les entourer de terre pour les faire
blanchir.
Buté, ke. participe. 7/ est buté à cela, pour
dire, U est fixé, il est arrêté ù cela. Ils sont
hutés l'un contre l'autre, pour dire. Ils sont
opposés l'un k l'autre.
BUTIN, s. m. sans pluriel, .\rgent , bardes ,
liestiaiix, etc. qu'on prend sur les ennemis.
Riche butin. Grand butin. Faire du butin. Les
solduls revinrent charijés de butin. Il cul tant
ie c/iei'u:i.r pour sa part du butin. Partacjer le
(lUtin, ui'oir part au butin.
Ou dit populairement Butin , pour , Profit
it richesse. Il a gaqné bien du butin dans cette
affaire. Il y a bien du butin dans cette iinison,
BUTINER. V. n. Faire du butin. les soiduts
ont bien butiné en ce pays-là.
On dit figurément et poétiquement , que Les
abeilles vont butiner sur les fleurs.
BUTIREUX, EUSE. adj. <,)ui est de la na-
ture du beurre.
BUTOR, s. ni. Espèce de gros oiseau qui vit
dans les marécages, et qui, en mettant sou bec
ilans l'eau , fait un bruit semblable au meugle-
ment d'un taureau.
On dit figurcm. d'Un homme stupide, que
C'est un vrai butor ■ et populnircraeiit d'Une
femme, que C'est une qrosse butorde.
BUTTE, s. f. Petit tcrtie, motte de tene re-
levée. Au haut de la butte.
Bltte, se dit aussi particulièrement d'Une
petite élévation de terre ou de maçonnerie , au
milieu do laquelle on place le but où l'on lire.
E.t dans ce sens, on appelle Poudre de butte,
I.a poudre dont ceux qui tirent au blanc ont
arroutnnic de se servir.
Oridltfigiirénicnt,É(re en butte, pour dire,
litre exposé. Être en biiUc au.t coups de la for-
tune. Son elci'Uliou l'ii nii.' en bulle aux traits
de l'envie. Par sa conduite imprudente, il s'est
mis en (mile à la médisance. Être en butte à la
raillerie, aux plaisanteries.
BUJTIÈRE. adj. f. Il ne se dit que de cer-
taines arquebuses avec lesiiuelles on lire au
blanc , et que l'on appelle //rijuebusts bal-
J[. licrcs.
BUY
BTJV
BUVABLK. adf. des a genre». Potable. Ce
vin-là n'est pas îiiivutle. Il est familier.
BUVliTIER. subst. maic. Celui qui tient la
buvette.
BU\ lilTE. subst. fém. Le lieu où les OfTi-
ciers de Judicaturc déjeunent. Aller à lu t»-
velle.
BUVEUB. s. m. Celui qui luiit. En ce sens
général, il n'est guère d'usage que dans celle
phrase, Du vin <[ui rti/^pe/Ze son buveuv^ pour
BUV
dire, Du vin agrcable, qui invke h en boû-e
plus d'une fois.
BuvKi'n, se dit ordinairement d'Un horame
qui aime le vin, qui fst sujet au vin, et qui
lioit beaucoup. C'est un buveur. C'est un grand,
un bon buveur. Kt ou appelle Buveur d'eau, Un
homme qui ne boit que de Icau , ou du vin fort
trcmpi*.
BUVOTTER. V. n. Boire ii petits coups et
souvent. Il ne ftiil que huvotter. Il aime à bu-
votter. Il y a trois heures qu^iU ne font que
buvotler. Il est familier.
BYS
BYS
tS3
BYSSE. s. m. Terme employé dans l'Ecriture ,
pour slgniBer une matii're précieuse, dont cer-
tains vêteniens étoicnt tissu». I.e mot de Bysse
a passé dans toutes les Traductions, sans qu'on
sache aujourd'hui ce que c'étoit. M. Flcury pré-
tend que le Hysse étoit une sorte de soie d'un
i.mne doré, qui provenoit de certains coquil-
lages de mer.
GA
Ci. Troisième lettre de l'Alpliabet, s. m. Vn
petite, un grand C. Il se prononce comme leK,
devant a, o, u, 1, n, r, t, et ^ la fin de la syl-
labe. Cabaret, Colonne^ Cuve, Clef, Cneitis,
Crédit, Clvt>iphon, trictrac, occident; mais
devaut cet i, il se prononce comme l's, ciment,
céder ; et ou le prononce de la même manière
devaut a , o et u , qu.-md on irct une cédille des-
sous, comme en ces mots, çà, façade, façon,
reçu.
ÇA. Adverbe , tantôt de mouvement , et
Untot de repos. Il signifie Ici, mais arec cetti'
diûcrence ,que çà, qu;iiid il est seul, ne se joint
qu'avec le verbe rentr, et dans ces phrases,
Viens- çà. Venez- çà; et qu'/ci, qui est de
même adverbe de repos et de mouvement tout
easeniblc, se joiut avec toutes sortes d'autres
verbes; car on dit : Jl est ici, et dites-lui au'il
vienne ici. Couchez ici. Arrétez^vous ici. Il est
venu ici. Il reviendra ici.
Çi ET L.\. De coté et d'autre. Çà étant joint
a\*ec là , se met avec tous les verbes de mouve-
racnl et de repos. Il va çà et là. H s'arrête çà
et là.
Ou dit en sljle de Palais , Depuù: deux mois,
depuis deu.r ans en çà , pour dire. Depuis deux
mois , depttis deux ans jusqu'à présent.
On dit faniilièrcnijnt. Qui çà, (fui là, pour
Bite, Les uns d'un côté, les autres de l'autic.
ils courent tous qui çà , qui là. Ils dorment
tous qui çà , qui là.
De-^À et de-lÀ, signifie presque la même
chose que çà et là , »vec une idée d'alternative
ou d incertiludr. La navette du tisserand va
*c-çà et de-là. Il va de-çà et de-là, sans sm'oii
que devenir. De-çà et de-là est aussi préposi-
tion , et çà et là ne l'est jamais : car on ne dil
point, çà el là la rivière, mais de-çà et de-là la
rivière; el alors de-çà m«n|ue le coté de la ri-
»iirc le plus proche de celui qui parle ; el de-là,
le plus éloigné. Il commence j vieillir ; el on dil
plus communément eii-de-çà de , au-de-lj de.
On dit aui'.i dons la même sens, En de-çà
de la rivière; et mcma elliptiquement, Venei
eji de-çà.
GAB
On dit aussi , De de-çà la rivière. Les Pro-
vinces de de-çà la Loire.
Pak de-çX , est tantôt préposition et lantùt
adverbe : Préposition, comme, C^est bien par
de-çà la rivière; Adverbe» comme, C'est tien
encore par de-çà. Venes par de-çà.
Il sert aux verbes de repos, aussi-bien qu'i
cïux de mouvement ; comme, P«r de-çà on vit
tout autrement.
De DEÇÀ, est encore un adverbe, qui signifie
la même chose que Par de-çà ; c'est-i-dire, de
ce côté-ci.
Çi, est quelquefois une interjectiou, poui
excilcr et encour.iger à faire quelque chose. Çii
travaillons. Çà allons. Çà jnontons à cJieval.
Çà jouons. Çà éludions. Çà , oh çà , dites-moi
ce que vous pensez.
On dit encore, Çà, or çà, mais c'est en
commençant, et quelquefois dans la conversa-
tion , l'on ne prononce point l'r, par un adou-
cis'^emcHt de langage qui est commun a beau-
coup de mots.
Ça, se prend aussi quelquefois pour Ce!a;
mais il est populaire et familier. Qu'est-ce que
ça vaut.' Donnez-moi ça.
CAB
C\B.\LE. s. f. Terme didactique , qui si-
i^niCe Une sorte de tradition parmi les Juifs,
touchant l'interprétation mystique et cllégo-
ri |u: de l'ancien Testament. Les Docteurs de la
Cabale.
On appelle aussi Cabale, I.a science pttileu
duc, r.irl chimérfc^e de commercer avec des
Peuples clumenUiires.
(Cabale , signifie aussi Un complot 'de plu-
sieurs personnes qui ont uii même dcîsein. Il
se prend en mauvaise part. Forte cabale. Dan-
ijcrcusc cabale. Faire des cabales. Faire cabale.
Etre d'une cabale. Dissiper une cabale. Décou-
vrir la cabale. Ruiner une cabale. C'est un
homme de cabale.
U veut dire eocor* La troupe mjme de ceiu
qui sont de la caj>.ile; comme : C'est sa cabale.
On a txiU toute la cabale. Paix, la cabale.
CAB
C ABALRR. V. n. Foire des pratiques sccrfcles»
faire uncesptcede parti, y attirer plusieurs per-
sonnes. Il se prend toujours en mauvaise part.
// ne sauroit s'empcchcr de cabalcr,
C.VBALKUK. s. m. Qui cabale. Cest un
qnDid cabaleur. Danncrcux cahaleur.
GABAIJSTK. s. m. Savant dans la cabale
dos Juifs. Un tel étoit grand cabaliste.
CABALISTI<,>UE. adj. des 2 genres. Qui
appartient h la cabale des Juifs. Science cabn-
iistique. Livres cahalisticjues.
CAB.-VA'E. s. f. Petite loge , petite maison
couveilc 01 d inaire ment de chaume. Ure^i^rr
une cubane. Cabane de Bcrijer. Le pauvre dans
sa cabane.
On appelle Cfl6aMe, 'dans les cocjics de ri-
vière, Un retranclieraent ou petite chambre
garnie de bancs, où queUjucf personnes se le-
tirent. On noiu donna une cabane.
On appelle aussi Cahanes, De grandes cafcs
tcn:.ices, où l'on met couver de petits oiseau.x.
CABANON, s. m. Petite cabane. U ne se dit
f,ucre que Det Wevi nu on enferme les vau-
riens dans un hôpital. Il a éttmisù Bicétreaur
cabanons. Le peuple dil, par corruption , j'/u
qaWanon,
CABARET, s. m. Tavcmj, maison où l'on
dlonne à boire et !t manger j toutes sortes de
pcrscnnes pour de l'argent. Bon cabaret. i\'e
boug:r d" cabaret. Aimer le cabaret. Hanter h
caharet.Vin dt cabaret. Il est homme de cab i-
rcty pilier de cabaret.
On appelle Cabaret horqne. Un mouvais
petit cabaret qui n'est fréquenté que par le bas
peuple.
On appelle aussi Cabaret j Une PS|>èce f*e
petite tableou plateau, qui s les bords relevés,
et sur lequel o>i met des tisses pour prendre du
llic, du café, etc. Il a acheté un bctut cabaret
Cabaret de la Chine.
CAttArrr. s. m. Plante fort eomninae. On U
nomme aussi Oredle-d' homme. Elle ciitr« datts
la l'hcriaque.
CABARETIER, 1ÈRE. t. Celui, cê\\e qui
tient cabaret. C'est itn bon cabarcticr.
î8i CAB
CABAS, s. 111. Espticc de panier de jonc, qui
sert ordinûiri'incnt h meure des ligue!,. Caha'.
de fi(jues.
Il se dit en jilnisaiitant d'Une vieille voittm-
ù l'ancienne mode. 71 est venu ici dans un mi-
litant caha3,
CABASSET. s. m. Kspècc de moi ii'n. Vieux
mot. On peint ordinairement Mercure .»'.;c un
cabnssel ailé.
CABESTAN. s. m. Machine, espèce de tom-
nicjuet, dont le mouvement snt à rouler ou à
dérouler un cable. V.Vcr if nihcstan. Tourner
le cabe''tan.
•"iBlLLArO. s. m. Kspcce de morue <)iil ne
se miuge que fraîche.
C VBlNliT. s. m. Lieu de retraite pour tra-
vailler, ou converser en particulier, ou pour
.serrer des papiers, des livres, pour mettre des .
tableaux, ou quelque autre chose de précieux.
Grand cabinet. Pelil cnhiiict. Le cabinet du
Roi. Le cabinet de In Heine, lluisiicr du cabi-
net. Un cabinet de peintures, de tableau.c ,
d'armes, de curiosités, de raretés, d'anticjues.
Cabinet de médailles. Cabinet des livres du Roi.
Pièce de cabinet.
On appelle Homme de cabinet. Un hommt
qui aime l'élude.
Il si'^nilie aussi Tout ce qui est contenu unis
le cabinet; comme : H vend son cabinet. 71
fait 'Jii cnbiiiCl. On estime h cabinet d'un tel
vinqt mille écus.
11 veut dire encore, Une espC^ce de lnuO'c-t ii
rlusiciirs layclte-i ou tiroirs. Cabinet ir.Hle-
(naqne, de la Chine. Cabinet d'ébène, i'écailU
de tortue, etc. Pied de cabinet.
On appelle Cabinet d'orijue. Une espèce
d'armoire dans laquelle il y a un orgue. 7i a un
beau cabinet d'or^tte.
CABINET, veut dire au.ssi , les secrets, Ici
iinslères les plus cachés de la Cour. L'inli if|u<
du cabinet. Les secrets du cabinet. Secrétairi
ihi cabinet. Courrier du cabinet.
Il signifie encore Un petit lieu couvert dans
un jardin, soit de Ireillagi-, (le maçonnerie, on
de verdure. Cdbinel de chèvre- feuille, de jas-
min, etc.
Il signifie aussi Ix;s lieux d'aisance d une
maison. Ces vers sont bons à porter au cabinet.
Il est familier.
CÂBLE, s. m. Cirossc corde dont on se sert
pour élever de grands fardeaux, ou pour d'autres
usages. On attache les ancres à des cdbles. Filer
le câble. Couper les tables.
CÂBLER. T. 0. Assembler plusieurs cordes,
et les tordre ensemble pour n'en l'ali-e qu'une
seule.
CÀoi.É, ÉE. participe.
CABOCHE, s. f. Téle. Il n'est en usage que
dons le stvic familier. Gios.« caboche.
On dit familièrement d'Un homme, que
C'est ttne bonne caboche, pour dire, qu'il a
beaucoup de sens et de jugement.
CABOCHON. ». m. Pierre précieuse, qu'on
n'a fait que polir sans la tailler. Cabochon d'e-
^lercuAe. On dit plus ordinoircineiit, Rubi^
cabochon.
c \c
C.iBOTAGE. s. m. Terme de Marine. Navi-
gation le long des cotes, de cap en cap, de
port en port. Ce bâtiment n'est propre qu'au
cabolatje. '
CABOTER. V. n. Naviguer de cap en cap ,
de |K>rt en port, le long des côtes. Nous ne
Âmes cfue raboter.
CABOTIER. s. m. Bitiment dont on se seit
pour caboter.
C.'\BRER. verbe qui ne se met tu'avec le
I loiîom personnel. Dans h' propre, il ne se dit
rue Du cheval, et signifie. Se dresser sur les
pieds de deniére. Ce cheval se cabre. ?ie lirez
pus la bride à ce cheval, vous le jerez cabrer.
Il signifie figuicment. S'emporter de déi>il
ou de colère, se révolter contre un conseil , une
remontrance, etc. On ne lui sauroit dire un
mot, qu'il ne se cabre. Ne lui dites pas cela,
vous le ferez cabrer. D.ins ce dernier sens . il
est quekpiefois actif, Cabrer quelqu'un. Ne lui
d:'es pas cela , car vous allez le cabrer.
CABRI, s. m. On appelle ainsi Un chevreau,
e petit d'une cfièvre. Un quartier de cabri, un
morceau de cabri. Il saute comme un cabri.
CABRIOLE, s. f. Le saut d'un danseur qui
s'éitve agilement. Faire la cabriole.'Couper la
cabriole. On ccrivoit autrefois C'//)rio/e.
Il se dit aussi d'Une espèce de saut que l'on
fait faire aux chevaux. Faire aller un cheval à
cabrioles.
CABRIOLER, v. n. Faire in cabriole ou des
tabrioles. Ce danseur, ce baladin caliriole bien.
rl'lRIOLET. s m. .Sorte de voinire h'Sc'Tc,
montée sttr deux roues. Caïiriolet à ressorts.
tans ressorts. Cabriolet à soufflet.
CABRIOLEUR. s. m. Faiseur de cabrioles.
Bon cabn'oleur. C'est un excellent cabrioleur.
CABIIS.udj. m. Pommé. Il ne se dit qu'avec
fc mot de chou. Des choux cabus.
CAG
CACA. s. masc. Excrément, ordure. Terme
dont se servent oïdinaiiemcnt les Nourrices cl
autres femmes, en parlant De l'ordure des en-
fans. -1/encs cet enfant faire caca.
CACADE. s. f. Décharge de ventre. Il ne se
liit plus guère qu'au figuré. Il a j'ait une jiiiaint
cacade, pour dire. Il a manqué par inipiiidnice
ou par l.'ichcté une entreprise où il s'éloit flatte
de réussir.
CACALIA. s.f. Plante On la nomme encore
Pas-de-c/ieual, parce que ses feuilles approchent
de cette figure. On l'emploie en Méotcii.e.
C.\CAO. s. m. Sorte d'am.inde enfermée dans
une gousse, et qui étant rôtie, broyée ei mise
en pile, fait le principal ingrédient dt la com-
position appelée Chocolat. Cacao des Iles. Balle
de cacao. Cacao de Carraque.
CACAOYER ou CACAOTIER, s. m. Arbre
'lui produit le cacao.
CACAOYÉKE. suhst. fém. Lieu où Ion
rassemble et cultive les arbres qui domieni le
cacao.
C\CIlAI.Or. «. m. Tr*»-grand poisson de
mer, du genre des Cétacés. Il y a des Cacha-
lots plus griiui/.s que des Baleines,
C A C
CACHE, s. f. Lieu secret propre 6 caclicr
qïielfuif cliosc. Vue honne cache. Il a trouvé
la cache. Il est du style familier.
CACHliGTI(^»UI::. J.dj. des 9. genres. Qui est
d'une mauvaise conslitutîcn. Il eut cachectttjuc.
Un simcj cachectitjiu: , Noyé de sérosités.
CACIIDR. V. a. Mettre une chose en un lieu
où Ion ne puisse pas la voir, la découvrir. Ca-
cher des papierSy des pierreries , de Vm qciit^ etc.
Cacher quclijn'uu. Cacher un trésor.
11 signifie aussi Couvrir. Cacher un tableau.
Cacher sa (jorfje.
Il signifie aussi Celer, dibsimuler. Cacher
son non». Cacher un dessein^ une entreprise
Cacher son ressentiment. Cacher sa pensée. 71
ne cache rit^n. Jl a caclic son départ à tous ses
II mis.
On du figuiément, quTii homme cache sa
marche, cache sor: jeu y pour signifier. qu'U
taclie ses desseins, ses vues, etc.
Ou dit, '5c cacher de (juelquun , pour dire,
r,ui cacher ce qu'on fait, ses desseins, sa con-
iluite.
On dit aussi, Se cacher de quAquc chose ^
pour dire, N'en pas convenir, faire ce qui est
possible pour qu'on ne le sache pas. Il a des
liaisons avec un tel, mais il s^en cache.
On dit, 5e cacher à {juelquun ., pour dire,
Ne se pas laisser voir h lui. // s'est caché à tous
ses amis.
On dit, quX'n homme ne peut se cacher à
soi-même .^ pour dire, qu'il ne peut se dissimu-
Iprsesspiilimens ci les dispositions de son coeur.
Cach^. , ÉE. participe.
On appelle Un esprit caché, Un esprit dis-
limulé ; Vue vie cachée^ Une vie solitaire et
retirée.
On dit fif^urcni.d'Un hommequi abeaucoup
de tnlens ou de bonnes qîialitcs, et qui ne les
pro'luit pas. que C'est un trésor caché.
CACHE r. s. m. Petit sceau avec îequel oa
ferme des lettres, des billets. Ciïc/tc( bien gravé.
Cachet de chijp-es. Cachet d' armes. Cachet d^or^
d'argent., d'agate.
Cacuet, se dit aussi De l'emprelnle formée
^ur la cire avec le cachot. Le cachet est entier^
Le cachet est rompu.
(în dit, q\i Une lettre est à cachet volant ,
Lorsque le cachet mis sur l'enveloppe ue la
ferme pas. Cette lettre étoit à cachet volant
On appelle Lettre de cachet,, Une lettre du
Koi, contre-signce par un Secrétaire d Klat ,
cachetée du cachet de Sa Majesté, et qui con-
tient un ordre de sa part. Ea-pédier une lettre
de cachet. l\nvoycr une lettre de cachet. Re-
^-ci'oir une lettre de cachet. Être exilé par lettre
de cachet.
On dit figurement. quX^ne chose porte le
cachet de fjuehjuun^ qu'ïï y a mis son cachet ^
Lorsqu'elle le fait rcconuoîtrepour en être l'au-
teur. On dit de ni^me : 5on style a un cachet
particulier. Cet Ecrivain a son cachet.
CAf:Ht:TKIÎ. V. a ./(■ caihclle,je cachetois
Mettre cl appliquer un cachet sui'q"el((nc chose.
Cacheter des lettres. Cacheter un paquet. Ca-
cheter avec de la cire d'Espagne, avec du paiit
CAD
ù ehanier. Cacheter avec de la soie. en soie. Je
aichelle ma lettre en votre présence.
Cacheté, tz. participe. 1
C.iCHE'l'TE. s. f. Petile cache. Il est <lii
style familier.
Es c.iCiiETTE, se ait advcibi, \ En secret, à
lo dcrobce. Faire ijitclque chose CA cachette.
CACHEXIE, s. f. Ternie de MeiAcine. Mau-
vaise disposition du corps, causée paT la de'pra-
vation des humeurs.
CACHl^IENTIER. s. m. Arbre foV com-
mun aux iles .\utilles, et qui porte et gros
fruits appelés Cachimcns. 11 y a deux sor.V? do
Cachimcns : l'un a été nommé Cœiir-de-haïf ,
Acausedc sa forme;et l'autre, Cdc/iimentmî--
veux : celui-ci est trte-rafraicliissant
C.VCHOT. 6. m. Prison basse et obsciux'.
Cachots noirs. Mettre tjueUju'un dans un ca-
chot. Tirer ijueiiju'un des cachots. On l'a mis
fin cachot.
CACHOTTERIE, s. f. Manière mystérieuse
tfagir ou de parler, qu'on emploie pour cacher
des choses peu importantes. Il est familier.
CACHOU, s. m. .Suc d'un arbre des Indes,
Sont on fait 'de petits grains ou des dragées. Ca-
chou ambré j etc.
C.VCIQUE. s. m. Nom qu'on donnoit aux
Princes dans le Mexique et dans quelques ré-
glons de l'Amérique.
CACIS. s. m. Plante qui approche beaucoup
ta groseillier, dont le fruit est en grappe, et
dont les grains ilevierjncnt noirs dans leir' ma-
té. On ^ntpl^i<' le fruit et les feuilles à coi:'-
jjnser nn mtafia fort commun , et qu'on regarde
comme propre à fortifier l'estomac.
CACOCHYME, adj. des 2 g. Malsain, dr
nïïïUTaise complexion. Cela ne se dit propre-
ment que Du corps humain, quand il est plein
de mauTaises humeurs et toujours sujet h quel-
que infirmité. Un corps cacochyme.
n se dit aussi quelquefois, en raillerie, Des
I^TS'^ones ; mais plus pour exprimer la bizar-
Clîrie de l'esprit, que la mauvaise habitude du
•iTrps. C'est un esprit cacochyme. Une humeur
ncochyme. Il est cacochyme,
C.iCOCHÏ.MlE. s. f. Mauvais état des hu-
nteurs.
CACOPHONIE, s. f. Rencontre de syllabes
•a de paroles qui font un son désagréable h l'o-
wille. Dans toutes sortes de compositions^ et
particulièrement djns les iicrs.ûn doitéviter la
cacophonie.
C»coPH0Xir,scdit aussi en parlant Des roix
«• des instrumcns, qui chantent et qui jouent
*ïBi* étrv d accord.
CAD
nAt>.\?rRE. s ni. Registre public. que l'on
irent dans i|nelquc» Provinces du Royatune, et
d«ns lequel l.i quantité et la valeur des biens-
fcods «ont marquées en détail. L: cadastre sert
4t rétjle dans l'imposition des tailles.
CADAVEREUX, EOSE. «dj. ()w tient du
cadarre. Il a le teint cadavireiue, Vodeur ca-
davéreuse
CADAVRE, j. m. Corp» mort. Fair. U ii.
Temf l.
CAD
tecûon (Tun cadavre. Il ne se dit que Du corps
Iminain. On fait <juA<juefois le procès au cu'
davre d'un criminel.
CADEAU, s. m. Repas, fôte que l'on donne
principalement 'i des femmes. Donner un qrund
cadeau.
Il se dit aussi d'Un petit présent. Il mu fait
cadeau d'une htinue^ d^tne boite.
On dit, Faire un cadeau à (jfucif^a'un, pour
dire , Faire on donner h quelqu'un quelque
chose qui lui soil aj^réablc.
On (lit (igunnicnt et fiimîlièrement d-'ins le
même sens, Je m^cn fais un cjrand cadeau ^
pour dire, Je m'en promtts un grand plaisir.
CADENAS, s. m. Espèce de senure qu'on
applique cl qu'on ôte qu.ind on vexït. Cadenas
a'AUewaqjîC. Cadenas rond, carré, etc. Cade-
nas à chijpc ou à secret Cadenas d'une porïe,
ifune valise. H y faut mettre un cadenas.
On appelle aussi Cadenas, Une espèce de
rcli'ret d'or ou de vermeil dore, fni l'on met le
couuau, la cuiller, la fourchette, etc. qu'on
sert à la table du Roi et des Princes.
CAOE>*ASSIiR. V. a. Fermer avec un cade-
nas. 0.1 a cadenassé la porte. Il faut la fermer
et caden-i'^ser.
Cadk>4ssé, ée. participe.
CADEXOE. s. (ém. La mesure qui rcf>Ie le
mouvement i}e celui qui danse. Danser en ca-
dence. Aller iTi cddence. Sortir de cadence.
Perdre la cviicicc. Entrer en cadence. Rentrer
en cadence. Suî\>.-e la cadence. S'éU^er et tom-
in-r en cadence. M.ir<juer la cadcnc
Cade?;Ce, se dit aussi De in voix et des jns-
irumens , et si£;nifîe , Un tremblement soutenu
qui se fait ordinairenvnt .'i la fin dune mesure.
n a les cadences beUe:: H brillantes, etc.
Il signifie aussi en Mi.sique, La terminaison
d'une phrase Iiarmoniqu» par un repos. Ca-
dence parfaite. Cadence irt^^ar faite.
Il signifie aussi , L'ag'-émtit qui résulte d'un
vers ou dune période, dont l'hannonie flatte
l'oreille. Ces vers ont de la cad^'nce, bien de la
cadence. La cadence de cette ptt.'ode est belle.
CADE>"CER. ▼. a. ïl est piVncipalemcnl
d'us.iî^e dans cette phrase, Cadtuccr ses pé-
riodes, pour dire, Les Tendre noiT.breuses et
ncréablfs h l'oreille.
On dit aussi, Cadencer sespas, p.\irdire.
Les régler à l'imitation d'une mesure mLsicale.
Cadescé, ée. participe. Marcher à yu% ca-
dences.
On dit figurément et familièrement, d\^n
homme qui parle et se remue conmie eu t.-
licnce, C'est un homme toujours cadencé.
CADENE. s. f. Chaîne de fer dont on aitacho
les forçats. Etre à la cadène. Tirer de la cadènc.
Mettre à la cadène. Il est vieux.
C ADE>'ETTE. s. f . Longue tresse qui tomba
plus bas que le reste des cheveux. Cieveux en
■ adenettes.
CADET, ETTE. adj. Puîné, puinée. Fils
cadet, fille cadette. Quelquefois il signifie wu-
lement le puinc, qui oe laisse pas d'avoir d'au*
très frères uprèa lui , m.iis qui est cadet J Tcgard
d'> v)D ain<' ; et il s** du De tous le» autrw frcrci
CAD
i85
qui ont un aîné. La Ucjitime du cadet. Partant
des cadets, Cudet de bonne Maison. ^,eur ca'
dette.
On dit, Branche cadetîc d'une Maison, pir
opposition h Branche alftée ; et il signifie. Une
branche de citte Maison , sortie d'un cadet.
Branche cadette de Bourbon. Branche cadetti
de Lorraine.
Il est aussi substantif, et se dit ordinairement
pour le dernier des fils; comme, Cet homme est
le cadet de toute cette Maison.
Cadet, se dît par extension , en parlant De
deux hommes qui ne sont pas frères, rt dont
l'un est moins Agé que Vautre. Je suis son cadet.
Cadet, se dit encore, en parlant Des per-
sonnes d'un même Corps, d'une même Cotti-
pagnie, par rapport au temps où elles y ont été
reçues. Ce Lieutenant se plaint qu'on ait fait
Capitaines plusieurs de ses cadets. Je suis moins
dge (jue lui; mais dans la Compagnie, il fst mon
cadet.
On appelle Cadet, Un jeune Ccntilliomme
t|ui sert comme simple soldat, pour apprendre
le métier de la guerre.
On appelle Compaqnies de Cadets , Des
Con:pagni('s toutes composées de jeunes gens
qui sont élevés dans l'art militaire. Les Coni-
j'aijnics de Cadets sont une pépinière d'Offi'
fiers. Il est entré dans les Cadets. Il y a eu en
France des Compaqnies de Cadets.
On dit aussi populairem., C'est un cadet de
haut appétit, pour dire, Un jeune homme qui
aiiue à faire bonne chère , qui aima à faira d« la
dépense.
CADEITE. s. f. Pierre de taille propre ponr
paver.
CADL s. m. Nom qu'on donne a un Jn^*
chez les Turcs. On nomme Ccdilesker, Un Juge
d'armée.
CADIS. s. m. Sorte de ser^e de laine de bas
prix. Vn Ut de cadis. Tapisserie de cadis. Cadn
gris, viole':.
CADMIE. s. f. >ora donne par les Chimistes
à un enduit ou k une suie métallique, qui s'at-
tache aux parois intérieures des fourneaux où
l'on fond des métaux.
CADO(;A>'. s. m. Nœud qui retrousse le*
cheveux et les attache fort près de la tête. Plu-
sieurs pninoncent Catoqan.
CADOLE. s. f . Nom que les Serruriers dor>
neni au loquet d'une porte, ou à une espèce de
pêne, qui s'ouvre et se ferme en se liauscant.
avec un bouton ou une co<juilte.
CADRAN, s. m. Horloge solaire, supcrfioie
sur laquelle les heures sont marquées, et où iJ
y a un slylr ou une aiguille, qui , par son ombre,
iiarque l'heure lorsque le soleil luit Cadran
tMuinoxiiiî, polaire, horizontal. Cadran ver~
titil. Le style sert à marquer les heurct sur
U tidran. Regarder au cadran quelle heure
il est
Ou appelle aussi Cadran . La partie exté-
rieure \'unc horloge h rassort, d'une montre
sur laq\\ Ile l'aiguille, par son mouvement,
marque l'heure. Cadran d'or, d'arcciï, d'e-
mail. Les heures de ce cadran nt sont pas hit9
i86
CAF
mavfjuéea.Ce cadran ne marque que trois heures^
el Vhorloqe en sonne quatre.
CADRt;. subsï. niasc. (On écrivoit autrefois
Quadre. ) Bordure de boia , de marbre , dit
bronze, clc. raDS laquelle on cncliûsse des ta-
bleaux, dt-'-a estampes, des bas-irliefs, etc. l n
UeuH cadre j un cadre duré. Un cadre bien
sculpté. Il faut faire un beau cadre à ce ta-
bleau.
Un dit figurémeiit, Cadre, en parlant des
écnts, pour dire, ï,c plm el l'agiMicenient des
parties d'un ouvrage. C'est un cadre heureux à
remplir, l.e cadre est bien inuic^iné. On fait
entrer bien des choses dans «u tel cadre. Cadra
mesffuin , etc.
CADRER. V. D. Avoir Ji; la convenance, du
rapport. La réponse ne cadre pas avec la de-
mande. Les dépositions de ces témoins ne ca-
drent pas ensemble. Vous vous serve% d'une
comparaison qui ne cadre pus. Ces deux chosci
ne cadrent pas bien l'une avec Vautre.
CAOCC, VQVK. adj. Vieux, cassé, qui a
déjà perdu de ses forces, et <|iii en peid tous
les jours. Il se dit proprement De l'iiomme, on
de ce qui appartient à rlionime. Ucvenir eaduc.
Age caduc. Santé caduque.
Il se dit d'Une maison qui est près de londïer
en ruine. Maison vieille et caduque.
On appelle aussi ilipilcpsie ou le IjaiU-mal,
Le mal caduc. Cet humme a le mai caduc. Il
tombe fit mal caduc.
On dit en termes ie Palais, Legs caduc, suc-
cession caduque^ ponr signifier, Un !cus. une
succession qui n'a pas lieu, faute d'iicriliers ou
de fonds, ou faute d'accomplir certaines con-
ditions.
On appelle Lot caduc, Un lut qui n'est [loUit
cdclamé.
On appelle Voix cadurfue^ O I!e qni, par
quelque raison particulière, n'est point comptée
dans un sufiraj^e.
CADUCKE. s. maso. Verge accolée de deux |
serpcns, que les Poètes attribuent à Mci'cure.
Ou peint Mercure avec son caducée. Le cadu-
cée est un des symboles de la paix.
On appelle Caducée, Le b.iton couvert de
velours et de ileins de lis d'or, (pie portent le
Roi d'armes el les Hérauts d'armes dans les
grandes ccréninnies. Le Roî d'armes marchait
à la tête du confot, portant son caducée.
C.\I>UCJTK. s. f. L'état d'un homme caduc.
Cet Aonime approclie de la caducité. Il est dans
une extrême caducité.
Il se dit aussi d'Une maison. Celte terre a
été moins vendue^ à «ause de la caducité de la
maison^ des bdtimcns.
En style de Palais, Caducité d'un legs^ S6
dit, Lorsqu'un legs devient caduc.
(J A F
CAFAIU), AKIH:. s. Hypocrite, bigoi. C'est
un cafard. Je hais les cafards.
\\ s:: prend aussi ad)<clivenicnt. // a Vaif
cafard.
Un appelle Damas cafard , Une sorte de
damas niÊlô de soie et de Heuret.
CAG CAH
CAFAROERIE. s. f. Hypocrisie, dévotion , CAGOT, OTE. adject. Qui a une dévotion
Ç fausse ou mal entendue. Il a l'air caqct.
substantif . Ce n'est quun cnjjo(,
grossièrement aiTectée.
CAFÉ. s. m. Espèce de fruit en forme de
fève, qui vient originairement d'Arabie, que
l'on rôtit, et que l'on réduit en poudre, pour
en faire un breuvage que l'on appelle aussi
Café. Balles de café. Du café. Tasse de café.
Prendre du café. Rotîr le café. Moudre le café.
On appelle au^si Café, Le lieu où l'on va
prendre le café. Il y a beaucoup de Cafés à
Paris et à Londres. Cela s'est dit au Cafc.
On dit aussi, Le Café, eu parlant du mo-
ment où on le prend après le repas. On iju chez
le Ministre au café.
CAFETAN, s. m. Robe de distinction en
Usage cliez les Turcs. Le Grand- Seigneur eu-
voie des cafetans aux personnes qu'il veut ho-
norer ^ et surtout aux Ambassadeurs, et à ceux
qui paraissent à son audience.
CAFETIER, s. m. Marchand de rafraîcJiis-
(omens, qui pn'pare le café. On l'appelle aussi
Limonadier. Voyez ce mot.
CAFETIÈRE, s. f. Pot d'argent, de terre,
de fer -blanc, etc. qui sert à faire le café. /)e/!i;
r«/c'tièrc. Cafetière du Levant.
CAFIEK. s. masc. Ariire qui porte le café,
dont la fleur approche de celle du jasmin. Il
porte un petit fruit rouge de la grosseur d'une
cerise. Ce fruit renTermc deux semences qui
sont notre café.
CAG
CAGE. s. f. Petite loge portative de I>.Uon3
i'osier ou do fil de fer, pour metiie des oiseaux.
Mettre un oiseau dans sa cage. Cage d'o.çier,
iiefcr, de fil d'archal. Grande cage. Belle cage.
On dit ti;;urémenl et familièrement, 3/c((ri'
un homme en cage, pour dire, Le mettre en
prison; et, Être en cage, pour dire, Être en
prison.
On dit proverbialement, qu'/i vaut mieiu:
être oiseau de campaijnc, quoiseau de cage,
pour dire, que La liberté est préféraljle à tout;
el que Lg hcllc cane ne nourrit pas l'oiseau^
pour dire, qu'il ne sufiit pas d'ètie bien logé,
qu'il faut eiicnrc avoir Je quoi vivre.
Un appelle aussi, La caqc d'une maison ^ et
d'un escalier. Les quatre gros murs d'une mai-
son, et 1rs murs qui enferment un escalier.
CAGKARI), AROK. adj. Fainéant, pares-
seux. // mène une vie caqnanlc. Il est du stylo
familier.
Il se dit aussi substantivement. C'est ur ca-
gnard. Dans ce dernier sens, le peuple l'em-
ploie pour signifier Lâche ou poltron.
CAGNARDER. v. n. Vivre dans h paresse,
mener ime vie obscure et fainéante. Cet honiiue
ne fait plus que cagnarder. Il est du style fa-
milier.
CAGNARDISE. s. f. Fain;;antise, paresse.
Il est du style familier.
CAG?4EUX, EUSE. adj. Qui a les Renou\
cl les jandx's tournés en dedans. Un homme
cagneux. Une jcmmc caqneuse. On le dit aussi
Des Jambes nicir.cs ou des pieds. // a les jum- ^
(tu ctiqncuscs. Il a les pieds cagneux.
Il est :
un franc cagot. Une cagote.
CAGOi'EKIE. s. f. Action du cagot, ma-
nière d'agir du cagot.
GAGOTLsmE. s. masc. Esprit, caractèi-e Un
cagot , manière de penser du cagot.
CAGUU. s. m. Homme qui vit d'une ma-
nière obscure et mesquine, qui ne veut voir
ni hante personne. L'est un cuqou. Il vit
comme un cagou. Itest bas.
CAGOUILLE. s. f. Volute qui sert d'orne-
ment au liant de léperon d'un vaisseau.
CAGUE. s. f. Ternie de Marine. Êoite de
bâtiment Ilollaudois.
CAH
CAHiER. s. m. Assemblage de feuilles de
papier ou de parcliemin jointes ensemble. Ctt-
hier de papier. Cuhiei blanc. Cahier écrit. Les
cahiers d'un Livre., d'un Registre.
On appelle Cahiers de Philosophie et de
l héologie., Les écrits qu'un Professeur diclc à
ses Ecoliers durant son cours. Il u pris L'S cu-
hiers d'un tel Prujt-sseur.
On dit aussi. Les cahiers des Etats^ les ca-
hiers de l'Assemblée du Clergé j pour dire, Le
résultat des délibérations des États , ou du
Clergé, et les demandes qu'ils fout au Roi.
Porter, présenter le cahier., les Cahiers. RepoU'
dre les cahiers.
Cahiei\ uk FRAIS, sii;nific , Le mémoire des
frais.
CAHIN-CAHA. adv. Tact bien que mal II
se dit des choses qu'on fait difficilement , à plu-
sieurs reprises, et de mauvaise grâce. /( a fait
ce que je lir. demandois ; mais il ne Va fa.t que
cahin-caha. Il est familier.
CAHOT. 5. m. Espèce de saut que fan um
charrette, ou uu carrosse, ou un coche, en
roulant 3ur un chemin raboteux et mal uni.
Faire des cahvis, un grand cahot.
On dit aussi, A'oas avons e^j.'oni'é bien des
cahots sur celte routCy pour dire, "Ncus avons
trouvé des chemins qui font faire lieu des
cahots.
Un dit fignrément Cahct, pour, Accident,
i:liuc iuiï)révu des événemons. Aous as^vm
éprouvé bien des cahots dans cette affaire.
CAHOTAGE. s. m. .Mouvemer.t fré,ii(*ui
causé par les cahots. Je ne puis sculfiir le ca-
botage d^tn coche.
CAHOTANT, ANTE. adj. Qui fait faire des
caliots.
CAHOTER. V. a. Causer des cahots. Ce cur-
rossc nous a bien cahotés. Nous avons été bien
cahotés dans ce chemin. J ai été très'long-
temps cahoté par la fortune.
Cahoté, rE. participe.
C.VHUrTE. s.f. Petiie loge, hutte, cohaiiC,
maisonnette. Il u'a qu'une méchante cuhutte.
Ce n'est pas une maison , ce n'est qu'une * .i-
hutte.
CAl
■» ■
C AI
CAÏEU. sulist. m. Rejeton des ognons rjiii
portent fleur. Cuieii Je (uli/ie.
On Jit aussi d'Une fleur qui vient d'un enïcu
que C'est un caleu. Cette tulipe n'est qu'un
caïcu de Vannée.
CAILLE, s. f. Petit oisenu de passade qui a
le plumnj;e grivclc, et dont la chair est déli-
cate Cnille qrasse. La saison des cailles.
CAII.LEDOTTE. s. f. Masse de lait caille.
Sous fli'on5 mariné des caillehotlcs.
CAILLE-LAIT, ou GALLIUM, subst. m.
Plante ainsi onninice, parce qu'elle a la vertu
de cailler le l.iit. Gn en fait usaj^e en Médecine.
et principalement dons les nialndies qui atta-
quent les nerfs.
CAILLEMENT. s. m. Kiat du lait ou d'um
autre liqueur qui se caille.
CAILLER. T. a. l'iger, coaguler, épaissir.
La présure caille le lait.
Il se met aussi avec le pronom personnel.
7-e 'lait se caille. Le sanq se caille. CAa fait
cailler le lait.
Caille , ée. participe. Loit caille. San(j
caillé.
Ou dit aussi absolument, Du caillé, pour
(Tire, Du lait caillé; et on le dit substanlivc-
mcot.
CAILLETEAU. s. m. Jeune caille. Un nous
û servi des cnilleteatix.
CAILLETTE, s. f . La partie du chcvrean ,
a^eau, veau, etc. gui conticot la présure à
cailler le lait.
On appelle Caillette, et Cmllede de quar-
tier j Une femme frivole et babillarde. C'est
une caillette. On le dit aussi d'Un homme fri-
vole et babillard. C'est «ne franche caillette.
CAILLOT, s. m. Grumeau de sang. Petite
mosse de sang caillé. /( crache des caiilols de
sanrj.
CAILLOT-ROSAT. s. m. Poire ainsi nom-
mée, parce qu'elle est pierreuse, et qu'elle a
un gotît de rose. Elle est aujourd'hui peu es-
timée.
CAILLOU. ». m. Fiene tr.s-dure . qui varie
pir la couletir, et qui donne des étincelles,
lorsqu'on la frapiw avec de l'acier. Chemin
plein de cailhui. Caillou de rivière. Caillou
uni et poli. Dur comme un caillou.
l,e Caillou d'EjjypIe est une espèce de jas])c
dans lequel la nature a formé différentes figures
qui resscmlilent il des grottes, des pavsaget, etc.
I/s CaïUoiur de Médoc et du Hhin sont
blancs et tranaparcns comnii- du cristal.
CAILLOUTAGE. s. m. Nom collectif. Ou-
vrage de cailloux ramasses. Grolle de caillou-
lage. Chemin de cailluutage, etc.
C.A.I.1IACAN. s. ta. Lieutenant du Grand
Vi7Jr. L'un det Caimacans est (iouvcrneur de
CcDslanlino|)lo , ei n'en son jamais.
C.AL>Li>'. • m. Eipccc de crocodile.
CVnL\M)i;R V. n. Voy. QvtuKVDTv.
CAIMA-NHiaR, El'SE. t. Voy. Qcéman-
DCUft.
CAIQUE. 9. tnasc. Sorte de clialoapr, pi-tit
CAL CAL .87
bâtiment qui sert ordinairement avec les Gale- nu petit g 'lop, pour toi apprendre i nlior les
res dans la IMi'ditemnée. On envoya le calque hanches , et à formnr son arrêt
poiM- reconnollre les ennemi"
CAISSE, s. f. Espèce de rolfre de hois oii
l'on met diverîics sortes de marcljaudises. Une
caisse de raisins. Des caisses de sucre, etc. Rai-
sins de caisse.
Il se dit aussi d'LTn assemblage de planches
en carré que l'on remplit de terre, et où l'on
met des oran;;ers et d'autres arbres ou arbustes.
Il se prend encore pour IjC lieu où les Fi-
nanciers, Banquiers, Marchands, etc. mettent
leur argent. Allez à la caisse, -vous serez payé.
On dit. Tenir la caisse, pour dire, Avoir le
maniement de l'argent d'uu Financier, d'un
lianquier, d'un Marchand, etc.
*tn appelle Caisse Militaire, La caisse qui
rcntient l'argent destiné aux dépenses d'une
\rmée, d'une Troupe.
Caisse, signifie aussi Un Tambour. Battre
la caisse. Caisse de tambour.
On d'I. Battre la caisse, pour signifier, Le-
ver des soldais.
En Analomie. on désigne jiar le nom de
Caisse de tambour. Une Ci.vilé demi-spliériqnc
qui se trouve au fond du trou auditif externe
de l'oreille.
CAISSIER, s. masc. Celui qui tient la c.iiss ■
chez un Financier, chez un Banquier, ou chez
un Marchand. Un tel est son caissier.
C.AI.SSON. s. m. Gr.inde caisse qui sert or-
dinairement pour porter des vivres et des mu-
m'tions à l'armée. Les caissons de l'artillerie.
Les caissons des vivres. Les caissons des Mu-
nitionnaires.
C AJ
C.V.TOLER. V. a. Flatter, louer, entretenir
quelqu'un de choses qui lui plaisent et qui le
touchent, avec intention de le séduire. Il l'a
lanl cajolé, qu'il a obtenu ce qu'il demandait.
Il n'est que de la conversation.
Il signifie aussi , Tâcher de séduire une
femme ou une fille par de belles paroles. /(
fiut avertir la mère qu'un tel cajole sa fille,
i ne honnite femme ne se laisse pas cajoler.
Cajolé . et., participe.
CAJOLERIE, subst. f. Louante où il y a
quelque aflertation, et qui sent In flatterie. "Vos
lûuanqes ne sont que de pures cajoleries.
Il se prend aussi pour Le langage flatteur
dont on se SirI pour ticlier de séduire une
femme ou une fille. Souffrir, aimer la cajo-
lerie.
CAJOLEUR , EUSC. s. Qui cajole. C'est un
cajoleur, un vrai cajoleur. Ce n'est qu'une ca-
joleuse.
C.AJUTE. s. f. Lit dans un VaissMu.
CAL
CAL. s. m. Durillon qui rient aux pieds,
aux mains, aux penoux. 71 nient des cals au.r
maint i force de travailler, et aux pieds à
frce de marcher.
CALADE. t. f. Penl-- d'un terrain élevé par
où l'on fait dcacradre plt>«cur> fuis un cheval
CALAISO>". subst. fém. Profondeur d'un
navire depuis le premier pont jusqu'au fond de
.aie.
CALA'MBOUR. subst. m. Sorte de Lois qui
vient des Indi s.
CALAMKNT. s. mnsc. Plante qui porte une
fleur labiée, dont l'odeur est assez .igréable. et
qui a été mise au nombre desCéphali qncs. Elle
est d'usage en Médecine, stiilnut dans l'asthme
et dans les ulcères du punmou. On emploie le
ccilanicnf comme le thé.
CVLAMINE. ou PIERRE CALAMI.N AIRE.
subst. f. Substance minérale jaunâtre, qui a ia
ferme d'une pieirc ou d'une terre, dont on se
sert pour faire le cuivre jaune 011 laiton . parce
qu'elle contient le d"mi- métal qu'on nomme
Zinc, qui a rctte propriéui. On a mis trop de
calamine en fondant ce cuivre.
C \ LAMISTRER. V. act. Friser, poudrer. Il
est familier.
CALAMiSTnK, ÉE. participe.
CALAMITE, s. fém. Un des noms qu'on 0
donnés à la pierre d'aimant et à la boussole.
CALAMITÉ, s. f. Grand malheur, mallicnr
public qui se répand sur une Contrée, sur une
\ille. 7,(1 jiicrrc, la peste, sont des calamités.
C'est une riraie calanùtc.
II se dit aussi d'Un .issemblage de malheurs
qui tombent sur un individu. La perle de ses
cnfans cl de sa fortune a accablé sa vieillesse
de calamités.
CALAMITEUX, EUSE , adj. Misérable. Ce
mot ne se dit guère qu'en parlant Des temps de
peste, de guciTe, de famine, etc. qu'on appelle
Des temps ca'.amiteur.
C.AL.-iXORE. s f. Sorte de grosso ciive ou
de grosse alouette.
CALAXDaK. s. f. Ver qui ronge le blé dans le
grenier. Ce blé est tout plein de calandres.
Calasdive. s. f. Machine dont on se sen
pour presser et lustrci les draps, les toiles et
autres éloflcs. .1/e(lrc ilu taffetas, de ta moire
à la cahindre. Faire passer des étoljls à la
calandre.
CALAXDRER. v. a Faire passer par la ca-
landre. Caluridrer une étoffe, une nappt
CALAiDnÉ, ÉE. participe.
CALAIRAVA. s. m. ( L'ûrdr* di ) Nom
d'un Ordre militaire d'Espagne, institue pu
Sanclie III. Roi de Caslille, en i i58.
CALCAIRE, adj. des 1 g. Il désigna les
terres ou les pierres que l'aclion du fen peut
changer en chaux . et qui se dissolvent dans 'es
acides; telles sont la craie, le marbre, la pierre
h chaux, les coquilles, etc.
C.VLCÉnoiNE. s. f. Nom qu'on donne à
une agate d'une couleur trouble cl remplie
comme de nuages.
CAI.CÉn<>IVEU\ . EUSE. adj II se dit Des
pierres précieuses qui ont quelque marque,
quelque ticlie blanche.
CALCIXATION. s. f. Opération * Chimie,
par laquelle une terre, tinc pierre ou un métal
sont réduits dans l'état de chaux par la violence
a4.
i88
CAL
du feu. Calâiiatïun du vitriol, du ploinhj de
l'or, elc
CALCINER. V. net. Réduire en chaïu. !1 se
dit principalement de celte opération cliiniique
(jL'i rdduit CQ chaux par la force du feu, Us
pierres, les métaux, les minéraux , etc. Calci-
ner le salpêtre, le vitriol, les ?iiélaitx, de II
se dit, par extension, De tout ce qui éprouve
une violente action du (eu.
Calciné, ée. participe.
C.4LCUL. s. m. Sui<put,-ition , compte. Cal-
cul exact. Faire le cnlcul de ijucltjue somme.
Par nwii calcul, j'ai trom'é qtt?.... Erreur de
calcul. Sauf erreur de calcul. Se tromper dans
un calcul.
On dit, tjnc L^errcur de calcul ne se couvre
foint, pour liire, qu'Un pi ut toujours revenir
contre l'erreur de calcul.
On dit pioverbial. et figurém., Se tromper
dans swi calcul, pour dire. S'abuser, se mé-
prendre en quelque cliose que ce soit.
Calclx , est aussi un terme de Médicine , qui
signifie, La pierre qui s'engendre dans les reins
et dans la vessie.
CALCULABLE, adj. lîcs 2 g. Qui se peut
calculer.
CALCULATEUR, s. m. Qui calcule. Cet
Astronome est un grand et bon calculateur.
CALCULER. V. act. Suijputei , complcr.
C'est lui qui a calculé toutes ces sommes. On
le dit aussi absolument. Après avoir lieu cal-
culé, je IroiiM ijnc On dit aussi, Calculer
des Itdilcs astronomiques , pour dire. Dresser
des tables propics j l'usnge des Astrouonies;
Calculer une éclipse, pour dire, Déterminer
p;ir le calcul le temps et les circonstances d'une
éclipse.
Calculé, ïe. participe.
CALE. s. f. .\bri entre deux pointes de terre
ou de roclicr. Le miisseau hattu (l^; la tempête
ne sauva dans une cale. Les Corsaires se cachent
dans des cales, pour surprc}idre les petits vais-
seaux qui pussent.
On appelle Fond de cale. Le lieu le plus
bas d'un vaisseau. On a mis ces marchandises,
ces esclaves à fond de cale. i
On appelle aussi Cale, Un morceau de bois
plat , qu'on met sous une poutre , sotïS une so-
live , ou sous les pxds d'une table , pour qu'elle
soit de niveau. Cette poutre, cette table baisse
plus d'un côté que de l'autre, il y faut meïlrfi
une cale.
Cale, si;;nifie encore, Une espèce de chûti-
mcnt assez ordinaire dans les vaisseaux , et qui
consiste à suspendre un liomme à la vergue du
grand mût, et à le plonger plusieurs fuis dans
la mer. Donner la cale. Il a été condamné à
la cale.
CALEBASSE, s. (. Finit des Iles, qui croît
en forme de cilroiiilli', et dont on extrait une
liqueur, qu'on regarde coninicspécifiqiiccontrc
les maux de poitrine. Sirop de calebasse.
Calebasse. Espèce de bouteille faite d'une
courge scrJice et vidée. Il n^y avoil pas un sol-
dat qui n'eût sa calebasse pleine de vin.
On met aussi des calebasses vidées et bou-
CAL
cliées sous les aisselles ^ pour apprendre h nager.
Nager avec des calebasses.
On dit proverbialement et figurcm. Frauder
la calchassc^ pour dire, Ttompcr qurlqu'iin,
en ne lui donnant pas son cotitin^(;iit dans les
choses qui doivent se partager. Il est populaire.
CALEIiASSlER. s. m. Arbre de lAm6rique,
qui ressemble au pommier.
CALÈCHE, s. f . .Espèce de carrosse coupé.
Calèche légère j douce.
On appelle aussi Calèche^ Une sorte de car-
rosse léger, entouré de maiiteleU,et dont on se
Rer-t pour se promener dinsdes jardins. Se pro-
mener en calèche.
On donne aussi ce nom û une sorte de Coif-
fure de femmes, qui se replie sur elle-même,
ou qu'elles ramènent sur leur tête à leiu- grt*.
CALEÇON, s. ni. Vêtement qu'on met sous
le haut-de-cbausse, qui couvre depuis la cein-
lure jusqu'au-x genoux. Caleçon de toile ^ de
chamois, de ratine^ etc. Se mettre en caleçon.
Etre en caleçon.
CALiii- ACTION, s. Çém. Terme didactique.
Clialeur causée par l'action du fou. Cette pic-
paraiion se fait par une létjère caléfadiou.
CALEMBOUR, s. m. Mauvais jeu de mots,
fondé sur une équivoque de mois. Faire, dirt
un calembour., des calembours. U est familier.
CALEMBRI^D.U^E. s. fém. Bourde, vains
propos, faux-fuyans. Il m^a dit des calembre-
daines. Il ne répond à tout ce qu^on lui dit qm
des calembredaines. Vous éludez mes questioui
par des calemla-edaines.
CALENCAR. s. m. Sorte de toile peinte des
Indes.
CALENIÎER. subst. maso. Nom de certains
[lelii;ieux Turcs ou Persans, la plupart vaga-
honds.
CALENDES, s. f. pi. Premi'T jour de cha-
que mois cliez les Romains. CulenJesfïeJmii'ic.'-.
Calendes de j\îar$.
On dit proverbialement. Renvoyer aitx Ca-
lendes Grecnues , pour dire. Remettre une
chose à un temps qui ne viendra- jamais : ce
qui se dit parce que les Grecs n avoicnt i>oint
de Calendes.
On appelle Calendes ^ Certaines assemblées
des Curés de campagne, convoquées par l'ordre
de l'Évcque. Il est allé aux Calendes. Les Ca-
lendes se tiennent dans une telle Paroisse.
CALENDRIER, s. m. Le livre ou la table
qui contiinl Tordre et la suite de tous les jours
de l'année. Vieux Calendrier. Nouveau Calen-
drier. Le Calendrier des Egyptiens, da Ilo-
mainsj des 7 iircs, etc.
On appelle Vt'eu.r CuïenJrier, Celui dont ou
se servoit avant U réformation qui eu fut faite
pai le Pape Grégoire Xlll; et Nouveau Calen-
drier., Celui qui est conforme à la réformation
faite par ce Pape. Le nouveau Calendrier avance
d'onze jours sur Vancien.
CALENTURE. s. fém. Fièvre cJiaudc nsstï
commune sur mer.
CALEPIN, s. m. Ce mot n'est point mis ici
(X>nime le nom d'un Diciionunirc particulier,
Riais coxiune un nom devenu appellauf, yoiiT
CAL
signifier Un recueil de luots, de uoies, d'ex^
traits , qu'une pirrsnnne a composé à son usago.
Je consulterai là-dessus mon calepin. 'Voilà de
quoi bien enrichir son calepin. Cela u'csl pas
datis son calepin.
C.4LEU. v. a. Baisser. U ne se dit guère que
Des voiles d'un vaisseau. Caler la voile.
On dit figurément, Caler la voile, pour dire.
Baisser le ton , diminuer de résistance. Avec les
qrands, le plus sûr est de caler la voile.
On dit en ce même sens, absolument et fa-
milièrement, Caler. H faut caler.
Caleh. v. a. Mettre une cale. Il faut caler, U
pied de cette table.
Calé, ée. participe.
CALFAT. s. m. Terme de Manne. Cekii qui
calfate un vaisseau. Bon calfat. Maître culfat.
Il signifie aussi L'ouvrage que fait le calfat.
Ce vaiss'eau a eu son calfat.
CALFATAGE, s. m. Éloupe enfonça; dans
la couture du vaisseau.
CALFATIÎR. V. a. Boucher les trous et !c»
fentes d'un vaisseau, et l'enduire de poix et de
goudron, pour empêcher que l'eau n'y entité
Calfater un nat^ire, un vaisseau, une galère.
Calfaté , ée. participe,
CALFEUTRAGE, s. m. Ouvrage de ccliti
qui tiavaille à calfeutrer une porte , une feuèlre.
Bon calfeutrage. Travailler au calfeutrage.
CALFEUTRER, v. a. Boucher les fenl/:s
d'une poite, d'une fenêtre, avec du papier, ds
paithemin collé, ou des lisières, etc. pour cm^
pécher que le vent n'ei.Ue. Il faut callcutrer
cette porte,
CalfeutiiiS, ée. parlicipe.
CALIBRE, s. m. La grandeur de l'ouverture
du canon de toutes sortes d'armes à feu. Le ca-
libre d'un mousquet, etc. Les canons des batte-
ries doivent avoir tant de calibre. Un mousijuo!
ton de gros calibre.
ïl veut diie aussi, La grosseur de la balle,
proportionnée à l'ouverture du pistolet , du
mousquet, du canon. Cette balle est de tel ou
tel calibre. Bulle de calibre.
Il signifie figurément, La qualité, l'élût, etc.
d'une personne. Ils ne sont pas tous deiuc île
mànc calibre. Il e.-t du style familier.
Calibre, est aussi un terme d'jVrcliilccture,
et il signifie , Volume, grosseur. Ce* Jeux cur
lonncs sofit de même calibre.
CALIBRER, v. a. Passer des boulets dans le
calibre pour les niesiu-er. Cal.brcr des bulles.
Leur donner le calibre, la grosseiu- convcuahle.
Cai.idké, le. participe.
CALICE, t. m. Le vase .sacré où se fait hn
coiLsccratioi! du vin dans le Sacrifice de b
.Messe. Calice d'or. Calice d'urgent. Elever le
calici\
On dit Ggnicment et provcrbialem. , Botnc
le calice, avaler le culac, pour dire, Souflrii
contre son gré quel]iie cliose de f^clieiLt et iL:
rude. Cela est rude, mais il faut uvalei U ca-
lice, il faut hvin- le colicc.
On dit proverbinlcm. qn'Un homme est doré
comme un calice, pour dire, qu'il a des babils
cliargés de galon ou i: bi-odcric d'oc.
CAL
CAL
Calice, en termes de Fleuriste, est iL-vrise- CALOMMATEUR, AïiUCE. subsi. Celui,
ment de l'extrémité des branches ou des queuesÇJ celle <|ui caloninie. Passer pour un adomnia-
qiï'i poriunt k-s fleurs. I^plupart des c.ilices sont
de couleur verte.
CALIl'K. s. m. Nom qiie portoîeut des S<ui
veraîns .Mahométaiis. Ils rtiuuissoîcul le pou-
voir temporel et le spirituel. Ce mol siguilie en
AraK*, Successeur , relalivL'meut ii Maliomet.
C\LII'OURCHO-\. s. m. Il ne s'emploie
tju'advcrbialement et duns le etyle i'umilier,
avec ïa préposition à. et se dit pour sirjnificr
qu'On est F.ssis sur quelque chose jambe de-çi .
jambe de-l.'i , comme quand on est à cheval.
Aller à calijourchon. Se mettre à califourchon.
Être à califourclion sur tin bâton , etc.
CALïN. s. m. Niais et indolent. C'est un
câlin. Il fait le cJUn. Il est familier.
alUNER, SE CALINER, v. pr. Se tenir
dans L'inaction ^ dans lindolence. Il passe lu
temps à se câliner (Lins un fauteuil. Il est fanii'
Cer.
CALLEUX, EUSE. adj. Où il y a des culs.
Uïcèrc calleux. On appelle Corps calleux, L;i
pûrtie qui couvre les deux ventricules du cer-
veau.
CALLIOPE. s. f. Nom de la Muse qui prô-
nde à la Poésie Kpique.
CALLOSITÉ, s. fcm. Chair solide et scchc
qni s'entendre sur l«ts bords d'un ulcère. 11 se
forme aussi des callosités aux mains et aux
pieds, sans qu'il y ait une plaie.
C-VL^IANUK. s r. Étoffe de laine lustrée
Stni cûtû, comme le satin.
CALMANT, s. m. Remède qui calme les
douleur». Prendre un calmant.
CALMAR, ou CURNET. s. m. Animal du
gmfre des animaux mous. Il ressemble beau-
coup h la Sèche cl au Polype. H a aussi conmi •
ocs animaux un réservoir plein d'une liqucuc
noire comme de l'encre : de là vient son nom
de Calmar ou de Cornet.
CAUiAn. s. m. Etui où Ion met tes plumes
■ ânirc. Il est vieux.
CAL.ME. adj. des 2 genres. Ira:u;uille, sans
Agitation. La mer est ctihne. I/air est calme.
Lieu calme et hors du bruit.
On dit, qu'C^n mal^ide est calme, pour dire,
<]Tfll est sans agitation et sans douleur.
On dit figurt'Miicrit : Esprit calme, vie calma
tf tranquille. Ce^'t un Homme fi}rt cnlme. Son
humeur est ordindi'rf.-nenl culme.
Calmr. t. m. Bonaci.-. Quand il fut en haut»'.
Ditr, le calme le prit, et l'empccha d'avancer.
Tî y a de (jraiids calmes dans ces VKrs-là.
Il fignifio ûgurément, Tranquillité. Je vis
ici dans un ^rand calme. Un doux calme. Le
adme de Vesprd.
C.VL.MEK. V. a. Apaiser , rendre calme.
Calmer Us flots. Calmer Voraqe , ta tempête
Calnter une scdiliorL
11 se dit aussi fi<;unhn. Calmer la esjirils.
Calnter lui bjut. Calmer les passions. Calmer
la daitlatr.
U a*emploie absolument. Cela n'est i»i.<i pro-
pre à calmer, fl s'étudie toujours <î calmer.
Cauu^ iZ- paitici^e.
teur. C eut une calomntatnce.
CALOMNIE. 8. f. Fausse impulntion qui
blesse la raputaiion et l'iitumeur. C'est une
pure calomniey une noire caïotnfiic. Inventer
une calomnie. Fahritpier une cidomfiic corifra
(Quelqu'un. Forger une calomnie. Se justifier^
se purger d'une calomnie. Repousser une ca-
lomnie.
CALOMNIER. V. a. Attaïuci, blesser Ihon-
neur de (pielqu'uu par des impuialions fausses
et inventées. Les méchans sont sujets à calom-
nier les qens de bien.
Caj-ommk, ée. pai'tîcîpe.
GALOMNIKUSEMENT. adverbe. Avec ca-
lomuie. Il a été accusé calonmieusement,
CALOMNIEUX, EUSE. adj. Qui contient
en soi une calomnie. Ce sont des discours ca-
lomnieux. Une accusation calomnieuse. Des
paroles calomnieuses.
CALOTTE, s. f. Espèce de petit bonnet qui
ne couvre ordinairement que le haut de la tiHc.
Calotte de satin, de muroquiji. Porter la ca-
lotte. Les Cardinaux portent la calotte rourjc.
On dit, que Le Pape a donné la caloltc. à
quelqu'un, pourdire, qu'il la cleve à la dignité
de Cardinal.
On appelle C(i/o((e à oreilles, Une jurande
calotte qui couvre les oreilles.
CALO^'ER. s. m. r^Ioine Grec de l'Ordre de
St. Basile. Les Caloycrs se trouvent principa-
lement du côté du mont Athos, tt dans l'Ar-
rliipù.
CALQUE, s. in. Trait li-jjer d'un dessin qui
a été calqué, /'rendre un calque.
CALQUER. V. a. Coulre-tirer un dessin, le
copier trait pour trait, en passant une pointe
sur les traits, afin qu'ils s impriment sur un
papier, une toile, une ptacclie de cuivre, etc.
C*ah|uer une estampe.
Calqcé, ée. participe. Vn dessin calcji::-
sur un autre.
C.VLUMET. s. m. Espèce de giaride pipe e:i
usage clicr les sauvage*, et qu'ils prcsontcul
comme un symbole de pai.x.
CALUS. s. m. (On pron. l'S. ; Espèce de
rireud qui se l'or me d'une humeur épaissie, et
(jui rejoint Ic^ p trMcs d'un os rompu. Quand
on a l'os de la jambe mmpu, il ne faut pas i\
remuer que le calus ne soit fait.
IL si^niûc figurémeni, Un endurcissement
d'esprit et de coj - , qui se forme par la longu
habitude. Il se prend ordinairement en mau-
vaise paît. Cet homme est insensible aux misère:
du prochain, il s'iuf fait là-dessus un calus.
L'impie se ftut un caUts contre les remords du
ta conscience.
CALVAIRE, s. m. Petite elcvotion où l'oïi
a plante une croix.
CALVII.I-'. s. m. Espèce de pomme. Cul
ville rouçjc. t'alvillc blanc. Compote de calville
Voilà de trés'l'cau calville.
CALVINISME. 5. m. L'hérèiic de Calvin.
CAl.VINlï'TE. s. Celui ou celle qui Mii)
Ica sentimens de Calvîo.
CAM 189
CALVITIE. 6. f. (On prononce Calvicie.)
Étal d'une tête chauve, elTet de la cbute des
cheveuj. La calvitie est causée par la virAltsse
ou par la maladie.
C A M
CAMAIKU. 8. :ii. Pierre finecjiii csl de doux
couleurs.
Il se dit plus particulièreruem d'Un tableau
peint avec une seule couleur. Peindre en ca-
maïeu.
CAiAl.\II,. 8. m. Sorte d'habilleincnt qui
touvre depuis les épaules jusqu à la ceinture,
et que lesLvèques, Its Abbés et autres licclé-
siasliqucsprivilégli-s portent par-dessus le rochet
dans des occasions de céreaionic. Camail noir,
Diolet. Porter le camail. Quitter le camail. Etre
en camail et en rochct. Il fait CamaiU ou plur.
On appelle aussi Camail, Un pareil habille-
ment qui couvre la té'.e et les épaules jusqu'i
la ceinture, et que le Clergé porte eu hiver.
CAMARADK. s. Compagnon de profession,
celui qui vit avec un autre et fait le même
métier, Us mimes exercices. Ce mot ne se dit
Rutre qu'entre soldats, enfans, écoliers, va-
lets, etc. Ih étaient camarades au Collège, à
i.icadémie. Nous avons été camarades d'école.
Ces deux jo/diils ont c'ie lonfj - temps camarades.
."l/a camarade est malade.
Ou dit, Camarades de fortune, d'aventure,
de malheur, de voyage, pour signifier qu'On
i été dans la même fortune , dans la même aven-
ture, danG les mêmes malheurs, quon n fait
iiibcnible le même \oyage. Si nous sommes
maltraités en cette occasion, nous avons i'tt'n
Ses camarades.
C'est aussi un ternie de faniiliaiilé qu'on
implnie quelquefois envers des personnes fort
inférieures. Camarades, suivez-moi. Mon ca-
marade, cuscignez-mni le chemin de
C.^MARD, ARDK. s. Camus^ qui a le nez
plat et écrasé. L'n camurd. Une petite camarde.
Il est aussi adjectif. Un nez cnmard.
CAMBISTE, s. m. Celui qui fait sur la place
le commerce des lentes de chanjje.
CAMBOUl.''. s. m. Certaine matière gluante
rjui se forme du vieux oing par le mouvement
lies roues qui eu ont été graissées. Il y a dts
taches de cani'.uiuis à votre manteau. Cela sent
le cambouis.
CA^IBKEh. V. ù;-; Courber en arc. t'iini-
lirer la forme d'un sindier. Il faut chauffer ce
hois pour le cambrer.
U se mut aussi avec le pronom personnel.
Celte poutre coiumeuce ti se cambrer.
Cambhk , ÉE. participe. Les jambes cambrées.
Cette l'jmme a la taille cambrée, etc.
C.\.MlîRUIU-Z.s. f. Courbure en arc. La eam*
E>rure (i'u't soulici .
C.4MEE. s. m. Pierre couipcjcedcdifréreolet
couches, et sculpta: en relief. Un beau ca-
mée est plus rare qu'une belle pierre taHUe eri
crciLC.
CAMIil.EO:^. ». ni. l'ilit animal Icrrcstie,
qui prend liC'>ul< iir des clioscsdoDt il approche,
Plus chanqeanl que le caméléon.
igo CAM
U se dit flgurémcnt d'Un homme qai cliangc
d'humeur et de discours au gré de l'inlérét, de
la faveur. C'est un lirai' caméléon en politique
Ca.méléon, en Asuoiiomie, est une cons-
lellalion de l'iicmisphcrc méridional , qui n'esl
point visible dans nos climats.
CAMÉLÉOPARD. s. m. Animal qui a la
tète et le cou coDune le chameau , et qui est ta-
dieté comme le léopard. On le noimne aassi
Girafe.
ÇAMELISK. s. f. Planic qui donne une
huile fétide. Cette huile approche de celle de
la Camomille ; elle sert i liruler, et h plu.Meur:
autres usaj^es.
CAMELOT, s. m. Espèce d'étoffe faite ordi-
nairement de jïoil de chèvre , et mêli.-e de laine ,
de soie , etc. Cumelot de Hollande , de Bruxelles.
Camelot de Turquie, camelot du Levant. Ca-
melot de soie, camelot onde.
On dit proverbialement d'Une personne in-
corrigilile, Il est coflimc le camelot, il a pris
*o/i pli.
CAMKRIER. s. m. Olficier de la chambre
du Pape. Cnniéricr serrel. Camérier d'iionueur.
Camérier participant.
CA.MÉRISTE. s. f. Titre qu'on donne dans
plusieurs Cours aux femmes qui servent les
Princesses dans leur chambre.
CA.MERLISGAT. s. m. Dignité de Camer-
lingue.
CA.VIERLINGUE. s. m. Un des premiers
Officiers de la Cour de Rome, qui est toujours
un Cardinal , dont la fonction ordinaire est de
présider i la Chamijie Apostolique, et qui :■
l'autorité pour le gouvernement temporel, le
Sié^c vacant. Le Cardinal Camerlin<jue fal:
battre monnoie à soti coin pendant le 5;ej'<3
vacant.
C.4JH0PÏ. 5. m. Fort petite épingle.
C.i-MISADE. s. f. Attaque faite la nuit ou
de grand matin par des gens de guerre , pour
surprendre les ennemis. Donner une camisade.
Ce nom vient de Chemine, qu'on appeloit Ca-
mise. Les soldats mettoient leur Ciemise par-
dessus leurs aimes pour se reconnoitre dans
l'obscurité.
CAMIS.iRD. s. m. Nom qu'on donnoit à cer-
tains Fanatiques des Cévennes,
CAMISOLE, s. f. Chemisette. Camisole de
ratine^ de toile, de futaine, de basiti, etc.
CAMOMILLE, s. f. l'-spécc d'herbe odori-
férante , (pii porte une fleur de même nom.
Huile de camomille.
CAMOUFLET, s. m. Fiunéc épaisse qu'on
souffle malicieusement au nei de quelqu'un .
avec un cornet de papier alliuné. Ce laquais
dormait, on lui donna un camouflet.
Il se dit figurément et familièrement d'Un
affront, d'une mortification que l'on reçoit. Il
a reçu un -i;tluin camouflet.
C.\M1'. s. m. Le lieu où une armée se lo^e
ta ordre. Camp retranché, oui'erl, fortifié.
Camp bien ordonné. Camp avantageux. Dans
tous les quartiers du camp. Il a mis, il a posé
son eamp en tel endroit. A la tile du camp, d:
garde du camp. Se rttrancher dans un camp.
CAM
CAM
Fortifier un camp. Jl força les ennemis daits iiens âe campatjne. Des Coineïliens qai n£
leur camp. Lever le camp. On donna l'alarme '
au camp.
On dît fi^^tircment. L'alarme est au camp,
pour dire. fju'On est en apprélicnsion de quel-
(jne disgrâce, de qurlque nmllicur.
Il se prend aussi pour l'Arniée campée. Le
camp ttoit tranquille. Tout lecamp fut alarmé.
On appelle Camp -volant jXJufi petite aruu-e
composée pari iculiC-re ment de cavalerie, qui
lient la campagne, pour faire des courses sur
les ennemis. Il commande un camp-volant.
Ou appelle Maréchal de Camp, Un Officier
G-'-ncral au-dessous du Lieutenant Général ;
Aide de Camp^ Un Officier destine à porter les
ordres du Général, O'i d'un Officier Genér.'d ;
et ^îestre de Camp, Un Colonel de Cavalerie.
Mestre de Cump Général de la Cavalerie.
Camp, se dit aussi Des iices où l'on faisoii
eninr les Champions, pour y vider leur dififé-
renl par les anncs. Il n'est î^uùre d'usa*,'e qu'en
ces phrases : Demander le camp. Donner h
camp. Juqe du camp.
On dit famihèrement, Prent^re le camp,
pour. Déguerpir, se retirer. On lui jit prendre
le camp.
CAMPAGîiARD, ABDE.adj, Qui demeure
ordinairement aux champs. Gentilhomme cam-
pagnard.
Il est aussi substantif, et se dit arec queU
que sorte de mépris d'Un homme qui n'a pas
les manières et la politesse qu'on acquiert dans
le grand monde. C'e&t un campacjnard. Il n y
a rien de si ennuyeux que les complimcns d'un
campagnard.
Dans ceïte acception, on dit, qu'l/n homme
a l'air campagnard ,, qu'il a les manières cam-
pagnardes ; et dans ces phrases il est adjectif.
CAMPAGNE, s. f. Plaine, grande étendue
de pfiys plat et découvert. Grande , va.^t€
campagne. Rase campagne. En pleine cam-
pagne.
On dit, ijue La campagne est fceiie, pour
dire, que La terre est bien couverte, que l'on
a l'espérance d'une grande récolte.
On dit figurément. qu'{7n Ecrivain, qu'un
Orûïeur,erc. hat lacampatjne, pour dire, qu'li
dit beaucoup de choses hors de son sujet.
On dit familièrement et Bgurément, De
quelqu'un qui s'inquiète, dont le cerveau tra-
vaille, 5on imagination est en campagne. On
dit de m^me De quelqu'un qui se donne des
nuiuvemens pour découvrir (juelque chose qui
riritéresse, qu'/ï s^est mis en campagne pour
découvrir ce qu'il cherche.
Il se dit dans le même sens que le mot de
Champs au pluriel. Maison de campagne. La
vie de la campagne. Il n'est pas chez lui, il est
allé à la campagne., à sa campagne.
Il se dit De la saison propre aux travaux de
certains ouvriers. Cette maison sera bâtie dans
trois campagnes.
On appelle Gentilhomme de campagne , Un
Gentilhomme qui demeure ordinairement k li
campagne ; H ahit de campagne, Un hahit qu'on
porte quand on est û la campagne; et Comc-
jouent, qui ne représentent que dans les Pro-
vinces.
CAMPAcyr;, se dit aussi Du mouvement, du
campement , et de l'action des troupes. Ainsi od
dit iLcs armées sont en campaqne. Les troupes
se mcitrotii bientôt en campagne, doivent en-
trer bientôt en campagne. Elles tiennent la
campagne. Faire une campagne^ la campagne.
Ouvrir la campagne. Commencer la campagn£.
Ou dit figurément, 37cl!(re ses amis, mettre
bien des gens en campaqne, pour dire, Les
faire agir pour le succès d'une aSàire.
On appellePièces de campagne , 'Les petites
pièces d'Artillerie que l'on mène aisémtnt en
campagne.
Campagne, signifie aussi I^ temps durant
lequel les Armées sont ordinairement en cam-
pagne, qui est le Printemps , TP^téet l'Autoniac.
La campagne a été longue cette année ^ elle n
commencé de bonne heure et ftni bien tard.
I oihi une glorieuse campaqne pour les armes
du Roi. La campagne de Hollande. Ce Gen-
tilhomme a servi long - temps , il a fuit vingt
campagnes tout de suite. Il commence à porter
les armes , voici sa première campagne. Il se
dit également en parlant du service de Mer.
On appelle à la Bassettc et au Pharaon , P»
roli de campagne , Un paroli que quelqu'un
marque en fraude . sans que sa carte soit venur
en gain. Les joueuses de profession sont sujettes
à faire des parolîs de campagne,
CÂMPA>'E. s. f. Ouvrage de soie, d'argent
filé, etc. avec de petîw ornenie is en forme do
cloches faites ausM de soie, d'or. etc. Une belle,
une riche campane. La campane d'un b(, d un
carrosse. Assortir une campane. Faire faire
une campane.
Campake. en termes d'Architecture, se dit
Du corps du chapiteau corintliien et du chapi-
teau composite.
CAMPAMLLE. s. m. Terme d'Architecture
ucsiqnani un clocher, une petite tour ouverte
et légère.
CAMPANILLE. s. f. Terme d'Architecture
très-voisin du précédent, désignant Un polit
dôme. Les quatre petits dômes de S. Pierre dt
Rome sont appelés Campanilles , par oppcsi-
tion à celui du milieu.
CAMPAJNULE. ouGANTELÉE.s.f. PlnitU'
I.iitensc, ainsi nommée, parce que sa fieur est
d'une seule feuille, eu forme de petite cloche.
II y en a de difTérenlcs couleurs, et on la cul-
tive dans les jardins.
C.-iMPÈCHE. s. m. Arbre qui croît en Am»^-
rique. Son bois est très-dur et trés-pesant On
en fait des ouvrages de Menuiserie. Il sert aussi
Il teindre en noir.
C.AMPEME>'T. s. m. Lwction de camper,
et le camp même. Dam notre premier campe-
ment, nous eàmci nouvelles des ennemis. L\irt
des campemens. Il n'n plus que trois cumps-
mcrw « faire pour arriver u une telle ville.
CAArPER . v. n. se dit d'Une armée qui 8*ar-
^téte en quelque lieu , un ou plusieurs jonre.
Aous campâmes en tel endroit. L'armét alla
CAN
camper à la vue âes ennemis. Il entend admi-
rablement bien l'art de camper.
Il est aussi actif. Ce Général a campé son
armée entre la montagne et la rivière. Il se
campe toujours avantageusement. Il s'étoit
campé près d'une telle vilk.
On dit pnvTerbialeni. d Un homme, c|u71
eumpe r pour dire, qu'il n'a point de logis as-
sure, qu'il en change tous les jours.
On dit vulijairement, Se camper^ pour dire.
Se placer. Il vint hardiment se camper dans la
medlture place. Où lions étes-vous allé camper.'
Vraiment vous voilà bien campé.
On dit aussi , Se camper , pour 'dire , Se
oRttre en certaine posture, se placer de cer-
taine manière sur ses pieds. /( se campe bien.
Il est bien campé sur ses j.imhes.
C\mpf:. ée. participe.
CA.MPIIORAÏA. s. f. Plante qui s'élève à
la hauteur d'environ un pied et demi, et dont
oa fait usage en Médecine.
CvUlPHRli. s, m. Espèce do goimne orien-
tale, dont l'odeur est très-forte. Le camphre es\
fort combustible. Le camphre étoit le principal
inqrédicnt (jui entroit ilans le f u qrèjeois.
CAMPHRÉ, ÊE. adj. Il n'est guère d'usage
que dans ces phrases. De l'esprit-dc-vin cam-
phré, de l'eau-de-vie camphrée , (jui se disent
De l'esprit-de-vin et de l'cau-de-vie où l'on a
mis du complire.
CAMPHItKE. s. f . Plante fort commune dans
la Provence et le Languedoc, On en fait f^aud
usa^e en Médecine, surtout dans les maladies
ditoniijnes.
CAMPIXK. s. f. Espèce Ck petite poularae
6ne.
CAMPOS. s. m. (On ne fait point sentir l'S. )
Mot qui est pris du Latin, et sii^niiie propre-
ment Le congé qu'on donne à des écoli. rs.
Des écoliers qui ont campos , qui demandent
campas. Dans le style familier . il se dit Des
heures ou des jours ou des personnes d'étude
et de cabinet se donnent quelqu'; relâche, il a
pris campos aujourd'hui.
Ci.MUS, USE. adj. Qui a le nci court el
plat. Un nez camus.
Il s'emploie !ii*ssîsubstantiTexacnt. Unvihtin
eairms. Lue petite camuse.
l\ se dit encore De quelques animaux. Un
thien camus. Vn cheval camus.
On dit figuremcnt Cl familièrement d'Un
homme qui a été trompe dans l'attente de quel-
que chose, qu'/l est bien camus. Le voilù bien
camus.
On dit dans le même sens et familièrement ,
qu'Où d rendu un homme camuSj pour tlire .
qu'On l'a rùluit il ne savoir que dire. // ruufo |
faire U capable, on l'a rendu bien camus.
C.\NADE. ». m. Oiseau de l'Amérique, .jul
passe pour le plus beau des volatiles.
CANAIM.Il s. {. cnlloctif. Terme de mé-
pris, qui se dit De la plusvile populace. U n'-,
avxnt point là d'honniHes gens, il n'y avoit que
de la oanaifla Toute lu cunailU l'altrouc.;
CAN
diins la place publique. C'est un bateleur qui
*amuse la canaille.
On appelle aussi Cunuilles, au pluriel. Des
gens qu'on méprise. Ce ne sont ijue des ca-
naiAes.
On appelle quelquefois Catiaille, par jeu et
par badinerie, De pelils enfans qui font du
bruit. Chassez-moi cette canadle : faites taire
cette petite cana.lle.
CANAL, s. m. Conduit par oti l'eau passe.
En ce sens, lise dit Des aqueducs et des tuyaux
des fontaines. C^Jna2 de buis, dcplonib, depicrrc.
Conduire ieau par canaux. Les canaux de la
fontaine font rompus.
Il se dit aussi De certaines pièces d'eau
étroites et longues, qui servent d'ornement au\
jardins. Creuser un canal. X'ider un canal
Nettoy.r un canal. Le canal est à su:.
U se dit aussi Du lit d'une rivière. On voit
de là le canalde la rivière., le canal de la Seine.
U se dit aussi De certaines cenjuites d'eau
qui sont tirées d'un lieu ^ un autre pour la
commodité du commerce. Le canal de Bruijcs.
Le canal de Briare, Le canal de Languedoc.
C'est un pays tout coupé^ tout traversé de
canaux.
On appelle aussi Canal, Certains lieu\ où
la mer se resserre entre deux rivages. Le cajud
de Constantinople. Le canal de la Mer-^oirc.
Le canal de Malte.
On ait en termes de ."\Iaiine . que Les galères
DU les barques font canal, Quand elles foiif
leur route d'un lieu â l'autre par la haute mer,
et non le long des cotes, et terre ù terre.
On appelle Le canalde la verge. Le conduit
par où passe luriue des iiomnics. Uriner .1
plein canai.
CiSAL , signifie figuréiicnt La voie , 1«
moyen, l'entremise dont on se seit poui- qucl-
juc chose. Vous ne réussirez dans cette affaire
Sjue par ce canal, que par le canal d'un tel. La
Sacreniens sont les canaux par lesquels Dieu
répand ses grâces.
Eu Anatomie, on appelle CamiilAorac/iirjrn-.
On canal qui sortant du réservoir de Pecquet ,
et couvert de la plèvTe, s'élève duis le tliorax
ou la poitriiK* m côté de l'aorte.
CAN.iPÉ. subst. m. Sorte de .rand siège à
dossier, où plusieurs personnes ensemble peu-
vent être assises, et dont 00 se sert quehjuefuis
rommc de lit de rvpos. Un canapé de velours.
Un canapé de maroquin.
C.\>'APSA. s. m. Sac de cuir que porte sur le^
épaules un goujat, .u uu p:iuvre artisa:i
quand il vova^c.
On donne aussi le nom de Cunapsa, à
l'homme qui porte ce sac. Je l'ai vu un pauvre
canapsa. Simple canapsa dans le régiment.
G.\>'ARD. s. m. N>rtc d'oiseau aquatique.
CdiMrd sauvage. Canard de rivière. Canard
prUé. Chasser aiux canards. Tirer auj: ciinanl
Un potage aiLX canards.
On dit piovcrlialenicnt Plonger comme ni
canard, pour dire, Plonger baliilcnicnL On le
■lit aussi 6gur.nicnt , pour , S'esqnivcr, se scus-
^ traire U tu danger.
CAN igi
On se sert des canards privés pour prendre
y des canards sauvages : et on appelle Bgurément
Canard privé, Un homme aposié pour en at-
tirer , pour eu attraper d autres.
On appelle Canards, Les chiens qui ont le
poil épais et frisé, qui sont dressés pour aller
quérir dans l'eau les canards qn cm a tirés.
CAÎiARDEK. V. a. Tirer sur quelqu'un d'an
lieu ou l'on est i couvert. Les soldats qui s'a-
vancèrent jusque dans les ftubourgs, furent
tues par les ennemis ^ qui les canardoient des
jenêtrcs.
CASAnnÉ, ÉE. participe.
CAN.\RD1ÉRE. s. f. Lieu qu'on prépare
dans un marais, pour prendre des canards sau-
vages dans des nasses.
Gasardiebe, en parlant Des fortiiïcations
qu'on faisoit autrefois dans les Châteaux, se dit
d'Une guérite, oudune autre pièce d'où l'on
pouvoit tirer en sûreté.
C.4NAR1. s. m. Serin des îles Canaries.
C.UC.iN. Voye-. Quasqua».
CAiVCEL. subsL m. (Quelques-tins disent
Chancel.) Cet endroit du chœur d'une Egli?e
qui est le plus proclie du grand .iutcl, et qui
est ordinairement fermé d'une haluitrade.
Il se dit aussi Du lieu sur le<juel on tient le
Sceau, et qui est aussi entouré d'une balus-
trade.
CAMCELLER. v. act. Terme de Jurispru-
ilenee. Annuler une écriture eu la brirraiit ou
croisant à traits de plume, ou en passant le ca-
uif dedans. Canceller et annuler des lettres.
Cascellé , ÉE. participe.
C.AKCKR. s. m. (On prononce fR.) Espèce
de tumeur maligne qui dégénère en ulccit-,
principalement au sein. Une femme qui a un
cancer ou sein. Arracher un cancer. Extirper
un cancer. Elle a le sein tout rongé d'un aincer.
t^ASCEn. s. m. Un des signes. du Zodiaque,
ainsi appelé . parce qu on a accoutumé de le
représenter par la figu:e d'une écicTissc. Le
signe du Cancer. Le l;< pique du Cancer.
C.^^CRE. s. m. Espèce d'écrevissc de mer.
Manger des cancres.
Ca>xke, est anssi un ternie de mépris oade
compassion, pour designer Un homme sans
fortune, et qui ne peut faire ni bien ni mal .1
penionne. C'est un pauvre cancre.
Cascke, est aussi uu terme injiu-ieux, qui
se dit d'Un homme méprisable par son avarice.
C'est un cancre. C est un vilain cancre.
CANDÉLABRE, s. m. GiandchandeUcr fait
i> l'iutique. Il y avoit dans la lalte plusieurs
Candélabres.
CANDEL.vniiE, en ternies d'Arciiitccturc, ce
dit d'Ut) couronncinent uu forme de baluslre
qui figure une torciicre.
CA_>'!;EUR. s. f. Pureté .l'ime. La candeur
de son dme. La candeur de ses muurs. //jir
iivi'c candeur. Un procédé plein de candeur.
.Ibuscr de la eiiniîeur de quelqu'un. Un faux
air de candeur. On diroit Li candeur tn-Sme.
CANDI, adj. Sucre candiî c est !e sucre da-
piu^ et re.luit en forme de cristal.
CANDIDAT, s. ni. O3 appeloit ainsi cbei
,92 CAN
le* Romains celui qui aspiioit ï quelque cli.trp.e.
à quelque dignité ; et ou donne encore ce Doui
parmi wins. en différentes ucoasions, à ceui
qui i"- présentant [wur ôlre élus. Ainsi dans une
occasion de vacance dt- la Couronne de Pologne,
ou de quelque autre grande dignilé. on appelle
Candidats, Les prétendons a la Couronne. Les
Candidat» chez les anciens Romains ^toient
vêtus de blanc.
On appelle aussi Candidats dans les Fsrui-
Ids de rtiiivcrsitc, Ceux qni sont sut hs bancs
pour paiTcnir au Doctorat, ou à quelque outre
grade.
CASDIDE. adj. des 2 genres. Qui a de la
cundecr. Un homme candide. Une âme can-
dide, lin procédé candide.
CASniDEMUNT. ndv. Avec candeur.
CA;<D1R , SE C AXDLR. v. pron. Il ne se dit
proprement que Du sucre , lorsqu'aprés l'avoir
rendu liquide on lui laisse prendie la consis-
tance de gbce. Faire candir du sucre.
On dit aussi que Des confitures se candis-
scnt, lorsqu'elles viennent h. se gfltcr, à cause
que le sirop qui devroit élrc beau et clair, vient
à s'épaissir, et à preudre trop de consistance.
CA5DI, i£. participe.
CAKE. s. fém. Esi)èce d'oiseau orjualique.
Cane sauvanc. Cane privée. Cane d'Inde. La
cane est la femelle du canard.
On dit Kgurément et familièrement, qu'f/n
homme a fait la cane. Lorsqu'il a marqué de
ta peur dans une occasion où il falloit témoi-
gner du courage.
CANF.FETIERE. s. f. Esi«e d'oiseau àe ia
frvideur d'un faisan. La canepetière n^est pas
an oiseau aquatitjKC, et na d^aiUeurs aucune,
ressemblance avec la cane.
C.VMlPIN. s. m. Peau de mouton très-liii'
Aont eu fait des gaots de femme.
CANETON, s. m. diminutif. Le petit d'i^i ■
•aae.
CANETTE, s. f. diminutif. Le petit d'une
Mne. Il se dit aussi d'Une petite c.'inc.
Canette, se dit aussi d'Une mesure de li-
quide , qui s'emploie ordinairement pour la
biire.
CANE'VAS. s. masc. Espèce de grosse toile
claire, sur laquelle on fait des onvrnges de ta-
pisserie. Gros canevas. Canevas fui. Tracer un
canevas, pour dire, Tracer un dessin sur un
canevas.
Il se dit Egarement Des paroles qu'on fait
il'abord sur un air, sans avoir égard au sens, et
pour représenter seulement la mesure et le
Doinhre des syllabes que l'eir demande, et qni
eert de modèle pour faire d'autres paroles sui-
Ties. Faire un canevas sur m uir. Ce n'est
^u'un canevas.
U se dit aussi Des paroles suivies qui se font
tui au «r d'après un modèle, ou même sans
modèle.
Cakevas, se dit aussi figurément Du pre-
mier projet de quoique ouvrage d'esprit. Cette
Jliitoire, ce pauégyrinitc . ne sont pas achèves^
an n'en a encore fait que te canevas. Travailler
mr an b*n canevas. Tracer ton canevas.
C A .\
CAXGRÈNE. Vo^ez Gasoiièxï, Gauou!
SEll , GANCnESELÏ. v
CANICHE, s. f. Chienne barbette.
CANICULAIRE, adj. des 2 genres. Il ne se
dit que Des jours pendant lesquels la canicuJa
domine. Jours caiiiculuires.
C-'iKICULE. s. f. Constcllaiion autreaicut
nommée le Grand-Chien , h laquelle on a at-
iriijuc les grandes chaleurs , parce qu'elle se
lève et se couche avec le srieil, duraut les mois
de Juillet ei d'Aont. L'ardente canicule.
Elle signifie aussi Le temps dans lequel on
s:i]ii)Ose communément que domine cette cons-
tellation. Durant la canicule. Dans la canicule.
Etre à la canicule.
CANIF, s. ni. Petite lame de fer fort fine,
emmanchée de bois, d'ivoire, etc. et dont on
se sert pour tailler des plimies. Bon canif, lin
canif qui coupe bien.
CASIK, INE. adject. (Jui tient du chien. Il
n'est d'usage qu'au féminin, et dans ces deux
phrases : Faim canine, poiu dire, faim dévo-
ranlle qu'on a peine i rass.isier; et Dent ca-
nine, q^'i se dit d'une des dents poinlties qui
servent à inciser les alimens.
CANNAGE, s. Dï. Mesurage des e'toffes,
toiles, rubans, etc., qui se fait à la cnnne.
CANNAIE. s. f. Lieu planté de cannes et
de roseaux.
CANNE, s. f. Roseau qui a des nœuds. Les
cannes viennent extrêmement grandes dans les
Indes. Il y a des forets de cannes le long du
Gange.
On appelle Canne ie sucre et eanne à sucre,
[es roseaux qui portent le sucre.
Canne, se dit pins ordinairement d'un ro
seau, d'un jonc, d'un b.'iton léger dont on se
sert pour s'appuyer en maichant. Porter unf
canne a la main. Une belle canne. Une canne
re jet. Une canne à pomme d^or, à pomme
d'argent, à pomme d'ivoire^ etc. Donner des
coups de canne.
Casse, s. f. Mesure qui uontieni nne aune
deux tiers de Paris.
Casse, s. f . Nom générique qu'on donne à
plusieurs espèces de roseaux, tels que le roseau
commun, la canne à sucre, la cmne d'Inde, la
fanne odorante, etc.
) CANNEBERGK. s. fém. ou Coissr^frr des
ittAnAis. Plante qui croit dans les marais et an-
tres lieux hiunidcs. Elle porte de petites baies
succulentes, d'un gotit agréable et bonnes a
manger.
CANNELA.S. s. m. Espèce de Hragée faite
avec de la cannelle. Cannclas de Verdun. Le
cannelas est bon après le repas.
CANNKLER. t. a. Terme d'architcrture. Il
n'est guère d'usage qu'en ces phrases : Canne-
ler une colonne, cannelcr un pilastre, pour
(lire , CJ-euser des espèces de petits canaux le
Ion;,; du fut d'une colonne, ou du haut en bas
(l'un pilastre, ou en d'autres ornemens d'arclii-
lecture.
CAKKEii, ÉE, participe. Colonne cnnncice.
y'Pilast c rannclé. Console , joint- canncU-e. )
■■■ CANNELLE. «. f- Étorcc odoriférante d'un
CAIS-
nr!,re qiii cn^it niiî Indes Orientales, et dont
on se sert .i divers usages. Un hûton de ca'7-
nelle. De la poudre de cannelle. De Vesprit à£
'cannelle. Faire de Veau de cannelle. Huile tle
cannelle.
On dit, ^lettre une chose en cannelle . pour
ïlrc^La briser en plusieurs petit* morceaux;
et figuréincn',. Mettre qaelaii'un en cannelle^
pour dire, Le déchirer impito^ahlemcnl par
ses diseours.
Cannelle sauvaoe. Elle est grise, Et vient
du Rojaume de Cocbin, sur la cùt£ ⣠&Ia-
labar.
CANNELLE ou CAJSNETl'E. s. f . Morcean
de bois creusé , qu'on met h. une cuve de ven-
dange, pour en faim sortir le vin après qu'on
a foide les r.iisins.
Il se dit aussi d'Un robinet de cuivre gu'on
tuet A un tonneau pour en tirer le vin, en tour-
nant la clef de cuivre qui sert à en boucher ap
il en ouvrir le pass3j;e.
CANNELLIER. s. m. Arbre dont on tire h
rannelle. Plusieurs Savaus u'oïent gue c'est, k
f.;innamome des Anciens.
CÂINNELURE. s. fém. E-îpèccs ae petits ca-
naux creusés soj Hes colonnes ou des pilastres.
La cannelure orne bien une colonne.
CA^'NETILLE. s. f. Petite lame in-s-finc
d'or ou d'argent tortFUé. Cannetille d\yr on
d^arqent. Il y a beaucoup de cannctdle dajn
cette broderie.
CANNIBALE, s. m. Nom de certains Pca-
pies d'Aniéritiue, qui mangent àe i» cliaitf
humah».
On le dit par extension, pour désigner Eg
tniautc, la férocité. Un cœur dt Cannihcâ^
Une joie de Cannibales. C'est un vrai Canji^
haie.
CANON. 8. m. Grosse et longue pièce d'ar-
tillerie. Canon de fonte. Canon de fer. Caiicti
de batterie. Le qros canon. Pièce de canon.
Canon rcn/orcé. La bouche du canon. La in.-
iniere du canon. Le hruit du canon. La culanâ
du canon. L'attiîail du canon. Le recul du co'
non. 3/ûnIer, bra(|uer, pointer., tirer le coTioû.
Enclouer le canon. Un coup de canon. Unx:
volée de canon. Une muraille à Véprcuvc tlu
cduon.
On dit, qu'L'Me ville n'a pas attendu h tsw-
non, pour dire, qu'Elle s'est rendue sans at-
tendre que le canon des assiégeans fût en bat-
terie, et qu'on l'attaquât dans les formes-
Canon , se dit aussi De tous les canons d'ihie
année ou dune place. On a pris le canon des
ennemis. Être hors de la portée du canon. S
tenir sous le carton de la Place.
Jl signifie aussi Cette partie des autres BTjaent
à fi'u ou l'en met la pi)udre et le plomb. L« ca-
non d'un pistolet j dune anjucbuse. Càiton
cannelé. Canon rayè^
On appelle aussi Canon, Le corps d'une K'-
ringue.
Canon , est encore un terme de Musique . et
se dit d'Une sorte de fugue qu'on appelle Per-
pétuelle, parce que les parties |Mrtanl l'uiî''
âpre» l'autre, répètent sans cesse le même cliant
CaN
Cunoii y dans l'ancienne Musique , étoît Une
lUL'lliodede tiiitcrminer les intervalles des notes.
Canon, s. m. IXcret, Rèjjlenienl. il ne se dit
proprement (juc Des dtcisions di"s ('onclles
toucliaut la Toi el In Discipline. LcsCanons tic
IfEijUse. Les suinls Cunoiis. Cela est contre /fs
CiUions. Les CttnoHs iVun tel CoticUe.
Un appelle Droit Canon , La science du
Ci'oit Ecclésiastique, fondr sur les Canons de
rÉj;lise, sur les Dccittalesdes Papes, etc. Doc-
teur en Droit Canon. École de Droit Ciinou.
Etudier en Droit Canon. Op appelle Le Corps
du Droit Canon y Le recueil des Canons de
l'Église, des Décretales des Papes, etc. En co
sens, Canon est adjtxtif.
Camos , se dit aussi Des Prières qui com-
mencent immédiatement aprùs la Préface de la
Mosse, et qui contiennent les paroles sacra-
mentelles, et d'autres oraisons, jusqu'à la com-
munion inclusivement. Le Canou de la Messe.
Il se dit aussi Du tableau écrit que l'on met
sur l'Autel, vis-à-vis du Prêtre, et qui con-
tient quelques prières de l.) Messe. Canon en-
lumine.
En termes d'Imprimerie, on :ippelle TrifiU
Ciinon, Duuhie Gros Canon., Gros Cunon,
\js trois plus gros cuructÏTCS apros la Grossi
*Von;;areil/e, qui est le plus gros de tous; <l
un npi>elle Pcdt Canon, Le sixième caraclèrt
en partarit de la Grosse ^^onpareille.
Un appelit' Canon des Ecritures, Le cata-
(o:;ue des Livres quj sont reconnus jwnr divi-
•iPMictit inspiras, et anî composent le corps de
T'Ecriliu^Sainte Les Protestans rejettent cer-
tains Livres, comme n'étant p'is du Canon dei
Ecritures. On dit, Le Canon des Juifs, le Ca-
Mon des Chrétiens, pour dire, Les Livres qu«
les Juife, les Chrétiens reçoivent comme divi-
nement inspirés.
CA>OMAL, ALE, adiectif. U nrst guère
d'usa^p qu'en ces deux plirases. Heures Cano-
niales., Office Canonial.
Heures Canoniales , se dit De œrtQHies
parties du Bréviaire que l'Église a accoutumé
de n-citer i diverses heures du jour; et Otjicc
Canonial, De tout l'Office que les Chanoines
chantent dans l'Hglise.
On appelk- Maison canoniale. Une maison
afiectée à une prchende de Chanoine, Les mai
sons canoniales d'un Clottrc : etVie canoniale ,
Celle qui étoi* pn-scritc aux Chanoines rassem-
blirs en Coiiimunantc.
CAîfONICAT. s. m. BcnrBcc d'unCbanoinr
dans une Église (".athédmlc nu Coiléjçi.dc. Ob-
tenir un Cnnonicat. Postuler un Canonicat.
On lui a donné un Canonicat.
Un dit familièrement d Lu emploi qui exigo
peu de fûtifjue, C'est un Cauunicat, un vrai
Canonicat.
CANO.MClTf:. lubst. fém. Qualité de ce
qui e»t canonique. La canonicitc des Livret
ininti.
CANONIOLE. adj. des a -. Çui est selon
le* Canons. Doctrine canonique. Mariant ca-
nonujue.
On appelle Livres r.ino'iùjuei, Ceux qui
i uritc* /.
CA.N
sont coïKPnus dans le Canon Jes Livres de
l'Ecrilure-Sainto.
On dit faniilièrcnieri d'Une action on d'un
[Topos peu conformeaixbonnesri'gles: Ce que
vou! n^'ci fait là, ce <jue vnus ailes, n'est ;m5
canoiiit^ue, ti'est pits trop ranoninuc,
CANONIQUEMENT. adv. Selon les Ca-
nons. // vit cuTwniijuement. Un mariane fuit
canoni(juemenU Une élection faite canotti-
(jueinent.
CANONISATION, s. f. La cérémonie par
lai|uellelc Kipe met dans le calalofpie des .Saints
une peraonne morte en odeur de sainteté. Le
procès verbal de lu canonisation. La canonisa'
lion de Saint Louis,
CANONISER. V. a. Mettre d»Ds le Catalogne
des Saints, suivant les règles el avec les réi-t'-
nionics pralic|uées par l'Église. Jl est hèatijié,
mais il n\st pas encore canonisé. Le Pape l'a
canonisé.
On dit par extension, Canoni'.-îer, pour,
ttéciarer louable. Jo ne prétends pas canoniser
cette action , En faire l'éloge complet. U esl
f.uMilier.
Casomisé, éE. participe.
CANONISTE. s. m. (^>ui est savant en Droil
Canon. Tous les Canonistes demeurent d'aC'
cord Il est grand Cancniste.
CANONNADE, s. f. Plusieurs coups do ca-
non tires à la fois , ou de suite. Les deux flvltei
se sont séparées après quelques canonnades.
CA>ONNER. v. a. liattre à coups de canon.
Canonner une place. Canonner un camp, un
retranchement. Les armées se canonnerentlonn.
temps avant que d'en venir aux mains.
C:a>onni;, ée. participe.
CANONNIER.s.ra. Celui dont la profcssioa
est de servir le canon. Bon Canonnier. Canon-
tiier pointeur. Canonnier boute~fcu.
CANONNIÈRE, s. f. Petite embrasure, pe-
lite ouverture dans une muraille, pour tirer
lies coups de mouscjuet ou d'arquebuse, sans
tire vu.
Il se dit aussi d'Une petite tente quiesi faite
;n forme de toit , cl qui n'a point de murailles
comme les tentes ordinaires. Une Crtno/uiiêrc
sert onlinuiremeiK li ijunlre 5o/(((il« , li quatre
Cuv<i/icr.<. On appelle .lufsi de même Une sorte
:1c umle à deux mâts pour r'-j'oser les Ca-
nonnitrs.
H se dit aussi d'Un petit biton de surenn ,
dont on a été la moelle , cl dont les enljins se
servent pour chasser ]Kir le moyen d'un piston,
de petits tampons de Ulasse ou de papier.
CANOT, s. m. Pclit bateau fait d'^orce
■ 1 arbres, ou du tronc d'un seul arbre creusé.
Les canots des Indiens.
Casot, se dit tiuà d'Une petiie chaloupe
qu'on tient ordinairement dans un grand vais-
seau , el qu'on ne met guiîre à la mer que pour
aller d'un vaisseau h l'autre.
CAN'rAL. s. m. Sorte de fromage cslimè,
qui se fait en .Auvergne.
CANTA l'E. s. f. Petit Poëmn fait pour être
mis en musique. cnm[>usé de récilalib et d'air»
chaniaïu. Celle cunlalc
Ca^ ioj
CANTAlULE.s. f. Petite cantate. Chanier
une cantatille.
CANTHARIDE. s. f. Esp,'-ce de mouche ve-
nimeuse. Mouche canthiiridc. Appliquer uu
en)pldtre decuntharides. Appliquer des canlha-
rides. Prendre des eantharides.
CANTINE, s. f. Petit eolTre divisé par com-
parlimens, pour porter des bouteilles ou des
fioles eu voyage.
On appelle aussi Cantine, dans les Places
de guerre, Le lieu où l'on vend du vin et de la
bière aux Soldats, sans pajer aucnn droit. La
cantine vaut tant au Gouverneur de celle
Place.
CAKTINIER. s. m. Celui ijui tient une
tantine.
CANTIQUE, s. m. Chant consacré à la gloire
lie Dieu, en actions de gr.'ices. Enlonncr nu
Cantique. le Cantique de Moïse. Le Cantique
de la Sainte-Vierqe. Le Cantique de Siméon.
On appelle Cantique des Cantiques. Un des
Livres île Salomon , conlcnanl une espèce d'É-
pithalame spirituel et mvstique.
Ou appelle Ciinliqnes spirituels. Des ehan-
lons faites sur des matières de dévotion.
C.ANTON, s. m. Certaine partie d'un pays
ou d'une ville, séparée et diflerente du reste. Il
n'y a dans cette Province qu'un canton où l'on
tecueille du vin. Dans Rome, dans Avignon ,
il y a un canton destiné pour les Juifs.
En parlant des Suisses , on appelle Ciirtlon ,
Chacun des treize États qui composent le Corpt
Hnlvciiiue. Le Canton de Zurich. Le Canlo"
de Ijerne L- Canton de Schwitz. Les treize
Canlons Suisses. Les louables Cantons. Les
Cantons Catholiques. Les Canlons Protestans.
Casto.n , en tenues de Bl.ison . se dit d'Un
ijuartier tjui est moindre que le 1711:11 llc-r ordi-
naire de l'écu. U se dit encore Des parties dans
lesquelles un écu ist parla;.;é par les pièces dont
il esl charge. Il porte d'or au canton d'azur. Il
porte u-ie croix d'or et une étoile à chaque
canton.
CANTONADE, s. f. Le coin du Théilre.
Terme usité chez les Comédiens. Purler à la
cantonade. C'est parler à un personnage qui
n'est pas vu des spectateurs.
CANTONNÉ, ÉE. adj. Terme de nioson. 11
«e dit Des pièces accompagnées , dans les can-
lons de l'écu , de quelques autres figores. Croix
c<in(onne'e de quatre étoiles.
CANTONNEMENT, s. m. Ktat des troupe,
cantonnées, ou lieu dans leq\iel elles se can-
tonnent. Quartiers de cantonnement.
C.\N'l't)NNER. v. n. rcrme de guerre , qui
se dit Des troupes distribuées dans plusieurt
villages pour la comnodiïé de leur snhsislance,
avant l'ouverture de la campagne , ou avant
l'enlrée eu quartier d'hiver. Les troupes corn'
mencenl à cantonner. Faire cantonner de»
troiifiu.
Se CASTO^fîiE». Se retirer dans un canton
pour y éirc en sûreté. Il se dit [ircpremeni
d'Un petit nombre de gens qui se fortifient
loiiln' un plus grand nombre. Les /?c^^fIr!l
^'.toient cantannét dans un coin de Ir f.o-
19 i CAP
vince. Les Bourgeois $c cantonnèrent contre les
troupes.
Ca:itosnÉ, KE. parliciix;. Il trouva les troupes
cantonnées en dk'crsvilla(jes.
GANTONNliiRE. s, f. Pièce de la tenlure
d'uD lit, qr.i couvre les colonnes du pied du
Ut, et qui passe par-dessus les rideaux. Les
rantonniéres (Vun lit.
CANULE, s. f. Petit tuyau qu'on met au
bout d'une seringue. C'est aussi un instrument
de Chirurgie, un tuyau dW ou d'argent, tju on
insère dans une pbic qui suppure.
CAP
CAP. s. m. (On prononce le P.) Tétc. Il
n'est d'usage eu ce sens que dans les phrases
suivantes : De pied en cap- armé de pied en
cap. Parler cap à cap. Celte derniiîre phrase ne
s'emploie que dans le style familier
Cap, signifie aussi, Promontoire, pointe de
Ici 10 élevée, qui s'avance dans la m.er. Le cap
de Bonne-Espérance. Doubler le cap.
CAP-DE-MORE. Clicval de poil rouan, qui
a la tète et les extrémités des picjs noires.
CAPABLE, adj. des 2 genres. Qui a les qua-
lités requises pour quelque chose. Cest un
homme capable de cjouvcrner. Cest uti homme
capiihle des plus grandes choses. Il n'est capa-
ble de rien.
Il se dit aussi De ceux qui ont l'âge compé-
tent pour quelque charj;e, pqur un Bénéfice. Il
est Cil dne^ il est capable de posséder un Bénc-
ficû , d'exercer cette C/iarqe.
On dit, qii't/n homme est capable J'amiïiV,
c.ipable de reconnoissauce , poiu- dire, qu'il est
susceptible de senlimens d'amitié et de recou-
aoissance.
Oii dit, qu'f/n homme est capable d'ajpiires^
pour dire, qu'il entend l)ien les aflaircs ; et
qu'/l est capable de tout, pour dire, qu'il peut
s'acquitter très-bieu de toutes sortes d'emplois.
Et on dit aussi d'Un scélérat hardi, téméraire,
qu'/i est capable de tout, pour dire, qu'il peut
se porter au:i aciîons les î)ltis noires
On dit, qu'L/n ?iommc n'est pos capa}>ie de
raison, qu'il n'est pas capable d'entendre (fuel-
ïjtxe chose j pour dire, qu'il n'est pas en dispo-
sition, en bumrur, en e'tat d'entendre raison .
d'écouter ce qu'on a à lui dire. On dit aussi ,
qu*L'n homme n'est pas capable de manifuer à
sa parole, pour dire, qu'il e^t trop honnête
homme pour y manquer.
Capable , se dit aussi Des choses j et dans
cette acception, il n'est guère d'usage qu'avec
Tenir, ou Contenir. Ainsi on dit, qu'L^ne salle
est capable de contenir tant de personnes, tj^u un
vase est capable de tenir tant de pintes^ pour
dire, que La salle, que le vase dont on parle,
sont de l'éti-ndu'' qu il fnut pour contenir tant
de personnes, pour tenir tant de pintes.
Capaiïle, se prend aussi absolument pour
signifier Habile, iolefligent. C'est un homme
Mpublc^ Iréscapahlc. Mettre une charge^ met-
tre une a^l'airc entre les mains d'une personne
capable.
On dit, A\>oir Voir capable, pour dire,
CAP
r Avoir l'air d'un homme qui présume trop do
son habileté. Et on dit, Faire le capable, pour
dire, Faire l'habile homme; et dans cette
phrase. Capable est employ.'- sulistantivement.
CAPACITÉ, s. f. Habil.-ié, sulKsancc Aoir
beaucoup de capacité. Avoir peu de capacité.
Manquer de capacité. Faute de capacité. Juger
de la capacité d'un homme par ses ouvrages.
On dit, La capctcité de Vesprit, pour dire,
L'étendue et la portée de l'esprit. Selon la ca-
pacité de son esprit.
On appelle Les titres et capacités d'un Ec-
clésiastique, Les actes et pièces qui servent à
montier qu'il est capable de posséder le Béné-
firo qu'il demande , comme sont les lettres de
tonsure, etc. On le dit aussi en matière civile,
dans les Juridictioii-' laïques. Il n*a point de
capûcité pour recevoir ce legs-là.
CAPAcrrÉ, SI! dit aussi en pcxlant Des choses-,
et alors il signifie, La profondeur et la largeur
de qut;lque chose, considérée comme conte-
nant, ou pouvant contenir. La capacité d'un
7'aisseau. La capacité du cerveau. La capacité
de Veslomac.
CAPARAÇON, s. m. Sorte Be couverture
qu'on met sur les chevaux. Caparaçon de toile.
illettré un caparaçon à un cheval.
CAP.\RAÇONNER, v. a. Mettre un capa-
raçon. Il faut caparaçonner ce cheval.
Caparaçonné, ée. participe.
CAPE. s. f. Manteau à capuchon , comme
on en pc:toit autrefois. Cape de Béarn.
On dit figurénient d'Un cadet de bonne
maison qui n*a point de bien , qu'/i n'a que ta
cape et Vépée.
On le dit aussi figuréraent et familièrement
d'Une persoime ou d'une chose (jui n'a qu'mi
mérite apparent et superficiel. Cela n'a que la
cape et Vépée. C'est un mérite qui n'a que la
cape et Vépée.
On dit, Rire sous cape, pour dîie, Rire en
se moquant de quelqu'un, et eu tûchant de
n'être pas aperçu.
Cape, se dit aussi d'Une couvcrtiu*e de tête
(V»ct les fenmies se servent en quelques Pro-
vinces, contre le vent et la pluie. Cape de ca-
melot. Cape de taffetas. Cape de toile ciréft
5or(ip en cape^ etc.
Ou appelle Cape, en termes de Marine, La
grande voile du grand mât. Mettre à la cape^
C'est ne se servir que de la grande voile, por-
tant le gouvernail sous le vent, pour laisser
aller le vaisseau h la dérive.
C.\PELA!V. t. m. On appelle ainsi par mé-
pris un l'rétre pauvre ou cagot, qui ne s'attire
pas le respect dû à son caractère. Ce n'est qu'un
Capelan.
CapelAN, est aussi Un j>etit poisson de mer.
dont la chair est douce, tendre et de bon goiit.
Le capelan est commun dans la Méditerrani'-e.
CAPELET. s. m. Terme de Manège. Enflure
qui vient au train de derrière du cheval à l'ex-
Irémitc du j.irret.
CAPETilNE. 8. f. Espèce de chapeau dont
^ les femmes se servent contre le soleiL
CAPiLLAlUE. adj. des a genres (On pro-
CAP
nonce les L sans les mouiller.) Délié comme
des cheveux. 11 se dit priocipalenK-nt en termes
de Botanique, en parlant De certaines plantes,
conmie l'Adiantc, le Cétérac, etc. dont le»
feuilles sont très-déliées. On en a fait un ordre
particulier. On appelle encore Racines capil-
laires, Celles qui sont longues et filamenteuses.
Il se dit aussi d'Un tuyau fort étroit, d'Une
veine fort étroite, etc. Tuyau capillaire. Veine
capillaire.
Il est aussi substantif masculin, en parlant
Des herbes capillaires. Lcsbons capillaires vien-
nent de Montpellier, de Canada. Sirop de capil-
laire. (Dans CCS derniers exemples, on ne fait
sentir qu'un L. )
CAPILOTADE, s. f. Sorte de ragoût fait
de plusieurs morceaux de viandes déjà cuites,
nonne capilotade. Faire une capilotade de per^
drix, de poulets, etc.
On dit proverbialcm, et figurém. .Ifctlfre
quelqu'un en capilotade, pour dire, Médire du
quelqu'un sans aucun ménagement, le déchi-
rer, le mettre en pièces par des médisances
outrées.
CAPISCOL. s. m. Dignité de Chapitre dans
quelques Provinces, qui répond au titre de
Doyen.
CAPITAINE, s. m. Chef d'une Compagnie
de gens de guerre, soit à pied, soit à cheval.
Capitaine d'Infanterie, de Cavalerie, de Chc-
vau-Léqcrs, de Gendarmes, de Currtïïtniers ,
de Dragons^ etc. Capitaine réformé. Capitaine
en pied. Capitaine-Lieutenant.
Dans les Compagnies des Gendarmes et des
Chevau-Légers, dans celles des Mousquetaires^
et dans celles de la (Jfntîarmerie , celui qui
commande la Compagnie est appelé Capitaine-
Lieutenant^ parce que c'est le Roi, la Reine.
Ou un Prince qui en est !e Capitaine. On doniK
Dussi le litre de Capitaine - Lieutenant , à tous
les Licutenans de la Compagnie Colonelle d'un
Régiment d'Infanterie.
Capitaine , se dit aussi De celui qui n le
tomnifmdcment dun vaisseau, dune galère, eie.
Capitaine de vaisseau, de galère^ de frégate,
de hrillot. Capitaine en second.
On appelle aussi Capitaine de Port, Cehi!
qui commande dans un Port.
Capitaine, se dit anâsi De cehù qui com-
mando dans certaines Maisons Royales. Capi-
taine de Fontainebleau. Capitaine de Saint-
Germain. Capitaine de Vincennes.
On appelle Cflpiïrtinc lics C'ins.scv, Cehii qui
Q le soin de ce qui regarde la cliasse dans une
certaine étendue de pays.
On dit aussi, Capitaine de Voleurs, Capi-
taine de Bohèmes j etc. en parlant Des chefs qui
les commandent.
Capitaine, se dit aussi d'Un Général d'ur-
mé-c, par rapport aux qualités nécessaires pour
le commandement. Ce Hoi étoit un grand Ca-
pitaine. Sage Capitaine. Capitaine exf^ri-
mcntè. Vaillant Capitaine. Vieux Capitaine.
Ce Générai étoit plus soldat que Capitaine. Il
n'étoit pas Capitaine.
CAPITAINERIE, s. f. Charge de Capitaine
CAP
d'une Maison Royale, d'un Clijteau, etc. Capi-
tameric de FontuinMeau. Il se dit auisi De la
Charge d'uu Cuplluine des Chasses.
CAPiTAiNEniE DES CHASSES , cst L'cieodue
de la JinUliction d'un Capitaine des Chasses.
Cette Terre est dans la Capitainerie de Saint-
Germain.
CAPiTAiireniE, en quelques Maisons Roy.ilps,
se dit Du lieu aflucté au logement du Capitaino
du Chlteau et des Chasses. Loger à la Capi-
tainerie.
CAPITAL, ALE. adj. Principal. C'est U U
point capital de celte afpiire. Celte danse est
capitale dans ce contrat. Paris est la Ville ca-
pitale de lu France. Lt, Capitale d'unRoyanmc.
En cette plira^i', Capitale est .sul)sl.'intif.
On appelle Lettres capitales , Les grandes
lettres qu'on met ordinairement au commence-
ment dis livres , des chapitres , de quelques
mois , etc.
Capital, se dit aussi d'Un crime qui mérite
le dernier supplice, et du supplice même. Crinn
capital. Peine capitale. On dit. Les sept pécltét
capitaux, pour dire, Les sept péchés mortels.
Od appelle Ennemi capital, L'n ennemi
juré, un ctinemi morteL
U est quelquefois substantif , et on dit,Fairt'
son capital de quel(jue c/icwe , pour 'dire, En
faire sa principale occupation, son principal
objet. Il fait son capital de Vétude.
Capital, signifie encore Le principal d'uue
dette. lia payé les intérêts, mais il doit encan
le capital.
n se dit figiurément De ce qu'il y a de prin-
cipal, de plus important Le capital est de tra*
vailler sérieusement à stn salut.
CAPITALISTE, s. Celui ou celle qui a du
capitaux ou sommes d'argent considérables, et
qui les fait valoir dans les entreprises de com-
merce , d'agriculture , de manufacture ou de
finance. RicheCapitaliste.CeCapitalisle est un
franc usurier.
C.iPITAN. s. masc. Terme de mépris. On
appelle ainsi Un fanfaron qui se vante d'une
bravoure qu il n'a point
CAPITA.VPACHA. s. masc Amiral Ture,
Padia de la mer.
CAPri'AXE. s. fém. La premiirt galère de
l'armcc. LaCapitane. EnFrarKe, il n'y a plus
<'e Capitane. Galère Capitane.
CAPrrATIO>". s. f. Taxe par tète. Payer la
Capitalion.
CAPITEUX, EUSK. adj. Qui porte i la
têt.;. II ne s^ dit que Dis liquer.rs fcrmcntées.
Le tiin nouveau est capileu.1. Li<jucnr capiteuse.
CAPITULE, j. m. Nom d un ancien Bâti-
ment ou Temple ^ Kome cojisacré i Jupiter,
qui fnt surnomme par celle raison, Jupiter
Capitolin. Il y avait des Capitales ailleurs (ju'ii
Roine.
CAPITON, s. m. Soie grossière dont on se
sert pour divers ouvrages. Ce n'est pas de la
^Jie so-e , ce n'est rjue du capiton.
r.APITtJUL. ». m. On appelle ainsi J Tou-
ioasc, ce qu'on appelle Ëclieviu en d'autrrs
Viilrs. L'oljice d: Caf itoul nnoblu.
CAP
CAPITOULAT. s. m. Dignité ilc CapitouL
CAPITULAIRE. adj. des 2 g. Appartmant
au Clmpitrc, ^ une assemblée rlc (ilumnines ou
lie V^eW^xcux. Acte caintiilaire. Résolution capi-
tulaire. Assemblée capitulairc.
CAPiTULAinE. s. ni. Ordonnance, rèj^Icment
sur les matières Civiles et Ecclésiastiques, et
rédigées par Cliapitres. Il n'est guère d'usage
qu'au pluriel dans ces phrases, Les Cupitu-
laires de Charlctnaqne j les Capitulaires de
Charles-lc-Chauve y qui se disent Des Consti-
tutions faites par Cliarlemnï;"e) par Cliarles-
le-Cliauve, et par les autres Rois du la seconde
tlace , sur ces sortes de malières.
CAMlULAmiiMEM. adv. Un Chapitre.
Les Chanoines y les Relitjiutx capititlaircment
iissemhlés.
CAPITULANT, adj. Qui a vnix dans un
Chapiu-c. Chanoine cupilulant. RchqictLC ca-
pitulant. U est aussi substantif. Les Capitulans
assemblé.^ pour VéUction.
CAPITULATION, s. f. Composition, le
traite qu'on fait pour la ri'ddition d'une Place,
La capitulation d une Ville. Les articles de li\
capitulation. Ce qui est porté par la capitula-
lion. Une capitulation honorable ^ avantaqettse.
Fmre sa capitulation. Tenir la capitulation,
[Violer la capitulation. Dresser ^ signer la capi'
Uilation. Recevoir à capitulation.
Capitulatio», se dit particulièrement Dei
[onditions que les Électeurs, dans la vacance de
fEmpire, proposent à celui qui a été élu Em-
pereur, et (^'il signe avant que d'être reconnu.
La Capitulation Impériale.
CAPITULATION, se dit aussi d'Une conven-
tion en vertu de laquelle les sujr-ts d'une puis-
ïance jouissent de certains privikvjcs dans lei
États d'une autre.
Il se dit familièrement Des moyens de rajw
prochement et de conciliation qu'on propose
en afiàires. On en vint à bout par capitulation.
Cet homme n'entend à aucune capitulation en
fait d^intérét.
CAPITULE, s. m. Espèce de petite Leçon
ijuî se dit h la fin de certains Offices.
C-\PITULER. V. n. Parlementer, traiter de
la reddition d'une Place. Battre la chamade
pour capituler.
l\ s'emploie pour dire, Entrer en traité sur
juelque ailàire, sur qu:lquc démêlé, venii â
uu accommodement. H commence à se défier
de son droit, il demttnàe à capiluUr,
On dit proverbial., Ville qui capitule est à
demi rendue, pour dire, Cunndon é:oute des
propositions, on est près de les accepter.
C.VPï^'*-IRT. s. m. Auinial amp 'bie du
Brésil.
C.VPO'. s. HL Hypocrite, qt.>d«8imulr pour
arriver h ses fins. Faire le copon. U est familier.
U se dit aussi populairement d Un joueur rusé,
fin, et appliqué à prendre toute sorte d'ov.'in-
tages aux jeux d'adrcise. C'est un vrai capon,
un franc capon. Il est capon à ce jeu-là.
CAPU.N>KR. v. n. User de finesse au jm .
cl être «llentif >* j prendre toute ftnrte d'avan-
t(*.gcs. Caponncr au jeu. U est populaire.
CAP 195
CAPON?(IHRE. s. f. Terme de fortification.
Logement cieu.sé en terre, que l'on fait d'ordi-
naire dans des fossés secs , et où il peut tenir
quinze ou vingt fusiliers qui tirent prestpie à
rcz-de-cliaussée sans Otre vus. On ft un feu
continuel des caponnières de cette Place.
CAPORAL, s. m. Soldat i liaule paye dans'
une Compagnie de gens de pied, immédiate-
ment au-dessous du Sergent. C'est d'ordinaire
le Caporal cjui pose et lève les Sentinelles. Les
Caporaux d'une Compagnie.
CAPOT, s. m. Espèce de cape ou de grand
manteau d'étolTe grossière, où est attaché un
capuchon. Quand les soldats sont en.'ceiitinelle,
ils ont ordinairement des capots. C'ifot contre
la pluie. Capot de farcal, etc.
Capot, se dit aussi d'Une petite cape qui
fait partie de l'habit de cérémonie des Cheva-
Uers de l'Ordre du Saint-Esprit. On dit nlus
communément une Canote.
Au,jeu du Piquet, on dit, Faire Capot,
pour dire. Faire toutes les levées, toutes les
mains. Faire pic , repic et capot. Et dans cette
nccepiion. Tondit aussi, jÊIre capot, pourdire,
Ne faire aucune levée.
On dit aussi figmém. et familiérem. d Une
personne qui demeure confuse et interdite
luprès de quelqu'un , qu'£!/c est demeurée
capot. On le dit aussi d'Une personne qui se
voit frustrée de son espérance.
C-VPOTE. subst. f . Espèce de mante que les
femmes mettent par-dessus leurs habits quand
slles sortent, et qui les couvre depuis la tête
jusqu'aux p'icds. Capote de camelol. Capote de
taffetas.
C.iPIÎE. s. f. Espèce de petit fruit vert, que
l'on confit ordinairement dans le vinaigre. On
I« dit plus souvent au pluriel. Manger des câ-
yres. L'n baril de ciipres. Salade de câpres. Ou
ippellc encore Câpres capucines, Les câpres
qui sont moins grosses que les autres.
fiAPl'iE. s. m. Sorte de vaisseau corsaire.
Câpre îlollandois. Câpre Anglois. Câpre Os-
tendois. Il ne se dit guère qu'en parlant Des
vaisseaux que des particuliers arment en course
sur l'Océan.
CAPRICE, s. m. Fantaisie, Loutsùe. il se
gouverne plus par caprice nue par raison. Avoir
des caprices. Etre sujet aux caprices d'a:itrui.
Dépendre des caprices d'autrui. Suivre son
caprice.
U signifie quelquefois , Saillie d'espnt et
d'imagination ; et alors il se peut prendre eu
bonne port. Ce Poète ne compose gue de caprit e.
Ce Peintre, ce ."^lusicien travaille de caprice.
Cet homme a d'heureux , de beaux, tTcxcc/Icns
caprices.
Il se dit aussi De certaines pièc«s de Musique ,
de Poésie, de Piinture, etc. où l'Auteur, s'i-
bandonnant à son génie, ne suit d'autres règUs
que son imagination. Cet Organiste a joue un
fort beau caprice.
CAPRICIEUSEMENT, advcrb. Pir caprice.
Cft homme agit trèt-capricieustmcnl.
CAPRICIEU.X, EUSE. adject Fanlasque.
L'n c*pri( capricieux. Un homme crtpricicux.
25.
igG CAP
Une j'amme capricieuse. Avoir l'humeur capri-
cieuse.
CAPRICORNE, s. m. Celui Jes douie signes
«lu Zodiaque , qui est enlra le SagiOaire et le
Versciii . cl qu'on a coutume de repn'sentcr
[lar la Ijgurc d'un Bouc, te 5oIfii etoit dans le
Capricorne. Le tropique du Capricorne.
CÂPRIER, s. m. Arbrisseau qui porte des
câpres.
CAPRISANT. adj. m. Terme de Médecine.
Il se dit d'Uu pouls dur et incgal.
CAPRON. s. ni. Grosse fraise.
CAPSE. s. f. Espice do boite qui sert au
scrutin d'une Compagnie. La Capse tic Sor-
bonne.
CAPStJLAIRE. adj. des a genres. En cap-
sule. Terme de lîouuique et d'.Anotomie. F nui
capsulaire. Membrane capsulaire.
C.4PSULE. s. f. Terme de Botanique. Il se
dit de cette partie de la plante qui renferme les
semences et les graines. En Anatomip, on
lionne ce nom à des membranes qui envelop-
pent les articulations.
C.VPTAL. subst. m. Titre connu d.ins notre
Histoire, et qui signifioit Chef. Le Captai de
Buck
CAPl'ATEUR. s. m. Terme de Droit. Celui
qui par des insinuations artificieuses t.'iche de
se procifrcr im avantage, un testament, une
donation , etc.
CAFl'ATION. s. f. Terme de Droit. Insi-
nuation artificieuse, dont ou se sert pour se
procurer quolijue avantage. Il a usé Je cupta-
llon pour ollcnir cette succession.
CAPTER. T. a. Employer adroitement tous
les moyens de parvenir à quelque chose auprès
de quelqu'un ; chercher à obtenir par voie d'in-
sinuation. Capter la bienveillance, capter les
suffrancs de (jucltju'un.
Capté , ée. participe.
CAFlTEUSEMEN'l". adv. D'une manière
captieuse.
CjVPTIEUX , EUSE. adj. Qui tend ;. in-
duire en erreur et à surjirimdre par quelque
belle apparence. Il ne se dit que Des raison ne-
mcns, des discours, elc. Ttrmc captieux. Pro-
position captieuse. Clause captieuse. Jrgumcv.t
captieux. Ce qu'il vous dit est captieux. Tour
captieux.
11 se dit aussi Des personnes. C'est un rai-
sonneur captieux. Cet liontnie est soui-ent cap-
tieux. Je crains beaucoup les gens captieux.
CAPTIF, IVE. adj. Qui a cti fait esclave à
la guerre. Il ne se dit guère qu'eu parlant Des
guerecs anciennes. Les Grecs ayant pris la
Ville, passèrcnj les hommts au fil de l'épéc. et
emmenèrent les femmes captives. Vn Roi captif.
Une Princes.se captive.
Les Ordres de la Merci et de» M.ilhurin»,
Inslitudspour le rachat des esclaves faits par les
Miihométan», soct qualifiés d'Ordre de la Ré-
demption des Captifs. Ce mot est ici substantif.
Dans le «tylesoutenu, Cupli/ se dit De toute
sorte de prisonniers ; et figurcmeut on dit. Ame
captive, raison captive, elc.
On dit encore, 2'cnir captif, pour d^re,
CAP
Tenir dans une extrême contrainte , dans nne
extrême sujétion. /! lient sa femme captive. Il
tient ses enfans captifs , et il ne leur lai.ve au-
cune liberté. On est fort captif dans cette place.
CAPTIVER. V. a. Rendre captif. 11 n'est
point d'us.Tgc au propre. Il se dit figurémcnl
dans ces phrases: La beauté qui me captive. Ses
yeux ont captivé ma liberté.
Il signifie aussi Assujellir. Vous ne s.auriez
captiver cet esprit. C'est une humeur qu'on ne
sauroit captiver. En ce scus on dit aussi , 5e
caplii'er. 71 perci (ouïes ses affaires, parce qu'il
ne sauroit se captiver. Pour faire sa fortune, il
faut se captiver auprès des Granils. En ternies
de l'Ecriture, on dit, Ciipl! 'Cr son esprit, so'i
entendement sous le jouq de la Foi.
On dit aussi , Captiver la bienveillance de
quelqu'un , pour dire , Se rendre maitre de sa
bienveillance, en être assiu"é.
Captivé , £E. participe.
CAPTIVITÉ, s. f. Privation de liberté, es-
clavage. Tenir en captivité. Vivre dans la cap-
tivité. Sortir de captivité. Délivrer de captivité.
Etre en captivité. Racheter de captivité.
Captivité, se dit figurémcnt, d'Une très-
grande sujétion. C^esl une maison oii les do'
mestiques sont en captivité.
CAPTURE, s. f. Prise au corps. Il ne se dil
guère que d'Un homme arrêté pour dettes, on
pour crime, par ordre de Justice. Ce 5erae;]| a
fait deux captures ce matin. On a pris un f:-
nieux voieiir, c'est une belle capture.
On le dit familièrement Des prises que lc«
foldats fort à la guerre. Ces soldats ont /îiil
une bonne capture.
On appelle encore Caplure, I,a Saisie di'i
marchandises défendues , faite par ks Ciardei
des Fermes du Roi.
CAPTURER. V. a. Faire capture , appréhen-
der au corps , saisir.
Captché , ÉE. participe.
CAPUCE. s. m. C'est la même chose que
Capuchon.
CAPUCHONjS. m. Couverture de liu, qui
fait une partie de l'habillement des .Moines, et
qui est ordinairement de drap ou de serge. Ca-
puchon de Moine, capuchon pointu, capuchon
rond, de.
On dit ]r.overbiaIemcnt, Prendre le ;apii-
clton, pour dire , Se dire Moine.
Capuchox. Fleur en capuchon. En ternies
de Botanique, on appelle ainsi Certains allon-
gemens creux et coniqu.^s, plus ou moins longs,
qui se trouvent îi la partie postérieure de plu-
sieurs fleurs, comme i celles de la Capucine,
du Pied -d'Alouette , etc. On .ippclle aus<i
Eperon , ce même allongement.
CAPUCIN, CAPUCINE, s. Religieux ou
Religieuse de l'un des Ordres qui reconnoisseni
St. François pour Fondateur.
CAPUCINADE. s. f. se dit d'Un plat dis-
cours de morale ou de dévotion. Ce sermon
n'est qu'une capucinade. Il est faniiUcr.
CAPUCINE, s. f. Espcee de (leur pomg're.
Cette plante est ainsi nommée, parce qne sa
Qcur est terminée par un allongement eu forme
C A R
de capuchon. On la cultive dans les j.nrdins. G»
emploie ses (leurs dans les salades, et on confit
ses boutons au vinaigre. Cette plante a presque
toutes les vertus qu'on attribue au Cresson.
Une salade de capucines.
On appelle Couleur copucine. Celle qui
ressemble à cette (leur.
CAPUCINIÉRE. s. f. Maison de Capucins,
n se dit ironiquement et familièrement.
CAPI;T-M0RTUUM. s. m. Terme de f.lii-
liiie. V. TÊTii-MonTE.
CAQ
C.4QU-4GE. s. m. Façon qu'on donne aux
liarengs, loi-sfju'on les veut saler.
CAQUE, s. f. Espè-cc deJiarrique ou de baril.
Une caque de harengs. Une caque de poudre.
On dit proverbialement et figurém., La cnijiie
tent toujours le hareng, pour dire, qu'il reste
toujours des marques des impressions que l'on
a reçues dans sa jeunesse, et de l'état où l'on
i'est trouvé. Il se dit toujours en mauvaise part.
C'est un homme de rien qui a fait fortune j
mais qui a toujours les inciinnlioiis basses et
les manières grossières- la caqu\i sent toujours
le hareng. Il a passé sa jeunesse en mécliante
compagnie , vous n'en ferez jamaisrien debon ;
la caque sent toujours le hareng.
C.VQUER. V. a. Préparer le poisson pour
î'encaqiier ou le mettre en caque.
Caqcté, ée. participe.
CAQUET, s. m. Babil. Caquet iniporfuii.
Avoir bien du caquet. Avoir trop de caquet. Elle
a le caquet bien aij:lé. Cet homme-là n'a que
du caquet.
Ou dit figurément et familièrement. Rabattre
le caquet, ou rabaisser le caquet de quelqu'un ,
pour dire, Confondre par ses raisons, ou faire
îaire par autorité un homme qui parle mal à
propos ou instïlemment.
CAQUETAGE. s. m. Action de caqueter.
Il m'étourdit par son caquetaqe. Il se prend
iiussi pour Les coquets. 'î ont cela n'est que du
caquetage,
CAQUl'.TE. s. f. Sorte de baquet ou les
Iforengèrcs mettent des carpes.
CAQUETER, v. n. Babiller. Des fmmcs
qui ne font que caqueter. Il ne lui faut pas dire
de secrets, il aime trop à caqueter.
CAguETEH , se dit aussi au propre , Du bruit
ijue font les poules quand elles veulent pondr«.
f..\QUETl".lîlE. s. F. Action de caqueter. U
6e dit principalement au pluriel pour signifier
Caquets. lyctcrnclles caqueteries.
CAQUETEUR, EUSE, s. Qui caquette ol
babilla beoucoup. Un grand caqueleur. Une
arande caqueîeusc.
CAR
C.\R. Conjonction qui sert à marquer la rai-
son d'une proposition avancée. Il ns faut j\is
faire telle chose, car Dieu le défend. Vous ne
le trouverez pas chez lui,car]Ci>icnr de le voir
dans la rue.
CARABlî.s.m. Ambre jaune dont on se sert
en Mçdccinc, et po:ir d'aulios usages.
CAR
CARABIN, a. m. CaTalier qui porte une cn-
labiue. Cnpitu'me tle Carabins. Mestre de
Camp des Carahins. Aujourd'hui on dit Ca-
rabinier.
Cahabin, se dit figiiréiia-nt d'Un lioninic
<jui se contente de hasarder quelque chose an
jeu, et qui se retire aussitôt, perte ou gain.
C'est un vrai Carabin au jeu.
Il se dit aussi figurément d'Un homme qui
dans une conversation, dans une dispute, ne
fait que jeter quelques motsvifs , et puis se tait,
ou s'en va. Il a tiré son coup en Carabin.
CARABIN, s. m. Frater, Garçon Gliirurgien.
CARABI^'AOK. s. f. Un tour de CaraJjin.
II a fait une carahinade , et s\n est allé. \\ est
ïamilicr.
C-VRABINE.s.f. Espèce de petite ajquehuso
iju'on porte à cheval. C^arqer une Carabine.
CAUABI^'ER. v. a. Tracer en dedans d'un
canon de fusil des ligues creuses, telles qu'il y
en a dans les carabines.
C.VRADiNÉ, ÉE. participe.
CAriABl>*ER. V. n. Combattre à la façon
des Carabins. Les Cbc^'au-Léncrs^ ni les Gen-
darmes ^ ne s^amuscnt point ù carubiner, Vn
)cavalicr auî sort de son ninfj pour carabiner.
Carabined, se dît aussi figurément d*Un
joueur qui , sans s'attacher au jeu. iiasarde qi*el-
i]uc coup comme eu passant il ne joue pas, il
Jie fait nue carabiner.
CAR ABIMER, s. m.Cav;.Iier annc- de cara-
Lînt. V ne Compagnie de Car,.ibiniers. Capitaine
iit Cjrahinicrs. Colonel des Carabiniers.
CAR.-VCHE ou CARAG. s. m. Tribut que
les Clirétieus et tes Juifs payent au Grand-Seî-
jgncur.
CARACOLE, s. f. Slouvement en rond, ou
en demi-rond , ^u'on fait faire h. un cheval , en
chang ant quelquefois de main. Fuire une ca-
racole. Faire plusieurs caracoles.
C^VRAGOLER. V. n. Faire des caracoles. 71
y avoit plaisir à les voir caracoler. Caracoler
uutcur d^un carrosse, etc.
C^VRACrilRE. s. m. Empreinte, marqiie.
Il se pn^'ud particulièrement pour Les figures
dont on se sert dans l'écriture ou dans 1 impres-
sion. Groi cumclèrc. Petit caructère. Caractrn
Visible. Bon caructère, MaUifiiis caructère. Ou-
vragc imprûnc en beau carttctère. Caractère
romain, caractère italique. Caractère usé, po-
ché. Caractères Grecs. F.(j^'ptien$ j Arabes. Ca-
ractères hlêronly'piliques. Les Anciens impri-
itioient sur le ^ronf des crintinelsct des esclaves
certains caractèrcf.
Il se dit De récriture d'une personne. J'ai
reconnu votre caractère.
Il se dit aussi Des funtcs de lettres dont se
servent les Imprimeurs. Cr.ractères neufs. Ca-
ractères usèi. Caractères de plomb.
CAnACT>:nE, sigaîBe aussi Titre, dignité,
qualité, puissance, Tcrtu allachée à certains
ciati. Caractère sacré. Le caractère dePri'tiisf.
Le caractère d'Ev^que. Etre revêtu du carac-
tère d* Ambassadeur. Un Ambassadeur nui sou-
tient son caractère avec dinnitc. C'est un ca-
ractère qu'il f:ut respecter.
CAR
On dit d'Un Ambassadeur, qa7l a déployé
son caractère , pour dire, qu'il a déclare sa '
mission ; et l'on dit qu'/I cache son caractère^
pour dire, qu'il ne \e fait pas encore connoitre.
On dit d Un lionnne qui n'a point de mis-
sion, d'autorité , ni de pouvoir pour faire quel-
que chose, que C'est un homme qui n\i point
de caractère, qui parle sans caractère.
En parlant Du Baptême et de l'Ordre, on
dit, que Ce sont des Sacremens qui impriment
un caractère. Caractère inelfiçable^ indélé-
bik.
CAHACiiiiE, se prend auîsi pour Ce qui
diotingue une personne des autres à l'égard des
mœurs ou de l'esprit. Cet homme a un étrange
caractère d^esprit. Le caractèrp. d'un Auteur,
îlomèrc a excellé dans les caractères. Garder^
diversifier, soutenir les caractères. Prendre bien
le caractère d'un homme. Soutenir, remplir^
ne pas démentir son caractère, ne pas sortir dt
son canictère.
On dit familièrement d'Un homme dcmœuri
faciles et agréables, que C'est un bon caracttn
d'homme. Et on dit d'Un homme d'un carac*
1ère décidé, qu7ï a du caractère; et dans Iccai
Kontraire, qu'ii n'a pas de caractère.
On dit j peu pn-s dans le même sens, qu'il
y u du c«r(ic(crc,qu'i/ n'y li point de caruclèrt
dans une physionomie. Cette tète a un grani
caractère, est d'un grand caractère. Vn beat
taractère de tête.
On se sert aussi de cette expression dans leL
Arts. Ce début en Musique a du caractcte. Cel
id'lice a ou ii\i pas le caractère qui lui coH'-
vient. Cette fiçade a le caractère d'un Temple,
tt non d'une salle de Spectacle. Cette strophe a
vraiment le caractère de ÎOde. L'éloquence
de Bqurdaîoue a tout un autre caractère que
celle de Massillon.
C.AiiACTtnE, se prend aussi pour Des lettres
ou n^orcs auxquelles le peuple attribue une
ceruine vertu, en conséquence d'un pacte pré-
tendu fiiit avec le diable. Il n'a jamais étèblessl
à la guerre; on dit qu'tl a un caractère, qu'il
porte un caractère sur lui.
CAnACTÈRE , en Botanique , sert i en dési*
grier certaines marques essentielles qui dis-
tinguent une plante de toute autre. Les Bota-
nistes appelkor Caractère générique^ Celui qui
convient à tout un genre; et Cijrdc(érc spé-
cifique. Celui qui ne convient qu'à une espèce.
GAnACTÈHEs, en Chimie, sont Des signes
lont les Chimistes se servent , pour représenter
en abrégé les substances qui servent à leius
opérations.
On dit de même , Ctiror tcrc5 Algébriques ,
Carijc/èrcj Astronomiques, en parlant Des c>-
ractèrcs dont les Algébristes et les Astrouonics
se 6ervent ordiuaircmcnL
CARACTÉRISER, v. a. !^Iartjuer locaractère
d'une personne, d'une passion, d'un vice,
d'une vertu, etc. CePoète^ cet .'in leur carac-
térise bien Ic'i personnes dont H parle, ou qu'il
fait parler. Il caractérise bien les passions,
CAnACTÉBi^Ê, lE. participe.
CAR.\CrÉR16UE. s. masc. Eu Botanique
CAR 197
ResscniblaBce et confurmito des plumes avec
quelques parties du corps liumaiu.
C\RACTÉRlSTIQUt;. adj. des 2 genres.
Qui c.iraclériso. Sitjne cun/clen'sdoiic. Lettre
caractéristi(juc, C'est la lettre qui dénoté lu
furiuatiou d'un temps. La Icltie 11 est la carae-
t^risli(juc de (oii> les futuri /iuMçois. C'est aussi
parmi uous la It-ttre qui se conserve dans tous
les dérives d'un mot; comme le P dans les mots
dérivés de Corps et de tcnijis : Corporel^ tein-
porcl, temporiier j le G dans luitgueitr, stiit-
y"'<* , raiicjer, etc. à cause de long, sang,
rantj , etc.
Un appelle La earactèrisùrjue d'un logii-
ritlime, Le prenjier cliiflie d'un logarillinic qui
rxprime des unités. Ce mot csl aussi subs-
tantif.
CjVR.i.FE. s. f. Sorte de petite bouteille de
verre ou de cristal , plus large par le bas que
par le haut, dont on se sert iwur verser à boire,
et pour faire rafraicliir du viu. Mettre du ui»
iluns des carabes, ilieltre des carafes de vin sur
une soucoupe.
CARAFOS. s. m. Sorte de vaisseau de lii^e
ou d'autre bois , dans lequel on met un flacon
avec de Kl glace, pour faire r^draieliir du vin,
de l'eau , ou d'autres liqueurs. Carajon de
Uéqe. Mettre de la glace dans les carafons. Il
se dit aussi De la carafe qu'où met dans le ca-
rafon.
<!).4JIAG]N'E. s. f. Rcsiae aromatique dont
OD use en Médecine.
CARAÏTE. s. masc. Juif qui s'iiliaclie .i la
lettre de l'Ecriture, et qui rejette les traditions,
le Talinud, etc.
CAR.A'UEL. s. m. Sucre fondu et durci. Le
taramel est bon pour le rhume„Cerises au ca-
ramel.
C.lRAQUE. s. f. Kom qu'on donue à des
vaisseaux que les Portugais envoient au Brésil.
Il y en a du port d(^ deu\ mille tonneaux, ies
caragucs servent à la guerre et au commerce.
CARAT, s. m. Certain titre, certain degré
de bonté et de perfection dans l'or. Il ne se dit
point des autres métaux. De Vor à vingt o
ratA^ au vingt et unième caraL II n'y a poiij
dans le commerce d'or à vingt-ijuatre carats.
On dit proverbialement et figurém. qii'C/i
homme est un sot, est un impertinent ù vingi-
(jiiatre cnr.ilj, pour dire, qu'il est sot, imper-
tinent au souverain degré.
Cahat, signifie aussi Le poids de qu.^ire
grains; et il se dit en parlant Des diamaus et
des perles, etc. Ce diamant, cette perle pète
tant de carats.
C.^itAT, se dit aussi Des petits diamans qui
se vendent au poids. 5a ^irunf?oIc parult beau-
coup de loin , cependant elle n'est que de ca-
rats. Ce n'est que du carat,
CARAVA^■E. s. f. Troupe de ^LircLonds,
de Voyageurs ou de Pélorins, qui vont de com-
pagnie pour se garantir des voleurs ou des ror-
kaircs. Il oe se dit que Des Marchands, des
Voyageurs et des Pèlerins qui vont de la sorte
par terre ou par mer dans le Levant La Cara-
vane de Danuti. La caravamc oui va à la
,98 CAR
iltcijue. Marclicr avec la caravane. La cara-
l'iiJie /iit atta(]nie par les Arabes.
Oii dit figiirémcnl et faniilié'-'jnii'nt, Mar-
cher en caravane, pour dire, Aller de compo-
giiie. Nous avons fait une caravane pour aller
iliner a tel endroit. Je vis venir toute une ca-
ravane de campagnards,
CAnAVASES, signifie anssi Les campagnes
que les Clievaliers <le Malte sont obliges de
faire sur nier, pour s'accpiiiler du service qu'ils
doivent à leur Ordre. Faire ses caravanes. Ce
CItevalier n'a pas encore fait ses caravanes,
toutes les caravanes. Les Clicvalicrs ne peuvent
parvenir auxComwandcries, qu'ils n'aient jait
leurs caravanes.
On appelle aussi CtiriuMiic, Un nombre di>
vaisseaux mai-cliands qui vont de conserve.
C'iiravniic d'Jlep, d'Alexandrie, etc.
<ARAVAN.SERAIL. s. m. Hutclleric dans
le Levant, oit les caravanes sont reçues gratui-
tement, ou poiu' un prix mojiqtie. On dit aussi
et même mieux, Caravanserai. Curavanscra ss
dit aussi.
C.iRAVELLE. s. f. Navire rond , et de mé-
diocre grandeur, dont se serv'enl les Portugais.
A7on«r une conii'clle. CommaDiier une cara-
velle. Equiper une earaveUe.
CARBATUVE. s. r.Peaudelictefi-aicliemenl
écorchée.
CARBONNADE. s. f. Manière d'.ipprMcr
les viandes en les faisant griller sur le cliarbon.
Faire une carhoiinade. Mettre des tranches do
jambon à la carbonnadr^
CARC.4-N. s. m. Cercle de fer avec lequel on
attaclie par le cou à un poteau, celui qui a
commis quelque crime , quelque délit. Con-
damner au carcan. Attacher au carcan. 3iet(r«
au carcan. Cela mérite le carcan.
Il signifie au.ssi Une espfcce de cliaine ou de
collier de pierreries. Cette (immc a un beau
carcan de pierreries.
CARCASSE, s. fém. Les ossemens du coips
d'un animal, lorsqu'il n'y a plus guère de
eliair, et qu'ils tiennent encore ensemble. Toiil
le champ de bataille éloit encore plein de car-
tasics d'hommes et de chcvGu.r.
Cjircasse de poularde, de poiiicl, de per-
drix, etc. C'est ce qui icste du corps, lorsqu'on
en a 6lé les cuisses et les ailes.
Il se dit aussi d'Un vaisseau dont il n'y a
encore que la charpente de faîte.
On dit figurément et par mépris, d'Une
personne extrêmement maigre, que C'est une
carcasse, qu'elle n'a que la carcasse. Vieille
carcasse.
CADCA.'iSE, signifie aussiUnc sorte de l)oml)e ,
coniposé-c 'de différens cercles de fer, qui res-
scuil>le en quelque sorte i une carrasse d'ani-
mal , cl qu'on jette avec le mortier comme les
bombes. On brûla (oui un quartier de la Ville
avec des carcasses.
QVRCINOMATEUX , EUSE. adj. Oui tient
de la nature du Cancer. Ulcère carciiioinntepu;.
CARCINOME, s. m, Ternie de Médecine.
Synonyme de Cancer.
CARDAMINK, siibst. f. ou CRESSO?f DES
CAR
PRÉS. Plante ainsi nommée, parce qu'elle a|>.
proclie du goût du Cresson , qu'on appelle
aussi Cnrdamum. Elle est apcrilive et anti-
scorbutique.
CARDAMOME, s. m. Graine médicinale cl
aromntifjue qui entre dans la Tliériaquc.
C.UlOASSE, subst. fém. RAQUETTE ou
KKiUlER D'INDE. Plante grasse, dont les
fruits, quoique de bonne qualilé, donnent um
rouleur de sang li l'urine de ceux qui en oui
mange.
CARDE, s. f. La côte qui est au milieu des
ituiilles de certaines plantes, comme la ï)oir(.*t!
rt l'artlcliaut, cl qui csl bonne ii manger. Cot(tî
lie cardes. Cardes poirées.
On appelle aussi Cardt', Le peigne d'un
t'.ardeur-
C.iRDER. v. a. Peigner avec des chardons
Q Bonnetier, ou avec des instrura.-ns qui sont
lout couverts d'un côté de pcliles pointes de
Ter plus déliées que des épingles. Carder du
drap, de la laine, de la suit, du coton, etc.
Caîidé, ÉE. participi'.
CARDEUR, EU.SE. s. Ouvrier, ouvrièic
qui carde.
C.4RDIAQUE. adj. des 2 genres. Terme de
Pharmacie. Cordial , propre à fortifier le cœur
Remède cardiaque.
Il est aussi terme d'Anatomie, et se dit D.'
ce qui appartient au cœur. Les qlandes car-
diaques.
On s'en sert aussi substantivement. Bon cor-
Jlaque. Cardiaque cvcellent.
CARDINAL, s. m. Un des soix.inte-dix Pré-
'ats qui composent le sacré Collège , cpii ont
7oix active et passive dans l'élection du Pape .
n parmi lesquels le Pape csl ordinairement
thoisi. Cardinal du titre de Sainte Cécile, di
Saint Pierre-auj:-licns, etc. Il a été fait Car-
dinal à la nomination di France. Le Pape fit
une promotion de Cardinaux. Il a eu le cha-
peau de Cardinal. CardinalÊvêque, Cardinal-
Prêtre, Cardinal-Diacre.
CAnDiNAL, A1.E. adj. Principal. Il se dit Des
quatre points principaux de la Splière, et des
ijuatre principales vertus Les quatre pointi
cardinau.r. Les quatre Vertus cardinales.
On appelle 'Vent.'! cardinaux, J.es vents qui
soufflent des quplre principaux points de la
Splu^re.
On appelle l'i ombres cardinaux. Ceux qui
sont indéclinables, cl qui désignent une quan-
tité sans marquer l'ordre. Un, deux, trois,
quatre, sont des nombres cardinaux. Premier,
second, froisiémc, sont des nombres ordinaux.
CARDINALAT, s. m. Dignité de Cardinal,
Il a clé promu au Cardinalat. ,lvanl sa pro-
motion au Cardinalat.
C.VRDINALE, subst. f. ou RAPUNIIU.M.
Plante qui nous a été apportée d'Amériipic. On
la cultive dans les jardins pour la beauté de sa
fleur.
CARDON, s. m. Espèce de plante qui res-
semble il celle de l'artichaut, et qui ne porte
point de fruit. La liqc des cardons est bonne à
mantjer.
CAR
CARÊME. 6. m. Temps d'abstinence, qui
comprend quar.inte-six jour» entre le Mardi-
gras et le jour de Pûques , pendant lequel ou
jeûne tous les jours, hors les Dimanches ; ca
qui fait quarante jeftnes. Le saint temps de Ca-
rême. Durant le Carême. Le commencement , lu
fin du Carême, L\-tveut cl le Carême. Jeûner le
Carême. Prêcher le Carême. La mi-Carême.
On appelle Provisions de Carême, viandes
de Carême, Les alimens ilonl on se sert le plus
ordinairement en Carême , comme Iiarengs ,
morue, pois, fèves, pruneaux, etc.
On dit , Faire Carême , faire le Carême ,
observer le Carême , pour dire , S'abstenir des
viandes défeudue* pendant le temps du Caréniej
livmpre le Carême, rompre Carême, pour ilire ,
Cesser d'observer l'abstiin ncc de Carême , et
mauger des viandes défendues. Il a été oblige
de rompre le Carême.
On dit, que Le Carême est bas, Quand il
rnnimence dans les premiers jours de Février ;
rt que Le Carême est haut. Quand il commence
■'u mois de Jlars.
Et on dit figurément et familièrcm. , qu'On
met le Carême bien haut , pour dire , qu'On
exige des choses trop difficiles. Ce Docteur dé-
bile une morale sévère, il nous nicl le Carême
bien haut.
On dit proverbialem, qu' Un homme a prêché
sept ans pour un Carême en quelque endroit,
[lour dire, qu'il y a été long-temps , et qu'il
connoit fort ce lleu-là.
On dit aussi proverbialement d'Une cho»»
qui no manque jamais en certain tenijis , oa
d'un hoiiinic qui se trou^'C toujours en certain
endroit, à certaine heure, qu'/l n'y manque
non plus que Mars en Carême.
On dit aussi d'Un homme qui an Ive .'1 propos
en quelque endroit . qu'/i arrive comme marée
en Carême.
Carême, se prend quelquefois pour Tous
les Sermons qu'un Prédicateur prêche durant
le temps de Carême. Un tel a fait imprimer
son Carême. Le Carême d'un tel. Un tel Pré-
dicateur a deux Carêmes , trois Carêmes.
Cabéme-pivenast. s. m. On appelle ainsi les
trois jours gras qui précédent immédiatement
le Mercredi des Cendres. C'éloil li Carême-pre-
nant. Il est du style familier.
Il se prend plus particulièrement pour Le
jour du Mardi-gras. Le jour deCarême-prenanL
Et on dit proverbial., qa'iTI faut faire Carêm»-
prenant a/ec sa femme , et Pdques avec son
Curé. On dit aussi par plaisanterie , cl [wur
exprimer ceitaines libertés qu'on prend pen-
dant ces jours-li, Tout csl de Carême-prenant.
On appelle familièrem. Des Caréme-prc-
nans, Ceux qui coiuvnl en m.isque mal liabil'o!'»
ilans les rues pendant li s jours gras. On dit cn-
riiie d'Une personne vêtue d'une manière ex-
trava"ante, que C'est un vrai Carême-prenant.
CARÉNAtiE. s. m. Lieu où l'on donne la
carène à tm vaisseau , ou l'acliou de caréner,
ou rcITet de celte acticm.
CARENCE, s. f. Terme de Pratique. On
appelle rioccs uerlial de Carence. Un procès
CAR
CAR
verbal qui constate qu'un dufunt n'a laisse au- CAnaLOS , se dit aussi De l'air que l'on exc-
qua bien. "'■^ cute sur les cloches. Le Carillon Je Dunliêrnue.
CARÈSE. «. f. La quille et les flancs du
vaisseau jusqti'^ fleur d'eau. Donner carène à
un vaisseau , nicf(re un vaisseau en carène ,
C'est le mettre sur le côt^ pour le raccommoder
aux endroits qui sont dans l'eau.
C.\RÉ-VER. V. a. Donner carène. Caréner
dci vaisseaux.
Cjuiéjé, ÉE. participe. Vieux faisieau core'nè.
CAKESSASr, AJSTE. adj. Qui cime i ca-
resser. Cet homme est fort caressant. Il est
dhumeur caressante.
CiVRKSSE. s. f. Témoignage d'afTection que
l'on donne à quelqu'un par ses actions ou par
les paroles. Aaréables caresses. Douces caresses.
Grandes atrfsses. Caresses trompeuses. Faire
des caresses. Recevoir des caresses. Il lui a fait
caresse. Il ne m'a pas fuit la moindre caresse.
Cn dit Cgurcment, qu'/i ne faut pas se fer
aux caresses de la fortune.
CARKSSER. V. a. Faire descaresses. Caresser
un enfant j caresser un chien , etc.
On dit 6gurément } qu'Un Prince a bien
iCaressé quelqu'un, pour dire, que Le Prince
l'a bien reçu.
Cahessk , ie. participe.
C.\RIiT. 5. ni. Sorte de Tortue dont on
ni.inge la cbair, et dont l'écaillé sert h faire des
peignes et autres ouvrages.
C.UIKT. s. m. Espèce de gros fil qui sert
pour les menues manœuvres des navires. Fil
Je CiircL
CARGAISON. J. f. Terme de Marine. Hlar-
cliandises qui font la charge entière d un vais-
seau. On a pris un vaisseau dont la cargaison
éloit fort riche.
C.^RGUE. s. f. Il se dit Des cordes qui ser-
vent à trousser et h accoiircir les voiles.
CARGL'ER. v. a. Trousser et accourcir Ici
voiles par le moyen des cargucs. Carcjuer Ici
voiles.
C\aavt, ts. participe.
CARLiTIDE. s. f. Figure de femme qui
soutient une corniche sur sa téliî. On y em-
ploie aussi des figures d'Iiommc. Les cariatides
sont un ornement d^Archilecture,
CARIBOU. sub?>t. m. .\nimal sauvage du
Canad.1 , dont on mange la ehair.
CARICATURE, s. f. Terme de Peinture,
emprunté de l'Italien. C'est la même diose que
Charge eu Peinture. VojCiCHAacE.
CjVRIK. s. f. Pouriturc qui attaque les o».
Il y a sujet de craindre que la carie n'atlaijui:
Fus. 11 se dit aussi Des blés.
C.\RIER. T. a. Citer , pourir. Il se dit prin-
cipalement Des os et des blés. Un os carié.
Blé» curie». Il est quelqiu;fuis pronominal L'o»
K carie.
Cahic, tz. participe.
Ou appelle ijoii curie, Celui qui est piqué
,d<.' ver».
CARlLI.O>'. s. m. Battement de cloches U
coups dru» et menus, avec quelque sorte de
11 signifie Gguréracut Crieric, grand bruit.
Quand la Maiiressedu logis verra ce désordre,
clU ft'ra un beau carillon.
A DOUBLE Caiullo». Façon de parler adver-
biale, qui signifie. Fort, beaucoup, et qui
n'est guère d'usage que dans quelques phrases
familières.
CARILLONNER, v. n. Sonner le carillon.
Il est jeté à la Paroisse, on n'a fait que caril-
lonner,
CARILLONNEUR. sulist. masc. Celui qui
carillonne.
CARISTADE. s. f. Terme familier, pour
dire Aumône. DemanJer la caristade, donner
la caristade.
CARLINGUE, subst. f. Pièce de bois sur
laquelle porte le pied d'un mât.
CARME, subst. m. Religieux de l'Ordre du
Carmel , ou des Carmes.
Carmes , est aussi Un terme dont on se
sert au Trictrac, et qui se dit Lorsque d'un
coup de dé on amène les deux quatre. Il a
amené carmes.
CARMELINE, adj. qui se dit De la seconde
espèce de laine qu'on tire de I.t vigogne.
CARMIN, s. m. Drogue d'une couleur rouge
fort vive. On emploie le carmin pour peindre
en miniature.
CARmUATIF. IVE. adj. Il se dit en Mé-
decine, Des remèdes contre les maladies ven-
teuses.
CARNAGE, s. m. Massacre, tuerie. On a
fait un qr and carnage de:i ennemis, un horrible
carnage. Il se dit principalement Des hommes.
On dit aussi, qu'Ona^iit un grand carnaqi
de cerjs , de sangliers, de lièvres, de perdrix, etc,
pour dire , qu'Un en a tué beaucoup.
On dit, que Les lions, les tiares, les loupi
vivent de carnage, pour dire, qu'ils vivent de
la chair des animaux qu'ils tuent.
CARN.ASSIER, 1ÈRE. iidj. Qui se pait de
chair crue, et qui en est fort avide. Dans ce sens
il se dit Des animaux. Les corbeaux , les loups
et les vautours sont carnassiers.
11 signifie aussi. Qui mange beaucoup de
chair; et dans ce sens il se dit Des hommes.
Les peuples septentrionaux sont fort carnas-
tiers en comparaison des méridionaux.
CARNASSIÈRE, subst. f. Espèce de petit
B.-1C où l'on met le gibier qu'on a tué à la
chbsse.
CARNATION, subst. f. Teime de Peinture.
Représentation de la chair de l'homme par le
coloris. Celle curnatien esl belle, vive, na-
turelle.
11 se dit dans le langage usuel, pour signifier
Le teint d'un homme, ou d'une femme. Une
belle carnation. Une vilaine carnali«n.
CAn^ATio^ , se dit cn Bl.won , De toutes les
parties du corps Ijunain qui sont représentées
;iU naturel. D'argent, à la tête de carnation.
CAR.N.AV.AI- subst. m. Temps destiné aux
mesiuc ei d'accord, donner le cariUoiL donner • divcrtissemcn» , lequel commence le jour lici
li JouMi: ciirillun. Rois , et Cuit le Mercredi dn Cendres. Dans les
CAR ij)g|
jours (lu carnaval. Les divertissemens du car-
nasfaL
CARNE, sulïst. f. I/angle extérieur d'uiw
pierre, d'une lal)le, etc. Il s'est hîessé contre la
carne de lu pierre.
CARNi^, ÉE. atlject. Terme de Fleuriste»
Qui est de couleur de cliair. Une anémone
carnée.
C-\IlNET.s. m. Extrait du livre d'achat d'un
Marc!] and , où sont contenues ses dettes actives
et passives.
CARNIFICATION. s. f. Trrrae de Méde-
cine. Changement des os cn chair.
CAR>'lVORK. adj. des a g. Qui se nourrit
de chair. Les animaux carnivores. On dit au*si
substantivement, Les carnivores,
CARNOSITI-:. s. f. Excroissance, tumeur
de chair tjui se forme sur les Lords d'une plaie,
d'un ulcère. Il se dit frë*jucmment De celle qui
se forme dans le conduit de l'urètre, et (jui em-
pêche le pa.ssage de l'urine. Il a une carnositc.
Détruire des caniosités.
CAROGNE. s. f. On appelle idnsi par in-
jure, Une femme débauchée, u; je méchante
femme. Quelle caro(jne! Vieille carocjne. II
est bas.
CAROLINE, s. f. Plante vivace qui croît
principalement dans les Alpes et dans IcsPyrw-
uées. Les pa^yans des montagnes mangent ds
la Caroline.
CAR GLUS. s. m. ( On prononce l'S. ) Espèce
d'ancienne monnoie qui valoît dix deniers. Les
Carolus ont eu ce nom, parce que Ic^ premiers
ont été frappés au coin de Charles VÎII.
CARONCULES, s. f. Petites chairs glandu-
leuses qui se trouvent dans plusieurs partLe«du
corps. Les Ciirunculcs myrtilormcs.
Ou appelle Caronctile lacrymale , Une pe-
tite masse rougeitre, grenue el ohlonguc, si-
tuée entre l'angle interne des paupières et le
globe de l'œiL
C.iKOTIDES. adj. et s. f. pi. Nom des deux
artères qui conduisent le sang au cerveau. Les
artères carotides viennent de la partit sup»-
rieure de l'arcade du cerveau.
CAROTIQUK. s. m. Terme d'Anatomk.
Trou de l'os temporal qui donne passage & Tar-
ière caroûde.
CAROTIQUE. adj. des 2 g. Qui a rapport
au carus. .•assoupissement carotique^
C.IlROITE. s. f. Sorte de racine bonne à
manger. Faire cuire des carottes.
On 'dit, qu'f n homme ne vit que de carottes i
pour dire, qu'il vit mesquinement.
On appelle Carotte de ta^uc, Un assemblage
de feuilles de tabac, roulées les unes sur 1««
autres en forme de carotte.
CAROTTER, v. a. Jouer mesquinement , ne
hasarder que peu. // ne fait que carotter.
CAROrriER, itRE. s. On appcUe aimi
nu jeu Un homme ou une femme qui joue timi-
dement, et rUquc peu à la fois.
On dit aussi CAnorrEm , euse.
CVROUBE ou CAROUGE. s. m. Froit du
Caroubier. Gousse plaie et longue d'environ uo
pied. Elle est rcuiplic d'une pulpe moclknue.
ïoo CAR
dont le goùl approche <!e celui i!c In casse , cl ._
ijui lichc aHssi le venue.
CAROpBIER. s. m. Arbre qui porte des
Carouljes,
C.AJIPE- s- f- Sorte de poisson d'eau douce,
couvert de grandes et larges t'cailles. Carpe de
rivière. Carpe d'étantj. Carje àe Seine. Carpe
Idtie. Carpe amée. Carpe frite. Carpe au
coiirl-louillon. Carpe à l'ctwée. Laitance de
carpe. Lanqtte de carpe.
On appelle Un certain saut, Le saut de lu
carpe, tt cause de quelque ressemblance qu'il a
Rvec un saut que la carpe a accoutumé de faire
quand elle est l^ors de l'eau.
On dit d'Une personne . qu'EJ.'e fait U carpe
pcîniec, pour dire, qu'Ëlle feint de se trouver
mat SitIc familier.
CAKPlï. s. m. Terme d'.Anatomic. La ;iartio
qui est entre le bras et la paume de la main.
OVRPE.iU. ç.m. Diminutif do carpe. Petite
carpe.
Il signifie aussi Uu poisson d'eau douce res^
semblant à la carpe, et d'un goût fort délicat.
Çarvecru du l.hin.
C.VRPILLO>'. s. ra'. .\utre diminutif. Tr^s-
petitc carpe.
CARQUOIS, s. m. Étui à flè.clies. Carcjuois
d'ivoire , d'éhènc, etc. Carquois (janii de flèches.
Vider son carquois. Tirer des (lèches de son
carquois.
C.VRR.'VRK. s. in. Nom de lieu qu'on donne
i du marbre de la côte de Gènes.
CARRE, s. f Ce mot nVst guiîre en usa^e
nue dans ces façons de parler : La carre d'un
chapeau, pour dire, Le haut de la forme d'ua
cliapeau ; La carre d'un habit, pour dire, L<
liant de la taille d'un liabit; et La carre d'un
Soulier, pour dire. Le bout d'un soulier qui st
termine carrément.
On dit populairement, qu'l/ne personne a
une bonne carre, pour dire, qu'Ell'e a 1"S
épaules bien larges cl bien fournies, et que cela
l(iî donne de la prestance.
CARRE, ÉE. adject. Qui est d'une figure à
quatre côtes, et quatre angles droits. Parfailc-
ment carré. Fiqure carrée. Table carrée. Jar-
din carré. Vlan carré, etc.
On appelle Bonnet carré , Le bonnet à quatre
ou & trois cornes, que portent les Docleurs, les
Ccdésiasliques, et les gens de Justice dans
l«irs fonctions.
On appelle Jeu de Paume carré, ou simple-
ment un Carré, Le Jeu de Paume où il y a un
petit trou , et un aïs au lieu de dedans.
On appelle en ternies d'.Aritliméiiqiu! ,
JVomfcrc rirré. Le nombre qui résulte d un
nombre multiplié par lui-même. 5eiic Ciif U
tiomhre carré de quatre, yeuf est le nombre
carré de trois. Et on dit aussi substantivement .
iSeiïe est le carré de quatre, neuf est le carré
de trois.
On appelle Racine carrée, Le nombre qui,
multiplié [lar lui-même, produit un nombre
Carré. Tirer , cxfrdirc la racine carrée. Trois
ut la racine carrée de neuf. Quatre est la ra- ,
r.iiK carrée de seiie.
CAPl
On appelle Période carrée^ Une pcriede He
quritri.' membres; et par extension on appelle
aussi Période carrée, Toute ptrlode nonibreusf:
et )>icn soutenue, quoiqu'elle ne soït pas de
quatre membres.
On appelle familli'rement, Partie carrée.
Une pallie de divertissement faite entie deux
Ijomm&s et deux femmes.
On dit,qu't7tt homme est carre des cpiiulfs.
pour dire, qu'il est larj;e des épaules.
On dit proverbialement et bassement, pour
Se moquer d'un honimc qui raisonne mal,
qu7! raisonne junte et carré comme une fh'iU'.
Cahhf,. s, m. Figure cnrrée. Carré parfr.ii ,
dont les quatre cutés cl les (juatre ançjlcs sont
ènaiLX. Carré lonq. Petit carre. Grand carré.
La dianonale d'un carré. Le côté d^un cane.
Cela a tant de pitds , ta^U de toises en cane.
Un pied en carré. Vn pisd cane.
En pariant de Jardinage, on appelle Carré,
Un espace de terre en carre, dans lequfil on
plante des fleurs , des légumes , etc. Un cai r«
de parterre. Un carrp de potager. Un carré di
tulipes. Vn carré d^anémones. Vn carré d'ar^
îichauts. Vn carré long. Et on appelle Lu
carré d'cart., Une pièce d'eau en carré.
On appelle Carre de tnoutvn, La pièce du
ijuarlicr de devant d'un mouton , lorsque 1:
tollet et l'épaule en sont dehors : c'est ce qu'o::
ippcUe autrement, Vn haut culé.
On appelle Curre de toilette y Vu petit cofih
ilont les femmes se servent à leur toilette , cl
■^ans lequel elles mettent leur:; pei*;nes '^t an-
1res choses. Carré d'aigenl. Carré de bois (Tt-
\oès, de hois de cèdre, etc.
En termes de Monsoie, on appelle Carré ^
Le morceau d'acier fait en forme de dé, ou es!
gravé en creux ce qui doit être en relief sur la
raodaiUe ou sur la monnoic. Gratter un carré.
Carré bien graine. Carré usé.
Carré magicfuc. Voyez MaciQTE.
QARREAU. s. m. Espace de pavé plat faî;
de terre cuite, de pierre, de marbre, etc. dont
on se sert pour paver le dedans des maisons et
lies f'-glises. Petit carreau. Grand carreau.
Carreau de terre cuite. Carreau de fiicnce.
Carreau vernisse. Carreau de Hollande. Car-
reau de Lizicux. Carreau de Caen. Carreau
de marbre. Carreau à quatre pans . à six pans ,
en losange. Carreau de jeu de Paume. Chasse
à deux carreau.x, à trois carreaux. A quatre
«îiirreaux la balle la perd.
On dit, Plier du livge à petits carreaux,
par petits carreaux y pour dire, En plusieurs
pi'lits carrés. Et il y a de ccrt.ùnes étofles fa-
ronnées qu'on appelle £ïo^s à petits carreaux.
Jouer au franc carreau. Sorte de jeu ou l'on
jette en l'air une pièce de monnoîe, et où ce-
lui dont la pièce tomljc le plus loin des bords
du carreau , gagne le coup.
On dit. Coucher sur le carreau , pour dire,
Couclicr sur le plancîier; Jeter i?es ^^CM^/t■s sur
le carreau, pour dire, Les jeter dans la rue.
On dit aussi. Jeter ^uel'jii'uii, coucher quel-
qu'un sur le carreau , pour dire., L'étendre sur
là pbcc, mort ou tr(}$ - blessé ; et; Demeurer
CAR
sur le carreau , pour dire , Être tué îtir la
place.
*^ On appelle aussi Carrenu, Une des couleurs
du jeu de tiarles, marquée par de petits car-
reaux rouges. Un as de carreau. Vn deux de
caircau. Jouer en carreau. Il tourne carreau.
Le Koi, la Dame, le Valet de carreau.
On dît d'Un hommu qu'on méprise , que
C'est un valet de carreau. Il l\i traité comme
un valet de carreau.
Gauheau de viTiiE. Pirre de verre que l'oM
emploie aux fenêtres. Casser un carreau de
iiilre. Remettre un currertu de vitre.
CAnnEAtJ. Coussin carré qui sert pour s'as-
seoir, ou pour se mettre ^ genoux. Carreau de
i^elours. Carreau de brocart. Carreau galonTié
d*or et d*argent. Vne pile de carreaux. Vne
femme à qui l'on porte le carreau. Se faire
porter un carreau à l'hglise.
Cahheau. Sorte de fer à rcpassci , dont li;s
Tailleurs se servent pour rabattre les coutures
des habits.
CAnnEAu D'AnBALÈTE, étoît Une flècîie dont
le fer avoit quatre pans. De U sfjnt venues crt>
rxpressions figurées, Les carreaux vengeurs de
Jupiter, les carreaux de la foudre.
On appelle Brjc^et Carreau, Un fort gros
trocbeL
CAnnEAtJ. Sorte d'obstruction qui nnd le
t-entre des enfans dur et tendu. Cet enfant a le
tarreau.
CARREFOUR, s. m. L'endroit auquel se
iTûisen» deux ou plusieurs chemins i la cam-
pagne, eu plusieurs rues dans les villes . bourgs
et villaf^es. Planter des Croix dans les carre'
fours, le peuple assemblé dans le carrefour,
l idiUcr à son de trompe par tous les carrefours.
CARRÉGKR. v. n. Terme de Marine usité
dans I.T !\Iédltcrnnée. Louvoyer.
CARRELAGE, s. m. Ouvrage de celui qui
pose le carreau. Lw ouvriers prennent tant pour
chaque toise de carrelage.
Il signifie aussi quelquefois Le carreau, et
ce qu'il en route pour le fuire poser. Il m'a
coi'ité tant pour le carrelage de ma chambre.
Réparation du carrelage,
CARRELER, v. a. Paver de carreaux de
tcric cuite, de pierre, de marbre, etc. Carreler
une salle, une chambre de petits carreaux.
Carrehr de grands carreaux. Carreler de ciir-
reaux de Hollande. Carreler de pierres de
Liais. Faire carreler des planchers.
Caubei.é, ée. participe.
V.ARRELET. s. m. Sorte de poisson de mer
qui est plat j et qni a de petites tachée rouget.
CAnnKi-ET, signifie aussi Une sorte de filet
dont on se sert pourprendre le poisson. Prcnnrt;
du poissoH au carrelet, avec un carrelet.
Cahhei-Et, signifie aussi Une aiguille anf-n-
lairc du côté de la pointe.
CARRELEUR, s. maso. Celui qui pose le
caiTcau.
CARRELURE. s. f. tes wmcllcs neuves
qu'on met à de vieux souliers, à de vieilles
bottes. Mettre une carrelure à des souliers.
On dit litrurém. et basswncnl. d'Un homjrï?
CAR
aflamé qui a fait un bon repas, qu'7I s'est fiit
une ciirreltirt', ({u'tj s^esl donne une bonne car-
reltire de reriïrt*.
CARREMENT. adv. En carré, h angle droit.
Il ne se dit gui-rc que dans res plirases : Couper
ouelaue chose carrément. Tracer un plan car-
rément. Cela est planté carrément.
CARRER. V. a. Donner une fi:;ure carrée
Carrer un bloc de marbre. Et il signifie en
Géométrie, Trouver un carre' égal à une sur-
face curTiligne.
Se CAnnEn. Marcher les mains sur les côtés,
ou de quelque autre manière qui marque de
l'arrogance. 5e carrer en marchant, Voycn
comme il se carre. Il est du stvle familier.
CAnnÉ, f.t.. participe.
CARRIER, s. ni. Ouvrier, Iiomme de jour-
née qui travaille h tirer la pierre des carrières ;
ou ri-^ntrcprencur qui fait ouvrir une earriôn!
pour en tirer de la pierre. Maître Carrier. Ma-
nœuvre Carrier.
C.A.RRIKRE. s. f. Lice, lieu fermé de bar-
rières, pour courre la bague, ou pour d .lutrcj
•xercices d iiomiue i cheval. I.e bout de la car-
rière. Aller jusqu'au bout de la carrière. S'm-
réter au milieu de la carrière. 'Entrer dun$ la
carrière. Ouvrir la carrière.
On dit d'Un cheval de manège ou de course,
qu7i a bien fourni sa carrière, pour dire, qu'il
a bien fait la course qu'on vouloit qu'il fit.
Ou dit, 5e Jonner carrière, pour dire, Se
rejouir, se laisser emporter !i l'envie que l'on a
de dire ou de 6ire quelque chose. Et on dit .
5e donner carrière aux dépens de quelau'un^
pour dire, S'en divertir par des railleries.
Cariiière, se prend figun'-ment pour le cpuri
de la vie, pour h- temps cpi'ou exerce un em-
ploi, une charge, «le. Finir, achever sa car-
rière. Fournir sa carrière. Etre au bout de sa
t arrière. Ac ^lire (jue commencer sa carrière.
On dit aussi figuKm. , Ouvrir à quelqu'un
une carrière, une belle carrière, pour dire, Lui
donner une occasion de paroitre et d'exercer
ses talcns. Cela lui a ouvert une belle carrière.
CAnniÈBE, ^.gnificsussi Le lieu d'où l'on tira
de la |«erre. Tirer des pierres de la carrière.
Deicendre dans une carrière. Creuser une car-
rière. Fouiller une carrière. Carrière de marbre.
On dit d'Un honunequi a été taillé plusieurs
foi», qu'// Il iiiic carrière dans le corps.
CARRIOLE, s. f. Petite rharretle couverte,
qui et ordinairement suspendue. La carriole
d'un tel endroit. Aller dam la carriole, danf
une carriole.
CARROSSE, siibsl. m. Kjpèce de Toiture i
qu.iire roues, suspendue et rouverte, dont on
se sert pour «lier commodément par la ville et
1 U c.impagne. Carrosse à portière. Carrosse
i deux /../irfs. CniTojse roiipe. Carrosse de
campaync. Carrosse de louage. Carrosse à
t/laces. Carrosse drapé. Un carrosse bien sus-
pendu. In carrosse doux. Un carrosse rude.
L'impériale, /ri pcrtièrei, les m^mtelels, les
j'i.rj d'un carrosse. Carroue à ressorts Car
rosse (j Cl' I ^ . ,
I "lie. Carrosse a brancards. Car
rosse a arc. Paii^ i . . .
' ""' -ouler un carroijc. Avoir de
i OllIC i.
CAR
ijuoi faire rouler un carrosse. Des chevatuc de
carrosse. Monter en carrosse. Descendre de
carrosse. Un carrosse bien attelé. Aller en car-
rosse. Mener un carrosse. Ouvrir la portière
d'un carrosse. Avoir carrosse. Prendre carrosse.
Carrosse de voiture. Carrosse de remise. Car-
rosse à quatre chevaux. Carrosse à suc chevaux.
Mettre les chevaux au carrosse.
On dit figurément et proverbialement, d'Un
homme grossier, brutal ou stupide, que C'est
un vrai cheval de carrosse.
CARROSSEE, subst. f. La quantité de per-
sonnes que contient un carrosse. Il nous vînt
une carrossée de Provinciales. Il est familier.
CARROSSIER, s, m. Faiseur de carrosses.
Selhcr Carrossier.
On dit d I c cheva! épais, traversé, et pro-
pre Ji bien tirer le carrosse, que C'est un bon
tarrossier.
CARROUSEL. ■. m. Espère de lournoi ,
qui cniisistc ordinairement en cotirses de bagues,
lie têtes, etc. entre plusieurs t'hevaliers par-
tagés en diU'érenles quadrilles distinguées par
la diversité des livrées •'. d's babils. Fiiirc nu
riirroiiscl. OiiiT'': ic eorsutd Le carrou.scl du
Roi. Le carrot»à ùe laFlaCe Royale. Le car-
rousel des Tuileritt
On appelle ai,ii> Carrousel, Le heu, la place
BU Ton a fait un carrousel,
CARROUSSE. Terme empnuité de TAlIe-
tnand , qui n'est d'usage qu'en cette phrase ,
Faire carroirsse, pour dire, Faire débauche
Il est du style familier, et il vieillit.
CARRURE, s. f. La largeur du dos par les
Épaules et un peu au-dessus. Voilà un homme
d'une belle carrure. Cet habit est trop larne,
trop étroit Je carrure.
CARTAIME. s. m. Voyez CAtiTinsir.
GART.AYER. v. n. Il se dit en parlant d'un
Collier qui met une ornière eniic les deux
thevaux et les deux roues du carrosse. Ce
Cocher a fort bien cartayé.
■ ^ ARTE. subst. f. Assemlilage de plusieurs
papiers collés l'un sur l'autre. De la carte fine.
De la carie bien battue. En ce sens on se sert
plus ordinairement du mot Carlon ; et on .->p-
pelle cette sorte de ca.ie. Du carton fin.
Caiite. Petit carton fin coupé en carré lou".
')ui est ro.irqué de quelque figure et de quelque
couleur. <t dont on se sert poiii jouer à divers
jeux, f n jeu de caries. Des caries de piquet.
Des cartes de prime. Des c rtesd'hombre. Jouer
aux cartes. Miler les cartes. Battre les cartes.
Couvrir la carie. Ecarter une carie. Faire Une
carte. Amener une carte. Il lui est rentré une
carie qui lui fait beau jeu. Il a le plus beau jeu
de la carie. Fairedet fours de carie, fscamoler
une carte. Filer les cartes.
On dit. Tirer les cartes, pour dire. Cher-
cher l'avenir dan» la diaposition fortuite des
cartes,
. On dit au Rielan elAd'autres jem. La carte
pusse, pour dire, Le coup n'a pas heu, on en
conunenre un autre-, « l'on dit à celui qui
commence le tour, A vaut la carte. À qui la
carie? Quel est cel'ii qui commence le tour ?
CAR 201
On appelle Cartes, Ce que les joueurs lais-
sent pour la dépense des cartes. Les cartes
valent beaucoup aux domestiques de celle mai-
son. Les domestiques ont les cartes. Mettre aux
cartes.
Carte , se dit aussi IJu mémoire ile la dé-
pense d'un repas chez un Traiteur. Apportez /.i
carte.
On appelle figurément C/iif(eii» de carte,
I ne petite maison de campagne fort ajustée et
peu solidement bltie; ce qui se dit par allusion
à de peiiti cluleaux que les enfans font avec
des c;ules.
On dit proverbialement à un liomme qui se
plaint, et qui est dilhcile i satisfaire. Si voies
n êtes pas conicnl , prenez des cartes.
On dit fi-urément, Brouiller les cartes,
pour dire, Semer des divisions, apporter du
trouble , Les cartes sont bien brouillées ; et en
parlant d'Un homme qui est plus clairvoyant
ou mieux instruit qu'un autre dans une nlTaire
que C'est un homwj- qui voit le dessous de*
cartes.
On dit figurément. Donner carte blanche i
quelqu'un, pour dire, Laisser quelqu'un maitre
d'une affaire, offrir d'en passer par tout ce qu'il
voudra. Le Prince a donné carie blanche, la
carie blanche à ce Général
On appelle Carfe da Géographie, ou Cort»
géographique. Une grande feuille de papier
sur laquelle est représentée la position de difle-
reutes parties du globe terrestre, ou de qucl-
ijue région ou Province particulière.
On dit aussi, Carte générale, carte pirlîca-
lière. Et dans ce sens on dit : Carie unii'erselle,
autrement Mappemonde. Carie topoqraphique.
Apprendre la carte. Savoir bien la carie. Faire
la carte d'un Pays. Entendre la carte
On l'emploie aussi pour signifier La connois-
sance géographique d'un Pays. Apprendre, étu-
dier, montrer la carte d'Allemagne.
On appelle Carte Hydrographique, ou Corle
marine, Une carte qui représente toutes lea
cotes, les mouillages, les sondages et les ruinbs
de vent; Carte //.(Ironomiijue, ou Céleste, Une
carte qui représente les conslellalions dans la
situation qu'elles ont les unes à l'égard des
autres; Carte Généalogique, Une carte qui
contient toiile la généalogie dune maison.
On dit proverbialement et figurément dans
le même sens, qu't/n homme sait la carie,
pour dire, qu'il sait parfaitement le» intrigue»,
les intérêts de la Cour, les manières du monde,
d'un quartier, d'une société, d'une famille, etc.
On dit familièrement, Peri?rc la carte, our
dire. Se troubler, se brouiller, se confondre
dans ses idées.
CARTEL, s. m. Déli par écrit pour un com-
bat singulier. Il se dit aussi d'Un défi par écrit
pour un combat de divertissement, comme aux
TournoLs. Un cartel de défi. Envoyer un car-
tel. Recevoir un cartel.
Il signifie aussi Règlement fait entre deux
partis ennemis, pour la rançon de» piitonoiet^
Régler le cartel. Le cartel est fait.
CARTERO.V. l'ov Çi Anrmos.
■Mi
202 C A II
CARTÈSL4.NISME. s. m. Philosophie de
Deïcartcs.
CAKTKSIEN. s. m. Philosophe atlaclié aux
principes de Descartes.
CARTHAME ou SAFRAN BÂf.U'ai. s. ■".
Plante. Ce premier nom lui vient d'un mot
Grec, qui signifie Purgitr, paice que la se-
mence de celle plante est très - purgative. On
l'appelle encore Semence de Perroquet, parce
qu'elle est bonne jionr ci-t oiseau.
C.\KTIEIl. s. m. Celui qui l'ait el vend des
-artes It jouer. Maître Cartier.
C.4RTILAGE. s. niasc. rernic d'Ajiatomin.
C'est une partie blanche, dure, élastique, po-
lie, privée de sentiment, qui se trouve surtout
aux extrémités des os. C'est ce (ju'on appelle
vulgairement le Croijuanl dans la viande de
boucherie. Le cartilage du nez. Le carlilaijcdes
oreilles.
CAR'nLAGINEOX, EUSE. adj. Qui est de-
là nature du carlilage, qui est composé de car-
tilages. Les parties cartilagineuses.
CAR'riS.\>'E. s. f. Petits morceaux de car-
ton fin, autour desquels on a tortillé du ûl, de
ia soie, de l'or ou de l'argent, el qui fout rcliel
dans les dentelles et dans les broderies. Den-
telle à cartisane.
C.'iRTON. s. ni. Carte grosse et forte , faite
de papier hache, battu et collé. Gros eurfon.
Bas-relief en carton. Un livre relié avec du
edrton^ en carton. Uoite de carton.
On appelle Carton jln^ Celui qui n'est fait
que de plusii;urs papiers collés cnsendïio.
On appelle aussi Caiton, L"ii feuillet d'im-
■ pression quon refait, à cause de queli|ues
fautes qu'on veut y corriger, ou de quelque^
changemens qu'on y veulTaire. Faire urt car-
ton , mettre un carton à un livre.
On appelle aussi Carton , Des dessins en
grand , tracés sur du papier, d'après lesquels le
PeiiUre fait sa fnsque, ou qu'on donne aux
Ouvriers en tapisseries pour servir de modèles.
Cartons de Hapliaël.
C.iRTOiSNIER. ». m. Ouvrier qui fabrique
le caitou.
CARTOUCHE, s. m. Sorte d'ornement de
^ sculpturt' ou de peinture, représentant un cai-
tou roulé < t tortillé par les bords. Graver des
armes, peindrf, des armes dans un cartouche.
Il se dit aussi d'Unc charge pour le canon,
roinposéc de clous, de balles de mousquet, et
de petites pièces de fer, le tout eDvelop];é dans
du carton. Canon charnc à curlouclie. Tirer à
cartouche. En ce sens il est féminin.
On appelle aussi Cartouche , La charge en-
tière d'une aime ^ feu, qui est dans un rou-
leau de papier. Déchirer la cartouche avec les
dents.
C.iRrOCCHK. s. f. Congé absolu ou limité
donné à un militaire par uu écrit scellé du
sceau du Régiment.
♦ On appelle C«rtoiic/ic jaune, La cartouche
que fou délivre à un soldat dégradé, ou ren-
voyé par punition.
CARTUI.AIKE. s. m. Recueil d'actes, litres
cl autres principaux papicin, concernait le
CAS
temporel d'un .>Ionastère, d'un CliapitrCj ou
de "joclque tgHsc. Curlulaire de Cluny, etc.
CAR US. s. m. (On prononce ! S.) Tenue de
Médecine. Afleclion soporeuse, profond nssou-
j'issement sans (îèvre. Le caïus tient fort de la
lèthar(jie et de Vapoplexic.
CAR VI. s. m. PluiUc dont la semence et la
racine ont un j;oiït acre et aromatique. L'une et
l'autre sont stomacliiques cl bonnes contre les
vents.
Cjif*YBDK. s. (ïoufTre vers les côtes de Si-
cile. On dit fignrénient. Eviter Caryhdc cl
tomber en Scyllu (Scylla est aussi le nom
d"Un RouHre place vis-a-vis dcCaryhde), pour
ùiiti, Éviter un péril et lunibcrdans un nuire.
On dit aussi, Tomber de Carybde en Scylla.
CARYOPHYLLATA. Voyez Bknoite.
CAS
CAS. s. m. Terme de Grainmaire, qui signi-
fie les différcufs désinences des noms dans les
Langues où les noms se déclinent. Il n'y a
point de cas proprement dits dans la Lnnj;ue
i^rançoisc, quoiq,u'il y ait des désinences dilli--
rentes duns les pronoms.
Cas. s, m. Accident, aventure, conjonctai"c,
occasion. Cas fortuit. Par cas fortuit. Vn cat
imprévu, Cti cas ejolraordinaire. Un cai
ctrancje. Cas bien exlraordinuire. En tel cas.
En pareil cas. En ce cas il faudrait.. ..
On appelle Cas mclaphysijue ^ Une liypo-
llièse, une sui)posilion par impossible, dont
un lire quel<iue induction. Vudà un cas bien
métapliysicjue.
Cas, sir;nific aussi. Un fait ou airive', ou
supposé comme pouvant arriver. Ce n^est pal
là le cas dont il s'tiqit. }*osez le cas. Le cas es\
cl. Le cas de la loi. Il est dans le cas. CeU
n''est pas dans le cas de VOrdonnancCy de Ja
coutume. Vous n'ctcs pas dans le cas.
Kn ce sens on dit : Au cas tjue cela soit. Au
c((s aue cela arrive. Auquel cas. Le cas avenant.
Si le cas y échet. Posez le cas (pie cela soit. On
dit aussi : En cas que cela soit. En cas (juc
rela arrive. En cas de mort. En cas de rup-
lurc.
Cas, se dit aussi popaliiremcnt, pour Ex-
crément. Il a fait son cas uu pied du mur.
lî.y CAS, se dit aussi en diverses phrases,
pour dire, Kn fait de, en matière de.£n cas de
clievaux^ vous pouvez vous en rapporter à lui
Il est du si) le familier.
Kn CAS, est substantif en certaines occa-
sions, Qt signifie, Supplément, qui sert au be-
soin. C^est un en cas. Il est fiuuilier.
Ks TOur CAS. Façon d<; parler qui signifie,
(^)uoi qu'il arrive, h tont événement. Je l'ous
paiera: dans un mois : en tout cas^ je vous
^runerai des sûretés suijisantes.
On dit, Faire cas de quelqu'un ^ ou de quel-
que c/iosc, pour dire, L'estimer, en avoir bonnr
opinion. Faire grand cas d'un homme. Ces',
un Prince qui sait faire cas des honnêtes gen-i.
A'c faire cas que de l'argent. On ne fait pas
grand cas de ce qu'il dit. On n'en fait nul cas.
CAS,sii;uifie aussi Un fait, une action; et
CAS
en ce sens, il ne se dit guère que d Un fait,
que d'une action en matière criminelle, il est
convaincu d'un cas énorme. Le cas dont il est
accusé est qraciahle. Elcn parlant d'Un homme
qui est en danger pour quelque crime, ou pour
quelque mauvaise alTaire, on dit, que Son cas
va mal, que son cas n'est poe net, que son. cas
est véreux^ est sale. Ces trois derniers exemples
sont du style familier.
On dit proverbialemcjit, Tous vilains cas
sont reniables.
On appelle Cas priviléqiés j ou. Cas Royaux,
Une sorte de crime dont il n'y a que les Juges
Royaux qui puissent connoilre, quelle que soit
la condition de l'accusé. La fausse monnoie, le
duel, sont des cas privileqies.
Ou dit aussi en matière criminelle, Pour les
cas rèsultans du procès; et cela ne se dit que
lorsque les preuves ne sont pas complètes. //
ctoit accusé d'assassinat; mais comme il n'y
nyoït point de preuves suflisantes , il fut con-
damné aux galères pour les cas résultans du
procès.
On appelle Cas réservés. Certains péchés
dont l'absolution est réservée i l'Kvéque, ou
même au Pape. LHncendie volontaire des
Eglises est nn cas réservé au Pape.
Ou appelle Cas de conscience. Une dîfll-
cutté, une question, suv ce que la Religion
permet ou défend en certains cas. Ce Docteur
est fort versé dans les cas de conscience. Va
■as de conscience fort difficile à résoudre.
CAS. CAS.*^'". :.d!. '^nî ^onnr le rn«c. Cela
sonne cas. Une voix casse et enrouée. Il c^t
vieux au masculin.
CASAMKR , lÈRK. adj. Qui aime h de-
meurer eliez lui par esprit de fainéantise. C^esl
Vhomme du moiidelc plus casariter. Ondit dan«
ce même sens : Mener une vie casanière. Être
d^humeur Ofisamère.
Il est aussi substantif. C'est un casanier, un
vrai casanier.
CASAQUK. s. f. Sorte d'habillement dont
on se sert comme d'un manteau, et qui a ordi-
nairement des" manriu'S fort larges. Une casaque
pour la campagiie. l ne casaque pour fi pluie.
Une casaque d'.ttchcr. Une casaque de Garde.
Lnc casaque de Mousquetaire.
On dit proverbial. qu'l//i homme a tourné
casaque, pcnr dire, qu'il a changé de parti.
CASAQUIN. s. ma.sc. diminutif. Espèce de
désliabill'-' court, et qu'on porte pour sa com-
modité.
CASCADE, s. f. Chute d'eau . soit que i eau
tondje naturellement du h^ut d'un rocher ou
d'une mouHgne, soit que la chute en ait clé
pratiquée par artifice. L ne cascade iiafurcïïe.
La rivière fait une cascade en cet endroit. La
cascade de Tivoli, inc belle cascade. La cas-
cade de Saint-Cloud. Fai^e une cascade dam
un jardin.
On dit fir,urén;ent, d'Un discours où lAu-
teur pa&ie lould'uu coup d une chose ilautre,
sans aucune liaison, que CVsI un discours plein
. j r .<rCui»
de Cflscades, nui va par cascades- et ^
, i-,. vçllc quou ne
encore, en parlant n Une n*^- ' ^
^^ .
CAS
•ait point de h première muÎDf et qui a passe
auparovant pnr plusieurs bouches, qu 0" ne
la sait (jue par cascades, ({ufUe n est venue à
celui fjui l'a dite tfue par cascades.
Un dit de niûine d'Un homme tjui. p;ir une
suite d'evénemens.sans ])liin a[)paient et suivi,
a été conduit à quelque chose, qu /l est arrivé
là de cascade en cascade^ par ciiscades.
CASE. ». f- .Maison. Il n'est guôro d'usage
au propre, Ncanuioins on dit. Patron de ia
case, pour dîrc, Le Maitre de la maison, ou
celui qui a toute autorité dans la maiion. Il est
du style familier.
Cas£> au Jeu du lYiclrac, ?e dit De clia-
«une de ces placis qui sout mirquées par une
espèce de (Icche. En ce sens on dit. qu'/l y a
tanf de cases au trirt'-ac./ivoir une dame à une
teVe case. Avoir dna euses remplies^ et une
dame àla sixième. 0/idit,Ftiin; une case, pour
dire, Remplir une case avec doux dames. Avoii
» une case dij^cile à faire. Faire une belle ctise
Une demi-cti€.
Case, au Jeu des Échecs et des Dames, se
dit De c'uucun des carrés de réeliiquicr sur
lequel on joue. Ai'ancer un pion à la seconde
case du lîoi.
CASEMATIC. s. f. Terme de rortifiratinn,
C«ve, ou lieu voûte sous terre, pour.dL-ft-ndrc
tu courtine et Us fossés. Faire des casemates.
Des casemates à éventer la mine.
CASE.MATE. ndj. l! n'est guère d usaqc qu'en
eellc phrase, Baslion case/iiuté, pour dire, Un
bastion ou it y a des casemates.
CASER. T. n. Il n est i^ucrc d'usage qu'au
Jeu du "i'iictrac, pour dire, Errire une case,
remplir une case avec deux dames. Cater bien.
Caser mal.
Od dit cependant dans le style familier, Si
oascTy pour, S'élahlir. Il faut bien se caser
ifuel^ue party quand on ne f^eiit se loger à l'aise.
CASERNE, s. f. Logement de soldats. Lci
cnsernes sont des logemens qu'on fuit dans une
Ville de guerre entre \e rempart et les mai^oni
de la Ville, pour loger les troupes de la garni-
sou, et pour soulager les bourgeois. On ft en-
trer tous les soldais dans les casernes.
CASERNER. v. n. Loger dans des casernes.
hu garnison logeoit chez les bourgeois, mais
on la ft caserner. La moitié de la garnison coi
scrneid cet hiver.
Il est aussi actif. Ciuerner des troupes.
Caserne, tz. participe.
CASEUX, EL'SE. udj. Oui est de la nature
du fiomagc. La partie caseuse du lait.
CA.SILLEUX. adj. Il se dit Du verre qui se
cas^e au lieu de se cmprr , quund on y ap-
plique le dininant.
t.ASOUE. 1. m. Arme dt-fcniivc qui garantit
la Uite. et qui sert de coiffure. Une armure com-
plète avec le eaitjue, la cuirasse, les brassards,
]es gantelets y etc. Tout les Chevaliers du Tour-
noi avaient le cast^ue en tête.
Cajque. 1j< BolanUtet appellent Heur» en
ak%qtX9 , Celics qui . pjir leur fi.rn»e , n-M^m-
***" 4 cette arnmrr. L'aconit tst une fleur en
téàsiur. '
CAS
Casqle, en termes de Blason, se dit De la
i« présentât ion d'un casque sur l'éeiisson des
armoiries. l*orter le casque de face. Il n'y a que
les Souverains qui portent le casque ouvert et
couronné.
CASSADE. s. f. Mensonge ponr plai<iamer,
ou pour servir d'excuse ou de défaite. Donner
une cassadc. C'e^^t un donneur de cassades. Il
n'est que du stvlc familier.
À o rtains Jeux de renvi, comme le Brelan , on
dit, KfJircuneruxs.K/e, pour dire, Faire un renvi
a^ ce viK'iin jeu; afin d'obliger les outres joueurs
à quitter. C'est it:i grand faiseur de cassades.
CASSAILl.E. s. f. Ternie de Labnurcnr,
C'est la première façon qu'on donne .'i la terre,
en ro;ivrant après Pâques.
C.VSSANT, ANTE. adj. Fraj;ile, sujet h sa
casser, à se rompre, qui se casse aisément. C est
dommage que le verre soit si cassant , que lu
porcelaine soit si cassante. Le cristal est beau,
mais il est bien cuss^int.
Il se dit aussi De certains métaux aigres, et
particulièrement du fer. Il y a du fer qui est
fort cassant.
On appelle Poires cassantes, et Poires qui
ont la chair cassante. Celles qui cassent, qui
font une léi^ère résistance sous la dent; et on
les appelle ainsi, !i la différence des autres poires
[ui fondent dans la bouche , et (fui par cette
raison sont appelées Poires fondantes. Le Bon-
chrétien j le Martin-sec et le Messire^jean, sont
des poires casstinfes.
CASSATIO.N. s. f . Terme de Pratique. Acto
)nridii|ue, par leqic! on eusse des Ju^emm^
des Actes et des Procédures. La cassation â'unt
Proctdurc. La cassation d'une Sentence. La
cassation d'un 7 esfafni'nt. Se pourvoir en cas-
sation d'Arrêt^ poursuivre la cassation d'un
Arrêt , signifie , Se pourvoii* en Justice pont
Qûre casser un Arrêt.
CASSAV^. 8. f. Farine faite de la racine d.:
manioc st-chce.
CASSE, s. f. On appelle ainsi l.i moelle qui
est renfermée dans une gousse longue et boi-
seuse d'un arbre qui vient en Éi;\pte et dans
les Indes. De la casse du Levant. Vn bâton de
casse. Se purger avec de la casse. J'rendre di
la casse. Prendre de la casse en bol ou dans du
petit-lait.
Casse, est aussi tui terme dont se servetii
les gens de guerre, et qui n est d'nsa'',c que
dans ces phrases : /( rruiuf la casse, pour dire,
d'I^tre cassé. Cela mérite la cas-e. Compagnie
vacante pat casse.
On appelle Lettrfs de casse. L'ordre du RVi
pour casser un Officier.
Casse , en termes de Fonderie, est Un luissin
formé »is-h-vis de l'Geit ou de l'ouverture d'un
fourneau, dans lequel est reçu le métal Pjndu
qui découle du fourneau.
Casse , en termci d'Imprimerie , est Une
longue caisse parta;;ée eu divers |»eliis carrés,
dans chamn dfsqiielt »ont tous les caractères
d'une même leilr--, afin que les Compn<iiti-urs
les puiss'-nt tmuYer plus facilement. Prendre
des lettres djns la casse.
CAS 2o3
TASSEAU, sulist. m. Terme dlmprimerie.
Moitié de la casse. Ctisseaii d'en haut, Casr.^au
d'en bas. *
CASSE-COU. suljst. m. On appelle ains^ Un
endroit où il est aisé de tomber, si l'on n'y
prend garde. Cet escalier est un virai casse-cou.
On appelle aussi Casse-cou, dans les Ma-
nèges et chez les Maquignons, Les gens em-
ployés à monter les rhevnux jeunes ou vicieux.
CASSE-CUL. s. m. On appelle ainsi popu-
lain nient Une chute qu'on fait en tombant sur
le deiTi<>re. Il n'est guère dusui^c qu'en ces
phrases, .Sedonrier un casse-cul; il s'est donné
un casse-cul sur la glace.
CASSE-NOISEiVe, ou CASSE-NOIX. s. m.
Petit inslrum^m avec lequel on casse des noix
ou des noisettes.
CASSER. V. a. Briser , rompre. Ca»er ».•;
verre. Causer des noi.r. Casser des os. Casser
lesbras à quelqu'un. Se casser la tête.
On dit, Casser un testament, casser un
contrat, casser une sentence, un jugement,
pmir dire. Les déclarer nuls juridiquement, les
annuler.
On dit aussi, Casser des gens de guerre ,
casser des troupes, pour dire. Les licencier; et,
Casser un Oificicr, pour dire, Le chasser du ^
service, le priver de son emploi. Ce Capitaine
fut cassé pour ne s'être pas rendu à l'armée
dans le temps.
On dit d'Un Subalterne à qui on a ôlé une
commission, un emploi, ù cause de sa mau-
vaise conduite, qu'On Va cassé aux gages. Et
de mftme on dit d'Un Sup«'rreur «jui a ôté >a
confiance à un inférieur, qu'il l'a cassé aux
gages. Il est du style familier.
On dit familièrem. et figurc=m.. Se casser
la tête, pour dire, S'appliquer à quelque chos«
avec une grande contention d'esprit; .\e casser
le cou, (t Casser le cou à quelqu'un, poirr
dire, GAter ses affaires, et ruiner sa fortune,
<"u la fortune de quelqu'un; et. Se casser le
nez, pour dire, Ne point réussir dam ses pro-
jets, ne point venir .i bout de ce que l'on a
entrepris.
Casser , est aussi neutre , on s'emploie av<"e
le pronom personnel dans ces phrases : Un
verre se casse. En élevmnt cette machine, la
corde cassa , se cassa. Une poire casse sous la
dent, quand elle est ferme sans être dure. Une
étoffe forte se casse, lorsqu'elle se coupe.
Ondit proverbialem nt, Quicasse les verres
les pflye, pour dire, qi" Cliacun est respon-
sable de ses fautes.
Casseii, signifie aussi, Affiiiblir, débiliter ;
et en ce sens il ne se dit que Des rboscs qni
ruinent la santt^. Les fitiques de la guerre, les
débauchée tout fort cassé. En ce sens il s'em-
ploi? aussi avec le pronom personnel. C'est un
homme qui commence à se casser. Il se casse
fort depuis peu.
Cassé, ée. partici[>*. Un verre cassé. Un
bras cassé. Un Arrêt cassé. In homme extrê-
mement cassé. Un Régiment cassé. Un Officier
cassé. ( n homme cassé au.r qages. Un ^omme
cassé de vieilletic. 1'cu.r cassée.
a6.
20tî CAS
CASSEROLE, s. l'ian. Espèce d'ustcDsila dp
cuisine, dont On se sert ù divers nsagcs. C>Jsse-
raie de cuivre. Casserole de ieire cuite.
CASSi;-TÊTE. subsl. m. Tei-mc ([ui se dit,
dans le discours familier, De imit ce qui di-
nijQde une grande application , une grande
contention d'esprit. L'Algèbre est un vrai
casse-téle.
On dit aussi d'Un vinfumeu\, <|"e C'est un
casse-téle, parce qu'il porte i hi léte, (juil
fait n:al k la tite.
C'est aussi le nom d'une csp.re d'arme par-
ticulière aux Sauvages de l'Améritiue. Elle est
d'un bois fort dur.
CASSETIN. 6. m. Terme d'Imprimerie. On
appelle ainsi cliacunc des petites cellules carrées
qui divisent une casse d'Impi-inierie. Cha(jue
lettre a son cassetin.
CA.SSETTE. subst. f. Petit coffre où l'on
serre ordinairement des choses de conséquence.
On lui a pris ses pierreries dans sa cas.-iettc.
Saisir, ouvrir une cassette.
On appelle La cassette du Roi, La somme
que le Gard; du Tr.'sor Royal porte au Roi le
piemlcr jouT de cbaque mois. Le Roi a donne
à un tel une pension sur sa cassette.
CASSEUR, subst. ni. Il n'est guère d'usage
qu'en celte pbrase prcnerbiale. Un cjrand cas-
seur de raquettes, qui se dit d'Un bomjne vert
et vigoureux. Il se vante fort, il se donne pour
un grand casseur de raquettes.
CASSIDOUVE. s. f. Pierre prédeuse dont
les Anciens faisoient des vases.
CAbSIh. >. f. Arbre qui nous a été apporte
des Indes, et qui croit à pr(?sent en Provence.
Ses fleurs ont une odeur agréable. Les Parfu-
meurs en Ibnt usage.
CASSIER. s. ™. L'arbre qui porte la casse.
CASSINE. s. f. Pclite maison détadiéc au
milieu des chanqis, qu'on fait servir de poste à
la guerre. On dclofjca les ennemis de plusieurs
cassines. Un appelle ainsi en quelqui's l*ro-
vinces Une petite maison de plaisir hors de la
ville. Une jolie cassine.
CASSIOPEE. s. f. Constellation de l'hcmi-
sphère sepIcntrion.il.
CASSOLETTE, s. f. Vase où l'on met des
cous de senteur ou d'autres parfums, pour les
Ciirc évaporer par le feu. Vue ca-ssolclte d'ar-
gent. Mettre du [eu sous une cassolette. Les
Architectes emploient des cassoletles de sculp-
ture dans les orn'^mens.
11 se dit aussi De l'odeur même qui s'exbal«
de îa cassolette. V'oi'M une bonne cassolette.
On dit ironiquement d'Une mauvaise odeur :
Quelle cussoleltc.' Voilù une lcrrr!>/ccas.<o(elle.'
CASSONADE, s. féni. Sucre qui n'est point
encore aflinc. Ces confitures n« soiil jiiites
qu'avec de la cassonade.
CASSURE, s. f. Il se dit De l'eudtoit où un
rorps est cassé. Faire disparoltrc une cassure.
On dit familièrement, La cassure de son bras
est bien reprise.
CASTAGNETTE. 5. f. Instrument compcfé
de deux petits morceaux de bois creuses, que
l'on tient dans la main, et ]uc l'on frappe l'un
CAS
conire l'autre en cadeucc, en mettant les deux
conravités l'une contre l'autre. Jouer des cas-
taqncttes. Danser avec des casta(jnettes.
CASTE, s. f. Od appelle ainsi Les Tribus
daus lesquelles sont divises les Idolâtres des
ludes Oiientales. La Caste des Bramiiie^. La
Caste des Banians.
CASTiLLE. s. f. Hcbal, dL-mi-flë, dincreut
do p(rud'impnrIanc(^ 11 n'est plusgut-red'usaf^e
que dans les phrases suivantes : Ils ont toujours
ijuelaue c a stdlc ensemble j Ils sont toujours en
castille. Il n'est que du style familier.
CASTINE. subst. f. Piorre blanchâtre qu'on
mêle avec la mine de fer pour en faciliter Infu-
sion 1 en abcoi'bant les acides da soufre qui
sont la ir.atière la plus ennemie du fer.
CASTClî. s. m. Animal amphibie, qui ha-
bite ordinairement dans les lieux aquatiques,
et qui se trouve dans la Nouvelle -France. Les
Voyaneurs disent que les castors ont fait -plu-
sieurs chaussées dans le Canada. PoU de castor.
Peau de castor. Chapeau de castor. Drap de
castor. Ras de castor.
Il signifie aussi Le chapeau Kicme qui se fiil
avec le poil du castor. Acheter un castor. Un
castor neuf. Un vieux castor. Un castor ra.«,
'usfre.
On appelle Dcmt-casfor, Un chapeau quj
n'est pas fait enlitlTcment de poil de castor , e|
dans lequel il lUlre d'aulix* poil ou de la laine
GASTORÉUM. s. m. Mati^rl■ tirée du Cas-
tor, propre h fortifier la tête, les parties nei>
¥«is('s, etc.
CASTRA^TI^TATTON. s. f. L'an de camper.
Il ne se dit guère qu'en parlant De la manière
de camper des Anciens. Ce hVre Iriu'te de la
castramètation des Grecs^ des Romains.
CASTRAT, s. m. Chanteur qu'on a chaire
dans l'enfance, pour lui conserver une voix
semblable ^ celle des eofans et des femmes.
Les Castrats chantent les dessus. Les Castrats
viennent d'Italie.
CASTRATION, s, f. Terme de Chirurgie,
Opcration par laquelle on châtre un homme,
un animal.
C^SLALiTr.. s. fem. Qualitô ùc ce qui n'a
rien de certain ni d'assnrt;.
CASUI:L, ELLE. adj. Fortuit , accidentel,
qui peut arriver ou n'arriver pas. Cela est ca-
sucl. Cela est fort casuel. On dit d'Un emphii
sujet à révocation, d'une charge qui peut se
perdre par mort, que Ce sont des emplois ca-
suelsy des ckoj-cjes fort casuelles.
On dit populairement d'Une cltose fragilci
Prenez qarde^ cela est casuel.
Ou appelle Droits casuels^ Certains profits
tle Fief qui arrivent forluiti'mcut , comme les
lodii cl ventes, etc. Le droit d'aubaine est un
droit ca.'iuel.
Pahties casuelles» Ce sont les droits qui
reviennent au Roi , pour les Charges de Ju(ii-
calure ou de Finance, quand elles changent de
titulaire. Trcsoricr ries Parties casucllcs.
Parties casucllcs ^ se dit aussi Du bureau
itibli pour le rccouvremiiil de ces sortes de
droits. Lever une charqc aujc Parties casucllcs^
CAT
la payer aux Parties casuelles. Une qaillaneti
des l'artics casuclles.
On dit, quUnc charge vaque aux Par-
ties Cfls«el/e5, pour liircj qu'IùUe vaque au pro-
fit du Roi.
Casuel, est aussi substantif masculin; et
en celle acception, il se dit Du revenu casuel
d'une Terre ou d'un Bénéfice. Le casuel de cette
terre vaut mieux que le revenu certain. Le ca-
suel d'une cure.
CASUELLEMENX. adv. Fortuitement, par
hasard. Il n'est guère d'usage.
CASUISTE. s. m. Théologien qui enseigne
la Théologie morale , et qui résout les cas de
conscience. Cûim'sfe sévère. C asuiste rigide. Ca-
suiste reldchè. Les anciens Casuistes, Les Ca-
suistes modernes. Consulter les Casuisfts. Le
Casuiste le plus sûr, c'est la conscience d'un
homme de bien.
CAT
CATACHRÉSE. s. f. ( On prononce Cata-
l<rése. ) Figure de discours, espèce de méta-
phore qui consiste dans l'abus d'un terme ,
comme. Ferré d'argent ; aller ri cheval sur un
bâton.
CATACLYSME, s. m. Teme didactique.
Grande inondation.
CAT.\CO-MBES. s. f. plur. Grottes souter-
raines, ou carrières d'où l'on tiroit la pierre et
le sable, et dans lesquelles on entcrro't les
corps morts. Les Catacombes de Rc^ , Les
Catacombes de Naples. Il y a plusicur-» Mar-
tyrs enterrés dans Us Catacombes. Visiter Us
Catacombes,
CA'l'ADOUPE ou CATADUPE. s. f. Cata-
racte, chute d'un fleuve. Les Caladoupes du
Borysthène.
CATAFALQUE, s. m. Décoration funtbre
(ju'on élève au milieu d'une Église, pour y
placrr le cercueil ou la représentation d'un
mort à qui l'on veut rendre les plus grands hon-
neurs. On éleva pour ce Prince un magnifique
Catafalque.
CATAIRE, s. f . Voyez HERBE-Ar-cuAT.
CATALECTES, s. m. plur. se dit d'Un re-
cueil de morceaux détachés.
CATALECTIQUE, adj. se dit a'On vers
qui a une syllabe do moins.
CAI'ALKI'SIE. s. f. Maladie où l'on reste
tout à coup iininol)ile,avec la rcspiiaiion libre.
CAfALIIPTIQUE. adj. des 2 g. Qui 'est
attaqué de la catalepsie.
CA PALOGUE. s. m. Liste, dénombrement.
Le catalogue des livres. Le catalogue d'une bi-
bliothèque. Rayer un livre d'un catalogue. Le
catalogue desjrlantes. Le catalogue des Saints.
CAT.VNANCE. s. f. Plante commune dans
nos Provinces méridionales. Elle rend un peu
de lait, quand on la froisse dans les doigts. Su
fleur approche de celle du bluel. On en fait pou
d'usage en Médecine.
CATAPLASME, s. m. Espèce d'emplâtre
propre à fomculcr, à fortifiir une iiariic dcbi-
liléc, à amollir et .'i résoudre los duretés. F"-
un cataplasme. Appliquer un culiu)'— "
CAT
CAT
CATAPULTE, s. f . Machine de guerre dont quelqu'un , pour dire , Le mettre au fait , l'cn-
lc9 Anciens se servoient pour lancer des pierres ^ doctriner. On lui avvit fait son caleciiisme. Il
ou des traits.
CATAK.iCrE. s. f. Humeur qui s'amasse
SUT le cristallin , et qui , l'ayant rendu opaque ,
obscurcit la vue, ou la fait pertlre enlièreuicnl.
Avoir une calaracle sur l'ail. L'OciWisfe lui u
6téflui a abijttu la cataiacte^ lui a enUi'é Li
cataracte.
CATAilACTE. s. f. Saut, chute des eaux
d'une grande rivière , lorsque ces eau.x lom-
l)eat d'e.xtrêmenient haut; et il se dit princi-
palement en parlant Uc la chute des eaux du
ftil vers su source. Les cataractes du iS\l. La
cataracte de Syéné.
Catahactes . se dit aussi en parlant d'Une
grande aliondancc d'eaux qui tombent du ciel :
et dans cette acception, il n'est guère d'usagi!
qu'en cette phrase, où l'Ecriture parlant du
Déluge dit, que Les cataractes du ciel furcnl
ouvertes.
On 'dit proverbial, et familièrement, Ltîc/icï
le^ cataractes , pour dire, Laisser débonder s.t
colère", son indignation.
CATARRHAL, ALE. adj. 11 n'est guère
d'usage que dans cette pbrase. Fièvre catar.
rhale, pour dire , Une fluxion accompagnée de
lièvre.
C.\'1'.\^RUHE. s. m. Fluxion qui affecte quel-
ques parties du corps. Grand catarrhe. Un ca-
tarrhe sulfocant. Il lui est tombé un catarrht
sur la joue^ sur la poitrine. Il se preud plui
communément pour un ^ros rhume.
C.\TARRHEUX, EUSE. adj. Çui tient do
catarrhe , qui est accompagné de catarrhe. Fièvri
catarrheuse.
Il signifie aussi Sujet aux catarrhes. Ut
vieillard catarrheux.
CATA.STROPHE. s. f. Le dernier et princi
p.il événement d'une Tragédie. Grande catas.
trophe. H ne »e dit guère que d'Un événemeit
funeste.
Il signifie figurémcnt Une fin malheureuse,
La vie de ce Prince avoit été heureuse; mail
elle a Çmi par une cmci'Ie catastrophe.
CATECHISER, v. a'. Instruire des myslèra
de la Foi , et des principaux points de la Reli-
gion Chtétienne. Calecfiisn- les Infidiles , la
iqnorans, les enfans.
11 signifie figurénunt. Tâcher de persuader
quelque chose à quel |u'un, lui dire toutes les
raisons qui p. uvent l'engager à faire une chose.
Je l'ai lonj-temps catéchisé, mais inutilement.
Il le faut un peu catéchiser. Il est du style fa-
.llili<T.
CATicnisi, KE. participe.
CATEt^illSME. s. iiiasc. Instruction sur les
].niiri|«s et les mystènrs de la Foi. Faire le ca-
téchisme. .Hier au cutcc/iisme. Un enfant qui
sait lien son catéchisme, le catéchisme du con-
cile de Trente. Enseigner le catéchisme. Réciter
le catéchisme. Dire ton catéchisme.
11 tignific aussi le Livre qui contient cette
instniction. Asheter un calêc^iime. Lire le ca-
•^ ^•••me. '
Od dit I.
'-^ilicreiEenl, Faire le caicc/itsnic à
sait son catéchisme.
C.U'ÉCHiSTE. s. m. Celui qui enseigne le
catéchisme aux enfans. C'est leCale'c/mle île h:
Paroisse.
C.4.TÉCHUMÉNE. s. in. (On ne prononce
point l'H. ) Celui que l'on instruit pour le dis-
poser au lî.Tpt^me. Les catéchumènes. Les nou-
veaux catéchumènes.
CATÉGORIK. s.f. Terme de Logique. Sorte
de classe dans laquelle on range plusieurs choseï
qui sont de diflerente espèce , mais qui con-
viennent en un même genre. Les Àix catégo-
ries d'Aristote. La catégorie de la substance ,
de l'accident , etc.
On dit figurémcnt et fàmilièrcmenl , Ces
gens-là sont de même catégorie, pour dire,
qu'Us sont de màme caractère , qu'Us ont les
mrmes mœurs. U s'emploie plus souvent en
mal.
On dit BUisi,Ces deux choses ne sont pas de
même catégorie, pour dire, qu'Elles ne sont
pas de même nature, ou qu'elles ne s'accordent
pas ensemble.
CATEGORIQUE, adj. des 2 genres. Qui est
dans l'ordre, qui est selon la raison, qui est h
propos. Vne réponse catégorique. Cela n'est
pas catégorique. Ce procédé nèst guère caté-
gorique,
CATÉGORIQUEMENT, adv. Pertinem-
ment , i propos , selon la raison, d'une manièn?
pa'cise. Répondre catégoriquement. Il a parlé
tKS' catégoriquement.
CATERRHEUX, EUSE. adj. Voyez Ca-
TAnnuixx.
CATHARTIQUE. adj. des a genres. Terme
de Pharmacie. Qui est purgatif.
CATHÉDR ALE. adj. <". Il n'est d'usage qu'en
cette phrase. Eglise Cathédrale, qui se dit De
ia principale Église d'un Évéché,di' l'Église oii
est le siège de la résidence de lEvéque. Ln
chanoine de l'Eglise cathédrale.
CATiiÉniLALï, est aussi substantif. f,a Catht'.
drale. Un Chanoine de la Cathédrale.
CATHÉDRAM-. ». m. Th^clogicn on Phi-
losophe qui préf.ide b une thèse.
CATllÉREl IQIjE. adj. des 2 genres. Terme
lie Pharmacie. U se dit Des médicamens qui
rongent les rliairs.
CATIIKIER. s. m. Instrument de Chirurgie.
C'est une sonde creuse et n courbée , faite pour
être introduite dans la vessie.
C.VTIIOLICIS.ME. ». m. Commiuion ou Re-
ligion Catholique.
CATHOLICITÉ, s. f. Il se dit, soit de '.a
Doctrine de l'Église Catholique, soit des per-
sonms qui eu font profession. La catholicité
de cette opinion. On doute de la catholicité de
cet Ecrivain.
Quelquefois au»ti il sa prend potir Tous, le»
Pays Catholiques. C'est un usage reçu dans
toute la Catholicité.
CATHOI.ICON. s. ma»c. Espice de remède
^ ainsi appelé . ou parce qu'il est compose de
plusieurs i. rtes d ingredicns, ou p.ircc qu'on
CAU 2o5
prétend qu'il est propre à toute» (ortes de ma-
ladies. Ca(/iolicoii simple. CfltJioiicon rIouMc.
.icheter du catholicon. Ordonner du catholi-
'coll. PreiiiJic du catholicon. Se purger avec du
catholicon.
CATHOLIQUE, adj. des a genres. Qui est
universel, qui est répandu partout. Il ne se dit
qu'en parlant De la vraie Religion, et de ce
qui n'appartient qu'h elle. La Foi Catholique.
La Religion Catholique. L'Eglise Catholique,
Apostolique et Romaine. Il a toujours eu des
sentimens très-catholiques, des opinions très-
catholiques.
On appelle le Rci d'Espagne, Le Roi Ca-
tholique, Sa Majesté Catholique.
Et on appelle Cantons Catholiques , Le»
Cantons Suisse? (|ui font profession de la Reli-
gion Catholique; Pays-Bas Catholiques, Les
Provinces des Pays-Bas où la Religion Catho-
lique est demeurée la Religion dominante.
Catholique , est aussi substantif. Un Ca-
tholique. Un bon Catholique.
On appelle proverbialement, Catholique a
gros grains , Un Catholique qui ne fait pas
scrupule de bien des choses défendues ji.ir la
Relij;ion.
CATHOLIQUEMENT. adv. Conforn.énici.t
il la Fui de rÉ.glise Catliolicjue. // a pn'clié , il
a écrit très-catholiqucment.
CATI. s. m. Apprêt propre j rendre les
étoffijs plus pleines et plus lustrées.
C.ATIMIM. En catimini . en cachette. Façon
ie parler adverhiale, qui n'r'^t d'us i^e qnrda-»
le style familier. Il a fait cela en catimini. H
est venu en catimini,
C.ATIN. s. f. On ne met pas ce nom ici
comme nom propre , mais comme un mot dont
on se sert pour dire Une femme ou fille de
mauvaise» mœurs. C'est une franche câlin. Il
est fimilitr.
CATIN. s. IV.. Bassin dan» lequel un inétal
fondu est reçu,
C.ATIR. T. a. Donner le lustra à une étofl!.'.
Calir du drap, des bas.
Cati , IE. participe.
C.\TON. s. m. Nom qu'on donne à un homme
très sage, ou qui afl'cctc de l'être. C'eflun Calor,
il fait le Caton.
C.VTOI'TRIQUE. s. f. Science qui enseigne
uni' des parties de l'Optique, et qui explique
les effets de la réfiezion de la lumière. Un traité
de catoptrique.
CAU
CAUCHE.MAR, s. m. (se pronoucc coinnia
Cocliemar. ) Sorte d'oppression ou d'c'louflc-
ment qui survient quelquefois durant le som-
meil , en sorte qu'on croit aToir un poids sur
l'estomac, et qui cesse dés qu'on vient à ae ré-
veiller. Etre sujet au cauchemar. Avoir le cau-
chemar.
On dit famîUèrciD. d*Un homme cnnnyeux
et incommode , que C'est un homme qui donne
le cauchanur.
CAUCHOIS , PIGEONS CAUCHOIS. C«
sont de gras ^ngcuiis, ainsi nommés des pigeons
506
CAU
de dut en Normandie, qui sont plus gros que
ceux des aiilrcs lieux.
C.VUnATAlRE. s. m. Celui qui portp la
^neue <le la robe d'un Cardinnl.
CAUnEBUC. s. m. Cliapeau de laine, dont
h première fabrique a été dans la ville de Cau-
del)ce. tes Cauilehecs sont moins chers, durent
moins que les castors.
CAUI.ICOLES. s. f. pi. Terme d'Arcljitec-
ture. Tiges qui sortent d'i nlre les feuilles d'A-
canthe, et qui sont roulées en volutes sons le
tailloir du cliapitciu rorinlhien.
CAURIS eu CORIS. s. m. l'etite coquille
qui sert de nioiinoie dans plusieui-s coutivcs de
l'Inde et de l'Afri'iue.
CAUSAL, ALE. adj. Voy'esCinsATir, n-E.
CAL'S.ir.ITÉ. s. f. Ten.ne dogmatique. Ma-
nière dont une cause f>git.
CArSATIF. IVE. adj. Terme de Gram-
maire. II ne se dit guère qu'en ces plirases ,
Purliciile ctnisative , Conjonction raiLsative.
C'est une particule dont on se sert pour rendre
raison de ce qui a été dit. Ccu-, Parce que, son!
'des conjonctions causatives.
CAUSE, s. f. Principe, ce qui fait qu'une
chose est. Dieu est la première de toxttes
les causes j la cause des causes, la souveraine
cause, la cause universelle. On appelle Dieu,
absolument et par excellence, Cause, première,
comme on ap;-el!c les créatures. Causes se
condes. Dieu laisse cqir les causes secondes. Il
j a aussi diffJrens genres de causes. Cause prin-
cipale. Cause instrumentale. Cause matérielle.
Ca'ts' formelle. Cruse ejjicieiile. Cause finale.
C..use exemplaire. Cause pTiysique. Cause mo-
rale. Cfliise occasioncUe.
OnditjquTn homme est cause du honheur,
du malheur d'un autre, pour dire, qu'il y a
donné occasion.
Ou dit d'Un m.ilheur que quelqu'un a causé
' sans le vouloir, Il en est la cause innocente. Et
en parlant de certaines clioses, qui amèneni
quelques e'vcnemens à leur suite , on dit ,
qu'EI/es en sont cause. Ce que je vous dis li
est cause de tous Us désordres qui sont arrivét
depuis. Les aiïr.ires qui me sont survenues,
sont cause que je r'ai pu avoir l'honneur dt
vous voir. Il est cause que je vous en ai parlé.
Les remèdes dont on Va accahié, sont cause dt
ta mort
Cai'se, signiGe aussi î\Iotif , sujet, or.'^asion,
raison. Cause létjitiHje.J liste cause. Il n'.'i pomi
fait cela sans cause. Il se jorniulise sans cause.
C'est à juste caust qu\l en a usé de la sorte.
On dit, Parler avec connoissance de cause,
aqir en connoissance de cause , pour dire ,
Parler , agir avec pleine connoissance de ce
qu'on dit, de ce qu'on lait.
Quand on ne veut pas s'expliquer sur Ira
motifs qu'on a de faire ou de ne pas faire quel-
que cliose, on dit, Je veux faire cela, je ne
veuj; pas faire cela, et pour cause.
Dans les Édils et Lettre» patentes, on met,
A ces causes, jjour dire, En couftidération de
ce qui a été expose.
Caose, signifie ainsi en style J« Pratique,
CAU
J)roit cédé ou transmis d'une personne 5 une
aiuic; et il n'est en usai^e (]u en c tte façon de
parler : Ayans cause. Sci héritiers ou ayam
cause.
Cause, signifie encore InttT^t. On dit en ce
«cns : La cause de Dieu. La cause du prochain.
La cause des Fols. La cause puhlii^ue. La cause
des pauvres. La cawti de VEfjlise. La cause de
Vf.tat.
On dit, La bonne et la mauvaise cause, pour
dire, Le bon et le mauvais parti.
On dit, prendre le fi:t ei cause de quelnuun ,
prendre fait et cause your (jneffju'uri, pour dire,
.''"c déchirer pour quelqu'un, prendre son parti,
le défendre.
CvcsL", se dit aussi d'Un procès qui se plaide
et qui se ju^e à l'Audience. Mettre une canyc
au Rôle. Faire appeler une cause. Plaider une
cause. Gagner sa came. Perdre m cause. Pren-
dra le fi:ii et ca'jse. Prendtcfalt et cause. Cause
imperdable. Cause uppelce. Cau^c remise. Donne
cau^e. M(M\faise cause. Cause doutciiSi.. Causi
indubitable. Cause embrouillée. Causes célèbres.
Causes majeures. Cause d'apparat.
On dit, qu'Un homme est £n cause ^ qu'i7 u
ete mis en cause^ "î"'' " ^'^ appelé en cau:-c.
pour dire, fju'U est partie au procès; et qu7/
est hors de cause^ pom dire, qu'il n'est plus
intéresse au procès.
On appi lie Avocat sans ca-isc, Un Avocal
(jui n'est point (mployé. Il est du stvlc familier.
À CAiSE. préposition. Pour l'amour de, En
Considération d''. î cause de lui. A cause de cela.
K CAUSE QUE. conjonction. Parce que. Je
n'iPût pas, à cause (juil est trop tard.
CAUSKR.v.a. Être caase. Il a pensé causer
un grand malheur. Causer du dommacjc. Cau-
ser la qnerrc. Causer de la joie. Causer du scan-
dale. Causer de la douleur. Causer du chacjrin.
Cai;sé, ée. participe.
C.\USER. V. n. S'entretenir familiércmenl
avec quelqu'un. Ils ont été une heure à causer
ensemble. ^
}\ veut dire aussi. Parler trop, parler incou-
sidér<;nicnt. iVe lui dites que ce que vous vou-
drez que tout le monde sache; car il aime à
causer. Il est familier.
On dit dans le style familier, Causer de
choses et d'autres^ pour dire. S'entretenir (à-
niîliùrcment d" diverses clioses si'ns contention
d'esprit i cl ce n'est qu'en cette phrase et en
d'.-'utres semMahles, que Causer se dit avec u.i
régime. A'oiis avons causé littérature, voyages,
etc. pour dire, Causé dt- littérature, de voyages.
etc. etc.
Causer, signifie aussi. Parler avec malisinité.
N'aliei pas si souvent dans cette maison, on en
cause.
CAUSERIE, s. f. Bahi! , action de causer.
C'est une causerie perpétuelle. Il est familier.
CAUSEUR, EUSE. atij. Qui parle bcaurnup.
Une femme bien causeuse. Il est d'humeur niu-
seu.sc
CAUSEim , EUSE, sont atissi substantifs. Faites
taire ces causeurs. Une causeuse. InsupportahU
causeur.
CAU
On sVn sert aussi potir désigner quelqu'un
qui parle superficiellement des clioses, qui ne
les traite pa-i à fond. Ce n'est qu^uu causeur.
C'est un causeur, et peu profond.
On le dit anssi pour désigner des personnes
qui parlent indiscrètement , qui ne gardent point
le secret. Ne dites rien à cet homme-là, c'est
un causeur. Cette femme n^est aucune causeust.
II est familier.
CAUSTICITÉ, s. f. Matignité , inrlinatiou
à dire ou à écrire des choses mordantes ou m-
tiiiques.
CAUSTIQUE, adjeci. des 2 genrs. Terra*
didactique. Br ilant, corrosif. Il se dit Des sels
rt préparations niétalliques,qui ont la propriété
il'entamer la peau, de brûler et de consumer
les cliairs. Remède caustique. Ilerhe caustique.^
On dit, Un sel caustique^ C'est un sel alcali.
Comme suKstantif , on dit, Le caustique lu-
naire. On dit aussi, Un caustique.
Ou dit figuruuicnl, qu'ï7n /iQmin€ est caus-
tique, qu'ti a Vhumenr caustique , pour dire,
)[U*U est mordant, satirique, ou qu'il parb
avec malignité.
On ne fait Caustique substantif que dans le
lens didactique.
On appelle Caustique, en Géométrie. T.*
courbe sur laquelle se rassemblent les rayons
réfléchis ou rompus par une surface. Caustique
tnir réflexion. C au clique par réfraction.
CAUTI'XE. s. f. Finesse, ruse. Il est vieux.
Il signifie en termes de Droit, Précaution ; et
il n'est presque d'usage qu'en cette phrase,
rfï'solufion a cautèle.
CAUT!:LKUSI:MENT. adv. Avec nisc,av(c
ïlnessr. Il se prend toujours en mauvaise pari.
Il a fait cela rauteleusement.
CAUTELEUX, EUSE. adj. Rusé. fin. II «c
prend toujours en mauvaise part. C^est un esprit
malin et cauteleu.x.
C.4Urt;RE. s. m. Ouverture qu'on fait dins
la chair, e» la hn'ilant avec un bouton de feu ,
ou avec un caustique, pour faire écouler les
mauvaises humeurs. Se faire faire un cautère
au bras, derrière la tête, etc. Panser un cau-
tère. Laisser fermer un cautère.
On dit provelbiairment et populairement
d'Un remède qui ne peut servir k rien, CVst
un cautère sur une jambe de bois.
Il si^nifu" aussi I.e boulon de feu, ou le
caustique qui sert .i faif celte ouverture. Cau-
tère actuel, on houton de feu. Cautère potentiel,
ou pierre caustique. Appliquer un cautère. Pierre
de cautère.
CAUT: Rl^TlOî'E. adj. des 2 genres. Qui
bnMe , qui consume les cîiairs.
CAUTÉRISATION, s. f. Action de faiic un
rauttrre.
flAUTÉRiSER. V. a. Rrûler de la manière
que font l'S caustijurs. Ce poison lui avoit
cautérisé Vcstomac, les intestins.
CALTÉnisÊ, ÉF. participe.
On dit en termes de Morale Chre'tiennc.
Une conscience cautérisée, pour dire, Vue
conscience corrompue, endurcie. C'e«*
expression de la BihJe.
CAV
CAUTION, subst. f. Celui qui répond, qiii
s'oblige pour un aulrc. Cuud'on solvuhU. Cau-
tion bourgeoise. Caution solidaire. Bonne et
suffisante caution. Être caution de tjuelquun.
ïlecevoir une caution. Servir de caution. Don-
ner caution. Décharger les cautions. Certifier
une caution. Se rendie caution. Fournir cau-
tion.
On dit, Élargir guehju'un à la cauliond'un
mulre; et dans celte phrase, Caution est pris
pour CautionneiuLiU, garanlif. Ou dit aussi,
LAargir auelgii un à sa caution juratoirCy pour
due* Sur la promesse qu'il fait avec serment de
S9 représenter quind la Justice l'ordounera.
On dit tigurement, Être caution ^ ou Se
rendre caution d'une chose, pour dire, Assurer,
garantir qu'une telle nouvelle est vraie, qu'une
le!le chose est arrivée, qu uue telle cIjosc arri-
vera. J'en SUIS caution. Je vous ^n suis caution.
Qui me sera caution de ce nue vous me dites?
On dit figurénient, qu'L'n homme est sujet
À caution, pourdiie, qu II ne faut pas se fîcr à
lui ; et de même , qu't'ne histoire, qu'une nou-
velie est sujette à caution^ pour dire, qu'Iilllc
est douteuse.
CAUTIO>'NEMENT. s. m. Acre par lequel
ou s'oblige pour un autre. Il s^est obligé pour
un tel; ce cautionnement Va ruine.
CAL*TI0.N>ER. v. act. Se rendre caution
pourquL-hju un. Je le cautionne. Il a trouvé un
de SCS amis gui Va cautionné de vitigt mille
francs. On Va cautionné jusguà la concur-
rence d':
Caction^l, ée. participe.
CAV
CAVAGNOLK.s.ni. Sorte de jeu de hasard.
Espèce de Biribi où tous les joueurs ont des ta-
bleaux, et tirent les boules chacun ùson tour.
CWALCADF. s, f. Maxche de gens i che-
val avec ordre, pompe et cérénionie. Aller en
cavalcade. Quand le Pape va en cavalcade. Le
Pape va en cavalcade prendre possession de
l'Église de S aint J ean~de-Latran. La cavalcade
du Paj e. Belle cavalcade.
Cavaxcadk, se dit aussi DA simples pro-
menade^ qui se font à cheVaL
CAVALCADUrR. adj. m. Ce terme n'est
d'a-i^ige quVn ccKc phrase, Êcuyer Cavalca-
iour^ qui se dit Ucs Kcuyers qui ont soin des
chevaux et de tous les équipages de l'écurie,
dans la maiscn du Roi et des Princes.
C.WALE. s. f. Jument, la femelle du che-
val. Belle cavale. Grande cavale. Faire couvrir
une cavale, Faire sailltj- une cavale. Une cavale
gui a été couverte d'un hel étalon. Une cavale
pleine. Vne cavale gui a /xiu/inc, gui a mis
^at. Boucler une cavale.
C\\ ALERIE. s. f. Nom coHeciif , qui com-
prend les difll-renles espèces de Troupes senanl
à dicval. Faire des levées de cavalerie. La ca-
valerie Françoise. Commander la cavalerie.
Mestre ât Camp de cavmîerie. Capitaine de ca-
vnlerig. Officiers de cavalerie. Combat de cava-
^' ''Un corps de cavalerie. Un Réqimcnt de
^ "'le compuijnic de cavitlcric Cava-
Itrie bien montée. Belle cavalerie. Remanier la
cavalerie. La cavalerie a bien fait On dit .
qu'L'n Officier entend bien la cavaleriCi pour
dire, qu'il sait bien mener la c.ualcric, qu'il
sait bien la faire cumb.tttre.
On appeloit Cavalerie Léjùre, Toute la ca-
valerie qui servoil dans les armées du Roi, et
([ui n'étoit pas sur le pied de Compagnie d'or-
donnance. Cohiriel général de la Cavalerie
Légère. Ou dit aujourd'hui absolument Ca-
valerie.
On rcitrcir:! aussi le mot Cavalcrit. î» cer-
tains Corjis 51 1 vanti cheval, pour ks distinguer
des Dragons. Hussards, etc.
CAVALIER, s. m. Homme qui est à cheval.
H irouva des cavaliers sur le chemin. Il avoil
trois ou guatre rcvaliers gui accompagnoient
son carrosse.
On dit, cm'Vn homnje est bon cavalier^
pour dire, qu'il est bien à cheval, qu'il ise sert
bien d'un cheval ; et qull est mauvais cava-
lier ^ pour dire, qu'il se tient mal u cheval : et
dans le mÛTe sens on dit d'une femme, qu'£i/e
est boum ravatitre, qu'elle est mauvaise ca-
valière.
On dit, qn'Un homme est beau cavaîîcr^
pour dire, qu'il a bonne grûce A cheval.
Cavalier, siguiûe aussi Homme de guerre
dans une Conip^ignie de gens de cheval. Il y a
eu dans le combat tant de cavaliers tués, dé-
montés, tant de cavaliers à pied. Chague Com-
pagnie de gens de cheval est ordinairement de
cinqjtaiite cavaliers.
CAVAuEn,se dit aussi d'Un Gentilhomme
qui fait profession des armes. C*est un brave
cavalier. C'est un cavalier très-accompli.
On dit d'Un jeune homme lesle et bien fait,
que C'est un joli cavalier.
Cavalieb, sie dit aussi d'Une pièce de forti-
fication de terre fort élevée, et où l'on met du
canon , soit pour l'attaque , soit pour la défense
d'une Place. Faire un cavalier. Drèsi-er un ca-
valier. J-Aever un cavalier.
CAVALIER, 1ÈRE. ad;. Il n'est guère d'u-
sage que dans les pJirases suivanles:>^voir Vair
cavalier^ la mine cavalière, pour dire. Avoir
l'ail libre, aisé, di-gagé, tel que Tout les gens
de guiirre. ,
(Jn dit aussi, Faire une réponse cavalière^
traiter guelguun d'une manière cavalière, pour
dire, Faire une réponse un peu brusque, un
peu hautaine; et dars le même scnsàpcuprés,
Cela est un peu cavalier.
À LA CAVAUEnE. adv. En cavalier. Il e^t
vêtu à la cavalière.
CWALIÈREMENT. adv. D'une tiçon ca-
valière,pluscn hommédu monde, qu'en mailre
de l'art. Il danse cavalièrement.
li siguilieplusscaveot, d'Une manière brus-
C|ue, hautaine, inconsidérée, sans égard. Il Va
traité cavalièrement. lien a usé cavakèrement.
Il en parle un peu cavalièrement.
CVVE. s. f. Liiu soutcnuin et rnûlc où l'on
met ordinairem* ni du vio et d'.iutrcs provi-
sions. Bonne cave. Cave profonde. Une cave
fraîche. Avoir du vin en cave. Avoir uuc cave
CAV 207
bien garnie. Faire descendre du vin dunt uue
cave. Mettre du bois dans une caiv. Lu c\ef
d^une cave.
On dit, Faire sa cave, monter sa cave, pour
dire, La gariiirde vins. Cave bien montée,\oj.
MonTZn.
On dit figiirément et fii::ilii;rcnient, qu'l/n
homme va du qrciiier à la cave, de la cave au
(jrer.i'cr, pour dire, yuu Ses propos sont saDt
ordre el snns liaison.
U se dit aussi d'Ciic espèce de caisse où l'on
meteleslicjucurs, ou des e.iux do scntiur, pour
les transporter aisément d'un lieu à un auti«.
Porter une cave dans son carrosse.
Cave. s. f. Le roiidfi d'argent que chacun
des joueurs met devant soi i ceruins jeux de
cartes, comme au Brelan , etc. Il est à sa pre-
mière, à sa seconde cave. Faire une nouvelle
cave
Cave. (Veine) subst. f. Terme d'Ânatoniie.
On désigne sous ce nom deux grosses veines
qui sortent de l'oreillelle droite du cœur ,
comme deux troncs sépares, et posés à contre-
sens, piisque dans «ne même ligne perpendi-
cuLiiie, l'uneu liant, appelé Verne cai'e jupe'-
iieure, et l'auiie en bas, qu'on nomme Veiii*
cave infirieure.
Dans le discours ordinaire, on appelle Veine
cave, Le tronc ou se réunissent les veines qui
passent dans la cuisse.
En termes d'Astronomie et de Clironologir,
on appelle L<me cuve. Un mo:> lunaire de vingt-
neuf iours.
CAVEAC. s. m. Petite cave. 2Î ne peut iemr
dans ce c.nrau que trois ou quatre muids
de vin.
U sedit Des petites caves des Églises où l'on
met des corps morts. Sous cette chcpelle est le
:aveau d'une telle fitmille, c'est-à-dire, La st-
p'.lturc de celte famille.
CAVKCÉ, ÉE. adj. Il ne se dit qu'en ces
phrases, Vn cheval rouan cavecc de ttoir, une
jfmjcnl rouurt cui'ecc'e de nuir, pour dire. Qui
a la tête noire.
CAVECO?». s. m. Demi-ccrcle de fer qui se
met sur le nez des jeunes chevaux, pour les
dompter et les di'csser. Mettre un cavcçon à
un cneval, Dotuier un coup de cavei;on à un
cheval.
On dit pioverbialement et Ggi'rémcnt d'Un
lionirae nnturcllcment fougueux et emix>i1e,
qu'// a besoin de caveçon, pour dire, qu'il a
besoin qu'on le retienne.
CAYÉE. s. f. Chemin creux. Longue cavée.
Grande cavée.
CAN'Elt. T. a. Creuser, miner. L'eau a ciiiv
cette pierre. La mer a cave ce rocher. Les aus-
térités lui avaient cave les joues. 11 se dit aussi
absolument La rivictc a cave sous la pile de
ce pont.
Catei». t. act. Terme de jeu. Faire fonds
d'une certaine quatititji d'argent à un jeu da
rcnvi. il cava d'abord dix pistolesj on Voblîtjea
à caver de nouveau,
CAVtn Ac n-Ls ronr, signifie, Mrttre r.tt
jeu aalaul d'argent >;uc aciiii qui en a le plus.
30C
CE
CED
On dit 3us>i familièrement et figurement ,, fer. C'est à voua tte dédier. C'est pourquii.
.. « _ . • y^»..â . r'^^t — : /^»-,. "ir„„:
Caver au plus fort, pour dire, Porter tout J
l'exlréiiie dans les ei.lrepriscs , les opinions , les
suppositions, etc.
Cave, ée. participe.
CAVERNE, s. {. Antre, grotte, lien creui
dans des rochers, dans des montagnes, sous
tirre. Caverne profonde. Caverne obscure. La
bouche, Centrée d'une caverne.
CAVEnsE, se dit figun-nient d'Un rendez-
vous de scele'r.its. Celte maison est une caverne,
une caverne de lirifjands.
CAVEKNEUX, Et'SE. adject. Plein de ca-
ycmes. Pays cavernetuv. Lieux caverneuj:.
Montannîs. terres nwerneuses.
On oppclk en Anatotiiie Corps caverneux .
Une des parties de la verge.
C.4.VET. .s. m. Terme d'Archilrcture. Moti-
liirc renlr.intc dont le profil est d'un quart de
cercle. On emploie au-^si les cavcts dans la
Metuiiserie.
CAVIAR, s. m. Nom. ;u'on donne hdesofufs
d'Esturgeon salés. On fait beaucoup de Caviar
en Russie.
CAVILLATION, s. f. ( On pron. les deux L
sans les mouiller. ) Sophisme , raisonnement
captioux, fausse sulitilité. Il y a beaucoup de
cwillalioii dans ce raisor.nement.
Il signifie aussi, Dérision, moquerie. Il n'est
euirc d usage que dans les écrits du Baireau,
ou dans ceux de controverse.
CAVrri'. s. f. Un creux, un »iile dans un
rorps «olidc. I.cs cavités du ceryeari. /-es Cavités
4u coeur Les cavités (Tun rocKef.
CE
CE, CET, m. CETTE, fémin. sing. CES,
pi. mas. OH fera. Pronom démonstratif adjectif,
qui indique les peisonnes ou les choses. On
met ce devant les nonu qui commencent par
une consonne, et cet devant ceux qui commen-
cent parune voyelle. Ce cheval. Cet oiseau. Cette
femme. Ces animaux. Ces hètcs.
Ce, est quelquefois pronom démonstratif
substantif , et signifie la diose dont on parle.
Ce aue je vous dis. Ce qui se passe. Ce cjne vous
voyez. Ce que vous pensez. Cem'cst une qrande
joie. Ce nous fut un qrand déplaisir. Qui est-
ce qui arrive? Qui est-ce? Qu est-ce que je
vois là? Qu'est-ce? lié bien, qu'est-ce? Ce
me semhlK. A ce qu'il me scnibTc. A ce qu'il m'a
dit. Est-ce que tous m'entendez , etc. Ce ti'est
pas que je l'CuilJc, etc.
Pans les phrases suivantes, tt autres sem-
blables, Ce se construit, selon les cas, tantôt
avec le singulier, tantôt avec le pluriel. Sonl-
ee les Anqlois qui ont fait cela? Est-ce nous
qui avons f:itt cela? Est-ce les Anqlnis que
vous aimez? FiH-ce nos propres fis qudjalliit
immoler. F ùi-ce nos propres j'tls qui voulurent
qouvcrner. Quand ceseroit, quand ce seraient
les Romains qui auraient fait cela. Qui est-ct
qui a fnit cela? c'est eux
C'est vous. C'est mai. C'est vous. Messieurs,
qu'il faut remercier. Ce sont de très - honnêtes
qens. Ce fuient les François qui assiénérent la
l'iare. C'est se moquer du monde que d'en agir
ainsi, d'en aqir ainsi, qu'en agir ainsi : les
deux denii''rres expressions sont moins usitées.
On dit encore : Il avait le dessein d'atta-
quer, et pour ce faire, pour et, il commanda...
Je lui ai dit telle et telle chose, et ce pour Ui
persuader de faire Et en vertu de ce qui-
dessus. A ce qu'il n'en prétendit cause d'igno-
rance. Ces façons de parler ne sont plus guère
eu usage hors du Palais.
On dit, C'est bon, pour dire. Cela sufEt, et
r>n le dit aussi pour dire. Cela est bon.
On dit aussi, surtout dans la conversation,
C'est bien fâcheux, c'est bien difficile, pour dire,
l>Ia est bien fielleux, cela est bien diGScile.
CE A
CE4NS. adv. Ici dedans. Il ne se dit que
De la maison où l'ou est quand on parle. Il
n'est pas céans. Il dînera céans. Le maître
de céans.
CEC
CECI. Pronom démonstratif, qui se dît pour
Celte chose-ci. Ceci n'est pas un jeu d'enfans.
Que veut dire ceci? Qu'est-ce que ceci?Qu'est-
re quctout ceci? Ceci est à moi, cela est à vous.
Ceci est beau, cela est laid. Ceci est soie, cela
tst laine.
CECITE, s. f. L'état d'une personne avea-
çle. Ce'cilé se dit au propre, et /iveugleinenl
>u figuré.
CED
CÉDANT, ANTE. adj. Çui cède son droit.
Il n'est guère d'usage qu'étant employé au sulîs-
'.antif ,en style de Pratique. le cédant et leces-
tionnaire.
CÉDER. V. a. Laisser, abandonner ii quel-
qu'un. Céder sa place à un autre. Céder le pas,
\e haut du pavé.
On dit, Céder ses droits, céder ses prêtent
lions, pour dire. Les transjiorti'r au profit de
piehpi'un: et on dit dans le même sens, Céder
tine dette, céder un bail.
CèoEn, s'emploie quelquefois absolument,
et signifie, Se relilcher,sc rendre, se soumettre.
Il faut céder. Cédons, puisqu'il le faut.
Ou le dit dans un sens physique et en par-
lant De choses n.':itcric!Ies, pour, S'afTaijser,
rompre. Cette poutre ne tardera pus à céder,
La l'oiitc trop chargée commence d céder.
Il est aussi neutre, et signifie, Acquiescer,
ne pas s'opposer, ne pas résister. Il faut céder
à nos Supérieurs. Céder uu mal. Céder au temps,
à l'oraqe. Céder à la force, à la raison.
Un cette acception, il signifie aussi. Se re-
connoitre ou être reconnu inférieur ii un autre
tn quelque chose. Il lui cède en mérite, en ex-
périence. Le céder à quelqu'un en scie'^ce, ta
On le n.et quelquefois devant la particulo
En, ou devar.t le verbe Etre. C'en est fnit. h vertu. Je lui cède en tout.
C'est-à-dire. C'c>l à savoir. C'est à vous à par- Ctof , KE. participe.
CEI
CÉDILLE, s. f. ( l'L se mouille. 1 Petius
marque en foirne de c tourné de diolle à gau-
che, qu'on met sous la lettreC, quand elle pré.
cède un .4 , un O , ou un U , pour faire qu'on
la prononce comme un S. Garçon, Venez-çà.
Avez-vous reçu?
CÉDRAT, s. m. Espèce de citron d'une odeur
exquise. L'arbre qui le porte s'appelle aussi Cé-
fïrtjt. Le cédrat est un cvcellent fruit. Le cédrat
est excellent étant confit. Du cédrat confit. De
l'essence de cédrat. Des tablettes de cédrat.
CÈDRE, subst. m. Arbre odo«férant et fort
haut, dont le bois étant emp'oyé , résiste à la
coiTuption. Les cèdres du Liban. Un cabinet
de cèdre. Vne écritoirc de cèdre. De la poudre
de cèdre.
On dit d'Un honmae profond dans la con-
noissanee des choses naturelliîs, qu'/i connoll
tout depuis le cèdre jusqu'à l'/nsope, pour dire.
Depuis les plus grandes choses jusqu'aux plus
petites.
On appelle aussi Cèdre, Une espèce de ci-
tron, dont se fait une certaine boisson, que
l'on nomme Aigre-de-cédre.
CÉDRIE. s. f. Résine qui sort du Cèdre. La
cédrie conserve les corps morts. Au contraire,
«Ue putréfie les chairs molles des corps vivans.
CÉDULE. s. f. Écrit , billet sous seing privé,
par lequel on reconnoit devoir quelque somme.
On lui a prêté dix mille livres sur sa simple
tédule. Dans le discours oidînaire, on se sert
plutôt du mot de Bii/f(.quedecclui de Cédule.
Proverbialement et figurément, en parlant
ilTn homme qui conteste mal il propos J lors-
iju'ou peut le convaincre par son propre fait,
on dit, 'ju'/i plaide contre sa cédule.
On appelle Cédule év'ornfoire, Un acte ju-
diciaire, par lequel on déclare à la persoiina
toDlre qui on plaide, qii'en vertu de l'Ordon-
bance on évoque le procès , avec assignation
tu Conseil.
CEI
CEINDRE. V. actif. ( U se conjugue comme
Atteindre. ) Entourer , environner. Ceindre une
ville de murailles, la ceindre de fosses. Ceindre
un parc d'une haie vive.
On dit , 5c cein dre le corps, se ceindre Us reins,
pour dire. Se serrer le corps, se serrer les reins
avec une écharpe, un ruban, un cordon, etc-
On dit. Ceindre l'épèe à un Chevalier, pour
dire, Lui mettre l'épée au côté. En le faisant
Chevalier, il lui ceignit Vcpee.
On dit figuréini ni, Se ceindre le front d'un
diadème, pour dire, Ceindre le diadème, se
faire Roi. Et l'on dit d'un f;rand Conquérant ,
que La Victoire lui a ceint le front de laurier*.
On dit poétiquement , Ccitiiire le diadème.
Ceindre la tiare.
CttST, CEiSTi:. participe. £lie ceint d'une
ceinture. Avoir le front ceint de lauriers. Une
ville ceinte de murailles. Une place ceinte de
bastions.
CEINTR \(;E. s. m. Terme Je Marine , qui
se dit De tous les cordages qui ceigne-'» f
Uent, ou qui environnent le vai'*^'' '
CEL
CEtîTTJRE. s. f. Ruban de soie ou de fil.
cordon^ ou autre cliose seinhlnhle, avec quoi
on se ceint ordinairement por le milieu du
corps. Mettre une ceinture par - dessus sa sou-
tane. Ceinture de soie. Ceinture à frange d'or.
La boucle dUtne ceinture.
On dit proverbialement, Bonne renommée
vaut mieux ifue ceinture dorée^ pour dire,
qu'Une bonne réputation raut mieiuc tjuc les
richesses.
CBiNTunE, se dit oossi Du bord d'en liani
tl'unc culotte, ou d'une jupe. La ceinture d'une
culotte. La ceinture d^unc jupe. Faire clurnir.
faire rétrécir une crinture.
Proverbialement et figurémcnt, en parlant
d'Un homme qu'on voit toujours avec la mémt)
personne, on dit^ qu'il est toujours pendu à su
ceinture.
Cemtuhe, désigne quelquefois L'endroit du
corps au-dessus des hanches ou l'on place la
ceinture. Ou dît en ce sens, Dans cet endroit
de la rivière, on n'a de l'eau que jusqu'à lo
ceinture; et en parlant d'Un petit homme eu
comparaison d'un ^and, qu7/ ne lui i>a pas à
la ccitilure.
CEiNTtTBE, se dit aussi De certaines choses
qui en environnent d'nulres. Une ceinture de
nuivaille. La ceinture du chœur dans une Enlise.
On appelle Ceinture de la Reine ^ Un droit
(]ui se lève sur les marchandises qui viennent h
Paris par la rivii-re de Seine, pendant un cer-
tain temps.
On .ipppîle. Ceinture de deuily ou Ceinturi
finêhre. Cette peinture noire que l'on met au-
tour de rÉf^Iisc. tant dedans que dehors, dans
le lieu dont le Seigneur est mort, et qui est
cljargéedes armoiries du Seigneur. On l'appelle
onsfà Litre.
CEIMTJRlER.s.m. Faiseur ou vendeur de
ceintures, ceinturons <i baudriers. Marchand
Ceinturier.
CEINTUROîï. subst. ro. diraioutif. Sorte d-.
ceinture de cuir ou d'antre chose, à laquelle il
y a des pendnns atLiclies, ou l'on passe trans-
versalement rèp<H-
C K L
r,tLA. Pronom déraonstratif, qui signifie,
^etle<:ho6e-lù. Cela tst bon. Cela est mauvais.
Cela est fait.
truand le pronom Cela est seul, et sans op-
i»Ofj'tion ou pronom Ceci, il se dit de même
que Ceci, d'Une chose qu'on tient et qu'on
montre. Que dites-vous de cela? Cela est fort
beau.
Quand Cela est opposé à Ceci^ ii se dît
d'Une chose plus c'ioignce. Je n'aime pas ceci,
donne^moi de cela.
<,>uelqueroi5 dons le style familier. Cela sr
dit aussi des pervinnes. Ainsi on dira dan
enfant . Cein e«( heureux , cela ne fait que
jouer.
CfXADON. *. m. Vert pale tirant un peu
sur la couleur dn Mule ou de ta feuille de
pécher. Taffetas céladon. Huhan céladon.
CtvAlytv, Homme A beauT MiDiimcnS) riav
Jome /.
CEL
sicmnés et délicats comme un Berger de co oo .)
au Rnman de VAsUée. Cet fiomwc i's(impar|(iiî
Céliulôn. Filer /'(iniour comme Célailon.
CÉLÉBKAXT. s. i.i. Celui ijui dit la Messe,
cpii célèbre In Messe, eu qui officie. Le Célé-
brant assiste rfe Diacre e^ de Sous-Diacre.
CÉLliBIiATION. s. f. Vnclion de célébrer.
Il n'est guérc d usage que t \ns les phrases sui-
vantes : La célébration de 't Messe. La célé-
bration de VOjpce divin. Lt, •élébratlon d'une
Fête. La célébration d'un mat -uge. La célébra-
lion d\in Concile.
On dit aussi, La célébration des saints JHys-
tères, pour diie, La célébration de la iSIcsse,
Clil.KBKK. adj. des2 !;"^H.cs. Femeux, re-
nommé. U^i .hitcur célèbre Un lieu célèbre,
i ne célèbre Université, Un^ action célèbre.
Une célèbre assemblée^ Un joi . célèbre. Une
Fêle célèbre. Un homme célèbre par ses vertus.,
célèbre par ses crimes. Célèbre pour avoir fait
telle action.
CÉLÉBRER, V. a. l'.talter, louer avec éclat,
puJ)lier avccéloge. Célébrer la mémoire de (juel-
tjuun. Célébrer les (jrundcs actions. Célébrer
les explcits d\in Prince.
On dit aussi , Célébrer les louanqes de quel-
qu'un, pour dire, En publier hautement les
iouangcs.
Il signifie aHssiSolenniser. Célébrer les Fêtes.
Célébrer le jour de la naissaixce d'un qrand
Prince. Les Anciens célébroient les jeux sécu-
laires avec de grandes solennités.
On dit dussi , Célébrer un marîaqe, pour
iirs, Faire un maria:;» avec les cérimonies
requises ; Célébrer des noces . pour dire , Le»
(aire avec beaucoup de magnificence et d'éclat;
it. Célébrer un Concile, pour dire. Tenir un
Uiucile.
CiLÉenEB lu i1fe.«e, C'est dire la Messe El
ilans ce sens, on dit aussi absolument, Cé(él>ier.
Le Prêtre n'a pas encore célébré. On dit. Célé-
brer pontifir.alcment . pour dire. Célébrer la
Messe en liabits pontificaux.
r.LLÊBnÉ, ÉE. participe.
CEUIBRITÉ. s. f. (Jrandc réputation, ou
célei>rilé d'un nom, d'nne personne, d'un ou-
vr.igc, d'un événement : il se dit aussi De la
solennité. La célébrité du jour. Cette cérémonie
se fil 4ivec une grande célébrité.
CELER. V. a. Taire, ne pas donnera con-
noilre, cacher. Celer un dessein. C'est un homme
fjui ne peul rien relcr. Celer lei effets d'une
s iccession. Je ne vous ctleraî pas que. . . .
Lorsvju'on va voir un homme, et qu'il fait
lire qu'il nesl pas chc-t lui, ou dit, qu'/l se
i'iil celer.
Celé, ée. participe.
CELER L s. m. Plante pntapèro dont 6n fait
des salades. Quelqucs-nns rappellent Persil dt
Macédoine. Une salade de céleri. Faire blanchir
du céleri.
CÉLÉRITÉ, s. f. Vitesse, diligence, promp-
titude dam l'eri'cntion. Celle affaire demande
de la célérité, requiert célérité.
CÉLESTE, adj. de* a genre*, ''.•ui appor-
ilcnt in Ciel. Le> ijlcAcf céletln. Les tplièret.
C E 11 209
les COI ys célestes. Les infiience. célestes. Thènu
ou figure céleste.
On :i))pc!le pnéliquement les Astres, Les
ccleslcs flambeaiLT. On appelle Bleu céleste. Un
bien de la couleur dont le Ciel pareil quand le
temps est fort serein.
11 se dit encore De tout ce qui appartient au
Ciel pris pour le séjour des Bienheureux. JLcs
esjjrils célestes. Intelligences célestes. La cour
céleste. Les puissunros célestes. La gloire cé-
leste. Les dmes sont d'oiiginc céleste. Doctrine
céleste.
CÉLK>TE , signifie quelquefois Divin , qui
vient de Dieu. Don célesle. La colère céleste.
CouiToiiT céleste. In.cpiraliun céleste.
Il se dit aussi , par hyperbole , De ce rji-' en
d'une nature excellente. Beauté céleste , âme
céleste.
CÉLIAQUE ou COELLiQUE. adj. des 2 g.
Il se dit d'Un flux de ventre. Il se dit aussi
d'Une artère qui se partage vers le foie et U
rate. L'artère célianue.
CÉLIB.'VT. s. m. L'état d'une personne qui
n'est point mariée. Vivre dans le célibat. Passer
sa vie dans le célibat. Garder le célibat. De-
meurer dans le célibat.
CÉLIBATAIRE, s. m. Celui qui vit dans le
célibat , quoiqu'il soit d'ige et d'état h pouvoir
6e marier.
CELLE. Pronom féminin. Voyez Cemil
CELLÉRIER, 1ÈRE. s. (On prononce c6.
lérier.) Titre d'Office qu'on donne, dans un
Monastère, au H'Iigieux, à In Religieuse <ius
prend soin de la dépense de bouclie.
CELLIER, s. m. Lieu au rez-de-chaussée
d'une maison , dans lequel on serre le vin et
outres provisions. Mettre des pièces de vin dans
le cellier. Il n'y a point de cave dans cette mai-
ton, (i n'y a que des celliers.
CELLULAIRE, adj. des 2 g. Terme d'Ana-
lomie. Il se dit De certaines parties du curjn
liumain. Le tissu cellulaire. La membrayte cel-
lulaire.
CELLULE, s. f. Petite chambre d'un Reli-
gieux ou d'une Religieuse. La cellule d'un Rc-
itgieux. La cellule d'une Religieuse.
Il se dit aussi De chacun des petits logemees
quon fait pour les Cardinoux assemblés dons
le Conclave. La cellule d''un Cardinal.
ïl se dit figurément d'Une retraite qu'on
aime Si habiter, d'un petit appnrtcmeiit. C'est
ma cellule. Il faut embellir sa cellule.
Cellule, se dit p;iTeillement de ces petits
alvéoles où les Abeilles font leur cire, et des
petites cavités du cerveau. Les cellules des
abeilles. Les cellules du cerveau. Les cellules
adipeuse*.
CEU.CI.E. Les Rolanislcs appellent ainsi I^es
loges ou cavités des fruits, qui se trouvent sé-
parées entre elles p.ir des espèces de cloisons.
CELTIQUE, adj. des 2 genres. Il se dit De
la tangue des Celtes , anciens peuples de la
Gaule. La Langue Celtique. On dit auA.ii sulis-
tantivemi'Dt dan.i le même sens, Le Cclttquu
CELUÏ, m. CELLE, f. Pronom df^monslra-
tif. Il fait ceux M celles au pluriel. U ae dit et
27
210 CEN
(les personnes et des clioses. L'homme Joui je
vojis ai parlé j c'est celui que vous voyez là.
Ceitx (jui ont vécu avant nous. Il a récompense
ceux de ses domestiques qui l'avaient bien servi.
De toutes les choses du monde, c'est celle que
j'aime le mieux.
Celui-ci , celle-ci ; et au (jlmiel , Ceux-ci ,
celles-ci. Pronom dcnionsuatif , pour, Cet
Iioinme-ci, cette chose-ci, celle personne-ci.
De tous ses domestiipics , c'est celui-ci qui est
le plus fdèle. Voilà plusieurs étoffas, pre/ic;
celle-ci. Je ne veux point de celle-ci.
Celui-là, celle-lX ; et au pi. Ceux-là , cellc:-
li. Pronom démonstratif, pour. Cet Ijomnie-la,
celle clu)se-l.'. , cette pcrsouiic-l,'i. Celui-là , c'est
un Imbile hummc. Entre tous ces .tableaux ,
cdui-là est le plus beau.
U s'oi>posc ordinairement j Celui-ci. Ceitr-
ci prétendent que Ceux-là soutiennent
que. ..
ea celii
laissez celui-ci.
Quand on a nommé deux personnes ou dcus
ciioses, et qu'on emploie ensuite les pronoms
Celui-ci et Celui-là, Celui-ci se rapporte au
terme le pUis prochain, et Celui-là au terme le
plus éloigné.
C KM
CEMENT, s. m. Terme de Chimie. Substances
en poudre, dans lesquelles ou renferme exacte-
meut certains corps que l'on veut soumettre à
l'actioii de ces substances.
CÈMICNTATION. s. f. Opération de Chimie,
qui consist'} ^ arran;;er des métaux dans uu
vaisseau avec du soufre, des sels, du charbon .
de la brique piléc , etc. et J exposer ce mélange
à l'action du feu.
Le mélange s'appelle Ce'nient , ou Poudre
cémentatoirc.
CÉMEINTATOIRH. adj. des 2 genres. Terme
de Chimie, relatif à l'opération du cément.
On appelle, quoique improprement, Cuivre
cémentatoirc , Le cuivre qui a été précipité de
reitalnes eaux vilrioliques par le moyen du fer.
CKMKNTER. v. a. Terme de Chimie. Faire
la cémentation, purifier l'or, etc.
CÉ&ESTÉ, ÉE. participe.
CEN
CÉNACLE, s. m. U n'est d'usage qu'en style
de rEcrilurc-Sainle, pour signifier Une salle .'i
manger. JÉsus-Chiust lava les pieùs des Apôtres
dans le Cénacle.
CENIJRE. s. f. La p-Tudrc qui reste du bois
cl des autres m-jlièrcs combustibles après
qu elles ont été Iirùlées et consumées par le feu.
Cendre chaude. Cendre de hois neuf, de bois
flotté. Cendre de sarment. Feu couvert de cen-
dre. Réduire en cendres. Mettre en cendres.
Faire cuire une galette sous, la cendre. Faire
cuire des truffes, des marrons dans les cendres.
On dit p.ar hyperbole, Réduire, mettre en
cendres une ville, un p-iys, etc. pour dire, Ixs
rav.iger , y mettre tout il feu cl à sang. Taincr-
(aii mil i'//«'e en cendres. Ce village fui réduit
en cendres.
Autrefois , chci qusiquas peuples , pour
CEN
marquer une grande douleur et une graudr pé
y nitcuce, on preuoit le sac et on se couvroil de
cmclre. De là sont venues ces expressions dont
on se sert encore aujourd'Iiui : Faire yénitence
avec le sac et la cendre, dans le sac et datis la
cendre, pour dire, Avoir une gniiule douleur
d'avoir offensé Uieu, et faire une grande péni-
tence pour obtenir de lui le pardon de ses
pcclios.
Aujourd'iiui il y a des Maisons ridi^icuses
où, par un esprit de ptiniteuce, on crpire sui
la cendre.
En parlant d'Une passion qui n'est pas bien
ùtoiott.', on dit, que C'est un feu caché sous la
cendre; et quai|^ on diiSiùmule un senlimcnt
Je vengeance, en, altendant l'occasioa du se
venger, on dit, qucCVst un feu qui couve sous
la cendre.
On appelle Cendre de }domh, Le plus menu
plomb dont on se sert pour tirer sur le petit
tjibier.
Cendres , au pluriel , se dit De la cendre qui
est fuite des linges qui ont servi à l'Autel, ou
lies branches de huis qui ont ëlé bénites, et
dont le Prôlre marrjiie le front des Fidèles en
forine de croix lepreniier jour deCarême. /4//er
yrctidre des cendres. Le Prêtre donne dei
cendres. Le jour des Cendres. Le ^îercredi dei
Cendres.
Lorsque les Anciens brûloienl les corps
morts, ils avoicnt soin d'eu recueillir les cen-
dres dans des vases. Ht de là vient qu*on dit
Gi^urcment et poclii|uenient. La ccndie des
«lor/s, les cendres des morts.
On dit figurdnient, qu'Z/ ne faut point re-
muer les cendres des morts, pour dire, iju'Il ne
faut point recljcrcher leurs actions pour les
blAiner, oïLpour flétrir leur mémoire.
En parlant d'Un bon mari , d'une bonne
iemiue, on dit proverbialement et familière-
ment, qu7! faudrait les brûler pour en avoir
de la cendre; et cela pour faiio entendre que
l'un et l'aulre sont fort rares.
CENDKJl, ÉE. adj. Qui est de couleur do
cendre. Gris cendré. Des cheveux d'un beau
hlond cendré. La substance cendrée du cerveau.
CENDRÉE, s. f. Écume du plomI>. llsïgnifid
I* us ordinairement Ladrii}^éeou lenienuplonib
Unt on se sort à la chasse du n:cnu gibier. 5oii
fusil étoii charqé de cendtée.
CEiNUREUX, EUSE. adj. Qui est plein d
cendre. JJn habit tout ccndrciur. Lue tahlt
tente cendreuse.
CENDRIKil. s, m. La partie du fourneau
qui est au-dessous de la grillo ou du foyer,
dans laquelle lombcnt les cendres du bois ou
du charbon qu'on y *i allumé.
CÈNE. 6. f. Le souper que Notre -Seigneur
Cil avec SCS Apôtres la veille de sa Passion,
JÉSUS- Clin isT ft la Cène avec ses apôtres.
Après la Cciw il lava les pieds à ses /îpâtras.
Le jour de la Cène.
Ou dit que les Souverains, le Pape, les Prc*
lots, etc./ô»i( laCène le Jeudi Saint, lorsqu'ils
i, servent ;\ maa^er aux pauvres après leur avoir
ave lea pieds, en mcmoiFC de la Cène q^is
CEN
Notrf-?rigricur Gt avec ses Apôtres, après kur
avoir lavé Ses pieds.
Les Calvinistes donnent le nom de Cène îi la
communion qu'ils font. Faire la Cène.
CENKLLE. s. fém. Fruit du Houx, qol est
petit el rouge.
CI'^NOBITE. s. m. Moine qui vit en comn»>
nauté. On ne le dit guère qu'en parlant Des
anciens Moines qui vivoienl en comnnm, et
par ane espèce d'opposition à ceux qui vivoient
séparés les uns des autres, et qu'où appelle
Anachorètes. Les annie.ns Cétiohites.
CÉNOBITIQUE. adj. des a genres. Qui aj>-
partient au Cénobite. Il n'est guère d'usage
qu'en parlant Des anciens Cénobites; et par
extension il se dit De tous les Moines qui vivent
en comniunauté. La vie cénobitique.
Cr:NOJ'APHE. s. m. Tombeau vide, di-essd
i la mémoire d'uu mort.
CENS. s. m. Redevance en argent, que cer-
tains biens doivent annuellement au Seigneur
di| Fit f dont ils relèvent. Cens et rente. Payer
les cens. Une terre qui doit tant de cens. Abar^
donner la (erre pour tecens. Cette dernière phrase
je dit aussi fiourémeut, pour dire, qu On re-
nonce à uu bleu, parce qu'il est plus onéreux
ijue profitable.
CENSE, s. f. Métairie, Ferme. Ce mot u'eet
rn usage qu'en certaines Provinces, comme la
[Picardie, le Hainaut, ia Flandre, la Bourgo-
gne , etc.
CENSÉ, ÉE. adject. Réputé. Celui (jui est
trouvé avec les rvupahles, est censé complice. H
tst censé et réputé tet Une loi est censée abolit
par le non-nsaqe.
CENSEUR. 9. m. Celui qui reprend ou qui
tontrûle les actions d'autrui. Saus épithële, il
le prend d'ordinaire en mauvaise part. C'est uu
Censeur, pour dire, C est un homme qui trouve
il redire h tout. Il se prend eu bouue ou en
mauvaise part, et c'est 1 épitliète qui le délex-
miue. Un Censeur équitable. Un rude Censeur,
Un Censeur set-crc, injuste, chagrin, poin-
tilleux.
Chez les Romains, on appeloil Censeur, Un
Magistrat qui (enoit un rc^isb-e du nombre des
Citoyens et de leurs biens, tt qui avoit oixÀl de
rechercher leurs mcKurs et leur conduite.
CtNSEUn, se dit aus.si d'Un Critique qui juge
des ouvrage» d'esprit. Consulter un Ceiusntr
éclairé.
On appelle Censeurs Royiiux, el absolu-
ment Censeurs, Ceux que le Chancelier de
France coumut pour l'examen des Livres, Un
tel a été nommé Censeur de cet ouxra^e. Ce
Censeur a eu tort d'approuver ce livre.
Dans l'Université, on apijcile Censeurs,
Certains Oiliciers noninus pour examiner hr
ciipacilé des récipiendaires. En Sorbonne, les
Censeurs donnent leur suffrf.cje par billets.
CENSIER. adj. Il se dit De celui à qui I<;
cens est dû, ^eiqneur censicr. Il se dit aust»i Du
livre où s'enregistrent les cens. Mon livra cea-
sicr, ou simplement, nioii censier, pris aubt-
tantivcnient.
CENSIER, lËRE. subsl. Celui im ccllfi qui
CEN
lient une censé à ferme. Le Censicr ii'un tel
Sei(jn€ur,
CENSITAIRK. s. ro. Celui rjui doit cens et
irîiite h un Seigneur de Fief. Tous les ccmitui-
ii's fVun Fief.
CKÎVSlVJi. s. f. Redevance en nrgent ou en
dejin*ës, que certains biens doivent annuellc-
jTïfiit au Scipneur du Fief dont ils relèvent.
Celle terre doit tant de ccnsive.
Il se dit nussi De 1 Vtemlue des tt^rres lotu-
ritreâ qui dépendent d'un Fief, et qui doivcnl
lods et ventes. Il est dans la ccusive d'un tel.
CENSUEL, KLLE. ndj. Qui a rapport au
ren«. Droit censuelj vente ccnsuellv.
CF.NSURABLK. ad\. des 2 genres. Qui ]U'u\
être censuré, qui mérite cen';ure. Proposition
rensuruMe. Conduite censnrahlc.Àcti n rensu-
rahle,
CENSURE, s. f. Correction, répréliensîon.
Soumettre ses écrits à la censure de (^uclcjuhtn.
Subir la censure de (jne^u'iin. SoufJ'r'' la cen-
'Jure. S'exposer à la censure.
CKsstniE, se dît aussi en matière de Do^me,
d'Un Jugement qui porte condamnation. La
censure (juc la Sovhonne a faite d'un tel itVrc,
d'une telle proposition.
On appelle nussi Censure, et Censures Ec-
t^êsiastinues j Les cxcommtniic.itions, interdic-
V lions et suspensions d'exercice et de charge Ec-
dêsiastique. Il a encouru la censure. Il a en-
coaru les censures Ecclésiastiques.
En parl.'int Des anciens Romains, on appelle
Censure, I,a dignité et la fonction de Censeur.
Durant la censure de Caton.
CENSURER. V. act Reprendre. Il y a dci
gens qui ne se plaisent qu'à censurer les actions
d*aiûrui. On a fart censuré sa conduite.
En matière de Dogme, Censurer un ïiVrc,
(Xnsurer une proposition^ C'est déclarer qu'un
livre, qu'une proposition contient des erreurs.
La Sorhonne a censuré un tel livre ^ une telh
proposition.
Censciié, fz. participe.
CENT. adj. numéral des 2 j^enres. Nombre
obtenant dix fuis dix. Cent ans. Cent hommes.
Cent francs. Cent écus.Cent livres pesant ^ cent
lùrci compf(in(- Deux cents hommes. Dans
cent un ans. A cent deux ans d'ici. Cent un,
ccsU deux, cent trois, etc.
Crut est pris quelijuefoii substantivement
p«ir Centaine. Vn cent , deux cents , (roi*
cents.
On se sert souTcnt de ce nombre certnin
\fcmt dési<^er un nombre incertain. Il y a cent
ehoics. Il y a cent occasions. Il y a été cent
fuis. Cent et cent fois. En eût-il cent f>is
'.utant
Qb dit en matirre de commerce, d'intérêt,
C^nq pour cent, dir pour cent, cent pour cent.
Donner son arqent à cinq pour cent d'intérêt.
Gagner dix pour cent dans une affaire.
On dit pfir exa^cxaiion, qu'il y a cent pour
néttt à jagner dans une affiire.qnnnà le profit
^t fort grand.
Cmrr, est aM«i quelquefois substnntif mas-
culin, in cent r/VdJs, de /"J^'s de foin, dt
CEN
prunes^ d'épinqles. Trois cents de paille. Un
cent pesant. C'est cent livres. Corjiï;ji;n vaut Uk
cent ?
Ou dit aussi indéfiniment, // y en a plus de
cent à qui cela est arrivé avant vous.
Jouer un cent de piquet, C'est jouer une
partie de cent poïnls au piquet.
CENTAINE, s. fém. Nomlire collcclif , qui
renferme cent unités. Une centaine d'années,
une centaine d'écus, de pistoles. Il y avoit une
centaine d'écoliers.
On dit adverbialeinr-nt, A ccnlaincs^par cen-
taines .^ pour dire. En gronde quartiie.
CENTAI^'M. s. f. Le brin de fil 0.1 de soifl
par lequei tous les fils d'un échcvccu sont lit?
ensendile. On corpe la centaine pour devid'^t
l'éclicvcau.
CENTAURE, s. m. Animal fabuleux, moitié-
bomme et moitié clicvaL Le Centaure Chiron
eut soin de l'éducation d'Achille. Le combat
des Centaures contre les Lapithes.
On appelle aussi Centaure, Une des Cons-
tellations Australes.
CENTAUREE, s. f. Plante. On en dîstinç^ie
communément de deux sortes, la petite et la
[grande, ba prcniiéie est d'un lrès-{^rand usage
en Médecine. .\ l'égard de la seconde, elle est
d'un genre et d'un caractère totalement diOi-
rens. On l'emploie dans quelques maladies.
CENTENAIRE, adjcct. des 2 genres. Qui a
cent ans, qui contient cent ans. Il n'<st gu-TC
en usage qu'en ers phrases : Nombre centenaire.
Prescription centenaire. Possession centenaire
On appelle sul'st.'inlivement Centenaire. Une
pcrsoune qui a cent ans. ^
CENTEMKR. s. m. On donnoit auU'efois ce
nom h celui qui commandoit une troupe de
cent hommes. On les nomme à Rome Centu-
rions. Le Centcrnier de Vl\vanqile.
En parlant De la Milice et de la Pobce de's
Villes, on appelle Centeriier, Un Officier qui
commande cent hommes.
CENTIÈJIE. adj. des 2 gettres. Nombre or-
dinal de cent. Le centième denier. La centième
iinuée.
Il s'emploie aussi substantivem. Vous7iV(cs
pas le reutième à qui cela soit arrivé.
CENTON. s. m. Espèce de Poésie, compo-
sée de vers ou fragmens de vers pris de quel-
que Auteur célèbre. Ainsi on dit, Vn centon
d'Homère, un cenlon de Virqile, pour dire.
Un ouvrage tout compose de vers tires d'Ho-
mère, *dc Virgile. Il se dit aussi en parlant De
l'Ajteur du centon. L* Centon d'Ausone.
'Jn appelle aussi par extension . Centon , Un
ouvrag.' rempH de morceaux dérobes. Ce nest
qu'itn centoii.
CENTRAL. ALE. adj. Il n'est d'usage que
dans le style didactique , et dans les phras'S
suivantes : Point centra/, pour dire, Lî point
du centre; Feu centnrl, qui se dit Du feu que
quelques Philosophes cm cm être au cmtre de
la terre. Et en Physique. Force centrale, s'* dit
De h force par laquelle un corps qui se meut.
tend là s'éloigner ou h s'approcher d'un ccnlrc.
CF.NTRK. s. masc. I^ niilicu. le point di*
CEN 2.1
milieu d'un cercle ou d'une sphère. Le centre
d'un cercle. Tirer une liane du centre à la cir-
conférence, desUfjnes qui passent par le centre-,
qui aboutissent au centre. Le centre de la terre.
Le centre d'une planeie.
Centre, se dit aussi en parlant d'Une figure
ovale, carrée, etc. Le centre d'une ellipse, le
centre d'un carré
On appelle dans un corps, Centre de giu-
vilé, Ij: point par l.-quel un corjis ét'int sus-
pendu, ses parties demeurent en éjuilihre.
Centre, se prend aussi pour Le lieu où bs
choses tendent naturellement comme au lieu de
leur repos. Chaque chose tend à son centre.
On dit figurément, Être dans son centre,
pour dire. Etre où l'on se plait, où l'on aime
û être; et ou dit daas le sens contraire, N'être
pac dans son centre.
Centhe, se dit encore pour IjC milieu, dans
plusieurs phrases. Le centre du Poyaumc. Le
centre d'une Province. Le centre d'une armée.
On dit en style de Théologie, que Le Siège
(■e Rome est le centre de l'unité de VËglise.
On dit aussi figiirénient, Le centre des af-
faires, pour dire, ïjC lieu on se traitent la plu-
p'irt des aflàires. Paris est le centre des affaires
du Royaume. La Cour est le centre de lu poli-
tesse.
CENTRIFUGE, adj. des 2 genres. Terme de
Physique. Qui tend h éloigner d'un centre. Un
corps qui se meut en rond, a ttnc fcrce centri-
H'-
t.KyTlWPi'Vrr.. adj. Hrs 2 r^fniTs. Terme (îe
Pliysioue. Qui tend a approclier d'un centre.
Les Planètes ont une force centripète vers le
Soleil.
CENT-SUISSE. 6. m. Un des Cent -Suisses
(le la garde du Roi.
CEKTUMVIR. s. m. Officier de I ancienne
Rome, établi pour juger de ccrUiines afluires
rivilcs.
CENTUm'IRAL, ALE. adj. Qui appar-
licnt aux Cenlumvirs, qui est de leur ressort.
CENTUMVIRAT. s. masc. Dignité de Ccn-
lumvlr.
CENTUPLE, s. m. Cent fois autant. On lui a
âonnc le centuple. Vn fonds t^ui rapporte^ qui
rend au centuple. Cette terre rend au centuple.
n est aussi adjectif. L'n nombre centuple
d^un atitre.
On dit en termes de l'Écriture-Saintc, tjue
Dieu rendra au centuple tout ce qu'on frru
pour lui.
CENTUPLER, v. a. Ri^pélcr cent fois.
Cfntcplé, tr.. participe.
CENTCRLVTEUR. s. m. Ce mot n'est en
usage qu'en p.irl.int Pc certains .A meurs Alle-
mands Luthériens, qui ont composi une His-
toire Ecclésiastique, et l'ont rédigée par cen-
taines d'années, et qu'on appelle f.MCcnl«ri«-
teurs de Maqdebourq.
CENTURIE, s. r. Centaine. Le peuple Ro-
main fut distribué par centuries.
On appelle Les centuries de Xostradamus.
I.es prédictions de cet Auteur rangées par ren-
tnincs de quatrains ou de sixains. (.In apj)cQ«
37.
212 C ER
aussi chacun de ces quatraius ou sixains, Cen-
turie. En ce sens, Faire une ce/ilurie, C est *i
faire un quatrain à l'imilalion de Noslradamus.
Il n'est guère d'usage que dons ces phrases.
CENTURION, s. m. Cenlenier qui comnian-
doit une compagnie de cent Iiojiin)es. Il n cs(
d'usage qu'en parlant De l'ancienne Milice Ko-
niaine. Les solduts se jihiiyiwient du mauvais
(juilerninl qu'ils éprouvoieat des Centurions.
C E P
CEP. s. masc. Pied de vigne. Cep de vicjne.
Cep de treille. Arraclier le cap. Cey tortu.
Cep, signifie aussi Cu lien, ou une espèce
de chaîne ; et en ce sens il ne se dit qu'au plu-
riel. Avoir les ceps aux pieds et aux nmt'ns.
Rompre les ceps. Ce mot est vieux.
CÉPÈE. s. fem. Touffe de plusieurs tiges de
Irais qui sortent d'une même souche.
CEPENDANT, odv. Pendant cela , pendant
ce lenips-lh. Xous nous amusons , cl cependani
la nuit vient. L'affiiire presse , et cependant
vous perdez une bonne occasion.
11 siiîuifie aussi Néanmoins, touti'fois, no-
^ * ....
nobstnnt cela; et en ce sens il est cori|i)nctioii
adversalive. Vou.s m'avez promis telle cl telU
chose, et cependant vous faites tout h con-
traire.
CliPIIAL.'M.pGlE. s. f. La partie de l'Ana-
tomie qui traite du cerveau.
CÉPHALIQUE. adj. des a genres. Terme
didactique. Qui appartient à la tête. I! n'est
guère d'usage que dans les phrases suivantes :
Veine cépftriliijue, qui se dit d'Une des veines
du bras qu'on croyoit autrefois venir de la tête,
cl qu'on ouvroit par cette raison , pour le sou-
lagement des maux de tète; Remède céphali-
que, plante cèphalique. et poudre céphalique,
qui se disent Hes remèdes, des plantes et des
poudres qui sont propres à soulager les maux
de tcte.
CÉPHÉE. s. masc. Constellation de l'hcmi-
sphire septentrional.
C E K
CÉR.4T. subst. m. Espèce de pommade ou
d'onguent oii il entre de la cire. Il y a du ccral
où il n'entre point de cire, tel est le fc'iul de
diapalme.
CKRBÈRE. snbst. m. Nom 'Ju Chien à trois
tètes qui, selon la Fable, girdoit la porte des
ICufers. Au fip^re, on appelh Ce-bère, vieux
Cerbère, Un pjriicr b'.utal , ero'sicr, intrai-
table.
CKRCEAU. s. m. Cercle de bois ou de fet
qui sert h reliT les tonneaux. Faire des cer-
ceaux. Cerceau de fer.
CEncEAU, se dit aussi dTJnc sorte de filel
dont oii se sert pour prendre des oiseaux.
l' rendre rie» oiseimx au cerceau.
CeiicivAux, au pluriel , se dit Des plmncs du
liout de l'aile des oiseaux de proie. I.ci autours
et les éj:crvicr3 ont trois ccrccaur.
(;i'',RCELLE. s. f. Voy. .Saucelle.
CliHCI.E. s. m. Figure plane, qui est dans
une seule ligne courJje, et dont toutes les par.-
CER
ties sont cga-leroent distantes du point du mi-
lieu qu'on appelle Centre. Le cercle se divisi
;n trois cent soiranle degrés. Chercher la qua-
drature du cercle. Un demi -cercle. Un quart
de cercle. Une portion de cercle.
CI.KCI.E, se prend aussi pourl.a ligne circu-
laire qu'on appelle circonférence, fuire tics cei^
des. Tracer un cercle. Décrire un cercle.
Ceucle , signifie aussi Un ceiceau. Cercle à
tonneau. Faire des cercles. Vendre des cercles.
Vn (onnt'rtu qui a rompu ses cercles. Un cercU
de fer.
Cn appelle aussi Cercles, en t.-rmcs d'As-
tronomie, Les cerceaux qui entrent dans la
composition de la sphère. Les ora^ifls, les pe-
tits cercles de la sphén.
Cercle, en y ajoutant l'adjectif Vicieux, se
tlit tlguréinent d'Une manière défectueuse d«
taisonneri qui consiste à donner pour preuve
la proposition (lu'on a avancée, et qu'il s'agit
de pr-ouver. Raisonner ainsi , c'est fUre un
rerclc vicieux.
On dit aus.«i figuriment. Chercher la qua-
drature du cercle f pour dii'e, Cîiercher une
i-liose qu'on n'a jamais pu trouver.
Cercle, se dit Ggiirément et par extension,
De la ssance des Princesses et des Duchesses
nssiscs circulairement en présence de la Reine.
La Reine tient le cercle aujourd'hui. Aller au
cercle. Cette Duchesse étoit au cercle.
Il se dit aussi par extension, Des assemblées
d'hommes et de fonunes qui se tiennent dan)
ies maisons des particuliers pour la conversa-
tion. Cet lionime brille dims les cercles. Romprt
le cercle par une partie de ]eu.
Ceucle, se dit aussi De plusieurs Principau-
tés, Villes et Étals, qui foht ensemble le eorpj
politique d'Allemagne. Le< d\x Cercles de
VEmpire. Les troupes des Cercles. Les Cerclei
du Rhin. Pinrcmherq est dtin.v" le Cercle di
Franeonie.
(;ERC:LER. v. a. Autrefois Entourer, envi,
ronner. Cercler une cuve , un tonneau, Y niettri
lies cercles. '
Cercli;, ée. participe.
CERCUEIL, s. m. ( Pron. Cerheuil.) Bière,
Esjièce de caisse de bois ou de plomb, oii l'on
met un corps mort. Cercueil de lois. Cercueil
de plumh. Cercueil de marhe. Vcltre un mort
dans son cercueil.
On dit figuréni. d'Un homme dont quelqu»
accident a causé la mort , que C'est ce qui l'a
nùs au cercueil.
CEUDEAU. s. m. Voyez Serdeau.
CftRËERAL, AI.E. adj. Tenue d'Anatomic,
Qui appartient au cerveau. I-es ûrtèrca eere-
hrales.
CÉRÉ1\10NL\L. s. masc. L'usage réglé cn
chaque Cour, cu cli.aque Pavs, toucliant Us
cércmonicrs religieuses ou polititpies. Le céré-
monial est dijjcrent selon les Pays. Le cérémo-
nial de Rome est fort riijoureux, et réguliàe-
ment observé.
CtnÉMOMA!. , se dit De l'usage des cén!nio
I nies qui se pratiquent entre les particuliers. El
danses sens. Un honune qui n'aime [wiiil oes
CER
iortcs de ccrêmonies, dil qti*/! n'aime jxiint U
cérémonial.
On dit encore, quTn homme est fort sur ïc
cérémonial^ pour dire, ou qu'il est insiruit dn
cêréinonia', ou qu'il est allacliti au céicmoniaL
On dil aussi, <ju" t/n homme est fort sur U
ceremoniuly pour dire, qu'il est iiointilTeux el
difficile sur les cérémonies. On le dit aussi (ign-
réinent d Un liomme dilïieile sur les égards qui)
croit lui être dus.
On appelle aussi Cérémonial, Le Livre oèi
BOQt ronleiius l'ordre cl les règles des cérémo-
nies, tant ec<:lûsiasuqucs que politiques et ci-
viles. Le cérémonial tle l'Eglise de Paris. Le
cérémonial François. Le cérémonial Romain.
CÉRK^ÏOXIE. s. f. Tormcs extérieures et
tcgulièrcs du cuïle religieux. Les cérémonies au
Jîaptémc. Les cérémonies de VÊijlise. Le sacre
lîes Evê(fues se fait aifcc de grandes céremoHiCi.
Tes cérémonies de l'ancienne Loi.
On dît, Suppléer les cérémonies du Bap-
lanc, ce qui veut dire, Présenter à l'Éî^lise un
infant qui n'a été qu'ondoyé, pour que sou
iJaptèuie reçoive Ir» formes omises dans l'iidnii-
liisirntion du Sacreutent.
Il s'appli:|uc aussi^ux choses Immaines, cD
le dit De certaines formalités qu'on o!)ser\'e
ilans les actions solennelles pour les rendre plus
tclatante^. L'entrée du lloi se fît avec de
qrandt's cérémonies. On a donné audience à
cet Ambassadeur avec beaucoup de cérémonie.
Habit de cérémonie. Grande cérémonie, La
cérémonies de l'Ordic de Saint-Michel^ dt
VOrdre du Saint-Esprit, de VOrdre de Sainh-
Louis, de VOrdre de Suint-Lazare.
Ou app'-'lle Grand Maître des cérémonies^
Maître des cérémonies. Aide des cérémonies^
Les Officiera qui président aux cérénionic6t el
qui les dirigent.
On dil. En cérémonie, pour vîîre, Avec
pompe et grand appareil, ii/ener (^ud(fu un en
cérémonie • le reconduire en cérémonie.
CÉnÉMONiEj se jneud aussi pour CivilÎK*,
pour les ténioigna£;es convenus de déférence
([ue les particuliers se donnent les uns aux antres^.
Faire des visites de cérémonie, 'Faire des cv-
rémotiies.
CKiirâtoNiE, signilie aussi, Une civilité iiu-
[Mirluiie. Ces? un cn-and faiseur de cérémonies.
.\e fhisons point de cérémonies. Bannir la cé-
rémonie. Il est ennemi des cérémonies.
On dit aussi. Faire des cérémonici. i>oiii
dire, Faire des façons, des difficultés avant de
consentir à quelque chose. Il a fait bien d«
cérémonies pour se battre, pour pirndre mé-
decine.
On dit ortlinairctnetil,5jins réréinonie,poinl
de cérémonie, pour dijc, Librement, Minscon-
irainlc, sans façon.
CÉRÉMONIEUX, EUSE. ad). Qui fait
trop de c<irémonies. C'est un homme néi-éiîio-
riieiu:, fort cérémonieux.
GERES. Divinité du Pai;anisjne. En poésie
on dit, Ceréf et Bacrhu^ , i»^>ur dire. Le hïé
cl le v'm.
CERF.s.uk Kspèoc de béte fauve Vn jeuur
CER
ctrf. Un vieux cerf. Un cerf iJir cois. £e
bois d'un ca-f. Vn cerf en rut. Un cerf uu
rut. Un cerf qui hrame. Vite comme un cerf
La ttte d'un cerf. Un cerf qui a mis sa lèlc
bas. Les andouilîers Je lu tCte d'un cerf. l..u
chasse du cerf. Lancer le cerf. Uétourncr ,
courre le cerf. Un ccî-f malmené , fatinuê.
Prendre le cerf. Être à la mort du cerf. Vn
caf qui tient les abois. Un pâté de cerf. L'es
flets de cerf
CERF-VOLA.NT. s. m. ( Pronoucez Cer-
i>olanL ) Insecte volant, qu'on appelle propre-
ment Escarhot.
On appelle aussi Cer^- volant, Cnc espi-ce
lie uiacliiue tn fonne de ra(juelle, faite avec
du papier dtondu et collé sur des baguettes, ci
tpie k's enfans font aller en l'air à l'aide du
vent, par le moyen d'une ficelle i laquelle
elle lient.
CERFEUIL, s. m. Herbe potàgète, dont
les feuilles sont assez profondcm^ it découpées.
CucJI r du cerfeuil. Semer du cerfeuil. De lu
yaine de cerfeuil.
CEntECii. JUSQUE. Voyes Myruhis.
CEUINTHÈE. s. f. ou :\ir-:LINET. s. ut
Hante vulnéraire.
CERIS.ilE. s. f. Lieu pUuli': de cerisiers.
G/ic belle cerisaie,
CERISE, s. f . Espèce d' [letil fruit i uo\ an ,
dont la chair est fort aqueuse, et la peau foil
r<T<igc et fort mince. Cerise à courte queue.
Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises d
ron/îr.*. Cerises confites.
CERISIER, su.ist. maso. Arbre qui jwrlc
des cerises. Les cerÎMers jettent beaucoup dt
qomnic.
CERKE. s. m. Rond Uacé sur la terre, sot
le sable, etc. Un (jrand cernç. Faire un cerne.
Il est vieux.
Il se dit aussi Du rond livide qui se fait
quelquefois autour d'une plaie qui n'est j>ai
en lion étal, ou autour des yct;x quand ili
feoiit battus.
CERNK.\U. 9. m. La moitié' du dedans
d*unc noix avant sa maturité , tiré'* de la roque.
Faire des ccrneaitr. 3lonqer des ccrHcuiix.
I^lucier des ccniCBH.r. Un cent de cerneaur.
tjn api^llc Vin de csrniau.r , Certain vin
ruée, qui cet Iton b Imin* dans la saison des
cerneaux.
f^ERNER. V. 0. F-TÎre un cerne sulmir de
quelque chose. Cerner Vvcorce d'un arbre.
• ïodit, Cerner une jilace, cerner un ccrjii
de troupes^ potir dire, Leur nier tonte conir.;u-
liicAtiQn , tout ninyen d? secours extérieur.
On dît par extension cl fi|;uréii)cnt , Cerne:
urt /(ftmme, pmir dire, L'entourer de certains
connais, de certains témoins, pour s'assurer di'
lui. On Va cerne de mamère à ce qu'il tic puist.
échapper.
Cebnkii, s'emploie aussi |K>ur, Détacher.
M^Mrer une choac de tout oe qui l'environne.
C'nM dans ce sens qu'on dit , Cerner dei riotr .
pour dire. Faite di'seernMiu, et tirer le cer-
neau hors de la co |ue
Cbuse , rx. (utrtici|>e.
CER
On 31t , tju'f/iic personne a les ycttx cernés,
t Quand elle les a battivi.
Cr::RTAIN, AïNE. a.lj. IndubiuiLle, vrai.
En ce sens il ne se dit que Des cIjoscs. Cela est
certain. La nouvelle est certaine. Jl est certain.
On tient pour certain. Faire un rapport certain.
J'ai eu un asfis certain (jue....
En parlant Des personnes, Certain signifie
Assuré. Ainsi on dit, Etre certain de tjucijuc
chose, pour dire. Eu élre l)ien assuré. Êtes-
: oua bien certain de cela? J'en suis très-cer-
tain.
Ceutain, signifie aussi PreHx ei dctenninoi
et t-L ce sens il ne se dit que Des cboscs. L'as-
$emh'.ile *e doit tenir à jour certain. On se sert
souvent d'un njtnbre certain à la place d'un
nor.d*re incertain.'
Ouditd Cuâui:irch::ndi5edoul,le prix vaiie,
'^uiLllcn'apasd prix certain, de taux certain.
Cehtain, s'emploie aussi à la pbce du pro-
nom Quchjue • el d;Hïs cette acception, il se d\\
Lgateni?nt Des personnes et des ctioscs; niai^
on ne s'en sert jamais que devant le substantif.
Ainsi on dit , Ccrfuirkîs personnes , certaines
(jenSj certaines choses. J'ai ouï dire à certain
homme, à un cci-tain /lornme, durant un cer-
tain temps. . ,
Dans les Mouitoircs, Procès verbaux, Infor
mations, etc. on dit, Un certain ^i/iJam, cer-
tains (juidauts , pour dcsii;ner Les |)ersouDe$
dont on ignore ou dont un ne veut pas dire K;
nom. Vn certain quidam est entré tlansceltt
maison., et a fait le vol.
Ceutaim est quelquefois substantif, et si^ui-
Ee Cljosc ceitainc. Il ne faut pas quitter le cej-
Viin pour l'incertain.
CERTAINEMENT, adv. d'affirmation. Eu
vérité. Certainement les hommes sont hien
iveuqles.
Il signifî? aussi, IndubilaLlenicnt Le saveir
vous certainement ?
CER'l'ES. adv. Certainement, sans mentir,
rn vérité. Et certes y ce fut avec beaucoup dt
raison. Certes, ou je me trompe, etc.
CERTIFICAT, sultet. m. Écrit faisant foi de
fjut^lijuc chose. Donner un certificat, Prerdtt
un certificat. Avoir un c€:tificat. Ccrtif.cat da
service. Certificat de mariaqe
CEUTinCATEUR. suJwt. m. En termes de
prali'juc ou d'aflairc, c'csl celui qui certifie une
caulinii, une promesse, un billet, nonner «n
ccrttficateur. Ueccvoir un ccrtijïcatcur.
On appelle Certîficateur de criées^ Celui qui
atteste en Justice qu<- les crit^ ont, été failc:-
dan* U's formes judiciaires.
CEmiFICATlON. s. f. Terme de Palais.
Assurance pir écrit, que l'on donne ou que
l'on reçoit eu m.'ilièrcd'iifiàirr5..Çii cerdVîculion
est an hasdc la promesse d'un tel. Ceriipcalion
de caution. Ccrtiticulion de cricet.
CERTIKIER V. 0. Ténioî;;ncr qu'une ciio^e
c%t \Taie, rassurer. Certifier qnelqtîc chose. Ji
vous certifie que cela est.
On dit en tenues d ■ Pratî^jue , Certifier une
CiiMd'on, pfiur dire , Se rendre en qucliue ma-
' ' nière caution de la caution, rt^poudre qu'elle
CI;. Il 2.3
4 est solvablc; et, Certip^V des mées, pour At-
tester que les criées ont élé faiicd dans les
formes.
Ceotifiié, te. participe,
CERTITUDE, stibst. f. Assurance pleine ci
cnlitic. Quelle certitude en avey-vous? Lacer-
litudc rjue j'en ai. est que.... Cela est certain,
de toute certitude. Je sais cela avec certitude.
Certitude morale, certitude physique, certitude
métaphysique.
Il signifie aussi Stabilité. // n'y a nulle (vr-
titude dans les choses du monde.
Cr:KUME?i. s. m. Terme de Cbimrgie em-
prunté du Latin. Matière jauD^tre et épaisse
qui se trouve dans l'oreille.
CÉRUMINEUX, EUSE. adj. Terme didac-
tique. Qui tient de la cire. Les glandes céru-
r.ùneuses. L'humeur cérumineuse des oreii^.
CERUSE. s. fém. Cbau.Y de plomb -i,;.' h
EOuleur est blanche. Blanc Je céruse.
CÈRVAlSOJi. s. f. Le temps où l« .
gras et bon \ chasser.
CERVEAU, s. m. CERVELLE, s. i. .'?ut.^-
tance molle cnfeniice dans la capacité 0!>5euse
[le la t£te, et qui est un des ^principaux organes
tle la vie. Cerveau froid^ humide, sec. Avoir le J
ccivcau débile^ déhililéy desséché. L'humidité j
\a sécheresse du cerveau. La substance du cer-
veau. Les ventricules du cerveau. Les mcm-
t'Hjne^ du cerveau. Des droques qui attaquent
le cerveau. Des fumées qui montent au cerve4iu.
Purqer le cerveau. î!inwuvoir le ccrectiii. Atii-,
ter du cerveau. C'atnd'ti un tratispurt au ar-
ceau. Conforter, fortifier^ rfijouir le rerveuu.
tivoir le ccfvcdU utfuoue.^trc cnrhuinc du cer-
tsau. Être pris du cerveau. .îvoir U cerveau
pris. Avoir le cerveau 'i-'idc.
On dit : Cette blessure lai a déortiivrt le
rcrvi-rtM. On lui voyait la ccrecnc. 11 lui a fiit
tauter la cervAle d'un coup de pistolet. Partie
|os(crieurc du cerveau. Daus les auituaav mort:»
destinés à être manges, ou dît loujom'b La cer-
icllc.^lanqer de la cervelle d aqnejUj de la cer-
ielle de veau.
On dit d'Un homme qui a ét« loug-tcmps
Ixposé à l'jirdf ur du soleil , et qui s'en li-ouvc
iuconmioJéj qr( Lt soleil lui a fait bouillir la
zervellc lui a l'.^Uché la ccreclie.
CmiVE.Vu, CrnviLLE. se dit aussi figurdmcnt
pour signifier, Esprit, cutendcmeni, jugement.
Pcreertii de?ii7e. Ceriru» tlcfiionte. Cerveau mal
ûmbré. Cerveau timbré, fèl£ , brûlé, malade.
fcrvcan étroit. Petit cerveau. Il a le cerveau
rrcujr. pour dire. Il est visionnaire. Être fou
(?ii cerveau. On dil d'Un Lomme que C'est une
lionne ccrveKc, pour dire, que C'csl nu Ihuiuiic
lie bon sens , de l»on jugt^ment ; cl au con-
traire, que C^cst une petite cervelle, ufie cer-
velle tcqcre, une cervelle évaporée , une ctr»
velle cvcMlc'c, cl simplement. L'ne cervdlt.
On dit encore figurcrouit et provcibtalcoi. ,
"Slettre queXquun en cewfWe, le Icjiir cit cer-
velle, pour dire, I^^ mclln' eji inquiétude, lui
1 tenir l'esprit en su!»{>efu.
On apiicllf Cerve//e de pa/mter, Une moelle
douce qui se tro«ivc au haut du ttonc du pdl-
2i4 CES
mier. Il y a des peuples qui vivent âe la ^-
velle du palmier.
f:i:RVELA.S. s. ni. Espèce de grosse et courte
Mincisse remplie do chnir salée et e'picée. Un
hon cavchis. Une tranche de cervelas.
CER\'EL1ÎT. s. m. La partie poslericmc ilu
cerveau. La moindre hlei^sure nu cervelet est
mortelle.
CERVELLE. Voyez CEnvEAU.
CERVICAL, ALK. nHj. Terme d'Anatomic.
(.lui appartient au cmt. Muscle cervical. Glandes
cervicales. Ncrji cervicau-c.
CERVOLSE.s.f. lîoisson faite avec du grain
ot des herbes. La bière est une espèce de ccr-
voise. Il n'est gm'ir en usage qu'en parlant De
quelques breuvages des Anciens.
CES
CÉSARIENNE, f OPÉRATION) adj. Km.
Terme de Chirur;^ic. C'est une opération par le
moyen de lacjnellc on tire l'enfant du corps de
la mère, en faisant une, incision au-dessous du
nombril, à côté de la H;;ne blanche, ou du
muscle droit, ouvrant le péritoine, et ensuite la
matrice.
Ceux qui sont nés de la sorte , s'appellent
en Latin, Cœsares ou Cœsones, mots qui vien-
nent à cœso matris utero.
CKSSANT, ANTIC. ndj. Qui cesse. Tous
empéc/iemens cessans. Toutes choses cessantes.
Toutes atfhires cessantes. Il ne s'emploie que
dans ces sortes de plirases.
r,l'.SS\TION. s. r. Interraission , disconti-
miation. Cessation d'armes, cessation d'hosti-
lités. Cessation de poursuites. Cessation de
commerce. Cessation de travail^ etc.
CESSE. 8. f. Mot devant lequel on ne met
jamais l'articlv.ct qui n'est guère d'usage qu'rn
cette phrase, 5ans cesse. Tl signifie, Toujours,
continuellement. Parler sans cesse. Travailler
sans cesse.
On dit familièrem. , y'avoir voint de cesse ,
pour dire, Ne cesser point. 71 n'aura point de
cesse ijue vous ne lui ayez lionne' ce ipi'il dc-
uiande. Il n'a ni repos ni cesse.
CESSER, v.n. IJiscontinuer. C&'ser de vivre.
Cesser de parler. Cesser d'agir. Il ne cesse de
pleurer. Sa fièvre est cessée. La qoutte a cessé
de le tourmenter. H a cessé de pleuvoir. Il est
quelquefois actif au même sens. Cessez i>oi
plainteSy cessez vos cr'i^ cessez vos poursuites^
cessez votre travail.
Cessé, is. participe.
CESSIBLE, adj. des •>. g. Qui peut être cédé.
Le droit de retrait fcodal est cessible. Le droit
de retrait lianaqer n'est pas cessible.
CESSION, s. f. Transport, démissinii. l'aire
cuâon de son droit.
On dit. Faire cession de hiens, ou simple-
ment. Paire cession ^ pour dire, Aiiandonner
ses bilans à ses créanciers en Tcrtu des Lettres
du Prince, pour avoir la lilv^rté de sa personne.
CESSIONNAJBE. adj. des 2 g. Celui, celle
i|ui accepte une cession , un transport. Il aait
tn (jHuUlc de cessionnaire. Jl est cessionnairei/\^ Quand on place Chacun avant le r(!j;ime du
•les droits d'un tel. verl« , on emploie Leur après chacun. Ils ont
GHA
Cessionnaihe, se dit au«si De celu^ ^i? n
fait cession de ses bieos en Justice
C'EST FAIT, C'en est fait. Voycs Fait,
participe.
GESTE, s. m. Espèce de gantelet garni ih
fer ou de plomb, 'dont les ;incicns Athlètes se
servoient dnns les combats du Pu;;ilat. Il y a
ihtus Virgile une helle (hsciiplioii du cumbut
(lu Cc.<itc.
I.cs Mytliolo;;istcfi ont aussi donne le noci
de Ccste il la ceinture de Vénus.
Ci'.SIJRE. s. fi'ni. Rpjios qui, dai-- le vers
AlexiHidnn, rst marqué après la sixième syl-
lal)e, et ap!<s la qnaîrit-me dans le vers de dix
syllabes. // faut prendre fjarde aux césures.
CET
CET. Voyez Ce.
CÉTACE, EE. adj. Terme didactique, qui
fie dit Dca grands poissons. Les animaux cé-
tacés tirent leur nom de celui de Baleine en
Latin.
On le fait substantif, Les Cétacés. La Ba-
leine est du Retire des cétacés, un des plui
Grands cétacés.
CÉTÉRAG ou DORADILLA. s. m. Planta
capillaire. Elle croit en France, mais la meil-
leure se tire de l'Amérique. Elle est regardée
comme un excellent remède dans les maladies
des reins et de la vessie.
CH A
CHABLIS, s. m. Bois abattus dans les forôls
par le veut.
CHABOr. s. m. Espèce de poisson qui a h
tête plus grosse que le reste du corjjs.
CHACO>NE. s. f. Air de symphonie, dont
la basse est d'un certain nombre de notes qui
se répètent toujours, et siu" lesquelles on fait
difîerens couplets. /I afaitunechaconne. Jouer
une chaeonne.
On appelle Chaeonne chantante^ Des paroles
faites sur l'air de la cbaconne.
Il signifie aussi Une d.-nso sur un air ^e
chaeonne. Danser la chaeonne. Ce Maître à
danser lui a montré la chaeonne.
CHACUN, UNE. Pronom dîstrib.sans plnr.
Chaquf personne, chaque chose. Chacun di
nour. Chacun sent son mal. Chacun pour soi.
Chacun avait sa chacune. Ils ont payé chacun
leur écot. Lonez ces voyageurs chacun à part.
Chacun en son particulier. Rendre à chacun
ce (pii lui appartient. Toutes les Dames du
hal étoient fort parées, et chacune avoit une
parure diiTtrentc. On trouva dans chacun de
ces tiroirs, etc. Il faut remettre ces livres-là
chacun à sa place. Chacun se gouverne à sa
mode. ,
CnACi;pJ,se prend aussi collectivement, et
on dit, Chacun en parle, chacun en raisonne,
chacun s'en plaint.
On dit proverbial., Chacun le sien n'est
pas trop, pour dire, qu'il vaI juste que chacun
ait ce qui lui appaiticiit.
CHA
apporté cnacun leur offrande. Ils ont rempli
s chacun leur devoir.
■i Quand on ne place Chacun qnaprè:: le ré-
tame, on emploie son y sa, ses après chacun.
Ils ont apporté des offrandes au Temple, cha-
cun selon ses moyens^ su dévotion,
CHArOUm. IIVE. s. Qui est maigr«, de
petite taille, et qui h. la mine basse. Petit cha-
fnuiu. Petite chafouine. Il est du style funilier.
Il est aussi adjectif. Mine chafouine. Air
chafouin.
CHAGRIN, s. m. Peine, affliction, déplaisir.
Chagrin cuisant. Grand chagrin. Noir chaorin.
Chagrin mortel. Avoir du channn. Apprendre
avec chagrin. Vivre dans le chagrin. Miné par
le chitgrin. Rongé par le chagrin. 3Jo»rir de
chagrin. Exempt, délivré de tout chagrin. Sans
chagrin. Les chagrins ahrègent la vie. Passer
ha a
K07I ciiaqnn.
Du
ipe\
T son chaqrin dans le vin.
Chagiun, signifie aussi quelquefois Colère,
dépit. La moindre, contradiction excite son
chagriti.
Il est aussi adjectif, et signifie, Mélanco-
lique, triste, de fâcheuse, de mauvaise humeur.
Il est si chagrin depuis quelgue temps , qu'on ne
le rcconnoft plus. Il a Vesprif. chagrin., l'dmc,
Ihumcur chagrine. Il est né clutgrin. Il est
naturellement chagrin. Air chagrin.
CHAGRIN. 8. m. Espèce de cuir fait ordi-
nairement de peau de mulet on d'.ine. Livre
couvert de chagrin. Etui de chagrin.
On dit d'Une fenuTie qui a la peau nide,
gu'Eile a une veait de chaqrm.
f;HA(;RïNANT, ANTE. adj. Qui chagrîae.
Cela est chagrinant. Cet humwc-là est htËn
chagrinant.
CnACKINTiR. r. a. Attrister, rendre cbagruk
Sa maladie le chagrine. Cela me chagritK,
Quel plaisir prenez-vous à le chagriner.'* Je
n'ai pas eu intention de vous chagriimr.
On dit aussi : Il se chagrine àc tout. Il n.
faut pas se chagriner.
CiiAoniNÉ, ÉE. participe. Peau chatjrinée.
CHAÎNE, s. f. Espèce de lien composé d'ac^
ncaux cntn'Iacés Icsunsdans les autres. C/mÎ7i£
de f-r. Chaîne d'or. Chaîne d^ argent. Lachatm
d^unc montre. Une montre à chaîne. Tendre
les chaînes dans les rues. La chaîne du pcri.
Tenir un chien à la chaîne.
On appelle Chaîne de diamans,lJne chaîne
garnie de diamans.
On dit. Une chaîne de montagnes, S^Une
e.uilc de montagnes; et Une chaîne d'étangs.
De plusieurs étangs qui comnumi'pu'nt l'un k
l'autre et se suivent.
Chaîne, sif'uifie aussi Continuité. Cela forme
une chaîne d^occupations où d n'y a pas un
7noi»ent de perdu.
On dit figurcm. La chaîne des idées, pour.
Leur suite. La chaîne de mes idées est rompue.
Chaîne, signifie quelquefois La peine des
galères. On le racheta, on le tira de la chaîtic.
En ce sens on dit, Mettre à la c/iûlfkr, pour
dire. Envoyer aux galères. Tous ceux </«'on
trouva dans ce j'aisseau corsaire, furent nus à
la chaîne.
CHA
Il signifie aussi loule la troupe dcsciluiinela
condamnes aux galères. La chaîne n'est pus en-
cart partie.
Chaî^, sif^iifîe figûrcment et pociîqup-
iScnt, servitude, cnptîvil(i. Ces peuples ont
rompu leurs ehatues, et se sont mis en lihertc.
Cet amant se pîult dans ses chaînes. Il aime
MI chaîne. Il a brisé ses chaînes. Traîna" sa
eLaine,
On dît aussi, mettre a \a cfiaine, pour dire
shoftlemenE, encliaîner, mettre aux fers.
On dit encore en sljle de dérotion, les chai-
•w» du péché.
On appelle en matière de bâtiment, c/iafne.
«ne espèce de pilier de pierre de taille qui
oïtre dans la construction d'un mur, cl qui
'•ert à le fortiiier et îi le lier.
On appelle chaîne, les fils tendus sur les
deux rouleaux d'un métier pour faire de I;i
IœIc ou de l'étoffe. La chatne de cette étoffe est
Qfi filt ci la trame île soie.
On appelle huissier à la c/inîne, de I<i chaî-
ne y les huissiers du Conseil du roi .parce qu'ils
pulent au cou une chaîne d*or où tst la mé-
daiite du roi.
CnAÎNElTE. 9. f. Petite chaîne. La chai-
wettc d'une bride. La chaînette d'une montic.
CHAINON, s. m. Anneaa d'une chaîne.
Celte chaîne s'est rompue , il y a deuxou trois
dLiÎMom; de perdus.
CHAIR, s. f. Substance molle et sanj*uiue |
qiri est entre la peau etlesosderonimal. CWr
vu'tf, chair morte, ehair ferme. As'oir un couj
d'epee dans les chairs. Avoir la chair bonne.
On guérit aisément les ble^^sures qui ne sont
que dans les chaifs. Avoii' la chair mauvaise.
CHA
CHA>
2 I .'j.
CiiAin, se dit aussi en parlant des personnes, On dît, qu'on met une chaire de professeur
' ^ur siguilicr simplement la peau. Ainsi on dit, -'^itu concours, pour dire, qu'on la donnera j
qu'une personne a la chair douce^ rudcy hlan- i cel
Ceux oui ont la chair mauvaise sont dijjxcde^
à ijuérir. Sa plaie va bien, les chaiis commeti^
cejrt à re^'cnir. Le corps d'un tel Saint est en
chair et en os dans celte Êqîi>e.
Ou appelle chairs bat^eusc5,les chairs 8|>or.-
gfcuses dune plaie qui ne va pas bit-n.
On dit d'un cheval qui < se eu bon état, et
qnt a la chair {crmCf qu'il at bien en ehair.
On dit aussi d'uu homm^ qui reprend de
l'onbonpoint , qu'/t est en chaii'.
On dit d'une femme qui a de la fraîcheor,
qa*e(/e a la chair fraîche.
CuAin, en Icrme de l'Ecriture -Sainte, si-
(;iri6e l'humanité , la nature humiiinc , un
corps humain ; et dans ce mus on dît : Le
Verbe' s'c#l fût cJiair. />j réMurrection de la
c/i air.
CuAiit , signifie encore dans lo lani^.K'.e àv
rECTi[urc,rhomniO tertvstro et animal , oppose
A l'homme spirituel éclaire par la Foi. Ecoutti^
la chair et le »aitq. ,
Cji Ain, signifie nussî la conciipiscciire. Doits
ce sens no dit, que le monde , le diable et U.
c^ir sont les ennemis de notre salut. Mort if &•
ta cfiair . Mater sa chair. Macérer sa chair.
Vaiguillun de U chair. La chair se révolte
contre l'esprit. L'e^init «1 pompt et la chair
«lit fiîble. Les ;:.i7.iefjc*, les iiifrmitcs de la
chaii. En ce sou» on appelli' !c \h'c}ii': d'inipu-
re^^ Icpèci'é d-. lo chair.
person
chc , noire, e(<:. ,pour dire, qu'elle a la pean
douce, rude, blanche, noire, etc.
On appelle couleur de chair , certaine cou-
leur rouge pâle, qui approche de la couleur de
la chair de l'Iiomme.
Chair, considérée comme aliment, se dit
quelquefois aussi-bien des poissons que des
animaux terrestres et des oiseaux. Et c'est dans
cette acception qu'on dit,qu*un biochet a la
chair ferme ou molle.
Il se dit aussi des fruits. La chair de la pè-
che. La chair du frelon, etc.
Il se dit plus ordinair. des animaux terres-
tres et dci oiseaux. Un morceau dechair. Chair
de lœuf ., chair de .nouton , chaw ro'ïie, chair
bouillie, chair dure, chair tends- e^ chair arisse^
chair mai'nrc, chaîr coriace^ chair courtCj
chair lonquej chair siilee, chair fr.ntche. El
c'est en ce sens qu'on dit, qu'on ne mange
point de chaire en Carême,
Ou appelle chair blanche, la chair des cha-
pons, des poulardes, des dindons, etc; et c/; air
noij-e, celle des lièvres , des bécasses, etc.
On dit proverbialement et figurémïnt d'un
Iionime dont le caractère n'est pas décidé, ou
qui flofte par faiblisse entre deux partis, qu'il
n'est ni chair ni poisson.
On dit populairement, en menaçant quel-
qu'un, qu'on le liachcra menu comme chair à
pâté.
On appelle Ggurément et familier. , Masse
de chair, (jrosse masi^c de chair, un-' personnr
. TiTt ijrosse, pesante et dénuée d'esprit.
CHAIRE, s. f. Espèce de tribune un peu
élevée et en saillie, surmontée d'une sorte de
dais ou l)aldaquin pour abattre la voix, d'où
an prédicateur annonce la parole de Dieu. On
appelle aussi c/mîre, une autre espace de tri-
bune plus simple, ou le professeur donne des
leçons publiques. On donne encore le nom de
redire au siéf-e qu'un Evéque a dans son église
rathéJrale au haut du rhoeiu*,etquiestun fau-
icuil. I/Evéfjue étant dans sa chaire donna la
bénédiction ait peuple. Dès que le jjrédicateur
: fut en chaire. Le pro/csscur cttint en chaire.
Monter en chaire, descendre de chaire.
On appelle la chaire où l'on proche , L.i
chaire de i/erité; et I'imi apjx-lle l'éloquence (/<
la chaii e^ l'éloquence qui convient à la prédi-
ration. On dît d'un homme qui a le t'ileni d t
préf^er, qu'ii a du talent pour la chaire\ cl.
qu'on a interdit la chaire à un prédicateur.
pour dire, qu'on lui a défl-ndu de prêcher.
Ch.mue. mi figuré, se dit du bn-^e aposto-
lique : cl c'est diins ce sens qu'on dit, la chaux
Ayostoliqne. Le Pape eU assis dans la ahairi
de Saint Pierre .
CiiAinE.ïO dît figorcment de la charge d'un
pr'tfcsseur public. Le roi donne les chaires n.s
Prof:sseurs loyattx. Chaire de Droit, dep/.i-
losophie. de Mathématique.^ ;chaije dlléhrci ,
chaired't,'.opience^ chaire du collénc Royuî.
Etie nomme à une chaire.
ui qui sera jugé le plus di-^ne, le plus habile.
On oppelait à Rome, c/iaiVe Curulc, uu'j
chaise d'ivoire, sur laquelle siégeaient les prin-
cipaux magistrats de la république.
CHAISE, s. f. Siège qui a un dos , et quel-
quefois des bras. Chaise de bois, de paille, iU
reïours, de tapisserie. Chaise à bras, chaise de
jardin. Donnez une chaise à Monsieur. Prenez
une chaise.
Ch.mse de CHoenn. Voyez Stalik.
CiiAisE, est aussi un siège où l'on se met
pour faire ses besoins n'ilimîls; et on l'ap^jcllc
orclimirement, chaise percée. Chaise de com-
mcdifé. Aller à la chaise.
On appelle aussi chaise, une espèce de î-ié-
ge fermé e. couvert, dans lequel on se fait por-
ter par deux hommes. Chaise de place, chaire
à porteurs j chaise de particulier. H se fait
porter en chaise. Il va en chaise. Porteur de
cl aise.
On appelle aussi chaise, une sorte de voi-
ture légère h deux ou à quatre roues, traînée
par un ou par deux clievaui; une petite voi-
lure pour une on pour deux personnes. Mon-
ter dans sa chaist. Descendre de ta chaise.
Chaise de poste.
CIL4LAND, AîS'DE. s. U so dit de ceux qui
achètent ordinairement chez tin même mar-
chand. Bon chaland. Un marcJiand quiabeait-
coup de chalands. Il a force chalands. C'est
un de SCS chalands. Ç '^st une de ses chalandes.
Il a perdu ses chaiaiuts. Sa chulands Vont
quitté.
U se prend quelquefois simplement poui
acheteur. Faire venir, attirer les chalands. Un
nouveau chaland.
CHALANn,se dit aussi (fun bateau plat,
dont on s<,' sert pour transporter les marcljan-
dises. Un chaland char(^é dti f^in.
On appelle pain chaland, une >orte dt* mot
pain assez, blnnc et fort massif; et eu ce sens
chaland est adjectif.
CHAI^ODISE. s. f. Habitude d'acheter
chez un marchand. Vous êtes trop cher, luiis
n^aurez pas ma chalandise. Il est vieux.
Il se dit aussi de ceux à qui un marchand a
accoutumé de débiter ses marchandises, âct
pratiques qui achètent ordinairement chez lui.
Vn marchand qui a de bonnes chalandises. Il
a perdu la plupart de ses chalandiscs. U csl
V icux.
CHAL-VSTIQUE. adj. des a g. ( On prt^tn.
ca dans ce mot et les quatre suivans.) Il se dit
des médicamens qui rt'lJcIient les fiiires.
CHALCri'L. s. m. Minéral qui tient de Tn-
rain.
CHALCOGRAPHE. «.m. Graveuven airaki.
U se dit aussi de tous graveurs sur méuux.
CHALCOliHAPHUi:. s. f. L'art de graver
sur l'airain, ou sur les autre* métaux.
C'est aussi à Rome le nom de l'imprimene
du Pape, où se publient scê Ordonnance*. La
Chalcoqraphie Apostolique.
CH.ÀXD.UQUE. «dj. des a g. Qui appir.
îifi CHA
tient aux CliaUloens, aucieas peuples de Ba-
bylone. On dit, La Langue Chaldai(jM, ou
Le Chaldéen , pour signifier Ln Longue de ces
peuples, qui est ronnue des Savons.
CÎI/U,Et"R.s.f.Oualitc decccjuiestcliauH.
Chalmr uclucUe, uirluclle. Chaleur naturelle.
Chaleur étrangère. Chaleur e-vccssive, insup-
fortable , tempérée. Dijfr.rens deijrés de chaleur.
La chaleur du (eu. La chaleur du soleil. Les
ciialeurs de l'été. Durant les grandes chaleurs.
Chaleur élauff.utte. La chaleur de la fiévrc.
Chaleur de /bic. Chaleur d'cnlraiUes. Cela
t-îaiiit la chaleur naturelle. Tempérer la chaleur.
Clwhnr de style. Chaleur d'élaqueuce. Ecrira
ai-vc chaleur. Parler avec chaleur. Prendre avea
•■!:.:L-ur l'intérêt de se^ aniis. Prendre une affn iri
. ajcc beaucoup de cituleur.
<Jn appelle Êguréniciit Chaleur de joie, Vu
niquvenient de eolire ipiqjnjit et passpjjcr. Ç'esl
■uiicpeti{e chaleur de j'aie. f\,lui prit mtii^cha-
,leiW:de ^.fhie. ,,;. , ,.;, ,,., '; ^ '■
OnditfigurémeuljDaiii la chakur du coni-
but^daiis la tihid^ur .'de la Mspute , dans la
-.chaloir de 1(1 con\posififin , pour dire, Au fort
du oennbal 1 au fort de la dispute, au fort de la
cnoipositioin. i .
;,C!«Ai,E«K, sigoifc fiau-Téin. Grande affec-
tion, zèle VL-Knit-nt, ardeur. Ji ^ert ses amii
ovec chaleur, il munire beaucoup de cliaieur à
-poursuivre celle ajjinre. Il s'y porte avec cha-
r Jei«r. Ji y vicl, il y apporte trop de chaleur.
■ Ou dit Des :femelle5 de certain» animaux,
'iw'KUes sont ç» chaleur, pour dire, nu'Ellci
soi)l en aniout , qu'ellis appC:f.ut le rtiile.CelId
cawile, cette chienui: est en chaleur. Laisse^
jîosser lu cJialeur de celtç chienne.
, CHALEUREUX, EUSE. adj. Qui a beau-
coup de chaleur naturelle. Il ne se dit, que Des
personnes, et il n'est guère en usage. A l'dge de
soixante et dix ans, on n'est guère chaleureux.
Plusieurs disent C/ialoureux , conune de dou-
leur on dit douloureiu:.
CHALTBÉ, ÉE. adj. (On prononce Calibé.)
Il se dit en Chimie Des préparations oii il entre
de l'acier. Tarire chaV.bé. Eau chalibéc.
CH.itlT. ». m. Bois de lit. C/iiilil de bois de
noyer. Le châlit est rompu. Chdlil de fer. Il
v,i,e(Uit.
CH.AlX>tR. V, n. 11 ne s'emploie qu'à i iui-
(.ersoanel, et il ne se dit guère que dans celte
phrase. Il ne m'en chaut, pour dire, Il ne
m'importe. H est vieux.
CHALOS s, masc. Granrl filet que les pf;-
clients traincut dans les rivièivs, par le moyen^
de deux bateaux, au bout (lesquels les (x'itdsdii
Blel sont attachés.
CHALOUPE, s. f. Sorte de petit bâtinieni
dont on se sert sur mer. Clialoiipc d'un ifiis.
teaf dejjuare. Chaloupe tic pêcheur. Chnlon/t
urmée. Descendit la chaloupe en mer. Milirt
lu chaloupe à loiino'. H$: Uitnuvérantdft'tf une
chaloupe, •< ,■' . . . ,. .,,,,. i
CHALUMEAU, subst. masc. Tuyau de
pnille, de roseau, elc.jf.ei en/iwis font des bon-
CHA
sang de J.C. dans leCalice avec un c/iulunieai(
d'or.
CHAtCMEAU , se dit eii Poésie , De toutes
sortes de flûtes et iustrumens à vent qui com-
posent une musique champêtre. Au son des
chalumeaux.
CUAM.VDE. subst. f. Signal que les assiégé»
donnent avec la trompette ou le tambour, ou
en arborant un. drapeau blanc, pour demandejr
à capituler. Battre la chamade. Répondre à
une chamade. Labréche étant faite, les assiégés
'lialtirerit la chamade-
Cn.VMAU.LER. V. 11. Il ne se dit propre-
ment qu'en parlant d'Uue émeute où plusieurs
personnes se Italtent confusément, et avec
grand lirait. /Is c/iiimiiil/èi-cnl long- temps. Il
n'est t^ue du style familier.
Il est quelquefois actif avec le pronom per-
sonnel. Ils se chamaillèrent deux heures du-
rant. Nous nous chamaillerons comme 'il faut.
Il signifie figurément , Disputer, contestef
avec beaucoup de bruit. Ils se chamaillèrent
une heure durant.
CH.4.MAILHS.- subst. masc. Mêlée , combat
nù l'un cliamaiUe. Durant le chamaillis.
Voilà un grand clianuiillis. Il est du styiè
familier.
CIIA.'HABRER. v. act. Onict un habit, un
meuble, de passemens, de deiilellcs, de ga-
lons, de bandes de velours, etc. Chamarrer une
lasaque. Chamarrer un habit. Chamarrer un
torps de jupe. Chamarrer un nieuliiij de galons
for, le cliamarrer I-nt plein que «iàfi.
■Jn dit, CliniiuiiTer quelg'i'un de ridicules,
pour dire, Le charger, le couvrir de ridicules.
r.HAMAiinÉ, ÉE. participe.
CHAMARRURE, s. f. Manière de chamar-
(cr. Glmiiuinui-e à ondes, en bracelets, à bd-
\ons rompus.
Il se dit auiisi Des galons, des dentelles, etc.
iJont on chamarre. La chamarrure de cet habit
coilte tant. Lu c/iaiiiarrurc csl (rès-ricie.
CHAMBELLAGE. s. m. Terme de Jurispru-
dence. Droit eu argent que doivent certains
Vassaux à leurs Seigneurs.
CUAMBELLA>'. s. masc. On appelle ainsi
chez quelques Princes, les Gealilshommes qui
les seivent dans la chambre, eu l'absence du
premier Geutilhomnic de la chambre.
Chez le Roi on ùpijellf Grand Chambellan,
■e premier Officier -If la ;liambrc du Roi, et
^ le sert prcférablemcnt a-ix premiers Gen-
tilshominui. QiuiuJ le Roi tient son lit de Jus-
lice, le Grand Chainbellan est à ses pieds. Un
tel Seigneur cjt pourvu de la charge de Grand
Clium&clluN,
Chamdellan , se disnit aussi d'Une des ta-
bles que le Roi tenoit pour les Courtisans, qui
étoit autrefois tenue par le Grand ChimbcUun.
Aller dîner au Chambellan.
CILV.MBOURIN. s. m. Espèce de pierre qui
sert i faire des verres qu'on appelle Verres de
cristal.
CII.VMBRANLE. f. m. Ornement de menui-
leillcs de savon avec un chalumeau. Quand le jA série ou de pierre, qui borde les cotes des
Pape cjmmunie «olennellemenl , il prend le porte», des fenêtres et das cheminées. Cliarii-
CHA
traiile de menuiserie, chambranle âe pierre,
chambranle de marbre, etc.
CHAMBRE, s. f U se dit De la plupart des
pièces d'une maison, et principalement de celle
oîi l'on couche. Chambre à couche)'. Belle
chambre. Chambre de parade. Chambre bonne
et cliaude. Chambre parguetée , lumiirisséc ,
boisée , planchéiée , carrelée. Chambre haute.
Chambre basse. Première, seconde, troisième
chambre. Chambre en galetas. Il loge à telle
chambre. Il y a tant de chambres à jeu dnii::
cette maison. Chambre vide. Chambre meublée..
Chambre fort exhaussée. Chambre à louer.
Chambre garnie. Hervir a la chambre. Valet
de chambrù. Femme de chambre. Meubles de
chambre. Robe de chambre. Pot de chambre.
On dit. Garder lu cliumbrc, pour din:, Êtir
indisposé à ne pouvoir sortir de sa chambi'e.
Ou appelle dans les .Monastères , C'iii"»i''e
noire. Une chambre qui n'est point èciairéa,
ou l'on enferme ceux que l'on met en pénr-
lence , et où 1 ou fait auisj des iretiaitea voloi-
taires-
On dit figurénient et proverbialement d'Un
liorame qui est un peu fou. qui a des visions,
qu'il a bien des chambres vides dans sa télé.
On dit d'Un artisan, d'tm ouvrier, qu'/l
travaille en cliumbrc, pour dire, qu'il ne tien^
pas boutique.
Ou dit, Mettre une fille en chambre, pour
dire , Louer des meubles , une cliambre , (mur
une fille qu'on entretient. U se dit aussi d Vf.
-.oiiinie que l'on obsède pour le fai.-c louc ••
le tromper au jeu. ils sont quatre ou ciyg '/a
le tiennent en chambre, et liù gagiunt tout son
argent.
La Cbambiœ, prise absoliuuent, signifie 1j>
chambre du Roi. Piemier Gentilhomme de la
Chambre. Pages de la Chambre. Hui&sur de la
Chambre. Musique de la Chambre.
La CHiVJiBRE, signifie aussi les Officiera «le
la chambre du Roi. Lu Chambre est entrée.
Avoir les entrées de la Chambre, c'esl-à-<lire ,
.ivoir le privilège d entrer avec les Officiers de
la Chambre.
On appelle yiaitre de Chambre, Eè premier
officier de la maison du Pape, ou d'un CardiuaL
Le« Corps des Parlcmens sont partagés e-
plusieurs Cliambres. La Grand'Chambre. Ln
Chambres des Enquêtes, des Requêtes. Assem-
bler les Chambres. Assemblée de Chambres. !::
la chambre qui tient durant les vacances, t'ap-
pelle Clicimlire fies Vacations.
Les Députes aux États généraux de Ftanre
étoient partages en trois C.hauibres : La Cluini-
bre du Clergé, la Chambre de la Noblesse et
lu Cliumlire du Tiers-Etal.
On appeloit autrefuLs Chambres de l'Edit.
Des Chambres ([ue le Koi avoit établies dans
quelques Parlcmens, et qui étoieul composi'îev
de Conseillers Catlioliques. et de (kaueillets n-
la Religion prctendue Réformée.
Dans le Parlement d'Angleterre , il y a l.i
Cliamlirc haute, ou lu Cliamlre des Pairs, do
\ Lords, des Seigneurs; la Chamlre basse, ou
la Cliumiire de; Comoiunei.
CHA
Chambre des Comptes, Cour supérieure
ëtalilie pour exaniinrr et juger les comptes de
ceux qui ont ni.mio les deniers du Roi. Décla-
ration vérifiée en lu Chambre des Comptes.
Chambre ApostouQI'e. Tril)un;il, Juriilii-
ÎWïn qui connoit des revenus de l'tlat Ecclc'
sitjtique, et qui en a Tadministralion. Tréso-
rier de la Chambre. Juditenr de la Chambre
Apoitolique. Ecus d'or de la Chambre.
CiuvBnE EccLFSiA^îTiQLE. C'est ainsi qu'on
appelle un Tribunal où l'on connoit des affaires
i]ui ont rapport aux Dccîmes. Chambre Eccîc-
siastifjite de Paris.
CHAMBnE iMTÉniALE. Tribunal de l'Empire,
o<i se jugent les iiflàiies des difit-rens Etats d'Aï-
lenin^nc, et par appel cellts des pailiculiers.
La Chambre Impériale etoit autrefois à Spire^
el elle est aujourd'hui à Welzlar,
Chambde de JV.STICE, OU Chambre ardenle,
^toit Une assemblée de Juges commis pour
counoilre des malversiiiions de ceux qui avoictit
manie les deniers publics, et de quelques autre»
aflbires qui leur sont renToyérs.
Cha-mbre, se dit aussi De plusieurs Bureaux
où l'on traite ccrtaints affaires.
La CuAMBnL' aix deniers , est le lîurcau
oh l'on règle tout ce qui regarde la dépens-' de
bouche de la Maison du Roi. Maître de la
Chavihre au.r deniers.
CiiAMBBE D't';»E suîfE. Lcndroit da la mine
bù l'on met la poudre.
CnAMBîiE. dans un canon^ dans une cloche.
K^ flir iVV^ ville nui s'y **sl fait ;'i la fonte. lor*;-
que Ta matière n'a pas coulé égalemenr p.irtoui.
/( fiut refondre cette cloche, te canon, para
^li'ii y a une chambre.
On appelle aussi Chambre, dans un mor-
tier, dans un canon. Certain espace ovale
qu'on pratique en les fondant, et où l'on niel
la poudre pour lui donner plus de force.
Chambre obscube, en termes d'Optique,
«Ht Une espèce de boite, dans laquelle, par Ifl
moyen de veiTts disposés d'une certaine façon,
on voit ce qui se passe au dehors.
CHAMBRÉE, s. f. Ceriûin nombre de sol-
dats q»..! logent nu campent cl mangent ensem-
ble. Les chambiées tont ordinairement de ciua
soldats.
Chambrée . se dit aussi, h l'Opora et à U
Comédie , De la quantité des spectateurs cl
ou produit de la recelte. Bonne, f'oible cham'
bi-è*.
CHA.MBRELAN. s. m. On appelle ainsi Lej
ouvriers qui travaillent eu chambre , parc«
qu'ils ne sont pas maîtres.
Il le dit aussi d'Un locaiairr qni n'occupe
qu'une chambre dans une mai^un. Il est pr>.
piilaire.
CFIAMDJIER. T. neutre. Être dans la m*nie
dianibnSc. Ces dcitr soldats chambrent en-
êemble.
CHAMDBEn, est auaai actif. On dit , Cham-
lier (jHclf^u*iiH, pour dire, I/i tenir enfernrc
pAr une urtr de violence ou de séduction.
Il Mrditauasi pom-. Tirer quelqu'un à l'êrari .
tenttcteiùr m pi,fli. iilier. On Vm chambré pen-
Tijuic L
CHA
dant deux heures^ sans rien qaqner sur son
csj'rit. U est familier.
finAMBuÉ, KE. participe.
CH A:\IBH K'ITE. siibsf. féiin'n. Diminutif de
rhanibre. FAle se tient rcnfi^rmée dans sa petite
chamhrettc. Il est du stvle familier.
CIIAMD1UI:K. s. m. c'est un certain Officier
claustral dans quelques Monastères rentes, et
dans quelques Chapitres.
GjiA>D CH.WiBfiiEn » etoit ;iulrefuis un des
Grands Officiers de la Couronne 'de France,
qui avoit l'inli ndance de la Chambre du Roi,
etc. La charqe de Grand Chambria- était héré-
ditaire dans la Maison de Bourbon. On appelle
aussi fainilltrement Crtind Chunibrier, Vu Cou-
scilh r de Graiul'Chanibre.
CKA.MBIUÉRE. s. f. Servante de personnes
dt; petite tundition. Chambrière (fin cherche
condition,
II signifie aussi dans les Académies où l'on
montre à monter à cheval , Un bâton de trois
DU quatre pieds de longueur, au bout duipicl
est alticlu'e une courroie, une longe de cnir
pour chilier les clievuux. U.n coup de cham-
brière.
CHA:VIE ou CAME. s. f. Nom générique de
coquillage, qui conqircnd plusieurs espaces,
telles que les IlammctlcSj les lavignons, les pa-
lourdes, etc.
Cn.VMEAU. s. m. Anim:il haut de jambes,
qui n leçon fort long, la tête petite, les oreilles
rourles, et une espèce de bosse sur le dos.
C/i(»iwe/u* d' Arabie. Dat.s le Levant on se sert
heaueouj> d-e chameaux.
CHAMELIER, s. maso. C'est celui qui a la
conduite des Chameaux, et qui a soin de les
nourrir.
CHAMOIS, s. m. Espèce de chtvre sauvage
qui vit dans les rochers et dans les montagnes.
// tua, il prit deue chamois. Chamois mâle.
Chamois femelle.
Il se dit ordinairement De la peau de cet
Rnuual corroyée et passée en huile, l^oiirpoint,
ramtsoîc, calei^on, nants de chamois.
CHAMOISERIE. s. f. Lieu où l'on prépare
les peaux de Chamois.
(JJAMUISEUR. s. m. Ouvrier qui préparc
les jvaux de Chamois.
CHAMP, s. masr. Étendue yîècc de terre
IaI>o;trable , qui d'ordinaire n e». ^'os fermée de
Diurailles. Champ jcrtile, champ stérile, cha,np
de tant d'arpent, etc. Labourer, ciiltiVer, fu-
mer, semer, moissonner un champ. Au bout du
champ. Le décîmateur prend la dlme dans /d
champ. Ju milieu d'un champ.
On dit. En plein champ, pour dlic, Loin
âc toute fa.'JjitakioD. Passer la nuit en plein
champ.
Champ, «c dit eassi De l'étendue qu'embrasse
une lunette d ipprochc. Cette lunette a trop peu
l'.e champ.
CnAMP, signifie figurc'ment. Sujet, mati^Tc,
quelquefois occasion. On lui a donné , on lui a
ouvert un beau champ pour ncnuérir de la
nloire. Il a un beau champ pour paroitre.
Vcilà un beau ch^mp pour étaler son élwuence.
CHA 217
îon érudition. Le champ de V honneur. Le champ
de Mars.
Champs, au pluriel, signifie, Toutes sortei
de terres, tant labourables que prés, bois,
hruyères, etc. pris tout cnseraljle. .Vciier le*
t'uc/iea, les brebis auv champs. Il ne fuit guère
bon aux champs par ce temps -là. A travers
champs.
On dit proverbialement d l'n Lomuc qui
est bien fou, quTI est fou à courir les champs;
el fi.;urément d'Un homme qui veut échapper
par difTércns discours h une question pressanli',
qu'/I se sauve à travers champs.
On appelle Z,e5C')<imp5 2*!ïysees, lesC/ianins
Elysiens ou Elyséens, Des lieux agréables, ou
les Poètes feignent qu'ctoient reçues après lu
mort les Ames des Héros justes.
Ch.^mts, se dit auisi De tous les lieux qui
ne sont point dans les villes ou dans les fau-
bourgs. Maison des champs. Il demeure au'
champs. Il est allé aiLC champs.
On dit d'Un homme qui loge h l'extrémici
d'un faul)ourg,ou qui logo dans une maison d«
la ville où il y a un grand jiirdin, qu'iï est
aux champs et à la ville.
On dit, Battre aux champs, pour dire,
Battre le tamlM>ur pour se mettre eu marche.
On battoit aux champs pour aller relever la
(jarde. La qarde du Louvre bat aux champ»
(juand le Roi ou la Beine sort ou rentre.
On dit aussi, qu'Où bat aux champs, pour
dire, que L'armée se met en marche.
On dit fïgurement et familièrement De quel-
qu'un qui 9e fTiche ou qui s'inquii-le aisément i
qu'Un rien le met aux champs y qu'j/ $e met
aux champs pour la 7ïio;ndre mitose.
On dit familièrement , ^l'otr la clef dts
champs, pour dire, Avoir la liberté daller ou
l'on veut. On dit dans le même sens, Donner
la clef des champs, prendre la clef des champs.
On dit aussi proverbia'cment , Avoir un cell
aux champs, et Vautre à la \<ille, pour dire,
Prendre garde h tout.
Champ de Bataille, au singulier, se dit De
la place ou combattent deux armées. // est de-
meuré maître du champ de bataille. Le champ
de bataille lui est dtmcuré. Il a couché mr le
champ de batudlc.
On dit figurément, qu't/n homme a hten
pris son champ de bataille, pour dire, qu'il a
pris ses avantages pour réussir en qnelqnu
chose.
On dit figurément d'Un homme ^ qui t'a.,
vantage est demeure dans une dispute, et qui
a réduit sou adversaire îi ct'der ou à ne rien
dire , que Le champ de bataille lui est de-
meuré.
On Qppcloit Champ clos. Va lieu enfermé
de l>arrières. dans lequel deux ou plusieurs
personnes vidoïent autrefois leurs différeiis pur
les armes, avec la penniision du Prince ou tki
Magistrat. Se hdt(rc en champ clos. El on di-
soil, l'rcndte du champ, pour dire, Ouvrir \e
ch'imp libre & des rivaux de gloire, laisser us
champ libre pour mieux fournir ta carrière.
U <c dit BUsM en parlant l)9ê tour.K^ii. ^<
a3
uS
C H A
CHA
CHA
tournoi se fit en c/mmw rlus.Cn dit ni-anmoins,
Le ju(je du aimp, non pas il» champ.
CnAMi-, signifie aussi figurémcnt, t'n fond
sur Uquel on piinl , on grave , on représente
queltiuc cliosc. Le champ d'un tahlcuu , d'une
médaille, d'un écusson.le rhamp de ce luhhiiu
est trop clair. Les armes de France sont trois
fleurs de lis d'or eu champ d'azur.
On dit, -Vcllic de champ, posa- de champ,
des briques , des pierres , des solives , pour
dire, les nief.rc, les poser sur la face la moins
lar;;e.
On appelle en Jleianiqnc, Tîoiie de champ.
Celle qui est horizontale, cl dont les dents sonl
pcrpenùieulaires.
Suii-Ln-CIIA.>:P. Faipon de parler advrrliiale.
Snr l'heiuc niènie, sans délai. Cela fut vide
.tur-k-chan.f,. On l'arièta sur-le-champ. Prê-
cher, harsnji:v,parlei- sw-le-champ, pour
dire. Sans préparalion, ou d'abondance.
À TOUT DOUï DE cuAnii'. Adverbial. \ cl.a-
quc moment, à tout propos. 7! rclonibc dam
la mime faute à charjue bout de champ, à tout
lont de champ. Il est du style familier.
CII.VMPAGNE. Dans le style familier, on
l'emploie subslantivement par ellipse, pour.
Du vin de Cliampagne. Ils ont hu d'excellent
Chaniparjnc, du Champaijnc mousseu.r.
CIIAJII'ART. s. m. Droit que les Seigneurs
de Fief ont en quelques lieu.-c, de lever une
certaine quantité de gerbes sur les terres qui
sont en leur censive. Celle terre ne doit ni
dlnie, ni cliamparl,
<:IIA:\IPARTEH. v. a. Exercer le droit d»
rhampart. Champarlcr un champ.
r.HAMPAUTÉ, ÉE. participe.
C.HAMl'AUTEUK. s. m. CeUii qui lève le
champart nu nom du Seî^nciu'.
f;!IAMl'EAU.\. snbsl. masc. plur. Pn's ,
prairies.
CriAMPÊ'I'RR ndj. des 2 genres. Oui ap-
partient aux champs, écarté, cloisné des villes
et des aulres habilalions. Maison, lieu cham-
pêtre. Vie champêtre. Musique champêtre.
I.cs Païens appel. lient Dicur champêtres, ri
Divïnités cJtiimpêtres, I.cs Divinités qui pré-i-
Jnient aux biens de la terre, cl qui élcient pai-
liculitTement adorées aux champs.
CIIAIMPI. s. maso. Sorte ie papier propre
pour les ehissis.
CHAMPIGNON, s. masc. F.spècc de plante
spon;;ieusc qui vient sans racines, et qui croît
en Irès-peu de temps en certains tciTains et à
quelques arbres. Champignons bous à maïKjcr.
La pluie douce fait venir Us champitjnons.Plal
de champi'jnons. Hanoûl, sauce aiuc cliiimpi-
nnons. I*oud.e de champignons. Champignons
i>é:têneu.v.
Ou appelle aussi C/uiinpirtfJon, Certain bou-
ton qui se forme au lumigfiou i^'une Iwiig'e,
d'une chandelle, ou 'a une mèche qui brûle.
On appelle encore Champignons , Certaines
excroissances de cliair sixiiigieuscs qui se for-
iiieut dans les plaies cl dans quelques pallies
du eoips.
On dit provciblalcmcnl d'Un homme qu'
s'est élevé en peu de temps, qu'il est ve::u en CTASCEUÈRE. s. f. La femme du Chan-
unc nnil coninic un champignon. ^ celier.
CII.'VMPION. s. va. Celui qui combatïoit c"
cli.'unp clos pour sa qtierelle, ou pour la que-
relle d'autrui. Brave, vaillant ch.ampion.Ceux
(jui ne pouvoieiit pas combaltje de leurs per-
sonnes, comme les vieillards, les estropiés, les
î''.cclésiastitjues, les Dames, lournissoier,t au-
trefois des champions. Il s'offrit à cette Danu
wou;' ^Irc son champion.
On dît par extension Champion, au sens de
néfL-nscur. Cet homme est le cliampiou dci
mauvaises causes. Il s'est fuit le cluimpiun dei
/iucier:s.
On dit par raillerie . d'Un homme qu'on e.s-
linic peu vaillant, ([n-; C'est un vaillant cham-
pion
CFIANCE. s. f. Sorte de jeu de dés. Jouer <'i
la chance.
i\ se prend aussi pour hc point qu'on livrr
à celui v-ontre lequel on joue aux dés, et poui
Helui qu'on se livre i soi-même. LÛTCj'c/nincc.
.■ïmeuer sa chance.
On dit fi^^urément, Livrer chance l'C queh
qii'u'i, pour dire, I.e défier, le pro\oquer à li
liispuic.
Chakce, se dit aussi figurément Des evéne-
mens probables qui naissent d'un ordre dî
choses. Il y a beaucoup de chances possibles.
Cette chance est la plus probable; cette autil
est difficile. Calculer les chances. Courir U
chance. Se mettre à couvert de toute chance,
De tout hasard.
On c'it proveil/ialenicnt, Conîe;' za chance
pour dire. Conter ses mali^eurs, ses déplaisirs,
ses aventures. Il vint me conter sa chance.
CHANCEI.. s. m. Voyei Caxcix.
Cil ANC!;i,ANT, AKTE. adj. Qui chancelle.
Je le vis chancelant. JUcr d'un pas c/iiince.
-'uni. Démarche chancelante.
On dit aussi rgurément, Esprit cliancelaut.
fortune chancelante, pour dire, Un esprit irré-
solu une fortune mal assmée.
CHANCELER, v. u. Être peu fcnne sur se:
pieds, sur son assiette, pencher de ciilé fl
d'autre, comme si on alloit tondirr. /( chan
celle comme un homme ine. Il est pics de tam-
hcr, il chancelle.
Il se dit (Igmément dans les choses morales,
et signifia, IN'èlre pas ferme, n'ftre pas assuré.
H varie, il chancelle dans ses réponses, dam
SCS résolutions, dans sa foi, dans ses opinions.
Un trône'rjui chancelle. Sa fortune chancelle.
CHANCELIER, s. m. Craud OSicier de la
Couronne, cl t^hcf de la Justice en Fiance.
Chancelicj' de France. Les Reines et los l'iU de
France o:jI aussi leurs Clianceliei-s.
Dans quchpies Ordres Alililaires, il y a des
Chancelieis. LcC/iniiccIr'ia- de l'Ordre dcMahc.
Le Chancelier de l'Ordre du Saint-Esprit.
CiiANCCMEn, dans los Kgliscs Calliédralcs,
est une ccrLiinc dignité.
Il y a aussi dans les Universités un Chance
lier, qui conU're les d^gréa,
Oii appelle aussi Chancelier, en plusieurs i
Cousnlals, Ceh;i qui a le sceau. r
CHASCELiinF.,se dit aussi d'Une pilite caisse
de bois garnie de peau d ours, qui sert a mel'.re
les pieds pendant l'iiiver.
CIIANCELLEMENT. s. m. Mouvement de
ce qui penche de côlé et d'autre, et qui menace
de tondxT. Je m'aperçus de son chanccllemeut
et je le soutins.
CHANCELLERIE, s. f. Sotl« de Tribunal
où l'on scelle les Lettres avec le sceau du Prince.
La grande Chancellerie, oii le Chancelier scella
avec le grand sceau; Petite Chancellerie, dans
les l'arlemcns, où un Maître des Rcqnéies, ou
autre Officier commis pour celle fonction, scelle
avec le petit sceau. OJicier de la Chancellerie.
Il vous ftut des Lettres de la grande Chancel-
lerie. Des Lettres expédiées en Chancellerie.
F.n styl'. de Chancellerie. C'cjt un ancien
Secrétaire du Roi gui entend bien la Chancel-
lerie.
On dit aussi, La Chancellerie de Rome,
[mur signifier fys expéditions qui se font à ht
t;hnuccHcric de Rome. Règles de Chancellerie.
11 si;.;iiiûc aussi La maison dcsiinée jïour le
[chancelier. Z*«"C/ni/icc!ferie Je Parts, de Ver-
sailles. La Chancellerie de Fontainebleau, etc.
Il a été à 1(1 C/i<incc!!cM'e faire sceller une grâce.
On appelle aussi C/iuiiecJ!crie dans les Par-
lemens. Le lieu où l'on scelle des I/!llres avec
le petit sceau.
On .pppclle aussi La Chancellerie de l'Vniver-
si.'é, I.e lieu où l'on scelle les LeUies de .Mailic •':!
.Arts, de Docteur, etc.
CUAiVCEU.\,EUSE.adi.Çuicslen.-|iance,
qui est en bonheur. Il a eu le gros lut de '.^
loterie, il est chanceujc. Je ne suis pus si chan-
ceux gue cela. Il est populaire.
On dit ironiquement, Voihi nn homme bien
chanceux, poui' dire, que C'est nu homiuu'
malheureux, et cnlre les mains duquel rien ne
léussit.
CUANCIR. V. n. Moisir. U ne se dit guère
lue Des choses qui se mangent, connue des
ronfilurcs, des piltés, des jambons, cic. Cet
îonfitures commeficcnt à chancir.
On dit aussi : Des conf tares gui se chaii-
lisscjit. Un pâté gui co'mmence à se chancir.
Chasci, ie. participe. l'ain chanci.
CaANCI5SURE. s. f. Moisissure. Oter la
chancissure de dessus un pdte.
C;HANCRE. s. m. Espèce d'ulcère itinliu ,
ijui ronge la partie du corps sur laquelle il s'est
liirnié. Chancre simple, sccrhiitiguc , véitérim.
Il a le l'isage ronge par un chancre.
On dit figurément cl [«pulairemeiH , qu't "
homme mange comme un chancre, i>our diie,
iju'll in.-:nge execssivemrnl.
CliiASCivE, signifie aussi Gei laine pustule,
certaine élcvure, que la chaleur d'une lièvre
ard-jnlc, ouauliec;ai:.e.!'ail venir.snr la langue,
au palais, auxlèvits. /( a la langue toute coii-
' verte de c'wncrej. Il a un chancre à la Icvre.
Eu termes de Jardinage, C^uincrc, rH aussi
Une maladie qui survient aux aibres, d qui
les ronge. Ccl mbrc-lù a un :hancre.
CHA
CIïANCRnUX, KUSi:. ailj. Çui lient de la
m'.IÎgiiitû du clinncrj. Ulcère chancrcux.' Bosse
chancicuse. Aihrc chuncrettx.
CHANDELEUR, s. f. I-ti ftlc de h Prcscrr
t itiou de >i»irc-St:i5neur nu Tcnn>le, cl de h
PurifiCiilioiide IiVîcii;e, ainsi uouuïu'c, à cause
«jue ce jour-IJ il se fait une Procession ou touï
ïi" monde porte des cliandelles dé cire, ou des
cierges. Avant la Chundcleia', La f:tc de hi
ChandAeur.
CHANOKLIEK. subsl. masc. Artisan qui
fjil ou vead de lu cL.iiidelle. Maître Chan
dMer.
CÏIANDF.URR. s. m. Sorte d'ustensile qui
«;'rt à mettre de la c!iandcl!c, de la bougie ou
des cJcrj'cs. Chandelier d*ctuin , de cuivre^
d'arqeiit. Grand cliandclicr. Chandelier à plu-
sieurs hranches. Chandelier d^Ê(]l:si'*
On donne aussi l'j nom de Chandelier de crî^-
ial^ u ce qu'on ;i[n>flle auliemcnï Un lustre.
On dit en tcnncs de l'Éaiture, qu7/ ne faut
"point mettre la lumière sous le boisseau j mais
sur le chandelier^ a^n (ju'cife éclaire toute la
maison. ^
On dit, Être placé sw te chandelier, être
sur le chandelier, pour dire, Étie en vue, oc-
cu|>er une place cmiueute, principalcnicnldans
l'Église.
CIIANOELI.K. s. f. Petit flaniheau de snîf
©u de cire; et il se dit plus conuiuncmeut De
U cliandetic de suif. Grosse chandelle. Chan-
delle des quatre, des huit y des douze à la l.vre.
C\and^'lle- de veille. Chandelle hcnite. Allumer
f.i chandelle. Moucher la chandelle. Eteindjc
la chandeV.e. Souffla- la chaiidelle. Se hrùler
que de la chandelle. Travailler à la chandelle.
Jl s^est éteint comme une chandelle. Kxcom-
vmnier à chandelles éteintes. A djuqe.- une ferme
i\ chandelle éteinte. Un pap'.^^n qui se brûle à
la chandelle.
On dit figurcment et proverbialement, par
al'tusion au papillon, qu'Ln homme se brûle à
ta cliandelle, pour dire, qu'il tombe dans un
d in^er vers lequel il est attiré; et. qu'l/ri
homme vient se brûler à la chandelle, ptoiu
dire, qu'il se confie h ceux dont il dcvroit se
dùficr, qti'il clu-rclie un asile dans le lîeit où il
y a le plus de d irger pour lui.
On dit fi^un-nient cl proverbial. À chaque
Saint sa c/um/t/Zc, pour dire, qu'il faut icndre
dfi devoirs, des soin» h cliaoune des persoDoes
do;it on peut avoir l)csoin.
On dit fi^urûment cl pmvcrbij'rment, d'Un
IifUiuiic qui est échappé d'un gmnd pcnl,qu7l
doit une belle chandelle à Dieu; cl d*Un
Imnini; qui te ménage entre deux partis op-
pKs^'s, qu7ï rforinc une chandelle à DiVu, et
une au diable.
On dit. quT^i homme est mcnaqer de bouts
de chandelles, iwurdire, ([u'Il est êmnonie
tn de i>ctitc3 clioscs, ne l'ctant pus dans les plus
iiu]>ttrtanu-s.
On dil d'Uitr rliose qui coAte plixs qu'rlle
ne vaut, que L< ji'u n'en vaut pas la chan-
delle.
Ou ilit d'Un ! omine «juî nnurl ir.seatîblr-
CÎIÂ
ment et d.: \ ieillcs^e , qu'/I sVn va comme une
chundellej que c'est w.ie chandelle {jui s'éteint.
On dit d'Un Iiomnie qui a un grand éblouis-
sement d'yeux causé par un coup, un beurl,
une cîiulCj ^u'/i a vu tîes chandelles, mille
chandelles.
On dît d'Un mena;;e où le mari et la femme
font l'unet l'autre beaucoup de dépense, qu'O'i
V brûle la chandelle par les deux bouts. Ou dit
nussi d'Un lioninie qui fait en niC>nie temps
plusieurs dépenses niul A propos, m qui fait à
la fois des excès de genres diirérens,qa7! brûle
la chandelle par les deux hauts.
On dit aussi, La chandelle hrûlcy pour
dire, I-c temps presse.
On dit d'Un: femme, qu'Elit* est hede à la
chandelle, pour faire cnleudre que Sa beauté
uc soutient pas le giniul )our.
On rqipelle Chandelle des Rois, Une cban-
Jelle ou bougie qui est peinte de diîTérentcs
couleurs, cl qu'il est d'usage en qncljurs lîuu.x
de brûler le jour des Kois. Kt on dit p.)pulaire-
meut d'Un Jjabït bîgirré de plusieurs cou-
Icui'S, qu7l est bariolé comme la chandelle
des Rois.
CHA>TRE1>*. s. m. Partie de la télc du
rbeval qui est cuire les soui-cils depuis ks
oreilles jusqu'au uez. Ou iippeloit ainsi autre-
fois La pièce de fer qui couvroit le devant de li
l(;tc diin cheval armé. El de 15 vient qu'où ap-
pelle maintenant C/iun^Gt'in, Le devant de la
tête du clicval non armé. Un cheval (jul a U
chanfrein blanc.
CnAN(JE. s. m. Troc dune cliosc conlie
une autre. Ce mot n'est gui'rre d usage en ce sens
que d;;ns les phrases suîvuuies : GaQuer au
change. Perdre au channe.
Change, est aussi Le lieu où l'on va chan-
ger des pièces de monnoie pour d'autres, comme
des louis d'or pour de l'argent blauc , etc. Aller
au change.
Change, signifie aussi Banque, la profc;*-
sîon de celui qui fait tenir, qui fuit renieltre dit
l'argent d'une Ville h une autre, de placj en
place. Fuï're le change. La ilace du change.
Courtier, Agent de change. Lettres de chanqc.
Billet de change. Payer comme au change,
pour dire. Pajcr sur-lc-clianip.
11 signifie aussi La place nitnic ou s'assem-
blent les Banquiers pour traiter de leurs alTau es.
Il signifie encore Le prix que le Banquier
prend pour Targcnt qu il fait remeltre. Le
change d'ici à Rome, d'ici à Amsterdam , est
de IjiiK poiir cent. Ce change est gros^est fort.
Le change a augmente. Le change est o:i pair.
Il signifie au»si Le profil, l'intért^t de l'ar-
gent qu'on prête selon le cours de la place.
Prendre à change.
Chance, terme de Vénerie qui n est g-iirc
d'usage que dans ces pliroses: Prendre le change.
Carder le change. Donner le change.
On dit, que Des chiens prennent le change,
Lors'm'ils qui:tent la hèu qu'ils cbassciit,
pour courir une autre bOic de rr-ncontrc. Ou
dit, que Des ch'ens gardent U change. Lurs-
qu'>i>i lieu de s'rniportcr npi^ une iiou\c!U: |
CHA ..n
bcte, ils cootinucut toujours à chasser la pre-
mière bJte qui a été lancée. Ou dil, qu'Une
bête donne le change, Lorsque durant 1b chasse
cRe fait lever une autre bête, dont les chietis
suivent la voie.
On dit figurcmcnt, Donner le change à quel-
qu'un , pour dire, Détourner adroilemenl quel-
qu'un du dessein et de-s vues qu'il peut avoir,
en lui donnant lieu de cro're une chose pour
une autre. Et on dit De celui qui se laisse ainsi
ironiper, ou par ignorance, ou par simplicilù,
qu7ï prend le c/nin^c, qu'il a pris le change.
Ondilaussi, (fiiUn homme prend le channe^
Lorsque, dans une dispute, dans un lalsoune-
ment, dans la négociation d'une alfiiirc*, il sort
do son sujet , pour s'aUacber îi des choses dont
il n'est point qucsiion.
On dit proverbialcmeul cl ligurément, d'Un
homme qui répond vivement et ingénieusement
îi une plaisanterie, h. une objection que quel-
qu'un lui faisoit, qu'// lui a rendu le change.
CHANGEANT, ANTE. adj. Va;iable,mua-
ble, qui change facilem'int. Voilà un temps
bien changeant. Une nation fort changeante.
Humeur changeante. Esprit changeant.
On appelle Couleur changeante, Une con-
Icui; qui change selon les diiréientes exposi-
licjns , comme la gorge d un pigeon. Taffijas
changeant, est celui qui paroil de dinTérentes
couleurs, parce que la trame est d'une couleur,
et la chaîne d'une autre.
CH\>'GEMiiNT. .s. ni. Mutation, ronver-
sii;n, action de changer. ^ 'ra^wc^meri'rDlriix ^
continuel changement. Tout a^t su)cl au chan*
gement. Changement de saison. Changement
de vie , de conduite. Changement d'état , de.
condition. Changement dans la nature, dans
les affixires y dans le gouvernement. Change-
ment de thétitrej de scène. A imer le changement.
CHANGER, v. act. Quitter une chose, s'en
défaire pour en prendre une autre h la place.
// a changé sa vieille vaisselle pour de la neuve.
Il a changé ses tableau.t contre des meubles.
Changer un louis pour de Vargent blanc, pour
de la monnoie. Je ne vetLC pas changer avec
lui. On a changé l'ordre. Ne nous changez pat
notre l'in. Il a changé son bien de nature. Il a
changé tout son plan. Il a changé toute sa
maison.
On dit piovcrbialcmcDt et figuréni., Chatu
ger son cheval borgne contre un aveugle, pour
dire, Changer une chose qui n'est pas b*>nuc
contre une plus mauvaise.
Changeii, signifie nussi, Convertir, trani-
muer une chose en une autre. Dans le Sacre-
ment de VEucharistie^ le Pain est change au
Corps de yotre-Scigneur. Aux noces de t'una,
JÉ-^-cs-CnniST changea TeiiU en vin. La femme
de Loth fut changée en une statue de sel. Ce
Chimiste se vante de pouvoir chonger toutes
sortes de métaux ea or.
Il est aussi neuti-e ; et alors il signifie, Qui) ter
une chose |>our une autre, comme dans le pre-
mier »ens. H se dit tnnl au figuré qu an pntpir,
ri il ne s'emploie qu'avrc la prt'[)«>bit!on De.
Changer d'hchit, de chemise ^ de logis, de ré-
a«.
220 C H A
solution, d'avis, de place ^ â'air ^ de po)s.
Changer de vie. Changer de Maître. Changer
<fc Itinquge. Il u changé de couleur. Il a chiingc ^
de vistiqc. Changer de façon dt faire. Changer
de conduite. Changer de parti. Changer de ton.
Oii dlU, Changer en bien, cJtanger en mal^
changer en beau. On dit aussi , Changer du
tout au tout, ou du hlanc an noir, pour,
Clianj-cr absolument. !
Oq dit fi-iiréni. , Changer de hatterie , pour
dire, Clianf^cr de moyens dans une aflâire.
Voyez BATTEnir. '
O» dit proverbîalcm. et figiircm., Changer '
de note, pour dire, Changer de façon de lairc
ou de parler. }
Il se met quclipicfois alisolument. Le tcmpt
va changer, il fait du brouillard. Il dégèlera
$i îe vent change. La mode a changé. Rien
u'cit stable en ce monde, tout change. 1
On rtuiiploie aussi absolument, pour-dire,'
Changer de linge, dans le cas ou l'on eloil ■
mouille par la pluie ou la sueur. Je suis rentri
chez moi pour changer. Ce malade a assci
transpiré, ïl est temps de le chanqer. Il faul •.
changer cet enfant. I
Changé, ke. paiticipc. Cet cnftnt a éti
changé en nourrice. |
On dit, qu7'n homme est changé, bien
changé, changé à ne pas le reconiiottrc , poui
dire , (ju'U a le visrif:;e bien cliati-îe , soit pal
IVige, soit par la maladie, ou qu'il a chang*
entièrement de mœurs et de conduite.
CHANCKIIR. s. m. Celui qui est prcpos<
en titie d'office pour cb.-inger les espèces d'oi
o'i d'argent.' PoiU'r des monnoics étrangères an
Changeur.
On dit qu't/n homme paye comme un chati-
geur , pour dire, qu'il paye con)ptint.
CHANOINE, s. m. Celui qui possède un
Canonicat dans une Église Cathédrale ou Col-
légiale. Chanoine de Notre-Dame de Paris.
Chanoine de St. Honoré.
On appelle Chanoines Réguliers, Des Clia-
noincs qui font des vœux de Religion, et qui
vivent en communauté. Les Chanoines Régu-
liers de St. Augustin, de Sle. Geneviève, du
Prémontré.
On dit figurt'mcnl , l\îcncr une vie de Cha-
noine, pour dirCj ÎMcner une vie douce el
tranquille.
CHANOINFvSSK. s. f. Fille (pii possède une
Prcbcnde dans un (Chapitre de l'illcs. Chanoi-
ncsscde N ivelle ^ de M auheuge , de Hcmircmont.
Chanoinessc de Mons.
CHANOINIE. 8. f. Canonicat. Posséder une
Chanoinie. Conférer une Chanoinic, Il est de
peu d'usage,
CHANSON, s. f. Genre de Poésie. Vers que
l'on chante sur quelque air. Chanson nouvelle.
Vieille chanson. Chanson nmonreuse. Chanson
à danser. Danser atur chanwns. Chanson à
boire on chanson hachirpie. Faire unechanson.
Vn couplet de chatisnn. Le refrain d'une chan-
ton. lYoIer une chanson. Composer une chan-
son. On a ftitdes chanf;ons sur lui. Il met tout
en chanson. Dire, chanter une chanson.
CHA
Chasson , signifie figurément , Sornette ,
discours, ou raison friTole. Tout ce qu^il vous '
dit là est une chanson. ïl nous conte des chan-
sons. Chansons gue tout cela.
On dil figurénirntcl proA erbîalement , d'Un
liomme qui dit toujours la même ehose, qu'//
n'a quune chanson, qu'il ne sait (juune chan-
son, quM dit toujours la même chanson, que
c'est toujours la même chanson.
Ou dit proverbialeincnt , C'est la chanron
du ricochet , pour dire , C'est toujours la
même réponse, le même discours. Il est po-
pulaire.
On dit. Voilà bien une autre chanson , pour
dire, Voilà une nouvelle chose ^ laquelle on ne
s'atlendoit pas. Il est familier.
CHANSONNER. v. act. Faire (les chanrons
contre quelqu'un.
ra\NS0NNÉ , ÉE. participe. Il a été hen
chnnsonné. Femme chansonnée.
CHANSONNETTE, s. f. diminutif. Petite
chanson. Vnetendre chansonnette. Il se dil par
opposition aux airs graves et sérieux, et pani-
culitrement Des chansons tendres et de celles
des lîergeis.
CHANSONNIER , 1ERE, subst. Faiseur
ou fjiseusc de «hansous. Terme qui n'est
d'usage que dan* le style familier. Les bons
chatisoniiiers sont rares. C'est un arand c/iun-
sonnz'cr.
Chansonniep, se dit aussi d'Un recueil de
rhansons.
CHANT, s. mnsc. f-'-levriiion et inflexion de
voix sur différeus tons, avec moduhiiiou. Beau
chant. Chant agréable, harmonieux^ mélo-
dieux. Chant triste, lugubre. Chant d'allé-
gresse. Chant de triomplte. Ckant nuptial.
Chant pastoral. iMetlre un air en chant. îî o
fuit les paroles, un autre a fait le chant. Ce
n*est pas là le chant. Sur le chant de....
On appelle P/(iin-c?ianI, ou Chant Grégo-
rien, et Chant d'Eglise, Le chant ordinaire de
l'Église, dont St. Grégoire est regardé comme
rinstilutcnr.
On dil d'tTn morceau de musique, qu'/I n'a
joint de chant el d\igré<nent, pour dire, qu'il
manque de mélodie. Cette ouverture- là n\i
yvint de chant.
Chant, se dit aussi Du ramage des oiseaux.
Le chant du rossignol, du s:rin, de l'aluuetle.,
Pic. Le chant du Cytjne est consacré par les
Poêles.
On dit Du dernier ouvrage d'un homme cé-
lèbre, quand cet ouvrage est bon, C'est le
chant du Cygne.
Il se dit encore Du cri du coq. Au premier .
au second chant du coq.
Chant, se dit aussi Du cri de la cigale.
Oïl dit figurément, Un chant de Sirène ,
pour. Un l.nngage trompeur.
(;nA>T RovAU On appeloir ainsi autrefois.
Une sorte de Poëme de six strophes d'onze vers
cliacune, et où l'ouxitme vers de In premli-re
strophe éioit répété à la fin de tontes le» autres.
En parlant Des Poëmes l'piques Italiens e(
EspagnoU, on appelle Chant, Ce que ilans
CHA
les autres Poëmes on a accoutumt.^ d'appeler
Livre. Ainsi en parlant De la Jérusalem du
Tassf, on dit, Le premier chanta le .second
chant. On le dit aussi Des Poèmes François. Le
premier ehant du J-.iitrin.
CHANTANT, ANTE. adject. Qui se chante
aisément. Air chantant. Musique chantante.
On dit d'Une Langue fort accentuée , dont
la prosodie a quelque chose de musical ,
qu'E/ic est chantante, qu'elle a quelque chose
de chantant.
CHANTE AU. suhst.m. Morceau coupé d'un
grand pain. Un qros chanteaii de pain.
On appelle Chanteau de pain bénit, ou ab-
solument Chanteau, Le morceau de pain bënît
quon envoie à celui qui doit rendre le pain
ôtinit la FtHe ou le Dimanche suivant.
On appelle aussi Chanteau, Un morceau
d'étoile coupe d'une plus grande pièce. Ce
manteau a été coupé en plein dfup, il n*y a
point de chanteau. Les chanteaux d'une robe,
d'une .sowfanc.
CHANTEPLEURE. s. f. .^orle d'entonnoir
qui a un long tuyau percé de plusieurs troui
par le bout d'eu bas, pour faire couler du vin
ou quelque autre liqueur dans un muid de vii»,
sans le tioublcr.
On appelle aussi Chantcpleure , Une fente
qu'on pratiqiae dans des murs pour laisser
écouler les eaux,
CHANTER, v. a. Former avec la voix une
suite de sons variés, selon les règles de la mu-
sique. Chanter bien. Chanter juste, agr€nhU~
meut, passablement. Chanter à pleine vorc.
Chanter fau.v. Chanter à basse note. Il nlloU
chantitiit par les chemins. Chanter la Grand'-
Vesse. Chanter Vhvangile. Chanter Vêpres, etc.
Chanter en musique. C hanta' en fiujc-bonrdon.
Chanter un motef. Chanter un air. Chanta' une
chanson. Chanter le dessu!:^ la basse, etc. Chan-
ter en concert. Chanter seul. Chanter au Lutrin.
-V (litre à chauler.
Oo dît, C'itinter à Uvrc ouvo-t, pour dire,
Chanter ù la première inspection des notes, un
air qu'o«i n'avoit jamais vu.
Chanteh , se dit aussi Des oiseaux et de la
rij;ale. L'alouette a chanté. Le coq a chanté. La
ciffale chante.
Le-s Poètes, i)rinci]ialemeiit dans les poënifs
Épiques, disent ({u'Ils chantent; cl ils coni-
niencentd'ordinalre leurs poèmes par ces mots :
.Je chante.
CiiANTEn, signifie aussi Publier, célébrer,
Ttmt le monde chante vos louanges. Chantu
la gloire, chanter les hauts faits d'un Héros.
On dit figurément, Il ne faut pas se hûter
de chanter victoire, pour dire, Se vaitter trop
tôt du succts.
(^n dit qu'f/ii homme c?ianlc, Quand i!
récite, déclame ou lit dune manière qui n'est
[LIS naturelle, et qui approche du chant. Ce
Comédien, ce Prédicateur chante.
Chanter injures, chanter ponilles , chanter
qoquetlcs à quelqu'un, C'est lui dire des in-
inres, lui dire des choses oflcnsantrs. Ces phrasci
fout du stvic fdntilicr.
C H A
Cndlt iiiissi, Je lui ai bien chanté xa gamm^,
pour dire. Jo lui ai fait de furtcs n'pninaiidfs,
je lui ai bien dit ses vcrités.
On dit. Chanter la palinodie, pour dire, Se
retraiter, si- d»'dire de re qu'on avoit avanré.
CHANTKn, m rcilaines plirases du style fa-
milier, sigiiiiic Dire. Ainsi on dit, Voyons ce
que ce Livre, ce que cet Auteur chante, pour
dire, Voyons de quoi ce IJvre-là traite. Il
chante toujours la même chose^ pour dire. Il
répète toujours la nif'ine cliosc.
On dit familiôrenieut , Faire chanter quel-
qu'un sur un autre ton, po'irdire, Lui faire chan-
ger de langage, il faut qu'il chante sur un autre
ton^ pour dire, Il faut qu'il en o.Trc davantaf^e,
qu'il en donne davantage.
On Hit qu'On a fait, qu'on fera chanter un
nomme, pour dire, <ju'Ou l'a réduit, qu'on h
réduira à la raison.
On dit provcrlualenient et figiu-cment À un
Iiomme qui dit quelque chose qu'on n'approuvu
pas, qu'on ne trouve pas à propos, C'est bien
chanté • miis cola ne se dit que par moquerie.
On appelle Vain à chanter. Une sorte de
pain rond irf-s-mince, sins levain, dont on se
icrt pour crichrer la Mosse.
<Jh app -110 aussi Pain à chanter ^ Une sorte
de petit pain hianc, rou^e ou noir, ou d'autres
coid urs, avec lequel on cachette les lettres.
Cii\NTK, ÉE. participe.
CH.\>'rt:ni:LLE. s. f. La corde 'd'un luth,
d'un violon, etc. qui est la plus déliée, et qui •
Ir son le plus ni;;". Mettre uiic chanterelle.
Hausser la chanterelle. Baisser la chanterelle^
La chanterelle s*est rompue.
On appelle aussi Chanlerelley Vn oiseau que
l'on met dans une cage au milieu d'un bois on
d'une campaj^ne, afin que par son chant il at-
tire les autres oiseaux dans les filets qu'on a
tendus pour les prendre. La c/iuntcrcï/e a attirt
beaucoup A'oiseau r.
CIIAMEIR, EUSE. s. Qui fait m.iier de
chanter. Les chanteurs, les chanteuses de l'O-
^yéra. Les chanteurs du PontSeuf. C'est une
excellente chanteuse,
(CHANTIER, s. m. (îrande pince où l'on
arrange, ou l'on entasse des piles de ^ros boii
à brûler, ou d«' clrarpintc, ou de charronnagr.
Les chantias sont pleins, on ne manquera pat
de hois. Ce Marchand de bois a son chantier
très-bien qarni.
On oppelle r/i<iriticr d\itelier. Le lieu où
l'on dccbargf le l»ois ou la pierre, pour les Ira-
v«i||r.r, afin qu'on puisse les employer h un
b.'uimcnL Les pierres sont au chantier. Le boi$
est en chantier.
Il se dit aussi Des pièces de l>ois sur quoi
on pmo des muids de vin ou d'autre liqueur
dan» le cellier, dms la cave. Mettre du vin en
chantier. Il a tanldepiéces devin en chantier^
sur \e chantier.
On dit, Mettre une pièce de bois en cïion-
tier, pour dire T*a poser, la mettre eu étal
d'ùlre travailUe. Et on dit d'L'n vaisseau que
Ion ron^lruii. qu // est sur le chantier.
On dit (igurcnWDt et familiiTciucnt d'L'u
CHA
Ouvrage de T.ilt.-'iaturc ou d'Art, .'lUquel on
travaille, qu7i est sur le chantier.
CHANTIG.NOLE. s. -f. Pièce de bt>i» qui
fioutient les pannes d'une charpente.
CHANTOURNÉ, s. m. Pièce dun lit, q.il
est de bois bien tr.ivaille, ou couvert d'uloÛc,
et qui se met entre le dossier et le chevet. Ce
chantourné est bien fait,
CHANTOURNER, v. a. Couper en dehors
une pièce de bois, de fer ou de ploml), suivant
un profil.
CHA.^ToriiNf': , tE. participe.
CHaNTRE. s. m. Celui dont la four'.ion est
de chanter dans l'Ilglise au Service Divin. Xi >
a de bons Chantres en telle K^jlisc. Les Chantres
de Notre-Damef de la Sainte -Chapelle. Les
Chantres de la Musique du Roi.
CHANTnE,est aussi Une dignité dans le Cha-
pitre d'une Éj^lise Cathédrale ou Colléf'ialc, et
dens quelques Monastères; et celui qui en est
rov'-'tu est le !\!aiire du Chœur, et j)réside an
ihant. Le Grand Chantre. Le Chantre di
^'otre-Diime. Bdton de Chantre.
CnANrnE, se dit fif^iuénieut et pocllque-
tncut d'Un Po te. Ainsi on dit, Le Chantre de
\a Thrace, pour dire, Orphée; Le Chanttt
Théhain^ pour dire, Pindarc.
On appelle aussi fi^uréjuent et poctiquc*
ment Les Rossignols et les autres oise.iux, Lei
Chantres des hois.
CRANTRERIK. s. f. ïîcnéfice, dl,:^nîtd iU
Chantre dans une Église Cathédrale ou Collé-
giale. La Chantrcric d'une telle i^^/ise. La
C/innfreric d'un CbajnUe.
CHANVRE, s. m. Plante tpii porte le chè- f
ïevis , et dont l'ccorce sert ^ faire de la filasse.
Chanvre niiSlc. Chanvre femelle. Cueillir dii.
^haiivre. Faire rouir le chanvre. Tiller du
ihanvre. Broyer du chanvre.
Il se dit aussi pailiculièrcmcnt De la filassî
ic chanvre. Du fil de chanvre. De la tuile dt
îhanvre,
Chanvue BATAnn. Vo;)'C3 Gali':opsis.
CHAOS, s. m. ( On ne prononce point l'H.]
ronfusion de toutes choses. H se dit ai propre,
De l'état où toutes choses étoienl duis l'ins-
Iruit de 11 création, avant que Dieu Iw eût ar-
rangées dans l'ordre ou elles sont.
Il se dit figurjuient De toute sorte de con-
fusion. Ses alJiiircs sont dans un chaos épou-
vantable. Sa Bibliothèque est unchaos. Sa tcti
est u'i chaos.
CHAPiC. «. f. Vêtement a'Église en forme
de manteau, qui s'agrafe par-devant, et va
jusqu'aux talons, et cjue portent l'Évèque, le
Prêtre OflTicianl, les Chantres, etc. durant le
Service Divin. Chape de drap d'or, de satin,
de damas. Chape en broderie. Les Chantra
qui portent chape. Il avoit la chape. L'Arche-
vêque vint recevoir le Roi en chape et en mitre.
Il se dit aussi De l'habil que portent les C ir-
dinaux, qui a un captice doublii d'herniine.
Chape rouife. Chape violette. Chape noire.
Il se dit aussi De ce grand manteau de drap
nu de serge, que les Ch.uioincs »<'"CuIicrs et ré-
guliers pottcnt auchcL'Ur dur>U)t Ihiver.
CHA 331
On dii fif-urénient et proverbial., Di'spiiler,
se débattre de lu chape à VÉvéque, pour dirv,
Disputer à qui opparticndi-a une chose qui
n'est et ne peut cire J pas an de ceux qui se la
disputent.
On dit proverbial. , C/ierc/ier c/uipc-c/jufe,
pour dire, Clierclier occasion de profiler dt la
négligence ou du malheur de quelqu'un.
Ou dit dans le m«5me sens, Trouver chape-
chute ; ce qui vient de ce qu'autrefois Chaje
siguifiolt un manteau. Aujourd'hui on dit plus
communément, C/icrc/icr c/iupe-c/iufe;el Trou-
ver c/id/jc-c/iute, pour dire, Trouver quelqu"!
chose de désagréable, h la place de ce quon
cherchoit d'avantageux.
Chape, se dit aussi Du couvercle d'un alam-
bic. 3/cItrc lu chape sur Valamhic, En ce sens
l'a de chape est bref, au lieu que la pronon-
ciation eu est longnc, en parlant de la cbaije
d'un Evèque.
Cuape est aussi La partie de la boucle par
laquelle elle licr.t au soulier ou à la ceinture.
Chape, Le bout des mitaines des fenunes,
ce qui couvre le dos des doigts de la main.
Chape de poulie. En Horlogerie, La mon-
ture d'uuc ou plusicui^ poulies.
CHAFÉ. adj. TcrniL- de Blasou, Il se dît de
l'Ecu qui s'ouvre en chape ou en papillon.
CHAPEAU, s. masc. Coiffure des liommrs,
qui est ordinairement d'étoffe foulée, de laine
ou de poil, et qui a une forme avec des bords.-
La forme d'un chapeati. Les bords dun c/ia-
peau. Vn chapeau noir. Vn chapeau gris. Vn
chapeau de castor, de vîfjo^ne. Vn chapeau
pointu. Un chapeau en pain de sucre. Un cordon
de chapeau. Mettre son chapeau. Oter son cha-
peau. Un chapeau qui coiffe bien. Chapeau
horde j dont les bords sont crues d'un galon.
On dit, Ott'.r son ch.api:uu à quelqu'un^ pour
dire, I^ saluer en se découvrant la lèlc. Oies
votre chapeau.
On appelle Coups de chapeau. Les saluta-
tions qu'on fait en ôtaut son chapeau. Cela tit
vaut pas un coup de chapeau.
On dit, Enfoncer son chapeau ^ pour diie,
Prendre une résolution dans quelque circons-
tance difliLile, dans quel^pie péril.
Ondit, .1/c((re chapeau bas, pour dire, Oter
son chapeau; et absolument, C/uipeuM bas, pour
dire, Découvrez-vous, ôlci votre chapeau.
On appelle C/irtpertU(fe Cardinal, Une sorte
de chapeau rouge, qui a la forme très-plate, et
les bords ircs-grands, et d'où [>cudt;nt de grands
cordons de soie rouge.
Chapeau de Cardinal, et absolument Cha-
peau, se dit aussi pour signifier La dignité de
Cardinal; et dans ce sons on dit, qu'On adonné
le Chapeau de Cardinal à quelqu'un. |K)ur dire,
(|ue Le Pape l'a fait Cardinal. Et ou dit , qu'il
vaque tant de Chapeaiur , pour dire, qu'il y a
tant de places vac-mtcs d.ms le sacré Ccllége.
On appelle Chapeau de jlcurs^ Une cou-
roiuic de llcurs qu'on porte snr sa tClr d.-ius
quel<|ues réjouissances , dans quelque fête to-
lonncllc.
On appelle encore Chapeau ^ Le bouijUci de
322 f: M v
fleurs qu'on mot dcrriùie la Ic-te d'une fille le
jour de SCS noce». Chapeau île roses.
On dit d'Une femme, nuElU i'esl donne
un maui'ais chapeau, pour dire, qu'Elle a fait
tort ix so r»'putation.
On dit proverbialement et fi^urémcnt Du
plus grand lionnenr, de l'avantage le plus con-
sidérable qu'ait une personne, que Ces' '" p'"'
belle rose de son chapeau. Poiinpioi se défc-
roil-il de cette charçjc' c'est lu l'ius belle rose
de son chapeau.
Chai-EAD, dans le sljle familier , se dit
aussi quelquefois Des liommes. Il y avoit là
plusieurs femmes, et pas un chapeau.
On appelle Frérc Chapeau, Vu Moine sulinl-
ternc, qui en accompagne un autre.
Ou ap))ellc (içureui. et IKmiliérement, Frère
chapeau, Un vcre oiseux, qui n'est fait que
pour la rime.
On dit, en parlant d'Une bataille sanglanle,
qu'il y a en bien des chapeaux de reste.
tlIAPKLAIN. subst. m. Bénciicier titulaire
d'une Chapelle. Les Chapelains de Notre-Dame.
Les Chapelains de lu Sainle-ChapeUc.
Chapel.mn, se dit aussi d'Un l'rêtre qui
reçoit des appointemeni pour dire la Messe
dans une Cliapelle domestique.
On appelle Chapelain, chez le Roi, Un
Prêtre Ollicier du Roi , dont la fonction est de
dire la Messe au Roi , à la Reine, etc. Les Cha-
pelains de chez le Roi. Chapelain de la Reine.
Chapelain de nuartier. Chapelain ordinaire.
CHAPELER. V. a. Il n'csl gui'rc d'usage
que dans celte phrase , Chapchr du pain ,
pour diro , Ôtcr le dessus de la croûte du
paio.
CHAP2i,i, ir.. participe- Du pain chapelé.
CH.4PF.LET. subst. ni. Certain nombre de
grains enfilés , sur lesquels on dit des Avé M aria ,
et à cli.ique dizaine riesquels il y en a un |>Ius
gros , sur lequel on dit le Pa(cr. Chapelet
de corail, d'aqate, de cornaline, de rjui de
chêne. Enjîler des cliapelets. Dire son chapelet.
Porter un chapelet à la ceinture.
On dit figurément et proverbialement, que
Le chapelet se défile, qu'il commence li se défier,
Quatul quelques pci-sonjics d'une juèine famille,
d'une mfme société, d'une même confédération,
viennent successivement à manquer.
On dit Défiler son chayelet, pour, Réciter
en détail et de suite tout ce qu'on sait sur une
matière. Il a bien défilé son chapelet.
On appelle aussi Chapelet , Une couple
d'élrivièies, garnies cliacnne d'un élner, qui
c'aitacSient au pommeau de la selle pour mon-
ter à chivol.
On oppelie encore Chapelet, Une certninc
niaeliine qui sert à élever les eaux, et qui est
composée de plusieurs godets ou seaux altacliés
de luitc à une chaîne.
rHAi'ELETjScdit aussi De ccrtairirs pustules,
de certaines élevures qui viennent autour du
front, et qu'on regarde comme un symptôme
de la maladie vénérienne. Avoir le chapelet. Le
cha]>elet est déjà furrnè.
.CHAPELIER, s. m. Ctlui qui fait ou qui
C H .\
vc»(ï des rli;ipcaiix. 'Maître Chapelier, Mar-
chand Cliapellcv. Garçon Ciiapclicr.
CHAPliLIKRE. s. i". Celle qui vend des
cljnpcaux, ou la femme du Cbapelier.
CHAPELLE, s. f. Petite Èçjhv. , pelit édifici;
consacré à Dieu. Une Chapelle nui csf au mi^
lien des champs. La Chupelle d'un Prieuré.
Il se dit aussi Des didÏTcns lieux où l'on dît
la Messe dans une Kj^lîse. îl y a bien des Cha-
pelles dans cette lujUse. Jai ChapcWe de la
Vierqe. La Chapelle de Saint Joseph. Avoir
une Chapelle dans sa Paroisse.
Il se dit aussi Des lieux qui sont pratiquas
dans aue maison pour y dire la Messe. Avoir
une Chapelle dans sa maison.
On appelle La Chapelle du /?&i, Le lieu où
ie Roi entend ordinairement la Messe; et Les
Musiciens de la Chapelle^ les Musiciens qui
rliantent h la Chapelle du Koi. La Musique de
la Chapelle.
On Appelle aussi, La Chapelle du Tîoi. Le
f;ovps des Eccif'siasiifjnes qui servent à la Cîia-
pellc du Roi. La Chapelle du Roi murc/ii», et
alla à Vurmee.
On appelle Sainte -Chapelle^ La Cliapcll;
d'un Cliûteau du Roi, ou d'un Prince du Sang
qui y a fundé le servir(^ et déposé des Reliques.
La Sainte- Chapelle de X^iucennes. La Sainte-
Chapelle de Paris. La Sainte - Chapelle de
Buurnos. La S ainte-Chapclle de Dijon.
Chapki.le, se dit aussi d'Un Ttcncfice simple,
dans lequel le Titulaire est nblii;é de dire ou de
fiii- diie la Messe à certains jours. Fonde' um
Chapelle. Permuter una Chapelle contre un
autre Béiicjlce.
Chapelle, se dit aussi De tonJe l'argenlerie
dont on sj sert dans une Chapelle, cmnme le
calice, le bassin, les burettes, les rliandelifrs,
la croix. Ce Prélat a une helle et riche Chapelle.
On apj)ellc Chapelle ardente ^ L'appareil fu-
nèbre qui environne le corps ou la représenta-
tion d'un dcfnnt, soit dans le Chœur d'une
Eglise, soit dans une Cliapelle particulière, soit
dans un apparlemcnt, avec unUt's-grand nom-
bre de cier^^es alIunu'S.
TcniV Chapelle, se dit du Pape, îor.squ'élf.r:
accompagné des Cardinaux, il assiste î» l'Office
Divin, soit dans la Chapelle de son Palais, soit
dans une I-'j^Iise.
On dit aussi, que L',Empcrc«r cl le Roi d' Es-
panne ticnneit Chapelle, Lorsqu'ils assistent
en cérémonie à l'Oîlice Divin.
On dit familièrcnicnt, Jouer à la Chapelle,
pour dire , S'occuper sérieusement de chosct
inutiles ou frivoles . comme les enfans qui
i]ni:ent les cérémonies de l'Église.
CÏIAPELLK.MK. s. f. Chapelle. Bénéfice
d'un Cliapelain. Il possède une Chapellenie
dans la Cathédrale.
CIIAIMILURK. s. f. Ce que Ion a ôté de la
rronte du pain en le cliapclant. Mettre de la
chapelure y des chapelures de pain dans une
sauce pour l'épaissir.
CHAPKRON. s. ni. C/iî/Ture de téle autrefois
co.-i'uume aux hommes et aux fcmnie». C'étoil
un l>onnel qui avoit un Ijonrrelei sur le la- t,
CHA
et une queue pendante par derrière. Chaperon
de drap,, d'écarlate. Chaperon mi-paiti de deux
couleurs. Il y a lonq-temps qu'on a nuitté les
chaperons. Les Docteurs ont gardé le chape-
ron^ mais ils le portent sur l'épaule. Aux en-
terremens des Grands, ceux qui mènent le deuil
portent de qrands chaperons à longue queue
traînante par derrière. Chaperon en forme.
On appcllt; auisi C/i(ip;ron, L'^ne. bande de
velours ou d'autre élofiu, que les Consuls, dan»
certaines Provinces, et aulres Gflîciers Muni-
cipaux, portent sur l'épaule.
CuAPEnoN, se dit aussi d'Une bande de ve*
tours, de satin, de camelot, que les femmes et
les filles altachnient autrefois sur leur tclc.
Chaperon en pointe.
On appelle figurément Grand Chaperon, rt
nb'^olunient Chaperon, Les femmes d'.ige q:ii
nccompaf»nent les jeunes fdles ou les jeunes
femmes dans les compagnies, par bienséance,
et comme pour réponcbe de leur conduite.
CnArnnoN. est aussi Viw espèce de coifTe de
cuir, dont on couvre la tête cl les yeux des oi-
seaux de proie.
CHAPEnorî, est aussi L'ornement relevé en
broderie, qui est au dos de la chape.
On appelle encore^ C/iapcron, Le haut d'une
muraille de clôture fait en forme de toit.
CHAPERONNER, v. aclif. 11 n'est guère
d'usage qu'en cette phrase, Chaperonner une
muraille, qui signifie, MeTlre un chaperon îi
Une muraille. Chaperonner une muraille dt>s
àeux Cotés.
CnAPEnoNNtn , se dit encore d'Un oiseau
de proie, sur la tète duquel on met un cha-
peron.
' CHAPLnONNK, ÉE. participe. Oiseau chape-
ronné.
CH.\PIER. s. m. Celui qui porte cÎKipe.
Lc5 deux Chapiers se promènent dans le Chwur
en certains temps de VOjfice Divin.
C:hAP1TEAU. s. m. La paitic du haut de la
colonne qui pose sur le fut. Chapiteau Corin-
thien. Chapiteau Ionique.
Chapiteau, se dit aussi, en termes de Me-
nuiserie, Des corniches et autres couronnemciK»
qui se posent au-dessus des biilït-th, des ur-
nioires, et antres ouvrages.
Il se dit encore d'Un morceau de cartrn en
forme d'entonnoir, qui se met vers le li^mt
d'une torche.
En Chimie, on appelle Cnipilctirx, Un voïh-
s.-'au qu'on place au-dessus d'un autre appelé
Cucurhite^ et dans lequel s'élèvent les vapeurs
ou liqueurs que le feu fait monter dans la dis-
liliation. Le chapiteau est garni d'un tuyau que
l'on nomme Bec, par où les liqueurs vont
tomber dans le récipient. Les chapiteaux i[ui
n'ont point de bec ou d'issue pour ie passa;;e
(les vai;eurs, se nonmient C/iiipiVernij: aveugles.
CHAPITRE, s. masc. Une des parties qui
servent à diviser certains livres. Chapitre pia-
mier, chapitre second. Un livre di\nsé par
chapitres. Ce livre est divisé en tant de chapitres.
On dit. en pailant De Hvres de œmplc ,
Chapitre de re.ctïc, chapitre de dépense.
CHA
CHAPtmr, signifie aussi fignr«;;nent I.n ma-
tière, le sujet dont on p.irlc, le propos sur le-
quel on est. Puisifiie nous sommes sur ce cha-
pitre-là ^ je vous dirai (jue..,. On en etoit sur
votre chapitre^ on parloit (?Ȕ vous. La conver-
sation tomba insensiblement sur le chapitre de
ces qcns-là. C'est un chapitre (fu'on traitera
une autre fois. Il est jort sur ce chapitre.
CiiAi'iTnE , sîf^iiifie aussi Le Corps des Cha-
noincs (.l'une Éj;iis,î ralhcJralc ou Collt'giale.
Le Chapitre de ?iotrc-Uame. Cette terre 'fppar-
tient à un telChafilrc. Le l^oyen duChapitrc.
Il signifie aussi L'assoniblce que les Clia-
nnines tienneiit pour traiter de leurs affaires.
Assembler le Chapitre. Tenir Ch.ipitre. Prêsi-
det' nu Chapitre. Avoir voiv an Chapitre. Tout
le Chapitre [:tt d\wis. Cilu fut résolu en plein
Chapitre.
On appelle Pain de Chapitre , Le pain qu'on
distribue tous les jours aux Gltanoiiics t*n quel-
ques Cliapitrcs. Il y a aussi uiiC espèce de pain
ap|iclé Pain de Chapitre.
On dit iïguit'ment d'L'n liontme qui n'a
pas grand cmlil dans sa compagnie, dans sa
famille, etc. qu'// n'a pas voix en Chapitre,
o'i qu'i/ nu pas de voix en Chapitre ou an
Chapitre.
El l'on dit nu contraire ^ Avoir voix en
Chaptrc* pour (lire. Avoir de l'autoriic, du
crédit dans sa compagnie, dans sa famille, dam
quel'jue nfîliire.
CiiAPiTnE. se dit aussi De rassemblée que
de* I\e!ij;;*'U\ tiennent pour délibérer de leurs
affaires. Chapitre comentnel. Chapitre prot'in-
cial. Chapitre général. Convoquer le Chapitre.
Aller au Chapitre, •<
Il se dit aussi Des assemblées des Ordres
Royaux , dos Ordres Militaires , comme de
l'Ordre du Saint-Esprit, de Saint-Micliel. de
Malte, de >'otre- Dame de Mont-Carmel, etc.
Le Roi a tenu le Chapitre de lOrdre.
Chapithe, se dit encore Du lieu où se tien-
nent les assemblées , soit de Chanoines, soit de
Religieux, soit de Chevaliers. Les bancs d^un
Chapitre. On lui ferma la porte du Chapitre.
On appelle aussi Chap-tre, Va Irait de l'É-
criture, que l'Oflicianl cfiBute ou rcVite entre le
dcmici Psaume et l'Hymne. Ou dit plus com-
munément, Ciipitule.
CIIAPITREIÎ. V. a. Réprimander un Cha-
noine ou un lUliijieux eu plc.n Chapitre. Il
ii'esl guère dusagc au propre.
11 signilîc Cî;nrcm':nt , Réprimander une
ixrrsonnc, lui remontiïr sa faute en piroles un
jK'u forles. Son pére^ son piécepteur^ le chapi-
trera tantôt. Usera bien chapitré. II est familier.
CMWirnÉ, ÉE. participe.
CIIAIH». s. m. Coq chAtrc. Gros rnopon.
Chapon fjras. Chapoti de Bruges. Chapon du
Mans. Chapon de pailler. Chapon bvnilli. Cha-
pon rôti, .aie, cuisse, blanc de c/ui;on.
Ou dit pTOTerhiûIcmcol De deux personnes.
Joiit lune est t;ra»!ic, el l'autre maigre, qut
Ce sont dei.r r/iir on* de rente.
On dit d'Un homme qui a les doigts crochus.
retires, qu'/l a les mains faites en chopon rôti.
CHA
On dit proveibialeracnl,Qixic?»fl^onrno;ifle,
chapon Un fient, pour dire, que Le bien vient
plutôt à c^ux qui en usent, qu'à ceux qui l'é-
pargnent. Il signifie aussi, que Le hien vient à
ceux qui en ont déjà.
On dit d'Un homme qui porte le nom d'une
Terre , d'une ?ci;^ueuiie , et qui n'eu louche
pas les revenus, qu'// en porte le nonij niai'i
n'en nir.n^e pas les chafons^ qu'un autre en
mange les chapons.
Ou appelle, Le vol du chapon ^ Une cer-
taine étendue de terre qui est autour de la
Maison Self^ncurialc, et qui appartient à l'ainé
en certaines Coutumes.
Chapon, se dit ausM d'Un gros morceau lU
pa'ui qu'on met bouillir dans \b pot, et qu'on
-?rl sur les potages maigres.
CHAPONNEAU. s. m. Jeune chapon.
CHAPONNER. V. a. Châtrer un jeune coq
Chaponncr des coc/je(.t.
Chapon>'Ê, ék. parliripe.
CHA(^UE. adj. des 2 g. qui se met loujoun
nvont le substantif, et qui n'a point de pluriel
Chaaue lunnme. Chatjue maison. Chaque arbre.
Chanue chose. A cJiuffue personne, l ouv chanu\
our. En chacune espèce. Chaque pays a sel
coutumes. A chaque jour su^^il sa peine.
On dit provcrhi.dcm'iil , Chaque tête cha-
que avis j pour dire, Chacun pense à sa ma*
nièrc.
CHAR. s. m. Sorte de voiture â deux roues.
dont les Ancieus se Strvoient ordinairenieni
dans les triomphes, daus Ws jeux, dans les cc-
réinoiii s publiques, daus les comijctSj etc.
Char de triomphe. Char doré. Il monta sur
son char. Son char^ en tournant trop court,
se brisa contre les bornes.
On dit poétiquement, Le char du FoU'il, U
char de la Lune; cl on se sort aussi porliquc-
ment du mot de Cl.ar, pour dire, Un carrosse
magnilique.
On appelle Cuir de dciil^ Un cliariot à
quatre roues, couvert d'un potlc , daus lequel on
transporte les corps des Rois, des Princes, etc.
*Ju dit figurém. S^attachcr au char de quel-
(^nun, pour dire, X si fortune.
CHARADE, s. f. Espèce de Rébus et de Lo-
;;ogriphe, qui consiste à décomposer un mot
de plusieurs syllabes, en parties dont chacuj c
l'iiit un n-.ol. En voici un exemple sur le mot
Chiendent. Mu première partie (chien) se sert
de la seconde (dent) pour manger mon tout
(chiendent).
C(ïARA>'ÇON. s. m. Insecte du genre des
«carabées, qui longc les blés daus les greniers.
Le charançon s'est mis dans ces blés-là, et les
a g.Ués.
CIIARTION. s. m. Morceau de bois qui est
entiiremcitl rnibrasé , qui ne jette plus de
llamme. Le bois neuf fait de bon charbon.
Charbon ardent. Charbon tout rouge. Charbon
iteint. Charbon allumé. Faire griller sur Us
charbons.
On dit figiu^ment, dans le style de l'Ècri-
lure, Ama^^er des charbons ardeus sur la tête
de «on ennemi, pour dite. Le rendre plus iurx-
CHA
aaJ
cusahie, et attirer sur lui la vengrance de Dieu ,
en lui lemlant le bica pour le ma!.
On dit d'Un Iinmnic qui a une fièvre ar-
dente, qn7I bnile comme un chaibon.
CuAiicoN, se dit aussi Des tronçons de jeune
bois ijuGn lin'ile ù demi, et qu'on éteint pour
les rallumer quand on en aura besoin, te boi's-
lù eî( fort propre à faire dti c/iur/icn. Passer
ilu bois en charbon. Charbon de batean. Char-
bon lie somme. Un sac de charbon. Une voie
lie charbon. Noir comme du citarbon.
r.nArBos-DE-TEn»E. Sorte de fossile dur e'
inllaminable, dont se sorveul les .Aîarécliatu it
iuircsouvrierscnfcr..1linesdec/ia;'I'on-di:-tor<;.
CiLMtBo?» , est aussi Une espèce de gros fu-
:onclc, qui le plus souvent est pestilentiel, une
îunieur qui fait escarre à la partie. H lui parut
un charbon au bras,
U se dit plus p::rlleulièremcnt te In tumeur
:[iii pnroit j ceux qui sont frappés de la peste.
Il a U charbon.
CiUnBON, est aussi Une maladie de» Uês.
l'o;) cj Carie et Niixle.
CnARlJONNJ'lE. s. f. relit aloyau, cùle de
boeuf. Manger une charbonnêc.
Il signifie aussi Un morceau de porc ■ u de
bœuf grillé sur le charbou.
CliARIiOSNER. T. a.Soitcir avec du cliar-
hon. Charbonner i^ucliju'itn. On dit au5si ,
Charbonncr une muraille, pour dire, Kcriic
dessus avec du charbou.
CuAnBON>E!i, se dit Gguréir.ent, pour, Es-
quisser, peindre grossièren:ent. Il a charhonnâ
Véloge d'un tel. Il ne l'a pas peint, il l'a chai'
bon né.
CuAr.ooSNÉ, ÉE. participe.
On appelle Blés charhonv.és , Des blés atta-
qués du charbon.
CIIARBO.NMER, 1ÈRE. s. C.liii ou celle
qui fait ou qui vend du charbon. Noif connue
un charbonnier. Maître charbonnier.
On dit proverbialement , La foi du Char-
bonnia-, pour dire, I,a foi d'un l.onime simple,
qui croit sans aucun examen tout ce que l'É-
glise croit.
On dit aussi proverbialement, queleC/inr-
lioiiiiicr est maître dans sa maison, pour dire,
que Chacun doit être maître cl:ci soi.
CiiAnBossiEn, se dit aussi en quelque» en-
droits, Du lieu ou l'on serre le ctiarton.
CHARBONMÉRE. s. f. Le lieu où l'on fait
tlu charkoj danf les bois. Il y u une chiu bon-
niére dans une telle forêt.
ClIARBOUILLER. v. a. Terme d'AgiiruI-
ture. U se dit De l'elfet que la nielle produ.l
lur les blés.
CnAimoniixÉ, ÉE. pniticipc. Des blés cli.r-
boiiilli..< par l,i nielle.
CUAllCUrKR. V. a. Découper de la c! air
et la mettre en pièi:cs. Il n'est plus en ns.ig<' au
propre; mais fi^urùment il si.^uifie , Cmipee
MialpropremenI de la viande .i table, il a ehur-
cuté celte lonije de venu.
f:ii.incDTEii , »e dit aimsi d'Dn CJiinirgicn
maladioit, qui dans une ojxiralton dccou^te,
taillad.' Ie« chuirt d'un malade, d un bUssé.
22'î
en A
CnAnCLTi:, KE. particiiic.
C1IARCII1"I:RIK. s, l'. Lélat et le commerce
de Cli.nrcutler.
CHARCUTIl.R , 1ÈRE. s. (On disoit autre-
fuis Chaircuilier. ) Vendeur ou Vendeuse <ie
rliriir de pourceau, de boudins, de saucisses,
d'.inJouilles, etc. Mcillre Charmtia: Une bou-
liijue de Charcutier.
CM ARnoy. s. m. PlMte qui fleuiit, dont
la tête est couverte de piquans Tort pointus, et
dont les feuilles ont aussi b'jaucoupdepiquans.
Il y en a de plusieurs esf^èces.
OnADDO-i '\ BoNHETiEn ou X F onios. Plante
très-commune. Sa tcte est amiée d'une espèce
de petits crochets. Les Bonnetiers et les Fou-
lons ^'en servent pour carder la laine , et pour
rcfldre le poil des draps plus lisse et plus uni.
Chardon -BÉNIT. Plante sudorifique et cor-
diale, dont on fait {^and usage en McSdccinc.
CnAnDON-ÉTOiLÉ, ou Chausse-thape. Plante
i laquelle on donne ce dernier nom , parce que
sa tf'te est armée d'épines disposées à peu piès
de même que les Cliausse- trapes dont on se
sert à la guerre. Cette Plante est employée en
Médecine.
Chaudos de Notre-Dame, ou Cbaudon-
Makie. Cette Plante est encore nommée Chiw-
doii luité, parce que ses feuilles sont tachetées
d'un blanc de lait. On en fait usage en Méde-
cine.
Chabdos HÉMOnnoiDAL, ou CinsiCM. Plante
\ laquelle on a donne ce nom, parce que sa
lige et ses feuilles sont épineuses, et qu'il se
• forme siu: ses tiges des galles , qu'on dit bonnes
contre les hémorroïdes.
I Chaudon - Roland , ou À cent tîntes. Voy.
ÉsYKaE et Panicàdt.
CHAR DONNER KT. s. m. Petit oiseau à tète
■ rouge, qui a les ailes manjuetécs de jaune et tl«
brun, qui aime la graine de chardon, et qui a
un joli ramage. Noitn'ir des churdonnercts.
J.dii r/i«rdonnere(.
CIIARDONNI'TTE, ou Caudosnette. s. f.
Espèce d'artichaut sauvage fort commun en
Tourainc, dont la fleur sert à faire cailler le lait.
CHARGE, s. f. Faix, fardeau. Clinrtjc pe-
j.inli:, excesswc, Icrjcrc. On a donné trop de
clitirnc à ce mur., à ce plancher.
11 signifie aussi Ce que peut jiorter une per-
sonne, un animal, un vaisseau, ou autre cliuse
srnibUible. î.a charne d'un mulet, d'une char-
rette est de tant. La charqc de ce bateau est do
cinnuarite tunneaiur.
i; signifie aussi Une certaine mesure ou quan-
tité dcterminee de certaines choses. Vnecharfjc
de hic, de faqots , de cofrels, etc.
Chahoe , se dit figiirément De toute dépense ,
de toat ce qui met dans la ncc»«sité de quilquc
di'îpense. C'est une ijmnds charge que heau-
eotifi d'enfans. Il a beaucoup de c/iaiijc et guère
lie bien. Il faut que je la nourrisse, il est à ma
cil or (je
Chapciî, signifie aussi Imposition. C'est le
peuple qui pnrte les churqcs. Il ftivt payer les
charnzs de Ville, rornriie les boues, les lanta-nes,
lei iiaucres , etc. Les charqtt de l'Etat.
CHA
On dît. Payer les charnes d'un mur, pour
idire, Indemniser le voisin de la nouvelle charge
qu'on inel sur le mur mitoyen.
On dit, Être à charge à (juclqu'nn , pour
dire. Lui causer de la dépense ou de l'incom-
modité. Il faut tâcher de nétre à chnrqe à per-
sonne. Il craint de vous être à charge.
Chauce, Obligation, condition onéreuse.
Bénéfice à charqc d'ihnes. Le rei'enu de cetta
terre sufjit à veine pour en acquitter les charges.
Il y a de nrandcs charnel. Les charges excèilenl
le revenu. Ce Bénéfice^ cette Terre vaut tant,
toutes charnes déduites.
On dit proverbial, et fifjurémfnt, qu'i/ Umt
yrcndre le Bénéfice avec lea c/u/rncs, pour dire,
iju'll faut se résoudre a essuyer les incoroniodl-
Il"s d'une chose, qui d'ailleurs est avantageuse.
Charge, se dit aussi des Ollircs dont on
prend des provisions. Chante de Judicaturu^
de Finance. Charne milituire. Charge dam
[armée. Charne dans ia Maison du ïloi. Charqe
honorable. Charqe lucrative. Charge i^énale.
Les gages, les appointemens , les émolùmcns,
les fonctions d\tnc charqe. Charge de Préi^i-i
dent, de Conseiller, de Trésorier, etc. Êtri
pourvu , revêtu d'une charge. Acheter uni
charge. Vendre sa charge. Se faire recevoir à
une charge^ dans une charge. Etre en charqe^
hors de charge. E.rcrccr une charge. Fain
bien sa charge. S'acquitter dignement de sn
tharge. C*ezt un homme qui sait bien fairi
Valoir sa charge. On Ira' a enjoint de se défairi
ic sa charge. On u fait décréter sa chargs. On
Va déclaré incapable d'occuper aucune charge.
Vous entreprenez sur ma charge. Cela n'esl
pas de votre charge. Se démettre de sa charqe.
Donner démission de sa charge. Ce n'est pa%
une charge, ce nest qu''une commission. Cei
commissions ont été érigées en charges. Entrer
en charge. Sortir de charge.
Charge, signifie quelquefois Commission,
ordre qu'on donne ù quelqu'un. On lui a
donne' charge de J'ai charge de vous
dire que
On dit, qu'fnc chose est à la charge de
quelqu'un , pour dire, qu'On lui en a donné le
toln , qu'un lui en a donné la garde.
On dit, Faire l'acquit de sa charge f pour
ilire,En remplir le diwoîr fidrlenienl. Ce Juqe ,
ce Commissaire, en àiessant procès verbal, a
fait l'acquit de sa charge. Aller au-delà de sa
charge j C'est en excéder les droits et les de-
voirs.
i T,A CHARGE et À CHARGE. FayoDÔ di' pw-
ier adverbiales. À condition. Je lui ai vendu
ma »i(ii.çon, à la chnrqe de payer mes plus an-
ciens créanciers. Je Im ai promis telle chose,
mais c'est à la charne que A la charga
d'autant.
On appelle Femme de Charge, Une fcmnit
q\ii est domestique dans une grande maison,
et qui n soin ordinairement du linge, de la vais-
iellc d'argent, etc.
Charge, signifie aussi, en termes de Guerre.
Le choc de deux Iroiipeu qui en viennent au\
mains. Kude ^ furieiue ^ vigoureuse chargi^
CHA
Sonner la charqc. AlUr à la charne. Soutenir
la charge. Retourner à la charge. La première,
la seconde charge.
On dit figurément , Revenir ^ retourner à la
charge, pour dire, Faire une nouvelle tenta-
tive, faire de nouveau la môm.- proposition,
la même demande qui a été déjJi refusée, ou
sur laquelle on n'a point eu de réponse positive.
CHAnGE, est aussi C^e qu'on met de poudre
et de plomb, etc. dons une arme à feu, pouï
tirer un coup. Charge de pistolet , de mtntsquet,
de canon. Ce canon est fort mince, ne lui doU'
nez que demi-charge. On lui a donné double
charqe pour léprouver.
Charge, est encore Une sorte de cataplasme
iju'ou applique sur quel({ue partie du corps
il'uu cheval malade ou blessé.
Charge, se dit aussi (îgurément Des preuve»
tt indices qu'il y a contre un accusé. Le plus
|;rand usage de ce mol est au pluriel. On a porte
\es charges et infjrmations au Greffe. L'accuse
t pris droit par les charges.
On dit. Informer à charge et à décharge ^
pour dir£ , Informer pour et contre l'accusé.
Charge, en termes de Peinture, Représen-
lation exagérée, imitation qui excède, ressem-
blance boud'onne. C'est le même sens que celui
ilu mot CAïuCATunE. Voyez ce mot.
Charge, en termes de Peinture, se dit aus;ii
d'Une figure dans laquelle les dt-fauts sont exa-
géré». Ce portrait est peint en charge. Il se dit
[>ar extension et figurément dans quelques au-
tres arts d'imitation.
CHARGKMKNT. *. m. Marchondisea chwC
Çées sur nu vaisseau. On l'appelle autrement
Cargaison. Ha fait son chargement en telpurt,
1t de telles marchandises.
Il signifie aussi L'acte par lequel il pnroît
ipi'un Marchand a cliargé telle quantité dv.
marchandises sur un vaisseau. Il a produit U
thargement et les connoissemens de telles mar-
fhandises.
CHARGER. V. a. Mettre une charge sur....
Charger un crochetcur. Charger un cheval, un
, mulet, un bateau. L'Architecte a trop çharijé
ic mur. Il n^y a point de danger de charger
une voûte. Charger un bateau pour un tel Cft-
droit. Ce bateau est chargé de vin, de sel.
On dit aussi. Charger, pour, Peser »ur,...
Cette poutre charqe trop cette muraille. Cela
chargera trop cet homme. Cda chargcroit trop
ce carrosse.
On dit. Charger une voi'tte , pour dire, 1
joindre le poids des matériaux nécesiaires pour
( n contenir l'efiort.
On (Vit, Chaïqcr une arme à pu, pour dire^
Y mettre ce qu'il faut de poudre, de plomb, etc.
pour tirer uu roup, Charqer un mousquet , un
fisil. Vous chargez trop ce canon ^ il crevaut.
Charger à halle. Charger à cartouche.
On dit, qu'6'nc viande charge l'estomac^
pour dire, qu'Fllc pèse trop sur l'estomac,
parce qu'elle est dillicile U digérer : et on dit
dans le mftjne sens, qu'f7n homme se charge
Vestomac de trop de viandes.
Ou dit figurcmciit, Charger une pièce de
CHA
ihéiitre ^incidens, un discours de figures ^ de
eilatioyiSj pour dire, Y en mettre trop; et
Charger un récif, une histoire -, pour dire, Y
ajouter beaucoup de choses, en exagérer los
circonstances.
On dit figurcnienl, Charger sa mémoire de
quelime chose j pour dire, !\Icttre uue chose
dans 5a mémoire, s'appliquer sérieusement h la
wirnir. Charger sa mémoire de bonnes choses ^
la charger de bagatelles. Il ne faut pas trop
charger la mémoire des enfuis^ c'est-à-dire,
Il ne faut pas les obliger à rcienîr trop de
choses.
On dit, Charger sa conscience de quehjue
chosCj pour dire, Prendre quelque chose sur
•acocscience, et s'en rendre responsable devant
Dieu.
CHAncEii, sigillé aussi, Imposer quelque
cliargc, quelque condition onéreuse. Ainsi ou
dit, Charger les peuples^ les charger de tailles ^
la charger d'impôts , pour dire , Mettre de trop
fortes impositions *ur les peuples.
On dit aussi dans le même sens, Charger
une Généralité, charger uue Élection. Vit on
dit. Charger une Terre d'une redevance^ un
Bènéjtced'une pension, pour dire, Établir, im-
poser une redevance sur une Terre, mettre une
pension sur un Bciiénce.
On dit Ggurémcnt, Charger un homme de
coups, pour dire, Le battre avec excès; et Le
charger d'injures^ d'opprobres, de malcdictionsy
pour, Lui dire beaucoup d'injures, l'accabler
■à opprobres . de malcdictions,
Chadger, signi&e aussi, Attaquer les enne-
mis en campagne. Charger sans reconnoUre,
Fort ou foible, il charge toujours l ennemi.
Nous le chargeâmes si vigoureusement , qui
nous le fîmes plier.
Il le dit aussi d'Un particulier qui en frappa
un autre. 5'il me tient de ces di^cours-Iù, je le
ihargerui.
CHARGEn , signifie aii*si, Donner commis-
sion, donner ordre pour l'exécution de quelque
chose, pour la conduite de quelque aflàire. On
Va chargé de porter la parole. C'est à vous dt
prendre garde à cela , je vous en charge. Char
ger un Avocat d'une cause.
Il se met aussi avec le pronom personri(,l, et
aîgiiifîr', Prcndri- le soin, la conduite de quel-
que rhose. Je ne veux pas me charger de cette
affaire. H a refusé de se charger des papiers.
de se charger de la garde de ce trésor. Vous
vous êtes chargé de lui parler. Il s'est chargé
de la distribution des di-nicrs.
On dit. Charger un registre de telle et telle
cIio»e, pour dire, La marquer sur le registre.
On dit daos le mC-nie sens, Charger un
compte d'une dépente j d'une recette.
On dit aussi, C/»arfli:r sur un reiiislre, sur
un hvre de comptes. Je ne chargerai point cet
mrticle sur mon livre.
CMAnc»:n qi;ij.qu*U!i, signiGe aussi. Déposer
«onlrc lui, cl dire drs choses qui vont à le faiit:
tondùmnrr. Les lémoins , Us dépositions le
chargent furieusement. Il est fort chargé par
le testameut de nwrt d'un tel.
Tqmt î.
CHA
j CHAnoin, en Peinture, sîgniGc, Repréfien-
ler avec exagération les traits ou la fij^ure d'une
personne, pour la rendre ridicule, sans qu'elle
cesse d'être reconnoissabltr. Charger un pot trait.
Il se dit eu ce sens fii^urémcnt, pour dire,
qu'Où exagère avec malif^nité les défauts de
quelqu'un. Le portrait qu'un tel Auteur fait
de cet homme est trop chargé,
Chahcé, ée". paiiiiipe.
On dit Êgurémetit et populairement, C/mrné
comme un Baudet, en parlant d'Un homme
surchargé diî devoirs et de peines.
On dit quX'^ri cheval est chargé de ganache^
charqé d'encolure , pour dire, qu'il a trop de
ganache, qu'il a l'encolure trop grosse.
On dit d'Un Itomme, qu'il est chargé dr
ganache, pour dire, qu'il a de grosses nià-
clioires; et on le dit figurëmcnt d'Un homme
qui , étant épais de corps, a aussi Icsprit lourd
et grossier.
On dit aussi d'Un homme fort gras, qu'/J
est chargé de cuisine. Il est populaire.
On dit, que Le temps est chargé, Quiud
le temps est couvert de uuages et disposé à l.i
[)luie.
Ou dit, qu'l/n homme a les yeux chargés^
pour dire , qu'ils sont enflé», remplis d hu-
meurs.
On appelle Couleur chargée, Une couleur
qui est trop forte; et on dit, Charger un mot,
pour. Écrire un mot sur un autre, sans efiacer
ïelui-ci.
En termes de Peinture, Vn portrait chargé f
C'est un portrait peint en charge.
Il st; dit aussi généralement De tout ce qui
se représente pur la peinture ou par le dis-
cours, quand l'exagération est trop forte. Let
passions sont trop chargées dans ce tableau.
Cette description, cette narration est trop char^
gée. Cet ouvrage est trop chargé de citations.
Cette Tragédie est trop chargée d'incidcns.
On appelle Des dés chargés, De faux dés, des
dés pipés , dont se servent ceux qui vculcnl
tromper au jeu.
(jiAnGÉ, en termes de Blason, se dit Des
pièces sur lesquelles il y en a d'autres. Bande
d'or chargée de six croisettes de sable.
CHAUGEUR. s. ni. Qui charge. Chargeur
de bois. Chargeur de charbon.
CHARfiEURE. i.f. (Ou pron. Charjure.\
Terme de Blason. Tl »r dit Des pièces qui en
chargent d'autres.
CIIARIUT. s. m. Sorte de voiture li qualn-
roui s, propre à (K>rtcr diverses clioses. Chariot
de bagage. Chariot de foin. Les chariots d'ar-
ttlleric. Chariots des vivres.
Il si^niQe quclquefoi.i Char. Des chariots
armés de faux. Course de chariots, etc.
CiunioT, signifie aussi La conslellalion de
la graude ou de la petite Ourse, Le grand cha-
riot, qu'on apjM^'lle communément Le c/mi-
r;ot , ou il.' chartvt du Roi David. Le petit
chariot,
CHARITABLE, a.lj. des a genre». Qui n de
la chnritc p>ur son prochain. Il faut être cha-
ritable envers tout le mo 'de.
CHA
2a5
II signifie plus parliculièremem Celui qui
fait r«uniûne. Cilli; /)iimf est fort charitable.
Il se dit aussi Des choses, et signifie, Qui
pan d'un principe de cliurité. Secours chari-
table. Conseil chtrritahle. Avis charitable. Ânu
charitable.
CHARITABLEMENT, adv. D'une manière
rliarilahle, par rharilt':. Assister, consoler cha~
titabtemcnt les pauvres. Instruire charitable-
■neiil. Avertir charitablement.
f;ilARlTÉ. subsl. f. 1,'une des trois Venus
i'iiciilogales. Aniour par lequel nous aimons
Dieu comme notre souverain bien. La cliarité
l'ouvre la multitude des péchés. Si je n\ii point
la chiri'.é, je ne suis rien. La charité est la
pcrjcclion de la Loi
Chabité, est encore 1,'amour qu'on a pour
le prochain en vue de Dieu. La charité da
premiers Chrétiens. Charité fraternelle. Avoir
de la charité pour le prochain. Mouvement ,
motif de charité. Il fait telle chose par charité ,
par pure charité.
11 signifie plus particulièrement, Aumône,
assistance qu'on 'donne aux pauvres ; et dans
ce sens il a uu pluriel. C'est une belle charité
que de nouriret d'instruire les orplielins. Faire
la charité à quelqu'un. Ce pauvre homme vous
demande la chanté. Il se recommande uax
charités des yens de bien. Cette Dame faitbien
des charités, de trés-ijrandes charités.
On dit proverbialement, Charité bien or-
dotïnéc commence par soi-même.
^ THAtirrÉ, signifie encore Une assemblée ou
Congrégation de personnes pieuses pour secoiK
rir les pauvres. La Charité de la paroisse. Les
Dames de la Charité. Il a été enterré par la
Charité. Les relief ieux de la Charité. Il se prend
même pour l'Hôpital oîi ces lîeligieuxreçoiveut
et traitent les pauvres malades. S'il tombe ma-
lade, il ,ïe fera porter à la Charité. H est moil
à la Charité.
Ou dit figuxémcnl et proverbialement paf
contre-vérité, Prêter une charité, des eharitéi
à (juel(|ii'iin, pour dire, Vouloir faire croire,
contre la vérité, qu'il a ditou fait quelque chose
qu'il n'a ni dit ni fuit. Je suis sur qu'il n'a
point dit cela, c'est une charité qu'on lui préit.
On dit dans ce sens, et proverbialement,
Une charité de Cour pour, Une perfidie de
(Courtisan.
CH.VKIVARI. s. masc. Bruit tumultueux de
poêles, potions, cliaudrons, etc. accompagne
Je cris et de huées que l'on fait Is cuit devaut
la moison des fczumcs du petit peuple veuves
et Agées, qui se remarient. Si vous voui ]am<t-
riez, on vous fera un charivuri ipoi'î jour* (i<
suite.
1! se dit figurémcnt De toute sorte de bruit,
de crieries, de querelles entre petites gens. /' j;
a un tel ribte charivari dans cette maison. Sa
|L'ifiific lui a fait un beau charivari.
Ou dit aus..i par raillcr/e d'Une niccLftnte
Musique, que C'cjI un charivari.
CllAIiI.AT.O'. s. ni. Vendeur de drogues,
d'orviétiin. et qui les débite dans les places pU'
bliqu-^ sur des théâtres, sur des trctrauv. (^'e»t
'9
3:6 ^HA'
ordinairement un terme de mépris. RemèiJc (îc
Il se dit nussi d'Un Mi-'decin qui csl li.ililcur,
qui se vante de guérir toutes sortes de maladies
Ci n't'it point un Néilecin, ce n'est f'i'n
Charlatan.
Il signifie figiirémcnt , Celui qui elierche i
en imposer, à se faire valoir par un gland éta-
lage de paroles, ou par le faste de ses actions.
IS'écoulczpas cet hommc-Ui, c'est un Cluirlalan.
CnARLATANER.v. a. Tàchcrd'amadoucr.
de tromper par flatteries , par belles paroles.
£ilc pensait me charlataner. A'e vous laisse-
pas charlataner. Il n'est guère d'usage que dans
le «tylc faniiliei.
Cu.^ni.ATANt, ÉE. participe.
Cil AKLAT ANERIK. s. f. Hâblerie , flatterie,
discours artificieux pour tromper queliju'un.
Tout ce qu'il vous dit n'est que cliarlatuncrie.
CllARLATAKISME. s. masc. C::ractère dti
Cljarlatan.
CHARMANT, ANTE. adj. Agréable, qui
plait exlrèmcmént , qui ravit. Beaulé char-
mante. Lieux charmans. Concert charmant.
'Poia; charmante. Cette maison est charmante.
Conversation charmante.
CHARME, s. m. Ce qu'on suppose suprrs-
lilieusomentfait pat art magique pour produire
un effet extraordinaire. Faire un charme, des
charmes. Rompre, éler un charme. Porter ua
charme sur soi. User de charmes. Leva- un
charme.
Chvume, signifie figure'm. Attrait, appas,
ce q'iî plait (extrêmement, qui touche scnsibit-
roent. Charme inévi(i^!i/c. Piii.muiiI charme.
H est de plus grand usage au pluriel. CeUt
file a des charmes. On ne peut se défendre de
ses charmes. La Musique, laPoésie a de ijrandi
charmes.
CHAnMIÎ. s. m. Arbre de haute lige qui
pousse des branches dès sa racine, et qui sert
ordinairement h faire des palissades. Bois de
charme. Allée, palissade de charmes.
CHARMER. V. a. Produire un effet extraor-
dinaire sur quelque personne , ou sur qiulque
chose, par charme, par un prétendu art ma-
gique. On croit que ce Berçjcr charme lesloups,
les serjicns. Plusieurs croient qu'en disant cer-
taines paroles, ils charment les annes à Çcu. Il
crut que son cheval était charme, parce qu il
ne put partir de sa place.
Il signifie figiirément. Plaire cxtrtaiemcnt,
ravir en admiration. Ce Pi e'ifiralcrir vous char-
mera. Cette fiUc charme tous cciuc qui la re-
qardent. Vous en êtes charmé. Cette Musique
ma charme.
On dit, Charmer la douleur, l'ennui de
(juclijij'im , pour dire , En suspendre le senti-
ment. Il a charmé ma douleur par ses dis-
cours.
CnAnMÉ , €b. participe.
CHARMILLE, s. f. Nom collectif. Plant de
pctiti charmes. Eoite de churmillc. Planter de
îa c/iarniille pour faire une palissade.
CHARMOIE. subst. fém. Lieu plante de
cLarmet.
CHA
CHARNACE s. m. Le temps auquel il est
prrniis de niaui^er delà c!;air, de la viande. On
fait meilleure chère en chaniaqc (iu\'u carême.
Il est populaire.
CHAUKFX, ELLE. adj. Oui est de lu cLnir,
qui appartient à la cbaïr.. Il nVsi giièr^ d'usar^e
que dans ces phrases : Plaisir clturncl. Jppétit
charnel. Copulation cliarnellc.
On, dit aussi, Homme charilcl, pour dire,
Homme sensuel, par opposition ù Tlomnie
spirituel.
CHARNELLEMENT, adv. Selon la chair.
Il nVst guère d'usage que clans ccttL' pbrasc, U
a connu cette femme charnellement.
CHARNF.UX, EUSK. adj. Terme de M(îdc^
cine. ile qui est piincipalement compose du
chair. Les joues, les muscles sont des partic.i
charncuses.
CHARNIER, s. m. Le Hou où Ton garde dc3
vi.'mdcH "ialees.
U se dit aussi d'L^n lieu couvert où l'on mcî
les ossemcns des mo;1s. On disoit autrefois,
Les charniers des Saints- Innoccns.
CHARNIÈRE, s. f. Ce sont tleux pièces de
fer ou d'autie métal, qui s'cnclavenl l'une dans
l'autre, et qui, étant perçues, sont jointes en-
scnihle par une broche qui les traverse. La
charnière d'un compas^ d''ii.nc hotte, d'uni
montre, ^une iahafière.
CHARNU, UE. adj. Bien fourni do chnir.
Corps c/iiir/m. Personne c/tarnuc. Cette perdrijc,
a l'estomac bien charnu.
Il se dii aussi Des fruits. Des pruneaiu: hiai
i.iiavnus. Des oUves bien charnues^ etc.
CHARNURE. s. f. La chair, les pariioa
cliaruuos considérées selon les différentes qua-
lités qu'elles peuvent avoir. Il ne se dit qud
Des personnes. Charnure ferme. Churniirc
molle.
CHAROGNE, s. f. Corps de l/te morte,
expose et corrompu. Vieille charogne. Ptunii
comme une charocjne.
CHARPENTE, s. f. Ouvrage de pièces de
bois taille'cs, équarries et disposées pour clm
assemblées. C?i«rpcnfC(/e l'ois de chêne, dechd-
taïqn'-cr. La charpente d\ine Êfjlisc, d\in6
Cûiivcrturej d^un plancher. 'Maison bâtie eu
tharpente. Bois de charpente.
On dit figiu'cment, La charpente du corps,
la charpente d'un ouvrage., pour dire, La
itructurc.
CIIARPENTER. v. ncl. Tailier, équanir
des pièces de bois avec la hache. En ce sens il
n'est guère en usaj^e; nnîs au fi|^urc il signifie
Couper, tailler d'une manière maladroite. Vous
charpenttiz cette viande au lien de la couper
proprewcnt. Le Chirurgien lui a tout clmr-
penté le bras.
Cuaufentic, ÉE. parlieipe. Il si3nifie nnli-
nairement, Taillé grossièrement.
CHARPENTERIE. s, f. L'art de Iravailict
en charpente.
Il signidc .lussi la nicnie chose que Char^
pente, mais plus relatÎTemenl ît l'industrÎ!: du
travail, rxhiifitud de charpcnteric. La charpcn-
(cric de cette Eglise est fort belle.
CHA
CHARPENTItlR. s. m. Artisan qui travaille
en charpente. Maître Charpentier. Charpentier
du Roi. Il est dans l'embarras, il a les Char-
pentiers et les Maçons chez lui. Charpentier de
vaisseau.
CHARPIE, s. f. Amas de petits filets tires
d'une toile use'e et dépecée. Faire de îa charpie.
La charpie sert à mettre dans les plaies, dans-
les ulcères. On porta tant de tonneaux de char-
me à Varmee.
On dit figurémenl dTnc viande bouillie qui
est trop cuite et comme réduite en lîlets,qu*E//e
est en charpie.
CHAURÉE. s. f. Cendre qui a servi à faire
la lessive. La charrcc est bonne au pied des
arbres.
CHARRET1-;k. subst. fém. La charge d'une
cliarrette. Charretée de hoïs , de foin , de vin.
Vemî-charretée.
CHARRETIER, 1ÈRE. s. Qui conduit une
charrctle. Bon c/i;jrre((cr. On ditproverbialem.,
// jure comme un charretier embourbé.
On dit proverbialement, qu7I n'y a si bon
charretier qui ne verse., pour dire , que Lca
plus habiles font quelquefois des fautes.
I CHAnnErrenj se dit aussi De celui qui mène
une charrue.
CHARRETIER , 1ÈRE. adj. Par où peuvent
passer les charrettes. Vue porte charretière.
On dit, La voie charretière , en parlant De
l'espace, entre les roues de la charrette, com-
mode pour passer dans un clicniin. La voie
charretière est plus étroite dans ce pays qu'ail-
leurs.
CHARREITE. s. f. Sorte de voiture à deux
roues et à deux limons , qui a ordin.iirenieul
deux ridelles. Charger une charrette. Mener
une charrette.
CHARRIAGE, s. m. Action de charrier. Le
charriage coûte souvent plus que la pierre,
nue le bois. Le charriage est dijficHe en hiver.
CHARRIER, s. masc. Pièce de grosse toile
d;ms laquelle on met la cendre au-dessus du
ruvier quan^ on fait la lessive. Ce drap
servira de charrier.
CHABRIER. V. a. Voilurer dans une char-
reltc on chariot. Charrier des pieires d'une
carrière. Charrier des gerbes du champ à la
grange. Charrier du vin.
On dit, que Les rivières charrient du $ahle,
ijue les urines charrient du gravier.
C.ii.Mtniru, s'emploie neutralement et figu-
rément dans ces phrases : Charrier droit , pour
tlire, Se bien conduire , se gouverner comme
l'on doit, s'acquitter de son devoir. Il a tou-
jours charrié droit. Je le ferai bien charrier
drf'l. Il fera bien de charrier droit. 11 est du
it} le f.uniliftr.
Ou dit par ellipse, qu'Cfnc rivière charrie,
Lor-ique dans une grande gelée on y voit beau-
roup de glaçons aller au courant de l'eau. Lfi,
Seine stra hientSt prise, car elle charrie.
CHAnniÉ, ÉK. participe.
CHARROL s. masc. Charriage, voilure pnr
chariot, charrette, fourgon, etc. On lui a tant
payé pour le charroi. On ne tauyoit aller là
CHA
par charroi Capitaine de charroi. L'Intenâant
a ordonné tant île charrois par iulliige.
CHARKUN. s. ni. Oai-rier, artisan qui fait
des traius de canossc, des chariots, des char-
rettes, etc. -l/udre Charron ù Paris.
CHAIU">0>'>AGE. s. m. Art du Charron.
ouvrage de Charron. /Jois l'i" charroimatjc.
CILMîROYliR. v. :;i?t. i ransporlcr sur des
cli.iriots, charrettes, touibereaux, etc. H en a
coi'tté beaucoup pour chan-oycr loiiïes ces
pierres.
Ca/iwoxk, iz. participe.
CHARRUli. subsl. f. Machine à labourer hi
terre, composée d'un train mouté ordinaire-
ment sur deux roues, qui porte un gros fci
pointu et un autre tranchant pour ouvrir et
couper la terre, et qui est tirée par des che-
vaux ou par des boeufs. Charrue bien attelée.
Charrue de bœufs , de chevaux. Valet de
charrue. Tenir le manche de la charrue. Le
soc d'une charrue. Tirer la charrue. On dit
ptoverbialemeut, ileltre la charrue devant les
basufs^ pour dire. Faire avant ce qui devroit
être fait après.
Ou ilit ligiircuient. Tirer la charru.' . prnir
dire, Avoir beaucoup de peine. C'est tirer la
charrue, (jue di s'adonner ù nn travail si pc-
nihle.
il sigoiiie quelquefois L'clpndue de terra
qu'on peut mettre eu valeur avec une charrue.
Cette terme est de deux, de quatre charrues.
On dit Des personnes d une socii té qui s'ac-
eordent mal ensemble, qnc C'e<t une charrue
mal attelée. ï) est du style familier.
CHARTRIJ. s. f . Prison. Il est vieux. Saint
Denis de la Chartre, Lieu oii Saint Denis fut
autrefois en prison.
CinarnE, signifie aussi, Dépérissement du
corps , maigreur. Tomber en charlre. Cet enfant
est en chartre.
CuAitTnE pRivû. Terme de Pratique. Prison
sans autorité de Justice. Il n'est pas permis de
tenir un homme en chartre privée.
CllAUlRIi ou CIlARTIi. subsl. f. .tnciens
ijties , anciciuics lettres patentes des Rois ,
Princes, etc. Chartre t\onniinde. Trésor des
Chartre.<.
On appelle Chartre, ou Charte -partie, en
termes de M.-'rine, Un acte conventionnel que
fait le Propriétaire d'un \'ai6seau avec un Mnr-
chandqiii charge dessus di'S luarcioiidises pour
le Pays étranger.
CHARIRECSE. s. f. Maison qu'habiteni
lus Chartreux. Au llj^uré, ou appelle Char-
treuse, Une petite maison de canipugne isolée,
toliluirc.
CHARTREUX. ELSi:. s. Rcligieui et Rc-
lijjieusc de l'Ordre àc Saint Bruno.
en \KTRÏCR. $. m. I.ieu où l'itn conS'.n-e
les Chartres d'une .db)w\e, etc. Le Chailrier
de Saint-Denis, /icm C/iur(ric;-. C)i.u-(riei- en
liuii ardre. Il se dit aussi L'c celui qui garde les
Chartres.
CH<^. s. m. I/r trou d'une aiguille.
(MIÂSSK. snbst. f. ( I.» première sylLibc est
longue.) Sorte de ciissc,de colUc ou l'on garde
CHA
les reliques de quch^ue Saûit. Châsse àt boît
doré, d'argent, d'or. Chiisse enrichie de pier-
raies. La châsse d'un tel Saint. On a descendu
la chasse de Sainte Geneviève.
CUiVSSli. subst. m. C'est le nom d'un pas de
danse.
CHASSE, s. f . ( La preni. syllabe est brève. )
Action de chasser, de poursuivre. Il se dit par-
ticulièrement De l.i poursuite des bêtes. Chasse
générale, que font les Princes eu quelques
pays. C'Kjssc uilc chiens courans, au lévria- , à
l'oiseau, pour dire, Avec les chiens couruns,
avec le lévrier, iivcc l'oiseau. Chusseà lagrandi
bête. Cliasse du vol. Chasse à courre. Lu c/i<is.^e
du cerf, du loup, du sanglier, du renard, etc.
Aller à la chasse. Entrer en chasse. Se nielle
en citasse. Le plaisir de la chùsie. Pays de
chasse. La chasse est défendue dans les pla'sira
du Roi. Capitaine , Lieutenant de chasses.
Chien de chasse. Fusil de chasse. Équipage de
chasse. Couteau de chasse. Maison de chasse.
Kendc^vous de chasse.
Ou dit. Rompre la chasse, l'ordre de la
chasse , pour dire , Troubler l'opération des
Chaaseurs.
On appelle Habit de chasse. L'habit uni-
forme que porlcnt les Chasseurs qui accom-
paf;ncnl ù la chav..' le Roi, les Princes ou les
grands Seigneurs.
On appelle ;iiissi Chasse, Les chasseurs, îea
rhiens et tout l'équipage. La chasse est loin,
est prés j la char:ic a passe par~là.
Il signifie liuilipK fois Le gibier que l'on
prend. Il vit de sa cJuisse. Je vous enverrai lU
ma chasse. Faites-nous manger devotrec'^asse.
Ou dit . Dofiner la chasse aux ennemis ,
donna' la chasse aux vaisseaux ennemis, pour
dire. Les poursuivre. On donna la chasse à un
parti de Cavalerie ennesnie. Les Galères de
Malte donnent la chasse aux Corsaires de
Barbarie. Donner la chasse à une bande di
volcnrs.
On dit en termes de Marine , qu'Un vais-
seau p-end chasse, Lorsqu' ayant rencontré un
vaisseau ennemi plus fort que lui, il se retire ^
pleines voiles pour éviter le combat.
Cnditd'L'ne eli-iisc de poste, d'un carrosse,
et de plusieurs eulres machines, qu'/'.'IIu onl
] lus ou iiioifi.? de citasse, pour dii'e, qii'iîUes
ont plus ou moins de facilite' à se porter en
avant.
Cuisse, au jeu de Paume, eôt le lieu où la
Lalle finit son premier buud. Grande chasse. Il
y a une chasie. Gagner la chasse. Chasse au
pied de la niiiraiUe, ou siuiplemeul. Chasse an
pied. Chasse morle. .
Chasse morle, se dit Ggurénicut, d'Unr af-
faire commencée, que l'on ne poursuit pas,
qui demeure lli.
On dit tigurémentel provrrbiaicment , Mar-
quer cette c'utste, pour dire. Relever une pa-
role, reinarpier dans une aOaire, dans la con-
duite d'un hoinuuï, imc circonstance dont on
veut tiicr avantage.
CIIA.SSE-COLSU^ , s. ninse. se dit, dai:» le
style famiiia , pour Du méchant vin. Il m'a
CHA 22y
donné du chasse-cousin. On l'e'tend à d'autres
choses.
CHASSEL.iS. s. m. Sorte de raisin. Grappe
de chasselas.
CHASSE -MAREE, s. m. Le voituricr qui
apporte la marée. Cheval de chasse-nfarée.
Les huiucs que les C'-asse-marées apportent ,
s'appellent Huîtres de chasse.
On dit figurcmcnt et familièrement , y^ilcr
un tritin de chasse-itiarée , pour dire, Aller
d'un pas fort vite. H altoitd'un train dechasstr-
mayée,je n'ai pu l'atteindi-e. .
CHASSE-MtJUCHE. o. m. Petit balai avec
lequel on chasse, les inouclies. On le dit aussi
d Une espèce de filet i cordons pendans, dont
on couvre les elievaux dans la saison des
mouches.
CH.ISSER. V. a. (La première syllabe est
brève. ) Mettre deliors avec violence, contrain-
dre, forcer de sortir de quelque lieu. Chasser
les ennemis du Royaume, hors ilu Royaume.
Il a été chassé de son pays. On l'a chassé
comme un co!juin. H se fit chasser. Chasser les
chiens. Chasser les mouches. Chasser les oiseaux.
Ou dit proverbialement et figurera. qu'Un
clou c/ia.«e /'antre, pour dire. qu'Une nouvelle
p:i.ssiou, un autre goiit, un autre intérêt, une
autre fantaisie, un autre soin , en cliasse un
autre.
On dit, que De cerliii'ncs herbes chassent le
mauvais air, le venin, pour dire, qu'IClles
ûtent le venin qui est dans l'air, qu'elles l'clci-
gnent
Ou dit. Chasser un domestique, un valet,
pour dire,' Congédier, renvoyer un domestique
dont on est mal satisfait. Chassez ce vaîet , c'est
un débauché, un fripon.
On dit proverbialement et fejurémcnt, (;ue
La jaim chasse le loup hors du bois, pour dire,
que L.' nécessité oblige à s'évertuer pour cher-
cher de quoi vivre.
CiiA-SSLa , signifie aussi. Mener, faire mar-
cher devant foi. 11 se dit principalement Des
bestiaux. Chasser les ihiches aux champs. Chai-
ser un troupeau de moulons, etc.
On dit aussi. Chasser l'ennemi dci'nnt soi,
pour dire. Le faire retirer de poste en poste.
CiiASSEr. , signifie encore. Pousser quelque
chose en avant. La poudre iine chasse bien plus
que la grosse. La charge n'est pas assez forte
pour chasser un boulet si pesante Le vent chasse
la pluie, la neige, de ce cùle-lii. Il faut chasser
ce clou dans la muraille, dans la poutre, à
coups de marteau. Ce joueur de longue paume
cliasse une balle de grttndc roideur.
On dit , en termes d'Imprimerie , qu'Une
sorle de ielfre. de ci.raclére, chasse plus qu'une
autre, pour dire, que Les mêmes raotf rangés
de la même sorte, occupent plus d'espace,
étant imprimés d'un certain ranclère , que
l'étant d'iui auti'e. Le caractère ijomain chasse
plu; ((lie I'/liilii(nc. Kn ce sens il est neutre.
CUASSiin, sigu fieeucorc, Poursuivie, tilcher
de prendre à la cou*"se avec des chiens certaines
Ijètcs, comme fièvre, renard, chevreuil, lonp,
cerf, s.anglier, etc. Chassa le lièvre, le ccr; ,ele.
■MJ.
228
CHA
Chasser , mis absolument , signifie , Pour-
suivre toute sorte de gibier. Chasser au fusil
ChiKser avec le chien couchant. Chasser avec
une meute de chiens courons. Chasser à beau
bruit ^ à grand hruit. Chasser h cor et à cfi.
Chas^^cr avec Voiseau^ à l'oiseau. Chasser dans
la plaine. Chasser en fond de foret. Il faisoit
bon chasser. Je ne soujpirai pas (ju d chasse
sur mes Icrres. Cf chien chasse bien. Les chiens
ont mal chasic aujourd'hui.
Ou dit aussi , Chasser aux perdrix , aux
bécasses, etc. et en ce sens il est neutre.
On dit en termes de Cliassc, Ce chien chasse
de haut vent^ pour dire, qu'il chasse contre le
venL
Ou dît figurémeut et bassement j qu'C/»
homme chasse bien au plat, pour dire, qu'il a
bon appétit, qu'il aime h manger le gibier «lue
les autres tue.nt.
On dit proverbialement, Bon chien chasse
de race, pour dire, que Les enfans ont ordi-
nairement les inclinations de leurs pères , e|
suivent leurs exemples. Il se prend en bonne
cl en mauvaise part.
On dit d.ins lemême sens, qu'f/n homml
chasse de race.
On dit aussi familière m entj Leurs chiens nt
chassent pas ensemble , pour dire. Ils s'accor-
dent mal enseml)le.
Chasser sur les terres de quehiu'un ^ sipiiitie
figurêment » Entreprendre sur sa juridiction ,
sur ses droits.
On dit eu ternies de Alarinc. ([uT' n l'dHscuu
chasse sur ses ancrt's, Lorsqu'il a mouille sui
un fond de mauvaise terme, et que l'ancre nfl
tient point
On dît, qu'Une foiïure chasse bien, pon»
dire , qu'ElIe n'est pas lourde , qu'elle roule
avec facilite', et que son mouvement est com-
mode et prompt.
Chassé, ée. participe.
CIîASSERÏOSSE. s. f. Son usage le plus or-
dinaire est dans la Poésie. Diane îa Chasseresse.
Les Nymphes Chasseresses.
CHASSEUR, EUSE.s. Qui chasse actuelle-
ment, on qui aime A chasser. Je trouvai det
chasseurs dans îa plaine. C'est un m-and chas-
seur. Il n'est point chasseur. Cette femme est
une grande chasseuse. Ces Dames étoient ha-
billées en chasseuses.
On appelle Chasseur, Un nomeslique dans
une Terre, occupé h chosscr pour son Maitrc.
Chasselu, en langage militaire, signifit;
aussi Un soldat phjs leste*, plus agile, deslint-
à former une compagnie de choix dans un ba-
taillon. Il y a aussi des compagnies, des Kt'gi-
mens de Chasseurs à cheval.
CHASSIE, s. f. Humeur gluante qui sort
des yeux malades. Jl a toujours de la ehassii
aux yeux.
CHASSIEUX , EUSE. adj. Qui a de la chassie
aux yeux. Il a des yeux chassieux,
CHASSIS, s. m. Ouvrage de menuiserie com-
posé de plusieurs pièces qui forment ordinaire-
ment des carré» ou l'on met des vitragrs ou de
la toile, ou des fcuiïlei de papier huile', pour
CHA
empt^'lier le veiitjlcs injures du temps. C?irfssis
de papier. Chiîssis de verre. Châssis de toile.
Il a double châssis à sa chambre. Coller, pCH
$er, lever les châssis. Châssis à fiche. Cluhsis à
coulisse. Châssis à panneaux. Châssis d'osiei'.
Ou l'emploie aussi dans d'autres arts , pour si-
gnifier L'ne espèce de cadre.
Châssis dormant, signifie Un cliûssis qui
ne se lève point, et qui ne s'ouvre point.
H signifie aussi Une espèce de cadre sur le-
quel on attache, on applique, on fait tenir un
tableau, une toile, ou autre chose semblable.
Châssis d'un tableau.
Châssis, se dit en générci De tout ce qui
enferme et enclijsse quelque chose. Ainsi on
appelle C/i(fssii H'/mprirnerie, Le caiTC qui en-
ferme les caractères.
On appelle Châssis d'une tahlcy Ce qui sou-
lieut le dessus d'une table.
CHASTE, adj. des 2 g. Qui s'abstient des
plaisirs d'un amour illicite. Homme chaste.
Femme chaste.
11 signifie aussi , Pur, éloigné de loutcc qui
blesse la pudeur, la modestie, ^mour cha.'ifc.
Vn cœur chaste. Il est chaste de corps et d^cs-
prit. Cela blesse les oreilles chastes. Il n'a (jue
des pensées, des discours chastes et honnCles,
Un style chaste.
CHASTEMENT, adv. D'une manière chaste.
Vivre chastement.
CHASTETf^:. 8. f. Vertu par laquelle on est
cijaste. Garder la chasteté. Cela blesse la chas-
Iclê. Chdstetc cuniui^ale.
Il se prend quelquefois pour Uneenlii^rc abs-
tinence des plaisirs de l'amour. Chasteté perpé-
tuelle. Faire vœu de chasteté.
CHASUBLE, s. f. Ornement que le Prêlro
met par-dessus l'Aube et l'Etole pour célébrer
la Messe. Chasuble de camelot, de damas, dt
toile d'or, etc. Mettre la chasuble, Oter la
chasuble.
CHASUBLIER. s. m. Ouvrier qui fait toute
sorte d'ornemens d'I'^lise. "'
CHAT, s. m. CHATTE, s. f. Animal do-
mestique qui prend les rats et les souris. Gro5
chat. Chat r.oir, chat gris, etc. Chat d'Es'
vaqnc. Ce chat est bon aux souris , pour les
souris. Chassez ce chat. Belle chatte. Votre
chatte est pleine.
On dit, y/u chatj att chat , peur faire fuir
un chat.
On dit, Traître comme un chat, volontaire
comme un chatj rôder comme un chat, guetter
comme un chat, en comparant les actions d'un
liommc aux habitudes de cet animal.
On dit bassement d'Une femme firiande,
qu 7:.ï/c est friande comme une chatte,fiaec^est
une chatte.
Il y a aussi des chats qui vivent dans les
bois, qu'on appelle Chats sauvages.
On dit proverbial, et figuromcnt , d'Un
honmie qui en épîe un autre, qn'/ï le guctt<!
comme le chat fuît la souris.
On dit encore, Â bon chat, bon rat, pou:
dire, Uien attaque, bien dércndu.
On dit aussi proverbial, cl fî;;ure*mcnt Dss
CHA
personnes qui s'accordent mal enscmljle , qu'il*
s'uccor£Îcnf,qu'i7s viVenl comme chiens et chats.
On dit encore, que La nuit tous chats %ont
gris, pour dire, que La nuit on ne distingue
point un objet agréable de celui qui ne l'est pas.
On dit, Payer en chats et en rats, pour
dire, Payer en mauvais eficts.
On dit proverbial. d'Un homme qui soit
dune maison sans dîi'e adieu à personne, qu'/I
a emporté le chai.
On dit encore proverbialement, Il n'y a pas
là de quoi fouetter un chat, pour dire, que
L'affaire dont il s'agit n'est qu'une bagatelle.
On appelle figurémeut, 37usir^iie de chat.
Une musique dont les voix sont aigres et dis-
cordantes.
On dit encore, Jcïer le chat aux jambc< à
quelqn\ui , pour dire , Rejeter la faute sur lui.
On dit proverbialement et figurcm. qu'L'nc
fille a laissé alla- le chat au fromage, ^<nt dire,
qu'ElIc s'est laissée abUser.
On dit encore proverbialement. Bailler le
chat par les pâtes, pour dire. Présenter «oe
cliose par l'endroit le plus difficile.
On dit aussi, Tirer les m.irrons du feu avec
la pâte du chat, pour dire, Faire faire par un
autre ce qu'on craint de faire soi-même.
On dit encore, Chat échaudé craint l'eau
froide, pour dire, que Quand on a été attrapé
'i quelque chose, on craint tout ce qui en n )b
moindre ressemblance.
On dit proverbialement, Acheter chat en
poche, pour (lire. Faire mnrclic d'une cfiose
sans la connoître et sans la \oîr.
On dit proverbialement , Éveiller le chat
qui dort, pour dire, Réveiller une aflàïre qui
étoit assoupie, chercher un danger qu'on pou-
voit éviter.
CHATAIGNE, s. f. Sorte de fruit dont la
snbstonce est farineuse, et l'écorre de couleur
brune tirant un peu suinIc rouge. Grosses châ-
iaignes. Litron de châtaiqnes. Châtaignes bouil-
lies. Châtaignes rôties. Puin de châtaignes.
ChÂtAi&he n'EAt:. Plante aquatique, ainsi
1 nommée, parce que son fruit ressemble à la
châtaigne ordinaire.
I CHÂTAI(;>'EUA1E. s. fera. Lieu planté de
châtaigniers. // a fait abattre une châtaigne-
raie qu'il avoit près de sa maison,
CHÂTAIGNIER, s. masc. Grand arbre qi>i
produit des chïllaignes. Bois de châtaignier.
Perches, cercea^Lx de châtaignier. Charpente
de bois de châtaiqnicr,
r.ILATAlN. adj. m. Qni est de couleur de
rhaiaignc. Il n'est gutre en usage que dans c«
phrasrs, Poil châtain clair. Cheveux châtains.
H est indcchnable quand il est suivi d'un antre
adjectif qui le modifie. Des cheveu.x châtatK
clair.
CHÂTEAU. 5. m. Forteresse cnvironn«'-e de
fossés et de gros naurs flanqués de tours ou de
liastions. Cfcfîfcnîi sur un rocher, sur itnc mon-
tagne. Le Château commandoit la Ville.
On dit pioverbialement, Viïlc prise. Châ-
teau rendu.
On dit pioverhiaîement et figurément, faire
CHA
Jes Châteaux en Espagne , pour dire , Faire
i\oi desseins, des projeis en l'air.
Château, st^uific au^si La maison où de-
meure le Seigneur d'un lieu. 7/ s'est retire à L
campaqtic dans son château.
On aiipcllc figurénient vt proverbialement,
Château lie cartCj Une petite maison de cam-
pagne fort ajustée, et peu solidement Italie.
On appelle Château de poupe, ou Château
d'arrière , et Château de proue , ou Château
d'nvant , L'espèce de logement qui est clevé
sur la poupe et sur la pruuc d'un vaisseau, au-
dtissus du dernier pont.
On appelle C'td'teuu d'eau. Un bâtiment qui
lie renferme que des réservoirs.
(^ILVTKLAIN. s. m. Celui qui commande
dans uu château. En ce sens il est vieux.
Il sit^niûe aussi Seiî;ueui- d'une certaine éten-
due de pays , qui ctoît autrefois commandée
par un Château, et qui y ressortit encore pour
in Justice. Sein neur Châtelain d'un tel endroit.
On appelle Juqe Châtelain , Le Juge du
Seigneur Châtelain ; et dans ces dernières phra-
ses il est adjectif.
ChAteLÊ, ÉE. adj. Terme de Blason. Il se
dit d'Une bordure ou d'uu lambel chargé de
plusieurs châteaux. La bordure de Portugal cl
le lambel ^Artois sont châtelés.
CHÂTELET. s. m. Petit Château, Il n'est
plus d'usage qu'en quelques Villes, particulic*-
rcment à Paris, où il y a eu deux anciens Châ-
teaux, l'un qui subsiste encore. Le Grand-
Châtelety où l'on rend la Justice, et où l'on
tient les prisonniers: l'autre, dit Le Petit
Châtelet, qui a été détruit.
On appelle à Pai'nChâtelet^ La Juridiction,
le Tribunal où se )ugent les aflàires civiles e|
criminelles en première instance. Conseiller au
Châteht. yotaire au Châtelet. Commissaire au
Châtelet. Sentence du CUâtelet.
ChAtELLENIE. s. f. La Seigneurie et U
Juridiction du Seigneur Châtelain. Droit d^
Châlellenie. Eriqer une Châtellenie en Mar'-
<ptisat.
Il signifie aussi Une certaine étendue da
pays sous celle Juridiction. Ct'/(e Paroisse,
cette Terre at de la Châtellenie d'un tel lieu.
CHAT-HUANT. s, m. (Le T de la première
syllabe ne se prononce pas, et l'H de la se-
conde est aspiré. } Sorte ds hibou qui ciang«
las souris et les petits oiseaux. On prétend que
la chats-huans voient plus cUir la mut que le
jour,
CHATIER. V. a. Punir, corriger quelqu'un
qui a failli , lui faire souffrir la peine qu'il mé-
rite. C'est au père à châtier ses enfans. Quand
il platt à Dieu de nous châtier. Les fléaux dont
Dieu châtie les hommes. Cette ville s'csl révol-
tée, mais on l'a rigoureusement châtiée par la
perte de ses privilèges^ et par la mort de grand
nombre des plus coupables.
■On dit provcrbialcm. (Jui bien aime^ bien
châtie.
On dit figurément. Châtier sa prose et ses
vo-f , pour dire, Kn ùier ce qu'il y a de man-
«u, en soigner le styl-, le rendre le plus exact
CHA
qu'il est possible. Il n'a pas assez chât^ ses
derniers ou\Tages. Son style n'est pas assez
châtié. Il est plus en usage ou participe que
dans ses autres temps.
CiiÀtié, t.¥.. participe.
CHATIÈRE, s. f. Trou qu'on laisse aux
portes des greniers, ou ailleurs, pour laisser
passer les chats. F aire tme chatière à une porte.
CIIATIMENT. s. m. Punition, correction,
peine que l'on fait souffrir h celui qui a failli.
Léger châtiment. Rude j sévère, rigoureux ,
cruel châtinïTnl. C'est uu visible châtiment de
Dieu. S'il a failli ^ il en a rt^u, il en a soufjhrt
le châtiment.
CHATON, s. xn. Petit chat. In chatcn, un
petit chaton.
CHATON, subst, m. La partie d'une bague,
d'un poinçon , dans laquelle une pierre pré-
cieuse est enchâssée. La pierie est tombée du
chaton,
CHATONS, s. m. pi. Terme de Botanique.
C'est ainsi qu'à cause de Ic'jx resseml)lance
avec la queue d'un chat, on nomme les fleura
de certains arbres, lesquelles sont attachées
plusieurs ensemble sur un même filet. Le
noyer, le coudrier, le chêne ^ etc. sont da
arbres à chatons.
CHATOUILLEMENT, s. m. Action de cha-
touiller. Etre sensible au moindre chatouille^
ment.
Chatouillement, se dit aussi De certaine
impression agnJable qu'on sent quelquefois; et
c'est dans cette signification qu'on dit. Le cha-
touillement des sens.
CH.VTOL'ILLER. v. a. Causer en certaines
parties du corps, par un attouchement léger,
un mouvement involontaire, un tressaillement
qui provoque ordinairement â rire. C/inloui/Ier
quelqu'un aux côtés. Le chatouiller à la plante
des pieds. Ae ïe c/ja(oui/ïec pas si fort.
Ou dit flgurément et proverbialement, d'Un
homme qui s'excite lui-même à rire, ou qui
tâche à se procurer de la joie, quoiqu'il n'en
ait point de sujet , qu'il se chatouille pour se
faire rire.
On dit, que Le vin chatouille le palais, le
gosier; que La musique, l harmonie chatouille
ioreille, les oreilles, pour dire, que Le vin,
que la musique, flattent agréablement les sens.
On dit, Chatouiller un cheval de l'éperon,
pour 'dire, te loucher légèrement avec l'éperon.
CuATOciLiJin, signifie figurément, Dire des
choses qui plaisent , qui flattent. Quand on lui
dit du bien de ses on fins , on le chatouille par
l'endroit le plus sensible. Les flatteurs ne par-
lent que pour chatouiller les oreilles des Grands.
Chatouu-É, tz. participe.
CHATOL'iLLEUX, EUSE. adj. Qui est fort
sensible au chatouillement La plante des pieds
est une partie bien chatouilleuse. Vous êtes cha-
touilleux.
W se dit aussi Du chevaL Ce cheval est cha-
louille^Lr.
On dit figurément, quUn homme est hten
chatoailleur , [>our dire , qu'il s'offense aise-
mcul, qu'il se Ûclic pour peu de cho6e.
CHA 229
On dit aussi, qu'l/ne affaire^ qu'une f^ues-
' tion est bien chatouilleuse, pour dire, qu'il la
faut traiter avec giande circonspection, parc«
que les plus légères fautes qui peuvent écliap-
per à cet égard, sont fort dangereuses. Prenez
garde, vous traitez là un poijit bieti chatouil-
leux.
CHATOYANT, ANTE. adj. Il se dit d'Un
objet dont la couleur varie, suivant la direction
de la lumière qui le frappe. Cou/cur chatoyante.
LLtojJif chatoyante. Pierre chatoyante.
CHAT-PARD. s. m. Auinial quadrupède,
qui ressemble beaucoup au chat par la forme
du corj)s, et au léopard pour les couleurs. De
là vient ce nom de Chal-pard. On le trouve en
Amérique.
CHÂTRER. V. a. Ôtcr les testicules. Châtrer
un homme, un cheval, un chat, un bélier^ un
Iimrcnu, etc.
On dit aussi, Châtrer une truie, châtrer une
chienne, pour dire, Leur faire une opératioti
qui les mette hors d'état d'avoir des petits.
On dit figurément, Châtrer un Livre, pour
dire. En retrancher ce qui choque les bonnes
mœurs, la Religion, ou le (;ouvcrnemcnt..1far-
iialy de cette édition, n'est pas entier- il c été
châtré. On a châtré cette histoire en plusieurs
endroits.
On dit, Châtrer des cotrets , des Çi^ots,
pour dire, Kn ôter quelques bâtons.
On dit, Châtrer des ruches, pour dire, Un
ôter une partie des gaufres où est le miel.
On dit aussi. Châtrer un fraisier., pour
dire, En ôter les rejetons superflus.
ChÀthé, le. participe.
H est aussi substantif. C'est un châtré, ua
ricua châtré. Voix de ehâtré.
CHATREUR. s. m. Celui qui fait métier
de châtrer des animaux. Châtreur de chietis.
Couteau de châtreur.
CHATTEMITE.s. f. Terme qui se dit d'Une
personne qui affecte une contenance douce,
humble et flatteuse, pour tromper quelqu'un.
Voyez-vo-as cette chatlemite? Comme elle fait
la chattemite. Il a beau faire la chaltemitc. il
ne me trompera pas. Il n'est d'usage que dans
le style familier.
CHATTER, V. n. qui ne se dit que dUne
chatte qui fait ses petits. I7nc chatte qui eU
prête à chatter. Elle a chatte cette nuit.
CHAUD, AUDE. adj. Qui a de la chaleur.
Le feu est chaud. Le Soleil est bien chatid nit-
jourd'hui. Temps chaud. Eau chaude. Bain
chnud. Fer chaud. Four chaud. Mettre quelque
chose sous les cendres chaudes. Prendre un
bouillon chaud. Vue chamh-e bonne et chaude,
/ivoir lespieds, les mains chaudes. Boire chaud.
Manger chaud.
On dit d'Un homme qui est fort à son aise,
qu /i a les pieds chauds.
On dit, Picurer à chaudes lanr\es ^ pour
dire, Pleurer cxceftsivement.
On dit pru\erbialcment et figurément qu'/I
■ faut battre le jcr pendant qu'il est chaud, pour
dire, que Pendant qu'une aflaire est en ban
train, il fdut travailler À la faire finir.
e3o ( j H A
ChACD, sipiifie aussi, Qui donne, qui pro
ciirc de la clialeur. Le vin est chaud. Les épice
vies sont cluutdes. Ucrhes chaudes. Cet habtt.
ce manteau est boti et chaud.
On dit d'Un ÉciiTain, d'un Orateur, d'un
Peintre, <ju7i est chaud dans sa comftosUwn ,
pour dire , qtie Sa conumsitioii est vive cl
animée.
On appelle Fièvre chaude. Une sorte de
fièvre violente qui attaque on.'inairement le
cerveau.
On dit proverbialement et fijuréni.. Tombée
de /iéire en chaud mal, pour dire, Tomber
d'un niàliocre mal dans un plus grand.
On appelle 1 la guerre, Une cccasion chaude,
une attaque chaude, Une occnsion, une attaque
où le combat est rude et sniiplant.
On dit aussi, Chaude alarme, pour dire,
Une ï;ran('c cl souilainc alarme; et dans ce sens
en dit. Donner l'alarme hicn chaude, pour
diie, Donner une gi'ande alarme.
On dit figurémcnt, La donner bien chaude,
pour (lire , Donner tine grande alarine en faisant
le mal nlus grand qu'il n'est. H nous Va donnée
bien chaude.
On dit Des femelles de quelques animaux,
qu'Elfes sont chaudes, })ourdire,qu'Ellcs sont
en aniour. Chienne chaude.
On dit figurément, d'Un homme avitlc, <jiii
veut tout avoir, qui prend .'i toutes mains, qu /i
ne trouve rien de trop chaud, qu'il ti j « rien
de trop chaud pour lui.
On ditDi-ovcrbi ilemenl et Iii;ur«'ni.. 5i' i.'okj
n'avez riendeplus chaud, i»oms u' avez que fairi
de soii.'/.'cr. Et cela se dit ordinairement \io\u
donner J entendre i quelqu'un qu'il se llattt
vainement de quelque esptînince.
Cn dit proveibiaiemcnt et figtirémrnt. d'Un
homme qui fait plusieurs n:ains de suit'" an
Lausqucn't, et à d'autres jeux oii celui qui
gagne fait toujours, qu'il a la main chaude.
Froverl)ialement et figurément, pour mar-
quer qn't^n se vengera i!e quelqu'un, on dit,
qu'O'i te hi rené-tt tout chaud.
CnAin, signifie figurera. Pro:upt, 'pii se met
fscileinent en colèrj. Il est chaud et emporté.
Il II In liilc chaude, le si.ng chaud.
On dit d'Un homme qui a un peu trop hu.
qu'/i est chaud :3c vin^
Cn dit d'Un homme ardent, vif et emprcsst^
à servir ses amis, qu'/i est ami chaud; et d'Un
homme indifl'ércnt sur une afliiire , Celfi ne lui
fait ni Jroid ni cliaud.
On dit aussi figurcnieiit d'Une cfeose (piî ne
sert, ni ne nuit à une afiàire, Cela ne fait ni
chaud ni froid.
Vu dit d'Un liommcqui ne se détermine ni
*on coto ni de l'autre, qu'/l n'c.'t ni c/iunil
ni froid.
CiiAL'U, signifie quelquefois Pvécent. Ainn
on dit familièrement , Cela est encore tout
chaud, pour dire, Cela vient d'aniver.
Cdal'U, est aussi substantif, et signifie Cha-
Ictir. II lait^rand chaud. Avoir chaud. Soufl'rir
le chaud et le froid. Crever de chaud. Mourir,
elou^ér de chaiul. Il fait chaud davs celle
CHA
chambre comme dans un four, comme dans
une etitve.
l)n dit 6giirdment, qu7i jait chattd à une
ot'CiJi'ion, à une attaque^ pour dire, qu'il y a
ln'aucoup dv. périls à essuyer.
On dit fif^urcinenl et piovcrbinlemcnt, d'Un
homme qui parie laiitôt pour, tantôt contre.
sur le mènie sujet, qu7I soufjle le chuud et le
froid.
Jouer à la main chaude. Espèce de jeu ou
an hommf! courbé sur les genoux d'un uulre cl
les yeux fermés, tend la paume de la nialri sur
p3n des. et est obligé, pour se délivrer, de de-
cli-rcr celui qui l'a irappé.
A la chaude. Adverbial. Sur l'heare, dans
îe prtjnîer moment. Cela s'est fait à la chaude.
0 • ottaaua Venncmi à la chaude,
CH \UDEAU. s. td. Sorte de bcouet ou de
houi-Uon cliaud que l'oj porte quelcjuefuis aux
maries le malin du lemlcniain de leurs noces.
CHAUDEAIKINT. adv. Kn sorte que la cha-
leur se puisse conserver. Se bicnvi-tïr et se tenir
chaudement. Mettre de la viatide devant le feu,,
pour 1(1 (enir chaudement. On est fort chauda-
ment dans cette chambre.
11 signifie figuréracnt, Avec ardeur, avec
vivacité. PoursuiVre chaudement une affaire,
une personne. Prendre une ajjaire chaudement.
Il signifie aussi, A la chaude, proniptement.
Cette afpiire a été suivie chaudement.
CHAUDIÈRK. s.f. Grand vaisseau, ordinai-
ïement de cuivre, où l'on fait cuire, bouillir,
thaiifîcr quelque chose. Chaudià'e de cuiswie.
Chaudière de Tetnluner, de Rafpneitr âe sucre,
de Brasaew de bière.
On appelle C/lflU£/lè^e^ouiII(Infe, Une chau-
dière où il y a une liqueur bouillante.
CHAUDKO.X. s. m. Petite ciiaudiîTC qui a
une anse, etqui sert h la cuisine. Faites bouillir
cela dans un chaudron. Ecurer un chaudron.
Mettre un chaudron sur le feu.
GWAUDRONNÈE. s. f. Ce qu'un chaudron
peut contenir.
CHAUORONNEUIE. s. f. Marchandise d«
Clia'idrnnnirr.
CHAUORONiSiËR, 1ÈRE. s. Artisan qui
fait, qui vend des chaudrons, des marmites,
Ft autres ustensiles de aiisine, de ier ou de
cuivre. Maître Chaudronnia- . StfjUt de Chau-
dronnier.
rJlAUFFAGE. s. m. La quantii» de hois
que l'on consomme dans une ann<-c j>our se
chauffer. H m'en foiilc vingt l'oicsdebois pour
mon chaufpifje. Hoîs de chau^hqe.
Il sipiifie au-s^ii Le droit de couper dars une
foret une ccTlaine quantité de bois pour se
< hauffer. Il a non chaufficjc dans une telle forêt.
Il a tant de cordes de hois pow son chaujfifjc.
Droit de chauijnge.
CHAUFFE, ft. f. Terme de Fonderie. Lieu
où se jette et se brûle le bois qu'on emploie à
la fontf* des pit-ces.
CHAUFFE-CIRE. s. m. Officier de Chan-
cellerie, qui a la charge de chauffer la cire poiu
y sceller.
CHAUFFER. V. a. Donner de la chaleur.
CHA
Chauffer le four. Chauffer un poêle. Chauffer
des dnips. Chaufjtr de Veau. Chauffi z~vous , H
jatl froid. Se chaujjcr les pieds., les mains.
*>n dit familièrement à Un homme qui dit
quelque rli-oscdc méprisant ou d oflensaul d'un
autre. Allez lui dire cela^ et vous chaufjer au
coin de son jeu, pour dire, qu'On ne scroit pas
bien venu à aller lui tenir ce langage en un
lieu où il seroit lemaitre.
On dit proverbialement, qu7I faut savoir,
qu'on verra de tjuel bois un homme se chauffi?^
poui- dire, qu'il faut savoir quel homme c'est,
de quoi il est c^pahïc.S'ilm'attaquej je lui ferai
voir de (juel bois je me chaujfc.
Chauffeu, est aussi bcuitc. Le four chauffe'.
Le bain chauffe.
Ou dit d'Un gros nuage éclairé du Soleil
pendant uu temps chaud, que C'est un buin
ijui chauffe.
On dit proverbialement, Ce n'est pas pour
vous (jue le four chauffe, pour dire. Vous n'a-
vez rien à prétendre à ceci.
Ou dit en termes de Guerre, Chauffer un
poste, pour dire, Faire tiror vivement l'artille-
rie sur ce poste.
On ditfigurcment, CHau^trqueI(ju'un,pour;
dire, L'attaquer vivement par des raisoDuemens
ou par des plaisanteries.
Chauffé, ée. porticipe.
CHAUFFERETTE, s. fém. Espèce de boîte
doublée de fer -blanc, et pcnée de plusieurs
trous par le haut, dans laquelle ou met du feu
poviT se tenir les pieds chauds. Il y a anssi des
chauflerettes de terre.
Chaufferie. s.f.Forgc destinée h forger
le fur qu'on veut réduire en barres.
en AUFFOlR. s. m. Lien d'un monastère où
les Religieux, les Religieuses vont se chauffer.
C est Vhewe où les Reliqicuj: , les Reliqieuses
sont au chaulJoir.
H se dit aussi d'Un lieu derrière le tfaéàtrCj
où les Comédiens et les Spectateurs vont se
chauficr.
Ou appelle aussi Chauffons , Des Unges
chauds avec lesquels ou couvre, on essuie un
malade, un homme qui est en sueur. On lui
Il mis plusieurs chauffoirs, et on ne peut le-
chauiftr.
Ou donne encore ce nom à un linge de pio-
preté pour les femmes.
CH.VUFOUR. s. m. Grand four ù cuire la
chaux. On dit plus ordinairement Four à chaux.
CILVUFOURMER. 5. m. Ouvrier qui fait la
cliauK.
CHAULAGE. s. masc. .\c:ion de chauler
du blé.
CHAULER. V. a. Pnparer des blés avec de
la chaux pour les semer.
<:nAi;Li-;, kf. participe.
CIlAUiMAliE. s. masc. Action de couper le
ch »un;e. ou h' temps auquel on le coupe.
CHAUME, s. masc. La partie du tuyau des
blés qui reste dans le clinmp quand on les a
coupés. Les chaumes sont hauts, sont farts.
.^ Botte de chaume. Le chaume sert à faire de la
litière. Vaion couverte de chaume. /Jniier i«
.CHA
chaumes. Il se prend quelquefois pour Le
tuyau tout cnlier du lilé.
Cbai'ME, se prend aussi pour Un champ ou
le cliaume est encore' sur pied. Celle compii
qnie de jierdris s'est allée rentctlre dans un
chaume. Bttltre un chaume.
CFIAUMER. V. act. Couiwr , arraclicr du
chaume. Ei/e est allée chaumer.Je ne veiLv pat.
fjuelle chaume mon champ, dans mvn champ.
Cbacmi:, ée. participe.
CHAUMIÈRE, s. f. Petite maison couverte
de chaume. Méchante chaumière. Petite chau-
mière. Il loqe dans une chaumière. Le pays est
"pauvre, il n'y a aiie des chaumières.
CH.4UMINE. s. fiim. Petite chaumière. Mé-
chante chaumine.
CHAUSSAGE. s. m. Entretien de la chaus-
sure. Il dépense tant pour la coiffure, tant
pour le chaussaqe.
CHAUSSANT, ANÏE. adj. Qui se chausse
fariicment. Il ne se dit guère que Des bas. Ln
bas de soie est plus chaussant qu'un bas de fil.
CHAUSSÉE, s. f. Lf vée de terre qu'on fait
au bord de l'eau, pour soutenir, pour retenir
l'eau d'une rivière ou d'iui étang. La chaussée
'à'un étanq, lu chaussée d'une rivière,
Chaussle, se dit aussi d'L'nc levée qui se
fait dans des lieux bas, humides et marécageux,
pour senrir de chemin, de passade. Chaussée
soutenue de maçonnerie, de pilotis, etc. Faire
une chaussée dans un marais. Les chaussées da
Brunehaiit. Les Romains ont fait la plupart
des grands chemins dans les Gaules enmanièrc
it chaussé»!, et ils y emphyoient beaucoup di
chaux.
On appelle Le rez-de-chaussée , Le niveau
du terrain; et on dit, qu'tit oppartenient esl
au rez-de-chaussée , pour dire , qu'il est au ni-
veau du terraita.
CHAUSSE-PIED. s. m. Long morceau de
euir dont on se sert pour chausser plus facile-
ment UD soulier.
CHAUSSER. Y. a. MctUe de» bas ou des
souliers. C/idujser ses bas, chausser ses souliers.
Ou dit nuisi. Chaussez -vous, faites-vous
chausser, pour dire, Meitei Tos bas, ou mettez
TO» souliers ; failcs-vous mettre vos bas ou
»os souliers pur \olrc valet de chambre.
On dit, qu't'ii bas, qu'uu souCicr chausse
bien, pour dire, qu'il va bien sur la jambe,
sur le pied.
Ou dit d'Un Cordonnier, qu'il chausse bien
ou mal, pour dire, qu'il fdil bica ou rjal des
souliers ; et , qu'L'ii Cordonnier chause un tel,
pour dire, qu'il fait ordinairemeut des souliers
pour lui. Ce Cordonnier c'iuusse toute juCour.
On dit, Chausser les éperons à un Gentil-
homme, pour dire, Lui mettre les éperons eu
le disant Chctralier.
On dit aussi Cgurément et familièrement,
Chauuer de prés lu «p<roni à quelqu'un,
pour dire. Poursuivre de près quelqu un qui
«'•ofuil.
On dit proverbialement et Cgurément, Les
corJonnieri sont Ici plui mal chaussés, p.iur
dire, qu'Où ncglijjt Ici a>«riinges qu'où est le
CHA
plus à portée de se procurev par son état, par
sa position, etc.
Ui) dit n^urcmcnt et faxiiUièrem.5ec7iau55e)-
une opinion dans la téte^ pour dire, S'cntétci
d'une upiniou. il ^e pieuU tuujdut-s eu iiiau-
vaiic paru
CiiAissER, est aussi nciiirc; et daus celle
iiccpplion, il D est d usa^ au propre <jue dans
CCS pluascs : Chaussa' à six yjoi/t(î, ù sept
points; chaussuT à tant Ac points,, pour dire,
l'orter des souliers d'une telle ou telle loo^ucur.
On dit ngtirém. que Deux hommes chaus-
ri-nt à mcmc point , sont c/idus.ve's à même
point, pour dire, qu'ils ont même humeur- ,
racnic inclination, etc.
Ondit. t]U î/n /lomnie, qu'un /iuteur chausse
îc Cothurne j pour dire, qu'il s'est mis à com-
poser des Tragédies; et aussi pour dire, qu'Ii
cnde son style.
Chaussé, le. participe.
Un dit figurcmcDt et familiêrcmeot, d*Uoe
femme du bon air, qu'elle est toute des mieux
chaussées; et on dit d'Un homme, qui dans
les gaJaDfeerics ne s'adresse qu'à des personnes
jolies et de quc'.ité, qa'll ne s'adresse qu'aujc
mieux chaussées.
On dit proverbialement, qu'Un homme esl
sorti un pied chiussé et Vautre nu, pour dire,
qu'il s'est sauvé avec précipitalion.
CHAUSSES, s. f. plur. Culotte, caleçon, la
partie du vêtement de Ihomme, depuis la cein-
ture jusqu'aux genoux. Chausses de drap,, de
vclonys , de chanioit. Chausses de ioiie, ciiaus-
ses d'écarlate. Prendre ses chausses y mettre sei
chausses. Attacher ses chausses. Boutonner ses
chausses. Mettre chausses bas.
On appelle Chausses de Patje, Des cliaus&ei
rourtes et plissées, que les Pages portoieul au-
trefois. On les appelle autrement ï rousses.
(>n dit proverbialement d'Uu homme qui
£st fort pauvre, qu7i n^a pas de chausses.
On dit proverbi.ilemcot et tii;urément, Tirer
SCS chausses, pour dire, s'enfuir. Va-ten, tire
tes chausses. Il tira ses chausses dehonnehvure.
Il est bas.
On dit proverbialement et (igurém. qu'C'nc
femme porte les chausses, pour dire, qu'Ello
est plus maiirt sse dans la maison que son mnri.
Ou dit proverbialement et fignrém. qu'On
tient un homme au cul et aux chausses; soit
pour dite , que les Archers l'ont nrrClé, ou sont
pri-s de l'arrèler; soit aussi pour dire, qu"<in
lui fait actuellement ton procès en Justice, l.a
même cijose se dit aussi d'Un liommc, lorsqtir
daos une compagnie on recherche ce «|ui a'-
g.irdc sa personne , ses bieos , sa vie et son
honneur, saos l'épargner eu quoi que ce soît.
On dit ûgurement et proverbialement, Fiiirc
dans ses chausse$t pour signiticr, Avoir une
grande peur.
Od dit proverbialement et fïgurémcnt, d'Un
jeune liwmme.qu'/i a la clef de ses chausses,
pour dire, qu'il n'est plus en Af;e d'être châtir.
On dit proTcrlii.iIcmcnl et Ggurém. Prendre
son cul pour ics chausses ^ P^^ dire, Se mé-
prendre gru>âiér émeut.
CHA 23 r
CaiOSSEs, se dit aussi De ce qui sert oïdi-
* naircmcnt à couvrir le» jambes et les pieils.
Une paire de chausses, lin ce sens il n'est guère
en usage, et on dit communément Des bas.
CUAIS.SF., au sini^ulicr, est Une pièce d't-
tolTa que lus Suppôts des Universités portent
sur l'épnuic dans les fonctions publiques. C'est
te c]u'oo appcloit CAiipLTOn. Chausse de Doc-
leur en Théologie. Chausse de Docteur en
Droit.
Un appelle C/i<iiused'atsance, Le tujau des
lairiiii's, qui esl ordinairement de poterie revê-
tue dr pUtre.
On appelle Cliausse, Une pièce de drap
taillée en capuchon pointu, dans laquelle ou
pisse des liqucuis qui ont besoin d'être dari-
li es.
CHAUSSETIER. i. m. .Marchand qui fait et
qui vend des bas, des bonnets, etc. Chausse-
lier-Bonnetier.
CHAUSSE-TRAPE. s. f. Petite pièce de fer
à quatre ou plusieurs pointes fortes et aiguës,
dont il y en a toujours une en haut, de quelque
niai-.icrc que lu pièce de fer soit jetée. On jcîfc des
c/iaus5e-(ra^iL's dans des qués, dans les avenues
liun camp, pour enferrer les hommes etles che-
vaux. Semer des chausse-trapes. S'enferrer dans
des chausse-trapes , etc.
On appelle aussi C/iausse-tra^es, Des pièges
que l'on tend pour prendre les bêles puantes.
Dresser une chausse-trape. ?ilellre des cha::sse-
trapcs dans une forât.
CHAUSSE-TRAPE. s. f . t'cve; CnAimov
ÉTOILE.
CHAUSSETTE. s. f. Bas de toile, de Cl, etc.
que l'on met sur la chair. Une paire de chaus-
settes. Chaussettes àétrier.Des chaussettes pour
des en fans.
CH.\USSO>'. s. m. La chaussure qu'on met
au pied nu avant que de prendre les bas. Une
paire de chaussons. Des chaussons de toile.
Des chaussons de jil. Des chaussons de coton.
Des chaussons de laine. Des chaussons de
flanelle.
On dit en plaisantaot , d'Un bomtae qui ii a
guère de linge, guère de bardes, que Tout son
équipage tiendrait dans un chausson.
On appelle aussi Chausson , Une espèce de
soulier plat ït semelles de/entrc , dont on se sert
pour jouer à la païune , pour faire des aimes ,cic.
Ils se mirent en chaussons pour jouer leur partie
de paume,
C1L\USSURE. s. f.Cc que l'on met au pied
pour se chau.sser, comme les souliers, les pan-
toufles, les bottes , etc. lionne chaussure. Cliaus-
surc minnonne. Chaussie-e malpropre. Chaus-
sure à l'antique, etc.
On dit figurcment et proverbiah,/! a trouvé
chaussure à son pied, pour dire, Il o trouve
quelque chose qui lui convient. Il veut dire
aussi, dans un sens différent. Il a trouve qui
lui tient tète, cl qui lui sait bien résister.
CI1.\UVE. adj. des 2 g. Qui n'a plus de
cheveux, ou qui n'en a guère. Homme chauve.
Femme chauve. Devenir chauve. Etre chawe.
dvoir la It-te cJiauve,
t32 CHE
On dit proverbial, et figurément, que L'oc-
tasion est cJinuj'e, pour dire, qu'il ne la faul
pas laisser écliapper quand elle se présente.
CH.\UVE-SOURIS. ». f. Sorte d'oiseau noc
turne , qui a des ailes membraneuses, et qui
ressemble i une souris. Les Chaui'e-scuns ne
eommcncenl à voler aue le soir.
CHAU\'ETÉ. s. f. tl3l d'une personne
chauve. Il vieillit, mais il est le seul qui dise
Il chose.
CH.\t;VIR. V. n. II n'est en usage qu'en
Cl Ile phrase, C'/iaiii'ir ^'s orEilles, pour dire,
Dresser les oreilles; et il ne se dit que Des clie-
•vaux,dcs mulets et des ânes. Ce cheval chauvit
des oreilles.
CII.AU.X. s. f. Pierre calcinfe par le feu , el
qui alors s'échauffe avec l'eau, et prend de la
liaison lorsqu'on y joint du sable : c'est ce qu'on
nomme la Cha'u: vive. On l'emploie pour bi-
lir. La Chaux éteinte est celle qui a été mêlée
avec de l'eau, ju qui a perdu ses proprie'tcs à
l'air. Les Chimistes désignent aussi sous le nom
de Chaux, les métaux calcinés, auxquels l'ac-
lioa du feu a fait perdre leur liaison et leur
forme métallique , et que celte action a changés
en une substance semblable à une terre : c'est
ainsi qu'on dit des Chau.r métallicjues , la Chauv
îl'étain ^etc. Il ne faut point confondre les C/iaii-r
mclalli(JHCs produites par l'action du feu, avec
les précipités des métaux, qui sont des pioduits
tout dilli rens. Voyez PniciPiTATio.v.
Cu dit proverbial, et figurément, d'L'iie af-
faire i]ui est faite solidement avec toutes \ci
prfcaiiticns nécessaires, qii'Ei/e est faite à
cliau-T et à ciment.
CH.WIRKR. v. n. Terme de Marine. Il se
dit d Un vaisseau qui se renverse en revirant
'de bord. Il se dit aussi d'Un bateau.
CHE
CHEF. s. m. ( On prononce l'F. ) Tète. Il
■ne se dit que de l'homme , -et il n'est guère
d'usage qu'en Poésie. Le chef couronné de lau-
riers. Le chef ceint d'un diadème. On s'en -Jierl
• ussi en parlant De la t*tc des Saints. Le Chef
de Saint Jean. Le Chef de Saint Denis.
On dit, Tant de chefs de bétail, pour dire,
Tant de pièces de bétail. Il itvoit deux cents
chefi de hrchis, d: hctes à cornes.
11 se dit figurément De celui qui est i la tète
d'un Corps, d'une As.scmblée, qui y a le pre-
mier rang et la principale autorité. Le l'ape est
le chef visible de l'Eijlisc. Le Chancelier est U
chef de la Justice. Le chef d'une ylmhassadc.
d'une Députation. Les chefs de l'armée. Chef
de bandits. Chef de parti. Chef de cabale. Chef
de faction.
Chi;f , signifie aussi quelquefois Général
d'.\rmée. Il est du devoir d'un bon chef de...
On appelle Chef du nom et des armes ,
Chef de notri et d'armes , Celui qui est le pre-
mier de la branche ainée d'une grande Maison.
On dit, qu'Uni! .Ibbaye est i hef d'Ordre.
pour .lire. q>e f)'rst In pri' ■- r ,1e .Maison d
rOrdrc, et celle du: i lii,< aum.. i pendent.
On app<,'llc, .M 11 mes de Guerre, C/inf tk
CHE
fîU^ de demi-fle^ L'homme qui est le premier
d'une file, d'une dt-nii-ille tîe gens de guerre,
soil ù pied, soit h clieval.
On appelle Chef d'Escadre, Un Officier de
Marine qui est au-dessous des Lieulenans Gé-
néraux, et au-dessus desCapit.iiues de vaisseau.
On appelle C'/if^ de Cuisine et C/ie/' d'Office^
Le principal Officier de Cuisine et d'Office.
Cn appelle chez Te Roi et cliez quelques
Princes, Chef de Gobelet, Chef de Fntitcnc.
de Pancterie, etc. le principal Officier du Go-
belet, di' la Fruiterie, etc.
On dit, Commander une armée en chef,
pour dire, Y avoir le principal coramandernent
en qualité de GéncraL Etre en chef ^ travailler
en chef dans une affaire. Etre en chef dans
une entreprise, dans une négociation.
On appelle Greffier en chef, Le premier
Greffier en quelque Juridiction que ce soit.
Kn parlant De biens, d'héritages, de succes-
sions, on dit, De son chef, pour dire, De son
rùtë. H a tant de bien de son chef. Il a eu cette
terre du chef de sa femme.
On dit aussi , De son chef, pour dire , De sa
Ute, de son propre mouvement, 'de son auto-
rité. Il a fait cela de son chef, sans en avoir
ïirdre. Je n'avance point cela de mon chef. Cet
Bu(eur ne dit rien de son chef.
On dit, Les chefs d'une accusation , pour
dire, Les articles, les divers poinisd'une accu-
sation.
On dit aussi , Crime de Use-Majesté au pre-
pi'ier chef^ pour dire , Altentaf , conspiration
tonlre la personne du Prince ; et Cn'nie de lèse-
Majesté au second chef, pour dire , Attentai
contre l'autorité du Piiuce ou contre rinlérêt
de l'État. La fausse monnoie , l'intelligence
avec les ennemis , est un crime de Use-Majesté
au second chef.
Mettre une entreprise à chef. Voy. Metthe.
Chef, en termes de Blason, est une pit^ce qui
est au haut de l'écu, et qui en occupe le tiers.
CHEF-D'OEU VRH:. s. m. ( l'F ne se prononce
point.) Ouvrage que font les Ouvriers, pour
faire preuve de leur capacité dans le métier où
ils vi nient se faire passer Maîtres. Présenter
son chef-d'ceuvre.
Il si^niËe li-urém., Ouvrage parfait en quel-
que -^ciH^ que ce puisse être. Ce isolais est un
chef-d'feuvre d'Architecture y un chef-d'œuvre
de l'Art. Cttîe beuulc est un chef-d'œuvre de
la nature. Ces tablcaiw soni des chefs-d'œuvre.
On dit proveibialeni. et en plaisantant, d'Un
liommr qui a fait quelque 'dt'sordre, quelque
chose de mal par inadvertance, par emporte-
ment : Il a fait là un beau chef-d'œuvre.
CHKFKCIIOft. Voyez Chevecieh.
CIIKF-LIEU. s. m. (On pron. l'F.) Lieu
principal. Il se dit Du principal manoir d'un
Seigneur , d'un Chef d'Ordre. Clufjny est le
Chef -lieu de tout l'Ordre. Il faut rendre hom-
maqe au Clief-licu.
CHIOIK ou ClIF.rCK. s. m. Chef d<' irilni
diei les .'Vrahcs.
CHLr.llHilNE. s. f. (On prononce KF.),
Voyez FcLAiDc.
CHE
CHt.'STER, SE CHÈMER, v. pron. Maigrir
beaucoup, toni])er en chartre. Voilà un enfant
aui se chéme.
CHEMIN, s. masc. Voie, route par où Ion
va d'un lieu h un autre. Chemin battu, [ruyé.
Beau chemin. Bon chemin. Viï/în, mauvais
chemin. Chemin uni. Chemin pierreux, rabo-
teujc j fangeux. Chemin rompu. Chemin creux:
Chemin ferré. Chemin passant , fréquenté.
Chemin détourné. Chemin de traverse. Le
chemin du charroi. Petit chemin., ou sentier.
Chemin des qens de pied. Grand chemin. C/te-
min pavé. Chemin bordé d'arbres, de fossés.
Chemin d^Orléans. Chemin de Lyon^ etc. Le
chemin des Rouliers, des Coches, des Messa-
geries. Montrer j enseigner le chemin. Savoir
le chemin. Couper , fermer , embarrasser ie
chemin. Orivrw le chemin. Rendre les chemins
libres. Traverser le chemin. Quitter son che-
min. Il me vint coupe:' chemin. Ce chemin va ,
mène, conduit en tel endroit. Ce n*est pas là tt
chemin. Il se détourna de son chemin. ■Se
quittez pas ce chcmin-là. Prenez le chemin à
main droite j à main gauche. Le chemin jvwrclu
tn cet endroit- lù. Ce chemin est malaisé à ïe-
riir. 71 ne tient pointde ciiemïn, il va à travers
champs. Il se plaint guon a fait un chemin
dans sa terre. Passer son chemin. Aller son
chemin. Se mettre en chemin. Tout du long du
chemin. À mi-chemin. Vous êtes mal monU^
vous demeurerez par les chemins. Allez par-/fl,
r'est (e droit chemin. Suivez ce chemin-là.
Poursuivez votre chemin. Cet homme nc {^'^
qu'aller et venir, iWsl toujours par voie et par
chcmm. Avancer chemin. Faire bien du che-
min. Il y a bien du chemin d ici là. Deux
heures de chemin. Une journée de chemin*
Chemin faisHnt. Se faire chemin. Behrousser
chemin. Accourcir le chemin. Assurer les chc*
mins. Chemin praticable. Chemin imprali-'
cable.
Chemin, signifie figurera. Moyen, conduite
qui mène U quelque fin. Il veut faire fortune j
mais il n'en prend pas le chemin. Il aspire aiLx
iliqnités, mais on n'y arrive pas par ce che-
min-là. La vertu est le chemin de la nïoJe,
Les Hérétiques ne sont pas dans le bon chemin.
Le chenvn de la vertu, de la perfection. Le
chemin de la perdition est large.
On dit provcrbialemrnt, Bien depcns.T et
peu gagner, c\st le chemin de V Hôpital.
On dit proverbialement. Bonne terre, mnu-
vais clicmin , pour dire, que Dans les terres
grades les chemins sont fort mauvni*.
On dit proverbial., À chemin battu, il m
croit point d'herbe , pour dire, qu'il n'y a point
de profit à faire dans un négoce jdoot trop d«
gens se mêlent.
On dit aussi. En tout pays il y a une lieue
de mauvais chemin, jiour dire, qu'il n'y a
point d'entreprise ou il ne se rencontre quelque
difficull*.
On appelle C^enun de velours, Vu chemin
V sur une pelouse.
On dit fiiîur.-ment etfamilièremrnt .CAenHH
d« velours, j)Our dire, Une voie facile, ogrca-
C H E
Lk. 7/ est arrn'ê à la fortune par un chemin ctc
v^ours.
On dit fi;;iirt'nieiu, qnTn homme va son
^rattd clemin , pour dire, qu'il n'enUndpoim
de finesse 5 ce qu'il Ciit, i ce qu'il dit; et qu7i
va toujours son chemin ^ pour dire, quo Rît'ii
ce le ilélournc de ce qu'il a entrepris. Quelque
chose qu'on lui dise, ilva toujours son chemin.
On dit aussi, Aller le droit chemin, pour
dire. Procéder avec sinccriié, sans iromperic.
On dit figurt'ment, Chemin faisant^ pour
dire, Fin même tpmps, par occasion. En exn-
minant la docb-inc de ce Livre, il a remarqué,
chemin faisant, plusieurs fautes de langtie.
On dit proverbialenï. et ûguréni., Le grand
chemin des vaches , pour dire , l'Usage coni"
luun et ordinnire.
On dit lïguréinent. Suivie le chemin battu ,
pour dire, S'attacher aux ur.nj;es établis. // n'y
a rien de si sûr que de suivre le chemin battu.
On dit.proverbialcm. , Le c/;cmm de l'école,
h chemin des écoliers , pour dire , Le clierain le
plus long.
On dit aussi. Montrer le cJemin à queU
^u'un , pour dire , Donner exemple.
On dit d'Un homme qui a mis une aflàirc en
btin train, et qui ne la poursuit pas, qu'il de-
vieiae en beau chemin j à mi-chemin.
On dit encore. S'arrêter en beau chemin,
pour dire. Ne pas poursuivre une entreprise
doiil le succès paroissoit assuré.
Oi dit aussi, qu'I;n homme a bien fait du
fheniin ci peu de temps, pour dire, qu'Kn pru
do temps il a fait beaucoup de progn>s daus la
loriune, dans les sciences, etc. On dit dans le
niêmi- sens, qu'Ion homme fera son chemin^
ponr dire , qu'il parviendra.
On dit, Tous chemins vont à Rome, pour
dire, que Divers chemins mènent au même en-
droit; et figurémcnt, que Divers moyens con-
duisent à la même fin.
On dit aussi figurcment et par menace , Ji
le trouverai en mon chemin , pour dire , Je
trouverai occasion de lui nuiic; ci, Il me trou-
vera en son chemin, pour diit, Je le traverse-
rai dans ses desseins.
On dit figurcm. , Couper chemin à quelque
chose, pour dire. En arrêter, en empLcher le
cours, le progrès. On a voulu couper chemin
aitt chicanes par la nouvelle Ordonnance. Il
fallut abattre une maison pour couper chemin
a l embrasement. Couper chemin à la fièvre f à
une nidladte, à ïi qanqrêne.
On dit proTertulemenl, // ne faut pas aller
poTijualrec/ierr.inï, pour dire, qu'il ne faut pis
clcrcher tant de djlours pour ne pas demeurer
daixord d'une chose.
Un dit par menace :i une personne. qu'On
la mènera par un chemin où il n'y aura point
dt pierres, pour dire, qu'Un lui donnera bien
di: I exercice.
Un dit auMÎ proverbialement et d;ms le
même sens.qu'On iui fera voir tien du chemin.
cm dit auui provcrbi^il. et fi^urém.rrouver
une pierre en son chemin, pour dire, Trouver
quelque oltaïade doua ce iju'on coireprcnd
3". me /.
CHE
Porir dire, qu'Un liomme est fort vieux î
on d:t. qu'il est vieux comme les chemins.
Chimis couvEiiT, en termes de Fortifica-
tion, est Un chemin sur le bord extérieur du
fosse, et où le soldat est à couvert du feu des
.Tssiégeans. Em^wrter le chemin couvert. Se
loger sur le chemin couvert.
ChE-min des noNDES. .\utre terme de Forti-
fication. C'est un chemin entre le rempart ti la
muraille du corps de la Place, par où passent
Us Officiers qui font la ronde.
Le vulgaire appelle C«l an-as d'étoiles qui
forment comme un chemin blanc au milieu du
Ciel , I.cc/ieniin(îe5ainf Jacques. On le nomme
autrement La Vo'te de Lait, on la Voie luclée.
CHEMINÉE, s. f. Il se ail Oc Tendroîl où
l'on fait U feu dans les maisons, et où il y a un
tuyau par où passe la fumée. C/teminccélroùe.
Jjrqe. Tuyau de cheminée. Le coin de la che-
minée. Noir comme la cheminée. Cheminée qui
fume. Ramoneur de cheminée. Le feu prit à la
cheminée.
Il se prend aussi pour I.a partie de la che-
minée qui avance dins la ch-imbre. Cheminée
de plaire, de marbre. Cheminée dotée. Manteau
de cheminée. Chambranle de cheminée.
Il se prend aussi poui Cette partie du tuyau
i|ui sort hors du toit. Il fil un rjrand vent qui
abattit bien des cheminées.
On dit proverbialenï., Faire quelque chosi
sous la cliem.'iée , pour dire , Faiic qurlcpic
chose en cachette , et sans observer les formes.
Se marier sous la cheminée Arrêt donné sout
la cheminée. Donner une assijnoïion, un ex
ploit sous la cheminée.
On dit proverbialement et populairement,
quand on voit un homme entrer dans une mai
son où il y avoit long-temps qu'il n'ctoit venu,
// faut faire la a^oiv à la cheminée.
CÏIKMINEU. V. n. Marcher, aller, faite du
chemin pour arriver qucli|ne part. Il y a tant
d^hewes que nous cheminons. Ce laquais che-
mine bien, chemine lonq-temps.
On dit figurément , Cheminer droit ^ pour
dire. Ne point tomber en faute. Ji |eru.iien de
cheniitier droit.
On dit figurément, qu'f7n homme sait che-
rniner , pour dire, qull sait aller à ses fins,
qu'il fait ce qu'il faut pour s'avancer. On dit
dans le même sens, qu'Un homme chemine,
(\uil cheminera.
On dit figurément, en parlant d'UnPoëmc,
d'une Orabon, que Cela chemine bien, pour
dire, que L'ouvrage est bien suivi y que les par-
ues en sont bien disposées.
CHK.MbSE. s. f. Vêtement de linge qu'on
|H)rte sur la chair, et qui prend depuis le Cou
et les épaules jusqu'au genou. Chemine blanche.
Chemise de nuit. Chemise de jour. Grosse che-
mise. Chemise d'homme. Chemise de femme.
Chemine de bain. Uletlre sa chemise. Passer sa
chemise. I rendre une chemise blanclie. Chnn-
qer de chemine. Oter sa chemise. Chauffr une
chemise. Chemise de toile. Chemise de coton.
Chem se froncée. Chemise suie. Manche de che-
mine. Collet de chemist Donner la chemise au
C H E
233
Roi, Donner la chemise à un Prmce. Donner
la chemise au marié, à la mariée.
Il y a aussi Des chemises de serge , dont
usent par mortificalion tpiclqucs Religieux et
'juclques Reli;'ieuscs. Ce ReligiciLx: n\t pu en-
core s'flCCotilurntT aujc chemises de serne.
On dit, Être en chemise, pour dire. N'avoir
f]ue sa chemise sur st>i. // sorfif en chemise. Il
se sauva en chemise. Il étoit en chemise.
Un dit d'Un homme foit pauvre, qu71 n'a
pas de chemise.
On dit figurément et familièrement, ilf cMre
quelqu'un en chemise, pour dire, Le ruiner
enlièremenL
On dit, Vendre, ennaner^ jouer, manner
jusqu'àsa c/iemwe,pourdire, Vendre, engager,
jouer, manger tout ce qu'on a.
On dit, qu'On cacheroit, qu'on voudrait
cacher un homme entre sa peau et sa chemise,
iju'oii le mettroit dans sa chemise, pour dire,
qu Onemploicroit tous ses soins pour le metlfï
nu sûreté.
Onditprovcrbîalcm.elfi^urém.^La yeau est
pîu5 proche que la chemise, pour dire, que Ijîs
hitérêts personnels sont plus forts (|ueles auires.
On appeloil Chemise de maille. Un corps
de chrmise qui ctoJt fait de petits annelets d'a-
rier, et dont on se senoil à se couvrir comme
d'une arme défensive.
En termes de Forlifi'îatJon, on dit, La che^
mise d'un bastion, ou d'rm autre ouvrane, pour
dire, La muraille de .Tia;;onnerie dont un on*
vrnge est revêtu.
On appelle aussi Chemise, Une fcuîUe de
papier qui renferme et qui couvre d'autres
papiers.
C^E^^SETTE. s. f. diminutif. Sorte de
vêlement qui se met sur ta chemise, et qui
prend d'ordinaire depub les épaules jusqu'aux
hanclies. Chemisette de toile de coton. Chemi-
sette de ratine , de flanelle. Quelques-uns portent
la chemisette de flanelle sur la peau.
CHE>'AIF-I. sidist f. Lieu planté de chênes.
Une belle chênaie.
CHENAL, s. m. Courant d'eau bordé de
terres, par lequel les vaisseaux peuvent passer.
n se dit aussi d'Un courant d'eau prati jné
pour l'usage d'un moulin ou d'une (oi^v.
Il se dit encore, en parlaut de toiture, Ve
l'espèce de canal prati |ué le lungd'un toit pour
l'écoulement et la décharge dca eaux de ptuic.
Chéseai" est [dus usité. Voyez, ce mot.
CHENAPAN, s. m. Mot tiré de l'Allemand,
où il désigne un brigand des Montignes Doirri.
En Franf,\iis, il signifie Un vaurien, un bandit.
C'est un vrai chenapan.
CHÊNE, s. m. Sorte de prand nrbre qui a !e
bois fort dtu", et qui porte le gland. Un grand
chêne. Un vieux chêne. Lois de déne. Feuille
lie chên*. Ou qui de chêne. V ne pomme de chêne.
Un ais de chêne. Une poutre de chêne, etc.
On dit provcrbiaUment, Payer e.i feuilles
de chêne, d'Un paiement en etTcts de nulle
valeur.
CIll^NEAU. I. m. Jeune chfne. Des ectrel:
de chêneau,
3o
a34 CHE
CHÉ-NEAU. s. m. Conduite de ploiiil» on de
bois, qui rtrueiUe les eaux du toit, et les jioili-
dans la goutiîcre.
CHENKT. s. m. Ustensile de cuisine et de
cli:)inl)rc, sur quoi on met le J>oi5 d;ins la che-
minée. Ce qui soutient le bois est toujours de
fer, et le devant est ou de fer ou d'auire métal.
CAenet de fer. Chenet de cuivre. Chenet d'acier
doré. Chenets d'arijent. Une paire de chenets.
CHÉMi-VERT. s. m. Espèce de clidne qui
conscne ses feuilles vencs en toute saison, el
qu'on appelle autrement 1 citse.
CHÉNEVIÈKE. s. f. Champ semé de cbè-
nevis, cliamp oii croit le chauvre. Une clène-
vièrc. Lti terre est trop sècliC pour y faire une
ehènevierc.
On oppelle Ëpouvanlail à cl.èncviére. Un
vieux morceau de linge ou d'autre cliose de
même nature, au'on met sur une perche, sur
u^i Idion, dans un champ ou dans un jardin,
po'ir faire peur aux oise-iux.
On dit figurcn ent d Une personne laide ci
malbaiie, ou d'une personne mal jahilléc,
que C'est un êpouvantail de cl ènevière. Et
proverbialement et figurément, pour donner
îi entendre qu'Une chose dont oii nous veut
fuiie peur, n'est propre à épouvnnicr que des
[Xirsonnes timides, on dit, que Ce n'est qu'un
épouvantuil de cl énevièrc.
CHÈNEVIS. s. m. Graine de chinvre.iyeine»
du chènevis. Les oiseaux vivent de cliénevis.
Illettré du chènevis dans l'aucjct.
CHfcXEVOTTK. subst. fcm. Petit &1at d«
.la partie boiscosc du chanvre dépouillé de soc
'écoroe. Monceau de cl èncvottts. Feu de chine.
voltei.
CHÉNEVOTTER. ->. n. Terme d'Agricul-
ture. Pousser du bois foihlc comme des c!)cne-
TOttes. les vignes n'ont fait f^ic chénevotter
cette annéi'.
CHEIV'IL. s. m. ( T.a lettre I. ne se prononce
point.) Lieu oii l'on met les cl.irns de chasse.
Enfermer /e« chiens dans Is d'Znil.
On dit figurément d'Un logement fort sale
et fort vilain, que C'est im vrai chenil.
CHENILLE, s. f. Sorte d'insecte reptile à
plusieurs picd« , 'jui ronge les ftuiiics et les
Heurs des pl.inteset des arbres. Grosse chenille.
Chenille qrise^ jaune ^ verte. Parjuet de c}:e-
niHes. Les chenilles se changent en papillons.
Cbesille, se dit aussi d'Un tissu de .soie
velouté, qui imite la chenille, et donl on se
sert dans li s broderies el dans d'autres orne-
mens. il entre bien de la cl.enille dans celte
hrodi.:ie-là.
On dit figurément et familièrement d'Un
homme qui se plait a malfaire . qiïC C'est nnr
chenille j une méchante chenille. Un le dit aussi
d'Un importun. C'est une diCniUc dont on lu
saurait se débarrasser.
CiiEXiiLE ou Sconno.'DE.'î. Plante !> (leur
1-igumineuse. Elle est ainsi nommée, parce
«ju'rllc doniîé ure gousse d'un vert p.'dc. Iié-
rissée. roulée sur eUc-méme, de la grosseur et
de la figura d'une clieuilie.
CHENU, UE. adj. Qui est tout blanc de
CIIE
vieillesse. Devenir chenu. H est chenu de vitd-
lesse. Barbe chenue.
On dit en Poésie, Les ^lontafines cJienucs. \
les Alpes chenueSf pour dire, Couvertes de
neige.
CHKPTELou CHEPTEIL. s. m. (On ne
prononce pas le P. ) Terme de Jurlspnideiicc.
Dail de bestiaux dont le profit doit se purtager
entre le preneur et le hnilleur.
CIIKR , ÈRE. adj. Qui est tendrement aime.
C^est une personne (fuï lui est crlrcmemcnt
c/icrc. De tous ses enfans^ celui (jui lui est h
plus c/icr, c'est Ses plus chers amis Vont
condamné. Sa mémoire me sera toujours chère.
Le souvenir m'en est cher. Il n'y a personne i\
qui la vie ne soit chère. Un hom.me dehien n'-i
rien de plus cher que l'honneur.
Cheu, signifie aussi. Qui coûte beaucoup
Les belles étoffes sont toujours chères. Les dia
mûris sont toujourà chers. Le blé est ordinaire
ment pluf: cha' dans la moisson que dans le
autres temps. Le bon vin est cher. Tout est chei
à Pans. Cela est bien c/ier. est trop cher, cl
fort citer. Il fait cher vivre à Paris.
On appelle Chèie année, Une nnni'e où U
i)Ié rsl iieaucoup pius cher rpa';» l'ordinaire. Cdi
arriva dans la chère atniée.
Cher, &e dit aussi De celui ciui vend à pli i
liant prix que K's i-utrcs. Ce .)iarchand~lù Cil
cher. Cette Marchande est trop chère. Cet ou*
vrier est cher.
On dit proverbial, et pr^puliùrcment dX'fl
Marcbfaiid qui vend à Irop h.iatprix, que C'est
chère épice,
Chkii, se prend aussi advcrbialemrnt, ci
siçnifie, A haut ^ùx. Acheter cher. Vendi\
cher , bien cher ^ trop cher. Cela me coûte cher.
C'est bien cher, c''est trop cher. Il me l'a vendt
plus cher qu'au marché. Il vend toujours pliA
cher que les autres.
On dil fii;ur*inent, VrJUÏrc bien chersa vie
ponv dire, ii'e bien dL-fcndrc. Et proverbial. 0
fi^urcment pour faire eiktendre qu'On se veii*
géra d'un ijomm? donl on a reçu quelque in-
i:re, on dit. qu'On Ij lui fera payer plus chc*
qu'an marché,
CITERCIIER. V. art. Se donner du mouve-
ment, du soin, de la p'-ine poui" trouver. C/ier-
cher quelqu'un. Chercher quelque cliose. Cher'
iher sciqneusemcnl , n'iV.qcmmcnt. Cha'chcl
partout. Chercher à tiitons. Chercher en toui
lieux. Chercher de l'icd. Chercher du secours.
Chercher de l'urgent. Un domestique qui cher-
che condition. En cherchant on trouve. Que
rJicrc/icr-i'ON.ç.'* Chercher un ttéi^or. Chercher
la pierre philosophale. Chercher des moyens.
des inventions. Chercher dfs cvcuscf, des èchap-
}'atoires. Chercher la gloire. Chercher le profit.
Chercher une occasion, Cho'rher un passaqc
dans un lisfre. Chercher l'oriqine d'un mot.
Chercher la cause de aue'quc nouveau pkc-
nomcne.
On dit provcrliinl., Cherc^ er quelqu'un par
mer et par terre, le chercher à pied et à cheval^
prtur dire,I,c cliercîter partout; et, Chercher
une aiguille dnm une botle de fviitj pour di>c.
CHE
f e donner inutilement beaucoup de peine poor
clirrclier une cliosc qu'il est presque impossible
dfl trouver.
On dit aussi proverbialement et fisurement,
Chercher midi à quatorze heures ^ pour dire «
Subtiliser, faire de mauvaises difficultés sur
de» choses où il n'y en a point à faire.
On dit aussi, C/»erc/ierrt'nncmi\ lesennemia;
et cela se dit d'Une armée qui se met en marche, '
Pt qui fait des mouvcmens pour aller combattre
I ennemi.
On dit, Chercher noise, chercher querelle^
pour dire, Se mettre de propos délibéré dan»
le cas dose brouiller avec quelqu'un; Chercher
nalheur^ chercher son malheur, pour dire,
'aire des choses capables d'attirer quelque
malheur à celui qui les fait. Et on dit aussi à
■leu près dans !e même sens, Chercher à se
faire battre,
CHEncHEn , se dit aussi figurément Dfs choses
inanimL^ïs. L'eau cherche un passage. L\iiijuille
iitnantce cherche le Nord.
Ou dit provcrLialeni., que Le bien cherche
's bien, pour dire, que Le bien vient à œlui
{ui en a déjà beaucoup.
Où dil, C/.erc/ier son pain ^ pour dire,
Mcndirr.
Cherché, ée. participe.
CHERCHEUR, EUSE. s. Celai, ctlle qui
therchc. Ne vous amusez pas à ces chercheurs
de trésors y à ces chercheurs de pierre philaso-
phale. Chercheur de franches lippêes. Chcr-
rbeur se prend ordinairement en mauvaise
^jart.
CHÈRE. 9. f. Terme bous lequel on com-
prend tout ce qui rrgarde la quantité, la qua-
lité, la délic:itesse des viandes, et la n:aniêre
de les apprêter. Maigre chère. Grande chère.
II nous fit la meilleure chère du monde. Nous
avons fttil bonne chère chez, lui. On fait bonne
c^ ère en ce pays-là y et à bon marché. Vous
ferez maigre c' ère. Ils font petite chère. Faire
une chère délicate.
On dit qnUn homme est homme de bonne
chère, pour dire, qu'il aime Ij bonne chère, tl
qu'il s'y connoit.
On appelle Chère entière, Un grand repris
"'uivi di- plusieurs divcrlisscmens; et C'ère We
Commissaire, Un repas où l'on sert viandcî et
poisson. Et on dil proverbialement , Grande
chère et beau /eu, pour dire, Une bonne chrre
accompagnée de toutes sortes de bous truitc-
nicns.
On dil proverbialement, 71 n'«( chère que
de vilain, pour dire, que Les ?;ens qui, par
avarice, donnent rarement à manger, font plus
grande clière que les autres quand ils s'en
mê!ent.
On dit clic7. les Cnbarctiers, Tnnf pour la
bonne c/icrc, c'csl-ù-dirc. Tant poui lcc"«verl
et les autres uicjius liais, dont on ne compte
pus eu détail.
CnknK, signifie aussi Accueil, réception , ft
en ce sen.s i! nVsf plus guèrt? d'usage qne Hjns
celte phrase. Il ne sait quelle cherc lui faire •
co qui se dit d Un homme qui, éuni ra/*. de
CHE
voir eliei lui un de «s amis, ne sait quelle ré-
ccptiun . qutl accut-il lui faire.
CHÉREIIKNÏ. adverbe. Tendrement, avec
beii>icuu|> d'-ilTeclion, avec beaucoup damour.
Je l'aime cl.irtmenl. Je conserve cela chère-
ment.
Il signifie aussi, A haut prix. Adtter chè-
rement. Vendre, payer c\3remiiit sa marchan-
dise.
On dit figiirém., quX'n homme vend chè-
rement sa vie. la fait acheter chèrement, pour
dire, qu'Avant que de p^-rir, il lue ou blesse
beaucoup de ceux qui l'attaquent.
Ou dit aussi djiis le même sens, mais basse-
ment , Veii Jre chèrement sa peau.
CHtllUr. s. m. >*om qu'on donne it un des-
oeodant de i^I,a)ion)et par Falime, tille de Ma-
Loaiet, épouse d'.-^ly.
Cntnir, signifie aussi Prince chei les Arabes
« chei les Maures.
CHÉRIR. V. a. Aimer tendrement. Chérir
M< enfans. Chérir ses amis. Il chérit txtréme-
ment sa femme. Chérir le soui'enii-, la niériioirt;
de ^ueliju'un. Cfierir sa patrie, tn Prince tjui
chérit ses peuples. Un amant (jui chérit ses
peines , tfui chérit son tourment. Un homme
OUI chérit son erreur.
Cbédi, lE. participe. Un Prince chéri de ses
peuples, hn parbnt Des anciens Hébreux, on
dit, Le peuple chéri de Dieu.
aiEHLsSABLE. adj. d s 2 Rcnres. I)i_^ie
d'être ditri. La (gloire la plus chéri:^ahle est
celle ^ui nait de la vertu. La santé est le plus
chèrissahle de tûus les biens.
CHERSON K.SE. s. f . ( Prononcci Kersoncse. )
Terme de (jiograpliie ancienne. Prrsqu'ile , por-
tion de terre entourée de mer, qui tient au
continent par un seul endroit. La Chersonése
Taurique. La Chersonése Cimbritpie. La C/ier-
lonèje d'Or, etc.
CHERTÉ, s. f. Pi il qui «code de beaucoup
le prix ord'naire des dioses. Grande, excessive
et erté tle vis/res. Mettre la cherté aitjc l'ivres.
Pourvoir à la cherté. Remédier à la chet té.
Causer, faire la clerté.
En })arlant De certaines marchandises, on
di«, que La clerté y est, pour dire, que I.a
pcess^ V est. que tout le monde veut en avoir',
et. Je n'y mettrai pas la cherté^ pour dire. Je
n'en adielerai pas.
CHER L'BI.N. s. ij. An;;e du second Chœur de
b première Hiurarchii Le CUrubin qui étott à
la porte du Paradis terrestre.
Un dit prcTeibia'eracnt d'Cn homme qui a
le «isage rou;;e ît enJlan^iué, qu'/l est rouai
comme un Chérubin.
IJIKRVIS. ou CHIROUI. subst. m. Racine
)«ni>e II manger, et qui est fort douce au goùl.
Lue batte de chervis. Des chervis.
CHF.TIF, IVE. »dj. Vil', mcpris.ible. Vne
e' ilive créature ou-l-elle t'enorqueillir ^
Il si;nilîi: au\si Mauvais, qui ni si pas de la
bonté, dr la qnalité dont il devroit être dan*
son gentv. Vo.lu ijiii cjl bien ehélif. L'n ^rmier
ijui a des moutons fnri chélift. Faire une cliétive
rtcolle. Faire une chativt recrue de joIJuts, /(
C II E
\eiir a fuit une chtt'tve réception. Une chélive
chère.
On ùhy Avoir chètive mine, pour dire, Avoir
la mîue bosse : on le dit aussi, puiir dire, Avoir
l'air d'un homme malade.
CUf^TIVEMKNT. adv. D'une manière clié-
tive. Cet homme vit chètivementj se traite futt
clétivement.
CHEVAL, s. m. Animal à quatre pieds,
qui htnnil, propre i poitcr ei à lircr. Cheva*
nci'r, bUmc , qris pommelé y gris moucheté,,
fruité, ctp de more, alezun btùléj bai, bai-
hrun, hai-cla r„ isabellc, rnbican, roiia-i, pcil-
de-souris,, soupe- dc-Uùt, pic, tigte^ zaiti, etc.
Chcxful hu'ii marqué, mal marqué. Cheval en-
tier., cheval hongre. Clievai neuf ., cheval fait ^
cheval de service. Cheval ramassé, bien jointe.
Cheval fort de devant, Ch-jval béqu^qui marque
toujours) quoiqu'il passe ii^c. Cheval chargé
d'encolure^ chargé de ganache. Cheval refait,
maquignonné. Cheval de charrette, de charrue^
de hanwis; cheval de carrosse^ cheval de main,,
cheval à deux mains; cheval de bJt, de somm6
ou de charge; cheval de chasse-marée y cheval
de bagage y cheval de seîle, de postt\ de relais.
Cf'eval de renvoi f de louage. Cheval de pays^
cheval d^Espagneou genêt, cheval de Naples.
Cheval de race, cheval de suite, d'arquebuse,
d'escadron, d'attelage; cheval de parade. Che-
val de Barbarie ou barbe, cliCval Turc^ cheval
Anqloi'j cheval Breton ^ cheval yormand, etc.
Ch al pesant , léger à ta main. Cheval hardi,
noble, couraqcujCy hrav€._ vite. Cheval fn,
cheval de grand prix, cieval d'amble, de pa$ ;
cheval fougueux, cheval fâcheux au montoir ,
doux au montoir^ cheval rude sur l'arrêt. Che-
val de haiaille, cheval bardé, caparaçonné.
Cheval de manège^ cheval adroit, cheval tioii^r,
docile. Cheval qui se défend contre l'Ecuyer.
Cheval orillard y cheval maigre, eiflanqué^
effilé; cheval jarreté , encastelé. Cheval en-
sellé. Cheval trop haut monfc, Irop haut jointe.
Cheval bas de de\'ant. Cheval poussif, mor-
i'e(i.r, courbatu, gras- fondu, morfondu, fourbu.
Cheval lunatique y cheval fou. Cheval rétifs
quinteitx ^ fantasque^ malicieu.Tj ombrageux.
Cheval tendre aux mouches, dur à l'éperon.
Cheval vicieux, qui monl, qui rue. Cheval
desespéré de bouche, cheval couronne. Ce che-
%'al prendra trois ans auc herbes. Ce cheval
a rasé y il ne marque plus. Vanta- , éttiHer^
frotter un cheval. Ferrer ^ déferrer un cheval.
Met:re un cheval sur les dents. Ce cheval
a été trois mois sur la litière. Ce cheval tire
bien, il est franc Ju collier. La bcuche d'un
cheval. Ce cheval a la bouche bonne ^ f^ftc,
gdtce,, égarée. Avoir un bon cheval entre ses
jumbes. Aller à cheval , monter à che\'al ,
descendre de cheval. Homme de cheval. Bri-
der, emboucher un cheval. Mettre un cheval
an pas, au trot ^ au galop. Courir, galoper
un cl evai. Allonsyi chex'al. Il embrasse bien
un cheval. Tenir un cheval en haleine. PonS'
ter un c evul à toute bride. Outrer, déses-
pérer un che\'al. Ce e'tval se bride bien, u
ratTU*ne bien , tourne bUn. Etre lien à chevai
CHE 233
Xonter, exercer, piquer, travailler un cheval.
L'ompter, réduire un cheval. Cet Ecuyer con-
noît bien la portée d'un cheval. Combattre à
cheval. Sonner Va cheval. Combat à cheval.
Son cheval s'abattit sous lui, tomba les quatre
fers en Vair. Son cheval l'a emporté. Entiouer
un cheval. Abattre un cheval pour le ferrer.
On dît. Débourrer , commencer un cheval,
pour dire, Le mettre au pilier, entre d* ux pi-
liers, le dresser !i toutes soiles d'airs et de ma-
aé^ts.
On appelle Bon homme de cheval , Vu
homme qui sait bien manier uo clieval; cl
Bel homme de cheval^ Un homme qui a bonne
grûcu à cheval.
On dit, .Vofifcr à cheval, pour dire. A|>-
prendrc à monter à cheval. /( a monfé à cheval
sous un tel. Et on dit dans ce même sens, CVit
un (t'I Ecuyer qui a mis ce Prince à cheval.
Tirer à quatre chevaux, C'est attacher nu
cheval ^ chaque bras et à chaque jambe d'un
criminel, et les faire tirer chacun de son côlo
en même temps pour l'êcartcler. On ne tire à
quatre chevaux que les criminels de lèse-Ma-
jesté au premier chef.
Cbeval fondu. Sorte de jeu où plusieurs
enfans sciutenl l'un après l'autre sur le dos d'un
d'entie eux qui se tient courbé en forme de
cheval.
Être à chevat,, se dit non-seulement d'Un
homme mouti sur un cheval, mais aussi de
relui qui est monte sur quelque autre anima),
et niênre d'une pcrsont:e qui se lient jrin,Iip
de-çà, jambe de-là , sur ur.e poutre, sur une
muraille, etc.
On dit figurL-ment et proverbialement , Etre
à cheval sur sa grandeur, poiu" dire, Avoir la
mordue de la grandeur.
On dit en termes de Guerre, Etre à cheval
sur une rivière, pour dire, Avoir des troupes
sur l'une et sur l'autre rive.
On dit proverbialement et fi^urém. qu't.^n
homme est mal à cheval, pour dire, qu'il est
mal dans ses afiaircs; et, Chercher quelqu'un
à pied et à cheval, pour dire, Fa!re toutes les
diligences possibles ]iour le trouver.
Ou dit fi^uremtnl , Une févre de cheval^
pour dire, L'ne fièvre violente; et, Vne méde-
cine de cheval, pour dire, L'ne médecine très-
furte.
On dit proverhialem. , que Vœil du maître
engraisse le cheval, pour dîic, que Quand le
maître va voir souvent ses chevaux, les valets
en prennint plus de soin. Il se dit aussi fij;un;-
ment pour signifier . que Quand un maître
prend lui-même soin dj ses aOTdires , tout en
va mieux.
On dit proverbialement et fi';urém. Jamait
bon cl eval ne devint rosse. Lorsqu'on parle
d'une personne qui cons''rve jus^iu a la dernière
vieilles» lu vigueur et l'esprit qu'il avoit en «a
jeunesse; et on dit au contraire, Il n'est si bon
cheval qui ne dcv-iennr rosse.
On dit pmvcrbiiilenie-.t et G*urém. ^près
bon vin, bon cheval, punr dire, qu'Cn honitu*
qui a bien repu, eu fait mieux aller ton chcviL
3o.
236
CHE
On dit provfrlHaifinent et fisurcm. Il nV>t
«I bon cJ^evul nui ne bronche, pour dire, qu It
n'y a point d'homnic si Siige, si hahiic, «jui ne
fa&si; qucUpic faute.
On (lit proverbialement et figiin'm. Monter
êur SCS qrands chevuiu: , pour dire, ?c mettre
<Ti colère, parler d'un ton de voix fier et élevé.
On dit proverbialcnicnt, A cheval donne,
on ne regarde point la bouche, pour dire, qu'il
ne faut pas trouver à redire à un présent que
l'on nous fait
On dit proverbialement et Ggurcm. d'Une
eliose ou d'un raisonnejnent dont quelqu'un
«'appuie fortement, et auquel il revient tou-
jours, que C'est son cheval de bataille ^ son
grand cheval de bataille.
On dit proverbialement et fif^iuera. Changer
son clievcl borgne contre un aveugle, pourdire.
Se défaire dune mauvaise chose pour une pire.
I On dit proverbialement, De femmes et de
chtvaiLX, il n'en est point sans défaut.
On dit proverbialement et fij;urénient d'L'n
homme qui ne s'étonne point de ce qu'on lui
dit, des menaces qu'on lui fait, H est hun chc-
Viil de IronipettCj il ne s'élonne point pour le
bruit.
On dit figurtîmcnt d'Un Iiomme stupide,
grossier, brutal, que C'est un cheval, un gros
cheval, un cheval de carrosse, un cheval de bat.
On dit d'Un homme qu'on charge de toutes
les afiàirea difllciles, fatigantes, d'une maison,
d une socltlté, qu'/i est le cheval de bat.
OnditpruVf rbialemect. Jamais bon cheval^
ni TiiécKiitit homme, n'anioidu pout ullcr à
Home.
On dit Ggurémeut et proveibinlemeTit,Qii'
flnni de beaiuc chevaux, si ce ncst le Roi? pour
dire, rju'Il nest pas étonnant qu'un Ijonune
I iche ait de beaux meubles , une bonne table, etc.
On dit figiirément d'Un jeune liomme qui
% est emporté, et qui se soustrait ^ l'obéissance,
à la discipline, que C^cst un cheval èchapj:è.
On dit figurument et familièremciU, trïder
son cheval par la giicue. pour dire, Commen-
cer une affaiie par ou l'on d( vroit la Gnir.
On dit llgurémcnt et proveibialem. Je lui
ferai voir- (pie zon cheval nesl gu'unebttCj pour
dire, Je '.uî ferai voir qu'il se trompe lourde-
ment.
On dit proverbialement et fîgnrém. qu7l
fait toujours bon tenir son cheval par la bride^
pour dire, qu'il fait bon être maître de son
bien , d'une ailîtire ou l'on a intér£-t.
On dit prov( rbialen.ent , qu'/i est bien aisé
' d'aller à pied, quand on tient son cheval par
la bride.
Cn dit proverbialement et figurém. Fermer
Vécurie guand les chevaivr sont dehors, pour
dire. Prendre des prccaulions quand le mal est
arrivé , et qu'il n'en est plus temps.
On dit familièrement, Ecrire à guii(jii'un
une lettre à cheval, pour dir«, Lui écrire avec
hauteur, avec menace.
CntvAL oE BOIS , ,c dit dUne figure de bois
qui est ^ peu près falle à la ressemblance d'un
cheval, el sur laquelle on apprend à vollii^er.
CHE
Chi:val de bois, est aussi une pièce de bois
sur des tréteaux, laqiu-lle e^t taillée en arête,
ayant ime tête de clieval. On s'en sert pour
punir quelquefois des Soldais. Ce Soldat avoit
jait une faute^ on Va mis sur le cheval de bois,
eu l'ï a été trois heures.
Cheval de fbise , se dît cn termes de Guerre,
d'Uno grosse pièce de bois traversée de longues
pointes qu'elle présente de tous côtés. On met
les chevawv de frise à une brèche pour arrêter
les asiicgcans. L'Infanterie se sert aussi de
Chevaux de frise plus légers en campagne,
pour arrêter la Cavalerie.
CflEVALMAr^iN, est Un cheval fabuleux, qne
l'on leprésentc ayant le devant d'un cheval et
le derrière d'un poisson, tel (ju'on en voit en
quelques Anti-jues et Médailles, et dans les
grotesques et les ornemens de l 'Architecture et
de la Peinture.
Chevaux, au pluriel, se prend qiielquefi»ii
pour Des gens de guerre à cheval. Un escadron
de deux cettts chevaux. Une armée de vinijl
mille hommes de pied et de six mille che^^aïuv.
Un Capitaine de chevaux. Un dêtuciiement di
mille chevauji.
On dit Vingt et un chevaux, et non vintj
et un cheval.
On donne cn Astronomie le nom de PeU
cheval à une constellation de rhémisphère sep
tentrional.
CHEVAU-LÉOEns, sc disoit autrefois des Ca-
valiers légèrement armés, et dont les chevau]
4toient sans armure, à la diUérence des Gen-
darmes, qui étotent pesamment armés, et qui
avoient des chevaux bardés et caparaçonnes.
Présentement ce mot n'est en usage qu'en par-
lant de quelques Compagnies d'Ordonnance.
Les Chevau-léners de la garde du Roi. Lei
CI evau-Légers de la Reine. On disoit aussi,
Un Chcvau-Léger, au singulier.
(-IIRVAL1CU. V. n. taire plusieurs allées el
venues , plusieurs pas pour une afi'aire. Il m'a
bien fait chevaler. J^ai rhevalé plus de six mou
pour cette affaire. Il est vieux.
On l'emploie activement. Ainsi, on dit,Cnc-
valer un mur, une maison, pour 'dire, Étayer
une maison, un mur qu'on reprend sous œuvre.
CHEVALKRESQUl!:. adj. des 2 genres. Qui
appartient <i la Chevalerie, ou qui tient de la
('hevulerie. Bravoure chevaleresque. Franchise
chevalercstfuc.
CHEVALERIE, s. f. Étal de Clievftlier. Ce
terme se disoit autrefois en parlant De ceux
qu'on armoit Ciïevaliers avec de certaines céré-
monies. Etc'cst dans cette acxpptioïKju'on disoit
d'Un (chevalier très-accompli, (juc C'ctoil une
jiiic fleur de Chevalerie. On a dit aussi dans le
même s'-ns, Des actes de Chevalerie^ de hauts
faits diurnes et de Chevalerie , pour dire. Des
aciions de valeur et dignes d'un brave Cheva-
lier; et Les lois de la Chevalerie, pour diir ,
Les lois que les anciens Chevaliers étoienl
abligcs de garder.
Aiiiourd'hui , Chevalerie ne se dit gt:èreqne
dans cette phi.ise. Ordre de Chevalerie, qui se
tlit De divers Ordici de Chevaliers. L'Ordre du
CHE
5ûin(-Espri(, VOrdre de la Toison, l'Ordre
de la Jarretière, sont des Ordres deChevalerie.
Les Ordres de Chevalerie d'Espagne.
On dit, Chevalerie, pour, Extraction, no-
blesse de race. Cette maison est d'ancienne
Chevalerie.
CHEVALET, s. m. Sorte de supplice panni
les Anciens. Ce mot , en ce sens , n'est en usage
parmi nou.s, qu'en parlant Des suppbces que
les tyrans faisoient souflrir aux Martyrs. 71 fut
condamné à être mis sur le chevalet.
Chevalet, seditaussid'Un morceau de bois
fort mince, qui sert k tenir élevées les cordes
d'un violon, d'une viole, d'un hith , d'un cla-
vecin, et des autres iustrumens h cordes.
11 se dit aussi d'Un instrument de iioîs, suc
le'iuel les Peintres posent el appuient leurs ta-
Ideaux pour y travailler. Mettre un tableau sttr
le chevalet.
Ou appelle Tableau de chevalet, Un petit
lablcau, ou un tableau de moyenne gran-
deur, qu'on a travaille et fini avec grand soin.
On appelle aussi Chevalets , Les étais qii'oft
met aux bàtimens qxx'on veut reprendre soire
œuvre. Et en général Chevalet se dit De ce qui
^^crt à quelques artisans à tenir l'ouvrage élevé, el
à le baisser pour Iravailler plus commodémeni,
CHEVALIER, s. m. Qui a l'état, la dignité,
ou un Ordre de Chevalerie. François 1^' fut
fait Chevalier par le Chevalier Bayard. On di-
soit autrefois. Armer Chevalier ^ pour diiB,
Faire Chevalier. Présentement c'est un litre
que prennent dans les actes publics les Orntil»-
lionimes les pins considérables, et qui est aw-
<lessus de celui d'Kcuyer. Messire tel, Chevalier ^
Seigneur d'un tel lieu.
On appelle Chevalici' , Celui qui est reçu
avec certaines cérémonies dans un Ordre Mili-
taire, ou dans un Ordrr. qui n'est qu'une Asso-
ciation établie par un Prince Souverain. Che-
valier du Saint-F.sprit, de Saint- Michel ^ de
Saint-Louis. Chevalier de la Jarretière, de la
Toison d'or. Chevalier de Malte, de VAnnoti-
ciade. Chevalier de Saint-Lazare. Chevalier de
S aint~J acguC'S. Chivalicr de Calatrava. Les
Chevaliers du Satnl-Esprit portent le cordon
bleu. L'Ordre des Chevaliers. Chapitre desChe-
valier-i. Création , pronioiion de* Chevaliers.
L'Ordre des Chevaliers de Saint-Michd, du
Saint-Esprit j de Saint-Louis. Faire de» Che-
valiers. Créer des Chevaliers.
Quand on dit tout court. Chevalier de VOr*
dre du Roi, Cela désigne Un Chevalier de
l'Crdrc de Saint-Michel; quand on dit, des
Ordres du Roi, on entend Un Chevalier de
l'Ordre du Saint-Esprit, parce qu'il l'est dès-
lors et en même temps de Sflini-Michel.
On appeloil C/ievuhcrs es Loù, Ceux qui,
par leur capacilé dans la science des Lois, par-
vcnoient i élic V.i.evanm.
Dans quelques Ordies Militaires, il y n des
Chevaliers nobles, rt d«'s Clievaliers servans.
On appelle chez la Reine et cher, les Prin-
cesse» de la Famille Royale, Chevalier d'hon-
neur, Le principal Olllcier qui leur donne la
main quand elles marchent. Chevalier d'honr^
CHE
MeuT ie U Reine. Chevalier d'honneur de Ma-
iame. La charqe de Chevalier d'honneur.
On appelle Chevalier du Guet, LeConunan-
dant d une Coiiipa^nio de Gardes <jui l'unt le
guet la nuit dans Paru.
Dans les Romans, on appelle Chevaliers
arant, Les ChcTallers qui alluii'ut par le
moiidu cliercliant les aventures , clifkliaut les
■iccbans, protéseant les opprimés, et soule-
Qunt riiouneur et la licauté de leurs Dames en-
»ers cl contre tous. Et on dit encore aujour-
d'hui , qu't//i homme eut le Chevalier d'une
telle Dame ^ pour dire, qu'il lui est attacliè.
On dit aussi, Se faire le Chevalier de quel-
qu'un , poiu* dire , Prendre sa dcfcnse avec cha-
leur.
On appelle figurc'ment Cficvaher (Tiiiiîuslrie ,
Un homme qui vit d'adresse ; et ce mot seprcjid
en mauvaise part.
On appelle Chevaliers de l'Àr<juehuse, De)
Bourgeois qui forment une Compagnie , et
dont l'objet est de se perfectionner dans l'art
de tirer l'arquebuse , eu disputant un prix.
Chez les anciens Romains, L'Ordre des Che-
valiers cloit celui qui lenoit le second rang dans
la Hépul)lique j iis portoient un anneau d'or au
doigt pour marque de leur dignité. Ciceronetoit
ne Chevalier liomain. Les Chevaliers Ro-
mains passaient en revue avec leur cheval dé-
faut le Censeur.
Aux échec», on appelle Chev.dicr ou Cava-
lier ^ Une des pica:s du jeu. La marche duChe-
valier est d^allcr du blanc au noir, et du noir
aubtanc^en sautant obliquement , et nelaissant
qu'une case entre deux. Les Chevaliers blancs.
Les Chevaliers noirs. Le Chevalier du Hoi. Lt
Chevalier de la Dame. Il faut que le Roi se rfé
place ^iianil le Chevalier lui donne échec. On
ne couvre point l'échec du Chevalier.
CHEV.iLI.NE. adj. f. U n'esten usagequ'ec
cette plirase, Bête c/ievaline, qui veut dire, Vt
cheval ou une cavale.
CIIEV.\N'CË. 5. fera. Le bien qu'on a. Il a
perdu toute sa chevance. l\ est vieu.\.
CI1EV'.\UCHÉE. s. f. Yojngc i cheval que
sont obligés de faire certains Officiers potir sa-
tisfaire au devoir de leur charge. Le.<. Trésorien
de France, les Elus ont fait leur chevauchée.
Le Prévôt ,les Maréchatix a fait sa chevauchée.
Procès verbal de chev.iuchée. U n'est d'usage
qu'en ces sortes de phrases, qui sout purement
du st)'le de Pr:ilique.
CHEVAUCHER, v. n. Aller !i cbevaL U esl
vieux , et n'est guère d'usage que dans ce» deux
phrases , C'ievuuc/ier court, c/icfauc/ier long,
pour dire. Se servir d'etriirs courts ou long».
Ou dit tigurémcnl , en ternies d'Imprimerie ,
que Des (ij ne» e/icvauclient , jx)ur dire , qu'EUe»
vont de ttavcr».
CIIE\ ECIEB. i. m. Titre de dignité dans
quel |ues L^lisea,
CIIE\ 1:1.1:, LE. adj. Terme de Blason. Il
se dit d'L'ne léte dont le* cheveux sont d'outre
émail ou d'autn- couleur que h tOte. Tt'led'ur-
jeiii chevelu de table.
C:iEVEI.L', UE. adj. Qui porte de longs
CHE
clicvcux. Les peuples seplcnlviouaux sont jlnS
chevelus que ceux du miili. U se dit particuliè-
renient, au propre, en parvint ou du Roi Clo-
dion, qui a clc surnommé le Chevelu, ou de
la division ancienne des Caulcs , dont une
partie j suivant la distribution qu'en faïsolenl
les Romains, est appclce La Gaule chevelue.
On appelle Ggiuémi nt Racines chevtlues^
Ces racines d'arltres et de plantes (jui poussent
des filaniens presque aussi délies que des che-
veux; et Comète chevelue,, Une Comète qui
jette des rayons di; lumière en forme de cheveux.
Ghevklu. s. ni. U se dit Des ix-tils Glamcus
attaches aux racines des arbres lu des pluulcs,
2t qui -sont aussi dtilies que les cheveux. L(
chevelu des arbres.
CHliVELURE. s. t. coil^clif. Les cheveux
de la tôte. yi^ol^ une belle chevelure. Une lonqitc
chevelure, Lne chevchirc bien p^.itjncitj mal
oeiqnée.
CuEVELunr, se dit aiLssi Des rayons des co-
mètes. La chevelure de cette comète
En Astronomie, on appelle Chevelure de
Bèténice ^ Une consteliatioa de l'hèmi^phèrt;
septentrional proct:e de la queue du Lion.
Il se dit au^s'ï poétiquement Des feuilles des
arbres. Les arbres ont perdu leur chevelure.
CHEVET, s. m. Traversin, long oreiller sui
lequel on appuie sa tèto quand on est dans le
lit. // s'endort ainsitotquil a la tête s:ir leche-
vet. Il ne peut dormir ^ si le chevet 7i'e^t bien
haut. Il aime le chevet bien bas. Entretenir
quelqu'un au chevet de son lit.
Cn dit figuremcnt et provcrLialemeut d'Un
bomme qui débite des histoires fabriquées saus
preuve , qu7/ a trouvé cela sous son chevet .
pour dire, qu'il l'a rt'rvc.
On dit iu;urément et proverbi.ilement De
quelqu'un , C'est monépée de chevet^ pourdirJ,
i^u'Ou se sert 'le la personnu dont on parle dans
toutes sortesd'afli.iies, scit pour le conseil, soit
pour l'exécut'on.
li se dit aussi Des choses. L'Iliade d^Homère
îtoit lépée de chevel d'Alexandre.
Dans certaines t'élises, on appelle Le Che
vet de V£(fUse, La panic de I Église qui esl
ilerri^re le maître autel, et qui est plus élevée
pie le reste. Le Chevet de l'E(jlise de Suint-
Denis. Le Chevet de l'Eqlise de* Sainte 'Gene-
viève.
On appelle Droit de chevet^ Une certaine
somme qu'un OlCcier des Compagnies supé-
rieures paye à ses confrircs quand il se maijc.
CHEVI^rRE. s. m. Lîcou. Chcvétrede crin.
Che^'étre de cuir. U est \i<tux.
CirevÈrnE, se dit aussi d'Une pièce de bois
dans laquelle ou cnxtoile les soliveaux d'un
plancher.
CiiEVÊTDE. s. m. Terme de Cliirurgic. Ban-
dage dont on ïe ftert pour la fracluiv et la luxa-
tion de la mâchoire inrérieurc.
CHEVia'. s. m. Poil de la ittc. U ne *c dit
qu'en parlant IK* l'Iiomnic. Ilestchauve^ il n^a
pas un chi'vnt. Jl ne tombe pas un cheveu de
notre télé sans la pa-mistion de Dieu, Cela e^t
délié comme un iheveu. H ne s'en faut pai
CHE 2^7
Vepaisseur d'un cheveu que ces deuî choses- là
ne se louchent. De grands cheveux. Cheveu.x
longs, courts, plats, frisés. Cheveux blonds,
bruns, noirs, chûtains , rou-r, cendrés, gris,
blancs. Cheveu.- bien peignés, crêpés, ondes,
anneles , tressés, bouclés, poudrés. Cheveux
fins, doux, rudes, gros, hérissés, gras. Pori-r
les citeveux grands, longs, courts. Faire faire
es cheveux. Peindre ses cheveux. Faire couper,
faire rafraîchir ses cheveux. La poudre dé-
graisse les cheveux. Deu-c petits gart;ons qui se
prennent aux cheveux, qui se tirent aux che-
veux. S'arracher les cheveux de douleur, de
dcH'^poir. Tirer, quelqu'un par les cJteveux.
Vne touffe de cheveu.x. Une poignée de che-
l'iiic. Cn four Je clieveux, de faux cheveuv.
Un bracelet de cheveux. Une bague de cheveu-v.
Une bourse de cheveux. Une tresse, une boucle
de cheveux.
On dit proverbialement et figurém. Fendre
un cheveu en (jrialrc, pour dire, Subtiliser Iropw
Et on dit fignrénient, qu't/ne chose fait dresser
les cheveux à la tête, pour dire, qu'Elle fait
honneur.
On dit aussi figurémcnt et familicrem. Tirer
fiiir Ici cheveux une comparaison , une inter-
prétation, un raisonnement , pour dire, qults
sout forcés et peu naturels. Un raisonnement
tiré par les cheveux. Il y a de belles pensées
dans cet Auteur, mais il y en a beaucoup qui
sont tircas par les cheveux.
On dit figurémcul et proverblalem. Prendre
l'occasion aux chevcu.v, par les cheveux ^ pour
dire, Pro6ter de l'occaMon,
CHEVILLE, s. f. Morceau de Lois ou de fer
qui va en diminuant, et que l'on fait entrer
d.ms un trou, ou pour le boucher, ou j>our
faire des asscicbljges, im pour d'auires usage»,
Llieville de fcois. Cheville de f^r. Cheville car-
rée. Cheville ronde. Crosse cheville. Cela ne
lient qu'à une cheville. Pendre à une cheville.
On appelle Cheville ouvrière. Une grosse
cheville de fer qui joint U train de devant d'un
carrosse avec la flèche.
On dit figtuémcnt Du principal mobile , du
principal agent d'uuc aflàire, que C'en est la
cheville ouvriétc.
Cn appelle aussi C/;cviIle, en parlant De
luths, de violes, de violons, etc. Ce qui sert à
tendre ou à détendre les cordes.
Ou dit proverlialiment, .4utant de trous,
autant de chevilles; et cela se dit dX'n homme
qui trouve i tout des excuses, des défaite», de»
réponses, de» expc'dicns.
Ou appelle La cheville du pied, La partie
de l'os de la jamLe qui s'élève en bosse aux
Ji'ux côtés du pied.
On dit figuréracnt et familièrement d'Un
homme comparé j un autre qui, dan» son
Rcure, lui est cxtrémeuient supérieur, qu'il ne
lui fu pas à la cheville du pied.
Figutvment, eu parlant De ver», on appelle
Cheville, Tout ce qui n'y est mis que pour la
mesure ou [wur la rime. Ce» fer» soni pleins de
chevilles.
(^11 appelle C'icville à tourniquet, Va bàlon
238 C H E
oagsé dans une corde, et qui fait une espace de
tourniquet pour terrer la corde (jui assure la
rfiargG d'une chairetti'.
Au jeu de l'Honibre, du Quadrille et du
Tri, on dit,£lri; en cheville, pour din-, IN'iiln:
m le premier ni le dernier ou carte.
CHEVILLER, v. «..Joindre, assembler avec
des cheTillcs. C/icviKer uii< table, une armoire,
une porte, etc.
CHETir.LÉ , ÉE. participe.
On dit proverbialement et figurénient d'Un
Bonme qui résiste .i de iî'-andes maladies, h di;s
blessures dai-gcreuses, qu'/I a l\lmc clievilléi:
dans le corps.
On appelle en Poésie, Des vers chcviUh.
Des vers qui sont chargés de niols-înutiies.
Chetili.é, en termes de Blnson , se dit Des
ramures d'un bois de cerf. // porte d'a:,tir à
deux lois de cerf , cluujue hra}:che chevdUc c^-i
àx pièce» à'ur(^ent.
On dit. en termes de Vénerie , Tiitc de rerj
bien chevillée. Quand elle a lieaucoiip d'an-
douillers bien ranges.
CHE\TR. V. n. Venir i bout de iiuclqu'un,
lui faire faire ce qu'on veut. On l'e .ïiiuroit che-
vir de cet enfant. Lnisscz-le-moi (jauverrcr ^
j'en chevirai bien. 11 est populaire et vieux.
CHÈVRK. s. f. La femelle du bouc. Chèvre
sauvage. Troupeau de chèvres. Lait de chèvre.
Fromage de chèvre. Poil de chèvre. CmiieL 1 <!.
poil de cï.èvrc. La chèvre broute.
On appelle Barbe de chèvre, ou barbe de
fcoiic. Une barbe qu'on laisse venir longue,
rande, sous le menton.
Cn dit proverbialement et figuràn. qii'Oi
la chèvre est attachée, il faut qu'elle y broute
pour dire, qu'I' s'en faut terjir à la condition
k la profession où l'on se trouve engage.
On dit provcrbialem et figiiréni. Prenfîre la
Jiévre, pour dire, Se f/.cl!cr, se dépiter sans sujet.
On dit proverbialement et Ggurém. Sauver,
ménager la chèvre et le chou , pour dire , Poui-
Toir à deux inconvéniens contraires. 71 a tout
perdu pour avoir voulu sauver la chèvre et le
chou. Il veut menaça' la chèvre et les chou.T.
Cn dit proverbialement d'Un liommc qni
Bi.mc toutes sortes de femmes, quelque' laides
qu'elles soient, qu'il seroit amoureux d'une
chèvre coiffe.
Çhèvt.É, signifie aussi Une macl.ine propre
h élever des fardeaux, drs poutres, etc.
En Aslrorcniic , on appelle Ch'.vre, Une
des cocstcllalions septentrionales. On donne
aussi ce nom à ure étoile du Cocher.
CHEVREAU, s. m. Le petit d'une cliJvre^
71 bondit comme un chevreau. Un quartier de
cl cvrean. On l'appelle imssi Cabri.
CHÈVRE-FEUILLE, s. m. Sorte de piaule
qui porte des fenil'es odorifér-intes, et dont on
se STt pour li:s berceaux de jardin et dans les
palissndes. L'n fcciccoii (Je c( èfrc-feiii//e. C/:cwc-
feuillc liomain. Chèvre-feuille printanier. Pa-
lissade de chèvre-ff!uille.
CHfc\'RE-PlED. adject. Qtii a des pieds de
chèvre. II n'est usité qu'en parlant df s Satyre»,
Ha'on appelle Dieua; Chèvre-pieds.
CHI
CITKVRKTTE. s. f. La fun elle tîucîicvreuiL ,
On appelle aussi C evrette , Une sorte de
petite écrevisse de i:.er, que d'auUes apptUeul
Crevette.
Il se dit aussi dX'n petit clicuet bas, tjui csl
lie fer, et n'a point de branc):c devant.
CHEVREUIL, s. m. Espèce de IxUe fauve,
(jiii est beaucoup plus petite que le cerf, et qui
a quelque cliose . île la fîgurc de la chèvre.
Courre le cf cvrenll. Faon de d.evteuiL MeuU
pour le chevreuil.
CHEViUER. ç'il st. m. Oui mène paître le*
chèvres. Le Chevricr du l'ilhigc.
CHEVRILLARn. sul:st. m. Petit chevreuil
FaoD de Chcvrenc.
'CHEVRON, s. ni. Pirre de Lois qui sert à la
couverture d'une maison, et qui soutient les
lattes sur lesquelles on pose la luile ou l'ar-
doise.
En termes Je Tîl 'Son , on rippelle C^evronj
Deux pièces plairs assembK;es, dont la pointa
est tournée vlms le J.ant de I'l'cu ; Chevio^i
ïrise, Qu.nnd la ponite dVn Ir.ut «st fendue,
cn sorte que les j iècc^s ne se t-uch'.nt que pai
un de leur*; anL;!rs.
CHEVRO'É, ÉE, adj. se dit en l'-rnie» do
Blason , Des pièces ou de tout l'ecu chargés da
chevrons.
CHEVROTER, v. n. Faiie des cluvreaux.
Cette cl èvre a chevroté.
CiiEVroTEn , se dit ;iussi , pour, Perdre pa-
lience, se dépiter. Vous me feriez chcvoter. Il
[îrenrî plai::ir à vous f ire chevroter. Il est fa-
milier.
CHErnOTTU, sîp;nifie aussi. Aller en bondis
sent, rller par sauts et par lond^:. Il dicvrotc
en mai'C^iant,
On dit,qu't/n ?(ommcr/uHTo(e en chantant,
que 5a voix chcvraie., pGur dire, qu'il chanta
par secousses et en tremblotant.
CHEvnorÉ, lÏE. particii>e. C<~iàcnces c/ieiro-
lées.
CHEVROTIN. s. m. Peau de clicvrcau cor-
royée. Gantsi àc chcvrotin.
CHKVROTLNE. s. f. Pion b ^ tirer le chc-
vreiiil. i\Ion fusil est charijé de chevrotines^ à
chevrotine.'i.
CHEZ. prépo.sition. En l.t maison de. .. . Au
lo^is de J'ai élô chez imiu, chez mon
pirc^ etc. Chacun e^t maître chez soi. /tUona-
nous-en chacun chez ncus. Je viens de chez vo*.'^
d^auprès de chez vous. J'ai passe par c'iea vous.
U çîf^nific aussi Parmi. Il y avait une cou-
tume chez la GrecCy chez les Romains ^ etc.
Quelquefois de celï* pn''po:.ition , jointe a
un pronom personnel , il se forme un nom
substantif. ^'fi'oiV un chez-so}. Quand j\mrai
un chez-nwi^ j^y recevrai mes cimîs. Hujnd
vims aurez un chez-vous ^ j'irai vous voir. Il a
présentement un chez-lui.
CHI
CHIAOUX. », rn. Espèce d'Huissier chez les
Turcs.
CHIASSE. s. f. Écorne de mt'ioux. Chiattt
de /<r, de cu;Vpi;, ffc,.
CHI
On appelle Chiusse de mouche, de ver, Les
cxcréniens de la mouclie, du ver.
On dit fipurément et familièrement, qu'Un
homme est la chiassc du genre humain, pour
dire, qu'il est txi-s- méprisable, le dernier des
hommes.
CHICANE, s. f. Subtilité captieuse cn ma-
tière de procès. Vilaine chicane. Etrange c/ti-
canc. Ï7mc pure chicane, une franche chicane.
Chercher des chicanes.
On appelle Gens de chicane. Les Praticiens
subailernes, comme SerjjenSjProcureur», Juges
de Village.
CmcA:»E, se prend aussi fi^i-ifmcnt pour
Les sulitilitcs caplicnses dont on se sert dan»
les disputes de ITrole, et pour les contesta-
tions mal fondées que l'on fait, soit au jeu,
soit en autre chose. Toutes ces raisons ne sont
que de jmres chicanes. Vous me faites là urtc
chicane. Chercher chicane à quelqu'un.
CBiCANE,se dit aussi d'Uue manière de jouer
aa Mail. Jouer à la chicane. On le dit aussi au
Billard.
CHICANER. v.n.Uspf cîechicane en procès.
Ce Procureur ne fait que chlrancr.
Il signifie aussi Se servir de détours, de sub-
tilités captieuses dans les contestations mal fon-
dées qu'on fait en diverses choses. // ne fait
que chicaner au jeu. Il chicane sur tout.
H est aussi actif , et signifie, Tenir quelqu'un
en procès mal à propos. Cet homme chicane
tous ses i>oisins.
Ou dit. en termis de Guerre. Chicaner le
terrain, p<inr dire, I^e dispulir pied a pied; et
eu ternies de Marine, Chicaner le vent,, pour
dire, I^ prendre eu louvoyant, CD faisant plu-
sicms bordées, L-mtôl d'un c6té, tantôt de
l'autre,
CHia\''Fn, se dit nrssi pour Reprendre. cri-
tiquer mal lï propos et sur des b.igatelles. Il ne
faut pas chicaner les Poètes sur des vétilles.
On dit familièrement d'Un accusé qui se dé-
fend bien, qu'il cl îcane sa vie.
On dit figurément et f;mii!ièremenl d'L'^ns
chose qui n'est pris fort cousidrrahle, mais tjui
ne laisse pas de faire de In peine. Cela me chi-
cane. Il a un rhumatisme qui lechicane depius
lonq-temps. Cette affaire n'est qu* une ha g a telle,
mais elle ne laisse pas de le chicaner.
Chicank, kf.. participe.
CHKUNERIE. s. f. Tour de chienne. C'est
une pure chicanerie. H m'a fuit mille thica-
ner.es.
CHICANEUR, EUSK. s. Celui, fille qui
cliicane,qui aime il clnconer, principalenieut
en aflaircs. Vrai chicaneur. Grun.l chicaneur.
C'c:t une qrande chicaniu c.
CIIIC.VN[EU,IÏ':RK.s. Celui, relie qui con-
lesie . qui vétille sur les nioindres choses. C'est
un chicanier .un itruirHicunicr. Il n'est dus.aije
que d ins le style familier.
On l'emploie aussi adjectivement. Cvlu est
chicanier, pour dire, EnibaiT-issunl, vétilleux ,
difficile.
CIIICIIE. adj. des 2 g. Trop ménager, qtii
a d« U peine à dépenser ce qu'il faujroh. H
CHI
est bien chiche. U est si chiche! Que vous éies
chiche!
On dû proverbifllemciil, H n'est f'stin tjut
Ae gens chiches.
Un dà fù.urenient,qu'C^n homme est chiche
de ses paroles^ chiche de ses pas^ chiche de i'Cs
peinesy chiche de louancfesj pour tJîre, qu'il
n'aime gui>i* ^ parler, f|u'il n'aime point îi agir
pour les outres, ni J donner des louanges.
CaiCHF.s'gnifio ai:ssi Cliclif , mesijuia. Chi-
che récomp:i\se de ^-non irn^'uil. La moisson
sera chiche. On disnit Dn»r.^fois Chiche- face,
pour , Uu vi:>uge maigre cl saua couleur. Il
est bis.
Oo appelle Poisihîche ,V ne espiîce de pois,
que <jueKjues-uns nomment autrement Poi>
jris. Sumcr dt's pois chiches.
CHICHEMEM'. adv. Avec avarice, d'une
manière cliiche. Donner chichement. Récom-
penser cliichement un service rendu.
CHICON. s. m. Laitue Romaine.
CHICOIIACÉ, Éli:. adjectif. Terme do
Botanique. U se dit De toutes le.s plantes qui
ticuncui de la nature de lu cîiicorce, coaune le
pissenlit, les iailues,etc.
GHlCUUÛi:. s. f. Sorte d'berLe potagère
que l'on nu-t oïdinaircmeni au pot «t dans les
salades. Chicvrce blanche. Chicorée sauvane.
Sirop de chicorée. Eau de chicorée.
CHICOT, s. m. U .-e dit d'Un reste d'arbra
qui sort un peu de terre, coupe ou abattu par
lej vent». Cette Jorct est toute pleine de chicots.
Il se dit nuv^i d X'n petit morceau de hou
rompu. En passant par la forêt, son cheval &e
mit un chicot dans le pici\
<.*n appelle ansii Chicot , Un morceau qui
reste d'une dent rompue. Il ni^a arraclié une
dent, mais il rriVn a la sac un chuot.
CHICOTF.R. y. n. Coulester sur des baga-
telles. U e-U populaire.
CHICOTIN, s. in. Certiîn suc amer dont ou
frotte le bout des mamelles dcï uourrice&, pour
KTrer les enfans.
On appelle ÏJranées de chicoiin. Certaines
dragées foii •imèrcs, où l'ou a mêle du cliicotin.
CHIEN, CHIENNE, s. Aninuil domestique
qui aboie. Gros chien. Petit chien. Chien à
qrandes omîtes. Celte chienne est chaude, est
pleine Chien traitiey (jui mord sans aboyer.
Chien harffreux^ chien enfa<^éyOU autrcracnî.
ciiJen fsu. C/i.tn d'Artois^ chien de touîoqne.
llaler les chiens après quA(ju'un. Chien de
chasMy chien pour le loup, pour le sanglier,
chien couchant. Dresst:r un chten. Chiltier un
chien. Chien courant. Meute de chiens pour le
lièvre^ pour le eaf, pour le chevreuil. Valet de
chiet.s. Chien iage, qui ne kVmpocte point
»j»ri-* le (;tl.ier. Couple/', découpler des chiens.
Lonuer les chiens. Lâcher les chietts. Faire
chassa- les chiens. Appeler les chiens. Ce Pi-
queur est (oiijoiirj à la quêue des chiens. Les
chiens sont en ï/c/àul. Remettre les chiens sur
Us voies. Les chiens n'ont point aujourd'hui
de sentiment. Hompre les chiens, c'est le» np-
|iclcr pour le^ cmpèdier de coDliiiucr la cbai>e.
t'uire u'uiiiict 'u curct. anjc chiens.
CHI
Chien, se dit figurcmenl Des personnes et'
des choses , par injure et par mépris. Quel
chien de Musicien! Quel chien de Pvete! VoUù
une chienne de Musiqucy de Comédie. Un chien
de repas. Il vous a fait un beau présent de chien.
C'es-t un bel ami de chien. Un beau chicnd'auiî.
L'ti veau chien da présent. Il est du style familier.
On dit proverbialement et bassement. Cela
n'est pas tant chien , pour dire, Cela n'est pas
trop mauvais.
Ou dit proverbiaîe-nent d'Un jeune gurçon
étourdi et folAtrc . qu7/ est fou comme un jeune
chien ; d'Un homme accoutumé iiqutlqucchose
de pénible, qu7/ est fait ù cela comme un chien
à aller à pied, à aller nu~tctc; d'Un homme qui
est dans un emploi, dans uu travail qui l'oblige
à une continuelle sujétion, qu7i est là comme
UP. chien à Vattache.
On dit encore proverbialcm. , Il fait comme
le chien de Jean de AiVcIIc, il s'e/i/iiit nuand
on Vappclle,
Ce proverbe vient de ce qiie Jean de Mont-
morency, premier du nom, Seigneur de Ni veHe,
ayant embrassé le parti du Comte de Charoîois ,
le piïre,qui et oit dans le parti opposé, lil faire à
son llls plusieurs sommations inutiles de reve-
nir auprès de lui, et sur le refus d'obéir îl le
Iraiioit de chien.
On dit aussi piovcr})ialement, Battre (jud-
qu''un comme un chien, l'étiiller en chien cour-
taud. H est las comme un chien. On le laisse
comme un chien. On Va traité comme un chien.
On dit prnvrrl)i.i]em''ul ti fi^urément, Qui
m^aime, aime mon t:/a'en, pour dire, que Lors-
i|u'on alinc quelqu'un , on aime tout co qui lui
appartient.
On dit proverbialement et fîgurémont , qu7i
vaut autant être mordu d'un chien que d'une
chienne j pour dire, qn'Kntre deux personnes
ipii nous sont également indilTérentes, il im-
porte peu de laquelle des deux on reçoive un
déplaisir.
Cn dit proverbial. Des gens qui sont ton-
jours en dispute, qui ne peuvent vivrecnsemble,
(|u"/is s'accordent comme chiens et chats.
ôa dit proverbialement et figurément, Bom
chiens chassent de race, pour dire, que Les
t'nfans suivent ordinairement les inclin:ttiniis et
fca i'\enq)tes tle leurs pérea et de leurs mères.
^ On dit provLrbialement et fi^urémcnt, que
Tous ït'S chiens qui aboient ne mcrdent pas,
pour dire, que Tous ceux qui n:cnacent ne
font |.i3 toujours du mal.
Op Jit proverbialement et figurém*. , quX'»
c/ii'fïi harjncux a toujours les oreilles déchi-
rées, pour dire, qu'Un homme tpierelleur at-
trape toujouss quelque coup, s'attire quclqur
mauvaise nfTiire.
On dit proverbialement et figurém.. Quand
on vent noyer son chien , on dit qu'il a la
rage, pour dire, que Quand on veut se défaire
de quelqu'un, on lui impute quelque faute.
On dit provcrbialrmenc cl Ggtirément d'Un
homme qui a le principal crédit dans une com-
pagnie , ou dans une ni-iisuu . que C'est un
thien au tjrund conter.
CHI a3ç)
On dil proverbialement cl figuri}m., Lors-
qu'un homme méchant et inutile est réchappé
d'une maladie, (ju'II moiinvit ylulût quelaue
bon chien de berner.
On dit proverbialement et fmurément, Be
deux liommi s qui sont en débat pour emporter
une même chose, que Ce sont deux chiens ap-cs
un os.
On dit proverbialement et figurémenl, Fairt
lecliier couchant, pourdlre.l'latler quelqu'un,
ticlier de le gagner par des soumissions basset
et lampantes.
On dit proverbialement cl figurement Des
pclils garçons qui veulent l'.iire comme les
Uramlcs personnes, Us veulent fiire comme Us
(jrunds chiens, ils veulent pisser contre la mi»-
riii//e.
On dit provcrbialem. et fignrân., Pendant
que le chien pisse, le loup s'en va, pour dire,
ipio Ix' moindre retardement l'ait perdre l'occ»-
tion de tùr^; les choses.
On dit proverbialement el figurera., quand
un homme a quelque prétention sur quelque
chose, qu'/i n'en donneroit pas se part au.r
elticns.
On dil proverbialement et figiircment d'Un
homme, qu'/i ne serait pas bon à jeter aux
fhicns, s'il disoil ou faisait tille ou telle chose,
[lour dire,qu'r,n ce cas-lJ tout le monde le
liLunoroit et crieroil après lui.
On dit proverbialement et fiinircm.. Battre
le cli:cn devant le lion, devant le loua. Voyez
fiATra--:
On dit proverbialement et figurdm. Rompre
les" r/iiefi>, pour dire, Kmpéchcr qu'un discours
ijui pourroit avoir quelque mauvaise suite, ne
continue.
On dit proverbialement et figurcmcnt De
Jeux personnes qui ne sont pas en bonne in'-
lelligeuce, que Leurs chiens ne chassent pus
tnscmhle.
On dil proverbialement et fijurément, qu71
n^est chasse (jue de vieiuc chiens, pour dire,
qu'il n'y a poirrt d'hommes plus propres au
conseil et au.» alTiires , que les vieillards qui
ont beaucoup d'expérience.
On dit proverbialement et ngurément d'Un
homme qui vient à contre - temps dans une
ronqiagnic ot't il embarrasse, qu'il vient là
comme un ciu'cri atins un jeu de quilles.
Or. dit proverbialeracnl et figurém. , qu'/l
'II' ptut pas se moquer des chiens qu'on ne soit
.'.i-ri du villacfc, pour din^ , qu'il ne fiiut ]>as
M;i'[)r!sfr un dang<T tant qu'on n'en est pas
. ucoro entièreiucnt sorti.
On dil fumilien'ment Des clios's qui sont
toutes droites, toutes d'uni- venue, cpiind elles
devroienl élrc autrement. Cela est tcut d'une
venue comme la jambe d'un chien.
On dit pioverbialemcnt et fi;urément d'Un
hnininc qui ne (ivut pas se servir d'une chose ,
et qui no veut pis que les autres s'en St»rvcRl ,
qu'il cft comrfic le chioti du JarÂinio^ qui ue
manqe point de choux, el n'en Liisse point
manncr aux autres.
Ou dit d'CJn homme d'uu bel cxtéci. iir, cl
24o
cm
^i paroît hrav^, mais qui ne Test pas, C'ciT^
un beau chîen s'il voulait mordre.
On dit proverl)ia!pmehl et Cj;urém., Mena
une vie de chien j pour dire, Mener une vie
misérable. Kl on dit d'Un homme dchauché et
libertin, qu'/l vit comme un chien.
On dit, Une querelle de chien, utî bruit de
chien, un train de chien , pour dire, Une que-
relle, un bruit coi^idcinblc.
On dît familitrcment TJe deux personnes
Irès-unies et qui ne se ffuitient pas, que Cest
S. Roch et son chien.
On dit, en style de l'I^^criture, d'Un pticheur
qui rctoïftbe dons le crime, que C'est un chien
oui retourne à son vomissement.
On dit proverbialement rlfij^urément, Entre
chien et loup, pour signifier Celte partie du
crépnscule pendant laquelle on ne fait qu'en-
trevoir les objets, sans qu'on puisse distinguer
un loup d'un chien. // étoit entre chien et loup,
quand nous apeiçûmcs je ne sais quoi.
On dit proverbialement el figurénient d'Uïi
homme qui médit d'un autre qui est au-dessus
de tout, et à qui ses injure? ne saoroient nuii'C,
que C^Ci^t un chien qui aboie à la Lune.
Chien, signifie encore Cettepi<^ce qui tient la
pierre d'une arme à feu. Le cliicn dun fusîl,
d^un pistolet.
En Astionomie. on donne le nom de Grand
et de PetU Chien îideux constellations de l'hé-
uiisphôre mtiridional.
CI1Œ>DE?JT. suhst. m. Espèce d'herbe qui
rue en tone qirantlîc de racines lon;;ues et
ifl^écs, et que les chîcns mangent pour se pur-
ger. Celte terre est toute pleine de chiendent.
Les racines de chiendent sont bonnes à faire dé
la tisane.
CHIEN-MAHIN. s. m. Chien de mer. Sortj
de poisson de mer, dont la peau est si rude,
que. lorsqu'elle est préparée, les Menuisiers s'en
servent pour polir leur ouvrage.
CniENNER, V. n. Faire des chiens. H se dit
De* chiennes quand elles mettent bas. Une
chienne qui a chienne.
CHIEK. V. n. Se décharger le ventre des gros
Cstcvcmens. Il est bas.
On crie par raillerie aux masques qui courent
au temps du Carnaval , Il a chié au Ut; et on
appelle Un vilain masque. Un chie-en-Ut*
Chieh, est aussi quelquefois actif. Chîer du
ni M se.
onié. tr.. participe.
CHIEUR, EUSE. subst. Celui, celle qui se
dseliarge le ventre des gros excrémens.
CHIFFE. 5. f. Terme qui se dit par mépris,
en parlant d'Une étoffe foible el mauvaise. Ce
n'c<^t In que de la chiffe. 3/ofi comme chiffr. On
le dit enssî , familîi^rcmcnt, an mora/, en par-
lant d'Un homme d'un caractère foible qui re
résiste h rien
CFÎlFFON.s.m. Méchant linge, ou méchant
morceau de quelque vieille étoffe; Vendre des
chiffons j chercher des chiffnms. On dit 'd'Une
personne très -mal velue, qu*JE//c n'est r*êtue ^
Que de chiffons.
pD le dit par extension, d'Une chotc de
CHI
'quelque apparence, mais de peu de valeur. Ce
n'est qu'un chiffon.
CHIFFONNER, v. a. Bouchonner, froisser.
Chiffonner du Unae. Chiffonner un habit. Chif-
fonner un collet. Il a été dans la presse, où on
l'a tout chiffonne.
CniiTOSNÉ, ÉE. participe.
On dit familièrement, l)ne petite minechif-
^'7inee, en parlant d'Un visage peu régulier
t]ui n'est pas sans quelque agrément.
CHIFFONNIER, 1ÈRE. s. Celui ou ceWr,
qui ramasse des cliiflbns par la ville.
Chiffosniei\, se dit figurcm., d'Un homme
qui ramasse et qui débite sans choix tout ce
qu'il enti nd dire par la ville. On dit aussi figu-
rénient d'Un homme vétilleux et tracassier,
:jiie C'est un chiffonnier , que ce n'est quun
vhiffonnier.
CHIFFRE, s. m. Caraclère dont on se sert
pour marquer les nombres. Chiffre Arabe.
Chiffre Romain. Les chiflies Arabes sont o. î ,
2,3,4)5)6,^,8,9. Les clnfires Romains
le forment avec les caracltTCs majuscules de
l'alphabet. On dit Apprendre le chijfre. Mettre
le chifj're aux feuillets d'un livre. Il s'est trompé
au chifjre.
On dit proverbialement el figurément dXJn
homme qui n'a aucune autorité, aucun crédit,
ijuc C'est un o, un zéro en chiffre.
Chiffre, se dit au,ssi d'Une manière secrète
d'écrire par le moyen de certains mots ou ca-
ractères dont on est convenu avec ceux à qui
l'on érriL Écrire en chifj're. Faire un chiff'ie.
Changer de chiffre. Donner un chiffre. Le
Commis'qui a les chiffres. Avoir le secret du
chiffre. Avoir le chiffre de quelqu'un.
On appelle La clef du chiffre, l'Alphaliel
qui sert h chiffrer et à déchiffrer les dépùches
mi'on écrit en chiflre.
On appelle figun'ment Chiffre^ Certaines
façons de parler que quelques personnes ont
rnlre elles, et qui ne sont point entendues des
outre». C'est un chiffre entre eux.
CRiFFnr, se dit aussi De rarrangemcnl de
lieux ou de plusieurs leïires c;q)itales de noms,
entrelacées l'une dans l'aulre. Les premières
lettres de chaque nom sont d'ordinaire celles
ritjc ion prend pour cet efl'ct. Faite un chiffre.
Voilà un beau chiffre. Graver un chiffre sur un
cachet. Ils gravèrent leurs chiffres sur l'écorce
fîes arbres. H r'n point rf'tirmes à son carrosse.^
il n'a quun chiffre.
GHlFFliKR. V. a. Marquer par chiflVes,
compter avec la plnme. ISe savoir pas chiffrer.
Apprendre à chiffrer. Un homme qui chiffre
bien. Chiffrer les panes d'un reqistre.
Il signifie aussi Ecrire en chiffre. Chiffre i
une dépêche.
Ciiii'FnK, ÉE. participe.
CHIFFREUR. s. m. Celui qui compte bien
avec la plume. Il faut être habile chiffreur pour
être bon /irithmclicien.
CHKINON. 5. m. Le derrière du cou. Le
chiqnon du cou. Voilà un beau chiqnon.
CHIMKUE. s. f. Monstre fdmieux , nynnt
le devant d'un liouj le milieu du corjn d'une
CHI
chèvre , et le derrière d'un dragon. ÊelUroplion
combattit la Chimère.
On appelle figurément Des imaginations
vaines, et qui n'ont aurun fondement, Oej
chimères. Avoir des chimères dans la tête. C'est
une pure chimère. Se former des chimères. Se
repaitre de chimères. Avoir la tête remplie de
chimères. Traiter une prétention de chimère,
Voiiù une belle chimère.
En parlant De certaines origines fabuleuses
de Maison, on dit, que C'est la chimère dune
telle Maison. On dit aussi Des visions particu-
lières d'un homme, sojt sur sa noblesse, soit
sur sa valeur, soit sur sa capacité, etc. que C^est
là sa chimère.
CHIMÉRIQUE, adj. des 2 g. Visionnaire,
plein de chimères, d'iniQgÎDations ridicules et
Vaines. Esprit chimérique.
Il se dit aussi Des imaginalions, des prcteiv-
tions , et des espérances qui n'ont aucun fon-
dement solide et réel. Prétention chimérique.
Dessein chimérique. Esjérance chimérique.
CHIMIE, s. f. .Art de décomposer ou d'ana-
liscr le.", corps, et de les recomposer de nou-
rcau. Enseiqncr la Chimie. Etudier la Chimie.
Cours de Chimie. Secrets de Chimie. Opération'
de Chimie.
CHIMIQUE, adj. des 2 g. Qui appartient à
la Chimie. Opération chimique Remède chi-
mique.
CHIMISTE. 8. m. Celui qui sait bien la Chi-
mie , qui travaille i la Chimie. C'est un Chf*
miste. Un excellent Chimiste. Les princi/Krt
Hes Chimistf.s.
CHINA. Voyes SgriNE.
CHINCILLA. s. m. Animal du Pérou, de U
grosseur d'un écureuil , et dont la pelleterie rsl
istimée.
CHINOIS, OISE. ad). Qui vient de la Chine,
tpii est dans le goût des ou^Tages de la f hine-
Tapisserio chinoise. Pavillon chinois. Citbincl
chinois. Jardin chinois. Goût chinois.
CHIOURME. s. f. collcct. Les forçats et
nutres qui rament sur une galère. Une bomie
chiourme. La chiourme de la Réale. La
rlùourme de la Patrone. Renforcer la Chiourme.
Toutes les chiourmes des qaltres de France. La
chiourme fit force de rames.
CHIPOTER, v. n. Faire peu ii peu, lente-
ment, el à divej-scs reprises, ce qu'on a h faire;
vrtilier, barguigner, lanterner. /I ne fait que
chipoter. Il est du style familier.
CHIPOTIER , ifCRE. s. Celui, celle qtii vé-
tille, qui ne fait que barguigner. C'est un franc
chipoticr. Il est du style familier.
CHIQUE, s. f. Espèce de ciron qui cnire
dans 11 chair.
CHIQUENAUDE, s.f. Coup que l'on donne
du doigt du milieu, lorsque après l'avoir plié
et roidi contre le pouce, on le l.ichc sur le vi-
sage, sur le ne?., etc. Donner une chiquenaude,
UTK bonne chiquenaude. Il se plaint qu'on
la battu, on ne lui a pas donné une chiqua
naude.
CHIQUET. s. m. H n'est plus J'u-^oge tjue
dans le discoias familier, et dans cette façou de
CHO
parler adverbiale. Chi^ttct à cfnqucty peur
dire, Peu d peu, i ar p.-liie5 parcelles. /Ver
chi'fuet à chtijutt.
CHIRAtJBK. 1. f. (On pron. Kiragrc]
Terme île Médecine. Goutte qui attaque les
mains. Il sr dit aussi De celui et de celle qui en
sont dlluqués. Il est de peu d'usaj;e.
Cil lUOGB APHAIRE. ( Prononcez Kiro^'/vi
vhairc. ) adj. des 2 g. Qui est créancier en
vertu d'un acte sons seing prive, qui nt-ni-.
porte point h^potlu'que. Ciéanclcr chirof^'ra
phaire.
CHIROLOGIE. s. f. ( Le Chi se pron.uH .1
Ai. ) Art d'exprhner le* pensées pur des uiou-
Tciiiens et des Heures qu'en fait avec les fini;;b.
CfllROMA>'ClE. s. f. ( On prououce Kuo-
mancie. ) I.';trl prétendu dp deviner, de pié-
dire par l'inspection de la maiu. Savoir la Chi-
romancie ^ les règles de ht Chij-oinancie. Lu
Chiromancie est une science frivole. Quelques-
uns disent Chiromance.
CHIROMANCIEN, s. m. ( On prononce Kt
romuncien.) Celui qui fait profcseiou de prcJirc
par l'inspection de la main. Vn Cfiironiaucicn.
CHIRURGICAL, ALE. adj. Qui apparlieni
à la Chirurgie. Opérations chirurçficales.
Chirurgie, s. f. An qui enseigne à faiif
iïÎTerses opérations de la main sur le corps de
l'homme, pour 1j guérison des blessures, de.s
plaies, des fractures, des abcès, etc. htudicr
cil Chirurgie. Jppienàre la Chirurgie. Savoir
bien la Chirurgie, Exircer la Chirurgie. Pra~
tiquer ia Chmtrqie,
CniRURGIE.X. s. m. Celui qui fait profcs-
nou de U Chirurgie, qui exerce hi CJiirur^ie
Lu excellent Chirurgien. Etre entre lei maim
des Chirurgiens.
CHIRURGIQtT. adj. des 2 g. Qui appar-
tient à la Chirurgie. Of;crfltionC/u'rur(^:(jue.UD
dit plus coramunemcnt Chirurgicale.
CHISTE. ; On prononce Kisle. ) s. m. Cap-
sule membraneuse dans laquelle la matière :{ui
produit les tumeurs est souvent reufcrmée:
c'tsl pourquoi on les appelle Tumeurs cnkistécs.
CHIURE, s. f. U ne se dit que Des excrc-
znens que font les mouches. Un miroir plein de
ihinres de mouches. De ia viande où il y a des
chiures de mouches,
C H L
CHLA.MYDE. ». f. Espèce de manteaa des
Anciens, retroussé sur l'épaule droite. La chla-
myde ètuit l'Iiubit nrrlitaire des P:itricicns; la
to^e ctoit l'habit qu'ils portoient dans Rome.
CHLORIS. s. m. (.tiscau, espèce de pinson.
CHLOROSE. ». f. Ternie de Médecine. Ma-
ladie drs plies couleurs.
CHO
CHOC s. m. Heurt d'un corps contre un
•utt« co.~ps. Rude choc. Choc furieux. Choc de
Àtux vaisseaux.
U se dit ouîwi Pc U rencontre et du combat
de deux Irnupcs de gens de guerre. Le choc de
deux **cadron*f de deux armées. Les ennemi*
Tome It
CHO
^jrerif rerh'ersés au premier choc. Du premîff
choc. îls ne soutinrent pas le choc.
H se dit fif;urénicnt d'Un m^dlieur, d'une
disgrâce qui arrive dans la fortune d'un homme.
Il a rerti un rude choc daUs sa fortune. On dit
aussi d'Un homme qui n reçu quelque attaque
fjchcuse dans sa sauté, qu71 a reçu un rudd
choc.
On dit, Choc d'intérêt y choc d'opinions,
pour dire, Dispute, combat, oppo^jitiun d<î-
clarée.
CHOCOI^VT. s. m. Composition faite de
cacao, de sucre, de vanille, de cannelle , etc.
et réduite en pâte, et qu'on dissout d'ordinaire
dans de l'eau bouillante pour en faire une
boisson agréable. Prendre une tasse de chocolat.
Faire bien mousser le chocolat. Manger des
pdles de chi.colaly des pastilles de chocolat ^
un huton de chocolat. Le chocolat est une
boisson que les Espagnols ont apportée du
Mexique en Europe.
CHOCOLATIÈRE, s. f. V.'se d'argent, de
tuivrc , de tt-rrc , etc. pour faire fondre et
bouillir le cIjocoIjI, lorsqu'on le veut prendre
rn boisson. Une chocolatière ^argent.
CHOEUR, s. m. ( l'H ne se prononce pas.)
Troupe de Musiciens qui chantent ensemble.
Un excellent chœur de Musique. La .liesse fui
chantée à quatre chœurs de Musique. Après
qu'une voix a fait un récit, le chœur répond.
Il se dit aussi d'Un morceau de Musique à
plusieurs parties, qui est clianté par le chœur.
tl y a deux beaux chœur:i dans cet Opéra. Le
yranier chaur est exctlUnt.
On appelle Les neuf Ordres des Anges, Lej
neuf Chœurs des Anges.
CiioEun , dans les pièces dramatiques des
.Ancifns, se dit d'Un certain nombre de gens
intéressés u l'action, qui chantoient, soit dans
le cours de la pièce , soit entre les actes-, et dont
:]uclqucs-uns se inéloient dans la pitce niénic.
tt y parloient dans le cours des actes conmic
Acteurs. Cha'ur de Vieillards. Chœur de Phc~
rii'cic'iMfs. Chœur de Captifs. Le chœur parois-
toit sur le théâtre immcdialentent après le pro-
logue, et n'en sortoit qu'à la fin de ia pièce.
Le chœur s'attachoil ordinairement à observer
le principal personnage de lu pièce, pour le
pî.iindrc, le louer ou le hldmer^ .
CîiûEtn, signifie aussi La partie de l'Eglisr
uù l'on chante l'Oflîce Divin, et qui est séparée
lie relie qu'on appelle la Nef. H est entré dans
le Chœur. On a fermé le Chœur, Le Chœur est
magnifiquement orné.
On dit absolument Le Chctur y pour dire,
I^s Prêtres du Chœur, ceux qui clianti-nt au
Chœur. Apres quele cé(éî>riiiit a fmi^ le Chœur
répond.
On appelle Enfans de Chœur y Les enfrjis
qui ch iiitcDl au Chœur. Maître des Enfans de
Chœur.
On appelle dans les Couvcns de Gllrs, Beli-
gieuscs du Chœitr^ Dames du C/ueur, Toutes
les Religieuses qui oc sont point Soeurs cuu-
vetsTs.
CHOIR, v. n. U ne se dit ^ère qu'J PiuG-
CHO 241
nilif, et au participe Chu. Tomber, être por:.!
de haut en bas par son propre poids, ou p.ir
mquiUiou. Prenez garde de choir. Se laisser
choir. On lui donna un coup qui le fit choir.
Chu, LE. participe.
On dit proverbialement qu't/n homme est
chu en pauvreté , soit pour signibcr qu'Un
homme est devenu infirme et maladif, «oit
pour donner ^ entendre qu'il est fort déchu dtt
sa première fortune.
Au lieu du féminin Chue, on a dit autrefois
Chute : ce qui ne s'est conservé que dans ces
'"açons de parler proverbiales. Chercher chape-
chute, trouver c/u;pe-c/iufe, qu'on euqdoyoit
autrefois pour dire, Chercher, trouver quelque
occasion de profiter de la négligence ou du niai-
heur de quelqu'un ; et qu'on emploie aujour-
d'hui pour dire, Chercher ou trouver quelque
mauvaise aventure.
CHOISIR. V. a. Élire, préférer une personne
ou une chose h une autre ou à pljsîeursdulres.
Je l'ai choisi entre mille. Le Pioi l'a choisi pour
être Gouverneur d'une telle Place. Choisir des
fruits, des étoffes. Il y a chez ce Marchand de
quoi choisir. Choisissez des deux. Ces choses
sont si pareilles, que l'on a peine à choisir.
C'est une nécessité de faire cela y il n'y a point
à choisir. Vous avez encore à choisir de pren-
dre ou de laisser. Ils le choisiretit pour leur
chef. Choisir bien ses amis.
On dit proverbialement , 5oui'eM! aiijcïioisit
prend le pire.
On dit d'Un homme qui. voyant plusie-irs
gens da:is une troi-^pc, ne vise qu'à un seul
pour tirer sur lui, qu'/I le choibit de Tarif, qu'i^
Va choisi au ritibeu de la troupe pour le tuer.
Choisi, ie. participe. Soldats choisis. Pièces
choisies. Il ne va dans celle maison que des
qens choisis.
CHOIX, s. m. Élection , préférence volon-
tiiirement donnée X une personne ou ^ une
chose sur une ou plusieurs autns. Faire un
bon choix, un mauvais choix. C^est un choix
digne de vous. On lui a donné le choix ^ laissé
le choix. Je laisse cela à votre choix. Deman-
der le choix, Remeltre la chose au choix d'un
autre y à son c/ioi.c ef option. Un autre a eu le
choix de cette marchandise.
CHOLA(;OGUE. adjectif des 2 genres.
( Pronon. Kolagogue. ) Tenne de Médecine.
Qui fait couler la bile. Lu fumelcirey la scmti-
monécy Valves, sont cholagogues.
11 se prend aussi substantivement. Il faut
faire prendre des cholagogues à ce malade.
CHOLÉDOLOGIE. sub^t. f. ( La premicrt
syllabe se prononce Ko.) Partie de la Médecine
qui traite de la bile.
CHOLlDOv^HE. a.lj. m. ( Prononcez Ko.)
Terme d'Auatomie. Le canal cholîdoquc. Cest
un caïul qui conduit la bile du fuie dans f iu-
tcsliu duodénum.
CHÔMARI.E. Qifj. dit % genres. Qui se doit
cliûmcr. Il De se dit que Ucs jours de Félcs.
Ftte ch'nnahXe.
CHÔMAliE. subit, m. L'espace de temps
Qu'on est som travailler, On déduit le chCmtuje
3i
24^
CHO
nux ouvriers riii oui manqué (le se bouvcr à
l'atelier. On pnye tant pour le chômaqe d'un
moulin , quand on Vempêche de moudre.
CnÔMER. V. n. Ne rien faire, faute il'avoit
2 travailler. 11 se dit proprement en iiarlani
Des ouvrier» et des gens de travail. U" l'on
oHi'rier iic (foit point chômer. C'ait dommaijc
.lie laisser chômer un si bon ouvrier. Kt en ce
>ens on dil d'Un ouvrier, qn'H chôme de hc-
sotjne, pour dire , qu'il manque de travail.
CHoiHEn, se dil aussi en jiarlant Dos terres.
Ainsi on dit, que Pc; terres chôment, pour
dire, qti'On les laisse reposer, et qu'on n'y
sl-me rien. /( faut laisser chômer les terres de
temps en temps.
On dit aussi, qu'Un moulin chôme, pour
diTe, qu'il ne lounie point, qu'on n'y noe.d
jroint.
Et on dit , que La monnoie chôme , pnni
d"re , qïi'On cesse d*y travailler faute île ma-
tiJrc.
On dit. Chômer de quel.'jue c'iose , poir dire ,
Hîanquer de quel.jue chose. Il ne m'a pas laissé
chômer de livres. N'épargnez pas le bois, vous
i;'. 71 chômerez point, on ne vous en lais^:era pat
chômer. Il est du style familier.
C.KoMEn. V. a. Fitcr, solenniser un jour en
cessant de travailler. C:iôm€r une Fct-. On a
ordonné de chômer ce jnur-là.
On dit proverl.i:ileni,"nt, Il ncf.nil point
chômer les Fêtes avant qu'elles soie:it venues,
pour dire , qu'il ne faut point se rcjouii , faire
^cl.nf'^r sa joie ponr une cliose cul n'est pas
encore arrivée. On dit encore en ce sens, (^u.nut
la Fête sera venue, nous la chômerons.
On dît proverbialement et fjgurcnniil d'Ui:
)iotrme dont on n? fait nul cas, que C'e.U ur.
Saint qu'on ne chôme point.
C.HMtf., l'É. participe.
CirO:ynRri,LE. s. f. (On pron. Condrille.]
Plante cliicoracée. Elis est api'rilive et rafraî-
chissante.
r,HONnR0I.OfîIE. sul.st. f. (On prnnonc»
Condroloqie.) Partie de l'Analomie qui traitf
d -s c:.rîila'5es.
r.Hf)PIM!i. s. f. Sorte d: vaisse^iu qui scr;
d'ordinaire à mesurer le vin, et qn:tx>ntient 1.t "
.moitié d'un-î pinte. Chopinc d'étain.
Il se j)rend aussi pourl.a mesure et la quan-
tité de vin q-ii est contenue dans la cliopîne. /i
hoit ordinairement une chopine à son repas.
Tirez chopine. Boire chopine à chcpine. Payer
chnpine.
On dit provcrLialemcnt , jl7élfrc pinte swr
chopine , pour dire, Vairc di-l)auche de vin.
On Hit au'si, Chopine d'eau, chopine di
l'inaigre, chopine itoUvcs. Il fiiut infuser cd.i
dart.s une chopine d'eau. Cela tient chopine.
CH01?INER. V. n. Boire du vin fr&jiiem
ment, hoire c'iopinc Ji rhop'nc. Jl nvoit bien
chnpiné. Il s'irmuse à chopine:; Il est l>ns.
CIIOI'PER. V. n. Faire un fau'i pas en
lieurtnnt du pied contre quelque chose. Il a
choppc contre une pierre qui l'a presque fai:
tomber.
Cn dil figurdmcul et familiircm'nt , d'Un
CHO
hnmmf qui a fait une fdiite giossière, qu'/i a '
choppé lourdement.
CnOQUANT, AN'n^ ad). Ofn.'ns;.nt, des-
;ip-éable, dt^plaisanl. Homme choquant, Mînt
choquante. Air choquant. DiVctfes paroles cho-
quantes. Avoir des manières choquantes.
r.IlUQUKR. V. a. Donner un c!ior, Ijcurter.
Si et qrand vaisseau vient à choquer cette
barque,, H la brisera. Choquer le verre à tahîc
Vun (ontre Vautre^ ou alisolumcnt, Chonucr.
(^iiOQUEn , se dit aussi en parlant Un la ren-
contre et du combat de deux troupes de f^rns
de giien-L*. Quand les deux armées vinrent à $e
choquer.
Il signiHc fi;.;urômcnt, Oiïènser. 7/ fait cela
pour me choquer. Je ne saurois entreprendre
cela sans choquer nn tel. Jl se choque de tout.
Tl signifie aussi fî^uivm(;nt , Dv-plaîre. Tout
ce ijuil fait vie choque. Cette fiçon de parler
me choque. Ce mot me choque. Choquer la vue.
Choqu&- Voieille.. Dans b in.";n:e sens on dit,
Cda choque le bon sens^ la hicnséance, Vhon-
neur, pour dire, Cela est conîre le l)on sens,
contre la bienséanc: ,■ contrt; 1 honneur.
Cnonî^'É, ÉE. participe.
CHOIÏKGE. s. m. Olni cjni cli"?. les dvccs
prc'sidoit i la d-'-pense des s;ï(Tnc!cs. (Dans ce
n:ot et dans tons les suivans, jusqu'à Chose, la
première syllabe se prononce ho.)
GHORKGRAPHIE, ou r,HORr:OGRA-
Pmn. s. f. An de noter les pus et les figures
d'une danse.
CHORÉVÊQUE. s. m. On apj) Init ainsi
Qiicienncnicnl certains Prrlats qui faîsoienl
ijue!;jues fonctions épiscopales à b campagne.
Les savans ne conviennent pas des fonctions ni
des préroqalives des Chorcvêques.
On le dit encore dans quelques Clinpitrei
d'Ailcmagii.'.ponrniarqncr une certniiic dignité.
CHORION. s. m. Ternie d'Analomic. Non;
d'une des membranes du fœtus.
CHORISTK. s. ni. Ct:an!rc du Cbœur. Vnt
4iit>enue chantée par ccur Choristes.
CTîOROCRAPHTE. subst. f. De.crîptun,
représentation de Pays.
CîroROGRAPHIQîTE. adj. d.-s 5. genres
Qui .npparticnt à la r;l;oro;;raplne. Descrip-
tion choronrapliiiue. Trhie chorvqraphique.
CHOROÏDE, suhsi. f. Terme d'AnnIor.ii'?.
Tunique de l'œil dans laqi^'llc ct;t la pruncU?.
La chotoidc est une erpansion de la memhranc
du cci-i'cau appelée Ple-mèrc.
CHORUS. Mot emprunte du ï.ntin , qui
n'est d"u.sagc qu'en celle pl.rase, Faire chorus,
en parlant De plusieurs pcr^onncsq-ii cbantcnl
roxfmblc h tdjle, et ordinaîremcnl le verre à
la n.ain.
CHOSE, s. f. Ce qui est. U .se dl indiffO-
rcmmcnl de tout, sa signi.ication se determl-
nont pir li matvre dont on trait.*. Dieu g crée
tontes cl^oscs. Un hon am: est une chose bien
précieuse. La close du mond.' que je crains le
plus, c'est Il lai a dit cent choses ohliqcantes .
cent c^'.cses peut- l& ficher, C est une chose 5.1 j.s
e.reniple. Le Ivllc chose! Jl y a mille j'oî/i*
cÎMsesdAHs cctouvraqe. Les choses ne iont plus
CHO
dans Vêtat où elles étoient. Létat des clios*;
La chose a change de face. Faites cela sur
toutes choses, avant foutes choses. Il lui a dit
entre autres choses. Toutes choses cessantes. Lu
chose alla micti.r qu'on ve pensoit. C^est peu de
chose. Ce n^cst pas qrand'chosc. Le hvn de la
chose est que... C'est pour le bien de la chose.
On dit provcrbialem. , A chose faite conseil
pris, pour dire, qu'il n'est plus temps de de-
mander conseil , quand Ij cliose sur laquelle
on devoit dilibf'rcr est faite.
]I est quclijuefois opposé aux personnes. CcIj
se dit éfjalement des personnes cl des choses.
Ou dil, Vn style fort de clioses y vide de
choses,
(^HOSE, se dit aussi pour Bien, po.^isrssinn.
Soigner sa c/tose, veiller à sa chose, il est fo-
luilier.
QuKLQOE CHOSE, s'cmploîc sonvent comme
un seul mol ; alors il est toujours masculÎK*. On
m'a dit quelque cJioce qui est très-plaisant. Avez-
vous lu ce livre? Non, fen ai lu quelque chose
qui m'd paru iion. Quelque cJ^cse que je lui ai*
i/i(, je n^ai pu le convaincre. Et souvent I'h*!-
jectit suivant est prëcédd d^; la particule de.
Quelque chose de fîchcux , quelque chose de
merveilleux.
CHOU. s. m. Sorle de l.-gumc qu'on met cr-
dinaiiement dans le pot. Choac blancs. Choux
rouget. Choux verts. Choux de Milan. Choux
eahus. Choux pommés. Chcu.z gelés. Chowt-
\leurs. Semer des choux, Vlantcr des choux.
On dit figurément et faniilii'-remenl d'Un
boinme qui, par ordre de la Cour, est envoyé,
nu qui se retire volontairement dans sa maisoD
(le campagne, qu'Jn Va envoyé planter des
choux, qu'i7 est al'é planter des cJioux.
Ou dit comnuinémcnl , que La gelée n*csi
bonne que pour les chour.
On dit proverbialeni., que Chou pour chou,
Auhervilliers vaut bien Paris, pour dire, que
Clmque cbosc est rccommandablc par quelque
i-ndruîl. On dit aussi, Cliou pour c/iou, pour
marquer Une parfaite égalité entre deux per-
sonnes, entre deux cboscs. Chou pour c/iOK ,
cet homme-là vaut bien Vautre.
On dit aussi proverbi:ilcmcnt ci famiîièreni.
Faire ses choux qras de quel pie cJiose ., pour
dire, En faire ses délices, en faire son profil;
Aller tout au travers des chôme ^ pour dire,
Agir cn étourdi; Il tn fait comme des chout
de son jardin, puur dire, Il tu dispose à sa
ianta'.sic.
On dit familitVement d'Un bomme dont In
naissanco est inconnue, qu II a c:c Ir, nrc tous
un choH.
On dit provcrbiaîem. qu'Une chose ne vaut
pas tronc, un tronc de chou, pour dirc,qn*Ene
ne vaut rien.
Lin dit proverbialement et figurcm., SauvT
la d.cvre et la choux. Voyci Chèvre.
On dil proverbideme.il d'Un bomme qui
n'entend rien h une cbosc, qnll s'y enienâ
comme â ramer des chou.v.
Cnoi'-cnof. s. m. Terme de caresse jwur
leA rufaus. Il est faiiûlicr.
cHn
l»CTlT-ciior. 8. ni. Espoce <lo pAlissciic on
Je §.'iteau. Mantjer des peliU'cliou::
Ciiou , CiioL-ti. Tcrniw de Chasseur, pour
exciter so» chien i quiîlcr. Chou-pillc, aulrc
Icrme pour exciter le chien à se jeter sur le gi-
bier : et Cliou-pilU est aussi le nom du chien
qui n'est bon <jnc pour quêter sous le fusih
CllOV-DE-CUIKN , CysoChamué , ou Meiicu-
HiALE SiCVAOE. Piaule. Elle a les mêmes pro-
priétés que la Mercuriale commune, et purge
doucement
Choo-Savet. s. m. Plante dont l.i racine est
une esp(cc de gros navet chargé de quelques
Cbr, s chevelues. De ce uavet part une tige qui
])ort? des feuilles comme le c):ou commun. Cn
coupe sa racine par tranches, et on \i\ maniée
dans les potage.) , et de plusicuis autres ma-
u\hes.
Chou-Rave ou Ceiou de Siam. s. m. Piaule
potagfcre, f|ui porte le premier nom, piucc que
Sa tige est terminée par une espèce de tête,
dont la pulpe approche de celle de la rave. Ou
l'apprête de dillêrci;les façons.
(;|R)L'C,\S. s. m. Espèce de Corneille grise,
q'ii a le pied rouge.
CHOUETTE, s. f. Oiseau de nuit, qui tient
beaucoup du liibou et du cbat-buant. Cri de
lu chvuetU.
Cn dit communément, Larron comri:e une
ctioue'.te.
On dit au jeu de Piquet, FuiVc la cl ouette,
pour dire, Jou r seul contre deux nu contre
|<lusienr<.
Cq dit fi^urément et familièrement d'Cne
personne qui est en butte aux mépris it aux
tailleries des autres, qu'K//e est Uur clwuetie.
CltOCOUI-X s. m. Tenue de Jlarinc. (Iros
billot de bois qui sert à clr;q»ïe brisure des
mâts, nu-dessus des barres des hunes , pour
enilioitcr les nùts l'un dans l'autre.
f'IIOYER. V. -ict. ( Il se conjugue comn-e
Em(;(o_>er.) Conserver avec soin. 11 ne se dit
gii/;re qu'en parlant Des personnes chères et
délicates, ou des choses préeiiuses, et qni peu-
vent se casser ou se giter. Celte n;cj e c/;oic foil
ses enfanf. Vous ttvn de belles poiceltiiies^ il
les finit bien choya: Choyer des nieufilc<.
On dit, ie choyer liop, ne se choyer pas
atrez^ pour dire, nvoir trop ou trop pt-u d'at-
teutiou i ce qui regarde la santé et les aises de
la vie. n n'e^I pas encore bien remi\ dj sa W'i-
ladie, et s'il ne se choie, il retombera.
On dit aussi, Choya' (jnel(ju*un , pour dire,
Ménager quelqu'un, avoir soin de ne rien dire,
de ne rien faiie qui puisse le cLoquer.
CuotÉ , ÉE. participe.
Cil n
CHRf.ME. s. m. (Dans ce mot et dans les
•uiv.ins, i"»|u'aumot Ciuc/iolcr, on ne pro-
nonce piiiit l'II.) Huile sacrée, mêlée de biumi',
et »erva:il aux o'irlioiu qu'on fait dans l'adiui-
nUiralii.n lie quel |Ue»S.ieremens, it eu qu. I-
qups iu!re» cèrênionic» de l'ÉglUe. Le suint-
Chré'ue.
I'ro\erbialemeot , en parlant d'L'ne cloit ca-
C II R
p^htf deponssrr h hoiit h patience d'un ïmmme,
on dit .fjii'EI/e fîi'oA rciittr Chiéme et Utiptènu'.
CHKK.MCAU. s. ni.Soilc de peiilLoiii:eidi.'
toile fine, qu'on met sur la tête de l'enfant
après l'onction du suint-Cl.rùn^e.
CHRïinEV, HlNM:. a.li. Oui e,l bnpliséel
fait proression de la Foi de Jtsus-CHri-»T. Le
peuflc chrétien. Le motule chrétien.
On dit auâsi, L(i Rclitjion chrctienne , lu
Foi ihrétienne^le nom c/iretiefijponr dire, La
Rel'gion , la Foi, le nom de ceux qui sont Chrc-
liens. Et dans le même sen$ on dît, La morale
chi élieniic , mener une vie chrétienne.
Cu appelle par excellence le Roi de Fnmue,
Le Rvi T.èiChrélien^ Su }Liies:c TrcsChré-
tiinne.
CiinÉriEN, est aussi subsUintif. H C;/ du de-
voir d'un bon ChréUcn. Les Chréiiens sont
ohliqés à une qrande pureté de vie. La Chré-
tiens ont fait plusieurs croisadci contie les In
'àdèle.^.
On dit proverbialement à un liomnie qui se
lert de termes cmbarrass/s et obscurs, Parlez
dirétien j pour dire, Ne dites que des cLo^cs
ju'on entende.
BoN-CHiïÉTiES,est une sorte de grosse poire.
\l a heauconp de bon -chrétien dans svn jar.
din. Compote de hvn ch clien.
CniKÈ'ïlEyyE'MEyr. alv. D'une manière-
.-bretiennc. Vivre chiélicnnentent. Mow ir .hré-
ienncnent,
CnUÉ'nENTF.s. f. (La pt^nultieme se pro-
nonce comme dans Chiéticn.) \,r p-xs hu'
^evt. Les h* fidèles fnendcent ia Çh\étienlé.C*es\
^Qur le bien et pour le repos de la Chrétienté.
Dans toute la Chrétienté. •
On dit proverbialement et bassement d'Un
iiommc dunt les sou'îers et les bas sont usés et
[ici-Ci's, qu'// marche sur la chrétienté.
CilUIK.s. f. Terme de Rhclorique. Narra-
lion, amplilîcalion qu'on donne à faire aux éco-
liers.
CirRTST. s. m. (On prononce l'S et le T
d^jns ce mot , quand il est seul : on ne les pro-
noi:ce pas dans Jésus-Christ. ) CuniST, suivant
sa propre si^niflralion, veut dire Oinf, Ct lui
tjui a reçu quelque onction; mais ou oe s'en
sert jamais que pour si;^niiier le Messie ; et c'est
un nom qui -jst devenu propre à rîotre-Scigneur.
En ente acception, on le fait presfTue lou-
"ours pr«!ccderdu nom de Jésus. yoîre-Seinnenr
JÉSLs-CnmsT. Nous avons été rachetés par le
sanq de JÉsus-CiinisT.
Un dit en parlant De tableaux, XJn Christ ^
pour dire, Fne ûgiire de Nolre-Seigncur aita-
c])é îi la cmix. Il a dans son Oratoire un
beau C/iM>f, une belle téîe de Christ.
CIlRISTIi MARINE, s. f. SALICOT, BA-
CILE, ou FENOUIL MARIN. Plante qui croit
sur le bord de lu mer. On donne vulgairement
le nom de I'us:,cpiare ou Pcrcepierre à une t!e
CCS espèces. On mange cctlt^' dcniiùre conGtv* au
vi::Qi^n'. Toutes sont a[HTitivcs cl dissipent les
obstructions.
CMlilsTLVMSME. s. m. U Loi et la RHt-
gioodc Noire-ieî^jucur Jlsuï-Chiust. Le Chris-
GKR aO
UdiiL-inie veut an^oii pardonne à ses enritmii^et
même qu'on les aime,
CHUO.U\TlQUE. adj. des 2 g. Qui pro-
cède par plusieurs scnii-tobs do suite. C/w'um<i-
titpte en montant. Chromatique en descendant.
Genre chromatique.
Il s'emploie aussi substanliveuunt. // y ^i
dans cette musitiue du Chiomatuiue.
CHRONIQUE, s. f. Histoire drc^sie suiv;'i.t
l'ordredcs temps. Vici/!cC/iro/KVjtie. y^ncieunis
Chroniques. Chroniques de Saint-Deni*.
11 y a des mémoires de la vie de Louis XI
qu'on appelle Chronitjnc sc4tndaleus€. Et ûa
appelle flgurûment Chroni(jue scandaleuse. Lez
niaiivats bruits, les discours luédisans. Cette
femme roudioil passer pour ptude j mais la
Chroni(jue scandaleuse nen parle pas ainsi, c:t
parle autrement.
On uppelle L'ne maladie dronique^ Uno
m;ilndicqui diue loug-tenqjs. Ce n'est pas une
maladie ai(juë, c'est une maladie chronique.
CHRONIQUEUR, s. m. Auteur de Cliroiii-
q'ic. Grand C hroniqueur. 1\ vieillit.
CHRUNOGRAMAIE, ou CHRONOORA-
l'HE. s. m. Inscription dans lacptclle les letîi-e»
LURièrales forment la date de révéneii.cnt dont
il s'-'igit.
CHRONOLOGIE, s. f. Dottrinc des temps.
Exacte Chronoloqie. Il sait bien la Chrono-
logie. Cela ne s'accorde pas avec la bonne Chro-
nologie.
CHRONOLOGIQUE, adj. des a g. Qui ap-
partient J la cbronoîoj^ie. Table cht onologiquc
Ahreqé chronoloq'quf.
CIIRONOLO{nSTE. s. m. Celui qui sait la
chronologie, qui en.;eigue la cl:rono!ogie, qui
ôcrit sur la clironologie. Vn grand C'/.ronc-
logisle.
CIIRONOLOGUE. s. m. CluonoIoRislc. C V>I
nu qrand Chronologuc. Il vieillit.
CHRONOMÈTRE, subft. masc. Nor * gi'nê-
rique des inslrumens qui servent à m'>urci le
temps.
CHRYSALIDE, s, f. Étal d'un icscclo rcn-
fornié dans une cojue, sous la forme d'une
espèce de fùve, avant que de se iransfornier cv
papillon. Cet insecte est en chrysalide. Cn '.i
nomme aussi A ymp/ie.
CHRVSANTHEMUM. s. ni. IManie qu'on
cultive dans les jardins, à cause de la bcautô de
sa ili ur. Ellf est d'un jaune doré.
CHRVSO(;OLLE. s. f. Matière que l'eau en-
traîne et détaclie des mines de cuivre, d'or,
d'argent et de plondj, et qui étoîl anparava;U
adin'rciile au méul. Cn a aussi donné ce nom
au Borax.
tlHRYSOCOME. s. f. l»*inlc aii.si nonumc.
p.irce que ses llciirs sont d'un jaune don.' cl
irès-écl.itmt. On donne e core ce nom à plu-
sieun autres plantes d*u:i j^cnrc lrès-di(T^rcn(.
CHRYSOLITE. s. f. Pierre prtcicusc d'un
j.une d'or niétô d'une légère tciu!c de vcit.
CHRYSOPRASE. siib.t. fém. Pierre prc-
cieuKc d'un vert cUir m^le d'une nusiicc de
jaune.
3i.
244
CI
CHU
CHUCHOTER ou CHUCIIETER v. n
Parler bas h l'oreille de quelqu'un , pour nVlre
pas entendu de la conipai^nic. Ces qeti^ ne font
que chuchoter. Il est qucI(|uefois nrtif. C'""^no-
îcr quelques mvts à Voreilîe. Il est fiiniilicr.
CHUCHOTKUR, EUSE, ou CIIUCHE-
TEL'R. s. Celui, celle qui a coutiiine de cliu-
etioter. Les chuchoteuts sont iticomniodes en
compagnie.
CHUCHOTEIÏIE. s. f. Enlrclien de ceux
^li te partent à l'oreille, de peur d'être enten-
dus des autres. Il y c eu une lonfjue chucho-
ta te entre cet homme et cette femme. Il e.st
familier.
CHUT. (On prononce le T.) Particule, dont
on se sert jwur iinposf r silence.
CHUTE, s. f. Mouvement d'une chose qui
tombe. // est tombé de son haut, et a fait une
lourde chute. Il est incommodé d'une cfiuie de
cheval. Tl fut accahléparlacJiuted une maison,
h'tic chute d'eau. La chute des eaux.
On appelle Chute d'humeurs^ Un déhorde-
.nicnt des humeurs qui tombent du cerveau.
On appelle La chute des feuilles^ La saison
où les feuilles toiubcnt. Il mourut à la chute
*?r$ feuilles.
Il s f prend figurcment pour Pisgrûce, mei-
lleur. Cet homme étoit e.vtrêniement eiet'e', h
voilà tombe ^ il ne se relèvera jamais de $a
chute. I
Ou appelle Chute, T. a fin d'une petite pièce
de Pots;c, comme d'un Sonmt, d'un Madri-
gal, d'une Épigramnie, etc. La chute de ce Son-
net est lieureu^e, n^est pas juste.
On dit aussi, La chute d'une période, pour
dire, La cadence et l'iiarmonic gui Icrminenl
une période.
On dit aussi, La chute d^une pièce de thed-
Ire, en parlant de son mauvais succès.
Il se prend encore figurémfnt pour Faut*:
envers Dieu. La chute du pienner homme. Lo
chute des mauvais Ange^;. Se relever de ses
chutes par la pénitence. Etre une occasion de
chute et de scandale.
CH Y '
CHYf.E. s. m. Suc blauc <jn! se fo-me de la
p.'itlic Ij j>lus subtile tics Mltiiiciiâ (lij^crcs. Le
nltmcns se tournent en chyle.
CIIVI.II'ÉUK. aiJject. d(S 2 genres. Il se clil
Des vaisseaux qui porteai le cliyle.
CIIYLII' ICAIIO.V. s. f. Opération par 1 1-
cpielli; ia nature fait le cliyle..
C I
CI. adverbe de liuu, <pii marque l'endroit
oii est celui qui parle, ou du moins un lieu qui
c&l proche de lui , ou une eiiosc pri^scotc. Ac
iiieiiiiuVe ci-]oiiit. Et en termes de Fnitiqiie,
Les Icnioiits ci-présens.
Il DC se met jamais au commencement d'un
di<cours que dons les épitaplics, où l'on niel
ordii:aircment Ci-jll , cic.
On s'en sert aussi dans les coniples et dans
CIC
les parties, où, aprè.<î avoir mis h somme tout
au long, on le met au bout de la ligne avant
que de cliifTrer. Quatre aunes d'ètojfc à vinnl
francs y ci 80 li\'.
Il se joint avec lintcrrogant , Quest-ce? et
se met îmm*^diatement après. Qu'est-ce-ci?
Il se joint ou avec le pronom démonstratif,
Celui, Celui-ci^ Celle-ci, Ceux-ci, Cellcr-ci;
ou avec les substantifs, quand ils sont prccédcs
par le démonsiratif , Ce ou Cet : Ce livre-ci.
Cet homme-cî, Cette femme-ci -ci alors il s'op-
pose quelquefois 11 l'advei-be Lu , qui se joint
de môme au pronom déjnonslraiif.el aux noms
sulïstantifs, pour fuin- voir que la cliose dont
on parle est cloij^UL'C.
Il se joint encore avec la pt-rposUion Ptir ;
Et l'on dit, Par~cî, par-là, pour dire, En di-
vers endroits; et ces deux façons de parler vont
toujours ensemble. Je ne sais pas la pièce touti
entière, je n'en ai retenu que r^we/ijucs lam-
beaux par-ci parAà. Le bois ne croît pas bien
sur ces bruyères, il n'en vient que quclquei
brins par-ci par-là.
Il se met devant les- propositions Dr-sçiu ,
dessous, devant, après. Ci- dessus, ci-desscus.
Ci-devant gît un tel. J^ai dit ci-dessus. Nom
avons vu ci-devant. Nous verrons d-après.Cet
trois, Ci-de$su.ç, ci-devant, ci-après, ne s'em-
ploient que poiur marquer dans un discours ci
ijui précède ou ce qui suit; et Ci-dessou."! ne se
met guère que dans les èpitaplies.
Ci-CONTRZ, terme de Cnmptalïililé, qui sert
il désigner qu'Une somme sera rajjportce ea
addition. '
Ci, se met encore nprcs la proposition î^nlrf,
i!t sert à marquer le temps. Entre ci rt demain
il peut arriver bien des choses. Entre ci et là il
y a encore loin.
C IB
CIBOIRE, s. m. Vase sacré où l'on conserve
les saintes Hosties pour la Communion des Fi-
ilèles. Le saint Ciboire. Donner la bénédiction
nvcc le saint Ciboire. Serrer le saint Cihoirt
dans le I ahernacle.
(;iBOULE. s. f. Petit ognon bon h mqnger
m salade et en ragoût. Les ciboulrs relèvent te
(joût des sauces.
On dit proverliîalement et populairement,
^farchand d'oqnons se connoit en cH^oules ,
pour dire, qu'On csl difficilement Ivonipù sur
les clioses de sou métier.
CIBOULETTE, subsl. f. diminutif. Pctitr
ciboule.
CIC
CICATRICE, s. f. Marque dfs plaies et d;s
uhères, qui reste après la guerisim. (C'est une
nouvelle ptau plus dure, plus Idoncbc, plus
irrégu'ièrc, moins scnsibb* cl moins poreuse
quf la piCTiicre ) Grande cicatrice. Glorieuse,
honorable cicatrice. Il a h corps couvert de ci-
catrices.
On dit fî;;urrmcnl, Quand on a reçu quelque
grand affront, la cicatrice en demeure long-
temps.
CIE
CICATRISER, v. a. Faire des cicatriccê. La
petite vérole lui a cicalrisè le visage.
On dit d'Uni- plaie presque guérie, cl qui
se i^eprend, Sa plaie commence à se cicatriser.
Cicatrisé, ée. participe.
CICÉRO. s. m. Caractère d'Imprimerie, qui
est entre le Saint-Augustin et !e Petit-Romain.
CTCÉROLE. s. f. Espèce de pois cliiclie.
CICLAMEN. s. m. Voyez Pain de Pota-
Ceac.
CICUTAIRE, ou CIGUÈ AQUATIQUE.
s. f. Cette pLmte ne diffère de la <iguè, que
parce qu'elle ne s'élève pas si haut, qu;- sa tige
n'est point marbrée, et qu'elle n'a pas d'odeur.
CiCL'TAinE ODORANTE. Voycs Myurh.-s.
CI D
CïL. s. m. IMol emprunté de l'Arabe, qui
Ei;.înifie Cbcf, r.iunniandimtj Seigneur. La Tru-
gédie du Cid.
CIORE. s. m. Boisson faite du jus de pommes
pressurées. Gros cidre. Petit cidre. Cidie doux.
Cidre piquant. Du cidre qui sent le pouvî.
Cidre paré, qui a fermenté.
CIK
ClEh, s. m. fait au pluriel CIEUX. La par-
tie supérieure du monde, qui envirouKe tous les
corps, et dans laquelle s? meuvent les astres. Les
îtoiles du ciel. Le ciel empyréc. Le ciel est bien
itoilé. Tout ce qui est sous le ciel. Lever les
yeux au ciel. Lever les mains au ciel. L^élat du
cicL
On dit quelquefois, Le ciel de la Lune, U
ùcl de ^îars, les deux des Planètes:.
On dit en langage poétique, La voûte des
rieikr, pour dire , Le ciel.
Ciel, se prend quelquefois pour les astre»;
tt dans ce stns on dit. Les influences du ciel,
pour dire, les prétendues influ' nées des asttrs.
On dit conimunénunt Oe deux choses entre
lesquelles il y a une grande diirtTcncc,qu'E//cj
conï élo'gnées comme le ciel et la terre.
On dit aussi proverbialement, pour se nio-
Huer dune supposition ridicule , Si le ciel loin-
boit y il y auroit bien des alouettes pri.^cs.
On dit par exagération, d'Un homme q-i'on
1 loué G\tr.;orduiairenienl, qn'O'i l'a elsve jut-
(juau ciel, jusqu'au troisième ciel.
On dit proverbialement et figuremen' . Re*
muer ciel et terre, pour dire, Faire tous ses ef-
forts, employer toutes sortes de moyens pour
[)arveniv à qu'Ique chose.
On dit fr^urément, Voir les deux a.ii»f?(i,
pour dire , Avoir une grande joie, se trouver
dans un grand bonheur.
C;ei., se prend aus.si pot.r l'air. C*.'.' .'crrin.
Qiel clair. Ciel obscur. Ciel doux. Cicltempérc.
La roïce du cid. Les oise.uLr du ciVL On ne
voit ni ciel ni terre. Le feu du dcl.
On dit proverbialou'cnl, Ciel rouge au ^cir,
blanc an matin, c'est l'. journée du pc^.ain ,
|Oîir dire, que Cehi présage une belle journée
(în appelle ordinairement Le tonnerre, i«
feu du ciel.
CiFX, signiOo ci:>si Le séjom des Bienlru-
CIG
rriu, le Parailis. Gagner U cie\. Le Royaume
iti cifuj. .\o(r< ?ért ijui ila d<"" '«s cieux.
Noire Seigneur moitta aux cleiLT. Lucifer fui
jnêcipité (lu ciel. Le chemin du ciel est la pra-
tique de l Evangile.
Il se prcud aussi pour Dieu m -nje, pour l.i
Prc>vidcii«, et pour la volonic divine. Gr<U-e>
au cid. Le ciel iirilé. Le ciel l'a l'culu. C'est
un airèt du ciel. C'etl un coup du ciel. Le ciel
l'ortf soit propice! Le ciel m^est ttmoin.O ciel'.
Ô juste ciel !
On dit, tes mariaqes sont faits au ciel,
pour dire, qu'ils sont résolus par la Provi-
dene%
On dit en termes de l'Écriture, Vu ciel d'ai-
rain, pour dire, Une grand-' sécliercsse. Et on
•'en sert aiLssi pour dire, Un ciel inexoral>Io,
UD ciel sourd aux vœux.
Ciel, se dit aussi pour Climat, pour pays.
On a beau cliauqer de ciel , on ne c-ia'itje point
d'esprit.
Ciel, signifîe au^>i Le dais sous lequel on
porte le saiut Sacrement îc jour delà Fc.e-L)ieu,
Porter le cieL
Il signifie aussi I.e haut d'un lit. Le ciel du
lit. Le ciel de ce lit n'est pas assez haut. El
dans celle acception, comme dans la suivante,
on dit Ciels, et non pas Cieux, au pluriel.
Ou appelle, en lernies de Pcinlurc, Le ciel,
les cieh , La pirtie du tableau qui représente
l'air. Ce peintre fait bien les ciels. Les cieh
dans les tapisseries les font moins estimer. Il y
m trop de ciel dans re< tapisseries. Fairepeîndre
nn ciel att plafond d'un cabinet.
CIEIUJE. t. m. Chandelle de cire à l'n.saf;«
de l'Eglise. Un qros cierge. Le cierge bénit, Lt
cierge PascaL Cierge blanc. Cierge jaune. Al-
lumer un cierge.
On dit familièrement d'Un bomme qui est
ou qui se tient extrêmement droit, qu'/l esl
droit ronin;e un cierge.
CicncE DU PÉnoL". s. m. Plante ainsi nom-
mée, parce que sa lige approclie de la fijun:
d'un cierge, ou plutôt d'un flambeau.
CIG
CIG.4LE. s. f. Espèce d'insecCe qui rnle, el
qui fait un bruit aigre et importun dans Ici
cliamps durant les ardeurs de l'été, l'clilc ci-
gale. Le chant de la cigale. J'ai oui chanter le.:
rigoli-.
fJCOGNE. s. f. Espf-cc de gros oiseau de
passage, de plumage blanc et noir, qui a un
long bec rouge, et qui fait son nid sur \r liaul
d"! maisons. On conte des choses merveilleuses
de la Cigogne.
On api>rllc proverbialement , Confei de la
cigogne, conics n la cigogne. Des omies labu-
teui . et invcDlé« i plaisir.
CIIH'E.». r. litrbc vénéneuse qui rcMcmblc
■u persil. Les .llhènien: se servoiemt souvent
du jus de ciguë pour faire mourir ceu.c gui
iloienl condamnés à mort. Et quand on dil ,
que Les -itlién ens firent avaler de la ciguë à
Socrate, ou entend parler du jus de la ci"uc.
CTM
CIL
riL. s. m. (l'L est mouillrf. ) Le poîl dc$
paupitTcs. Tl se dit plus ordin.iirement au plu-
riel. Les Cort1ia(jhwts arrachèrent les cils des
paupières à RéffuUis.
CILICK. s. m. Kspèce de large ceiDtnrc qui
est fnite d'un tissu de poil de rhèvrc, de crin
de clicval , ou de quelque nuti e poil rude el
piquant » et que l'on porte sur la cliûïr par
mortiliralion. Porti-r le cilicc. Prendre U dlicc.
^'e ïTvêlir d'un dlice. Pénitence dans le clUcc.
Le cilice étoit le vêtement da peuples de Cilide.
CILLlifllENT. s. m. Action de ciller. U ne
se dit que Des yeux et â**s paupières. Jl a un
cillcmcnt d'ycu-v continuel.
CILLI^R. V. a. Il ne se dit que Des yeux cl
;'("i paupiL-res. pour signifier, Los fermer ci les
rouvrir dnns le nionicnl. // ne fiit <pte ciller
les yeuv. CHler les paupières.
Il se dit quelquefois absolument. On lui a
tiré un coup de piftolet atLV ortHles^ et il n'a
pas seuler.tcnl cdlé. On ne peut regarder le so-
leil sans ciller. Personne n*0!e ciller devant /»i,
[îourdire, Personne n'ose remuer. Il esl familier.
Ciuj:r, esl aussi verbe nc;itn:'; et alors il
ne se dit que Des chevaux. Ainsi on dit, qu'C'n
cheval cille^ commence à ciller, pour dire, qu'il
fommencc h avoir quelques poils blancs aux
[>aupi»Tcs, au-d'ssus des yeux.
CiLii:, ÉE. parlicipc.
CI M
CIMAISE. t'oyeiCi-BUiSE.
CIMBALAIRE. s. f. Plante rampante et fort
commune. C'est une espèce de linaire. On, sa
sert avec succt-s de ses feuilles contre les hé-
monoides.
tllMK. 5. f. Le sommet f h partie la plm
liaule d'une montagne, d'un arbre, d'un ro-
cher, etc. La cime de la montagne étoit cou-
verte de neige. Les écureuils montent jiismtM
la cime de> plus hauts atbres.
Cime, en termes de Botanique, se dit aussi
Du haut de la tige des arbres ei des IjfTl)e8.
CIMKNT. s. m. Brique ou tuile battue on
pîlt'e , donl on fait une cspt'ce de mortier. Faire
du ciment. Bdtir à chau-r et à ciment. Bassin
de fontaine enduit de ciment. .Vettrc du ciment
rntre les pierres d'une muraille. Le ciment des
/lOmnms cfoi't d'une perfection iju^on a peine à
•galer.
On dit proverbialem. d'Une aflaire qui esl
faiie solidement , ci avec toutes les formaliics
nécessaires, rn aorte qu'on n'y puisse donner
atleînle , qu'Elle est fnite à r/niiur et à ciment.
CIMK>TtR. V. a. Kmployer du ciment dans
lin ouvr.ige de maçonnerie. Cimenter un bassin
de fontainr. Cimenter du pavé.
Il Sk^nilie H^urcment , Confirmer, aflcrmîr.
Cimenter la pai.r par des alliances. Les Mar-
tyrs ont cimente la Foi par lettr sang. Cimen-
ter une amitié.
CiMFNTÉ, is. participe.
CIMElKHKK.s. m. t^r.mdcontelis repour!>c
<jui ne tranch- que d'un cûic. //n C' up de ci
CIN 24s
iBëfcrre. Porter le cimeterre. Être armé d'un
cimeterre.
CIMETIÈRE, j. m. Lieu destiné à enterrer
les morls. Porter un corps au cimetière, ïen-
terrer dans le cimetière.
Fi;.;urément,en parlant d'Un pays dont l'air
est mortel pour les étrangers , on d!t , que C'est
leur cimetière.
CIMIi^R. s. m. L'ornement qu'on porte au
haut du casque. Jl ui-oit une telle béte, une telle
figure peur cimier.
En t(rm"s de RIason. C'est la fijare de quel
que anira'd , ou de quelque autre cliose qui
se met au-dessus du timbre.
Cj.MiEn , est aussi Une pi'^cc de bœuf cliar-
nue, prise sur le quartier de derrière. Une
pièce de cim.er. Du cimier. On dit aussi Du ci-
mier de cerf,
CIMOLIE. s. f. Espace d'argile qui vient
d'une ile appelée Cimohs, pTts de Créle. Les
Anciens l'emplKyoient aux mêmes usages aiu-
quels sert à présent la terre sigillée.
On donne aussi le nom de Matière cinwlii
au dépûl <|ui se trouve sur les meules à aigui.
:ifr. En ce sens il est adjrctif .
CIN
CIS.ABRE. s. m. Combinaison de soufre et
de mercure qui forme un corps solide 'd'un
beau rouje. Le Cinabre qui se trouve tout
formé dans le Sfin de la Icrrc, s'appelle Cinn-
bre naturel; celui qui est H.it par art s'api>ellc
Cinabre artificiel.
CIN'ER.MRE. adjrct. U ne se dit que d'Une
unie qui renferme des cendres d'un corjis brfllc
apri's la mort. Urne cinéraire.
CIN'ÉR.\TION. 8. f. Réduction du bois ou
des autres corps combustibles en cendres par la
violence du feu.
CINGLAGE. s. m. Le clicmin qu'un vais-
leau fait ou prut faire en vingt-quairc Ijcures.
CINtîLER. V. n. Naviguer ^ pleines voiles.
Cinqlcr en haute mer. Nous cingUtmes à l'Est,
à l'Ouest.
Il est aussi actif, et signiHe Frapper avec
ijuclque chose de délié et de pliant. Cingler U
visage d'un coup de fuel. Il lui a cingle le vi-
sage d'une houssine.
Il se dit aussi d'Un vent froid et perçant.
Le vent cingle. Il fait un vent gui cingle le
visage.
Il se dit aussi De la grêle, de la neige, de la
pluie, dans le même sens.
Cl^GL^, KE. participe.
CINNAMOME. s. m. .Sorte d'.iromalc. On
rroif coKiniune'fncMt gue la cannelle est le ci:,^
namome des /anciens. Voy. C.\N!<EiLiEn.
CINO adj. numéral des 2 genr. Le nombre
impair ijui i.st entre quatre et six. La liiiic
finale Q ne se prononce |»iut quand Cinij «l
suivi immédiali-mcnt de son substantif com-
mençant par une consonne. Ci'i.'jc/ievrtur. Cm'/
Cavaliers. Cinq garçons el cinj files. Les cing
sens de nature. Les cing dot gis de la main.
Cing f>is. Dons tous l.'s autres cas le O se pro-
nonce. Espace de cing ans. Troii et Jcut fint
2/iG CIP
(rin(|. Jlî ètoietit ci:i(j, tvua buvant el majiffeaut
A citi'j pour tt'iiî^
Il est aussi quelquefois subslaiitif. Un cinq
àe chi^'ie.
Cn îfppelle Un cinq iiu jeu tïc Cartes, Une
aslr qui a cinq marques, Un cint} île carreau.
Mil ciîi'i de trèjîe; el au jeu de Dés, Le colé du
du qui esl. niarqui: de rinq points. Amener un
cinq aux dés, amener deux cinq.
CINQUAiNTAlNE. s. f. collectif. Nombre
d€ ciinpiante. Vne cincjmtr.taine de personnes.
Une cinquatitainc de pistolef.
Ou tiit d'L'u I umnie (jui a cinquante ans ac-
coiiiplis qn'il a la cinquantaine.
Cl'SOVA^TE. adj. numéral des 2 fjenrcs,
Nonibic composé de cinq dizaines. Cinquante
homme-^. Cinquante fois.
CINOUANTKNIER. s. ni. Celui qui rorn-
mautîe cinquante hommes. Il ne se dit t|n'en
parliiil de la .Milice et de la Police dc3 Villes.
On fit avertir les Cinquanteniers.
(:I>'(JUA:NTIK.ME. adj. des 2 î^enr. Nombre
tl'ordie. Le cinquant:ènïe chapitre. L'article
ctnquantiènie.
Il est quel(|iiefois substantif , et signifie La
cinquantii>mo partie d un tout. Il a un cin-
quantième dans ce truite. Il lui en appartient
un cinquantième,
CINQUIÈME, adj. des 2 genres. Nombre
d'ordre. Le cinquième Roi. La cinquième fois.
Il est le cinquième.
CiNQCitMEf est aussi substantif, et signifie
T^ cinquième pnrtie d'un tout. // e.it iiéritier
pouf un cinquième. Il a un rinquicme dans
cette l'erme.
On dit absolument, Lu cinqu ènie, pour dé-
signer La cinquième classe d'un Collège. Cet
écolier est en Cinquième.
On dit aussi d'Un écolier qui étudie dans la
cinquième classe, que CVsï un Cinquième.
CIiN'OUlÈMIiMlilNT. adverb. En cinquième
lieu. Troisièmement, quatrièmement^ cinquiè-
viement.
CINïRK. s. m. Figure en arcade, en demi-
cercle. Bâtir à plein cintre. Cette cave est en
cintre. Cintre surbaissé.
Il s*j prend aussi pour Cette arcade de bols
51U* l.icTuelle on bûlit les voûtes de pierre. Otet
le cintre. Poser les cintres. Lever les cintres.
Cinthe, à l'Opéra, C'est la partie du plan-
cher de la salle qui est au-dessus de l'oicbeAtrc.
CINTRER. V. a. Faire un cintre, bâtir en
cintre, faire un ouvrage en cintre. Cintrer une
galerie. Cintrer une porte.
Ci!<TnÉ, ÉF,. i>arlicipe. Une bordure cintitc.
Vpc {jUcc de miroir cintrée,
CIO
CîOUTAT. ft. Di. Soi le do raisin ûmc» sem-
Mnhle au clias-iclos.
C I P
CIPPE. s. m. Terme d'Architecture et d'An-
liqnfcirr. Demi-colonne s.ins chapiteau, sur la-
quelle on gravoii autrefois des Inscriptions.
CIPt
c I K
CIRAGE, s. m. Action de cirer, ou l'effet de
celle aclioQ. 71 a employé beaucoup de temps à
ce ciraqe. Il se dit De la cire appli'juée sur
quelque chose. C ra(jc des bottes, des toiles,
des ijants., etc. etc.
(]iiiAGE,se dit aussi Des par(]uets qui sont
cirés.
Cm>.GE, en Pointure, Tableau pci:it in ca-
maïeu et en jaune.
CIRCÉE. s. f. Plante commune aux envi-
rons de Paris. A^îplljuée extérieurement, elle
est ■.■••solntive, detersive, vulnéraire.
tlRGOMPOLAlRK, adj. des 2 genres. Il se
dit de tout ce qui environue l»is jwles te rrctifres
ou célestes. /.es ferres, les rncrs circompolaiu-:.
les étoiles circompolaires.
CIRCONCIRE. V. a. Je circoncis., nous cir-
conciions. Je circoncirai. Que je circoncisse.
Couper le prépuce. Il éloit ordonné dans l'an-
cienne Loi de circoncire les enjiins mdles. Les
Juifs, les Mahométuns font circoncire leurs
en fans mâles,
CincoNCis, iSE. participe.
C1RCU>CIS. s. m. Celui à qui ou a coupé
le prépuce.
CIRCONXISIO>". s. f. L'action par la pielle
on circoncit. La circoncision étoit ordonnée
dans rfl.'icicnnc Loi. La circoncision des Juifs.
Ou appelle La Fête de la Circoncision, L(
jour où Ton célèbre la Circoncision de Pfolrs-
Seif^iieur, qui est le premier jour c'e l'annc*.
Cn dit fi_;urcra. et en termes de l'Ecriture-
Sainte, La circoncision du cireur, la circonci-
sion des lèvres, pour dire, Le retrancliement
des mauvaises pens^'-es, des mauvais désirs, d(S
pétroles qui peuvent blesser ou la rliarité ou la
pudctu'.
CUU:o>TÉRENCi:. suhst. f. Le tour d'un
cercle. Tou(es les lianes tirées du centre à la
circonférence sont éqales entre elles. La circon-
férence (/'(tu grand cercle du ciel, d'un qrand
cercle de la te/re. La circonférence du ciel, de
la terre., d'un alahe. Les Matitcniaticiens divi-
sent Il circonférence d'un cercle on trois cent
soirante deqrés,
II se dit aus:i De toute sorte d'cnceiuie,
quoiqu'elle ne soit pas parfaitement ronde.
Cette Ville enferme plusieurs jardins dans sa
circonférence. Cette Place a tant de toises dan:. :'
sa ctrconfctcncc.
On dit cn termes de Physique, que Le sanq
est porte du centre à la circonférence par /ej
artères, et qn'il est rapporté de la circonférence
an centre par les reiHcs, pour tlirc , qut; Le
cœur pousse le sang vers les extrémités, et que
le snng revient des extrémiltfs au cœur.
CIKCOINELEXE. adj. Il n'est d'usage qu'a-
vec le mot d'accent, et c est un drs trois acccns
de la Langue (irtcque, qui a la ligure d'un /
couché' — ^. En parlant de la Langue Franofiise,
on iippclle Cirto«^t'-rc, Un accent qui e^t fait
comme un v renversé a, et qu'on met sur cer-
taines syllijjus. pour man[uer qu'elles sout res-
tées longues epres Id suppression dune leltrc.
CIR
- 1. est aiis-'i substantif. Un circonflexe.
CIRCONLOCUTION, s. f . P.Vipl.rase, cir-
cuit de paroles. User de circonlocution. Grande
circonlocution. Parler par circonlocution. La
circonlocution sert souvent à l'Orateur,
CIRCONSCRH>TION. s, f. Ce qui borne
et qui limite la circonférence des corps. La
circonscription est une propriété nalurelIemcnC
inséparable des corps.
CIRCONSCRIRE, v. a. Donner des limites,
mctlri; des bornes ^ l'entour. Dieu est un £tre
infini qui ne se peut cuconscrire j ni par les
lieux, ni par les temps.
On dit en Géométrie, Clrconsa'ire une ft-
quve à uJi cercle, pour dire, Tracer une figure
dont les côtés touchent le cercle.
CîKcoN.sCRiT, ITE. participe.
CIRCONSPECT, ECTE. adj. Décret, re-
tenu, qui prend garde à ce qu'il ùvl, h ce qu'il
dit. Homme fort circonspect. Circonspect dans
ses actions, dans ses paroles.
CIRCONSPECTION, s. f. Prudence, rete-
nue, discrétion. 71 ftut user d^une grande nr-
ccnspection. Il a apporté beaucoup de cu'Cony-
[jcction dans cette ujfutre. •^g'i', parler uvdc
circonspection.
CIRCONSTANCE, s. f. Certaine particu-
larité qui accompagne un fait, une nouvelle,
ou quelque chose de semblable. Circonstan^xs
aggravantes. Cii'constance remarquable. Jîe-
marnuej*, ofcseri^ep, examiner, peser ïou(C5 les
circonstances de l'action. Les circonstances des
personnes^ du lieit, du temps. Exposer un /ri:.',
et en marquer jusqu'aux moindt£s c'irconstan"
ces. Le chou: *ies circonstances. Souvent t«s
circo7tstances changent la nature des doses.
On dit, Se déterminer par circonstance, par
opposition UÀgir par pnticives- et, Loi, i-ègle-
ment de circonstances y pour, Loi, règlement
que les circonstances ont paru cxigrr, et qmï
!es principes ne permettent pss de conser\ er.
En style de Pratique, on dit, en pavl:-nt
d'Une terre, d'une maison, d'une afiùiiv, d'un
procès, Les circonstances et dépendances, pour
iire, Tout ce qui en dépend. Terre adjugée
avec ses circortstances et dépendances. Procès
renvoyé avec ses circonstances et dépendances.
CIRCONSTANCIER. v. a. Marquer les cir-
constances. Circonstancier une affaire. Cir-
constuncier un fait.
CincoNSTANciÉ, KK. participe. Un fait bien
circonstancié. Relation bien circonstanciée.
CIRCONVALLATION. s. f. Fossé que les
assiégeans font autour de leur camp, avec des
redoutes, des places d'armes , et autres fortifi-
c;ilions, pour se garantir des attaques du de-
hors, et pour empêcher <[u'il n'enlre du se-
cours dans la Place ai^slé-'e. L-gnes de eir-
convalliition. Faire la circonvallation d'un
camp.
CIRCONVENIR, v. a. Tronqjcr arlificieu-
sement , par des circnlis et par des détours. //
croyoit le circotivcntr par ses artifices. Il a
circonvenu ses Juges.
CincosvKNU, ti:. pai-tieipc.
CIRCONVENllON. s. f. Tromperie oriifi-
CJU
oeiiS'\ U V a eu lU la circonvention en ccUi. //
d tiiè lie circonvctilion.
CIR0(»VUIMN, INE. adj. Il nVst ^u'-rc
d'usage qu'au pluriel « et ne se dit que Des
lieux, dfs ciioscs, et des personues coliecti-
vcnicul, qui sont proclie et autour de celles
dont on parle. Lieux circorn'oisws. Les /Vo-
vincea circomvishus. Les jjeityiles circonvoisins.
J.tes nations circouvoisines» Les Paroisses cîr-
convoisines.
ClKCONVOLimON. Milî8l. f. II se dit De
p!u:tieurs tour» faits «utour d'un centre coni-
tiiuo. Faire plusieurs circonvolutions.
CIIiCUIT. s. m. (Ce mot est de trois syl-
labes.) linccinlc, tour. Le circuit th la Ville.
Faire le circuit des murailles. Le circuit dune
Prov'tncc. Vu (ji and circuit. In lonrj circuit.
Cette ville a une (friiïtdc lieue de circuit.
On dit Ggurcnicut, Circuit de paroles; et
cela se pn ud po;irToiil ce qu'on dit avant qiie
de venir au fait. Un grand circuit de paroles.
Un lonq circuit de paroles.
CIRt;ULAlRi;. ndj. des 2 ç:,eiiTCs. Rond.
Forme circulaire. Figure circulaire.
Il s? dit aussi de ce qui va en rond. Le mou
i Client cirtulaive.
On appelle Lettre circulaire. Une lettre
faite pour infornuT diverses personnes duuc
rnÊni--- cIjosc. Ecrire une lettre t:irculaire. En-
voyer ur»c lettre circulaire. Expédier des lettres
circnlaircs.
CIRCULAIKEMKNT. odv. D'une manière
rirrullire, en rond. Les deux se meuvent cir~
ciUairemenL
CIRCULATION, s. f. M.iuvcmcnt de ce qui
circule. La circulation du Si^ntj. La circulation
de la sève dans les plantes.
On appelle fi;;uremcut, Le circulation de
l'argent, I>€ mouvement de l'argent qui passe
d'une main à l'autre, et qui le f;tît rouler dans
le comm Tce.
CIRCCIJlR. V. n. Se mouvoir circulùif-
inent. Il se dit parlirulitrremcut Du sang. Lt
stuig circule dans les veines.
On dit fipun'mcul , que L'arqent circule^
pnar dire, que L'argent roule, qu'il a son cours
ordin.'iire dans le commerce. Fa're circuler
l'argent
On dit aussi, Fufre circuler des hilletSy poui
dire, Leur donner cours dans le commerce.
On dit ligurtjn.ent, F aile circuler une /iis-
toire, nue nuecditc , pour dire, La rcpaudi'C.
(JKE:.. s. L iM:iti(re molle et jaunâtre, qui
rr«*r du iraviiil d>*s Abeill .'s après qu'on en a
cxprimr le miel. CiVe vicrqe. Travailler en cire.
j'uiii de cire. Flambeau de cire pure. Cire fon-
due, litanehir la cire à la rosée. Colorer la cire.
Scrlhr en cire jjufie, cm cire rouge ^ en cire
verte y en cire bleue. Les Anciens écrii'oient sur
r?et tablettes enduilex de cire. Figure de cire.
Paire un pittrait en cire.
On dit dUn Immnir qui a la jaunisse, qu71
Ml jaune comme cire.
On dit d'L'ii jrune cnranl dou\ et dir^V
mte C'est une cire moUs, pour dire, qu'Un lai
fera prendre tclkis itiClioatio.is qu'on voudrii.
Cl S
Il se dît aussi De toute personne qui rfçoit faci-
lement toutr sorte d'imprcssl^ms.
On dit proverbialement De deux Iiommcs
qui ont \cs mêmes inclinations, \cs mûmes hu-
meurs, qu7/s sont éqauj: comme de cire.
On dit aussi d'Un habit qui CNt fort juste à
celui qui le porte, qu'// lui va comme de cire,
CinE, se dit aussi De la bougie qu'on brûle
dans une chambre. Dans cette maison on ne
brûle que de la cire.
Il se prend aussi pour Le luminaire d'une
Éf^lise. La cire appartient au Curé. Les funé-
railles ont coûte tant pour la cire.
On appelle Droit de ciVc, Certain droit qui
se paye dans la Maison du Roi, en Ciiiiiicellnrit-
et ailleurs. Certains Officiers ou* droit de cire,
pour dire, qu'on leur doit donner tant de bou
gies, tant de livres de bougie.
CinE, se prend riissi figur-imcnt pour le
Sceau de la Ch;aicellerie. La rémission est ac-
cordée, il ne faut plus que de la cire.
On appelle CiVe d'Espagne, Certaine oom-
posiliou fiile de la([ue et autres matières, ù
laquelle on donne diverses couleurs, et dont on
te .sert pour «acheter les lettres, etc. Un buton
de cire d'Espagne.
On appelle encore Cire, l'humeur épaissie
tl jaune qui se forme dans les oreilles. La cire
des vreilles.
CIRER. V. a. Knduirc de cire. CiVcr des
hottes, de la toile, des gants.
CinÉ, éi:. participe. Toi7e ciVfc.
CIRIER. s. m. Ouvrier qui tnivaille en cire.
CIRUENK. s. m. Espèce d cniphire qu'ui:
applique sur Ts membres fouK-s ou blessés pni
quchjuc contusion, sans qu'il y ail ouverture
Un bon ciroëne. Mettre un bon cirocnc sur h
partie ojffnsèe.
ClRON.s. m. Sorte de petit insecte qui s'en-
[^enJre entre cuir et riiair, et qui est presqiu
inq)crcepliblc. Tirer des cirons avec la polntt
(i'iine épingle.
On dit d'Une chose extrêmement petitC)
i\uElle n^est pas plus grosse qu'un ciron.
Il signiGe aussi La petite ampoule qu'un
ciron fait venir i la main, ou ailleurs. Percer
un ciron. Crever des cirons.
C!R<^>UE. s. m. Lieu destiné chci les an-
ciens Romains pour les jeux publics, et parti-
culièrcment pour les courses de cîievaux et de
rhariots. Les Jeux du Cirque. Remporter h
prix l'uxjeux du Cirq ic. Les Cirques étoienl
lie fiqure ot'alc
ClRUHIi. 9. f, Enduit de cire préparée.
Une bonne cirure. Une mauvaise cirure. La
cirure des bottes empêche quelles ne prennett
Veau.
C IS
C1.*^AILI,KR. V. a, Icrmc de Monnoic. Cou-
per avec les cisailles les pi 'ces fausses, lépcres.
Ci.ini//cr* des pièces de monnoie lUèrêeSf de
yeur qu'elles ne demeurent dans le commerce.
CisAiLU:, KE. participe.
CISAILLI"«S. s. f. pi. Gros ciseaux h coape;
df* pbqu(.s de métal ù or el d'dn*cKt.
CÎT ■ p47
7! s^ (iit ntissi l)c< roaniircs qui rfslent de In
niiuinoie ([u'oi* a faliriqncc. Kt eu ce seus on
dit aussi an singulier, De la cisaille.
CISALPIN, I.N'E. adj. Qui est en dcçl des
Alpes.
CISEAU, s. m. Ferrement plat qui Iranclie
pnr Ulules bouts, et qui sert ù travailler le hnis,
le fer, la pierre, etc. Ciseau île Sculpteur. Ci-
seau tle Maçon. Ciseau lîc Menuisier. Ciseau
il'Orlivre. J.es Statues (îe marhre se Iravcilleiit
avec le ci.ieau. Faire émou:lre un ciseau.
On apjv'IIe Ouvrage du ciVc(Hj,Lesouvr;igcs
di- ,Srnl[)iurc; et on dit d'Un Imbile .Sculpteur,
qu'/lii If ciseau admirable, le ciseau exceUcnl,
savant, délicat, etc.
CiscAL-x. s. m. pi. Instrument de foi com-
posé de deux brandies L.obilcs Iraiicliantes i:n
dedans, et joinlcs ensemble par un clou. Une
paire de ciseai.x. Couper une élvfl'e avec des ci-
seaux, mettre les ciscaitx àrdans. Dr. étui ù
ciseaux. Ciseaux à faire la b.trbc CioCiux à
Caire les cheveux. Ciseaiur de Tailleur. Cisca'ua^
de Jardinier pour tondre le buis, etc.
On dit quelquefois, Ciseau, au singulier.
On n^a point encore mis le ciseau dans cette
itofje. Le Chirurgien lui a donné trois coups
de ciseau.
Cïn dit poétiquement , Le ciseau de la
Parque.
(;ISKI-I"R. V, a. Travailler avec le ciseau.
Ci.<eler de la vaisselle d'argent.
Ciselé, ^e. participe. Argent ciselé, raïf
telle ciselée.
( n ajipclle Velours ciselé, Du veloui» i
ileius, à rairages.
CISIil.ET. s. m. Pitit ciseau dont les Orfit-
vres , les C raveurs , les .armuriers , etc. se ser-
vent dai:s leurs ouvrages. Travailler auciselet.
Cela c:t fait au cisclet.
(;i.-iEI,liU'L s. m. Ouvrier dont lemclicicst
Je ciseler. C'est un excellent Ciseleur.
CISIilXRU. s. f. L'ouvra-e qui se fait eo
fiselanî. La façon de cette l'aisselle d'argent est
fort chère à cause de la ciselure.
CISTE, s. m. Plante dont quelques espèce*
croissent d:ins nos Provinces méridionales. I.cs
plus icclicicliccs sont celles qui donucut le La-
danuni, sorte do go:i:iuo odorante, dont on fait
nsa;e en Mc'dccice.
CISrOPHORE. s. m. Ternie d'.intiquaiic.
Medaill." où l'on voit des corbeilles. Ces iiiéd.iil-
les ctoicnt frap]j('-es, ."i ce qu'on croit . (lour les
1 '<jtes des Otgics qu'on cvlcbroit en l'Iioiiiieiir
lie Bùcclius.
CIT
aXADEM.E. s. f. Forteresse qui commande
i une ville. Forte Citadelle. La ville est prise,
mais la citadelle tient encore. On a bridé la
ville par une citadelle. Le Gouvcrnew d'une
Citadelle. Le.3 fossés, les remparts d'une Cita-
delle. Pi'lir une Citadelle. Raser une Citadelle.
C!T.\J)1>' , INE, s. Bourgeois , liabilanl d'uue
Cilé. U i.'cst gU'Ve d'usage qu'en parlant I>r»
Iiabitaiis de cerlaiors villes d'Italie, pour ai^ni-
Gcr irux qui oe sont pas du cor]is de h No-
>48 CIT
lilesse. LeChancelier île Venise est foujoun du
Corps des Ciludins. Les CitatUns ont peu de
piirf au Gouvernement de la Répuhliijue de Ve-
nise.
CITATION, s. f. Ajournemcut. En ce sens ,
il n'est guère d'usage que dans les afliiires Ec-
cl(!siastiquis. 71 n'a jwint comparu à la pre-
mière cittiùon. ylprès les trois citations.
Il se dit anssi De l'ordre que le Grand-Maître
envoie i tous les Chevaliers de s-e rcadre à
Malte en certaines occnsions.
Il signifie aussi Allegaliou d'un passage. Ci-
tation d'un passage. .Vettre les citations en
marije, à la wariji:. Vue fausse citation. Rem-
plir un discours de citations. Des martjcs char-
gées de citations.
CITÉ. s. f. Ville, (iraud nonJire deinaisons
enfermées de murailles. Grande Cite. Cite
nombreuse. Une belle Cité. Jérusalem s'appe-
ioit la sainte Ciié. Son plus grand usage esl
présenicinent dans la poésie et dans la styl*
(Wilo'nc.
Cité, te prend en c]ucli(iies villes pour L«
partie la plus ancienne de la ville , et où esl
l'Eglise Episcopale. On du>ise Paris en t'ii/e,
Cité, et Université. Il y a tant d'jEjfi-vcs dam
la Cité.
Il se dit aussi en quelques villes non Épis-
copalcs , de la partie de la ville où est la prin-
cip.ile Eglise.
Cite, au propre, se dit De la circonscrip
lion locale qui comprend la coUeclion des Ci-
i^yeiis.
Droit de Cité , C5t proprement Le droit
joa'a tout liomme né dans une Ville ou wii
État libre , d'élire ses Reprcscnlaus ou sci
Gouvcmans, et de concourir & la confection
des Lois.
CITER, v. art. Ajoimier , appeler pour
eamparoitre devant le Magistrat. 11 ne se dil
guJre qu'en niatitre Ecclésiastiijue. Cilcr quel-
qu'un par-devant le Jaije. Citer en Juganent.
On le cita au Concile.
On dit qu'Oii cite les Chevaliers à'Malte,
pour dire qu'Du leur ordonne de s'y rendre.
On cita à Malle tous les Chevaliers, parce qui
iUc étoit menacée des armées du Tuic.
Citer , si^nilie aussi Alléguer. Citer un
Tpa'isage. Citer la Loi. Cilcr Çaux. Citer juste,
Citer les Auteurs anciens.
On du aussi, Citer son Auteur, pour dire,
Nommer celui de qui on tient une nouveJle,
Oti qiielq''« chose de semblable. Je vous prie.
ne me citea pus. Prolitez de l'avis sans atef
personne.
Cité , tE, participe.
CITÉRIEUR , ELRE. adj. Terme qui no
etniploie qu'en Géographie. Ce qui est en dé-
jà, plus pris de nous. L'Inde citéricure est en
de-çà du Gange,
CITERNE. ». {, Réservoir sous terre pour
recevoir et garder l'eau de pluie. Eau de Ci»
. terne,
CITEUNEAO. s. m. Petite citerne oii X'tti
l'Eure aTont que de passer dans la citerne.
CinSE. •. m. Vcyet Cttui.
CIV
CITOYEN, ENXE. s. llaliilant a une Ville,
d'une Cite. liidie Citoyen. Sutje Citoyen. On
dit, i\uUn homme «st bon Citoyen , pour dire.
que C'est un liomme zélé pour sa P<itrie. Il a
fait le devoir d'un bon Citoyen.
Le iiom de Citoyen, dans une arceptïon
stricte et rigoureuse, se donne à l'hiibilant
d'une Cilé, d'un État libre, qui a droit de suf-
frage dans les As.semblécs publiques , et fail
[)i;rtie du Souverain.
On appeloit autrcft)!s Citoyens l\owatn<: ,
nou-seuleoient ceux qui ctoicnt ncs à Kunic,
mais aussi ceux qui avoient acquis le droll et
les privilégies de Citoyen liomaîn, (puMipi'ils
fussent û'un aiitre pays. Suint Paul ttuit Ci-
toyen Roniiiin.
C:1T1UN , WE. adj. Qui est de coulrur de
citron.
CiTT.ON. s. m. Sorte de fruit de forme ovale.
de couleur jaune-pale , et qui tst ^rl^in de jus.
Ci(/'Oii aigre, citron doux. Jus de cïtroti. Cou-
leur de citron. Cliuir de citron conlite. Ecorcl
de citron conHte.
Citron, se dltaussi De la couleur àc citron.
Taffetas citron j de couleur de citron.
CITRO^JNE , EE. adj. Qui sent le citron , où
_ ion a mis du jus de cilron. Tisane citronnée.
CITRONNELLE, s. f. Espèce de liqueur
faite avec de Teau-de-vie et du citron.
CITKO'NNELLE. «. f. Voyez Mi:msse.
CITRONNIER, s. m. L'arbre qui porte U
titron. Fleur de citronnier. Les citronniers ai-
ment les pays ' aud\
CITROUILLE, «. f. Sortf de friiit qui lïp-
fient extrt'inenicnl gros, et qui rampe sur la
terre avec sa tige et ses (ruillcs. Manrjcr de lu
citrouille. Pain de citrouille. Potage à la ci-
trouille. De la citrouille fricassée.
On dit fif^uréro. et Lassem. d'Une grossï
femme, que C'est une grosse citrouille.
CIV
CIVADIËRE. s. f . Voile du mM de beaupré.
CIVE. s. f. Plante potapire. On compte troij
espèces de cives, dont la plus [jeiilc se uonmic
Civette.
CIVET, s. m. Espèce de raj^oût fait de chair
de lièvre. Fdire un civet. Manger un civet. Un
civet de lièvre. Mettre un lièvre en civet.
lliVETl'E. s. f. Petite iurbe potagère, qu'on
emploie prinripalcnent daas la salade,
CIVETTE, s. f. Animal qui ressemble h une
grosse fouine, et dont oti tire uuc sotte de ii-
[uour épaisse et odoriférante. Lu dvcttc est un
UJiinial fort sauvage.
On appelle aus"ii Civette, I.^ liquear cpaissc
H odoriférante qu'on tïrc de la civette. Lrt ci-
/cttc entre dans plusieurs parfums. Sentir la
rivclte. L'odeur de la civette est trop forte (fuand
:llc est toute seule.
CIVIÈRE, s. f. Espèce de brancard sur le-
quel on porte li bras de la pierre, du fumier 1 1
ics fardeaux. C/iari^T de la pierre sur une ct~
^ vière. Cet homme cloit fort blcisétOn le rem-
j porta sur une civière.
-« Oa ditjjrovcrbial. et fi^urimcnt, Crnï û»iâ
CIV
bannière et cent ans civière, pour marquer Les
révolutions et les changemens de fortune fat
arrivent dans les maisons.
CIVIL, ILE. adj. Qui regarde et qui con-
cerne les Citoyens. La vie civile. La société
tivilc. La guerre civile.
Droit (hviL, .se prend pour La Jurisptii-
dence Romaine, qu'on appelle autrement Oroit
Eciit. Cours de Droit Civil. Professeur en
Droit Civil.
Civil, en terme» de Palai?, se dit par op-
position à Criminel. Matière ciiîle. Proccs civiL
Ajfiirc civile. Lieutenant Civil. Partie civile.
On appelle Intérêts civils. Le dédommage-
ment dû à quelqu'un sur le bien d'un crimi-
nel, à cause du tort qu'il a soufieit par le crime
commis.
On appelle Pequvte ciVile, Une R( quête pré-
sentée pour renlérinemeut des lettres qu'on a
obtenues du Prince, afin d'cire restitué contre
un Arrêt contradictoire. Présenter une Reijuète
civile. Se pourvoir p.ir Requête civile. Revenir
contre un Arrêt par Requête civile. Moyens
dv Hctjuête civile. Faire juger une Regu.'tt
civile.
On appelle figurément. Mort civile. Le re-
tranchement des droits et des fonctions de la
société civile, en conséquence de vœux hohn-
uels faits dans un Ordre Rcli{;ieiix, ou d'une
condamnation à mort par cimlumace. ou d'une
tcnd.imnation , soit aux galères perpétuellei,
soit il un bannissement perpétuel. Le bannisse*
ment perpétuel cmiwric la mort civile.
CïviL,siL;nirie aussi Cturtois, honnête, p©U,
bien élevé, par opposition à Rustique, L^i
homme fort civil, l'ne femme fort civile. îl faut
itre civil à l'égard de tout le monde. Il m'a reçu
d'une manière fort civile.
CIVILEMENT, adv. En matière civile, en
procès civiL Procéder civilement. Juger civUe-
mcîit. Poursuivre ctVî/emerit.
On dit,qu't/« homme est mort civilement,
rx>rsqu'il y a coutn; bu quelque condamnation
ipii le prive des droits et des fonctions de la su-
rlété civile. Un homme intei'dit, un hommg
banni à perpétuité , est mort civilement.
On dit aussi d'Un Religieux, d'une Reb-
gieuse, qu'J/s sonf morts civilement.
Civilement, signiGe aussi Honnêtement,
avec politesse. ViVrc civilement avec quelqu'un.
Traiter civilement. Recevoir civilement. Aoïf
parltr civilement,
CIVILISATION, s. f. Action île civiliser, ou
état de ce qui est civilisé.
CIVILISER. V. a. Rendre civile une matière
criminelle, réduire une cause criminelle à une
procédure ordinaire et civile. Civiliser un proccs.
Civiliser une cause criminelle.
Il signifie aussi Rendre civil , honnête et so-
ciable ; polir les mœurs. Le commerce desGreci
u cie'î/i.sé les Barbares.
En parlant d'Une contcstatioB, d'une que-
relle qui commence à s'apaiser . ou d'une nou-
velle moins fâcheuse qu'elle n'avoit paru d'*-*
lx?nl, etc. on dit, qvi'KU* se civilise. Cela ^
CLA
CiviuiÉ.ÉE. participe. V'i procès dvtlué
ttt peuples civilifés. Les Nations cwilisées.
CniLITK. j. f. Honnéietû, courtoisie, ma-
DÛVe lioiinêtc de vivre cl de converser dans le
monde, hn homme plein de civilité. Il en a ».s'é
ci-ec beaucoup Je civililé. Vumpier île civililè.
Cela est contre les règles de ta civilité. Il est de
la civilité de.....
CiviuTi, se dit Des actions, des paroles ci-
viles, des ooiiiplimcns et des autres seiiibliblcs
devoir» de la vie. Fuire civilité à ifttelati'uii.
Foire des civililéi. Recevoir des civilités de /,■
piirtde quelqu'un. Il m'a comblé, il m'a acca-
blé de civilités. Après Us premières civilités de
purt et d'autre. Il a mal reçu les civilités qu'on
lui a faites.
On du provi rM.il. d'Un homme ijui manijuc
aux devoirs les plus ordinaires de la civilltù,
i^u'Il n'a pas lu la Civilité puérile, qui est le
litre d'un ancien Livre.
CI\ IQUE. aiij. Il n'est d'usage qu'en celle
plirase. Couronne Civique. La Couronne Civi-
que, chez les Romains, cloit une couronne de
clique qu'on dounoit à celui qui avoil sauvo
U vie à un citoyen dans un assaut, dans uuc
bataille.
CL. 4
CL.\B.\UD. s. m. lise dit proprement d'Un
chien de cl.as.se qui a les oreilles pendantes, el
qtii se recrie mal i propos sur les voies. Le Ve-
neur n'a point de créance à ce chien, c'est un
e'abaud. ce n'cA qu'un clul\^ud.
On dit 6garùnciit et par injure, en pailnnt
d'Un homme qui parle beaucoup et mol i pro-
pos, que C'est un clahaud. Il est fmilicr.
On dit fisun!m. et faniilièiem.. d'Un chapeau
«pri a lis bords pendaus, qu'il fait le clabaud,
qu'i^ t<< ciafciiiiJ. Un chapeau m cLbund.
CL.VB.VUIJ.VOE. s. m. Le bruit que font
plusieurs cliiens qui clabaudent. Le clahaudaqe
des cliiens da'is un chenil.
U se dit (LjUrr^mcnt Du bruit que font de
Taincs paroles. Je ne m'arrête point à tous ces
tlabaudages.
CL.4B.\UDER. v. n. .\boyer fréquemment.
Il ne se dit au propre que d'Un cliien de chasse
tjul «Imie ordinalrcm.ni saqs être sur 1« voles
it la hèle. Cn chien qui ne fuit que clibauder.
Il signifie figurément , Crier , faire du (.niii
K»! à propos Cl SUIS sujet. Cet homme ne fuit
que clahauder. Il n'a fut que clabauder contre
telles personnes. Il <st fiiiiilicr aussi -bien que
les deux suivans.
CI^B.VUDEKIE. s. f. Criaillerie importnne
•t S.1IIS sujet. Il croit Cemporter par ses cL-
iauderies perpétuelles.
CL.UJAUDEUR. EU.SE. .. Grand crinil-
Wur, celui qui crie beaucoup et mal à propos.
C«r un clahaudeur éternel
CIAJK. .. f. Ouvrée 1 claire-voie , en
fonn* de carre long. M fait ordinairement de
bnni do,i.T entrel.ce.. Une claie i nettoyer
!.. halnts. Lue claie à passer de la Urre ù
P'r.er du sable. On tralnt sur l„ duie ce-.i.x
qu< cm été tués en duel, p, ,„; „ „,„ ^z;,,,,
Toiitr /,
C LA
;itr-n:^me.';. On se sert de claies à la guerre
pour faire des rciranchemens. V.n reU-anche-
ment juit avec des claies.
CI..1IR, AIRE. adj. Eclil.int, lumineux,
qui jette, qui répand de la lumière. Le soleil
crt le plus clair de tous les Jstres. La lune est
claire. Ls feu est clair de sa nature. Ce lois
jait un feu très-clair.
En ce sens 11 se prend quelquefois sulistan-
tlvement. Le clair de la lune. .\ons marchdmes
toute la nuit au clair de U lune. Il fait clair
<le lune, grand da.r de lune, un beau clair
de lune.
CLAin, signifie aussi, Çui reçoit beaucoup
Je jour. Cette lùjlise est bien claire. Ccltn
elianibre, celle galerie est fort claiie.
Ou dit d.ir.s ce mime sens, Il fait bien clair
dans celle Egli.tc, dans celte chairtbre.
Ou dit aussi absolument, // fait clair, pmii
rfnc, U fait jour. Il ne fiisoit pus encore cliii
ijuand nous partîmes. Ce qui s'entend aus-i
luolquefois Du clair de la lune.
CLAin, signifie aussi Luisant en la super-
licie, poli. Des armes claircs.Vaisselle d'argent
{•irtelaire. Un plancher bien clair et bienfioUé.
On dit qu't ne Dame a le teint clair, poui
dire, qu'Elle a le teint vif et ui.i.
CL.A1I1 , en matlire de couleurs , signifie ,
Moins foncé, plus approchant du blanc, l'erl
c(uir. Piouge clair. Clair-brun,
On appelle C/ewii.c c/air-lruns, Des clic,
veux d'un brun moins foncé; et on dit d'Uni
fille qui a les cheveux de cette sotie, cpuLlk
ut cla-r-brune.
On appelle Chiir-oVe.ir parmi les peintres, I
Certains dessins où il n'y a point de mélan"!
iautres couleurs que du blanc et du noir ou
îuelque autre couleur brune. Il a ramassé plu-
ticiirs dessins de clair-obscur, faits par diff-
rens Maîtres.
On dit, que Lt clair-obscur ai bien obsen-'e
dans un lafcJeaù, pour dire, que f^s ombres el
la huniCre y sont bien disiribuécs; et qu'Un
PeiMire entend bien le clab-uhcur, pour dire,
ïu'Il sait bien placer les ombres el les lumières.
Clai.i, se dit encore en Peinture, Des cou-
leurs hautes qui représcnlent les joi:r«, les
parties éclairées; et en ce s-n» il s'emplolo
ordinairement nu pluriel et suhslamivenif nt.
Les Clairs sont bien entendus, sont m.,l en-
tendus dans ce tableau.
On appelle encore ainsi dans les ouvrages do
tapisjeric, Les laines el le ••>ies claires qui
iervenl i rehausser l'ouvrage. Cet ouvrage dt
tapisserie est presque achevé, il n'j- a plus qui
les clairs à mettre.
C'.«i3.signlfie aussi Transparent. Veireelji'r.
Des vitres lien claires. Clair comme cristal rJl
loche,
11 signifie aussi , Qui n'est point trouble.
Claire fvntaine. De l'eau claire. Vin clair. Ce
vin n'est pas encore dair. Cela est clair comme
de Ceau de roche.
On dit, que Le temps est clair, que le ciel
est clair et suc n, ^M^a dire, qu'il n'y a aucun
Du.ir,cen lair.
CLA -4)
On dit, Du vin tiré ù clair, tire au clair,
pour .lire, Du vin qui , claul bien reposé, a el4
tiré en hnuleilles.
Provcrhialement , en parl.int d'Un homme
qui a entrepris quelque chose où l'on croit
qu'il ne réussira p.is , oc dit, qu'/l n'y fera que
de l'eau loule claiie.
CLAm, s'ignifie aussi, Qui a peu de consis-
tance. En ce sens il est opposé i Épais, et il ne
se dit priipreraent que Des choses li]niJes. Ce
sirop est trop clair. Cette bouillie, celte pwée
est Irop claire.
On appelle Lait clair, Le pclit-lail.
On appelle aussi Chii'r, Ce qui n'est p.is
bien serré, qui n'est pas prés à prés. Toile
claire. De la gaze bien claire. Avoir les chcveu.c
iiic.i chiirs. Les blés sont fort clairs. Ce bois e.-l
fort clair.
Clair, se dit aussi De la voix et dessoni,
et signifie Xei et aigu. Cet enfuit de chaur a
la voie claire. La voie des femmes est ordi-
nai.cment plus claire que celle des hommes.
V.L.KIR, signifie figurément Inlelligible, aisé
i comprendre. Idée claire, style clair, discours
clair. Une erpressian cla'uc. Un commentahe
l'ien clair. Il n'y a rien de si clair. Métioih
tlaire et aisée. U s'est expliqué en termes [or t
tlairs.
U signifie aussi , Évident , manifeste. 5oii
droit est clair comme le jour. La raison, la
tonséquence cn est claire. PrMvc claire, claire
lomme le jmr.
On dit d'U.i procédé, de b ron imie. des
liscours éqiHVoques, Ce procédé, cett. con~
luite, ces discours, ne sont pas clairs ; d'Une
liTjire embrouillée, hlle n'est pas claire.
On dit figurément, quTn lomme a Vtspr'it
rlair, pour dire, qu'il a beaucoup de netletd
<ans l'esprit, dans le Jugement.
On appelle Chnrs «eni'iTi, argent dair.
L'argent, les deniers qu'on peut toucher quand
on veut, qu'on peut recevoir aisémenu II s'est
payé des plus clairs deniers de la recelte. C'est
de l'argent clair.
On dit d'Un profil évident , incontesldble,
Proft clair. U gagne clair el net cent mille
francs dans cette ajfiilrc.
Clair, s'emploie aussi adverbialement, et
signifie. D'une manière claire et distincte. Voir,
cluir. Entendre clair.
On dit figurém. , quTn homme voit clair.
voit fort clair, pour dire, qull a l'esprit pé-
nétrant. On ne lui en fera pus aisément accroire,
il tioil fort clair.
On dit aussi Cgun'ment, qu'f'n homme en-
tend fort clair, pour dire, qu'il a beaucoup
d'inlelligcner , el qu'il entend .'i demi-n:ot. Il
ne fiul pas beaucoup iVciplieation avec lui, il
entend fort daii:
On dit. Parler clair, pour Sire, Parler avec
une voix grêle et aiguë. Il parle clair comma
une femme. Et on dit figurément, r.ir/er chiir
cl nel, porhr haut et clair, pour dip:, Parler
friincliemchl, el sans chetehcr d'à loucissement
el de d.iour». 71 a dt son senlimcnl houl et
clair. Il s'en est crpliqué haut et clair,
3a
aSo C L A
On dit aussi rgurémcnt, Semer clair, pour
WiTC y Répandre la famine <îe loin îi loin, et en
moindiT «luanlitc qu'à rordînairc.
CLAIRK. s. f. On nomme ainsi dans l'affi-
nage I.ea cendres lavées, ou les os calcinés dont
on se sert pour faire les coupelles,
CLAIREMENT, adv. D'une manière claire,
nettement, dislinclement. De h\ on distincjue
ciairsmeut tous les vaisseaux <}ui sont dans le
porl. J'ai distiufjuè chiirenient sa voix.
Il signifie figurcment, D'une mnnicre intel-
ligible. Parler cUtircnient. Expliquer claire-
nient un passage. Il m'a dit clairement son in-
tention.
Il signifie .tu.'isi, Evidemment, manifeste-
nicnl. Démontrer clairement une proposition.
J I vrom-e tris- clairement ce qu^il dit.
CLAIRET, adj. diminutif. Il ne se dit pro-
prement que Du vin roui;e, h la dislinclton du
hjtinc. Vin blanc et vtn clairet. Du blanc et du
tilairet.
On appelle Eau clairette , Une liqueur faite
avec de l'eau-de-vie, du sucre, etc.
Clairet, s. m. Terme de Jo;iilIier. Pierre
dont la couleur est Irop fuihle.
CLAIRE-VUIE. s. f. Terme de Jardinage.
Semer à claire-voie^ pour dire, Jeter la graine
en terre le iroius épais qu'il se peut.
Ou appelle aussi Claire-voie, Les claies ,
les mannequins , et auircs ôuvraj^cs d'osier ,
dont les parties sont cloig ices les unes des
autres. Ce panier i-f à claire-voie.
On appelle au'îsî Claiie-voïe^ dans un parc
ou dans un jardin, Une ouverture faite à rez-
de cliaussec dans le mur, et qui u'est fermée
que par une grille, ou par im,' espùce de fossé
nppclé Saut- de Loup.
On dit aussi De tontes sortes de tissus qui
ne sont pas serres, qu'//s sont faits à claire-voie.
CLAIRIÈRE, s. f. On appelle ainsi dans
«ne forêt, Un endroit tout-à-faii dégarni d'ar-
bres./ï y a tant d'arpens dans celle /oit'ï, s^ans
compter les clairières.
CLAiniÉnE, en termes de Lingère, Etidroits
plus clairs que le reste dans les toiles.
CLAIRON. 5. m. Sorte de trompette dont le
ion est aigu et perçant. Trompettes et clairons.
Le son des trompette^; et des clairons. H ne
j'emploie plus qu'en Poésie.
CLAIB-SEMÉ, El-:, adj. Qui n'est pas bien
serre, qui n'est pas près à près. Du bîc clair-
semé, de l'avoine clair-semée.
On dit proverbialement, que J,\irnent est
clair- semé chez qtieltju'un , pour dire qu'il en
□ fort peu.
Il se dit aussi fi'^urément Des ouvra-^es d'es
prit. Ainsi on dii d'Un livre on il y a qiiel<pies
beaux tr.iils, mais de loiti à loin, que Lc^ beau-
tés y sont clair-Aemée.:.
CLAIRVOYANCE, s. f. Saf^aeite cl péné-
tration dans les aHuircs. CVst wi liomme liabiU
et qui a de la clairvoyance. îHcn ne fauroit
écliapper à son exactitude et à sa clait voyance
II vieiliiL
CLAIRVOYANT, ANTK. ndj. Intelligent^.
ccUiré, cl pcuétraut dans les atlài^-cs. C'est un
CL A
homme fort clairvoyant. Il a l'esprit clair-
voyant. Vous ne le tromperez pas, il est trop
clairvoyant. C'est une femme habile et clair-
voyante. Ce mol ne se dit qu'an figuré,
CLAMEUR, s. f. Grand cri. Clameur tu-
multueuse. CLtmeur publique. li s éleva une cla-
meur universelle. Les clameurs d'uiiC populace
mutinée. On cntendoit de tous côtés de nrandes
clameurs. Cela excita les clameurs de Vassem-
blée. Les clameurs des femmes.
CiAMEun DK HAno. Terme de Justice, usité
en Normandie, pour dire, Citation dcvaut le
Juge. JSonobslant clameur de haio.
CLAN. s. m. Plom qu'on donne en t^.cnssc
et en Irlande à une tribu formée d'uu ccrlain
noniI)re de familles.
CLANDESTIN, INTÎ. adj. Qui se fait en ca-
clieitc et contre les lois. Il n'est guèie dusage
qu'en ces deux phrases : Mariage clandesliu.
Assemblée clandestine.
Clandestine ou i,'Hi;nBE cAcnÉE. s. f. On
!a nomme ainsi, parce que ses feuilles sont en
panie cachées dans la terre. On l'appelle en-
core L'herbe à la matrice , parce qu'ette est
bonne pour cerlairies maladies de femines.
CLANDESTINEMENT. ,'.dv. D'une ma-
nière clandestine, en cachette. Ds se sont ma-
riés clandestinement. Ils complotèrent ^ ils s'as-
semblèrent clandestinement.
CLANDES'imiTÉ. s. f. Vice d'un mariage
fait clandestinement. C'est un terme de Palais.
La cîandesiinité empêche la validité d'un ma-
ria fje.
CLAPET, s. m. Espace de petite soupape
qui se lève et se baisse par le moyen d'une
simple cliarnicre. Clapet de pompe.
CLAPIER, s. m. On appelle ainsi Certains
pelits trous creusés exprès, où les lapins se re-
tirent. Un clapier bien peuplé. On fatt des cla-
piers dans les qarenncs.
On appelle aussi Clapier ^Vnii macliine de
hois où l'on nourrit des lapins domestiques, cl
qui est faite îi l'imitation des clapiers de ga-
renr c. Faire un clapier dans un qrenier.
On appelle Lapins de clapier^ ou simple-
ment CliipivrSy Les lapins élevés dans ces sortes
de machines; et l'on dit d'Un mauvais lapin,
qneCVs( un lapin de clapicr^uiï franc clapier.
CLAPIR, SE CLAPU;. v. prun. Se blottir,
se tapir, se cacher dans un trou. Il se dit parti-
culièrement Des lapins.
Ci.APi, lE. participe.
fXAQUE. s. f. Coup du plat de la main. 11
n'est guère d'usage que dans ctlte o:jas<;, C ne
claque sur les fc-jse.<!.
Claque, est eussi Une espace de spndale
'|u'on met par-dessus le soulier, pour se garan-
tir de rimniidilé et des crf)ltcs.
CLAOUEDENT. s. m. Terme d'injnre et de
mépris, qui se dll d'Un gueux, d'un misérable
qui tremble de fruid. C'est un claquedeitt. Il
est bas.
Ct.AQUEDENr, se dit aussi pour signifier Un
braillard, un Iiomnic qui parle beaucoup de
lui avec jactance, cl souvent conuc la vérité.
Ce ueA qu'un claquedcnt. Il est familier
CLA
CLAQUEMENT, s. m. On dh , Claquement
de dents, pour signifier Le bruit que font- les
dents d'un homme qui tremble de froid; et
Claquement de mains ^ pour signifier Le bruit
que font les mains en les frappant l'une contre
l'autre.
CLAQUEMURER, v. a. Renfermer, resser-
rer dans une étroite prison. Cet homme faisvit
Vinsolent, on Va claquemuré. lia été claque-
muré dans les petites maisons. Il est familier.
CLA^rEHrnÉ , ée. participe.
CLAQUE-OREILLE, s. m. Chapeau dont
les bords sont pendons et ne se *.()nliennent pat
bien. Il est bas, et quelquefois il se dit lyc
l'homme ainsi coiffe.
(iLAQUER. V. neul. Faire un certnin bruit
ai;^i et rélatant. Claquer des mains. Un char-
retier qui fuit claquer son fouet. Un fouet qtU
claque bien.
On dit figurémcnt et familièrement, Faire
vlaquer son fouet ^ pour dire, Faire valoir sou
Butorltc, son crédit, etc.
On dit, Ciar^uer des dents, et que les dents
tlaquent^ Quand les dents se clioquent par un
Iremblement que cause le froid ou b peur.
Lorsque le frisson lui prend^ les dents lui cla-
f lient, il claque des denf.^.
On dit familièrement à l'actif , Claquer
quclquun y pour dire. Lui donner une claque.
CLAQUET. s. m. Petite latte dans un mou-
lin , qui est sur la trémie , et qui bat avec nruil.
On entend le bruit du claqueL
On dit populairement d'Une personne r\m
parle beaucoup, La langue tui va comme un
claquet de moulin.
CLARIFICATION, subst. fôra. L'action par
laquelle on rend une litjueur claire. Lu cli/ri-
fîcation d'une liqueur., d'un sirop.
CLARIFIER, verbe aet. Rendre claire une
liqueur qui est trouble. Clarifier un sirop. Cla^
rijier du sucre. Il y a plusieurs nutniéres de
clarifier le vin.
Ci,ARiriÉ, ÉE. parricipe.
CLARINE, s. fém. Soimette qu'on pend nu
coudes animaux qu'on fait paître dans les forêts.
CLARINETTE, s. f. Sorte de Hautbois. Il
ie dit aussi Deeclui qui joue de cet instrumenl.
C'est une excellente Clarinette.
CLARTi;. subst. f. Lumière, splen'dcut. Lm
rbu'ïê du jour. La clarté du soleil, de la lune,
des étoiles. Lire à la clarté du feu., des fiam-
beaux. Fuir la clarté. Les hiboux fuient la
clarté.
Il se prend quelquefois pour La transjvv
renée du vcne. Il y a des vcncnes où Ion fait
le l'crre d'une bien plus qrandc clarté que dans
les auîies. La clarté du ve/re augmente le prie
des lunetles.
Claoté, «ie dit figurémcnt De la netteic de
l'esprit. Parler^ écrire avec clarté. Explique^
quelque cho>^e avec une qrandc clarté. Il faut du
la rhirlc dans le style. Ces principes sont d'u.ie
grande clai te.
On dit porti'|uen'enl, Comnienrer à voir la
chirtc, la clarté du jour, jK>ur dire, Nuilre ; e!
Jouir de la clarté di jour, yo'jv dire, Vivre.
GLA
CLASSE, s. ft'iu. L'ordre suivant Irqucl on
raoge diverses personnes, ou l'on distiihue di-
Tcrsca rliosii^. Sur les côtes de France^ on û
distribué les matelots en plusieurs dusses. Il y
a trois classes de Grands d'Espaff ne. VnGraml
de lu première classe. Un Grand de la seconde
classe.
(^AjiSE, se dit fi^^urémenl Du rang qu'on
donne au nierire et h la capacité, par r..ppoit ii
certaines sciences, k certaines professions. Ainsi
dans ce sens on dit d Un ^raiid 'I licolo^ien .
d'un excellent Auteur, d'un cxcellrnt Peintre,
elc. que C'est un Thèolonien de la prernivrc
classe, un Auteur de la première classe ^ un i
Peintre de la première clnssc.
Classe, se dît aussi Des dlflerentcs salles
d"un CoIIl'jjc , dans chacune dosfjuellcs .s'asseni-
tlent les écoliers qui prennent une uiénic leçon
ious un marne Maître. 71 y a six classes duni
ce Collége-là. Le Rêqcnt de la classe. Ces deuA
enjans étudient en même clause. Au sortir de It
classe. Dans ce sens-là, en parlant Des classes,
011 dit, La seconde, la troisième, etc. sani
ajouter Clusse. Il est en seconde. Il est en qua*
Irième. Et au lieu de dire, Lu première, on dJ4j
La Rhétorique.
Il te dit aussi Des écoliers qui étudient ex
ménie classe. Le Réqcnl y est allé avec toute ^
classe.
Classe, signifie aussi Le temps que Il-s «^co- .
lifrs sont assemblés pour prendre la leçon. Ai
contmencemenl de la classe. A la fin de la classe
Oîi appelle Lef ha$ses classes^ Celles ou loi
commence ses éiuits.
On appelle L'oiu'crfurc fîw cïds.îes , Le tenip
où Irt écoliers rentrent en classe après les va-
canccs. Il est revenu pour l'ouverture d<:s classes.
On dit, Ouvrir une classe. Lorsqu'un Pio-
fi'&seQr commence ii fuire des leçons dans un
lieu ou l'on n'en faisoit pas encore.
CL.iSSER. V. a. Ranj^cr , distribuer pu
clu-^es. Classer des matelots. Classer des plantes.
Classa, tE. participe.
CLASSIQUE, adj. des 2 genres. Il est prin-
cipalement d'usage en cttc phrase, Auteur
rlassique , c'cst-à-dirc , Un Auteur approuvé,
et qui lait autorité dm» une certiine maiicTc,
Plulon , Aristote , lîomère, Dêntosthène, Cicc-
ron, Virgile, Tiïe-LiVc, etc. sont des Auteun
classiques.
Ci-ASSigrE, se dit aussi quelquefois De ce
qui a rapport aux classes des Collèges, Devoir
clatsiifue. Exercice classique.
CLATIh. V. II. Terme de Ch.^sse. 11 se dil
d'Un chien qui, en poursuivant le gibier, re-
double son cri. H est peu usité.
CLAUDE, s. et a Ij. Sot. imbécile. C'est un
claude. Il n'e*t pas si claude qu'on le croit. Il
est familier.
(.L VUDICATION. i. f. Action de boiter.
(,L.\\ K \U. s. m. Maladie rontigieuse qui
attaque les I rchi» ci le* moulons Quand le
claveau se met dans un troupeau de moulons,
il y fait de grands rafaqe*.
CLAVKCLN. s. m. Iiutrummi de Musique ,
qui est nne espèce de longue cpiuetic u un ou
CLA
plusiein's elavîere, et dont les cordes sont de
mcla! et douilles. Jouer du clavecin. Toucher
le clavecin. Accompagner du clavecin, Piccet
de clavecin. Clavecin de Flandre.
On appelle Clavecin à ravalement, Un cla-
vecin qui a quelques louches de plus que les
clavecins ordinaires, pour exécuter lu musique
qui a de 1 étendue.
On appelle Clivccin organisé, Un clavecin
dont le clavi.T f;iil jouer un petit orgue.
(^LAVEI.K. ÉIÎ. adj. Qui a le claveau, qm
a une moluJi^r contagieuse.
CLAVELEI:;. s. f. Claveau. Les hrchis soni
fort sujettes -ju tue et à la cUivclée. Plus oc le.
moitié de son troupeau est morl dt L cl ivelcc.
GLAVéTI'E. 3. f. Ksptce de clou plat qu'ci
p.-;5SC dans l'ouverture iuJle au b Mil d'une che-
ville, d'un bâton, potu- i.-j arrc'tcr. Mctt'i uut
i-h.i'ef/e dans u^e clieviUe.
CLAVICULE, s. f. Terme d'Anaiomie. On
tppellc ainsi chacun des deiLX os qui fcrm.'ntlj
poitrine par en haut , et qui I attachent aux
deux épaules. Ce sont deux os longs situés k la
partie supérieure et latérale de la poitrine. La
clavicule droite, la clavicule gauche. Se rompri
la clavicule.
Clavicule, signifie aussi Petite clef , comme
dans le litre de ce Livre atlrihué f.msscment 4
Salomon : La clavicule de Salomon, Il n'csl
d'usage que daus cette phrase.
CLAVUCU. s. m. Chaîne, ou cercle d'acier
ou d'argent servant i\ tenir plusieurs clefs cn-
Mnible. Claviei- d'argent. Clavier d'ccier. Vu
demi cemt avec le clavier.
Clavilh , signifie aussi La rangée dfs tou-
tlies d'une épinette, d'un clavecin, d'un jeu
d'orgues. Cïuvier d'é >cne, d'ivoire. Simple clu'
rier. Douhle clavier.
On dit d*Une jeune personne à qui on com-
mence à enseigner le clavecin, La pri^enter nu
clavier; lui mettre les doigts sur le clavier. Elli
possède déjà son clavier.
On dil d'Un instrument qui a beaucoup de
touches et fournit beaucoup d'accords, qu'// a
un clavier fort étendu.
CLAUSE. 8. f. Dispcfilion particulière fai-
i.int partie d'un traité, d'un Ldit.d'un contrat,
tl de toirt autre Acte jmblic ou parlicuher.etc.
Clause crprcsse. Clause conditionnelle. Mettre^
insérer j ajou'er une clause dans un contrat.
Gliiicr une clause dans un acte. On y a mit
de; clauses avantageuses pour lui. Il y a une
clause qui tlil , qui porte Satisfaire aux
clauses.
La clause de six mois , est Celle qui porte l«
pouvoir réeiproiue de résilier le Lail d'une
maison, en avertissant six moi» auparavant; et
on apixlle Bail sans clause, Ijc bail où cette
clause n'est poiiiL
On aj)|K'lle Clause dérogatoire , Une clause
d'un teslamenl, jMir laquelL- le testateur dé-
clare nuls litUJ les leslamcnfi qu'il pourroil
faire ens lite , à mo'ns que a-rtiinet parole*
Contenues dans cette rhuise n'y soient exprcs-
Gémcut in éri-es.
CL.VUSTHAL, A LE. adj. .\pparteDant aa
CLE 25i
Cloicre on Monastère. La Uetix claustraux. La
Jisdpinie claustrale.
On appelle Oljices chustraiLr , Orlains Bé-
iii-ficLS qui sont du corps d'une Alibiye ou
d'un Prieun!'. lit dans un Pj-ieurc, on appcH»
Vrieur claustral , I.c Keligiuux (jui est le Supé-
rieur des autres.
CL.WON. s. m. Petite claie sur lofjueile ou
fait ordinairement cgouller des fromages.
( )n .ippclle aussi Clayon , Vnc claie ronde
sur laijucllc les Pitissicrs portent diverses pi
lisseries.
CI.AYONNAtlE ou CLAVONAGE. 6. m.
Assemblage fait avec des picuK et des lirancl.rs
U'arbres en fonne de claies, pour soutenir des
iL-rres et les empêcher de s'elrauler. Il faut faire
\à un clayonna(jc , île peur que les terres ne
lelnntlcnt,
CLE
CI.EF. s. f. f On prononce Clé, même de-
rant une voyelle. ) Instrument fait ordinairc-
Dient de fer ou d'acier, pour ouvi^r et fermer
>ne serrure, /'élite clef. Grosse clef Une clef
forée. Les ilents d'une clef Fausser une clef
Forcer une clef Une porte, un cojfrc, une ar-
moire qui ferme i clef, à la clef Dn trousseau
ie clefs. Une fcmwe qui a des clefs pendues à
la ceinture. Elle a les clefs de tout. Cela est en-
fermé sous la clef Cela est sous la clef, sous
les clefs. Porter les clefs d'une Ville à un Prince.
Toutes les Villes encoyèrenl au-devant de lui ■
leurs Mail es et Echevins lui portèrent les clcfi.
On dit, iju'L'iie veutc a mis les clefs sur la
fosse de son mari, pour diiï, qu'Elle a renonci
i la cora.nuinauté, parce qu'en effet c'ctoit au-
Irefoin avec celle form:dité quelle y reocnçoit.
On appelle Gcnlils/iommcs <(e la clef d'or,
t:ert.iins grands Officiers de la Cour de l'Em-
perjur ou du Roi d'Espagne, et d'autres Princes,
qui ont dioit d'entrer dans la cliambre de ces
Princes, cl qui p.irlent une clef d'or i leurccin-
lure, pour manpie de ce droit.
On dit pro,crl>ialement et fisurcm., ylvoir
la clef des cha:nps, pour dire. Eue en liberté
d'aller où l'on veut; et l'on dit. Donner la
clef des champs à un homme, pour dire. Le
Ineltrv en liberté : ce q;ii s'applique aussi qufl-
rjuefois aux animaux. On a donné la clej dis
champs à ces oiseaux.
On dil figurémcnt De certaines Places forle»
de la frontière, que Ce sont les clefs du Royaume.
Calais est une des clefs de la France.
t)n dit aussi fi^^uréuj. , que La Grammaire
est la clef des Sciences, que la Loqique est la
clef dt la l'hilosophie, pour dire, que I^
Orammaire , qiu' la Lo;^i juc donnent une gi aude
ouverture pour ces Sciences, y servent d'intro-
duction.
Kt dans le même «ens or. appelle Clef d'un
ouvrage, clef d'un système, O qui est ucce.-
laiiu pour «voir rintelligeuce duo ouvrage,
d'un système.
On ap|Klle , eu termes d'Ardiilcclure , Clef
de riiilc, La pierre da milieu qui fcinx la
ïuAL'.
3a
aSî CLE
On appelle Clef Je p\slolel, de cnrabint,
d'arcjuebusc à rouet, I.'iiistruiucnt avec lequel
oii les liande ; et Clef â'uue montre, Celui
avec lequel on la monte.
On appelle Clef de lit, I.'instrunirnl avec
)c<]ucl on tourne les vis jMjur monter ou dc-
iniuiter le Lois de lit.
On appelle Clef J'éfinette, de clavecin,
I.'initrument avec quoi on tourne les chevilles
d'une épinrf.e et d'un elavecin.pour tendre ou
jwur relûcljcr les cordes.
On appelle Clff d'im pressoir, La vis qui
sert i serrer ou à liiclier le pressoir.
On appelle figurtment Clef de meute. Un
excellent clii'U fpti relève les défauts des autrei
clilcns de 1 1 meute accoutumés à le suivre.
On appille aussi figurém. et familii'rem. CUf>
de meule. Ceux qui , drns les compagnies, en-
ti-.iinent ordl uaii cnicnt les autres dans leurs avis.
On appelle fi^urémcnt CU-f, en termes d«
Musique , Certaine marque qui sert à faire cou-
noUre l'intonation des notes par rapport à Uul
position. Uy 3 trois clefs duns la ilusique: U
clef de G rc sol, !ii clef de C sol ut, lu clef
d'F ut fa.
On dit figiucni. , Les clefs de Saint Pierre,
pour dire, L'auloritc du Saint Siège; Les clefs
des trèjors de V T.rjlise , pour diie, Le pouvoir
d'accorder des indulgences; et La puissunci
des clefs, les clefs du Paradis, les clefs du
Royaume des deux, pour dire , La puissauct
de lier et de délier.
Clef, en parlant De certains ouvnges dnnl
les noms sont déguisés, ou qui sont (;crits d'une
maniia-c énign:aliiiue, se dit De l'explicatioc
des noms supposés, et des termes obscurs. Avoir
la clef d\tn Uonian, d'une Satire, ha clef di
la cabale. La clef de Raimond Lulle. La clej
de Paraeehe.
On appelle Clef de chiffre, L'alplialiet doi;|
on est convenu, et qui sert à cluirrer ou ù dé<
cliifller les dépêches secrètes.
CI.ÉM-VTITli. s. f. Plante qu'on nomm<
encore Lhcrhe niLTÇjiicux, parce qu'on pré-
tend qu'en s'en frottant ils font paroitre leuri
membres iivides et ulcérés. On cultive dans lei
jardins quelques espèces de Clématites, u cause
de la beauté de leur fleur.
Cl.ÉMliNCIi. s. f. Vertu qui porle i par- '
donner les offenses et A modérer les ch'itinicns.
Il ne se dit proprement que de Dieu , dci
Souverains, et de ceux qui «ont dépositaires de
leur autorité. Clémence divine. Clémence royale.
J^a clémence e.st la vertu des Rois. Ijyer de clé-
mence envers les vaincus. Avoir recours à la
clcmencfi du Prince. Traiter avec clcnicncc.
implorer la clémence d'un Jufje, etc.
Dans liU sens un prti plus élendu , on dit
d'Un fils, qu'/l a ictours à la clémence de
ion pcie.
CLIÎMKNT, KKTE. odj. Oui a la vertu de
r.lémcnce. Prince clément, 'i^uini^iieur clément.
Père clément. Juqe clément.
On dit en parlant de Dieu, que Dieu cr.f
cténient et nii:fCricor'Jic.'ij:, pour dire, cju'll
pardonne aux pécheurs qui ont recours à lui.
CLE
CLEMENTINES, adj. f. pi. pris substanti-
cenicnt. Recueil des Décrct.ilrs de Cit'ment V,
ù'it piir Jean XXlI. On appelle encore CIc»«n-
(inc.ç, Un recueil de pièces apocryphes fausse-
ment attribuées i Saint Clément,
CLEPSYDRE, s. f . Horloge d'eau qui servoit
ordinairement îi mesurer le temps chez les An
ciens. Elle régloit le temps accordé aux Orateurs,
Plusiems macliîncs hydrauliques des An-
ciens portent aussi le nom de Clepsydre.
CLERC. 8. m. ( Le C final ne se pionnnce
point.) Celui qui par la tonsure est entré dans
l'Ét.'t E'î?.!':^ias'jifue. En ce sens il e.lt opposé h
Inique, ou Lai. // est déjcndu de meltrf U
main sur les Prélres ou sur les Clercs. Clcra
tonsuré d'un tel Diocèse.
On appelle dans les Parlom-îus, ComciUer-
Clerc f Un Conseiller qui est jourvu d'une
charge i.0ectce aux Ecclésiastiques.
Ou appelle Clerc de Chapelle, chez le Roi,
cheB la Reine, olc. Un Officier de la Chapelle,
dont la charge est d'y servir h certaines fonc-
tions EcclesiasiiqueSj sous les Auinûniers et
60US li;s Ciiapelûins.
Ct-Enc, signifioil autrefois un homme gradué,
ou du moins leltrdj d'où sont venues ces façons
de parler proverbiales : Il est habile homme el
grand clerc. Les plus qrands clercs ne sont pai
les phz.-î fins. Il nest pas grand clerc en cetti
matière. Ce nVs( pas un grand clerc.
Ci.Enc, signifie encore plus ordinairemeul
Celui qui écrit et travaille sons un homme dfl
Pratique. CÏltc d'Avocat ^ de Procureur , di
i^utiiire. Clerc de Greffe. Clerc du I*alais. Ou
nppelle Maître Cla'c chez un Avocat, chez un
Procureur, etc. Olui qui est le premier des
Clercs qui iiovaillcnt dans leur Etude.
On appelle Vice de clerc. Une fauîe qui se
irouve dans une pièce, par l'ignorance ou pat
l'inadvertance d'un Clcic.
On dit proveibialcmcnt , Un pas de clerc,
pour dire, Une faute conmiise par iguoratïce et
manque d'expérience. C est un pas de clerc. Il
a fait un pas de clerc.
Dans les Corps des Marchands, des î^léticn
Bt de quelques Communautés, on appelle Clercs,
Ceux qui portent les billets, et fout les autrea
tommissions pour les affairc.s de ces Corpj.
Clerc dea Drapiers. Clerc des Orfèvres. Kt dans
les Paroisses, on appelle Clerc de VO/l'uvre^
Celui qui a soin de certaines choses qui regar-
dent l'OEuviP de la Paroisse,
On appelle rhez le Roi, et dans la Maison
ie quelques grands Princes, Clerc d'offîce.
Celui qui a la charge de contrôler ce qu'on
livre pour la bouche du Prinoiî. Contrôleur
clerc d'o'Jice.
On dit proverbial., Compter de Cletc ô
Maître ( et en cette phrase le C final se pro-
nonce), pour dir.'jNe rendre compte que de
la recette et de l.i dtpcm^e, sans dtre charge do
rien de plus.
En parlant de la Cour de Rome, on npj>rllc
Clerc de la Cham) re , Uu Prélat OOirier de la
Chand)re Apos((»!ùj ic. Il y a plusieurs Clcra.
de la Chambre.
CLÎ
On nommoit autrefois Clercs du socret ,
Ceux qu'on appelle aujourd'hui Sccre'taircs
d'État.
CLERGE, s. m. L'Ordre Ecclésiastique, le
Corps des Ecclésiastiques. Le Clergé est le pre-
mier des b-ois Etats., des trois Ordres du
Royaume. Le Clergé de Frajtce, de VÊglist
Gallicane. I/assemblée du Clergé. Les Agent
du Clergé. Convoquer, assembler le Clerqé.
Tout le Clergé de cette Province. L'Evê(jue à
la tête de son Clergé. Le Clergé séculier, ht
Clergé régulier. Le Clergé d'un Diocèse. L*
Clergé d'une grande Paroisse. Le Clerqé ett
fort nombreux.
On appelle iîenfes dif Clergé ^ Le» rentM
Constituées sur le Cierge'.
CLÉRICAL, ALE. adj. Appartenant au
Clerc, à rKcclésiastique. L'Ordre clérical, J.m
Tonsure clericuïe. Les fonctions cléricales.
On appi'Ile Titre clérical, La revenu dont
nhaque Clerc doit faire preuve avant d'èlre or-
donné. Voyez Tithe.
(:LÉRICALEME>T. adv. D'une manière
clcrirale. Il est i>étu fort cléricalcment.
CLÉRlCATURE.s.f. L'état ou la condiiioa
du Clerc, de l'Eeclésiastique. Lettres de cléri-
cature. Droit de cléricaturc. Privilèges de cî«-
ricaturc. Alléguer sa cléricature pour ctte rNi-
voyé à son Juge Ecclésiastique,
en
CLIENT, ENTE. s. Celui , celle qui a chargé
de sa cause un Avoeat. Il ne se dit juriptement
que des Parties à l'éj^ard de leurs Avocilc, tt
qu^Iquefois des Partie» à l'égard de leurs Juge».
lion client. C^est mon client. Je suis sa cUcr.ie,
La salle de ce Magistrat est pleine de cliem
aut heures de V Audience.
Il se disoit autrefois, cliei les Romains, Pt
ceux qui se melloicnt sous la proterlion dei
plus puissans citovens. Les cliens rendoieni
beaucoup d^honncur à leurs Patrons^ les nc-
compagnoient, etc.
CLlENTIilJ-:. s. f. Nom collectif, pour si-
gnifier Tous les cliens d'un même Seigneur. Il
avoit assemblé ce jour-là tonte sa clientèle.
Il signifie aii&si La protection que le Patron
nrcorde à ses cliçjis. Cet homme est sous votre
clientèle.
CLIFOIRE. s. f. Espèce de Seringue qua
font les enfaus avec un bâton de sureau.
CLlUNEMENf. s. m. L'action de cli^^ner
les yeux par un luouvcnietil involontaire. Il se
prend ordinairement pour ITrie mauvaise ha-
Idtude de cligner les yeux. Il est sujet à un
tlignemcnt d'yeux. Il a un clignement per-
pàtuel.
CLTGNE-MUSSETTE. s. f. Jeu d'enfani,
dam I.quel l'im d'eux ferme les yeux, tnndi*
que les autres se cachetil eu divers endruitâ ou
il les doit cherclrer pour les prendre. Jouer à
cliifne-musi^ctle, à la cligne-mussctte,
CLIGNER. V. a. Il ne se dit que Ucs yeux,
et u'esl d'iLsnge que dans ces phrases, Cligner
les yeuXj cligner i'cet/, pour dire, rcruiT
l'œil, fermer les yeux h demi.
CLI
CucaÉ, participe. Tenir Us yeiix cVujnês.
CI-IG>UTr:MENT. s. m. Mouvement invo-
Imitaire, qui fait tju'ou remue comlrmcllrnierit
fes paupicres. H est sujet à un clujnotement
à^ye'.uT continueL
CI.IGNUÏER. V. n. Remuer cl l)aiascr les
paupivTcs frequcnimcut . coup sur coup. Il iie
fait auc cUqnoler. On dit aussi, CUijnoler des
yeux. L'excès de lumière fait cliqnoter les
yeuXy Oblige les yeux i clignoter.
CLIMAT, s. m. Tenue de Géographie. Par-
tie du globe de la terre, comprise entre deux
cercles parallèles h rétju;ileur, et telle que le
jour du solstice (l'iltccsi plus louj; d'une dcmi-
lieure sous le second de ces cercles, que sous
le premier. Les Anciens ne connoissoiVul i^ué
sept climats. Climat mcridional , scptenlvional.
La Icire se divise en chnials d'Iieures et en cli-
mats de mois. Les Gcoqraphes modernes ne
comptent plus par climats, mais par degrés dt
latitude.
Il se ])rend aiusi pour La ligne qui marque
Mir le globe la division dis climats. Le premier^
le Kcond climat passe par un tel lieu.
On le prend d'ordiniiire pour Région, pays,
principutcnicut eu êi;ard à la température d«
l'air. Climat chaud ^ climat tempéré, doux^
afjTeaole. Heureux climat. Changer de climat
Passer dans un autre climat. Les climats froids^
les climats chauds.
CUMATÉRIQUE. adj. dc« 2 genr. U neM
d'asn^c que diins ces phrases. An climaterique,
année climatcrique, et si;;nifie chaque fieptiènic
«onée de la vie humaine, et particulièremenl
la soixante-troisième, qui est le neuvième sep-
téjiaire. On l'appellt; La grande clima^é^ilple^
et aK*iIriacnl La climatériquc. Il est mort dam
êon année cUmatériiiue^ dans sa chmatéricjuc.
Un dit par cxlensinn,qiie les États ont leuii
ûjmees cUmatenaucSy aussi-bien aiie les hommes
CLI>'. s. m. Prompt mouvement de la pau-
pière, qu'on baisse et qu'on relève au racnx
instant. U n'est d'usage qu'étant joint à OLil
Ln clin d'œil. Faire un cUn d*œil , se faiii
obéir par un clin d'œiL
On dit oussi, Faire un clin d'œil à auel*
quun, pour dire. Lui faire un signe de l'œil.
On dit n^u'énicnt , En un clin d^œil , et
moins d'un cUn (i'a*:/, pour dire, En un mo«
mcot, en fort peu de temps.
CL15CAILLE, Gi LNC.VILLERIE, CLlN-
CAILLIER. V. QUIKC&ILLE, (^)UINCAIU.tllIE,
<^>uiac\ii.uEn.
CI.IMOUE. odj. de» •?. penres. Il se dit de
reux qui recevoicut le baptcme au lit de h
mort.
On dit Médecine clini(jue , pour dcsignci
particiiUcrement Celle qu exercent les l*rati-
cicn* auprès du lit des malades.
Il se dit au»*i Des Médecins qui visitent les
lualades, par opjh)sition à ceux qu'on consulte
et il ceux qui ecri\cnt, C'ett un Médecin cU-
nitftte.
CMNOPODIUM , ou FAUX BASILIC, s. m.
Voyez BisiLiC
(;i.IM^)UA^r. s. m. Petite lame d*or oa
CLO
d'argent qu'on met dans les brodeiics, les den-
telles, etc. Il y a beaucoup de clinaiiant dans
ces galons^ dans ces denlcUes.
On appelle aussi Clifit^uiinf , Des lames ou
feuilles de cuivre qui l)rillc!it beaucoup. Les
habits de masques y de ballets^ sont ordinaire-
ment chargés de clinquant.
CusQLANT, en parlant d'Ouvrages d'esprit.
sig;tiific ligurémeot F^ux brillant, et se dit Des
fausses beautés d'un ouvrage. Une poési'i pleine
de clinquant.
CLIO. Nom de la Muse qui préside îi l'His-
Icîre. On di:, Un elêce de Clio, |X)ur désigner
L'n homme qui s'adonnî à l'cludc ou à la com-
position de l'Hisloire.
CLI(^>U.UlT. s. m. Kom d'une pierre très-
csliniee pour bâtfr. Le Cliquart comm;i ce à
devenir rare.
CLI(^)UE. s. f. Société de gens qui s'unis-
sent pour cabalcr , pour tromper. C'est une
dangereuse clique. Il est de la clique. Il est du
style familier.
CLIQUETER. V. n. Faire un bniit qui
imite le c!aquct d'un moulin quand il est eu
niouvemci>t.
CH<^)LETIS. s. m. Bruit que font les armes
en cho<pianl les unes contre les autres. On ou i
un grand cliquetis d'armes. Vn cliquetis dVpc'tv.
CLIQUETTE, s. f . Sorte d instrument fait
de deux os, ou de deux morceaux de boii
(ju'on se met entre les doigts , et dont on tin
quelque son mesuré, en les battant l'un cootrt
l'autre. Jouer dvs cliquettes. Cliquette de ladre.
Les Ordonnances ohligeoient autrefois les la-
dites à porter des cliquettes , ajjn quon se dé-
tournât de leur chemin.
CLISSE, s. f. Clayon. Espèce de petite claie
faite d'osier, de jonc, et propre i £iiie égoutte!
Jes fromaj^es.
Clivse. Terme de Chinirgîc. Petite bande de
bois ou de fer-blanc, pour tenir en état les oi
fracturés.
CLI.S.SÈ, EE. ad). Qui est garni de clisst!.
Bouteille clissée.
CI.nOKIS.s. m.Pctite partie de chair rondi
qui est dans l'endroit le plus élevé des parties
naturelles de Li femme.
CLIVER. V. a. Terme de Lapidaire. Cliirr
lin diamant , Le fendre avec adresse , au lieu
lie le scier.
Cuve, ée. participe.
CLO
CLO.AQUE. s. f. Conduit fait de pierre, et
voûte, par où l'on fait écouler les eaux et les
immondices d'une ville. En ce sens-lh il n'est
guère en usage qu'en parlant Des ouvrages des
Anciens. Les cloaques des Romains subsistent
(■ni'orc. et sont bien bâties et fort hautes. En
François on dit plus ordinairement EgouL
Cloaque, se dit aussi d^Uu lieu destine à
recevoir les immondices ; vl en ce sens il es",
masculin. Il at Ionise datis un cloaque.
On dit d'Une maison sale et infixte, que
C*cst un cloa'fitc.
On le dit aus^i d'Une persuuno puintc.
CLO
253
On rapplique figurrmeul aux vices. Ctoa^u«
d'ini^iureté. Cloaque de toutes sortes de vices.
On ap|ielie au^siCfoiit^ue, La cavité qui sert
à la fois , ù la poule et aux autres oiseaux, d^a-
nus et de vagin,
CLOCHE, s. fém. Instrument fait de métal,
ordinairement de fonte, rreux, ouvert, qui v«
en s'élarçissanl par en basset au milii u duquel
d y a un battant pour tirer du son. Grosse clo-
che. Petite cloche. Cloche harmonieuse, arqejt'
tinCj sourde, fêlce. Sonner les cloches à volée j
en branle. Tinter les cloches. Les cloches son-
ncnt, La cloche tinte. Fondre des cloches. 3Toti-
ter, pendre, té/uV, baptiser une cloche. A'oin-
nicj* une cloche. Partir, convoquer, aïsenibiCT"
au son de la cloche.
On dit proverbialement , C^csl le son de»
cloches auxquclU^ on fait dire tout ce que l'on
veut, pour dire, C'est une chose à laquelle on
peut donner telle explication que l'on voudra.
On dit proverbialement, Fondre la cloche,
pour diro, Prendre une dernière résolution sur
une affaire qui a été longtemps agitJe, en ve-
nir à l'exécution. Quand if O'inl à foudre la
cloche. Il est tcmpft de fnndre la cloclic.
On dit d'Un homme qui est fort surpris de
voir manquer une chose A laquelle il s'aiten-
îloit, ou de vo.T arriver un malheur imprévu,
t|u'/I est étonné, qu'il est penaud comme un
tondeur de cloche.
On appelle Gen(i'/s/iommes de la cloche. Les
descendans des Maires et des Éclicvins de cer-
taines Villes où ces Charges anoblissent. On Ira
appelle ainsi, parce que les Assemblées cù cet
OflSciers s'élisent, se font au son de la cioclii
On dit figurément el familièrement, Fairt
ronner la grosse cloche, pour dire, Faire l>ar-
ler ou agir celui qui a le plus de crédit daitc
une aflaire.
On dit qu'r"n homme n^est pas sujet au coup
de cloche, pour dire, qu'il est lii)re et maître
de son temps.
Ci-ocuE, si.;nifie ausii Certain ustensile de
cuisine, fait de fer, de cuivre, ou de terre
mit*', en forme d'une véritable cloche, poux
faire cuire des fruits. La cloche est toute roug^.
Des poires cuites à la cloche ou sot:* la clocb€.
Il se dit aussi Do certain vase de verre qu'on
met sur des plantes délicates, comme des me-
lons , des concombres , etc. ptTur les garantir du
froid.
Cloche, se dit pareillement d*Une ampouU
nu vessie qui se forme sur la première peau.
i' ne grosse c(c( ht. lia des cloches aux pieds,
ous les pieds. Il lui est venu des cloches auv
iMdiris à force de travailler.
Les Botanistes appellent Fleurs en cloàit ,
Certaines fleurs monopétales, dont la figMi»
.ipproclie de celle d'une cloche. La |I<ur du ii-
fcron est en cloche.
A CLOCUE-PiED. expressif. 1 adverbiale. Sur
un seul pied. Aller à cloche-} led. Sauter à
Ho< hc-pied.
CU)f:iIEMENT. s. m. Action de boiter.
CIX)CIIER. ». m. BAlimcnt de ma^-onnerle
ou de chaqieutc, où les docliej sont pendues^
■^5i
CLO
M qui est orxiinaiiemrnt élevû «iir l'I'gllsf.
Haut clocher. G roi clocher. Clocher jwinlii.
Clocher haut , élevé. Monter au clocher. Pff"-
Jre possession d'un Bénéfice à U vue du clo-
clier.
On dit d'yn homme qui n'a jamab voyagé,
q\i71 n'a jamais perdu de vue le clocher de son
villaqe.
On dit d'Un Curo, que Pour la jouissance
de ses dîmes, il n'a pas (lesoi'n d'autre titre cjue
de son clocher.
On dit proverbialement et figurimcnl, d'Un
Bcncficicr qui joait p.ir provision d'iiD Bi-ncfice
qu'on lui conlesic, qu71 se tnit des pierres du
clocher ; et d'Un iiomnie à <];u il ne resle phis
qu'une ressource qu'il implois du mieux qu'il
peat, qu'il lire du clucher.
Cix>cnEn , se prend aussi pour une Paroisse.
Il y a tant de clochcns en France,
CLOCHER. V. n. Boiter eu niarcliant. Il
cloche hien fort. Clocher du pied tb-oit ^ du céti
di-oit. Clocher des deux côtés. Il est familier.
On dit figurénient , que Dans une alfnire^
dans un raisonnement^ dans une comparaison^
il y a quelque chose ijui cloche, pour dire,
qu'il y a quelque cliose de dcfoctucux. On dit
dans le rn^me sens : Ce raisonnement cloclic.
Cette comparaison cloche. Il n'y a point di
comparaison nui ne cloche.
On dit provpihialement, qu'il ne faut pai
clocher deva/it les hoiteujc, pour dire, qu'il no
faut contrefaire personne.
On tilt, qu'l/'n va's cloche, pour dire, que
La jwiesore n'y e.st pas.
CLOCHETTE, a. fem. Uiminutif de cloclic.
Petite cloclie qui »e peut porter à U main. Pe-
file cIoc/iet(e. Sonner une clochetle.
CLOISON, s. fem. Espice de muraille dan»
œuvre, faite de charpente et de maçonnerie,
ou de plant hes seulement. Faire une cloison.
Approcher, reculer une cloison. Cloison de
liois. Cloison de menuiserie. Cloison d'ais. Cloi-
son de maçonnerie. Leurs chambres ne sont sé-
parées que par une cloison.
Cioiso», en termes de lîotTnique, se dit
Des membranes qtti di^'iJ2nt l'intérieur des
fruits, et qui forment des loges et de. cellules.
CLOISONNAGE, ou CLOISONAGK. s. m.
Toute sorte d'ouvrage de cloison. La foise de
'rloisonnaqc vaut tant. Les chambres de ce
loqis ne sont séparées que par du cloisonnaje.
CLOÎTRE, s. m. Cette partie d'un Monas-
tère qui est faite en forme de galeries, ayant
quatre eûtes, avec un jardin ou une cour au
milieu. Le cloître des Coiuleliers. Le cloître des
Chartreux. Faire la Procession autour du
cloître. Se promener sous le cloître. Uiltir un
doltre.
CLOÎxnE, 50 prend obsolument et indéHjûi-
ment four Monastère. Il s'est jeté duns un
Cloître.
Il signifie aussi Une enceinte de maisons où
logent les Chanoines des Églises Cathédrales ou
Collégiales. Le Cloître iVoIre-Damc. I.c Cloître
Saint-Germain-VAuxerrois. Le Cloître Saint-
ilerry, Saint-llonoré.
CLO
Ci-OÎthe, se dît aussi, en parl-int de jardins,
d'Un espace carré I)ordé d'arbres nu de char-
milles taillées en arcades et imitant un cloilre.
CLOÎTRER. V. a. Coiilraindn' à entrer dans
un Monastère, et à y prendre rh.il)it. Les p»-
rens de cette jille résolurent de la cloîtrer. Se
cloîtrer.
Cloîtré , ée. participe.
Il signifie aussi Réduit ù garder la clûturo;
et en ce sens il ne se dit que Des Religieuses.
Depuis le Concile de Trente j il n'y a prer.nuc
phts de Reli(jieuscs (jui ne soient cloîtrées.
CLOÎTRUCR. s. m. Religieux fixé dans u-
Monastère, à la difll'renee de ceux qui ne (imi
.■juc pas:ier, ou qui ont un Ik-ncfice ailleurs on
ils sont domicilies.
CLOPIN-CLOPANT. Expression prover-
biale, pour dire, En clopin.int. Aller clopin-
clopant. Il est du style familier.
CLOPINER. V. u. Marcher avec peine et en
cloclianl un peu. Il sVst blessé an pied^ il vu
CTJ clopinant. Il clopine. Il ne fait (jue clopi-
ner. Il est du style familier.
CLOPORTE, s. m. Esptce 'de petite btte ou
insecte, qui a une grande quantité de pieds, et
qui s'engendre ordinairement sous li's pierres
ou dans les muraiilcs.Dc/ii ^Jouf/rc de cloporte.
De Vhuile de cloporte.
CLOQUE., suhst. f. Espèce de maladie qui
attaque les feuilles du pêcher.
CLORE. V. a. Ce verbe, qn.mt aux tempt
simples, n'est en usage qu'aux tro.s personnes
da singulier du présent de l'indiratif . Je clos,
tu clos, (1 clùti au futur de l'indicatif, Je clo-
rai; et au conditionnel présent, Je c/orots. Fer-
mer, faire que ce qui éloît ouvert ne le soit
plus. Clore les passaqcs. Clore les yeiix d'un
homme mort ou mourant. Clore lu bouche.
On dit figurément. Clore la bouche à quel-
ijuun., pour dire, L'empêcher de parler, ou le
réduire k ne pouvoir répondre.
On dit, Clore Vœil^ pour dire, Dormir. Il
avoit à peine clos Vœil, que le bruit ^ etc. Il n'a
pu clore l'œil de toute la nuit.
U est qnelquciois neutre dans la troisième
personne. Une porte , une fenêtre qui ne clôt
pas lien ; quand vous y aurez fiit telle chose,
elle clora mieux., elle clora juste.
Il signifie aucôi , Enfermer et entourer, eit-
vironntr de hiies, de murs , de fosSés, etc.
Clore un jardin, un parc. Clore un bourg ou
une ville. Clore de haies j de murailles.
II signifie encore . Achever et terminer. Clore
une alfnire. Cloreun traité. Clore un inventaire.
Clore un état. Clore un testament. Clore un
marché. Clore un t^rocès verbal. Clore un
râle. Clore un compte. Clore un Concdc^ une
Assemblée.
Clode le pas dans les joutes .^ dans les tour-
nois, C'éloit terminer le tournoi : comme Ou-
vrir le pas, C'étoit commencer le tournoi.
Clos, ose. participe, jporic chu. Ville close.
Jardin clos de murailles.
On dit A huis clos, pour dire, A portes fer-
mées. On donne quelquefois des audiences à
huis clos y par méruiQement pour Us parties.
CLO
On n^ipcllc Pdques cîo.ses,!^ I^iiuauche qui
suit iramcdialement celui de Pâques.
Champ clos. Lice, lieu enfcrnitf de barrières,
dans lequel doux ou plusieurs personnes vî-
doient autrefois leurs difTéreus par les armes,
et avec la permission du Prince, delà Jufttice.
Combattre en champ clos.
On dit, qu'6'n homme n les yeiu:cfos,pour
dire, qu'il est mort. Il n'eut pas sitôt les yeiLX
clos, que...
On dit figurcment d'Une chose qui est ae-
rrète et cachée, que Ce sont lettres closes. C'cft
lettre close. J e ne sais pas la résolution duCon-
seii, ce sont lettres closes pour moi.
Oii dit à un honnne. Bouche c/o>e. pour lui
donner ù entendre qu'il faut tenir une chos»
fort secrète.
On dit figurémenl , y'eu.r e/us, pour dire.
Aveuglément et sans examiner. // y est allé à
yeiu: clos. Je si(}nerai yeux clos tout ce qut
vous voudtez. On dit plus ordinairement les
yetLX clos, les yeux ferméa.
On dit, qu'i/n pj'opriétaire est ohligé de te-
tt ir son locataire clos et com'crt, pour dire, qu'il
riit ohligé de lui donner, de lui entretenir son
logis en bon état do clôture et de couverture.
On dit figur. , 5c tenir clos et couvert, pour
illre , Se tenir en lieu de sûreté, de peur d'élrc
pris. On le cherche pour l'emjrisonncr , il se
iicndra clos et couvert durant quelques jours.
On le dit aussi, pour dire, Cacher .ses pen-
lées et ses desseins. Je l'ai voulu faire parier
sur cette affaire, mais il se tient rlns et ronvcrt.
CI^XS. s. m. Espace de terre cultiva elfenoé
ie murailles, de haies, de fossé-s, etc. Vn clos
de vincft arpcns. Clos de vigne. Clos d'arhret
iruitiers. Faue un clos.
CLOSEAU. ». m. Petit jardin de paysan ,
clos de haies.
CLOSSEMENT. s. m. Voy. Glocssement.
Cri naturel «le la poule.
CLOSSER. v. u. Il se dit de la poule. Voy.
Gloussei».
(XOTUR^. s. f. Enceinte de murailles . de
haies, etc. Faire une clôture autour d'un hois.
d'un préjClc, La clôture de ce parc est eAdom-
manée en beaucoup d'endroits. Cela n'dl en-
ferme que d'une clôture de haies.
11 se prend aussi pour 1.,'obligation que les
Religieuses ont de ne point sortir de leur Mo-
nastère. Faire vœu de clôture. Garder clôture.
Garder la clôture. Rompre la clôture.
On dit aussi, La clôture d'un compte, d'un
inventaire, d'une assemblée.
CLOU. fi. m. Petit morceau de ft-r ou d'autre
métal, qui a ordinairement une léle el une
|>ointe,et*iuîsert àalt-iclirr ou à pendre quelque
chose. Gros clou. Petit clou. Clou bien pointu.
Clou doré. Clou à tctc,sans tête, à grosse tête,
ctêté. Clou à lutte Clou à ardoise. Clou à cro-
r/ie(. Clou à cheval. Clou de charrette. Cb'U à
mettre 50UJ des souliers. Attacher avec des clous.
Ficher, cogner , faire entrer un clou. Arracher
un clou. Pendtc ^ucli^uc chose à un clou. Hiver
un clou. Rabattre un don. Le fer de ce cheval
ne lient g:t'ù un clou, in canon charqê de tèf'
CLO
âe clous. On nppcUe Clous d'or et chus far-
^CTit, De cerlaiurs petites pcuntes d'or ou d'yr-
genl, dont ou pifjue des boites do niootre el
des ubatitres pour les orner.
On appelle Clou àe ;uff , Unclou qu'un cLe
val lencoiitre en niarclianl, et qui lui (<atr6
"dans le pied. Mon cheval a pris un clou de
rue, ou simplement, /ï ti pris un clouj il est
hoileiuc d^un clou tic rue.
On dit, quX'MC chose ne tient ni ù fer ni à
clou, poiu dire, qu'EUc est mal attacliée. On
dit aussi d'Une cliose qui Si-rt à meubler une
niaisoQ,mais qui n'est poiut sccUc'c diQS la
muraille . et quil est aisi: d'ca ôler, qu'E/le ne
tient ni à fer nia clou. Mt ou dit (j^urément.
qxx'Vne affaire ne ùcni ni à fer ni à c/ow,pour
dire, qu'LlIe n'est pa^ solideincnl faite.
On dit, qu7/ ne mani^ue pas un clou à un
hdtimcntj pour dire, qu'il n'y manque rien.
On dit fi;^urcment et fiuiiiliôrcment. River
le clou à (jueliiu'un, pour dire, Lui repondre
fortement, vertement sur quelque cliose qu'il
dit mal à propos. S'il me viiint dire que je
lui riverai bien son clou.
On dit proverbialement et Cgurcm.. quX'n
clou chasse l' autre j pour ilire, qu'L'uc nou-
velle jiassiou eu chasse une autre. L\inihitioi
chasse Vamour; un clou chasse Vautre. Il se dit
aussi Des personnes. Un tel cloit en faveur
auprès de ce Pi'incCy il en est survenu un autre
t^ui Va débusqué; un clou chasse Vautre.
On dit aussi pruverbiîlcm. , pour marquer
le peu d'estime qu'on fait d'une chose, qu'Oa
n en rfoniien»if pas un cluu à :ioulJltt, qu'elle
ne vaut pas un clou à souj^Ui.
Clou, signifie ir.j'isi Ln furoncle, ou ma-
nière d'aposlume (;ui vient au corps liuinain.
Gros clou. Petit clou. H lui est venu un clou.
Son clou est percé ^ a percé.
Clou de oinoiLE. s. m. Sorte d'épicerie qui
vient dans les lies Moluqucs, et qui a lu forme
d'un clou. Essence de clou de girofle. Vn ciù'on
piqué de clous de qirollc. On dit quelquefois
absolument Clou, pour dire, Clou de ^rolle.
Acheter de la muscade et du clou.
CLOUCOLIlDii, s. f. Herbe gris-dc-lin qui
vient p.irmi ics blés.
CLOUliJt. V. a. Attacher avec des clous
Clouer des pentures de portes, de jtndtres
Clouer des ais. Clouer des lattes.
CloOÉ, ce. participe.
On dit liguréui. d Ln homme qui uc bouge
d'un Iieu,qu7/ y eat c/(jm< ;etd'Cnhoinnie fort
assidu 4u travail, qu'il est cloué sur sa besogne^
qu'il est tou\ours cloué à son bureau.
CLOUTLU. V. n. (iarnir. orner declous. I] ne
te dit qurrn parlant De ces petits cîoui d'or ou
d'argent, doul on garnit les boites de montre
el 1-» libalièics pour les orner. Clouter um
boite de montre. Clouta' une tabatière, un étui
Lu jnaiicTcde ceremonie.nn dit, Ciouler un
carrosse t faire clouter un carrosse^ Lorspit
dauflun deuil de C-.ur on fait garnir rinrpcrial'
de son Cârro&.sc de plusieurs rai»g\ de •;ros clnuj
bronii*». Il n'y u que le Rot cl la FaniAU
lioyale qui jussent clouter leur carrosse.
COA
Clouté, f.e. participe.
CLOUÏKRIE. s. f. Commerce de «tous. 11
JË dit aussi Du lieu 0:1 l'on fabrique les clous.
CLOUTIKR. s. m. Faiseur de clous, ou qui
vend des clous. Marchand Cloutier.
C LU
CLUSE, s. f. Le cri avec lequel le Faucon-
nier parle h ses chiens, lorsque loiseau a remis
la perdrix dans le buisson. Cluser la perdrix.
C'est exciter les chiens b la faire sortir du buisson.
CLY
CLYMÈNK. s. f. Plante qui. par sn tige,
ses fleurs el son fruit , approche d; l'Épurée.
CLVSÏÉRE. subïît m. Lavement desiine .1
débarrasser les entrailles, qu on introduit ii
l'aide d'une seringue. Clystèrc laxatif , rafraî-
chissant. Prendre ir.i clystèrc. Donner un clys-
lère. Rendre un clyslére, Vn clystère qui a
bien fait. Ou se sert plus ordinairement du mot
(le Lavement , ou de celui de Reméd;
COA
COACTIF, IVE. adj. Qui a droit ou pouvoir
de contraindre. Puissance coactive. Pouvoir
coactif.
COACTION. s. f. T. rme de Morale et de
Jurisprudence. Contrainte, violence qui ôte la
liberté du choix. Vser de coaction. Le coactior
prouvée détruit Vacte.
COAUJUTEUR. s. m. Celui qui est adjoint
k un Prélat, pour lui aid.r à faire ses fonctions,
et qui est ordui.nrenient dcsliné à lui succidtM
après sa mort. Coadjutcur d'un Archevêque^
d'un ÊvéquCy d'un Abbé. Coadjutcur d'Arles, de
Reims, e(e. Il a été fait Coadjuteur. Il a le
brevet de Coadjuteur, les bulles de Coadjuteur.
Il faut qu'un Coadjuteur soit sacré sous le titre
d'un autre Kvêché.
On appelle' Coadjutew, parmi les Religieux,
Certains Pères ou Frères qui ont diflcrentes
fonctions, selon ln difiercnee des Ordres. Le
Père Coadjuteur. Le Frère Coadjuteur .
COADJLTORERIE. s. f. La charge et di-
gnité de Coadjuteur ou Condjutrice. La Coad-
jutorciie d'un Àrchevéciiéj d'un Evêché, d'une
Abbaye, etc. On lui a donné, il a eu la Coad-
jutorene de. . .
COADJCTRICE. s. f. Reli;ieu«ic adiointe à
une Abbcsse ou Prieure pour les fonctions de
sa place, cl qui est ordinairement destinée h
lui $uccédi:r après sa mort. Coiii/|H/rice d'une
telle .ibhcssc. Coadjutrice d utui telle Abbaye.
Brevet de Coadjutrice.
COAGLL-Vno.N. s. f. Terme didactique.
L'état dune chose coagulée, ou l'aclion par
laquelle elle se coagule. La coaaufflf'on du
lautj. La coaf^ufad'ou du lait.
COAGt'LliR.v. a. Cailler, fipcr.fairequ'unc
chose liquide prenne de In consistance, l'cpsis-
sir en sorte qu'elle ne soit plus lluide. La pré-
sure coagule le Uiit. Le l'eniu de la vipère coa-
gule le sanq dans les X'cines.
<.)n dit aussi. Le tang crtravasé se coanule.
Il De se dit guhe que dans le sens dtd:^ique.
CGC 255
CoAcULÉ, fe. participe.
COAGUI.UM. 8. m. Terme de Clilmie. Coft-
giilalion qui résulte du mélange de quelques
liqueurs. L'eau de liviirionne, mêlée avec du
ifl de ttirtrc, forme un coagalum. On le dit
aussi Du moyen de coaguler. La présure est
un coaqulum.
CO.\LISER (Se), v. Il ne s'emploie qn'evec
le pronom personnel. Se réunir pour défendre
une cause, une opinion, pour fonncr un p;trti.
C<).\LiriO>-. 5. f. Il se dit en Pl.ysique
pour signifier l'I'nion iniiine de plusienr» sulis-
lances. U se dit au moral De la réunion de dif-
férens partis, de la ligue de plusieurs Puis-
s:niccs.
CO.lSSKME^iT. s. m. I.e cri des grenouilles.
COAS.SKll. V. n. Mot fait pour exprimer le
cri que font les grenouilles. Les jrenouillei
CO(l.Ç:tCM(.
COATI, s. m. Animal quadrupède qui est
commun eu Amérique, et qui est de la grosseur
d'un cliat.
COB
COBAT.T ou COROLT. s. m. Demi -métal
dont on tire l'arsenic. Substance minérale qui
a la propiiétc de donner une couleur bleue au
verre.
GOC
COCAGNF.. 5. f. Espèce de m.',t fort élevé,
rond, li^se et glii*ani, au haut duquel il faut
nion'er sans aucun secours, pour déticlier ce
qu'un a plicé h la cime du mât C'est un jeu
d'adresse usité dans les fêles publiques.
C(X^4GNE. s. f. Son usage principal est en
cette phrase , Pays de Cocaqne , pour dire ,
Pays fertile, abondant en toutes choses, et où
l'on fait grande clicre. C'est un vrai pays de
Cocaïne. Il est do style familier.
On appelle aussi Cocagne, Une file donnée
au peuple, ou il y a des distributions de viande ,
et des fontaines de vin. Donner une ccraqne.
CCX:AUDE. s. f. Nœud de rubans qui k
met au reiroussis du chapeau, et que les sol-
dats portent ordinairement. On reconnut à leurs
i-uciirdcs qn^ils cîoieMt de Varmée de France,
On dit ligurém , Prendre lu cocarde, pour
dire, Entrer ou service , se faire soldaL
COCASSE. adj. Qui fait ou qui ditdes choses
plaisantes, risibtes. U est familier.
COCCIX. s. m. Terme d'.Anatoraie. Petit os
qui est comme un appendice de l'oi .tacrum,
.1 l'extrémité dui?iw' '"> •*' attacha.
COCCUS. t'oye; Ki;n«ts.
COCHE, s. m. Espèce de chariot couvert ,
dont le corps n'est pa^ suspendu , el dans leqitel
on voyage. Mener un coclie. Aller en eoeln.
Cocties publics. On a établi des coches pour
aller de Paris aftc antres villa du Royaume.
Coches de Veriuillcs, d'Orléans, etc. Aller pnt
le eocht, par la voie du coche, ou prendre le
coche. Retenir place au coche. /Jonnrr des
arrhes aa coche. Le coche Cil ^>/eiM.
Fij;un'meut et dans le slvlc familier, rn
pariant d'Un 'lomme qui a déjà piisquclqi»
a56 C O C
co^ngemcDl J«iu une nfljlre, on dit, qu'il a ]
donna des arrhes au coche. I
On dit autsi Le coche, pour, Los personnes
^ui «ont dans le coche. Le coche dîne, couche
an telle hélellerie. Le coche a été volé.
On appelle Coche d'eau. Certains batcanj
de Toiture, établis pour aller d'une ville h une
autre. Prendre à ferme les coches d'eau. Le
tiiche de DIelun, de Sens, etc.
COCHE, a. f. Truie. Grosse coche. Vieille
coche.
On appelle fi^r<?m. et populnirem. Une
femme exirémcment grosse et grasse , L'ne co~
fliia, une grosse coche.
COCIIE. s. f. Entaillure failc en un corps
lolîde. Faire une coche à un bâton.
La coche d'une arbalète. C'est l'entaillure
qui est sur le fût, et .sur laquelle on arrête la
«orde quand on bande i arbalète,
La coche d'une flèche. C'est l'entaillure qui
CM au gros bout de la fli'clie, et dans laquelle
on fait ïntrer Li corde de l'arc.
11 signifie «issi quelquefois L"ne marque
qu'on fait sur du bois pour tenir le compte du
pain, du vin, de la viande, etc. qu'on prend
i crédit : le bSton sur lequel on fait cette sorte
4< coclie, s'appelle Taille.
COCIIEMAR. Voyez Cauchemaii.
COCHE.MI.LAGE. s. m. Dccoclion faite
»»PC la Cochenille, pour teindre en cramoisi
ou en dcarlate,
COCHENILLE, s. f. Petit insecte qui s'at-
Ivlif il quelques arbres de ) Vnùique. Le suc
de cet insecte donne la plus helie écarlaie Ou
a souvent confondu la Cochenille avec la graine
il'une espèce de Chêne vert , qui , avant que la
Cochenille fut plus commune , «ervoit à tein-
dre en écarlatc. Cette graine est le Kermès. V.
Keilmès.
COCHENILLER. t. a. Teindre une étoffe
dan» un bain fait avec de la Cochenille.
CoCHENai.é, tt. participe.
COCHER, s. m. Celui qui mène un cocho
ou un cerrosse. Bon cocher. Mauvais, méchant
todier. Cocher sur. Cocher adroit, nkiladroit.
Cocher hardi. Cocher ij'ii r.iéne bten , qui
tourne bien, qui n'accroche poi.il.
On appelle Cocher du Corps, '^ cocher qui
mène le carrosse ou est nrdin.iirement la per-
sonne du Roi, de la Rcipe, de Monseigneur le
DaTtphiu, etc.
CocHtîi (Le). », m. Constellation de l'hc-
mljplière septentrional.
CtJCHER. V. n. Il se dit Des coqs qui cou-
rrent la poule. Il se dit aussi Des niûlcs de»
oijic.iux qui couvrent leurs fcnjclles. ( C6 es:
long. )
CicHÉ, KE. participe.
COCHET, s. m. Petit coq, poulet h qui la
«été vient, et qui commence ^1 clianler. Un co-
thet et une poulette. Chaponncr des cachets.
<;OCIIEVIS. t. m. Sorte d'alouette ayant
une huppe sur La tête. Vn cochevia qui allante
à merveille.
COCIILÊARIA. ». m. Plante qu'on nomme
(Mil i/o-bc aux cuilltri.et qui porte ce demiei
coc
nom , parce que ses feuilles ont la formé d'un
niilleron. C'est un aniiscorbulique très-connu.
COCHON. s.ni.Porc. pourceau. Coc/ on de lait.
Cochon d'un an. Cochon gras. Cochon mairjre.
Engraisser un cochon. Tuer un cochon. Saler
un cochon. Mettre un cochon au gland, à l'en-
grais. Garder les cochons. Gardeur de cochons.
Groin de cochon. Des oreilles de cochon. Pied
de cocht i Langue de cochon.
Il y a celte dliférence entre Cor/ion et Pour-
leau, que Cochon se dit de cet animal à tout
ige , mais Pourceau seulement quand il est
grand. Ainsi on dit bien. In cochon de lail.
Et h truie a fait de petits cochons, mais non
pas de petits pourceaux, ni un pourceau de lait.
On dit d'Un homnie qui a de petits veui .
gu'// a des yeux, de petits yeux de cochon.
On dit faniilléiement d'Ln homme qui ne
l'ait que manger et dormir, que C'est un co-
chon, un gros cochon, un vilain cochon, qu'i'l
rȎ;ie une i;ic de cochon.
Le mot de Cochon ne s'emploie au fi^-uro
îue dans mie acception populaire ou très-famii
lière.
On dit proverbialement De deux personnes
qui vivent ensemble dans une extrême familia-
rité, qu'//s sont camarades, amis comme co-
chons. Et on dit aussi proverbialement, H
<entble que nous ayons gardé les cochons en-
temble; et cela se dit par un liommo qui veut
dure sentir à son inférieur qu'il en use trop fa-
uilierement , et qu'il s'oublie.
CoCBOa-D I5DE. Sorte d'animal qui est un
peu plus petit quun !ai lu , e» ^ji grogne
comme un codion.
COCHO>'. s. m. Tern e de MiHallurgie, qui
désigne un mélange impur de méti' et de sco-
ries, qui bouche quelquefois les fournoiux où
l'on fait fondre les métaux. Dans l'affinage on
s'en sert pour désigner 1- gonflement ou le soi--
lèvement des cendres dans la coupelle.
COCHONNEE, s. f. Ce qu une truie fait dc!
petits cochons en une portée. Elle a fait tant
de petits cochons en une cochonnée.
COCHONNER, t. n. Il ne se dit que d'Une
truie qui fait de petits cochon». La truie a co-
(honnc. Elle cochonnera hienlot.
On l'emploie activement dans un autre sens.
5ui est, Faire salement et grossièrement un ou-
vrage. C'est un ignorant qui cochonne la fce.
(ogne. Voilà qui est bitn 'ochonné. licstfau^i-
licr.
COCHONTÎERIE. .. f. Terme populr.it-,
pou- dire. Malpropreté.
COCHONNE]', s. m. Sorte de boule i douze
faces, sur chacune desquelles il y a de» [loinls
marquis dep.-is un jusqu'à douje. Jouer au co~
l'honnct.
Un appelle aussi Cochonnet, Ce que àcs
gens qui jouent h la boulo ou au palet, jelteiit
devant «ux au lia»«rd,pour leur scrvu- de but.
Cochonnet va devant
COCO. t. m. Fruit du cocotier. Ce fruit est
gros comme un melon, et quelquefois davan-
Uge. Une lo.<s€ de coco. Vn chapelet de coco.
I L/> Indiens tirent du fil de la première icorct
COD
du coco, et en font de la toi'îc. /,a chair au
coco M( agréable. Il y a dans le coco, frau
cueilli, une liqueur bonne à boire.
COCON, s. m. La coque qui enferme le ver
à soie quand il a achevé de filer. Vn cocon de
ver à soie.
COCOTIER, s. m. L'arbre qui porte la noii
de coca
COCnON. s. f. Ac'.ion de faire cuire dan»
de l'eau bouillante, ou dans une autre liqueur.
Il signifie aussi L'effet de cette action.
11 se dit proprement. De la digestion des
«limens dans l'estomac. Quand l'estomac est
foi/lie, la coction ne se fait pas bien.
On dit aussi, La coction des humew s. Cela
lert à la coction des humeurs.
On dit encore, La coction des métsu.r, en
parlant De la manière dont les mélaiu se pcr-
leclinnnent dans le sein de la terre.
COCL'. s. m. Terme de dérision et un pcn
libre, qui se dit De celui dont h> femme man-
que à la fidélité conjugale. Il est cocu. C'est
UB cocn. Su femme l'a fait cocu.
COCUAGE. s. m. C'est aussi un terme de
dérision et un peu libre, qui se dit De l'état
ï'un homme qui est cocu. Il soufre patient,
ment le cocuage.
COCYfE. s. m. Un des fleuves de l'Enfer,
.wlon la Fable. H se pi eud poctiqacment pour
l'Enfer même.
COD
CODE. ». m. Recueil, cmipilalion itei Lois
Constitutions, Re.xrits , ftc. des EmpcicuM
Itomains. Le Code Théodosien ou de Théodos*.
Le Code de Justinien . qu'on appelle aussi al>-
mlument Le Code. Dans un tel titre du Code.
f.e Code et le Digeste.
11 se dit De quelcjucs compilaUons des Or-
ionnances, comme, Le Code Henri. Il se dit
lussi De quelques t)rdonnanc«« sur des ni«-
lières particulières , oonune : Le Code Lwis.
Le Code Civil. Le Code Criminel Le nouveau
Code. Le Code de la Marine. Le Code ^oà■.
CODÉCI.'VIATEUJÎ. s. m. Celui qui perçoit
lies dimcs avec un autre Décimatcur.
COUÉTENTÈUR. s. m. Terme de Jurispru-
dence. Qui retient avec un autre, une somma,
une succession , un héritage.
CODICILLAIRE. adj. des a genres. (Les L
ne sont p.is mouilli's dans ce mot et le suivant.)
Oui est contenu dans un codicille. Legs rodi-
ci//iiires. Cliuse codicillaiie. Disposition codi-
c.llai-e, cit.
CODICILLE. ». m. Disposilion écrite, par
laquelle un testateur ajoute on chin^çe quelque
chose à .son testament, i'iir son codicille il u lé-
voqué trois ou quatre aiticles de son testa-
\ ment
CODILLE. ». m. Terme du jeu de rnomlira,
du Tri, du Quadrill.-. On appelle Gagner ea-
dille, G.igner kuis avoir fait jouer.
(X)DONAI'AIRE. adj. des ï genres. Asso-
cié, conjoint avec un autre dans une miine do-
ua tioo.
COEJ
COIiC
CŒCWt 5, m. (On prononce Cêcôm. )
Ternie â'Anotomie empnuitc du Latin. lAin
desgroâ ioteslins.
COE
COEFFICIENT, s. m. Terme d'Algèbre. On
appelU: ainsi Le nombre ou b quanlitc connue
qui est nu-de%'ant d'une quanûic «Igébrïtjue, et
«jui )q multiplie
COE.Ml'TION. &. f. Achat réciproque.
COERCIBLE. adj. des 2 genres. Terme de
rbvsiqiie. Qui peut ùtre rassemble et retenu
dius un certain espace. La vapeur iΣ Veau est
coer cible
COERCmF. ni:. adjecL Terme de Palais.
Çui renferme le droit de ctierciiion. Pouvoir,
cûiTcitif. Puissance cocrcilivc.
COERCTl'ION. suLst. fera. Terme de Palais.
AjCtion par laquelle on exnpccbf quelqu'un
d'agir contre son devoir. I)roil qu'on a de con-
traindre quelqu'un ^ iàire son devoir. Les
Ahhés Commendataires n'ont point de coerci-
iion HIT les Religieux.
CO-ÉTAT, s. m. Il se dit dT"n État, dV.n
Prince qui partage la souvcraînetL- avec un autre.
COÉl'ERISEI., ELLE. adj. <;)ui existe de
toute éternité avec un autre. Le Verbe est co*
éternel au Père. Quelques Philosophes Pùieni
ont cru que la matière élûit coétcrnelle à Dieu.
COEU
CMiTTR. s. niasc Partie noble de l'animal,
dans laquelle on croit conimimé nient que re'-
«ide le principe de la vie. C'est un muscla
creux situé dans la cavité de la poitriue , et
jircsquc tnns versai emcnt couclié sur le dia-
jthragnie. Il a en quelque sorte la forme d'un
cOnc aplati par deux côiés, orrondi à la pointe,
et ovalairc à la base. Le moiivcmcul du caur.
î^ hi^ïtenxcnl du cœur.Pahntutioii âucécur. Le
rœur est le premier vivant ^ et le dernier mou-
tant Les ventricules^ les oreillettes ^ la pointe,
î.i hase du cœur. Il Cft blasé j frappe au cœur.
I.e cj-ur lui bat Le cœur lui palpite Le cœur
lui tressailloil d'aise y de joie. La joie dilate U
cœur. Epanouissement de cœur.
On dit à'Un liomme qui se sent fort foible,
furt épuisé et abattu , qu7ï a le cœur mort.
On dit auisi , que Le rin , la tliériaquc , clc.
y.; il rei'cnip le cœur.
On dit fiuniliÈreroent, Tant que le cœur me
f'.itlra dans le rcnlï'c. au ventre ^ et mieux,
T^nt que le cœur me battra, pour dire. Tant
iju je vivrai.
On dit proverbialement, pour exprimrr I-a
liaine niorlelle qu'une personne porlc à une
nutn-, r]\kElle voudroit lui manqer, lui avoir
tnanijc le cœur, lui arracher le cœur.
Lu (;f»;Ln, se conMJùrc quelquefois comme
le sj!g'' (ifs passions; et en oc sens on dit tlX'n
bomnie : Il a le cœur oppressé, serré de dou-
lenr , de tristesse. Le cœur navré, outré ^ transi
Le cœur enflainmé , embrasi d'amour ^ âj colère ,
ctf. /( a le cœursi'i 7 . /»• '■onirccniP.L Le
Tome L
COEU
cû?ur nros de soupirs, de dépit. Le cœur plein
d^amertume , dindinnation. Il a le cœur gros,
il en a le cœur qros. Le cœur lui saigne. Cela
me fait saigner le cœur, me fuit crever le cœur.
Il en a \c cœur ému. Cela le tuuclic au cœur.
Son cœiw naqe dans la joie. On lui toucha le
cœur. Vous Vasfez frappé, blessé au cœur. Cela
me perce, me déchire, me fait fendre le cœur.
Il gardait cela dans son cœur. J'ai gravé cela
dans mon ca'ur. J'ai cela bien avant dans le
cœur.
On dit, Avoir à cœur ^ prendre à cœu4 une
affaire, pourdire, L'ancctiouncrexln':racment,
s'y inlérc&sor fort
Ou dit dans le même sens, qu'Une a^aVc
lient au cœur.
On dit aussi, qu'f/ne chose tient au cœur,
pourdire, qu'On en garde le souvenir, parce
qu'elle a déplu et qu'elle cause de la peine.
On dit, Avoir quelque chose sur le cœur ,
pour dire, En avoir du rcsscniimeut.
On dit, 5e ronger Icca.'ur, rontjcr son cœur,
poui- ilire , S'affliger, se chagriner, se tour-
menter.
CcEun, se dit quelquefois pnr opposition ^
l'esprit. Ce sermon plaît à Vcsprit, et ne tuuché
point le cœur.
On dit figurement, amollir ou aliendrir U
cœur de quelqu'un, pour dire, L'émouvoir, la
fléchir. El dans le même sens on dit, Von^ ma
percez, vous me crevez le cœur, vous me faites
crever le cœur, pour dire, Vous excitez dans
mon Ame un grand atteudrissemeal , une grande
pîtfé.
On dit d'Un ëvcnement qui rend le courage,
qu'// relève le cœur.
On dit, qu'L'n homme a le cœur endurci ,
que c'est un cœur endurci, pour dire, qu'il est
leilemcnt opiniâtre, qu'on ne le peut fléchir,
ou qu'il est extrêmement obstiné dans le mal,
dans le péché.
Ou dit d'Un homme, qu'il a le cœur ou un
cœur de roche, un cœur de marbre, un cœur
de diamant, un cœur de bronze, un cœur d'ai-
rain, pour dire, qu'il ne peut être touché ni
de pitié ni d'amour.
On dit, Un cœur de lion, [x>ur exprimer
Le courage; Vncœur de poule, pour, La pol-
tronnerie; Un cœur de tigre, pour, T>a cruauté.
Coenn , signifie aussi Les inclinations de
l'âme; cl en ce sens en dit: C*cst un bon cœur.
C'est un mauvais cœur. Il a le cœur franc. Cœur
acnércuj:. Cœur dissimulé. Il a le cœur gilté,
corrompu', ctCimiliêrcmenl, Cœur pouri. Cœur
excellent. Cœur dur.
On dit, qu'f.'n homme est tout cœur, pour
dire, qu'il est Irès-généreux , et qu'il n'a rien
â hii.
CcEtn, se prend quelquefois pour riCstt>-
mac. yial de cœur. Il a mal'^u cœur. Cela lui
fiit mal an cœur. Le cœur lui fait mah II e.<(
.^tijct à des maux de cœur. Le cœur lui bondit.
Le cœur lui soulève. Cela lui fait soulever le
cœur. J'ai encore mon dîner sur le cœur. L'eau
qut j'ui lue tne te urne tuteur du cccur , me pèse
sur le cœur.
COEU 2Ô7
On dit d'Un Iiomme qui a bu trop d'eau,
qu'/i a le cœur no>é, qu'i/ a le cœur noyé
dcau: et De celui qui a beaucoup de flegme,
de pituite, qu'/i a le cœur noyé d'eaux.
On dit figurément , qu'L'/ie chose f:èse sur
le cœur à un homme, pour dire, qu'EUe lui
cause heaucoup de chagrin, beaucoup de peine.
On dit (lguréinent,qu'L'ne chose jiiit mal au
cœur à quelqu'un, qu'il en a mal au cœnr,
Ouand il la voit avec déplaisir. Cela lui fait
qrand mal au cœur.Pense:^vousqu^il n\iit pas
bien mal au cœur de voir que
On dit d'Une liqueur agréable, qu'EUe va
au cœur, pour dire. qu'Elle rejouit et qu'elle
est fort agréable au goût. Le vin d'Espagne va
au cœur.
On dit provcïbialement, 5e donner au cœur
joie ou t( cœur joie de quelque c?i05C, pour
dire, En jouir pleinement et abondamment ,s'cn
rassasii-T.
On dit populairement et figiuérocut qu't/rt
homme a bon cœur, ci qu'il ne rend tien,
Quand il a de la peine à restituer ce qu'il n pris,
ou ce qu'il retient injustement.
Ou dit aussi figurément,/i s'en est déchargé
le cœur, il en a le cœur net, pour dire, )1 s'esi
découvert, il a dit nettement ce qui le fâoJioit;
il s'en est cclaircî.
Quand on est en peine de quelque chose,
et qu'on est pressé de s'expliquer, scit pour
demander conseil, ou pour confier i quelqu'un
la peine où l'on se trouve, on dit, Il faut çue
je vous ouvre , que je vous décharné nia
cceur,
CcEUK. s'gnifie aussi Courage, // a du cœur.
Il n'a point de cœur. Perdre ca:ur. ileprendre
cœur. C'est un grand caur. Vn cfritv qénéreux.
Un cœur de lion. Un cœur luche. Un cœur
bas. Il est tout cœw. C^est un homme de peu
de cœur, sans cœur. Cela lui a enflé, élevé,
haussé le cœur • lui a abattu, abaisi£ (e cœur;
lui a rendu le cœur. Le cœuj- lui manque. Le
cœur lui revient.
On dil en style familier, J*/c»rc, rcmcttie
le cœur au centre à quelqu'un, jx)ur dire, Lui
donner, lui rendre le courage. Je lui ai mis le
cœur au ventre. Il étoit cotisternéjmais ce petit
avantage lui remit le cœur au ventre.
On dit proverbial., Ftiirc contre Corinne bon
cœur, pour dire, Ne pas se laisser ahattre par
la contradiction et les échecs.
On dit aussi proverbialement, Il a le cœur
haut et la fortune basse.
Coetn , signifie encore Force et vigueur. Ce
cheval, cet oiseau est en cœur. El en parlant
d'un malade, on dit, qu'il a le cœur fcon,pour
dire, que Son courage se soutient, quii a l-iï-
corc des forces.
CcEin, signifie aussi Affixiion. // a mis là
tout son cœur, /l lui a donné son cœur. Il a
qaqnc son c.tur. Il a le cœur des peuples, des
iohlats. Elever son cœur à Dieu, lui offrir 40»
tœur. Avoir , mettre son cœur en Dieu. Il a »ii.<
son cœur aux choses de la terre. J'ai faA cela
de cœur et d'affection ^ de cœur et d\îme, du
meilleur de mon cœur. Je l'aime de tout mon
3Î
a58
COKU
aaw. Il a le cœur à l'ctuie, aux livra, oiu
armes, au jeu, à lu débauche. Il a le canir au
nitlier. Il a le cœur porté à cela.
On dit aussi, Il a fait cela de bon ccrur,
pour dire, Volontiers, avec plaisir; De tout
son cœur, pour dire, Avec une iri5s-graiide
•fleclion ; «1,11 a fait cela i contre-ccrur, pour
dire, qull l'a fait contre son inclination.
On dit proverbial,, <ju'l7n Iwmme a le cœur
nu méfier, pour dire, qu'il affcctionDC fort ce
qu'il fait ou ee qu'il doit faire.
On dit aussi proverbial., Qui est loin (ici
yeux est loin du cœur, potir dire, qu'Ordinai-
rement on oublie les absens.
On dit proverbialement , De l'abondance du
coeur la bouche parle, pour dire, qu'On parle
volontiers des choses dont on a le cœur rempli.
On dit figurément. De deux personnes qui
s'enu-'aimei:t fort, que Ce nV<( -ju'un ca;ur, on
qu'ejlds ne sont qu'un cœur et qu'une .1me.
On appelle, par manière de carcasi' , iJnc
personne qu'on aime bien, Mon c^i'ur, mon
vêtit cœur, mon cher cœur.
On appelle L'ami du cœur, Celui que l'on
aime le plus tendrement. C'est Vnmi du cœur.
On dit proverbialement, que le c(rur en
dit à quelqu'un, pour dire, qu'il est d'iiiuneur
à faire une cliose. Si le cœur vous en dit. Le
cœur vous en dil~il^
CoBin , signifie aussi L'inléricor, le fond,
les dispositions de l'ûme. Dieu sonde Içs cœurs.
Dieu connolï les cœurs, voit le fond des cœurs.
iJieu est scrutateur des cœurs. Vous lisez dans
mon cœur. Il ht dans les replis les plus cachéi
iu cœur.
On dit, Lccrïurme le Jisoil în'en, me l'ai'oil
fcjen dit , pour dire, J'en avois un pressentiment
On dit figurément, qu'Un homme ouvre son
cœur à qttelquuu , pour dire , qu'il fait voit
tout ce qu'il a d.ins la pensée : cl l'on dit qn'/l
parle à cœur ouvert , Quand il parle fr-inrlie-
inent, et qu'il déclare tout ce qu'il pense sur
nue aflliire.
On dit aussi. Se parler cœur à cœur, pour
dire. Se parler avec la plus grande franchise et
sans aucune réserve.
On dit aussi , qu'il a le cœur sur le bord da
lèvres, pour dire , qu'il ne dissimule rien.
On dit, que Le c^rur des Rois est en la moin
de Dieu, pour dire, qu'il tourne leurs volontés
comme il lui pl.iit.
Pau cctun. Façon de parler a'dver})iale , qui
signifie, P^T mémoire, de mùnoirc./ipprenrfre
une chose par cœur. Savoir des vers, une orai-
son, etc. par cœur. Réciter par cœur.
On dit aussi provcrbialem. et en style fami-
lier, qu'Un homme dtne par cœur, <,>uand on
dine sans lui, et qu'on ne lui garde rien i manger.
S'il ne l'icnl ci l'heure, il dinera par cœur.
Vous m'avei fait dîner par cœur.
Coccn , est aussi Une des qurrtrc couleiu's du
jeu de cirtes. Roi de cœur, Diz de cœur, etc.
Il a bien du cœur. Il a trois aeurs dans son
jeu. Son point est en cœur. Il rentre par cœur.
C<ct'ii, sigriûe encore Le milieu de quelque
rlio«e, pirticuliéremeut d'un Étiileld'unc Vill/>
COF
Le caur de la Ville. Le cœ\tr (lu Royaume. Tl
es/ logé au cœur de la VilU. L'ennemi étoit au
cœur du Royaume.
On dit aussi, Au cœur de l'hiver ., au cœur
de l'eïé, pour dire, Au plus fort de l'été, au plus
fort de l'hiver, par le plus graud cbaud, par le
plus grand froid.
On dit aussi, Cœur de cheminée,, pour dire,
Le milieu de la cïieminée. H est noir comme le
cœur de la cheminée.
Il signifie aussi La partie intérieure du tronc
d'un arbre. Du cœur de chêne. Du cœur de
noyer. Du cœur de poirier. Une table faite de
cœur de noyer. Cœur de cormier.
Il se dit encore Du milieu d'un fruit, parti-
culièrement d une pomme et d'une poire. Ceîle
pomme j cette poire est jâtée dans le cœur,
COEX
COEXISTENCE, s. f . Terme de Philosophie.
Simultanéité. État de plusieurs choses qui exis-
tent dans le n>êrae temps.
COEXISTER. V. n. Terme didactJrfue. Exis-
ter ensemble. Les Lutht-ricns soutiennent que
le pain et le vin coexistent dans VEucharistie
avec le corps et le sang de J. C.
COF
COFFRE, s. m. Sorte de meuble propre à
lerrer et à enfermer des hardes, de l'argent, etc.
It qui s'ouvre en levant le couvercle. Grand
co^re. Pcïit coffre. Coffre de bois. Coffre de fer.
Loffrede cuir. Coffre de tapùiscric. Le coffre au
linqe. Le coffre à I'uk-oiuc. Coffre de nuit. Vn
coffre plein. Le fond du coffie. Mettre dans un
coffre. Enfermer, serrer dans iSn coffre. Char-
qer les coffres. Emballer les coffres. Coffre de la
Chancellerie.
CoFFRE-POBT. Ccst un coflVe de bois fcrt
cpais, garni de fer on dedans, et qui se ferme
rivec de grosses serruns, où ion serre ce qu'on
j de plus précieux. Les voleurs sont entrés chez
lui, mais ils n'ont pu enfoncer son coffre-fort.
On appelle Un coffre d'autel, La table d'un
autel avec Tarmoire qui est au-dessous.
On appelle Le coffre du carrosse, d'un car-
ro^T-e, La partie d'un carrosse sur laquelle ou
met les coussins pour s'asseoir , et qui a un
couveide qui se lève et s'abaisse comme celui
d'un coffre.
On dit provcrl)ial('meift d'Une fille qui n'est
pas belle, mais qui a beaucoup d'argent en niS-
riagc, qu*E(/L* est belle au coffre.
On dit à 1.1 Cour, Pi(juer le coffre, pour
dire, Attendre long-temps dans l'antichambre
du Roi, d'un gr:md .Seignt ur, etc. parce qu'i l:i
Cour il y a beaucoup d'endroits ou l'on ne
trouve h s'asseoir que sur des coffres.
On dit fi;;urément, Les coffres du Roi, pour
dire. Le Trésor Royal, ri*'pari;ne. Les coffres
du Roi sont chargés de ces dettes, de ces pen-
sions. Cela entre diirts les coffres du Uoi.
CorrnE signifie aussi , en termes de Chirur-
gie , La capacité , l'espace qui est enfermé sous
les eûtes. // a reçu un coup d'épce dans le coffre
U a le coffre percé.
COG
On dU f.imilièrcraem, et dans le même sens,
qu'Un homme u le cojTre bon.
Les Chasseurs le disent Du corps de la béte
fàurc. Le coffre du cerf.
On appelle Un grand cheval auquel il faut
beaucoup de nourriture. Un coffre à avoine.
On dit d'Uue cavule, qu'EI/e a un ^rand
coffre, un heau coffre. Quand elle a les flanc*
fort larges, et propres pour porter les poulains.
On dit proverbialement , qu't/n homme
s'^entend à quelque cho.<« comme à fa'ue un
coffre, pour dire, qu'il ne s'y cûlcnd point dn
tout.
On dit aussi proverbialement, 7/ raisonne
comme un coffre, pour dire, Il raisonne mal.
On dit proverbialement, /{ire comme un
coffre, pour dire, Rire à gorge déployée. lU
n'oient comme des coffres.
COFFRER, v. a. Mettre dans un coffre. Il
n'est point eu usage au propre j mais au figure-
il signifie Emprisonner. // u fait coffra cet
homme-là. Il a été coffré ce matin. U est dti
style familier.
CoFFftÈ, ÉE. participe.
COFFRET, s. m. Petit coffre. Coffret d'é-
caillé. Coffret garni d'argent.
COFFRETIER. s. m. Ouvrier qui fait Hcs
>oflre«.
COG
COGNASSE. ». f. Coin sauvage , mo ns
p'os et moins jaune que l'autre.
COGNASSIER, s. m. Arbre qui porte des
toius ou des cognasses. Greff r sur cognassier,
COGNAT, s. m. Terme de Jurisprudence.
(Le G se prononce durement dans ce mol et
jans le suivant.) Il sr? dit eu général De ceux
qui sont unis par des li -ns de parente ; et quel-
quefois il signifie singulièrement Ceux qui sont
|)arens du côté des femmes. Les Agnats et les
Cognats.
COGNAnON. s. f. Lien de parenté entpe
Ions les descendans d'une même souche.
COGNÉE. 8. f. Outil de fer acéré, plat et
tranchant, en formi- de hache. Bonne cognée.
Emmancher \ine cognce.Sa cognée est déman-
chée., est bien emmanchée, est éhréchée, est
imoussée.
On dit proverbialement et figurément Jeter
le manche après la cogrèe, pour dire, Aban-
donner tout dans un mallieur, au lieu de son-
f^er i y apporter du rcniêde.
On dit proverbialement, // est allé au hois
sans cognée, pour dire, U a entrepris quelque
ehoso sans se munir de ce qui lui étoit néces-
saire pour réussir.
On dit aassi proverbialement . flTrïIre la ro-
gnée à l'arbre, pour dire. Commencer une en-
treprise.
COGNE-FÉTU. s. m. On appclU ainsi pro-
verbialement et fiiniilièremenl Celui qui sf
donne bien de la peine pour ne rien faire C*cA
un vrai cogne- fctu.
On dit, Il ressemble à Cogne-felu . il se fï«
et ne fuit rien. Ucst populaire.
COGNER. V. a. Frapper fort sur nnc cIjoiw
COH
pour la faire entrer, ou pour la faire joindra
nv« une autre. Cogner un clou. Cocjner une
r/ifviWe.
I! signifie aussi simplement Frapper. Cognez
contre la muraille, sur le plancher. Il s'est.
eoqné la tète contre la muraille. Cogner à la
porte. Il cH du sljle familier.
U se dit populairem. pour, Battre, rosser.
Il s'est fait cogner comme il faut. Tu te feras
cogner.
Ou dît figurénicnt et faniilièrem. Se cogner
la tête contre le mwr, pour dire, Entreprendre
une chose, ou impossible , ou dout oa u'est pas
capable.
CocaÉ} ÉE. participe.
COH
COHABITATION, s. f. Terme de Jurispru-
dence. LltJt du mari et de la femme qui vivotit
muemble. Les Juges ont ordonné la cohabita~
tion.
COHABITER, v. n. Virre ensemble comme
mari et femme.
COHÉRENCE, subst. f. Terme didacti<iue.
Liaison, uuioq^i connexion d'une chose avec
une autre.
COHÉRENT, ENTE, adj. se dit Des partiel
d'un tout qui sont lices entre elles, et du tout
lui méiue relativement à la liaison de se^ par-
ti''s. Ce raisonnement eU cohérent tlaiis toute:
sa parties.
COHÉRlTreR, ÈRE. s. Celui ou celle qui
Ipt'ril'^ avec un autre. Son co/iiTiïier. Entre co~
ïierilierj. Elles sont cohéritières.
COHÉSION, suhsi. f. Terme de Physique,
Adliércncc, force par laquelle des corps sont
uolù entre eux. Les parties des lif^ueia-s grasaei
ont une cataine cohésion gai en rend la sépa-
ration moins aisee.
COnOBATlON. s. f . Opération de Chimie .
4{ui cousiste à renverser la liqueur provenue
pur la dislillaliou sur la substance dont elle a
•Wjà été tirée, ou sur une nouvelle substance
semblable .1 celle dont elle a été tirée, que l'on
distille de nouveau. Tirer une li(jueur par co-
hobation.
COHOBER. V. act. Fortifier cl épaissir une
^ueur, un sirop par la cohobatiou.
Coooiw: , t£. participe.
CdHORIE. s. f. Corjis d'Infanterie parmi
la» Romains. La cohorte étoit de cim^ à six
tents hommes. Les colories Prétorienne* étoieril
ptai fortes gue iet cohortes des Lég'ujn^.
On s'en sert en Poé5ie,pour marquer Toute*
»>iteft (Je gens de guerre. Les vaillantes c(y-
hortts.
CoBoDTEfic dit aussi d'Cnc troupe de toutes
Mrtcs àr geiu. Il est venu là avec sa cohorte,
Ije Pre^vt se transporta là ai'cc toufe sa co-
horte.
COHCE. 5. f. tîn appelle ain«,i. dans quel-
^ura Provinces, \je lieu ou se tiennent les pc-
litcs Justices. La cohue d'un tel lieu. Le Pro
cureur étoit à la cohue,
Oo appelle figuremcnt Cohue ^ Une auem-
bkee où tout le nio:.de paHc tumultoâircment
COI
et en confusion. Je ne reu-r point «îlcr à cette
assemblée- là y c^est une cohue ^ ce n^est qu'une
cohue.
COI
COI, TE. adj. Tranquille, calme, paisible
Il n'est guère d'usage qu'en ces phrases : Se te-
nir coi. I)emeurer coi. Chambre cotte, pour
dire, Une cliambre bien fermée et bien chaude.
COIFFE ou COEFFE. s. f. Espt^ce de cou-
verture de l^te. U se dit princip^lâmjnt IVs
voiles et ajustemons de tête des femmes. Une
coiffe de tAffctax. Une coiffe de gaze. Vn«
coiiff à dentelle. Coiffr claire. Coi jfc de dessus,
coiffe de dessous. Une femme gui prend sa
coiffe, gui prend ses coiffes, Sjui met ses coi/ -
frsj gui attache, gui noue ses coiffes. Lever,
baisser se>- coiffes. Oter ses coiffes.
On appelle Coiffe de nuit, ou de bonnet de
nuit , Une coifTe de toile i\ue les hommes met
lent dans leur bouoel de nuit ; et Coiffe di
chapeau. Une coifTe de taffetas ou de treillis,
dont on garnit le dedans des chapeaux.
On dit proverbialement d'Un homme tristt;
pt mélancolique, qu7i est triste comme un bon-
net de nuit sans coiffe.
On appelle aussi Coiffe, Une certaine mcni
brane que quelques enfans apportent sur k'ur
l<*te en venant au monde. Cet enjant avoit la
coiffe en naissant.
Coûte , en termes de Botanique , se dit
d'Une sorte de calice. C'est une enveloppe
rnince, membraueuse, souvent conique, qui
rrabrasse la pnxtîe de la fruclificalion , comme
dans le blé de Turquie.
COIFFER ou COEFFER. v. a. Couvrir la
léte. Les Turcs se coiffent d'un turban ^ les
François d'un chapeau. Les Motnes se coiffent
d'un froc, d'un capuchon. Ha coiffe ses soldats
d'un casgue.
CoiFFEn, signifie aussi Orner, parer sa tête
de ce qui sert à la couvrir, ou de ses propres
tbeveux. Se coiffer avec un bonnet. Se coiffer
avec ses cheveux. Se coiffer en cheveux. Coiffer
de fleurs, coiffer en plumes.
On dit, qu'lnr femme se coiffe bien, pour
dire, qu'Ellc entend bien rujustement de sa
tète; et d'Une Coiffense , qu'£"i/e coiffe bien,
qu*e//e coiffe à mcrveilleSj pour dire, qu'KlIe
d^mne un I}oq air ^'i tuutes les coiffures des fem-
mes d'tnt elle se m^le.
On dit aussi, (\u Un Perrugnicr coiffe bien.
pour dire, que I>ei perruques quil fait ont de
la grâce; etqu (/"C pcrru(jue coiffe bien, qu'un
chapeau coiffe bien, pour dire, qu'ils viennent
bien à l'air du visage.
On dit, Coiffer une hcuteille, pour dire,
Mettr* une enveloppe par-dess<is le bouchon,
pour empccbfT que le vin ne s'évente.
On dit en termes de Chasse, que Les chiens
ont coiffé un sanglier, pour dire, qu'Us l'ont
pris aux oreilles
Ou dit figuremcn* et familièreim. Se coiffer
de guelgunn , d'une opinion, pour dire. Se
préoccuper, s'entêter de quelqu'un, d'une opi-
nion. Quand il k'est une fois coxjfe Xunc opi~
COI 259
tiion, on ne le peut yimais ramener. Il s'est
allé coiffer de cette femme. Elle s'est coiffée
de lui.
Il s'emploie â l'actif dans le rocine sens. Je
ne sais gui l'a coiffé d'une opinion si extrava-
gante, pour dire, Je ne sais qui l'en a entité.
On dit encore figurcment el lamilièrement,
quX'n homme se coiffe . qu'i/ est atsè à coiffer^
qu'on Va coiffe, pour dire, qu II boit trop,
qu'on l'a fait trop boire, et qu'il y paroit. Cet
homme se coiffe souvent. Il ne faut que tiois
verres de vin pour le coiffer.
On dit aussi, Coiffer une ligueur, pourdire,
I.a mêler avec une autre. Coiffer du vin, de lu
bière, etc.
Coiffé, ée. participe, ^'nc femme coiffte
en paysanne.
Ou dit, qu'(/n enfant est né coiffe. Quand
il vient au monde avec une sorte de membrane
qu'on appelle Coiffe, que le peuple regaide
comme un piésaj^e de bonheur. C'est pourquoi
ou dit proverbialement d'Un homme qui est
fort heureux, qu'/l est né coiffe.
On dit proverbialement d'Un homme qui
fst amoureux de toutes les femmes, quelque
laides qu'elles soieut, i^u'/I aimeroit une chèvre
coiffte.
Ondit encore, qu'Un homme est bien coiffé,
Quand il a les cheveux bien plantes, ou qu'il a
Que penu<jue ou un chapeau qui lui sied bien.
On dit d Un chien, qu7I est bien coiffe,
Q'uand il a les oreilles longues et pendantes.
On aopellc Dit inn cniffe, de lu iucre coiff< e.
Du vin, de la bière où l'on a mêlé quelque
luire liqueur.
COIFFEUR ou COEFFEUR, EUSE, subst.
Celui, celle qui fait métier de coiffer les fem-
mes. Habile coiffeur. Cest la coiffeuse à lu
mode.
COIFFURE ou COEFFURE. subst. f . Cou
verture et ornement de tête. Le turban est la
coiffure des Turcs.
U se prend ordinairement pour La manière
dont les femmes se coifll-nt selon le pays et la
mode. Coiffure à la mode. Coiffure à bouchs.
f^OIN. «i. m. An^le, l'endroit où se fait la
rencontre de dcii-x lignes ou de deux surfaces,
soit en dedans, soit en dehors. Le coin d'une
rue. Le coin d^une maison. Le coin d'un jardin.
I.e coin d'une chambre. Le coin d'un cabinet.
Le coin d\ine cheminée. Le coin dun champ.
Le coin d'un bois. Le coin d'un blé. Se cacher
dans le coin d'une muison. Serrer quelque chose
dans un coin. Un petit coin.
On dit, Les guatre coins de la terre, les
^unlre coiru du monde, les guatre coins de la
France, les quatre coins de la ville, pour dire,
Les extrémités de la terre, de la France, de Wï
ville, les plus éloignées entre elles.
On dit, Les guatre cqins et le milieu d'u>t
pays, d'un bois, etc. pour dire, Tout ce qui est
contenu dans l'espace d'un pays, d'un bolc.
Il lui a fait courir les guatre coins et U milieu
du Royaume. J e l'ai cherché dans tous les quatre
coitu et le mibru du bois.
On dit J Un homme, qu'il est mort au com
33.
26o
COI
d'un hoii, d une huie, pour dire, qû II est mon
sans secours rt sans assistance.
On dit provcr]>ialenient, qu'Un liommc ne
lourje (lu coin du feu, du coin de son feu,
pour (ilrc , qu'il garde presque toujours la
maison.
Ou dit aussi en style familier, ;'i Un lin«iinc
qui dit (|uelque cliosc de méprisant ou d'ofien-
sant d'un autre, Allez lui dire cela uu coin de
son feu, ou flIJe; lui dire cela, et vous chauf-
fer au coin de son feu, pour dire, qu'On ne
seroit pas bien venu h lui tenir cel^ngage-Iilen
un lieu où il seroit le maître.
Proverbialement , en parlant d'Un homme
de mauvais nîr et de mauvaise pliysionomic,
qui demande l'auniônc, 0:1 dit, qu'il a la mine
de demandei' taumune au coin d'un hois.
En termes de jeu de Paume, oj; dit, Teiii;
son coin, Lorsque deux 'liommes qui joucnl
partie contre dcui: autres, dt-fendcnt cliaciiii
leur côte.
On dit, Jouer aux quatre coins, eu p.Trlanl
d'Uiî certain jeu d'enfans.
On dit fi!;iu-ément d'Un homme, qu'il tient
bien son coin dans une cowpannie, pour dire,
qu'il s'y fait estimer, qu'il s'y fait lîistinguer
ïl est du style familier.
On dit, Rejaïder du coin de rfl?i7, poui
dire , Regarder à la dérobée et sans faire sem..
blant de rien. On dit aussi îi peu prés dans le
ra«me sens, Faire signe du coin de Vœil.
CotN; se prend quelquefois pour Une pe-
tite partie ou portion d'un logis. Donnez-moi
(juelque fJin où je me finisse accommoda: 71
isl loije dans un pclil coin.
11 se dit aussi d'Un endroit qui n'est pai
euposé à lu vue. Jetez cela dans un coin. Il
s'ert alla chercher dans un coin. On a cher-
ché par tous les coins du logis.
Coin, se dit aussi d'Une tresse de faux c)ic-
veux dont on se sert pour garnir les côtés de
la tcle, lorsqu'on a les clicveux trop chiii-s ou
trop courts. En ce sent il ne .«• dit (ju'.iu plu-
riel. Il porte des coins. Elle a des coins.
Coiv. s. m. Pièce de fer ou de bois tian-
chanle et terminée en angle aigu , et qui rsl
propre h fendre du bois, des pierres. Gros coi».
Petit coin. Coins de fer. Coins de Inii. Mettre,
piquer, planter le coin. Faire entrer le coin,
les coins dans une pièce de hois pour la fendre.
Lorsque le coin est engagé, on le dégage avec
un plus gros. Dans la mécanique, le coin est
une des forces mouvantes,
Cliez los Anciens , on appcloit Coi.y Un corpi
d'Infanterie formé en pointe.
On appelle en Artillerie, Coin de mire, Un
coin de bois qu'on met sous la culasse du canon
pour le pointer.
On dit proverbialement, Fui're coin de menu
lois. Lorsque pour n.eitic une cliose en œuvre,
on se sert d'une partie de la même chose.
On appelle Coin, La partie du bas dessinée
en pointe, et dont l'extrémiié inférieure répond
i la clicvillc du pied. Vn bas à coin d'or, à
coin d'argent.
CoiR , est aussi un terme de Mounoie; et il
COL
se dit d'Un maiceau de fer trempé et gravé,
dont on se sert pour marquer de la morinoie
des médailles. I.e coin du Roi. Le coin d'Es-
pagne. Fau.v coin. Cette monnaie est à un tel
coin , marquée au coin de...
Il se dit aussi Ilu poinçon qui sn-tàm.-fquer
de la vaisselle. De la vaisselle marquée au coin
de Paris.
On dit d'Une méiiaillc parfaiteiiicul conser-
vée, qu'£!îe est à (leur de coin.
On dit figuiénKiit, qu'Une chose est mar-
quée au bon coin, poiu- dire, qu'Ellc est des
meilleures de son espèce. On dit d'Un ouvrage,
qu'71 est frappé au coin de l'antiquité.
COUV. s. m. ( Il s'écrit aussi Coisc , maison
ne prononce pas le U. ) Gros fruit à pépin , qui
a l'odeur ferle, et la peau couverle d'un léger
duvet. Gros coin. Coin bien jaune. Confitun
de coins. Pâte de coins. Sirop de coins. Geléj
de coi ts.
Ou dit proverliialemcnt d'Une pcrsonue qui
3 le t-i- 1 j-iunc, qu'Eiie «st jaune coniwe ml
coir.
COmCIDEKCE. s. {. Ktat de deux cl.û.se,
qui coïncident. La coïncidence de deux lignes,
de deux surfaces.
COÏ.NCinKNT, EMTR. adj. Qui coïncide.
En tonnes d'Optiqxie, Oui loml.e en un même
point.
COÏKCIÛEn. v. n. Terme de Géomélne.
S'njuster l'un sur l'autre. Ces deux lignes, ces
^etux surfaces coïncident.
II se dit au h^uré, en parlant Des événemsn-.
Ces deux circonstances ont coïncidé, c'cst-i.
dire, Sont arrivées ensemble.
COION. s. m. Poltron , lâclie , qui a le cxul
bas, l'imc servile, et capable de souffrir lâclie-
ment des indignités. Grand coion. C'est un
colon. Il est si coion, que... Il est du style fa-
milier et libre.
COÏONNER. verl). a. Traiter quelqu'un en
roion,lui faire quelque indignité. Se moquer
lie lui. Il n'est pas homme à se laisser coionner ,
il être coionné. Il est du style libre et familier.
Il est aussi neutre, pour signifier, Dire dej
toionneries. Il ne fait que coionner.
CoioNNÉ, ÉE. participe.
COÏONNERIE. subit, f. Bassesse de cœur,
lâelicté, indignité. Faire des eoionneriçs. Il a
fait loir en cette occasion sa colonncrie.
Il se prend quelquefois pour Sottise, imper-
tinence, badinerie. A-ton jamais oui parler
d'une pareille coionnerie? Il nous a dit cent
coionneries. Ce mot est du style libre et fnniil.
COÏT. ,s. m. Accouplement du mâle avec l.i
fcinc'Uc pour la génération. Les aninmu^ dans
le coït, dans l'ardeur du coït,
COITE. Voyez Coieite.
COL
COL. s. m. Voyez Cov, qu.mt 3 la partie
du corps qui joint la tète aux épaules.
Coi- s. m. Terme dont on se sert d.ins dlffe-
reiitcs phrases par analogie i celte partie du
corps humain dont on vient de parler.
On appelle Le col de la vessie, le col de la
COL
mabice. Ce qui est comme leinboucLurc de
' ces parties.
On appelle Coi de chemise, col de raHat, col
de pourpoint, La partie supérieure de la che-
mise , du rabat, du pourpoint , qui embrasse le
cou.
On appelle Col, Une espèce de cravate tins
pendans. ta mode dt porter det cols n'est pus
ancienne.
En parlant d'Un passage étroit etitre deux
montagnes, on dit toujours Col. Le ColdePa-
tuis. Le Col de Tende. Mous nous saisîmes de-
cols des montagnes.
COLARIN. s. m. Frise du chapiteau de la
colonne Toscane et de la Dorique.
COLATURE. subst.f. Terme de Pharmacie.
.Séparation d'une liqueur d'a"ec quelque impu-
reté ou matière grossière. C'est une Cltration
moins cvacle que celles qui se font en Chimie.
Culaturc ^e dit aussi De la liqueur filtrée. Co-
latnrc de sirop de chicorée.
COl/CHIQUE ou TiE-CHIEV. s. m. Plante
bulbeuse qui croit dans les prés, et qu'on cul-
tive dans les jardins, à cau.se de la beauté de sa
fleur. On prétend qu'elle est mortelle aux chiens.
COLCOTAR. s. m. C'est la substance ter-
reuse et rouge qui existe au fond de la comu£
i;ui a servi à distiller l'huile de viirioL
COLÉGATAlRE. siihst. m. Voyeî CoiiÉ-
r..VTAIl\E.
COLERA-MORBUS. s. m. Mot emprunté
m partie du Latin, pour signifier Un épaucbe-
ment débile subit, qui cause un débordement
par haut et par bas. On l'appeloit vulgairement
'rrousse-galant. Il a eu un colera-morhus fort
violent. Il est mort d'un cole.a-morbus.
COI.KRE. s. f. Passion par luquelle l'imc se
sent vivement émouvoir contre ce qui la blesse.
Grande, furieuse, violente colère. Noble co-
lère. Suinte colère. Juste, raisonnable coîéic.
L'effort de la colère. Les effets de la colère.
I ransport, mouvement de colère, cccés de c<y-
lère. L'ardeur, la violence, la chaleur, l'impé-
luosile' de la colère. Les premiers bouillons de
la colère. U dit cela, il fit cela en colère, tout
tn colère. Etre en colère. Se mettre en colère
contre quelqu'un. Entrer eh colère, dans une
grande colère. l\mouvoir , exciter, irriter, al-
lumer la colère de quelqu'un. Réprimer, refré-
ner, apaiser, calmer , adoucir la colère dcqucl-
qn'un. Être enjlammé de colère. Transporté de
colère. La colère le traiLiportc, le met hors dt
lui-même. Il ne parle jamais qu'en colère. At-
tirer la colère de quelqu'un sur soi. Il faut que
sa colère se passe. Il faut qu'il décharge sa co-
lère, qu'il passe sa colère sur quelqu'un. C^est
la colère qui lui a fait dire telle et telle chose.
Dès qu'il vit son ennemi, il sentit sa colcrg
s'allumer.
On dit figurément , La colère do Dieu , la
colère du Ciel.
Colère, se dit aussi De certains mouvtv
mens impétueux qui paroisscnt dans les ani-
maux. Ce ch:enétotten colère. La colère du lion.
On dit aussi figurément , que La mer al en
colère, pour dire, qu'EIle est fort agitée.
COL
Coi£nE,e$t aussi adj. dos a genres, cl si-
gnifie, Qui ni tajet & se mettre eu coliîre.
Homme colère. Femme colère. Il est l-ien colère,
fort colèrt.
COLÉRIQUE, adj. des 2 g. Enclin h la co-
lère. Etre li' utK humeur coUrique.Ce mot n'csî
(jUère d'usage que dans le style didaclitjuc.
COLlAKT.s.ro. Sorte de poisson assc» sem-
blables à la Raie.
CXJLIBRI. 6. m. Tris-petit oiseau. Le coIiTiri
vient des Indes.
Il se Jll aussi familièreincnt d'Une persouna
de petite taille, et qui n'a rien que de frivuk-
dans le car;ictcrc.
COLlKKllIK.r. 8. m. Babiole, bagatelle,
comme sont des marmousets, de petits émaux,
de peliLs va^cs de cristal, etc. Il nu que des
coUjîchcts dans son cdhinel.
Il se dit aussi Oe certains petits orncmccs
mal places, et qui n'ont point de convcnanco
et de rapport avec les lieux où iU sont mis. Un
jnrdin rempli de colifichets. Des maisons, dei
éqlixs qothitjues surchargées de colifichets.
Il se dit aussi tîgurcnient Uc ccrtaius pctiu
crnemens mis mal A propos dans des ouvraçel
d'esprit. Celle pièce cjI pleine de traits d'es-
prit f mais qui ne sont la plupart que des co
Ujichets.
Colifichet, en termes de IVIonuoic, est
Une petite machiDe dont se servent les ajus-
teurs et les taillercSses pour pouvoir écouaiier
les pRrces.
Cdl.lMACO.N. s. m. Voie: LniAços.
COLIX-MAILLjVBD. Sorte de jeu où
l'inx des joueurs a les yeux bandés, et s'ap-
pelle Colin-Maillard. Jouer à Colin-maillard ,
au Colin-maillard.
COLIQUE, s. f. Soite de maladie qui cause
des tranchées dan^ le rentre. Coliquebilieuse.
Colique hépatique. Colique venteuse. Colique
graveleuse uu néphrétique. Colique d'csiomac.
Furieuse colique. Colique de Poitou, des Pein-
tres, des riombiers. La colique le tient. Sa
colique est passée.
COLIR ou COLL s. m. OfEcler de la Chine,
qui est un Crnseur universel, et qui a droit
d'ejitrer dans les maisons pour s'instruire de ce
qui » y passe.
COUSÉE. s. m. C'est le nom d'un célt-bre
Amphitiiéùtre de Rome, dont il subsi.sle encore
de beaux restes. On l'appeluit anciennement le
Colassée , à cause de la statue colossale de ?iéron ,
qui cloit prés de cet endroit
COLLABORATEUR, s. m. Celui qui tra-
vaille de conctTt avec un autre, qui lui aide
dans ses fonctions, dans Icxcrcicc de son em-
ploi. On dit aussi au féminin, Collaboratrice.
COLLAT .\1RE. s. ni. (On prononce les L. )
Celui j qui on a conféré un Bénéfice.
COLLATERAL, ALE. adj. ( On prononce
lei I-. ) Co ti-rmc n'est d'usage qu'en parlant do
parente et de succession Lors de la ligne 'di-
recte, soit descendante, «oit mceudante. Ainsi
00 appelle i/crilitrcollaleral, Un héritier qui
ne descend point de eclui dont il hérite; et on
appelle Li^iu coKulciuli:, La ligne dont «et
COL
hcrÎDer descend. On ap|>el!c aussi Succession
collatérale j La succession qu on recueille d un
pareul c*i ligue collatérale.
CoLLATÉBAL, sc picnd aussï substaDtive-
ment pour Parent collatcial. C'est un collaté-
ral. Il n'ti que da collatéraux pour héritiers.
Un collatéral ne peut exclure celui qui descend
en ligne directe. Tout son bien est allé à des
collatéraux.
On appelle en termes de Géographie, Pointa
coUatéraiLT , Les points qui sont au milieu de
duax points cardinaux. Le Nord-€st, le Nord-
ouest, le Sudcst^ et le Sud-ouat^ sont les
quatre points collatéraux.
COLLATF.L'R. s. ni. ( On pron. les L dans
ce mot ei les trois suivaos. ) Celui qui a droit
de conférer un BcnéGce. Collateur ordinaire.
Il est C'dlateur, le collateur d'une Cure ^ la
colltilciir d'un Prieuré , etc. A Véqard des Cures ,
le Patron n^est que Présentateur ^ VEvêque eri
est le Collateur.
On appelle Collateur ordinawef ou simple-
ment Ordinaire., Celui aui de droit commun
coofiÈrc le Bénéfice.
COLL.\TIF, IVE. adj. Qui se confère. Il ne
se dit qu'en matières Dcnêiîciales. Bénéfce col*
latif. Dignité collative.
COLU4TIO>*. s. f. Droh de conférer un Bé-
néfice. Cette collation appartient à VEvêque^
dépend de VEvcque. La présentation de cetti
Cure ajjpartient à VAbbé, et la collatiort à
VËvéque. Ce Prieuré est à la collation d'un
Ul Abbé.
On dit qu'C?n Evique , qu'un Ahbèt Ont de
belles collations, de grandes collatioi\Sf potu
dire, qu'ils ont dioit de conférer plusieurs Bé-
péfices considérables.
Il sii^nifie aussi La provision du Collateur.
Avoir la collution de l'Ordinaire.
CoLLATios. Terme de Pratique. L'action pai
laquelle on confùre la copie d'un écrit avc<
l'origiiial , ou deux écrits ensemble^ pour savoii
s'il n'y a rien de plus ou tle moins en l'un qu'en
l'autre. Une collation fidèle. Il a fait la collu'
tion de cette copie avec l'original,, sur Vorigi-
nal. Faire la collalion de divers exemplaires.
Collation, se dit aussi De ce repas légei
qu'on fait au lieu du souper, particulièrement
les jours de jeûne. Petite, simple ^ légère colla-
tion. Bonne collation. Il fait cclUtion d'une
pomme j etc. Il ne prend,, il ne manqe ù sa
collation qu'un morceau de pain. On ne soupe
point en Carême, on ne fait que collation.
Il signifie aussi, Tout repas qu'on fait entre
le diner cl le souper. Magnifique y superbe,
ifomptueuse collation. Collation de viandes
froideSy de confitures, de p^Uisserie, etc. Payer
la collation. Donner la collation à quelqu'un.
Apporter, préparer la collation. ïl y a eu bal
et grande collation. La collation du Prédicateur.
Bemar(|ueK que quand ce mot est employé
dans la sigiiificjiion d'Un léger repas, on ne
prononce I*'s deux L que comme un seul.
COLLATIONNEB. v. a. Cvonfértr un écrit
•vec l'origin-il, ou conférer dcu.x écrits ensem-
ble, oûu de vérifier s'il y a quelque cliose de
COL
afii
plus ou de moins i l'un qu'i l'autre. Colln-
tioiiiier sur l'ori'jinai. Collad'onne;- li î'flrini-
nal. CoilulioM/ier sur les Registres. Il a colla-
(ionne cet acte, ces pièces,
CoixATiosxEn , parmi les Libraires , c'est
Ejcaminer si un Livre est entier et parfait, et
s'il ne manque point quelque feuille ou feuillet
CoiLATiosNEB, se iiict auSji absolument, U
signifie , Faire ce rep.is qu'on appelle Collation.
Il a collationné légèrement .et dans celle ac-
cepliou , les deux L ne se prononcent que
comme un seul; et en ce .sens, il est neutre.
CoLL.VTioxsÉ , ÉE. participe. Il a la m(-nie
tigniCcalion que son verbe , quand il signifie
Conférer. Copis cvllatlonnée à l'original. Ex-
trait collationné. On met au bas d'un acte,
Collationné à Vcriginal par. . .
COLLE, s. f . Matière gluante et tenace, dont
on se sert pour joindre deux choses, et pour
faire qu'elles tiennent en.scmble. Colle de fa-
rine. Colle d'amidon. Colle forte. Colle de
poisson. Colle à châssis. Faire de la colle.
Fondre de la colle. Chaujfcr de la colle. Faire
Icnîr, ^ire joindre avec de la colle.
On appelle Colle , parmi le petit peuple ,
Une bourde , une menterie , et une chose con-
Irouvée à plaisir. Voilà une bonne colle, une
franche colle. Il lui a donné une colle.
COLLECTE, s. f. Levée dis deniei-s de la
taille et autres impositions qui se font par as-
siette. Faire la collecte, t'n collecteur qiit a
dissipé les deniers de sa collecte. Du temps de
sa coIIltIc. pendant sa collecte.
On appelle Collecle, L'Oraison que le Prêtre
dit à la Messe avant l'Épîlre.
COLLECTEUR, s. m. Celui qni est nomme
en chaque Paroisse pour y recueillir les tailles,
ou quelque autre imposition que ce soit qui se
lève par assiette. Le Collecteur des tailles. Col-
lecteur du sel. Les Collecteurs d'une telle Pa-
roisse. Il a été nommé Collecteur cette annce-li.
COLLECTIF, IVE. adj. Terme de Cram-
maîre, par lequel on désigne plusieurs per-
sonnes, ou plusieurs choses, sous un nom sin-
gulier. Peuple, multitude, armée, sont des
termes collectifs.
COLLECTION, s. f. Recueil de plusicutï
passages sur une ou plusieurs matières, lires
d'un ou de plusieurs Auteurs. En ce sens, il se
met plus ordinairement au pluriel. Faire des
collections. Il a fait une bonne collection it'
tout ce qu'il y a de plus remarquable dans cet
Auteur,
11 se dit aussi d'Un recueil, d'une conipila-
tion de plusieurs ouvrages, de plusieurs elioses,
qui ont quelque rapport ensemble. Collection
des Conciles, des Canons. Collection d'anti-
ques, de médailles, de plantes, de coquilles , etc,
COLLECnVE.MEM". adv. Dans on Kns
collectif. L'homme, c'est - ii - dire , Tous les
hommes, pris coKcclivement.
COLLËUATAIRE. s. Celui, celle i ^ un
legs a été lait en commun avec une ou plusieurs
personnes, ù qui tmc même chose a été k-^éc
conjointement.
COLLÈGE, s. m. (On proooDCc Coléy.]
86-. COL
Cartaia Corps oa Compa^ie de personnes Do-
ubles qui 5om en même di^nilc. Le Collège
<îe> Ciirditiaiu: y ou le Sacré CollcifL'. Le Cvî-
lé^c des rjecteiirs^ des Princes , des Villts dé
l'Empire. Le Collège des Secrétaires du Roi.
Collège, signifie aussi Un lieu dtsiiné pouï
enseigner les Lettres , les Sciences, les Lan-
gues, etc. dans lequel d'ordinaire denieurcnl
plusieurs Professeurs ou lï^-î^rns. Collège bien
fondé. Alier au CoUéije. Etudier au Collêfje.
Être en pension, être pensionnaire dans un
Collège. Mettre un enfant au Collège , l'en-
voyer au Collège. Il est lîcgent au Collège de...
Au sortir du Collège. Fonder un Collège. Ren-
voyer an Collège.
On Qppoloit Collège Royal ^ Un Collège
fondé à Paris par François I^^
On dit , Cela sent le Collège , pour dire,
Cela a un air de pédanterie.
COLLl^GI.U., ALK. adj. Il n'est guère en
usage qu'au féminin, et dans celte plirase,
Ëqlise Collégiale , qui se dit d'un (Jiapilre di;
(Chanoines sans Siège l^-piscopul. Le CfiapUvi
d'une Eglise Collècjiale. Un dit aussi Une Col-
légiale^ et ce mot alors est substantif.
COLLiiGUK. s. m. (Un prononce Colègue.)
Compa^noQ en dignité, ou qui a égale puis-
sance en même IV>igistraluie, ou même JNégo-
ciation, ou même Commission, comme cicicnl
autrefois les deux Consuls de Rome, et comme
sont aujourd'liui les Présidens en n>érae Cliara-
bre, les Avocats et les Procureurs du Roi en
mônic Juridiction, les Ambassadeurs, les Dé-
putés et Commissaires envoyés ensemble pour
une reême aflàire. Ce mot de Collègue se dit
De ceux qui sont en petit nombre, comme celui
de Confrère de ceux qui sont d'une Compagnie
nombreuse.
COLIJ:^R. T. a. (On ne fait sentir qu'un 1
dans ce mot et dans les quatre suivans. ) Join-
dre et faire tenir deux choses ensemble avec
de la colle. Coller des châssis. Coller du papier.
Coller des ais. Coller une image sur du carton.
Coller une pièce d'èhène sur diantre bois, etc.
• Coifer contre la muraille^ à la muraille. Coller
deux choses ensemble.
CoLLEn , signifie aussi Enduire de coite. /I
faut ioller cette toile avant (jue de Vimpnmer.
Ce papier boU , purce cju'on ne Va pus bien
coUè.
On dit, Coller du vin, povir dire, Y mettre
de la colle de poisson r>our l'éclaircii'.
On dit (igurém. et fanuli'Tcm., Se coller, vtr^
telle contre un mur, pour dire, Se tenir droit
oonlre un mur, comme si on j étoit attaché.
On dit au jeu du Billard, Coller une btlle,
ou simplement Co//cr, pour dtre, Pousser c)u
placer une fnllc de manière qu'elle reste inuno
bile tout prés de la bande.
Collé . f.e. parlicif>e.
On dit figurément d'Un habit bien fait «t
qui est juste à la mesure dw corps , qu"/i est
toile, qu'il semble collé sw le corps.
Ou dit aussi d'Un homme qui est fcrnii" et
droit i cheval, qu7/ est collé sur sofl cheval,
coiU sur la telle.
COL
COL
On ^t, Avoir les yeux coVts sur une chose , cette partie de la plante ou finit la racine , ot
sur tjuelque personne , pour dire, La regarder j ou commeure la tige.
attentivement et long-temps.
Un dit, (]n\lJne personne a la bouclie ou les
lèvres collées sur nuelque chose , Quand eli
les y tient long-temps attacliéfs. // est riort la
bouche collée sur le Cruciji.v. Elle demeura
long-temps la bouche collée sur le visage de ra
mère.
On dit,qu'ï/M homme est collé sursesUvres
<^biand il est fort atlHclié h I étude.
On dit au jeu du liiUard, qu'Un e.^t collé .
que la bille est collée, Lorsqu'elle esl placée
pvts de la bande.
COLLRUETIK. s. f . Sorte de petit colin
de linge, dont les femmes se servent quelque-
fois pour se couvrir la gorge et les épaules. Co/-
lerette de batiste. Collerette de gaze.
COLLET, s. m. Cotte partie de l'habille-
ment qui est autour du cou. Collet de pour-
point. Collet de manteau.
Collet , étant mis absolument , se prend
pour Cette pièce de toile qu'on met autour du
eou par ornement, et qui s'appelle autrement
Rabat. Collet de toile, de bati.^te, d' Hollande.
Collet uni. Collet à dentelle, à passement , etc.
Grand collet. Petit collet. Empeser un collet.
Attacher un collet. Ajuster un collet. Collet
bien mis. C(dlet bien fuit. Collet chijlonnè.
On appelle familièrement les Ecclésiasti-
ques, Petits collets. Gens à petit collet. On dit
aussi dans ce sen», Le petit collet, pour dési-
gner Leur ciat.
On appeloit autiefoïs Collet monté. Un col-
let où il y avoit de la carie ou du fil de fer pour
le soutenir ; et on dit , Du temps des collets
montés, pour dire , Du vieux temps. On di(
dans le même sens. Cela est collet monté , fcien
collet monté, pour dire, Cela esl antique, ou
pour dire. Cela a un air contraint et guindé.
On appelle aussi Un homme ou une f?ram«
qui affecte une gravité outrée, Un CDlletmontc.
On dit, LSuutcr au codct aJ (juclqu''un, U
p-endi-e, le saisir au coilct , pour dire , Le sai-
sir au cou pour lui faire violence.
On dit par extension , Prendre , saisir quel-
qu'un au collet, lui mettiela main sur le collet,
peur dire, L'arrêter et le faire prisonnier.
On dit proverbialement d Un profit inopiné
qui vient à un homme, Voilà mille scus de
rente qui lui sautent au collet.
Un dit. Prêter le collet à quelqu'un^ -pont
dire, Se présenter pour lutter ou combattre
corps il corps contre lui. Je suis aussi fort que
lui, je lui prêterai le collet quand il voudra.
On dit aussi figurément et familièrement.
Prêter le collet à quelqu'un, -pour dire, Lui te-
nir têie en quelque chose que ce soit. Il pré-
tend être un grand joueur d'échecs ^ je lui prê-
terai le collet quand il vomb'a. Il fait le doc-
teur, je lui prêterai le collet sur quelque ma-
tière que ce soit.
On appelle Co/ieldj mouton, collet de l'c.iu,
La pièce, la partie ducouqu: reste après qu on
, en a ôtc le bout le phis proche de la télé.
CoiXET, en termes de Botanique, se dit De
^ Collet de buffle. Sorte de pourixjint furt
de peau de buffle, et qui est k grandes basque»
et sans manches.
Collet, signifie encore Une aorte de lacs k
prendre des lièvres, des lapins, etc. 7'endrc un
collet. Prendre des lièvres au collet, des lapins,
des po-drii , etc.
COLLETER, v. a. Prendre quelqu'un um.
collet pour le jeter par terre. Il l'a colleté. lU
se colletèrent. Ils se sont colletés.
Il se dit aussi Des animaux. Le dogue colleta
le loup.
COLLETEn, signiGe aussi, Tendre des collet*
pour prendre des lièvi-es, des lapins, des per-
drix, etc. Il est défendu par les Ordonntincrs
de colleter. En ce sens il esl neutre.
Colleté , ée. participe.
Ou dit en termes de Blason, Colleté , collefe'e,
tn parlant d'Un animal qui a un colUer d'uu
»mail, ou d'une couleur difTéiente de ceUe da
torps. Levrette de subie colictée d'argent,
COLLEUR, s. m. Celui qui fait des carions;
celui qui colle du papier peint sur les murs
d'une cbambre.
COLLIER, s. m. Rangée de perles ou d au-
tres choses de même nature . que les femmes
portent au cou pour se parer. Collier de grand
|>îtx. Collier de pa-les, de pierreries^ etc. En-
filer un cullier. Son collier est déjilc.
Il se dit aussi d'Un cercle de fer, d'argent,
ou de quelque autre matière, qui se met autour
du cou des esclaves, ou des Mores, ou àes
cliirns. Mettre un collier d'argent au cou d'un
More. Mctt}'e à un dogue un collier garni de
clous, de pointes de clous, pour se défendre
contre le loup et quelques autres anirnuux.
. Proverbialement et figurément. eu parlant
De c]ucli|u'un qui a une grande autorité, un
prand pouvoir dans une compaj;nie , on dit,
que Cest un des grands colliers, un des gros
collia's de la compagnie.
Colueh , se dit aussi De cette chaine d'or
qui se donne à ceux qu on fait (ihevaliers de
quelque Ordre, et qui Is portent aux joui's de
cérémonie. Le Collier de l Ordre du Saint-Ei-
prit,le Collier de l'Ordre de VAnnonciade ;
ou simplement, le Collier dé Saint-Mîchel^ du
Saint'Esp}-it, de la Toison, de VAnnonaade.
Il porte le Collier de l'Ordre, etc.
Collier, se dit aussi d'Une marque natu-
relle en forme de cercle, qui se voit quelque-
fois autour du cou des animaux et des oiseaux,
et est dilTércnie du reste de leur poil ou de leur
plumage. Un merle au collier. Un chien noir
qui a un collier blanc.
CoLMEn, est aussi La partie du harnoij de»
clicvaux de charrette ou de labour, qui est faite
de bois et reml>ourrée, et qu'on leur met au
eou pour tirer.
Un appelle figurément et familiêremûnt ,
Collier de misèi-Cj Un ei»gagement -^ un état, ft
une profession, à une occupation pénible et la-
borieuse. Voi/(i Us vacances finies, il faut re-
prendre U collicr tU miscre. On dit en plai&an-
COL
tant d'Un homme marié, qu/l a pi» (< collier
Je misère.
On appelle C/itval ic collier, Va cheval qui
«t propre .1 tirer; vl ou dit. Cheval franc du
collier, pour dire, qu'il t>« de lui-même , sans
<{a'il soit bewia de lai donocr des coups de
fouet.
On dit proterbialement et figtirém. quT/n
homme eit franc du collier, pour dire, qu'il
procède franchement en toute chose , et qu'il
«CTt ses amis de bon ccenr sans se faire prier.
On dit aussi d Un homme de guerre, qui ne
craint point de s exposer dans l'occasion quand
3 le faut , et qui r va de bonne grice , qu7l est
tranc du collier.
On dit fisurément et familii^rement. Donne
un coup de collier, pour dire. Faire un nouvel
«dort pour réussir dans quelque «ntreprbe.
COLLIGER. V. a. Faire des collections dc!
endroits notables d'un Livre. Il a collicjé bien
des passages. 11 est vieux,
CouJOÉ , Éz. participe.
COLLINE, s. f. (On pron. Colinc.) Petite
montage qui s'élève doucement au - dessus d«
la plaine. Longue colline. Pdile colline. Bell(
colline. Le haut de la colline. Le pied, le bai
ie la colline , le penchatM de la cclline. CiÀlint
plantée de vignes.
Les Poètes appeUent Le Parnasse, La double
colline.
COLLIQUATIF, IVE. adj. ( Dans ce mot el
le snivant. au a se prononce coua.) Terme de
Médecine. Qui accompagne et indicue la dé-
eompotiiion des parties fibreuses et glotineuses
éa sang. 5ueur eolliguadVe, etc.
COLLIQC.iïlO.V s. f. Terme de Médecine,
Décompnaition dc^ parties nbreuses et glutï
Denses da sang.
COLLISION. subsL f . Terme didactique. Ij
choc de deux corps. Les P hilosophes cxpliguerd
plusieurs eff ts par la colliAion des corps,
COLLOC4nO>". s. f. Ti-rme dc Pratique.
Action par la([uelle on ran£;e des créanciers
daiu l'ordre suivant lequel ils doivent être
pajéi. On a fait la collocation de ses créan'
eien,
(Jn appelle Collocation utile. Une coilcca-
lion pour le payement de laquelle il f a dc« de-
niers suffisamment.
Il signifie aussi L'ortlre, le rang dans lequel
chaque créancier est colloque. 71 a été' payé sui
vant sa collocation.
On appelle Collocation de Vargent , L'em*
ploi qu'on fait de l'argent en le plaçant.
COLL<K,)L'E. s. m. Dialogue , entretien de
deux ou de plusieurs personnes. Il n'est guère
en us«se qu'an titre d' certains livres : Les Col
Uxjues d'Erasme; ou dans le style familier. /Ii
•ni enjemfle de fràjuens colloques. Ils ont
tenu un long coUo^jue.
C0U.0011. se dit aussi De la conférence te-
nue à Poissy entre les Catholiques et Us ^eii,
de la Religion prétendue Réformée. Le Col-
logue de Poissy.
rtjLIXJQL'ER. ï. 0. Placer.
U n'eu plos »i. ••■■ liijaîf qu>n pnrlant
COL
Des créancier» qu'on met en ordre, afin qu'ils
puissent touclar leurs deniers sur le prix d'un
bi»'n qui »e décrète en Justice. H a été colloque
utilement. On l'a eollot^ué selon l'ordre de son
hypothèaue. Il a été collotjué par pfêférence,
Cou-OQCÉf ÉE. participe. Un créancier col-
loque.
COLLUDER. T. n. Terme de Palais. S*en-
Cendre arec sa partie un préjudice d'uu tiers.
COLLUSION, s. f. Intelligmce secrète entre
deux ou plusieurs parties au prcjudîce d'un
tiers. Ccllusion secrète. Collusion -ytiil/t;, ma.
tiifeste. <'n voit bien qu'û y a collusion e"lr
eux, qu'il y a de la collusion.
Il se dit aussi De toute intelligence secrète
dans les afiMres pour tromper un tiers. On Ai-
wit qu'il y aifoit collusion entre les chefs des
partis contraires,
COLLUSOIRE, ad), des 2 genres. Terme dc
Pratique. Qui se fait par collusion. Cela es\
collusoire. Procédure collusoire. Sentence col-
lusoire,
COLLUSOIREMENT. adv. D'une manière
collusoire. Cet arrêt a été rendu colluioircmcfit.
COLLYRE, subst. m. Remède extérieur (pii
rapplique sur les yeux. Il n'est guère d'usage
qu'en termes de Médecine. Collyre sec. Coïi>T«
liquide.
COLOMBAGE, s. m. Raii»de soUtcs posées
à plomh dans une cloison de charpente.
COLOMBE, subst f. Pigeon. Ce mol est
lODsacré à la Poésie, et au slyle soutenu. La
^nàre colombe. La fidèle colombe. Jupiter fut
nourri par des colombes.
U s'emploie au lieu de Pi^^eon , dans toutes
les phrases tirées ou imitées de rÉciiture-Sainte.
Le Saint-Esprit descendit en forme de colombe
sur Aoïrc-ïSeirtncur JÉscs-CanisT. Les femmes
présenfoient au Temple, le jour de leur puriR-
cation, une paire de tourterelles ou de colombes.
Simple comme une colombe. La simplicité de
'a colombe, L^Eglise est comparée à une chasti
colombe.
COLOMBIER, s. m. Bâtiment en forme de
tour ronde ou carrée, où l'on retire et nourrit
des pigeons. Colombier à pied. Colombier bien
qarni. Peupler un colombier. L'échelle, les
boulins d^un colombier. Un colombier de cinq
cents boulins y de mille boulins ou trous.
On dit figurément ei proverbialem. , Faire
venir, attirer les piqeons au colombier, pour
dire. Attirer des chalands, des personnes qui
apportent du profit.
On dit aussi. Chasser les pigeons du colom-
bier, pour dire, Kluigner, eflàroucber ceux qui
apportent du profit daus une maîsou. Vous
querella ceux qui vont acheter chex fous,
c'est chasser les piqeons du colombier.
COLOMBIE, s. m. Minéral 11 fte dit De la
mine de plomb pure.
COLOMB!>. I>E. adj. Qui est d'une cou-
leur mcUn;;cc rnlrc le roupe cl le violet, ap-
prochant du gris-de-lin. Taffttas colombin_
Soie colombine. Couleur colom^îne. Ce moi est
vieux : on dit aujourd'hui Gorge de piqcon.
COLO>'. subst. m. Celui qui cultive une
COL
z63
terre. On donne ce nom aux habitans des Co-
lonies.
U se dit par extension De ceux qui cultivent
des terres dans quelque Pays que ce soit. Ce
Pays manque de Colons.
CÔLON, s m. Terme d'Anat. L'un Hes gros
intestins, qui suit le cœcum. Le colon est ordi-
nairement le siège de la colique.
COLONEL, s. m. Celui qui commande ui
Régiment de Cavalerie, d'infanteiie, ou de
Draçons. Colonel du Régiment des Gardes.
Colonel des Suisses. Lieutenant Colonel.
On appelle Colonel Général de la Cavalerie,
Celui qui commande toute la Cavalme ; Colonr I
Général des Dragons, Celui qui commande
tous les Dragons. Lorsqu'il y a un Colonel Gé-
néral de l'Infanterie, les Colonels particulier!
ne prennent que le litre de Mestres de Camp.
CoLOSEL, est adjectif dans cette phrase.
Compagnie Colonelle^ c'est-à-dtre, La pre-
mière Compagnie d'un Régiment, celle qui n'a
point d'autre Capitaine que le Colonel ; el on
dit absolument La Colonelle, pour dire, La
Compagnie Colonelle.
COLONIE, s. f. Nombre de personnes de
l'un et dc l'autre sexe, que i'on envoie d'un
Pays pour en fiabiler un autre. Il y a plusieurs
colonies Françoises dans le youveau-Monde.
Envoyer une colonie. Etablir une colonie. Les
Romains envoyoient des colonies de soldats
vétérans dans les Villes qu'ils avoient conquises.
Colonie, se dit aussi Des lieux ou l'on en-
voie des habitans. Marseille est une colonie des
Phocéens. Cologne est une colonie des RoWains,
Les colonies d'Amérique.
COLONNADE, s. f. collectif. Suite de co-
lonnes rangées pour servir d'ornement à un
grand édifice, îi une place publique, ou à un
beau jardin. La colonnade de Saint-Pierre. La
colonnade des jardins de Versailles. La colon-
nade du Louvre.
COLONNE, s. f. Sorte de pilier de forme
à peu près cylindllque pour soutenu, ou
pour orner an bâtiment. Colonne de mflrl>r«.
Colonne de bronze, de pierre, de bois. Colonne
dorée. Colonne torse. Colonne cannelée. Co-
lonne Corinthienne, Colonne Dorique, etc. Co-
lonne isolée. Colonnes accouplées. Dresser une
colonne. Deux rangs, deux ordres de colonnes.
La base, le fût, le chapiteau de la colonne,
ir y a aussi De qrandes colonnes qui sont
indi-pendantes des bâtimens, et qu'on élève
dans les places publique». La colonne de Tra-
jan, ou la colonne Trajane, etc.
On appelle Les deux montagnes du Détroi
de Gil>raltar. Les colonnes d'Hercule,
Oa appelle Les piliers d'uo Ut, Le% colonnes
d'un lit
On dit, quTn livre est écrit ou imprimé
par colonnes. Quand les lignes ne «ont put de
toute la largeur de la page* mais que U pa^
cs^ divisée de haut en bas en deuxoo plusieurs
parties. Dans ce livre- ci il y a frois cvlonnxs
à la page. Il est imprimé par colonna,* déux,
à trois colonnu. Ce Dictionnaire est à tto*i
colonnes.
2fiî COL
On dit, qu'l/'ie armée marche sur une ou
plusieurs colonnes, pour dire, cju'F.lIc inarcle
sur une on sur plusieurs lignes (jui oui peu d«
fiont et beiucoup de hauteur.
On appelle fi^urém., Colonnes de VKgl'se,
Colonnes de l'Etat, Les gran<ls personnages
qui soutiennent l'Église et l'Ktatpnr leurvcrtu,
jïar leur capaàtCi par leur courage.
On dit aussi Cgurciiicnt que La Paix et la
.luslicc sont les :leu.c nlunnes de Vktat.
On appelle aussi Colonne, en terme» Se
Plivsique, Une quantité de matiiire fluide de
figure cylindrique, quia une hauteur et une
ftase détermiiice-i réellement ou par la pensfe.
Colonne d'air. Colonne d'eau. Il y a une co-
lonne d'air qui fèsc conirc la colonne de mer-
cure, soutenue dans le baromètre
COLOPHANE, s. f. Sorte de résine, dont
les joueurs d'instrumensse servent pour frotter
les crins de l'archet dont ils jouent.
COLOQUINTE, s. f. Piaule du genre des
cunirLites , dont le fruit est moins gros et a des
formes très-variées; tantôt il est k côtes eomme
le melon , tanti"jt il est long et lisse comme une
poire, et bigarre de jame et de vert, mais
distingué par soj amcniune et sa qualité pur-
ffalive. Pomme de coloquinte. Amer comme co-
loauinle.
COLORANT, ANTE. ndj. Qu! colore, qui
djnne de la couleur. Parties colorantes.
COLORER. V. a. Donner la couleiu-, de Li
{CTulcur. Le Soleil colore les fruits, colore les
(leurs, les tuiécs. La nature colore les pien'C-
ria, colore les métaur,^ fi. har. de coio:e< U
»scrre, le cn'.-^fuî.
n s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Les fiutts se colorent peu ù peu au Soleil. Les
r^tisins commencent à se colorer.
II signifie figurément, Donner une belle ap-
jjarencn à quelque chose de mauvais. C()lo7'cr
wie injuitlce. Colorer un mensonge. Il a si bien
coloré sa faute, sa Idchelé, ....
CoLonÉ, i;e. participe.
On appelle Du vin qui est pUis rouge que
p.iillet, Du vin coloré. Ce vin est trop paillct,
ic le voudrais plus coloré.
On dit aussi d'Un homme qui est rouge de
•»»fcagc, qu'/l a le teint coloré.
On dit encore au ligure, 71 na pas même un
(i-rc coloré, Un tilrt- apparent.
COLORIER, v. acl. Employer les couleurs
dans un tableau. Colorier un tablcttu. Ce
Peintre-là colorie fort bien, mieux qu'il ne
dessine.
CoLOBit , ÉE. participe. Tableau bien co-
lorié.
COLORIS, s. m. Ce qui résulte du mélange
et de l'emploi àcs couleurs dans les tableaux .
principalement pour les ligures Iiiunaincs. Co-
loris (rais. Cojorij tendre, vif. Coloris qui est
bien de chair. Coloris qui a bien de la force.
hô coloris fl'uu tableau. Le colovis d'un tel
Peintre est excellent. CePeintre est estimé pour
son coloris. Ce tableau pêche dans le colc.'i.'i,
par le coloris.
Un dit d'Un beau visage, d'un tcliit frais et
COM
vermeil, Voilà un beau coluris. On le dit aussi
Des fruits, i'oi/à des pêches d'un beau coloris.
COLORISTE, s. m. Terme de Peinture*.
Peintre qui entend bien ie co'ioris. C'est un bon
coloriste, un qrand coloriste,
COLOSSAL, ALE. adj. De p-andrur déme-
siircc. Fiqurc colossale. Au pluriel il n'est d u-
sage qu'au l'éminin. Des statues colossales.
COLOSSE. 8. m. Statue d*uae grandeur d^--
mesurée. Le Colosse de Rhodes.
On appelle figùrdment Un Iiodiidc de foM
^ande stature, Un Colosse, un grand Colosse
COLOSTRE. s. m. Terme de Médecine. Prc
mier lait qui se trouve dans ie sein des fen.nit'â
apTcâ leur délivrance.
COLPORTAGE, s. ra. Emploi, ronction de
Cporteur.
COLPORTER. V. act. Faire le métier do
Colporteur. C'est porter dans les rues t-t p:it
les campagnes, dea marchandises, des livres,
des papiers publics , etc. pour les vendre. Il
est défendu de colporter des lures imprimés
sans privilège. Il qacjne sa vie ù colporter.
On s'en sert au figuré. Colporter une his-
toire scandaleuse , La répandre en la racoatant
dous les maisons.
Colporte ; le, participe.
COLPORTEUR, s. masc. On appelle niusi
certains petits Merciers qui portent sur leur
dos ou devant eux , de petites marcliandiscs
dans des mannes et dans des malles pondues à
leur cou. On donne ce nom plus ordinairement
à ceux Kfiû crient et qui vendent dans les rues
(esEdits. les Amôls, .t piusicias antres sortes
d'écrits impiimés avec autorité publique. C'est
un Arrêt aue les Colporteurs crient dans les rue^.
On le dit aussi De ceux qui vont vendre de^
livres dans les maisons.
COLURE. s. masc. Il se dît De deux grands
cercles qui coupent l'Equateur et le Zodiaque
en quatre parties égales, et qui servent li mar-
quer les quatre saisons de l'anoce. Colure des
Eijuinoxes. Colure des Solstices.
COLZA, s. m. Espèce de chou sauvage. On
en sème beaucoup dans l'Artois. On tire de sa
graine une bulle buune à brCtler, et ù d'autres
usages.
COM
COMA. •- 'n. TtTme de Médecim^ Bialad'^
soporeuse.
COMATTiUX , EUSE. adj. Qui produit ou
annonce le coma.
COMBAT, s. masc. L'.'tGlion par laquelle on
attaque, ou Ion se défend.* Comhut d'hotninc à
homme. Combat singulier. Combat d'une armée
contre une autre armée. Combat doutciu:.
Combat à ouU'ance. Combat opiniâtre. Combat
sanglant. Combat sur terre, Conil>at sur mer.
Combat naval. Rendre s livrer combat. Attirer
Vennemi au combat. Tenter la fortune du com-
bat. Soutenir îe combat. Donntr, hasarder un
combat. Présenter^ accepter îe combat. Au fort
du combat. Dans la chaleur du combat. Ils se
rendirent Sun- combat. Tenter le combat. Finir
le comhat. Evilci- le combat. Ke'ta' itV le combat.
COM
Ondft, fltre hors de combat, pour dire.
N'être plus on état de combattre : et il &edil nu
propre et au fii^iué.
COMB,\T , est moins que Bataille. Ce ne fut
(ju^un comhat , ce tic fut pas une bataille. <Juet-
quefois cependant il se prend pour Bataille. Le
tombât a été rude entre les deux armées.
Faire un comhat., ne s'entend que d'Un
tombât singulier. Il s'est fait un combat en tel
lieu.
Combat, ee dit fij:urémcnt De certains ctata
d'agitation, de trouble et de soulFranoc. La vie
de Ihomme est un combat perpétuel.
CoiBAT, se dit aussi figurément, Des con-
tr.'iiiétés , de» oppositions qu'on éprouve. Il
faut rendre bien des combats pour vaincre ses
passions.
Combat, se dit aussi De toute sorte de con-
testation et de dispute. Comhat de civilité,
d'esprit
On le dit De l'opposition et de la corlrarictfi
de certaines chose;* entre elU-s. Le combat des
humeurs dans le corps. Le combat des élémens.
Le cembal des Tcnti.
CoatBAT, se dit aussi De c/^riains Jeux pu-
blie» des Aticiens , comme les Jeux Olympi-
ques , les Jens da Cirque , etc.
COMBATTANT, s. m. Homme de guerre
rnarcljant en campagne sous les ordres d'an
GcnéraLi ne armée de trente mille combnttaus,
11 se dit aussi en parlant d'Un drs sontenana
on des assaîllans d'un Tournoi. Qutindlesdeux
eoinbaltans furent en présence.
On dit proverbial. , quan3 tont le monde se
retire d'une partie de jeu , ou de la danse j L»
comhat f\nit faute de combaltuns.
COMBATTRE, v. a. i 11 se conjugue comme
Battre. ) Attaquer son ennemi , ou en soutenir,
en repousser l'attaque. Combattre les ennemis.
Combattre vaillamment. On a combattu iiail-
lammcnt de part et d'autre. Combattre à oip-
trancc. Combattre de près. Combattre de loin.
Combattre de pied ferme. Combattre corps à
corps. Comhatlre à pied. Combattre à chevaL
Combattre arme. Combattre en champ clos.
Combattre à Vépêe , au pistolet. Combattre
contre quelqu'un.
On dit figurément : Combattre les diffîcuhés.
Combattre les tentations. Combattre les raisont,
les sentiniens, les opinions d\iutrui. Combattre
les vices. Combattre Ihérésie. Combattre une
doctrine.
On dit figurément, qu'Z7n remède comhat
un mal, pour dirtj qu'Jl agit fortement contre
le mal.
On dit aussi figurément, qu'Un homme
comhaien lut'-mcmc, pourilirc. qu'il rst extrê-
mement embarrassé à se déterminer, et qu'il se
passe en lui une espèce de combiji. J'ai lor^j-
tcmps combattu en moirmême avant que de
prendre mon parti
On dit, Combattre ses passions, combattre
sa colère^ pour dire, Y résister, les réprimer.
On dit encore. Combattre contre les vents^
contre la faim^ la soif ; et dans on style plus
îoutemi, Combattre les vents, U fntm, etc.
I
COM
On dit, Comhatlre avec quelqu'un^ (Je ciVî
htêy d'honnctelc et de politesse, pour dire,
Disputer à tjui sera plus civil, plus Iioiuiête,
plus poli.
CoMiiATru, UT., participr. Opinion comhat-
tue.Sentintcns comhuttus. Pussions combattues.
Hêrt>ie combattue. Un homme combattu en lui-
même. Il se sentait combuttu en lui-mvmc. lln'ist
guère d'usage <juc dans ces sortes de phrases.
COMBIEN, adv. de quantité. U y avoit je
ne sais combien de fjcns, pour dire, Il y avoit
uuc grande {juarititi.' de gens, grand nombre de
gens. Comfc/en Taȕ cefu .-* pour dire, De quel
prix est cela ?£n combien de temps !^ pour dire.
En quel espace de temps? Combien de t:mps
n*a-t-il pas fr.Hu?
11 signifie aussi A quel poiut. Si vous sa-
viez combien il vous aime. Si vous saviez com-
bien cette opinion est pernicieuse. Combien cet
homme-là est au-desaus de Vautre ! Il est in-
croyable combien cet Auteur a fait d'owiTnner.
Combien , se met quelquefois substantive-
ment. H me veut vendre sa Chartje, nous en
sommes sur le combien, il est du si) le familitr.
CoufiiEN QUt:. conjonciiou. Encore que, bien
que, quoi[|uc. Il est vieux.
COMBI.NAISO-N. s. f. Assemblage de plu-
sieurs choses disposées deux à deux ; et p:>r ex-
tension, Assemblage de plusieurs choses dispo-
w^s entre elles dans un certain ordre. La com-
binaison des lettres. Faire une combinaison
Faire des combinaisons, pour voir ï effet que
aeiiT rhn«*< c'Tsf!'n.')ïe fe'ii'cnt prnditi-c.
CoMQf!rAlso!(, en Cliiraie, est l'Union \n-
lime par laquelle les punies de deux toips se
joignent pour former un nouveau corps. Ce
fliot ne doit pas être confondu avec MclanQC.
On dit Combiner dans le même sens.
COMBINER. T. a. Assembler plusieurs choses
CD les disposant deux à deux; et par extension.-
I«s arranj;cr de toutes les manitTCS dont elles
peuvent être arrangées ensemble. Conthiner la
nombres. Combiner des ratsonnemens , des
preuves y les incidens.
CoMBisÊ, ÉE. participe.
On appelle Armée combinéCj Une armt?c
Composée de dî-IV rentes nations. L'armée com-
htnèe de France et d'Espagne,
COMDI£.adi.des 2 genres. Il ne se dit pro-
prement qii-'ï Des mesures des clioscs sèches,
comme le bit', le seigle, la farine, ttc.etil n'cbl
d'aucun usnge en parlant De la mesure des
choses liquides. 3/csure comble. Boisseau , mi»
not comble y tout comble.
Figuri^m^nl, en parlant Des crimes des pé-
cheuri.on dit, que Ld mesure est comble,
pour dire , qur L^urs crimes sont montes jus-
qu'à l'cxcb. Cl qu'ils ont tout à craindre de la
Tenj:ean.-c divine. La mém-: chose se dit Des
Lûtes ou des torts mub'pliûs.
CO.^IBIJ'.. subst. masc. Ce qui peut tenir
au-dessus des bord» d'une mesure, d'un vais-
•^■ou déj.i plein. Le romWe d'un bosscau, diin
miMol, d'une mettre. Il a donné cela pour le
tomble.
Comble, signifie aussi Le làitc d'un b:.ti*
Tome I,
COM
nirnt. Le comUcde la maison. Maison abattue^
minée de fiiid en comMe.
On dit fij^urèinent, qu't/n/.omme est ruiné.
qu'on Va mille de fond en comble, ]X)ur dire,
qu'il a perdu, ou qu'nn lui a fait perdre tous
ses biens, ou son crédit et son honneur, ou tout
cela ensemble. On le dit aussi d'Une famille,
d'une Ville, d'une (Communauté, etc.
Comble, signifie fgurément, Le dernier sur-
croît, le dernier point de quelque cliuse, parti
culièrement de 1 honneur, de \a joie, des dé-
siis, de l'afiliclioa et des maux. Parvenir, urrû
ver au comble des honneurs, au comble de lu
fortune^ au coniMe de ses désirs. Ce fut le com-
ble de nos maiLV. Le comble de son uffîictinn ,
de sa douleur.
Pocn coMDix. Façon de pirler, quisigniuc,
Pour siu:croît,ct dont on se sert eu diverses
phrases par exagération. Il tomba malade, et
pour comble de malheur^ pour comble de dis-
qrilce^ il perdit peu de temps après tout son
bien. Après avoir qaqnè la batadlCf pour com
hle de nloire^ il prit le Général ennemi pt ison-
nier.
COMBLEMENT, s. m. Action de combler.
COMBLER. V. a. Remplir un vaisseau, une
mesure jusque par-dessus les bords, tant qu'il
y en peut tenir. Combler un hois.*^eau. Combla
un miiiot. Combler une mc.'Utre^ lu mesure.
On dit figurénient, Combler une personne
de biens j pour duc, Lui faire de ginnds biens.!
Et l'on dit à peu près dans le même sens :
font! 1er ('e binifiiiL.,Con'bb'r de. qracc<.Com-
hler de fiveurs Combtir d'/ionnenrs. Combler
de présent. Combler de fclicité. Combler de
joie. Combler de qloit e. Combler de louunnes
Combler de bénédictions.
CoMBLEn L\ MEsciiE, sc dit aussi figurém.
pour dire. Commettre qiiel(|ue nouveau crime
nprés un grand nombre d'autres; Caire quelque
nouvelle faute aprôs la'juelle on :i'a plus de
pardon h espérer. Leur rébellion a comblé h.
aies«re. Ce qui a comblé la mesure j c'est lu
dernière faute quil a faite.
CcMBLEn, signifîc aussi. Remplir un creux,
un vide. Combler un fossé. Combler des val
lécs. Combler la tranchée.
CoMui.t, KE- participe.
COMBLÉTE. s. f. Terme de Chasse, rente
qui est au milieu du pied du cerf.
(OMBIULRE. s. f. Filet propre i prends
des Thons ci autres grands poissons.
COMBUOER. V. a. Remplir d'eau des fu-
inilles pour les imbber, avant que de les em-
ployer.
CoMBDr.É, ÉE. participe.
COMBUSTIBLE, «dj. des 2 genres. Qui a
la propriété de brûler. i1/a(icrc combustible.
La poix., le goudron, le soufre, le bois sec. les
fruilles sèches, sont dea matière*' Irèi- rompus-
tibîcf. Le marbre, les pierres ^ ne sont pas com-
busliblci.
COMBUSTION, s. f. Action de brûItT en
tièremcnt. CVjI la combustion de Vair qui fait
la flamme. Lii coniî>U5fion des cadavres éloit
trés-diKpendeiue chez les liomains.
COM
265
il se dit d'L'n incendie qui détruit totale*
ment un édiixc. J\ti vu la combustion entière
de ce puhli';.
11 si;^nific, dans une acception trés-ordi-
naire, mais (igurée, Un f;r;tnd désordre, un
jirand tumulte «luî s'e\ci(e tout d'un coup dans
une populace, dans une grande asscmblLC, etc.
Etrange comhui<tion. Horrible combustion. Ce
fut une combustion qér.érale. Tout le Royaume
étoit en combustion. Il a mis tout iTAat^ toute
la V lie, toute la famille en combustion. L'u-
sage le plus ordinaire de ce mot est de s'en
servir avec la préposition en. Tout le Royaume
étoit alors en combustion. Cela mil toute la
Province en combustion.
COMKOIE. s. f. Poëme dramatique , pièce
de Tbéitre, dans laquelle on représente quel-
que action de la vie comnuinc, que l'on sup-
pose s'être passée entre des personnes de con-
dition privée. Comédie plaisante, divertissante,
injouéc, bien conduite. Comédie de caractère.
Comédie d'intrigue. Comédie larmoyante. Le
nœud, le dénouement de la Comédie. Comédie
tn vers, en prose j en cinq actesj en trois actes^
tn un acte. On a purgé lu Comédie de tout ce
iju'elle avoit de licencieux. Faire une Comédie.
Composer une Comédie. Les acteurs, les per^
tonnages d'nnc Comédie. Le sujet d'une Co^
mèdie. La Comédie ancienne. La Comédie
moyenne. La Comédie nouvelle. Comédie Fran.
çoi^e. Comédie Italienne, Espagnole. Jouer une
Comédie. Repié^'Cnter une Comédie.
Comi'die. se prend quelquefois pour L'art
<ïe composer des Comédies. 71 entend fcicn la
Comédie. La C médie a été perfectionnée par
Molière.
Comédie, se dit généralement De toutes
îortes de Pièces de Théâtre, comme sont la
Tragédie, la Tragi-comédie, et la Pastoral--.
Jouer la Comédie. Représenter la Comédie,
Voir la Comédie. Aller à la Comédie. Être à
\a Coméd-e. Il y eut Bal et Comédie. Donner
la Comédie.
CoMKDiE, se dit G purement Des ai lioDs qui
mit quelijue chose de plaisant. Je crois que ces
Messieurs joRL*nI la Comjdie, nous donnent U
Comédie.
On dit dans un sens approchant, qu't%i
homme donne la Comédie au public, pour
dire , que Par sa mauvaise conduite il attire
l'attention du public, et donne lieu de parler
de lui en mauvaise part. El dans ce sens on
dit d'Un homme ridiciile et extravagant , que
Partout où il va , il donne la Comédie.
CoM^.DiE , signiGe aussi Ggua>mcnt Feinte.
Tout cela n'est qu'une pure comédie. Et on dit
dans ce sens d'Une personne dissimulée, el qui
prend à tâctie de faire paraître des senliinens
différens de ses scntîmens véritabh-s. que C'est
une personne qui joue bien la comédie.
Comédie, signifie aussi Ia: lieu ou l'on joue
la Comédie pour le public. // loge vis-à-vis de
la Comédie, Sa maiion est bâtie à côté de ta
Comédie.
COMÊniRN , lENM^ s. Cehii on celle dont
la profession est de jouer U Comédie ^ur un
34
266
COM
théâtre public. Fuii CtiméiUen. K.rccUenl Co-
Diédieii. .l/arii'iii.s ComèdUii. C'est un pitoyable
Comédien. Ce Comédien excelle dans le co-
mique^ mais joue mul dans le sérieux^ dans le
Iraqitjue. Comédiens de campagne. Comédiens
François. Comédiens Italiens. Troupe de Co-
médiens. Ce Poëte a donné sa pièce nnx Comé-
diens. Les Comédiens ont affiché une l'ièce
nouvelle.
On dit fi^uronu'nt dl'ii lionime, qii7l es!
Ion Comédien, pour dire, qu'il feint bien des
passions et des sentime^s qu'il n'a pas. Et en
ce sens on dit d'f n hypocrite, ou d'un homme
qui chantjc de conduite ou d'opinions .«Ion son
intcrit et les circonstances, que C'est un jiun I
Comédien.
COJIESTIBLK. adj. d'JS i genres. Qui peut
se manger. U ne se dit qii". Oe ce qui convlcnl
à la nourriture de l'homire , et ne se prrnd
guère adjectivement que dans ces phrases :
henrée:. comest(fc/e.s. Vianda et autres clwses
comestibles.
I.'usage ordinaire est de prendre ce mot
.substantivement. Le comestible. Des comes-
i.hks. Vn impét sur les comestibles. On tioiivt
chez ce Traiteur toutes sortes de comestibles.
Les comestibles sont rares et chei's dans cette
Vlace. [
COMÈTE, .s. f. Corps lumineux qui paroii
exlraordinairemeut dans le Ciel, avec une tr.aî-
nee de lumière, h laquelle on donne tantôt le
nom de Chevelure, tantôt le nom de lî.irbe, et
tantôt celui de Queue. Cor-.elc cl.cvelue. Co-
mète barbue. Comète à queue. U parut une co
mêle. 0(1 im'I une comète. Le mouvemer.t d'uiie
comète. Le cours d'une conictc. Le peuple crod
que les comètes sont des piésages d'un ci'euc-
ment funeste.
On appelle en termes de Hlason , Comète,
Une étoile ^ queue ondoyante , qu'on repré-
sente avec huit rayons.
Comète , .signifie aussi Une espace de jeu
qui se joue avec des cartes, et dont nnc porte
particulièrement le nom de Comète. Jouer ci la
Comète.
COMÈTE, ÉE. aJject. Terme de Blason,
qui se dit Des pièces qui ont des rayons on-
doyans et mouvar.s du chef; au lieu que les
rayons llamLojdns sont mouvaus de la pointe
de l'écu.
COMICES, s. m. pi. se dit en pari n.t Des
Asscraljlces du Fcuple Houiaiu, pour (îlire des
ïla''istr.its , ou pour tialler les nlTaircs impor-
tantes de la Rëpublique
COMINGE. s. f. Bombe d'une grosseur con-
«idJrablc.
CO'MinUE. a!j. des 3. genres. Qui appar-
tient à la Conié.lie, prise dans le premii r sens
que nous avons marque ci-dessus. Pièce co-
mique. Poëte comique. Sujet comique. !>tylc
camique. Celte inlrijuc est tout-à- ftit co-
mique.
Comique , signifie aussi, Plaisant, propre à
faire rire. Visage comiijue. Aveutuie comique.
Koman comique.
U est aussi substantif; et en cette acception,
COM
il sipiifie Genre roniitjiic, style comitjue. Cet
Auteur entend bien le comijue.
On dit dons cette acrcptlon , qn'l/n Comé-
dien n'est hon (jue pour le comique j pour dire,
qu'il lie joue bien (pie U's pcrsonna3cs conii-
ijnes. C'est un hon Comif^uf. Les Comiques de
cette Troupe ne sont point hon^.
COMIQUKMKNT. adv. Dur» ninniLTe co-
mique. U a traité ce su]ct comiquement.
COMITE, s. m. Oflicier préposi": pour faire
travailler la chiourmc d'une GaUVe. C^est un
Comité. Le Comité d'une Galère. Impitoyable
comme un Comité.
CDMVVÈ. s. nï, Axsemhlée de personnoii
commises pour l:i discussion de certaines af-
fains, de certains olijfts. Il s'est tenu plusieurs
comités sur cette afjhire.
U se dit anssi farailii'Tcnicnt d'Une socictt*
restreinte h un petit nombre. Nous souperom
ce soir en petit comJê, On a fut une lecture
en petit comité.
CO\TI\lA. s. m. Terme de Mnsique. DifTi*-
rcnce du ton majeur au ton mineur.
CoMMA , en termes d'Imprimciie , si;^nifie
aussi Une espi-ce de ponctuation qui'se marqui'
avec denx points Tun sur l'autre.
COMMANDANT, adj. Qui commande dans
une Place, ou qui commande des troupes. Les
OlJlcicrs conimandans.
Il Csl plus ordinairement substantif. iS'iI ,■:;!
fait du rfe.^ordre, on s'en prendra au Comman-
dant. Il faut parler an Commandant.
C0M:MANDE. s. f. Il n'est d'usaj^c qu'en
"c:ie façon de p;'rlcr adverbiale. De commande.
Ainsi on dit : Ouvrage de commande , Bureau
de commandey Meuble de comniandej pour
dire, Un ouvrnge, un bureau, un meuble
qu'un ouvrier a fait evpr.';s pour quelqu'un qui
lui en a donné l'ordre.
Ou dit p;ir extension, d'Un ouvrage qui doit
être fait d;ins un tcnips prescrit, que CUst un
ouv.-iiqe de commande; Une maladie de com-
mande j pour dire, Une maladie feinte et sup-
posce.
COMMANDE. s. f. Procuration, commission
d'acbiïtcr ou de négocier pour aiilrni.
COMMANDEMENT, s. ni. Ordre que donne
relui qui commande, qui a pouvoir de coni-
maud.T. Commandement verbal. Commande-
ment par écrit. Il a fait cela par votre com-
mandement. J'nhéls à ims commandemcns*
On dit au Palais Commandement y pouvdire,
I/exploit fait par un Sortent eu veilu d'une
ol)li;;alion ou d'uu^ Sentence, par loqiu I il
couirnaude ou nom dn Roi et de la Justice, de
()iy.',r, de videur les lieux, etc.
Co^:MA^DKME^T, veut dire aussi Autorit(',
po'ivoir de commander, ^l'oir comnirtnrfcmcnt
sur (juclnu'un. Il a le commandement sur les
troupes. Cela est sons son commandement.
Prendre le commandement. Refuser le com-
m.indcmeut.
On dit, Avoir le commandement d'une Pro-
vince, d'une PiacCy pour dire, Y avoir la
qualtt<^, la place de Commandant,
On disoil aiurefois d'Un Capitaine, qn7/
COM
avoit le commandement beau, pour dire, qu'il
commandoit de bonne gr,icc; et qu'/i a le com~
mandement rude, pour dire, qu'il est altier cl
impérieux.
On dit ironiquement d'Un liommc qui com-
mande une cliose qu'il n'a pas droit de com-
mander, qn'Il a le commandement beau.
On dit, Avoir (juelque chose à son comman-
dement j pour dire, Pouvoir s'en servir k sa
volonté. Il n'a point d'éijuipanej mats il a les
carrosses de tons ses amis à son commandement.
Cn dit, qu'On a une chose à commandement ^
pour dire, qu'On la en main, et qu'on en peut
f.icilcment disposer. Il a tout à commandementy
Varcjcnt, etc. \
Ou dit, qu't/n homm: j le Lcttn à com-
mandement^ pour dire, qu'il le parle comme
sa langue naVurelle.
On appelle Bdton de commandement ^ Vn
bâion que divers Officiers porlenl [our marque
Je loiu' autorité.
Les Secrétaires dTtat prennent d.uis leurs
t'tres la qualité de Secrétaires (i'Klut et des
Commandemens.
On appelle St'crétaires de^ Commandemens^
Les principaux Secrétaires des Princes et Prin-
icsses de la Famille et de !a Maison Roy.de.
On appelle Letbes signées en Commande-
ment, Des Lettres, des Arrêts signés par un
Secrétaire d'État.
Commandement, se prend encore pour loi,
pour précepte. Eu ce sensondil par excellence,
Les dix Commandemens de PiVii, les Corn-
mandcracns de l'Eqlise. Pécher contre le pre-
mier Commandement.
COMMANDER, v. a. Ordonner, enjoindre
quelque cbose à quelqu'un. Il lui a commandé
telle chose. C'est Dieu qui l& commande.
On dit proverbialement à celui qui veut
comma.idcr quelque chose h des gens qui ne
dépendent pas de bii, Commandez à vos valets ,
pour dire, Vous n'avez rien à me commander.
On dit par compliment : N^avez-vous rien
à me commander pour votre service? 1*oni
n*avez (juM commander.
On dit, Commander quelque chose à un
ouvrier, à un artisan, pour dire, Lui donner
ordre de faire quehpie cbose de son n(*îticr. Il
a commandé un habit^ des soulierSj etc. Com-
mander une Iourte chez un Pâtissier. Com-
mander un dîner à un Traiteur,
CoMMANDEtî, sij-r.ific aussi, Avoir droit et
puissance de commander, avoir autorité, em-
pire; etcncc sens il est ut^utrc. Le Prince corn-
mande à ses Sujets^ le père à ses enfnns , le
maître ù ses dome:tiques ^ le Capitaine à ses
ioh'iAs, etc. Il commande dans la Ville , dans
la Citadelle. Commander dans une Province.
Commander sur mer. Commander en maître,
cn Roi. C'est un /Viure ne ^'o:ir commrtrKÏcr.
Il faut savoir obéir pour savoir bien commander.
On dit familiùrcnicuï , Commander à la ba-
qucttCy pour dire, ('onimander avec un empire
absolu. Il se dit aussi quelquefois pour dire,
Comman.l.' r aven liauteur, avec lîrrlé.
Ou dit figuTcment dans les cboses de Mo-
COM
iitlci Commander à ses passions. Se contmanJ.er
à $oi-ntéme.
Un dit (i-urt-nient ,qu"t/«« Place forte com-
mande à tout un Pays, pour dire, qu'elle le
lient eu nsptct Oa dit dans le nitrae sens,
quX'/id garnison comniand-: à toute la fion-
tière.
Ou dit aussi !t Puclif, t^u'Une éminencc,
une niontaqne commande un: Place, pour dire,
iiu'Elle est dans une situation élevcc d'où l'on
i>cul tirer dans lu Place de haut en bas ; cl dans
crtte mt-nie occoptiou ou dit, que La Citadelle
commande la Ville,
CoMMANDt:n, sii;itirie aussi, Avoir le com-
maudenient, l'autonlc. Ainsi on dit , Commun-
ier u fie armée, pour dire. Avoir le coniman-
dément d'une arnK'«. Commander les armées
du Roi. Commander Vavanl-narde. Comman-
der Vaile droite. Commander l'aile gauche.
Commander un Régiment. Commander uni
troupe. Commanda' un vaisseau. Commander
l'armée navale. Commander une Flotte , une
l^icadre.
(^OAiMANOEn , se dit aussi , pour dire , Mener
k la guerre une troupe, du eoiiunaDdemciil de
Uquelle on est cliargé. // commandoit les Dra-
gons. L'OjJicier (jui commandoit les Coureurs.
On dit aussi, que Des gens de guerre sont
commandes pour une action^ pour une attaque .
pour dire,qu'Cn leur a donné ordre de faire
une at taque ; et daos la même acception on di t :*
Le Hégiinent des Gardes fut commandé pour
ouvrir la tranchée. La Maison du lîoi est
commandée pour 0» commanda un Capi-
taine et un Lieutenant par bataillon. Il est i:
iemarquer, que Commander ne r."f;it la per '
sonne direcxenient et sans préposition , qut
dans ces sortes d'exemples qui ont rap^rart à 1-
guerre.
CoiniANoé, it. participe.
COMMAM)i:iUl£. s. f. Oa appelle ainsi le
Bénéfices aSectés à l'Ordre de Milite , ou à quel-
que autre Ordre Militaire. t'neComnirtndc;it:rfe
Malte y une Commanderie de l'Ordre Tentoni-
que. Une Commanderie de Saint-Jacques, de
Saint-Lazare.
COMMA.NDECU. subst. m. Chevalier d un
Ordre Militaire ou llospitdier, pourvu d'un
Btiuctiec du ni^inc Ordre, qui lui donne le titre
de Commandeur. Commun^ieurde Malte. Com-
tnandeur de Saint- Lazare. Commandeur de
Saint- Louis. Conimandcur de VOrdre Teuto-
nique.
On appcllt Commu/tdL'Mrï de l'Ordre, Les
Ecclc»i«sii(|uc* qui ont l'Ordre du JJaint-
L^priu Cummandeur de VOrdre du Saint-
Esprit.
OJMMANDITAIRI- s. m. Celui qui a une
cnmDianJilc.
COJIMA.NDITE. ^ f. Sociitcde deux Ma.-
cliaiitjs, dont I un donne «on argent, et l'auln
tes Miins. Société en commandite.
COMAIE. ad T. de o,nip«raùoD. De même
que, ainsi que. lit sont fiiu l'un comme l'oii-
tre. Cela eit froid comme jlnce. H at hardi
comme un lion. Fa. Us comme cela. Ccnina
COM
jVs^.crc. Comme Von dit. Comme vous voyez.
Je regarde cela comme une chose non avenue.
Ou dit faniilicrcment , Comme cela, pour
dire, >"i bien ni mal. Comment se porte- t- il?
Comme cela.
On dit faraîIi^rement, en parlant De qiicl-
rju'un, // est comme cela, pour dir*», C'est sou
caractère , sa luanî're , soo nsag^ , eic.
Eu ce sens ou l'emploie quelquefois pour
commencer une comparaison. Comme le Soleil
efface les anùes astres, ainsit etc.
On dit, Comme si, pour dire. De même que
si. Il me vonloit engager dans cette afjîure ,
comme si elle eût été juste. Il me presscit de le
servir , comme si j'y ctois chhgc.
Comme aissi. Terme de Pratique, dont on
se sert dans un Traité , dans un Acte, dans un
Contrat, peur dire, Et pareillement, et tie plus.
//est porté par le Cotilrat, que Commd
aussi que. . ..
Co.^LME EN KFFET. Fftçon dc parler, dont on
se sert pour confirmer ce que t on a dit. S'il
est homme de bien , comme en effet il Vcst , 1/
dira. . . .
Comme, signifie quelquefois Presque. Il e-t
comme insensé. Il est comme moit. Cela est
comme fait.
Il signifie aussi. En quelque façon. La lu-
mièie est comme l\ime des couleurs. Il me fait
tant de bien qu'il est comme mon père.
Il signifie encore, De quelle manière. Je ne
vcKis dirai point comme la Ville fut emportée
d^assaut. Voici comme Vaffnire .*:e passa. En ce
sens il se dit au:>si [ar exclamation. Comnu
vous me traitez !
Il signifie encore, En venu de quoi. O^fene::
un ordre comme H fout qm je parte. Il est du
style familier.
Quehiues-uns h joignent avec Quoi, ci
disent. Comme quoi avez-vons fait cela? pour
dire, Comment ar;z-vous fait cela? En cett*
acception il n'est plus que du style fimilicr.
Il signifie aussi, En qualité de. Le Pape peut
(tre considéré ou comme Cl cf de VEglise, ou
comme Prince temporel. J c vous dis cela comme
votre serviteur et votre ami.
IJ est encore adverbe de temps, et signifie,
I.orscîue. Comme le Roi étoit à Paris, il arri-
va, etc. Comme je faisoîs telle chose^ j'appris
que, etc. Comme ils étaient assemblés, on leur
apporta des lettres.
Il est au.ssi conjonction, et signifie, Parce
que , Yu que. Comme il a toujours aimé le bien
public, il n'a jamais voulu consentir ^ etc.
Dans cette signification il c.st quelquefois suivi
dc la particule Aussi. Comme cet homme est in-
constant dans ses projets, aussi voit-on quH
réussit rarement en quelque chose.
Co^ïME, signifie aussi, Tant que, autant
que. Rien n*anime le soldat, comme l'espoir
du pilLigc. Rien n^encouraqe les Geji% de Lettres,
comme dc vujr fes (alens en honneur.
CuM»R AINSI SOIT QUE. Façon de parler qui
a vieilli, pour dire, PuiJ'jnc, d'aulanf que. %^
COMMEMOUAISO.t. s. f. Terme de Tiiur-
gic dont ou »o sLit en parlant De ]■» mémoira
COM 267
que l'î^-^Iise fuit d'un Saint ou d'une Sainte, le
jour qu'on célilirc une autre Fôle.L^I^jïi'se/à/f
commémoraison tVun tel Saint. La comme'nio-
raison des morts.
COMMÉMORATION, 5. f. signifie ïa m^me
chose que Commémoraison. U s'emploie parli-
eulièrement en parlant Du jour des Morts. La
commémoration des morts.
On dit dans l.' style familier, et en plaisan-
tant,.Vous ai'onsfait commémoration de vo^ts,
[our dire, Nous avons fait mention de vous.
COM.ME.VCAyr, ANTE. s. Celui, celle
qui en est encore aux premiers élémens d'un
art, d'une science. Cet Auteur, ce livre est trop
fort pour un commcnrant.
CO:\I.ME>'CEMENT. s. m. Ce par où chaque
chose commence. Bon commencement. Mau-
vais commencement. lîcurcnv commencement.
Au commencement du monde. Dès le commen-
cement. Dans le commencement. Depuis le com-
mencement de la Monarchie. Les commence-
mens des grands Etats sont obscurs. Le com^
mencement d'un livre. Lire nn livre depuis le
commencement jusqu'à la fin. Le commence-
ment de Vannée. Être au commencement Jii
printemps. Donner commencement à quelqite
chose, etc. Souvent, de petits commenceniens
on vient à de grandes choses. Cette action fit
le commencement de sa fortune. Un beau com-
mencement d'année. Un heureiu: commence-
ment de campagne.
Or. dit, prendre commenccmenf, pour dire,
nommcncer. Cette Monarchie a pris son con^
mencement dans un tel siècle.
Ac COMMENCKMEST. F'açon de parler adver-
biale. Au commencemeni Dieu créa le Ciel
ft la 1 erre : et alors il se dit d'une manière
nbsoluc.
CoMMENCEMENS , au pluriel ne dit Des pre-
mières leçons, des pTsmières instructions en
quelque Art, ou en quelque Science. // a de
bons commenceniens dans les Mathématiques ,
dans la Peinture, etc.
Commencement, se prend aussi pour Prin-
cipe, cause première; et dans ce sens on dît.
rjueOieu e^t le commencement et la jln de toutes
choses.
GOM.MENCER. v. act. Faire ce qui doit ftrc
fait d'aborvl. Commencer un bdtiment. Com-
mencer un ouvrage. Commencer un discours,
etc. Continuer comme on a eommenec'. // faut
commencer par un bout, et finir par Vautre.
Il a commencé par où il filloit finie. Commen-
cer à bdtir,à dîner. Cet enfant commence à
lire, à écrire. Il s'emploie aussi avec In prépo-
sition de. Ce Roi a commencé de régner en telle
année. Il avoit commencé d'écrire sa lettre. On
comment^o'it d'ouvrir la tranchée.
Oq dit, qu't/n homme commaicepar où les
autres fïni<sent , jxiur dire, que Les première*
cliosi** qu'il fait égalent les actions, les progrès
de ceux qui travaillent depuis long-temps.
On dit, Commencer Vannée, commencer la
journée par telle ou telle c/ice, par faire telle
ou telle chose ^ pour dire, que C'est la première
cli'*fte qu'où fait celle anncc-là, c«:te journée-
3',.
26S COM
1'». Kt on dit ù peu pn*s dans le iti^-nic sens.
«juX' 'i prince a commencé son rèijne jiur rtta-
hisr iV bon ordre dans son r.tal.
On dit auisi, Commencer Vannée, commen-
cer la journée, pour dire, Êtnr tncoie d.ins les
premiers temps de l'année, dans ll^s prcniiircs
îieiurs de la journée. Kous ue faisons (|«e de
com-ncnccr l'année. On ne fut (juc de com-
mencer la campagne.
En parlant d'Cn homme qui a donné à
quelqu'un les premières leçons , les premiers
counncnCLHiens de quelque art, de quelque
science, et qui a été le premier, par exemple,
à lui mouircr ^ faire dis armes, à monter à
rlicval, à danser, etc. on dit, que C'est lui tfui
Va commencé. Ce Maître à danser ncst hu}i
an à commencer les enfans.
On dit aussi, qu'Une /nourrice a commence
un enfant, pour dire, qu Elle a été lu prciniLTC
!i lui donner à téter.
Commencer, s'emploie aussi qurLjucfois aîi
Siîlumcnt. Ce jeune liomme a mal commence.
Je n'avois pas commencé, (ju il survint (juel-
nu'u?i aiti me détourna. Quand commcnccrez-
vous? Par où commencerez- j'ous? Je comnien
cerai par-là. Je ne fais (jUC de commencer ^ (jue
commencer. S\l conttnwt' convne il a commen-
céj 1/ ira loin.
On dit provcrlnalement, lY'd pas fait (pu
commence.
Commencer, est aussi neutre. L'année corn
mençoit. Le Sermon commence. Ce livre, cctli
harangue^ ce .-Joiiffct conifircnre hicn. La C"
médie a commencé à telle heure. Une tellt
\ro ïtaqne , nue telle forêt commence en un tel
lieu, en un tel Pays, auprès d^unc telle Vdle.
Il s'emploie aussi quelquefois inqiersoiinei-
lement. // commence dcjà à faire jour. Il com
mcnçoit à pleuvoir aitand ils partirent.
Commencé, le. participe.
f:OMME?iDATAlIUi:. adj. d.s 9. genres. Qu
possèile un Bénéfice en comniciidc. Ahhé Com
mcnduta re.
r.OMMENDK. s. f. Titre de Bénéfice que I
Pape donne à un Ecclésiastique nommé par ■
Roi , pour une Abbaye régulière , avec pii
mission au Commendataire de disposer des frui'
pendant sa vie. La Commende est une dérotj"
tion au dro t commun. La Commende n^etc^t
autrefois (pte l'administration du temporel d'ui
Bénéfice , jus(pt'à ce tpie le Tiltilatre eflt éti
nommé ; elle nétoit ordinairement (pie pow
tix moii.
Ck^MMHNSAI.. adj. Ce mot se dit propre-
ment de ccu\ qui maiti;ent à même t;d)le. C est
mon Commen.-ial^ nous somme < CommcniuuLT .
mais il n'est fjuère d'usage qu'en 'parlant He:
Officiers de la Miison du lîoi.7/cs( Commeusa
de la Maison du Roi. Les Maîtres des Bupictc
et tous les Conseillers dn Grand Consvil son
CommcnsaiLT, sottt réputés Commensau.r de L
Maison du Rot, jouissent dn droit des Com
ntensau.v. Les Commcnsaïuc ont droit de Com
mluimu.i.
CC^LAIRNSALITÉ. subst. fém. Droit de
Gom-mensaux de la ATaisoh du Hoi. L^Acadc
COM
mie Françoise jouit du drtil de Comr.iensa-
lité.
COMMKNSrRAlïII.lTK. ». f. Terme do
Muthéniatifpie, Rapport de noniltrc ;i nombre,
entre deux grandeurs qui ont une mesure com-
mune.
COMMK.NSURAnr.E. adj.des2genr.Termp
de Matliénialique. Il se dit de deux f^randeurs
qui ont un rapport de nombre à nombre, ou.
ce qui revient an même , une mesuro com-
mune. Tous les nombres entiers et rompus sont
commcnsurables entre eux. Linnes commensu
ruhles entre ell^'^. Grandeurs commensurablcs.
CORniENT. adv. De quelle sorte, de quelle
manière. Si vous voulez savoir comment la
chose sVsf p;«'-eV. , je vous le dirai. Je ne sais
comment H peut subsister. Comment se porte-
l-il? Comment a-t-il pu se sauver?
Il s'emploie quehjueftjis par exclamation et
pour marquer letonnemcnt où l'on estde quel-
que chose; et alors il se dit pour signifier, Eli
quoi 1 Est-il possible! Comment.' niai!teu/eu.r ,
avez- vous bien l'assurance de soutenir cela?
Comment! est-il donc •<
! (jU
il soit I
rt?
Il se dit aussi dans la signification de Pour-
;uoi, d'où vient que? Comment vous ètes-voui
jvisé de venir ici? Comment s'est- ii adressé à
nivi plutôt (pVà un autre?
On le fuit quelquefois sulistanlif , Le com-
ment. J'iijnore le comment, pour dire, La ma-
ière dont cela s'est fait.
COMME:STAlIŒ.s.m. fclaîrcisscmens, ob-
.ei valions et remarques sur un livre, pour
en faciliter riiitellij;ence. /'octe Commentaire.
Impie Coximenluire. Commentaire sur la Bible,
Commentaire sur Àristote , sur îlippocrate.
Faire un Commentaire. Faire des Commen-
taires.Ce fù-reest .si ohsinr et si difjicile , (ju^on
ne le peut entendre sans Commentaire. Il It
'itnt lire avec un Commentaire. Le Tcj^te et h
Commentaire. Cela ii'a pas besoin de Commen
hiire.
Il se dit figurémcnt D" l'interprétation ma-
igr.e qu'on donne aux discours ou aux aetioni
\ e quehju'un. Voilà comme je Vai oui conter ;
■liJis le Commentaire ajoute, dit (jne... Il fai-
tes Commentaires sur les actions de tout le
'iwnde. On fcroit là-dessus un beau Commen-
taire. On fît bien des Commentaires. On ft di
vers Commentaires sur cette proposition ~ là ,
sur cette puroie-/ù.
CoMMENTAiiiES, au pluT. Cc mot csl parti-
culièrement ûfT ctc aux Mémoires que César
nous a lai.ssés; tl quelques Ecrivains mo.'ernes
«tnt donné le même titre i leurs !\Iémoircs. Les
Commentaii es de César. La Commentaiies de
Montlur.
I COMMENTATEUR, s. m. Celui qtii fait un
Commenlaire. Bon Commentateur. Docte, >«-
vant Commentateur, Ennuycujc Commenta-
teur. I^cs Commentateurs de la Bible. La Com-
mentateurs d'Àri.'.totc. Les Commtntalcur^
d Homère.
COMMilNTER. verbe actif. Faire un rmn-
ment-lire, romnienïer la Bdle. Co.nnicHer
les P.pltrcs de Saint Paul. Piusieurs s.n.ins
COM
h.ommes ont commenfe Homère. Commenter
i^irçjile.
Il est aussi neutre, et signifie, Tourner en
mauvaise part; et alors il se met toujours avec
la préposition sur. îl commente sur tout. Je ne
crains point (pie Von commente snr mes ac~
iionî. Il n'y a point à commenter lih-dessus.
Etant mis absolument, il signifie, Ajouier
malignement à la vciité de la chose. Il en dit
plus (juil n'y en a, il commente un peu.
GOMMER. V. n. Faire des companiisons,
dire qu'une cliosc est comme une entre. Vrai-
ment, voilà bien comme. Il ne jallvit pas com~
mer si désobliqeamment. Il est du style familier.
COMMERÇABEE. adj. des 2 genres. Qui
peut être econmercc avec facilité. Efjlts com^'
mcrçtiMes, Billets cammerçables.
COMMEHÇANT, A>TE. s. Celui , celle qui
trafique, qui commerce en gros. Un bon Com^
mcvçant. Un riche Commerçant.
COMMERCE, s. m. Trafic, négoce de mar-
chandises , d'argent , soit en gros, soit en détail.
La b7»ee(c, la facilité du commerce. Ltablir ^
rétablir le commerce. Cela fait rouler le com-
merce. Défendre, interdire le commerce. La
l'aix entrcticiiï le commerce, fait aller le com-
mercCy fait fleurir le commerce, met de Var-
qcnt duns le commerce. La fjuerrc fait cesser le
commerce, rompt le commerce. Le commerce
est Inten-ompUj perdu, ruiné. Le commerce va
bleuj nevaplus.Le commerce enrichit un Ltat^
est la richesse d'un Etat. Le commerce du Le-
■uint. Le commerce des Ëpicerics. Le qranà
commerce de Moscovit est de fourrures, etc.
Le commerce des soies, des toiles y des cuirs.
En ce pays-ld^ on fait commerce de (oufci
sortes de marchandises. Le commerce ne de-
mande que liberté et protection.
CoMMr:RCE, se prend quelquefois pour le
Corps des ( ommcrçans et Kégocians. Cette Lin
a rcvoUé totit le Commerce.
On dit iigure'nient d'Un homme qui se mè!c
de qun!(|uc pratique ou intrigue qui tiVs! pas
! onnéic, i[nll fait un mnra'in's, u'>t méchant,
un vilain commerce, un honteux commerce.
CoMMEiiCK, signifie aussi Communication rt
cnrrespondanre ordinaire avec quelqu'un , soi*
pour la société seulement, soit aussi pour quel-
ques affaires. Dans le commerce de la vie.Dan<
'c commerce du monde. Jvoir commerce, en-
tretenir commerce avec {jucltju'un.IU ontfjrand
rommerce ensemble. Ils sont en grand com-
merce Vun avec Vautre. Je suis bien son servi-
teur, mais point de commerce. Il a rompu tout
ommerce avec ce.'! Qens-l.i. Quelcommerce ont-
■Is ensemble? Ils entretiennent comni ce de
le;tres, ou par letite^. Il- ont commerce de nou-
velles. Commerce d'esprit. Commace de Litté-
rature. Commerce de fjaUmtcrie. Commerce in-
nocent. Commcrt^e suspect. Commerce stnndth-
IctLT.
On dit, ^roie commerce, être en commerce
avec. Et il s'entend t-n mauvaise part, quand
un ])arle de personnes de différens sexes.
Cn dit, quTn ^lonmic est d'un agréable
commerce , d'un bon commerce , pour dire,
COM
qu'il est d'agrcable socK-lé; ft d'Vn commerce
sûr, pour (lire, iju'On peut se fier ù lui , qu'on
peut lui confier :>es secrets.
Oiï dit, Jeu de commerce, pour» Jeu de
cartes entre trois, quatre, jusqu'à neuf per-
soimrs.
COMMERCER, v. n. Trafi([ucr, faire com-
merce. Dei Marchands qui commercent dans
le Levant^ en Espagne, aujc Indes.
CO.MMKi'.CIAL, AI.K. adj. Qui appartient
au conimercc. Purmi Us Pulitiques, les uns
donnent In piéfirence au système agricole, les
autres au système commercial. Les effets coni'
merciuur. Statuts commerciaux.
COMMl-Rt;.*. f. Celle qui a tenu un enfant
sur les furits ; et elle a ce nom tant i 1 égard de
celui avec qui elle Ta tenu, qu'à l'égard du père
et de la nure de l'enfant.
Co.MMLrE,se dit au.-;si d'Une femme déliasse
condition^ qui veut savoir toutes les nouvelles
du quartier, et qui parle de tout à tort et à tra-
vers. C'est nue commère, une vraie commère^
une franche commère. Il est familier.
Ou le dit aussi par extension , Oe toute autre
femme, de quelque couditiou qu'elle soit, qui
a le même dt'fauL
On dit aa\$i familièrement , C^est une honm
commère, une maîtresse commère, pour dire,
C'est une femme hardie et rusce, qui va à ses
fins sans se mettre et. peine du rien.
On dit proverbi.dcment et fanu'lièrrmcnt,
que Toiit l'j par compère et par commère,
pour dire, que Tout se fait pjir faveur et par
recommandation.
(;U.^I>IKTTANT. s. m. Terme de Commerce.
Celui qui charge un autred'une afîàire. lise dît
aussi en termes de >'égociiition.
COM*\ÏK'n"RE.v. a. ( Il se conjugue comme
Mettre,) Faire. En ce sens il ne se dit qxie De
ce qui est ptclié. crime ou faute. Cornmcttri-
un ciime, une faute, une méchante action.
Commettre un péché. H n*a commis en cela
tju une faute légère. Commettre une irrévérence
dans VÊglise. C^esl commettre une incivilité,
aue...
Il signifie aussi. Employer, préposer poui
up tem]>s ; et nlors il ue se dit que Des person
nés. Commettre un lomme à une chaîne, à un
tmploi. On l'a commis à IVrerciVe d^une telle
ihargc. Le Roi l'a commis pour avoir s'Àn de...
Ce sont des gens tjuon n commis exprès pour
cela. Oti a commis un tel Juge pour informer.
On dit en I. nues de Pratique, Commettra
un Rapporteur, pour dire, Donner, nommer
UD Juf»-' pourétr- H-ippurteur dans une affuire.
C'est Monsieur le Chancelier gui commet le:
Rapporteurs au Conseil, l n tel Maître desHe
gndti's 11 été commis pour Rapporteur.
On dit alufluraenl, CV^t iiiijourd'/iut gUi
Monsieur le Chancelier commet, pour dire,
C'est aujourd'hui que Monsieur le Clianceiicr
nomme ceux qui doivent rapporter lesinsianccs
devant lui
CoMvErrRE , lignifie encore Confier. J'ai
Mmmit cela à vos soins. Je vous en ai commis
It soin.
COM
On dît, Commettre giteifuun ,\ionr dire,
L'exposer A recevoir quelque mortification,
quelque déplaisir, soit en se servant uia! h pro-
pos de son nom sans son aveu, soit autrement.
Je ne veux point, s^il vous plaît, gue vous
me commettiez là-dedans. N^aycz pas peur,
je ne vous commettrai point.
On dit dacs le môme sens, 5e commettre ,
pour dire,.SV\iioscrà recevoi,- quelque déplai-
sir, à tomber dans quelque embarras. Vn Am-
bassadeur se commet, guand il cxel-de ses pou-
voirs. Vn grand Prince, un grand Prélat, un
grand Magistrat se commet j guand il s2 me-
sure avec un homme de rien.
Ou dit aussi, Commcffrc le nom et Vautoritc
de gueîgn'uuy pour dire, S'en servir en des
choses qui ne le méritent pas, ou l'exposer mal
à propos à recevoir quelque préjudice, il est de
la prudence d'un Amhasf^adenr de ne pas com-
mettre le nom de son Maître. C'est commettre
Vautorité du Roi, gue d'en user de la sorte.
On dit aussi dans im sens à peu prés sem-
blablcj Commelire les tirmcs, la réputation
des aimes du Prince, commettre la fortune de
l'État j pour dire. Exposer mol à propos les
armes du Priuce, exposer la fortune de l'Iltai
au hasard.
On dit, Commettre deux personnes Vune
avec l'autre, pour dire. Les mettre dans le Cis
de se bnmillcr ensemble. Il a commis le père
avec le fds. Il a fait des rapports gui ont pense
les commcltre l'un avec l'autre.
On dit aussi. Se commcHre avec qurlqu^nu
pour diie, S'exposer, se mcitrc au hasard d'a-
voîr une aflàire, un de'nitlé avec lui. Vous fe-
rez bien de ne vous pas commettre avec lui,
c'est un homme dangereux.
Co.M.Mis, ISE. participe.
On dit,qu't/n homme a ses causes commises
nue lîeguctcs du Palais. auxHeguètes de l'Ilô-
fel , fir. pour dire, qu'Eu certaines occasions il
.1 droit d'y plai.lcr en première instance, et d'y
attirer les procès qu'on lui auroit intentés en
d'.'iutrcs Juridictions. Les Commensaux de la
Maison du Roi, les Quarante de l'Académie
rranroie^ont leurs catv^es commises aux Rc~
guctes du Palais^ aux Reguètes de l'Hôtel.
COMMINATOIRE, alj. des 2 genres. Ternie
■Jk Pratique, qui se dit d'L'n acte dans lequel
on a inséré un*-* clause , cunleitant quelque me-
Fia«-e en cas de contr.ivenlion. Clunse commi-
.u'oire. Jugement , 5en|t>ncc commiMdfoiVc.
Pc (ïïe comminuîoii-c. Cela nat on*; commina-
loire.
CO'MMIS. s. m. Celui qui est chargé par un
lutre de quelque emploi, de cpjelquc fonction
Jiint il doit lui rendre conqite. Il ne se dit
;ufTC que He ceux qui sont employés de cette
sorte, ou chex les Secrétain's d'Etal, ou dans
les Einanres, ou dans quelque (îrcfle. C ommis
du Tiêsor Royal. Un Commi*' des Aides. Vn
Commis des Gabelles. Le premier Commis d'un
Secrétaire d'Ltat. Il a plusieurs Commis tous
lui. Il est Commis itun tel, chez un tel. PrC'
mter Commis des Finances,
CU.MMIiE. s. f. Terme qui n'est duiage
COM
a6()
qu'(n mutiire féodale. On dit. Fief tombé en
commise, pour dire, Un Fief que le Seigneur a
droit de réunir, faute de devoirs rendus par le
vassal.
COMMISÉ:RA'nON.s.f. Pitié, miséricorde,
sentlmena de compassion. Cela excita une
grande commisération dans toute V Assemblée.
COMMISSAIRE, s. m. Celui qui ett commis
par le Prince, ou par une autre Puissance )éj;i-
time, pour exercer une foncti<Mi , une Juridic-^
lion, que sans cela il n'auroit pas droit d'exerci r.
Les Juges ordinaires lui étoient simpects, il a
demandé des Commissaires au Roi. Le Roi a
donné, a nommé des Commissaires pour exa-
miner, pour juger. Commissaires du Roi aux
Ltats de Languedoc, aux Etats de Bretagne,
Le Commissaire du P.oi proposa à l'Assemblée....
Des Commissaires furent nommés pour régler
les limites. Donner des Commissaires à un cri-
minel d'Etat pour lui faire son procès. Le Par^
lement a nommé des Commissaires pour ins-
truire l'affaire sur les lieux. Il a nommé tels et
tels Conseillers pour Commissaires. Le Parle-
ment a nommée a député un Commissaire pour
ouir les Parties. Commissaire en cette partie,
Commi.':saire député. Commissaire nommé pour
se transporter sur les Hcilt. Commissaire dé-
parti dans une telle Province,
Dans les Parlemcns, on appelle Commis-
f^airc de la Cour ^ Vn (Commissaire du Parle-
ment, ou de quelque auirfi Cour supérieure.
Le procès a été vu par la Commissaires de lu
Cour, ■' nVt plu f]uestion gue de le rapporter
à la Chambre.
Travailler de grands Commissaires, se dit
Lorsqu'un certain nombre de Conseilleis avec
le Président travaillent exUaordinaircmcnt dans
le Palais m^nie. h l'examen, à la discussion
dune aflaire; et TravaiUer de petits Commis-
saires, se dit. Lorsque c'est chez le Président
que lesConsi iilers s'assemblent pour travailler.
On dit , quX' ne afftire a été jugée de grands
Commissaires, et qu'cïïc a été vue de ^petits
Commissaires
Ou appelle encore Commissaire, Celui qui est
établi par autorité de Justice pour gouverner,
pour ré^tr des biens saisis ou mis eu sét{ueslre.
Il a été ordonné gue les biens en giiestion se-
roieiit régis par Commissairei: L'Iiuîssier , le
Serqcnt établi C ommissaire au régime des biem
saisis par Justice.
Co.MMissAinE aux Saisies réelfes. Officier qui
est commis pour avoir soin des biens saisis réel-
lement.
COMMissAinE au C'i«/lc/i'(, ou simplement
Commissaire. OtHcicr de Police, qui a soin de
faire observer par les Bourgeois de Paris les
Rf^iemens et les Ordonnances de la Pohce.
Faire sa plainte, porter sa plainte devant un
Commissaire, devant le Commissaire. Il a ele
assigné de Vordonnance du Commissaire. Le
Commissaire a mis le scellé. Envoyer gucrir le
Comuiissaire du guartier.
CuM»i5SAinE des Guerrtê. Officier prrpo&c
pour avoir soin de la police des troupck dans U
marclic, leur foire faire la montre et ïcc l'aifn
270 COM
paver. Il Ml Commissaire des Guerres (?iiris iin'i?
Ici département. Acheter une CharQC de Com-
missaire des Guerres.
CoMMHSAinE des Vivres. Officier pnîposé ou
commis pour avoir soin dis vivres d'unt anuce,
ou d'une place de pucrre.
CoiiMissAiBE d\-lrtiUerie. Officier commis
pour servir dans l'Arlill. rie, et pour avoir soin
de tout ce qui eu regarde l'alicrail et l'tqui-
pagc.
Commissaire de Munne. Ofticier prcposi!
pour avoir soin de ce qui concerne les vaisseaux
c: les "altas, et pour passer en revue les Offi-
ciers et les mmpes de la Marine. Conirnis.^dire
de lu Marine du J'onunf. Comniissnire de lu
Marine du Levant. Commissaire général. Com-
missaire ordonnateur.
CoMsnssAinE nénéi-al de la Cdi'iiieric. Olli-
cicr principal qui commande la Cavalerie légère
sous l'aulorjté du Colonel Général, et du Mes-
tre de Camp Général, ou en leur absence; et
on appelle sou Kéaimi lit Le Commissabe Gé-
nérât
CoM.MissAinE des Pauvres. Celui qui dans
UM paroisse recueille la taxe qu'on y a faite
pour les [uiuvres.
COMMISSION, s. f. Fait, action, cliose
conmiise. lùicescns il n'est j^uére d'usage qu'en
cette plu asc , J'eclie de commission. On l'oppose
à p(:rhé d'omission.
11 signifie aussi, Charge (pi 'on donne .\ quel-
qu'un de faire quelque chose. Cwnmisi^ion ho-
norable, agréable, diljicile, pénible, lâcheuse.
Donner commission à (jueUju'un de faire (jucl-
mte chose , lui donner une conimiss'.on , le char-
ger de ijuehjiie comniiision. Faire une commis-
sion. Exécuter une commission. S'acijuitter de
sa commission. Outrepasser sa commission.
Les Ambassadeurs ayant exposé leur commis-
sion. Il a reçu commission d'aller en tel lieu.
Révoquer une commission. Elle a commission
d'acheter les plus belles étoffas.
On dit d'I'ne personne, que C'c<( elle ijui
fait toutes les commissions de luPioi'ince.pour
dire, que C'est A elle qu'on s'adresse do toute
la Province pour toutes sories d'impleises. On
dit dans ce même sens : On lui envoie plusieurs
commissions et point d'argent. Donnez vos
commissions à gui vous voudrez. Je ne veux
plus me mêler de vos cojnmissions. Elle est tou-
jours chez les .Marcl.ands pour guclgue com-
mission, etc. En tontes ces sortes de phr.rscs .
Commission se prend toujours pour Charge d'a-
cheter.
On dit d'Un laquais, qu'il fait bien les coni
missions gu''on lui donne, qu'il fait fort bien
des commissions, pour dire, qu'il fait hien les
message» dont on le cjiarge; et qu'il est allé en
commission, pour dire, qu'il est allé faire une
commission dont on l'a chargé.
CoMMissioS , se prend aussi pour Un Man-
dement du l*rinc«, ou une Ordonnance du Ma-
gistrat, ou de quel(|ue autre personne ayant
aulurilc de commettre , de dépuler. Commission
rerbale. Commission par écrit. Il a obtenu une
fcmmission du Roi adressante à Expédier
COM
fine commission. Sceller une commission. Sa
commission j?orte (jue,.. Il exerce cette charge
en rertii de la commission qu'il en a obtenue^
en vertu de sa commission, par commission.
Ohlenir commission d'un Ju(je. Il demcndoit
par sa reijuête commission pour injoi-mer. Le
Parlement a décerné commissliut. La commis'
sion s^adressc eux Juges des lieux. Faire en-
registrer tine ccmmisiicn. Il a reçu une com-
mission de son Supi'ticur^ dz son CâiCrai
Qiumd ils furent assemhlé.i^ il leur exposa la
ten'Atr de su commi^ision. Délivrer des com-
missions pour la levée des tailles. Délivrer des
commissions pour lever des troupes. Expédier
den commissions pour de nouvelles levées. Il ti
commission de Colonel. Comittission de Colo-
nel réforme.
Il se prend nussi [intir Un emploi «ju'o:!
exerce , comme y ayant clé commis pour un
temps; t-l alors il s'oppose à Office, Chargi*.
Ce n'est pas une charge j ce n'est qu'une corn
mission , qu'une simple commission. ïl a la
commission généi-ale des vivres en Flandre.
L'ne commission dans les Aides ^ dans les Ga-
belles, Il est allé en commission. On Va en-
voyé en ct)minission. Le temps de sa commission
expire hientét. Il est hors de sa commiision. /i
est de retour de sa commission. Il a une com-
mission qui ne vaut pas grand^ chose. C^estune
commission fort lucrative. Révoquer une com-
mission. Oïl lui a continué sa commission. On
l'a continué dans sa commission.
f:0MMISS10>'NAlKi:.s.m.Ceiui(ruicstc!iar
gc d'une comTr'ssionpom quelque p.-.rlicn lier. Il
n'est {:;ïn"'re d'usîiîjc qu'en mnlitre dciii!i;<ic(' ; et
il se dit princip.'ilemcntd'Un cnrrespODfliintqui
s'est cliar^i; de laciiat ou du dchil de quelques
ninrcljiindiscs. Ces Marchands-là (ïenni'nt un
Commissionnaire datis les principales Villee.
On appelle aussi Commissionnaires^ Des
gens qu'on prend au coin des rues pour faire
des mcssai;es.
COMMISSURE, s. f. Terme didactique, qui
se dit Ou jioint {l'union de quelques parties du
corqis luunain, La commissure des ucrfs optt
ques. La commissure des lèvres.
COMMITTIMUS. s. m. Lettres de Commit-
timus. ( Mot I.alin qui sif^nifie, Sous commet-
tons. ) Ternie de Clicinrcllerie. On appelle ;iin>i
Des Lettres de Cliancellei le, par lesquelles les
rausrs qu'on a, tant en demandant qu'en dé-
fondant, sont commises en première instance
aux Requêtes du Palais ou aux Reijuêlcs de
l'H-Jtel.
On îippelle CommiKinuiS du grand Sceau,
Les I.elires qu'on obtient pour les causes qtu
sont Lors du ressort du Parlement de Paris; et
C'onimi((im«.s du petit Sceau., Celles (pii m:
«ont valaldes que dans IVtenduc d'un Parle-
ment. Des Lettres de Committimus. Faire ex-
pédier ^ faire signijier un Committimus. Il fit
renvoyer la cause en vertu de son Committi-
mus. F.voqncr une cause en vertu (J'um Com-
miltimus. Tous les Commensaux de la Maison
du Roi ont droit de Committimus.
On appelle auKsi C*inxm>ttimus^ I.o droil de
COM
Commi(i;mi!S. On a die depuis peu le Commit-
timus à plusieurs Communautés.
GOMMIITITUR. s. m. Terme de formule,
qui se dit d'Une Ordonnance du Conseil , pimr
commellrc un Rapporteur. Mettre une iie-
guête au Conseil pour avoir un Committilur.
Monsieur le Chancelier a mis le Commlttitur
sur la Requête.
On appelle Requête de Commlttitur, La
Requête p;ir laquell*; on demande qu'un Rap-
porteur soit commis.
COMMOOAT.s. m. Terme (le Jurisprudence.
Pièt gratuit d'une cliose qu'il faut rendre en
nature ^[)r.!:s un certain tcmp.s,
COMMODE, adj. des 2 g. Qui est aisé,
propre, convenable, dont l'usage esl utile et
r.icile. Iltthit commode. Maison conimode. Cette
voitu-e est fort commode. C'est une chose bien
commode que de Une telle sorte dha}>tt
est commode pour le chaud, pour le froid.
Cela est commode pour la ville ^ pour la cuiïv
pagne. Commode dans la chambre^ dans le lit.
Commode à ceux qui monleiit à cheval ^ à un
homme qui
On dit fignrôment qu't/u homme est fort
commode dana la société ,, commode à Vivre,
pour dire, qu'il est d une société douce etaiséc,
d"un lion commerce. On dit dans le même sens,
qu'/Iti l'humeur commode, Vesprit commode.
Co:mmode s'emploie aussi porir Trop indul-
gent, trop facile. Ainsi on dit d'Un niarï i(Mi
ferme les yeux sur -la mauvaise conduite de sa
femme, que ("V-t un mari co'vmvde. et dX'ua
Ftmnin qui donne trop de Klicrlé îi sa fille, fjue
C^est nue mère commode.
CoMMonE.en matière de Morale, veut diii;
quelquefois Rel.'iclic. Avoir imc dévotion corn*
mode. Vue morale commode.
On dit proverbialement qu'Cnc chose est
commode comme une chdmhrehasset pour dire ,
qu'Elle est à portée.
On appelle aussi Commode , Une ^^►•cc
d'armoire faite en bureau, où l'on serre du
linge et des habiu:. £d ce seQS il est eubstaiiur
féminin.
On dit au.ssi substantivement qu't/ïic/ènrrnc
c:I la commode d'une tmlre.pour dire, q'i'LlIc
est sa complaisante; et cela ne se dit qu'en fuit
de g ilunteiie.
COMMODÉMENT, adv. Avec commoililti,
d'une mauivrc commode. Etre loge commodé-
ment. Etre vêtu commodément. Vous pouvez
faire cela commodément.
COIvniODlTK. s. f. Chose commode, état,
situation commode, moyeu rommode. Un c.ir-
rosse est une grande commodité , d'une grande
commodité. Les dégagemcns font toute la com-
modité d^une maison. Il y a bien des commo-
dités dans cette mai:on-là. C'est un petit a}'-
partentent où f^un a toutes ses commodités. On
ne sauroit trop acheter sa commodité. Prendi^
ses commodités. Se mettre à sa commodité.
CoM.MOoiT^;, se dit aussi d'UnC voiture cla-
hlic pour aller d'un lieu en un autre. Prendre
la commodité du Messager, du coche, du bw
[eau. AvezvouMitîe commodité pour aller là?
COM
îl se liii .Missi en géiicr:! De tout moyen qui
fariiile (lurlijue chose. Je me sers de la com-
modité (juc m'ojj'ic le départ de Monsieur un
ici t pour
On dit proverbialement, On n'a pas toufes
tes commodités en ce monde.
On (lit encore d'Un lionune qui ] rend ses
lises dt-s qu'il en trouve roccusion, qu'il prend
t*s commodités où il les trouve.
On appelle Chaise de comtnodilé j fautcml
de commodité ^ Une grande cliiiise à bras, bien
garnie, dont le dos est un peu renversé ^ et ou
l'o:! est fort ù son aise.
Coii^iODiTii, signiûc aussi Le temps propre,
l'occasion, li faut prendre la commodilé des
9ens. Prenez votre commodité. Faites cela à
votre commodité.
Il se prend aussi pour I n proximité des lieux
où l'on peut aller. La commodité de Veau, du
hois , de l'l:qlise, de la promenade.
On appelle Commodités , Les aisances, la
privés d'une maison.
CO:\niOIION. s. ï. Terme de Médecinr.
Êhranlenicnl violent au-dcdans da corp.s, cau.sti
par une chute, ou par quelque coup. Il y a ù
craindre que ce coup^ (pie celte chute n'ait fait
commotion au cerveau. Il tomba de fort hnut^
ce qui lui djusa une curiiniufiuii qcnétale dans
tout le corfys.
Il i.c dit aussi De l'agilation excilcc dans le:*
esprits. Cetk' /loiii'ei/e, cet événement causa une
ffraiide cvnmolion parmi le peuple.
r.t)M\U'{\R. T. 1. KiIinnrîtT. Il nV-^t cn."rr
d U5ar;e quVn cette phrase, Commuer la peine.
Il obtint des Lettres du Prince., qui com-
piuoient lapcine des galères en celle du bannis-
tement,
CosiMrr, i^E. participe.
COMIML'N, UNK. ndj. Dans l'acception h
plus f»i'*ncr.ilf, il se dit Des choses à quoi tout
V monde participe, ou a droit de participer; et
r'cst dans ce sens qu'on dit, que Le ^'oleil,
i'rtir, Us élêmens sont communs. La lumicn
est commune à tous les hommes. Dans nnc ac-
ception itiniiis clenduCf il se dît Des clioses
doîil l'usajc appartient a plusieurs. Un puits
commun. L'ne cour commune. Passaqc, esca-
lier, cf.emin commun. Cela est commun à (oui
le Bourq, commun aux deux mai.<ûns.
CoMMi s , se dit aussi Oe ce qui est propre ù
dincrcnsnuiels; et c'est dans ce sens qu'on dit,
qufl Le boire et le manger sont communs à
J'^orn.ne et aux bétes. La vie végétative est
commune aux animaux et aux plantes. Ennemi
commun. Intérêt commun. Pcrtl commun. Celte
douleur, cetle jore, m'est commune avec tous
lei ^eris Je t'en. Entreprendre une cho^e à frais
rt>.iirnitrij. J'ai cela de commun avec lui. Cette
rtjr,ifc-ià n'a rien de commun aver. celle dont
il s\igit.
Ou 0 pp. Ile LîexT communs, en Rhétorirpie,
Tes nomccs g-MiéroUi (|iit iV.urnisseut à lOra-
fiir fcos nr^uuicns cl ses moyens. ^ri.v/o(c a
donné pluiieu'i lieu.T communs pour ccciter la
eompassivttj l'horreur.
Ou a^ipclicau&u Lieux commuai, Des mo-
COM
tiërcs Triviales et rebattues. 2'out son livre est*
rempli de Uetix communs. Ce qu'il y a de meil-
leur dans ce discours^ n'e-sl qu'un lieu commun
sur les Conquérons. S ei- sermons ne sont que des
lieux communs. Employer des lieux communs,
i II recueil de Ueux communs.
On appelle 5e/is conimnn, La faculté par
laquelle le coninmn des hommes )u^e raison-
nablement des choses. Cela est contre le sens
commun. Cela rvpuqnc au sens commun^ îi'a
pas le sens commini. C'est un homme qui n'u
pas le sens commun.
Faire bourse commune, se dit Des Ofliicien
ayant même charge, des associés qui sont en
communauté de profit, des amis qui ont mîi
leur argent ensemble pour leur dépense.
On dit dans le même sens, Faire vic corn-
miine, pour dire. Vivre à frais communs.
On dit aussi. Faire bourse cofniniini:, poui
dire, S'associer dans une affaire, pour la suivre
à frais coimnuns, et en part;iî:;cr les profils.
On dit en style de Not;iirc, Les fiturs époux
seront uns et commnn.-î en biens, pour dire,
iju'll V aura communauté de biens entre euv.
Commun, signifie aussi Céiiérul. Le hvuit
commun. C'est l'opinion commune, La com-
mune façon de parler.
Uo dit. Le droit commun, pour duc, I.l
Loi reçue dans un ttat, l'usage qui y est géné-
ralement établi.
On appelle en termes de Jurisprudence,
Délit commun^ Un délit qui a été commis pai
Tin I''cil('si;:sliqui?, et qui est df la ronipi'-tcncc
du Juj;e Ecclésiastique ; et daus cette acception
il est opposé à Cas privilégié.
Cosuius, signifie aussi Ordinaire, qui se
praliipie ordinairement. L'usage en est for\
commun. H n'y a rien de si commun ^ rien
n'c<t plus commun. C'est une chose bien com'
mune. Cela est commun parmi les getis di
guerre , entre les gens de querre. Commun entri
les bourgeois j parmi les bourgeois.
CoMMUS, se dit aussi par opposition à Dis-
tin::;ué, nohle, et signifie, Vulj^aire, bas. Il a
l'utr commun^ un langage commun j des mn-
tiictes communes.
En pnrlant Des termes ordinaires de la Lan-
t,uc, 0:1 dit, Les mots communs de la Langue,
par opposition aux termes qui ne sont en usjge
qiic dans tes Aiis el dans les Sciences.
CoMStuN, signifie aussi, Qui se trouve aisé-
ment et en abondance. Les bons melons sont
fi>rl communs cette année. Les bons muscats
sont communs en LangnedoCjCn Prt.vencc.Le.1
herbes^ les viandes les plus communes.
Exjtcdicr en forme commune. F.içon de par-
ler prise du style de la DaliTÎc de Uoinr, et qui
signilif , Sans i;ricc , sons n-misc. lille s'emploii^^
li;;urémi'nt en divn-scs p!iras>'s. Ainsi on tlil
d'L'n homnic ^ qui ou a gagne tout son argent
en liès-pcu de temps , qu'Jri Va expédié en
forme commune.
On dit aussi dTn homme mort en peu d-'
temps entre 1rs mnîns de plusieurs mauvais
Médecins, qu'/is Vont expédié en fvrme com-
•tiune. Ccl.t U est qiic du st) le iamiher.
COM
271
COïUfUN, signifie aussi, Qui est de peu de
valeur, et peu csiini.ible dons son espèce. Vti
Mai chand qui n'a que des marchandises com-
munes , ti es- communes , qui n'd rien que de
commun.
U signifie aussi, Qui est médiocre et peu ev
limable daus son gcnie. Il a futl un discours
très'Commun. C'est un Prédicateur /ur( com-
mun, Vn Auteur, un Poète tjés-commun. Une
iru'cndon commune. Des pensée:; communes.
Idée commune. Rien de plus commun.
On dit, qu'Une terre vaut tant de revenu,
année commune, ou communes années, pour
dire, Bon an^ mal an, en compensant les mau-
vaises année» avec les bonnes.
Co^LML'N, est aussi substantif masculin, et
il se dit d'L'ne société entre d' ux ou plusiuar»
personnes. // faut prendre cette dépense sur le
commun. Ils ont mis leur bien en commun. Ils
l'tVi'nt en commun. Ils jouissent de la succes-
sion en commun, jusqu'à ce qu'ils aient fait
leur partage.
On dit, qu'î7n homme vit sur le commun^
Lorsque n'étant pulut dune société, et n'y
ayant contribué en rieu pour sa part, il ne
laisse pas de vivre aux déi>ens de ceux qui en
sont. La même chose se dit aussi d'Un homme
accoulumé à vivre sur le liera et sur le quart.
Lt I oji dit proverbialement, qu'/i n'y a point
d'dnc plus mal bdtc que Idne du commun j
pour dire, que Les pailiciiUers d'une Commu-
nauté songent à leurs aflaues au préjudice de
cillt's de la Communanlé.
Commun, signifie aussi Le plus grand nom-
bre, la plus grande partie. Le commun des
hommes. Le commun des Philosophes.
On dit figurémenl , qu't, ne pa'sonne ou une
clio.e est du commun^ ponr dire, qu'Llle n'est
pas de grand mérite, ni de grand prix. Cela est
du commun. Cet ouvrage n'est pas du commun.
C'est un homnK du commun. Il est hors du
commun. Il passe le commun. Il est au- dessus
du commun. Sa charge le tire du commun.
Dans l'Ortice Ec lésiastjque, on appelle I/C
Commun des Apôties, des Martyrs, des CoH'
Censeurs, des Vieigc\, etc. L'Uflice général des
Ap'jtres, des Martyr?, etc. pour qui lÉglise n'a
point réglé d'OÛSct particulier.
On dit familièrement el îroui'|uemcnt, d'Un
homme médiocre, qu'il est du commun des
martyrs.
Commun 1 se dit aussi Des Domestiques les
moins considérables d'une maison. CVsl du vin
du commun , du vin pour le commun. Le dina'
commun. La table du comtnun. La salle du
commun.
Ou appelle Grand Commun , cher le Roi,
Les Gûtccs destinés h la nooniture de 1j plu-
part des Odicicrs de la Maison du Roi ; et on
appelle Petit Commun, Quelques Ollîces delà-
elles du Grand Conminn pour la nourrituie de
ipi<*l jucj OQicit-rs privilégiés de la Maijon du
UoL
Grand Commun, se dit aussi Du lieu ou ces
Officiept travaillent, et qui est destine jKmr Ilui
tugeniritt. Etre loge au Grand Comuutn.
yji COM
CONTMUNAL, AI,E. adj. Qui est comiïinn
mx habitans d'un ou de plusieurs Villages.
Bic« communal, Propriélé communaU'. Voycï
COMMCHAUX,
COMMUNAUTÉ, s. f. Soriaé de plusieurs
personnes qiii vivent cnsrmlile sous cerlauies
Règles. Une Communauté de Rfhgu'ti-r. Une
Communauté de RcUfficu^cs. VneCommunuuté
dePrétres. l' ne Commun uutc de filles. La Com-
munauté de Saint-Suîpice. Lu Commnnuutê
de Sainte-Agnès. Vivre en Communauté, f.ta-
hlir une Communauté. Être d'une Commu-
nauté. Entrer danx une Communauté, c'csl-li-
dire, dans les Maisons Religieuses ou autres,
où l'on vit en Communauté.
On àh^Dîna' à la Communauté j pour dire.
Dîner au Réfectoire avec les autres.
CoftUvuTNAtTÎ: , se dit aussi De ci rlains Corps
Laïques, qui ont fait une socii-tc pour îcurs in-
térêts communs. La Communauté des Piocu-
reur^. La Communauté des A otawes. ^gtr your
les intérêts de la Communauté.
On appelle aussi Communauté . I,»^ Corps
des liabitans des Villes, Bourj;s et Villages
Toutes ies Communautés de la l'iovincc. On u
taxé à tant ces Communautés. Cette Commu-
nauté est riche, est vauvre., etc.
Communauté, se dit aussi De la socitHe de
biens cntrp deux ou plusieurs personnes. îly a
communauté dt biens entre le mari et la femme.
Ils aont en communaîUè de hiem. Cette femme
a tant apporté à la communauté. Accepter la
comivinaulé. lienoncer à la communauté.
COMJVIU.XAUX. s. m. p(. IMtnrages où les
Iiahitans d'un ou de plusieurs Villages ont droit
d'envoyrr leurs troupeaux. Acs communaux
d'un tel Bourg ^ d'un tel Village.
COMMUINI-:. s. f. Le Corps d(?s Bourgeois
d'une Ville, ou des liahitaus d'un Bourf^, oh
d'un Village. La Commune d'un tel lieu. La
Commune s^emut.La Commune prit les arme.'^.
Il ne faut pas irriter la Commune.
COM>tUNK, se prend aussi poiu' Le iiru où
s'assemblent les habitans. Je vais à la Com-
mune, à la Maison commune, pour afjhire
vressante.
Communes, au pluriel. Ce mot se prend
pour Les peuples des Paroisses de la canq)agne.
Assembler les Commune. Soulever les Com-
munes. VArrêt enjoint aux Communes de lui
courir sus.
Autrefois on apprloit les Milicos Bourgeoises,
et les Milices de la Campagne, Les Communes.
On appelle Chambre des Communes, La
seconde drs deux Clianibres du l'arlemcnl
d Angleterre, qui est conqiosce des Députes des
Comtés et des Villes du Royaume,
Il se dit ausii d'Une certaine étendue de
ictTC , où un ou plusieurs Bourgs ou \ illagcs
ont dro"t d'envoytr leur» bestiaux en pûtnrc.
De grandes communes. Mener paître les trou-
peaux dans les communes. Il a usurpé sur la
commune.
COMMUNÉMENT, adv. Oi^inoircmenl. On
ait communément. Cela se pratinue commune-
COM
Il signifie aussi Généralement. On en parle
communément de la sorte.
On dit aussi, .1 parler communément , rotn-
munément parlant, pour dire, Selon l'opinion
commune , ou selon la fuçoii de parler ordi-
naire.
COMMUNL\NT. s. m. Celui «pii communie.
// y a eu tant de communians à Piiaues dans
une telle Paroisse.
Il signifie aussi, Ceux qui sont capables ^e
communier, en Age de pouvoir conuuniiicr. Il
y a tel nombre de communians dans cette Pa-
roisse.
COMMUMCABLK. adj. des a genres, ^ui
se peut communiquer^ de quoi on peut f.iirc
part. Il est de la nature du bien d^ètre comt..u~
iicable. Le souverain pouvoir n^est point une
chose communicabîe.
On dît, qut Deux rivières sont communica-
hles, Ouand elles peuvent être joiutes par un
eanal.
On dit de même, que Deux appartcmens
sont communicfibleSf pour dire, qu'On peut
faire une romuuniication de l'un h lautre,
COMMUMCATIK, IVK. adj. Qui se com-
munique fdcilcmrnt. En ce sens , il ne se dit
guère qu'en cette plirase, Le bien est de so.
communicatif.
On dit d'Un homme qui se communique ai-
sément, qui fuit part de ses pensées, de ses
ronnoîssauccs, de .'Cs lumitTes, qu'/ï est com-
municatif; et quand il fait le contraire, (,u7/
n'est guère cc-ninianirafi/'.
COMMUNICATION, s. f. Action Ae com-
nmiiiqiier, ou l'clK-'t de celte action. Communi
cation de biens. Communication de maux.
On dit, Donner communication d'une af-
faire à guelqu'un, pour dire. Lu: faire part de
rc qui concerne celte affaire; et de niènie.
Avoir communication d'une ajfuire, d'un traité
U signifie aussi Commerce, familiarité, ei
rorr'ipondance. /Is ont grande communication
rnsemble^ Ils ont, ils entri'ticnucnt communi-
cation de pensées et de sentiment par lettres ou
jiar la conversation, Avo^r ccmmuntcation avec
les ennemis de WAat.Ils ont rompu toute com-
munication. Défendre, interrompre, interdire
la communication , toute communication,
Kn termes de Paliis, Corn»r:Knjcalion au
Parguct, C'est rexpositioii des raisons que les
avocats des Parties font devant les Gens du
noi. Son Avocat allégua telle chose à la com-
munication. Les Cens du PoioutprisyOntreçu,
ont eu communication. Communication dc^
Parties, se dit, Quand h s Parties s'cntre-com-
uuuiiqneiil liurs pic-Ces par original, ou par
copie. // m'a donné son sac en communication.
Je n\ii point eu communication de ses pièces.
<;oMMt MCATiON, se dit aussi Du mo; eu par
lequel deux choses se comniuniquent. Conmi»-
niccilioM d'une chambre , d'un appartement,
d'un ccfpS'.le-logis à l'autre. Porte de commu-
nication. Degré, escalier de communication.
La communication des deux mers. Le Déttoit
de Gibraltar fuit la communication de VOcèan
et de la Médita-raiiée.
COM
On dit en termes do Physique, La commiém
nieation du mouvement.
Dans l'An Militaire, Lignes de cornmiinf-
calioK , sont de certains fosses ou tranchées que
Ton fait, afin que deux quartiers de l'année,
lieux attaques, puissent communiquer cns) m-
ble h couvert, et s'enlre-seeourir.
On dit en ce sens: Pjahlir, rompre une
communication. La communication est rétablie.
Communication, est aussi Une figure de
Rhjtori(jue, par laquelle l'Orateur semble
prendre conseil de son audiloire.
COMMUNIER, v. n. Recevoir le décrément
de rEucharistic. Communier dévotement, di-
gnement. Les Prêtres communient sous les deux
espèces. Communier à Pdgues. Communier
toutes les bonnes Fêtes. Communier à sa Pa-
roisse. Communier à une telle Messe. Cemmu'
îiier de la main de VKvègue, de la main de son
Curé.
U signifie aussi. Administrer le saint Sacre-
ment; et en ce sens il est ac'if. C'est :on Curé
nui Va communié.
Communié, ée. participe. Quia reçu le saint
Sacrement. Il e:;t mort bien conjessc et com'
munie.
COMMUNION, subst. f. Union de plusiruni
personnes dans une mùme fui. La CotniuuniLn
des Fidèles. La Communion de l'Eglise Ro-
maine. La Communion de VKglise Grecgue^
etc. Il est dans la Communion , hors de la Com-
munion de V Eglise. Il s'est séparé, on l'a re-
tranché de la Communion de VEglire. Il n'es»
p.. s de notre Communion,
îl signifie aussi La réception du Corps d6
Notrc-Seigneur JÊsus-Chulst. La Sainte Com-
munion. Aller à la Communion. S'approcher
de la Communi. 'U. Se préparer, se présenter à
la Commun<on. Faire sa première Communion.
Donner la Communion. Faire une bonne Com-
munion. On na pas voulu le recevoir j ï'uJ-
mettre à la Communion.
On appelle aussi Communion, VAnt'.-nuxe,
le Vcrstt que le Chœur chante pendant que le
Prêtre conunnnie.
COMMUNIQUER, v. act. Rendre commun
j I-aiie part de Un corps qui commn-
ni(pic son mouvement à un autre. Le |<-» roni-
munitfue sa chaleur. Le Soleil communigue sa
lumière à toute la terre.
Ondilfigurcm., Communiguer ses lumières,
SCS pensées , ses desseins à guelgu''un , pour dire ,
Lui faire part de ses lumières, de ses pensées,
de ses desseins : et dans le m^me «eus on dit,
Comtv.unigucr sa joie, sa douleur. On dit au.ssi
<!ans la même accep ion : Dieu nous commu-
ninuc ses grdces. Dieu communigue ses grÛcet
à gui il lui plaît.
Dans toutes ces acceptions , Communiguer
se met aussi avec le pronom personneL Le
niomrmcnt d'un corps se communigue à un
autre. La chaleur du feu se communigue aux
corps cHvironn<ins. Une maladie gui se com-
munigue aisément. Certains maux se conimi*-
niguent en ycu de temps. La joie cl la douleur
se communiquent peu à peu^
COM
CoMMUsiQUEn , signifie aussi, Donner com-
muiiicition de quelque chose. Commun i(^uer.
i« affii»-cs à nn am\. il ne m'en a riVn corn-
munit^uê.Jc Un ai communiqué mon intention,
mon secn't. On [nia commun itfué les titres. Les
Amhassadems se communiquèrent rcspective-
mcKt Iru/'j pom'oirs. Communiquer les pièces
iVun procès. Communiquer une prrduction. Kn
ce sens il est aussi neutre. J'ai communiqué d'.
crtte affaire avec lui. H en faut conitnunittucr
À un homme intelliçjent. H a fait cela sans en
communiquer à personne. Le Rapporteur eu
communiquera avec les Commissaires. On en a
communiqué aux Cens du Rd.
CoMML'NrQUKn , «signifie encore, Avoir com-
merce el rolaUon. Kn ce sens i! se dit nlisoUi-
loenl. Communiquer avec les Savitns. Conwiu-
nitjuer avec les ennemis.
Il se mcl aus,si d-ins ce sens , avec le pronoiu
personnel, et si^nilie, Se rendre (amilier.eutrtT
facilement en discours et en conversation avec
«juelqu'un. C'est un îwn Prince qui se commu.
nique aUément, Les Princes d'Orient se com-
muniquent rarement à leurs sujets. Vous voui
communiquez trop. Il ne faut pas st commu-
niquer à tout le monde.
On dit, que Deu-r appaitemens , deiu: cham^
hresy etc. se communiquent par un corridor,
par une qaïeric, etc.
On dit aussi, 'qu'l/ne chambre communiqw
à Vautre. Cn ce sens il e^l neitre.
Co>niLî*iQUÈ, ÈK. participe.
COMMirrATIF, IVE. adj. Il n'est d'usa-c
ffu'en cciie plimse. Justice commulattve ^ qui
te dit iJe la Jusiice -jui regarde le coranieice,
el ou il s'agît de l'éclLin^e d'une cliosecontii
une autre, cn rendant autant qu'on reçoit. L.t
JuMice ccminutative difftre cn ouclque choiC
de la Justice dislrihutive.
COM.MUTAïlON. suhsL fcm. Clian^cnicnr.
Il n'eu eu us;ige que d.ins cette phrusc, qui sd
dit en matière criinin'^lle , Commutation de
peine.
COMP.-VCrrÉ. 8. f. Terme didarlique. Qua-
fild de ce qui est compacte. Il n'y a point de
€ompacité absoluCy toute matière étant poreu>c.
COMPACriC. adj. des 2 gf'nres. Terme di-
dackicpi^. Qui est comlensé , dont les parliez
■onl fort serrées. Corps compacte. Substance
compacte. Les métaux les plus compactes sont
iet plus pesons,
COMPAGNE, s. f. Fille ou femme qui a
qttelque liuison d'amilie, de familiarité, avec
i»ie autre fille ou femme de même condition ^
ou qui UTl avec elle dnns la même m:iison et
dans le méntc cniploL C'icre cof?ipaiinc. Fidilc
compagne. C'est sa companne.
CosiPA.iHE, K dit aussi d'L'nc femme mariée
par rippjft à son mari. Il e>t à plaindre, ii a
perdu sa comparine. Dam les Leitres laleules ,
W Koi rtp|H'lle lu Heine sa fcnunc, -Votre tns.
cticre Epou: e et Compaqne.
Co>rPA.;?(E, w dit oa-^M drt Tourterelles. On
dit que La TourU relie cjèrnil quand elle a perdu
sa eomptinnc.
Co.vrAC9£ , se dit Qususi fi^uix'uicnt Dos
Time /,
C O M
cîios^s. La nièiilocnîé, companne du vepos. Les
infjrmitèsy companncs de la vieillesst,
COMPAGNIE, s. f. Assemblée de plusieurs
personnes qui sont cn conversation , ou en
quelque espèce de société et de liaison. Bonne
compaqnie. il/aiiv'iiise compaqnic. Aimer la
conipaqnie. Recevoir compaqnie ^hez soi. Voir
t'Onne, r^auvaise compagnie. Saluer la com-
pagnie. Compagnie d'hommes. Compagnie dt
femmes. Sa maison est le rendez- vous de h
bonne compagnie. Donner entrée à quchpt''un
dali une compaqnie. Il fut bien reçu lui el so
cor.ipagnie. H csl aimable en compagnie. Il est
honne ctunpugnic^ il est de bonne compagnie,
;l a le ton d^ lu bonne compagnie.
On dit proverbialement, H vaut viicu.v être
U'ul qu'en mauvaise compagnie. On dit aussi,
fi n'y a si bonne compagnie qui ne se sépare.
On dit aussi De quelqu'un que l'on voit ra-
rement, ou qu'on r*çoit avec quelque ccrcino-
aie. Il est compagnie. Vous me tn.itcz conunc
]i j'étois compagnie.
Ou dit aussi d'Un subalterne trop familier,
ju'/l se croit compagnie.
CoMi'AdNiE, se dit encore De deux pcr-
lonnes qui sont ensemble. Tenir compaqnie.
faire compagnie à quelqu'un. Ils vinrent de
compagnie. A'oris irons là de compagnie.
On dit qu'f/u homme est eu compagnie.,
pour dire, qu'il est occupé avec quelques pei^
;onnes, el qu'il y a du monde avec lui.
Ou dit figur. Faus-^sr compagnie à quel
fu'un, pour dire. Quitle- une conipngnie où
1 on éioit eiig..^'*', uu nianqier à s'j trr»u<7cr
junnd ou la prom'.;. li leur faussa compagnie.
CoMPAtiSiE, se dit aussi d'Une société de
llaioliands ou de gens d'affaires. Former, faire
une Compaqnie. La Compagnie des Indes.
On upiielle lièglc de Compagnie, Une régie
d'Ariilimélique dont on se sert pour partnger
!e gain ou la perte des Associés, suivant 1 inté-
rêt qu'ils y ont.
Compagnie, se dit aussi d'Un Corps ou d'une
Assemblée de personnes étnllies pour de cer-
Jaines fonctions, et principalement d'un Corp^
de Magistrats. Les Compagnies supérieures ,
toiii'craines. Le Roi a mandé les Comp.ignies.
Les Compagnies ont harangué leRoi^ont reçu
les ordres du Roi. Auguste., cé/efcre, puissante,
illustre Compagnie. Il a eu tous les suffrages
de la Compagnie. On mit cn délibération dans
la Compagnie. La Compagnie ordonna que
CoMPAGME, se dit aussi d'Un nombre de
gens de guerre sous un Capitaine. Compagnie
de getts de piedy ou d^Injanterie. Compaqnie
de Cavalerie. Compagnie des Gardes duCorps.
Compagnie de Chcvau- léga's. Compagnie de
Gendarmes. Compagnie d'Ordonnance. Com-
pagnie de Carabiniers ^ de DiagonSj de Fusi-
iers. Réqinient de tant de Compagnies. La
Compaqnie Colonelle d'un Régiment d'Infan-
terie. Compagnie dans un vieu.z Corps. Com-
pagnie de nouvelle levée^ de Grenadiers^ de
-Milice. Com^juj^riic conip/é(f , bien entretenue.
Compagnie /</r(e, foible^ délabrée^ en mauvais
ordre. Lever, mettie sur pied une Compagnie.
COM t;7,
Commander ure Compagnie. Casser, ïicenc'er
•irie Compaqnie. La lete , la queue de la Coro-
pagnic. Compaqnie de Cavalerie bien montée.
Capitaine d'une Compagnie.
En ce sens on dit, 'i'endrc une Compagnit' ,
pour dire, Se démettre eu faveur d'un autre.
pour une telle somme, du droit qu'on a suà-
une Compagnie de *ens de guerre que l'ou
commande. Et on dit dans la même acception *
Acleter une Compagnie. Il a l'cntiii sa (^olr^-
pagnie. Il s'est défait de sa Compagnie, Ache-
ter une Compagnie aux Gardes.
On appelle Compagnie franche, Une Com-
p.i;;nie qui n'est incorporée dans aucun Kégi-
nicut.
Vn dit, Une compagnie de perdrix, ou de
perdieaux, de faisandeaux, pour dire, Une
I)ande de perdrix, etc.
Kn termes de Chasse, on appelle Rêtes df
compagnie, Les sanglifrs jusqu'à l'.'ige de deux
ou trois ans. El on dit, (pi /îi ont quitté les com-
pagnies, Quand ils commencent îx aller seuls.
On dit proverbialement et par plaisnnterïe,
qu'L'n liomme est bètc de compagnie, pour
:lire, qu'il aime la société, et qu'il se laisse fa-
tJlement mener où l'on veut. Il fera ce q le
vous voudrez, il est bâte de compagnie.
On dit, v^votp la compagnie d'une femme,
pour dire, En avoir la jouissance.
COMPAGNON, s. m. Camarade , atsccic ,
jui est joint avec quelqu'un. Cher, fidèle, an-
fien compagnon. C^est son compagnon. Li
compaqnon d'un tel. Compagnon d'école^ d --
uir7ej de fortune. Compagnon tToifice. Un Re»
\iqieur qui sort avec son compaqion. On lui a
donné un tel pour ccmpaqnon. Il n'a pas he.-
soin de compaqnon. Jouer à qui trompera son
compagnon. Avoir un fâcheux compagnon.
On dit proverbi.'ilcment , Qui a compaqnon
a maître; el cela se dit De toutes les personnes
rpii vivent ensemble en sociL-té, et principale-
ment d'un mari et dune fcnuue.
On appcloit autrefois Conipfiqrioux d^ainnes,
LesClievaliers qui avoient fait ensemble amilie
particulière, avec protestation de ne S- quitter
jamais.
Ou dit de même, Travailler à dépêche coni-
paqnon , pour dire, Travailler vite et négli-
gemment, ne cherclier qu'à finir, sans 8C mettre
eu peine de la perfection de l'ouvrage. Voi«
avez travaillé à dépêche compagnon. On dit
aussi, C'est un ouvrage fat à dipche com-
paqnon.
C.OMPAGWO:*, signifie aussi f'.gol. CVft nn
homme qui ne peut soujfrir ni compagnon ni
maltie. Traita- de pair à compagnon.
Il signifie encore Gaillard, drôle, éveillé.
C'est un compagnon, un bon compai^non. Il
fait le bon compagnon. Et cn dit,Ffliie U
compagnon ., pour dire, Faire l'entendu.
On lit fjmilirremeril d'Un soldat, qu7l «il
qentil compagnon, que cVd u'i ^cnfil corn"
jaqnon, un hardi compagnon, pour dire,
qu'il est liomnic d'exécution et déterminé.
On diviu»i familièrcmenl d'Un homme qai
est cap.ibledcfiiire de mauvais tour», que C'iil
33
r^yi C O M
un âanqtreux compujnoii. C est un comyti-
On dit aussi familièrement il Un Ii.unnie qui
«■st pauvre €t de bas lieu, que C'est nu f^ctil
contpannon. Il a fait une (jrande fortune, de
petit contpannon qu'il étoit.
CoMPAr.NON, «ignilie encore Un gnrçon qui
a fait sou oppreulissngc en quel<inc nictier ,
mais qui n'est p.is pissc mailrc, et qui travaille
pour un nuire. Compagnon Tiiilleur. Compa-
gnon Cordonnier. Il était compagnon chez un
tel Maître. Compagnon dans une telle bouligue.
Ce Tailleur avait tant de compagnons. Il paye
ses compagnons au mois, à la semaine. I.oucr
ait compagnons. ,
COMPAfiNONACiE. s. m. Le temps qu'un
jeune homme, après son apprenlis^age, tra-
vaille ciie/. un Maitre, avant de pouvoir aspirer
à la maîtrise,
Compagnosagk. Sorte de sociéti; entre d<->
compagnons de métier.
COMl'AK.VliLi:. aJj. des 2 g. Qui .se peut
comparer, qui peut être mis eu comparaison.
lin liomnic comparable nux plus grands
hommes de V anli^ju.té. Y a-til rien de com-
parable à cela?
On dit qu'i/nc close n'est pas comparnblt
nvee une autre, pour dire, qu'Elles sont de na-
ture absoliiroenl dilTérentc. L'esprit n'est pas
comparable avec la matière, etc.
COMP.4R VISON, s. f. Discours par lequel
on mor;jue la ressemblance qu'il y a entre deux
rUoscs, entre diux pirsoniies. Comparaison des
Hommes illustres, Grecs et liomams.
On di: quTne cJiose est sans comparaison ,
hors de comparaison , pour dire, qti'Jille est
exceilcnle et snns pareille.
5aiis (-ompiiniisoii, se dit rncon; par civi-
lité et par resp'Ct , Iors<iu'oll marque le ra])port
que deujt personnes d une condilion fort dis-
piopoilionnce ont en quelque cijosc. Il a jtiit
sans comparaison comme le italet de la Comédie.
On dit proverbialement, que Toute ror/i/>a-
raisoii est odieuse, pour mar.juer, qu'il est
dangertui de comparer deux personnes en-
semble, parce que l'une des imi pourroit s'en
offenser.
Ou dit aussi piovcrbial., que Toute conipn-
raison cloche, pour dire, qu'il n'y a point de
comparaison qui soit pirfaite en tout.
On dit encore : Trci'e de comparaison. Point
de comparaison , s'il vous plait. Il ne faut pas
faire de comparaison avec plus grand ipie soi,
pour dire, qu'Un inférieur i e doit pas traiter
de piir ti compagnon avec ceux qui sont au-
dessus de lui.
On dit, Kji comparaison , jiour dire. ,\ii
prix, à l'égard. Ce nc^tiju'un ignorant en com-
paraison d'un tel. Cela n'est pas cher en com-
paraison de ce gii'on le paye ailleurs.
On dit aas.si adveibi.il , Par comparai-an .
pour dire, Ku égard, par rapport. La plupart
des choses ne sont bonnes ou mauvaises tpie par
comparaison. Cel* n'est blanc (juc par com-
nuratton à une autre c' ose gui n'est pas si
blanclie.
CoMPAnAisON, signiGc iitisM SimilituiHe, et
ne dît De celte figure dont les Orateurs et les
Poètes se servent, eu comparant une chose ou
une personne à qucUjue autre, pour n(>j>ortcr
de la clarté oii de rornement h leur sujet. Belle
comparaison. Riche comparaison. Jl y a de
belles comparai:=ioni datis Homère. H est abon-
dant, il abonde, H est heureux en comparai-
sons. Cette comparaison at jm^te, est bien
prise. Cette comparaison fait «;ic belle imaqe,
elle vient bien au sujet, etc. Il a tiré, il a pris
s.a compiiraison des mouches à miel ^ du lion,
etc. Toute devine doit pouvoir se réduire en
comparaison, n^st proprement qu\ine com-
paraison,
GoMPAnAisos, signifie aussi Le parallèle
qu'on fuit de deux personnes ou de deux
ciio5Cs, pour en examiner les ressemblances cl
l.^s dificrcncns. Pour faire une juste comparai-
son de ces deu.r Auteurs, il faui. considérer en
quoi ils se ressemblent, et en ^ici ils dilprcnt.
Filtre onipjraisor. de deux personnes ,ou entre
deux personnes. Vaire comparaison d'uns
chose avec une autre. Ne faites point entrer cet
homme-là en comparaison avec un si qran(\
personnune. Mettre une chose en comparaison
avec une autre. Il n'y a point de comparaison
d'un tel à un tel, ou d'un tel avec un tel, ou
entre un tel et un tel, d\ine telle ehu.-ic à une
telle autre. ■
On appelle Comparaison d'écritures, La
confrontation tju'on Tait de deux écritures l'une
avec l'autre, pour juger si clies sont de même
main. ICt I on appelle l'iùccs ae comparaison
Des pièces reconnues, qu'on rapporte pour Ic!
confronter avec d'autres qui sont contestées.
COMPAKANT, AN'n:,adj. tiré du verbe
Comparoir. Terme de Pratique, pour signi-
fier, Qui comparoit devant un Juge, dcvani
un Notaire , etc. Tels et teis comparons en leiiri
personnes. Ladite Dame comparante par son
Procureur.
COMPARATIF, IVI'.. adj. Quand on le fail
précéder de l'aiticle, il devient su!)Stautif.
Comme adjectif, il s'iqiplique h toutes les
choses et à toutes les personnes qu'on peut
r?nprorlier et mettre eu parallèle. Tableau
comparatif des richesses des nattons. Les força
comparatives des armées ennemies. Les noms
comparatifs des Langues. Adverbe comparatif
Lorsque précédé de l'article il devient subs-
tantif, c'est un terme de Grammaire.
LcsGramninirieus ont observéqu'on parloit
des choses cl des personnes, ou sans les rap-
procher, ou en les compnrflnl, ou en les plaçant
au dernier de^ré, soit de supériorité, soit d'in-
fériorité.
De ces ivo's points de vue, iU ont fjit trois
degrôs, qu'ils ont appelés, le premier, I^e Po-
sitif ; le second , Le Comparatif ; ic troisième ,
i e Superlatif.
Le Comparatif est le degré întcrmédiair.;
entre le l'ositif et le Superlatif .
Plus, moiMt, (iul<iM( , pw, meilleur, «ont hs
mots qui expriment le degré ronqi^irutit. Plus
1 qrand^ moins (jrand, plus fort^ moins jorL
COM
Ces expressions du Comparatif se mettent
devant les adverbes comme devant les adjectif».
Plus heureusement , moins heureusement.
Quelquefois le degré de la qualité, et la na-
ture de la qualité, sont exprimés par un ccul
mot : Meilleur, pire; mieux^ pis. On n'eu con-
noit guère d'autres exemples.
COMPARATIVEMENT, adv. Par compa-
raison à qutlque chose. ïl n'a d'emploi que
dans le Didacliquc. Ces choses-là ne sont bonnes
ou mauvaises (^ue comparativement.
COMPARER, v. a. Examiner le rapport
qu'il y a entre une chose et une autre, enirc
une personne et une autre. Comparer X^îrcfili
et îlo.uvre, Virqile à Homère^ Vinjile avec
Homère. Quand vous aurez comparé ces Au"
tcurs, vous y b'ouvercz une fîi^é/eiice infinie.
On ne sauroil comparer la liqne et la surfuce.
GoMPAREr. , signifie aussi Égaler. Il n'y a
point d'Eqîise quon puisse comparer à Saint'
Pierre de Rome, Osez-vous bien voua comparer
l'i un si qrand Jiomme?
CoMPAKEiï, signifie aussi. Marquer les rap-
ports de ressemblance entre des choses on drs
personnes qui sont de nature ou d espèce dilTc-
rente. Hotnère compare Oiomcde au milieu des
TroyenSj à un lion au milieu d'une bcrqerie.
On compare les conquérans à des lorrens im-
pétueux.
On dit en termes de Pratijuc, Comparer fî«
icritures , pour dire. Les confronter, et exa-
miner si elles sont de même main.
Co.iiPAnn, ÉE. participe.
COMPARutR. v. n. Terme de Palais, qui
n'csi guère d'usage que dans ces phrases : hjre
assiijné à comparoir • recevoir une assiqnation
à comparoir, pour dire, Être assigné a «e pré-
senter en Justice,
COMPAROÎTRE. v. n. Paroitre devant un
Ju;^e, se prcsenier en Justice. Cotnparoitre de-
vant le Tribunal de Dieu. ComparoUre en Ju-
gement, en Justice. ComparoUre en persotine^
personnellement. Comparoître par Procureur. Il
Il été assigné à comparoître par -devant teU
Juges. H n'a point comparu.
COMPARSE, stdist. f. Entrée des quadrilles
dans un Carrousel.
On applle Comparses au ihé,itre Les pcr-
sonna^^cii muets qui ne servent qu'à fipurrr.
COMP.VHTniENT, sul)st. masc. du verU
Cornparfir.qui n'est plus en usage. Assemblage
de plusieurs fi-un^s disposées avec symétrie.
Des compartimens de margueterie. Les corn-
pn.'lifnens d*un tapis, d'une broderie. Partn-rc
à compartimens. Compartiment de plafond.
11 se dit aussi De certamef dorures à petits
fers, qui se mettent sur le plat ou sur le dos
des livres. Livre doré à compartimens.
COMPARTITEUR. s. m. Terme de PnlnÎB.
Celui des Juj;es qiii a ouvert un avis contraire
i\ celui du Rapporteur, et sur l'avis duquel la
Compagnie s'est partance. Le Rapporteur tl le
Coinprtrtilfur ont été à une tdle Chunthtc,
pour fuirc vida' le partage.
C0M1'.\RUTU).\. s. f. Term« de Palais.
Action de com^iaioir, qui se dit d'Un honmie
COAI
qui se préscutc eu Juslict*. Faire y tleniande]:
ucte de comparution. Cvmyarution pcrsoitncUc
COIVIPAS. s. m. Instrument compose ii«
deux pièces qu'on fipptllf bmnclics ou janibcsi
lesquelles ^laut jointes par une clianiièie au
bout d'eu haut , peuvent s'ouvrir et se rcsseirft
pour mesurer quelque chose, et pour décrira
dea cercles ou des portions de cercle. Compuî
de cuivre^ de fer. Compas à poinl;s d*acicr.
Compas à branches recourhves pour prendre Iii
rnciure des épaisseurs ^ ccll^ d'un (jlobe. Tour-
ner^ ouvrir le compas, Vouvo'turc du compas.
Décrire un cercle, un denu-cercle avec le com-
pas. Mes^trer avec le compas. Tracer^ faire une
f^ure au compas , etc.
Il y a aussi des Compas à trois et ;i quatre
pointes f pour divers usages dans les Matliéma-
tiques.
On appelle Compas de proportion , Un ins-
trument de Matlh-niatique, composé de deu\
règles pluies, jointes par un de» bouts, qui
peuvent s'ouvrir et s«- resserrer, et sur les-
quelles sont marquées des lignes avec des chif-
fras, pour servir à divers usages de Géométrie.
On appelle Compas à va'ge ^ Une longue
règle de bois ou de fer, qui porte deux pou-
pceft, dont chacune a sa pointe, et dont l'une
e«l mobile le long de la règle.
On dit Ggurcment^ Faire toutes choses par
règles et par compas , ou par compas et par
meiwc f pour dire, Avec une grande exacti-
tude, une grande circonspcclion.
On dit eiHore li'^uiéineiu, qu'i-^n homme a
U compas dans l'œilj pour dire, qu'il nirstue
presque aussi juste *i l'ail qu il le pourruil
iliire avec uo compas.
Compas, en terme» de Marine, se dit De b
boussole dont on se sert sur les vaisseaux et sut
les galères; et dans cette acception l'on dit :
Observer le compas. Regarder le compas. Le
vent a fait le tour du compas.
COMP.VSSKMKNT. s. m. Action de cum-
passer, ou l'clVct de cette action.
Il ne se dit guère qu'au lïyurê : Le compas-
semeut de son discours ; le compassement de
ses actions ; et il désigne ordinairement une
régularité froide et aOccLÛe.
COMPASSER. V. a. Mesurer avec le compas.
/I a cractement compassé les deqrésj les dis-
tances dans cette carte.
Il liguiHe plus ordinairement. Bien propor-
tionner une chose, // a bien compassé ses allées.
Cûmpasser un parterre.
On dit on termes de Guerre, Compasser des
[eiLZ, pour dire, Les di«poser de miiiière qu'ils
fosacnt tous leur eflet en mente temj)s.
Un dit figurément, Compasser ses actions,
tes démarches^ pour dire, Ia:s bien régler.
CoMfjCvsK, LL participe.
On dit d Un hunimc, qu'7I est bien corn-
pasx en ses discourt, dans ses actions^ qu'ii est
compasséy e~ctrèmemcnt compasié, pour dire.
qu'il est fort c\ac4 cl furl réglu; et on le dit
le lAii» souvent, |Jour dire, qu'il en exact jus-
qu'^ l'alLctaiion.
COMPASSION. I. f. Pitié, commlaéraiion,
COM
mouvement de l'unie qui nous rend sensU^les
aux maux d'autrui. Avoir compassion de la mi-
sère d\tulrui. Avoir pitié et compassion. Avoir
de qrands senttmens de compassion. Être tou-
ché de compassion. Emouvoir à compcaion,
Eirt ému de compassion. Exciter la compas-
sion. Vêlât où ces pauvres nens-là soûl réduitSy
fait compassion.
Faire compassion^ se dît figurémcnt en par
lant De certaines choses qu'on désapprouve.
i^oilà un raisonnement nnî fait comp.ission.
C&jiue vous dites là fait compassion.
Compatibilité, s. f. se dit Des qualités
qui peuvent se concilier, s'accorder ensemble.
Principalement il se dit en Moi aie, Des carac-
tères et de 1 esprit. // y a une qraude compati-
bililé d humeur entre ces dcu.v personnes. îi
n'y a guère de compatibilité d'esprit entre eux.
Il s'emploie le plus souvent avec la négative.
Co-MPATiBiUTÉ, se dit aussi en parlant De
Charges et de Bénéfices; et il se dit pour mar-
ijuer que deux Ciiargcs , deux Bénéfices sont
li'une nature à pouvoir être possédés eu même
temps par la même personne. On a juqé la
compatibilité de ces deux Charges. H n^y a
pas de compatibilité dans ces deux Bénéfices-là.
On appelle Lettres de compatibilité , Des
Lettres Patentes, par lesquelles If Prince permet
à un homme de posséder en même temps deux
Charges qui ne peuvent pas être exercées par
une même personne. Obtenir des Lettres de
compatibilité.
COMPATIBLE, adj. des 5. genres. Qui peut
compatir avec un autre. Ces deux caractcres ,
ces deux esprits-là ne sont pas compatibles.
Il se dit aussi d'Un Birnéfice qui peut être
possédé avec un autre, et d'une Cliarge qui
peut être exercée avec une autre. Ces deux Bé-
néfices sont compatibles. Une Cure et un Ca
rionical ne sont pas detix Réiiéfices compatibles.
Une Charge de Comptable et une Charge de
la Chambre des Comptes ne sotit pas compa-
tibles,
COMPATIR. V. n. Être touchtî de compas-
sion poiu: les maux d'autrui. Je compatis à
votre douleur y à voti'e affliction.
Il signifie aussi. Souffrir les fautes, les foi-
blcsses de son prochaiu avec indulgence , au
lieu de s'en fâcher. // faut compatir aux infir-
mités de son prochain. Compatir à la foibless'e
humaine.
CoMPATin, se dit aussi Des personnes et des
choses qui conviennent l'une avec l'autre. Ih
ne sont pas d'humeur^ d\ine humeur à compa-
tir aisément easemble. Il est si bizatrc et d'une
si méchante l.umeur, que personne ne peut
compatir avec lui, qu\l ne saurait compatir
avec personne. Pense^^'ous qu* ils puissent coni-
patir ensemble^ L'esprit de Dieu ne peut com-
patir avec celui du monde. Ces deux projets m
peuvent compatir l'un avec Vautre. lin ce sens
il se met plus ordinairement avec la négative.
COMPATISSANT, ANTK. adj. Qui com^
patit, qui prend part aux maux d'autrui.
Ca-ur compatissant , âme compatissante. Jeter
un regard compatissant. Il est fort compatissant
COM 275
COMPATRIOTE, s. des 2 genres. Celui ou
relie qui est de même patrie, de même pays
qu'une autre personne. C'e.<î( mon com^H(rio(f.
Filtre du bien à ses compatriotes. Aima- ses
compatriotes.
COMPKr^DIUM s.m. (Pron.Com^entfi'omc.)
Mot emprui'rà du Latin, qui signifie Abrégé.
Le compendium de la Philosophie.
COMPENSATION, s, f. Estimation par la-
quelle on compense une chose avec une autre.
Ju.yte compensation. Compensation équitable.
Faire compensation. Compensation de dépens,
lient tant par compensation. C'est une maximt
de Droit ,qnecompensiitionn^alicii(juedeli(iuide
àliipiide.Cela doit entrer en compensation de la
perte qu'il a faite. Cela mérite^ cela demande
une compensation.il n'y a pas lieu à compen-
sation. Il lui céda cela en compensation.
COMPENSER. V. a. Foire une estimation
par laquelle une cliosc tienne lieu du prix
d une autre. Il a compensé ce que je lui dévots
iivec ce qu\l me doit. Il faut compenser les dé-
ftens du procès.
Il s*: dit aussi Des choses ou des personnes
dont, le bien et le mal étant mis en balance, le.
mal se trouve répare' par le bien. Ce Fermier a
eu de bonnes et de mauvaises années dans sa
recette t les unes compensent les autres. Le gain
de cette année compense la perte de la précé-
dente. Cet homme a des défauts^ mais il les
compense par ses bonnes qualités. Il a un dé-
faut que rien chez lui ne compeui-e.
Compensé. ÉE. participe. V Arrêt porte dé-
pens compensés.
COMPKRAGE. s. m. Terme qui se dit De îa
relation, de l'allinité qu'il y a entre deux per-
sonnes qui ont tenu ensemble un enfant sur les
fonis de baptême. Ils se voient tous Us jours ^
u)us prétexte de compéraqe.
Il se dit aiLssi De la relation qu'il y a enln^
le parrain ou la marraine d'un enfant, et le
jière ou la mère de l'enfant; et alors celte re-
lation est regardée comme une alliance spiri-
tuelle, qui empêche que le parrain ne puisse ie
marier, sans dispense, avec la mère de l'eu-
tant , ni U marraine avct le père. Ils rie se peu-
vent marier à cause du compéraqe.
(^OMPLKE. s. m. Nom qui se donne par un
lionmie et par une femme à celui qui a tenu
^u^ les fonts quelqu'un de leurs enfans. et ré-
ciproquement par h panain ou par laman-aine
à relui dont ils ont tenu un des enfans; comme
anisi par la marraine Ji celui avec lequel elle a
tenu un enfant C'est mon compère, il a tenu
un de mes enfans. C'est mon compère , j'ai tenu
un de ses enfans. Il est mon a>m|èrc, j'ai tenu
un enfant avec lut.
On dit proverbi;:lement , Tonf se fait par
comjière et par commère, |>our dire, que Tout
se fait par faveur et par rapport aux liaisons
qu'on Q.
On dit famitièrenient d'Un homme , qua
C^est un com/jère, pour dire, que C'est un
homme adroit, fin. qui va ùt tes intéiêts, et
dont on doit se défier.
On ditausïi, que C'est un l'on compère^
35.
a■jC^ COM
pour dire, que C'est un bon compagnon, un
homme de l)onne liunieur et agréable.
CO.MPKTE.MMI-.M. adv. ( On pron. Com-
yilamenl.) D'une maniore eonipctcnte, sudi-
snnimcnt, convenablement. Il est de peu d u-
sage.
COMPÉTENCE, s. f. Le droit qui renj un
Juge compétent. On lui dispute h cumpéteitcc.
Faire juger la compétence. Ccli n'est pas de sa
compétence. Il faut auparamnl juger la com-
pétence.
On dit fijurcmcnt d'L'n homme qui n'est
pas cap.ible de juger d'un ouvrage, d'une nia-
lii.rc, etc. que Cela n'tst pas de sa compé-
tence.
Co-MPÉTESCE, signifie aussi Concurrence h 1 <
même cliose, ou prétention d'ëgalile. Il n'y et
point de compétence entre le Prince et son Su-
jet. Mettre en compétence. Entrer en compé-
tence. Je ne veux, pas qu'on me mette en com-
pétence avec un tel. Je n'entre point en cumps
lence avec lui.
COMPÉTENT, ENTE. adj. ( On prononce
Compétant.) <Jui appartient, qui est du. En ce
sens, c'est un terme de Pratique, et qui n'est
ijuere d'usage qu'en cette phrase, Portion com-
pétente. Le père a donné à chacun de ses en-
fans leur portion compétente.
Il signifie aussi Suflisant. Âge compétent.
Temps compétent pour délibérer.
On appelle Juge compétent, Un Juge qui a
droit de conncître d une telle affaire , de la
jus<;r. il est Juge compétent. Il n'est pas Juge
compétent de cette matière. Il a été déclari
compétent.
On dit lii^urément, qu'Un homme est Jugi
compétent de guelgne c/iove, pour dire, qull
a toute la connoissance qu'il faut pour eu biec
juger.
On appelle aussi Partie compétente. Une
partie capable de contester en Justice. 71 csl
partie compétente en cette ajfnu'e. Vous n'êtes
pas partie compétente.
COiMPKTER. V. n. Terme de Pratique. Ap-
partenir en vertu de certains droits , ou C-lcc
de hi rompi'tciice. Ce gui lui peut compéter cl
appartenir dans la successio'i de son père. Cette
ajpiirc ne comf cic point à tel Tribunal.
CUMPliriTEUK. s. m. Concurrent, celui
qui prétend, qui brigue la mente dignité, la
Blême chaige ou le même emploi que brigue
un autre. Puissant compétiteur. C'est son coiu-
pcliteiir. Ils étaient compétiteurs au Consuhit,
à l'Empire, etc. Il aura bien des compétiteurs.
Dangereux compétiteur.
C0.1IPILATEUU. s. m. Celui qui compile.
Oruiid, habile compilateur. Cet Auteur u'e>t
gu'un simple compilateur.
COIMPILATIOiN. s. f. Recueil , amas de
plusieurs choses mises i:n corps d'ouvrage. Ce
liiTc n'est au une compilation.
COMPILER. V, a. Faire un recueil , un amas
de divcrseô choses qu'on a lues dans le» Au-
teure. Il a compilé ce (tu il a b'ouvé de meil-
leur dans les .lulcurs sur une telle matière, il
(Il a fuit un livre.
COM
Compilé, êe. participe.
CO.AIPITALES. s. f. pi. Kêlts que les Ro-
maÏHS cJIébroieiit en l'iioniicur des Dieux do-
mestiques. Les Compitales se cèlêhroicnt dans
les ciwicfours,
COMPLAIO^ANT, ANTK. adj. Terme de
Pralit|uc. <^>ui se jï-laiut en Justice de quelque
lori qu'il prétend qu'où lui a fait. Il est coni-
plaifjnant. H s'est rendu compïaiqnant. Lu
partie complaiqnanle.
Il s'emploie aussi nu substantif. Le corn-
jiliiqnant. Les complaiqnans. La complai-
qnanle.
CO.MPLAINTK. s. f. Plainte. Terme de Pra-
tique, dont on se sert principalement en ma-
tière Béiïéïîclale. îl est trouble an posse.<soive
de non Bénéfice^ et il en a fi-nné sa conijîainte.
Elle demandeur en complainte.
Complaintes, au pîuiicl , se dit quelque-
fois pour Lamentations. Il fait de grandes
complaintes sur Ics^malheurs des temps. A quoi
servent toutes ces complaintes? li est du style
familier.
COMPLAlIlE. V. n. S'accommo^ler, se con-
former au sentiment, au goût, à rhumeur de
quelqu'un pour lui plaire, acquiescer c'i ce qu'il
souhaite. Je veux bien vous complaire en cela.
Ce (jue j'en fais, n^est purement (juc pour Un
complaire.
Ou dit, Se complaire^ pour dire, Se plaire,
se délecter en soi-même, en ses productions,
en SCS ouvrages, j mettre sa satisfacTiou, son
plaisir. Il se complaît en lui-même. Il se com-
plaît en sa personne. Il se complaît dans tv-n
ics oitvraqt's,, dans tout ce qu'il fait.
COMPLAÏSAAIMEIVT. adv. Avec complai-
sance. Il e!^t entré complaisamment dans mei
vues. Il m'a écouté complaisamment.
COMPLAISANCK. s. f. Douceur et facilitd
de caractère, qui fait qu'on se conforme, qu'on
acquiesce aux sentimens , aux volont(*s d'au-
trui. La complaisance doit êtîx réciproque.
Avoir une complaisance /jonnêfe, une complai-
sance raisonnable. Il fout avoir de la complai-
sance , beaucoup de complaisance. Ayez cette
complaisance-là pour lui. Il n'a de complai-
fiance pour personne. Sa complaisance le rentl
fort aimable. Il ne f ut point avoir de basse,
de Idche complaisance j de complaisance a-imi-
nelle. Avoir une complaisance aveufjle pour
quchpi\in , une coniplaisancc fade.
On dit, qu'(7n homme se rcfjarde avec com-
plaisance , qu'il a une qrande complaisance
pour tout ce qu'il fait, pour dire, qu'il a beau-
coup d'amour-propre.
Complaisances, nu pluriel , dans les termes
de l'Ecriture, signifie qu' Iquefois Amour, af-
fetlion, cl dans ce .sens Dieu dit, qu'/l a mis
loiifes ses complaisances en son FUs, pour dire,
que Son Eils est l'ohjel de son amour.
Co:«PLAisAvcES, au pluriel, se prend nu*;si
pour L'effet et les marques de la complai-nnrc.
Avoir de qrandes complaisances pour quel-
qu'un.
COMPLALSANT, ANTE. odj. Qui a d<- la
complaisance your les autivs. Un homv:e com-
COM
plai:iant. Un esprit doux el complaisant. Hu-
meur complaisante.
Complaisant, est aussi substantif. ÏCt dans
cette acception l'on dit, qriUn homme n'ûimc
que les complaisans ; et, qu't'n homme est h
complaisant d'un autre, pour dire, qu*ll est
assidu auprès de lui, et qu'il s'attache à lui
plaire dans quelque vue d'intérêt. C*«t le com-
plaisant, un des complaisans d\tn tel, un vil
complaisant. On dit aussi dans le même sens,
qu'(7ne femme est la complaisante d'une autre.
C'est la complaisante, une des complaisantes
rriine ti'lle dame.
COMl*L\yT. 5. m. Plant de vigne com-
posé de plusieurs pièces de terre. Un bon com-
jdant. Ln noiii'Cuit complant. Des vignes de
('on complant.
CO^IPLIC.MENT. s. m. Ce qui s'ajoute îi une
chose pour lui donner sa perfection. On dit en
Théologie, Complément de béatitude, pour ex-
primer Le comble de la béatitude. La rèsurrec-
tivn des corps sera le conipUment de la béatitude
des Saints,
Co:HPLÉME\T,s?dit enCompla])îlite. Lcconv
plément de la somme. Le complément de la dot.
Cn appelle en Géométrie, Com|:îémerit d^un
anejle^ L'exc^-s de C)0 degrés sur cet angle. Le
cowplcment de 3o degrés est 60 denrés. Oii
appelle aussi Compie'îïient d'un angle à 180 dû-
gré.<j L'excédant de 180 degrés sur cet angle.
Le complément à 180 deqies d'uu atigle de lOO
i^cnrés est 80 deqrés.
O^ appelle en Crammaire Complément^ Ce
qui sert h compléter une propo>ilion. Les ad-
verbes sont les complimeiis Je., verbe-: et de»
adjectifs.
COMPLET, tlTE. adj. Entier, nclievé, par-
fait, h quoi il ne manque aucune des partie»
nécessaires. Un habit complet. Couvre complètt.
A'omfcre complet. Victoire complète. Année coni-
plcte el révolue.
Complet, s'emploie aussi qtielquefois subs-
tantivement dans ces phrases : Lccomplct d'un
Régiment. Passer le complet, le non-complet
des troupes.
COMPLETEMENT, s. m. L'action de rendre
complet. Le complètement des hommes de rc
Réqiment. Le complètement des compagnies
luilituires.
COMPLÉrEAIE^T. adv. D'une manière
»jnripl(''te.
COMPLÉTER. T. net. Rendre complet. Conf-
flelt'r un recueil de médailles. Compléter un
Régiment.
Complété, ee. participe.
Co:iIPLE\E. odj. des 2 g. Terme didac-
tique, opposé à Simple. Il signifie, Qui em-
brasse plusieurs a'ioscs. Terme complexe. Idée
comphwe. Proposition complexe.
COMPLEXION. s. f. Tempérament, eons-
tilutionducoips. /ionne, mauvaise com^jlarion.
Robuste, fnhle, délicate, forte eomplcxion,
Compïttn'on me/rt;ifo(i(^iiC.CompIe,rion bilieuse.
Complexion triste, qaie, etc. Cela est contraire^
nuisible ù sa complexion. H le faut traiter se-
lon sa complexioru
COM
Il signifie oussi Humeur, iiiclination. Il eyf
Wc coinjAcvion amoureuse t àe complejcion
triste y fl"'"î.
CU.\U»LKXION>'É, ÉE. adj. Qui est d'un
ceruin lempérajncnt. // esthien complexionnéy
mal comj-lcxiûttné. Il ne vivra pas loutj-tempSy
il (it mal comple^ionné. Ce mot n'est gutre
d'usage que pirmi les Médecins.
CUMPLICATION. s. f. jVsscmblage, con-
cours d(î clioses de difierenlc nature. Il ne se
dit qu'eu parlant De crimes, de maladies, de
mulii^urs- Cet homme a c mmis plusieurs vols
et plusieurs homicides y il y a complication di
crimes. Ce m^daiie a la qcutte et la picrrey il y
a complication de maux. Il a perdu son jlU
et son bien y voilà une grande complication de
malheurs.
COMPLICE, adj. des 2 g. Qui a part au
crime d'un autre. Je ne suis point complice dû
ce crime- iù. On a arrêté plusieurs personnes
aue Von croit complices du même crime.
Il csl aussi substantif. Il a accusé tous set
complices. On lui a donné lu nue^itiori pour lui
faire dire^ déclarer, rét-c/er ses complices. Il a
été condanim- à mort lui et ses complices.
COMPLICITÉ, s. f. Participation au crime
d'un autre. La compiicitè e^f évidente, est
prouvée. La complicité du même crime les avoit
lirfiemcnl Ifs ensenihlcj t^ue....
COMPLUi^. s. f. pi. La dernière partie de
L'Office Divin, laquelle se dilou se chante aprèj
Vêpres. DiVc, c^jnler Compiles. Alla- à Com-
piles.
COMPI.IMF.M'. s. m. Paroles civiles , obli-
geantes, pleines d'affection ou de respect, selon
lesdivi-rscs personnes et les diverses rencontres
Compliment sincère. Compliment a^ectueux.
Compliment de remerciment. Compliment d{
ÙliciiaXion y de condoïciince. Compliment bte.i
froid, bien sec. Ln compliment cm nu -^eiir.
Compliment bien tourné, mal tourné. Compli-
ment hors de saison. Faire compliment à tiueU
au'un. Je lui fis compliment sur le çain de son
procès, sur son mariaqe, sur son retour^ etc. ï\
reçut bien mon compliment. Il ne reçoit point
de compliment là-dessus. H en reçoit les com-
plitnens. Je luijcn ai fait mon ccmpliment. Il
m'a charcc de vous faire ses complimeris. Il lui
rendu son compliment. C^cst un orand faiseur
de complimens. Il est importun avec ses com-
plimens , dans ses complimens. Tout son dis-
cours ne fut que compliment, qu'un simple
eomptiment. Ce n'etoit pas une haranquCf ce
n'elf it quun compliment. Lettre de compliment.
Lettre pUine de complimens. Des complimens
à perle de vue.
iJana le »lyle familier on dit, quX'n corn-
pfimi-n( est 'bien trouisé, p^^ur dire, qu'il es(
couit et hicu toiimt-.
On dit làmititrremcnt» Renqatuer son cwn-
ptimcrl , [»oiir dire , S'abstenir tk le faire parce
qu*n est iiuitiîe no hors de propos. // ren-
^akna ton compliment Renqainez voire com-
pliment,
CoMrLiNETtT. se dit d'Co discours snlennel
«dresse à une personne rrv; tue d'autorité. Ton-
COM
tes les Compagnies ailétent faire complimeni
au Gouverneur.
Compliment, se dit quelcpiefois à contre-sens;
et étant joint avec quelque épithèlc odieuse, il
se prend pour Cu discours fâcheux cl désobli-
geant. Vous lui avez fait là un mauvais com-
pliment Voilà un fâcheuse compliment. Il
m'est venu faire un étranqe compliment, un sot
compliment.
Dans le discours familier, pour obliger qunl-
qxi'un h vivre nvcc meins de c^'rémonic, on dit:
JSe faisons point de complimens. Laissons l.
les complimens, trêve de complimeuSy sanscon:-
plimcnt, s'il vous plait, point de compliment.
Sans comvlintenl, se dit au.ssi , pour d'.re .
franchement, ouverlcmcnt , sons détour. Je
lui dis sans compliment, quil fillcit qu^il en
passât par-là. Voulez -vous que je parle sans
ccmpliment, sans tant de complimens? Jevous
dis sans compliment, que votre ouvrage est
bon , fort bon.
Comi'li-mest", est c^uelqucfois opposé h l'in-
tention réelle, aux promesses effectives. Il vous
fait des offres de .service, c'est pur compliment.
CO^IPLLMKNTAIUli. subst m. iSom qu'on
donne dans une société marcbanrie à celui des
Associes sous le nom dtique) se fout toutes les
oper.ilions de commerce.
(X)MPLI.ME>TEU. v. a. Faire complimeni,
faire d»'s complimens. Complimenter quelqu'un.
Comme il passoit par une telle Ville, le J/n-
qistrat alla le complimenta: On lenvoya com-
plimenter un tel Prince. On le complimenta dt
la part de
On l'emploie aussi absolument. Cerf (ro;i
comr h'menfer. xYe perdons point le temps à
comj limcntcr. Il est toujours une heure à uni
porte à complimenter,
CoMPL'MENTÉ, EE. participe.
COMPI.IMKNTKL'H, EUSE. adj. Qui fait
trop de complimens. C'est un grand complu
menfenp,
COMPLIQUÉ, ÉE. adj. H se dit propr«iiien(
d'Cno mabdie dans laquelle il y a diverses es*
pjces de maladies mêlées ensemble. C'est uni
maladie compliquées une fèvre compliquée. Cl
sont des maux bien comphriués.
On dit d'Une machi.ie qui n'est pas simpl-v
qu'/J/e e:t trop compliquée, que les rouages en
sont trop compliqués.
On dit que Le sujet d une pièce est bien com-
pliqué, trop compliqué, pour dire , qu'il n't st pas
assez simple, qu'il cmbr.issc trop d'événcmens.
On dit aussi, Une alUiire compliquée , pouf
dire. Une affaire .■w^-lée avec d'autres ou em-
brouillée en ellc-m*mc. Il y a du criminel et
du civil dans cette affaire, elle est f>rl compli-
que. Plusicws crime% compliqués. VaiVi.iie n^'
s'cMtcnJ pas, elle est trop compliquée.
COMPLOT, s. m. Mauvais dessein formé
entre deux ou plusieurs personnes. Complot
pernicieux. DangereiLX , détestable complot.
Kardi complot. Faire un complot^ ou filtre
complot. Ils aixtient fait complot de le prendre,
àe le tuer, etc. Us étaient de complmt avec un
(«L Leut- compLl a tté découvctt
COM 277
COMPLOTER, verbe a. Faire un complot,
conspirer. Ils ont comploté sa perte. Ils ont
comploté sa mort. Ih complotèrent sa ruine.
Ils avoient comploté de le roler.
U s'emploie souvent absolument et sans ré*
Simc. Ils avoient comploté ememhle. Ils ont
comploté entre eux. Il complota avec «a tel.
Comploté, ée. participe.
COMPONCTION, subst. f. Douleur, regret
d'.ivoir ollùnsé Dieu. Grande componction.
Véritable componction. Une vive componction
de ses fautes. La componction de cœur est né-
cessaire pour la véritable pénitence. Vemander
à Dieu la componction du cœur. Avoir de
qronds senlimeris de componction,
COMPONKNDii. s. f. On appelle airsi La
composition qui se fait sur les droits dus à \ù
(.uuv de Rome, quand on vent obtenir quel-
que dispense, ou Ils provisions de quelque Bii-
iiéricc. VOjjicier de la Componende.
COMPORTEMENT, s. m. Manière d*agir,
de vivre, de se compcrî-îr. Il n'est pas bien r»-
glé dans tous ses compoj temens. l\ vieillit.
COMPORTER. V. act. Permettre . souffrir.
La médiocrité de son revenu ne comporte pae
la dépense qu^il fait.
Il est aussi neutre. La dignité du Magistrat
ne comporte pas qu^H s'abaisse jusque-là. Le
caractère d'/inibassadeur ne comporte pas qu'il
en use autrement. Le Heu ne comporte pas quM
i'j l'OMS entretienne davantage. L'occasion ne
comj ortoit pas tant d'étalage. Le sujet ne comr
pcfl'ïotf pas tant d'ornemens.
C«-.Mi>onitn, se met aussi avec le piOiV-ni
personnel, et signifie, Se, conduire et en user
d une cert'iine manit:re. Il s'e.it bien comporta
Il s'er.t mal comporté dans cette a^aîre, dans
cette umlrussade. Il s^est comporté en bon ami,
en homme de bien dans les choses que je lui ai
coiijiées. Il faut espérer qu'il se comportera
mieux à V avenir.
Ou se sert aussi du root Comporter, en
termes de Pratique , pour marquer L'ctal am-jotil
rst un héiitai^e, une miison, etc. Je lui ai
vendit cette terre, cette mnison, aijisi qu^elU s€
wc'iirsmt et cnmpcrts.
CoMromÉ, ÉF. participe.
(COMPOSÉ, s. masc. Un tout formé de pliv
sieurs choses ou de plusieurs parties. LViomma
considéré physiquement, est un composé de
corps et d'âme. Le corps humain est un com-
posé de diff'rcntes parties. Le Gouvirvement
d\1nghterre est un composé de J^onarchie et
de République.
Composé, en Chimie, est Un corps formé
par l'union des mixtes. La tlénaque est un
compofé de plusieurs drogues.
COMPoSI-R. V. a. Former, faire un toutd«
l'asseraltlagc de plusieurs pr^rties. Dieu a rom-
posé l'homme d'un corps et iCune âme. Toutes
les pièces qui cnm'onent cette machine. Les
Arothicaires et les Chimistes composent leurs
remèdes de jlusieurs droques mêlées ensemble.
Les Fidèles sous un même Chef composttit
l'£f^li-ie. Le Sénat et le PeUfMe camrosoîent la
République Romaine. L'assemblée des Etats du
27» COM
Royaume «t composée du Clergé ^ de la No
blesse y et du Tiers-Etat.
Composer , sif^nifie aussi , Faire quelque ou
vnige d'esprit. Composer un livre. Composer
des vers. Composer un Panégyrt'pie. On dil
abiolument, // compose^ pour dire, Il travaille
à quelque ouvriige d'esnrit. // compose avec
soin. Il compose avec né(jliijcnce. H compose
bien. Il compose mal.
On dit en plaisantant et par mépris,- d'Un
homme qui s amuse à de vaines imaginations
et il des rêveries creuses, qu'/l compose des
Almanachs.
On dit aussi, que T^es Ecoliers composent,
pour dire, qu'ils travaillent h leur llirnie, qu'ils
travaillent au suicl qui leur a étc donn<i. Les
êcûiiers qui composent pow les places , (jui
eomposent pour les prix. Composer en j rose, en
verSf en grec.
Composer, en Musique, signifie, Fairr
quelque air, quelque chant, soit qu'on ne fasse
que le sujet, soit qu'on fasse le sujet avec les
parties. Composer un air. Composer sur la
basse. Composer un chœur. Composer une chu-
conne^ une sarabande.
Composer sur le Clavecin^ sur le 'fuorhe,
signifie, Se servir du Clavecin, du Tuorbe
pour composer en Musique.
Co-mi'Oseu, en termes d'Imprimerie, c'est
Assem,!jler les caractères pour en former des
mot3, des lignes et des pafj;cs , suivant la
eopie. Com/.'û.^er un mot^ une ligne, une page.
IjQ feuille u'cit que composée, elle n^est pas
tirée.
On dit, 5e; composer, compaer sa mine,
son geste^ sa contenance , son visage, ses ac^
(ions, etc. pour dire, Concerter sa mine, son
geste, accommoder sa mine, son geste, etc. h
l'état où l'on veut paroitre. Prenez garde à
vous composer lorsque vous serez devant les
Juges. Composez vos gestes, vos regards. l\
faut savoir se composer selou le temps, selon
les lieux.
Composer, est aussi v. neutre, cl signifie,
S'accommoder , s'accorder sur quelque difli;-
renl, en traiter h l'amlatle. Composer avec ses
créanciers. Composer d'une somme qui est due.
Composer de ses mlérèls, de ses droits, de ses
prétentions. Vous me devez tant , composons.
Composons en.^emhle. Composons à iumiablc.
On ne compose point avec sa conscience , avec
les principes.
Co.vyosEn, signifie aussi, Capituler, conve-
nir que 1 on se rendra , que Ion rendra une
pince sous de certaines conditions. Le Gouver-
neur se pressa trop de composer, de demander
ii composer. Les ennemis ne voulurent jamais
composer qu^à condition que, elc. En ce sens
oa dit plus ordinairement Capituler.
CoMPOsi, ÉE. participe.
On dil, qu.*Un mol est composé j pour dire,
qu'il est formé de deux ou de plusieurs mots
jninls cuscmlile. Ainsi Passe-temps, justaucorps^
ïtint des mots comi)oscs.
Compose, en termes de Botanique, con-
\'ieiit AUX ilrtii^f, avx feuilles, aux tiges et aux
COM
racines. A l'égard des fleurs, on appelle Fleurs
'■'^mpo-'^ees, Celles qui sont formées par l'assem-
hlac;e de plusieurs fleurons, ou demi-fleurons,
ou des deiLX e»:s*'mble. Une jcuilie composée est
formée par plusieurs folioles attachées à un
filet commun. Les tiges et les racines compo-
sées Sont divisées en plusieurs brandies ou ra-
dicules.
On dit d'Une machine, pour le mouve-
ment et pour l'exécution de laquelle il fanl
beaucoup de pièces dillùrent^vs , t^u'LUe e.sl
amposée , fort composte.
lit l'on appelle eu Mécanique, Mouvement
composé, Celui qui rusulte de plusieurs aulrcj
mouvemens.
On dit qn Un homme est composé, qnil ol
f'rt composé , pour dire , qu'il a, ou qu'il
aâucte d'avoir un air grave , un air sérieux
et modeste. Cet homme est toujours guindé ,
toujours composé. Toutes ses démarches, tuutei
ses actions sont composées. Il a l'air extrême-
ment sérieux et composé.
On dit dans le même sens, Un visage com-
posé, un maintien composé.
Eu termes de Philosophie, on appelle 5ens
composé , Le sens qui résulte de tous les ter-
mes d'une proposition pris selou la liaison
qu'ils ont ensemble; et on l'appelle ainsi par
opposition k Sens divisé, qui se dit d'Une pro-
position dont on prend scparénK^nt les termes.
Ainsi quand on dit, que Ce qui se meut ne peut
pas èlre en repos, cette proposition est vraie
lans le sens composé , parce qu'une même
chose ne peut pas se mou\ oir et t*tve en repoi
en même temps ; mais ell.* est fausse dans le
stns divisé, parce qu'une chose qui se meut a
pu être en repos auparavant, et y peut étrfl
ensuite.
COMPOSITE, adi. des ?. genres. Terme d* Ar-
chitecture, qui se dit de l'Un des cinq Ordres
d'Ai( h. lecture , ainsi nommé , parce qu'il esi
roniposé du Corinthien et de l'Ionique. Ordre
composite. Chapiteau composite. On appelle
aussi Ordre composite, Tout Ordre qui est
composé de plusieurs Ordres , soit Dorique .
Corinthien ou Ionique; et dans ce sens on dil
pireillemcnt : Un chapiteau composite. Une
hase, une corniche composite.
Il s'emploie aussi au substantif. Le compo-
site se met au-dessus du Corinl/iien. Le chapi-
teau du composite. Le composite participe du
Corinthien et de VIoniqiie.
GOMPUSITKUK. s. m. Celui qui compose
en Musique. Un bon compositeur. C\'st un sa-
vant compositeur, un habile compo.^iteur.
On appelle en Jurisprudenci', Amiable com-
positeur. Celui qui terniinf un diflcrent entre
des Parties à des conditions équitables, et qui
i>c sont pas dans la rigueur de la Justice.
On appelle eu ternies d'iiiiprimerie. Com-
positeur, Celui qui assemble , qui arrange les
cariclèrcs ]:our en former des mots, des ligiii's
et des pages.
COMPOSITION, s. f. Action de composer
quehpie chose. Être occupé à la composition
d'une machine, d'un ouvrage , etc.
COM
r II so prend aussi pour l'Ouvrage même qui
résulte de cette action de composer, j)0ur l'as-
semblage de plusieurs parties qui ne femt qu'un
tout. La composition du corps humain est ad-
mirable. Les ressorts qui entrent dans la com-
position d'une machins. Toutes les parties qui
entrent dans la composition du corps humai'i.
Composition, en termes d'Imprimerie, Ar-
rangement des caractères pour en Cjrmer des
mots, des lignes et des pages.
Il se dit aussi Du mélange et de l'incorpora-
tion de certaines drogues. C'e( Iputhicaiie en-
tend bien ht composition des remèdes. Il enbe
telles et telles diogues dans la composition d'un
tel remède. Ce pkirfum est d'une excellente
Composition.
On appelle Composition, Certaines piép.nrn-
tions pour imiter certaines choses , connue
Pierreries, perles, or ou argent.
CoMPOsiTiow, en Grammaire . se dît De la
ioncliou de certains mots, qui en change ou en
modifie la signification, comme. Chef-d'œuvre,
Crève-cœur, Gentilhomme, etc.
Composition, se prend aussi pour L'action
de composer un ouvrage d'esprit. Cet auteur
est occupé à la composition d'un nouvel ou-
vrage. Cela lui est échappe dans la chaleur de
la composition. Cela est d'une composition pé-
nible et dilJicHe. Il nous a montré une pièce de
sa composition. Un Musicien qui chanle une
pièce de sa composition.
11 se dit encore Des ouvrages, des produc-
lions d'esprit. Une belle, une savante composi-
tipn.
On appelle aitssi Composition, I.e ihèmt
que fait un écolier sur le sujet qui luiest donné
par son régent. Une composition sans faute.
Une composition pleine de solécismes. Compo-
■ itioii peur les pLices, pour les prix.
GoMPOsrnoN, sii;nifîe aussi, L'ait d'unir les
différentes parties de la Musique, suivant los
règles. // ne chante pas, mais il sait bien la
composition. Il excelle dans la compusitiou.
Entendre bien la composition. Apprendre la
composition. Pour bien accompagner^ il faut
tavoir la composition.
En termes de Peinture, on appelle La corn-
punition d'un tableau, L'art et la manière dont
un Peintre traite scn sujet dans im tableau. Un
tableau d'une savaite composition. La compo-
sition e,i est belle.
CoMi'osrnos, signifie encore, Aceommode-
mcDt, dors lequel l'une des dtux Parties, ou
toutei les deux ensemble, se rel.ichent dune
partie de leurs prcteiitioiis. Pur composition
faite, je lui dois tant, i'emr à composition.
Entrer en composition. Venir à une composi-
tion amiable.
On dit, C'est un homme de comfwsitiim, de
ïionne, de facile composition, pour dire. C'est
un homme d'accommodement, nn hontme a
qui il e^t aisé de faire faire et- que l'on veut ; U
est de dij^icile composition, pour dire, qu'il
se tient trop ferme, qu'il est mid.iisé de lo ré-
duire au point où Ton veut.
On dit d Due fille ou d'une femme qui ac*
COM
cordi' fiicilcment se» faveurs , que C'tsi une
fille lie bonne composition, de facile composi-
tion.
Composition , en termes de Giieirc, signifie
Los convcMlion» que fait une Place qui se rend.
Cetle Place s'ett rendue par composition. Le»
articles d^ la composition portent rjue.... Com-
position honorable. Composition av,inlarjcu>e.
iîccei'o/r à composition. On emploie [ilus oïdi-
■lairemcnt Capitulation.
COMPOSTEUR, s. ni. Terme d'Impriraerie.
Instrument sur lequel le Compositeur arrange
les lettres.
CO.MPOTE. s. f. Kspi-rc de confiture qu'on
feit avec du fruit et peu de sucre , et qui csl
moins mile que les confitures qui se font poni
être gardées. Une compote de poires, de pom-
mes, d'abricots, de cerises, etc. Une co-npoK
Iiien faite.
Il se dit aussi d'Une certaine manière d'ac-
eonimoder des pigeons. Unecompotedepigcons.
Mettre des piqeonncaiu: en compote.
On dit proverbialement et Iwssemcnt, /'t'oi'
les yeux, la tète à la compote, en conijote^
pour dire, Avoir la tite, les yeux tout meur-
tiis, tout liviJe.<L
On dit d'Une viande trop bouillie, qu'Elli
est en compote.
r.O.MPIlÈllK>'.SlBI.E. adjecL des 2 genres.
Concevable, intelligible, qui peut être com-
pris, conçu, entendu. Il ne s'emploie guérr
qu'avec la nég.ilive. Cela n'est pas compréhen-
sible. L'n raisonnement (jui n'est pas comvrc-
lenùhle. Il n'est pas compréhensible conitiq.
il a fait de dépenses à sa maison.
COMPRÉHESSION. s. f. Faculté de com'
prendre, de concevoir. //voir la compréhension
aisée, facile. Il est de dure compréhension.
Il signifie dans le style didactique , Connois
lance cnli<'re et parfaite. La compréhension de:
Mystères est réseri'ée à l'autre vie.
CompiiP.iiE:isiON , signifie aussi , La tofiliti
des idées rcnfermc.-s sous un nom appcUaliTov
générique.
CO>rpRENDRE. V. a. f 11 se conjugue commi
Prendre. ) Contooir en soi , renfermer en sol
Le nliihe de la terre :oniprend les (juafrc par.
ties du monde. L'Et^t^pe compi'end plusieun
^ands Royaunus. La France comprend plu.
aieurs Pruvi/f-CJ.
Il se dit aussi en parlant Dos choses nmralr.^
La Justice t'n (^énét'al com; rend toutes Id
ferfu'. la Philosophie comprend la Loqiijue.
la Morale, la Physique et la Métaphysique.
Il signifie aussi, Tnirc mention. H a com-
jn-is dans sa quittance tout ce qui lui ctoit d:i.
Jl a tant de irvaiu, sans y comprendre ce qu'il
tire de ses charges. Dans le dénombrement de
su dettes, je n'rafendi pas comprendre celles
qu'il a faites depuis un an, je comprends scu-
lenieiil les plus unrirnnu. Dans tout ce que je
dit là , je ne comprends pas telle et telle chose.
Cuuruc.iunE . daui le scu. Cgaré , C'i.sl
avnir une cinnol sancc exacte de toules Us
idce.i r.-nri.'ruu-rs d.ins uu mot gcueri.juc, dans
un ju^ciucat ou dans uu ruisoDucmcul.
COM
Comphesdue, sij^nifie aussi n.;ui-ciucut , Con-
cevoir. Je comprends fort bien ce (juc vous me
dites. Cela est dilJiclle ù comprendre Vous m
comprenez pas la difficulté de l'a'i'nii-e. Pour
vous bien faire comprendre Vétat de la (jues-
tion. Je ne comprends rien à sa conduite. Je
ne comprends pas comment il peut faircj com-
ment il ose se montrer. Je n'y comprends rien.
On dit d'Un liomme (jiii a une conduite ex-
traordinaire et InziirrCj ou qui ùh do» choses
ijui portt-'ut dans l'esprit qijcltjiic soilc ilVrlon-
nemcnl , de surprise, qu'On ne le comprend
pas. Il tient une conduite si bizane et si con-
traire à ses intêrètSy nue je ne le comprends pas.
Je ne vous comprends pas.
CoMPni-i. isF, participe.
y compris, y on compris. Espèce de fornïntc
dont on se sert, pour dire, Hu y comprenant, j
sans y comprendre, il a dix mille /ivres de re-
venu, y compris les profits de sa charnel non
compris la maison où il loqe,
COMPilESSE. s. f.Liuye en plusieurs dou-
bles, <jUL' les Chirurgiens niellent sur l'ouver-
ture de In veine, ou sur quelque p^irlic IjIcs^c
3u malade. Appli(jucr une compresse. Mettre
une compresse. Serrer la compres.%e, Mouiller
\a compresse.
COMPRESSIBILITÉ. s. f. La qualité d'un
torps qui peut être comj)riinc'.
CO-AIPRESSIBLE. adj. des 2 genres. Ternie
iidactique. Qui peut ^ire comprime. L'air est
lompre.^sihle , Veau ne Test pas.
fXJATPKKSSlON. s. f. Action de comprimer,
ou reflx't qui est produit dans ce qui est cora-
prioié. La compression de l'air.
COMPUIMI^R. V. a. Presser avec violence,
resserrer. On cemptimc Vair dans une nr(jue-
hu^e à vent.
On dit Ggurcment, Comprimer un partie
une faction-, poui' dire, L'empêcher d'éclaterj
d'agir.
Cny.pnTMK, Éi;. participe.
CU.MPRO.MIlTTRE. V. n. (Il se conjugue
comme Mettre.) Consentir uciproquenient par
acij. de se rapporter sur les diflcrcns, les pro-
rès quon a * ns<;inhle, au juf^emeut d'un ou de
plusieurs arbitres. Ils ont compromis de toutes
leurs a ''il ire.', entre les mains d'un tel. Je lui ai
offert de compromettre là'^de&sus, s'il vouloit.
Ils ont compromis ^ur tous les chefs du jrocès.
Il est au:>Ai ;.ctif ; et ou dit, Compromettre
quehpt'un.^ pour dire, Comme:tre quehju'unj
l'exposer à >c trouver dans quelque embarras,
a leccvoir quelijuc chagrin, quelque degoi'ït ,
suit eu se servant de suu nom sans son aveu,
soit rn l'ejaharTassant dans des démêles, dans
des allàircs. y ayez pas peur, je ména(jerai si
bien les choses ^ t^ue je ne vous compromettrai
pas. Il faut prendre tjarde à ne se pas compro-
mettre. Il faut éviter de se compromettre.
On dit à peu prLfl dans le m£'ne sens, Cotn-
promettrc sa dujnttèj son autorité^ sa fortune^
pour dire, Ex[>oser ta dif^iitc, sna autorité, u
fortuno, ù recevnir quelque dccliel , quelque
dimiuulion.
Cuftiinu.Mis, i^E. piiticipe.
COM 279
COAIPROMIS. s. m. Acte par IcniucI deux
personnes promeiient de se rapporter de leurs
difTércns au jugement d'un ou do plusinuis ar-
bitre.s. Faire un compromis^ Passer un comprCH
mis. Dresser, siijner un compromis. Mettre en
compromis. On ne met en compromis que les
affaires douteuses et litigieu.^es. Ce nest pas là
une chose qu'on doive mettre en compromis.
On dil figun'ment, Mettre quelqu'un en
com pt uni'. s avec un autre, pour dire, Le com-i
■tiomellrc.
Et l'on dit aussi fi^urément d ms le m^ma
sens, yiettre la diqnité, Vautcrilc de tniehiuan
I n compromis.
(A OIPiARILITÉ. s. f. ( Le P ne s^" prononce
ni ua:is ce moi ni dans les suivans.) Ubllgatien
1 rendre compte, étal du comptable. La comp-
Uthih'.é de cette charqe est immense. Votre
n.mptahilité n*est pas embarrassante.
COMPTABLE, adj. des a genre». Qui esi
assujetti h rendre compte. Officier comptable.
Les Trésoriers sont comptables. Je ne veux,
point de charge comptable.
<Jn dit au figure, .Yous sommes comptables
à la patrie de nos talens.
On appelle Quittance comptable, V ne quit-
tance eu parchemin, revètuedes formes néces-
saires pour être .'jllouce ù la Ch:im]>rc dc«
Comptes, On donne des quittances coniptahlcs
aux paycu: s des renies.
CiiMPTAOLE , s'empl«>ie aussi substanlivo-
meut. lc^ comptables sont sujets à être rcc/ier-
:/j<'-. r%'*'f ICI hon rnm'i-ftih'.c.
COiMPTANT. adj. m. Il n'est guère d'usnga
qu'eu celle phrase, Argent comptant ^ qui se
dit d'Un argent qui est en espèces, et qu'on
conq>tf' sur-le-champ. Il a tant en argent comp-
tant. Il est riche en argent comptant. Payer
argent comptant.
On dit fi^urémeut d'Une chose promise, et
Ijui ne peut manquer, CV«( de Vargent comp-
tant.
U s'emploie atissi adverbialement, Payer
une somme comptant. Payer comptant.
Dans le style familier, ou dit quelquefois
qu'Un homme a du comp/an(, pour dire, qu'il
est riche en argent comptant; Voilà tout mon
conipi.mt, pour dire, ^'oiU toutceque j'ai d'e»-
pô'ces; Il amassaungros comptant , Une grande
somme en espèces. Eu ce sens, il est substantif.
II l'est encore, en parlant De quelques Bureaux
du Trésor Royal. Ainsi on appelle Petit comp-
tant, Le Bureau ou l'on paye les sommes au-
dcjsous de mille livres; ctC»r(indcomp((jnf , Ijb
Bureau où Ion paye toutes Us sommes au-dca-
SU5 de mille livres.
On dit proverbialement, Payer comptant^
pour dire, Bendre sur-Ic-champ les bons ou ic*
mauvais o'Iices qu'on a reçus. Il s'empluie plus
souvent eu mauvai^^e part lia prélrndu me pi-
(utcr par ce discours- mais je Vai bien payé
comptant.
• COMPFE. 9. m. Calcul, nomlire. 71 sait U
(ompte de ton argent. On a donné à ce sommo-
lier ic linge, la vaisselle par compte ,en compte.
J'ai trouve cent veut dans cesac jc'tit lisotiyie.
aSo
COM
Faire un compte. Venir à compte. Je voui /i- v^
rai voire compte. Sans compte ni mesure.
11 signifie quelquefois Un petit nombre qiit
Ion jette de la main, et qui étant plusieurs
fois réitériî , fait la somme qiie l'on (icmantic. A
coiitptiT aiiatre à quatre , il faut vinijt-ciuq
comptes pour faire cent.
11 signifie aussi Le papier, l'ccrit où l'on a
fait le calcul cl la supputation de ce qu'on a
nia ou qu'on a reçu , nu de tous les deux. Bon
compte. Fidèle compte. Compte exact. Comptt
final I^re de compte. Il lui demande son
compte,. -^es comptes. Qu'il apporte ses comptes.
Dresser un compte. P,endre un compte. Voir,
examiner , recevoir un compte. Revoir un
compte. Ouir un compte. Délialire un compte.
Les débats d'un compte. Oyanl compte. Vali
der un compte. Raison de compte. Cette partit
tst employée dans le compte , a passé dans U
tompte. Passer quelque chose en compte. Pas-
ter à compte. Mettre sur un compte. Se metlc-
vas cela en ligne de compte. Rayez, 6tez cela
de dessus votre compte, lia chargé ses comptes
de cela. Assister au compte. Vérifier un compte.
Mettre les comptes en règle. Le compte est trè.i.
hon. Présenter, ajjirmvr un compte. Être en
compte ouvert. Avoir un compte ouvert avec
quclau^un. Apurer un compte. Il y a erreur (4M
compte. Les articles d'un compte. Il a rendu
compte, rendu ses comptes:. Arrêter un compte.
Allouer ïcj articles d'un compte. Compte de
tuiclle. Compte de l'épargne. Clore un compte.
Le compte e-s( clos. Solder un compte. P.clifiuat
d'un compte. Aposiiller ut» compte. En fin di
corrpte. Arrêté de compte. Finilo du compte.
Papier de compte.
')n dit proverl)ialem(nt , Les bons comptei
font les hons amis.
On dit aus-'.i, A tout hnn compte rerenir ,
pour dire, qu'On est toujours reçu h compter,
il calculer de nouveau.
On dit proverbialement , .'^Zanr^cr à bon
compte, manger toujours à hon compte, hoirt
à hon compte, pour dire, Mander cl boire. sans
ge mettre en peine de ce qu'il en coûtera, ni
qui le paiera.
On dit aussi. Boire, manger, rire, se divcr-
tw à bon compte , pour dire , Sans s'cmljnrrasser
de ce qui se passe, ni de ce qui peut arriver.
Dii'C/'fi.'îse::-Tou.': à hon compte, etc.
On dit, qu't'n homme est dchon compte,
pour dire, qu'il est. fidùle, et qu'il ne trompe
point en comptant.
On dit figurément, Rendre compte, pour
dire, Rapporter ce qu'on a vu, ce qu'on a fait
tn "<ine aflàirc , et en rendre raison. Je vous
rendrai compte de celte affaire. Prènct garde
i telle cliose, car c'ett vous qui m'en rendrea
compte. Il faut rendre compAc à Dieu de toutes
ses actions. Rendre compte de sa conduite, de
son administration. On vint rendre compte au
Oéncral que les ennemis jiarois.wient.
On appelle Compte rond, dans l'usage com-
mun et populaire , Un nombre composa de
dizainrj, de centaines ou de milliers sans frac-
(iut, ûkr, vin^l, trente, son! (2e< comptes romis.
COM
Cent^ deux cents j mille, sont des comptes ronds
Vingt et un n'est jjas un compte rond.
Quand on compte par cspi-ccs, on ap^elL
aussi Compte rond, Vu nombre de ces espùce-
sans fniction. Quatre éciis finit un compte rond
Quatre ccu$ et demi ne font pas un compte rond.
Cinq sous font un compte rond^ cinq sous cl
demi n'en junt pas un.
On dit fîgurénienl, Au compte 3e (juchju'nn,
pour dire, Selon qu'il suppose !a cliose. A votrc
compte y cela seroit ainsi, À ce compte-là ,, je
vois (ju*il h'û pas tort.
On dit, qu'Une chose est sur le compte, au
compte de (quelqu'un, pour dire, que C'(st à
lui à la payer. Les èlojjes q'fun tel prend seront
sur votre compte. La nourriture de ce cheval
est à votre compte. Je prends cela sur mon
compte. C^est pour mon comptt.
On dit, ^lettre une HisfoiVc, un Livre, etc.
sur le compte de (juelqu^un , pour dire, Le donner
pour en être l'Auteur j ei, Mettre une aventure,
faire courir une histoire sur le compte de quel-
qu'un, pour dire, ■Faire cioiic qu'elU; lui e.4
airivce.
On dit aussi figurénirnt , Prendre sur son
compte, jmur dire, Se charger de fiiîre ou d'exé-
cuter qucUpio chose. Ne vous mettez point en
peine de lui faire des excuses, je le prends sur
mon compte. •
On dit fignrf^ment et dans le siylc familier,
d'Un Iiomme h qui il arrive quelque malheur,
comme d'êlre biessé, d être maltraité, ou de
Ciiip (iiuîlnne perte d'aig ni considérjible. qu"//
en a pour son compte, que c^e^t pour son compte.
S'il vous en arrive mal, ce sera pour votre
compte. Il a trouvé des (jens qui jouoient mieiuc
nue lui, et quilui en ont donné pour son compte.
On dit. Faire le compte à un domestique,
pour dire, Lui payer, en le renvoyant, ce qui
lui est du de ses gages; Donner à un ouvrier
son compte, pour dire, Lui payer ce qui lui
est dû; et fijiureni. Donner à quelqu^un son
compte, pour dire, Le traiter d'artion ou de
paroles, comme M le mérite. Il ne se prend
qu*en mauvaise part.
On dit, Faire son compte, pour dire, Se
proposer , s'attendre , espéicr qne , etc. 71
croyait que ses amis l'assister oient , il piisoit
son compte là-dessus. iVc faites pas votre compte
sur les promesses de cet homme-là. tl fait son
compte de partir demain. Ces expressions vieil-
lissent On dit mieux , Il comptait que ses amis
Vas'iisteroicnti ne comptez pas sur les promessel
de Cet homme-là • il compte partir demain.
Ondit, -^voir bon compte, faire hon compte.
pour dire. Avoir h hon marche, faire hon mar-
clié. 7/ a eu cela à hon compte. Ce Banquier
vous fera tenir votre argent à meillcw compte
qu*un autre. Ce marchand vous fera hon compte,
lions fera meilleur compte que qui qne ce
r^it. On dit h peu pr'rs dans le même sens ,
Vivre à hnn compte, pour dire, Vivre ;\ hon
marclié. C'est une Ville oit l'on v^ à hon
Kompte,
( n dit fi;'urêment. Faire son confite, trou-
ver son compte, pour dire, Trouvrt du proCi
COM
et de ravantaje. Il a hien fait son compte âan»
cette recette. Il a hien fait son petit comptt
dans ce traite. Il a froni-e son compte. J\e cho-
quez> pas cet homme-là j ih>us n'y trouverez pas
votre compte.
On dit encore figurément, qu'f7n homme a
son compte, pour dire, qu'il a ce qu'il désire,
ou qu'il est Lieu dans ses alfaire.'»; qu'C'a hommt
sait bien, entend ï>icn son compte, pour dire,
qu'il entend bien ses iulc'réls, eî qu'il est mal-
aise de le surprendre.
On (lit figurément. Faite compte, tenir
comptt di, quelque personne, ou ^e quelque
chuse, pour dire, L'estimer, l'avoir en que!q\ie
considération. 71 n'en fait pas nrand compte. Il
n^en tient pas qrand compte. Il en fait peu dé
compte. Il ne fait, ne tient aucun compte de ce
qu^on lui dit.
On dit dUne femme, qu'£lL ne tient pas
compte d'elle, pour dire, qu'KlIe neglif^e sa
figure, son ajustement. Ou le dit aussi en par-
lant Du peu de soin qu'elle a de sa réputation.
On dit d*Cn homme qui est bien éloigné de
ce qu'il croyoit, de ce qu'il e^péroil, qu'7I est
hien loin de son compte, loin de son compte.
Ou appelle Bois de compte. Le bois qui se
vend à tant de huches par corde.
On appelle faiiiiliètement. Compte borqne,
Vn compte mal fait, qui n'est pas clair. On le
dit aussi par opposition ù Compte rond. ïrcir*
tous, douze sous siv dcnia-s sont un compte
\>ornnc.
Au bout du rtnn/.fe. Façon de j'-irler fatrj
lierc , dont on se sert à \a fin d'un discours,'
d'un raisonnement, et qui signifie, Tout con-
Bidéré, après tout, ^^t* bout du compte, que m' an
peut-il arriver? Ju bout du compte, Hn'est rieit
tel que de faire son devoir,
À compte. Manière de parler abrdg<ïe, poiu-
dîro. qu'On a donné ou reçu quelque choM^sur
lu somme due. lia donné mille francs à compte,
lia reçu c-inn cents francs à compte sur les mi Ht
francs qui lui sent dus.
À'Complt, s'emploie aussi substaulivcmont
dans le môme sens. 71 n'a reçu qu'un a-comptc.
Je lui ai donné deux à~compie. Voilà un hou
à-compte,
Ceiamche nts Comptfs, est Une Cour supc-
lieure, h laquelle tous les Con:p[ables qui ont
manié les deniers du Roi rendent cohipte de la
recette cl de la dépense des sommes qu ils ont
reçues. Président à la Chambre des Comptes.
Maître des Comptes. Correcteur, Auditeur des
Comptes. Cela est passé, vérifié, enregistré à la
Chambre des Comptes. Un atrctde laChamhte
des Comjtcs.
COMPTE-PAS. s. m. Voyez OnoMÈTriE.
COMITER. V. a. Nombrcr, calculer. Comp-
ter de Vargcnt. Comptez combien il y a de pcr-
tonnes là. Compter V heure. Compter les heures.
Compter les vuix. Compter les suffrages. Comp-
ter les soldais. J e les ai comptes un à un.Comyler
jusquà vingt, jusqu'à cent. Compter sur ics
doiqts, par SCS doiijts.
On dit, Compter purmi ses uïeux, pftrmi
ics ancêtres, |>oar dire, Avoir n<; nombrt. oS
C O M
$*s a. eux. de ses .mcêires. Il compte des Rou
parmi ses aïeux. Il compte des Maréiltatix
Ue France et des ConnétMcs parmi ses an-
tétres.
On dit. Compter sur queîfju un, ^our âne.
l'aire fond sur lui, comme sur un liomnif dont
on est iissurv. On Hil dans le m^^mt- sens» Comp-
ter sur ses forces, sur sa jeunesse j sur ses
avandt biens t sur son crédit, sur son savoir. li
ne faut compter sur rien de ce (ju^H promet.
Compter aue vous vous en trou%'erez trèi-hicn.
Il signifie aussi, (Calculer, supputer, venir
;i compte; et alors il se met d'ordinaire abso-
lument. Voyons ce que vous avez reçu, ce (jue
vous avez mis, il faut compter. J'ai compté
avec un tel, je ne lui dois rien. Ce n^est pas le
tout que de compter, i7 jaut payer. Il ne veut
ni compter ni payer. Jl a compté par-devant
un Auditeur des Comptes. Compter de clerc à
itialtre.
Il signifie aussi Rendre compte, el alors il
Mî met avec la prjposition de. J'ai compte de
î.i dépense et de la recette. Il a touché cette
j'jrtie, et en a compté à la Chambre des
Comptes.
Compter par tête, compter par pièce, se dit
iKins les hôlcllrrics cl les autres lieux où l'on
lionne k manger, et o-'i la dépense de bouche
tjuon a faite se r')mple s"!..n le nombre des
personnes qui onl man;;»'*, ou selon \c «ombre
des pifTes qu'on leur a fournies.
On dit provcrbialcnicnl . Compter sans son
hi't^ Qui con^ .te !nns son hôte, compte deux
fois, pour dire, qn'On se trompe quand on
ronipte sans celui qui a intérêt k l'nOaire, on
qu'on espère ou promet une chose qui ne dépend
piu absolument de soi.
On dit d'Un homme tfuî marche lentement,
qa'H compte «cspas,- elon dit , que //on compte
tous les pas de ijuel^u'un, pour dire, qu'On
l'observe de fort prùs.
C«>MiTEB, si^ific aussi. Se proposer. rroLe.
Il compte partir demuin ; autrefois on disoit,
Il compte as partir. Comptez qne vous me trou-
verez toujours prêt à voim servir
Il te prend aussi pour Répuler, estimer; et
■lors il se construit avec la proposition ^jonr.
Il fiut le compter pour mort. Il compte pour
rien iotis les services qu'on lui rend. Il compte
rela pour beaucoup. Il faut compter ce Général
pour dix mille hommr^.
CoMïTK, ÉE. participe. -Vos jours sontcomp-
:és. Marcher à pas comptés.
On dit proverbi'ilenieiit cl fièrement. lire-
^lï comptées^ fc loup les manqe, pour dire, que
«ïuflque soin qu'on prenne de compter, de gar-
der de certaines choses, on ne laisse pas d'être
rxposr h en perrlre une p.irtic.
Oo dit nuui proverhialpuicnt et fu;uréinenl,
Tour comfté, tout rabullu, pour dire. Tout
1 icu consiilcK'.
COMProïK. 5. ta. Sorte de table oii il y a
cominu'iennut un tiroir fermant li clef, et dont
li^a Marrliands se srrvenl , toit pour complrr
laur argent, soït pour le ierrer.
CoMPToiB, se dit aussi Du Oureau gàiûr*'
Tome /.
cox
de Conuuerce d'une nation en Pavs rtrtnigcr
Les llollandois ont plusieurs comptoirs dans
les Indes. Toutes les nations de l'Europe ont des
comptoirs en Asie. Les eomptuirs appaj tien-
nent attx nations, et les factoreries aux 3f«i-
cliands.
rOMinJLSER. V, a. Terme de Pratique.
Prendre communication des Registres d'un
Officier public, en verlu d'Cne Ordonnance
du Jii^e.
CfiMPCLSÉ. FE. participe.
COMPCISOIKF:. s. m. Acte de Justice,
portant ordre ;\ l'Oflicicr public de cooununî-
quer ses Registres. // fiut avoir, obtenir un
compuhoirc. y_
COMPL'T. s. m. Terme de Chronologie. Il
ne s'emploie qu'en parl.int Des supputations
de temps qui ser\ent A rcgler le Calendrier Ec-
clésinstiqnc. Le Comput Kcclèsiastique.
COMPUTISTK. s. m. Celui qui travaille au
Comput , et à la composition du Calendrier.
COMTK. s. m. Celui qui e^l revêtu d une
certaine digniti* au-dessus de celle de Baron.
Le Comtt de Toulouse, de Flandre, etc. Comte
et Pair. Comte du Samt-Empirc. Comte Pala
lin. Les Chanoines (ointes de Lyon. On l'i
fait Cinnte. Couronne de Comte. Il prend ht
qualité de Comte, etc.
On appelle Comïw^e. I.a femme d'un Comte,
ou celle qui par elle-même ou de son chef pos
sèdc un Comté.
CO.MTÏ*!. s. m. Titre d'une Terre, en v^rti
duquel rrlui qui eçt *^'*if,u^nr df^ i> '!"(i:c [nrri
I.i quafite d'^ Oomtft. L, tjomtc Ac Champaqne.
Le Comté d'Artois. Comté -Pairie. Otdlons
est Cos'té-PaiViV ^ette Tare fut érigée en
Conit'.
On le f<iil féminin dans cette phrase , La
Franche-Comté.
CO.N
(.ONCASSER. r. a. Briser et réduire en
petites parties avec le marteau ou le pilon,
quelque matière dure , comme le sucre . le poi-
vre, etc. Concasser du poivre, de îa carnelle.
CoN'CASSÉ, ÉE. pa»"*îcipe. Poivre concafsé.
CONCAVE, adj. des •?. genres. H se dit
d'L'ne snrihce ou d'une circojifércncc courbe,
pris* du c&té qu'elle est capable de contenir
quelque chose. Il *sl oppo«'' 'i convexe. Miroir
concave. Il est lussi substantif. Le roncoi-t'
d'un qlohe.
CONCAMTE. s. f. Cavité, le creux, le con
cave d'un corps. La concavité de ce globe.
Concavité profonde. Les concavités du cer-
veau, du crâne. Les concavités d'une mon-
tagne, d'un rocher. Le§ concavités de la tenc.
CONCÉDER. V. a. Accorder, octroyer. 1!
' ne se dit gut^re que Des fp-âces, droits, privi-
Ii.*ges, etc. qti'un .Souverain accorde h ses sujets.
Le Roi a concédé de grands privilèges à cette
i'itte. Ce droit lui fut concédé par un tel
Prince.
' Co!»cÉDK, ÉE. participe.
' CONCKVm A fïON. sul«i. f. Terme didac
•iquc L'irlioD tie concculrrr, ou l'ciTct dr '■^
CON
28»
qui esl co.xciitrd. La conceniratwn àc la cha-
Iwr.
CosCESTHATioN- , en termes île Chimie , sf
Ht d'Une n|)('i-.]t'on par Inquellc on rapproche
ioui un nioindn' \ ninnir les pailirs d'un corps
fjni dtoient cten<!uos dans un fluide.
COriCENTKER. v. a. Temu- didactique.
Riiinir au centre. Le <jr„H(f p-oid concentre la
i-Ualeur nuturelle.
On dit aussi, i^M rayons du 40,'ril se m .
centrent dans ît foyer d'un miroir ardent.
Oo dit aussi au figuré , Concentrer toute»
«.- affections i.'afis tin leul objet, pour dire,
I.cs rapporter à un objet unique.
OoNCKSTut, ÉE. participe. On appelle en Clii-
r.iÎK, /fcidc concentré. Un acide trts-fort.
On dit, qu'(/?i l.omnic est concentré, coii-
cenfré en lui-même, pour dire, qui] ne se
commiioique point, qu'il ne laisse rien aperce-
voir de ce qui se pas*» dans son .ime.
CO.NCENnïlOfE adi.des 2 genres. Ternie
didactique. Il se dit He divers cercles qui ont
un niera? cenlic. Ccideux rercles sont concen-
tri'jUC!:.
CONCEPT, s. m. (On prononce le P d«.;»
ce mot et le suivant.) Terme didactique. Idée
simple vu-, de l'esprit, ('ne absirnclion n'eA
qu'un concept,
CO.NCEPTIOX. s. f. L'action par laquelle
on enfant CÀt conçu dang le ventre de sa mère.
/<n temps de la concciilion de Venfnnt. Depuis
lit conception jusiju'à l'enfantement. La Fête
ih' i r Concepùnn di- li S'iinfc-Vicrge.
II se dit .aussi Des femelles des animaux.
Conception, se dit figtin'mcnt Des pensées
que l'esprit forme sur quelque sujet. Rare con-
ception. Riche conceptiofi. Voilà une plai-
sante cotiception.
II se dit aussi De la faculté' de comprendre
et de concevoir les choses. Il n la conception
i'â*e, facile, dure. Cet enfant n'a pas de con-
ception,
CO'CERNANT. Qui concerne. Participe
que l'usage a rendu indéclinable, et qui signifie
la mémo chose qu? Sw, touchant, au sujet
de.... Il y a cette difli-vencc entre C'uncernnril
Dt Totic/runt, que Conecrnnnf doit être précédé
d'un sf-bûtsulif auquel il ait rapport , et que
ToHc'ïdKf s'emploie indilïen;mmcnt h la suite
il'un subst.antif ou d'un verbe. J'ai li vous dn-e
quelque cho^e concernant cette affnire-là. Vn
^•"dit concernant telle chose,
CONCEKXER. V, a. Regarder, appartenu-.
avoir rapport à Cela concerne i'o.s intérêts
Voilà pour ce qui vous concerne. Cela concerne
sa charge. ]l n'innore rien de ce qui concerne
cet art. Cette ajptlre concerne le public. Et
pour ce qui concerne telle chose , je dirai
que
CoNCEnaÉ, ÉE. paniciijc. Il ne .n'emploie
pas passivement 11 en est de m^me de Concer-
ner. Mais Concerné prend le :;enre et le nombre.
Une femme, des femmes diront bien : Celle
afffiire m'iiiiroif concernée, nous aurait con-
cernées, y'il n'était juts venu.
COS(;('.RT s, m. Ilaniionie formée par plu-
3(>
aSa
CON
*îeui"S vois ou pnr plusieuri instrumens, ou ^Wï"
le« deux ciisomble. Beau, atjréahU cuucei't.
Grand concert. Concert de voir^ d'instiumeia^.
Faire un concert, DonJier un concei't.
CoHCEET, se dit aussi Du lieu où l'on en-
tend un concert. y^Jîer au concert , ù la salle du
concert.
On Jit figurcment, Un concert de louanijes;
et poLtii|uinienl . Le concert des oiseaux.
CoscEnx, signilic aussi figuii-ment, Intelli-
gence, union de plusieui^ pi r50i:ncs qui cons-
pirent , ipii tendent à une mime fin. ConccrI
•Topinion.;. Ils étaient de concert enscmbU:
Agir de concert ai'cc (/uci.ju'iiii.
De concert, se dit adverbialement, poui
dire. d'Intelligence. Ih ont fait cela de concert.
COCEItr.i.NT, ANTE. s. Celui ou celle
• qui chanïe ou joue sa partie dans un cnnccrt.
îî y avoit douze concertans.
CONCERTER, v. a. Répéter ens'niblc une
pièce de musique, pour la bien exécuter quand
il en sera temps. C'est une pièce de niusitfue
(ju'ib ont concertée ensemble.
Il est aussi neutre, et signifie, Faire un
concert. On concerte souvent chez un tel. Ils
cûncertent ensemble.
CoNCEUTEn, signifie aussi figurcment, Con-
férer ensemble, pour exécutiT un dessein, et
pour contenir des moyens de faire réussir un4
alîhire, une intiigue. Concerter un dessein,
une entreprise. Concerter iexécution d'une af-
■ faire, etc.
En l'P. so-^t , '•>} «Ymnlnip :}vpr le pronoii-
personnel. 7?$ se concertèrent lonjlemps avant
'lue de faire telle chose.
CosCERTÉ, KE. participe. V.n dessein concerté.
Une enti-eprise bien concertée. Il a bien paru
oue ces gens-là ctoient venus fort concertes. Ils
se trouvèrent tous contruirc^s à son avis, alors
on vit bien aue c'étoit une pièce concertée. Des
mesures bien concertées.
GosCERTÉ, signifie figurera. . Ajusté, com-
posé, trop étudié, afleeté. Cet homme-là est
fort concerté. Elle est trop concatée en sa con-
tenance, en SCS discours. Prendre, avoir un air
eonccrtè,
CO^"CERTC;. subst. m. Ternie de Musique
emprunté de Illalien. Pièce de ivniplionie ,
lailc pour être exécutée par tout un orchestre,
et dans laquelle qucl(|ue instrument joue seul
de temps eu temps avec un sinjple aceompa-
fpiement. Jouer un concerto. Exécuter un
concerto.
CONCESSION, s. f. Le don et l'octroi qu un
Souverain ou un Siigncur de quelque Tenc,
fait de quelque priviiég3, de qucltjuc droit, de
quelque gr.ice, etc. Ce privilège est une conces-
sion d'un tel Roi. Ils ont eu ce droit, etc. pai
la concession d'un tel Prince, d'un tel ^ri-
qneur.
CosCESsios , se dit «ussi Des trrrcs que le
Souverain donna aux particuliers dans une nou-
velle Colonie, il condition de les défricher c(
cultiver. On lui a donné une concession dant
Tîle de Saint-Domingue.
Co>xr.ssio> Figure de Rluitorique, par la-
CON
qjTielIt' oci ucc ■itle ^ son adversaire ce qu'on
pourniit 1 .'i dispiilcr. On dit par Concession
Je vous passe, qu'il soiï honnête homme; mais
cela le reml-il cuj^ahle tic son emploi?
CONCliSSIO>'NAlIU:.s. m. fxlui qui a ob-
tenu une concession.
CONCKTTI. s. m. p!. Mot fuiimintc de l'Ita-
lien. Il se dit Des pensées brillanles et .sans jus-
tesse. A'o(/e Lutiqiie n^ainie pas les Concetti.
CONCEVAliLi-:. îidj. des 2 {;cnrcs. Qui se
peut concevoir, comprendre. Je ne sain com-
ment cela se ptHl faire,, cela nest pas conceva-
hlc. Cela csl-il concevable .' Cela est très-conce-
K'uhle. Ce (juil dit est j Iw^ concevable aue ce
(jue vous dite<.
CONCEVOIR. V. a. .Je conçois. 7tf corirri/ots.
J'ai conçu. Je concevrai. QuH conçoive. Il ne
se dit proprement que d'Une femme, et sii^ni-
ili- , Devenir grosse d'enfant. Les Prophètes
itvotent annoncé (fu'unc Vicrqe concevroit. Il
sVmpioie d'ordi nain* absolument et s.ins ré^iine.
La Sainte-Vienje a conçu Wu Saint-Espiit.
Dès l'instant tpi'une femme a conçu. Vnt
femme qui est hors d\îqfi. de concevoir.
Il se dit aussi Des femelles des animaux, en
parlant De l'espèce eu général. Les brebis, les
cavales , etc. conçoivent plus ordinairement an
Printemps qu'en Automne.
Concevoir, se dit aussi fif^iue'menl, Des
opérations de l'esprit, et si;;nifie, Entendre
bien qnelqne chose , en avoir une juste idée. Jl
onçois bien ce que vous me dites. Je ne con-
oiN rien à cela. C'est une chose que Von pcu\
concevoir. 3e ne conçois pas qu'un îiommesaqt
puisse s'oublier jusquà... Je ne conçois pai
comment il s'est pu tirer d'une si mauvaise af*
faire.
Kn ce sens on le dit aussi absolument. // i
l'esprit vif ^ il conçoit facilement.
On dit aussi : Concevoir de l'espérance, ou
dea espérances. Concevoir de l'horreur, du dé-
pit, de la hainCy de l'aversion. Concevoir da
désirs^ des soupçons. Concevoir de l'amour, de
VestimCj de l'amitié, de l inimitié ^ du mépris.
Concevoir de la jalousie.
CoNCEVoin, signilie aussi, Exprimer en cer-
inins termes. /i falloit concevoir cette clause ^
celte condition en termes plur- précis. Cela est
conçu en tenues formels.
(ïoNçu, LE. participe. Cet articleéioit conçi.
en termes obscurs. Cette phrase est mal conçue,
CONCHUiDK. s. f. Espace de ligne cout1)C.
CONCHYLIOLOGIE, s. f. (On pron. Coii-
hiliûloqic.) Partie de l'IIintoiro natunflle qui
truite des coquillages de nier, d'eau douce et de
terre.
COXCH^TES. s. f. pi. (On prna. Ki.) Co-
quilles pclrifiées.
CO>f:iEUGE. s. Celui ou celle qui a la
garde d'un Hôtel, dune Maison, d' un fiiiAteaii,
d'un Palais, ou d'une Prison. JLc Conciercje,
ou la Concierge du Chtltcau de... Le Concierge
de la maison de Monsieur tel. Le Concierge
d'une Prison.
CO^C^•:IU;EnUi:. s. f. Lu cliarge et com-
rui^sion de ^ardiM uu Chjlcnu, un l'iilais, une
CON
Maison, un Hôte!. // a la Concierqer te, oa cm
lui a donné la Conciergerie d'un tel Château,
d'ujie telle Maison y etc.
Il signifie aussi La demeure et le logement
d'un Concierge. La Conciergerie de Fonlaino-
bleau.
Il signifie encore en quelques endroits, L«
lieu ou les Parlemens tiennent leurs prisonnier*
Jl jut mené ù la Concierqerie. Il est prisonnier
auj: prisons de la Concierqerie.
CO^'CILE. fi. m. Assemblée légilimeroem
convtKjuee de plusieurs Evêqucs de l'Église Ca-
tholique , pour délibérer et décider sur des
questions de Doctrine ou de Discipline. L'ft»-
(.emblée des l'.véqnes dune Métropole , s'ap-
\n'\[c un Concile Provincial. Celle des Evéques
de toutes les Métropoles d'une Nation , s'appelle
un Conct7t' A'alionaï. L'Assemblée des Evoques
de tous les Etals et Royaumes de la Chrétienté,
s'appelle un Concile CËcuménique ou Général.
Cortciïc libre. Concile célèbre. Le saint Concile.
Le sacré Concile. Les quatre premiers Conui-
les. Les Conciles de V Eglise Orientale, ou Je
l'Eglise Grecque. Les Conciles de VÊqlise Oc-
cidentale, ou f,aïine. Le»; Conciles de l Egltte
Gallicane, etc. Convoquer^ assembler un Con
cilcy le Concile. Tenir , célébrer un Concile.
Indiquer , commencer . ouvrir un Concile. Con-
tinuer, transférer le Concile. Finir, clore le
Concile. Congédier, dissoudre, rompre leCon-
vile. Fermer un Concile. L^indiclion, la pubb-
ratiàn , l'ouverture, la transhilîon d'un Con-
cile.. Les scks:ion.<i d'un Concile. Les Canons,
les décrets, les décisions f tet actes du Concile.
L'Eglise assemblée en Concile. Le Président,
le Secrétaire du Concile, etc. Il avoit voix, H
avoit séance au Concile. Cela fntproposé, agité
et résolu au Concile. Le Concile ordonna, <te-
cernu. Le Concile prononça anathème. Citer
quelqu'un au Concile. En appeler uu futur Con-
cile. En plein CoJicde.
Il se prend quelquefois pour Les Oc-crets vi
les Canons qui se fout dans un Concile. Li-
Concile de Trente nest pas reçu en France,
jiour les choses de pure discipline. Recueil dtt
Conciles. Collection des Conciles.
CONCILIABULE, s. m. Aasembfce de Pr»-
liits Hérétiques, hthisinaliques, ou illégitime-
ment convoques. Ce n'c/oi( pas un Cvncde ,
c'cloit un C'-mciliabule.
On a])pelle aussi ironiquement , Concilia-
bule, Une Asscnil)lée de gens qui pensent \
faire quelque mauvais complot. Il .•■e trouva a
ce Conciliabule.
CONCILIANT. ANTK. adj. Qui est prop
à la conciliation. Esprit conciliant.
CONCILIATEUR, TRICE. s. C^lui, celle
qui accorde et caiicilic des personnes ensemble.
Sage Conciliateur. S. Louis étoit le Concilia-
teur des Princes Chréliens, étoU ConciliateL^
entre les Princes Cht éiicns. Faire office de Con-
ciliateur entre des personnes qui sont mal en-
semble.
Ou appelle , en termes de Jurisprudence .
, Conciliateur des Antinomies , Vn .lurisconsuhrt
qui a travaillé pour coucilicr ensciuLlc les I-ois
CON
nui paroisvul contraires les unes oni autre».
Cujas est un des grandi Concilialiun des .'In- ■
tinomiei.
CONCU.lA'nON. s. f. Action de concilier,
r«union do personnes qui étoicnl divisées. Tra-
vailler ti la conciliation des esprits. Il a un es- ^
prit de conciliation. !
Il se dit dussi De la concordance des passages
•t des Loi» qui paroissent conlrairvs. La conci- ■
Italion des passages d'un Auteur. La concilia- I
lion des Lois. |
CONCILIKR. T. a. Accorder ensemble des
personnes ou des choses qui .<ont ou qui sem-
blent être contraires. Concilier les esprits. Con-
eilier les volontés. Concilier les aeurs. Conci-
lier les nations ennemies. Concilier les opinions,
Ici tènioiijnoges. Chercher à tout concilier. Con-
cilier des .tuteurs. Concilier des Lois. Concilier
deux passaqes. Concilier un auteur avec un
autre. Les Jurisconsultes sont bien embarrassés
a concilier les .4ntinomtes. Concilier les écri-
turts.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Il faudroit lâcha' de se ccncilier. Ces gens-là
ne pourront jamais se concilier. Leurs goûts
ne te concilient pas ensemble.
Cosciuin, signifie aussi .Attirer, acquérir,
et ne se dit qu'en pari.mt De la disposition fa-
vorable des espritÂ. Il lui a concilié la faveur
du Prince , les tonnes nrdceSy Va/fection de sa
compagnie. Se concilier les e^its. Se concilier
it» bonnes grtlces de nuelau'un. Cela lut a con-
r'iif la bienveillanfc du public. Se concilier
f amitié des honnites gens. Se concilier l'atlen-
ti«n des auditeurs.
CO!<cn.iÉ, KE. participe.
CON'CIS, ISE. adj. Qui est court, resserré,
qui f.iil entendre beaucoup de choses en peu de
Riots. Il ne se dit qu'en matière de discours.
Un style concis. F.crire en style concis, d'un
ityle concis. Il est concis dans tes discours.
Périodes concises. Auteurs concis.
CONCISION. 5. f. Qualité de ce qui est
concis. La concision du style.
CONCITOYEN, ENNE. s. Citoyen de la
uitme Ville qu'un autre. C'est mon concitoyen.
Vos concitoyens.
CONCLAVE, s. m. Le lieu oii s'assemblent
Ih Curdinaux pour l'élection d'un P^pe. Dés
^uê les Cardinaïuc furent entrés dans le Con-
çla¥e. Les Cardinaux s'enfermèrent dans le
Conclave un tel jour. Gouverneur ^ 3/arcclial
Ju Conclave. On dit communément, Qui entre
h'ajt au Conrliive^ en .wxt (.'art/i*ial, ponrditi:,
que Le Cjirdinnl c|ui piroit d abord le plus pa-
jwblc , est rarement -îlu P:ipe.
Il «e prend aussi pour L'Ass»mblée des C.nr-
dinnui <|iii IraTaillent .i lélcciion d'un Pape.
Ce Conclave dura longtemps. Il y eut bien des
Irigues dans le Conclave. La relation du der-
nier ; onelave. l ne (elle faction a prévalu dans
te Cuncliive.
tu dit, Le Conclave d'un tel Pape, pour
dire, le Conclave où un tel Pape a été élu. Le
Conciivt de lienoll XIV.
CONCLAVISTK. ». m. Celui qm l'rnfrrme
CON
dans )e Concbve nvoc un Cardinal. Les Prîvi-
\ê(jes des Conclavistes.
CONCLUANT, ANTR. :id^. Oui conclut.
c|ui prouve bien ce <|u"on veut prouver. Raison
concluante. Argument concluiint. I^renve con-
cluante. Passaqc concluant.
COKCLURK. V. actir. Je conclue ^ tu con-
clus^ il conclut, ou conclud; nous concluons.,
vous concluez j ih concluent. Je conclunis. ■ e
conclurois. Je conclus. Je eonclutai. Quil con-
clue. Que je conclusse , qu'il conclût. Achever,
terminer. Conclure une afftiire. Conclure un
traité. Il a conclu le murchc. f^a cho!^e est con-
clue. Il a conclu son discours pa}--là. C'est asicz
délibérer, il faut conclure.
Ou dit j Conclure un mariaije. un fraiie .
une afpnre. pour dire, Convenir d'un niariaj^<',
PU arrêter les conditions, terminer un traite,
une nfiairc.
Il signifie encore, Tirer une conséquence,
cl inférer une chose d'une autre. // conclut d*'
là que On peut conclure de cette proposi-
tion aue Qu'en vouUz>-vous conclure.^ Je
n'en conclus rien autre chose, sinon nue
On dil,qu'f/« argument conclut tien, pour
dire, qu'il est en bonne forme, et que la con-
rlusion suit nécessairement des propositions
précédentes. Cet argument conclut, il conclut
bien, il ne conclut pa.^.
On dit aussi, qu'Une raison ^ une alléga-
tion, une pièce conclut, Quand elle prouve
bien la chose que l'on veuî prouver. CctU
raison ne conclut pas. Ces pièces ne con-
rluent rien.
On dit en termes de Pratique , Conclure,
pour dire, Proposer les fins de sa demande,
après avoir déduit le fait et les raisons. L'Avo-
cat conclut à ce (^ue L'Avocat Général a
conclu à la mort. Avocat, conclues. Cet Avocat
parle facilement , mais il ne sait pas conclure.
CoNcr.ciïK, se dit pour, Juger, donner son
avis. Plusieurs des Ju^es ont conclu à la peine
de mort.
CoNCi.v, TJE. participe.
CONCLUSIF. IVE. ad). Qui conchit, qui
termine 1 qui finit. Car est une conjonction cou-
clusivc.
CONCLUSION. 5. fém. Fin dune aflàire,
d'un discours. La conclusion d\in traité, d'une
afpiire. Il faut venir à la conclusion. La con-
clusion fut que
lin dit (aniiliLTetnent, qu'C-'n homme est en-
nemi de la conclusion, pour dire, qu II es'
malaisé de finir une aflàire avec lui.
Il signifie auss' La consé<]ucnce que l'on tire
de qpiclquc raisonnement, et isurlout d'un ar-
^unic>nt I II forme. Cette conclusion est bonne.
Sa conclusion ne vaut rien. Sa conclusion est
nulle. Fausse concliijiori. Conclusion juste.
Il signifie quelquefuis L'action de conclure.
iVouf toucfions au moment de la conclusion.
Cosci.usiOîfs. au pluriel, se dit en termes
de Pratique , pour signifier Ce que les Parlie.s
denjaodMDt pur des Rcqui^tes, soit écrites, toit
verbales , ou par d'autres Actes. On m'd
donné tout ce (jue je demandoii pa" mes con-
COX .83
clusioiis. On lui a adjugé ses fins et ion
clu.sions.
On appelle Les conclusions des Gens du
Roi, Ce que les Gens du Roi demandent, et ;i
juoi ils concluent dan» les causes oii le Roi et
le Public ont quelque intérêt, conjmc dans le»
Cluses criminelles , dans les causes des mi-
neurs, exc.L' Avocat Général a pris ses conclu-
sions. Le Procureur Général, ou le Procureur
du Hoi a donne ses conclusions. Ses conclu-
■iions ont été suivies. Il faut avoir des conclu-
sions. Conclusions favorables.
CovCLisioN, se prend ({nelcjnefois adver-
hi dénient d.ms le discours familier, pour dire.
Kiiliri, bref, etc. Conclusion, je n'en ferai
rien.
CONCOCTION. s. f. lerme didactique, se
dit De la digestion des alimens. Tel remède fa-
cilite la concoction. On dit ordinairement Coc-
lion.
CONCO.MBRE. s. m. Espice de fruit ou de
légume de forme langue, et de nature froide
it aqueuse, qui vient dans les j.-u-dins sur des
couches. Couche de concombres. Potage aux
concombres. Graine de concombres. Semer,
planter des concombres. De petits concombres
confits au vinaigre. Salade de concombres.
CoscoMBKE SAi'VAGE. Plante qui donne des
fruits ovales, guère plus gros que le poure.
L'extrait de ces fruits est un des plus forts pur-
gatifs qu'on puisse tirer des végétaux.
COXCO:\nTANCE. s. f. Accon>pagnemenu
Il se (lit d'I^ne chose qui v.-i de compagnie avec
une autre (|ui est l.i principale. La concomi^
tance de ces deiur projets est frappante.
Son usage le plus ordinaire est dans le Dog-
matligue, et dans celle phrase adverbiale. Par
concomitance. Le sang Je Jksus - CnniST dans
l'Eucharistie est sous Vespéce du pain par con-
comitance. Le Corps Je Jisis-CHiiiST est sous
l'espèce du vin par concomitance.
CONCOMITANT. ANTE. iidj. Qui accom-
pagne. Il est du Style dogmatique, et ne se dit
guère que dans cette phrase, La grâce conco-
mitante.
CONCORDANCE, s. f. Convenance, rap-
port. Il ne se dit guère qu'en parlant Des Au-
teurs Canoniques. Il y a une ma'vei'leuse con-
cordance entre les V.vangéli'tes. La co/MOr-
dance des Ecritures. Il se dit aussi De» Livret
qui sont faits pour montrer la eoncottJance des
Ecritures , des Lois , des Coutumes. La concor-
dance des Evangiles.
Coxcoud.^^ce de la Bible. Index .ilpbabé-
tique, qui contient tous les mots de !a Bible, et
ni.irque les endroits où ils sont Chercher un
passage, un mot dans la Concordance.
Coconn.tMCE, en (îramm.iire. est I» ma-
nière d"aecorder les moti les unsavec lesautict,
suivant les règles de chaque I.angtie. La con-
cordance du substantif et de l'adjectij.
CONCORDANT, s. m. Terme de Musique.
Nom qu'on donne .i une esp<^ce de voix qui est
entre la uille et la basse- taille, et qui peul
chanter l'une et l'autre, t'n beau concordmt.
CONCORDAT, j. m. Transaction, accord,
36.
«84
CON
convention.il se dit principalement en matières
Ecclésiasti4iies. Faire un ronr< rdat. Passer nti
concordat. Un concunlat enli c VAbhé el Ifs Rell-
qitiu:. Vn concordat liomuloquc eu Parh'vn'iit
On dit iibsolniuent, I.e Cuncoriat, en par
laiit Oc l'accord fait entre le Pipe /.ecu X et le
Uoi François l'' toucliiinl la nomination aux
bénéfices Coujistoriaux du Rojaunie de France.
On appelle Concoi(/ul 6"tvmii"i(/He, L'ac-
cord lait entre la Cour de i'.oriie et l' l'jnpiro, lou-
chant lesBcnedces de ri:nii'ire,sou.s FrédericIII.
COSCORDI".. 9. f. Union i.'c cœurs el de vo-
lonté», bonne intellig.-uce entre des psrsonaes.
EnhcIfiiM- la concorde.Maintenir la concorde.
lU vivent dans une (grande concorde, dans une
varfnile concorde. Cela pourrait altérer la con-
eorc.e qui est entre eu,v.
CONCORDER, v. neut. Être d'accord. Ces
deux hommes ne pourront jamais concorder
dans une afjitire. Cela }ie concorde pas avec ce
aue l'OHs aviez dit.
CONCOURIR. V. n. (Il se conjugue connue
Courir.' Coopérer, produire un elTet conjointe,
ment avec quelcjue can^e, <ju(rl<jue af;cnt. La
qrdce concourt avec le libre arbitre. Dieu con-
court avec les a'éalures. Dieu concourt avec les
causes secondes. Vous ne sauriez venir à bout
de ccl.i, si un tel tie concourt avec vous. Tous
1er. Princes d'Allemacjne concourent à cefM
ilection. Il n'y a concouru ni directement ni
hidirectement. Concourir au bien public.
On le dit aussi Des occasions et des chose-)
rpii semblent s'unir pour tendre h quelque fin.
Tout a concouru à sa [brlunt , à sa perte , .etc.
Concourir à son élévation ^ etc.
Coscotnin, signifie aussi, Être en <|ueli|uc
égalité d.: droit ou de mjritc pour dispute:
quelque ci:osc. fes deurc pièces d'élocpicnei
concouren'. piour le prix. Kn ce sens il ne s'i'ui-
ploic qu'avec la préposition Ponr, ou alxsulu-
ment. Ces dciuv pièces ont concouru.
On dit, que Dcur provisions d'un mimeBéné-
lice concourent, Quand elles sont de u-.ême date.
En termes de Pliysiqiuî et de Gconictrie,
Coiicoiu ir signifie, Se rencontrer. Dcii-r liijncs
qui concourent en un point.
CONCOURS, s. m. Action par laquelU.' on
concourt. Le concours de Dieu avec les crea-
lures.Dteu prête son concours aux hommes. Le
concours du 5o!eil, (ics .^slres, avec les causes
inÇéi iei.,'es.
On d'tf, Mcllie au concours une t'haie de
Théolog'.e, de Droit, de Médecine, etc. pour
dire, La mettre à !a dispute »ntre plusieurs
pretcndans, pour la donner i celui qui aura le
plus de capacité.
Il signifie ausii AlDucnce de n.onde en quel
que endroit. Grand concours de peuple. Grand
concours de monde.
Coscoo.'-.s, se prend aussi pour Rencontre.
On dit en Physique, Le concours des uloiiic.'.
On dit c>i Grammaire, Le roiicturs des voyelles.
CONCRF/r, ÉTÉ. adj. Ternie didactique. Il
le dit par opposition à Ah trait, et pour expri-
mer Le» qualitcs uiucs h leur sujet, con)mcPier(.r,
Savant, Rond : au lieu qii'//bitroit 50,dit Des
COISf
qualités coDsidiirces absu^umeut, et comme sé-
parées (le leurs sujets , Piété , Science, llondeur.
Il se dit en Chimie, pour exprimer Um
chose fixée ou coagulée. Le sel volatil toncrel
est un sel fixé par quelque acide.
CONCRFIION. s. féni. 'renne de PUy^-ique.
Amas de plusieurs parties qui se rétuiissent en
une masse. Coiicrétiun saline. Concrétion pier.
reuse.
CONCUBINAGE, .s. ma«c. Commerce d'un
liomnic et d'une Temmc qui ne sont point m.i
rie's,ctqui v i vent enscndile comme s'ils l'ôtoien t.
Cohcubinaijc public. Concubinuqe scandaleu.c.
CONCUBINAIRE. s. m. Qui entrelient uue
concul;ine. C'est un concubinaire, un coticubi.
mure public.
CONCUBINE, s. ''. Colle qui n'étant point
mariée avec un homme, vit avec lui comme si
elle étoit sa femme. Ce u'est pas su femme,
ce.<t sa concubine. Entretenir, avoir une con-
cubine.
CONCUPISCENCE, s. f. Inclinai ion de la
nattu^e corrompue', qui nous porte au mal et
aux plaisirs iUicilcs. La concupiscence de la
chair'. La concupiscence des yeux.
CONCUPISCIELE. adj. lerme de Pl:iloso-
phic scolasiiquc. Il n'est eu usage que dans le
Dogmali(pic et dans celte pîirase , Appétit con-
cupiseilile, qui signifie L'appéiil pai- leipiel
l'Jme se porte vers un bien sensible, veis un
objet qui lui plail; cl ou l'oppose à L'appétit
irascible. Z.'umour, la joie, etc. appartiennent
à VapiJCtit concupisc^hU
CONCUKRt:\I.Mi:N C. a.v. (On piononca
Concur;anien(.)"arcoi)CiuTCucc. Us Ij'iljuoieiil
eonciirrcmiiicnt celle C/iurje,
Il signifie aussi Conjointement, ensemble.
Il faut que vous aqis.iiez concurreruuïL'nt avec
cet homme-là.
On dit aussi eu termes de Pratique, Cci
créanciers viennent eu uritre couctirrentment ,
pour dire, qu'ils sont en même rang.
CONCURRi: Ci;, s. f. Prélemlon de plu-
sieurs peisoiuics il la même cljose. Jls hri(juoieut
ta même C'/mi (je, et leur concurrence [It... En-
trer en concun-tnce. Kire en concurrence.
On dit, Ju.«((n'ii conrurrL'nec, jusqu'à la
ccncui-rence rfc,pour dire, .Tusqu'.'i ce qu une
certaine somme soit remplie, soit enliôrenient
acquittée. Il sera obliijé de lui fournir en de-
niers, eu terres, ou en meubles, jusqu'à la
concuirence , jusqu'à concut^ence de ce qui lui
est dit pour sa dot, pour son paitaqe.
'lONCURREN'l', ENTE. s. Compétiteur,
qui poursuit une même chose, el en même tcnip-
qu'nn antre. Us aspirent au même emploi, ils
sont concurrens. Il a éloinné, écarte tous ses
eoncutrenr. Il ve peut soujiir de concurren.^.
Il y a plusieurs concurrens pour celte Chartje.
CONCUSSION, s. f. Vexation, action par
bqnellc un Magistral , un Officier public exige
au-del^ de ce qui hii est dn. Horrible, mani-
feste concussion. Il est accusé, il est convaincu
de concussion, il a commis, il a fait dhorri^
blés, d'étrant'es concussions.
CONÇU SIONNAIRE. s. mojc. Celui qu''
CON
i'jit lies coocussions. C'est un conciissiotinairt.
-. Concussionnaire public.
<:()>nAM\ \itlj:. ;K]i. dci 2 Rtmes. (On
lu; prouonrr pt.s l'M dons ceraol et Icisxvnns.)
Qui mérite dVlrc cuiulanmt;. JWu.cime condam-
nable. Action condamnable. Il est condamnable
dans sa ccnduitt» Opinion condamnable.
CO>DAMISATIO>'. s. f. Ju-emcnt par le-
quel on condmnne, ou l'on esl coHclainut*. Il y
a eu condamnation contre lui. Prononça- con-
damnation. Il n'attend que $a condamnation.
Passer condamnation^ C'est consentir que
la partie adverse oblicunc jugement hsoa avan-
tage. Subir condamnation j C'est acquiescer k
un jugement doQt o.i pourrait appeler.
On dit âgurément. Passer condamnation ^
pour diiHi, Convenir qu'on a tort.
COINDAMJVER. v. a. Donner un jnRcmcnl
contre quelqu'un. Condamner un o'imtnel.
Condamner à nwrt, à la mort, au fouet ^ aux
qaîères, a« bannissement. Condamna- imx dé-
pens, à l'amende.
Il signifie aussi BlAmcr, desapprouver, reje-
ter. Il condamne tout ce aue je fuis. Je con-
damne cette opinion. Je condamne ces vci'i,
cette pe/i.'cc, celte fa(;on de parln\ Se cotidam-
ner soi-même. Il ne faut pas It condamner sans
Venlcndre.
On dit figurémeut» Condamner une porte,
une fenêtre , pour dire , La fermer de telle
sorte qu'on ne puisse plus l'ouvrir , eu enipc-
clier, en interdire Vus.ige.
CoNï^WNr. iz. parUciptî.
CONDEJSSATIO.N. s. f. Tenue de PIiyM-
que, qui se dit par opposiliou à Kure/ùclion,
et qui signifie L'.ictlon par laquelle un corps
est rendu plus d:nsc, plus compacte, pins
serrd. La conden.'-ation de Vair.
CONDi:>'SER. V. a. Rendit plus dense ,
plus compacte, plus serre. Le chaud ratéfe Us
corps, le froid les condense. H y a des ma-
chines avec les(iueUe.< on condense Vair.
On dit : Vair se co»idense aisément. L^eau
ne saurait se condenser.
Condensé, ée. pnrlicipe.
CONDESCE^UANCIi:. s. f. Complaisance,
qui fait qu'on se rend aux sentimens, aux vo-
Uwitcs de quelqu'uii. Ldclie, molle condescen-
dance. Sacje condescendance. Il faut de la con-
descendance dans le commerce du monde. Vous
avez trop de condescendance pour lui.
GOIS'DESCU^DANT, AWTE. adj. Qui eon-
descend aux volontés de quelqu'un. Caractt:ie
condescendant.
CONDESCENDRE, v.n. Se rendre aux scn.
linicns, à la volonté de quelqu'un. Je ne puis
condescendre à ce (juc vous souhaitez de moi.
C'ott une chose à quoi il ne condescendra j»t-
mais.Il a condescendu à tout ce quon a voulu
de lui.
On dit aussi, Condescemb-c aux /c'l^/c■^<ci,
aiLc besoins de (juclipt''un-, pour dire, Accorder
quelque cliosc ^ SCS besoins et i» ses foiiilc^sos.
/] faut nuehpiefvis condescendre au tfout de ses
^ snfans.
CUNDISCIPU:. s. m. Compagnon J'ôtude.
relui avec *nii on étudie daus la même classe.
Il a été mon cotulisciple,
CONUITION. s. f. La nature, Iclat et In
qualité d'une chose ou d*ui»c iicrsonne. Lu
L'ondition tUs closes humuines est (Vétrc péris-
sabUs. La condition des Princes les ohlitje à
ylm de devoirs ^wc Ifs antres hommes. Cette
marchandise n'a pus les conditions quelle doit
avoir. Cela n^est pas de la condition requise.
Sa condition est malheureuse dans les conjonc-
tures où il se trouve.
CosuiTiON , signifio aussi L'étQt d'un liomnic
considtT^ par rappoit à sa naissance; et en ce
sens on l'emploie d'ordinaire avec h préposi-
tion de. Etre de grande condition , de condi-
tion relevée, de médiocre condition, d^hçnnctc
condition j de fcussc condition^ de condition
fCrvile. Il fuit trop de dépense pour su condi-
tion. Cela est au-dessus de sa condition. Il est
de condition à pouvoT asytrer à cette Chai-qe.
On dit absoUniicot, Homme de condition,
pour dire, De naissance. Il est homme de con-
dition. Il sent bien son homme de condition.
Il sii;ni6e encore I^n profession, l'ctal 'ont
on est. C/i<iciifi doit vivre selon sa condition.
Il se prend aussi pour Comcslicitc. Bontu
condition. Mauvaise condition. Il est en con-
dition. Il cherche condition. Je lui aî trouve
condition. Il a change de condition. Ce valet
ai hors de condition. Il est dans une bonne
tondilion. En ce dt-roicr sens on le dît d'ordi-
naire absolument.
Ci>\ni MON, .-iiguiûc encore les clauses, cïiar-
p,ttj obligations, moyennant lesquelles on fait
quelque chose. Vne condition avantageuse.
Rude condition. Douce , onéreuse , fâcheuse
condition. Condition 7iéres'<:aire. Condition im-
possible. Accorder des conditioiis. Obtenir des
catiditions. Ils se sont rendus à des conditions
honorables , (î des conditions raii^onnablea.
Vous lui imposez une condition bien dure.
0 est une condition sans laipicllv l'acte n\iu~
roit pus été fait. Les conditions de leur traité
iont. . . . Il y uvoit cette condition. Cette con-
dition étoit portée dans le contrat j dans le tes-
tament ^ dans la' capitulation, .'.pposer une
condition à un contrat^ ù un marché. Je vous
iti accordé cela à telle condition ^ à condition
que. . . .
On dit, Je vous ai vendu cela sous cou/i-
lioii, je mous l\ii donné sous couditioft, piur
dire, (ju'On le garantit . et «ju'on s'engage à
lo reprendre, s'il n'e>i p:is l'r la <jua!ité (;u'il
faut.
On dit, Baptiser sous condition, poi:r signi-
fier La manière d'administrer Ir Haplcjne à un
enfant, lorsqu'on ddule s'il i i lé laptisc, s'il
est rivant, ou lorsque sa fii^iire est telle qu'on
ue sait pus s'il est homme,
Cosuino» «ine qud non. Formule latine
adoptée dans le langage , |>our signifier Vue
condition dont rien ne peut dispenser. C'est ht
•ondilion sine qud non.
CosniTio^i, si^niflc ouAsi Le parti av..nt.i-
geux ou d.!*jTsnlftgru\ que l'on fait à quel-
qu'un d«D« une atfiiiiv. Bonne condition. Cou
CO!V
tjuion m'untageuse. Je tous ferai votre coniii-
(ion si bunne, ijiie... Dans relie aljinre . votre
condition estla meilleure. In mienne est la pire,
l est en meilleure, ou ei pire condition.
On dit.iju'f.'" homme n'est pas de pire con-
dition (juun antre, jmm' ilire, qu'il csl en
droit de prétendre les iniiincs choses que lui ,
d'élre traité aussi favoraliieineiit que lui.
CONDITIONNÉ, ÉK. adj. Qui a les condi-
tions requises. Vnrchandises bien conditionnée:,
niitl conditionnées. Des draps bien condition-
nés. Livres bien conditionnés.
On dit fijjurément et fr.iiiliirenient , d'I.n
liOiiinie fort ivre, îl ^."I bien conditionné.
CCNDIIIONNKL, EIA.K. adj. Qui [unte
de certaines clauses ou contlilions, innvennani
lesquelles une cliosc se doit faire. Celle pro-
messe n'est pas piue et simple, elle est condi-
tionnelle. Notre traite mi /loîrccojifrut csl cun-
litionnel.
CONDITIONXKI.UiMENr.adv. .Vccrl.iines
conditions , 5 la cliarj;c de... Je rie vous ai pro-
mis cela^je ne nie sni< obliati à cela nue condi-
tionnelleinent.il fut institue iéritier condition-
nellcineKl.
CODITION.VEU. V. a. Donner à une
chose les qualités requises. Conditionner un
iicle, bien conditionner une étoffe.
(loNDiriONNÈ. £e. participe.
r.O.\DOI.ÉiJXCE. s. f. Il n est gu,rc dosage
qu'en ces phrases, Compliment de condoléance,
lettre de condoléance , c'cst-.i-dirc, Compliment
i|ui se fait, lettre qui s'écrit pour lénicii^ner la
part qu'on prend a la douleur de quelqu'un.
Nous avons été lui faire nos complimens de
condoléance. Ton. sck amis lui ont écrit des
lettres de condoléance siu- la mort de son fils.
CO^ÎDOil. s. ni. Ciseau du Pérou , le plus
grand des volatiles, car il a jiisqu'.i vingt-cinq
pieds d'envergure.
CO>nOci,Om , se COSDOULOm. vcrh.
prori. Parliciper à la douleur de quelqu'un, té-
moigner qu'on prend part ,'i son déplaisir. Se
i-undouloir avec ijiiehju'un. !1 ne se met qu'.'i
l'infinitif, et il est vicuv.
(.ONDUCTEUR.IRICE. s. Celui, celle qui
ronduit. Moïse était le conJucleitr du Peuple
de Dieu. Conducteur de la Jeunesse. Conduc-
teur du troupeau. C'est un tel qui fait tout
dans cette Compatjnie. c'est le conducteur de
lu barcjue. C'c<l la Coni'uctrice de toutes ce-
jeunes filles.
On apiK'Ile en Chimrgie, Conih/clcur, Im
instrument dont on se S' Il dans l'opération de
la taille.
On appelle Conrfiicleur, Un corps par le-
quel la matière électrique se dirige et se trans-
met d'un pnin; .'i un autiv, sans se disjwrser.
CONDL'CnOX s. f. L'action de i-rendr,- 1
loyer. Il n'est d'us.ige qu'au Palais.
COM)rin::. v.a. Mener, guider, Lire aller.
Il se dit De^ hcnuncs. ConJui'rc quelqu'u i.
Conduire un aeeujle. Conduire des voyaneun.
Il prit des ijuides ijui le conduisiient.
Il se dit Des animaux. Conduire des chevaiLC, ■
conduire des mulets, conduire un troupeau.
CON 28.'
Il se dit lies choses inanimées. Conduire des
vivres , conduire du vin , des marchandises.
On dit aussi, Conduire l'eau, pour dire, I^
faire aller d'un endroit ii un autre par des ri-
goles, par des canaux; Conduire une ligne,
pour dire, La faire passer par dilTérens poinu.
Conduire lu mnin d'un écolier ijui apprend à
écrire.
Il signifie aussi,. \ voir inspection sur un ou-
vrage, en avoir la direction; et en ce sens il se
dit Dcf ouvrages matériel. Conihiire un bJtt-
ment. Conduire un travail. Conduire une Irun-
elice. Conduire un ctivruqr.
Il se ilit aussi Des choses morales et des ou-
vrages d'espriL Conrhiire un dessein, une entre
}>ru-.e, une intrigue, [l a bien conduit ou m:d
conduit cette u'ji'ii/c.
On dit, Coiirîuii-e quelijue chose, conduire
un ouvrage à sa jïcr/ècl ion, pour dire, Le
rendre parfait, accompli, y mettre la dernière
main.
Co.VDUiBE, signifie aussi, Commander et
servir de Chef, régir, gouverner. Conduire
une armée, une jlotte,un vaisseau, une barque.
Moise conduisit le Peuple d'Israël Ce Général
sait bien conduire une armée. Conduire des
troupes. Conduire l'avant-garde. Conduire l'ar-
riére ban. Conduiri des ouvriers. Ce père con-
duit bien sa famille. Conduire une maison.
Son Maître à éct ire lui conduit la main. Con-
duire une horloge. Conduire un chariot. Il a
bien conduit sa fortune. Couduirela conscience
de quelqu'un. Condiiiic quelqu'un daus sd« a''
faires. C'est un lA qui le conduit. Ce peuple In
est dillicile à conduire.
Il se met aussi avec le pronom personnel. Se
eonduii-e: et il signifie, Se comporter. Il se
conduit bien. Il se conduit mal. Il sait bien se
conduire. Cette jemnie s'est toujours bien <;oii-
duife.
Un (lit jjroverbiairm. et figurJm., Conduire
bien sa barque, pour dire. Conduire bien tes
allàires, sa fortune.
CoDuiiiK, signifie aussi, Accompagner quel-
qu'un par honneur, par civilité, par occasion,
ou pour silreté. Cet Àmbassadew fut conduit
Il l'Audience par un tel Prince, par un Maré-
chal de France. J'ai affaiie en ces quartiers-là,
je vous y conduirai, je vous conduirai jusque-
là. Il avait peur de ses ennemis , il se fit con-
duire. Se laisser conduire. Ces valets vous
conduiront. H est allé condute une voiture
d'argent. Conduire un convoi-
Co?«DLinE. se dit encore' De l.i raison et des
liassions personnifiévs. La rais.tt le conduit.
Ses passions le conduisent . Il se laisse.conduii'e
par son intérêt.
CosoiiT, iTE. parlicipt. Vnepiécc de thidlre,
une intrique bien conduite.
CONDUIT, s. m. luyau, canal par lequel
coule el passe quelque chose de liquide, de
lluidc, de l'eau, de l'air, etc. Conduil «ouler-
ruin. Conduit de pierre ou de plmib. Leconduit
d'une lontaine.Conduit d'eau. Faire un conduit.
Faire passer par un conduit. Boucher un con-
duit. Ces eaux se déchargent ou m partent par
»8(i
CON
vu tel t'Oiif?uit. Lt^ conduits par où la hilc se.
tiêvharqe. Les conduits de Vuritie. Il a la cnu-
diiits bouchés, obstrués, les ron^ïiiits resserres.
Vn tel médicament resserre, ouirc les conduits.
CO-NOUITK. s. f. Action de conduira, dt?
■icnrr, de guider quelqu'un, fjre cluircfc de la
œnduite d'un (H'eiu/lc, de la conduite d'un
rtinvoi. La œnduite d'un troupeau.
On dit, qn'Vn tel est chanjé de la conduite
d'un Ambassadeur, Quand il est cliarj;*- de
l'aller recevoir sur la froniit'-tc, ou dr l'y recon-
duire, en lui faisant fournir sur la route les
Toitures et les vi\Tes néressaircs.
Il se dit aussi De rcxccutJon, de la direction
Hun ouvrage, d'un projet. La ron(îui(c d'un
Poëme dramatique, d'un Poemc épique. Avoir
Il conduite d'un bâtiment, d\in travail, d'une
tranchée. Avoir la conduite d'une horhxje.
prendre la conduite d'une entreprise. Se charcjer
de la conduite d'une afpiire, d'un procès.
Conduite, se dit aussi Du commandement
iur les peuples, et du Gouvernement , soit po
liliquc, soit niililaire, soit ccclcMastlque. FArc
(harqé de la conduite d'un fjrand htat. Avoir
la conduite d'une armée, d'un rcçjimcnt. Etre
iliarqé de la conduite d*un Diocèse^ d'une
Paroisse, de la conduite des âmes.
U se dit aussi De l'inspection qu'on a sur les
mœurs, sur les actions de quelqu'un. Etre
charqé de la conduite d\in jeune Prince, d'un
■jeune SeinT}eur. Prendre la conduite d'un jeune
homme f en abandonner la conduite. Ce jeune
}iomme est sous ma conduite.
CowDCiTE, sedit aussi De la manière d';igir,
do la façon dont chacun se gouverne. Bonne
conduite, mauvaise conduite, sage conduite.
Conduite imprudente. Conduite équivoque. Con-
duite déplacée. Conduite dèploruble. On ne
comprend rien à sa conduite. Bldmer la con-
duite de quelqu'un. On ne peut rien trouver ù
1 edire à su conduite. La confîuitcde rctft'|ernnic
(j toujours été saqe. C^est à vous à répondre de
sa conduite.
i >n dit, qu'f/« hommea de la conduite, pour
dire, qu'il a une conduite sage cl prudente; et
au contraire . qu'f/n homme n\z point de ro«-
duile, qu'il na nulle conduite, que c'est un
homme sans conduite, qu'il manque de cori*
duite, pour dire, que C'est un inqiruHent , que
c est un liomnic qui se gouverne tr-Js-imprudcm-
ment en toutes clioses.
Conduite, en parlant Des eaux, »c dit
JlJnc suite de tuyaux ou d'aqueducs, qui
portent d'un lieu à un autre les eaux d'une fon-
taine, d'un étang, elc. Ccffc conduite a coûté
btaucoup d'arqenl. Cette conduite est de deux
ee/its loues.
CONDVLE. s. m. Terme d'Anatomie, qui
se dit en général De toutes les c'mincnces dcîi
articulations. />cj Condyles du fimur. Les Con
dy\et du tibia ^ etc.
CO>'DYIJ_)MK. s. m. Excroissimce de cliaii,
Il te dit particulièrement De celles qui pio
Tiennent du virus vénérien.
CONK. s. ni. Terme de M.iïIi(*nintJ'pie. Py-
xumde ronde, corps solide, dont U byc «M
C O N
iMi rrriJe , et qui se lennitic en pointe. Les
vains de sucre sont faits en cône.
On appelle Conc droit, Celui dont l'axe csl ^
perpendiculaire ii In base; et C6ne oblique,
V.eUù dont l'axe est oblique sur la base.
CÛNK. ï.cs Botanistes enq)runt<i;t ee terme
de la Géométrie, pour défuiir rciiainos parties
des plantes qui ont la figure d'un lône ; et pai
cette raison, ce mot est parlicullèrenieut con-
sacré aux fruits lies pins, des sapins, etc. qui
sont appelés Arbres conilères.
Cô\E. «. ni. Moule de fer fondii, de forme
conique, dans lequel oo verse les métaux fon-
dus, pour séparer la partie métallique de.s sco-
ries.
COFAlîUr.A'nON. s. f. Entretien fami-
lier. Il ne se dit qu'on plaisanterie. Ils ctoienl
en confahulation.
CO^TAIîULER. V. n. S'entretenir familié-
renient. Il n'est eu usage que dans la conversa-
tion familière, et ne se dit qu'en plaisanterie.
Ils confabuUuent ensemble.
COiNFECTION.' s. f. (Certaine composition
faite de plusieurs drogues, pour servir de médica
ment. Bonne conjection chimique. Conjcction
d'hyacinthe. Conjection d'allicrmès. Faire unû
conjection. Mettre, dissoudre quelque drogui
dans une conjection. Cette conjection est com-
posée de. . . .
On dit en termes de riiitiquc. La conj'cc^
lion d'un papier terrier, la confection d'un in-
ventaire, pour dire. L'action de faire, de com-
poser un papier terrier, un inventaire. Tni-
raïUer à la cou jcction d'un papier terrier. Aprè$
ia confection de Vtnventaire.
Ou dit tiussi , La confection d'un canal,
ï/'iin biitiment, d'un chemin, etc.
Confection, se pnnd aussi pour Aclicve-
nicnt. Jusqu^à parfaite et entière confection.
CONFËDÊRA TIF, IVE. adj. Qui concerne
une alliance entre des Etats, une ligue entrfl
1er. mécontens d'un Etat. Un traité confèdéra-
tif. Vue forme de Gouvernement confedérative.
C0>'FÉDÉRATIU>. s. f. I.igue. nlliance.
Confédération bonne , ferme , stable. Se joindre,
s'unir par confedérulion. Il y a confédération
ertre ces deux Etats, entic ces deux Itots. Re-
nouveler une eonj'edcriition. Entrer en confé-
d('ri.tion. Ce Prince étoit de la confédéral ton.
Ils étoient dans la confédération. Traité de
ccTi fédération. Ob.^erver les articles d'une con-
fédérutior.
U se dit aussi Des ligues que font entre euxj
dans quelques Ivtnts, les Sujets mécontens. La
dernière confédération de Varmée de Lithuanie.
CONFÊDICRÉ, ÈE. adj. Allié, joint par
traité d'alliance avec quelqu'un. Leskoyaumcs.
les Rois . les Princes conj'èdérés. Les Nations
confédérées.
Il est auisi substantif plur. 5t'Courir, assis-
ta' ses confédérés. Abandonner ses confédérés.
CONFÉDivRER, se C( (NFÉDERER. v.
pronom. Se liguer cnsend>le. Se confcdétet
avec quelqu'un. Ils se confedérèrcnt. L'armée
de Pologne se confedéra.
CONFÉRENCE, s. f, La cofiïparaisoii que
CON
l'on fait de deux clioscs, pour voir en quoi cl!e«
conviennent, et en quoi elles dificrent. La cm-
férence des Ordonnances , des Coutumes. Con-
férence des temps, etc. Conférence des tcxtu.
Conférence des passages.
Il signifie encore L'entretien que deux ou
plusieurs personnes ont ensemble sur quclqur
aflàirc ou matière sérieuse. Grande, docte con-
férence. Ils eurent de longues conférences en-
semble. iVoucr une conférence. Tenir confé-
rence. Entrer en conférence avec quelqu'un.
La conférence jut assignée à un tel jour. L«
conférences pour la paijc. Les conférences pour
les limites. Se rendre, se trouver à une confé-
rence. La conférence fut rompue, jut renouét
Des conférences Académiques.
CONFERER. V. a. Comparer deux el)0»e«
pour juger en quoi elles couvit-nnent , et en
quoi elles différent. Il se dit particulièrement
Des Lois, Ordonnances, Coutumes, matière»
de Littérature, Arts libéraux, elc. Conférer le*
Lois Grecques avec les Lots Romaines. Confé-
rer les Ordonnances. Conférer les Coutumes.
Conférer un yluteur ai-ec un autre. Conférer
des passages. Conférer les temps. Conférer ict
Chionologistes. Confàrer deux manuscrite.
(U>NFÈnEn signifie aussi, Donner, accordci.
Conférer des honneurs ^ des digniles, des char
qcs, des grâces. Plus les Princos ont de qr^cci
à conférer, plus ils sont puissans.
On dit , Conférer un Bénéfice, pour dire,
Pourvoir à un Bénéfice vacant. Conférer -iui /a
nomination d'un Patron hcrlri-iastique . d u»
Patron Laïque. Conférer de plein droit. Il a k
droit de conférer tels Bénéfices.
On dit aussi dons les choses saintes : Confé-
rer les Ordres sacrés. Les Sao'emens confacnt
la grâce. Dieu confère la grdce.
CoNF^-nER , est aussi neutre, et signifie .
Parler ensemble, raisonner de quelque affaire,
tie quelque point de Doctrine. Aou$ avons :^ou-
vent conféré ensemble. L* a ff lire est importante.
elle mérite que nous en conférions à lois'i. il
en a conféré avec un tel. Les Ambassadeurs
confèrent sur la Paix. Ils ont conféré de Unr^
afjitires communes.
Conféré , ée. partîripe.
CONFESSE, s. La confcsaion qu'on Piil m
Pr^lie. U n'a ni genre, ni article, et ne « me*
jani.iis qu'avec queKpies verbes, comme ccux-
ri ; Aller à confesse. Etre à confesse. Retoumtr
à confesse. Il incnt de confesse. Il va àconfçpte
il uti tel Prêtre.
CONFESSER, verb. act. Avouer, demeurer
d'accord. Conj'esser la vé' ité. Confessez ce qai
en est. Il est vrai, je le con .sse. Il a confcsK
sa faute, son crime. On l'a appliqué à la ques-
tion, il n'a rien conjessé, il a tout confctfé.
Il confesse qu'il e.'it vaincu. Il se confine
vaincu. Je soussigné recotinois, et confesse
(ii'oir, etc. Je vous confesse que fai tort. J'm
tort . je V0U5 le confe-^se
Ou dit figurénienl il f.unilièrement . qu'l/u
/ omme conjcsse la detle, pour dire, qu'il con-
fesse qu'il a tort.
On dit proTcrbinleiM u! , qiir. Quel(pt\n st
eanftut an renard, pour dire. quTl dit ses sf-
«reus i un honunc plus lin que lui , qui en ti-
rera avant.ii;c.
On dil. Cunfcsser Jtsos- Christ, confesser
la Foi de Jesis-Cbwst, pour dire, Avouri
qiic l'on csl Clin!tien,£iire profession puLliijue
de U Foi de JÉsis-Cnnisr, jus|u'i sViposer
ju\ persécution». Confesser Je cirur et de bou-
che, de c.eur comme de hcuche.
(.'o^FES5En . signifie aussi, Dt'cbrcr stts pc-
ciiéâ, soit au Prêtre lians le Sacrement de Pé-
uitunce, soit ^ Dieu seul dans quelque prière
particulière. Confessa' ses péchés. Confessa- ses
fjutes.
On dit aussi : 5e Confesser à Dieu. Se Con-
fesser à un Prêtre. Il faut se confesser au
tnoitu une fois Van. Vous avez fait telle chose,
vous en êtes vous confessé?
Lorsque l'on dit simplement. Se confesser.
cela s'entend toujours De la Confession sacra-
fueutelle que l'on fait au Prêtre.
Co?ii'EssKiï , signifie aussi, Ouïr un p<înilent
BQ cunfcssiou ; ft en ce sens il est toujours ac-
tif. Le Prêtre qui l'a confessé. Un Prêtre (jui
confesse un grand nombre de pénitens. Vn
Prêtre qui con/esse bien. Vn Prêtre qui ne
f?Qji/ejse point , qui n'a pas les pouvoirs pow
confesser.
CosiTCSSï, ix. participe.
On dit, qu't'rie ^iile confessée est à demi
pardonnée . jKiitr dire , quTne faute qn'on
avoue en devient plus pardonnable.
On dit aussi. qu*6"n homme est n:ort bien
confessé, pour dire , qu'il n'est mort <ja 'après
s'être liien ct^nfcsso, et avoir donné toutes les
inanjucs d'un bon Chrétiecu
CONFESSEUR, s. inasc. Dans l'usage de la
|irizuitiv-e Eglise, c'ctoit Celuiqui aroitconfcss''-
'dostainmcut la Foi de JÉstîs-CHnisT jus'|u"ù
fouflrir les lourmens sans mourir. Depuis , l'É-
glise a honore de ce nom tous les Saints qui
u'oot point été Martyrs, ha Fête d'un Confes-
seur. Ct n'est pas un Mortel- , c'est un Con-
feiteur.
CosFE«»Em, se dit aussi Du Pri'tre qui a
poUToir d'ouir en Confession , et d'absoudre.
Bon y discret , sage Confesseur. Confesseur ap-
proui*. Sévère Confesseur. Confesseur doux,
indulgent. Vn tel est son Confrs.eur. Le Con-
fesseur XuntCommunautède Religieuses. Dire
ses péchés à un Confsseir. Se jeter aux pieds
i'un Confesseur. Le Confsseur lui a imposé
■ne telle pénitence.
CONFESSION, s. f. .Atcu, déclaration que
I on fait de quelque chose. Confession sincère.
franche , l'ni^énue. Confrssion forcée , exlor-
quie. t'oui demeurei d'accord par votre propre
confemon que. Désirez-vous une plus am-
ple, u ne plus entière , plus franche , plus expresst
tonftts'ion ,'
La conf.sàon d'un criminel, est Ce qu'il
roLfe&s" dcrjiit le juge.
On du eu lunnes de Droit, Diviser la Con-
fctiion, pour dire, l*reo<ltc une partie df ce
qu'un Iiomme confesse, el rejeter l'antje.
CoSr£u:ua de Foi, Docl ration, ripo!4lion
CON
faite de Louche ou par ccril , de la fol que l'on
professe. La coti](Uiûn de foi de telles Eqltscs. , '
En mourant il fit sa confession dt foi.
En ce sens on dil quelquefois Confession
iihsolument, sans ajouter de foi. La Confes-
sion d'Aushour.j. La Confession des Ealtses
Réformées.
CoSFEssioN, se (lit aussi De U déclaration
que le pénitent fjil de sis pëclies, soit publi-
quement, soil .'i un Prêtre, soit k Dieu seul.
Confession publique. Confession sacramcntule
ou sacrantcnlcUc. Confession Jiiricu/dirc, Faire
sa confession à Dieu seul. Faire sa confession
BU Prêtre. Faire une bonne confession^ une
coujessiou gcntrale. Si la confession n'e.4 en-
fière, elle est nulle. Confession sacrilège. Ouïr,
entendre en confession, dans le Tribunal de la
concession. Le sceau de la confession. Le sctrel
de la confession. Réx-èler la confession. ïl y a
matière de confession j à confession. Le Tribu-
nal de la confession.
On dit, Confier quelque chose à quelqu'un
sous le sceau de la confession, pour dire, A
condition qu'on gardera le secret inviola-
blâment.
CONFESSIONNAL, s. m. Siège, sur lequel
le Prêtre se met pour entendre en confea^ion
les pénitens qui sont à genoux aux deux eûtes,
sur deux espèces de pne-Dieu. Il sortoit du
Confessionnal. On a fait plusieuis Confession-
naux en cette Eglise.
CONFIANCE, s. f.Espérdnce ferme en quel
îu'ui. , en quelque chose. Avoir confiance,
prendi'e confiance, une i^rande confiance^ une
ferme confiance, une exUéme confiance en
quelqu'un. Mettre sa confiance en Dieu. J^at
grande confiance en vous, en votre secours.
Sotte confiance. Aveugle confiance. Entière
confiance. Vaine confiance. Mettre sa confiance
dans les richesses. MetlJ'e sa confiance en soi-
même, en ses propres forces.
Confiance , se dit aussi De l'assuranoe qu'on
prend sur la probité , sur la discrétion de quel-
qu'un; et dans ce sens on dil aussi-bien que
dans le premier sens : Prendre confiance en
tjuelqu'un. Lui parler avec confiance. Il a abuse
de la confiance qu*on avoit en lui.
On dit, qa't/n homme a la confiance du
Prince, pour tiire, que Le Priuce se coa£e en-
lièrenieut en lui; el. Donner sa confiance a
quelqu'un,, placer mal sa confiance, pour dire,
Se con6er à quelqu'un , se conlier à un liomnic
indiï^ne de la confiance qu'on a en lui.
On appelle Homme de confiance., L'homni :
qu'on emploie ordinairement dans les afDiirci
les plus délicates et les plus secrèics. C'est son
homme de confiance. On dit aussi, Vne per-
sonne de confiance, pour dire, Une perM>unL;
en qui on se conûe. Envo>'fr une personne ..'*:
.confiance. Faire parler de quelque affaire p'iT
une personne de confiance.
Cos>iA5CE, se prend auisi quelquefois pour
Cnc liberté lionncle qu'où prend en certaines
occasions. Aboider quelqu'un avec confiance.
l\ se preuH encore piiur Sécurité, hardies**'.
Parler en pnhUr avec une grande confiance.
CON .87
Aller au combat avec confiance. Se piTsentei- au
péril avec confiance.
Confiance, s'emploie aussi quelquefois poiu
Présomption; et en ce sens on dit, qut «
homme a des airs de confiance, que c*csf u»
homme plein de confiance, pour dire, qu'il
marque de la présomption.
CONFUNT, ANTE. adj. Disposé i Is corv-
fiance. Cet homme n'est pas assez confiant. L'n
caractère confiant.
Il signifie aussi Présomptueux. C'est un
homme bien confiant. Il a lair confiant.
COMIDEM.MEM. adv. En confidence. Je
vous di:i cela confidemment.
CONFIDENCE, s. f. La part qu'on donne
PU qn'on reçoit d'un secret. Faire confidciue
de quelque chose à quelqu'un. Il m'a fait cuti-
fdence de son dessein. Etre bien avant dans
la confidence, entrer dans la confidence de
quelqu'un. Parler en confidence. Traiter en con-
fidence.
On dit, Fdire une fausse confidence à quel-
qu'un^ pour dire, Lui dire en secret quel<jue
diosc de faux, dans le desseiu de le tromper.
Confidence, siguifie aus«i, Une conventiou
secr.'te et illicite, par laquelle un homme donne
un Bénéfice à un autre, à la charge qu'il lui ru
ilonnera, ou qu'il lui en laissera la disposilioH
DU le revenu. Tenir un Bénéfice en confidence,
pflr confidence.
CONFIDENT, ENTE. s. Celui, celle à .jui
l'on confie ses plus secrètes pen'»<-t'S. C'est ï*'Ii
tonjident. C'at sa confidente Jl ètcit le H'/i-
^dent de toute Vintrique. Il fut tj'ahi par ton
confident. Confident discret. Sa pliu cher'
confidente.
On appelle aa Théâtre , Confident , Confi-
dente, Certains personnages subalternes daa*
les Tragédies, auxquels le Poêle donne plus ou
moins de part à l'action et au dialogue, et qui
communément sont changés des récits. Cora.<-
min e>t un Confident dans la Tragédie de
Zaïre, Céphîse une Confidente dans la Tragé-
die d'Andromaque. Les rôles de Confident et
de Confidentes forment un emploi à part. In
tel joue Us Confidens, etc.
Les mois de Confident et de Confidente
^'emploient quelquefois figurément dans tle:>
vers de galanterie, en parlant Des rochers, des
bui^, etc.
CONFIDENTIAIRE. s. m. Qui lient un Ké
néficc par confideuci-. C'est un confidentiaire.
H a été déclaré confidentiaire.
CONFIDENTIEL, ELLE. adj. Terme de
Négociation, qui signifie Tout ce qui se dil e«
confidence , par opposilinn h une dcclaiatioii
niinislcrielle.
CONFIDEVnW. LEVENT, adr. D'une rat-
uiêrc confidentielle , en confidence. Cela ni'«
été' dit confidentiellement , et non pas o/Jiciefc-
mcnL
CONFII'R. T. a. Commettre quelque clioae
^ la fidélitt: et au soin de i|uel(|u'uD. Confier
un dépôt. Cofyfier un .teci'Ct û un ami. Je vpiu
ai confié ce nue favo:$ de plus précieux ei de
plus cher. Le Roi lui a confié l'utimiitiiUatiun
aîj»
CON
Je In J«5(ire, (?c>- Finances. Confier une Place,
la ^fense tVittic Place, le qouvernement d^uite
Provitice. Conj'ter l'éducation, la conduite, ht
personne d'un jeune Prince à un saqe (îon
verneur. Elle a confié sa j'tUe à utie de sc^
tttniei.
II se met aussi avec le pronom personnel ,
et signifie. S'assurer, prendre condnncc. Je me
confie en la Prm'idence de Dieu. Il i'est conjié
en ies amis. Se confier en soiniême. Se confier
en ses forces.
CosriÉ, ÉE. p.iriicipe.
CONFIGURA IIOX. s. f. Forme extërieure,
ou surface qui borne les coips, et leur donne
une liyure parliculitre. La diffirente confiqu-
ration deS corps. Lu </i\'erse configuration des
pard'ej.
H s'emploie surtout en Physique et en Clii-
>nie , en parlant Oes parties ténues et insen-
sibles, qui échappent à la vue. La confiqura-
iion des cristaux salins.
CONFIGURER, v. a. Figurer l'ensemble.
CosFiccnÉ , ie. participe.
CONFINER. V. n. Toucher aux confins d'un
pays, d'une terre, etc. La France confine avec
VF.spaqne. Les terres confinent à la forêt.
Il est aussi actif, et signifie. Reléguer dans
un certain lieu. On l'a Cunjiné dans une lie.
On Va conjiné dans un Monastère.
On dit, Se confiner dans sa Proinnce, dans
une soHtude, pour dire, S'y retirer volontaire-
ment
^oxriNÉ, f.E. participe
CONFINS, s. m. pi. Les limites, le^; '^xtré-
init^d'nn Pays. Sur les confus du hoyaume,
de la Province. Réqhr les confus d'un F.lat.
Les confus d'un Diocèse. Les confins d'une
Juridiction.
CONFIRE. V. a. Je coiifs., lu coups, il con-
pt ; nous confsons , vous confisez, ils confi-
sent. Je confsois. Je confs. J'ai conft. Je
confirai. Confis. Qu'il confise. Assaisonner et
fjire cuire des fruits, des fleurs ou des le'-
gumes , et les faire tremper dans certain suc ,
dans certaine liqueur , qui pénètre tont-h-fait
la substance et qui s'y incorpore. Confre ait
sucre, au miel, à l'eau-de-vie. Confre au vin
doux .^ au vin cuit. Confre au caramel. Con-
fire au sel et au vinaicjre. Confre des ahricots,
des es'iscs, des coins, du verjus, de Vécorcc
d'orange, de citron, etc. Confre des concom-
hres, du vourpier, de la perce-pierre , de la
scorsonère.
CoNriT, ITK. participe.
<>n dit De certains fruits, qu7/.^ sont confts
sur Varhre, Quand ils sout extrêmement mûrs
et cuits par le soleil.
On dit aussi fi(;urément et familièrement ,
qu't'nc pcr.otine est toute conlilc en dévotion,
pour dire, qn'Elle est dans les grandes Pra-
liqiu'.s de ta dévotion .
CO.NFIRMATIF, IVE. adj. Qui confirme.
L'Arrél confrmatif de la Sentence. Lettres
Patentes confirmallves d'un Privilège.
CONFIRMATION, s. f. Ce qui n^nd une
chose ferme et stable. La conOrmat'ion d'uru
CON
Sentence, iVun Jrn-t. Ohlenir Hes J.cîtres rie
confirmation. "Payer le droit de confirmation.
Confirmation de privilèges, de droits, de pré^
roqative^, d*honoraircs . etc.
CON
Il se dit aussi De la nouvelle ei ])lus expresse
assurance d'une chose qui avoit déjîi été débi-
tée pour vraie. Eiilièrc con^iniuilion. Pour
plus grande confrmation. La confrmation
d'une nouvelle, La confirmation d'une pro-
messe. On m'a dit telle chose, j'en ai eu la
confirmation de tel endroit, j'en ai reçu la
confrmation. Le courrier en a apporté, on en
attend la confrmation. Cela a hesuin de con-
frmation, mérite co?ifrmation.
En termes de R!jétoric,-ue, / • contirmatton
i'st Cette parue du discocus iratoire qti suit la
narration, et par laqaeuo ou prouve ce qiiç
l'on avoit avancé.
CoSFiiiM\Jio>. Un des sept Sacreniens do
l'Efjlise, par leq'iel les Chrétiens sont confirmés
dans la giàce reçue pu Baplcme. Le Sacrement
de Confrnuition, L'Evéque seiilpeut donner l.
Confrmation. Recevoir la Confnr.aiwr>.
CONFIRW.R. V. a. Rendre plus ferme,
plus stable, afleimir davantage. Cela m'a fort
confrmé dans mon opinion, dans la croyance
fjue y avais. Ce miracle le confirma dans la Foi
Chrétienne, Il fut confrmé dans son dessein
pur une telle rencontre, par l'exhortation d'un
tel. Sa santé se confrmé de jour en jour. Cette
expression vieillit dans --edernîjrsens. AuPhy-
siquc, on dit Aj%rmir ., et i. -j pas Conprme-
Ce terrain s'affermit
II se »li: â j.Tu près Uans le même s-*ns, en
parlant Des droits, privilèges et concessions
que les Etats, Princes et Seigneurs continuenl
a leurs Sujets par de nouvelles Lettres. Le Pape
a confirmé le< privilèges de ces Religieux, Lt
Roi a cunfrnié les droits et les privilèges de
cette "Ville, de cette Coinwunautè, Le Roi les
a confrmé^ dans leurs droits et pi-èrogative^
par ses Lettres Patentes.
CoNnn-MEn . sig?nfie , Donner des assurances
nouvelles et plus expresses d'une chose qui avoil
déjà clé débitée pour vraie. J'avais déjà oui
dire cela, ori vient de me le confirmer. J'ai reçu
une lettre gui me confrine cflte nouvelle. On
nous avoit écrit telle chose, mais cela ne se
conf.;me pas,
11 signifie aussi. Apporter de nouvelles
preuves, de nouvelles raisons, pour appuyer
une proposition qu'on avoil avancée. /( a cou
frme cette l'èrité par de grandes autorités.
CoM'itLMEn , se dit aussi avec le pronom per-
sonnel. Je nie confrmé dans cette résolution.
Cette nouvelle ne se confirme pas,
r.osrinMEn. signifie aussi. Conférer le Sa-
crement qui forlilie dans la grilce reçue au
Rapléme. // n'rifjfiaid'cnl iju'im.r Evêques de
confrmer. C'est un tel Evégue qui l'a confr
me. Il n'a pas encore été confirmé.
On dit en termes de Tliéologie, que Dieu
ron^ime en tjnlce , pour dire, qu'il accorde
une surabondance de grâce, qui met en étal
de persévérer dans la ju.stice,
CtwrinMÉ , lit. participe.
CCSF1.SCABI.F,. adj. des 2 prar.... ^ui isi
sujet à coj.fiscalion. l'oute marc'iundi,\e de
contrehtmne est cnnfscahle. Toute nuirch'au-
dise gui doit des droits, et gui n'a point été
déclarée, est coufscahle,
CONFISCANT. adj. Teime de J.uispru-
denec. Sur qui il peut échoir confiscation. Cnc
Communauté qui possède une terre sans avoii
paye les droits d'amortissement ou Roi, et
ceux d' indemnité au Seigneur , doit donne
au Seigneur un homme vivant , moiir«;i( ei
confscant.
CONFISCATION, s. f. Action de confis-
quer, adjudication au fisc. Le bannissement
perpétuel , et la condamnation à mort , eni
portent confscation de hieii.s. À peine de eon-
fscution des ciemplaires contrefaits. Les Poy>
où con[i.sc(iti"oii a lieu.
Il signifie aussi Les biens confisqués. Le
Roi lui a donné la confscation d'un tel.
CONFISEUR , EUSE. s. Celui , celle qui
confit des fruits ou autres cijoses avec du sucre ,
di raid, etc. Il a un Ojjicier ^ui est bon
Confseur. Excellent Confscur. Une excellente
Confiseuse.
CONFISQUER, v. a. Adjuger au fisc pour
cause de crime ou de contravention aux Or-
donnances. On a confisqué tous ses liiens. On
confsque le.i marchandises de contrebande,
Confir.queJ- corps et biens.
On dit en termes de Palais , Qui confistjue
le corps, confisijtie Te.; 6ici.'S, pour dlic. qn«
La condamnation i mort cniporie la coufison-
tlii I cfs l,:cn-.-.
On dit en tcriucs de: Ci;utuine, qu'tTn t'O*'
sal qui dénie son .Kc'.gneurj confisque .so'i
Fiej ; et dans celle p.'uase, Confsque signi-
fie, ;:end confiscalde.
CoNi'i.sQVÉ, ÉK. p.irlicipc. Diens confisqués
au proft du Roi. Ou dit familièrement d'Un
iiomnie dont la santé csl désespérée, que C'e.-t
un/jomineco;i^S(jiié. On le dit aussi d'Un homme
doiit la fortune est ruinée.
CONFITEOR. s. m. Prière qu'on fait avaut
que de se confesser, ^ la Messe «t en d'autres
occasions. Dire son Confiteor.
CONFrrURE. s. f. Fruits confit*, racinïs
confites au sucre ou au miel. Bonne confture.
Fxceitente confture. L'abricot fait une bonne
ritnfture. Il se dit presque toujours au pluriei.
Oes conftures de Gènes, de Bar, etc. De bon-
nes conf turcs. Des conftures sèches. Des con-
ftures liquides, nouvelles, vieilles. Conftures
moitiés, cl-.aiicies. candies. Des conftures à
mi-sucie, Coniitures musquées, ambrées, gla-
cées. Faire des conftures. Quand des conf turcs
sont mal fi'ttes, elles se décuisent. U.ne boite
de conftures, in pot de conftures. Tourte de
conf Unes,
(iONFITURIER, Il'CRi;. s. Celui ou celle
qui vend des confiturts. C'est un Conf tuner ,
un Marchand Conflurter,
CONFLAGR \Tli.N. s. fém. Embrast-ment
général. Terme didacli'{iie, qui ne se dit guère
' I que daiLS ces phrases . ta confagrution d'une
* planctic du fjit.hc fc' ' <• ' c, etc.
CON
rONFLlT. subsi. m. Clioc, combat, Ruele
ro»i/Ii(. Snuçjhmt conflit. Le conflit de deux
aimées. En ce sens il est vieux.
Il signifif aussi figurém. , Contestation entre
diverses JuriJictioiis, Jont cliacunc se Teut at-
lril)ucr In connoiMance d'une aflàire. Formei
lia conflit de Juridiction. H y a un conflit de
Juridiction entre h Prêsidial et le Prévôt des
Maréchaux. Règlement sur un conflit de Juri-
aictioti.
CONFLUENT, s. m. L'endroit où se joignent
deux rivières. Cette Ville est bâtie au confluent
Ue deux rivières.
CONFLUKNT, ENTE. ad). Terme de :\Ie-
decine, On dit , Vue petite vérole conflucntc ,
dont les boutons sont confluensj pour dire,
Une petite vérole fort abondante, dont lesjjraius
se toucbcnt et se communiquent.
CONFONDRE, v. a. Mtïler, brouiller plu-
lieurs choses ensemble. Dans le Chaos, tout
les élémens étaient confondus.
11 signifie aussi. Ne pas faire distinclioii
entre des personnes et des choses diÛcrentcs,
Prendre une personne ou une chose pour un(
autre. îl ne faut pas confondre Vinnoccnt et It
coupable, l'innocent avec le coupable.
Comfosdue, signifie aussi j Convaincre, en
causant'de la honte; réduire h n'avoir rien ù
nîpondrc. Voilà un raisonnement propre à h
confondre. Cette déposition a confondu l'accusé.
Il signifie aussi Mettre en desordre, couvTir
<lu honte. Dieu confond Vorqueil des superbes.
''it-ri se ylutt à conf:>ndre les vains projets des
tiommes.
On dit en termes de civilité, pour sedéfendrc
de quelque louange excessive, Vos louanges mi
confondent. On dit aassi, Ce que vous me dites
lu meconfondy pourdiic, Meparoit incroyable.
On dit, Se confondre y pour, Se troubler,
s'embrouilter. Ces détails sont fvtt embarrassée
de circonstances y on s'y confond. Il est un peu
confondu dans son rulsonnenient.
Oo dit Qusu familicreincnt , Se confondre
en excuses, en respects ^ en cérémonies, pour,
Mulliplier les céréuiooics, les excuses, les res-
pects.
Confondu , ue. participe.
CONFOR.MATION. s. I*. Manière dont un
corps ufganisé est conformé. La conformation
àes piriies d'un corps. La conformation de.
orgnnes. Cette maladie vient d'un vice de con-
fot nation.
Ou appelle Vice de conforniatijon dans un
aniijifll, Ce qu'il a de dufcclucux dani la dis-
position des parties de son corps.
CONFORME, adj. des a g. Qui a la même
forme, qui est scmblahlc, qui ressemble. La
copie est conforme à Voritjinal. Ces écritures
sont conformes. Son humeur est conforme à la
vôtre. Mener une vie conforme à sa profession.
Son hahit n est pas conforme à sa profession.
Ses marurs ne sont pas conformes à sci doctrine.
CONFOIïMi::\n:NT. ad#. D'une manière
confornH:. Il /'U' procéder confarmcmcnl à
une telle Déclaration, à VOrdoniïance. Vivre
confontùtiiuit à :cn ot.it.
Tome 1.
CON
CONFORMER, verb. a. Rendre conforme.
Conformer sa ine, ses actions à la doctrine de
l FAHingile, Conformer ses sentiment à ceux du
Prince. Se conformer à la volonté de Dieu. Se
conformer aux inclinations, aux façons de
l'ivre de (juelqu^uru
CosFonMÉ, ÉE. participe. Il est aussi adjec-
tif, en parlant De la nia'jièrc dont les parties
d'un corps organisé sont disposées entre elles.
Ainsi l'on dit, quX'fi corps est bien ou mal
conformé y relativement à sa nature ou à sades-
liiiiition.
CONFOimiSTE. s. m. Celui ou celle qui
r.iit professi()n de la Religion dominante en
Angleterre. On y appelle y on -conformistes ,
Towi ceux (jui sont d'une autie Communion,
CON FOU. MIT f''. suhst. f. Rapport qu'il y -t
mire les chose» qui sont conformes. Coufvr-
mitê d'inclinations. Conformité de seutimcns.
Conformité d'humeurs. Conformité d'esprit.
Conformité d^ArrétSy de Traités.
On dit, La conformité à la volonté deDieu,
pour dire, La soumission de sa pr<ipre volonté
\ celle de Dieu.
En cosfoumité. Manière de parler adver-
biale, pour dire, Conformément à..... Vous
m'aviez donné tel ort/re, j'ai éa'it, j'ai agi
l'n conformité.
CONFORT, subst. m. Secours, assistance.
Donner aide et confort. Il est vieux.
CONFORTATIF, IVE. ad)ect. Qui fortifie,
qui est corroboratif. Remède confortatif.
Il est iinssi substantif. La Thériaque est un
excellent confortatif.
CONFOHTATlÔN. subst. f.Conoboration,
action de fortifier, état de ce qui est fortifié.
Un estomac affoibli a besoin de confortation.
Cela est bon pour la confortation des nerfs j
pour la confortation des parties. Il n'est guèra
(l'usage que dans ces sortes de phrases.
CONFORTER, v. a. Fortifier, corroborer.
Cela conforte l'estomac^ conforte le cerveau.
Il signifie aussi Encourager, consoler. Con-
forter les affligés. Conforter les mourans. Il
commence à vieillir en ce sens.
CoNFonTÉ, ÉF. participe.
CONFRATERNITÉ, s. fém. La relation. le
rapport quil y a entre des personnes qui sont
dune nu-nie Compagnie, d'un même Corps. À
cause de la confraternité , en considération de
la confmternité.
CONFRÈRE, s, masc. Un de ceux qui cora-
poscnt une Compagnie de personnes associéei
] our quelque exercice de pitlt*. Les Confrères
du Saint Sacrement.
Il se dit aussi De ceux qui sont d'une m^mo
Compagnie , d'un même Corps. Ils sont tous
deux Conseillers au Parlement, tous deux de
l'Académie, ils sont Confrères. .Vous avons un
nouveau Confrère.
CONFRÉRIE, s. f.Compagniedc personnes
associées pour quelques exercices de pieté. La
Confrérie du Sutnt Sacrement. MarquilUer de
Confrérie. înUonuier de Confrérie.
CONFRONTATION, s. f . L'oclîon de con-
froutcr des }>ersonnes les unes aux autres. Il ne
CON
28g
té Hit qu'en matiiSre crimineÛe , çu parlant ou
des témoins que l'on confionte à un accuse, mi
des accusés que l'on confronte enseml)le. Réco-,
lement et cotifronlalion de téimins.
Il se dit aussi De l'exiinicn qu'on fait, ou do
deux écritures en les conqiarant ensemble, ou
de diU'érens passages que l'on conlTre l'uu avec
l'autre. La confrontation des écritures. Par.
la confrontation des passages, il vérifia nue...
CONFRONTER, v. a. Il se dit eu parlai
Des personnes qu'on met en présence les unj,
des autres , pour voir si elles conviendront cft
quelque fait dont il s'agit. Confronter den:t
personnes ensemble. Il vieillit en ce sens : oa
dit plus communément, Ahouclier deux ncr*
sonnes j les mcllrc en face l'une de Vautre.
Il se dit plus particulièrement en termes de
Palais , en parlant Hes témoins et des accusés
iju'on fait cotnparoitre les uns devant les au-
tres pour les interroger. Confronter les témoins
à l'accusé. Dés que les témoins lui eurent été
confrontés': Il a été con/î-onlc.
CosmoNTEn, signifie figurémcnt. Conférer
une chose avec une autre , examiner deux
clioses en même temps, pour les comparer en-
semble. Confronter deux écritures. Confronter
deux étoffs Vune avec l'autre. Confronter
deux clioses ensemble. Confronter la copie à
l'oriqinal.
CosinoNTK, ÉE. participe.
CONFUS, USE. adj. Confondu l'un nvee
l'autre, brouillé, mêlé ensemble sans ordre.
Le chaos n'était qu'un assemhlatjc confis det
iîéniens.
On dit, Un cri confus, un bruit confus,
pour dire, Un cri, un bruitfoi*mé par plusieurs
personnes dont ou ne distingue pas les voix.
On entendit un cri confus, un bruit conf:s\
et on dit encore, Vn bruit confus ^ pour dire,
Un bruit incertain, sur tuie cliose, sur un fait,
dont on ne siit aucune particularité bien dis-
liuctc. Il court un bruit confus.
On dit aussi en parlant d'Une persopne qui
réunit plusieurs droils, que Tels et tels droits
sont confus et réunis en sa personne. En ce sens
il signifie Confondu.
Co.Nrus , en parlant d'Fsprit , d'ouvrages
d'esprit, signifie, Obscur, embrouillé. Esprit
confL-^j savoir confus. Ce discours est si coii^lii,
rju'on ne saurait l'entendre. J'ai lu autrefois
cet ouvrancj je n'en ai qu'une idée conlusc.
CoNiLSjSe dit aussi pour signifier Honlcux,
eniBhrrnssé , soit que la bonté et rend>arras
viennent d'une faute commise, soit qu'ils vien-
nent seulement de modestie. Ha été tout confus
quand il a vu qu'on l'avoit pris sur le fait 11
est demeuré confus. Il étoit tout confus de
l'honneur qu'on lui fnisoit. Je suis confus de
vos bontés.
C0NFUS!-:MENT. adv. D'une manière con-
fuse. On a (oui mis confusément dans se ma>
son. J'en ai entendu parla- confusément.
CONFUSION, s. f. Mélange confus, «n-
broulllemenl. Il a (o*( brouillé, il a mis (mil
en confusion. Il y a bien de I4 confusion Juiix
son cabinet
37
290 C O N
11 signifie aussi ni-soidre, trouble dans les
choses nioralis. Il y rètjiic un esplt de dèwnhe
<t lie confiisiùn. Duns des Icmys de confusion
et de trouble.
Il se dit aussi pour signilîrr I.ii lioiiH', s"i'
qu'on prenne liontc diiis le sens il7i;"onimie,
soit 'ju'on prenne lionte ilans le sens de Pudeur.
On lui a fait une grande confusion, en lui re-
prochant sa IJchelé. Cela la couvert de confu-
sion. Il a eu la confusion de ne pouvoir répon-
dre à cet artjument.Je l'avoue à ma confusion.
Vos louanges, vos boules me donnent de la
eonfusion.
CosrDStON, se dit aussi ùtlne grande ;ibnn-
dance de clioses, d'une grande multitude de
persoiHtes. îl y avoit à ce repas une grande
confusion de mets. Il y a une grande confusion
Je monde sur la place.
En confusion. Façon de parler adverbiale.
Oonfuscnient , sani ordre, d'uuc manière cou
fuse. Marcher en confusion. Les troupes sur-
prises par l'ennemi, et n'ayant pas le temps de
se ranger en hataiUe,se battirent en confusion,
et le repoussèrent.
Il signifie aussi, En abondanee. Vousy Iroii-
vercs de foui en confusion.
CONFTJT.\TION. s. f. Voye; Réfutation.
CONGE, s. m. Ancienne mesure pour les
liquides. Le Congé romain était une mesure
empruntée des Grecs.
CONGÉ, s. m. i-ennission d'aller, de venir,
de se leurcr. Donni.r congé à un soldat, !iji
dojiner concié pour un temps, lui donner un
congé absolu. Il a obtenu son congé. Accorder
des congés à des Ofjiciers. Des Ol]iciers qui
sont partis de l'armée sans congé. Le lioi a en-
voyé les congés à !\jrniee. Le General a congé
derevenir. L\'l mbassadeur a demandé un congé.
Il se dit aussi De la permission qu'on donne
à un domcstiejue de s'absenter pour quelque
temps. Il a demandé congé pour guelgucs jours
à son maUre.
Il se dit aussi en parlant d'Un donuslique
qui demande ù se retirer tout-à-fait, ou que
son maitre renvoie; et en ce sens on joint d'oc-'
dinaire l'adjectif possessif avec le mot de Congé.
J'ai demandé mon congé. Un domestique gui
demande son contjé. Son nudfrc lui a donné
son congé. Un domestique qui s'est retiré sans
congé.
On dit proverbialement, que Pour hoirc de
tcau et coucher dehors, on ne demande congé
à personne.
UoNNEn À quelqu'un CONoi, se dit aussi
ginéraiement, Lorsqu'on déclare ou qu'on fait
connoître li quelqu'un qu'il doit se retirer, se
désister de quelque chose. Il alloit librement
dans cette maison, mais depuis peu on lui a
donné son congé. 'H recherchoit celle fille en
mtu-tage, mais on lui a donné son congé.
On "dit au contraire, Prendie son congé,
prendre congé, T/)rsqu'une personne se désiste
d'cUe-niéine, .\bandonne la partie, le mareln5.
J'ai pris mon congé, sans attendre qu'on me le
âonnât
Ou dit que Le propriétaire d'une maison a
CON .
Sonné conqé à son locataire^ pour dire, qu'il
lui a signifie qu'il ait à soilir dans un certain
temps.
On le dit aussi d'Un locataire à IVgard du
propriétjire. Il ne veut plus loncr là, il a dotiné
con^c à son hôte. Signifier le conné. Accepter
le congé. Congé pour Pâques, pour A'oël, etc.
CONGK, signifie aussi L'cxeniptiou (pi'on ac-
corde aux écoliers d'aller en clas,sc. Jours tic
congé. Le Recteur a donné congé pour cette
après-dinée ., pour un jour, pour d^ux jours.
CoNct, signifie aussi Une permission d(
faire passer du vin, des marchandir^cs, apri^i
avoir payé les droits.
Prendre congé, signifie Aller, a^ant que
de partir, saluer les personnes h qui l'on doii
h(auroupde respect, il prendre leurs orJres.
Il part pour Varniee, et il a déjà pris congé du
Roi y ou simplement, Il a pris congé.
On le dit aussi De l'adieu qu'on dit 'i ses
amis, quand on va en voyage. H part dam
deux jours, et il est allé prendre congé de se-
aints.
On dil , qu'f/n Auihassadvur a eu^ a pri>
son andience de congé , pour dire , qu'il a eu 1 1
dernière audience publique qu'il devoit avoir
avant son dépnrt.
Congé, ïenne de Pratique, dont on se sert
quand le demandeur ne conjparoissant point,
le défendeur demande congé ; et pour profit ,
d'une renvoyé de la demande qu'on lui fait.
CONGÉAliLE. adj. des 2 genres. Terme de
Coutume. ÎI se dit d'Un Domaine où le Sei-
gneur peut toujours rentrer. Doutâmes con^
géahles.
COiVGÉDlER. v. a. Renvoyer quelqu'un,
lui donner ordre de se retirer. Il a congédie sa
domestiques. Congédier des troupes. Congédier
un Anihassadeur. L'Asscmhlêe fut congédiée. Il
recherchoit une telle fille en mariage, mais ou
Va congédié.
Congédié, ée. participe.
CONGÉLATION, s. f. L'action par laquell
le froid durcit les liqueiirs. La congélation de
l'eau est plus ou moins prompfe, suivant le
degré du froid. Congélation commencée. Con-
gélation parfaite.
îl se dit aussi De l'état où sont les liijueurs
étant congelées. JL'cnu est plus dilatée dans sa
congélation que dans sa fluidité.
Il se dit encore De certains corps fluides qui
viennent à se durcir par quelque cause que ce
soit. Il y a de U'ès- belles congélations dan^
cette giolte. Cet homme a fait un amas de plu
s-.eurs belles congélations.
CONGELER, v. a. Il se ilit de l'action par
laquelle le froid durcit les liqncurs. Le grand
froLil congèle Veau.
Il signifie aussi, Figer, coaguler. Il y ^ des
poisons qui congèlent le sang.
Il se met aussi avec le pronom personnel
dans l'un et dans l'outre sens- L^cau se congèle
par le froid. Le houHlon de jarret de vtau si
congèle en un moment.
Congelé, ée. paitidpe.
CONGÉNÈRE, adj. des 2 genres. Ternie
CON
d'Anatomie. On appelle muscles congénères
ceu\ qui concourent à un même mouvement.
Us sont oppose^ aux nniseles antagonistes , qui
ont des mouveimus contraires. En Botanique,
on appelle Congénères, f.es plantes qui sont
de même genre.
CONGESTION, s. i'. Terme de Médecine.
Amas d'humeurs qui se fait lentement dans
quelque partie solide du corps. La congestion
diffère de la fluxion, en ce que celle-ci se fait
plus prompteinenl et avec inflammation.
CON(il.\I15K. s. m. On donnoit ce nom aux
distributions extraordinaires que lesEmpere'.irs
f.iisoient faire au Peuple Romain, en argent o
(Ml denrées.
CONOLOBATION. s. f. Terme de Rl.élo-
rique, qui exprime la réunion de plusieui-s
preuves , de plusieurs argumens entassés les
uns sur les autres.
CONtiLOBÉ, ÉE. ad). Terme d'Anawmie.
1! se dit De plusieurs glandes réunies qui n'en
i'ont qu'une, dont lâ surf.!ce est unie. Glandes
eùtiqlobecs.
COSGLOMÈRft, Èi;. «dj. Terme d'Anato-
mie. II se dit Des glandes ansassées en pelotons,
et réunies sous une même membrane. Glander
conglomérées.
CONGLOMÉRER, v. a. Terme didactique
pris du Latin. Jleltre ensemble , amasser. Il ne
t'emploie que chez les Physiciens.
CoSGLOMt:RÉ , ÉE. participe.
CONGLUTINATION. s. f. Action par la-
quelle une chose est rendue gluante et vis»
queuse, ou l'effet de cette action. La conghttî-
nation du sang, des humeurs.
CONGLUTINER. v. a. Rendre une liqueur
L;luante et visqueuse. Ce poison congluline le
sang.
Cdsglutisé , ÉE. participe.
CONGRATULATION, s. f. Action par la-
quelle on témoif^ne à quelqu'un la joie qu'on
ressent du bonheur qui lui est arrivé. Conqrrt-
tulalion publique. Compliment de congratula-
lion. Il vieillit. On dil plus souvent, Felicilo-
tion.
CONGRATULER. V. a. Felic'rter quelqu'un,
se réjouir avec lui de quelque bonheur j de
quelque avantage qui lui est arrivé, et lui en
faire complimi-nt. Il Va congratulé sur la noij-
sanee de son fils , sur son mariage. Ou dit plus
souvent, Féliciter.
CoNcnATLLÉ, ÊE. participe.
CONt;RE. s. m. Sorte de poisson de mer
sembbible à une anguille. Congre noir.Congie
blanc. Couper un congre par tronçons.
CONGRP.GANI.STE. s. Celui ou celle qui
est d'une Congrégation Laïque , dirigée par de»
Ecch'-sinstiques régidiers ou séculiers.
CONGRÉGATION, s. f. Compagnie, corps
de plusieurs personnes religieuses ou sécu-
lières, vivant sous une même régie. Conijreja-
lio;i Réguliàe. Congrégation Séculière. Con-
grégation célèbre. Congrégation d'Hommes.
Congrégatinn de Filles. Les Bénédictins de la
Cougréqalion de Saint-Maur. La Congréga-
tion de l'Oratoire, des Pères de la Doctrint
GON
Chriticnne, etc. Les C h anoiTies Réguliers de la
Conqrégatiun de France.
CO!iGK£4;Ariox, se dit ausci De certaines
Coufrt^rif» di- dévotion sous l'invocation de l;i
Saiotc-Vierse. Êtie de la Concjtécjation de la
Vierge. Etre de la Congre tjutton.
On dil, La Cotiqtétjation des Fidèksj pour
dire, L'tgUse Cniverselle,
CosGnKCATiOSj en parlant De la Cour de
Rome, se 'dît d'Une Assemblée de Cardinaux
ei de Prélats, soit permamnte , soit nommée
d office pour quelque c.-is particulier, et desti-
née d examiner ceriaincs affaires qui lç*r sont
atlribuces. 71 se tint sur ce sujet une Cougré-
tiation de Cardinaux. Une Congrégation de
prélats. Vue Congrégation d'Etat. La Con-
grégation du Saint-Office. La Congrégation
des Rites. La Congrégation de la Propa-
gande.
CONGRÈS, s. m. Assemblée de plusieurs
Ministres de difltrcntes Puissances qui se sont
tendus dans le uicmc lieu pour y conclure la
paix-, ou pour y concilier les intérêts de leurs
Maîtres. Le Congres d'Vtiecht. Le Congrès de
Cnmhrai.
CoNcnÈs, se dit aussi De l'Assemblée dc^
Beprédcntans des États-Unis d'AnitVique.
CONGRtS. s. m. Épreuve de la puissance
ou impuissance des gens mariés, qui étoit or-
donnée atitrefois par Justice eu certaines occa-
sions, et qui a été supprimée. Ordonner le con-
grès. Venir an congrès. Siihir le congrès. Le
congrès a été aboli. Le congres étoit une preuve
fort inceitaine.
CO'CRC, UE. adj. Suffisant, eonvenable.
En ce sens, il n'est guère d'usage qu'en cette
phrase. Portion congrue, qui se dit De la pen-
sion annuelle que les gros Déciniateurs sont
tenus de payer aux Curés. La portion congj-uc
est comme la lég-.lime des Ciirê.<. Cure à por-
tion congrue.
Co>Gnu .iT., se dît aussi en termes de Gram-
maire; et dans celte acception on dit. quX^i«
phrase est congrue, pour dire,qu'KIle est «Ion
les régies de la Grammaire.
Un dit auys'i , Réponse conqrue, pour dire,
Aépuiise prtcise.
COGRUITt;. s. f. ConTcoance. Il se dit
aussi , en Théologie , De l'efficacité de la grAce
de Dieu qui agit sans détruire la liberté de
l'homme.
CO>GrCMENT. adv. D'une manière con-
grue, il ne parle point îdégamment ^ mai4 U
parle tlongrûment.
On (lit figurément d t'n homme qui parle
peniiicrauienl d'une aflàire. qu'il en parle con-
grûmcnt.
COMFtRE. adj. des 2 g. Terme de Bota-
nique.Il se dit Des arbresdontle fruit nppioclir
de la fignn- dun cône, tels que sont ceux du
Pin , du S.ipin , du Piréa . etc.
Il *e dit aussi Ors fleurs de certaines planter
qui appnKhcut de U figure du cùne. Fleun
conipre*.
COMQUK. adj. de» q r. Qui a U figure d'un
cûne. Miroir conifjue. Cadran conintie.
CON
Il signifie aussi, Qui appartient au cône.
Sections coni(jues.
CONJECTURAL, ALE. adj. Qui n'est fondé
fjue sur des conjectures. Ce n'est (juune preuve
conjecturale. La Médecine est une science con-
jctturale^ un art conjectural.
CONJECTURALEMENT. adverbe.Parcou-
jecture. Il ne parle de cela gue conjectura-
Icnient.
CONJECTURE, s. f. Jugement probable,
opinion que l'on fonde sur quelques apparences
louchant une chose obscure et incertaine. Forfe
conjecture. Puissante conjecture. Foible^ lé-
gère, vaine conjectwe. Conjecture trompeuse ^
bien fondée, mal fondée. Tirer une conjecture
de y^p|>u^er une conjecture sur Voilà
ma conjecture. Je n'en parle gue par conjec-
ture. Si ma cf^njecture ne me trompe. Toutes
les conjectures vont là. Cet art n'est fondé guc
sur des conjectures.
CONJECTURER, v. a. Inférer, juger sur
des probabilités, par conjecture. On m'a dit
telle chose, ft de là je conjecture sa perte. Je
conjecture gue cela arrivera. Un Médecin ne
fait souvent gue conjecturer. Ce gue je conjec-
ture de là , c'est...
Conjectlué, ée. participe.
CONJOINDRE. V. a. Joindre ensemble. U
ne se dit guère qu'en parlant De mariage.
Conjoindrc par mariage. Il ne faut pas que
l'homme sépare ce gue Dieu a conjoint.
Conjoint, iste. participe,
U est aussi subslfntif ; maïs alors il ne se dil
qu'au pluriel et en termes de Pratique , poui
signifier Le mari et la femme. Les conjoints.
Les futurs cotijoints. L^un des conjoints.
Conjoint, terme de Musique. On appelle
Degré conjoint y La marche d'une note à celle
qui la suit inimédîatcnient dans la gamme, soit
en montant, soil en descendant.
CONJOINTEMENT, adv. Ensemble, l'un
avec l'autre, de concert. Agissons conjointe-
ment en cette affaire.
CONJONCTIF, IVE. adj. Terme de Gram-
maire. Qui a la force de conjoindrc. U n'est
gm^rc d'usage qu'en parlant De certaines Parti-
cules conjonctives. Et, ni, iont des particules
conjonctives. LeQue est guclguef'ois conjonctif .
a)NJONCnON. s. f. Union. Il se dit en
parlant De l'union de l'homme et de la femme.
Conjonction par mariage.
En termes d'Astronomie, on dit, Conjonc-
tion de deux planètes^ Quand deux planètes se
irncontrent à notre cg.ird dans le même point
de quelque signe. Saturne et Vénus e'foient en
conjonction. La conjonction du Soleil et de
Mercure. Ouaud on dit id)>olument, La con-
jonction de la Lune, on entend la rencontre tle
!a Lune avec le So'eil dans le m^-me point du
Zodiaque. Quand la Lune est en conjonction ^
elle n'est pas visible.
Conjonction . est aussi Une partie d'Orai-
son , qui joint les mrnilïTcs du discours. Ou,
est une conjonction disjoncttve. Mais, est une
conjonction adversative. Et, est une conjonc^
lien copulative.
CON r^pi
CONJONCTIVE, s. f. Terme dAnaton.ie.
Nom d'une des membranes de I œil, <|ui forme
ce qu'on appelle I-e blmc de l'œil.
CONJONCTURE, s. f. Occasion, retxumtre
de circonstances, état, disposition où se trou-
ventdiverses chnscs en même temps. Heurausç^
fhtalc conjoncture. La conjoncture est /<jvora-
hle. Cela est arrivé dans itnc fâcheuse conjone-
tare. Il prit la conjoncture du départ du Hoi.
Dans les différentes conjoncturçs de la vie.
CONJOUIR, s£ CONJOUIR, v. pron. Se
réjouir avec quelqu'un de quelque chose d'a-
gré;ibIo, d'avantageux qui lui est arrivai. .411er
se conjouir avec un père du m<iriuge de son f\ls.
Se conjouir avecguelgu'un d'une gr(îcc qu'il a
reçue du Roi. Il esl vieux.
CONJOUISSANCE. s. f. Marque que l'on
donne i quelqu'un, de la joie qu'on p d'un
bouhi-urqui lui est arrivé. ConwUmens de con-
jouissa/it'i'. Lettre de conjouissance. Il vioillil.
CONJUGAISON. s. f. Terme de Grammnirc.
Jonction, assemblage des dilTérentes icrmiiîai-
sons d"un verbe. Conjugaison réquUért. Con^
jugaison anomale^ irrégulière. On divise Of di-
nairement les Verbes latins en gu.itre difli-ien-
tes conjugaisons. Il y a plusieurs méthodes pour
div'iser les conjugaisons dc4 Vertes François.
On appelle en termes d'Anatomie, Cok/k-
gaison des nerfs j La conjonction de certi:iiieâ
paires de nerfs.
CONJUGAL, ALE. adj. Qui concerne l'a-
nion entre le mari et la femme. Le lien conjii*
qal. I/'tfjf.'ctinn , Vitmtlié conjugale. L'amour,
conjugal. Le devoir conjugal. La foi conjugale.
CONJUGALEMENT, adv. Selon l'union qui
doit être entre le mari et la femme. Vivie con-
jugalement.
CONJUGUER. V. a. Terme de Grammaire.
Assembler ou réciter Us dlfi'ércntes tnflexioiw
et terminaisons que reçoit un verbe selon les
tenips cl les modes, suivant les règles de la
Gnmmaire./I sait décliner et conjuguer. Con-
juguer un verbe. Conjuguer par les règles.
Il se niel aussi avec le pronom jirrsonnel en
ces exemples : Ce verbe se conjugue ainsi, se
conjugue par tous ses temps.
CONJUGUK, ^E. participe.
CONJURATEUR. s. m. Celui qui forme,
qui conduit une conjuration. Dunqcrcujc con-
juruleur.
On le dit aussi quelquefois De prétendus
Magiciens qui se servoicnl de certaines paroles,
soit pour conjurer les Déiuons, soit pour con-
jurer une tcnuiéte. t'onjuruft'ur des Dénions.
ConjnroU'iir des tempêtes.
Conjuration, s. f. Conspiration; com-
plot contre l'État, contre le Prince. Ilorrihle
conjuration. Faire une conjuration. Tramer
itne conjuration. Découvrir une conjuration.
Une conjuration formée. Il étoit de [a conju-
ration. Tous ceu.T gui entrèrent dans la conju-
ration. La conjuration de C titdi'in.
CuNJi'itATiOK, se dit nuMÏ Des parolet dont
de prétendus Magiciens m* servent pour con-
jurer les Démons, l'or^c, U peste, la lem-
(H-te , etc
37.
aga
CON
On dît qnolquefoia Conjuration^ au pluriel,
dans le sens De piièrv. Employa Un yrièies,
les conjurutions.
CONJURER. v.a.Pricrinstanimcm.Jtf t'ous
conjure de faire cela. Faites ccla^ je vous en
eonjure, je vous conjure.On y njoute la consi-
dération des choses saintes, ou de celles qui sont
les plus chfcres h celui que Ton liric. Je vous
conjure au nom de Dieu. It It ar^jura par tout
CJ ^li'it fli'Oif de vlus cher nu monde, par Va-
mour de la Patrie, par le souvenir de. . . .
Il signifie alIs^i Exorciser, se servir de cer-
taines prières pour chasser les dùnons. Conju-
rer le D'uible, Esprit immonde , je le conjure
vai' le sacré nom de Dieu.
CosjtJHEn, se dit aussi, eii parlant De In
superstition de ceux qui croient que par des
paroles ils peuvent chasser les maladies, la
tempête, les serpens. Des geru^ (jui prétendent
avoir le secret de conjurer la fièvre', de eonju
rer les oraqes.
On dit figurément , Conjurer la teniycte ,
pour dire , netourner par prudence , par
adresse , un ni.illjeur dont on est inena<"e. Ce
prînce^voyant une armée de cincjuante mille
hommes prête à entrer dans ses Etals, trouva
moyen de conjurer la tempête.
CoNJiREn, signifio aussi, Former un com-
plot avec une ou plusieurs personnes, contre
l'État ou contre le Prince. CatiHna conjura
conti-e la Répuhliquc. Cinna conjura contre
yiuquste, El dans cette acception il s'emploie
souvent absolument. César ('(oit toujours prêt
â conjurer.
On dit aussi, Conjurer contre (jnclqu^un^
pour dire, Agir de concert avec d'autres contre
les intérêts de quelqu'un. Il s'emploie aussi
avec le régime direct. Conjurer la ruine de sa
patrie.
On dit pareillement d'Une personne seule
qui a forme un mauvais dessein contre quch^iie
personne particulière, Jl semble que cet homme-
là ait conjuré j^otie perte.
CosJUiiÉ, LE. participe.
l\ est quelquefois substantif; et l'on appelle
Les Conjurés, Ceux qui sont entres dans unr
conjuration. On se saisit des Conjurés. C'esl
un des Conjurés. Il n'est gui;rc d'usage qu'au
pluriel.
COJSINETAliLE. s. m. Ou appeloit aino en
France le premier Officier militaire de la Cou-
ronne, qui nvoil la coniniandemcut gém-ral des
orméc5. Le Conntîahle de France. La Ckarqe
de Connétahh. Le Roi le fit Connétable , lui a
donné Vépée r' Coiinélable.
CoNNErADLE, ost aussi Un litre de dignité
qui se donne en d'autres Royaumes à quelques
personnes de qualité, dans la maison desquelles
il est héréditaire. Ainsi en Espagne il y a un
Connétable de Ca^ttlle^ un Connétable de Na-
varre. Et à Rome, l'aîné de la Maison Colonne
s'appelle Le Connétable ^ comme étant Conné-
table héréditaire du Roynime de tapies.
CoîWÉTADLE, est aussi snbslantif féminin,
lorsqu'on parle De la femme d'un Connclablc.
Madame lu Connétable.
C O N
CO^■NÉTADLIE. s. f. La JuriJ^lion des
Maréchaux de France sur les gens de guerre,
ei sur ce qui regarde la guerre, tant au civil
qu'au fiiminel. Le Siège de lu Connétablie est
à Parts. Lieutenant de la CofUic/aMie. Archet
de la Connétablie.
CONSKTADUK , sc dit au.^si De la Juridiction
des Maréchaux de France, pour les afTaîres qui
regardent le point d'honneur. La Connétablie
se tient chez le Doyen des Maréchaux de
France, comme repiésentant le Connétable.
CONNEXE, adj. des 2 genres. Terme de
Palais, qui sc dit Des choses qui ont une cer-
taine liaison les imes avec les autres. Affaires,
matières conncres.
CONNEXION, s. f. JJaison qui de cer-
taines choses ont les unes avec les autres. On
ne voit pas la connexion de ces deux idées, de
ces deux propo'^itions. Il n^existe aucune con-
nexion entre ces principes^ ni entre les consé-
(juences quon en tire.
CONNEXITE. Sv f. Rapport^ liaison aperçue
entre deux objets, entre deux idées. Il y a une
grande connexité entre la îMorolc cl la Juris-
prudence.
CONXIL. s. m. Lapin. En cette île-là il y a
force connds, lièvres, etc. Il est vieux.
CONNILLER. v. n. Chercher des subter-
fuges et des ruses pour esquiver, suit dans la
dispute, soit dans un procès. }l ne jéj ond pas
directement^ H ne procède pas frayichemcnl ^ il
ne fait que connillei. J\ est populaire.
C0NMVE:NC.-:. s. f. Complicilc ^'.ir tol'-
ïance et dissimulation d'un mal qu'on doit ou
qu'on peut empêcher. Connivence manifeste,
La connivence du Maqistrat, des Juges. La
connivence du père a été cause du désordre dû
ses enfans. Agir de connivence.
Il se prend aussi quelquefois pour Coni-
plicité. Ils étaient de connivence cnsembU
pour, etc.
CONNIVER. V. il. Participer , en dissimu^
lant, à un mal qu'on peut et qu'on doit empê-
cher. Vn magisb-atqui connivc (ni.cconciissrons
d'un Greffier, d'un Procureur j qui connive
avec un Greifier^ un Procureur. Il ne voulut
pas se déclarer ouvertement , mais il conniVoil
avec lui. Un Trésorier et un Contrôleur qui
connivent ensemble. Vn père qui connive atuv
débauches de ses enfans.
CONNOISSABLE. adj. des 2 genres. Qui
est aisé îi eonnoître. Il est fort changé, il n'est
pas connoissable. Il u'est guère d'usage qu'avec
la négative.
COXNOISSANCE. s. f. Idéa, ïiotion qu'un
a de quelque chose, de qurlqne pereonnc. La
connois.<ii.icc du bien et du mal. La connoir-
sance de Dieu. N\tvoir aucune connoissance
d'une affiiire. Cela est de ma connoissance,
de la connoissance de tout le monde. Cela est
venu à ma connoissance. Je n'en ai aucune
connoissance,
CossoissANCE, se dit aussi De l'exercice de
c'tte faculté par laquelle l'ime connoit et dis-
tingue les objets; et dans ce sens on dit, qn'(/fi
/lomnie a perfîu loiile cu/inoissunce; qu'il n'ii
COIN
plus de .sentiment ni de coîinoissancc j qu'il
s*est trouvé mal , mais sans perdre connoissance j
qu'uïi transport au cerveau lui a ôté toute con-t
Jioissance • qu'il a eu coMfioi.s5ûncc jusqu'à la
mort.
On dit, Prendre lonnoissance d'une chose,
d'une ajpiire, pour dire. S'informer, vouloir
savoir ce que c'est. Jl a l'ouhi prendre connois-
sance de cette 'afjairc. Ce n'est pas à vous i^
prendre connoissance de mes actions.
On dit, Parler en connoissance de cause^
agir avec connoissance de cause, pour dire,
Parler et agir avec une entière connoissance de
ne que l'on dit, et de ce que Ton fait.
On dit, qu'l/n homme a une grande con-
noissance des affiiresj pourdire, qu'il s'entend
très-bien eu, affaires ; et qu'/I a grande con-
noissance des tableaux, des pierreries, pour
dire, qu'il sc counoît bien en tableaux, en
pierreries.
On dit aussi dans le même sens, qu'f/n
homme a une grande ronnois-sunce des livres;
et on dit, qu'/i a une grande connoissanos de
rilisloire, pour dire, qu'il sait très-bien l'His-
toire.
Connoissance, signifie aussi, L'habitude,
liaison, rel.ilion qu'on a avec quelqu'un. Cet
homme est-il de votre connoissance? A cause
de notre ancienne connoissance.
Il se dit aussi Des personnes avec lesquelles
on a des liaisons ou des relations. Faire de
nouvelles connoissances. On doit préférer ses
amis à ses connoissances. Il n^est yis mon amt,
il n'est que ma connoissance. Je n ai aucune
connoissance auprès de ce Juqe-là. Je vous
donnerai toutes mes connoissances.
On dit, Il n'y avoit personne de connois-
sance à la promenade, au spectacle, etc. pour
due, qu'il n'y avoit aucune de ces personnes
qui sont géuéralement connues dans le monde.
On dit sans article, Faire connoissance avec
(|»e/(^u'j*n , et avec l'article. Faire la connois-
stince de quelqu\tn. Il a fait connoissance avec
un Savant. Il a fait la connoissance d'un
grand Littcriitcur.
On appelle Pays de connoissance, Un lieu ,
une maison ou l'un connoit ceux qui y sont, et
où l'on est connu; et dans ce sens, en parlant
figurément des compagnies oii l'on trouve des
personnes que l'on connoit, des livres et dos
langues qu'on entend, on dit, qu'On est en
pay.t de connoisiance. Quand il etitra dans cette
mûisort, il fut ravi de se trouvcf en pays de
connoissance. Il se trouve en pays de connois-
sance dans toutes les Bibliothèques. A présent
que vous parlez une Lanquc que j'entends^ je
mis en pays de connoissance.
On dit, qu'Un homme a hien des connois-
sances, de grandes connoissances, de profondes
connoissances , pour dire, qu'il sait beaucoup,
qu'il possède beaucoup ilc sciences.
CoNsoissANCK-i , SC dit aussi en termes de
Chasse, pour Certaines marques imprimées par
le pied de la bête qu'on chasse, et auxquelles
on reconnoit l'-'igo et la grosseur de celte bête.
CON>OISSEMENT, s. m. Terme du Coin-
CON
meice do Mer. Déclariitioii contenant l'état des
inarchnmiiscs qui sont d;iii9 un vaiisetiu , de
ceux à qui elles appartienuent , et des lieux nù
on les porte, si-uce du C-ipitainc et de rÉcii-
vain. On ne trouva sur ce vaisseau ni corinoïs-
sement ni passe-port.
CONiNObSEUR, EUSE. s. Celui , celle qui
se counoit h quelque chose. Si vous dites <^ue
ee diamant est d'une belle ci.u, oous n^êtes pas
connoisseur. C'est un grand connoisseur en ta-
bleaujc.llestbon connaisseur en chevaux. Faire
le connoisseur. Faire la coniioisseuse. Je ne me
cannois point en ces sortes de choses/à , je m'en
rapporte au.t connoisseurs. Elle est cannois-
seuse^c'est une tonne coJinoUseuse en diamans.
CosscissEtn , se dit adjectivemcut. Il parte
un œil connoisseur sur ce tableau.
CO^NOÎTRE.T.a. Avoir dans l'esprit l'idée,
la notion d'une chose ou d'une personne. Con-
noitre parfaitement , imparfaitement. Connaître
à tond. Je ne le cannois (jue de nom, de vue.
Je le cannois bien. D^oit le connaissez- vous?
Je le cannois pour Vavoir vu en tel endroit. Il
me connut à la voix, à la démarche. Je con-
nais sa manière. Son style est aisé à connoitre.
Je le cannois pour ce iju'il est. Je connois bien
cet homme. Il a bien trompé du mande, an ne
le connaissait pas. Con:iais-tai toi-même , est
une des belles maximes de Vandenne Philoso-
•phie. Connoitre le bien et le mal. Cet enfant ne
connaît pas encore ses lettres. Vous ne connais-
sez pas vos forces. Il eonnoil son foihle. Je ne
parle point de ce que je ne connois pas. Faire
eonnottre sa façon de penser. Il fit connaître
aui il étoit. On lui refusa l'entrée f il se fit con-
noitre. A'e lui donnez pas à connoitre <jue,..
CoNNOrmc, signifie aussi, .4 voir une firando
prnli<jue, un faraud usa^^e de certaines choses,
s'y entendre fort Itien, C'est un homme <jui
connoit bien la guerre. îl ^s( bon Officier de
Marine, il connolt fort bien la mer. Vn homme
<jui connoit bien le mande et la Cour. Il con-
naît bien les bons livres, les pierreries , les ta-
hleaux. C'est un grand Physicien ^ il connaît
hien les plantes, les métaux, les minéraux.
Il signiHe aussi. Avoir quelques liabitudes
avec quelqu'un. Connaissez-vous quchpi^un de
mes Juges? Je nen connais pas un. Il catinoît
tout le monde. Je vous le ferai connaître. Je
ne conuois point cet hamme-là, ni ne le veux
connoitre.
Ou dit en style de l'Ecriture-Sainte , Con-
Tiotlre une femme, ou la connaître charnelle-
nicnt, pour dire , Avoir habitation avec elle,
Adam connut Ei*c.
Co9>uirnE« signifie aassi Discerner les nb-
}et$, \l'a distinguer. Je ne Vai vu iju^une fois .
mais je le connoUrois entre mille. La nuit étoit
SI noire^ <fu'on ne pouvutt connoî(rc personne.
Cosîtoirnc, signifie encore Sentir, éprouver.
On ne conno/t point r/iù'cr à la Martinique. Les
Anciens ne connoissoient pas la petite vérole.
CoanoÎTiiE, signifie aussi, Avoir pouvoir,
aaloritc de juijer de quelques matières j en ce
sens il se construit toujours ovcc Je, ou un
cquivulent. Ce J"'^<.* connoït des matières cî-
CON
îles et criminelles. Il en connoîf en première
installée. Il en connoit par appel. Il ne peut '*
pds cufiri()(fre dc cela.
On dit, (ju'L'n homme ne connoit personne,
pour dire, qu'il n'a nul é^ard, nulle considc-
r.'tiou pour personne. Quand il est guestion
dintérvt, îl ne connoit plus personne. DcpHi:i
qu'il est en place ^ il ne cannait plus ses amis.
On dit, A'e connoïtre point de Supérieur,
ne connaître point (îf A/aï(rc , pour dire , N'a-
voir point dc Supérieur, n'avoir point de Maître,
ou pi'ctcndre n'en point avoir, et ne vouloir pas
s'y soumettre. ÎLt ou dit farnihi-rement dms le
même sens, en parlant d'Un libertin, qr'// ne
connoit ni Dieu ni diable.
En parlant De certaines Lois, de certaines '
Coutumes qui ne sont point admises, qui ne
sont peint rsçues en certains Pays, on dit,
qti'On ne Us y connoït point. En ce Pays~lù
on ne connoit poinf la Loi Salique , êp n^y
co'moîl point le Droit jRomairt.
On dit, 5e connoitre en quelque chose, ou
ù quelque chose, poui" dire, Savoir en bien
juger. Il se connoit en gens. Il se connaît en
mérite, en poésie. Il se connaît en pierreries^
en tableaux. Il ne s^y connaît point du tout.
Ou dit aussi, qù'(/n homme ne se connoî\
point, pour dire, que L'orgueil lui fait oublier
ce qu'il est. Et on dit aussi qu'/I ne se connaît
plus, Lorsque quelque passion le met hors de lui.
On dit encore, 5e ^'«lire connoitre. Caton si
fit connaître de bonne heure par sa passion
pour la liberté.
CosNU, CE. participe. Il est connu dc tou*. h
mande. Ce nom m'est connu, nous est connu,
leur est connu.
CONOIDE. subst. m. Ternie de Géométrie.
Coqjs ou solide qui tient de la figure d'un cône,
Et dont b' sommet est en pointe ou arrondi.
CONQUE, s. fera. Grande coquille concave.
On voyoit dans ce tableau Vénus portée sut
une conque.
On donne aussi le nom de Canqiie ù certaines
coquilles en spirale, dont, suivant la Fable,
les Tritons se servoient comme de trompettes.
Conques ASAxiFfeuES. s. f. plur. H^pcce da
coquilles.
On les appcloit AnatipreSf parce qu'on
croyoit autrefois qu'il s'y formoit des canards.
CONQUERANT, s. m. Qui a conquis beau-
coup de Pays, qui a fait de grandes conquêtes.
Mexandre a été un grand Conquérant.
On dit figurémcnt et familièrement d'Un
honinii', d'une femme, qui se présentent avec
une pariu-c dont ils semblent tiivr avantage",
qu7b- ont l'air conquérant.
CONQUERIR. V. a. ( Il se conjugue comme
Jcqnérir, et n'est glu'în.' d'usa, qu'à l'infinitif,
au passé défini et aux temps composes. ) Ac-
quérir par les nm^s. Conquérir une Ville, un
Pays, une Province, un Royaume. Alexandre
conquît l'Asie. César a conquis les Gaules.
Ou dit nu5si , Conquérir l amitié, les bonnes
. grâces de quelqu\tn.
CoNQtis, KV.. participe. Vne Province con-
quise. Le Pu.ys conquis. Les Villes conquises.
CON 293
CONQUÊT, s. ni. Terme dc Jurisprudenre,
Acquêt fait durant la communauté cnlre !e
mari et la femme. Il st: joint toujours avec jc-
quêt. Elle a sa part dans les acquêts et canqucls.
CONQUÏtiTE. s. f. L'action dc conquérir,
nu la cliose conquise. lùwc la conquête d^un
Pays. Belle, grande, glorieuse conquête. Gar-
der ses conquêtes. Agrandir son Etat par des
conquêtes. Pays de conqmUe.
Ou dit. Vivre comme dans unPays de ccn-
<fuctc, pour dire, Vivre à discrétion.
Conquête , se dit fîgurément en termes dc
galanterie. La conquête d^un amant. Cette
beauté fait tous les jours de noui'cïles conquêtes.
On dit aussi : Cet homme a des qualités ai'
niables, il a fait ma conquête. Je suis sa con-
quête. J'en veux faire ma conquête.
CONQUf:TEU. V. a. Conquérir. Il est vieux,
CONSACRANT, adjcct. masc. Qui sacre un
ICvéque. L'hvêque consacrant. Il est aussi
Bubstantif. Le Consacrant.
CONSACRER, v. actif. Dédier à Dieu avec
L-ertaines cérémonies. Consacrer une Eglise , nn
Autel, un Calice. Consacrer une personne à
Dieu. Se consacrer à Dieu. Se consacrer an
leivice des Àutcb.
Il rignifîe aussi, Donner, de'vouer à Dieu,
sans observer aucune cérémonie particulière.
Après tant de temps donné au monde, il a con'
sacré le reste dc ses jour* à Dieu.
On dk figurément, Consacrer à quelqu'un
son temps j ses veilles, ses soins, pour dire, Lui
dévouer son temps, ses veilles, etc.
On dit encore dans lo même sens : Consa~
crer sa jeunesse, sa vie, etc. à VMiide,au Bar-
reau, à la guerre t à l'exercice des armes, elc.
Se consacrer à l'étude des Langues, des Belles-
Lettres, de la PJiilosophîe. Consacrer son ar-
gent à se former une bibliothèque.
On dit, que L'Eglise a consacré un mot,
pour dire, qu'Elle l'a déterminé à une signifi-
cation particulière, hors de laquelle il n'est
pnint d'usage. Ainsi les mots de Consubstantiol
et de Transsubstantiation , sont des mots con-
sacrés, en parlant De la divinité du Verbe et
de l'Eucharistie.
On dit aussi, que L'usage a consacré une
phrase, une façon de parler, pour dire, que
L'usage l'a étabUe, et qu'il n'y faut rien chan-
ger, quoiqu'elle soit quelquefois contre les
règles de la Langue, comme : Lettres Royaux.
l aut vient à point qui peut attendre.
CowsACnEii, se dit encore particulièremrni.
De ce que fait le Prêtre, lorsqu'il prononce les
paroles sacramcntales en vertu desquelles le
Torps et le Sang de Jésus-Ciiiust sout ré-cllc-
ment sous les cspi-ccs du pain et du vin. Le
Prêtre consacra autant d'Hosties qu'il y avoit
de Cammunians.
CossAcnÉ, ÉE. participe.
CONSANtiUIN. fldj. m. Parent du c6té pa-
ternel. Il n'est guère d'usage que dans celle
phrase;, Frcrc consanguin, qui signifie Frèn?
de père, et qu'on dit par opposition k Frè:e
utérin., qui signifie Frère de niére. Il ne se dit
guère qu'on termes de Jurisprudence.
agi
CON
'CONSANCUINITÉ. s. f. ( l'U fait dipli
tliODgue avec l'I. ) Parenté dn côt6 du pire
Degré de consanquinité.
CONSCIIÎNCE. s. f. Lamiôrc inlcrieiire
«enlimer.t intérieur par lequel l'iiomme se ren(
témoignage à lui-même du liii-n et du mal 'ju i
fait. Conscience timorée. Co>"cience dcUcate
Conscience scruyiiUu^c. Conscience tenih-e
Bonne conscience. Conscience erronée. Délica-
tesse ie conscience. Scrupule de conscience
Remords de conscience. Levt^rdeh conscience
Le cri de la conscience, le trihunal de la con
science. Directeur de conscience, l.e for de h
conscience. Liberté de comci'enrc. Conseil di
conscience. Faire quelque chose pour l'acquit
de sa conscience. Cela se peut faire en siheK
de conscience. Votre conscience ne vous re-
prochc-t-ellerien? Àcjir contre sa conscience
Varier contre sa conscience. Parl^ selon se
conscience. TrouMer les consciences. Cela n'esl
propre qu'à alarmer les conscietices.
On appelle Cris de conscience, Certaines dif-
ficultés ou (juestions sur ce que la Religior
permet ou défend en certains cas. Propose.- un
cas de conscience. Uésoudre un cas de comcicnce
On dit, qu'Un homme a de la conscience
qu'il est homme de con.ïciencejpour dire, qu'il
est attentif à ne rien f.iirc qui puisse blesser sz
conscience ; et on dit ou contraire, qu'/l esl
sans conscieni-e , qu'il n'a point de conscience.
On dit aussi dans le stjle familier, qu'/l a la
conscience large, pour dire, qu'il ne regarde
pas de bien prés à ce qui concerne son rlevoit
On dit aussi, qu'H n'a pas la conscience nette,
pour dire, qu'il se sent coupable.
On dit comniunémenl , Faire conscience
d'une rliose,pour dire, Faire scrupule d'une
diose, ^atcc qu'on croit qu'elle est contre les
bonnes mœurs, contre la raison, contre la
bienséance. Je ferais coasciencc d'avoir corn-
merce avec un îionnne si décrié. Je fais con-
science de vous importuner si souvent de /i
même chose.
On dit dans le même sens -.Il y a de la cim-
science à faire telle close. C'est conscience de
faire telle chose. Il y a de la conscience à jouer
contre un homme qui ne sait pas le jeu. C'est
conscience de le laisser dans Verreur oit il est.
IVe ^'iitfes ^)us cela, il y auroit conscience.
On dit : Je nicls cela , je laisse cela sur votre
conscience. Je m'en remets^ je m'en rapporte à
votre conscience. Vous aurez cela sur votre
conscience f pour dire, .Si vous agissez en cela
contre votre conscience, vous en répondrez de-
vant Dieu. Et m dit, qu'Un homme a dit tout
ce qu'il avoil sur sa conscience, pour dire,
(pi'll n'a rien caché de ce qu'il savoit, de ce
«pi'il avoit sue le cœur.
Conscience, se dit en Métaphysique, de l.i
coiuiuissance qu'on a d'une vérité par le sen-
timent intérieur. Les hommes ont la conscience
U leur liberté. Conscience intime.
En conscience , en bonne conscience. Façon
' de parler adverbiale. En vérité, selon les rfrgles
de la conscience. Je vous le dis en conscience.
Ce Marchand vend en conscience, il ne surfiiil
CON
j)oint. En honnc conscience^ poiivez-i^oiis me
demander ce prix? Vous êtes ohligé en con-
science à cela, de faire,, etc.
En conscience ^ en ma conscience^ sur ma
conscience. Espèce de serment en usage dans
le langage familier.
CONSCIENCIEUSEMENT, adv. D'une ma
ni(>re consciencieuse, avec conscience, en con
science, ^^ir consdencieuscmeni. Faire un pui
tags consciencieusement.
CONSCIENCIEUX, EUSE. adj. Celui, cHl.
qui a la conscience délicate. C'est un hcmtuc
consciencieux. Il est consciencieux jasrjHcin
scrupule.
CONSf^RIT. adj. m. Il n'est d'usn-;e qu'en
pnrlant des Sénateurs Romains. Les Pries
conscrits.
CONSÉCRATEUR. s. m. II signifie la mômf
chose que Consacrant.
CC^'SÉCRATION. s. f. Action par laquelle
une chose esl consacrée. La consécration d'unt
Eglise, d^un calice.
On appelle absol. et par excellence, LaCon*
sècration, L'aclion par laquelle le Prttre con-
sacre,quand ilcélébrela Mess-J. 4vaTit laConsé-
cration. AfircslaConsccratior.. LaConsécratton
étant faite. Les paroles de la Consécration.
CONSÉCUTIF , IVE. adj. Qni est de suite.
U ne se ditguèrr qu'au pluriel , et dans le style
de Jurispnidencc , en parlant Des choses qui se
suivnnt immédialement dans l'ordre du temps.
On a publié les hans par trois Dimanches con-
sécutifs. Troi" Fêtes couiccutivcs. Trois jour<-
consécutifs. lî rapporte trois haux conse'cut ifs.
CONSÉCUnVEMENT. adv. Tout de suite,
imncôdi. lie ment après, selon l'ordre du temps.
Il a eu consécutivement trois grandes malo'
dies. Il a exercé consécutivement trois grandei
charges.
CONSEIL, s. m. Avis que l'on donne à quel-
qu'un sur ce qu'il doit faire ou ne pas faire.
Uon , sage., prudent conseil. Conseil salutaire.
Mauvais, pernicieux y dangereux conseil. Con-
seil intéressé, désintéressé. Conseil violent. Il
Vit Vauteur de ce conseil. Donner conseil, un
conseil. Prendre conseil. Suivre le consed de
auclnu'uH. Croire un conseil. Il îie prend çon-
'>eil nue de sa tête, de son amour, de son inté-
rêt, ou de son avarice. Je ne demande pas
votre conseil sur cela. C'est un conseil à lui
donner. C^est un homme de bon conseil. Je ne
ferai rien nue par conseil, nue par bon con-
seil.Il m'a aidé deses bons conseils. Il a rejeta'
tous mes conseils.
Proverbialement, en parlant d'Un conseil
qu'on ne veut pas suivre, on dit, Ce con.'ieil-
là est bon, mais îl n'en faut guère user.
On dit encore proverbialement, que La
nuit donne conseil , porte conseil, pour dire ,
qu'il ne faut pas prendre son parti l la liite .
et qu'il faut se donner le loisir d'y faire ré-
llexion; et, À nouvelles ajfaircSy nouventLt
conseils, pour dire, qu'il faut relier ses r<-so-
lulions suivant les différenles ocrurronces, les
> diflcrentes conjonctures des aS'aires; A parti
pris, point de conseils, pour dire, qu'il esl
CON
inutile de donner des conseils h un homme qui
a pris son parti.
On appelle Conseils i^vcinoélî^ucs. Les con-
seils que l'Évangile donne pour parvenir ^ une
plus grande perfection ; et en ce sens , Conseil
l'oppose à Précepte, comme dans ces phrases :
Ce n^est pas un précepte, ce n^est qu'un con^fil.
Cela n^est pas de pr ceptCf cela n'est que tlt
conseiL
Conseil , se prend quelquefois pour Hïfso-
lution, parti. Ne ni'en parlez plus, le conserl
en est pris. Je ne sais nue} conseil prendre.
CoasEiL, est aussi un nom qui se donne gé-
néralement A certaines assemblées établies pue
raulorité du Prince, soit pour les afiàîres im-
portantes de l'État, soit pour l'administration
(le la .Justice, Ainsi eu l'rance ily a diveisCon-
seîlsdecette nature, comnte: Le Conseil d'Etat,
DU le Conseil d'en haut. Le Conseil des Dépê~
ches. Le Conseil des Finances. Le Conseil de
Commerce. Le Conseil Privé, ou le Conseil des
parties. Un Arrêt du Conseil d'État.
On appelle aussi Conseil, hti réunion habi-
tuelle d'un certain nombre de Gens de Loi,
que des Princes du Sang, ou de grands Sei-
gneurs, choisissent pour diriger leurs aflaircs.
Le Conseil de M. le Prince de Conti, le Con^
ieil de la Maison de Bouillon, etc.
Quand on dit, Un Avocat au Conseil, un
Greffier du Consed, un Huissier du ComeH;
vlaider au Conseil, se pourvoir au Conseil,
'.te à la suite du Conseil , on entend parler du
"onst'il des Parti'^s. Et quand on dit , qu't/n
tel est entré au Conseil, cela re s'entend que
du. Conseil d'iitat.
On appelle Grand Conseil, Une Compa-
gnie supérieure qui n'a point de territoire ,et
qui est établie pour connoître de certaines af-
faires, comme de ce qui regarde les Prévôts
des Murcchaux, desdifférensqui naissent entre
les Présidiaux , des matières bcnéfîciales j et des
contrariétés d'Arrêts.
On ai>pelle Conseil de Ville, Un Conseil
ét.ibli pour connoître et ordonner des affaires
de la Mlle. On en a parlé au C onseil de Ville.
On appelle Conseil de Guerre, L'Assemblée
r[ue Tiennent les Officiers (;énéraux d'une ir-
mcc , ou les Ollicier? principaux d'un déioche-
ment, dune Place de guerre, pour délibérer
sur le parti qu'on doit prendre en certaines
coujonctiucs.
On appelle aussi Conseil dcGuen-c, VÂs-
semblce que tiennent les Officiers d'un Régimenl
ou d'un autre Corps, pour l'exercice de la Jus-
tice Militaire.
Dans les Juridictions, La Chambre du Con-
!ccf!, est la Chambre où l'on juge les proc-'s par
écrit; et en ce sens on dit. Appointé auConseil.
CoNSEn-, se dit quelquefois De ceux de qui
on prend conseil. Vn tel est son conseil. C'est
tout soJt conseil. Le malade tst en péril, s^n
Médecin ordinaire dema'ndc du conxil.
On dit proverbialement d'L'n homme qui
prend prompicmeQt sa résolution , sans con-
sulter personne, qu'/l a bientôt assemblé 9on
'conseil.
CON
En lerniM de P»lais, l'AToeat que la PartU
roiisultc , s'nppclle Son conseil ; el on dit ,
Aller au conseil, pour dire, Aller consulter un
A^'OcaI. Le conseil at d'avis. . . .
En parlant des Decrcude la Providence, ou
dit, Les comeils de Dieu. H faal adorer les
eonseiU de Uieu. Les comeils de Dieu sont im
pcnètrables. £tcs-vous entrés dans le conseil de
Dieu.'
rOSSKILLEH. V. a. Donner couseil. 75ie/i
conseiller , mal conseiller. Conseiller sagement.
Qui l'Ouï a conseille cela-* Je ne voudrais pas
lui conseiller de faire telle cltose. Qui sont ceux
oui le conseillent ' Je vous le conseille en ami.
Conseiller à (jueltiti'un de faire une cho.ie.
Conseiller une chose à tjueltjuun. Conseiller la
pair. Conseiller la querre. Bien conseiller
/futUju'un , le imil conseiller.
On disoit autrefois, 5e conseiller à quel-
tfuun^ pour dire, Prendre les conseils, suivre
les conseils de qitélqu'un. 11 esc inusité.
CoRSEOLÉ , É£. participe.
CXJNSEIL'LER, ÈRE. ». Qui donne conseil.
Sage, bon conseiller. Mauvais conseiller. Celui
qui l'ous a donné ce conseil est un niauvait
conseiller. Il n'a été ni l'auteur ni le conseiller
de cette entreprise. Le désespoir est un maiwait
fcon^iller, La passion est une conseillère daU'
qereuse.
Il signiGc aussi principalement. Des Jugei
lîtablis pour rendre justice dans uneCompagni<?
rcgl<!e. Conseiller d'Etat. Conseiller au Pnile-
Xiietit, à Li G rand'Chiiinhre , ait.c Enquêtes,
aux Requ^tu. Cou^eiller Lai. Conseiller Clerc
Conseiller à le Cour des Aides, ^ li Cour dct
Rlunnoies , au Présidial de., .au Bailliage de...
Conseiller au Trésor, aux Ea-jx et Forêts, à
l'Amirauté.
On appelle Conseillera «Tlionneur, Ceux qui
ont séance et voix délibcrative , quoiqu'ils
n'aient point de charge; Conseiller honoraire ^
Celui qui, après vingt ans d'exercice, vend sa
cliarge, et obtient des Lettres de vctcrancc.
On appelle Conseillers - nés , Ceux qui ont
dioit de séance au Parlciucnten vertu de leur
dignité. L'Arelievégue de Pnris , l'Abbé de
Cluni, e( !'.^lilie' de Saint-Denis, sont Conseil
lers-nés du Parlement.
Conseiller du Roi, est aussi Un titre d'hon-
neur attaché à certains Oflices, etqi-e prennent
aussi les lilvéques.
On dit proverhialement, Ici les Conseillers
n'ont point de gages , pour dire à ceux qui
s'ingèrent de donner des conseils, qu'ils ne
duiveot point en donner, ou qu'ils ont tort
d'en donner.
CoaSENTANT, AXl'E. adj. Qui consent.
Le mari est consentant. La femme présente cl
contentante. En 6tes-vous eonsenlunt.'^U ne si
dit guèrt qu'en termes de Pratique.
CONSE.Ni EMK>'T. >. m. AcquicKcracnt h
quelque cljosc. Conientemenl i crfcal. Consen-
tement tacite. Consentement par écrit. Consen-
tement forcé. Consentement lolontaire. D'un
coiuiiun eonjciUeinent. Consenfrnicnl niulucl.
uiiauinM, Donner, rcfmer son conicntaucnt li
CON
ijuel^Me clxo&c. Arracher, extorque le consen-
tement de queltfu^un. Le consentement des deux
parties est nécessaire pour un mariage. Il sVi(
marié sans le consentement de son père. H a
donné ion consentemt:nt par cent. Cela ne n'est
pas fasl de mon conAcntemenl. Il veut faite
ce mariage, mais ce n'est pas de mon con^
setttemenl.
CONSENTIR. V. n. Acquiescer à quelque
chose, adhéicr A U volouté de quelqu'un,
irouver l)on , voululr bien. Les parens ont con-
senti à ce mariage. Pour moi, je u'y puis con-
fcntir. Je ny co'iscnïirai jamais. Je consens à
tout ce (jue r.^us voulez. Je consens à votre
demande. Je consens que vous fassiez. . . .
Ou dit commuDèaient, Qui ne dit mot,
consent.
W est quelquefois actif; et alors il n'est
^iiéie d'usQ£;c tjue dans la Pratique. Consentir
\a ventCj Vadjudication d'une terre.
CosstSTi , lE. participe. Il nest gucrc d'usage
qu'au Palais. Jppointcinent con:enti par la
Parties.
C0>'SÉQUE:\IMEHT. adv. D'une manière
ijui marfjue ïa juste liaison que des proposi-
lioDS ont les unes avec les autres. Raisonner
conscipieniment.
On dix j Agir consèquemment , parler con-
séqucmment , pour dire, Agir, parler confor-
mément à SCS vues, û ses principes.
ïl signifie aussi , Par une suite raisonnable
et naturelle. On a découvert qu'il avoit intelli-
gence avec les ennemis t tt conséquemment on
l'a arrêté.
En cette acception , Conséquemment peut
Être suivi de la préposition à. Il a conduit
Vafjhire conséquemment à ce qui avoit été
réglé.
CONSÉQUENCE, s. f. Conclusion tirée
d'une ou de plusieurs propositions. Tirer une
conséquence. La conséquence quon en tire est
juste. La conséquence est fausse. La consé-
quence est mal tîiée. ?iier une conséquence.
Prouver une ccns€(juenc€.
Il se prend aussi pour Importance. Vn
fionime de conséquence. Un homme de peu de
conséquence. Une affaire de nulle conséquence.
Une terre de conséquence. Une place de con-
séquence. Une charge , un emploi de corisé-
qnence.
Il se dit encore Des suites qu'une action ou
quelque autre clio^ peut avoir. Un exemple
d dangereuse conséquence. Cela peut avoir
d'étrangci conséquences. Et dans le même sens
00 dit d'Une chose, c^u'Elle tïreroit à consé
quence, pour dire, qu'il y auroit à craindre
qu'on ue s'en prévalût.
Sans conséquence^ Façon de parler adver-
biale , dont on se sert en divers sens. C'est
quelquefois pour marquer qu'il ne faut pas
prendre à bi rigueur co qui vient d'un Itonunc
qui ne nuirile aucune attention. Ou s'en sert
aussi quelquefuis pour marquer qu'il oe faut
pas prendre .1 In rigueur certaines libertés que
se {Hrrniei une peraouue qui est comme en jxh;
scàsiou de dire ou de lair» tout ce qu'il lui
CON 295
plaît, sans qu'on s'en lùche; et dans ce sens on
■ dit, Tout ce iju'il dit est sans consetyiienre , il
lie faut pas s'en fâcher.
Il se dit auisi en parlant De certains privi-
lèges qui sont tellement attachés à la nais-
sance , Il la dijjnitù et au mérite de certiincs
1 ersonucs, que ce qu'on fait en leur consKIéra-
lion , ne peut tirer à conséquence pour les
autres. Ce ^u'on fait pour certaines gens est
sans conséquence pour d'autres. Dans ce sen«
on dit, qu (/ne grice est sans conséquence,
[mur dire, qu'KlIe ne doit pas cire prise pour
exemple.
Un dit, qu'C/n /jommc est stins conséquence,
pour dire, qu'On Le doit pa» prendre garde à
se.s discouis.
On dit aussi en matière de galanterie,
qu't/ji homme est sans conséquence , Lors-
qu'il est d'une réputation et d'un Jgc qui met-
tent à l'abri du soupçon les fcxmnes avec les-
quelles il est lié.
Es cossÉQUESCE. Façon de parler adver-
biale. Conséquemment. J'ai reçu votre Lettre,
et j'agirai en conséquence. 11 se construit aussi
avec im réj^ime. En conséquence de vos ortlres,
de vos avis , etc.
CONSÉQUENT, ENTE. adj. Qui raisonne,
qui a^^it conséquenunent. Cet homme est con-
séquent dans ses discours, dans ses projets,
dans^^a conduite.
CONSÉQUENT, s. m. On appelle ainsi en
tenues do Logique , la seconde proposition
[luii i'.iitliyinrmc , dont la première s'appeUf»
l'Antécédent. Ce conséquent est absurde, ainsi
Vantécédent ne peut pas être vrai.
En termes de Mathématique , Conséquent
ee prend pour le second terme d'une raison ou
d'un rapport. Dans la raison de trois à quatre,
trois est l'antécédent , et quatre est le consé-
quent,
Pau cosséqdest. Façon de parler ad-
verbiale , qui siguiCe Donc , par une suite
natovelle et nécessaire. Le soleil est levé, et
par conséquent il fait jour. C'est votre père,
et par conséquent vous lui devez le respect.
Vous me l'avez promis, et par conséquetit vous
y êtes oblige.
II se met quelquefois absolument dans la
conversation , et alors on sous-c:ileud la con-
clusion qui résulte naturellement de la pre-
mière proposition, "l'oits m'avez donné votre
parole, et par conséquent . pour dire. Et par
conséquent vous êtes obligé de la tenir.
CONSERVATEUR, TRICE. s. Celui, celle
qui conserre. Le Prince est par état le con-
servateui' des biens et de la liberté de ses sujets.
Les formes conservatrices. Dans cet exemple,
il est udjcclir.
CoNstnvATEVii, est aussi Un litre de dignité
et 'de charge. ConsertMfi-ur des privilèges de
V C nivcrsité. J lige conservateur de Lyon. Con-
trôleur et Conservateur des Hypothèques.
CONSERV.VnON. sul»t. fera, .\etion par
laquelle unechose, une jKrsonne est conservée,
ou l'elTet de celte action, .^yez soin de la con-
Krvalion de ces fruits. La conservation de
296 CON
outlque cJiose. Chacun a soin ê» a# conserva-
tion. J'ai fait cela pour votre conservation,
pour la conserva lion de la Province, etc. Il "<
songe au'à la conja-vation île sa sanlé, (jua sa
propre conservation. Veiller à la consert-ation
de ses itroils, de son lien, de sa réputation, de
ses privilèges. Je lui dois la conservation de
ma vte.
On dit eu termes d'Art, <inDn Tableau,
une Statue, une Médaille, sont d'une belle
conservation, pour dire, qu Ils sont bien en-
tici-s, bien conserves.
On appelle La Conservation de Lyon, Uua
trc-s- ancienne Juridiction établie ii Lyon pour
juger les nflaires de commerce.
CONSEIiVATOIIlE. adj. des 2 genres. Qui
conserve. Il est d'usage surtout au Palais, h ne
ippcsition, un scellé, sont des actes conser-
vatoires.
CO^'SErxVATOIRE. s. m. En Halle, c'est
«ne École gratuite, où l'on élève des enfans
pour la Musique. On appelle aussi (rori,çcrvu-
(eirc, Une mnison où l'on retire des filles or-
pliclines , des filles et des femmes pour les pré-
server de la dcbauclie.
COXSEUV13. s. fcm. Espèce de confiture
faite de fruits, d'bcrbcs , de fleurs, ou de
r iclnes. Con.'icrvc de roses de Provins. Conserve
de Provins. Conserve de violettes, de fleurs
d'orange, de framloises, de citron, d'ah.l.ithe.
Conserve de hctoine. Prendre de la conserve.
Cette conserve est bonne pour le poumon.
CoNscnvE, est aussi un terme de Marine. '
nu( se dit dtln vaisseau qui lait route avec un
aulie, pour le secourir, ou pour en être secouru
dans l'occasion. Ce vaisseau ayant pei-i(u sa
conserve.
On dit, que Deux vaisseaiuc vont de con-
serve, pour dire, qu'ils vont de compagnie, et
qu'ils fout route ensemble.
CoNS^nvE». s. f. pi. Sortes de lunettes qui
i;ro''Vissent peu le.s objets, et couservenl la vue.
71 se sert de conserves. H prit ses conserves. Il
met des conserves,
CONSERVER, v. a. Garder avec soin, ap-
liortcr le soin nécessaire pour empéclier qu'une
cl.osc ne se g.'ite, ne dépérisse, t'onseiver de^
fruits, conserver des meubles, consa'ver des
habits.
On dit d'Un liommc qui a beaucoup 'le soin
de sa santd, que C'est un homme qui a grand
soin de se consa-ver, qu'il se conservera long-
temps.
On dit aussi d'Une femme , qu'Elle a grand
soin de conserver son teint , pour dire . qu'I:",lle
a grande attealion à ce qui regarde la beaul
de son teint.
On dit , Consnvn- son pays, conserver ses
lares, pour dire, Les garantir de tout ce qui
peut y apporter quelque dommage.
On dit aussi, Conserver la mémoire d'un
bienfait, d'une injure, poiu" dire, S'en souve-
nir; et Con.^crver sa réputation , son honneur ,
pour dire, ^lainlenir sa réputation, son lion-
iicur, «ans aucune taclic; Con.'ia-ver sa tétc,
tf .j tète, jKiurdire, Cons'.'rver son juge-
CON ;
ment, soit dans la vii illcsse, soît dans des cir-
constances critiques; Conserver ses droits, ses
p-iviléqes y pour dire, Empêcher qu'on n'y
donne atteinle; Conaerversa haine^ son amouj-j
pour dire. Ne pas cesser de liaïr, d'aimer.
On dit à peu près dans le nK^mc sens, Con-
servcz-tuoi l'os î'ofines qrâces^ l'honneur de vof
hoiiucs (jnlccs i et en parlant d'Un limime qui
se brouille aisifnneut avec ses amis, que C'csi
un homme (jiii ne conserve pas ses amis^ qui m
sait pas conserver sçs''anus.
On dit aussi, Se conserver , pour dire, Se
conduire si bien , si sagement en un temps dif-
ficile, ou entre des personnes ennemies, ou de
contraire humeur, que l'on ne se mette mal
avec personne. On u bien de la peine à se con-
server entre deux partis si aninxés Vun contre
l^autre.
On dit erKore, Les fruits d'I-ltè ne se con-
>^crvent pas, pour dire , qu'ils se gâtent bientôt ;
Les vins fumeujc se conservent lonij-tenips,^
pour dire, qu'ils aie dépérissent pas si vite que
les autres.
CONSEnvEH, en parlant Des troupes, est
npposé à I.iccncici. Après la poix, on liccnciit
tels et tels RéqîmenSj et on n'en conseri'H (juc
l-iut.
CoNSEUVKR , signifie aussi , Ne pas se déf-ir*^
lie. Il a conservé ses anciens Domcstinnes. Il a
vendu SCS li^fres, ses meuhles; il n'a conservé
vue ceux qui luicloicnl absolument nécessairfis.
Conseuvé , KK. participe.
On dit d Une Terre dont le Scipneur fait
tarder lâchasse, qu'Effe est htcn conservée.
On dit d'Une nëdaille, d'un tableau . d'un
monumtnt antique, qu'/Is sontbien conservés.
[)oar dire, qu'ils ont encore toute leur beauté,
toute leur fraîcheur.
Où dit dans le iLcme sens, d'Une personne
il'un âge avance, qui a encore un air de fraî-
cheur et de santé, qn'Elle est bien conservée.
CONSIDÉRABLE, adj. des 2 f;enres. Qui
iloît cire considt'rc, qui est important, de con-
iéquence, dont ou doit faire cas. Baisons con-
'.idérabies. Cela n'csf pas considérable. C'est
un homme fort considérable. Il s^esl rendu con~
iidérablc. Il tient un rang considérable. Ce mol
s'emploie moinj fréquemment en parlant des
personnes.
Il se dit aussi par vapport à la grandeur, au
nombre, h la quantité, etc. Ouvrage conside-
riddc. Somme considérable Vrpense considé-
rable. Arntée considérable. Maladie^ blessure
considérable.
CONSIDI-.RAIÎLEMENT. adv. Beaucouj».
// a perdu cojisidcrablcmenl dans cette ajfnre.
Ce travail est considérahlemcnt avancé. Il fut
considérrtWcmcnt blessé dates ce combat.
CONSIlJÉRANT, ANTE. ad). Circonspect,
qui a beaucoup d'i'gards. Il vieillit , et n'est
gutTC d'usage qu'avec qunique adverbe, et dans
CCS phrases du discours familier : Vous niâtes
guère coniiidérant. C'est une pirsonne extré
mentent considcranie. ]
CON
d'un Décret, etc. Le considérant ùc celte Loi
est très-bien fait.
CONSIDÉR.\'riON.s.f. Action par laquelle
on considère, on examine. Cela est digne de ■
consi,iération. Cela mérite considération, de--
mande une longue considération, beaucoup de
considération.
En ce sens, il signifie au pluriel, Réflexions,
observations. Consulérations sur le Commerce ^
sur les Finances, etc. etc.
11 signifie aussi, Circonspection, attention
dans la conduite; et dans ce sens on dit d'Un
liomme imprudent, que C'est un homme qui
agit sans considcralion, qui n'apporte aucune
considération dans tout ce qu'il dit, dans tout
ce qu'il fiil.
11 signifie aussi, Raison , motif. 71 a fait cela
par telle considération. Il y a été obligé par de
grandes considérations . Diverses considérations
l'y ont porté. Il y a été obligé par des considé'
rations d'iionncur et d'intérêt,
CoNsiuÉiiATioN, se dit aussi De l'égard qu'on
n pour quelqu'un. C'est à votre considération
iju'il en a usé si bien. C'est en votre considéra-
lion qu'il l'a fait. Si ce n'étoit la considération
\Vun tel.
On dit, Mettre en considération, faire entrer
m considération, prendre en considération,
four dire. Avoir e^ard. Le Roi n mis, It Rot
jéra ent7'er vos services en considéiallon.
CoNSini'nATinK , se dit aussi Des égards
qu'obtiennent les talens, les vertits, ou qu» la
lignite et le^ eIi.^l-î;ps attirent, ^'e^t un hn,nmp
îe grande considération , qui j'es? ocijuts une
qrande considération , nui a heaucoap de con-
lidération. Il est en haute considération , en
grande considération. Il n'a nulle considéra-
tion dans le monde. On n'a nulle considera-
Hon pour lui. C'est une charge qui donne peu de
tonsiilération. lia perdu toute sa considération.
On dit d'Un homme de peu, ou peu connu,
[ne C'est un homme de peu de considération,
lie nulle considération. C'est un homme sans
ronsidération dans le moniîe. sans consiilérn-
lion. On dit d'Une chose de peu de valeur, que
C'est une chose de peu de considération.
CONSIDÉRÉ-MENT. adv. Avec prudence,
4VCC circonspection. Il faut agir considCréntent
dans celte affiire.
CONSIDÉRER, v. a. Regarder attentive-
ment. Con-siilércr un bâtiment. Considérer un
tableau. J'ai long-temps considéré cet homme-
là pour le mieux reconnoitrc. Je considé}oit
son qcslc, son maintien, etc.
11 signifie aussi , Examiner avec attention. 71
fuit bien considérer les choses avant que de
s'engager. Considérez, je l'ous prie, telle chose.
Quand vous aurez tout considéié, tout fcieu
considéré, vous trouverez que... Considérez un
peu ce que vous faites. Considérez en l'ous-
nie'nic. 'Pons ne considérez pas le Iraviiil qu il
y a dans cet ouvrage. C'est un homme qui ne
considère rien.
Il signifie aussi, Peser, apprécier. Consi^é-
CONSIDÉRAM". s. niasc. Remarques, ré re; quels avantages il vous reviendi a devoirs
Qc.xjoni qui précèdent le d'spositif d'une I.oi,""'fconnc conduilc.
CON
I! signifio aussi. Avoir ^gard. Considérez les
\on(js serifices qu'il vous a rendus. Ce Juge
lie considère ni les personnes^ ni les recomman-
dations.
U sii^iifie rnnore, Estimer, faire cas. // c.sl
considéré, il est fort considâê à la Cour. Vous
le déviiez considérer davatita(je. Je ne consi-
dàe ni sa fortune, ni ses richesses. Je ne con-
iidèie que son mérite. On dit, C'est un homme
que je considère beaucoup ; iLiais ce n'est qu'eu
purlaot doses iufcricurs.
ConsiDÉnÊ, tu. pariicipc. Tout bien con-
sidéré.
On dit en termes de Pratit]ne,Ce considéré,
il vous plaise.
CONSIGNAT AIRE. s. m. Dépositaire d uno
somme cousigtiée. Le Consiguataire dclivre les
deniers,
CONSIGNATION, s. fém. Dépôt juridique
<ie quelque argent ou d'autre chose, fait entre
les mains d'une p':rsonne piil)!ique. Faire une
consignation au Greffe. Il n'a pas assez d'ar-
gent pour la consignation au on lui demande.
Pour le droit de la consignation , de consigna-
tion. Le ReccK'Cur des consignations. Le Bureau
des consignations.
On appelle Les Consignations^ Le Burenu
puMic où l'en porte l'argent déposé p;ir au-
lorilé de Justice. Porter son argent aux Con--
lignations.
CONSIGNE. $. f. L'ordre ou l'esp^-ce d iris
tiuction rjiie donne h une sentinelle celui qui
TI se dit Qtiiki dans les Pinces de guerre,
d'L'n liomnR" qui se tient aux portes, pour te-
nir un rc;^i5tre exact de tous les éliangcrs qui
murent dans la Place.
Consigner. T. a. Meure certaines sommes
de deniers en dépût t ntre les mains de la Jus-
lice ou de quelque particulier ayant litre , pour
Ctrc délivrées vu temps et lieu ii qui il appir-
tiendra. Coiisioner de l'argent au Greffe^ chez
ttn .\o(airc» etc. Si vous ne i^oulez pas rece-
voir votre argent, je le consignerai. Pour sor-
tir de prison^ il a consigné la .tonime pour
laquelle on Vavoit arrêté. Il a consigné l'ar-
gent pour ftiire juger son procès. Je suis con-
venu de lui donner cent pû.toles.^ s'il fait telle
chose, et pour cela je les ai consignées.
Un (lit. Consigner en papier, pour dire,
Donner un billet portant obligation de la somme
que l'on doit consigner.
Ou dit aussi, Consigner dans ses ouvrages
une action, un événement, pour les transmettre
à la po%tèrité. Ce fait héroïque sera consigné
dans Vhistoire.
CoBSiOER, signiSe ausîi. Donner Fordro
ià une vfdclie, ou U une seniim lie. On lui a
consignt' de ne laisser entrer personne. On lui
a consigné d'empêcher les carrosses de pa$:.er.
On dii Ggtirémcnl, Je l'ai consigné à ma
parte ^ jiour dire, J'oi donne ordre qu'on ne le
Ui&sât point entrer; et quelquefois pour dire,
J'ai donné ordre qu'on le laissât cnircr.
Co!(Sic?iÊ, ir.. parliripc.
Consistance, s. f. L'otat cû sont ccr-
Toiue I,
CON
taiues clioses Huides lorsqu'elles deviciioent
ipaisscs, et qu'elles prennent un certain degrt,
de solidité. Celte compositicn n^a pas assez de
consistance. Il faut que cela ait plus de consis-
tance, il faut y donner un peu plus de consis-
tance. De la gclee, du blanc-manger qui n'ont
pas assez de consistance.
Ou dit Jiussi lîc certaines clioses qui n'ont
pas encore acquis le def,Té de solidité (ju'cUcs
doivent avoir, qu7:ï/('s n'ont pas encore tout6
leur consistance j qu'e//cs ne sont pas encore
parvenues à leur état de consistattce.
On dit aussi d'Un terrain mouvant, sablon-
neux, marécagciu:, et dont les parties ne se
tient pes 'rso nent tiu.*3inble pour ca faire un
corps solide, que C^est un terrain qui n'a point
de consistance.
Consistance, signifie aussi Etat de stabilité,
lie pcnuanence. Les choses du monde n'ont
point de consistance.
On dit à peu prés en ce sens, que Le temps
tju\l fait n'a point de consùffmcc, pour dire,
iju'll y a peu de stabilité dans le temps, que lo
lemps est mal assuré. El on dit aussi, que Les
afjr.ircs d'un Etat n'ont point de consistance,
pour dire, qu'ElIes sont d;ins une situation où
il y a tonioiii-s quelque révolution h craindre.
On dit aussi .qu't n esprit n'a point de con-
sistance, pour dire, qu 31 n'est pas ferme dans
les re'solutions, dans ses opinions, tic. et qu'il
în change aisément.
On dit.queLe.'î animniLv, les arores^ etc.
nnf danii leur ■itjc de co'isïstance, dans leur
îtat de consistance, Quand ils sont dans un
jtat ou ilstie croissent ni ne diminuent. Toutes
les choses du monde ont leur état d'accroisse-
ment^ de consistance et de diminution.
On dit C^urément, que Les affiires sont
ians unétat de cor.xi'sf(mce,poiu" dire, qu 'Elles
Jont dans une situation h ne pas changer sitôt.
Consistance , se dit aussi De ce qu'une
Terre contient dans son étendue, tant pour la
loi de la terre, que por.r les droits qui lui np-
pjirliciinent. Donner un état de la consi':;ldncc
d'une Terre.
On dit aussi, La consistance d'une succès-
ûon , pour exprimer Tcut ce qui Ja compose.
CONSISTANT, ANTE adj. Qui consiste.
l'ne terre consislmitt: en bois, en terres laboU'
-ahles^ présj etc.
CoNsisTAHT, en ïMiy^ique, signiGe, Qui a
[{uelque degré de solidité. Les corps consis-
lans se transportent plus aisément que les
(luidcs.
CONSISTER. V. n. Il se dit De rétat dunq
chose considérée en son être, ou en ses pro-
priétés et qualités, ou en ses paUics. La pa~
fcction de Vllomme consiste dans le bon usaqi
de sa raison. La vertu de cette plante consistai
en telle qualité. Le de%'oir d'un Juqe ronsi^tc à
bien rendre la Justice. Son revenu consiste en
rentes., en Me*, etc. Une piècede terre qui cou-
suie en tant d'arpens. Cette maison consiste en
une cour, tant de salles, tant de chambres.
En p.irl int de rv. qu'il y a de princip.il et dç
plii^ important d^ms une aHàirc , dan*i uut >
CON" 297
question , dans une diûicullé, on dit, Le tout
consiste à sciroir
On dit, La vertu consiste âuns un juste mi-
lieu , pour dire , (ju'Il faut pardcr la niodëratiun
en tout, et s'éloigner également des cxlrêiuei.
CONSISTOIRE, s. masc. On appelle ainti
rAsscn)blce des Cardinaux , convoquée par le
Pape, pour les consult(T et leur demander lenr
avis sur quelques oQàires importâmes. Cela fut
résolu en jtlein Consisluirc. Les prcconisations
d'Ëvdchéi se fout dans U Consistoire. Lorsque
h l'ujic fait des Cardinaux, il Us déclare dans
le Consistoire. Le l'apetintConsistoire. Entrer
tm ComisïoiVc. Au sortir du Consistoire.
Cosi.sToinE , ee dit aussi Du lieu où se tient
urdinairemcnt cette assemblée.
CoxstsTomE, se dit aussi en parlant De
l'Assemblcc des Ministres et des .Anciens de la
r»elij;iou prétendue Reformée , pour délibérer
lies afiàires de leurs l'iglises. Les anciens du
l'o/i.'iisloirc. On se plaignit de lui au Consistoire.
On le manda au Consistoire. Il fut repris en
]lein Consistoire.
CXJNSISTORIAL, ALE. adj. Qui appartient
lu (Consistoire que le Pape tient. Conijrèqation
:onsistoriale. Matière consisloriale. Jugement
Consisloria/. Les Officiers, les Avocats Con-
iisloriaux.
On appelle Bénéfices consîstoriaux , Les
Evécliés, Abliayes et autres Bénéfices, dont les
Wiles sont demandées et expédiées par voie de
Consistoire.
CONSISTORIAI.F'VIENT. ndv. En ror-sis-
Viirc , seloi les formes du Consistoire. Cela fut
^(jé consistorialemen t.
CO>S()L.\BI.E. adj. des 2 genres. Qui peut
ïscevoir consolation , qui se pt^ut consoler. tS'a
)erlc est si grande, qu'il n'est pas consolable.
le croyez-i'ous consolable?
CO.\SOLAST, A.ME. adj. Qui console. Ce
fue vous me ditesl'i n'est guère consolant. C'est
me chose bien consoluî^te dans ses mallicurs,
juc de ne se les être point attirés par sa fonte.
Les promesses de la Religion sont bien conso-
lantes pour les malheurciLT.
CONbOLAïEUR , TRICE. s. Celui, cell.;
ijui apporte de la consolation. Dieu est le eoii-
lolaleur de nos âmes, le consolateur des mal-
heureux, des malades, des affligés. Il a été
toute sa vie le consolatcw des prisonniers, des
malades. L'Église appelle le Saint-Esprit, Le
«msolufedr, /'£sj)ri( consoiuteur. La Saintt-
i'ierge est le consolatrice des aijiiqés.
COJiSOLATIF, IV L. adj. Propre à consoler.
Il se dit Des personnes et des clioses. Cat
homme n'est pas consolatif. Cette nouvelle est
coitsolative. U n'est que du style familier.
CONSOL.Vri().N. sulisL f. Soulagement qu.
l'on donne à l'atUiction, ÎL la douleur, au de-
plaisir de qtielqu'uD. Grande consolation.
Of'Uce consolation. Consolations spiritueïUs,
Donner, apporter de la consolation. Recevoir
de la consolation. Ecrire une lettre de cotisola-
lior.. Grand sujet de consolation. Faites cela
pour ma considation.
Co.Nsoi-tTios, je dit aussi d'Ln Ttritable
38
298 C O N
sHJet de satisfaction et de joie. C'est unegrande
consolation à nn père, pour un pèr;, de voir
ses enfans se porter au bien.
II se dit quelquefois De la chose )U de la
personnequl console. Lu Pliilosopîiie - Isacon-
«jlalion, ta seule consolation. Voiu i'es toute
ma fon,to!a(ion. Je n'ai point d'autr 3 ;omo/u-
lioii que vous. Dieu est toute ma col ailation.
On appelle Consolation, h l'HoBbre, au
Qtjadrillt , et autre-: jeui d.' cartes, « 1 tribut
que paye le joueur qui a demandé l ■ juer, et
qni perd.
COSSOL.ATOIRE. adj. des 2 g. TiesliDC j
consoler. Discours consolatoire. Il es . rieuï.
CONSOLE, s. f. Pièce d'ArcIiitecX t« , sail-
lante et ornée, qui sert à soutenir uni;cornicl)C,
un fronton de croisëe, etc. Toute la |a,,'e du bi~
timtnt étoit ornée de consoles qui cS.ttcnoicnt
des bustes de marbre. Pour l'orrgtent des
chambres, on se sert de consoles de Sois doré,
.le marbre, etc. sur lesquelles on met «iiiironies,
des per.JuIes et des porcelaines.
CONSOLER. V. a. Soulager, ado : ir, dimi-
nuer l'affliction, la douleur d'une '^^icrsonne,
soit par des discours , soit par des s £as, ou de
quelque autre manière que ce soit < jCiisoler les
ufflich, les malades. Conaoler par l &-es. Il ne
•e peut consoler de la pei-le qu'il e faite. Il
se console avec ses amis. Se consola avec Dieu.
On n'a pas eu de peine à le consc S". Il s'est
fcienlot consolé, il est déjà tout con ole.
CossoLÉ , ÊE. participe.
CONSOLTOANT. suhsi, ci .ndi. laasc. Ceqnl
affermit et cicatrise les parties di èccs d'une
blessure. Les baumes sont des consjfîWons. Dei
médicamens consolidans.
CONSOLIDATION, s. f. État Tt la chose
consolide'e, action par laquelle ui 3 dette pu-
blique est consolidée. II ne se dit gi Sre au pro-
pre qu'en termes de Cliirurgie. Lt ; :onsolida-
tion d'une plaie.
On dit en termes de Pratique , i a consoli-
dation de l'usufruit à la propriété ^ pour iVirc ,
I.a réunion de l'usufruit à la propiîité.
CONSOLIDER, v. a. Rendre feaue, rendre
3oIide. Il ne se dit guère au pro'ips que Des
plaies. Cette plaie est rejointe, mci^on n\i pu
encore la consolider.
On dit figurcmciit, Consolider znc union,
consolider un traité, potirdire, Al.'ènnir une
union, aflemiir un traité.
On dit , en termes de PratiquCi Consoli^icr
Vu.'iu fruit à ta propriété, pour t'éif^. Réunir
l'usufruit h la propriété. C'est aussi :issigner un
fonds pour assurer le pajg'emeni ifTone dette
publique.
CossoLmÉ , ir.. participe.
CONSOMMArEL'R. s. m. Ce^i qui con-
somme. Les Cultivateurs et les CortKimmateurs.
Il signifie aussi. Qui perfectionne. iisus-CHnisi
fît l'auteur et le consommateur dt Kotre fui.
CONSOMMATION, s. f. Action de consom-
mer. Achèvement, accoinplisscn'.ert, perfection.
La consommation d'un ouvrage, i.a consom-
malion des Prop/iétîes. La consonM^ition d'une
affaire. Coiucninalion d'un sacriffce.
CON
Fn parlant Du droit qu'un Pntron Laïque
ou Ecclésiastique a de uommer à un Bénéfice,
on se sert du mol de Consommation, pourdîre,
que L'usage qu'il a fait de son droit, est con-
sommé. Les provisions (î'uri Dénéftce font pour
cette fois la consommation du droit de Col-
lateur.
On dit, La consommaliun des siècles, poni
dire, La fin des siècles, la fin du monde.
On dit aussi, La consommation du mariitfjc,
pnxirdire, La première fois que k* maii et la
femme habitent ensemble après la beuèdiclion
nuptiale.
Consommation, se dit aussi Du grand usnf;c
qui se fait de certaines cboses, de certaines
denrées. Grande consommation de hois^ de
hléj de sel. Impôt sur les consommations.
Consommation, en termes de Commerce,
signifie Débit, distribution des marchandises.
Les Marchands disent qu'il n'y a pas de con-
sommation., Quand le commerce ne va pas.
CONSOMMÉ, s.m. Bouillon fort succulent
d'une viande extrêmement cuite. Bon con-
sommé. Faire un consommé. Prendre un con-
sommé. Il ne vit eue de consommés. Vti con-
somme de pcrdrijc. Un consommé de chapon.
CO^'SOMMKR. V. a. Achever^ accomplir,
mettre en sa perfection. Consommer un oii-
waqe, une ajfaire. Dieu consomma en six jours
louvraqe de la Création.
On dit en termes de Jurisprudence, quXVi
homme a consommé son droit , que son droil
zst consomme 1 Ouand le droit (lu'on a en quel-
que chos^a eu son effet. Ce CoUaUur r r---:-
sommé son droit par la nomination (î'nn tel
Le droit dercti-ait d\in Seiqneur est consommé,
quand il a reçu ses lods et ventes.
On dit. Faire consommer de la viande^
pour dire. La faire tellement cuire, que pres-
qrie tout le siic, toute la substance soit dans le
bouillon. Prenez une rouelïe de veau,^ un cha-
pon, etc. et faites consommer tout cela.
Co55o:M^irJî , se dit aussi Des choses qui se
détruisent par l'usage, cnmmfï vîn . viande,
bois, et toutes sortes de provisions. Consom-
mer des denrées. Consommer des fourrages.
Consommer des provisions de bouche.
Consommé, ée. participe.
Il signifie aussi Parfait. iSijq«se consommée.
Vertu consommée. Science consommée.
On dit, quX'n ?iorame est consomme en
science, en toute sorte de ."tcicncrs, pour diif.
qu'il est fort savant
GONSOAIPTIF, IVK. ndj. Il se dit Des re-
mèdes propres à consumer les humeurs, ie^
chairs, etc.
Il s'emploie aussi substantivement. Un con-
somptif.
CONSOAIPnON. 5. f. Il se dit De certaines
choses qui se consument. // se fait une grande
consomption de hois dans ce fourneau. La l'ic-
time fut hrt'ilée jusqu''à Ventièrc consomption.
La consomption des espèces sacramentelles duns
VEucharistie.
Il signifie aussi, Certaine espèce de plithisie
fort ordinaire eu Angleterre, qui cou.uime Vl
CON
desséche le pi)umon, les entrailles, et toute U
substance du corps. Il est malade, il se meurt
de la consomption. Etat de consomption.
On dit aussi d'Une personne qui dépérit,
qu*E/Ic est malade de consomption,
CONSO>'>'ANCF.s. f. Accord de deux sons
dont l'union plait à l'oreille. L'unisson, l'oc-
tave, la quinte^ sont des consonnances. Con-
sonnance parfaite. Consonnance imparfaite.
Varier les consonnances. Consonnance de mots
dans ta prose. Consonnance de rimes dans la
poésie.
Il signifie aussi, Uniformité, ressemblance
de son dans la terniinaisoc des mois qui riment
ensemble. Consonnance parfaite, Consonnance
imparfaite
COW SONNANT, adj. Terme de Musique.
Qui est fixiraé par des consonnances. Accord
consonnant.
CONSONNE, adj. f. U se dit De toutes les
lettres de l'alphabet qui n'ont point de son
d'elles-mêmes, et ne se peuvent prononcer
qu'étant jointes à des voyelles. L'alphabet est
composé de lettres voyelles et de lettres con-
sonnes.
Il est aussi substantif. Les iioyellcs et les
consonnes. L'x est une double consonne.
Quand une consonne est redoublée au mi-
lieu d'un mot, on n'eu prononce qu'une ordi-
n:i\vewenl.Ahbé y accabler^ accorder, accuser^
affamer^ affermir, affranchir, aggraver , aller,
allier y allumer y apparaître y apporter , arracher^
arroser, a^riVer, attacher, attirer, bor.net,
oommettre , communauté , connofire, diction-
naire, enflammer, etc. On pronoute .4hé y aca-
hier, afamer, agraver, aluma' y aparoUre, arî-
l'cr, atdcncrj tonet , dictionaire, enfldmer .etc.
CONSORTS, s. m. pi. Terme de Pratique.
Ceux qui ont intérêt avec quelqu'un dans un
procès, dans une affaire civile, etc. On Va con-
itamnéluiet ses consorts à payer solidairement.
CONSOUDE. s. f. Plante h fleur monopé-
tale. Elle est vulnéraire, et tire son nom de la
vertu qu'elle a de consolider les plaies. Onl'em-
l)loïe aussi dans les pertes de sang.
CONSPIRANT, ANIT. adj. En mécanique,
Les puissance» conspira nte>', sont Celles qui
ai^issenl sousla mfrme direction, et qui concou-
rent à produire le même cflet.
CONSPIRATEUR, s. m. Celui qui conspiic
pour quelque mauvais dessein, principalement
contre les Princes, contre ll-lat, contre les
personnes publiques. C'etûit un des conspira-
teurs.
C0NSPrR.\T10N. s. f.Cotijuration, dessein
formé secrètement p.ir plusieurs personnes
contre l'État, contre les Puissances auxquelles
ou doit obéir. Grande ^ dangereuse , horrible
conspiration. Conspiration contre l'Etat, con-
tre la vie du Prince. Ourdir, tramer, faire ^
machiner, former une conspiration. Il est le
chcfjVautcurj le conducteur de la consj^iration.
Découvrir une conspiration.
Il se dit aussi, en parlant De quelque* affai-
re* particulières , mais presque toujours en
mauvaise part. Il y a une coM-^piratian cent c
CON
ifoui. On a fait une conspiration pottr lui faite
avo'u- , pour lui faire perdre une telle charge.
CONSPIRER. V. n. Être unis d'rsprii et de
voloDlti pour quelque dessein bon ou mauvais.
Conspirer unanimement. ÎU cou^pirent tous à
même f.n. Ib conspirent nu bien public. lU
conspirent ensemble pour rétablir Vordre et la
iuttice. Tout le monde conspire à la fortune, à
la ruine, à la destruction de.». Ils conspirèrent
ensemble pour s'opposer à ses procfrès. Ils ont
conspiré contre vous, contre lÊtat.
CoitsPiiiEn , se dit aussi Des clioscs qui con-
tribueol au môme effet. Tout conspire à la
qloir$ du Aoi, ù la félicité de l'Etat. Tous les
éxénemens de cette année ont conspiré au bon-
heur de l'Empire. Tout conspire à mon bon-
heur. Tout conspire contre mes intérêts, Mes
inclinations cotispitent avec vos volontés.
Il c>t aussi actif. Ils ont conspiré la ruiru*
de l'Etat II a con.<piré ma mort, conspire ma
perte.
CoMSPinER, quaihl il est dit absolument, si<
gnifie toujours, l'aire une conspiration cootr<
l'État, ou contre le Prince. On eut avis que Von
conspiroit dans cette i'Ule,
Co!<spinE, EE. participe.
CONSPUER. V. a. Cracher sur quelque
oltoce. Il est familier , cl ne s'emploie qu'an
figuré, |M}ur dire, Mépriser d'une façnn mar-
quée. Cet ouiTui^c a été honni et conspiu:
CosàPLÉ. ÈE. participe.
CONSTAMMENT, adv. Avec const.ince, fer-
metc. per-ioviTwncc. -^oujjrir constamment, ai-
mer eonsiamment. S'attacher constamment à
(jaelque chose. Suivre constamment un dessein.
A'icT constamment un fait. Soutenir constam-
ment ce qu'on a avance.
Il signiGe aussi, Certainement, indubitable-
nieotj assurément, invariablemeut. Je ne suii
pas s'il a fait telle chose y mais constamment tl
a dit. ..Cette nout'ene est constuinment vraie.
Les astres suivant constamment leur cours.
CONSrAN(JC. s. t. Vertu par laquclL- lame
ett Qlîèrniie coutre les cltoscs qui sont capables
de rébraaler, telles que la douleur, l'adversité.
les toumiens, etc. Grande, bille, rure, admi-
rable, nierifï//e/i-se , irifinciMe , inébranlable
constance. Montrer, témoigner , faire parottie
sa constaitccj de la constance. Opposer sa cons-
tance à la douleur, à la fortune, eic. Souffrir^
endurer avec constance. U a eu bien de la cons-
tance, La fjrtune a ejcercéy a éprouvé la cons-
tflnce de ce Philosophe. La constance affermit
I nomme, soutient i'/iorrme contte les adversités.
On le prend aussi quelqucfuis pour Persc-
Téroxice. Il a powsuivi ce dessein uvec beaucoup
de constance. J( a eu bien de la constance de
ne se point lasser pendant un si long temps. Il
mime avec constance. La constame de son
cmour, de son amitié.
CONSTANT. ANl-E. ad). Oui a de la con»-
UDCc, de 1.1 r. rmriL- dans te mallit-ur, dnn» les
douleurs. // a mcnUé une dmc constante dans
In plus grands maujc. Constant dans les tour-
nais. Cofistunl d.ins son mai. // cil /trmc et
constant dans l'advenHé.
CON
^ U signiGe aussi, Cerlain, iodobitable. Il
n'en faut pas douter, la chose est constante,
très-constante. Il est très-constant que... Cela
est coristiirit, passe pour constant. On me l'a
dotiné pour ronstunt. C'est une vérité constante
parmi les Philosophes, parmi les Politiques, etc.
Il signifie encore . Persévérant , qui ne cbange
pas. Il Cff constant dans ses desseins, dans son
travail. Constant dans la foi. Constant en
amour, dans son amour. Une constante vo-
lonté. Une ferme et constante résolution. U a
l'esprit très-constant.
En Géométrie, on appolle Constantes., I^s
quantités qui demeurent toujours les mêmes,
par opposition aux quantitéi variables qui
changent conlinticllement.
Il se dit aussi flgurém. De toutes les cl)osi^
qui demeurent toujours ou long t"nips eu même
otaL Fortune jixc et constante. Etat constant
et immuable. Tout chunijc en ce monde, il n'y
a rien de constant. Constante prospérité. Sant:
constante.
CONSTATER, v. a. Établir la vérité d'un
fait par des preuves certaines. // faut constate/
ce fait avant que d'en tirer aucune induction.
Constaté, tE. participe. Ce^I un fait bien
consdifé. // est constaté par un grand nombre
de pièces f de preuves, d'ccpérienccs.
CONSTELLATION, s. fém. (On pron. Us
deux L. ) Asseiublaj;e d'un certain nombre
fl'cioilrs fixes, auquel on a supposé une figure,
soit d'bommcs, soit d'animaux, et donné un
nom pour le distinguer des autres assemblages
de même espèce. Les Astronomes ont divisé U
Ciel en dljfcrentes constellations. On appelU
Signes, les douze constellations qui composen\
le Zodiaque. La constellation de la Vierge., da
Taweau, etc.
On dit, qu't/n homme est né sous une heU'
reuse,sousane malheureuse constellation, pour
dire, qu'il est beureux nu malheureui.
CONSTELLÉ, ÊE. adj. (Onpiononce les L.)
Qui est fait soiu certaine constellNiioB. yîanean
constelle. Pierre con.iellée. C'est une supasli-
tion de V.istrologie, que d'attribuer des vertus
à des anneaux constellés.
CONSTER. T. n. impers. Être évident , être
rcrtiin. n ne s'emploie guùre qu'au Palais, où
l ou dit , 71 conite de cela. H conste que. . . .
CONSTERNATION, s. f. Éionnemenl ac-
compJigné d'abattement de courage. Grande.,
■•jctjême , générale consternation. Cela causa
une telle consternation dans les esprits, dans la
Ville — Cette perte jlit suivie d'une cotister-
nation universelle. Tout le monde étoit datis la
dernière conslerntifjun.
CONSTERNER, t. a. Frapper d'étonne-
meiit,ct abattre le cuura^e. Cette nouvelle se-
loit capable de constancr les esprits. Cette perte
Us a tous consternés. Il en (ut tellement cons-
terné que
CoiisTEBii: . i-E. participe.
Od dit. Consterné de, eu parlant Du choses
qui causent la conslcroation : Il sera consterné
de cette mort, de cet événement ; et Constci aé
par , Quand on veut exprimer lei scniimens
CON ,9j)
iotcricon qui produisant U consteniaiion. Il
fut consterné par une crainte ejrcessiVf.
CONSTIPATION, s. f. Ctat de celui qui «,
coustipé. t'iie si lontjue constiputwn est dan-
gereuse.
CONSTIPKR. T. .. Resserrer le venlre de
IcUo sorte, qu'on ne peut alK^r librement i
la selle. Ces fruits - là , ces sortes de viandes
constipent ceux qui en mangent. Il en est cons-
tipé.
Co.iSTipÉ, KE. participe.
CONS ITTU.\>(T, ANTE. adj. Celui ou celle
qui coustilue. Il ne se dit guère que dans les
.'ictfs où l'on constitue Procureur. En outre ie-
nit sicur constituant lui a donné pouvoir de
r.O.N.STITL'Kli. V. .1. Composer un tout. Il
so dit De plusieurs clioses unies ensemLle pour
former un tout . comme en étant les parties
L'Jme et U corps comliluent l'homme. La
matière et la forme constituent le corps phy-
siifue. Ce qui constitue le Poenic Dramati-
que, est....
CossTtTUEii , signifie aussi , Faire consister
en ... . Les Philosophes conslt'uent l'essence
lie I homme dans la raison. Ils constilutiit le
souierain bien dans la vertu. En ce sens il est
du style didactique.
Il signiGe encore , Mettre , établir. Je fui
constitue mon Procureur. Il est constitué ci»
dignité. Qui vous a constitué Juge?
On dit en termes de Palais, Constituer ijufj.
ijn'un p-isonnier , pour dire, I,e mettre en
prison.
On dit aussi, Constituer un homme en frais,
en dépense , [xmr dire , Être cause qu'il lait des
frais , de la dépense.
On dit, Constituer une rente, constitiirr
une pension y pour dire. Créer une renie, une
pension. Il ni'u constitué une rente de tant au
denier vingt, sur le plus clnir de son hicn. Il a
constitue à son fils une pension de telle sonwu,
pour lui tenir lieu d'aliniens.
On dit aussi, Constituer une liot, corutituei-
une telle somme, un tel héritage en dot, pour
dire, Établir ucc dot, assigner une dot sur tels
deniers, sur tel héritage.
GoîisriTUÉ , ÉE. participe. Ln tout constifui.'
de telles et telles parties. Homme constitué en
dignité. Tout son bien est en rentes censli-
(uéc5.
On dit aussi , qu'L'n homme est bien ou
mut constitué , qu'il a le corps bien ou n*al
constitué, pour dire, qu'il est de bonne ou de
mauvaise compleiioi' , qu'il est bien ou mal
conforme au dedans.
CONSTITUTIF , IVE. ad). Ce qui conjlilu»>
esseulirllcmcnt une chose. La divisibilité est une
prop-iélc constitutive de l'étendue.
Oa dit aussi. Titre conslituti/ . pour dire,
Le titre qui établit un droit.
CON.sniUTION. s. f. Composition, tu
fi'nne et lu nuitièrc rnircnl dans la constitu-
tion du corjis naturel.
n se dit aussi Pe l'étahUMenient , de la créa
tion dune iciite, d une pciiiion ; et les rentes
ntOoKs I .ippcUiiut des CoinlMuiions. Vn coo-
38.
'Joo CON
tnit Je coMsIrdition. // a pour cent mille IiVrcs
de constitutions. Il a mis la plus qran^e partie
de son bien en constitutions,
CosSTiTUTioK , signifie aussi Orilonnance,
Ijo'i, Règlement. Bonne, sage, sainte constitu-
tion. Les Constitutions des Empereurs. Les
Constitutions Impériales. Les Constitutions
Canoniques. Constitutions /Iposloliqm.'!. Les
Constitutions fi'iui Ordre Reliyieux. Faire des
Constitutions. Enfreindre, vivier les Consti-
tutions. Recevoir une Constitution. Celte Ité-
publioue étoit gouvernée par de bonnes Cons-
titutions. La Constitution d'un tel Empereur
porte que
On dit, La Constitution d'un Ëtat, pour
éire La forme de son Gouvernement, et ses
Lois Ibndameniales. La Constitution de l'Etat
Monarchique exige que, etc.
U se dit aussi Du tenipi-ranirnt, et de h
eomplexîou du coqjs luiniaîu. Bonne , Çorti
constitution. Il est de bonne constitution, dt
mauvaise constitution.
On dit, La constitution de l'air, pour dire,
L'elat de l'air.
On dit encore, La constitution des parfiet
du corps humain . pour dire , L'ordre et l'arran-
gement des parties du corps humain.
CO>STITUTIO>'>EL , ELLE. adj. Appar
tenant à la Constitution, conforme aux prin-
cipes de la constitution de l'Etat. Cet acte n'est
pas constitutionnel. Ces vues sont très-consti-
iiilionwUes.
COV-'IRTCTEUR. s. m. Terme d A uio-
uiîe, qui se dit De différens muscles dont l'ac-
tjnn est de resserrer quelpie partie. Les cons-
tricteurs du pharynx. Lc< constricteurs di
vagin.
CONSTRICTION. s f. Terme de Pliysîqu-,
Besserrement des parties d'un corps.
CO'STHISGKNT, ENTE. adj. Qui res-
serre.
CONSTRUCTEUR, s. m. Celui qui cons-
truit. Constructeur de vaisseaux. Cet Archi-
tecte est bon Constructeur.
CONSTRUCnON. s. f. Action de cons-
truire. On a interrompu la construction de c6
fcillimcnt. '
11 signifie aussi l'Arrangement, la disposi-
tion des parties d'un bâtiment. La constrnclion
de ce Palais est purlliitement belle et solide.
Cet homme-là entend bien la construction den
vaisseaux.
11 se dit fi;;urcment d'Un ouvrage d'esprit.
La construction de ce Poème n'est pas régu-
lière, n'est pas heureuse.
CoNSTHOCTiON , cu tcrmcs de Géométrie , se
dit De la figure qu'on trace, et des lignes qu'on
tire pour résoudre un problème.
CoxsrnnCTion, fi^unînient et en termes de
Grammaire, signifie L'arrangement des mots
suivant les règles ot l'usage di: la Langue. La
corulnicli'un de celte phrase est fort bonne,
'•égulière, est vicieuse, louche. Il ny a pas
là de comti'uclton. Défaut de construction, etc.
CON.STRUIRE. v. a. B.itir, faire un édifice.
Co'islrui'rc une maison, un palais. Il a fait
CON
eonstrui're deux panllons. Cela est solidement
construit. Cela est constniit avec de bons maté-
riaux. On dit aussi : Consduire un vaisseau.
Construire une galère.
CoNsTnciRE, figurémi-nt et en termes de
Grammaire, signifie. Arranger des mots sui-
vant les régies et l'usage de la Langue. Cons-
truire une phrase. Cette période est bien cons-
truite.
On dit figii renient, Construire un Poiine,
pour dire, Arranger, disposer toutes les parties
d'un roe"nie. Pour bien construire un voëme,
il faut avoir beaucoup d'imagination et de ju-
gement. Ce Poëmc a été construit avec beau-
coup d'art.
Construit, ite. participe.
CONSUBSTANTI VLTTÈ. s. fom. Terme de
Théologie. Unité et identité ds; substance. Lc:~
Ariens niaient laconsiibslanlialité duFils avec
le Père.
CONSUBSTANTIEL.ELLE. adj. Terme dj
Théologie, dont on se sert en parl.iut Des per-
sonnes do la Trinité, pour dire, qn'EUes u'oni
qu'une seule et même substance. Les trois per-
Munes de la Trinité sont consubslaiiliciies'. Li
Fils est consubstantiel au Père.
CONSUBSTA>TIELLEME>T. adv. Terme
de Théologie. Le Fils est consubstiintiellenie:i\
un avec le Père.
CON.SUL. s. m. L'un des dfux Magisirati
qui Bvoient la principale autorité dans U Ué-
piîhlique Romaine, et dont les fonctions ni
duroi<*nt cni*un an. Créer , faire, élire des Con-
mts. Continuer un Consul. Il a ttd fo'i\
fois Consul. Il éto'it Consul pour la troisiéml
f)is. En l'année que Cicéion et Antoine étoieiû
Consuls.
Consul, Officier envoyé par S"ii Prince en
divers Poi^ , Échelles . et autres lieux de con;-
mcrce, pour juger des affaires du négoce, entre
ceux de sa Nation. Ces Officiers se désignent pai
le nom de la Puissance qui les envoie. Consul
de France à Sniyrne. Le Consul du Grand-
Caire, d'Alep.
En certaines Municipalités du Royaume, on
appelle C'o.':suïs, Ceux que l'on nomme Éclic-
vins h Paris et en quelques autres lieux. ■
On appelle aussi h Paris, et en quelques
autres \'illcs. Consuls, Certains Juges pris du
nombrfj des ^iarchands et >"égocians, pour ju-
ger proniplemenî des différens qui surviennt^iit
sur les matières des lettres et billets de change
pour fait de marchandises. Il a été assigné par-
devant les Consuls, par-devant les Juges-Con-
suls. Par Sentence des Consuls.
CossLLs . signifie aussi La Juridiction , T^
Tribunal des Consuls. Dans cette dernière <':c-
ception l'on dit : Il a une affaire aux Consuls.
Il l'a fait assigner au.c Consuls.
CÔN-SULAIRE. adj. des 2 g. Qui appartient
nu Consul Romain. Dignité Consulaire. La
Faisceaux Consulaires.
On appelle Famille Consulaire. Celle ot'i il
y a eu un Consul Roinain ; et Consiilnirc, Ce-
lui qiii a été Consul.
En parlant des anciens Romsir.s, un np-
CON
pclls Provinces Consulaires , Celles oix l'on
n'envoyoit pour Cominandans que des pex^
sonnes de dignité consulaire.
CoNsuLAiiiE, signifie aussi. Qui appartient
à la Juridiction des Consuls. Et dans ce sens oci
dit populaiicment, en parlant d'Un débiteur
qui n'ose sortir de sa maison, dans la crainte
d être mis en prison, en vi rtu d'une Sentence
des Consuls, qu'il a la gout'.e consulaire.
COSSULAIREMENT. adv. À la manière des
Juges-Consuls. Demani/c jugée consulairemcnt,
CONSULAT, s. m. Dignité de ConsuL De-
mander, briguer, obtenir le Consulat. Le Con-
sulat étoit la première dignité dans la Répu-
bfique Romaine.
Il signifie aussi Le temps pendant lequel on
cxcrçoit la charge de Consul. Sous le Consulat,
pendant le Consulat d'un tel. Son Consulat a
été remarquable par...
On appelle aussi Consuiat, L'emploi des Of-
ficiers établis dans les Ports étrangers, et dont
il est parlé ci-dessus. Il a obtenu le Consulat
d' Alexandrie. Il brigue le Consulat du Caire.
On donne aussi le nom de Consuiiit à l'em-
ploi des Officiers Municipaux qui portent le
nom de Consul.
CONSULTjLNI". adj. m. Celui qui donne avis
t conseil.il se dit principalement des Avocats,
Et en ce sens on appelle Avocat consultant ,
Celui qui ne plaide plus au Barreau , et qui
donne seulement son avis quand on le con-
«ulte. n se dit aussi Ces Médecins. Uédecin
I onsutlani ilii Ro.'.
Il S'emploie quelquefois substantivement.
Un tel n'était pas des consultans.
CONSULTATION', s. f. Conférence que l'on
lient pour consulter sur queKjue a flaire , sur
une maladie. Grande, longue consultation.
Faire une consultation. Ils firent long-temps
en consultation. Les Médecins n'ont rien ré-
iolu après une longue consultation. Les Ave-
cals sont entrés en consultation. Il lui faut tant
[jour sa consultation , pour son droit de con-
sultation. On appelle au Palais, Le banc Set
Consultations, la Chambre des Consultations ,
le pilier des Consultations , Les lieux oh l'on
trouve les Avocats ConjuUanSiCt ou l'on va
pour avoir leurs avis.
Coxst,iTJTios,si^nifie aussi L'avis par écrit
que les Avocats ou les Médecins donnent tou-
chant l'iiffaire. touchant la maladie, sur laquelle
nn les consulte. J'ai produit, j'./i fiit voir la
consultation de cet Avocat , de ce Médecin. Il
a signé sa consultation. Il se dit aussi De l'avis
demandé. 71 ;c/io/l(lit ?»icr à ma consultation.
CONSULT.-VnVE , adj. f. qui n'est d'usage
(jue d ns cette phrase. Avoir voix contullativo,
pour dire, .4 voir le droit de dire son avis, mais
sans que cet avis soit compté dans les délibé-
r liions de la Compagnie. Les Evéques ont voix
(Jclitéralive dans les Conciles; mais les Doe-
teurs n'y ont que vo'ix consultative.
CONSULTE K. v. a. Prendre avis , conseil,
ou instruction de quelqu'un. Consulter l'Ora-
cle. Consulter les Devins. Consulter les Avocats.
Consullcr les Médecins. Il a consullé les Ex-
CON
fcrii.Va comullé les Docteuis, consulte l
Cusuistes sur ces points-/". Mêmoie à consul-
te: Se consulter soi-même.
On dit dans le même sens : Consulter les
asbef. Curi<u!li'i- ses livres.
On ilil ligiirùmcnt, Consulter sa conscience,
consulter ses forces, consulter son devoir, pour
dire. Examiner si la conscience, si ks forces,
si le devoir pcrmetleul de faire ce qu'on pro-
p<ksC.
On dit dans le même sens : Consulter ses
intérêts, son (joui. Je n'ai rien à vous dii e là-
dessus, c'est à vous à vous consulter. Consultez
votre goût , consultez vos intérêts.
On dit Cguri'mcnl , Consulter le miroir,
consulter son miroir, pour dire, Se regarder ,
l'ajuster au miroir.
On dit fi^ui-ém. et faniilièrem. Consulter son
chevet, pour dire, Se donner le temps de dt-li-
bcrer sur une cliose , passer la nuit avant (]ue
de se déterminer.
Cossi'LTEn, s'emploie aussi alisoliunent, el
signiBc, Conférer ensemble, délibérer. Ils con-
sultèrent ensemble. Il eu veut consulter avec
ses amis. Les .ivccats ont co:isu/(c sur cette
aiihire-lù. Les Médecins ont consulté sur sii
maladie. Il consulta Irés-lon^-lemps avant qui
de s'engager.
CoNSLLTEit , se dit aussi De la cliose sur la-<
quelle on prend conseil. Consulter une ajpiirc,
une nialddie. Kn ce sens il se dit aussi au paS'
sif. Celte affaire a été consultée aux meiUeun
Avocats. Celle maladie a été consultée au.v plm
grands Médecins.
CossiiTÉ, ÉE. participe.
CONSULTEUR du Samt-Ojjice. s. m. Doc.
leur commis par le Pape, pour donner son avi(
stir quelques matières qui regardent la Foi ou
la Discipline. Il y a eu plusieurs Consulteun
du Saint-Ojjice gui ont donné leur avis sur....
CO>'SUM.VNT, ANiE, adj. Qui consume
Un feu consumant.
CONSUMER. V. a. Détruire, user, réduire à
rien. Le feu consuma tout ce grand édifice en
deux heures de temps. La l'icliiue fut cotisu-
Niée par le jeu. Le temps consume foutes choses.
Il consume tout son bien en débauches. Il o
consumé son patiimoine. La rouille consume
le fer. Les ennuis le consument. Cette maladie
le consume.
11 aignilîe aussi, Employer sans réserve. J'ai
oensumé tout mon teiiij)s à cet ouvrage.
On dit Se consumer , pour dire , Dissiper
son bien, détruire sa sanié, etc. Il se consume
en prmcès, en dépenses, etc. Il se consume d'eu
nui et de tristesse. Se consumer en regrets.
On dit aussi absolumeut,// se co/isii rue, pour
dire, 11 dépérit , soii par le tra» ail, soit par le cba-
grin, soit par quelque &nuseintcriaircei active.
CossiMi-, LK. participe.
COM.\Cr. s. w. ( I.I.S deuv co.isoimes fi-
nale* se prononceuL ) Altoudicnieil de deux
corps. Il n'est en usa^e que dans le didactupie.
L< conlarl de dcuc corps. Le point de ronlucl.
COS'l'AGIEU.V, EUiE. au|. Qui se prend
et se oonunui iqiie [ ir conlai^iou. 6'iic j.'cvie
CON
conta i'iaise. Un mal contac^ieiuc. La pcsic e.(
une maUidie contagieuse.
On le ilil aussi (igurémcnt Du vice, ilc l'cr-
icur, de la rcbellion, de rherésie, et de lout;:.
les clioscs moralement mauvaises ou f;îcli; uses
t[iii se omimuniqueut par la -fréquentaiion , ou
piir rexcmpic. Une erreur , une passion , unt
conversation contagieuse. Un ejceniple conta-
qieiLC. Tout le monde le fuit, on diioit <juc son
malheur est contagieux.
CO>"rAG10N.s.f.CoiMnunicaliond'uuo ma-
ladie inalij^ne. Ce mal se prend par contagion.
Il si^iiiiic souvent aussi La maladie qu'on
nomme Peste. Gratide contagion. Il y a de la
I onta(}ion en tel Pays. La contagion sst Jt/ns
une telle Ville. La contagion a dépeuplé cette
Province. Du temps de la conUig'-on. Il est ma-
lade de la cuntagiotJ*
En ce sens il se dit figurément Du vice, de
l'liéresif,et ;mtres choses peiiiicieiiscs. L'htjre-
iie est une contaqion.
Il se dit aussi figiirémenl De toutes les mau-
vaises choses qui se comiaimiqut'nt par la frc-
ijucntalion, ou par l'exemple. La contagion
des mauvaises nuEurs, La contagion du vicCy
Je Vhcrésie.
COM'AMINATIUN. s. f. Souillure. Conta-
mination légale. Suivant la Loi de Moise, H y
avoit plusieurs sortes de contaminations. Il est
vieux.
COÎîTAMir^ER. V. a. Souiller. Dans la Loi
de Moïse ^ ceux (jui touchaient les morts ,^ qui
mwqeoicnt des animaux qu'elle avoit declaréi
immondes , étaient contaminés. Il est rieux.
Contaminé, êe. participe.
Conte, s. m. Narration, récit de quelque
aventure , soit vraie, soît fabuleuse, soit sé-
rieuse, soit plaisaute. Il tst plus ordinaire pour
les fidjuîeuses et les plaisanles. Un conte bien
long. Un bon , un mauvais conte. Un conte
pour rire, divertissant, agréable ^ ennuyeux ,
ridicule , plaisant , fait à plaisii: Un vieux
conte. Le conte est véritable. Faites-nous un
peu le conte de ce gai airiva là. On fuit
d'étranges contes de cet homme-là. C^cst un
homme gui fût un conte de bonne gnîce, gut
fait ben un conte. H ajoute au conte. Il cnu
hellit, il enrichit j il enjolive le conte. Il ajuste
un peu le conte. Vous oubliez telle particula-
rité, elle est encore du conte. Ce n'est pas une
véritable histoire, c'est un conte. Ce sont
des contes. Faire des contes. C'est un grand
/(liseur de contes. Il nvut amuse ici avec ses
contes.
Un appelle proverbial., Conte de bonne
femme, conte de vieille, contes d'enfans,, conte
de ma mère-Voie j conte de la cigogne, conte
de peau d dne , conte à dormir debout , conte
jaune, bleu, conte borgie. Des fables ridi-
cules^ telles que sont cc]I^^ dont les vicilUs gens
cntrclieiineiit ( l aaiUM>ni les cufaiis.
Ou Jippellc Contecn /'uir. Un conte qui n'a
nucnu rondement, ni aucune apparence de vé-
rité ; elConte gras.Uacoiile licencieux et trop
libre. U est populairi*.
Ou dit aussi ramiliàciXicmet irouiqucmout
CON
3oi
VoUû i»t beau conte, voilà de beaux contes ,
en parlant Uc choses qui ne mérilent pas
d'être crues.
CO>-TEMPI.AT;:lR,TRICE. s. Celui, celle
qui contemple. U se dit principalement De ce-
lui qui contemple de la pensée seulement. Un
Contemplateur pcrpéluel, un grand contem-
plateur. Contemplateur des merveilles de X^icii,
des Si'crets de la nature.
CONTEMPLATIE, IVE. adj. Qui s'attacha
à contem[iler de la pcuséo. Homme fort coU'-
Icmplutif. Philosophie contemplative. Une dr-
i'ote contemplative.
On appciîu Vie contemplative, Celle qui au
passe presque toute dans la mcdiiation; et alors
elle est opposée à la vie active. S^adonr.er à la
vie contemplative.
Ou dit substantivement, Les contemplatifs ,
en parlant De ceux qui se dûvoUenl i la vie
d'oraison et de méditation.
- CONTEMPL.VrU»'. s. f. Action par la-
quelle on contemple, soit des yeux du corps,
sok de ceux de l'esprit. Pro/omie, grande, per-
pétuelle, dévote contemplation. Il est toujours
en contemplation. La contemplation des choses
divines. S adonner à la contemplation. Iai con-
templation des astres.
En contemplation, se dît dans les anciCiu
contrats et traités, pour dire, En considéra-
tiou. Les dcujc Princes, en contemplation de
la paiXf ont relâché de leurs prétentions. Le
Koi, en contemplation de ses services, lui a
accordé Le père, en contemplation de
rette alliance , de ce mariage , a cédé , u
iiunne.'
CONTEMPLER, v. a. Considérer allcnlive-
nient, soit avec les yeux du corps, soit avec
ceux de l'esprit. Il y a long-temps gue je con-
temple cet homme sans le pouvoir reconnoitre.
Contempler un bâtiment, un tableau, etc. Con-
templer le Ciel. Contempler les astres. Contem-
pler la grandeur et les perfections de Dieu.
Contempler les choses divines.
Lorsque Contempler 06t employé Absolu-
ment et sans régime, il se prend toujours dans
la signifîcation de Méditer. C est un iioninie gui
f asse sa vie à contempler.
CoNTtNPLL, i.z. participe.
CO.N TEAIPOR.AJN , AINE , adj. Celui, celle
qui est du même temps. Les Auteurs contem-
porains. Histoire contemporaine. On appelle
Historiens contemporains , Les Auteurs qui oiK
ik:rit les choses qui se sont passées daus Icui
temps.
Il est aussi substantif. C'tat mon contempo-
rain. Aoiis suintnes contemporains,
CONTE-MPORANEITÊ. ». f. Exi>icucc de
deux ou de plusieurs pei>>onne5 daus le mime
temps.
CONTEMPTEUR, s. m. (On prononce le
P dans ce mot el le suivant. ) Qui niépri:^.
Cuii/i'.niptcur des Dieux. U n'est que du style
soutenu.
CoMI:MPTIBLE. adj. des a g. Vil cl mn-
prisablc. Il s'est rendu contcmptiile. C'ctl un
homme vil et contcmplible. Il vieillil.
302
CON
CONTEMANCE. s. fém. Capacitr, étendue.
Ce vaisseau est de la contenance de tant de
tonneaux. Ce parc est de la contenance dr.
cent arpens.
Contes A>CE , signifie aussi I.e oiainticn , la
ponure, la manière de se tenir. Bonne con-
tenance. Mauvaise contenance. Contenance
qrave , sérieuse. Contenance forcée. Conte-
nance ridicule. Contenance embarrassée. Il ne
sait quelle contenance Unir, quelle contenance
faire.
On dit, quTnt- personne n'a point de con-
tatance. pour dire. quElle ne s.iit de quelle
innni^re 9" tenir.
On dit, Perrfre conlenimcc, pour dire, Cesser
tout j coup d'avoir sa contenance naturelle par
rembarras où l'on se trouve. Et l'on dit lie
certaines choses, qu'On les porte par conte-
nance, quelles savent de contenance, pour
dire, qu'On no les porte pas par uecesslté, mais
Dour le bon air, pour la bonne Rràce. Une
femme qui porte un éventai/ par conlenance. Il
porte cela par contenance. Cela lui sert de con
tenance.
On dit figurénicnt, Faùe lionne contenance,
pour dire , Témoigner de la résolution , de la
fermeté. Les ennemis faisaient bonne conte-
nance.
CONTENANT, .\>TK. ndj. <Jui contient,
qui renferme en soi. / a mesure est la partit
contenante, et la liqueur est la clicse contenue.
n SI, prend aussi substantivement. Le conte-
nant est plus qrand que le conieint.
CO.^TK.ND.V-NT, ANTK. adj. Concurrent,
conipctiteur, qui dispute quelque cliose avec
un autre. 11 n'est guère d'usage à l'adjectif qu«
dans lesplirases suivantes: Les Princes cunten-
dans. Les Parties contendantes. Il j'emploie plu!
ordiuafrenicnt au silbsLintil". /' y avait trois
coniendans. Les conlendans (jui c."!piroîen( au
prix de la course. Il se dit plus ordiinirement
au ploiicl et au masculin, qu'au sinyilicr et au
féminin.
CON'l"E>'IR. V. ». (Il se cor.'iuuue comniB
Tenir.) Comprendre dans certain espace. dan<
certaine élendiie. Ce muid contient tant dt
pintes. Ce selicr contient tant de boisseaitr.
Ce parc, cette pièce de terre cciitient tant d\ir-
peiu. Cliamp contenant tant de perches. Tout
ce nui est contenu sous les cieu.T.
Contenir, se dit aussi, en parlant iie ma-
titrci de doctrine, d'érudition, qui sont com-
prises dans un Livre, dans un Traité, etc. Le
symbole de la Foi contient douze articles. Ce
livre contient toute la doctrine de Platon. Son
ouvraqe contient toutes les opinions de Gas-
sendi, de Descartes.
On dit aussi à peu près dans le mfme sens:
!..aCharité contient toutes les vertus. La défi-
nition contient le genre et la différence.
t-OBTEMB, signifie aussi, Retenir dans cer-
taines bornes. Ces digues, tes levées ont été
faites pour contenir les rivières dans leur lit
On dit figurém. , Contenir quelqu'un dans
le devoir, le contenir dnnt Vobéissance. Et I'od
dit absoltimcQt dans le même sens, Contenir
CON
Cl aeltjn'un. O.i ne sauroU le contenir. On di*
au-ssi , Contenir ses passions, pour ilîre, Ixi
réprimer. B
Un dit aussi , Se confeniV, jwur dire, Se re-
lenir , s 'eaipêcher de faire paroîtrf quelque
sentiment vif, Pl parliculiêrenient sa colère.
Quand je l'entendis parhr de la sorte ^ j'eus,
bien de la peine à me contenir. Peu s'en fallut
qu'il ne s'tmporUU .. néanmoins il se contint.
Se contenir, signifie aussi, Se modérer sur
les choses qui peuvent être préjudiciables à l.i
santé. Tout le monde n'a pas la forcede se con
tenir. Il est difficile de se contenir parmi tant
d'occasions de péché. Les ]\Iédecins lui ont dé
ffndn le -vm, les laqoiits^ mais il ne peut .rc
contenir. Il est plu.^ facile de s'abstenir que de
se co7itenir.
Contenu, ue. participe.
CONTENT, ENTE. adj. Celui, colle quia
l'esprit satisfait. Un homme content. Il est con
tent de sa condition^ de sa fortune, de ses
biens. Il est cOTitent de peu de chose. Elle est
vonlente de tout. Il vit content. Il a le cœur
content. Il ne sera jamais content qu'il ne
voie.... On ne Vavoit jamais vue si contente.
Avoir Vesprit content. A 'élre confcnf de rien.
On dit. Avoir Vair co)itentj le visaqe con-
tent y pour dire. Faire paroître sur son visage
la satisfaction de son esprit. Et l'ou dit prover-
bialement, Il est heurciu: ^ (jni cvt content; il
est riche^ qui est conlcnt.
On dit, Etre confcnf de quelqu'un , pour
dire, Être satisfait de lui, dn son pîoréclc, dr
sa conduite. J'ai vu un homme bien content ai
vous. Vous devez être content de lui.
On dit aussi, Être content de queliiue c/iose,
pour dire, En être satisfait. // n'est pas content
de votre procédé. Les ouvriers ne sont pas con-
iens de leur payement. Il faut les rendre con-
tens. Il doit être content de sa fortune.
On dit aussi, Etre content., pour dire,
Af;réer, acquiescer, consentir. Je suis conten
(/•' faire telle chose y pourvu que vous.... Je suis
content de vous céder celle terre .^ à la charge.. ..
Si vous vouleZj j'en suis bien content.
On dit, qu'Un homme est bien conïcnï de
lui-même,, est content de sa personne, de sa
l dite personne., pour dire, qu'il s'estime beau-
joup, qu'il n très-honne opinion de lui-nu'îme.
CONTENTEMENT, s. m. Joie, plaisir, sa-
tisfaction. Il y a bien du contentement à vivre
en honnête homme. Ses enfans lui donnent du
contentement. Recevoir du contentement. Je
vous donnerai contentement. Vous aurez con-
tentement. Un homme inquiet n'a jamaU u
wai contentement.
On dit proverbiaîcment , Contentement passe
richesse, pour dire, que I^ satisfaction de l'es
prit est le p'.as grand de tous les biens.
On dit. Ce n'est pas contentement, pour
dire, Cela ne suffit pas, je ne suis pas satisfait
de cela. "Vous ne m'ofj'iez que cela, ce n'est pas
contentement.
CONTENTER, t. a. Satisfaire, rendre coii-
- tent. Jl faut peu de chose pour le contenter. Ix
peu de bien qu'il a le contente. Personn': w.
CON
saurait le contenter. C'est un homnii qui con-
tente tous ceux qui ont affaire à lut. Contenter
des oui-ritTs, des domestiques en les payant
bten. Ces sortes de gens sont dilJicile» à con-
tenter.
Il s'emploie souvent avec le pronom per-
sonnel. Se contenter de sa fortune. Il ne faut
pas être insatiable, il faut se contenter. Con-
tentez-vous de cela, je vous prie. Se contenter
d'unehonnète médiocrité. îl faut se contenter
de ce qu'on a. Se contenter de peu. On pcur-
roit se contenter à moins.
Il signifie aussi, Plaire, donner de la snlis-
faction à quelqu'un. Ce jeune homme contente
bien ses parens^ contente bien son maître. Cela
m'ei fort contenté. Jamuis jiersonne ne m'a pu
ronienfer sur ce sujet. On ne saurait contenter
tout le monde.
On dit, qu Tne raison, qu'une preia* con-
tente., ou necontenfe point, pour dire, qu'EUcs
satisfont l'esprit, ou qu'elles ne le salîsXont paa.
Il signifie encore. Apaiser quelqu'un en lui
donnant quelque chose. Cet homme ira se plain-
dre partout^ si on ne le contente.
Contenter , se dit aussi Des passions et des
w-QS. Cette musique contente fort les oreilles..
Ces objets contentent ejctrémement les yeux.
Contenter les yeux. Contenter ses appétits.
Contenter sa passion. Cette charqe a conttnié
ton ambition. Contenter ses désirs. Conttnttr
ta curiosité.
Contester, s'emploie encore avec le pro-
^onI personnel , pour dire, Ne vouloir ou ne
pouvoir pas faire plus que ce qu'on a fait, en
demeurer là. Je me contente de lui avoir prêté
de Varqentde ma bourse , mais je ne veux point
le cautionner. Vous devriez vous contenîer de
lui avoir été son bien, sans en vouloir encore
à son honneur y à sa vie. Contentez^^fous de
m'avoir trompé une fois. Ne vous contentezpas
d'y être allé une fois., utais allez-y si souvent
ijue vous le trouviez.
Contenté, ÉE. participe.
CONTENTIEUSEMENT. adv. Avecconlen-
lion, avec dispute, de'bat.
CONTENTIEUX, EUSE. ad}. Qui «l ea
ilébat, qui est di^iput^. ou qui peut être di»-
putf^. Un dj'oit contentieux. Un Bénéfice oon-
tentieux. La terre dont est question, est con-
tentieuse entre tels et tels. Ce point est conten-
tieux entre 1er ThéoloqienSj entre les Philoso-
phes. C'est une afjiiire contenticuse.
Il signifie aus-si, Qui aîme À disputer, d ood-
tester. C'est une humeur contenticuse , un esprit
contentieux.
On appelle JuriV/i'ction rontendcuse, LaJa-
ridiction des Juges naturels et ordinaires , qui
jiigrnt des procès entre t(;s parties contendantes.
CONTENTION, s. f. iVbnt, dispute. Il y a
natière à contention. C'est une source de con-
tention éternelle. Il est ennemi de toitte conten-
tion. Il s'émut , il V eut, il survint début et cou-
tention entre tels et tels.
Il signifie aussi , Chaleur , Vf5hémence dans
la dispute. Ils disputèrent de part et d'autre avec
l taucvup de contention.
CON
Ou dit, Contention ij'«pri'( , pour dire,
(Jrande, extrêmi; application d'esprit. Il tru-
l'jii/e à cela, il s'y applique avec grande con-
tention d'c<prit.Lu conljcntion d'esprit altcresa
santé.
CONÏEIitJ. s. m. Ce i|ui est niif< rnié dans
quelque chose. Ternie diiiactiquc, /^e contenant
est plus grand que le contenu.
n sigoilie aussi Ce que contieut un ùcril, un
(liM-Durs. Le contenu de sa lettre. Le contenu de
l'Arrêt. Je vous dirai le contenu.
COSTER. V. n. Narrer, faire un coûte , soit
vrai, soil fabuleux, soit sérieux, soit plaisant.
Conter une h'istoire. Conter des histoires. Con-
ter des fables. Conter comment une chose s'est
passée. Contez-nous, je vous prie, ce que vous
avez vuj ce qui s'est fait. Contcz-nous-en le dé-
tailjles particularités. On conte que... J'ai oui
conter à un tel. Il m'a conté de fil en aiguille
toute son ajpiire.
On dit, qii'r/ii homme conte bien, pour
dire , qu'il uarre bien , qu'il fait a|;réablenienl
un récit.
On dit familîôrcm. qu't/» homme en conli
âe belles, qu'il conte des sornettes, pour dire,
qu'il dit beaucoup de ctioses à tort et à travers,
sans uécessité et hors de propos. On dit daus le
même sens, // nous en conte.
Oo dit proverbialement, Conter des fagots.
pour dire , Conter des bagatelles , des choses
frivoles, ou fausaos et sans vraiseniblauce.
On dit aiussi familièrement, £n contera une
femme, lui router fleurettes, pour sisuiHer
Lui dire des douceurs, des galanteries. II en
conte à une telle. Elle s'en laisse conter. 't'o«(
lui en voulez conter.
On ^it dcns le mime sens, Conter ses rni-
lons à une femme , pour dire, Lui parler d<
galanterie.
CoaTK , ie. participe.
CONTESTABLE, ad j. des 2 genres. Qui peu!
être contesté. C'est une majcime, une opinion
frèi-contestable. Cela n'est pas contestable.
CONl-ESTAST, ATIE. adj. Celui, ccIU
^ui conteste en Justice. Les Parties contes-
tantes.
Il se prend aussi substantivement. Les deia
contestons.
COSTESTATION. s. f. Dispute, débat sui
quelque chose. Former une contestation, h
s'est élevé une contestation. Une Tare, un Bé
néfiee qui est en contestation. Us ont été long-
temps en contestation. Contestation en Justice
/l aime lu con(ej<a(ion. Ce point, cet arlicli
est en contestation.
CONTESTE, s. f. Terme de PalSis. Procès,
conlMtiiion. Les Juges sont en conteste.
CONTESTER, v. a. Disputer, ddbattrc quel
qut chose , soit en Justice ou autrement. Il mi
.oMlesIf ma qualité. Il conteste ce testament
On lui conteste cette succession, cette tare. On
ne peut ««ij.ier une caujc licfoiis qu'elle «<
ronlcilee, c'est il- Jire, depuis qu'on s'est pré-
sente en jugement. Contester une jx-opostlion
H se plalt à corUotcr. C'est un urlicle qui es:
cox
CoStesté, ée. participe.
CONTEUR , EUSE. s. Celui on celle qui a
rhaliitiide de faire des cornes dans la société.
Conteur agréable. Contew ennuyeux.
Quand i)n l'emploie seul, il se prend sou
vent en mauvaise part, et signifie, Celui ou
celle qui débile îles faiissclcs ou des fariboles
A'c croyez pas ce (juil vous dit, c'est un con
teur, c'est une conteuse. Un conteur de sor-
nettes, de chansons , de fleurettes. Il est du slvU
familier.
On appelle ]''-overbiaIement , Conteur di
fagots , Un lionime qui conte des bagatelles ei
des niaiseries, ou qui dit des choses fausses.
CONTEXTUliE. s. fém. Terme didactique.
Tissure, ciichainement de plusieurs parties qui
forment un corps, un tout. La conlcrliire des
itMscles, des fibres. .
On dit figurcmeut, La contcj-ture d'un dis-
cours , d'un ouvrage d'esprit.
CONTIGU, UE. adj. Qui touche une chose
sans qu il y ait rien entre-deux. AJaisons ,
chambres contiguës. Deu.v jardins contigus.
La yormandic est contiguë à la Bretagne. Mi
maison est contiguë à la vôtre.
CONTIGUITfi. s. f. (l'U et 11 font deux
syllabes. ) ll'tat de deux choses qui se touchent.
La contiguïté des terres de ces dcwc maisons...
La contiguité des Provinces.
CONTINENCE, s. f. Empire qu'exerce sur
lai -même celui qui s'abstieut îles plaisirs de
l'amour. Le don de continence. Garder la con-
tinence. Observer la continence dans le mariage.
La continence de Scîpion.
CONTINENCE, s. fem. Capacité, étendue.
Connoïtre la continence d'un vase. Mesurer la
continence d'un champ.
CONTINENT, ENTE. adj. Qui a la vertu
de continence. Il est fort continent.
CONTINENT, s. m. Terme de Géographie.
Grande étendue de Terre ferme que la mer
n'entoure pas de tous les côtôs. Les Géoara-
phes divisent le monde entier en deiu: grands
continens; celui de l'ancien monde, qui com-
prend lEurope, l'.4sie et l'Afrique; et celui du
nouveau monde, qui comprend l'.imérique mé-
ridionale et l'.imérique septentrionale. On dit
que la Sicile étoit jointe autrefois au conti-
nent de l'Italie. L'Angleterre est séparée du
continent de l'Europe. L'Angleterre et l'E-
cosse ne font qu'un mlmt continent. La Hlorée
est jointe au continent par un Isthme.
CttNTINGENCE. s. f. K n'jest guère d'usage
que dans les phrases suivantes, Selon la con-
tingence des affaires, selon la contingence des
cas, pour dire. Selon que le» aflàires tourne-
ront, selon ce qui arrivera.
Dans le langage didactique , Conlinnence
est oppose i Nécessité.
On appelle en ttéoraclne, Angle de contin-
gence , L'angle que ùûl une ligue droite avec
une ligne courlie qu'elle touche ; ou celui que
lonl deux lignes c«urbe< qui se touchent an un
point.
CONTINGENT, ENTE, adjectif. Casuel ,
ijui peut arriver, o;i n'arriver pas. C'e:l une
CON -{oS-
cfcosc contingente, sur laquelle H ne fai:t pus
' compter.
En termes d'École, on appelle Futur con-
tmijcnl. Ce qui peut arriver ou n'arriver pas;
et P/-Of)osi(ious contingentes. Celles qui énon-
cent une chose qui peut être, ou n'être pas.
On appelle Portion contingente. La part et
l>onlon qui peut appartenir à quelqu'un dan.s
m partage. Il se dit aussi De la part des frais
communs d'une société , et auxquels chacun
doit contribuer à proportion de l'intérêt qu'il
y a.
CosTiNcEST, s'emploie aussi au subsiautil ,
l>oiirdire, La part que chacun doit recevoir,
"Il la part que chacun doit fournir. Il Ui re-
vient tant de celle succession pour son contin-
gent. Chaque Prince d'Allemagne contribue
pour un cei'tain contingent, soit en argent,
soit en hommes, doit /i.uruir tunl pour son
cofitinneut.
CONTINU, UE. adj. Dont les parlies ne
sont pas divisées les unes des autres, et s'entre-
liennent. Il se dit également, et De l'élenduo
d'.in corps non divisé, et de la durée d'un
temps non interrompu. Dans la première ae-
reption, il n'est guère d'usage que dans le style
didactique, et dans les phrases suivantes: Quiin-
lilé continue. Etendue continue. Parties conti-
nues. Dans la seconde acception , il est d'un
usage plus étendu. Dix jours continus de pl.iie.
l'iévri conlinue. Travail continu. Etude con-
tinue. Dix ans de guerre conlinue. Vn bruit
continu.
On appelle disse continue , en termes de
Musique, La partie 'de la Musiqu* qui est la
plus basse, et qui sert continûment île liasc cl
de fondement aux autres parlies.
CoïTiNU, se dit aussi substantivement; mais
Bans cette acception . il n'est d'usage que dan»
le stylo didactique. Les parti» du continu. Le
continu est divisible à l'infini.
CONTINUATEUR.s.m.Ilneseditqued'un
Auteur qui continue rou\Tage d'un autre.
Sponde est le continuateur de Baronius.
CONTINUATION, s. f. U'action par laquelle
on continue, et la durée de la chose conti-
nuée. La continuation d'un ouvrage. U a trou-
vé beaucoup de diffrultès dans la continu ilion
de ce travail. La continuation de la guerre. Lk
continuation des troubles.
Il signifie aussi La chose continuée. La ecn-
tînuation d'une muraille. La continuation des
Annales de Baronius.,
CON'ITNUE. s. f. Dnnie sans interruption.
Il ne s'emploie qu'adverbialement. A la conti-
nue, pour dire, A la longue, h force de conti-
nuer. // travaille d'abord avec ardeur, mais à
la continue il se ralentit. A la continue il se
lasse.
CONITNUEL, ELLE. adj. Qui dure tant
interruption. Travail continuel, i'iuie conti-
nuelle. Chaleur continuelle. Guerre conti-
nuelle.
CONTINLTCLLEMENT. adv. Assidûment,
toujours. Il étudie continuellement. Il jouccon-
linucllenicnl. Ils se qiurelleni contiouilUment.
Soi TON
CONTINUER. V. a. Poursuivre ce qui es(
eoramencé. Continuer un travail. Conlinuei
ses éludes. Continuer un Poème. Cimtiniia
une Histoire, un discours. Continuer son
voyaqe. En continuant ses demandes, il pré-
tend cjue .... Continuer à faire, à dire, de
dire, de faire.
n signifie aussi, Persévérer dans une liabi-
lude. Continuez à lien faire, et vous vous
en trouvac-.. lien. Si vous continuez à hoiie,
vous ruinerez votre sanle.
11 signifie aussi Prolonger. Continuer une
liqne, une allée, etc. Continuer une terrasse,
une galerie, une muraille.
Cn dit dans ce sens, Ces montagnes se con-
tinuent depuis tel endroit justjuW tel autre,
pour dire, (ju 'Elles se prolongent.
II sisniCo aussi , Prolonger i (jucl^u'un h
«osscsiion de quelque chose. On lui a cunlinuè
les privilèges rie sa charge. Coiilinuez-hii vo\
bienfaits. 0^l lui a continué sa pension. Conti-
nuer un haïl à un Fermier, à un Locataire.
On dit aussi dans le mèiue sens, Continue:
quelqu'un dims une cljarge, dans un emploi.
On la continué Prévôt des Marchands. Conti
nuer un Recteur. Continuer une Suj^érieure.
CosTiscEU , se dit absoliinienl dans la signi
(îcatioQ de Pouisuivre ce qu'on a commencé. 1\
lie peut pas continuer. Continuez, je vous prie.
CosTisuEn, signifie .lussi Durer, ne cesseï
pas ; et alors il est i.iHlic. La pluie, le mauvaii
temps conlii.ue. Je crois (juc ce mal. rjuc celti
Qucrrt' 'I*' :o;iîinttcra p^is.
Tl slpiilie aussi S'étendre se prolonger. Cellt
t6te, cette clialne di mondiqnes conliiiue de-
puis un tel endroit ju.igu'à un tel autre.
f;o:<TiNDÉ. ÉE. participe.
.CONTIMIITÉ. s. f. (U <t I font deux syl^
labes. ] Liaison des parties du continu, /.u con-
tinuité des parties.
En ternies de Médecine, ou appelle 5oliilioii
de continuité, La division que fait une plaie .'i
quelque partie du corps animal. Le coup (juil a
rc(,« n'est qu'une contusion, il n'y a po:nt de
.•:oIu£iori de continuité.
V. signifie .lussi Hurée continue. Dans la
continuité du travail. La continuité des mau.r.
En Liltcratuic, on appelle Coiilinuilé, La
liai:.on de toutes les parties du discours, ou
d'un Pocnic , soit épique, .soit dranialique,
quand rien ne nuit 6 la narration ni à la mar-
che de l'oclion. Ce Vubme seroit parfait, si des
incidens qui le fout languir, n'intirrompoicnt
lu conlinuilé de l'action.
Eu Philosophie, on appelle Loi de conli-
nuilé, La Loi suivant laquelle aucun change-
ment ne s'exécute dans U nature, que p.nr dé-
lurés iusensibles.
CONTINÛMENT, adv. Sons interruption,
îl y faut travailler continûment. Il écrit conti
miment depuis le matin jusqu'au soir.
Continuel continûment didïrenl de Conli-
niicl et con/inuci/cHicnt, cn ce que Continu et
cufitiniimctit 8C disent Oes choses qui ne sont
pas divisées ni interrompues depuis leur eoni-
mcncemea: jusquà leur lin; et que Cunlmucl
C O i\
et continuellement se disent aussi De celles (jiif
sont interrompues, mais qui recommencent soa-
\cnt, et à peu d'intervalle;.
CorïTONDAîNT, ANTI::. adjcct. Termfî <i<v
Cliirurgie. Qui blfssc sans percer ni couper,
mais eu faisant des contusions, comme un bû-
ton, une massue. Instrument contondant.
CONTORNIATE. adj. f. On donne ce nom
à des Médailles de cuivre, terminées dans leur
circonférence par un cercle d'une ou de deux
lignes de largeur, continu ivec le nu'-tal. quoi
iju'il semble en être détaché par une rainun'
assez profonde , qui rèj;ne à rcNlrémité du
champ de l'un et de l'autre côté de la Médaillr.
COm'ORSION. s. f. Mouvement vioUni ,
procédant d'une cause intérieure, qui tord les
muscles, les membres d'une personne. Lu co-
donc cause iDtorrihles, de cruelles contorsionf-.
Le mal de mève fait faire de furieuses contor-
sions. Une contorsion universelle de tous la
membres.
CoNTOnsiON , se dit aussi Des fp*îmaces et
lies gestes forcés que certaines gens font quel-
ijuefois en parlant îivcc vébéraeuce. Un Orai
iL'ur qui se démène^ et fait des contorsions con
hnuellcs.
Il se dit en Peinture, De l'attitude outrée d<
»urps ou du Tisrtge; et passivement, De l'ét-i
i"une chose qui fst de travers. Il faut remédie
\ la contorsion du cou.
CONTOUR, s. m. Terme de Peinture et à\
îculplure. (^e qui termine une figure, ou 1((
;i:in;es d'une ficn'^* Un lean rontcK': Le co- •
.twr de cette fiqure est admirable. De heaui
pntours. Des conloujs hardis^ hien cMenduii
Oes contours êlétjaTis.
On dit aussi : Le ccnlour d'une colonne. /.(
ronfowr d'un dôme.
Il se dit encore De inulcs sortes d'eiu:einlei
I.e contour de Paris, d une forêt, etc.
CONTOURNER, v. n. Terme de PcinUire
de Sculpture et d'Architecture. Donner à tun
figure ou h un ouvrage d'Architecture le ccn-
lour qu'ils doivent ovoii. Savoir h:cn contow
ner une faure. Il auroit fallu contourver ci
has autrement. Contourner les feuillages de U
rampe cCun cscai'Cr.
Co>toctvné, te., participe,
pris absolument, il es dit De ce qui est dfl
travers, mal tourné. Une tadh cnntourn<ïe.
CONTRACTANT, ANTE. : dj. Celui, cellrt
qui contiacre. Il faut de la bonne foi entre ici
Partiet> conti-actantes.
Il s'emploie ••^ussi quelquefois nu suhstantif.
Les conlractans. Cn des contractons.
CONTRACTE, edj. des 2 genres. Terme de
Grammaire, qui se dit quand deux voyelles sfi
joignent en iinc. Les Grecs ont beaucoup de
verbes contractes,
CONIRACIT.R. V. a. Faire une convention
avec quelqu'un. .Conlracïer mariage^ un ma-
riage. Contracter alliance. Contracter une obli
gatum.
On dit, Conlracter des dettes, pour dire.
V Foire des dettes, s'cndeiter.
Il se met 'juelqui'fois absolument. Contrit .
CON
ter avec guchju'iin. Contracter par-devant No-
taire. Contracter sous le scel du Clidlelet da
f^oris. Il est mineur f il n^cst pas capable de
contracter.
CoNTRACTEH, se dit oussî Des maladies qui
Bc gagnent par une esp^ce de contagion, ou par
quelque autre cause que ce soit. Contrucfer une
maladie. C^Cfit une maladie qu'il a contractée à
V armée.
Il se dît pareillement Des habitudes qui s'nc-
ijuiùrent par dés actions réitérées. Contracter
de bonnes ,f de mauvaises habitudes.
U se dit aussi Des liaisons qui se forment
Milre deux personnes par une coulinuelle fvé-
i;ueutalioD. Co7itracter amitié. Contracter fa-
miliarité avec guelqu^un.
Sk coNxnACTEn, terme de Physique, qui se
jWl Des muscles et des nerfs qui se raccourcis-
sent et se resserrent. Les muscle.'i cau<tent le mou-
vement des parties en se contractant.
Contracté. Ée. participe.
CONTRACTION, s. f . Terme àf Physique ,
qui se dit Du raccourcissement qui arrive aux
nerfs ou aux muscles lorsqu'ils viennent h se
retirer. Lasystole du cœur consiste dans sa con-
traction. Contraction iiolontaire, ronlracd'on
involontaire des nmsc/c5. Une grande contrae~
ùon de nerfs. Cette flujcion, cette blessure causa
îa contraction d'un tel muscle.
l\ est aussi usité en Grammaire, où il signH
£e. Ta réduction de deux syllabes en une,
rnmmc en ces mots, Àoùt^ paon, pion, Laon,
ju'on prononce. Ont. pn'i, fan, L^n.
CONTRACTUEL, ELLE. adj. Qui est 8tW\
|u!(' p.ir contrat. Substitution , institution con*
lactuellc.
CONTRACTURE. 5. f. Terme d'Architec-
lurc. Rctrccissement qui se fait dans la paitie
lupérirure d'une colonne.
CONTRADICTEUR, s. m. Celui qui contre-
(lit. Cet avis a eu beaucoup de contradicteurs.
Il n'a pas troui'é de contra^itctcur.
En Jurisprudence, Légitime conti-adicteur,
ist Celui qui a qualité ou intérêt pour contre-
llire. Vn inventaire de mineurs se fait avec U
mbrogé tutew, gui est le légitime contradic-
teur.
In acte sans contradicteur ^ Un acte par
défaut, sans que les Parties intéressées y aient
été appelées.
CONTRADICTION. 5. f. Action de contre-
dire, opposition -tux sentimens et aux discours
lie quelqu'un, discours par lequel on combat
l'avis d'un autre. Cet avis a été reçu de tout \e
monde sans contradiction. Les grands n'aiment
pas la contradiction.
lùi tri-nies de Philosophie on dit, quUne
chose implique contradiction, lorsqu'elle reu-
tennc eu même temps I;iUirmalive et la nég.>-
livc. Être ei n'tHrr pas, implique contradiction.
On dit aussi, qu7/ y a contradiction entre
deux propos it ion i , lorsqu'Elles sont tcllemenl
nppos(*c» l'une à l'autre, qu'il est impossible
que l'une et l'autre soiant vraies cn niôm«
temps. Jl y a une manifeste contradictio't dins
tc qu'il dit. Contradiction apparente.
CON
On «ppellc r.iftrit de contmàtctton , Dn
homme qui onlitiaiicmcnl n'est pas de l'avis
dei nnlri's, C'cjt nu esjuit (le contradiction.
CDNTr.AUiCrOIRK. adj.dfs -J. genres. Qui
contredit. Il n'e»t guère en us:ise qu'en cer-
taiues phrases du style did!.ctique. Ainsi on
dit, que Deiu: propositions sont contr'ulictoi-
reâ, pour dire.qu'Elles expriment des clioses
di;e< lenientiipposécs l'une à l'autre, et dont il
laul necesjoirenient que l'une soit vraie, et
TautTL fausst On dit aussi , qu'l/ne proposid'on
est contratlicloit e M Vautre, ou la contradic-
toire de /'autre, pour dire, que l'Une nftirme
ceque l'autre nie. On appelle aussi Termes con-
tradicloues , Des termes diredement opposés
l'un à l'autj'e, comme oui, et riun ; nnil , et
liici.
CosTiiADiCTOtnE, se dit au.^i des Jugemens
rendus apn's que toutes les Parties ont cld
Oîiics, ou après qu'elles ont produit. Sentence
contradictoire. Arrêt contradictoire. Juqemeiit
contradictoire.
COJirU.VDICTOIREMEyr. adverb. D'une
manière contradictoire. Ces deiuz propositions
sort contradictoiremciit opposêa.
CosTnAnitTOinEJiEST, en style de Palais, se
dit Des Jugemens rendus après avoir oui les
Parties, ou «près qu'elles ont produit; et il se
dit par opposition à un Jugement rendu par
dcfauL Vn Arrêt rendu contradictoiremcnt.
C;L)>rfi.\I(;>'.VBI.E. aJject. des 2 genres.
Tenue de Palais. <Jm peut #lrc contraint Ji
l»-»\fr. TcuT qui ont orcepté de< lettres de
ehanrfe sont contraijnahks par corps.
CONTR.il.NDRE. T. a. Je contrains, tu
tentraîns f il contraint; nous contraignons,
vous contraignez, ils contraignent. Je contrai-
qncis, nous contraignions. Je contraindrai
Ctititrains. Je contraignisse. Contraignant.
Obliger quelqu'un par force, par violence, ou
nar quelque considération qui en tient lieu , à
Dire quelque chose contre son gré. La nécessité
Vy a contraint. On Vy contraindra par force.
On le contraignit de faire, ou li faire telle
chose. On le contraignit à cela. La Ville fit
cmitrainte de se rendre.
On dit proverbialement , La nécessité con-
traint la Loi, pour dire, que La nécessite con-
traint de passer pardessus les Lois.
CosTiiAijnnE, se dit aussi en termes de
Pratique, pour dire, Obliger par Justice de
payer. Corttrai'nf/re nuelnuun par voie de Jus-
tice^ par Justice. Contraindre par saisie de
l'ier.s, par corps et autres voies. Si vous ne me
pn-, n , Je vou-f (1(01 conlrai'nti/'c. Les Sergens
wil clé dm lui pour le ronlrainiire. Conlr.iin-
drt quelqu'un pour les dépens du procès, pour
une dette.
C.aytn.KiSDZt, signifie au.ssiquelqiu-fois.sim-
)>lrraenl, Ciéner quelqu'un, l'obliger par quel-
■ jiu- considération à l'alistrnir de quelque chose,
i se refuser qui-!.|ue chose. Je 'ne prétends pas
vous cbntraindre. C<la me contraint.
On dit aussi , .'■e contraindre, pour dire , Se
pftin-. K fiireer, se retenir. Il u eaniraint de-
fu'it ee» personnes-lii. Il est fort libri de :om
TblllC I.
coisr
vatnrel , mais il snit bien se contraindre tjuand
il fTi csi besoin... Ne vous couUaiqnez. jjaspou:
moi , je vous prie.
Il signilie aussi fi;^ii renient , Serrer, presser,
moltrc ^ Iciroit. Cet habit y cette chaussure le
contraint si fortj ï/hc. ...ii veut bâtir en un
eniîroitoù il sera fort contraint par la situation.
CosTRAi5T, AisTE, participe.
CO^îTRAINT, AlM'K, a.Ijcct. Gène. U est
opposé à libre, h naturel. Jl 71 'a pas Vair na-
turel, il a l'air contraint. Posture conlrrti'ntc.
Ln niouvemeut coutrninl. Il n y a rien de con-
traint dans ses actions, dans ses manières.
Il signifie aussi Serré, mis X l'ctroil. Con-
traint dans son hnhit. Contraint dans ses hottes.
En ce sens, il scdiinnssi Desclioses iniminn'es.
La iivicrc est fort serrée, f^t contrainte entre
CCS niontimnes, cnfre ces rocliers. La mer est
contrainte dans ce détroit, entre ces îles.
On dit aussi fiqnrémcnt : Style contraint.
'Çers'fication contrainte.
On appelle liasse contrainte, en Mn.siqiip.
Une basse ^ lcif|uellc le Composileur .-tssni<'tlil
les antres parties, et qui se ropète ordinaire-
ment de quatre mesures en quatre mesures.
CONTRAINTE, s. f. Violence qu'on cxcrco
rontrc quelqu'un , pour lui faire faire quelque
fhosc malgré lui. Employer la contraiiite.
l/.ser de contrainte. Faire quelque chose par
contrainte. Aqir sans contrainte. La grande,
1(1 dure contrainte où il est.
Il signifie aussi L'état de celui ^ qui on fail
::ette violence. *
CoNTnAiSTE, se dit aussi De h ret^ntic que
le respect et la consid.'ratinn obligent d'avoir.
i^ous le tenez en contrainte. C'est une nrandc
jontrainte que d*étre ohliné de se taire en de
jertaincs occasions. Il est dans une ejclrente
tontrainte.
Il se dit pareillement De la p^ne où l'on est
quand on est trop serré dons ses Imbits, dans
les souliers; et j^éncrafcmentde tout ce qui met
trop à l'étroit, "{^otre hahit, vos souliers vous
tout trop étroits^ vous devez être dans une
qran de contrainte. Comment pouvez-vous souf-
frir cette contrainte? Son style sent la con-
trainte de l'art, de rimif<ifion. Ses vers sentent
la contrainte de la rime.
Ku termes de Jniisprudenre , on appelle
Contrainte j Un acte en vertu duquel on peut
conirnindre un homme en son corps, ou en ses
biens. Contrainte par saisie de biens. Con-
trainte par corps.
CO>"TnAlRE. adj. des 2 genres. Opposé. Il
se dit également Des clio^cs physiques et des
clioses morales. Directement contraire. Tota-
lement contraire. Le froid et le chaud sont con
traires. Avoir le vent contraire, lu fortune
contraiie. La vertu et le vice sont contraires.
Deux Arrêts contraires. Ces passaqes, ces loi^
sont conlraiies. Cela est contraire à la Loi de
Dieu y à l'honneur, aux bonnes maurs. Con-
traire à la vérité. Cela est contraire à ce que
vouK en aviez dit,
lise dit aur.si Des perwnrcs. Cest unlio-nmC
qui m*a toujours été contraire. En cela von
CON
3o5
êtes contraire à vous-même. Ce sont des nenB
qui ont toujours clé contraires l'un à l'antre
qui ont toujours été de parti contraire.
U signifie encore, Nui-»ible. Il y a des ait-
mens qui sont contraires aux bilieux. Le
vin vous est contraire. Un remède contraire à
la poitrine.
H s'emploie aussi subslantivement , et si-
gnifie Une rliose opposée. 'Vous m\wcz dit le
contraire. Je vois tout le contraire de ce qu'on
m'avoit promis. Je soutiens le contraire. Je
l'uiis prouverai le contraire. J'en demeure d'ac-
cord, je ne dis pas le contraire. Notre traité
porte le contraire. Il fait tout le contraire de
ce qu'il avoit dit. Il a(jit tout au contraire de
ses ancêtres.
On dit, Aller au contraire d'une chose, pour
dire, S'y opposer, y contredire. On en demei^e
d'accord, personne ne va au contraire. Allez-
vous au contraiie de cela? Il est du style fami-
lier.
En Philosophie, on appelle Les qualiirs qui
sont directemeiil opposées sous unméme genre,
Les contra ires, comme sont le froid et le chaud,
l'humide et le sec , le blanc et le noir , etc.
Deux contraires ne peuvent subsister enscmhle.
Le ch.iud est le contraire du froid.
On appelle en Logique, Proposition.^: con-
traires, Celles qui énoncent des clioses oppo*
s;ic9 , de mani TC cependant qu'elles peuvent
èlre fausses toutes deux, quoiquVites ne puis-
sent pas Ctre toutes deux vraies; fomme. T"u*
homme est vertuewc ^ tout homme est vicîcu^-*
Au cosTnAinc. odv. Tout autrenicm, d'ona
manière opposée. Vous dites que cela arriva de
la sorte- au contrainij il airiva que Tant
s'en faut que ctla soit ainsi ^ qu'au contraire....
On dit en termes de Pratique, Défense au
contraire. Lorsqu'on se réserve h alléguer en
temps et lien des raisons contraires aux pré-
tentions d'une autre personne; et on appelle
Faits contraires , Des faits opposés les uns aux
autres. Les Parties sont appointées en faits
contraires. Il y a des contredits en faits con'
traires.
CONTR.4RIANT, ÀNTE. adjectif. Qui est
porte par caractère à contrarier. Esprit contra-
riant. Humeur contrariante. Il est contrariant.
(ONTRARIER. v. a. Dire ou faire le con-
traire de ce que les autres disent ou font. Il me
contrarie toujours. C'est un homme qui ne veut
point être contrarié. Vous vous contrarier
vous-même. Cela se contrarie.
Il se met quelquefois absolument. Vous ne
faites que contraria:
Il signifie quelquefois, Faire obstacle. s'o|»-
poser à quelqu'un d;)ns ses desseins, dans ses
volontés. Il me contrarie en tous mes Waîcins,
diins /oH( ce que je veux entrcpreudte.
Co!<TnAniÉ, ifi. pBrticii>e. // fit contrarié
par le vent. Il eut le vent contmirc à la mute
qu'il vouloit tenir.
CONTRAHIÉTÉ. ». f. Opposition mire des
choses contraires. U se dit également aa propre
et ou figuré. Grande, manifeste contrariété,
La contrariété qui est entre le froide: le chattJL
3o6
CON
La '•ontrartété des élémens. Contrariété d'/iu* ,
tTuurs , de comj)lexions , de desseins y d'opinions ,
de sentiniens. Contrai iètê de Lois. Contrarwte
S Arrêts. Comment poiirrcz-i'oiu accorder celte
tsontrariété de passa(jesy de ioi's, etc. U y ^ ^^^
CDntrariêtè. La contrariété (jui est entre ces
d-zux esprits.
l\ signifie irassi Oh»(ado, cmpèchcinenl ; ol
ftji ,co sens il s'emploie plus ordiuaireinent au
pluriel. Il trouva de fjrandcs contrariétés à ce
tiu'U prctendoit. Cette jTroposition recevra^
épronvuu bien des contrariétés. Cette affaire a
Tiossè^ mais après beaucoup de contrariétés.
CONTRASTE, s. jn. Opiiosition. Contraste
de caractères. Contraste de sentimcns. Conti astf
d'ombre et de lumière.
Il se dit au5si en termes de Peiotiire cl de
Sculpture, pour signifier La diflTérence et l'op-
^Kteition, soit entre le caractfTc des f!|];ures, soit
enlie leurs altiludes, soit entre les particsdune
nïânen^ure,soit entre les couleurs. Ce Peintre
entend bien le contraste j les contractes. Voilà
de savans contrastes.
Ou dit aussi, Contraste de passions y pour
dire, Combat de passions, passions opposées.
U y a dans celte Tragédie un contraste de pas-
sioris, (jui fait un très-bel effet. L'ai't des con-
trastes, pour dire, L'art d'allier, de concilier '
les ron trustes.
COMiL\STER. T. n. Être en opposition.
5a conduite contraste avec .^on état. Ces deujt
personnes conlrnslent ^l'en ensemble.
OorïTnAsrrn. v. a. Terme de Pcininre et de
Sculpture. Faire nn contraste. Il faut être un
habile Peintre pour savoir contraster les tctes^
et lew consetver en même temps Vair naturel.
On dit aussi fignrénirnt , en p;iiiaut d'Un
Poème, que Le Poète a bien fait conti aster set
pasonnafjcs.
CosniASTEn, se dit en Arcliiteciure, pour
4ire, Éviter la répétition de la même chose.
À la qrande galerie du Louvre, les frontons
contrastent, ils sont alternutv.-cment cinlj-és et
anqulaires.
Contrasté, ée. participe. Des figures bien
contrastées. Des caractères bien contrastas.
CONTUATi s. m. Pacte, couveniion, traite
entre deux ou plusieurs personnes, et rédige
par écrit, sous rauloiitc publique. Contrat d«
bonne foi. Contrat de vente. Contrat d'acoui-
sition. Contrat d'échange ^ de donation, de
constitution. Contrat de rente. Conlraf de ma-
riagCy etc. Dans le mariage, il y a le Sacre-
ment et ie contrat civil. Contrat conditionnel.
Contrat pur et simple. Contrat frauduleux ,
fait en fraude des a'cancicrs, etc. Contrat si-
mulé, faux, valide, ou invalide, défectueux.
iibcilfi. Ce contrat est nul. Casser, annuler
un contrat. Ratifier, (rf>prouva- , valider un
contrut. Exécuter un contrat. Prévenir contre
un contrat. Apposer, mettre une condition à
un contrat. Signer un contrat. Signtr à un
conlmt. Un contrat en bonne forme. Contrat
solennel, authenligue. Faire un contrat. Dresser
un contrat. La minute d\tn contriit. La qrosse
d'un coHlirtt, Minuter un contrai. Giossoyer
CON
un contrat. Tïomologuer un contrat. Enregis-
trer, sceller un contrat. Jn<iinuer un contrat.
Passer un contï'at. Tels ?iotaircs ont passé ce
contrat. Contrat passé par-devant tels Notaires.
Faire la lecture d'nri contrat. Si(}nifter ou faire
nignijier un contrat. Les termes, les clauses,
les conditions d'un contrat. ?iotre contrat porte
cela. Cela est porté par notre cûntjal. Produire
un contrat.
Contrat, dans une signification plus éten-
due, se prend quelquefois pour Toute conven-
tion faite entre deux ou plusieurs personnes;
et dans cette acception l'on dit. Contait verbal,
contrat tacite.
CO>'TUAVKVnO?J. s. f. Infraction, action
par laquelle on cûnlrcvicut h une Loi, à une
Onlonuance, à un Arrêt, à un Traité, ou à un
(>outrat qu'on a fait. Cest une contrfivc/ilion
manifeste au traité de Pulc, au Contrat, ù
l'Acte de société que nous avons fait ensemble.
Il est accusé de conlnjvenliun à l'Ordonnance,
aux Êdits. C'est une contravenlum à Varrét.
CONTRE. Préposition servant h. marquer
Opposition. 5e battre ccfiitrc guclqu'un. Avoir
procès, avoir querelle contre son voisin. Mar-
cher contre Vennemi.Cela est contre Vhonneur^
contre VEtat. Cela est contre le bon sens, contrt
toute sorte de raison , d'apparence. Lutter contrt
la mauvaise fortune. De.< sujets qui se reVoItcnl
contre icur 5o(ii'crûin. /donner de la tête contré
une muraille. Qu'ave%-vous ù dire contre cela?
Je n'ai rien à dire contre. Cette opinion est
contre la Sainte- Ecriture. Quand on fit ccttt
proposition tout le monde .^'éleva contre. Poiti
moi, je suis contre. Envers et contre tous.
On dit aussi : Parler contre sa pensée. Àgb
contre ses intérêts. Faire une chose contre sot
inclination, son caractère, sa volonté.
Il sii^uifie aussi, Malj;ré, sans avoir égard
Il a fait cela contre mon sentiment, contn
l'avis, contre la volonté de tous ses parens,
contre les défenses qu'on lui en avoit faites.
On dit figurém. , Elever autel contre autel,
pour dire, Faire un schisme dans l'Église. K
signifie aussi, Oi)poser Tautoiité d'une per-
sonne puissante h. l'autorité d'une autre per-
sonne qui n'est pas moins puissante.
On dit proverbialement, CVsl le pot de terre
contre le pot de /cp, pour dire, C'est une per-
sonne sans crédit, sans force, qui a aflàire 3
une nuire personne qui en a beaucoup.
On dit encore figurem^nl cl f;uuilicremcnl,
Aller contre vent et marée ^ pour dire, S em-
barquer dans une aflàire malgré li)Ulcs les dilli-
cuh<^.
Au jeu 'de la R^tc , Faire contre, se dit,
Lorsqu'un des joueurs faisant jouer, un des
autres déclare ensuite qu'il joue ousiii. Viniu.j
celui qui fait contre vient à pcrdrCy il perd le
double de ce qu'il aurait pu gagner. Vous
n'avez pas assez beau jeu pour faire contre.
En celle acception, on appelle Le contre,
Celui qui fait contre; cl l'on dit, Le contre
paye double. Ri alors il f st pris subsliuilivenu'nï.
CosTnE, s'emploie aussi iubslantivementco
d'autres sens. On parle dii-ersenient de cette
COX
affaire, il faut savoir le pour et le contre. La
chose n'est pas sans dijficulté,il y a du pour
et Ju contre,
CosTHE , signiGe aussi. Auprès, proclic.
5a maiion est contre la mienne. J^étois ussïs
contre lui, J'élois tout contre. Ce champ est
contre le hois.
Un dit aussi. Attacher (juelijue chose couCrc
la muraille, pour dire, L'allachcr à la mu-
rai lie.
Centre, entre dans !a composition de plu-
sieurs mets. On va rapporter ceux que l'usage
a autorisés.
COJSTRE-ALLÉE. «. f. Allée latérale et pa-
rallile li une allée principale.
CO.MKE-AMmAL.s. m. Le troisième OflS-
cier d'une rlotte, d'une Armée navaU-, sulK>^-
Uonné à l'Amiral et au Vice- .Amiral, il n'y a
point en Frcnce de Contre- Amiral,
Il se dit aussi Du Vaisseau comiriandl! par
b Contre -Amiral. Cet Oj^icicr servoit sur U
Contre-Anùral. Pa^nllon de Contre-Amiral,
CONTRE- APPIÎOCHES. s. f. plur. 'lYo-
vaux des assiég<is pour aller au-dcvunt de ec>ux
des assiégeans.
COiNTRE- BALANCER r. a. !1 se dit De
lieux forces opposées, dont l'ujic balance l'autre.
Un poids qui en contre-balance un autre. Ces
deux poids se contre-haUncent nwliienc/nent.
11 signifie au Moral, Compenser, et il se dit
proprement eu parlant De l'égaiile de foi ce, de
valeur, de mente, etc. qui e,l entre de- r.LoM»
opposées. Ses raisons contre -balai,:cnt la
l'nfres. Ses bonnes qualil£s contre-iulu/uenc
ses défauts,
COINTREBANDE. s. f. Terme qui se dit D?
toutes les choses dont le Souveraio a dciendu
lie trafiquer, de faire commerce. Dan» ce sens,
i>n appelle toutes ces sortes de choses, Des mar
vhandi^cs de contrebande. On dit aussi, qw:
C'est de la contrebande. Un vaisseau chartjé de
contrebande.
On dit, Faire In contrebande, pour dire,
l'aire commerce de marchandises de conlr»-
IkiiuIc.
I i^urcmcut et familièrement, en pailajit
d Un homme qui embarrasse dans une compa-
gnie, ou auquel on ne se fie point, on dit, qu-ï
C'est un homme de contrebande.
CONTREBANDIER, 1ÈRE. s. Celui, celle
qui fait la contrebande. Des contrehandicr» ont
itc condamnés aiur galères,
COMRE-i5ASSE.s.f. Grosse Basse de tto-
lon . sur laquelle on juuc ordinairement b partie
de la liasse, une octave plus bas que sur la
Risse de violon commune.
Un appelle aussi Contre- Basse, L'espèce de
vois d'homme qui est i.i plus basse de lonte».
Une forte Contre-Basse,
COiNTIUi-BATTERlE. s. fèm. Balleile de
canons op\)ostc à une autre. La baltcr le ayant
clé dressée , ies ennemis Jireiil aussUôl une
contre-batterie,
II se dit aussi figurément, De ce qu'on (ait
pour i'opiHiser aux menées de ceux qai nous
sont contraires. Il y avoit une forte indijua
CON
contre lui, mnis il /Il JOiis main une contre
batterie pour la détruire,
COM'KIMÎOL: 1 r.ll. t. «. Appuyer un mut
d'un «une mur, posé i ongles droits.
C<)%rnF.-EOiTÉ, £E. participe.
CON rare VRKKH. v. ». s'opposer directe-
iireul à (iucli|u'uii. i ses scntimeiis, à ses il«s-
sciiis. i I le contrecarre en toutes choses. Il éloit
tout puissant dans sa compagnie, on a suscité
un tel pour le contrecarrer.
CoïTKECAnnÉ, ÉE. participe.
CO.MRE-CHARMK. s. ta. Charme con-
traire, qui détruit ou ciitptchcun autre charme.
COS TRE-Cn.iSSIS. >. m. Châssis de verre
ou de papier cpic l'ou met devant le chdssis
ordinaire.
CON IRi-COEU R. s. m. Pla(|uc de fer qu'on
attache contie te milieu du mur de la cheminée
pour le conserver, et pour rcuvoycr la clialeur.
Cotitre-cœur fie cheminée,
CoirmE-COEOn. Il ne se dit «u propn: , que
dans celle phrase,/! conbo-cœur. Faire uni
chose à conlre-c%ur , pour dire, Faire une chos«
k regret, avec répugnance.
CONTRE-CULP. ». m. Répercussion d'un
corps sur un autre: La halle a dontw contre la
muruille, cl il a été blessé du contre coup.
U signifie au>si, L'impression d'un coup faita
à une p.irtie opposée i celle qui a été frappe*e.
Il fut blessé au front j et mourut du contre-coup.
Le conlrc-coup est souvent plus danijeieux (jui
le coup.
' CoNTPE ■C0T*P, se dit aussi figurement , I.ors.
que le malheur de quelqu'un porte , retombe
bur un autre. Si on ruine cet homme- là, U
eontr^-coup portera, retombera sur vous. Vous
en sentirez le contre- coup. Cela reviendra lur
votu par contre-coup.
COKTRE-DANSE. s. f. Sorte de danse viv»
cl légère, qui a ses ûj^urcs propre*, et où plu-
sieurs personnes figurent ensemble. On finit U
bol piw des contre-dan.:es. Orininairement Ici
contre-danses sont des danses de villane.
IXJNTKEOIRE. v. acl. On dit i la seconde
personne du pluriel du présent de lindicitir,
■V'ouj coH(rc(li.<e;. .\ l'i^jard du reste, il se con-
jugue comme Dire. Dire le contraire. Coiilre-
diie (fueliju'un. Contredire une proposition. Cet
Auteur te contredit en beaucoup d'endroiLs. Il se
contredit lui-même. Voiis vous contredisez. Les
hommes se contredisent muluellenienl, se con-
tredisent les uns lei autres.
Il se dit (bsolument. Cet homme aime à
toniredire. Il contredit éternellement.
CosTiiEDini;, en Icrnies de Palais, signifie.
Foire des écritures, pimr délniire les moyens
ou le» raisons donl la partie adverse se sert.
Il n'y a (ju'une pièce à contredire dans ce
pocis. Le mo^en-Id ne mérite pas d'être
contredit
f^»TrEDiT, nr. participe.
CONTRELLSANT, \TI 1 E. adj. Qui aime i
contredire. Col un opril conCrciiisunl , unf
fcunieui foulrei/;jiinlir.
CONTREDIT. «. m. Réponse que l'on fait
contre oc qui a lilc dit. t'tti est sans contredit.
CQN
CoNTnEDiTî:, ou pluriel, t»rme de Palais.
flcriluirs servant dv. réponses à la production
(le In partie ntivcrse. Fournir des contredits.
Les dits et contredits.
Sans COSTiiEDïT. Manière de parler adver-
biale. Certainement, sans di^icullé.
COKïRi^K. s. f. Certaine étendue de Pays.
Lrt grêle n*a pas tjitic toute la province,, elle na
êtc que par contrées. Ce sont les meilleures tcrrei
de la contrée.
lise jïreiid aussi duns une acception plusgé-
ncnde. Toutes les contrées de l'Asie. Errer da
contrée en contrée.
CONTRIvKCtiANGE. suhst. masc. Change
mutuel. On m'a donné dir bouteilles de vin,,
j'ai donné en contre-échange trente bouteilles
ae cidre.
COM'RE-ENQUÈTE. s. (.Enquête opposée
u celle de la Partie advrrse.
<:OMRl*:-KPREUVE. s. fera. Estampe ou
ile>sin qu'on tire sur uue estampe fraicbemeul
iniprinicc, ou sur un dessin au crayon, et qn
marque les mêmes traits, mais à reliours. Il
côté droit paroissant îi gauche. Tirer une conï/o
épreuve.
CONTRE -ÊPREU VER. v. act. Faire un(
conirc-éprcxivc.
CosrnE-ÉPnEDVÉ, Ée. participe.
CO>TIlE-ESPALIER. subst. uiasc. Rangé(
d'arbres tailles en espjillcr, et pîanltie vis-ù-vii
d'un espalier, une hIIcc ou une plate -bamli
entre -deux. Vn contre- espalier de ptcho."^
Contre- espalier bi;n e.tposc. Ce contre-espaliet
tst à hauteur d^appni.
CONTREFAÇON, s. f. Terme de Négoce,
qui se dit De la fraude qu'on fait en contrefai-
sant ou l'impression d'un livre, ou la manu-
facture d'une élofiè, au préjudice de ccilx qui
FQ ont le di'oit, le priviléijc. Il a été condamné
pour contrefiK^on.
CONTREFACTEUR, s. masc. Cchu qui est
toupiiblo de contrcfaclion. Il ne se dit guère
tjue Des tloftes et des livres. H a été puni
comme contrefacteur.
CONTREFACnON. s. f. V. CoKTnF.F*ços
CosTURFACTiON, sc prend aussi quelquefois
dans le sens d'Imitation plaisunte, ou avec
charge,. Il a U t<i/ent de la contre faction.
CONTREFAIRE, v. actif. (U se coningue
comme Faire.) Imiter, représenter quelquo
personne , quelque chose. Contrefaire quel'
(fu'un. Contrefaire la voix, Vécriturej le seing,
les gestes d'un autre. Contrefaire le cliarit du
Rossignol.
CosTHKFAinE, se dit plus ordinairement en
mauvaise part, De celui qui copie le« autres ,
dans le d*'ss'-in de les tourner en ridicule. Cette
femme se rend odieuse j elle contrefait tout le
monde. L'habitude de contrefaire les autres est
dangereuse.
On dit, Contrefijre un livre ^ pour dire, Le
faire imprimer au préjudice de celui qui en a le
privih'i^e, le droit
On dit aussi. Contrefaire des draps, des
étoffes , poiu- diie , Imili r U fabriqua d'un
autre ouvrier.
CON 3o7
CosTjCFAiiiE, si,',niiie aussi D<fgui5cr. Coi»-
trcfiire son écriture. Contrefaire la foix. On
dit aussi 5c conlre/iiire, pour, Déguiser aou
caractùic. On ne peut pas se contrefaire long-
temps.
11 signifie ati.ssi. Rendre dilTirmect défigtiré.
// il eu des convulsions qui lui oui contrefait
tout le visarje.
CoMUEi'AiT, AiTK. pnrticipp.
On dit, qu't'n /lonifKe est tout contrefait,
qu'il a la taille toute conïrc/ïiitc, pour dire,
qu'il n la taille toute dilTonne.
COSTIIEFAISEUR. subst. masc. Celui qiii
contrefait. C'est un excellent contrefaiseur d'u-
nimaïuT.
CO.N TRE-FINESSE. s. f. Finesse opposée i
une autre , donl on se sert contre une personne
ijui use elle-même de fmesse. User de contre-
finesse.
COSTRE-FORT. s. m.^Iurcontre-houtanl,
servant d'appui à un mur chargé d'une terrasse
DU d'une vov'ile.
CONTRE-FUGUE, s.f. Terme de Musiqnc.
Fu;^ue dont la marelic est' contraire k celle
d'une auli'c qu'on a établie auparavant.
CONTRE-G.iKBE. s. f. Espèce de forlifica^
lion au-devant d'un bastion, d'uue demi-lune,
ou d'un autre ouvrage. Attaquer une contre-
cjaj'de, emporter une contre-garde.
CONTRIMlÂTltR. s. m. H.'.ticr, ou grand
ehencl de cuisine , qui a des crtchcts ou d^s
chevilles de fer en dedans comric en dehors.
CONTRE-n'HlCATIO^. s. f.rermede.Mi.i.
Becinc. Indication cenirairc aux autres indica-
lions. '
CONTRE-IOUR. s. m. L'endroit opposé au
pand jour, où le jour ne donne pas à plein.
jLes femmes aiment d'ordinaire le conlre-jour.
Il s'emploie plus ordinairement dans ccttA
phrase adverbiale, A contrejour. Se mettre à
contre-jour. Vous ne sauriez bien juger de ce
tableau^ vous ne le voyez qu'à contre-jour ,
vous êtes à conb'c-jour.
CONTRE-LATl'E. s. f. I.atlc qu'on pose
perpendiculairement entre denx chevrons, et
^ui est plus longue et plus épaisse que les lattes
ordinaires.
CONTRE-LATTER. v. a: Garnir deconli-e-
hittes.
CoNmE-iATTÉ, ÉE. participe.
COKTRE-LETTRi;. s. f. -Acte sccift, par
lequel on déroge en tout ou en partie à ce qui
est porté par un premier aclc public. L'obliga-
tion est simulée, il y a une contre-lettre. Don.
ner une contre-lettre. Le bail est de six mille
francs, mais il y a une contreletlre de cinij
cents livres.
COSTRE-'HAÎTRE. a. m.Onicicr Marinier,
qui commande sous le Maitie.
CosTnE-MAÏTiiF , dans les grandes Manufac-
tures, est Celui qui dirige les ouvricis , qui a
la vue sur eux.
CONTRE.MANDER. v. n. Ré»-o<pirr l'ordre
qu'on a donné. On le dit Di-s personnes et de»
choses. Lr Roi ovoil immi^c cri Ojfiiicr, il l'a
contrenuindé. Il avoit demandé son carrosse ^
?o8
CON
il Va coiitrenuiniîé. Il avoil commanâé undlner,
il Va cotitrematuîé.
CoNTHEMANDÉ, £e. participe.
CONTKE-MARCHli. ». f. Il se dit en par-
lanld'Gue armée qui fait une niarclie contraire
ou opposée h celle quVUe pnroissoit vouloir
foire. L'armée avoU pris sa marche vers une
telle Place, et tout d'un coup on lui fit faire
une contre-marche; elle se rabattit sur une
autre Place.
COMIiE-MAUÉE. s. f. ÎM^rcc opposée à la
iiiapcc ordinaire.
CONTlîK-.MAr.QrK. s. f. Seconde marque
apitosce à un l)aIIot de marchandises, ou ù de
!n vaisselle d'jirgont. Fiii/c une contre-marqui
à de la vaisselle (Vargcnt.
Il se dit .'uissî d'Un second billet que donne
le portier d uu Spectacle.
CONTHi:-.MARf^)UER. V. a. Apposer une
seconde marque. Coutrc-marfiuer un ballot de
viarcliandiscs. Jm vaisselle d'avncni où les Or~
pvrcs mellent leur uianine, doit être contre-
marquée du poinçon de la Communauté,
CosxnE-.'MAnQt/É, LE. paiiicipe.
CO.VIRK-MtIVE. s. f. Ouvrage souterrain
r;uc l'on fuit pour éventfîr la ntiae de l'ennemi.
et pour en empcc!ierrelK.'t.Lc5 cnncm/sai'oie/il
^(lit une contre-mine sous le bastion. Les mi-
neurs de la mine et de la contre-mine se ren*
contrèrent.
Il se dit aussi d'Une mine pratiquée sous Ici
])astions et sous les dehors d'une Place, poui
faire snuter les ennemis, en cas qu'ils vinsseni
à s*y lo^er. L.nhdtissant la Fluce^ on avoit fai
une coutrc-mine sous chaîne bastion.
CONTRE-INÎINER. v. a. Faire des contre.
mines. Les asf:ie(jés avoient contre-miné ce bas-
tion. Tous les dthors de la Place nvoùnt eU
contre- minés.
On dit fîgnrément, Contrc-minerles me/iée:
de (juelqu'unj poiu: dire, S*y opposer, les em-
péciici- de réussir.
Cusrr.E-MiN£, ^E. pariicipe.
GONTRE-MIXEt'R. s. m. Celui qui tra
vaille à une conire-minc.
CONTRE-MONT. Façon de parler adv. En
liant. Gravir contre-mont ^ pom- dire, Monlet
une montagne. Il se dit aussi en parlant De cq
qui vient à être renversé , de telle sorte que ce
qui cioit en bas se trouve en liaul; et il n'esf
guùre d'usage que dans celle phrase, Tomber à
la renverse les pieds contre-mont. Il est vieux.
On dit, t{\i Un bateau va à contre-mont ^
Lorsqu'il remonte la rivière.
CONTRE-MUR. s. m. Mur qu'on l)iîtit tout
le long d'un autre pour le forlilier, potir le con.
server. Faire un contre-mur à une /erru.ssc.
CONTJIE- MURER, v. a. Faire un cxnitre-
inur. Lu Coutume obline à contrc-murcr les
privés, les titres, etc.
CosrnE-MUiu:, le. participe,
CONTRE -ORDRI::. s. m. Kévocaùon d'un
ordre. Il avoit eu ordre de partir^ mais il a
rcfii un contre-ordre.
CONTRE -PARTIE, subst. fém. Terme de
Musique, qui se dit dUnc pirlie de Musique
CON
opposée h une autre. La basse est contre-parlii
du dessus. ' ,
Il se dit plus ordinairenicnl ï)c la partie qui
sert de secoiui dessus. Faire une contre-partie
à un air. Chanter la contie-pai-tic. Jouer la
contre-partie.
CONTRE -PESER, v. o. Contrebalancer,
servir do conlro-poids. il est priuripalcment
d'usa<;e au figuré. Ces raisons-là sr'it trop fai-
bles pour pouvoir contre-peser les autres.
Contiïe-pesé , .ÉE. paitlcipe.
CONTRE-PIED. s. m. Terme de Chasse,
qui se dit, Lorsque les chiens étant tombés sur
les voies de la bclc, prennent, pour la suivre,
le chemin qu'elle a fait, au lieu de prendre ce-
lui qu'elle tient. Les chiens avaient priz h
contre-pied du cerf , du sannUer.
Il signifie figtirement Le contraire de qncVjuc
chose. Il fait tout le contre-pied de ce (ju'on lut
a dit. Il prend toujours le contre -pied de a
(ju'i'l fandroit dire, de ce qu'il fiudroit faire.
C'esl jusfcnient le contre-pied de ce que vaut
disiez. Il ne se dit point au pluiicl.
CONTRE-POIDS, subst. m. Poids servant à
contre -balancer d'autres poids. Contre -poidi
dliorloqe. Contre-poids de lonrnebroche.
On appelle aussi Contre-poids , Un long bâ
ton dont les Danseurs de corde se servent pom
se tenir plus aisément eu équilibre, quand ib
dansent sur la corde.
CosTDE - POIDS , se dit figurément Des îiflec-
tîons, des qualités bonnes ou mauvaises, et c»
général de toutes les clioscs morales, politi-
ques, etc. qui servent à en contre- balance!
d'autres. Son avance met un étranqe contre'
poids à toutes ses bonnes qualités. Sa lâcheté
tert de contre-poids à son insolence ^ à son or-
(jiieil, à sa cruauté. La crainte de Dieu est un
puissant contre-poids à nos mauvaises inclina^
lions. Dans la République Romaine^ la puis-
sfl7ico Tribuniticnne élûit le co}itrc-poids de la
puissance du Sénat.
CON'IRE-POIL. s. m. Le rebours du pnii,
le scnscoulnùre à celui dont le poil est couché.
Voufi prenez le contre-poil.
A contre-poil. Façon do parler adverbiale.
Tout au contraire du sens dont le poil est natu-
rellement couclié. Faii'c la barbe à contre-poil.
Etriller un cheval à contre-poil.
Il se dit aussi en parlant Du sens contraire îi
celui dont le poil d'un drap est couch;';. Net-
toya'j ver(jetcr un drap^ un manteau à contj'C-
poil. Biosser un chapeau à conlic-poil.
On dit li^urén^ent et populaJrcm. Prendrt
une affaire à contre-poil , pour dire, La pren-
dre dans un sens contraire à celui dont clic doit
être prise. Les Juqcs ont pris celte ajptirc à
contre-poil. Dans cette affaire, il a tout pris à
contj-e-po:J,
CONTREPOINT, s. m. Terme de Musique.
C'est l'accord de deux ou jjlusienrs chants dlf-
férens. Dans le Contre-point simplcj les ditle-
rena clianLs vont toujtuirs ensemble note pour
note. Dans le Contre-point fi«inc, ils font tics
fugues, des contre fugues, etc. C'est un contre-
point f'rt lien ti-availlc.
CON
CONTRE-POINTEH. v. a. Il se dît De Cer-
tains ouvrage? de toile ou de tafiijtas , qu'on
pique di;s deux eûtes avec liii fil on de la soie.
Contre-pointer une cotu-a-ture. Contrc-piùnter
nue jupe. Conlic-poinler du taffetas.
Il se dit aussi d'Une batterie qu'on oppose A
une auiri*. Contre-pointer du canon.
Il se dit fij^un'-iupiit pour Contredire, contre-
carrer, if prend plaisir à le contre-pointer en
tout ce (ju'il dit.
Co\rnE-poiNTi;, ÉE. participe.
CONTREPOISON, s. ni. Antidote, remède
tiuî rnipêclie l'cffei du poison. H seroit mort
fans le contre-poison qu*ûn lui a donné. La
lliériaque est un excellent contre-poiwn.
On le dit aussi nu ii;;nré. Ce livre-là est le
cotilre-poison des nouvelles Hérésies.
CO.N TRE-PORTE. s. f. Seconde porte pour
re mieux défendre contre l'ennemi, ou pour ss
(;arai;tir du vent,
CONTRE -RUSE. s. f. Ruse opposée ù une
jutre. Employer une contre-rurc.
CONTRE-SANUI.ON. subst. m. Courroie
rlouée sur l'arçon de la selle du ciieval. et dans
hquelle on passe la houtle de la sangle pour
l'arrêter.
CONTRESCARPE, s. f. Terme de Forlifica.
lion. C'est la pente du mur extérieur du fossé,
relie qui regarde la Place. On comprend sou-
vent sous ce nom le chcniiu couvert et le glacis,.
.-iltanna' la contj-escarpe. Emporter la contre».
carpe,
CONTRE-SCEL. s. m. Sorte de petit r-eini ,
jui s'appcie sur le petit tiret de part-ljemîa
ioul on se sert pour nltacher îles Letlirs ai«l-
lées en f Jrmcclleric. C'cs Pièces ont été misa
IOI/.Ç le contrc-scel. Le contre-scel y a été ap-
posé. Des Pièces attacliees sous le contrc-scel de
Li CItancellerie,
CONTRE-.SCKI.LER. v.a. Mettre le conlif.
jccî. C'est lui qui contre-scelle les Letljes.
CoSTi\t-scii:i.i.É, tE. particip:-.
COKTRE-SEING. s. m. Signature de celui
jui contre-signe.
On dit. Avoir le contie- seing , pour ilire,
.\voir le droit de contre -signer de son nom les
lettres et les paquets; et, Avoir le contre si'irig
d un HlinirAre, pour dire. Avoir le eacûet duo
Ministre, et le pouvoir do conti'e.«igner de sou
nom.
CONTRE -SENS. s. m. On ajipcllc «insi un
(cns contraire nu sens naturel d'un discoui-s,
d'une proposition, d'une ])lirase, etc. Vous in-
terpréta mal ce que j'c dis, ^'olis p'cnez U
contre-sens de mes paroles.
Il se dit eucoie I)e tout sens diiU'rent du
Kcns véritable d'un texte, d'*ii» di.scours, etc.
Celle Iriidiiclio/i est pleine de contre-senx Ce
Lecteur, cet Acteur fait des contresens.
CoNTiiE-scNs, se dit aussi en p.Trlant Des
élolli-s, du linge et autre* clioscs, pourniaïquir
qu'elles ne sont pas du sens et du coté qu'elles
doivent être. En faisant ce manteau on a p-ri
le contresens de l'éloîf-.
Il se dit fi;;uiénieiit Pes adîiires. Il prend
toujours le contresens d'une ajfiire.
A contre-sens. Façon de parler advciljiale,
qui ieinploie dans touU» ks significations de
Contre -sens. JKx/jliijiier un discours à conlre-
teas. Employer une itojft: à contre- sens. Une
dentelle cowje à contresens. Il a pris celle af-
faire à contre-sens. Jouer un rôle, lire, décla-
mer à contre-sens.
CKSfRIi-SKiSER. V. 0. Signer en qiiaiilé
de Sccreuire, au-dossouâ de celui au non» du-
quel Ici Ifltrcs sont expédiées. C'onlrc-SÊj'icr
un hrei'et. Conire-siqner des Lettres patentes.
(IoNTnE-siG>En , se dit aussi en parlant Des
lettres qui viennent des lîureaux des ]MiiiiHlres
ou des Secrétaires d'Ltat, et sur l'enveloppe
desijuelles on met le nom du Minisire ou du
Secrétaire d'État de chez qui elles viennent.
Le commis a contre -siqné cette lettre. Vn pa-
quet conlrc-sinné est franc de porL
CnrTnE-si.sÉ, ÉE. participe.
CONTKK-TEMPS. s. m. Accident inopiné
qui traverse le succès d'une aflàire, et qui
rompt les mesures qu'on avoit prises. Il est
ttrrwè des contre- temps ^ d'étramjcs contre-
temps dans cette aÇti.iie. Il a essuyé bien dci
contre-temps.
Ou dit, Tomber dan% un contre-temps^ dam
des contre-temps, pour dire, Tf>mber dans des
circanstanccs fâcheuses, qui diirangeut les me-
sures qu'on avoit prises. Il signifie aussi. I-'aire
quelque chose dans une coujoncture Iuut-à-lài|
contraire, et en pren-mt mal son tejups.
CoSTUE-TEMPS.se dit aussi d'Un certain pas
de dunso. On fait des contre- le^ps dans le
;nenuet.
À contre-temps. Façon de parler adverbiale
Mal i propos, en prenant mal son temps. Pan
la' j contre-temps. Aqir à contre-temps.
CO>TBE-'nHER. V. a. Terme dont on 5<
leit en parlant d'estampes, et qui se dit lors-
que sur une c>tampc fraichcmcnt tirée, on en
tire une autre. Conire-ttrer une estampe.
On dit, Contj-e-tirer un tableau^ conti-e-tiref
un plan, contre - tirer une carte, pour dire,
Les copier trait pour trait par le moyen d'une
toile fine, d'uu papier huilé, d'un canevas, etc.
qu'on met deisu».
roTrnE-TiBÉ, ÉE. participe.
CU> rRK\'.UJ.AltON. s. f. Fossé et TC-
tranchcmcTit qu'on fait autour d'une l'Iace as-
siégée pour empêcher les sorties de la garuison.
Lignes de rontrn-allation.
COKTRKVKNA.Vr, A.NTE. adj. Qui con-
■rericol. Terme de IVatiquc. '1 n'est guère d'u-
sage qu'au «ul.stnnlif. À peine aux contreve-
nani, contre les conticvenans.
OWTREVtMU. v. n. A-ir contre quel-
que loi, quelque coutume, ou quelque obliga-
tion qu'on a coniractéc. Co/ilrcimir aux Com-
man.lcmens de Dieu, au précepte de la Charité.
Coiitrcvenii- aux Ordonnança^ , aux Edits.
Quiconque y conlrev.endra , etc. Conlievenir
à une clame du contrat. H prétendait n'amir
poiiil contrevenu à la Loi,
a».Vl'Ri;\ KNT. •. m. Sorte de grand Tolcl
(k- bû« , qui s'ouvre et qui se fennc par le de-
hor» de» fcnétroé, urroul à g.iruiitir du vent cl
CON
de la pluie, ne. Fni're niellie lîes contiecenls i
toutes les fcne'trcs d'un loqis. Ferma' des contre-
vents. Ouvrir des contrevents. Il faut raccom-
moder ce contrevent.
CONTRE-VÉRrrÉ. ». f. Ce qu'oq dit pour
^tie entendu dans un sens contraire à celui que
' les paroles portent. Ainsi , dire ironiquement
d'Cn homme reconnu pour poltron, qu'ii est
brave, c'est dire une contre-vérité. Il y a des
gins (jui ne louent et qui ne bliîment ijue pcir
des contre-véritéi.
CONÏRHiUAllLE. s. m. { Les lettres U A
font 2 syllabes.) i'crmc de Finances. Celui qui
doit contribuer au payement des impositions,
des dépenses conununcs. Il est principalement
il'usage en parlant De ceux qui payent la taille.
On fn ufie imposition sur tous les contribuables.
CONTRIDUKR. t. n. (Les lettres U E font
i syllabes.) Aider en quelque façon que ce soit
l l'exécution, au succès de quehjue dessein, de
^neltjuc entreprise, y avoir pari. Contribuer
i la fortune , à Vavuncement de quelqu^un.
Contribue;' au qain d^une bataille. Contribuer
rii bon succès des alJUires. J'y contribuerai dt
non côté. H y a contribué de ses soins. Con-
'.ribua'de ses dénias au bdliment d'une Eqlise.
CosTniBfER, signifie aussi. Payer extraor-
jinairement quelque somme pour 1rs nécessités
publiques. Ils ont contribué pour les ponts et
ibaussée^. Toute la Province a contribué pour
ïcntrclien des qens de qucrr.: Cotitribuer au
iûu la livre, au marc la livre.
U se dit aussi eu p.-irlant Des sommes qu'on
piyc aux ennemis , pour se g.irantir du pil-
lage, et des autres exécutions militaires. Toul
ie pays conliibue. Cette Ville a contribué. Il t
fait contribuer toute la Province.
CoSTBiBuÉ, ÉE. participe.
CO_NTRIDLTIO.\. s. f. Levée extraordinaire
faite par autorité publique. Les vilhines ont payé
tant par contribution. par forme de contribution.
Il s« dit aussi De ce qui se paye en temps
lie guerre par ordre du Général en pays enne-
mi. Payer les contributions. Faire payer la
contributions. Mettre tout le Pays à contribu-
tion, sous contribution. Les contributions ont
fourni aux frais de la nttcrre.
En termes de Pr.itique, on appelle Contri-
liulion au sou la livre, Cj: que chacun des co-
litrilier» paye il proportion de la part qu'il a
dans la .«ticccssiou.
CO.NTRISTER. v. a. Affliger , causer du
cliagrin.il ne faut pas contrister ses amis. Cette
nouvelle l'a fort contristé.
CoSTnisrÉ, ÉE. partici|)e.
COMRIT, ITE. adj. Terme de Théologie.
Oui a un grand regret de se* péchés. Un acur
contrit.
t;oNrniT, se dit aussi par une espèce de
plai.vanteri'3, pour dire , Triste , oittigc, morti-
fié. Il étotl bien contrit de cette action. L'itme
contrite.
CI).NTRiriU?J. s. f. Regret d'avoir péché,
it qui a pour priiici|ic l'amour de Dieu, faire
un acic de contrition. Des actes de contrition.
CUSniOLE. s. m. Registre qu'on lient
CON 3o9
pour la vérification d'un rôle , d'un autre re-
gistre, etc. Le contrôle du sceau. Le contrôle
des exploits. Cela a passé au contrôle. Tenir (e
coiiti'ijle. Faire le contiôle.
CoNTiioLE, se dit aussi pour Le droit qiw
l'on paye. J'ai satisfait au droit de contrôle de
ces exploits. J'ai payé le contrôle de ces oclcs.
CoNTniSiE, signifie aussi L'office de celui qui
tient le contrôle. Le contrôle des i inances. Il
y a un contrôle à l'Hôtel de Ville.
Co.STnÙLE, signifie aussi La marque qu'on
imprime sur les ouvrages d'or et d'argent, pour
faire fui qu'ils ont payé les droits, et qu'ils
sont au titre fixé par la lx>\. Cette pièce de
va'uselle est suspecte, elle n'a pas le contrôle.
La rame du Contrôle de l'or et de l'arqenl,
CO-\rRÔLER. V. a. Mettre sur le contrôle.
Fiii're contrôler des pièces. Faire contrôler des
exploits. Contrôler des quittances de finances.
Costholeu , signifie encore , Mettre le con-
trôle sur les ouvroges d'or et d'argent. Il a fait
contrôler sa vaisselle.
CosTKÙLEn , signifie figurémeni , Reprendre,
criliquer, censurer les actions, les paroles d'au-
Irui. Il se dit plus ordinairement d'un Censeur
chagiin et injuste. Quel droit ave:^vous de U
condû'Ier.' Vous contrôle; tout ce qui se fait
dans sa maison. Je ne contrôle point vos ac-
tion:. Il contrôle sur tout.
CosTaÙLÉ, ÉE. participe. Quittance contrô-
lée. E.iploit contrôle. "Vaisselle contrôlée.
COJf IKÔLEUR. subst. m. Olficicr, dont la
charge est de tenir eoritr''il-" de Certaines choses.
Confrôleur Gérjral des Finances. Contrains
Général des BJtimens. Contrôleur à la C/'ar^
ccHerie. Contrôleur Général de la iiiaîson da
Roi, itc la Maison de la Reine. Contrôleur de
l' arcjenterïe.
On appelle dans la Maison de» Princes,
Contrôleur , L'OiEcicr qui exerce i peu prés les
mêmes fonctions qu'exerce le Maitre d 'Hôtel
dans la maison des particuliers.
Il se dit aussi figurément et en mauvaise
part, De celui qui se mêle de censurer, de ooï>
Irôlcr les actions d'autrui. Il fait le contrôleur
chez moi. Il se dit aussi au féminin. C'est une
coiiL-olciisc perj étudie. U est familier.
CONTROUVER. v. a. Inventer une Cms-
$clê pour nuire à quelqu'un. C'est un fait
'ju'on a controuvé poiw le perdre. Il n'y a pas
un mot lie irai à tout cela, ce sont toutes
cJto.:es conlroinves,
CosTnoLvÉ, ÉE. participe.
CONTROVERSE, s. f. Cébnt. dispute,
::onlestation sur une question, sur une opi-
nion, etc. Grande controva'se. Cela est hors
de controverse, passe sans controverse. U ne
faut point mettre cela en controverse. Les an-
ciens Rhéteurs proposaient des sujets de con-
troverse.
Il se dit plus ordinairement Ve la dispute
qui a pour obji't des points do Fui. entre les
Catholiques et les Ilérétiqucs.Trji^ un fxiifit
de controverse. Il est versé dans les nuiliàes de
controverse.
On dit, £ludicr la controverie, pour dire.
3io
CON
Kliidier les matières de controverse; ft, Pré-
eiier la conlroi'B-se, pour dire, Eclnircir dans
la chaire les points de Doctrine qui sont eu con-
testation latre les Catholiques et les Héré-
tiques.
controversé; ÉE. ad). nispiiK*, de-
battu de part et d'aulrc. C'«l "» ;'"'"' ™"-
trm'ersé dans la Ecoles, contrM'crsé parmi les
Docteurs. Une matière controncrscc.
CÛNTROVERSISTE. s. m. Celui qui lr»iie ,
pur écrit ou autrement, des matières de coniro-
rerse. C'est un célèbre, un zélé Controi-crsiste.
Il ne se dit qu'en matière de Religion.
COMO.M.^CE. s. fi'in. Terme de Procédure.
[>c refus, le défaut que fait une Partie de rc-
ijondre, de coniparoitrc au Tribunal du Juge
par-devant lequel elle est appelée pour crime.
Il a été condamné par contumace. Faire jujer
la contumace. ]'ur(jcr la contumace.
CONTUMACE, adj. des 2 g. Accusé qui ne
oomparoit point après avoir été cité en Justice.
Il est contumace. Elle a clé déclarée contu-
mace. (Ces mots, Coridimace, contumacer ,
ne sont en usage que dans le style de Pra-
tique.) Ou dit aussi substantivement, Vn con-
tujnace.
CONl'tJM.4CER. V. a. Instruire la contu-
mace, poursuiiTC l'instiuclion di- la contiunace.
Il s'est lais.'sé contumacer. Faire contumacer
un criminel, un désateur.
CoBTi^ACt , fr.. participe.
CONTUMAX. Voycs Costitmace. adj.
CONTIIS. USE. adi. Terme de Chirurgie.
Meurtri , froissé , sans être entamé. Il ne se dit
qu'en parlant Des chairs, des muscles. Vne
partie contuse. Avoir un muscle conlus.
CONTUSION, s. fém. Meurtrissure. Libère
contusion. Horrible contusion. Il reçut dans
sa cuirasse un coup de mousnuct oui lui fit unfl
grande contusion. Plaie avec contusion.
COKVAINC.VNT , ANTE. adjcct. Qui a la
force de convaincre. Cet m-qument est convain-
cant. Cette raison , cette ej:périence est con-
rmincante. Ce cj^te vous dites est convaincant.
Cette preuve est convaincante.
CONV.MNCRE. V. a. fil se conjugue comme
Vaincie.) Réduire quelqu'un par le raisonne-
ment, ou par des preuves sensibles et évidentes,
h demeurer d'accord d'une vérité, d'un fait.
Convaincre quelqu'un d'une vérité. Le con-
vaincre par de bonnes raisons. Je Vai convaincu
par celle raison. Il se convaincra par expérience.
Se convairu~re soi-même par ses yeux. J'ai fait
ce que j'ai pu pour le convaincre. Se laisser
convaincre à Vevidence.
Od dit, Convaincre un acnisc de quelque
erime, c'est -îi- dire, Prouver par des preuves
juridiques et suffisantes à un homme prévenu
d'un crime, qu'il a fait le crime dont on l'ac-
cuse.
CosvAiïCc , nE. participe.
.i^ffeinl cl convaincu. Formule que les Juges
emploient dans les Sentences criminelles. Il a
été de'clfirc atteint et convaincu de meurtre, de
vol, etc.
CONVALESCENCE, robjt. t. État d'un*
CON
prr*;nnnc qiii relève de maladie. Prompte oon-
valcscence. Parfaite convalescence. Entière ,
^Aeine convalescence. Être en convalescence-
Entrer en convalescunce.
COXA'ALKSCENTjENTF.. adi. 0"i reli^ve
de maladie , et revient en sanltf. Etre convates-
cent. Je suis hîen aise de te savoir convalescent^
Je le voir convalescent y de lavoir convoles-
cente.
CONVENABLE, adj. des 2 genres. Propre,
(.orlable , <jiii convient. Cet emploi mVsï pas
convenable à ses talens. Il a faît un mariiufc
convenable. Faire une déyense convenable à sa
fortune.
Il se prend aussi pour Conforme et projxor-
tionné. Ce((e bonne action a eu une récompense
convenable.
Il se prend encore pimr HLCcnl, qui rst It
propos , expédient. Il n'est par. convenable à un
homme sncje de S'il est convenable que j'y
aille, je suis tout prêt.
CONVENABÏ.EMRM'. adv. D'une m^n\àri
convenable. Il en parla convenablement au
!^ujet. Il répondit convenablement.
CONVENANCE, s. f. Rapport, conformité.
Ces choses-là n'ont point de convenance lune
avec Vautre, entre elle^. Quelle convenance y
a~t~\l entre des choses si difft'rentes? Pour bien
discourir des choses^ il en faut obsaver le:
convenances -et les dijjtrences. Convenanci
d'humeur, de caractère, de (joût, etc.
Convenance, se prend aussi pour Bien-
séance, décence. // rr'y auroii pas de conve-
nance à en user de là sorte.
On appelle Raisons de convenance, Dei
raisons qui sont probables et plausibles, et qui
ne sont point démonstratives.
On appelle aussi Baisons de convenance^
Des raisons de pure bienscance.
Convenance, se dit aussi Des rapporls d'âge,
d'ét.Tt. de fortune, de caractère. Faire un ma-
riaqe de convenance. C'est par des raisons ds
convenance (ju'Hs se sont liés ensemble.
CONVENANT, s. m. On a appelé ainsi La
ligue ou la convention que les Kcossois firent
ensemble pour maintenir leur Relif^ion tcllfl
rpi'clle étoit en i58o, et qu'ils rcriouvelircnt
en i()38. Sinner le convenant , icfusa- le con-
venant, casser le convenant.
CONVENANT, ANTE. adject. Confornw,
bienséant, sorlable. Il est vieux.
CONVENIR. T. neuL Demeurer d'accord.
(Dans ce sens il se conjugue comme Venir,
avec l'auxiliaire £oc, et s'emploie avec la pré-
position De.) Je conviens de ce que vous dites;
mais convenez aussi quil n'est pa9 juste que....
Ils sont convenus de se trouver en tel lieu.Con-
icncz devos faiu* Convenir d'un arbitre, d\tn
article, du temps, du Heu. Convenir du pn.r
de quelque chose.
Il signifie aussi, Être conforme, .nvoir du
rapport. Cela convient à ce que vous disiez. La
déposition du second témoin ne convient pm
avec celle du premier. Leurs dépositiom con-
viennent en tout.
CosvESin , en Grammaire et en Logique, se
CON
dit. Quand l'attrllmt convient au sujet. L'épia
thète convient à la chose.
Il signifie encore, Être propre et sortablc.
11 se conju;;ue dans ce sens avec l'auxiliaire
Avoir, et s'emploie avec la préposition à. Cette
maitjfn m^a convenu^ et je suis convenu du
prix. Cette charqe , cet emploi lui conviendi-oit
fort. Il ne votis convient pas de p/arler si ftèrc-
mfn\ Ces empressenicns ne ronvicnncni pas à
votre dicjnité. Ce sont des plaisirs qui convieth-
netv2 mal à un homme de votre dqe. Cet
loucnges ne me conviennent nullement. Ces
figures ne conviennent pnnt au sujet. Ce valet
ne tne convient pas. etc.
On dit, que Deujc personnes se conviennent,
poirx dire, que Leur état, leur caractcrc, etc.
ont du rapport.
n si-nific aussi. Être expédient, être à pro-
pos. On délibéra long-temps sur ce qu'il con-
venait le plus de faire, ou d'aller aux ennemis,
ow de les attend) e. Dans ce sens il ne s'emploie
gucre qu'impersonnellement.
Convenu, DE. participe. On dit passivement:"
Entre nous, c'est chose convenue. C'est chose
convenue entre toutes les Parties intéressées.
CONVEN'nCULE. s. m. Petite assemblée.
Il &e prend toujours en mauvaise part, pour
AîWiniblée secrète et illicite, et même d'un petit
nombre de personnes. Ce ne fut qu\in Con-
venticule. Les Conventicules sont défendus.
CONVENTION, s. f. Accord, pacte, qiw
deux ou plusirnrs personnes font ensemble.
roïit'enfion (ari(c, Axprcsse, verbale, par écrit
llîcnt fait une convention entre eux, que cdui.J
/.<3 c'oni'end'on étoit que... Je tiens la conven-
tion. Je m'en tiens à la convention.
On appelle Conventions matiimoniales , ou
nljsolunient Coni-cntni/is, Les articles arror-
Hés à une femme par son contrat de mariaiir,
rt ce qui lui appartient par la disposition des
Lois, ou de la Coutume. On ne peut empêcher
liPî-S femme de demander ses coru'cnfjons.
CONVENTIONNEL, ELLE. adj. Qui su p-
pOû£ Convention. Valeur conventionnelle.
On appelle Bail conventionnel^ Celui qui se
fait du consentement libre des Parties, par op-
|>osiiiou h Bail judiciaire, qui se fait par auicy-
lilc d(' Justice.
CONVENTIONNELLEMEN1\ adv. «ou»
convention.
CONA'ENTUALITÉ. s. f. L'état d'une Mai-
BOn Keli;;ieu3e où l'on vit sous une Règle.
CONVENTUEL, ELLE. adj. Qui est du
Convent, qui appartient au Couvent.
Ou appi Ile ^^ssemhlée conventuelle , L"A.^
i;mblée composée de toute la Communauté du
Couvent ; Messe conventuelle., La Messe où as-
iiiatc tonte la Communauté des Religieux; et.
Mcnsc conventuelle, La portion du reventi de
l'Abbave qui apparticiu ù la Coninmnaulé des
Religieux. Le revenu des Offices claustraux a
été joint à la ISÎcnse conventuelle.
On appelle Prieure conventuel^ L*n Prieuré
où il y a des Religieux; et on appelle Conveu-
tucU , I,es Religieux qui ont droit de demeurer
totijours dans le même Couvcut, i la dilTérencc
CON
(le ceux qui n'y -rtiin *|iie pour peu de temps,
comme pendant la convocation dun Ciiapitrc.
Les BeUijieiu: de dehors vuuloient élire un Ge-
neral d'entre eitx, mais Us Conventuels s'y op-
posèrent
Dans l'Ordre de Saint Frinrois, on appelk
Conventuels, I^$ Gjrdfliers <jui n ont pas cm
brasse la Réforme des Ûbservanlina.
CO>Vli>TW:LLi:MENT. aJv, En Com-
miiuaulc, jcIod les règles et l'usage de la so
ciété Religieuse. Vivre conventitellement. Des
Reiiilieux conventucUement assembles.
CO'VEKiiEiNCE.s.f. Terme de Géomclrir.
Position récipro(pie de deux lignes (jui vont en
s'approchaut.
Cowveucence. En Dioptrlquc, c'est la dis-
poûlîoD des rayons d'un corps lumineux, qui
Tont en sapprocbanl , jus4u'i ce qu'il» *«
réunissent tous en un point.
CUNVERC;K>T, E>TE. adj. c'est l'opposa
de Divergent. En Géométrie, on donne ce nom
à des lignes qui vont en s'approcliant I une da
l'autre. Lignes convcrqenles.
Kn Dioptrique,on appelle Convergcns ^ Les
/ayoti5 de Ltuuicie qui vont en s'approcliant
jiour tendre à un niênic centre. Les verres con-
vexes rendent les rayons converqens ^ les con-
caves les rendent diveraens.
CONVERGER, verbe neuL En Dioptrique,
Les rayons convergent ^ pour dire, qu Ils sap-
prochcut el vont se réunir dans un munie
puinL
COW\'ERS,ERSE.adi. Il n'est nudre d'usage
qiir c.>iis ces plir.tses, Frère convers^ Situt
converse, rui se diNpiUd'Un Religieux ou d'une
religieuse, qui ne sont employés qu'aux œu*
vrcs serviles du Monastère.
ConvfRSE. adjcct. fém. On dit en I.o.;ique,
qu'{/ne proposition est converse d'une autre,
lorsque de l'attribut de la première on fait lu
ftujet de la seconde, et du sujet de la première
l'attribut de la seconde. Celte proposition ,
Tout « qui est matière cjï impenct/a6lc, est la
converse de rcUe-ci, Tout ce qui est impcnc-
IraMe est maticrr.
CONVERSATION, s. f. Entretien familier.
Conversation agtèablej douce, aisée, enjouée^
badine^ sêiieu^e, galante j intéressante. Con-
versation ennuyeuse, lonque, sèche, aride.
Kntrcr en conve/sation. Etre en conversation.
Lier couversatlon. Renouer conversation. Re-
prendre la conversation où elle en ètoit. Rele-
ver la conversation. Se plâtre à la conversa-
tion. Ktre à la coni-erstition, pour dire, Y
jwcndrc part. Par forme, par manière de con-
versation. C'est un /lomme de bonne convcr-
satwn. Aouiflivns eu une longue conversation.
Rompre^ inta-rompre une tonversation. Lo
foiuTrulion tourna, tomba sur telle chose. Lu
roni*ej talion roinnien(^oi( à languir, à mourir,
il la rêcUaufft, la ranima ^ la soutint. Il four
Hil b<iiucoup à la conversation. Cette plaisan
leric pcwf piuttr en conversation. Le ton de U
conversation. I^ style de la conversation.
CONVERSER, r. n. S'cotcclenir f^iilièrc
iiicut avec quciqu un. St ptiire à cunverse\
CON
avec les Gens de Lettres. Ils conversoient en- 1
icmble fort familièrement.
On dit figurément, Converser avec les livres,
converser avec les morts , j:oiu" dire , S'appli-
quer à lu lecture, à l'étude.
CONVERSION, s. fcui. Trausmuiation. La
conversion des mêtaiLc.
Conversion, se dit aussi d Un simple chan-
gement de forme. La conversion des espèces. Il
se dit aussi en parlant Des rentes, qui, étant à
un certain denier, sont mises à un auire plus
bas ou plus liant. La conversion des rentes du
denier vingt ou denier vingt-cinq.
Conversion, en Jurisprudence, Change-
ment dun acte en un autre. La conversion
d'appel en oppo^lion. La conva'sion d'une
obligation en rente, etc.
CoNVEnsioN, se dit aussi d'Un raouvemenl
que l'on fait làire aux troupes. Conversion à
d/'oite, à gauche. Quart de conversion.
H se dit aussi en matière de Religion et de
Morale , et signifie Changement de croyance,
de sentiniens et de mœurs , de mal en bien.
prier Dieu pour lu conversion des Infidèles,
pour la conversion des îlêrétiquesj your ï.i
conversion des pécheurs. Demander à Dieu la
conversion des âmes. Travailler à la conversion
des pécheurs.
En I.ogicjuc, ou appelle Conversion, Le
:Laugemeiit d ur.c proposition en sa converse,
CONVERTIIÎfj:. ad), des 9. genres. Il se dit
i'L'ue cljose susceptible d'être convertie en
me autre. Ce billet est convertible en argent.
En Logiijue, il s-,- dit d'Une proposition qui
^cut devenir la converse d'une autre. Cetti
proposition : Tout ce qui est malièrc est impé*
nctrable, est ooDvcrtilïlc en celle-ci : Tout cl
7ui est impénétrable e>ï matiàe.
Il se dit aussi en matière de Commerce ei
ic Finance, d Un effet qui peut être changé
toulre un auti-c. Un billet convertible en argent.
CONVERTIR. V. acL Changer, transmuer
Quc cliose en une autre. Il y a des Chimistes
^ui prétendent quon peut convertir les métaux
imparfaits en or. Aux Noces de Cana, JÉsus-
riiiMST converlit teau en vin. Dans le Mystère
ic lEuchariitie, lepain et le x>in sont convertis
\iu Corps et au Sang de Jl^cs-Christ. Vn hou
tstomac convertit tout en bonne nourriture. L'n
méchant estomnc convcriil tout en bile et en
mauvais suc. Tout ce qu'il prend se convertit
en bile.
Il se dit aussi Du changement qui se fait de
nei-laines choses dans le commcrte^ dans les
ùllàircs. Conve/lir une obligation en cont/'dt de
constitution. On a converti les rentes sur les
particuliers du denïcr dit ~ huit au denier
vingt. Il a converti tvutei ses p.arcrics en
vaisselle d arqent.
Il se dit figuniineDl en m.itière de Religion
el de Murale , cl ti.;nific, Faire clianger de
croyance, de scntiincns et de mttfurs, de mal
en bien. Convertir Ici Païens, les idolâtres.
Convertir les IIcj cliques. Convertir les pécheurs.
Ces peuples se sont coni-ertij à la Foi.
Il se dit uusbi ubsoluniciit atcc le pronom
CON 3n
personnel , pour dire . Changer de croyence , dfi
seutimens, de mœurs j et il s'enteud toujours
d'Un changement de mal en bien. Ce pécheur
î'esf converti. Il s'est converti dans sa dernière
maladie.
On dit aussi dans le discours ordinaire, Con-
vertir quelqu'un, jjour dirc,I,c faire changer
de résolution ou d'opinion sur quelque chose.
JVii f(tit tout ce que j'ai pu pow lui faire rom-
pre son voyage, mais il n'y a pas moyen de le
convertir. C^est un homme converti, poui' dire,
qu'Où l'a fait changer d opinion.
On dit dans le style de l'J-icolc, que Deux
termes se convertisscnf , Lorsqu ils se ]>cuvcnt
dire réclproqueni:nt l'un de l'autre. Etendue et
divisibilité, sont deux termes qui se convertis-
sent.
Conveuti, ic. participe.
11 s'einpiuie aussi au .substantif dans cetts
phrase seulement , pour signiGer une personne
louverlie à la Religion Catholique, Les nou*
fecuLX convertis, les nouvelles converties.
CONVERTISSEMENT. s. m. ChangemenU
11 n'est guère d'usage qu'en matière d'affaires,
it de fal>rique de monnolc. Demander le con-
tcrtissement d'tuie obligation en contrat de
constitution. Le convertissement des espèces de
monnoie.
CONVERTISSEUR, s. m. Celui qui réussit
Aaiis la conversion des unies. Ce Missionyiaire
itoit un grand convertisseur. Il n'est que du
Uyle f.imilier.
CONVEXE, n Ij. des ?. i^'cnrcv Tl se .iit iN: !a
jurfacc extérieure de tout ce qui est oourLÂ. U
l-it opposé à Concave. Vn corps convexe. ÏJn
niroir convexe. Le côté convexe d'une ligne
ourbcy d^ une parabole, d'une ellipse.
CONVKXïTI'".. s. f. Le tour ou la supcrGcie
ïxlt'rieure de ce qui est convexe. La convexité
i un globe, d^un miroir ardent. La convexité
i'une ligne courbe.
CONVICTION, s. f. L'ciTct qu'une preuve
(videnlc produit dans l'esprit. J^tre dans une
tntière conviction. Avoir une entière conviction
des vérités de la Religion.
U se dit aussi De la preuve évidente et indu-
bitable d'une vérité, d'un fait. On a lonq temps
douté de la rùciilation du sang, maïs l\xrpe-
iieice nous en a donné une conviction entière,.
On l'accuse de vol, on V accuse de divers crimes,
et on en a des convictions en main. En l'oift
|j conviction. On a (roiii'C diins ses papiers la
coni'iclion de son intclliqence avec les ennemis.
Ce qu'il a dit sans y penser, fournit une con-
viction contre lui.
CONVIER. V. a. Inviter. Conviera un festin,
aux noces, au bal. Convier à une assemblée
On Va convié de s'y trouver, à s'y trvuvcr, dt
faire telle chose, à faire telle choie. On y a
convié les Ambassadeurs y les Compagnies Su-
j)éricures , etc.
Il sigiiilje aus8i. Exciter. Toufe< ces choMs
icusy convient. La qloire, U raison, lettre
devoir i>ou5 y convie. Le beau lemps vous con-
vie à la promenade.
CoNVik , LE. participe.
3i2 CON
Il est birn souvent sulistanlif ; et alors il ne
se dit qui- de ceux qui sont invites à un festin.
Il a hien reçu , bien truite les conviés. Il n était
pas des conviés, du nombre des conviés.
f'OWlVE. s. m. Celui qui est invité et qui
se trouve h un repas avec d'ouircs. JTous Jes
convives étaient de honne humeur. Il était du
Homhre des convives.
On dit d'Un Iiomtne ngréable .'i table, Que
c est un bon convive.
CONVOGAïK»-. s. r. Action de ronvoquer.
La convocation d'une Assemblée, des Pairs,
d'un Concile, des pAuls. C'est lui oui doit faire
In convocation de l'Assemblée.
CONVOI, s. m. se dit de l'Assemblée qui
ncoompagne un corps mort qu'on porte à la sé-
ptiltup' avec les cérémonies funè))rcs. Un rjrand
convoi. Uamajuifique convoi. Aller au convoi.
Assister au convoi, fjre du convoi.
Cosvot,se dit en Urmes de Marine, d'Un
on do plusieurs vaisseaux de guerre qui escortenl
des vaisseaux marcliands. On a donné un vais,
seau à telle fotle pour lui savir de convoi.
lise dit aussi d'Une flotte marchande ave(
son escorte. Le convoi de Smyrne. Le convoi
^Alexandrie.
Cosvoi, se dit aussi d'Une quantité de mu-
nitions et de vivres ou d'argent, etc. qu'on
mène dans un camp, dans une ville assiégée, etc.
Préparer un grand convoi. Le siège éloil fort
avancé, mais il y est entré un grand convoi
L'escorte qui accompagne un convoi.
On dit eu termes de guerre , qu'Cn coriTOi
' a été battu , pour dire , que L'escorte qui ao-
eoDijMgnoit le convoi a hé défaite.
CONVOITABLE. adj. des a genres QiJ
pont être convoité, qui est désirable. Un étal
eonvoitable. Il vieillit.
CONVOITKK. V. a. nésirer avec avidité,
•Tec une passion dc'iV-gWe. ConTOifer ardem-
ment. Convoiter les riche!.ses. Convoiter le bien
d'cutnii. Convoiter la jlmme de son prochain.
Convoi rÉ, ÉE. participe.
CONVOITEUX, EUSK. adj. Oui convoite.
Etre con-joiteux de gloire, convoiteiur d'hon-
neur , roni-Ofteux de richesses , du bien d'au-
Irui. U vieillit.
COSVOmSE. s. f. Désir immodéré , cupi-
dit.!. Co;ii.o:(i-'c effrénée, déréglée. La convoi-
tise des richesses. La convoitise des honneurs.
Regarder queUpie chose d'un œil de convoitise.
COXVOI,ER. v. n. qui ne se dit guère que
dans cette plirasc, Coiii'ofcr en secondes noces.
en troisièmes noces, pour dire, Se marier pour
la seconde fois , pour la troisième fois.
Dans cette phrase, qui est du style familier.
Coni'olcp ne s'emploie qu'avec la prepo-sition
en. VnU il régit la préposition d dans ceiteautre
qui est moins en usage. Concoier à un second
mariage,
CoHTOLEU, se dit aussi quelquefois absolu-
ment par une espèce dcllipsc. Celle veuve ne
«•'<• pas long. temps sans convoler. Elle a con-
vole. Il est du stjle fimilier.
CONVOOUER. V. a. Faire assembler par
wionu! juridique. Convoque, un Concile. Con-
C () O
'i.07uer les Ëtats. Convo-uerlc Parlement
C'elod au Consul à convoquer le Sénat. La
Dwte jut dûment, légitimement convoquée. La
compagnie étant cctraor.Una.rement convo-
quée, etc.
Convoqué , iz. participe.
CONVOYEK. V. a. (Il se conjugue comm,
employer. ) Accompagner, escorter. Il n'esl
guère d'usage qu en termes de Marine. Con-
voyer des vaisseau.x marchands. Ou dit aussi,
Faire convoyer un train d'artillerie.
Convoyé, ÉE.'pariicipe.
CO.XVULSIIMVE.a,lj.Qui,efaitaveecon.
vulsion , qui est accomp.ir.né de convulsion
Mouvement convulsif Pouh convul-if
CoyvmsiF, se dit aussi De ce qui donne d.s
convulsions ; mais dans cette acception , c'est
plutôt un terme de Médecine que du discours
ordinaire. Vémélique est convnkif. L'ellébore
est convulsif.
.CONVULSION.,, f. .Mouvement irrégulier
et involontaire des muscles , avec .secousse cl
violences. Grnurfe, violente, furieuse convul-
sion. Convulsion épilcptique. Tomber en con-
vulsion. Être en convulsion. Dans le fort de la
convulsion. Etre sujet ù des convulsions. Avoir
des convulsions. Il mourut dans les convul-
sions.
CoNVciSTos, se dit ûgurément Des empor-
temens, elToits extraordin.aircs qu'on fiiit pour
quelque chose. La seule vue d'un homme qui
demande de l'argent, donne des convulsions i
un avare.
CONVULSIONNAFRF. adj. des 2 genre,
et substantif. Qui a des convulsions. On donn«
ce nom à quelques fanatiques modernes.
coo
COOBLIGÉ. s. m. Celui qui est obligé avec
un ou plusieurs antres dans un contrat, dans
une oblig.itiou. 7/ a été condamné à payer,
sauf son recours sur ses coobligés, contre ses
coohligés. Défenses d'attenter ù sa personne,
ses biens, ses cautions et ses coobligés. Phrases
l'.c formule dont on use dans ha .Arrêts rendus
en faveur des débiteurs que la Justice prend
sous sa pioleclion.
COOPÉKATEUR , TRICE. s. Celui , celle
qui opère avec quelqu'un. Il s'emploie surlout
d.ins les matières de pieté. Les Ministres de
l'Eglise sont Us coopérateurs de Jésis-Chiust
I COOPERA TIO.N. i. {. Action de celui qui
[ co-ipère. Di'cn ne nous sauve qu'avec notre coo-
pération.
COOPÉRER. V. n. Opérer conjointe-
ment avec quelqu'un. Coopérer i la conversion
de quelqu'un. J'y ai coopéré avec lui. Je n'y ai
point coopéré. Coopérer au succès d'un dessein,
d'une entreprise.
COOPTATION, s. f. Admission exlraonli-
nairc dans un Corps, »<:comi>agnco de dis-
pense. La cooptation dans l'Université de Pu-
ris cul (icu en faveur de N. Couture.
COOPTKU. verbe act. Admettit quelqu'un .
dans un Corps en le dispensant de quelqu'une ^
des conditions n.cessairss pour y entrer. LU-
COP
niversitè de ParU coopta Pierre UallcY m
Coopté, tt. participe.
COP
COPAIIU. s. m. Baume qu'on tire par inci-
sion, d'un arbre chi Brésil appelé Copaiba. 1 es
propriétés du Copahu sont il ,«.„ pr;.s les mimes
lue celles des baumes de Tollu, du Pérou, et
niènic du baume de la .Mecque.
COPAL. s. m. Comme dune odeur agréable
îu'on tire par incision de plusieurs espfaes
d nrbrcsde la nouvelle Espagne. Le copal ent,,
dans la composition du vernis
Crjp.VRTAGEANT, ANTE, adj. et s. Celui,
relie qui partage avec un autre. Il se dit Do
foules les iiersonnes qui partagent'dans une as-
«ocialion quelconque. Puissance copartageante
llentier copartageant. Donner à chacun det
copartageans la part qui lui peut appartenir.
COPEAU, s. m. Éclat, moroeau de bois que
In hache, la doloi^e, le rabot, ou quelque
autre instniment tranchant, font to.mber du
hois qu'on abat, ou qu'on met en œuvre. Gro,
copeaux. Menus copeaux. Copeaux de hctre.
uniler des copeaux.
On appelle Vin de copeau. Le vin nouve.iu
que l'on fait passer .sur des copeaux.
COPERMUTANT. s. m. Il .se dit De chacim
àc ceux qui permutent ensemble leurs Beiié-
£ces.
COPHTE ou COPTE, subst. m. Nom qu'on
hnoc aux Chrétiens originaires d'Egypte, et
îui sont la Secte des Jacobites, ou Eutichécns.
On nomme aus.i Cophte l'ancicnua Laneue
Égyptienne.
(:0P!E. subsL f. Écrit fait d'après un autre.
Fukle copie. Copie exacte, mauvaise copie,
copie collationnée à l'originaL La copie d'un
contrat, d'un exploit. Copie figurée. Qui est sur
du papier de ia même grandeur, avec les mêmes
rspaces et les mêmes ratures, s'ilyen a. Lacopit
d'un manuscrit. Donner copie. Prendre copii:
Faire une copie. Tirer copie. Retenir copie.
Garder copie. Vous n'avez que la copie de vos
litres, et il en a les originaux. La pièce n'c.<l
pas si rare, il y en a cent copies. On en a dis-
tribué plusieurs copifs.
Copie, se dit aussi De l'imitation exacte des
originaux de l'cinture. Sculpture et Gravui-.
Avoir des copies des meilleurs originaia: . des
meilleurs tableau.T. Une copie tirée sur l'origi-
nal. Copie de copie. Ce n'est pas un original,
ce n'est qu'une copie. La copie ne le cède guère
à l'original. Une copie de l'Hercule Farnèse.
Une copie de /a Venus de Mèdicis. Une copii
du Titien.
On dit d'Un homme qui ne réussit p.ns ii eu
imiler un autrcqui est excellent dans son genre,
que C'est une méchante copie d'un fort bon
original.
On dit en style familier, d'Un homme siiv-
gulièrcmenl ridicule, que C'est un original
sans copie.
En termes d'Imprimerie, on appelle Copn,
Lient sur lequel l'Imprimeur compose. Le
COQ
Compositeur ne pas asi:^ de copie pour ache-
rc/ lu fciiUle.
COPllOR. V. a. Faire une copii . Il se dll
«iSalemciit De loulis ks copies (|u on tire dmii:
cfrilurc, d'un lablcau, d'une statue, etc. Co-
pia- liiléUment, JUijemment. Copiez-moi vite
Cille pièce. Copier un contint, un crpluit.
Coi ier un écrit mol à mot. Copier un luhleau.
Copier une statue. Copia- un bas-relief. Celte
pièce est bien copiée. Ce (tome, ce palais es:
copié sur un tri bntiir-tnt.
Il sigDtfîe fîgurc'raeotf Imiter, exprimer par
l'imilatioa, les actions, les j^estes, les manières,
le style de quelqu'un. Il s'attache à copier ce
qu'il y a de nKilleur dans son modèle.
On dit, Copier uny/«leiir,pour dire,Ticlicr
de l'imiter. Il se prend ordiiuirenicnt en mau-
vaise pari. On dit aussi, Copiei- lu nature^ pou/
dire, Imiter la nature. Un tel Peintre, un tel
Poète a bien copié la nature.
Il signifie aussi Contrefaire quelqu'un \in'
dérision. Cet liomme a un (jrand talent pout
copier les c/ens.
Copier , avec le pronom personnel, 5e copier,
te dit d'L'n Peintre qui se répète, qui n'est pai
varié dans leâ altitudes, dans son ton.
Copié, ijL. participe.
COPIE VSi:.ME>"r. adv. Avec abondance,
beaucoup, iîoiie copiewenienl. Manqer copieu
ffment. Criner copieusement. Il n'est guèrï
d U6.i^e <juc dans ces sortes de plnases.
COPIEU.X , EUSE. adj. Alrandaot. Il ne s!
dit ^ttiTcqur'dan.t le» plirisr* sriiv.-inles ■ Fairt
un repas ccf'teu.x. Faire une é^'acuation , uni
telle copieuse.
CCPISrE. s. m. Celui qui copie en q'ielqtil
genre que ce soit. Vn bon copiste. L'n cvcel
lent copiste. Vn méchant copiste. Ce n'eslquus
copiste. Mon copiste.
On dit d'L'n Peintre qui ne fait que copiei
les tableaux des autres, que C'est un copiste,
q-ic ce n'est qu'un copiste.
On dit d'Un bon Auteur, qu'// a fait de
maitvtiis c^jiisles, pourdire, que Plusieurs écri-
v.iins otit tiiclié de l'imiter, mais sans succès.
COPItOPlilÉTAlRE. s. Celui ou celle qui
possède par indivis avec uu autre, une m tison,
luic terre , etc.
COPl'ER. V. a. Faire bntlre le ballant de U
ctorhe seulement d'un cote. Copter la cloche.
Copré, LE. participt'.
COPUI.ATUMVE. adj. Terme de Gram-
maire, qui sert à lier les mois. Conjonction co-
pulatii-e. Et, esl une conjonction copulalii-e.
COPULATION, s. f.Conjouclio.T de l'Iiomme
et de la femme pour la génération. Dans le lan-
Ç'ge, ou ne l'emploie guère qu'avec CliarueL
l.a € pt.'jilion cJiurneKc cji ,Ufent!ue hors U
t»ar*c^e.
COPULE. ». f. Terme de Logicpie. Il signi-
fie 1 • not qui lie le sujet avec l'attribut.
COQ
COO. i. m. (On prononce le Q. ) Sorte d'oi
•eau d<>meslii{ue ipii esl le ni^tle de la |>oule.
Pioi: Cl']. Un jeune co'j. 6'ii vieux coti. CrcU
Titme /.
COQ
f?c co^. Fiiîrc battre , faire jciiter des coqs. Un
comhiit lU coas. Le chant dit coq. Au premier
chuut du coq. Plumer de coq.
Ou appelle Coq de bruyère, Une espèce de
coq sauvage qiiï se noiiirit dans les bniyèrcs.
On appelle Coq d'Inde (On ne prononce pas
le q), Une rsp«jce d'oiseau domestique plus
j^ros que le coq. On ajipcllc Coq-fitisan , Jje fai-
san mâle. On le dit aussi du niûlc de la perdrix.
Il ne faut tuer que les coqs.
Ou dit familièrement d'Un homme à qui
par quelque èinotioii subite le sang nionle au
visage, qii'// est rouqc comme un coq.
On appelle figurémentct famililTement Coq>
Un homme qui est le principal en quelqu;' en-
droit ^ qu'on y distingue au-dessus des autres à
cause de son cr-dit, ou de ses richesses, ou de
f(ucl((ue antre avantage. Il e-ii le coq de son
villa-fe. C est un coq de Vuroissc. C'est le coii
du villaqe.
On dit provrrbialcnienl d'Un Itomine qui
est fort à son aise dans quelque lieu, qu7I e:l
Iii comme un coq en pâte. Quelques-uns le di-
sent aussi dUn horame qui est enveloppé d'o-
reillers, de couvertures, etc. en sorte qu'il ne
peut se remuer qu'avec peine.
On appelle aussi Coq , cette fi;;ure de co(\
qu'on met sur la pointe des clochers des Kgli-
ses, et qui sort île girouette. Le coq d'une tclli
hqlise. Il faut voir où est tourne le coq, pour
favoir de quel côté vient le vent.
Cn appelle Coq da Jardins , une Plante
Irùs-odorante. Elle est bonne contre les maui
i'eitomac. et plusvurs autres •naladies.
Ou appelle Coq d'une montre , La pièce
d'une montre qui couvre et soutient le balan-
cier , el le lient ferme.
COQ-A-I>"A>U. s. m. indéclinable. Discourj
i]ui n'a point do suite, de liai.son , de raison. I\
vi'a répondu par un coq-à-l'anc. Faire un coq
.i-/'((ne. Il fait toujours des coq~à-Vdite. Il esl
du st\lc Cnnilicr.
COQUARDK. Voyez COCARDE.
COQUE, s. f. Enveloppe extérieure de l'œuf.
Le poussin héquetoit déjà la coque. Les pou-
lets ^ les perdreaux courent au sortir de la co-
^ue. Manqer des a ufs à la coque.
11 se dit auxs! De l'enveloppe lij^nruse de la
noix. Coque de noix. Je n'en dunnerots pas
une coque de noix.
CoytE, en tenues de poto nique, se dit De
l'enveloppe de certains fruiu OD de certainei
semences.
U se dit aussi De l'enveloppe oti se ren
ferme le ver à soie quand i) veut 6ler, auss
bien que plusieurs autres insectes. Ce Vf" n
foi'e comrience à faite sa coque.
On dit proverbialement et par rcprocK:,
qu'Un jeune garçon ne fait que sortir de la
coque y |>onr dire , que Ce n est encore qu*in
enfant. H ne fait que sortir de la coque ^ il il
fait déjà Ventcndu.
COQUKCI(;UUE.s.f.seditenslJefan'lier
Des choses fricotes, cliinieiiiiui-s. Il nous':,'.ent
compter des coqueciqrucs , des coqucciq'ues
de me-. Il raisonne towmc une coqncciij' te.
COQ 3i3
COQUEIJCOT. s. m. Esp-cc de pavot. Le
coquelicot routje et simple croit parmi les bits.
Sirop de coquelicot. On cultive dans les jar-
ilins du coqtu.licol qui est double et de diQ'é-
rentes couleuiS.
COQUEI.OUUnE. s. f. Plante qui par sa
lige et j)ar sra ileurs approche de l'Anémone.
les Jardinie^l appellent aussi Coquelourdc,
Une certaine csjHfce de Lychnis.
COQUELUCHE, s. f. Capi.chon. Il est vieux.
On dit fi;j.irenicut. familièrement et par al-
lusion a la coqueluche dont on >e coiQliit ,
fju't/ne lersonne est la coqueluche de la Cour,
de la Ville, du quartier ^ pour dire, qu'Elle est
fort en vog'^e,
C'cstau.si le nom d'Une main licépide'mique,
espèce de rhume qui cause dei» loux vio-
lentes. // a en la coqueluche. Il est malade de
la coquehyjie.
COQUliLUCHON. s. m. Espèce de capu-
dion. Ci.'^ueluchon de Moine. Il porte un ro-
qucluchty. Il ne se dit guère qu'en plaisanlcrie,
COQUEM.VR. s. m. Espèce de jmt de lenc
vernissé, ou de cuivre, ou d'élain , ou d'ar-
gent, e:C. ayant une anse, et scr^-ant ordinai-
rement h faire bouillir ou cliauffcr de l'eau, de
la tisaae et autres clioses semblables. Faiic
Itouillir dcVeaUj de la tisane dans un coquemar.
CCQUEIlETou ALKEKENCI. s. m. PUnc
fort cammune dans les haies. Elle porte une
hdic Eîolle qui devient une vessie mugeUre.
Les Médecins emploient celle baie dans les ma-
ladies de la vess'e.
COQUERICO. s. m. Chant du coq. Le coq
ehaita coquerico.
COQUET, ETTE. adj. Qui fait le galant,
tju! cherche à plaire, h donnet de l'amour j
plu-rieurs femmes à la fois. Il ne fit jamais
d'homme si coquet. Il a Vespiit coquet. L'ne
femme coquette, bien coquette.
11 se met quelquefois subslamîvenxent. Cerf
vn coquet, une vraie coquette. Une coquette
Çxfft-e, une vieille coquette^ une franche co-
quette.
COQUETER. v.n. Être coqu-t, ou coquette,
'aire le coquet, la coquette, etc. // ne fait que
■oqueter. Elle ne s'empêchera jamais de ccf-
fjueter. Elle coquète tout le jour avec tout le
monde. U est familier.
C(JQUET1ER. s. ra. Marchand d'œufs et de
volailles eu gros.
CoQUETiEit, est aussi Un ustensile de table,
où l'on met un œuf, [lour le manger à la coquo.
COQUFriTERlE. s. f. Manières on paroles
employées U dessein de plaire, d 'al tirer « d'en-
gager. Il y a bien de la coquetterie duns toutes
ses manières. Dire des coquetteries. Faire ttts
coquetterie-* à quelqu'un. Il n'y a eu entre eux
que de-la coquetterie.
COQU1EI-.4GE. ». m. Ternie collectif. Petit
poisson û coquille, ou testacé. Le menu peuple
des côtes de la mer vit de coquillanes. Tonte
cette cdïe e^t pleine de coqutllnges. U y a ttes
coqudlaqc^ de mer, d'eau douce et de terre.
Il signifie aussi Un aiuas de coquilles. Lnt
qrotte de coquillages.
4o
3ii COQ
Il sigiiinc (jiielijiiefois l.'espècc de coquille.
Le co(^mlUu^€ lU /il pourpre est bcim^ est rare.
Coijiiillatje doré, marqueté, etc.
COQUILLE, s. f. CouvertiTtv nu roque des
liiTiaçuiis, etctt:si)oisson.<iquc les .N,il«r»Iistesa[>.
pellent Teslacés; comme les moules, pourpres,
limas <ie mer, etc. Les coquilles sont univalves,
liivalves, ou mullivalvcs. Les univ-alves sont
(l'une teulc pièce, les bivalves de deux pièces,
et les mullivalvcs sont de trois, de cinq ou de
douze pièces. Toutes les coquilles de terre sont
univalves ; celles d'eau douce sont univalves ou
bivalves. Les coquilles de mer sont des trois
esi>ices. Belle co(jiiitk. Coquille dorée. Coquille
: ù vis. Co(juiHe dentelée. Coquille de nacre.
j Amasser des coquilles. Ramasser des coquilles,
'. faire une coifcction de coquilles. Il est curietux
' en coquilles. Les l'élcrins de Saint-J acnues en
! Galice, et ccu.r du Mont-Saint Michel en .\or-
viandie, rapportent des coquilles à Icurchupcuu.
Des écliarpes semées de coquilles. Vase fait en
coquille. On portait autrefois des nardcs d'épée
en coiiuille.Oui'rane en coquille. On ne dit ni
Coquille de tortue, ni coquille d^l.uUre.
C^OQLiLLE , se dit aussi Des coqties d'œufs cl
de noix, principalement tpiand elles sont rom-
pues, cassées.
On dit proverbialement, ficufrer dans sn
coquille, pour dire. Se retirer d'une enlreprisc
téniciaire, abandonner nn propos hasardé, se
remettre i\ sa place après avoir tenté d'en sortir,
ou y être remis pir l'effet d'une menace.
l*uur dire, qu'Cnc persoruie est fort jeune,
on dit familièrement, qu'E/fe ne fait que sortir
de la coquille
On dit ]>roverbialement à nn Iiomme qui,
voulant en faiie accn.irc à quelqu'un, s'adresse
sans le savoir à plus fin que lui : À qui vendez^
vous vos coquilles ? Portez vos coquilles à
d'autres. Portez vos coquilles ailleurs. C'esi
vendre des coquilles à ceiir <jiii viennent de
Saint-Michel.
On dit proverbial., qu't/7i homme veudlien
ses coquilles, fait bien valoir ses coquilles.
pour dire, qu'il fait bien valoir sa inarcliau-
dise, son travail. Ce Marcliand-là vend bien
ses coquille.^.
COQUlLLIKR.s.ni. Collection de coquilles
ou le lieu oii on les rasseniLle.
COtJCIN , I>"l".. s. Terme d'injure et de me-
pris, commeFripon, maraud. Ce»! un coijuin-,
une coquine. Vn tour de coquin.
Ou dit aussi par injure et par mépris : C'est
un beau coquin, un btn coquin, un plaisant
coquin. Un méchant coquin, un qrand co-
quin, pour dire, Infime et lâclie. C'est un co-
quin qui trahiroit son meilleur ami pour le
moiudic intéiit.ll a fui comme un coquin. On
la traité comme un coquin.
On dit, dans un sens plus ou n^oins élendu
d'Une femme débauchée et d'une femme qui
trompe beaucoup d'amans, que C'est une cc-
quine.
Le met Co'jum s'emploie aussi quelqnefoi
en pljisaiiierie, sans aucune idée d'injure ni
do mcpns.
COR
Cotjuis , s'emploie quelque^ lis adjective-
ment; et dans cette accipiion, il n'est puère
d'usage que dans ces phrases du style familier,
Un métier coquin, une vie coquine, qui se
disent d'Un emploi oii l'on sa plait, parce qu'il
n'y a presque rien à faire , et d'Une sorte do
vie douce, molle et fainéante à laquelle on s'ac-
coutume.
COQULNERIE. s. fém. Action de coquin.
Il m'a fait une coquinerie du premier ordre. Il
est familier.
COR
COR. subst. mase. Sorte de durillon (jui
vient aux pieds. Avoir un cor aux pieds, à un
doigt du pied. Couper, arracher les cors des
pieds.
COR. s. m. ïnstnmient h vent, courbé en
spirale. Cor d'airain. Cor d'arnent. Embou-
cher le cor. Sonner du cor. Donner du cor. Au
son du cor.
A con ET À CRI. Expression adve.rh. En
ternies de Véneiie, Chasser à cor et à cri, si-
gnifie, Chasser à grand bruit. Il a droit de chas-
ser à cor et à cri dans une telle forêt.
On dit figiirémenl Vouloir , demander , pour-
suivre une cliose à cor et à cri, pour dire,
Vouloir, demander, poursuivre une chose !i
toute force.
COR.VIL. s. m. Sorte d'arbrisseau qui croit
dans la mer, qui durcit lorsqu'il est tiré de
l'eau, el qui est ordînairenient rouge. Corail
roUfje. Corail pdle. Corail blaric. Corail noir.
Branche de corail. Vn chapelet Je corail. Det
bracelets de corail. Houqe comme corail. Lei
Chimistes tirent un sel du corail.
Leà Poêles disent d'Utie belle bouclie, que
C'est une bouche de corail, que ce sont det
lèvres de corail.
CoitAiLj fait au plur. Coriia.r. Ainsi en par-
lant d'Un curieux qui a plusieurs belles pièces
de corail dans son cabinet, on dît, qu'// a de
beaux coraux, des coraux très-rares.
I CORALliNE. s. f. Plante qui croît sur les
rochers baignés par la mer. Elle est pierreuse
■orame le corail, branchue et composée de pe-
tites pièces allachces les unes aux autres. Elle
lune odeur de marée, et une saveur très-salée.
Elle est bonne conlrc les vers des enfaiis^
CtJKALLL\,lNE. adj. "Juiest rouge comme
corail. Ou s'en servoit auinlbis eu Poésie dans
les phrases suivantes , Tioiuhts corallines ,
Lèvres corallines. Présentenient il n'est plus en
usage.
CORIiEAU. s. m. Gros oiseau d'un plumage
itolr, qui est carnassier, cl vit ordinairemenl
de charogne. Gros corbeau. Xoir comme un
corbeau. Entemlre croasser les corbeaux. Le
croassement des oorbeaiLV. Sei vir de pdture aux
corheau.r. Les corbeaux font leurs niils sur les
plus hauts arbres.
On appelle (igurémcntCori)C(iH.r,reux qui,
d-ins un temps de contagiou, enlèvent les prs-
liféréSiSoit pour les porter 1 l'Ilopilal, soit
pour les enteiTer.
On appelle eu termes d'.VrcliilecInrQ, Cor-
COR
Iiciiu , Une grosse pierre , ou pièce de bois mise
en faillie, ]X)ur soutenir une poutre.
On appelle aussi Cordenu de fer, Cenaia
morceau de fer qui est scellé dans la muraille,
et qui sert à soutenir une pièce de bois sur la-
quelle portent les solives; et en termes de Ma-
rine , Croc de fer pour accrocher les vaisseaux
de l'ennemi.
Les Astronomes donnent le nom de Cor-
beau h une constellation de l'iiéniisphère méri-
dional.
CORBEILLE, s. f. Espère île panier fait or-
dinairement d'osier. Une corbeille à mettre des
fleurs. Une cor-beille de fleurs. Une corbeille de
fruits. Une corbeille couverte. Une corbeille
découverte. .Metlre des fruits dans une cor-
beille.
On appelle alwolument La eorbeilk , L«
bijoux que l'époux futur envoie dans une cor-
beille à la personne qu'il doit épouser.
C'est aussi Un ornement eu Architecture,
en Seulptiire et en Jardinage.
CORlilI.LARD. ,s. m. Kom qui se donne 4
un grand bateau établi pour aller de Paris à
Corbeil. On appelle aussi du même nom, Cei^
taius grands carrosses h huit personnes , dont
on se sert chez les Princes pout voiiui-er les
gens de leur suite. Le Peuple appelle encore
«insi Un chariot i transporter les morts.
CORBILLAT. subst. masc. Le petit du ror-
lieaii.
CORBILLON. s. m. Espèce de petite cor-
beille. Le coihillon du pain bénit. Mettre U
main dans le cor-billon. Le cor-billon d'un Pâ-
tissier. Un corbillori d'oubliés.
On dit proverbialemeut et fi'.^urémenl,CAiir».
qenient de corbiUon fait appétit de pain bénit,
jjour donner i entendre qu'il y a une espicc
de ragoût dans le changement. On dit dans le
même sens , C/ianjenient de corhillon fait
trouver le pain bon.
Coubillos, se dit aussi d'Une espèce de jeu,
où les joueurs sont obligi's de répondre en ri-
mant eu On.
CORIiW. s. m. Corlxaii. En ce sens il est
vieux, et n'est plus d'usage qu'en celle phrase,
liec-de-corbin , qui se dit d'Une sorte d'anno
que portoient les rent Geulilshomiecs de b
Maison du Roi, epii pour ce sujet éloiei.l nom-
més Gciitils/ioni/nes au bee-de-corbin.
On appelle aussi Bec-de-cOrbin, Certaines
caui.es dont le bout qui se tient dans lu main
est recourbé au lieu d'être en [>omme.
CORn.\GE. s. m. colle, lif. Toutes les co»-
des qui .servent îi la manœuvi-e d'un vaisseau,
d'une galère. Cordaqe d'un vaisseau. Le cor-
daqe d'une galère. Avoir des cordages de re-
chiinne. Magasin de cordages. Gros cordaie.
Menu cordage. Cordage de chanvre. Cor-daoe
de coton. Le canon donna dans les cordages ,
coupa les cordages.
Il se dit aussi Des cordes qu'on emploie .1
des trains d'artillerie, ou ^ faire des maebiues.
/( faut bien du cordage dans un équipage
d'artillerie. Elever une machine avec des cor-
dages.
COR
ConnAGE, se dit «juelijuefois ilUiic stulo
corde. Ce rorilnje-lii n'est pas asse: /uiL
Il se dit aussi De la manière de inesunr
avec une corde le bois qu'où ai>[ielle Bois de
corde. Le toit «I bon, mais on vous a lromf)i;
au cordage. Le cordage (Wt bon. Le cordayc at
mauvais.
CHU DE. J. f. Tortis ûit ordinairement de
cl)anvre, et «jucitjucfois de cotou, de laine, de
soie , d'écorce d'jrbrcs , de poil , de crin , de
jonc et dautrcs nioliéres pliantes et flexibles.
Grosse corde.Pctite corde. Corde menue. Corde
déliée. Longue corde. Corde à trois cordons.
Filer, tordre une corde. Àliaclier, serrer avec
une corde. Cela était pendu à une corde , lie
d'une corde. Prisonnier lié, gairotté de cordes.
£tendre du lintje sur une corde, sur des cordes.
Corde à puils. Pont de corde. Soulier de corde.
Echelle de corde. Couper la corde d'un ha-
UaUy d'une cloche.
On appelle Tabac en corJe, Du tabac i]ui
est ou qui a été corde.
On appelle Corde de jeu de paume , Une
grosse corde qui est tendue au milieu d'un jeu
de paume , et qui est garnie de iilets jusqu'en
bas; et dans ce sens on dit : Mettre sous la
corde. Friser la corde, Jdettre argent soui
corde.
On dit figurcment et familièrement d'L'ne
aflàire, <ju'£(le a passé à jleur de corde, pour
dire , qu'il s'en est p«u fallu qu'elle n'ait nj-Mt-
que.
<>n dit aussi (î;;un'ment et proverbialement.
Iju't/u homme a frisé la corde, (^uand il s'en
est peu fallu qu'il n'ait perdu son procès, qu'il
n'ait manqué son aflàire.
On appelle ■ Cor<le d'estrapade, I,a cordi
arec laquelle on guindé ceux qui sont condam-
nés ^ avoir l'estrapade ; et en ce sens on dit ,
/donner trois coups de corde à un soldat, poui
dire, I.e ;;uinder trois fois en liant, et le laisser
alltr de toute sa pesanteur à lui pied près de
terre.
On dit proTCrbialemcnt et fisurénicnt, 'V'ons
l'errc; beau jeu si la corde ne ro?iipt, pour dire,
Vous verrez des choses fort snrprcnjntes dans
telle afl'aire, dans telle entreprise, si les moyens
dont on se sert pour y parvenir ne nianquenl pas.
On dit figurcment , Tirer sur la même corde,
pour dire, S'rrjtendre, agir de concert, lors-
qu'on est plusieurs intéressés à un succt^s qui
doit être commun à tous.
ConoE, se die aussi d'Cn gros cable t'ndu
en l'air, r\ attaclic par les deux bouts, sur le-
quel certains bateleurs dansent ; et c'est dans ce
sent qu'on dit : Danser sur la corde. Aller voir
les Jtifueurs de corde.
On dit aussi G°urémcnt et fàmilièrcmcnl
dans le m6ine sens, qu't/n 'lomme danse sur
la corde, pour dirî, qu'il est engaj;é dans une
affaire linsardiuse, dans une situation embar-
rauantc, inci:rtaine, où il court ris-|ue à tout
moment de succonilicr.
Coauc, se pn nd pour Le supplice de la
potence. Cela nientc la corde. Il a échappé la
i,'orde C'est un homme échapfé de la corde.
C O R
rt dans ce scîis on dit fijuréinsnt qu'l'n
homme a frisé la corde ^ pour dire, qu'il a
pense cLrc pcudu.
Od dit aus»if La corde au cou, en parlaiii
De ceux qui font aineiidc lionorablc. îl a fait
liuimide honorable la corde au cuu.
El fr^uccmcut un dit, 5e rendre la corde au
cou, venir la corde au cou, De ceui qui se
soumettent saus aucune condition à la merci
du Vainqueur, du Prince, du Supérieur. Ces
assiéqés se rendirent la corde au cou. C'est aussi
5C rendre soi-niùrac l'instrumeut de sou m.il-
Iieur, de sa perle.
On appelle Les mauvais garnemens et les
ûbus, Gens de suc et de corde; et il se dit, par
extension, De tous les scélérats.
On dit proverbialem. d'Un homme qui est
Ijciireux au jeu, qu/I a lîe la corde de pendu.
On dit li^urémcnt et dans la conversation,
Mettre la corde au cou à (jHel(ju'un^ pour dire,
I.e meilre en danger d élre jiendu. La trop
(jrandc indulgence de son père lui a mis lu
corde au cou.
On emploie aussi fi;;uréiu. la même façon de
parler, pour dire, Être cause de la ruine, de* la
perle de quelqu'un.
On dit cucoïc ii_:;uivni. d'Un homme qui lait
des actions qui le pouriunt mener au gibet,
qu7l file sa corde.
On dît proverl>iûlement, qu7i ne faut joint
parler de corde dans la maison d'un pendu,
pour dirCj qu'il ne faut point parler des choses
dont les rapports directs ou indirecu; pcu\enl
rniïïarr.ib^er ou huiuil.ei des personnes prc-
tentes.
On dit en parlant d Une afialre dangereuse-
ijue Le fouet et la corde en sont dehors ^ pour
dire, qu'il n'y a point de peine alBiclive ^
rraindre.
Corde, se dit aussi Du tortis de clianvre,
île crin, ou d'autres matières, dont on garni;
les arcs et les arbalètes. Mettre une corde à nu
trc. Changer une corde. Tendre la corde. Bnn-
ier la corde, i.a corde était trop bandée,, elle
lompit. Il ne faut pas tenir la corde si tendue.
On dit proverbialement et figurem. qu't n
lioinme a deux cordes à son arc , piusienrs
rorrî^s, plus d'une corde à son arc, pour dire,
i|u'il a plusieurs moyens pour parvenir à son
but. à ses Hn&.
ConDE, se dit aussi en [triant De plusieurs
insl rumens de Musique, il y a des cordes de
boyau, li y en a de métal. Corde de luth. Corde
de l'iolon. Corde d'épinette. Corde de hoytiii.
Corde à boyau. Corde d'acier. Corde d'arqcnt.
Corde d'or. La grosse corde, etc. Puquet de
cordes. Corde de Rome. Corde fausse y sourde.
Les cordes noueuses et écorchces ne sauroicnt
servir. Pincer la corde. Hausser y baisser une
corde. Détendre les cordes d'un luth. Toucher
délicatement la corde. Il pince bien les cordes.
Il touche bien les cordes. Il fuit parler Icf
cordes. Flatter la corde, c'est la toucher déli-
catement. Il a un jeu fort y il gourmande les
cordei.
Corde, en termes de Musique, signifie La
COR
3i5
note bu I« ton qu'il faut loucher et entonner,
et se dit De tous les intervalles de Musique.
La quinte a cinq cordes ou cinq sons, il siguitie
aussi Accord. Cette pièa a de belles cordes.
On dit figurem., Ne touchez pas cette corde,
il ne faut pas toucher celte corde-là, pour dire.
Ne pariez pas de telle chose, parce qu'il y an-
roit du danger, de liiiconvénient pour voufc.
Ou dit proverbialement , Toucher la grosse
corde, pour u'ire, Toucher le point le plus iiu-
purtanl d'une oiTaire. Vous avez touclié la grosie
corde.
On appeJoit Corde de monfrc, Une coide
de boyau qu'on mcltoit autrefuis aux moulti-s.
Cette montre-là est au bout de sa corde, elii u
jïlé toute sa corde.
On appelle Corde, La tension d'un muscle,
causée par ulcère, inflammation, clc. Il avoit
mal à la jambe, au brasy et il y senfoit ute
corde qui le ItVoit.
En parlant Des maladies des clievaux, o!i
appelle Corde de farcin, La tension que le
farcin cause aux parties qui eu sont attaquées.
ConuE , en termes de Céoméirie , est la
Ligne droite qui se termine à deux points de
la circonférence d'un ceicie, sans passer par
le centre, et qui divise le cercle en deux parties
inégales, qu'on appelle Segmens.
Coude de drap. Ce sont les fils dont il est
li.ssu. Ce drap a la corde bien Une. Le drap
d'Espagne a la corde bien grosse. Brûle% ce
drap si vous en voulez voir la corde. Son habit
est tout pelé, il montre la corde.
On dit aussi figurément et proverbialement,
iju'C^n homme montre la corde. Lorsqu'il sou-
tient mal sus prétentions en quelque genre que
re soit; t^ d Une finesse grossière et facile îi dé-
louvrir, Cela montre la corde.
Cordk, se dit aussi d'Une certaine quantité
de bois à brûler, qu'on mesure avec une corde.
Cent cordes de bois. Bois de corde, proprement,
Bois neuf.
CORDEAU, subst, m. Petite corde dont se
servent les Maçons, les Jaidinicrs, les Ingé-
nieurs. Des allées tirées au cordeau. Aligner
une muruiiie au cordeau. Tracer un travail,
un Fort in-ec le cordeau. Placer, faire conduire
le cordeau. Tenir le cordeau. Un tel Ingénieur
tenait le cordeau à rouveilurc de la tranchée.
CORDKLEH. v. actif. Tordie en forme de
corde. Cordeler des cheveux.
Cordelé, ée. participe.
CORDELEITE. s. f. Petite cord.-. Un groi
câble garni de cordelettes par le bout. Ln pa-
quet de cordelettes.
CORDKLIER. s. masc. On appelle ainsi en
France, Ceux des Religieux de Saint KTançois,
qu'on nomme autrement Les FriTCS Mineurs.
Ce mot n'est placé ici que pai-cc qu'il entre
dans plusieurs phrases de la Langue. Couvent
de Cordeliers. CordcUer Conventuel. Cordelier
de l'Observance, ou Cordelier Observantin. Il
s'eit fuit Cordelier. Ces licligieux sont appelés
Cordch'ers, à cause de la corde dont iL sont
ceints.
Oo dit populairetncnt d'Un bomrae qui oc
4o.
3i6
COR
fait scrupule de rien, -]u7l a lu conscience
large cummc lu nianclie d'un Cordelier.
On dit comniunémenl et par une mauvaise
équivoque , en parlant d'Un liomnie ivre ,
.ju'/l est gris comme un Cordelier, parce que
les Cordelier» éloient autrefois velus de gris.
On dit proverhialoinent et (igun'm. qu'Un
liomme fnrie Z,.iliii ifeiMnl les Cordeliers, pour
- dirc.qu'li paiU- «îime chose devant des per-
sonnes qui l'cntendenl beaucoup mieux que lui.
On dit proverbiales. , //lier sur la haqitenée,
.iiir |j mille îles Corddas, pour dire, Aller à
pied un bf'on à In main.
COKDEUÈKE. subsL f. Corde à plusieurs
nœuds. Ce mot n'est guère usité qu'en terim-s
de Blason. La Reine Anne de Bredigiie enloiiru
son écii d'une cordelière.
i On appelle aussi Cordelière, Ccrt.aine peilie
tresse à plusieurs nœuds, que les D.inies pmleni
quelquefois au cou. C'est aussi Un ornemciii
■ d',\icliilccturc.
COUDELLE. sul st. fem. Sorte de petite
corde, cordeau qui s'emploie au tirage des ba-
teaux.
CORDER, v. a. Faire de la corde. Corder
du chanvre. Le gros chanvre ne se corde pas si
bien ijiie le chanvre délié.
On dit aussi, Corder du tabac, pour dire.
Metlredu tabac en corde, en roulant et tordant
ensemble les feuilles.
On dit aussi, Corilfr du bois, pour dire. Le
mesurer h la corde. Corder ilu liois iieii^. Cor-
der du loi» flollé. Le bois Uirtu ne se corde pus
si bien que l'aube. On ne corde jias le bois de
compte.
ConDtn, se dit aussi Des raves, lorsque la
saison commence à s'en passer, et qu'il s'y
forme en dedans comme une espèce de corde.
Les raves commencent à se corda'.
ConDÉ, ÉE. participe. Une corde bien cor-
dée. Voie de hois mal cordée. Raves cordées.
CORDER lE.subst. féin. I.ieu où l'on (ait di
la corde, oit on la garde quand clic est faite;
l'art de la faire. Une corderie couverte. Uni
ccrdeiic découverte. Une lonnue corderie. L^arl
de la corderie est fort utile.
CORDT.VL, ALE. adj. Propre à conforter U
cœur. Bt-euvane cordial. Potion cordiale. Pon-
dre cordiale. Le vin vieux est cordial. C'est un
reniéde cordial.
Il est quelquefois substantif. Le hézoard est
un bon cordial. De bons cord:au.v.
ConoiAL, signifie aussi fi,^ur(?ment , Çlui csi
plein d'aflcction , qui procède du fond du cœur ;
et dans ce sens on dit, /Inwur coidial, affec-
tion cordiale.
On dit aussi d'I'n l:omme, que Ce I un
ami cordiul, que c'est un homme franc et cor-
dial, pour dire, que C'est un homme qui csl
plein d'une véritable tendresse pour ses amis.
CORniALEMENT. adv. De tout son cœur,
affectueusement, d'une manière cordiale. Je
vous aime cordialement. Il m'a parlé cordia-
lement et en ami. Vivre cordiulenient avec se*
amis . SCS voisins.
Ou tfll, if ni» 7iiil,^u'uii corJiulrmcn!, pont
C 0 1\
dire. I.e liair de <;rand cœur, cl avec une sorte
de plaisir.
CORDIALITÉ, s. fém. AfTection tendre et
sincère. Cfrande cordialité. Parler^ procéder
avec cordtaUtê.
rOKDIKR. s. m. Artisan dont le métier est
de laîre des cordes, de ïa corde.
COUDON. s. m. Une des petites cordes dont
une pius grosse corde est compost-e. Une corde
à trois cordons. Filer les cordons rf'unc corde.
Le cordon n'est pas assez (or«.
C:onDON, se dît nussi d'Une corde faite de
fil i!n coton on de soie. Un cordon de fil. Da
cvi dons de soie.
CoiiDOs. se dit aussi Dt; la tresse, du tissu
fjui s'einploi(? à serrer la forme d'un chapeau et
.1 le tenir en f-tatjCt quelquefors seulement h
l'onicr. Le cordon d'un chaf^enu. Un cordon
lie soie. Un cordon J'or. Un cordon de dia-
innns, de a't/i , de crêpe. Un cordon rond. Un
rvrdoii plat.
On appelle aussi Cordon., I.c ruban qui sert
\ ii(T, à altnclier où ^ pendre (pieitjuC chose.
Lier aire un cordon. Nouer avec un cordon.
Porter une croix pendue à un cordon. Cordon
de sonnette. Les cordons d^unc bourse.
On dit figiuémcnt et familièrement, Tenir
les cordon J de la bourse ., pour dire, Avoir lad-
n;?:iislration de l'arg^^nt.
On appelle Corï^ort bleu^lji ruban large,
moiré et bleu , auquel est attachée la Croix dfl
l'Ordre du J^aint-Ksprit. Le Roi lui a donné le
CorJon hlcu. Il vorte le Cordon bleu. Le Ro)
n'a ptis fuit de Cordons hlcus cette avnée. Il
vaque plusieurs Cordons bleus. Et l'on appclla
indinairement un Chevalier du Saint -Iispiit,
Un Cordon bleu. Il est C^>rdon bleu. Il sa
trouva dans cette asi^emblée (fuatre oucinqCor^
dons bleus.
On appelle pareiilrnicnl Cordort roune, Un
ruban large, moiré, rt couleur de feu, auquel
est attachée une Cni^ de l'Ordre de Saint-
I.ouis. Le Roi a donné le Cordon rouge à tj'ois
Maréchaux de Camp. On OfptUe ceux qui
portent ce Cordon , Commandeurs de l'Ordre
lie Saint-Louis; ou les appelle aussi Cordons
voucjes.
ConnoN, se prend aussi pour Cnè petite
cordelette bénite quiï portent ceux qui sont de
C( r'aiiies Coufréri*». Le Cordon de Saint-Frun-
çots d'Assise,, de Saint-François de Paule. H
est de la Confrérie du Cordon.
f ionnos , se dit aus,si d'Un ranr; de pierres
en saillie, qui rèj^ne tout nulour d'une mu-
r.iillc ou d'uu h'ttiineDt. Un bastion rcvitu jus
nu au cordon.
C)n appelle aussi Cordon, Le pet't l>ord fa-
çonné qui est autour d'une y'tict' de niounoir.
Le cordon de ce louis d'or a cle ro(jne.
Ku termes d'Anûtomic, on appelle Cordon
ombilical, Le lien qui atUiclic l'enfant au pla-
centa par le nombril.
Kn termes de (Jucrre, on ap[>fMe Cordon,
Une suite de postes garnis de troupes, qui sou'
& portée de se donner la main.
En termes de Jardinage, on appelle Cordon
COR
de gazon ^ Une bande de gazon qui règne le
long de queli]ue plate- bande.
CORDONXER. V. act. Tortiller en manière
de cordon. Cordouncr de la filasse de chanvre,
Cordonncr de la fdasse de lin. Cordonncr des
cheveux j pour dire , Entourer d'un ruban des
cheveu\ qui sont tortillés.
Coudosné, ke. participe.
CORDONNERIE, s. f. Le métier de Cor-
donnier. Passé Maître en Cordonnerie. '
Il se dit aussi Du lieu où l'on vend des sou-
liers, des bottes. Acheter des souliers à la Cor^
donncrie.
CORDONNET, s. m. Petit cordon ou tresse,
ou petit ruban, pour attather ou pour enfiler
quelque chose. Cordonnet pour mettre à des
chemises,, à de$ rabats. Du cordonnet pour,
enjiler des chapelets. Un patpiety une hotte de
cordonnet.
CORDONNIER, .subst. m. Artisan dont le
métier est de faire des souliers, pantoufles ,
hottes, et autres pareilles chaussui^es. MutlfC
Cordonnier. Bon Cordonnia'. Cordonnier qui
chausse bien. Cordonnier jour homme. Cor*
(lonuier pour femme.
On dit figurcment et proverbialement, que
Les Cordonniers sont les plus mal chaustêi ,
pour dire, qu.? Souvent ceux qui sont d'une
profession, négligent d'en faire usage pour eux-
mêmes.
CORÉE ou CHORÉE. s. m. Pied d'un vtn
r^rec ou Lalin. ïl est composé d'une longue et
d'une brève. On l'appelle aussi Trocfcee
CORIACE, adj. des ?. grra-ej. Qiti r«l dot
comme da cuir. On dit d'Une viamle dîire cl
malcuite, difficile à mâcher, qu'E//e est coriace»
On (lit Ggurément, dans le style familier,
d'Un homme avare, dur, i/ifficile, et dont nn n
de la peine à tirer quelque cliose, que C'est un'
homme coriace. Il est coriace.
CORIACÉE. adj. des 3 genres. Il se dit Des
substf<nces dont Ui consistance approche de
celle du cuir.
CORIAIMRE. s. m. Pied d'un vers Groc ou
Latin. Il est composé dcdcux brèves eniredeux
longues.
CORIANDRE, s. f. Plante ombellifère. Ehe
donne une semence qui sent la punaise, lors-
qu'elle est fraîche, et qui est très-a^rr.'blc au
goût, lorsqu'elle est sèche. On en fa-t des dra-
géts, et on Temploîe aussi en mëd^cJne. De
bonne coriandre. Des dragées de rorian. frc, ou
absolument, De U coriandre. On dit que la
coriundrc est bonne pour la digestion.
CORINTHIEN, adj. m. Il se dit en parbmt
nuqiintiièmeordred'ArcIiiterliu-e. L'ordre Co-
rinthien et le plus rie. c des ordres d'ArcSi-
tecture.
CORME ou SORBE, s. m. Fruit très-acide,
fait en forme de petite poire. Les gens de cam-
pa;:yie en font une sorte de boisson.
CORMIERouSOlîIÎIEH.s. m. (îrand aibre
fnùtier qui porte des cormes. Le hois de cor'
mier est fort dur.
CORMOR.VN. s. m. Espèce d ois-'au aqui-
tique , qui a le cou fort ïouy, et les iambes fort
COR
liâmes, et f\\ii vit nnlinaircment de poî«on.
On se sfrt lies cornwrans poiirfféclicr.
CORNAf;. s. ui. Terme de Kelation. Con-
ducteur df rKl/'(>l)ant.
C(H'.NAI.I>'K. 9. r. Pierre pr»'-ci< \ise roi»f;e
ft un peu trnnspitrcntc. Tête cjnwée sur une
coniiiliiie. Cachet de cornaîinc, U y a des cor-
nalines de plusieurs couleurs. Cornaline san-
guine. Cornaline de vieille roche.
CORN'AnD. s. m. Terme d'injure, qui se dit
De celui dont- la femme s'est abandonnée .A un
autre. Il est has.
(X)ïtXK. s. f. Partie dure qui sort de la l^te
de qncl(|ucs animaux, et qui leur s'-rt de dé-
fense. Grande corne. Petite corne. Corne lisse,
ou Itsscc. Corne raboteuse, aifjuë^ pointue.
Corne èmoussêc. Corne platCy torse, recourbée,
cannelée., recoquillée, tortillée. Les animaux
tjui ont des cornes, qui jortent cornes, nui
sont armés de cornes. Bctes à cornes. Un jeuni'
taureau à qui les cornes viennent ^ à qui la
cornes poussent. Corne de taureau ^ de vache,
de bélier, de dain.de Vcornc ,etc. Un taureau
qui donnCs qui frappe de la corne, qui est dan-
rtcreru: de la corne. Scier les cornes à un tau-
rciM», lui rembourrer les cornes. Le taureau
l'enleva sur ses cornes. Le bélier heujte de ses
cornes. Etre Mes^ed'un conpdecorne. Prendre.
altdcfier une fct'le par les cornes. Des ouvrages
faits de corne. Jabatiirede corne. Un peigne
de corne. Une lanterne de corne. Un couteau
emmanché de corne, dont le manche est de
eorr.c
On dit figuft'ment , j4ttaqucr le taureau ^ la
hèle par les cornes, prendre le hieuj par les
corner, pwir dire, Eiitainer une aÛàire par le
côte le plus diliieîle. '
Od dit. Donner un coup de corne à un
eheval, pour dire, Saîi;Der un cheval ï la mû-
choire supérieure du palais, avec le bout d'une
corne de cerf ou d'- chcvreuiU
ConvE de ceif. On ne se sert jamais de celte
expression , en parlant Du bois et de la tôle
d'un cerf; eîlc n'est d'usngCfjuc dans tes phrases
suivantes. Un couteau emmanché de corne de
cerf De la raclure de corne de cerf. De la gelée
de corne de cerf
Corne de cerf, se dit aus;i d'L'nc cipt-ce de
plante dont on se sert dan; h Médecine. Celle
qui se cultive dans les jcrdins se mange en
salade.
On appelle aussi Corne j La partie dure qui
est au pied du cheval, du mulet, de TÛne, etc.
E^'» ce sens il m: se dît qu'au singuliei. Ce che-
val est diff.ci\e à ferrer, il a la corne mauvaise.
H a (il corne bonne, la corne ferme, dure,
moî*e. «njelle à s'éclater. Telle chose fait ve-
nir, fait croître la coriiCj rndurcif, ramolltt
lu corne.
Cn ippeïle Corne d^ahondancc , ou Corne
d\4matl'rrc, L'ne corne qu'on repn'><-'ntc pleine
rie loules vorit's de fruits et de fleurs, et (pie la
rahlf sup[>«»se avoir vtv «rraclKM; ou de la tclr
de lo clnvre Anirililur. qui avoii nourri Jupi-
lei , ou de celle dAeliéloiîs, lotsfiucî.nii iraus
fbnué eu Uureau il fut vaioco par llacule.
COR
Cornes d'abondance. Sur les Médailles, Dr
a donné des cordes d'abondance aux Divinixts,
uitr Génies y aux Héros bienfaisans.
On appi Ile aussi Cornes, Certaines pointes
<|ui; les limaçons, quelques scrpeus et quelque:»
insectes portent sur la télé. Les limaçons
montrent leurs cornes, resserrent leurs cornes.
Les cerfs-volans ont des cornes.
On dit fifjurément et funiilièrement , qu'f'/i
homme porte les cornes . qu'i/ a des cornes,
pour dire , que Sa femme lui est infidèle.
On dit aussi, Faire les eor»ic.î à nuchiH^t'i ,
pour (lire, Taire par déri>ion avec ileux doigti
un si^ne qui représente les cornes. // lui fit la
cornes.
On dit figurément et familièrement , Mon-
trer les cornes, pour dire, Se mtîllre en état de
se d(,'f(!ndi-e.
On dit proverbialement d'Un liorame fjui
est fort suipris de (juelque rliose d'iiinpiiié,
que Les cornes lui cn sont venues à la tête.
Dans un Iionnet Carré, tel (pie le portint les
Tcrh'siastiijucs, les Docteurs, les Ma;islrals,
on appelle Cornes, Certaines petites crêtes qui
s'élèvent sur le bonnet. Un bonnet à trois
cornes, ù quatre cornes. Les cornes d'un bon-
net carré.
On appelle aussi Les pointes du croissant,
Les cornes du croissant.
En termes de Fortification , on appelle Oh-
vrage à co'-ne , Un ouvrage avance hors du
corps de la Pince, et qui consiste en une cour-
tine et en deux demi-bastions.
ConNE D*A.VMON. Termc d'IIisloirc naturelle.
Espace de pierre roulée cl recourbée en forme
de corne de bélier.
CORNÉE, s. f. La première des tuniques de
l'fiBil. La cornée est offnsée,
CORM'.K. s. f. Pierre de la nature du jaspe.
CORBEILLE, s. f. Oiseau noir comme xm
cori eau, mais de moindre grosseur. Jeune cor
neiîle. (ne bande de corneilles. Le cri de la
corneille. Voler la corneille.
On appelle Corneille cmmantelée , Une sorte
de corneille qui a une p:irlic du corps noire, C-
Ic reste ^risrilre.
On dit proverbialement et bassement, d'Un
l'omme qui se porte à faire quelque chose avtc
chaleur, et avec plus de force que de circoiis-
prctiou et d'adresse, qu'/i y va de cnl et de
téU comme une corneille qui abat de» ncîx.
Parmi les Gens de lettres, on dit d'Un Au-
îeur qui a fait un ouvrage composé de plusieurs
nîorceaux pris dans d'autn,'s ouvrai;*'^ , cpie
C'est la coi'neille t^EsopCj ou lu corneille de h
Fable.
CORNEILLE. ». f. Plante dont il y a plu-
sit urs ispi-ccs. Les unes sont cultivées dans les
jardins, à cause de la l>eauté de leur fleur, et
les autres sont employiîes ru Mf'-dccinc. On
nomme encore celle plante CilA.<sc-DOssc, 04i
LT-IMACHtE.
CORNEMUSE, s. f. Sorte (Tinslruraent de
Musicpic îi vpnt, composé de deux tuyaux, et
dune pMU de mi>u;on , qu'on enfle par le
moycti du premier tuyi-» opp/^'é Torle-vcnf.
COR 3i7
La cornemuse est un instrument ruyùnne.
Jouer de lu cornemuse. Enfler une cornemuse.
COKM'H. V. neutre. Sonner d'un cornet ou
d'une corne. Le vacher a corné dès le matin.
J'ai entendu corner dans les bois.
Oii dit par dérision , d'Un homme qui sonne
ma! du cor, ou qui cn itnporUme les voisins,
qu7/ f"' fait que corner.
'/mii>i n, signifie encore, Pari» r dans un
ror;iH . ]H.ur se fhire entendre à un sourd.
( 'n (l.t d'Une personne qui publit; avec im-
|.ortnnilc q.elque cliose , quel<iue nouvelle ,
qu'/;/'e ne fait que corner cela partout. Il a
cor;ié celle nouvelle pur toute U Ville. En ce
Rius il est actif, et il ne s'emploie que dans le
style familit-T, ainsi que dans toutes les phmses
suivaiUes.
On dit, Corner attx oreilles de quelqu'un^
pour dire, Lui insinuer, lui sug^érer avec im-
portunité quelque cliose. // a obtenu cela dd
lui, il l'a fait résoudre à cela, à force de lui
corner aux oieilles. Et dans cette acccpti i il
est neutre.
OnditH;3;iirémcnt au neutre, que Les oreilles
cornent, Quand on a des bourdonnemens daus
les oreilles. Les orcil!e.«! me cornent.
Ou dit encore figurément, d'Une personne
qui entend de travers ce qu'on lui dit, que Les
oreilles lui cornent. En ce sens-là, lorsqu'on
veut faire entendre h quelqu'un qu'on u fort
parlé de lui, ou dit aussi figurément et prover-
bialement, que Les oreiïîes doivent lui avoir
bien corné
ConNÉ, EE. purticipe.
CORNET, s. nu Petit cor, ou petite trompe.
Grand cornet. Petit cornet. Cornet d'argent^ etc.
Cornet de yostHlon. Cornet de vacf-.er.
On appelle Cornet à bouquin , Une espèce
l'e flûte coirlxT, qui est faite ordinairement
de corne. Joua- du cornet à bouquin. Un joueur
de cornet à bouquin.
Cornet, se dit aussi d'Un petit instrument
tu forme d'entonnoir, dont les sourds mettent
le petit bout dans l'oreille pour entendre plus
facilement. Il est si svurdqu'il n'entend qu'avec
un cornet.
ConSET, se dit pareillement l'e la partie de
l'écritoire dans laquelle on met de l'cuere. Cor-
net de corne. Cornet de cuivre. Cornet de plomb.
Cornet d'argent. Mettre de Vencre dans le cor-
net. Cornet d'encre, pour dire, Un cornet
rempli d'encre.
Il se dit au,i^i d'Un morceau de papier rouJé
m fonuc de cornet. Un cornet dêpiceSj de
dragées. Un cornet de papier.
U se dit aussi d'U-ne espèce de petit vs«e de
corne ou d'ivoire, dans le juci on remue 1?«
dés, etc. Mettre les dés dans le cornet. Jeter Us
dés avec le cornet.
Con\ET, se dit aussi d'Une csi^-ce d'oublié ■
tortillée en forme de cornet, f'n pfiif d» cornets.
Manger dj drncts. Tremjer des cornets dans
du vin,
COR NETTE, s. f. Sorte de coifliirc dont les
femmes se s<*rvent dans leur déshabilla. Cori
nette à dentelle. CorRcUe de nuit.
3i8 COR
CoiLSErxt, est au-ssi Luc longue et lirge
)>aiidc lie tafltla», (juc les (;oiiscilleis un Pnrle-
lueiit portoicnt aulicfuU au cou, pour inarciue
d'iiomiciir, et t|uc François Premier accorda
aux Professeurs du Clolléye Uoyal de l'aris.
ConstxiE, se disoit autrefois IJe léicndnid
d'uno Coinpagnie de t:avalerie ou de Clievau-
I.cscrs. Il se disoit aussi De la troupe même ,
luais il u'estplus Ruère en usage.
COBKETTK BiASCHK, tc dit Du preuiict Rc5-
pinicnt de Cavalerie de France, qui est le Kcgi-
luenl du Colonel (général de U Cavalerie. Il
est Lieutenant, il est C'ipiluine dans la Coi-
nclte liluiicJie. La CorneUe bluiiche a ordre <le
marcher.
COBNEITE. s. m. Officier d'une Compagnie
de Cavalerie ou de Dragons, qui est cliarj^é de
porter letenilnrd. Cornetlc du Uleslra de Camp
de la Ciivalerie. H est le jjliis ancien Cornclic
du Hcqiment.
CoHNtTTE , se dit aus-si d'Un (,>flicliT de
certains corps de la Maison du Uoi , mais (jui
ne porte point l'étendard. Il es! Cornellc dans
la première Compaqtiie des JUouscfuetaires. Les
emplois de ces Officiers s'appeloicnt iiareille-
ment Cornette , et se vendoient. Acheter une
cornette dans les Chevau-Léqers,
CORNEUR. s. m. Celui qui corne.
CORKICHE. 8. !. Ornement d'Arcnitecture
ce saillie, qui est au-dessus de la fiise, et qui
sert de couronnement à toute sorte d'ouvrages
d'Arcliitecturc. Corniche Corinthienne. Cor-
niche Dnvique. Corniche lonujue.
On appelle aussi Corniche, Une espèce d'or-
nement eu saillie, qui règne dans une chambre
imme'diatemcnt au-dessous du plafond , au haut
d'une cbeminée, d'une armoire , etc.
CORNICHON. 8. ra. Petite cortie. Les corni-
chons d'un chevreau.
On appelle aussi Cornichon, Les petits ron
eombres propres à conlire dans le vinaigre,
Vne salade de cornichons. Confire des corni
citons.
CORNlK.a. adj. Qui est à la corne ou .'i
l'angle de quelque chose. Pied cor-nicr.
Oa appelle ainsi Les pilastres, les jwteaiix
qui sont dans l'cncoignme d'un h.ilimeut, les
piliers qui soutiennent l'impériale d'un car-
rosse, les gros arbres qui marquent les bornes
des ventes et des coupes de bois.
CORNIÈRE, s. f. Canal de tuiles ou de
plomb, qui est l la jointure de deux pentes de
toit , cl qui en revoit les eaux. U est aussi ml-
jectif. Uae jointure cornière.
CORNl/ORr-S. s. f. pluriel. Équcrrcs de fer
attachées »ux angles du coûte dune picssr
d'Inipriracric.
COBNILL.iS. a. m. Le petit d'une corneille.
CObXOdII.Li;. s. f. Ijc fruit du Cornouiller.
CORNOUILLER, s. m..4j-|jredur, qui porte
vil fruit longuet en façon d'oUve. Cornouiller
injle. Cornouiller femelle.
CORNU, UE. adj. <,)ui a des corne». Béte
cornue. Satyre cornu.
U se dit aussi fi;;urcmeiu De certaine* choses
<]iii ont plusiaun angle*, plusieurs poimok
COU
Celle pièce âe terre est cornue. Vit }Hiin cornu. ^
On dit proverl)ialcim"nt et pojmlalrenienl.
A mal L'u/oiirner, ou fuit les yuins curnus^ ]>oiir
(lire, que Le niauvuis succès d une uÛ'uirc .
d'une entreprise, vient ordinaitcment de ce
qu'on s'y csl mai pris d'abord.
On dit fij^iucmcDt et faniilirremcnt , De^
raisons cur/jucs, des raisonnemeiis cornus, pum
dircj De iué<:haDlc'â raisons, des raisonnenirns
qui ne concluent pas; cl Des visions cornues,
pour dire, Des idées (biles et cxirava^anlcs.
CORMJE. a. r. Vaisseau de Chiiuic , de
verre , de terre ou de fer. 11 est ren/lu et ar-
rondi par un côté, cl par l'autre il a un tuyau
recourbé que l'on nomme Col. On s'en sert
pour disLÎUer \iis corj)s qui demandent un iVu
violent. Cor/iuc tst synonyme de lielortc. Voy.
Hetoute.
COKOLI^IIIE. 8. m. 'icnnc ditl^ictiquc. Ce
qu'on ajoute par suvAbondancc , ulin de lorli-
(ier encore davantaj;e les raisons dont on s'est
servi pour prouver une pr<)j)osition. A ce aiii a
été (/((, on I eut ajouter pour corollaire... .
Il se prend communément en Matlit-mati-
que , pour La conséquence qu'on lire d'une ou
de plusieurs propositions déjà dvmontrées.
CUROxNAlK!':. ajj. Terme d'Analomie. Il se
dit de deux artères qui prennent leur ori^^îne
de l'aorte, et qui portent le i-anj; dans la subs-
tance du cœur.
COKO'AL, ALE. adj. Terme d'Anatomie,
i]ui se dit de L'os situé à la partie antérieure du
crâne, il forme celle partie de Ja factr qu on
appelle Front, d'où îl est aussi nommé Frontal
On dit aussi , Suture coronale , Artère coro
nale.
ÇORONILLE. s. f. Arbuste qui croît en
Espagne et dans les Pays chauds. On le ijommo
ainsi, parce que ses Heurs ont la forme d une
■ petite couronne. Elles sont i)onnes pour ré-
soudre et cliasser les vents. On donne aussi le
nom de Coro;iii/e hcrbacve à une petite plante
fort commune, et qui a les mêmes caractères.
COlUH>RAL. s. m. Linge bénit, que le Pré
tre élcnd sur l'Autel, jxjur mettre If Calice
:lessus, et ensuite l'Hostie. Blanchir, empeser
les corporaax.
CORPORATION, s. f. Association autori-
sée par la Puissance publique , et formée de
[ilusieuis personnes qui vivent sous une police
commune iclûtivement à leur pix^fession. Lei
Art% et Métiers forment des Corporations dis-
iinctes,
CORPOREL, ELLE. adj. Oui a un cor])s
Dieu n'est point corporel.
Il si^iiilic aussi , 0*'' appartient au corps .
qui concerne le corps. Pluisir rorporeL %\»t:
ne sontjcz qu aux choses corporelles, i'nni'
c )rp(yrcUc. Punition corporelle.
OJRPOKKLLEMENT. adv. D'une manière
corporelli-, qui a rapport au corps. Punir cor-
porcllemcnt. U est au«i opposé à Spirituelle-
ment. Mant^cr , recevoir le Corps (h Aotre-
5cif/ncur Jtjcs-CHnisT réellement et corporel-
le ment.
COMPOUltTEh. V. ». Tcrrac didactique
COR
Donner, snpjmser un cori)S à ce qui n'en a
point. // y a eu, des Héréliques ipù corpori'
iioicnt les Anqes.
Il signifie aussi , Mettre, Gxer en corj» les
parties éparses d une substance. Corporij'ier des
(jlohules de mercure.
CoRPORiFiÉ, LE. p;irlitipe,
CORPS, s. m. Sul>>t.mce étendue et impé-
nétrable. Corps naturel. Corps physique. Corps
simple. Corps mixte. Corps i-iVanï. Corps com-
posé. Coijjs solide. Tout corps a trois dimen-
sious, ïonouwr, largeur et profondeitr. Corps
sphérique. Corps aérien, léqcr ^ pesant, dia-
phane, tranr.parent , opaque ^ compacte, dense,
rare, spongieux. Les corps célestes. Les corps
suhlunaires. Les corps èlémetitaires. Le mclanqe
des corps. Les corps ne peuvent se pénétrer las
uns les autres. L'impcnétrahilité des corps.
L'extension des corps. Les corps sont corrup-
tibles. Les êtres ayant corps, qui ont corps, qui
ont un corps, qui n'ont point de corps. Un
Anqe n'est pas corps, c'est un esprit.
CoRi'S, se dit en particulier Du corps ani-
mé, c'esU-à-dire , qui a une âme. Corps -vivant.
L\inimal est composé de corps et d'dme, du
corps et de Idme. L'dme est attachée, est unie
au corps. Quand l'dme est détachée, séparée
du corps, est sortie du corps. Les parties du
corps. Les joinluies du corps. Les membres du
corps,
CoBPS, eu égaril à la taille et h la conforma-
lion de rbomme. Corps bien formé , bien pro-
l'ortionné. Corps malhdti. Il a le corps tout
entrepris. Il tient le corps droit. Vn heautnrps^
Un vilain corps. Ce jeune iiomme prend du
corps.
ConPS, eu égard aux cierciees. 7/ a le corps
bon. Le corps souple. Le corps dénoué, acjtle.
Il porte bien son corps. Il porte son corps de
travers.
Conps , eu égiird à la santé. J5on corps.Cor^s
bien constitué, mal constitué. Corps fluet et
délicat, robuste, atténué, cvtenué , mafc[icje,
cacochyme, confisqué, de bonne piîfe, replet.
Corps de fer. C est un mauvais corps. Les ma-
ladies qui rtrriiMJnl au corps humain. J'ni le
rorps si douloureux. Cette viande nourrit bien,
elle fait bon corps.
Cofti'S, par rapport à la luue et aux com-
bats. On Va saisi, on Va pris au corps. Ils se
sont pris corps à corps. Ils bittoicnl corps à
corps. Je le combattrai corps à corps.Ii avinfjt
plaies sur le corps. Un c/icv«i lui a passé sur le
corps.
On dit encore, // n JJog"c «bi à la sueur
de son corps, c'est-à-dire, En travaillant et en
[)rcnant beaucoup de peine. Macéierson corps.
Traiter durement , traiter délicatement son
cortis. Lef exercices du corps. Il a perdu ie
corps et les biens. Un vaisseau qui a pcri corps
et biens. Confiscation de corps et de biens. Je
connois sa fidéhté, j'en rcpondrois corps pour
corps. Il s'y veut oblujcr corps et biens. Let
Juqcs ont ordonné qu'il seroit pris au corps.
Sami au corps. Pris et appréhendé au corps. Ils
ont d^crnc cuntre lui prise de cerps, donne u/i
I
COR
décret de frUc de corps ^ Vont condamné yat
corps au payement de Condamnation par
corps. Contrainte par corps.
À COUPS PEBDU. Expression adverb. Sans
a-ainle du danger. /i se jetaà corps perdu dajii
la mtlt'f, dans le danger.
On dit d'Un homme qui s'est dévoue cn-
tiércnieni i un autre, qu7I s^est donné àhii
corps et âinc.
On dit proverbial. dX^n homme qui tniTaiUe
beaucoup, qu7/ se tue le cvrps et Vâme. Et il
•kï di( plus ordinairement de < eux quîtravailltnt
«m beaucoup de fruit.
On dit faniiliùrenirnt, qn'L'n homme fiil
hon marché de son corps ^ pour dire, qu'Ai ex-
pose facilement sa vie aux danj^crs.
On dit aussi dUuc fille qui s'abandonne^
qu ,EÏ(e fait fvlie de son corps.
On dit figurêm. et provciMalement. quTn
homme a le diable an corps, pour dire, qu'il
est mtfchant , furieux. Il ne fait que quereller
et battre tout le monde ^ il a le diable au corps.
On remploie quelquefois par ctounerafnt ,pnur
dire, qu'Un liomnie monlre beaucoup d'a-
dresse, de courage, de force ou d'esprit. Je nt
gais OH il prend tout ce {fu''il dit ^ tout ce qu^ii
fait est prodig'eux, je crois qu'il a le diable
au corps.
On dit d Un homme qui n'a ni esprit ni vi-
gueur ^ C'est un pauvre corps^ Le pauvr$
corps !
On dit populairement d'Un homme plai-
«nnt . que ('Vs( nu drâle de corj^^ un plaisant
corps y un tare corps.
On dit fi;;un'nicnt, qu'l'^ri homme a fii\
Quelque choiC en son corpj dc/^niiiint, peut
dire, qu'il l'a fail contre son gré, pour éviter
ou plus grand mal. Si fy ai cOTisenti, ça lien
été en mon corps défendant. Croyez qu'il tit
fera cela nuVn son corps difendant ; et en-
core plus communcmenl, A son corps dé-
fendant.
On dit, qu'Un homme n'est pas traître à son
corpj, pour dire, qu'il ucs'epargnc rien, qu'il
ne se pliint rien. Il est famiL'cr.
On dit , qu'l/n homme fait corps neuf. Quand
•^>rès une Inn^uc maladie sa san*? se rélablil,
cl que son coqis semble être renouvelé.
On dit ausii Des cïievaTrt qu'on a mis aux
herbes, qu'/Zt font corpf renf.
Corvs, se prend quelquefois pour T^ partie
du corjia humain qui est entre le cou et les
hanclies.ct qui rsî corajre le ironc. ZI a le corps
bien fiiit , ni#iis les jan'JKs un peu trop courtes.
Il a le corps long, le ccrps tout de travers. Il a
le corps et les mcm/>rf3 hien proportionnés.
Tonrs, se prrnJ dans un sens plnj étroit.
pmir F„i cnpacilê du Oiq^s. Il a un coup dV^tv
dans le corps. Je i>o'u passerai mon éyée dtk
travers du corps, Icri.' au travers du corps. Il a
un abcèt dunt le corps. H eut le corps percv de
trois balles. Il a fcit de son corps une boutique
d^ Apothicaire, poor dire, qu'il a pr» beaiicou|i
de medorines.
On dit qut-IqiK (îiis et famnitrm^pnt . qir'/I
faut VOL-, qu'on rc*ra ce qu'un l.omme n dam
COR
le corps y pour dire, quOn verra ce qu'il peut
faire, ce qu'il est capable de faire.
i:n opprochairt de ce sens , Corps signifie
figurûnient , La principale partie de certaines
dioses artilicicllcs , sur laquelle loulcs les auïres
posent , et sont 5 son égard ce que les mnmbres
sont îi l'égard du corps. Ainsi Un corps de Luth
est la partie cieuse d'un Luih, sans comprendre
le manche; Le corps d^un vaisseau j d'un na-
vire, C'est im navire sans ponts, mAls, voiles,
cordages, ni ancres; Vn corps de cœrosse,
C'est la partie du carrosse qui est suspendue;
I.e corps d'une Place ou d'une Forteresse ^C'cst
la Place ou Forteresse considérée sans ses dehors.
Les assiégcans m'oienf pi is la dehors, et étoicnt
tittachés au corps de la Place. Le corps d\in livre,
Kst lo livre sans la Préface, les annotations, ni
les taï)les; Le corps d'une lettre^ Est la lettre
Bans les complimcns de forme, la date, la sij^na-
lure, etc. Le corps de la lettre, en matière d'é-
criture, est Le principal trait dont la lettre est
formée.
On appelle aussi, Le corps du soleil, de la
lune et des autres planètes, Le globe ou le dîs-
ipic de ces planètes. Il découvrit une tache dam
le corps du soleil. On l'oît des cavités^ des cmi-
ncnces dans le corps de la lune.
On appel'e au^si Corps d'arbre, La li^e
d'un arbre; et Corps de pompe j Le tuyau
d'une pompe.
Conps, est aussi Celte partie de cerlaina
babillemens, qui est depuis le cou jusqu'à la
reinture. Corp5 de cuirasse. Corps de jupe.
Corps de robe. Les manches d'un corys. Ci
corps est trop lonrj , trop large, trop étroit.
Elargir, étrédr un corps. Un corps de jupt
piqué, garni de haleine. Corps de baleine, ou
luiïfiné. Corps rembowié, pour cacher les dtî-
fauts de la taille; Cor^-s de /èr, que l'on croit
piMpre à empêcher que la taille ne se g.*ite.
(loni's MOHT. Cadavre, cor^îs privé de vie.
il ne se dit que Du corjis humain. La cam-
pagne étoit toute couverte, (oufe jonchée de
corps motis.
Conps , se prend aussi quelquefois pour
Corps moil, pour cadavre. Ensevelir les corps.
Mettre, porter un corps en terre. Enterrer ^ in-
/iiimei- un corps. Jeter de l'eau bénite sur le
corps. Dire un service sur le corps. Le corys fui
porté en tel lieu. Suivre, accompagner le corps.
Le corps fut mis en dépôt en une telle Chapelle.
Ouvrir un corps. Embaumer un corps.. Dissé-
quer un corps. Faire riinutomic d'un corps. Le
corps fut crposé, La résurrection des corps.
On dit proverbialement dlJnc belle femme,
nu d'un homme bien fait, mais qui mancpie
d'esprit, que C*csl un corps sans âme.
Ou dit aussi, qu'l/H.MûqiVrut sans autoritc ,
qu'u'tt' iirméc sans chcf^ est un corps sans âme.
Conps-SAIST, est le cor|>s d'un Saint. On
Irotivu danscette Eglise plusieurs CorpsSatnts.
On dit proverbialement d'Un homme qu'on
enlève de vive forte, promptement, et sans
^u'il oit le loisir, ni le moyen de résister,
■ju'Om rt'uféiv comme un corps saint. On disoil
ori^naircmcat Ca/iorsuin, parce ^u'oQ avoit
COR 3i9
fait enlever dans une nuit les usuriers, dont la
plupart cioicnt venus de Cahots à Paris, sou»
le Pontificat de Jean \XtL
ConPS (.toniEux, s** dît De l'état d'un corps
qui est dans la gloire céleste. Le corps glorieuse
est impassible.
On dit ahuslvi-ment et famîliiîrcmcnt, en
parlant d'Une personne qui e<.t long-temps sans
éprouver certains besoins corporels, que C'est
un corps glorieux^ qu'il est corps glorieux.
Coni'S, se dit figurément De la société, de
l'union de plusieurs personnes qui Vivent sous
mêmes Ix>is, mêmes Coutumes, mêmes règles.
Grand, pitts.-iunt Corps. L'Etat, la I^épu-
bliijue, le I^cyaume est un corps politique.
Cette Proviuce fut unie au Corps de l'État.
L'Eglise est un Corps mystique, dont Jéstjs-
CnniST est le Chef, cl dont les Fidèles sont les
membres.
Il se dit plus particulièrement De certaines
Compagnies particulières dans l'État ou dans
ri-glise. Le Corps du Clergé, de la iVoMessc,
du P(.r/ement , de V Université. Les six Corps
des Marchands. Les Corps de Métias , etc.
Auquste Corps. Corps cousidcruhlc. Le Clergé
vtuit le premier Corps du Jioyaume. Le Corps
de Ville, ce sont les OiTxiers de l'Hûlel de
Ville. Le Parlement y alla en Corps. Quand h
Piirlemcnt, quand la VUlc marcîie en Corps.
Ils y assistèrent en Corps, Il n'est pas de ce
Corps-hî. Il a été agrégé au Corps, reçu dans
leCorps. Telles gensnefonl point Corps, point
de Corps. Les Merciers sont un Corps réparé
des Drapiers^ font un Corfs à yait,font Ccrtw
(1 part. Il e^;t mem&re, un des membres de ce
Corps. Les diffrrens Corps de l'Etat. Le Corps
de lu Magistrature, Les Co^pa Milttaires. Le
Corps Municipal, etc.
Cours , se dit aussi d'Une armée entière, ou
d'un certain nombre de gens de gueire. Corps
d'armée. Corps considérable. L'armée en Cqrps.
Marcher en Corps d'armée. L' armée éloil divisée
en detur , en trois Corps. Il commnndoit un
petit Corps, le plus grand Corps. Corps déta-
ché, séparé, avancé. Corps de réserve, de ha--
taillcj d'Infanter'e, de Cavalerie. Coï*ps de
François, d'Etrangers. Ce Corps étoit composé
de .... Corps de deux mille hommes. Corps de
troupes.
On le prend quelquefois pour Un Régiment,
pour une troupe qu**lcon(fue , qui forme une
corporation particulière et distincte des autres.
Le Corps de Ut Gendarmerie, des Carabiniers,
etc. Il est aimé dans son Corps. Les Copitaings
ont ordre de se rendre, de rester au Corps. V'i-
nie de Corps.
On dit aussi. Le Corps du Génie, le Corp*
d'Artillerie, de V.lrtillcrie^ pour signilier. La
corporation dvs Ingénieurs, etcefle dest^nou-
uieis. Bombardiers, Mineurs, Sapeurs, etc.
Ou apjwlle i-'ieux Corps, \.cs six Rtgimtiis
d'irdunlerio Françoise h s plu» ouf iens. Le R*-
qiment de Picardie est le plus nncteti, Jf p-e-
micr des Vieux Corps.
Conps-DK-oAftDK. Certain nomî^re de Sol-
dats poses en un liru ^Hinr/<ii« garde. Corps-
3ao COR COR
ie-garieava'ncé.LeCorpi.ieijardeae là porte, 'f' grosseur. Grande corpulence. Grosse eorpu
de la harrlère, elc Poser, mettre an Corps-de-
garde. L'jlarme est au Corps-de-rjcrJe. Il sur-
prit, il força, il enlei-a le Corps-de-yarJe.
11 se dit aussi Du lieu où l'oo éiabUt l:s Sol-
Bats qui composent la parde d'un poste. Sort
logis seruoil de Corps-dc-gardi. Les Soldats
posèrent lews armes au Corps-de-garde.
Dnapi^lle, .Vols, rai7l<n«, piiiisonleries
de Corps-de-garde, Des niols, des railleries
grossières, basses, sales.
Conps-DE-iocis, se prend ordinairement
pour Cue étendue de bâliuicnt composée de
plusieurs pièces, et considérée séparément des
pavillons, ailes et autres acconipagnenicns qu'il
[wurroil avoir. Petit corps- de -logis. Beau,
grand corps- de- logis. Gros corps-dc-logis.
Corps-de-logis double. Corps-de-logis de de-
vant, de derrière. Il y a dans cette maison
deux corps -de- logis. Ces deux ailes occompa-
qnent bien le corps-de-logis.
On dit aussi. Corps d'Hôtel, pour dire,
Corps-de-lOj^is. Il n'est usité qu'en termes de
Pratique.
Coups, se dit aussi figurément Du recueil,
de l'assemblage de plusieurs pièces d'un ou de
divers Auteurs, 1- squcUcs font un ou plusieurs
tomes. Corps de Droit Civil. Corps de Droil
Canon. Le Corps des Poêles Grecs. Le Corpt
des Poètes Latins. Le Corps des Historiens
d'Espagne, des HUloriens d'Allemagne , etc.
de l'Histoire Bizantine, C'est un beau Corps,
un grand Corps d'Histoire, il faut ramasser
t»utes ces pièces ft en faire un Corps. Le Corpt
de l'Histoire de France par du Chêne.
Corps étranger. Voyez ÉT3ASger.
Coups, se dit aussi en parlant De la solidité
et de l'épaisseur de certaines clioses qui soni
ordinairement un peu minces. Ce parchemin ,
ce papier na pas de corps, n'a pas assez dt
ecrps. Vne étoffe gui a du corps. Un chapeau
gui a du corps. Cette lame li'cpée est bien
mince, elle n'a point de corps.
il «e dit encore De la consislaiicc des choses
liquides , qu'on fait cuire et épaissir par le feu ,
ou autrement, comme l(S sirops, les ongneus.
les emplâtres. Ce sirop n'est pas assez cuit, il
n*3 pas a-sez de corps. Il lui faut donner plus
de corps. Cet onguent, cet emplâtre a trop peu
de coips.
1' te dit aussi De la force et de la vigueur
de certains vins , de certaine.* liqueurs. Un
r'in gui a du corps, gui n'a point de corps, gui
n'a guère de corps , gui prend du corps.
On dit figurément et proverbialimenl, Preii
dre l'ombre pour le corjs, pour dire, Prendra
l'apparence pour la réalité, prendre ce qui est
apparent pour ce qui est réel et solide.
Ou dit aussi ptoverbialcmcul , que L'envie
êuit la vertu conime l'ombre suit le corps.
Cuars, dans les devises, est la figure rcpré-
•eolée ; tt on appelle Aiie, Les paroles qui
raccompagnent. Le coi-ps dt cette devise est fort
hon, maii l'i2me n'est pas heureuse.
lence. Un /itmme de cette corpulcncc-là mange
beaucoup.
On dit aussi, Vn Itomme de petite corpu-
lence.
CORPUSCULAIRE, adj. Terme didactique.
Qui est relatif aux corpuscules, aux aloraes. Il
n'est guère d'usage que dans cette phrase ,
Physique ou Philosophie corpusculaa-e , pour
dire , Celle qui prétend rendre raison de tout
i)ar le mouvemeut de certains corpuscules.
CORPUSCULE. ». m. l'erme de Physique
Petit corps. Les atomes s0Ut des corpuscules. Le
mélange, la rentenire de plusieurs corpuscules
CORRECT, ECTK. adj. Oii il n'y a point
lie fautes. Il se dit De l'écriture et du langage.
Ce Livre est fort correct. Ilenftt faire une copie
correcte. Son Imgage, son discours, son style
est fort correct. Cette plirase est correcte, n'est
pas correcte. Telles éditions sont fort correctes.
On dit aussi, qu'Un Auteur est correct , ou
peu correct, pour dire, qu'il e.st exact ou peu
exact dans les faits ,.dans les dates, d.uis lis
Qoms qu'il rapporte . dans son style.
On dit d'Un Peintre, que Son dessin esl
rorreci, pour dire, que Sou dessin est selon
toutes les règles.
CORRECTEMENT, adv. Sans faute, con-
ibrmémcDt aux règles. 71 écrit correctement. U
^arle correctement. Il imprime correctement
U dessine correctement,
CORRECTEUR, s. m. Celui qui coirige ,
|ui reprend- 5éi*ére Correcteur
ConiiECTEuti n'iMPAiHenie. Celui qui corrige
les épreuves. Bon Correcteur. Correcteur exact.
CoiTecteur né^ii^ent.
Dans 1» Chambre iTes Comptes , il y a des
OBîcicrs qu'on appelle Correcteurs. 7i est Cor-
recteur des Comptes. Il a acheté un O^fce,
une Charge de Correcteur.
Les AJiulmes appellent Correcteurs, Les Su-
périeurs de leurs Plaisons. Le Père Correcteur.
CORRECTIF, s. m. Ce qui a la venu de
leirp-jrer, de corriger. Le sucre est le correctil
âA citron. Il faut mettre un peu d'anis pour
serv'ir de ccrrectif au séné. C'est son correctif.
On ?DpelIe figurément Coi tcctif , Certain
adouc'uisement qu'on emploie dans le discours,
^oui faire pi-sscr quelque projHisition, ou qucl-
•|ue expression trop l'orle. ou trop hardie : par
exemple. En quelque façon, s' il faut ainsi dire,
pour ainsi dire, s'il m'est permis d'user de ce mot.
Celte proposition est trop hardie, elle a besoin de
quelque correctif.
CORRECTIOjV. a- f. Action de corriger.
Cela nierrie correction. Ijégére correction. Sé-
vé:e conection. Rude correction.
Il se dit Des cliosm morales et politiques.
La correction des défauts. La correction des
abus. Cela a besoin de 'nrreclion. La conec-
tion des mœurs. La correction des erreurs.
11 se dit aussi Des changemens qu'on fait
dans les ouvrages de la main ou de l'esprit
il poiu les perfectionner. Cette pièce a besoin de
"9 ,: — ri .- ^ j— -t _..; J J-«f
COItPULKSCi;. s. (. La taille di l'homme'' correction. Il y a des choses qui demandent
(uBliiierée |>ar rapport à u\ grandeur et à it correction. Vuliecuiirctionn'e^l pas bunne. La
COR
correction d'un tel critique sur un Ici pnssagt
de Pline, d'Aiistote, elc. Il veut gu'on lise ce
passage d'une autre sorte, et je trouve sa cor-
rection bonne, cite étoit nécessaire. Celle copie
étoit pleine de fautes, il a fallu y faire de
grandes corrections.
Dans l'Imprimerie, on dit, La conection des
épreuves. Et l'on appelle aussi Corrections, Cs
que l'on a écrit & la marge ou entre lignes d'une
épreuve ou d'un manuscrit pour les corriger.
Conr.ECTios , signifie aussi Réprimande et
adraonitioi) , soit d'un égal envers son égal ,
■.oit d'un supérieur envers son inférieur. Cor-
'■eclicn charitable. Correction fraternelle. Cor-
rection paternelle. Douce conection. Sévère
correction. Je lui ui fait une petite correction.
Cela mérite correction.
Il signifie quelquefois Chitimenl, peine. //
II été long-temps en prison , sa correction a été
\nen rude, a été trop forte. Le père use de cor-
reclion enfers s4s en fins, le maitrt envers ses
valets. Il a subi la correction.
Ou appelle Maison de correction, Les lieux
ilcstincs à enfermer par autorité publique les
personnes qui se comportent mal, et surtout ks
jeunes personnes dcrcglces et de mauvaixo
mœurs. On l'a mis, on l'a mise dans la maison
de conection. Dans celle Ville il y a deux
maisons de correction, l'une pour les hommes ^
et l'autre pour les femmes.
Il «e prend quelquefois potn- I,c pouvoir cl
l'autorité de reprendre et de eli-ltier. Les enfans
loril sous la correction du père. Je r.e suis pas
tous sa correction
Sauf corieclion, sous correction. Manl*r3
de parler adverbiales. On emploie ce terina
lorsqu'on craint que quelque chose qu'on dit
ne déplaise à la compagnie devant qui l'on
parle, et à laquelle on veut ténioigncr respect
et déférence. Messieurs , je maintiens, sauf
correction . que cela est faux. Et les.Vvociils en
plaidant disent souvent, Sous correction de la
Cour, sauf correction de la Cour, ou siniple-
mcnt, sotts correction, sauf correction.
ConriECTiON, se prend aussi pour le Bureau
où les Correcteurs des comptes travaillent. Le
compte e.t à la correction.
ConnECXioN , signifie aussi La qualité de ce
qui est coirect. Cet ouvrage a beaucoup de
correction. Correction du style.
ConRECTiox, signifie aussi, Pureté de lan-
gage. // parle, il écril avec une grande correc-
tion. Le: Ecrivains François , depuis Malherbe,
ont mis dans leurs ouvrages une grande cor-
rection, pour dire, qu'ils ont suivi plus scru-
puleusement les règles de la Grammaire.
On appelle en termes de Peinture, Corre.'^
lion de dessin, L'exacte observation des pro»
portions, et b juste disposition des figures, gi\-
rendent le dessin correct , indépendamment
du coloris, Raphaël, le l'oussin, se sont rliSln.-
nucs par la correction du dessin.
CunnBCriON, figure Je Rhétorique, par la-
quelle l'Orateur se repr nd pour dire quelque
chose de (dus fort, ou niémc toute autre choi«
que ce u"''l vient Je dire. Jt l'aime : ^ue dut
c ou
}«, o'ftner? je Vîdoldtre. Safortune, f/tic dis-jg,^
ta vertu Vcleva au vîus hmut ilegic.
CoRntCTiON, en Pharmacie, ae dit De I.i
préparulion d'un médicament, par larjuelle oi-
ôte ou Ion diminue les (jualilés nuisibles dci
siioguts c|ui y cnlient.
CORRKrnoNNEL, ELLE. adj. Qui ap-
oartifDt ;\ la coirection. Juridiction convc-
tiunnelle.
CORREGIDOH. s. m. Oflicicr de Justice en
i-'spagne.etdiius les Pays soumis ù ce Royaume.
I.e Corréqidor est le Chef de lu Justice dfins les
Vi{les d'.-imértijm' mumif^es nu Hoi d^ Kspaqne,
CORRKf. \'nF, IVE. adject. Tennc didac-
ti(pie. Qui maniuc une relation commune et
tëciproipie entre deux choses. Les termes de
pi'Te et (/)' fils sont des ferries corrélatifs.
COKRKLAriC)>'. s. ï. Relation rcciproque
enlre deux choses. Il d est d'usage que dans le
didactique. Les termes de père et de fils empor-
tent corrélation.
CORRESPONOAJîCE. s. f. Rapport, rela-
tion entre les personnes, entre les clioscs. // y
a entre eux une parfaite correspondance d^opi-
nion$. Il y a dans Vhommc et dans plusieurs
animaiLt beaucoup de correspondance entre les
orqanes de la (jênération et ceiur de la voir.
Connt<POM)ASCE. se dit aussi De la relation
que des Marchands ont les uns avec les autres
pour leur commerce. Ce Marchand a corres-
pondance dans loufe; les Villes de l'Europe.
Avoir correspondance ^ entretenir corref^von-
dance^ établir une correspondance dans les
Pay; étranqers. Etre en carres- ondame^ ronii
yre toute correspondance avec (juclc^n'un.
Il se dit gcncralemenl. Des diffen-nies rela-
lirMis, des dilÎL-ientes liaisons que des personnes
i«it ensemble. Aous avons eu lonq-temps cor-
respondance de lettres. Entretenir correspon-
dance avec des Gens de Lettres. Je ne l'eitr
fwinl de corrttpondancc avec cet homme-là.
.-/voir des correspondances suspecies.
ConnEspoNDANCE, se dit aussi Des lettres
niâmes. J'ai lu la correspondance de ces deu:t
AJiniàtres. J^ai lu la correspondance de cet
Ambassadeur.
CORRÏÎSPUNDANT, AN'Œ. adj. Il se dit
De* cliosfs qui se corrt-'spondcnt. Angles cor-
Ttspondans j lignes correspondantes.
ConnE'iPONDAar. s. m. négociant, oti Ban-
quier, qui est en correspondance réj'lt'C avec ni
autre Négociant, ou Banquier, sur des objets
'l": commerce ou dt baDi{uc. Bon. fidèle corres-
f'Ondant. Il a des currespondans dans (ouïes les
A'iiies de commerce. Son correspondant lui
mande que. . .
On appi'lle ausai Corrc'îpondflrit, Celui avec
qui on est en socii'tc dai« un commerce réglé
de lutln-a, |K>ur aflaires ou pour nouvelles. J'ai
un bon cotre.^fondant dans tel Pays. Vn cor-
respondant bien informé.
CORUKSPOMÏRE. v. n. Répondre de «a
part, c'cst-j-dirr, par ses jeniimens, par se*
ociion*. etc t'or/e pondre à Vaff, ction de quel-
qu'un. Je i*ous ai rendu toutes sortes de Î>om>
•fficei^ mais vous n'y avez pas correspondu.
Tome l.
C o w
Cet enfant ne correspond pas aux hennés în-
Jentions de ses purens.
Il se dit aussi Des choses qui se rapportcni ,
Tpit sym^tîisent ensemble. Ces deux puwUous
se correspondent.
X:ORRIDOR. s. m. (On prononce Condor. 'i
Kspcce de galerie étroite qui sert de pnssrtg-
pour aller à pltisïcuis appartemens.
C()RKK;i:K. v. a. Ôlcr un défaut, des dé-
fauts. Use dit Des personnes et des choses. Il uVi
riri'(/n défdnt, mais il sera fort difficile de Vcn
corriqer. Il fst sujet au tim, cIc. il ne s'en cor-
jincrti jamais. Il m'a envoyé son livre, son
ncëmc pont le corrinir. Il a iti-u, corrigé et
augmenté son livre. Corriger un plan , un
dessin, des vers ^ une pièce de ISÎustguc. Cette
copie nu^il avoit transcrite ètoit tou'.e pleine
de fautes, j\ii bien eu de la peine à li corriga'i
)c Vai corrigéû sur l'original. Les Modernes
ont corrigé les Anciens en phisieurs choses.
C\\'-t lui qui a corrigé les épreuves d'un tel
livre. Il ne faut pas tirer la feuille gu^clle ne
\oit corrigée. Corrigez celte liumeur violente.
Corriger les fautes^ les défauts d'un ouvrage,
ConniGEi», signifie aussi Réparer. Corriger
Yinjustice du iort.
On dît d'Un joueur adroit et fripon, qu'/l
torriqe la fortune.
Il signifie aussi, Reprendre, châtier, punir.
C'est au supérieur à corrufcr ses in ferieiu-s. Le
l'cre corrige ses enfans. Le Prieur corriqe t-a
Religieux, etc. Il a besoin dV'(rc corrigé.
1) se pn nd aussi pour 'l'cnipû-cr ; et en ce
sens il se dit Des alimeiis, des humeurs et des
drogues. Il faut corriqer la crudité de l'eau
avec un peu de vin. L'acide du citron se cor-
rige par le sucre. Corriger Vacrimonie de la
h. le pur Corriger les humeurs peccnntes.
CoRnir.É. LE. participe.
CORRIGIBLE, adj. des 2 genres. Qui peut
î tre corrigé. Il ne se dit guère qu'avec la néga-
tive. Cet homme n'est pas corrigible. Il se dit
plus ordinairement Di;s mœurs.
CORROROR ATU'% IVE. adj. Qui a la vertu
i!c corroborer. Remède coiToboratif. Tablettes,
pnudreSj potions conoboratives. Il ne se dit
quVn parlant De remèdes ou d'alimeos.
Il est quelquefois substantif. L n corrobora-
tif. Se servir de corroborât ifs.
CORROBORATION. s. i. Action de corro-
borer . ou l'état de c« qui est corroboré. On a
travaillé avec succès a la corroboraiton de son
estomac.
CORROBORER, v. a. Fortifier, donner des
forces .\ quelques parties de l'animal, princîpa.
lemcnt di: l'bonimc. Le vin corrobore l'esto-
mac. Il ne se dit qu'en parl.ml De lenudcs et
d'alimens.
Il se met quelquefois absf^tumeat. Le vin
sa't à corroborer.
ConnoBon^., tz, participe.
CORHODANÏ, A^TE. adj. Qui est capable
t'e ronger, de percer, de consumer le» parties
■■olidcs.
Ct'RRODKR. T. n. Rongr-r, manger. Il 10
dit Des humeurs nialigne>, et des drogues ou
COR
33
autres choses qui, prir une certaine acrimcnie,
ou par une (juolite causlique. rongent, brûlent
quelque partie du corps animal , ou de quelque
autre corps solide. Le poison lui a corrodéles in-
testins, le$ entrailles. Une humeur mordicante
et maligne a corrodé la partie. Cette eau- forte ^
re dissolvant n'a fait que corroder légèrement
ce nietfil.
Connoi))Ë, ée. participe.
COR ROT. s. ih. La façon -jue le Corroyeur
donne aux cuirs.
Il signifn; aussi Un massif de terre glaise
pour retenir l'eau. Faire un corroi.
GORIUjMPRE. v. a. (Il se conjugue comme
Rompe.) Ciller, altérer, cliangcr eu mal. Le
grand c!:aud conompt la viande. La fièwe
corrompt, la marse du sang , corrompt les hu-
meurs. Cela avoit corrompu l'air.
Il se dit figuréraenldims les choses 'morales,
ei signifie, Changer d'un bon état en un mau-
vais. Corrompre les nururc d'un jeune homme.
Les mauvaises compagnies corrompent les
mœurs j corrompent l'esprit des jeunes qens.
On dit, La aainte corrompt le plaisir ^ pour-
dire, Le trouble, le diminue.
On dit, Corrompre une fdle, une (cmme,
pour dire, La débaucher; Cor/onipreHn Juge^
pour dire. L'engager par argent, ou par quel-
que autre moyen que ce soil, A juse*" contre sa
conscience; Corrompre des Gardes^ pour dire,
Les gagnrr, et les faire agir contre leurdevoirç
Corrompre dcs témoins., pour dire, Les enga-
ger par .agent ou antrenieni :i porter un faux
témoignagt:. Ce Jwjjc ^ces témoins, ces Gardes
se sont laissé corrompre. Corrompre par ar-
gent ^ par faveur.
Il se dit figuréinent, en parlant d Un texîe.
d'un passade qu'on altère. Il a corrompu ce
passage. On croit guc le texte est corrompu en
cet endroit.
Il se dit aussi en parlant Pe langage , dr
»ty]e. La lecture des mauvais Auteurs corroinpi
le style.
Cor.noMPRE, signifie aussi, Altérer la foi-me
la figure, l'état de certaines choses. Ainsi on
dit : Corrompre la forme d'un chapeau. Un
corps de jupe gui commence à se corrompre.
Cela lui corrompra la taille.
CoBROMPRE. s'emploie aussi avec le pronom
personnel. Quand la masse du sang vient une
fois à se corrompre. La viande se corrompt
guand on la garde trop. L'air se corrompt par
les chaleurs excessives.
Il s'emploie aussi en parlant Des mœurs. Les
mœursse corrompent facilement par la fréquen-
tation des mauvai.KCs compagnies. Le siècle
commence fort à se corrompre.
Il se dit cneorc en p;ïrlant De langage. La
Langue Latine commença à se corrompre peu
de temps après Auguste.
ConnoMPU, lE. participe.
On dit,quel7((ibVn,/'£5pajnol etle Fran-
çow sont du Latin roTtompu. pour dire, que
Ces Lan:;ues sont fonnées du I.oiin qu'on a al-
ti'ré , changé.
On dit : .Iftrnri corrompucf. homme cor-
41
332 COR
rompu. Nations corrompues par la m<^llesse.
^lot corrompu pur tiisage. Raison corrompue
par les victs , par les préjugés, ; ar lu supers-
tition.
COUKOSIf, 1\ !•:. adj. Qui rongi-, qui en-
tame les corps sur Icsijul'Is il est :i|iiili(iuc- ^"-
llimé corrosif. L'arsenic est corrosif. Humeur
corrosive.
Il est aussi siibstniilif. l 'lie chose est un
puissant corrosif. Le Chirur<jicn a mis un
corroiif sur la chair merle ; crni la manger.
Il y faut employa- les conosi/s.
iJOIlRO.SII<N. s- f. I"iction o» l'cflit de ci'
qui csl rorrosif. Cette humeur , ce poison fit une
nranJe corrosion, La coriosion de l'oslomuc est
au indice de poison.
COnUOVlili. T. a. Parer, repasser, manier,
ratisser, adoucir des cuirs, cl leur donner le
dernier apprêt. CoiTOjer des peau-c de vache.
ConnoïEn, signifia aussi. Battre et pétrir de
la terre glaise, aliu d'en faire un massif tjui
tienne l'eau.
On dit aussi , Corroyer un bassin de fon-
taine, un canal, etc. pour dire, Y mettre un
massif de terre j^laise corroyée pour retenir Teau.
On dit, Corroyer le /cr,pour dire, Le battre
.'i cliaiid prêt .'i fondre; Corroyer le bois, pour
dire, Kn ùtrr a'superlicie grossière ; Corroya-
du mortia- , pour dire , Mêler ensemble la chaux
et le sable.
Connovi:, i.^.- participe.
CORROYI'.UU. s. m. Artisan dont le métier.
«■st <Ie conover les cuirs.
CORRUDE. s. f. Esptee d'asperge s'V-.age.
Kllc croit parmi bs baies et les '""'^....«lilles, et
a les mêmes propriétés f]uc ''....^ierj^e cultivée.
CORRUPTiùUa,Tf..^,r-. 5. Celui ou celle
rjiii con'ompt Vuf^A^i, les moeurs, le goût. Les
corruptcur*_ '< ^f témoins sont encore plus cou-
pabb^. ■■'.te les fau.v témoins mêmes. Cette femme
Z,<une dangereuse corruptrice de la jeunesse.
Il est aussi adjectif, l/rt langage corrupteur.
Une doctrine corruptrice.
CORRLPTIBIMTÉ. s. f. <,)ualilé par la-
quelle un corps physique est sujsl à corruption.
La corruptibilité est attachée à tous les corps.
CORRCITIBLE. adj. dis 2 genres. .Sujet à
c rruption. /I n'y arien sous le Ciel nui ne
toit corruptible. Les corps les plus humides sont
les plus corruptibles.
Il signifie figurémenl, Qui peut se lais.ser
corrompre pour faire quelque chose contre son
dc''oir. C'c:U un homme (jui n'cit corruptible
ni ar rr , ni par argent. C'est un Juge très-
ccr.'uptiMe, Ilc^t plus d'usage avec la négative.
CORRUPTIOM. s. fém. .AluJration dans les
qualités j>rincipales, dans la substaacc d'une
chose. La corruption de la viande. Iji corrup-
tion .-/c l'aip. Cela tend à corruption. La cor-
ruption du sang, des humeurs. Il y a des terres
où les corps se consa-vent long-temps unis cor-
ruption.
Il se dit encore pour Putréfaction, pouri-
lurc. On a cru long-temps i^ue les vers s'engen-
droient de corruption.
U se dit aussi dans le didactique, Ue l'altc-
CDfl
ration qui arrive dans un corps physique, et
qui est la gcnt'ralion et lu j)ri duclioii d'un
auirc. Qiiehjucs PhUosoj fn i tit dit (jue la cor-
luj tion d^une chose est Li tjunéralioii d'une
antre.
U se dit figure'incni De toute dépravation
dans les mœurs, et priiicipalemenl de celle qui
r('j:;ardc la Justice, la fidêUtd, la pudicité. La
cormptioji des mœurs. La corruption du siècle.
La corruption de la jeun^se. i a corruption du
cœur de l'Jiomiiic. Il y a en lui un fonds de
corjuption. Le monde n'est que corruption. L n
■luije soupçonné de ccrruplion.
Il se dit aussi Lîes cb.ingenicns vicîcrix qui
se trouvent dans le texte, dans uu passa;^e d un
livre. // y a corruption dans ce tcj:tc-là.
Ou 4it quX n mot se dU par corruption,
[lour dire, qu'il a étû altéré. I>ms cette phrase,
./ hcuH prêcher à qui n'a cœur de hicn faire.
Cœur se dit par corruption poiu- Cnrcj c'est-à-
ilire, Jsnvie.
CORS. s. m. i)lur. Terme de Vénerie et de
Blason. Il se dit Des cornes qui sortent des per-
ches du cerf. Un cerf de dix cors, ou plus
communément. Un cerf dix cors , peur dire.
Un cerf de moyen âge.
CORSAGE, s. m. I<a taille du cvrps humain
ilepuis les épaules iusqu'au\ hanches. Zîeaucor-
sane. Joli, (jcntd corsuqe. Haut de corsaqe. Le
c-orsaqc dclic.
Il se dit aussi Des chevaux. Ce cheval a un
heau corsa(je.
CORSAIRE, s. m. Celui qui commande un
vaisseau armé en c(jiuae, ei qui a une comjnis-
BÎon de quelque Puissance. Corsaire de Saint-
Wflio. On nomme ainsi quelquefois un Pirate.
Les Corsaire? d'Ahjcr. il fut pris par le^ Cor-
saires. ]l tomba entre les mains des Corsaires.
On appelle aussi Le vaisseau monté par un
Corsaire, Un vaisseau corsuûe, ou simph nient,
Un corsaire.
On dit figurém. qu't n homme est un \trai
corsaire, pour dire, qu'U est dur, impitoyable.
inique.
CORSELET, s. masc. Corps de cuirasse que
portoient les piquiers.
QJRSET. subst. m. Corps de cotte de Villa-
geoise. il/e(tre «n corset. Cor.set de tajfetos.
Corset à fli'ur.'^.
ConsET, 32 dit aassi d'Un petit corps ordi-
nairement de loilc piquée et sans baleine, que
les femmes mettent lorsqu'elles sont en dé^ha-
hiUé.
CORIEGK. a. ma&c. Suite de personnes qui
accompagnent uc ^rand î)«igtieur. un Ambus-
sadcur dans des fonctions publiques, et dans
les cérémonies, jx>ur lui faire honucur. Grand
''ortéqe. Nombreux cortéqe. Cortège de car-
rosses. Jamais Ambassadeur n\i eu un plu.s
beau cortéqe. Etre du cortéqe. Grot^ir le cor-
téqe. Faire cortéqe. Aller en cortège, Im'itcr
uu corIC(je. Couper le cortège.
CORTiCVL, ALE. ad;. U ne «e dit '^uère
([UC de la partit; extérieure du cerveau et du
arvelct. La substauce corticale.
CORTUSE- i'oyci OnuLLE-D'oi.ns.
GO S
CORUSCATION. s. f. Terme de Physifiue.
Eclat de lumière. La coruscflMon d'un fWétéore.
CORVIùABLE. adj, des a genres. Il ne s'em-
ploie fjuêre que substantivement, en parlant
Des sujets ou des vassaux sujets à des corvées.
On a commandé les corvéables.
CORVÉE, s. f. Certain travail et service dû
par le Paysan ou Tenancier à son yci^ncur ,
soit en journées de corps, soit en journt^s ds
chevaux, de Itceufs et de harnois. Corvée OPih-
nairc. Grande corvée. Fdcheuse corvée. Il doit
tant de corvées au Seigneur. Il sert en corvée.
Il fait faire sea fnns et curer ses fossés, etc. par
corvées. Exiger des corvées. Ce Seigneur est
assez biirbare pour charger ses paysans de cor*
vèes e.viraordinaij-es. Il fait travailler à cor'
vèes . à la corvée.
Ou appelle figurém. Corvée, Toute action,
tout travail, soit du corps, soit de l'esprit, au-
quel on se soumet à regret et avec peine. Ce
que je fais est un travail ingrat, c'est une cor-
vée^ une vraie corvée, une pure corvée. Ce n^est
qu'une corvée pour moi. Je me fusse bien pasué
de celte corvée. Exemptez- moi de cette corvée.
Epargnez -moi cette corvée. C^est une longue ^
une rude corvée,
CORVEE ITE. s. f. Petit bâtiment Uç^er, dont
Du se sert ordinairement ^n mer pour aller à la
découverte. On a envoyé plusieurs coi-veïtei
four découvrir l'urmée ennemie.
CORVB.Oi TE. s. masc. Nom qu'on donnoit
sus Prêtres de C^bùlc , qui dansoient au too
des flûtes et des tambours.
CORVMBE. s. m. Terme de Botaniqur. U se
dit Des Heurs de certaines plantes, qui portent
aux sommités de leurs tii^es un assemlila£;e de
petites Hfurs ramassées en fornte de bouquets.
Lesjleurs de lierre sont composées de coiYmhes.
GORY.MBIKÈRE. adj. des 2 genres. Terme
de Botanique. Qui purie des corymbes.
CORYPHÉE, subst. m. Terme emprunté du
Grec, et qui signifie Celui qui étoit à la léle
jes Chœurs dans Ils pièces de Tfa('5tre.
U se dit aussi ligurémcnt l-le celui qui «•
distingue le plus dans une secte, dan» une pro-
fession. Epictètc a été dans son siècle le Cory-
phée des Stoïciens. Pétrarque étoit leCoryphèe
des PoiUes de son iemps.
COS
COSAQUES, s. m. pi. Peuple de l'Ukraine,
qui sert dans les troujws de Russie et de Po-
logne, les Cosaques farmotit une cavalerie lé-
gère. Les Cosaques dit Don.
CO-SKC.LME. s. f. Terme de Géométrie.
I,a sécante du complément d'un angle îi 90 àe-
^réjt. La co-sécante de 3o degrés cil lu séeai^e
de 60 degrés^
CO- SEIGNEUR, s. m. Terme relatif. Celui
ijui possède une Terre, un Fief avec un autre.
; h sont Co-5ciijnfHr.':. Il est Co-Seigneur d'une
telle Pojoisse avec un tel. Les CoSeigneurs ont
loiéi'ent des procès enscnibU pour les droits ho-
norifiques.
, CO-SINUS. s. m. Terme de (iconiétric. I c
rfnus du coniplénienl dua angle ii yo degré-.
cos
Lt co-iinus le 3o dfjré» est U stiius de 60
tlegrés.
COSMÉTIQUE, ti). de» » genres. Terme de
Pliariiiiicie, qui «e dit De» drogues qui servcni
i rcnilwllissi-ment de la |v;iu. Les taïur île
fleurs de jives, de lis, etc. le lait viiijinnl. lt
r/irnim, etc. sont des préparations ccsmctiijues.
Il s'cmpbic aus.si substanlivemcnt Les 3/c'-
Jccins vrétt:ntlcnt itiic les coirnctiqufs nuisent à
l,t santé.
COSMOGOME. s. f. Sriciire ou système de
la funn.ilioii de l'I'niver*. La Cosmogonie
d'Hésiode.
COSMOGKAl'IIi:. s. m. Qui sait la Cosn o-
jrapliie. 5(iv'<iri( i^ostnographe.
COSMOtiRAPHIK. subst. f. nescription du
monde entier. Il sait tiVn lu CosmogrupUit.
COSMOCJRAPHIQUE. ailj. des 2 genres.
Ap|iarlcii»nt à la Cosmogiiipliie. Dejicn'plioii
Cosmoqraphitjue. Table Cosinographicjuc.
COSMOLOGIE, subst. f. Terme didacliquc.
.Science des Lois générales par lesquelles le
nonde physique est gouverne. Triii<e de Cos
nioloqie.
COSMOL(XiIQUK. adj. des î genres. Qui
iippartieot .i la Cosmologie. Essai Cosntvlo-
3'V"-
COSMOPOLITE, s. m. Citoyen du monde.
M se dit De celui qui n'udopte point de p.nlrie
Vn Cosmopolite regarde l'univers comme sa
patrie.
COSSE, s. f. Enveloppe de certains légumes,
e«mme iiois, frvrs, lentilles, vesce, etc. C'c-^x'
iurt, tendre, ferme, longue. Cosse de puis.
Des pois en cosse. Des jèves en cosse.
On appelle Pois sans cosse , Des pois dont la
ooftse est si tendre qu'on la peut manger. On les
;<ppelle autrement. Pois goulus.
r.assE, se dit aussi en parlaiU Du fruit de
quelques arbustes. Cosse de ()ena'I.
(BOSSER. T. neut. Il se dit Des béliers qui
licurtcnt de la léle les ans contre les autres.
COSSON. s. niasc. Espace de petite vermine
(]ui g.'ite le blé. Ae cosson s'est mis dans le hlé
dt celle jrnnije.
Cosso>. Bouton de la viorne.
COSSU , LE. adj. Oui a beauconp de cosse.
U se dit spécialement des pois et des Rves. /)ei
pois bleu cossus. Des jcvcs bien cossues.
On dit populairement d'Un homme qui dit
iSes choses peu vraisemblables ou inipertineD-
tas, qu'/l e/i fonic de bien rus-^ies.
On dit (igmement et proverbialement , / n
mvnme cossu. bienciissu, [tour dite. L'n homme
riche, et qui est bien dans ses afTaires. On dit
4ans le même sens, Une maison bien cossue,
pour dire. Une niai.son opulente.
COSTAL, ALE. adject. Terme d'Anatontir.
Qui appartient «u» cotes. Il y a huit vertèbres
costales.
CO.STUME. ». m. Mot pris de lltalien, et
qui sigiiiric 1rs usages des dillérens temps, de»
difièr ns li'cn. rrlatib aux objets extérieurs
•««quels 1 Peintre est obligé de se eonfumier.
Caraei , .ifcseiver, négliger le costume. Pécher
ctntte h cotiume. L'Ëeole Romaint a micMi
C o T
observé îe costume, que V Ecole Lombarde. Il se
dît surtout Des habîllcmciis.
Il se Hit aussi en parlant Vtcs Poèmes, de>
pit-crs drantatitjues, des fictions , des liis
toires, etc.
COSTUMKB. V. a. nalnller, v6iir selon !e
costume. Ce Peintre costume bien ses person-
nages. Cet .'îclcur se costume bien.
CosTiMÊ, ÊE. pnrticipc.
COT
OO-TANGKNTE. s. f . Terme âe. Gi^oind-
Irie. l.a tiiir^cnte du conipliimciit d'un anglr
h f)0 degrés, la co-tanqcntc de 3o dcqrès est
la tanjente de (>o deqrés.
COTE. s. i. (I,a première syllal)e est brève.)
Il signitjc la manjuc DuiiK-iale, dont on se sert
poiu" mt-ttre en ordre les pièces d'un procès,
li'un inventaire, etc. Ces pièces sont sous la
tote A, 50US la cote B. La cote trois, la cote
fjitatre.
On appelle Cote mal taillée. Une composi-
lion, une convention, qu'on fait en gros, sur
plusieurs sommes, sur plusieurs preienlîons,
RU lieu d'entrer dans la discussion paniculièro
il" rlinque cliose. Vous tivez des prétentions Us
uns contre les aittres ; il faut faire de tout cela
une cote mal taillée.
Cote, signifie aussi quote-part. Payer su
cote.
CÔTE. s. f. ( La première syllabe est lon-
;;ue. ) Os courbé et plat, qui s'étend depui--
l'i-pine du dos jusqu'à la poiirinn. I.c< Tiaic
rotes sont celU'S d'en haut, qui aboutissent A
Iq poitrine; Les fausses cotes sont celles d'en
bas, qui n'aboutissent point au sternum. Câte
de hceuf , de cbeval., de baleine. Il a une cSte
froissée. Il s'est froissé une côte. Dieu firma
Kve d'une câte d'Adam.
On dit d'Un clieval qui est fort maigre ,
qu'On lui compteroit les cStes. Et cela se dit
aussi d'Un homme extrêmement maigre.
CÔTE, signifie aussi Ggurcment on quelques
phrases, Ligne et extraction. iV^ons sommes tous
de la côte d'.'idam.
On dit populairement, Mesurer les côtes,
pour dire, B.-.ltre à coups de bâton, de plat
tl'cptfe , de nerf de bauf , ou de quelque chose
qui plie en frappant.
On dit ailssi, Rompre les côtes, pour dire,
Ballrt- h outrance. Il est bas.
On dit piovcrbialement cl fi^urèm. Serrer
les côtes à un Itomme, pour signifier qu On \c
presse vivement, qu'on le poursuit avec clia-
Ipur, pour l'obligfT il faire quelque chose. Il
ne vouloit pat payer, on lui a ti bien serre les
c^Ics, que
Cf'iTE A COTE. Façon de parler adTerbiale, À
côté l'un de l'autre. Ils ulloient câte à côte. Ils
marchoient , ils étaient ciHe à côte. Côte à côte
d'un tel.
C6t£. se dit aussi De plusieurs chose* qui
ont quelque rcsteinblauce avec les eûtes de>
[ animaux. Côte de melon , côte de citrouille, etc.
Côte de luth.
On appelle Côtes d'un vais»eau. Le» pièces
C O T 3:,3
qui sont jointes îita quille, et «jui montsn jus-
qu'au plal-bord.
On dit proverbialement à*Va homme qui se
pique mal à propos d'une liautc noblesse,
qu7ï s'iimjfjine être dtj la côte de St. Louis.
On le connoU bien, il n'est pas de la côte de
St. Louis.
CÔTE, signifie aussi Le [icnchant d'une mon-
tagne et d'une rolline. lîclle, fertile, agréable
côte. Côte rude. Côte de TÎijuobles. Côte plantée
de J<iqnes, de bois. Côte, d'un tel endroit, d'uni/
telle moritaqne. Le long de la côte. Sur la côte.
Sur le liaul de la côte. Au bas de la cote. Lue
côte bien roide.
Mi-c<1te. Il n'e.sl d'usage que dans ci'tle fa-
)on de parler adverbiale, À mi~côte. Une mai-
ton bâtie à mi-cÔte.
Cote, si|;nlfie encore Les rivages de la mer.
Côte pleine d'écueils, pleine de banct. Fâ-
theuse, dangereuse côte. La côte, ou les côten
de France, d'Angleterre, t-tc. La France aplus
de cinq cents lieues de côtes. Les côtes de VO-
cenn, de la Méditerranée, etc. L"* armée ua\fale
yarut à la côte, sur la côte, sur nos côtes. Don-
ner à la côte. Briser à la côte. Ranger la côte.
Son vaisseau vint s^échoucr à nos côtes. Il est
ichoué sur la côte. Le vent lcpous<!a, le jeta à
\a cote, 5ur la côte. Il rasoit la côte. Ils décoiL~
ynretit la côte, etc. Les matelots crièrent côte.
Les pirates qui courent nos côtes. ?icttoyer lec
rôles de corsaire<i. Les habitans des côtes. Toutes
les côtes etoient en armes. On alluma des feux
le lonçj des côtes. Des batteries qui défendent
la câte.
On appelle Gardes - côte$. De» vaisseaux
armés pour défendre les eûtes.
COTÉ. s. m. La partie droite ou gauche de
l'animal, depuis Taisselle jusqu'à la hanclie.
Côté droit. Côté gauche. Le côté hti fait mal.
Il a un mal de côté., mal au côté, un point au
Cité, un point de côté. Il rci^ut un coup d'épce
dans le côté. Il est blesse au côté. Il était
couché sur le ci!>(c. Se meffre les mains sur
les côtés.
On dit familièrement, (\uVn homme est sur
e côté, pour dire, qu II est bhsse. oi sî mal,
qu'il ne se peut remuer qu'à peine. Le voilà
sur le côté pour six mois. Il re<^ut une bles-
sure, et il fut trois mois sw le côté.
On dit aussi figuréramt. Cet homme, ce
Marchand est sur le côté, pour dire, que Se»
affaires sont en fort mauvais dtat, qu'il est
proclur de sa ruine.
On dit aussi d'L'u Courtisan qui eomnienrc
!i perdre sq faveur . son crédit , qu'il est sur le
•ôté.
On dit aus^^i. Jeter, mettre quelqu'un sur U
côté, pour d^rc. Le coudier, le rrtïversrr par
terre mort , ou dangereusement blesse. H lui
donnu un grand coup d^épée, et le jeta, le mif
sur le côté.
CÔTÉ, dans une tti^nificatinn pbu Aendiie ,
nc prend aussi pour Toutr la partie droite ou
;; luohe de l'animal, et de tout coq>s !«olide. Il
ètoit perclus de tout le côté gauche. Il boite des
deiLT côtés. J'éfoii à son côté. Je vis qu'ii
41.
324
cor
mnrchoit à son c6té^ à ses côtés. Il a l'èpée au
côté. Il porte ï'é; ée an cutè. Du côté de l'c-
pée. Les deu.t: côtés de Vautel.
Cn dit fjniilitTenient. Se tenir les côtés de
rire, pour i4irc, Rire avec excts.
On dit fif^urcmeu; et familiihïïmcnt, qu'Un
homme a mis quelque .'.hose du côté de lepee^
IJOur dire, (ju'Il n mis a couvert quelques
sommes . quelques deniers, soit tju'il ait fait ce
giiÎQ lejjiuiucmout, ou par rrnudc. Il a ahan-
.'onnc' sËù biens à ses cvéuiic'ers , mais il a mis
quelque chose du côté de l'épée, ïl se dit plus
wdJnairorïient cn mauvaise part.
Un dit Cr^uréwcnt et familièremeut, Mettre
un tonneau, un muid sur le côté ^ pour dire.
Le vider.
Od dit, qu'Un navire est sur le côté, pouc
dire, qu'il est sur le sable, renversé sur le côté,
ccLoué.
Cn dit, ^lettre un vaisseau sur îc côte,
poiu-, Le can'ner, le radoid)er, etc.
CÔTÉ, sij;nifie cussi Kudroit, partie d'une
cV*îse. Attaquer la Place du côté le plus foihle.
De ce côté]'^. On y y\.Ht entrer par deux côtés.
On y ahorie de tous côtés , de tout côté, on
n'y aborde d'aucun côté/ Il n'est jamais à la
maison , i7 c.s-t toujours de côté et d^autre^ pour
apprendre des nouvelles. Il va de côté et d'uu-
Ire. De ce côté-là je ne crains rien. De quelque
côté que vous considériez Vajpnre. Il ne sait
de quel côté tourner. Meltez-vous du côté du
feu. De quel côte vient Voraqe? De quel côte
vient le rcul ? Le vcnl s*est tourné du côté du
Midi, du Septenîiion, etc. Il est venu du côté
d'Espaqne. Ils sVn sont allés chacun de leur
côté. Il n'y a point d'union entre eux, chacun
tire de son côté.
On dit figuvcuierl et proverbialement, Voir
de qu.el côté rtcnl lèvent, pour dire, Kxami-
qer en qutletat sont les aflàires, pour se déter-
miner et prendre son parti, selon les circous-
tances. **
On appelle Les has côtés d\ine Eql'tsCj Les
ailes basses qui sont h coté de la nef. Par ana-
logie, Le côté qaucliC , le côté droit d'un na-
i'irc, d'un bâtiment.
CÔTÉ, se dit aussi en parlant Des étoffes.
Mettez celte étofjl' du beau , du bon côté. Le
côté de Tenvcrs, de Vcndroit.
On le dit fii;iu:émeut Des iwirsonnes et des
choses, il ^e fait toujours voir, il se montre
par le beau côtéj par le bon côté. Vous devriez
regarder la chose par le bon, par ie meilleur
coté. Il renarde tout par le mauvais côte. On a
tourne son ajpiire de tous les côté.'..
Côté , signifie encore I^ ligne de parenté.
Ils sont parcns du côté du père, du côté de la
mère. Il étoit mon cousin du côté de sa ijrand-
mère maternelU. Le côté paternel. Le côte ma-
ternel. Il est de sor. côté et ligne. Un propre de
tôté cl ligne.
On dit d'Un liomme, qu7/ est de fe/le fi-
mille du côté gauche, pour dire, qu'il est Ijû-
urd.
CÔTÉ, signifie encore Parti. Le côté du Roi.
Le côté ih^ cuncmis. C'est le côté le plus juste.
cor
Le bon côté. Il a Dieu de son côté. Il se ran-
gea, il se mit d'un tel côté. Tous ceu.t qui
etoient de son côté. De quel côté etes-7rous? Je
suis du côté de la justice, de la raison. Je ne
suis ni pour un côté ni pour l'autre^ ni d'un
côté ni d'un autre. D'aucun côté. Il se met du
côté du pins fort. Il a les rieurs de son côté.
Mettre les rieurs de son côté.
Kn Géométrie, on appelle Côtés d'une, fi-
q'ire, Les ligncsqui en forment le contour.
À CÛTi:. préposition. Au côté , à droite ou j
fj.iuclie, et auprès. Se m?ltre à calé de quel-
quun. À côté du village j à côté du but. Il est
uussi adv. Marcher à côté^ être à côté. Quand
vous serez arrivé en tel lien, n'allez pas tout
droit j mais prenez un peu à côté. Le coup
passa à côté, etc.
On dit, Donner il côté, pour dire, S'éloigner
du but. Il se dit au propre et au fij^uré. Kn
tirant, il a donné à côté. Il s'est trompé danx
cette affaire, H a donné à côté. lia passé à côté
de la diljicullé.
On dit figurémcnt, qu'Un homme e.t à çiAé,
ou marche à côté d^un autre, pour marquer
L'égalité de naissance, de mérite, etc. Molière
marche à côté de Plante el de Térence.
De côté. adv. De biais, de travers, oblique-
ment. Il regarde de côté, il mardie de côté, H
va de côté. Il faut vous tourner un peu plus de
côté. Sa maison n'a qu'une vue de côté.
Oa dit figurëment, Regoj'der de côté, pour
dire, Regarder avec dédain, ou ressentiment ,
ou embarras, .'e ne sais ce que je lui ai fait,
mais il me regarde de coté.
On dit aussi, Mettre une chose de côté, pour
dire, La mettre en reserve, et en dérober la
connoiss.ince aux autres. Et fif^urénicnt, pour
dire, Omettre d'en parier. Je »iet.ç de côté tous
les reproches auc j'aurois à vous faire.
On dit encore, Laisser une chose, un
homme ôe côté, pour dire, Abandonner (au
mjolns pour un temps) une chose, uu bommc,
ncgbgcr de s'en occuper. J\ii laissé mon procès
de côté pour venir ici. Peut-on laisser de côte
un si bon Officier?
COTEAU, siibst. m. PoDoIianl d'une colline.
Agiéable, fertile coteau. Coteau planté de
vignes.
Il se dit aussi pour Li colline même prise
dans sa longueur. Les coteoidx dun tel pays.
Le long du coteau. Sur le haut du coteau. Sur
le coteau. La rivière passe au pied du cotciin.
COTI-LETTE. subst. fém. Côte de ctîruins
anim:iux, comme xuoutons, veaux, agneaux,
cocbous, elc. Il ne se dit que lorsque l'entlroil
où 5ont les côtes est srparé de l'animal, et que
liîs côIl's sont séparées les unes des autres. Met-
lez-nous des côteleltes sur le gril, à la poèlc .
* en ragoût. Ces cdleic((cs sont tendres, dures.
COTIill. V. a. Marquer suivant l'ordre des
tlellres ou des noiiibrcs. Coter des pièces. X-cs
i \otaircs ont coté el paraphé ces pièces.
On dit aussi, Co(cr un chapitre, un article,
un verset, elc. pour dire, Marqu' r le numéro
d*nn cbnpitre, d'un article, d'un vfsat, elc.
Coter à la marge.
> COT
Coté, ÉE. participe. Il a coté Procureur^
« pour dire. Il a déclaré par exploit que tel Pro-
cureur occuperoit pour lui.
COTEIUK. s. f. Espèce de société, de com-
pagnie. Il se dit p :rticulicrcment dans le style
familier, De certaines compagnies de quartier,
de famille, de parties de plaisir, elc. Tels et
tels sont de même coterie. Faire cotetie avcj
quelqu\tn.
COTlîURNK. s. m. Sorte de cltaussure dont
les Acteurs se servoient anciennement pour
jouer le tragique. Et c'est de 1^ qu'on dit figu-
rément, Chausser le cothurne^ pour dire, l'aire
des Tragédies.
On dit aussi d'Un homme, qu'il chausse le
cothurne, pour dire , qu'il prend un style, un
Ion élevé et palbétique dans un ouvrage, dans
une occasion qui ne ie demande pas.
COTIER. adj. Qui a la connoissance, la
pratique d'une côte. Pilote côtier. Il se prend
aussi substantivement. Ce Pilote est bon côtier.
COTIÈIŒ. s. f. Suite de côtes de mer. Il
croise sur cette côtitre-là. Ces cutières sont
snjcifes à un tel vent.
CÔTiÈnE, signifie aussi Une planche de jar-
dinage, qui va un pei\ en talus, et qui est
ordinairement adossée à une muraille. Cctt£
cdtière est propre peur des pois.
COTIGNAG. subst. masc. (On ne prononce
pas le C final.) Sorte de confiture iàitc avec
des coins. Boite de cotiqnac. Cotignac d'Or-
léans.
COTILLON, s. m. Cotte de dessous. Cotillon
de serge. Cctillon de flanelle, de hasin.
Ondit.quX'n /loi'urie aime le cotillon, pour
dire, qu II est adonné aux grisettes, qu'il aime
les femmes. Il est populaire.
C'est aussi Une sorte de danse. Daiiser U
cotillon.
COTUÎ. v. a. Meurlrir. Il est populaire, et
ne se dit qu'en parlant Des fruiis. La grêle a
coti ces poires, ces pommes.
CoTi, IE. participe.
COTISATION, s. f. Action de cotiser, ou
imposition faite par cote. Cotisation d'impôti.
Cotisation d'aumônes pour les pauvres. Cotisa-
lion volontaire. Cotisation forcée. Cette cotisa-
tion a donné beaucoup de peine. Voilà une ro-
ii<atioii mal faite.
COTLSER. y. n. Taxer, imposer à quel-
qu'un, régler la part qu'il doit payer de quel-
que somme. On l'a cotUé-à tant. Il faut que
chacun se cotise selon ses facultés.
CorisÉ, LE. participe.
COTISSURE. s. f. Meurtrissure. U ne «e dit
jue Des fruits. La cotissure empêche que 1rs
fruits ne soient de garde.
COTON, subst. masc. I^spèce de laine qui
• ientsur un arbuste qu'on nomme Cotonnier.
C'ofou de Chypre. Coton des Indes. Coton
fm. Coton déhé.Coton filé. Coton cordé. Coton
vpluché. J)allc de coton. Toile de coton. Bas d«
coton. Matelas de coton. Mettre du coton dans
une éciitoire. Papier de coton. Couverture de
\ coton.
U signifie aussi Une espèce de duïti qui
COT
Tient sur de certains fruiti, et même sur les
boutons de la rose et de quelques plantes.
On appillc aussi Colon, Certaine bourre
qui enveloppe le bourgeon de la vigne et iIc
quelques autres arbres.
11 se dit figuràneut et poeliquemcnt Du poil
follet qui vient aux joues et au menton di's
jeunes ^ens. Son menton comjnen^oit à sw cou-
vrir du premier coton.
Ou dit, qu'Une étoffe jette sen colon, <?ii
oAon, pour dirp, qu'Elle jette une espace de
bourre, de duvet, qui ressemble à du coton.
On dit figurement et proverbialement, d'Un
lionuiie dont la réputation ou les afîîiircs sont
ruindcs, qu'/I jette un viUiln coton. Kt ironi-
quement, H jette là un beau coton.
COTOX.NER. V. n. Il se joint toujours avec
le pronom personnel, et se dit Des choses qui
commencent & se couvrir d'un certain petit
colon ou duvet. Ses joues commencent à se co-
tonner. 11 est peu usité en ce sens.
U se dit encore plus particuli^rement Des
étoffes sur lesquelles s'élève certaine bourre.
Le drap d'Espaqne se colonne. Celle toile s'est
edonnée.
On dit aussi, que Les artichauts, les raves,
quelques fruits, comme les pomnies, se co-
tonnent, pour dire, que Leur substance dc-
▼icut mollasse cl spongieuse comme du colon.
CoïOSNK, F.E. parlieî]xr. U n'est guire d'usage
que dans cette phrase. Chcvciuv cotonnés, pour
dire. Très coia-ls et *«&s-friscs. comme eeux
des '.V'è«res.
COTONraCX.EUSE. adj. Qui est devenu
mollasse et comme spon;;ieux. U se dit princi-
I ulenieut Des raves, des artichauts, des pommes,
e< autres fruits. Raves cotonneuses. Pommes co.
tanneuses. Pêches cotonneuses. Poires coton-
neuses.
COÏOSSIEH. 6. m. .\rbuste qui porte le
colon. 71 y a beaucoup de cotonniers aux
Indes.
COTONNINE. s. f. Sorte de toile faite d«
fçros coton, de laquelle on fait des voiles pout
lc£ galères, t'oile de cotonnine.
CtïTOYKR. V. a. .Aller côte à côte de qucl-
qu un. Il me i oloj oil. .Vc souffrez pas quH
vous côtoie à la procession. Un vassal ne doit
pas outoyer son Seitjncur.
Il signifie aussi , Aller tout le long de. ïi
faut cijioyer toujours la forêt. Côtoyer la ri-
vière. L'armée des ennemis céloyçil la nôtre.
Leurs ijalèrescôloyoient un tel pays, càtoyoienl
ii'i terres. Ils ri'osèreni picnilre le larne, et ne
firent que côtoyer.
O )TRET. s. m. Petit làisccau court , com-
pose <!c morceaux de liois de ii • Jiocre grosseur,
et lie par les deux bouts. Coirel de bois rond.
Coirel de bois de hitre. Cotret de chèneau , de
ho'ts blanc. Cotret relié. Une charge de cotrets.
Un cent, un millier de coirets. Bâton de cotret.
On dit, Ch'ilrer des eotiels, pour dire. En
oter quel(|ues b.'ilons.
On dit familièrement, qu'f 'n homme est sec
romnw un coirel, pour dite, qu'il est fort
Diaigre et dérl;amé.
COU
1 On oppelle figurément et populairement,
' Des cou| s de blton. De l'huile de cotret.
COrrE. s. f. Jupe. La partie de l'iiabille-
ment des femmes, qui est plissée par le liant,
et qui va depuis la ceinture jusqu'à terre. Il
ne se dit plus (jne de l'habillaneat des femmes
de bisse condition, ('ollc de paysanne. Cotte
<le drap, de serge, de (tanelle, de basin. IMc'.tre
sa cotte.
On dit proverbialement. Donner la colle
l'crte, pour dire, Jeter ime fille sur l'herbe en
folâtrant avec elle.
Cotte d'.^iimes. Casaque que lesChevaliers,
les ijomnies d'.\rnies mettoient autrefois par-
dessus leurs cuirasses. Les Hérauts en portent
encore. Utï Héraut revêtu de sa cotte d'armes.
Cotte ue piailles. Cbeniîse faîte de mailles
ou petits aiuieaux de fer. On l'appelle autre-
ment, ./«r^t/e de mciilles. Armé d^nne cotte de
mailles.
On appelle Cotte morte, parmi quelques
Religieux, L'argent, les biibits, les meubles, et
toute la dépouille d'un Religieux après sa
mort. L'Abbé a la cotte morte des Moines. Un
tel Reliqieu.v a laissé une bonne colle morte.
CCT11 EKON. s. m. Petite cotte courte et
étroite. Cotlerori à pointes. Cotteron de frise.
COTULA. s. f . Plante radiée, qui se par-
tage en plusieurs rameaux , dont chacun porte
à son sonnnet une fleur jaune. On la dit vulné
"aire et astringente.
CO-TUTEUR. s. m. Celui qui est cl^arp;
n'une tutelle avec un autre.
COTYI.E. s. fém. .Sorte de mesure romaine
pour les liqueurs. Elle conteuolt neuf onces
romaines.
COTVLE. s. m. Terme d'Anatomie. Cavité
d'un os daus laquelle un autre os s'articule.
COTYLÉDON , ou ÎToiHBnn. de "S'énus. s. m.
Plante qui croit sur les rochers et sur les
vieilles- murailles. On lui attribue les mômes
vertus qu'à la Rliubarbe.
COTYLOÏDE. adj. Tenne dAnalômie. Il se
dit De la cavité de l'os des iles, dans laquelle
l'os du féniur s'articule. La cûi'ite' eotyîoide.
COU
COU. s. m. La p.irtic du corps qui joint la
tète aux épaules. Long coù. Grand cou. Gros
cou.^lvoir un mal de cou. Avoir mal au cou.
Mouclioir de cou. Un tour de col ou lour de
cou. ivo'v le cou de travers. AViongei' le cou.
Tordre le cou à un poulet. Il a pensé se romji o
te cou. Se casser le cou. Pencher le cou. Char-
ger quelque chose sur son cou. Porter sur son
cou, à son cou. Le chignon du cou. La riunne
du cou.
Ou dit d'L'ne pcrM)nue qui u le cou long et
grèlc, qu'£/fe a U cou d'une qrue.
On dit proTcrbialement d'Une personne qui
porte uu gr.ii.'i fardeau et d'autres choses .
qu'£Ue en a ^on cou chargé.
On dit. Sauter au càu, se jeter au cou rfj
quelqu'un, pour dire, L'endjra.vser avec beau-
coup àr lejidn -se. beaucoup d'affertion.
On dit po|'u!aircmcul, qu't/n homme sera
COU 35.-,
penfîu par son cou, pour dire simplement,
qu'il sera pemlu.
On dit pamii le peuple, Prendre ses jambes
à son cou, pour dire. Partir sur l'heure , ou
s'mfiiir. // prit ses jambes à son cou, et sVn
alla.
On dit, Couper le cou à (j»e/(ju'«n, pour
dire , Sc-parcr sa iHe de son corps , lui Iranchej
la lète. Il fut condamné à avoir le cou coupe.
On dit (îgiircmcnt. Rompre ou casser ïe cou
(i un homme ^ pour dire, Lui rendre de mau-
vais offices qui ruinent sa fortune.
Ou dit d'Un Jiomnie qui est tombé et qui
s'est Messe, qu7I s'est cas$é le cou.
Ou dit aussi, quVn homme $'est cas&é U
cou, pour dire, qu'il a ruiné ses âfîàircs, sa
fortune;
Kt, Rompre le cou à un projet, pour dire,
Kmpècher qu'il ne réussisse, le dire échouer.
Dans la Poûsie, pour tïvitcr la rencontre des
voyelles, on dit, Col au lieu de Cou. On le dit
onssi dans quelques phrases du langage ordi-
naire. Coi tors. U a le col court
Ou dit, Le col ou le cou d'une toufei7/e, le
col ou le cou d'un matras, pour désigner C.ctie
partie longue et étroite par où on emplit et on
vide ces vases.
On dit aussi, Cou de chemise , tour de cou .
mouchoir de cou.
COUARD, s. m. Poltron, qui n'a point de
courage. Ce.si un franc counrd. Il est vieux.
COUARDISE. suLst, f. Timidité, lûchrié,
poltronnerie. On lui i. reproche sa couardise.
Il vieillit.
COUCHANT, adject. Qui se couciie. Il n'est
eu usage que dans ces deux plinses : Chien
couchant, et so/et7 couchant.
Chies col-chant. Espècede chiende chasse,
qui se couche ordinairement sur le ventre
pour arrêter les perdri.x, les cailles, Ie« lièvrog
rt autre gibier. Dresser un chien couchant. H
chasse avec le fusH et le chien couchant, avec
la tirasse et le chien couchant. Ce chien cou-
chant est hon au poil et à lu plume.
On dit proverbialemcp.t qu'f 'n homme fittt
le chien couchant j que c'est un hvn chien cou-
chant, ponrdire, qu'il sait bien faire l'hunihlc
et le soumis auprès de quelqu'un jKuir venir .1
ses fins.
Soleil cournAWT, se dit Du soleil, quand
il est près de descendre sous l'horizon. Il arriva
au soleil couchant. Depuis le soleil levant jus-
qu'au soleil couchant.
On dit proverbialement et figurémenl,qu' On
adore plutôt le soleil levant (jue le soleil cou-
chantj pour dire, que L'on con.sidère plutôt la
puissance miissante, la faveur uaissante, que
celle qui est sur le déclin.
Couchant, est aussi subfitaniif, et signifie,
La partie orcidentile de la terre. Une telle ré-
qion est au couchant, vers le couchant. Du le-
vant au couchant. Entre I^nudi el lecouclumt.
Du co'lc du couchant.
Il signifie nu.vi quelquefois L'endroit ou le
soleil se courhc. Le couchant d'hiver, U ron-
c^ant d etc. Maison cjrposôe an couchant.
3a6
COU
COUCHC. s. f. LU. En ce sens il est de peu
d usage dans le langage ordinaire; m;ûs on s en
sert dans la Pocsie, et diins (jue'.qncs façons d<-
parler consacrées, comme, La couche jinpti<iic^
la couche royale.
Il se prend quelriucfoîs pour Le seul l)ois
d'un lit. Couche de bois lîe noyer, etc.
On dit figmcmcnt, Souiller la couche de
tjitel(ju'un, pour dirc^ Ahuser de sa femme.
Souiller la couche nuptiJe.
On dit aussi . en parlant De quelqu'un , les
f}uiU de sa coiu/r-, pour dire, Les fruits de
sou mariag , ses «-'uians.
Couche, ijenitie aussi Letevips pendant Ic-
ijuel les femmes Jcmeurent au lit h cause de
I enfanlemenï. Cette [emme pendant ses couches,
etc. Elle étoit en couche. Elle ft ses couches en
tel emhoit. Elle a acheté un tel anieuhlement
iwfir ses couches^ pour ses premit.i es couches.
Elle est relevée de couche.
Il se prend aussi précisément pour L'enfan-
tement. Heureuse cvache. Fdcheuse couche,
^lauvaise couche. Ce mal lui est demeure d une
couche.
On appelle Fausse couche , Une couclie
avant terme. Cette femme a fait une [aussi
couche. Elle a été très-malade d'une fausse
couche.
On dit figuréroent, Fausse couche, «n par-
iint d'Un projet avorté. Nous avons fait fausse
LOUche, Ps'ous avons mal réussi.
CotcuE, se dit nussi Dvs linges dont on rn
veioppc les petits eufans. On a donné à la
Nourrice une douzaine de couches. Changer un
enfant de couches. Couche à dentelle.
Couche , en termes de Jardlnaf;*; , se dit Des
planches relevées, el faites ordinairement de
funiier mt^Ic avec de la terre, pour semer cer-
taines fleurs qui viennent de graines, des me
loas, des concombres, du pourpier, et autres
licrbages et légumes, Couc/ie de fricolors, de
bcUedames. Faire des couches. J'ai de hon$
melons sur cette couche-là. Il faut échaujfir
cette couche-là avec de nouveau fumier. Semer
iur couche. Garantir les couches avec des pail-
lassons et des brise-vents.
On appelie.Couc/)e sourde^ Celle qui ne s'é-
lève point au-dessus delà superficie de la terre.
Il se (lit encore De certaines choses qu'on
met par lits, particulièrement des fruits, des
mcdicamens, et des viandes dont on veut faire
quelque composition. Il faut mettre une couche
de fraises y puis une couche de (jrvseillcs, puis
une couche de sucre. Une couche de frunihoises.
Une couche de pommes de rainette. Couche de
heiwre. Couche d^herbes jines. Couche d'ahri-
tois. Une couche de lard^ etc.
CoLCHE, si£;nitle aussi L'enduit qu'on fait
avec des couleurs ou des métaux [>our peindre,
bronzer ou dorer. La première couche. Simple
couche. Double couche. Il faut donner trois
couches de blanc à huile, à détrempe. Couche
d'or, d^argent.
CouCRE, signifie aussi à de cci-tains jeux .
comme au Lansquenet, Ce qu on met sur une
carte. La moindre couche devoitêtre d'une pis-
COU
tôle y la plus haute de huit pistoles. On dit,
Tant de couche et de belle, pour dire, qu'On .
met tant sur ia carte, et que celui qui est prii
paye tant ù ceux qui ont encore leur carte.
CoccHES LIGNEUSES. On appelle ainsi , eu
ternies d'Histoire naturelle, C(;rlains cercles li-
çneuxque l'on remarque quand on coupe hori-
ioutaleniL-nt ua ironc d'arbre, et qui marquent
h crue de chaque année.
COUCHÉE, s. f. Le lieu où on loge la nuit
en faisant voyage. La dînée est en tel endroit ,
ti la couchée est en un tel lieu. Il y a tant jus-
auà la couchée. Nous nous rencontriîmcs à la
ccuchée.
Il signifie aussi ïx: souper el le logcmeut des
voyageurs dans rhôtellerir. H nous en coûta
tant pour notre couchée.
COUCHER, v. a. Mettre quelqu'un au lit ,
le déshabiller, l'aider à se mettre au lit. Cou-
cher un etifant^ un miiladc. Ces valets cou-
chent leur maître. Ces femmes de chambre sor-
tiront (juaiid elles auront couc/ié leur' maU
fresse. Le^ plus proches parentes couchent la
mariée.
Coucher, signifie aussi. Étendre de son
long sur la terre, sur un lïl, etc. J>(iint Lau-
rent fut couché sur un gril. On coucha ce
5amf sur des charbons ardens. Saint Louis
en mourant voulut qu^on le couchât sur la
cendre,
CoccHEii. V. n. signifie. Être étendu pouv
prendre sou repos. Coucher dans un lit, dans
(/(•s draps ^ enire deux draps. Coucher sur un
matelas, sur la plume., înollement, durement
Coucher sur la dure j sur une paillasse, sur U
terre y à terre, à plate terre, sur le ventre^ sut
le dos y sur le côté. Coucha' tout huhillc.
Avec le pronom personnel , Se coucher ^
signifie, Se mettre au lit, on s'tîlendre tout de
son long sur quelque chose. Ils se sont couches
f^irl tard. Il s'est couché par terre.
Col CHER , se prend quelquefois pour, I.o
°er la nuit eo quelque endroit. Il coucha dam
une hùtelhrie, à Vhotellcrie. Ils allèrent cou-
cher ù tant de lieues de Paris.
Il signifie aussi, P'»8Ser la nuit en quelque
endroit . en y prenant du repos. Coucher de-
/iors. Coucher dans la rue. Coucher au cabcwct.
Coucher en ville. Il couche ordinairement ou
il soupe. M
On dit en ce même sens, Coucher dans un
bateau , dans un carrosse, etc. pour dire, Y
p.'isser la nuit. 71 ne put arriver en tel endroit ,
il fut obligé de couclicr dans son canosse. Ih
ne purent aftordcr à f/.use du mauvais temps .
ils couchcjent dans le bateau.
En ce sens on dit figurénirnl. Coucher à h.
belle étoile; et populairenimt; Coucher à Ven-
^eignr de la lune ^ pour dire, Couclier de-
hors.
On dit figurémcnt et proverl»îalementqu't/n
homme a couché dana sou ftmrreau commt
l'épée du Roi, ou simplement, qu'il a couche
dans son fourreau , pour dire , qu'il a couclié
tout vêtu.
On dit proverbialement, que Poui Lvirf. di
COU
Veau et coucher dc/ior«, il ne faut demander
conae à personne.
On dit familièrement, qu't/nc porte, qu'une
maison, qu'une fenêtre a couché ouverte j pour
dire, qu'Elle n'a j>oint été fermée de tonte la
nuit.
On dit, Coucher avec une fcmme^ pour
dire, Avoir commerce avec elle. Il y a plus
d'un an que ce mari ne couche plus avec sa
femme.
On dit proverbialement et bassement À Un
homme qui refuse une oflie qu'on croit rai-
sonnable, St vous n'en voulez point, couchez-
vous auprès.
On dit proverbialement. Comme on fait son
lit on se couche, pour dire, que Selon qu'on
dispose ses aflàires, on s'en trouve bien ou
mal.
On dit Du Soleil et des autres Astres, qu7ï$
se couchent, qo'i/s sont couchés^ pour dire,
qu'Us descendent , qu'i's sont descendus sous
riiorizon. Ij€ Soleil se couchera dans demi-
heure. Il y a une heure que la Lune est cou-
c liée.
On dit, qu'Un vwuvhuir de coo* une cra-
vate , un collet de manteau^ se couchent bien .
pour dire, qu'ils prennent un bon pli, el s'a-
justent comme il faut sur la personne.
CoucHEn, v. a. signifie aussi Incliner. Cou-
rtes un peu votre papier, vous écrirez plus
tommodèmeni.
On dit, Coucher par teire, coucher sur le
tarreau, pour dire. Renverser, tuer. Il coucha
ion homme par terre. Il lui donna un crin^
coup d'épée, et le coucha sur le carreau. Les
tHnemis s'aQançoient , on ft une décharge sur
euxyqui en cùucha cinquante par terre.
Il se dit aussi Des choses inanimées. Lu
grêle, la pluie , couchent les blés, les herbes.
Coucher un sarment, un cep de vigne. Cou-
cher les branches d'un arbre en terre, pour
faire de nouveaux plaats.
Il se dit aussi Des dentelles et autres choA^s
icmhlables, qu'on étend de plat sur quclqn^
ôtolTo. Coucha^ des galons, couciter une den-
telle sur une étoffr,
CoucUEiï. signifie aussi, en parlant Des cou-
leurs ou de l'émail, Étendre une couleur, en
mettre une couche sur quelque chose. Cou-
cher une couleur. Couc/ier de l'or, de l'ar-
gent sur
Ou dit, Coiic/>erprtrcfrt(.pour dire, Metlte
|)ar écrit. Ce n'est pas assez de dire cela, il faut
U coucher par éoit. Il couche bien par écrit,
|)our dire, qu'il écrit d'un bon style. En ce der-
nier sens il vieillit.
On dit, Cou^r' er dans un Acte, ou dins
quelque autre pièce d'Ecriture, pour dire. In-
sérer dans un Acte. La clause est couchée tout
au long dans le testament, dans le contrat.
Le Greffier coucha cet atttrlc dans Us /^e-
ni.ïtres, cfc.
On dit, qu'Onu couché quelqu'un sur fétat
des pensions ^ sur Vétat de la Mat.^on du Hoi ,
pour due, qu'On l'a employé sur l'ctAt, etc.
On dit aussi, Couder ei recette, en dépense^
cou
pour (lire, Employer un article sur IVlat ae In
ircette, ou lie l.i il4'[>eiisc.
On dil (ipiiréininl cl familièreiTient . Coiifîicr
une fcou(eil/e Mir Je côté, pour dire, I.a vidi-r ;
rt on dit, fpiE/le est couchée $ur le c6lc, pour
dire, quElle est vide.
On dit. Coucher en (otie, pour dire, Mirer
avec une nrme â fcii. Je l'avais, déjà couché en
joue. Il le tenoit couché en joue jwur le tirer.
On dit fîgurémentel ^amiIi^^eme^t, Coucher
en joue , pour dire , Observer , avoir en rue
queli|iie personne o>i quelque chose sur la-
quelle on a des.spin. Il aspire à cette charcjc , ù
cette place. Il recherche cette f]lle eu mariiiqe,
il V a lonn-tcmps nti'i/ la couche en joue. Il
étoit i{:ins un coin, il la rcgardoit ^ il la cou
ehoit en joue.
Coiciikh, signiGe aussi Mettre au Jeu.// t'iï
grtjnd joueur ^ il cvtche cent pistoles sur une
earle. Il couche qros.
On dit G^iuénient et familièrement. Coucher
gros, pour dire, Hasarder beaucoup, quoi'jur'
ce soit liors du jeu.
On dit aussi ligurément et familièrement ,
epx^Vn homme couclte nros, pour din , qu'I)
promet, ou qu'il avance des choses cxlraordi
oaîres, et au-dessus de tes forces. 71 ne parle
(Jue de cinquante mille livres de rente , i!
couche tyrcs.
On dit figurement. et dans le discours fa-
milier. Vous couchez qros , ou l'ous ne couchez
pas (jros, pour dire. Vous vous engagei trop,
ou vous ne vou^i en^-i^ez guère.
Covai, it. participe.
On dit, y4 jnleil couché , pour dire, Un peu
a|>c^ que le soleil est couché.
On di! aussi ; Avant soleil couché. Après so-
leil couché.
On dît proTcrbialeltient , qu'On est plu.^ cou
arc que dehimty pour dire, que Te temps que
dure la vie est peu considéraiilc au prix de celui
qui la suit.
COCCHER. s. m. Action de se coucher. I\
koit à son coucher. Il se Irouic au lever et au
coucher du fioi'. On lui a apparié le vin du
toucher.
On dit aussi. Le coucher du -Soleil tl <?e«
Astres., pour. Le temps ou ils se cachent sous
riioriion.
On appelle Le petit coucher du Roi, 1,'os-
p«« de temps qiii reste depuis (pie le Roi a pris
« e^ieniiv? . et donné le bonsoir, jusquVi ce
qn'il se mette nu lit. Vn tel étoit au petit cou-
rrier ilu Roi , nu simplement , Au petit coucher. ,
Il n'est pas du petit coucher. Cela fut dit au
petit coucher du Roi.
f;occntii, siguiKe aussi 1,'usa^e du lit, la '
façon dont ou <st coudii', soit bien, soit mal.
/( ne lui colite rien pour son couc'ier, pour le
coucher. Il tst délicat pour le boire, pour le
mantjer et pour le coucher. |
IftVA .11 1 ; R . V m. La gamiture d'un lit,comme '
«otela», lit de pliunc, etc. Vn bon, un mau- |
rais eoucher. j
COUf JIKTTE. I. f. Petit lit, peUtc couche |
•MU pilier* et tans rideaux.
COU
r:OUr,IIEUR, EUSE.s.Qui couche avecmi
aulrc. Bon, commode coucheur. M am'aiSy mè-\'
chant, incommode coucheur. C^esl une mau-
vaise, une méchante couchcuse.
COUCHIS. s. m. Poutre, sable et tciTC qui
sont sous le pave d'un pont.
COUCI-COUCI. Tcr/ne familier, pour dire,
À peu près, teUemeut quellement. Je suis con-
tent de vous couci-couci. Vous faites votre de-
voir COUCî coucï.
COUCOU, s. m. Oiseau grxis comme un pi-
geon, qui a tiré sou nom de son clianl. J'ai oui
chante.' le coucou.
CoucoD, en termes de Jardinage, se dît
d'Un fraisier qui fleurit beaucoup et ne produit
point de fruit.
cor 1)1-;. s. m. La partie extérieure du bras
A l'endioit où il se plie. // êtuit appuyé sur son
coude ., sur le coude. H lut donna uji coup de
coude. Il a les coudes fort pointus. .Man(jer avec
SCS amis en liberté les coudes sur la table.
On dit (ïgurément et bassement, Hausser le
coude, pour dire. Boire beaucoup. On dit aussi
familièrement, qu'Ion homme a haussé le coude.
pour dire, qu'il a trop bu.
COLDE, se dit encore De l'endroit de la inan-
rhc qui couvre le coude. Son habit ne 7Jaut
rien, il a les coudes percés j il est percé par
les coudes.
On dit figurémcnt , qn'Vne muraille fait
un coudcj pour dire, qu'I^lle fait un angle ex-
térieur.
On h dit encore d 'Une rivière. La Seine fait
un coude en cet endiuiL
COUDK, EK. ad]. Oui fait un coude. BeaU'
coup d'outil:i sont coudés.
COUDKE. 9. f. sî;^ni(îc Toute l'clendue du
bras depuis le coude jusqu'au bout du doît^t du
milieu. En ce sons il ne se dit que dans les
phrases suivantes : /ivoir ses coudées fmncfies,
pour dire, Avoir la liberté du mouvement des
bra.^, les pouvoir étendre à droite et à gauche.
Quand il est à tahlcj il veut avoir ses coudées
franclics.
On dit aussi fîgurcmcnt et familièrement ,
qn'Uii homme a ses coudées franches, pour
dire, qu'il n'est point contraint ni £;l^né en ce
qu'il veut faire. Il peut faire son porc, son hd~
timerit aussi grand qu'il voudra^ il a ses cou-
dées franches. Personne ne contrôle plus ses ac-
tions^ il n'est plus en tutelle, il a ses coudées
franches.
CoroEE. ». f. Certaine mesure ou longueur
prise sur IVfîndue qu'il y a depuis le coude jus-
qu'au bout du doigt du milieu , cl qui est d'un
pied et demi. Cette murai'//c, cette colonne, cfc.
ai^oif tant de coudées de haut, étoit de tant de
coudées f avait tant de coudées en hauteur, t-ji
îarfcur.
COCDE-PIEn. «t. m. Lap.irticsupérictiredu
piedquisc joint j la jambe. Le coude-pied droit,
le coude-pied gauche.
COUDER. V. a. Plier en forme de coude,
CotiJer une htvre de fer, couder une rtanc' e.
En faire lo coude. Coiirfcr une tranche de viqr.e^ ^
L£ pUor en tnv^h obtti».
COU 3"^
Ci:T'Dé, f:E. participe.
COUDOVEK. V. a. Heurter qiulqu'uu du
coude. Pourejuci m*(i-t-il coudoyé?
CODDOTÉ, FF. participe.
COUDR.'VTI'',. s. f. lieu p!ant6 dccouârtktnu
coudriers. Dans la coudrait.
COUDRE, s. m. Arbre qui porte des noi-
settes. Coudre franc. Bois de coudre. Baguette
de coudre. Cerceaux de coudre.
COUOilE. V. a. Je couds, tu couds, H coud;
nous rousonj. Je couioiV J'm cousu. Je cousis.
Je coudrai. Couds. Que je coiisisse, qu'il cou-
sît. Cousant. Attacher et joindre deux ou plu-
sieurs choses ensemble avec du fi! , de la soie ,
etc. passée dans une aiguille ou outre clioie
semblable. Coudre proprement et habilement.
Coudre deux choses ensemble. Coudre une
chose avec une autre. Coudre du linge. Coudre
en linge. Coudre des manclettesà unechemise.
Coudre des boutons à un habit. Bottes bien
cousue^. 5ou/icrs bien cousus, etc. Coudre des
cahic's ù un livre. Coudre une plaie^ les bords,
les lèvres d\tne plaie. Coudre à grands points ,
à points rabattus. Il s'est piqué en cousant. Ce
Tailleur coud bien. Cela est cou.'iu avec de gros
fil. avec de la soie, etc. Cousu à la hâte, mal
cousu. Coudre *ne pièce à un habit.
On dit figurément et famibèrement, d'Un
mal airivc ou près d'arriver, qu'On ne sait
(juelle pièce y coudre, pour dire, qu'On ne sait
quel remède y apporter. QuelU pièce y cou-
drons-r.ous?
On dil fi:;i)n'nienl , Coudre la peau du re-
nard 1 celle du Uon , pour dire , Jointîre la ruf-e
à 11 force.
Cn dit figurément, Coudre des passager.
Cinq ou si.v passages qu'il avoït cousus eu^eru-
ble, faisaient tout son discours.
Cousu , CE. parlîcipc.
On dit figurément et familièreinenl. Des fi-
nesses cousues de fi blanc, pour signifier, De*
finesses grossières et aisées & reconnoiire.
Ou dit d'Un liabii bien fait et bien jnste suc
quelqu'un, qu'/Iscmtïc qu'il soit cousu sur lui.
On ditd'Un cheval maigre et efllQnqué,qu'/l
a les flancs cousus; et d'Un luiuune euéoué,
qu'f / a les joues cou.'iucs.
On dit d"Un bommc^qu'/I est tout camu
de pistoles , tout cousu d'èciu! , tout cousu d'or
e( d'rtrryerit, pour dire, qu'il n l^aucoup d'ai^
gent comptint. Il e^t familier.
( n dit d'Uu homme couvert de Hrssures,
qu'// est tout cousu de coups. Il est familier.
Ou dit d'Un homme qui a le visajc fort
'marqué de petite viVolc. qu'// cn a le visaije
tout cousu.
On dit figurément et familitTcmeni , Bouche
cousue, pour dire, (îardei le secret, ne parité
point, ne dites mot. Faites ce quil vousplaiiti,
mais surtout bouche cotisue.
COUDREITE. subsl. fém. Citudriic. Il est
vieux.
COUDRIER, ou COUDRE, s. m. Arbre qui
porte de5 noi«ettrs, etqtii s'appelle auui Noi'
sctiir. Coudrier franc. Coudùa- enté,
COUEJOE. s. f. Veau de pourer-iu. Courun*
Sî8
COU
il« larâ. Grosse couenne. Frotter avec île U
couentie.
Il se dit aussi De la peau des marsouins. V
COUKIV>T.UX, ELSE. a3j. Qui est de lit
nature de la coucmc. Un satitj coueiineiix.
COUETTE, s. f. I.il de pUinie. Couette bien
jileine, bien remjilic. Il ist vicu-t.
COULAGE, s. m. Perte, diminution des
liijueurs qui sccoiilent des loiineaux. Le cou-
lune d'une pièce de vin. Hlaichcindises sujettes
i coulage.
COULAMlNIEyr. -T'iv. Tl'une manière cou-
lante, aist'e, qui "'a ri'u de rude. Il se dit Des
discours et des ouvrages de prose et de vers. //
purle coiiUmmcKt. Cela est écrit couliimment.
COULANT. A.N i E. adj. (lui coule aisément;
et il se dit dans le propre et dans le Kgiiré. Huis
seau coulant. Style coulant. Ses vers sont bien
coulans. Sa veine est coulante. Ce vin est cou-
lant.
On appelle N":ud coulunf, Un nœud qui se
«erre et desserre sans se dénouer.
On dit, Unvin cuulantj pour dire, Ajjréable
il boire , et qui passe aisément.
On dit d'Un homme avec qui il est facile de
traiter les aflaircs,./e l'ai trouvé assez coulant.
71 faut être coulunl en afj'nires.
COULANT, s. m. Diamant ou pierre pré-
cieuse que les femmes portent pour orncmcnl
il leur cou, et qui est enlilé à un cordon de
«oie , en sorte qu'on le peut hausser et baisser.
Cette Dame avoit un couiaui de (jrand vrir.
COULÉ, s. m. en !\îusique, se dit Itirsque
t~ Toix ou l'es ii3Strumcns passent d'une notf â
une autre, en faisant une espèce de liaison
entre ces notes.
ConLÉ , est aussi Un pas de danse. Faire un
eoulé.
COULÉE, s. f. Terme d'Écriture. Caractère
d'écrituic penché, dont toutes les lettres sfl
tiennent, et qu'on appelle Coulée, dislinguce
de la Ronde. Il est aussi adjectif féminin, (/ne
écriture coulée,
fiOULER. V. n. Fluer. Il se dit Des clipsès
liquides qui suivent leur pente. Ce ruisseau,
celte fontaine coule dourement , lentement ,
- coule da source, co'.de dans la praitie, coule
sur des caillowc^ sur des qraviers, etc. La ri-
vière coule le long des miirinl/c;, coule alen-
tour^ tout autour de la ville^ coule vers le
midi, vers le nord. Le sariq, la sueur Ini cou-
luit le long du 7'isage, coulait abondamment.
Les larmes lui coulent dcsycur. Il est enrhumé,
le nez lui coule. Cette chandelle est de mauvais
suif y elle coule. Le sang qui coule dans les
veines. Cette encre est trop claire, elle coule
trop. Elle est trop épaisse, elle ne coule pas bien.
On dit d'Un tonneau, d'un vase, etc. qu'/l
coule, Quand il est percé, ou qu'il n'est pas
bien joint, en sorte que la liqueur qui ai
dedans s'en^it. Ce muid, ce bai-il coule. Il
coule de toutes parts.
On dit, eu parlant d'Un ouvrage de fonte
qu'on a jeté en moule, que La statue, que lu
cloc.'ie a coulé, pour dire, <]iie Le nietal s'est
^■.■a1p^« par quelque fente faite au moule.
COU
On cîit, (ju'O'n navire ^ t^u un vaisseau coule
à iund, coule bas, pour dire, qu'il s'enfoncp "
dans l'eau.
On dit aussi flclivcment qu'On coule à fond
un vaisseau, pour dire, qu'On le fait submer-
ger. Atta(fiier lui vaisseau et le couler à fond a
coups de canon.
On dit fîgurcmcnt, Coule} (judqu^un à fond
dans la dispute ^ poui' dire. Le réduire h ne
savoir que répoiulre; et Couler une matière ù
fo'fdj Dire sur un sujet tout ci; qu on peut
ire, sans rien omettre.
On dit aussi fij;urrracnt. tju'O/i a coule un
homme à fond^ qu'il est coulé à fond ^ pour
dire, qu'Où a ruiné sou crédit, sa fortune, etc.
Cet homme avoit un nrand crédit ^ un qraml
poste, etc. à la Cour, ou Va coulé ti fond^ îl
est coulé à f'ud.
On dit aussi Des choses solides , quEllcs
coulent, peu- dire, qu 'Elles glissent, qu'elles
s'icliappent. f.'êchellc 7i''avoii pas assez depi&d,
elle coula. Comme il passait par la rue, une
luile coula d^un foit, et lui tomba sur la tête.
On dit, que La vujne cou!e,Quaud le raisin
qui comnienrolt ù se nouer tomlie ou se dessi";-
clie. La viqnc ctoit belle, mais elle a couié, lu
pluie Va fait couler. Les vignes ont coulé.
On ledit aussi De certains iruits, comme des
melons, des figues, etc. Les melons ont coulé.
Les faites ont coulé, etc.
CoVLZi\,'sc dit aussi figurement Du temps
^ui passe. Les jouis, les on/it-cs, les siècles
rowli'nt insensiblement, coi-îcut si vite. Letcmps
coule doucemenl.
On dit d'Une période, d'uti vers, qu'/ïj
coulcnf bien , pour dire, qu'il ne s'y trouve
rien de rude, v' qui blesse l'oreille.
On dit encore De tout ce qui est dit ou e'crii
naturcllenicnt, d'une manière aisée, que Cela
coule de source.
Il se dit aussi De ce que quelqu'un fait ou
dit fonfornu-ment à son génie, naturellement,
de l'alionduïice du cœur, par un fonds de ca-
pacité, de sincérité. Il dit des choses fort con-
solantes à cette personne, cela coule de source.
Il parle très -savamment,, cela coule de source.
Il a fait beaucoup de charités, cela coule de
source.
On dit aussi, que Les liqueurs délicieuses j
les bons utns coulent aqréablement , pour dire
qu'on les boit avec plaisir.
On dit, quT n rasoir coule bien, {>our dire,
qu'il rase doucement, légèrement, qu'il n'est
point rude.
CocLEn, signifie aussi en termes de danse.
Glisser doucement. Dans cette danse-là,, on ne
fait (lue couler. Faites deux pas y et coulez.
Kt on dit aussi, Couler un pas, pour din:.
I.e niarqu(;r légèrenient.
On dit do même en termes de Musique ,
Couler une note,, plusieurs notes, pour dire.
Les passer U*;j,i*rement.
On le dit aussi Des personnes qui passent
sans Cùie de bruîl, crainte d'être aperçues.
Coulez lu'tc le lontf de cette muraille. Ces ,
troupes coulèrent à la j'oveur de la nuil, U |d
COU
faveur du hoîs^ coulèrent le long des fossés. €C
entrèrent dans la Place. Le lièvre a coulé le •
long de la haie.
En ce sens, il se met aussi avec les pronoms
personnels. Je me coulai le long de la muraille.
Il se coula par derrière la tapisserie. Il s'est
coulé dans la presse. Coulez-vous doucement
parmi ïeS autres.
Ou dit d'Un liomme qui dans son discourt
(l'a parle d'une chose que légèrement et en
passant, qu'/I n'a fait gue couler sur ce fuity
sur cette circonstance , etc.
Couj.ER. V. a. Passer une chose liquide au
travers du linge, du drap, du sable, etc. Cou*
1er du lait dam- un couloir. Couler la lessii^e.
Couler de l'hypocras dans une chausse. Couler
un bouillon. Couler au travers d'un linge.
On dit. Couler une glace^ pour dire, En
faire couler la matiôrc fondue, sur une tablo
prcpcrce e.\près. Le secret de couler les places
est récent.
Couler , signifie aussi fîgurément , Faire
'.■Jisser adroitMucnt , mettre doucement en
'piclque endroit, ou parmi quelque chose.
Il a coulé ce mot subtilement dans la clause,
ju cette clause dans le contrat. Il en faudrait
couler un mot dans votre discours, dans voire
lettre. V. lui en a coulé deux jnots à Voreille.
En comptant de Vargent^ il y coula guelques
pistolet fau:fses. Il coula Ce billet, cette pièct
parmi les autres papiers. Il a coulé la maiii
dans ma poche. îl lui coula des louis d'or dan»
{a main.
Com.Ê, en. participe.
COULP^UR. s. f. Impression que fait sot
fœil la lumière réfléchie par la suiface de»
corps. Les couleurs simples. Les couleurs com-
posées. Couleur naturelle. Couleur artificielle.
Couleur claire. Couleur sombre brune,, obs-
cure. Couleur éclatante. Couleur voyante.
Couleur haute. Couleur gaie. Couleur vive.
Couleur ti-iste, morne. Couleur, modeste, fan-
tasque. Couleur forte. Couleur enfoncée, char-
gée. Couleur faible. Couleur fausse. Couleur
tcgcre. Couleur rude. Couleur douce. Coulenr
passée, effacce, ternie. Couleur fironC sur le
brun, sur le bleu, etc. Couleur mêlée. Couleur
changeante. Couleur fuyante. Couleur tran-
chante. Couleur à la 7nodc. Ce vin a la cou-
leur malade. Couleur uoi're, blanche, grise ^
rouge, vette, violette, jaune j incarnate, isor-
bellc. Couleur de feu , d'amarante. Couleur
amarante. Couleur de rose. Couleur de rose
sèche, de chair, aurore, de citron, de gris-
de-lin. Couleur de musc. Couleur d'olive , de
feuille morte, de ramoneur , de ventre de bi-
che, etc. Cette étoffe est de telle couleur. Di~
veis'Jicr les couleurs. VariétJ de couleurs.
.Vtiler les couleurs. lUélange de couleurs.
]\uance de couleurs. Assortir les couleurs. Il y
a proportion entre les couleurs. Cette etojfe n a
pas bien pris la couleur. Teindre en couleur
de Mettre en couleur r>r»nner de la cou-
leur. Cette étofjl' a perau sa couleur. On ne
porte plus de cette couh-w, de ces couleurs.
Cn dit aussi au masculin , Le couleur de
cou
/en, U couJew de rose^ de c/iaiV, âe citron;
pour dire, Ce qui a la couleur du feu, de la
rose, etc. Et après un substantif, il s'emploie
comme adjectif; Vn ruban cffitleur de feu, d'un
trcs'heuu couleur de jeu.
Ou dit pioverWalcmcnt d'Un liommc qui se
mêle de juger d'une chose qu'il ne sait point,
dorrt il n'a aucune connoissancc , qu7ï eu
l'une , qu'i7 en parle comme un avcunîe diS
couleurs,
CoixEim* se prend quelquefois en parlant
d'ï%loflcs et d'habits, pour toute autre couleur
que le noir, le gris, le blanc, etc. // ne s'ha-
bille guère de couleur. Il ne porte plus le noir.
U a pri^ un habit de couleur. Elle est en habit
de couleur. Elle a renoncé à la co»Ieur,c'est-à
dire, Elle ne porte plus que le noir ou d'autres
couleurs modestes.
CouLrcn , Drogue dont on se sert pour !a
peinture et pour la Teinture. Broyer les cou-
leurs. Mêler les couleurs. Préparer y appliqua',
coucher, asseoir, poser les coulettrs. Avant que
de dorer ce lambris , ii le faut mettre en cou-
leur, Mcfirc la première couleur. Bien manier,
bien employer les couïeur^. Adoucir les cou-
leurs. Amortir les couleurs. Ranimer les cou-
leurs. Rehausser j relever les couleurs. Les cou-
leurs s''affoiblissent , se passent. L*air manne
tes couIeur5. Mettre un plancher , du par-
quel , clc en couleur. Ce peintre entend bien le
mélange j la fonte des couleurs.
(-OLLEtns, au pluriel, se prend quelque-
/ois pour La liwéc dont on haliillt* 1rs Pap;cs,
Cochers, Laquais, etc. Il a des couleurs maqni-
Jîques, des couleurs bizarres^ fantasques , bien
particulières. Couleur du Roi. Ce l'aqCy ce
Laquais n'ai'oit pas encore les couleurs. Il
vieillit On emploie plus ordinairement le mot
Livrée.
On appelle en Peinture , Couleurs amies ,
Celles qui ne se font point paroîlre rccipro-
({ucraeuldut'C5.
CoDi,EL'n, en lerines de Blnson, se dit Des
cinq couleurs, azur, gueules, sinople, snhlc
et jtourpre. Couleur sur métal. Métal sur cou-
leur.
CoiTLErn , se prend aussi particulièrement
pour Le leint. Bonne couleur , mauvaise cou-
leur. Couleur vermeille. Couleur paie, hlémCj
morte. Couïfiir plombée , livide , oliviUre ,
brune. Il se port^ bien, la coulettr lui est reve-
nue. H a repris sa couleur. Belles couleurs.
Cette personne a de belles couleurs.
CotiLCcn, se priipd aussi pour X^ rougeur
qui survient au visage pour quelque cause jia-
turrllc ou nccidcntelle. Il est haut en couleur.
Ca couleur lui monta au visage.
On .ipjiclle Pâles couleurs, Une maladie des
Jeunes lilles, qui leur rc:id le Icint j aie tr
jaiuic.
CoLXfCn, se dil aussi en pailant Des vian-
des quorv rôtit, el du pain et dcN pjtîsscrics
qu'on met au four, pour marquer la couleur
•jue ces chosci dniv. nt «voir quand rïlts sont
ru itcA comme il faut. Faites du feu clair ^ afin
que ces viandes prennent couleur., afm de leur
Tomf l.
COU
donner couleur. Ce pain n*a point de couleur.
Cette tourte, cette croûte n'a pas assez de cou-
leur, Ct rôti a bien pris couleur.
On appelle Couleur, aux jeux des cartes,
Le ])ique, le trèfle, le cœur et le carreau. De
quelle couleur tourne t-il? De quelle coiilfur
est la triomphe? J'ai des quatre couleurs dans
mon jeu. Je nai point de cette couleur. Il re-
nonce à la couleur.
Au jeu du I^insqucnet, on dit, Prendre
couleur, pour dire, Kiitrer au jeu et couper.
Prenez couleur. H a pris couleur.
On dit fif^urL-meul, Prendre couleur, pour
dire , Se décider , se déclarer. Ce((t: alftiivi
commence à prcndie une bonne, une tnauvaisi
couleur.
On dit fi,;urenicnl et familial ement, Repren-
dre Ci-iuleur, pour dire , Rentrer nu faveur, ré-
tablir sa fortune.
On dit aussi d'Un liomm* qui, après un4
long!ic retraite , repnroit dans le monde , re-
vient à la Cour, qu7/ a repris couleur.
CouLECiVj signifie fi^iu-émeut Prétexte, ap'
parencc. Il l'a trompe wus couleur d'amitié,
Il s*est rendu maître de Vaffaire sous couleuf
de le servir. A cela il n*y a ni couleur ni appa-
rence de vérité.
Il se prend quelquefois plus e'troitcmeni
pour Une raison apparente dont on se sert
poui' couvrir et pallier quelque mensonge ou
quelque mauvaise action, afm de persuader c«
qu'où désire. Cela le choquera d\tbord, si vous
n'y donnez quelque couleur. Voilà une cou-
leur bien spécieuse. Couleur plausible. Une fot\
mauvaise couleur. Revêtir un mensonge di
belles couleurs. Il sait bien donner une coulcuf
spécieuse à ce quSl dit, à ce qu'il fait de plu:
mal. Nos passions changent la couleur de:
objets.
On se sert du mot Couleur, en parlant Du
style, pour désigner le caractère des ornemens,
leur choix, et leur cfiet. Un style sans couleur.
Son style a une couleur brillantej magique,
austère, antique.
COULEL^'RE. s. f. Espèce de reptile di,
genre des serpens. Couleuvre de haie, de buis-
son. Couleuvi c d^eau. Grosse ,lonque couleuvre.
Peau de couleuvre. Oeufs de couleuvre. Il se
glisse comme une couleuvre.
C>n dit proverbialement et figurément d'Un
homme (juiacu bien des dégoûts, deschagrins,
sans osers'en plaindre, qu'/hi bien avalé, qu'on
lui a bien fait avaler des couleuvres,
COULEUVREAU. subst. niasc. Petit de
couleuvre,
COULrXVT^ÉE, ou BRIOINE. s. f. Plante
sarmenli-u-se et fort conununr. Ou emploie sa
racine dnus l'h^dropisle , et dans quelç^ues
autres maladies.
COULEVRCfE. s. f. Pièce d'artillerie plus
longue que les canons ordinaires. Cette coule-
vrine est de tant de pieds de longueur. Une cou-
lan-ine qui porte (rc*-Ioiu. À la portée de la
coulcvriue.
On dit d'Une maison, d'une terre. iin'Kllrs
iont sous la coulen'ine d'une Place, Quocd
3og
COU
elles en sont si proclies , qu'elles en peuvent
être ou défendues ou incommodées.
On dit figurcuient cl f.iiuiiiiremcnt i l'u
homme <jui a son liien dans le voisinage duo
plus puissant que lui, T'ous avez un puissant
voisin, soiyei (jiie vous clés sous sa cou-
Icviiiie,
On dit aussi figurément et familii'remcnt ,
r^ut'ii /lomnie est sous /u coiilevrinc d'un autre,
[Kiur dire, qu'il est en quelque sorte dans sa
fcpcndance par sa charge, par son emploi, etc.
tXHJLIS. s. m. Suc d'une chose consoinmèe
i force de cuire, passé par une tlaniine, par
an linge, etc. Couds de cliapon. Coulis de per-
ilii.r. Coulis de pois. Coulis d'écrevisses.
Il est quelqni'fuis adjectif, et n'est d'usage
^ue dans celte phrase, Vcnl coulis, qui signifie
un vent qui se glisse au travers des fentes et
•les irons. // vient un vent coulis par cette
furie. Je szns un vent coulis ijui me donne sur
l'épaule. Les vents coulis sont danqcreiix.
COULISSE, s. fém. Longue rainure par la-
quelle on fait couler, aller et revenir un châs-
lis, une fenêtre, une porte de bois, etc. Faire
une coulisse. Graisser la coulisse.
CoiLissE, se dit aussi Du volet qui va ct
vient dans ces rainures, ct dont on se sert poui
fermer. Fermez cette coulisse.
Coulisse, se prend aussi pour Ces pièce6 da
lécorations que l'on fait avancer et reculer
dans les changemens de théâire. Le feu prit
IU.C coulisses. Les coulisses n'allaient pas fci'eiv
U se prend aussi pour Le lieu où ces cou»
lissfs sont placées aui cotés du théâtre. Pert-^
dant toute la pièce il fut dans les coulisses.
lin termes d'Imprimerie , Coulisse de qalée,
tst une pièce de bois sur laquelle le Composi-
leur arrange ses lignes.
COULOIR, subst. masc. Écuelle ordinaire-
ment faite de bois , qui, au lieu de fond, a une
piicc de linge par où on coule le lait en le
lirnnt.
CoLLOin , se dit aussi d'Un passage de déga-
gement d'un appartement à un autre.
Il est aussi terme d'Analomie. Les cohloirs
de la bile.
COLLOIRi;. s. f. Vaisseau propre h laisser
passer, h faire égoulter la partie la pbis liquide
ou le suc de <|uelque 5ul>slance qu'on veut en
séparer. Couloire d'Apothicaire. Couloir» de
pressoir,
COULPE. s. f. Faute, péclié. Il n'est en
usage que dans les iiiatièies de Religion. Il si-
gnifie la souillure, la tache du péché qui prive
le pécheur de la grûce de Dieu. Par hi conÇes^
sioii la coulpe est remise, et non pas la peine.
Le grand amour de Dieu , la charité parfaite
emporte lacoulpeel la peine, délivre de la coulpe
ct de la peine.
On dil pruTcrbialemcnt, quand on a regret
d'avoir fait quelque chose, qu'On en dit sa
coulpe. Cela m'est êchapjté, J'm'ouc ma fiute^
je m'en repens, \'en dis ma couipe.
COULURE, s. f. Il se dit eo parlam Dm
grains de la grappe qui tombent ou te dess^
client quand le raisin commence i se nouer.
4a
33o
COU
La vigne est sauvée de lu gelée, il n'y a plus
que lii coulure à craindre.
CouicnE , se dit aussi De la portion du mé-
tal qui s'échappe du moule où la fonte est jclw.
COUP. s.m. Impression que fait un corps
sur un aittre en le frappant , le perçant. le di-
visant, etc. Granil coup. Pelit coup.Riule coup.
Coup léçjer. Coup pesant. La force, la pesan-
teur du coup. Coup qui entre bien amnt. Coup
de poing. Coup de pied. Coup de cognée, de
hache, de marteau. Coup de piei-te, d'èjKC, de
subre, de poignard, de lance, de pique, de
flèche, de hallcharde. Il a reçu un coup de fu-
sil, de mousquet, de pistolet. Il a eu le hras
emporté d'un coup de canon. Coup de bec.
Coup de dent. Coup de griffe. Coup de pale.
Coup de coude. Coup debdton. Coup de gaule.
Coup d'éperon. Coup de fouet. Coup de barre.
Coup de rasoir. Coup de laitcetle, de bistouri.
Coup de fleuret. Coup d'esiramaçon , de pointe.
Coup de foudre. Coup de vent. Donner, frap-
pa- , poi'Ier , allonger un coup. Recevoir un
coup. Détourner un coup. Parer, esquii^ci- un
coup. Jl s'est donné un grand coup contre lu
muraille, contre un arbre. Cela fut abattu à
coups de marteau, de cognée, etc. Il fut uiiadu,
terrassé d'un coup. 71 cul un coup dans le bras,
sur la tète, etc. Coup mortel. Coup favorable.
Coup dans les chairs. Coup qui ne fut qu'cj-
flcurer la peau. Le coup de la mort. On lui a
donné cent coups après sa mort. Charger de
coups. Assommer de coups. Roua- de coups. Il
tira sur lui, mais il manijua sou coup. Aller
UttE coups.
Coup , se prend aussi pour La marque dei
coups qu'on a reçus. Il est tout couvert , tout
percé de co-ups. Il a tant de coups sur lui, sur
son corps.
Cotrp orfcc. Voyez OnsE.
On appelle Coup de feu, La blessure faite
p r une arme à feu.
On dit populairement d'Un homme qui a étci
battu, qu'il a été le plus fort, qu'il a puric lei
coups.
On appelle Coup dans l'eau, coup d'épéc
dans l'eau, Vnc action, un eflort inutile.
On dit. Sans coup ferir , pour dire. Sans se
battre, sans tirer aucun coup. On a pris celte
Place sans coup fèrù-.
On appelle figurémcntet familièrement. Un
coup de bec, un coup dedenf, un coup de lan-
gue. Une médisance, une raillerie piquante,
etc. Cet homme est dangereiur , incommode
dans le commerce, il donne toujours des coupt
de heCjdes coups de dent , des coujx de langue.
On appelle Coup de grâce, Le dernier coup
que l'exécuteur donne i un patient, afin qu'il
ne languisse pas davantage;
Et figuicmcnt , Le dernier coup qu'on porte
à quelqu'un , pour achever de le perdre.
On dit , Frapper les grands coups dans une
affaire, pour dire, Employer les moyens sûri
et décisif).
Ou appelle Coup de Mnj , L'épanchcment
qui se fait dans le cerveau par la rupture su-
lùie do quelques vaisseaux sanguins.
COU
Coup rounnÉjSe dit dans PEscrîmc, Quand
cliacun des deux hommes cjui se LaUoiU donne .
un coup et en reçoit un autre eu mùme temps.
On dit fijjurémcnt et familièiemeut, Porter
un coup fuurré , pour dire , Utnidre eu secret un
mauvais oflTice à quelqu'un.
Cn dit figuvcmcnt , Délourncr le coup , rom-
pre un coup-, pour dire, Empéclier qu'une
chose préjudiciable ne se fasse.
On dit aussi figurémtnt, Faire son coup .
manquer son coup^ pour dire, Réussir, ou ne
pas réussir dans soïi enticprîse, exécuter ou
ne pas exécuter son dessein. ( Il s'emploie phis
ordinaiiement en mauvaise port) j cl, Rabattre
les coups,, pourdire, Adoucir une aflaire, apai-
ser les esprits, cmpiJclier iju ils ne s'aigrissent.
Ou dit aussi : Un
up (le veique. Un
coup
de pinceau, Vncoup â'œil. Un coup de plume
Un coup d\irchet. Uncuup de ailJlct.Vn cou^i
de qouvcrnail.
Ou appelle Coup de mum, 3 la guerre, Unt|
attaque subite, imprévue, et qui réussit.
On dit aussi, qu'C/n'ePhicca êtépriscd'un
coup de main,, pour dire, qu'Klle a été prise
sans canon. Cette Place ne craint point lei
coups de mdiit, elle est à Vahri d\n coup de
main.
Coup, se dit encore De b décliarge et du
bruit que font les armes h feu lorsqu'on k-s
tire. Lct Forteresses saluent l'I^icn dard Royal
de tant de coups de canon, etc. À Vcntrcc d'un
tel Prince j on fit une salve de cent coups de
canon et de dix mille couvs de mouaquct.
On appelle Coup, La charj^e d'une oiMS j
feu. Les soldais avoient chacun dix coups à
tirer.
On appelle Coup de tonnerre, Le bruit qui
accompagne ou suit un éclair; et on dit, qu'C«
homme a été tué d'un coup de tonnerre^ d'un
coup de foudre, pour dire, quil a été tué du
tonnerre.
On dit, par ironie, d'Une personne qui di-
vulgue tout ce qu'elle fait, qu'EI/e est secrèti
comme un coup de tonnerre ^ comme un cou f
de canon. U est *du style familier.
On appelle Coup de partance, Le coup d''
f-anon qu'on tire qiiai:d une flotte «m un vais-
seau part. À la pointe du joiw on tira le-cov^
de partance.
On dit, Tirer à coup perdu-, pour diie,
Tirer sans viser à aucun but certain.
Coup de tilet. C'est le jet du Glet dans
l'eau, pour prendre du poisson. ïl a pris tout
ce poisson-là J'un coup de jîlct. Bon coup de
fîlct. Halhcureux coup de f\lct, Achctcj- un
coup de filet.
On dit figurémcnt, lorsqu'on a enveloppe
Cl pris plusieurs voleurs, ou plusieurs ennemie
tout ik la fois , qu'O» Us a pris d'un coup de
lllet.
On dit Cgurcmenl, Coup de marteau^ coup
de cloche^ pour dire, Son de la cloche, de
rliorlogc. Dc} 'aidez-vous de l'/iturc, £tcs-vous
sujet à un coup de maitcau, à un coup de
cloche ?
Coup, se dil encore De certaines manières
COU
de jouer, et de certaines rencontres qui se font
dans le jeu. Ainsi on dit à la Paume ; Coup
d"* arrière-main. Coup coupé. Coup de nrillc,
de dedans. Coup d'aïs. l'H dans tous les jeux :
Coup de bonheur. Coup de malheur. Coup de
partie. Il a un coup sûr.
On appelle figiircment, Un coup d« partie^
Un coup important qui décide du succès d'une
grande affaire. En anctant les séditieux, on a
fait un coup de partie.
On dit proverbialement et fij^urcraent d'Unc
chose qu'on a faite, qui vaut bien la peine
tju'on y a prise, que Le coup vaut Iti halle ^
;juc le coup vaut Varqent.
Ou appelle aussi, Coup de fortune y coup de
bonheur, coup de malheur., coup d'aventure y
coup de hasard^ Va événement extraordinîiire
et imprévu
Coup, se dit aussi quelquefois d'Un mou-
vement impétueux, comme du vent qui souffle
sur la mer, d'une tempête. Coup de vent. Coup
de tempête. Un coup de mer écarta lews vais'.
seaux , les jeta , les poussa sur les côtes.
Coup de Soleil. II se dit de l'impressioo
violente, et quelquefois morlelle, que le grand
soleil fait en certaines circonstances, sur ceux
i£ui s'y trouvent exposés.
Coi:?, se dit aussi Des actions Immaincs.
Grand coup. Beau coup. Coup important ,
d'importance. Heureux coup. Coup imprévu.
Voilà un coup d'étourdi, un coup de nuilhahilë
fiomme. C'est un coup de désespoir. C*est un
méchant coup. Un mauvais coup. Il a fait là
un mauvais coup, de mauvais coups. Si on le
['0U5se à bout, il fera un coup de sa main.
Coup hardi, déterminé, méchant. Il a fait ce
coup-là de sa tète, sans prendre conseil de per-
tonne. Ce sont là de vos coups.
On appelle Coup du ctfl, coup d'en haut ,
coup de la Providence , Quelque évdncmenl
merveilleux qu'on ne devoit pas attendre DaCu-
rellemeut
Ou appelle Coup d'ami. Un service qu'on
rend à son ami dans une occasion fort impor-
lauie ; Coup de maître , Un coup d'habile '
homme; Coup d'£tal^ Un coup utile au bien
de l'iitat; et Coup de léte, Un coup, d'un grand
jugement.
Coup de tetSj se dil aussi d'Une aclion
ptourdic; et l'on dit souvent, Un coup de sa
ttte, dans ce dernier sens.
On appelle iîgurément. Coup d'Etal , coup
de partie. Une aclion qui décide du succès
d'une grande affaire.
On dit proverbialement, et par allusion ^ a
duel où Jariwc toa La Ch.itaigneraie par un
coup imprévu, 71 hxi a donné un coup de jar-
nac, le coup de jmrnac , pour dire, Il lui a nnt
un mauvais tour auquel il ne s'attendoil pa»,
et qui la mis en très-mauvais état, qui l'a
ruiné , qui a détruit sa fortune. Il s'cnlcnd un»-
jours en mauvaise part.
Ou appelle Coup d'essai ^ La première Of>
lion, le premier ouvrage par lequel on doone
Jes marques de ce qu'on est capable de iâiro.
On dit /^2urém. et I-unilièitm., Cet liomfte
cou
a un coup 3e liaclie, {nui diic, rju'Il a un
graiu de fuite.
On dit C^Lircment, l'n coup ik fvtuln, un
coup Je m.issiic, pour signifier Qiiclcjuc cvénc-
menl impriïvu, cloon.int, accablant, etc. CctU
nouvelle a été pour lui un coup de foudre , un
coup de massue. Lu rcpiimunde, les menaces
qu'on luifit, furent pour lui un coup de massue.
CotP DE TiiÉÂTnE, se dit d'Un cliniigenient
subit de décorations, ou d'une scène ii tacjucUe
on ne s'attend pas. On dit aussi au fij;iiré, Son
arrivée a été un coup de titèàtre. Voy. ThÉathe.
On dit encore, Coup de théâtre y coup im-
prévUj pour dire , Un événement inattendu (jui
eliangc tout à coup la situation des person-
nages , soit en bien , soit en mid.
On dit proverbialement et figurénient. Faire
d'une pierre deux coups , pour dire , Venir i'i
bout de deux choses par un seul moyen.
On dit, qu'L^nc chose porte coup^ pour dire,
qu'Elle tire h conscijucncc.
Coup, signifie aussi Une fois. Un coup, deu.x
coups f trois CQupSf etc. Le premier , le second^
le troisième coup, etc. de lui pardonne pour le
coup. Pour ce coup-là. C'est assez pour ce coup,
pour un coup. Uoirt un coup, rfeiix coups. Un
coup de vin. C<nui ne se peut faire en un coup
se fait en deux. C'est à ce coup, etc. Je vous U
donne en trois coun.*:. Il a en<1ore trois coups à
J0lli,T.
On dit, Boircàpetits coups, pour dire, Boirt?
L-u petite (juantilc à chaque fois; Boircun^ranA
t-t'U;i, pour dire, Boire beaucoup en une seule
ibis.
On appelle Cou; s de dés, Les diffi-Tentej
combinaisons que les dés peuvent faire. Il a
fait un beau coup de dés. Il a trois coups de
dés contre lui. ,
On dit dans plusieurs jeux, Rompre le coup,
pour dire. Rendre le coup nul.
On le dit aussi fii^urcment pour dire, Empé-
cliev l'exécution d'un projet.
Au jeu du Trictrac , on dit , Coup el dés, pour
dire, que La primauté appartiendra ù celui
qui amcDcra le dé le plus fort dans le trictrac.
Cocp, est encore d'usage dans plusieurs
piiroscs. On dit, Donner un coup de peigne à
ta perruque, pour dire, La peigner légéreuKnt;
/l n'y II plas iju'uu coup Je pinceau à donner
à ce tableau, pour dire, qu'il n'y a presque
plus rien h dire pour le finir; Donne; un couf
•tail êur cet ouvrage, pour dire, Jetci-y les
jeux.
On dit, Cette maison plaît au premier coup
J'mit, pour dire, que Sou premier asi»';! fait
pUisir; Le coup d'œil d'une terrasse est c7iar-
luiiiit, pour dire, qu'On découvre de I^ une
Tuc agnoLIc; Ce Gcnéial a le coup d'œil ex-
ecllcnt, jiour dire, qu'il connoit d'abord tout
l'aTautage qu'il peut tirer de la situation des
lieux, et de la Ui*posiliun ou des inouvcmeus
de J'cniuani.
On dit aussi dans le style familier. Donner
un coup lii- chapeau, pour dire, Saluer. Celu
ne fous coûtera qu'un coup de chapeau.
On AU auMi de luCnip, U n'y a qu'un eaup
COU
(î« piciî JusijiiVi un ciTldi'n eiiilroil, pour dire,
qu'Un y peut aller en peu de temps. Donne':
un coup de pied jusque-là.
Coir DU noi , et coup sec , sont des termes
du jeu de Billard.
'l'ouT À COUP. adv. Soudainement, en un
moment. Celte maison est tombée tout à coup.
Ce mal l'a pris tout à coup, comme ilypensoit
le moins.
Tout d'un coup. adv. Tout en une fois. Il
ijacjna mille écus tout d'un coup. Il ^( sa for-
lune tout d'un coup.
A COCP sûn. adv. Certainement. Vous me
tr-oufcrc" à coup sur.
Coup sur coup, adv. Immédiatement liin
nprès l'autre. Il lui a envoyé deux Courriers
ioup sur coup. Il lui est survenu je ne sais
:omhicn de malheurs coup sur coup. Il a eu
'rois maladies coup sur coup.
Arni:s coup. adverLe. Trop tard, et après
[u'uiie cliose est faite, est arrivée. Vous voulez
p'oduii'C des pièces quand votre procès est jugé,
c'est après coup.
À TOUS COUPS, adv. À tous propos, souvent.
H vient à tous coups me quereller. Il tombait
à tous coups.
Poun lE COUP, À CE COUP. adv. Pour celte
fois-ci. Pour U coup, pour ce coup-ci, il ne
m'échappera pas. On dit aussi, yi ce coup, dans
ce scDS-lix.
Engoue un coup. adv. Enc«re une fois. Il
s'emploie principalement lorsqu'on répète avc^
vivacité ce qu'on a déjà dit. Encore un coup.
je vous dis que. . . .
COUPABLE, adjectif des 2 genres. Qui a
conunis quelque faute ou quelque crime. Ex-
trêmement coupable. On l'a accusé de telle
chose, il en est coupable. C'est le plus coupa-
ble de tous. Il est coupable d'un tel crime. On
ia trouve, il s'est trouvé coupable. S' il s'enfuit,
il se rendra coupable.
U est aussi quelquefois substantif. Souvent
l'innocent prflit pour le coupable.
COUPANT, ANTE. adj. Qui coupe, qui
tranche. Un outil coupant,
COUPE.'s. m. Pas de danse, mouvement
de celui qui, en dansant, se jette sur un pied,
et passe l'autre devant ou derrière.
COUPE, s. f. se dit d'Un bois sur pied que
l'on coupe, ou qui est destiné !x être coupé.
La coupe des bois, d'un bois taillis, d'un bois
de haute futaie. La coupe s'en fait de neuf ans
en neuf ans, de douze ans en douze ans, de
cent ans en cent ans, etc. Il y a tant d'arpcns
à la coupe de cette uniicc. Celle coupe est
bonne, est nictfleur-e que la précédente. J'ai
vendu la coupe tant. Ce bois n'est pas en coupe.
Il se dit 13e certains fruits que l'on coupe,
pour voir s'ils sout bons, il m'a vendu ce we-
Icn à la coupe.
On le d>t Des monnoics que l'on coupe ,
j.uur voir si elles soûl bonnes. On n'a reconnu
la fauuctc de cette monnaie qu'à la coupe.-
On dit, qu'fnc c(o^- «1 dure à la cu'ipc,
pnurdiri', qu'Elle rôsislc au ciseau, et qu'en
la courant ou s'oper;oil qu elle est duro.
COU 33i
Il se dit aussi De l'endroit par où l'étoile est
ioupée. Ce di-ap est beau à la 'coupe. Voyez lu
coupe fie ce drap. La coupe des cheveux.
Il S' dit encore De la façon dont on taille
l'ctolTc, le cuir, etc. Ce justaucorps, cet Jiabit
ne va pas bien , la faute en vient de la coupe.
Ce Tailleur a la coupe bonne. Ce Cordonnier
a lu coupe bonne.
On le dit aussi Des pierres ; et il signifie , ou
la faion ou l'art de les tailler : Il entend bien
lu Coupe des pierres; il a j'ait un Traité de la
coupe des pierres ; ou l'action même par la-
quelle on les taille. La coupe de C(Ss piei-res est
diffcik.
Coupe , en Architecture et en Charpenlerie.
Représentation d'iui édifice, d'un b.itiment (4e
terre ou de mer. Coupe perpendiculaire. Coupe
l'urizontale d'un navje, dun moulin.
On dit, La coupe d'un cintre, d'un dôme,
la coupe tl'un escalier, pour dire. L'inclinaison
des joints, des voussoirs d'un arc.
Coupe, se dit aussi au jeu des Cartes, pour
La séparation qu'un des joueurs fait d'un jeu
do cartes en deux parties, après que celui <(ui
donne a mêlé. Je ne veitx pas être sous sa
coupe, Il a la coupe mallieureuse.
On dit Gguré.^lcnt et familièrement , i'e
trouver .^ous l<i coupe de quelqu'un , pour
dire, Avoir affaire à quelqu'un, être sous sa
dépendance, et exposé aux cflcts de son rcs-
sentirncut, iS'il tombe jamais sous ma coupe.
On dit figurément, La coupe d'un ouvrage,
d'une )''ii'n: ih: ihéillrc, ijonrdire. Sa dislriliu-
tlon. On dit d'Un Poêle, que La coupe de sort
vers est facile.
COUPE, s. f. Tasse, sorte de vase ordinai-
rement plus large que profond. Coupe d'urgent.
Coupe il or, Je vermeil doré. Coupe Je criJluL
Boire dans une coupt.
Il signifie dans le Dogmatique, La Commu-
nion sous l'espèce du vin. Les Laïques avoieiil
autrefois l'usage de la coupe. On accorde la
coupe aux Rois le jour de leur sacre. Le retran-
chement de la coupe.
Ou dit figurément. Boire la coupe jusqu'à
ta lie, pour dire, Essuyer une morlificatiou
toute entière, un mallieiu' avec tous les dé-
goûts qui peuvent l'accompagner.
Coupe, en -Istronomie, est le nom d'Uite
constellation de l'hémisphère méridional.
COUPE.AU. s. masc. Sommet, cime d'une
montagne. Il était sur le coupcau d'une mon-
taqna.
On dit en Poésie, Lit montagne au doublé
coupcau, pour dire, Le Parnasse. Il vieillit.
COUPE-CU. s. m. Il se dit au Lansquenet,
quand celui qui donne ne fait pas une seule
carte, et amène lasicruic la première. U vieillit.
On dit présentement Coupe-gorge.
On dit. Jouer à coupe-cu , pour dire , Kc
jouer qu'un coup, qu'une partie sans donnCï
revaiiclic. Jouons deux pistules à coupC'CU,
CI)UP1<:-GURGE. s. m. Lieu oti il est dan-
gereux de passer .^ cause des volcun. Ne passa
pas dans ce buis, c'est un coupe-aoïge, un vrai
coupe-gorqc
4a.
335 COU
On appelle Ggurtment Coupe- jjorïje, Une
Académie de jeu où l'on trompe. A'uNfs pas
jouer en cet endroit , c'est un franc coupe-
tforeje.
Il se dit au5si De toutes sortes d endroits ou
il se commet ordinaîremL-nt quelque injustice
on quelque friponnerie. Celte Jnridii'tion est
un vrai coupe-qorqe. Ce cabaret est un vrai
coupe-gorge.
Coui'E-conGE , se dit aussi au jeu du Lans-
quenet, quand celui qui tient les cartes amène
sa carte l.i première, ce qui lui fait perdre tout
ce qu'il peut perdre de cette mainhi. Vn tel a
coupé j il lui a donne un vilain coupe-ijorge. J'ai
fait un vilain coupe-gorge.
COUPE-JARRKT. s. m. Brigand, assassin,
qui ne porte iVpce qu'à dessein de se battre, de
maltraiter, ou de faire insulte h. ceux qu'il ren-
contre. // a Vair d'un coupe-jarret. Il est tou~
joiws accompagné de coupe -jarrets.
COUPELLE, s. f. Petit vaisseau eu forme
<le tasse fait avec des cendres lave'es, ou des os
calcinés. On s'en sert pour purifier , par l'acliou
du feu, l'or et l'argent des autres métaux avec
lesquels ils sont allies. La Grande Couj>elU
sert à faire en grand ce qui se fait en petit dam
la Petite Coupelle. Le fourneau qui sert à cei
opérations s'appelle Fourneau de Coupelle. On
dit, Coupeller et passera la coupelle. La grande
coupelle s'appelle Casse, et n'a de commun
avec la petite que les matières dont elle est faite,-
sa couverture et son fourneau ne n^semljlenl
point h ceux de la prliie. Mettre de Vor à la
coupelle. Cet or a passé par la coupelle. Cet ar-
gent a été mis à la coupelle.
On appelle L*or et l'argent du plus haut litre,
Or Je coupelle., argent de coupelle.
Oa dit figurémeiit, Mettre à la coupelle^
passer à la coupelle, pour dire, Mettre i une
rigoureusi? épreuve, passer par un examen
sévère.
COUPER. V. a. Trancher, séparer, divisci
un corps continu, avec quelque cliose de tran-
cliunt. Couper en deux. Couper en niorccaur.
Couper pin* pièces. Couper du pain. Couper di
la viande. Il s'est coupé jusquà Vos. On lui a
coupé un bras, une jdmhc. Couper le cou. Cou-
per la tête à gnciqu^tn. Couper le ne;, Ie.<!
oreilles. Couper le poing. Couper les hlcs. Cou-
per les hois. On coupe ce bois de neuf ans en
neuf ans. Coupa' les chcveujc, les ailes. Cette
itoffc a été coupée à la pièce.
Il est aussi neutre, 'i^oHà un couteau, un
Tttsoir (jui coupe bien.
CoirPEn, si^iifie quelquefois. Tailler sui-
vant les règles de l'art. Il entend bien à couper
les pierres. Couper un /i(i/ji(, un manteau. Cou-
per une robe.
On dit, Couper la bourse à quelnu^unj pour
rfirc. Lui voler adroitement sa Lourse, ou les
autres clioscs qu'il avoit sur lui.
Ou dit figurcmcnt, Conpcr la bourse à quel-
qu'un, pour dire, Tirer de l'argent d'une per-
sonne qui n'a pa^ beaucoup d'envie d'en don-
ner. Il s'est laissé couper la bourse pour avoir
la paix. Il s'est laissé couper la bourse pour se
COU
délivrer des imporlunités de celle .personne. Il
est familier.
On dit, Couper la gorge, pour dire, Tuer,
massacrer. Les voleurs lui coupèrent la gorge.
Ce Valet coupa la gorge à sonMuUre dans ^on
lit. Il coupo:tla gorge auxpassans^à ses liâtes.
Ces Troupes entrèrent danz la Ville, cl cou-
pèrent la gorge à toute la garnison.
Ou dit dans le même sans, maïs faniiliêrc-
raent, Couper le sifflet.
On dit, que Des soldats se coupent la gorga
l'un à l'autre^ pour dire, qu'ils s'enlre-lucnl.
Si vous n'allez apaiser la querelle^ iU .■;».■ cuw
peront la gorqc.
On dit aussi, 5e couper la gorge avec aueh
(ju'un, pour dire, Se iKitlrc en duel avec lui. J«
me veux couper la gorge avec mon ennemi.
On dit fij^urément. Couper la gorge à quel-
qumij pom- dire, Faire quelque chose qui U
perd. Si vous ne payez ce pauvre homme, si
vous le mêliez en prison, vous lui coupez h
gorge. Ce procès., celte mauvaise affaire lui a
coupe la gnrqe à lui et à ses en fans.
On dit figurémcm et familièrement d'Une
raison, d'une pièce qui détruit les prétentions
de quelqu'un, qu'£/fe lui coupe la gorge. On
dit dans le même sens. Vous vous coupez la
gorge par cette pièce, par cette raison.
Un dit en menaçant quelqu'un, qu'On lui
coupera bras et jambes, qu'on lui coupera les
jarrets, les oreilles, le nez, etc.
On dit figurément, qu'On a coupé bras e*
jambes à fiur-lim^m , pour dire, qu'On lui a fait
une injustice énorme, criante, etc.
On dît aussi : l^ fait un vent de bise qu
coupe le visage Ses lèvres sont toutes coupcc.
du froid.
CoLPER, signifie quelquefois Traverser, di-
viser. Une chaîne de montaqncs coupe touti
cette Province. Il y a quantité de canaux, de
liaies qui coupent ce Pays-là.
On dit, Couper Veau, pour dire, Feudrc
l'eau en nageant.
Coupeu dans le vif, se dit Des Chirurgien!
qui, en faisant leurs opérations, coupent juS'
que dans la chair vive. // faut couper dam
le vif.
Cocpeu dans le vif , se dit aussi au figuré,
peur dire, Toucher h. ce. qui est le plussensibl.-.
Il a coupé dans le vif.
Ou dit en termes d'Escrime, Couper la me-
swe, pour dire, Déj^ager la mesure.
On dit, Couper du viji, pour dire, Mêler
deux ou pinsiiMirs vins ensemble; Couper son
vin, poiu' dire, Le mêler avec de l'eau.
On dit) Coup.'r chemin à quchju^m, jK)ur
dire, Se mettre'au- devant de lui sur son cJie-
min , pour l'empêcher de passer.
On dit iigurément, Cou^i-erc/icmin à unmul.
pour dire, En arrêter le cours, empêcher qu'il
ne continue. Il faut couper clicmin ù cette fiè-
vre, à cette hciésie\ à ce procès. H faut couper
le mat dans sa racine. Il faut couper court ù
cette intrigue.
On dit aussi absolument, dans le mcnie
sens, Couper quelqu'un, pour dire, Le trnvc?-
COU
Sir, le passer, le devancer, A'ous marchioni, et
son carrosse nous coupa.
Cn dit fi^urement et proverbialem. Couper
l'ia-bc sous le pied à quelqu'un, pour dire , Le
supplanter avec adresse.
On dit aussi en ce sens, Couper pied. Il
faut couper pied à cet abus, pour dire , En ar-
rêter le cours.
On dit, Couper pai le plus court, par le
plus court chemin, par ce sentier, pour dire,
Aller par le chemin le plus court , etc.
On dit. Couper les vivres à une armée ^ à
'uie Ville assiégée, poiu- dire, Fermer les ave-
nues, pour empêcher qu'on ne lui porte des
vivres.
On dit flguiément , Couper les vivres ù oucl-
qu\in. pour sif^niCcr, Lui retraccbei l'argent,
les moyens de subsister, etc.
On dit. Couper les eaux ù une Place assié-
gée, pour signifier, qu'On coupe les canaux,
les conduits des fontaines qui portent de l'eau
ù la Ville.
On dit en termes de Guerre, Couper les en-
nemis, pour dire, Se mettre entre une partie
lie leur arme'e et une autre partie, ou entn
leur arméa et la Place qu'ils couvroienL Les
assiégés ayant fait une sortie , furent coupes
yar les nôtres. Leur avant-garde ayant passe
la rivière, passé un tel défilé, nos gens la cou-
lèrent.
On dit aussi dans le même sens, Couper la
rommuniciîtion d'une Ville ^ d'un quartier
i'our dire , Se poster de manière qu'on ne
puisse y envoyer du secours.
On dit, Couper le pu, couper un incendie,
|ourdirc,En arrêter la conununication d'un»
maison à une auu-e; Couper les s&tis, en Mu-
sique, pour dire, I\Iarqucr un silence entre
ritaquc son dans les expressions 'de douleur,
irubaltrment ou d'admiration.
On dit fi^urenicnt et familièrement, Ccnper
court, pour dire, Abréger un discours, faire
une réponse en' peu de mots. Je lui coupai
iourt. Monsieur, point tant de discours, cou-
rez court.
On dit aussi, Couper la parole à quelqu'un,
pour dire, L'interrompre en prenant la parole,
ou lui imposer silence.
On dit ù la Paume, Couper un coup, pour
(lire, Pousser la balle de manière qu'elle no
fasse point de bond.
CoupEH. en termes de Chasse, se dit Des
chiens qui abandonnent la voie pour devancer
la bête ; ce qui est un défaut.
Coi-i'ER, à la Danse, C'est faire une certaine
manière de pas. Coiqjci, coule:;, etc.'
On dit aussi, Couper, au jeu des Cartes,
pour dire, Séparer un jeu de cartes cn deux ,
avant {|uc celui qui a la main, donne. J'ai
battu les cartes, coupez, courez net. Il n\s{
pas permis de ne couper qu'une cai-te.
Un dit- Couper un cheval, pour dire. Le
iili.'itrer.
Ou dît, que /.e.: sanglots, les soupirs cou-
pent la voix, pour dire, qu'il» font perdit la
p.irwle.
cou
On dit, qu'Un homme se ccupe, pour dire ,
qu'il se contri'Jit et se déiiieiil lui-niùiue daus
«es discours. Il s'tfsl coupé Jans son intenotja-
toire, d'iii ses répons». On se coufc aisément
tfuand on ne dit pas la vente.
, Ou dit, qu'l/n cheval se coupe, Quand il
s'euliT-lailIc des pieds de deva;it, ou des jjieds
de dcrrit-TC.
Ou die, que Deux lignes, Jeux chemins se
coupent , pour dire , qu'ils se croisent , qu'ils se
Iruverseut.
Cot;pcA I se dit aussi au jeu du Lausqueuct.
pour dire , Prendre cnrtc et se mctuc au nom-
bre des joueurs. Il coupait. !l ne coupait pas.
Coupé, ée. p.irlicipe.
On appelle Pays coupe, Va Pays qui est
traversé d- l'.sscs, de canaux et de rivières.
Style coupé, est Un style dont les périodes
sont courtes et peu liées.
Ou dit d'Une St.nnce, qu'£(/e est hien ou
mal coupée, selon que les repos y sont bien ou
mal observés.
On appelle Lait coupé, Du lait m£lc avec
de l'eau.
On dit. Carrosse coupé, pour, Du carrosse
qui n'a qu'un fond sur le derrière; Un c'icrai
coupé, pour, Un cheval houppe ou cliitré.
Un dit, eu termes de Blason, Coupé, parti,
tranché, etc.
COL'PEnE'r. subsL m. Sorte de couteau d«
bouclieric et de cuisine, fort large et propre
pour couper de la viande. Il a coupe cettt
viande avec un couperet
CoBPznrr , cbcz les Emailleurs, Culil d'a<
cita' pour couper les filets d'email.
COUPEROSE, s. f. Espèce de minéral sy-
notiyme de vitriol martiaj, Coupejose verte.
Couperose blanchi:.
COUPEROSÉ, Ée. adj. Il se dit d'Un vi-
sage glté de bourgeons et d~ rougeurs. Il a le
visage couperosé. Il est tout couperosé.
Il se dit aussi Des personnes. Celte fcmmt
est toute couperosée.
COUPE -TÈTE, subst. m. Sorte de jeu que
jouent les cufans, eu sautant de distance en
distance les uns par -dessus les imtrcs. Ils
jouent à coupe-tête.
COUPEUR, EUSE. s. Qui coupe. Il se dit
De ceux qui coupent les gnppcs en vendange
Il a loué (ieu.r hottcurs et dix coupeurs.
Il se dit aussi IJc ceux qui jouent au Lans-
quenet. Il y avoit tant de coupeurs.
On appelle Coupeur de bourses , Un filou ,
qni co-.ipe la bourbe, ou qui dérobe subtile-
ment l'argent et les autres choses qu'on peut
avoir sur soi.
CLIUPLE. ». f. Deux choses do même espèce
qu'on met ensemble. Une couple iCceufs. Une
couple il<i chapons. Une couple de bottes de
con^itit-i:!. Donnez-m'en une couple. ]
Il ne se dit jam.iis Des choses qui vont ne- '
o<!M.ilrcn;™t ensemble, comme les souliers, le» '
bas, les gants, etc. nuis alors on dit, l/'iic I
puire.
Il signifie «uni Ixhcu dont on attache deux
tbiens de chasse euseuddc. Ou est lu coiq>Je de
COTJ
ces chiens? Ils ont rompu leur couplc.Ih vont
bien en couple,
11 &e dit aussi De deux personnes unies en-
smiblf par nmour ou par marin«e; et alors il
est masculin, lieau couple. Heureux couple.
Couple fidèle. Voilà un beau couple d'amant.
Ce seroit donimaçje de séparer un si heau
couple.
COUPLER. V. act. Attaclier des chiens de
cliasic avec une roupie pour les mener. // faut
coupler ces chiens. Ces c'^ aqneuls étotent cou-
plés.
Il signifie aussi, Loger deux personnes cn-
Bcmlile, dons les ooc.isionsoù les loi^enicns sont
mnrquL'.s par des PLirccliaux des logis. Il n'y
avoit pas où loger tout le monde séparément,
on coupla les Ojicicrs de la Maison du Roi.
CocrLÉ, ÉE. participe.
COUPLET, s. m. Certain nombre de vers,
espèce de Stance qui lait le tout ou quelque
partie d'une clianson. Vn couplet de chanson.
Cette chanson n^a qu'un couplet, est de quatre
couplets.
CooPLET, en termes de Serrurerie*, se dit De
deux pâtes de fin- k queue d'aronde, unies par
deux cbaruières.
COUPLETER. V. a. Faire une chanson, des
couplets contre quelqu'un. Il est familier.
CoLPLETÉ, ÉE. participe.
COUPOUÏ. s. masc Instrument dont on se
sert dans la fabrique des monnoics, et en dîflt:-
reas arts et métiers, pour couper et rof;n(T.
COUPOLE. «î. f. L'intérieur, la p.irtie cou-
cave d'un Dôme. La Coupole de cette Ëqlise esf
bien pciiite. La Cou^-olc de VEglise de Saint-
Pierre.
COUPOJÎ. s. m. Petit reste d'une pièce
d'éiofle ou de toile. Vn coupon de toile dt
batiste.
Il se dit aussi Des papiers portant inrc-
rèts, et dont on coupe une partie à chaque
dcbcancc.
COUPURE, s. f . Séparation , division faite
dans un corps coutinu par quelque chose de
coupjut cl de tranchant. Vne grande coupure.
J'ai une coupure au doigt. Il y a une coupure
à cette ctojjey à ce cuir.
CoLPunE, se dit en termes de Guecrc, Des
rciranchemeus, fossés, palissades, etc. qui se
font dans un ouvrage derrière une brèche,
pour s'y défendre. Les assiégés furent chassés
de la brèche, mais ils avaient fait des coupures
qui anétérent les assiégcans. lU avaient fait
une bonne coupure. On saigne une rivière, des
étangs et des maraii par des coupures.
COUR. s. f. Espace à découvert, enfermé
de murs ou de bàtimens, qui est ordinairement
à l'cDlrLe de la maisoD , et en fait partie.
Grande Cour. Petite Cour. Avant-cour. Cour
de devant. Cour de darière. Cour pavée, sa-
hleCy gazonnee. Cour de cuisine. Cour carrée.
Cour en ovale. Cour oi'ale. Maison bâtie entre
cour et jardin. Cour à fumier. Cour où les
carrosses tournent. Toute la Cour étoit pleine ,
de carrosses.
Ou appelle Dassc-cow ^ La cour d'un cliù-
COU
333
leau ou d'une grande nuisou , et qui est desti-
née, soit au lo-cmcnt des bas-Officiers , soit i
y mettre les équipages ; on y nourrit à la cain-
pigne de la volaille et des bestiaux. Servante
de basse-cow.
On appelle fi^urément et familièrement ,
Une nouvelle de basse-cour. Une nouvelle dé-
bitée p.w d s gc-is qui ne sont point à portée
d'en avoir été bien informés.
COUR. s. f. Les Officiers , les principaux
.Seigneurs qui accompagnent ordinairemeut an
Roi, un Souverain. Cour Royale. Cour Impé-
riale. La Cour du Roi, de VEmpcreur, du
Pape. La Cour de Rome. La Cour de France,
d'Espagne. Helle Cour. Grande Cour. Grnssa
Cour, l'élite Cour. Cour galante. Cour splcn-
dide , mognijigue. La vieille Cour. Le Roi
tient sa Cour^ en tel endioit. La Cour est par-
tie, demeure, va, etc. Le lioi et toute sa Cour.
Avoir une charge à la Cour.Vie.llir à la Cour.
C'est la fleur, c'est l'orn:ment de la Cour. In-
trigues de Cour. Faire fortune à la Cour. Il
est fort connu à In Cour. Il s'est avancé à la
Cour. Les Marchands suifanl la Cour. Vn
Seigneur, une Dame de lu Cour.
On dit, Un homme de la Cour; c'est un
homme gui a l'air, le ton de la Cour; les gens
de la Cour, en parlîint de Ceux qui suivent la
Cour, et <jui vivent ù la manière de la Cour:
m lis lorsqu'on supprime^l'arlicle, et qu'on dit.
Homme de Cour, il se prend quelq'.-.efois en
mauvaise p.irt.
On dit aussi poi'tiqiirinrnr , La Cour cé-
leste , pour signifier, le Paradis.
On dit communément, Effronté comme un
Page de Ccw:
Cocu pîénièie. Assemblée solcncelle,où nos
Rois avoicnt accoutume d'inviter les Grands
du Royaume, même les Seigneurs Etrangers,
auxquels ils donnoient .ludience pidilique.avcc
toute sorto de fêles et de réjouissances. Le Roi
tenoit Cour plénière. Il y eut alors Cour plé-
nière.
On dit figurémcDl et familièrement, à Une
personne chez qui l'on trouve plus de monde,
plus grande compagnie qu'à l'ordinaire, l'otxs
avez, vous tenez aujourd'hui Cour plénière.
Coun , se prend quelquefois pour Lo suite
d'un grand Seigneur, d'un Prince , quoiqu'il
ne soit pas Prince Souverain. C'n tel est de la
Cour d'un tel Seigneur, d'un tel Prince, etc.
Les petites Cotirs ont leurs intrigues austi-hien
(jue les grandes.
n s* prend aussi pour le Lieu oii est le Sou-
verain avec sa suite. // a écrit, dépêché à la
Cour. AdrtKsez vos lettres à la Cour^
11 se prend e&C(>re plus particulièrement
pour le Souverain et son (Conseil. Recevoir un
ordre de la Cour. Il lui a été dépêché un ordre
de la Cour. La C^'ur lui a envoyé un Cour-
rier. La Cour ne veut pas que. . . . Il a peur de
cho(]uer la Cour. Il dépend aitièrement de la
Cour. Il s'est dé\'ouè à la Cour. Il est hien , il
est mal à la Cour. Il se maintient bien à la
Cour.
Il se prend aussi pour L'air et la maoiùtr
334 ^OU
de vivre ik la Cour. Il eiileiid, il sait hien sa
Cour. Esprit de Cour. Vrai homme ie Cour.
C'eit un /loninie de lu vieille Coui. L'air de la
Cour. L'esprit de la Cour.
Il signifie encore Les respccU et les assidui-
tés qu'on rend J quelqu'un. Ffli're sa Cour nu
Roi. Faire la Cour aux Graïuh. Il y a long-
temps qu'il fait la Cour à cette Dame. Il fait la
CouràsesJujes.J'ai ké tout le matin chez
un tel, j'y ai fait ma Cour tout à loisir. C'est
mal faire sa Cour, (]ue de porter de mauvaises
nouvelles.
On dit, Faire la Cour de quclfi'un, pour
dire Lui rendre de bons oHices nuprès de
quelqu'un. Vous avez besoin d'un tel, je lui in
iiicn fait votre Cour.
On dit aussi, Je dirai telle chose à un tel.
l'en feraimaCour, pour dire, Je lui dirni uni'
chose qui lui plaira, et qui me rendra agréiiMc.
On appelle proverb. Eau bénilc de Cour, les
vaines promesses , les caresses trompeuses, et
les coniplimens tels qu'en font les gens de Cour.
We iiotis assurez pas sur tout ce (fu'il vous a
promis, c'est eau bénite de Cour, c'est de Veau
bénite de Cour. Donner de Veau bénite de Cour.
On appelle Amis de Cour, Des aniis sur qui
l'on ne peut guère compter.
Ou dit proverbialement d'Un lieu, d'une
maison oii chacun veut commander, et où il
u'v a que de la confusion, que Ces! !<i Cour du
Roi Pelîtul.
Ou dit, >ii>oir bouche à Cour chez le Roi,
cher, un Trince, peur, Avoir rlroit de manier
aux tables entretenues parle Roi , parle Prince.
Vn tel Olpcier de la liaison du tioi a de (jros
appaintemens , et bouche à Cour.
COUR. s. f. Siège de Justice où l'on plaide.
Cour Ecclésiastiijue. Cour Laïque. Cour de
Parlement. Cour de Aides. Cour des Hlonnoies,
etc. Cour Supérieure, Cour Présidiale.Cela fut
jucjé en Cour d'Eglise. Cela va , cela se doit
plaider à la Cour des Monnoics, à la Cour des
Aides, etc. Arrêt de la Cour. La Cour a or-
donncparAn et. La Cour a ordonné et ordonne.
On appelle Cours 5oui'e™iHc«, Celles où les
affaires se jugent en dernier ressort et sans ap-
pel ; et Cours subaliei-nes , Celles dont les juge-
mens peuvent être casses et portes i une Cour
supérieure.
On dit en termes de Pratique, Mettre hors
de Conr, ou hors de Cour el> de procès, pour
dire, Renvoyer les Parties , ou une des Parties,
comme n'j ayant pas sujet de plaider. On mil
les Parties hors de Cour. Il avoit voulu inter-
venir an procès, mais il n'avoit aucun droit,
on Va mis hois de Cour. On appelle ce Jugc-
ment-li , Un hors de Cour.
COURAGE. ». m. Disposition par laquelle
l'âme se porte i entreprendre quelque chose de
liardi, de grand, eu ii repousser, ou à soufTiir
quelque chose de fâcheux , de difficile. Grand
courane. iVobic courage. Bon courage. Courage
franc. Courage élevé , haut , ^cr , invincible,
indo''.ipfiiI>/e , héroïque. Couraqc mtlle , viril,
ferme, intrépide. Courage martial.Pcu décou-
rage. 5on peu de couraqc. Donner courage, du
COU
coumcjt. Prendre, repreiuîrc courage. Perdre
conraae. Perdre le courage. Exciter j enflam-
mer y êchaufjl'r^ i-éveillcr .^ ranimer , fléchir le
courage, Gluccrj refroidir, abattre, abaisser le
courage. Relever, hausser j accroître ^ augmen-
ter le courage à quelquhin. Le courage lui est
revenu. Cela lui fera revenir le courage. Le
courage lui man que. Manque de courage. Faute
de courage. Signaler son courage. C'est un
hrave Soldat , il a du courage. Son courage le
perdra. Il a plus de courage que de force. Les
plaii^irs amollissent le courage.
Il se dit quelquefois absolument par ma-
niôre de particule exlmrtalive. Courage, mes
amis. Couraqc , Soldats.
On dit proverbinleinont, quand on apprnrîie
de la fin de quelque lr;i\ ail , Il n'y a plus (;i(.'
churaqc.
Il se (Ht Des animaux liardis, comme sont
les lions , les sangliers , los chiens , les chevaux,
les aigles, etc. Ce chien a hien du couraqe. Le
lion est celui de tous les animaux gui a le plu<!
de courage.
Il se prend quelquefois pour Aifectlou. Je
vous servirai de grand courage , de bon cou-
raqe. Il y alloit de grand courage. Il n\i pa.^
fait cela de bon courage.
Il se dclerniine qticliîuefois on mnuvaisr
part par des cpilhètes. Foit/c coui'age. Courag^'
mou. Courtioe brutal.
Il se prend aussi quelquefois pour Sentiment ,
passion, mouvement. Il a gagné cela stir son
courage. H "'w su vaincre son courage. Si fen
croyoïs mon courage.
On dit, qu'i» grand courage dédaigne de
se venger, que les grands courages ne se lais-
sent point abattre par l'adversité . pour dire,
qu'Un grand cœm", qu'une ûme noble dédaigne
de se venger; que les grands cœurs, que les
âmes nobles ne succombent point à la mau-
vaise fortune.
Il si^ifie quelquefois , Duretc de cœur.
Auriez-vous bien le courage d'' abanâonnep vos.
en fans? Je n'ai pas le couraqe de refuser cela
à mon ami. Le traître eut le courage de livrer
son meilleur ami.
On dit, Ten ir son conraqe, pour dire, Persister
dans son ressentiment, dans son dépit, dans sa
liainc, dan.s sa colère. Il avoit juré qu'il ne la
rcvcrroit '^amaiSj il n'a pas tenu son courage.
Il est familier.
(^OUKAGEUSEMEVr, «dv. Avec couraj^e,
avec hardiesse. // s^yest porté courageusement .
fort courageusement. Il s'est battu, H s'est dé-
fendu couraqeusement. Il a souffert les tour-
mcns, fe mort courageusement.
COURAGEUX, EUSE. adject. Qui a du
courage et de la hardiesse. Il est fort courageuse,
courageux au dernier point. Il est trop coura-
geux pour reculer. Les dogues sont fort coura-
geux. L'énw'illon est petit, mais fort courageux.
On dit aussi figurement , Trait courageux ,
action courageuse j discours courageux.
COURAMMENT, adv. Rapidement, avec
facilité. Cela est écrit couranwuint. Il Ut cou-
ramment. Aller couramment.
COU
COURA>T, ANTK. adject. Oui court De
l'eau courante , c'est-à-dire, De l'eau vive qui
toule toujours. Un ruisseau courant.
On dit figurément : Vintèrêt courant, le
terme courant, l'année courante, le pri.v cou-
rant. Acheter des denrées, des marchandises ai»
pix couinnt. Le mois courant. On le dit aussi
quelquefois simplement, sans dire !e mois. Le
quati-e, le cinq du courant. En ce sens il ne
s'emploie que dans le commerce.
On appelle Toise courantCj aune courante,
etc. La mesiure de quelque chose que ce soit par
toises, ou par aunes, en lonsucnr, sans avoir
éj^ard à la hauteur. Ce((e muraille a tant de
toises courantes. Faire marché à la toise coit-
rante. L'aune courante de cette tapisserie vaut
t. ut.
Il est quelquefois substantif. Le courant de
.'eau, pour dire, Le fil de l'eau.
Un courant d'eau. C'est un canal ou un
ruisseau qui court. Il y a un courant dcau qui
|i it moudre des mouUn$.
En termes de Marine, on appelle Courons,
Certains endiolts de la mer, où l'eau court ra-
pidement d'un certain côte. Le courant emporta
le vaisseau de ce côté-là. Il y a de dangereux
courans sur cette côte. Il y a sur mer des cou-
rons généraux et des courans particuliers.
On dit figurément. Le courant du marclté,
pour dire. Le prix artuel que se* vendent les
denrées. Je ne 7'endrai pas ma marchandin
que je n'aie vu le courant du marché.
On appelle Le courant des affaires. Les
ofTaires ordinaires, par opposition aux nîTàïrcs
extraordinaires qui surviennent. C'est le cou-
pflnf , c'est le train des afjhires.
On dit. Être au courant des affaires ^ des
nouvelles, pourdire, Conuoitre ce qui se passe,
ït les nouvelles qui se débitent.
On dit, Le courant du monde, pour dire,
La manière ordinaire du monde. 5e gouverner
selon le courant du monde. Se laisser aller au
courant du monde.
H signifie aussi en matière de rentes, Le
terme qui court. Je vous quitterai tous les arré-
rages du passé , pourvu que vous me payiez
ïc courant. Je vous remets les arrérages sans
préjudice du courant.
Tout - COURANT, adv. Sans hésiter, »ans
peine, facilement. Il lit toul-cowant. Il récita
cela tout~coia-ant II joue mieux que lui, il U
quqne tout-courant. Ce Livre se vend un tel
prix tout-courant. Aller tout-courant.
COURAINTE, s. f. Espt-ce de danse grave.
CouraJifc simple. Courante figurée. Danser une
courante. Mener une courante.
Il signifie aussi Le chaut sur le«juel on. me-
sure les pas d'une courante. Faire une courante.
Composer une courante. Jouer une coitriinfe
sur le violon, sur le luth. Donnez-,nous une
eourantcf
Cochaste, se dit populairement pour Dô-
voiemcnt, diarrhée. Il a la courante.
COURBATU, UE, adj. se dit d'Un chevai
<jui n a pas le mouremcnl des jambes bien libre,
pour avoir été morfondu après un trop gntnJ
cou
travail. Vous avez tiup ichaufp ce cheval, il
en esl courbatu.
11 se dit ((ucliiuefois Des personnes. Je ou
sens tout courhntu,
COURU A ru RE. «uist. fera. Maladie du
cheval courl.atii. Quand on vend un cheval,
on le doit garantir de pousse, morve et courba-
tu! e.
Il se dit aussi quelquefois en parlant Des
liommcs, pour signifier Uue lassitude doulou-
reuse. Sa maladie commença par une courba-
ture.
COURBK. adj. des 2 genres. Qui n'est pas
droit, et qui approche de la furinc d'un arc.
Lii^ne courbe. CoKf litjnf est courbe.
On dit aussi absolument en Géométrie, Vne
courbe, pour siguiGcr, Une ligne courbe.
Couhbe. s. f. Certaine pièce de bois qui sert
aux ouvrages de charpenterie , et principale-
ment aux vaisseaux.
Il signifie aussi Certaine enflure qui vient
ffux jambes dcsciievaux.Cec/icvala une courbe.
COURBER. V. a. Rendre courbe une chose
^ui étoit droite. Courber en arc. Le trop (frantl
faix a courbé cette pièce de bois, cette poutre.
La vieillesse Va courbé, l'a tout courbé. Cour-
ber un arc pour le bander. Courber une règle.
11 s'emploie quelquefois neulralcm. Il cour-
boit sous le faix.
On l'emploie figurcnient pour. Céder, plier
sous la volouté d'uu autre. Tout est courbé de-
vant ce seul homme. Je ne veux point me cour
ber devant l'idole.
II s'emploie aussi aTec le pronom personnel.
n iict'i'eni vieux, il commence à se courber.
CounBÉ, ÉE, participe. Courbé de vieillesse.
Il est tout courbé. Vous deviendrez tout courbé.
Il se tient tout courbé.
CtJURDETTE. t. f. Terme de Manc-r, iMou-
Tenieut que le ciieval l'ait en levant également
1« deux pieds de devant, et se rabattant aussi-
tûC Courbette Ihjule, Courbette basse. Petite
courbette. Commença' par une courbette. Faire
faire des cowbettes à un cheval, le mania-, le
faire aWn- à courbclles.
Pour dire, qu'Un homme est r.impant et
bas d^'vant quelqu'un, on dit qu'/l fait des
courheltes. Il est du style familier.
COURBURE, s. f. Influxinn, pli, étal d'une
cliose courl>ec. Celle pièce de bois c plus de
curtrbure, moins de courbure, etc. Courbure
d'une jaute de roue. Courbure d'un arc. La
courbure de cette poutre vient d'avoir été trop
thargée.
COURCAILLET. s. m. Cri des cailles, petit
iAIltl qui imite ce cri, et qui sert à les attirer.
Prcailre des cailles avec le courcaillet.
CULRCIVE. s. f. Demi-pont que l'on fait
do l'avant ,1 l'arriére de» deux cotes de certains
kklinieiis qui na sont pai pontés.
COUREE, s. f. Terme ilc Marine. Composi-
bnn de niif , ds soufre, de résine , ctc, dont ou
botte le* Taiuoaiix p, ur tes voyagea de long
couri.
COUREUR. ». m. Qui rat léger ï la «-nurse,
qui ae pique Se Lien courir. C'est la meilleur
COU
coureur rjii'on ait jamais va. Jamais ton cou-
rcur ne fut pris.
Il signifie aussi Celui qui va et vient, qui
est souvent par la ville, ou en voyage. C'e^f
un grand coweury un coureur perpétuel^ on
ne le trouve jamais à la maison. Il n'a fatl
toute sa vie que voyager, c'est un coureur.
On appelle Coureur, Un domestique qui
couiE à pied , cl dont on se sert pour laii e des
int;ssaf;es avec grande diligence. Cet Ambassa-
deur a beaucoup de coureurs. Les Turcs font
porter des nouvelles avec grande diligence par
des coureurs.
Ou appelle Coureur de hague^ de téte^ Celui
qui court la hague , le» tètes. C'est un bon cou-
reiw de bagues , un bon coureur de tètes.
On dit, quXu /tomme est un coureur de
nuit, po:ir dire, qu'il se retire irop tard, et
qu'il fait de la nuit le jour.
On appelle Coureurs â\nventaires , Ceux
qui sont dans lliabittide d'aller à tous les în-
ventaircsi et on dit dans le même sens, Cou-
reurs de sermons, ctc. Il est familier.
Coureur de vin. Officier de la Maison du
Roi , qui a soin de porter du vin partout où le
Roi va.
CounF.tn, signifie Un cheval de scile, qui
pour l'ordinaire est hongre, qui a la queue
conpco, et la taille légère et déchargée. Beau
coureur. Grand coureur. Ce coureur est vite,
est rude. Il étoit monté sur un coureur. Il avoil
tant de coureurs en son écurie.
Cor:tEt:ps , au pluriel, se dit il !a guerre,
Des Cavaliers détacliés du gros en grand ou
petit norobic, soit paur découvrir, soit pour
uUcr h U petite guerre. Un paili de coureurs.
Les coureurs de leur armée, de la garnison ,
etc. Ccn est pas leur armée^ leur avant-garde, ce
nesont que des coureurs, que quelques courews.
COUKKCSE. s. f. Fille ou femme prosti-
tuée. C'est une coureuse, une infâme. Il ne
voit que des coureuses. Une coureuse de rcni--
parts.
COURGE, s. f. Sorte de plante rampante.
Huile de Courges. Celles qui sont longues et
en forme de bouteilles, s'itppellcnt vulgaire-
ment Gourdes ou Calebasses.
COURIER. V-oycz CounniEi».
COURIR , ou COURRE, v. n. Je cours, tu
cours j il court; nom courons, voos ccarez, ils
courent. Je courois. Je courus. Je courrai. Je
courrois. Cours. Quil coure. Que je courusse.
Aller di: viicsse et avec in-.peuositc. Courir
légèrement. Courir de toute sa force. Ce chei^al
court vite comme un cerf. Cet homme court
comme un basque. Courir, courre la poste. Il
est parti , courez après. Couru* ù toute hriàc .
à bride abattue, à toutes jambes.
Courre, oc s'emploie que dans ccrtaîocs fa-
çons de parler que l'usage autorise. On dît.,
Courre le cerf , courre le lièvre , courre lu
bague.
Coumn , siu;nilie aussi quelquefois, Aller
plus vite que le pas. Vous allc% trop vite, vous
ne marchez pas, vous courez. Courir au ft:ii.
Courir au Médecin. Courtr au rcm^ Je
COU 335
Cu dit proverbialement, quand un lioniuie
va cu quelque lieu avec ardeur, avec joie,
qu'/l n'y va pas, qu'il y courl, qu'il y cowt
comme à la noce.
On dit , Courir aux armes , pour dire ,
Prendre les armes en hùte pour quelque alar-
me, on pour quelque occasion pressante.
Il se dit figureincnt De toute action précipi-
lie, de tout ce qu'on fait trop vile. Il faut
aller bride en main, on ne fait pas les affaires
en courant.
Ainsi l'on dit d'Un homme qui lit, qui ré-
cite ou prononce, ou qui écrit trop vile, qu'/l
court. Lisez doucement , ne courez pas. Il écrit
cela en courant. Il ne faut pas dire son Bré-
viaire en cournnt.
On dit proverbialement, Ce n'est pas le
tout ijue de courir , il ^ml partir de bonne
heure, pour dire, que Ce n'est pas asser. de su
bâter; mais que quand on veut réussir dans
une entreprise , il faut prendre ses mesures de
loin.
On dit figuréraent, quTn liomme court à
l h.véclié, au bdtaii de Maréchal de France, au
chapeau de Cardinal, etc. pour dire, qu'il est
dans le chemin de parveuir bientôt à l'Évé-
ché , etc.
On dit, Courir à sa perle, courir à sa
ruine, à son malheur, pour dire, Se conduire
d'une manière à se perdre , â se ruiner promp-
tcmcnt.
On dit dans le même sens, Courir au péril,
courir au précipice ; et familièrement d'Un
liomrae qui se ruine, qu'/l court à l'Hôpital',
On dit proverbialement. Courir après son
éteuf , pour dire, Prendre bien de b peine
pour recouvrer un bien, un avantage qu'on a
laissé échapper. J'ai retenu cet argent-là par
mes mains, parce tiue je ne veux pas cowcr
api-és mon éteuf.
On dit aussi. Courte après son argent, pour
dire,Conlirmer A jouer pour regagner ce qu'où
a perdu.
On dit. Courir après les honneurs, les ri-
chesses, la fausse gloire, etc. pont dire, Le»
rechercher avec ardcur.^
Il est quelquefois actif, et signifie alors.
Poursuivre à la coui-se avec dessein d'attraper.
Courir quelqu'un pour le prendre, le courir
l'epee dans les rems. Courre ou courir U cerf ,
le lièvre, le daim. Il a droit de courir le cerf
sur ses terres. Ce lièvre a été souvent couru.
COL'itin , en termes de Miu-inc , &i°nifia ,
Faire route. Courir des bordées, C'est aller al-
ternativement ît droite et à gauche, quant] le
vent c:t presque debout
Cocnin, se dit Des eûtes, des torres , dea
rochers et des moulagncs qui s'étendent d'tus
lieu i xsn autre. Celle cdia cowl d« l'Est à
VOucst Vespace de trois ou quatre Ucucs, Ces
montagnes courent du ?iord au Sud, en pegio-
qeant de grands continens.
On dit. Courir un Bénéfice, |)our dire, Eu-
▼oyet un courrier ï celui qui a In oouiiuatioo
du liéncfice, pour ctro le premier i 1» dc-
mandor.
336
COU
On dit aussi, Courir un Bénéfice^ courlf
rite Charcje , pour dire, Le» poursuivre avec
«rdciir.
Ou dit CD termes de Chasse, Laisser courre^
pour dire , Découplcr les cliiens après l.i bote.
On fait même un substnniif des deux infini.
ùùy Laisser- courre y qui sigiiifie Le lieu ou
l'on découp'e les chiens. Quand ils furent au
hiisser-coun'e.
On dit d'Un beau pays commode pour I;i
chasse, que C'est un î't;i" courre.
On dit, Courre un cheval^ pour dire, Le
faire courre à tonte bride, étant monte' dessus.
Voulez- vous courre votre cheval contre le
mien ?
On dît figurcment, Coutir fortune de
courir lisnue de courir hasard de pour
dire, Être en pâ"ilde Il court jurlune d'être
chassé, de "pcnbe son bien. Il court risque de
la vie.J\\i couru hasard de me tuer. Vous cou-
rez risaue. Ce mal peut bien m'ur/'iVcr, j'en
courrai le risque.
On dit aussi, Courir des risques ^ courir des
chances, pour dire, Être exposé ;\ des périls, îi
des éve'ncmens.
On dit. Courir même fortune, pour dire.
Être dans les mêmes inlcréts, dans la même si
tnation d'aflaires.
On dit, qu'Un homme court une belle for-
tune, la carrièi-e de la /ôrtwne, (^uaiid il est en
passe de parvenir à quelque cliosc de f;rand.
Cocnin, signifie aussi. Ravager, piller. Ce<
Tioupcs ont couru une telle Province- Les Pi
rates courent la mer . Courir le plat pays.
On dit. Courir le bon bord, pour dire,
Pirater; et figuréraent dans le di.scour» fami-
lier , pour dire , Fréquenter h-.s mauvais lieux.
On dit, Courir le pays y courir le monde,
pour dire, Voyager. Il a bien couru le pnys,
t'oriru le monde. Il a couiu toute la France.
On dit absolument, Il a bien couru, pour
dire, lia bcauconp voyage'.
On dit, Courir le bal, pour dire. Aller d'un
bal à un autre , aller en plusieurs assemblées où
l'on danse.
On dit, Courir les rneUs.'î, pour dire, Aller
de visite en visite chez les Dames,
On dit en termes d'Ordonnances et de Décla-
rations, Courre ou courir su5, pour dire, Se
«l'îr sur quelqu'un pour l'arrêlqr, ie maltraiter,
}e luer. Tout le monrfc lui court sus. LesPcysam^
se sont soulevés et oui couru sus aux Troupes.
Il y a un Arrêt qui enioint aiut Coniniuric.> de
courir iusaux qcns de guerre qui s'éloiqucront
de leur route.
On dit, Courir sur le marché de quelqu'un.
pour dire , Kncbiîrir sur un autre , tAcber d'avoir,
prétendre emporter ce qu'un autre marchande.
Je voulois acheter cela y pourquoi venez-vous
tourir sur mon marché?
On dit aussi figurément, Courir sur le m.ir-
e/ic, courir sur les brisées de que'.quun^ pour
dire , Vouloir emporter sur quelqu'un une chosi;
a laquelle il a prétendu le premier.
Courir au plus pressé ^ S'occuper de ce qui
importe davantage daus le mumcntj Coitiir
C O U
aux armes y S'armer proniptcment, se disposer
à combattre.
On dit aussi, Courir, soit dans un vcritaîile
combat, soit dans quelque tourrïoi, joute, ou
autre exercice sembbiblc. Ils baissèrent la lance,
et coururent Vun contre Vautre. Courir en lice
dans la carrière. Courir la baquc. Courir la
quintaine. Courre le faquin. Courir les têtes.
Courir les taureaux. Ceux qui couroient donc,
les Jeux Olympiques. Il courut avec lui dans
cette carrière.
On dit hi^urémcni De personnes de dignité
i'g;ile .qui sont dans le i mêmes emplois , qn£Ue>i
courent lu même c(i. n'èrc, pour dire, qu'Klies
nul les mêmes préieiHiuns. Cicéron et Uortcn-
sius couroient la même carrière.
On dit, Courir après des fnttomes , pour
dire, Se livrer h des espérances ou ii J-*^ crainlea
im'igiuaires, eu négligeant le réel.
On dit familièrement Donner à courre à
quelqu'un, pour dire, Le mettre dans l;i néces-
site de faire bien des pas, de se donner bien des
mouvemens.
Cot-mn , signifie encore , Aller çà et III, sans
s'arrêter long-temps en chaque endroit. Il ne
faittsue courir. Il court depuis le matin juspu'flu
soir y on ne le trouve jamais chez lui
On dit pcpulain'mentet dan? le même sens.
Courir la prétentaine.
On dit d'Un homme qui est troublé d'es-
prit, et qui est tout-à-fait exU'avagant. qu'il
est fou à cowir les rues, à coune les champs.
Ou dit fani''ièrement qu't/ne norn'e//e court
les rues , pour dire,- qu'EÎle est suc de Joui le
monde.
On dit, Courre, courir le quilledou ^ pour
dire, Aller en débauche. Il ne fait eue courir
le quilledou. Il est po])ulaire.
Counin , signille aussi Couler. U se dit Des
ruisseaux et rivières, et des choses liquides,
comme le sang, le vin, l'huile, etc. Veau qui
court. Le sang agité court dans les veines'. J''ai
senti une humew qui nie courait entre cuir ci
chair.
Il se dit encore Du temps. Le temps court
inseusd'lc.nent. Letcrme qui court. L'année qui
court. Il court sa vinqiicm-^ année.
On dit, qu't/ne c/io.<;f court à sa fin-, pour
dire, qu'Klle n'a pas loiig-tt-mps h durer. Ma
provision de bois court à sa fn. Cette maladie
courï à sa fin.
On le dit d'Un certain tenue, au bout du-
quel se doit payer ou elTcciuer quelque chose.
On lui a donné trois mois de temps qui courent.
Je nai que quinze jours ^ vous m'amusez par
vos artificeSj cependant le temps court. Ses
gages courent depuis un mois.
On le dit principalement Des intérêts de
l'argent constitué. La rente coîirt de tel jour.
L'intérêt de cette somme court, court toujours.
Les arrérages courent.
Cornin, signifie aussi, Être en Togue. La
mode qui court. Cette chanson courait par la
, ville.
On dit. Au temps qui court, pour dire, Au
temps prdseoL
COU
On dit, L'avis qui court, pour dire. L'avis
qui a le plus d(; voix dans tmc délibération qui
n'est pas achevée.
On dit encore, Faire courir des bruîls ^ il
court un mtiuiviis bruit, pour dire, Rêpandie
des bruits, un mauvais bruit s'est rdpandn.
On dit aussi , qu'il court bien des maladies.
Il court beaucoup de fièvres malignes ^ de pe-
tites véroles y de rhumatismes , etc. pour dire,
qu'il y en a beaucoup.
On dit, Faire courir un Livre , un fllnni-
festCj pour dire, Le répandre dans le public
On dit aussi à table, f'uirc courir une santc.
pour dire, La faire boire par tous les convWes.
Faites courir celte santé. C'est la santé d'un tel
qui court.
On dit, Faire courir la voix, pour dire,
Demander les avis à ceux qui composent une
Assemblée.
On dit, Faire courir U î>i7ïe(,pour dire,
Envoyer un billet pour avertir ou assembler
ceux qui ont intérêt 'i quelque affaire. Et on dit
d'Un homme, que iS'on billet court citez les
Notaires, pour dire, qu'il cherche de l'argent
à emprunter.
On dit, que Les billets d'un liomme courent
SUT la place, pour dire, qu'On cherche à s'en
défaire.
On dit aussi, Faire courir le billet chez la
Danquiers , c/iC3 les Orféires , pour dire ,qu*On
fait donner avis de quelques choses vol^, de
quelques lettres de change perdues.
On dit d'L'nhununc recherché par les Dames,
que Les Vr.rrirs le courcr.l.
Cornu, UE. participe. Qui est lioursuîvi à
la course. Un cc-f , un b'évre, un daim couru.
Un -l'o.V'io* couru par le P rêvât , par les Ar-
chers.
On dit, Un paya couru par les ennemis^
pour dire, Un pays où les ennemis font des
courses.
On dit figurémtnt. Couru., pour dire, Re-
cherché, suivi. Ce Livre est rare et curieux, il
est fort couru. Ce Prédicateur est fort couru.
Il n'y a pas assez de telle marchantme^ tant
elle C5t cowue.
COURLIS ou COURLIEU. s. m. Oïsoa»
atiunliqne qui est bon îl manger. Il y a U
grand et le petit Courlis.
COURONM:. s. f. Ojncment qui entoure U
lête, et qui est fait de branches, de fleurs, ou
cliosi^s scmnhJïles, pour marque d'honnciu-,
ou en signe de jcîc. Couronne de laurier ^ de
lierre, d'olivier, de fleurs, de roses. Couronne
(/"e(oi/t's, que les Peintres mettent au-dessus
de la tête de la Vierge ; Couronne de rayons^
qu'ils mettent sur U tête des Saints. Les Ro-
mains récompensoicnt les belles actions par di-
verses couronnes : Couronne tiiomphalcj mu-
rale, obsidionale, civique, vallairc, rostraU,
GagncTy mci itcr une couronne. Les Grecs de
cernaient des couronnes aux citoyens qui
avaient rendu quelqtte service considérable à
leur patrie.
En ce sens on le dit figurcment De la glotro
que les Martvrs acquièrent en moiu-ai)t pouf
cou
la fou Ta couronne du Mmtyre, Il a reçu la
couronné tlu Martyre.
On le dit aussi De la béatitude (luc DieL
donne à 3cs Suînb. La couronne de gluuc.
La couronne de justice. La couronne dci
Saints.
CounONNE, se dit aussi De rorncmcnt de
titc <juo les Rois, Princes ou Seigneurs portent
pour marque de leur di<;nité, ou «jui est mar-
que sur leurs amioirics. Couronne Impériale,
Royale, Ducale. Couronne de ContiCj de Mar-
quis , de Baron. Couronne à fleurons. Couroum
perlée. Riche couronne. Cvu'-onne enrichie de
pierreries. Couronne fermée , telle C|Ue la
portent l'Empereur, les Rois de France, d'Es-
pagne, etc. Couronne ouverte, telle q^uc la
portent les autres Souverains qui n'ont pas le
îitre de Rois, etc. Porter une couronne. .Mettre
une couronne sur la tête.
On appelle par excellence, La conronnt
à'épines , Celle que l'on mit sur la icle d<
Notre-Seigneur.
On dit, La triple couronne, pour marquer
La Tiare du Pape.
CounosSE, se prend figurcmenl pour Sou-
Tcraineté. Il luia mis une couronne sur la tête,
c'est-à-dire, U l'a fait Souverain. Il lui a o/e,
tut a ravi la couronne. A son avènement à la
couronne. Il aspire j il prétend à la couronne.
H dispute la couronne. H a aifermi sa couronne.
H a renoncé à la couronne. Quitter, ahdiquct
la couronne, céder la couronne à un autre.
Pvdre lu couronne. Héritier de la couronne.
Héritier présomptif de la couronne*
Il se prend aussi pour l'Ktatqui est gouverna
par un Roi. La couronne de France. Lu cou-
ronne d'Espagne. Les couronnes du Xord. Ci
droit est un des plus beaux fleurons de sa cou'
ronne. Il a relevé l honneur , l'éclat de la cou-
ronne, il a ébranlé la couronne. Les Charqes,
les Officiers de la couronne, sont le Connétable,
le Chancelier, etc. Le Domaine de la couronne.
Les droits de la couronne. Maiion et couronne
de France. L'Etal et couronne de France.
Oa dit, Traiter de couronne àt couronne,
pour dire. Traiter de Souverain îi Souverain.
Od le dit aussi ngurément, et par manière de
raîllenc, en parlant Des personnes particu-
lières, lorsqu'un inférieur veut tmilcr avec son
supérieur, comme s'il cloit son (%al.
On dit Du principal avantage deque1<[u'un ,
q\ic C'est le plu$ beau fleuron de sa couronne ^
et De celui qui a perdu de ses honneurs, qu7i
a perdu bien des fleurons de sa couronne.
C0L'EO5<(E, se dit encore De la tonsure clé-
ricale que l'on fait sur le haut de la tète des
gens dlij^lise. Couronne d'Evéque, de Prêtre.
de Diacre, de ReliQieux, etc. Il scst fait faiic
la couronne,
CocnossE, se dit au<ui d*Une sorte de Cha-
pelet qui u a qu'une dizaine. Couronne de U
Vierge,
On appelle aussi Couronne, I.n partie la
pWs basse du paturon d'un cheval.
Ii>s Â&lronomet appellent Cou/ on ne 5t'^/en
trionale cl Couronne australe, Deux constella-
Tome i.
COU
tîons, dont l'une est dans rhcmûphfire septan-
•^ tnonal, tt l'autre dans riiéniisphère austral.
On appelle aussi Couronne, Une sorte de
Météore (pii paroit en forme de cercle lumincu:i
autour du Soleil ou de la Lune.
COURO^^EME-\T. ?. m. Cérémonie pour
couronner les Souverains. Le couronnement du
Pape, de l'Empereur, du Roi, de la Reine, etc.
Il assista au couronnement de 5on cou-
ronnement se fit en tel lieu. La cérémonie, le
jour du couronnement
On appelle Coiu'onnemcnt d'un vaisseau,
La partie du vaisseau qui est au-dessus de la
poupe.
On dît aussi. Le couronnement d'un hJti-
luenï, pour, La partie supérieiue d'un bàlinicnL
Cela se dit aussi d LUi ornement qui termine
h partît: supérieure d'un mcuMc, d'un vase.
l'efd forme un beau couronnement. Ce couron-
Dcmcnï est mes(juin.
Il signifie aussi ûgurément, L'accomplisse-
Jient, la perfection de quelque chose. Cetti
télébre action fut le couronnement de toutes lei
tutres. Pour couronnement d'une si belle vie.
t'c$( le couronnement de l'œuvre.
On dit en termes d'Accoucheur, de Sa.;e-
lemmc, L'enfant w( au couronnement, puur
ilirc, Est près de venir au monde, est à f entrée
ic la m.itrice.
COURONNER, v. a. Mettre une couronne
pir la tête. Couronner cf/ni(jui(j(jf(i(;nc le prix,
lu (jui a fait (juelcjue belle action. Couronner
:'ne victime. Couro-mer de fleurs, de laurier.,
ie myi te. Couronner d'une couronne d'or, d'un^
ronronne d^argent. Couronner un Pape, un
Roi, un Prince. Ils l'élurent et le couronw-
tent. Il fut saoe et couronné.
On dit figuréniont, Couronner, pour dire,
Taire honneur , iTtrCompnnser. Couronna- la
vertUj le vice. Dieu couronne les Martyrs, let
Maints. lU sont couronnés de gloire. Sa vertu
fut couronnée, ^'cst-cepas couronner le crime,
(}ue d'élever un si méchant hofnmo à cette di-
jni'fe'/
Il signiBe aussi fîgurémenl , Apporter la der-
nière perfection, mettre le dernier ornement w
ijuelquc chose. Cette dernière action a couronné
toutes les autres. Il a couronné sa vie par une
généreuse mort. Le succès a couronné son c/i-
ïrc|;r(se.
On dit proverbial., La ^n couronne Vœuvre.
CounossEn, si* dit pour. Environner. Pli*-
siettrs coteaux couronnent cette l'if/e.
Se couno^EB, S'orner, s'embellir. Le Cic\
se couronna d'étoiles après cet affreux orage.
Dans les Fêtes champêtres, les jeunes Berge'
res se couronnoient de fleurs.
CoLnuSNKn, se dit aussi Des choses sur les-
quelles l'on peint ou l'on grave des couronnes,
pour ornement, ou pour manjue de dif^nilé.
Sonécuétoit couronr.é iC une couronne de Duc,
dz Comte, etc. S** chiffte* sont couronnés de
lauriers , de fleur».
Ou dit, que Desarhia se couronnent, pour
^ dire que Des arbre* vielllîswnt, et (fu It se .i (
dc:£»ècheut pa^ * %ète.
COU 337
CocnoSNfi. f.E. participe. Le port al cou-
ronne de /idules moii[aijncs , pour dire, Est cu-
vironnd.
On appelle en termes (l'Architecture mili-
lairc , Ouvrage couronné, Un ouvrage ivancé
vers la canipaçjiie, fait en forme de couronne,
(unir défenilre les approcl:es d'une l>iace. Ou
riippclic aussi Ouvrtiqe à couro/me.
Ou iippello Ic'i KmiicrcuEsct les Rois, 7'c(cs
coiiroiwices. La République de 'Venise a la
honneurs des Icles couronnées.
Ou ai-prllc y^i-fcre couronné, Celui qui ne
pousse plus qu'à l'exlreniiié de ses branches;
et Cheval couionné, L'n cheval qni s'est sou-
vent lilcssii aux genoux en lonibaut.ct h qui le
poil du fjenou est tombe. Ce cheval ne vaut
rien, il est couronné.
COUKKIEll. subst. m. Celui qui court \n
poste pour porter les deptclies. C'est le meil-
leur courrier, et ijni fatt le plus de dilicjence.
iourricr ordinaire. Courrier extraordinairt.
Courrier du Cuhinet du Roi, un siinplemeul
Coiin-ier du Cabinet. Recevoir, envoyer, ilé-
féclier, expédier, faire partir un courrier. Il
ist arrivé un courrier. Courrier d'un tell'rincc.
Le courrier de Lyon. Le couirier de Flanilrc.
Le courrier de Rome, etc.
Il se prend aussi pour Tout homme qui court
la poste, quoiqu'il ne porte aucune dépéclie.
Vous n'êtes guère bon courrier. J'ai rencontré
[fuatre à cinij courriers. Toute la route cloit
olctnc de courriers.
COURRItRK. 8. f. Il no se dit Ruère qu >«
Poésie. La Lune est appelée V inégale Courriel e
ies nuits.
COURROIE, s. f. Pii'cc de cuir conpée ru
long, étroite, et qui sert à lier, h attacher quel-
que chose. Attacher avec des courroies. Mettre,
attacher des courroies. Les courroies d'une cut~
lasse. La courroie des souliers. Nouer, dénouer
les courroies. SeiTer, Idcher la courroie.
On dit proverbi.ilcment et figurèmcnt , Éten-
dre la courroie, pour dire, Étendre ses thoilH.
It les pousser au-delà des bornes de l'équité. //
I bien fallu allonger la courroie pour en iiesir
\à. Ses droits n'iroient pas si haut, s'il n'avoit
rtendii , allongé la courroie.
On dit ar.^si figurcment. Serrer la conn-oie
à (pielgu'un, pour dire, Rétrécir ses nioyciij.
H aurait voulu plus d'urgent , nuiis on lui u
serre la couiroie.
On dit proverbialeniciu./'\iirc ihiciiir lï'iiii-
lnii larje courroie, pour diie. Être libéral du
bien d'autrui.
On dit par une façon de parler tirée de V(i-
crilure-Sainte, que (,,'iie/(^(riiii iiVst pas digne
de dénouer la cowroic des souliers d'un autre.
jwur dire , qu'il est beaucoup au - de>s(>iM
de lui.
C0URR0UC>:R. t. «. Mettre en courroux,
irriter. Ses crimes ont coiaroucé le Ciel contre
lui. Craindre de courroucer les Puissaïues. Le
Prince est courroucé. Sou plus grand usage est
dans le style soutenu.
Il est uavsirefltclii. Dieu se courrouce contre
Us mèchans.
3^38 COU
l)n le Jlt aussi (igiirûincijt De la mer. (^)uaHii
Iii ma- se coiuroiice, est courroucée.
CoinnOLCÉ, Ée. participe. FIoIs- courroucé.'.
COURROUX, s. m. Colère. .Son plu» q,™u]
usj><<c est dans le style soutenu cl diins lu Poé-
sie. Juste courroux. Le courroiir de ])ieu. I.c
cit.iriou.x du Ci'cl. Le courroux d'un Prince ,
d'un pie. Etre en courroux. Entrer, se mettre
en cuurroux.Éviter, apaiser, fuir le courrou.r.
Irriter, provociuer le courroiLV. Qui pourrait
soutenir ion courroux?
Il se dit aussi De quekiues animaux nolil.s
cl fcroce.'i. Le courroux du lion, du lauri'au.
lie lélé]ihimt, etc.
li se dit aussi fièrement De la mer aj^ilc»?
jior la tourmente. Le courroiu; de Ui mer. Les
flots en courroux.
En ce même sens , on dit politiquement , /.c
eourroitr de Neptune.
On dit aussi poétiquement : Le courroux du
Ciel. L'Enfr en cowroivx:.
COURS. s. m. Flux, mouvement dequelque
chose de liquide. 11 se dit particulièremint De
l'eau des rivières et des ruisseaux. Cours rupidc.
Cours lent. Cours impétucu.x. Arrêter, empê-
cher, retarder, détourner, couper, rompre h
cours. S'opposer au cours. Il faut <^ue les cau.T
steut leur cours. La rivière a pris son coun
par-là. Le cours de cette rivière est Ion j de plut
de tjualre cents lieues. Son cours est insensible.
Donner cours à Veau.
On le dit aussi Des mauvaises Lnmenrs dan.
le corps des animaux. // faut que celte humeui
ait son cours. /[ faut lui doiuier cûuxs.
Un appelle Cours <!eiJt"nlre, Le dévoiemeni
ou le flux do ventre.
Cotns, se dit encore Du mouvement réel
ou apparent du Soleil et des Astres. Le cours
du Soleil, de la /-une. Le cours des Astres est
renié. L'Astronomie traite du cours des Astres.
Le cours apparent du Soleil est d'Orient eu
Occidetit.
On le dit Du temps , des années , de la vie.
Pendant le cours de dix ou douze ans. Finir,
aclever le cours de sa vie. La mort en coupa.
en intarompit le cours. Le cours de ses années.
Le cours de son rétine. Suivant le cours de It.
nature.
On appelle en termes de Marine, Les lon;;s
voyages sur mer , et en Pays fort éloignés,
Voyaaes de lonq cours.
Couns, se dit aussi fif^urémenl Des afïîiires.
Tious verrons (juel cours prendra cette aûiiirc.
Arrêter, retarder le cours d'une ajjtxire, d'un
procès. Suspendre le cours de la Justice.
Il signifie aussi Progrès.'Le cours de ses vic-
toires. Le cours de son bonheur, de ses mal-
heurs. Le cours du mal. Le mal a pris son
cours. Il faut (juc le mal ait son cours. Arrêter
le cours d'une dangereuse doctrine. Couper
cours à la faction, aux erreurs qui se glissent.
Le cours des opinions. Se laisser alla- au coun
de TopinioM.
Cn dit, Donner cours n un bruit, pour dire,
Aider j le répandre. Don nei' cours à une opinion,
^iunprejHQé, à une maxime, pour, L'accréditer.
COU
Couns, signifie çncore I/ctude-que l'on fail
de suite en toutes les parties d'une science. //
a fait son cours en Philosophie^ ou de Philo-
sophie, en Théologie^ cn Médecine, en Chimie.
en M athémalif^ues j Aans un tel Collège, sous
un tel Maître. A lu fin de son cours il s'est fait
passer Maître es Arts. Un tel Régent commen-
cera cette année un cours^ le coun de Philo-
soph ie.
Il se prend quelquefois pour Les écrits dans
tc5'|uels est conteuui; la icience; et d'Une sullc
de leçons sur une niatiùn'. Cours abicqè. Cours
complet. J\ii fait transcrire, j'ai fait relier
mon cours. Un tel Réq:'nt a fait imprimer son
cours de Philosophie.
Oouns, se dit encore Des clioses qui sont en
vogue. Cette chanwn , ce bruit eut cours pen-
dant gvxlcpie temps. Les dentelles j les passe-
mens ont cours y n'ont plus de cours.
On le dit aussi De la monnoie. Cette mon-
noie a cours, n'n plus de cours. La somme a
été payée en louis d^or,et d'ofqent et monnoie,
le tout bon et ayant cours-. Donner coitrs à Ui
monnoie étrangère, etc.
On (lit iîgurcment, qu'f/iic chose ^ une ma-
nière^ un moty n'a cours gw- parmi la popu-
lace, guc dans la Province, pour dire, qu'Ellei
ne sont d'usage que parmi le l);«s peuple, etc.
On dit. Le cours du marché, pour diie, L«
prix auquel se vendent les choses dans le mar-
che. Je ne vendrai ni n'acitclcrai nen, gue jt
n'aie vu le cours du marché
On le dit aussi figurém. pour signifier I/etni
et la disposition d'une alTairc . et des personnel
qui la traitent. Nevous engagt^z point si vite en
ce parti, en telle afj'tûre ; voyez auparavant U
cours du marché, le cours de la place.
Couns, sit^nifie aussi I/étendue, sans avoii
cj^ard à la Iiauleur. Une tapisserie de sic aune
de cours.
Corns, signifie aussi Un lien agréable, des-
tiné ou choisi ordinaii'cmcnt auprès des grandej
\illes, pour s'y promener en carrosse. Il y
itvoit plus de ciug cents carrosses au cours. Li
rours est beau de ce côté-là. Le cours est cn un
tel endroit. Jl va souvent au cours.
I COUKSK. s. f. Action, mouvement de relui
[tii court. Course /ec^èic. Lo'ifjuc course. Cours;
/ énihlc. Jl est lécier ii lu course, vite à la course,
î'rendre le.i lièvres, les chevreuils à la course.
Les courses des Jeux Olympiqua, etc. La
course des chevaux, des chariots, etc. Il a
gagné le prie à la course, îc prit de la course.
Il a fourni sa course d^une même force, d'une
même vitesse. Course de tournois. En trois
courses il rompit trois lances. Il a fait une belle
coursc. Course de bague. Course de létes , etc.
À ïoufcs les courses il a remporté le prix. H la
gagné de deux, de trois courses. Il saule bien
ums prendre su course,
Il se dit pour. Célérité, vigueur. Rien ne
peut arrêter ce Conguérant dans sa course.
Cet Orateur, cet Historien est rapide dans sa
course.'
On dit aussi poétiqueraenl : La course du
Soleil. La course de la Lune. La course prcci-
COU
pitée du temp!(. Le Soleil va fi:iir sa course,
pour dire, Le jour va finir.
CounSK. Acted'IioslilitL* que l'on fait cn cou-
rant les mers, ou en entrant dans le pays enne-
mi Les ennemis font des courses ju^^u'en tel
lieu. LesGalèrcs de tel endroit font des courses
surunetelle mer, sur /es cotes de...i,Le$ Pirates
font des courses dans la Manche.
On dit, qu'C^n Capitaine, un Vaisseau^ est
en course, armé en course, qu'une G(ji''rc est
allée en course, pour dire, que Ce Capitaine,
ce Vaisseau, etc. est sur mer, est armé pour
courir sur les eimemis.
CounsE, se dit aussi Des voyagea qu'on fiiit
pour quelqu'un. J'ai fait mille courses pour
son ufftiire. Il a travaillé pour nioi, rnjis il s'e9i
bien fait payer de ses courses.
On appelle Course , Ce que gagne le courrier ,
ce qu'on lui donne pour les frais du voyage, et
pour récompense tle sa peine. Ce courrier a eu
cent pistoles pour sa course.
Course, se prend fij^urément pour Le cours
de quelque emploi ou de quelque travail, ^près
«voir passé par divers emplois, il termina sa
course par VÀmbassade.^Sa course fut longue
et pénible. Il a heureusement fourni sa course^
achevé sa course.
On le dit aussi Dfla durée de la vie. 71 a fui
sa coune en héros, Il est mort en héros.
COUKSIK. s. f. Voyez CounsiEr..
COURSIER, s. m. T<rme usité plus paiti-
culi^renicnt en Poi-sîe. (Jiand cheva! de bdle
t-iillc, propre pour les batailles et les louinois.
CourvjVr de Naples. Grand cour sier. Monté "^ur
un coursier.
CornsiEn , cn termes de Marine , C'est le pas-
sage de la proue ii la poupe dans une galère
entre les bancs des Forçats, ^e promener sur le
coursier. Le poste du Comde est sur le coursier.
On dit aussi La coursie.
CounsiF.n,esl aussi l,e canon qui est »ous le
coursier, et dont la bouche sort par la proue.
COURSIÈRE. s. f. Pont-levis qui, pendant
le combat , sert à communiquer d'une partie du
vaisseau h l'autre.
COUR.SO-V.s. m. Brandie de vigne taillée
et raccourcie à trois ou quatre yeux. Branche
d'arbre de cinq ou six ponces, que le Jardinier
conserve lorsqu'il est oblige.^ de couper les
autres.
COURT, COURTE, adj. Qm a peu de lon-
gueur. Il c-it opposé à Long. Trop court. Bien
court. Fort court. Un peu court. Extrêmement
court. Chcvctuv courts. Queue courte. Cerises à
courte gueue. Cheval à rourle rjueuc. lia le cou
fort rnrirf, le cou court. Jîabit court. Manteau
court. Robe courte. Ce bus est un peu hop
couj'I, est bien court. Des chausses courtes. Cet
animal a les jambes courtes, Véchine courte.
Les Chasseur» dirent, Longue levrette et court
lévrier. U a un bras plus court gue Vautre. Il n
les bras trop courts pour sa tadlc. Il a le nés
co«r(, le nez trop cotirt. Coia-t hdton. Courte
épée. Canon coin-t et renforcé. Ilcrbc courte.
Mesure courte. Bride courte. Êtricrs courts. Ils
sont trop courts fCun point. Courte boule.
cou
Court* paume. Court fétu.Courte paille. Cuurte
pitance.
On dit proverbialement, À vaillunt hommt
«•OUI te épte, (loiir ilirc, qu'Un vaillant bommi-
n'a pas iMsuin J'unesi longue epécqu'unaulrc.
et que II' courage y supplée. Ivt on dit fi^uic
ment cl fiuiilicrcnienl d'Cnlionuiic qui n'a pas
assez de crédit ou assez de force pour réussir
dijns quelque entreprise , que 5oii epce est trop
courte.
On dit d'Une personne , qu'l^île c,<l courte,
Lorsqu'elle a la taille petite et cntassi-c. Il est
qros et eu irl. Cette jeiuiiie est cuurte et en-
tiisséc.
On dit, qu'C'n homme a lu vue courte , pour
dire, qu'il ne voit pas de loin. Il se dit aussi,
dans le sens ligure j d'Un lionime qui a l'es-
prit borné.
On dit aussi figurément , qw'Uue close est
trop courte f Quand elle ne peut parvenir jus-
qu'où on voudroit qu'elle parvint. La science
humaine est courte. La prudence hjimaine, la
prévoyance humaineest trop courte. Voti-e pou.
voir est trop court pour Vous avez les bras
trop courts pour alleindre lii. Ses moyens sont
trop courts.
Ou dit : Le chemin le plus court , le plus
court chemin. Allez par-là , c'est votre plus
courte c'est le plus court. Il est plus court de
la nioîlié, le plus court de tant de lieues. Il est
arrivé le premier y parce tjutl avoit pris le plus
court.
On dit aassi figurément. Le chemin le plm
eourt, ou simplement, le plus cnurl, pour s.i-
guiGer Le moyen i!e terminer plus prompte-
nienl quelque cliose. Pour arriver à voire tut,
tofir soitir de cette affnire^ etc. le plus court et
U meilleur est de faire C'est là votre plus
court , c'est le plus court pour vous.
On dit proverbialement. Le cliemtn le plus
tofiq est ijueUptefuis le plus courte pour dire,
qu'Eu ne se liàtanl point trop , on trouve
moins d'obstacles , et ou arrive plus tùt à son
but.
CocRT , tignifie aussi Bref , qui oc dure
putrc. En hiver les jours sont courts. En été
les nuits sont courtes. La vie de Vhomme e.^t
courte. Vie courte et bonne. Vous ne donnez
ifue huit jours , le terme est bien court. Un ser-
mon bien court Courte Messe. L'épiijramine
doit itre courte. Les apoplithcgmes doivent être
courts. IlaranqUe courte. Courte haranque.
Harangue courte et bonne. Courte haleine.
On dit proverbiolcujent, Courte prière pe-
rattre le» Cieux.
i>u dit proverbialement <ju'C'n homme est
revenu avec sa courte honte, pour dire, qu'il a
reçu un alTront, un refus; qu'/l s'en e,l re-
luu.'-nc avec sa courte honte, ]x)ur dire, qu'il
Da pas réussi d-ins sa négociation.
Cn dit d Un Prédicateur, d'un Avocat, etc.
qn'/l e»l court, pour dire, qu'il e^t succinct,
«pi'il ne parle pas long-temps. Ce J'rédiculeur,
cet Avocat fut court, il est court en ses écrits.
On ne saurait être plus court.
Od dit d'L'u bomiue de plaisin qtii mange
COU
sa forHine, et ruine sa santc, Il la veut faire
courle et lionne.
On dit figurément, qu'Un hotnmc est court
d'ar(jentj court de jlnance, pour dire, qu'il a
peu d'ari^cnt. // ne put demeurer lonq-temps d
Paris ^ il ctoit court d'arqent.
On dit encore fjgiu-ciucnt , qu'Un homme
est court de mêmoirCy qu'il a courte mémoire^
pour dire, tju'Il marK|uc de mémoire; et qu'il
a l'esprit court, qud a Vintelliqcnce courte ,
pour dire, qu'il « l'esprit fort borne.
Ou dit fi*;iirem. , que Les vues d'un homme
sont courtes y pour dire, qu'il manque de pré-
voyance.
CoLUT, se dit adverbialement. // lui coupa
les cheveux bien court y fort court, trop coiwi,
s: court que Il a attaché son cheval trop
rourt. Cela est pendu trop court. Cette période
vst coupée trop court. Il ajîni Ircp court. Tour-
ner court.
Quand on veut abréger, on dit. Pour vous
!c faire court, pour le faire court. Il est popu-
birc.
Ou dit proverbialement d'Un bomme qui a
i-tc pendu, qu'/i a été pendu haut et court.
On dit, Couper court à quelqu'un, poiu
dire, Le quitter brusquement, et hii faire une
réponse décisive qui i'euq)êclie de continuer
ion discours. Et on dit absolument, Couper
court, pour dire, Al>réger son discours.
On dit,V/ s*en est retourné tout court y pour
dire, Aussitôt, dans le même temps.
On dit iif^urément, qu'Un homme se trouve
to»rl, (^)uand il ne peut parvenir h quelque
dessein. C'est folie à vous d'entreprendre cela,
vous rous trouverez court. Ses amis lui ont
manqué, et il s'est trouve court, trop courf.
Ondit, qu'Un homme demeure^ reste court,
tout court dans quelque discours^ Quand il
perd ce qu'il vouloit dire, et ne sait plus où il
cn est. Ce Prédicateur , dans son discours , cet
Avocat, dans son plaidoyer , etc. est demeuré
court, tout court. Il ne manque pas de har-
diesse ^ il n'est point homme à demeurer cowt.
On le dit aussi , Quand un homme est si
pressé par des objections, ou si convaincu,
qu'il ne sait que répoudre. On Vaccabla telle-
ment de raisons, qu'il demeura court.
On dit fif^urém. , Tenir quelqu'un de coiwt ,
pour dire. Lui donner peu de liberté. Il n'est
pas lout-à-fait prisonnier , mais il est tenu de
court. La mère tient cette fille de court. Cet en-
fant est libertin^ il le faut tenir de court.
On dit tigurémeut , Prendre quelqu'un de
courte Quand on le pre.sse sans lui donner
assez de temps pour satisfaire. Il n'y a que
deux jours que le terme e:^t échu, vous me
pressez, c'est me prendre de bien court, Vom
me prenez un peu de court.
On dit proverbialement, // sait le cowt et
le Ivng d'une ajf'uire, pour dire, Il en sali
toute.i Ici pirticularilés; Twer au court bJton
avec queli^u'un, pour, E\i;;er de lui son droit
avtc rigueur; Les plus coiutes folies sont /es
meilleures , ]x>ur dire, Il est sage de se retirer
prompieuient d'une uiauTuîsc ûIKiire.
COU 33c^
COURT.\(;E. subst. niasc. L'entremise, lu
n^ndation d un Courtier. Faire le coitrtaqe
des vins. Se mêler du courtage. Droit de cour-
tage, S.ilaire qu'on donne ii ceux qui font le
courtage.
COURTAUD, AUDE. s. Celui, celle qui est
de taille courte, gro.sse et entassée. Il ne se dit
cn ce sens que Des hommes et des femmes. Vn
gros courtaud. Une grosse courtaude.
Ou appelle Courtauds de boutique, ou sira-
plenjent Courtauds, Ixs garçons de boutique
eliez les Marcliands. C'est un Courtaud de bon.
tifue. Celi est bon pour les Courtauds. U ne se
dit que par mépiis.
On appelle aussi Coiirl«H<J, Un cliev.il au-
quel on a coupé les oreilles et la queue. Il ctoit
monté sur un courtaud.
On appelle aussi Chien courtaud. Un cliien
auquel on a coupé la queue et les oreilles.
On dit proverbialement, Etriiler , frotter
(jueliju'un cn chien courtaud, pour dii-e , Le
bien battre.
COURTAUDER. v. a. Couper la queue. Il
ne se dit que Du cheval. Il a fuit courtauder
son cheval.
CouiiTAtnjÉ, ÉE. participe.
COURT-BOUILLON, s. m. Manière d'.ip-
prêter le poisson. Vne carpe, un brochet au
court-bouillon.
COURTE-BOTTE, s. m. Terme badin, ponr
dire. Petit homme. Il est populaire.
COURTE -HALEINE, s. f. Maladie qu'on
nomme autrement VAsthme.
COURTE-P AILLE, s. f. ■Poyci Paille.
COURl^E-PACME. Voyez Paujie.
COURTE-POINTE, s. f. Couveitnre de pa-
rade, écliancrée et ])iquée avec ordx'c cl pro-
fx>rtîon. La courte-pointe est fort belle.
COURTIER, s. m. Enlrcmelteur. Qui s'en-
aemet des ventes et achats de certaines mar-
chandises, principalement de vin ou de che-
vaux, ou de faire prêter de l'argent sur la place.
.Ilallre Courtier. Courtier juré. Courtier de
change. Courtier de vin. Courtier de chevaux.
Je n'ai que faire dcCourtiers.Jeneveux point
passa- par la main des Courtiers.
On appelle par raillerie, Courtier, ou Cour-
tière de mariage, Ceux qui se mêlent de faire
des mariages.
C;OUll T1LIi':RE. s. f. Espèce d'insecte qui
se forme dans le fumier, et qui fait beaucoup
de dégât dans les jardin,^,
COURTINE, s. f. Rideau de lit. Courtine de
(lumus. i^'ernier, tirer les courtines. En ce sens
il vieillit
CuiJitTtNC, signifie, cn termes de Fortifica-
tion, Le mur qui est entre deux bastions, et
qui eu joint les flancs. La courtine ctoit trop
longue, et ne pouvoit pas être bien défendue.
COURTISAN, s. niasc. t^>ui est attacha i la
Cour, qui frt*f[ucDtc Ja Cour. Bon Couitisan.
Vietix Courtisan, C'est un adroit, un habile^
un fin, un rusé, un sage courtisan. Hlauvats
Courtisan.
U sigtiifie aussi, Celui qui courtise, qui
ihcrehe à plaire. Oo dit De l'amant d'uni
43.
34o
COU
femme, qrie C'est son courtisan. Cette femme
n'a point d'umii, mais des courtisans.
On appelle aussi Courtisan^ Celui qui rend
h quelqu'un des iissiduités , pour en obtenir
quelque avantage. Ceux (^ui ont des emplois ù
donner, à procurer ^ ne mantiuent point de
courtisans.
COURTISANE, s. fum. On donnoit ce nom
aux femmes puhliquos chez les Anciens, et on
les appelle encore ainsi en Italie. Les Courti-
saties de Venise. Les Courtisanes de Home. Il
fait l'amour à une Courtisane. Il entretient
une Courtisane. Et par extension, on le dit De
toutes les fcjimes de mauvaise vie qui sont
un peu considérables, et au-dessus des cou-
reuses.
COURTISER. V. act. Faire la cour à quel-
qu'un dans l'espérance d'en obtenir quelque
chose. Cet homme vous courtise fort. Il n'est
pas d'humeur à courtiser personne , s'il n'en a
besoin. Il courtise ce vieillard pour avoir sa
succession. Il ne se dit pas Du sujet à l'égard du
Souverain.
On dit, Courtiser les Dames, pour dire,
Être assidu auprès des Dames, chercher h. leur
plaire. Il est galant, il courtise les Dames. Il y
a lonq-temps quil courtise une telle. Il est du
style familier.
On dit figurcment , Courtiser les ]\Iuses^
pour dire, Se plaire, s'adonner aui Belles-
Lettres, pniticuliJrcment h la Poésie.
CounTisÊ, ÉE. participe.
COURTOIS, OISE, aciiecl. Civil. e;rarieux,
tant ftn ses discours qu'en son accueil, et cii
toutes ses actions. Fort courtois. Courtois aiu
Dames, Il n*est guère courtois. Il est peu cour
(OIS. Il vieillit.
On appeloit autrefois Àrme^ courtoises j Ici
armes dont on se servoit dans les Tourno's,
parce que la pointe et le tranchant en i-toienl
émoussés, et qu'elles n'e'toicnt point meurtrières.
Les armes de guerre étoient appelées Arme\
émoulues.
COURTOISEMENT, adv. D'une manii-rc
couitoisc. Il Is reçut fort courtoisement. Il
vieillit.
COURTOISIE, suhst. f. Civilité, bon oŒcfi
qu'on rend h quelqu'un. Il l'a traité avec beau
coup de courtoisie. Je vous remercie de votre
cowtoi-iie. 11 est familier.
COUSIN, INE. s. Il se dit De ceux qui son!
issus, soit des deux frères. soîl des deux sœurs.
soit du frère ou de la sœur. Cousins qermaimt.
I.cs enfans de ceux-ci s'ai)pcllcnt Cousins rs.^«j
de germain. Les autres qui sont plus éloignés,
s'appellent CofisinsflH troisième ef au quatrième
degré, etc. Bon cousin. C/iei* cousin. C'e.^l mon
cousin y ma cousttte. Nous sommes cousins. Oe
fjuel côté sont-ils counns ?
En France, le Roi dans ses Lettres traitoîi
de Cousin.'i, non-seulement le* Princes de son
sang, mais encore plusieurs Prince» dtranr;ers,'
les Cardinaux, les Pairs, les Ducs, les Marê-
rlidux de France, les Grands d'Espagne, et
quelques Seigneurs du Royaume.
On dîsoil proverhi;dement , Tous Gentils-
COU
hommes sont cousins, et tous vilains sont com
pères.
CoDSiNj se dit quelquefois fi^urémcnt, De
ceux qui sont bons amis et en bonne intcllï-
gfMice. Si vous faites telle chose, nous ne se-
rons pas cousins. U est familier.
On dit proverbialement et dans le style ti-
milicr. Si telle fortune m'arri\.'oit , le Roi ne
seroit pas mon cousin ^ pour dire, Je m'estime-
rois plus heureux que le Roi.
On dit par raillerie et en style burlesque,
qu't'n homme est mangé de cousins, ou qu'il
a toujours des cousins chez lui, Quand plu-
sieurs (ienlilshommes de campagne , sous pré-
texte de parenté ou d'amitié, viennent l'impor-
tuner et munf;er cliez lui.
On appelle Uu mouvais vin, Du chasse-
cousin.
COUSIN, subst. masc. Sorte de moucheron '
piquant, et fort importun. L^n cousin le vini
^iguer à la joue. Les cousins Vont fort impor-
tunè, l'ont tourmenté toute la nuit. Mangé dt
cousins.
COUSINAGE, subst. m. La parente qui est
entre cousins. /Is s'appellent cousins, je ne sais
d'oit vient ce cousinage. Il est entré d^ns ccttt
niurson sous prétcjrte de cousinage.
Il se prend aussi pour Toute l'assemblée de<
parens. Il pria tout le cousinage. Il est du style
familier.
COUSINER.v. a. Appeler quelqu'un cousin.
Il vous cousine, de quel côté est - il votre cou-
un-' Je ne sais s'ils sont parens, mais ils se
cousinent.
Il se dit aussi dans le style familier, Dei
petits Gentilshommes de campagne qui voni
visiter les autres plus riches, pour vivre quel-
<jue temps chez eux. Comment peut -il vivn
avec si peu de biens? il va cousitwr chez Vun.
chez l'autre. Il s'est accoutumé à cousiner. Ec
ce sens il est neutre.
On dit proverbialement De deu\ personnel
d'humeur opposée, qu"Ê//cs ne cousinent pa.
ensemble.
CorsiNÉ, ÉE. participe.
COUSlNlfcRE. s. f. Sorte de gaxe no-it oe
entoure un lit, pour se garantir des cousins.
COUSSIN, s. m. Sorte de sac cousu de toin
les côtés, et rempli de plume, ou de bourre,
ou de crin . etc. pour s'apiniycr, ou pour s'as-
seoir df'ssns. Coussin de drap. Coussin de vc^
lours , etc. Coussin de carrosse. Coussin qu'on
met sur lu selle d'un cheval^ pour y être assis
plus mollement. Coussin qu'on met deiriéic la
sellcj pour porter quelqu'un eu trousse, en
rroupe, oir pour y mctlio une malle ou une
valise.
COUSSINET, s. m. Petit coussin. Il faut
mettre un coussinet dirrière la selle pour por-
ter la valise la malle. Un coussinet de senteur.
Cous.tirief i^u'on met soiv; la cuirasse^ etc.
COÛT. s. m. Ce qu'une chose coûte. Il n'est
plus guère d'a.sage que dans cette phrase de
Pratique, Les frais et loyaux coûts.
Ou dit proverbialement, que Le coût fait
perdre le qoût, pour dire, que La trop grande
COU
dépense qu'il faudroil faire pour avoir une
chose, en ôte l'envie. •
COUTANT, adj. Il n'a point de féminin, et
n'est d'usage qu'en celte plirase, Le prix coû-
tant. Je vous le donne au prix codtani ^ pour
dire. Au prix qu'il m'a coûté.
COUTEAU, s. m. Instrument composé
d'une lame et d'un manche, et qui sert à cou-
per, surtout à table. Couteau tranchant. Cou-
teau épointé. Couteau ébréché. Couteau pliant.
Couteau à gaine. Couteau à ressort, à virole.
Couteau à lame d'arqent, à lame d^or.Couteau
de cuisine , de table , de poche. Couteau à manchs
d'ivoire, d'argent. Couteau de toilette. Coufeaw
de palette. L'alumelle, la lamCf la pointe, le
tranchant, le dos d^un couteau. Couteau de
Paris, de Chutelleraut , de Moulins, etc. Cou-
teau à deux lames. Couteau d'argent. Couteau
d'or. EmoudrCj aiguiser un couteau. Emmaji-
chcr un couteau. Il lui a donné un coup de
couteau. Il lui a donné du couteau dans U
ventre. Il tira le couteau sur lui. Il lui mît le
couteau à la gorqe.
On appelle proverbialement, Couteau pen-
dant ^ Un homme qui en accompagne toujours
un autre, et qui est pr.'t à le servir en toute
occasion. Un tel est toujours avec lui, c'est son
co:iIeau pendant.
On dit figurcment. Mettre couteaux $ur ta-
lle, pour dire, Donner h manger.
On dit figurcment et familièrement, Atgui-
scr les couteatLT , pour dire, Se préparer au
:ombnt on à la dispute.
0.n dit familièrement , que Des gens sont
aux ëpées et aiix couteaux, (^)uand ils sont en
grandt; querelle, en grande inimitié, ou en
gi'and procès. Ils en sont aux épces et aux cou-
teaux, aux couteaux tirés.
On dit aussi familièrement. Jouer des cou-
teaux, pour dire. Se battre.
On dit proverbialement aux enfans à qui
l'on refuse quelque chose , On vous en don"
nera de petits couteaux pour les perdre.
Couteau, signifie encore. Une courte cpire,"
ipi'on porte au côté. // ne porte qu'un couteau.
Il avait du désavantaqe en cette rencontre,
piircc que son ennemi avoit une epée de lon-
aii:-ur, et lui n'avoit qu'un couteau.
CnuTEAU-DE-CHAssE. C'cst Une courte éj>ée
qui d'ordinaire ne tranche que d'un côté, pour
couper les branches, quand on brosse au tra-
vers des bois.
On appelle Couteau de tripière, Un couteau
qui tranche des deux côtés.
On dit proverbialement et figurénicnl , De
celui qui dit du bien et du mal de la môme
personne, (jnc C'est un couteau^e tripière^ un
couteau à deux tranchans , un couteau qui
tranche des deux côtés.
COUTELAS. 9. m. Sorte d'épce courte et
large, qui ne tranche que d'un côté. Cotttela$
bien tranchant. Coutelas de Damas. Vn coup
de coutetas. Il lui a fendu la Ute d^ son cottU-
las, avec son coutelas.
COUTELIER , ÈRE. s. Celui , celle dont Is
métier est de faire, de vendre des couteaux t
cou ^
cUeniix , rasoir» , lancettM , canift , et autres
instrumeoi Ir >i)clians. Bon Coutelier. Mattrt
Coutelier, Curfon Coutelier. Il est Coutelinr à
Paris.
CODTELIÈBE. ». f- ^':t^u dans lequel on
met plusieurs couteaux. Une couldiére pour
demi-douzaine, ou pour une douzaine de cou
(t'.ifix. Ce nVï( pas la coutelière de ces cou-
teaux-là. Il n'est plus guère d'usage.
COL'TKI.LKRIE. s. f. Métier de Coutelier.
Art de faire dos couteaux, des ciseaux, des ra-
•oirs, etc. Il entend bien la Coutellerie.
On appelle .■lus^i Coutellerie en {;enér.il. Les
ouvrages que font ou débitent les Couteliers. Il
te fait beaucoup de coutellerie à Moulinn.
COUTER. V. n Être acheté un certain prix.
Coûter peu. Coûter beaucoup. Coûter dur. Se
coûter nuèrc. Coiiter trop. Cela coûte plus qui:
cela ne rduf. Combien vous coûte , ijuc vou^
coûte cette étoffe, ce vin, ce cheval, cette mai-
toit, cette terre, etc. ? Cela a coûté cent écus.
L'entretien d'un cheval, d'un carrosse, coûtt
tant. Il lui en a coûté son bon ai-qent. Je veiut
avoir cela , quoi qu'd coûte, quoi qu'il en
coflfe. Cela lut coûte bon. Ces biens -là ne lui
coûtent quérc.
11 signifie aussi, Être cause de dépense, de
perte , de douleur, de peine , de soin. iVe plai-
dons point, les frccèt coûtent trop. Tous frais
fait* , il m'en coûte tant. H coûte beaucoup à
biUir. Il a fait une folie ifui lui a coûté cher,
tfui lui coûte son bien. Il lui en a coûté un bras
pour avoir été à la guerre. Il vous en colitera
ta vie. Il vous en coûtera la tête. Il ne vous en
coûtera qu'une saiqnée. Cette perte lui a coûte
bien des soupirs, des larmes. Cette sottise lui
coûte cher. Cette place qu'il obtient, lui a coûté
biin des bassesses. C'est trop acheter le plaisir
d'un moment, quand il coiUe un long re-
pentir. Cet ouvraqe lui coûte bien des veilles.
Cette recherche lui a coûté bien du temps, lui
conte un grand soin, un grand travail. Lu
peine qu'il m'en coûte. Cette ode, cette ha-
rangue a dû lu: coûter.
On le met <|uclquefois absolument et sans
régime. Tout coule en ce monde. Les procès,
les voyages coûtent.
On dit figurémcnt, qu'L'ne cJiose ne coûte
guère à un homme, pour dire, qu'il ne la mé-
u.ige point, qu'il la prodigue. Vraiment l'ur-
jeiij ne lui coule guère. Ce Général expose ses
koupu à tout moment, les hommes ne lui
coûlenl guère.
On dit, que Rien ne coûte à un homme,
priur dire , qu'il n'épargne rien, ou .ju'il i.e
trouve rien de ridicule. Huiind il estumoureii.r,
quand il est question d'obliger ses amis, rien
ne lui coûte.
Ou dit on contraire, que Tmit lui coûte.
p.>nr dire, qu'il a de la peine ï faire tout ce
q l'il fait. Il fait plaisir à regret, tout lui coûte.
Il n'a aucune facilité à écrire, tout lui colite.
On dit, // m'en coûte de vous donner cet
avis, d'avoir à vous faire des reproches, pour.
J'en suis affligé, je suis obligé i quelque eH'ort
pour m'y résoudre.
COU
■ COÛrEUX, EUSE. adj. Qui eu^tis-e X de
la dépense. Les voyages sont cotlleiL\. Le fjoût
lies tahlemu: est coùteiLX,
COUTU^R.s.m.Ouvnerqiii fait dcscouiils.
COUTIL, s, m. (On ne pioiionce pas 1*L. )
Espèce de toile faite de fil de chanvre ou de
lin, qui est lissée cl fort serrée, propre pour
faire des lits de plume, des laies d' oreiller,
des tentes , etc. Coulil de Flandre. Coutil de
Bruxelleis de yormandicy etc.
COUTRK. s. m. Fer tranchant qui fait pnriie
dr la cliarme, et qui sert ;i fendre la terre quand
on labnurc. Contre tranchant.
COUTUME, s. f. Habitude contractée dans
les mœurs, dans les nianit'res,dans les discours,
dans les actions. Uonne coutume. Mauvaise cou-
tume. Sotte coutume. Vilaine coutume. Prendre,
ijuitter une coutume. Se défaire d^tne coutume.
// a la mauvaise coutume de faire des qrimaccs.
Cela lui a tourné en coutume. Il s'en est fuit
une coutume. On fait beaucoup de choses par
coutume.
On dit. Avoir coutume) avoir de coutume,,
pour dire» Avoir accoutumé- Il avoit coutume^
il avoit de coutume. Le dernier est vieux.
On dit absolument : // en use comme de
coutume. Il est plus gai tjue de coutume. Il se
porte mieiLX que de coutume. Il s'est levé plus
tard que de coutume.
CouTLME, se dit quc'lquefois , De ce qui a
passe en quelque sorte d'obligation, ou d'en-
gagement, parce qu'on l'a souvent pratiqué.
Cela s^est tourné en coutume. Purce (/u'on lui
a foiifflrt cela une fois, il le veut tourner en
coutume.
On dit proverbialement : Une fois n\st pas
coutume. // ne faut pas perdre les bonnes cou-
tumes.
CocTCME , s'emploie aussi nj;urémcni, en
parlant De ce qui arrive souvent aux choses
inanimées. Ce pommier a coutume de donner
beaucoup de fruits. Cette cheminée a coutume
de fumer quand le vent du midi souffle. /,«
pierres qui viennent d'ctrc (iVc'cs de la carrière
ont coutume de se fendre à la gelée.
Il se dit aussi De ce qu'on pratique ordinai-
rîment en de certains Pays, et en de certaines
choses. Vieille coutume. Ancienne coutume.
C'est la coutume d'un tel Pays^ d'une telle
Ville ^ de se réjouir ^ de danser un tel jour, de
sofe/iniscr telle jétc i, de faire telle ceVcmonic,
telle réjouissance^ etc. C'est fa coutume en
France de... Cette coutume s^est introduite, s'est
autorisée^ s'est abolie. La coutume nVsï plus de...
n'en est plus. La coutume étoit Que... C'ctoit une
tau: unie reçue. Il a ramené l'ancienne coutume.
Cela est vaiu en coutume^ passé en coutume.
H signifie plus particulièrement Certain
droit municipal qui , s'rtant antorisé par l'usage
et par Ki commune pratique d'une Ville, d'une
Province nu d'un Cantnn , y tient lieu et a
force de Loi. Coutume qénérale d'une Province.
Coutume de yormandie^ de Champagne. Cou-
tume de Pari<. Coutume /ora/c, ou d'un lieu
particulier. Réformer la Coutume. Uêdiger par
"-rit une Coutuirt, tU se sont mai tes suivant
COU 341
la Coutume de Paris. Une telle Coutume est
y favorable aux femmes^ cette autre est desavan-
tageuse aux puînés. Vous trouverez cela dans
la Coutume de... La Coutume de... porte que...
Un, tel article de la Coutume. Il a commenté
la Coutume. Il a éa'it sur la Coutume. C^est
un point de Coutume. Suivant la disposition
de la Coutume. Ce n'est pas un Pays de Droit
écrit , c'c5t un Pays de Coutume.
On appelle absolument, La Coutume d'un
i'a> s, Le Recueil du Droit Coutumier de quel-
que Pays. // il commenté la Coutnme du Ni-
vernais, de Bretagne, de Normandie. Il faut
se régler selon les Us et Coutumes du Pays.
Coutume, sîf^nifie encore quelquefois, Cer-
tains droits et inipûlsqui se payent en quelques
passades et ailleurs. Payer la coutume. La cou-
tume qui se lève en tel endroit sur le vin^ sur
les bateaux,, sur les vivres, etc. Coutume de
Boyonne. Cotttume deBordeaux. Il est Fermier,
de la Coutume de Cette marchandise doit la
coutume, ne doit point la coutume.
COUTUMIER, 1ÈRE. adj.Qdi a accoutumé
de faire, etc. Il est coutumier de mentir. Il Cit
familier.
On dit, quT/n ?iomme cf coutumier du fait,
pour dire, qu'il est accoutumée faire certaine
chose.
CuuTi"MiEn. signifie aussi, Qui appartient
à 11 Coutume. Droit Coutumier. Pays Coutu-
mier. On appelle ainsi Un Pays qui se gouverne
par un Droit nmnicipal; et il se dit par oppo-
sition a'i Pays de Dmit écrit.
COUTUMIER. suhst. m. Livre contenant W
Droit municipal d'une Ville, d'une Province,
ou d'un Canton. Le grand Coutumier. LeCou-
(umier Ge'nera/. Le Coutumier de Norjtiandie,
Le Coutumier de Champagne.
COUTURE, subst. f. Asscmldage de deux
choses qui se fait par le moyeu de l'aiguille ou
de l'alêne, et a\-ecdu fil, de la soie, etc. Grosse
couture. Coutuie menue, fine, ronde., plate.
Dof.blc couture. Couture d'habits, de linge ^ de
gants, de bottes, de souliers, etc. Faire une
couture. Une robe sans coulure. Linceuls f
draps sans couture. On n'en voit point la cou-
ture. Cette couture ne paroit point. C'est la coït-
ture qui vousblesse. Il faut rabattre la couture,
3U les coutures.
On dit populairement îi Un homme qui a
un hal)it neuf, en le frappant par manit-re cic
phiisanierie, qu7l lui faut rabattre les coutures.
CoL'TCitE, signifie aas&i L'action et l'art de
coudre en linge, en drap, ou autres clofles.
Cette couture est aisée, est jx'nible. Elle ne
veut pas quitter la couture.
Il signifie aussi La façon dont une chose est
cousue, ou bien ou mal. Belle couture. Couttire
malpropre. Voilà une vilaine couttêre.
CouTCiE j se dit aussi De la cicatrice qiii
reste d'une pliie, soit qu'elle ait été rerousiu*
ou non , ou mùme des grandes marques que
Ui>se In petite vérole sur le visage. Grosse cou-
ture. Vilaine couture. Il en a encore la roulure
$ur le vidage. Il a le vitaqe tout plein de cou-
tares.
342 cou
Oa dit Ggurém., qa'Vne armée a été Jèfalle
à plate couture, pour dire, «ju'EUc a été eutiè-
l'cineut défaite.
COUTURÉ, ÈE. adj. Qui porte dos mar-
ques el dc3 indgnlités scnibld>lrs h des coutures.
H est tout ccaliiré de petite vérole.
COUTDP.ItR. subst. mj. Qui fait métier de
coudre. Don couturier. Mauiuiis couturier. Il
n'est guire en usage.
En Auatoniic, Couturier est le nom d'un'
muscle'de la jmibe.
COUTURI.'iftl':. s. f. Qui travaille en cou-
ture, soit de linge ou d'habits. Habile coutu-
rière. Couturière eu linge. Couturière pour
femme , pour enfans , c'est-ù-dîre , Qui fait des
liabits de femme, d'eufans.
COL'VALN. subst. masc. Semence des pu-,
naises , et de quelques antres insectes. Les
fourmis chercJient avec avidité le couvain des
punaises.
COUVEE, s. f. Tous les œufs qu'un oisc.ui
couve en même temps, ou les petits qui on
sont édos. îl y avait tant d'œufs à la couvée.
Cette poule a amené quinze poussins d'unt
convce. La poule et toute sa couvée. Cn serpent
monta dans le nid et mannca la méi-e et la
couvée.
Il signifie au&si fignrénient, familii'rcmcnt,
cl le plus souvent cn mauvaise part, Engeance.
Le père, la mère, les enfans sont Icns [ripons,
toute la couvée n'en i^aul rien.
COUVENT, s. m. Maison Religieuse, Mo-
nastère. Coiii'i'nl de Capucins, de Chartreux.
Couvent de jilles. Se mettre, se jeter dans un '
Couvent. Entrer dans un Couvent. Sortir dn
Couvent. Menacer une fille du Couventt de U
mettre au Couvent, de l'enfermer dans un
Couvent.
CoavEST, se prend aussi tris-souvent pout
Tous les Religieux ou toutes les Religieuses qui
iout dans un même Monastère. C'est un Cou.
¥ent bien rérjlé. Tout le Couvent s'assembhi
pour l'clcclion de VAhbesse. La moitié du Cou.
¥tnt etoit pour un tel Religieux , l'autre moilii
vouloit un autre Supérieur.
COUVER, V. a. se dit Des oiseaux qui se
tiennent sur leurs œufs pour les faire ccloic.
Les oiseaux cor^vcnt leurs natifs. Cette poule a
ttouvé tant d'œujs. On lui a fait couver des œufa
de cane.
Ou le dit quelquefois absolument. C'est la
laison où tels oiseaux couvent. Cette femme a
tant de poules ijui couvent. Mettre des poules
couver. Cette poule veut couvei'.
Un dit fîgiiréiucDt et familièrement, Couwr
quelqu'un des yeux, pour dire, L'observer et
!• regarder avec tendresse et alTeclion, et ne
s eu pouvoir lasser. Cette mère aime si fort son
fils, sa fille, quelle ne les voit pas à demi, elle
les couve des yeux.
Un dit aussi figurèment : Ccl homme couve
de mauvais desseins. 'Tout cela couve une gueire
civile, couKC quelque grand malheur.
Couvin, est «nssi neutre, et se dit figut«-
■iioit Dcj choses qui sont cachées, qui ne pa- '
loissenl point, et qui peuvent se dccouvtii
COU
V quelque temps après. En ce sens, il se dit
principalement Du feu, de quelques vapeurs,
des humeurs. Le feu couve suus la cendre.
Cette vapeur maligne, ce mauvais air se giirdi]
dans une balle de laine, dans un paquet de
linge, et couva long-temps. Cette mauvaise hu-
meur couve, se couve dans les entrailles. En ce
sens il est aussi actif. Vos entrailles convoient
cette liumcur maligne. Vous couvez une grande
maladie.
Ou le dit aussi Des choses morales, comme
d'une ccnspiralion, d'un dessein, d'une guerre.
Cette conspiration couve depuis long -temps.
Cette guerre s'est allumée, elle couvoll depuis
long-temps. Sa haine, son amour a long-temps
couve dans son cn;ur.
On dit (jgiu-éimnt , U faut laisseï' couver
■ ela, pour dire, Il ne faut pas se Ijiler.
11 s'emploie ansii quelquefois avec le pro-
iiuni personnel. Il se couve quelque chose de /orl
r/uniyercii.r. // se couve là-dessous je ne suis quoi.
Couvé ,Éi:. participe.
COUVERCLE, s. m. Ce qui est fait pont
couvrir, ce qui sert à couvrir un pot, un
colTie, une boile, une cassette, une marmite ,
DU quelqne vase. Le couvercle d'un pot. Cou-
ven-le à pot. Couvercle d'une écuelle. Couver-
de d'un cuvier, L'n couvercle à lessive. Mettre,
attacher un couvercle sur Attacher un cou-
vercle à. . ..
COUVERT, s. m. La nappe avec les ser
fiettes, couteaux et cuillers, etc. dont on cou-
frc la table et le bufièt. AleKre le couvert. Han-
ner le couvert.
Il se prend plus particulièrement pour L'as-
siette, la serviette, etc. qu'on sert pour chaquo
personne. Il tient grande table, il y u tant di
couverts. Mettez encore un couvert pour Mon.
COU
que n'est pas si dangereuse de ce colc-hi, on y
peut aller à couvert.
On dit aussi , Être à couvert d'un luis, d'un
marais, d'une rivière, etc.
On le dit figurèment, pour signifier. Être
en sûreté. £fre à couvert de ses ennemis.
Etre à couvert de la nécessité, de la mauvaise
fortune.
On dit figurèment, Mettre son bien , ses
fffets à couvert, pour dire. Les cacher. McKre
>n réputation à couvert, à l'abri de tout sou<>-
çon. Son liouneur est à couvert. Rien ne met à
couvert de la calomnie.
COUVERTE, s. f. Émail qui couvre une
terre cuite mise en œuvre. Il se dit particnlio-
lemcnl De la porcelaine. La pâte d'une bonne
porcelaine doit être sans sels , et la couverte sans
métau-c.
COL'V ICin'E.MENT. adv. Secrètement et eu
racbettc. Il faisoit semblant de le vouloir ser-
vir, mais couvcrlemcnt it lui rendoil de man-
iais offices. Il a fait cela si couvertemeiit , qu'on
n'en a jamais pu rien deviner.
COUVERTURE, s. f. se dit lie certaines
ilioses qui servent il en couvrir d'autres. Coii-
terture d'une maison. La couverture était de
ihaumc, de tuile, d'ardoise, de plomb, etc.
Abattre la couverture. Travailler à la couver-
ture. Relever la couverture.
CofVERTuiu:, quand il est dit ab^oInment,
('entend d'Une couverture de lit. Couverture
5/ie. Couverture double. Couveilure de laint,
ic soie. Couverture de coton. Couverture de la
Chine. Couverture piquée, etc.RemcItrela cou-
verture. Il est mauvais couclieur , il tire tout»
lu couverture à lui, les é-aps et la couverture.
On l'a berné dans une couverture.
, On dit, Faire la couvej-ture, pour dire,
.\près que le lit est fait, replier le drap et la
On appelle encore Couvert, Un étui garni f, couverture pour se coucher.
il'une cuiller, dune fourchetic et d'un cou
leau. Couvert de vermeil doré. Il port: tou-
jours son couvert à la campaqne.
Il se dit aussi d'Une cuiller et d'une four-
rheite n'unies. Une douzaine de couverts d'ar-
gent à fiel.
CouvEr.T, signifie aussi Un lieu , une re-
traite, un logement. Donner le couvert à quel-
qu'un.Si f avais le couvert pour cette nuit dam
celte maison. Il n'y est pas nourri, il n'a qiu
le couvert.
Il signifie aussi , Lieu planté d'arbres qui
donnent de l'ombre. Il n'y a point de rouvcri
dans te jardin. Allons Jiercher le couvert.
Couveut , se dit aussi pour signifier L'en-
velojipe, l'adresse d'im paquet. Cela est arrivé
franc de port sous le couvert d'un Ministre. On
dit mieux, A l'adresse.
A COUVERT. Façon de parler adverbiale.
Lieu ou l'on peut se garantir des injures du
temps. /( ne craint point la pluie, le mauvais
temps, il est à couvert. Il s'est mis à cou-
vert. Quand on c.U à couvât de l'orage , de la
pluie.
On dit aussi, £,lrc à couvert, se mettre à
COiulf/U du canon , de la mousqueterie. L'atta-
Couveutude de mulet, couverture de fuur-
qon, couverture de charrette, de chariot, C'est
une pièce de drap, de toile, de tapisserie, ou
antre chose que l'on met sur le mulet, sur In
charrette, etc. pour les couvrir. £.es armes d'un
tel sont sur la couverture de ses mulets. Cou-
verture de chevaiLX.
On dit aussi ; Couverture de chaises, de siè-
ges. Couverture d'un livre. Couveiture de vélin,
de veau, de basane, de maroquin, de chaqrin.
Couverture dorée. Riche couverture. Il n'a ja-
mais vu ce livre que par la couverture.
CouvEnrniE, signifie figurèment Prétexte.
5ous couverture d'amitié. Il cherche une cou-
verture à son crime. Quelle couverture peut-
il donner à cette méchancetés L'I.ypocrisie sert
lie couverture à bien des crimes.
COUVEHl'URIER. s. m. Marchand ou ar-
tisan qui fuit, qui vend des couvertures. Mar-
chand couverturier.
COU VET, s. m. Pot de terre ou de cuivre,
avec une an.se, qui sert ù mettre de la cendre
chaude et des chai Iwiis, et que les femmes met-
tent sous elles l'hiver.
COUVEUSE, s. f. Qui couve. CeUe poule
est une bonne couveuse.
cou
COUTÏ, adj. m. se dit d'Un œuf à <ïcniî
couve , ou f-âlé , pour avoir été garde trop lonj;-
temps. Dans celle omelette, il y a (jue^ue œuf
couvi ffui la qdte.
COUVKK-CHKF. ». m. Sorte de coiffure 'de
loile que portent les paysannes.
En (;liiruri;ie, Couvre-chef , est Un bandage
dont on se sert pour envelopper la tète.
COUVRE-FEU. s. ni. Ustensile de cuivre
ou de fer, qu'on met sur le feu pour le couvrir
et le const ncr la nuit.
Il se dit aussi Du coup de cloche qui dans
certains lieux marque i In tire de se retirer.
COUVKE-PIKD. s. m. Sorte de petite cou-
TCrture deloll'e, qui ne setcnd que sur une
partie du lit, et qui sert à couvrir les pieds.
CoHwc-pied d'ifidtenne. Couvi c-picd de tajjt'-
tas pifjHC. Couvre-pied d'éib-edon.
COUVKEUR. s. nî. Artisan dont le mctict
est de couvrir des maisons. Couvreur en ar-
àoùe, en tuile ^ en cliaume, etc. Il y faut faiii
monter le Couvreiu: MaiUe Couvreur, Compa*
«non Cottvreur.
COUVRIR. V. a. Je couvre, tu couvres, l
ccrivre; nous couvrons, vous couvrez^ ils cou-
vrent. Je couvrais. Je couvris. Je couvrirai.
Couvre. Qu'il couvre. Que je couvrisse. Cou-
vrant. Mettre une chose sur une autre pour U
cacl.er, la conserver, l'ornerj etc. Couvrir um
statuCy un tableau. Couvrir une maison. Cou-
vrir de terre les racines d'un arbre. Couvrir un
plat. Couvrir un poL Couvrir de chaume, dt
tuile, d'ardoise. Couvrir d'or, d'arçjcnt. Cou-
viir un coffre de cuir. Couvrir un livre de par
chemin, de velwi, de veau. Se couvrir le vl
sage. Il se couvrît de son manteau. Couvtir da
chaisci de toile, de serne, etc.
On dit, CournV un malade, pour dire
Augmenter le nombre des couvertures , soii
pour le j;arantir du froid, soit [»our lui procu-
rer une sueur.
On dit , Couvrir le (eu, pour dire, Mettre d»
la cendre dessus pour le conserver.
Il s'emploie aussi avec le pronom personne!
La terre commence à se couvrir de (leurs, à s.
couvrir d'herbes j de neige.
On dit. Couvrir un momon, pour dire, .Ac-
cepter, recevoir le défi d'un momon; et Cou-
vrir une carte, pour dire, Mellre une carte sur
une autre, ou autrement, mettre de l'argent
sur sa carte.
Il S'* dit aussi pour signifier. Mettre une
dv^sccnf^randequanlité sur une autre. Couvrir
un habit dW, darqent, de clmguant, de bro-
derie, de pastemcns. Couvrir la mer de nauires.
Couvrir In campagne de qens de guerre , de
mort.<. Couvrir une table de pistoles. Il vint un
boulet de canon gui le couvrit de terre. Il êtoit
couvert de tnng et de poussière. Cet homme
êtoil tout couvert de UprcCouvrir une table dt
pLits.
Couvnin , sif;nific aussi Revêtir. Couvrir les
pauvres. Celle femme est si pauvre, gu'Ale nu
pas de guoi '-e couvrir.
On dit fi;;uri5rcenl. Couvrir de honte, d'o^.
probrCf de con^iijion, d'irfamie, pour dirr.
COU
Causer beaucoup de honte, déslionorer. Je (e
couvrirai de confusion , d'une grande con-
fusion.
On dit d'Une pièce d'ÉIo juence ou de Poé-
sie , et d'une pièce de Théâtre, qui a été fort
applaudie, qu'EI/e a été couverte d'upplaudis'
semens.
On dit figiu*ément, Se couvrir de lauria's,
te couvrir de gloire, pour signifier, Acquérir
beaucoup de {gloire.
On dit pnpul.iirement. Couvrir la joue à
gucLpt^un, pour dire, Lui donner un souf-
(let. S'il me soutient cela, je lui couvrirai
la joue.
On dit, que Le c/cl, que le temps se couvre,
ipic l'horizon se couvre, pour dire, qu'il se
hrnuillc, s'i»I>scurcit par des nuages. Le temps
lomnieuce à se couvrir.
On dit figurénient,que />'/iori;ort se couvre,
pour dire, qu'il se manifeste des obstacles, que
jcs difficultés se préparent.
Cocvnin , signifie figurément Cacher, dissi-
muler, il sflit bien couvrir ses desseins. Il couvre
bien son jeu. Il sait hîen couvrir ses défauts. I\
couvre sa passion. Cette mode>^tie apparetiU
couvre une grande vanité.
On dit. Couvrir une enchère , -ponr dire,
Encîiérir au-dessus de quelqu'un.
On diljtSV couvrir d\tn prélcxtc, couvrir sa
fiutCj pour dire. S'excuser. 7/ veut se couvrir
de ce prétcvtc. On pourrait couvrir sa faute, en
disa'it gue -
On dit proverhinlement rt fi;^urénient . Se
:cuvrir d'un sac mouillé, ];our dire, Se servir
l'une exaise vaine, et qui aggrave la faute plu.
V't nue de la diminuer.
On dit en termes de (iuerre, Se couvrir d'un
\uis, d'une colline, d'une éminencej d'un ma-
rais, etc. pour dire, Se poster près d'un b/iis,
i*un marais, elr. en sorte qu'on ne puisse être
itt;iquéqucMlifficilement de ce coté- li. On dil
i'L'ne citadelle, qu'Kl/e couvre toute la ville.
On dit au Trictrac, Se couvrir, pour dire,
Placer une seconde dame sur une fliïche qui
a'cn avoit qu'une.
On dit aussi en termes de Ouenc, Couvrir
ta marche, pour dire, Ca'lier sa marche. Un
hon Oénéraî doit savoir cottvrir sn marche.
On dit fip;uremcnt, qu'(7u homme sait cott-
vrir sa marche, pour dire, qu ï! sait caclier ses
desseins, alîer adroitement 5 ses fins.
Se couvnin, signifie, ftlettre son chapeau
sur sa tttc. // se couvre devant le Roi. Il se cou-
vrit le premier. Couvrez-vous. ]\ïonsieur.
On dit, qu'Un Jmha:.sadeur, un Grand
d'Espagne se couvre deviint le liai, pour dire,
i|u'Il a droit de se couvrir devnnt lui.
Couvnin, se dit aussi Des animaux qui s'ac-
couplent avec leurs femelles. C'est un cheval
d'E<pagne gui a couvert cette cavale. Cette
chienne a été couverte d'un êpagneul. H faut
faire couvrir celte cavale.
CorvrnT, EnxE. participe, hcucîle couverte.
Ou dit, Cuuvot de piaii:s,pour dire, Btes».-
en beaucoup d'endroits; et au sens figuré: Cou
vcil de honte. Couvert de cumcj.
CRA
343
CotrvEriT, signifie aussi Dissimulé, cac\ié.
Un homme couvert. Haine couverte. Ennemi
couvert.
On dit en termes de Pratique, qii'On «I
ohlige àe tenir son localnire clos et couvert,
pour dire, que La maison iloit être bien entra-
tenue <lc couverture et de clôture.
Et l'on dit figurement, qn'f/ri homme s€
tient clos et couvert, poiu- dire, (ju'Il ne se ha-
sarde guèr»' , et qu'il se communiijue h peu de
gens.
(loivEiiT, .signifie aussi Vêtu, p.nrc. Il n'est
couvert que de simple serje. Il est tnujours hlen
couvert. Il est tout couvert d'or et d'arqent.
FAle. doit toute couverte de pierreries.
On (lit, <ju'(/n homme est couvert de qloire,
pour dire, (|u'Il a acquis beaucoup de gloire en
([uclquc occ.ision. Ce Général courut de yrands
j,éiils en celle campatjne, en cette bataille, U
en revifiï cotfi'crï de qloire.
On dit d'Un honmic dilTamé et perdu de ré-
putation, qu'Zf est couvert de mépris, du mé-
pris JJuhlic : qu'il s'est couvert de boue dans
bien des occasions.
On dit aussi : Coiii'crl de louanqcs. Couvert
di risée. Couvert d'opprohrc. Visaqe couvert de
roujeur, pour dire, Oonvcrt de honte.
Un dit figure'ment et proverbialem. Servir
quelqu'un à plats couverts, pour dire, Lui
rendre de mauvais offices secrèlement.
On appelle Mots couverts, paroles couvertes,
Les mots aml>igus et qui carhent un autre
sens que celui qui se prêscnle d'abord. .le lui
fis entendre en mots couverts, ou à mots coït,
verts , que. . . .
On appelle Vin couvert. Du vin fort rouge,
qui est d'une couleur fort chargée. Voilà du
vin qui est trop couver-t.
On appelle Poyî couvert. Un poys rempli
de bois,
CRA
CR.\BE. s. m. Poisson de mer h coquille,
du genre des crustacés, qtii ressemble à une
araignée.
CK.VIÎIER. siibst. m. Oiseau d'Amérique,
C|Ur se nouirit de crabes, et qui ressemble au
Héron.
CRAC. AJot qui exprime le bruit que font
certains corps durs, secs et selides, soit en s«
frottant vinicmmcnt, soit en éclatant. 71 fit
crac. J'entendis crac, c'ctoit une solive qui
t'clatoit. Ce mot est du style familier.
On dit familièrement Cric-crac, pour ex-
primer Le bruit de quehjus chose qui se biîsc,
ou qui se froisse subitemcn'..
CnAC, est aussi une interjection familier')
qui marque la soudaineté d'un fail, d'un éy^
Dément. Crue, (e voilà parti,
CnAC, e»! aussi Le nom d'une maladie des
oîse.tux de proie.
CRACII.\T. suhst. mnsc. Le flegme ou Ia
I iluite que l'on crache. Gros crachat. Vilain
crachat.
On dit pnïverbinlemenl, qu'Une maiwtÈ eyf
lillic de boue et de crachat , pour dire , qu'Ella
344
CRA
n'Ht pas solidement bltie, et qu'on j a em-
ployé de médians matériaux.
On dit proverhialeniint d'Un Lomme mal
licureuz, qu'/! te noieroit ilam son crachat.
CRACIlliMENÏ. ». m. Action |wr laquelle
on craclie. Crac?ienicrit continuel. Crachement
lie sanq.
CRACHER. V. a. Pousser, jeier deliors In
salive^ le flegme, ou outre cliose qui inconi
mode dans la gorge, d.ins la houclie, ou dans
le poumon. Il crache ilu sanij. Il crache le
sanq, H crathe son poumon^ .sf.*: ^;oumons. /'
voulut noiUer à cette viande, mais le premie
morceau <juUj'rit, il le cracha.
Il se prend souvent absolument. // ne pir
(jue cracher. Il crache toute h nuit. Ne crache
pas sur moi. ii'il m'avoit dit cela , je lui auroi
craché ai-: ncs, craché au visaqe.
Ou dit proverbialement , qu Un homme
crache contre le Ciel, Quand il parle contre
nieu, ou contre des Puissances si grandes, qu(
l'injure qu'il pense leur faire , retombe tout^
(ur lui.
On dit aussi figurément et familièrement.
Cracher des injures, pour dire, Injurier, din
beaucoup d'iDJi^es. /
On dit proverbialement et par raillerie, Cra-
clicr du Latin, craclicr du Grec, pour dire,
Parler Latin, parler (irec mal à propos. '
On dit de même, Cracher des sentences, de^
proverbes, des anecdotes, pour dire, Le» pro- .
4i;;u(,f ;1 tout propos dans la conversation.
< Ml dit iiroverbialemrnt et populairement,
CracKer au hassin, pour dire. Donner de l'ar-
Ijent poor contribuer à quelque clioie. Il faut
bien qu'il crache au bassin pour aider à mariei
ta tiiéce.
CnACHÉ, F.E. participe.
Ou dit figurément et familiircmcnt d'Un
bomme qui ressemble fort h son père, 6"esl
son fière tout craché.
OiACHEUR, EU.SE. subst. Celui ou celit
qui craclie souvent. Cesl un vieux crachenr,
un jrand cracheur.
("R.iCIIOlR. ». m. Petit vase d'argent, df
faience, ou d'autre matière, d»ns lequel on
crache. Crachoir d^arqent.
On appelle aussi Crachoir, Une espèce do
boite sans couvercle, remplie de sable, qu'on
met dans les Eglises , cabinets , etc. pour y
cracljer. Les crachoirs sont fort en iksaqe dam
la Hollande.
CRACIIOTE.MENT. s. m. Action de cra-
cbotcr. // a un crachotement perpétuel,
CRACHOTER, v. n. fréquentatif. Cracbei
souvent et peu & la fois. Il ne fait que cra-
choter,
CRAIE. $. f. Sorte de pierte tendre , qui csi
lilancbc et propre à marquer. Cela eut blanc
comme craie. Un morceau de craie. Marquer
oi'cc de la craie. Tracer avec de la craie. Le
Maréchal des (ojit,/cs Fourriers marquent les
loyis avec de la craie, et écrivent sur les portes
les noms de ceux qui doivent y lo^er.Marquer
d la craie.
Il to prend aussi alisolumcnt ponr La mat-
CRA
que que fait le Maréchal des logi» sur la porte,
niettre la n'aie. Effacer la craie. Contrefaire
la craie. Celle maison n'est point sujette à la
craie, elle est exempte de la craie. Loger à la
craie.
CRAINDRE. V. a. Je crains, tu crains, il
craint; nous craiqnons, vous craignez, ils
craignent. Je craignais, vous craigniez. Je
craignis. Je crainéai. Crains. Que je craigne.
'Jue je craignisse. Craignant. Iîcd.)uler, ap-
I>réliendcr , avoir peur. Craindre le péril
Craindre la mort. Craindre le tonneire. C'est
un homme qui ne craint rien. Je crains qu'il
n'en arrive faute. Il craint d'être découvert.
Je ne le crains guère. Je le crains moins que
len. b'n homme de bien ne craint rien. On U
eraint comme le feu, comme la foudre. On II
■raint plus qu'on ne l'aime. Ce cheval craini
l'éperon. Cet aiiinuil craint L'eu i.
On dit J'amilièrcmeT^td'Uan.écLanl Ijonuue,
d'Un lionmie déterminé , qu'il .ic crninl ni
Dieu, ni Diable.
Il se met quelipiefois absolument. On l'a ac-
coutumé à craindre. Cela lui apprendra i
craindre. Je crains pour vous. On voit bien
qu'il craint.
CnAiNunK, se prend aussi pour. Respecter,
révérer. Craindre Dieu. Craindre son péri.
Craindre sa mère. Il est naturel de craindre c(
iju'on aime. C'est un himime a'aiqnant Dieu.
On dit figurément, qu'C'n bon i)ai.«cau n(
trainl <jue la terre et le feu, pour dire, qu'l
'y a rien il craindre [xjur te viiisseau,quc d'é
chouer ou d'être brûle.
On dit, que Des arbres ne craignant point
le froid, pour dire, que I* froid ne leur esl
point contraire.
Cn.MST, AiNTE. participe. C'est un médisant,
fort craint dans le pay.
CRA
fecter une Sme forte, comme la crainte de li
mort, de l'infamie , etc.
De crainte de, de crainte que. Façon de
parler qni sert de conjonction, et qui signifie ,
De peur de, de peur (pie. De crainte d'étje sur.
pris. De crainte qu'on ne vous trompe.
On dit aussi simplement , Crainte d'accident,
crainte de pis.
CRAINTIF, IVE. adj. Timide, peureux,
sujet à la crainte. AadircI craintif Ame craiii-
liVe. Animal craintif II est craintif de .«on no.
Im-c!. On a rendu cet enfant trop craintif
CRAINIIVEMENT. adv. Avec crainte. //
vgit si craintivement en toutes choses. Il parle
vaintivement. Il est de peu d'usage.
CRAMOISI, subst. m. Sorte de teinture qui
•end les couleurs oii on l'emploie plus vives et
|!us diinililes. Etofl'e teinte en cramoisi.
Cn.\Moisi , se dit .ibsolument d'Un rouge
)lus foncé. Voiiii un beau cramoisi.
Cbamoisi , lE. adj. Qui est teint en cramoisi.
Velours cramoisi. Soie cramoisiii. Rouge crr-
tloisi. Violet cramoid.
On dit proverbialement et figure'm. qu'L'n
domine est sot, qu'il est laid en cramoisi, pour
dire, qu'il est extrêmement sot, extrêmement
laid.
CRAMPE, s. f. Contraction convulsivc et
iouloureuse, qui se fait sentir principalement
i la janilx! et au pied. 7/ lui prit une crampe en
tageant.
Goutte - CBAMPE , se dit d'Une espèce de
(oiitte snliite , et oui dure peu. Crmiipe: etf
Bor« yris adjectivement
CRAMPO.N. s. m. Pièce de fer rtwourbé'.a
kue ou plusicure pointes, qui sert, dans les
Mivra'.;es de Mafonnerle, de Cliarpenlerie. ou
le Menuiserie, ii alt.icher fortement quilipie
ihosc. Crampon de fer. Gros crampon, ./llii-
CRAINTE. s. f. Appréhension , peur, pas- I ther avec un crampon. Mettre un crampon.
n AVf.>t/^a .^ane 1'-'..»,.. n.... l'I . „ J'-._> _. . 1 '. f"" _ I . .
sion excitée dans l'âme par l'image d'un mal
venir. Grandecrainle. Juste crainte. La crainti
du clultimenl. La crainte de la mort. La crainU
de l'enfer. La crainte des jugemens de Dieu.
Donner, inspirer, imprimer de la crainte à
quelqu'un. Jeter de la crainte dans l'esprit,
dans Cime. Je lui ai ôlé cette crainte, je l'ai
délivré de celte crainte. Verdie la crainte. Per-
dre toute crainte. C'est un Iwmme sans craint»
et sans jmdeur, sans aucune crainte. lllui faul
donner de la crainte, le retenir par la crainte,
le tenir en crainte. C'est la crainte qui lui a
fait faire cela. La crainte l'a troublé. Il éloit
troublé de crainte. Il esl toujours en crainte.
Il vit dans la crainte. Crainte respectueu.se. 71
y a une crainte salutaire. La crainte de Dieu.
.Yeoir in crainte de Dieu devant les yeu.c. La
cniinlc de Dieu est le commencement de la sa-
gesse. Si ce n'éloit la crainte de Dieu. Si la
crainte de Dieu ne le retenoit. Il ne vous dit
pas toutes ses craintei. Le iinii courage n'est
pas toujours crcmpt de crainte.
On appelle Crainte servile, La cr.iinte qui
nait de la seule appréhension du chiltiment;
Cruinle |i/iii/c. Celle qui nait d'amour et de
respoa; et C;uin!c grave, Celle qui peut «f-
Ccla est tenu par un crampon.
On appelle aussi Criimpc-n, Un bout de fer
recourbé qu'on fait exprès aux fers de clie»al,
juand ou veut ferrer les chevaux à glace.
CRAMPONNER, v. act. Attacher avec un
rrampon. 7/ ^lul cramponner cette pièce de
bois. Cramponnez bien celle serrure.
Il se dit avec le pronom pci-soiinel. 5e Cram.
ponner, pour dire. S'attacher fortSEienlà >jUel-
ipie chose pour n'en être point arraché. 71 »e
cramponne si fort à ces harreau.c , qu'on ne
peut l'en tirer.
On li'it, Cramponner tics fers à cheval, (>our
dire, Y faire des crampons.
On dit. Cra'iipoM/icr un cheval, pour dire.
Ferrer un cheval avec des fars à crampon.
Crampo.n.né , ÉE. participe.
On dit proverbialement et £gurém. qn't'n
homme a l'âme cramponnée dans le corps,
pour diie, qu'il a la vie dure.
CnAMPONNÉ, se dit en Bl.ison , Des pièces
qni ont à leurs extrémités une demi-polcncc.
CR-\MPUNNEr. s. m. Petit crampon.
CRAN. s. m. Entailiure eu bois, en fer, ou
autre oerps dur, jxiur accrocher ou arrêter
puclquc chose i'aiic rin cran. Le cran iun%
CRA
urhaUle. Hausser ou baisser une cièmaillire
fl'»'i cran, .-/vuiicer ou retarder une montie
J'jn cru ri.
On dit fiyiirémenl et familièiiment , que Lu
forlur.e, lu réputation, lii santé, IVspil (tuii
lir^mrne, baissent d'un cran, pour dire, qu'ils
ilimiuuciit, baissent, commencent ù diniiriuer.
CnAN , tenue d'Iini)rimeric. Pctilc profon»
dcur ou caoal vers le bas de chaque caractère.
CR.4N. Voyez Raifout.
CRAKE. s. niasc. Le tèt de l'honiine et dei
nntros «nimaux, l'os de la t£te de l'Ijonirae,
qui contient le cerveau, La capacité du crâne.
Les sutures du crdnc. Les trous, la cavité du
crilne. La partie antérieure, la partie posté-
rieure du crdne. Les deux tables du crjne.
CRAPAUD, s. m. Espèce d'animal venimeux
qui ressemlile h la Grenouille. Crapaud de
terre. Crapaud de marais. Gros crapaud. Vi-
iain crapaud. La bave d'un crapaud. Le venin
d'un crapaud.
On dit iigurénicnt et familièrement d'Uo
homme fort laid. C'est un vilain crapaud.
On dit proverbialement d'Un ljon)mc qui
fait le dispos, et qui ne l'est guère, quTt .'^aule
'omnie un crapaud.
On dit proverbialement et bassement d'Un
lionmie qui n'est guère pccunieux , qu'il est
ch-irijc d'arqent comme un crapaud de plumes.
CKAPAÛl).-i.lLLE, s. f. qui si- dit par cor-
ruption du mot CnÉPODÀiu.£. Sorte de crêpe
fort dclié et fort clair. Une coijf'j de crapau-
ùaille
CR.iPAUDTfiRE. s. f. Lieu où se trouvent
beaucoup de crapauds.
On appelle figurénient, Une crapaudiére ,
Va lieu bas, humide, sale, malpropre, ct<v
CRAP.VUDI>"E. s. f.Espùce de pierre qu'on
rroyoit autrefois se trouver dans la tête d'un
crapaud, et qui est une dent ou un palais de
poisson piftrihé. Une crapaudine bien vivcEn*
chdssff- une crapaudine.
CR.4PAUDINE, ou SIDÉRITIS. s. f.PIante
qui croît conmiuncment daa5 les lieux incultes.
Elle est vulnéraire : on l'emploie intérieure-
ment et extérieurement.
Cit.vPArDiN£, se dit aussi d'Un morceau de
1er ou de bronze creux, dans lequel entre le
gond d'une porte.
On appelle aussi Crapaudine, Une plaque
de plomb qui se met à l'entrée d'un tuvan de
bassin, de réservoir, etc. pour empêcher que les
crapauds ou !e» ordures n'y entrent.
A LA ChAPAUDrsE. Terme de cuisine qu'on
emploie en parlant ïîe pigeons ouverts, aplatis
et rôtis sur le gril. Mettre des piqcons à la cra-
paudine. Muncjer des pincviis à la crapaudine.
CRAIMIUSSI.N. ». Il se dit d'Un tri-s-petit
homme contrefait 11 se dit aussi d'Une Icmme,
et n'eu i|ue de la conversation familière. Ce
a'est (ju'un mif<ou.uiii, une o-afiou.<sine.
CR.VPULE. s. f. Vilain excès de boire et de
raajiser qui est pas»c en habitude. //onlcii.<c,
vilaine crapule. Il aime la crapult. Il se pln'il,
il e>l plongé dans la crapule. Il est dans un<
cr.ipule continuelle.
1 orne /.
G R \
On dit, Vivre dans \a ciaptih, pour dire,
qu'On se livre sans choix et sans modtfralion
aux plaisirs de l'nmour, de la taWe et du jeu.
On se sert aussi de ce mot faiiiilièrcment,
pour designer Ceux qui vivent dans la crapulcr
Wiiiez pas avec ces libertins ^ ce sont des cra-
pules.
CRAPULER. t. neut. Être dans la crapule.
C'est un homme ijiii ne fait que crapu/cr, oui
aime à crapulcr. Il crapule jour et nuit,
CRAPULEUX, EUSE. odject. Qui aime la
crapule.
CRAQUELIN, s. m. Espèce 'de gûleau qui
craque sous les dtrnls lorsqu'on le mange. Cr<i-
qucîin aux nii[s. Craquelin au beurre. Faire
des a'aqaclins. Manqer des craquelins.
CRAQUEMENT, subst 3i. Le son que font
certains corps en craquant, /^vez-vous oui U-^
craquement de celte poutre?. Un a'aquemcnt
h dents.
CRAQUER, V. n. se dit pour exprimer Le
'iruit cjuc font certains corps, en se frottant
riolcmment, ou en éclatant. Les vis du près-
ioir craquoient. Le plancher est si charge, qut
les poutres en craquent. Ce Ut craque. Vn coujt
ie vent rompit le mât, on Ventendit craquer.
Cet homme est si sec. que les os lui craquent. I\
(iiit craquer ses dotais en lestirant. LcscïoiîIcs,
(c biscuit, craquent sous la dent.
On dit popuUiH-cment, Craqusr, pour dire,
Mentir, liàblcr, se vanter mal h propos et faus-
tcmcnt. C^est un homme qui ne fait que craquer.
CRAOUERIE s. f IVrrae faïuilicL et po-
pulaire. Menterîc, hâblerie.
CRAQUÈTI:MENT. s. m. Convulsion dans
les muscles des mâchoires. Voy. CnAQUEivresT.
CRAQUETER, t. n. freq. de Craquer. Il
jignifie, Craquer souvent et avec petit hruil.
Quand on jcltc du self du laurier dans le feu,,
»« l'entend craqueter.
CnAQCETF.ïi, se dit aussi pour exprinier Le
:n de quelques oiseaux. On entend craquetef
les Ciijo(jnes.
CRAQUEUR, EUSE. subst. Celui ou celle
f]ui i^e fait que meniir et se vanter faussement.
C^est un qmnd craqueur , une qrande cru-
qrieuje. Il est populaire.
CK iSS. Voyez SYSÉnÈfE.
CRA.')3A>E. 8. fûm. Sorte de poire de bor
goût.
CRASSE, s. f. Ordure qui s'amasse sur la
p'.'au, dans le poil de ranimai, ftc. La crasse
de la tête, La crasse des mains. Il ei:t plein d€
crasse.
On dit, La crasse des niclaux, pour dire
Certcine ordure qui srt des métaux quand on
les fond.
On dit ûj;iirémeDt et familièrem. La crnsst
du Collège^ la crasse de l'Ecole, pour signifier
La nisliciic et le ddiàut d politesse de ceux
:]ui ont toujours dcmouré dans le Coll<.'g<*, cl
qui n'ont puÎTC frci|ucnhi le monde. C'e jcunt
homme a encore toute la crasse du Collêne.
Cela sent la cras-^e de VEcole.
On dit, (]m' Un homme est né dnrs la cratse.
four dire, qu'il «st d'uoc oaUsaace trêb-bassc.
CRA 345
CaVssE , se prend aussi <^e\qujfoiî pou;
Une avarice sordide.// a toujours vécu dans la
crasse.
Chasse, adjectif qui n'est d'usage qu'au fé-
minin. Grossier, épais. Humeur crasse et vif-
ijueuse. Matière crosse et épaisse.
Il se dit aussi figurément dans cette plu-ase
ff)norarice crasse, qui signifie Une ignoiauce
grossière et inexcusable.
CRA.SSRS. s. f. pi. 11 se dit Des écailles qui
se séparent de quelques métaux, lorsqu'on les
frappe à coups de marteau.
CRASSEU.X, EUSK. adj. Plein de crasse,
couvert de orassc. 3/(iins cras^CM.'îe.'!. Clteveux
crasseux. Barbe crasseuse. Il es> tout crnsseiur.
Bonnet criwscuj-. Calotte crasse jse.
On le fait quelcpiefois substantif. Vn cras-
teux. Vilain crasseux. Petite crasseuse, pour
dir(!, Solope, malpropre.
On dit aussi, Crasseux, pour Sordidement
avare. Il vit en a'asseux.
CRATl'^RE. s. m. Espèce de tasse îx boire ,
en îisnge chn les Romains.
On appelle 'aussi Crdfère , l.a p.irlie supé-
rieure d'un volcan, ou la bouche par laquella
il vomit sa lave, ses feux, sa feimée et ses cen-
tres. Le cratère du Vésuve, de l'Etna. BeaU'
:oup de montaqnes de V/iuvergne et du Vivar
rais ofj'rent de vastes cratères.
(R.VnCULER. V. a. Terme de Peinture et
Je (iravure. Réduire par le moyen de plusieur»
r.rreaux, un tableau ou un dessin pour le«
-opier.
CnATicBi.É, ^n. participe.
CR.\^'.\^". s. masc. Oiseau .aquatique de la
grosseur du canard, e» dont le plumage est
noir. C'est aussi le nom d'un coquillage qui
s'attache aux vaisseaux qui sont long -temps à
la mer.
CRAVATE, s. mase. Cheval de Crontle. tes
cravates sont des chevaux de qrand travail.
Cheval cravate.
On appelle aussi Cravates , Certaine Milice
à cheval. Compaqnie, Réqinicnt de Cravates.
CR.\V.4i'l'E. s. f. Linge qui se met autour
du cou, qui se noue par -devant, et dont les
deux bouts jwndent sur la poitrine. Cravate de
mousseline. Cravate à dentelle. Cravate de taf-
fetas noir.
CRAYON, s. m. Petit morceau de pierre de
mine, ou de quelque antre matiéie colorée,
propre à marquer , ï écrire , à tracer et à des-
siner. Crayon blanc. Crayon de mine. Crayon
de sanguine. Crayon de charbon. Crayon de
pastcL Crayon rouge. Crayon bleu. Crayon de
Hollande, etc. Ecrire, tirer une ligne, mar-
guer, dcsiner avec un ciayon, avec le crayon.
Aiguiser le crayon. Manier le crayon. Dessir
tracé uu crayon. Portriiil fait au crayon.
Il signifie encore Le portrait dune per-
sonne fait avec le crayon, il a fait le crayon
dun tel.
Il signiHe aussi figurément La description
qu'on tiit de quelque personne. Vous nous
avez bien dépeint cet homme-là , vous en avn
fait un fidèle crayon.
■4 »
3.i6
CRE
Il se prenil aussi |ioiir La première idée ,
ou la premier dessin d'un tnbJeau qu'on trace
avec du crayon. Il n'a pas encore commence ce
tMeau, a n'en a fait (ju'un cniyon. Cmyon
mossiir. I.éçjer crayon.
Tl se dit aussi figurément , 11" ouvrages
desprit. Celle jnecc nest pas achevée, ce n'est
encore tju'un crayon, ijuim premier crayon,
(ju un Jéijcr crayon , iju'un crayon imparfait ,
(ju'im jhihle crayon.
CRAYORNER. V. actif. Dessiner avec du
crayon. Crayonner une télc, un hras , une
}i:ain, un arbre.
Il signifie aussi, Dessiner grossiènnient ,
mettre seulement les premiers traits. Cela n'es!
(juc crayonné.
CnAYuNNÉ, ÉE. participe.
CRAYONN'EUR. s. masc. Qui crayonne. Ce
n\st pas un Peintre, c'est un Crayonneiir.
CRAVONNEUX, EIJ.SE. adj. De la nature
du crayon. Pierre craj-oniieuic. Terre crayon-
lieuse.
CRE
CRÉANCE, s.f. En poliliiiuo, I.'instruclion
secrète qu'un Souverain confie à son Minislri
pour en traiter avec un autre Souverain. 71
lui exposa sa créance. Est-ce là toute imln
créance?
On appelle iellre (îe créance, ou Zîellre en
créance , Une Lettre qui porte une crcauce , un«
Lettre qui ne contient autre chose, sinon que
l'on peut ajouter foi h celui qui la rend. Cel
Jmhassaieur a présenté ses Lettres de fréance.
On appelle aussi , tcllrc de créance , Cell«
qu'un Banquier ou un Marchand donne i un
Voyageur, comme Letirc de change ou de crij
dit, quand il aura besoin d'argent. Il a de\
Lettres de créance sur Boston, sur Hamhourcj,
On dit en termes de Vénerie , Chien di
bonne créance, pour dire , Un chien sûr ; et e»
termes de Fauconnerie , Oiseau de peu dl
créance, pour dire. Un oiseau peu sur.
CR1-;ANCE. s. fe'm. Dette active. 5ii crénnci
tsï d'un tel jour. 5a créance est bonne , (-.<!
ancienne. On lui conteste sa créance. Faiii
apparoir de sa créance,
CRÉANCIER, 1ÈRE. s. Celui, celle à qui
il est ài\ de l'srgent , ou quelque autre chose
qui se peut estimer à prix d'argent. Créancier
imporlun , rude , f.lcheur. Premier créancier.
Dernier créancier. Ancien créancier. Créan-
cier privilénié , hypothécaire. }l est créancier
d'une telle succession, d'un tel pour la somme
de C'est un de mes créanciers. Elle est
créancière. Il s'est accommodé avec les créan-
ciers. Cette terre fut vendue à la poursuite, au
profit des créanciers. On a fait Vonbe des
créanciers. Abandonner son bien à ses crean-
tiers.
CRÉÂT. 5. m. Celui qui sert de sousK.cuyer
dans une Académie à monter à cheval. Il ctnit
Créât dans une tulle Académie.
CREATEUR, s. m. Qui crée et tire du
néant. Oieu cit le Créateur de toutes choses.
Le 'ioufciain Créateur dt toutes alioscs.
CRE
Ou à\t, Recevoir son Créateur^ pour dira,
Recevoir la sainte Commuuion. Il a reçu au-
jourd'hui son Créateur.
Il 30 dit, pîir extension, Oe et lui qui a in-
venté <!ans quelque genre qtit? ce soit, //onièrtf
cs( renarde comme le créutenr du / Vcinc cjnquc.
Il s'emploie au.si.i adjectivement. Génie
créateur.
Cr»KATlON. s. f. Action par laquelle Dieu
crée. la créuiion du monde. La crvaîioji de
l'homme.
Il se prend aus'^i fif^urcment pour in non
vel établissement d'C^Oices , de Charges . de
rentes, etc. On a fait de nouvelles créations
d'0[Jices. f.a création d'une rente., d'une pen-
sion. Ëdit portant création de.... Le pape fil
une création de Cardî'.iauJc. Tel Cardinal est
de la création d'-xn tel Pape.
On ait aussi d'Un mot nouveau , que Ce I
un mol ie noiifenc création.
CRl'i:ATURE. s. f. Un Être créé. Les créa-
tures aniTiée.s'. Les créatures inanimées. L\4nijs
est la plus noble des créatures. Une créature
intellectuelle. La puissance de Dieu érlote dam
les plus viles créatures. Dieu est admirable dans
$cs créatures. Le pécheur quitte le Créateur pouf
s*attacher à la créiititrc.
lî se prend pnrlirulitTement pour Personne.
Cet homme est la meilleure cré:ilure du monde.
Vous êtes u:ie éti anqc crcature., une maudiu
créature.
Il se dit plus ordinairement Des femmes cl
ilr-s enfaiis. Cet enfant est une julic créature.
une aimifbU créature. X^oilà une belle créature.
C*est une fort bonne créature. Pourquoi maltrai-
ter cette créature? Sale, vilaine créature. C^esl
une créature de mauvaise vie.
CnÉATcnE , se dit quelquefois par méprit
Celte créature-là le ruine. Aimeriez-vous cetti
cjcii(H>-e-lù.'Il se dit aussi par familiarité. Cctic
créature me plaît fort.
Il se dit fif^urément d'Une personne qui
lient su fortune et son élévation d'une autre.
C*esï la créature d'un tel. Cet homme a heau-
coup de créatures y s'est fait beaucoup de crc.i-
lures.
On le dit pjirllculièrrment De.s Cardinaux,
[Kiiir dire, qu'ils ont été créés par un H'I P.Tpr.
Les créatures d*'in tel Pape sont les plus jort^
dans le Conclave, c'est-à-dire, Sont les Cardi-
naux les plus forts, etc.
CREBEIÎ. s. m. Fruit d'un arbre du même
nom. U croît dans l'île de Java. Son fruit, qui
a la forme et 1 1 grosseur du poivre loni;, entre
dans plusieurs compositions médicinales.
CRÉCELLE, s. f. Moulinet de bois qui fait
un bruit aigrelet dont on se sert au lieu de
cloches le Jeudi et le Vendredi de b Semaine
Sainle. donner la crécelle.
CRÉCERELLE, s. f. Espèce d'oiseau àc
proie. La crécerelle ff lit d'ordinaire son niddans
les vieilles murailles j dans les vieilles tours.
CRÉClIK.S.f. La mangeoire des bœufs, drs
brebis cl antres animaux semblables. .Wcffrc du
foin y du fourraqc dans une crèche.
On appelle La crèche ^ la sainle crèche ^ La
CRE
crèche où Notre Feignenr fut mis au moment
de sa naissance dans l'ctable de BelMcem. La
crèche de Notrc-Seifjneur. Le Fils de Dieu a
j'oril» naître dans une crèche.
CRÉUENCE. s. f. Sorte de petite table qui
est au côté de l'Autel, et où l'on met les bu-
rettes, le bassin et les autres clioses qui servent
h la Messe, ou !i quelque cérémonie ecclésiasti-
ijiic. Il y a ordinairement dctix crédences atuz
côtés de y Autel.
CREOIRïLITE. s. f. Tenne dogmatique. Il
n'est ^urre d'usage qu'en cette phrase, Motifs
de crédibilité ., pour dire. Les motifs que l'ou a
poiu" croire que la Religion Chrétienne est vraie.
CREDIT. 9. m. Réputation où l'on est d'être
snlv.'dile et d'' bien payer, (jnï est cause qu'on
trouve aisément h emprunter. Bon crédit. Grand
:rédit. Il a crédit , bon crédit chez les Mar-
l'irtnds, sur la place. S'il avait besoin décent
nille écusj il les Irowfcroif sur son aédit. Il
naintient bien son crédit. Il conserve bien son
:rèdit. Cette affaire compromet son crédit ^ a
ruiné son crédit., l'a juiné de crédit.
Cni'xiT, se dit aussi en parlant Des papiers
ou effets de Commerce qui ont plus ou moins
de cours sur la plare parmi les >'égocians. Les
billets de cette Compagnie prennent oédit^
Les actions de cette Banque sont remontées de
crédit.
On appelle Lettie de crédit. Une lettre dont
le porteur peut toucher de l'argent de ceux ù
qui elle est adressée. De bonnes lettres de a-édit.
Lettre de crédit limitée. Lettre de crédit illi-
mifée.
On (lit, Faire crédit, donner à crctîif, pour
dire, Donner des marchandises, des denrées,
sans en exiger sur l'iicure le payement.
On dit aussi dans le même sens : Prendre
des marchandises ^ des étoffes à crédit Vendre^
acheter à crédit.
On dit proverbialement, Fave crédit depuis
In main jusqu'à la bourse, pour dire, Ne dire
nucun crédit.
On dit provcrbialem., que Crédit est mort, ^
pour dire, qu'Or, ne vent plus prêter.
À ciiÉDîT, signifie quelquefois. Inutilement,
en vain , sans profit. Personne ne vous sait gre
de ce due von$ faites, vous travaillez à crédit.
Vous vous tuez à crédit. Vous vous donurz de
lu peine à crédit. Vous consumez votre fcfupt
vt votre bien à crédit.
U signifie aussi, Sans preuve, snns fonde-
ment. Vous dites cela, vous avancez cela à
crédit, quelle preuve en avcz-vous?
Crédit, signifie figurément Autorité, pou-
voir, considération. Il est en crédit, en grand
crédit. Il a grand crédit., beaucoup de oédit
dans sa Compagnie , à la Cour, parmi les
Elranqers, en un tel Pays. Il s'est mis en
crédit par un tel moyen. Cela l'a mis en crédit^
lui a acquis du crédit. Son crédit peut bcai^
coup. Il y a employé tout son crédit. Il a tout
cela par le ci'édit d'un tel. Il a perdu beaucoup
de son crédit, tout son crédit. Il est bien déchu
de son nédit. Son crédit Ci,t bien dimintic. Se
ici'vir de son crédit. Abuser de son crédit.
CRE
On dit aussi, ./voir du crédit sur Ve^prit de
«(.celi/u'iin, pour dire. Avoir du pouvoir sur
son esprit
CRÉDITKR. V. a. Terme de Négoce. L'n .Ve
ijociant crédite ijuf/i)u'u7i , (^)u uid il éft il sur
son journal ou sur son grand livre ce qu'il doit
à quelqu'uu » ou ce que lui a paye quel-
qu'un.
Ou dit, Créditer sur. Je suis crédité sur
Hambourg, J'ai un aédit, des Lettres de crédit
sur cette Place.
Ciii:dité, ée. participe.
CRî^DO. s. ni. Le syiuLole des Apùtres, qui
CCiUiient les articles principaux de la Foi.
CniinULK. adj. des ï gcures. Qui croit
trop facilement. Esprit crédule. Homme cié-
dulcy trop crédule. Quoi! vous clcs si crédule...
Le peuple est crédule.
CHliDULITÈ. s. f. Facilité à croire sur un
fondement bien lé;;er. Grande crédulité. Sotte
crédulité. Vous iivez trop de crédulité. Il abu-
soit de lii crédulité des peuples.
CniiEiî.v. a. Tirer du nc^ant, donner l'être,
faire une cliose de rien. Dieu a ciéé le Ciel et
la Terre. Quiitid Dieu créa te monde. Di^u a
créé toutes cïwscs de rien.
Il se dit aussi l.)(^ choses dont les liommes
sont les inventeurs. H a crée soit aii. Les Pcëla
ont créé les Dieux, La Cantate est un gcnrt
iioiivclleirieiit créé.
On dit ijgurémcnt, Ciéer des Charnes, des
Olpcei, et outres clioses semblables, pour dire,
Ktahlir de nouvelles (Jiargcs, de nouve.iux
Offices. Le Roi a créé par son Édit tant de
Chiirnes de Secrétaires du Roi, tant d'Offices
d'Elus. On a créé une nouvelle Charge pour
un tel
On dit, Créer des dettes, pour dire, F.i're
des dettes, contracter des dettes. Il a bien créé
dis dettes depuis la mort de sa femme.
Ou dit aussi, Créer une rente, une pension,
pour dire, Constituer sur soi une rente, une
Iiension. il a créé cette rente sur tous ses biens.
Il lui a créé un<; pensiort sur le plus clair de
son bien.
On dit cnrorc , Créer une pension sur un
Eéneftce. Et cela se dit proprement lorsque le
Pape octroie lélabli.sscment d'une pension sur
un Bénéfice. On oéa une pension sur un Ici
Evcché, sur une telle Abbaye.
CnÉÈ, ÉE. participe. Un (tre créé. Des Of-
fices créés de nouveau. Une rente créée. Une
pension créée sur un Bénéfice. Un art nouvel-
lement créé.
ClîL.-iHJLLÈRE. s. f. Instrument de cui-
sine, ordiuaircmcnl de fer, qu'on altaclic 1 la
cliuuinee, et qui tert .1 y pondre les cliaudi-oas,
les marmius, etc. /'«lc(e crém.iiKérc. Grosse
crémailtcre. Pendre la crémaillère. BavMr ,
haiiurr lu Ci-émail/ére dun cran , de dciui
crans. Crémaillère à trois branches.
CjiÉ.MAni.i.iiE, se dit aassi Des fers qui «e
mettent à certain- s cliaiies ei lit s de rcpo», jinur
alxisMr ou relever le dossier. CAiiise ù cré-
maillire.
ïlndil proverbialeiDcnt, quand un lioEUse
CRE
va tenir nicnage, ou qu'il change de logis,
i|u'0*( iro vendre la cremaUlàe chez Inij pour
lire, qu'on ir;i faire un repas chez lui, pour
cclchrcr son (.'lablisscment dans sa maison.
CRi:.MAlLI,ON. .^. masc. Pclilc créinaillL^re
qui t'accroche à une plus f;randc.
CRÈME, s. f. La partie la plus grasse dn
lait, de laquelle on fait k- Leurre. Bonne crème.
Crème uonvellc. La première^ la petite crème,
ou crème douce. Ln plat de crème. Manger de
la crème. Fromage de crème. Fromage à la
crème. Tarte à la crème. Voilà de la crème atit
est aigre. Cette vache est bonne, son lait rend
bien,, fait bien de la crème. Il a bien de la
crème. Crème fouettée-, crème frite. Crème
brûlée. Crème aux pistaches^ etc. Cet Officier
Çait fort bien,, entend fort bien les a-èmes.
(^itLME, se dit aussi De certaines liqueurs,
ronnnc étautdcs cxlnùts piccieuxdts meilleurb
iViiils. Crème des Bai,budcs.
Un appelle fiijurcnicnt Crème ^ Ce qu'il y a
do meilleur en quelque chuse, comme dans un
ouvraj;e d'esprit, ou dans une affaire d'inlerél.
Il a extrait cet Auteur a^'cc soin^ il en a pris
\,ute la crème. Il n'y a p'us rien à gagner en
vite ajjaiie^ en ce traité, un iel en a pris toute
.( ciéme, en a eu toute la ciême. Il fsl du styie
raniiticr, ainsi que les deux articles suivans.
On appelle figurcment Crème jouettèe , Un
discours où il n'y a que de belles jiaroles, et
point de substance , ni rien de solide.
On dit aussi d'Un ]:oniine qui a quelque
:;hose d*a:;ïrnble dans l'esprit, mai.s qui n'a
nulle solidité, que Ce n'est que a'ème fouettée.
On appelle Crème de tartre. Une sorte de
»el tiré du tartre de vin. La crème de tartre est
a}critivc. Il lui faut donner de la crème de
lartre , le purger avec de la crème de tartre.
CRÈMENT. s. m. Ternie de Granunatrc.
Â.ngnieutation d'une ou de plusieurs syllabes
qui survii-nnenC à un mot dans la formation
ivs temps d'un verbe, ou des cas duo nom,
dans les Langues qui ont des cas.
CRKMER. V. n. se dit Du lait qunnd il fait
Je la crème. En cte le lait crème pins quen
Ij/ver. Le lait de cette vache crème bien, ne
r.cme guère.
CRK.MIliRE. s. f. Femme qui vend de la
trùme.
CRENEAU, s. m. Une de ces pièces de
maçonnerie , qui sont coupées en forme de
dents, et séparées lune de Taulre par inter-
valles égaux, au haut des anciens murs de Ville
ou de ChAteau. Les créneaux d'une mnnnlle.
Etant morilc au liant du mur,, H s'attacha à un
créneau. Il embrassa un créneau qui tomba sur
lui. Attacher les échelles aux crèneat&x. On
pendit le Capitaine du Château aux créneuur.
Ucgarder par les créneaux. Tirer par les cn-
ncaux,
aU'::>EI..\GE. subst. m. Cordon ùàl sur
i*»'pais&car d uue pièce de monnoie.
CRE>Kl.ER.v.iO. Faire des créneaux, façon-
ner eu forme de créneaux. Crénela- une mu-
raille Créneler une roue de machina
CnÈMiL-. ■£. pirlici|)c.
C R E 347
C'est aussi un terme de Blason. Pal crénelé.
Croiv crénelée.
CRÉNELURE. subst. f. Dentelure ùihc eu
créneaux. // y a des failles de plantes et da
dentelles gui sont en crénelurcj à crénelure.
CHEOLE. s. m. et f. >'om qu'on donne A
un Européen d'origine qui est ne en Amérique.
Un créole^ une créole.
CIÎEPE. s. m. Sorte d'étoffé un peu frisée
et fort clair**, qui est faite de laine fine ou de
soie crue et gommée. On en fait de toutes sortes
de couleurs, mois ordinairement il est noir. On
s'en .seit pour le deuil. Gros crt^pe. Un cordoR
de crêpe. Une coiffe de crêpe. Un bandeau de
crêpe. Un voile de crêpe. Ceinture de crêpe.
Il y a aussi une sorte de crêpe qui n'est pas
frisé, et qu'on appelle par cette raison, Crêpe
lisse. Les femmes s'en servent ordinairement
pour leurs coiffV'S.
W se dit absolument Du Crêpe qu'on met
fiu chapeau quand on jiorte le deuil. // porte
un crêpe à son chapeau. Une portepas legrand
deuil, d n'a qn^un cordon de a'épc,, un a-épe
tortille.
CRI^.PE. s. f. Pûtc semblable à celle des bei-
gnets, et qu'on fuit cuire en 1 étendant f.UT Ja
poêle.
CRÊPER. V. a. Friser en manière de crêpe.
Cicpcr une étoffe. Crêpa' des cheveux.
Ou dit aussi , .Se crêper. Ses cheveux com~
nicncent à se crêper.
Cni*:i'É, ÉE. participe. Etoffe crêpée. Crêpe
rrcpi'.. fri^.i'ctix crf.pêf. Chcvclnre rrêj}ée.
CRÊPT. s. m. L'enduit (;ui se fait sur nne
muraille avec du mortier fiit de chaux et de
;;ros .sable. Il faut mettre un crépi sw celte mu-
radie. Il faut donner un crépi à celte muraille.
CUEPIN. s. m. 11 n'est d"n<;agc que dans ce»
façons de parler populaires : Perdre son sainl-
cièpin. porter t'-jut son sumf-ere'pm, piour dire.
Perdre, porter tout re qu'on a. Cette taçon de
parler vient de ce que les Cordonniers qui cou-
rent le pays, portent leurs outils dans un sac
qu'ils appellent Un saint-crépin.
CRÉPIXE.s. f. Sorte de frange qui est rissne
et ouvrai;ée par le haut. Crépine d'argent. Cré-
fHue d'or e( d^arqent. Crépine de soie. Riche
crépine. Grande , petite crépine. La crépine dUtn
lit. Crépine de soie torse. La crépine d'un car-
rosse, d'un dais, d'une tapisserie de velours^
de daman.
CREPIR. V. act. Enduire une muraille de
mortier fuit de chaux et de gros sable. Il f.ut
crépir celte muraille.
On dit, Crépir du cuir , pour dire, Lui faire
venir le gr-iiii ; et C'rcpïr le crin . pour dire , Le
faire bouillir dans l'eau pour le friser. ^
CuEfi, lE. p.irtiripr. Muraille crépie.
CREPISSUKE.s.f. I-c crépi d'une muraïUe.
Cette crépissure étoit nécessaire pour conicrver
cette mun'.ille,
CREPITATION, s. f. Bruit redouble diuw
flamme vive qui pétille.
CRKPODAU.LE. Voyez Caapaudaille.
CREPON, s. m..<orte d'étoffe de laine ou de
Mie. qui est un peu (risée, cl qui ressemble au
44
348 CRE
crêpe, mab qui est beaucoup plus épaisee. Cre
jion de laiiif. Ciéjnm de soie, llahit de crépon. ^
Manleaii de crépon. Crépon de Castres.
CRÉPU, UE. adj. Crêpé, fort frise. Les
.'Vènres ont les c/ievcm crépus. Uni' se Jil giiîre
que Des clieveux.
CRÉPUSCULE, s. m. Lumière qui reste
après le Soleil couclié jusqu'i ce que la nuit so!t
entièrement fermée. H y omit encore nn pen de
crépuscule. Les crépuscukf d'été sont plus lontjs
en France (jucn Italie.
Il signifie aussi Le temps qui est depuis 1.-:
fin de la nuit ju-squ'au lever du Soleil. Le cré-
puscule du mutin.
CRÉ(^)UIER. s. m. Prunier sauvage. Il est
resté terme de Blason. Le créquier en Blason,
ressemble h un chandelier à sept branches.
CRESSON, s. m. Sorte d'herbe antiscorbu-
tique qui croit dans les eaux vives, et qu'on
mange ordinairement crue. Crcssoti de ruisseuu,
d& fontaine.
On cultive aussi du cresson dans les jardins.
Cresson alénois. Cresson frisé. Cresson sauvafje.
Cresson à feuLlle d^oseillc.
CRESSONNIÈRE, s. fém. Lieu où croit le
cresson. Si vous voulez trouver du cresson^ d
y a une cressonnière en tel endroit.
CRÈTE, s. fém. Certain morceau de ehait
pouge et ordinaiiement dentelé , qui vient sur
la tête des coqs et des poules, et de quelcjucs
autres oiseaux qui api)rnchent de cette espèce.
Befle cre'le. Grosse crête. Vouhle crête, Crète
pendante. Ce coq a la crête droite. Il haisse la
crête. Un pâté, un potaqe iivcc des crêtes
de coq.
Il se prend quelquefois pour la hupe que
quelques oiseaux ont sur la tête. La crête d'une
alouette.
On e^pelle aussi Créle, Ccire partie relevée
qui se trouve sur la tète de quelques serpens,
CnêrE, se dit aussi De cette rangée d'anl-tes
que quelques poissons ont vers la tête.
On appelle Crête de morue. Un certain en-
droit du dos de la morue vers la tête.
On appelle aussi Créfe, Le haut de la terre
qui est relevée sur le bord des fosses dans les
champs. La crête d'un fossé.
lise dit aussi De la partie la plus élevée d'une
montagne, d'un rocher. Il n'a pu monter jus-
iju'i la crête du rocher.
CnÈTE , signifie encore Une pièce de fer
éWvée en forme de ci été sur un habillement de
tête. La O'ête d'un morion , d'an arnul , d'un
casnue.
On dit figurcnient et familièrement, Liver
[a ci-éte, pour dire, S'enorgueillir, s'en faire
accroire, ilcoinmencc à lever la crête et à voulait
faire l'entendu.
On dit aussi. Baisser la eréfc, pour dire,
Perdre de son orgueil, de sa vigueur, de se»
forces.
On dit encore figiuénient et familièrement,
Rabaisser la crête à quclnu'un, lui donner .sur
' la crête, pour dire, Raljattre l'orgueil de (juel
qu'un, le mortifier.
CRÉTEDECOQ. $. f . Espèce de pédiculairc
CRE
irès- commune daui les prés. Voy. i?LDiCULAmE.
CRÊTE, ÉE. participe du verbe Crcfer^
qui n'est point en usage. Un coq bien crcté.
CRETONNE, s. f. Sorte de toile blanche.
Des chemises de cretonne.
CREVAiLLE.s. f. Rei>as ou l'on se pique
(îe manger avec excès, et comme pour se crever,
ïl est populaire.
CREVASSE, s. f. Fente qui se lait à nnc
cijose qui s'enlr'ouvre ou qui se crève, il y
nvoit une a^evu^se à la muraille. La grande
sécheresse fait Ùcs crevasses à la terre. Avoir
des crevasses aux pieds ^ aUx mainn. Il n'esl
guère d'us.tge que dyns ces sortes de phrases.
CREVASSER, v. a. Faire des crevasses. Le
froid lui a crevassé les mains. La trop grande
sécheresse fait crevasser la terre.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Cette muraille commence à se crevasser.
CnEVASSÉ, EL*, participe.
CRÉVE-COEUR.s.m.Granddéplaisir, grande
douleur niôlee de dcpït.Quel crève-cœur! C'csl
un grand crève-cœur de i;oiV...li est familier.
CREVER. V. a. Faire éclater, rompre, faire
rompre avec un effort violent. Le débordement
des eaux a crevé la digue. La pesanteur de la
terre creva la muraille. La trop grande charge
de poudre crèveja ce canon, Cr&ver un sac à
furcc de le remplir. Crever unehotte, un souUer^
un bas en sechaussant. Un gros poisson creva
les filets. Crever h fiel d'un poisson en Vôven-
trant. Crever une -vessie, une huhe,, lui apos-
lume. Crever Us yeux
On dît, Crever un chcvot, pour dire, Le
fatiguer si fort qu'il eu meure, ou qu'il en soit
ontré.
On dit aussi, Se crever.de travail^ de fatigue^
pour dire, Travailler avec excès, s'outrer de
travail.
On dit familièrement, qu'Z/ne c/iosc crève
les yeux, Quand elle est en vue, et que nc;in-
moins on ne la voit pas. 't-'ous cherchez votre
gant y le voilà , il vous crève les yeux.
On dit, qu't/ne chose crève le cœur., pour
dire, qu'Ellc cause une grande compassion mùUie
i|U( Iqnefois d'horreur. Ce spectacle me creva le
C'-UV.
On dit proverbialement dms le numc sens.
Crever le cœurà:^uel(ju'un. J'otoisjort cv. colère
con&e /m, -mais il me creva le cœur par Ui
excuses qu'il me fit.
CiïEVER , sif;nilje aussi figurêment et fanii-
litrcment, Soûler. Il les creva de bonne chère.
3-e ne s^viirois plus manger^ voidez-vous me
crever ?
Il se dit aussi avec le pronom personnel. Si-
crever de boire ut de manger.
On dit aussi absolument, Se crever^ pour
dire, Boire et manger avec excès.
CnEVi:n. V. n. S'ouvrir, se rompre par uir
effort violent. Le canon creva dès le second
coup. La homhc creva en l'air. La grenade lui
a crevé dans les mains. Son fusil lui creva à la
chasse. Ce sac crèvera^ si vous l'emplissez tant.
La nue est près de crever. Vorage crèvera
bientôt. Ce tuyau est trop foiblCy il est à crain.
CRE
dre qu'il ne O'ève. L'aposlume, lu huhe r.'est
pas encore prés de crever.
On dit par exagération , Crever de Qraisse.
Ou dit, Crever de chaud , pour dire, Avoir
excessivement chaud; et Creva- de rire j pour
dire, Rire avec excès.
Ou dit figurénient. Crever dans sa ptau^
eret'er dans ses panneaux, pour dire , Etre gras
à pleine peau, à ne plus tenir dans ses habits.
On dit aussi figurénient, Crceer de biens ^
pour dire, Regorger de biens.
On dit encore figurément, Crever d'orgueil,
(le dépit, de rane, d'cni'ie, pour dire. Être
rempli d'orgueil , de dépit, etc. Toutes ces
phra-ses sont du style familier.
GnEVER, se prend aussi quelquefois poiu",
Mourir de quelque mort violente, ou simple-
ment pour , Mourir ; et en ce sens il est fami-
lier, n avala du poison , el il en creva. C'est
une médecine à faire crever un cheval.
CnivÉ , ÉE. participe.
Ou dit d'Ua gros homme, d'une grosse
femme , que C'est un (jros crevé , une m-osse
crevée. Manqer comme un crevé. Ronfler comme
un crevé. Rire comme un a-cvé. Il se dit par
mépris; et dans ces phrases il est substantif.
CREVETTE, s. f. Priile cerevisse de mer,
qu'on nonmie dans quelques endroits SaU~
coque.
CREUSEMENT, s. m. Action de creuser.
Peu usité.
CREUSER, v. a. Caver, rendre creux. Creu-
sa- la terre. Creuser une pierre, l 'eau creuse
la pierre. Creuser un tronc d'arlre. Creuser la
fondemens d'une maison. Creuser un puits.
Creuser une carrière, etc.
Il signifie figurément, .\pprofondir quelque
chose, pénétrer bien avant dans quelque chose.
CreiLser un sujet, une question.
Il se met aussi absolument et sans régime.
Creuser en terre. Creuse> sous terre. Creuser
dix pieds en tare. Creuser bien avant. Creuser
jusque sous les fondemcns. On trouva un tré-
sor en creusant. On trouva de l'eau à force de
creuser.
On dit aussi, Creuser dans une matière,
dans une affaire. Personne n'avoit jamais tant
creusé dans cette science. Il a creusé jusqu'au
fond de cette affaire.
On dit, qu'L'n hoflime s'est creusé le cer-
veau, pour dire, qu'il s'est donné beaucoup de
peine, de fatigue à approfondir certaine ma-
tière. 71 s'est creusé le cerveau à chercher la
pierre philcscphate, la quadrature du cercle.
On dit aussi figurément, qu'f/n Aomiiic
creuse son tombeau, qu'il se creuse son tom-
beau, pour dire, qu'Un homme, par ses excès,
altère sa santé, qu'il se rend lui-même la cause
de sa mon.
CREUSET, s. m. Vaisseau de terre dans le-
quel on fait fondre les métaux. Êproiii'ci , épu-
ra' l'or et l'arijent dans le creuset. Passer par
le creuset.
On dit figurément , que La vertu J'iin
liominc a été mise au creuset , poiu- dire, qu'Ellc
a passé par toutes soiles d'épreuves.
CRE
Oo dit û peu ])rès dans le même sens
r.prouver une pensée au creuset de la raison
CeCte pensée s'éi'u;iore ui» creuset du bon sais.
CREUX, ECSE. adj. Qui a une cavité in
térieure. Ce hiitoii est creux. Cette statue, celt.
colonne est creuse. Ce pilier n'est pas massif
il est creux en dedaus.
On dit, qu'Un homme a les yeux crei*x
pour dire, qu'il a les yeux fort enfonct's dan:
la tite.
On dit aussi famititTemcnt, qu'il a le ven
Ire creux, le venti'e bien creiLZ , pour dire.
qu'il a besoin de manger.
On dit d'Un repas où il n'y a pas suiCsam-
nient ù manger pour quelqu'un, qu'// n'y en a
pas pour sa dent creuse. Il est ilu sljlc familier.
On le dit aussi figiirdmcnt en parlant d'Un
gain qui ne suffit pas h lavidilt d'un homme.
Ou dit en ternies de Chasse, Trouver buis-
son creu.x, pour dire, Ke trouver plus dans
l'enceinte la hcle qu'on avoit détournée.
On dit aussi âgur^ment et familièrement ,
qu'Où a trouvé buisson creux , pour dire ,
qu'On n'a pas trouve la personne, la chosti
qu'on chcrchoit.
CiiEUX , signifie aussi Profond. Vn foss'i
bien creux, creux de deux pieds, de trois pieds,
La rivière est fort creuse en cet endroit. Elll
n'est pas creuse à deux pas de là. In antn
creux. Chemin creux.
On dit aussi qu*t7» corps sonne creux, pour
dire, que Le sou qu'il reud indique qu'il rcii-
fcrnie un esparc vide.
Il signifie encore Visionnaire , chimérique
Es/rit creux. Cerveau a-eux. Cervelle creuse,
Idée creuse. Imagination creuse. Celte vision,
cette pensée est bi~n creuse.
On dit figurémcnt , Viande creuse , Ucf
nourritures le'gères , par opposition à des nour-
ritures solides.
Et on le dit aussi familièrement, Des choset
qui ne sont point de la nature des altmens. Li
plupart des lomans sont une viande bien creusl
poiw tesprit.
On dit encore figurément et familiiremenl
d'Un homme qui se remplit l'esprit d'imagina*
lions ciiinierique-^elde vaines espérances, qu'ii
se repaît de viandes creuses.
Ou dit, qu't'n homme songe creiLV, ne /ùil
<jue songer creitt, pour dire, qu'il révc pro-
fundémcnt à des choses chimériques ; et eu ces
plirascs, Ciciii se prend adverbialement.
Sosoe-chevx. Voyez SoscE.
CREUX, s. m. Cavité. Fui;c un creux. Ca-
cher (juclcfue chose dans un creux. Tomber dam
un creux. Le creux d'un arbre Le creux d'un
rocher.
On appelle Le creux de la main, I,a cavitù
qui se fait dans la paume de la main , en la
pliant nn peu ; et Le creux de l'estomac, Cett'
oovité extérieure qui e»t entre l'estomac et lo
|K)itrine.
t)u dit aussi populairement, d'Un homme
qui ciianlc la liasse, et qui drscend à un ton
furt l>a>,qu'fl a un beou creux, un qranj
creux, que c'cjl un fccau. cj eux,un ton creu*.
CRI
CuEUX) sigiùâe encore, Un moule dont on
se sert [jour mouler , on pour imprimer quel-
que (igurc de relief. Un creux de jAdb'e. Vn
creux d'acier. Graver en creux.
CR l
CRI. S- m. Voix liante et poussée avec cf-
fori. Grand cri. Horrible cri. Épouvantable
cri. Cri aigre. Vn cri aigu et perçant. Vn cri
douloureux. Jeter un cri. Faire un cri. Pcus-
ser un grand cri. ^f*entends un cri II fit un cri
tn ntOurant.Lcs cris, les lamentations des fem-
mes. Lccri dcsauimaux.il jetait les hauts cris.
Il fit un cri qui (ut entendu de hip.n loin. Cri
d'allé(jrcsse. Cri de joie.
Cm, se dit encore De la voix ordinairi: dv
certains oiseaux.
Un dit, que Le cri de la corneille annonce
de la pluie. La chouette a un vilam crt\ un
triste cri.
Il se prend Iij;urément pour Les plaintes et
les gcniisseniens des pei-sonnes qui sont dans
l'oppression. Dieu entend les cris des veuves et
des orphelins.
On dit aussi Ëgurement, Le cri de la na-
lurcy le cri de Vamour maternel.
Ciu de guerre j ou simplement Cri., se prend
pour Certains mots qu'une Nation, une Ville,
une Maison illustre porloil écrits dans ses dra-
peaux, sur les cottes d'armes ^ et que les gens
de guerre, marchant sous ses bannières, avoient
uccoulumc de ciicr en allant aux combats. Il se
l'inrr encore nniourd"luii au-dessus des armoi-
ries, etc. CVi de guerre. Le cri des François
etoitj Mont-joie Saint-Denis; Lea-i de la Mai-
son de Bourbon^ Notre-Dame.
Il signifie aussi La proclamation de la part
du Mai^ibtrat, pour défendre ou ordonner quel-
que chose. Cri pour ordonner ou empêcher h
cours d'une monnaie. Vn cri public. Il est dé-
fendu par cri public...
Il sii;jiiGe encore Le ton dont on crîe dans
les rues plusieurs sortes de choses pour la com-
modité du public. Les cris do Paris.
(>n dit, iamilièrement, qu'On n*a qu^un cri
après une personne., pour dire, qu'Où la sou-
haite, qu'on l'attend avec impatience.
On dit aussi, qu'/ï n*ya gu'uncri sur quel-
que chose^sur une personne, pour dire, que
CiiQCun en parle de ta même manière-, et plus
communément en mal.
On dit, Chassera cor et à criy pour dire,
Chasser à grand bruit, avec le cor et les cLiens.
Il a droit de chasser à cor et à cri dans cette
forêt.
Gn ditfîgurcmentetrainilièreroent, Deman-
der r|ijc/(|ii'«n à cor et à cri, pour dire. Le
chercher en demandant partout de ses nou-
velles.
CRIAlLLIîR. V. n. Faire des cris répétés,
importuns, et sur des objets de peu d'impor-
tance. Cette femme criaille toujours ^ elle criaille
ïOfis cesse après ses domestiques. Si vous ne le
contentez, il sera toujours à votre porte à
criaillerait ne fait que criailler. Il nVst que d:i J
style familier, ainsi fjuc les deux mot5 suivons.
CRI 34o
CRIAILLERIE. s. f. Cricrie qui recommence
souvent. Je suis las de toutes vos crtaillcrics.
Que cette criailleric est fatigante !
CRIAILLEUR , EUSIi. s. Celui, celle qui
criaille. Grand ciiailleur, C^est un criailleury
une criailleuse.
flRlANT, ANTE. adj. Qui excite à se plain-
dre hautement, hcriei. trie injustice criante.
Cela est criant.
CRLVRD, ARDE. adj. Qui crie, qui se
[)laint, qui gronde souvent pour peu de sujet.
C'e^it un grand criard. Vous êtes une criarde.
Il e^t criard de son naturel. Il est d'une /(«-
mcur criarde.
On appelle Dettes criardes , De menues
dettes pour service, founiltureSi aliroens, etc.
On appelle OiVeaua: criards. Ceux qui crient
Eouvenl;, Les oiseaux niais sont criards. Leneai
et la corneille sont des oiseaux criards.
CRIBLE, s. m. Instrument fait pour l'ordi-
naire d'une peau nttachéeau-'dedans d'un cercle,
et percée de plusieurs petits trous, pour séparer
le bon grain d'avec le mauvais, et d'avec les
ordures. Grand crible. Petit crible.
On dit proverbialement De quelque chose
de percé en quantité d'endroits, qu'// est percé
comme un crible.
CRIBLER. V. act. Nettoyer le blé avec le
crible, CriMer du blé.
Cribla, ke. participe.
On dit Bgurément d'Un homme qui est cou-
vert de blessures, qu7I est criblé de coups, de
blestiurf^s.
CRIBLEUR. 9. m. Celui qui crîb'e.
CRIBLE UX. adj. Terme d'Anatomie. On
appelle Os cribleux, un petit os qui est au
haut du nez, et qui est percé comme un crible,
pour laisser passer plusieurs petites fibres.
CRIBLUIÎE. s. f. Le mauvais grain et les
ordures qui sont séparées du bon grain par le
crible. On donne les criblures aux volailles.
CRIBRATiON. s. f. Tenue de Chimie. Sé-
paration qui se fuit des parties les plus délides
des médicamens, tant secs qu'humides , ou
oléagineux, d'avec celles qui sont les plus gros-
BÏère.^.
CRIC. s. masc. (On ne prononce point le C
final.) Espèce de machine à roue de fer avec
une manivelle, propre à lever de terre quelque
fardeau , et dont on se sert ordinairement pour
soulever le train d'un carrosse.
CRIC. s. m. (.On prononce le C final.) Poi-
gnard des Malais.
CRIC-CRAC. (On fait sentir le C à la fin de
chaque syilabe.) !\Iot qu'on dit pour exprimer
le bruit que fait une chose qu'on déchire, qu'où
casse.
CRIÉE, s. f. Proclamation en Justice pour
vendre des biens. Mettre une la'rc, une maison
en criée II s^cst opposé aux criées.
CRIER, v. n. Jeicr un ou plusieurs cris. Ne
faitci pas crier cet enfant. Lais.s£z-lc crier, Ji
i-ric de toute sa force. Il crioit si fort, que... I)
doit faire h l'imparfait et au subjonctif, Notis
criioîUy vous criiez^ etc.
Oudit familiêrem. Il criciicommc.unperduy
350 CRI
comme un [ou, comme un enraçé. Il crie il
vleine lele. Il crie comme si on Vécorcl.oit.
On dit proverbialement , fl crie comme un
uveuqle (fui a y,erilu son btllcn. Crier à tue tele.
Il se prend quelquifois activement. Crier les
hauts cris. Crier une sentence.
On dit familièrement. Plumer la poule sans
la faire crier, pour dire. Exi;;er des choses qui
ne sont p.is dues, d'une riiaiiiire adrorile, sans
bmil et s.ms éclat ; exercer qwlque vexation
eu ctoulTant les plaintes.
On dit, que Les hoyaiur crient à (fueliju'un,
Ouand il se fait dn bniit dans ses entrailles.
Il se dit (îgurément d'Une cliose dure , qui ,
«c frotl.nnt rudement contre d'autres, rend un
son ai"re. Cette porte crie. L'essieu de ccllt
cl.anetle crie. Les roues crient.
CniEn, signifie aussi, Prononcer quel.|ucs
paroles d'un ton de voix élevé. Il ne saurait
{ilisjnitcr sans crier. Pensez-vous l'emporta' sur
moi c force de crier? C'est à qui criera le plus
haut, le plus fort.
On dit: Crier mur armes, ù la cjar^^. Crier
lue, lue. Criei' à Vaide, au secours. Crier au
meurtre. Crier au volew: Crier au feu. Criei
miséricorde. Crier merci. Crier famine. On ilil.
Crier à l'inju-ïlice, pour dire, Se plaindre liau
tement d'une injustice.
CniKii, signifie aussi, Se plaindre hautement,
avec aigreur. Le peuple crie. Tout le monde
crie de cela, conVe cela, crie contre un tel.
Vnis hvez crier toute la Province. Il e.'t alU
crier à ses Juçjcs. Criez, faites grand bruit.
On dit proverbialement d'Un liuiume qui
fait dn bruit, et qui se plaint du mal qu'il n'a
pas encore reçu , qu'il resremhle au.x anguilles
de Melun, il crie avant qu'on lécorche.
CniER, Rllmcr publiquement. Les Prédica-
teurs, dans les Chaires, crient contre le vice.
Il crie partout contre moi. Faire crier après soi.
On dit fignréin. , que Le sanrj du Juste cric
vengeance, pour dire, qu'il demande ven-
geance.
Il signifie quelquefois Gronder, réprimander
quelqu'un en élevant sa voix. U fera crier sa
(oniiiic. Laissez-la crier. Elle a lieu crié après
lui. Il ne fait que crier.
On dit aussi Crier, pour, Donner conseil.
ïl y a lonq-temps que je lui crie d'être saqe.
de prendre qarde à lui. Je n'ai cessé de lui
crier de chanqer de conduite.
CiuEK , signifie aussi, Faire un certain cri,
soit pour rallier dan5 un combat, soit poui té-
moigner sa joie dans quelques autres occasions.
Les Fr«i>i;ois crioicnt 3Ioiil-joie. On cric par
toutes les rues. Vive le lioi. On aie. l'ii.u.
Crier, le lîoi hoit. .\utrefois dans les réjouis-
sances publiques, on crioit iVoël.
On dit proveiliakuneiit, Cn a tant crié
Tîocl, qu'il est 7'enu, pour dire, qu'On a tant
demandé et désiré une chose, qu'elle est ar
rivée.
Cmr.n, signifie aussi. Proclamer par auto-
rité ie Justice. On a crié à son de trompe qu'on
eût à ne plus porter d^armcs à feu, etc. Il fat
cric dt par le Roi que
CRI
Il signifie aussi, Procbinfir en public, scit
pour vendre, soit pour retrouver quelque
clmse; et en ce sens il est actif. On a crié du
vin (î cinrj sous, L'Huissîer a déjà crié ces
maihles. Faire crier des e'p ts yerdus.
Il se dit Des choses que l'on va vendre on
nclietcr jiar les mes. Crier de la salade. Crier
des yommea^depetifs i:âtés^vtc. Crier de vicnn-
cluipeaitjc, de vieiu: huhits. Cticr à Veuii.
Oài dit, Crier à son de trompe, aîer à îuut .
criera trois hrsefs joi(rs,pour dire, Citer de.
criminels, et It-ur ordonner de comparoître de-
vant les Ju^es dans le temps marqué.
On dit en Normniul-f. Crier huro sur qia-I
f|u*«fi.ou sur (juel(juc chose, pour dire, Le s;ii-
sir ou ram'îler cn disant le mot de haro.
On dit fif^urcnicnt et familièrement, Crier
haro sur quelcju'urij pour dire, Le poursuivre
;ivcc injures , faire rumeur contre lui.
Cri Kl, KE. purticîpe.
CRÏErkïK. s. f. Le bruit qu'on fait en criant,
ftoit que l'on conteste .on <juc l'on rOprimande,
soit que l'on se plaigne h liaute vo'w. Crier it
mipoiUtne. Faites cesser celte cricrie. Qui
(jaques. -vous avec toutes vos a'ia'ies ? Il esl
familier.
CRIEUR,KUSE. s. Celui, celle qui crie, qui
fait du bruit. Quel crieur est-ce là? Faites tuirt
ce O'îeur, cette crieuse. CVst un crieur pcr-
j)étuel. Un crieur incommode. Une crieuse in-
supportable.
Il sif^niiie encore Certains OfTiciers qui al-
loicnt autrefois crier par !a Ville, pour avertii
qtril V :i^ nil (juclque cîiose à vendre , que Von
avoit perdu qud.jue chose, ou que Ton eut h
prier Oicu pour quelqxï'un, et ù se trouver h
ses funérailles. Leurs principales fonctions sont
présentement d'inviter aux funérailles, et d'a-
voir sein de la tenture et de la plupart des cù-
rémonics.
(in appelln aussi Jracs-Crieurs, Certains
Oniciers qui publient des Édits, etc. au son des
trompettes.
CiuF.un , se dit aussi De ers pcns qui vont
crier des fruits, de ^neilles bardes, etc. 17"
<"ricwr de moutarde. Une crieuse de vieux cha-
pctiu.r.
CRIME, s. m. Mauvaise aciion que les lois
punissent. Crime capital. Grand crime. Crime
atroce, délcstahle. Crime énorme. Crime inouï,
noir, irrémissible. Commclfrc, faire un crime.
Punir un crime. Pardonner un crime. Abolir
un crime. L'ahoUtion d\tn crime. Ln peine, la
punition d'un crime. Accuser d'un crime. Con-
vaincre d'»n crime. Sujyposer un a-ime. Im-
puter un crime. Imputer à crime. Se purrjcT
d'un crime. Il fut condamné pour crime de —
pour ses crimes. Il esl dijpimé par ses a'imcs.
C'c^I un homme noirci de crimes, tout couvert
de criwcx , prévenu de crimes ^chargé de crimes ,
endurci dans le crime., vieilli dans le crime.
Atteint et convaincu du crime de Ce crime
fut éteint et aboli par les Lettres du Ptincc,
par prescription. Ce o'ime a été couvert par
l'amnistie. On Va absous d'un tel crime. Ce
crime dcmeureia-t-il impuni? Criuie de I.csc-
CRI
l\!ajeslé. Crime d'Etat. Crime de péculat, d'a-
dultère, derapt Crime de faux. Crime de fausse
' monnaie , etc.
On dît. Faire un crime à (Quelqu'un de quel-
ffue chose, pour dire, Imputer à crime.
On dit. pour excuser ou diminuer qudqne
l'uiUe, que Ce n'ci.l j-as un ijrand crime. Quoi.'
est-ce un crime?
Dans la conversation ordinaire, on se sert
du mot de Crime, pour exagérer les fautes lê-
gV-res. C'ej-t un crime ijue d\t.>uir laissé pei-dre
CCS manuscrits, fjue d'avoir abattu de si bcau.v
arbres. Vous 7i'ai'e; pu sans ciimc mantjuer à
une si ailcienne amitié, à une liaison si res-
pectable.
U signifie anssi Péclié mortel. C'estun crime
devant Dieu que de Notre-Seirjueur Jksus-
Christ a porté la peine de nos crimes. Ce pé-
cheur fait pénitence de ses crimes. C*est un
homme qui vit dans le crime ^ dans l'habitude
du crime.
CRIMINALISER. v. a. Rendre criminel. Il
ne se dit qu'en termes de Praliipie, lorsque d'un
proci!;s civil on en fait un criminel. Criniinali-
ser une alJaire,
CniMiNALisÉ, ÉE. participe,
CRIÎVTT^ALISTE.s. m. Auteur (jui cciit sur
les niati'"'res criminelles. Il se dit aussi d'Un
homme nui est très-instruit en Jurisprudence
criminelle. C^est un bon Criminalistc , un sa-
vant Criminaïiste,
CRI.MUVEL, ELLE. adj. Conpnble de quel-
que crime, quia fait un crime. Homme crimi-
nel, ft'mme criminelle. Il est criminel. Il est
fort criminel. Il seroit criminel devant Dieu et
dewint les hommes. Ilest criminel de Lèse-Ma-
jesté. Ce seroit être criminel d^lUtat. Tous ceux
qui sont accusés ne sont pas criminels. Se ren-
dre criminel.
< )n dit aussi , Des yeux criminels , des mains
crimitielles j des v,x-u.v criminels.
Il signifie quelquefois Condamnable, con-
traire aux lois divines et humaines. Action ,
pensée criniineîU. Désirs crimi:ieh. Attache-
ment a'iminel. Passion criminelle.
Criminel, se dit aussi De tout ce qui re-
garde la procédure qu'on fait contre ceux qui
sont accusés de crime. Procès criminel. Jufje
criminel. Lieutenant criminel. Matière crimi-
nelle. Anhire criminelle. Intenter nue action
criminelle. Tournelle criminelle. Code crimi-
nel. Ordonnance criminelle.
CniMiNEL,8e prend aussi substantivement,
Un (jrand criminel. Un insigne criminel. Il-
lustre criminel. Juger, condamner , punir un
criminel.
U se dit aussi De quiconque est pre'venu de
quelque crime. La prison, les cachots où Ton
met les criminch. Interroger un criminel.
U est aus.M (juel<pu:fuis substantif en par-
lant De matière criminelle, ou de procf'-dure
criminelle. Tourner, picndre une ajj'''i''e nu
criminel.
En ce sens on dit proverbialement et fiç;urtf-
inent,(]u'6n homme prend i^uchpw chose an
erimincl. pour dire, «jull s'en lient ofiensé; cl
CRI
qu71 i'fl d'ahonl au criminel, pdur dire, qu'il
[u^e maligncntcnt tie quelque chose sur l;i
inuincli*e apparence.
CUniIM:i,Li:Mi:.\r. nilv. D'une manicro
crjraineli!.-. Aimer LrimitieUement,
On (lit, Poursuivre une affaire crimincUc-
ment^ poursuivre <fueltju'un criminellement,
|K>ur dire , L*a poursuivre en Justice , par pro-
ct'durc crinunelle.
On dit encore , Expli(^uer crimincUcmcni
mulque chose y en juqer crimineUement , pour
(lire. L'expliquer, rinicrprélcr à crime, en
mauvaise paru
CRIN. s. m. Poil loni; ci rude qui vient au
rou et h la queue des chevaux et de quelques
autres ciBiniaux. Crin long^ notr^ blanc. Le
crin du cou du cheval. Le crin de la (fueuc.
Tresser le crin y faire le crin, peigner le crin
d'un cheval. Ce cheval a le crin beau^ les crim
pendans. Cheval à tous crins , Qm a tous sa
crins. Se tenir j s^altuchcr aujc crins d'un chc-
vaL Les crins d'un lion. Faire bouillir du cnti
pour l'employer. Sommier de crin. Matelat
ùe crin. Garnir un matelas de crin. Cordon
de crin. Bouton de crin.
O.i dil^ prendre au crin , ou aux crins,
pour dire. Prendre quel<ju'un aux cheveux. St
prendre aux crins , se dil De deux lionuncs qui
se prennent aux cheveux. Je vis l'heure (fu'ili
s^alloient prendre aux o'ins. Ils se sont prit
aux crins y et se sont long-temps battus. Il c>l
funilier.
CRIXIER. s. m. Artisan qui accommode I<
Clin. <]ui le prépare pour ctie employé.
CHIMÈRE, s. f. Tout le crin qui est sur U
cou d'un cheval ou d'un lion. La crinié'e d'ui
lion. Le lion ragtssoit et secouoit sa crinière
Jl avoit la crinière toute hérissée. Lmiiqui)
épaisse critiière.
Il se dil Gguri-mcnt H par mépris d'Uue vh
l:iinc chevelure, d "une vilaine perruque. Grani
crinière. Voilii une vilaine crinière.
C.ÏWSOy. s. m. Petit ver fin comme un cho
veu, qui s'engendre sous la peau.
CRIQL'C s. f. Petite baie, ou anse en en-
foncement dans les tencs. cù de petits vais-
seaux peuvent se nieltre à l'abri.
CUK^IUET. s. m. Petit clieval foihie et de
vil prix. Vn petit crtr^uet. Il étoit monté sur un
criquet. Ce n'est qu'un crti^ueL
CRISK. s. f. Kflurl de la natiu-c dnus les
maladies, qui produit un changement subit et
marqué en bien ou en mal. Bonne crise. Mau-
vaise crise. Cri^e imparfaite. Crise favorable.
Jour de crise, Attendte la crise.
CmsE , te prend figurt-ment pour Le mo-
ment |>crillem ou décisif diiTic rlHiirc. On dit
dans ce sens : Les affaires sont dans la a'ise.
'X'oilà le momenl de la crise.
CRLSPATlON. &. f. Resserrement qui arrive
aux partirs CTtcrieurcs dc^ clioses qui se con-
iraclrnt et »c rident, par l'approche du feu. ou
par qucl<]ue autre ciuie.
Il se (lit cnrnn* en Médecine, dTn n-.ouve-
nrenl à peu prè* pareil qui arrive dons les en-
UaiUcj, dAus Ic^DerlÀ, etc. etc.
CRI
CRISPER. V. a. Causer de la cnspalîoD. Il
fait un froid ijtii crispe les nerfs. Il s'emploie
avec le pronom personnel, 5e crisper.
CniSPÉ, ÉE. pailicipe. y/i-oir les nerfs crispés.
CRISSER.v.a, se dit proprement Des dcnli
quand elle* font un bruit aigre, lorsqu'on lei
serre et grince fortcmeuL
CRISTAL, s. m. Pierre transparente, et qui
en se formant aflecle une figure régulière c(
dctermiuée dans ses parties. Le cristal de ro-
chc est blanc et transparent comme de l'eau. /I
y a des cristaux de diffarcntes couleurs. Tailler
du cristal, des morceaux de cristal. Chandelier
lie cristal. Il a (juantilé de beaux cristaux,
U se prend aussi pour Une espèce de verra
qui est net et clair comme le vrai cristal. Ci is-
fal de Venise y de Bohème. Des verres de cris-
tal. Ce lustre ncst pas de cristal de roche, H
n'est que de cristui fondu ou factice. Servir des
fruits sur des cristaux.
On dit poétiquement, Le crLtal des cnux,
le cristal des fontaines.
Cristal, en termes de Chimie, se dit De
rcrtaines matières congelées en forme de cris-
tal. CrisfrtI de tartre. Cristal minéral.
CRISTALLIN , INE. adj. Qui est clair ci
transparent comme du cristal. Il ne se dit guêr«
çue IjCs eaux. Des eaux cristallines , pour
i'ire. Des eaux extrêmement claires cl pures.
CRISTALLIN, s. m. On appelle ainsi L'une
ies trois humeurs de l'œil. Le cristallin di
\œil.
< hi dit aussi, Le premier cristallin^ le second
cristallin jCn parlant Des cieux, dans le système
lie Ptolomée.
CKISIALLISATION. s. f. Opération pa(
laquelle les parties d'un sel ou d'uine pierre,
ijui é-toient dissoutes dans im liquide, se rap-
proclicnt pour former un corps solide d'unn
figure régulière et déterminée. Crisltil/isntiuu
naturelle. Cristallisation iirt:f délie.
Dans VHistoire Naturelle, on appelle Crij-
tallisations ^ (Certains amas de pierres d'om
forme régulière et constante.
CRISTALLISER, v. a. Congeler en manière
lie cristal. Cristallisez ce suc^ cette eau.
On dil aussi , x"airc cristallUa- un sel ; et en
re s ns d est neutre.
Il se dit plus souvent avec ie pronom pn-
lomud.L'ctiii qui passe par ces soitcs de terres.
de rochers f se a'istallisc.Les sels ce cristidlisent.
CnisTALLisi:,ÉE. participe.
CRITERIUM, s. m. Mot emprunté du La-
tin, et qui n'est guère eu usage que dans^ !«
Dogmatique , poiu- itignifier La marque i la-
quelle on recounoifjû vériié,ct d'autres ohjcis
nt'llcctu'ds. L'évidence est le critérium de la
vérité.
CRITIQUABLE, adj. des 2 genres. Qui peut
être justement critique. Les meilleurs ouvrage^'
sont critiquables.
CRITIQUE, adj. des 2 genres. Terme da
Médecine. U se dit Du jour ou il arrive ordi-
nairement quelque crise dans certaines mali-
dics. Jour critique. Le tcftlièmc ei le Mcui'ici»e
sont des ^uurs cruiques.
CRO 3ôr
On appelle, Temps critique pour les femmes.
Celui où elles perdent leurs règles.
Ou dit par extension, Les momens critiques
de la vie, le moment critique d'une affaire. On
dit aussi, qu*- Le: temps sont critiques, que ïe«
ctVconsttinces soni critiques.
Il se dit encore d'Une dissertation , d'un
ni('nioirc , où l'on examine avec soin u;i ou-
vrage d'esprit pour en porter son jugement.
Dissertation critique. Observations a'itiques.
Ou le dit aussi dUne disposition à censurer
trop légèrement. Esprit critique. Humeur ci'
hquc.
CniTiQUE, est aussi substantif maseurin, et
lignifie Celui qui examine des ouvrages d'es-
prit pour en porter son jugement, les expli-
jner, les ëclaircîr, etc. Don critique. Méchant
tritique. C'est un critique fort judicieux.
Il signifie encore Censeur, celui qui trouve
il redire à tout. C'esl un critique flcheux.
CRITIQUE, suhsl. f. L'art de juger d'un
Mivragc d'esprit, d'érudition, de littérature. //
rsl habile dans la critique. C'est un homme qui
I la critique sùve. Exercer sa critique sur un
vuvrage. Soumettre un écrit à la critique de
ijuclquun.
li se prend aussi pour La discussion des failjf
obscurs, des dates incertaines, de la pureté des
lexles, de l'aullienticité des manuscrits. Il fal~
loit beaucoup de critique pour écrire cette his-
toire-là.
Il signifie encore Une dissertation, un écrit
^n:«. lequel on examine un ouvrage d'esprit. /^
9 fait la critique d'un tel Poëme. Sa critifue a
}le imprimée. La critique est aisée ^ mais l'art
ist difficile.
U se prend quel(|uefuis en mauvaise part, et
ignifie Une censure maligne de la conduite
j'autrui, de quelque chose, ou de quelque
Hîviagc d'esprit. Rien n'échappe à sa critique.
du lieu de loua' cet ouvrage, il en a fuit la
tritique, il en a fait une critKjne omére.
CRITIQUER, r. a. Censurer quelque chose,
r trouver h redire. Critiquer un oinrage. Vcus
jritiqucz ce vets-là mal à propos. Il critiqtte
les actions, la conduite de tout le monde. C'est
m homme qui critique tout. Critiquer un ta-
ileau. Critiquer un bâtiment.
CniTiQli:, LE. participe.
CRO
CROASSEMENT, s. m. Le cri des corbeaux.
CROASSER. V. n. Il se dit Du cri des cor-
beaux. Les corbeaux croassent.
CROC. s. m. (Plus communéntent le C final
ne se prononce point.) Instrument de fer ou d«
bois, etc. il une ou plusieurs pointes recour-
bées, dont on se sert pour y peiMire ou pour v
attaclicr quehpie cliosc. Croc de fr. Cro: r^-
bois. Grand aoc. Croc de cuisine. Pendre de
la viande au croc. Croc bien qarnu
On dil figiirêment et proverbiatem., Mette
les armes au croc, pendre son é^}ée au croc.
(wur dire. Quitter le métier de la guerre
On dil aussi fcgurcment, qu't/n procès est
au croc f qu'on t'a yendm au crcc, pour â'r.î*-
.5S2 C R O
qu'on ne If jwiiisuit j)lus, qfu'on a suspendu
ici procédures.
Cnoc, est aussi Lui' longue perche, nu bout
de Inquellc il y a une pointe de fer avec un
crocliet. Croc it Batelier. T'ver avec un croc.
On appelle Crocs, De f,T«ndes moustache!
recourbées en forme de crochet.
On appelle à Paiis et en quelques aulrei
Villes, Les ciocs de la Ville, De grands crocs,
dont on se sert pour arrêter le cours du feu,
en abattant les endroits ou il a pris.
On appeloit j^njucbiuc à croc, Une sorte
d'arquebuse, dont le canon l'toit fort gros, el
qu'on arrêtoit en l'accrochant, afin qu'elle ne
repoussjt point celui qui liroit.
Cnoc, se dit aussi De certainos 3ents de
quelques animaux. Ce mdtin ade(jrands crocs.
Les crocs d'un cheval.
Et il se dit figuréinent Des suppôts de mau-
vais lieux et de jeux défendus. 11 est du di»
cours libre.
CROC -EK- JAMBE, s. m. Tour de lutte
pour faire manquer le pied i celui avec qui oi
est aux prises, et pour le faire tomber. Jl lui t
donné Je cioc-cn-jàmbc.
Il signifie figurcment et familièrement , L'a
dresse avec laquelle on supplante quelqu'un
on le fait déchoir de s(s droits, de sa place,
ou de ses prétentions. Il éloil bien auprès di
Prince, mais un tel lui a donné le croc~cn-
jambe. 7i n\i pas si bien établi sn fortune, cjuii
n'aiî à craindie (^ueltjue croc-en~jand)e.
Cboc. Cle C final se prononce forlement.
Mot du slyie ianuliei , servant a evpnn.er !'-
bruit que les choses sèches etjdures tjiit soui
la dent quand on les nia:ige. Cela ji'it crol
sous la dont.
CROCHE, adject. des 2 genres. Qui esl
courbe et torlu. Il a la jambe croclic, le genot
croche.
CROCHE, s. f. Certaine note de Musi juc
Une croche. Double croche. La double ciocJit
vaut la moitié d'une croche.
CROCHET, s. m. Petit croc. iCioc/ic( de fa:
Grand crochet. Un crochet à pendre de la
viande. Crochet bien garni. Crochet de Senu-
rier, pour ouvrir une porte quaiid on en a
peidu la clef. Un crochet à pendre une montre.
Un crochet d'acier. Un crochet d'or. Un cro-
chet de diamans.
On appelle Clou li croc/ic( , Celui dont cm sr
sert pour suspendre une estampe, un litbleau.
11 est quehjuefois diminutif de Croc. /.e.i
crochets ou les crocs de dents d'un cheval.
On dit figurcment et pioverbial"mcnt. Aller
riiix milres sans crochet, pour dire, Enlreprr;i-
dre quclqtie chose, sans avoir tout ce qu'il fuul
poiu" l'exécuter.
On dit, Faii-e un crochet, pour dirc,Chan.
ger subitement sa route , en prenant de côté. /'
a fait un crochet pour m'évila\
CnocHET. Inslniment de Chirurgie. 11 y en
a de deux sortes ; l'un pour tirer la tcle du fœ-
tus restée dans la matrice ; l'autre pour exlraii o
les picrrf's dans l'opération de la tiûlle.
Ccocntr, signilie encore Un instrumi'rt i
, pcsef, qu'on nomme auireinent,I/n pesortfUuc
rotnuine. ïl a pesé cela avec le crochet.
il str dit aussi Diî certaines Jents aiguës el
perçantes de (juelques animaux, spécialement
des chiens ot des clicvaux. Les crochets com-
mencent à pousser à ce cheval , à ce chien.
On appelle Crochets, au pluriel, Ce que les
Portefaix s'attachent sur le dos avec des brc-
telles , pour porter plus aisémeut leurs fardeaux.
Porta- les crocliets.
On dit proverbiaieiiient et fîgiu-emcnt, Étrs
sur ses crochets j-éirc sur les crochets tle (juel-
(juun^ pour dire, Vivre à ses dépens » vivre
lux dépens de quelqu'un.
On dit dans le niên:c ssns, Dîner ensemble,
thacun sur ses croch ta, pour dire. Chacun
payant sou écot.
On appelle Crochets j en termes d'Imprimé-
lie, Des figures courbes, pour marquer une pa-
lentlièse.
On appelle aussi Croc/ieXs, Certaines Ggureg
recourbées, qui scrveut à lier enscmJjlc àeux
>a plusieurs articles.
Dans la coiffure des femmes , on appella
Croc/iefs, De petites boucles de cheveux, ou
laturels ou posticlics, qu'elles mettent sur la
l'ont auprès des tempes. Vos crochets sont lîéi
^isés.
CROCHETER, v. a. Ouvrir un»; iK)rte , un
pffre, etc. avec un crochet, avec intention de
ïoler, ou à quelque auire mauvais dessein. 7i
» O'ocheté une porte. Je le surpr'i:> (pii cruc/ie-
loit "ton coffre.
CnocuETE, !!.£, participe.
CROCHKTEUH. s. m. Portefaix, c^uipmU
ïes crocljcls. CharcuT^ dccharcjer un croche-
leur. Lu charge d'un a-ocheteur. Fort commi
un crochetcur. Des injures de crochcleur. Mo
ncr une vie de crochetcur.
On appelle familiôrenvnt Santé de croc'.e-
Icur, Une santé forte et robuste.
CnociiETEUR, se dit aussi De celui qui cro*
uhetlejmais en ce sens il ne s'emploie qu'avec
une addition, comme, Croc/ïfifeur de serrure,
i:roc/iCieur de portes.
CROCHU, VE. adj. Croclic. Cela est cro-
r/m, tout crochu. Doigts crochus. Mains -cro-
chues.
On dit figurénï. et proverbialement, qu'L'n
homme a les mains crochues, pour diic, qu'il
est fort sujet à dérober.
CROCODILE. 8. m. Animal amphibie à
quatre pieds, couvert d'écaillesj de la .figur(!
d'un lézard. Il y a des crocodiles dans le Ai/ .
dans le Ganqc et dans plusieurs autres fleuves.
Grand crocodile. La peau d'itn crocodile. Dc^
œufs de crocodile.
On îippellc Larmes de crocodile , Les lavmes
par lesquelles on veiU émouvoir quelqu'un
pour Je tromper. A'c vous laissez pas toucher
aux larmes de cette femmCj ce sont des larmes
de crocodile.
CJIOLRE. V. a. Je crois, tu cr^is, il croit;
nous croyons, vous croyez ^ iU croient. Je
, croyoisj nous croyions ^ vous croyiez, ils
frpyoicnt. Croi, ou crois. Que .je ovotc, nue
CRO
nons croyions. Que je crusse, que ta cr'««n,
(]uil crût ; tjue nous crussions, tjn'i/s crussent,
, Croy(in(. E ;timer une chose véritable, la tenir
pour vraif. Croire légèremcnL Croire sans
preuve. Croire facilement. Croire certainement,
fermement. J\n de lu'peine à croire cela. Je le
crois bien. Je n'en crois rien. Il croit cette re-
lation, ce conte, etc. Il croit cela comme VE"
i'angile, comme article de foi. Ne croyez rien
de tout ce fjuil vous dit. C'est un homme dé-
fiant, il ne croit <|uc ce (juil voit. Il ne faut
pas être si facile à croire. Qui l'aurait jamais
cru? Vous ne sauriez croire combien.... Cela
est aisé à croire. Je le crois bonnement. Vont
en croirez ce quil vous plaira.
Il signifie encore, Estimer, penser, présu-
mer, nvoir opinion que Je crois cela bon.
Je ne crois pas cela de lut. Je crois tout de hti.
Je le crois capable de tout. Je l'avois toujours
cru sage. Le croyez-rwus homme d'honneur ?
11 signifie encore, Ajouter foi 5 quelqu'un.
CroyC3-uoiis cet homme-là ? Je vous crois.
C'est un menteur avéré, on ne le croit plus.
Croyez-moi j ne faites point cela. Il ne a'oit
yoint les Médecins. J\n croirai des Arbities,
(les Avocats,
CnoiitE, se joint quelquefois & la particabi
en. En a'oire quelqu''un.Il n'en sera pas cro.
CriomT;, signifie encore avec un autre ré-
gime, Donner sa confiance à quelqu'un, ou sa
troyance à quelque chose. C-oire aux Astro*
hqucsj aux J\lédecins. Croire au rapport, au
ièmoiqnage de quelqu un. Croire auxrevenunSf
luiJL esprits^ atLx miroctes.
CnoiHE, s'emploie avec le pronom pci-sonnri.
Cet homme se croit habile. Il se croit oblige ne
iaire.,.. Je m'en crois ù peine.
CnoiBE. v. n. Avoir la foi, et recevoir avec
soumission d'esprit tout ce que l'Église cnsci-
jçne. .4 lu première prédication des Apôtres^ les
juifs crurent. Cet impie ne croit point.
On dit : Croire en Dieu, en Jésus-Cbri&t.
Croire au Saint-Esprit,
l\ est aussi actif. Croii'C les mystères, les a»-
hcles du Symbole. Les Chrétiens aboient tout
te que l'Église enseigne. Croire VEvangHc.
froi?c VEglisc Catholique, la Conimiinion des
Maints, etc.
CnD , UE. participe.
CROISADE, s. f. Ligue fàiie contre les In-
fidèles et les Hérétiques, ainsi nomnitie, parte
(jue ceux qui s'y engagcoienl pnrtoient une
croix sur leur babit. Prêcher la Croisade. Pu-
blier la .Croisade. A la première Croisade, hn
Croisade contre les Àlbiqeois, conb'e les Maures
etc. Il étoit Chf^f de lu Croisade^ Légat de lu
Croisade. Dans le temps des Croisades.
CROISÉE, s. f. Fcuttre, ouverture qu'oh
laisse dans le mur d'un bâtiment, pour donnrr
du joiir au dedans. Faire une croisée. Il y n
tant de croisées dans ce bâtiment. Tant de croi
secs de face. Les croisées y sont bien prati-
quées, bien ouvertes. Grande .croisée. Demi-
croisée.
Il se prend aussi pour La menuiserie gamii
do verre , qui sort i fermer cette ouvertnrf
CRO
Placn une croisée Peindre une Croisée. Vitrer
une croisée.
CROlSIîMIiNT. s. m. Actîuo de deux corps
qui »c croisent.
CUOISKK. V. act Metire, disposer quchjue
cliose en furme de croix. Croiser les hras. Croi-
ser la jambes. Croiser leséf-éeSj les baïonnettes.
On lin -.Croiser les soies ^ pour dire, Les
tordre légèrement avec un moulin ; Croiser une
étoffe^ La travailler U quatre niarclies; Croiser
les branches J'unurfcre, Les iaire passer les uucs
sur les autres.
JI signifie aussi Traverser. Un lièvre qui
croise le chemin. Je le vis devant moi qui croi-
$oit le cJiemin.
On dit Des navires ormes en guerre, qu'y fi
croisent, qu*i/s croisent sur telles côtes, sur
telles tners, pour dire, que Sur ces mers, ou
près des eûtes, ils vont et viennent pour de-
couvrir les vaisseaux ennemis, et leur donm-r
la chasse. // y a des vaisseaux qui croisent dam
la Manche j qui croisent depuis un tel endroit
jusqu'à un tel endroit.
Un dit aussi, que Deux chervins, dciuc
lignes se croisent^ pour dire, que Deux che-
mins, deux lignes se coupant, se traversent; ci
que Deux personnes se croisent j qu-ind, IJe
deux personues, l'une va pur un clicmiu,
l'auLTC pni un autre. C« detuc courriers se sont
croisés , Se sonl :*__i*Titix-5.
Un dit lj;;urenient Croiser quelqu'un, pour
diie, Le traverser dans ses desseins; et qne
DeiLX personnes se croisent dans leurs pré(eri-
/ionj, pour dire, qu'elles se traversent.
CroisKB, sii;niHe aussi, Rayer en passant la
plnme sur quelque écriture. H m'a a-oisé troii
uu quabe articles tout de suite. Il lui a a'oisé
telle chose dans les parties de son compte.
CnoisER, est quelquefois neutre, et se dit
Des rol)es, des habits, des rabats, etc. dont les
coiés passent l'un sur l'autre. Cette camisole nt
croise pas asuz par-devant. Votre rabat croi^t
trop, etc.
Se CRuiSEn. S'engager par un vœu solennel
ditns une Croisade, et, pour marque de ce vœu,
porter une croix sur ses habits. La plupart des
Princes se croisèient , lorsque Saint Louls .-c
croisa. Ceujf qui $e croisèrent contre les /al-
bigeois.
Cnoi-i^, tr. participe.
Il te dit au!»si Ocïs étofles. Étoffe croi^^ée^
terge croisée, pour dire, Lue étoflc, une serge,
dont U trame et la chaîne se croisent d'une cer-
taine manière : eu ce sens, il m.* prend quelque-
fois substantivement, Du croisé de soie.
On ap|>ellc, en teimcs de Guerre, Un jeu
cvoi>e, Olui qui charge 1 ennemi en tête cl eu
queue, et qui le bat de difll'rens cites.
Un dit familiéremeol, Demeuro-, se tenir,
avoir les bras croisés , pour dire , Demeurer
oisif, ne se [Mïint remuer. Tout le monde tra-
vaille^ il n'y a que vous qui avez les bras crvi^és^
qui vous tenez, qui demeurez les bras ctoisé^^.
Un appelle Rimes croisées^ Des rime» aller-
néts; et Vos crot*c^ , Ceu\ dont le» rimes
•ont alternées.
Tomt /,
CRO
Cn appelle Les Croisé^, Ceux tpi ont pns
la croix pour la gucne suinte. Eu ce sens il est
subslunlif.
Croisé, en termes de Danse, se dit d L'n pas
qui se fait en allant de côté. Il est substûntif.
CRUISIïTTE. s. f. Plante ainsi nommée
parce que ses feuilles sont disposées le bmg des
tiges en forme de croix. Elle est de peu d'u*»agc
en Médecine.
CROISEUR, s. m. Capitaine d'un vaisseau
rn croisière, qui .jdc »ur i<ae côte pour hi
garder, observer renncmî , ou pour pir;:ter.
iVos croiseurs ugus donnèrent tel avis. Sur
l'avis de nos croiseius^ nous nous approchâmes
de lennenti.
CRUlSlfJlE. s. f. II signifie pour les vais-
leaux, l'action de croiser, et l'espace dans lequel
on croise. La croisière a duré trou moi^. La
Manche est une mauvaise croisière.
CROISILLUN.s. m. La traverse d'une croix,
d'une croisée. La Croix de Lorraine a deux
c/-oi>il/ons. Celte croisée a deux croisiIIon.s,
troijf croisillons.
CRUISSA>CE. s. f. Augmcnlation cn gran-
deur. Age de croissance. Ce jeune garçon n'd
pas encore pris sa croissance. Cet arbre n\i
pas encore toute sa croissance.
CRU1SSA^T. s. m. La figure de la nouvelle
Lune jusqu'.\ son preujier quartier. Le crois-
iant de la Lune. La Lune est dans son crois-
sant. Les cornes du croissant.
On oit ligurément et poétiquement, L^Em-
pire an Croissant, pour diie, L'Enipire à\\
Turc. 4battre îe t/Otssanlj arborer la Croix à
la place du croissant.
Croissant, signifie aussi Certain înstrumeni
de fer qui est fait en forme de croissant, el
dont les Jardiuieis sft servent pour tondre te:i
palissades.
On appelle aussi Croissant, Une brancha
de fer recouibée, qu'on scelle dans les iaïubagcs
des ehemirices, pour y meltie les pelles à feu .
les pincettes, etc.
On donne aussi !e même nom aux branches
recourbées de fer ou de cuivre, dont on se sert
pour arrêter les portières et les rideaux de fe-
nêtre.
CROISSANT, ANTE. adj. On dit : 5c</ilion
croissante. Taxes croissantes. Le peuple est op-
primé par des taxes toujoiws croissantes. L'im-
pôt va toujours croiMaiif.
CROISURE. subst. f. Tissure d'une étoffe
croisée.
CROIT, s. m. Augmentation. Il se dit De
l'augmentation d'un troupeau par lu niissance
des petits. Le cheptel se donne à perte et à ci oit.
CROITRE, v. n. Je croii, tu crois, H croît;
nous croissons, vous croissez, ils croissent. Je
croissois, etc. J'ai crû, etc. Je ctùsy etc. nous
crûmes, etc. Je croîtrai, et^. Crotï, crovisez,
etc. Que je cioisse. Je eroitroisy etc. Que je
crusse , etc. Croissant. Devenir pluA grand.
Croître bien vite. Croître en peu de temps, à
vue d'ieil, insensiblement. Croître à certaine
hauteur. Se laisser aoltre la barbe, les che-
veux. Les W6es, Ici atbrcs croissent. Cdie
CRO
333
pluie a hien fait croître les blés. Les animaux
croissent jusqu'à certain âge.
On dit proveibiûlement et par plaisanterie ,
Des enfans qui croissent beaucoup, Mauvaise
hahe croit toujours.
On dit proverbialement d'Une jeune pfr-
fionne qui devient tous les jours plus belle ,
qu'£/ic ne fait que croître et embellir.
On dit encore figurémentet proverbialement
De pliLsieurs choses qui vont cn augmeutani,
qu'L"//fs ne {ont que ooltre et embellir.
On rapplique iiussi quelquefois en plaisan-
t&nt !i plusieurs cliosts mauvaises. // se débau'
che tous les jours de plus en plus, cela ne fiit
que croître et embellir.
Croître, signifie aussi , Augmenter de quel-
que façon que ce soit. La rivière est crue, a crû.
Les pluies , les neiges Vont fait croître. La Lune
commence à croître. Les jours croissent. Sa
fièvre croît tous les jours. Celte dartre, cet éry-
sipèle croît. Ce mal croîtra , ira toujours en
croissant, si on n'y prend garde. Les marées
croissent dans VEquinoxe. Sa faveur croit tous
les jours. Croître en rci'tu et en sagesse. Elle
croit tous les jours en beauté. Le bruit croît.
La sédition cioissoit. Ce pai-tij eette faction
croit.
Il signrfîe encore , Multiplier. Le genre /ju-
main crut si fort en peu de temps. Sa familU
est bien crue, a bien crû, il a sic enjans.Son
armée, ses ti'oupes croissent dlicure en heure.
Ses biens croissent.
Il se dit aussi Des herbes, de« plnnir». des
fruits, etc., et alors il signifie Venir et être
produit. Il croit de bon blé sur cette terre. îl
croit du lin en ce Pays-là. Il n'y croit ni blé
ni vin. Ce Pays est bon, il y croit tout ce fjii'iï
faut pour la vie; toutes soifes de plantes y
croissent. Cette espèce d'herbe croît dans les
plaines, dans les marais, etc.
Croître, est actif eu Poésie, et signifie
Augmenter. Cet honneur vacroîtreson audace.
Crû, ue. participe.
CROIX, s. f. Espèce de gilwt où l'on alla-
choit autrefois les criminels pour les faire mou-
rir. Le supplice de la croix, La croix étoit le
supplice des voleurs, des esclaves, etc. Lacroix
a été sanclifée par la moit Je J^sus-CanisT.
L'Empereur Constantin défendit ^u'on punit
les criminels par le supplice de la croix. Jésus*
Christ est mort en croixpour le salut du genre
humain. Il a souffert la mort de la croix. Les
bras de la croix. Le pied de la croix. L'ins-
cription de la croix. Quand J. C. étoit en croix j
quand il futélcvé en croix , étendu sur lacroiv,
attaché su/- la croix, mis en croix, cloué sur la
a-oix. L'arbre de la croix. Notre-Seiqneur
étant étendu sur l'arfire de la croix. Saint
Pierre fouffrit le martyre de la croix.
On dit. Le mystère de la Cnoùr, le saa'ifce
de la Croix, pour signifier, Le mystère de no-
tre Rédi'mplion , par la mort que JLSLS-Ciiiii»r
loufTiil sur la croix.
Un appelle La vraie Croir , la SainteCroix,
3a abtolumcnl, U Croie, Ijc bou de la (.loix
jÙ >'olic-Scigni.ur fut htïacbc. Vinveiilium dt
43
354 <^ 1^ O
I<i Croix. L'ExtiUali:in de lu Croix. Du loii
de la vraie Croix. Adorer la vraie CroLv.
On dit, MetUe ses injures, son ressentiment
aux jjieds de la croix, pour dire, I-e* oublier
pour l'aniour de JriCS-CiiiiisT criicifiL-.
Cnoix.sedit au^si Ues figures de bois, d'or,
d'argent, dVtoffe, de broderie, elc. faites porir
représenter la rroix de Ji:sDS-CHnisT. On forte
la croix à (ii l'rvcession. Le Curé y alla ai-cc
la cpoix et la bannière, te bdton de la croix.
Mettre nné croir. élever une croix en (jneL/uu
endroi:. Croie d'or. Croix d'iir(jent. Jlter ù
l'adoration de lu Coix. Croi.c dorée. Croie de
' diamam. Civie d'Ewqiie. Croix Arcliièpi.'^œ-
pale. Croix pectorale. Mettre des aoix sur les
nrands chemins f dans les carrejoitrs. Arborer
la croix. Planter la croix.
On dit, en termes d'Arcliitee'ure, qu'f ne
Enlise est btHieen croix nreaiue, Quand les
branches de la croix qu'elle forme sont égales ;
etqu'EIle est en CPOLT lutine, Quand la brauclie
inférieure est plus longue.
On appelle Croij iJu .Suint-Espril, Croix de
Wnltc. Croùc de Saint-Louis, Croix de Saint
J^atare, Croix de Saint- iilicnnc , De petitei
Croix d'or i liuit pointes, <[ue jrortcnt les Che-
valiers de ces Ordn's.
On appelle Le Si(jne de la Croix, l^e signe
que les Chrétiens font avec la main en forme
de croix, en disant. Au nom du Père, et du
Fils, et du .Saint-Esprit. Fuire le signe de l,i
croLX en se levant, en se couchant, etc. Fairt
le st'jne de la croie sur le front, sur les lèvres.
' Quand je vis entrer cet /lonii.ie-lù, je|is un
grand siijne de a-oix. Ce dernier ne se dit quj
pour marquer la surprise oi'i 1 on est , et la peut
que l'onJa. Il e,t du sljle familier.
Quand on voit arriver quelque chose kqud
on ne s'ailendoit pas, on. dit populairement,
qu'/l faut faire une croie à la cheminée.
On dit, ^foir les jambes en croie, poui
dire, -ivoir les jambes l'une sur l'autre.
CflOix, signifie fi,mjvément , Une affliction
que Dieu nous envoie. Il jaut (]ue chacun
porte sa croix en ce niomlc. C'est une tjrandt
croix au'tine mauvaise ^ninic. D eu lui .
envoyé cette croix. Il a eu bien des croi.ï er;
sa rie.
On appelle Croi.r de Sainl-.4ni'ié , eu croi
de Bonrnoqne j Une croix fuite eu forme de f
lettre X.
On appelle aussi Crnir de Saint- André .
Deux pi'iecs de bois jointes en forme de sautoir,
»ur lesquelles on roue les eriminels.
On appelle aussi Cioi.r de Saint- Antoine.
Cue croix qui est faite en forme de T; Cro.ar
de Lorraine, Celle qui n deux traverses.
PnESDBE LA cnoi\ , se dit De ceux qui s'en-
gageoient autrefois par un vœu solennel, d'.il-
Icr faire la guerre aux Infidèles ou aux Hcrcli-
ques, et r|ui, pour marque de ce vœu, ptir-
toienl une croix sur leurs habits. Vn nombre
injini de Centilshommcs prir-nl la croix.
Ou appelle Croi.r, Un des côte» d'une pièce
de monnoie , parce que la croix ed ordinaire-
ment imprinicc dessus. Lt dans ce sens on dit
CRO
proverbialement, N^avoir ni croix ni pile,
pour dire, N'avoir poiiU d'argent.
Jouer à croi.r ou pile, sj dit Lorsqu'on fait
tourner une pièce de monnoie en l'aîr , et
qu'on parie qu'elle tombera de l'un ou de l'ou-
ire cùit'\
On dit familièrement , en parîunt d'Une
cLose dont on ne se soucie guère , qu'Or» la
jetleroit volonlicrs à croix ou pile, à croix ou
à pile.
On dit proverbiaicreeut et fainilièrement .
Recci'oir tjuehju'ùn avec lacroixet la haiinièie,
pour marquer Une réceplion Iiononble ; 71
faut l'aller clierchcr avec la croix et ia hannièrCy
pour (lire, qu'On a de la peine k l'avoir.
CHOIX DE PAH DIEU. s. f. L'a b c, ou
Alphab'-'t pour apprendre à lire. Cet enfant
sait déjà bien sa a-oix de par Dieu. Il est en-
core à la a'oix de par Dieu. Achetcz-luî une
croix de par Dieu.
Il se prend fii^urément. pour Le commence-
ment de quelque chose, ^cus veut-on renvoyer
à la croir de par Dieu?
CROMORNE. s. ro. Tuyau des jeux de l'or-
gue à l'unisson de la trompette.
CRON. s. m. fiom donné par les Natura-
listes il un sable ou amas de jwHites coquillei
rjui se trouvent dans le sein de !a terre.
CRO>'K. s. m. Tcriixe de Marine, MacbiiK
qui sert dans les ports de put pour charger d
dccliarf^er les Navires.
CROQUANT, s. m. Un liomrae de néant,
an misérable. C'est un croquant. Ce nVst
qu*un croauant , un pauvre cioquant. ïl est fa-
milier.
On appelle Crofjuans^ Ortains paysans qtii
se révoltèrent en Guienm' sous Henri IV cl soui
LouU XÏII. La révolte des Croquans.
Croquant, ante. adj. Qui croque sous l;i
dent. Biscuit crotjuant. Tourte crotjuanle. On
dit aussi absolument, Une cro(juante, pour
dire, Une tourte croquante.
CUOQUE-AU-SEL. Façon de parler ad-
verbiale. Manger quelque chose à la croquc-
CROQUE-NOTK. s. m. Ou appelle ainsi
Un Musicien de peu de taleris, mais qui lit
coiirjimincnl la musique la plus dillirile.
CKOUUKR. V. n. Il se dit Des rbo^es dures
ou siVlie> qui font du bruit sous la dent qu.tnd
):i les mange. Du pain d'épice, une (ftmhlvttc
qui croque fOus la den*. Ces morilles sont
pleines de qravier , elles croquent sous li'J
dents.
CnoQDEn. V. n. Manger des clioses qui font
du bruit sous la dent. Croquer des pralines.
On dit, /V'en croquer que d'une dent., pour
dire, N'avoir pas ce qu'on désire. Vous n'eu
croquerez que d'une dcnt^ Vous ne l'aurez pas.
Il s'étend aur.si. dans le style familier, i^
toules sorles de choses qu'on mange avidement
et en entier,// croqua deux poulets en moins de
rien. Et (i^uiement d'Une jfune et Julie per-
K>nne, (\\iKllc est jolie à croquer.
CiiOQUKn, m termes de Peinture, signifie,
Dessiner ou peindre grosiièreuK nt et à li liûte,
CRO
en sorte que le dessia ou le tableau ne soitpa»
fini. Ce luMeuu, ce dessin n'est auc a'oqué.
Il se dît fiï^ure'ment des Ouvrages d'esprit
qui ne sont ptts encore achevés, et oix l'on n'«
pas mis la dernière main. Il n'a fait aue cro-
quer ce Poëmc.
CnoQDEB LE MAnMOT. Voycz Mahmot.
Cnoçi'É, V-E. partici{>e.
CROQUET, s. m. Sorte de pain d'épicî
mince et sec
CROQUIGSOIE. s. f. Kspèce de chique-
naude j coup donné sur la tête ou sur le net.
Donner des crotjuiqnoîe^.
CROQUIS, s. m. Terme de Peinlure. Es-
«{uisse, première pensée d'un Peintre. On re-
connotl dans un simple croquis l'habile homme
ou l'iijnoraiil.
(^nOQUïS , se dit aussi des Ouvrages d'esprit
restés imparfaits. Je n'ai jeté sur le papier
qu'un croquis de mes idées. Je reviendrai sur
ce croquis , ptJur dire j J'achèverai cet ou-
vr.i£;e.
CROSSE, s. f. Bâton pastoral d'Évê<jue ou
d'Abbé. Crosse d'or. Crosse d'arnent. Crosse de
ho'is. Il olficia ai.ec la crosse et la mitre.
Crosse d'arquebuse j ou cro.ssc de mousquet ,
Est dans une arquehuse ou dans un mousquet,
la pallie conrlie du fût qu'on appuie contra
l'épaule en tirant. Il l'a assommé .i coups li:
crcs.se d'arquebuse. On lui donna le moricn
avec la crosse du mousquet.
CnossE, signifie aus-ijC- rl:iin bâton courbé
jtnr le l.out. avic quoi es ei;f;ins ont accou-
tumé , durant le froid principalement , d(
pousser une balle . une pierre , elc.
CROSSE, KM. adj. Qui a droit de porter Li
crosse. Vn Abbé crosse et mitté.
CHO.SSER. T. n. Pousser une balle, une
pierre, etc. avec une crosse. Cet enfant est
allé crosser. Les petits garçons uimenC fort à
crosscr.
Cnossm , se dit aussi figurément et familiè-
rement, pour dire. Traiter avec un grand mé-
oris. C'ejl un homme à crosser. U est actif dans
ce sens.
CnossÉ . ÉE. participe
CROSSETTE. s. f. Terme d'Agi ieulture.
liranchc de vigne, de figuier, etc. où on laisie
un peu de bois de l'année précéilentc. On em-
ploie les crossettes pour faire des boutures.
CRO.SSEUn. s. m. Qui crosse. Celte allée
est pleine de crosseurs.
CRi/'IAPHITE. adj. Il se dit d'Un muscle
des tempes, qui sert au mouvement de la m.i-
clioire inférieure.
CROÏTi;. s. f.Tîouc, mélange de la pnus-
sitrre et de l'eau de la pluie dans les rues et sur
les chemins. Aller, courir, trotter par les crot-
tes. Les rues sont pleines de crottes. Il fait bien
de la crotte dans les rues. Il y a de la crotte ,
Hti pied de crotte sur votre habit. H l'a trofiu;
dans les crottes.
CnoTTE, se dit aussi De I« Bcnte de certains
animaux, comme brebis, chèvres, lapins, sou-
ri», etc. Crolle.': de brebis, crottes de chèvres, etc.
CROlTER. V. a. Salir avec la crottci Vom
CRO
erotltrez votre robe, si i*ous la laitrez trainer.
^'entrez pas là avec vos hottes, vons crotterez
toute ta chtimbrey tous îts meubles.
Il aVmpIoic aussi avec le pronom personnel.
il s'est autté. Vvus vous crotterez.
CnoTïK, ÉE. parlicipc. On dit Crotté comme
un harbet, crotté jusqu'à l'échiné, crotté jus-
au'iiu.r oreilles.
On liil d'Un mccliant Poêle, que C'est un
Poète crotté.
Ou dit, qu'il fait bien crotté dans les rues,
iKiur dire, que Les rues sont bien sales.
CROPHN. s. ni. On appelle ain^i Les ex-
crcmens des clicvaux , dc^ nioulous et de quel-
ques autres anim.iux.
CROULANT, AME. adj. Qui croule. Édi-
fice croulant.
CKOULEMFAT. 3. .-n. ÉbouUmcnt. Le
crou/cfncMl d\tn bastion^ d'une '.crrusse.
CROL'LIÎR. V. n. Tomber en s'aflàissant. Lu
tare croula. Terre marécaqeuse nui CT'OuIc som
les pieds. Ce hiîtimenl croule.
CnotLEU, en ternies de Marine, se dit acll-
vcment , et signiûe Rouler. Crouler un bdti-
nient ^ C'est le lancer.
CKOL'HER, IKRE. adj. U se dit Des Icries
dont le fond est mouvant. Dc5 Iotcs croulières.
Des prés crouliers.
CROUPADE. s. f. Terme de Manège. Saut
plus relevé «jue la courbette.
CROUPE, s. f. La p,-irlie de derrière qui
comprend les lianclies et te haut des fesses de
certains aoimauXf principalement des IkIcs ()c
uiuiaure, de cliarge. Bel'e croupe. Ce cJtcvul
u a point de croupe ^ n'a «;uerc de croupe. Il a
la croupe de mulet j c'est-ù-dirc. pointue et ai-
^\û.'. l lest blessé sur la croupe. Il porte j il ne parti
jtotnt en croupe. Ce Cavcdicr mit sa jcmme,
tivvit sa femme em crottpe. il/onïer en croiqjc.
Clieval chatouilleux sur la croupe.
Ou dit uussi , Gaqncr la croupe du cheval
<U son ami y pour dire, L'approclier par der-
rière.
CnoL'PE, se dit aussi Du haut d'une mon-
lo:;ne piolongée, et qui n'est pas à pic. Ce r/iu-
leuu est situé sur la croupe d'une montagne.
Oq appelle Croupe, Un inu-rôl que l'on
donne dans Iw bénéfices d'une place, ou d'une
entreprise de Cnancc.
CROUPE , ÉE. adj. Cheval bien cioupé ,
Qui a une belle croupe.
CROUPIER, s. m. Celui qui est de part au
jeu «Tcc tjuelqu'un qui lient la carte ou le dé.
" " 3**!/'** heaucoup an jeu, mais il n'en pro-
fit* rv- ;eui, il a bien des croupiers. C'est un
hon croupier qu'un tel, il corneille bien. À
U charge t^ue les croupiers ne conseilleront
point.
On appelle aussi f rouyiicr , à la Bn?(«'lie .
CxUii fjui asftisic le Banquier, et qui l'avcriit
des cartes qu'il pnsse.
On le dit «usai Oc ceux qui pWtenl de l'ar-
fenl aux gens d'affaires, et qui oui pari au
profit
CROUPir.RE. s. f. Mnrcenu de ctiir nm-
boarr<!, que l'on pi^u* suus la queue d'un clio-
CRO
val, d'un mulet, cic. et qiîi tiem à In selle, an
oât, au liarnois. WelL-e une croupitre à une
selle. MetUe une croupière à un chevid. Serrer
la croupière d'un cheval.
On dit iïgnrémcnt et proverbiaiem. Tatlicr
des croupières à tpielijuun, pour dire, Pour-
suivre vivement quehju'un, lui donner bien
des affaires. Je lut taillerai bien des croupières.
CROUPION, s. m. L'extrémité inférieure de
l'échiné de l'homme. Se démettre le croupion.
Il se dit plus communément De cette partie
où tient la plume de la queue d'un oiseau. Le
croupion d'un poulet-d' inde , d'un chapon.
CROUPIR , V. n. se dit Des liquides qui
sont dans un (it'tt de repos et de con tipiiou. Les
eaiLx qui croupissent deviennent puantes.
On le dit De quelques solides qui se n.r-
p mpcnt dans une eau stagnante. De /û pûiUe
qui croupit dans^unc mare.
U se dit aussi Des cnfans au maillot, et des
personnes malades qu on n'a pas soin de chan-
ger assez souvent de linges. Cet enfant croupit
dans son orchire, croupit dans ses lanijes. Il ne
faut pas laisser aoupir un malade dans lo
iuleté.
Ou dit figurément, Croupir dans le vice.
dans l'ordio-e, dans le péché, dans l'oisiveté,
pour dire, Y demeurer long-temps.
CnOLPi, lE. participe.
CROUPlSSAiNT, AME. .-.dj. Eaux a-ou-
pis.utntes.
CROUSTILLE, s. fém. (Lrs deux L sont
mouillés dans «e niot et les trois suivans. )
Petite croûte dc pain. Donnez-lui encore une
iMMtstHle. Il est familier,
CROUSTILLER, v. n. Manger de petites
croûtes pour boire après le repas, et pour ^tre
plus long-temps à table. H se mit à croustiller.
U est du style familier.
CROUSTILLtX'SEMENT. adv. D'une ma-
nière bouffonne et plaisante. Il est populaire.
CROUSTILLEUX , EUSE. adj. Il n'est en
usaf;c qu'au figuré, pour dire. Plaisant, drôle.
Voilà qui est crou.'cti/ieuj:. Ct( homme est crous-
tillcujc. Des contes croustillcux. Il est populaire.
CROUTE, s. f. La partie extérieure du pain
durcie par la cuisson. Croiifc de pain. Crotîle
épaisse. Croûte dure. Croûte brûlée. Du pain
oii il y a bien de la croûte. Ce pain est tout en
ooii(c. Ce n^est que croûte. Vous mamjez toute
la croûte, et vous laissez la mie.
On dit familièrement, Casser la croiue, une
croûte avec quelqu\tnj pour dire, Manger ami-
calement et sans farou avec lui.
On dit proverbialement, A'e mander que
des croûtes, pour dire, Fjiire muuvutsc chère.
C'est un avare qui ne mange que des croûtes
pour épargner.
On appelle aussi CrorJïe. Fa pJte cuite qui
enferme la vinnde d un p.ité, d'une tourte, etc.
Croûte d'un pâté. Crontc |I/ie. Croûte bise.
Croiiïe jeuilletée. La croûte de dessus. Lever lu
croûte d'un pâté.
On domi'î encore le nom de Croûtes absolu*
ment, à de ç^roê inorccnux de pain où il v a
pluA de croûte que dc mie. cl qu'on a fait mi-
CPU
355
tonner long- temps a\ec du liouillon. Servir
des croûtes. Maitqcr une croiîlc au pot,
CnoùrR, se dit aussi De tout ce qui s'attache
et se durcit sur quelque cho^c. On a mis de la
mie de pain sur ce chapon pow y faire une
croûte. Il s'est fait une croûte de tartre autour
du muid. Lorsqu'on est long-temps sans remuer
le blé, il s'y fait une croule qui aide à le con-
server. Quand une gale sèche , il s'y fait une
croiile, DriMS la sécheresse y îl se forme sur la
terre une crorîle qui la rend dilficiie à ïttfconrer.
On dit d'Un homme couvert de gale, que
Son corps n'est qu'une croiîïe.
CnoC'TE , se dit aussi d'Un n auvMS tableau.
Ce Peintre ne fait que des croûtes. Ce portrait
est une 7'raic croûte.
CRGÛTELEITE. s. f. U a la même signiû-
cation que Croiisïi/fe.
CROUPIER. 8. m. Mauvais Peintre qui ne
fait que des croûtes.
CROLTO:^. s. m. Morceau de croûte de
pain. Donnez-nwi un croiifon.
CROYAlil.E. adj. des 2 genres. Qui peut
3U qui doit être cru. Cela est aoyahle. Cela
n'est pas croyable. C'est un homme croyable.
l^ous e!es Partie, vous n'êtes pas croyable. Il
n'est pus croyable combien il y eut de gens
tués à ce combat. Il n'est pas croyable que...
CROYANCE, s. f. Pleine conviction, per-
suasion intime. Telle est ma croyance. Il se
prend aussi pour Opinion. Cela cA arrivé
contre la croyance de tout le monde. Cela
passe toute croyance.
On dît aussi, Avoir croyance en quelqu'un^
en ce qu'il dit ^ en ce qu'il annonce.
Il signifie encore. Ce qu'on croit dans une
Religion. La croyance des Chrétiens. La
croyance des Juifs. Notre croyance est bonne
et sainte. Les articles de notre croyance.
CROYANT, AÏVTE. s. Celui, celle qui croit
ce que sa Religion enseigne. Il n'est guère
d'usage qu'eu ces phrase» : Abraham est appelé
le Père des Croyans. Les Califes prenaient le
litre de chefs des Croyans.
CRU
CRU. s. m. Terroir où quelque chose croît.
Il n'est guère d'usage que dans ces phraces. Du
vin de mon cru, de son cru, dc votre cru. Ce
vin-Vt est d'un bon cru. On dit, Du vin du cru,
pour dire, Le vin que recueille dans son terroir
le maitrc de la maison. Ou le dit nn>>si du ïAé
et dc toutes les autres denn'cs. Ces denrées
.<o»t de mon cru. Ce foin est de mon cru.
Cnu . se dit [Kïur Acaoi&senicnt. Ces arbres
ont bien poussé, voilà le cru dc cette année.
On dit fi;.;urémcnt et familièrcnicul. Cela est
de votre cru, pour dire. Cela vient do vous,
vous avez inventé cela Dans cette compilation,
il n'y a rien de votre cru, |>uur dire, Il n'y a
rien (jue vous nyez ajoute.
CRU, UE. adj. (,)ui n'est point cuil. Viande
crue. Chair crue. Pomme crue. Des fruits crus.
Voilà qui ett encore tout cru. Ctfu se mange à
demi-cru.
On appelle Cuir cru, Celui qui n'est pai
4i.
356
CRU
préparé; et Chamr cru, Celui qui n'a pis été
ticmpc daus l'eau.
On appelle aussi Soie nue, Celle qui n'est
ni lavée ni teinte. Plusieui^ disent , Soie ecrue.
On dit en ternies de Médecine, que Les Im-
mturs sont oues, les urines saut crues, pour
(lire. qu'Elles ne sont pM suffisamment cuites
par la duleur nalunllc.
Il signifie aussi, Diflicilc à digérer. Ce fruit
est lii<;n cru sur l'estomac. Le concombre es!
trop au, il n'en faut (juére manrjcr.
Ou appelle Eau crue. Celle qui ne dissout
pas le savon, et qui ne cuit pas les leyinnes
L'eau crue n'est pas fuvorahle ù la Aic/estion.
il se dit figurém. d'Un discours qu'on tieni
oqiielqu'un, où ilyaquelque cliose de faclieux
qu'on ne prend pas la peine d'adoucir. Une
parole bien crue. Voilà un discours bien cru.
Cela est bien cru. Il lui a fait une réponse forl
crue, [l lui annonça cette nouvelle toute crue. .
Il se dit aussi fignrément et faniilièrcmenl
d'Une produetion d'esprit qui n'est pas cucort
dans l'état où elle dciit être, qui est encore in-
forme. Il n'a pas encore bien ilirji'ré cela, il a
mis sa pensée toute crue suc le papier.
A. cnu. Façon de parler adverbiale, pour
dire. Sur la peau nue. liotlé à cru. Cbam-.si
à au. Armé à cru. DIonler un cheval à cru.
ClUTAUTE. 3. f. Inliumanilc, inclination à
répandre ou à voir répandre le sang, à faire
soufljir, ou i voir souffrir les autres, ou à les
traiter durement. Grande cruirute. Avoir de la
cninuié. K:''ereer sa cruanté sur des innocena.
Sa cruauté n'a point de bornes. Traiter ses
ennemis avec cruauté. Vaer de cruauté envers
mtelnu'un.
Il signifie aussi Action cruelle. Insitjm
crniinté. Fairedes cruautés. E.rercer des cruau-
tés. C'est une cruauté inouïe, ijue ce f|u'o>i leur
fait soujfrir.
On dit, La cruauté du sort, du destin, dt:
la fortune, d'une MaUres-<e.
Il se prend simplement pour Une cliose fâ-
cheuse et insupportable. Quelle crur.ulé de se
voir trahi par ses amis! C'est une ci ricjulc. Une
étranqe cruauté.
< RUCHF.. s. f. Vase de terre ou de grés , .1
anse, et qui a orilinalrement le ventre large et
le cou étroit. Grande cruche. Petite cruche.
Cruche pleine d'huile , pleine d'eau j ou cruche
d'hw.ll, cruche d'eau. Mettre de l'er.u, porter de
Veau dans une cruche. Cette a'uche est jebje.
Casser une cruche. La cruche ù Vhuile , c'esl-
!i-diie, dcsiince \ miixre de l'iiuilc.
On dit proverlvialemcnt, Tiint l'n la cruche
à Veau, (jii'ii lit fin elle se casse, ,pi'enfn elle
\ se brise j pour dire, qu'A force de s'cx[ioscr au
danger, à la fin on y demeure, on y péiil.
On dit figurém. et faniilièrein. , qn' Un homme
est une auche, pour dire, qu'il (wtsiupide,
sol. C'est une cruche. Vont tournicnterez tant
votre enfiint, que vous le ferez devenir ciuchc.
que vous le rendrez a uche.
CI'UCHlîE. s. f. Ce aue pant contenir une
(ruche. Une ci ueh^e de lin.
a!UCIH>>'. t. m. Putitc cruche.
CRU
CRUCUL, ALE. a-ij. Fa'it cncroix. Il nVst
piière d'usage qu'en celle phrase, Inciaion cru-
ciale.
CRUCIFÈRE, adj. des 5. genres. Ternie da
Bolaniiiue. Il ae dît Des plantes dont les fleurs
sont disposées en iiirme de croix, comme dan^
le cresson , le cliou , le tlilaspi , etc.
On appelle Colonne ci'uciprej Une colonne
surmontée d'nne croix.
CRUCIFIEMENT, ou CRUCIFIMENT. s.
D». L'action de cvuciiier, le supplice de la croix.
Le crucifiement de yotre-Seiqncuv.
Il se dit aussi Des tableaux où le crucifie-
ment de JÉsi'S-CHnisT est représente. Le cruci-
fiement de Lebrun , de Ruhens.
CRUCIFIER. V. a. Altacber à une croix,
nieiire en croix. Les Juifs crucifièrent Noire-
Seignenr,
On dit figurement, Etre crucifié avec Jisus-
■Christ, pour dire, Êtri cnlièirmcnt mort au
monde.
On dit par exaç;t^rahnn , Je me ji'rois rruci-
fier pour cela, ppuv dire, Je .sotiflVirois toutes
choses pour cela.
On ilit aussi, C'est un homme qui se ferait
crucifer pour ses ami>* , pour dire , C'est un
lionime qui fcroit tonlos choses pour eux.
Cr.uciriÉ, ÉE. participe,
CRUCIFIX.. s. ni.(r.\ ne se prononce point.)
Fif:;ure oit représentation de JÉsus-CHnisT at-
laché à la croix. Beau Crucifix. Crucifix d*or,
d'arqent, d^n'otre, cïc. Se mettre aux pieds
\ht Cr cHir
' On dit proverbialement Des hypocrites, des
dévots outres, qu'i/s vont dans les E(jli^n
manqer les crucifx ; qn'lls sont des mangeur a
de crucifix.
< On dit, McVre les injures qn\m a renies^
melb-e ses ressenlimens atuv pied^ du Crucifix^
[tniir dire, Oublier pour Tamour de JÉsrs-
Chuht crucifie, ses ressenlimens, les injnrefl
i|u'on a reçues.
CRUD. adj. Voyez Cnu, ue.
CRUDITÉ, s. f. (finalité de ce qui est cru.
La crudité des fiuits. Lu crudité de Veau. La
crudité du melon, des coins, de la châtaique,
est plus danqereuse (^itc celle des autres fruits.
Il se prend aussi pour Incîi;^f5(ion, pour dt-j
hur.'.eurs crues, enj^endrées d'ins l'eslomac. Cei
viandes euncndrent des crudités, causent dei
crudités. Il a des crudités d'estomac.
On dit, l\J{inqer des crudités, pour dire^
Manger des mets crus et indigestes.
On dit aussi, La crudité des humeurs, pour
dire, La mauvaise qualité des humeurs (jui ni:
fconl pas digérées.
CniDiiE, se dU en Pcintiirr-, Des lumières,
des couleurs trop entières et trop fortes.
CRUE. s. f. Augmeutalion. La crue de,^
eaiLr. Les qraudcs crues arrivèrcttt en telle sai-
son. La crue du A'i/. Une qrande crue d'eau.
Cnui; , se dit aussi De l'augmentation des
tailles, La crue de la taille. La crue des tailles.
Nouvelle crue sur les tailles.
CnuE , se (lit auasi pour Croissanre . aug-
.ncntation de ^nindcur. Cet arbre a pris toute
'CRY
sa crue. Par extension , il se dit aussi Des
hommes. Cet enfant n'a pas pris encore touîa
sa crue.
CnuE, signifie aussi, en termes de Prati'|ue
et en fait d'inventaire , Le cinquième denier
au-dessus de la prisée. // a en ces meubles pour
1(1 pvi:-ée et pour la crue; il les a eus pour la
pri:;ei; et sans a'ue.
CRUEL, ELLE, adject. Inhumain , impi-
toyable, qui aime le sang, qui prend plaisir A
faire souflrir, ou k voir souffrir. Homme cruel.
Cruel f^TdU. Ces peuples-là .wnt sanvaqcs et
cruels. Ai'oir Vdme cruelle, l'humeur cruelle.
Il se dit aussi De quelques animaux. Le ti(jre
est une héte cruelle.
On dit encore dans ce sens, Destin cruel,
fortune cruelle.
Il sij:;nilie aussi Fâcheux, douloureux, în-
supporlable. C^est un cruel mal, un cruel siip-
plice, une cruelle mort. Cela est cruel. Cest
une cruelle situation. C'est une chose cruelle
(juc d'être abandcnné de ses amis. Il a fait cette
(innée un cruel hiver. Il lui a fait un cruel
aifront. On lui fit de cruels reproches.
On dit familièrement et en style de galan-
terie , d'Une femme qui n'écoule point ses
amans , qu'Elle est cruelle. C^cr.t une beauté
crue//e,et quand elle est de facile coni{iosiliou,
on dit, quElle n'est pas cruelle.
On dit aussi d'Un houune qui fail le drdai-
gneux à l'égard des femme.-., qu71 fait bien U
cruel.
On dit encore d'Un liomnic ennuycnv. in*
commod',fachcu\,qu'/les(un cruel homme, etc.
On le dit aussi Des choses, dans le même senS.
CRUELLEMENT, adv. Avec cruauté , d'une
manière cruelle. Il l'a traité cruellement. Il l'a
fait mourir cruellement. Ht a cruellement battu.
CRLMHiST. adv. D'une manière dure, sans
tju'on prenne soin d'adoucir ce qu'il y n de ia-
cl eux dans ce qu'on a îl dirt3. H m\i dit cela
si crûment. Il lui est allé dire tout crûmcaf
que.... Dire criîmenl de fn'cheuses vcj'ites.
CRURAL, ALE. adj. Ternie d'Anatomie. Il
se dit Du muscle extenst^nr de la jambe, cl
il une artère ainsi que d'une veine 'de la cuisse.
Le muscle crural. L'artère, la veine crurale.
CKUSTACÉ, ÉE. adject. Terme d'IIisloire
Naturelle. Il se dit IVs animaux qui sont cou*
veits d'une enveloppe diu'c, mais flexible, di-
\ i^ce par des jointures. Le /lomnnl est austace*
L'/crevisse est crustacéc.
Il est aussi substantif. L'écrevisse, le ho-
mard, les crabes sont du (fcnrc des crnstaccf.
CRUZADE. subst. f. Monnoic d'argent de
Portugal, de k» valeur d environ deux livre* d<
Fran'.'e.
CR Y
CRYPTE, n. f. Lieu souterrain où l'on cïi-«
(eire les morts dans certuines Eglises.
CRYPTOGR,\PHIE. s. f. Voyez Stlg.vîi
CRYST.AX. VovesCniSTAU
CUE
cso
C-SOL-irr. Ttrme de Musitme, par lequel
on désigne la note ut. La clef de c-spl-ut. Le
ton de c-sol ut. Cet air est en c-sol ut.
eu B
CUBE. 5. mi Corps solide cjui a six faces car-
réo» éjoles. Fijiire posée sur un cuhe.
Il est c|UcKiiicfi)is adjectif. Pied, toise eube.
Racine cube.
CUBIQUE, ndj. des î genres. Qui appar-
licnl au cube. Figure cubique.
CUBITAL, .MA'., adject. Qui appartient au
coude. Muscle cubital, Act/' ciiliilii'. Jilére
cubitale.
CUBITUS, s. m. Terme d'.Vnalomie , em-
prunté du I.atin. Os de l'avant -bras, long,
în-u4;ulirromcnt triangulaire, et dont lextré-
uiilé supérieure se termine par deux apophy-
ses, dont l'une forme le ooiule.
CUBOÏDli. s. musc. Tcnne d'Anatomie. On
appelle ainsi un des os du tarse.
eue
CUCUBAI.E. s. masc. Plante qu'on nomme
encore La Paresseuse ou la Couchée , parce
qu'elle est rampante. Elle porte de petites baies
noires et molles. On l'emploie dans les pertes
de sang.
CUCURBlTACft, ÉE. adj. Terme de Bota-
niipie. Ce mot vient du Latin Cucurbita , Cale-
basse, el «e ilit IVs plantes dont les fruits ap-
prochent de ceux de la courge, du melon, du
putii'on , de la calebasse , etc.
rUCURBITAINS. s. m. pi. 'Vers plats qui
ressemblent i dt's pépins de Courge. Les cucur.
hitaim sont des portions du ténia.
CUCURBITE. s. fém. Vaisseau d'ëtain, de
cuivre ou de verre, dans lequel on met les
$ub5tancc*s que l'on veut distiller, et au-dessus
duquel on adapte le chapiteau.
CUE
CUF.ILLE'n'E. s. f. (On prononce Keuil-
lelte. ) Il se dit Des fruits que l'on relire tous
les ans dune lene. La cueillette des olives.
Quand il aura fait sa cueillette. La cueillette
est bonne ceffe anne'e.
Il signifie aussi quelquefois L'amas de de-
n'irrs que l'on fait pour les pauvres, ou potir
qucl'|ne œuvre pieuse ou publique. Faite unt
ctieinetfe pour les pauvies. On a fait une cueii
Iclle pour rcl'Jlir If Presdjtére. La cueillette a
e)e qrande, a été bonne, a été petite.
(iUKIH.IR. v. a. (*>n prononce Keui'IIi'r.)
Je cueille. Je cueillais. Je aucillis. Je cueilltn'iii.
J«' cdcillei-oif. Que je ciici//e. Que je cueiUi:'se.
Cueillur.t. Dclacl)er des fruits, des fleurs, des
légume» <!c leurs brandies ou de leurs tiges.
Cueillir dei frulti, des fleurs. Cueillir des le-
tjuines. Crir.llir un touijnel. Cueillir des poires,
des pommes, des rotes, etc. Des fruits prêts à
cueillr, cueillis à la main, nouvellement cueillis.
On dit , Cueillir des pulinri , c «ciIIt des
lauriers, poui dire, Rcoiiiorter des victoires.
CUI
Cleiili, iz. participe.
CUIilLLOlR. s. m. (On prononc*^ KeuiUoir.)
Panier dans lequel on met le* fruils que l'on
cueille.
eu I
CUILLER, ou CUILLÈRE, s. f. Ustensile
(le table, dont on se sert ordinairement pour
manger le pot.ii^e. CiùUer d'arqent, de vermeil
doré. Une cuiller et une fuurchctte. Une dou-
zaine de cuillers.
CtlLLEU, est aussi un ustensile de cuisine
servant à drtsscr le potnf;*', cl ù divers auucs
usages. Cuiller de hois. Cniller à pot. Cuiller à
potajje, à raqoiU. Cuiller fi oïivtrs.
Il y a aussi des cuillers dont les artisans se
servent pour les usa(;cs particuliers de leur art.
Faire jvndre du jdomb , de la puix-iésine datu
une cuiller de fer.
CUILLERÉE, snbst. f. Ce que contient une
ruiller. L ne cuillerée de jwtaqe. Une cuillertt
de bouillon. Une cuillerée de sirop.
CUILLERON. s. m. La partie creuse d'une
cuiller.
(Xili-ehos, se dit encore, en Bofanïque,
Des parties qui ont la forme d'une cuiller. Pé-
tale cveiix en cuHleron.
CUILLIER. s. m. Oiseau appelé vulgaire-
ment Spatule, parce que son bec est large k
l'extrémité, el qu'il rcssenilile à une cuiller,
ou plutôt à une spatule. Il a Ixraucoup de rap-
port avec le Hëron.
CUllSE. s. f . Terme de Cliimie. Vaisseau d«
tcne qui sert h distiller l'eau-forte.
CUIR. s. masc. La peau de l'animal. Il a It
cuir dm' et rude. Des serostfes, des hunieun
ctni viennent entre cnîr et chair. Vdne el U
mulet ont le cuir extrêmement épais et dur.
Cuir uni. Cuir tendu.
Il se dit plus ordinairement De la peau dej
animaux, quand elle est «éparée de la cliair el
corroyée. Cuir de vache. Cuu- cru, c'est-à dire,
qui n'est pas préparé. Préparer des cuirs. Pas-
ser, ûcrommoJcr des ruirs. Cuir du Levant.
Cuir d^Anqletcrre. Cuir de Hongrie. Cuir de
Russie y qu'on appelle autrement, de Jloussi.
On dit proverbialcni. Entre cuir el c/ifltr,
pour dire, Secrètement, sans oser éclater. Ju-
rcr enti-e cuir et chair. Enrager entre cuir el
cfiair.
On dit proverbialement, Du cuir d\iutrui
faie large coioroiV, pour dire, Être libéral du
bien d'autrui.
CtiR BOUfiiT. Cuir ruit et préparc p«ur en
faire quelque ustensile. fiou(ci7Iec{t' cuir Iiouilfi.
Seau de cuir houilU.
CL'ÏR.'VSSE. s. f. Principale partie de l'nr-
ninrc qui est ordinaiienicnt de fer, et qui cou-
vr • le coqjs par-devant el pnr-dern«re, depuis
les épnult'S jusqu'^ la ceinture. Bonne cuira<.u'.
Cuirasse légère^ pesante. Cuirasse à Véprcuve^
li i'cpreuve du pisfolcf, du mousquet. Il eut sa
cuirasse percée, faussée d'un coup de pistolet. Le
coup r,e fit que blanchir sur sa cuirasse, fit une
tctine n sa cuirasse. Endosser la cuirasse. Pren-
dre la cuiras: e. Etre armé de cuirasse. Il a fou-
CUI .^57
jours lu cuirasse sur le dos. Le devant j le Wer-
nérc de la cuiroi^e.
On dit, Le défaut de \a cuirasse,, ponr dire,
Où la cuirasse finit. Il fut hl'ssé nu défaut de
la cuirasse. Il trouva le défaut de la cuirasse.
On dit figurcment,Le défaut de la cuirasse,
pour dire, L'endroit foîble d'un liomme, tl'un
écrit. Il a trouvé le défaut de la cuirasse.
On dit figurément, Endosser la cuirasse,
pour dire, Prendre le parti des armes. Un tcl^
depuis la mort de son alué, a quitté .«es Béué-
ficcs, et il il endossé la cuirasse. Vorci le prm-
tempSy il faut endosser la cuirasse.
CUIRASSl^: , ÉE. adj. Qui porte la cuirasse.
Il marche toujours cuirassé.
11 se dil aussi figurément, pour dire, Un
bomme bien préparé à tout. Il croyoit le sur-
pri'M(/rc, mais il Va trouvé bien cuirassé.
CUIRASSER. V. a. Revêtir quelqu'un d'une
cuirasse. // faut cui*'asser vos Cavaliers.
(XiR-VSSÉ, ÉE. participe.
CUIRASSIER, s. m. Cavalier arme de cui-
rasse. Il avoit tant de Cuirassiers. UnRégiment
de Cuirassier^.
CUIRE. V. a. Préparer les alimcns par lo
moyen du feu , pour les rendre propres à man-
ger. Iln'y a pas là assez de feu pour faire cuire
ces viandes. Un trop grand feu brûle les vian-
des, au lieu de les cuire.
CcinE, signifie aussi , Préparer par le moyeu
du feu ou de la chaleur certaines cboscs. pour
les rendre propres a l'usaj^e qu'on en vciil faire.
Cuire de i" brique, du plâtre, de la chaux^
Cuire du fil, de la soiû
Il signifie aussi, Faire cuire. On cuîsoit du
fuiin dans toutes les villes pour les troupes. Ce
Boulanqer cuitbeaucoup de pain tous les jours.
Un fourneau à cuire de la brique.
Il se met quelquefois absolument , pour ,
Cuire du ^'ù\n. Les Boulanqers ne cuisent point
un tel jour. Tous les habitons de ce village sont
obiiqés d'aller cuire au four banal.
On dit proverbialement, et par menace,
i'ous viendrez cuire à mon fuur^ pour dire.
Vous aurez quelque jour afiaire de moi.
Il se dit aussi Des fruits que le Soleil mûrit.
C^est le Soleil qui eut tous les fruits. Le Soleil
n'est pas assez chaud en ce pays-là pour bien
cuire les niclouj.
U se dil aussi De l'acuon de la clialeur natu-
relle sur les viandes, ou sur les humeurs. Il y
a des viandes que l'c.^iomac a peine à entre.
Quand la chaleur naturelle aura cuit ces Au-
meurs-là. La guimauve al bonne pour cuire le
rliume.
U est aussi neutre. Le souper est au /î'u , il
Cfjt'f. // faut (|.'ie cela cuise dans le jus. Mettre
cuire, faire ntiic un cKdpon. La tui'.e. la bri(^ue
ne fouroit cuire dans ce fourneau. Mettre de»
raifins cuire au jt'ur , au Solal.
On dit Hc ccrtiins légumes, comme de»
jxiis, des (ïvcs, etc. qu'/Is cui>cnt bien, 01
qui/s ne cuisent pashien ,j^ur dire, qu'ils sont
faciles ou difficiles .1 cuire. En ce sens il c^t
neutre.
On appelle popuj.iircmcnt Un bouie-ùjut'
358
GUI
ciiiVe, Celui qui mange tout, qui disàijir
^ touL
CfME, V. D. signifie aussi, Causer une dou-
Ifur âpre et aii^uë, telle qu"cst celle que cause
luic hriiKirc ou une ëcorchurc. Jn rtte suu
hnilc,je me suis écorchç la main, cela me cuit.
La main me cuit Les yciuc nw cuisent, ils me
cuisent comme du feu.
On dit 6gtu-ément d'Une douleur ou d'une
cJtaleur excessive tju'on e'prouve : La tête me
ruit. On cuit au Soleii L'ardeur du Soleil est
si grande qu'on cuit au grand air.
On dil proverbialement, Tiop ijratler cuit.
trop Jiarlcr nuil.
Ou dit fij;uri'nirnt et faniiliôicnient : // vous
en cuira quelque jour ; il m'en cuit, il pourrait
bien vuHS en ciaVe, pour dire, Vous vous en
repentirez; je m'en repens, vous pourrez Lien
vous en repentir.
CciT, ITE. participe. Du vin cuit. De la
crème cuite. Des yruncs à demi cuites. Les hu-
vieurs cuites.
On dit proverbialement qu'L'n liumme a du
pain cuit, pour dire, qu'il a du Lien, qu'il est
i son aise.
On dit a!issi , qu'Cn Jiomme a du pain cuit,
pour dire, qu'il a une bonne provision de ce
qui lui est nécessaire. CePreJicateur a deux on
trois Carêmes, il a du pain cuit.
On dit proverbialement, Lifcer(e'c(pum ciiil,
pour (lire, que Les deui plus prauds Mens sont
d'cire libre, et d'avoir ce qui est nccessaire à
lu vie.
' CUISANT, ANTF,. adj. Apre, piquant, aigu.
Un froid cuisant, une douleur cuisantc.On le
[ (dit auisi Des peines d'esprit. Des soucis cuisans,
âa remords cuisans.
CUISINK. s. f. L'endroit do la maison où
Ton apprête et où l'on fait Cuire les viandes.
Grande cuisine. Cuisine claire, obscure. Il faut
placer, mettre la cuisine en cet end)oit. Bat-
terie de cuisine. Servante de cuisine. Ecuyer,
chef de cuisine. Garçon de cuisine. Aide de
cuisine.
On dit, Faire la cuisine j pour dire, Apprê-
ter à manger.
On dit, Bonne cuisine f maiqre cuisine.
pauvre cuisine, pour dire. Bonne chère, mau-
vaise chère. C'est un homme oui cherche les
bonnes cui-sines. Il ne haute que les maisons oii
il y a bonne cuisine.
On dit aussi, en pailatit d'One maison, qm;
La cuisine y est bien froide, quelle n'y csl
guère échauffie, pour dite. qu'On y fait ni.iu-
vaise clitre.
On dit 3usaî , Faire aller, faire rouler la cui-
sine, pour dire, Avoir soin de ce qui regarde
la dépense ordinaire de la table, donner ordre
que la tal>le aille Lien; et Fonder la cuisine,
pour dire, Pourvoir à ce qui regarde la subsis-
tance, la nourriture. Dans les nouveaux éta-
blissemens, il faut commencer par fonder II
cuisine.
On dit populairement, 5c ruer en cuisine,
pour dire, Manger beaucoup et avidement, ou
fiire beaucoup de dépense en boBue cIimc,
CUI
y Cn dit G^urcment et proverbialemèntqu't/n
homme est charge de cuisine, poiu- dire, qu'il
est fort (;ras , et qu'il a im gros ventre.
On appelle aussi Cuisine, Une petite boite
longue à diffi'rcns corapartimens, oii l'on nicl
différcns ingrédiens propres pour les ragortts,
et que cert;iines gens portent sm- eux. Un tel a
toujours sa cuisine dans sa poche.
On appelle familièrement, Latin de cuisine.
Un très-mauvais Latin.
Cuisine, signifie aussi L'art 'd'apprclcr lis
viandes, et de faire la cuisine. Il apprend ta
cuisine. Il .sait lien la cuisine. Cuisine bour-
tjeoise. Nouvelle cuisine.
On ap|irlle aussi La cuisine. Les OlTrJirs
qui senicnt dans une cuisine. // a mené sa cui-
tine avec lui. Il a laissé sa cuisine à Puiis.
CUISIi\EK. V. neul. Apprjler les viandes,
faire la cuisine. Ce g(iri;ini cuisine un feu, cni
une assez bien. Il est familier.
CUISINIUR, llilîE. s. Celui, celle qui fait
la cuisine, qui apprête à manger. fion cuisinier.
Hiufu'uis, mécïianl cuisinier. Garçon cuisinier.
Il n'a qu'une cuisinière. Elle est très-bonne cui-
ujt^ère.
CUISIMÈRE. s. f. Ustensile de fer -blanc
qui sert ii faire rnlir la viaude.
CUISSARD, s. m. La partie de l'armure qui
touvroit les cuisses. Les cuissards n'ont com-
mencé d'êb-een usage que vers i.Soo.
CUISSE, s. f. P.irlie du corps d'un animal
depuis la hanche jusqu'au jarret. La cuisse d'un
lomme , d'un cl:eval , d'un bœuf, d'un cerf.
Une cuisse de cluipon , de perdrix. Cet homme
a mal à la cuisse, a la cuisse rompue. L'os dt
la cuisse.
Cuisse, se dit aussi De certains fruits coujiéj
>)ar quartiers. Une cuisse dt noU.
CUISSON, s. f. Action de cuire, ou de faire
ruirc. Il a eu tant pour la cuisson des viandes,
tant pour la cuisson de chaque pain. Il man.
que à ce pain un peu de cuiss07i.
On appelle Pain de caisson, Lep.iin de mé-
nage que l'on fait chei soi.
Ci'issos, sigoiGe aussi La douleur qu'on
îcnt d'un mal qui cuit. Je sens une liomble
cuisson dans ma plaie.
CUISSOT, s. masc. Cuisse de cerf, de che-
vreuil, de sanglier, etc. Il ne se dit qu'en par-
Imt De venaison.
CUl.STKK. s. m. Nom qui se donne ordinai-
remi ni p;ir injure aux valets de Collège. Un
Cuistre de Collège. Ce n'est qu'un Cuistre,
CtiSTnE , est aussi Une injure dont cn se
sert, pour dire. Un homme pédant et grossier.
L'est un cuistre, un cuistre fieffc.
CUITE, s. f. Cui«soa. Il se dit Des briques,
des tuiles, de l;i chaux, et d lulreA choses scm-
lilables.Ln première ruile. La seconde cuite , elc.
CUIVHIi. s. m. Métal rongedlie quand il est
pur. On l'appelle aussi Cuivre rouge. Le cuivre
j'nune, qui s'appelle aussi Laiton, est du cui-
vre rouge qui i:st devenu d uue couleur jaune,
parce qu'on l'a allié avec du zinc. Le cuivre noir
e«t .-^clui qui n'.i p.is encoie été parfaitement
purifié. Le cuiii.; lic iû.<iltc est celui qui a été
CUL
entièrement purifié des autres me'taux av« le<.
quels il ctolt joint. Plaque de cuivre. Fontaint,
cuvette, chandelier, chenets de enivre. Monnaie
de cuivre.
Cdivue viEnoE, Celui qui sort de la mine ,
qui n'a point eu? fondiu
CUL
CUL. s. m. ( l'L ne se prononce point , et
on le supprime quelquefois dans l'écritme.) Le
derrière, celte jiartie de 1 homme qui comprend
les fusses et le fondement. Il tomba sur son
eul, .sur le cul. Il était assis sur son cul commt
un singe. Renverser cul par-dessus tête.Ilcourl
comme s'il avoit le feu au cul. Etre à cul nw.
.S'iisseoir à cul nu. Il hii a donné des coups d»
pied m( cul, du pied au cul.
*)n dil, Avoir le cul sur la selle, pour dire,
! Ire à cheval. Ce Général est vigilant et infa-
t'igable, il a toujours le cul su- la selle. Les en-
nemis s'étant avancés, on tint Conseil de guérie
le cul sur la selle.
On dit famihèremcnt : Cul par -dessus tête.
La tête emporte le cul. La léle en bas, le cul en
haut
On dil proverbialement. Etre à cul, pour
dire, Ne savoir plus que devenir, n'avoir plus
Je ressource.
On dit, qu'Une voiture est à cul, qu'on l.i
met à cul, pour dire, qu'Elle est versée ou
qu'on la verse par le derrière.
On dit proverbialement et lîgurément : Don-
ner dit pied au cul à un valet , pour dire , Le
ch.isser d«»»on service.
On dit ])rovcrbij|(Tment d'Un homme qui
le lourmcnle exlrémemeut pour venir à bout
dequelque chose, qu'il y va de cuLet de têtt;
iju'il yva de cul et de tête comme une cornei'.tt
qui abat des noix.
On dit proverbialement qu'l/n /ionim« mol».
Irc le cul, qu'on lui Doit le cul, pour dire, que
Ses babils ne valent rien, et sont tout décliiréj.
On dit aussi proverbialement et figui-énmnt,
d'Un homme qui a témoigne de la foililesse
I<u-squ'on attcndoit beaucoup de son courage,
de sa fermeté. L'on croyait qu'il ferait paioi-
)re du courage, il a montré le eut.
Ou dit figurément et faïuilièremenl , d'Un
homme qui, ayant fondé son espérance sur
lieux choses diU'ércutcs, ne réussit dausaurunr,
i|u'/l se (rout>e, qu'il est, qu'il ilcmciiie entre
deux selles le cul à terre.
On dit provcrbialemeni et popul.iiremeni
(l'Un honimo qui joue et qui perd tout ce qu'il
a , qn'/l pa-droit son cul, s'il ne tenoit.
On dit. Jouera cul levé, pom- dire, Jouer
les uns après les autres , en sorte que celui des
joueurs qui ne joue point, prenne la place de
celui qui perd.
On dit proverbialement et populairement,
q\i' In homme lire le cul en an iére, pour dire,
qu'il a de la peine à se résoudre à faire une
chose.
On dil, Arrêter quelqu'un sur cul, le met-
tre à cul, jK)ur dire. L'arrêter tout court Leur
Cavaler'ie venait au galop, mais l'Infanterie
cul;
au tUe trouva dans an fossé Vairita sur cul.
li est du style Himilier.
On appelle familièrement , Ciil de jihmh,
Va homme sédentaire, ou qui travaille assidu-
incm daus son cabinet, i son bureau, etc.
Cui. , se dit aussi De qurli|ucs animaux. Le
cul ifun singe. Ces orloluiis, ces cailles ont le
cul bien gras.
On dit. Faire le cul de poule, pour dire,
Faire la moue en avançant les lèvres el en les
pressant.
Col, sif^niHe aussi L'aïuis par où l'animal
décharge son ventre. Le cul d'un homme, d'un
cheval, d'une vache, d'une poule, etc.
On dit proverbialement et bassement d'Cne
personne qui a grand'peur, qu'On lui bouche-
rait le cul d'un grain de nti//t't.
On dit figurénientel bassement, d'Un homme
qui a fait quelipic grande perle, qui a rc^u
quelque grand dommage, qu'/I en a dans le
cul.
On dit bassement et proverbialement, Bni-
ser le cul à aui-l(ju'un , pour dire, Marquer
une soumission servile et lâche.
Oudilprovcrbialenuul, 71 ne fini pas vou-
loir peter plus haut que le cul, pour diie, qu'il
ne faut pas enireprcndre de faire plus qu'on ne
peut. Il rtui peler plus haut que le cul.
Cil dit pioveibiilenicnt. Venir guclgu'un
au cul et aux chausses, pour dire. Le tenir de
iM.-iiiière qu'il ne jjuisse échapper. Les Sergens
le lenoieut au cul et aux chausses.
Il s'enipble «rssi au figuré, pour dire, qu'On
examine, qu'on agile quelque chose qui con-
cerne quelqu'un , ses biens, sa vie, son hon«
neur. A l'heure guil est, les Juges le liennenl
au cul el aux clutusses. On le tenoit au cul et
aux chausses dans cette compaqnic.
On appelle Cnl,Le derrière d'une charrette.
]\Jetlez cela au cul de la charrette. H fut lié au
cul d'une charrette , et fiuetti par les carre-
fours.
On dit , nielire une charrette à cul, poui
dire, La mettre les limons en haut.
Cil, se ilil aussi De plusieurs autres thoseï
dilTéienies. Le cul d'un verre, d'une houtedle,
d une lampe, d'un baril, d'un muid. d'un ton-
neau , d'un pot , iCun tambour , d'un chaudron ,
d'une poile, d'un pi.nier, d'une hotte, d'un
chapeau , etc.
On dit.WelIre un niiiiil, un tonneau sur
cul , 1 our dire , Le lever sur son fond , ou jiour
dire, le vider.
On appelle Cul-do-sac , Vne rue qui n'a
point d ISSU".
On appelle Cul d'a/'(i'i-fiiiu(, La partie la plus
moelleuse de l'artichaut, el qui en fait le fond.
On appelle Cul-de-lunifie, Certain ornement
d'Architecture, qui pend du planclier ou de la
rofttc, et (jtiî se termine en pointe.
Ou appLlIc auski Cu/s-dc-lum/ e, Certains
fleurons ou ornemens que K-s Imprimeurs met-
tent ^ 1.1 fin d'un livre, d'un chapitre, etc.
On appelle Cul ife )ulle,0-hil qui étant privé
de l'usage des iainlpc» et des cuis>cs, a le cul
d.ins une jiilte. C'iJl un cuI-Jc jallc
CUL
On le drt aussi d'Un homme qiû a perdu
l'us.igc de .SCS jambt'S , et qui ne p<'ut marcher.
Oii npplîe Cul àe basse- fusse, Vn ciichol
creusé dar s l;i basse-fosse mcmc. C'est un sccté-
ru(, lî le fiKt mettre dans un cul de basse-fosse.
CULASSE, s. f. La partie de dcrriÎTe d'un
canon. Canon renforcésur la culasse.Le canon
crci'ti par ht culasse.
Il se dit aussi Des mousquets, des fusils et
Jcs pistolets. Démon (er lu culasse d'un mous-
quet.
CULKT'TK. s. f. Certain saut qu'on fait,
n)ett;iiU la ti^lc en bas et les jmihcs en h:mt,
pour relonibcr de l'autre côte. Faire la culbute.
I! se pr<'nd quelquefois pour Chute. En des
cendant le deqré^il a fait une horrible culbute.
On dit fi.'urémehl d'Un homme qui d'une
grande foilune est l<inibe dans la pauvreté,
dans la disgr.1ce, (ju'/( a fait une grande cul-
bute.
CULBUTKR. V. a. Renverser quelqu'un ,
renverser cul par-dessus tête. /[ Va poussé ru-
dement ^ et Va culbuté. Il le culbuta de haut en
bus du deqré, du haut d'une montaqnc. LaCa-
valcrie prit les ennemis en flanc ^ et les culbuta.
On dit figurenient, Culbutct' un homme,
pour din'. Le ruiner, détruire sa fortune, etc.
Il e>t quelquefois nenti-e, et sii;nifîc, Tom-
ber eu faisant la cull)Ute. // jil un faujc vas^
el culbuta du haut en bas du dcfjrè.
On dit aussi fignre'mt'nt , Lulbtilcr^ pour dire,
P.xre ruine', perdre sa fortune. Ce Banquier a
culbuté.
Culbuta, ée. panidpe.
CULBUTIS. m. Amas confus de choses
culbutées. î! est fumiticr.
CULEE, s. f. Grosse masse de pierre qui
soutient la voûte de$ dcrniùresarclies d'un pont,
et tonte leur poussée.
CULIER. adj. m. 11 n'est en usage qu'on
cette phrase, Boyau culier. On appelle ainsi
Le gros boyau qui se termine à l'anus.
CULIÈRE. s. f. Sanj^lc de cuirqu on attache
au derrière du cheval pour empiîcher la selle
Je couler en avant.
CULMINATI05. suhst. fém. Terme d'As-
tronomie. Moment du passage d'un astre par le
méridien.
CULOT.s.m. L'oiseau ledemier tcloî d'une
couvée. On donne aussi le nom de Culot an
dernier né des autres animaux , et fumilit're
ment parmi les hommes au dernier né d'une
fantillr.
On appelle encore fi^urdramt cl familière-
ment I^ dernier re^u d'une compagnie , Le
culot de la compagnie.
Cli.ot, est aussi La partie métallique qui
reste au fond d'un creuset apri-s la fusion, et
qui s'est séparée des scories. On nomme encore
Culot y Un |>etit plateau cylindri(|uc de terre
cuite, sur lequel on |»ose le creuset dans le
foiirnr.in,pourlc garantir de l'action trop vive
du feu.
On nppellc Cu/o(, La parli'î inférieure des
lampfs d'Pf»(ise.
CL'LUXTE. s. r. La partie du vctcmcnl q»n
CUL 35.9
couvre depuis la'cciuture jusqu'aux genoux.
Culotte de drap. Culotte de velours.
On appelle Culotte de hœuf, Le derrière da
cimier; Culotte de pirjcon, La partie de derrière
d'un pif;eon; La culotte d'un pistolet,, Le fer
ou le métal rond et creux qu'on attache au bout
(le la poignée d'un pistolet.
CULTE. s. m. L'honneur qu'on rend à Dieu
par des actes de Religion. Culte divin. Cultt
Religieux.
On appelle dans la Théologie, Culte de La-
trie,, hf culte d'adoration qu'on rend à Dieu
seul; Culte de Oufte, Le culte de vénération
qu'où rend aux Saints ; et^Culie d'Uypenlulie^
Le culte qu'on rend i la Sain le -Vierge.
On dit , en parlant De ridoUlrie : Le eultt
des Idoles. Le culte des faux Dieux, Les Chi-
nois rendent à leurs ancêtres une espèce de
culte.
On dit d'Un admirateur des Anciens, qu'il
a pour eux une espèce de c»Ue.
CULTIVABLE, adj. des 2 ?;enre9. Propre à
la culture. C'est «ri teirain gui ncst pas culti-
va ^ic.
CULITVATEUR. s. m. Qui cultive lo terro.
Ce pays mangue tle cultivateurs.
CULTIVER. V. a. Faire les travaux néces-
saires pour rendre la terre plus fertile, el pour
améliorer ses prodiiciions. Cultiver un cAampL
Cultiver un jardin, les vignes^ les plcntts.
CuïIiVer son champ.
On dit figurénienl, Cultiver les science»^
cultiver les arts, pour dire. S'y adonner^ t'y
exercer, s'v perfectionner.
Ou dit Gginémeiil, Cultiver Vcprît, cultiver
la mémoire, pour dire, Les exercer, apporter
du «oin à les perfectionner.
On dit aussi, Cultiver la connoissenee , Va-
mitié, la bienveillance y Vajffrclion de guelgu^un,
cultiva- ses amis^ pour dire, Prendre les soins
tn'cc.ssaircs pour conserver , entretenir , aug-
menter la connoissancc, l'amitio, la bienTcil*
lance de (fuclqu'un.
On dit cncnie dans le ni^me sen^, C'esl un
homme qu'il faut cultiver, pour dire, C'est un
homme dont il faut ménager, entretenir !ï
bienvcill:mce.
Cn.TïVÉ, te. participe.
CULTURE. 3. f. Les travaux qu'on emploie
pour rendre la terre plus fertile, et pour amé-
liorer ses productions. La culture des champs,
La culture des vignes, des plantes, des fleurs.
Travailla' y s'adonner à la culture de.,..yfban-
donner la crifture de...La culture dans tel payg
est bonne, excellente, admirable, mauvaise,
négligée.
On appelle Pays de grande culture y Cent
où clic se fait avec des chevaux ; el , par oppo-
sition. Pays de petite rultiue, Ceux où elle se
fait de loutc autre manière.
Ci'tTtnK, se dit égilemci^t nu figuré, Du
soin qu'on prend des arts et de l'c^priL La cul-
ture des at-ts, la culture de Vespnt. Un esput
iiuiurel et sans culture.
36o
CUR
eu M
CUMIN. 5. m. Planle ombellifôre. Elle n
une odeur vive et très -forte, sans être dés-
a^iL'iible. La gr:iiDecleciiiniit facilite la digestion
et dissipe les vents. Quelques-uns, par cette
raison, eu mettent dans le pain et dans le fro-
mage.
CUMULATIF, IVE. adj. Terme de Juris-
prudence. Qui se fait par accuinulation. Druil
cumululif.
CUMULATIVEMKNT. adv. D'une nianiire
cumulative, par accunuilation.
CUiVIULER. v. a. Assembler, riîunir plu-
sieurs objets. Cumuler plusieurs droits ptmi
fortifier une prétention. Cumuler plusieurs
nenres de preuves.
CU.MCLÉ, ÉE. participe.
.* CUN
CUNÉIFORME, «dj. des 2 genres. Terme
d'Anatomie. Troisième os du premier rang du
rarpe. On donne aussi ce nom h trots os du tarse.
CUNETTE ou CUVETTE, s. f. Ternie de
Fortification. Fossé de dix-huit à vini;t pieds
de large , pralicjué dans le milieu d'un fosse sec.
CUP
CUPIDE, adjcct. des a genres. Qui a de li
cu^ndité. On dit, C eut un homme cupide, poui
dire, qu'il désire sans modération d'acquérir dci
xichesses.
ClPIOrrr. s. f. no^;- immodéré, convoi-
tise. Grande cupidité. Cupidité insatlabCe.
CUR
CURABLE, adj. des 2 genres. Qui peu|
dire guéri. I7ne maladie curable.
CURAGE, s. m. Action de curer, de net-
toyer, ou l'effet de cette action. Le curaye d'un
puits.
CUR.4GE.5. IB. Espèce de Persicaire, plante
qui croit dans les endroits marécageux. On la
nomme aussi Poivre d'e4iu. parceque sa saveur
est Icre et linllante. On en fait grand usage en
Médecine, surtout pour l'hydropisie.
CUR.iTELLE. s. f. Pouvoir et charge de
Curateur. // est Honmié à la curatelle. On lui
donna la curatelle de. ..Il est encore en cura-
telle. Il est sous la curatelle d'un tel. Il a pris^
îl a accepte la curatelle de son neveu, la cura-
lelle de la succession vacante. Il s'est fait dé-
charqer de la curatelle. Les hiens de la cura-
telle. Il a un privilège qui l'exempte de tutelle
et de curatelle
CUR.iTEUR. s. m. Celui qui est établi par
J.us:ice, soit pour administrer les biens d'un
mineur émancipé, ou d'un majeur qui n'est
pas capable de les gouverner lui-même, soit
pour régir une succession vaca'nte, ou une
chose abandonnée Etuhlir , élire, nommer,
créer un Curateur. Le Curateur d'un mineur,
d'un l'urieuj:, d'un prodi(juc , d'un imbécile.
Curateur à la démence. Il lui faut donner un
Curateur. Curateur a ta succession vacante,
auje liens vacant Curateur ad hoc.
C U II
On dit aussi en termes de Palais, Curaleur
aux causes; et, Curateur au mort. Curateur
du mort. Celui que le Juge nomme d'office
pour défendre la cause d'un homme accusé de
s'être défait lui-môme.
Ou appelle aussi en termes de Palais, Cura-
teur au ventre. Celui que le Juge nomme d'of-
fice pour veiller aux intérêts d'un enfant, dont
la mère est enceinte au temps du décos de son
mari.
On dit d'Un homme qui fait des dépenses
excessives , et qui gouverne mal sou bien ,
in'll lui faut donner un Cwateur.
CURATIP, IVE. adj II se dit De certains
remèdes. Les remèdes curatifs suivent les re-
mèdes préservatifs.
On dit aussi, Indication curalive, méthode,
rurative. L'indication curalive détermine II
^Icdecin à employer Ut méthode curative, les
remèdes curutif^i.
CURATION. s. f. Terme de Médecine. Trai-
tement d'une maladie, d'une plaie. Métliodc
de curatton.
CURATRICE, s. f. Celle <(ui a la curatelle
Elle est curatrice de son mari, de ses enfans.
CURCU.MA , SoucHET, ou SArnAS d'ikde.
». m. Planle dont la racine est jaune. On s'en
sert dans la jaunisse, l'hydropisie et quelquei
outres maladies.
CURE. s. f. Soin , souci. En ce sens il n'esi
^uère d'usagé que dans quelques phrases fami-
lières. J'ai beau lui donnei' de bons avis, i> n'en
a cure.
On dit proveilïialemcnt, A beau parler nui
n'a cwe de bien faire, en parlant d'Un lu>nimi!
qui donne de belles paroles sans se soucier de
les tenir. On dit aussi , On a beau parler à nui
n'a cure de bien faire, pour dire, qu'il est
inutile de donner des conseils î» celui qui n'en
. veut pas profiter. Le peuple dit Cctur au lieu
de dire.
U signifie aussi Traitement , pansement d«
quelque maladie ou blessure. Belle cure. Grande
cure. Cure heureuse, merveilleuse, admiruble.
Cure pulliative. Cure imparfaite. Cure diljicite.
H a entrepris cette cure. Il n'a pas réussi, il
n'a pas été heureux en cette cure. Ce Chirur-
qien a fait là une belle cure.
CrnE, signifie encore Un Bénéfice ayant
charge d'âmes, et la conduite spirituelle d'une
Paroisse. BonneCure. Cure deVillci<]e. Donner,
conférer une Cure. Nommer, présenter à une
Cure. Desservir une Cure. Résiqner, permuter
une Cure. Les Cures obliqcnt à résidence. Vnc
Cure à portion congrue.
CURÉ. s. m. Prêtre pourvu d'une Cure.
Bon Curé. Curé de Paris. Curé de Villugc.
Curé d'un tel lieu , d'une telle Paroisse. Le
Curé et les Paroissiens. Curé primitif. Curé
anlwdde.
On dit proverbial. , que C'est GrosJean qui
remontre à son Curé, pour dire, que C'est un
ipnor.-int qui veut instruire un homme qui en
sait plus que lui.
CURE-nE?»r. «. m. Petit instrament Sont
on se cure les dents. Cure-dent J'or, d'argent.
CUR
Se faire un cure-dent d'une ilw'e , d un»
paille, d'un brin de fiwuil.
Ct'RKE. s. f . Pâture qu'on donne au» cliien»
de chasse, en leur faisant manger la bêle qu'il»
out prise. Faire curée. Donner la curée au.v
chiens. Curée de lièvre. Cwée de cerf. Sonner
la curée. Il se trouva à la curée.
On dit, Défendre la curée, pour dire, Em-
pêcher à coups de giule que les chiens n'ap-
prochent trop tôt de la curée.
Faire cuivék, se dit aussi Des chiens, lors-
que, sans attendre le Veneur, ils mangent la
hète qu'ils ont prise. Avant que le Veneur fit
arrivé, les chiens avaient déjà fait la cwée du
lièvre.
On dît, Mettre les chiens en curée, pour
dite. Leur donner plus d'ardeur >i la chasse,
par la curée qu'on leur fait. Et l'on dit dans le
même sens, qu'//s sont çn curée.
On le dit aussi figurém. Des hommes , Lors-
que le butin ou le profit qu'ils ont fait les anime
davantage îi quelque entreprise. Ce petit avan-
tage a mis les troupes en curée, elles sont en curé(.^
Le projit qu'il a trouvé d'abord en cette affaire
Va mis en curée. Il est très-dpre à la cwée.
CURE-OREILLE, s. m. Petit instrument
propre à curer l'oreille. Cure-oreille d'or, d'.ir-
gent , d'ivoire.
CURER. V. a. Hetl-oyer queique chose de
in^eux, comme un puits, un fossé, un canal, etc.
et en ôler les ordures, la terre, etc. Curer un
fossé, ou les foisés. Curer un canal. Curer un
-■tanq. Curer u:} puits. Cut er un égout. Curer
un privé.
On dit aussi, 5e curer les dents, se curef
l'oreille. .Actuellement on dit mieux , Se nettoyer
las dents, les oreilles.
Curer la charrue , La nettoyer avec le curoif ;
Curer une vigne en pied, Otcr du cep des vi-
gnes tout le IkjIs inutile.
CcnÉ, ÉE. participe.
CUREITE. s. f. Instrument de Chirurgie,
rn forme de petite cuiller allongée. On s'eii .sert
pour tirer et ramasstfr les Iragmens de pierres ,
l.'tbles, etc.
CUREUR. s. m. Qui cure, qui nettoie. Il
n'est guère d'usîtge que dans cette phrase, Cu-
reur de puits.
CURl.VL, .\LE. adjectif. Il se dit De te qui
rnnccrne une Cure. Fonction curiale. Droits
curuiu.v.
CURIE, s. f. Subdivision de la Tribu chez
les Romains. Homulus partagea le Peuple Rû~
main en trois "Tribus, et chaque Tribu en dix
Curies.
CURIEUSEMENT, advcrb. Ai-ec curiosité,
soigncu-seracnt , exactement, .ipprcndre curieu-
sement. S'informer , s'enquérir curiem-ement.
Observer curieusement. Rechercher , voir, lire
curieusement. CoFiseiver curieu.seme/it nuelnue
chose-
CURIEUX, EUSE. adj. Qui a beaucoup
d'envie et de soin d'ap^weiidre, de voir, de
posséder des choses nouvelles ,, rnrt's , excel-
lentes, et:. Fort curiei4a\ F.rt reniement cur iciu.
Curieiu: de savoir. Curieux de voir. Il veut
CUR
taui voir, tout savoir j il est curieu-r. H crt eu-
rîeux (?e fleurs, de tuUf^es. Curieux Ae nouvelles.
Curieux de peintures , de tableaux , de mtdaïUes.
Curieuse de livres. Elle est curieuse en ! ahits^
curieuse en linge. -
Ct'liiELx, scilil aussi Des choses, ctsi^^nifir,
Sare, nouveau, cxlnioidiiiiiire, excellent il.nis
»on j;tnie. Cette remarc^ue est curieuse. Ln bi-
jou ciu-ieux. Travail curieux.
(o dil, qut/" li^re est curieux ^ qu'un ca-
binet est curieux, pour dire, qu'Un livix- .
qu'uu cabinet est ivmpLi de choses rares cl cu-
rieuses.
U te prend quelqQefuis en mauvaise part.
et se dit d'Un homntc tjui veut indiscrclement
pcnttrer les secrets d'aulrui. Vou5 venez écou-
ter à ma porlCy vous i'tes bien curieiux. Ne
soyez pas si curieux que de fouiller dans mes
papiers.
CtitiEux , s'emploie aiLssi quelquefois commr
substantif; et alors il signifie, Celui qui prend
pUisir à fiiire amas de choses curieuses et rares
ou ct-'.ui qui a une grande connoissance de ces
tories de choses. Le cabiiict d'un curieux. C^est
an homme ijui est tous les jours avec les eu
ricux.
On dit aussi substanliTemenl : Cwieux
inniscret. Ciu-ieux impertinent. Je hais lei
curieux.
CUR ION. s. m. Prêtre institué par Romulus,
pour avcir soin des Fêtes et des Sacrifices par-
ticuliers j chaque Curie.
CUKI<,.-:rriC. s. f. Passion, désir, empresse
ment de voir, d'apprendre, de posséder des
cbosu rares, singulières, nouvelles, etc. Grande
curiosité. Louable curiosit'. Curiosité blâmable.
Sotte curiosité. Curiosité impertinente, indis-
erète. Curiosité défendue. ïl eut la curiosité de
voyager^ la curiosité de voir, d'tntendj-e, etc.
Il a peu de curiosité^ trop de curiosité. Aller
par curiosité' eu tjuelgue lieu. Satisfaire^ con-
tenter sa cun'oîité. Sa curiosité n'est que pour
Us tableaux, les médailles , etc.
U sr prend encore plus particulièrement
pour Une trop grande envie , un trop •;rand
©uiprcssemtmt de suvoïr les secrets, les afTiirei
d'aulnii. C'est avoir trop de curiosité, gue de
vouloir pénétrer dans le secret de ses amis mal-
gré eux.
U signifie aussi, Chose rare et curieuse. H
a un cabinet plein de curiosités. F.n ce sens il
C5i plus d'us 15c au pluriel qu'au singulier. On
dit ce|M.>ndmit^ Ctt liomme donne dans la eu-
riositéy pour dire, Dans la rccliercbe des cutin
tités.
CUROIR. ». m. Bùton avec lequel le labou-
reur cure la chimie.
CURSliUR. s. m. Terme de Mal!icmatic|uo
Prtit corps qui glisse dans uni- fcn:e ou cou
liise pr.-iliquce au milieu d une lame ou d ui"
rtgle.
CURSIVE, «dj. qui ne •'emploie qu'au IV-
minin, cl dan» ces phrucs du .st)'lc diplomati-
que , Lettres cursiW*, écrilwe cumive ^ pour
dire, Lettres cou r^iotes , ccriturt courante. Voy.
CociiAvr.
Juni« /,
CTT V
CURUI.E. adj. des 2 £;enrrs. ïl s'emploie
principalement en parhuit <i Une chaire à l'ii-
ia';e de certains Magistrats lioniains. Chaire
Curute.
CURURF^. s. f. pluriel. Ce qu'on trouve
au fond d'un puits, d'un égoîil, d'une more
qu'on des.sèche, d'une cour qu'on nettoie.
CURVIJ.IGMC. adj. des 7. <;enies. Qui est
formé par des iii^nes courbes. Figure curvi-
ligne.
CUR VITE, s. f. est ia mOnie close que
Courhire. Ce dernier mol est aujourd'hui plus
isitc.
eus
CUSCUTE. Voy«t Bxr9l.~ ..-rttoiNE.
CUSIODE. s. f. tli:leau. Il est vieux pour
*i::nifier Des rideaux de lit ; et il n'est guère
d*u^ag«î qu'en parlant Des ridi-aux ou courtines
qu'on met dans certaines Eglises ù côte du
.Maître An tel.
On dil proverbialement et figurcmcnt dans
le premier sens, Donner le fouet sous la eus-
iode^ pour dire, Châtier en secret.
CtsTODE, se prend aussi pour La couver-
turc ou le pavillou qu'on n.cl sur le cibf ire on
Ion garde les Hosties consacrées.
CUSTCDI-NOS. s.' m. Confidentinire qui
^tardc un liêuéficc ou un Office, pour le rendre
h un autre en rertaln temps , ou qui n'en n que
le lilre, et lui en laisse le« fruits, ne faisant
que prêter son nom. // fait tenir ses bénéfices
por des Cu^todi nos V ''«( /c Cuslodi-nos d'un
!«/. Il est do nyle familier.
C UT
CUTANÉ, ÉE. adjectif. Qui appar-
lient à la peau. La gale est une maladie cu-
tanée.
CUTICULE, s. f. Terme d'Anatomie. Petite
peau très-miace.-
CUV
CUVE. s. f. Orand vaisseau, communémeuf
]f bois, qui n'a qu'un fond, et Jont on se s^ri
>rdlM;iiremeiit ^ fouler la v< ndange. !l se dil
l'issi de quelques autres v,^is^raux h peu près
le môme .la* ire, dont on se sert pour faire de
Il bière, et pour iiivers autres usages. Cuve de
vendange. Relier une cuve.
On appelle Les fossés d'un Chileau, d'une
Ville, Fossés à fond de cnvCy (^)uand ils sonl
revêtus des deux cûttjs •• pied droit.
On dit pro\erbiiilrment (l familièrement,
néjeuner^ dîner à fond de cuve ^ pour dire,
Jejeuner. dincr amplement.
CUVEAU. s. m. Pelitc cuve. Un cuveau
•i ^ ru pour ma vendange.
CUV El':, s. f. Ce qui se fait de vin à la fbis
ns une cuve. (Srande cuvée. Cuive de tant
le muidx. Ces deiLX mnids sont de la même
uvce. C'est de la première, de la seconde cu-
vée. Il a fait tant de cuvées de vin.
CD ilil provcrbiali-nient et figur<-ment. En
voici d'une autre citvée, lotstjue après uo tonte
CYG
36 1
plaisant qu'on a fait, quelqu'un ajnuiciin autre
conte.
(;UVEI.A(;K. s. m. c'est l'opeiaiion par la
quelle on revêt dr pinnclics ou de solives l'in-
1< liinir des puits qui dcsceii 'eut dans les mines,
pour enipfcJier l'el otdenieiit dis terres et de«
rocl es. Faites en sorte tjuc le cuifelaqe toit
solide.
eu VELER. V. a. I-'aire un cuvclage. Cui^eler
le puits ifune mine.
Ci VEi.E, ÉE. p.articipi..
CUVEIt. V. n. Demeurer dans la cuve. Il nr
se dit que Vu vin ■ u'on y laisse avec la grappe,
durant quelques joor.,. pour se faire. C'est du
vm tjtii m'(( point cuvé. Il n*a pas assez cuvé.
U le faut laisser cuver tlavitntane.
On dit, Cuver son viu . |:oiir dire, noimii ,
npnscr apr^ avoir bu avec exr6s ; et alors il
est actif. Il cuve son vin. Il f,mt lui laisser cu-
ver son vin.
On dit fi^^urcnicnt et fiiniliircnier.t , d'Un
lionimc qui est extrcmeuicnt en coK^re, qu'il
lui faut laisser cnt'er son vin , pour dire, qu'il
lui faut laisser passer sa colère.
Cuvé, ée. participe. Le vin trop cuvé sent
la rafle.
CUVETTE, s. f. Petite cuve. Il se dit ordi-
nairemeiU d'Un vase dont on se sert pour ne
laver les mains, ou pour d'aufres usaf^es. Cu-
relic de cuivre. Cuvette d\n-tjent. Cuvette de
marbre.
CUVIER. s. m. Cuve où l'on fait h Icssiv.-.
Grand cuvier.
CY .V
CY.\'1"I1E. s. ni. Mesure Romaine, qui con-
tcnoit autant de vin qu'on en pouvoit boire
d un seul trait.
C Y C
CYCLAMEN. Voyez Paln-de-Pouhczai;.
CYCLE, s. m. Cercle, période. Le Cycle
solaire est de 28 années. Le Cycle lunaire est
de 15 ans. Le Cycle de l'indiction est dt
1 5 ans.
CYCLIOUE. adj. des 2 genres. 11 se dit Ue»
Poètes qui composent de petits ouvrages, tels
que les chansons. Il se dit au5si dc9 Poésies
mêmes.
CYCLOIDE. s. f. Terme de Géoméuie.
I.ignr courbe que décrit un point de la circou-
ference d'un cercle qui avance en roulant sur
un plan. La Cycloide a de très-belles pio-
priélés.
CYG
CYGNE, s. masc. Gros oiseau .iquatique de
plumage blanc, et qui a le cou fort long. / lutne
de cygne. Le duve! d'un cygne. Peau de cygne.
On dit d'Un liomme qui a la barbe et les
elieveux tout blancs, qu'il est blanc comme un
cygne.
On appelle fi-urcmenl, C'ianl du Cyqne.
Ia' dernier ouvrage qu'un grand Poète, qu'an
lionurte âjuacat a fait peu de terni» °vant su
40
36a
GYM
On donne aux grands Poêles le nom de
Crjiic. Ainsi on a apprlé Virgile le Cygne Je
Manloue, et Pindarc Le Cygne T' vh<nis.
CvGSE, (le) est aussi Une consiellatioa de
rijérciijilière scplenlrional.
C YL
CYLINDRR. s. m. Corps de fi3>irc lonsue et
rocde, et d'égale gro*eur pnrioui.CjlmWfe de
verre. Cylindre (te marbre. Miroir en cylindre.
Cadran sur un cylindre.
Oa donne aussi le nom de Cylindre à un
gros rouieau de pirrre o« de bois, dont on se
sert pour ecrasar les molles d'une terre Ijbou-
rée, pour r.plaiiir les allées des jardins, ou les
aires dcî gnn;;es. 71 fnul faire passer le cylin-
dre sur as allées.
CrusDi'.E ou Uoin,EAt!. s. masc. Kom d'une
classe de coquillages.
Cn>I>DRIQUE. ad), des 2 genres. Qui a la
forniû u'uc cylindre. Miroir cyliniiriijne.
CYM
CYSI.^ISE. s. f. Terme d'jVrchitcrture. La
partie qui est !i l'exlrcmilé de la coniiclie, et
qui la termine. Celle cjmr.isc est bop petite.
Crniaise droite. Cymaise lenversée.
CYMLULE. s. f.C'étoil cliei les Aurions un
instrument de Mu.siqiie fait d'airain.
Aujourd'hui nous appelons Cymbales, Deux
plats de cuivre que l'on fait frapper l'un contre
Vautre. Jouer des cymbales.
CYMIi. s. f. VojeiCiME.
GYS
c Y N
CYMQUE. adj, des 2 genres. Épitlii^te don-
née à une .Secte de Pliilosoplies, à qui on re-
proclîoit d'fire niordans et sans pudeur, comme
les chiens. Dtogcne Pliilosophe cyninue.
(.YNiQUE, signifie aussi. Impudent, obscène.
Discours cynlfjuc. Vers cyniques.
Il est aussi substantif. C^est un cynique.
CYSISMI^ «. mise. Nom de la doctrine des
Pliilosophes cyniques. Le Cjnisme /il (le jrurids
proqrès dans la ijrèce. C'est aussi Le Cïra-.'tcre
du Cynique , l'impudence. Le Cynisme de sa
conduite es! révoltant.
CYNOGLOSSE. Voye= LAsoie-de-Ciiif.v.
CYNOSIIRE. s. f. Kom d'une constellation.
On l'appelle encore la Pelite-Oursc.
; C YP
[ COTRES, s. m. .Arbre toujours vert qui s'é-
R've droit et en pointe. Allée de cyprès. Palis-
sade de cyprès. Bols de cyprès.Pommc de cyprès.
, Les Anciens nielloient des branches de cy-
! près sur les tombeaux; et de li vient qu'en
j Poésie, Cyprès se prend quelquefois pour le
I symbole de la mort. Les Irisles cyprès. Les cy-
près j'uiiéhrcs.
CiTRlMC. s. f. Xom que les Poète» donnent
i Vénus.
GYS
1
1 CYSTHEPATIQUE. adject. des 2 genres.
I Terme d'Anatomie, qui se dit Du conduit qui
CZA
porte la hi]p. du foie dans la vésicule du ficL
Condnit cyslhépati(jue.
CVS'J"I<^)UliS. s, f. pliir. pris adji'clivcment.
Terme d'Anatomie. C'est le iinm cjucn (ioiiue à
des artères qui vicimcnt de Ihépuiique, tl
vont à la vésicule du fiel.
CY T
CYTISE, s. masc. Arbrisseau qui porte des
fleurs Icgumincnses. On le cultive dans les jar-
dins, 'h cause de la beauté et de la durée de se»
fleurs. On le taille en boule, ou l'on en fait de*
palissades. Les Jardiniers le uoniincnt Trijo'
C YZ
CYZICiiNE. s. m. Nom qu'on donnoil rli»
le.î Grecs h une grande salle exposée au î^ori
C'eloit à peu près ce qu'on ap))eioit Céna^U
cliex les Latius.
CZA
CZAR. s. nL Titre qu'on donne au So ive-
rain de Ruswe.
CZARIENXE. adj. f. Il ne se dit guère qat
dans cette phrase, Sa Majesté Czartcnne.
CZARINE. subst. fera. Titre qu on donne «.
réi>ouse du Souverain de Russie , ou à la Pii<\-
cesse qui en est Souveraine de son chef.
CZAROWITZ. s. m. Fils de Czar.
D
DAG
|j. Lettre consonne. La quatrième lettre de
l'Alpliabet. Il est substantif masculin. Voilà un
I) mal (orme.
D, .^ la fin d'un mot, devant un autre mot
qui commence jinr une voyelle, se prononce
soavenl comme un T. C'est un grand affron-
kiir. Un grand homme, un grand tcuycr,
D.A
n.K, Particule qui ne se met jamais quSprè»
une affirmative ou une négative. O'.il-da. \ennî-
ja. Anciennomenl il s'écrivoit Dea. Il eôt du
•tfle familier.
D A B
D'ABORD, adv. Voyez Aoono.
DAG
D.\GTYLE. s. m. On appelle ainsi . en par-
lant de la Poésie Grecque ou Latine, un pied
.le vers qui est de trois syllabes, dont la prc-
tn'iire esi lon3uc , et les doux atilres îont
hrhyn.
DAG
D AD
D.VD.'l. s. ni. Terme dont se servent les en-
fans et ceuï qui leur parlent , et qui signifie un
cheval. Ln petit dada. Aller à dada.
DAD.AIS. s. m. On appelle ainsi On niais,
nn nigaud, un homme décontenancé. C'est
un f'ii.iais . un grand dadais. îi cat du style fa-
milier.
DAG
DA(;L'1;. 5. f. Espèce de poignard. Donrer
des coups de dag'te.
On dit proverbialement et figurémcnt d'ITn
homme qui a l'esprit grossier, et qui veut faire
lerm,qu'// est fin comme une dague de plomb.
DACiUER. V. a. Frappir de coups de dagne.
Jl le ft daguer dans son Ut. 11 est vieux.
DAGCEn , en Fauronnerie, signifie. Voler de
toute sa force; et en Vénerie, L action du cerf
qui s'accouple avec la biche.
Daoié, ée. parlicipe.
DAGUKS. s. f. pliu-. Premier bois du cerf,
QVÙ ae vient qu'il )t: «econdc .innée.
DAI
D.iGLLT. s. m. Jeune cerf qui est i sa pri-
mière tète.
DAI
DAIGNER. T. n. Avoir pour agrcabie, s'a-
baisser jusqu'.'i vouloir bien. Il est toujours suivi
d'un infinitif. Il demande quo vous dcignie-.
l'écouler. Il n'a pas daigné lui faire réponse.
DAIIM. s. m. Espèce de bêle fauve d'une
grandeur moyenne entre le cerf et le chevreuil.
i''ite comme un daim. Des gants de daim, lid
daims ont leur bois plat.
D.AINE. s. f. Femclbdudaim. LfsCliasstun
prononcent Dine,
DAIS. s. m. Espi'ce de [wéle £iit en fornio
de ciel de lit, avec un dossier pendant, que I o»
tiriid dans l'apparlenKiit des Princes , des Duci ,
des Ambassadeur», clc. Avoir U dais, lendre
Hti dais.
On appelle aussi Dais, Le poélc qu'on leM
aux Églises sur le grand .Vulel.
On appelle aussi Dais, Certain (loéle sou-
tenu do deux ou de quatre petites colonnes,
sou» lequel on porte le Saint Sacrement , »«r-
J)AM
Miit d.nos les Processions, et que l'on pi. sente
aux Kois i leur entrée solennelle dans Us \ ilies
Les FclifK'in'i portoient le dais.
On ;ipiJern' liant dais, le Uni élevé sur le-
quel le Kni ou la Reine se nieltent dans lis ce-
K.-nioni.> publiques, soit qu'il y ail un dais
J*>su», soit qu'il n'y en ait point
D A L
DALER. Vojcs Taler.
DALLE, silhst. f. Tablellc de picne dure,
Couvrir une terrasse de dtiilcs.
Dalle dr poiwon. Voyez Darse.
DALMATlQUi". s. f. Espèce de tunique.
1.9 vêtement que portent les Diacres et les ^"ous-
Diacres par-dessus l'aub*:^ quind ils servent le
Prfiiru à la Messe. Le Diacre et le Sous-Diacre
revêtus de leurs dalmati(ju£s. Les Rois de
France^ à la cérémonie de leur Sao-e* sont
tevctus d'une dalmtittfjue sous leur manteau
loy ni.
DALOT. s. ai. Cnnal pour faire écouler les
*aux d'un navire.
DAM
DAM. s. m. (On prononce Dan.) Dommage.
Il n'est f;ucre d'usage qu'en ces façons de parler
idvcibiales : À ion dam. A votre dam. À leur
Àem.
V.n parlant De la peine des damm^, en tant
qu'ils sont prives de la vi:;ioa béaliGque, oc
ioppelle I^a peine du dam, par oppositioD à
X^ pen:e du sens.
DAMAS, s. m. ((;n ne pronoDCC point VS.]
ÉCoSè de «oie h (leurs, ainsi noinnie'e, parct
que la manufacture en est venue de Damas,
Ville de Syrie. Damas de Gènes, de Veiisc,
de Lutines. Gros damas. Damas cramoisi^
jannCy vert. Diimas cramoisi et blanc. Damai
de deux couleurs. .1/euMe de dama.-. Lit dt
damas.
Damas, se dit aussi d'Une espèce de prunci
Jont le plunt est venu de la Ville de Damas.
Prune de Damas. Damas musqué. Damas rouge
Ifamas blanc. Damas noir. Damas oris. Danitit
violet.
On appelle /icier de Damas^ Un acier d'une
trempe excellente, «idont il se fait un grand
débit à Damas, in sabre d'acier de Dat»t's
Un dit en ce sens, Mon sabre est un vrai
Damas.
DAMASUMUM.s.m.ouFiÛTE de Behckh
Plante qui rroîi dans les lit ux aq.ialiqucs. (/esl
une eijwcc dr Renoncule. On ne l'emploie qu'.'
Icxlriicur, comme presque toutes les plinlcs
de ce f-enre.
DAMASgUINER. v. a. Inrru.K-rd.' l'or oi
de I or*' nt dans du fer ou de l'acier prep.rr
pour le rca-Toir. Damu.ujuiner une éfée. un.
tfitrde d'ffêe. Damai(^uiuer d'or. Damasquine
d'uigeut.
Damahqi iNE, £t. paniciix-. Couteau damas-
quitté. Garde damasquinée. Cuiiuxc damas-
quinée. Pistolets danwsquinés.
DAMASgUUNERIE. é, f. L'art de dama»-
quiner.
DAM
D.A^LASQUI>'EUR. s. m. Celui qui damas-
quine.
DAMASQUINTJRE. s. f. Le travail de ce
qui est damasquiné. La damasquinure de cette
êpée €At jvrt i'clle.
DAM.ASSER. V. a. Fabriquer une étofle ou
du linj;e en façon de damas.
Damassk, èe. partit ipe. Il se dit principa-
.cinent Du linge de table, qui est ou h O'-'ui^
ou à personnages. Linge damassé. Serviette
damas.^éc.
Damassé ^ se dit aussi substantivement ,
pour dire, Du linge damasse. Un savtce de
damassé.
DAMASSURE. subst. f. L'ouvmgc du linge
damasbe.
DAMI^. s. f. Celle qui possède une Seigneu-
rie, qui a droit, autorité et eonimandenientsnr
des vassaux. Elle est Dame d'un tel heu. Elle
en est Dame et Maîtresse. C'est la Dame du
Village. C'est la Dame dit Château. Ces Reli-
gieuses sont Dames de la Paroisse.
DAMEf est aussi un .simple titre que l'on
donne par honneur aux femmes de qualité.
Haute et puissante Dame. C'est une grande
Danii. Elle fiit la Dame, elle fait la grande
Dame. Les Dames de la Cour,
On appelle Dame d'/ionne«r, Damed'atour,
Dame du lit. Dame tUi Palais, Oes Dames qui
sont revêtue* de certaines charges qui leur
douncnt ces sortes de titres.
Dake, est aussi un titre qui se donne aux
Religieuses des Abbaves. el de c^-rtnines anircv
communautés, et aux Chanoinesses. LesDames
de FontevraulL Les Dames de Chelles. Ler
Dames de Poissi. Les Dames de Remiremont.
On appelle parmi, les ntênics Religieuses,
Dames du C/io?»r, Celles qui ont séance dans
les slalles haines du chœur, à la distinction des
Novices qui sont dufts les basses, et des ^''ceurs
converses qui n'out clé reçues que pour le scr-
ricc de la Maison.
Dame, se prend aussi dans un sCns plus gé-
néral , et s'étend à toutes les femmes et à toutes
fcs filles d'une condition un peu honnête. Etre
••IV l avisc les Dantes. Aimer les Dume». Etre
aimé des Dames, Plaire aux Dames. LesDama,
de la i^illc. Les Dames de la Province, Les
' Uinies de l:i halle.
Aux courses de bague, la première course
■;t appelée La course pour la Dames, et n'est
p.jinl comprise dans le nombre de relies qu'on
Initcnutir pour le prix. C'e<t pour les Dames,
i'^oilà pour les Dames. La même chose se pra-
ti jue 1 la paume; et Ton appelle i es Dames,
le premier roup qui se sert sur le toit , et qui
n'est compté pour rien. VoUi pour les Dames,
i^oilà l'cs Dûmes. Je n'ai pas en mes Dnmes.
Dame, se dit aussi Des femmes de la plas
liii&se condition ; et alors c'est comme une es-
l)t-ce de litre qu ou leur donne, et qu'on joint
oujoun .1 leur nom, soit cm parlant d'elles,
»oil eu poHaul h elles. Dante Françoise. Dame
.\icole.
A parler ex.ncicmcnl. le nom <!c Dame ne se
donne aux fdlcs quVn pimant Des filles du Roi
D A M 363
{voyez Madame), et des Demoiselles à <;ui le
Roi en a duinié le lïrevet. Brevet de Dame.
En style de Chevalerie, on appelle Damt,
Celle h qui un Clievalier a consacré ses soins et
SCS exploits. Il a rompu des lances pour su
Darne. La Datne de ^es pensées.
Da.me, est encore Lue espèce d'adverbe qui
^ert à aSirmer ou à marquer de la surprise.
Dame, si vous ne vous arrêtez. Dame, vous
m'en direz tantj que je ne saurai plus que ré-
pondre. Il ist populaire.
Dame, est aussi im mot dont on se scit vu
divers jeux. .Ainsi on appelle Drtmcs, Certaine*,
petites pièces pintes et rondes, les unes blan-
ches, 1er autres noires, et avec lesqucllc»- on
joue sur un écliiquier. Jouer aux dames.
Aller à <^jfï(e, C'est |x>usscr une pièce jus-
qu'aux dernières cases du côlé de celui contre
!jui on joue, -e suis à diimc.
Ou appelle Dti»ic duniée, Une pièce qu'on
fait aller à dame, et sur laquelle on en mer
une autre.
On appelle aussi Dame, Chacune des pièces
avec lesquelles on joue au trictr;ic; et elles sont
.le même fîmicc que les précédente'!.
D.^MF-S nAiîATTLts. Sorte de jeu qu'on joue
ïur le Iriclrac avec les raèines pièces. Jouci'ûux
■James rabattues.
Dame, au jeu des P-chccs, est la seconde
pièce du jeu. Dame blancfie. Dame noire. La
dame est la meilleure pièce des échecs. Donner
tchcc au Roi et à la dame. Donner la daine.
On Hit aux ) rhers . /illcr d dame, pouc
dire, Pousser im pîon jusqu'aux dernièros
rases du côté conti-aire ; et alors le pion de-
vient dame.
Dame, se dit auisi au jeu des Cartes, en
parlant Des quatre cartt.'S sur lesquelles est
peinte la figure d'une dame; et on donne U ces
fig'ircs le nom de Dame de caur ^ Dame de pi-
que. Dame de trèfle, et Dame de carr<^an. Avoir
une ti'er'ce, une quatrième, une quinte de
Dame. Jvoir un quatorze de Dames. Ecarta'
une Dame. Jouer une Dame. Il a les quaUe
Dames.
DAME-JEA.\NE. s. fém. Espèce de grcs e
bouteille , qui sert à garJer cl à transporlor du
vin et autres liqueurs.
DAMER. V. acl. Il se dit en parlnnt Du jeu
de Damts, lorsqu'un*^ pièce ayant clé poussa
jusrpi'anx dern ères cases du côté contraire, on
met pour marque de cela une aulrc dame par-
dessus. Me voilà M damfy diinies-itioi. Ma pièce
est à dame, damez-la. Une dame damée peut
aller en tout sens.
Ou dit figurcmeut cl proverbialement , Da-
mer le pion ci quclqu\tn, pour dire, Rempor-
ter un avantage sur quelqu'un, en coiiCum'Dce
avec lai. // préicndoit e-rceller en re!a, mais il
a trouve un honi'itc qui lui a damé le pion.
Da^:É, fe. partieip .
DAMEKEf. s. m. Onap|>ellc ainsi Un jeune
homnti- qui lait le Iw.m , ci qui alTL-elede satîi-
cLer à plaire aux Dames. Ces! un damerct. Un
vieu.x damerct.
DAMIER, s. m. licbiquier,tAbtier distingue
4G-
%\
BAN
par un certain iioniltre <ie cutl's Manc!» * I noh":^,
(jue l'on apprllc Cases. Le damur ordinaire est
cnmi!Osé de soivinite-ijuatre carrés, jiu jeu dc'
nittues Polonaises il est de cent.
OAiiiiEn. Coqujil.ige marqueté de cirrcs de
diverses couleurs, comme uu jeu de daiiies.
DAMNABLE. ndj. des 2 «genres. (On n'v
prononce poiiït l'M, non pins (|ue dnns ton
les dérivôs du vcrlie i amncr: mais il alion^ir
la première syllîil)o.) Qui peut attirer la dam-
nation et cruelle, qui peut faire mt-rÎKr les peine?
de l'Entfr. Une opinion damnahîe. Vue uciion
damuiûde.
Damnable, dans un sens pins étendu, signi-
fie, r<'!nicien\, ilctestable, uboniinaï)lc. Avan-
cer dea nin-ri'ues damnables , des proyo-^itions
dam:>ahles. Dessein damtudde. Une entreprise
daninaJde.
nAlMNAItl.ICMKNT. adv. D'une manièiï
dflnniablc. Il a tdnisé damnablcment de lu con-
fiance qu'on avvil en lui.
DAMjNATION. s. f. La punition des dam-
nés. La damnation éternelle, Sw peine di
damnation.
DAISEVER. V. a. Punir des peines de l'Enfer
Die» damnera les médians. Kn parlant d'Uni
cliosc qui ptîut cire cause qu'un iionimc soil
damne, ou dit (^l'Elle le dainuera.
Lorsque Dantuer est (inployé avec le prn-
noni personnel, îl signifie. S'exposer à rtre
dnniné, a méritor les peines de l'Enfer, i'ouj
Tons datTiuez. Il se damne.
En parUnl d't'ne cliosc dont nn est t%t! *•-
uirment tourmenlé, on dit p:ir cx-if^rration , H
• lans le style familier. Cela nn- [croit damner
Il a une femme (jui le fc.it damner.
Damné, Éc. participe. i>oufj'iir ronnnc ujn
âme damnée.
On dit lîj^nrcment et faniilièrenieut , dX't
lionime entièrement dt^voud à toutes les volon-
tés d'une personne puissante, que C'est son
ûiue damnée. C'est Vame damnée d''un tel.
DamnÊ, est aussi substantif. Sotàfji ir comm(
un damné. Les damnés.
DAMOISEAU, DjVMOïSEU s. m. Titro
qu'on donnoit autrefois à de jeunes Princes. îi
de jeunes Gentilsliommcs. En ce sens il est
vieux, cî îl ne 5*c<»t conservé qu'en quelques
tSi;igneuries , comme en celle de Comniercy,
dont le Seij^ntur prend le litre de Damoiseau
de Commercy.
Uamoi>i:au, ne s? dit plui* que pnr ironie,
en pailant d'Un liomm;' qui fait le beau, le
(•alanl anpr.:s des femmes, cl su donne pour
boinnie à bonnis fortunes.
DAMOISEELE. s. f. 'litic qu'on donne am
filles Nobles dans les Acfes publics. DamoiselU
telle ^ jillc mineure. Ladite Damoiselle.
llois de (Ci usage, on drl toujours /)c;iioi-
selle. Voy. Demoiselle.
DAN
DANCHlt:, EK. adj. Terme de Hlason. Il se
»Hl Des pièces, telles que le pal, le cIh f , la
fa-ec, lor.s^|u'eUes^0ilt tenniuces ;<;ar dcs pointes
ca furmc dt dents.
DAN
DANDIN. s. m. Niais et sans- rnnten«iice.
1 Un qrand dandin. Un vrai dandin. Il est du
style familier.
DANDINEMENT, fiubst. masr. l/action de
dandiner.
D.^NDiNER. V. n. Balancer son corps faute
de contenance. H ne fait (jue dandiner. Il s'en
va dandinant. Il est du style familier.
On le dit avec le pronom personnel. Il nû
fait que se dandiner.
OANCiEIÏ. s. m. iV-ril , risque, ce -qui est
ordinairement suivi d'un inaUieur, ou qui ex-
posa à une perte, h un dommnf'e. Grand dan-
tjf.r. Panqer c\'ident. Danijer imminent. iS'ex-
poser au dantjcr. Se mettre en danqzr. Etre en
ïanqer de mort on de mourir. Courre, courir,
un (jrand danqcr. Hors de danqer. Bravei' lei
daucjers. Affionter les dutiqers. Se sauver du
danqer. Tomber dans le danqer. A'e pas&ei
pu5 là , il y a du danqer. Il y a du danqer
\t passer par la forêt, elle est pleine de l'O-
\c>trs. Il n'y a point de danqer à passer la
nVièrc , elle est calme. Cela est sans damjer.
Il est fiors de. danqer.
Il sif;ni6e quelquefois Inconvénient. Il n'y
a point de dnnqer d'entrer, vous ne dérangerez
l'crsonue. Qmd danqcr y a-t-il de lui parler?
DANGEREUSiAlENT. adv. Avec danger.
\tnqcicuscment blessé. Danqereusement ma-
lade.
DANGEREUX, EUSK. adj. IVrilleux. qui
met en danger, qui expoïc au danj^er. Un mal
lanqeretir Mahidie ditnqetv.use. nie^-iuie dait-
certuse. Cela est rf'iine dangereuse conséquence.
Il est daiiqereux de s'enarer la nuit dans le;
lorcts.
<)ndilqu'(/n homme e<t d:uîgereux, pour
liire, qu'il y a du dniv^er d« se fier à hii. d a-
voir comnn ree avec lui. // e-<t di}iiqcreux de K
lier avec cet hommc-lù.
On appelle aussi Un Lomme dangcrcujc,Vi
homme que l'on croit propre à plaii-e «ux Da-
mes, et à ^'eo faire aimer.
DANS. Prt'position de Hcu> En. Êfre danj
la chambre^ Entrer dans la chambre. Mettre
quelque chose dans une ras^etit, etc. Un coup
d e^)ée dans la cuissg. Uéyée hi't est entrée bien
avant dans le corps. Ce pasfaqe est dans un tel
Auteur. Vo^ez En.
On s'en sert aussi pour m.irijuer j£ temps.
f)ans la même année. Dans trois jours d ici.
Dans quel temps. Dans ixtuibien detemps.Dant
peu.
On s'en sert pareillemonî pour ninrquer L'é-
tat, la disposition du corps, de l'esprit, des
mœurs, de la foriune. Il étoit dans Vaccès de
sa ficvrfi. Etre dans une posture contrainte.
Etre dans un grand embarras. Dans la colère
où il est. Il est dans Vattcnte^daus V espérance,
il est dans une extrême dotilew. Il est dans
cette croyance. Il vil dans l'oisiveté. Il est dans
ie Ministère, dans la Bobc,dansl'2!lpéc. Il est
dans la disgrâce, dans Us larmes, dans la
joie, dans le dou/c, dans le dessein^ etc.
Il se prend <juel jucfois pour Avec. /' « fait
' cela dans la pensée d'en tira' de /'uti/;k-. Il
DAN
faxsoii cela dans le dessein, dans la vue de $'è.
tahlir.
Il se prend aussi pour Selon, il entend cela
dans le sens de Saint Augustin. Cela est vrai
dans les principes d'Aristote. Il prend ce pas-
sage dans le droit sens, dans le sens moral,
dans la pensée de V.iuteur.
DANSE, s. f. Mouvement du corps qui se
faiten cadence, îi pas niesures,ctordinairemerX
au son des instrumens ou de la voix. Danse
haute. Danse figurée. Danse noble. Aimer la
diinsc. Entrer en danse. Commencer la danse.
Mener la danse.
On dit, Avoir l'air à la danse, pour dire.
Avoir beaucoup de disposition ii Lien danser j
tt fi;urcn;«nt el familièrement on dit. Avoir
Vair à la danse, pour dire, Avoir une {grande
disposition à ia chose dont on parle. Ainsi en
parlant d'Un jeune homme qui a une grande
disposition à la guerre, on dit. qu'//"a extrê-
mement Vaij' à la danse. Ce jeune homme n'a
pas l'air à la danse. U est beaucoup pbis usité
uu ll^uré qu'au propre.
Dawse, se dit aussi d'Un air à danser. DrtM-
ser toute sorte de danses. La courante est une
danse qrave et majestueuse.
Commencer la danse, mener la ddn.'^e.sedîc
proverbialement et figurémcntDc celui qui est
le premier i faire ou à souflnr quelque chose,
en quoi il est suivi par les autres. iSous nout
battrons l'un après Vautre, et «'est vous (^ui
commencerez la danse.
Entrer en dunse. signine , Se me'Tr du
nombre de ceux qui dansent, ou en rond, o«
lies danses tigurL-es.i/t-nfjcfe deruiereu dante.
Entrer en danse, se dit proverbialerai-nt ei
H^urémrnt. pour dire, S'engaf^er dans une af-
faire, dans une iutrif^ue, d;rns une gueire û la-
quelle on n'avoit pris d'abord aucune pari ,
dont on n'avoit été que spectateur'. Ce Vrluoe
a évité tant qu'il a pu de se mêler dawi cette
guerre; mais enfn il est entré en danse.
On dit proverbialement, Après la panse
vient la danse, pour dire, qu'Après avoir fait
bonne chère, on songe i d'autres plaisirs.
Danse, signifie ausr.i La manière de danser.
71 a une danse contrainte. Il a une dame no-
ble, libre., aisée,
DANSER, v. n. Mouvoirlecorpsen cadencr.
à pas mesures, et au swide la voix ou des ins-
tninien.s. Damer avec grdce. J'ai beaucoup
dansé au dernier bal. Danser en cadence^ hors
de cadence.
Il ejt aussi actif. Danser une courante, une
sarabande. Danser un branle. Danser une bour-
rée. Danser toute sorte de danses. Danser wi
ballet.
On dit proverbialement et figurcment , Faire
danser quelqn^un, pour dire, Donner bien de
l'exercice , bien de l'embarras h quelqu'tîn ,
pour le rcthiire A ce qu'on veut. Il croit m'é-
chappa-, mais je le ferai danser, je le ferai
danser sans- vioîon. Et dans le même sen» on
dit : // la dan.^cra, il la dansera tout le pre-
, mier. Je la lui ferai danser tout du long. S'il
c fait danssr, il paiera les violons.
DAR
On dit fisiirément cl proverbialement, 'jiiT'n
konime dausf sur U cordcj pour dire qii Ilisl
dans n:ic silu.itîon délicate et pt-nlle-s.-.
Onilit rmin'mcnl et proverl)i;iI»infni,qtrrM
komme ne ^ml sur (^uel picA (/iHi.ïer,pciur diiv,
qu'il est dans un état où il ne sait plus que
faire, qu'il ue sait plus que devenir.
On dit provcrbialenieut , Toujours va tjui
Aanse, pour dire, qu'il n'inq)orle pas de bien
danser, pourvu qu'on danse; ei (igurcnienl on
dit, Toujours va t^ut tîtm.^e^en parlant d'Un
lionime qui ù\t le mieux qu'il peut ce qu'il a à
faire, mais tant bien que mal.
On dit provcrbialcnicut d'Un vin très- vert,
C'est du vin à faire danser les chè\'res.
IlANsÉ, il:, participe. Un hallct bien dansé.
UANSKUR, KUSK. subst. Celui, celle qui
danse. Il n'yai'oit (ju'wn danseur à la prcmiète
tntrée. ]l y avoit quatre danseurs et quatre
danseuses à la seconde.
Il se prend plus ordinaiiemcnt pour Celui
qui a accoutumé de danser, ou qui fait profes-
sion de danser. C'est un Ion danseur, un qriind
danseur. Les danseurs doivent avoir l oreille
bonn^. // a avpris du meilleur danseur de
France.
DA!i«iEun DE conDK, Kst un liommc dont In
liTofcâsion est de dauser sur la corde.
DAR
DARD, suhst. masc. Sorte d'arme qui se
tancT avec la maîn. Jeter un dard. Lancer un
dard.
Haud. en termes de Jardinage. V. Pistil.
nAr»DA>'AIKE. s. m. Nom qu'on donnoit
aociennement h un monopoleur.
DAIïUIïiR. T. a. Tancer nue arme, on quel-
que autre chose , comme ou lanceroit nn dard.
Darda' un javelot. Darder wi potqnard.
Quelquefois il se prend fignrément. Le acleii
dardoit ses rayons. D^irder un renard.
UAnoEn, si^niHe aussi, Fi-npper, blrsseï
oroc un d^rd. Darder une haleine, etc.
Darof:, ée. participe.
DABIOLE. s. f. Pelile pièce de pâtisserie.
tlniiqer de* darioles.
DARIOIXITK. 9. f. Terme d^int on se ser-
vnit auuefois pour sigoiner la conûdvntc d'une
héroïne de roman.
DARIOUK. s. fém. -Ancienne monnoie des
rers**s en or et en argent, frappée sons l'un des
Darius. Ijc nom de Darique s'est donne depuis
p4r extension ^ l'or qui s'est trouve au litre de
ci% nmiinoies.
DARNE, s. fcm. Tranclu* d'un poisson, tel
qu'* le saumon ou l'alose. Une darne de sau-
mon ^ une darne d\ilose.
D.VRSIC. stiLit. f. La partie intcrioure d'un
Port , laquelle te ferme avec une rhaino , et ou
l'on a accoutumé de n-iirer les (Jal.res. ri d'nu
irc» petits It.Uiiiien». La darse de Marsetlle. Lu
darse de Harcelone. La darse de Gènes. Lu
darse de Livoume. La tjrande darse de Toulon.
Lm peUte darse de Toulon.
DARTRK. ». fém. Maladie de peou. Dartre
i*nl;éc. Dartre farineuse. Dartre uù-c. h'aiie
DAT
sécher une Warlre. Emyêchei' qu'une dartie ne
■'étende. Faire rentrer une^lartrc.
DARTRF.UX, la'SK. adiect. Qui est de la
nature des dartres. Humeur dartreuse.
DAT
DATAIRK. s. masc. Officier de la Cour de
Home, qui préside i la Dattrie.
DATE. s. f. Ce qui marque le temps et le
liju ou une lettre a clé écrite, où un acte a été
passe, etc. La date dUtne lettre ^ d'un contrat,
d'un arrct , etc. ]\Iettre la date. De fraîcf e
date. De nouvelle date. De vieille date. Il pro-
duit une lettre en date d'un tel jour. Fausst
date. Leltie sans dote. La date est de Londres^
et du cinq Juin.
On dit d'Une amitié contractée de longue
mûin, qu'/llle c.^t d'ancienne date; et on dît
aussi , qu't/n évé«i;meri! est d'ancienne date ,
rjuand il y a lonj^-tenips qu'il est arrivé.
DATE,enmaiii;rc bénéliciaie. se dit Du jour
de rcnregislrenicnt d'une supplique, poiir ob-
tenir un Béfléilce en Cour de Rome. Ainsi,
Prendre dnte, prendre une date d un tel jour,
signifie, Faire enregistrer ce jour-là une sup-
plique : on dit d^ms le même sens. Retenir uns
datCf retenir plusieurs dates.
Date, se dit aussi en matière civiJe. Rete
niV une date chez nn iVoInire, c'est-ù-dire,
Retenir le joui- auquel on veut qu'un contrai
loil passé.
On dit aussi fî-^urément, Prendre dote, re-
'<nir (/i;f(î. pour (lire. Prendre un rcrtaîn temps
pour faire ou pour exiger quelque chose. Je ne
puis aller dincr aujourd'hui chez vous^ mui's u
fetiens date pour la semaine prochaine.
,On dit aussi, Prendre date ^ pour dire.
Constater l'époque on l'on a fait quelque
cliosc, ou l'on a annoncé son droit, ou l'on
se propose de fiire tjuelque chose, -''ai pru
date avant vous^ je dois vous être prêpré.
D.4rER. T. a. Mettre la date. Doter nnt
lettre^ un arrêt, un contrat , une expédition .
On dit figurémcnt. Dater de^ pour dire,
Commencer à compter sur une rliose. Datons
du ptenuer de ce mois pour mci appointemens
0:i di: aujsi figuréifler/t (ju'i/n homme date
de loin, pour dire, qu'il parle d'une chose ar-
rivée depuL** ion£;-tcmps; et cela ne se dit ordi-
nairement que qaondcelui qui en parle a pu en
Lire témoin, et qu'arec quelque reproche de
vieillesse.
i)at^;, ke. participe.
DATI:RIK. s. fém. r^ lieu et le Tribimal de
Rome où s'expédient les Actes pour les Béné-
fices non consistoriaux , et quelquefois les autres
Bénéfices et les dispenses. Cela a passé en Da-
teric. Il a obtenu des lettres à la Datcrie.
Dateiue. est aussi Loflfice de Dataire. Le
Pape a dtrfirié la Datcrie à un tel Cardinal.
DA'I IF. 9. m. Terme de Grammaire. Le troi-
sième c'is ru Crée cl en I^tin.
DATIO. s. f. Terme de Drrjît. Iji Dation
difT-ru de la Donation en ce que celle-ci est
gratuite.
D.VnSMr]. s. m. RépélitioD ennujeuic de
DE
365
syi.anyiues pour exprimer la même chose Je
.me rt jouis beaucoup^ je .çin's bien aise, je suis
content^ je suis satisfait de votre arrivée^ etc.
Ces phrwes sont des Datismes.
DATIVE. r.dj.féu). Il nVst d'usage que Jane
crttc phrase. Tutelle (^flCit-Cj par opposilioD &
Tutelle testamentaire.
DATTE.s.f. ÎjC fruit du palmier. Les Pèreê
du désert vivoient de dattes.
DATHER. s. m. Palmier qui porte le»
dattes.
DATUIŒ. s. f. plante. C'est une espèce de
Slraraonium; elle eu a toutes les pernicieuse*
qualités. On ne lirsse p.is cependant de la cul-
tiver dans quelques jardins, k cause de Inlwînui*:
de sa fleur.
D A V
DAUBE, s. f. Sorte dassaîsonncment qu'on
fait à de certaines viandes. Dindon à la daube.
Gi(fot à la daube. Faire une daube.
Il se prend aussi pour La viande qui est ns-
snisonnée do cette sorte. 5en'ir une daube.^an-
tjei- une daube. Une diiube froide.
DAUBER. V. Qci. Battre à coups de potng.
On Va daubé. Ces Ecoliers se sont bien dauhéi
Il csi populaire.
Il si;;niâe figurcnienl Railler, parler mal de
quelqu'un. On le dauba bien danr cette con*-
paqnic. C'est ur. homme qui daube tout le monde.
Il est du»style familier.
Daché, èe. participe.
DAUBEUR.5. m. Qu' raille, qui mndii- M
tst ihmilicr.
DAUPIIIX. suhst. m. Sorte de gro« pois-
)on de mrr. Il a «le In ressemlilance avec le
marsouin.
On appelle Dauphin^ Le fils aine des Roij
île France. Le Duuphin. Les Dauphins de
France. On appelle Dauphine. La femme du
Daupliin.
Les Astronome» appellent Dauphin, Une
lousietlation de riiémisplièrc septentrional.
DAURADE. Voyez DonAOK.
D'AUTAi^T. Voyez Autast.
D A V
DAVANTAGE, adv. Plus. Je n*c}i dirnipai
^uvantatje. Le cadet esi riV/;c, mais Vainc Vat
Itivantaqe. Cela me plait dcvantuqc Je n'en
uiis pus davantaqe. J'ai cru pouvoir faire pour
vous davantage. Je vous ainierois bien davan-
tage^ Cl vous étiez raisonnable.
Il 50 dit aussi pour, Plus lon;;-lcrops. Vo.-u
cites trop pre^é, ne i estez pas davantuffc.
DAVIER, s. m, liisUiinieut de DcjiUste,faJt
en forme de tenaille courbée, dont on se ^rt
pour arraclicr les dents.
D i:
DE. Pn^po^ilion servant A marquer platienr*
rapports dilfér.-ns.
De, sert à spc'ciûcr la matière dont une
chose est lailc. Une tabatière d'or. Une table
de mnibre.
De, e»t souvent partitif, ou particule en'
56e
DE
tractivc. Vtï morceau He pain. Un txrn
Ac vin.
Il Mt aussi particule distînctivc. Un trait di
oouraqe. Vf» prodine de vertu.
De, marque le rapport d'apparlenniicr. Le
livre de Charles.
Oe, se dit pi.ur Vfuùjtit ou Duvunt. Il e i
parti de jour. H est arrivé de nuit.
De, se dit pour louchant, S ttr. Parlon:> th:
«ctle affaire.
Uk, se dit [lour A cause de. Je suis bien aise
de sa fhrtnne.
i)E, se dit pour P-t. // est aime de tout le
monde.
De, s'emploie aussi pour spécifier Les qua-
lités personuelles. Un homme d^esprit , de
eœur j de fcicH, de sens. Il désigne encore Le
lieu qu'on habite, la profession qu'on exerce,
l'oriijiuc, etc. Un J.owme de la ville. Des qens
de la campaqnc. Un homme de cabinet-, -de
lettres, de mer^ de rivière, de pied^ de cheval,
de peine. Un homme de peu de jurlunCy de
nVn, de îiuiin, etc.
Il sert quelquefois h llci- un substanùf avec
un ndjectif , et forme alors une espèce de galli-
cisme. Un fripon d''€nfant; un drôle de corps;
une coatiine de femme.
Il exprime aussi La destination. Salle de
spectacle. Habit de cérémonie. Cour de Justice.
Cheval de bataille.
On le met aussi devant quelques adverbes
ou pr(;posilions. De près. De luin. D'aujonr-
d'/iui. D'iilev
Xl Cït adverbial, étant }oint à quelques subs
tnniifs. Di trav'irs. De côté. De concert. Di\
conserve. De-çà. De^là.
U se met souvent devant linfuiiiif des ver-
bes, soit après un verbe, comme ; Cesser^
acUcvet de dire; Uîcher, s^efforccr de faire, etc.
îioil Après un nom : Il est malaisé d'èlic jeune
et soQe. Il était capable d'entreprendre. Il a la
ficuîté^ le pouvoir de prêcher. . . .
Oc. Fréposition de liçu. // est venu de
Lyon en tant de jours.
De, se dit pour Depuis. De Rome à Lyon ,
i7 y a ttnit de lieues.
On dit, Combler de biens, rempli de béné-
dictions, privé de tous ses sens, las de lire, us
sommer de coups. La discussion de lous leâ
autres emplois du mot De appartient ^ la
Grammaire.
Dk par, espèce de fornmle, pour dire, An
no:- f'e, par l'autorité df. De par le Roi. Di
par Monseigneur.
\)\i. s. m. Petit morceau d'os ou d'ivoire» de
figure cubique, ou à six fjces, dont chacune
est marquée d'un diQ'creiit nombre de points,
depuis un juscju'h six, et <)ui sert à jouer. Des
dés bien mrtrr|iics. Des dés écornés. Une. balle
de dés. .louer aux des ^ aux trois des. Pipet' la
dés. Déi char(jés.
Ou dit, Àvoi'' le dé, pour dire, louer le
pTcmiiT; Fliiltcr le de, pour dire, Poussrr !<■
dé doucement, dans l'cspéranci d'amener moins
de points; Rompre le dé y pour dire, Arriilcr
les dés quiiU'l ils sortent du rornct, .iHu d'en
DEB
' rendre le coup nul; Faire ipiitter le dé, pour
dire, Faire ab;iudonner le dii.
On dit figurément et funiilièrement . Fluiler
le de, pour dire, IVguiser , adoucir quelque
rhose de ficneux par ik'S termes qui en cachen!
une pallie, ou qui font le mil moins gi'and.
ICn lui annonçant cette nouvelle, il a flatté U
dé. A'c flattez point le dé.
On dit fi;;urcmcnt et fu:nîlièrement, Tenir
le dé dans une Compagnie, pour dire, .Se ren-
lire le maître de la convi rsaiion. Il veni tou-
jours tenir le dé.
(;n dit aussi fij^ur.'nient et fànulièrement,
Faire nudte.r le de à qwe/r^u'un, roninJT le dé,
pour dire. L'obliger à cû'ler, l'obtijcr U renon-
cer à quelque entreprise.
<)n dit fànulièrement , Je jetterais cela lï
trois dés, je joucrois cela à trois dés, pour
marquer L'indinfi-renec où l'on est du choii
(ju'on [leut luire entre deux ou plusieurs choses.
Ou dit proverbialement et fii:urcmcnt, Li
dé en est jeté y pour dire, qu'Un a pris son
[larli , qu'on o.st résolu ù faire telle chose.
On dit familièrement, .4 vous le rie, -poui
ilii-e, C'eM il vous h parler, î\ répondre, h agir
DÉ, eu pariant d'Archiicetuve, se dit d'un
cube de pierre, de bois ou <le marbre (]ui fail
la partie du milieu d'un piédestal. Le piédesta
est composé d'une base, aun dé et d\ine cor^
niche.
\)é. se dit d'Un nelit cube de pierre sur le-
quel on met des vases. Mettre des dés de pierrt
•:ntnrn- d'un part&'re.
I)î- s. m. Petit iostrunient de cuivre ou
d'auti-c métal, dont on se (^iirnit le bout d:i
iloij', . et quelquefo-s le milieu du doi;'t, poui
rnqu'nher qu'il ne .soit l)lcssd de l'aiguille ei
cousant. Dé d'or^^d'argenl, etc. Dé à coudre.
D E A
ni':ALBATIO>'. s. f. Chfingemint dr cou-
leur noire en blanche, par la force du feu,
DE lî
Ol'lBACLAGE. s. mnsc. Action do débûcler.
Trav.iil de ceux qui dèb.tclcnt.
LÉBACLE. 8. f. Amas de glaçons qui arri
vent avec impétuosité dans un dcgcl subit .
après qu'une rivière a été prise long-temps. Lti
rivière qrossit, tout le monde se prépare à la
''cbdcle. La débâcle a fuit périr bien des ba-
teaux.
DiiiACLE, se dit cussi Du déi)arrassemenl
d'un Port, quand on relire les vaisseaux videi
pour approcher du rivnç^e ceux qui sont char
gt;s. Il y a un temps précis et ordonné puur le.
déhûcle du Port.
DLBACLEMENT, s. m. se dit du mnmeni
de la débâcle des glaces, et de l'action de débj
cler des vaisseaux, des bateaux. Il y a beau-
coup de balcau:v (jui ont péri par le débdcle-
nient de la rivière.
DEBÂCLEU. v. a. Ouvrir, débarrasser. Dé
bdclcr des bateaux ^ une port*, une fenêtre. Ce
I mot c.st populaire.
Il est aussi neutre, et s« dit d'L'nc rivière
DEB
(juand les j^laccs viennent h se rompre el à
suivre le cours de l'eau. Lu nV.i'fi; a débâcle
cette nuit.
Dr.BACLi^, ÉE. participe.
DÉB.VCLEUR. s. m. Ofticier de Ville, qui
ronuitande sur les Ports quand il iaiit débàder.
// ^aul demander au Débdclenv (juaiid il serif
temps de déhâcler.
El^BAGOULER. t. n. Dire indiscrètement
tout ce qui viL'nt à la bouche, [l diba(}oula Tout
ce cju'il avoit sur le cccur. \\ est bas.
Dlbagoulé, ée. participe.
DEBAGOULEUK. s. m. Celui qui parle m
iMscrètement.
I)1;BALLER. V. a. Diifaîrc une balle, un
ballot, tirer cpielques bardes d'une balle. On
\Cii pas encore déballé, mes meubles.
DÉBALLÉ, ÉE. participe.
DÉBANDADE. 8. f. Ce mot n'est d'usa-c
)ue d^^ns cette façon de parler adverbiale, A la
iébandade , qui signifie Confusénjent et saos
►rdre. On dit, qu't/ns arniec, que des troupes
l'c.'i vont à la débandade, pour dire, qu'Ellc»
j'en vont en confusion, sans garder aucun ordre.
On dit aussi fîgurémcut, Mettre tout à la
Ubandadcj laisser tout à la débandade, pour
iire, Abandonner le soin de son bien oudequcl-
pic affaire comme une chose désespdrée. ViVre
i la débandade j C'est ne mettre aucune suite,
lacune règle dans ses mœurs et dans sa conduite.
DKBA^OEMEM'. s. m. Action de déban-
ie-T. Il se dit principalement Des troupes. Il y
vit un d 'ha II dément qénérnl.
DÉBANDER, v. a. Détendre. Débander un
lire y un pi.stolct.
On dit (igurément, Se déJiunder Vcsprit,
pour dire, Donner nu pc'i de relAchc A son es-
prit après une longue application. Et on dit ,
([ue Le temi.'S se débande, Lorsiju'il commence
il s'adoucir, ît se relâcher après une foite geler.
DÉBANDER , signifie, ôter une bande. Déban
der une plaie.
On dit, Débander (juehju'Hn ., pour dire,
Lui ôter le bandeau (ju'on lui amis stu- les yeux.
D:':banuer , se dit aus.si en parlant Des armes
ilont le ressort se détend de lui-même. Son
liisil se débanda. Son arbalète s^étoit débandée.
Il se dit aussi d'Une troupe degcn6de;.;uerri;
ijni .se.vépaie d'un Escadron ou d'un BalailIo:i
confusément et s;.ns ordre. Le,: founafjcurs .«f
débandèrent trop tôt. Les Soldats^e débandè-
rent ^our aller pilhr.
!l se dil encore d'Un coips de gens de guerre
qui se disperse sans ordre, pour s'enfuir ou
pour se retirer. Toute l'année se débanda. Ce,
Réqimeul se débanda.
DruANOÉ. ÉE. participe.
DLDANOUKK. V. a. lenne de jeu. Gagner
roui l'argent qu'un Iiauquier a devant lui. //
/lit déban(jué uii phaiaon.
DÉBAW^^uÉ, LE. parlitij'c.
DÉBAPIL^^ER. V. a. II ne*l guère d'usuge
qu'en ceitc phrase. // se jrroit plutôt débapti-
er fjue de fiiic telle chose, pour dire. Il rcnon-
ceroil plutôt h son Bapi^nic. U est du style b-
luilier.
DEB
On dit Bussi familicremenl , Se débaptiser
pour dire, Cliaii!;er de nom.
Dluav 1 isÉ . lit. (lailiciix'.
DEBAiSliUUILLIiR. v. a. Nctlo\nr , ô:er
ee qui salit , ce i]ui rend sale. Il ne se dit guèri
que Ou visage. DébarhomUer ud enfant. !-e
Jébarbouiller le visage. Allez vous débar-
bouiller,
OtuAnBOCiLiÉ, ÉE. participe,
IjKK.UiCVDOUIl. s. m. Lieu marqué pour
ic débarquement des i«:irclMîKli.scs d'uu vai^-
»eau.
DÉB.lRD.VCiE. s. m. Action de débnrdcr.
OÉBARDEK. v. a. Tirer du bois de dessus
les listeaux, ou de la rivière, cl le poilcr sur
le bord. Débarder des colrels. Débarder un
Iraiii de bois flotté.
DtDAKDEn, en tcrmcsdcForéts, Transporter
ies bois hors du taillis où ils ont été coupés,
•fia que les voilures n'y entrent pas, ee qui
eadominageroit les nouvelle» pousses.
UÉDAnDÉ, ÉE. f ariicipt.
UI'^U.ARIlliCR. s. m. Homme de journée
qui débarde. Débardeur de bois. Vous Irou.
Mrez assez de débardeurs sur le Port.
DÉBARQUEME>T. subst. m. Action pat
laquelle on débarque. Le liebarqnement des
mtrchandises. Le déharijuement des troupes.
On dit. Des troupes de débarquement, pour
dire, Des troupes destinées pour taire une des-
cente cir pavs ennemi.
DI-.IIA1'>(,.H.E1Î. V. n. Sortir d'un vaisseau
nu J'un .mari' b.'ilinieul. iVoiis débarquâmes en
td endroit, à un tel Port.
On dit. Au débarquer, pour dire. Dans ]i
tnnps même du débar luemcut. Il se Irotifu ci
débarquer. On l'atlendoit au débarquer.
DÉBASQDEn, estaussi actif, et signifie. Tirci
faire sortir hors d'un vaisseau ou d'un auti
bâtiment qui est arrivé au lieu de sa destiualioi
Ou débarqua l'Infanterie. Débarquer du canol
Débarquer des marchandises.
DÉDAnouÉ, Éç. participe.
UÉBAngrÉ, ée, est aussi «djcclif, mais
n'est pière d'usaqe qu'éL-uit employé siihnta .
liTcment dans cette plirase, Ln monveau débc .
fiie, qui se dit d't'n homme nouvelieme t
arrivé de la Province. Il a toujouit iair d'i i
nouveau débarqué.
1)1';BAHR\S. j. m. Cesaalion d'cmljartt ;,
4élivranc-dc cequifniJ>irrasso<t. Il est faniilî r.
Les voilà partis, c^est un grand débarras.
DÉUARUASSliMEM. «. œ. Action de ( é
barraxser.
Ul. n A RKASSKR. T. a. Ôter l'embarras. J et
d'eml»arras. Il se dit au propre cl au ligure, el
souvent avec le pronom personnel. De6an*as er
les rues, les c/iemin5. Il ne sait comment se i é-
barrasser de ses créanciers. Il s'est débam ic
Je quantité d'importuns. Il était accablé d'i f-
faires, mais il s'en est déhaiTassé. Il a h en
Jébarraisé ses afj'.iires depuis peu. 5a léte et n-
menre j se débarrasser. Mon esprit est dél ii -
rmtè d'inquiétude. La Ucligior. se débarr ssc
dej pratiques superstitieuses.
UiiDAnBAMt:, i-C participe.
DEB
DKBARRER. v. a. ÙUr in l)arre. Dêbarrtt
une porte.
]li.HAanÉ, ÉE. participe.
DKBAT. s. m. Différent, conlesiniion. Être
en achat de t^nelque close. ^'eitrèCituljnc chvsf
en Jcbat. Vider un débat. Ap liser un débat. U
s'éleva de grands débuts sur ce sujet au Parle-
ment d^Anqleterre. Lnlrevoisins il y a toujoun-
ifuelqucs débuts.
Un dit en termes de Prntique, Un débat de
compte., pouv dire, Une contcstiilion formre
contre (jutlquc article d'un compte. Fournir
des débats de compte. Faire juejer les débats
d'un lontptc.
ÎZn parlant De deux hominrs qui onl quelque
fontcslalion ensemble, on dit proverlûalemenl,
A eux le débat , e»ïre eux te débat . pour dire,
iju'On ne V( ut point se mettre en peine de leur
«iifîcrenl.
DKBÂTEil. V. a. Ôîcr le l>at. Débâter wt
mulet, un cheval j un due.
DédÀté, Ée. participe.
DÉBATTRi:, V. a. (U se conjugue coranic
Battre.) Conlcslep, di.sputer. Débattre une tjncS'
tient ""C cause. Débattre un compte. Débuttrt
les ar(tclc5 J'ufi compte. Nous avons débattn
plus d'une fois ce point contesté. Cette opinion
n'a été nue trop long-tcmps débattue.
Se DKBATTnE. T. proDom. S'agiter, se tour-
menter. Se dêlntttre comme un possédé, comme
un forcené. Se débattre des pieds et des mains.
Un cheval qui se débat. Un poisson nui se débat
dans Veau. Ln oiseau de proie qui $<'. débat sut
le j:r.:vj.
Un dit proverbialement. Vous vous débattez
ou vous vous battez de la chape à l'h.vêque,
pour dire , Vous contestez sur une chose sur
laquelle vous n'avez ttucun droit
DÉBATTU, CE. participe. Compte bien dé-
batln . cause bien débattue ^ pour dire. Compta
inen examiné, cause bien discutée.
DtBAUCFTE. s. t. Dérèglement, exc/s dans
le boire et dans !c niangec. Grande débauche.
Faire la débauche. Faire débauche. Aimer la
débauche. Faire (luelque choie par débuuclic,
par esprit de dibauchc. C'ist une débauche con-
tinuelle.
]\ se prend encore pour Tncouiinenceouin'c.
C'est un hommeplonne dans la dcbauche.C'esl
un homme perdu de débauches. VHaîne dé-
barxhe. Sale dchuicche. Porter à la débaucln:
Se jeter daiis la débauche. Fuir les oceasiom
de débauche.
Dkbaoche, se prend aussi pour L'action de
«e livrer aux plai-.iis de la table; et dans celle
acception on dît, Faisons un peu la débauche.
(Jn npi>cllc Débauche d'espritou d'tmaqina-
tion, Un usnge dérègle de l'cspril ou de ï'ima-
:;înalion. Les dcbauche.s de lecture etd^esprit nt
'.ont quère moins dangereuses que celles da
Sc'/Uf.
DÉBAUCHER, t. a. Jeter dans la dfa)anc)<c.
'.TUS le vice. Les mauvaises compagnies Vont
débauché. La trop grandelibcitc r.e sçrt qu'à ,
déttiuc/icr les jeunes gcuf. C^eM la fiiuéantife
qui ta débaurhé. Dcbaurlisr une fdie.
DEB 36;
JI si<^nifie aussi, Corrompre la ftdelitë de
quelqu'un. /I essaya de débaucher les trowict.
On lui débaucha .se^ .toiiJuts. On lui a débau-
cJé un de ses domestiques.
Il sigriiGe encore. Détourner quelqu'un de
son devoir. Débaucher un ouvrier de son tra-
vail, de sa besogne. Il se dit aussi .dans ce sens,
à l'iibsidu. Débaucher un ouvrier.
Il si^nide aussi simplement, Kaire quitter uu
travail, une occupation surieuse pour uu diver-
tissement Iionnèlc. Je viens voius débaucher ,
pour vous débaucher. Nous voulons vous dé-
baucher Vun de ces jours. Laiisez-vous débau-
cher. Il faut le débaucher, îc mener à la cam-
pagne.
(Jn dit aussi en bonne et en mauvaise part.
Se débaucher. LaUsez là les affaires pour un
jour ou detLTy et débauchez-vous. La mauvaise
compagnie est souvent causeque les jeunes gens
r.e débauchent
DiBAucHi':, tE. participe.
U est quelquefois substantif , et alors il sipii-
fie Un homme abandonné à la débauche. C'est
un débauché., un qrand débuuchéyun vieux
débauché. Ce sont des débauchés. On dit d'Un
homme qui est agréaJile dans la débauche de
table, que C^esi un agréable débauché.
DKBAUCUKUR, KU8E. s. Celui, celle qui
débauche. C^cst un dcbauchtur de filles. Cette
femme est une débaucheuse.
Di'.TWiT. s. m. Terme de Finance. Ce qu'un
coinplnblc doit après l'arrêlé de son couipl''.
Le débet d'un compte. Payer sa charge eu ûé-
hets, si,';nilic, La payer eu se tiiirijifaat d'ac-
quitter les dettes de celui qui la vend. C'f.'.c
partie est un débet de quittance. Débet de chu.
La charqc de Receveur des débets.
DEBU- FER. V. a. AfToiblir , déranger, giier.
Il ncsl guère d'us.'^e que diins eette phrase,
^fre lout débilp,
DÉBiPrÉ, tE. participe. Visage débiffà, esto-
mac débifjl-. qui sedisent d'Un Iiomme qui p-i-
roit aOuibli par quelque cxoîs, qui a le vis;i;^'
abattu. Il se dit aussi d'Un estomac qui ne i\in
pas bien ses fonctions. H a Vestomac tout d---
biffr. Il est du style familier.
DEBILE, adj. des ?. genres. Foible, affoihii .
qui niiinque de forces. U ne se dit pière qu'on
parlant De l'homme, l, n malade nui est encore
débile.Jcmcscns tout débile aujourd'hui. Avoir
Vestomac débile , les juin^es débiles.
Il s'applique poétiquement aux choses coninwî
aux pcisonms. Enfant définie. Arbrisse4iH dé-
bile.
On dit aussi fii^un-ment, Avoir le cervcatt
débile., pour dire, .Vvoir l'espnl fuiblc; et,
Avoir la mémoire débile, pour dire, .Avoir peu
de mémoire.
Di':BlLEMENT. adv. Dune mani^ic débile.
DÊBILIÏATION. s. f. Alluiblisscmiut. O- -
^ififiifion de nerfs.
DÎIBILirÉ. s. f. Foadcssc. Débilite de cer-
veau. Une qrande débilité de nerfs ^de jambes,
d'estnmac. Une grande débilité de vue.
DKBILïTKr! v. 0. Rendre débilf, Ccin dr
bilite les nerfs, l'cprit, la iiic, i'ejfoKicic.
368
DEB
DésiLiTÊ, ÉK. participe.
DÉBIT, s. m. Vente, trafic. Détil de liriifis,
de dentelle!!. MuicluiniUses, hofj'.s de dcbit. de
bon débit, de mauvais délit. Cela n'est pus d,
débit. Il se fait un fjrand débit de...
On dit ligmcnieiit, (ju7/ii hamnic a un beau
débit, qu'il a le débit aisé, le débit agréable,
pour dire, <|u'Il parle avec fccilitc et avec
grJce. Et pour exprimer le conir.iire, on dit,
Vn débit pénible, désagréable, etc. Il est du
«tyle fiiinilier.
DÉBIT, en Musiijnc. Manière rapide de rendre
«o rôle de chant, en y mettant beaucoup de
Taricté.
DÉBIT. Exploitatioo du bois selon ses diverses
deslin,itions, comme in poutres, en merrain,
en cerceaux , etc.
DEBITAIT, ANTK. s. Celui, celle qui dé-
bitequelque marchandise. V n débitant de lahar
DÉBITER. V. a. Vendie. Débiter des mar-
chandises. des denrées, des blés, des vins. Dé-
biter en gros, en détail.
On dit figurémeni et dans le style familier,
<]u'(/n homme débile bien sa marcfiandise ,
pour dirCj qu'il parle bien, ([u'il lait bien un
Ou dit, dans le même sens, Débiter son
rSle , débiter un discours.
I 96 dit ea .Musiijut;, pour. Rendre un rôle
de cbaut avec rapidité, avec précision etvariitc.
On dit aussi Ggurément, Débiter des nau-
«elies, débiter des mensoncjcs, pour dire. Ré-
pandre des nouvellcç, des mensonges.
DÉBITEK , se dit De la nianifcte d'exploiter
les bois. Oébiler le tois en pluncîies, en nia-
i6-iert, etc.
II se dit aussi Du marbre , des pierres , etc.
DÉBITÉ, ÉE. participe.
DÉBITECR, DEBITEUSE. s. C.e'mi, celle
nui débite. Il ne se dit (pie dans le ù^uii et eu
mauvaise part. C'est un çjrand débiteur de
rujui'elles, de fariboles, de sornettes. C'est uni
arande débiteu^e de mauvaises nouvelles.
DKBITli.CJR , DKBITKICi;. s. Celui, celle
ijui doit. Bon il> liileiir. Débiteur solvable. Il est
mon débiteur. Elle est votre débitrice.
DÉBLAI, s. m. Il se dit De rcnlèvement des
«erres pour mettre un terrain de niveau , on
pour l'élever au dessus du niveau. En ce eeni
il est opposé à Kenililai. Il se dit aussi Du ter-
lîWL , du lieu qu'on débarrasse , qu'on déblaie.
Déuin\eT-moi ce terrain.
ij se dit fi;.^urcnient dans ce.^ piirases, Beau
déblai, voilà un beau déhlai, pour marquer,
qu On est bien heuieux d'être défait de quel
qu un, ou de quelque cbose qui incommodoit.
Il est familier.
DÉBLATKREK. v. n. Déclamer long-temps
et avec violence contre quelqu'un. Il a passé
deux heures à déblatérer contre moi. Il est de
peu d'usa°&
DEBLAYER, v. j>. Débarrasser. (Usccon-
iigi'i; comme Payer.) On dit. Déblayer da
Irrres, pour dire, Le» oler d'un endroit. On dit
•uui-, Déblayer un terrain, une maison, une
(ii/fe, une eoiir, une rue, pour dire, Débor-
DEB
ras«îcr un U^rrain, une maison, .ime salle, uno
cour, une rue, des choses qui y sont en désor-
dre et qui les embarrassent.
DÉBLATK, ÉE. participe.
DKlîI,0(^ïUER. V. a. Ti^rnic d'Iraprimeric.
Utcr les lettres bloquées et renversées, pour
les remplacer comme il faut.
DÉBLOQUÉ, VL. participe.
Dl'IÎUIRK. s. m. Le mauvais u,onl qui reste
de quelque liqueur après qu'on l'a bue. Du
vin qui a du déboire^ qui a quelque JcboiVc,
un déhoij'e aifrcux. Liqueur qui laisse du dé-
boire.
Il se dit figurém^ent Du chai^rin et du dé;^ont
qui suit ordinairement \cs plaisirs. Les plaisin
ont leur dehotre.
li ic dit aussi Des déi;oùt3, des sujets de fâ-
cherie, et des inorliûcations que donne un su-
périeur. C^esl un homme qui fui « donna de
f.Scheux déboires. 1 1 a éprouve bien des déboires.
DÉBOÎTKMIiINT, s. m. se dit en parlant
Des o5 qui sont déplacés ou disloquée. Le dé-
' oîtement dun os.
Dl'^nOÎTLR. V. a. Dislofjucr. Il ne se dit
propri-ment que Des os qu'im accident, un
rflbrt l'ail, sortir de leui place. La chute qu\l is
(uitc lui a dêboité un os.
Il se dit aussi avec le pronom prrsonnel.
Les os ne se déhoitent pus sans beaucoup de
douleur,
•DÉBOÎTE.», se dit aussi en parlant Des ou-
vrages de TTienuiserie et d'assemblage qui vien-
nent à se dcioindrc. A force de pousier lo porte.
on ia toute déboîtée
On dit encore dans celte acception, Vm
cloison qui se déboîte.
Déboîté, ée. paclicipe.
DÉBONDKR. v. a. Ôter la bonde. Débonder
un étanq. Débonder un tonneau.
Il est aussi neutre , et sif^nifie , Sortir arec
impétuosité, avec abondance. L'eau a débonde
cette nuit par une ouverture. Il s'emploie aussi
avec le pronom personnel. L'etano s'est débonde.
On dit aussi figurément et familîtrement ,
Les pleurs qu'elle avait foiKj-tcnips retenus, de-
hondcient à la /in. Aptes avoir lonq-temps re-
tenu m colère, il fallut enfin débonder.
ntBCMJÉ,, ÉE. participe.
DLbUNDOÎNMîR. v. actif. Ùter le bondou
d'un nmid, d'ua tonneau. l'otir remplir le ton*
neau . ii jaul ic i^chondonnir.
Di.nuNuoNNÉ, ÉE. participe.
I)i:iiUNNAlRE. adj. des 2 f^eores. Doux et
bon ;;vec ibiblosse. Humeur^ caractère débon-
'i(t>>î, Dous le style sérieux, en parlant Des
personnes, il ne se dit que Des Princes. C'est
un Prince débontutire. Louii- le -Débonnaire.
fiors de là il ne se dit guère t^i'en moquerie.
pour donner un ridicule, t 'est un homme dé-
bonnaire.
i)n appelle familièrement, Un mari dchon-
natre, Un mari qui sonOVe patiemment la
Tiauv.iise conduite de sa femme.
Di;iiO>NAlRIiîVIENT.advcrb. Avec bonté,
avec donciur. Le vainqueur les n traités dé
bontuiiremtnt. Il viciUit.
DÊBONiNAlRETÉ. s. f . Bonté , douceur. Le
vainqueur les a traités avec dèboniniireté. Q
vieillit
Dl'iB<JRD. s. TU. Dél ordement. Il ne se dit
qu'en termr'S de Médecine. Dêbord dt bile. Dr-
bord d^humeui-'^.
DÉBORDEMENT, s. m. Action par laquclSj
une rivière se déborde. Le débordement du NiL
Le déhordemeni de la Seine.
Il se dit aussi Des liumears. Avoir un débor-
dement de fcWe, un débordement d'humeurs, Oo
appelle DéhorÀement de cerveau , Une chute
extraordinaire de pituite qui coule du cerveau
cl des conduits salivaires par le nez et pai la
buuclic.
On dit ffjuréni., Vn débordement ^injure:
On appelle figurémeni. Débordement^ L'ir-
ruption d'un Peuple barbare dans un Pays où
il veut s'établir. Le débordement des Barbares
dans VEmpire Romain.
DÉQouDEMENT, signiBc aussi figurémeni Dis-
lolution, débauche. Etranqe, scandaleux dé-
hordcment. i-'iwe dans le débordement , dans
un cjrand débordement. Le débordement de lei
Ni mrs.
DÉBORDER, v. n. Sortir hors du bord. Il
se dit proprement Dcsvivïi-vcs. Quand les ueiqes
fondent^ la rivière déborde. La livière a dé~
honle deuc fois cette année. La rivière est dt*-
l/ortiée. Lei pluies ont fait déborder cet élanq.
Se DÈfloiiDEii. Jl signifie la même chose que
Déborder. La rivière se déborde La Seine s'est
débordée.
II se dît aussi Des humeurs du corps Tiulfiam,
et particulièrement de la bîle. Les humeurs te
sont débordées. La bile se déborde.
On dit fi^urément, 5e déborder en injures,
pour dire. Exhaler sa colère en injures, vomir
des injures.
OLBORDtin, se dit aussi Des habits > des
étoffés, quand le bord de l'une ptsse celui de
l'autre. Cette franqe déborde. La doublurt
déborde.
Dr.BonoEn , se dit aussi .ictivement en terme»
de Guerre. lorsqu'une ligne de troujjes a plus
defrontelplus d'élendueque la ligne qui lui eat
opposée. La première liqne des ennemis dcbor-
('.oit la nôtre. L' avant- (jarde de notre jlolte dé-
bordait celle des ennemis. Il se dit aussi Do
tout corps qui en déborde un aulic qui lui e%t
parallèle.
DÉBonDER, est aussi neutre, et signifie. Se
détacher d'un vaisseau qu'on avoit abordé.
Après l'dbordaqe il ne put déborder.
On dit aussi dans le jnème seu». Se dcbot-
der. iVoiis fimea tous nos ejjorts fiow nous dé-
border.
DÉBORDER, v. a. Ôter le bord. ''■'"
une jupe, un chapeau.
DÉBonoi^, tv.. p;iriicipe. Il s'emploie figuië-
mcnt comme adjectif , et signifie Déhauché .
dissolu. C'est un jeune homme fort déborde.
Une femme débordée. Mener une vie débordée
DÉBOSSER. V. c. Terme de Muine. It »e dit
du Cible dun vaisseau, dont on démarre I.
"^osse qui le relient.
DEB
DÉBOSSÉ, ÉE. participe.
DÉBOTTI-Ul. T. a. Tirer les belles i quoi-
qu'un. Son valet la débotté. Se déboîter, Otcr
ses bottes.
On Ir <]it aussi subslantivement. Le débottei
du Roi. // se trouva au déhotter.
DÉBOrrÉ, ÉE. participe.
11 e»t pris qiielqucfiiis siibstanlivcment. Lr
débotté du Roi. Se trouver au déboîté.
DKliOUCIIÉ ou DKBOUCHER. s. m. Voie
CTiverle pour arriver à une place, !i un emploi.
L'EqliieJ'h.pée et la Rohcsont trois débouchés ■
ou debout hers pour vos eii/ims. \
Il signiHe aussi L'cxtriJinittr d'un défilé, d'un ;
col de monldj^ues. I.'cnnemi nous attendait au 1
dêtioucié ou au ^?etouc/ier. Ilscprend alors dans
le même sens que Débouchement , sortie.
On dit fi^urénieut, Tiouvcr un débouché
pour des billets, des marchandises , dont on n'a-
voit point encore trouvé l'emploi, ni le débit.
.Voyel DÉBOLCHEMKST.
11 se dit aussi pour .Moyen , expédient. C'ier.
clef un débouché pour se tirer d'aj^nire, d'em-
barras, I
DÉBODCHEMENT. s. m. Action de dcbou- '
ciicr. Le f^bouc/iement des cfinauj:.
nÉDOuCHEUEST, signifie aussi, Le pas-M^e
d'i'.ii endroit resserré dans un lieu plus ouvert.
I.' armée fut attaquée au débouchement. Il se dit !
;iu«i au bguré i)Oui' Expédient, moyen de se j
ficl'aire utilement de billets, de marchandises,
vu-, dont il n'est pas aisé de faire un bon em-
1 ■•! ou OC tiouver le de'blt. On a trouvé un
JeTtoucïicment pour ces billets. On chercne un
dèhouchsmenl pour ces marchandises.
nÉBOUCHER. V. a. Ôter ce qui bouche.
Déboucher une bouteille. Déboucher les che-
mins, les pasraijes, pour dire, Les débarrasser,
m ôt«r les obstacles.
On dit, .lu i/éfioiiciier d'un défilé, au débou.
cher des monlannes,pour dire,. Via sortie d'un
défilé , au sortir des montagnes. El alors l'infi- ,
ninf est emploNé comme substantif. !
li s'emploie aussi absolument. V Armée dé- ':
boucha. i
DÉBOUCiiEn , en termes de .Médecine , signifie
l'^Tacuer, ^ler les obstiuclions. Cette médecine ;
vous débouchera. I
DÉBOfCHEn.v.n.Sortir d'un endroit rcssern- j
^our passer dans un lieu plus ouvert. L'.irniee
déboucha des moniatjnes dans h plaine. |
DÉaotCHK, ÉE. participe. !
DÉBOUCLER, v. act. Dé^aser de sonatlaclia
l'ardillon d'une bt>ucle. Déboucler une cui'
r ISS4, Déboucler un ceinturon. Déboucler des
''ollines. '
Il t'emploie aussi avec li' pronom personnel
''on soulier s'est débouclé.
Ou dit, /)ci>ouclfr une jument, pour dire,
tilcr U'i lioueirs qu'on lui avoit mises, pout
em|>^cher qu'elle ne fût saillie.
Ou dfi, Dehuucler- de. cheveiu: , déboucler
;ine perruijHC . pour dire, En défaire les bouclo>,
dofruer des cheveux, défi-iter une perraque.
UEaoocLK, tt- participe.
DEBUULLLL <. m. Tenus de Tcintnri»-
To, I.
D E R
Opération pour éprouver la qualité du teint
d'une L'iuffe. ou pour lui rendn; sa premiùre
blanclieur Mettre une étoffe au débouiUi.
DKBOLMLLlR.v.a.Faire bouillir des eclian-
tillons d'ctofFc dans l'eau avec certnins ingré-
diens, pour éprouver si la teinture de rétofla
rst bonne oa dod.
Di:BOUfU.i, lE. participe.
DKIÎOU(^)UEME>T. s. m. La sortie d'un
vaisseau hors d'un détroit.
DICBOUQUKK. v. n. Terme de Marine. Sor-
tir d'un diWroit, d'un canal.
I)î:iîOURIiEU. V. a. Ûtcr la bourbe. Déhonr-
î>cr uii bassin d'eau. Débourher un fûssé. Dé-
bonrbcr un ctanq.
On dit aussi, Débourher une voiture., pour
"lire, La tirer do la i)Ourbc;FiiiVcrfétourl'tT un
f>oiV:;o;i , pour dire, I.e mcllre dans de l'eau
claire, pour qu'il perde son i;oût de bourbe.
DÉBounuÉ. ]':e. participe.
UÉIÎOL'UUEK. V. a. Il signifie au propre,
Ôlcr la bourre. Débouirer un fusH. Hors cette
plirase , il n'iist gnrie dusagequ'au figuré. Ainsi
l'ou dhy Débouirer un jeune Jiomme, pour
dire, Lui faire perdre le mauvais ton , les mau-
vaises manières, l'air embarrassé qu'il avolt, et
le former, le façonner. Mettre un jeune homme
dans le monde, dans les bonnes compa(jnies,
tooUr le débottrrer.
On dit aussi , De'fcourrcr un chc\^al, poui
iTîrc, Commencer à Tassouplir, ù le rendra
propre aux usages auxquels ou le destine-
rtBouiinÉ, ÉE. participe.
Di:BOURi>t:.ML.\T. subst m Action de dé-
bourser.
DÉBOURSER, v. a. Tirer de l'argent de sa
bourse, pour faire quelque payement. Il a
acheté une terre ^ et il l'a p..\ée sans rien dé-
bourser. Retirer de (jutlquun Varqent qu'on a
déboursé pow lui.
DÉnoLRSÉ, ÉE. participe. Il n'y a rien à ra-
battre là-dessus^ cest un arijent tléhowsé.
DÉBounsÉ^sVmpIoie aussi substantivement ,
pour dire, L'argent qu'on a déboursé. Il faut
tant au Procureur pour son déboursé. Le Tail-
leur ne demande que son déboursé. Le Procu-
reur c donné un mémoire de ses déboursés.
DEBOUT, adv. Sur pied, sur ses pieds. 71
est debout. Se tenir dehvut, f.alf:er quelqu'un
debout y pcui dire, ^e pas lui proposer do
s'asseoir.
On dit, ^(re debout, pour dire, Être I.ors
du lit, i^tre levé. Tou( son monde vtoit debout
dès le matin. U se porte niiciLc. il est debout.
Et on dit ab'-olunieut , Debout , quand on veut
faire lever des gens qui sont couchés ou assis.
Dedol'T, se dit Du bois, lorsqu'on le met
de sa hauteur. Mettre du bois debout. On dit
dans \r Ultime sens. Mettre un tonneau dt.
fcoul, pour dire, Le mettre sur un de ses fonds.
Et on dit d'Un ancien lûlinienl, qu'il est en-
core debout, |)(tur dire, qu 11 subsiste encore.
On dit, que Des marchandises passent de-
bout par une i'ifïe, Lorsqu'elii4 y passent sans
décharger. La marchandises qui passent debout
pavent moins de dioit que les autres.
DEB 3()9
On dit figurénicnt et faniiliènment d'Uu
homme, qu7/ ne saurait tomber que debout^
pour dire, qu'il a tant de ressources dilTcientes,
que si lune lui manque, l'autre ne lui man-
quera pas.
On dit aussi d'Un homme fatigué qui s'as-
soupit, qu7l dort tout debout. Faire des contes
a dormir debout, pour dire, Des fables, des
récits ennuyeux, des contes en l'air.
i)EBotT. Tcrm."! de Marine. U se dit d'Un
vent absolument contraire. Sous avions le vcni
debout.
DÉBOUrea. v. a. Terme de Pratique. Dé-
clarer par Sentence, par Arrcl, que quelqu'un
est déchu de la demande qu'il a faite en Jus-
tice. Il a été débouté de sa demande, de son op-
position , de SCS prétentions. Les Arrêts por-
tent : La Cour Va débouté cl déboute.
Dkbouté, éi:. participe.
DÉBOUTONNER, v. a. Ôter, faire sortir
les boutons d'une boulonnière ou d'une ganse.
Déboutonner sa soutane, son justaucorps. On
dit aussi dans le même sens, Se déboutonner.
pour dire, Déboutoiuier sa soutane, sa veste,
son justaucorps.
On dit fi^urcmcnl et fumilièrement, Se dé-
boutonner avoc ses amis, pour dire. Parler H-
bremeut avec eux, leur ouvrir son cœur, leur
dire tout ce qu'on pense.
DÈBOtiTONNL, LE. participe. J ustaucorps dé-
boutonne. Cet homme est toujours déboutonné.
Ou dit proverbialement, Rire à rentre dé-
boutonne , povu' dire, Kii^e excessivement; et
Mancjer à ventre déboutonné, pour dite, Mr-i:-
ger avec excès.
DÉBRAILLER, Se oÉonAiLLun. v. pronom.
Se découvrir la gorge, l'estomac , avec quelque
indécence. Se debraillcr devant tout le monde.
DÉBnAiLi.É, ÉE. participe. Un homme tout
débraillé, une femme toute débraillée.
DEBREDOUILLEU, v. a. Terme du jeu de
Trictrac, pour dire,. Faire ôter la bredouille,
ou empêcher quun homme ne puisse gagner
partie double. Je vous débredouille. Se débie-
douiller.
D^onEDOUiLLÉ, iE. participe.
DÉBRIDER. V. a.Ùter la bride ït un chcva'u
Il ne faut pas sitôt débrider ce cheval.
U »>e dit aussi absolument, et il s'y joint
alors une idée de repos, de cessation de mou-
vement. Il est temps de débrider. Toute la Ca-
valerie i>enoit de débrider , quand tout d'un
coup on vit paroltre les ennemis. Faire dix
lieues sa:\s débrider.
Sans DÉsnioEn , se dit figurément et fami-
lièrement, pour dire, Tout de suite, et sans
interrn]iti< n.llaf arlé pendant trois heuftt sans
dtbiider. J'ai dormi stpt heures saiu débrider.
Il est làm'lier.
DLBiuDEn, se dit aussi figurément dans le
style tamiher , en parlant De certaines chose*
qu'on fait avec une extrême précipitation.
Voyez comme il débride. Il a bientôt débridé
ton Bréviaire.
DÉBiiiDÉ , ÉE. participe.
DÉBKIS. s. m. Les reste\ d'un vaisseau qui
47
3^0
DR 13
a fait naufrage , d'un bùtinieut ruiné . d'iui pa-
lais dctruit, il'uuc ville saccagëe. 71 ne put
rien muver du débris, des débris de son inits-
statt. Tout ce Cfuil put recueillir du déhns de
son naufriitjc, fut Cette inlle n'offre ; /us
que les Irisies débris de maisons réduites en
cendres.
On dit figur^nient et familicTcinent, Les dc-
biïj d'un souper, les débris d'un fitté, pour.
Les restes d'un souper, d'un pâté.
DÉBiiis, se dit iijiuronicnt Du bien qui reslc
à un houime apris un grand revers de fortune,
et des troupes qui restent après la défaite d'une
armée, d'un régiment, etc. /( lui reste encore
des biens du débris, des débris de sa fortune,
fivec ce qu'il put ramasser du débris de l'armée,
il ft tête aux ennemis.
DÉBnis , se dit aussi Du dégât que Je grandi
trains, de grands équipages font dans U'S ]j»V
tsileries. On ft donner tant à l'Iivte pour II
iébris.
DÉBROUILLEMENT. subst. m. Action d(
démêler, de débrouiller une chose embrouilla
Il est e^vacl et habile, il faut lui laisser le dé
fcroiiillemcnt de celte affaire. Il fera /oil (jiVl
ce débrouillement
DÉBROUILLER, v. a. Démêler, meltif
l'ordre dans les choses qui étolent en confusion.
Les Poètes disent que V Amour débrouilla li
cht.os. Débrouiller des papiers qui sont mal er
ordre.
DÉnnouiLLEn, se dit figurëmrnt, en parlani
D'.')(l;ines . (V questions, d'intrigues, et de ma-
i<!re» semblables, pour dire, Les démêler, lel
éclairclr. C'est ^n chaos d'a'finres trés-di^ftcile'
à débroudler. Cette a jfiiire n'est pas encorehie»
débrouillée dans ma tète.
DÉDnofiLi.K, KE. participe.
DÉBRUTIR. V. a. Dégrossir, oter ce qu'il
y a de plus rude et de plus l)rut. Il se dit prln»
cipalcnient Des glaces de miroir. Uébrutir urn
ijlace. Débrutir un marbre.
DÉnnuTi, lE. participe.
DÉBUCHER. V. n. Soriir du bois. Il so dil
Des bêtes fauves qui sortent de l'endroit di'
bois où elles s'clolent retirées. Le cerf n di-
bûché.
U s'emploie aussi substantivement. Il si
trouva au débucher.
DÉBUSQUEMENT. s. m. L'action de.dé-
husfpier. •
DÉBU.'-QUr.K. verb. a. Chasser quelqu'un
d'un poste avanlageux. Les ennemis s'étoienl
postés sur une hauteur, on les en débusqua d
coups de canon.
U signifie figurcment, Déposséder d'un él.Tt,
d'un emploi avantageux ; et cela s'entend ordi-
nairement d'un concurrent, d'im rival qui en
dépossède un autre. /I éfoi'ï entré dans le Mi'
nistère, dans tes Finances, mais on l'en a dé'
hitsqué. Il avoit plus de part qu'aucun autre à
la f)i(î/ivci/!aïirt*(/c ce Prince, un nouveau venu
l'a déhiLsquc. U est du style familier,
Dkdusqijé, ki-:. participe.
DI-^BUT. s. m. Le premier coup 5 certains
jruT, eomuic au mail, au billaid, à la boule,
DEC
etc. Vvilà uu heati début. Faire un beau début
\\ se dit piir extension , Des autres jeux.
On dit, quTne boule est en beau début ^
pour dire, qu'On ta peut aisément ôter du but.
ou d'anpri's <Iu but.
DÉBDT, se dit tî^urdment Duconunencenirnt
d'une enlrpprisc, d'une airairc. d'iui dlsrours,
(icB prcniifis actes qu'on fait dans une profes-
sion. Voilà un beau début , un mauvais début.
Il se dit particulièrem. Des premiers temps
employés par les Comédiens pour essayer leuis
talens sur l'un des théâtres de la Capitale. H a
obtenu un ordre de début. Son début a duré
tj'ûis mois, Un râle de début.
DÉBUTANT, ANTE. s. Celui, celle qui
dtbute. Il se dit principalement Des Comé-
diens. Le debulaitt et la dcbutaute ont été loii
applaudis.
DÉ3UTER. V. n. Jouer le premier coup il
certains jeux, comme au mail, lu la boule, etc.
[l a débuté par un beau coup. U se dit par ex-
lension , De tous IfS autres jeux.
U signifie fîgurémcnt, Faire les premiL-rei
ilt?marclies dans un genre de vie, dans une en-
ireprise; Faire les premiers actes dans unfl
profession, les premiers pas dans une carrière.
Il a mal débuté dans le monde. Cet homme t
bien débuté à la Cour. Il débuta par un lonçj
discours. Voilà bien débuté. VoUà mal débuté.
Un Comédien (jui débute.
DÉ3UTEÏI, est aussi actif, et signifie, ôtel
du but, d'auprès du but. Débuter uuf boule.
DÉauTÉ» YT.. pariiripfi
DKC
DE-ÇÀ. Voyez Ça.
' DÉCACHETER, v. a. Ouvrir ce qui est
rachelé. Décacheter une lettre^ un puijuet.
DÉCACHETiS, ÉE. participe.
DI'-CADE. s. f. Dizaine. Espacededix jours,
première , seconde ^ troisième Décade.
Di-CAOE, .se dit aus.si d'Un ouvrage composa
i!e plusieurs parties, dont cliacune contient
dix livres. Les Décades de Tite-I.ive.
DÉCADENCE, s. f. Disposition û la chute,
à la destruction, état de ce qui tend à sa ruine,
commencement de ruine. Ce palais s'en va en
décadence. Tomber en décadence. Aller, en dé-
cadence.
Il se <lit figuremsut De mut ce qui va vers
;;on déclin, de tout état qui devient moins avan-
tageux, moins agrcrd>Ie. La décadence de VEm-
pire. La décadence des ajjiiires d'un État. La
décadence des Lettres. Sa santé^ ses afptires
vont en décadence. La décadence du Commerce.
Un crédit <jui va en décadence. Une maison ou
famille qui tombe en décadence.
DÉC.\(;ONE. s. m. Figure qui a dix angles
et dix côtés. Un décagone régulier a ses ancjlcs
t'ï ses côtés énaïux. Un décatjone^ Un ouvr:'};o
compose de dix bastions. U est aussi adjectif.
Un bassin décaqotu:.
DÉCAISSER. V. a. Tirer d'une caisse. Il
faut décaisser ces (H'anqers. Quand on aura dé-
caissé toutes ca muvchandvics.
DÉCAISSÉ, ÉE. participe.
DEC
DÈCALOGUE. s. m. Les di\ Commandc-
mens de Dieu , les dix Comniandeuiens de la
Loi donnée à Moïse. Les préceptes du Décch-
loque.
DftCALQ'UER. v. act. Tirer une contre-
épreuve d'un dessin,
DÉCALQOÉ , KK. participe.
DÉCAlMÉROiN. s. m. U se dit d'Un ouvrage
composé de parties distribuées en dix journées.
Le Décaméron de Bocace.
DÉC.4MPEMENT.S. m. L'action de décam-
per. Le décampemenl se fit avec précipitatioiu
Une heure aprésle décampement.
DI^CAMPER. V. n. Lever le camp. Varmée
fat ohliqée de décamper. Dés que l'armée eut
d^-campt. On décampa au point du jour.
U signifie figurément et familièrement, Se
retirer proniplcment de quelque lieu, s'enfuir.
fl vous craint extrêmement ; dés qu'il vous
voit, il déeatnpc. Quand il sut que les Archers
le (herchoient , il décampa bien vite.
DÉCANAT. s. m. Dignité de Doyen. Le Dé-
canat du sacré CoUcne. Il se prend aussi quel-
ijuefois pour Le temps de la durée de celle di-
gnité. SoM Décanat a duré ti'ois ans.
DÉCANT.VnoiîJ. s. f. Action par laquelle
!e Chimiste verse quelque liqueur en inclinant
doucement le vaisseau.
DÉCANTER, v. a. Terme de C.liimie et de
Pharmacie. "Verser doucement une liqueur au
tond de laquelle il s'est fait un dépùt.
DÉCANTÉ, ÉE. participe.
DÉCAPER. V. a.Tirme de Chimie. Enle<«r
le vert-de-gris du cn'vre. Décaper du culvrt.
Décapé , ée. participe.
DÉCAPER. V. n. Terme de Marine, Passe»
nn cap. Ce vaisseau a décapé. ?ious avons di'
tapé.
DÉCAPITATION. s. f. Action de décapiter.
Voyn Diîcou.ATiON.
DECAPITER. T. a. Décoller, couper la lèie
i quelqu'un par ordre de .Tustice. On l'a dù-
hipilé.
DivCATiTÉ, ÉE. participe.
Dl'.CARRELER.v.a.Ôler les carreaux d'un»
rlianibrc. Il a fait décarrelcr sa chambre.
DrcARBELÉ, ÉE. participe
DÉc:ASYLLABE. adj. des a genres. { l'S «
li: son fort. ) Il se dit Iles vers françois de dix
syllabes.
DÉCÉDER. V. n. Mourir de mort naturelle.
11 ne se dit que Des personnes. Il décida un Ici
jour.
DÉCÉDÉ, ÉE. participe.
DÉCÉLEMENT. s. m. Action de déceler.
DÉCELER. V. a. Découvrir ce qni est cachi!.
Il se dit Des choses et dis personnes. Déceler
un secret. Déceler un crime. Il s'était caché
chez son ami, on l'a décelé. Il ne veut pas Mrs
connu, nel'alle-:, pas déceler. Son embaircu ili-
rela son et imc.
DÉCELÉ, ÉE. participe.
DÉCEMBRE, s. m. Le dernier mois de l'an.
née, ainsi nommé, parce qu'il éloit le dixième
i de l'année Romaine. Le mois de Décembre. Le
|)rcm;er du Dccembie. Cela arriva en Décembre.
DEC
DÉŒyiSIFW'Iadv. Dune manière dcccnlt.
Il est vêtu fort dccemment.
DÉCEMVIR.s. m. Ce root n'est en usa-i
qu'en parlant De l'Histoire Romaine, on il se
dit d'iu de» dix Magistrats crert par la lU'j)»-
bliquc tfri diverses occasions. Les premiers De-
cenii iVi frenl les Lois des Jouz£ TMes. /,«
fioiivoir des Décemvirs.
Dl'iCEMVIKAL, AI.E. adj. Qui appartient
aux Dccemvirs. Colle'jc décemi'iral. Autoriti
dècenii'irale.
niXE.MVIRAT. s. m. Dignii.' de Dcccmvir
il signifie aussi Le tonips (jne durcit cette di-
gnité.
DÉCENCE, s. f. Bienséance, honnêteté ext^.
ricure.convcniincenvcc leslieux, les temps et les
personnes. Il n'est pas de la décence de jcire
telle chose. Cela nest pas dans la décence.
DÉCENNAL, ALE. adj. Qui dure, ou qui
revient tous les dix ans. On donnoil le nom de
Décennales aux lêles célébrées tous les dix ans,
rt dans lesquelles on faisoit des vœux pour les
Empereurs. Manislrature décennale. Fêtes dé-
eennales. Vteuar décennaiu:.
DECENT, ENTE, adjcclil'. Qui est dans les
Icrmcb de la décence, selon les rèjïlcs de V.i
biensé.mce «t de l'ijoiuiéteté extérieure. /( n'ai
pas décent à un Mngtstrat de Etre en hahtt
décent.
DÉCEPTION, s. f. Tromperie, séduction.
Cela s'est fait sans fraude ni déception. 1] n'est
i;uére d'usa;;e qu'au Palais.
ni-T;EHNr.lî. v. a. Ordonner iuridiqnoiin mI.
ordonner par lutoritc publique. Décerner un
ajournement personnel. On a décerne de {jrandci
peines contre eux. Décerner des récompenses.
Lt Sénat lui décerna le triomphe. Le Sénat dé-
cerna les honneurs divins à Auguste.
DÉCEKXÉ, ÉE. partici|>e.
DÉCÈS, subst. niasc Mon naturelle d'une
personne. Le jour d£ ton décès. Après son
ilicé^
DÉCEVABLE. adject. des 2 genres. Sujet i
ttn trompa
DÉCEVANT, ANTE. adject Qui trompe.
Espoir décevant. Propos décevant. Paroles dé-
celantes.
DÉCEVOIR. V. a. Je déçois, lu Jéçois, il
ilfçoil ; nouj décevons ^ vous décevez, ils dé-
çoivent Je décevois. Je déçus. Je décevrai. Dé-
çois. Qu'il déçoive. Que je déçusse. Je décevrais.
i)éavarif. .Séduire, tromper par quelque cliosa
lie ip^cieux et d'engageant. Ca propositions ni
tendent t^u'à vous décevoir. Ses efpéranccs ont
été lieçues.
DÉCO , or., participe.
UÉcnAÎNEJKNT. ». m. Ih n'cM d'usn^e
;ue dans le fi^ré, et si^^niGe EmportemenI
4 xtrt'nie, qui s'exprime pardis dis<~ours violeni
oudc0 paroles injurieuses. // est dans un perpé-
tuel déchaînement contre nous. On ne vit ja-
nuiu un pjrcii liéchalnemcnL
DÉCHAÎNER. T. .et ôter, détacher de la
chaioc. On ilécliaina les captifs. Déchaîner wi
cAien.
Il sigoiGe riguremcni. Exciter, animer, irri-
DEC
xi conlre (jueliju'un. H déchaîna tonte la ce-
haie contre lui.
On dit fi;^urênienl et avec le pronom per-
sonnel. Se déchaîner contre (jiiel(ju'un , pour
Jire, S'einporlcr ouverleinentj avec violence,
i-unlre lui. Je ne sais pourquoi U se déchuîna
■ /ur( contre vous.
On dit aussi fiîjurcm., en pathmtd'Ungrand
ijr.!f;e, qu'/ï scmhloit (jue tous les vents fussent
dtchtihiés,
niiCHAÎNÉ. FE. participe.
On ditd'Lii nu'cliaut Iiommc qui se permet
toul, et qui uc garde aucune mesure, C'est un
lïiafcle décha'^iè.
DÉCIIAM'KR. V. n. Il «tdu style familier.
Changer de ton , rabattre de ses vretenlions.
ie ses espérances, de sa vanité. Il nVst gUL-re
i'usage qu'eu ces façons de parler : Il a bien eu
î déchanter. Il faudra déchanter. Il espérait
VI tirer de grands avantages^ mais il y aura
}ien à déchanter. Je le ferai bien déchanter,
DÉCIlAPRRON>'ER. y. act. Ôter le chape-
ron. Il ne se dit que Dos oiseaux de proie.
DÉCBAPtnoNst, ÉE. parlicipe.
DKCHARGE. s. f. L'action par laquelle on
Iccliarj^e des hardes, des ballots, des roarchan-
iLscs. ^e trouvera la déduirqe d'un ballot. Les
)Us.saqcrs sont obligés de faire la décharge de
it'firs marchandises en tel endioit.
Il se dit aussi Des hateaux, des charrettes,
ies hHi'S de somme sur lesquelles des mar-
lliandiscs sont chargres. Se trouver à la dé-
hurqi' de li charrette, à la décharge du ha-
kau, etc.
7)ÊcHAnoE, se dit aussi De plusieurs coupj
â'armes à feu, comme de mousquet, de canon,
Hc. lorsqu'on les tire tout à la fois. Àprèi
avoir essuyé la première décharge des ennemis,
on alla à eujc Vcpèe à la main. Ils firent d'à-
hord une furieuse décharge. Une décharge de
moiu<:queta'ie. La décharge d'une batterie de
tanon&.
On dit. Une dicharge de coups de bâton,
pour diri', Des bastonnades.
Il signifie aussi L'acte par lequel on dé-
rliarg'' quelqu'un d'une obligation, d'une re-
devance, d'une chose dont il cloit chargé. Dé-
charge bonne et valable On ne saurait lui rien
demander, il a sa décharge. On lui a donné
une décharge de tout. On iravaiVe a rctiv
décharge.
DÉCHAROE, est aussi Ce que les témoins
disent pour décharger un accusé. Informer à
charge et à décharge. Ils ont tous parlé à votre
décharge, La déposition dci témoins est, fnil
la décharge de Vaccusé.
DÉ^nAncE, est aussi L'endroit, le trou, le
tuyau, la grille, par laquelle l'eau d'une fon-
taine , d'un étang , d'un canal , se décharge. La
fontaine a sa décharge à lungt pas de ià.
On dit aussi, La déchgrge des humenrs^
pour dire, L'écoulement des liunjeur» du eorps
humain.
On appelle encore Décharge dans une mai-
I son, Vu 'ieu ou l'on serre ce qui u e^t pas d un
ijHaec ordinaire.
DEC S71
DÉCHAnGE, signifie aussi Soulûgcmenl. C\sl
une décharge considérable pour lEtat. H est
odieux de faire sa fille Religieuse pow la dé-
charge de la famille.
Un dit, La décharge de la conscience j pour
dire, L'actjuit de I.i conscience. Je vous en aver-
tis pour la décharge de ma conscience.
DÉCHARGEMENT, s. m. Action de dé-
charger.
DÉCHARGER, v. o. Ôter un fardeau du
lien où ri éloit. Déchurga' des miu-chandi^^e;.
Décharger des ballot.-.
On dit aussi , Dccliârger un crocheteur^
pour dire. Lui ôler le iordeau qu'il porte. El
dans I2 même acception on dit : Décharger un
mulet , un clicval , une charrette. Décharger
un plancha- gui est trop charge.
On dit familièrement, Décharger le plan-
cher, pour dire, Sortir, se retirer.
On dit familièrement , Décharger son esto'
mac, décharger son l'cntrc, pour dire. Soula-
ger son estomac , soulager son veuire , par
quelque évacuation. On dit aussi. qu'L'ne dro-
gue décharge le cerveau, pour dire, qu'Elle
dégage le cer^-eau , qu'elle le soulage des hu-
meurs qui l'inconimodeiil.
On dit figurémcnt, Décharger son cœur,
pour dire, Découvrir, dt-clarer avec frandiise
les sujets de douleur ou de plainte que l'on a.
On dit , Décharger sa conscience . pour
dire. Satisfaire à quelque chose à quoi l'on est
DU 1 on se croit obligé en conscience. Je dis
cela pour décharger nui rnnsricnce. d'eu dé-
charge ma conscience , et j*en charge la vôtre.
On dit aussi Cgurémenl , Décharger guel-
cuUin d\in soin, de quelque commission ^ de
quelque chose de pénible, poui" dire, L'en dis-
penser , l'en délivrer.
On dit , Se décharger d^une affaire sur
quelqu'un., pour dire, Lui en remettre je soin.
On dit, Décharger un arbre, pour dire. En
couper quelques branches , ou en ôter det
fruits, quand il est trop cliargc de bois ou de
fruits.
On dit, Décharger une arme à feu, pour
dire. L? tirrr. Il fout avoir hi plus grande at-
tention de décharger ses fusils et ses pistolets
avant de rentrei chez soi. On dît aussi la môme
chose, pour dire, En ôter la charge avec un
lirtî-bourre. Son fusil, son pistolet a raté phi-
sieurs fois '^ il fut uhliijé de le décharger.
On dit familièrement , Décharger un coup
de poing, un coup de bdlon, un coup de sabre,
pour dire, Donner de toute sa force un coup
de poing, un coup de bâton, un coup de
sobre.
Ondit,Dec/iarqcr sa bile, sa colère sur quel-
qu'un, pour dire, Lui faire sentir les effets de
sa colère. U étoit irrité contre sa femme , il a
déchargé sa colère contre se> enfans.
DÉcuABCEn, signifie aussi, Tenir quitte,
déeJarer quitte , délirrer d'une redevance ,
d'une demande, d'une dette, d'un impôt. Il
me demandait telle chose, j'en ai été déchargé
par arrât. On ta dcrhargé de Vatsignation. Il
''est fait décharger de la (iite//c de ce mituur*
4;.
3^2 DEC
il n été valahlcnicitt déchargé. CeVc Province
étoit fort chargée de tailles, on I u un peu de-
charqve.
Ou dit, Décharger un rtristre, un contrat,
une minute j pour dilrc, Y intllre nue quittaucc
de w qu'où a reçu.
On dit, Décharqer un accusé, pour dite,
Porter ténioigtiûj;e en 5;i *"iivcur, dire des
clioscs qui vont à le justifier. Ils Vavoienl
charqê d'ahoid , mais ensuite ils Vont d^-
ahargé.
On dit aussi eu terme» de Jurisprudence,
Dcchataer d'iia:usation , pour dire, Prononcer
par un jui^euiLMit qu un atxuse est nnioccut du
délit qu'on lui avoit impute. De ces deux accu-
sés Vup a été mis hors de Cour, Vautre a éli'.
décharné de V accusation ^ d'accusation^ de
toute accusation.
Ou dit, quX^ie rivière se d^char<je dans UU''
nutre, dans la me/\pour dire, qu'KlIe y entre
qu'elle s'y jette.
On dit, qu'(/ne couleur se Jéc/mn^'e, pom
dire , qu'Elle se déteint , et devient inoiu';
chargée.
Déchargé, êe. participe.
On dit, i[n'Un cheval est déchargé , <.[vl il es\
déchargé d' encolure ^ pour dire, qu'il a la taillt.
fine, l'encolure fine,
DÉCHAIîr;i:UK. s. m. Celui qui dccliarge
les marcha tidiscs. Les déchargeurs de dessus it-
Ports. I^ansl' Artillerie, on a})[)elle l'-échargeur.
Un OlKcier qui a soïn de décharger les poudre;
et les nulrc'» munitions.
DÊCHAHNER. v. ;i. Ôter la cîiair de dessui
le» os. Décharncr un cadavre.
Il se dit aussi fif^urémcnt , pour. Dépouiller
d'agrémcnset d'oraemens. En voulant trop raf-
finer sur la langue, en la décharné.
1\ signifie .trssi Amaigrir, ôter l'endionpoint.
Cette maladie Va fort décharné.
DÉCHARNIîR. verb. act.T(rme de Faucon-
nerie. Voyez Leurre.
DÉCHARNÉ, ÉE. participe. Son plus grand
usageestdaus la signification d'Amaigrir. Corps
décharné. Visage décharné. Bras décharné.
Main décharnée.
On dit figuréincnt Vn style décharné, pour
dire, Un style trop sec.
DÉCHAU^ri::R, v. act. se dit, en termes
d'Agriculture, d'Une terre qu'on cultive avec
la l>èc]ic, ou la charrue, pour la défricher el
enterrer ce qui reste de chaume après la
moisson.
On le dit luissi d Une terre en friche, et qui
n'a point encore été cultivée:.
DKCHAU.SSI-:ME?JT. s. m. Se dit De la fa-
çon qu'on donne aux arbres et aux vignes,
quand on les laboure au pied, et qu'on ôlc
quelque peu de la terre qui est sur les racines.
DÉCHAUSSER, v. act. Ôtcr, tirer les bas
ou les souliers à quelqu'un. Déchausser son
maître.
H s'emploie aussi avec te pronom personnel.
Se déchausser.
On dit aussi , Dec/inwsser des orhreu, pour
dire , ôtcr b terre qui est autoiw du pied. Les
DEC
lavincs ont déchaussé ces arbres; Les Jardiniera
déchaussent les arbres pour mettre du fumier
au pied.
On dit, Déchausser les dents, pour dire, Les
découvrir et les détacher de la gencive. Il ne
faut pas se frotter les dents rudement, parcf
ijue cela le- déchausse. Ses dents se déchantent.
On dit fij*uiémentet familièrement, qu't/n
homme h^est pas digne d'en déchausser un
autre, pour dire, qu'il est d'un mérite fort in-
t ;neur.
DÉCHAUSSÉ , ÉÊ. participe. On appelle Carnic:>
Décliaussés , Les ('armcs*quî ne portent point
de bas, et qui n'ont que des sandales.
On les appelle aussi par corruption, Carmes
Déchinuv.
OÉCHAUSSOÏR. s. m. Insti-ument de Chi-
iTirgie, qui sert à .séparer les geucivcs d'autour
Jl'S dents qu'on veut arracher.
DÉCÏIÉ.\JVCE. s. fém. Perte d'un >|rnit. A
peine de déchéance. Déchéance de droits. De
vhéance de privilèges.
DECRET, s. lii. Diminution d'une chose,
1)11 en elle-même, ou en sa valeur. Il y a du
déchet dans la fonte des monnoies. Il y a du
déchet sur le prix de certaines espèces, quand
on les emporte en Pays étranaer. îl faut avoir
soûl de remplir les tonneaux de vin de temps
en temps, à cause du déchet. Il y a toujours du
déchet surle nn et sur le hlé nu'on garde trop
iong-temps.
DIX HEVEL;^R. v. act. Mettre en désordre
la f !h". rinre de que! [n'un. Cet denr femntes en
se battant se sont toutes deux déchevelées,
Di'cnEVEi.É, ÉE. participe.
DKCHIKFRARLE. adj. des a g. ( On n«
prononce qu'un F dans ce mot et les trois sui-
vons. ) <^)ui peut ûtre décliiffré. Un chiffre (ju\
n'est pas déchiifrahli'. Cette lettre n'est pas dé-
cliijfrahîe. Cela cst-H déchiffrable?
DÊCillFFREMEM'. s. m. Explication. Il
se dit De l'action de déchifiler, et de la chos«
même qui est déchiffrée, y/pporfei-moi le dé-
chilpement de cette lettre. Par le déchiffrement
de cette lettre^ on apprit que
DECHIFFRER, v. a. Expliquer ce qui est
l'crit en ch'itCve. Dcchijfrer une lettre. Un chiffre
malaisé à décfiiffrcr.
H bignifie figurémcnt, Lire ce qui est mal
écrit et malaisé à lire. Cela est si mal écrit, que
je ne le .Maurois déchifjrcr. Déchiffrer de vieux
titres. Déchiffrer des inscriptions anciennes
prescpie elfiicées.
II se prend encore figurémcnt dans la con-
versation, pour, Pénétrer dans une aflairc obs-
cure, démêler quelque chose d'enil>arr.TSsé, de
secret. Cette a'f'ire étoit d^/ici/e, il nous Va
i>ien déchiffrée. Je ne saurais déchiffrer toute
cette intrigue.
On dit aussi figurémcnt. Déchiffrer quel-
qu'un, pour dii*e. Pénétrer, faire connoitre un
homme en découvrant ses inclinations, et ce
<pu hii est arrivé de plus secret. Il se prend
plus ordinairement en mauvaise part. On a
parlé de lui dans une compagnie o'i on Va bien
déchiffié.
DEC
ÛÉCHUFnÊ, ÉE. participe.
DÉCIIIFFREUR. s. m. Celui qui a la clef
d'un chiffre, qui est charge du déchifilement.
îl se dit aussi De celui qui a le talent de de-
chifircr des lettres sans en avoir lechiflVe. C'es(
un grand décliijjreur, un excellent déchijltew.
DKCHIQUEIER. v. a. Découper en faisan'
iliverscs taillades. Déchiqueter la peau. Déchi-
queter la chair.
Ori dit, Déchiqueter une étoffe ^ pour dire,
V faire diverses petites taillade-.
DÉCHIQUETÉ, ÉE. participe.
DÉCHIQUETURi;. s. f. Il ne se dit guère
que Des taillades qu'on fait 'i une étoffe. Il ne
faut puint de déchiqueture à cet habit.
DI'.CHlRAiJE. s. m. Action de défaire un
Uain de bois flotte, de désasscmbler les plan-
ches qui composent un bateau. Déchirauc dé
trains. Déchirage de bateaux.
DÉCniREMI':NT. s. m. L'action de déchi-
rer. Le déchirement des habits étoit une març^
de douleur et d'indignation parmi les Juifs.
On dit aussi au figuré, La colique cause
quelquefois des déchiremens d'entrailles.
On appelle Déchirement de cœur. Une dou-
leur vive et amère.
DÉCHIRER, v. a. Rompre, mettre en pièces
sans se servir d'instrument tranchant II ne se
dit au propre que des étoffes, de la toile, du
papier, du parchemin, de la peau, des chairs,
et des choses de cette nature. Déchirer utie
lettre. Déchirer un contrat, une promesse. Dé-
chirer un habit, un manteau. J.cGrand-Prètre
déchira ses vétemens. Déchirer une plaie. Oh
le déchira à coups de fouet. Déchirer à bellet
dents. Il s'est déchiré toute la main.
Proverbialement , en parlant d'Un hommi
qui ne s'est pas fait trop prier pour faire ce
qu'on désiroit de lui, on dit, (]ull ne s'est pas
fait déchirer le manteau, qu'i7 ne s'est pas fait
dècliirer son nianteim pour cela.
On dit figurémcnt De certaines douleni-s
vives et aiguës, qiCElles déchiu-nt l'estomac^
qu'elles déchirent le> entrailles.
On dit encore figurémcnt, qu'f/nc chose dé-
chire le cœur y les entrailles, pour dire, qu'Ellc
émeut très-douloureuscinent, qu'elle excite une
grande, une vive compassion. Cette mère voyant
wuifrir son fils J sesenioit déchii'Cr les entrailles.
On dit figurémcnt, qu'Un fjat est déchiré
par diverses factions, que VEglise est déchu-ée
par un .^chisme.
On dit aussi figurémcnt dans le même sens,
que Les passions opposées déchirent le coeur ^
décliirent Vdme; que les remords déchirent la
conscience.
DÉcninER, signifie aussi figurém. Offenser,
outrager par des médisances, par des calom-
nies. Déchirer son prochain. Déchirer la répiu
tation de son prochain.
DÉCHinÉ, FE. participe.
On dit (|u (7u homme est tout déchiié, pour
dire, que Ses habits sont tout déchirés.
On dit qu X'nc femme., qu'une fille n*est pas
.k trop déchirée, n'est pas (arif, pas .^i <?c'cfcii«,
pour dire, qu'Ellc ncst pas laide, qu'elle fM
DEC
»8ei jolie. Tl se dît aussi dUne femme d'un
rmain âi^e, qui conserve encore des restes da
t«auté. Il est du style familier.
On dit provcrlMalrmt-nt, (lu'f'n chien har~
;nfit.r ii toujours les oreilles lîéchirécs , pour
diir, (|n"Un (]ucrpllciir a toujours des nfTalres
dé.'i.if^rrablps.
DKCIHKI'RK. 3. r. Mupture Taite ou declii-
rmïl. // Y tl une déchirure à votrehahit. Rocconi-
moJer une déchirure. La déchirure dune plaie
se reprend plus aisément qu'une simple coupure.
\)ÉC}Wl}{. r. n. Je déchois^ tu déchois, il
déchoit; nous déchoyons^ vous déchoyez, ils
déchoient. Je déchus. Je décherrai. Que je dé-
chusse. Je dccherroîs. Que je déchoie^ que tu
déchoies. Tomber dans un état moins l)on que
celui où Von ctoit. Dédwir de son rang , de
sœi i)Oste. Il est bien déchu âc son crédit, de sa
faveur. Il est fort déchu de sa réputation. Il est
fort déchu dans Vesttme du puhUc. Depuis ce
moment il a déchu de jour en jour. Us sont dé-
chue de leurs privilèges.
Oc dit d'Un liomme avance cd âge, qu7l
commence à déchoir^ Lorsque le-S facultés du
corps et de l'esprit commencent «k s'afibiblif
eo lui.
DÉCBOtn, sedit aussi quelquefois Des choses;
d alora il signKîc, diminuer. Son crédit com-
mence à déchoir. Dans la décadence de l'Em-
pire Romain, l'éloquence commença bientôt à
déchoir. Déchoir de ses espérances.
Urchu, lE. participe.
DÉCHOUKK. V. B. Trnue de Marine. ne!e-
vor , remettre à Ilot uu vaisseau eclioué.
DÉCflouÊ, i.E. participe.
DÉCIDÉ^ÏEM'. adverbe. D'une manière dé-
ddée.
L>ÉCIDER. V. a. Piésoudre , déterminer,
porter son jugement sur un« chose doulense ou
csontesté-c, r)t"ci(/er une affaire^ une question^
«n poinf de Droit.
Il sif;niGe aussi , Terminer une contestation,
ou l'-ifTiirc qui est ca conteslatioD^ y mettra
fin. Décider un différent, le dâcider par uni
bataille.
On dit, Décider quel qii* un , "pour dire, Ijs
déterminer. Cette raison m^a décide à... Cesl
lui qui m'a décidé à...
Il s'emploie neutralemcnt, pour dire, Or-
donner, dispo^e^. C'est à vous à décider de mti
fortune. C'est à vous à en décider. Les Juqa
^écidcnf de la l'ie et de la fortune des hommes.
Décider de tout y sur tout à tort et à travers.
U s'emploie encore nculr.ilement, pourdire.
Porter son jugement avec trop de préstimplioii
<t de confiance. C'est un homme qui aime à
dcrxder, qui décide trop hardiment.
n se dit aussi ovec le pronom personnel,
poNir dire» Prendre son parti. Décidez-vous
danr. Il $'est décidé trop légèrement. Il a hieu
de la peine à se décider.
DÉcinK, zv.. participe.
On dit, qu't/n homme est décidé, qu'il a le
caractère décidé, pour dire, qu'il est d'un ca-
tBclAre ferme, et qu'il i des priiicip^t dont il no
l'ÀCATta point
DEC
DÈCÎ'M.VBLE. adj. des a genres. Qui est su-
jet aux décimes.
DÉCIMAL, ALK. adj. Terme d'Aritliméti
que. Il n'est gut>re d'usage que dans ces phra-
ses. Fraction décimale, pom signifier, Une
fraciîon dont les parties sont des dixièmes, des
rentièmes, des niillii'nies, etc. d'tuiite; et Cal-
cul décimalj Y^ouT signifier, Le calcul de ces
sortes de fraclions.
On dit aussi substanlivement au féminin.
Une décimale, pour, Une fraction décimale.
DKC^IMATEUU. s. m. ne se du que De ct-
lui qui a droit tle lever la dime dans une Pa-
roisse. Principal déciniateur. Gros dccïmattur.
DÉCIMATK»'. s. f. Action de décimer. La
décimation des t^oUlats. On en vint à lu déci-
mation de toute la Lètfion,
DÉCIMIi. s. f. La dixième partii' des reve-
ntis ecclésiastiques levée pour quelque aflairc
importante à la Religion ou à l'Etat. Le second
Concile de Lyon ordonna une Décimepour si-r.
ans.
DÉCIMES, s. f. plur. Ce que les Bénéficiers
payent tous les ans au Roi sur le revenu de
Iciu-s B'UiéficeSH Décimes ordinaires. Décimes
iwtraordinaires. Imposer les Décimes. Payer
ies Décimes. Receveur des Décimes. Sergent des
Décimes. Une quittance des Décimes.
DÉCIMER, y. a. Dcdix soldats qui ont mé-
rité d'être punis , suivant les lois de la guerre,
D'eu punir qu'un, selon que le sort en décide.
Décimer une Compagnie, Décimer un Régi-
utnit.
Di'Ci:»^, ÉE. paiiicipe.
DÉCINTRER, v. a. (Jler les cintres d'une
t'oùtc. On ne ^écinfre les voiifes que quand
(lies sont bien sèchea.
DÉciNTni:, ée. participe.
DÉCINTREMETr. s. m. Action de décin-
trer.
DÉCISIF, IVE. adj. Qui décide. La pièce
décisive d'un procès. Le point décisif de la
cause. Un Jugement décisif. Vn combat déci-
sif. Une bataille décisive.
Il se dit aussi Des personnes. C'est un
homme décisif. Il est uu peu trop décisif. Le
jcines gens sont ordinairement plus décisi..'.
■u'tl ne jaudroit.
On dit aussi, .(o^oir l'esprit décisifs le ton
d'-Cisif : cl dons ces deux piirases, Décisif se
prend toujours en mauvni'j" part.
DÉCISION, s. f. Ré.-ol-Jtion, jugement II
se dit égalemenlet ï>?s personnes qui décident
n des matii>re9qui sont décidées. Cela est cou-
tr'iire (l'ix décisions des ConcHes. On attend ii
décision dif Roi. La décision des Docteurs fut...
Une Jécision de Droit. La décision d'une af-
faire. La décision d'un Dogme. La décision
d'un cas de conscience. Les décisions de la Rote.
La décision d'une question dépend de la ma-
nière dont elle est posée.
DÉCLSIVEME>T. adv. Dune manière <.' -
tisiTC. Parler décisivement.
DÉCISOIRi:. odj. m. Terme do Pratique. Il
^ ne se dit qu'en parlant du serment d'une Par-
V tic qui d'ci'îclc ■lifl'én'rit en que^tion. 5erme»i(
DEC 373
iécisoire. tl ne sera pas si harii quand li <n
faudra venir au serment dicisoire.
DKCLAMATEUR. s. m. Qui déclnmc. On
siipeloit ainsi LcsanciensRlit'leursqui faisoiciit
lies exercices d'éloquence dans leurs écoles.
On dit aujourd'hui d'Dn liomme qui récite
en public, que C'cxt im bon dcclamateur , un
miiuvais déclamntcur. l'.t dans ce scn» on n'i
i-^ard (in'au ton et aux (;e\trs.
On dit d'Un Orateur qui a plus de soin d»
'lioix des- paroles et de la prononciatiou , que
des pensées et de la composition , qtie Ce n'est
qu'un déclamatenr. El on appelle Style de dé-
ditmateiu-, 1,'n style ampoulé et plus Gguré
qu'il ne convient au sujet.
On dit anssi, Ton déchimateur, style décla-
muleur. Et drins ce sens il est adjectif.
DliCLAJLVnON. V f. La prononciation et
l'action de celui qui déclame. La déclamation
est une des principales parties de l'Orateur.
At'oir la déclamation belle, noble, aisée. En-
tendre bien Varl de la déclamation. Avo'ir la
déclamation froide et mauvaise.
DtciAMATios, se dit aussi d'Une pièce d'é-
loquence composée poiu- être déclamée. Les dé-
clamations de Quintilien. Les déclamations de
5énèi(iic le père. Les déclamations du CoUéqe.
Il se dit aussi Ile rafK'Ct-ition des termes pom-
peux et figurés dans un ouvrage et dans un sujet
qui ne le com|>orte pas. // a niélê trop de dé-
clamation dans cette pièce. Une àéclamat'on
de Colléqe.
Il se prend encore pour Invective. .Sofi
Plaidoyer, snn Factum ne contient aucui<
raison solide; c^e^it une déclamation conti-
nuelle, ce ne sont que des déclamations contre
sa Partie.
DÉCI-AM.AÏOIRE. adj. des 2 Rcnre.s. (,>ui
appartient à la déclamation, yfrt déclamatoire.
U signifie aussi , Qui ne renferme que des
déclamations. Style déclamatoire. En ce sens il
ne se preijd qu'en niauraise part.
DÉCEAI\1ER. V. act. Prononcer, rA;iter X
haute voix et d'un ton d'Orateur. Déclamer des
vers de Virrjilc. Déclamer une Oraison de
Cicéron. Déclamer en public. S'exercer à de-
clamtr. Vn Prédicatew , un Acteur qui déclame
' l'eu.
Il est aussi neutre, et signifie InTectiver,
parler avec clialcur contre quelqu'un , contre
quelque chose. // c^échuiic (ouiours contre les
personnes en place. Déclamer contre le vict.
Déclamer contre le Itixe.
I)ÉC[.AMK, LE. participe. Discours bien dé-
clamé.
DÉCLARATIF, IVE. ndj. Terme de Pra-
tique, qui se dit d'Un .Acte par lequel on dé-
clare f(uel.|ue clio.sc. Il n'est guèied'ïisagequ'eii
eertaines phrases. Il rapporte un titre qui n'est
pas attributif du Droit, mais seulctTKnt décla-
ratif.
DECLARATION. 1. f. Action de déchirer.
Disccuirs, acie par lequel on déclare. Déclara-
tion publique, authentique , tolenrulle. Depuis
la ditclaration de son mariaqc. Déclaration
d'amour, l'ahe une dtclarat'tun it amour, et
374 BEC
simplement, une àécUrution. Il ne veut jioint
Je cela, il en fait sa tlcclùration. Je vous fais '
ma àéclaration que.... Déclaration au jjrojit
aun tiers. Faire sa dichiralion au Grcff-.
DiicLABArios, signifie aussi Loi, Oitlon-
noncc, Consliimion du Trince eu inlerim-la-
lian d'uQ Édit. Déclaratitm ihi livi vcnfiéf en
Parlement, enreyiitrce i-n Parlement. Le Roi,
par sa Déclaration d'un tel jour , enjoint .....
En vertu ac la Déclaration du Roi. Le Roi a
donné une Déclaration sur VEdit d'un id mois.
On appelle Déclarat'on de guerre, L'AcU:
public par lequel une Puissance déclare l^i
gnerre i une autre. La déclaration de la ijuern
fut suiVi'e de....
Dt'cLAiiATios , en terme» de Pratiijue, n
mend aussi quelquefois pour Dénomljrenicnt ,
énumôratioii. Donner une déclaration de son
bien. Donner la déclaration d'une miiison,
d'une terre. Déclaration de dépens. Déclara^
tion censuelle. Donner par déclaration.
DÉCLARATOmE. adj. des2 gcurcs. Terina
de Pratique, qui se dit d'Un Acie par lequel
ou déclare juridiquement quelque chose. Acte
déclaratoire. Sinlence déclaratoire.
DliCIARIÎR. V. a. manifester, faire connoitre.
JJc'clnrer ses intentior.s à (juclqu'un. Il lui dé-
clara ses desseins. Il déclara qu'il prétendoit,...
li a déclaré son mariane, après l'avoir tenu
U>nq-tenips secret. On lui fit déclarer ses com-
plices.
En parlant d'Un Souverain, (hi dit, qu7I (i
déclaré le jour de son départ, qu'il a déclaré
un dessein, etc. pour dire,qu'll a pi-bliqne^
ment annoncé qu'il p;irliroit nn tel jour , qu'il
nvoitun tel dessein, etc.
Il srgnifie aussi, Manifester par acte public ,
par autorité pulilique. Il a été déclaré atteint
et convaincu d'un tel crime. On l'a déclaré cri
ininel de Lèse-Majesté. Son muriacje a été dé-
claré nul.
On dit. Déclarer la ijuerre, pour dire, Dé-
clarer qu'on va prendre les armes, et faire dei
actes d liaîtilité contre une Puissance. On en-
voya des Hérauts déclarer la guerre.
Se DïCLABEn. V. prou. Sexpliqucr. Il ni
veut point se déclarer là-dessus. Il s'en est dé-
claré hautement.
U signifie encore , Se manifester , se fair»
connoitrc. La maladie se déciara. La petite vé-
role se déclare. La victoire s'est déclarée pour
nous. Il s'est déclaré VÀuteur d'un tel livre.
Le Public s'est déclaré pour lui, pour son sen-
timent, pour son opinion.
Il signifie aussi, Faire connoitre par quel-
"ns démonstration publique, qu'on donne rai-
j>n k une personue contre une autre. Ces dcit.t
hommes ayant eu querelle, toute la Cour se do
dura pour. ...
Il signifie encore. Prendre parti dans unr
cuene commencée. Une partie de l'Allcmaijne
j* déclara pow les Suédois. On força ce Frinc£
à te déclarer.
D^LAsÉ , £e. participe.
DftCLlC. s . m. Espèce de bélier propre il
enfoncer dea pieux.
DEC
DÉCLIN, s. m. I/ùlal d'une chose qui peu-
clie vers sa fin. Le lUclin du jour. Le déclin de •
l'd(je. Le dùclin dune nudadie. Le dcclin de la
Çwvrc.Le dccliti de la Lune. Le déclin de '"Em-
[lire Romain. Sa fortune est sur son déclin.
Cette htauté est sur son déclin.
Declis, se dit aussi Ou irssurl d'une arnid
ù feu, par Idjucl le chien d'un jjisloU-l, d'un
fusil., vient à s'ahallrc sur le bassinet. Le dcclin
vint à se lâcher y à se dchander,
DKCLINAIÎLK. adj. des a genres. Ternie de
(ii-iimniaire. <^>iii ptiit ctic décliné, ^'om dcclî-
nable.
DÉCUIVAISON. s. i. ïemi? de Gran)maire.
Manière de faire passer les noms par tous les
cas, dans les Langues qui ont des cas. Il n'y «
f^oint en François de cas^ ni par conséquent de
déclinaisons proprement dites.
DÉCLINAISON, est aussi un ternie d'Astrono-
mie. Il se dit Des Astres eu parlant de leur
éloij;nement de l'Éiiuatcur. Déclinaison aus-
trale. Déclinaison boréale. Et eu parlant De
l'aiguille aimantée, il sif;nifie son éloignement
du îs'ord, du pôle , à l'ivst ou à l'OuesL
DÊCLINAjNT. adj. Il n'est guère d'usage
ïjue dans cette phrase, Cadran déclinant, qui
6e dit d'Un cadran qui ne r^-yarde pas diroctc-
tnent quelqu'un des points cardinaux.
DÉCLINATOlRt:. adj. des 2 genres. Terme
âe Pratique. Il n'est guère d'usage qu'en ces
phrases, E'xccptions déclinutoires , F ins décli-
nafoires, qui s^ disent Des moyens qu'on allè-
î;ue pour dérhui-r une Jurldittïou.
Il est aussi sul)stantif masculin. Faire sioni.
fier un déclinatoirc.
DÉCLINIiK. V. n. Déchoir, j)encher v<rs sa
fin. Le jour commence à décliner. Ce malade^
cet liomme décline tous les jours. Sa jièvre dé-
cline depuis peu. Ses forces déclinent beau-
coup. Il va en déclinant. Sa jortunc va en dé-
vlinant.
On dit , en parlant de la Boussole , que L\ii-
(juille décline de liint, pour dire, qu'Elle s'é
loignc de tant de degrés du Nord.
Et l'on dit aussi , en parlant Des Astres ,
iju'/is déclinent, pour dire , qu'ils e'éloignenl
de l'Equateur.
DÉCLINER. V, a. Ternie de (irammaire.
l'^aire passer un nom par tous ses cas, dans les
Langues qui ont des cas, telles que la Grecque
et la Latine.
Décimer son nom, sigi.ifie familièrement.
Dire son nom dans un lieu où l'on n'est pas
connu. Il fut obligé de décliner son nom.
On dit en termes de Pratique, Décliner une
Juridiction., pour dire, Ne vouloir pas rccon-
noitre la Juridiction d'un Tribunal.
En termes de Gnomonique, on dit, qu'I7n
mur décline , Lorsqu'il s'écarte un peu du
point cardinal qu il regarde le phis. Ce mur de
clinc d\in dcqré duMidi au Couchant.
DÉcusÉ, ÉK. participe.
DÉCLIVITÉ, s. f. Situation d'une chose qui
. tst en pente. La déclivité d'un terrain.
DÉCLOUE. V. a. Ôter la dùture. Il a été
condamne à déclare son champ, son parc.
DEC
DiiCLos, OSE. participe. Qui n'est plus clos,
ou dont une partie de lu clôture est loinhée. U
ne se dit que des lieux qui sont ordinairement
clos. Ce )!orc esl déclos en plu.^ieurs endroits.
DIÎCLOUEH. V. a. Détacher quelque chose
en arracliaut li^s clous qui lallachcnt. Dé-
cloue/- des ais, des planchée. Cela est tout dé-
cloué.
DÉCLOUÉ, fE. participe.
DÉCOCHEMEM'. s. m. Action de décocher
une Uèche.
DECOCni'.ll. V. aclif. Tirer une flèche, un
irait avec l'arbalète, ou autre machine sembla-
ble. Décocher une flèche.
DÉCOCHÉ, ÉE. participe.
DÉCOCl'lON. s. f. &)mposition médicinale
qu'on obtient en faisant Imuillir dans l'eau des
drogues ou des plantes médicinales. Boire une
décoction. Faire une décoction de mauve. Met-
tre infuser du séné dans une décoction de chi-
corée. Faire de la décoction pour un lavement.
DÉCOIFKEK. V. act. Ôter, défaire la coif-
fure d'une femme. Sa femme de chambre la
décoijjhit
U signifie aussi, Déranger les cheveux, les
mettre en desordre. />c Tcnt ta toute décoiffée.
Vous allez vous décoiffa:
U se dit aussi en parlant De deux (cmmci
ijui se prennent aux cheveux en se querellant.
Elles se sont prises au.c cheveux , et elles se «ont
iécoiffces l'une l'autre.
On dit, Décoiffer une bouteille, pour dira,
Uter l'enveloppe de fil.nssequi cntonte le bou-
ihon; et par extension, La boire, la vider.
DÉCOIFFÉ , KE. participe.
DÉCOLLATION, s. f. (On pronon. le» L.)
action par laqtielle on coupe le cou. Ce mot
n'est guère en usage que pour signifier le mar-
tyre de Saint Jean- Baptiste. La décollation de
Saint Jean.
DÉCOLLER. V. act. Couper le cou h quel-
qu'un. On ne décolloit auti-efois en France que
les Gentilshommes.
DÉCOLLÉ, ÉE. participe.
DÉCOLLER, v. act. Séparer, détacher un»
chose qui étoit collée. Dcroller du papier. Dt-
coller une estampe. La pluie décolle les châssis.
Il se dit aussi avec le pronom personnel. Des
ais qui se décollent. La bordure du tahUau t'est
décollée.
On dit au jeu du Billard, Décoller une bille,
pour dire , L'éloigner de la bande.
DÉCOLLÉ, ÉE. participe.
DÉCOLLETER, v. a. Découvrir la gorge et
les épaules.
Il s'emploie aussi au neutre. Vous avez la un
habit qui décolleté.
DÉCOLLETÉ, ÉE. participe. V ne femme trop
décolletée, toute décolletée.
On appelle Habit trop décolleté , Va habit
qui n'embrasse pas eiaclemcut le cou.
DÉCOLORER. V. a. Ôter la couleur, cflàcei
In couleur. La niuludie Va toute décolorée. Lii^
vinaiare décolore les lèvres.
DÉcoLOiiÉ, ÉE. participe. Qui a perdu sa
'couleur. Vn teint décoloré. Des fleurs Jécolo-
DEC
r«<. Des lèvres décolorées. Des fruits décolorés.
Un tableau décoloré. *
DÉCOAIBRER. V. act. Ôter les décombres,
l« immondicos, les dcbria, les plûtras qui i-in-
Iwrrassenl un terroin, cl qui bouchent quelque
passade. Décombrer une rue y un passage, etc.
Décomhrcr le pied d^ une mwaHU:
DtcoMBnÉ, EE. participe.
DÉCO^IBRKS. subst. m. pi. Les pierres et
menus plilras de nulle valeur, qui (Irmeurent
apr^s qu'on a abattu un bàtimcRt. // ftiul jain
enlever les décombres,
DÉCO>IPOSKR. V. actiî. Tenne de Chimie.
Réduire un corps 5 ses principes, ou suparer
les parties dont il est composé. C'^st la même
chose qu'Analiser. /-es Chimisles décomposent
les corps m'u:lcs par le moyen du /eu, et les ré-
solvent en soufre, sel. mercure, etc.
Il s'uniploie aussi lïgurement. Décomposer
une idée, un discours j ctc,
DÉcoMPosEn , en Mécanique. Déccmposer
le mou'.'emeut d'un corps, C'est clifltiger co
mouvement eu deux ou plusieurs autres, dont
on peut supposer qu il est formé.
Il se dit aussi en Méd^îcinc. La fièvre dccom
pose lit sifKj, L'atténue, le dissout.
Décomposé, ée. participe.
DÉCOMPOSITION, s. f. Terme Ue Chimie.
Dissolution, résolution d un corps mixte dait^
ses principes. La décomposition d'un corps
mucte.
On dit aussi au Bguré, La décomposition
dUine idée d^un discours
DÉCOMPOSITION, en Mécanique. On appelle
Décomposition d'un mouvement . L'action de U
dt'composer.
Décomposition, en Médecine, se dit Des
humeurs du corps humain que la firrrc ou la
maladie résout en nn Huide plus atténue. Dé-
composition du sanq , des humeurs.
DÉCOMPTE, s. m. ( On ne prononce pas le
P dans ce mot et le suit. ) Ce qu'on a à prendre
et à rabattre sur uuc somme qu'on paye. Quand
le Trésorier a avancé de t^rnent aux troupes,
il en fait le décompte à la fin du mois. îl y a
tajit de décompte.
Oq dit, Faire le décompte, pour dire. Ra-
battre sur une certaine somme. Il se dit aussi
p<iur. Faire hi supputation de ce qu'il y a à ra-
battre. En renvoyant un domestique, on dit
^u'Ort lui a fuit son décompte.
Oa dit G511 rément, qu'On trouvera bien du
ile.ompie dans cette affaire^ pour dire, qu'ElIc
lie sera point aussi avantageuse qu'on l'eApèrc.
Il attend cent mille francs de cette affiirCj maii
il y trouvera bien du décompte.
DÉCOMPTER, verbe .ict. Rnbailtc d'une
«oiume. Sur ce qu'on lui doit, il faut décomp-
ter ce (ju'ii a reçu On a décompté nux soldats
.«r quon leiu- avoit avancé pour leur paye.
DÊcoMPTEn, signifie figurément. Rabattre
de l'opinion quoi avoit d'une chose, d'une
pctonnc. Il s riuploic dorJinairc absohuncnl,
et n'est gu. rc d'us.igc qui linfinitif. Il crdt
avoir heaueotip de bien- mais il trouvera à dé-
compttr. Il y lura bien à décompter. Il avoit
DEC
de jrnii(?M prétentions ; ninis il a eu li décomp-
ta-. On leur avoit donné une cp-ande idée de lui ,
mais ils o:it bien trouve u (Recompter.
DÉCOMrri, ée. participe. Une somme dé-
comptée.
DÉCONCERTER, v. aci. Troubler un con-
cert de voix ou d'iusïrnniens. J/ ne fiut nu'unc
TOLT discordante pour déconcerter toutes les
autres. Un Musicien cjui bat mal la mesure,
déconcerte tout lorchestrc^ toute la symphonie.
Il ,sii;ni(i(' figurcincnt, Rompre les rr.esum
pri.î'^s p.ir une on par plusieurs personnes. Cet
accident, cette surprise les a forl déconcertés ,
a jort déconcerté les mesures de cet homme.
Lelte victoire déconcerta les alités. Les ennemis
jurent déconc'.rîés de cette alliance.
il sij;nifie aussi, Troubler, interdire, faire
perdre contenance ^ qtiek]u'un. Il arriva une
chose fjui le déconcerta fort. Il faut peu declosc
|)onr le déconcerter.
DKCONCEnxEn , s'emploie aussi avec le pro-
nom personnel, d'est un homme qui se décon-
cei'te aisément.
DtcoNCEiiTÉ, ÉE. participe.
DECONFIRE.v. a. Défaire entièrement dans
une bataille. Déconfire les ennemis. 11 est vieux.
On dit figurément et par plaisatiteiie, Dé-
confïrc quelqu\tn , pour dire , Le réduire à ne
ravoir plus que dire , ni quelle contenance
lenir. Ce discours l'embarrassa , il fut tout dé-
confit.
DÉCONFIT, ITE. parti tipe.
DÉrOM'ITI'RH. snbsl. T. Entière débita
Grande, horrible, furieuse, sanglante dècon-
jifure. La découjiturc des troupes. Il est vieux.
On l'emploie quelquefois dans le burlesque.
Ainsi l'on dit. Il y avoit à ce repas quantité ds
ijihier, force pûtes, etc. on en ft une belle dé-
l'on/iture.
Il se dit Ê;.;u\ément et familièrement, De la
ruine entière d'un Négociant ou d'un homme
d'alTaires. La banqueroute qu'on luia faite a été
cause de sa déconfiture , et Je la ruine de tous
les créanciers,
DÉcovriTUSE, lenne de Pratique, signifie
Banqueroute, faillite, état d'un débiteur dont
les biena ne sont pas suffisans pour payer ses
ilclle». Le privilège de premier saisissant cesse
dans le cas de déconfiture.
DECONFORT. s, m. Désolation, découra-
gement d'une p' rsonnc qui se voit sans secours.
U est vieux.
DÉCONFORTER, t. «. Décourager. Cela l„
extrêmement décunforté.
Il s'emploie aussi aveo le pronom person-
nel, et .signifie, Perdre courage, s'aflliger, se
désoler. Plus on essaie de le cutisoler, plus il se
défonforte.
DÉcoîii'onTÉ, Éi. participe.
DÉCONSEILr,ER. v. acL Dissuader, con-
seiller de ne pas dire quciquecliose, en détour-
ner pnr ses raisons, pur ses avis. Je ne lui cor.-
seille, ni ne lui déconseille celle entreprise.
Il se dit auMi De la personne. // fera ce
qu'il voudia . je ne le conseille^ ni ne le ié-
eonseiUe.
DEC Zy:^
■ PÊcossEiiLÉ, is. participe.
DÉCONSTRLIRE. v. act. Désassemblcr l«
parties d'une machine, d'un discours, d'une
phras». Décoristraircunemae/iinepourlatrariî-
fiorler ailleurs. Pour jugei' de l'e.xaclituded'uii£
phrase poétique, il 5«//i( Je la déconstntire. En
déconslruisanl cette phrase, on lui [ait perdre
son énergie.
Dlcoxstkuit, itk. paiiicipe.
DÉCONTENANCER, v. act. Faire iierdre
contenance .'i quelqu'un. On lut a dit des
choses qui l'ont décontenancé. Il est aisé à dé-
contenancer.
On dit aussi. Se décontenancer, pour dire.
Perdre contenance, communément, par liuii-
Jité, par embarras. Ce jeune homme se décon-
tenance Irés-aisément.
DÉcosTEMAscÉ. e'e. p.irticipe. Qui a pcrd.i
contenance, ou qui de soi-même n'eu a point.
Quanii il est eu compagnie, il est tout décon-
tenancé,
DÉCONVENUE, s. f. Malheur, œauvai.s
uiccés. // m'a conté sa déconvenue. 11 u'est
plus d'usage que dans le stjlc familier.
DÉCORATEUR, s. m. Qui fait des décora-
lions pour des fêles, pour des Théâtres. Vn
habile Décorateur,
DÉCORATION, s. f. Embellissement, ori«-
ment. Il se dit principalement Des orneineiw
fl'Architecture , de Peinture et de Sculptun'.
F(iir« plusieurs ouvraqcs pour la décoration de
lu Ville. Il a laissé tant par testament pour .^
décoration de Vl^.qlïse,
On appelle Décorutiou, eu parlant du Tiiéà-
Ire, La représentation qu'on v vot des lieux
ou l'action est supposée se jwsser. Les décora-
lions d'un tel Opéra sont très-belles, La déco-
ration du premier acte,
DÉcon,VTiON, se dil aussi par rapport aux
personnes, et significj Marque d'honneur, de
dignité. Le Roi, avant que de l'envoyer en
Ambassade, l'a fait Chevalier des Oriles, pour
lui donner une dî-coration.
DÉOORDER. v. a. Détortillcr une corde ,
séparer les cordons dont elle est composée. Dé-
corder un l'ieux cdble,
DÉconnÉ, ÉE- participe.
DECORER, v. a. l>rner, parer. Décorer un
Théâtre, un Temple, un Edifice public, un
Salon, etc. Le Théâtre étoit magnifiquenieni
décoré. Il ne se dit proprement que des Théâtres,
des places et des autres lieux publics.
DÉcoBEn, se dit aussi en parlant Des tilrw,
des dignités que l'on confire à des [wrsonnes
pour les honorer. La Pairie dêcoi e une Maison.
DÉcnni. ék. participe.
DÈCORTICATION. s, f. Action d'écorcer
ott de prier des branches, dc5 racines, des
graines, et :.
DECORUM. ». m. Terme purement Latin ,
qui D'est guère d'usage qu'en celle phrase.
Garder le décorum, qui signifie, Garder le»
bienséances.
DÉCOUCriER. verbe neui. Conclicr liors
de chez soi, hors d.i logis où l'on a accnuiuniii
'e coucher. Depuis huit jours il a dicu,:ché
376 DEC
trois fois. Il ne veut point que ses valets àé-
eouchent.
On tiil, cju't/n homme ne âécouche ^-oinf
^avec sa jfmmCj pour dire, <]u'll couche tou-
jours dans le même Ut que sa fomme.
H fst aussi actif, et signifie, I-lti'c cause que
quelqu'un quhlc le Ht où il cimchc. Il ne faut
jamais découcher son hute, Le maître de la
moison. Je n\ii garde de vous dccoucher.
rÉcoucHÉ, EL', paiticipe.
DECOUDRE. V. n. (H se conjugue comme
Coudre. ) Oéfaire une couture , ce qui est cousu.
Découdre la dvnhbirc d'un habit. Découdre un
habit. Découdre de la dentelle, etc.
Il se dit fi^^urcment d'Uue plaie en lone,
comme celle que fait un sanglier en décliiraiu
le yeutrc d'un cliïen. Le sanglier d^un cou^)
de défense a dccowu le ver.ire à un de nos
e/iic'-.s.
Il se dit aussi Des choses dont la couture
vient îi se défuire. Cela commence à se découdre.
Une doiihlure aui s'est décousue.
On dit figurcment et faniilitneui., que Des
affaires se décousent, commentent à se dé-
coudre. Quand 'lies commencerit Ji aller mat.
On dit aussi figurcment, en p:irlant De deux
nmis qui se refroidisscnl l'un pour lautre, que
Leur aniitiê commence à se découdre.
DÉcouonE, est aussi neutre; et dans celte
acception il n'est d'usa;;e qu'avec la particule
erïj et en parlant fif^iu'.'înent cl provcrhialeni.
Des personnes qui se délcrminenl et se dis-
posent à quelque combat, i*i iiiiehjiie ediilc-r».!
000, a des jeux, a des exercices qui sont unfl
tnanière de combat. 7!.'! en veulent découvre. Il
est résolu de lui faire tirer Vépêe, il en veut
découdre. Apportez. nous dcA cartes, un trictrac,
je rois bien nue ^lonsieur en veut découdre.
Hé bien! il ne veut point d'accommodement ^
il veut plaider j il en faut découdre. Allons,
voulez-xious (jue nous fassions deux coups de
fleuret ? Voulez - vous que nous e^i décou-
sions?
DÉCOUSU, DE. participe. On dît an figiiti-,
d'Un Style qui n'a point de liaison, (jue C^est
au style décousu. Il ne -fi a tenu que des propos
décousus.
DÉCOULANT, ANTE. odj. Qui découle.
DÉCOULIiMENT. s. m. Flux, mouvement
de ce qui découle lentement, peu à peu et de
suite, de baut en bas. Le découlemeiit des hu-
meurs. Le découlement île la pîtutlc. Il n'est
mère d'usage qu'en ces plinses.
DÉCOULER. V. n. Couler. Il ne se dit que
Des choses liquides qui tombent peu à peu et
de suite. Il s'est fait une Unère pinûre, et il en
découle du sang. Veaudécouloit peu à peu. Lc^
eaux y les humeurs qui découlent du cerveau
dans Vestomac^ sur la poitrine.
Il se dit aussi fi^urement Des choses spiri-
tuelles et morales. Dieu fuît dccoulei- sur nous
les grdces en abondance. Les biens et les maiu:
découlent d'un même principe.
DECOUPER. V. a. 0)Ujier par morceaux.
n te dit Des pièces de viande telles que la
volaille et le gibier, qui peuvent se sépai*er pîtt
DEC
membres. Découper un pdiAct^ un chapon ^ un
lei'raut. <
Il se dît aussi Des étofTcs que l'on coupe
avec art à petites taillades, soit qu'on enlève la
pi(>ce, soit qu'on ne rcnU-\ e pas. Découper du
drapj du satin, du taffetas^ etc. Découper une
jupe, un pourpoint.
Ou dit, Découper des cartes à jouer y du pa-
^ icr , du parchemin , pour dire. Les couper de
manière que ce qui en reste rej>r('sentc quelque
figure.
On dit, Découper une image, une estampe,
pour dire, Séparer les figures uu foud, pour
les appliquer sur un autie fond.
DtcoiirÉ, ÉK. participe.
DÉCOUPEUR, EUSE. s. Ct^lui, celle qui
travaille eu découpure.
DÉCOUPLE ou DECOUPLER.s.nLTerme
de Vénerie. L'action de dclacber les chiens
pour qu'ils courent après la bêle. Au premier
découplé. Au premier découpla:
DECOUPLER. V: a. Détacher des chiens
couplés. Il ne se dit i^uère qu'en parlant Des
chiens courans, qu'on mène attaches deux ^
deux. Découplé}' des chiens. Dès cm'ou fut arrive
au rende-.- voua, on découpla les chiens. On dit
aussi et sans régime, Dès t^uan jut arrivé sur
la bruyère, un décvnpla.
On dit fîgurément et familièrement, Décou^
pler des gens après queh^unn^ pour dire, Lu-
cifer des i^cn» après quelqu'un pour lui faire de
la peine, .'''il me fdche, je découplerai sur lui,
]f lui décuuj.'icrat dus ijcns i/ui /'iacommo(?eron(
cof^nie il faut. J e decouplerai les Sergens après
l.i
OÉcoi.'Pi.t, ÉE. participe.
On dit aussi d'Un jeune homme de belle
taille, qu'// est bien découplé. Vn drôle bien
découplé. Il est du styl^" familier.
DÉCOUPURE, s. f . Petite taillade faite pour
ornement à queitjue ctofFo, à de la toile, à du
papier, etc. Découpure fine. Découpure grof^-
siére. Faire de la découpure. Travailler en de
coupure. Faire un meuble de découpure d^étofji.
On donne aussi le nom de Découpure îi la
chose même qui e;;t deccupée.
DÉCOURAGEMENT, s. m. Perte de cou-
rage, abattement de cneur. Ce Général voyant
le découragetnent de ■^'',s soldats, leva le siège
Il a abandonné celle entreprise par décourage-
aient. Tonihtr dans le découragement.
DÉCtJURAGER. v. a. AI)altre le couraf;e.
ôler le courage. Décourager ipielquun. Cet
accident, cette surprise découragea fort les sol
dais. Il y a de quoi se décourager.
Il signifie aussi, Faire perdre l'envie, le
couragcde faire quelque chose. // est décourage
de t)-avaiUer, découragé du travail. Ses amis
l'en ont décourage : il vaut mieux dire, L'en
ont de'j^oûté, l'en ont dissuadé.
DKCOtnAGK, Éi;. participe.
DÉt^UURS. subst. m. Décroissemcnt de la
Lune. La Lune ctoit en son plein avant-hier,
:llc est a cette leure en décours.
Il se dit aussi Da déclin des maladie&. La
fiùvre étott en son décours.
DEC
DECO USURE, s. f. L'endroit décousu de
.iiueK[Uo linge, ou de (pielque étoffe. Cela n^est
pas déchiré, ce n'est qu^une décousure.
DÉCOUVERTE, s. f. Action de découvrir,
ou la ehose même qu'on a découverte, qu on a
trouvée. Travailler à la découverte d'un trésor,
d'nnc mine, à la découverte des secrets de la
Médecine y à des découvertes de Physique,
d'Astronomie. Depuis la découverte des Indes.
Wnléi une grande déiouva'te. C'est lui qui a
fait cette découverte. ?iouvelles découvertes.
On dit en termes de Guerre, Aller ou en-
voyer à la découverte du pays, à la découverte
des ennetr.iSj à la découverte.
DÉCOUVREUR, s. m. Celui qui fait ou qui
a fait une découverte. Colomb est le véritable
découvreur de VAmèrique.
DÉCOUVRIR. V. a, (Use conjugue comme
Coumr. ) ôter ce qui couvroH ou une chose,
ou une personne. Decouirir un pot, un plat,
un panier. Découvrir une maison. Découvrir un
homme qui est datis son Ut. Découvrir Vos pour
voir s'il n'est poin( offensé. Découvrir les ra-
cines d'un arbre.
DÉcocvniR , signifie quelquefois , Laisser
voir , ou bisser trop voir; et dans cette accep-
tion il ne se dit guère qu eu parlant Des fem-
mes. JJnc jciume qui se découvre la gorge.
Ou dit, Découvrir son jeu, pour dire, lais-
ser voir ou n, outrer ses caries; et l'on dit figu-
rément d'Un Iiomme, qu'/i découvre son j,eu,
Lorsqu'il joue de manière qu'il donne con jeu
h connoilre.
Ou dit ?ussi en parlant d'affaires , qu'LV
homme a découvert son jeu, pour dire, qu^l a
donné à connoitre ses desseins, et les moyens
qu il emploie pour les exécuter.
On dit, 5e dccouirir, pour dire, Oter son
chapeau , son bonnet. 5e découvrir devant
quelqu^in.
On dit en ternies d'Escrime, qu't/n liommc
se découvre, qu'il se découvre trop, pour dire,
qu II donne trop de prise h relui contre qui il
se bat, qu'il ne se met pas bien en garde.
On dit aussi d'Un homme qui est dans une
tranchée, ou dans un autre lieu exposé aux
coups, qu'il sedécouvre trop, poiu dire, qu'il
s'expose trop aux coups.
On dit eu termes de Guerre, De'couirir la
frontière, pour dire, La dég.'irnir de forces;
et dans une action de guerre qui se passe ea
plaine, qu'O» (i trop découvert l'infanterie ,
pour dire, qu'un a trop fait éloigner la cava-
lerie qui la rouvroit.
Ou dit, qu'Une Place, qu'iiuc Vil/c est dé-
couverte, Quand celles qui étoient les plus
avancées et qui la couvroiciil, ont été démo-
lÏLS, ou qu'elles on! élé prises par l'ennemi.
On dit aux Échecs. Découvrir une pièce,
pour dire, La dégarnir des pièces qui la dc-
vroicnl couvrir; et ou dit aussi quelquefois ,
Découvrir une j'iéce, pour dire, La dégaf^er de
ce qui l'empéclroit d'ai^ir.
tin dit iiu inctrao, Découvrir une dame,
pour dire. Laisser. une dame seule dans une
casr, en sorte quelle peut être baltuc; cl ûant.
DEC
M vnémc sens on dit, Découvrir son jeu se de-
couvrir,
DÉCoivnin, si;;nifîc figurcmcut, Pnrvcnir S
connoîiie ce qui cioil tenu caclié. J'iii lUcou-
val Sun dessein. On a dècoin'cri le inys/èfe.
J'ai ticcouvert sa fourbe. Je découvrirai le lar-
rou. Découvrir une conspiration , un ccmylot.
Il si:;iiîfie nussi , Déclarer ce qu'on tenoit se-
cu't , ce qu'on tciioit c?c(ic. // m'a découvert
son secret. Je n'ui découvcit cela ù personne.
Je me suis découvert à lui. Je lui ai découvert
mon cœur. Un accitsé qui a découvert ses com-
plicei. Découvrir ses sentimens.
On dit figurcmcntiqu'r/n homme se décou-
vre trop, pour dire, qu'il donne nop h con-
nodre ses aflàircs, ses secrets, ses sentîmens.
DÉCOrvnin, sii;nifip aussi, Commencer d'a-
perc'voir. Quand ih eurent navinué tant de
jours ^ ils découvrirent un tel cap. On décou-
vrit les vaisseaux de l'armée ennemie. On n'eut
pas marché une lieuCj qu'on découvrit la tête
de Varmée ennemie.
On dit de ni^me figurément , .îu bout de
t^uelque temps , je dccotwrîs quil me Irompoit.
DÉcotJViur,sedil aussi en parlant nesmincs»
des carrit'rciî , et des pays qui n'iivoicnt pas été
connus. Découvrir une mine d'or, d^arncnt.
etc. Découvrir une carrière de marbre^ de
pierre, de plâtre. Découvrir une terre nouvelle,
un pays inconnu. Découvrir une source , de-i
taux. Découvrir de nouvel/es étoiles. Quand les
Indes furent dccoui-ertes. Quand on découvrit
rc Bré*tl. le Japon . etc
H se dit ai'.ssi en parlant iJcs nouvelles con-
Doissances qui s'acquirrcnl sur des personnes.
r : çurdes clioses. O" lui découvre tous les jours
de nouvelles dettes. Découvrir des secrets , de.ç vé-
rités de la nature, d.ms laJSlédecine , dans quel-
ques sciences. C^est un tel qui a découvert la cir-
iulationdnsanq^quiadécouvertlesveineslaclées.
Ou dit figiircmcnt el pro%'erbialemcnt, Dé-
couvrir le pot aux roses, pour dire, Découvrir
ri- qu'il y a de secret dans qnclqnc intrigue. 71
croyait que son intritjue étoit bien cachée;
mais enjin on a découvert le pot aux roses.
DÉcontiiT, EU TE. participe.
En ccmies de Pratique, on dit. Offrir une
scntme d'ar(j''.nt à deniers découvej'ts, deniers
u découvert, pour dire. Kn deniers cnmptans.
On appelle , en termes de Jardiri;ii^e, Î7mc
tller découverte. Une allé** dont les arbres ne
« joif^nfnl point par en h-iut.
Et 00 appelle Pays découvert. Un pays où
il y a peu d'arbres. La Beauce est un ;-'ys fort
découvert.
A DÉcouvtBT. exp. ndv. Sans être couvert. Il
n yavott ni portes ni jenétres à cette maison, nous
étions à découvert. Se promener à découvert.
A DÉcoivEnr, se dit auMi en Irmies de
Guerre, pour dire. Sans que rirn mette 'i cou-
vert, paranlisse du feu de l'eMncnii. Ih allèrent
à déeouvat attaquer la demi-lune. On ètoit à
ilecoui>er( dans la tranchée.
Il signifie Gj;urément, Minifc^trnicnt. clii-
rMpent, «;ini ambigoité. 71 lui dit la chose i. ut
à découvert.
Tome l.
DEC
A visage découvert. Façon de parler adver-
f.îale el ijgurce, pour dire, Ouvertement, sans
.K'g;.iscn)c:m, sans dctniir.
Un dit dans le mf'mc sens, Se montrer a
découvert.
DÉCRASSER, v. a. Ùter la ciasse. Décras-
■cr /es mains. Décrasser la t.Ue. Décrasser lu
peau. Les bains, les ètitves servent à décrasser.
Ccttpdte décrasse parfaitement bien.
On dit, 7)écr(*sser (lu /inné, pour dire. En ôtrr
avec une preniic^re eau ce qu'il a de plus sale,
n£cnAssKH, se dit lî^urénicnt ."ïn diverses ac-
-épiions. Ainsi on dît d'Un liomnic qui a êtc
riin! élcviî,nu qui n'a point encore vu le monde.
f[u*!l lui faut faire voir bonne compagnie poui
le décrasser, c'est-h-dire , pour le polir; d Von
lit d'Uu Iiommc de nasse extraction qui a
jiclietd une charge considcr.:ble, ^u'Il l'a ache-
tée pow se décrasser. Il n'est que du stvle fa-
riiilier.
DtcrtAssK, ^E. participe.
IJÉCKKDITKMENT. s.' m. Action de dccrc.
ililcr.
DKCRl'iDITER. v. a. tJter le crédit, faire
perdre le crédit. La mauvaise foi décrcdite un
Marcliand. Il est décrcdite tout-à~fa't.
Il signifie fîj^urcnicnt. Faire perdre à quel-
qu'un la considération, rautorïlé, l'cstinie où
il étoit. Cffte action, ce procédé, ce bruit Va
étrangement décréditc. Il s'est décrédité par sa
mauvaise conduite.
Il se met .Tiissi avec le pronom personnel.
On d'. d'Une opinion qui vient i n'avoii
phis de cours après en avoir eu bcauconp,
qu'M/c commence à se décréditer ', et lors-
qu'un remède, après avoir été fort employé,
vient à l'être Ix'aucoup moins , on dit aussi,
rue C^est un remède décrcdite,
DÉcnÉDiTÉ, ÊE. participe.
Dl'XRlblT, ITE. adj. Vieux et cassé. Cet
homme est décrépit. Femme décrépite. VicUlt
décrépite. Vieillesse décrépite. Age dén'épit.
DÊr:RÉPITAT10N. s. f. En.Cbimie, il se
dit Du pc'tiHemeni ou du bruit que font quel-
ques sels dans le feu. Qu^ind on jette du sel
marin dans le /c», le bruit i^u'il fait s'appelle
Décrépitation.
DÉCnÉprrATios, signifie aussi La calcination
d'un srl , jusqu'à ce qu'il ne ptille plus. El
l'on dit alors, 7)m sel décrépite , faire décrépiter
du sel
nÉCRÉPïTER. r. a. Décrépiter le sel, U
faire sécher, le calciner jusqu'i ce qu'il ne pi^
tille plus nu feu.
Il s'emploie sans réj;ime , pour, Pétiller,
faire du bruit. Le sel marin décrépite ^uand on
le jette uu feu.
DÉcnépiTK,ÉE. participe.
DÉCRÉPITUDE, s. f. Ktoi de vieillesse ex-
irénic;*ctat d un vieillard cassé. Etre dans la
décrépitude y dans a danicre décrépitude. Lu
mauvaise santé de ce jeune I omme l'a réduit à
un vér-itahle état de décrépitude.
DECRET. .1. m. Ordre, ordonnance, jugev
mcnl, loi. Les décrets éternels. Les décrets de
la Providence Divine. Le» décrets du Ciel L'n
DEC 377
àécrei du Pape. Les décrets de l'Église, Les
^ décrets de Sorbonne.
Déchet, se prend plus particulièrement
pour Une Ordonnance du Matjistrat, qui perte
• irdinaircment prise de corps . ou saisie de
biens. Décret de prise de corps. Décret d'ajonr.
nement personnel. Purqer le Vcref. Vcn^i-
une ten'e par décret. Maison mise en décret.
Cette maison est en décret. Faire le décret d'une
lerrt. Cela a passé par décret. Décret 'orc.-.
Décret volontaire.
On appelle Le décret y Un recueil d'anciens
Canons des Conciles , de Constitutions des
Pajies, et de Sentences des Pères. Le décret de
Gratien. Les Commentateurs du décret.
DÉCRET AEE. s. f. Épitrc, lettre cerile par
les anciens Papes, p^iiu" faire quelque règl*^•
ment. Le recueil des Décrétales. Les fausses Dé'
crétales,
DfXRÉTER. V. a. Terme de Palais. Décer-
ner un décret. Déci'^tcr de prise de corps , d'à-
journcment personnel. Décréter contre queU
qu'un. On dit , !K:cré.ler une mai-ori ^ une (citc,
pour dire, En faire le décret pour le p^yemenl
des créanciers et pour la sûreté des acheteurs.
DiicnÉTÉ, LE. piirticipe.
DICCRI. s. m. Cri public, par lequel on dé-
fend le cours de quchpies monnoics, ou le dé-
bit de quelque marchandise, comme des den-
telles, des passemens. Le décri des dentelles
d'or et d'argent. Le décri des ctojcs des Indes.
Son plus grand usag^ e.st pour" la diminution
ou poi*r la suppression des nonr-nies. On lui a
fait un ïemboursement la vieille dn l'écrî.
U signifie aussi figiu-ément, Perte de répu-
tation et de crédit. Il est dans le décri. Cela Va
mis tout- à -fait dans le décri Tomhtr dans \ç
décri.
DECRIER. T. a. Défendre le cours. l'us.i^^e
de quelque chose par cri. On a décrié une telle
^orte de morwoe, les testons, les doubles, les
quarts d'écHSj etc. Décrier les dentelles, /i*s
j'assemens d'or et d'argent. On a décrié les
itofjls des Indes. Son p'us grand nsago est
pour la dimimition ou la suppression de cer-
taines nionnnies.
Il signifie figurément , Dccrcdiler, ôlcr la
réput.ilion el l'estime. // en dit beaucoup de
mal, et le décne partout. lia fait une action
'^ui Va fort décrié. Il s'est décrié lui-ntéme. Il
est décrié tout- à -fait parmi les Marchands^
parmi les Etrangers, dans sa Compagnie. Cette
femme s'est fort décriée par sa mauvaise con-
duite. Il est décrié comme fausse monnoie.Celn
a fort décrié :^on ouvrage.
DÉr.niÉ, ÊE. participe. On dit, Vn homme
décric, pour dire, Un homme perdu de répstd-
t ion.
El on dit. Une conduite décriée, pour dire,
Une niauTiisc conduite connue et désapprou-
vée de tont le monde.
DICCRIRK. T. art. (Il se conjugue comme
TCrrirc. ) Repré>enter, dé|>eindrc par le di»-
, rours. // nous a bien dcciit ce Pays-là. ce Pa-
lais. Ce Poète déa'it bien une bataille, une
ICP"^J^
48
.'.78
DEC DED
On dit eo r.eoniéirie, Décrire une courbe. DF.CUSSATÏON. s. f. Ternie de GtomL^trie
nour dire la tracer. V ^^ d'Oplique. Concours, lencoutic de deuj: ou
DÉcniiiE, Donner une idée gciicrale. // y *'
catiiines choses (ju'on ne <ïi'/ini( pas cxuctc-
mcrif j on se couteulc de les décrire.
DÉcniT, iTE. participe.
DÉCROCHER, v, a. Détacher uue chose nui
ctoit accrochc'e. Décrocher une tapisseiie.
DÉcnocMK, ÊE. participe.
DÉCROIRK. V act. Ne croire pas. Il n'est
gu^Te d'usa{;c qu'eu rq)po5ant au mot Croj'rc,
et dans cette phrase. Je ne crois ni ne décrois.
Il est du style familier.
DÉCROlSSEMENT. s. m. Diminution. Le
décroisscment de la rivière. î.e d' ^roissenient des
jours.
DÉCROÎTRE. V. n. (Il se conjugue comme
Croître.) Diminuer. La rivière dècroU. Les
jours sont hten (lécrns. Après la iSt-inl- Jeun,
les jours commencent à décroître,
DÉCRU , UE. participe.
DÉCROTTER, v. a. Ôter la crotte. Décrot-
ter des hottes. Décrotter des souliers. Décroller
des habits.
DÉcnoTTÉ, ÉE. participe.
Df%CR01TEUR. s. m. Celui qui décrotte.
DÉCROTTOIRE. s. f . Sorte de brosse dont
on se sert pour dccrotter.
On dit familièrement d'Uue personne qui a
la p''au rude, qu'KÏ/e a la peau rude comme
des dê.crottoires.
I)E(UiUICR. V. a. Préparer du fil p:ir uuv,
lessive avant la teinture.
DÊCRCÉ, Et. participe.
nÉCRÛMENT. s. m. Action ut; dôorner.
DÉCRUSEMI:NT. ». m. Action de décruscr.
DÉCRUSER. V. a. Mettre des cocons dans
l'eau bouillante, pour en dévider la soie avec
facilité.
DÉcnvsi , Éi:. 1 artieipe.
DÉCUIRE. V. a. C.orrigor l'excès de la cuis-
son. Il se dit Des sirops et confitures, où l'on
met de l'eau, pour les rendre plus liquides,
quand ils sont trop cuits. Ce sirop est trop
épais. Il faut le décuire.
On dit , que Les confitures se décuisent ,
pour dire, que Faute d'avoir ct<î assez cuites,
elles se liquélient trop.
DÉCUIT, rrE. participe.
Df'.CUPLE. s. m. Dix fois autant. îl a (juffnè
dans cette affnirc le décuple de ce quil avoit
avance.
Tl s'emploie au''Si adjectivement, t^ne somme
décuple. Vue (jitantilé décu}di' d'une autre.
DÉCUPLER. V. a. Auj;mcnter de dix fois
nutart. Pour décupler une somme ^ on y ajoute
un zéro. Il a décuplé son hîen depuis dix ans,
Il est dix fois plus ricbe qu'il n'ctoit il y a
dix ans.
Dkcuplé, éc. participe.
DÉCURIE, s. f. Ou appeloit ainsi, chm les
Romains, TJne tioupc de dix sold^as, ou de
dix autres hommes , sous un Ofiicier qu'on
nomn:oit Décurion.
DÉCURÏON. s. m. Celui qui commandoit
«ne troujK. de 'lix soldais chez les Komaiiis.
lie plusieurs lignes. Point de dècussation.
DED
DÉDAIGTNER. v. act. Mar<]U(T du dcdaiii.
Vous nous dedaKjnez bien, 'i'oui d^-daïquez
mon amitié. Il dédaiijne mes services.
Il s'emploie aussi au neutre. Il dédai(jne de
nous servir. Il a dédttiqné de nous parler.
DÉDAIGNÉ, ÉE. participe.
DÉDAIGNEUSEMENT, adv. Avec dëdain,
d'.unc manière dédaigneuse. Regaider dédai-
qneuFcriXcnl. Traiter dédainneusement,
DEDAir.NEUX, EUSE. adj. Qui marque
(lu dédain. Des renards dêdaiijncux. Avoir Vair
dédaigneux, la mine dédaigneuse. Caraclère
dédaigneux. Humeur dédaigneuse. Beauté jiéie
et dédaigneuse.
Il est aussi substantif. Faire le dédaigncu.r.
DÉDAIN, s. maso. Sorte de mépris vrai ou
[iffecté, exprime par l'air, le ton et le maintien.
liecevoir avec dédain. Il tèmoifjna heaHC<ntp de
dédain. Essuyer les dédains d'un grand Sei-
gneur.
DÉDALE, s. m. Lubyrinlîjc. Lieu où l'on
s'égare, où l'on se perd, à cause de l'embarras
des détours.
On le dit aussi figurément. Cela vous enga-
gera dans un dédale de procefïures. Le dédali
des lois.
DEDAMER, v. n. se dit an jm des Dames,
''irvqii'iin ioucnr déplacf^ une des daups qui
nccopent le ran;:; qui est le plus procKe de lui.
DEDANS, adv. de lieu. !l est là- dedans.
Entrez là-dedans. En dedans. Par dedans. Un
hdtlment doit cire commode en dedans, et ré-
[/«lier en dehors.
On dit figurément cl familirreincut d'Un
homme qui est encore i:. certain du hon ou du
mauvais succès d'une afruiie,qu7/ n'est encore
ni dedans ni dehors.
On dit proverbialement d'Un homme timide
il montrer son savoir, qu'// a Vcspril en de-
dans.
Quelquefois il est préposition. H passa "par
dedans laVillc^ par dedans la maison, etc. Ou
i:e l'emploie guère de la sorte que dans ces
phrases.
DEDANS, suhst. m. La partie intérieure de
i]ue!nue rhosc. Le dedans ^ les dedans d'une
ruaison. Le mal vient -îu dedans^ est au de-
dans.
On dit dans les cour.'TS de Bague, Avoir
deu.x dedans, trois dedans, pour dire. Avoir
cmp'^rlé d^ux ou trois fois la bagne.
Le dcdfm.ï, Ïcî dedans d'un jeu de Paume ,
C'est, tlaijs quekjues jeux de Paume, une pe-
li;e galerie ouverte qui est à îun d« deuv
houts. Jeu de Panne à dcd'ins.
DÉDICACE, s. f. Consécration d'une E-lisc.
Faire la Dédicace d'une Efjlise. La Fête de la
Dédicace de l'Efjli.'^c de Soint-Pierre.
On nppi lleau.ssîDéiiicacc,Lu F£te annuelle
> ({ui se fait en mémoire de la consécration d'une
Église.
DED
On (?tt aussi, La Dédicace d'une statue.
Dkdica(E, se dit aussi Dr l'adresse d'un
livre, qu'on fait à quelqu'un par une épilrp ou
par une inscription à la tète de l'ouvrage. Un
livre où il n'y a point de dédicace.
DÉDICATOIRE. adj. Ce mol n'est m usage
tpi'avec épilre : Êpltre dédicatotre, (jui se dit
De l'épître qu'on met h la tHc d'un li\rc pour
le dédier h quelqu'un.
DEDIER. V. a. Consacrer au culte divî».
Dédier une Eglise, un Autel, une Chapelle.
On dit, Dédier un livre, un ouvrage à ^uci
guun. Lorsqu'on lui adresse un ouvrage par
une épître ou par une inscription à ta tête du
livre.
DÉDIÉ, ÉE. participe.
DI^DIRE. v. a. Il fait à la seconde personne
du pluriel du présent de l'indicatif, tous dédi-
ses. À l'égard du reste il se conjugue comme
Dire, Desavouer quelqu'un de ce qu'il s'est
nvancê de dire ou de faire pour nous. Je ne
vous en dédirai pas. Vous n^en serez pas dédit.
[\Je voudriez-vous dédire? N'allez pas me dé-
dire.
Si: DKDinE. Se rétracter, dire le contr.drc de
ce qu'on a dit, desavouer ce qu'on a dit. Les
témoins se sont dédits. Vous avez dit du nml
d'uu (cl, vous êtes obligé de vous en dédire.
Se dÉdif.e, signifie aussi, Ne tenir pas id
parole. Il nous avoit promis cela, il s'est d-dit.
Il avoit ofi'rl cent écus, il s'en est dédil.
Ou dit fiî^iirémpnt. d'Un horairic trop en-
f^agé dan.s une afifaire pour ne pas la pou.-'Mi ■"
bout, qu'/l ne peut sVn déd'tc. Ce G.'uét ul
t'est trop avancé, il faut qu'il donne bataille,
il ne sauroit plus s'en dédire.
DÉDIT, ITE. participe.
DÉDIT, s. masc. Révocation d'une pftiolc
ilonnce. // a son dit et sun dédit. Il est familier.
Il se prend aussi quelquefois pour La peine
dont on est convenu entre deux ou plusieurs
personnes, contre celui qui se dédira. Il y a
un dédit. Un dédit de mille- écus. Il y a tant
p mr le dédit. Payer le dédit. Il y a cent louit
de dédit.
DÉDOMMAGEMENT, s. m. Réparation
d'un dommage. Il faut tant pour mon dédom-
maqemcnt.
DÉDOMMAGER, v. a. Indemniser, réparer
le dommage. Dédommagez-moi. Si vous ne mt
dédommanez, je vous ferai un procès.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel.
5e dédommager d'un côté de ce qu^on a perdu
de Vautre. J'y ai perdu en cela, mais je m'en
dédommagerai.
DÉDOMMAGÉ, Ee. participe.
DÉDURER. v. a. Olcr, cOàccr la dnnire eu
partie, dintinucr de la dorure. A fotce de tou-
cher à ce cadre-là j vous le dédorez.
Il s'emploie aussi avec le pronom peisonnej,
et signifie, Perdre de la dorure peu à peu. De
la vaisselle de vermeil qui commence à se ile-
.h>rcr.
DÉDonÉ, LE. particip(!.
DÉDOUBLER, v. a. Ôlcr la doublure. Dé-
doubler un Itahit, un manteau.
DEF
On dit niissi , en terin. s de Guerre , DcJuu-
Her les rangs , Us jiles.
On dit aussi, Dêtiouhkr un régiment, une
compnjnie , pour dire , Partn-^er un rùsi""""'
en deux réginiens, une conniagnie en (l<ux
cnmpagnies ; DiJouhler une pierre, La séparer
en deux dans tnite sa longueur.
DÉDOOBii , *E. participe.
DÉDUCTION, s. f. Sousirartion. On lui a
payé (uni en i!«l"clior> du ; rincipal La suc- \
teaion, déduction faite dei fr^iis, monte à telll
êomme.
Il signifie aussi , Narration , énumëration en
détail. Faire une lo7inue déduction de ses rai-
sonSj de ses malheurs. \
DÉDUIRE. V. a. Rabattre, fiiire soustrac-
tion. Il en faut déduire ce <jue vous avez dé-
pensé, reçu. Il en fr.ut déduire les frais.
Il signifie aussi , Narrer . racoi.ter au long cl
par le menu. Déduire son fait, ses raisons.
11 signifie aussi InKrer, tirer comme consé-
quence. Celte consé(juence est mal d'-duite,
DÉDiii, iTE. participe.
DÉDUIT, s. m. Divertissement. 11 est vieux.
Il ne se diroit plus qu'en stjle liadin et bur-
Ics'iue.
DEE
DÉESSE, s. f. Di initc falmleuM de sext
féminin. La Déesse Junon. La Déesse Cérés.
Les trois Déesses. Diane la Déesse des forêts.
On dit d'Une belle femme qui a l'air et le
port majestueux , i^u'E/le a le port d'une
Détsst.
DEF
nÉF.icHER, SE DÉF.iCHER. v. pron.
S'apaiser apri^s s'être mis en colère. 11 n'est
puère d'usage (ju'en certaines phrases prover-
biales. S'il est fi!clté, (fu'il se défiche. S'il se
fiche, il aura la } eine de se défdcher. II aura
deujc peines . de se ficher et de se défdcher.
DéfÂcbÉ, Ée. participe.
DKFAII.L.VNCE. s. f. Foiblesse, cTanouis*
sèment, pâmoison. Tomler en défaillance. Il
lui a pris une défaillance. Il est en défaillance.
Avoir de frétjuentes défaillances.
On appelle Défaillance de nature, I.'état où
est une personne qui vient ii s'alfoiblir par
vieillesse ou autrement. Ce n'est point maladie,
r est défaillance de nature.
DÉFAILLANCE, en Chimie, se dit d'Un corps
iolidc que l'humidité de l'air rend liquide. On
dit. De Vhuile de tartre par défaillance ; C'est
du sel de tartre devenu liquide 5 la cave.
DÉFAILLANT, ANTE. s. lenne de Pro-
li(|ue. Qui manque il comparoilre. i se trouver
^ l'assignation donnée en Justice. Le défaillan..
a été condamné.
DEF.4ILLIR. V. n. Il n'est plus guère usité
qu'au pluriel du présent, A'ous défaillons; à
l'impartait , Ji- dé/iiilloii ; au prétérit . Je dc-
faUlu. j'ai difiilli; et à l'infiniiir, Défaillir.
Manquer Cell.- race a déf.illi en un tel. Il
ermjnoi'fntijiie le jnur nr vint à leur défuillir
avant •juiUpuiMnl «irriKr. Toutes chofes corn-
DEF
mcnçoienl à leur défaillir. Il vieillit dans tous
et' s sens. ■
II .sijiiiifie aussi, Dept'rîr, s'uffoiMir. Se |
ftirces (îcfaiUent tons les jours, commencent à
Jt-/àifhr. Kii ce sens on dit , quX'n homme se
sent d^'piillir, \Mixr iWrc, qu'il «:■ sent loniitci
vn luiltltsse, <nt seulement, qu'il sent que sev
forces d.ii.i'MH'nt.
DI*''KAIRK. V. 0. ( n s? eonjuguc comme
Faire. ] Détruire ce qui est fait. Faire qu'un*
chose ne soit plus ce (|u"elle itoit. Ce que l'un
fitit, l'autre le Hêfait. In Jiœud qu'on ne pettt
défaire. Défaire un mariage. Défaire un mar-
ché. Alcxiindrc ne pouvant défaire le nœud
gordien , le coupa.
Il iigmfie aussi, Faire mourir. Celle mal-
h^v.reuse a défait son fruit, son enfant. Se dc-
f 're soi-même.
Di^FAinE, en parl;int de Troupes, de ^ens
de Guerre, signifie, Mettre en déroute, tailler
en pif?ces, remporter un grand avantage. .1yrè>
^.voir défait les Ennem.s. La flotte des Enne
mis fut défaite.
On dit (ignremcnt,qu'î/nc;'C/ son ne, qu'une
t'Jtose eu défait une autre, pour dire, qu'Klle
IVfîacc p;ir plus d'éclat, par plus de Iieiiuté,
par plus (le mérite. Quanff e//e orriVe au hal,
vile défait toutes les autres femmes. J.e diamant
défait (ou(C5 les autres pierres précieuses. Cet
homme défait tous les auties par la supériorité
de son esprit.
On dit aussi, qn'i/ne maladie a bien dèfai:
((•' /lOMime, qu'i;Ile l'a bien changé, bien atté
nu^jbien amaif5ri. El on dît, que Du vin se
défait, pour dire, qu'il s'afToîblit, qu'il n'esl
plus de la même bonté qu'il étoit, Ce^: sortes dt.
\'in.> là ne sont pas de garde^ ils se d.'-jont ai-
sément.
DÉi'AiRE, si^nifie aussi, Délivrer, dégager.
Défaites-moi de cet importun. Se défaiie d'un
fJcheux. On a eu bien de la peifte à s'en dé-
faire. Se défaire d'une méchante nuhttnde .
dune passion , d' une fausse opanon. Trop d'ha
hitude du vice, donne trop de peine à s'en dé-
faire. On se défait rarement de ses vieux pré-
jugés. Il a bien eu de la peine à se défaire de
sa fièvre.
On dit, Se défaire d'un domestique^ pour
dire, Le mettre dclic^i , le congédier; et , Se
t.cpûre de son ennemi^ pour dire, Le fiire
mourir.
On dit ^ peu prii en ce sens, Défaites-vous
de cela, défaites-'itcus de ce mot'là^ défaites-
vous de CCS manières-là , de ces façons-U , pont
(lire, Désaccoutumex-voiis d'agir, de parler
ainsi.
Un ilit aussi, Se défaire d'une chose, jKiur
dire, L'aliéner, et en transjwrlcr le droit et la
possession U un autre. Un Marchand qui se dé-
fait de sa marchandise. Se défaire d'un cheval,
d'un carrosse. Il veut se défaire de sa maison ,
<!e sa charge. Il y a long temps qu'il s\n est
défait. Ou dit aiL%si,5e défaire d'un Bénéfice.
pour dire, I.e rt^igner, ou s'en démettre.
Dit.vii. AiTK. participe.
Il sigitiHc au5si, .'Vmaigri , attéDué , abattu.
DEF 379
Je l'ai vu avec un visage fort défait. Depuis sa
maladie il est tout défait. Je l'ai vue maigrtj
yalc et défaiie.
DKFAITE.s. f. DiToute d'une armée, ou de
quelques troupes. .^/)rès i>. dêjuitc des ennemis.
Df'^u'te eniiëre. Santjlantc défaits.
l'Éi-AiTE, signiHe au ii , DéJjîl, facilité de M
défaire de quiclquc cliosc Ces ni(ifL'nuufii.sc$-Ià
sont ^e déjaite.
On dit, qu7'n chevtil est de déf ite^de belle
défaite, pour dire , qu'il c«i de belle apparence,
et qu'il sera aise de le bien Tendre.
DÉFAITE, si;;nifie nusai, Excuse artificieuse.
n m'ii donné une défaite. Il a toujours des de-
faites prê'es. Voilà une mauvaise défaite. C'est
une défaite.
DÉFALCATION, s. f. Déduction, retran-
rhrment. Sur le produit de cette terre, il faut
faire la défalcation des faux frais.
DÉFALQUr.K. v. a. Rabattre d'une somme,
déduire. Il lui doit cent éciLs , H en faut défal-
quer ce qu'il a payé pour lui.
DKrAi.QUÉ, i'e. participe.
DÉFAVEUIL s. f. Cessation de faveur. Il
est tombé en défaveur. La défaveur des effets
de banque.
DÉFAVORABLE, adj. des 2 g,. Qui n'est
point favorable. Ce Juge m'a été dé[avorable
dans mon procès. Ce cas est défavorable. Le
Jugement lui fut défavorable.
DÉI AVOKABLKMEiNT. adv. D'une ma-
aif^ic Hicheuse, défavoru])Ie. Il a été traité bien
ùéfivoriihlcment. On l'a juré défavorablement.
DÉFAUSSER, se DÉFAUSSER. v. pron.
Terme de plusieurs jeux de Caries. Il se dit Du
joueur qui, n'ayant pas de la couleur dans la-
quelle on joue, \vl\f celle de ses cartes qu'il rr-
;^arde connue la moins utile.
DÉFAUT, s. m. Imperfection. Défaut légct .
Défaut incorrigible. Défaut naturel. Défaut
qui vient d'accident. Avoir un défaut. Chacun
a ses défauts. Ccnnoître, avouei' ses défauts.
Corriger ses défauts.C'est un défaut personnel.
Il ny a personne sans défaut. Cet homme-là a
bien des défauts, n\i pas un défaut. Il y a bien
des défauts dans cet ou\rage. Défaut d'esprit,
de jugement, de mémoire. Mettre quelqu'un en
défaut, le trouver en défaut.
DÉFAUT, se dit aussi pour signifier, Absence,
manque, privation de quel<jue ]>ersonne, de
quel<pie chose. Eu ce sens il ne se dit guère
tju'cu cette phrase adverbiale, ./u défaut, à dé-
faut,\touT dire, Au lieu, à la place. Prendre de
nouveaux ouvriers pour suppléer au défaut des
anciens. Si à son défaut je vous puis servir ^
vous nave% qu'à dire.
Il signifie, en (ermcs de Pratique, !\Ianque-
meut à l'assignation donnée. Faire défaut. Don-
ner un défaut. Juger un défaut Condamner
piu- défaut. Faire rabattre un défaut.
On apjx'lle. Le défaut des côte^ , L'tndmit
où se (crmineul le* cote». H a été blessé au dé-
faut des côtes.
On appebe Le défaut Je Irt cuirasse, L'in-
terv.dle qui est entre la caira&se et les autres
pièces de l'arroure qui s y jui^jneut. El ou dit
48.
38o
DEF
fi^urémeul et funiilivi-i-ment hc défitul de l
atij-assc, pour <liio, ho foiblc d'un liomnic,v
l'endroit par lequel on peul venir plus ûis<'»ierit
à IjGUt de lui.
DÉFAUT, est aussi un terme de (".Ii isse. On
dit, que Les chiens sont en livfunt^ pour dire,
qu'ils ont perdu les voies de la bé(c; ol ou dit,
i{\\lU ont bien rt'Itvé/Ly/epKfj pour dire, qu'Us
se sont bien reir.is sur Its voies.
DÉI'AUTS, au plnr. en parlai. l Des \^Icnipiis .
signifie, Les emlroils du dessus ou de la dou-
blure d'un habit qui ur sont pas apparens.
DÉFKr:AT10>. snbst. f. Terme de Cbimie
cl dePh.irniacle. ntq;uralion d'une liqueur, qui
se fait par la cbule spoutance des pjilics qui la
reiuloient trouble.
DKl- I1CTII*\ adj. Terme de Grammaire, qui-
ne s'applîqnt qu'aux verbes, et qui se dit d'un
verbe qui n'a pas tous ses temps ou tous ses
modes. La Laïque Françoise a beaucoup cîe
•verfccj Aêfcctifs.
DKFKCTION, s. fem. Abaudouncmcnt d'un
parti auquel on est lié. Il se dit De sujets qui
abandonnent leur Prince, de troupes qui aban-
donnent leur Général, d'alliés qui abaiulonnenl
leurs alliôs. Après la f/e/t'rfiou ih ces Iroitjres,
il ne fut plus en vtat de disi uter VKnipireà sou
ennçtni. Ce Prince fui efjiayé de la dcfcclion
presque qênèrale de ses sujetsr
Il se dit pour Eclipse. La dél.'clion de la
Lune, du. Soleil.
l)KFi:CTUEUSEME?ÎT. adv. D'une ma-
nière di;roctu."Usp.
DÉFECTUEUX, EUSE. allj. Çuî manque
des conditions requises. Des marchandises dé-
fectueuses. Di's vuvraqez déjecluciLC. On lui a
vendu des hVre.s" qui sont la plupart défcc-
tueiu:.
Il se dit nnssî en style de Pratique. Un acte
défectuen.v. Un inventaire dcfcctueiuc. UneprO'
êuction défectueuse. L^ acte étoit défectueux j en
ce que La Sentence étoit défectueuse.
DÉFECTUOSITÉ, s. f. Vice, imperfection,
défaut, minquement en quelque chose. Ce cou-
trat est plein de dêfccluosités. Les défectuosités
de ce bâtiment sont sensibles. C'est une tie^fc-
tuusué considérable.
DÉFENDABLE, adj. des 2 g. Qui peut élre
défttudu contre lennemi ou contre l'adversaire.
Cctfe phicc, ce poste n'est pas défendable. Cette
paitic d^échecs n'est pas défendable.
DÉFENDEUR, ERESSE. s. Terme de Pa-
lais. Celui ou celle ^qui on fait une demanda
en Justice. Il est opposé à Demandeur,
DÉFENDRE. V. a. Protéger, soutenir quel
qu'un, en s'opposant à ce qu'on fait ou i ce
qu'on dit contre bu. Déjendie sonami^i'es con-
citoyens, $on Piince. Il s'est bien défendu. Il
Va tué en se défendant, à son corps déjendanl.
Défendre su patrie j sa vie, son /icnncur, sa
came, les intérêts de son ami.
Ou dit d'Un l.ouune qui a peu de bien, et
qui soutient un procès où il s'a^it de tout ce
qu'il a, qu7I dcjcnd son pain. Il est familier.
On dii, Dcj'c/uic une Plc.cc, pour dire, Uc- \
siitcr j ocyjc qui vcuknt s'en rei:d;e nialtrea,
DEF
s'opposer aux nmemis qui l'attaq'UPnt. Et on
dit d'Une Place aisce h déH-ndre, et dont l'at-
taque est très-difficile, qu'Z'!/e se défend d'elle
même. On dit aussi, qu'L/ne batterie défend
Ventrée d'un Port, pour dire, qu'Elle empcclie
qu'on n'y puisse entrer qu'eii risquant beau-
coup.
DÊFESnnE, signifie aussi Garantir. La mon-
tagne di-fcnd cette maison du froid^ du vent
du ^iord.
Oti dit fîi;urcment et proveibialem. , Faire
(juetiue chose à son corps dêli-nda)it, pour riiic.
Faire quelque chose avec répugnance, avec
coutrainle.
Se DKi'ESDnE, siiînifie, S'excuser de fiiire
quelque chose à quoi on voudroit nous oblij^er.
On le ronloit obliger d'aller là , mais il s^en
est défendu. On lui uonïoit donner cette com-
mission, il s^cst toujours dcjcndu de Vaccepter.
Il se défendait d'abord de faire ce qu'on souhai-
toit de lui' mais enfn on Ven a prie de si bonne
grucfi, qu'il n'a pu s'en défendre.
Se DiiiFEsbuE, veut dire aussi, Se disculper,
nier quelque chose qu'on reproche. On Vaccuse
d\ine telle chose, mais il s'cu défend. On dit
qu\l est marié, il s'en défend tiès-jort.
Il sigiiiii'' encore, Se garantir. Les femmes
mettoient des masques pour se défendre du hdle.
Sz vûiT.yDr.E , signifie aussi, Soutenir, re-
pousser une attaque. Se défendre contre un
voleur, un assassin.
Sedéiendiîcde. Setenirengarde. Défendez^
vous des armes de celte femme.
Défendre, signifie aussi, Prohiber, Inter-
dire quelque chose. Défendre les duels ^ le port
des armes. Défendre l'or el Vargent sur les ha-
bits. Défendre quelque chose sur peine de la
vie, Véfvndre sa maison, sa porte à quelqu'un.
La viande est défendue en Curilme. La raison
nous défend de faire une injustice. On lui dé-
fendit le vin. J'ai dî-fendu que vous ^ssiez telle
chose.
On dit d'Une étoffe qu'on mairlanJc, Cctl»
étoffe est bonne, il n'y a qu'à se défendre du
yrixj poup dire, qu'il n'y a qu'à disputer sur
le prix.
Dkfendue, en termes de Palais, sij^nîUc,
Fournir des diTenses aux demandes de sa l'artie.
Il a été condamné faute de déffndtc.
DÉFKNnu, ue. participe. P/ure/iàrn/t;|è;uiue.
Cause bien défendue. Livres défendus. Des mar-
c':iandiscs défendues. Armes défendues. Adam
nangea du fruit défendu.
On dit proverbialement et figurémcnt, Bier.
attaqué, bien défendu, pour dire, que De pari
t-l d'autre les choses se sont passées avec la
même vivacité, et un avantage égal.
DÉFENS ou DÉFENDS, s. m. Terme des
Eaux et Forêts. Il se dit dans cette phrase, /j oui
en défcns, Dont la coupe, ou l'enlrt^e des bes-
tiaux, est défendue.
DEFENSE, s. f. Protiction, soutieni, appui
qu'on donne à quelqu'un contre ses ennemis, i
quelque chose contre ceux qui l'attaquent.
Prend} e les armes pour îa défense de son l'uys^
de la Rcli''ion. S'iJimer pour la commune dé-
DEF
fense, jour sa propre défense. La def use de sa
cause. Prendre la déjifnse de Vinnocent.
Où dit, 5e mettre en défense, pour dire. Se
mettre en état de se défendre; et, £trc hom de
défense, pour dire, >""ètre plus en état de se
dcfendrc.
On dit, qu*(/n homme a fait une hfUe dé'
fense dans une Place, pour dire, qu'il a fait
une belle résisinnce.
Ou dit aussi au figuré, // 11 fait une belle
défense, pour dire, 11 a résisté loug-temps .'i ce
qu'on lui proposoit.
On dit aussi, i[n Une Place est de défense,
jH)ur dire, qu'Elle peut soutenir un siège; et
un dit, qu'i!^/ie est en état de défense, pour
dire , qu'Elie est bien fortifiée et bien munie.
On dit encore dans une signification à peu
piès pareille, qii't/n bois est en défense, pour
dire, qu'il est eu tel elat qu'on ue doit plus
empêcher les bestiaux d'y aller. Voyez Dlfens.
Il signifie aussi Prohibition. Défense de
porter de Vor. Faire des défenses. Publier des
défenses.
Défe:ïses, au plur. terme de Pratique. Il
signifie ce qu'on répond par écrit ù la demande
lie sa Partie. Donner ses défenses. Fournir des
défenses. Ou dît aussi en style de Pratique,
Défenses au contraire, pour dire, qu'Où laiss*
la liberté à une des Parties de répondre par
écrit à ce qui a pu être dit à sou préjudice.
Défenses, signifie aussi Le jugemeut qu'on
ol>ticnt pour empêcher l'exécution d'un autre
jugement, etc. Cbtenir des défense.^. Jvotv des
défenses. Faire signifier des défenses. Un Arrêt
de défenses, de défew.e. Faire lever des dé-
fenses.
Défenses, terme de Fortification, se dit De
tout ce qui soitàgaraniiretconviir les ouvrages
et les soldats qui défendent une Place. Aballrf
les défenses, ruiner les déjenses d'une Place.
DÉFENSES, signifie aussi Les deux deutsd'cu
bas qui sortent de la gueule du sanglier, ci
dont il se sert pour se défendre. Les défenses
du sanglier.
DÉFENSEUR, s. m. Celui qui défend, qui
fioutient, qui protège. Défenseur de la Foi, de
la Justice. Vous avez en lui un bon défi-nsew.
DÉFENSIF, IVE. ndj. Fait pour h» défense.
Truite défensif. Armes défensives. Ligue défen-
sive et ofjhnsive.
Il s'emploie quelquefois substantivement.
Être sur la défensive, *^e tenir sur la défensive,
pour dire, Ne faire sinq)Ieuicnt que se défendre.
DÉfensif, se dit cncoie Dr certains remèdes
topiques qu'on applique pour empêcher une
inflammation.
DÉFÉQUER, v. a. Terme de Chimie. Olrr
les fèces, les impuretés d une liqueur.
DÉfÉquÉ, ee. parlieipe.
DÉFÉRANT, AME. adj. Qui défère, qui
cide. Esprit doux cl déférant. Humeur douce
et déférante. VA en parlant Des personnes, Jf.
Vai toujours trouvé déférant à ce que fai dé-
siré de lui.
DÉFÉKI.NCE. s. f. Condescendance, .^voir
de ladt/creutc poir Vâge^pour le mérite, pour
BEF
U d'ujnilè de quelnuttn. hti rendre ik grandes
dèp- renées.
ni'.t'ÉRK.NT. adj. On appelle, dans le sys-
tème de Ptoltmii^e, Cercles dêférens , ceux ([iii
portpnt la iMjiiMf avec son t-picycle. On appell.-
aussi en Anatomic, Vaisseaux dcférem , cr:i\
(jui portent la semence dans 1rs testicules-.
nÉt:tRENT,seditsul>stantivenient,enl(Tmes
Hr MonnoieSf des marques qui indiquent le
lieu de la fiibrication , ic Direct» ur et le Gra-
veur.
OKFKBER. T. actif. Donner, iltfcerner. Les
Romains ont déféré les honneurs divins à lu
■plupart de leurs Empereurs. Le peuf de Romain
défera le Consulat à Scipion^ et ihonueur du
Triomphe à Ponipie avant ^'df}e. Les Cardt-
iiditc lui déferèirrA le l^ontificat. Les Sénateurs
et la Noblesse de Pologne lui déférèrent lu Cou-
ronne. Il n'est guère d'usnf^e qu'en parlant Des
dignilcs, des honneurs, dont une multitude
■ dispose en faveur d'un particulier.
On dit aussi^ Déférer le serment à tjuelquun,
pour dire. S'en rappoi'ler à son serment.
Il signiÊe J:us,si Oênoneor. Déféra^ (quelqu'un
en Justice, déférer à VIn(fuisition.
DÉiÉnEî'. V. n.Ct'drr.con'Iesrendre. Déférer
fi quclquun. Déférer à VilgCy à la dignité^ à la
oiicilrfc. au mérite de (juel.pt'un; au .Tenti'mcnt.
au jugement y à Vavisy à l'opinion dc.< autres.
Titi'inty EE. participe.
DEI'KKLEa. \erl;e ;xt. T(>rme de Clarine.
Ocployer Ifs voiles.
Diii^-EBLÉ, KC. pnrhrin*'.
D!\FERriER, v. a. TI n'est guArc d'usnge a'i
pri-'pre que pour signifier, Oter In fer du pie 1
d'un rhe\al, ou d'une autre b^e de monture
Défirrer un cheval des quatre pieds.
DÉiEnnEn , s'emploie aussi avec le pronom
personnel, et se dit tant Des fers d'un cheval,
lorsqu'ils tomîient.quedt' la fcrnire dun lac ï.
d'une aignillcite, lorsquellevii nt îi^c détacher,
il se défaire. Si ce cheval vient à se déferrer en
chemin t il se perdra le pied. Vn laccl qui st
déferre.
On dit figurément^ Se défcn^er, pour dire,
Se dreoncert*.T, demeurer interdit. Il se défern
titscment.
On dit figurémeiu et familièrement, Défer-
te", pour dire, Hendre muet, confus, interdit
C r<t un homme qu'on déferre aisément.
i)ÉFEnnt, ^E. participe.
*'>n dit populairement, qu't?» homme est
dif'-rré d'un œil, Quand il en a prrdu un.
DKFET. s. m. Terme de F.ihr.iirie. Il ne sr
dit gut^rc fpi'au pluriel, drs feuilles superflues
et dépareillées d'une édition, dont on ne peut
n» foriTT un exemplaire complet.
nKFI. s, m. Appel, provocation aueombnt.
et qui se fiit, soit de vive voix, soit par écrit,
soit par gcMes. Vn cartel de déft. Envoyer un
défi à qu'lqu'un. ï\ hù jit un céfi. Porter un
def.
On le dit aussi , par exlrnMon , De toute
sorte de prorocutSon. Je lui ai fuit un défi à h
'Time, «u-r échecs. Acrepter le défu
UÉriANCK. s. f. Soupçon , crainte d'ôlrc
DEF
trompé, f.tre dans la défiance. E»f i\*t en défian'
. ce. .'ivoir de la devance, (oncevoir delà défiance.
On dit proverbialement, que La défiance
est mère de sûreté j pour dire, que Pour ne pas
être trompe, il ne f::nt pas se confier trop légè-
retnent.
DÉriANCE , signifie aussi , Le doute , la
crainte que quelque chose n'ait pas toutes les
qualités nccessiiiies pour un certain efiTct. Avoir
une juste dcfiaiicc de ^cs proijres forces.
DKFIAîtT, ANTK. adj. Soupçonneux, qui
craint toujours qu'on ne le trompe. C'est un
homme défiant, une fcmnie fort défiante.
DKFICIT. s. m. (On prononce le T.) Mot
enipruiitc du Latin , pour signifier Ce qui
manque. Il y a un nrnnd déficit dans les fi-
nances^ les revenus de VEtnt. Il faut tant pour
combler le déficit. Il y a plusieurs déficit dans
cet ini'en(<itre. Ce mot ne prend puinf d's au
pluriel.
DÉFIER, v. a. Provoquer quelqu'un au
combat. Il Vcuvoya déHer par un Gentil-
homme. Autrefois un Prince qui dèclaroit la
niterrey envoyait défter I'flu(re pnr un Héraut.
DÉFiEn, se dit aussi De toute autre sorte de
provocation entre deux personnes. Ainsi on
dit De deux joueurs , qu7/5 se sont déficit au
trictrac y au piquet j etc. que Deiix hommes se
sont déliés éi qui courra le miciuv, à qui sait-
tera le mieiLC. Défia' quelqu^m à boire , à la
•'««nu*.
DÉriER. signifie aussi , Mettre quel [u'nn a
ni< faire, lui rli'rlarcr qu'on ne le craint point.
VoK.«! dites que vous me ferez un procès, je
vous en défie ^ je ï'ons défie de le fiirc.
Proverbialement . lorsqu'un homme pro-
pose de faire (juclque chose d'extravagaïil . et
qu'il demrnde si on l'en défie, on dit, qu'// m
faut jamais défier un fou.
Dkfikii, se prend aussi dans un sens plus
doux. Ainsi on dit. Je vous défie de deviner qui
m'a dit telle chose , pour dire, Vous no sauriez
jamais deviner, etc. Je le défie d'être plus
j'otrc serviteur que moi, pour dire. Il ne san-
roit être plus votre serviteur que je le suis.
DKFié, ûz. parlieipe.
D'ini:!», or»»p'oyé avec \v. pronom person-
nel , signifie, Se donner de garde de quelqu'un .
parce qu'on lui connoit peu de fidélité, peu i]c
incérité. C'est un homme dont il faut se défter
Je me défte de ses caresses.
On dit, Se défier de soi-même, se défier d
ses fnrces , se défier de son expril y pour dire.
>*avoir p;)S grande confiance' en soi-m6me, en
«les propres forces, en sa capacité.
SEDÉriEi», signifie ausU , Se douter, pré-
voir. Je ne me serois jamais défié que vous
dussiez me manquer au besoin.
DÉFIGURER. V. a. (i.Ucr la figure, rendre
diflbrme. Défigurer une statue^ un ttihleau. La
petite vérole Vn tout défiguré.
Il $c dit figurCmenl Des Cuvrages d'esprit.
// a voulu corriger ce livre, il a l'ouht traduit c
cet ottvr-ige , et il l'a défiguré.
DÉrir.rnÉ. ty.. participe.
DÉFILE, suhsi. m. Passage étroit oii il ne
DEF JS,
peut passer tjuc peu de personnes de froni.
Un pays (fe lUfll-:, jilein de tlêfiVs. Les liori-
^ pes <|Ui étoicm à U (i?(c du difU. S'eiitjatjcr
dans un di-fili: Se rendre mallrc d'un dcfil'.
S'asi'irer d'un déf.li, du difdf.
On le dit aussi fi^urtnicnt d'Une siluaiioTi
embnrraisante. // s'est trouve rfuiis un étranne
d.fU:
nÉFILER. r. «. Ôter le fil , le cordon .jui
ctnit passé dans quelque chose. Difiler de:,
perles , déÇiler un cnlUcr, un chapelet.
Il s'emploie aussi avec le pronom person-
nel. 5on collier s'est dc'/ilc. Ce chiipelet va re
'di-jilcr.
On dit fisurémcnl et dans le style faniili'r,
rjue Le chapelet se défile , ou s'est défdé ,
Quand de plusieurs personnes qui e'toient
liées ensemble d'amilic ou d'intérêt, quel-
(jues-iuifs viennent à être désunies succcssi-
lenient par quelque acrident que ce soit.
DÉFiLEn. V. n. Aller l'un aprts l'autre , en
sorte qu'il y ait peu de personnes de front. Il
ne se dit proprement qu'en parlant d'Une mar-
clic de troupes. Le passaqe devint si ctroil ,
(|»c les soldats ne pouvoicnt d-^ftlcr que detux à
dettr. »
Il se dit aussi Du mouvement qu'on fait
faire 'i des troupes pour le.s voir plus en délail.
.Iprès la revue ijénérale, on j'it défiler les trou-
pes par Conïpaqntcs.
DÉFiLÉ, Éc. parlieipe.
DÉFINIR. V. a. marquer ; de'terniinrr. V.n
re sens il n'est ï;uèrc d'u.sat^e iju'en i).irlant Dit
icmps,du lieu qu'où fixe pour qudque chose.
Dieu n défini le temps et !.• lieu anijucl cela
arrivera.
Il signifie aussi Expliquer l'essence et 1™
nature d'une chose par son genre et par si
clilTérenc". On défnlt le triangle, une figure
qui a trois eûtes et trois angles. On définit les
idées ahsliaites et composées; on rfécril les
objets sensibles; on énonce les idées simples.
Oa dit. Définir un homme, pour dire, Ià*
faire connoitrc par ses qualités , bonnes ou
mauvaises. Définissez-moi un peu cet hontmc-
là. Je vais vous le définir en dciuc mois. C'est
un hoimne si inégal, qu'on ne saurait le dé-
finir.
DÉPixin, signifie aussi, Décider. Il se dit en
' malièr" dogmatique. Le.! Conciles ont défini
que... Le Concile a défni là-dessus que...
DÉriNi, lE. participe. Les questions défnies
par IT.ijlise. Vn nombre défini. Une quantité
définie, lln'y apoint de temps défini pour cela.
En termes de C)rammaire,on appelle, quoi-
que peut-être improprement. Prétérit défini,
I.o prétérit composé de l'indiratif d'un vcrlx"
.r.ixili.iirc H du participe d'un autro verbe,
cunime, J'oi lu, j'ai fait, faidit, et les autres
semblables.
DKFIXITELK. subit, m. On appelle ainsi
dans quelques Oidr.-s Religieux, Celui qui est
préposé pour assister le (ii'm'ral ou le Provin-
cial Jniis r.ndminisirat'on des oITaires de l'Or-
dre. Définilcur Ccnéral.Définiteur Provincial.
nKFIMTU', IVE. adj. Oui décide, q«i
382 DFF
juse le foQfl d'un procès. 11 n'est guère d'usage
ejti'i'ii ces sortes de pltrases : Arrêt àQfmiilf.
Sentence (it'/îniIiVe. Jutjement di-jlnitif.
Es DÉFINITIVE. Terme de Palais Pir Juge-
ment définitif. U a ^agné son afj'.nre en défi-
nitive.
DKFINIÏION. s. f. Explication de la nature
d'une chose par son genr3 it par 5.a difîcrence.
Dcfmition juste, exacte.Défnitiun claire^ nette,
obscure,imparfiile. Les règles de la définition.
On appelle Dcftuiîion Je mers, Celle (jui ex
plique leur :iign: finition propre ; Jt Définition
de choses. Celle qni H.'.-.i!^ ies priacipaux at-
tributs d'une chose, pjur eo fiirc connoitie la
nature.
Il sigoifie aussi, en matière dogmatique.
iVcision f règlement. Avant la di-fînition du
Cnnc'le sur cetit: mofiè;-e.
DÉb'IKITIVEiVÏEM'. adv. Kn jui^cmenl dé-
itnilif. Cette afjaire a été jugée ^/înttartm/.j
DÉFLAGRATIOÏN. s. f. Terme de Cliimio.
qui désigne rop:''ralion par laquelle un coi-ps
cHt brûlé.
DKFLRGM.A'nON. snbst. ïcm. Aclioi do
df'tlegmer
DKFrEGMi:n.v-. a. Terni" ih Chinue. En-
lever la partie fle;;niatique on aqutusc d une
substance. Dêjleniner de î'csprit-dc-vin.
DÉh'i.EGMÉ, ÉE. participe.
DÉFLEURIR, v. n. Il ne se dit qu'en par-
l.int Des arbre<! qui viennent h perdre lem
fleur. Quand la vùme vint à défleurir.
Il est aussi actif, et s[;nifie, Faire tomber
la fleur qui étolt aux arbres. An felcfet le mr.''-
vais rertt ont dèflewi tmts les abricot-a'^.
On dit en parlant De certains fruits , qu'On
les défletirit, lorsqu'en les touchant on en ôtfl
Itt fleur. Vous touchez cea prunes, vom^ les dé-
fleurissez.
DÉFLEUni, rE. participe.
DÉFLEXION. s. f. Terme de Physique. Ac-
tion par laquelle un corps se détourne de son
chemin en vertu d'une cause étrangère. Il se dit
particulièrement Des rayons de Uiinière. La de-
flexion des rayons de lumière.
DÉFLORATION, s. f. Action jwr laquelle
•n 6te à une fille sa virginitfi. Il ne parut au-
cune marauc. , aucun sfiinc de défloration.
DlvFLORER. T. c Ôtcr la fleur de la virgi-
nité. Il est ù remar']u"r que ce verbe, ni son
participe, ni Dé|ïorotion , ne se disent que dans
les informations et dans les procédures de Jus-
'ice.
Dkfjoré, ee. participe. ,
DEFONCEMENT. s. m. Action de défoncer.
DÉFONCER. V. a. Il est surtout d'usage en
parlant De futailles, de tonneaux , etc. et il
ti^nific, Oter les douves qui servent de fond.
Df'fonrer un niuid. Défoncer un baril.
On dit aussi , Défoncer un terruin, pour
dire. Le fouillera la profondeur de deux au
trois pieds, en ôter le^ pierres et les i^ravois.
et y mettre du fiiniier. ou de bonnes terres
fc la place des mauvaises; Déloncer un cuir de
vache, pour, I.e fouler aux pieds, après qu'on
Vi Hiouitle.
DEF
DÉroNCÉ, ÉE. participe.
DÉFORÎVIER. V. û. Gâter ja forme, cor-
rompre la forme d'une cliose. Déformer un
chapeau. Déformer nn souliei: Il ne se dit
guère que dans res phrases, et s'emploie aussi
avec le pronom personnel, i'ofre cfiapeau se
déforme. Vos .sonh'crs se sont déformés.
DÉFORMÉ, ÉE. paiticipc.
DKFOURNER. v. a. Tirer d'un foux. Dé
founter du pain,
U signifie, en termes de Billard, Faire passer
sa bille dans la passe par l'endroit opposé à
?elui de la sonnette, lorsqu'elle étoit passée
auparavant par l'autre. îl faut se défourncr
pour buter. Vous êtes /ourmer, il faut vous
défourner,
DÉFOinïNÉj Ée. participe.
DÉFRA\'ER. V. a. Payer la dépense de
quelqu'un. (Il se conjugue comme Payer.)
Défrayer nuelaunn. îl l'a reçu en grand Sei-
qnetir, et l'a défrayé avec tout son train. Dé-
frayer un Prince. Défrayer un /imbassadcuv.
On dit K^llrcmcnt et funiilièrem , Défrayer
lu compagnie , pour dire, L'enlret* nir, l'amu-
ser. On se sert aussi de la mtme phrase dans
un s ns moins favorable, pour dire, Faire rire
la compln^nie ; et plus ordinnircment encore,
pour dire , Servir de risée à lu compagnie.
DÉFnAYÉ. ÉE. participe.
DÉFRICHEMENT, s. m. Ce qu'on fait poui
mettre un terrain en état d'être cultivé. Ce pays
abonde en blé depuis les dcfrichemens gu'on
y a faits.
r^Frr.TCriFMEVT , Sf dit aussi D- l'endroit
[ju'on délViche, ou qu'on a défriché. Le.< dé-
frichemens réu>\îis'enl, ont bien réussi à la
Guyane.
DÉFRICHER, v. a. U .se dit dUne terre in-
culte dont on arrache les méchantes herbes,
les arbres, les broussailles et les épines, pour
la cultiver ensuite. Défricher un champ. Défit-
cher une teire. i'éfrirher un héritage. Donner
lies terres à défricher ditts des pays nouvelle-
ment découverts.
Il se dit fi;^urément Des choses que Ton
roramence à cultiver et h polir par l'étude.
Amyot est un des premiers gui ont défriche
notre Langue.
\\ signifie aussi , Éclairoir , démêler une
cbosc embrouillée et épineuse. Cette affaire
était bien épineuse^ il l'a défrichée. Défricher
une matière.
DÉfbichÉ, Ée. participe Terre nomeHement
f^'*^icnêc.
DÉFRICHEUR, s. m. Celui qui défriche.
Les défricheurs ont joui long-temps des terres
qu'ils ont défrichées.
DÉFRISER. V. a. Défaire la fiisure. fi-
Icmps humide défrise les cheveux. Il s'emploie
iius'^i avec le pronom personnel. Les chcvcuc
se défrisent quand le temps e$t humide o» plu-
vieu r.
DÉFnisÉ,ÉP:. participe. Vous êtes tout défrii^é,
OÉKHONCER. v. a. Déplisser, ôler les plis
d'une étoffe ou d'une toile froncée. Dêfroncer
U col d'une chemise. Défroncer une jnpe.
DEG
On dit fi;;urém.. Défroncer le sourcil, pour
^ dire, f^e dériiler le front, prendre nu ;iir serein.
Df:FiioN(:É, ÉE. participe.
Di':FRO()UE. s. f. La cotte-morte, la dé-
pouille d'un iMoine non reformé, d'un Bénéfi-
cier régulier; les biens-meubles qu'un Moine,
qu'un Bénéficier régulier laisse en mourant. La
défroguc de ce Moine est bonne. Sa défroque
appartient à l\{bhé. La défroque d'un Cheva-
lier de Mdlle pj-ojés appartient à son Ordre.
Il se dit aussi en style familier, par exten-
sion, Des biens-meuhles de IotU autre particu-
lier, lorsque quelqu'un en profite sans que ce
soit par succession. C'est un tel gui a en toute
sa défrotjue.
DÉFROOUER. v. a. Il ne se dit guère qu en
niiuvaise part, en parlant d'un Religieux qui
quitte riinbit de Moine et la profession mona-
cale, pour passer dans im autre état. On tra-
vaille à le défronuer. Il se met aussi avec le
pronom personnel. Un Moine gui est parvenu
à se dèfi'oauer. Vu Moine qui a bien envie de
se défroguer,
DÉFROQUÉ, Ée. participe.
DÉFUNT, TE. adj. Qui est mort. 11 n'est
guère d'usage qu'en quelques phrases. Le Roi
défunt. La défunte Reine.
DÉFUST, TE, s'emploie plus ordinaîrenu'Dt
comme substantif. Les enfnns du défunt. Le
pauvre défunt^ la pauvre défunte. Prier Dieu
pour les défunts,
DE G
DEGAGEMENT, s. m. Action par laquelle
une chose est déça.^ée, l'étal d'une chose qtii
est dégagée. Il se dit au propre et au figuré.
Dégagement de la poitrine. Le détjagement de
sa parole.
On appelle Dégagement , dans une maison ,
dans an appartement, Une issue secrète et dé-
robée qui sert ii la commodité du logement.
Chaque chambre a son dégagement. Un esca-
lier de dégagement. Une porte de dégagement.
On appelle Dégagement , en termes d'e*-
rrime, L'action de dégager 1 ejiée.
DÉG.\GER. V. a. Retirer ce qui étoit en-
•;agé, ce qui avoit été donné en hypothèque,
en nantissement, en ga<î;c. // a dégage peu à
peu ses terres par son économie, pat son bon
ménage. Dégager des pierreries. Degaga- de la
vaisselle.
1 On dit, Dégager un soldat ^ pour dire, dé-
tenir son congé A prix d'argent.
On dit figurément, Dégager sa parole, pour
dire, Retirer une parole donnée sous des con-
ditions qui n'ont pas été remplies. On dit
aussi, Dégager sa parole ^ pour, Tenir sa pa-
role, s;itisfaire \ sa parole. Je vous avois pro-
mis votre argent un tel jour, je viens dégager
ma parole, le voilà. On dit aussi h peu prèi
dans le même sens. Dégager sa foi, dégager sa
promesse.
On dit, Df^goifcr son cœur, pour dire, Se
retirer de l'en^agemeut où Ton étoit avec une
femme.
On dit , Dégager la tête , dégager U poi-
DEG
Irincy pour dire, Rendre la poitrine, rendre la
lùie plus irbre , la débarrasser, la soulaj;er de
ce qui rincommode. Il avait la poitrine fort eu
qaqée, on lui ii donné un remède <jui la lut a
dcqaq^e cntièretre^it,
DÉGAi.Kn, si^nitie aussi, Dcbarrasscr en rt-
liranl d un lieu une personne 'jui s'y trouvoii
rn"a;;éc, qui T tfloii enibiirrassée. Il l'a dêgatjé
ilu mtlitu de ses ennemis. lia eu de la peine ù
se dèaaqer de dessous son cheval. H ne pcuvoit
%t dêqaqer de la prcss.e.
Un ilil en termes d'escrime, Dcqaqer le /Ît,
ou simplement Déqaqer ^ pour dire, I-'aire un
mouvement qui rende 1 cpéc libre.
On dit, Déijatjer un appartement ^ pour
dire, Lui donner une antre issue que la princi-
pale. Il a dC'fjaijé son appartement par un cor-
rii'or, par un escalier dérobe.
Kt eu p.viaut d Va Jiabit qui fait bien pa-
roitre la tiiille de la personne pour qui il est
fait, ou (^it, qu7l dètjacje la taille.
DÉCACÉ, ÉE. participe.
Un dit aussi, Taille dégagée ^ air dégage,
pour dire, Taille aisée, air aisé. Et on dit fami-
'lèremcnt, quX'n ho.nme a des airs dégagés^
pour dire, qu'il a des airs un peu trop libres.
On appelle Degré dégagé., Un petit dfgrt
dans une maison, oui sert d'i:>sue secrète ù nu
apparîtment.
Un appelle aussi Chamhr; dégagée ^ Vnt
cbazubre qui a uuc autre issue que la prin-
cipale.
'M;G.\LN'LI. s. r. Il ne se dit que dans cette
phrase proverbiale, basse et îionique , D'une
belle degatne., pour dire, d Cne luçon , d'une
manière maussade. Voi/ù (lui est d'une belle
dégaine. Voilà un homme d'ute belle dégatne.
DEGAINCR. V, a. 'nrer une epéc du four-
reau. Quùi'jue ce vcrlje »oil acîif . on ne l'em-
ploie guère qu'en suppiiin mt le r. i^imcjcomnia
dans cet exemple. H faut drgm'ner. Quand ci
vint à dégatna: Ce fanjarun ue frappe j ai
comme il degatne.
On dit figurément, qu't'n homme n'aimé
guère à dégatner ; et substantivement , qu7l
ei( brave jusguau déguincr , pour dire , que
C'est un Iiominr qui fait le br.ivc, et qui ne
l'est pas dans l'occasion.
On le dit au.vsi l.e tous c^tix qui ont promis
merveilles en quelque soitc d'alTaire que cr
•oit, et qui ne font rien nuaud il faut agir. /.
m'avoit promis de me servir ; mais il n'en t.
riei jait^ il a été brave justju'au dégainer. O-
nwit n'est d'usage que dans I; style fainiiitr.
l)Kr,Awi, ÉE. participe.
OKGANTEP. v.a. Ôtcr les gants. St di
ganter. Dégantez -moi , je ne sauroû me dé-
ganter.
DÉr.ATxt. ÉE. participe.
DEGARNIR, v. a. ôter la garniture ùc
quelque clio«e. Dégarnir une robe, une che-
mue , un lit.
Il signifie au«i , Ôirr les meiibîcs d'une
maison, dune cli-milce. // a dcqarni . fait
dégarnir sa mai>on de campagne pendani
Vhiver.
DE(t
On dit aussi, Dégarnir une Place., pour
dire, tJler une partie considérable de la garni-
son ou des munitions. On a assiégé une telle
Place^ parce qu'elle étoît dégarnie. On fit le
piocèx à un tel Gouverneur^ parce gu'il avait
dégarni sa Place. Les ennemis furent obligéi
de dégarnir leurs Places.^ pow me((*e une ar-
mée en campagne.
Un dit aussi , Se dégarnir , pour dire, Se
vêtir, te couvrir plus légèrement qu'on n*c;oit.
Il s^est enrhume p:)ur s'être d.'tjumi trop tôt.
Sa tète se dcgitrnît de cheveux.
Onditaussi, Dégarnir un arbre, pour dire,
Hn ôter les branches iuutiîes qui vieuneni ni^il.
7/ faut dégarnir votre Jtbricotier. Vos pêchers
se dégarnissent, pour dire, perdent leurs
blanches.
Degawsi, ie. participe. La Place est dé-
(.amie. Plusieurs de vos arbres sont trop di--
garnis.
OEGAT. s. m. Ruine, :avjge, perte jjrivce
par une force majeure, par pne cause violente,
comme lempotc, gi'è'", ';ens de guerre, ttc. La
grcle a fait un grand t^égut dans les vignes. On
a envoyé des gens de guerre pour faire le dégdt
dans celte Province. Les bêles fauves font bien
du dégût dans les terres. Le passage des troupes
dans celle Province y a causé beaucoup de
dt(j ils.
Il se dit aussi De h cousonimaiion de den-
rées, de vivres qui se fait avec désordre et sans
économie. On fait un qrand di-gdt de bcis dt
vin dans cette m/ti'<off.
On dît absolument. Fale le dégdt, pour
dire. Ravager, dévaster
DÉGAUCHIR, v. act. Terme propre à cer-
l;iins métiers. Dresser un ouvrage eu bois , en
[)ierre, etc. en retrancliant ce qu'il a d'irrc-
gulier.
DÉoAUCHi, îT. participe.
DÉGAUCIIIS.SEMEM'. s. masc Action de
dégauchir.
DE(iEL. subst. m. Fonte de la silace, de In
neige, pjf radoucissement de Pair. Le dégel est
venu tant à coup. Le temps s'est adouci, nom
aurons du dégel. Au premier dégel. Il n'y a de
franc dégel guavcc de la pluie. Le vent est au
dégel ^ towne au dégel.
OECiELLR. T. act. Faire qu'une chose qui
éloit i^t'iée, C(ss ■ de l'clre. Le vent Qu'il a fait
depuis peu^ a dégelé la rivière.
Il est aussi neutre. La rivière dégèle, com
mence à dégeler.
Il se dit pins ordinairement à l'impersonnel.
Il dégèle. Quand il viendra à dégeler.
Il s'emploie aussi avec le pronom peiïonnel.
I/eau de fiiitaine commence à se dégeler.
^*îettre du fruit dans de Veau pour le faire
•iéijcler.
DÉcEt.Ê. te., participe.
DÉt;ÉM':RATIO\. s. fém. Étal de ce q»û
dégénère. La dégcnératian des plantes, des
animaux^ des races ^ des espèces.
DÉGÉNÉnER. V. n. S'abâtardir, ne suivre
jiiiA la vertu, les bon» exemples de ses ancétrcî.
U se construit avec la pr^^pcrtion de. Il a de-
DEG
38-;
généré de la valeur ie ses aïeux. Dêgénàer it
jcj uncélres. Déçjénirer de la piété de ses pèi es.
On dit aussi , qu't/n homme dégénère, pour
dire, qu'il vaut nioius qu'il ne valoit autrefois.
// fut un Héros dans sa jeunesse, mais il dé-
ijénéra dans la suite. Cet Ecrivain a bien
dcqénéré.
Ou le dit aussi absolument. Les cnfans dt.
grands hommes dégénèrent ifuelquefois. Celle
race est dégénérée.
On dit aussi , que Les animaux dégénèrent ,
pour dire, qu'ils ne sont p«s Je Unième beau te,
qu'ils n'ont pas les méniej bonne: qualités que
les animaux dont ils »iennint. Et on dit, que
/)es piailles dégénèrent, qu'c/les commeiiceiil n
dégénérer, pour dire, qu'Iilles cessent de por-
ter d'aussi bon fruit qu'au conujieucemcnt.
CLOiiNLiiEn, employé avec la prépositifiv
en, se dit eu parlant Dis clioscs qui cliangini
de bien en mal, de mal eu pis, ou de mal ra
moins mal. L'Etal popuLùre dégénère souvent
en Anarchie. La querelle de Pompée etdcCésur
dégénéra en gua-re civile. La guerre de In
Fronde dégénéra en plaisanterie. Le style pom-
peux dégénère guelguefoir. en galimatias.
On dit aussi qu't^ne maladie dégénère, suit
pour dire, qu'EUc se cliange en ime maladie
moins violeulc ; soit pour dire , qu'EUe si
change en une maladie plus violente. L'apo-
plexie dégénère quelquefois en paralysie, l.e.
cours de i;eu(ie dégénèie tiis-souvent c;i d,.-
(enlerie.
IlÉGÉaÈni, ÉE. participe. Espèce, iéqénerce.
Plante dégénérée
DÉ(;iNG.\>DÉ, ÉE. adj. Il se dit dans le
style familier , d'Cne personne dont la conte-
nance et la démarche sont mal assurées, comme
si elle étoit toute disloquée. C'est un homme
tout dégingandé. Elle est toute dégingandée.
DÉGI.ÙER. V. a. Oter la glu, débarrasser
de II glu. 5e dégluer les mains. Cet oisenu n'a
pu se dégluer.
On dit. Se dé^iluer les yeux, pour dire,
Otcr la chassie qui colle I s paupii'ris. L'eau
tiède déglue les yeux.
Utmxi, i.t participe.
DÉGLUTITION, s. f. Teinie de .Médecine.
.Vciion d'avaler.
D^;G0BII,LI:R. v. a. Vomir le vin et les
viandes qu'on a prises avec excès. Dèqobillei-
son dUw. l'éjohiller sous la tahle. II est bis.
DÉuOBnxK, ÉE. participe.
DKGOI)lbr.I.S. subst. masc. f.c vin et les
viandes dfgobillés. Cela sent le dégobillit. Il
est bas.
I)É(iOISER. V. act. Chanter. H ne se dit pro-
prement que Du chant des oiseaux ; mais en ce
sens il n'est plus giiôr^ en usage.
Dans le lîguré. il signiGe, Parler plus qu'il
ne faut, dire ce qu'il ne faut pas dire. Il a dé'
goisé tout ce qu'il sait. Il est familier.
On le dit , dans le ni^mo sens, d'l"n prison-
nier dont on tire des vérités qu il auroit intérêt
de cacher. I-'n ce s.'-ns il est neutre. Ce prûo'i-
iiier a Jcjni.x. Ou l'a fait déqeittr. Il c^t lo-
pnUire.
38 i D K G
I in dil ciiciiic , Celle jcmme aime à lUglnsci,
iKjur dire, (|u'ElIe aime trop à parler.
DïGOisi;. KE. participe.
DÉGOlUiKMENÏ. s. m. Action de dégor-
ger, épanclicincnt des eaux cl des immondices
retenues. Le dejorjemcnl il'un iijout, d'un
tuyau, d'un wi'er, d'utie (joutlière.
II se dit aussi Du déliordcnieut et de 1 epan-
rhcment de la bile cl des autres liuincurs. Le
./éjorjemeni des Immew s. Il lui survint un de-
cjornement de bile.
11 se dil au-ssi Des dlofl'cs. Le!, moulins à jun-
ior, scri-cnl au dèyorgement des draps, Ils en
jtïiit les giais-ses, etc.
DÉCiOR(!KR. V. act. Débouclier, débarr.is-
ter un passage cugorge. Il fnidrvil dé<jorqcr
cet évier, ce tuyau, cet égoul.
Il est quelquefois neutre. Si cet éçjout vient
une fois à dégorger, il cmjunnûra tout le
quarliei: Les ravines d'eau uni fait dvtjor^er cel
élan{j.
On dit, que Le poisson se décjorrje, pour
dire, qu'il se purge du goût de la marcc, ou
de la senteur de la bourbe. Le poisson se dé-
qorge quand il est quelque temps dans l'eau
claire et couroïKc. Z,cssniimons,(es a!ose.viju'on
(jrcnd (Inris la mer, n'ont pas si bon joiit que
l-s poissons de même nature qui se sont déqor-
nés dans les rivières. Celte carpe, celle tancJie
sentira la bourbe, il la faiiuvit faire décjorger
dans un réservoir.
H se dit en termes de Manufacture , pou(
dire. Laver les laines, les :oies, les étoflis. etc.
puur en faire sertir ce qu'il y a de .supciilu.
UÉcnatit, i;E. participe.
DÉ(iOriiR. V. a. népl-iccr, cliasser quel-
qu'un de son poste. On l'a dégoté. Il a été Jt-
golé. Style burlesque cl fan)ilier.
DÉCOTE, tE. participe.
DÉGOURDIR. V. a. Redonner du niouve-
nient, de la chaleur ù ce qui étoit engourdi par
le froid , ou par quelque autre cause. 5e de-
qourdir les mains, les jambes. Se detjowdir
ù la promenade après avoir été long - temps
assis.
On dit, Foire dégourdir de l'eau, pour dire.
Faire cliaufTur idgàreuient de l'eau, pour lui
lUer sa grande froideur. Il faul faire dégourdir
cette eau. lit dans cette plirase. Dégourdir est
utoitre.
DÉGOOroiB , .se dit aussi iigurénient et faïui-
liiTemcnt en parlant d Un jeune bomuie , pour
dire. Le façonner, le polir, par le lomniercc
du inonde. Ce jeune homme a besoin que le
commerce du monde le dégourdisse. Il com-
mence à se dégourdir.
Di^GOunoi, >E. participe.
Il se prend aussi substantiTement. C'esl un
dégourdi. Lin bomine h qui ou n'en fait poiut
•ecrojp . Il <at familier
UI;oOUKDIS.SL.MI';NT. ». m. Action par
Uquclle les membres engourdis reprennent du
mouvemeot, de la chaleur, etc. Le dégourdis-
sèment commence par... Le dcgourdissement sf
fait sentir par un ptcotcment dans les nerfs
n E G
d''.ipiicùl.Il a un si rjraud (îéqoiih,tpt'ilnc sa».
roit maïKjcr de rien. Il n\ipUis de fièvre^ mais
il lui est resté du drqout.
I! sr. dit aussi De l.i rcpugnancequ'onapour
certains alimens. // lui a pris un dcqoi'tt pour la
vtundc.Il iivoit autiefuis uncjrand dcijoùtpour
le j'iM. // a du dcnoùl pour le poisson.
Il signifie figurûm. L'aversion qu'on prend
pour une chose, ou pour une pcrsoniic. Il lui
a pris un furieux déqout pour cette personne.
L'invertitude qu'il a trouvée dans la Médecine,
lui en a donne du déijoût. Avoir du déqout
yvut Vclude. Il a un qrand déqoùl pour le
rnontlc.
Il signifie ei.cort fif^urcment, Déplaisir, cliii-
jjiiu, mortification, // a eu hïcn des dégoûts à
la Cour. On lui a donne hien des déqoûts, WV-
]ra^iqes déqoùtSy tant de deqoûts que Il a'
tu hien de.'i déqoûts à essuyer. On lui a donne
liM juricux dcqoût.
Df-GOÛTÀM', A^TK. adj. ^ni donne du
di^oût. Viande déqoUtante. ]\lalj)royrelc dc-
tjodtante.
Il signifie figurement, Qui donne de l'avcr-
jiou, de la répugnance. C'est un homme d.'qoù-
Innl. Il a des manières déqoùtantes.
Il signifie encore figiirémenl, Qui cause du
déplaisir. Il arrive bien des choses dêçjoûtanta
dans la vie.
I DÉGOÛTER. T. a. Ut.r l'appetil, faire per-
lire le goût. Si vous lui donnez tant ù manjer,
vous le dé(joùta-ez.
l\ signifie aussi figuréroent, Donner de Vé-
ioigncnicnl pour une personne, pour une chose;
faire cju'ou cesse de trouver une personne, une
chose i» sou gn.-. Il aimoit fort cette femme., mais
on l'en a déqoùté. Il voudroit cette Charcje,
mais le prix l'en a dêqoûlé. Qi^jnd vous le con
iioUrez bien, vous en serez bientôt déqoûté. On
Va déqoùlé de la qucrre, d^allcr à la guerre. /I
i\$t déqoùté de tout.
DÉcorxEn, se met aus.sî avec le pronom
personnel, et signifie, Prendre du dégoût, de.
l'aversion. Il s'est dégoûté de celte maison , de
cet emploi. Il s'en est déqoùté de lui-même. Il
est aisé de le dégoûter de et métier-là.
DlgoCté, ék. participe.
II est qucKpiefois suhslantif , comme dan.
rctt'' phrase, Faire le dégoûté, qiii signifie.
Taire le difficile, le délicat.
Di;0(_)UrrANT, A>rK. adj. I^Hù dcgoulie.
[En ce sens la syllabe gou est l)rcvc, et plu-
sieurs prononcent de »ans artrnl ) Ce linge
n^est pas sec, il est encore tout dégouttant. Sa
chemise étoit toute dégouttuntc de sueur. Il ctoit
{uut déqouttant de sanq.
Dl':GOUn'i:K. v. u. Coulcr goutteàgoulte.
J.a sueur lui déqoultoit du front. Le sang lui
déqouttoit du nez. Cette cave est si humide,
que l'eau y dégoutte toujours, qu^il y dégoutte
toujimrs. Faire dégoutter du lard, du beunc,
mr de la viande.
Il se dit aussi Dc$ choses par où l'eau uu
quelque autre liqueur dégoutte. // pleuvint
Jk tantôt, les toits dégouttent encore. Les cheveux^
DhGOÛT. i. m, Miiuquo de goAi , manque h front . lui Jcjouricnl de sueur.
DEG
On dil proverbialement el figur.'-mi ni. qn'.-î
la Cour, (^'auprès des Grands, s\l n'y pleut ,
il y dégoutte, puur dire, que Si on n'y fiiirpas
toujours giiinde fortune, au moins on en tite
quelque grâce, quelque avantage.
Ou dit aussi proverbialement et figurêmcnt,
S'il pleut sur moi, il dégouttera sur vous, pour
dire, S'il m'arrivp quelque chose de bien ou de
mal, vous en aurez votre pari. Et on dil aussi
proverbialement et figurêmcnt dans le même
sens, Quand il pleut sur le Curé, il dégoutte
sur le Vicaire.
DÉ(;RAD.VnON. s. f. Destitution ignomi-
nieuse du grade, de l'étal où l'on est. Le Roi.
a fait défendre à tous les Gentilshommes , à
peine de dégradation de Noblesse Dégrada-
tion des armes. La dégradation d'un Ojficicr
de qucrre. Dégradation de Magistrature. La dé-
gradation d'un Magistrat. Dégradation des Or-
dres sacrés. On ne procédoit à la dégradation
d'iui Prêtie. que quand il étoit condamné à mort.
DKGnAOATio.N , signilie aussi Le dégât con-
sidérable qu'on fait dans d< s bois, dans un hé-
ritage. Il a fait de grandes dégradations dan$
ces bois. U fit faire un procès verbal des déqra^
dations qui avoient été faites dans cette terre.
U signifie aussi Dépéiîssemcnl. Dégradation
d*un bâtiment, d'un mw , etc. par vétusté, ou
par quelque accident, comme, inondation,
ircmblemeni de terre, etc.
U ^e prend aussi au figuré pour Avilisse-
tuenl. La déqradation des urnes est une suitË
fie la servitude.
Il signifie aussi I/afitiiblissement de U Iii<
roière ci des couleurs d'un l.'^bleau. La deqro'
dation des couleurs est hien entendue dam ce
tableau. Un Peintre qui entend hien la dé-
gradation des couleurs, de la lumière et «.'r's
ombres.
DÉGRADER, v. a. Démettre de quelque
crade par Justice, et avec (Iererl;tines formalités.
Déqrader un Gentilhomme, le dégrader de
Noblesse. Dégrader des armes un homme de
nuerre, pour quelqueldcheté commise. Dégrader
un Magistral, un Officier de Justice y pow
rause de concussion, ou pour quelque autrt
iujet consxdérahle.
l)ÊGRADKi\ , se dit quelquefois dans un sens
pius doux. Ainsi on dit, que C'est dégrader un
homme, que de lui refuser les honneurs qui lui
sont dus.
DÉGRAUEn, SE DÉGnADEB, OU figuiê. Signifie
AviUr, s'avilir. La flatterie dégrade égait-
ment les Princes et les flatteurs. Le flatteur m
dégrade par ses basses complaisances.
On dit, Véqrada- des bois, dét^rader une
maison.^ un héritage, pour dire, Y faire quel-
que dégât considérable, ou les lai-;ser minet 7.
les laisser dépérir par négligence.
En termes de Peinture, Dégrader sipiific
Diminuer, afTuiblir insensiblement la lumière
ou les couleurs d'un tableau. La lumière est
bien déqradée dans ce tableau. Les couleurs y
%ont bien dégradées.
Dtan\M:, tz. parlicipe.
DÊGRAEER. v a. Détacher une a^rule.
DEG
«Jéfairp le crocliet d'une 3;,'i.ifc de l'endroit ou
il est psssé. Dtqrafcr un liabit, une jupe.
DÉ&nAyi: , KE. participe.
DEGKAISSAGE, im Df-XJ^AISSF.MKNT.
s. m. Action de dégraisser les laines, les ôiofli's
de laine. Ces lainet onl besoin d'un don dé-
t^ruissaje.
IIËGRAISSER. V. a. Ôter la gr.iisse de (iiiel-
i^uc cliose. Dégraisser le pot. Déqruisser le
hvuillon.
On dit aussi, Dégraisser îc vin, pour dire,
lui ôter, au moyen de quelque in^^^;^lient, la
graisse dont il se charge eo \ i('illiN.sauL
Il signifie aussi, Oter les tacljesquela graisse
a faites. Donner un hnbil à dégraisser. Dé-
graisser un chapeau. On dit aussi. De jraisser
tu c'tei'eikT. La poudre dégraisse les cheveu.v.
On dit fi^iiréni. et popidaireni. . Dégraisser
un homme, pour diie, Lui oter une partie des
fraudes riclies.>e.s qu'il avoit mal acquises. Ce
Financier ai'oit fait de prodigieux gains, mais
un l'a bien dégraissé.
DÉonAissEti, se dit aussi en parlant Du mau-
vais effet que les torrens et les ravines d'eau
foQt sur les terres labourables, en emportant
cç qu'il y a de plus projjrc à les rendre l'crtitcs.
Les ravines dégraissent les terres,
,DÉGi!AL-isÉ, ÉE. participe.
nÉGRAISSELIt. s. m Qui dcgrais.se les
Iwliils, le» ciofles. Porter un habit, une jupe,
ou Dégraisseur.
DÉGRAVOIMEST.s.m-Effctduneeaucou
(.■nie qui dé^ravoie, qui dectiausse des murs
des pilolis , etc.
Di^GR.WOYER. V. a. Dé^.ader. déchausser
de» pilotis, des murs. L'eau a dcgra^-oy-é ce mur.
nÉcnAVOYÉ, ±E, participe'.
DEORÉ. s. m. (Plusieurs prononcent et
écrivent degré. ) L'escalier d'un l>.'itiment. L'n
grand degri. Un petit degré. Un degré de dé-
gagement. Le grand dt-gré du Palais. Un degré
datLe et aisé. Un degré extrêmement roide.
DEcnÉ , signifie aussi Une marcIie. .l 'onter
les degrés. Descendre les degrés. Des degrés de
pie.-re, d« degrés de bois. Les degrés d'un
perron. Les deqréi d'un escalier.
Degré, «c dit figurément Des Emplois, des
Qiarges, des Titres, des Dignités par ou on
l'iléve successivement ii de plus grandes. Il c<t
parvenu là par degrés. Il a passé par tous les
degrés. Par tous les degrés de la Milice, H s'est
tlav de degré en degré. Cet emploi fut le pre-
mier degri de sa fortune, de su faveur. Il est
dans un haut degié d'élévation.
Dan» l'Lnivcrsité, on appelle Degrés, Ij;
grade de Maiire « Arts, celui de Bachelier,
celui de IJcencic', e«lui de Docicur; et dans ce
sens on dit : Prendre <es Jejres dans IVniver-
siié. Il a tous ses degrés.
DEonÉ, te dit aussi pour marquer I.a diflc-
renre île plu» ou de ninius.que ks l'hilosopljes
fiippovi.t dan» les qualités sensibles. Dejjré..
de citaleur. de froid, de lichercsse. d'humidité,
de /nrre, de mouvemeni, de vitesse, etc. Eu
porl.un Des opérations de Chimie, et de» autres
qu'on fait par I» moyen du feu , on dit, Savoir
Tome I,
DKG
âonner les deqris du fcn^ pour dire, bavoir â
quel point il fau: que le feu lok arieut pour
Iiii'ii faire l'opération qu'on se propose.
On apptlle aussi Dcgrc^j Les dilTûrentcs
parties da:js lesquelles le linroiuùtre et le Tlicr-
niumètrc sont divises , et qui servent à marquer
dans le prenticr la pesanteur Lctuellc de l'air.
et dans le >t*cond le plus ou le moins de froid
et de cliaud. Le Baromètre est dccendu à
vingt-sept degiis. Le Thermomètre est mcntè
à trente deqrts.
F.n parlant Des qualiti'îs morales bonnes ou
mauvaises, on dit. Le ph^i haut denréy le der-
nier deqre, lesiiy.rémedeqré,, le s n'v.";rii in deqrè,,
pour dire, Le comble de ces ffualit(is, ce qu'il
y a d'txcessif ou déminent dans les unes et
dans les autres. Etre insolent au dernier deqié.
Porter l'insolence, jusan'aii vins haut denrc.
Etre parvenu au plus haut degré de Vèloguence.
Etre hhcral au suprême degré. Etre parvenu
au souva-ain degré de la gloire. Monter par
degrés au plus haut point de vertu y de perfec-
tion^ dlionneur ^ de réputation.
On appelle Degrés de comparaison , en
Grammaire, Le positif, le comparatif et le
superhitif . Voyez ces trois mots.
DtcnÉ, en parlant De parenté et de consan
ç;uùiitc, se dit pour martpier la proximité ou
IVloigncmcnl qu'il y a entre parens, îx l'égard
de la tige qui leur est coimnune. Parcns au
premier, au second degré. Les parcns au cin-
tjuième degré n'ont pas besoin dt d.su'nsi
pour sr tnaricr en^emhle.
On appelle absolument Degré de Juridic-
ïion, tout Tribuii.-iU soit Kcclésiaslique, soit
Laïque, dont on peut appeler à un autre. // eu
est encore à ce premier degré de Juridiction. Il
y a en France deux degrés de Juridiction entre
un Evêque et le Pape, savoir, le Tribunal du
Métropolitain . et celui du Primat, /ivant gnc
Vappel de la Sentence (Van Prev6t puisse être
porté au Parlement^ il faut quelle passe par un
autre degré de J uridiction ^ et tju^elle sot portée
à un Pré.'iidial.
Deghé, en Pbysique, est employé pour ex-
primer La quantité de masse, de vitesse, dq
mouvement ou de force du coq>s. Degré de
masse. Degré de vitesse. Degré de mouvement
proportionnel ju degré de Vi$npulsion.
DEcnL, en Géométrie, se dit Ue la trois
cent soixanlièms ;ï«trtJc de la circonférence d'un
cercle. Le quart de cercle a 90 degrés. Cn
angle de 4j degrés. Degré de latitude. Degré
de longitude. Chague signe du Zodiaque oc-
cupe '.\o degrés. Le Printemps commence
quand le soleiC entre dans le premier degré
dWr'ics.
DKCiRKIiR. V. a. Uterlesa;;nîsd"un vjisseau.
Di-cntK, KE. participe, i^ais-icau dégrçé,
Qui a pirdu. ou auquel on a ôtc ses a^^.
DliCilUXiOLEH. V. n. lîcsccndrc avec prê-
cipitAtiun. et souvent plus vite qu'où ne vou-
droiL // a dégringolé les montées. On lui a fuit
dégringoler l'esculia: Il a dégringolé^ dégrin-
golé jusqu'en bas. Il n'a fait que dégringoler. l\
est du st>lc familier.
DEG 38;^
DEoniNcOLF. , i'k. p.iiticii>e.
DKGROSSIU. v. a. Il u fst en usa^« an pro-
pre qu'en parbnt Des ouvrages de mcnuinerie
et de sculpture , [wur dire . ôter le plus gros de
la niatitirc pour conmienccr «1 lui faire recevoir
la forme que l'ouvrier lui veut donner. Dé'
grossir un bloc de marbre.
Il se dit figurément Des oflaires, pour dire.
Commencer i les éclaircir, à les débrouiller. /(
faut détjrossir un peu les matières avant que de
les traiter à fond. Dégrossir la besogne.
Dégrossir une épreuve^ terme d'Imprimerie,
La lire la première foisj et en ôter les pUu
f;rosscs fautes. On dégrossit les épreuves avant
de les envoyer à l'/^utcitr.
Dr.Giios'ii, IF., participe.
DÉGUENILLI-:, LK. adj. Celui, ceDe dom
les habits sont en lambeaux. // e^t (oui dégue-
nillé. Je Vai vue toute déguenillée.
DKGUERPIR. V. a. IVrme de Pratique.
Abandonner la possession d'un immeuble. Vé-
guerpir un héritage^ une mtji^son. une rente;
et absolument : Jl a été obligé de déguerpir. Il
faut déguerpir.
On dit figurément dans le discours familier,
Dégucrp-.r d^un lieu^ pour dire, Sortir d'un
lii.-u par qu-'Iquc motif de crainte. On l'a fuit
déguerpir de sa place. Je le ferai bien dcgucipir.
Et dans ce sens il est neutre,
DÉc.uEnPi, lE. participe.
DÉGUERPISSKI\IENT. s. m. Abandonne-
mcnt de la possession d'un immcnbî". Le dè.t
7'n'' ri'i ■'''î!*''Jf d'un héritage.
Dr;GUEULEI\. V. n. Vomir, rendre gorpc.
// dêgueula sous la table. II ne se dit que d'Ln
\omissemenl qui vient d'excès de déliauchc. Il
est bas.
Dl-:(;UIGNO]NER. T. a. Ôter le suif;:»on , le
mallicur. 11 se dit principalement au jeu. Ce beau
coup m\i déguignoné. Il est du style familier.
DÉGUISEMENT, s. m. L'état où est une
personne déguisée. Malgré son déguisement, j«
le reconnus bien.
Il se dit aussi figurément. La vérité se re-
ronnott malgré les artifices et les dêguisemcns.
Il a beau se sa-vir de déguisemens. Parlez-moi
sans déguisement,
DICGUI.SER. y. a. Travestir une personne
de telle sorte, qu'il soit difficile de la rreon-
noitrc. On le déguisa en femme. Il se déguisa
en Marcliand^ en Moine, etc. Une fausse barhe
déguise bien un homme. Se mettre un emplétre
sur Va'il pour se déguiser.
On dit. Déguiser sa voix , pour dire, Ne
parler pas avec le snn de sa voix naturelle;
Déguiser son écriture, pour dire. Écrire d'uH
autre caractère que son caractère ordinaire ;
Déguiser son style y pour dire, Composer dans
un style difTcrcnc du sicfi ; et Déguiser les
viandes j pour dire. Les assaisonner de telle
sorte, qu'on ait de la peine h les reconnoitre.
Ou dit n^urcment, Déguiser la réritc, dé-
quiser le /iiit, |H>ur dire, Raconter MVtc cbnf.e
uuirt'ment qu^clle n'est, dans l'iDicntion de
surprendre ceux ïi qui l'on parte. Ou ne ï-ott-^
dif pi:; (eut, on vous déguise le fait. Je ne
.'.9
38G
DEFI
vous àéguiicrai ri.ii. Pour ne vsus rien iè-
iiiiisa'. lit, Tiéaidier son amh\ùor\, su pcrjlitic,
pour dire , LL•^ cacher sous des apiiannces con-
traires.
On dit aussi 6gurément, 5c «ipjui'.wr, pour
dire, Se montrer tout autre qur l'on n'est. Cet
homme II fait touUs sortes 'le /•tvsonnnjes, il
te décjuise en mille mnniéref.
DÉeiiSK, ïE. participe. H I"' assassiné par
Jes gens déguisés.
On dit aussi , Vertus déguisées , vices dégui-
tés, ambition dégaisée.
DÉGUSTATION, s. f. Essai qu'on Ciit des
ligueurs en les goir.int.
DE H
DÉHÂLER. V. a. (l'H s'aspire.) Ôter l'im-
pression ijuc le liùle a faite sur le teint. Celte
eim, cetts pommade Va bien déhdlêe. Il s'em-
ploie au neutre. Ccîii délullc. Cela est fctvi
pour déhdler. Et avec le pronom personnel,
£'(le garde la chambre pour se dchàler.
DÉHÂIÉ , ÉE. participe.
DÉHANCHÉ, )';E. adj. Qui a les hanches
rompues ou disloijuées. Il se dit Des hommes
et des chevaux. Cet homme est tout déhanché.
Un cheval tout déhanché.
l\ se dit aussi Cgurement De ceux qui mar-
olieiit sans être fermes sur leurs hanches.
DÉH AKUER. t. a. Terme de Chasse. Lichcr
les chiens qui sont liés quatre îi quatre, ou six
à six.
DÉHAEDÉ , ÉB. participe.
TlEH.\RNACHEME!ST. s. m. (l'H s'aspire.)
Action d'ôter le harnois d'un cheval de trait.
Le déharnarhcment de ses chevaux l'a empêché
de venir plus tôt.
DÉHARNACHER, v. a. ( l'H s'aspire.) Ôter
le harnois à un cheva! Se trait. Le oocher n'a
pas encore déharnaché ses chevaux,
DÉHAnsACHÉ, ÉE. participe.
DEHORS, adv. de lieu. Hors de. Il est op-
posé à Dedans. Il est allé dehors. Cela avance
trop en dehors. Porter la pointe du pied en
dehors.
On dit , Medre un dcmesli<)ue dehors, pour
dire, Le chasser, lui donner son congé. /( a
mis ce la(juais dehors.
On dit. Porter la pointe du pied en dehors.
pour dire , IVIarchor de manière qu'il y ail plus
de distance entre les deux pointes des pieds
qu'entre les talons.
On dit familitrenient , qu'f/r» )iomme ne
Mit s'il est dedans ou dehors, pour dire, qu'il
est incertain de l'iîlat de ses affaires , de la si-
tuation où il est auprfs de certaines per-
sonnes, du parti qu'il prendra, de l'opinion
qu'il doit embrasser, etc. Il ne sad s'il est de-
dans ou dehors avec ce Prince. On ne saurait
deviner cet homme, on ne sait s'il est dedans
ou dehors. Il n'e.<( ni dehors , ni dedans.
Dehous , est aussi qu' Iqucfois préposition.
II passa par dehors la ville , En ce sens , U
h'mI guère d usape qu'en cette phrase, et quet
que» auim semblables.
DEHORS, s. m. La partie extérieure de
DEJ
quelque cliose. Cette maison j:aroU helîe par
dehors , par le dehors. Le mal n'est qu'au
dtliors.
On appelle Lex dchor.'i d'un château, J'une
maison, Les avenups, a\ant-cour, parc, etc.
qui font partie du total d'une m.iison.
<ln dit, Les dehors d*unc Plucc , pour dire,
Les fortifications extérieures, les ouvrages dé-
ïacliés de la Place. Les dehors de cette Ville
sont honSj mais le corps de la Place ne vaut
ï'ien. Il y a de beaux dehors, de bons dehors à
cette Place. Garder^ défendre les dehors. Ga~
qner , prendre, emporter les dehors. On em-
porta les dehors l'épée à la maîn. Faire des de-
hors à une Pluce.On a *-cvéfu les dehors.
On dit aussi fifçurénient. Les dehors , pour
dire, Les app;ireiices. // (jarde bien les dehors.
Sauver les dehors. Il cache une âme double
sous de beaujc dehors,, sous des dehors trom-
peurs.
DEI
DÉICIDE, s. m. Ce mot n'est en usage qu'en
parlant des Juifs, qui condamnèrent à mort
Notrc-Seigneur. Les Juifs ont commis un Déi-
cide. Tunte la postérité des Juifs a été punie du
Déicide commis par leurs pères.
DÉIFICATION, s. f. Apothéose. Action par
laquelle on déifie. La déification d'Hercule. La
'déijicatioj\ d'Enée. La déification d^ Auguste.
DÉIFIER, V. a. Admettre au nomlire des
Dieux. îlerculefut déifié sur le moût Ghta. Les
"Romains faisaient une cérémonie particulière
pour déifier leurs Empereurs.
DiliriÉ, ÉE. participe.
DÉISME. 9. m. Système de ceux qui , reje-
tant toute sorte de révélation, croient seule-
ment l'existeiKe de Dieu. Être soupçonné de
déisme.
DÉISTE, s. des a genres. Celui ou celle qui
rcconnojt un Dieu , mais qui ne reconnoit au-
cune Religion révélée. C'est un Déiste.
DÉITÉ. s. f. Dieu ou Déesse de !a Fable.
Les Déités terrestres. Les Déités infernales. Il
n'est guère d'usage que dans la poésie,
DEJ
DÉJÀ. adv. de temps. Dès cette heure, dès
^ prcscnt. Avez-vous déjà fait? E-^t-il déjà
quatre heures? Le Courrier est-il déjà arrivé?
Quoi! vous voilà déjà revenu? Quoi! déjà?
W si};nifie aussi, Di's l'hcire dont on parle.
Déjà le Soleil êtoit sw l'horizon. La Place ttoit
déjà prise quand H arriva.
W.JXy signifie aussi Auparavant; et c'est
diiiLS cette acception qu'on <lil : J'avais dcjà vté
chez vous pour vous voir. Je vous ai déjà dit
ce que je penwis.
DÉJECTION, s. f. Terme de Médecine. Les
cxcréniens, les selles d'un malade. Les dcjec-
lions marquent que sa maladie sera lonijuc,
DÉJETER, SE DÉJIMER. v. pron. Il se
dit Du bois qui se tourmente, qui se ronrlx-,
s enfle et s'étend. Le boi.'^ vert se dcjctte pK
que le .^cc. Ces ais se sont âéjctes,
DÉJETÉ, ÉE. participe.
DEJ
DÉJEUNER. V. n. Il se dit du repas qu on
fait le matin avant le diiicr. Il n'a point encore
déjeuné. Déjeuner d^un pdlé. Fuites déjeuner
un tel. Doytnez-lui à déjeuner. Il a bien mérité
de déjeuner. Les enfans déjeunent de bon ap-
pétit.
DÉJEUNER , ou DÉJEUNÉ, s. m. Le repas
qu'on fait le matin avant le diner. Vn bon dé-
jeuner. Un mauvais déjeuner. Qu'avez-vous
mangé à votre déjeuner! Un bon déjeuner
vaut bien un méchant dîner.
On appelle OéjeHficf-Jîner , Un grand dé-
jeuner qui tient heu de diner.
Proverbialement, en parlant d'Un bien qui
peut aisément être dissipe en très-peu de temps,
on dit, qu'/ï n'y en a pas pour un déjeuner.
Et dans ce sens, on dit d'Un prodigue, d'un
d'Lisipateur qui se dépèche de manger son bien ,
(]u7/ n'en a pas pour un déjeuna-. La même
phr.ise se dit en parlant d'Une chose dont on
croit qu'on viendra facilement à bout , ou qu'on
regarde comme trop foible pour pouvoir résis-
ter long-temps. Ainsi, en style familier, on dit
d'Une Place, d'une Armée qui est trop foible
pour résister, qu'il ny en a pas pour un bon
déjeuner.
On appelle par extension, Déjeuner, Une
espèce de petit plateau garni d'une tasse, d'uue
soucoupe, etc. Un déjeuner de porcelaine.
On dit figurement et familicrcmcnl, d'Une
étoffe dont la cotdeur se passe aisément, que
C'est un déjeuner de Soleil.
DÉ.IOINDRE. V. a. Faii-e que ce qui êtoit
joint ne le sriit plus. Il ne se dit queDefc ouvra-
ges de Menuiserie , de Cliarpenterie et de Ma-
çonnerie. C*cst le hdle ^ le Soleil qui a dèjvint
ces ais. Cela est toait déjoint.
On dit aussi : Ces ais se déjoignent. Les
pierres de cette voûte commencent à se dê-
j oindre.
DÉJOINT, TE. participe.
DÉJOUER. V. a. On dit familièrement, Dé-
jouer flut'^u'im.pour dire, Nuire h l'eftet qu'il
se propose dans ses discours, dans ses actions,
dans ses démarches ; et en ce sens, Déjouer esî
actif. Déjouer un projet, déjouer un complot,
pour dire, En arrêter les effets, en empéclier la
suite.
On dit aussi au neutre , et familièrement , Dé-
jouer, pour dire, N'être pas à son jeu, jouer
plus mal qu'à l'ordinaire.
DÉJorÉ, ÉE. partici{>c.
DÉJUC. s. masc. Le temps du lever des oi-
seaux. Il s'est dit aussi De celui des hommes. Il
est vieux.
DÉJUCHER. V. neutre. Il ne se dit propre-
ment que Des poules, (|uanti elles sortent du
juchciir. Les poules déjuchoicnt. Elles sont dct
juchées.
Il signifie aussi fîgurément , Se déplacer d'UQ
lieu haut et élevé. Je vous ferai bien déjucher
de là. Il n'est que du style familier.
En ce sens il est aussi actif. •/« vous déju-
crierai bien de là'haut.
DEL
c
DKL
DELÀ. Voyn U.
DÉLABREMENT, s. m. État d'une clrnse
délabrée. 5a maison el ses meubles , (oui est dans
un tjranii délabremenl. Le délahrcmenl de ses
uffiures Le délabrement de sa santé.
DÊLiEKEK.v. a. Déchirer, metirc en Inm-
ï)e:»ux. À force de tendre et de détendre cette ta-
pisserie^ on l'a toute déliibree.
U se dit figurcnient d'Une armée. Les fa-
tigues, le manque de vii'reSj ont furt délabré
Mil armée.
Dclabué, £e. participe.
On dit aus.si : Vn bten délabre. Une maison^
une terre délabrée.
On dit aussi d'Un homme ruine, que Ses
affaires sont délabrées; d'Un homme infirme
et l.'tnguissant , <|ue Sa santé est délabrée. Et on
dit, qu'Cn homme est bien délabré, pour dire,
<jue Son hal)it est tout déchire.
On dit encore, Vnc réputation délabrée.
DÉLA(;ER. V. a. Défaire un bat qui est
passe dans les œillets d'un corps de jupe. Dé-
lacer un corps de jupe.
On dit aussi , Déiuccr une /èmme, pour dire,
Défaire U lacet de son coqjs de jupe. Llle est
évanouie, il faudroit la délacer,
DÉLACÉ, ÉE. participe.
DÉLAL s. m. pelardcment, remise. Long
délai. Demander y obtenir un délai. Donna-,
prendre du délai. Sa.ns plus de délai. Pour
tout délai.
DttLAlSSEMENT s. m. Manque de tout
«ec'mrs, de toute assi^tance. Ses parens et sa
amii l'ont abandonné , il est dansun ntand dé-
laissement, dans un entier délaissement.
On dit, en termes de Pratique, Le délaisse-
ment d'un /le'rifa'/c, pour dire, L'abandonne-
ment d un héritage.
DLLAISSER. v. act. .abandonner. Dieu ne
délaisse jamais ceux tfui espèrent en lui. Elle
ne l'a jamais délaissé. Elle se Iroui'e délaissée.
On s'en sert en termes de Pratique, pour
di"c. Quitter une chose dont on étoit en pos-
session. En con-xtfuence de l'Arrêt, il lui a dé-
laissé cet héritage. Il fut condamné à lui guitter
et délaisser la possession de.....
On dit aussi en termes de Pratique : Dé-
laisser une action commencée. Délaisser des
poursuittx.
DÉLAISSÉ, ÉE. partici|>e.
DELARDER. v. act. Terme d'.\it:hitecture.
Con|»r n'uliquemcnt le dissous d une marche
d i-calitr , ou piquer avec le marteau le lit d'une
pierrt*.
DÉI..VEDÉ, ÉE. participe. Marche d'escalier
délardée,
DÉLASSEME.NT. subst m. Repos, relichc
qu'un prend pour se délasser de quelque travail.
Après tant de travaux, il faut du dcUssemenl.
Lt jeu ii< iJoil être ^u'un Jélastemenl. L'espri:
n besoin de délassement,
DÉLASSER, y. a. Ôt«r la lassitude, faire
qu'on no soJI plus his. Le lonmieil délasse. Le
(eu dclaae. Cl:::ngemenl d'occupation délasse
DEL
Yesprit, Si dèlasier d'une loufjue futiqte, d'une
lonque apjdication. Se coucher pour se de-
lassa' .
nixAssÉ, ÉE. partici[)e.
DELATEUR, s. m. Accusaieur, dt^noncia-
teur. Les DéUtteurs jurent f(^t communs sous
le règne de Tibère. Les Délateurs sont odieux.
On fit punir le Ocîateur. In Délateur secret est
plwi dangereiu: ijuc les Délateurs publics.
DÉLATION. s. f. Accusation, dt-nonciation.
Cet Empereur cul trop d^é'jard aux délations.
On ne doit point décider de la vie ci'un hommt
sur une simple délation.
DKLAlTKIt. V. a. Ùicf les lattes do dessus
un toiu On a dîlatlê lout ce toit.
DiÎLATTÉ, ^E. participe.
OKLAVl':, ÉE. adj. Il se dit Des couleurs
foibles cl blafardes. Ce bleu est trop dêlaw L'^e
pierre délavée. Chez les JoailHtrs, pierre dont
la couleur est foihïe.
DÉLAVANT, s. majc. Remède qui rend les
Iiuniiurs plus fluides. Les délayons s' emploient
dans la plupart des maladies.
DÉL.\VKMEM. s. m. Action de délayer.
DELAYKK. 7. a. ôJircnapfr. ( Il seconjugur
tomme Payer.) Délayer de la farine. Délayer
des œufs.
DklatÉ, £E. participe.
DÉLECTABLE, adj. des 2 genres. Qui plnit
t>6aacoup. trcs- agréable. Lieu délectable. Rien
n'est si délectable que Mets délectable. Vn
vin délectable. Un séjour délectable.
DELECTATION, s.f. Plaisir qu'on savoure,
^*on i;oiiif avec rcûexion. Grande délégation.
Faire (Quelque chose avec délectation. Boire ,
manqer avec délectation. Prendre trop de dé-
lectation aiLv choses du monde.
DKLECTF.R, v, a. Divertir, réjouir. Quand
vn veut se mortifier, il faut éviter tout ce aui
délecte les sens. Il ne se dit guère qu'en style de
Moralp mystique.
^E DÉLECTER. V. pron. Prendre beaucoup de
plaisir à quelque chose. Se délecter à l'Etude,
QiLt Beaitx-.irts,, à V Agriculture. Il se délecte
i peindre. Il ne se dit guère que dans le style
familier.
DÉLECTÉ, ÉE. participe.
DÈLEG.ATIO'. subst fcm. Commission
ilonnéc i quelqu'un pour connoitre. pour ju-
ger, et geBcralcment pour agir au nom d'un
autre.
DÉLÉ(;ATi05f se dit aussi d'Un Acte par le-
quel on donne à une personne une somme à
FïCevoir d une autre. Foire une délégation sur
un Fermier. Donner une délégation. Avoir
tme délégation. Faire accepter une délégation.
DÉLÉGUER, v. act. Députer, commettre,
envoyer quelqu'un avec pouvoir d'agir, d'exa-
miner , de juger , etc. Déléguer quelqu'un
pour connoitre de guclgue chose. Le Pape j
délégué des Juges pour cette ajfnire,
DÈLÉt.LEn, se dit aussi en parlant Des run<^
qu'on assigne pour le pavement d'une dclt' .
Déléguer une dette. Déléguer une somme. Dé-
léguer un {unds pour le payenieui d'un en cn-
cicr.
DEL 387
On (lit aussi dans ce sent ^ Déléguer un
Fermier.
DÉLÉGUÉ, ÉE. part. Il est aussi substantif, et ^i-
gnifir .-Député, celui qui n reçu une dé^é^ntipu.
DÉLESTAGE, s. m. Action de délester, ou
déchargement du lest d'un vai.s$eau.
DÉLESTER, v. a. Ùter le lest d'un vaisseau.
On a fait délester les vaisseaux.
DÉLESTÉ, ÉE. participe.
DICLESTEUR. s. m. Celui qui est cliargé de
fain; délester Ie.s vaisseaux.
DÉLÉTÈRE, adject. des a genres. Oui tue ,
ipii couse la mort. Des plantes délétères. Des
sucs délétères.
DÉLIBÉRANT, ANTE. adj. Qui délUjùre.
Assemblée délibérante.
DÉLIIiÉRATIF, IVE. adj. Terme de Rhé-
loriijue. Il se dit De ce genre de discours dans
lequel rOrateur se propose de faire prendre
ou rejeter une résolution dans une aBàirc pu-
blique mise en délibération. Cet Orateur ex oelle
dans le genre délihératif.
On dit. Avoir voix délibérative ^ pour dire,
Avoir voix de suffrage dans les dc]i}>érations
d'une Compagnie. Voi.r délibérative , est op-
posé ù Voij: consultative.
DÉLIBÉRATION, subst. f. Discussion faile
entre plusieurs personnes pour prendre une
résolution. Longue d<lihcrativn. Mine délibé'
ration. Melt c une affaire en délibération. On
mit en déhbération si....
Il signifie aussi Résolution. La délibératicn
du Cott.'^eil fut que. . . . Par délibération du
Con.'^cil. Prendre une délibération.
DÉLIBÉRÉAIENT. adv. D'une manière dé-
libérée. Marcher délibérément.
Dl^LIBERER. v. neut. Examiner, consulter
en soi-même ou avec les autres. Il a long-
temps délibéré sur ce qu\l devoit faire. On a
long -temps délibéré sur cette affiire. Il a été
long-temps à délibérer si Il n'y a lieu à dé-
Ubérei' , il ny a pas à délibérer. Délibérer
d'une chose. Délibérer sur une matière., sur
une question, sur une affaire importante.
Il signifie aussi. Prendre une résolution, se
déterminer. J'ai délibéré de faire telle chose.
On délibéra d'aller uu-c ennemis. Il fut délibéré
dans le Conseil.
DÉi.iBÉné, ÉE. participe. L'a^rirc mûrement
délibérée. Délihéié un tel jour.
On dit, C^est une chose délibérée, pour dtre.
C'est une chose arnlée , conclue. On dît aussi ,
Faire une chose de propos délibéré, pour dire,
.\ dessein , exprès , aprt''5 y avoir bien pensé.
On le dit presque toujours en mauvaise parL //
lui a rendu ce mauvais office de propos délibéré.
U est aussi adjectif . et signifie, Aise. libre.
Jl est bien délibéré. Il a l'air délibéré. Marcher
d'un pas délibéré.
Il est nusM substantif en termes de Pratiqua,
cil portant De la dernière résolution que des
Juges doivent prendre sur Icxaroen des pièces.
Ou a ordonné un délibéré sur le registre.
On dit aussi, Délibéré sur-le-champ, Lors-
(jue les Juges, après I.i plaidoirie, se iéaDi9>ciit
pour délilicrcr à buis clos.
49-
388
DEL
DÉLICAT , ATE. ad j. Fin , agréable ou goul.
'Mets délicat. ViuiuJe délicate. Vin délicat. Cet
homme fait une cliéie fvrt délicale. Il tient une
table très-délicate.
Il sigurfic figurémcnt, Qui juge finement
de ce qui regarJe les sens ou l'esprit. Goal dé-
licat. Oreille délicate. Jujemenl délicat. Esprit
délicat.
11 signifie aussi figuicmcnt, DilTicilc i eon-
icnler, soit pour les choses des sens , soit
pour celles de l'esprit. Vo».. e'M bien délirai.
Il ne faut pas être si délicat. Kt substantive-
ment, Les délicats sont malheureux.
DtLic.iT. Délie, fin. Il est opposé k Grossier.
Teint délicat. Peau délicate. Travail délicat.
Ouwaoe délicat. Sculptuic, ciselure, gravure,
ntiniature délicate.
On dit, qu'Un ouvrier a la main délicate,
pour dire , qu'il travaille avec une grande
adresse , une grande légèreté de main. On dit
aussi dans le même sens, qu'il a le ciseau, le
pinceau délicat.
On dit figurcment, qu'L'ne pensée, qu'une
louanne est délicale, pour dire, qu'Mlle est
louruôe et exprimée d'une manière fine et
adroite.
On dit, qu'f-'nc c?JOse est délicate à manier.
pour dire , qn'U ne faut pas la manier rude-
ment.
On dit encore figurcment. <\\i'Une ajftiire,
qu'une matière est délicate ù tfiii/er,pour dire.
qu'LUe est difficile ou dangereuse. // est ençjajé
àans une affiiire dcliculc. Il s'est lire d'un pas
bien délicat. La conjoncture est déliciile.
DÉLICAT Foible, qui peut recevoir aisément
quelque altération. U est opposé à Robuste
Tenipérame/if rféiicat. Sanlé</élic«(e. Co/islilu-
«ion , coniplexion rft'iicate. Cet enfmt est ex
trtmemenl délicat. Avoir la vue délicale.
On dit, qu'Une personne a le sommeil déli-
cat, pour dire que Le moindre bruit l'éveille.
On dit proverbialement et en pliisa.ilcric ,
d'Lu liomme qui aime trop ses aises, et qui
trouve que la moindre chose l'incommode ,
qu'il est délicat et blond.
On dit figurément, qu'Un /lomme est déli-
cat sur le point d'honneur, pour dire, qu'il
est aisél choquer sur le» choses qui regardent
Vhonneur. Il est c.'iatoiiincux cl délicat sur le
point d'honneur. On dit aussi à peu prt';s dans
le même sens, qu'Un homme est délicat sut
l'amitié.
On dit oussi, qu'Un lonune est exlrcmc-
menl délicat sur ce <)ui regarde ses amis, pour
dire, qu II ne soulTre pas qu'on dise, qu'on
fasse rien contre eux.
Ou dit encore figurémcnt, qu'Une personne
a la conscience délicate , pour dire, qu'EUe a
une conscienet aisée ii blesser, qu'elle se fait
scrupule des momdrcs choses.
L)ÉLiC.\TEMi:.\T. adv. Avec délicatesse,
d'une manière délicate. £ïre élevé délicatement.
Se traiter déiicatenicnt. Juger délicatement de
tout Cela est (raviiifle dj/iculenicrit. Il faut ma-
nier cela delicatcnicnf. Cet Auteur a traité ce
sujel-Ia deJicalemenl. il a passé ceia délicate-
DEL
ment, Cdie affaire veut être îriiUée délicate-
ment.
DÉLICATER. V. a. Tr.iitcr avec des soins
trop délicais, accoutumer îx la moilcsse. On
(jiUe les enfans à force de les dtUciiter. Vous
vous délicatez trop. Il ne faut pas tant se di--
licatei.
DÉLICATE, ÉE. participe.
DELICATESSE, s. f. QiipHté d'uue cliose
ou d'une personne délicale. Il s'emploie d:;Ds h
plupart des sens de. Délicat. La délicatesse du
vin, des viandes^ de la tonne c/(Crc, de la
table j consiste en.... Délicatesse de goût. Grande
délicatesse d'orc.lle. Délicatesse de jugement,
d'esprit. Délicatesse de teint. La délicatesse de
la peau. La délicatesse d'un ouvrage de la main.
Grande délicatesse de pinceau. Il a beaucoup
de délicatesse dans ce (^u^il écrit, dans tout ce
(ju'ii dit. La délicutcs.-:e d^une pensée. C'est une
alftiire (^ui veut être traitée avec grande délica-
tesse. Il faut ménager cela avec beaucoup de
délicatesse. Délicatesse de tempérament. La dé-
licatesse de sa sauté ne lui permet pas La
délicatesse de sa complexton. Avoir une extrême
délicatesse sur le point dlionncur. On ne sau-
roit avoir trop de délicatesse sur de certaines
choses. Avoir une grande délicatesse de con-
science.
DÉLICATESSE, Se pppnd encore (juelquefois
pour ^loUesse. Cet enfant est élevé avec trop
de délicatesse. Garder le Ut par délicalessc, C'es\
une trop grande utltcatesse à un homme ^
^ue de,.,.
On dit au pluriel, Les délicatesses de la
Langue, pour dire, Les finesses de la Langue;
Les délicatesses de la table j pour dire , Les meu
ilc'licats.
DÉLICES, S. f. pi. Plaisir, volupté. Les dé-
lices des sens. Les délices du Paradis. Les dé-
lices de Vesprit. Les délices de la campagne. Il
fait toutes ses délices de l'étude. Ce sont ses
délices. Mettre ses délices à faire guel(^ut chose.
Goûter les délices de la vie. Etre noJirri dans
les délices. Se plonqa- dans les délices. Il en
fiit ses plus chères délices, ik n}£ttoii'nt leurs
délices à vivre ensemble.
On dit de l'Empereur Titus, qu'il étoit les
délices du genre liumam.
On dit quelquefois Délice au singulier; et
ilors on le fuit masculin. C'est un délice. C'est
un grand délice. Quel délice!
DKLICIEUSKMENT. advorb. Avec délires,
d'une manière dciicieu.te. Vivre déHcicu&cmcrl
tS'oiis y passiimes quinze jours délicieusement.
Ou boit délicieusement à la ^lace dans lesPays
chauds,
I>ÉLICIEUX,EUSE. adiccL ExUèmemcm
agréable. Vin délicieux. Mets délicieux. Par--
fums délicieux. Lieux délicieux. Entrelien dé-
licieux. Conversation délicieuse. Musiffue dAi-
cicuse. Wiener une vie délicieuse.
DÊLICOTEU. V. qui ne s'en. ploie qu'avec
le pronom jK-rsonncl. Terme de i\Ianéj;e. Il se
(lit d'Un cheval qui se dJlait de son licou. Ce
cheval est sujet à se déli coter , il faut lui
mettre une sougorge.
DEL
^)I^L1I!;, ÉE. adjecL CJrélc, nijnrc, mena.
Taille déliée. Etoffe déliée. Toile déliée. Fd
délié. Un trait de plume fort délié.
On dit substantivement , en termes d'I.cri-
turc, Le délié, par opposition au Plein. La
lettre o a deux pleins et deux déliés.
On dit figurcment , qu't/n homme cit délie.
qu'il a l'esprit délié, pour dire, qu'il a beaiA
coup de finesse, d'espnt, d'ijabilclc, de pénc-
tralion, d'adresse. C*est un esprit délié. (Test
une femme fine et déliée. Il se prend quelquefois
eu mauvaise part.
DÉLIEN.NES. adj. f. pi. 11 se dit dfs FMrs
célébrées à Athènes en l'honneur d'Apoîîon.
La mort de S ocrate fut différée par respect pour
les Fêtes Détiennes.
DÉLIER. V, a. Détacherj défaire ce qui lie
quelque chose. Délier une gerbe. Délier un
fagot.
Il se prend aussi pour Dcnouer. Délier des
cor dons j des rubans.
l\ signifie de même et pris absolument, en
termes de Théologie, Absoudre. L'Eglise a le
pouvoir de lier et de délier. C'est aux Evéquest
aux Pasteurs à lier et à délier.
On dit aussi figurcment, Délier d'un ser-
ment, pour dire, En dégager, .\ufle Puissance
na le dj-oit de délier les sujets du serment de
fidélité.
DÉLIÉ, ÉE. participe.
DÉLINÉATION. s. f. Description faite avec
de simples lignes, avec de simples traits. La
simple délitiéation fait voir Vétendue de celte.
PJare.
DÉLINQUANT, adject. Terme de Praiiq rc,
qui n'est guère d'usage qu'au substintif. Qui a
commis un délit Punit- un délinquant. Les
délinquans.
DÉLINQUER. v. n. Faillir, contaevenir à
la Loi. Terme de Pratique, qui n'est guère d u-
sage qu'au prétérit. On- punira ceux qui ont
délinqué. En quoi a-t-H dclinqué?
DÉLIRE. s. m. I^^arcment d'esprit causé par
maladie. Long délirt.'. Cet homme est tombe en
délire, est dans le délire. Il est sujet à des dé-
lires. On espère que son délite cessera avec la
fièvre.
On dit figurcment : Le délire des passions ,
de l'esprit, de l'imagination, etc. Un beau
délire.
DÉLIT, s. m. Terme de Pratique. Crime.
Grand délit. Délit énorme. ComrïU'((rc un délit.
On appelle Délit commun, Tout crime conv
mis par un l:xxlésia8tiq'ic, et dont la connois-
sance appartient de droit au Juge Ecclésiastique.
On appelle Le corps du délit, le corps de
délit j Ce qui constate le crime qui a été com-
mis, comme en malière d'homicide, un cada-
vre; en matière de vol, une effraction. On fc
dit par opposition aux Circonstances. Avant
que de condamner un criminel, il faut que le
corps du délit soit constant, c'est-à-dire, qull
faut qu'on soit assuré que le crime dont il s'a-
git 0 été commis.
On dit. Etre pris, surpris en flagrant délit ^
pour dire, Éire pria sur le fait.
DEL
DÉLITER. V. a. Poser les pierres d.ins nn
autre seui que celui quelles ont dans la car-
rière. Il ne faut pas déHler les pierres ; elles s;-
dégradent i^uantl elles sont dclitêes. Le marbre
se pose en tout sens, et ne peut être délité.
DixiTÉ, ÉE. participe.
DKLITKSCENGE. •. f. Terme de Médecine.
ReHux subit de l'hunienr morbifujuc de de-
liors en dedans, qui fait disparoitre tout d'un
coup une tumeur.
DliLIVR.'V>'CE. s. f. Action par laquelle on
délivre. Heureuse^ entièiCy parfaite dèlivr'ance.
C'est lui aui a procure l'otre délivrance ^ aui a
contribué à votre délivrance. La délivrance ^es
Captifs , d'un Prisonnier. La di^livrance du
Peuple de Dieu. L'anniversaire j la Fête de la
délivrance d'une Ville.
Ou dit, qu'Une femme a eu une heureuse
délivrance , pour dire , qu'Elle est accouchée
beuretiser;i'*nt.
Il si;;niDc aus^i Livraison , action par li-
qnellc on livre quelque chose entre les mains
de quelqu'un. On ne U payera t^u après une
pleine et endcre délivrance .t'js titres, des
pièces^ des fonds ^ etc. Quand la délivrance des
viaj'chandises aura été faite. Il s'est opposé à la
délivrance des deniers. L'exécuteur iestamen-
taire doit faire la délivrance des legs.
DÉLIVRK. s* m. Arrière -faix, enveloppe
da fœtus. Le délivre d'une femme.
DÉLr\*RER. V. a. Mettre en ia>erté, affran-
chir do quelque mal , de quelque incommodité.
/! délivra son Pays des tyrans , du jouQ des
Barbares. Il airOit été pris par les Turcs, on
Va dèlipré en payant sa rançon. Il fut délivré
d'entre leurs mains ^ de leurs mains. Délivrer
de prison^ de captivité. Délivrer les Captifs^ les
Prisonniers. La Ville fut délivrée de la peste.
Il est délivré de la fèvre, délivré de crainte. Il
a été délivré d'un grand péril. On m'a délivré
d'une grande inquiélude , d'un grand fardeau.
Il est délivré des misères de cette ine. Délivrer
une âme du Purgatoire. Je vous délivrerai de
celte peine. Ctt homme est foi-t incommode ^ je
voudrais bien en être délivré. Quand me déli-
vrerez-vous de ce méchant procès?
DKUVBEit, en parlant d'Une femme, signifie
Arcoudier; et dans ce oeos ob dit, La sage-
femme gui Va délivrée. On dit aussi dans ce
mùmeseas^qu'Vne femme est }i4ureusement dé-
livrée, pour dire, qu'Elle est heureusement ac-
couchée.
On dit aussi J ins un sens un peu diTûrent,
qu Vue |tvniiu: «n( accouchée, maU n:i'i'iie n'e.-it
pas enttcrement délivrée , [wur dite que L'ar
ri^e-taix n'csl pas encore venu.
I)t.LlV^Ell, ai-nifif- aussi Livrer, mettre cn-
Ue I« mains. Délivrer de la marchandise. On
lui a fait délivrer par ordre du Rui tant de
guinta-ix de poudre^ tant de sacs de blé^etc.
Délivrer un meuble au plus offrant et dernier
ettchérisscur. Délivrer de l'argent, des deniers.
On lui a délivré les deniers du prix de la
vente. Délivrer des commissions pour lever des
getii de guene. Délivrer des papiers, des titres
(1 queliiu un. Délivrer des cxpéduions.
DEL
On dît, Délivrer des ouvrages à un Entre-
preneur, à un Maçon, pour dire. Donner des
ouvrages à un Entrepreneur, à un .Maçon. l'i
on dit, qu't/n Entrepreneur doit délivrer des
omrages dans un certain temps , pour dire,
qu'il les doit rendre parfaits et acbevéâ dans ce
tenips-Iù.
DtLivRÉ, ÉE, participe.
DÉLIVR&UR. s. m. On appelle ainsi Celui
qui, dans les magasins du Roi, est cliargè de
délivrer aux troupes les rations de fourrage .
de biscuit', celui qui, dans le nium-ge, distribue
l'avoine, etc.
DÉLOGKMMNT. s. m. Aciion de déloj;cr.
// faut quil sonne à une autre maison j car le
temps du l'.éloijcment appr-oche.
Il se dit aussi Du départ des gens d*; guerre
logés par étape. Le drlogeiucnt des troupe?.
Il se prend aussi <[uelqiiefuis pour, Décam-
penienL Le dclogemenf de cette division s'est
fuit à la hâte.
DELOGER. V. a. Quitter un logement,
sortir d'un logement pour aller loger ailleurs.
H déloge à la Saint-Remi.
DÉLOGEn, se dit aussi dans le même sens,
en parlant Des troupes logées par étape. Le Ré
giment a dcloaé à la pointe du jour.
Il signiûe aussi quelquefois Décamper. LV^
proche de Vennemi les a fait déloger bien vite.
Quand ils surent que l'ennemi étoit plus fort,
ils délogèrent sans trompette, à la sourdine.
On dit aussi figurcment et familièrement,
né'ofjer sans trompette, pour dire. Sortir doi-
cernent et sans bruit du lieu où l'on est, soit
par discrétion , soit pour ne pas payer ce qu'on
doit, soit pour éviter ime peine, un dangci
dont on est nicnacé.
DÉLor.En, signiiîe encore, Sortir d'un lieu.
d'une place qu'on occupe. Délogez de là au
plus vite, c^st ma place. Je vous fsrai bien,
déloqer de là.
Il est aussi actif; et alors il signifie, Ôtcr un
!o;ement îi quelqu'un, lui faire quitter son lo
gement, son appartement. Je ne veux pas vous
déloger. Je n'ai garde de 7>ous déloger:
Il signifie encore, en termes de Guerre,
Faire quitter un poète. Les ennemis s'étoieni
postés, s'étoient retrand es en tel endroitjmais
on les en a délogés à coups de canon.
Il signifie aussi, Faire sortir quelqu'un d'une
place commode où il s'éloit niis. Ils s'étoient
mis sur les premiers bancs, mais on les en a
délogés.
Di-'xor,^., ÉE. participe.
DÉLOYAL, ALE. adj. Perfide, qui n'a ni
foi, ni p.irole, qui compte (xiur rien les cnga-
gcnieiis 1rs plus forts. Jmi déloyal. Il faut éire
bien déloyal pour tromper son ami ^ son bien-
faiteur.
DÉLOYALEMENT. adv. San» foi , avec
pcrfi.lic. // en a usé le plus déloyalcnient du
monde»
DELOYAUTf^ s. f. Manque de foi, infidé-
lité, perfidie. Insigne déloyauté. Étrange de*,
fo^aulé.
DELTOÏDE, adj. Terme d'Anatomie , qui sû
DEM 38o
ilit d'un iMiiscle (jui siTt h élever les bia» en
haut.
DELUCîE. s. ni. Grande inondation. 11 *e
(lit principalement Du déluge universel, qii'ou
upielle aussi absolument Le lié/uje. Avant le
ilcliije. Après le JéUtije. Le déluge de Deuca-
lion. Les Américains parlent d'un déluqe ar-
rive autrefois dans leur Pays. Les pluies ont
eli si grandes, (ju elles ont fait une espèce de
dclunc.
On dit G^urément et poétiquement : Vn dé-
luijc de /l'ii. Le monde doit péril- pio- un délune
de fu. Un déluge de maux. Un déluqe de pa-
roles, d'injures. Vn déluge de sang. Vn déluqe
■ c larmes. Un déluge de pleurs.
t-)u dit proverbialcm. , Après moi le déluge,
pour dire, qu'On ne s'embarrassera pa» de ce
ijui .irrivera quand on n'y sera plus.
HÉI.UTER. T. a. Otcr le lut ou l'enduit qui
servoit à fermer un vase destiné à aller «u fen.
UÉLUTÉ , ÉE. participe.
DEM
DÉMAGOGIE, s. I. Ambition de dommcr
dans une faction populaire.
DÉMAGOGUE. 8. m. Chef d'une faction
populaire.
DÉM.\IGRIR. v. n. Devenir moins maigre.
// ii'esl pas engraissé, mais il est démaigri, il
n'est gue démaigri.
l\l se dit en termes de Maçonnerie et de
Charpentcrie, pour, Betrancher quelque chose
iuiir jiierrc, dune pièce de bois. En ce sens il
ist actif.
DïMAioni , lE. participe.
U:;MAII,L0TTEU. v. a. Ôter du maillot.
Dénitillotler un enfa/it.
L)K.«Aai.OTré , le. participe.
DK.M.VIN. adv. de temps, servant à marquer
II' jour qui suit immédiatement celui où l'on
l'st. Son procès se juge demain. Il arrive de-
main, demain mtitin. Ihmain au matin, de-
main au soir. Il m'a remis à demain. A demain
toutes choses nouvelles. Adieu jùscfu'à demain.
On dit proverbialcm. , À demain les affaires,
pour dire, qu'On les remet à une autre fois.
Quelquefois on l'emploie substantivemenL
Avant gue demain soil passé. Vous avez tout
demain pour y songer. Demain est un jour de
Palais, un jour de Fcte.
UI-:.'\L4!SCUESIEN T. s. m. Action de déman-
cher, état de ce qui est démanclie. Le ditnan^
cl-.ement d'une cognée, d'un balai.
On dit aussi Demfliic-/icrin'n(, pour, L'action
lie j>ortcr la maiu vers le haut du violun ou du
violoncelle, vers !c chevalet. Le démanchemcnt
est difficile.
DÉMANCHER, v. a. Oter le manche d'un
instrument. Démanchei- une cognée, un cou-
teau. Démancher un balai.
Ou dit .lussi avec le pronom |>crsonnel , Une
cognée (^fti se démanche. Vn balai <uii se dé-
manche.
\)iM\ycia.n , Se nùiAKCn» , se dit aussi
G>;urcmenl. Il y a guelgue chofC qui se dé-
manche dans cette uj".iire, jKiur due, quil y
3r70
DEM
a quelque chose qui conunence à mal aller.*
Ce viirti commence à se démancher y pour dire.
(juil romnience à se dt^&uiiir, il se delnxire. Il
e«t du style familier.
DÉMANCHER, signifie missi, Avancer la main
vers le haut du mouche du violon ou du vio-
loncelle. Il démanche aisément.
DÉMANCHÉ, ÉE. participe.
DEMANDE, s. fôm. Action par laquelle on
demande. Votre demande est juste. Il fait tom
les jours de nouvelles demandes. J'ai satisfait
rî .ta demande.
On appelle Demande alisohiment , La 'dé-
nnrclie '[tie fait lui tiers, pour demander une
(illc en mariage h ses parens. C'est l'oncle du
marié <jui a fait la demande
■ Il $ii;niûe aussi La chose demandée. On vous
A nccortie votre demande.
Demande , signifie aussi Question. La rc-
lonse doit être conforme à la demande. Caté-
shisme par demandes et par réponses.
Il se dit aussi De l'action qu'on intente en
lustlce , pour obtenir une cïiose à laquelle on
n droit. Demande en complainte. Demande, en
rép.iration d'honneur. Il a été déboute de sa
demande. Foi mer une demande.
On dit, en parlant d'Une chose où l'on ne
trouve point de diftirultô : Belle demande.
VuUà une belle demande!
On dit aussi provcrbi;dcment , À folle de-
mande ^ à sotte demande point de réponse.
DEMANDER, v. art. Prier quelqu'un d'ac-
corder quelque chose. Je vous demande t'otre
amitié^ votre secours^ votre piolection. Il lui
a demandé la vie. Je vous demande au nom di
Dieu Je voui demande en tjrdce De-
mander audience, une audience. Demander
pardon. Demander quartier. Demander grdce.
Je vou^ demande de m'écouter.
DEMANDEtt, ie dit aussi Des clioscs pont
lesquelles on s'adresse ît la Justice. Demander
un rèqlement , un renvoi , un répit y du temps.
Demander une provision. Demander communi-
cation des pièces. Demander compte d'une.
affaire. Demander U payement d'une datlc
Demander réparation d'honneur. On demande
qu'il uit à vider ses mains.
Ca dit, Demander la howse^ pour dire,
Exîj*''r par violence l'argent qu'un homme a
sur lui.
On dit d'Un homme, qu'/i ne demande pas
niiCKjr, pour dire, qu'il est fort content de ce
qu'un lui propose.
On dit dans le même sens, faut- il d-m.tn-
der à un malade s'il veut santés
On dit proverbialement, Qui nous doit
nous demande^ pour dire, qu'On auroit sujet
de se plaindn.' de la personne qui se plaint.
On dit, Il ne demande qu'amour et sini-
plc*.«e, en parlant d'Un homme qui porte dans
l'i société de la bienveillance et de la candeur,
et qui en demande le retour.
On dit, // ne dcirwinde que plaie et hosse ^
en i)arloni d'Un liomnie qui iC pl.iil dans le
trouble, et qui en est toujours pour les p:iitia
v'olen*.
UEM
DEM.\yi)En, veut dire aussi, Chercher quel-
rju'un pour le voir, pour lui parler. // estt'enu
un tel au loqisvous demander. Demandez-vou%
quelqu'un? On vous demande.
On dit, Demander son pain^ sa vie^ pour
dire, Demander l'aumône.
Demandf.h, se met aussi al)solïimeni. // de-
mande toujours. Il va demander par les mai-
sons. Il demande à tout le monde. H dcnmndt
de varie en porte. Depuis qu'il est à la Cour^ il
ne fait que demander.
Dejiandeu, est quelquefois suivi de la pré-
position à avec l'infinitif. Demander à boiie.
Il demande à entrer y à parler ^ à faire la
preuve, à être admis dans VOrdic du Saint-
Esprit.
Demandeii. L'iterropier quelqu'un pour ap
prendre de lui quelque chose qu'on veut savoir.
Je vous demande si vous viendrez. Demander
des nouvelles. Je ne vous demande pas l'otrc
^ecrct. Il lui a demandé son nom, sa de-
meure. Demandez-lui d'où il vient. Demander
le chemin.
On dit familièrement , en parlant d'Une
chose dont on ne sauroit rendre raison , De-
maJidez-nioi pourquoi.
Dem\nder. Désirer, exij^er. Ce que vous
\iites là demande c.rplication. Cela demande de
ijrands soins. L^étudc des Sciences demande
une qrande application. La viqne ne demande
que du beau temps. Cette affaire demande un
homme tout entier. Il ne demande qu'à faire
bonn chère.
On dit familièrement, quT'n habit en âc-
mande un autre^ pour dire, qu'il comni'ncc
à être vieux, et qu'il n'est plus en état d'être
porté.
Demandé, ék. participe.
DEMANDEUR, EUSE. s. Qui demi.ndo
i[uelque chose, importun, qui fait métier de
demander. C'est un demandeur perjiétHel. C'c-'t
une demandeuse. Je fuis les demandeurs.
Demaudeur , en termes de Procédure , est
celui qui intente un procfrs, qui forme une de-
mande en Justice. Un tel demandeur contre
un tel. Demandeur en Hequète cu-i/c, en cas-
sation d'.-irrct. Son féminin e^t Demanderesse.
• DÉMANGEAISON, s. f. Espace de pirote-
ment entre cuir c! cliair.qui excite à se gntler.
Grande dè'uanqeaison. Perpétuelle démangeai-
son. Sentir des démanneuisons. Il hii pnt une
telle démanqeaison à la tête, etc
On dit figurémeiit et familièrement, >4t*oir
une qrande démanqeaison d'écrire , déman-
qeaison de parler, démantjcaison de plaider,
de se battrCj pour dire. En avoir une envie
iinmûdcrée.
DÉMANGER, v. neut. et impers. Eprou-
ver une démangeaison. La tête lui démancfe.
Quand le temps vient à c/iurmer, sa plaie lui
démanne, ISIes dartres me démanqent. _
On dit proverbialement et figurcment, que
Les poin-js , les mains ^ les doiqts, les pieds , la
lanque. dêmanqcnt à un homme, pour dire,
qu'il a i;r.inde envie de se b.itirc, d'écrire, de
vnler. d'aller, de parler.
DEM
On dit aussi d'Un homme qui fait tout ce
qu'il faut pour se faire battre, que Le dos lui
démanqe.
On dit figurément et proverbialement, que
L*on gratte un homme'où il lui démanqe,
pour dire, qu'Où fait ou qu'on dit quelque
riiose qui lui plah, et h quoi il est extrêmement
sensible.
DÉMANTÈLEMENT, s. m. L'action de dé-
manteler, ou l'état d'une Place démantelée.
DÉMANTEÏJ:R. v.a Démolir les murailles
d'une Ville. On démantela cette Ville en puni'
tion de sa révolte. Démanteler une Place.
Di^MANTELÉ, ÉE. participe.
DÉMANTIliULER. v. act. Rompre la m.'i-
clioire. Il n'est plus d'usage au propn; , et il ne
se dit qu'au figuré et dans le style familier, en
parlant Des meubles et autres ouvrages d'art,
dont les parties sont ou rompues, ou tellement
dérangées, qu'ils sont hors d'état ^e servir.
Cette armoire est dêtnantibiûee. Ce lournebro-
che est tout démantibulé.
DÉMANTIBULÉ, ÉE, participe.
DÉMARCATION, s. f. Ce mot s'est dit ori-
ginairement De la ligue qui fut tirée sur U
Mappemonde pour séparer les possessions Es-
r)agnoles hors de l'Europe des possessions Por-
tugaises. Liane de démarcation.
U se dit en général au propre, De toute
liL;ne qui sert à marquer les limites des posses-
sions d<; différentes Puissances.
Il se dit au fi-^urc. Des limites qiu sépa-
rent les droits de deux Corps , de deux Puis-
noces, etc.
DÉ.MARCME. 8. f. Allure, manière, façon
lie marcher. Il l'eiioil »'i vous d'une déniarci'.e
frère, d'une démarche lente, contrainte, em-
barrassée. Je connus bien à sa démarche qu'il
avait quelque chose dans l'esprit.
Il se dit aussi au figuré, et sijj^îfie, La ma-
nière d'agir dequelqu'un dans uneaffain' ,dans
son procédé, sa conduite. On observe toutes set
démarches. Il a fait une fausse démarche. S'il
fait une fois cette démarche, il est perdu. La
démarche est hardie. On juqera de toutesa con-
duite par sa première démarche,
DÈMARIER. V. a. ï-éparer juridi<|uemcnt
deux époux, soiten déclarant leur niariajîe lud,
Boit en le rompant par le divorce. // y ai-oit les
nullités à leur mariaqe., on les a dejnuncs.
Il se dit aussi avec le pronom personnel.
Se dèmtiricr. Il voudroit^ ils voudraient bien
se démarier.
DÊMAniÉ, ÉE. participe.
DÉMARQUER, v. a, tJter une mnirjue.
Démarquer un livre. Démarquer une c/wssc au
jeu de la paume.
DÉMAftQiÉ, ÉE. participe.
DÉMARRER, v. act. Icrme de Marine. Dé-
tacher. Il faut démarrer le canon.
U signifie encore, dans le langage familier.
Changer de place. A'c llénlarre^ pas de là. Depuis
qu'il demeure dans cette "naùton.. H n'en est
point démarré, il n'en a pas démarre.
Il signifie aussi Partir; et alors il est neulrt,
et il se dit proprement De» vaisseaux qui par-
DEM
tcnt du Port Let^aisseuu ilêmarra par un heuu
tempi. iVous (Itinarrames lïu Fort un ttl jour.
DÊMAnnÉ, £E. participe.
DÉMAS(,>UliR. V. a. Oter à quelqu'uu \v
masque qu'il a sur le visage. C'est faire une
iiisulu à un homme ^ui est en niiis(/ue, tjue de
le démasouer. Elle se démasqua en entrant.
Pas un des masques ne se voulut démasquer.
Ou dit purement ^ Démasquer un /lomme,
pour dire , Le faire comioitre U'I qu'il est. Cet
homme veut paroitre ce qu'il n'est pas^ je vais
le démasquer.
On dit aussi fij^urement, qu'Un homme se
démasque lui-même, ^our diie, qu II se fjit
cocQoitre poui' ce qu'il est.
DÉMASQUÉ, ÉE. participe.
UÈMAIER. V. a. Abattre, rompre, ôter \i:
mAt d'un vaisseau. En cinq ou six coups de
canon , il a démJté ce vaisseau. C'est la tempête.
le vent qui Vu démilté. On a tléniiîté les vais-
seaux darrs le Port.
Ud dit d'Un vaisseau dont la tempête a
rompu les mâts, qu7i a démâté. H u démuti:
dumdtde misaine. Il a démâté de tous ses mâts.
Et alors ce verbe est ueulrc,
DÉMÂTÉ, ÉE. paitJcipc.
DÉMKLË. subât. m. Querelle, contestation.
Grand démêlé. Fâcheux démêle. Us ont eu en-
semble un démêlé. Leur démêlé est jini.
DLMtLER. T. a. Tirer cl séparer les choses
qui sont mêlées ensemble. Démêler les ijrains
les utis d'avec les autres. Démêler les cheveux.
Drtnêlti fin /ii.
Il se dit figurément, et signifie, Distinguer.
/( est quelquefois bien difjicile de démêler le
vrai d'avec le /aux, le vrai du faux. On ne dé-
mêle pas aisément le vrai dévot d'avec Vhypo-
erite.
Il signifie ena>re, Apercevoir, reconnoitre.
On eut de la peine à le démêler dans la foule.
On dit en termes de Chasse , Démêler les
voies de la héle, pour dire, Reconnoitrc les
nouvelles d'avec les anciennes.
Il signibc encore ti^urémcnt. Débrouiller,
êclaireir. Démêler une affaire. Démêler une
dilJicultéi un point d'Histoire. Démêler une
iatrique.
On dit d'Cn homme , qu7l n'est pas aisé à
démêler, pour dire, qu'il n'est pas aisé de con-
iiuUre son ciiractèrc, ses vues, ses projets.
Un dit aussi ligurémcnt avec le pionom per-
sunucl, 5e démêler d'une affuire^ se démêler
d'un combat, se démêler d'un embarras ^ pour
dire, S'en tirer, s'tn dt^g.iger heureusement. Il
sut habdement se démtler de cet embarras. On lu-
avoit suscite beaucoup d'affiireSj mais il s'en
pst heureusement démêlé. Ce prisonnier se dé-
mêla d'entre la mains des Archers.
Un dit aussi figurémcnt il proverbialcroenl,
Démêler une fusée, pour dire , Dérouiller uw
inlri;;uc, une aflàire.
DtMLi.Kn , signifie aussi, Conlcaicr, quereller,
débuure. Qu avez^vous ù démêler ensemble ? i L
ont loujouri quelque chose à démêler l un
avec Vautre.
Ututti, it. participe.
DEM
DKMKMBREMEM*. s. m. Action de 6é-
moiiilirer. U ne se dit qu'au (îgure. Le démem-
brement de celle terre en a bien diminué le prix.
Il (Tnil que par le démembrement de sa Terre,
dosa Charije, il en tirera plus d'arqent. Plu-
sieurs Monarchies se formèrent du démembie-
ment de V Empire Romain.
Il signifie aussi La chose démembrée. Ce
Fief est un démembrement d'une telle Terre,
d'un tel Duchc.
1)1 MEMaUKU. v. a. Arracher, séparer les
nu^mlires d'un rorps, le mettre en pièces. Les
Bucchimtcs déchirèrent et démembrèrent Pen-
thée. H se feroit plutôt démembrer et mettre eu
pièces.
U se dit aussi figurément Des parties dun
coip^ poliliqu(^, el signifie, Détacher nue par-
lie, sép;trer en plusieurs parties, retrancher.
Ce Prince ne souffrira pas qu'on démembre
ainsi son Elut. On a démembré cette Terre, el
on eu a détaché plusieurs Fiefs. Cette Province
a été démembrée de VEmpive. Ce Fief a été
démembté d'une telle Terre. On a démemhté sa
Charqe, pour attrdmer à d'autres Charges une
partie de ses fonctio.is.
DÊMEMBiiK, tK. participe.
DEMl-INAGE.MK.M'. s. m. Transport de
meubles d'une maison à une autre où l'on va
loger. Uhivcr n'est pas une saison favorable
pour les démcnagemens.
D^IMÉNAGER. V. a. Uter, retirer ses meu-
bles d'uue maison d'où l'on déloge , pour les
transporter dans une autre où Ion va s'établir.
7/ (1 déniénaqé tous ses meubles, tous ses livres.
Use (lit aussi absolument. // a dcménaqè depuis
huit jours. La fin du terme approche, il faut
penser à déménaqer.
Il se dit fit;urcment et familièrement, pour,
Sortir du lieu où l'on est ; cl cela ne se dit
guère que lorsque l'on en fait sortir par force.
Allons, ailonsy dèménaqez tout à l'heure.
Dkménagiî, èe. participe.
DKMENCK. s, f. Folie, aliénation d'esprit
// lit en démence. Il est tombé en démence.
C'est une démence, une vraie démence. Il y a
de la démence à cela.
U se dil particulièrement d'Une véritable
aliénation desprit, déclarée telle par les Méde-
cins ou par les Juges.
DÉME>'ER, verbe qui s'emploie avec le
pronom personnel. Sa débattre, s'agiter, se re-
muer violemment. M l'on voyoït comme il se
démène! Il se démène comme un possédé. Il
sest ben démené pour cette affaire. Il est du
«tylc familier
DEMENTI, s. m. Paroles ou discours par
IcsqueU on dit 4 un liomme qu'// en a mcnli.
ou liicn que ce qu'il afiimie n'est pas vrai, est
faux. Il lui donna un démetiti. Je lui donnerai
cent démentis , ïil me dit cela. Recevoir un dé-
menti. Souffrir un démenti.
DÉME-NTi , signifie figurément , I>e désapré-
ment que reçoit un homme de n'avoir pu venir
k bout de qiK'lquc chose. // a entrepris cela,
et je crois qu'il en aura le démenti. Je n'en au
rai pas le démenti.
DEM 5;,r
DK.Mi;NTIR. V. a. Dire A quelqu'un qu'il a
menti, lui soutenir qu'il n'a pas dit vrai. S'il
dit cela , je le démentirai. Quoi ! voudriei^
vous me démentir?
DÉHENTin, signifie aussi, Faire voir qu*unc
chose n'est pas vraie, que quelqu'un n'a paa
dil vrai , être d'un avis contraire , le conti e*
dire. C'est une chose que Vexpérience dément
tous les jours. Cet homme s'est démenti lui^
même. Il dit aujourd'hui une chose, et demain
il se démentira. Un tel a rendu de fort bons
temoiqnaqes de vous, cjardez-vous bien de le
démentir.
Ou dit figurément, Démentir sa naissance,
son caractère, sa profession ^ etc. pour dire,
Faire des clioses iudignes de sa oaiisancci de
son caractère , de sa profession.
Se DKME>rin, signifie figurément, S'écarter
de son caractère. L'homme vraiment vertueux
ne se dément jamais. H sera toujours homme
de bien , il ne se démentira pas. Cet ouvrage
ne se dément pointj il est partout de la rperne
force.
Il se dit aussi figurément Des bâlimens, de
la menuiserie et de la charpente, et pour lors il
signifie , Se dégrader s se déjoindrt;. Ce bdli-
mcnt-/(i se d.'ment. La muraille copimence à se
démentir. Cette cloison, ce lambris se dément.
DÉMEsri, lE. paitieipe.
DKMflKlTE. s. m. Ce qui peut attirer l'im-
probatiou , ce qui nous expose à pi rdre la
bienveillance de quelqu'un. Où est le démérite
de cette action.' On m'en a fait un démérite uu.
près de vous.
DEMERIIER. v. n. Faire quelpie eho*ie
qui prive de la bienveillanc», de raffcction de
quelqu'un. Je n'ai point démérilé auprès de
vous.
Il s'emploie dans le Do-matique. pour dire,
Faiic quel'jue cliosc qui prive de la grice de
Dieu. Il a Vusage de raison, il est capable dt
mériter et de démériter. Pour tnériter et dèmé'
riter, il faut agir avec Uhei-té.
DÉMESURi-:, ÉE. adj. Qui cxcAde la me-
sure ordinaire. C'est un homme d'une grosseur
démesurée.
U s'emploie aussi dans les choses moratea,
pour signifier Extrême , excessif. C^est un
honwie d'une ambition démesurée. Il a une en-
lic démesurée de vous voir.
I)EMESURl!:.MENT. adv. D'une manière
démesurée, excessivement. Cet homme est dé~
mcsurément grand, démesurément ambitieux.
DEMETTRE, verbe act. ( U se conjugue
comme èïettre.) Disloquer, ôier un os de «a
place. Se démettre le bras. On lui a démis U
poignet en jouant.
Il s'emploie encore avec le pronom person-
nel, [M)ur tlirc. Se défaire d'une charge, d'un
tinph)i , d'une diguiié. // s'est démis de sa
Charge en faveur d'un teh U s\st démit de
son Abbaye entre les maïns du Roi. On Vohli-
qea d se démettre de sa Charge. Il s'en est
démis de lui-même, Diocléticn se démit de
V Empire.
Dûiis, isE. participe.
Sga DEM
1)I^:MEUBLEMEXT. s. m. Action de dé-
menbler.
UI::MKUBLER. v. a. Dégarnir de meubles.
DcmcuUa- une maison. 5a chambre »s( dc-
meuhUe.
DÉMKCULÊ, ÉE. parlicipc.
DEiVlEURANT, ANTK. adj. Qnî est logé
en tel ou tel endroit. À Monsieur tel, demeu-
rant dans la rue de..,, à l'enseigne de.... Au
heu où elle est demeurante. Ce dernier est de
Pratique.
Au DE.MEL'RAUT. fldv. Au TCStc , au surplus.
AncicniR- façon de parler, dont on se sert en-
core dan-s le style familier.
DK.MEUKK. s. f. Ilahitalion , domicile, lieu
où l'on iiiibile. Belleyacjréahle demeure. Triste,
«oniirc, vilaine demeure. Choisir^ établir sa
demeure (juelcjue part. Changer sa demeure.
Chancjcr de demeure.
Il 5if;[iifie aussi Le temps pendant lequel on
liabitc en un lieu. Il n'a pas fait lonfjiie de-
meure en ce licu~là.
h-E.\TKVWZ, signifie aussi, État de perma-
nence, dans ces piirascs , C'clii n^est pas à de-
ïïieurc, cela n est pas fait à demeure, en par-
lant d'Une cliose qui ue doit pas demeurer en
l'état où elle est.
Un dit. Labourer à demeure, pour, Donner
le dernier labour avant de semer; Semer à de-
meure, pour, Ucpan'.îre la semence où elle doit
rester. On sème à demeure le persil y le cerfeuil,
Voqucn.
CiLMi:uiiE, en termes de Palais» se dit Du
letardemcnt du temps qui court au -delà dn
t«mie où l'on doit payer ou faire quelque autre
cliosc. Ainsi on dil,qu'l/n /tomme est en de-
meure avec ses créanciers, Lorsqu'il ne les sa-
tisfait pas au temps qu'il a pioniis. Et l'on dit
dons le même sens, qu'L'n liomme est en de-
meure envers son ami, ou envers (juelque autre,
<^)uand il ne satisfait pas h ce qu'il leur doit , el
qu'il ne leur rend pas les bienfaits, les plaisirs
qu'il en a reçus.
DEMEURER, v. n. Faire sa demeure. De-
meurer à la campaqne. Demeurer à la ville. Il
i.'eiJieurc dcins une telle rue. Il demeure à l'hcu.
Il iensei(jnc de VÊcu. Il a demeuré sî.r moi.s à
J\Iajihid. \'.u ce sens il se construit avec le vcrhc
Avoir.
Il sif^nifie figurcment, Être pcrminent. Il
demeure toujours dans le même état. Cet arc de
triomphe n'est pas fait pour demeurer. Il faut
(jue toutes choses demeurent en leur entier. Il
est demeuré en chewin.
Demeiceh, Rester. H ny est rien demeure.
Il en demeurera plus de la moitié. Il ne lui est
rieJi demtnré de tant de biens (fu'il avoit.
On dit. Demeurer en arrière, demeurer en
reste, pour dire, Rester débiteiu.
On dit, H est demeuré deux mille hommes
tur la place^ pour dire, qu'il y a eu deux mille
hommes de tues.
On dit aussi : Dcmciircr infcrdil. l'cmr.urer
tf-nfus. Demeurer tnulife. Demeurer fidèle. De-
meurer froid. Demeurer neutre. Demeurer en
|(4iX. demeurer court. Lemeuro' les Iras c:o--
DEM
SCS. Demeurer à ne rien faire. Demeurer d'nc
cord. Demeurer au filet. Demeurer perclus dt
ses membres.
On dit De celui qui a paru tout c'ionné sur
une nouvelle qu'on lui a apprise, qu7l est de-
meuiè , qu'i/ en est demeuré Immobile dclon-
nement.
On dit, en parlant De choses qu'il est dan-
gereux décrire, La parole vole, et l'écriture
demeure.
On dit proverbialement d'Une cliose qu'on
Q perdue quelque part, qnKlle y est demeuriC
pour les qaqe'-.
On dit aussi familièrement d'Un liomme
ijui a été sevU arrêté parmi plusieurs autres qui
se sont échappés , qu'/l y est demeuré pour le-
ijages.
On dit d'Une chose qu'on a avalée, qu'2î.'//e
est demeurée sur le cœur, sur Vestomac, pour
dire, qu'Elle cause des soulùveniens de cœurj
des maux d'estomac, ou qu'elle pèse sur l'es-
tomac.
On dit aussi figurémcnt d'Une personne qui
çonstTve du ressentiment, que Cela lui est de-
meuré sur le cœur.
On dit figuromcnt, La victoire nous est de-
meurée, Vafj'iont leur en est demeure, pour dire,
Nous avons eu la victoire, ils en ont eu l'af-
front
Demecheb, signifie aussi Tarder. Il a de-
meuré îonq- temps en chemin. Sa plaie a de-
meuré lonq-temps à quérir, à se feimer.
11 signifie aussi S'arrêter. Demeurez là jus-
qu'à mon retour. Le cjrrossi demeura au mi-
lieu du chemin sans pouvoir avancer.
On dit figurcm. qu'Un homme est demeuri
en beau chemin, pour dire, qu'il a manqué ù
faire fortune, lorsqu'il y avoit le plus d'appa-
rence qu'il y réussiroit ; ou à pousser une af-
faire, lorsque le succès lui en paroissoit certain.
On dit aussi dans ce même sens : Il ne faut
pas demeurer en si beau chemin. C'est ui
f:omme qui n'en demeurera pas là.
On dit aus^i figurcm. quVnc affiire n'c
demeurera pus là, pour dire, qu'Klle poun'a
avoir des suites liouncs ou mauvaises. La même
chose se dit encore d'Une personne qui a reçu
rjuelque oSense , Ior^■qu'on croit qu'elh pous-
sera loin son ressentiment.
On dit fig"jrement, en p.irlantJDe l'endroit
ou l'on a discoutinué quelque discours, qu'I-
que icclurc, Où en êtes- l'élis demeuré? Voilà
où noiLs en sommes demeures.
Lorsqu'il s'agit de choisir entre plusieuiï
ebos*** . on dit figurément De celle quon pré-
fère aux autre? , Dcmeurons-en là , demeurons-
en à celle-là, pour dire, que C'est celle-là qu'il
faut choisir.
On dit figurément , Demeurons - en là , pour
dire, K'en parlons pas davantage: et cela se dit
ordinairement, lorsqu'on voit que la conlest:i-
lion s*t'cbaun"o tiop, el qu'on craint qu elle
n'aille plus loin que l'on ne vnudroit.
On dit d'Une pnsonne dont on présume
qu'elle fera plus qu'elle n'a fait, soit en bien,
soit en mal, ^n'EUe n'en demeurera pas là.
DEM
On dit figurément et familièrement, Demeu-
rer sur la bonne bouche , Lorsque dans plu-
.t BÎeurs choses qui ont affecté les sens ou l'esprit,
la dernière touche plus agréablement que les
autres , et que l'on s'y arrête.
On dit aussi, Demeurer sur son aprêtit,
pour dire, Se retenir de manger, quand on a
encore appétit.
On l'emploie aussi dans le figuré et au fami-
lier, pour dire, qu'On quitte avec regret la
compagnie de quelque jiersonne agréable, quel-
que chnse cjui fait plaisir.
Demeurer dans une Haramjue , dt'ns un
Sermon^ etc. C'est lorsqu'en prononçant une
Harangue, un Sermon, etc. que l'on a appris
j)ar cœur,' on vient à manquer tellement di^
mémoire, qu'on ne sauroit plus continuer ce
qu'on avoit à dire. Il est demeuré au mih'eu de
sa Ilaranfjue. Il demeura court ^ tout court au
com,mencement de son Sermon.
Demeuué, ék. participe.
DEMI, lE. adj. singulier. Qui contient, qui
fuit la moitié d'un tout divisé en deux parties
égales. Eu ce sens , lorsqu'il se met après le
substantif, il se construit en genre avec le subs-
tantif, et il est ordinairement procédé par un
nom de Donil)re avec la particule et. Vn pied
cl demi. Une aune et demie. Une heure et de-
mie. On dit, Midi et demi. Minuit et demi,
pour dire , Demi - heure a2)rès midi , après mi-
nuit.
Mais lorsque Demi précède le substantiT,
alors il est toujours indéclinable. Un demi»
pi'ii. Une demi-aune , etc. Demi~pî(jue. Demi^
pi stole. Demi-queue de vin. D^ux demi-pistolet.
Dcmi'Cent. Demi-(juarleron. Demi-livre. Demi-
bain. Demi-bastion. Demi-cercle, Demi-colôtine.
Demi-douzaine. Demi-file. Demi-heure, Demi~
lune. Demi-tim. Demi-queue , etc. etc.
On dit. Entendre à demi-mot, pour dire,
Entendre ce qu'un homme veut dire, quoiqu'il
ne s'explique pas entièrement.
À ijl>u. phrjsc adverbiale. En partie , à
moitié. Faire les choses à demi. S'énoncer à
demi.
On dit aussi, Voir à demi., pour dire, Voir
superfHÎcIlcmenL
Demi, se met quelquefois avec la conjonc-
tion à, à la suite de qui Ljues mots qui déno-
tent une mauvaise qualité; et alors il signifie.
Oui enchérit sur cette qualité. Mais en ce sons
il n'est d'usage (pie dans quelques nianit rcs de
parler proverbi.des. .1 fourbe, fourbe et demi.
A trompeur, trompeur et demi. A munlcur,
menteur et demi.
On s'en sert aussi proverbialement en coita
façon de parler, En Diable et demi, pour dire,
Excessivement. Battre ijnelgu'un en Diable et
demi.
Dkmi , se met encore devant plusieurs subs-
tantifs, qui dénotent quelque qualité; et alors
il signifie, (Jui participe i celte qualité. Ainsi
l'Antiquité a apiK'lé Demi-DieiLC, Ceux qu'elle
erovoil participer di- la nature divine, comme
les Faunes, le» >'vniphcs', et les hoiMmes qu'on
crovoit nés d'un Dieu cl d'une morielle.comme
DEM
Hercule, Rncclius, etc. Kt l'on appelle poéti-
quement Demi-Dieu, Un homme qui semble
participer en (luelque sorte de la Divinité pat
Iq grandeur de ses actioos.
On dit piir mépris, Un demi-Savant, poiir
dire, I.'n homme qui n** *ail rien qu'à demi . ou
qui présume s.tvoir beaucoup, quoiqu'il sache
peu.
Od dit dnns le même sens, Vn demi-talent ,
ru parlant d'Un homme qui n'a p.is tout ce qui
caractérise un vrai talent.
On dit de même, // m j en a pas à demi,
l>our dire, Il v eu q beaucoup. C'est le ion et
les circonstances qui dctmninent le sens.
D2MI , se met aussi devant plusieurs adjec-
tifs, et ^i^^nifie Presque. // esf^cmi-cuit. Il est
demi~fon , demt-mort.
DE:\iit;, féminin, s'cnqjîoie quelquefois ab-
solument au substantif, pour signifier Demi-
heure; et alors il reçoit un plupc!. Ainsi on
dit, Cette horloge, cette montre sonne les
licnres et lei demies. La demie est' elle sonnée^
DEMI-FLEUUON. Vvyez FLEunos.
DE.MI-KUNE. s. f. Terme de Fortificrtiion.
On appelle ainsi Un ouvrnge fait en triangle
dans les dehors d'ime Place de guerre, au-
devant de la courtine de la Place, et 5cr\-ant h
couvrir la contrescarpe et le fossé. Attaquer,
défendre, prendre une Demi-lune, Faire un
logement sur la Demi-lune.
DEMI- MET.il.. s. m. Substance minérale
qui a phisieurs des propriétés des vrais mét-iux,
sans pourtant avoir leur fixiti' ni leui durtllilé
Les demi métaux sont l'Antimoine, le Bismuth^
le ZinCj VArsenic, le Cohalt.
DE.Ml-SETIER. s. masc. Petite mesure de
liqueur, qui contient le quart d'une pinte. L n
demi-setier de vin.
11 se prend aussi pour I.a quantité de liqueur
contenue dans le demi-setier. -Vous n'avons bu
chacun que notre demi-setier.
On dit encore. Un demi-setier d'oiiVes,
parce qu'on les vend à cette mesure. Acheter
11/1 demi-setier d'olives.
I)I^:MISSI0N. s. f. Acte par lft[ue! on se
démet de quelque Chirge, Gouvernement, Di-
gnité. Démission volontaire. Démission forcée.
On n'fl pas l'ouiu 'ccevoir, l'ou/u accepter sa
détn ssion. Faire une démission pure et simpla
dune Abbaye entre les mains du H.oL Faire sa
aémission d'une Charge entre le^ mains du
Roi^ en faveur de quelqu'un. On lui a demandé
sa démission. Il a été obligé de donner sa dï-
mission,
DÉMISSIONNAIRE, s. Celui ou celle en
faveur de qui s'est faite une démission.
DEMOCUATE. $. m. Celui qui est attaché
ouT principct de la Démocratie.
DKM(><_:KATIE. 8. f. (On pron. Démocra-
tie.) Gouvernement où la souveraineté résid*
<lan5 le Peuple. La Démocratie est sujette à de
grands ineom.vniens. (j'n Gouvernement mélc
i Aristocratie et de Démocratie. La République
d'Athènes étoit une pure Démocratie, Quelques
Cantons Suisses sont de véritables Démocratie.^.
DEMOCnATI(^)UE. adj. de» 3 «eures. Qui
Tome I.
DEM
nppariient h la D'-niocraiic. Êlal, Gouverne-
ment Démocratique. Le Gouvcincment d'A
thènes fut lonq-tcmps Démocratique.
DEMUCnATlf^)UEMENT. advcrhe. D'une
manière démocralique.
DlOlOlSELLE.s. f. Terme devenu commun
îi toutes les filles d'iionnétefaraîlle, et par lequel
on les distingue des femmes mariées. Une jolie
Demoiselle. Une Demoiselle bien faite. C*est
une Demoiselle bien née, bien élevée.
iJEMoiSEt.LE. signiRe aussi Une fdie née d<
parens nobles. /: lie e5( l'ien Demoiselle. Elle est
Demoiselle.
On appelle Demoiselles y Des poules de Wu-
midie. On a <ipporte des Denioisellcs à la Mé-
nagerie de Versailles. On appelle aussi de ce
nom Ceitnins insectes vnlnns qui ont le corps
fort lon^, les yeux foit gros, et qu-ttre ailes.
On apprJle aussi D€moi}:eUe, Une pièce de
bois ronde, haute de trois ou quatre piids.
ferrée par un bout, et dont le? Paveurs se ser-
vent pour enfoucfic les pavés. Ou l'appelle au-
Irement Hie.
DEMOLIR, v. a. Détniire, abattre pièce à
pièce. Il ne se dit que Des bûlimens. Démo-
lir un édifice, un Temple. Démolir une maison.
Dkmou, ie. participe.
DI:MOUriON. suhst. fém. L'action do dé-
molir. La démolition de cette tour coûtera
beaucoup.
Il sii;niric aussi Les matériaux qui restent
de ce qu'on démolit. Les démolitions de ce M-
iimeut ont été bien vendues. Il ne se dit en ce
sens qu'au pluriei.
DI-IMON. s. m. Diable, malin Esprit. Li
Démon lui a inspire cela. Les ruses du Démon.
On dit fi^urénicnt et familièrement, d'Une
personne qui ne fait que tourmenter les autres,
que C'est un Démon , un vrai Démon , un Dé-
mon incarné.
On dit aussi familièrement et en bonne part,
d'Une personne qui a beaucoup d'esprit, qu'EHe
u de l'esprit comme un Démon.
On dit familièrement. Faire le Démon , pour
dire, Tempêter, 'faire du bruit, donner de la
|>eine. Il est là-dedans (jui fait le Démon. Cet
z:ifant a fait le Démon toute la nuit^ cest zin
vrai petit Démon.
Quelquefois il se prend dans le sens des An-
ciens, pour Génie, Esprit, soit l'on, soit mau-
v.iis. Ainsi on dit encoie, le Démon de Sn-
crate. Un s'en 'sert aussi en d'autres faisons de
parler. C^est un hon Démon qui m*a iîispiré
cela. Quel Démon vous agite? Le Démon de
la guerre, le Démon des combats. En ce sens
il n'est plus guère d'usage qu'en Pof'sie.
DÉMO.NL4QUE. adj. des a -icurcd. Qui esl
possédé du malin Esprit. Une fûmme démonia-
que. Il est démoniaque.
Il s'emploie aussi suhstnntivemenL Un Dé-
moniaqne. Une Démoniaque. Les Démoniaques
dont il est parlé dans l'Evanqile.
il se dit aussi familièrement au Hgurt':, pour
lire, Une personne qui esl colère, emporté*,
, , j>assionné-e. C'est un Démoniaque. Ce ï une
vraie f)émoniaque.
DEM 3q3
Df.MONOGRAPriE. s. masc. Auteur qui a
' écrit sur les IVmons.
DKMO\OMAME. s. fém. Traité sur ks be-
rnons. La Démonomanie de Bodin.
DÉMONSTRATEUR, s. m. Celui qui dë-
monlre. Démonstrateur en Anatomie, en Bo-
tanique.
DÉMONSTRATIF, IVE. adj. Qui démon-
ti^e. Il ne se dit qu'en parlant Des preuves par
lesquelles on démontre quelque ehosc. Argu-
ment démonstratif Preuve, raison démonstra-
tive. Cela est démonstratif. Il a prouvé sa p*o-
posiNon par un argument démonstratif. Il en
a apporté une preuve démonstrative.
Il se dit atissi De tclui des trois genres d'É-
loquence qui a pour objet la louange et le blâme.
Les trois genres d'FAoquence sont, le DémonS'
tratif , le Délihératif et le .! udiciaire. Cela est
hon j cela ne iniut rien dans le genre démons-
tratif
On dit aussi simplement, Cela est bon dans
le Démonstratif ; et alors il s'emploie substan*
livenient.
On appelle en Grammaire, Pronom démons-*
[ratif. Un pronom qui sert ^ indiquer quelque
those. Cchii-/«, celle-ci, sont des pronoms dé'
monsti'atifs.
DÉMONSTRATION, s. f. Preuve évidente
Pt convaincante. Démonstration claire, nette ^
invincible , incontestable. Faire une démoui-
Iration. Faire, la démonstration fi'unc proposi-
tion. Il a trouvé la démonstration de ce pro-
hlème. Démom-tration Mathématique.
Il si;.;nifie aussi, Marque, témoiguagc. Il lui
Çait , il lui donne tous les jours de granàef. dt-
monstrations d'amitié. Après tant de dcmons*
tralions de sa mauvaise volonté Il en a
donné desr/érnonsïrntions publiques. Malgré sa
retenue ordinaire^ il donna quelque démons-
h'ation d'impatience.
On appelle aussi /-?c'mons(rn(i'ori, Les leçon*
que donnent qu»:!ques Professeurs, en faisant
voir la clio.sc même qu'ils expliquent. Faire
une démonstration d' Anatomie sur un cadavre.
On fait u'ie démonstration de Botanique au
Jardin des Plantes.
DÉMONSTRA nVEMENT. adverbe. D'ime
manière démonstrative et convaincante. Prou-
ver quelque chose démonstrativement.
DÉMONTER, v. a. i-'éparer quelqu'un de sa
monture. Il a rencontré des voleurs qui Von\
démonté. Ce Cavalier fut démonté d'un C9up
de canon qui tua son cheval.
Ondi(,qu't^i r/jcvul a démonté son homme,
pour dire, qu'il l'a jeté par terre.
On dit , Démonter un Capitaine de xtaisseau,
pour dire, Lui »'iter le commandement de sou
vaisseau, du vaisseau qu'il monloU.
DÊMOîiTEn, en parlant De meubles, de ma-
cliincs et d'ouvrnf^es de mniu, signifie, Désa»-
sembler les diflerentes parties qui les com-
posent. Démonter une qrue. Démonter une hov'
loge, une montre., un fusil. Démonter un lit
une armoire. Démonter un earrosst , un»:
chaise de poste. Démonter des pierreries^ de*
diaru4in^
5o
Sgii D K M
On iVil, DimonUr un canon, pour dire,
L otCT de dessus son affût. On fut oblii;é île dé-
titoiitei tout (u ciiJioii pour le faire passer.
On dit uiissi, /'éiiionlcr un canon, une bat-
terie, pour dire, les roeltre à coups de canon
hors dëlat de tirer, de servir. Ce Caiiuumei
est si adroit , (fu'en moins de rien d denioiitc
tout le canon des ennemis, il démonta (oiilfs
leurs batteries.
Figurcnicnt, en i«rlanl d Un lionimo qui,
apnSs avoir joni lons-ienipsd'nnc Lioinie santé,
devient inconiuiodé et valctudin;iirc , on dit,
que La machine commence à se ilciiionter.
DiMONTiin, signifie fi^urJincnt, Mcllie eu
désordre, dt-roncericr, nielirc horsdelalda,:;ir,
de répondre. Celle objection le iJéinondi li'ii-
bard. Il fat dcmontè dès le premier nrijument.
Ce Ministre a démonté la politique des ennemis.
Cela lui démonta io cervelle.
Fignrément, en pwlant Des gens qui sont
exlrtmeniint ■naitrcsdo leurrtsage, et qui font
p.iroilre de !a joie, de In tristesse, de l'espii-
lanre, ou de la cr.iinte, selon qu'il convient !l
leurs inliTèts, on dit, qu7ls se démontent le
visane, qu'ils dcmontcnl leur visage comrrH
il leur plait , qu'ils o»( îles visages qui se dé-
montent.
DÉMONTÉ, ÉE. participe.
DÉ.MOlVTRAIil.R. ai.j. des 2 geures. Terni»
didactique. Qui peut itre dcinontré. Celle pro-
position est déiiionirable.
DÉlWDNTP.Ell. V. a. Prouver d'une manière
évidente et conv.àncante, par des roiisôqiicnrr';
aeccssaircs d'un principe incontestable. Dc-
ntontrer une vérité, une proposition, un pro-
blème. Démontrer clairement,netlement, invin-
ciblement, d'une manière invincible. Je lui a\
démontré que tAle chose ne pouvait être autre-
ment.
li signifie aussi, Tcinoîgner par des niar<piei
extérieures. Le calme de son visage démonlri
la paix de son dme. Les cris de cet enjant dc-
monlrent qu'il souffre.
Kn .\natoniie , en Botanique, en ïlisloii\'
oaturclle, on se sert du mot Démontrer poui
dire, Faire voir aux yeux la cliosc dont o;i
parle, comme les parties du corps humain , Ici
plantes, etc.
DÉ.MONTi\i'; . LE. paiticipe.
DKMUHUKli. V. n. Quitter prise après avoir
mordu. 11 se dit particulièrement Des chiens,
des loups, etc. Le chien prit le sanglier à l'o-
reille, et ne dcn:ordit point. Les dogues d\-in-
gleterre ne acmordent jamais, ils se laissent
I lulôl tuer que de démordre.
Il signifie fi^urcment et familièrement. Se
Hépartir de rpielquc entreprise, de quelque des
sein, aljindonner une opinion, un avis qu'on
foutenoit Bvcc cli.Ticur. /l n'a poinl voulu ile-
morilie <?e celle pour-suile. Vous "ves licnu
faire, vous ne l'en ferez pas démordre. Je Ven
/enii bien démordre. Il n'en démordra point.
C'est un opiniâtre, il ne déniord jamais.
UtLMUUVOlR. V. a. lermi; de Palais. Faire
que quchpi'iin se d.'îsislc, se déporte de quelque
prélcniioii. Il nesl guère d'usajj qu'à 1 inll-
DEN
nitif. Rien ne Td pu lUmouvoir de cette pré-
iention.
Dkmu, ue. participe. Il est vieux.
DÉMUNIR. V. a. Otcr les munitions d'une
Place. Cette place est menacée y il ne faut pas la
tlémunir.
DÉMUNI, lE. participe.
DÉ.MTJIIEK. V. a. Ouvrir une porte ou une
rcni'trc qui iHoil uinriie, ûter la niaronncrie (jui
les bouclioit. // faut déminer celte porte.
DÉMURÉ, ÉK. participe.
■ DEN
CliNAlRE. adj. des 2 genres. Qui a rappoiï
au nombre dix. Nombre diiiaire. Artthmétiipn
dt'.naire.
DiLNANTIU, se DKNATNTIK. V. pron.
'l'ernie lîe Jurispru-lcnce. Abandonner les assu-
rances, les nantisscmens qu'on avoit reçus. On
dit aussi. Une faut pas se (ÏL-nantir, pour dire,
Se dépouiller de ce qu'on a.
DÉ.VATrKn. V. a. Défaire une natte. De-
natter des cheveux. Dênatter les crins d''uii
chenal.
DÉNATTÉ, ÉE. participe.
DÉNATURER, v. act. Chanf^er la nature
il'une chose. Il se dit principalement dans cetta
phrase, Dénaturer son hicn^ pour dire. Vendre
ses propres pour l'aire des acquêts dont on ait
l:i libre cUspooition. Il a dcnalurê son bien.
On dit rtussi, Dénaturer des mots, pour
dire, Eu changer l'acception; nénalurer une
(|iiest!ûii, poiu- dire. Chanurr l'.'t.^t de la ques-
tion; Dénaturer un fiit. pour dire. En chanî^cr
les principales circonstances; et dans les ou-
vrages d'cspiit, et eu termes Dramatiques, Dé-
naturer les qenreSy pour dire, Les traiter autre
ment qu'ils ne doiveat être Uaités.
DÉSATunÉ, ïE. participe. Ces biens ont clc
dénaturés.
U est aussi i:diectîrf et signifie, Qui manqua
J'affèction et de tendresse pour ses plus proches
jjftrcn.s. Enfant dénaturé Fils dénaturé. Vèri
dénaturé. Mère dénotuiée.
U signifie aussi, Qui est- conhaïre aux sen-
limcns naliU'.îU d'aHectionet de tendresse. Ccî/
ur;e action bien barbare et bien dénaturée.
D;^^DRITE. s. f. Terme d Histoire natu-
relle. Pi« rro sur laquelle on trouve des accvtiens
qui rcprcst iitent des buissons, des arbrisseaux
formés raiurellemont.
DÉNÉCiATIO.N. s. f. Terme de Jurispru-
dence. Action par laquelle ou dénie quelque
chose en Justice. // persiste dans sa dénégation,
nènéijation formelle.
DÉNI. s. m. Refus d'une chose dur. U n'est
fjuère d'usage qu'en ces phrases : Dé»i d'ul.~
mens. Déni de Justice. Déni de renvoi. Lors-
qu'un fils refuse de nourrie son père^c'csl déni
d'alimens. Lcr.iou un Jur^e refuse de prononcct
sur une Uct^uête , c'est déni de Justice. Lorsipi'un
June refuse de renvoyer au Tribunal compé-
tent une crusc dont il ne peut pas connollw,
c'est déni de renvoi.
DÉMAISER. V. actif. Rendre qm Iqu'u»
moins niais, moins simple, plus tîu, phu nisc,
DEIS
qu'il n'ctoit. // é(oi( fort simple, mais iaCour
l'a un peu déniaisé. Les afJHires Vont déniaisé.
Il s'est déniaisé en fort peu de temps. H se de'
niaisera dans le monde. Ce mot n'est que du
style familier.
On dit aussi, Déniaiser oueïipi'un^ pour
dire, Le tromper. Et cela se dit principalement
en parlant d'Un hcmmcdcla simi)iictté duquel
ou abuse, soit au jeu, soit en quelque autre
occasion, il avoit cint^uante pistoles dans sa
poc/ie, les filous Vont déniai>é. Il s'est laissé
déniaiser.
DÉNIAISÉ, ÉE. participe.
Il est aussi ((uck^uefois substantif ; et alors
il si^nilic Un homme adroit et ru>é. C est un
déniaisé.
DÉNICHER. V. a. Ôler du nid. Déntclier des
oiseaux j des fauvettes y des sansonnets.
U .^if^nifie iigurément, l'aire sortir par force
de quelque poste , de quelque endroit ; et en ce
sens il ne se dit guère qu'en parlant d'Unr
bande de voleurs, d'nnc troupe d'ennemis. //
y avoit des voleurs dans ce Château, on les a
dénichés. On envoya des gens pour dénicher les
ennemis de ce poste. U est du style familier.
Ou dit, Dénicher une statue ^ un Sfiiut.pour
dire, L'ùter de sa niche.
Il s'eniploie aussi pour, Trouver, découvrir
la demeure, la retraite de quelqu'un avec quel-
que; difHculté.
DÉNicHEn , est aussi neutre, et signifie, S'é-
vnder, se retirer avec précipitation de quelque
lieu. Il a déniche lu nuit. Allons, il faut denù
cher. Les ennem:s emtnt peur, ïîs dénichèrent
aussitôt. Les fauvettes ont déniche.
DÉnicuk, ÉE. participe.
Ou dit pi-overbialemcnt. Les oiseaux sont
déniches, pour dire, que Les personnes qu'oD
cherche en quelque endroit ne s'y trouTcnc
plus.
DENICHEUR, s. m. Celui qui déniche les
petits oiseaux. Vnpetit dénicheur de moineaiuc.
U n'est [;uère en usa^e au propre.
On dit fignrément et familièrement l. n dé-
nicheur de merles, pour dire, Un homme fort
ardi'nt,et fort appliqué ù rechercher et à àé-
rouvrir tout ce qui peut contribuer h son plai-
sir, et fort admit à en proiitn.
DÉNIER. V. n. Nier. En ce sens, il n est
j^ucre d'usaîje qu'en ces phrases : Denier un
fait. Dénier un crime. Dénier une dette. Dénier
un dépôt. Il a tou' confessé à la (jucstion, main
! ors de U'i il a tout dénié,
U signifie aussi, Refuser ipicKpie cliose que
la bienséance, riiouncteté, l'i'qnité et la justice
ne vculeul pas qu'on refuse. .Vc me déniez pas
votre secows. On lui a dénié les alimeii.*:. On
Itiia dénié toute justicc.Si vous demandeztelU
cho.Cy elle ne vous sera pas déniée.
DÉNir., ÉE. participe.
DENIER. s. m. Espèce de monnoie de cuivre
l'nlant la douzième partie d'un sou, qui est
aussi monnoie de roiiq)ic. Sit deniers. Trois
(leiiicr.t. Cehi ne vaut pas un denier. Cet homme
ti*a pas un dénia- lutillunt. Payer ju.fpt' an der-
nier denier, llcndru compte à livres , tous et
j)EN
iienierSy pour dire, lieaJre compte nvcc Va plus
grande exnctiludc.
Ou dit piovcrbiiilenwiit d'Une clicsc qui n
clé mise en In-aucoup meilleur l'-tat (ju Vile ii'u-
roit, (jM"£ilt* vtiut miciur tlenler tjit't'Ue ne va-
loit niiiiUe.
Di;NiEn À Dreu, se dit De ce qu'on donne
pour arrhes d'un marché. Il m'a loue sa mui-
ron^ et il en a ret^u le (îenier à Dieu.
DnsifcR . se dit aussi De toute somme d'or ou
d'argent. t""c (jruntîe somme de deniers ^ en de-
tiierf. Il a été as.iignê mr les premiers denien
de eelte recette. Les deniers Royaux. Lus de-
niers publics. Divertir les deniers. Deniersreve-
nant-hons. Les plus clairs deniers. Payer fi"
der.iers ou en (quittances. En ce sens, on dit
d'Un liomm- qui a tiré un f;rand profit, qui a
reçu une f;rande somme d'argent de quelque
afiàire, qu'il en a tiré un qrand denier j un
bon denier.
Deniba , se dit aussi De l'intérêt d'une
somme principale. Et c'est dans ce sens qu'on
dit, Wetïrc son arqent au denier-vinqt , pour
dire, Le donner à rente pour en tirer la ving-
tième partie tous les ans. On a réduit les rentes
à un tel denier. î ne terre vendue au dcnivr-
ii ent e , à un (îenier (rcsfli'antageux. Les lods
et ventes dune telle terre sont au douzième de-
nier.
On appelle Le denier du Roi, le denier de
f' Ordonnance, Le deuicr au'^uel il est permis
par l'Ordonnance du Roi de mettre son nrgpiil
ù rente, ou auquel on estime les intéivls qui
■ont adjugeai.
l>ENiEn,se iHit aussi d'Une ceriaiue part
qu'on a dans une afiairc. dans un tmiléjà pro-
portion-de Inquelle on partage le ^&m ou la
perte. Ainsi ou dit,qu 7/n homme a un denier
dans une firme ^ pour dire, qu'il y a la dou-
zième partie d'un vingtième; «t qu'il y a deux
deniers, pour dire, qu'il y a deux douzièmes
parties,
Dehiei» de poids. Terme de Monnoie. Un
denier pèse vin(jt-<jnatre (pains. Il y a vin^l-
tjuatre deniers dans une once.
DEMEn DE Fiî», ou DE Loi. Terme de Mon-
noie, qui sert à mnrijuer le deç^é de bonté de
I argent. Le denier de un se divis:^' eu douze
parties. L'argent pur s'appelle de l'ar(jent à
douze deniers. S'il y a une douzième partit
d'aUia(je, il s'appelle de V argent à onze deniers.
On évalue la honte de l'iu-gent par deniers , et
celle dr l'or par carats.
On dit p-ovcibiolement , Vendre t^nehjuUin
à beaux deniers comptant., pour dire, Trahir
quelqu'un pur inlér^-t.
Ou dit <iussi,que L'on mettroit bien son de-
nier à une chose, pour dire, que Si rUe <toit h
vendre, on en frroil volonliere l'acquisition.
On apptile proverbialement, Denier de la
«rufe, Te qu'on donne en le prenant sur son
D&eMdire. I.c denier de la veuve est l'aumôm
du pituvre.
DtsiEn SAi-tT-PiEniit. Nom du tribut que
rAnf;lctrrrp payoit autrefois nu Pâpc.
UK.\|(inL..Mi:> 1. j m. Aciioo de dénigrer.
DEN
Vous en parles avec trop de dénigrement,
'ferme de dénigrement.
DKMGiîER. V. a. Cbercbcr .^ diminuer U
réputation de quelqu'un, le prix de quelque
cbn.se . A les rendre ridicules et méprisables.
Dêniqrer la réputation d'un homme. Il n'en
parla ipte pour le dénigrer. Dénigrer les ou-
vrages de guel(juun.
DÉNir-ni:, ÉE. participe.
i:)Ê>(>:\IliHEMENr. s. m. Compte délailU-.
voil de iiersoniirs, soit de choses. Tous les cinn
ans on jitisoit à Home le dénombrement des ci-
toyens. Faire le dénombrement de sa passes-
Gl'oflS.
DÉNOMontMENr, se dit aussi en pnilant Ou
détail qu'un Vassal donne à son ^>igncur de
tout ce qu'il tient de lui eu Fief. Donner un
cvcu et dénombremGnt d'um ferrft. Donner par
vveu et dénombieincnt..,
DKNOMBKKR. v. a. Faire un dénombre-
ment. On a dénombré tous les hidjitans de cette
\aroisse.
DÉNOMBUÉ, >:e. participe.
DKNOMlXATLLR.s.m. Terme (i'Arithmc-
llque. C'est, des deux nombres qui expriment
>ne fraction, celui qui se i»ouve au-clcîsous.
\)ans la fraction -^ le dénominateur est ^.
Dl-:^OMl>'ATiF,IVt:. ad). Qui dénomme.
Vn terme dénominatif.
\^ÈyOMîy.\rioy. s. r. Désignation d'une
|crsonne ou d'une rho.se par un nom qui en
Kprime l'ctni, l'espèce, la qualité, etc. Dan:
les /irt\ et dauf! lc.< .Sr -cricc^:. il rc faut rien
thanger sans nécessité aux dénominations re-
mues. Les choses prennent leur dénomination
ûe ce r^u' elles ont de plus remarauable, ou di
ylus essentiel.
En Mathématique , on dit , Rêduii e des frac-
lions à même dénomination , pour dire, Leur
ilonner le même dénominateur.
l)f:NOMSlER. V. act. Terme de Pratique.
Nommer une personne dans un Acte de Justice.
H faut dénomma- toutes les Parties dans un
drrét. Il n'est pas dénommé dans linforma-
lion.
OÉNOMMÉ, ÉE. participe.
DENONCER, v. a. Ddclnrer , faire connoîtrc,
indilier.
On dit aussi, Dénoncer une pa'sonne, poui
•lire. En déclarer publiqu^îraeut le nom suivant
rerlaines fonncs pnacriles. ^insi , en parlant
d'Un homme qui a encouru la peine de l'cx-
comniunication , on dit, qu'il a été dénoncé
pour sjcommuMié.
Il iiignifie aussi , Déférer en Justice. Dt'm'n-
cer un coupable. Dénoncer (juelt^u'un au Ma~
gistrat. Dénoncer un livre , une proposition
comme /lerelidue.
(^u appli jue aussi ce mot à la sig::ifiration
faite, en Justice, de quelque procédure.
On dit aussi d'Un soldat qui a dt^scrté, que
Son Capitaine Va dénonce pour déserteur^ qu'il
est dénonce.
Oknoïccé, ie. participe.
l)K>u>ClAniUn. t. m. Cehii qui drfètt
quelqu'un, quelque chose en Justice. Se len-
DEN 395
drc dénonctnteur. Le tiers applicable nu dé-
nonciat(ntr.
DÉNONCiATIOPï. 8. f Déclaration, publi-
cation.
Il 9i|;niric aussi , Délation , accusation. Le
dénonciateur eut tant pour le prix de sa dé-
nonciation.
OÉNarATION. s. f. Désignation d'une
chose par certains sigmïs.
DÉNOTER. V. a. Désii^ner, marjuer. //
n'es! pas nommé , mais il est tellement dénoté
flii'on le connaît aisément.
Il signifte aussi Indiquer. Dans les fièvret
intermittentes ^ le frisson dénote l'accès.
DÉNOTÉ. £e. participe.
DÉNOUER, V. a. Défaire un nœud. Dé-
nouer un ruban. Dénouer des cordons. Czla est
noue si fort y gu^on ne le saurait dénouer.
Il signidc figurément, Rendre plus souple,
plus agile. Les exercices ^ la chasse, la danse j
Vescrime, dénouent le corps, îes membres.
Il signifi-' aussi figurément, Démêler, déve-
lopper; et il se dit principalement en ])arbnt
d'Une pièce de théâtre, dont le nœud, dont
l'intrigue vient h se démêler vers la fin. Ce
Poète a bien dénoué l'intrigue de sa Comédie.
DKNOiEn , se dit avec le prom)m personnel.
d'Un uciud qui vient à se lûrher, h se défaire.
Ce ruban s'est dénoué. Voilà votre ruban gui
se d'-noue.
Il siç;ni!io figure'ment, Devi-nir plus souple.
Les jiimb^s de ce cheval se sont bien dénouées
Les chevaux napolitains ne se dénouent gu à
f'.r ou sept ans. Ce jeune homme éSoit lourde
pesant, mats il commence à se dénouer.
On dit eussi, qu'[7n enfant ."< dénoue^ qu'i/
commence à .te dénouer, pour dire, Qi:e les
parties de son corps qui e'ioicnt nouée»., com-
mencent à se dégager, h prendre ia forme, re-
tendue et le jeu qu'elles doivent avoir.
Il signifie encore figurément. Se démêler.
le développer; et il se dit principalement De
l'intrigue dune pièce de tliéàlre. L'intrigue de
cette Comédie se dénoue fort bien.
DfcNotÊ, EE. pailicip".
DÉNOÛIMENT. s. m. Il u"est d'usag- qu'ai:
figuré. Il se dit De ce qui termine l'action,
en démêlant le noeud d'une pièce de theîlre.
Le dénoùment de cette pièce est heweux^est na
lurel. Le dénoùment de cette pièce ne vaut rien
Ou dit, Le dcnoûment (Tune difficulté, pour
dire, La solution de cette dilliculté. On dit
aussi, en parlant D'aflliire, d'intrigue de Cabi-
net , Le dénoùment d'une affaire , d'une in-
trigue.
DENRIîiE. s. f. Tout ce qui se vend pour k»
nourriture et l'entretien des hommes et d-t
onimaux. Acheter des denrées. Mettre le prix
aux dcnréts. Grosses denrées , menues denrées.
On dit d'Une marclmiidise qui ne vaut rieu,
que C'est une nuui-iii:c denrée; et d'une Chot^c
qu'on veut vendre trop cher , que C V«t une
chère denrée.
On dit gdnL'ralement , en parlant dTn
homme qui vend bien ce qu'il ■ & vendre, que
Cet homme v. nd bien sa denrée.
Sq.
3y5 DEN
DENSE, a'dj. des 2 !;cnre8. Terme dùlacii
que. Kpais , compacte , dont les parties sont
serrées. Corps dense. L'eau est plus dense qw
Vair. Il est opposi! îi Riiic. j
DENSITI^:. s. f. Terme didactique. Qualiti .j
de ce qui est dense. Ln densilè des corps. Les
corps sont plus ou moins pesans , scion (ju ih
ont plus ou moins de densité.
nENT. s. f. P( lit os qui tient .\ la mjilioirc
de l'animal, et qui lui s<tI à incinor les allniens
et à les mâcher. On dislinqne les dents en dents
molairci, dents canines et dents incisives. On
dit aussi : Dent aillèrc. Dent mlichelière.
Grosse dent. Dent de dessus ou d'en haut,
dent de dessous ou d'en bas. Dents de dci'cnt^
de derrière. De belles di^nls. Des dents blan-
ches. Dents bien yangce.i. Dents ijui ont été
bien arranqées. Dents jaunes, cariées, gâtées,
vourîes. Une dent creuse. L^alvéole d^unC'dent.
Le mal de dents. Avoir mal aux dents. Se la-
ver, se nettoyer, se curer les dents. Cela blan-
chit les dents. Une dent qui branle. Il lui e.l
tombe une dent. Un arracheur de dents. CeU
aqace les dents, déchausse les dents. Avoir lei
dents aqacees. Les dents percent à cet enfant^
les dents lui viennent. Claquer des dents. Lei
dents lui claquent. Claquement de dents. Serrer
les dents. Grincer les dents. Grincement di
dents. Tirer avec les dents. Les dents d'an chicn^
d'un brochet, d'une vijjère. On met des dents A
loup aux hochets des enfans. On connoït l'^'ijt
des chevaux aux dents.
On .ippelle Denl.'; de lait, Les première-'
dents qui viennent aux enfans quand ils sont
encore en nourrice . et qui commencent à tom-
ber vers les sept ou huit nns.
On appelle au.s.si Dents dcsaqcsse. Les quatre
dernières molaires qui viennent entre vingt et
trente ans.
On appelle Fausses dents, Des dents artifi-
cielles qu'on met à la pl.icc de celles qui man-
quent.
Ou dit ordinairement , que La plupart des
enfans meurent aux dents, pour dire, qn'lU
meurent quand les dents leur viennent.
l'igiuémcntel familièrement, iVocoir pns de
riiioi niel(t-e sous sa dent, sous la dent, C'est
n'avoir pas de quoi vivre.
Manger de toutes ses dents. C'est manger
vite et beaucoup.
Parler entre ses dents , C'est ne parler pris
fts«cz liant ni assez distinctement pour Êtra
bien entendu.
Prendre le frein aux dents , h mors aux
dents, se dii au propre d'Un clicval qui s'em-
porte.
Il se dit aussi figiu-émcnt, pou: dire, Se-
couer k joug de la règle, de la loi, de la bien-
sc-ince; et dans ce .sens, ou dit J'IJn jeune
tionnue, qu'il a pris le mors aiLC dents, pour
dire , qu' I s'est jttc' dans ]:• libertinage , dans la
débauclie. U est du style familier dans toutes
Km acceptions figurées.
On dit aussi G^vircmenl, Prendre le twci:
aux rlcnls, pour dire, S'emporter pcr iT.pa-
licnce , s'oiliaucliir de toute CMitra'ne Cd. |
homme, après avoir beaucoup enditjé île (jueU
(ju^un, a pris le mors aux dents.
Prendre le mors aux dents j se dit encore
figurcmeut De celui qui , jiprùs avoir ncgli^c
quelque temps sou devoir ou ses alTaires, s'y
porte ensuite avec ardeur. Il étudie à présent
comme il faut, il a pris le mors aux dents.
FigurénicrU, Montrer les dents à (juchju'un,
r;'est lui rôsisler, lui faire tête, lui u'-moif^iifr,
par des réponses ft-nues et ïuciiav^utes, qu'on
n'en veut pas soufïnr davantot;e de lui.
Fij^uronieiit, Etre sur les dents, se dit Des
Jiomnie.-i et des auluiaux liarassés el abattus de
lassitude. Ce cheval c$t sur les dents. Mettre
sur les dénis, se dit aussi dans le même sens.
Le long travail Va mis sur les dents.
Figurément et familic-Tcment, Avoir la mort
entre les dents-. C'est ^tre près de mourir.
Rire du bout des dents. C'est s'efTorccr de
rire, et n'en avoir point d'cnVie,
Donner un coup de dent à (jueltjuun^ C esi
niudire de lui, dire quelque mot qu! l'oITensCi
qui le pique. Tomhcr'soûs la dent de quelqu'un.
Déchirer qnclquun à belles dents.
On dit figurém. dX'n homme qui ne donne
qu'avec peine, que Quand on lui dcmandt
(fuel(juc chose, il semble quon lui arrache une
dent.
iS'c pas desserrer les dents. C'est ne pas dire
un seul mot dans une occasion de parler.
On dil proverhialem. d'L'n liunune à qui il
vient du bien sur la fui de ses jnurs, qu'i/ lui
vient dit bien lorsqu'il n\i plus de dcnta. On
dit , Donner des noiaettes à ceur qui n*onl plus
rîe dents ^ pour dire, Donner quelque cîiosc à
un homme qui n'est plus en état d'en profiter.
Et faniili';rem. Avoir les dents bien Ioniques,
C'est ^ire fort afianié, aprrs avoir été long-
temps sans mangvT.
Proverhialcmenl , en parlant d'Une chose
qu'il est impossible de faire, on dit, que Ccsl
7'ouloir prendre la Lune avec les dents^ qu'on
prendroit plutôt lu Lune avec les dents.
On dit proverbialement, Avoir une dent
contre (picl qu un ,, yonr dire, Avoir de l'aui-
lîiosite contre quelqu'un; et Avoir une dent
de lait contre (juelquuUf pour dire, Avoir
une ancienne aniniosite conli-e lui.
On dit provcritialemeul d'Un grand men-
teur, qu'/ï ment com^nc un arracheur de dents.
Provcrhialemeut et figurément , prtur dire,
que Ouelqu'un ne doit pas prétendre à une
chose, on dit, qu7l n'en tatera ^ qu'il n'en
cassera, qu'il uen rroquera que d'wnc dent.
Proverbialement et figurément, pour mon-
trer qu'(Jn ne se met point en peine de quelque
cliose de fi^cheux , el qu'on ne laissera pas d'agir
comme U l'ordinaire, on dit, qu'On n'en perdra
pas un coup de dent.
On dit proverl)ialemcntcl figurdmcnt d'Unç
personne qui mange beaucoup, et à qui onpré-
r.cntc peu de chose h manger, qu7/ ny en a
pas pour sa dent creuse.
On dil,(]u't7rt ^lonime est armé jusau'au.r
dcntsy pour dire, qu'il est charge d'armes plus
qa'-xi n'a acccuLiuné de rètrc.
DEN
On (lit aussi proverbialement et en plaisan-
> lerie, d'Ln liomnie qui sait beaucoup, qu'/l
est savant jusqu^aux dents.
On dit jiruverblalement el populairement
d'Une vieille fenune décrépite, que C'est une
vieille sans dents.
On dit aussi, Il y a lonq-temps qu'il n'a
plus niiil aux dents , poiu- dire , Il y a long-lcmpi
qu'il est niiîrt.
Malijré lui, mahjré ses dents. Façon de par
1er adverbiale et familière, pour dire, En déi)it
de lui cl de ses partisins.
On dit (i^urément et familièrement, Parler
des grosses dents, pour dire, Parler fortement
à quelqu'un , sans garder de mesures.
On appelle Dents d'Eléphant, Les défenses
de ri:;icpliant, qui est ce qu'on appelle de
l'ivoire quand on l'emploie i quelque ouvrage.
Ce navire éloit chargé de beaucoup de dents
d' Eléphant.
Dent, se dit .Tussi De plusieurs clioses qui
unt des pointes, et qui sont faites à peu près
in forme de dents. Les dents d'un pciqne,
d'une scie, d'une herse, d'un rdteau , d'une
lime, d'une roue d'/iorloje,elc. Cepcigne a une
tient rompue.
Il se dit aussi Des brèches qui sont au tran-
thanl d'une lame. Ce couteau ne vaut rien, il
a des dents.
Dest-de-Ciiies. Plante ainsi nommée, paitx;
ijue sa racine a quelque ressemblance avec la
lient de cet atiinial. Sa fleur est' tu lis et assez
belle; on la cultive dans les jardins.
Dent-de-I^ios. Voyez Pissenlit.
Dent-de-Loup. Espèce de clieville de fer
qui sert i arrêter la soupente d'une voilure. U
se dit aussi d'Un petit instrument qui .sert à
polir le papier.
DENTAIRE, s. féni. Plante ainsi nommée.
parce que sa racine est conmie dentée. Ou
compte plusieurs espèces de Dentaires j quel-
ques-unes sont employées en Médecine.
DENTALE, adj. fém. 11 se dit De certaine»
consonnes (ju'ou ne peut prononcer sans que la
lan;^ue louche les dents. D,T, etc. sont des
lettres dentales,
DI^NTIC, LE. adj. Qui a des dents. IJ n'est
d'usage qu'en parlant De certaines choses qui
on! des ])oiutes (ju'on appelle des dents. 4insi
ou appelle Iluue dentée, Une roue comme sont
que!(iucs-unes des roues d'une horloge, d'un
moulin, ou de quelques autres machines.
Dentk. Terme de Bolaniquc. Découpé en
pointes serrées les unes contre les autres. Il se
dit Des pétales, des feuilles et des calices àei
plantes. Le calice des fleurs de Vulivier est
denté.
DENTÉE, s. f. Coup de dont. Il ne se dil
qu'en parlant Des coups de dents qu'un lévrier
donne à une Iiètc qu'on chasse. Le lévrier a
donné une dentée au loup. Il se dit aussi Des
coups que le sanglie-r donne avec ses défenses.
Le sanqlier a d'une déniée e'^'enlrc un chict,
un c^*evaL
DENTICLAIIU;, ou nrnBC-Ai'x-CA.xCEM ,
ou Pj.AtiBAoE. s. f. piaille qui se plaît dan» Je'
DEN
Pays chauds. Elle rst odoranle et amôrc. Elle *
•ouloge le mal de dents. 1
DENTEt.É , ÉK. adj. Qui est taillé en forme
de dents. Roue deiile/«.
Destelé , en termes de Botanique, ne dif-
fère df Derilé, qu'en ce que le» pétales, les
feuilles et les calices dentelés ont leurs dJcou-
purcs moins ^alfs et plus écartées que ceux
qui sont dénies. La feuille de l'orme est den-
telée,
DENTELER, v. a. Faire des entailles en
fonce de dents.
DENTELLE, snbst. fem. Sotte de passcniont
ainsi nommé, parce que les prcmitTCS qu'on fil
éloient dentelées. Pcnlellc de fil, de soie, d'or,
d'arqent. Il se prend plus ordinairement pour
La dentelle de fil. Dentelle à hriilcs , à réseaux.
lHanchetles à dentelle , mimclu-llcs de dentelle.
Porter de la dentelle. Remplir de la dentelle.
Une faiseuse de dentelle.
DENTELURE, s. f. Ouvrage de Sculpturo
fait en forme de dents, ou dentelé.
On le dit aussi dans l'usage ordinaire , Dei
elioscs faites ou découpées en forme de dents
Il (il plusieurs dentelures à un morceau de cuir,
à une hande de linge.
DESTICULE. s. m. Sorte d'ornement d'Ar-
cliileclure, consistant en plusieurs petites pièce!
coupées carrément et également. Les dcnticulet
sont ajfictès à l'Ordre Ionique.
DENTIER, s. m. Rang de dents. Cet hommi
a un hcau dentiei'. Celle f,mme a un vilain
dentier. U est familier.
DENTIFRICE, s. m. Rcniide propre à frot-
ter et nettoyer les dcnt«. Les Deiftifrices soni
ucs, mous ou lii^uides,
DENTISTE, s. m. Chirurgien qui ne s'oc-
cupe qtie de ce qui concerne les dents. Un bon,
un habile denlisic. Il est aussi adjectif. Chirur
jien dentiste.
DENTITION, s. f. Terme de Médecine. La
s<»rtie naturelle des dents depuis l'enfance jus-
qu'i l'adolescence.
DENTURE, s. f. Ordre dans lequel les dents
sont rangées. î-^ne helle denture.
Dentihk, en Horlogerie, Le nombre de
dents qu'on donne à chaque roue. La qrandg
roue rêqle la denture des autres.
DÉNUDATION. s. f. Terme de Chirurgie.
État d'un os qui paroît à dccouvcirL La dénu ■
dation c.<l assez orJinoire dans les fractures.
DKNUER. V. a. Priver, dégarnir des choses
iiéceséaires , ou regardées comme nécessaires. ïl
•'est dénué de tout pcw ses enfans. Il ne veut
pas se dénuer d'arqent. La fortune Va dénué de
tout.
rtr.fvi , iz. participe.
Il est aassi adjectif, et signifie, Dépounu.
Dénué durjcnl, de hien: et de toutes choses.
Dénué de toutes sortes de secours. Dénué d'as-
sistance, de support, de conseil. Dénué d'es-
prit, d'entendement, de bon sens. Dénué de
arjce, d'aqrcnient.
DÉnCmKNT. s. m. Dépouillement, priva-
tion. Il est dans un yond deiiiniieMl de toutes '
J otts. Déri'imcitt de (oui secours spirituel.
DEP
D KP
DliPAQURTER. v. o. Défaire, développer
un jîaquet. Dépaqueter des har3es. Dépaqueter
des lettres. Dépaqueter des tnarch-^.ndîses.
DÉPAQtTîTÉ, rx. participe.
OLPARI^II.LEU. V. a. Ôter riinc de deux
!>u de plusieurs clioses pareilles. Je ne veiLX
pas dépareiller ces deux vaxes. Quia dépareillé
ces qants ? Dépareiller des livrer. Il viauquc
un des volumes à cette Histoire, elle est dépa-
reillée.
DÉPAnEiLi.É, ÉE. participe.
Il se dit aussi d'Un ouvrage dont on a tous
lus volumes, mais d'éditions ou de formats dif-
férer s.
DÉPARER. V. 0. Oter ce qui pare, lin ce
sens il n'est ^t^re d'usage qu'en parlant Des
paremens exlraorJiuaires d'un Autel. Le scr-
l'icc achevé, on dépara VAutcl.
Il signiBe aussi, Rendre moins agréable. La
Çaçon dont elle se met, la dépare fort. Un pa-
l'illon qui dépare toute la maison.
D^-PAnt, ÉE. participe.
DÉPARIER. V. a. Ùicrrunc des deux choses
qui font une paire. Dépanor des qants,, da
souliers, de^ hasy des manchettes.
On dit, Déparier des pifjeons , pour dire,
Oter d'ensemble des pigeons qui sont appariés.
DÉPAniÉ, ÉE. participe, .1/c5 qants^ mes che-
vaux sont dêp(iric-<:.
DÉPARXKR. V. n. Cesser de parler. Il ne se
lit qu'avec la De'g,7tive. et dans le style fami-
lier. Ainsi on dit, Il ne dêpai'le point, il n'a
pas déparlé, pour dire, Il ne cesse point de
parler, il n'a point cessé de parler.
DÉPART, s. m. Action de punir. Le jour
du départ. Avant son départ. Après son d'par!.
On dit, J^fre sur son départ, pour dire. Être
près de partir, /iviincer, retarder son départ.
Ce vaisseau n\ittcnd que le vent pour sou rc-
y art.
Dkpapt, en termes de Cliimie, se dit De la
lôparation de deux corps , et en particulier
de celle de l'or d'avec l'ari;ent par l'eau-forte.
DÉPAnTA(;nil, v. ». Terme de Palais, qui
6C dit, Lorsque dans une Cliamhrc de Juges,
deux avis difTérens étant appuyés par un égal
nombre de voix, on a recours à une autre
rliambre pour juger le partage. Vautre avoil
cié partagée dans la première des Enquêtes,
on a été à la troisième pour la départager.
DÉPAnTAcÉ, F.E. participe. *'
D1*:PARTE.ME>T. s. m. Distribution. Il se
dit en diverses occasions, et de diverses choses.
Ain>i, en parlant D'S quartiers qu'on distribue
Dux troupes, on dit, qu'On a envoyé le âépar'
'.emcnt des quartiers au.z ti'oupcs ; et en par-
iant Des tailles, on dit, qu'On a fait le dépar-
tement générai des tailles ; et qii'On a envoyé
une commission à un Intendant pour faire le
département des tailles dans sa Généralité.
On dit aussi . en parlant Des difTércntes par-
lies des afl'.ilres d'Étal, distribuées entre 1< s
quatre Secret lirrs d'Élot.etdrs ditTcrcntcs Pio-
vinces dont ii counoissancc leur est altribuce :
DEP ?,.j7
Vn Ici Secrétaire d'Etat a U département de bi
guerre. Celui qui a le déparlenienl de la ma-
rine. Cette frovince e^t du département d'un
tel Secrétaire d^Etat^Cela est dans son départe-
ment. On a distrait teite chose de son départe-
ment.
DÉPAHTEMENT, sc dit aussi Des li"ux dépar-
tis et dislribucs. Et dans ce sens, en parlant Ite
ni.irine, on dit : Le département de Brest. Le
département de Toulon. Toita les Officiers de
Marine ont eu ordfe de se rendre chacun n leur
département.
On dit dans le mtine sens, Vajfuire est ar-
rivée dans le département d'un tel Secrétaire
d'Etat j d*un tel Intendant.
DÉPARTIE, t. f. Départ. Dure, cruelle de-
partie. \\ est vieux.
DICPARTIR. V. act. Distribuer, partager.
Dieu départ ses grâce:» à qui il lui platt. Il a
laissé une telle somme pour la départir aux
\:auvres de sa Paroisse. Cela a été départi entre
tous les hahitans.
On dit, en terme* de Palais, On a départi
les procès aux Chambres des Enquêtes, pour
dire. On les a distribues.
Se DÉPAnrin. Se désister. Il s'est départi de
<a demande. Il ne se départira jamais de ses
prétendons. Pourquoi voulez-vous qu'il s'en
départe? C'est une opinion dont il ne veut
point se départir.
On dit, 5c déptfrfiV de son dcfOir,pour dire,
S'cloigntir, s'écarter de son devoir, manquer à
ce qu'on doit. El dans celle arreplion il n'es»
guère d'usage qu'avec la négative. Il ne s'wt
jamais départi de son devoir. Je ne me départi-
rai jamais de Vohéissance , du respccl que je
vous dois, de ce que je lu us dois.
DÉPARTI, lE. participe. On appelle Comms-
saires départis dans les Provinces , Ceux que le
Roi y envoie pour les affaires de Justice, Po-
lice et Finances, et qu'on appelle ordinaire-
ment Intendant.
DÉPASSER. V. a. Il se dit eu parlant d"Uu
ruban, ou de quelque autre chose semblable,
([u'on a passé dans une boutonnière, dans ua
œillet, et qu'on relfrc ensuite. Dépasser un
yuhan.
On dit au jeu de BilWd, Faire dépas'^er
une bille, pour dire, Eairc repasser la bille qui
avoit déj;\ passe.
DÉPAssEtt , se dit aussi, pour. Passer outre ,
passer au-dct^. Ainsi, en parlant d'Un vaisseau
;pii en vouloït joindre un autre pour l'atta-
quer, mais qui a été porté un peu plus loin, on
dit, qu'/I le dépassa, qu'il se trouva Vavoir dé-
passé.
On dit Des hommes, des chevaux qui cou-
rent, qui marchent ensemble, que L'un dc'
passe Vautre, Lorscju'il le dcvaDcc.
Di^PASsÉ, ÉE. participe.
DÉPAVER. V. a. Arracher, oter le pavé fjui
est en œuvre. L^ic ravine, un débordement n
dépavé la chausféc. Les charrois ont dépavé le
grand chemin. Faire dépaver une cour.
D;'p\vt. Êc. n:irticipe.
'i UÊPAVSER. V. a. (On pro.ionceD'pc'il",;
Tirer quelqu'un de son Pays, el le faire passer
(t.tos un outre. Ccsf un jeune homme <jiii se
vcrd dans f^u famille, dans le lieu de sa iiatS'
sancc; il faudroit le dépnyrer et Verwuyer nd-
Uttrs. Il n'a pas le mauvais accent de sa Pro-
vince,yarce quon Va dépayui de bonne heure.
Il s'emploie avec le pronom personnel. Cette
famiUe s'est dépaysée. On l'a obligé à se dî-
puyser.
Ou dit figurtûuent , Di-payscv , uchjunu ,
pour dire. Le lirer cl'u" li^ii où il pourroiï
avoir quelque avanM|;c. Il conuolt trop bien
son Billard, il y fjivjnera toujours; il faut un
peu le dépayser cl k faire jouer ailleurs. Il u
trop d'amis dans ce Parlement^ il /i.ut le dé-
payser.
ILn matière de dispute, on dit ausii figuré-
iiieol , Dépayser queUju'un ^ pour dire, Le
nicllrc sur quelque «ujel où il ne soit pas si
profond, sur lequel il ne soît pas si préparé.
Un dit aubsi, Dépayser un homme ^ pour
dire, I.'éloij^ner de la chose qu'on traite, lui
donner de fausses idées, pour cnipfichcr qu'il
ai' connoissancc, qu'il ul- soit au faildequclqu«
afTaire.
DÉPAYSÉ, É^. participe.
DP-PÉCEME.NT. s. m. Action par laquelle
on met en pièces. Le Boucher fit le dî-pcccmenl
de SCS bœufs.
DÉPECKR. V. a. Mettre en pit;ces, eu mor-
ceaux'. Dépecer de la viande. Dépecer un vieux
bateau, un vieux carrosse. Dépecer de vieilles
DévECÉ, Éfi participe.
DÉPECEUR. subst. ni. Celui qui achète Ici
vieux bateaux pour les dépecer.
DÉPtCHE. «. f. Lettre concernant les af«
f.iires jjubliques. Les dépêches des Ambassa*
deurs. Le Roi a ordonné à V/imbassadcar par
sa dépêche contresignée du Secrétaire d' Etat.,^
Il a reçu sa dépêche. Sa dépêche portoit que. .m
Il a fait un paauct de toutes ses dépêches.
Il se dit aussi au pluriel , Ues lettrc3 que lej
N^gocians et les Banquiers écrivent, chaqu«
ordinaire ) à leurs Corrcspondans.
On dit provpfbiakment et populairement
d'I'n liomine qui est mort, et dont on est bien
iieureux d'élvc défait, que C^cst une bonne dé-
pêche j poar dire, que C'est une bonne défaite
nÉPê''aEs. (Conseil des) Voyez Conseil.
Df-PÊCHEK. V. n. Expédier, faire promp-
tenicul , haler. îl faut dépêcher cet ouvrage. ]l
faut dépêcher cette besogne. Ce dernier est fa-
milier. Dépêchez ce gue vous avez à faire. On
dit aussi absolument, Dépéchez ^ dépêchons; et
dans l'acception dont il s'agit dans cet article,
Dépêcher ue se dit guère que dans le style fa-
Diilier.
Il signifie aussi. l'xprdier quelqu'un, l'eu-
vojci" eu dilii"ence avec des ordres, I* renvoyer
:<vcc des expéditions qu'il attend, i éptcher un
Courrier en Italie^ i^ers un Prince, à un Prince.
OnadcfKché aujourd''}iui un Courrier à Rome.
Cet i ommc attend répon.ie, H fmt le dépêcher
promptcmcnt. Uaps cette acception, on dit auss'
ub&oiuoicul, Dépêcher j puu'^dire, Expédiei
DEP
un Courrier, l'envoyer en diligence. On a dé-
pêché à Uome.
DÉPtcuEii QUEr,QL*uSj s'emploie aussi, pour
dire. S'en défaire en le tuant, soit dans un
combat singulier, soit aiîlrcmcnt. lU $c batti-
rent tous deux , et tun eut bientôt dépêché
Vautre. ]1 est familier.
Eu parlant d'Ln Métiecin CTitre l s mains de
qui on a vu mourir lïcaucoup de malades, on
dit, qu'/i en a beaucoup dî^pêché.
On dit aussi, Travailler à dépêche compa-
gnon^ pour dire, Travailler vite et négligem-
ment.
On dit. Se battre à dépêche compagnon^
pour dire, Se I)ailrj^ sans quartier.
Il s'emploie aus^i avec le pronom personnel,
et sigrifie, Se liJter. Dépêchez-vous. Dites-hn
gu il S", dépêche. Il se dépêche U. plusgu'd peut.
Dépêchez-vous de pat tir.
Dti'i^CHi';, ÉK. participe.
DKPEI>'ÎJRE. v. a. Décrire et représenter
par le discours. Il dépeint les choses si vive-
ment ^ gu'il semble qu'on le^ voie^ gu'on croil
les voir. Dépeindre un combat ^ un naufrage.
Dépeindi'C le caractère d'un homme. Dèpeindri
la vertu avec tous ses charmes. Dépeindre U
in'ce avec toutes ses horreurs.
, DÉPEINT, ri;. p;«ticipe.
DÉPENAILLÉ, ÉE. adj. Déguenillé, rou-
rert de baillons.
Il se dit- aussi d'Une personne mise nê«Ii-
f;cmnient, de m;:nicrc que les tiiiU-rentes parties
de .son habillement neparoissent pas tenir en-
t -mble.
On : ■..' l/yTiréiUC!!* et familièrement, en par-
lant d'Une personne donî la âgure es£ Uélrie et
presque dctruiîe, que ia fgure est bien dépe-
naillée,
DÉPEN AI ELEMENT, s. m. État d'une per
sonne dépenaillée
DÉPENDAMMENT. adv. Avec dépendance,
il* jnc manière dépendante. Cela se fera dépen-
aammcnt de telle chose. Liante agit souyeni dé-
l^endamnient des organes. '
DEPENDANCE, s. f. Sujétion , subordina ■
lior?. Les Sujets sont dans la dépendance de
leurs Souverains. Les enians doivent demeurer
dans la dépendance de leurs pères.
U se dit aussi Des Terres qui relèvent, qui
dépendent d'une autre. Cette Terre est de la
dépendance de la mienne. Cela est de ma de
pendancCj de la dépendance dun tel.
DÉPENDANCES, au pluriel, se dit De tout ce
qui fait partie d'une Teire, d'un héritage, d'une
maison, et de tout ce qui appartient à une af-
faire, ou à quelque autre chose. Vendre une
Terre avec tontes ses appartenances et dépen-
dances. Je sais cette ajjhire et touteè ses dépen-
dances. On hti a adjugé cette Terre avec .es
circonstances et dépendances.
DÉPINDANT, ANTE. adj.-ct. Qui dépend.
C'est un homme entièrement dépendant d'un
tel. C'est une affaire dépendante rf'unc autre.
U signifie aussi, Qui relève. Un Fief dé-
^ pendant.
On dit eu termes de Marine, qu'Ln rota-
DEP
seau vient en dépendant^ Lorsqu'étani au vecat
d'un autre vaisseau, il s'en approche en tenant
toujours le veut. Tomber en dépendajit , C'est
arriver h petites voiles.
DÉPICNDKF,. v.a. Détacher, ôler une chose
de l'endroit où elli éloit pendue. Dépendre un
tableau. Dépendre une enseigne,
DÉPESDi;, UE. participe.
DEPENDUE. V. n. Être sous la domination
ou sous l'autorité de quelqu'un. Les Sujets
dépendent des Rois.^ les cnfans de leurs pèrea.
Les domestiques dépendent de leurs Mattjts.
Les soldat.^ dépendent de leurs Olficicrs. Je ne
dépends pas de vous.
1 1 signitie aussi simplemeut, Être subordonné
il quelqu'un. Les ]\lagistrats subalternes dé-
pendent des TribunaiLi: supérieurs. Les Procu-
I curs du Roi des Justices subalternes dépendent
dt'^ Procureurs Généraïuc des Parlcmens.
On dit. Cela dépend de moi, pour dire, Je
Buis en pouvoir de le faire , ou de ne le pat
faire.
Dépendue, se dit aussi en matière de Fiefs,
rt signifie, Uelevcr. Cette Terre y cette Châtcl^
lente, dépendent dfun tel Marquisat j etc.
On dit en matière ]>énéficiale,qu'f7n Prieuré,
iju'unc Curc^ dépendent d\ine Abbaye, pour
dire, que La nomination eu appartient au Ti-
lulairc de rAbl)aye.
LÉPENDHE, signifie aussi Provenir, procéder.
L'c/t\" t dépend de la cini.vc. La maturité, h
lonté du fruit dépend du Soleil ^ de la honte da
lerroiV, etc.
DÉPENDRE, veut dire aiissi, S'ensuivre. Le
tonclusion dépend des prémisses. Cette démons
tration dépend d'un tel principe.
DÉPENDUE, se disoit autrefois pour Dépen-
ter. Il n'est plus d'usage en ce sens que dans
ces plirases proverbiales : Qui bien gagne et
bicndépendj n^a que faire de bourse pour saTêr
son 'irncnl.
On dit, Jtsuis à vous à vendre el à déptn-
dre^ pour dire, Vous pouvez absolument dis-
poser de moi.
DEPENS, s. m. pi. Terme de Pratique. La»
frais qu'on fait à quelque chose. Il a employé
beaucoup d'argent à la poursuite de cette affaire^
mais d aura peine »i tirer ses dépens.
On dit proverbialement d'Un homme avanoB
en âge, que Plus de la moitié de ses dépens
sont payés. Et on dit aussi proverbialement,
qu'^'n homme gt^gne bien ses dépens^ pour
dire , que Par ses services il apporte autant d'u-
tilité qu'il coûte îl noiu-rir et à payer.
On dit figur-iment, Kaj're la guerre à ses dé-
pensy pour diw, Eairedans l'exercice d'un em-
ploi, ou dans la poursuite d'une affaire, dci
avances ou des frais à quoi l'on n'est gtoint
obligé.
Hors de ces S4>rl*s de phrases. Dépens ne
s'emphiie guère dans une acception générale,
qu'en certaines plir.ises adverbiales avec ht pré-
position (1 , comme : Servir à ses dépens. Vivre
nu.v dépens d'auîrui. S'enrichir au.z dépens du
public.
On dit aussi danb une acception figurée : 5e
DEP
divertir aux dépens ^autrui îl est devenu sage
à ses dépens. H ne faut rUn faire aux dépens ; '
de son /iOJin«ur, de sa réputation, de sa con-
science. Je le servirois aux dépens de mon sautj,
aux dépens de ma vie.
DÉPENS, en U-rmes de Pratique . signifie .
ï.cs frais (jui se font dans la iwui^uite d'une
afliiiri'. Condamner aitx dépens^ à tous di-pens ,
dommages et intérêts. Payer îe^ défcns. Taxer
les dépens. Taxe de dêyens. Refonder , Vuiuider
des dépens. Sans dépens. Dépens réservés,
l'épens compensés. Déclaration exécutoire de
dépens.
On dit, qu'f/ii /;omnie a gagné son procès
sans dépens y pour dire, que Sa Partie n'a point
été condamtiée A lui remboiu^er ses frais ; et
. vec dépens j pour dire le contraire.
On dit proverbialement et Ggure'ment d'Un
liommc qui a fait de la dépense dans la pour-
suite d'un dessein qui ne lui a pas réussi, qu'il
a été condamné aux dépens.
DÉPENSE, s. f. L'argent qu'on emploie à
quelque chose que ce puisse être. Grandé^de-
pense. FoUe dépense. Dépense excessive ^ en-
ragée. Dépense léglée. Dêpeme ordinaire. Dé-
pense extrcorditiaire. Dépense de honcrc. La
dépense de ménage. Cet homme fait une leUe^
une grande dépense. Fonrair à la dépense.
Ou dit, Faire la dépense, pour dire, Être
«barge Cu dt-t.til de ce qui se dépense dans nu
ménage, dans une maison; Faire de la dépense.
|>our dire, Faire beaucoup de jL'pcnse ; Se
mettre en l'épcnse, po^ir dire. Faire une dé-
pense qui n'est p.'is ordinaire ; et Faire une âé-
pense sourde, pour dire, Faire une dépense se-
crète qui ne parojt point.
DtPE.tsE , se dit aussi Des articles d'un
compte, qui conlicunent ce qui a clc dépensé,
déboursé par celui qui rend le compte. Porter
en dépense. La dépense ^c monte à tant. Passer
en dépense. Payer sa dépense. Coucher en dé-
peme. Cela est iiNoué dansla dépense. Chapitre
de dépense. La dépense excède la recette.
On dit figurc'ment et faniilit'rement, Faire
une grande dépense d'esptitj pour dire, Em-
ployer ou l'ialcr mal h propos de l'esprit,
DtPKNSE, signifie aussi. Le lieu où dans les
maisons particulières on serre ordinairement le
fniit, la vaisselle et le linge qui servent pour
la table. Serrez cela dans Ut dépense. On le
nomme YOlfice dans les jurandes Maisons.
Il se dit aussi dans les vaisseaux, Du lieu où
Ton dMtril'Ue les vivres.
DISPENSER. V. ad. Employer de l'argent ^
quelque chose, /i a dépensé tout son argent
comptant, a dépense son bien mal à propos. Il
dépense tant par nu.
i>n le met aussi ubsolument. Il aime à dé-
penser. H dt'pen e en habits, en chiens^ en ih-z
vaux, etc. Il dépense à tout.
On dit l^imi'.iùr^ment dCn ïiommc qui est
nul infurnii' des faiu qu'il devroil savoir, qu7(
ne dépense guère en espions.
Dlpe^isé. liv . participi'.
DÉIM:?i.SIEU . ltHE. adj. Qui aimcexc ssi-
v«ir«Ki ta d?i>ciï^, qui dôpenwexccsMvemcnt.
DE?
Vn fiomme fort dépensier. Une femme fort dé-
pensière.
Il s'emploie aussi substantivement. C'est un
nrand dépensier. C'est une grande dépensière.
En qiielqties CommuiKinlés Religieuses , on
ar.prlle Le Dépensier , Celui qui est cliargû du
soin de U dépense de toute la Cummitnautc. Le
Dépensier d\tn vaisseati^ I>e niaitie valet qui
distribue len vivres.
DÉlMlRDniON. subsl. f. Terme didactique.
Perte qui cause dcpérissemcnt. Il n'est f,iière
d'usage que dans ces plirascs : Déperdition de
substance. Il y a déperdition de. substance.
EnCliiniic, lorsqu'après avoir fait dissoudre
l*or, Vi'-'^ent, etc. on ne retire pas toute lu
matière qu'on avoit mise et qu'il s'y "irouvc
quelque déchet, on dit, qu7/ y a déperdition.
DIsPÉIUR. V. n. Dimi.rier, foudre , 3'aflbi-
blir, se ruiner. Il laissn -^épétir l'armée. Var-
irce dépérit journeli'^ni*;«t,csi xlepenCyadcpcri.
DÉPtiun , signifie aussi, Déchoir, aller en
ùccadence, toniLer en ruine. C\M un homme
qui laisse tout dépérir dans ses terres. Voilà nue
maison qui dépérit faute i^être cniretenue.
Ou dit d'Ch lu>inme dont la santé va tou-
jours en diminuant, qu7I dt'péri(,quo sa santé
dépérit à ï'uc d'œil,
DÉi»tiun, se dit aussi en parlant De preuves,
d'effets, de meubles, de hiHels, de dettes, etc.
Ainsi eu nialière criminelle, on dit, (juc Les
preuves dépérissent par la hnfjueur du temps,
pour dire, qu'.V vec le temps elles deviennent
plus fnibîc^. pntft- '(ue les témoins meurent.
On dit aussi, que Lc5 ejj'ets d'une succession
dépérissent , que rîes meubles dépérissent , poui
dire, qu'ils <'evieunent de nioindic valeur.
qu'ils se détériorent, qu'ils s'usent. El on dit,
que Des dettes (fépérûxcrif, pour dire, qu'Ellei
deviennent plus dîftieilrs à recouvrer.
DtPt.ni. lE. participe.
DI^PÉniS.-EMK>T. s. m. Etat de décadence,
de dégradation, de mine. Le dépérissement di
casante. Toutes ces maisons sont dans un grand
dé'rét issement , faute de soin. Le déf}érissement
de ses meubles. Le dépérissement des effets de
cette succession.
On dit en Jurisprudence, Le dépérissement
de.^ preuvcsj^oMT dire, L'altcraliou ou la perle
de ce qui peut servir à constater un fait. Le dé-
périssement des preuves conti'c un accusé.
DÉPÊTRKIÎ. T, a. Déhniraiscr, dégager. 11
ne se dit au propre, que Des pieds quand ils
sont embarrassi^s. Se dépêtra' d'un bourbier.
Dépêtrer un cheval qui s^cst embarrassé dans
tes traits.
Il signifie figuréirent. Délivrer, tirer d'em-
barras. Il n*a pu se déj^êt cr des mains de cet
homme-là. Se défctrcr d'un importun. Et, (n
parlant de quelque euibarras que ce soit , Il
aura bien de la peine à s*en déj-^frtr. En ce
sens il n'est d'usigc qi:c dans le discoars fi
mi lier.
DÉph-nA, FE. participe.
DÉPEUPLKME>T. s. m. Artion par la-
quelle on dépeuple, ou étal d'un pays d^peu-
p|p. Loj guerres continuelles entrent le dèpeu-
DEP 399
plemcKt des Etats. Le île; eup/em€r.t ie VJsii
est l'cff t du tjouvcrnement violent i.'cs Turcj.
UKPKUrLKR. V. a. Dégarnir un pays cl'Iia-
liitans, eu (!iniiniier exircinenieiit K: nombre.
Lu guetTe et la peste ont dépeuple ces Vi'o-
i'iticcA- là. L^erpuUion des Morisques et le
Ccmnierce des Indes ont dépeuplé VEspague.
On dit. Dépeupler un étung , pour dire, I>e
dé^ninir de lu plus grande partie du poisson.
Ou dit aussi, Dépcuflcr un pnys de gibier,
dépetipler une garenne de îtipins, un colombier
de pigeons.
On dit aussi, Dépeupler une forêt, une pt-
pinièie, pour dire, Eo Ûrcf beaucoup il'arhres,
beaucoup de plants.
nûr[-:LPLÉ, ÉE. participe.
DÉPlliCKR. V. a. Démembrer.
Vifii.cii, KE. participe.
DiiPlLATIF, IVE. adj. Qui fuit tomber le
poil , les clieveux. Un Uniment dépilatif. Une
pommade dépilative.
DÈPILATION. s. f. Action de dépiler, oh
I flcl de celte action.
DÉPILATOIRE, s. ra. Drogue, pâte pour
dcpiler. Appliquer un dépilatoire.
DI^PII.ER. verbe <iui s'emploie avec le pro-
nom personnel.
Il se dit d'Un animal tpii p'rd sr>n foll.
Cet animal se dépite. Il se disoil autrefois dans
le même sens qu Epilcr. Voyez I->t;,Eiu
Diptii;, if., parti; ipe.
DHPIQUER. V. a. Ôler i quelqu'un l'i.f.-
niciir qu'il .T de quelque cliose, faire qui! n'en
soit plus piqu(î. Le gain de ce piicès l'a dépi-
qué de toutes ses pertes. Il cherche à.st dépi-
quer. II n'est que de la conversation.
nri'iijuÉ, LE. p.irtiripe.
DICPKSI'ER. r. a. Découvrir ce qu'on veut
lavoir, en suivant les pistes de epielqu'un. On
tut quelque peine à dépister cet intrigant.
Mi-Pjsri:, LE. parlicipe.
DI'.PIT. s. ni. Chagrin mêlé de coltre. J'ai
un vrai dépit de ce qu*il a fait. Il ia fait pour
me' faire dépit. Concevoir un dépit, on du dé-
fit. Faire quelque close par dépit, ou de dépit.
Quand il en devroit crever de dépit , je reux
que
Ou dit, En dépit de lut, pour dire, Alalgr.';
lui. J'en viendrai à bout en dépit de lut. en
dépit de tout le monde. Cn dit aussi . En dépit
quil en ait , pour dire , !VIaIgré qu'il en ail.
On dit aussi. Il ilcrit en dépit du bon sens,
il fait des vers en dépit de Mtneive , en pnr-
lant J'Un uiLcliant Tirivain , d'un niauvsii
Poète.
DÉPITER, .SE DÉPITER, v.pron.i-'cliclicr,
se mntiner, ou agir par dépit. Il s'est dépile
de ce que vous lui avez dit. Il se dépite contre
le jeu.
On dit pioverbialemenl , 5e dépiter contre
son ventre, Quand par dépit ou par buiueuc
on se pritc de nanger.
On dit aus..i figiui'menl. Se dépiter contre
son ventre, pour dire. Faire par dépit el p.'.r
bnmeur une ç! ose qui peut nous nuire.
Il est ijuelqueruis iciif , io:nine dans in
4oo l) K P
plirasfi : C>:ll« lehulf.ide le dèpila. Celh ferle
r.r iléoilé, il n'ii point joue depuis. En paiUmt i,
De» aiifaiu , on dit qn<|i|nefois , Xc <(tpi(e= ("'
ret m fuit, pour ilii»;, >e lui donuei pas occa-
■ ion lie se muliiier.
DtPiTÉ, if.. poruVipe
DEPLACEMENT, s m. Action par IocjhcIIc
on Ol= une chose de sa place,. on U d'ange de
pJacc. Le dcpUccment des bornes. Le déplace-
ment des meubles. Le déplacement des mois
peut iîre de grande cunséquence.
11 se dit aussi Dis personnes. Ces lUplacc-
nieiis conliniic/s me fatiguent.
DfTLACER. v.a.CIcr une chose d.-îa plate
an'elleoccupoll. Dc';)''"^"''" ''^''■«■') des chaiset^.
!\'e déplacez rien. Que personne ne se déplace
On dit aussi, Oe/)lucer tjuelft'un, pour
;!ire Prendre lj pl.ice qu'il occtipoit. Vous
e''icx là, je n'ai garde de vous déplacer. Je ne
lieux déplacer personne.
il signifie Ggurénicnt, 0(er à quelqu'un sa
place, son emploi, pour y mettre une autre
personne. Un tel Ministre na pas voulu dé-
placer les créatures de son prédécesseur.
On dit en terims de Pratique, Déplacer des
iiieulilcs , pour dire , Les transporter d'une
maison dans une autre par autorité de Justice.
?fon-5«uleiiienl on lui a calsi ses meubles, mais
de plus on les a déplacés. La Sentence portoit
tfue les meubles seroient saisis sans déplacer.
DÉPL.\CF. , i:r. participe.
Il signifie aussi, Tilal place, placé dans un
no»ie qui ne convient pas. nu auquel on n'co,"
.vis propre ; et li se dit De la cnose comme oe
la personne. Cet hopwie dans la noui'ellc cliarge
iju'il exerce paraît déphicé. Il y a dans cette
pièce beaucoup de traits ïiiillun.'i, mais la plu-
part déplacés. Il lui tint un propos tout-à-fait
déplacé.
DÉPLAIRE. V. n. Etre desagniable. Il a
quelaue chose lui déplaît. Elle n'est pas belle,
mais elle ne déplaît pas. Cela lui déplaît à la
mort.
Il signifie aussi , l'àclicr , donner du cliagrin.
Je ne dis pas cela pour vous déplaire. Ce que
j'en fais n'est pas pour vous déplaire, ce n'est
pas pour vous déplaiie. Il est au désespoir
d'ai'oir été assez malheureux pour vous dé-
plaire. Il craint de vous déplaire en faisant
cela. Votre procédé déplaît à tvut le monde
Cela me déplaît.
Dans ce dernier sens, il s'emploie aussi îm-
pcrsouncUcment. Il me déplaît fort d'être oblige
>i cela. Il lui iié/ilfl(t extrêmement que les choses
se soient passées de la sorte. Il ne vous déplaira
pas que '^c m'en aille.
Ne vous déplai.^e, ne vous en déplaise. Façon
de parler faniiliéic, dent on se sert quand on
veut marquer qu'on ne demeure pas d'accoid
((ccc qu'un autre dit. La chose ne se passa pas
ainsi i ne voiLS en déplaise, ne vous déplaise.
DÎPLAiftE, s'eiïqilf-ic aussi avec le pronom
personnel, et signifie , S'ennu}'cr, se chagriner,
s'attrister. Il se déphdt diiik: ce lieu, il s'y de-
fiait à la mort. Il aime la solitude, il se déplaît'^
ir ccmpa^nic. Jr ne me deplairois pus ici.
Dry
DEP
Il se dit aixssi Hes animam:. Les troHf.ea'tt, J(:pIoral>Ic. Il s*est conduit dcplorahlement
« lîépUiisent dans ce lieu-là. ijr àjns celte affaire. Il a plaide mon ajjiiire dé'
On dit fîgurcmcnt, que Des plantes se dé-
plaisent en un endroit ^ pour dire, que Le soi
ou l'exposition de ce licu-là ne leur est paa
propre.
DÉPLATSANCE. ». f. Éloignenient , répu-
f^nance, dtrgoûl. On ne IVmploîi' gutrc que
dans celle plirniij , Prendre (^uchjuiin en dé-
plaisance.
OKPLAlSAiVT, AKTE. odj. I)<îsQgreal)lc,
qui fAclic, qui chrj^rinc. Un homme déplaisant
Fiaurc dcplais-jut :.. ?.' ir.icre déplaisante. C'e^»-
lu chose du monc'.j Ui plm déplaisante. Il n'y a
rien de .>l déplaisant que cela* Rien ne n^cst
plus déplaiMint. Il Ciî déplaiaant de perdre toit-
\ours. jîaiîon déplaisante. Séjour fort déplai-
sant.
plorahlement ., c'est-à-dire, Très-mal.
DÉPLOREK. V. a. Plaindre avec de grands
sCDtimens de compassion. Il ne se dit guère qu**
Des choses. Dî'plorer la misère humaine. Dè-
pliSver le malheur du temps. Déplorer la dlê-
(jrdcej la perte, la mort de (Quelqu'un.
DÈiT-oné, ÉE. participe.
On dit figurément au P;il.'iis, iju'Unc affnir:
est dcpîorce, pour dire, qu'il n'y a plus aucun •
espérance de la faire réussir.
UÉPLOYEME.NT. s. m. (On prononce Dà-
yloiment.) Action de déployer, ou état de ce
fjui est déployé. Le deployement des bras ,
tl'unc étoÛc, d^unc armée ^ d'un corps df
\ronpes.
DKPLOVER. V. a. (Il 6C conjugue comme
DhlPLAlSIU. s. m. Cliagrin, doidcur d'es- 1 Employer.) Étendre, déplier. Déployer îts
pntj affliction. Déplaisir sensible. Déplaisir
mortel. J'ai beaucoup de déplaisir de votri
mal. Cela me donné un (jrand déplaisir, C'esl
avec déplaisir «ire je me vois contraint de vom
en parler. Je ne saurais assez exprint€r le dé*
plaisir qwe j'en ai.
Il signifie aussi Mccontenlement. Recevait
du déplaisir. C'est un homme (fui /n'a fait ml
sensible déplaisir. Causer, donner de qranili
déplaisirs. Je ne crois pas vous avoir jamaii
fait aucun déplaisir. Son fils ne lui a jamait
donné aucun snjel de déplaisir.
DÉPLAXTEIl. V. a. Oler uu arbre , uni
plante de lerre pm - le.s phmtrr ailleurs. Dé-
pMUter un nojtr. Déplanter un jeune arhre.
Déplanter des laitue.^. Déplanter des tulipes.
Déplanter des œillets. Cet iiomn.c ne fait qui
planter et déplanter.
DriT-ANTÉ, KE. participe.
DÉPLANTOIR, s. m. Oui il avec quoi on
déplante des racines ou des plantes.
Dli]PLIER. V. a. Étendre ime chose qui étoit
pliée. Déplier une serviette^ dcpUer du linçjc,
déplier des étoffes.
On dit d'Un Man^liand qui a (ait voir tout
ce qu'il avoit de ineilieur dan* sa l)outK|ue,
i[ull a déplie, qu'ori lui a fait déplier toute sa
marchatidise.
Dlplié, ke. participe.
DÉPLISSER. V. a. Défaire les plis d'um
dloiTe, d'une toile. Il ne se dit qu'en parlaiX
Des plis faits à raif^uillc. Léplisser une jupe.
Déplisser des manches.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Ainsi on dit, i[u Un habit se déplisse ^ pou
dire, que Les plis s'en défont.
DÉPLISSÉ, KE. participe.
DÉPLORABLE, adject. des 2 genres. Qui
mérite d'Otre déploré, qui cs( digne de compas-
sion, de pitié. Il ne se dit guère que Des choses.
Il est dans un état dêpforable. C'est une chosû
déplorable que l'état où il est. Sa condition^
son sort est déplorahU.
tn Po<*sic, et même en général dans le sl\le
soutenu, il se dit nussi Des personnes. Famille
diplorahle. Déplorafde victime de la tyrannie.
DÉPLOïtVULL.MLA?:. ad». D'une manière
itendards. Quand les Aigles déploient leurs
ides. On majcha aux ennemis enseignes dé'
filoyées. Voguer à voiles déployées.
On dit figurémcnt, Déployer toute son çlo-
ptencc,, tout son savoir, toutes ses forces , etc.
pour dire, Employer tout ce qu'on a d'élo-
quence, de savoir, de forces; et Déployer tous
res charmes, pour dire, Élalcr tous sescharmr.y.
On dit, Rire à qonje déployée ^ pour dire.
Rire de toute sa force.
Dépi.otm:, ke. participe.
DÉPLUMÉ, ÉE. adj. .V qui les plnmcs w.U
lonibées, ou bien ^ qui on les a ôtées.
DÉPLUAIEH- V, a. Ôler les plume.*;. D,-
plumer un m^eau.
Ou dit aussi, 6'e dépiumer, pour dire, Per-
dre ses plumes. Les oiseaux se déplument ptn
dant la mue.
DÉPLUMÉ, ÉE. participe.
On dit figurcmcul et populairement, qu'Un
homme a l'air bien déplumé, Quand, aprts
ivoir eu l'extérieur de l'opulence, il a celui de
ta misère.
DÉPOLIR. V. act. Ôter le poli de quelque
diose. Le jeu dépolit le marbre. On dépolit des
vlaces de jenétres ou des vitres pour rendre la
lixmière plus douce et moins éblouissante.
DÉPOLI. lE. participe.
DÉPONENT, adject. m. Terme de Gram-
maire , dont on se sert en parlant Des verbei
J,atiris qui ont la signilication active et la ler-
rniiiai.'ion piissive. i^erhe déponent,
DÉPOPULATION, s. ï. État dun pays dé-
peuplé. La dépopulation d'une Province.
DÉPORT, s. m. Terme de Pratique. Il n'cK
gm'-re d'usage qu'en ces phrases : Payer sans
déport; payable sans-déport, qui signilie. Sans
délai , sans retardement , sans sortir du lieu où
l on (St. Il fat condamné à payer l'amende sans
déport.
On appelle encore Déport , Le droit qu'un
Seigneur Féodal a de jouir du revenu d'un Fief
la première anuL-c après la mort du possesseur.
Le droit de déport est différent selon les Cou-
tumes des Iieu.r.
Ou appelle aussi Déport, Le droilquonl eu
certaiss lieux les Evéqueô, le» Archidiacres vju
DEP
«uircs, de jouir, |j prcmièra année, clii revenu
dis Ciircs vucinus. Le Jroit de Ji; uit n'u j>,;s
Iteu liitns toiis U's Dtvtè^es.
DÉPLiUTATIO.N. s. r. CVloil ilaiis l'«iicieniit
P.omc iiM I>aniiis*>enieiit pcrj;étufi, a\ec inlcr-
dictioti du Rii et de l'eau.
DÉPUUrt.MENT. s. m. Conduite, mœurs,
.nniiitTc de vivre. Déportemcttt scandale'i.r.
Veiller sur les tîéportentens de quelau^in. Elle
a été chaisce four ses mauvais tUporleinens. Il
ne se prend qu'en mauvaise pan, et ne se
dit guère au singulier.
DÉPORTER, SE DÉPORTER, v. rcflLC.
Se désister, se dép.Trtir. 5e déporter de ses pré-
tentif>ns. Se déporter de la reclieiche d'une lilU:
Il s'est déporté de la poursuite de ce procès, </t
celle alpi ire. Se déporter d'une accusation iju'on
a intentée. Un Juge doit se déporter du Jiiije-
menl d'un procès, quand il y a intérêt. Le plus
grand usage de ce mot es.t au Palais.
DipoiiTEn, signifie activement, Eanuir dans
DD lieu éloigné.
DEPOSANT,
DEP
On dir, «juTii homme est le dépositaire rffj
^eci ets de fjuehpi'un, pour dire, «]u'II en sait
tous les secrets , qu'où lui eu a l'ait conG
deucc.
On appelle De/.o.'iiliiiVc, chez los Religieux
et les Religiifuscs , Celui ou celle qui a la garde
de l'argent.
l)KI'OS^nO^. s. f. Destitution, privation
d'une Charge, d'un OIEce, d'une Dignité, d'un
Emploi. La déposition d'un Oj]icicr. La dépo-
sition d'un Kvdrjue. La déposition du Sultan.
La déposition de cet Empereur fat suivie de
ntierres.
DÉposrnoN, signifie aussi Ce qu'un témoin
dépose et affirme par-devant le Juge qui l'en-
tend. Déposition l'urmeUe. Par la déposition
des témoins, etc. La déposition d'un tel léiiioin
poMe... Les dépositions des témoins le charnent.
Les dcpositions lues et oiiics. Il a varié daas su
déposition. Ouir une déposition.
DÉPOSSÉDER, v. a. Ùvr la possession de
quelque chose i quelqu'un. On l'a dépossédé di
ASTE. adjcct. Oui dépose et | sa mai.'ion , de sa cliurae, de son hcritanc. Dé-
1 T.I -/_.'....•_._ J- '. . 'I I , . ^. ... «^
aOlnne devant le Juge. Tels et tels témoins dé-
posans. Telles et telles femmes déposantes.
Il e>t aussi substantif. Tous les déposans
disent la même chose. Et, l'ius n'en suit ledit
déposant, Formule de Pratique, dont ou se
sert aussi en conversation familière, pour mar-
quer qu'on ne sait rien de plus que ce qu'on
vient de dire,
DEPOSEli. V. a. Destituer, ùtcr d'une digni-
té, d'un emploi. On le dépo.«ii de sa Charqc . de
ton Emploi. Il méritt iju'on le dépose. Déposer
un Pape, un Empereur , un Evêaue.
DÉposEA, signifie aussi. Confier à quelqu'un,
lui renie.ttre./)é/JO.<er une .«oninieenl/r les mains
d'un de ses amis. Déposer un contrat, un testa-
ment chez un Notaire, déposer <ies pièces jus-
lifcatives. Déposer de l'argent au Greffe. Dé-
po-.erson autorité ent}-e les mains de guclnu'itn.
Il signifie aussi. Quitter une dignité, une
charge. Sylla déposa lu Diclulure.
DÉPOstn , se dit aussi dt «corps mort qu'on
met en déjuji dans une Église, jusqu'il cequ'on
le transporte en un autre lieu.
On dit figurénicnt, qu'L'n homme dépose
ses secrets dans le sein de son ami, pour dire,
qu'il lui confie ses secrets.
DÉi'osEn , signifie encore. Dire comme U-
nioin ce qu'on sait d'un fait. Tels et tels ont dé-
poté contre lui Les témoins ont déposé en sa
faveur, ont déposé (lue... Déposa d'un fait.
Dan» ce sens il est neutre.
Dérosui , le dit aussi Des liqueurs qui lais
»ent dcf parties grossières et hétérogènes au
fond d'un Viiiurau. Celle ecu a déposé lieau-
fiTip lie sable. Ce vin a déposé beaucoup de lie.
On du •Uolumcni : Celle lujueur a beaucoup
Jcficsé, Les urines dépotent.
DtpusE, it. participe.
DEPUSllAIltE. ».de» a genres. Celui ou
celle & qui on cn-ifie un dipot. Fidèle déposi-
taire. Le lUpoulaire de cet urgent. Le déposi-
taire de cet papiat, de ces meubla. Elle c.t nni
l»c/'o*ilijire.
7 Ofiie i.
posséder f^nelrju'uri de son Bénéfice.
Dkpossédé , ÉE. participe.
DÉPOSSESSION, s. f. Il n'est guère d'usage
qu'eu style de Pratique, .iction de déposséder.
Ce Dciieficier attribue sa dépossession à ses en-
nemis. Vn acte de dépossession.
DEPOSTER. V. a. Chasser d'un posie, le
faire abandouncr. L'ennemi avait occupé ce
poste, cette position, on le dèposta. Il jil tous
ies e//vrlj pour le déposter.
DÉfOSTÉ, £E. participe.
DEPOT, s. m. Ce qu'un j confié, donne en
garde à quelqu'un, pour élre rendu ou enq)loyé
.1 la volonté ou suivant l'uuention de celui qui
l'a donne. Le dépôt est une chose sacrée. Uévé-
ler un secret, c'est violer un déliât saaé. ÎS'icr
un dépôt. /Ibuser d'un dépôt. Rendre fidèlement
un dépôt. On a ordonné que le dépôt seroi.
porté i.u (irelfp.Oarilerreligieusement ledèpôt.
Convertir un dépôt à son usage. Mettre de l'ur-
gent en dépôt. Avoir un dépôt.
Di loT, se prend aussi pour L'actior. de dé-
poser, et pour la convention faite en déposant
quilciuc chose entre les mains de quelqu'un.
La loi du dépôt. Le dépôt est un contrat de
bonne foi. Violer la foi du dépôt. Dépôt volon-
tuile. Déliât judiciaire. Dépôt ordonné en Jus-
tice.
Eu parlant d'Un corps qu'on dépote eu
(;uclque Eglise, en attendant qu'on le puisse
poitiT dans le lieu destiné pour sa sépulture,
on dit, qu'On l'a mit en dépôt dans cette
Eglise.
Ou appi-lle £)e;iôl,c!iei quelques Religieu-
ses, Un collie où l'on met l'aiçeut de la Coui-
niunaulé.
On appelle aussi Dépôt, Le lieu des Archi-
ves publiques. La Chambre des Comptct est le
dépôt public des priiicipauxtitres du Royaume.
On appelU- encore Dépôt. Le lieu où l'on dé-
pose du sel, du tabac, juv|u'ii et qu'ils soien;
>oiliiros aux lieux de leur distribution.
Dipi'rr, eu termes d.' Méduiiiie et dcChinir-
DEP 4ot
gie, se dit d'En a:nas d humeurs qui se la:t en
quelque eiuhoit du corps. Il faut donner en-
core un coup de ciseau en cet endroit , il s'y fa.t
un dépôt. On l'a purgé pour évacuer le dépôt.
Ou appelle Dépôt d'urine. Le sédiment des
urines, lorsqu'elles ont été gardée» quelque
temps.
On appelle aussi Dépôt, Le sédiment que
des liqueurs laissent au fond d'un vase.
DÉPOCnilER. V. a. (Jtcr, fjire t..nibcr la
poudre des cheveux, d'une perruque. Lèvent
l a tout depoudré , lui a dépoudré toute sa per-
ruque.
DÉPOinnÉ, ÉE. participe.
DEFOUIÏ.LIC. s. f. La peau d'un animal.
Ce mot n'est pro])renieiit d'usage dan» celto
acception, qu'en parlant Des serjwns et de» in.
sectes qui se dépouillent de temps en tenqis de
leur peau. La dépouille d'un serpent. La dé-
pouille d'un ver à soie. La dépouille d'u.ie
araignée.
Les Poètes, en parlant De la peau du lion
dont Hercule étoit revêtu, disent, La dépouille
du lion de .Véniée. Et dans le style soutenu.
Dépouille se dit aussi De la peau de toute sorte
de bêle féroce, lorsqu'elle est arrachée. La dé-
pouille d'au tigre. La dépouille d'un léopard,
d'une panthère. Dans le même style, on appelle
Ix coq)s d'un homme après sa mort. Sa dé-
pouille mortelle.
DÉpoKiLLC, signifie au.ssi Ce qu'on remporte
de la prise d'une ville ou du gain d'une bataille.
" '. remporté de riches dcvnnillrs sur /e< enne-
mis, de glorieuses dépouilles. Et on dit 4 "i,
.\uteur qui pille les autres, qu'il s'en-icha,
qu'il se pare des dépouilles d'autrui. Se revêtit
des dépouilles d'autrui.
DÉPOciLLE , se dit aussi De_ la récolte de»
fruits de l'année. La dépouille de cette année
est bonne. Vendre la dépouille de son jardin ,
de SCS vignes.
Ce dit figurément d'Un homme qui a eu a
Charge, le Bénéfice, la succession d'un autre,
qu'/i a eu sa dépouille. Ils ont partagé sa lié-
pouiKc. La dépouille des Chevaliert de Malte
appartient à l'Ordre.
DÉPOUILLE.MEN'r. «. m. Étal de relui qui
est dépouillé de ses biens ou qui s'en est prue
lui-même. Je l'ui Irouté duns un dépcuillcmeiit
absolu. La teudrcve de ce père pour ses enfant,
l'a réduit à un dépouillement déplorable.
D£pouii.LE.MKST. signifie aussi L'état abrège,
I extrait qui se fait d'un inventaire, d'un compte,
d uu piocès, d'un ouvrage, etc.
DÉPOLILI.ICR. V. a. Déshabiller, oter à
quelqu'un les haliits dont il est vêtu. Les vu-
leurs l'ont dépouillé, l'ont dépouillé de tou< set
habits. Se dépouiller soi-même. Il s'est dépouillé
pour se jeter dans l'eau,
Dlpoiiij.::o, se dit aussi en parlant Des
animaux'dont ou oie la peau, pour les apprê-
ter. Déjioiuller un lièvre. Dépouiller un iipiii.
Il se dit auAsi De& auimauK qui quittent leur
peau. Les icr^ieiu le dé/ioui'ficnl loiu (es u'it.
U se dit en parlant De tout Ce qui découvre
I.i chair ou les us , et dans ce sens ou dit ; O-t
4>)2
DEP
lui jeta lie Veau honillunte (jui lui dryouilla
toute la jambe, l/os est entièrement dêfwuillc
DtpouiLi.ER , se dit Des arbres lorsqu'ils
perdent leurs feuilles. L'/nVcr dcponille les
arbies de leurs feuilles. Les arbres se dépouillent.
Il signifie (igurément, Priver, dernier. Dé-
pouiller un homme de tout son hieu, le dé-
pouiller de sa chiutje, se dépouiller eu faveur
de quelqu'un. Dépouiller un Prince de ses
Etats.
On dit proverhialement et figuremcnt, qu7i
ne faut pas se dépouiller avant que de se cou-
cher ^ pour dire, qu'il m; faut pas se dépouiller
de son bien de son vivant.
DÉPOL'iLi^tu , se dil fif^urémCDt en parlant
Des sentinicns, dos opinions, des passions dont
on se défait. Il faut avoir dépouillé toute hu-
manité pour.,.. Se dépouiller de passton, de
haine, d'envie. Se dépouiller de toute prévention.
Dépouilla' le vieil homme , se dépouiller du
7Heil honimey terme de riCcrilurc-Snintc, pour
dire, Quiuer les înelinatious de la nature cor-
rompue, ses vieilles liabilucics criminelles.
DÉPOuaj,îi:R, signilie nussi , Recueillir, ffa
parlant des fruits ùe la terre. Le Fermier a dé-
pouillé^ Van passé, pour mille écus de blé. C'est
encore à lui à dépouiller celte année.
On dit aussi, Dépouiller un compte, ^oui
dire. En examiner la recette et !a dépense, eu
faire un extrait. Kt on dit, Dèpoîtiller un in-
ventaire, un livre^ etc. pour dire, En faire lUi
étjt ubrégc. un extrait.
DÉporiLLÉ, ÉK. participe.
Jouer au Roi dépouillé, SorU? de jeu cà l'on
ôte pièce à pièce les habits de celui qu'on a
fait le Koi du jeu. Et figurem. quand ou a dé-
pouillé un homme de tout son bien, on dil
qu'On a joué au Roi dépouillé.
DÉlHJt'UVOlR. V. a. Dégarnir de ce qui esf
nécessaire, il n'est guère en usage qu'au pré^
térit et à l'infinitif. // ne faut pas dépourvoi
de munitions une Place de querre. Se dépour
voir d'argent. // «'«-I dépourvu de tout poi
avancer ses en fans.
DÉPOUiivc, UE. participe.
On dit, qu'l/n homme est dépourvu de sen 2
d'esprit, de raison^ pour dire, qu'Ii n'a po::x'.
de sens, d'esprit, etc.
Ati DÉPOUnvu. Façon de parler odvcrbir.lr.
Sons itrc pounu des choses nécessaires, sat.s
eue préparé. Si vous me prenez au dîjtourvti,
je vous ferai mauvaise chère. H Vu pris au dî-
powvu. O' ne le prendra jamais au dé}xni7\u.
D!:PK.\VATION. s. f. Cormplion. La t'é-
pravation du siècle, des mœurs. Dépravation
du noût. Le siècle est tombé dans une (jraiide
dépravation.
Dl'iPRAVER. V. oct. Corrompre, perv-fttir.
La leclue des mauvais Auteurs lui a dépravé
le qoiit.
DÉpnAVK, tt. participe. Gâté, corroffipu.
Goilf dépraw. Volonté dépravée. Juqemcnt dé-
prtivé. Mfurs dépravées. Siècle dépravî. Jeu-
nesse dépravée.
DKrHKÎ'.ATIF, IVr:. t.dj. Terme do Tbito-
logic , qu» n'est d'i-s-igc qu'en celte p'irasc
DEP
Forme déprécative ^ qui se dit de la Kianiùre
d';idm cisirer quelques-uns des Sacremens en
forme le Prière. Ciiez les (irec^, la forme de
VAbst^iion est déprécative, étant conçue en
ces t<n3es,Q«e Dieu vous u^solfc; Au lieu
que (f lis l'Église Latine, ou dit en forme dé-
clara'h e, Je vous absous. La forme des parolet
du ^(L:remcnt de VE.xtréme- Onction est dé-
préci-:Cve.
r-^PRÉCATîON. s. f. Figure oratoire, par
laqut'Ie ou souhaite du bien ou du mal àquel-
qu'iU*. Il signifie aussi Une prière faite avec
soua'ssion pour obtenir le pardon d'une faute.
EXilPRKCILR. v.act. Mettre une chose, une
perscnne au-dessous de son prix, en rabai,sser
la wleur, le niërite. L'éprêcier le mérite d\iu-
tj'i/.?. Déprécier un ouvroije^ une actien.
tÉPUÉciÉ, ÈE. participe.
tiKPKÉDAXEUR.s. m. Qui fait ou permet
iii3 iéprédalions. Ce Ministre est un fjrand dé-
pj\(lateur. Il se prend aussi adjectivement. Un
Mitiistre déprédateur.
DÉPRÉDATIO.X. s. f. Vol, ruine, pilla^o
fiiic avec dégAt. Depjedution dans une maison.
fîofïs un Etat. La déprédation des Finances.
C'est une déprédation manifeste. Durant un tel
M inistère tout étoit au pilla ne , c'était une dé-
VËcdation universelle. La déprcdatiou des biens
un pupille.
DEPRÊDER. ▼. a. Piller avec dégât. Peu
shé.
DépnÉDÉ, ÉE. participe.
DP:pr'-:M)Ri:. v. a. Détacher. (Il se cnn-
fui^iie comme Prendre. ) Ces deiur dogues étoîcnl
tellement uchcnis Vun contre ^'nafre, flu'ori
eut toutes les peines du monde ù les déprendre.
Il se met aussi avec \f pronom personnel, vt
veut dire, Se dégager. Cet oiseau s^étoit pris ô
la (jluj et ne pouvoil s'en déprendre.
Il se dit nu figure. Il est tellement attaché à
rette personne, qu'il ne suuroit s'en déprendi-e.
Il se déprend dilJicilement de ses opinions.
DÉPRis, ISE. participe.
DKPRESSION. s. f. Terme de Physique.
Abriissenicnt.
Il s'emploie aussi au fij^uré. Vivre dans la
dépression
DKHRKVKNIR. V. a. Ôter à quelqu'un ses
pieventioiis., Je Vfi tiouvé prévenu contre vous,
j'ai fait Ci. que j'ai pu pour le depi evcnir.
Il s'cnq>loie aussi a\ec le pronom personnel,
et signifie , <^)uitter st prevcnlio:i. Il faut se rit.-
^:F*cveniV en matière de reiigio.i., pour Vcjcami
lier avec succès.
OKpr.ÉVENU, inî. particijw.
DIlPRI. s. m. Terme de Pratique, dont on
se sert en parlant de la remise qu'on dmianuc
iiuicigneurdu Fief, pour les lodsctvenlcsd'unc
tene qu'on veut acquérir.
DÉPRIER. V. a. Envoyer s'excuser envers
les personnes <pi'on nvoil invitées, les conti-e-
ninnder. O'i les cvoit priés, on les a cni'oye de-
prier. Il est stuvcnu une affaire qui a rompula
partie j cl il a fallu déprter tous ceux qu'on
avoit prié.-.
DEpniÉ, ÉE. participe.
DEP
DtPRIMF.K, T. a. Rabaisser, iiiellré au->
dessous de sn valeur. Cet homme a du mérite,
et cependant fous le déprimez. H ne le faut pas
tant déprimer (jrie votis faites. Les envieux se
dépriiHent les uns les autres.
Dkphimé, ÉE. participe.
DEPIUSER. V. act Téniol;;ticr qu'on fait
peu de cas d'une chose. Il ne se dit guère qu'en
parlant De marclinndlses. Si vous ne voule%
point acheter, du moins ne dèprisez point notra
marchandise.
DÉfnisr ÉE. participe.
DÉPUCÉleR. y. a. Ôter le pucelage.
DÉPDCEIÉ, ÉE. participe.
DEPUIS. Prëposltion de temps , de lieu et
d'ordre. Je vous attendrai demain detmis cinq
heures (usijii'à six. La France s^étend depuif
le Rhin jusqu'à VOcéan. Je les ai tous vus de~
puis le premier juscju^au dernier. Tous les Au~
teurs qui ont écrit depuis. Vous ites venn
depuis mor. Jt ne l'ai point vu depuis son
retour, depuis un temps infini, depuis lonq^
temps j depuis votre dernière lettre.
Il se construit souvent avec la particnle
Que; et alors il ne se dit jamais rjue du temp».
Depuis que vous êtes parti. Depuis que je t*:
Val vu. Depuis que je vous ai vu.
Depuis, est .aussi advrrbe lîe tenips. Je nr
l'ai point vu depuis. Qu'est-il arriw dep-fi,'
Je n'en ai point ouï parler depuis.
Dans ce sens on dit, Depuif peu, pour dire,
Depuis peu de temps; et Depuis quand? pou
dire, Depuis quel Icnips''
DEPIRATIF, IVE. adj. Terme de Medr.
rinc. Qui est propre à dépui-cr le sang. Re-
niètifi dcpwatif. On l'emploie aussi substanti-
vement : Vn dépuratif.
DÉPUR.\T10N. s. f. Tenne de Médecine
rt de Chimie. Action de dépurer, ou l'elTet d:*
relie aclion. La dépuration d'wi métal, d'une
liqueur , du sanq.
DKPURATUIRE. adj. dos 2 genres. Qui
sert ù dépurer. Machine dépitratoire. Fontaine
ilépurutoirc. Remèdes dcpuratoires.
DEPUHKK. V. a. Rendre plus p«r. Dépurer
un mètiilj une liqueur. Déjntrer le sanq.
Dkpi nÉ , ÉE. parlieii^e.
DÉPUTATIDX s. f. Envoi d'une ou plu-
sieurs personnes avec commission. Oq'.'ttifi. .«
oleiuicde. Depiilnlioii de sir ou sqil fier.
sonnes.
Il se prend .lussi quelquefois pour !c corj»
des Députes. Députation nomhense. Toute ia
DèpuUition a été d\ivis fut admise.
DiJPUTÉ. s. m. Celui <]ui est envoyé par
un I rince, pur une connnnn.nute, ou prr une
Cou;pa;;nie, pour Tesiiplir (luelcjue rominissiofl.
La Députés de la Piovince. Envoyer des Dé-
putés. Les Députés du Tiers-Etal. Les Dijulés
de lu Noblesse. Les Députés du Clmqf. La
l.éputés des Communautés. Envoyer des Dé-
putés au Roi. Un Député à la Chamhe du
Ccmmcrce.
DÉPL'TER. V. a. Envoyer avec romniission.
Il ne se dit point d'un simple particulier ijn:
envoie, mais d un Corps ou d'une personne on
DER
autorité. Députer vers le Roi Députer au.r
iluls. La Proi'iricd a député un tel fnjur re-
prisjnler. . . . Le Chapitre députa Le Rvi a
dtpulè tels el tels pour faire savoir sa vulviili.
DÉîLTÉ , tE. participe.
DER
DÉIRACLNEMENT. s. m. Action par la-
quelle on arraciie ce qui est plante, ou l'état
Je ce qui est déraciné. Le déracinement des
fonches de cette avenue a coûté beaucoup. Le
déracinement de cet arhre marque que le vent
étoii bien impétueux.
DÉR.VCINEK. V. a. Tirer de terre, arra-
cbcr de terre un arbre, une plante avec ses ra-
cines. Déraciner un :irbre. Les grands venlSj
Us oraijes djrtcinent quelffucfois les arbres.
Il se dit aussi pour Cerner, couper autour.
il rferticùie bien les cors auc pieds. Quel'
quefvis le dentiste déracine la dent avant dû
la tirer.
On dit figurément, Déraciner un mal. pour
dire, I^ guérir entièrement. // est dijpcilc de
déraciner un mal invétéré.
DinACi5ER , se dit aussi figurémcnt Des
mauvaises routiinies. des opinions, dvs mé-
cliantes habitudes. On aura bien de la peine
i déiaciner cet abus , celle opinion , celle
erreur,
UÉn.\ci>É, tE. participe.
DÉR.\DER. V. n. 'l'erme de Marine. 11 se
dit d'Un vais^au qui quitte La rade où il nvoil
luoiiillé.
DtR.ilSOS. s. f. Défaut de raison, manière
de penser ou d'agir déraisonnable. Il est d^une
déraison à n'y pas tenir. Cet Jiomme donne
dans un excès de dératson qui n'est pas conce-
vable. Sa conduite et ses pytpos sont une dérai-
son perpétuelle.
DÉR.\l.SOXNARLE. adj. des 2 genres. Qui
ne s'accorde p;is avec la raison, qui est con-
traire i la raison. C'est un homme Ivut-à-fait
déraisonnable. Des conditions, des propositions
déraisonnables.
DÉBAISONKABLEMEKT. adv. Sans rai-
son. Je n'ai jamais ouï parier si déraisonna'
hlanenL
DÉRAISONNER, v. n. Tenir des discours
diTiués de raison. C'est «n homme q-di dérai-
sonne tans cesse. Il ne fuit que déraisonner.
DÉRANGE.MEKT. s. m. Désordre, étal dei
clioscj dérangées. Le dérangement de mes livres
est caase que je ne saurais l'vus donner celui
<)ue nous me Jeniuiiile:.
Il se dit aussi au figuré. Cet homme est ruiné,
Il y a un grand dérangement dans ses affaires.
Cela cause du dérangement dans sa !anlé. Il y
a biei du dérangement dans son esprit. Le dé-
r ngement de ses affaires, de sa santé. Le c.é-
rangement des saisons,
DERAMiER. t. «. ôler de son rang, de sa
place. Dcriinjer des papiers. Déranqcr des
Ji«T«. Déranger des meubles. On dit aussi. Dé-
ranger une chaml're, un cabinet, |iour dire,
Déplacer ce qui e>i d'dant. Vous avez dérangé
toute ma ch.unbie.
DER
On dit aussi fîgurcment , Dérannpr ,"pour
dire, Troubler, lirouiller, mettre en désordre.
Cet acculent^ ce p:'ocèi a dérauqti tous mes
desseins, toutes mes ajfaiics. Celo m^a louK dé-
ra nqè.
On dit encore d'Un liomroedont Inconduilc
n'est plus aussi rê^^Ice(]u elle réloil auparavant,
i]u'/i se dérange.
DÉnANGÉ , ^.E. participe. On dit, qu'Un
homme est déruntiè duns sa conduite^ dans ses
ajfaircs^ ou nl>solunieDt , quH est diirangc,
pour dire, qu'il est déréglé dans sa conduite,
(juc ses iifTaiics ne sont pas en bon état. On dit
aussi, qu7/ est dcranqé chez, lui, diuwi sa mai-
son^ pour dire, que Ses m.'*ubles n'y sent pas
arranj^és propi cnieiit et avec 5oin.
ÙÊllATÉ, I::E. adj. Il se dit nu propre. De
ceux à qui le préjugé populiife suppose qu'on
a ôlé la nie, tsls que les Coureurs.
11 signifie figurément, Gai, enjoué, éveillé,
rusé, aWte. Un jjetit qarçon dératé, l'ne-fjelite
\ille dérutèCj pour dire. Qui en sait plus qu'on
n'en sait à son A'^e. On le fait quelquefois sulis-
tanïif. C'est nn dératé. C'est une dératée. Il est
du style familier.
nEKIiCHKF. adv. Une seconde fois, une
autre fois, de nouveau. Il vieilIiL
nÉRlUn.KMENT. s. m. Désordre, opposi-
lion aux régies de la Morale. Vivre dans le di--
rctflenientf dans un étranqe déréqîement. Le
dcrc^l'nzi*it de sa vie. Le déréglcnieiil de ses
mœurs. Le dérénlement de son esprit. Il trouva
^ettt nai.'^n dans itn grand dérèglement.
Il se dit aussi De ce qui est horsviu cours
ord'" -ire des cltoses de la nature ou de 1 art.
Le dérèglement des saisons. Le déj-êqlement du
pouls. Le déréqlement des humeurs. Le dérè-
glement d'une montre, d'une horloqe.
nKRn;GI.K.ME>r. adv. Saus règle. Il vit si
dérèglement , que...
DÉRÉGLER, v. a. Mettre hors de la rcsie,
hors des rèj^lcs. H a dèiéglé toute la compa-
gnie. Il nous a tous déréglés. Le froid, le
chaud., Ihumidité, dérèglent les horloges^ /tv^
^enduits ^ les montres.
On dit (i*urément, qu'Un seul homme r
tout déréglé y que son exemple a déréglé la com-
pagnie.
Il se met aussi ovec le pronom personnel, et
^i<;ni(ie, Se déranger, agir contre le cours ordi-
naire des choses de la nature ou de l'art. Poitr
peu qu*il mange trop^ son estomac se dérèqle.
Une montre qui se dérègle pendant le dégel.
Le temps se dérègle. Son pouh s'est déréglé.
On dit proverbialement. Il ne faut qu'un
maitvais Moine pour dérégler tout le Couvent.
DÉnKCLE, L£. participe.
Il est aussi adjectif, et signifie, Qui nVsi
pas dans la rè^le, qui »sl contraire aux rv-gles
de b ^h)rale. C'est un homme fort dâéqlè dans
ses nurtu-s. Ses mtrurs sont fort déréglées. Me~
ner une vie dérèqlèe. Avoir une passion dérè-
g/ce. Des der.irs déréglés. Une conduite dérèqlèe.
11 se dit encore De ce qui n'est pis selon le
cmirs ordinaitc des choses de la nnLure ou de
l'art, i n temps dèiéglé Avoir le pouh dérègle.
DER 4o3
Appétit déréglé. Une horloge déréglée. Une
montre déréglée.
DERIDER. V. a. Oler hs rides, faire passer
les rides. Pommade pour dérider. La joie déride
le front. Un coup de huu vin va lui dérider'te
front.
Il se met aussi avec le pronom personnel , ci
signifie figurémenl lYendre tpielque plaisir. lise
poitcroit mieuXj si de temps en temps il $t dé-
ridoit le front. Cet homme est si sévère^ que
son front ne se déride jamais.
DÉniDÉ, ée. participe.
DERISION, s. f. Moquerie amère. Tourner
en dérision. Faire quelque chose en dérision.
Dite qutlque chose par dérision. C'est ui
homme qui tourne tout en dérision. C'eA une
dériiion.
DÉRIVATIF, lVE.adj. TorToe de Médecine
O qui détourne l'humeur. Il ne se dit guèic
qu'cp cette phrase, Saiqnèe dérivative.
DÉRIVATION, s. f. L'orit;ine qu'un raot
tire d'un autre. Savez~^*ou^ la dérivation dt
ce mot ?
DÉnivATiO!». Ternie de Médecine. Déitmr
qu'on fait prendre au sang ou à quelque hu-
ïnetir.
DÉRIVATION. Terme d'Hydraulique. Détour
qu'on fait prendre aux eaux. Canal de déri-
vation.
DÉRIVE, s. f. Terme de Marine. Le silia-i
que f:*it un vaisseau que les vents et les cou-
rans détournent de la route quil tient. -A'mi*
nous laissiîmes aller à le dérive. Dnn« ip «■"t:,
lorsque le détour que le vaisseau fait ] orte pu
chemin qu'il veut faire, on dit, que La dénve
vaut la route.
DÉRIVER. V. n. SVIoigncr du bord, du ri-
vage. Dès que le bateau eut dérivé. Il est temps
de partir^ dérive.
Il signilie aussi, en termes de Marine, S'é-
ryrtcr de ta route qu'on lient en mer. iYous
trouvâmes que les courans oeoiVnt fait dériver
le vaisseau de di.t Ueues. Le pilote, pour nt
pas donner sur le rocher, fut obligé de laisser
dériver le vaisseau.
DÉnrvEn, signifie aufci, Venir de, tirer sou
origine de. Ce."! de là que dérivent tous leurs
malheurs. De là sont dérivées tant d'erreurs ,
f((nt rf7iére'si'es,cic. Il faut remonter à la source
d'où dérivent tant de préjugés.
Il se dit, CD ternies de Grammaire, Da
mois qui tirent leur origine de quelque autre.
Un tel mot dérive de celui-là. D'oit failes-X'ous
dériver ce mot? Ce mot est dèi ivé de V Arabe.
On dit quelquefois en ce dernier sens, Déri*
ver^ pour. Faire dériver; et alors il se prend
activement. D'où dériver -vous ce mot - lu ? J,
le dérive du Grec,
On dit activement, On a dèriiv ces euux dts
sources voÏmmcs ^our les faire tomber dans ce
canal.
DKnivÉ, ^:e. participe.
Il e>t auârsi substantif; ot alors on ne s'en
sert qu'en termes de Grammaire. Le lerbe
Couru* et ses dérives. Amitié est un dérivé
d'.Vnii.
5i.
EERMOLOGIIi. s, f. Tcrrnc d'Anotomir
1-1 partie de la Soniatologic qui traite de la
peau.
DERNIER , ÈRE. adj. Qui est apits tous
les .lutrcs, ou opiis quoi il n'y '" p'"» '■''^"- ''
«mVe toujours le dernier. Il éloil «ssis le der-
nier à la table. Il «»( le dernier de la classe
C'est le dernier de sa race. Dans les derniers
temps de sa vie. Remlre le dernier soupir. Ren-
. 'are les derniers devoirs. Je vous le dis pour la
dernière /oi<. Le dernier jour, le dernier du
mois. Dire le dernier adieu. Il a employé jus-
qu'au dernier, ji:s<ju'à son dernier sou. Faire
un dernier effurl. En dernier lieu. En dernière
instance. La dernière année de la guerre. Der-
: nier mot.
Pc On dit, L'année dernière, pour dire, L'au-
ïîce qui prtcrdc imipedialement celle eu l'on
parle. On dit de même, Dimanche dernier,
Lundi dernier. Dans celte acception , on met
toujours le substantif le premier ; mais dans
les autres on met ordinairement l'adjcclif avant
le substantif. Dans la dernière ussemhlèe, dans
la dernière querre.
Op. dit, Mellrc la dernière main à quelque
chose, pour dire, Aciiever (juelqne chose de
telle manière que l'on n'y louche plus.
On dit de Brutus et de Cassius. que C'é-
toient les derniers des Romains , pour dire ,
que C'c'toicnt 1»'S derniers qui avoient combattu
pour la liliertc de la République Romaine.
DrnNiER , se prend aussi quelquefois pour
Ce qu'il y a d'extrême en charpie penre, foit
rn bien, soit en mil. Arrivé au dernier dcrjré
'rie la perfection, .le lui ai les dernières ohlicja-
lions. Ccin est d.i dernier ridicule.On Vu Iraitt
avec la dernière indignité.
I Dans celte acception, on dit d'Un homme,
nue C'est le dernier des hommes, pour dire,
que C'est le plus indigne, le plus vil des hom-
mes; et d'Une femme, que C'est lu dernière
des créatures.
On dit , j^voir les dernières faveurs d'une
femme, pour dire, En avoir la jouissance.
nEc>iEn,se prend aussi quelquefois suhs-
lanlivement. Ainsi en parlant De certains jeux
de mains, on dit, A'c vouloir jamais avoir U
dernier, pour dire , Ne vouloir pas souïTrir
d'être tonclié le dernier.
En prirhinl aussi d'Un liouime qui vent lou
jours répliquer dans une dispute, on dit H^iu-
r;ment cl famlli'remcnt, que Ces» un homme
mni ne vent jamais avoir le dernier.
DEnsiEti , .se dit aussi De chacune de ces
deux ouvertures de la g-ilerie d'un jeu de
Paume , qui sont les plus tioijnie» de la corde.
Chasse o-x dernier. An dernier la balle la
gagne. Au dernier la balle l.i perd. Fdçans de
parler dont on s<.' sert Si la Paume.
DERNIÈREMENT, adv.de temps. Depuis
peu, il n'y a pas long-temps. Il arriva derniè
re-nent un étrange accident.
Dl';HOnv:R. v. a. Ôter la robe. U ne »e dit
gutrc dans celle nccr'ption que Des fèves de
mirais, qu'on a dépouill'res de leur première
ci.vcloppc. Fèves dérobées.
DER
DKROBKR.v. a. Faire un Inrrin , premlrc
en cachette ce qui apparlieni ii anirui. Dérober
unehowse^ un manteau. l'Are enclin à lîéroher.
En pnrlantdTn lioinmc qui ;i acquis du bien
par des voies légitimes, mais avec beaucoup de
peine, on dit familièicment , que S'il a du
f'icn, il ne l'a pas dérobé.
On dit d'un Auteur, qu'lt Jérofcc, Quand il
prend dans un autre quelque pensée, quelfjue
période, quelques vers, et qu'il se les appro-
prie. // n^y a rïcn de bon dans son livre que ce
qu'il a dérohc. C'est un hardi plantaire j il
dérobe des chapitres entiers.
On dit, Dérober la (floirc de quelqu'un, dc-
rober -i quelqu'un la qloire d'une belle action,
pour dire, Lui ôlcr la ^loîre qui lui en est duc.
On dit qiiclquoi^>is, Dérober quelqu*un,
pour dire, I.e voler. Est bien larron qui larron
dérobe.
Di:noBEn , sif^niHe quclqu**ftiis Soustraire.
Dérober nv criminel h la Justice.. Dérober un
i.ommc à la colère du Prince^ à la fureur du
peuple. Dérober quelque chose à la cannois-
sance des Juqes. Dérober quelque chose à la
vue de quelqu'un. Dans ccUe acception, en
parlant d'Une armée, on dit, cm'Ellc a dérobé
une marche^ pour dire, qu'Ell' a fait une mai-
clie sans que l'armée ennemie s'en soit aperçue.
On dit aussidans le discours familier, qu'(7n
?iomnic a dérobé sa marche., pour dire, qu'il
est allé d'un côté, qnoicju'il i ût fait entendre
qu'il vouloit aller d'un autre.
On dit aussi figurément, en parl.mt d'Un
Iionune qui caclie les moyens dont il 6C sert
pour aller à ses fins, qu7/ dérobe sa mai-che.
On dit aussi, Se dérober d'une compacjme ,
et simplement, Se dérober , pour dire. Se re-
tirer d'une compagnie sms dire mot, sans qu'on
s'en aperçoive.
Se D^:nOTïF.n, signiHe aussi, Se sauver de
quelque chose, Tévilcr. /( se déroba n ses coup.^.
Il se déroba à la pours-.tîte des ennemis, aux
api
ilaudis5i
; du
pu'^li
En parlant d'Un obj^t sur leqxiel on arrête
les yeux, et qu'on cesse peu h p"u de voir, ou
parce qu'il s'éloigne , ou parce qu'on s'en
éloigne, on dit,qu'/ï se dérobe à la wie. Le
viisseau se déroba en peu de temps à l'a vue.
Dès qu^on eut mis à la voile ^ tou^ lc<i objets du
rivaqe se dérobèrent à la vue. On dit aussi (]uA
mesure que le jour hal^-'-c, les objct.^ se dérobent
insensiblement à la vue.
On dit, qu'Un cJieval se dérobe de dcssou.
l'homme^ pour dire, que Tout d'un conp cl
par un nionvctncnt irrégulier, il s'échappe de
dessous l'homme. Ce cheval es! liès-bon, mais
H a le .''"/rtuf de se dérober de dessous l'honvnc.
On dit, 6e dérober un rcpas^ pour dire.
S'ahsienird'un repa> qu'on a accoutumé de faire.
DûnoDÉ, ÈE. participe.
On appelle Escalier dérobé, Un escalier qui
sert à déL5a;;cr un oppnricment, pour y pnu
voir entrer cl en pouvoir sortir sans être vu.
On appelle Fèves dérobées, Des ftves qu'on
a d.'pouilli^'cs de l^ur prcmitTe p^au.
On dit, quX'n homme fait une chose à ics
DER
heures dérobées., pour dire, qu'il pr nd sur ses
occupations ordinaires, le temps de h. faire.
Àladéhobke. phr. nd/. En cachette. Il s'en
est allé à la dérobée. Ils ne se voient ^u'ti la
dérobée.
DÉROCHER ou DÉROQUER. v. a. Terme
de Fauconnerie. Il se dit des grands oiseaux,
qui, poursuivant des bêtes à quatre pieds, les
obligent quelquefois de se précipiter du haut
d'un rocher.
DÉnoCHÉ^ÉE. participe. '
DÉROGATION, s. f. Acte par lequel le Roi
déroge à un Edit, h une Loi , etc. ou les parti-
ruliers h. un Contrat, ^ un Testatnent qu'ils ont
fait. Cet Edit subsiste en entier, H n'y a point
eu de déroqation. Citlc cbinsc n'emporte point
de déroqation à une disposition précédente.
DÉRO(;AroiRE, adj. des a genres. Il ne
se dit que Des actes, ou des clauses par les-
quelles on déroge h un Acte, ii un Edit, etc.
Acte dérogatoire. Clause dérogatoire.
DÉROGEV>XE. s. f. Action par laquelle
on déroge à la noblesse. On l'a mis à la taille
à cause de sa deroqcancc. Quand H y a dffro-
qeauce, il faut des réhabilitations^ il n'est d'u-
sage qu'en style de Cbinccllcric,
DÉROGEANT, ANTE. adjccl. Qui déroge.
f^n ac(c pos'éneur décojca'it au premier. Des
(iclions dérogeantes à la noble se., a noblesse.
DÉROGER, V. n. Statuer quelque cliose de
contraire en tout ou en partie à ce < iii avoit été
statué. Le /?oi, par sa Déclaration d'un tel j'oii.",
a dcrofjé à son J-.dtt du. . . .
DÉnoGEn, signifie aussi, Faire quelque
chose de contraire à quelque acte, à quelque
convention, à quelque contrat. J.esdeux parties
ont dérogé à leur contrat. Déroger à une tran-
saction par une autre^ aux chiures d'une so-
ciété. Déroger à ses droits. Lc$ privilèges dé-
rogent au Droit commun.
On dit. Déroger à noblesse y ou simplement
Déroqer , pour dire, Faire quelque chose qui,
par 1rs Lois du pays, fait déchoir de la noblf^je.
Prendre des terres à ferme, tenir boutique, etc.
c^est déroge." à nobles<c. Il étoit de nvhle race,
mais son aïeul,, son père a dérogé.
DÉROÏOIR. V. net. Diminuer, ôter le roi-
deur. // faut mettre ce linge devant U feu pour
le déroidir.
]| s'emiiloic aussî fi purement. 5on cjrdctcre
commence à se déroidir.
D::notDî, ie. participe.
DV.ROMPRE. V. n. Terme de Fanconncrift,
Il se dit d'un oiseau do proie , qui , fondant sur
un aulre, le heurte si rudement, qu'il rompt
son vol et le fait lomher.
Dr,ROU(;lU, V, act. Oter la rongeur. KlU
(xvo't ie vi<agc tout rouqe de Ij petite vc-.ole,
un mois de temps l'a entièrement dérougie.
Uest answ neutre, et signifie, Devenir moms
rou-^e. Cela dérougira à Vair. Le r.a ne lui a
prts dérouji.
Il s'emploie aussi dans le même son» arec
le pronom personnel. Ccbi commence à se dé-
rouflir,
Dcnouci, IE. parl'wipc.
DER
niÏROUlI.I.KR. T. act. Ô'.er la ronlllf. Dé-
rouiller ildi arma. Dérouiller des fiisiclels.
Il se dit aussi avec se. Le fer se dcrouiUe peu
i peu à force d'être manie.
Dir.oiii.LEii, se dit aussi figurémcnt et fa-
milièrcm. Ainsi eu parlant d'Un jeiicie homme
que le commeree du monde a façonné , a poli ,
un dit, que Le commerce du monde l'a dé-
rouillé.
On dit aussi figurt'mcnt aver le pronom pci-
sonuel, que L'esprit se déroudle dans le cjranà
monde t dans le commerce du grand monde.
DÉnoctLLÉ , F.E. participe.
DÉROULER, vcrlw a. Étendre ce qui étoil
roule, et le nielUe de son lon^. Dérouler une
étoffe. Dérouler un vieux titre.
I)Énoi;i.É, ÉE. participe.
DKUOUTIi. s. f. Kuilc de troupes qui oui
été di^fjile.%, qui ont clé rompues, ou ipii onl
pris 1 épouvante d'elles mtmts. Grinde déroule.
C'est dans la déioute que se fnit !c plus jr.iiiJ
carnage.
DinocTE , se dit fi^urémenl Du dépérisse-
ment, du renversement loVal des alTaires d'un
homme. La déroute des a jf lires de ce Mar-
chand. La dércute de ses affii'tres, dcsa fortune.
Ses affaires sont en déroute. Cet arcidenl ii
mis In dé.c»le dans ses u^iiircs, ii mis ses af-
flues en déroute. On dit aussi , en pirlaiil
d'Un Marchand, d'un Ncgicianl, Diyuù su
déroute.
On dit aussi figurément , Mettre un liommt
m l'èruule' pour dire, I,e presser vivemeni
(!ans une dispute , dans une ronversation , et !«
meure hors (l'état de répondre.
DÉROUTER. V. act. Tirer quelqu'un de sa
route, de son chemin. A'oiis étions dans le che-
min , vous nous avez déroutés.
Il signiOe aussi figurément. Rompre les me-
sures que quelqu'un prenoil, et qui le condui-
soient .'i son lait. La disfjrtUe de ce iWinistre
ni'd dérouté. Il ne sait plus quel parti prendre^
il est tout déroulé.
Il signifie aussi Déconcerter. Ce (ju'on lui a
dit l'a dérouté,
DrnoiTf., it. pariieipe.
DLRRIKKE. Préjwsi ion locale opposée j
1.1 pr'-|>osilion Devant ^ el qui marque ce qui
est apr^s une chose ou nne personne. Derrière
1(1 inuiion. Derrièie le jardi^i. Dariére la porte.
Derrière le coffre. Derrière la tapisserie. Il {toit
astis derrière vous. Ils fuyaient i toute hide
sans regarder derrière eux. Il a grand nombre
de Laquais derrière lui, derrière son carrosse.
Il se met quelquefois alisoliwneni et sans ré-
gime, et il Cil alors advrrlir. Je l'ai laissé bien
loin derrière. Regarder derrière. Marcher der-
ri'-<e. Qu'importe que cela soit devant ou der-
tiè c? C'est un t.jllre, il m'ii frappé par der-
rière. Ciirpt- de -logis de deiricrc. Porte de
t^erricre. Le tra'in de derrière d'un carrosse
d'un cUeval.
On appelle G;;uri'ment el f.imiliirem. Vorte
de derrièe, li.e rtlinppoioire, un f.iui-fuv.int
On ne saurait tiaiter lûrentenl avec cet homme-
là , it a toujours queljuepale de dariéte.
DES
On dit, qu On a mis une chose sens ievanl
daTière, pour tlirc,qii'On a mis derrière ce qui
devolt lire dcvjnt. il a mis sa robe sens devant
derrièrt'.
On s'tn sert aussi figurément. pour dire,
qu'On a renversé l'ordre de quelt{ue cliosc.
Tous les chapitres de ce /iVrc sont sens devant
dcnièrt.
On dit figurément. Laisser tjvel^u'un bien
loin derrière, [>our dire, Le surpasser, avoir
beaucoup d'avantage sur lui. Ils ont été cqaux,
mais enfin il Va laissé bien loin derrière.
On dit en Morale, // ne faut pan rc{jarder
derrière soi, pour dire, que; Lorsqu'on est dans
le bon clicmiu, il faut avancer toujours, qu'il
faut continuer quand on a bien comnicncu.
DEniuÈriE, est aussi un nom substantif, el
signifie Ijï partie poslcrieurc. Le derrière de la
miti-ion, le da-rière d'une charrette. Il occupe
le deriière du logis. Il est logé snr le derrière.
DEiiniÈiiE , signifie aussi Cette partie do
ri?omnJe qui ci. npreud les fesses et 1p fonde-
ment. S^écoicher le derrière. Montrer le der-
rière.
On dit figuiémcnt et populairement d'Ca
liomni*' qui n'a pu tenir des choses qu'il s'cioil
va:itc de faire, qu7l a montre le derrière.
On dit figiircmcnt et populairement, qu't^ii
homme fuit rage des pieds de derrière, poui
ilirc, qu'il fait tous ses cfloiLs, qu'il met toul
rn us ige pour réussir.
DLRVIS ou DERVICHE, s. m. Espèce de
loiuc cliez les Tuics Ce mot signifie Pauvre.
DES
DES. Particule qui tient lieu, par contrac-
tion, de la préposition De, et de l'article plu-
riel Les. Des se met avec les noms tant mascu-
lins que féminins, soit propres, soit appella-
lifs. Les ma.ximes des Philosophes. Il est so^tl
des prisons. La famille des Césars.
Des, est aussi partitif, et s'emploie pa(
ellipse. Il y a des hommes (jui des Savant
£|iii souïiVnnenï .... El c'est comme si l'on di-
soit. Il y a <|ucI«jHes-uns des hommes, qui....
quchpies'Uns des Savans, gui.,..
Quand il est employé dans le sens partitif,
el que le substantif pluriel est précédé d'un
ndjertif, on ne dil pas Des, mais De. .Ainsi il
faut dire. De savans Auteurs, d'cjccellvns fruit-i,
quoiqu'on dise, Des Auteurs savans, des fruits
crccllcns. On dil cependant Des jeunes gens ,
des bons motSf etc. parce que Jeunes gens y
bons mots, etc. sout regardés comme un seul
mol.
Après l>ien, signifiant beaucoup^ on met
Des, quoiqu'on mette De, apr^ beaucoup cl
peu. liien des spectateurs ^ beaucoup de specta-
teurs, peu de spectateurs.
Il se dil aussi pour Plusieurs. Il a été des
années saia le voir. On y voit des milliers
d'aihres.
DÉS. Depuis. Préposition de temps et de
lieu. Dès l'enfance. Dès hier. Dés Orléans. Dès
sa sowce,
Dts , remploie auiji pour désigner Ud temps
DES 4o5
fixe et procliain duni l'avenir. J'y travaillerai
dés demain, dès la semaine prochaine.
Dis, se construit aussi avec gue, ci il se dit
Du temps. Dès gue le soleil fui levé. Dés guii
parut. Dès gue je serai arrivé.
DÈS QDE, se prend aussi pour Puisgue. Dès
gue vous en tombez d\tccord. Dès que vous le
souhaitez.
Dès-là. Voyez LÀ.
DÊSABU3EMENT. s. m. Action de dcsabu-
syr, ou rcîlèt de cette action.
DÉSABUSER, v. a. Détromper de quelque
fausse croyancr. Vous êtes dans l'erreur, je
vous veux désabuser. Je le croyais homme de
bien, mais j'en suis bien désabusé. Désabuse^
l'ous de croire que Von s'occupe de vous.
Ou dil, Se désabuser d'une chose, en être
desabuse, pour dire, Se détromper, être dé-
tiompé de 1 estime qu'on y fiiiaclioii. Etre dés-
alusc des grandeurs. Désubusez-vous de cela.
DÉSABUSÉ, ÉE. participe.
DÉSACCORDER, v. a. Détruire l'accord
des cordes d'un instrument de Musique, Il a
désaccordé mon îutJi. La chaleur a désaccordé
le clavecin,
DÉSACCORDÉ, ÉK. participe.
DÉSACCaUPLER. v. a. Détacher les unes
des autres des c!ioscs accouplées.
DÉSACCourLÉ, LE. participe.
DÉSACCOUTUMA.NCE. s. f. Perle de quel-
que coutume ou de quelque habitude.
DESACCOUTUMER, v. act. Faire perdre,
faiiâ quitter une coutume, une habitude. On
aura bien de la peine à le désaccoutumer du
vin. Il se désaccoutume du jeu. Il s'est désac-
coutumé de jouer. Désaccoutumez- vous de
mentir.
Dfisaccoutcmk, ée. participe.
DÉSACIfALA>DER.v.a. Éloigner les clm-
lands, faire perdre les pratiques, éloigner ceuT
qui ont accoutuméd'aclietcrcliezun Marchand.
Ce mauvais bruit a fort dcsac'ialandé ce Mar-
chandf désachalandé sa boutique,
DÉSACHALAVor, ÉE. participe.
DÉSAFFOURCHER. v. u. Tenne de Mih
rinf". Lever l'ancre d^affairche.
DÉSAGIIÊAULE. adj. des a g. Qui dcplaîl.
Fa-sonne, figure^ humeur désagréable. Cette
viiitCy ce dw.cours^ cette noui-elie lui a été fcrl
désagréable. Cela est désagréable à voir y à en-
tendre, à s^entendrc dire.ïlesl désagréable d'a-
voir ajfairc à des gem dilJicullucux,
DÉSAGRÉABLEMENT, adv. Dune ma-
nière désagrcaldc. Parler désagréablement. Ri'e
désagréablement. Passer dc.'agréablement sa vie
à ne savoir gue faire. Il est fort âcsaqréable-
ment en ce Hcu-là.
DESACJREER. v. neut. Dcplnirc, n agréer
pa'.. Si cela ne l'eus désagr^e pas,
DÉS.VCREER, V a. se dïl en termes de Ma-
rine, d'Cn vaisseau doill on ûtc les agrès, les
voi'cs, te9C«irJages et ;:u:rcs choses nccL'ssniics
pDur la manœuvre; d'un vai:iseaii qui a [»cr.iu
ta agrc.t par accident ou dans uu combat.
DûsAGncc, ir. parli(i|}c.
DÉSAGRÊ.MEM. s, m. O-osc dcsagréabU,
iùG
DES
•ujet ile cliagrln , d'ennui , de dégoût. C'est un '
arand âésaqiément ijue (i'm'oir des procès. Il «
eu, essuyé de qrands dcsaqréniens dans ies
fonctions de sa Char(je. Il a rei;u là un qrand
désa<jrémerit. Il s'est attiré bien des dtsagre-
mens. Il y a bien dn dèsa(fién}cni à se mêler de
vos afptiies. On n'en a que du di-sagrement.
UÉsAcnÉMEVT, 6c dil aussi U's défauts de
la personne. Elle est belle, miiis elle ne laisse
pas d'avoir quelquo désaqrémeni dans le visage.
Celle tacite au vis ige est un grand désagiément.
H a un désagrément dans ses manièresqui gdtc
tout ce qu'il dil.
DKSÀJUSTER. V. n. Foire qu'une chose
ctsse d'être dans l'arransomcnt, dans la posi-
tion où elle cloit, et où elli' devoit être. Vous
avez disajuslé mon lélescop». Désajuster un
canon.
On dit, qu't/n cheval rst dèsajusié, pour
dire .qu'il ne lait plus le manège- aTec la mèni«
justesse.
DÉSAjnsT^, ÉE. participe.
DÉSALTÉRIÎR. v. act. Apaiser la soif. L«
vin mêlé avec de l'eau désaltère mieux que l'eau
toute pure.
DÉsALTÉnÉ, iz. participe.
OÉSANCRKR. v. n. Lever l'ancre. On va
partir, l'ordre est donne pour désancrei'.
DÉSAPPAREII.LER. v. a. Ôter une ou plu
sieurs clioses du nombre de colles qui étoient
pareilles. Dcsiippareiller des chcvau.r , des vases.
On dit i)lus oïdiuaircnient, Oépareillei-.
En termes tic Marine, il sipnifie le cortraire
d'Avvareitkr.
DtsAPPAnEiLLÉ, ÊE. participe.
DF^.SAPPARIER. v. a. Détruire ou enlcTCI
le mile ou la femelle de deux oiseaux apparies.
On a désapparié ces pigeons, ces perdrix.
DÉsAPPAni^, iz. participe. Perdrix désap-
p^iées.
DÉSAPPOINTER, v. actif. Ôter du rAle, de
l'état des Soldats ou Officiers de guerre entre-
tenus. De'soppoinler un Soldat, un Capitaine.
Il est vieux.
Désoppoinlcr une pièce d'éloffr, en lennrs
de Commerce, Couper Iss points de fil ou de
ficelle qui liennent eu état les plis de cette
pièce.
DtsAPPOUiTÉ, fx. participe.
D1':SAPPRENDRE. v. a. ( Il se conjugue
comme Prendre. ) OuMier ce qu'on avoit ap-
pris. // a désappris tout ce qu'il savoit. Cet en-
fant, bien loin d'apprendre, désapprend tous
les jours. J'ai désappris à danser.
DÉSArpnis, i.SE. participe.
DÉSAPPROBATEUR, TRICEL odj. Qui
désapprouve par caractère , par lialiitude. Es-
prit, coinclérc disapprobateur.
Il se prend aussi substantivement. C'est un
disapprobateur éternel.
DÉSAPPHOBATION. 8. f. Action de d&op-
prouver. Votre désapprobation Va chagrine.
Df:SAPPROPRIATIO>'. siitst. f. Terme de
Pratique. Action par laquelle on abandonne la
propriété d'une cliose. // n'en viendra pas aisé-
runi à la désappropriation de ses biens.
DES
i DÉSyVPPROPRIER, se DIÎSAPPftOPRlER.
V. pronom. Renoncer à lu propriété, sVn dé-
pouiller.
Dksappuophié, ÉE. participe.
DÉSAPPROUVER, v. a. BlAmer, condam-
ner, trouTcr mauvais. Tout le monde désap-
prouve sa conduite. C'est une action (^u^on a
désapprouvée qénéralement. Je tic désapprouve
pas ce quil a fait,
DïisAppnouvé, ÉE. participe.
DÉSARÇON?JER. v. a. Mettre liors des ar
çons. Un Citvaiicr sur une seUe rase est aisé à
désarçonner. Son c}ic\'al en sautant l'a d^sal-
çonné.
Il se dit ri';urcnienl et Ciïmiliî'remrnt , et
ii^ific , CoitibnJre oucl'pi'un d.ins une disputa,
le mettre liors d'état de répondre. Ce Pfiilusu-
plie eut hienlôt désarçonné :ûn adversaire.
DESArvçONNF., ÉE. participe.
DÉSARGENTER, v. a. Ôter l'-ir^ent d'une
chose qui ctoit ari;cntée./>c[eu a desarejenté rcfi
llambeaiix.l] est plus usitë au paiticipe. Flam-
beau désargenté.
On dit familièremenl , Désargenter (juei
aWiin, pour dire, Le dégarnir d'argent. On
vous a bien dcsarqenté.
DÉSAR&E1SIK, ÉE. participe.
DÉSARMEMENT, s. m. Action par laquelle
on fait quitter les armes à des gens de guerre
ou auties. Le désarmement de la garnison fut
le premier article di la capitulation. On ordon-
na le désarmement des habitant.
11 sipiiifie aussi I.p IVpncienient df.s qeris d'i
guerre. On convint du désarmement. Les Plaça
ne furent rendues (ju\iprès le dé:^armcment.
On dîlj/-e(/es«rmcnienl d'un vaisseau^ poni
dire, L'action par laquelle on en ôle les armes
et les agrès.
On appelle Désarmement . en termes d'Es-
crime . L'action par laquelle on se saisit de
lepée de son adversaire. Tenter le dé^c.rmement.
En venir au désarmement.
DÉSARMER, v. a. Dévêtir Tarraure Je liar-
nois de t^uerre. Api-ès le combat il se fit désar-
mer par son Ecuyer. Il alla se désarmer. '
Il signifie aussi, Oter les armes ù qiiclqn'un
malgré lui. Le Gouverneur de la X\Hc a des-
armé les Bourgeois. Il se battit contre un tel^
et le désarma.
DÉsAhmer, .s'emploie aussi absolument; cl
dans cette acception il signifie. Poser les amies.
congédier les troupes , et cesser de faiie la
{»uerre. Toutes les Puissances bcllitjcrantfs ont
désarmé. On na pas encore rcqlc rjui dcsar-i
meroit le premier.
En p.'irlant De vaisseaux de •guerre, on dit.
qu'On (1 désarmé des luiisseaux , des galèrcf ;
et absolument, qu'On a désarmé^ pour d:re.
qu Un a déj^arni des vaisseaux de leur artillerie.
de leur équipage, de leurs aj^r^-s, et qu'on les
n laissés dans le port ; qu'on a mis à terre les
matelots et ia chiourmc d'une galère dans tel
port; et diins clteplirasc, De.Çrtrmcr est nenirr.
4 Dt^ARMEn , s'emploie aussi fîpurénicnl. Ainsi
on dit, Désarmer la colère de Dieu, pour dire,
Apaiser la colère de Dieu ; Dcsarnur la ven-
DES
geance, pour diiP, F'aire cesser IcsmouvemciU|
les sontimcns de vcn;;euncc
On dit aussi, qu'/.'» homme s'est laissé déy-
armer par les soumissions d'un autre, peut
dire, qu'il s'est laisse apaiser.
DÉSAHMÉ, ÉE. participe.
DÉS-^RROl. s. m. Diwordre dans les aflaires,
renversement de fortune. Il n'est d'usapc qu'a-
vec les prépositions en et dans. Être en désar^
loi. Ses affaires sont dans un qrand désarroi,
dans un étrange désarroi. Mcttreune troufcen
disarroi.
DK.SASSEMBLER.T. a. Siparcrce qui ctoit
joint par assemblage. Il ne se dit f^ut-re <[u'en
parlant Des pièces de rbarpenterie et de imnui-
bcric. On a désassemhlé cette charpente. Il faut
disassenthler tles tablettes à livres pour les
transporter.
DÉsAssEJtBi.i, ÉE. participe.
DÉSASSORTIR, v. act. Ôter ou déplacer
quelqu'une des clioses ((ui ovoicnt été assorties.
On a désassorti mes porcelaines, mes (fiainans.
DÉs.vssoKTi, lE. participe.
DÉSASTRE, s. m. Accident funeste, m»l-
licur. C'est un qrand, un étrange désastre pour
cette famille, pour ce Pays-là. Quel désastre !
DÉS.^STREUSEMENT.adv. D'une manière
désastreuse. La fête «fini (ié.îasIrCH.'cment.
DESASTREUX, EUSi:. adj. Funeste, mal-
heureux. Il est principalement d'usage dans la
Poésie et dans le style souti nu. JEi't'/iement dc-
sastrettx. Mort désastreuse.
DÉSAV.VN'TAtJE. s. m. Inf.'riorilé e n quel-
lue genre que ce soit , conihat , dispute , dc-
rnMé, concurrence, conq>étence. etc. Ainsi on
ilit, que L'I itfanterie a bien du disavantage
m rase campagne contre la Cavalerie. Pren-
dre, voir les qens à leur désavantaqe. Il se dit
bussi Des choses. I}e disavantaqe du poste. Le
désavantaqe des armes. Le désavantage du
vent.
Il signifie aussi , Préjudice , dommage ; et
c'est dans ce sens qu'on dit : H ne se passera
rien en cela à votre désavantaqe. L'affaire a
tourne à leia' désavantage.
DÉSAVANTAGEUSKMETr. adv. D'une
manii^re désavantageuse. // parle désavantu-
qcusement de vous. Vous jugez désavantcgeu-
sèment de lai. Il s'est marié désavantageute-
ment.
DÉSAVANTAGEUX, EUSE. ad). Oui
cause ou qui peut causer du désavantage, du
préjudi.-e, du dommage. Vue telle clause de ce
contrat vous est désavantageuse. Les discours
qu'il tient partout vous sont fort dé.avanla-
qeiLc. Prrrli désavantagea r. Mariage dcsavan-
tiincur. Ses affaires sont dans une situation
désavantageuse.
Poste désavantaqeur, se dil, i la gjierre,
d'Dn poste mal choisi, ou mauvais par la si-
tuation , et où il est nial.iisc que des troupes
puissent se défendre.
DÉSAVEU, s. m. Dénégation. Il fil un dés-
aveu de tout ce qu'il avoit dit. J'en ui son des-
aveu firmel.
Il se du aussi De la déclnraliou qu'on fait}
DES
lorsqu'un homme ayant fait ou dit quelque
tlioje au nom d'un autre , celui au nom
duquel il a .1^1, dcclwe que c'est contre son
intention et sans son ordre. Cela est sujet ,)
désaveu.
r se dit aussi fi;;urcmerit, De tout clionge-
mcDt de conduite. Sa nouvelle vie est un dei-
oi-eri fvrmel île sa vie passée.
DKSAVEU(iI.KR. v. a. Tirer quelqu'un de
laveusleinciit , le délroini>er d'une erreur, le
(guérir d'une passion. U n'est d'usage qu'au
figuré. Il est eiifm dcsavtuglê, on Va tiré d'er-
reur.
Di^AvrcGii, KE. participe.
DÉSAVOUER. V. a. Nier d'avoir dit on
fait quelque chose. 'Poiis l'iu'ei dit, vous n'o-
seriei le désavouer. Je ne dimvoue pas (jue j'c
n'en aie éié fiché. Je ne d^-sm-oue yas que j'en
«1 t(e /.it/ic.
Il signifie aussi , Ne vouloir pas ri'connoilrc
une cliasc pour sienne. Désavouer un ouvrage.
Déiavouer son sein{j. sa sitj
nature. Désavouer
auelqu'an pour son parent Cette niére dénatu-
rée a déiavouc son enfunt. Si vous étiez ca-
pable de cela , ie vous désavoua-vis pour mon
Il si^iufie aussi , Déclarer qu oa xi a pris
donne i>rtlrc. Dé<uvout'r u/i Ambasftiih'iir, da-
avoucr ce qu'un Anihassudeur a /dit, se dit
l-orsqn'un Prince doctarc que c€ que son Ani-
hnssailciir a ibit en son noni, il l'a fait sans
imliu et conireïon intention.
On d!l ;ni!wi . Ucs<i\fOiter un Procureur, dés-
avouer ce ifu'un Procureur a dit ou fait^ pour
dire, Dcdarer qu'un Procureur a agi sans ordie
et contre rinlention de sa Partie.
UE^iAVOft, lE. participe.
ni:SCKLLi:H. v. a. Dcucher ce qui est
tc«ilé en plJIre. V faut desceller ces qonds.
Descellcii. ùlcr Le sceau d'un acte * d'un
titre,
He^ CEI LÉ, IX. participe.
Di:S<^'j!:NDAM:t:. s. f. Extraction. Il dit
qu'il e^l de telle rucc, mais il ne prouve pas
bien sa descemiitrice. La qcnêalc^ie et dcscen-
dunce d'un lA.
DESCE>1>A>T, A>TE. adj. Terme d'Ana-
tomic. Oui drscend. Aorte descendiititc.
En termes d'Astronomie, on appelle Sifjncs
ascendans^ Ijes ^i;^us du Zodto'jue pnr les-
quels le Soleil paroit Tuonlcr; et Sitjues des-
cendant. Ceux par lesquels îl p;iroit descendre.
Il si;j;nUje ligureinent , Qui i!5t i<uu , qui (ire
son origine d'une per^nuDe, d'une race. Il ne
.'e dit guiTC nu singulier. Les descendant d'A-
Vniiuim. Lei desceiidatis de Saint Lvuii. L(
maiiuge est défendu entre tous les ascen.-f(in.<
r* Aescenduns tn liane directe. Alors U est subs-
taiilif.
On dit, en parlant de Céii(falo:;ie , Ligne
âcM-end^rute^ ixmr diie, I>a posirrilc «îe quel-
qu'un ; cl Liijne atcenûante, pour dire. Les
anct'ln» de quelqu'un.
l)i:>ï;i:.M>ltK. v. n. Aller de 1 aut en Ins.
/V*reii.ïie rf'iiuc montunne ditns U jdttinc.
Descendre de sa cUatnhit. Descendre d'un ar-
DES
?'re, du haut d'une maison. Descendre de che-
K-aly de carrosse, d'un bateau. Descendre à
terre. Descendez là. Descendre de de^.'îuv un
^cfiofaud.yotie-Seigneur descendit aux Enfers.
/a' Saint-Esprit desccndti sur ies apôtres en
langue-: de feu. Elie fit desceKiie ^-e (tu du
Ciel. Il êtoit niontéy il est denendu. Le Oa/o-
n.èb'e a descendu de (luatre deqrts pendant la
journée.
Il se dit géntT.iiomenf De tout ce qui tend,
ou qui est porte, poussé de iiaut ou bas. Les
choses pesantes descendent en bas. Les rivières
descendent, vont toujours en descendant dcpui-
leur source. Les bateaux qui descendent.
Il signifie aussi, S'étendre de liant «i bas.
Ses cheveux lui disccndent jusqu'à la ceinture.
Il a un manteau qui lui descend jîtsquaiix
ï.i.'ofis.
Ou dit figuréraent en termes de >Iusiq*ae,
Descendre d'un (ou, d'une quinte, pour dire,
Baisser d'un ton, d'uue quinte, etc.
On dit r^^urément. Descendre dans le par-
ticulier, dans le détail d'une chose^ pour dire,
Kn rapporter, en examiner les particularités,
l( s circonstuHCts.
On dit aussi, Descendre y pour, Faire udê
irruption à main armée par mer. Les Sarrasins
descendirent en Espatjne.
Il se dit aussi d'Une irruption qui se fait
[>;u- terre, quand on vient d'un Pays qui est
rcj;ardé comme plus élevé. Les Goths^^ les
Lombards desctndirent en Italie.
On dit, que La Justice a descendu dans un
lieu, Quand les Magistrats s'y sont transportés
jMjur qi'elcjue opération.
Eu termes de Généalogie, Dtscenr^re vt^ul
dire, Être issu, tirer son orij-inc d'une per-
wnne, d'une race. // det^cend des anciens Rois
d'un tel Pays. Il descendde Chai'lentaqne. Les
François descendent des G et m.iins. Les Gtnéa-
\oqistes vous feront descendre d''où il vous
ylaira. Descendre de mdle en mâle en drxtite
ligne. Il descend de telle Maison par jemnu^s.
On dit fî^urément, Descendre, poiu- dire,
Déclioir d'un rang, d une fortune où l'on e'toil
r!ev<î. Quand on est parvenu à rtne charqe si
éminente, il faut craindrededescendre.il vaut
mieux monter que descendre.
Ce verbe se met aussi avec le régime d'un
verbe actif. Descendre une montagne. Des-
tcudre les degrés, l'escalier, Us escaliers. Les
bateaux qui descendent la rivière.
Oiidil «n t^ïrmcs de Guerre, que Dca trozipes
dcs'^endent la garde ^ qu'elles descendent la
tranchie, pour dire , qu'Elles en sortent, et
qu 'elles sont relevées par d'autres.
lÏKSCCîinnu , est qnelquefuis cflectivemenl
actif, et signilie, Ôter d'un lieu baut, mettre
plus bas. Descendez ce tablam. Il faut des-
cente e cela } lit% bas. Detccndre du vin à }a
ca</e. On a descendu la chdsse d'un tel Saint
jour Lt porter ai procession. Descendre lUi
/;ommcdec/icvii/. On a drsceiiÀu plusieurs pas-
sagers dans lute i'c. Dt^ceudre un i'aûse<(U
d'uue rivière, d'un port. Le foire sortir de la
civière, d'un port-
DES 407
Descendu, ue. paiticipe.
DESCENTE, s. 1. Action de descendre, on
par laquelle on licsccnd. La descente de Aotic-
Seigneur aux Enjers. La descente du Saint-
Esprit sur les Àpôties.
A la descente. Façon de parler dont ou &9
sert, pour dire, Au moment où descend la per-
sonne au-devant de laquelle on va. // allu le
compiitnenter à la descente du carrosse. H lui
donna la main à la descente de Vcsc^lier. Il
alla le recevoir à la descente du vai6sedi:,.ii Ir.
descente de la montagne.
De,<c£nxe, signifieau&si L'action par laqubll»
ou descend (pielque chose. La descente de. la
châsse de Sainte Geneviève.
On aptMrlle Desctute de Croix^ La represen-
tation de Kotre-Seîgneur qu'on détaclie de la
Croix. Il a acheté une belle descente de Croix.
U sijunifie aussi La pente jwr laquelle on des-
centL Celte montagne ct,t fort escarpée, cet
escalier est trop dru:t, la (descente en est rudt,
bien roidc, bien diljicile. Celte montagne est
rude à la descente.
Descente, se dit aussi De la visite d'un lieu
où l'on se transporte p;ir auloiité de Justice.
Oh a ordontié une descente sur les Ucux, qu'il
y sera fait une descente et vue de lieux.
Descente, se dit aussi De l'irruption des
cnncn/b par terre ou par nier. La descente des
ISormands dans Ui ^eustrie, des Goths en
Italie. Les Anglais firent une descente en
Flandre.
On dit, qu*Ori travaille à la descente da
fossé, qu'on iait la desccnle du /o!Ksè,pour dire,
qu'Où fait les préparatifs cl les travaux ui-
cessaires pour [^arvenirà se loger dans les fossés
d'uue Place assiégée.
Descente, siguilie nussi , Hernie, rupture,
incommodité qui consiste dans le déplacement
^es lH»yaux. Il a Une dcscenle qui l'mtj^che de
monter à cheval.
DESCRIPTION, s. f. Discours p-^r lequ*:; ..n
décrit , on dépeint. Il y a de belles det-criptuint
dans cet Historien, datts ce Poète. La descrip-
tion d'un Palais, d'une luuùon, d'un jui'din,
d'une tempête, des effets d'une passion. Fuiic
une description.
l'E.scmi'Tios , ^e dit De l'inventaire (^<i.
comprtnj le i.onibrc et la qualité des meiibi.es
qui se trouvent dans une maison. Le Notaire
fit la description des meubles.
Ou appelle aussi Description^ Un livi'e qtù
contient l'élat présent d'une Province., d'uu
Royaume, d'une partie du monde. De»aiptioii
de l'Egypte, de l'Afrique, etc.
On appelle en PliiloiOpliie , Description »
Vne défiui'.ion iuqxirfaite. Ce n'est pas une dé'
jiniticn, ce ncst qu'une description.
DESEMBVLLAGE. s. m. Ouverture d'une
caisse ou d'un ballot, eu ût«uit la tuile d'eni'
balbsï.
IltSF.MBAU.ER. V. e. Déiùte une balle,
rt rn tirer ce qui étoit cniLolli:. On a détail
hwJU' ecs fuarclundifes.
Ukst'jxuAi.ti. , is.. p-irticipe.
ULi>i:.\UJ.Vi<iU;t.:MU<i'. *. m. Action de
.■îog DES
AÎMinbarquer. Le cWseniharquemenl des mar- \
chaiiilscs, ifs troupts, des chevaux. Le descm-
bwquement fut bientôt fait.
niiSEAIDARQUER. v. n. Tirer liors du
vaisseau. A'ous avions ciiibarijia' des murchaii-
dises à Marseille, il vint un contreordi-e , il
iliUitt les désemharqua:
DÉSEMiiAnQUK, ÉE. participe.
nÉSEMBARRASSK,ÉE.ailj.Kxemptd'8iB-
barras , ipii n'est point enil.arrassé. Vn style
désimhan'assé.
DESEMBOURBER, v. a. Tirer liors do la
bourbe. Il faut dèsembourber ce carrosse, ce
bateau.
DÉsEMBOi'iiDÉ , ÉE. participe.
DÉSE.Ml'ARER. v. n. Aliaiidonncr le lieu
où l'on est, en sortir. Les ennemis (jiii cloiciil
devant une telle Place ont désemparé. Tous les
habilans désemparèrent à l'arrivée des (jens de
guerre. Je n'ai point désemparé de la Ville.
Tenez-vous là, et n'en désemparez, pas ijue je
ne rei'ienne. Il est queltpiefois actif. Désem-
parer la Ville. Déscmpmer le camp.
En termes de Marine, on dit il 1 actif , Dés-
emparer un rni.ïseuu, pour dire, Ledcmâter,
ruiner les manoeuvres, et le mettre liors d'étal
de servir. Il eut bientôt désemparé le vaisseau
eiinenii. Ce vaisseau fut désemparé à coups de
canon.
DesempaiiÉ, ée. participe. Un vaisseau dés-
emparé, Qui a jierdii ses agrès.
ULSEMPE:!iNl';, ÉE. adj. Vieux mot qiii
«iini(.(.)t, D(?SQrn\ de plumes. /' va lomme un
(rail d^semneiinc, pour dire, Il va de travers,
tans avoir ce qu'il faut pour réussir.
DÉSEMPE.SER. v. a. Ôter l'empois d'un
liugc en le faisant tremper. Il fuut désempeser
cette coiffure, ces manchettes.
Désempesé, ée. participe.
DESEMPMR. v. a. Vider en partie, rendre
moins plein, faire qu'une chose qui i5toit pleine
le soit moins. Il faut désemplir ce coffre, il est
trop plein.
Il est aussi r.eutre ; et alors il n'est !;u^ro
d'usage qu'avec quelque p.arlicule négative. Sa
maison ne disemplit poiut de mon le , ne des-
emplit point. Sa cour ne désemplit pas de car-
roises.Ce canal ne désemplit point dans le plus
fort de l'été. Il est si riche, ijue son coffre, sa
bourse ne désemplit point , tjucl(juc dépense
^u'il fisse.
Il se met aussi avec le pronom personnel , et
sÏTifie, Devenir moins plein. Ce canal étoil
pleir. d'eau, mais il se désemplit tous les jours.
Sa bourse .se désemplit.
DÉSEMPLI , lE. participe.
DÉSEMPKISONNER. v. a. Mettre liors de
prison. On l'emprisonna hier, et on le désem-
prisonnj une heure après.
DÉsEMpnuONNÉ, ÉE. participe.
DESENCHANTEMENT, s. m. Aciion par
iiquclle on désencliante. Le dnencliantemcnt
u réussi.
DfiSENT.IlANTI'.R. r. «, Rompre lenclinn-
iciiicnt, le faire 6nir. Le peuple croit que les
Sorciers peuvent enchanter, et déseiic/iunter.
DES
Il se dit au figuré, pour signifier," Guérit
qui^lqu'un d'une passion. On aura bien de U
peine à désenchanter ce jeune homme.
DÉSENCHANTÉ, tt. paiticipc.
DÉSENCLOUER. v. a. Tirer un clou du
pied d'un clicval, de la lumière d'un canon,
etc. On dit , qu'On désencloue un clieval ,
Quand on lui ôte un clou qui le faîsoit boiter.
Un dit,qu'0/i i.'esenc/oue ini cunofi , pour dire,
qu'On ôte le clou qui avoit été enfoncé dans hi
lumiùre. Il faut faire, désencloucr ce c/ifiui/. Il
est très-dilficile de désenrloiier un canon.
D^sENCLOUÉ, ÉE. participe.
DÉSENFLER, v. a. Kaire qu'une chose cn-
llée cesse de l'être. Désenfler wi ballon.
M est aussi neutre , et sîf^nlfie , Osser d'être
çnflé. Son bras commence à désenfler. Le vct-
r? "x bien désenflé.
Il se met aussi avec le pronom personnel.
Son bras se désenfle.
DÉSENFLÉ, ÉE. participe.
DI-'^ENFLURK. s. f. Cessation d'enflure. Ce
malade est bien déienjlé ., mais la désenjlurc
n'est pas complète.
DÉSENIVRER. V. a. (EN se prononce an.)
l'aire passer l'ivresse. Le sommeil ia desenivre.
Il est aussi nrutre; et dans cette acception
pn dit, qnUn homnie ne désenivre jjoint^ pour
ilirc, qu'il est toujours ivre.
DesenivuÊ, ze. participe.
DÉSENNm'ER. v. a. Dissiper, classer l'en,
nui. Jouons pour nous désennuyer. Se dcsen^
n ya\ Chercher à it dé^etuiu er En dé. en-
nuyant les autres, il se désennuie lui-mcme,
DÉSENNUYÉ, i*E. participe.
DKSENRAYER.v. a.{Ilse conjuf^uc comma
payer. ) Oter la corde ou la chaîne qui enipc-
clie que la roue d'une voiture ne tourne. Pré-
sentement le chemin est plat^ il fiut desen-
rayer cette roue.
On dit aussi absolument et sans régime, il
faut désenrayer.
DésENnAYÉ, ÉE. participe
I>KSE>'RIIUMER. v. act. ôter le rhume .
faire cesser le rliunic. Ce siropm'a dé.ienrhumè.
lî s\'st dé^enrhumé.
DÉsENitHiiMÉ, ÉE. participe.
Dr-',SENUOUER. v. act. Ôter l'onrouemiuit.
Le sirop de miJrcs Va desenroué. Se déscwoner
en bnvaut de Veau fraîche.
DÉ'îENnouÉ, ÉE. participe.
Di^SENSEVEIJH. v. act. Ôter ï« lin^o, la
toile qui enscvelissoit un iiioit. On Vu desense-
vcli pour le faire visiter par les Chirurgien».
D ES EN SE V ELI , lE. participe.
DÉSENSORCELER, v. acu Délivrer, guérir
de rcnsorcellemeni.
Il se dit au fii^uré. Il a une passion violente
pour cette femme ^ on ne peut le désensorceler.
DÉSENSoncELÉ, ÉE. participe.
Dl':SENSOHCELLEMENT. s. m. Action de
désensorceler. Il n'y a (jue le peuple qui croie
les ensorcellemens et les désensor:eUcmens.
I DÉSENTlVlT.U. V. act. Tirer quelqu'un de
rcntôtemrnt où il est On ne saurait le dcsctitc-
ter de cette f<:mme. C'est une opinion dont il
DES
fiitt e!-sayer de le désentêteij dont il ne peut
désentéter.
DisENTÉTÉ, ÉE. participe.
DÉSERT, EUTE. adjcct. Inhabité, ou qnj
n'est guère fréquenté. Lieu déaert. Ville déserte»
Campagne déserte.
On dit au Palais, qu*f7n appel est désert^
Quand celui qui l'a interjeté, ne la pas releva
par lettres dans les trois niuis.
Il est aussi substantif masculin, et signifie
Un lieu désert. Désert sauvage. Désert effroya-
hle. Les déserts de la Libye. Les déserts de la.
Tl.ébaide. Se confuer,, se retirer dans les dé~
serts. Les Pères du désert. Les Turcs Ont fait
de vastes déserts des plus belles Provinces de
VAsic.
DÉSERTER, v. a. Abandonner un lieu. La
ijuei-re et la peste font déserter les Villes et les
Provinces. On lui fit tant d'affronts , au* il fut
ûMiqé de déserter la Province.
Il est aussi neutre. La fumée me fera déser-
ter de la maison.
Ou dit aussi absolument. Cela me fera dé*
serter. Cet homme est si impertun, gu^il me fera
déserter.
Il se dit aussi proprement Des soldats qui
abandonnent le service sans congé. Déserter
Varméti. Déserter le service. Dans celle accep-
tion il se dit suitout absolument. On passa par
les armes ceiLC qui avaient déserté. On dit eu-,
core, // a déserté d'un tel Régiment.
On (lit aussi familièrement, Déserter à Ver*'
nemi, pour dire, Passer h l'ennemi. L^ soldat
qui déierle à Venncmi ou en /nctioii, doit ctni
puni de mort.
DÉSEUTÉ, ÉE. parlioipe. U n'est d'usage qiw
dans le premier sens. Les Campagnes sont dé-
sertées pendant la guerre.
DÉSERTEUR, s. m. Soldat qui abandonne,
qui quitte le service sans congé. C'est un déici.m
tcur. Les déserteurs sont condamnés à mort.
DÉSEnTEïTn , se dit aussi figurément. Déser-
teur de la Foi. On dit aussi. Déserteur de la
bonne cause,, du bon parti.
On appelle en stjle familier, Vn Déserteur ^
\n homme qui ahandonne une compagnie,
une partie, etc. ou qui y manque, s'y étant eu-
g-'f;-^'-
DÉSERTION, s. f. AbandonnemcTit. II ^
dit principalement Des soldats qui abandonnent
It^ service sans congé. Le crime de désertion est
puni par les Ordonnances militaires. La doser-
don des soldats avoit affoibli Varmêe. Jl y a
une grande désertion dans une telle armée.
Il se dit ftussi figurémcnl, A'ous ne vouspnr'.
donnerons pas votre désertion.
Déseition d'appel. Terme de Pratique. Aban*
donnemcnt d'appel, fanle de le relever dans le
lenips presciit,
DÉSESPÉRADE. s. f. Il n'est d'usage que
dans des phrases proverbiales, pour dire, A h
manière d'un désespéiVr. Il s\n va à la dcsespé-
rade. Se battre à la déscspéradc. Jouer à la dti-
cspvrade.
DÉSESPÉRANT, ANI'E. ûJjcct. Qui ieile
dans le désespoir, qui lounc un grand chagrin.
DES
Cela est désespérant. Cette pensée est désespé-
rante.
DKSESPKRKMENT. adverb, Kpcrduinent,
STec cic»;s. Il est désespérément amotiicux.
DKSi'.Sl'LREH. V. d. Perdre l'espcrancej
cesser li'cspcrcr. J^ désespère de venir à bout de.
celte afpiire. Les Médecins désespèrent de sa
auérison. Après ce coup-là , je desespère de <ja'
qner lu partie. Je désespère de la partie. Déses-
pérer de la miséricorde de Dieu. Désespérer de
ton salut. Désespérer d* la Hêpublique.
On dit, qu'On désespère d'un mulade, pour
dire, qu'Oo n'a point d'csptTancc de sa gucrî-
*oii ; qu'On désespère d'un jeune homme, pour
dire, qu'On n'espfcre pas qu'il se corrige.
Di:sESPÈr.En , est aussi actif , et signifie ,
Tourmenter, afHiger au drrnicr point. Cela me
f^rsespére. Vous me désespérez par vosri(jueurs.
Il ne faut pas désespé.er un homme.
l! se met aussi avec le pronom personnel, et
signifiCjSc lourmentcr. s'agiter avec de grandes
démonstrations de douleur. Il l'icnl d\ipprendre
la mort de son fils., il se désespère. Il se dés-
espère au point de vouloir adcHler sur sa pvo
pre vie.
DÉsESPÉnÉ, LE. participe. Une affaire déses-
pérée.
On dit, L'n malade désespéré^ pour dire, Si
xnalado qu on n'en attend (jue la mort.
On dit, qu'(,'n homme est désespéré des Mé-
ieems. j>our dire , que Les IMtdecins n'ont plus
aucune espérance de sa gucrison.
Oa dit d'Une personne incorrigible, quElk
est déespèrce.
Il se prend aussi substantivement. Ainsi on
dit, Il court comme un désespéré., il crie comml
un désespéré t pour dire, Avec violence, avec
excès.
On dit, Un désespéré^ P**^^ dire. Un fu-
lienx. En ce sens on dit : 5e battre en déses~
peré. Aqir en désespéré. Jouer en désespéré.
<Ûn dit figiuT^mcnt et par exagération. Être
dé^-'spéré , pour dire. Être ftclit?, avoir re;;reL
Je tuis désespéré de vous avoir fait attendj-e.
Df-'SESPOm. s. m. Perle d'espérance. Le
desespoir de réussir dans cette ajfnire l'a ohliqè
à.... Quelquefois le désespoir redouble le cou-
rafje. Vn noble désespoir est quelquefois une
ressource.
II veut dire aussi. Abattement de i'.inie, qui
ne croit pas pouvoir surmonter un m-il qui la
presse. Tomber dans /<■ {ié^esyair. H est dans le
dernier désespoir. Réduit au désespoir.
On dit Ggurénicnt et par emp-ration, Être
•» désespoir^ pour dire, Être bien fâclit?, avoir
bien du déplaisir. Je suis au désespoir de ne
pouvoir faire ce que vous désirez de moi. Il est
mu déicspoir de cet accident. Et , Me((rc au de^
«ipoir, po»ir dire. Causer un grand déplaisir.
Celfc nouvelle me met au dé espoir.
Dv^t^mir, se prend aussi qurl^iuefois pour
O qui cause le d'espoir mOnie. La j. rtm.c de
€t mêc^tint homme est le ^^tspoir des jent de
iutn. C'est là mon désespoir.
Il ic dit aussi Des chose» qui boni en un si
Wtt degré d excellence, qu'elle» pAb^enl i^our
Tmme i.
DFS
tnimit.iMcs. L'IUade d'Uomère est^ dit- on ^ h
' désespoir de tous les Poètes. LU\(jlise Je Saint-
Pierre de Rome est le désespoir de tous les Ar^
chitectes.
DÉSHABILLÉ, s. masc. Les bardes de nuit
dont on se sert quand on est déshabillé. En ce
sens il n'est guère d'usage qu'avec la préposi-
tion en ou dans. Elle étoit en déshabillé. Elle
est fort johc dans son léshahUlé. Il n'est guère
d'usa;;e qu'en parlant di s femmes.
Il sïi;nific plus particuli''n'ment Un habille-
ment dont les femmes se scrvnt peur garder l.i
chambre. /Clie a fût faire un déshabillé maqni
fi que.
On dit figun'rnient. Se mcrtrer dans son
déshabillé , paraître dans son déshabillé^ pour
dire, Se montrer, paroitre tel que l'on est, sans
art, sans aflectation.
DÉSHAIilLLKK. v. a. Oiet a quelcju un les
habits dont il est vêtu. Déshabiller un malade
pour le mettre au lit. Dites à mon valet qu^il
me vienne déshabiller. Déshabillez-vous vous
même. Allez vous déshabiller. Il se déshabille.
On s'en sert quelquefois neulralenient en
supprimant le pronom personnel, // a été troi
mois sans déshabiller. Il est familier.
On dit, qu'Un Prêtre., qu'un l^vêque., si
déshabillent y qu'on les déshahdU^ ponr dire,
qu'ils quittent leurs ornemens.
On dit,quX'ne personne se déshabille ^pout
dire, qu'Elle quitte lliabil de ville, pour sr
meltre plus h son aise en robe de chambre.
UrûHAciLiE, E p.Trt^'^'qïe-
DÉSHAmTËjÉE.adj. lira du verbe Désha-
hiter, qui n'est plus en usage. Qui cesse d'étro
habité, qui n'est plus habité. Pays déshahité.
Maison déshahitée.
DJ'-SHABITUER.v.a. Désaccoulumrr, fairr
perdre l'habitude. Il faut le dishabituer de cela.
Tachez de vous en déslmbituer de bonn ■
heure.
DÉsHABiTtÉ, ÉE. participe.
DÉSHÉRENCE, s. fém. Terme de Droit, Il
s'emploie en parlant T>u droit qu'a un Seigneur
Haut- Justicier de s'emparer dun bien situé
dans sa lusticc, faute d héritiers. Droit de
déshérence.
DÉSHÉRITER, v. a. Priver de sa succession.
Vn père peut en certains cas déshériter ses en-
fans. Son père Va menace de le deshériter.
DÉSHÉniTÉ, Et part'cipe.
DESHEURER. v. a. l)éran;^er les heures
ordinaires des occupations. Je crains de vous
dèsbeurer. Cette visite me désheure. Style fa-
aitier.
On dit aussi, Se désheurerj [>our dire, Si
déranger di? SCS heiu'es ordinaires. Style familier.
DfeSHON^'ÊTE. nd). des a g. Qui est contre
la puiieur , contre la bimse'ance. Pensées déshon-
nêies. l*arole$ Jeshonnêtcs. Actions déshon-
nite^. Gestes déshonmUes. Livres dé'ihonnétc-.
Hanter des compagnies déshonnétes. La lietir
dâihonnétes.
DESHO>NÉTE^tENT. adv. D'une manière
dcshonn<-<e, contre riionnêiet^, contre la pu-
deur. /*'•' Icf dc.JionnCtement.,
DES 4oî^
DÉSHONNÈTETÉ. s. f. Qualité de ce qui
est déshonnéte. Il n'est guère en usage.
DÉSHONNEL'K. s. m. Ilonlc, opprobre.
Tenîp à déshonneur. Vn jeune homme qui fait
déshonneur à ses parens. Vous pouvez répondi e
de luij il ne vous fera point de d£shonnew , il
ne vous fera point déshonncnr.
Ou dit en sty'e familier, Prier une femme
de son déshonneur^ pour dire, La solliciter
rontre lu chasteté. Et Bgure'nient et par plai-
6anterie on dit, C'e«t me prier de mon déshon-
neur y pour dire, C'est vouloir exiger de moi
une chose que je ne dois pas faire.
DÉSHONOKABLE, adj. des 2 g. Qui caufc
du déshonneur. Action déshonorable. Fonctiot^
dé.Jwnorable.
DÉSHONORER, v. act. Perdre d'honneur
it de réputation, dîflamer. Déshonorer quel-
»pi'un par des médisances. Vous le déshonorez
(iiic t'os discours. Cette action l'a déshonoré.
Vous vous déshonorez par votre conduite. O»
ilit d'Un homme, qu'// déshonore sa famille ^
|)Our dire, qu'il fait des actions, qu'il ment
une vie qui fait déslumneur ù sa famille. Et on
ilit. Déshonorer ses ancêtres^ la mémoiTC de
les flnrt'tres, pour dire. Dégénérer de la vertu
lie ses ancêtres, fuirc déshonneur h leur mô-
nioire.
On dit, Dé honorer une fcvimCy une flUj
pour dip-, Lui ravir l'honneur, eu abuser,
DÉ--noNonÉ, ék. participe.
DÉSICNATIF, IVK. adj. Qui désigne, qt«
ipccifie. Les raisins sont un attribut dé'signat if
de Bacchus.
DÉSIGNATION. .<. f.Dénotalion d'ouC pcfc
tonne, d'une chose par des expression», psr
des marques qui la font coimoitre. Ceffe dcsù
qnation est si précise^ ou'on ne sauroit s'y
tromper.
Il signifie aussi, Nomination et d^sliiiation
rxpresse. II mourut après avoir fait la déii(fna-
tion de son successeur. On fiisoit la désignû-
tion des Consuls quelque temps avant leur
élection.
DÉSIGNER. V, act. De'noler une personne,
une cbose par des expressions, par des mar-
ques, par des symboles qui la font connoîlre.
Il ne Va point nommé dans son discours; mais
l Va si bien désigné y qu'on l'a aisément re-
connu. Qu avez- vous voulu désigner pas 'là?
Cet hiéroglyphe nous désigne telle chose. Ce
vent~là désigne de la pluie. Ce pouls désigne
iwi abcès. Il nous a si bien désigné les /leiu,
au'on ne sauroit s'y méprendre.
DÉsi6*<En , signifie aussi , Marquer prccisé-
menl. Dciiqne^moi le temps et le lieu y et je ru.
manquerai pas de m^y trouver.
DÉsn.REii , se dit aussi co parlant Des per-
sonnes qu'on destine à quelque dignité, à quel-
querharge. Ondéstgna les Conscls pour Vannée
suivante. Vn tel Empereur désig'ta .m tel pour
ion Successeur.
DÉsio-ït , ÉE. participe. Consul désigne.
Préteur uétigné. Vn tel est dési.jné pour cette
place.
DÉSINCORPORER. v. a.S<*pnrcr unechose
5a
4io
DES
du corps nurjuel elle avoit été incorportre. Les
Terres unies ou Domaine ne se peuvent ilêsin-
corporer t^ric fcr tchunne. On avait incorpora
cette Cotnpiujtiie dans un tel Réijtincnt , on l a
dêsiucorpvrve.
DÉsiisconponÉ, ée. participe.
DÉSINENCE. 5. f. Terme de (Jranimaire.
Terminaison. Les cas des noms lutins sont or-
dinairement distintjiics les uns des autres par
Uur désinence.
DÉSINFATUER.v.a. Désabuser un lioimno
d'une chose ou d'une personne dont iletoitin-
iatue. C'est une chimère dont vous aurez bien
de la peine à le désinfutuer. Il ne voit plus cette
femme-là, il s'en est désinfatué.
DÉsiNFATi K, ÉE. participe.
DK.SIIVrECTLR. v. a. Purger d'un mauvais
/»ir ou de vapeurs ini'cctes. Vôsiiifcctcr un vais-
seau ^ des étahlcs. Désinfecter des hardes^ du
linge.
DÉsiMECTK, ÉE. parlicipr.
DÉSlNFECnoN. s. ï. Aninn par l.iqu--lJc
on ôte l'infectiou d'un lii'u. En temps de peste ^
on travudle à la désinfection des m«i.Non$, des
cjfets et des viarchandises.
DÉSI^TÉKRSSRME^■T. s. m. Dtlachcment
de sou propi c intérêt. Parfait désintéressement.
Grand désintéressement. Entier désintéresse-
ment. C'e.sï un homme d'un grand désintéres-
sement. Il a fuit paraître un extrême désinté-
ressement.
DÉSIi\TÉRESSÉ:\IENT. adverl.e. Sans au-
cune vue d'intérêt, i/c tous en parle trés-désin-
têressêmeïit.
Dr,SINTC;:RESSER. v. a. Mettre quelqu'un
liors d'intérêt, en le dédonnnaj^cant de ce qu'il
perd ou d« ce qu'il csi)énMt. lié hlen , Tous n'^
perdrez rien, on vous désintéressera. îl a dés-
intéressé tous ceux ipti nv'oJcnï part à celte af-
faire, nui avaient des droits à faire valoir.
Dé-^ïstÉhkssé, Èe. pjrticipe.
Il est aussi ndjictir; cl dans cette acception
ii se dit De relui (pii no fait rien par le molif
de son intérêt particulier. C'est un Itommc désin-
téressé s'il en fut jamais.
Il se dit encore d'Un homme qui n'r.st tou-
ché d'aucune passinnde vengeance, dafl'cction,
de liainc, etc. Juge désintéressé. Il re<jarde cela
iTun œil désintèi'essé j avec un esprit désinté-
resiL
On dit aussi dans la même acception , Une
conduite désintéressée , une action désinté-
lessécj des centimens dc-swiléressés, pour dire,
Une conduite, une action, des scnlimcns hors
de tout soupçon d'intérêt personnel.
BÉSIH, s. m. (Plusieurs fout muet, surtout
dans la conversation , l'c de la premii:rc syllabe
de ce niol tl de ses dérivés; mais cette pronon-
ciation n'est pas régulière.) Souhait, mouve-
ment de la volunté vers un bien qu'on n'a pas.
Désir ardent, violent, extrême. Désir déréglé^
insnliahlc. Foible dsir. Vain désir. Brûler de
désir. Contenter^ satisfaire, assouvir son désir^
*M dx^sirs. Un qrand désir. Exciter des désir.^.
Au gre àe ses désirs. Selon ses dé9irs. Vn
«jT'i/nd déiit de gloire.
DES
On dit en termes de Pratique, Au désir de
.l'Ordonnance, au désir de la Coutume, pour
ilirc, Suivant l'OrdonnaDce, suivant la Cou-
tume.
DÉSIRABLE, adj. des a genres. Qui mériic
d'être désire. De toug les biens ^ la santé est le
plus désiralde. Vn état., une situation désirable.
Une femme fort désirable.
DÉSIRER. T. a. Souhaiter, porter ses désirs
wn quelque bien qu'on n'a pas. Désirer les ri-
chesses. Déi-irer la santé. Désirer ardemment.
Désirer avec passion. îl ne désii'oit rien tant
'pic de // seroit à désirer que.,,.
On dit, Désirer de faire (fuelque chose, et
désirer faire quelque chose; mais dans ces sortes
lie phrases, où Désirer est mis devant un verbe
à l'infiiiilil , liis.ii^e le plus ordinaire est d'j'
joindre la parliculc de. Je désire foit ùe vous
terfir,
DÉsiîtEiî, se dit aussi pnv exienslon, en par-
lant Du bien qu'on souljiiiie à quelqu'un. Je
vous désire toute sorte de prospérités.
On dit, qu'// y a quelque ciiose à désirer
dans une personne, dans un ouvraqe, etc. pour
ilire, qu'il y manque quelque chose. Il est
honnête homme, mais il y a encore quelque chose
à désirei' en lui. Il y a de certaines choses à
désirer dans cet ouvrage. Cet ouvrant tie laisse
rien à désirer.
DÉsinÉ., Éç. pariicipr'.
DÉSIREUX, EUS;:, adj. Qui désire ave<:
irdcur. Désireux de gloire, dlionneui\ Li
peuple est désireux de nonvcanfr. Il n'est gurrt
d'usage que dans le style soutenu.
DÉSISTEMENT, subst. m. L'action de M
ilésister, soit verbalement, soit par écrit, o«
l'acte par lequel on se désiste. Il a fait son dé'
sistement à l'Audience. Il a fait siqnijier sol
désistement. Désiitement de plainte. Désisteinei\
d'appel.
DÉSISTER, .SE DÉSISTF.R. v. pron. S<
déporter, se départir de quelqtie chose, y re-
noncer. Se désister f/'wnc poursuite. Se désista
d^itne prétention, d'une demande, d'une en-
tr éprise.
DÉS LORS. ndv. Dès ce moment-lii, dès a
teinps-lîi. Je vis bien dés lors tiuil i^oudroit.....
Dès lors il commença à faire....
On dît, en termes de Palais, Dès-ù-pre'scril
comme dés lors, dès maintenant comme dèi
lors, en parlant d'Une chose à venir sur la-
quelle on donne par avance une parole prt-cise.
DE.SMuLO(;iE. s. f. Terme d'Anatomio.
Parlic de laSomalologie qui traite des liganiens.
DÉSOBÉIR. V. n. Refuser d'obéir à celui
qui a droit de commander. Désobéir au Prince.
Dksouli, ie. participe. Je ne veux pointétrc
désobéi. Dans cette phrase, Désobéi est pris
passivement.
DÉSOBÉISSANCE, s. f. Refus d'obéissance
envers celui à qui l'on doit obéir. Désobéis-
sance criminelle. Persister dans la désobéissance.
Les Factieux entretiennent les peuples dans la
désobéissance. C\'st pûw une seule désobéissance
iju'i't a été puni.
Il se dit aust>i M} pluriel. Les désobéissances
DES
de cet enfant donnent lieu de croire qu'il sera
fort mutin.
DÉ.SOBÉISSANT, ANTE. adj Qui déso-
béit. Fils désobéissant. Fille désobéissante. Su'
jets désohéissans.
DÉSOBLIGEA^niENT adv. D'unemaniére
désobligeante.
DÉSOBLIGEANCE. s. f. Disposition i dés-
obliger. Il est d'une désobligeance insuppor-
table.
DÉSOBLIGEANT, ANTE. adj. Qui dés-
oblige. Un homme désobligeant. Une pasonne
désobligeante. Action , manière, fw^on, parole
désobligeante. Procédé désobligeant. U lui a
fait une réponse désobligeante.
DÉSCBLIGE.R. v. a. Faire de la peine, du
dépl.ûsir îl quelqu'un. Il m'a fort désobligé,
désuhligc sensiblement , extrêmement. H ne faut
désoldiger personne.
Dlsouligk^, ÉE. participe.
DÉ.SOBSTRUCTIF. s. m. Terme de Méde-
cine. Remède qui guérit les obstructions.
DÉSOBSTRUER, v. a. Terme de Médt<:inc.
Détruire une obstiuclion. Dcsobsiruer le joie,
les entrailles.
On dit par exiension et familitTCmenl , Dés-
obstruer une rue, un canal, un pas^i-gc, pour
dire. Dégager une rue, un canal, un passage,
de ce qui l'embarrasse.
DksobsïiïLÉ, ÉE. participe.
DÉSOCCUPATIO^. s. f. État d'une pei^
sonne désoccupée. La désoccupution est une
des plus grandes peines de ceux qui ont été
dans les grandes plaça.
UÉSÔCCUPER, SE DÊSOCCUPER. vfib,
prou. Se débarrasser, se défaire de ce qui uc-
rupoit. Il est plus usité au participe.
Dksoccl'pé, ÉE. participe. Homme dé>ac-
cupa. Esprit désoccupé. Vous me trouverez dès-
occupé.
DÉSOEUVRÉ, l^E. adj. Qui n'a rien à faire,
quiucsnitpoiiils'orruprr. /m visited'unhommt
désœuvré est fatigante. Il est tout désœuvré. Lt
Umps pèse au.c gens désœuvrés.
DKSOEUVRI'.MENT. s. m. État dune [«r-
sonne désœuvrée. // passe sa rnedaiis le dcœit-
yrement.
DÉSOLAîiT. ANTE. adj. Qui désole, qui
rause une grande alBiclion. Ce que vouî dito*
là est désolunt. Une nouvelle désolante.
DÉSOLATEUR. s. m. Qui désole, qui m-
vago, qui détruit. Ce Conquérant fut le dé:iol*-
Icur de l'.isie.
DÉSOLATION. s. f. Ruine fntiêrc, destruc-
tion, lïonible désolation. La peste a causé une
grande désolation en ce Pays-là. C'est une di-
•iolation.
Il signifie aussi, Exirêmc a(Biction. Cette
nouvelle Va mis dans une grande désolation.
Toute cette famille est dans une extrême dôso.
lation,
DÉSOLER, v. a. Ravager, ruiner, déir:iire.
Désoler un Pays, une Province.
11 signifie aussi .C:iuser une grande .imirii»».
La perte de ce poré.^ nie désole.
Eu parlant De la supériorité, de rnranUj»
DES
tju'uuc pcrsoune prend sur une autre, soil dans
une conlesl.ition . soit autrement, on dit famî-
Uèremout, cju'// le dcsole , iiu' il lu dcsuléc.
DÉSOLÉ, ÉE. pariicipe.
DÉSOPlL.VnF, IVE. adj. Trmie i\e Méde-
cine. Qui est propre à désopilcr. Il u't'st pnùn:
d'usai^c que dans cette plirase , Remède désopi-
liittf.
DÉSOPILATÏO*. s. f. Debouchemcnt de
quelque partie opik'e. Un remède excellent pour
L dêsopiiation de la rate.
DÉSOPILER. V. a. Dehourhcr, dt^truire les
obstructions, lesopilations. Il a la vate qouflée.
il la faut dêsopiler. Ces ntédicamens ont la
vertu de dêsopiler.
On dit par extension et familièrement , d'Une
chose qui réjouît, qui fait rire, qa'Elle dèso-
pile la rate.
DÉsopaK, ÊE. participe.
DÉSORDONNÉ, ÉE. adj. Qui nesi point
dans l'ordre, déréglé, qui est sans ordre. C'est
un homme désordouné dans sa conduite. l\Je~
fier une vie désordonnée. Une maison, une
Communauté désordonnée.
\\ signifie aussi Excessif. Une passion dés-
ordonnée pour lâchasse. Un appétit désordon-
ne. Une faim désordonnée,
DÉSORDON.VÉMENT. adv. Dune manière
ciésordonoée , avec beaucoup de licence et de
désordre, l'ivre désordonuèment. Il s'emploie
plus ordinairement pour signifier, Excessive-
ment. 71 aime le jeu dcsordonnémetït.
DflSORDRE. s. m. Manque d'ordre, rciner
9Cmeot, dérangement, confusion des choses qui
ne sont pas dans l'état, dans le rang , dans la
disposition où elles dcvroicnt ^'Lre. 'Voilà une
chambre, une bibliothèque en grand désordi'e.
Tous mes papiers sont en désordre. La coiffure
de cette femme est en désordre. Le désordre s'est
mis parmi les Troupes des ennemis. L'Armée
ennemie s'est retirée en désordre.
Il se dit aussi Des choses morales. Ses af-
faires sont en désordre. Le désordie s^tst mis
dans ses affaires. Il y avoït un qrand désordre
dans les Finances. L^hitendant a trouvé la
Propince en désordre.
11 se dit ausii De^ personnes qui sont dans
\e rie* et le dérèglement, /( a toujours i«écu
dans le désordre. Cette femme est dans le dés'
ordre.
J\ signifie aussi. Trouble, embarras, égare-
ment d'esprit. Il a l'esprit en désordre. Les pas-
s'Ofu méfient le désordre dans Vdme, Le dés-
ordre où la colère Va mis. Il fut surpris., et
parut tout en désordre. Il lui fit un argument
4/Hi le mit en désordre. Le désordre de son es-
prit, de ses idées, parift en ce gue...
U «iguifie encore, PiUa-e,dcg;.L Ses troupes
•ni passé sans faire aucun désordre.
DÉsoBDBE, ».- dit encore Du trouble ou de
\% dJ»«uùon qui sunicnt entre des personnes
«aies. Cette famille doit unie, un bgn- intérêt
y û mis le détordre.
On ditpoétiqiwmrnl : Désort^re lyrit/ue. Vn
b««ii disordre. Un désordre pindarique.
DtSORGAMSATlON. suhe,t. fcm. Actiou
DES
de désorganiser, ou état de ce qui est désorga-
nisé.
DÉSORGANISER. v.a.Pciruirc les organes
La même cause qui organise les corps patt la
désorganiser. Il s'emploie aussi avec le pronom
personnel. Les corps animés se désorqanisent
avec le temps.
DFsonoANisÉ, ÉE. participe.
DÉSORIENTER, v. a. l! n'est d'usage au
propre que pour signifier, Faire perdre la con-
noissance du véritable côté du Cic-l où le So-
leil se lève, par rapport au Pays où l'on est ,
ou dont on parle. Nous étions sans boussole ,
Il brume acheva de nous désorienter.
On dit en général et figurém- m. De quel-
iju'iin qui ne reconnoit plus son chemin, qu7I
est désorienté.
Il signifie figurément, Mettre un homme en
désordre , le déconcerter. // n entend gue îa
chicane du Palais • si vous voulez le désorien-
ter ^ tu-ez4e de là. Quand un homme de Pro-
vince vient à la Cour, il est tout désorienté. Il
fait le Savant j mais guand on le met sur gueî-
qiie question un peu difficile ^ on le désorietUe.
I)>:soniENTF.. EE. participe.
DÉSORMAIS, adv. de temps. Dorénavant,
depuis ce moment-et , â l'avenir. H est temps
désormais. Je suis désormais trop vieux. Je ne
sortirai plus désormais si tard.
DÉSOSSEMENT. s. m. Action de désosser.
Faites il' défossement de ce dindon, de cette carpe.
DESOSSER. V. a. ôter les os de quelque
animal potir en mettre la chair pr pMe ou en
hachis. Désosser un lièvre. Désosser un dindon.
DÉSOSSÉ, EE. participe. Lièvre désossé. Dinde
désossée. Il se dit aussi en parlant De certains
poissons dont on a ôté les arêtes. Carpe désos-
sée. Brochet désossé.
DÉSOURDIR. V. a. Défaire ce qui a été
ourdi. Il est de peu d'usage..
DÉsotnDi, lE. participe.
DESPOTE, s. m. Qui gouverne arbitraire-
ment. U se dit encore Des Gouverneurs de cer-
tains É^^ts. Despote de Servie.
DESPOTIQUE, adj. des 2 genre». Absolu
et arbitraire. Un commandement dcspotigue.
Jutonté despotigue. Pouvoir despotigue. Gou-
vernement dcspotigue.
DESPmiQUEMENT. adv. Arec une auto
rite, un pouvoir despotique. Gouverner </e$po-
tiguemcnt.
Dl'ISPOTISME. s. m. Pouvoir absolu et ar-
bitraire. Le despotisme s'introduit dans tous les
Ftats gui subsistent long-temps.
Despotisme, se dit figurément De l'autoiité
qu'on s'arroge sur les hommes et sur les choses.
Ce journaliste prétend exercer son despotisme
sur nos meilleurs Ecrivains. Ce père établit le
plus grand despotisme dans sa maison^sur tous
tes domestigues.
DESPLMATION. s. f. Terme de Chimie.
Action d'ûter l'écume qui se forme à la surface
d'un fluide.
DESPtMER. T. n. Terme de Chimie. (Jlcr
1 écume ou toute autre impureté qui a été té-
porcc d'un Uquide par 1j Ibrce du feu.
DES 4"
De.spu.me, ék. participe.
DESSAISIR, ^E DESSAISIR, y. pronom.
Relâcher, ubandonner, laisser prendre ce que
Ion avoit en sa passession, en ses mains.
QiKind on a de bons gages^ de bons nantisse-
mensj H ne faut pas s'en dessaisir. Un homme
gui se dessaisit des deniers gue l'on a saisis
entre ses mains, court risgtie de payer deux
fois.
Dessaisi , ic. participe. Je l'ai trouvé desiuin
du dépôt gue je lui avois confié.
DESSAISISSEMENT, s. m. L'action par la-
quelle on se dessaisit. Le dessaisissement des
meubles du locataire fait perdre uu propriétaire
son privilège.
DESSAISONNER. t. a. Terme d'AgricuI-
tuie. Ne pas suivre l'ordre des anoées qu'on a
accoutumé d'observer pour la culture des
terres, et eu déranger le* différentes soles, se-
mant de l'avoine où il faudruit semer du blé,
et du blé où il faudroit semer de l'avoine, et
laissant en jachères celles qui devroient être
ensemencées. Pur les baux à ferme, on défend
ordinairement aux Fermier$ de dessaisonner
les terres.
Dessaisossé, ée. participe.
DESSALER, v. actif. CHer la salure , faire
qu'une viande, qu'une sauce soit moins salée.
Dessaler de la morue, du hateng. Dessaler une
sauce trop salée. Bien des gens ont cherclté
le secret de dessaler parfaitement Veau de la
mer.
Dessalé . f.z. participe.
On dit d'Un homme, que C'est un dtssc.le,
pour dire, que C'est un homme fin, msé. U est
populaire.
DESSANGLER, v. a. Lûcher ou défaire le*
sangles. Dessangler un cheval,
Dessauglé, Ée. participe.
DESSÉCHANT, ANTE. adj. Qui dessèche.
Un vent desséchant. Vue crhalaison desté-
chante.
DESSECHEMENT, s. m. Action de dessé-
cher, et quelquefois l'état d'une chose dessé-
chée. Il a entrepris le dessèchement des marais
Je Vai trouvé dans un dessèchement qui fait
craindre pour sa vie.
DESSECHER, v, a. Rendre sec. Le grand
hâle dessèche la terre.
Il signifie aussi. Mettre h sec. Dessécher les
fossés d'une Ville. Dessécher un marais. On
dit aussi , Dessécher un étang y soit pour en
pécher le poisson, soit pour en mettre les terres
en labour.
En parlant De.s choses qui dissipent tmp
l'huniidité du [M>un)oii ou du cerveau, oirdit,
qu'£"ï/es des^^èchent le poumon , qu'elles des-
sèchent le cej'veaUy ou absolument , qu'eUei
iie.*.«éc/ient.
On dit figurément, que L'étude des sciences
abstraitcj dessèche Vesprit. On dit aussi en
termes de spiritualité, Dessécher le corur,pour
dire, Diminuer le goût de la piété.
|)E.s>KCtiEit , se dit en termes d'aOinage, et
signifie, LV-sonir le plomb et l'élain d'avec U
cuivre qui a servi i l'affînâge. On dcss<che aus4l
5i.
4l2
DES
les pleine» d'argent en les faisnnt pnsser au feu ,
pour faire évaporer le mercure où Ton auroir
pu les tremper , afin de les rendre plus p<'
sftiircs.
Desséché, ée, participe. Des marais Jcsse-
f/iéï. Une poitrine flesséchi'e. Un homme des-
séché.
DESSRFN. s. ni. Intrnlion de faire quelque
chose, projet, rcsoliuion. Beau dessein. Grand
dessein. Dessein généreux, noble ^ extraordi-
naire, ntechantjpcrntcienx, bizarre, etc. Faire
un dessein. Formi:r un dessein. Avoir dessein.
Faire dessein devoyatjer. Changer de dessein.
Cacher son dessein. Exécuter ton dessein. 7i
ne va pas là sans dessein. Il y va avec dessein.
Il a du dessein. Il y a du dessein à cela, il y a
là du dessein. Il est v^nti dans un bon dessein,
dans nn mauvais dessein j à mauvais dessein.
Avoir de grands desseins. Venir à bout de se?
desseins. Renvaserj traverser^ ruiner les des-
seins de quelqu'un. Il est là dans le dessein df
faire... ht dessein de l'armée e^t d'aller en tel
lieu. Le dessein en est pris. Eventer le dessein
des ennemis. Les ennemis ont dessein sur telle
Place. Il y est allé de dessein prémédité. Il a
entrepris cela de dessein formé.
Desîkin , se prend aussi pour Le projet, le
plan d'un ouvrage. Le dessein d'un PoëmCy
d'une Tragédie, d'un tableau.
A DESSEIN, adv. Tout exprès. Je Vai fait à
dessein. Je ne Vai pas fait à dessein ^ Je l'ai fait
sans dessein.
U an mot aussi n\oc Tinfinitif d'un verbe,
précédé de la particule de. Il va là à dessein
de lui parler.
\\ s'emplnîe aussi avec la particule que, de-
vant le subjonctif. Ce qu'il en dit, c^est à des-
sein que vous en fassiez votre projit.
DESSEIN, s. m. Ternie d'Art. Voy. Dessis.
DESSF.l.LER. v. a. Ôter la selle de dessus
un cheval. Ce cheval a trop chaud, il ne faut
pas le desseller sitôt.
Dessellé, ée. participe.
DESSERRE, s. f. U n'est d'usage qu'c?
cette phrase, Être dur à la desserre, pour dire,
Avoir de la peine à donner de l'argent, i payée.
U est du st\le familier.
DESSERRER, v. a. Relâcher ce qui est serré.
Cette ceinture vous serre, desserrez-la. Desser-
rer un lien, un nœud.
Desserrer les dents à quelquUin, C'est lui
fjire ouvrir par force les deux mâchoires, lors-
f|ue par convulsion ou autrement, il les tient
extrêmement serrées l'une contre l'autre.
On (lit figurcment et faniilitremcnt, qu'f/nc
personne n'a pas dessa-ré les dents de tout le
jour ^ qu'on n'a pu lui faire desseirer les dents,
pour dire, qu'EUe n'a pas dit un mot,qu"on
n'a pu loblif^er à parler.
Un dit, Desserrer un coup de pied, un coup
de fouet, un sou jP et y pour dire, Donnrr un
coup de pied, un coup de fouet, un soufllet
avec violence. Il est familier.
Desserji^, Ée. participe.
DESSERT, s. m. Le fruit et tout ce qu'on a
accouiiunô de servir 5 t«bl« avec le frui^ On
DES
avoit apporté le dessert, du dessert, un bon
dessert. Ou dit plus rommuncment , Le fruit.
Va ancien proverbe dit, Entre Piîques et la
PentecolUe y le dessert est une croûte.
DïiSSEBTE. s. f. Les viandes, les nicls
qu'on a desservis, qu'on a ôtés de dessus la
table. La desserte de la table du Roi se porte
au Cerdeau. Donner la desserte aux valets,
iiuoc pativres.
Desseïïte, se dit aussi , en parlant Des fonc
lions qui sont indisnensablemcnt attachées au
service d'une Cure, d'une Chapelle. H ne se dit
guÎTC que Du service que rend à une Église un
Prêtre commis h la place du Titulaire. Com-
mettre à la desserte d'une Cure, d*une Cha-
pelle. Il a tant pour la desc*erïc de cette Cha-
\'eUc.
DESSER'I'IR. V. a. Dégager une picrri? pré-
cieuse, une pierre gravée, un porti'ait, de ce
qui les retient dans ime monture de métal.
Desseuti, ie. participe.
DESSERVANT, s. m. Celui qui dessert un
Bénéfice à la place du Titulaire. Ou a nommé
un l'esservant d cttte Cure.
DESSERVIR. V. a. Ôter, lever les viandes,
les plats dcdessusla table. Desse;-fC3 les viunde5.
A-t-on desservi la viande du Roi? Et absolu-
ment : Desservez. On a desservi.
DESSEnvin , signifie aussi, Nuire à quel-
qu'un, lui rendre de mauvais offices. 7/ a fait
tout ce qu'il a pu pour me desservir. Il vous a
desservi auprès d'un tel.
DFssEnvin , en parlant De certains Bénéfices,
Biguifie, Acquitter les charges qui y sont îndis-
pensablement attachées. Desservir une Curr.
Faire desservir une Chapelle. L Eve que a
commis un tel Prêtre pour desservir une telle
Eglise en Vahsence du Curé.
Desservi, ie. participe.
DESSICCATIF, IV E. adj. Terme de Méde-
cine. Qui a la vertu et la force de dessécher.
Eau dessiccative. Un onguent dessiccaiif. Cette
herbe a une vertu dessiccative. On appelle en
Peinture, /fui/es dessiccaltVes, Certaines huiles
propres à faire sécher les couleurs.
DESSICCATION, s. f. Terme de Chimie.
Opération qui consiste h enlever ù des substances
l'eau ou l'humidité qu'elles contiennent,
DESSILLER, v. a. Ouvrir. Il ne se dit qu'en
parlant Des yenx ef des paupières. Ses pau-
pières étoicnt tellement collées ensemble, qu'on
a eu de la peine à les destiner. ( Quelipies Au-
teurs écrivent Décillcr, parce que ce mot vient
de Cil. )
On dit figurément,Dessi/ïcr les yeux àqiteî-
ipi'un, puur dire, Le déironii«'r, le désabu>er
sur quelque chose, lui faire voir clair sur quel-
pie chose dont il ne s'apcrcevoit pas.
Dessillé, ée. participe.
DESSIN, s. m. Terme d Art. Il se dit De la
représentation d'une ou de plusieure figures,
d'un paysage , d'un morceau d'Architecture, etc.
soit nu crayon, soit h la plume. Un porte-
feuille plein dt beaux dessins^ Des dessins de
Raphaël, du Guide, de Jule Romain, Des des*
sins de Calot,
DES
11 K prend oussi pour L'art qui enseigne i
l)ien faire ces siirles de rcprcsenlalions. Et dans
ce sens on dit, Montrer le dessin ^ nppreudre le
dessin , jiossàler bien le dessin.
On dit, Les arts du dessin, pour désigner
Les arts dont le dessin fait la partie essentielle,
comme la Peinture, la Sculpture, etc.
Il se dit aussi Delà simple délinéation et dcj
contours des figures d'un tableau. Dessin cor-
rect, exact. Le coloris de cev figures est bien
i^ntendu, mais le dessin n'est pas correct. Vn
Peintre (jiii entend bien le dessin, ijui excelle
dans le dessin.
11 se prend «ussi pour Toute l'ordonnance
d'un tableau. Le dessin de ce tableau est beau ,
mais il est mal erêcutê.
Dessin, se dit pareillcineul, en pariant Du
pian d'un biUinjent. Fuir.; fiire le dessin d'un
hûtimeni par un habile Architecte. Son Archi-
tecte lui a fait voir plusieurs dessins pour la
maison au il veut butir.
DES.SIN.U'KUR. s. m. Celui dont la pro-
fession est de dessiner. Bon Dessinateur. Grand
Dc.«inriti'ur. Mauvais Dessinateur. Dessinateur
correct. Ce Peintre est bon Coloriste, mais il
n'est pas De.«ina(ei<r, pour dire, qu'il n'est pas
bon Dessinateur.
C'est aussi l^e titre d'une Cliar(;e et d'un
emploi ; et c'est dans cette acception qu'on dit :
Dessinateur du Roi. Dessinateur pour les Bal-
lets, pour les jardins^
DESSINER. V. a. Faire le premier Irait d'un*
figure, ic Titien n dessiné cette jigurc.Defsiner
hardiment , correctement.
Il se dit aussi De tout ce qu'on représente
sm" le papier avec le crayon ou avec la plume.
Dessiner une ftqure d'après nature, Des.-iner
un paysat^e^ le dessiner de fantaisie. Dessiner
d'après lantiijuc. Dessiner une tète. Dessiner
une main.
Dessiné, £e. participe. L'ne figure bien des-
sinée.
DESSOLER. V. a. Ôler la sole. Dessaler un
cheval, un mulet, etc. Ce cheval a pris un clom
lie rue, il a fnllu le dessoler,
llEssoLKn, sinnific aussi, Dessaisonner .
i:hanj^ei l'ordredes solcsd'iine terre labourable.
// n'est pas permis à unFcrmier de dessoler les
terres de sa ferme,
Dessolé, ée. participe.
DE.SSOUDER. v. a. Ôter, fondre la soudure.
Dessonder les branches d'un chandelier.
Il se joint le plus souvent avec le pronom
personnel Le fer-blanc se dessoude fictlement
au feu.
Dessoudé, ée. participe.
DE.S.SUÛLER. T. act. Faire cesser l'ivresse.
On prétend auc la soupe à l'oqnon dcsjoîîle
et'n.x aui ont trop hu.
Il est aussi verb. neut. , et signifie, Cessnt
d'être ivre. Il ne dMsoùlc jamais. U est po-
pulaire.
Dessoiié, ée. p.irticipe.
DESSOUS. m\v. de bcu . qui sert ."i marquer
La situation d'une cbose quifstsous une autre.
Voyei sur la table , cherchez dissut uu ilesfouj.
DES
On le chachoit sur le Ut, il étoit âessouf;. C-
dessous ait. Comme on vara c'i-^cssous.
Il est quelquefois employa comme préposi-
tion, el i\-^u't^e , Sous. J'ai cherché inutilement
dessus et dessous le Ut. On Va pris par-dvssous
let hras. On a tiré cela de dessous la tahle.
Dessous, est quelquefois subsumiif, et si
grffie , La partie de dessous d'une chose. Le
dessous d'une tahle , d'une étoff'. Voilà le
dessous. Le dessous est plus beau (jue le dessus.
On appelle Le dessous des cartes, La partie
colorée des cartes qui reste caclice quand on
donne ou qu'on coupe. Il est maladroit; (juand
il donnCf il montre le dessous des cartes.
On dit fij-urémenl et famili» rement , Voir,
savoir le dessous des cartes, pour dire, Aper-
cevoir, connoitre les ressorts secretsd'unpafraire.
d'une intri;^ue. Il en sait là-dessus plus quun
autre, il a vu le dessous des caries.
On dit aussi, Il y a dans cette affaire un
de&sous de cartes; ou absolument, un dessous.
On dit fi;^urrment, qu'L'n homme a eu k
dessous, qu'on lui a donné du dessous en (juel-
aue affaire, pour dire, qu'il a eu du dcsavan-
Au-DEssocs. Préposition de lieu et d'ordre.
Plus bas. Ce villa ne est au-dessous de Paris,
par rapport au cours de la rivirre. Être assis
au-dessous de qnelqu^un. Etre Ioqc au-dessous
de quelqu'un.
On dit îi la mer, qu*Un vaisseau est au-des'
mus du vent d'un autre vasssenu , pour dire
que Cet nuire vnîsseiu a le vent sur lui.
On 3it fi;;urement, quT'n ^omme est au-
dessous d'un autre en mérite^ en dignité^ en
qualité^ en richesses, etc. pi^ur dire, qu'il lui
est inférieur en toutes ces choses", et qu7l esl
au-dessous de sa place, pour dire, qu'il n'est
pas en état <le la b!cn remplir.
On dit fiEuremcnt , quTne chose est au-
dessous de t^iielquun, pour dire, qu'elle n'est
pas dign^ de lui. 71 ne veut point de cet eni'
ploi, il le croit trop au-dessous de lui.
Au-dessous , pris figurément , signifie
Moindre, selon un certain onire, soit lie nom-
bre, soit de durée. Les Romains enrôlèrent
tous i*î hommes au-dessous de cinquante ans.
Tous les nombres au-dessous de dix. Il est au-
dessous de tjente ans. Les plus a1-cicns titres
qu*il produit sont au-dessous du quatorzième
mècle. Tout ce qui est au-dessous de mille livres.
Au-dessous, s'emploie :iuasi adTcrbnlcmeut
et sans régime, et dims cette acception il ne se
dit guère que dans les phrases suivantes : Tous
les locataires qui étaient Ivjés au-dessus de lui
et au dessous. Ilirode fit tuer tous les enfnrjs dt
^Jge de deiLT ans et au dessons.
pAD DESSOCS. Préposition. Sous. Par-dessotis
lu table, par -dessous (puire. Il esl aussi m'-
Twbe. Prcnez^te par-dessous.
OESSrS. adTfTl>e de lieu, qui sn-t îi mar-
quer La aitu.ilion d'une clio»* qui est sur une
autre. Ce qui est 'ous la tahle mettez-le dertiis.
Cela est dessu*. Il nest ni dessus ni de*font.
Q est aïKii employé comme préposition.
Utéc cclu de dtuus le buft. Il n'est ni dessus
DES
ni dessous fa tahle. Il uvoit deux pieds d'eau
I ' par-dessus la tête.
Dessus, est aussi substantif; et alors il
si;;iuGe , Le Heu supérieur. Les corps les plus
légers prennent le dessus. Dans ce corps- de-
loqis, un tel occupe le dessus, et moi le dessous.
Le dessus de la main. Le dessus de la tête. Le
dessus d^une table. Le dessus d'un livre. Le
'essus d'un pain.
Dessus, se dit figurément De quelque avan-
taï^e remporte. Aous avotis eu le dessus dans ce
combat.
On die figurément De quelqu'un dont la
santé a été long-temps languissante, et qui se
rétablit, qu7/ commence à prendre le dessus.
La maladie a été violente, mais la nature a pris
le dessus.
On appelle. Le dessus, La s-iscription, l'a-
'resse d'une lettre ou d'un pnquet de lettres.
Mettez le dessus de cette lettre. Il ouhlioit de
mettre le dessus à cette dépêche.
En termes de Marine, Gagner, prendre h
dessus du i^ent , être au-dessus du l'ent, C'est
^c pincer ou demeurer entre le lieu d'où le vent
souffle, et le vaisseau sur lequel on prend ou
Ion conser\c cet avantage.
Dessus, signifie, en termes de Musique, La
partie qui est la plus haute, et qui est oppost-c
.'i la basse. La busse de cet air me plait fort,
mais je n'en aime pas le dessus. Premier des-
sus. Second dess'is. On dit d'Une personne qui
chante le dessus, que C'est un dcsstis., un beau
dessus , un bon dessus. Et on appelle Dessus
de viole, dessus de violon ^ La viole ou le
violon sur quoi on joue le dessus. On le dit
5ussi De la personne qui en joue.
Paîi-de^sus. Préposition. Sur, au-delà, par-
Jclà, outre. // porte un flros manteau par-Jes-
sus snn juj'taucorps. Par 'dessus les murailles.
Je lui ai donné die pistoles par-dessus ce que
je lui (îevois. Il est riche, il est jeune, et par-
dessus cela il est sage.
En parlant d'Un grand embarras d'afifaires,
DU dit figurément et familièrement, qii'On en
a par-dessus les yeux^ par-dessus la tète.
On dit aussi proverbialement et figurément
d'Une chose qu'on a achetée trop cher, que
C''c5/ l'avoir achetée, V'ivoir payée par-dessils
les maisons. Et en voulant finir un conte qui
n'c point proprement de fin, on dit provcrbia-
kracnt et figuré/nent , Je jetai mon bonnet
par- dessus les moulins, et je ne sais plus ce
qu'il devint.
On dit proverhinlement et populairement.
Pardesrus l'épaule, pour dire. Point du tout
Il l'a payé par-dessus l'épaule.
Il est au'i.'i adverbe*. On lui a donné ce qu'il
demandait , e( quelque close encore par-dessus.
On Tppelle Par-dessus de viole, Un inslru-
monl plus petit que la viole, et qui monte plus
tiauL
Ac - DE^si'î. Préposition. Plus haut qu'un
rulre lieu, qu'rin nuire corps. Ju-dcssus de
deux. Au-dessus de la montagne, .lu-des^^ii^
les nues.
Il signifie aussi Par-delà. Ma est au-dessus
DES ^3
^ de ses forces, au-dessus de son qénie. Ce pro-
dige est au-dessus de la nature.
Ou dit figurément, quTn Aomme w( au-
dessus de ses affaires, pour dire, que Sa fortune
est bien établie, et qu il a plus de bien qu il
n'en dépense.
On dit, qu'l/n homme est au-dessus da
louanges j pour dire, qu'il n'y a point de
louanges qui égalent son mérite, ou qu il n'est
point touché des louanges.
On dit encore, qu'l/n fiomme est ou-desstu
de la calomnie, au-dessus de Venvie, pour dire.
'jue La calomnie, que l'envie ne lui peuvent
nuire.
En parlant De la fortune et des aflfaires de
quelqu'un, on dit, <]u'// est au-dessus du vent,
pour dire, que Ses -ifTaires sont en si bon âtat ,
qu'il n'a plus rien h craindre.
On dit aussi d Un lionuïie qui ne se met
point en peine de tout ce qu'on peut dire, qui
ne se soucie point des bienséances du monde,
qu'// s'est mis au-dessus de tout ce qu'on peut
dire de lui, qu'/i s'est mis au-dessus des bien-
séances, qu7I s'est mis au-dessus de tout.
Il est quelquefois adverbe. Il occupe le pre-
mier étage, et ses domestiques logent au-dessus.
LÀ-DESSUS, pour dire, Sur cela, 5 ces mots,
dans le moment, etc. Là-dessus il nous quitta.
DESTIN, subsl. m. Fatalité. Les Philosophes
Païens appeloient ainsi L'enehaincment nécca-
saire et inconnu des événemens et de leurs
causes. Destin irrévocable. Destin immuable.
Et les Poètes entendoicnt par-là L^ne puissance
ïi laquelle les Dieux mômes ctoJenl soumis.
L'ordre du Destin. L'arrêt du Destin. Le Uvre
du Destin.
Les Poètes disent paiement, Destin et Des-
tins. Le Destin ennemi, les Destins favorables.
Destin, se prend aussi pour Le sort parti-
culier de chaque personne, ou de chaque chose,
rt pour ce qui arrive aux hommes, indépcn-
domment de leur volonté, de bien «»u de mal.
On ne peut fuu- son destin. C'est le destin des
grands hommes. C^est le destin des arands
Etats.
DESTINATION, s. f. L'emploi d'une per-
sonne ou duce chose pour un objet ou un
nsage déterminé. La destination des deniers.
Suivant la destination qui en avoit été faite.
Remplir sa destination.
On dit, Se rendre à sa destination, pour
dire. Se rendre au lieu où l'on est appelé pour
remplir qnet>{ite$ fonctions. La destination de
cette escadre est pour l imcrique. La flotte est
arrivée à sa destination.
Il s*emi>lnie aussi dans le sens actif. On ne
doit pas changer la destinati'm des Fondateurs.
DESTINÉE, s. f. Destin. 11 en plus en usage
en pros'" que Destin ; el il se prend souvent
pour Icflet tlu Destin. F*ilaïcdcjlinée. Le cours
des dc.'-tinées. Heureuse ou m^il/ieurcuic des-
tinée. Remplir ses destinées. Les caprices des
Ron font les destinées des peuples.
On dit mmmuncment , qu'il faut suivre sa
deî'i'u'c, qu'on ne peut ftir, qu'on ne peut
vaincre sa destinée.
4«4
DES
On dit, finir sa destinée^ pour dire, Finit
M vie.
DESTINER. V. a. Déterminer la destination
d'une persoune ou d'une chose. Il a destine ccl
argent pour acheter une maison. H " desUm
oei argent aux pauvres, ou pour les pauvres.
Destiner ses enfans à VEghse.
OtSTiNEn, se prend (juclqnefois au neutu,'.
pinir signifier Projeter, avoir dessein, se pro-
poser de faire cjuelque chose. J'ai destiné de
faire un voyage.
Il s'emploie avec le pronom personnel. Il st
destine au Barreau, à la Guerre, etc.
Destiné, ée. participa.
On dit, qu'L'fi liommc étoit destiné à une
chose, pour dire, <pie Son destin l'y portoit.
Cet Itomme étoit de.'^tine à une grande fortune.
Un homme destiné au.x grandes choses. Il se
dit anssi De^ choses. Un lieu destiné aux jeux
e4 aux ris, pour dire. Préparé.
DESTITUABLE. adj. des 2 penr. Qui peut
être destitué. Officier destituable. Ofjicicr non
deâtituahle à volonté.
DESTITUER, v. act. Déposer, ôtcr, priver
quelqu'un de la charge, de 1 emploi, ae la fonc-
tion qu'il exervoit. Z)cslituer un Officier. On
Va destitué de son emploi^ de sa commission.
DE-sxrrt'É, ée. participe.
On dit, qu'(/n homme est destitué de tout
aecours , pour dire, qu II m.intjue de tout se-
' cours. Destitué de bon sens, de raison, etc.
DESTITUTION, s. f. Déposition, privation
d'une cliarge, d'un emploi, d'une conmiîssion
Depuis sa desfitutio/i , il ne se miile de nen.
DESTRIER, s. m. Vieux mot qui sif^nifioil
un cheval de main, de batailtc. Il étoit opposa
û Palefroi .> qui ctoit un cheval de cérémonie.
Di::STRUCTEUR. s.ibst. maso. Celui qui
détruit. Les Grecs furent les destructeurs de
Troie.
Il se dit aussi De ceux qui rompent, qui
bri.>ieut et qui font du ravage dans une maison,
* dans un village, dans une ville, etc. hes, soldats
et les valets d'année sont de grands destruc-
leuis.
U se dit aussi figuréracnt. Cet homme a été
le destructeur de sa maison par ses folles dé-
penses. Ce Prince a été le destructeur de
VHérésic
Il se prend aussi adjeclivemeut. Un animal
destructeur. On dit lif;uréuieut , Un système
destructeur.
DESTRUCTIBILITf:. s. fém. (^>ualité de ce
qui peut êtro détruit.
DESTRUGTir, IVE. adj. Qui drtrult,qui
«ia<e la destruction. Principe destructif. Cause
destructive. Doctrine destructive d« toute mo-
tale.
DESTRUCTION, s. f . Ruine totale. La des-
truction du Temple de Jérusalem. La destruc-
tion de Carthagc.
U se dit figurtimeiu Ds plusieurs choses. La
(fcjtrurtion d'une famille. La destruction d'un
Etat. Cela a cause la destruction de cette Pro-
vince. La mauvaise conduite des f^res amène
Il destruction des familUs. Travailler à la dcs^
(rtc.i'on de Vlîcré.^ie, dc^ Hérésie-^. Ces maxime^
tendent à la destruction de hi morale.
^ DÉSUÉTUDE, subst. f. (On prononce le à
comme s'il étoit double.) U se dit Des Lois,
Kè{;lemiiis, etc. qui sont en quelque manière
anéantis par le non-usage. Cette Loi est tombée
en désuétude.
DESUNION, s. f. Séparation des parties qui
ronq>oscnt un tout. Il ne s'emploie guèn' qu'an
figure pour Mésintelligence, division. La divci-
•iité d'intérêts cause la désunion. C'est ce (pii a
mis la désutiion dans la famille.
Il signifie aussi Démcnibrcment ,disjon(ii'ui.
La désunion de ces deux Prébendes^ de ces
deux Cures, de ces Charges, de ces Fiefs.
Sentence ^ Arrêt de désunion. Bulles de dés-
union.
DÉSUNIR, v. a. Disjoindre, séparer ce qui
étoit uni. Désunir un Fief d^une Terre. Dés'-
unir un Prieuré d^une Cure. On ai'oit uni ces
deux Charqcs, on veut les désunir.
Il signifie figurémcnt, Rompre la bonne in-
telligence, l'union qui est entre des personnes.
C'est Vinlérêt qui unit et désunit les Princes.
Travailler à désunir les factieux^ à rompre
leur liquc. S'ils se désunissent , ils sont perdus.
DÉSUNI, t£. parlicipe.
On dit, en termes de Manège , Un cheval
désuni j pour dire, Un chcviil qui traiue les
hanches, qui galope ii (nn\,
DET
DÉTACHEMENT, s. m. État de celtû qui
est détaché d'une passion, d'une opinion, tWiv
sentiment, de tout ce qui peut trop attacher
l'e-^prit et le cœur. Être dans un entier déta*
chcment de toute espèce d'intérêt. Être dam
un parfait détachement des choses du monde.
DÉTACHEsiEST, en termes de Guerre, se dit
D'un certain nombre de gens de guerre qu'on
tire d'un corps plus considérable pour quelque
dessein. Faire un détachement de mille hommes.
Il commandoit ce détachement. Être d'un dé-
lâchement.
DÉTACHER, y. a. Ôter les taches. Détacher
un habit. Liqueur qui sert à détacher. Pierre à
détacher.
DÉTACHER, v. a. Dégager une pcrsonnf
ou une chose de ce qui railachf)it. Détacher
un forçat. Détacher un chien. Détacher une
tapisserie. Détacher un tableau. Détacher h
fruit d'un arbre.
Il signifia aussi Oter, défaire ce qui sert à
attacher. Détacher une épingle. Détacher une
agrafe. Détacher un ruban.
DÈTACHicn , prend quelquefois le pronom
personnel, et dans cette acception il se dit tant
des choses attachées, que de celles qui servent
à les attacher. Vne jarretière qui se détache.
Votre manteau se détache. Vn pignon qui
commence à se détacher des deux murs, Vn
ruban qui s'est détadtê. Vn clou qui va se dé-
tacher.
DÉTACHEn, *e dit en parlant Des aflairca
^ qu'on sépiire de celles avec lesquelles elles sont
ioûitcft vt fuut en quelque sortv un m^me corpti
DET
/)éï(ic/ier une Ferme du nouveau bail d uite
Terre. Ce Traitant a détaché une telle afjuirv
de son traité.
Il se dit en parlant Des troupes qu'on tire
d'un corps d'armée , des soldats qu'on tipe
d'un rf'îgimeut , d'une compagnie , etc. pour quel-
que dessein. On détaclia mille chevaux pour
investir la Place. On détacha tant d'hommei
par régiment, par compaqnie. Détacher des
Coureurs. Deux Cavaliers se détachèrent pour
faire le coup de pisto/e(.
On dit, qu'C'n Prévôt a détaché des Arcko'i
après des i^oleurs, pour dire, qu'il a envoyé
lies Archers après eux pour les prendre.
DÉTACHER , se dit figiu-ément en parlant Des
engagemens, des occupations, des passions,
des alîectiuns qu'on quitte après. y avoir été
long-temps attaché. On ne saurait le détacher
de cet engagement. Détacher son ^rprit d'une
opinion, d'un système j d'une pensée. Dans
cette acception , il s'emploie aussi avec le pio-
nora personnel. /? s'est détaché de la passion
qu'il avait. H s'est détaché peu à peu de cette
femme. Se détacher du jeu. On dit, Se détacher
du monde , pour dire , Se dégager des choses du
monde.
En termes de guerre et de marine . Se dé-
tacher, signifie, Se séparer. Ces rSgimens se
détachèrent du corps d' armée. Ces vaisseaux ss
détachèrent de la (lotte.
DÉTACHEn, en termes de Peinture, C'est
tlonner de la rondeur aux objets d'an tableau^
it en faire apercevoir les contours.
DÉTAciic. KC. partîfipc.
< Jn appelle en termes de iôrlification , Pièces
détachées, Celles qui ne tiennent point au corps
de la Place.
DETAIL, s. m. Terme de Commerce, en
parlant De marchandises. On ne s'en sert guère
qu'en cette façon de parler adverbiale : £n dé-
tail. Vendre en détail, débiter en détail^ pour
dire , Vendre, débiter par le menu , au poids,
à l'aune, à la petite mesure. Il est opposé ù
vendre en gros. Marchand en qroseten détail.
DÉTAIL, en parlant d'afiairc. est daas le
récit qu'on fait de quelque chose, signifie,
tout ce qu'il y a 'de circonstances et de parti-
cularités dans l'aflàire dont il est question. Il
TOUS a fait un long détail, un qrand détail^
un détail bien exact de cette affaire , du siège
de cette Ville. Il nous a raconté cette histoirt
fort en détail. Il a donné au publu une rela-
tion de cette bataille, avec un détail exact des
circon^tunres. Il nous a fait un lonq et en-
nuyeux détail de... Je 1-ous raconterai V affaire
en qros sans entrer dans le détail ^ sans àts-
ccndre dans le détail. Entrer dans des détails
ennuyeux. Tous ces détails-là ne eervent de
rien. Rien ne plait tàint dans les rcliitions, que
les détails, quand ils sont faits avec choix.
On dit, qu'l/n/iommccnïcndïc détail, qu'il
est homme de détail^ P*^'^ dire, qu'il ne lui
échapjpe rien des circonstances, des particula-
rités d'une aflàire, qu'il étend sa counaiisancc
jusqu'aux moiiulrcs chose» qui regardent les
affaiiïs dout U M mêU.
DET
DÉTAILLER, v. a. Couper en pièces. Dé-
tailler un boeuf, un mouton à la boucherie.
Il ee dit principaleinint De certaines chose»
qu'on partage par petites poitions , et qu'où
dKtribuc par le menu. Il n'a jm vendre ses
marchandises en gros, il a été contraint de les
détailler.
On dit aussi, /)é(ui//tT une noui'elle, pour
ilire, La raconter, la débiter avec toutes sca
circonslanees.
DÉTAILLÉ , ÉE. participe.
DÉT.iILLEUR. s. m. Terme de Commerce.
Marchand qui vend en détail. Il est opposé à
Marchand grossier ou en gros.
OÉTALAGë. subst. œasc. Action de dé-
isler.
DÉT.\LER. t. a. Ôter. resserrer la mar-
chandise qu'on a\*oit étalée. Cerïui'nj Mar-
chands éttilcnt leurs marchandises le matin, et
les détalent le soir.
Il se met aussi absolument. /^a /ôi're estante,
les Marchands ont détalé. Le Commissaire les
a fait dctaler,
II signifie figurément et populairement , Se
retirer de quelque endroit promptenunt et
malgré soi. Quand il sut tjue j'allais à lui , il ne
in'attenJit pas, il détala bien înte. Je le ferai
bien détala-. Comme il a détulé ! E&alor$ il est
neutre.
DÉTALÉ , ÉE. participe.
DRTALI^GLER. y. d. Ternie de Marine.
Oter le cMc d'une ancre.
DÉTEIUDRE. v. a. Faire perdre la couleur
A quelque chose. Le l'inaitjre déteint les étoffes.
Le Soleil dête:nt toutes les couleurs.
Il s'emploie avec le pronom personnel. Une
couleur (jui se d^-teint aisément. Ces draps-là ne
K déteignent point.
DÉTEiîiT, EiNTE. participe.
DÉTELER. V. a. Je dételle. J'ai dételé. Je
détellerai. Détacher des chevauT ^ui étoient
attelés. 11 se dit Do toutes les bêles qu'on attelle
Un Cocher (jui dételle ses chevaux. Vn LaboU'
reur qui dételle ses btrufs.
On le dit aussi absolument. Dételc%. Il n'a
pas encore dételé.
DÉTELÉ, ÉE. participe.
DÉTENDRE, v. a. Relâcher ce qui étoit
tendu. Détendre une corde. Détenibe un arc.
Détendre un ressort.
On dit encore. Détendre une tapisserie,
p«ur dire, L'ôter du lieu où elle ctoit tendue.
Et dans un sens à peu prts pareil, Détemlrc
un lit, détendre une tente. El on dit aussi. Dé-
tendre une chambre , détendre un appartement.
pour dire. Détendre les tapisseries, le bt et les
autres meubles d'une ctiaiid>re , etc.
DtrrENDiic, se dit aussi alisnlumenl . soit en
parlant D(5 tapisseries tt des chambres qu'on
détend, comme : On a détendu dans toute h:
maison; on détend dans toutes le» rues quanii
le Saint Siu-rcnient est passé; soil en parlant
l>«» tentes ei .bt p iTilloni qu'on détend quand
une année ilév.iniiH-. On avoitdéjà détendu dans
Ivul le camp.
Og dit rijurémenl, Pélenilre ton esjrit,
DET
pour dire . Se reUclier rcsprit après des occu-
patious qui demaDdoient trop d'attention. i '
Detfndu, tE. participe.
DETENIR. V. a. Retenir injustoment, rete-
nir rc qui n'est pas ^ soi. Détenir le bien d\tu-
trui. Ceux qui détiennent les effets dune suc-
cession.
On dit, Détenir que^u'un en prison^ pour
dire, Le nicltre, le retenir en prison, soil jus-
tement, soit iniuslPinent.
DÉTENU , UE. participe. Il se dit d'Un homme
ou arrêté en prison , ou malade au lit. Il eit
di'tenu en prison. Il est détenu prisonnier. Être
détenu au Ut,
DÉTENTE, s. fcm. Petite pièce de fer ou
d'acier qui sert au ressort des armes à feu pour
tirer, pour faire partir le coup. Le pistolet est
bandé, ne touchez pas à la détente, le coup
parttroii.
Il se dit au.ssi De l'action qtie fait celte sorte
de ressort quand il vient à se détendre. // est il
craindre que ce ressort ne serompeà la détente.
Un fusil qui est dur, qui est fort, qui est aise
ù 1(1 détente.
DÉTENTEUR. TRICE. s. Terme de Pra-
tique. Celui, celle qui tient, qui possède un
héritage. Léqitime détenteur. Injuste détenteur.
Fuites assinricr les détenteurs de ces iéritaqcs-
là. Elle a été condamnée comme détentrice des
biens de la succès: ion.
(Jn appelle Tiers détenteur. Celui qui est
acluellenicnt en po.ssession d'un bien qui avoit
été liypotliéqué ù un autre par celui qui le pos-
sédoit auparavant.
DÉTENTION, s. f. L*état d'une personne,
d'une chose arrèle'e et saisie par Justice. Depuis
sa détention. Àpiés une lonque détention, ha
détention d'une personne en prison. La déten-
tion d^tn hi.'.n. Une détention injuste.
DÉTERGER. V. a. Terme de Médecine. Net-
toyer, emporter ce qui étoit adhèrent. Détcrner
une plaie. Deterqer les intestins.
DKTFnGÉ, ÉE. participe
DÉTÉRIORATION, suhst. f. L'action par
laquelle on détériore quelque chose , et l'élat
de la chose détériorée. Tout Locataire est res-
ponsable des détériorations faites durant son
bail. Il y a de qrondes détériorations dans
cette teiTCf tout y esl dans une étranqe dété-
rioration.
DÉTÉRIORER, v. actif. Dégrader, gâter,
rendre pire. Détériorer un héritage., une terre,
une maison. Détériorer sa condition. On a
laissé détériorer ces marchandises. Il ne se dii
guère qu en termes de Palais, ou en parlant
d'affaires.
lïtriniortF, ïe. participe.
DE'IT.RMINANT, ANTE. ad). Qui dctrr-
minc. qui sert j délcnniner. Ce motif est dé-
terminant. C'est une raison déterminante.
DÉTERMI> \ TUMVE. adjectif. Terme dr
Grammaire. Il se dit De inritccqni détermine
la signifiealinn «l'un mot. Duns cette phnisr .
La lumière du Stdeil, Soleil est le mot délo-
miiiatif de lumi*'re.
. DtTERMi>ATlON. «uhst. f. ï.a ivsohiUon
DKT
4i5
qu'on prend après avoir balancé entre deu\
partis. Je n'attends que sa détermination. On
lui demande une prompte détermination.
DÉTEiLMiSATios, cti tcmies de Philosophie,
est I/artîon pnr laquelle une chose égaleracHt
r;ipable de plusieurs qualités, est déterminée û
en recevoir l'une pUiiôt que l'autre. La déter-
mination de la^ynatière au ntaiwenient ne peut
venir que de Dieu.
On appelle aussi plus particulièrement. Dé-
termination du mouvefrienl , Ce qui détermine
un corps qui est en mouvement à aller d'un
côté plutôt que d'un autre. La déta-mination
du nioui'eme'it peut chanqer ., quoique la force
du mouvement demewe la même.
DÉTERMINÉMENT. adverbe. Résolument ,
absolument. // Va voulu déterminément.
Il signifie quelquefois. Expressément, prc-
ri-iément. Je vous avois marqué déterminément
ce quil y avoit à faire.
Il veut dire aussi, Courageusement, hardi-
ment. Les troupes allèrent déterminément à
l'assaut.
DÉTERMINER- v. a. Décider en matière de
Doctrine, de Jurisprudence, de Gouvernement.
C'esï un point que IT.nlise a déterminé. Le
Concile déterinina que La Jurisprudence
étoit douteuse là-dessus, mais la dernière Or-
donnance du Roi a déterminé ce qu'il falloit
jufja:
DÉTEiiMi!SEn , sif^nifie aussi , Résoudre, for-
mer une résolution, prendre une résolution. Il
a déta'miné de rebâtir sa maison, il a déter-
miné cela, dans son esprit. Vous avez l'esprit
bien irrésoh/, (iéïerrainc!>vous à quelque chose.
Je ne me détermine à rien.
Il signifie aussi, Faire résoudre. f;iire pren-
dre une résolution. Il étoit irrésolu sur le parti
qu'ildevoit prendre, cette nouvelle le détermina.
C'est moi qui l'ai déterminé à cela. Il étoit in-
décis, mais il s* est déterminé.
En termes de Philosophie, Ot*(erminer si-
gnifie, Donner une certaine (pialîté, une cer-
taine façon d'être, à ce qui de soi-même n'a
pas plutôt celle-li qu'une autre. La plupart des
philosophes tiennent que la matière est indiffé-
rente au repos ou au mt uvemcnt , et qu'il faut
une cawie qui la détermine à Vun ou à l'autie.
Qu'est-ce qui détermine ce corps à se moueotr
en liqm courbe plutôt qu'en ligne droite j'
On dit, Déterminer un mot à un sent. ■
tine si^ni/icafionf pour dire. L'employer pré-
cisément dans une telle signification, Icrejilrein-
(irc îi cette signification. Ce mot est équivoque
de lui-même, mais ce qui précède et ce qiti suit
le déterminent nécessairement au sens qu«
vous lui donnez, en déterminent le sens.
Un dit aussi , Dcïermin.T le .tticcès d'un «t-
ncment.d^une afjîiire^ d'une négociation. La
htitaille étoit dottleuse^ la valeurduGétièral en
détermina le sucrés.
DÊTEnvi^É, tp. participe.
Il c.sl nnsst adjectif; et dans cette aereption
il signifie. Oui est entièrement adonné à qiiel-
(pie chose : et c'c>t dans ce sens qu'on dît d*Un
homme qui aime cxtrémcnr nt la chass»* , îr \ra ,
arfî DET
o" li table, et qui s'y abandonne sens mena
l^eineul, avec fureur, que C'est un cfiasieur
délennhu' , un joueur ilètermini- j un hn-eui
déterminé.
Il signifie aussi Un homme liapli, coiira-
"<»ux. , et qu'îiucun péril n'cffiaie. t^" sotant
déterminé. Il s'emploie aussi sul)sl;iiitivcment ,
etsi|;nitie, Mécliant, emporté, et capable de
tout faire. H ne faut pus le ficher, c'est un dé~
itrminé. C'est un franc délerminc, un vrai dê-
Urminé. Cet enfant est un petit déterminé.
DkrtBMiNÉ, se dit aussi Des ciioses dans le
•en* de liardi, résolu. Une action déterminée.
Un air déterminé.
En Matïiemati^uc, on appelle Problème dé-
la miné ^ Celui qui n'a qu'un certain nonibn;
de solutions possible».
DETKliRER. v. act. Exluui.er, retirer un
corps de la sépulture. Sur le bruit (juc cet
homme était mort de poison^ on Vu déterré. On
a fià déterrer le corps pour le visiter.
Il signifie fif;arénicnt, Découvrir une cl)os«
qui étoit caoliéc , diîcouvrir une personne qui
ne vouloit pas être connue. Déterrer un trésor.
Déterrer un litre, une pièce authentique. Ji
ne tais oit H a déterre ce secret. Il s^étoit retirî
dans un endroii où il pensât é(^e bien ciicne,
mais on le déterra bientôt. Elle ne pensoit pat
nu'on la connût^ mais on déterra bientôt qui
elle étoit.
DÉTBnnÉ, ÉE. participe^
Il s'emploie quelquefois substantivement,
comm' t.n cette phrase, Il a le visiicjc d'un de-
term
DÉITIRSIF, Hïi. adj. Terme de Médecine
Oui nettoie. q\ii purifie. Remède détersif. Me-
decine dètersive. Il se prend aussi substantive-
ment. Un excellent détersif
DÉTESTABLE, adj. des 2 genres. Exécrable,
qui doit être détesté. Il se dit Des personnes c(
des choses. Un crime détestable. Le plus détes-
table de tous les crimes. La seule pensée en est
détestable. Il a des ma.rimes^ des opinions dé-
testables. C'est un homme détestable.
DÉTESTABLE, sc dit aussi par exagération,
De tout ce qui est très-mauvais dans son genre.
Il fait de-^ vers dètcstublcs. Vin détestable.
DÉIESTABLEME^T. adverb. Très - mal.
Chanter détetitablement. Ecrire détestablement.
DÉTESTATION. s. f. L'horreur qu'on a de
quelque chose. La dêtestation du péché. La pé-
nitence enferme une sincère dêtestation du
pèche.
DE'1*ESTKR. V. a. Avoir en horreur. Dé-
tester ses pécliés. Déteatcr son crime. Détester
les désordres de sa vie passée. On ne peut trop
délester cette action. L'infjratitudede eet homme
fait (ju'on le déteste.
Oo dit encore familièreinent , Déld-tcr sa
vie, pour dire, Maudire les misères, les mal-
Ucun» de si vie.
On dit aussi provorbialem. qu'î/.n homme
ne fait que jurer et détester, pour dire, qu'il
ne ûj( que blaspliémcr. Et alors il ekt Jicutre.
Oktutk , ÉK. participe.
1-tTïRER. T. a. Étendre en tiram. Oètircr
D M T
des dentelles, uti rabat. Délirer du linq^y ii»
mouchoir de cou sur la platine. Dvtircr du
ruban. Détirer du taffetas.
DtriuÉ, Ék. participe
DÉTISKR. Y. a. Il n'est d'usage qu'en cette
phrase, Détiser un jeu, qui signifie, Lever les
tisons du feu, les éloigner l'un de l'.iutre, et les
séparer, afin qu'ils ne brûlent plus.
DÉTisi:, ÉE. participe.
DÉTONATIOM. s. f. Terme de Cliimie. In-
flammation violente et subite accompagnée de
bruit, telle que celle de la poudre i canon et
du nilre. La détonation du nitre.
DETONER, V. n. en Chimie, signifie. S'en-
flammer subitement, avec bruit. Faire détoner
du nitre.
DÉTONÉ, ÉE. participe. Du nitre détoné.
DETONNER, v. n. Sortir du ton quon doit
garder pour bien chanter. Il n'est pas matti-t
de sa t'OLC, il dctunne à tout moment. Il a Vo-
reille juste, il sent bien quand on détonne. Il
ne s'accorde pas avec les autres, H détonne.
DÉTONNE», s'emploie aussi au figuré. On dit
eu parlant dl'u ouvrage d'esprit, qu'7i y a dei
choses qui détonnent, pour dire, qu'il y a des
t•ho^es qui ne sont pas dans le ton général d«
l'ouvrage.
DÉTONNÉ, ÉE. participe.
DÉTORDRE, v. a. (Use conjugue coram«
Tordre.) Remettre dans son premier êlat cj
qui ctoit tordu. Détordez ce linqepour Vétentlre,
Détordre une corde.
Oii d\ Se détordre le pied» le hras, le poi-
gnet ^ pour dire. Se faire du mal au pied, ati
hras, au poïi^net . par une extension violente d«
quelque nerf ou de quelque muscle.
DÉTonDU, VK. participe.
DÉTORQUER. V. act Détourner. Il n'est
guère d'usage qu'en cette plirnse, Detorqucr
un passaqe, qui signifie, Donner à un passage
un sens diflTéreut du naturel, et une explication
forcée, pour s'en servir à favoriser, à établit
son opinion. Détorquer un passage pour ap-
puyer une opinion erronée.
DÉTonQLÉ, ÉE. participe.
DÉTORS, ORSE. adj. De lu soie détorse.
DÉTORSF s. f. Ternie de Chirurgie. Vio-
lente extension d'un r^U'^cle, d'un nerf ,^i se
fait par quelque accident. U s'est donné une
détorse au pied. Il a une dllorse au poignet.
Entorse est plus usité.
DÉTORTILLER. v. a. Défaire ce qui étoit
tortillé, le remettre dans le premier étal où il
fc<oit. Dctortillcz ce ruban, ce cordon ^ etc. Je
ne sais comment vous avez tortillé cela, je ne
saurais le déturtdlcr.
DÉTonTjLu: , ée. participe.
DÉTOUPILLONNER. v. a. Ôtcr les toupi\-
lons d'un oranger.
DÉTouPii.tosNÉ, ÉE. participe.
DÉTOUR, s. ni. Sinuosité. La rivière fait là
un détour, fait plusicws détours.
Il signifie aussi Un endroit qi»i Ta en tour-
nant. // y a un détour à droite, à gauche. Il
Vattendit à un détour. Le détour de la rue.
Il se dit au^t d Un cii -min (pi éIo:i4W du
DET
droit chemin. I^'allez pas pnr-M , vous prenez
un trop fj'rand détour. C'est un détour de plus
d'une Iteue, il y a plus d'une lieue de détour.
On dit fiuurénient en matière d'afiuires,
Prendre des détvurs ^ de arands détows, de
longs détours, pour dire, Employer adroite-
ment des discours qui semblent regarder une
autre matière que celle qu'on a envie de traiter.
On dit aussi, Les détours du cœur, les dé-
tours des passions-, pour dire, Les replis secrets
du cœur, les moyens cachés des passions. Sur-
prendre la vérité dans les détours du cœur,
dans les détours que suivent les passions.
n signifie aussi figurémeut, Adresse, subti-
lité, pour éluder un péril, pour venir à bout
de ce qu'on veut faire. // ni a donné d'un dé-
tour. Je connOLs ses tours et détours. Il a gagne
son procès par un détour de chicane,
DÉTOURNER, v. act. Éloigner, farter,
tourner ailleurs. Détourner quelqu'un de son
chemin. Cela vous détourneroit de votre c/i*-
min, vous en détourneroit trop, vous détour-
neroit de plus d*une demi'lieue. Le peuple croit
qu'il faut sonner les clo:hes pour détourner
l'oraqe. Détourner ï'euu, le cours de l'eau. Dé'
tourtier la vue de dessus quelque objet.
Détouhneb, s'emploie souvent avec \c pnv
nom personnel. «Se détourner de son chemin ^
se détourner du chemin de quelqu'un, H né
voudroit pas s'en détourner d'un pas.
Oa dit, Se détourner de soncheniin, ou ab-
solument, 5e détourner, pour dire, Prendre ox
i dessein, ou par hasard^ un chemin plus loni
que le chemin ordinaire. Je i^e 3ui's détourrfy
de trois Ueues pour vous venir voir. Il s^egara
et se détowna de trois lieues.
On dit figurémeut , Détourner le sent d'un
passage, d'une loi, d\tn mot, pour dire, Lui
donner une signification, en faire une applica-
tion différente de celle qu il doit avoir.
DÉTounNEn. signifie aussi , Soustraire frau-
duleiisement. Il a détourné les papiers de la
succession, il en a détourné des effets.
Il signifie figuTi incnt , Distraire de quelque
occupation. Cela ma détourné de mes études,
de mes affaires. J'ai peur de vous détourner.
Détowner quelqu'un de son devoir. Détour-
ner son esprit, sa pensée, d'un objet désa-
gréable.
Ilsignifiequelquefois figurément, Dissuader.
// vouloit vous faire un procès, je l'en ai dê-
lourné. Tâchez de le détourner de ce dessein-là,
DÉTOinsEn,en termes de Chasse, signifie,
Remarquer l'endroit où est une bête k la repo-
sée, pour la courre ensuite , la chasser. Détour-
ner un ce/f Détourner un sanglier.
DÉTOunNER. v. n. <^)uitter le droit chemto.
Quand vous 5crc2 arrivé à une aour, détour-
na à gauche.
DÉTOunNÉ, ÉE. participe
On dit. Des rues détournées . des chemins dé-
tournés, pour dire. De petites rues qui sout
peu fréquentées, des chemins écartés.
On dit figiirénu'nt,qu'l/n /lomniepicnd Jm
S chemins détournés, pour dire, qu'il se conduit
avec fincMe. Et on appelle Louange détournée
DET
Cne {oaauge dclicjii: et fiiic , qui ne s'adresse
pas ilirectciiieat à la personne qu'on a iiitcu-
tiou de louer.
DRTRACTER. V. n. JKdire, parler mal de
quelqu'un. La churilé ne veut pas qu'on dé-
tracti de son prochain. On emploie aussi c«
verbe activement.
DÉ'fRAC'l'EL'R. s. ni. Qui médit, qui af-
fc-cte de rabai.'.ser les avantages de quelqu'un,
le nuirile de quelque chose. C'est un détracteur
d'Homère, des Anciens. Les détracteurs de la
l'Itilosophie. Il ne faut pas écouter les détrac-
teurs.
DÉTRACTION, s. f. Médisance. La dctrac-
tion contre le prochain est contraire à la cha-
nté.
nÈTRA>GER. T. a. Terme de Jardinage.
Cbasser les animaux qui nuisent aax plantes,
II ^ut dt'ïrun^er les nuilots,
DÉrnASGÉ, ÉE. participe.
DÉTR.IQUER. v. a. Faire perdre à un elie-
val SCS bonnes allures, son allure ordinaii-u
Celui i^ui a monté ce cheval, Ta tout détraffué
DÊTRAQUEn, se dit aussi en parlant d'Uni
machine, d'une montre, pour dire , La déré.
jjler, (aire qu'elle n'aille plus ccmnie elle doit
aller.
Ou dit Egurcmcnt, qu'Un aliment détraqm
l'estomac, pour dire, qu'il dévoie l'estomac, t»
l'empêche de lairc ses fonctions ordinaires.
D£rnAQi;EB, se dit aussi figurément et fa-
milièrement, pour dire. Détourner d'un train
Je vie réglée, d'une occupation louable. Il /ic
faut qu'un mauvais Reliijieux pour détraque!
toute une Communauté.
DÉTnAoUEii, s'emploie aussi avec le pro-
nom persomiel ; et en ce sens on dit : Cetli
montre se détraque. Sa machine se détraque.
DÉTOAgcÉ, ÉE. participe.
Dfri'RE.'MPE. s. f. Terme de Peinture. Cou-
leur délayée avec de l'eau cl de la ijomme, el
dont on se sert pour peindre. La détrempe
s'elpice aisément avec de Veau. Ce tableau
n'est pas peint en huile, il n'est qu'en dé-
trempe.
On appelle aussi Détrempe^ Une peinture
en détrempe.
On appelle proverbialement et familière-
ment. Un mariage en détrempe, Un commerce
t riminet , sous quelque apparence de mariage.
DETIŒMPKR. v. a. Délayer dans quelque
liqueur. Détremper de ta farine avec desaufs,
i^vec du lait. Détremper quelque chose dans du
l'in blanc. Détremper de la chaux. Détremper
des couleurs. Détremper son vin dans beaucoup
d'eau.
DïTnEMrEn, signifie aussi, Ôler la trempe
A de l'acier , en le faisant rougir au fcu , et en
le laissant refroidir peu 'a peu. Détremper de
l'acier. Détremper un couteau.
DÉTSEMiÉ , ÉE. participe.
DETRESSE, s. f. Angoisse, pmndc (leinr
â'espriL 11 se dit aus«i pour Une situation mal-
heureuse, uncmUirros pressant, un péril imnji
oent. Cruniie ddresie. ktre dans une qrunJf
dctreue, dans une cttrême détresse.
Tvmt^ I.
DET
On dit, en termes de Marine, Signal de dê~
tresse, pour exprimer Le sij^naî qui annonce
qu'un vaisseau esl en danger et a besoin de se-
cours. On le dit figurcm. pour désigner Toute
action qui fait présumer qu'une personne est
dans un embarras pressant. Lu -vente de sa terre
est un signal de détresse,
DÉTRIMEWT. s. m. Dommage, préjudice.
Grand détriment. Notable détriment. Celu va ^
cela tourne au détriment du puhlic. Causer .
recevoir un notable détriment. Cela va au dé-
triment de sa bourse.
DÉTRIMENT, en tcrmcs d'Histoiie ^Naturelle,
se prend pour Dcbris, Iragmeni. Cette monta-
qne est toute formée de détrimens de végétaux.
DÉTROIT, s. m. Lieu où la mer est sern-'e
enlre deux terres. Le Détroit de OihruUur. Le
Détroit de ^laqellan.
H se dit aussi Des passages serres entre les
montagnes. Dans les Alfjes il y a des détroits.
Les détroits sont aisés à garder. Dans les dé-
troits des montagnes.
DÉTnorr,sedit aussi d'Une étendue de pays
soiuuis ix une Jurid'iction temporelle ou spiri-
tuelle. Un Juge hors de son détroit. Ce mot
est peu en usage; on dit plus ordinairement en
ce sens, District.
DKTROMl'EK. v. a. Désabuser, tirer d'er-
reur. Vous avez une telle opinion ^ je veux
vous détromper. Je veux vous détromper dt
cet homme-là. Il se fioit à ce fripon j i'aî en
bien de la peine à l'en détromper.
Se dêtrompeu. v. prou. Sortir d'erreur, st
désabuser. Il « eu de lo peine à s'en détrom~
per. On se dt-trompe en vieillissant. Détrom-
pez-vous.
DÉTROMPÉ, ÉE. participe.
DETRONER. V. a. Chasser, déposséder du
Trône. C'est ce cjui fut cause gu'on détrôna le
nouveau Prince. Ceux qui avoient le plus con-
Irihué à détrôner le Prince^ furent Us premiers
à le rétablir j à le faire rappeler.
DÉTRÔNÉ, ÉE. partici^ie.
DÉTROUSSER, v. a. Détacher ce qui ctoit
Iroussé, et le laisser pendre en bas. Détrousser
une robe.
Il se dit aussi en parlant Des personnes
mêmes. Les Dames se détroussent pour entrer
dans les lieux qui demandent du respect.
DÉTROUSSER, signilîe fgurcment , VoKt ,
enlever par ^nolenc*; l'argent et les hardes de
quelqu'un. Ce Marchand trouva des voicurf
qui le détroussèrent. On Vu détroussé par la
chemins. Détrousser les passans. It est du style
familier.
DÈTROissÉ, ÊE. participe.
On dit, Faire visite en robt Jéb'ous.'ce,
pour dire, En cérémoDie.
DÉTROUSSEUR, s. maso. Voleur qui dé-
iroussc les passans. Lesdé(rou55curs firent pris.
Il est vieux.
DÉTRUIRE. T.n. Démolir, abattre, ruiner,
renverser un édifice. DcIrmVf un Palais, une
Fortcrejse, une Eglise , etc. Le temps àéliuit
les plus solides bûtimens. Le débordement de la
riviàe a détruit son potager.
DEU 417
Il 6C dit rif;uiém('nt de plusieurs clioses. / ^
mauvais ordre détruit /e? familles, détruit les
maisons. Le temps détruit toutes choses. L\1ge
détruit la beauté. Ce raisonnement détruit
toutes les objections qu*on avoit faites. Toutes
les Il^ésies ont été détruites ou' cond'imnées
par les Pérès et par les Conciles. Détruire une
faction. Détruire la fortune de quclquun. Les
Barbares ont détruit VEmpîre Romain. Pour
prétendre à la sagesse, il faut détruire ses vices.
On dit, qu'On a déti'uit un homme dans
l'esprit de quelqu'un, pour dire, qu'On l'a dé-
trédité entièrement-auprés de quelqu'un.
DtrnciRE, s'emploie avec le pronom per-
sonnel au propre et au figuré. Ces hâtimens se
iJetruisent tous les jours ,^ fiute de réparations.
Cette opinion se détruit d'elle-même. C^est un
jini.T bruit qui s'est détruit de lui-même.
DÉTRUIT, iTE. participe.
DETTE, s. f. Somme d'arj^ent qu'on doit.
Ancienne dette. Nouvelle dette. Petite dette.
Grosse dette. Méchante dette. Contracter^ créer ^
faire des dettes. Payer ^ acquitt&' une dette,
lies dettes. S^il se trouve insolvable ^ je perdrai
ma dette.
On appelle Dette active j Une dette qu'on a
droit d'exiger de quelqu'un ; Dette passive j
relie qu'ouest oblige de payer; Dette hypo-
Oiécaij-c., Une dette hypothéquée sur une mai-
(on , sur une terre , sur une charge ; Dette pri-
niéfliee, Une dette pour laquelle on a un pri-
vilège spécial ; et Dette exigible. Une dette qui
le peut exiger .ictnellemcnL
On appelle fanailièrenicnt Dettes vêreuser,
Celles dont le payenient est fort incertain.
On appelle. Dettes o'iardes , Les petites
sommes qu'on doit à des (ouvriers, à des Mar-
chands, et qui les font crier quand on ne les
paye pas.
On dit, qu*l7n homme est accable de dettes,
^crdii de dettes, ahhné de dettes., qu'il a des
dettes par-dessus la tête, pour dire, qu'il a
heaucoup plus de dettes que de bien. Et pro-
verbialement : Qui épouse la veuve, épouse les
dettes. Cent ans de chagrin ne payent pas un
sou de dettes.
On diî, Avouer une dette, avoutr la dette,
pour dire. Avouer qu'on doit la somme lioni ij
est fjuestion ; et, jVier une dette ^ désavouer une
dette, pour dire, >icr qu'on doive.
On dit figurément et famihèrement, qu'Ui
homme avoue la dette, conf:ssc la dette, nie la
dette , pour dire , qu'il confesse ou qu'il ni«
ju'il a tort; qu'il convient duji fait qu'il vou-
loit cacher, ou qu'il le nie.
DBU
DEUIL, s. m. Aflliclion, tristesse, lon^c
douleur. Quand le Roi mourut, tous les peuples
en témoiaiicrcnt un grand deuil.
Il se prend aussi pour L'habitnoir, IncrC'pc,
les carrosses drapés, la livrée des gens, la ten-
ture des appartemcns, et tout ce qui, à Vcxlé-
rieur, caractérise la tristesse ii J'occ-uion de la
mort d'un parent, ou de ceux dont on hérite,
ou de quelque autre, comme Rois, Priiiceé ■
53
4:8 DEV
Maîtres. Vflii de Heuil. S'hahiller He <hnil.
Prendre le deuil. Etre en deuil. Quitter le ileuil.
Habit de deuil. Grand deuil. Petit deuil. Porter
le deuil. Deuil de Cour.
Deuii. , signifie encore la dépense ijui se fait
pour prendre le deuil. On donne une somme
au.c veuves pour leur deuil. Il y " des Officiers
à qui le Roi paye leur deuil.
11 signifie aussi Les étofles ordinairement
noires, dont on tend une chambre, une Église.
Tendre une chnmhre, une F.ijli^:, de deuil.
Carrosse de deuil.
Il si"nifie aussi Les parens qui assistent aux
funér.iillcs de quelqu'un. Vo;)onsfJa.'isef le deuil.
Mener le deuil. On prie ordinairement une per-
sonne qualifiée pour mener le deuil.
Deiil, se prend aussi pour Le temps que le
deuil dure. On a abrcijé Its deuils. Le deuil des
veuves ne dure plus quun an.
DEUTKHO- CANONIQUE, adj. des 2 g
Ou api>tlle ainsi, Ceux des livres de l'.Vncien
Testament qui ont été mis plus lard qiie les
autres dans le Canon des Écritures.
UEUTKRONOMp;. s. m. Nom du cinquième
livre du Peutaleuque.
DEUX. adj. Nombre qui double !'unit<!.
Deux hommes. Deux femmes. Deux à deiir
DciLv à la fois. Deux fois autant. De deux jours
en deux jours. De deux jours l'un. Je les ai vus
tous deux ensemble.
Deux, est quclqiu-fois substantif. Vn deux
de chiffre. Effacez ce dciLx. Vn deux de cœur,
de pique.
On dh en termes de Bl.-.son, Deux et un.
pour dire, Dciix en chef , et un en pointe. Il y
a dans Vécu de France trois fleurs de lis, deu.x
et un.
On dit au Trictrac, Amener double deu.r.
pour dire, ,\mcner un douille de deux ; et aux
trois dés, on appelle Rafle de di:u.r, Lorsque
chacun des trois dés e,'.< sur le point de deux.
On dit, Paiiarjcr en deux, pour dire, ,Sépa
rer en deux parties; Donner des deu.r, poiu
dire , Appuyer en même temps les deux épe-
rons; et au jeu, Porter ses deitr, pour dire.
Jouer seul contre deux.
On dit figurément et familièrement, Porter
SCS deux, pour dire, Exercer deux fonctions
différentes. A deux de jeu. Voyez Jeu,
DEU.XiftME. odj. des 2 g, ( l'X s'articule
comme Z dans ce mot et le suivant. ) Nombre
d'ordre. Second, Il loge au deuxième étage , à
la deuxième chambre.
DEUXIÈMEMENT, adv. En second lieu.
DEV
DÉVALER, V. a. Faire descendre quelque
chose. Dévaler du vin à la cave. Il n'est plus
guère d'usage que p.irmi le peuple, dans celle
acception et les suivantes. •
11 se dit atîssi De la porsnniTe qui m d'un
lieu haut k un lieu bas. Dei-uler les degrés. Dé-
valer une montagne.
Il est aussi neutre dan» cette nrcepiion :
Quand on a bien monté, il faut déi-aler. Dé-
taltr dt ta chambre.
DEV
DcvalÉ, ix. p;irtici{>c.
DÉVALISER. V. a. Voler, dérober à quel-
qu'un SCS bardes, son éqiiipnge, // a trouvé au
coin d'un hois des voleurs qui Vont dévalise.
DÉVALISÉ, ÉE. participe. Voyatjeur dcva-
lisé. Courrier dévalisé.
DEVANCER. V. act. Gagner 11- tlcvrint , pix*-
venir quelqu'un en arrivant avant lui, le prc-
ci'îder par sa dllif^encc. Devancer (juehjuUin à
lu course. Il a devance le Courrier. Je jiiVn
allais TOUS voir ^ mais vous m'avez devancé.
Il sij^nific aussi simplement, Précéder d.'itis
l'ordre du temps; et c'est dan» ce sens qu'on
dit : L'aurors devance le lever du Soleil ^ de-
vance le Soleil. Les signes qui doivent devancer
le jour du Jurjernent.
Il signifie aussi, Précéder quant au rang. Je
l'ai toujours devancé eh pareille cérémonie.
On dit, Ceux qui nous ont devances., pour
dire, Ceux qui ont vécu quelque t<;nip.s- avanl
nous. On le dit aussi De ceux qui nous ont pré-
cc'dés en quelque charge.
Devancer, se dit figurement, et signifie,
Surpasser, avoir l'avantage. iN'ous commcn-
(^dmes à étudier ensemble ^ mais vous m'ares
bien devancé.
Devawcé, ée. participe.
DEVANCIER, UTyI*:. s. Prédécesseur, qui
a été avant on autre dons une Cliarge. Je tiens
cela démon devancier, de mes devanciers. Cette
Ahbessc ne fait qu'imiter sa devanciète.
Au pluriel , il se prend quelquefois pour
Aïeux, Ancêtres. Imitons Vexemple de nos de-
va scier s.
DEVAJÎT. Proposition de Heu. Vis-5-vis, à
l'opposite de la partie antérieure de quelque
cliose. lîeqarder devant soi. l\lettcz cela devaul
le pu. Otez-vous de devant mon jour.
Devant, est aussi préposition d'ordre, cl il
est opposé à Après. C\'st mon Ancien., il mar-
che devant moi. Il a le pas devant moi.
En ce sens il se dit souvent absolument.
Courir devant. Si vous êtes si pcs.-îe, courez
devant. Il a le pas devant. Mettez cela devant
ou deiTicre. devant ou après.
On dit provcrbialemcnr,, Les premiers vont
devant, pour d're, que d'ordinaire Les plus
diligens ont l'avantage.
Devant, signifie encore, En présence. Il a
yrêché devant le Roi. Cela ftt dit devant plus
devinât personnes j devant des témoins. Neditcs
rien d't'ujnt lui, c'est un homme qui redit tout.
Je vous jure dwanlDicu. Nous comparoîtron-^
tous devant Dieu. Quand il fut devant sesJu^es.
On dit, qu't/nc a'jiire est devant tels ou
lels Juges j pour dire, qu'ElIe a été portée à
leur Tribunal, quVllc y est pendante. L'ajfnirc
a été jK^rtce devant les M aréchaux de France.
On dit, qu*(7n homme est devant Dieu.
pour dire, qu'il est mort ; et par une esp^^c de
raillerie et de contre- vériti-, ou dit d'Un nir-
cbant bnrnmr- qui est mort . que Cest une belle
urne devant Dieu.
On dit adv. rbJnlemrut, Ci-devant, pour
* dire, Precédemraenl. Commt nous avons dit
ci'devant.
DEV
Devatît, est aussi substantif ; et alors il si-
gnifie, La partie auierieure d'une cliosc, d'une
personne. Il bdtit siv le devant de sa maison.
Il est loqé sur le devant. Votre c^ie^aï est blessé
sur le devant. Le devant d'un carrosse. Le de-
vaut d'un pourpoint. Le devant d'un manteau.
Le devant d'une jupe, d'une rohe. Vn devant
d Autel. Mettre le devant derrià-e. Mettre une
chose sens devant derrière.
On dit, Aller, envoyer au-devant de quel-
qu'un, pour dire, Aller, envoyer à la rencontra
de quelqu'un. On alla, on envoya au-devant
de luipour le recevoir. Il vint au- devait de moi.
Aller au-devant, se dit figurement, pour
dire, Prévenir, Aller au-devant du mal. Il va
toujours au-devant de tout ce qu'on peut sou-
haiter de lui. Je sus que c'était une chose qu^il
fouhaitoit de moi, j'allai au-devant. Aller au-
devant d'une objection.
On dit populair. d'Un liomme qui grossit ,
qu'/i hdtit sur le devant.
On dit, Prendre le devant, gagner ledevantj
pour dire, Partir avant quelqu'un ; et figurc-
inent, Prendre le-.devans, pour dire, Prévenir.
Quand il sut que je me voulais plaindre, il
prit les devans. Si vous ne prsnez les devuns
dans celte afjuire, vous êtes perdu.
DEVANTIER. s. m. Tablier que portent les
femmes de basse condition. Elle portoit des
iei'hes dans son devantter. Il est populaire,
DEVANTIÈRE. s. f. Sorte de long tablier
ou de jupe fendue par-derrière, que les femmes
portent quand elles nionteul à clicvnl jambe
de-ç.'i. Jambe de-là.
DÉVASTATEUR, TRICE. adjecl. Quidô-
vaste. Un torrent dévastateur. Une armée dé-
vastatrice. Il se dit aussi substantivement. Les
Espagnols ont été les dévastateurs du Nouveau
Monde.
13ÉVASTATION. s. ï. Désolation, ruine
d'un pays. La dévastation des Provinces d'Oc-
cident fui causée par l'invasion des Barbares,
DÉVASTER. V. a. Désoler, ruiner un Pays,
le rendre înhabit.iblc pour long-temps. Les
Turcs dévastèrent la Grèce.
DÉVASTÉ, ti\. parliripc.
DÉVIU.OPPÉE. s. f. Terme de Géométrie.
Un appelle ainsi La courbe par !e développe-
ment de laquelle ou peut supposer qu'une autre
rombe es* formée.
DÉVELOPPEMENT, s. m. Action ou effet
lie développer. Il s'emploie au propre et au
figuré. Le développement d'un plan par les faces
et les projils. Le développement d'un sys-
tème , etc.
DÉVELOPPER, v. a. Oter l'enveloppe de
quelque chose, ou déployer une chose enve-
loppée. Développer une tapisserie. Développer
du drap, des habits. Dvveloppcr un paquet de
linge.
II signifie aussi figurcm. , DcbrouîUer DevC'
loppcr un? afpiirc bien embrnudlée. Développer
une diJiicultè. On a développé le mystère.
DÉVELorpÉ, Ée. partici|>e.
DEVENIR. V. ncut. ( Il $e conjugue comme
Venir.) Commencer i àtre ce qu'on D'ëtoit pu.
DEV
Devenir qraud. Da-enir maiijre.Dc riche qu'il
etoit , il devint pauvre. Il est devenu tout hlanc
en peu de temps. Devenir savant ^ ju/oiio:, sage,
dévot, etc. Devenir fiicheux.
On (lit communément, Je ne sais ce que tout
ceci deviendra, [>our marquer L'incertitude où
l'oQ est de ce qui doit arriver, de !a chose dont
OD parle. Et on dit ù peu près dans le même
sens : Que deviendi'ui-je^ Que deviendra tout
le bien qu'il a amasse? Que deviendront vos
promesses, si vous m'abandonnez ? Que sont
devenus vos ser mens? Que devieudroient tant
de belles espérances, s'il venait à moutir? On
dit aussi. Que devenez-vous? pour dire, Où
âUcz-voua?tjue voulez-vous faire ? On dit, Que
voulez-vous devenir ? pour dire, Quel purti
voolei-vous prendre? quelle profession vou-
lei-vous embrasser? On dit, qu'L'Mc chose de-
vient à rien, pour dire, qu'Elle seréduiîùrien,
qu'elle s'tîvaporc.
Devenu, ce. participe.
DÉVERGOiNDÉ, ÉE. adj. Qui mène publi-
quement une vie licencieuse, qui ne met au-
cune pudeur dans son liberlinaj^c. Il est du style
familier. Vn jeune homme dévergondé. Cette
fille est lien dévergontUe. On dit substantive-
ment, C'^sl une dévergondécy une grande dé-
vergondée.
DEVERS. Préposition dte lieu. Du côté de.
Jl est allé (jueïi^ue part devers Lyon. Il e:it de
deva-s Toulouse. Il demeure en Languedoc de-
vers Montpellier.
nEvr.ns a vieilli ; Jiujourd'liui on emploie
Vers. // est vers Lyon. Il demeure vers Tou-
louse.
DEVEnSjSe joint quelquefois avec la prépo-
sition Par ; et alors il n'est guère d"usa;^e qua-
Tcc les pronoms personnels, et sert à nianjuer
possession. Retenir des papiers par-devers soi.
Tenir le hon bout par-devers soi.
On dit en termes de Pratique, Se powvoir
par-devers le Juge, pour dire , Se pourvoir à
(oa Tribu nab
DÉVICftS, ERSE, «dject. Se dit en termes
d'Arts, De tout corps qui n'est pns d'aplomb.
Ce mur est dé\'ers.
Deveiis, est aussi substantif. // faut mar-
quer ce bots suivant son dévers, c'e5t-«i-dire,
•uivant sa pente ou son ^aucliissement.
DEVERSER, v. n. Pendier, incliner. Un
mur qui déverse,
DÉVERSER, est aussi ttctiî . Déverser une pièce
de bois, La [wnclier. l'incliner.
Di. VERSÉ, LE. participe. Du bois déversCjesl
Du boi» qui est gnuclie.
IU,\ ERSOIR. s. m. L'endroit de la con-
duite de l'eau d'un moulin, où Tcau se perd
quai^ il y CD a trop.
DÉVÈl'IR. ▼. aci. (Il se conjugue comme
Vêtir. ) Il n'est ^crc d'usage qu'avec le pro-
nom personnel. Se dégarnir d'])ai>its. Il est dan
iereux de se dévêtir titât
Se DÉVKTin, se dit Ggurcment, en style de
Tratiquc, pour .Se dessaisir d'un bîcn , I abuu-
donner au doitatiiire ou ^ l'acquéreur.
DÈvtTC. Lt. iirriicipc.
DEV
DÉVÈTISSEMENT. s. m. Tirme de Juris-
pnidence. Démission. Le dêv-'lusement de ses
biens en faveur de ses enfans.
DtViATIO'. s. fém. Détour, aclioD paria-
quelle un corps se détourne de son clicmin.
J'ai descendu la rivière sans aucune déviation.
Il se dit figurérocnt dans le même sens. Il a
juivi sans déviation, dans toute sa conduite,
les principes qu'il s\st faits,
DÉVIDER, v. a. Mettre en ccbeveau le fil
([ui est sur le fuseau. Dévider le fl que Von a
filé.
Il signifie aussi, IMettrc en peloton le ftl qui
est en écbcveau. £//t; d (îévûic (rois écheveaux
ùont elle n'a fait qu'un peloton.
DÉVIDÉ, ée. participe.
DK VIDEUR , EUSIv adj. et subst. Ouvrier ,
ouvrière qui dévide des fils, ries laines, des
soies ^ ou en pelotons, ou en écbeveaux.
DEVIDOIR, s. m. Instrument dont on se
sert pour dévider. Mettre un écheveau sur le
dcvidotr.
DÉVIER. V. n. So détourner, être détourne
de la route qu'on a prise. Il se dit figurémenl.
// ti'a jatnais dévié des principes de la justice.
Il s'emploie quelquefois dans le même sens
aveclepronom personnel. ieï/tVic/- de la bonne
route.
DEVIN, s. m. Celui qui se donne pour pré-
dire les clioses à venir, et découvrir les clioses
cpcliée*. Consulter les Devins. Aller au Devin.
Les Devins sont des imposteurs. On dit prover-
bialement d'Une chose qui est assez connue,
qu'il ne faut pas aller au Devin pour en être
in.^truit. On excommunioit autrefois au Prône
les Devins et les Devineresses.
DEVINER. V. a. Prédire les choses à venir.
L*art de deviner est une chimère. On ne sau-
rait deviner l'avenir.
Il s'emploie plus ordinairement pour dire,
Juger par voie de conjecture. Devinez ce qae
fai fait aujourd'hui. Devinez d'où je viens.
Devinez combien cda me coûte. Il a deviné ma
pensée. Son écriture est si peu lisible, qu'il faut
qu'un mot fasse deviner l'autre.
On dit, Deviner une éniqme, un logogri-
phe, etc. pour dire, En trouver le mot
On dit figurém. d'Une cbosc obscure, C'est
une énigme à deviner.
On dit aussi d'Une personne (jui s'exprimi- .
qui écrit avec obscurité, qu'/i faut toujvujs ii
deviner.
On dit d'Une cbosc qui est claire d'clle-
rajinc, qu'/l n'y a pas à deviner; et provcr-
bialemcni, d'Une cliose dont on suppose que
celui à qui l'on parle ne se douteroit jamais.
Je vous le donne à deviner en du., en cent;
et. Devinez le reste, jïour dire. Juges du
reste.
On dit aussi proverbialement, d'Un liomme
qui parle d une cliosc connue de tout le niondi',
comme d'une dcwuverte nnuville, qu7i de-
vine les t'êtes quand elles sont venues.
Dr.vi.NL. Et:, participe.
l'EVIM'-HlCSSE. s. f. Femme qui se mêle
de pivditc les chose» ù venir, et de découvrir
DEV 4,9
le» choses cacliLcs. On ne croit plus aux Devi-
neresses.
DEVINEUa.s. m. Devin. C'est un leau De-
vineur, un grand Devineur, un habile Devi-
neur, un plaisant Devineur. H fat le Devineur.
Il n'esl en usage que dans ces plirascs du style
familiei:,
DEVIS, s. m. Propos, diseours, enlrotieii
fjiitilicr. Joyeux devis, li est vieux.
Devis, se dit aussi d'Un état détaillé des
«iiviagcs d'Architecture, de Blenuiscrie , de
Mtiionncrie, etc. et de la dépense cpiil y faut
faire. Dci'is trucl. Faire un devis. Donner le
devis d'une maison à hillir. I.e devis de l'Ar-
chitecte ou du Maçon. Le devis du Menuisier.
Le devis du Serrurier,
DÉVISACiER. V. a. Défigurer, déchirer le
visage. Ce c!iat-là vous dévisarjera. Quand cette
femme-là est en furie , elle dévisagerait un
Itomme.
DivisAcÉ, ÉE. participe.
DEVISE, s. f. Figure accompagnée de pa-
roles, exprimant d'une manière allégorique e'.
courte, quelque pensée, quelcpic sentiment.
On appelle La ligure représentée dans une de-
vise, Le corps de la devise; et on appelle Les
paroles , L'âme de la devise.
Une des diflérences de ïa devise et de l'cni-
blème, c'est que dans la devise on n'admet
guère les coi-ps humains.
Toute devise, pour être juste, doit faire une
comparaison ; et les paroles de la devise doivent
convenir dans le propre au rnrps qui v est r**-
prt's^nté , et dans le figuré à ce qu'on veut ex-
primer. Belle devise. Devisa injéiiicusc. Faire
une devise. Graver une devise. Choisir une de.
vise. Tous les Chevaliers du Cairousel portoient
chacun une devise. Il a pris telle devise. La
devise de Louis XIV étoit un Soleil qui éclaire
un monde, avec ces mots, Nec pi,LniBis impak.
On se sert aussi du mot de Devise , pour
signiiier quelque chose de conforme à l'humeur,
à la profession, ou h la résolution qu'on a prise;
comme : Paix et peu. Plutôt mourir aue c/uin-
fjer. Chacun à son tour, etc.
DEVISER, v. n. S'entretenir familièremeDI.
Ils devhoieiit en^ùtnble. Ils s'amiuoient à devi-
ser. Il est du style familier.
DliVOIEMENf. s. m. (On pruDouce De-
\-oiment.) Flux de ventre. Il a le dévoiemcnt.
Les raisins lui ont donné le dévoiement.
DÉ\ OILEMEiNT. s. m. Action par laquelle
on découvre ce qui étoit caché sous des voiles.
Le iféi'ui^emcnt des Mystères. Le dévoilement
des fiqurcs du 'i^'ieiu: Testament ne s'est fait
iju'à la venue du Messie.
UI'A OILER. V. a. Hausser, relever le voile
d'une Religieuse. Dans certains Monastères, il
c>t défi-ndu aiuv Religieuses de u dévoiler au
Parloir II s'omploic quelquefois pour dire,
Relever une Religieuse de ses vœux.
Il signifie fijurément. Découvrir une cliose
qui étoit cachée , qui étoit secrète. On a dévoiU
le mystéie.
DÉvoii.i, ÉE. participe.
DEVOIR, v. a. Je doit, lu doit, i7 doit;
Jà.
/«a
YM
DEV
nous devons, vous devez, ils doivent. Je devoia.
Je dus. J*ai dû. Je devrai. Je devrois. Que je
doive. Que je dusse. Être oblige à payer qucl-
*]ue chose, soit argent, soitdfnixTS, Dn^'Oir une
somme d'arqent. Devoir viillc écus de rcrUe.
J^evoir par obligation. Devoir ynr contrat de
constitution. Devoir tant de seticrs de blé de
rente. Devoir plus (Ju'oh n\i vaillant.
On dit provcibialenicnt d'L'n homme qui
doit beaucoup, qu7/ doit plus d'arfjent (^uit
n'est tjrosy tju'i/ doit à Dieu et au monde, qui/
doit au tiers et au quart.
On dit aussi proverbialement, Qui doit a
tort, pour dire, que La Loi est toujours contic
ïo dcbiteuf ; et, Qui a terme ne doit n'en, pour
dire, que fjuand on doit quelque choschunccr-
l.iiu terme, ou n'cit obligé de p.iycr qu'à le
chcance du terme.
Ou dit encore proverbialement, Quand on
doit , il faut payer ou agréer. Et cela se dit
ordinairement en parlant De ce qu'on doit à
un marchand, k un ourrier, pour dire , que Si
on ne les paye pas eu argent comptant, il faut
du moins arrêter leiu's parties, leurs mémoires,
et leur donner quelque assurance pour leur
piiycmeDt.
On dit proverbialement , Qui nou$ doil
nous demande^ pour dire, que Souvent celui
qui a tort est le premier à se plaindre.
On dit proverbialoment et frgurcmeut d'Un
homme qiii n'est joinais content de ce qu'on
fuit pour lui , qu'// croit îoujours (ju'on lui en
doit de reste
On dit, 7Ï m'en doit, pour ^ire, lî m';:
oQense, il m'a ùnt un tour, je m'en vengerai.
On dit dans ie mthnc sens, Je lui en dois.
On dit aussi Pe deux hommes qui onî
d'ausâî mauvaises qualités l'un que l'autre, m
qui out eu t-galement des torts h legard l'un
de l'autre, qu'//s ne s'en doivent nuère.
DEVoin , signifie au.s$i, Être obljgé h quel-
que chose par la Loi, par la Coutume, par
rhoimételé, ou pnr la bienséauce. Le Va^^sai
doit hommage à son Seigneur. Un fth doit
respect à son ycre. Un bon C'itoycn doit ohéis-
tance aux Lois , un Sujet à son Prince. Dc-
^\r une visite à (juehju'un. Un homme d^hon-
neur doit tenir sa purole. Vous devriez vous
conduire autrement. Il ne i^cvroit pas aban-
donner ses païens.
UEVOin, se dit aussi pour marquer qu'il y
a une csptcc de justice , de raison , qu'une
chose soit, ou qu'il y a une espèce d'apparence
qu'une choie est ou qu'elle sera. Un bon ou-
vria' doit être plus employé qu'un autre , et
doit être payé flus grassement. À la vie (pu
mène cet hommclà, il doit être bien riche. On
doit avoir bien froid en hiver guand on est
/nul vêtu.
Il se dit aussi pour marquer qu'Une chose
arrivera infuiHihlcnjent. Tous les hommes doi-
ifent mourir. Le terme de son ban doit e.vpirei
dans deiLX jours.
Il 50 dit aussi De ce qu'on croit simplement
qui firrivcra, ou de ce qu'on regarde conmir
«taut probablement vrai. Le Courrier doit être
DEV
ici dans peu de jours. Il doit fuirc beau à la
campagne.
U se dit aussi, pour marquer L'intention
qu'où a de faire quelque chose. Je dois aller
demain à la campagne.
On dit proverbialement, Va ou tu pein-,
mourir où tu dois.
Devoir , s'emploie avec le pronom person-
nel. On se doit à soi-même de rcwcctev la
bienséances. Je me devois de faire cette dé-
marche.
Dû , UE. participe.
DEVOIR, s. m. Ce h quoi on est obligé par
la Loi, par la Coutume, par rhonnètetc, pnr
la bienséance, ^'acquitter de son devoir. Rem-
f.lir ses devoirs. Satisfaire à son devoir. Ccl
Ojpcierj ce Pasteur fait bien sou devoir. Il iu
manque jamais à son , devoir. C'est votre de-
voir. Tous les devoirs de la vie civile. Les de-
voirs de l'amitié. Les devoirs de la bienséance.
C'est un devoir indispensable. Devoir d'un pèrl
de famille. Le devoir conjugal. Les devoirs ré-
ciproqucs. Les devoirs des Sujets envers U
Prince y et du Prince envers ses Sujets. On ca1
/ieurcr(.r lorsqu'on se fait un plaisir de son de-
voir. Ce Magistrat contient le peuple en son
devoir. Faire le devoir de Capitaine et celui di
Soldat. Faire son devoir de bon Chrétien.
On appelle au Collège, Devoir, Le thème,
la version et les autres choses que le Re'genl
donne h faire à .sa classe. Cet écolier n'a poin\
apporté son devoir.
On dit. Etre dans son devoir^ <;«; meltrt
dans son devoir, pour dire, Se tenir dans l'étal
où l'on doit être devant les personnes à qui on
doit du respect. On dit aussi, Être à son de-
voir , pour dire , f-^tre à son poste,
jRenïrer dans son devoir , pour dire, Se re*
mettre dans l'obéissance, dans la subordination
dont on s'ctoït écarté.
Banqer quelqu^in à son devoir, pour dire.
L'obliger à l'aire ce qu'il doit.
On appelle Derniers devoirs^ Les honneur*
funèbres, les cérémonies qu'on fait aux enter-
rcmcus.
On dit par compliment , J'inii l'ous rendu
mes devoirs, pour dire, J'irai vous rendre vi-
site. On dit aux gens fort supérieurs, J'irai
vous rendre mes jwpecfs.
On dit, Se mettre en atvcir de faire um
chose, pour dire. Donner des marques qu'on a
dessein de la faire, se mettre en ctat de la faire-
commencer à la faire. // se mit en devoir d'exe-
cuier sa promesse.
On dit, Remplir le dei-oir conjugal, pour
dire. Satisfaire îi l'intention du mariage.
On appelle Ocfoirs seigneuriaux jCfi qui est
dû par le Vassal h son Seigneur de Fief, Satis-
jaire aux devoirs seigneuriaux.
On appille Devoir Pascal, Ln Communion
que chaque Chrétien doit faire tous les ans i sa
Paroisse aux Fûtes de Pâques.
DE VOLE. s. f. Terme du jeu des Cartrs,
<|ui se dit lorsque la p( rsonne qui f.iit jotier nt
lait aucune levée. Il est oppose il Vole. Il pen-
sait gagner, et il a fait la dévole.
DEV
DEVOLU, UE. adj. Acquis, ccliu par cer-
tains droits seigneuriaux. Droit dévolu. Terre
dévolue à la Couronne.
On (iil iiussi en ternies de Palais, Procès dé-
volu à la Cour.
DÉVOLU, s. m. Ce mot n'est d'usage qu'en
parlant d'Un Bunclice vacant par l'incapacité
ecclésiastique de celui qui en est en possession.
Et on dit dans cette âcccplion , Prendre un Dé-
volu, obtenir un Dévolu, poiu- dire, Prendre,
ojjlenir en Cour de Rome les Provisions du Bé-
néfice qu'on prt'-tcnd être ainsi vacant ; et, Jeter
lin De'i'oiii, pour diiï!, Faire signifier la Provision
obtenue. On dit .lussi à peu près d.ins la m(me
acception : Un Bénélice tombé en Dévolu. PUiî-
dcr un Dévolu. Avoir un Bénéfice par Dévolu.
DÉVOLUTAIRE. s. niasc. Qui a obtenu un
Dévolu. Vont Dévolutaire est odieux^
UÉVOLUTIF, IVE. adj. Il se dit principa-
lement d'Un appel qui saisit de la connoissance
d'une alTuire un Juge supérieur. Appel dévo~
lutif.
DEVOLUTION, s. f. Acquisition d'un droit
dévolu. Cette Terre, cette Seinneurie appar-
tient an Roi par dévolution. Droit de dévolu-
tion.
DÉVORANT, ANTE. adj. Qui dévor«. Déle
dci'oranfc. Lion dévorant.
On dit aussi figurcment: Esfoninc dévorant.
Sentir un feu dévorant. La flamme déwrante.
.■ippétit dévorant. Flammes dévorantes. Il a un
feu dévorant dans les entrailles. Et on appelle
Air dévorant. Un air extrômemcnt subtil, et
[ui est dangereux pour les personnes qui onl
ia poitrine délicate.
DÉVOIUOU. V. act. Il ne se dit nu propre
[u'en parlant Des béics féroces qui dêchircirt
rur proie avec les dents. Les hctes l'ont dévoré,
H a été dévoré par les lions , par les tifjres , etc,
11 se dit aussi au propre en parlant d'Un
trocodile , d'un brochet. Les crocodiles dévo-
rent quelquefois des hommes. Les hochets se
Icvorent les uns les autres^ dévorent les autres
voissons.
On dit d'Un liomme qui mange goulumeul,
ûvidcment, qu'il dévoie : Il ne mange pas, il
dévore ; et d'Un liomme pressé d'une violente
faim , que La faim le dé,rore.
On dit figurcment, Le temps dévore tout, U
feu démre tout , pour dire, que Le temps, que
le feu détruit tout. Et les Poètes, on parlant
d'Une violente passion d'amour, disent, Le feu
qui le dévore.
On dit figurcment d'Un homme qui sciais»»
consumer d'ennui, de chagrin, que L'ennui,
que le chnniin le dévore.
On dit aussi figurémcnt d'Un homme qui lit
beaucoup et avec une grande arilcur, qu'/i nt
fit 1)115 les livres j mais quil les dévore.
Ou dit d'Un homme qui tient le» yeux fixe-
ment attaché* sur une personne, qu'/t hi no
vore des yeux. Et on dit.DcvorcP une chose cj»
espérance, pour dire, Iji regarder comme n«
doutant point qu'on ne In possède bientôt.
En style de l' écriture -Sainte, et en parlanl
d'Un Pays où ceux qui y demeurent uc vivei*
DEV
fia d'ordinaire long - tnipi , ou Jit, que C'c»l
une terre ijiii dévore ses hubîtans.
On dit d'L'n Iiommi.' qui vient h bout courn
geusemeut des dillicultcs qui se rencontrenl
dans ses ctudes, qu'/l dévore les di//.'cu!(es ; ti
de celui qui retient ses larmes quand elles soin
près de s'ccliuppcr, ou qui caolie le ressenti-
ment d'un affront , qu71 dévore ses larmes .
qu'il dévore un affront.
DÉVOUÉ, ÉE. participe.
nfiVOT, OTE. adj. Pieux, attacha au ser-
vice de Dieu. Etre dévot. Les personnes dévotes.
Les âmes dévotes. Les commencemcns de la vie
dévote sont pleins d^épincs^ nais les suites en
sont douces. Être dévot à la Vierrje.Aioir l'air
dévot, l'extérieur dévot.
On cppelle Lesferam-s, Le sexe dévot.
Il signiâe aussi, Ce qui excite h dévotion.
Citant dévot. Oraison dévote. Lieu fort dévot.
DÉVOT, est aussi suLstintif . On ne peut tro i
estimer les vrais dévots. Les faux dévots sotii
danijereux. Faire le dévot. Ordinairement quand
on dit , Un dévot , les dévots , on entend parle;
De ccui qui font profession de dévotion, et q«
ne sont dévoti qu'en apparence. Ae vous y ^ic;
pas, c'est un déi'Ot.
On dit, en parlant d'L'ne femme qui esl
sous la direction d'un Ecclésiastique, qu'Ll/i
est une de ses dévotes.
DÉVOTEMENT, adv. D'une manière dé-
vote et pieuse. Prier Dieu dévotement. Enten-
dre dévotement la Messe,
njivariEU.X, EUSE. adj. (Les lettres ti st
prononcent ci dans ce mot et dans les deux sui
vjns. ; Dévot. C'est un homme fort dëiotieux.
Il est vieux.
DÉVOTIEDSEJJEST. adv. Dévotement, t
est vieux.
DEVOTION, s. f. Pieté, attachement au se»
vice de Dieu. Vraie dévotion. S'adonner à U
dévotion. Se mettre dans la dévotion. Etre dam
la déi'otion, dans une (jrande dévotion. Excitei
à la dévotion. Donner de la dévotion. înspirei
de la dévotion. Faire (Quelque chose par dévo-
tion. Avoir dévotion à un Saint, à une Église.
Tahleau de dé^Ktlion. ?i'avoir point de dévotion.
Être sans dévotion. Sa dévotion est bien re-
froidie.
On appelle Fête de dévotion , jeûne de dévo-
tion. Une Fête, un jeûne qu'on observe par
imre dévotion , et que l'Église n'a point com-
m^indé.
On appelle Livres de dévotion. Heures de
devalion, Des livres qui contiennent des priè-
res , des oraisons mystiques , etc.
On dit proverbialement, qu'il n'est dévo-
tion ifue de jeune Prêtre, pour dire, qu'On n'.i
jainaLs plus d'ardeur dans uno profession , dans
une entreprise , que lorsqu'on la commence.
Il se prend aussi pour Ixs exercices de la
dévotion. Il est en dévotion. Je vous ai vu en
dévotion. Je n'ai pas voulu interrompe votre
dévotion.
Il se prend au pluriel ponr La communion.
Faire ses dévotions. On dit autrement, Faire
SAIS bon jour.
DEX
Il sii^aifie figuréuient, Une eutière disposi-
tion à faire-la volonté de quelqu'un. Cet homme-
là est à ma dévotion. Tout ce tju'il a est à ma
tvo'.ion.
On dit aussi , L'offrande esl à dévotion ,
pour dire, A volonté; et, À l'offrande qui a
dévution, pour dire. Va à l'offrande qui veut.
DÉVOUIOIENT. s. m. (On prononce Dé-
t'oûinenl. ) Abaitdonnement entier aux volontés
d'un autre, disposition h le servir en toute oc-
casion. Il s'isl donné <1 ce Prince, à ce Minis-
tre avec un entier dévouement. H sert ses amis
avec un dévoucmci.t sam exemple.
DÉvoiœnEXT. Créitonie religieuse usitée
chez les Anciens, et particulièrement cliez les
Romain;, p.-.r LiqucUe on Ciîoyen s'offroit vo-
lontaireiu uit aux Divinités infernales , pour
ïàire retomber sur sa télé certain malheur dont
la République se croyoit mi uacéc. Le dévoue-
ment de Cod}'u-ij celui aV-s i'écius, sont célè-
bres dans l'Histoire.
DEVOUER. V. a. Dédier, consacrer, donner
sans réserve. Il a dé\*oué ses enfans au service
ie la Patrie, au service du Prince. Il s'est cn-
lièrenient dévoué à un tel. Les deux Dcciui
père et fils se dévouèrent à la mort pour leur
Patrie, et simplement, se dévouèrent pour leur
Patrie, pour dire, qu'ils se livrèrent h une
mort certaine, pour le setrice et pour la gloire
de leur Patrie.
On dit, qu'Un homme est entièrement dé-
voué à un autre, pour dire, qu'il est prêt à
suivre ses volontés en toutes choses.
DÉVOUÉ, ÉE. participe.
DÉVOVEIÎ. V. act. (Il se conjugue commo
Employer .) Détourner de la voie, du chemin.
Ce quidel'a dévoyé. Il ne savoit pas le chemin,
il s'est dévoyé. En ce sens il vieillit : on dit
mieux Eçjarer.
On dit Agiuément et familièrement, qu'Pn
homme s'est dévoyé du chemin de la vérité,
pour dire, qu'il a quitté le bon chemin, leche<
min de la vérité.
Dévoïfh, se dit aussi pour marquer L'effet
ordinaire des indigestions. Ces alimens Vont
dévoyé. Ces fruits l'ont dévoyé. Celte hois^n
lui a dcvoyc l'estomac.
On dit , Dévoyer une ligne . un tenon , un
tuyau de cheminée, etc. pour dire. Les détour-
ner de la ligne droite.
DÉVOTÉ, ÉE. participe.
On appelle eti teimes de .Maçonnerie, Un
tuyau dévoyé , Un tuyau de cheminée qui ,
après avoir monté verticalement, se détourne
de sa ligne droite.
Il s'emploie quelquefois au substantif, et
alors il se dit De ceux qui ne sont pas dans l.i
voie du salut. Et c'est dans cette acception
qu'on dit , Bamener les dévoyét,
DEX
DEXTERITE, sobsl. f. Adresse de la main.
Avoir de la dextérité à enchâsser des dianuins.
Il joue des gobelets avec une nrande dextérité.
Il se dit aussi figurcmcnt De l'adresse do
l'espriL Awir de la dextérité à manier les af-
DIA 4ar
faires. Ha conduit cette intrigue avec beaucoup
de dextérité.
DEXTRE. nibst. f. Main droite. Assis a la
dejctrc de Dieu, à la dextre du Tout-puissant ,
à la dextre du Père. Il ne se dit qu'en ces sortes
de phrases , où même il est vieux.
Eu termes de Blason, on dit, Le cdié dexire,
pour dite. Le coté droit; À dextre, pour dire,
À droite.
UEXTREJIEST. adv. Avec dextérité. Il a
fût cela fort dtxtrement. Il est du style fa-
milier.
DEXTROCnÉRE. ». m. Terme de Blason,
il se dit d'Un bras, soit nu, scit garni d'un
fanon.
DEY
DEY. s. m. Le Chef du Gouvernement de
l'unis. Vassal du Grand Seigneur.
DIA
DI.\. Mot dont lïs charretiers se servent
pour faire aller leurs cllc^-aux à gauche, comme
Hs se servent du mot Hurhaul pour les faire
iller à droite.
Ou dit proverbialement et populairerflent ,
en parlant d'Un homme à qui l'on ne sauroit
faire entendre ra'ison, qu'il n'entend ni à Di»,
ui à Hurhaut.
On dit aussi proverbialement et populaiic-
ment De deux personnes qui, éiaut cbargéus
d'une aflàirc, la conduisent par des voies opp<v
iées, que L'une tire à Dm. et l'autre à J/ur-
hniil.
DIABÈTES, s. m. Fréquence d'urine.
DLU3ÉTI.QUK. adject. des a geni«s. Qui a
une frétpience d'urine.
DIABLE, s. m. Démon, Esprit malin, mau-
vais Ange. Diable d'Enfer. Etre possédé du
Diable. Ui.e tentation du Diable. Chasser les
Diables. Invoijuer les Diables. La puissance du
Diable.
Diable , dans tous les articles suivans et
ilans ses dérives , est du style populaire ou ln-
niiliur.
On dit d'Un homme inquiet, qui roule tou-
jours dtios sa tête quelque dessein contraire au
repos des autres ou au sien, que Quand il dort,
le Diable le berce, ou absolument, Le Diable
le berce jRt proverbialement et Bgurément, que
Les menteurs sont les enfans du Diable.
On dit aussi famiUèremeut , qu'Une chose
fit allée li tous les Diables, pour dire, qu'Un
lie sait ce qu'elle est devenue. On dit aussi ,
l^onner, envoyer quelqu'un au Diable, à toui
Us Diables, à tous les cinq cents Diables, pour
dire. Le maudire, le rebuter avec colère, avec
ludiguation.
Ou dit d'Un mccliant holbme, Il ne craint
ni //l'eu ni Diable.
Ou dit provcrl'ialemcnt et ngurémcui, que
LcDiableêtvit beau quand il éto't jeiute, pour
dire, que La jeunesse a toujours quelque clio>c
d'agréable, même dans les personnes ks plus
l.iidcs ; et l'on dit De quelqu'un qui , aprea
avoir etc libertin, devient dévot sur ses vi£u:s
;i..2 DTA
jours, Qunnd le DlahU fut vieux, il se ft Er-
mite.
On dit nussi, en pnrlant De ijuclque ncci-
ileut qui surprend , de queliim' Rmiid vacarme ,
1(116 Le Diable est aiLV vaches. Quand il arrive
de grands mouvcmcnj, de p.nmls malheurs,
on dit, Les Diulles sont déclinlncs.
On dit encore, F.mV.. le DiMe contre quel-
qu'un, pour dire, Taire du pis qu'on peut
contre lui; Dire le Diahh: ,U cfuelquun, pour
dire , Le déd.irer impitoyablement ; et, Jl n'est
;-uj li DiMc qu'il est noir, pour dire, 11 n'est
pas si niécljonti|uil paroit ; Il /Jn't le vulel du
Diable, pour dire, Il fait plus qu'on ne lui
commande.
On dit De certaines choses , qu'/l ne se faut
vas âonner au Diable pour les faire, pour dire,
qu'EUes sont faciles.
On dit proverbialement , Tirer le Diable
par la queue, pour dire, Avoir de la peine à
vivrii
On dît aussi. Il vaut mieiix tuer le Diahlc,
que le Diable nous tnc, pour dire que, dans le
cas de défense personnelle , 11 vaut mieux tuer
son ennemi , que de s'en laisser tuer.
Ou dit d'Une chose qu'on croit impossible,
Celii se fera si le Diable s'en mcle ; et d'Une
chose qu'on est hit n résolu de faire , Cela sera ,
ou il faudra que le Diahlc s'en mcle. On dit en-
core, Veuille Dieu, vcudlc Diahlc, je n'en
aurai pas le démenti.
On dit proverbialement , te Diahlc n'est
pas toujours à la porte d'un pauvre homme,
pour dite, qu'Un homme malheureux ne l'es!
pas toujours.
Ou dît aussi par mépris ou par aversion, Fi
au Diable; et par chagrin ou par dëpit , Le
Diable s'en pende.
On dit par forme de serment, Je me rfonne
au niable, que le Diable m'emporte, si cela
n'est p«' comme je le dis.
On dit aussi , pour marquer qu'on désap-
prouve quelque action, quelque discours, elc.
Que Diable avez-vous fait^ Que Diable avez-
vous dit? À qusi Diable s'amuse-l-il ?
On dit encore, en parlant d'Un homme mal
mis, ou en désordre, qu'/I est fait à U D:uble :
d'Une chose m.al faite, qu'EI/e est à la Dialdc:
Il nous a donné un raqoùl à la Diable; et
d'Une chose trte- mauvaise, qu'Elie ne vaut
pas le Diable.
Diable , se dit figurcment d'Un méci ani
Ijomme. C'est un Diable, un Diable inciirn ■.
Et dans cette acception on dit, Faire leDiable.
faiic le Diahlc à quatre, pour dire, S'cmpor
ter, faire du vacarme , du désordre.
On dit aussi, Fiiirc leDiable à quatre, pour
dire. Faire des merveilles dans quelque occa-
sion. Dans celte affaire il fit leDiable à quatre.
On dit aussi figurénicnt, C'est le Diable,
c'est I« le Diable, poiu dire, C'est là ce qu'il )'
a de fâcheux, di- (lilTicile dans celte afljire.
On dit aussi figurémcnt d'Un homme extr.i-
ordinaire dans ses mœurs, dans ses mani6r''s,
tr.h en bonne , «oit en mauvaise part , C'est un
Oiuhle, c'est un DiiiMe d'homme; -et d'Un
DIA
honmip qui entend cxlrêmempnl Iiien la cîii-
c.iiiP, que C'est un Diable en procès.
On dit, C^est un bon Diable, pour dire,
(/(!st iiii bon garçon ; C'tïsf un méchant DiahU,
pour dire, Il est (in et malin ; Oest un Diahlc
d'EnfiTy pour dire, Un mccliant liommc. On
dit «u.s.-îî. Un pauvre Diahle, poui- dire, Vt\
misénible, un f^neux.
On dit, f|u'r'/i }wmTne a leDîahle au ror-^is,
pour dire, qu'il a bpountup d'adresse, d'esprit,
de force, elc.
On dit d'Un liomme grand, fort et puissant.
C'est un nrand Diahle.
On dit de niAnie, ^'ne diahle d'ajpiire^ une
affitire du Diahle ^ une dilJicuU^ de Diahle, un
Jifi'iïe de ncao(re, elc. pour dire, Une nu'clianle
iifliiîie, un mccliant négoce, etc.
On dit. Au Diahle le projit (^uc j'en ai lire,
pour dire, qu'On n'a tiré aucun profit de l'af-
faire dont ou parle ; Au Diable celui i^ui le fcra^
pour dire, que Personne n'osera ou ne pourra
tiiirc ce dont il s'agit.
En Diable. Fa9i>n de parler ndverl)i;ilc cl
familière. Fort, extr^-mcmcnt. Frapper en Dia
hle. Menteur en Diahle.
On dit en ce niênic sens, En Diable et demi,
îl l'a hallii en Diahlc et demi.
On dit en ce nu^nic sens : Comme le. Diable^
comme tous les Diables. Il Va haltu comme le
Diahle. Il ment comme tous les Diahlvu.
Diable, est quelquefois interjection. Ditifcîe.'
comme vous y allez! Diable! cela n'est pas
aise à faire.
DIABLEMF.NT. Adverbe dont on ne se sert
que drins le discours familier, pour dire, ex-
cessivement. Cela e'^t diablement chaud. Voilà
une femme diablement laide. Tl est diablemcnl
fort sur ses principes.
DIAlîLFIUIi:. s. f. Sortilège, maléfice. Jl y
a là de la diablerie. Il se mêle de diablerie. La
diablerie de Loudiui. Kip^r extension, il se dit.
dans le style familier, Des mauvais cfluts dont
f-n ne connoit point la cause. Il y a r^uel(jue
diablerie là-dedans.
On appelle aussi par extension, O'S préten-
dues ])o?sf'Ssions, les soicclleries , des Diable-
riC:i.
DlAIU.FSSE. subst. f. Terme d'injure qui
se dit ordinairement d'Une mcclianle femme,
acariâtie. C'e..( une diablesse, une vraie dia-
blesse.
On dit nussi dans le style fainiliir. Vnc
bonne diablesse, pauvre diablesse, méchante
diahlcs.^e., dans le même sctî« qu'on dit, Bon
Diahle, pauvre Diahle , méchant Diable,
Diablesse, s'emploie aussi adjeclivcnuiH.
Cette femme est bien diablesse-, pour dire, Ksi
I)ien mr-oliante.
niAHI.K/.OT. Sorte d'exclamation du Im
ga;;c familier. Vous pensez qu*on doive vous
croire, DidMcroI, c'est-à-dire, Je ne suis point
asscT, sot pour cela. Vous conseillez de faire
pc'Ih, Diahkzot, c'cst-ù-dire , Je ne suis pniir,
assez sot pour le faire.
DIABLOTIN, s. m. On appelle ainsi une p.-
lite Gqure de Dialile. Un tableau oit Von a re-
DIA
présenté des Diables et des Diablotins qui (ci-
(enf 5(iint .'întoine.
1 On dit fi^urém. d'Un mé'chant petit en£int,
Cet enfant est un vrai petit Diablotin.
Ou appelle Diablotins , Certaines petites
tablettos de chocolat c<:>uvertes de dragues de
nonpareiUe.
niAHOLlQUE. adj. des 2 genres. Qui est
du Diable, qui vient du Diable. Tentation dia'
hoUque. Sucjqestion diabolique.
11 se dit figurcment De tout ce qui est ex •
tr(^mement méchant dans son genre. Ksprit dia^
Ixdique. Méchanceté diabolique. Artiftce diabo-
lique. La poudre à canon est une invenfi'ofi
diabolique. Il nous a menés par un chemin
diabolique. On nous sei'vit un raqoiit diubo-
liqne.
niADOI.IQUEMENT. adv. Par une md-
cthancctc diabolique. C'est urte chose diaholi'
((iiemeni inventée. C'est une calomnie forgée
diaboliquement. Conjuration machinée diabo-
liquement.
DI.4CARTHAME. s. m. Terme de Médecine.
Électuairc purgatif qui tire son nom de la
moelle du carrliame.
DI.\CHILOIV. s. m. Empliitre composé de
raurilages.
DlACOnp,. s. m. Sirop composé de léles de
pavots bL'incs.
I>I.\CONAT. s. m. I,e second des Ordres sa-
crés. Ftrc promu au Diaconat.
UIACOXESSE. s.f. On .appeloil ainsi , dans
la primitive liglise, Les veuves ou les filles de«-
tintles à certains ministères ecclésiastiques. Les
Diaconesses servoient autrefois à déshabiller les
femmes et les filles qu'on baptisoit On disoil
aussi Diaconisse.
D1.\CRIÎ. s. m. Celui qui est promu au se-
cond des Ordres sacrés. C'est au Diatre à lire
l'Evanijile. Faire Diacre à in Grnnd'.l/ejse.
DI.\DliM!;. s. m. Sorte de bandeau qui rloit
la marque de la Royauté parmi les .anciens, cl
dont les Rois se ceignoicnt le front. Ceindre le
Diadème. Porter un Diadème. Ceindre sa li!te,
son front d'un Diadème. Orné d'un Diadème.
Dans la Poésie , Diadème s'emploie pour
Royauté.
DlAfiNOSTlQUE. adj. des 2 genres. ( On
prononce Diaçjuenostiquc. ) Terme de Méde-
rinc. Il se dit Des signes et des symptômes qui
indiquent la nature et le.s causes d'une maladie.
Les sinnes diaqnosliques de la fièvre.
Il est aussi substantif. Cet enfant a tous les
diaqnnstiqties de la petite vérole.
I)IA(;Oîi.\L, AbE. adj. Terme de Malhé-
niatiquc. Qui va d'un angle d'une Cgiu-C rccti-
ligne ,'i l'angle opposé. Vnc ligne diagonale.
On dit substantivement, I.O (iiaijouaJc.pour
ilire, I.a ligne qui va d'un angle d'un parallé-
logramme, ou en général d'une figure quclcon-
c[ue, .^ l'angle opposé.
DlAGO.^ALEME>'T. adv. D'une manière
diagonale. Vnc liqne qui coupe un plan dia<jo-
nriïcmcnl. ^
OlAtiRf'.nE. s. m. Préparation de scammo-
née avec du cojn et du soufre.
DIA
DIALECTE, s. m. Langage pailicuHerd'iuic
Ville ou d'une Province, cicrivc de h Langue
générale île In Nation. La Lawjue Grecque a
fiiffèrens dialectes. Le dialecte .itttque. Le dia-
lecte Ionique. Le dialecte Doriijuc. Le dudectc
Ëolique.
DIALECTICIEN, s. m. Qui sait la Dialec-
li<jue, qui s'applique particulièrement ^ l'étude
de la Dialectique.
(>n dit d'Un homme qui donne ^i ses raison-
ncniens une forme méthodique, que C'est un
bon Dialecticien, un grand Dialecticien ^ un
excellent Dialecticien,
DIALECTIQUE, s. f. Logique. Art de rai-
sonner. La Dialectique est la première partie
de la Philosophie. Cela ne peut pas se soutenir
en bonne Dialectique. Il n'y a pas de Dialec-
tique dans ce raisonnement.
DIALECTIQUEMENT. adv. En Dialecti-
cien. Il raisonne diulectiqucment.
DLVLOGIQUE. adj. des 2 g. Qui a la form«
du dialogue. Platon adonn^àscs ccritsla jomu
dialoqique.
DIALOGISME. s. m. L'art, le genre du dia-
logue; l'emploi des formes du dialogue.
DIALOGISTE. s. m. et fém. Celui, celle
qui fait un dialogue.
DIALOGUE, s. m. Entretien de deux ou de
plusieurs personnes. Ils ont eu un lonq dia-
loque ensemble. Je n'aime pas tous ces dialooues.
En ce sens il ne se dit guère que dans le style
familier.
Il se prend particulièrement pour Un cntrc-
tlci par écrit de deux ou de plusieurs pcr-
sonnes. Les dialogues de Platon , de Cidron,
de Lucien. Les dialogues des Morts. Faire un
dialogue. Composer des dialogues. On dit d'Un
Auteur dramatique, qu'/i entend bien Vart du
dialogue^ pour dire, qu'il fait bien dialoguer
ses personnages.
DLALOGUER.v.aci. Faire parlcrentre elles
plusieurs personnes. Il n'est guère d'usage qu'au
passif. Cette scène est bien dialoguêe^ pour
dire , que Les Interlocuteurs y parlent convena-
blement au sujet, qii'ils se répondent juste, ou
6*interromp4*ut à propos.
DiAi.o&t'É, ÉE. parliciiïc.
DI.VLTHEK. s. m. On;^uent compost' de di
vers ingTf'diens, et prïnclpalenient du uutciinge
de guîni;tu\e.
DIAMANT, s. m. Pierre précieuse, In plus
bnlLantc et la plus dure de tou'.es. Diamant
hrut. Diamant taille. Diamant brillant. Dia-
mant (l'une belle eau. Diamant rose, à facettes.
Diamant en titble. Ce diamant jette beaucoup
ae feu^ a beaucoup de feu, a beaucoup d'éclat.
Ce dtamant est bien mis en a*(iiTC. Diamant
jaune. Diamant incarnat. Table de diamant.
Chaîne de diumuru. Rose do diamans. Agrafe
de ditimans. Bouton de diamans, Epée de dia-
mans. Pointe de diamant. Poudre de diamanî.
On appelle Diamant rosette^itu Diamant
rose. Un diamant taillé \ facettes par-dessus,
cl plat par-dcssou-î ; et Dianu.nt brillant, Ur
diaumnt taillé à facettes por-dcSÂOut comme
por-dcAsuA.
DIA
On donne aussi le nom de Diamant h Cer-
taines pierres qui ressemblent aux diamans.
Ou dit proverbialement .'i Un homme qu'on
vent encourager par une forti; récompense à
fyjrc ce qu'o'i veut de lui, qu'Où lui donner..
une poignée de diamans.
DL\'\IA>TAIRE. s. m. Ouvrier qui taille
les diamans, et qui en fait iraGo. On dit plus
communément Lapidaire.
DIA.MAIÎGAIÎlTO.N.s.m. Médicament dont
les perles font le principal ingrédient.
DIAAIKTRAL, ALE. adj. Appartenant au
diamètic. Il n'est guère d'usage qu'.iu fémiuin ,
et dans cette phrase, Ligne diamétrale.
DlAMf'TKALEMENT. adv. D'uu bout du
diamètre i l'autre. Les deux Pôles sont diamé'
(rarement opposés Vun à Vautre^
Il se dit figurémeut, taut Des personnes qui
ont des scntimens, des humeurs, des intérêts
directement contraires, que des choses morales,
ri des propositions qui sont contraires l'une îi
lautie. L'avarice et la prodinalité sont diamc
iralcmcnt opposées. Ces deujc propo:iitions son'
diamétralement opposées. Ces deux hommes sont
diamétralement opposés. Leurs intérêts sont
diamétralement opposés.
DIAMK'JRE. s. m. Ligne droite qui va d'un
[loint de la circonférence d'un cercle à un autre
I oint en j).-issant par le centre. Ce cercle a tant
ie pieds de diamètre.
DIAMORUM. s. m. Sirop de mûres propre
pour les gargarismes.
DIANE, s. ft'm- Terme militaire. Il n'est
d'usage que dans cette phrase, Bflïfre la diane,
qui se dit Lorsqu'on bat le tambour à la pointe
du jour pour éveiller les soldais.
DIANTRE, s. m. Mot Irès-faniilîcr dont on
se sert pour éviter de prononcer le moldcDiahle.
Au diantre soit le fou.
Dï.\NUCUM. s. m. Rob fait avec des noix.
DIAPALME. s. m. Terme de Pharmacie.
Onguent dessicc-itif fort en usage , et qu'on em-
ploie pour résoudre les fluxions.
DIAPASME. s. m. Poudre propre h parfu-
aier le corps.
DI.U*ASON. s. m. Terme de Musique. Éten-
ilue des sons qu'une voix ou un instrument
[ifut parcourir, depuis le ton le plus bas jus-
ipi'au plus haut. Cet ûiV sort du diapason de
la voix,
DIAPÉDÈSE. s. m. Terme de Méde.ine.
llrupiion du sang par les porcs des vaisseaux.
DLVPHANE. adj. des 2 genres. Terme de
Physique. Transparent, qui donne passage ^ I.j
lumière. Corps diaphane. L'eau est diaphan<-
Le crif-ttil est diaphane.
DIAPIlAyÉITÉ. s. f. Terme de Physique.
Qualité de ce qui est diaphane , transparence.
La diaphanéité du verre.
DIAPHÉME. s. m. Élecluairc purgatif ,
dont les diltes font le principal ingrédient.
DIAPHOUETIQUE. ndjeclif des a génies.
Terme de Pharmaric. Il se dit Des rcmt\lcs qui
agissent par la transpiration, qui purgent les
humeurs en ngisvanl par les sueurs.
DLU'nRA<;ME. s. lu. Tenue d'Anatomic,
DIC 423
C'est un muscle très-large et fort mince , situi!
à la base de la poitrine qu'il sépare d'avec le
lias-Tcntrc, Le dianfirannic sert à la respira-
tion. 71 II reçu un coup ijiti lui perce le dia-
phragme.
DiApiinACME, en termes de Botanique, se
dit d'Une cloison transversale qui coupe uira
^i!iq^e, ou un autre fruit capsulaire.
DIAPRIC, ÉE. Participe du verbe Dinprcr,
qui n'est plus gutre d'usage qu'en Poésie, et
comme terme de Blason. Varid de plusieurs
coulcur.i. Il y a une espèce de prunes violettes
qu'on appelle Pruiiej diaprées.
UIAPRUN. s. m. Électunire dont les prunes
lunt la base.
DlAPRURE. s. f. Variétë de couleurs. La
dlaprure des près. Il est vieux.
niARRIlEK. s. f. Terme de Médecine. Dc-
voioinent, flux de ventre. Avoir la dianhcc.
UURTHRO.se. s. f. Terme d'Anatomie.
C'est une articulation mobile, faite par des
lêles reçues dans des cavités plus ou moins
profondes, qui permettent aux os un mouve-
ment en plusieurs sens.
DIASCORDIUM. s. m. Opiat dit de b plant*
appele'e Scordium.
DI.\.SEIiESTE. s. m. Electuaire purgatif,
dimt le scbeste est la base.
DLVSÈNE. s. m. Électuaire dont le seué Ciit
la base.
niASOSTIQUE. s. f. Nom qu'on dopi^î à la
Me'dccinc prcservative.
DIAS'IW.SE. subst. m. Terme d'.^natomie.
Mot liri! du Grec, et qui renferme la n:Cme
idée que celui de Luxation dans notre langue.
ni.V.STOLE. s. f. Terme d'.Vnalomic. Mou-
vement naturel et ordinaire du cœur lorsqu'il
se dilate. C'c^f dans le ntouvenient de la dia~
i'tolc ijue le sang des veines entre dans le cœur.
La systole et la diastole du cœur.
DI.\STVLE. s. m. Terme d'Arcbitecture.
Édifice dont les colonnes sont éloignées l'une
de l'autre de trois de leurs diamètres.
niATICSSARON. s. m. Terme de Jlédccine.
Remède composé de quatre ingrédiens, et qui
s'emploie contre les maladies froides du cer-
\eau et de l'estomac.
DiATEssAnos, est aussi un terme de .Musi-
ijue ancienne, qui désigne L'intervalle auquel
mnus donnons le nom de Quarte.
UIATOMQL'E. adj. des a genres. Terme de
ÎMusique. Qui pi-ocède par Ics'tons natun'Is de
la gamme. Chant diatonique. Genre diato-
nique.
DUTOMQUEMEin'. adv. Suivant l'ordre
diatouique.
tHATRAGACANTE. s. m. Élrelu.iire dont
le principal ingrédient est la gomme adragant.
Dl.VTRlBE. s. f. Dissertation. Il s'emploie
principalement dans le gi'urt' ix>léniique, et dé-
signe quelquefois Une critique nmèrc et vio-
lente.
DIC
niCÉLIE.Ç. s. f. pluriel. Sor.c de ùiccs
ou de scènes libres conservées de l'anc-cuiie
12Î DIC
■omiidie. On nommoit Diccllsles, les farceurs
i[ui jouoient ces sortes de pièces.
DICIIOniiE. s. m. (On prononce Dicorée.)
Terme de Grammaire nucicnne. C'est ie nom
-jue les (irccs et les Latins dminoicnt J ■-■n P'cd
compose de deux cliorces ou nochces.
DICHOT(^SIE. adj. ( Un prononce Dico-
lome.) Terme d'Asironomic. Il se 'dit De la
iuns quand on n'en voit q"c la moitié. La lune
est dichotonie.
DICHOTOMIF,. s. f. ( On prononce Di'coto.
mie.) Terme d'Astronomie. Étnt de la lune
•juand on n'en voit que !a moitié.
DICT.V.ME. s. m. Sorte d'herbe qu'on dit
avoir la vertu de gui-rir les ploies. Les An-
ciens ont dit que qnand le cerf étoit blesse
d'une fltclie, il ailoit clierclier le Dictame, et
que dfrs qu'U 3n avoit m.ingi- , le fer lomboit
de sa p'.aie. Le Dictame lîe Crète.
DICTAMliN. s. m. Mot emprunte du Latin,
et qui en conserve eu François le sens et la
prononciation. On dit en Morale, /-e dicliimen
de la conscience, pour, Le sentiment intérieur
de la conscience.
DICTATEUR, s. m. Magistrat unique el
souverain , qu'on nommoit extraordinairement
à Rome, du temps de la République, en cer-
taines occasions importantes, et seulement pour
un certain temps. Fa!'ii« f"l fait dictateur dam,
(.1 querre contre Ànnihal. Jules César fut fait
Dictateur pcrjKluel.
Oi. dit Ëgiu-dment et familièrement d'Un
lîomr- î fju' a un ton tranchant, ab«-^lii , qu'/t
prcïirf un r'oM de Dictatenr.
OîCTATURE. s. f. Dignité de Dictateur
Exercer la Dictature. Sylht ahdicjua la Dicta-
ture. La Dictature n'éloit ordinairement con-
férée que pour sic mois. Ayrès la mort de Julef
César, la Dictattire fd abolie par F.dit puhlic
I DICl'ÉE. I. -f . Ce qu'on dicte pour étie écrit
■50 r.iême temps par un seul ou par plusieurs
auti2S. Voici la dictée d\iujourd'hni , pour
dire , Voici ce que le Professeur a dicté aujour-
d'hui: La dictée a été longue, pour dire, que
Le Professeur s dicte long-temps ; Ce Commis
écrit bien sous la dictée, pour dire, qu'il écrit
exactement et promplcment ce qu'on dicte.
DICl'ER. V. actif. Prononcer mot i mot ce
qu'un autre écrit en même temps. Dicter une
lettre à son Secrétaire. Un Ré(jent cjuidic'.e un
tfn'me à ses Ecoliers.
II signifie aussi, .Suggérer à quelqu'un ce
qu'il doit dire. On a dicté à cet accusé toutes tes
réponses om'jI a faites.
Il sign'fiefigurémcnt. Inspirer, soit en bien,
toit en mal. La raison, h icns commun nom
dicte cela. La nature nous dicte que nous de
vous aimer nos partns.
Il signifie aussi, Prescrire. Dicter des lois
des ordres.
Dicté, ée. participe.
DICTION, s. fém. l'iloculion. La p.nrtie du
ityle qui regarde le choix des paroles. Diction
Hénante. Diction pure. Diction vicieuse.
DICnONS AIRi:. ». m. ( On ne prononce
ipi'un N.) Vocabuliirc. Recueil de tous 'ics
inoLs d'une Langue, mis par ordre. Diction-
naire François. Diclionnnuirc Latin. OirïïoM-
nairc Italien. Dictionnaire Espaqnol. Diction-
naire par ordre alphabétique. Dictionnaire par
Voriîre des racines ^ par racines.
On dit dXTn mauvais Traducteur, tpx'll fait
sa traduction à coups de Dictionnaire.
DiCTioXNAmE, se 'dit aussi De divers autres
recueils faits par ordre alphabetîfjue sur de-,
luntières de Pot-sie, de Gcograpliie, d'Histoire
etc. Dictionnaire Poétique. Dictionnaire Jlis-
toriaue. Dictionnaire Géoffraphique. Un Dic-'
tionnaîre de Marine. Dictionnaire de rimes.
On dit figurément d'Un, homme qui a dca
connois.'iances très-dtcndues , et qu'il conmmni-
f]ue aisément, que C'est un Dictionnaire vi-
vant.
DICTON, s. maso. Mot ou sentence qui a
passe en proverbe. Un vieux dicton. De hciius:
dictons.
Dicton, est aussi Une raillerie, un mot
plaisant et piquant contre quelqu'un. Le sali-
rifjue donne à chacun son dicton. Il est du
style familier.
DICTUM. s. masc. Mot empnintë du Latin.
Le dispositif d'une Sentence, d'un Arrfit, cette
partie d'une Sentence ou d'un Arrêt qui con-
tient ce que le Juge prononce et ordonne. Le
dictum d'une Sentence, d\in Arrêt.
DID
DIDACTIQUE, adj. des 2 genres. Qui csl
nropre;'iVinstrU(tion.OrJredid«Tcîi(ïwe Terr r<
didactiques. Dans h rjcnre didactique. Poënit
didactique.
On dit aussi substantivement, Le didacti-
qne^ pour. Le genre didactique. Ce mot n'cil
en usaqc que dans le didactique.
DIE
DIÉRKSK. s. f. Ternie de Grammaire, qui
>ignirie I.^ division d'une diphtliongue en deus
sjlld)es. Les Latins disoient par diérèse aulai
pour aulae.
DIKR VILLE, suhst. masc. Arbrisseau qui
ressemble au Syringa. 11 y a encore une autre
pbinte de ce roia , cfui porte un fruit pyra-
midal.
DIÈSE ou DIESIS. s. m. Terme de Musique.
Sorte de marque qui , e'tant mise devant une
note, fait b-iuseer la noie d'un demi -ion. On
dit aussi adjcclivement , Cette note est dièse ^
pour dire, qu'Klle doit être haussée d'un
demi -Ion.
DIESER. Y. a. Terme de Musique. Marquer
d'un dièse. Il faut diéser cette note.
DiÉsÉ, ÉE. participe. Piotc dièscc.
DTÈn-;. s. f. Régime de vivre qui règle le
l>oirc et le manger. On lui a ordonné une diète
exacte.
On 4't> Faire diète, pour dire. S'abstenir
de manger , ou manger peu.
Dii:TE. se dit aussi dUne Assemblcïe des
fJtaU, 5oil en AIIcma;;ne. soit en Pologne, soil
en Suède. La Dirtc de VEmpire. Convoquer la
Diète. Assembler lu Dicte:- Rompre la Diète
DIE
Dicte qir.'jralc. Diète particulière. Lu Dîeta
d'un Cercle de VEmpire.
Dù:te, se dit aussi De ceri.iines Assemblée»
qui se tiennent dans quelques Ordres Religieux
cna>fi deux Chapitres Généraux, pour ce qui
rei;arde leur discipline.
DIÉTÉTIQUE, adj. des 9. g. Terme de Méde-
cine. Il se dit Des choses relatives à la diéie.
UIÉTINE. s. f. Diêlc i.^uiîcuHùre. Les Diè~
t'ines de Pologne.
DIEU. s. m. Le premier el le souverain
f;ire, par qui tous les autres existent et sont
i^ouvernes. Dieu est le Créateur du Ciel et de
la Terre. Dieu est tout-puissant^ tout hon^ tout
miséricordieux. Dieu est, la souveraine saqesse.
Dieu est appelé dans l'Kcriture-Saintc, le Dieu
des ArméeSj le Dieu des vengeances^ le Dieu
(Ic5 misericor(?cj, le Dieu jaloux. Les attributs
de Dieu. La toute-puissance de Dieu. La ma-'
]cstc infinie de Dieu. Le culte d^adoration n'est
dû qu'à Dieu seul. Il n'y a qu^un seul Dieu,
un seul Dieu en b-ois personnes. Le Fils de
Dieu. JÉsus-CHnisT est Dieu-homme. LaVierqe
est appelée la Mère de Dieu. C'est une qrâce dt
Dieu, une hcnédiction de Dieu, un don de
DicH, une jirotection visible de Dieu. Faire
quelque chose pour la qloire de Dieu , pour
l'amour de Dieu. Croire en Dieu. Aimer Dieu.
Honorer Dieu. Prier Dieu. Louer Dieu. De-
mander pardon à Dieu. Invoquer le Nom de
Dieu. Se recommander à Dieu. Servir Dieu.
Avoir recours à Dieu. Mettre sa con^.ance ,
îon espérance en Dieu. Prendre , recevoir lotîtes
rJioses de la main de Dieu. Avoir la iraiitte âc
Dieu devant les yeux. Elever ses enfans dans
la crainte de Dieu. Se conformer à la volonté
de Dieu. Se resiqner à la volonté de Dieu.
Rendre qloire à Dieu. ViVre sc\}n Dieu. Cest
un homme de Dieu. C^est un homme tout de
Dieu y tout en Dieu. Dieu Va touché. Dieu la
îasité. Cfffnscr Dieu. Jurer Dieu, Blasphémer
le Nom de Dieu. Prendre le Nom de Dieu en
vain. C^cst une chose teirihle que de tomher
entre les mains du Dieu vivant. Dieu rendra à
chacun selon ses œuvres. Le hras de Dieu n'est
pas raccourci. On reconnoit en cela le doiijt de
jyteu. Il leur annonça de la part de Dieu, qu-:
s'ih ne chanqeoient de vie, etc.
On dit d'Un homme mort, quH est devunl
Dieu; et ironiquement d'Un méchant homme
jnort., que C'est une belle âme devant Dieu.
On dit provcrbiaicmcpt, La voix du peuple
est la Voix de Dieu, puor dire, que Dordinaire
le serilimont du publie est fondé sur la vérilé;
Toiil va comme il plait à Dieu, pour dire,
qu'on laisse tout aller à l'abandon ; et , Ce que
femme reuf. Dieu lèvent, pour dire, qu'Ordi-
nairement les femmes veulent forUnient tout
ce qu'elles veulent, qu'il n'est pas bcilc de les
faire changer de volonté.
Dieu fc veuille. Plût à DieiL Dieu vous en-
tende. Dieu vous veuille bien ouïr. Dieu m'en
qarde. Dieu m'en préserve. À. Dieu ne plaiic.
l^açons de parler ordinaire», pour marquer Le
désir ou 1.1 crainte que l'on a de quelque c':. we.
S'il pla'.t il Dieu. Façon de parler condi-
DIE
tionnelle, dont on se sert en parlant Des choses,
on qu'on souhaite, ou qu'on a Intenlion do
faire. H en récinijtpera ^ s'il plaît à Dieu. Je.
fais état de partir après dirnain ^ s'il pUiU à
Dieu. Hjins celte munie acception on dit oussi.
Avec l\iide'de Dieu, et Dieu aidant. Mins rt-tle
dernière façon de parler n'est que du si) le fa-
milier.
Dieu vous bénisse. Dieu x>ous contente. Dieu
vous assiste. Dieu vous soit en aide. Kaçons de
parler ordinaires it familières, lorsque quel-
«ju'uu élerniie, et lorsqu'on veut marquer h un
pauvre qu'on nu rien à lui donner.
Dieu vous conserve. Dieu vous conduise.
Dieu vous le rende, Kaçons de parler ordi-
naires , quand on souhaite du bien ù quelqu'un ,
ou qu'on le remercie do celui qu'jn en a re(,u.
Dicii vou^ garde. F;içi>n de parler populaire,
eu abordant quelqu'un.
Grâce à Dieu. Dieu merci. Façons de pailtr
ordinaires, par lesquelles on marque que l'on
leconnoit tenir une chose de la bonté de Dieu.
On dit pruverhialcnient d'Un homme à qui
il est arti/ti quelque Ix-.'ihcur, sans qu'il y ait
rien contrihuû par ses soins et par son travail,
que Cela lui est venu d: ta ardce de Dieu, lui
est arrive de Dieu gruce.
Dteu merci et vous. Dieu merci ef *. vous.
Façons de parler, dont le peuple se sert par
manii-re de civilité, ou par reconnoissdnce en-
vers celui à qui il paile.
Au nom de Dieu. Pour l'amour de Dieu,
Termes dont on u<^e comnmne'menl quand un
prie instamment quelqu'un de quelque chose.
Bon Dieu', ijrand Dieu! vrai Die».' Termes
d'admiration, d'étonnenicnt, d'affirmatiou.
Sur mon Dieu. Devant Dieu. Dieu m\s\
témoin. Dieu m'en est It'moin. Termes d'aflii-
iu.<tion et de serment.
Ainsi Dieu me soit en aide. Formule don!
on se sert quand on prèle serment en metl.iiit
le* mains sur le Livre des Évan^^iles.
Dieu sait. Façon de parler ordinaire, qu'on
emploie pour ossurL-r fortement ce qu'on veni
dire. Dieu sait si vous vous divertirez bien.
Dieu sait si vous serez bien reçu. Dieu sait
comme vous vous réjouuez. Nous étions dans
cette compagnie tous ^ens de bonne humeur^
Dieu sait la joie.
Pour ulfirmerfju'on n*a point fait une chose,
ou dit quelc|ncfois ; Dieu sait si je Vai fait.
Dieu sait si j'en ai eu la pensée.Si j'en ai eu la
pensée. Dieu le sait.Si je l'ai fait. Dieu le sait.
Dieu le sache. Façon de parler commune,
pour marquer L'incertitude ou l'on est de quel-
que cho»e. Ce gui en arrivera^ Dieu le sache.
Vous me denuindez ce gue je deviendrai^ Dieu
le sache. Un dit aussi dans le mémo sens, Die»
le êiiit.
Dieu! Bon Dieu! mon Dieu! Sorte d'excla-
Tnation. Mon Dieu, gue va-t-il aniver! Bon
Dieu, ayei pitic de moi! DieUy guel malheur!
Par la arAcc de Dieu. Termrs dont les Vr'm
«« Souverains « servent dans leurs Tirrcs ,
pour mar-|ucr qu'ils i*r ticuueot liur» Luis
^e de Uieu,
T»me i.
DIF
On dit proverbial em eut d'Un Piince Souve-
rain qui n'en reconnuit aucun autre au-dessus
de lui, qu'/i ne relève gue de Dieu et de son ipce. ' '
On appelle comnuMirm. l'Hoslic consacrée.
Le bon Dieu. Ou lève le bon Dieu. On va porter
,e hou Dieu à ce malade.
On .'ippellc aussi La Fête-Dieu , et non p.is
La Fête de Dieu , La Fêle du Saint Sacrenienl;
et un Hôpital fondé pour des m.ilades, un
Uôtcl-Dieu.
On dit, Me toute personne ijai a nn grand
a:tacliemejit à quelque c'iose que ce soit,
qii'i, Ile en fait son Dieu. Il n'aime gue les ri-
chesses ^ il en fait '•on Dieu. Ce sont des gen-i
gui font U'ur Dieu de leur ■l'enlrc.
Ou dit fixement, en parlant Des Rois, des
l'rinces Cou'?rain», et de ceux qui ont beau-
coup l'auîori'.? ef de pouvoir, que Ce ront les
Dieux de la Teire.
L'l*lcrilure-Sainte appelle aus&i figurcii-.cnt ,
Des Dieux, Les hommes qui ont l'autorit- .
J'ai dit y vous êtes des Dieux. Il sera amené
devant les Dieux^ c'est-a-diro. Devant \cs
Jiiges.
Mitu, se dit encore absolument Ucs fausses
divinités que les Pnicus adoroieiit. /,e.'; Dieux
des Gentils. Les faux Dieux. Jupiter est /c
maître des Diexi , le père des hommes et des
Dieux. Mars est le Dieu dt la Guerre. Apollon
est le Dieu de ht /'oési'c. Les Dieux du premier
ordre. Les Dieu.c in fcrnciux. Les Dieux marins.
Le combat des Titans contre les Dieux, Cybclc
est appelée la mère des Dieux, ^acn'/îe/' aux
Dieux. /ien^J^ser /cs lemples des DieiLV. Metti i
au rang des Dieux.
Dieux! grands Dieux! Sorte d'exclamation
païenne, pour marquer la surprise et l'élonnc-
nient.
DiEL-DONSÉ. Surnom qu'on donne à quel-
ques Princes, lorsqu'on reï:;arde leur naissance
comme une chose miraculeuse, et comme une
^ràce du Ciel , accordée particulièrement aux
vœux des peuples.
DIF
DIFFAMANT, A>TE. adj. i)ui diffame,
ijui est dit, qui est fait pour diH'umer. Discour:,
difjamans. Paroles dijjamantes. Cela est bien
dijjamant.
ItirFAMAiKUii. i. m. Celui qui diffante
j'.ir des parolL-s ou des acrits. Difjumattur pu-
blic. Insigne difjjiwiatntr.
DIFFÀ.MATIO.N. s. f. L'action pat laquelle
on diifame quelqu'un. L<i diffamation du Pro-
chain est un grand péché. Il na pu soufj'rir
une si cruelle dtijamatton.
DlFF.ViMAlOIKE. adj. des 2 genres. Qui
difTnne, qui est fuit, qui est dit pour dînàmer.
Libelle difjamatoù'C. Ecrit difjamatoire. Dis-
cours difjiimatoire. Les faiseurs de libelles dif-
famatoires sont punissables par les Lois.
DIFFAMFH. v act. DtVrier, déshonorer,
perdre de réputation II l'a dijjumé dans toutes
IcJ compagnies. Il l'a dijfamc pat «* écrit*.
C'est .se difjamer sot-mime^ gue d'écrire pour
diffiiner les auLes»
DIF /faà
DiiTAMÉ, i't. participe.
DiiFAsiÉ, se dit en termes de Blason. d'Lfn
animal sans queue.
DIFFFRLAIMHNT. adverbe. Diversement,
d'nnc maniùre difl'ûcnle. Il a rapporté l'alf:ire
diffremment de ce gu^ellc s'est parsée. Us en
parlent loiu deux fort di0remment. Les Pi in-
les agissent dtffi'remtner't des particuliers.
DIFFiîUKNCE. a. fem. Diversité, dissem-
blance, distinction. Grande dijjlrcnce. D///c-
rence notable^ csfenliellc. Lè'ière djjèience.
Il y a grande différence entre l'un et l'autre,
de Vun à Vautre^ de l'un avec l'mttre. Diffé-
rence de personnes., de sexe, d'âge. Ne fairc^
ne mettre aucune différence entre... La diffé-
rence n'est pas bien marquée. Telle chose fnd
la différence d'une autre.
On dit aussi, Faire de la différence , ladif-
/t'icMce, pour dire. Faire la distinction d'une
chose, d'nnc personne. Je connois ces tableaux ^
ces personneSy fen sais faire la diffirencc.
lin Logique, Différence sij^niHe La qualité
essentielle qui distingue entre elles les espèces
d'un même ^eairc. Une defuition est composée
de genre et de différence. Dans celle définition,
L'ùme est une substance iMcor/Jore//c, Su!)stance
est le 7enrc;c( Incorporelle est la difftrenee
qui constitue l'ài.ie, et qui )a distingue des
substances coi porelleg. Différence spécifigue.
Fn termes de Mallieinatique, on appelle
Différence., L'excès dune quantité sur une
autre. Lu dijjlrence de 6 et de ^ est 2. On ap-
I)elle aussi D ii]'<' renées , Le^ quantiles infîui-
nient petites, ou quantités diifércnlieMe».
DIFFÉRENCIFR. V. a. Distinguer, nie.'ftb
de la diflcrence. Ccïd sert à les diffrencttr .
Une bonne définition doit différencia' Je genr*
de l'espèce.
On dit en Mathématique, Différencier unt
guantilé, pour dire, En prendre la partie infi-
niment petite.
DiFi-ÉHENCiK, ÈE. participe.
DIFFÉRENT, ENTE. adj. Divers , dissci&.
blable, qui n'est point de même. Ils sont dif-
fercns d'humeur ..de langagr. Ils sont difflrens
d^ opinion y de sentiment. Opinions dtifcrentes.
"^IcEurs diffirentes. Ce sont choses bien diffè-
retites. Ce mot a plnsiturs 'tens difftrens.
On dit proverbialement De deux choses
(lui sont e\lr'niienient différentes, qn Elles sont
différentes comme le jour et la nuit.
DIFFERENT' ou DIFFEREND, s. m. Dé-
bat. contesMlton, querelle. Ils ont eu différent
ensemble. Il faut leur laUser l'idcr leurs d.jjé-
tens. Faire naître un différent. Apaiser j n»ou-
pir un différent.
Il signifie aussi La chose contestée. Il faut
•utrtager te différent. Il faut partager le dif-
joenl par la moitié.
DIFFERENfIEL, ELLE. adj. Terme de
Mathématique. Il n'est guère d'usage que dans
CCS j>hra>es.Qu(miiîé i/i^/i.TCMÏic//e, peursi^nï-
lier, Une quantitf^ intîniment petite; et Calcul
différentiel, pour si^uiËcr Le calcul de cm
sortes de rjuaiilit/s.
On dit aiik&i substantivemeol au /iiaiin;u,
54
4-.fi D I V
Une âiffermiielle, pour dire, Une qiiaiiliti'
tiinércrilipllp.
OlKKKRliR. V. a. Kelwrder, rcniitlre à ""
autre temps. Différer une o//. l're. I« Wi//Ji«' ''i'
jour en ;our, i/e joiu' li autre. Dij^^reriini-ayc-
ment. Il est aussi neutre. Ne ilifliie- }'oiul d'y
uiler. Me différez point de donner ordre à vos
..//iM(«. A'e différez point de vous conveilir.
Partez sans différer.
On dit prov. C\' fi est différé ncst pas perdu.
DirFÉiiÉ.ÉE. paiiicipe.
Dn'riiniin. v. ii. f'.tie divers, cire dissenjbln-
1.1c , n'être pas de in6nic. Ils différent en un
point. Ils conviennent en plusieurs clioses,
muia ils différent en cela. ( i> AuriirMe ii'i'c; no
diffère en rien de la bête.
DU riCII.K. adj. des ? genres. Qui est mal-
aise, qui donne de la peine. Une entreprise
difficile. Cela est dijlicile à faire, in Auteur
difficile à entendre. Ce (crie de l'Ecriture-
Sainte est difficile à crpliquer. Un homme de
difficile accès , Je difficile ahurd. Un lieu de
difficile accès. Un clieval difficile à ferrer. Ce
métal est difficile à travaille-, à manier. Un
homme difficile à fjouverner. Un mot difficile
à prononça- , à retenir. H est d'une liumeur
difficile. Cette affaire est de difficile discussion.
Homme difficile à coiiteiilei. Difficile en -on
iiiatttjcr.
On dit absolument, ^u'Un 'umnie e.4 dif
/irilc, fort difficile^ pour dire, tju'll est malaise
à co'Ucntcr. lit on appelle Tcmjis difficiles. Les
temps de guerre, de desordres , tir troubles,
de disette , etc.
Ouditd'Uii lionime.qa'/! t eu une îi;«"es.se
difficile, pour dire. i|U . a eu dans sa jeunesse
des passions qui lui unt Hiit faire des f.uites. On
le dit aussi d'Uu iionune qui a Leaucoup pjii
dans sa jeuncs*e.
On dit proverbialement et fisnrcni. , qu't/n
Iioninie e<t difficile à ferrer, à chausser, pour
dire, qu'il est dillicile d'obtenir de lui ce qu'on
souhaite, de lui persuader ce qu'on veut, t;o
qu'on désire, qu'il est peu accounnodanl.
niFFICII.KMlîST. adv. Avee dilTicuIlé ,
avec peine. Vous ne sourie! passer pnr-là rjiie
ili/[irii(;menl. Il entend, il parle difficilement.
Il compose difficHeinent. Il marcl.c difficile-
ment. On clianije difficilement de caractère,
d'opinions et de picjutjés.
DIl-I'lCUL'l'l:;. s. f. Ce qui rend une chose
(lillieilc, ce qu'il y a de dinicilc en ({ntdijue
iliose ; empêchement , travers" , opposition ,
obstacle. Létjére difficulté. Petite difficulté.
Cetteafftire est pleine de difficiillcs. Vous (ri ii-
veieidela diffuiillé à uhleiiir cela. Dijficnllé
de parler, de respirer, d'avaler. Difficulté d'u-
riner. Difficulté d'urine, l.tt difficulté des che-
mins, des pa.ssaijcs. Surmonter toutes sortes de
difficultés. Former une difficulté. /Ipportcr une
difficulté. Examiner , lever, lésoudie une diffi-
cntlé. Proposer une difficulté. Faire naître des
difjiciilléi. Passer par-dessns une difficulté, Lf
noeud, le point de la difficulté. Il y a bien des
difftcidtés dans cet Auteur , dans ces passages.
On dit iju't'iK c/ijie r,e touffie, ne reçoit
DIF
point àe di f^i culte , p(»nr dire,<fii II u'y a point
de (lidirultt! qui s'y oppose; qii'tyne a'jdire ne ^
.souffre point de dijJlcuUê, pour diR',([u"Oii ne
voit rien (jni puisse ou qui doive en empêchci
le siicci'S ; qu'Une proposition ne soulJ)c point
de dilJicuiti', pour dire, qu'I-^lle est incontes-
table.
On dit, Faire àijyiculté de quelque cliose ,
pour dire, Y avoir delà répugnance, en fiiln-
; scrupule. Il y a des qen.s qui ne font difTiculii'
I de rien, il fait difficulté de se charger de l\if-
i /«"■'■■
j On dit aussi, i'aire difjieuUé^ faire des dijji-
cultés sHr quelque chose, jurmer uuc dilhculté^
j des dijjiculté-';, pour dire, Alléguer des raisons
I contre. Votre Rappot leur fait quelque difficulté
1 sur l'tffre ajfnire. C'^st un homme qui fait des
I difficnllés sur tout.
Ou dit pio^'erbialemeut et fij^urém., qu'C/»
Jiommc est le père des difficultés , pour dire,
qu'il ;illi"-gne des dilficultés sur toutes clioscs.
DiiTiCui.Ti': , Obscurité, endroit difficile j
entendre. Le* Conimentaleurs pcsse/JÏ rapide-
ment sur les difficultés. ,
Il se dit aussi pour Contest;itîon. Ces deux
amis sont en froideur y ih ont eu quelque diffi-
culté ensemhlc. Style Tuinilier.
Sans difficulté. Façon de p.trler adverbiale.
Indubitablement, sans doute. iS'j vous avez ces
qens-là pour roiis, sans diff.cultc vous sere-i le
plus fort.
rjH-FICULTUKUX, EUSE. adject. Qui se
vend d-ffîcile sur tout, qui allègue des difficul-
tés, qui fait des difficultés sur toutes clioses.
C^cst un homme fort difficnltueux. C^est un
esprit dijf\cultiic}ii . Il ne se dit que Des per-
sonnes.
DIl-TOKME. adjectif des 2 génies. Laid,
défij^urè. qui n'a pas la ii2;ure ou les propor-
tions qu'il dcvroit avoir. Vuiaqc difforme. Cela
le rend tout difforme. Ce hatim.^nt est dif-
forme.
Il se dit (igufénient Des clisses morales.
Rien li'ext si difforme que le vice.
DIFFORMRR. v. a. Terme de Palais. Ôter
la forme. Difformes- une médaille, une planche.
Ou a ordonné que ces coins seroicnt difformes.
Il est défendu aux Orfèvres de difformer les
luonrioic.
Dn-TOn:\;É, tu. papticipp.
DJFroiîMlTK. s. i'. Défaut dans les propor-
tions. Cela fiit une grande difformité.
Il se dit figurômcnt Des clioSes morales. La
difformité du vice.
DIFFKACTIOX. s. îéi». Terme -l'Optique.
Inflexion ou d/lour que subissent Ips rayons de
lumière en rasant l.i surface d'im corps
DIFFUS, USE. odj. Oui o.-.t long, qui est
trop étendu dans ses discours. Cet homme plaide
btcn,^ Mi.n'.-; il est diffus.
On oppcllo Style difpiSy Un st^le lài'Iie et
trop olciiHu.
DIFFUS1-:]\IENT. adverbe. D'une mani.te
diflusc. Il parle diffitsément.
DIFFUSION, s. f. Terme de Pliysîqwe. Il se
h\t des fluides en pnrlanl De l'action de «e ré-
DIG
pandre, ou de l'état de ce qui est repondu.
Diffusioii de lumière, de lu lumière.
il se dit fif^urément Du discours, du style,
lorsqu'il est trop abondant en paroles. Son
style est clair, mais il y a un peu trop de dif-
jusiën. On le dit aus?i Des Ecrivains. On re-
proche de la diffusion à cet Auteur.
DIG
DIGASTRIQUE. ad). Il se dil De rert.iin^
muscles qui ont comme deux ventres. Le mus-
cle digastrique de la mdchoire inferietiJ'e.
DIGERER. V. a. Faire la coction des uli-
mens qu'on a pri-s. Digérer les viandes y les ali-
mens. Son estomac est joildc, il ne diqère put
bien.
Ou dit , qae Des humeurs , des urines ne
sont pas diijéréesj pour liire , qu 'Elles ne sont
pas dans l'état où clhs doivent être.
Il sif^nifie figurénienl , Examiner, discu'cf
une alfaire, la réduire par la niédilalion dans
l'ordre , dans l'état où elle doit être. Diqérer
une affaire. Digérer ce qu^on a à dire. Il y
a de bonnes choses dans ce Livie-lù -, mais
elles sont mal digérées.
Il signifie aussi figurcmenl, SoufîVir, sup-
porter quelque chose de fâcheux. Il ne peut
digérée le mauvais traitement quon lut a fait.
Cela est bien dur à digérer. Digérer un af-
front,
DiGÉiftn. V. n. Terme de Cbimie. Être mi«
en digtstion. On fait diqérer ces matières à un
(eu lent
DitiKné, ÉE. participe.
DIGESTE, subst. m. Recueil des décisions
des plus fameux Jurisrunsultes numaiai ,
compose par ordre de l'Empereur Jusiiuien,
qui leur donna force de EoJ. Les Lois du Di-
geste. Le Digeste est divisé en cinquante livres.
Voyez Pandectes.
DUilvSTEUR. s. m. Macliine ou vase pro-
pre à cuire promptcnienl d''s viandes, et h tirer
de la gelée des os mêmes. Le Digesteur de
Papin.
DIGESTIF, IVE. adj. Qui aide h la diget-
tion. Poudre diqestive. Remède digestif.
Il est aussi substantif, t-'ri bon digestif. Di-
gestif spécifique. Il a l'estomac foible^ il lui
faut des digestifi.
On appelle aussi Digestifs Ce qui mûni
les plaies et les amène à suppuration. Ln
fente d. chèvre est un bon digestif pour les
plaici.
DIGESTION, s. f. Coction des viandes dans
l'csloniac. Faire digestion. Cela aide à la di-
qestion , trouble, empêche la digestion. Ce$
viandes sont de facile, de dijficile, de dure di-
gestion.
Dir.rsTiON. S. f. ferme de Gbiniic. Opcrn-
tion cliimique,par laquelle certaines matières
mêlées ensemble sont préparées par une fer-
mentation lente i\ une dissolution parl'uitc.
Mettre des plunta en digestion.
DiGcvriON, Disijosilion de» apn-ii.^mes, dct
^ nlïcès à mûrir, à entrer en êuppnrution. Les
tumeurs des cnfans sont de facile digvsiion.
DIG
On dit figun-ment» qu't/n mauvais ttaite-
ment est de dure dtijestion, pour dire, qu'il
est difficile h supporter.
On dit aussi, qu'Une eutreprise est de dure
digestion, pour dire, qu'Elle est difficile, pé-
nible; et dX'n livre, <ja'Il est de diue difjes^
tiori. pour dire, qu'il est diilicile à enlendrc,
Dcnilile ù lire.
lïKJlTALE. s. f. Plantf ainsi nonmiLe .
parce que sa fleur appi-oche de la figure d un
dir à coudre.
niGiTÉ, ÉE. adjectif. Terme de Botani-
que. Découpé en forme de doigts. FcMiNt's ditji-
léei.
DIGNE, ad}, des 2 genres. Qui mérite quel-
i]iie chose. Dinne de louanqe, de récompense.
Digne de mépris, de vunttioti. C cM un homme
digne de mort, de la wort. Diqnc de la corde,
de la roue. Digne de grdce, de pardon. Il étoit
digne d'un meilleur traitement, d'une meil-
leure fortune, d'un meilleur sort. Sa fortune
est digne d'envie. H n'est pas digne de c-etlc
ChargCy de cet Emploi. Digne d'être aimé,
adoré. Il n'est pas digne gu'on le tegarde. Il
ij*C5t pas digîie de l'ivre.
Ondit,quX'" hommeest digne de croyance,
digne de /ôi, pour dire, qu'il mcrilc qu'on lui
donne croyance, qu'on ajoute (oi ii ce «ju il dit.
Témoin digne de foi.
On dit dTn fcrt honnête homme, qtï€ CV';( un
digne homme: et d*Un bommc irès-capable de
Iwen remplir un emploi, que C'est un digne
sulet
On dit, qu'C7n homme a fait une action
digne de lui; et on le dit, soit en bien, soit
eu mal, selon les qu:dités de celui do qui l'on
parle.
On dit dans le mcnie sens : Cela est digne
de lui. Vn fils digne d^un tel père. C^est une
thgne récompense de ses travaux.
OKiNRMENT. adv. Selon ce qu'on mérite.
Je ne vous en saurois remercier diijncmentj
assez dignement. H a été dignement récom-
pensé.
On dit, qu'Ln homme s^acguitte dignement
de sa charge, s*y comporte dinncmerit, pour
dire, qti'Il s'en acquitte très-bien, <ju'il s'y
comporte tiès-bion; et qu't'n homme fait di-
gnement les choses, pour dire, qu'il les fait no-
blement,
DIGNITAIRE, s. m. Celui qui jouit d'une
liisnité dans un Ghapilrc.
DIGNITÉ, s. fi-m. Mtrile, importance. La
dignité de la matière 'eguiert La dignité du
su^et. Selon la dignité du !.ujet.
On dit^qii'O'n homme parle avec dignité^
[>our dire, qu'il p.-irir d'une manière grave,
noble, digne du caractèn* qu'il soutient, et de
1 aflairr qu'il traite.
Ou dit dans ce même tca'i : j4 g ir avec dignité.
Faire le^ choae\ avec dignité. Il y a beaucoup
de dignité dans se* manières.
Il si^nifi" aiL«i, ÈléTation , disliLciinn ^mi-
nrote. Soutcir Ui dignité de %on rang. Cela ne
répond pas à la dignité de son caractère.
DiCîiiTÊ. Cli.irj^c, Ollia.cor*n(crd>Ie. Geanf^e
DIL
dignité. Souveraine dignité. Suprême dignité.
Nouvelle dignité. Etre constitué en dignité.
Par%-cn'u- aux dignités. Dignitî: Ecclésiastinue.
Dignité F.pi.'tcopale.
On appelle Dignités, en qiielque3 Églises.
(Certains lïéni-fin s auxquels est iinneiccquel<]iii>
partie de la Juridiction Kccli'*si;isiique, quelque
prééminence, ou quri(|ue foiirtinn partinilière
dans les Chapitres, comme civile de Frevût. de
Doyen, de Trésorier, d' /\rchidiarre,elc.Ei dans
le Cliœtir , comme celle de Chantre , etc.
Il se dit aussi Des personnes qui possèdent
ces Bénéfices. Il y a des Cathédrales où toutes
les dignités portent la robe rouge • d'autres où
il n'y a gue la premici'e dignité.
DIt;KEhSIO.\. s. f. Ce qui est dans un dis
cours hors du principal sujet. Digression en-
nw^cnsc. Longue digression. Courte digrcfision.
Digression agréable, h aire une digvtssioJi. Cet
Auteur est plein de digressions inutiles.
IMCiVE. s. fcni. Amas de terre, de pierres,
de bois, etc. pour servir de rempart contre
renu. et principalcmenl contre les flots de In
mer. Faire une digue. Ouvrit- une digue. liomvre
la digue. Couper la digue. Lei< digues de Hol-
lande.
Use dit .iu Gi;uré pour Ohslaclc. Quelle digue
opposer à une licence si effrénée?
DIL
DILACÉR.'VnON. subst f. Action de dila-
êrer.
DILACRÏÎF.R.v.a. Déchirer quelque chose.
mettre en pî^ces avec violence.
Dii.ACKnFj ÉE. participe.
DU. APIDAnON.'s.f.Dépinse folle et dés-
ordonnée.
DILAPIDER. V. a. Dépenser follement et
avec <lés(nHre.
Dilapidé, èe. parlicip*.
DII.ATABlUTl!:. s. f. Ternie de Physique.
Propriété de ce qui est dilatable. La dilatabi-
lité de l'air.
DILATABLE, adj. des i g. Ce qui est sus-
cepiible de dilatation. L'air est dilatable.
DU. \TArR)>.s. f. Extension, iclâchemenl.
Lii dilatation d'une memh-ane. Lu dilatation
d'une plaiCy de l'mr.
inLATATt)lRE. adj. des a ;. Pris suhsian-
'ivemenl. Instrument de Chirurgie dont on se
■vfrt |)our ouvrir et dilater une plaie, agrandir
une ouverture. Il y en a de plusieurs cspèce.s.
lOILATER. V. a. Elai^ir, étendre. Dilater
une plaie. La chaleur dilate les pores. La tris-
tesse resserre le cwiir, mais I(i joie le dilate.
Ou dit, que L\iir se dilate par la chaleur,
pour dire, qu'il occupe un plus grand espace.
Dilate, tE. participe.
DILA1UIRK. ndj. de» 2 g. T«nne de Palais.
Oui tend h prolonger un procès, h. relarder le
jugement. Exception dilatoire.
DILAVER. V. ■. Différer, leraetin- à un
Mitre trmp5. Dilayer un payement. DUaver uh
juijement, etc. Il se dit plus souvent quand il
s'agit d'iitlàires. Il vieillit.
Il est qurlqiirfoiï neutre; et alors il ligniâe,
DIL 4»7
User de remise. C'est un hommegitldiUtye tou-
jours, il ne fait gue dilayei:
DiLAYÉ, ÉE. participe.
DlLECTlO^.s. f. Amoup. charité. Terme
de dévotion. La dilcction du prochain. C'est
aussi un ternie dont le Pape rt l'Kmprreur se
servent en écrivant à certaiits Princes. Salut et
dtlertion. J'ai écrit à votre dilertion.
DILKMME. s. m. (On prononce Dilème.)
Sorte d argument qui contient deux ou pln-
sieurs propositions différerUes ou contraires,
dmit on laisse le clioix h l'advnrsairc pour le
conviiincre également, soit qu'il adopte Inné
ou l'otiire. Dilemme sans répligue.
DILIGKMMICNT. adv. Piomptement, .avec
diligence. I raviiller diligemment. Il est venu
fort diligemment.
Il signifie aussi. Avec soîn , exactement. J'ai
recherché^ crumiiié dih'qenimenf. Ku ce sent il
esL de peu d'nsigc.
DILIGENCÏ!;. s. f. (On ])rononce Jan dans
re mol et les suivnns. ) Prompte exécution.
7V(H'(ii//er avec diligence, en diligence^ *n
grande diligence. Aller en diligence. User de
diligence.
On dit, Faiie diligence, faire grande dili-
(jence, \joiu' dire, Faire une chose promple-
nienl. Travadiez à mon aljiiirey surtout faites
diligence.
On le dit plus ordinairement Des voyages.
CeCouirier a fait diligence, a fait grande dili-
gence.
En termes H'.AfTiîres . Diligence RΫ;nîfî#
Poursuite. Faire ses diligencet. Faute de iili^
gence , l'instance périt an bout de trois ans.
Son plus grand usa;j^e est au pluriel.
On dit, Faire acte de diligence, pour dire,
Marciuer <jue l'on s'est mis en devoir de faire
quelque cho^e.
1 1 fii;nific quelquefois. Soin . recherche esacle.
J'ai fait diligence j toutes mes diligences pour
le trouver, pour venir à bout d'un tel dessein.
DiLiGKNCf:, se dit aussi Des voilures de ba-
teaux ou de carrosses qui vont plus vile que
les voitures oïdinnires. La diligence de Lyon,
La diligence d'Auxerrc. Envoyer des pagucts
par la diligence. Partir par la diligence. Pren-
dre la diligence.
Ou dit figurcment et familièrement d'Uu
lomme très'lent dan» ce qu'il fait, que C'est
la diligence embowhéc.
DILIGENT, ENTE. adj. Prompt i faire les
choses, expcdilif. ]\1essager diligent. Courrier
diligent. Valet diligent, etc.
Il signifie aussi , Soigneux , laborieux, vigi-
lant. Ecolier diligent. Diligent en ses affaires.
DiLUiENTER. v. n. Agir aver diligence.
// faut diliijenter. Il est d'un plus grand usage
avec te pronom personnel. Il faut se dilinenter.
il faut vous diligenter.
Il est quelquefois actif. Il faut dHiqenter
cette affaire, cette impression, etc.
Dlî.rVlEN, KNNE. adj. t^^oi a ropport au
délugr. En parcourant les montagnes, on trouve
* encore les traces des eaux diluviennes, ou des
inoMihitioris gui les ont coiii^ertei.
54.
/yj.8
DIM
DIM
DIMACHliRK. s. ni. Gladiateur qui coiu-
Ijatluit avec deux poi^tiardit oit deux cptei.
DI.MANCUIi. s. 111. Premier jour de la se-
maine, consacré parliculièrïment au service de
IJieu , et qu'on appelle U jour du Seigneur. Le
pieinierDimaiic/ie du mois, de iJicnt. ae Ca-
rime. Dimanche da P.'i-n.::<'.r. Ùimanclie de
I',1(jues. Uimanclie de Qiiasimodo. Il faut en-
tendre la MesiC, et assister autant iju'on le
;)eu( au jeivice divin tous les Dimanches. Il
faut sanclifer le Dimanclie. Le Prâne se fait
tous les Dimanches dans les Paroisses.
Un appelle Dimanche rjras , Celui qui pré-
cède le Mercredi des Cendres.
DÎM I'". s. f .'C'est ordinairement La dixiinic
partie des grains , des vins, des fruits et d'autres
dioses qui se payent i l'iiglise ou aux Scigusurs.
l'ayer /i-; dîmes. Lcfer les dîmes. Il a lu dlme
de toutes CCS terres-là. ^fprmcr les dîmes.
Dîmes inféodées. La dime des liés, du vin, etc.
Il y a des dîmes qui font la treizième partie,
la douzième, etc. Les Juifi payoient la dlme
aux Lévites.
On appelle Grosses dimes, Les dîmes qu'on
lève sur 1rs gros fruits, comme le blé et le viu;
Menues diiiiei, Celles qui se lèvent sur le menu
grain cl sur lo menu bétail; et Vertes dîmes,
Celles qu'on lève sur les légujnes, le clian-
vre, etc.
UIMESSION. s. f. Ktendue des corps. Li
corps soliile a trois dimensions, la longueur,
la larqeur et la jyrofoiuîeur. Il a yris toutes' les
dimensions de ce bâtiment.
Ou dit fi^uréni. et familièrement, Prendre
des dimensions dans une ajfaire, pour dire,
Prendre les mesures nécessaires pour réussir. /i
a échoué dans :un projet, parce qu il n\tvuit
vas bien pris ses dimensions,
ULMliR. V. n. Avoir droit de lever la dinn
en un lieu. Cet Abbé dlme dans tous ces Vd'
loges.
Il se dit aussi en parlant De celui qui, ac-
tuellement, lève la dime. On n'a pas dlmé en
ce champ-là. Il est allé dlnier au pressoir.
DiuÉ, KE. participe.
DÎMKUR.s. ni.Celuiqui recueille les dimcs.
Ol'iieur d'un tel lieu.
DI.MlMJER.v. a. Amoindrir quelque chose,
411 relrauclier une partie. Diminuer la portion.
Diminua' sa dépense.
Il se dit aussi dans les choses inorales. 5ori
iiial/ieiir a diminué son crédit. Sa mauvaise
conduite a diminué son autorité. Sa çjrandc
dépense a diminue son bien.
Il est aussi neutre, et signifie, Devenir moin-
dre. La fièvre diminue. Sa vue diminue. Ses
forces diminuent. Les jours diminuent dés la
Saint- Jean. Diminuer de prix. Diminuer à
vue d'œil.
Il se die aussi Des personnes. Cet enfant
tombe en charlre et diminue.
DiuisL'É, r.E. participe.
DIMIM'TIl', IVK. adj. fcrnic qui diminue
ou adoucit la force du mot dont il est forme.
DTN
Fillette, femmelette, nmourette, sont Aes ex-
pressions iliminutiveSf sont de.f termes diminu-
tifs des mots de hille^ de femme et d\imour.
Il est aussi suhslantif. ViVi//o( et doucet
sont des diminutifs de Vieux et de doux.
On dit, qn'Une chose est le diminutif d'une
autre^ pour dire,qu'Kile est cii ])i;lit ce que
I antre est en grand. Ce jardîn-lù est un dimi-
nutif du jardin des 1 mleries.
DIMINUTION, subst. f. Amoindrissement.
rab'iis, relranclienicnl d'une partie de quelque
tihose. Grande diminution. Uiminittion considé-
rable. Diminution de taxe. Diminution de pri.T.
Faire diniiuutior,. Ce Fermia- demande dimi-
nution^ demande di la diminution. Cette Pa-
toissc prétend diminuliù' ie taille, prétend de
la diminution. Son tuioru} a souffert auelauc
diminution. iHminution des tspèces.
Ou appelle en fermes de Musique, Dimîmt-
l.on, Une rspùcc d'orncnicut du dinut, exprime
nussi p^r le mot de Roulade.
DIMISSOIRIi. s. m. L-ttrcs par lesquelles
un livêque consent qu'un de st s !;io<''sains soil
promu ù la (.ilcrîcalure uu aux Okiàx*.-. jiar un
nutre l^véque. Donner un Dinn^soire. Obtenir
un Dimissvire.
DlIVnSSOiUAL, ALE, adj. Il n'est d'usage
iju'eD cette phrase, Lettres diniis:orialcSj pour
dire, Des Lettres qui contiennent iin Dimis-
loire.
DIN
DINANDERIE, s. f. se dit De tontrs sortes
d'ustensiles de cuivre i;iune. La Dinunderie
lire son nom de Dinaut, Ville du Pays de I.ie|:;e.
DINDE, s. f. Ou appelle ainsi quelquefois
Une pou ie d'Inde. ^ ous avons une bonne Dinde.
DINDON, subsl. m. Coq-d'Indc. Garder les
dindons. Dindon ù lu daube. Dindon froid.
Ou(iit ïamilièrcui. : Bète comme un dindon'
colère j qourmand comme un dindon.
DINDONNEAU, s. m. Petit dindon , jeune
roq-d'Inde. Les dindonneaux sont difjiciles à
élever.
DINDONNIER, tUE. s. Gardeur, gardeuse
Je dindons.
Ou appelle par mépris, Di/uïoHMie/e, Unç
Demoiselle de campagne.
DINÉE. s. f. Le repos ou la dépense qu'on
fuit ù dîner dans les voyages, tant pour Itommcs
i|ue pour chevaux. Il nous enacoùté tant pour
la d'inéc.
Il sii;uilic aussi Le lieu où l'on va diuer en
voya^^eant. Il n'y a plus t^u'une lieue d'ici à la
I dincc. Pour rdler coucher en cette Ville, la
, dlnée est à un tel Vilhiffe.
I DINEK. V. neut. Prendre un repas vers le
milieu du jour. Nous avons bien dîné. A^oux
I avons mal dtné. Donner' à diner. Inviter à
J diner. Apporter à diner. Chercher à dîner.
j On dit proverbialement, S'il est ric/ie, ffu'il
dine deiux: fois.
Ou dit aussi communément d'Un bonin.e
qui ne se rend point ù l'Aubci^c à l'hiure du
repos, et qui ne laisse pas de payer, que Son y
assiette dinc poui lui.
DIP
En parlant d'Un bomme ennuyeux et in-
commode, on dit, 71 me semble t/iie j'ai rfîné
(juand je le vois. Il est populaire.
DisÉ , ÉE. participe , qui ne s'emploie ;;uèrc
que passivement , comme dans cette plirasc
proverbiale , Oui s'attend à i'éciielic d'autnii
est souvent bien mal dîné.
DINER, ou DÎNÉ. s. m. Rcp.-is qu'on 6it
vers le milieu du jour. Grand diner. Bon di-
ner. Diner magnif.que. Durant le diner. À
l'heure du dina'.Sur l'heure du diner. Aller an
diner du Roi. Après diner. Après le diner. .1
l'issue du diner.
Il se prend aussi pour La viande et les au-
tres mets qui composent le dîner. Le diner est
prêt. Le diner se (jiite, se refroidit, est froid.
Apporter le diner. Servir le diner. Le diner est
sur table.
DINEUR, s. ni. Celui dont le repas prinei-
p.nl est de din'T.
Il signifie aussi jMangeur; et en ci; sens il
n'est guère d'usage qu'en celte plir,TSC, C'est
uu beau dîneur, pour dire, Un grand mangeur.
DIO
DIOCÉSAIN , AINE. s. (Les voyelles i o
fout deux syllabes dans ce mot et les suivons. )
Qui est du Dioeèso. Diocésain de Laon, d'Or-
léans, etc. Les mandemeus d'un Evéque sont
adressés à* ses Diocésains.
On dit , Evèque Diocésain , pour d'.re ,
Evoque du Diocèse dont on parle. L'Evéqui
D'uiC'Jsain vrécède tonjmfrs les autres Pvéques
dans son Diocèse. En ce cas il est adjectif.
DIOCESE, s. m. Certaine e'tenduc de paTs
sous la Juridiction d'un Kvéque. Grand Dio-
cèse. Diocèse de Paris. Faire la visite de son
Diocèse. Diocèse bien réqlé. Il y a tant de Pa-
roisses dans ce Diocèse.
DIONY.SIAQUES. s. f. pluriel. FcK» diM
les Grecs en l'Iionneur de Bacclius.
DIOPl'RiyUE. s. f. Science qni est une des
parties de l'Optique, et qui explique les efieis
(K- la réfraction de Ui lumièrs. Un traité de
Dioptrique,
D IP
DIPHl'HONGOE ou DIPHTONGUE (. f.
i'ermc de Grammaire. Réunion de plusieurs
voix qui ne font qu'une svllahe d'usage, comm*»
Jins les mots Ciel, nuit, oui. On appelli' en-
core comniunénicnt et improprement Diph-
tlionnue , I^ri réunion de plusieurs voyelles qui
ne forment qu'un son, commi- dans h'eu , eau.
DIPLOÉ. s. m. 'l'crinc d'.Vnaloniie. Subv
tance spongieuse qui sépare les deux tables d*:
crûne.
DIPLOMATIE. 3. f. Science des rapports,
des intérêts de Puissance à Puissance.
DIPLO.U\TI(,)L'E. s. f. Ou appelle ainsi
L'art de rcconnoitrc les Diplômes autlienti-
ques. Lu Diplomiiliquc a été bien perfectionnée
dans le dernier siècle. La Diplomatique donne
lieu à de qrandes disputes entre les Savuns. U
s'emploie aussi adjectivement iîerueil àiplo-
maliq-te.
DIR
Op dit de même. Le Corps Diplomatique,
en parlant coUcctiveiiient Des Ministres étran-
gers qui rcsldcnl auprès d'une Puissance.
DIPLÔME, s. m. Charte, acte public. Vn
Diplôme de CFiiirlemai;nc. Dans quelques États
oo appelle encore Diplôme , Les Lettres pa-
tentes du Souverain.
DIPTÈRK. s. m. Terme d'Architecture. Édi-
fice entouré de dcu.T rangs de colonnes, et qui
CD a Lait à h face de devant, et autant ù celle
de derrière.
DIPTIQt'ES. s. m. pluriel. Registre où l'on
coDservoit clicz les Anciens les noms des Con-
suls, des Magistrats, etc. Il y avoit aussi des
Diptiqucs dans les anciennes Églises.
D 1 R
DIRE. V , a. Je dis, tu dis. il dit; nom
êisons, vous dites, ils disent. Je disois; nous
disions. Je dirai , tu diras , il dira ; noii.s di-
rons. Dis. Je dirois. Que je dise. Que je disi^e.
Disant. Exprimer, énoncer, expliquer, faire
entendre par la parole. Dite du bien, du mai
de quelqu'un. Il dit son a\'is , son sentiment.
Il ne dit pas tout ce qu'il jeiise. Il dit tout ce
qu'il sait. Il ne sait ce qu'il dit. Laissez- le
dire. Je vous Vavois bien dit. C'est bien dit.
Dire un ïecrcf. Dire des duretés, des injures,
des extravaqances j des saletés^ des impiétés.
Die ses raions.
En Poésie, Dire se dit pour Chanter, ra-
conter. Je dirai vos exploits.
Il signifie aussi liéciter. Dire sa îeçon. Dire
ta harangue par coriir. Dire ses heures , sou
chapelet, son bréviaire.
On dit proverbialement, Cela va sans dire ,
cela s'en va sans diie, pour<lire, que La chose
est certaine, incontestable, qu'elle n'a pas !je-
«oin d'être expliquée.
On dit, Dire la Messe, pour dire, Ce'lelirer
la Messe.
On se sert de cette façon de parler. On dit,
pour signifier, C'est la commune opinion, ou
le bruit qui court , c'est la façon de parler ordi-
naire.
DiDE, se dit figuiémcnt De» actions, des re
gards, etc. Mes yeux, mes regards vous disfn\
que je vous aime. Sa contenance, son trouble,
sa confusion, disent assez qu'il est coupable.
Jdon silence vous en dit assez.
Due, signifie quelquefois OlTiir, proposer.
J'ai trouvé toutes ces étoffes si chères, que je
n'en ai rien dit. iN'ous n'avons garde de conve-
nir du prix de ce drap, si vous n'en dites rien.
Dites-en un prix raisonnable, si vous voulez
que j'achète.
DinE,se prend aussi quelquefois pourJuger.
Les avis sont si partagés sur celle affiiirc.
qu'on ne sait qu'en dire. Je ne sais que dire de
tout cela.
On dit. Dire des douceurs, des fleia-eltes à
■ne femme, pour, La louer sur sa beauu: .
•iir son mérite, lui parler d'une manière ll.it-
letue.
Dini le stjlc fjmilicr, on dit. Dire à quel-
qu'un son fut, pour signifier, Lui fiirc les rc-
DIR
proclics (ju'il mërile; Dire pis (jue pendre de
(jitehpi'tin^ pour dire, En parler très-mal.
On (lit ngiirem., quUne chose ne dit rien,
pour dire, qu'Elle ne signifie rien ; qut? dans la
place où elle est, elle ne .sert de rien. Icb or~
neniens dans ce tahîeun ne disent rieu.
F.t a peu près dans le même sens on dit
d'Une femme qui a de beaux yeux, mais qui
ne sont pas animés, Elle a de heaiLV yciLVj
mflis ils ne disent rien.
On dit aussi iigurément et fiunilièrcincnt,
Le cœur nie le dit, pour dire, J'en ai quelque
^nci'ieiiûmenl. Le cccnr me dit que cela airîvera.
On dit familièrement, Si le cœur vous en
dit y pour dire, Si vous en avez envie. Nous
ironf: là . si le cœur vous en dit. Le cœur vous
en dit-il ?
Il se prend encore fiç^rémciit pour, r.iîrt'
connoitre, signifier. Cela vent divc que....
t^oris rite reqardez froidement . t^tie voidez-vcns
dire par-là ? On dit nhsolamenl : C^ eut à- dire.
Qu^est-ce à dire? Et c'est !a nirme cliose que
si on disoit : Cela siqnijie. Qu^est-ce que cela
signifie ?
DiuE, signifie quelquefois Prédire. Uivt à
m\.el(\nun sa Confie avcnfure.
TixoLVEn À DiiiE , signifie , Trouver qu'il
manque quelque ciiose. On a trouvé à dire à
celte somme. Il s^y e.<t trouvé à dire un êcu. Il
se dit aussi Des personnes. On vous a trouvé à
ilire dans cette compaqnie.
TnoLVEn À diiïe , si*;nifie encore, Trouver h
• éprendre, (/ne trouvez-vous à dire à celte ac-
tion? ou mieux, Que trouvez-vous à redire à
cette acùon?
On dit encore, Qu^en voulez -i)ous dire?
pour dire, Qu'y ti'ouvcz-vous à leprendre?
On dit. Il y a bien à dire^ pour signifier.
Il s'en faut beaucoup. U y a bien à dire que je
n'aie mon compte,
\{ signifie encore , Il y a grande différence. Il
y a bien à dire entre ces deux personnes. Il y
(1 tout à dire.
On dit, /( n'y a pas à dire ^ il faut mnr-
cher^ pour dire, U n'y a pas de résistance h
f:iire.
On dit, quand on fait quelque légère plainte,
un léger reproche en peu de mots, Cela soit
dit en passant.
On dit aussi familièrement, 5'ii vient à bout
de ce quHl a entrepris, je Virai dire à Rome,
pour dire, qu'On crcit la chose impossible, ou
irès-dillicile.
On dit d'Un homme qui écoule les autres,
et ne parle point, S'il ne dît mot, H n'en peu e
pas moins.
On dit, C'crt tout dire, pour tout dire, pour
dire en un mot; et cela sic;nifie , qu'il n'y n
rien qui mc soit renfermé dans la phrase qu'on
vient de dire ou qu'on va dire,
(^1 dit eurorc par une nianîtTe de compli-
ment popul.iîre, Cela vous plaît à dtVe, pour
marquer, qu'On ne conviml pas A ce qui c>[
dit par manière de flittlerie. Il se dit aussi par
manière de refus. Il prétend que je le paye;
m^iis cri i lut vhilt à <.'<re.
DÎR 429
On dît figurémentet familièrement, qu'f/n
'/nomme dit W'or, pour signifier, qu'il parle
bien, surtout quand il parle selon nos senii-
mens et nos inlcrcts.
Kn style poétique, A la fin du discours d'uii
personnage, on met souvent, Il (ht, pour, Il
parla ainsi, après qu'il eut ainsi parlé.
lit dans la convcrsatinn on dit, J'ai fhl,pouc
marquer, qii'On n'a plus lien .1 dire.
On diroit d'ufhfoUy d'un homme iwc, Lo-
cuiii.i familière, pour dire, qu*\ €n juger par
les .-îclions, les discours d'un homme, on i;
croiroit ivre ou fou. Ou eût dit d\in démo-
niaque^ quand il récïtoit ses vei'S.
Dire, s'emploie avec le pronom pirsonncL
îl se dit votre parent, pour dire, Il prétend»
il assure qu'il est votre parent,
Di.iom mieuv, façon de parler adverbiale.
// c^l l'.îvocat des pauvres; discn.'; mietix,il en
est le père.
Dire, se prend qi.el(iuefuis substantivement
rn termes de Pratique, pour ce qu'une des Par-
lies a avancé. On a inséré dans le pi-océs verbal
le dire du défendeur. Le dire des témoins. An
dire des Experts. Au dire des Anciens, etc.
On dît aussi en conversation : An dire de
\out le monde. Prouver son dire.
On dit, Le bien-dire, pour dire, I/élégancc
dans le discours.
On dit familièrement, qu'L'u homme est sur
son bien-dire, sur son beau-dire^ pour signi-
fier, qu'il est en train de parler : et ordinaire-
ment il se dit d'Un homme qui aHrcle de bi^n
parler. Aiusi il ne se prend guère qu'en roau-
\ aise part.
On disoit autrefois. Un homme bie}i-disant,
pour diic, Qui parle avec éU>qu(nce, avec élé-
gance. Mais il ne se dit plus que pir raillerie.
Soi-disant. Terme de Palais, qu'on emploie
ijnand On ne veut pas reconnoitre les qualités
'|ue prend quelqu'un. Vn tel soi-disant U-gu-
iaire, soi-disant héritier.
Il se dit a.issi par raillerie on par me'pris.
Vn td soi~disant Docteur, soi-disant Gen-
tilhomme.
Dit, ite. participe.
Ilsii;nifie quelquefois Surnommé. CAoï'lwV,
ciit le Saqe.
Il se joint aussi avec les articles cl les pro-
noms, tl a la force du relatif pour les choses
nu pour les personnes dont on a parlé. U n'e&l
r;uèrc d'usage qu'en style de Pratique, de for-
mule. Ledit tel. Ladite maison. Mondit Sei-
gneur. Sondit procès verbal.
Dans le même sen^ il se joint encore aux ad-
verlw's Sus, dessus, devant, après, etc. Susdit.
Ci-dessus dit. Ci-devant dit. Ci-après dit, etc.
DIRECT, ECTE. adj. (C»u prononce le C.)
Droit. 3/oiift'iMcnt direct. Rayon diiecl.
On dit en termes d'.Vstronomie , qu'C7ii
.istre a un mouvement direct, pour signifier,
qu'il se meut d'o^xidcnt eu orient, et suivant
les signes du i'«'diatjuc. Et en lermos d'Op-
lique, Vn rayon direct, par opposition à Vn
royon réfléclii.
Ou appelle co tenues de Généalogie, Lujng
43o DIR
directe, La ligne des a^ceadaus et des descen-
(ians, pour lo distinguer de h ligue coUnl^Tale.
H descend d'un tA en liijnc dtrecte. Successior
en ligne directe.
On a()i)elle Seigneur direct. Le Seigneur
immédiat dont une terre reU'-ve; et Seigneurie
directe, Les droits d'un Seij^ucur sur un herî-
u^e fjui relève directtnneut de lui.
On appelle dans une Histoire, d.ins un
Pocinct etc. Harangue (directe, Quand TAuieur
rapporte un discours , comme si la personne
pailoi» e!le-n.ême; et on le dit par opposition 5
I>i,seours indirect. L'Ecriture- Sainte est reni-
idic de disccmr.t directs^ de harangues directes,
lîoinére^ Virgile et /es anciens ilistorieus sont
pleins de harangues diiectes.
DïHKCTE. ",. t\ L'étendue du Fief tl un Sei-
gneur direct. Cette muison est dans U\ Directe
d'un tel.
DiKECVEMll^T. adV-. Tout droit, en ligne
dJi ecte. Les deux pôles sont divictemenl oppo^^és.
On dit liguromeut, S'adresser diiectement
■(rtpje/^u'uii ,pour dire, Ne point cherclicr d'en-
tremise pour parler, pour se plaindre à quel-
<]'i'un. Il s'est adressé directement au lîoi. Il vu
directement à son but.
On dit figurément, Dwec(eme«f oppose,
pour dire , Entièrement opposé. Ces deux
hommes sont directement opposés dans hurs
sentimens.
DIRECTEUR , TRIGK. subst. Qui conduit,
qui nîgle. Le Directeur d'une entreprise, d'un
OUvr.tiic, d'u"- affaire, ritrerteur Gênerai. Di-
recteur des Gabelles. Directeur des C''éancieri
d'une succesûon. Directeur Gi^nêrul des For-
tifications. Directrice d'une trouve de Comé-
diens.
Oi. a\i\}i:\\e Directeur de conscience ^ ou sim-
plement Directeur y Celniqui conduit une per-
sonne , (jui a soin de la conscience de quel-
qu'un. Il si; dit aussi d'Une personne qui pré-
side à de certaiucs Compagnies. Le Directeur
de L'académie
niRECTiON. s. f. Conduite. Sous la direc-
tion d'un tel. prendre lu direction de guelque
ajpiire. Il a la direction île plusieurs con-
sciences.
On dit d Un jeune liommi., relairvement à
SI conduite, quTI a pris une bonne ou une
mauvaise direction.
On appelle Direcliun des Finances, ou sim-
plement Direction, Les assemblées du Conseil
qui se tient pour régler les .ifliiircsdes Finances
du Roi. Grande Direction. Petite Direcliun.
jirrét donné à la Direction.
On appelle Diiectiun de Créanciers, Lue
as.seinblée de (hcanciers qui se fait pour ie|;ler
les affaires d'une succt'ssion abandonnée , on
d'atitres bie.'is ;iban(lonné9, afin de payer le<t
dettes.
On app;;lle Direction des Gabelles, Direc-
tion des Douanes, L'emploi du l)irect<;ur, et
Ir l'ays où s'étend sa Commission.
On dit 6gurcmont, An dîrectinn de Vinten
lto»,pour dire, L'action par laquelle on di-J^
ri^e son intention. Direction d'iMtcntionv
DIS
Od appelle Dnccfion de laîmant, La pro-
priété qu'a l'aimant de tourner, dès qu'il est
&uspendu, un de .ses pôles vers le Pôle Arrti-
(pie. Les aiguillei: aimuntées ont la mêmedircc-
siun que la pierre d'aimant.
niRiCCTOIKE. s. m. Ordre pour régler la
manière de dire l'Office et la Messe pour l'année
■tûoirante. Il se dit encore, dans plusieurs Pays,
d'Une espèce de Tribunal chargé dune direc-
ticn , soit civile, soït militaire.
DIRIGER. V. a.. Conduire, régler. Diriger
une Compagnie, une conscience j une Maison
Religieuse.
On dit, Diriger son intention, pour dire-
Rapporter ses actions , ses vues à une (In dé-
terminée, et plus ordinairement h une bonne
fin.
On (lit, Diriger ses pas, sa course, son vul,
ses reijardsj etc. pour dire^ Tourner d'un cer-
tain côté ses p:is , sa course , etc.
DmiGi'i:, ÉE. participe.
DIRIMANT, AiNTE. adj. Terme de Droil
Canonique. Empêchement dirimant , c'est-ù-
dire, Défaut qui emporte la nullité d'un ma-
riage.
Dl S
DISCALE, s. f. Terme de Conmierce. Dccliei
dans le poids d'une marchandise, produit par
l'évaporation de son humidité. La discale d'une
botte de soie qui est séc/iec.
DISCERNEMENT, s. m. Distinction qu'on
Ijit d'une chose d avec une antre. On ne sau-
roit faire de SI loin le discernetnent des couleurs.
Il se prend Ggiirément pour La faculté do
bien distinguer les choses, et d'eu juger saine-
ment. Esprit de discernement. Il a beaucoup
de discernement. Juste discernement. Il y a du
discernement dans cette critique.
DiSCKPiNER. V. a. ULstingner une clior»'
d'une autre, ou en juger par comparaison. Dis
cerner le flatteur d'avec lami^ le bon du mnu
i>ais,le vrai du fiux^le bien dhivec le mal.
L'obscurité de la nuit empêche de discerner les
objets. Le microscope aide à discerna' les plu.^
petits ubjsts.
DiscEtiNÉ, KE. participe.
DISCIPLE, s. m. Qui appiend d'un maître
ijuelqut science, ou quelque art libéral. C'est
mon di:;c':ple. Exercer, instruire ses disciples.
On ap(.\-'lle Disciples de jKsus-CBHiST,Ceux
qui suivent la Doctrine de Jtsus-CHRIST , et
principalement les Apôtres.
On appelle Disciples de Platon, d\4ristoîe.
Les Philosophes qui suivent leur doctrine;
Disciples de Saint Augustin, de Saint Thomas,
Les Théologiens qui suivent la doctrine de
.Saint Augustin , de Saint Thomas.
DISCIPLINABLK. ad), des? genres. Docile,
ciipahle d'être discipliné, aisé à discipliner. Cef
homme n'est pas disciplinablc. L'éléphant est de
tous les animaux le plus disciplinable.
DISCIPLINE, s. f. Institution, instruction ,
irducatioii. i'oifcs êtessous la discipline d^un bon
Maître. Elevé sous une bonne discipline. Il y
a des animau.i: capables de discipline.
DIS
Il se prend aussi pour Règlemenl , ordre,
conduite. La discipline Ecclesiastunn' et Reh-
. gieuse. La discipline Militaire. Discipline Aca-
démique. Rigoureuse, exacte discipline. An-
cienne discipline. Rétahlir la vigueur de l an-
cienne discipline. Vivre dans la discipline.
Cette compaqnie garde, observe scrupuleuse-
ment su discipline. Ces Religieux se sont main-
tenus dans leur ancienne discipline.
On appelle aussi Discipline, Un fouet de
coidelettes ou de chaînes, dont les Religieux
et les personnes dévotes se servent pour se
mortifier, ou pour châtier ceux qui sont sous
li'ur conduite. Ces pénitens avaient leurs dii-
ciplines à la main.
Il se prend aussi pour Les coups de disci-
pline. Ordonner la discipline. Donner la dis-
cipline. Se donner une rude discipline. Jl a
mérité la discipline. Prendre la discipline.
DISCIPLINER. V. a. Instruire, régler, for-
mer. Discipliner les gens de guerre. Discipliner
une Maison.
Il signifie aussi, Donner la discipline. Quel
ques Religi-eux se disciplinent deux fois la se-
maine. Il a été discipliné en plein Chapitre.
DisCiPUNÉ, KE. participe. Soldats bien dis-
ciplinés, mal disciplines. L ne Compagnie bien
disciplinée.
DISCOBOLE, s. m. Athlète qui faisoit pro-
fession de l'exercice du i.)isque ou Palet.
DISCONTINUATION, s. f. Interruption.
cessation pour un temps de quelque action ou
de quelque OMvrage. Travailler à qitehpie chose
fans discontinuation. Jl ne continua pat cet
ouvrage, et celte discontinuât ion fut cause....
La discontinuation de la guerre^ du commerce.
DISCONTINUER, v. a. Ne poursuivre pas
I'' qu'on aroit commencé. l'intenompre pour
ijnelipie temps. Disrondnuer un ouvrage, un
!'i/l(menï. Discontinuer ses études. Discontinuer
de faire, de jnirler, de travailler.
Il se prend aussi neutralement, cl se dit
Des choses qui ont duré, et qui cessent pour
bii tenqis. La pluie a discontinué. La guerre
u'a pas discontinué pendant vingt ans.
I)i>coNTiSLÉ, ÉE. participe.
DISCONVlî^VANGE. s. f. Manque de coii-
venance, dificr*cnce , disproportion, ii-égafité.
Il y a une grande disconvenance entre eux.
Diuonvenancc d\îge, de qualité, d'humeur, etc.
DISCONVENIR, v. n. Ne pas convenir, ne
pas demeurer d'accord d'une chose. Vous ne
sauriez disconvenir qu^H ne vous ait parle, ou
qu'il vous ait parlé. Vous ne sauriez disconve-
nir de m'avoir dit... Disconvenez^vous du fait?
Peut-on disconvenir d'une chose si évidente!' Il
n'en est pas disconvenu.
DISCORD. s. m. Diseunle. Il est vieux, et
ne se souffi-c plus guère qu'eu vers.
DISCORD. adj. Qui n'est point d'accoid. Vn
clavecin discord.
DISCORDANCE, s. f. Qualité de ce cjui est
discordaitt. Discordance des sons, des couleurs,
des parties d'un édifice; et au figuré, /)iscor-
^ danec des espritt, des caractères. Que de ài*-
cordance dans les opinimiê des hommes!
DIS
DISCORDANT, ANTK. .kIj. Qui n'ost point
d'accord, ou qu'on ne peut que diflicilement
accorder. Voix (iiscordunlt\ Instrument dis-
tordant. Ton iliscordant.
On dit aussi Cgiirément, Des humetirs dis-
cordantes, pour dire, Des Humeurs iiironipa-
tihle^.
DISCORDE, s. f. Dissension, division enlic
doux ou plusieurs personnes. Vne cruelle dis-
corde. Perpétuelle discorde. I.m discorde se mit
parmi eux. Semer la discoïde. Nourrir j entre-
tenir, fomenter la discorde. Ce sont des dis-
coïdes perpétuelles.
Discorde, est aussi le nom d'une Divinité
fal)ulcusc , qui pn'-side aux dissensions. Les
flamhetuLx de la Discorde. La Discorde jeta
au milieu des Dieux une pomme d'or^ qui j l
entre eux un sujet de dissension.
On iipptllc figureineat, Pomme de discorde.
Ce qui est un sujet, une cause de division.
Cette prétention de préséance sera toujour,
xour eux une pomme de discorde.
DISCOIÎDKlî. V. n. Ttmie de Musique.
Être distordiuiL
DÎ.SCOVREUR, KCSE. s. Grand parleur.
grande parleuse. Il se prend ordinairement en
mauvaise part, et se dit d'L'ne personne qui dit
des choses en Tnir, ou qui promet des c!iosi;s
qu'elle ne tiendra pas. Ce n'est quun discou-
reur, ce n^est au'une discoureuse.
On dit aussi d'Un homme qui parle facile-
ment et assez ogre'ublemèut, mais «ans grande
solidité, tpic C^cst un beau discoureur : p{ q i7'
fait le beau discoureur, pour dire, qu'il aSècle
de bien parler, ou qu'il se plaît i parler long-
Icjnps.
DISCOURIR. V. n. (Il se conjugne romme
Courir.) Parler sur une matière avec quel'jue
étendue. Discourir d'une o/JûiVe, sur une uf*
faire. Sucrate passa le deniicr jour de sa vie à
discourir de l'immortalité de l'unie , 5ur Vint-
mortalité de Vdme.
Ou dit, qu't'M fiomme ne fait (^ue discourir,
pour sii;uifier, qu'il ne dit que des choses fri-
*ole« ft inutiles.
DISCOURS, s. m. Propos, asaenibl.ige de
paroles pour expliquer ce que l'on pfnse. Dis-
cours familier , éloquent y soutenu^ fleuri, concis,
velièmeiit , etc. Discours impertinent, cxlrava-
tjant. Discours à pale de vue. Long discours.
Il faut retrancher les discours superflus. Il
tient d'étrancjcs discours. J*ai compris pai^votrc
discours. Vous faites des discours en l'air. In-
terrompre le discours. Reprendre le fil du dis-
cours.
On dit, C'est uri autre discours, pour dire.
n ne s'agit pas de cela.
On dit auAsi simplement, Discours, pour,
Vain discours, discours frivole. "Vous me pny-
vKttez monts et mai^ilUs : discours, ce n'est
ijue dùruurs.
Il se pn-nd pour Une pièce, pour une com-
position que Ton fait sur quelque sujet, soit en
prose, soit en vers. // a fait un beau discours
fur cel(e matière. Lu discours r élevé, prcnû dite.
Discourt en vas.
DfS
DISCOURTOIS, OliE. subst. Qui n'est pas
courtois. Il ne s'emploie guère qur d;ms cette
|)Iiiiise : niscuurloîs Citevulier. l! est vieux.
l)ISC;C-.,'KTOISIE. s. f. Mau.jue de cour-
loisir. Il vieillit.
OI.SCIUIDIT. s. 111. l-'iniiiiutloi . perte de
cr.'dit. Les hilhli d'un tel tombent dans le dis-
crédit. Ses lettres de change sont iluiis le dis-
crédit.
l)ISCRi;Drri;, l';r; adj. Q«i es: loinh:- en
discrédit. Piiyier discrédite, .actions de liimijur
disci éditées.
DISCRET, l'-TIi!. ndj. Avisé, prudent, judi
cicux, retenu dans ses paroles et dans ses ac-
tions, qui sait se taire et ne parler cju'6 propos.
Il est sxlrcmemeiit discret. Il ne se dit guère
que Des personnes, et rarement des choses, si
ce n'est dans cette plirase, Il en a usé d'une
manière tout-ù-fait discrèlc.
On dit aussi, qnUn homn:i. e.st discret.,
pour dire, (]u'Il est fidèle, et 'pi'il sait garder
le secret.
DisciiET. Titre d'Iionneur pour les Prêtres
et pour les Docteurs. Vénérable et discrète ver.
t^onne.
Dans quelques Maisons Religieuses, on ap-
pelle Pères discrets, Mères discrètes, Les Keli-
i^ieiix ou Religieuses qui entrent dans le conseil
du .Snpe'rieur oti de la Supérieure. // y avoit
tant de Pércs discrets, tant de Mères discrètes
On appelle en termes de Mallicniatique,
Quantité discrète. Celle qui est opposée h h
Continue, et qui est composée de plusieurs
parties séparées les unes de» autres, comme le)
nombres.
On appelle Pe li'(e vérole discrète, Celle dont
les boulons ne se touchent point.
DISCRÈTEMENT, adv. Dune manière dis-
Crète, sagement. En user discrètement. Parler
discrètement.
DISCRÉTION, s. f. Judicieuse retenue, cir-
conspection dans les actions et dans les paroles.
//()ir, pnrltT avec discrétion. Il a beaucouji de
discrétion. Il n'a point de discrétion. Son zèle
est sans prudence et »ons discrétion.
On dit, que Les solda' s vivent à discrétion.
pour dire, qu'ils viveut chez leure Ilotes sans
dixiplinc , et sans autre règle que leur vo-
lonté.
On dit aussi, 5e rendre à discrétion. Lors-
qu'on se soumet .1 la volonté et qu'on se ren(*
à la mcici du Vaiu<|ucur.
On dit aussi, 5e niettie à la disaétion de
ijuetiju'un, pour dire. qu'On se livre entière-
'ucnl ï la volonté de quelqu'un.
On dit aussi, qu'On se remet à la disa-élion
de (jneli/ii'uti, pour dire, qu'On se rapporte au
jugement de qucKju'un pour une afTaire, d.nns
la f.onfiance qu'on a en sa sagesse.
On app ile 6 ne discrelion , Ce qu'on gi.'e
ou ce qu'on joue, sans le maïquer précisémeni,
et qu'on laisse .1 la volonté de celui qui perJi:;
Giigncr, perdie une discrétion.
DLSCRIi'roiRE. ». jn. Lieu oii se tiennent
les assemblées des Supérieurs du certaines Com-
munautés.
DIS 4,^.
DISCULPATION. 8. f. Action de disculper.
>ou de se disculper.
DISCUUER. V. «et Ju.-.dfier d'une fanUf
imputée. Ses amis l'ont disculpé de ce qu'on lai
imputoit. Cette dernière action la pleinement
disculpé dtins le public.
11 se met plus souvent avec les pronoms per.
sonnels. // s'en est disculpé. Je veux me discNl-
per eni'ers lui.
DisCLTPÉ, ES. participe.
DISCURSIF, IVE. Terme de Logique. Qui
tire une proposition d'une autre par le raison-
iicnicr.t. L'homme a la faculté discur.^ive.
Dl.SCUSSIF, IVE. adj. Terme de Médccise.
Il se dit Des remèdes qui résolvent, qui dissi-
pent les liumeurs.
DISCUSSION, s. fém. Examen , rccliciclie
exacte. Une ajjiiire de discussion, de longue
discussion.
On dit aussi, Faire une discussion de biens,
pour dire. Une recherche et vente en Jus-
lice des biens d'uu débiteur. Après discussion
faite. Et, Sans division ni discussion. Clause
qu'on a coutume de mettre dans quelques co.i-
trats.
Discossio.f, se prend aussi pour Dispute,
contestation. Ils ont eu une grande discussion
ensemble. Il a eu une discussion au jeu.
DI.SCUTER. V. a. Examiner une question,
une aflàire avec soin, avec exactitude, et en
bien considérer le pour et le contre. Discuter
un j,oint de Droit. Il a bien discuté la vérité de
ce fiit. Discuter une aifnire. Votre affaire a cd-
lien discutée.
On dît aussi , Discuter les biens d'un rfébi-
teur, pour dire, Les recherclicr et les faire ven-
dre en Justice.
On dit aussi, Discuta' un homme, pour
dire, Discuter les biens d'un homme. Il fuit
discuter le principal obligé avant que d'alùt-
quer la caution.
DISERT, ERTE. adj. Celui, celle qui paile
aisément, et avec quelque élégance. Il est pUi-
lél disert qu'il n'est éloquent. Il est fort lîiscil.
DISERTEIMENT. adv. Dune luanièrc di-
serte. // a parlé disa-lement.
DISETTE, subst. f. Nécessité, manque de
queique chose nécessaire. Disette de vivres.
Grande disette. Disette de toutes choses. Dans
une telle Langue, il y a une grande disette de
mots.
DISETI'EUX, EUSE. adj. Qui manque des
choses nécessaires. Il est vieux.
DISEUR, EUSE. s. Celui, celle qui dit. Il
ne se dit guère que dans ces phrases : Diseur
de bons mots. Diseur de nouvelles. Diseur de
riens. Disetw de bonne aventure. Diseur de sor-
neltef. Diseuse de banalellcs.
On dit ramilièreincnl , in beau di^eiu , en
parlant d'Un homme qui afTecle de bien pailci.
On dit proverbialement , L'entente est au
diseur, pour dire, que Celui qui parle ciiti'nd
bien ce qu'il veut dire, cl qu'il y a queiqi;;*
chose de cache que lui seul entend.
DISCR.ÏCE. s. f. Perle, privation des bonnet
grâces d'une iH-rsoiiuc puiseaute. On u£ sait
432 DIS
W'oM rient sa disgrâce ^ la cause, U 'uitt âe sa
tUsqrdce. Tomba' en âisgrâce. Encouru la lUs-
gruce du Prince. Durant sa disfjriice.
Il signiûi: aussi, Infortune, niallieiir. Il lui
r.<t an'wé une dis(jrûce.Voilù une clrunfje, une
cruelle disartice.
DLSGttÂCE, sigTiifie Mauvaise f^rice dans le
niaintien, la démarclu-, la manière de parler.
Cette femme est jolie, viais elle a de lu dis-
ejriice dans la taille. Celte Actrice est pleine </.
disgrâces.
On le dit aussi fiqurcn.. dans le même sens.
Cet homme vict de la disgrâce dans le bien
même (ju^il fait.
DISGUACIEU. V. act. Cesser de favoriser
quelqu'un, le priver de ses bonnes j^rices. Le
Hoi Vil disgracie. Son imprudence le fit dis-
fjracier.
Disgracié, tt. participe.
Un dit, qu'^u homme est disgracié de la
nature j ou simplement, Disqracte, pour dire,
yu'll a quelque cbose de défigure, d<'diflornie en
sa pcrsonue. // est fort disgracie de la iiuture.
On nesawoitvoir une per.sunnc plus disgraciée.
DisGRAClK , s'emploie aussi suLslanlivcmeuL
Les disgraciés occupent souvent les autres du
lécit de leurs disijràces.
DIStillAGlLÙSLlMENT. adverb. D'une ma-
iiicre disgracieuse.
DISGUAClIiUX, EUSK, adj. Qui est dés-
a;;réable. Un Jiomme disgradeiLt. Une aventure
disgracieuse. Cela est bien disgracieux.
OlSGKLGAnON. s. f. Terme de Pliiloso-
r.liîe sco!asti'-jue. Le blanc cause îa àisiiréga-
tion de la vue, c'esl-à i.lire,La blesse ei l'égaré,
à cause des rayons tjiii la frappent de tous les
côtes
DISJOINDRE. V. a. Séparer des choses qui
étoieut jointes. Il ne se dit point Des choses
matérielles. £)i5Joifif?rc nnc nisfnnce en Justice.
Disjoint, ointi:. participe.
lîn Musique, on appelle Degré disjoint, Ln
niàtclie d'une noie à une autre, qui nu la suit
pas^imOQ^iatemcnt dans la ganune.
•niSJOiXCTII', IVK. adj. Terme de Gram-
maire. Conjonction disjonctive. Particule dis-
jonctive. Conjonction , particule qui . eu joi-
gnant les incml^es d'un discours, sépare les
choses qu'on dit, et n'en affirme qu'une inde
tcimincuïcnt. Ou, soit, ni, sont des particule
disjonclives.
On dit quelquefois substantivement, L^ie
*Iis|onc(i*i'c , pour, Une particule disjonctivc.
DISJONCTIOrî. s. r. séparation. Disjonc-
tion de deux instances.
DISLOCATION, s. f. Déboîtement dun oh.
Oq dit, en termes de Guerre, La dislocation
d'une armée, jwnr dire, I.n séparation des dif-
f(-i ens corps d'une armée, lorsqu'on les distri-
bu»' dans dinerens cnntonneniens ou garnisons.
DISLOQU'.K. V. a. Démettre, duboiler. H
K dit Des os qu'on fait sortir de leur place.
Disloquer les os.
*)u dit Tussi, Disloqua- le bnis, disloquer U
pouce, pour dire, Disloquer les os du bras, Ics^ ^
o« tiu ^>oui:e.
DIS
On dit figuvément et ^millèrément , Cela
lui a disiocjué la cervelle, pdur dire, Cela lui a i
mis l'isprit hors de sou assiette.
I)iSLU(,iiÉ, Ée. participe.
DISPARATE, s. f. Mot emprunté de l'Espa
^iiol. Ecart, inégalité, nujaquo de rapport ou
de suite dans la conduite ou dans les discours.
Quelle disparatt! hiranqe disparate. Il n'y a
point de disparates :;ans îne'(jii/ites, mais il peut
y avoir des inégalités sans disparates.
Il est aussi adjectif. i'oi7ù de* choses bien
diiiparates, pour dire, Des choses qui ne vont
point ensemble, qui n'ont ancua rapport.
DISPARITÉ, s f. Inégalité, différence qui
se rencontre entre des choses qui se peuvent
comparer, il y n bien de la disparité, trop de
de disparité. La disparité est graMde entre a
choses, sntre ces personnes.
IîlSPAJUTIO]S. s. f Action de disparoilrc.
5(1 disparition subite alarma sa fa^i'.Me. La dis-
parition d une comète.
IMSPAROITRE. v. neut. Cesser de paroitre.
L\înge disparut après lui avoir parlé. Le fan-
tôme a disparu à nos yeux. Cette comète^ ce
météiirc a disparu. Le jour commence à dUspu-
roitrc. Il a disparu de la Cour.
DiSPAiioixnEjsigniGe aussi, Se retirer promp-
lement, se cacher. On le pressait de payer ^ il
disparut. Vn tel a fait banqueroute, et-* a dis-
paru. À Vappro-che de nos troupes, les ennemis
dispca-urent.
Il se dit fij;uicm. dUne chose qu'on avoit,
et *iui toul d'un coup ne se tiouvc plub../'iit'ois
des (jantSy Us ont disparu Quia pris Vargeni
cjui étcit sur cette table ^ Je n'ai fait que tour-
ner la icte, ilcst disparu, il a disparu.
Disi'AiiC, i;i:. participe.
DISPENDIEUX, EUSE. adj. Ce qui ne se
fait qu'avec beaucoup de dépense. t7;ie entre-
prise dispendieuse.
DISPENSAIRE, s. m. Terme de Médecine.
Nom qu'on donne aux livres qui traitent de la
[nanicrc de préparer les remèdes.
DISPENSATEUR, TRICE. s. Qui distri-
bue. Sage, juste dispensufcur des bienfaits du
Prince. Bonne dispensait ic£.
DISPENSAI'IOK. 8. f. Distiibution. Sage
dispensalion. Juste dispensation. Dispensalion
des fp'dces.
DISPI:NSE. s. f. Exemption de la riglc or-
dinaire. Dispense de la Loi, de la Coutume.
Dispense (f'«nc. Dispense de bans. Dispense de
résider. Demander , accorder dispense^ une dis-
pense, des dispenses. Obtenir dispense en Cour
de Uome.Ii a eu sa dispense de Rome. Dispense
du Pape.
Ou dit : Dispense de manger de la viande;
dispense d'épouser une parente , etc. pour dire ,
Permission de manger de la viande, d'épouser
sa parente, etc.
DISPENSER. V. a. Exempter de la régie or
dinaire, faire une exception en faveur de quel
qu'un. Diupensci- d'aller à la guerre. Dispenser
quelqu\in de faire sa charge. Dispenser de
.a loi commune f de la règle. Dispenser du
DIS
On dit. pour s*cxcuser poliment de îaire ano
cliose, Dispensez-moi de faire cela.
Dispenser , avec le pronom personne! , se
dit Des permissions qu'on se donne soi-même.
5e dispenser de ses devoirs, ^e dispenser d'aller
a, etc. Se dispenser de faire une chose.
DiSPESSEn, signifie aussi, Départir, distri-
buer. Dispenser les grâces du Prince. Dîspen'
.'■er les trésors du Ciel. Les Ecclésiastiques sont
obligés en conscience de bien dispenser les re-
venus de leurs Bénéfices.
DiSPEssil, ÉE. participe.
DISPERSER. V. a. Répandre, jeter ci et U.
Disperser de Vargent, des présens, etc.
Il se dit aussi Des personnes, et sîgniEe,
Les séparer, en les mettant, en les envoyant eu
divers lieux. Disperser de* troupes, des soldats.
Il signitie aussi, Mettre en désordre, dissi-
per. Disperser un troupeau. Les Juifs furent
dispersés après la destruction du Temple.
DisptnsL, ÉE. participe.
DISPERSION, ê. f. Action de disperser, ou
par l;iqueUe on est dispei-sé. La dispersion est
une des peines dont Dieu menaça et punit les
Juifs. La dispersion des Juifs a été prédite par
les Prophètes et par Notre- Seigneur dans l'E-
vangile.
DISPONDÈE. s. m. En Poésie Grecque et
Latine, Double spondée. Voyez Spondée.
DISPONIBLE, ad), des 2 genres. Il se dît
Des biens dont on peut disposer. Vn rtvenu
disponible. Une somme disponible.
DISPOS, adi. m. Lé-er , a-ile. Il ne se di
proprement que Des hommes. On ne peut pms
être plus dispos à son iîge. Gaillard et dispoi
DISPOSER, v. a. Arranger, mettre les chose»
dans un certain ordre. Disposer mal. Mal diV
poser. L^Architecte a bien disposé les appaitù'
mejis de celte maison. Dieu a disposé dans un
ordre merveilleux toutes les parties de l'Uni-
vers, îl a bien disposé les parties de son dis-
cours. Il avoit bien disposé ses tJ'oupes., son ar-
tillerie.
Disposer , si^ifie aussi , Préparer h. quelque
chose, engager quelqu'un îi faire ce qu'on sou-
Jiaite de lui. Je l'ai disposé à vous demander
pardon. Disposer un malade à recevoir ses Sa-
crcmens. La grJce dispose les cœurs. Disposer
un homme ù la mort. Se di.sposer à la mort. St
disposer à un voyage. Il est disposé à faire tout
ce qu'il vous plana. Je les ai laissés qui se dit-
posoient à vous venir voir. Disposer favorabl»'
ment les esprits.
On dit aussi. Disposer quclqu^tn pour U
bain,pourla purgation , pour prendre les caax,
poiu dire, Le préparer h se baigner , ^ se pur-
ger, â prendic les eaux.
DisposEn, se dit aussi Des choses que l'on
piépare pour queltjue occasion. On a dispoae
ce licu-là peur le Bal, pour la Comédie. On a
di:^pusé toutes choses. On a tout dispose. On a
disposé les appartcmens de ce Chdteau pour y
recevoir le Prince. Disposer les ajjîiircs.
Dispose», est aussi neutre ; et eu ce cas 'd
signifie, l'aire de quelque chose ou de quei-
qu'uu ce ^ue l'on veat. Disposer de son fcie*
DîS
par testament. Disposer de ses enfans. Je ne
•iispose pas Je moi comme je voudrais. Vous
croyez iju'on dispose de lui comme on veut, et
voitsvous trompez. îldispose de tout dans cette
maison. Vous en pouvez absolument disposer.
Je ne puis disposer <jue de reijiii m\ippartient.
On dit , que Dieu a disposé d^une personne,
pnur dire, *]uc Cette personne est niortt'. // a
été quinze jours malade, et Pieu en a disposé.
On dit proTerbiaIcment , L'homme propose
ft Dieu dispose, pour dire, que >"os desseins,
noj projets tournent souvent tout autrement que
nous n'avions pense; et pour dire .inssi,qnc
Les hommes forment des desseins, mais que te
succ<s, l'dvënc^ntnt dépend de Dieu.
Dispose», sii^nifie encore. Aliéner , soit p.ir
Tente, soit par donation, ou autren:enl. // a
disposé de celte Teire, de sa maison, de tout
ton bien. Les mineurs ne peuvent dispeser d:
leur bien.
Disposé, ke. participe.
On dit, Vn homme bien disjx-séj mal d'y-
posé pour nnefau'un , pour dire, Un liommn
bien intentionné, malinicnlionné.
DlSPOSnil" , IVE. adj. Préparatoire , qui
dispose à quelque cliose. Kcnié(/e dispositif. Il
n'est ^uère d'us.Tge qu'en cette plirase.
11 est aussi substantif, ptsi;^nil&e Le Prononce
d'une Sentence , d'une D(?cIaralion , d'un I^dit .
d'uo Arrêt rédigé par écrit. Le dispositif de li
Sentence, de l'Arrêt, de l'Edit , porte.... O:
terme sert à distinguer le Prononcé du Vu d'en
Arrêt , du préaml>ulc d'une Déclaration ou d'un
DISPOr-ITlOW. 5. f. Arrangement , siniau'on.
La disposition desparties du corps, des orqanes.
La disposition de ces lieux-là ctoit telle. La
disposition d'un jardin, d*un tableau, dune
ai'chiteclure de biitiment. La disposition dei
troupes. La disposition de la bataille. La dispo-
sition de son dt'scoiirj. La disposition des scéne:i
est heureuse danscette Tragédie. La disposition
d'un Poème.
On dit. Ce Général ai'oil fait une belle (îi<-
j osition. pour dire, qu'il avoit habilement dis*
|»osé son ai mec pnur combattre.
On appille en ltbétoriqucnispo.si"(ion, L'ar-
rangement des parties dont un disours esi
compose. La Rhétorique a trois parties, Vin-
vention, la disposition et Véloculion.
Il signifie aussi L'action par laquelle on dis-
pose de quelque cîiose, cl l'efl'rt qui en résulte.
Par la disposition de son bien, par la disposi-
tion qu'il jît de son bien. Il a fait une saqe
disposition. Selon la disposition qu'il en a faitt
tn mowant. Il a laissé la disposition de ses af.
foires <! un (ci. 5uifnn( lu</i.<posi(iori de la Loi.
Disposition testamentaire.
Il signifie encore Jjc pouvoir, l'autorité de
d'isposcr d'une clio c. Il n'csl pas en ma disytt-
sition de loin icn^ier Celii cil en ma di.^-
poiid'on entière, en ma diijwi'fion absolue. Cela
n'est pat en ma disposition. Je vous offre (uni
« ijiii est en ma disposition. Cet .-Ibhé a la dis-
posit'mn de plusieurs he,m.r Binéficei. Tout est
m In disposition de Dieu.
Tome l.
OIS
On dît, .\ la disposition y pour dîrc, Dans
la dépendance» avec pouvoir d'en disposer. I\
est eittièrcmetit à la disposition d'un tel. Ct/ii
est à ma disposition. Il a des qens à sa dispo
^ition. Tout est à votre disposition. Mettre une
somme d'argent à la disposition de quelqu'un.
Disposmos , signifie encore Incliiintion ,
^énie , aptitude. C*cst un enfant qui a beau-
coup de disposition au bien. Il a de grandes
dispositions à Vctudc,à la danse^pour la danse,
à la musique, pour la musi'jue. P^^aturellemcnt
on n'a que trop de disposition au mal. Oa dit
lussi absolument, Cclen/ànt u des dispositions,
beaucoup de dispositions ^ ipniit dire , <i\x'î[ an-
nonce des talcns.
Il se dît encore Des sonrîmrns rii l'on est i
i'.'^ird de quelqu'un. C'est un h'>mn>e nui a de
très-bonnes dispositions pour voif^. Je lai laissé
dans une dispo^'AÎ^n très -favorable pour ce qitt
vous renarde.
U se dit aussi De l'état où l'on est h IV-gtid
ii(,' fju-'Kjue cliose, du desiiin, de la irsolulion
'{ue l'on a de faire quelque cliose. Je i'ai laisse
dans la disposition de sortir. Il étoit en dispo-
sition de vous venir voir. Il se mettoit en dis-
position de travailler.
Il se dit De ce qui dénote quelque pirpara-
lion , quelque aclieminement à quelque chose
lie proclinin. Voilà un pouls qui marque de la
disposition à la fièvre. Ces jluxions-lâ sont des
t ispositions à la goutte. Il paraît dans l'air de
'.1 disposition à li plaie.
On dit en termes de MiiloinplnV scoUsti-
qne. Disposition prochaine pour dire. L'étal
prochain ou est une chose poux recevoir une
nouvelle qualité, une nouvelle forme. On dit
dans un sens contraire, Disposition éloignée.
On dit, î\tre en bonne disposition ^ pour
dire, Se porter hien; et Eti'e en mauvaise dis-
position . pour dire, se porter mal.
DISPROPORTION, s. f. Inégalité, discon-
venancc , manque de proportion entre difië-
rcntes choses ou entre ics parties d'une niên?c
chose. Il y a une grande dispro^ vrtion entre
ces deux clioses-là. Quelle di^^proportivn y
trouvez ~ vous ? Il y a entre eux une grande
disproportion d'iige, de qualité , de rang , de
m'rite.
DISPROPORTION^!:, tE. adj. Qui man-
que de proportion , qui o'a pas de convenance.
Leurs âges sont fort disproportionnés, Vn
mariage disproportionné. Ces paitages-la sont
bie'^ disrt'ojjortionncs.
l)I.SpUT.\i;rE. adj. des 2 genres. Çui peut
fttre disputé. Ceïfe question est disputable. Cela
n'est pus disputable.
DISPCTiî. s. f. Débat, contestation. Crrtndu
diyute. Ils sont toujours en dispute. Avoir dis
pute e/iîcmWe. Avoir dispute contre quelqu'un.
Opiniâtre dans la dupuîe. La chaleur de la
dispute.
Il se dit aussi Des actions publiques qui se
font d.ins \rs (ToIcs pour agiter des quf.stions.
Disputes publiques. Ouvra' la dispute. Aaistcr
aux disputes.
DISPCi ta. V. 0. Être to délai, aroir coo- ^
DIS 4;53
Icslatidn. Disputer contre quelqu'un. Disputer
criteniMi;. fis- tjispuient perpétueUcmeiiL
On le dit alisoluuicnl. /( aime li disputer.
On se .sent aus^i de ce mot pour dire, que
IK's cliosea ou des personnes paraissent a\oir
des qualités si égales, que l'on ne sait laq-Hia
l'emporte. Ces deux femmes disputent de beau-
té., desprit, de laideur. Ces deux Maisons dis-
putent de Noblesse. A'éron et Domitien dispw-
tent de cruauté.
On dit, Le disputer à quelqu'un en valeur.
m éi-udition , en richesses , etc. pour dire ,
I-'égaler.
On dit proverbialem.. Disputer sur la pointe
d'une aitjuille, pour dire. Disputer pour di;s
clioscs de rien, disputer pour des cliosea Ic-
tères. Disputer de la chape à l'Evcquc.
DispuT£ii, signifie aussi. Agiter des qucs-
lions de part et d antre. Disputer sur une telle
proposition. Ce Bachelier a disputé en Sor-
l'ontie.
Dispurnn, est aussi verbe actif. Contester
poiu emporter ou pour conserver quelque
.•bose. Disputer un prix, une Chaire de Pro-
fesseur. Disputer un rang, une qualité. Il lui
dis:pule le pas, la préséance. Disputer l'Empire.
Oispulcr ia vie, son bien, son honneur. DiS'
\niter le terrain. Disputer la victoire. Disputa
un poste.
rigurément Disputer le tarain , signifie , Se
défendre pied à pied, et aussi bien qu'il ie piui
dans quelque contestation que ce soiL Ce «''.-
canenr a hien disputé le te rain.
Disputé, *e. participe.
DI.SPUTEUR. s. m. Qui aune ù dispuser, >
tontredire. Grand disputew. Ardent disputeur.
Uisputeur opiniâtre.
UISQCE. subst. m. Soitc de palet que les
.Vnciens dans leurs jeux et dans leurs eierciccs
jctoient aji loin , pour faire paroilre leur force
et leur adresse.
Ce terme est aussi en usage en parlant Dis
.Astres, parce qu'à nos yeux ils paroissent ronds
et plats comme un disque. Le disque du Soleil.
Le d'isque de la Lune.
DisyiE, en tel mes de Botanique, se dit De la
p'trlie des fleurs radiées qui en ott:upe le centre.
DISQUISITIOX. i. f. Kiainen , recLercbe
exacte de quelque vérité dans les sciences. Oa
ne s'en sert que dans le didactique. Se livrer a
des d'isquisi'.ioiis pi iloiophiques , m.tthémati-
ques. .'ailleurs on dit Rechercr.e.
DISSECTION, subst. f. Action de celui qui
dissèque un corps, ou l'état d'un corps diftcé-
rpié. Faire une dissection. Assister à une dissec-
tion. Dissection anatomique.
DI.SSEMBI.ARI.E. odjoct. des a gcnr«.i. Qui
u'ct point semblable, qui est différent. Ces
deux frères sont bien dissemblables. Ces deux
caractères sont fort dissemblables. Qu il est dis-
semblable à lui-même^ Les hommes sont sou-
vent hien dis-'cmblables d'ei^T-mimes. Il c-t
hien diisemblable de ce qu'il efoil.
I)LSSEMBI..\..NCE. s. f. .Manque de resscm-
blanre. Il y a une arandc dissemblance entre
ces deiLx frètes, quoique jumeujx.
m
DIS
DISSÉMINER. V. actif. Répandre ç.\ et là.
h'Autexir àe la itufure a tUssèmint hi lumière
dans Vespacc, le feu dans les corps. Il se prend
plus comimvnémeiil au moral. Disséminer les
erreurs par des écrits.
Disséminé, ée. participe.
DISSENSION, subst. f. Discorde, querelle
causée par l'opposition, par I-i diversité des
sentimens ou des intérêis. Cela causa de (jj-ande&
tUssensious dans VEtat, Vi\re en dissension,
.'ipai^er Us dissensions. Disscnsioti dotnesliijue.
Dissensions ciVi/w.
DISSÉQUER. V. actif. Terme dr Cliinirgir.
Ouvrir le corps d'un animal pour en fjirc
l'anatomie.
On ledit aussi par extension, eu p;irbnl Des
smipies et 'des fruits. 71 a disséqué une telle
plante.
DissÉQt'É, ÉE. participe.
DISSÉQUEUR. s. m. Celui qui disscquc. Il
ne se dit j^ère qu'avec un adjectif. Ln hon,
un hahile Dîssêquetir. Dissénueiir très-adroil.
DISSERT ATEUR. s. m. Celui qui disserte.
Il ne se prend guère qu'en m.iuvaise part. C'est
un ennuyeux disscrtateur.
DISSERTATION, subst. f. Discours où l'ou
examine soigneusement quelque matière, quel-
que question, quelque ouvrage d'esprit, etc.
Sai'ante, exacte^ judicieuse dissertation. Faii^
une dissertation sur (juelque point d'IUitoire,
sur quelque point d'érudition.
DISSERTER, v. n. Faire une dissertation
Jl a savamment disserté sur un tel point d\
Chronolonie.
DISSIDENT, s. m. bC dit Des scolaires qui
ne sont pns de la religion dominante. Les Dis-
sidens de Polonne. Les Presbytériens sont da
Vissidens en ÀmjXelen-e.
DiSSIÎVnLAiRE. adj. des 2 genres. Tcrmf
didactique. Qui n'est pas de môme genre, à^
m£'me espèce. Il se dit par opposiïio:i îi Simi-
Xaire. Parties dissimilaires , comme les os ^ l(t
artères, les muscles.
DISSIMULATEUR, subst. masc. Qui dis-
simule. Les plus grands politiquts sont Ut
plus profonds dissimulateurs. Il est de pei
d'usage.
DISSIMULATION, s. f. Déguisement. Art,
soin de cacher ses scniiinens,scs desseins. Sa(j\
dissimulation. Dissimulation arlifiùcuse. Li
feinte est encore pire que la dissimulation,
DISSIMULER, v. a. Caclier ses sentimens,
ses desseins ; ou , par une conduite réservée, ni
pas les laisser apercevoir. Diystmu/er sa haine,
son amour, sa doulenr.
Il se prend aussi absolument. Savoir dissi-
muler. Uai-t de dissimuler. La prudence veut
qu'on dissimule quelquefois.
Il signifie cussi. Faire semblant de ne pa^
remarquer, de ne pas ressentir quebjuc cbosc.
Di^tsimulcr une injure, un affront, etc.
DissiMLxÉ, ÉE. participe.
DISSIMULÉ, EE. adj. Fin, couvert, arti-
ficieux, qui ne laisse pas apercevoir ses senti-
mens, ses desseins. Homme dU$imulè j esprit
dUsiiuuléj caractère diisimulè.
DIS
Il est quelquefois substantif. C'est une di's-
simulce.
DISSIPATEUR, TRICE. subst. Dépensier,
prodif^ue, qui dissipe beaucoup de bien. Un
grand dissipateur. C'est un dissipateur , une
dissipatrice,
DISSIPATION, s. f. Évaporaliun, consomp-
tion, destiiiclion ; Taction par laquelle une
cliose se dissipe. La dissipation des esprits. Il
se fait une grande dissipation d'esprits. La dis-
sipation des biens. La dissipation des finances.
Dissipation, dans un sens moral, se dit Do
l'état d'une persoune dissipe'e. Être dans la
dissipation. Vivre dans la dissipation, La dis-
iipation est contraire au recucilleuiait que de-
mande la vie dévote.
DISSIPER. V. a. Disperser , écarter, défaire,
détruire , consumer. Le ioL'il diseipeles nuaqes,
les brouillards, les ténèbres. Dissiper une ar-
mée. Dissiper son bien , son patrimoine. Il a
tout dissipé. L'exercice dissipe les mauvaises
humeurs. Les esprits animan.v se dissipent par
trop de travail.
Dissiper, Distraire. Le tumulte des alj. ircs
dissipe l'esprit.
Il s'emploie avec le pronom personnel. Ces
vapeurs se sont dissipées.
On dit fismémeiu, Dissiper les factions^
les cabales,, etc. pour dire, Les apaiser, les
faire cesser.
Ou dit dans le même sens, Dissiper de faux
bruits, dissiper des illusions, poui dire. Les
détruire.
Dissipé, ée. participe.
On dit, qu'L'n homme a l'esprit dissipe,
poiu" dire, qu'il ne donne d'uilentîon ni à ce
qu'on lui dit, ni îi ce qu'il fait, ni îicc qu'il dit.
On appelle aussi, Un hoi7ime dissipé, Un
homme trop répandu dans le monde, et plus
ticcupé de ses plaisirs que de ses devoirs.
On dit aussi de même, Une vie dissipée.
DISSOLU, UK. adj. Il ne se prend que dans
le sens moral, et signifie, Impudique, dcbau-
rlié. C'est un homme fort diitsolu. Une femmi
très-dissolue. Dissolu dans ses mœurs. Dlssoh
dans ses paroles.
Il se dit au.ssi Des choses, et signifie Lascif,
qui porte au dérèglement. Mots dissolus. Chaii'
^ons dissolues. Paroles dissolues. Vie dissolue.
DISSOLVANT, ANTE. adj. Terme de Cl.i<
mie. Qui a (a vertu de dissoudre. De ces acide\
il faut prendre le plu^ dissolvant. Qualité dis-
solvante. Jy esprit de vitriolcsl un acide des plu\
dissolvans.
DISSOLVANT, s. m. Corps propre iï opérer
luie dissolution. C'est un synonyme de .Vcns-
Iriie. L'eau est le dissolvant des sels, L*can est
un grand dissolvant. L'eau rÎHjalc est le dissui-
vant de /'or.
DISSOLUBLE. adj. des 2 g. Il n'est dusa-c
qu'en Cliimie. Qui peut ttrc dissous. Ce métal
rsl dissoluble.
Dl.SSOLU:Mi:Nr. adv. Dune manière dissn-
lue. Vivre dissolumcnt. Parler dissolument.
DISSOLU ril", IVF. adj. Terme de Méde-
I inc et de Cbimie. Qui a la vertu de dissoudre.
DIS
Remèdes dissolutifs. On dit en ce sens, Vertu
dissolutive, pour, Qui a la faculté de di»-
soudre.
DISSOLUnON. s. Km. Séparation des par-
ties d'un corps naturel qui se dissout. La dis-
solution d'un composé. La dissolution des corps.
La cïissoluïion des simples, des métaux, etc.
La corruption du corps se fait par la dissolu-
lion des parties. Il y a des dissolutions qui s€
font par la Chimie.
Ou dit aussi, La dissolution du corps et de
l'dme, pour dire, La séparation du corps €t
de Tâme.
On dit, La dissolution d'un marlaqe, pour
[lire, La rupture du lien conjugal. Chez les
Protestans, l'adultère est une cause légitime d«
la di.sso/u(ton du mariage.
On dit fi;^urément, que Lh corruption des
mœurs amène la dUsolulion de l'ordre social;
que L'esprit d'innovation tend à la disrolittlnn
des Empires.
DissoLLTiON, signifie encore, Débauche,
dérèglement de moeurs; et il se dît plus p.irt)
culièrcment De ce qui regarde rinconlinencc.
La dissolution dans laquelle il vit. Il s*cst
^dongé dans toutes sortes de dissolutions.
Dissolution, en Chimie, est L'opération
par laquelle les parties d'un corps solide sont
séparées les unes des autres par un fluide avec
lequel elles se combinent. Mettre en t/iisoliition.
r'(iij-e une dissolution.
DISSONANCE, subst. f. Terme de Musique.
Faux accord. La septième est une dissonance»
Sauver une dissonance. On sduvc une disso-
nance par un bon accord qui la suit.
On dit fîgurément. Dissonance de ton dans
[e style, pour exprimer Le mélange disparate
du ton sérieux et du badin ^ du noble et du
uivial.
DISSONANT, ANTE, adj. Qui nest poiut
d'accord, qui n'est pas dans le ton. Il ne se dit
iju'en Musique, et en parlant Des Toi x et des
iustrumens. Cette voix est dissonante. Cet ins-
trument est fort dissonant.
DISSOUDRE, v. a. Je dissous ; nous dissol-
vons. Je dissolvois. J'ai dissous. Je dissoudrai.
Dissons. Dissolvez. Que je dissolve. Je dlssou-
droif. Dissolvant. Pénétrer im corps solide, et
en détacher, en séparer toutes les parties. L'eau
régale dissout l'or. Dissoudre du cristal minéral.
L'eau dissout le sucre, dissout le sel. On a dis-
sous ces di-ogues avant que de les mettre dans
le remède. Les eaux-fortes f/issoli't'ut les métaux.
On dit, DUsoudie un mariage, pour diiï,
Le rompre, faire qu'il ne subsiste plus. Parmi
irs Catholiques , il ny o que la mort qui puisse,
dissoudre le mariage.
DxssoiTDRE, s'emploie avec le pronoHi per-
sonnel. Le sucre se dissout dans l'eau. Ce sel se
dissout dilficilcment.
C'est mal j propos que quelques personne*
ronfondent les mots Dissoudre, Délayer et
Fondre. Le fer se dissout dans l'cau-forte^
c'cst-.i-dirc, Se combine avec elle. La terre u
délaye dans l'eau ^ vt ne s'y dissout point. Un,
métal se fond dans le feu.
DIS
On dit aussi, quf/ne société se âissout, pour
dire, qu'Kllc se rompt, se dissipe, se 8;':par(.-.
Dissous, ouTE. participe.
DISSUADKR.v. a. Détourner quelqu'un dv
Vexcculion d'un dessein, le porter îi ne («s
exécultT une résolulion prise // in'olt (fud'un;
envie d\ntr éprendre ce voyage ^ mais ses ani's
Ven ont dissuadé. Il alîoit s^ennancr dans de
mauvais procès ^ si ses parcns ne l'en a\ oient
dissuadé. On Va dissuade de partir.
Ce verbe s'emploie toujours avec les deux
régimes, le ri^*;inie direct à l'ég.ird de la per-
sonne, et le régime indîrcctà l'égard des choses.
Dissuader {jiiehjuun de quelque chose.
Dissuadé , Ée. participe.
DISSUASION, suhst. fém. EfTit des dis-
cours . des oraisons tjuî dissuadent L'Ornleiw ,
dans le genvc dêlibératifj a deax principuu.v
objetSj la persuasion et la dissuasion. Il e»l de
peu d'usagp.
DISSYLLABR. adj. des 2 i;cnrrs. Terme de
Orammaire. Qui est de deux syllabes. Mot
dissyllahc.
Il s'emploie aussi substantivem. Ce vers Cft
composé de plusieurs dissyllabes.
DISTA>'CK. s. f. LVspacc , l'intervalle d'un
lieu ^ un autre. La distance des lieux. La dis-
tance d'nne ville à l'autre.
On le dit aussi Du tcnips. La distance des
temps. Il y a une grande distance depuis VEm-
pirc des Assyriens jusqu'à Vempije des Romains.
Il se prend figurcnicnt poui Diflcrcnce. // y
a grande dittaticc crifrc le Souvennn et son
Sujet. Il y a une grande distance de son esjrit
à celui d'un autre. Du Créateur à la créature ^
la distance est infinie.
On ditt Tenir à distance, pour dire, Em-
pôcLer d'approcher. Le Général tcno.t toujours
l'ennemi à distance.
On le dit aussi figurément pour exprimer
Une certaine réserve d'orgueil ou de dignit-,
qui repousse la familiarité. Ce Prince, quoiijHc
afjiible et ïrtm, a dans ses manières quelque
chose qui tient toujours à distance ceux qu'
Rapprochent.
DISTANT, AXTE. adj. Éloigné. Ces deux
Villes^ne sont distantes l'une de l'autre que i/ti
tant...
Il se dit aussi Du temps. Ces deux époque»
ne sont pas fi>rt distantes Vune de l'autre.
DISTENDRE. V. a. Causer une tension trop
grande, viuleote. Celle humeur distend les par-
tie noisin^s.
Distendu, ci. participe.
DISTENSION, s, f. Terme de Cliirurgie. Il
■e se dit qu'en parlant Des ncrls qui sont trop
tendus. Distension de nerfs.
DISTII.L.XTEUR. s. m. (On ne prononce
qu'un L d^ns ce mot et les quatre suivans. )
Celui dont U profession est d;' dislUler dr-
(!cun, des herbes, clc. Uabile Distillateur.
DISTILLAI ION. s. f. Opération chimique.
\^\r laquelle, ^ l'.iidc du fou. on si'par- des va-
;H.-urs ou des liqueurs de quclqu s sub-tanrcs
rvnfcrmées dam dps vaisseaux. Mettre uni
l»lante en distillation. Faut une dislitfah'on.
DIS
Il signifie aussi La chose dlslillcc. Distilla~
(ions précieuses. Voilà de belles dislilUitions.
DISTILLATOIPiK. adj. drs j. gcmes. Qui
sert î» distiller, propre aux distillations. Vr.e
î't's.si'e distillatoire.
DISTILLER. V. a. Faire une distillalion,
tirer par l'alambic le suc de quelque chose.
Distiller des herbes^ des (leurs.
On dit figunenient , Distiller quelque chose ,
pour dire, L'épancher, le répiindre, le verser.
Distiller sa rage. Distiller du venin sur quel-
qu'un.
Il est aussi neutre, pour dire, Dégoutter,
rouler. On vit des gouttes d^eau qui distilloient
de la voûte.
D1ST15.LÉ , éf. participe.
DISTILLERIK. s. f. Lieu o^i l'on fait des
'listillalions en grand.
IHSTINCT, INCTK. adj. DifTérent. séparé
d'un autre. Ce sont deux choses bien distinctes.
Il Idul que les articles d'un compte soient bien
distincts.
Il signifie aussi, CWiv et net. Un son dis-
incï, une voix distincte. Vue vue distincte.
En ta'mes clairs et distincts. Idée distincte.
\otion distincte.
DISTINCTEMENT, adv. Netlenienl, claire-
ment. d'une manière distincte, // prononce, li
^)(;i7e distinctement. Il vous a déclaré son in-
tention distinctement.
DISTINCTIF, IVK. adj. Qui distingue. Ca-
ractère disttnctif. Une marque distihctive.
DISTINCTION, s. f. Division, séparation.
l'icrire tout de suite sans distinction de chapi-
tres. Bible imprimée sans distinction de i>ersits.
Il signifie aussi, Diflcrence. Faire distinction
de Vami et de l ennemi. Offenser tout le mondii
sans distinction. Faire distinction des per
sonnes. Faire la distinction des di-oits de quel-
qu'un d^avec ceux d'un autre. On a tout passé
au f\l de Vépée, sans di.<^tinction d'dge ni d.'
wxe. Je fais grande distinction entre Vun c.
l'autre. Il faut ftiire distinction de Gentil
homme à Gentilhomme.
Il signifie aussi , Préférence, prérogative,
sin-ularilé avantageuse. /i aime les distinctions
Traiter quclquun avec distinction. Les dis-
tinctions plaisent à celui qui les reçoit , et
offensent les auU-cs. Distinction très- flatteuse.
On dit d'Un Iiomme qui s'est distingué dans
son état par son ine'ritc, que C'est un hotv:c
d'une grande distinction. Un Olficicr de dï.--
tmction.
On appelle aussi Les personnes distinguées
p.ir la naissance, ou par les dignités, Des per-
sonnes de distinction.
11 se dit aiLssi Des choses qid distiagucut.
Action y emploi y charge de distinction , d'une
grande distinction.
DisTi>'crio5, signifie aussi L'explication do
divers sens qu'une proposition peut recevoir.
Bonne y mauv,ti:c distinction.
On appelle Distinction de l'Ecole^ Une dis-
tinction en usage dans les disputes de l'h^ole.
Ce répoudiint .^e tita d'ajjaire par une disline-
iion bien subtile.
DIS 435
DISTINGUER, v. a. Discerner par la vue,
par l'ouïe, ou pîir les autres sens. Il éloit déjà
si Iiii'd, qu'on ne pouvoit plus distinguer les
objets. Nous étions si éloignés, que nous n«
pouvions distinguer la cavalerie d'avec l'infan-
terie^ un chien d'avec un loup. Distinguer la
fausse monnaie d*aft'c la bonne. Il se connoîf
si bien en monnoie, quH distingueroit un éen
faux entre mille. Distinguer les sons, les voix,
les odeurs.
Il signifie aussi, Discerner par l'opération
de resprit. Distinguer le bien et le mal. Dis-
tinguer l'ami d'avec le (lutteur.
U signifie .'lussi Diviser, séparer, marquer li
dlfierence. Il faut distinguer les divers chefs de
son accusation. Il faut bien distinguer les inté-
rêts des Princes. Distinguer les temps ^ les qua-
lités., les âges, les lieux.
On dit dans l'Ecole, Distinguer une propo-
sition ^ pour dire, Marquer les divers sens
ipi'clle peut recevoir.
On dit. Distinguer quelqu'un ^ pour. Le
liailer avec distinction. Dés qu'il parut à la
Cour^ le Prince le distingua d'une manière
^utteusc.
On dit, que La vertu, le mérite, la nais-
uincc ^ les charges, les alliances, etc. distiu'
uucr.t un /lonimc, pour dire, qu'Ellcs l'clùvcnt,
ju'elles le tirent du commun.
On dit aussi, quT/n homme s'est distingue
\ar sa valeur ^ pour dire, qu'il s'est signalé.
Distingué, ée. participe. Mérite distingué.
Qualité distinguée. Emploi distingué. ?iais--
fancc distinguée.
DISTIQUE, s, ir.asc. On appelle ainsi deux
rcrs Lalius ou deux vers Grecs qui renferment
un sens. Voilà un beau distique. Ce distique a
été fait pour servir d'inscription,
DISTORSION, s. fém. Êt^it d'une partie du
rorps qui se tourne dun seul cûlé par la relaxa-
lion des muscles.
DISTRACTION, s. f. Démembrement, se-
|>aration d'une partie d'avec son tout On a de-
tiandé distraction de cette Terre. On a fait
iistractton du Fief. En ce sens il ne se dit
Ki'en parlant d'atlùires.
DisxnACTiON, signifie aussi L'inapplication
i'unc personne aux choses qui la doivent occu-
]er. Il est sujet à des distractions dans ses prié-
tes. Il a de fréquentes distractions.
DISTRAIRE. V. aci. (Il se conjugue comme
Traire.) Tirer, séparer une partlcd'un tout, clc.
Si on décrète cette Terre., il en faudra disti'nirc
tel fief. Sur cette somme il faut distraire tant.
De ces papieis, il en faut distraire ceux qui
regardent une telle succession. En ce sons il ne
se dit guère qu'en ternu's d'aflàires.
DisriiAmn, .».i;^nifie aussi, Détourner de
quelque application. Il m^est venu distraire de
mes études. Il cherche la soUlude . ajin qu'on
ne puisse le distraire de son travail, le distraire
dans ses prières. La moindre choêe le distrait.
Il signifie encore, iX'Inurner d'un dfsseiii,
d'une résolution. Il est tellement résolu lî faire
\ ce voyaqe, que rien ne l'en peut distraire. On
dit mieux Détourner,
55.
436
DIS
Distrait , \IT6. participe.
H est aussi idjectif , et se dit d'Un liomme
qui n'a point d'attention i « qu'on lui dit.
C'est un homm distrait. Il est ^'terneUement
distruit. Femme distraite. Esprit distrait.
DISTRIBUER, v. a. iVparlir, p^.rtager entre
plusieurs. Distribuer une somme d'artjcnt. Dis.
Iribuer des aumânes. Distribuer h butin au.x
soldats. On a distribué des commissions pour
faire des tjens de guerre. DUti ibuer les çirilces .
les récompenses, les charijes, les bonneurs. Le
foldats de celte compatjnie ont été distribué.
dan:, d'autres compagnies.
DlsrniOPEn , s'emploie au«i avec le pronom
neisonnel. Le santj se disti-ibue du cœur dans
les artères. Celte source se Aisiribue d,iis (oiis
les ijaartio.'i de la Ville.
On dit en termes de Palais, Distribuer un
procès, pour dire, Le donner i un Conseillci
pour (ju'il le rapporte. Le Président a dislribui
votre procès à un tel.
Di.sTnrBDEB , signifie aViSsi Diviser, disposer,
ranger. Cet Auteur a fait im beau traité, il eu
a bien distribué la malièir; il a distribué niri
art toutes les parties de son sujet. I.islribuc^
pur
rdre.
On dit en Peinture, Di%':!bucr les jours cl
les ombres. Les jours et les ombres sont bicu
distribués dans ce tableau.
DisTniiiUin. Terme d'Impi'inicric.Voy. Dis
TnlBUTlOS.
DisTRiEuÉ, KE. participe.
niSTRUiUTEUU, TUICE.s. Qui distribue.
Distributeur i,'e.s nraces, des rcco'npenses.
DISTRIIîUTIF, IVE. adj.ct.Qui distribue,
qui partage. /-a Jitstice distributivcest ceï/e (jm
ordonne des peines et des i-écompcnses.
On le dit aussi en termes de Orammairc el
de Logique , par opposition à Collectif. Cett:
proposition , Les jeunes gen.': sont inconsidérés.
est vraie dans le sens collectif , mais elle esl
fausse ^tant prise dans un sens (listril)utir.
parce qu'elle n'est pas sans exception. Parti
cules distributives. 'lautôt est quelquefois par-
ticule dislrDiutive. Tiinti'ï il lit, tantôt il écrit.
DISTRIBUTION, s. fem. L'action de distri-
buer, ou l'efTet de cette nclion. Distribution du
butin. Faire la distribution des procès. Vistri
hutîon de deniers. Distribution des prix. Fairj
un état de di.itribution.
On appelle en termes de Pr.'jtique, Ordre de
d'.stribution , Le rôle qui se fait des criianciui'S
sur un bien adjugé par décret,
DiSTRiBOTios. Figure de Rlictorique , qui
partage et distril-.ue par ordre les principales
qualités d'un sujet.
Eu Peinture , Une belle distribution , rs(
Une belle ordonnance.
Dans riinprimciie, Di.<li iîiuli'on, est L'ac-
tion de replacer dans leurs propres cassctins les
différentes Icltres d'une forme qu'on vient df
cirer.
On apprile attvsi Dùli i.''u(i'o)i , Les deniers
(ju'on distribue aux Ctianoines, 5 cause do leur
pn^ence actnelte au .service diiin. llcccvoir
douille distribution. Distribution iiiiiiiuclli;.
DIV
niSTRIBUTIVEMENT. aiîv. Tonne de lo-
gique. Dans le sens distril>utif.
DISTRICT, s. m. TcrnuJ de Pratique. Éten-
due de JurîdicttoD. Un June ne j>eiil juqer hors
de son district.
On dit fif^iu-cnT'nt, Cela n^est pas de mon dis-
trict, pour dire, Cely n'est pas de lua compé-
tence, il ne ni'.ippartient pas d'en juger.
DIT
DIT. s. m. Bon mot, apophtliegme. Un dit
nottihle. Les dits et faits, les dits et gestes des
Anciens. Il n'cjt f;uLre d'usage liors de Ih.
On dit proverbialenacnt, Il a son dit et son
dédit j pour dire, Il clinn^e d'avis (|naDd il \u\
plaît, il rétracte sa parole, il est sujet ^ se dé-
dire.
DIT, DITE. adj. Prononcé. C'^^st une cho.<s
dite. Ce mot signifie aussi, Surcominé. Guil
laume , dit le Ronx.
DITHYRAMBE, s. m. EspÙcc de Poésie con
sacrée à Baccluis. L'enthousiasme, le désordre,
l'iuégalité des mesiu-es , caraciérisoient ce genn
lie Poiime.
DrniYRAI\r^I9UE. adj. des 2 genres. Qui
appartient au Dîtîiyrambe.
DITON. s. m. Terme de Musique. Intervalle
composé de deux tons. La tierce majeure est un
diton composé d^un ton majeur cl d'iui ton mi-
tieur. Le diton, chc'^ les Grecs, éloit compc^
de deux tojis majeurs et éqau.T,
DIU
DIURÉTIQUE, adj. des -i genres. Apéritif,
qui fait uriner. Hcmèdc diurctiquc. Le vm
blanc est diurêticjue.
il ?e prend quelquefois substantivcm. C'c:;l
un bon diwcti(^ue.
DïURJfAL. s. m. Livre de prières qui con-
tient l'Office Canonial de chaque jour, à Te.\-
cepLÎon des Matines , et quelquefois des Laudes.
Diurnal Romain. Diurnal à lusage de Paris.
DIUR>'E. adj. des 2 genres. Terme d'Astro-
nomic. D'uu jour. Le mouvement diurne de h
Terre.
DlV *
DIVAGUER. V. neut. S'ecartcr de l'oLj^I
d'une question dans la discussion, dans la <ûii-
vcrsalioji. (.'et hvmme-lù ne suit ncn, et ne fuit
(jue dii'aguer.
DIVAN, s. m. On appelle ainsi en Turquie,
Le Coaseil du Grand Seigneur. Cela fut pro-
posé an Divan.
DIVE. adject. fcin. Vieux mol qui signifioil
Déesse., Divine.
DIVERGENCE, s.f. Terme dcGcoméuie cl
d'Optique. Situai ion de deux lignes^ 'de deux
rayons, qui vont en s ccarlant.
DIVERGENT, EN l'E. adj. Terme de G. o
métric et d'Opliqur*. On dotuie ce nom à des li-
qnes qui vont en s'écartant l'une de l'autre.
lAqnes divernc.ntcs. Hayons diva-qcns.
DIVERS, E.RSE. odject. DifiTJrent, dissem-
blable, qui est d- nature ou de qualité dilTé-
iciile. Ils soûl de divers scntimcns, d^opinion
DIV
diverse. Divers tempèramens. Diverses itroposi-
liori.';.
Il signifie aussi Plusieurs. ÏI a parlé à di-
verses personnes. À diverses fois. En divers
temps. En dïverr lieux.
DIVERSEMENT, adv. En diverses manières,
diCTéremraent. Les Historiens en parlent diverst-
metit.Onpeut expliquer cela diversement. Cette
nouvelle a été reçue diversement dans le monde.
DIVERSIFIER, v. act. V^irier, dianger de
plusieurs façons. DiVersifîiîr des viandes. Dtvcr-
sifier les attitudes des figures dans un tableau.
Diversifier ses études^ ses exercices. Diversifier
Vcnlretien ., la coJiversation. Les pièces de Ci:
parterre sont aqréablement diversifiées. Cet Au-
teur a fort diversifié son Poëmc.
DiVERSU'iK, ÉE. participe.
DIVERSION, s, f. Action par laquelle on
ilétoiune. Il est entre dans le pays des enHenu.s
pour faire diversion. Il avoit une qrande fluxion
sur les yeux, et on Va saicjnê pour faire divcr-
ùon de l'hunieur.Ces deux amis cofumeriçotcnt
(î disputer atqrenient , un tiers a parlé de nvu-
vellcs pour faire diversion.
On dit figurément, que L'on vient plus aisé-
ment à bout des passions par la diversion, ^nepav
l'opiniâtreté ou'o/i a à les combattre directement.
Ce jeune homme a été guéri de son atnour par
la diversion que fait dans son cœur le désir de
Ia gloire. Voyez vos amisj cela jera diversion
à votre douleur.
DIVERSITÉ, s. f. Variété, différence. Di-
versité de Religion, de vie^ de fortune. Diver-
sité d'objets , d'occupations , d'esprits , d*/i»-
meurs , d'opinions , etc. Êlrangc diversité,
/igréable diversité. Quelle diversité !
DIVERTIR. V. a. Détourner, distraire. Di-
vertir quelqiùnn de ses occupations. Il avoil un
tel dessein, je l'en ai diverti. Eu ce sens il
vieillît.
Eq matière de Finances, on dit, qu'^rf
homme a diverti les deniers, pour dire, qu'il
les a employés à un usage différent de leur des-
tination. Il a diVerli les dénias du Roi. On a
div&ti le fonds sur lequel j'étoU assigné. Cette
partie, cette somme a été divertie.
Il se dit qutlquefois pour. Voler, dérober.
Ce ConiHiis a diverti les deniers de sa recette.
On dit aussi, iJivertir les effets d'une suc-
ccssicu , pour dire, En frusti'er ceux à qui ils
appartiennent.
DiVEiïTin, signifie aussi. Désennuyer, ré-
jouir. Il faut le d'vcrtir, Alhns le divertir.
Se i>ivi:nTm. Se re'jouir, prendre du plaisir.
Ces jeunes gais se divcrli^sscnt à jouer à Ut
paume. Ces i\Icssi»urs se divertissent à mes de-
pens. Diverlissez-vous à qutlijuc chctse.
Diverti , ie. participe. Deniers divertis.
Somme diveitlc. Fonds, enfuis divertis. Il n'eal
gutre d'usage qu't d ce sens.
DIVERTISSANT, ANTE. ndj.Qui diverUt,
qui réjouit, q»d récrée. Les Spectacles sont di-
vcrlissana. Esprit divcrlissant. Humeur diver-
tissante. C'est un homme très-divertissnnt.
DÏVEKTISSK:\n::NT. s. masc. Récréation,
piuisir. Il se prend ordiunirenicnl pou* Un
DIV
plaisir honnête. La chasse est un gra!ii? diver-
tissement. Prendre du divertissement. La l\Iu-
sicjue est un honnête divertissement. Il prend
Vétude comme un divertissement.
On appelle dan» les Opcns. Divertissement,
Les fêtes de danse et de cliaut qui font partie
de chaque acte dans un Opéra , ou qui le tci>
minent. Les divertissemcns de cet Opéra sont
l/ien amené'. Il se dit au5!.i en parlant De U
Comédie. C*eir une Comédie avec des divertis*
icnie"s.
On appelle^ Divertisst.ncnt de deniers, di'
l'C/'fissemt'nt de fi.nds , L'emploi qu'on fût d'un*
somme d'urgent à un usa;4e diflcrent de celui
auquel elle cloit destinée.
DIVIDENDE, s. m. Terme d'.\rithm(-tiquc.
Nombre ù diviser selon la rè};lc de division.
Dividende, est aussi un terme aflt'cté aui
Compagnies de Ci^mmerce. et il sii;ni(ic, Lt
portion d'intérêt ou de bénélice réglée pour
chaque action, .soit à la jîn de l'année, soit à
des époques plus r.qiprochécs.
DIVIN, IMC. adj Qui ".n de Dieu, qui ap-
partient i Dieu. Les attributs divins. La puis-
sance divine. La Providence divine. La cjrdci
divine. Le culte divin. Le service divin. L'OlJlci
divin. Les Romains rendaient des honneurs di.
vins à leurs Empereurs. Déférer , décsrner (ei
honnetws divins.
On apiwlle Les trois personnes de la Tri-
nité, Les Personnes Divines,
On appelle Le FilsdeDieu.LeVcriicDii'm.
Divi;». «e d'ï n'Ti'rrrnrn* Oc re qui simîble
être au-dessus des forces de la nature. Il y i
là rjucl(jue cltose de divin.
Il se dit aussi figurément De ce qui est très-
excellent dans son genre. Ouvraqe divin. Beaui^
divine. Le divin i'iaton. C^est un homme diri'n,
DIVINATION, s. f. L'an pritendu de pré
dire l'avenir. Lu diviwilion a toujours été con-
damnée par l'P.'jlise.
Il signifie aussi Les moyens dont on se scr*
voit poOT deviner, ] our prédir;'. Les Pcîeni
avaient plusieurs sortes de divinations ^ la divi-
nation par le vol des oifeaux, la divinaltot
par Vinspecliun des entrailles des victimes , etc.
DlVIN.\TOIUi;. adj. des 2 genres. Il se dil
De la science pn'rtcnduc des Devins et dei
moyens qu'ils emploient. Art divinatoii-e. Ba-
guette divinatoire,
DIVINE.MENT. adv. Par la venu divine,
par la puissance de Dieu. Les Prophètes divi-
nement inspires. La conrcftion du Fils de Dieu
a été opérée divinement dan' le sein de la Sainte
Vierae.
11 signifie figurément et par exagération,
Eirellemmenl, parrailenicr.l. Ce Sculpteur tra-
vaille divinement. Il chante divinement. Ilécril
divinement. Il joue du Luth divinement. Divi-
nement lien.
uî\ INISLR. V. a. Ficconnoiire pour divin.
Les Païens divini'oitnt les O actes.
On ledit figurémenl pour, Eialler outre
mesure. C'est un enlhoutîttste tfui divinité tout
ce qiiil aime,
Oivism:, ic. participe.
DIV
DIVINITÉ. 8. féni. Essence divine, nature
divine. Lti iUviiitté au Verbe.
Il se prend aussi pour Dieu même. A'ier la
Dipinité^ ne point recoiinoltre de Divinité.
c'est renoncer à toutes les lumières de Ui j'aison.
U se prend aussi pour Les faux Dieux des
Païens. ï^es Divinités des eaux. La Divinité du
lieu. Les Divinités des forêts. Les Divinité.^
momies, hes Divinités allégoriques.
On s'en sert encore figun^ment et aliusive
ment eu Poésie, quand on parle d'une bellr
femme. C'est une Divinité. La Divinité cjui
j'iiiîove.
DIVIS. U est. oppose à /jidiVi5.Voy. Indivis
DIVISER, verbe actif. Partager, séparer
ujic chose eu deux ou plusieurs pnrtics. Diviser
un nombre^ une qrandeur^ une quantité. Ct
Royaume est divisé en tant de Provinces. Diviser
un discours, une htranque. Diviser une somme
entre phtsieurs personnes ^ en plusieurs parties.
Il signifie figurémcnt, Mettre en discorde,
desunir, ^intérêt a divise cette famille. Ih
sont divisés en sectes, en factions. Divisa- la
esprits.
Divisé, ée. participe.
DIVISEUR, s. m. Terme d'Arilliniéti(jue.
Nombre par lequel on en divise un plus grand.
Quand on veut partager cent en dix, dix est
le diviseur, et cent est le dividende.
niViSICILITÉ. subst. f. Terme didactique.
Qualité de ce qui peut être divise', La divisibi-
lité de la matièie.
DTVISIBEE. adi. des 2 genres. Qui se pcul
diviser. Plusieurs Philosophes di^^ent que la
matière est divisible à Virtjini.
DIVISION, s. fém. Séparation, partage. La
division d'un héritage. La division d'un fîi's-
coiirs, d'un scrnion. La division d\ine somme.
Cu appelle Division , en termes de Rhétori-
que, La distribution qu'un Orateur fait de son
discours en pluiiieurs parties, La division doi\
être claire, et renlinner tout le sujet.
On dit, en termes de Pratique, Sans divi-
sion ni discussion, pour dire, Solidairement
l'un pour l'autre , ct un seul pour le tout
Il signifie figurcment, Désunion, discorde.
il y a division , de la division entre eux. Mettrt
de la division, mettre la division dans une fa-
mille. Il y a grande division en cetteVille. Dc:
frères en division, S etnsr h division Fomenter,
cntrcttnir la division.
D1V1510S, se prend aussi pour Une des q\ia
tre premitres régies d'AritIinnîliquc,ct sipnînc.
La r-jglc selon laqut-Ue nu divise une somme,
un payement, un tout en plusieurs parties. Lcs
quatre premières règles d^ArithmCtique sont.
V.idditton , la youstraclion , Li .l/ii/fi^)(icali'on .
la Division. Il sait la Multiplication, mais ii
ne soit ^05 encore la Division. Il ne sait pat
fii\rc lit Division.
Division, cd termes de Guerre, se dît Des
partie* d'une Arro-e entière qui est campée en
ordre de bataille. La division de la droite , la
division de la qauche, la division du centie.
Les O jeter: GéttèraiLT ont chacun leur peste
fi.ze à quelqiinne des divisions.
DIX 437
Il se dit encore Dtrs parties distinctes d'un
bataillon qui défile, soit par dinii-rang, soit
par quart de rang. Le poste des Officiers subal-
ternes est dans les divisions.
En termes de AlariuCj on appelle Division,
Un certain nombre àc v^iisscuix d'une Armée
navale, qui sont ordinairenienl commandes par
un Officier Général. Un tel commondoit notre
division.
Division , terme d'Imprimerie, Voy. TinET.
DIVORCE, subst. m. Séparation de deux
l'poux par la rupture légale du mariage. Le
riii'orce étoit en usage parmi les Juifs et la
Romains. Le divorce n'est point permis dans
le Christianisme, suivant la doctrine catho-
lique.
U se prend quelquefois figure'mcnt , pour Les
simples dissensions qui naissent dans le ma-
riage. Ce mari ct cette femme sont dans un
continuel divorce.
U s'applique même aux dissensions entre
les amis. Cet homme csï de si m(UiV(u'5C hu-
rneur, quil est en divorce avec tous ses amis.
Il se prend figurenienl pour Vue sép;irulion
volontaire d'avec les choses auxquelles on étoît
fort îittaché. il a fait divorce avec ics plaisirs,
avec le monde.
DIVULGATION, s. f. Action de divulguer,
ou état d'une chose divulguée.
DIVUL(;UER. V. a. Rendre public ce ^Ih
n'éloit pas su. Divulguer un secret. Une heure
après que la nouvelle fut arrivée, elle fut, di-
vulguée partout j on la divulqua par ioitit Ij
Ville.
Dn'ULGLÉ, ÉE. participe.
DIX
DIX. adjectif numéral des 2 genres. Nom-
bre pair compoi«J de deux fois cinq , et qui suit
immédiatement le nombre de neuf. l.'X dans
ce mo*. se prononce comme un Z devant une
voyelle. Dix arpens. Dix écus. Dix hommes.
Devant une consonne, ou une Icitrc aspirée, il
ne S3 prononce point. Dix Cavaliers. Dix Fan-
tassins. Les dix Commandemens de Dieu. Dix
Jlcros. Quand il est final, ou qu'il est suivi
d'un repos, il se prononce fortement comme
un S initial. A^ows sommes dix. Ils éloient dix
bien huvans et bien mangeans. Il se pionono^
de même étant joint à certains nombres, Dix-
scpt. Dix -huit. Dix ~ neuf. Soixante et dii'.
Quatre-vinqt-dix.
Il est quelquefois substantif. Un dix de
carreau. Quatorze de dix. Un dix en chijfre
romain.
Dans le discours ordinure , il se prend
pour dixième. Innocent X. Clcment A'. Le
dix du mois. Le dix de la Lune. Le dix de sit
maladie.
On dit, Mettre son argent au denier dix, à
dix pour cent, pi^urdire, En tirer le dixième
denier d'intérêt,
DIXIÈ.ME. adj. de» 7. genres. (On prononce
Dizième.) Noin]>re d'ordre. Le dixième jour,
La dixième fois.
Il est aussi substantif, cl signifie La dixième
^38 DOC
partie d'un tout. Il est hèrhier pour un dixième.
Il a un tîixlcnit: dans cetU affaire,
Dl.Mft.MllMKNT. adv. En dixième lieu.
DIXME. Voyez DÏme.
DIZ
DIZ.VIN. ». m. Ce cjui est compose du nom-
bre diA. 11 se dit Di's ouvr.isi'S de Pocsie com-
poses lie dix vers. Faire un diiuin. Celte ode
contient tant de dizains.
11 se dit au-isi d'Un clinpelet compose de dix
RTiiins. Les Cli^'^aliers du Saint-Esprit sont
ohliqés de dire tous les jours leur dizain. (On
ccrivoit autrefois Diau in, ainsi que Dixaine et
Dixenier.
DIZAINE, s. f. Tolal de clioses ou de per-
sonnes composé de dix. Une dizaine d'écus.
Compter par dizaine. Le ihapelet est composi'
de cinq dizaines. La Ville de Paris est divisée
en tant de quartiers, et chaque quartier en tant
de dizaines.
On liit aussi en termes d'AritliinL-litjuc ,
A'ornî^re, dizaine, centaine.
DIZEAU s. m. Il se dit d'Un tas du dix ger-
bes, di' dix botti's de foin. Un dizeau.
DIZENlEIl. s. m. (On dit aussi Dizainier.)
Chef d'une dizaitie , ou qui a dix peisounes
îous «a charge. C'est un nom de cei tains oOi-
cicis de Ville. Les Quarteniers , les Dizcuiers,
etc. de Fans.
DLA
D-L.\-IAÉ- Tcimn àr I\jus!qiir . p )r kqn<l
on désigne le !on de ré. Le ton de D-la-rè. Cet
air est en D-la-ré.
DOC
OOCILE. adj. des 2 genres. Qui est propre
à recevoir instruction, ou quia de la disposi-
tion à se laisser coiuluiro et gouverner. A (Jfurel
dofile. Esprit docile, lluinctir docile. Enfant
docile. V.n homme furt docile aux leçons de son
maître. Docile au joua. L^Orateur doit rendre
son Auditeur docile et attentif.
DOCILEMENT, adv. Avec dociliti-. .écouter
docilement.
DOCILITÉ, s. f. Quilitd par laquelle on
est docile; disposition naturelle à êlro instruit,
il se laisser guaverner. Il a une qrande de-
cilité.
DOCIMASTintJE , ou DOCIMASIE. s. f.
Terme de Chimie. L'art d'essayer en petit les
mines , pour sivoir les métaux qu'elles con-
tiennent. Elle dilTére de la Mét.TlIur^ic, qui
s'occupe chi travail des mines en yr.ind.
DOCTE, adjectif des 2 genres. Savant. Un
homme docte. Le docte Saumaise. On dit aussi,
Un livre docte, une docte dissertation^ pour
dire, Qui contient beaucoup de savoir, d'éru-
dition.
Il se met aussi substantivement. Les docleti
Ht sont pas d'un tel avis.
DOCTI■;ME^^. adv. Stivammcut. d'une ma-
nière docte. Il prcc'.c doclcmeni. Traiter doc-
tentent une matière.
Il f emploie plus comniuiicmcnt dans un
DOD
sens îionujue. 7/ nous ti fToiivê iloctemeiU les
t'cVifé^ les ; lus triviales.
DOCTEUR. 8. ni. Qui est promu dans une
Université au plus ïiaui (kgrd de quelque Fa-
cultd. Docteur en Tliéoîoijie. Docteur en Droit.
Docteur en "Médecine. Dormeur de Sorhonnc,
de Navaire. Docteur en Théolonie de la Fst
culte de Paris. Prendre le bonnet de Doctcti-.
Etre rcrn Docteur.
On appelle Doctcur~Ré(jent^Vnl)ociCMv>\r.:
enseigne publifpienient.
Il se dil ;iiissi en style familier d'Un lionmi'
docto, quoiqu'il n'ait pas été reçu Docteur. /
est fort savant en tcUe science^ il y est Doclcu}
Ce n'est pas un qrand Doctew\
Il se dit dans le même style, d'Un iiahil
l-omme en quelque espèce de chose que ce soil
f'Uoiquc ce ne soit pas une science. C*est un
(jrand Docteur aux Echecs. Il faut donne
r;fte alfaire à conduire à un tel j c'est u
Docteur.
DOCTORAL, ALE. adj. App;>Uonant an
Uortenr. Rohe doctorale. Bonnet doctoral.
On dit fif^urémcnt et dans un sens de cri
lique, t/n ton doctoral^une morgue doctorale
pour exprimer Le ton tranclianl, la vanité ri
liicule do certains savans,
DOCTORAT, s. m. De;;rc, qualité de Doc
leur. // est parvenu au Doctorat.
DOCTORERIE. s. f. Acte qu'on fait en
rlieologic pour ^tre reçu Docteur. // a dispute
à la Doctoreric d'un tel.
rOCTRINAL, ALE. ridj. Terme de Tlir-
!o;;ie. Il zc dit Des avis, des sentiniens que les
Doctr'urs, les Universités donnent en matière
de doctrine, de mœurs, etc. .'iw:* doctrinal, ju-
(jemcnt doctrinal.
DOCTRINE. s. f. Savoir, érudition. Grande
doctrin<j. Profonde doctrine. Doctrine consom-
mce. Cet liomme a beaucoup de doctrine. Ce
livre est plein de doctrine.
Il se prend aussi pour Maximes, scntimens.
iMiseïgnenicns. lionne, saine doctrine. Doctrine
orthodoxe . faurst, dangereuse. Il cnsciqne une
honnc doctrine. Cela est conforme à la doclrim'
de VEvancjile. La doctrine de Platon. La doc-
trine d'Arisiole. La doctrine de iSaint Auàus-
tin, de Saint Thomas, etc.
DOCUMENT, s. m. Terme de Pratique.
Titres, preuves par écrit, enseignement. Vieua
docwncns. Anciens documcns. Titres et tit-
cnmcns.
DO D
DODÉCAÈDRE, s. m. Terme de Ge'omclrie.
Corps solide rc;^uIicr,donl la surface est formée
de douze pentagones réguliers.
DODÉC.KJOIVE. s. m. Terme de Gcomé.
trie. Figure lerjninée par douze eûtes. Dodéca-
gone ri-.pilier.
nODINER, SE DODINER. V. n. Se dorlo
ter, avoir l>eaucnup de soi, de sa personne. Ce.
paresseux ne fait que se dodiner.W est familier.
Donistn. Terme d'JIorlogerir. Avoir du
mouvement. Ce balancier dodiue bien, pour,,
A un I;nn moiivcincnt.
DOG
DOl-O, s. m. Mot du langage familier, dont
en se sert en parlant aux enfans, ci qui n'est
d'usaj^etjuc dans ces phrases, Fdire dodo, pour
dire, Dormir; Aller à dodo, pour dire, Aller
dormir, aller se coucher.
DODU, UE. adj. Gras, potelé', qui a l>eau-
coup d'embonpoint. // est dodu. Cette femme
est dodue. Des pigcom, dodus. Il est du style
ianiilicr.
DO G
DOGAT. s. m. Dignité de Doge. Temps
(ju'onaété Dogf;. Le Dogat de Venise est à l'ie.
Le Dogat de Gènes est de deux ans.
D0(;E. s. m. On appelle ainsi le Chef de la
népuMiquc de Venise, el celui de la Répuldi-
que de Gènes.
DOGMATIQUE, adj. des ? g. Qui regard*»
les dogmes de la Religion. Terme dogmatique.
Style dogmatique.
On dit ahsoliunent, Le doqinatique .^ pour
■ lire, Le style dogmatique. Ce terme nVst d'u-
■ ige que dans le donmatiquc.
On appelle Ton dogmatique. Le ton d'un
Iiommc qui affecte de dogmatiser. Il parle tou-
jours d un ton doqmatique.
On appelle P/ji7oso|i/iC <?o(^mnt iV^ue , Celui
qui établit des dogmes dans la Philosophie.
Lc-S philosophes dogmatiques sont opposés aux
Philosophes sceptiques.
D0<;MATIQUE!\IKNT. adv. D'une manière
ilogniatique. Truitcr une matière^ une ques
tion doamnti finement.
On dit d'Un homme qui parle d'un ton dé-
cisif et sentencieux, qu7i parle dogmatique-
ment.
D0(;MATISER. v, n. Enseigner une doc-
trine fausse ou dangereuse; et il se dit princi-
palement en m:ilière de Religion. // dogmatise.
îl se mêle de dogmatiser. Il est défendu de
doqmatiser.
Dur.MATisEn , signifie aussi Débiter ses opr-
iiions, ses raisonncmens d'un air trop dcciaf ,
1 1 en liomme qui veut R-genter. Il dogmatise
îiernellement. Il dogmatise sur tout. On est
ennuyé, de l'entend.re dogmatiser.
DOtaiATLSEUR. s. m. Celui qui a i''iahi-
[utle de prendre nn ton dogmatique. H s«
prend toujours en mauvaise part. Ccst un
qrand doqmatiseur.
DOOLVTISTE. s. masc. Qui étahlii dc«
dogmes, qui dogmatise.
DOGME, s. m. Point de doctrine, enseigne-
ment reçu, et servant de n'-gle. Il se dit princi-
palement en matière de Religion. Les dogmes
de la Religion. Les dogmes de la FqÎ sont im-
muable.<i, mais la discipline peut recevoir des
rhanqemens. On dit aus5i. Les dogmes de la
Philosopliic.^ pour dii-e, Les vérités .'juc lo Phi-
osophie enseigne.
DOGUE, s. m. Espace de chien gros et cou-
rageux, dont on se sert pour garder des mai-
sons, dc« b-iffies-cours, ou pour faire des com-
bat» contre des taureaux et des bêles féi\)e«.
Gros dogue. Dogue d'.inqlcterrc.
\ DOCriN cl DOGUINE. s. M.de et femelle
» /
DOI
(ie petit» dogues. Les doguins et les doguines
i^ apprivoisent aisément,
DOI
nOiGT. s. m. (On ne prononce point le (;.
Partie de la main, ou du pied de l'iionmie
Doigts longs, courts y menus, etc. Les cinr
doiqts de la main. Les doiifts du pied. Le ^ro
doiqt. Le petit doigt. Le doigt du milieu. Le-
ongles des doigts. Les jointures des doigts. He
muer les doigts. Faire a-atiuer les doigts. Jl u
une bague au doigt. Compter par ses doigts.
Compta' sur ses doiifts. Je voudrois gu\l m'en
eût coûté un doigt de la main et guc cela jiît
arrivé, ne fit pas arrivé. Il "c 5 en falioii
qu'un travers de doigt gue le coup ne jtit au
eceur. Cette sauce est exceUente, on s'en lèche
Us doigts.
Il se dit De quelques animaux. La main.
Us doigts du singe. Doigt de canard , de bc-
é-asse^ etc.
Doigt, se prend aussi pour marquer Une
petite mesure qui contient à pc» yz^s l'épais-
seur d'un pouce. Il ne s'en faut gue deiue
doigts qu'il ny en ait une aune. Vépie lui en-
tra de deux doiqts dans le corps. La riviàe est
crue, est plus haute de quatre doigts qu'elle
h*étoit hier. En ce sens on dit, Vn doigt de
vin, un petit doigt de vin. Donnez- moi du
^nn, mais je n'en veux ou'uri petit doigt. Don-
nei-m'en encore un doigt. Je ne veux boue
qu'un doigt.
On dit iiussi provrrhinlpment < t fi^iirément
d'Un homme dont on se moque publiquement,
qu'On le nionOc nu doigt.
On dit proverlîialrnî. et figurém. , Touche*
à quelque chose du bout du doigta pour dire.
Ln êlre bien proche. On dit dans le mêm«
sens, Êtie à deux doigts de sa ruine, pont
dire, Être proclie de sa ruine.
On dit proverbialement et figurem., Donner
sur les doigt:, pour dire, Châtier, faire souflFnr
quelque peine, quelque dommage , quelque
ronfusion. On dit au même sens, Il a eu sur
les doigts.
On dit proverbialement et fi;;urcm., Il s'en
mordra les doiqt<, pour dire. Il s'en repentira.
On dit provrrbiiilcmeot et figuicm. , Avoir
de l'esprit au bout des doigts, pour dire, Être
adroit aux ouvrages de la main ; et , Cet homme
a de l'esprit iuiiiu'au bout des doigts, pour dire,
qu'il fait paroitrc de l'espi't jusque dans les
plus petites choses.
On dit proverbialement et fîgurcment d'Une
personne qui a devine quelque rhose de secret
et de caché, qu'E/Je a nus le doigt dessus.
On dit, en termes de iKcrilnre-Sainte, Le
doigt de Dieu est id^ Quand il arrive quelque
cvénrmcni cxtr-iordiniiire et singulier par la
pcrnuAMon p.irticulicre de Dieu.
On dit tijçiirtment et populairement, en
parlant d'Une itHàirc, qu'On y a mis les quatre
doigts et U pouce, ptmr dire, qu'On y a em-
ployé tous les moyens cju'on pouvoit avoir
pour la faire réussir
On dit proTcrbintemcnl et Ggurûnent De
DOL
deux personnes exlrùniemcnt unies d'amtti^ :
Ils sont comme les deux doigts de la main- ce
sont les deux doigts de la miiiti.
On dit proverbialement et figurt^mcnt , Il ne
faut pas mettre le doigt entre le bois et l'écoree.
pour dire, qu*ll ne fauî pas trop s'ingérer
di»u< les démêles entre proches, comme m~ri cl
femme, frère et soeur.
On dit proverb. d'Un homme qxii ne travaille
point, qu7ï ne fait œuvre de ses die doigts.
On dit provcrbinlrmenl et fij;urénient d'Un
lomme (|ul sait fort bien quelque chose pnr
mémoire, qu7i le sait sur le bout du doigt.
On dit figurénicnt, /:,"ïre servi an doigt cl à
i"^:7, pour dire, l^lrc servi ponctuellement cl
avec grande exactitude.
On dit proverlnalenient et figurément, Tou-
cher au doigt, faire toucher au doigt, au doigt
et à l'œil, pour dire, Voir eviiicniment. ou faire
voir avec évidence.
Ondit,qu't/"C nionfrc va au doigt et à l'œil,
pour dire, qu'lillc est fort mauvaise, et qu'elle
I besoin qu'on touche souvent iTaiguillc pour
la mettre siu: l'heure qu'elle doit marquer.
Cd dit aux cnfans, pour leur faire croire
qu'on sait la vérité de quelque cliose qu'ils ne
viulent pas dire, Mon petit doigt me l'a dit.
Je sais ce que vous avez fait, mon petit dcijt
me Va dit.
En termes d'Astronomie, ou appelle Doigt,
La douzième partie du diamètre du Soleil ou
do la Lune, Cette éclipse de Lune ne jut nue de
ipiai"-' 'hitgt^,
DOIGTER. V. û. En Musique, hausser et
baisser les doif^ls sur un instrument, pour ap-
prendre à en jouer. Pour jouer de la musette,
il faut commencer par bien doigter.
DoioTEO ,est aussi substantif masculin. Sur
les inslrumetis à manche , le principal du
doigter consiste dans les différentes positions
de la main.
DOIGTIEK. 3. m. Ce qui sert à couvrir un
doigt, t/ndotqtierdecutr. Undoigtierde linge.
DOL
DOL. s. masc. Vieux mot qui n'est plus en
usage qu au Palais. U si.^nifiî Tromperie ,
fraude. Sans dol ni frauda. Il y a eu dol dans
le contrat
DOLKANCK. s. f. Plainte. Son principal
usage est au plurie!, et il n'est plus que du
style faniilier. Faire ses doléances. Conter ses
dolé.inces. De grandes doléances.
On opp-:Ioit autrefois Doléances , Les de-
mandes ou représentations contenues dans le^^
cahiers des Etats (iénéraux oti |*roviMci lux,
pour demander le redressement de quelque
grief, l.i diminution ou la suppression d'an
iuipjt , etc.
DOLEMMENT. adv. D'une manière do-
lente. Il parloit dolemment. Il est familier.
DOLE.NT, ENTE. adj. Triste. omij;c,plniu-
lif. Il fait U dolent. Il est si dolent. Un visage
dolent. Une mine dolente. Un ton dolent. Une
voie dolente. Il te dit phis ordinairement en
Ti!'_isanlÇTie,
DOM 439
DOLER. v. a. Terme d'An. Kt-akr.nplj-
nlr, rendre luiie la super&cie d'un morce.-iu de
bois. Il faut doler ces planches. Ces planches
n'ont pas été bien dulées.
DolÉ, ék. participe.
DOLIMAN. s. m. Habit Turc en usage ait
Théâtre.
DOLOIRE. s. f. Instrument de Tonnelier,
qui sert ù unir le bois. Egaler le bois avec une
doloue. C'est aussi Une pièce du Blason.
DOM
DOM, ou DON. Titre d'honneur qui vient
ilu Latin Dominas. Il n'est d'usiif^e en François
ijiie pour certains Ordres Reli;^ieux, et on l'é-
Eiit alors par un m, conformément à l'^lymolo-
i^ie. Ce titre se Hnnne eu Espagne aux séculiers,
il n'étoit autrefois en usage que pour la haute
Noblesse. Il est devenu presque aussi commua
que celui de Monsieur en France. 11 se joint
toujours aux noms de baptême Espagnols, et
jamais aux noms de famille. On dit. Don Juan
de Tolède, Don Luis de Haro; aru lieu que
nous disons en François , Dom MabUlon , Dom
Calmet. Les Espagnols écrivent toujotirs Don
par un n. LesPortugab au contraire, l'écrivent
avec un m y moins pour conserver l'étymologie,
[jue parce qu'aucun mot Portugais ne se ter-
ruine par un n. Ce titre ne s'est pas encore avili
en Portugal. Il y est beaucoup moins commun
i]u*en Espagne.
DOMAI>'E. subst. m. Bien, fonds, héritage.
Cela e.^t du domaine d'un tel. Voilà où fnit
son domaine. Celui qui paye U cens au 5ei-
gjieur de la terre, a le domaine utile : et le Ssî-
gneur à qui on paye le cens, a le domaine
direct. Domaine du Roi. Domaine de la Cou-
ronne.
On dit absolument. Le Domaine^ pour dire.
Le Domaine du Roi, le Domaine de la Cou-
ronne. Heceveur du Domaine. La Chambre du
Domaine. Cela a été réuni au Domaine. Le
Domaine est inaliénable. Fermier du Domaine.
DOMAMAL, ALE, adject. Qui est du Do-
maine. Biens domaniaux. Droit domanial.
Rentes domaniales.
DOMIC. s. m. Ouvrage d'Architecture élevé
rnrond, en forme découpe renversée, an-dessus
d'un éiiifice. Le dôme d'une Eglise. Le dâmeda
Val-de-Gràce. Le dôme des Invalides. Ce pa-
villon est fait en dôme.
DOMKRIE. 9. f. 'litre que prennent (jnel-
ijucs abbayes, qui sont ouquictoicntdes espèces
d'Hôpitaux.
no.MESTIClTÉ. s. f. r:iai de domestique.
Ce téowin n'a pas été reçu à déposer en favatr
de son maître, à cause de la domesticité.
DOMESTIQUE, a.ii. des 2 genres. Qui est
de ÎA maison, qui appotiienl à la maison. Ser-
vitew domestique. Les ajjiiiies domestiques.
Les Dieux domestiques.
Il se prend subslantivemenrt pour Les servi-
teurs de la maison. Mon domestique. Mes do-
mestiques. Vous devez répondra de vos domes'-
iiques.
Il s'emploie aussi au féminin , pour désigi^E
44o D O M
Une servante. J'ai envoyé ma iomcstijue au
marché. Hfi une ilomesliqne inteUiijcnteel fidèle.
Il se prend aussi C)l!ectivemci:l pour ïous
• les Serviteurs d'une maison. lia chantjé tout son
Aomestirjue. Ha un nombreux ilomestiijue. M or.
Jomeslii/iiC sd réduit à un vuit et «ne servante.
11 se prend nussi pour l.'iiilcrieur de la
maison. Je ne veux point iju'm se mêle de mon
domesliriue. Je ne i'eu.v pas qu'on sache ce
<jiii se l'ait dans mon doiiicstiijue, c'est-A-dire , Ce
qui se passe chez moi. H aime son domc^tiijue.
Do.MESTiQiE, est quelquofoisoiipo.se il ICtran-
c«r. Guerres dumeatique^. Exemple dunieslitiue.
Chxqriu domestique.
Il se dit Mussi Des adiiii.nux privés qui df-
meuient dans les miiisons. /,e chien est un
antm-tl dumcstique.
DO,Ml.t.TiyUi:MENT. adv. À. l.i nianièn
d'uu douiestique. il est al((ic/ié(Joniesti(jucnicM(
ii u» tel Seigneur.
Il sif;nilio iJiissi, Faniiliérement. 7/ vit do-
mestiijuemcnl avec nous.
VOillCUAi.. s. II). H se (lit Do la maison,
du lieu qu'une personne a clioîsi pour son ha-
bitation oïdin.iire. Election de domicile. Siqntfiè
à sa personne en son domicile. Siquifié à do-
micile. Il a êtahli son domicile à Paris. C'est
un homme sans domicile..
DOMICILIKR, SE DOMICILIER, verb.
WSflcchi. Terme de Prjtiquc. S'habituer. Il n'est
fjuère d'usage que dans les temps formés du
participe. /( s'est domicilié en cette Ville. Il est
<Iojnici/ii', pour dire. Il a iinn doineure certaine.
DOMiciLUÈ, ÉE. participe.
DOMINANT, ANÏK. adject. Çui domine.
Psssion dominante. Humeur dominante. Goiil
dominant.
On dit Cgurém, qu'il y a dans un ouvrait
une idée dominante à laquelle tout est subor-
donné. Cet homme est obsédé d'une idée domi-
nante qu'il ramène à tutU.
On appelle Fief dominant, Seiqneur domi-
nant, l.e riefet le ."-eisneur de qui relève un
aune Fief ou un autre Seigneur.
DOMINAUrE.s.f. Terme de Musique. C'est
la note qui fait la quinte au-dessus de la note
tonique ou fondamentale. Dans le mode d'ut,
soi e.U la dominante.
El oa appelle Soits-dominantc, La note qui
fait la quarte au-dessus de la tonique. Dans le
jnot d'ut, fa est la sous-dominante.
DOMINAI KUJi. s. m. Qui domine, qui n
autorité et puissance souveraine. Insolent do-
minateur. Dominateur de l'univers. U m: s'em-
ploie fiuère f|xie dans le stjle soutenu.
DOMINATION, s. fém. Pui.ssance, empire,
autorité souveraine. Oominalion tyrannique.
injuste. Vivre sous la domination du Turc,
l'surper la domination, htendre sa domination,
il n'y a jamais eu de dontinution plus dure,
plus douce que celle de.,..
DoMisATiOK. en lan^.ige mystique, est un
des Ordres de la Iliérarcliie des Anges. Puis-
•:mcci. Trônes, Dominations.
UtjMlMCK.v. n. Commander, avoir autorité
et puissiiHce absolue sur quelque ehos^. il
D O M
domine sur toute l'f.qypte. Dominer sur lo
mers. Il aime à ilominer, il veut toujours do-
miner.
Il se dit fijrurément Do. ce qui parnît le plus
parmi plusieurs choses, de ce qui se fait le plus
remarquer, de ce qui est le plas fort. Cette fi-
gure domine dans ce tableau. L'incarnat do-
mine dans cette étofJ}\ Le poivre domine tinn.i
cette sauce. Im bile àoinine dans son tctnpc'ru
ment.
ïl se dit figurémcint Des lieux e'ievcs d'or.
'on découvre une grainîe étendue de pays. Ce.
c/kj'IciUI, cette tour aonunt scr touts la j-iiii.^
l\ se dit au&si Des lieux qui en titrnncnt
d'auU'cs en sujétion. La Cituddlc domine sur
■a Ville.
Ou dit aussi figurciu. i^t, Il faut (pie la rai-
son dornfie sur les passit is , domine dam
toutes nos actions.^ pour dire, que La raison
doit être la maîtresse, et régler nos passions et
nos actions.
Il s'emploie aussi activement. Cette mon-
hi'jne domine la Ville. Il faut tjue la raison do-
mine les passions,
HoMiNii, KE. participe.
DOMiMCAlJX, AINE. s. Religieux et Reli-
{;ieuse de l'ordre de Saint Doniinî(|ne.
DOMI>'lCAL, ALI-:, adj. Qui appartient au
Scif^neur. L^Oraison Dominicale , (Test lu Pa-
tfr, Prière que Notre -Seigneur enseign.i à ses
«)isciples.
On appelle Lettre Dominicale^ La lettre
;ni nianiue d-ms le (Calendrier le jour du Sci-
niciir, c'est ù-dire , l.c Dimanche. Le Cycle
des lettres dominicales est de vincjt-huit ans.
On dit. Prêcher la Dominicale., l'rêchci'
les Dominicales^ en parlant d'Un Prédicateur
ijui prêche les Sermons des Dimanches dans
ttuc Église.
DOMINO, s. m. On appelle ainsi Le camail
noie que les Kcclcsiastiques portent pendant
l'hiver. Les Prêtres ont (Quitté leur domino.
. On appelle Domino , Uue sorte d'hahit de
Ii:il. Domino de tafjitas bleu.
On donne aus<;i ce nom à un jeu qui se jono
avec des espt-ces de dés d'ivoire on tl'os , où
les points ne tont marqués que sur unj des
Î'^KCS.
DOMINOTKHIE. s. f. Marchandise de pa-
pier marbré, et autres papiers colores.
OOMIXOTILK. s. m. M.irchand de Domi-
noterie et Est-impes.
DOMMAGE. 5. m. Perte, détriment, préju-
dice. Grand., notable dommage. Causer du
dommafje. Cela me porte dommage. Cela lui
fait dommage de cent mille francs. Faire du
dommaifc. Recevoir du dommage. Eprouver un
qrand dommage. Réparer un dommage.
On dit en termes de Pratique, Dépens, doni-
m.a(jes et intérêts.
On dit absolnm'-nt, C'est dommage j c'est
(jrand donimanc. cV's( bwn dommage ,, c'eut un
grand doninmjc, pour dire, (iVst une chose
ijclieuse , c'est nu grand m-dhiur, c'est une
. grande perte.
i'n dit aussi pai ir>r.îc, et comme pji «•'i*
DON
espèce de défi, C'est dommage ou'il ne fasse
cela, c'est dommage qu'il ne se joue à moi,
pour dire, S'il osoit se jouer à moi, s'il oîoil
faire cela , il s'en repentiroit
DOMMAGEABLE, adj. des a genres. Oui
ipporte du dommage. Dommageable eu pu-
blic. Cette entreprise lui a été fort dommageable.
DOMPTABLE, ad), des 2 genres. (On ne
fait plus sentir le P dans la prononciation,
l'iusieurs même écrivent nuiourd'liui" Dvmta-
blc.) Qu'on peut dompter, (ju'on peut adoucir.
L'adresse renddomptahlci: les animaux les pliu
liiruurlies. Ce cheval est domptable présente-
ment. .Son plus grand usaf^c est avec la néga-
tive. Ce cheval n'e^it pas domptable. Ce jeune
homme n'est plus domptable.
DOMPTElî, ou DO.VITER. v. «.Subjuguer,
réduire sous son obcissance, vaincre, surmon-
ter. Dompter une nation. Dompter les peuples.
Hercule dompta /es- monstres.
On le dit aussi Des animaux, et il signifie,
Les assujettir, fcur faire perdre leur férocité.
Dompter un cheval^ un taureau.
On dit figurémenl , Dompter ses passions,
dompter sa colère, son courage.
Dompté, ou do.mté, ée. participe.
DOMPTEUR , ou DOMTEUR. s. m. Qui
dompte. On appelle Hercule, Le dompteur des
monstres. Dompteur des nations. Il ne se dit
point absolument.
DO.MPTE- VENIN , ou ASCLÉPIAS. •. m.
Plante ainsi nommée , parce qu'on la regarde
rnuime un i>rrserv:ilif contre le venin. Eïlc ' t
sudorifique, et on lui attribue plusieurs antr«
vertus.
DON
DON. s. m. Présent , gratification qu'on fait
à quelqu'un. Faire un don a quelqu'un. Lui
faire don de quelque chose. Donner en pur
don. Je n'ai pas acheté ce livre, c'est un don
de l'Auteur. Don irrévocable.
On appelle Don mutuel, La donation mi>-
luelle que se font le mari et la femme de l'usu-
fruit de leur bien, dont le survivant doit jouir.
On appelle Don du Roi, Certaines gr.ice»
utiles que le Prince accorde. Il a eu l'avis de
cette aubaine, et il en a demandé le don au Roi,
il en a obtenu le don du l!oi. Il en a le don.
Enregistrer un don.
On appelle aussi Don gratuit , le don que
les AsseuiWées du Clergé, ou les Etats des Pro-
vinces, font au Koi.
Ou dit proverUalcment , qu il n'y a point
de plus bel acquêt que le don.
Ou appelle Dons du Ciel, Dons de la na-
ture. Dons de la grâce, Dons de Dieu, Dons
du Saint-Esprit, Les avantages qu'on a refus
de Dieu, de la nature, etc. Le Ciel, lu nature
l'a doué, l'a enrichi de ses dons. Les dons de la
qrâce sont infiniment plus estimables que les
dons de la nature. La Foi est un don de Dieu,
un don du Ciel Le don ij Langues. Le don de .
vropliétie. C'e.-^l un beau dos rie nnlure, i/u'une
lienritusc mémoire.
On appelle aussi Don, Une certaine apti-
DON
3i\de cpion a i quelque ciiosf. // c. h don (te
hieri yttrler. Le àon de lu parole. Le don de Ve-
hqueuce. Il a h- don de plaire à tout le vionde.
Je n*ai pas le don de deviner.
On (lil en plaisantant, qu'Une femme a h
'don des larmes, pour Jire, cju'lillc pleure
quand elle vaut.
On dit aussi par ironie, Il a le don de dé-
plaire, le don de se faire halvde tout le monde.
DON. Voyez Dom.
DONATAlKi:. suhst. des 2 genres. Celui ou
celle à qui on n fait une donation.
nO-NATI'-Vn , TRICE. & Celui on ccHe qui
a 'ai: une donation.
PONATH^N. s. f. Don qui se fait p.ir quel-
que octc public. Donation entre-vifs. Donation
à cause de mort. Donation pure et simple. Do-
nation conditwnnAle. Donation irrc^ocahle.
'Faire une donation. /ît'foqaer une donation.
Casser une donation. Accepter^ itisinucr une
donation.
DONC. Conjonction qui sert i marqnei /a
conclusion d'un raisonnement. Il respire j donc
il vit. Je pense ^ donc je suis.
On s'en sert quelquefois au commencement
(lu Jiscourfi, par une (îgtu-e de Rhétorique.
, , « ».
Dire un auuvCAii Ubeur a tei armei s apprcte.
DONDOX. s. f. On appelle ainsi familière-
Tnenl Une femme ou une fille qui a beaucoup
</'«n)))onpnint, et de la fraiclieur. ^'ue grosse
iloni/ofi. i' ne bonne qrosse donàon.
nONJON. s. mnsr. Parlie la plus (Iiile et l.i
plus élcv&; d'un Château, et ijui est orcliuaire-
imnt en fjrnie de tour. 1-e donjon de Vin-
cennes ,'
DOSJOSNÉ, ÉE. adj. Terme de lilason. Il
te dit Des tours ou châteaux qui ont d' s tou
relies.
DONNANT, ANTE. adj. Qui aime "i don-
ner. Son plus grand usage est avec la négative
71 n'est pas donnant. La bonne /êmnie n'est pas
donnante.
E» DoicsAST DossAST. Expression familière,
qui s'emploie lorsqu'on ne veut donner une
cliose qu'i n rrcerant une autre chose.
DDNNK. s. f. Action de distribuer les c.irles
au jeu. Il ne faut pas crMinger sa donne. Perdre
ta lionne.
DtJNNF.R. V. a. Faire don, faire jinSsenl îi
quelqu un , le gr.itifier de quelque clio.se. Don-
ner lilïéralemeut. C'eft un hoinnc qui donne
tout ce au'U a. Il donne tout son bien au.z
pauvres. Donner qucLiue chose pour étrennes.
Donner Us ctrennes. Donner une bague., des
rutiini, etc. Dotiner un liéncpce. Le Roi lui a
flunri^ une pension.
Ou dit, Donner l'aumône, pour dire, Don-
ner d'' l'argeut ou quelque autre chose par au-
mône, ptr chvilc.
Ondt, Donner un festin, une fcte, une
toUtttion, donner le t>al. pn ir dire, Régaler
quelqu'un d'un festin, d'un bal, dune Jîtc,
ric. Oa dit dans le niènie sens: Donner à dîner.
Doni «f ô manger. Donner à souper. Donnet
Ij connle.
Tome l.
DON
Or? yit nrovcrbialenient, On ne donne rien
pour rien.
On dit, qu'(/n homme donneroit sa vie,
son sanij pow ses amis, pour dire, qu'il sacri-
fieroit sa vie, qu'il rcpf>ndroit son sang pour
iamour d'eux.
On dit familirremeut d'Un liommc extrême-
ment libéral et cliaritablcj qu7l donneroit jus-
ou'à sa chemise.
On dit proveibialemoat , À donner donner ^
à vendie vendre^ pour dire, que (^uand on
vc'id. il n est point question d'user de libira-
"'.té; et que quand on d^nne, il ne faut point
faire aciieler ce qu'on donne.
On dit au.ssl prov?rVialenient , ^ui liànne
ti'tj donne deux fois, pour dire, que Ix méiitt
d une grûce redouble^ quand on la tait promp-
te me ut.
On dit provcrbialemenî. , T'ous avez donné
des.va'ges pour vous fou-zUery pour dire, Vous
avci fourni vous-même les moyens de vous
aire du mal.
Donner ei retenir ne vaut. Termes de Cou
tume, pour dire, que Celui qui fait une dona-
tion ne p:ut pas, sous jx^ine de nullité, ajouter
nue clause qui en delmise l'efiTct. Cela a passi-
en proverbe, pour dire, qu'On ne peut retenir
ce que l'on donne.
Ou dii, 5e donner ù fyufb^ît'un, pour dire,
Se mettre, s'altaclier au service de quelqu'un.
Il s est donné à un tel ^eiijneur.
Se donner à quclu'un, signifie aussi, Se
mettre sous sn domination Ces peuple^ se don
nèrent anx Romains. Les Génois se donnèrent
à Charle< iV.
l>n dit tl'LInr rbose facile à fiire , aisée A de-
viner. qu7! ne faut pas se donner au diable
pour la faire, pour la deviner.
(îndit proverbial, et bassoraent d'Une cliose
où l'onespîîre avoir part,qu'Ofi n^en donneroit
pas sa part aiux chiens.
Donner, signifie encore simplement Livrer,
mettre entre les mains. Donner wnptujitet. Don-
ner des lettres. Donner des papiers à un Jiomnie
d'affaires. Donner un sac à un Procureur.
Donner de Varqent pour aller au marché. Don-
ner en dépôt. Donner en garde. Donner des
marchandises à crédit j à intérêt.
On dit, Donner une f?i05c à Vessai, à Té-
prcHve , pour dire , La donner à quelqu'un pour
qu'il l'essaie, qu'il l'éprouve avant que de l'a-
clieter. On mVi donné ce cheval à l'essai. On m' a
donné cette montre à t'epreuve.
Ou dit. Donner sa lille en marirge à quel
(ju'uu ; et simplement. Donner sa ftllc à qucl-
qii'iin , pour dire , La mai ier.
On dit nu jeu drs cartes, Donner beau jeu,
donner vtlain jeu, pour dire, Donner des cartes
propres h faire gagner, À faire perdre; et on dil
absolument, Donner^ pour dire, Donner le
nomiu-c de r-ulcs qu'il faut^crux avec qui l'on
joue, et à soi-ra^'uic. A qui est-ce à donner ? Je
vien^ de faire, c'est à vous à donner.
On dit figurément. Donner beau jeu à quel-
qu'un , pour dir', Lui foire des avances, lui
ufirir des fdcilil'Js pou' réussir dans quelque
DON
54»
cboàe. Cette f-r.imc lui donnait hcau jeu ^ il n'a
pas su en profiler.
On dit aussi : Donner des assurances, des
gages, des siîrcïc's. Donner des otages. Donner
caution. Donner un répondant.
Donner, se prend aussi quelquefois pour,
Apporter, présenter. Donner à lavei: Donner
à hoire. Donnez-nous à nianqer. Donnez des
sièges. Donnez- moi des hahits. Donner un
bouillon.
Il signifie encore Payer. Je n'en veux pas
donner plus de dix écas. Combien voulez-vous
que je vous en donne? Combien donnez-vont
à t'os ^CTis par jour? Combien leur donnez-
vous de gages, pour leurs gages? Donner des
appointemens.
Il si^iifie encore, Causer, procurer, faire
avoir. Cela lui a donné la fièvre ^ lui a donné
de qrandes douleurs. Donner du chagrin, du
dépit. Donner du plaisir., de la satisfaction , de
la joie. C'est moi qui lui en ai donné la con-
uoissflnce. Donner de l'admiration., de la jalou-
•iie, de rémululion. Donner de l'amour, de /\i-
version, de la haine, de la dévotion. Cela hiî
donna envie d'étudier. Ce vent nous dori/;era
de la pluie. Dotmet de l'appétit, du dégoût.
Donner des espérances. Donner occasion. Don-
ner sujet. Donner lieu. Donner matière de
discourir, à discourir. Donner bonne opmiou
de soi. Donner de bonnes impressions. Cela lui
a donné de Ve.prit, Cela donna du cœur, du
courage aux troupes. Donner une mauvnife
idée, une fau^';e idée de queUpic chose. Cet*i
affaire lui a donné bien de la peine. Je vous
demande pardon si je vous ai donné la petne,
la fatigue de venir. Donner de la j-éputation ,
du crédit. Cela lui donnera des afjliires, de fd-
cheu^es affaires. Donner une bonne forme an
gouvernement. Donner part à quelqu'un dans
une affaire d'intérêt. Donner de V occupation ,
de l'exercice, di la besogne à quelqu'un. Lui
donner de la hardiesse, de l'assurance. Don-
ner prise sur sot. Donner la ^ne, la naissance ^
la mort. Donner place. Sa charge lui donne
rang, lui donne séance, lui donne voix délt-
hérative.
On dit, Donner cours à quelque chose, à
une nouvelle, à une opinion, pour dire, La di-
vulguer, la faire courir.
On dit , Donner un bon lonr à quelque chose,
pour dire, L'exprimer, l'expliquer beureusc-
mcnt, l'eY^oser de manière qu'elle soit reçue
r.ivorablement.
On dit, Donner de la pente à un terrainy
pour dire, Faire eu sorte qu'il ait une certaine
pente.
On dit, Donner le branle à une afVaire,
pour dire, Mettre une aflairc en mouvement,
la Caire commencer.
On dil aussi, Donner jour à une affaire,
pour dire , Faire nailrc l'idée ou l'nccasioti
d'une nffaire, d'ime entreprise; et Donner du
jour à une affaire, pour dire, Exlaircir ce
qu'il y a d"ol»sctir, la ilvbrouiller.
On dit fij^urên.eut, Donner la vie, potu
dire. Causer une icnsibte joie qu'on n'uticii-
5G
443 R O N
doit poiiit; et Doiiiicr (.1 iiioil, pour dire, J
Diiiser un extrême déplaisir. Celle loii'ie nou-
velle lui donueru la vie. JVe lui parlez pas ih
cela t vowi lui donneriez la mort.
DossEK, signifie aussi, Accorder, cctroycr.
Donner permisi^ion. Donner congé. Il ne sau-
roil vous payer , si vous ne lui donne:, da temps.
donner du délai. Donner du répit. Donner
terme. Donner mainlevée. Donnez-moi (jiiel-
que relâche. Donnez-moi seulement le loisii:
Donnezr-lui un peu de repos. Donner la vie à
son ennemi. Le Itoi a donné grâce ù ce crimi-
nel, lui a donné sa grâce. Donnez cela à mon
ressentiment, à ma douleur. Je vous donne lu
liberté de faire ce q'ie vous voudrez. Je vous
donne h liberté du choix, ou je vous en donne
le choir. Je vous donne à choisir des deux.
ou siiuplenicnl. Je vous donne ù choisir. C'est
un homme qui donne beaucoup à son plaii^ir .
il donne tout à son plaisir, ou absolument, H
donne à son plaisir. C'est un Juge incorrup-
tible, il ne donne rien aux scllicitatious , à la
faveur. Je lui donne ma l'oûc. Je lui donne
mon suffrage. Je voua donne nmn de cau^e , ou
Je vous donne gagné.
Il signilic aus^i Altribuer. A qui en donne-
t-on la faute? Tout le monde lui donne le tort.
.i gui donnc-t-on cet ouvrage? On lui eu
donne tout le blâme, tout Vhunneur, toute la
i^loirc.
On dit, Quel âge donnez-vous à celle femme?
Jiour dire , Qiicl ."ige croyez-vous qu'elle ait?
On '.'• lui donneroit pzs plus de trente ans.
. 71 se prend ericore en piesi; urs auues sens
difflrcns, qui ont si peu de rapport les uns
aux outres, «luil faut les expliquer séparcmcni.
Ainsi on dit. Donner un coup de poing, un
souijiet. UJI coup de bâton, un coup de pied,
pour dire, Trapier.
On dit, Donner un démeriti , pour dire. Dé-
mentir quelqu'un.
Donner Ve.Tclusion , donner Vab'.(dution .
donner la bénédiction, pour diie, Exclure,
absoudre , béuir.
Donner avis, donner part'de guclijue chose
C'est avertir, il m'en a donné la niuvelle.
Donner des louanges, pour Louer. On di
aussi dans ce même .sens, Donner de i'enceîi.s
Donner des preuves, des marques , C'esi
faire counoitrc par les cfT. Is. Tl a donné de
preuves de Si^n courage, des maïques de sa fdé
Uté.
Donner assurance, C'est tssurcr.
Donner croyance. C'est ajouter fui.
Donner un livre, un oi^rage au publ'.c
C'est le rendre public, le faire impiimer.
Donner le nom à un enfant, C'est le (enii
sur les fonts.
Donner parole, donner sa parole, C'< si
prometîrc, cng-iger sa for. Il ne faut pas donner
des paroles, si oit ne les veut tenir. Pour des
paroles, il lions en dcnnera assez.
I onner ordre à quelque chose. C'est y poiu'-
vtir.
Donner con;ciI , doniicr des conseils , de>
dfii, C'est conseiller ; et, Donner ioii cuiKci',
DON
son avis par écrit , C'est rédiger par écrit son
conseil , son avis.
Donner la loi, C'est imposer la loi, com-
manilor. Donner le ton y soit au propre, soit
au fiï^urc. Voyez Ton.
Donner exemple, donner l'exemple. Être le
prciîiif r h. faire nuclriue chose que d'jutres font
ensuite; et il se dit en bien et en ni;il.
Donner bon exemple ^ C'est avoir une cou-
diii^e exemplaire. -
Donner un Arrêt, une Sentence, C'est ren-
dre un Avrôt, une Sentence, les f;dre, les pro-
noncer.
Donner ila homes à ses désirs, à son ambi-
tion , C'est borner son ainbilion , ses désirs.
Donner classe, donner la chasse, C'est
poursuivre. Donner chasse à un vaisseau.
Dofincr la chasse &ux dinemis.
Donner une cassade, des cassade'i, C'est
faiifi accroire queiqu'j close de faux. Il est fa-
milier.
D(*iner une haie., des tnics, C'est faire croire
j fjucltju'un une cliose absiu'dc pour se moquei
tic lui. Il est fimilicr.
Donner la main. C'est tendre U main. Don
nez un peu vofie main. Donner la main à uni
fcmhie. C'est lui aider h inarcl;er. Donner la
main, signifie aussi Épouser. Il est prêt ù lut
donner la main. Il sigriifie encore, Céder l^
pas, la place d'Itonneur. Donner la main chei
soi. On dit aussi dans le même sens, Donner la
porfc, donner le pas.
Donner les mains à ipiclpic chose, sîjjnine,
Y acquiescer, y consentir.
Donner jour y donner I eure , C'est assigner.
mar(^ucr un certain Jour, une certaine lieure
Je lui ai donné jour à uusrdi. Jl m'a dvnni
heure à l'issue du dîner. Donner rendez -vous.
Donner assignation., C'.'St marquer un cer-
tain lieu où l'on se doit trouver. On dit aussi.
Donner assignation, pour dire, Assigner par
un exploit à ooniparoilrc par-devant le Juge.
Donner le hor.jiw, le bonsoir^ C'cit sou-
haiter le I;onjonr> le Loi, soir. Je vous donne h
^icnjonr, le bonsoir , termes de salulalion fa-
liilière.
Le donner beau, se dît au jeu do la Paume,
du Billard, lorsqu'on doni.c lieu à celui conti-e
jui l'on Joue, de faire un beau coup. Je vous
le donne beau. W se dit aussi fij^urénient et fa
iiiliirement , De toutes les occasions qu'on
Innno i <]ue!qu*un de faire facilement quelque
. liose.
(Jn dit aussi quelquefois dans le même sens
'-il donner belle; inu'is il se dïl plus ordinaire-
ment comme une façon de pnrltr familière,
pai laquelle on repiocbe à qunlpi'un qu'il vput
al user de noire crédulité. Vous nous la donnez
belle, Vous noua en \oudiîez bien faire ac-
:roirc.
Donnrr son temps , C'est employer son
temps. Il donne tout son tcnips à l'étude. U
donne toute la ni.itniée aux afjaires.
Donner audii-.ice, (îonMû'«!/fnlion,Kcouter
Donner carrière à un cheval^ C'est lui faire
prendre la carrière, le pousser à toute bride
DON
dans la carrière. Et fii^urémeut. Donner cûiv
rière à son esprit , C'est donner l'essor à soa
esprit. On dit aussi dans le même sens. Se
dotmer carrière ^ se donner du ho7i temps.
On dit aussi familièrement, Se donner au
cœur joie de (juclgue chose, s en donner à cœur
ion;, et s'en donner tout son soîll^ pour dire.
Prendre son plaisir de quelqut cliose sans au-
îunc retenue.
On dit, Donner de Vair à une chambre,
pour dire, En ouvrir les fenêtres ou les portes,
afui que l'air y entre. On dit aussi dans le
même sens, 5c donner de Vair. Ouvrez ces (ô-
nt'Ires, cela nous donnera de Vaîr, non:: don-*
ncra un peu d'air,
i:c donner des airs, C'est aflfecter des ma-
nières au-dessus de son état , faire l'important.'
Voyez Ain.
On dit, Se donner garde, se donner de
(jarde de gucUpt'un, pour dire, Se défier de
quelqu'un. Se donner de garde de faii-c queU
ipie e/iose , C'est s'empôcherj s'abstenir de faire
quelque chose.
On dit, En nonnej' à garder, ponr dire,
En faire accroire. On dit aussi dans le mâme
sens, mais populairement. En donner d'une.
Il nous en a donné d'une.
On dit, Donner à penser , à songer, pour
dire, Donner à quelqu'un sujet de penser. Cela
lui (lonufl fort à penser.
On dit. Donner à entendre, pour dire,
Faire entendre, iàire compreiulic. Il lui donna
à entendre que. ...
Donner à discourir, donner à parlci', pour
dire, Donner sujet de discourir, de pailer; tt
il se prend toujours en mauvaise part. Cette
femme donne bien à parler d'elle.
On dit, Donner ci courre ^ donner bien de
Vexercice, pour dire, Susciter des embarras,
des affaires à quelqu'un. Je crains, s'il enti'e-
prend cette ajjaire, qu'on ne lui donne bien
•ï courre, qu^un ne lui donne lien de Vexer-
rue.
On dit. Donner à connoilrc , pour dire,
Faire connoitre ; et Donner à deviner, pour
dire, Déiier de deviner. Jf vous le donne en
vingt fois à deviner. Je le donne au plus jin a
deviner.
On dit au.ssi dans le môme sens, Je le donne
au plus I abile à mieux faire^ pour dire, Je
^{•C^e le plus habile de faire mieux. Voilà un
?onp bien l.enrcux, je vous donne en dix, en
vintft J en cent à en faire un semblable, ou
4ini|dement , Je vous le donne en dix , c'esl~à»
éire. En ilix coups, en dix fo-s.
On dit proverbialement rt familièrement,
ni'O.i donneroit sa tttc à couper^ pour mar-
t;ucr qu'On est bien certain de ce qu'on dji. Je
donnerois ma tête à couper que..,.
On dit, Se donner le soin, la peine, la prt-
ticnee, pourdire, Prendre le soin, la peine, elp.
On dit popuhiiienienl, Se donner du mtnu,
pour dire , Se donner du bon temps.
On dit. Se donnej' Vhonneur, pour dire.
S'attribuer l'Iionneur; tt il s'emploie aussi en
plusieurs manières de parler qui sont toutes de
Do:^
(U)n?ifrai
civilité et (le conipliniciit. 3c me
VUotineikr (le vous voir, etc.
Ou (lit en icTitics de Clinsse, Donne.- le cerf
aiLX chiens j pour dire, Tancer le cerf.
On dit, Donner les chiens y dans le nu*mc
sens. On donna les chiens à propos. On donna
la vieille meute.
Donner le feu trop chaud^ trop ardent à la
viande, C'est la faire rôtir à trop grand feu.
On dit aussi , Donner le four trop chaud à
du imi'n, à de la pâtisserie.
Donner Vnlarme, pour, Al.iriner. // leur
donna l'alartnc bien chaude. Il se dit aussi (i-
gwrcment. Kt Ion dit, H Ih leur donna Heu
chaude.
Do:<Mvn, s'emploie aussi tivs-smivent dans
un sens neutre, et signifie, Heurter , fn'ppcr,
loMchcT.Donnercontrc un écucil. Donner contrv
un hanc de sahlc. Donnery se donner de lu
tête contre la wuruille en lomhant.
On dit fi^Miréin. et fainilièreni., Se donna
de \a tête contre les murs ^ pour dire, Prendre
inutilement beaucoup de peine. C^cst se donna
de la tête contre Us murSj que d'entreprendre
de le persuader,
Onditaussi figurcmcnt, Ncsavoir où donner
de la tête, pour dire, Ne savoir que faire, que
devenir, ne voir faicun remède à ses aHùirivs.
On dit encore figurcmcnt, Donner du nez
en ferre, pour dire, Manquer son entreprise
V.X ou dit d'un Ne'gociiinl, qu7/ a donnédu nc3
t't terre, I^ur dire, qu'il est ruiné.
Ou dit fnijiili Tcm., Donner sur les oreille*:,
pour dire, Maltraiter , battre. Donna- ne î'épùf
dans le ventre, C'est percer un homme d'un
coup d'i'pre dans le ventre.
On dit, Donner des éperons à un chevid .
donner des deux^ pour dire, Appi.yer les dcu\
cpcrons dans le flanc d'un clievul. Donner
d'estoc et de taille. C'est frapper d'estoc et ih
uille.
On dit aus<ii absolument et simplement
Donner j pour dire, Aller îk la clia;^e ronir<
l'ennemi. Dès quon eut entendu le si(jnal^ on
donna de toutes parts. Les troupes donnèrent
tête baissée. Ils donnèrent sur les ennemis^ et
les enfoncèrent.
On dit fij^uremcnt, Donner tête haisfée danf
(quelque ajjuire, pour dire, L'entreprendre avec
clialenr, sans être retenu par aucune considé-
r.iliott
On dit aussi figurcmcnt el bassem. Donner
de ml et de tête, pour dire, Employer toulci
tcj forcrs, toute son industrie.
On dit encore, Donner à toitt, pour dire.
Entreprendre indifK;remment toutoi choses.
C'est un iiomnie qui ne s'attache ù rien de pnr-
t culier^ ^tii n'u point de but certain, il dunm
à tout. Od le dit au5si d'L'n honimcquidépens(
en toutes »ortes de curiosités.
Cn dit nussi, 'ju'Cn homme donne dans la
luUimens, dans les lahleaux , pour dire, qu'il
fjit dcpen>e cn lûtimens. en lal)lcaux.
On dit. Donner dans U libertinage^ dans h
crupuie^ dam le jeu, etc. jjour rlire. Se livrei
au lilKrhnage, ^ la crapule, «ugoiitdu jeu, ctc
DON
On dît, Donner nu but , pour dire. Frapper
le î)Ut, toucher le but. Us (iroien( au blanc, il
n'y en eut (juun qui donna ou hut.
On dit figurémeut, Donner au hut, pour
dire, Rencontrer juste, trouver la diîlîcuUé
d'uTie afTaîre, deviner l'intention de quelqu'un.
Ou dit, que Le soleil donne à plomb, poui'
dire, qu'il darde ses rayons à plomb ; et que
fx renf donne dans les voiles, pour dire , qu'il
souflle dins les voiles.
Ou dit nj:;nrL'nient, Donner à pleines voiles
dans un sentiment, dans un parti, ctc. pour
dire, Y citrer, l'embrasser avec chaleur.
On dit fij^art'iii. etfamil. , Donner encore un
(ovp de collier, pour dire, Faire un nouvel efliHt.
On dit, que Du v'.n donne dans la ictc,
pour dire, qu'il entête.
])onner datis une emhnscady' , C'est lombir
dans une embuscade. On dit dans le mér.iesfns:
Donner dans les ennemis. Il battait la campa-
gne avec cent chcvaur , et il donna sans y pen-
ser dans un parti de cinq c^nts chevaux qui
l'enveloppèrent.
Donner dans le picc.e , dim le pan^icau, se
dit Des animaux qui tombent dans un piège,
daus un p:iimeau, etc., cl figurément De c;ux
•jui se laissent tromper. // a donné dans le
piège. Il a donné clans le panneau quon Itti a
tendu.
On dit absolument dans le même sens, Don
ncr dcdatis. On lui ^>oulut faire croire telle
chose, il donna dedans. Il n'est que du stylr
fiuiiiiier.
On dit h peu pnH dans le même sens, Don-
ner W.ins /erid(Vw/e, pour dire, Tomber dans
quelque chose de ridîcuie.
Donner dans le sens de quelqu'un, C'est se
lencoutrcrde son sentiment, ou s'y conformer.
On dit i'onnerde l'Altesse, de l'Excellence ,
du Monseiqneur à quelin^ni, pour dire. Trai-
ter quelqu'un d'Altesse, d"K\relIenee, de Mon-
seigneur, lui attribuer ces titres. Et l'on dit.
Donner du respect à quelqu'un à qui Von écrit,
pour dire, Tenniner sa lettre avec la formule .
le suis avec respect.
OoNSF.ii , signifie encore , en parlant Des
fruits de la tcire. Rapporter abondamment. Les
blés ont assez bien donné cette année. Les
vins de Champagne nont pas donné, n'onf
guère donné.
Donné, tr.. participe.
On dit proverbialement, À cheval donne on
ne regarde point à la bouche, pour dire, qui'
faut recevoir les présens tels qu'on les fait.
En Malliématique , on appelle Qiuvttitéi
donnée*:, ou simplement Données, I^s quan-
tités connues, dont on se sert dans la solution
d'un problême, pour trouver les quantités in-
connues.
DO>'NEUR, EUSE. s. Ccbii ou celle qui
donne. Il n'est gu^rc en usage que dans le style
f.unilicr. Donneur de galhanum. Donneur d'eau
bénite de Cour. Donneuse d'avis.
DO> T. Particule de grand usage, qui se met
pour. Deqm, duquel et de laquelle, ou des-
quels et dc.quellr^. Dieu dont nous admirons
DOR 443
Us œuvres. La n\itnrc dont nous ignorons les
secrets. Les pays dont notts n'avons point de
connoissancc. Les h^ros dont il tire son ori-
gine.
Il se dit aussi pour. Avec lequel, avec la-
qsellc, avec lesquels^ ou avec lesquelles. Le nv
•jimc, la règularilé dont il vit. Il vaut nùcux
dire, Avec lequel, avec laquelle, etc.
Il .se dit encore pour De quoi. Ce dont je
vus ai parle.
!)()>'ZELLK. s. fém. Terme de mépris, q\ii
siguifie Une fille ou une femme d'un titat mé-
diocre, et dont les mœurs sont suspectes. Il est
du sl)lc familier.
D0W.ELI.E, est aussi le nom d'L'n poisson
de mer.
DO R
DORADK. s. 1. Sorte de pDissoD de mer, qui
a des écailles de couleur d'or.
Douade, est aussi le nom d'Une Constella-
tion. Voyez Xipni.\s.
DOR VDILLA. s. f. Voyez CrâKnAC.
DOR !:;>' AVANT, adverbe de temps, par
conlraclion de D'orcs-en-ai'(mt , c'est-à-dire,
De ce moment cn avant , désormais , i l'avenir.
/! veut que dorénavant il y ait plus d'ordre
dans sa maison. Je suis rcsoîu de vivre doréna-
vant....
DORER. V. actif. Enduire d or moulu, ou
couvrir de feuilles d'or. Dorer un calice, de la
l'tiîsse/fe, un plafmd, des bois de chaises, ctc.
Do'er un Uvrc sur tranche. Dver à petits fen.
à petits filets. Dorera phin or. Dora' une pilule.
Dorer au feu.
On dit proverbialement et figurem. , Dorer
la pilule: et Cela se dit ordîn^iiremcnt, I.ors-
qu'on lûclie d'iidoucîr ou de déguiser à quel-
qu'un, par des apparences spécieuses, l'amer-
tume de quelque disgrâce, ou que par de bcll"'!
paroles ou de belles espérances on essaie de lui
rendre un refus moins désagréable.
On dit poétiquement, que Le soleil dore la
cime des montagnes, pour dire, qu'il les
éclaire de ses rayons.
On dit aussi , que Les moissons commencent
à se dorer, pour dire, qu'ElIes commencent à
jaunir.
DoriEn, terme de Piltissicr, Mettre du jaune
il'ctuf déiayd sur de la pâtisserie. Dorer un
p<'itî\ un gâteau, du pain au lait.
Dent, KE. participe. Ceinture dorée. Tapis-
série de cuir dore.
On dit proverbialement, lionne renommée
vaut mieiur que ceinture dorée. Ce provcrî>c
fait allusion au\ ceintures dorées que portoient
autrefois cn France les courtisjnet cl tes
'cmmes de mauvaise vie.
On appelle Va'mell doré, De îi vaitscue
d'argent doré. Un service de vermeil dore.
On dil proverbialcuicnt et dans le stvic fa-
milier, d'Un lionuncqui a des habits tout cou-
v»rts d'or, tout cliargés d'or, <ju'/I est dore
comme un culire.
Doré, se dit aussi Dos choses qui sont id'im
jaune brillant. Jeune doré. Les cheveux d un
5t>.
444 DOR
hlooà (lorè. Du pourpier dorf. Des carpes
aortes.
Ou appelle en termes de Vénerie, Des fu-
mées dorées f Des fuintîes 'de ct-if (jni sont
jaunes.
DOUEUR, EUSE. s. Celui ou ccUc dont 1.
métier est de dorer. C'est tm bon doreur. Do-
rem- sur hoU^ en cuivre, en fer. Doreur de
livres.
DORIEN. ad), m. H se dit en parlant d'Un
des modes de la ^'Musique des Anciens, et d'un
dialecte de la I,an^nc Grecque.
DOlîlÇUE. adj. des a g. Il se dit d'Un des
cinq Ordres d'ArcIiitecture. L'Ordre Dorit^ue.
On dit encore : Une colunnc Dorique, d'archi-
tecluie Doritjuc.
On dit aussi Le dialecte Dorique^ Un des
cinq dialectes eu usage parmi les Cirées,
UOIÎLOTER. V. a. Dclicaler, traiter dL-lica-
tenieut, avec complaisance. Cf((c nitre durlotc
son enfant. Il est du style familier.
iSe dorloter, £e délicaler, clieichcr ses aises.
C'est un homme qui se dorlote.
DoiiLOTÉ, ÊE. participe.
DORMANT, AiM'E. adj. Qui dort. Il est
aussi sul)stanlif , et ne se dit que Des Martyrs
qu'on appelle Les sept Dormans.
On !^ppelle Eau dormante, De l'eau rjui ne
coule point; i-^rre dormant ^ chûssis doimant^
TJn cLissist un verre qui ne s'ouvre point;
Vcne dorniiinty pont dormant, Un pont-lcvis
qui ne se lève point, et un pêne qui ue peut
s'ouvrir ni se fermer qu'avec la clef,
DORMEUR, EUSE. s. Celui ou o-lle qu^
dort, ou qui aime ^ dormir. // faut rêveillei- ci
dormeur. C'est un grand dormeur.
DORMEUSE, s. f. Ou a donné ce uom à
une voiture de voyaf;e constioiilc de manière à
former une espèce de lit pour dormir.
DORMIR. V. n. Je dors, lu dors, il dort:
nous dormohSy vous dormez, ils dorment. Je
dorniois. Je dormis. Je dormirai. Dors. Que
je dorme. Que je dormisse. Dormant. Reposer,
élre dans le sommeil. Dormir d\in profoiic
sommeil. Lormir le jour, la nuit, jour et nuit.
ou de jour, de nuit. Il re dort ni jour ni nuit.
Il dort profondémeJit.
Ou dit, Dormir d'un bon somme, de hou
*ommc,pour dire, Dormir d'un sonunei! tran-
quille; et Dormir un bon som;.ie, pour dire,
Dormir long-temps. Dans cette dcruitirc plira^'
il s'emploie activement.
Ou dit, Dormir la qrassc matincCj pour
dire, Ne se lever que bien tard; et Dormir dt
jour, p(mr dire. Dormir pendant le jour.
On dit fi;.;urément, quiinJ on veut penser à
qui'Ique afl'aire pour prendre sou parti, qu'/^j
faut dormir dessus.
Ou dit proverbialement et figuiemenl. Qni
dot t diiic, pour dire, que Le sonmicil lient lien
de nourriture.
Doii.Miii,. signifie fi^iu-eracnt, Agir négligem-
ment, laisser perdre sjs droits faute d'agir.
Ou dit eu matière féodale, que Quand It
vassal dort, le Seigneur veille, et que Le vas-
tal veille quand le Seigneur dort, pour dire,
DOR
que Quand l'un des deux nét^ligc d'user de ses
droits, l'aiure en profite.
On dit figurément, qu't7« homme ne dort
pas, pour dire, que Non-seulement il ne né-
glige pas SCS intcrûts, mais aussi qu'il cherche
à se prévaloir de toutes les occasions dont il
peut profiter.
On dit proverbialement et figurément qu'/i
ne faut pas réveiller le chat qui dort, pour
dire, (ju'Il ne faut pas renouveler une méchante
affaire qui paroit assoupie.
On dit proverbialement Des discours en-
nuyeux, et qui ne méritent point d'attention,
que Ce sont des contes à dormir debout.
Des enfdns disent, que Leur toupie 'jue
leur sabot dort. Lorsque la toupie, le sabol
tourne si vile que le mouvemei.t eu est imper-
cfcplil>le.
On dit proverbialement et figurt'menl Dor-
mir comme un sabnt, puur dire. Dormir pro-
fondément, et sans aucun mouvement.
On dit, qu'On laisse dormir un ouvrage,
pour dire, qu'Où le garde pendant quelque
temps, pour le juger plus saineiiÉcnt quauil
l'imagination sera refroidie.
On ditj qu'Où laisse dormir une afj'aire,
pouf dire, qu'On ne la poursuit pas, qu'on ne
la réveille pas.
DoiiMin , se dit figurém. Des eaux qui n'ont
point de mouvement, ou dout le mouvement
ust imperceptible. Il fait bon pêcher aux en-
droits où Veau doit.
On dit i)roveri)iulemenl , // n'*y a point de
pire eau que celle qui dort ^ pour dire, qu'il
n'y a point de gens plus dangereux que ceui
ijui ne font pas paroitre leur mauvaise volonté,
ieui" haine, ou qui sont moines et taciturnes.
On dit proverbialen'rCiU , en parlant d'Un
homme à qui quelque bonne fortune arrive
ijuaiid il V pense le moins, que Les biens lui
viennent en dormant.
On dit, eu parlant d'Un usage pratiqué en
rcrlaines Provinces, jCuix.sc;* dormir 1\ ohlesse ,
Lor.qu'un Gentilhomme qui veut faire com-
merce, déclare, pour ne point perdre sa No-
hlesse, qu'il n'entend faire le commerce que
'uraut un certain temps.
DoRiMin , s'emploie quelquefois subslanlive-
nient. Cela l'occupe à tel point quil en perd le
dormir.
DORMITIF , TVE. adj. Qui provoque à
<lormir. On lui a donné dans sa maladie da
remèdes confortatijs et dorniitifs. Une potion
dornittlve.
Il est aussi substantif. L'Optum est un dan-
gereux dormitif.
DURONIC, s. m. ou DOROMQUE. s. f.
Pliinte radiée. Sa racine pn.sse pour être mor-
telle aux chiens et aux vaches. Quelques Mé-
decins soutiennent qu'elle l'est aussi pour les
httnunes. D'autres la croient salutaire, et l'em-
ploient en certaines occasions.
DORSAL, ALE. adj. Terme d'Anatomie.
Qui appartient au dos. On désigne surtout par
ce nom les muscles du dos. Muscles dorsaitr
On dit aussi substantivement Le grand dorsal.
DOS
DORTOIR, s. m. On appelle ainsi dans les
Couvens, un lieu où couchent lis Religieux ou
les Religieuses. Vu beau dortoir. Coucher au
dortoir. Le dortoir n'eïoit pas autrefois par-
tu(je en petites chambres ou cellules comme il
l'est aujourd'hui.
DORURE, s. f. Or fort mince applique! sur
la superficie de quelque ouvrage. Voilà de belles
dorures. Il entre bien de Vor eu toutes ces do-
rures. Tant pour la dorure de ces plafonds.
Pour la dorure de son carrosse.
Il se pieud aussi pour L'art d'appliquer les
feuilles d'or. Cet ouvria' entend bien la dorwe.
DORVCIIMUM. s. m. Plante lëguuiineusc.
KUe csl détersive et asuingente,
nos
DOS. s. m. I^a partie de derrière de l'animal ^
depuis le cou jusqu'aux" reins. Le dos d'un
Itonimej d'un cheval, d'un mulet ^ d'un âne.
Il éloit couché sur le dos. Dos courbé , voûté.
L'épine du dos. Il portait un homme sur soit
dus. Il lui a mis le harnais sur le dos. Il a en
tout le joui' les armes sur le dos.
On dit, qu'Cn homme n'a pas une chemise
à mettre sur son dos, pour dire, qu'il est ex-
trêmement pauvre.
On dit familièrement De gens qui aiment
leurs aises et la bonne chère , qu'/k veulent
avoir le dos au feu, et le ventre à table.
On dit proverbialement, Faire le (jros dos,
pour dire , Faire 1 homme important , le ca-
pable.
On dit encore figurément et familièrement,
îliellre (oui .sur le dos de (lueltju'un, pour dire,
Se décharger sur lui de tout le faix; Cela est
iur son dos, c'est-à-dire, A sa charité; Battre
dos et ventre, c'est-à-dire, Extrêmement.
Tourner le dos, signifie , S'en aller. Vo««
n'aurez pas le dos tourné, vous n'awez pus
tourne lé dos, t^u il ne se souviendra plus de
iH}US.
11 signifie aussi , S'enfuir. Tourner le dos
dans une bataille. Tourner le dos aux Ennemis.
On dit ftgurdnicnt , louruer le dos à (jucl-
ijii'un, pour dire, I.e quitter, l'abandonner.
Dans la mauvaise fortune la plupart de- amis
vous tournent le dos. La foi tune lui a (ouilie'
le dos.
Od dit aussi figurém. Parler (jueliju'un sur
son dos, pour dire. En itrc importuné; et
L'avoir toujours sur le dos, pour dite, En eue
sans cesse obsédé, poursuivi.
On dit figurément et familièrement, qu't'n
liommc a bon dos, pour dlic, qu'il est asseï
Mche, assci fort pour portrr tout ce qu'on
voudra lui imputer, lui imposer. Il ne se soucie
(fuére de cette taxe, il a bon dos. Il ne s'em-
barrasse quère des injures dont on le charge,
d a bon dos.
Ou dit, Avoir (quelqu'un à dos, se mettre
tiui'.qu'un à dos, pour dire, L'avoir pour en-
nemi , s'en faire un ennemi.
On dit, qu'On a mis des tjcns dos ù dos,
pour dire, que Dans un accommodement qu on
0 fuit enlie eux, on les a renvoyés chacun
DOT
de leur côté , sam donner aucun avawage a
I un sur l'auU'e.
On dit d'Un homme qui souffre qu'on le
ireilc mal sans se ficher, ni se plaindre, (ju7i
JC laisse maïujer h laine sur U dos.
Dos, se dil aussi figurénient. Le <los d'un
couteau, c'est La partie opposée au tranrhanl.
Le dos d'un Iwre, c'est Le derrière d'un livre,
iîcrire nu dos d'un papier, c'est-1-dire, Sur le
revers. Ce titre était coté au dos Le dos
d'une chaise, I.a partie sur laquelle on s'appuie
le dos. Siéqe à dos
Dos d'Xse , On dit, qu'l/ne c'iose ejl en dos
'd'ilne, Quand elle est eu talus de deux eûtes.
Toit en dos d'âne.
• DOSE. s. f. Certaine quantité de chacune
des drogues qui entrent dans la composition
d'un remède. On ne saurait bien composer
un remède, si on n'en sait la dose. Frcicrire !.i
Joie.
On le dit aussi De diverses autres choses pai
extensiou. Dose de sucre, de poivre, etc. .'
Dose, se dit aussi De chaque prise. Prcndri
une dose de rhubarbe. Il faut partager ce bol ,
et renictie en plusicrirs cioses.
On dit aussi , y^uqnienter ou fîiininuer la
dose, dans les choses ordinaires de la vie,
comme le boire et le manger. Aous n'avons
guère à manger, il faut augmenter lu dose ,
doubler la dose.
On dit aussi Bgurément et familièreraeut ,
Une dose d'amour, une dose de jalousie.
DOSRR. v. a. R(v:ler l.i quantité et les pro-
portions des ingrédiens qui entrent dans un(
coiDposition médicinale. Celte métlecine est bien
dosée.
DosiÉ , ÉE. participe.
DO.SSr'.KET. s. m. Terme d'Architecture.
Petit pilastre saillant.
DOSSIKR. i. m. Partie d'une chaise ou d'un
banc qui sert ^ appuyer le dos. Z-eHossier d'une
chaise, d'un banc.
On appelle aussi Dossier d'un lit. Une pièce
de bois fort large qui joint les deux colonnes
de derrière. C'est encore la pièce d'étoffe qui
ceuvrc le derrière du lit.
DossiEn , se dit en Pratique, De plusieurs
pièces ou procédures attachées sous nne même
cote ou étiquette. Le Juge a ordonné que la
dossiers des Pat lies seroient mis entre ses maint
pour juger. Oonne^nioi (e dossia' de celte pro
céJiu e , cote A , etc.
DOT
DOT. I. f. ( Le T se prononce tant au plu-
riel qu'au >in;{ulier. } Le bien qu'une fcininc
•j>pnrtc en nuiiage. A.vigncr la dul. Donner
en dut. Constituer une do(. Assura- lu dot. Payei
la ifol. Il n'est guét« d'usage ou pluriel , ex-
cepté en parlant Oc ce qu'on donne i un Mo-
nutère. I(>r«<|u'une fille se lait ReUgicu.se. Les
£oU des Hcli(jitutes.
IMJT.-IL , Al,i;. odj. Ce qui appartient i la
dot. Cc/u(i(ulion dolule. Fonds dotal. Denier
dotaux , Qui ont été apportes pat la femme
■n dot.
DOU
DOTATION, s. ï. Action de doter. On le
dit aiis>i Du fonds assidue pour doter un éta-
blissement. La doUitiun lîc vct h.Lpitid est en
/cm/s de terre.
DOTER. V. a. Donner 5 une lillc de quoi se
marier. Ce ^ère a dote sa j'sVe de dix miîîe éctis.
Cette fiUe entrunï en Rclifjinn a été dotée de
telle somme. Dolcr de pauvres filles.
Il signifie aussi, Assign'T . assurer un cer-
tain revenu ù quelque Beut-fire ou Commu-
nauté. Doter une ÊjU^e^ une ChapelUy un
Collège.
DOTt, ÉE. participe.
UOXJ
DOUAIRE, s. m. Ce que le mari donne à s.i
('cmine en faveur du myriade qu'il contra<:lo
avec elle, et pour eu jouir en cas quelle lui
sunive. Asst(jner le douaire. Douaire ccutu-
micr, c'est -h -dire, Établi cl oidouné p&v la
Coutume. Douaire préjix ^ est Celui q'ip di-^-
cun assigne ù sa volonté. Le douaire est propre
aux cnjans.
DOUAITvlER, s. m. terme de Pratique, se
dit d'Un enfant qui se lient au douaire de sa
nKTi',cn reuonrant h la succession de son pure.
Un enfant ne peut être douairier et héritier
tout ensemble.
DOUAîRiKRE. s. f. Veuve qui jouit du
[iou.iirc. Duchcssc douuiricre de... Il ne se dit
que Des personnes d'un rang distingué. Reine
Douairière. Princesse Dounirière.
DiUJANE. s. f. Lieu où l'on est obligé de
porlrr les marchandises pour acquitter certains
droits. Aller à la Douane. Acijuitter un halloi
à la Douane.
Il se dit aussi Des droits qui se pawnt aux
lUireaux de la Douane. Payer la Douane. Les
l'ouanes sont excessives en certains Pays. Les
bananes des Ambassadeuts sont exempts de
Douanes. Auqmentcr les Douanes. Commis à
la Douane.
DOUANIER, s. niasc. Celui qui est préposé
pour visiter les marchandises que l'on porte à
la Douane, et pour recevoir les droits qu'il iaut
(ju'elies payent. Les Douaniers du Caire^ de
Con:itantiiicple.
DOUBLAGE, s. m. Tenue de Marine. Se-
cond bordaj;e ou rcvclenienl de planclicsou de
cuivre, qu'on met îi des vais eaux destinés i
des voy.i^es de long cours.
DOUBLE, adj. des l genres. Qui vnul , qui
pèse, qui contient une fois autant. Il est oppo:,é
à î>iniple. Double louis. Double ducat. Double
pi^tole. Double portion. Corps-delonis double.
Il se dit aussi Des choses plus forics , de plus
«;rnnde vertu que les autres de lUtînie nature.
£ncrcdotiHc. Double bière. Cutholicon double.
Dans les Rubriques Ecclésiastiques , ou
appelle Fêtes doubles ^ Certaines Féics dont
roUicc est plas solennel que dans plusieurs
autres. Et on les appelle Doubles, poiu- les dis-
tinguer des simples et de^ semi-doubles. Dou-
ble majeur. Double mineur.
Il se dit encore De deux choses semblables
qui sQut en luénic endroit. Double porte. Dou-
DOU 445
ble croisée. Double ciidssis. Double semellt^
Soulier à double couture.
On appelle Acte double y Celui dont on fait
deux originaux semblables, pour en laisser un
tratre les mains de cliacune des Parties intéres-
sées. Bail double. On met à la fin de pareils
actes, fait double entre nous.
On appelle Double bidet ^ Uu bidet qui est
de plus haute taille que les bidets ovdinaires.
On dit, iVoiicr ti Joa^'e nœud, pour dire,
A deux nœuds; cl Ferma- une porte, nne cos-
se/ïe, etc. à d. uble ïoiir, pour dire, La fcimcr
d deux tours.
On dit d;uis le style familier, Double co-
(^uin , double fripon yetc. pour dire, Grand co-
quin , ^rand fripon.
£u Matliéniatiquc, on appelle 2îaixon dou~
t/e. Le rapport de deux quantités, dont l'unu
est double de l'autre. iGcsI ù 8 en ruisondou^ïe,
Double, signifie figurément , Dissimulé,
traître. Coeur double. Esprit double. Ame douhU,
Ou appelle Un mot à double entente, La
mot qui a deux sens différeus.
DociiLi:, est aussi substantif, et signifie Une
fois autant. Payer le double. Condamna' nu
double.
On remploie de même, pour exprimer La
copie d'un acte, d'un traité, etc. On dit, Le
double de l'acICj du traité^ etc.
On donne aussi substantivement le nom de
Double Qnx Acteurs et Actrices qui remplacent
dans les rûîes ceux qui en sont chargésru pre-
mier. Cet Aitew n'est qu'un double. La piécd
a été jouée par le double.
On appelle en termes de Musique, Le dou-
ble d'un air, Le môme air, qu'on figure sur le
simple, par l'addition de plusieurs notes qui
v;jrient et ornent le chant. Le double des Folits
d'Espanne. C'est ce qu'on appelle aussi Varia'
lions.
On dit. Au double j pour dire, Beaucoup
plus. îl lui a fait un déplaisir^ il le paiera au
douhîe. Vous m'avez rendu un_ bon ojficej je
vous le rendrai au double.
On appelle aussi Double de compte. Un des
originaux de compte que le comptable garde
eulre ses mains.
Cu dit, .^/ct(rc une chose en double, -pour
dire, La replier sur elle-même. Mettre unt sa*-i
viette en dvuble.
On dît aussi, Mettre les morceaux en dou-
l'ie, pour dire, .Mangerai la ]i,Ue.
Oîi dit encore : Le double d'un corps-delo'
qis. On a mis toutes les qarde-robcs dans le
double.
On dit proverbialement et G3;tirémcnt,Jowfr
h quitte ou à doulle^ à quitte ou double, pour
diic, Hasarder tout pour se tirer d'une alTaiFc;
Parier double contre simplcy pour dire, Parier
deux contre un.
Ou appelle au Trictrac, Gafjner parie dvit-
Me, LorSfiu'on prend douze puints do Miite.
DOUBLE, s. ni. £.spôcc de nionuoîc qui vo-
loit deu\ deniers, et dont les six faisoicnt un
soti. Un double. Donner un double. LouUc
tuui non.
4:iG non
On dit, Il y a tont, et pas un i!oii!)ie avec.
pour dire , Piisilavantage. Kt jmr inoprisondit.
Cela ne vaut pas un double. Je n'en donneron
pas un double.
DOIIBLEAC. s. m. Tenue d'ArcIiilccture.
Aic-doubleau, voûte qui joint un pilier à un
autre,
IJOUBLE- FEUILLE, s. f. Plnnte dont !a
fliur est irrcguli^re, disposi^e en ùpi , et appro-
chante de ccllu de I Orcliis.
DOUBLF.IMKNT. ativ. Pour deux raisons,
en deux manières. Doublement bldmMc. Il en
est doublement puni. Doublement oblicjé.
DOUULEMKNT. s. ni. Tenue de Pratique,
qni n'est gutre d'usage que dans les afl^iin-s do
Finances, et dont on se sert dans les cncliires,
pour dire, lUie fois autant. Enchà-ïr par dûu-
hlement et par tiercemenl.
lise dit en termes de Guerre, pour, Aug-
'.■ocntation des rangs et des files d'un bataillon.
DOUBLER. V. a. Mettre le double, mettre
une fois autant. Doubler le nombre. Doubler
tordinaiie, la (ii'jieii^e, les gardes. D jubler la
somme.
On dit, Doubler le pas, pour dire, Aller
plus vite; Doubler le sillare, pour dire, Faire
plus de chemin.
On dit en termes de Mirine, Doubler le cap,
pour dire , Passer au-delà du cap.
Il signifie aussi , Joindre une elofTc contre
l'envers d'une autre. DoiiWer un manteau, un
justaucorps , une casa<jue. Doubler de velours,
de panne, de ratine.
On dit de même, Doubler un vaisseau,
poivr dire , Lui faire un doublage de cuivre ou
de planches.
On appelle Doubler un corps- de- loçjis ,
Quand on joint un autre corps-de-logis à la
face de derrière de celui qui est dcj.'i fait.
On dit en termes de guerre , Doubler les
ranrjs, doubler les files, pour dire, V mettre le
double de ce qui a coutume d'y être.
On dit aussi au Théâtre, Doubler un rvle,
ait Acteur , pour dire. Jouer un rôle au dLfaul
de r.Acleur <|ui en est chaigé en premier.
On dit cncon; au jeu de Billard, Doubler
une bîlic , Qu.ind . en ia faisant toucher contre
un des bords du Billard, on la fait revenir plus
près du bord opposé. Doubler une bille au mi-
lieu, au coin.
On emploie aussi ce verl;e îi l'absolu dins rt
m^me sens. Doubler, Doubler au milieu.
On dit au jeu de Paume , que La balle a
doublé , Quand elle a touché deux fois la terre ;
et alors il est neutre.
noCBLÉ, ÉE. participe.
Eu Matjierratique, on appelle Raison dou-
blée. Une r;;ison de carrés. Ainsi iG est à 4 en
nison doulilée de 4 ^ > , c'est-à-dire, comme
ic carré de 4 ^st au rarré de ?..
On l'emploie sul)sl.iutivement au jeu de
Billard. On dit, Voilà un beau doublé, en deux
sens, pour dire. Voilà une bille qui est belle à
doubler, ou qui a été dou})li'e ad.'oilement
Quelques-uns (ta-ivent Doublet, mais on pro-
l;otice Double,
DOIT
DOUBLET, s. m. Deux morceaux Je cristal
mis l'un sur l'autre, iivec une feuille colorc^e
entre-deux, pour imiter les cmcraudes, les ru-
bis, clc. Doublet du Temple. Ce nest pas une
cmerauiïe^ ccst un douhîet.
On appelle aussi Doublet , au jeu de Tric-
trac, Qu;tnd les deux des amènent les mêmes
poît?is. // ne peut qunncr que par des doublets.
il n'amène que des douhletfi. Deux six, deux
quatre funt un doublet.
DOUBI.F.TTE. suhsl. féni. Un des jpux de
rOri^ue, qui sonne l'octave au-dessus du près-
tant.
DOUBLON. sul>st. m. F^sjièce de monnoic
d'EspMgnc, (]ui est d'or, et qut; nous appcloti''
Pistole. Doublon d'Espaqnc.
Doublon, en termes d'Imprimerie, est Une
faute qui consiste à composer deux fois de suite
un ou plu>i';urs mots.
DOUBLURE, s. f. L'étofTe dont une autre
est doublée. La doublure dhtn manteau, d'unt
robe de chor.ibre.
On dit proverbialement et (i;;urrnirnt, Fin
contre ftn n'est pas bon à faire doublure^ poui
dire, qvi'On ne doit pas entreprendre de trom-
per aussi fin que soi, ou que l'on n'y réussit pas,
DOUCEÂTUE. ad), des 2 genres. (On pro-
nonce Douçui-e.) Qui est d'une douceur huL.*.
Cela a qtielaue chose de doiicedtre. Un <jo i\
doucedlre. C^est une eau douceâtre.
DOUCEMENT, adv. D'une manière douée
7/ faut marcher doucement dans la cnambri
d'un nudadc. Heurter doucement à la porte.
c'est-h-dirc , Avec peu de l)niit. Àllez-y plus
doucement. Il faut traiter doucement les vain-
cus. Reprendre quelqu'un doucement de ses
fautes. Je lui fis doucement la querrede ce que...
On peut vivre doucement à la campatjne pour
peu de chose. Ce cheval aalope fort doucement.
Celte ajj'iiire veut être traitée, veut être maniée
doucement, c'esl-i-dire, Délicatement. Il faut
sV i>rcnc]re doucement. On craiqnoU quil
n'arrivât quelque désordre dans l'Assemblce •
mais toutes choses s'y passèrent jort doucement ,
c'esi-îi-dire, Foit paisildanent. C'est une chose
qu'il faut faire doucement, c'esl-a-dire, Sour-
ilenieiit , sans éclat.
Il signifie aussi, Commodément, agrcahle-
nient. Vivre doucement. Passer le temps douce-
ment dans son cabinet ^ dans la colîtude, avec
(cs Inrcs ou ses amis.
On dit, après do £;r:uid- s donlcurs, qu'On
fit bien doucement ^ rioiir dire, ou'on est fort
soulagé
Il signifie cusii, Lentement. Vum marchez
bien doutthicnt. Lt Cocher allait doucement
dans hs m<.uvais chemins. Le carrosse allait st
doucement que nous jumcs deux heures à jaiii
utie lieue.
I! signifie nussi , Médiocrement bien. Coin
ment se porte ce nuilade? Tout doucement.
Àvnncez-vous cette ajjiùre? Tout doucement.
On dit proverbialement , Aller doucement
en bcsojnc. ]J t;intôt il signifie, Sagmicut,
mûrenient , sans rien précipiter ; taulût il signi-
fie, Lâchement, niollement.
r>ou
On dit aussi, Doucement^ par une sorte de
réprimande ou de conseil. Doucement^ vous
parlez trop haut, vous vous échauffvz trop.
DOUCEREUX, EUSE. adj. Qui est doux
sans être ajiréable. Vin doucereux. Liqueur
doucereuse. Fruits doucereux.
Use dit fi^urémcnt Des personne?, et des
clioses qui sont particulièrement propres aui
personnes, etsij;nifie, Qui paroit trop doux et
airccté. C'est un homme douce: eux. Il a 'l'air
dûucereiuT. La mine doucereuse.
On dit diiss', Des vers doucereu.Vj une lettre
doucercmej des choses doucaeuscs , ponr dire,
Des \ers, une lettre, des piopos d amour, mais
d un aniiiur fade.
DuuCEiiEUX , est aussi substantif. C'c.\L un
doucereux.
On dit d'Un homme, qu7/ fait le douce-
reux auprès des /èmmcs, pour dire. qu'il cher-
che i leur plaire par des galanteries fad^-s.
DOUCET, E ITE. adj. Diminutif de Dour,
Il no se dit que Des personnes, et il n'est guère
d'usage que dans ces 1 xcmples familiers : Faire
le duuccî. Faire la doucette. Mine doucette.
DoucET, ETTE, est aussï quelquefois subs-
tantif. C'est une petite doucette.
DOUCETTE, s. f. Sorte de ÎVIâclic. Voyez
MÂCME.
DOUCETTEÎVIENT. adv. il s'emploie dans
le langage populaire dans le même sens que
Doucement. Il s'en allait tout doucettement.
DOUCEUR, s. f. Qualité de ce qui est doux.
Il s'emploie au propre et an Henri- dans la plu»
part des sens de Doux. La douceur du sna't^
du lait. Douceur fade. La douceur dhin par-
fum, La douceur de l'haleine. La douceur de la
voix. La douceur de la peau. La douceur dti
yeux. La douceur des reqards. Une grande
douceur de-visage. La douceur du temps. La
douceur de l'air, La douceur du sommeil. Lu
douceur du repos. Goûter la douceur de la vie.
Les douceurs de la eociété. La douceur de U
liberté. La doticcur de commander. La douceur
du commandement. C'est une grande douceur
(le vivre avec ses amis. La solitude a ses dou-
ceurs. Douceur d'esprit. Douceur de mœun.
Les douceurs de la vie. Les douceurs trom-
peuses du siècle.
On dit, La douceur du slyle^ en parlant
d'Un style qui plait, qui altaclic. Fcnêlou et
ilarine ont une grande douceur de style.
U se prend plus parlicnliércment et d'une
manièi-c absolue, pour, Façon d'agir douce,
et éloignée de loiite sorte de violence. Naturel
enclin à la douceur. Tout par douceur, et rien
par force. Gauvemcr les peuples avec douceur
avec un espi'it de douceur.
On dit. Conter des douceurs., dire de* dou-
ceurs à une femme, poiu- dire, La cajoler, lui
(lire des choses llaltcuses et galantes, comme si
l'on étoit amoureux d'elle.// dit des douccun 1
toutes les femmes.
On dit d'Une afr.ure dont on a lire quelque
profit, dont on a eu quelque argent, qu'On eu
a eu quchpce douceur. U est du style familier.
Cela lui a valu quelque douceur. Les ttenies-
DOU
tlaucs cnt hlen de fa peine datis cette maison,
mais ils ont beaucoup de Jouceru'S, pour dire,
De profits , de gratifications.
DOUCHE.?. Km. Épanchenient de certaines
eaux chaudes et niincniles qu'on fait tomber de
hnut sur une partie malade pour la soulager,
pour la f^up'rir. Donner la douche. Recevoir la
douche. Prendi-e la douche,
DOUCHER. V. a. Donner la douclie. Je me
fitai doucher. On m'a douché le fjenou.
DoiciiK, ÉE. participe.
DOUCIXE. s. f. Terme d'Architecture, Mou-
Jure ondoyante nioilic convexe cl moîtiti con^
cave.
DOUEI.LE. s. f. Terme d'Architecture. 11 se
dit De la coupe des pienes propres i faire des
voûtes, de la courbure d'une voûte.
DOUER. V. a. Terme de prali(|iic. Donner,
assigner nu douaire. Il a doué sa femme d\ine
telle somme, d'un tel revenu.
DoUED, si;:;nific aussi, Avanlajjor, favoriser,
pourvoir, orner. Il ne se dit que Dos avantages.
que des (;rAres qu'on reçoit du Ciel, de la iia-
tui«. Dieu Va donc d'une grande vertu, d'une
grande sagesse^ d'une grande patience. La na-
ture l'a dvuê d'un grand esprit j de diva's lalens,
a doué cette fille d'une grande beauté,
DocÉ, ÉE. participe.
DOUUXACiE. s. ro. Terme de Manufacture.
Mauvaise fabrication dVlofTe^qui provient de
ce que toutes les trames ne sont pas de la même
C{nalit6.
noUU.I.E, s. f IMTnche creux d'une baïon-
nette , du fer d'une pique , etc.
DOUILLET, ETTE. adj. Doux et mollet,
tendre et dclic^t. Cela est bien dotùUet. Un
oretllcr bien dotiillet. Il a la peau douillefte.
Il signifie, Délicat avec aflTectation , et ne se
dit que Des personnes. 7/ est si douillet.
Il est aussi substantif. Il fait le douillet . c^st
un doiiil/e(,pour sii^nificr Un homme qui aime
se5 aises f qui se dorlote.
On dit d'Un liommc qui a la goutte au pied,
et qui j n encore de la fciblesse, qu'il a encore
le pied douillet.
DOUlLLETlE^rENT. adv. D'une manière
douillelle. Doiiif/ettcmenf couché sur nnbon lit.
DOULEUR, s. f. Mal que souffre le corps
ou l'esprit. Doff/ciir de télé ^ d'estomac. Les don-
leurs de la goutte ^ de l'enfinlement. Douleur
vive y rtt.^uë, amère, sensifde, cuisante, mor-
telle, Vfofcnte. Accahlé de douleur. Atteint de
donlenr. Pénétré de douleur. Apaiser ^soulager j
mod:rer la douleur. Sentir la douleur. Causer
de In douleur. La perte de son fils lui a causé
bien de la duiileiir.
On dit proTi'ibialf ment, Pour un pinisir.,
m Ile duii/«iii-i, |»oHr dire, que Si on a queiqiie
nliii^ir d.iiis h vie, il est suivi de mille amer-
tumes.
On dit aussi pmverhi .lemcnt , À la Chan-
deleur Us grandes douleurs, pour dire, I^
grand froid.
On tlit provcrbi-il. Douleur nitr vaincus.
rW)UI.(.IJ», (l nvcc le pronom pep«>n. se
DOULOin. T, Se pliiudre. Il est vieux.
DOU
D0UL0UREUSE:mENT. adv. Avec dou-
leur. Il se plaignoit doulow'cusement.
DOULOUREUX, EUSE. ndj. Qui cause de
la douleur, qui mai'quc de la douleur. Une
plaie douloureuse. Ln mal douloureiLT. Cette
perte m'a été bien douloureuse. Cris doulou-
reux. Plainte douloureuse.
l\ se dit aussi Des parties du corps f;ui sont
si sensibles, qu'on n'y sauroit toucher sans cau-
ser de la douleur. Il a le pied douloureux.
On dit fisurcmcnt : L'histoire douloureuse
de ses malheurs. Le spectacle douloureux des
souffrances d^ autrui. Séparation douloureuse de
deux amis.
DOUTE, s. m. Incertitude. Etre en doutt.
Laisser en doute. Il n'yapoint de doute. Doute
bien on mal fondé. Il lui reste encore quelque
doute. I^'uvoir aucun doute. Lever un doute.
Jlcsoudre un doute. Former un doute. Laisser
•tn doute. Cela est hors de doute.
Oïl dit absolument, T^ul doute ^ point de
doute (pie cela ne soit.
On dit , Mettre en doute ^ révoquer en doute
un fait y pour dire, En douter.
Sans doute, se dit adverbialement pour
Assurcmcnt. Viendrez- vous demain? Sam
doute. Il si'^nifie aussi, Selon toutes les appa-
'rcnces. Il arrivera sans duute aujourd'hui. Il se
joint quelquefois avec que. Sans doute qu'il n'a
pas songé à ce qu'il disoit, quand
Doute, signifie quelquefois, Crainte, ap-
préhension. Dans le dùuie d\in événement fd-
chetLv, il faut prendre ses précautions.
Il i3 aussi quelquefois le sens de Scrupule.
Ce cas de couseieure n'a piWe'tesii'tenL'cIairci,
qu'il ne me reste encore quelque doute.
DOUTER, v. ucut. Être d;jns l'incertitude.
Douter de quelque chose. Douter de tout. Ne
douter de rien. Je doute fort que cela so't. Je
doute qu'il Vienne. J'en doute. Je doute si je
vartirai demain.
DouTF.n, suivi du ijue, lorsqu'il est em-
ploya en proposition né|;ative, doit être sutvi
de la particule A'e , qui dans ce cas n'est pas
une négation. On ne doute pas qu'il n'arrive.
On dit d'Un homme hardi \i décider sur des
mnlières de Doctrine, ou sur des aiïàir^s im-
portante;, ou qui fait des entreprises haiar-
(lécs.qu*nncdo»(e de n'en. Ondit absolument.
Cet homme ne doute jamais.
Il s'emploie souvent avec le pronom person-
pel. et alors il signifie quciquefuisj Croire st^r
^uclqui" apparence, conjecturer, soupçonner.
II se doufoil bien qu'on en viendroit là. Je
m'en suis toujours bien douté. Il a été pris dan
le temps quH ne se doutoit de rien y lorsqu'il
*Vn doufoii le moins. Elle s'en est bien doutée.
H ne se doutott pas qu'on eût des preuves contre
lui. Il s'en e>( bien douté.
DOLTEUSEMENT. adv. Avec doute. // en
parle douteuscment.
DOUTEUX, EUSE. adj. Incertain, dont il
yn lieu de douter. L'n succès douteux. Vue af-
faire douteuse. Sou droit est fort douteux. Rc-
piUation douteuse. Probité douteuse.
Il se dit aus&i Des personnes dont on ne peut
DOU
44;
pas trop s cssurer, sur qui Ion ne peut pa*
trop compter. Dans cette Chambre il y a troii
Jutjes (|Ui 5on( pour moi, trois contre ^ et les
qutiire autres douteux.
Il se prend aussi pour Ambigu. C7uc réponse
douteu.<e.
On dit,qu'C/ne pic^-c d'or ou d'argent est
douteuse y Lorsqu'il y a lieu de soupeouner
qu'elle est fausse , soit du côte du métal, soit
du côté de la fabrique.
On appelle en termes de Grammaire, Nonxs
douteu.c. Ceux que les uns mettent ou mascu-
lin , cl d'antres au féminin.
DOUVAI.N. s. maso. Bois propre i faire des
douves. In millier de douvain.
DOUVE, s. f. Piancîje qui sert ii la cobs-
tniction d'un tonneau. Ces arhrcs-là sont pro-
pres à faire des douves.
DOUVE, s. féni. riante. On en distingue de
deux soiles, la grande et la petite. Toutes deux
sont une espèce de renoncule. Elles croisseot
dans les lieux humides, et causent aux mou-
lous, lorsqu'ils eu mangent, une inflammation
d'entrailles qui les fait périr.
DOUX, OUCî:. adj. Qui est d'une saveur
qui lait ordinairement une impression ai;rôable
au goût, qui u*a rien d'aigre, Marner, de pi-
quant, d'/iprc ou de sale. Le lait^ le miel, le
sucre ^ sont dou.v.Oranqc douce. Amande douce.
Huile d'amandes douces, La plupart des njins
d'Italie sont doux.
On appelle Vin doux. Le vin qui n'a pas
encore cuvé.
On dit, qu't/n potage est trop doux , et
qu'une sauce c.'it trop douce , pour dire, qu'il
n'y a pas assez de sel.
On appelle Sauce douce t Une sauce faite
avec du sucre et du vinaigre.
On appelle Eaux douces, Toutes les eaux
(les rivières, d:'S fontaines et des laci, par op-
position aux ciiux d' la mer qui sont salées.
Poisson d'eau douce.
On dit proverbialement, que Ce qui est am«f
li lu bouche, est doux au cœur.
11 se dit aussi i)e tout cequifaîtune iropre»-
lion aj;reuble sur les autres sens, et qui n'a
rien d'ai*;rc, de piqmnl , ni de rude. Senteur
doues. Haleine douce. Doux parfum. Voit
doHCî. Son doux. Douce hannonie. Douxniur-
murc. Le doux murmine des eaux. Vn parler
doux. Un doux regard, l'n doux souris. Un
doux maintien. Avoir les yeux doux. Avoir la
j eau douce. Cela est doux au toucher. Lime
douce. Doux ramage. Un jour doux. Une lu-
•nièrc douce.
On appelle Taille-donce, Une gravure faite
fur des planclies de cuivre avec le hurin oti
avec l'cau-foite.
On appelle Tui/Ics-doucM, Des gravures ti-
rées sur CCS sortes dr phinches.
On dit,F(ure les yeux doux, pour dire,
Conq»oser ses rc^ardsdc telle sorte quclpsyeux
en paroisNcnt plus doux. Et l'on dit, Faire les
yeiLC doux à une /emmc, pour dire , Lui le-
rouigner de l'amour, lui rendre des soins.
Ondit,(ju'Cn c'icvai crf fort doH.r, pour
/Î48 D O U
dire, qu'il ne fatigue point le Cavalier. On d'I
de même, Ce che^'al a les allures fut douces.
(!c! moiivemens doux. On dit aussi, qu'Un che
val est doux, pour dire , (ju'Il n'est pas fringant
ni ombrageux, etc.
On dit aussi, qu'Une voilure est dmu-e, pour
dire, qu'Elle ne fatigue pas. Le carrosse n'est
pas une voiture asse:, douce pour un blessé, il
faut une litière ou un brancard. Les carrosses
à ressorts sont bien plus doux que les autres.
On dit aii.ssl , qu'Un escalier est doux .
qu'une rnondijne a une pente douce, pour
dire qu'ils ne sont pas rudes, qu'il (si fjcilc
lie les monter.
Doix, en parlant De la consliliuion de
l'air, signifie, Oui est d'une tenipcraturc agrra
ble, qui n'est ni trop cliaud, ni trop froid, cl
qui est calme. In air doiur. Un temps doiuc. Il
fait bien doux. V ne douce température de l'uii.
On dit , Un doux zépliyr, pour dire , Un
petit vent frais et agréable; et l ne pluie douce
pour dire, Une pluie menue plus cLaiide que
froide, qui tombe sans orage.
Il se prend a'!'.si quelquefois pourTranquille.
Vn doux sommed. Le doux silence des bois.
Un doux repos. Mener une vie douce. Il n'a
plus ni fèvpt ni douleur, il est maintenant
dans un état plus doux, dans une situation
assez douce.
On dit aussi : Une douce mélancolie. Une
iouce langueur. Une mort douce.
Doirx, se dit figurera. De l'iiumeur et de
'''rsurît, et signifie, Humain, traitablc, aflàble .
Ijcnin, clément; cl il est opposé li rude, farou
clie, fâciieux, sévire, Tiolcnt. F.sprit doux.
Humeur douce. Naturel doux. Homme doux
et traitable, doux et afjahle. Il a les imUna-
tions douces. Il est doux comme un ntjneniL
C'est un homme d'une douce conversation.
doux et complaisant. Les esprits doux se font
aimer de tout le monde. Un châtiment doux.
Une douce pun'ition. De doux reprochée. Une
raillerie douce. Une (jaictè douce.
On dit d'Un vin agrdable ù boire et fiinicux
qu'7! est dont et traître.
On dit aussi d'Un homme qui a rexlérieur
lionnètc et agréable, et l'esprit daiigrieux cl
inécliant, qu'/ï est dou.x et traître.
On dit, t n style doux, pour dire. Un style
qui n'a rien de rude, qui est aisé et coulant
Cet Auteur a le style doiur. Cela est assez bien
écrit, le style en est doue et coulant. Ses vers
iu sont pas si doux nue sa prose.
On dit. Un Gouvernement doux, des peines
douces, une Religion douce.
On appelle Une vue douce. Une vue qui a
d'agréables repos, comme des prairies, de pc-
tils bois qui .sont à une médiocre dislance.
Ou appelle Dillel doux, Va billet de galan-
terie.
On appelle Donccj paroles , Des paroles
ubiigcantes, flalteuxîs, 'lu de galanterie.
Doux , se dit encore De tout ce qui fait une
impression agréable sur l'esprit. // n'y a nen
de Si doux gue de vivre avec ses amis. C'est
Jine cho-ie bien douce que l'indépendance. C'est
DOU
t^iielcjûe chose (îc hien (Ioilv que la llherté II est -y^
bien doiLx d*ètre en état 'le faiie plnisir à tout
le monde. Jl m'est bien doux de i'oir o'ie
Rien ne rend la vie si douce mie la société et le
commerce de nos amis.
Doux , se (Ut aussi Des métaux dont les par-
lies sont bien Yiées, H qui se plient aîsernent
sans se ca.sscr. Le cuivi'e jlti est doux , mais
l\illia(jc le rend ai(jre. Le fer le plus doux csf
le plus propre à fnre de Vacier.
Tout doux. Façon de parier ailTerI)i.ile
dont on se sert pour reprendre quelqu'un qui
s'emporte trop. Tout doux, tout doux, s\'l
i)ou.< plaît.
On dit fami'in-emcnt d'ijii Ijcima" à qu'
l'on a fait quchiue oHcnse. et qui pt.r ha-sscs^c
ilTime n'en l,t';nioigne aucun rcssent.mfnt, qu'il
Il avalé cela doux comme lait.
On Is dii aussi d'Un lionime vîiin qui ajoute
iis^'m-^nl foi aux flalteiios les plus excessives;
n d'un licnime simple A qui l'on fait aisément
accroire les choses les plus éloignées lic la vc-
litc.
On dit, Filer doux, pour dire. Demenrev
d-ins la retenue, dans !a soumission îi l'égard
lie quelqu'un que l'on craint, soufiVir paliem-
mect une injuie. Ces! un homme avec qui il
faut jiler doux. Je le ferai bien iiler doux.
Quand il s'entenàit menacer y il f\la doux.
Entre dàiut et hatjard. Façon de parler prcv
verbiale , pour diie , Moitié rude et xnoitii-
doux. Des jeitc eritre doux et Jiafjard. Cela
signifie aussi, Ni bien n' mal jet plus souvent
rnrore. Avec nn niéconlcntement ilé^uîsé sous
une apprirenre di* douceur. Comment Va-t-il
reçu? Kutre doux et haqard.
DOUZATN. s. m. Petite pièce de nionnoie
qui valoit douze deniers.
DOUZAINK. s. fém. collectif. Nombre de
douze, assembliise de clioses de même nature
iiu nombre de douze. Une douzaine de che-
mises, t ne douzaine d'assiettes. 'Vendre des
scrvielfes par douuiine , à la douzaine. Nous
étions une douzaine à tahle.^
Il se prend dans le style familier, pour, Un
aombre indéterminé. Vne douzaine d'amis, de
personnes.
On dit fif:;nréinent et familièrement , A L
louzaine, d'Une chose, d'une personne com-
mune, de peu de valeur, de peu de considéra-
non. Vn Poète à la douzaine, Vn Peintre à l"
■ 'oHzaine.
On dit uiissi, Il ne s'en trouve pas à la dou
zaîne., ou, Il n'y en a pas treize à la dou
'aine, pour dire, U ne s'en lr<'uve pas coninm
né ment.
DOIJZR. adj. nnméral des a genres. Nombre
qui contient dix et deux. Les douze A(}âtrcs.
Les douze mois de Vannée, Les douze Signes
du Zodiaque. Nous étions dottze à table.
Quelqucfoi."; il se prend pour doniifnne.
.Vou.< avons aujourdliui le douze du mots. Le
douze de la Lune. On dit aussi, Louis douze ,
pour, Louis douzième, qui est un de nos Kois.
Oî mot n'est guère en us;igc ea ce *ens-U ^ua
dans CCI exemples.
DRA
un dit en termes de bibrairic, Vn li<^c in'
douze , Lorsque la fouille est pliée en d^uza
feuillets.
On l'empldie aussi dans ce sens suLstai)tîve<i
ment. Ç^est un in-douze.
D0UZIK;ME. adj. des 2 genres. Qui est im-
médiatement aprts l'onzième. Le douzième da
mois. La douzième année. îl est le douzième dt
la troupe.
U est quelquefois substantif. Dans cette af'
faire il est pour un douzième.
DOUZIÈMEMENT, adverbe. Ea douzième
lieu.
DOY
DOYEN. 5. m. T-e plus ancien-^n réception
dans un Corps , dans une Compaf;nie. Le Doyert
du Parlement. Le Doyen des Maîtres des Re-
quêtes. Le Doyen des Docteurs en Théolotjit.
Doyen de VAcadémie Françoise.
On appelle Doyen du 5acre Collège, Le ï)re-
mier Cardinal Évéque.
Il se prend plus particulièrement pour Un
titre de dij^nilé ecclésiastique. Le Doyen d'un
Chapitre, Doyen d'une Colléqiale. Le Dqfyen
de Notre-Da ne.
U se prend encore pour Un titre de dignité
dans les Facultés de l'Université. Doyen de la
Fnculté de Théologie. Doyen de la Facitité âé
Médecine.
U se prend aussi qijelquefots pour l£ plrtt
aacion selon l'âge , le plus .mcien dans une 90-
riélé. Si vous n'avez qi'f Vd(jc que -ï'^uç i/»''"<»
je suis votre Doyen. On donne la phts htW»
chambre au Doyen de la pension.
DO\'ENNÉ. s. m. La dignité de Doyen dans
une Église. Pouri-u d'un Doyenné.
On appelle en quelques endroits, Doyenné^
La maison du Doyen.
Il y a une espèce de Poires qu'on appelle
Pou es de Doyenné.
DRA
DR.\CnME. s. f. (On prononce et on peut
ûcrire Draqme.) Espèce de monnoic d'argent
dont se sen^oient les Grecs , et qui pesoit la
buitiôme partie d'une once. On s'en sert pré-
sentement pour signifier ce poids. Vnedt-achme
de casse. Deux drachmes de séné. L'vcu d'or
pèse une drachme.
DHACUNCULE. s. m. Petit ver qui s'en-
tendre sous la peau. On le nonmie aussi Cri-
non. Les Dracuncules causent de tjrandes dé-
mangeaisons.
DRAGAN. s. m. L'cxtrcmiié de ta poupe
d une galère.
DHAGÉE. s. f. Amande, pisiaclie, aveline
et petits fruits couverts de sucre durci. Dragée
musquée. Boîte de dt-aqécs.
On appelle aussi Dragée^ I.e menu plomb
dont 00 se sert pour tirer aux oiseaux. Gro.'se
dragée, petite draqée, menue dragée.
On appelle encore Draqèc, Un mélange de
divers grains qu'on laisse eroitrc tu IicrLe pour
le donner aux chevaux.
On dit d'Un fusil qui ne porte pas son plomb
DP, A
h'iea tené et bitu ensemble, iju7/ écarte tu
dragée.
On dit figiirciiicnt et popiibircnndit , Eciir-
ter la driuiée^ potir dire, LaîsstJr ûchapper de
petilcs pnrlics de salive en parlant.
DK.VGEOIK. ». m. Espicu de boile ordi-
nairement d'argent, dans laquelle ou servoil
autrefois des dragées sar b fin du n pas.
DRAGKO.N. s. ni. Bouture, Lour^eon qui
pousse au pied des arbres et <les plunlcs. Dra-
qion de vitjne^ drageon d^œillet,
DRAGEO.NXER. v. u. Pousser des dra-
geons. ,
DRAGOMAN. s. m. Voyez OnocuAN.
DRAGON, s. ni. Espèce de monstre ii qui l.i
fable donne des griffes, des ailes et une queue
de serpent. Le dragon qui gardait le jardin da
Respérides.
On appelle flgurcni. et faniilit:r(:ni. Dragon ,
Les personnes d'iiunieur fàclicuse et acariâtre.
Celle femme est nn vrai dragon,
U se dit aussi familiéreni. Des petits enfans
quand ils sont mutins tt mécliaus. C'est un
vraij c'est nn petit dragon.
On appelle faniilièrciiiint Dragon de vertu ,
Une feniiiiedont la vertu est austire et farouche.
En sljle oratoire. Le Dragon infernal, se
prend pour le IJémon.
Il signifie aussi Une t.iclie qui vient dans la
prunelle des veux des lioinnics et des chevau.t.
/( a un dragon dans l'œil.
On appelle Dragons, Une sorte de troupes
(Tui roml>.:ttcnt tantôt .i pied, tanlôl à i:lieval.
I^j dragons d'une armée. Une Compagnie de
dragons. Capitaine de dragons. Colonel de dra-
gons. Colonel général des dranons.
Les Astronomes appellent Drai;on , Une
ciiusiellallon de i'IiéniispliLre Ixiréal. Et 1 on
appelle La tcte et la queue du Dragon, Les
deux points opposés où l'Écliptique est coupée
par l'orbite de la Lune.
URAGO.NNAIJE. s. f. On a donné ce nom
.iiix persécutions faites sous Louis XIV aux
l'rotcstans pour l'exercice de leur culte, parce
qu'on y eniployoit des dragons. Cn ne l'ein-
[iloie guère yu'au pluriel. Les diagonnades des
Cévennes,
DRAtiONNÉ. a.lj. Terme de Blason. Il se
dit Des aninuim représentés avec une queue de
dr.igon.
DRAGUE, s. f. Insinimcnl fait eu pelle re-
roui bée. qui sert à tirer des sables des rivières,
et à curer des puiu.
On appelle au>si Drague, Lorgc avec la-
quelle on a fait la bière. On donne Li drogue à
manger aui clietiau,r.
lil! \>L\TIf,)tE. adj. des 2 genre,. Il se dit
1)1 s ouvrages qui sont faits poiu- le Tl.éilre, et
qui représentent une action tragique ou comi-
que. Poème <(rumuli(jue. Pièce nrunidri,;i,e. //
reiujil duiii le genre dramaligue, Vn Pcète
Diamaligue.
Il fsi quelquefois jiUiitantif , et signifie }j:
P'nre dr.intUqiie. // rcu,,,I dans le Urama-
liifue.
Il sVlend aussi k d'aut:es ouvrages qui ni
Tome l.
DR A
sont pas faits pour le Tliéâtre, et où l'ilmniT
quitte le récit pour faire p^iilir les pcrsonnoges
qu'il iuiroduit. Le Dramatigue fait une des
grandes beautés des écrits de Platon
DliAJLVTIS'fE. s. m. Qui compose des ou-
vrages de TliéiMre.
DRAME, subst. m. Poème compose pour le
Tliéàlrc, et représentant une action, soit comi-
que, soit tragique. L'unité d'action, l'unité de
temps et l'unité de lieu, sont les principales
régies du Drame.
DRAP. s. m. Espèce d'étoffe de laine. Bon
drap. Drap jin. Gros drap. Drap d'Angleterre,
de Beiri, d'Espagne, Une aune de drap,Aclie-
ter, vendre du drap. Faire du drap. Habit de
drap. Tailler en plein drap.
On dit aussi, Dnip d'or, drap de soie ; mois
quand le mot de /j'nipest mis seul, ou entend
toujours qu'il est de laine.
On dit proverbialement et lîgurém. qu't/n
homme peut tailler en ple.n drap, Quand il a
amplement et abondamment tout ce qui peut
servir h l'exécution d'un dessein, d'un plan,
d'un projet, il a bien mal placé sa maison pour
un homme gui pouvait tailler en plein drap.
On dit proverbiolem. et ligurem. La lisiért
est pire que le drap, pour dire, que Les habi-
tans des frontières de quelques Provinces aux-
quelles on attribue certains défauts, sont en-
core pires que ceux du dedans du pays.
Ou dit encore proverbialement et figurera.
Au bout de l'aune faut le drap, pour dire,
qu'il n'y n rien dont on ne trouve la fin ; (|u£
les choses vont jusqu où elles |)euvent aller.
On dit proverbialement et liijurénient d Un
homme qui ne paye pas une chose qu'il a ache-
tée, ou qui retient une chose qui! a vendue,
i]u'/l tient avoir le drap et l'argent.
( n appelle Drap de pied, Uue pi'ce de
drap, lie velours, etc. qu'on étend siu- le prie-
Dieu des personnes du premier rang, et qui
leur sert de marchiqiied.
On appelle Drap mortuaire. Une pièce de
drap ou de velours noir, etc. dont on couvre la
bière ou le cciiotaplie au service des morts.
DnAP, signifie aussi Un bnceul, une grande
piicc de toile qu'on met dans le lit pour y coii-
ilier. Drap de dessus. Drap de dessous. Draps
tiCi-finl, Paire de draps. Draps blancs, Oraps
blancs /.• <eii'ive. Clwufftr des draps. Draps de
deux lés. Draps sans couture.
On dit familier. 5e riellre entre deux draps,
pour dire, Se couctitr, se mettie dans un lit.
On dit proverbialement . que Le plus riclie
n'emporte qu'un drap en nuurant, non plut
que le plus pauvre.
On disoit autrefois proverbialement. Mettre
quelqu'un en de beaux draps blancs , poiu
dire, Parler désavantageusemcnt de quelqu'un ,
s'aclinrnei' i en dite du mal.
On dit aussi prorerbiolement cl ligurément,
tJie dans de beaux draps, te mettre daiu de
beaiLe draps, pour dire, Se trouver, se mettre
dan» une situation embarias»antc, périlleuse,
dont il est difficile de s« tiier sans quelque
lomnia;;c.
DRF 44g
On dit, qii l, n malade, un enfant ne se son-
tient non plus qu'un drap mouillé, pour dire,
qu'il ne peut se soutenir.
DR.4PE.iU. s. m. Haillon, vieux morceau
de linge ou delolfe. Le papier se fait avec de
vieux drapeaux de linge. Ramasser des dra-
peaiLV.
DnAPEAtnc, au pluriel, se dit De ce qui sert
à emniaillotter un enfant. Séclier les drapeaux
d'un enfant.
DnAPEAO , signifie aussi L'enseigne d'un
Régiment, d'une (iimpagnie d'Infauterie. ^e
rendre au drapeau. Se ranger sous le drapeau.
Combattre sous le drapeau. Bénir des drapeauc.
On a porté à Xotre-Dame des drapeaux tja'on
avait pris au.v ennemis.
On dit, qu't/n /lom/ne a un drapeau, qu'on
(«1 a donné un drapeau , pour dire , qu'il a un
emploi d'Enseigne d.ins rinf'ai.-erie. Drapeau
Colonel.
On dit figurément, 5e ranger sous les dra-
peaux de quelqu'un, pour signifier. Prendre,
einbrassci son parti.
DRAPER. V. a. Couvrir de drap. Il ne se dit
au propre que Des carrosses , des liti'TCs et des
chaises à porteurs, qu'on couvre de deuil. Dra-
pei' un carrosse, diaper une chaise.
Il se dit au.ssi absolument. Les Princes, les
Ducs drapent. Le liai drape de violet.
Eu termes de Peinture et de t'cul[>tur«, ou
dit, Draper une figure, pour dire. Habiller
une figure, repiéseutiT ies babillcmens. Le ta-
lent de bien draper ett iir<:~rare.
Il signifie fignrémenl, Censuier, railler for.' '
lenient de quelqu'un , en dire du mal. H ne
faut pas drapa- les absens. On l'a bien drape.
Il est du style familier.
DnAPÉ, ÉE. participe. Vn carrosse drapé.
Ou appelle Bas drapés , Des bas de laine
préparés d'une telle manière, qu'ils ressem-
blent à du drap.
UnAPÉ , cn termes de Bntani(]ue , se dit Des
feuilles, des fleurs et des ti^es de quelques
plantes qui les ont velues, épaisses et d'un
ti.ssu serré. Les feuilles du bouillon-blanc et les
fruits de la pivoine sont drapés.
DRAPERIE, s. féni. .Manufacture de drap,
métier de faire des draps. Travailler en drapej ie.
11 signifie aussi Diverses soiies de draps, il
y a grand trafic en draperie en celte \'ilte.
Il signifie cn termes de Peinture et de Sculp-
ture, La ri?présenlatiou des étoffes et des ba-
bils. Il faut que les draperies indiquent le nu
aux principaux allachcmens.
DRAPIER, s. m..M..rcliand ou Fabricant de
dr.iji. .Uu;e/iii/iJ Drapier. Les Règlemens fiiits
puur les Drapiers.
DRASTK^lUE. ailj. de» 2 genres. Il se dit
Des remèdes qui agissent avec violence.
DRAVE ou DIUBA. s. f. Plante crucifet»,
qui croit aux poys cJinuds. Elle est apcrilive,
incisiva et caiminative,
DR I-:
DRl-;cnE. ». f. Mair: de l'orje qui s'emploie
pour i'airc de la bière.
45o DRE
DRESSER. V. act. lever, tenir droit . faire
tenir droit. Dre<ser la tite. Ce chetal itresse les
areilUi. Ce cheval se dresse sur Us jntds de der-
rière. Vous vous courbez, drcsscz-vous. Dresser
un mitt. Dresser des (juilles.
Il signifie aussi Krigcr, élever. Dresser des
Statues, des TrOj,lé;s, des Autels.
On dit. Dresser un ht, pour dire, Moiucr,
icudre un lit; Drct^er une tente, pour dire,
Tendre une lente; et, Dresser un échafaud,
pour dire. Construire un écliafaud.
J.1 siouiflc encore, Aplanir, rendre uni. Dres-
ifr une allée, une terrasse, un parterre.
Cn dit, en termes de Menuiserie, Dresser
une planche, un poteau, une rètjle, pour dire ,
Les unir, les aplanir, les mettre en ligne droite.
On dit aussi, Dresser une palissade, pour
dire, l.a tondre avec le croissant.
il se dit aussi Du linge. Dresser un mou-
clioir de cou. Dresser des rubals, pour dire, Les
Itpasser.
On dit encore, Dresser un huffft , pour dire,
L'arranger, le g.irnir de sa vais-.cHe.
On dit, Dresser le polaye, dresser le fruit,
dres cr du fruit, pour dire, Préparer le po-
tage, préparer lu fruit ctlenic/tlre en état d'être
servi.
On dit aussi , Dresser une halterie de canon,
pour dire. Mettre une batterie cn état.
On dit figxuément, Dresser une batterie,
pour dire, Prendre des mesures pour réussir
dans quelque projet. Il a dressé une grande
laiterie pour ofilenir celle Cl'arqe. Dresser ses
batteries contre (jneliju'ut:. pour (jnefiju'un.
On dit,Drc.«er un piège, pour dire, Tendre
' * un picgc. On a dressé un piège pour prendre
des loups.
On dit figurément , Dresser un piège à ipicl-
qu'un, pour signifier. Faire ou dire cpielquc
cliosc pour tâclier de le faire tomber dans (jnel-
que inconvénient. On dit dans le même scTis ;
Dresser des embûches. Dresser une embuscade.
Cn dit, Dresser un plan, dresser le plan
d'un ouvrage, <lresser la minute d'un acte,
pour dire , Faire un plan , fiire la minute d'un
acte; Dresser un projet, dresser des articles,
pour dire, Mettre des arlicles, un projet par
écrit; Dresser un Contrat, une Obligutitm,
une Requête, etc. pour dire. Mettre un Con-
trat, une Obligation, une Requête, etc. dans
la forme nécessaire ; et , Dresser un mémoire ,
dretser des mémoires, pour dire, Ecriit! des
mémoires. Ou dit aussi : Dresser une iiislruc-
lioii pour un Ambassadeur. Dresser la Carte
d'un Pays.
Il signilie aussi. Tourner droit vers quelque
endroit. Dre.(.<cr lu jroiie d'un vaisseau vers —
/( dressa sa marche du cùtc Dresser sa
route vers le Aord.
On dit figurénient. Dresser son intention,
pour dire, Oiiigcr sc»n intention. '
UntssEn, signifie encore, Instruire, forniei-.
façonner. Dresser un écolier, le drascr ci la
uc.-li», Il la piété. Cet enfant est di-essé de banne
main. Dresser un valet li sa mode. Dresser un
toldal. Dresser un clicvaL Dresser un cheval
DUO
pour le manège. Dresser un oiseau. Diesser un 1
citien couchant, le di-esiei' pour tirer, le dresser
à rapporter , le éesser à la d. asse.
Dresser , est quelquefois neutre. <tn dit ù-
ptrénient. Les cheveux lui dre.Sièrent à la tête,
pour dire, Il eut liorreur de ce qu'il ouït; cela
lui fit liorreur. Ce récit fuit dresser les cheveux
à la tète, et absolument, fait dresser les che-
veux.
DiLZisi,tE. participe.
DR I
DIUI.I.E. s. m. ( On mouille les L.) On dit
familièrement. C'est un don drille, pour dire,
C'est un bon compagnon ; C'est un pauvre
df ilie,pour dire, C'est un pauvre malheureux;
et, C'est un vieux drille, pour dire, C'est uu
soldat qui a de l'e.ipérience , qui a vieilli dans
le service; et quelquefois pour dire. C'est un
vieux libertin. Drille, signifioit autrefois Ijn
soldat.
DRILLE, s. f.Cliiffon de toile qui sert i faire
du papier.
DRILLER. V. n.Coiuir, aller vite et légère-
ment. Voyez comme il drille. 11 est bus et de
peu d'usage.
DRO
DROGM.ilN. s. m. C'est le nom qu'on donne
aux Interprètes et aux Trucbemans dans let
Éclielles du Levant. Quelques -ims écriveni
Droauenifiu.
' DROGUE, s. f. Sorte 'de marchandise que
vendent les Epiciers, et dont li plus grandi
partie sert ù la Médecine. Vendre des drogues
Acheter des drogues. La plupart des bonnet
droijiics tiennent du î.evant. Le séné est uni
drocjue nui entre dans plusieurs remèdes.
On dit liguiément d'Un hommequi sait biei
faire valoir ce qu'il dit, ce qu'il fait , qu'il fait
bien valoir sa drogue, q-.i'i! débile bien .<cl
drogues. Il est du sljle familier.
DnOGUE, se dit encore figiirément et fami
lièrenient De ce qui est mauvais cn son espèce.
J'ai donné de bon argent, et il ne m'a donn(
ijiie de méchante drogua, gue de lu droijuc,
c'i'st-ii dire. Il ne m'a donne rien qui vaille.
Ces tableaux ont peu de valen-; c'est de lu
drogue.
On dit (igun-ment et ironiquement, Voil'i
de bonne drogue, pour signifier, <|ue Ce qu'on
nous offre, ce qu'on veut nous donner pour
l;on , ne vaut rien.
DROGUER. V. act. Médicamenter, donner
trop de remèdes , purger avec des drogues. 71 y
a déjà long-temps gu'ori ne [ail gue le droguer.
On l'a trop drogué.
On l'emploie aussi avec le prou, personnel.
/! se drogue trop, c'est ce ifui ruine sa santc.
llnocui;, ÉK. participe.
DROGUERIE, s', f. Terme générique, qui
signifie loule sorte de drogues. Les impMs inii
sur la droguerie cl sur lépicei-ie.
DROGUET. ». m. Espèce d'élolTe faite or-
dinaiicmcnt de laine et de fil. Droguel de l'oi-
tou. Drogue! ray'.llabit de droguel. Klic vdlu
DRO
de simple dj-oguet. On fait nuss; du droguft lii
soie.
DROGUIER. s. m. Cabinet, armoire où l'on
mctdiflérentessortis de drogues. Un lel curieux
a un beau drogmer.
On le dit aussi dTnc boite portative. Il faut
garnir ce droguier pour le porter en cnmpni^rir.
DROGULSTE. s. m. Vendeur de drogues.
]\I,irchand droguiste.
DROIT, OITK. adj. Qui n'est pas courlw,
qui va d'un point 5 un autre par le plus court
chemin. Ligne dï-oile. Celte rue est jurt droite.
De droit fil. En dioite ligne. La rivière est
droite depuis un tel Villaqi jii.squ'ii une telle
"Pille. Voilà le droit chemin, le plus droit che-
min.
11 signifie aussi, Perpendiculaire à l'horizon,
qui ne penche ni de côté ni d'autre. Se tenir
droit. Ce mur n'est pas droit, il penche dun
câlè.
On dit familièrement et proverbialement,
i]u'6'n bomnie est droit comme un cierge ,
comme uu jonc, peur dire, qu'il se tient fort
droit.
On dit dans le même sens , Droit comme une
Statue.
Il signifie quelquefois, Qui n'est pas roiichc,
qui est debout. 5e tenir droit sur ses pieds. De-
meurer droit en son séant. Celle fgure seroit
beaucoup mieux droite gue penchée.
DnoiT, signifie encore , Ce qui est opposé i
gauche; c'est dans l'homme le coté du foie. La
main droite. Le bras droit. Le pied droit. Le
côté droit. Prendre sur la droite. L'aile droitt
d'une Armée.
3/iircbe iii droite, biiltc la gauche. Terme
de eommandenieul de guerre.
Ou dit. Donner la droite à (|iicl(|u'»n, pour
dire, I.e mettre à sa droite pour lui faire hon-
neur. Et dans le même sens, on dit aussi : Dis-
pidT la droite. Céda- la droite. Prendre lu
droite.
On dit cn termes de l'f'x^rilure-Sainte, que
/Éïts-CnniST est assis à la droite de Dieu son
Père, pour dire, que Dieu son Père l'a glorifié,
et lui a communiipié tout son pouvoir.
L'Évangile dit, Quand on fait VaumiSne. il
ne faut pas gue la main gauche sacre ce tjue
fnil la droite, pour dir.-, que Dans les bonnes
œuvres il faut éviter roslenlation.
On dit figurénient d'Un homme, qu7l et
le bras droit d'un tel, pour dire, que C'est re-
lui dont un tel .se .sert le pins souvent et le plus
efficacement dans les grandes occasions.
À DHOITE. Façon de parler adverbiale , qui
si'^uifie, ;V main droite, 'f'oiuncr il droite. Se
placer à droite.
A droite et à gauche. De tous cotés. Frapper
à drôle el à gauche. Prendre à droite et à
gauche.
Dnorr, s'gnifi^ figurément Juste, équitable,
sincère. C'est un bon Juge, un homme droit et
incorniplible. Avoir l'intention droite, l'dme
droite, le cirur droit. Cela est contraire à la
droite raison. C'est un homme droit, incapable
de biaiser.
DRO
On dit, quTn iionune a l'esprit droit ^ le
uns droite pour dire, qu'il ptusc bien sur
chaque cbosc.
DUOIT. s. m. Ce qui est juste. En ce sens
ou dit, qu'(/ne chose est contre tout droit et
raison, pour dire, qu'Elli; est înjuslc et dérai-
sonnable.
llsignifîeaussi Justice. Fa ire fl/ott lî chacun.
Conserver le droit des Parties.
On dit provcriiialenicnt, Bon droit a besoin
d'aidCf pour di.e,quc Les mcilk'urcs aflàircs
ODt besoin dVlre sollicitées, dctre appuyccsde
quelq'ie cnJdit.
Il se prend ausiï pour I.aI.oi écrite, ou non
écrite. Cela est de droit divin^de droit hnmaut.
de droit positifs de droit commun. Le droit
uatarel. Le droit des gens. Le droit ci;i7. Le*
drutt Crtnori. Le dioit coutumicr. Le droit écrit.
Le droit Romain, Le droit François. Droit ci-
vil. Droit canonique. Maxime de droit. Point
de droit. Question de droit. Il faut distaujucr
le droit et le fait.
On dit, qu'l/iie chose est de droit étroit,
pour dire , qu'il faut l'observer u la rigueur.
Il se prend aussi pour Jurisprudence, htu-
dier le Droit. Savoir le Droit. Enseiqner le
Droit. Doctew en Droit. Docteur en Droit
Canon.
Dnorr , se prend encore pouc Aulnritt5,
pouvoir. De droit. Deplein droit. Les Romains
tii*oierit droit de vie et de mort sur leurs es-
claves. Il a droit, H est en droit de dire ce quil
lui ^jlaira.
Il signifie encore, Préienlion fondée sur
quelque litre, et' qui appartient .j quelqu'un en
Tertu d'un titre légitime. J'ai droit là -dessus.
J'ai droit sur cette Terre. Droit litigieux. Re-
noncer à sondroit. Sefairedroit sur une chose.
Céder , Iransporlcr ses droits. Poursuivre son
droit. Exercer ses droits. Faire valoir ses droits.
?iêijliqer ses droits. Se relâcher de ses droits.
Reliîcher de son droit. Avoir droit à une p/ace,
à une succession. Accumulation de dj-oil. Vfcr
de son droit. Cela lui appartiefit de droit.
Droits seigneuriaux j fcodaux., honorifiques.
Droits curiaux. Droits du Roi. Droit de péagCy
de chaujjaqe, de patronage , etc. Droit li'uu-
haine. Droit de représaille. Droit de réversion.
Droit de bienséance. Droit d'ancrage. Drot de
pèche. Droit de chasse, de colombier^ etc.
On dit proverbialement, Surabondance dt
d-'oit ne nuit pas,
Oo dit en termes de Jurisprudence, Chacun
-n droit soi, pour dire, Chacun pour ce qui le
ooiiccrne et selon les droits qu'il a.
On dit eu te unes de Pratique, qu'Une file
est usante et jouissante de ses tlroits^ pour dire,
qn'Elle est ninjcure, et qu'elle a l.i (li»j)Otiilion
de ton bien.
On dit proverbiulcment. Où il n'y a rien,
le Roi perd tes drcits, pour dire, qu II est inu-
tile de deuiinJcr à des gens in«oi\ablc6 le
pavement de ce qu'il» doivint.
On dit prnvcrbinlemrnt ci fiî;urénicnt , C'eA
Udroildu jeu, pour dire. C'est l'ordre, l'u>n|;e.
Il signiGc ausii I*rvro;;alive, | r.viléjc. l?ro:î
DRO
d'ti'tnesse. Droit de bourgeoisie. Droit de corn-
mittimus.
DnoiT, se dit aussi Ce toutes les imposilioDs
établies pour les besoins de l'État. Droit sur U
vin, sur le bois. Payer les l'.roits. Frauder les
droits.
Il veut dire aussi, Salaire qu'on taxe, qui
est ordonne pour certaines vacations. Le droit
du contrôle. Le droit de la signature d'un
Arrêt. Le droit de co.isnlttition. Dn.it de pic-
sence.
On appelle Droit d'avis, Ce que l'on donne
à un lionnne qui a donné l'avis d'uut: allàire
avant"g''usc.
À BON DnoiT. Façon de paner adve<]>:alc,
pour dire, Avec raison, avtc justice. C est i)
bon droit qu'il se plaint d\in tel.
À TOUT on À DnoiT. Autre fa;ou de jiarlcr
adverbiale , pour dire , -Sans examiner si une
chose est juste ou injuste.
DROIT, adv. Dirtctement, par le pliisrourl
chemin. Aller droit au but. Aller tout droit. Ce
chemin mène tout droit à Paris. Tirer, viser
droit. Il m'a donné droit dans l'œil, ou lonl
d/'oit dans VœiL
On dit fiî^urëment, qu't/n homme va iboil
à ses fins. Il va droit en besogne. Cet hommi
ne va pas droit.
On dit figure'mcnt, Je vous ferai bien mar-
cher droit ■ et faniiliùrenieul, charrier droit ^
pour dire, Je vous ferai bien faire votic devoir.
DIlOITEMI£>"T. adv. ËquitahlenK-nt. Agir
droitemcnt. Marcher droilement en toulei
tkoses.
Il signifie aussi Judicieusement. Il yenst
droitcment. Il juge droitemcnt de tout.
DROITIER , 1ÈRE, adject. Çui se sert de U
main droite. U est oppose à Gaucher.
DROITURE., s.f. Équité, justice, rfctiludc.
Grande droiture. Agir avec drottur'e. Droiture
de cœur. Droitwe d'intention. Cela est contre
toute sorte de droiture et d'équité.
En DnoiTunE. e\prcs. adv. Direclement, p-ir
la voie ordinaire. Il faut lui envoyer cela en
droiture. Je lui ci fait tenir toutes vos lettresen
droiture. Ecrire en droiture. Cet avis ne nous
est pas venu en droitwe. On a dit autrefois ,
À droiture.
DROLE, adj. des 2 genr. (iailiard, plaisant.
Cet homme-là est bien drôle. Voilà qui est
drôle. Un conte foit drôle. Il tst du style fani,
Oo remploie aussi subsl.-intivcmenl, et roii
dit familièrement^ Vn drôle de torps^ pour
dire. Un homme fort plaidant.
On dit d'Un homme lia, délié, dont il faul
se défier, que C'est un drôle bien rusé.
On dit au^i Un petit drôle, pour signifier,
Un enfant éveillé cl matin.
DnÔLE. se prend souvent en mauvaise part
Cn dit familirreinentd'Un polbson , d'uu n)iiu'
vais sujet, d'un homme qu'on méprise, C'est
un drôie^ un petit drôle, un grand diôle.
DROEEME.XT. adv. D'une minière drôle.
ïl s'est tiré (hti'emeMt d'aQ't.ue. U est du stvie
ftunilier.
DIIÙEERIE. s. f. ï,.iii de gniairdùe, de
DUB 45i
ItouITuniieilc. Vu.là itnt plaisante drôlerie. ïl a
fuit cetit Jrùlcrics. U est du style faniilicr.
DRÔLESSE. ». f. leinmc de mauvake yie.
C'est une drôUssc.
DRO.MAUAIKE. s. m. Espèce de chameau
qui a deux bosses sur le dos, et qui va fort vile.
U[<OP/V-\. s. m. Soi le d'emiilùlrc coiii|iosé
de poix et d'Iiuile.
UHOSSAHr. subst. m. Nom d'uu Clicf de
Justice eu IluUande et ù Liège,
DRU
DRU , UE. odj. Il se dit Des petits oiseaux
qui sont piV:Is.i s'euvolerdu uid. Ces nwitieatix
suut drus, ils sont dius comme père et mère,
11 signifie figurùnien' , Vif, gai. Ces Enfant
ront drus. Cette fille est d^jù drue. Vous voilà
bien diu aujourd'hui. U est du sljlc familier.
U siguilic encore, Qui est pLinté près i
près, qui est épais, et se dit des Idés, des
Iterbes, et du bois. Ces blés sont fort drus.
Vlicrbe est bien drue dans cette prairie.
On dit aussi, Une pluie drue et mentte.
Il est quelquefois sul>stanlif , et se dit popu-
'airenient. pour, Brave, hardi, gaillard, éveillé.
]^'esl un dru. .
Dnn , pris adverbialement , signifie , En
grande quantité, cl fort près À près. La pluie
Ivmboit dru et menu. Ces blés sont semés bien
ih'u. Les muusaueiaiïes plem-oient dru et menu.
On dit proverbialL'ment en ce seris-Iù , Dru
comme mouches. Les balles de niousnuet pleu-
voient dru comme mouches. Il est du style fa.,
milier.
DRUIDE, s. m. C'est le nom des ancien*
Prêtres Gaulois. On dit. C'est un t'ieux Druide,
pour dire, C'est un liomine fort âgé, qui a
licaucoup d'expérience et de tiuesse en ccruiiict
tllàires.
DR V
DRYADE. 5. f. Nymphe des bois. Voyez
IlAMADnvAnF.
DRÏOITÉRIDE. s. f. Voyes, Focgère.
D U
DU. Particule qui tient lieu, de la préposi-
(ion de, et de l'article le. A la sortie du bois.
Les richesses du Pérou. Colonel du Régiment
Royal. Du temps de Cicéron.
DU. s. m. Ce ({ui est dû. Je vous demande
mon diî. J^ai fait saisir sa terre pour la sûreté
de mon dd.
11 signilïc aussi. Le devoir, ce .'i quoi on est
obligé. C'mI le dil de ma Chartjt, Pour le dii
de ma conscience.
D U D
DUBIfATIF , IVE. «dj. Qui êcrl à exprimer
le doute. Proposition dubitatii'c. Si est quel'
iiuefoit cofi/uMctioii dubitative,
DUlilTATlO^. subst. f. Terme didactique.
Figure de Rhétorique, par l.iqaelle lOrateuc
feinl de douter de U propoiilion qu'H veut
prouver,
5;,
45a
DUE
DUC
DUC. s. m. { On prononce le C. ) Seigneur
revêtu d'une dignité ijui rst la première parmi
la Noblesse de France. Les Ducs et P"iVs ont
.léuncc nu PMement. Duc cl Pair. Duc héré-
A'itinre. Duc à brevet
Il se dit aussi De (jneKiiies Princes souve-
rains. Le Duc de Modène. Le Duc de Purme.
On appclolt .Tuirefois du nom de Duc, Les
Clicfi et les Géni^raux d'Armée. Duc des Fran-
çois. Duc des Auslrasiens, etc.
DUC. suljst. m. Oiseau nocturne à pluma^'
doic, ojant des plumes en forme de cornis aux
deui côtés de l.i léte. Les Fauconniers yoricnl
des Ducs pour attirer les Corneilles, lesMilans.
DUCAL, ALE. adject. Qui appartient u un
Duc. Couronne Ducale. Manteau Ducal.
DUCAT, s. m. Pièce d'or fin, dont la valeur
tst différente suivant les difTércns Pays. Il y a
aussi des ducats ti'arj^ent. H avait mille ducati
de pension. On appelle Or ducut, L'or qui est
au titre du Ducat.
DUCATON. s. m. Demi -ducat. Espèce d«
monnoie d argent.
DLCilE. s. m. Terre, Seigneurie à laqueilj
ic titre de Duc est attaclie. Le Duché d'Orléans,
Le Duché de Bretagne. Le Roi a érirjc cetH
terre en Duché, en Duché-Pairie. Un Duché sou-
verain. Le DuchédeSavuie.LeDucl.£deMHan.
l'n Duché-Pairie Quelques-uns disent, Unt
Duché-Pairie ; et c'est dans cette seule phrase
qu'on peut employer ce mot au féminin.
On appelle Duché |èmclle, Celui qui par let
lettres d'érection passe aux femelles au dcfauf
des Biàlcs.
DUCHESSE, s. f. La femme d'un Duc, oi
celle qui csl revêtue de celle dignité par elle-
mtme. Duchesse d'Vsez. Duchesse d^Aitjuilloii,
Les Duc!. esses ont le tabouret chez la Reine.
Olxhesse. Espèce de lit de repos, qui a un
dossier.
DUCTILE, adj. des 2 genres. Qui se pcul
étendre avec le marteau. Il ne se dit giH':re que
Des métaux. JL'or est le plus ductile de tous la
fnétauœ.
DUCTILITÉ, s. f. Propriéié qu'ont les mé-
taux de s'élen Ire en tous sens sous les coups
de marteau. La ductilité est un synonyme de
uialhahdite.
DUE
DUfcGNE. s. f. Kom emprunte <le l'Espa-
pnol , qui signifie tiouvernante , ou vieille
femme cliargce de veiller ii la conduite d'une
jrune personne.
Il se dit aussi Des entr'-mi tteu.^cs ou frjnmes
qui ménagent de.t rendex-vous ou des téle-à-
ti-te entre deux amans.
DUEL. s. ni. Combat singulier, combat assi-
gné d'iionimc h homme. 5e battre en duel.
Aj'pcla- ijuel(juun en duel. Otrrir le duel. Re-
cevoir, accepter le duel. Refuser le duel. Ils se
tddireril en duel avec des seconds. Ce fut un
duel de quatre contre quatre. Ce ne fut pas un
dutl, ce tie (ni i^u'unc rcncoiifrc. La défense
DUO
des tluels. Les htlits contre les duels. Le P^oi a
lutiércmetit aboli les duels. 'Il
Duel. Terme i\e Grammaire. NoniI>re dont
OD se sert dans la Langue (;recf|uc, et dans
quelques autres , i>our man|uer Deux per-
sonnes, deux choses, dans les noms «t dans les
verlws. Comment ce nom, ce verhe ftil-il au
dud>
DUELLISTE, s. m. Celui qui est conpalïlc do
duel. Dans le temps de In fureur des duels, on
donnoil ce nom à ceux qui faisoiont proleision
de se battre souvent en duel. C'est un duelliste,
un oratid duelliste.
D U I
DUIRK. V. n. Vieux mot qui nVst plus en
iiSMi^e que djHS le si) le tamilier. pour dire,
Convenir, plaire. Cela va^is duil-il:* Cela ne
me duil pas.
DUL'
DULCAMAl'vA , ou DOUCE-AMÈRE. s f.
Voyez Soi.Asu.M.
DULCinCATION. s. f. Aeiion de duleifier,
ou de tempérer les acides minéraux.
DULCll-'IKK. V. a. 'Jermc de Cliimie. Tem-
pérer la violence des acides en y joignant d(
l'esprit-de-vî-n.
DuLCiriÉ,ÉE. participe. ^
DULIE. s. f. Il n'est d'usage qu'en cette
plirase, Le culte de Dulie, pour dire, Le culte
^u'ou rend aux Saints.
D UM
DU.MEIVT. adv. D'une manière convenabli"
â ce qui se doit; selon la raison, selon le^
formes. Il a été dûment averti. Il a été dtimen\
atteint et convaincu. Il est bien et dùmenl
^ ouivu de cette Cliarge^ de ce Bén jice. Il ne se
dit guère qu'eu termes de Pratique.
DU N
DUNE. s. f. On appelle ainsi des collines
fahlonncuses qui s'étendent le long des borda
de la mer. Oti a aphnii cette dune. Les dunes
de Calais. Les dunes de Dunkernuc. t on p!us
grand usaj^e est au pluriel.
DUiNETTE. a. f. Le plus haut étage de l'ar-
riùrc d'un grand vaiss: au. Lca Officias cloient
^ui' la Dunetle.
DUO
DUO. s. m. Ternie de IMusiqne. Morceau de
Musi({ue fait pour <^tre chanté par deux voix,
ou exécuté par deux insliuniens. Un beau
duo. De beaux duo.
On dit iigurémcnt et fanuli'';remcnl d'Uin-
convcrsalion où deux pcrs<»nnes se sont dit des
iirinrcs, ou se sont fait des complimcns, que
C était un duo d^injures, de complimcns.
DUOÎ)ENUIVL s, m. Ternie d'Anatomie cm
pruntû du Latin. C'est le nom donné h la pnv
mière portion des intestins grêles, h cause de
sa longueur qui est de douze travers de doigt. •*
DUR
DUP
DUPE. s. fém. Celui ou re!lc qui f st trom-
pée, ou facile 5 ironiper. C'est une dupe, nne
vraie dupe, une franche dupe, une bonne duve.
C'est la dupe d*un tel. C'est sa dupe. Il en a été
la dupe. Pitre pris pour dupe. Pwiser pour dupe.
Il n'est pas si dupe que vous pensez. Il n'a pas
trouve sa dupe. Nous en seront les dupes, ou la
dupe- car ee mot Remploie souvent au singu-
lier, (pioique joint h des noms pluriels, ]>ourvu
que ce soient des noms coMeetils, ou pris col-
lectivement , comme dans les phrases suivantes, •.
Les personnes de bonne foi sont souvent la dupe
des fjens intéressés. Nous mîmes cette aOiiire en
négociation ^ et nous en [urnes la dupe.
<ryn dit, qaVn homme a été la dupe d'une
afpiire^ d'un marché, pour dire, qu'il n'y a
pas trouvé son conqjte.
Dupe, est aussi Une sorte de jeu qui se joue
avec des cartes. Tenir la Dupe. Jouer à la
Dupe.
DUPRR, V. a. Tromper, en faire accroire.
Duper (juelqu'un. Se laisser duper.
Dupé, ke. partiripe.
DUPERIE, s. ï. Trompevic, fuurbeiie.C'crt
une frjnche duperie.
DUPEUR. s. m. Trompeur. Il est de po-"
d'u5aî;e.
DUPLICATA, s. m. Le double d'une dé-
pèche, d'un brevet On cnfO'>« à VÀndi jtsti-
dciai une dépêche par Vordinairej le duplicata
par une autre voie. U n'y a point d'S au plu-
riel. On lui a envoyé les diipJicutu de plusieurs
ordinaires.
DUPLICATION, s. fém. Terme de Gi-onic-
iric. Il n'est f;ui-re d'usage qued-ms cette phr;i€e,
La duplication du cube , pour sii-nilier Ijc pro-
blème par lequel on demande de trouver un
rube Houlde d'un autre.
DUPLICArUKK. s. f. Terme d'Anatomie,
(jiii se dit de certaines parties <[ui se replient
sur rlIe5-nH''mes . ou de l'endroit ou elles sont
doubles La dupliculurc du péritoine.
DUPLICm*;, s. fém. Il se dit Des choses qui
sont dtubles, et qui devroient être unique».
Ce verre est taillé de façon qu'il cause une du-
plicité f/'o''jcf.«. // y « duplicité d'action dans
cette Tranédic.
Il est plus en usasse au figure, et signifie
Mauvaise foi. Il y a de la duplicité dan$ son
ca'ur , dans ses actions j dans s.*s paroles. Du-
plicité de cœur.
DUPLIQUE, s. fém. Terme de Pratrjue.
Réponse à des nîpliques. L'Ordonnance de
i6Gi n aboli les dupliques.
DUPLIQUER. V. n. Terme de Pratique.
Eournir des dupliques. Il n'est en usa;îe qu'avec
le verbe Uépiiijuer, Quand on a répliqué, du-
pliqué, il faut plaider ou appointer la catise.
DUPO^'UIUS. s. m. Terme d'Anllquaire.
Poids de deux livres. Monnoie valant dnui: as.
DUR
DUR,URE. adj. Ferme, solide, difficile à
pénétrer, à entamer. Dur comme marbre. Dvr
DUR
con-me (er. Le yorphyre est plus dur que le
marbre.
Il est quelqtiefuis simplement opposé ;i
Tendre, mou. Pain dur. Œuf dur. Viande
dure. Un lit dur. Chaise fort dure. Pouls dur.
On dit, Coucher sur la dure^ pour dire,
Coiiclier sur la terre, sur le plancher, ou sur
des plmiclies; et il se dit plus pnrtictilîèrctnent
Des Religieux «jui , pour observer leur régie,
couclieiil durement. Ivt dans ce sens le mol
Diu-ese prend subsl-antivement.
Un dit aussi. qu'Un homme a l'oreille dure.
qu'i'i est dur d^orcille. pour dire, qu'il n'en-
tend pas bien cKiir, qu'il est un |>eu sourd.
Dl'h, signifie quelquefois F»'elieux, rude,
inliuniain, iuscnsible;ct il se dit Des personnes
et des clioscs. Cet homme est dur et sec.Il a un
caractère diir, lame duie, le coeur dur.
On appelle Paroles dures, tenues durs, ré-
ponse dure et sèche., manières dures ^ Des pa-
roles, des manières fîitlieuscs, oITensantes.
On dit aussi. Cela est bien dur^ pour dire,
Cela est fâcheux. Il est bien dur de se voir ca-
lomnier. Il a reçu un traitement bien dur. C^est
une dure nécessité.
Dcn,sÎ5«i(lc aussi Rude, auslère. Les Char-
treux mènent une vie dure. LesSoîdats mènent
une vie fort dure.
Quelquefois il se prend pour Difficile. Dur
a cmout'oir. Cela est dur à diijércr, de dure ù':
gestion ^ pour dire, Difficile h digérer; et figu-
remont , Fâcheux i soufTnr.
Ou dit, que Du vin est dur. pour dire.
qu'llestâpreîquT/ncwoix est duie,j>uur dire,
cju'Flle est nide et désagréable.
On dît, que Des vers sont durs, pour dire,
qu'ils sont peu coulans, qu'ils sont désagrea'
blés h l'oreille.
On dit (îgurcment, qu'Un style est dur,
pourdirc,<pi II nesl poiulfucilc, poinlconlant.
On dit aussi, que Le temps est dur, pour
dire , que Tout le monde a de !a peine h vivre.
Dtjn, s'emploie en matière de Peinture,
d'Architecture et de Sculpture. Ainsi on dit,
qu'Un Peintre a le pinceau dur , pour dire,
qu'il n'y a pas de grâce , de délicatesse dans ce
qu'il peint, et que les traits sont marquis trop
fortement ; que Le Irak d'un morceau d'yirchi-
tectwe est t/iir, pi_>nrdirc. qu'il a de la roideur,
qu'il n'est pas facih*, couhmt.
On dit aussi d'L'ne marchandise qui n'es;
p.is do débit, qu'£/(e est dure à h i>cnte.
Ou dit aussi, Une tête dure^ pour dire, Qui
ne conq>rcnd rien que dillicilenient.
On dit proverbialement , qu'L'n homme est
dur li la desserre, pour dire, qu'il csl avare, et
qu'où n'en anuroit tirer d'argent.
Din, s'emploie aussi adverbialement. On
dit en parlmt d'Un homme un p'u sourd,
qu'il entend darj Ttd'Un homme tropcrèdulc,
qu'il croit dur comme fer tout ce (ju^on lui dit. ,
Cette dernière phrase csl familière.
DUR ABU'., ndjcciif des a genres. Qui doit
durer longtemps. Ouvrafje durable. Paix du-
rtihle. Ce n'eM |).n là une chose diuahle. Bon-
heur, fclicttê durable.
DUR
DURACINE. s. f. KsQècc de pécLe de bon
goût, et dont la cliair est plus ferme que celle
de< autres poches.
DUKA>T. Préposition servant â marquer
la durée du temps. Durant Vhivcr il survint
Durant toute sa vie.
Il se met quelquefois après le nom rj il régît.
Sa vie durant. Six ans durant.
DUiUMR. V. a. Rendre dur. La qrande cha-
leur durcit la terre. L'air durcit le corail.
Il est aussi neutre, et signifie, Devenir dur.
Faire durcir des œufs. Le chcnc durcit dans
Veau.
11 s'emploie avec le pronom personnel. Lo
pierre se durcît à l'uir. Lu boue se durcît au
soleil.
Dcncî , lE. participe.
DURÉiî. s. fcni. L'espace de temps qu'une
chose dure. La durée du monde. La vie des
hommes est de courte durée. Son lèqne fut dxi
peu de durée, de loufjue durée. Eternelle durée.
Les choses violentes ne sont pas de durée.
DUIŒME?JT, adv. D'une manière dure,
Bvcc dureté. £lrc couché duiement. On Va
iraité durement. Ecrire durement. Peindre du-
rement. Il lui parla durement.
DURE-MtRE. s. fc'ni. On appelle ainsi La
membrane extérieure qui enveloppe le cerveau.
Il a reçu à la tctc un coup tjui offense la Dure,
mère.
DURER, r. n. Continuer d'être. Toutes les
thoses durejit peu. Il n'y a rien ici-bas nul
dure éternellement. Il y a ttn an qiie sa /îèt're
dure, (jne la fiè'^rc lui dure. Leur amitié n'ii
i^uère duré. Leur t^uerelle dure encore. Quel'
ijues fleurs ne durent qu'un jour.
Il signifie aussi absolument , Lurer long-
temps. Vot/(i une étojfs à durer. Cela ne du-
rera pas.
On dît proverbialement, qu'il fautfc.ire vii
(jui dure, faire feu qui dure, pour dire, qu'il
faut ménager ce que l'on a , et ne pas dépenseï
En un seul jour ce qui peut suffire pourplusieurs.
On dit , Ne pouvoir dwer en place , pour
dire, Lire si inquiet, qu'on ne peut demeurer
dans le même lieu, d:ms la mênie situation.
On dit ptuvcrbinlcment . iVe pouvoir durer
dans sa peau ^ pour dire, Ne pouvoir se conte-
nir par excès de joie, ou de quelque outre
passion.
On dit, Ne pouvoir durer de chaud, d:
froid, etc. ponr dire, Éire extrêmement i.icom-
moiié du chaud, du froid, etc. // y fait st
chaud ï^u'ori n'y sawoit durer. Il ne saiiroil
durer du mal de tête. Ce» phrases soûl du style
familier.
On dit. que J^c temps dure à quelqu'un ,
pour dire, que L'inipaliencc qu'il a de voir
arriver une ehode qu'il attend, lui Ihit tiouvcr
le temps long.
On dit laniiliêrenieot d'Un homme fâcheux
et difficile, qu'O» ne snuroit durer avec /ur,
qu'on n'y saurait durer.
DUREÏ, liTTE. odj. Diminutif de Dur. Ce
mouton est un peu duret. Cette poularde est
àurette. Il est du »lvle familier.
DUV
453
DURETÉ, s. fi-iii. Fennctc, solidilc, ce qiii
fait qu'une cliusc rv>t iliflicllc à péiiiitrer, à en-
tamer. La durelé du /It. La durelé du marbre.
On le dit quelquefois simplement par oppo-
sition 1 ce qui est len.lre , mou. La dureté de la
viande. La dureté d'un lit.
On appelle aussi Dureté, Une Immcur cfui
s'amasse et qui s'endurcit en quelque endroit
du corps. Il lui est venu une dureté au sein.
t)ndit.qu'6^i homme aune durelé d'ureilU,
pour dire, qu'il enh'nd un jwu dur.
On dit fi;;urenietit, Dureté v.t style, pour
dire. Une munit-rc d'écrire contrainte, oii il n'y
a ni facililc , ni douceur. ,
On dit aussi, Dureté de pinceau, en par-
lant d'Une manière de peindre stclie et sans
{^r.iccs.
OunETÉ , signifie encoro Ggurémenl , Piu-
dcsse . insensibilité , inhumanité. Il l'a traité
avec dureté. C'est un liomme tfui a une qrande
dureté de cœur. Il a beaucoup de dureté pour,
les pauvres.
On appelle Duretés , Des discoiu's durs et
ofl'uns^ins, etc. Il lui a dit beaucoup de duretés.
l)UKlLLO>. s. m. Espèce de petit calus ou
de dureté. Avoir un durillon à la main. Avoir
des durillcnts aux pieds.
IIUKIUSCULE. adj. des 2 genres. Diminu-
tif. Un peu dm". Le pouls &>t duriuscule.
DUT
DUTRO.\. s. m. Plante qui croît en Améri-
que. Sa graine ressemble à celle du melon,
Jlélée avec le vin , elle cause une joie insensée,
et lait perdre la mémoire. On accuse les Poiln-
gaises d'eu faire prendre quelquefois à leurs
maris.
DUU
nUUMVlR.4T.s.m.(UMsepron.OMEdans
ce mot et le suivant. ) Charge de Duumvir.
Il se prend aussi pour Le temps pendant le-
ipiel un Duumvir a exerce' sa charge. Celo s'est
[>as5e' sous le Duumviral de P. C
DUUMVIRS. s. m. pluriel Titre que l-s
Romains donnoient u diili-'rens Magistrats. Les
Commissaires chBr^1■s cxtraordinairement de
l'instruction de certains procès, se nominoient
Duumvirs. Les Inlondans de la Xovigation por-
toient aussi le même nom. Dans l'origine ils le
liroient de leur nombre, quoiqu'ils n'aient pas
toujours été fixés dans la suite h deux.
DUV
DUVET, s. m. I,a mcoae plume de» oiseaux.
Un oreiller de duvet.
On appelle fi;;un*ni' ni Duvet. Le prcmi«'r
poil qui vient au n-.enton et aox joues des
jeune» gens,
IluvEr , se dit .lu.ssi d'Une cspc-ce de cotou
(pii vient sur certains fruits. Les coins toni cou-
vert.i d'un petit duvet.
DUVETEU.X. adj. Terme Je Fauconnerie,
qui se dit Des oi,s<'aux qui ont beaucoup de
pliinies molles et délicate» proche la chair. Cet
oiscttu est duveteux.
404
D\N
DYN
DYNAMIQUE, s. f. signifie proprcineni la
science des forces on puiÉsaiiccs <]ni meuvent
les corps. Il se dit plus particulièrcuient De la
science du lucuvcjncat des corps qui agissent
les uns sur les autres, soit eu se poussant, soit
eu se tirant d'une uiauicre ijuclconque. Traite
de Dynamique.
UYNASTE. s. m. Petit Souverain , c'cat-J-
dire, Prince dont les Élats ctoient peu considé-
rables , ou qui ne rsgnnit qu'.'. titre précaire ou
fous le bon plaisir des g.andcs Puissances,
telles que les Romains, les Parllies, clc.
DY.N.4STIIi. s. f. Terme de 1 histoire an-
cieunc de» Monarchies d'Orient. Suite de Rois
DYS
ou de Princes qui ont régné dans un Pays. Il
se dit siu-lout en parlant Dos anciens Rois
d'Egypte. Les Dynasties d'Kqypte sont fort
emhvouiU^es. Soùs la première Dynastie,
On l'emploie encore pour désigner Une suc-
cession de Souverains d'une menu; famille. La
j-évolution (V.'inqleta-re en i(588, « amené un
chunnement de Dynastie.
D YP
DYPTIQUES. Voye. DiPxiguES.
DYS
DYSCOLK. adj. des 2 genres. Il se dit V.c
celui Cj[ui s'tcarte de l'opinion reçue, ou dune
j.crsonne avec qui il est diîllcilc Je »ivre.
DYS
UYSPEPSII-:. s. {. Ternie de Médecine. Di-
gestion laborieuse.
DYSP.NKK. s. f. Tfrme de Rlédecine. DifH-
culié de respiration.
UYSSESI'KRIE. s. f. Dévoiement avec dou-
leur d'entrailles, espèce de iîux de sang. Cau-
ser la dyssenlcric. Arrètei- la dyssenicrie. Le
cours de rentre dèqénère souvent en dyssente-
lic. La dyssenterie se mil dans i'armie. Il est
moyt d'une dyssenterie.
DYSSICNTÉRIQUii. adj. des 2 genres. Qui
appanieiil à la dyssenterie. Fiii-r i/y.s.M.iilcri((iie.
DVSURIE. s. f. Terme de .Médcciue. DilH-
culte d'ur.ner.
EAU
E. s. m. La cinquième lettre de l'-Vlphabet, et
la seconde des voyelles. GranrfE. J'clil e. E/cr-
nié. E ouicrt. E masculin. E féminin ou muet.
E accentué.
On distingue dans la Langue Iroîssortcsd'e:
Yi ouvert, le muet et l'é fermé. Par «simple,
dans le mot fermeté ,1e premier e est ouvert, le
.secmd est muet, el le iiiiisiùine est renne.
On distingue encore deux e ouverts : le grave,
lel qu'il est dan» succis; et l'aigu, tel qu'il es!
dans la seconde syllalie de trompette.
Lorsqu'on met un tréma sur un e , cela in-
dique que l'e se prononce séparément de la
voyelle qui précède. Voyez TbÉ.ma.
EAU
EAU. ». f . Élément llffuidc. L'élément de
l'eau. Eau é/émenijirc. Eau naturelle. Eau de
source. Eau de fontaine, de puits, de citerne,
àe ruisseau, deriviérc, de murc.Eau de pluie,
ou pluviale. Eau de roche. Clair comme e,iu de
roclie. Eau du CieL Eau de neinc. Eau de mer.
Eau claire. Bonne eau. Eau bonncàhoire.Eau
fade. Eau vive. Eau fraîche. Eau chaude. Eau
rourante. Eau jaillissante. Eau dormante. Eau
croupie. Eau bourbeuse. Eau lé(jére. Eau pe-
sante. Eau puante. Goutte d'eau. Verre d'eau.
Seau d'eau. Porteur d'eau. îl y a tant d'ar.
pens (Tenu dans cette Terre. Fuiser, tirer de
l'eau. Boire de l'eau. Il ne !>oi( (jue de Veau
rougie. Il boit le vin sans eau. Mettre de l'eau
dans son vin. Il est si vilain, si avare, qu'il
ne donnerait pas seulement un verre d'eau.
Vn .ippellc Buveur d'eau. Celui qui ne boit
que de i'cuu.
On dit. Jeûner ou pain et à I'cimi, pour dire,
^'e manger que du pain et ne boire que de
Teau.
On dit dans le même Mn> , Mettre un pri-
sonnier au pain et à Veau.
On dit proverbialement, d'Un homme quint
E
EAU
vaut guère, principalement d'un valet qui rend
peu de service, qu7/ ne vaut pn^ Veau ^u'il
hoit.
On dit familièrement d'Un mirclit- , d'un
travail où il n'y a rien à gagner , qu7/ ny a
pas de Veau à hoîre.
On dit proverbialement d'Un homme qui
est si œallieureux ou si malliahilf-, que le
moindre accident est capable de !c perdre, qu"/l
se noieroit dam un verre d'eau.
Eau, s'emploie par rapport aux fontaines.
Fouillez en cet endroit-là j v_ous troui-crsz de
Veau. Une source d^eau. Une /t(j«e d'eau. Un
pouce d'eau. Filet d'eau. Jet d'eau. Nappe d'eau.
[Réservoir d'eau. Rond d'eau. Carré d'eau.
Pièce d'eau. Pièce d'eau de tant d'nrpens. I\
"utend la conduite des eaux. Eau jaillissante.
Kau plate.
On dit ])rovcrbialcnieiit ,qu7/ jVest pire eau
que Veau qui dovt^ pour dire, qu'Un liomme
taciturne, sombre, morne, est plus dangereux
que criui (jui parle beaucoup.
Ou dit De deux personnes qui se ressemblent
CoTt jiin' Elles se ressemblent comme dcujc gouttes
d'eau.
Eau docce, se dit lie Icau des rivières, des
L'tangs, des lacs, h la différence de l'eau de la
mer. Poisson d^cau douce.
On dit proverbialement d'Un Médecin peu
habile, ou qui n'ordonne que des remèdes fort
communs, el qui n'ont aucun effet, que CW
un Médecin d'eau douce.
Eau , se dix à !'éj«aid de ses dificrcus usages.
Eau chaude. Eau bouillante. Eau ferrée^ où
l'ou a éteint un fer chaud ; Eau pance^àaus la-
quelle on fait tremper du pain; Eau battue^
que l'on a versée ptusicui-s fois d'un vase dons
un autre; £au blanche, où l'on mel «lu son
pour la faire Uohc aux chevaux.
On appelle Eau Baptismale , l.'em dont OD
te te^ eu donnant le Sacrement de Baplè^nc.
EAU
Eau bénite. On appelle ainsi I/eau qui se
bénit dans l'Ef^lise les Dimanclies avec des cé-
rémonies parlicuHéres, et plus solennellement
à Pâques et à la Pentecôte. Donna', jeter, pré-
senter de l'eau bénite.
On dit, Faire î'can bénite, pour signifier^
La cérémonie do la bénédiction de l'eau.
On dit pi-overbialeraent d Une vaine protr*.
tatioD de service et d'amitié, que C'est de Veau
hcnite de Cour.
On dit proverbialement et bassement, d'Une
afîàirc qui ne réussit point, qu'£i/e s'en va «a
eau de boudin.
On dit ^l^ulén^enf, Porter de Veau à la mer,
à la rivière^ pour dire, Porter des choses en un
lieu oxi il y en a déjà une grande abondance.
On dit demfmefii;urémeutet proverbialement,
que C'est porter de Veau à la mer, à la rivière,
que de donner à une personne très-riche , et qui
n'a besoin de rien. On dit dans le même sens,
C^cst une goutte d'eau dans la mer.
On dit proverbialement, qu'f/n homme a
mis de Veau d^^ns son vin, pour dire, qu'il a
modelé son cmi ortement, ses pitrtentions. etc.
On dit, Suer sang et eau, pour dire, Faire
des efforts eitraordinaires pour venir à bout de
quelque chose. Kn ce sens il se dit aussi dUn
homme qui smiiTre extraordinairenicnt. Il se
ilit plus .stmvcut Iles peines dVsprit. // enten-
dait des choses si tlésagréablcs , quil suoit sang
et eau.
On dit d'Un ragoût, d un fruit, etc. qu'M
ne sent que i'cau, pour dire, qu'il ne sent rien,
qu'il est insipide.
Eau, se prend plus particulièrement pour la
pluie. Si II vent dure ^ nous aurons de Veau. Il
est tombé bien de Veau. Le temps, le vent est à
l'eau. Vêlé a été ti op sec , tout a sêcliè faute
ri'eau. Les blés ont grand besoin d'eau.
On dit, qu'f;» homme est obligé de recevoir
Ici cau-c de son voiiirt, poui dire, les lanx
EAU
pluvi.-ilcs qui toinI)CDt de dessus le toit de la
ninison de son voisin.
liAu, si;;uirie qudquefois, Mer, rivière» lar,
étan^. Au borJ tle Veau. Se jeter à l'eau. Aller
fmr eau. Passer Veait. Il ne saurait soufJ'riiVcau^
il va toujours par terre. Ce hathet va bien à
Veau. S'en aller à vau-l'eau. Nage/', flotter sur
l'ciiu. Aller au jind de Veau. Revenir sur l'eau.
Craindre Veau. Lancer un navire à Veau. Ad-
qer entre deux eaux. Couper Veau en nageant.
J.e navire fcndoit les eaux. Ilavott del'eau jus-
tfu'au cou y il n'en avoit t^u'à mi-jambe. Battre
Veau pour prendre du poisson.
C>n dit. A fleur d'eau, pour dire, Au niveau
de la superficie de l'eau. liuttcrie à jlcur d'eau.
Coup à fleur d'eau.
t)n dit fi];urément De eux qui ont rélahli
Icu:i ufTjires, qu7l5 sont revenus sur Veau.
Ou dit, que Les eaux sent grandes ^ nrosses^
hautes y etc. pour dire, que Les eaux des ri-
vières sont débordées, les chemins inondés.
On dit, que Les eaux sont basses, pour dire,
qu'il y a pou d'eau dans les rivières.
On dit figurément cl fumiiimincnt , qxic
Les eaux sont bames^ Quand il n'y aplusj;uère
d'ïirgcnt dans le cnflre,dans la bourse, ou pluj
guère de via dans le tonneau, dans la buu-
ici lie.
Od dit aussi Cgurcrarnt, Battre Tciu, pour
dire» TravuiUtT inulilenuMit, perdre sa peine.
Et l'on dit aussi dans le même sens, d'Une
tenlalive qui n'a rien produit, et qui ne peut
rien produira que C'c^t un coup dêpèe dans
Veau.
On dit» Rompre Veau à un cheval qui boit,
pour dire, I.'cnipicîierde boire trop ttvidemeul.
On dît figurément, qu' 6/ n homme nage entre
deiur eaur, pour dire, qu'il se nicnage entre
deux parîis contraires, saus se déclarer.
On dit figurément et familièrement, fm'Uni
entreprise, qu'une affaire est à vau-Veau^ poui
dire, qu'ElIc est mauquée.
On dit figurément, Nager en grande eau,
en pleine eau, pour dire, Èlrc dans l'abon-
dance, ou se trouver dans les occasions de faire
plus faraude fortui^r.
On appoil • fi'urcment et par plaisantene»
Cens de de-là Veau , Des gens qui ne savent
p^is les C'ioses du monde. Vous nous prenez
pour des gens de de-là Veau.
On dit fij^urénicnl , qu'// faut laisser couler
VeaUj pour dire, qu'il faut laisser niler les
choses coniBie clL-s vont, sms s'ai multrc eu
peine.
On dit proveibialunifnt, qu'// a lien passé
de l er.u iorvi les ponts depuis ce temps-là, |x>ur
dire, qu'il y a bien eu des cliangenicns cl de»
rèvclulîons.
i^\ dit figiirdment et Cimilièrcmenl, Faire
venir Veau au moulin , pour dire. Faire venir
du piofil h la uuison, à la Communauté.
On dit fi;urcnH:Dl, Vêcher en eau trouble,
ponr dire, l'aire son profil, fair«bi«'n sesnflàiiTs
|endint le trouble, U division, les nuUicur»
publics, cle.
On dit fig'tréni. et rimilièrcm. d'Un liomme
EAU
qui est dans un étal où il ne lui manque rien
pour^tre ^ son aise, qu7/ est comme le poisson
dans Veau.
On dit provcrbialcm. et faniilîèrem. d'Une
personne qui a la passion du jeu, qu'£l/e jo«e-
roil les pieds dans l'eau.
On dit proverbialement et figurément d'Un
bommequî paroît simple el innocent, quoiqti'il
soit malin. Il semble gu*tl ne sait pus Veau
troubler^ guil ne sait pas troubler Veau.
On dit d'Un valet malhabile , qui ne trouve
point les choses les plus aisées à trouver, qu'//
ne Iroui'croit point d eau à la rivière.
On dit De dfux personnes qui ont de l'aver-
sion l'une pour l'autre, ou qui sont de carac-
tères, d'opinions, très- opposés, que C^est le
jeu et Veau.
Ou dit Cpurémcnt et familièrement, Tenif
le Ijcc dans Veau^ pour dire, Amuser de bellel
paroles, de belles promesses, tenir en suspens,
sans donner de réponse positive.
On dit,qu't/n Navire fait eau, pour dirCj
qu'il y cutrc de l'eau par quelque ouverture;
on appelle cette ouverture Voie A'eau. Etan-
citer une voie d'enu, pour dire, Boucher l'ou»
vtrîure par où l'eau entre dans le Vaisseau.
On dit aussi, qu'Un Vaisseau, une F/oïic,
sont ailes faire de Veau en guelgue /leti, pouf
dire, qu'ils y sont allés se fournir d'eau bonix
it boire.
On (lit, Les eaux d'un Navu e , poui- défignci
La partie de la mt'r qu'un Navire laisse aprèl
lui h mesure qu'il avance. Un Vaisseau es(, s*
met dans les eaux d'iui autre, Lorsqu'il file eu
qu'il entre dans le même sillage.
On dit, quX'n pojsson est Je bonne eau,
pour dire, qu'il ne sent point ia bourbe. Carpt
de bonne eau.
Ead, se dit aussi De certaines eaux qui, en
passant au travers des minéraux, contracieni
quelque vertu médicinale, soil qu'on s'y baigne,
soit qu'on les boive. 7iau minérale. Eauc ther-
males. Eau de Forges, de Spa, de Bourbon^
de Bourbonne, de Passi, de Sainte-Reine.
Eaux vitrioligues^ alumineu.es, etc. Aller aux
eaux. Prendre les eaux, llprml tous les matins
deux bouteilles d'eau d'un tel cndro't. Les eaux
ne lui seront pas bonnes. Il ne rend point ses
eaux. Les eaux ne passent point.
On appelle Eau, Certaines humeurs, cor-
laines sérosités qui se Irouvonl , qui s'engen-
drent dans le corps de l'animab Quand il ftt
inort, on lui troiii'a la poitrine toute pleine
d'eau rousse, d'eau verddtre. Les eavx gui
lomhcntj à ceguon prétend, du cerveau. Il ya
de Veau dans la poitrine. Lts vésicatoites fotit
des ampoules pleines d'eau claire. Cette méde-
cine lui a bien fait vider des eaux. Ce cheval a
des eaux aux jambes , H fundroit sécher ses
iNiu-r, bit b.irrer les veines pour an*^(er Ici eaujr.
On lui a tiré de inimi'nù sang, ce n'est gue de
Veau. Cette femme accouchera bientât, ses eaux
ont pacè.
On dit figurêm. el fjmilierero. d'Un liomme
devant qui on fait ou l'on dit qarl'iue cho!tc
qu! le met en goût, qui lui donne envie, qu'On
EBA 45.";
lut fait venir Veau à la bouche, que Veau lui
en vient à la bouche. Quand vous lui parlez de
ce ragoût, vous lui faites venir Veau à la
bouche.
On dit, Foudre en eau, pour dire, Vei-ser
des larmes en abondance.
Eau, se prend aussi pour Sueur. Il s'est
échauffé à courir, il en est tout en eau. L'eau
lui dcgoultoit du visage.
Kau, si;^nifie aussi Urine, en style jx>pii.
iairc. Faire de Veau. Lâcher de Veau. Retenir
son eau. Laisser alla' son eau. Il faut garder
de son eau dans un verre, pour la faire voir
au Médecin.
On dit figurément et familièrement d'Un
homme qui n'a rien opéré dans une afi'aire
qu'il avoit entreprise, et qui n'y sauroit rien
avancer , qu'il n'y a fait el qu'il n'y j'era gue
de Veau toute cluiie.
Eau, se dit aussi d'Une liqueur Artificielle,
exprimée de quelque plante, de quelque dro-
gue, ou tiiée par l'alambic, ou composée de
difTéreus sucs. Eau rose. Eau de plantain. Eau
de chicorée. Eau de veau. Eau de poulet, etc.
Eau-de-vic. Eau d'ange. Eau de senteur. Eau
de la Reine d'Hongrie. Eau de fraises, de ce-
rises, de groseilles. Eau stypligue. Eau fubié-
rarrc. £«11 cïflîrcfte. Eau cordiale.
Ijcs Chinuster, font diflerentes sortes d'eaux.
De Veau-forte. De Veau seconde. De Veau de
départ. De l'eau régale. De l'eau de chaux.
Eau-Forte. On nomme ainsi Une estampe
pravée avec le seul secours de leau-forie. et
dans laquelle le burin n'a pas travaillé. L^ne
bolle eau-forte.
Eau, signifie Suc, en parlant De quelques
fruits , particulièrement de la pèche el de la
poire. Celte pêche, cette pou'e a une bonne eau,
une eau fort agréable, a bien de l'eau.
Eau, se dit aussi Du lustre, du brillant
qu'ont les perles , les dianions et quelques
autres pierreries. Ces perles sont d'une belle
eau. Ces diamans sont de la première eau.
On dit aussi. Donner eau à un drap, à un
chapeau, pour dire, Lui donner du lustre.
On appelle Couleur d'eau , Une certaine
couleur qu'on donne ou fer poM . Inquelle le
rend blen'itre. // faut metlte ces pistolets, ces
épo'ons en couleur d'eau.
On appelle Vsrt- d'eau, Une couleur veit-
clair.
EAUX ET FORÊTS, s. f. pluriel. Juridic-
tion qui connoit de la chasse, de la pèdie, drs
bois el des nvirrcs, tant au civil qu'au criminel.
Grand Maître, Maître des Eaitx el For£t%,
EBA
Élî/VJIIR, s'ÉoARiK. T. pron. S'étonner, ^ito
surpris. Il vieillit
EitAOi, lE. participe. 71 fut bien ébahi, tout
ébahi.
I^BAîflSSEMENT. i. m. Étonncment, sur-
pris'. 11 virillil.
EBARBER. v. a. Otcr les parties exc<fdamc9
et superflues de quelque chose. Ebarber du
papier j des plumes, des pièces de monnoie.
456
EBE
ÉBAnBRn. Terme de (îrovure en taille douce.
Enlever avec le ventre du burin ou avec l'éhar-
Iicir, la petite lèvre ou barbe qui reste au bord
i\i la taille, afin que le trait paroisse nCL
Rbarbé , ÉE. participe.
ÉBARBOIR. s. m. OutH qui sert à eliaiber
qi'cVîue chose.
ÉBAROUI, lE. adj. Terme de Marine. '
Desséché. II se dit d'Un vaisseau dont le bor-
dage est dessëchd par le soleil ou par le vent.
ÉBAT. 8. m. Passe-temps , divertissement.
Prendre ses ébats. 11 n'est plus que du style fa-
milier, et ne se dit guùre qu'au pluriel.
ÉB.VlTE^dENT , s. m. signifie la même
chose, et ne se dit guère qu'en plaisantant. .S'il
vetitvh'i'ler, je lui en donnerai léhatIcmenL 11
est vieux.
On dit, qu't/ne voilure a tant de poneCs
d'ébaltement , pour dire, qu'Elle a tant de
pouces de jeu dans ses balancemens entre les
brancards.
ÉB.\TTRE, s'ÉbAtthe. v. pron. ( Il se con-
jugue comme Battre. ) Se réjouir , se divertir.
Alle^i'out ébattre dans la campagne, à la cam-
vanne. Il ne se dit qu'avec le pronom person-
nel , et il est vieux.
ÉBAUBI , lE. adj. fitonni! . surpris d'ad-
miralion. Il est populaire , et ne s'emploie
qu'en plaisantant. Voiis voilà bien ébr.ubi.
ÉBAUCHE, s. f. Ouvrage de l'cinturc et de
Sculpture, qui n'est que commenc<5, mais où
les parties principales sont indiquées. Ce n^est
i^u'une léiyre éhauche ,qttc la première ébauche
11 se dit figurcnient Des ouvrages d'esprit
Aans !c morne sens. Celte pièce n'est pas ache-
vée^ elle n\i pas la dernière main, ce n'esl
qu'une ébauche.
r.BAUCHER. T. a. Terme de Peinture et de
Sculpture. Commencer un ouvrage, lui donner
les premiers traits en indiquant les parties prin-
cipales. J^baucher une statue ^ un tableau.
11 se dit figurcment Des ouvrages d'esprit.
Cet Auteur na pas mis la dernière main à son
ouvraqe, il ne Va (ju'ébauché.
Ébauché, ée. participe.
ÉBAUCHOIK. s. m. Outil de bois ou d'i-
voire , dont les Sculpteurs se servent poui
ébaucher.
ÉBAUDIR , s'Ebaudik. v. pron. Se réjouir
avec excès, et témoigner sa joie en dansant,
sautant, ou de quelque autre manière senr
blable. Il est vieux, et ne s'emploie cpi'en plai-
santant.
EBAUDI.SSEMEKT. s. masc. Action de s'e-
haudir.
EBE
EBE. s. f. Terme de Marine, qui se dit, en
plusieurs Provinces , du reflux de la mer.
ÉBfcNE. t. f. Le bois de l'Ébénier. £héne
noire. Cabinet d'ébcne. Bordure d'ébènc. Tra-
vailler en ébénc. Il y a diverses sortes d'ébéne.
De Vébéne verte. De Vébcne grise. De Vébéne
Ttuge et noire, blanche et noire.
ËBÊMER. v. a. Donner i du boit la couleur
«le l'ébine.
E15 0
J^nÉxÉ, ÉE. particij'e.
LBliMER. s. m. Kspèce d'aiLre qui vient
dans les In^cs, en Afiii^iue, et dont le bois est
fiut dur, et ordinairement noir. Il y a des jo-
rets ti^I'.bcnicrs en ce pays-là.
KIÎÉMSTE. s. ni. Ouvrier qui tnivaille en
ébènc, et en autre scrie de bois précieux, ou
en ouvra|^;e de marïjuotfrric.
LBÉMSTKIUK. s. f. Le mrticp de 1 Klït-
niste. Il se dit au»si Des ouvrages qti il i^^'
Travailler en cbcnistfirie. Faire le commercn
il c'ocnistei'ie.
ERL
BBLOUîR. T. p. Empcclicr l'usage de la vue
par une trop grande luniîèr'^. Le soleil i'blouil
la Tnc, êhlouil les yeuT , rwii^ âllonit. La
fjraiidc blancheur^ la neiqe ébloui* .
ih\ dit fig^nréuient, C*"e.st une bcaitlé (jui
iblouit
Il sij^nifie fiijTïre'iTicnt , Surprendre l'esprit
par f[ucl([ue clisse de vif. de brillant, de sp»'--
citHix. ]l ni'd alléqué tant de raisons^ au H m u
ébloui. On se ïflTSse souvent cblouir par Veilui
du style. Son éloquence éblouit plus (ju'clh
n\'claire.
Il signifie aussi, Tenter, séduire. Les qran-
deurs Vont ébloui. Il s^'^sl laissé éblouir à /'or.
Il a été ébloui de Véclat des richesses^ par la
richf-sscs. Les promesses (ju on lut a faites Vont
ébloui.
l'-DLoni, lE. participe.
ÉBLOUISSANT, A>TK. adj. I) a les ^iai-;
ticntions de <on verbe, an propre et nu ligure.
J\clat éblouissant. Couleur éblouissante. Beauté
éblouissante. L« ueicje est ébloui-isarite.
KBLOUISSIiMF.NT. s. m. nifificultê de voir,
causée pnr trop de lunli^re. // est inipossifc/i; df.
regarder le soleil sans éblouissenient.
Il sii^nifie nu^si XJnc difficulté de voir, occa-
sinne'e par cpielque vapeut , ou par quelque
rnitre cause intérieure. Il tn'a pris un tel cbloui^-i
sèment que je ne. voyais (joutte. Les inipeur*
'iont souvent accompacjnées de verii(jes et d'é-
Ulouissemens.
LUC
FJÎORCiNKB. V. a. Uen.îre bcrj^^ne, piiver
.4 un u;... Une branche '^'arbie Va tborqrè à la
chasse. Il s'est éborgné za tombant.
On dit tr6s-souveril, pfr exagération, Ehor-
qner queUpi^in^ pour diic, Lui faire grand
mal à l'œil.
On dit figurcment et fiiniilirrrmei.t , (\u'Un
mur, qn'«n arbre cborqne une chambre, un
appartement , pour dire, quTl lui ôle une pjir-
lie de la vue, de son jour.
ÉuonoNn, ék. participe.
ITîOl-TLLIU. V. n. (Il se ronjns"e comme
Bouillir., nniis il ne s'emploie j^urre qu'à linii-
niiif et au païueipe.) Oimimier à force de
bouillir. Ne laissez point tant ébouillir le pot.
JjiouiLT.i , lE. participe. Le pot est trop
ébouilli. Cette sauce est trop ébouillie.
l'::BOULi:Mi:Nr. s. m. Cbule de la chose
qui s'éboule, ou étal de la chose éboulc'e. L'é-
EBR
ioKlemcnl de la muraille. I/'e!>aiiIement iti hit-
iwn. h'ehoulement des terres^
ÉBOULr.R,v.n.s'EnoLLEn.v. pron. Tomber
en ruine. Il te dit Des terres, des bâtinieiis qui
se détruisent, qui se dérangent, qui se renver-
sent. Le rempart s'éhnile. Ceti\: muraille s'est
éboulée. Cela fera ébouler ce bastion. Cette pile
de bois s'est éboulée.
Éuovr.É.ÉE. participe.
j-,UOL'LlS. s. m. (;ho9C qui s'est ëboulée.
Un éboulis de sable, de terre, etc.
EB()U1U;EONNEME>ï. s. m. Retranclie-
nieiit de bourgeons superflus des arbres frui-
tiers, pour les soulager, les conserver, et leur
faire porter de plus beaux fruits.
EB0URGEO.\NER. v. a. C'ter des bour-
geons ou nouveaux jets des arbres. Voici le
temps (piil faut ébourqconner les vignes.
Ebouiiglo.nné, f.e. participe.
ÉBOURIFFÉ, EE. adj. li se dit Des per-
sonnes dont le vent a mis en désordre les che-
veux, la perruque ou la coiffure. Vous êtes
tout ébouriJj'è.Elle an-iva tout ébouriffée. 11 est
familier.
ÉBOU.SI?*ER. V. a. Terme de Maçtvvnerie.
Otcr le bousin d'une pierre, c'est-à-dire, cette
croûte tendre qui tient autant de la terre que
de la pierre. Il faut ébausiner les pierres av.,nt
nue de les tai!ïer pour les employer.
ÉB0C9ISÉ, ÉE. participe.
EBR
ÉBRANCHEAIENT. s. m. Action d'Ann-
clier un arbre, ou l'effet de cette action.
EBKAJiCHER. v. a. Dépouiller un arbre dO
ses branches en les coupant ou en les rompant.
Il faut ébrancher cet arbre. Le vent a tout
ébranché ce chêne.
EiuiANCHÉ, ÉE. participe.
ÉBRANLEMENT, s. m. Secousse, action
par laquelle une chose est ébranlée. Après un
si grand ébranlement , il est à craindre gue
cette muraille ne tombe. L'ébranlement du
cerveau.
Il se dit aussi figurément, L'el)rari!e.iient de
su fortune lui ft perdre la moitié de ;es amts.
Les guenes civiles causent de grands ébrunle-
mens dans les jortunes.
ÉBRANLER, v. act. DooniT des secousso»
h une chose, eu sorte qu'elle ne soit plus dans
une ferme assiette. Cette mine, cette batterte a
fort ébranlé le bastion. Les vents ont ébranlé
cette maison. Les éruptions de l'Etna ébrnn-
(eiil loule la Sicile. Ce coup lui a ébranlé le
cerveaiL
Il se dit fîsiu-ément Des personnes , et signi-
fie. Émouvoir quelqu'un, l'éumner, faire qu'il
soit moins ferme dans la situation d'esprit ou
il e'toit. Les raisons gu\m lui a dites l'ont jnrt
ébranlé. Les malleurs, les disgrâces n'ont point
i:branlé son courage, sa constance.
On dit en termes de G uerre , que Des troupes,
des colonnes, des lignes commencent à s'ebran.
lei-, pour dire, À se mettre en mouAcinent. La
vremicre ligne s'cbranla pour chai jer lu en-
nemis
EGA
On le dit aussi Des troupes qui commencent
a faire quelque mouvement pour prendre la
fiiile. Ce Rt'tjinicnt êtoit exposé à un sî grand
feu, qu'il comniençoil à s'ébranler; la présence
du Général le rassura.
ÉBnASLÉ, ÉE. participe.
ÉBR ASER. V. a. Terme d'Architecture. Élar
gir en dedans la baie 'd'une porte ou d'une croi-
sse. On dit aussi Ehrasemenl.
ÉBRÉCHER. V. a. Faire une hrcclie. Ebré-
cher un couleau , un rasoir, e(r. S'élirécher une
àent. II ne se dit qu'en ces plirases.
EavicBÉ, ÉE. participe.
ÉBREM2R. T. a. Ôter les matières fécale»
«l'an enfant. Cède nourrice a ébrené son en-
fant. I! est bas.
ÈBDZsi, ÉE. participe.
ÉBRILL.4DE. s. f. Terme de Manège. Se-
cousse qu'on donne avec la bride è un cheval,
peur le retenir ou le faire tourner.
ÉBROUEMENT. s. m. Ronflement d'un
cheval ii la vue des objets qui l'effraient.
EBROUER , s'EonoLEn. v. pron. Terme d(
Manfge. Il se dit li'Ln cheval qiu' fait un ron-
flement h la vue des objets qui liffraienl. Le:
chevaux vifs s'ébrouent facilement.
ÉBROUER. V. a. Ebrouer une pièce et étoffe,
ie toile, La laver, la passer dans l'eau.
EBnoLÉ,ÉE. participe.
ÉBRUITER. V. a. Divulguer, rendre public.
IX ne faut pas ébruiter celte affaire.
11 se met aussi avec le pronom personnel. 71
faut prendre garde que celle affaire, cette nou-
Bf/!e ne j'élruile, ne vienne à s'éôruitcr. CelH
Tiouvelle commence ù s'ébruiter.
ÉsnciTÉ, ÉE. participe. Ajfiiire ébruitée.
EBU
ÉBl'AKD. s. m. Coin de bois fort dur et
recuit, qui sert à fendre des bûches.
EBULLinOX. s. f. Espèce de maLndie qui
r.iuse surlap»audes clevures ou taches rouges.
71 a une ébullition par tout le corps. Une ébul-
lit'.nn de sanq.
Il signifie aussi Le mouvement que prend
un liquide qui bout sur le feu ; et il se dit en
Chimie Ce deux matières qui en se mêlant font
paroitre des bulles d'air. L'ciiuKili'on est dif-
firente de l'effervescence et de la fermentation.
En A
EC.\CnE>lE>'T. s. m. Froissure, contusion,
brisure d'un corps dur.
l'.CACHER. V. 0. Ecraser, froisser. Ecaeher
une noi.T, un limaçon, en marchant dessus. Il
l'est écaché le doigt. Il est familier.
Ec.icni, ÉE. particip<'.
On dit familièrement, Vn nés écacAé, peut
dire. Un m t camus et aplati
EC.VILLE. J. f. Petite partie dure et ordi-
nairement transparente, d'une figure rqnde ei
plate , qui couvre la jwau de c«.rt,.ins poisiions
Cl de ccnaiiis reinilcs. Les écailles d'une carpe,
d'un saumon , dune morue, d'un crocodile.
Grandes écailles. Petites écailles. Ecailles du-
res, rondes, plates, tr,in-j-arer.les.
Tome I,
PGA
ÉCAILLE , se dit aussi d'Une espèce de coque
dure qui couvre la plupart des poissons qu'on
appelle Teslacés. Il se dii plus particulièrement
Des tortues, des uuîtres. L'écaillé d'une l.ultre.
Huître à Vécaille. Ecaille de tortue.
On appelle absolument Ecaille, De l'èciillc
de tortue. Cu6 in et d'écaillé. Tablettes couvertes
d'écaillé. Tabatière d'écaillé. Ce que vous pre-
nez pour de la corne est de l'écaillé.
On dit en Peinture, qu'7/n lai/eau lomiie
far écailles. Quand, par vétusté, il s'en déta-
che des parcelles.
ÉCAILLER, ÈRE. s. Celui, celle qui vend
tt qui ouvre des huitres à l'écaillé. Voilà l'é-
taillcr qui passe. Appelons re'cuillère.
ICCAU.LER. V. act. Ôtei , enlever l'craille
d'un poisson. Vous n'uses pas bien écaillé cette
larpe , ce brochet.
Il se met aussi avec le pronom personnel.
On dit, qu'fn tableau s'écaille, qu'un enduit
ior, de blanc, d'azur, etc. s'écaille, pour si-
[nifier, que L'or ou les couleurs s'enlèvent et
)c détachent paj- petites parties, comme des
icailles.
ÉCAiiiÉ, ÉE. participe. A qui on a ôté les
icailles. Carpe écaillée.
Il s'emploie aussi dans le sens contraire,
pour dire, Qui est couvert d'écaillés. Animaiu:
tcatUes.
Les Botanistes donnent le nom d' Ecailles, à
des productions qui approchent de la figure
d'une écaille de poisson. Elles forment l'enve-
loppe des boutons. On en trouve sur les c.ilices
ie quelques fleurs, sur les chatons, sur len
kulbes, etc. Les cônes du sapin sont des fruits
i écailles ou écailleujt.
i';CAILLEUX,EUSE. adj. Qui se lève par
écailles. Une ardoise écailleuse. Peau dure et
écailleuse.
Il se dit en Botanique, pour. Composé de
plusieurs écailles. 7,a racine du lis ed écail-
leuse.
ÉCALE. s. f. Couverture extérieure, et qui
tenferme la coque dure de certains fruits ,
tomme les noix. Ecale de noix, etc.
Égale, se dit aussi Des coquilles d'reufs, et
de la peau des pois qui se lève quand ils cui-
►enL Ecales d'œufs. Des écales de pois.
ÉCALER. V. act. ôter l'écale. Ecaler dei
noix.
Il s'emploie aussi avec le pronom person-
nel. Les pois s'écalenl quand ils ont bouilli.
ÉcAiÉ, ÉE. participe.
ÉCARBOUILLER. v. a. Écachcr, écraser. 71
lui a écarbouillé la léte, la cavelle.H est popu-
laire.
ÉcAnooi'iLLÉ, ÉE. participe.
ECARL.VTE. s. fém. Couleur rouge et fort
vive. TcinI en écarlate. Vne Belle écarlale.
Ecarlate des Gobetins.
Il signifie aiussi L'étoffe même teinte de cette
roule
leur. J'iii acheté vinql aunes d'écarlat
tilanteau d'écarlate.
On dit fig'irément et populairement d Une
EGA .fi^y
On dit aussi De (juelquc chose de fort
louge, d'un rouge très-vif, Roti^c comme éean
late, comme de l'écarlate.
ÉCARLWINE. adj. f. I! ne se dit qu'en
parlant d'Une fièvre qui rend la peau très-
rouge. Vne fièvre écarlatine.
ÉC.\ftQUILLR!MENT. «. m. L'action d'c-
earquiller. L'écanjui'l/cmenl des jambes. 11 est
familier.
ÉCARQUILLER. v. a. Écarter, ouvrir. Il
ne se dit que dans ces phrases du style fami-
lier : Tîcarijuil/cr les jambes. EcarquiUcr les
yeux.
ÉcAnQtjaii, ée. participe.
I-.CART. s. m. Action de s'écarter. On porta
un coup à cet homme, et pour l'éviter il ft un
écart. Son cheval eut peur, fit un écart, et le
renver.^a dans le fossé.
On dit, qu'7/n cheval a pris, s'est donné un
écart, pour dire, qu'il s'est estropié en faisant
un écart.
On dit en termes de Danse, Faire un écaii,
pour dire, Porter le pied à quartier, à coté.
On dit figurcmeni. Faire un écart dans un
discours, pour dire, S'écarter mal il propos de
sou sujet. Et on dit d'Un homme qui ne tient
pas d'ordinaire une conduite bien réglée, que
C'est un homme qui est sujet à faire des écarts,
à fies écarts.
EcADT, signifie aussi Les cartes qui ont éti
L-cartces. Où est votre écart? Xe touchez point
li Ivoire écart.
A l'écAkt. phrase adverbiale. En un lieu
ilétoumi', en un lieu écailé. Les voleurs îe
IrouvérenI n l'écart et le dépouillèrent. Mener,
prendre quelqu'un à l'écart.
Il signifie aussi , À quartier, i part. Tirer
qaelqu'un à l'écart. Se mettre, se tenir à l'écart.
On dit figurcm. Mettre à l'écart, pour dire.
Faire abstraction. Vêlions celle consideralion i
l'écart. Mettons nos intérêts à l'écart
EC.\RTELER. v. a. Mettre en quatre quar-
tiers. Sorte de supplice cpi'on fait souffrir à des
criminels de lèse -Majesté au premier chef, ea
les tirant à quatre chevaux. 71 fut condamné à
être écartelé.
EcAnTEiEa. v. n. Terme de Blason. Partager
1 écu en quatre, 71 écartelle de telles et telles
armes, ou de tels et tels émaux.
ÉcAnTELÉ , ÉE. participe.
ÈCARTESIENT. s. m. Disjonction , sépara-
tion de deux choses qui doivent être jointes.
ÈC.4RTER. v. a. Éloigner, séparer, disper-
ser. Ecarter les ennemis. Le vent a écarte les
nuages. Ecarter la foule. La tempête a écarté
les vaisseaux.
Il signifie aussi Détourner. Ecarter quel-
qu'un du droit chemin. "Pous vous écarteriei
trop, si vous preniez ce chemin-li.
On dit figurcmcut dans l'un et dans l'autre
sens : Ecarter les malheurs. Ecarta' la tem-
pête. Ecarter la mauvaises fxnsécs. Il a écarté
tous ceux qui lui nuisaient. S'écarter île son
:i,
devoir, du rc!:pecl que l'on doit à quelqu'un.
pmonn^ qui a les yeux fort rouges, qu'Elle a J S'écaricr du bon sens. S'écarter de son sujet
la yeux borde, d'ècarlate. ' dans un discours.
58
458 ECH
ÉcAïTEn, signifie nussi, Éparpiller. Ce fusil
écarte son plomb. On dit aussi simplement, Ce
fusil écarte.
ÉCAnrEB, à certains jeux des cartes, signi-
fie, ÎMettre à part, rejeter des cartes dont on
lie veut point se scn-ir, sV-'i 'défaire. Ecarter
un as. Ecarter un Roi.
ÉcAniÉ , iE. participe.
ÉCARTU-LlJWiKT. .. m. ÉCARTILLER.
V. a. VoyeiÉcAiiQBniE.MEST, ÉcAiïqdilleii.
ECB
ECCOLIQUE. adj. des 2 genres. Il se dit
lies remèdes qui précipitent l'accouchement.
ECC
ECCHYMaSE. s. . f. Terme de Chirnrgin.
■C'est une contusion légère ou superficielle qui
n'offeu>e que la peau ou le corps graisseux.
' ECCLÉSI.-iSTE. s. m. Nom d'un des Livres
Sapicntiaux de l'.incien Testament.
ECCLÉSIA.STIQXJE. adj. des 2 genres. (Les
deux C se prononcent comme s'il n'y en avoit
qu'un. ) Qui appartient à i'tglisc, au Corps di<
Clergé. L^Ordre Ecclésiastique. Les censures
Ecclésiastiijues. Biens , revenus Ecclésiastiques.
Il signifie encore, Qui esl d'Église. Personne
Ecclésiastique. Pair Ecclésiastique. Electeur
Ecclésiastique.
En ce sens, îl s'emploie souvent suLstanti
vement. Un Ecclésiastique. V.n bon Ecclésias-
tique. Un honnête Ecclésiastique.
On appelle aussi L'i^cclésiastiijuc, Un des
Livrfs de l'Écriture- Sainte.
ECCLÉ.SI.\.STIQUE!MENT. adv. En Ecclé-
siastique. Il vit ccclésiastiqnenient.
ECCOPROTIQUE. adj. des 2 genr. Terme
de Pharmacie. 11 se dit Des purgatifs doux.
ECCOBTHATIQUE. adj. des 2 g. Terme
de Pharmacie. Il se dit Des l'emcdcs contre les
obstructions, qui, appliqués sur la peau, en
ouvrent les pores.
ECCRINOLOGIE. s. f. P.niic de la Mé-
decine qui traite des excrétions.
ECE
ÉCERVELÉ, ÉE. adj. Qui a l'esprit léger,
évaporé , qui est sans jugement. Têfe éccrvelee.
Il se prend quelquefois suhstautivemenl.
C^est un jeune, un franc écervelé. Que veut
iire cette petite écervelée?
ECH
ÉCHAFAUD. s. m. Assemblage de pièces
de bois, qui forme une espèce de plancher, sur
lequel les ouvriers montent pour travailler aux
lieux où ils ne peuvent atteindre autrement.
On ne peut plus Irovdillcr à cette murnillesans
êchafnud. Ce bâtiment est achève, il faut ôter
les échafauds.
Il se prend aussi pour Des ouvrages de Char
penterîe , élevés ordinairement p.ir degrés en
iônae d'amphithéiirc. pour voir plus commo-
dément des cérémoaics publiques ou autres
ECH
spectacles. On avoit dressé des écliafauPiS pour
la Cour, pour les Ambassadeurs, pour la mu-
sique.
On appelle aussi Echafaud, Une espèce de
ihéâU'e de charpente dressé pour l'exécution do
quelques criminels. Dresser un écliafaud. Mou-
rir sur un echafaud. Monter sur l'échafaud.
Porter sa tête sur l'échafaud.
ÉCHAFAUDAGE, subst. m. Construction
d'échafauds pour bilir , pour peiudi"e , ou
pour faire quelque .lutrc cliose semblable. 5on
èchafaudatje c^t mal dressé. Il en a coûté beau-
coup pour l'échafaudatje. Il s'imploie quelque
fois au figure , et se dit principalement Des
grands pK<paratifs qu'on fait poiu' peu de
chose. Voilà un qrand échafaudage pour peu
de chose.
ÉCHAFAUDER. verb. n. Dresser des écha-
fauds. Hi ne se dit que de ce qui regarde la
construction des balimens. Pour travailler à et
dôme , il en coûtera beaucoup pour échafaudcr.
On dit figurémcnt et familièrement , Sécha,
fàuàer , pour dire. Faire de grands prépai-.ttifi
pour peu de chose. Les Charlatans sont lonqi
à s'échafaudcr.
ÉCHAFAUDÉ, LE. participe. '
ÉCH.'iLAS. s. m. B.iton de quatre ou cinij
pieds de long que l'ou fiche en terre pout
soutenir un cep de vigne. Echalas de vigne.
Eclialas de quartier. Echalas rond. Botte (î'é-
c/i(jlrts. Planter, ficher, tirer, arracher dei
échalas.
On dit proverbialement d'Un homme qui
ofTccte de se tenir droit, qu'/! se tient droil
comme un échalas. On dit aussi d'Une personne
maigre et sèclie , que C'est un échalas.
ÉCIIALASSEMENT. subst. masc. ActJou
d'échalasser une vigne.
ÉCIIALASSER. v. actif. Garnir une vigna
d'échalas. Jîc/iolnsser une viijne.
Échai.assé, ke. participe.
ÉCHAL'IER. s. m. Clôture d'un champ faits
pvec des branches d'arbres , pour en fcrniei
l'entrée aux bestiaux.
ÉCHALOTE, s. f. Espèce d'ail. De !)on;ici
échalotes. Sauce à Véchalote.
ÉCIIAMPIR. verbe act. Terme de Peinture.
Contourner une figure, tm feuillage, un orne-
ment, en se'paranl les contours d'avec le fon^l.
ÉcilAJiri, IE. participe.
ÉCHANCRER. v. a. Tailler, vider, coupct
en dedans fin forme de croissant. 11 se dit Des
élolTcs, de la toile, du cuir, du bois, etc.
Èchancrer le collet d'un manteau. Echancrcr
une housse de cheval , une table. •■
EcHANCBÉ , ÉE. participe,
l'.u termes de Botanique, Echancré se dil
des fcuillesdont les bords sont entamés, comme
si on en avoit em]>orté une pièce avec des ci-
seaux. Les feuilles .sont échancrées en forme dl
croissant, en cœur cl en pointe.
ÉCHAXCKURE. s. f. Coupure (aile en de-
dans en forme de demi -cercle. Il faut un peu
plus d'échaucrure à cette manche. Les /'.issi'ni
de Barbier ont une êchancrure t^ui s'appelle
aussi gorge.
ECH
ÊCITAIVGK. s. m. Chau-^e d'une chose pout
une autre. E>lu:n(je avantageux. Echange dei
ratifications. Echange des prisonniers. Je lui
avois donné unclieval, il m'adonne un tableau
en échange. Faire un échange. 11 se dit plus
ordinairement Des immeubles. En échange de
sa Terre, il lui a donné des rentes, des maisota
à Pans. Droit d'échange.
Ou dit, Le commerce se fait en échange
d'argent ou de marchandises.
ÉCHANGEABLE, adject. des 2 genres. ,Qui
peut être échangé. Celte denrée, ces effets ,
sont échangeables. Cet Olficier prisonnier est
échangeable contra un autre. Les productions
des dijférens climats sont échangeables.
ÉCII.4NGER. verbe act. Faire un échange.
Echanger une pièce de terre contre une autre.
On a échangé les prisonniers. On a ichungé
les ratifications.
ÉCHASGEK. Terme de Blanchisseuse. Mouil-
'er le linge pièce à pièce. Pour faire de bonnes
lessives, il faut échanger le linge.
ÉCHANGE, iE. participe.
ÉCHANSON. s. in. Officier qui sert à boite
>u Roi , ou à un Prince. On n'appelle plus ainsi
rcux qui font cet office, et on ne s'en sert que
^uand on parle du grand bchaoson. Le Roi
lie Bohême est grand Echanson de l'Empire.
On s'en sert encore dans la Fable, Gany-
\:iède est l' Echanson des Dieux- ou eu racon-
Mnt quelque Histoire de l'antiquité. L'Echan-
ton de Pharaon.
ECIlANSON>'ERIE. s. f. Corps des Offi-
liers qui servent :"i boire aux Rois, aux Prin-
(es, etc. Le lieu où est la boisson du Roi.
thef d'Echansonncrlc. Officiers d'Echanson-
ierie.
ÉCHANTILLON, s. m. Petit morceau de
[uelque cliose que ce soit, qui sert de montre
I our faire connoitre la pièce. 37oiitrer un échan-
tillon. Donner un échantillon. Ce n'est qu'un
iehantillon de la pièce. La pièce ne se rapporte
iifls à l'échantillon.
Il se dit figurément Des clioses d'esprit ;
romme , quand on montre uue vingtaine de
vers d'un Poème , ou autant de lignes d'nne
[lièce en prose, on dit, que C'est un échan-
tillon de la pièce. Par l'échantillon vous juge-
rez de la pièce.
On dit proverbialement et figurément , Ju-
ger de la pièce par Véchantiilon>
ÉCHANTILLONNER, v. act Conférer un
poids, une mesure avec sa matrice originale.
Les poids de ce Irébuchet ont été marqués et
èchautillonnés à la Mannoie.
ÉCHANTiLi.OXNÉ , KE. participe.
KCH.IPPADE. s. f. Terme de Gravure en
bois. Accident qui arrive lorsqu'en forçant la
rt^istance du bois , l'outil échappe et va tracer
un sillon sur une partie déjà gravée.
KCHAPP.iTOlHE. s. f. Kfailc , subter-
fuge , moyen adroit et subtil pour se tirer
d'embarras. Trouver une échappatoire. Il a ses
échappatoires toutes prêtes. Il cjt du style fa-
milier.
ÉCHAPPÉE. 1. f. Action improdenle d'un
ECH
jeune lionimc qui sort ilc son devoir. C'est une
échappée de jeune homme. Il a f"'t plusieurs
ichapyéea.
Ou dit, Faire (jncl^ue chose par éc/inpf eis
pour dire , Faire quelque chose par intcr-
valles , et coniroe h la dérobée.
Échappée de lumière. Terme de Peinture.
I.iiniiùre qu'on suppose passer cnlredcux corps
ticsproclies l'un de l'autre, et qui éclaire queU
que partie du t;ibleau , la(|nelle sans cela scroit
dans l'ombre ou dans la demi-teinte.
Échappée de vde, se dit De certaines vues
Ksserrées entre des montagnes, des bois et des
maisons, l'nc échappée de vue. Il y a de belles
échappées de vue dans ce paysatje.
ÉCHAPPE>rENT. s. m. Terme d'Horloge-
rie. 11 se dit en général De l'espèce de raéca-
nique'par laquelle le régulatciu- reçoit le mou-
vement de la dernière roue , et ensuite modère
le mouvement de cette roue môme, pour ré-
gler l'iiorloge, ou la pendule, ou la montre.
ÏJchapvcmcnt à recul. Echappemenl à repos.
ÉCHAPPER. V. n. Évader, esquiver, sa
sauver des mains de quelqu'un, d'une prison.
de quelque péril, etc. Il se met avec la prépo-
sition de, quand il signifie, Cesser d'être où
l'on ctoit, sortir de , etc. Echapper des maini
des sergens. Echapper du naufrage, du jeu.
Echapper d'un danger.
En ce sens il se met aussi avec le pronom
personnel II s'est échappé des prisons.
Il se met avec la préposition à , quand il
signifie, N'être pas saisi, aperçu, etc. Echap-
per à la fureur f à la poursuite des ennemis. Jt
y a des étoiles si éloiqnées, des vaisseaux si
déliés dans le corps humain , des insectes si
petits^quils échappent à la vue, aux yeux. ÏA
sens diflerent des deux prépositions se icrl
sentir dans un exemple. L'un des coupables
a échappé au PrevJt, et l'autre s'est échappi
de prison.
On dit provcrbi-ilement , A''cj( pas bien
échappé ijui trahie son lien.
On dit,qu't/nc'c/iose est échappée de la mé
njcire, pour dire, qu'On ne s'en souvient pas,
qu'on l'a oubliée; et qu'£/lc est échappée de la
main, pour dire, qu'On l'a laisse tomber pat
mégarde.
On dit, que Rien n'échappei laprévoyance,
U.Z tumières de ijueliju'un , pour dire, qu'il
voit tout, qu'il prend garde à tout
On dit , Laissa- échapper l'occasion , poui
oirç. Perdre l'occasion.
II signifie eiicore avec le proDom person-
nel , .S'emporter- inconside'rémeni à dire ou 5
faire quelque chose contre la nison ou la bien-
séance. Il est très-sujet à s'échapper. Il s'é-
chappe toiiveiil. 71 s'est échappé justju'ù inju-
rier son pért.
On dit encore, qu'lin mol «si échappé a
fueliju'un, qu'il a laiué échapper un mol, pour
dire, qu'il lui est arrive de dire un tel mot par
roég»rde, saut y penser, et contre sa volonté.
On dit .-lUi^i : La patience m'échappe. La
vie nous échappe, le temps nom échappe sans
y penser.
ECH
On dit aussi dans le mémo sens : // m'est
échappé, H lui est échappé de dire, de faire,
etc. Il lui échappe de dire souvent des choses
mal à propos. Il lui est échappé des fautes, des
néqliqences , etc. En ce sens il est impersonnel.
On dit, qu'l/n passage, une citation a
échappé à un Auteur, pour dire, qu'il l'a
omise, qu'il n'y a pas pris garde.
Le sens difltrcnt d'u échappé et d'esl échappé,
dans les acceptions précédentes , se fera sentir
dans cet exemple : Le mot que vous venez de
dire vous est échappé, c'est-i-dire, Vous l'avez
dit inconsidérément; Le mol que vous venez
de d'ire m'a échappé , c'est-i-dire , Je ne l'ai pas
entendu.
On drl encore, Laisser échapper un stcrei.
II est quelquefois actif. Échapper le danger.
Echapper la potence. Echapper la côte. Et
alors il signifie Eviter.
On dit proverbialement, L'échapper belle,
pour dire, Éviter heureusement un përil im-
minent. Il l'a écM.ppé belle.
ÉcHAPi'É, ÉE. participe.
Ou dit figurément et familiérem. d'Un fou,
que C'est un échappé des Pelites-'Maisons.
On appelle Un cheval qui est engendré d'un
Barbe et d'une cavale du pays , Un échappé di
Barhe.
On appelle figurément Echappé de Juif,
Va homme qu'on soupçonne être de race Juive.
Dans ces trois acceptions il est pris substantif
vcment.
On dit figurém. et familiérem.' d'Un jeune
homme inconsidéré et emporté, que C'est un
cheval échappé.
ÉÇHXUUE. s. f. Piquant de chardon, ou
petit échit de bois qui entre dans la chair. On
lui a tiré une échardc du pied. Il lui entra une
écharde sous l'ongle.
ÉCHARDOSNER.v.a.Ôtcr, couper, arracher
les chardons d'un champ, d'un j,irdiu. Echar-
donncr un champ. Il a fait échardonner sel
blés. Echardonner une terre semée, une p'airie.
ÉcHAnooNSÉ, ÉE. participe.
ÉCHARNER. v. a. Ôtcr d'une peau de bétc,
d'un cuir, la chair qui y est restée.
ÉciiAJiN£, ÉE. partidpc.
ECH.ARXOIR. s. m. Instrument avec lequel
on écharne.
ÉCH.ARNURE. s. f. Reste di' chair qui s'ôtc
d\in cuir que l'on prépare. Façon qui se donne
en écharnant.
ÉCHARPE. s. f. Large b:.nde de taDTetas,
d'étofic, ou de point, ou de dentelle d'or,
d'argent, que l'on portoit autrefois de la droite
à la gauche en forme île baudrier, et qu'un a
portée depuis eu forme de cciulnron. Echarpe
de taffetas. Echarpe de point d'Espagne.
Echarpe en broderie.
Parmi les gens de guene, La coideur de
l'échnrpc nianjuoit les diU'érentrs nations, on
les diifércns part'is ches la mcuie nation. Les
FrançoU pvrtoicnl l'écharpe blanche, les Es-
pagnols l'écharpe rouge.
Et l'on dit figurément, Changer d'échiirpe,
pour dire. Changer de par'i.
ECH .15^
On appelle aussi Echarpe, Une bande de
taffetas qu'on |>orte passée au cou, pour sou-
tenir un bris blessé ou malade. Avoir le bras
en echarpe. Pijrter le bras en echarpe.
On dit, Un coup qui va en echarpe, pour
dire, Un coup d'épée qui va en travers.
On dit, que Le canon tire en echarpe, pour
dire, qu'il tire en ligne transversale, en tra-
vers, de biais.
On dit proverbialement et figurément, ^foir
l'espril en echarpe, pour dire, Avoir l'esprit de
travers, embrouillé, troublé, altéré.
On dit proverbialement , que Le lit est l'é-
charpe de la jambe, pour dire, qu'il faut qu'un
homme qui a une jambe malade se tienne au lit.
IXHARPE , se dit aussi d'Une sorte de vêtement
que les femmes mettoicnt autrefois sur leurs
épaules. Les femmes sortaient autrefois en
echarpe. Elle étoit en echarpe. Echarpe de gaze.
Echarpe de dentelle.
ÉGH.VRPER. v. a. Faire une grande blessure
avec un coutelas, lui cimeterre, etc. Il lui a
ichurpé le vis'ige,écharpé le bras.
ÉCUA.1PÉ. ÉE. participe.
On dit. Tel Régiment a été écharpé , pour
dire , A été presque entièrement détruit.
ÉCHARS, .ARSE. adj. Chiche, trop épar-
gnant. Il est fort échars. Sa manière de vivre
est trop écharse. II est vioux.
ÉCH.iR.S. adj. m. pi. Terme de i^Iarine. Il
le dit des vents foibles et qui passent subite-
ment d'un ruinb à l'autre.
ÉCHARSE.MENT. advcrb. D'une manière
rhiche. Vivre ècharsement. Il est vieux.
ÉCHARSETÉ. s. f. Défaut d'une pièce de
monnoie qui n'ist pas du lilie ordonné, il y ii
une écharseté de loi, et qui est permise.
ÉCH.ASSE. s. f. 11 n'est guère d'usage qu'au
pluriel, Echasses; et il se dit De deux lonss
bitons, à c!:acim desquels il y a nue espèce
d'étrier attaché , ou un fuurchon du bois
même, d^ns lequel ou met les pieds, soit pour
marcher dans des marais, comme font les pâtres
dans le Poitou et autres lieux, soit pour pa-
roitre plus grand et divertir le peuple, comme
fout les bateleurs. Monté sur des echasses.
On dit proverbialement et figurément d t u
homme qui a l'esprit guindé, et qui vent tou-
jours parler d'une manière élevée, qu'// e$(
(oiijoiii-s monté sur des echasses.
On dit dans le même sens, De ceux qui,
pour se faire remanjner, atfectent de grands
airs, qu'ils sont montés sur des echasses.
On dit d'Une personne qui £st trop haut
montée sur les jambes, qu'il semb'e qu'elle
soit sur des echasses.
ÉCfLAUBOULÉ, ÉE. adj. Qui a des échau-
buulures.
ÉCHAUBC/'ULURE. .i. f. Espèce de petites
élevures rouges qui viennent sur la peau. 71 lui
est venu des échauhoulures. Il a le corps plein
d'échauhoulures,
ÉCU.iUDÉ. s. m. Espèce de p.1It.seric faite
de pile échaudée. Echaudé nu sel et à ieau.
Echaudé au beurre. Echaudé de Carême.
Echa:dé aux ccufs.
58-
46o ECH
ÉCHAUDKR. V. a. Lavsr d'ciu chaude et
bouilbnte. Ecli.iuùer un pot (le (erre.
U signifie aussi , Tremper dans l'eau chaude.
Ec/um'CT- un coclion di lait. Echcmâer de k
Vûlorlle pour la plumer.
Il signifie aussi , Jetor 'de IVau chaude sui
quelque chose. Ëchaudcr de la pdle.
s'ÉcoAoDEn , V. fjron. signifie figuriiment ,
Être atirapé, recevoir quelque perte, quelque
mal dans une nffjire. Il ne icngaijaa jamais
dans de pareilles affaire!, il s'y est ccliaud^: Il
iToiiil de s'r échauder. Il est du style familier
On dit d'Un homme qui a reçu du dom-
mage dans une affaire qu'on croyoil bonne.
qu'Â( y a été échaudi.
ÉCHAUné, iz. participe.
On dit proverbi dem. , Chat cchaudé craint
Veau froide, pour 'dire, que Quand on a dté
une fois attrapé en quelque chose, on craint
• même tout ce qui en a l'apparence.
ÉCH.VUDOIR. s. m. Lieu où l'on cchaudc.
Il se dit aussi Des vaisseanx qui servent à cet
usage.
ÉCI1.\UFFAIS0N. s. f. Mal IC-or cuise par
une chaleur excessive, et qui paroit par une
ébullition. Ce n'tst pas un grand mal, ce n'e^t
qu'une échauffaison.
ÉCH.4iUFFANT, ANTE. adj. Il se dit Des
alimens, des rcmidc» et de tout ce qui aug-
mente, ou peut trop anginenter la chaleur ani
maie. Les épiceries sont échauffantes , il faut
en usa- avec modération.
ÉCHACFFEMENT. s. m. L'action d'i5chauf-
fet, ou l'effet de cette action.
ÉCH.iUFFIiR. V. a. Donner de la chaleur.
• Echauffer la chambre. Les oiseaux échauffent
leurs petits avec leurs ailes. Il faut faire l'on feu
dans cette chambre pow l'échauffer. Il amit un
si grand frisson, qu'on ne le pouvoit échauffer.
Le vin, les épiceries échauffent le san^.
On" dit figurémcnt, qu'l/nc c/:ose échauffe
le safin , la bile à un homme, pour dire, qu'Klle
le met eu colère, ou qu'elle l'impatiente. Et
l'on dit familièrement dans le même sens , Ne
m'echauffLZ pas les oreilles, pour dire , Finissci
un discours qui coirmence Ji n)e mettre en colère.
On dit figurcnienl. Echauffer une maison,
pour dire. L'habiter le premier depui.s qu'elle
est b&tie.
Il est quelquefois nentie. Il ne saurait
échauffer, pour dire, Il ne sauroit repiendic
de la chaleur.
II se joint quelquefois avec le pronom per-
sonnel, S'éch .uffir. .\e courez pas tant, i'oik
vous échaufferez. Il s'est échauffé à marcher.
Il a pris une pleurésie pour s'être trop échauffe.
S'échaufja' sur la voie, se dit Des chiens
qui suivent la voie avec trop d'ardeur.
Il signifie aussi figurémcnt, S'6 mettre en
colère, s'emporter, se passionner. Vous ne lui
sduric: parler de cela, (jn'il ne s'échauffe in-
conlincnl. ?ie vous échauffez pas tant. Il s'é-
chaujfe trop au jeu.
Ou dit aussi: Une imvjinalion tjui s' cchaufft
trop, exaijére tout. Sa -valeur s'échaujfe au sein
ies combats.
ECU
On dit, que Le jea scchauf^, commence à
s'échauffer, pour dire, (jne L'on commence à
jouer avec cljalcur, et plus gros jeu.
On dit aussi, qu't/»c querelle, qu'une dis-
f'utCj qu'une conversation, qu'une querrc s'e-
chiiufjc , qu'elle est fort échaujfe , qu'Ellg
s'anime de plus en plus.
On dit figurcment et par plaisanterie, d'Ua
nomme qui se passionne, qui s'auïnie trop,
^u'/l s'cchauffc en son harnois.
Échauffé, ée. participe.
Il s'emploie quelquefois sulislanlivement ,
Et n'est guère en usage que dans cette plirase,
Sentir l'échauffé, qui signifie^ Exhaler un(
certaine odeur causée par une chaleur excessive.
ÉCHAUFL'OURÉE. s. (ém. Entreprise maï
concertée, téméraire, mallieureuse. Il a fait
une étrange échauffourée. Il se dit aussi De
certaines rencontres imprévues k la guerre. Ce
ne fut pas un combat, ce ne fut qu'une échauf-
fourée. Il est familier.
ÉCHAUFFURE. s. f. Petitcrouç;curj petite
élcviu-e qui vient sur la peau dans une échauf-
faison. Ce n'est qu'une échauffure.
ÉCHAUGUETTE. s. f. Guérite, Petite log<
en lieu haut et éniinent dans une Place foilc,
poui- découvrir ce qui se passe aux environs. Il
y a toujours un homme à Véchauijuettc, pour
découvrir s'iï paroit quchpt'un tlans la cam~
paqne. '
'ÉCHAULER. Voyez CHAiXEn.
ÉCHEA?iCJ'2. s. f. Le terme où échoit le
payement tl une chose due. L^échcance duprc
mrer payement. A Vêchêancc du terme. Ut^
théance d'une lettre de change.
f.CHEC. s. m. Terme qui se dit au jeu des
Échecs, loi-S(pic l'on attaque le roi, en sorte
qu'il est obligé de se retirer ou de se couvrir.
Donner échec. Mettre le roi en échec. Le roi
est en échec. Echec au roi et à la dame.
On dit, hchec et mat , Quand le roi étant
attaqué par quelque pièce, ne peut plus se cou-
vrir ni se retirer. Donner échec et mat.
On dit figurémcnt. Tenir des troupes, uni
armée enéchec, pour dire, Empêcher des trou-
pes, une armée d'agir, de rien enlreprendre.
On dit aussi, Tenir une Place en échec ^
pour dire, La tenir en crainte d'être assiégéq
L'armée iC pnita de manière qu'elle tenoit lc\
principales J'iaces des ennemis en échec.
On dit figurémcnt, Tenir un homme en
échcCy pour dire, Eniiiécher un homme d'agir,
de se déterminer. 7/ a tenu sa Partie en échec.
Kcni:c,scdit fij^arément d'Une perte coû-
sidéralilc cpiefont des troupes. Les ennemis rC'
curent un grand échec dans cette occasion y un
noI(j|)ïc échec. Ce Gencru! reçut un échec en
se retirant.
On dit aussi : C'est un grand échec à sa fa-
veur^ à sa fortune, à son honneur. Il a reçu un
terrible échec en son honneur. Soujfrir un
grand cchcc cji sa réputation.
ÉCIIEGS. «. m, pi (Le dernier C ne se proa
nonce point) Jeu cpii se joue par deux per-
sonnes sur un tablier ou damier, avec huit
pièces et huit pions de chaque côté. Jouer au.r
E C H
échecs. On no perd au.r échecs que par sa faute.
Une belle partie d'échecs. Vn grand joueur,
d'échecs.
Il se dit aussi Des pièces avec lesquelles on
jtfue h CG jeu, considérées toutes ensemble. Des
ec'iccs d'iVoirc, de huis, d^ébcne,qui sont de
diverses couleurs. Une des pièces de ce jeu d'é-
checs est perdue.
On dit proverbialement, qu'i^u jeu des échecs,
les fous sont les plus proches des rois.
ÉCHELETÏE. s. f. Sorte de petite échelle
que l'on attacheàcôtédu bât d'un cheval, pour
porter , pour y accrocher d s gerbes , des botter
tle foin, de paille, etc.
ÉCHF.LLE. s. f. -Machine de bois composée
de deux longues brandies traversées d'espace
en espace par des bâtons disposés en sorlc
qu'on s'en puisse servir pour monter el pour
descendre. Monter avec une échelle. Monter à
une échelle. Tenir le pied de l'échelle, de peur
(juelle ne glisse. L^cchelle rompit. Echelle bri-
sée. Échelle double.
ÉcBEtLE DE CORDE, sc dit De cordcs dispo-
sées en forme d'échelle avec un crochet de fer
au bout d'eu haut. Jeter une échelle de corde.
Monter à la fenêtre par une échelle de corde.
On dit populairement d'Un homme, qu'il
a tiré l'échelle, ou qu*i/ a tiré Véchelle après
lui- qu'après lui il faut tirer l'échelle, pour
dire,(ju'llasi bienfait en quelque chose, qu'on
ne peut aller plus loin.
j Échelle, dans les Cartes Géographiques,
it dans les Plans, est une ligne divisée en plu-s
ùeurs espaces, dont chacun marque une lieue,
DU un mille, ou une toise, etc. pour mesurée
les distances ou l'étendue des lieues dans la
Carte ou dans les Plaos où on les met. Echelle
de dix lieues. Echelle de dix milles. Prendra
la distance sur l'échelle. Mesurer sur Véchelle.
Échelle, en Peinture, est une ligne 'droite
divisée en parties égales el proportionnelles.
Echelle de front. Echelle fuyante.
Échelle, signifie encore Une place de com-
merce sur les côtes dans les mers du Levant.
Dans toutes les échelles du Levant. C'est la plus
fameuse échelle dv Levant. C'est une échelle
franche. Il a visité toutes les échelles. Trafiquer
dans les échelles du Levant.
Échelle, se dit encore d'Une parure de ru-
bans disposés en forme d'éclielle , que les
femmes portent sur un manteau, sur une robe
i\o chand)re, et qui descend depuis le sein jus-
qu'à la ceinture. Echelle de rubans couleur de
/eu.
Échelle, se dit en !\Iusî<[ue, De la succes-
sion des sons de la g ininic en montant ou «n
descendant, hchelle dialoniijne.
ÉCHELON, s. m. Petite pièce de bois qui
traverse l'échellû, et sert de dc^re pour monter.
Il avoit le pied sur le premier^ sur U dernier
échelon.
Il se dit aussi Gguriiment De ce qui sert 11
mener d'un rang à un autre plus haut. Cette
petite Charqe est un échelon pour viontcr à
une plus grande.
' ÉCHEKILLER, V. a. Ôtcr les chcnilksi Si
ECH . .
vous n'écheniUez pas vos arbres, il n'y rester,;
cas une feuille.
ÉciiESiut , ÉE. particli)*.
ÉCHK.NO. s. m. Terme de Fonaeric. Bassin
de U.T1-C Iris -sèche où le métal tombe pour
couler de là dans le moule.
Éf.HKUlK. y. D. Voyez Écnoin.
ÉCHEVEAU. s. m. Fils de chanvre, de
soin, de laine, repliés en plusieurs tours, afin
'ju'ils ne se mêlent point. Echcvcuu de jil blanc.
Èclieveau de soie. Dévider un echeveau.
lCHEVELÈ , I:E. adj. Qui a les cheveux
épars et eu désordre. Une femme échevelêe. Cet
enfint est tout èchevelé. Tète ccheveUe.
ÉCHEVIN. s. m. Officier diu ordinairement
par les Bourgeois, poiu: avoir sotu de la police
et dci affaires communes d'une \ï\le pendant
un certain temps. Premier Echcvin. Second
Kchevin. Le Prevot des Marchands et les Êc/ie-
vins de Paris. Les Maire et Echevins d'Or-
léans. À Paris, les Echevins sont deux ans en
cliarge.
ÉCHEVINAGE. s. m. Charge d'Échevin.
Briquer l'Echevinatje.
Il se dit aussi Du temps de l'exercice. Du-
ron! VEchevinage d'un tel. Sous son Echevi-
nage.
ÉCHIFFRE. s. m. Terme d'Archilecturo,
Mur rampant sur lequel portent les marclies el
la rampe d'uu escalier,
ÉCIiniOSE. s. f. Voyez Ecchtmose.
•ÉCHI>E. s. f. L'épine du dos, la partie d«
ranimai (jui prend 'deDuis le mil.eu àcf. épaules
jusqu'au croupion. Il a une douleur le long de
Vècliine. H s'est rompu l'échiné. Il est crotté
jusqu'à l'échiné.
On appelle populairement, Une grande per-
sonne maigre, Longue échine , maigre échine.
Kc aïs E , Membre d'.^rchiteclure convexo
taillé en quarl-de-cerclc. Ou la nomme aussi
Ove.
ECHINEE, s. f. Morceau du dos d'un co-
clion. Miinger une échinée aux pois.
ÉCHINER . T. a. Rompre l'échiné. 71 lui a
donné un coup de bâton gui l'a échiné. Il s'est
échiné pour avoir voulu porter un fftrdeau trop
pesant. Il est familier.
On dit familièrement, Echiner de coups,
poar dire, Battre outrageusement.
Il signifie fii;urcment, Tuer, assommer dans
■ne m<:lée, dans un combat, dans une déroute.
H veut aller à la guerre se faire échiner. Les
paysans échinèrent tous les juyards. Il est du
»t)le familier.
ÉcnisÊ, ÉE. participe.
ÉCIUNOPHUR.\. subst. fém. Plante ombcl-
iiféro, qui est regardée comme un panais c'pi-
neux.
ECHISOPUS. s. m. Plante. On en connoil
de deux csp;-cc«, le grand et le petit. Le som-
met de leur tige est «rmc de télcs 5pljéri.|ucs,
qui portent des fleuron* évasés. Os deux pl.mtci
sont iudorifiijuet. On les emploie dans la plea-
Kaie.
ÉCmQL-FrrÉ, KE. .idj. Terme d'Armmrie,
poiu dire, F»il en fayon d échiquier. /( porte
ECH
tchi(^uftè de tel métal et de telle couhitr. A la
hatiii» échi(juetêe de....
ÉCHIQUIER, s. m. Tahlicr sur lequel on
joue nux échecs, et qui est clivise en plusieurs
carréo ou cases de deux couleurs.
Ou dit, Planter des arbres en échianier,
pour dire, Les jilantcr en sorte que leur figure
représente plusieurs carres fuiis ea e'chiquier.
On appeloit autrefois en Normandie, JÉc/ii-
(^iMCf*, Une Juiidiclion où l'on décïdoit souve-
rainement des diflc-rens împortans entre Ks
particuliers. Il y a encore en Angleterre une Ju-
ridiction qu'on appelle VEchiquicr^ ou Cow
de l'Echi(^uii:f ^ et qui règle toutes les afiàircj
de» Finances.
ÉCinQUlKR.s.iu.Iilet carré, soutenu pai
Jeux demi -cerceaux qui se croisent au milieu,
» auquel est allachce une perche, et dont les pé-
cheurs se servent à Paris pour pécher de pelitl
poissons.
ÉCHO. s. m. (Prononcez JÉco.) Les Poëtei
ont fciut une Nymphe de ce nom , fille d*
l'Air, qui, étant devenue amoiueuse de Nar<
cisse, dont elle ue put se faire aimer, fut mé-
lamoiphosée en rocher, el ue conserva que U
Poix. Ce mot est féminin en ce sens; La trisH
Echo. Mais il est masculin lorsqu il signifie, La
réfléchissemcn tel la répelîiion du son qui frappe
contre quelque corps qui le renvoie distincte-
ment Un bon écho. Les échos des forets^ dei
montagnes, des -vu/Ions, de3 bois. Les êclios d'a-
lentour. Les échos redoiAlés.Les échos répondent
^ à sa voix. Écho (jni répète "plui^icnrs fois. Il y
t des échos (jut répètent jusqu^à sept fois.
Il se prenil aussi pour Le lieu où se fait Té*
iho. L'écAo de l'Observatoire. Chanter àVécho.
On dit figurément, qu'f/" homme est l'échi
d'un autre, Lorsqu'il répète ce qu'un autrft
K dit.
On appelle Des vers en écho , Une sorte da
vers dont la dernière syllabe ou les deux on
Irois dernières étant répétt^s font un mot, qui,
ajouté aux paroles précédentes, en achève U
tens ou leur sert de réponse. Les exemples en
son; fréfiucns dans les Poêles, et principale^
ment dans les Pastorales Pour voits en din
plus, il faudroit vous pouvoir voir. Aura-
t~ellepitié de mon mal inouï?... oui.
Aux Orgues, il j a un jeu qu'on appelle Le
jeu des échos.
ÉCnOIR. V. n. Au présent de l'indicatif, il
n'est guère en usage qu'à la troisième personne
du singulier; Il échoit, qu'on prononce quel-
quefois Il échel. J'échics. J^écherrci. J'cchcr-
rois. Que j'échusse. Échéant. Il se dît ordln;M-
remeut Des choses qui arrivent par sort ou p.it
cas fortuit, il espère que le bon lot lui écherra.
Cela lui est échu en piirlane. Il lui est échu uni
succession du chef de sa femme.
On dit provcrbialemeui, Si le cas y échoit ^
y échel y pour dite, Si l'occasion arrive, si l'oc-
casion s'en présente. Il est du style familier.
Il se dit aussi Du lcmp:> prétix auquel on
doit faire cerloincs choses, et de celles qui se
doivent faire dons des termes préfix. Leprenùer
terme échoit u la Saint-Jean. Le premier paye-
ECL 46i
meitt doit éclioir à la Saint- Martin. Cette
lettre de change est échue.
11 se dit encore Des peines imposées à ceux
qui contreviennent aux Lois; et en ce sens il ne
s'emploie guère qu'A l'impersonnel; et c'est un
terme purement de Pratique. À cela il y
I choit amende. Il n'y échoit aucune peine af-
*licttve.
U se construit quelquefois avec les adverbes
bien el mal; et alors il se dit particulièrement
Des personnes, et signifie, Rencontrer fortui-
tement, i'ows ne sauriez gue bien échoir. Vous
lie .souries mal échoir. Je suis mal échu. Il ejt
du style familier.
Ecuc, CE. participe.
ECnuPPE. s. f. Petite boutique qui ordi-
nairement est en appentis , et adossée contre
uuc muraille. On il fciifi des éclioppes autour du
Palais. Il n'a gu'une échoppe pour boutique.
ECHOPPE, s. fém. Pointe dont se servent
plusieurs -Irtistcs et Ouvriers.
En ce sens on dit Echopper , pour, Travail-
ler avec récItop()e.
ECHOUER. V. n. Être porté, cire poussé
dans un endroit de la mer où il n'y a pas assez
d'eau pour flotter. Donner sur le sable , sur ni»
l'cueil. U se dit proprement Des vaisseaux. Le
vaisseau échoua sur un banc de sable.
11 signifie aiisii,Se briser. La frégate cchouîi
contre un rocher, contre les brisans.
On le dit aussi Des personnes. A'ous échouâmes
mr un tel banc. Use dit Des baleines. On trouva
une baleine qui avoit éclioué à la cote, échoué
sur la côte.
l\ est quelquefois actif. Ce Pilote échoua son
tiflis.seuu. Il nous échoua par malice. 71 a mieux
aime s'échouer que de se laisser prendre.
Il signifie figurément. Ne pas réussir à ce
qu'on a enliepris. ?i"entrcprenez pas cette af-
faire, vous y échouerez. Ce genre d'écrire est
fort dillicile, il y a peu de gens qui n'y
échouent. Cette affaire a échoué. Ses desseins
échouèrent,
ÉcBoné, ix. participe. Un vaisseau échoué.
On trouva une haleine échouée à la côte. Un
projet échoué. C'est une affuirc échouée.
ÉCHROÏDES. s. m. Cette plante ne diffère
de l'Echium ou Vipérin:^, tiu'eri ce que la cir-
conférrnce de ses fleurs est égale, au lieu que
le bord supérieur de la \'ipérinc est plus aW
longé que l'inférieur. Toutes deux ont les
mêmes qualités.
ECI
ÈCLMER. T. a. Couper la cime des .irlrcs.
On écmie les saules. On dit aussi Etêter.
EciMK , LE. participe.
ECL
ÉCLABOUSSER, t. o. Faire rciaillir de 1*
boue sur quelqu'un. Vn laquais qui galopait
à cheval m'a tout ccla^ous^é, a éclabousté mon
tnunteau.
ÉcLAtoDssÉ, ÉE. participe.
^ ÉCL.VnOL'SSLRE. ». f. Bouc qtie l'on iail
rejaillir sur quelqu'un. Il y a imc iclabcus'
462
EGL
sure à votre collet. Votre manteiut est plein
(l^cclahous:iurcs.
ÉCLAIR, s. m. Èclal ilc lumière Bubit et de
peu de durée. Il se dit principalement De cel
«Jat de luniiire qui précède le bniil du ton-
nerre, il a l'ail toute lu nuit de grands éclairs.
On ne voyait qu'à la lueur des éclairs.
On dit figurcment, Passer comme un éclair,
pour dire, Passer vite, ne durer guère. Il ne
s'est point anélé ici, il a passe comme un
iclaii: La aloirc du monde passe comme un
éclair.
Éci.Ain,en Chimie, Est la luiuièrc ctincc-
lante qui paroît h la surface du bouton d'or ou
(j'aigcui qui reste sur la coupelle.
ÉCLAIRAGE, s. m. Ilhunination habituelle
d'une Ville. Il est terme de Police. Il en coûte
tant noï' an pour Véclairage de Paris.
ÊCLAIRCIE.s.f. Terme de Marine. Endroit
clair qui parnit au Ciel en temps de brume.
ÉCLAIRCIR.v. a. Rendre clair, rendre plus
dair. Le vent a éclnirci te temps. Cela sat à
êclaircir la vue. Eclaircir la voix, hclaircir
des armes. Il y a de certaines choses qui seV'
vent à eclaircir le teint.
Il signifie aussi, Rendre moins épais, et se
dit Des choses liquides. Eclaircir un sirop.
Il signifie aussi , Diminuer le nombre.
Eclaircir un bataillon, un escadron. Eclaircir
11» corps. Le canon u fort éclairci les rangs.
Eclaircir une forêt.
On dit Éclnircir, en termes de Teinturier,
pour, Diminuer le fonce de la couleur d'une
I toile.
Ou dit figurcment et familièrement , Il a
bien éclairci sonbien, pour dire. Il en a mangé
une bonne partie.
Il signifie fii^rément. Rendre évident, in-
telligible. Cet Auteur éclaircit bien des vérités.
Eclaircir un point de doctrine. Eclaircir un
fait. Le temps éclaircit la vérité, Eclaircir une
question, Eclaircir une matière.
On dit, £claircir un doute, une difficulté.
pour dire. Résoudre un doute, et n-.ettrc une
diSiculté dans tout son jour, ou quelquefois la
faire disparoître.
On dit, Eclaircir quelqu'un, pour dire.
L'instrtiire d'une vérité j d'une clioae dont il
doutoit. Je doute de celte nouvelle, je veiLv
m'en eclaircir. Il faut s'éclaircir sur cette af-
fàvc.
ÉCLAinci, lE. participe.
ÉCtAIRClSSE.MEKT. s. masc. Explication
d'une chose obscure. 'Eclaircissement d'un
doute, d'une dilficuité. Je n'entendais pas ce
passagCy mais vous m'en avez donné l'échiir-
cissemenf.
Il signifie encore en matière de querelle,
Une explication que l'on demande à un homme,
pour savoir s'il a dit ou fait telle chose, ou si
en la disant ou en la faisant, il a eu intention
d'offenser. Tirer un éclaircissement. Demanda;
donner unéclaircisscment.En venir à un éclair-
cissement. Avoir un éclaircissement avec qucl-
tju'un.
ÉCLAIRE. 5. f. Tcrmede Botimi<lue. Pljinle
ECL
qu'on appelle autrement ChtUâoine. Il y en a
de deux espèces : La grande , dont la racine est
grosse comme le petit doigt, fibreuse, rou-
ucâtrc eu dehors , et jaune en dedans; elle a de
grandes propriétés en Médecine. La petite,
dont les feuilles ressemblent à celles du Lierre,
sert aussi à plusieurs remèdes,
ÉCL.\IRER. V. n. impers. Faire des éclairs,
/'/ n'a fait (Qu'éclairer toute la nuit,
KCLAUÎER. V. a. Illuminer, jeter, rcpan
dre de la clarté. Le Soleil éclaire la terre. Ce
jlamheau éclaire toute la chambre.
On dit absolument : Le Soleil éclaire. La
Lune n" éclairait pins.
Il signifie figurément. Donner de l'intelii-
gence, de la clarté h l'esprit", et alors il est ac-
tif. Cette lecture lui a bien éclairé l'esprit.
Seigneur, éclairez mon entendement.
Il signifie encore, Épier, observer. Vous al-
lés dans un monde où vous serez éclairé dt
près. Les Grands doiventbien jn-endre garde à
tout ';e (juils disent j à tout ce gu'ils foni, car
tout le monde les éclaire. Quand un hommecsi
suspectyon lui donne quelqu'un pour l'éclairer ^
pow éclairer ses actions.
Il est aussi neutre, et signifie, Apporter 'd(
la lumière à quelqu'un pour lui faire voir clair.
Eclairez à Monsieur. îlcluircz. Allez éclairer
Il signifie encore dans le- neutre, lùtinceler,
pétiller. Les yeux des chats éclairent durant h
nuit.
ÉCLAinEiï. Terme de Peinture. Distribuer le(
lumières d'un t.ibleau, y rép;indre des clairi
avec intelligence.
ÉcLAinÉ , ÉE. participe. Un escalier hicA
cclairéf pour dire, Qui a un grand jour. Vm
salle de bal bien éclairée, pour dire, qu'il y i
un grand nombre de lumières.
ÉCLAinÉ, ÉE, se dit figurément d'Une peD
sonne qui a de grandes lumières, beaucoup dt
connoissances. C'est un homme fort éclairé, ni|
esprit fort éclairé.
On dit, qu'Une maison, qu'un jardin sonl
ti'Op éclairés, pour dire, qu'On y est exposé à
la vue de trop de monde.
ÉCLANCHK. s. fém. La cuisse du mouton
tjunnd elle est séparée du corps de l'animal. On
l'appelle plus ordinairement Gigot. Grossi
éclanche. Eclanche tendcc^ mortifiée. Jus d'c~
clancltc. Eclanche à la daube.
ECI.AT. s. m. La pièce, la partie d'un mor-
ceau de bois qui est brisé, rompu en long. On
a jcndu cette hiiche par éclats. Les lances des
deux C/iCfniicrs -uolèrent en éclats. Il fut blesse
J'un éclat de lance.
Il se dit auss: Des pierres, de la brique, des
bombes, des grenades, etc. Le canon ^ionnanl
dans la muraille, fit voler des éclats. Un éclat
de pierre h blessa au visage. Jl [ut blessé
d^un éclat de bombe, d'un éclat de grenade.
ÉCLAT, s. m. Lueur brillante, eflel de la
lumière. On ne sauroit soutenir l'éclat du Si>-
leil. Ces pierreries ont bien de l'éclat. Vor mat
n'fl point d'éclat. L'éclat des yeux, du teint,
des fleurs. Elle a un grand éclat de beauté.
On dit figurément : Cette femme a heaucotxp
ECL
d'éclat. Le coloiis de ce lablenu a lie.incou;) (f é-
clat. Le style de ce discours a de Viciât et de la
',n'.aqnificence.
Eclat, signifie aussi figurcment. Gloire,
splendeur, m.ignificence. Action d'éclat. Cela a
répandu un qraiid iclat sur sa famille. L'éclat
de ses belles actions. H a paru ukcc éclut li lu
Cour. Il n'nimc point Ccciiil ni la pompe.
Etre ébloui par l'écliit des grandeurs cl des
richesses.
Eclat , se dit aussi Des sons , et signifie ,
(irand bruit. ( n éclat de tonnene.
On dit aussi, Un éclat de voix, un grand
éclat de iioia;.
On dit figurément, qu'l/ne action a fait
éclat, de l'éclat, gi-and éclat, beaucoup d'éclat,
pour dire, qu'Elle a fait beaucoup de bruit.
Il signifia aussi. Rumeur, scandale. Celte
affaire fait beaucoup d'éclat. Cel homme est
emporté, il est à craindre qu'il ne fisse <^uel-
que éclat mal à propos. Craindre l'éclat. Il
fallait assoupir celte affaire pour éviter l'éclat^
pour prévenir l'éclul, pour empêcher l'éclat. H
ilct'oit s'éparnnei' l'éclat.
On dit aussi. Un éclat de rire, pour dire,
Un grand bruit qu'on fait en riant. Il lui prit
un éclat de rire. Ils firent de grands éclats de
rire.
ÉCLATANT, ANTE.' adj. Qui a de l'éclat.
Pierreries, couleurs éclatantes. Lumière écla-
tante. Tout éclatant de lumière.
Il signifie aussi , Qui fait un bruit perçant.
Son éclatant. Voie éclatante.
On dit figuréminl : iServices e'clalans. Mal-
heurs éclatuns. Vertu éclufante. Action écla-
tiinle.
ECLATER. V. n. Se rompre, se briser par
éclats. Ce bois a éclate. La bombe éclata en
tombant.
Il s'emploie aussi avec le pronom personncL
Le bois s'est éclaté.
Il signifie aussi , Faire un grand bruit. Le
lojincj-rc vient d'éclater.
On dit figurément. £clalcr, s'éclater de rire.
On dit encore figurera. , £cl(iler en injures,
en invectives, en reprocltes , pour dire, S'em-
porter jusqu'.! des injuies , des invectives et des
reproeb»-s; Eclater contre une injustic, pour
dire , La blâmer avec force.
Il se dit aussi figurément De ce qui vient
tout d'un coup h la connoissance de tout le
monde, apr;s avoir été quelque temps caché.
Ils se haissoienl il y a long-temps, mais leur
inimitié n'avoit pas éclaté. Il faut empèchtr
que la division qui est dans c£tte famille n'é-
clate. Sa colère a éclaté. Sa haine a éclaté.
Cette trame ourdie depuis très -long -temps
vient enfin d'éclater. L'orage est prés d'éclater.
On dit, qu'tnc personne éclate, pour dire ,
qu'Elle montre son ressentiment à découvert e<
avec force. Ce fat pour lors qu'il éclata.
ÉCLATEn, signifie aussi. Avoir de l'éclat,
briller, frapper les yeux. L'or et les pierreries
éclatent. U n'y a point de pierreries qui cclateat
plus que le diafnanf.
En ce sens il se dit figurément De l'esprit,
ECL
de la gloire, etc. 5on nom, sa (jloirc, idalml
pur tout le nioiule.
ÉCLATÉ, ÉE. iiarlicipc. Pieire éclatée, hois ^
éclaté.
ÉCLECTIQUE, «dj. des 2 genres. 11 se dit
Des l'Lilosophes, qui, sons adopter de systime
particulier, dioisissoicnt les opinions qui leur
paroissoicnt les plus vraisenibUiblcs.
ÉCLECTISME. s. m. Pliilosopliic (•clcclique.
ÉCLEGME. s. m. Terme de rliarraacic.
Medicxmeot pccloral de consistance épaisse,
qu'on Ciit sucer aux malades. t)n l'appelle
aussi Lok.
ÉCLIPSE, s. f. Il se dit principalement de
J'obscurcissemcnt du soleil à notre égard , par
l'intcrposiliou du corps de la lune, ou de l'obs-
curcissement de la lune par l'interposition de
]a terre. Eclipse de soleil. Eclipse de lune. L*ê-
clipse du soleil. L'éclipsé de lu lune. Eclipse
partielle. Eclipse (otule, centrale, annulaire.
Prédire les éclipses. Rectifier la Clironolocfie
jtitr les éclipses. La lune a ses éclipses, soujjre
Àcs éclipses. Eclipse d^un satellite.
Ou dit figuremcnt et faniilicrement, qu'l/n
Tiomme a fait une éclipse, pour dire, qu'il s'est
iili-^Dté tout d'un coup, qu'il a dispariL /l n
fait une lonrjiie éclipse.
On dit aussi figurcmeut, qu'/I n'y a poiii'
lie nlotie éclatante qui ne soit sujette à souffrir
de ttmps en temps quelque éclipse.
ÉCLIPSER. T. n. Cacher, couvrir en tout
ou CM partie. Il ne se dit au propre que d'Un
astre, qui, par son interposition, en eaelie un
autre, en intercepte la lumit^re. La lune éclipst
le soleil.
Il se (fit (î'^urènient Du mérite, des talens.
Corneille éclipsa Ions (es Poiites tragiques qui
Vavoiejil précédé.
ÉCLiPSEii, s'emploie aussi avec le pronom
personnel, et se dit d'Un astre qui soufTn
éclipse. Le soleil s'éclipsa, commença à s'é-
clipser à telle lienre. La lune s'ccliptc par l'in-
terposition du corps de la terre.
II signifiefigurément, S'absenter, disparoîtrc:
Il s'éclipsa tout d'un coup, tout à coup. Il s'é-
clipsa de la Cour. Les biens de ce prodigue s4
^nt éclipsés en peu de temps.
Il se dit en ce sens De certaines choses qui
.viennent comme ù disparoîtrc tout d'uu coup.
J'avois mis là des papiers, je ne les retrom-i
plus, ils se sont éclipsés. Il qagnoit au jeu des
sommes imrdensu. en trois coups tout son argent
s'est éclipsé.
Écursé, i:K. participe. Le soleil demeur.t
éclipsé pendant trois heures.
ÉCUPTIQUIC. s. f. Ligne ou cercle qui
ipartaçe lo Zodiaque dans toute sa longueur, en
deux [unies égales, et que le soleil ne quitte
)amais. Le soleil ne peut être éclipsé que par
l'interposition d'un astre qui le rencontre ilani
réclipliijiie, ou fort près de l'écliptique.
Jl est aussi adjectif des a genres, et signifiij ,
Qui a rapport aui éclipaet. Conjuncliun éclip-
itique. Termes rclipliques. Les pleines lunes ne
sont pas toutes écliptiques, pour dire. Il n'ar-
n»e p.u d'cdipsc i toutes l'-". ^ncs.
ECL
ÈCLISSE. wibsi. f . Petit bûton plat qde l'on
Couclie le long de la fraclure d'un bras , d'une
jîinibe, etc. pour les tenir eu état, et faire que
les os puissent se reprendre. MeW-e une cclisse,
dus éclisses. On n'ote îes éclisscs qu^apiès tant
(h jours.
U se dît aussi Du bois de fonte qui sert j
faire des seaux, des minets, des tambours, etc.
On appelle aussi EclissCj Oc petit rond d'o-
sier ou de jonc sur lequel on met égoutter le
lait caille pour en faire dis fromai-es.
KCLISSKR. V. a. Mettre des éclisscs le long
d'une fraclure. On lui a écUssé le brasj la
cuisse f lu jamhc, etc.
ÊcLissÉ, ÉE. participe.
ÉCUJGUE. Voyez Éologxte.
ÉCLOPPÉ, ÉE. participe du verbe Êclop-
per , qui n'est point en usage. Il signifie , Qui q
quelque incommodité qui rend la marche péi
uible. // est tout échppé.
Il se dit aussi De toutes sortes d'iofirmitci
qui réduisent en quelque langueur. Il est du
ilyle familier.
ÉCLORE. V. ncut. // éclat Ils êclosent. 71
iclora. Il t'cMroiI. Qu'il éclose. (Il prend l'auxi»
liaire Être dans ses temps composés. ) Il u'esl
^ui-re d'usage qu'à l'infinitif, et aux Iroisièmcî
pei-sonnes de quelques temps. Il se dit De quel-
ques animaux qui naissent d'un œuf, comnio
des oiseaux, des insi-ctes, etc. Voilà des pous^
tins qui viennent d'cclcre. La chaleur fait
iclore les va's à soie. Mettre des œufs de vers à
toie au soïi-i/, apn qu'ils éclosent. Les petits
tont êclos.
Il se dit aussi Des fleurs qui commencent k
j'ouvrir. Le soleil fait éclorc les fleurs. Cc\
feurs éclôront bientôt. Un houton qui viëni
d'éclore. Ces fleurs sont écloses cette nuit.
On dit figurément, Le jour vient d'éclore^
tommencc d'éclore, poor dire, <jue Le jour
rient de paroîtrc , commence à paroitre.
Il se dit figurément Des pensées , des des-
leins qui commencent il paroître après avoir
été cachés quelque temps. 5es desseins éclôront
ifuclquc jour. Son projet était près d'éclore,
KcLOs , OSE. participe.
ÉCLOSIUN. s. f. Action d'éclore.
ÉCLUSE, s. f. Clôture, barrière faite de
icrre, de pierre, de bois, siu* une rivière, sur
un canal, ayant une ou plusieurs portes qui se
lèvent et se baissent pour retenir et licher l'eau.
Bâtir une écluse. Les écluses sont ruinées. Rac-
commoder Vécluse.
Éci-usr, se prend particulièrement poiu: La
porte qui se hausse et se baisse. Lever, baisser
l'écluse f ou les écluses. Fermer^ ouvrir, Ijcher
les écluses. L'écluse at rompue. L*eau passe
par-de.'-sus les e'cluses, a entraîné les écluses,
l*!CLUSÉE. 0. f. La quantité d'eau qui coule
depuis qu'on a lâché l'écluse, jusqu'il ce qu'on
l'ait refermée. La première , la seconde éclus^e.
Ce moulin ne moud que par écUisees. Il y a
des canaux, des ri¥iêres qui ne sont navigables
que par éclusées.
KCLUSIEH. s. m. Celui qui gouTcroo uno
écluse.
ECO
ECO
463
ÉCOp.iNS. s. m. plur. Tcmn de Marine.
Vojej Éct.-«iEi\.
ÉC()Fn\I ou ÊCOFROL s. m. Grosse table
de plusieurs Artisans , pour tailler et préparer
it-'S ouvrages.
ECDINÇON ou ÉCOINSON. s. m. >oni dune
[liciTequi fait l'cncnignoicde l'cmbrnsurc d'une
porte , d'une fenêtre.
ICrX)I..lTKE, S. masc. se dit en quelques
r.gliscs Cothcdroles , d'Un Ecclésioatique dtabli
pour enseigner la Théologie.
l'.COLE. s. r. Lieu où l'on enseigne les
liillcs-Lettrcs, les Sciences, les Arts, elc. £cole
(ic Grammaire. Ecole de Médecine. Ecole de
Théologie. Entretenir nn jeune homme ouj:
écoles. Camarade d'école. Au sortir de l'école.
On appelle Petites écoles. Celles où l'on
montre ù lire, ù écrire, où l'on enseigne la
tirammaire ; et c'est de cclles-li qu'on entend
parler, quand on dit. Maître d'école. Aller,
envoyer à l'école.
On dit proverbiaicmeut. Faire l'école finis-
fonniére, pour dire, Se cacher afin de ne point
ullcr à l'école, s'en absenter par libertinage ;
Vrendre le chemin de l'école, pour dire, Faire
Je longs détours pour arriver.
faire l'école buissonnière , se dit aussi d'Un
homme qui manque î» des exercices, à des fonc-
tions qu'il doit remplir dans un lioti où ses
Confrères s'assemblent.
On dit proverbialem. Dire les nouvelles ds
l'école , pour dire , Découvrir quelque chose
^li s'est passé dans une compagnie , et qu'il
seroit à propos de taire.
On dit figurément : On devient souvent sage
i l'école du malheur. Le grand monde, pour
un bon esprit, est lu meilleure école de sagesse
et de vertu.
On dit familièrement, Jl faut aller à votre
école pour savoir cela , pour dire , Il làul ap-
prendre cela de vous. Et ou dit, qu'Un homme
est en bonne école, à bonne école, pour dire,
^u'Il est avec des gens très-capables de l'ins-
truire.
On dit au jeu du Trictroc, Faire une école:,
pour dire , Oublier de mnnjuer les points qu'où
Elague, ou en marquer mal îi propos.
On dit dans le mémo Jeu, Envoyer à l'école,
pour dir:, .Marquer pour soi autant de points
que l'autre a oublié d'en morquer, ou qu'il en
a marqué de trop.
On dit, qu'Un cheval a de l'école, poar
dire, qu'il a été dressé nu raonége.
ÉcoLô , signifie aussi l^s lieux où l'on en-
seigne la rhéologie, la Philosophie, selon les
principes et dans les termes rc<;us dans la plu-
part des Universités. 5nin( Tlwmas d'^rpiin
est appelé l'Anqe de l'Ecole. Ce sont des termes
de l'école. C'rrt ainsi que l'école parle. Cela
sent l'école.
Ou oppcllc Kcolc, Un vaisseau que le Itrii
fait nnner pour l'instruction dj!S jeunes Officier-s
et des (ïardcs-^Iarine.
EcoLK, siguilic ti.con! Une secte nu d«-
.f64 ECO
irinc (le quelques particuliers. L'icoh (CEpi-
curc, de Platon, à'Arislote. L'école de SaiM ^
Thomas, i, 'école de Scot.
On dit aussi, L'École de Rome, de Lom-
bardie, de Florence, pour dire, Les Peintres
fameux de Rome, de Lombnrdie, etc. dont les
disciples imitent la manière.
On appelle L'Écoic du Titien , l'Ecole de
Raphaël, etc. Les Peintres qui ont appris sous
eiLX, ou sous leurs élevés, l'art de peindre dans
car manière.
ÉCOLIEU. UERE. s. Celui, celle qui va à
l'école, au Collège. Pelil Écolier. Écolier de
la Faculté. Écolier de Rhétorique, de Philoso-
plùc, etc.
Il signifie aussi Celui qui prend des leçons
d'un Maître. Le Maitre et les écoUer.t. J'ai été
son écolier. Il fait de bous écoliers. Ce Maître
à danser a tant d'écoliers. C est une de ses
bonnes écolières.
On dit d'Un homme peu lialiile, peu avancé
dans une profession, que Ce n'est tjuun éco-
lier, qu'il est encore écolier.
On ait , 'qu'Un homme, un Général d'ar-
mée, un Ambassadeur, a fait une faute d'éco-
lier, pour dire, qu'il a fait une faute qui mar-
que beaucoup d'iacapacit';,ou d inexpérience.
On dit tiguri^meut, Piciiilie le chemin de<
icoliers, pour dire, Prendre le chemin le plu»
long, selon la coutume des écoliers qui vont en
tlasse. Foire des tours d'éeolier. l'etite malice
itécoiier.
ECONDUIRE, V. a. signifie propremrni
Conduire dehors, et en ce sens i'i se dit. Lors-
qu'on cloigne quelqu'un avec ménagement d'une
niaisoii ou d'une société. Il s'éluil iiitroduil
dans cette société, il en a été éconduit.
11 se dit par extcasion, pour. Refuser à
quelqu'un avec ménagement ce qu'il demande.
Il ne se dit que Des personnes. Je lui avais fait
une piiére, mais j'ai été écouduii. Il m'a écon-
duit poliment, mais tout net.
On dit proverbialement, en p,irla;it .'i quel-
qu'un pour l'exciter à faire quelque dcm.mdc,
qu'il ne sera pas battu et écMiduit tout à la
fois.
ÉcoSDBiT , CITE, participe.
' ÉCONOJI.Vr. s. m. (On ccrivoit autrefois
CCconomut.) Charge, emploi, office d'Kco-
nome. Il n'est guère d'usage qu'en parlant De
l'administration des revenus d'un Evéclié, d une
'Abbaye, et autres Bénéfices pendant la v.uaTice.
L'Écoriomcl des JSénéfices q;iivan\'cnl ù lu iio-
miiiotioii du Roi, dépend du /ici. Il jouit des
rci'enus de ce Bénéfice par Economat, en veiiu
de ses Lettres d'Économat, prendre, obtenir
des Lettres d'Economat.
On appelle Économuls au pluriel. Le bu-
reau établi pour l'administration des Bénéfices
racans, et qui sont à la nomination du Roi. Ce
Rénifiee a été mis aux Economats, est iiuc
Économats.
ÉCO>'0.'ME. adj. des 2 genrci;. Ménager ,
mënagèrc.qui sait épargner la dépen.se. Il est
cclri^jneiiicfit économe. Elle est fort économe.
ÉcoxovE, signifie encore tu su}>sta'.itir,.Ce'
ECO
ECO
lui ou cel'e qui a soin de la conduite d'un ni4- ECORCE. s. f. Enveloppe d'un arbre ou
nage , de la dépense d'une maison. Un sacje d'une plante boiseuse. La première, la {jrosse
Économe. Un habile Économe. Un cjrandÉco- ^écorce. La seconde, la petite écorce. Cet arbre
nome. C'est une bonne Econome.
Eu quelques Maisons Religieuses, on appelle
Le Pérc Économe ^ la Mère Économe, Le Reli
gieux ou la Religieuse qui a soin de la dépense
du ^lonastèrc.
On appelle aussi Économe , Celui qui est
nommé par le Roi pour administrer les revenus
d'un Évéché, d'une Abbaye, etc. pendant la
vacance. Établir un Économe. Le Roi a nom-
mé un Économe à cette Abbaye. Économe sé-
questre.
ÉCONOMIE, s. f. L'ordre , la rtgle qu'on
apporte dans la conduite d'un ménage . dans la
dépense d'une maison. Avoir de l'économie.
Entendre l'économie. Vivre avec économie ,
.v.'cc une qrande économie. Vivre d'économie.
Il a de l'économie dans su dépense. Il n'a point
d'économie.
Ou dit, qu't/n liomme vit avec trop d'éco-
nomie, pour dire, qu'il vit avec trop d'épargne.
Et on dit Des retranchemcus qu'on fait mal <'i
propos sur certaines petites choses , que C'est
une économie mal entendue, une mauvaise éco
nomie.
' Economie, se dit figurément, (t dans une
bignificalion plus étendue, De l'ordre par le-
quel im Corps polilique subsiste principale-
tuent : elle t'appelle Économie (oliliijiie. C'est
renverser toute l'économie d'un Etat, d'uni
République.
On appelle hcononiie rurale, L'aduiînistra-
tiou des biens de la campagne.
Il se dit aussi figurément De l'harmonie qui
est entre les différentes parties, les difl'étentes
qualités du corps physique. Le dérèglement des
humeurs trouble toute l'économie du corps hu-
tnuin. B^concmie animale.
îl se dit encore figurément De la disposition
d'un dessin, de la distribution d'un discours,
d'une pièce d'Eloquence. L'économie d'un des-
sin, d'un discours, d'une pièce de Théâtre.
ÉCONOMIQUE, ad), des 2 g. Oui concerne
l'économie, le gouvernement dune famille.
Prudence économiijue. Saijcsse économique.
Science économique.
Il est aussi substantif féminin, et signifie
Celte partie de la Philosophie morale qui re-
garde le gouvernement d'une famille , d'un
Étal,i le. C'est uiierèqlc d'économique aussi-bien
que de politique, qu'il ftnt
ÉCONOMIQUEMENT, adv. Avec écono-
mie. Vivre économiquement,
ÉCOSO.MISEH. V. a. (iouverncr, adminis-
trer avec économie. Il a bien économ'xsé les re-
venus de cette Terrt, de cette Abbaye.
Économisé , ée. ptnicipe. Des rewnus h'ien
économ isés.
ÉCOPE. s. f. Espèce de pelle creuse h re-
bords, dont ou se sert pour vider l'eau des
bateaux.
ÉCOPI'.RCHE. s. f . Kom d'une machine qui
sert à élever des pierre» , des fardeaux , otc. et
qui fait pallie d un engin > ou s'y ajoute.
n l'éoorce (cndrc, l'écorce dél'iée. Peler l'écorce.
On fait des cordes avec des écorces de tilleul.
On fait des étoffes d'éeorccs de certains arbres.
La jilasse est l'écorce du chanvre, du -lin.
On dit aussi, L'écorce de certains fruits,
pour. Leur enveloppe, quand elle est épaisse.
Écorce de citron. Écorce d'oranqe. Ecorce de
qrenade. L'écorce de eiti'on est bonne à confire.
EcoiîCE, signifie figurément, Superficie, ap-
parence, 'ï^ous vous arrêtez à l'écorce, il faut
pénétrer plus avant.
On dit proverbialement, qu'il ne faut point
mettre le doint entre le bois et l'écorce, entri
l'arbre et l'écoi-cc, pour dire, qu'il n'est pas
prudent de s'ingérer dans les démêlés entre
proches , comme mari et femme , frère et sceur.
ÉGORGER. V. a. Ôter l'étorce du bois. On
écorce le bois en Mai, parce que la sève qui est
alors fort abondante , facilite la séparation de
l'écorce. Tous ces arbres ont été écorcés.
EconcÉ, ÉE. participe. Le bois écorce s'ap-
pelle Bois pelard.
ÉCORCHÉE. s. f. Terme 'de Conchyliolo-
gie. Coquillage marin. Espèce de rouleau.
ÉCORCHER. ï. a. Dépouiller un animal de
la peau. Ecorcher un cheval , un bœuf, etc,
11 s'emploie aussi pour dire, Emporter, dé-,
chircr, ôter tine partie de la peau d'un animal,
ou de l'écorce d'un ai'bre. Les charrettes enpas-.
sanf ontécorc.':ê cet arbre. Vous m'avezécorche
la jambe. Je me suit écorché le bras. La selle a
tout écorché ce cheval.
On dit d'Une viande , d'une boisson qui est
rude au jialais, à la gorge, qu'Élle les écorché.
Le pain d'orqe, le pain bis et dur écorché la
Qorqe. Ce vin est si âpre, qu'il écorché le
palais.
ÉconCHEB. Terme de Sculpture. C'est oter
du noyau d'une figure qu'on veut couler en
plâtre, autant d'épaisseur que le Sculpteur veut
en donner au plâtre.
On dit familièrement d'Un homme qui se
plaint sans grand sujet, qu'il crie comme si on
l'écorchoit.
On dit aussi proverbialement. Il resremble
(lUX anquilles de Melun, il aie avant qu'on
l'ieorche, pour dire, qu'il se plaint d'un mal
qui u'est point encore arrive.
On dit encore, Ecorcher l'anguille par la
queue, pour dire. Commencer une chose par
le plus difficile, etparoii l'on devroit finir.
On dit aussi proverbialement, qu'il n'y a
rien de plus difjicile à ecorcher que la queue,
pour dire , queCe qn'd y a de plus difficile dans
une allure, est le point de la conclusion.
On dit proverbial! ment Jamais beau parler
n'écorcha lanrjue , (K>ur dire, qu'il est bon
d'u'^er de paiolcs douces et civiles.
On dit d'Une voix aigre, d'une méclianle
Musique, et d'un parler rude et barbare, quu
Cela écorché les oreilles.
ÉconcHEn , signifie figurément Exiger lieau-
coup plus qu'ilne faut pour des droits, taiaue»,
ECO
rscationj ou niarcljaiidises. Ce Piocweur, ce
Oie.j'.er écorche ks Plaideurs. CeMarchaïul csl
riisonnahle , il n'écorche pas le momie. Ces'
une hôtellerie où l'on écorche les jent.
Ou dit, H faitl tonilre les brebis et non pas
Usécorcher, pour Hir;, que Les Rinces ne
iloivcDl pas trop charger les peuples.
On dit encore fij;urénient et familièrement,
Jl écorche le François, le Latin , etc. pour dire,
que Quelqu'un commence àfiarier ces Langues,
et qu'il les parle mai.
On dit proverbialement , Autant vaut, au-
tant fait celui (jui tient ^ t^ue celui (jui écorche,
pourdire,que Le complice d'un crime est aussi
coupable que celui qui eu est l'auleur.
On dit proverbiaicm. et bassement, Ecor-
cfier le reuiirfi, pour dire, Vomir après avoir
trop bn.
À ÉCOnCHE-cu ou en. Phrase adverbiale.
£n gli:>sant, en se Irainant sur le derrière. Ces
enfans jouent à écorche- eu.
Il signifie aussi fignrcmcnt, Par force, de
mauvaise gr.ice, avec répugnance. // ne fait ja.
mais les choses qu'à écorche-cu. Il est bas.
KconciiÉ, ÉE. parliciiK.
On appelle £corc/ié. en temiesdc Peinture,
Une (igurc sans peau, dont on voit les muscles.
En ce sens il se prend suLàtaotivcn^ent. L'Ecor-
thé de Miclel-Ange.
ÉCORCHERIE. s. f. Lieu où l'on écorche
les bêles. £.'fif0^'er , traîner un cheval , un
chien a l'écorcheric.
On appelle fiiïimîment Une Iiotelirrîe on
Ton tait paytir plus qu'il ne faut , Une écor-
cherie. C'est une vraie écorcherie.
ÉCORCUEL'R. s. m. Celui dont le métier
est d'écorclier les bêtes mortes. Ce cheval n\sl
plus bon fjue pour iécorcheur , tju'à envoyer d
l'écorcheur.
On dit fignrément et familièrement d'L'n
Hûlclier, d'un Procureur, d'un Marchand, etc.
qui ex'igeut trop. C'est un écorcheur.
ÉCORCHUKE. s. f. Enlèvsoicnl de la peau
en (piclque partie du corps. // a une grande
écorchui-e. Je me suis fait une petite écorchure
à la jambe.
ECORE. s. f. Terme de AL-irine. Escarpe-
ment d'une côte. Cittc en écore.
ÉCORNER, verbe actif. Rompre une corne.
i:.corner un taureau. Ce bœuf fut écorné.
Il se dit aussi Des choses qui ont des angles.
Ecorner un bastion. Ëcorner une table. licor-
n» un« pierre. Ces dés sont écainés.
CThdii figurément et familièrement, £coriicr
quelipie cfiose, pour dire, La diminuer. On
écorna leurs privilé-jes. On a écorné sa (ci7'C,
•.an bien, sa Juridiction, son autorité.
Kconsf. , tt. partietpe.
ECORSItLER. V. aci. Cherchera manger
■ux dépens d'aiitnii, chercher de franches lip-
pci». Il a su que nous iJInioru en tel endroit,
3 est venu nous écornifler. Il va écornijUr un
dtner où ri peut. Il est dn style familier.
Kcoisiiii:, i:i: paitici|>e. Repas écorniflé.
ÉCOKMl- I.ERIE. ». f. AcUon d'écomiflcr
Il ne ni/ que ifci.orni|Icri«»,
Te me I.
ECO
ÉCOR>'IFLEt'R , EUSE. s. Cehii , celle
qui écorniflé, païasite. C'est un écornifleur.
ÉCORSUKE. s. f. Éclat emporté de l'angle
d'une pierre, d'un marbre, etc.
ÉCuSSER. V. a. Tirer de !a cosse. Jîcosser
des pois, des jèves.
Kcoss£, ÉE. participe. Pois écossés, Fèves
écossées.
ÉCOSSEUR , EUSE. suhst, C-elui , celle qui
écosse. Kcosscuse de pois,
ÉCO'f . s. m. La quote-part que doit chaque
personne pour un repas commun. J'ai payé
mon écol , payez le vôtre.
Xi signifie aussi La dépense qu'on fait à
l'hôtellerie, au cabaret pour un repas. Gros
L'col. Kcot de dix, de vingt francs.
ÉCOT, signifie "'icore La compagnie des per-
sonnes qui mangent eusemble dans uu cabaret.
II y a trois écots dans le jardin.
On dit proverbialement et figurément à un
homme qui se mêle de parler à des gens qui ne
parlent pas à lui , Parlez à voire ecot.
On dit figurément et familièrement d'Un
iiomme qui a diverti la compagnie durant un
repas, qu'/f a bien payé son écot. Il s'emploie
(lussi en d'aiilres occasions. Il nous a apporté
d'agréables nouvelles ; il a bien payé son écot.
EcOT, signifie aussi Un tronc d'arbre oii ii
reste encore des bouts de branches coupées.
É(^OTÉ, ÉE. adjcct. Terme de Blason. Il se
dit Des troncs et des branches dont les menues
brandies ont été coupées.
TlCOUAM'". s. f. Terme de Wonnoie. Sorte
de lime propre aux Aju«teur« et Tailleresses .
servant h réduire les espèces d'or et d'argent an
poids ordonné.
HV.OUAXER. verbe a. Terme de Monnoic.
Réduire les espèces d'or et d'argent au poids
ordonne.
EcoLAXÉ, ÉE. participe.
ÉCOUFLE. s. m. Sorte de Milan. VÉcoufle
a emporte un poulet.
ÉCOULEMENT, subst. masc. Le flux, le
mouvenienl da ce c^ :i s'écoule. L'écoixlcmcnf
de l'eau, irs eaux, etc. 'Ecoulement des hu-
meurs. Lcoulement des coipuscules gui s'exha-
lent des corps.
On dit figurcmenl : Ecoulemens de lumière.
Ecoulemens de la grâce,
ECOULER. T. n. Couler liom de quelque
endroit. Le torrent s'est écoulé. Faire écouler
l'eau: Quand Veau sern écoulée. L'eau s'écoule,
etc. Le vin s'est écoulé du tonneau.
On dit Ggurémcnt, que Le temps s'écoule,
que r»irqeiit s'e'coiile,que la foule, que lapre^se
s'écoule, qu'il faut laissa' écouler la foule.
pour dire, que Le ten.ps passe, que l'argent se
dissipe, que la foule diminue, etc.
On dit aussi . que Le temps est écouté, pour
dire , <iue Le terme préflx est expire.
ÉcoLiÉ, tE. participe.
ÉCOL'PE ou ÉCOUPÉE. «. f. Balai pour
nettoyer un >'avirc.
ÉCOURlJEON. ». m. Orge carrée, ou d'au-
tomne, ou de prime.
ECOURIER. v. acL Rogner, couper trop
ECO
403
court. Eenarter dc:i cheveux. Ecourler un mun.
leau, une jupe.
On dit encore d'Un habit trop court, qu'il
est bien éeourté.
Ou dit, Écourfcr un chien, un cheval, pour
dire. Leur couper la queue et les oreilles.
Il se dit aussi absolument d'Un lionime qui
a les cheveux coupes fort court. Vous Voilà
bien ccoiirfé.
LcociiTÉ. ÉE. participe.
ÉCOUl'ANï, ANTE. adjecl. Qui écoute.
Avocat écoutant. Il n'est d'usage qu'en plaisan-
tant, pour sigiiilier Un Avocat qui ne plaide
point.
ÉCOUTIi. s. f . Lieu où l'on écoute sans être
vu. Il est plus ordinaire au pluriel. Il était dans
Us écoutes e'i Sorbonne,
On dit liguniment et familièrement, E'.re
aux écoules, pour dire, Être attentif à remar-
quer ce qui se passera dans une affaire, afin
d'en tirer ses avantages. On parle d'une telle
aljiiire , il y a bien des gens gui sont aux
écoutes.
On appelle dans les Monastères de filles, Une
Sœur écoute, La Rclig-eusc qu'on donne pour
accompagner une antre Religieuse , ou une
Pensionnaire qui va au Parloir.
ÉCOUTE, s. f. Terme de Marine. Cordage à
deux branches propre h tenir les voiles tendues.
l';COUTER. V. a. Ouir avec attention, prêter
l'oreille pour ouïr. -Ve pnrlei pns si haut, 01
nous e'coiite. Jl éloit à la porte pour écouter et
qu'on disait.
On dit d'Un homme qui pa^V len*ement, ej
qui croit bien dire, qu'/l s'écoule pnrjer , tt
absolument, qu'/l s'écoute.
Il signifie aussi. Donner audience îi quel-
qu'un. On les renvoya sans les écouter,
EcoiTEn, signifie aussi, Donner quelqii»
cxoyauce ou quelque consentement à ce qu'un
homme propose, ou prendre plaisir 5 l'eiitendrf.
On ne voulut pas écouter la propêsition de
paix qu'il fiisoit. S'il me propose une telle
chose, je Vécauterai volontiers. Il parla d'ac-
eammadcment , mais il ne fut pas écouté. Ecoutez
la voix, les inspirations de Dieu.
ÉcouTtn, se dit aussi figurément; et on dit,
Eco^iler la riiison, pour dire, Se rendre à U
raison. Ecouler lu voix de la nature. A"écoiiter.
nue sa colère, sa passion.
On dit, qii'Urt homme s'écoute trop, qu'.i
écoule Irop son mal, pour dire, qu'il a trop
d'attention b ce qui se passe en lui par rapport
b sa santé.
Lorsqu'on veut appeler quelqu'un, on lui
dit, Un tel, écoutez.
On appelle Un écoule s'il pleut, Un moulin
qui ne va que par des écluses; et de là on dit
proverbialement, iîcculc s'il pleut, c'est un
écoute s'il pleut, pour dire aux gens, qu II»
s'attendent i des choses qui n'arriveront peoi-i
être jamais , ou qui n'arrivent que irês-raremeii t.
EcoiTÉ, il. participe.
On dit en termes de Manège, Des niouws
FUCUS écoutés, pour dire, Des innu\i'incn» Ia<U
avec {Ustossc et précision.
59
466 ECR
ÉCOÛTEUX. adj. Terme de Manège.' Il se ^
dit d'Un clieval d'ulrait par des objets qui !e
frappent.
ÉCOUTII.I.E. 8. f. Sorte de l..i[pc, d'ou-
verture dans le tillac d'un vaisseau pour y des-
cendre ou en tirer les gros fardeaux. Fermer
Us écoiitilles.
ÉCOU'VILI.ON. s. ui. Vieux linge attaché h
un long bâton, avec quoi ou nettoie le four
lorsqu'on veut enfourner le pain, ou avec quoi
l'on nettoie le canon lorsqu'il a tiré, et qu'on
le veut recharger ou le lafraicliir.
ÉCtiUVILLONKKR. verb. act. Se servir de
récouvillon. icouvilloiiner le four, une pièce
ie canon,
ÉcouviLLOSNÉ, ÉE. participe.
ECP
ÉCPHRACTIQUE. adj. des 2 genres. Terme
de Pliannacic. Il se dit des remèdes apéritifs
qui ouvrent, débouchent les vaisseaux , les
conduits.
ECR
ÉCRAIGNK. s. f. Veillée de village. Il est
pnDCipalcmeut d'usage au pluriel.
ÉCRAN, s. m. Sorte de meuble dont on sn
icrt l'hiver pour se garantir de l'ardciu' du feu.
Écran <|ui esl monté sur un pi'eiJ, et (\m se
hausse else baisse. Ecran (ju^on tient à la main.
Elle se mit devant moi four me servir d'écran.
ÉCRASER. V. net. Aplatir et briser par le
poids de quelque ehosc, ou par quelque effort.
La poutre tomba et lui écrasa la ttite. Il fut
écrasé sous la ruine d^un bâtiment. Marchez
sur cette araignée et l'écrasez. Ea-ascr des qro-
âcilles, du verjus.
On dit figurément, Ecraser ^ue/<]a'un,pour
dire, Ije ruiner, le détruire entièrement. Si
vous le fâchez, il vous écrasera. Je Véa'aserois
comme un ver.
ÉCRAs£, ÉE. participe.
Il signifie figuréraent , Trop aplati, trop
bas, trop court, comme en ces exemples : Il a
le nez écrasé. Le comble de cette maison n'a
point de (jrdce, il est trop éaasé.
On appelle Une taille écrasée. Une taille
trop courte et enfoncée.
ÉCRIii\lER. v. a. Ôter la crème de dessus le
lait. Écrémer le lait, du lait.
On dit Ggareraentet f iniilièrenient , Ecrénwi
une ajjhire, pour dire, En tirer tout ce qu'jl y
B de medlcur et de plus profitable.
Il se dit aussi d'autres choses, quand on eu
tiic ce qu'il y a de meilleur. Il c écrémé cette
bibliothé(^ue , ce cabinet. H a écrémé la carc^ai-
son de ce vaisseau oui étoit richement charqè.
tanÈMÉ, ÉE. participe. Du lait écrémé. Une
affaire éceèmée.
IX'.KÉiN'AGE. s. m. Terme de Fondeur de
caractères. Action d'écréucr.
ECRÉAER. v. a. Terme de Fondeur. Ecré-
ner une letbe, En évider le dessous avec un
icrcaair. On écrèoe les lettres longues, afin
|uu' elles puissent s'approcher des autres.
ÉcnÉsE, Éc. gorticipe.
'ECR- .
ÉCRÊlJîOIll'. s. m.. Instrument avec lequel
on l'crènet
hCHKTER. V. n. Terme de Guerre. Enlever
Iacrûte,le soinnici J'un ouvrage, tel qu'une
muraille, uiie palissade, etc. Le canvii a ècrété
le bastion.
KchUtÉ, ÉE. puiticipe.
IXIRKVISSE. s. l'. Poi.sson qui, selon l'opï-
niori vnlfj;aire. va jjrrsque toujours à reculons,
cM qui est du genre des crustacës. Pécher des ècre-
visse.<. U rut soupe aux ccrcvisses. Êcrevisse d^caii
douce. Kcrevisse de mer.
(In appelle Yeux d'écrcvisse, De certaines
petites pierres qui o«it la forme d'un œil , et
(jui se trouvent dans les écrevîsses, et dont on
se sert dans la Médecine.
'Jn 'lit populairement d'Un homme, qu'/i
va à reculons comme les i'^r^vlsses , Quand sei
a.Taires ff^culent au lieu d'avarcer.
On dit aussi populairement d'Un homme
qui a le visage trop haut en couleur, qu7i est
roune comme une ecrevisi-^.
Il y a un des Signes du Zodiaque qu'on ap-
pelle Le sinne de VEcrevisse., et qu'on nomme
iiutrcment le Cancer. Le Soleil entre au Sifjm
de l'Kcrevisse vers la fin de Juin.
ÉCRIER, s'écrier, v. qui s'emploie avec
le pronom personnel. Faire un grand cri, une
exclamation. Quand il vit cet homme l'enir à
lui Vêpée miCj il s^écria. Il s'est écrié de dou-
leur. Alors je m'écriai. L Orateur au milieu de
sa narration s'écria... S^ecrier d^admiration.
ECRILLE. s. f. Clûturc de clayonnage, qui
Be prali'|ue îi la décharge d'nu étiinjj, pour ejn-
pécher le poisson d'en sprlir.
ÉCRIN. s. m. Petit ro/Tret où l'on met des
biifjiieSj de.i pierreries. // apporta Vêcrin o'i
éloient ses pierreries. Un bel ccrin, un rîchc
en- in.
ECRIRE. V. a. J'écris., tu écris, il écrit;
nous écrivons , vous écrivez., ils écrivent. J'é~
crivois. J\ii écrit. J^écrivis. J'écrirai. Ecris
J'écriroi's. Que j'écrive. Que j''écrivissc. Ecri-
vaut. Tracer, former, figurer des letUcs, des
caractères. Il sait lire et écrire. Il passe ce vu
à écrire. Maître à écrire. Enseigner à écrire.
Montrer à éc! ire. Ecrivez cela sur une feuille
de papiei' ^ daiis votre journal y sur vos tahlet-
( js. Lcrire son nom. Les Anciens écrivaient sur
des tablettes enduites de cire. Il écrit bien. Il
écrit mal. Ecrire avec un crayon y un charbon.
Ecrire sur le sable. Ecrire sur la muraille.
Ecrire en qrosses lettres , en lettres capitales.
Ecrire avec son san(j.
On dit, Ecrite des volumes ^ pour dire.
Ecrire heaucoup.
On dit, 5e faire écrire à une porte., pour
dire. Faire mettre son nom sur la liste d'un
porlior, pour marquer qu'on esl venu voir le
ni-iitrc <»u la niaitres.se.
Il se dit aussi de lu manière d'orthographier.
Comment êcrivc^^vous un tel mot?
SI sij;nific aussi, Écrire des lettres missives,
mander par leincs missivfN. Je lui ai écrit dciuc
ou trois fois y il ne me fait point de réponse. Je
n'écris point en ce pays-là. Je lui ai icrit tnutes
ECR
les nouvelles. Je lui ai écrit ^ur la naissance de
son j\ls, sur la perte (ju'il n faite. Ecrire des
lettres de recommandation. Je lui ai écrit de
dessus le vaisseau. Je lui ai écrit de mon Ut.
On dit figurénient et familièrement, Eait't
de bonne encre, de la bonne encre à qtielau'unj
pour dire. Lui écrire fortement sur quelque
cho.se. Il se dit principalement Des lettres de
réprimande ou de reproche.
On dit en termes de Pratique, Ecrire, pour
dire, Mettre par e'crit ses raisons pour défendre
sa cause. On les a appointés à écrire et à pro-
duire. Un tel Avocat a écrit en telle afjaire pour
un tel. Il plaide bien., mais il ecril mal. Il écrit
et ne plaide pas.
Il signille aussi , S'engager par écrit. 71 ne
suffit pas de donner des paroles ^ il faut écrire.
On dit proverbialement , A mal exploiter
bien écrire j Lorsqu'un homme ayant manque
h quelque fonnalilé, écrit ensuite la chose, non
pas comme il l'a faite, mais comme il la devoit
faire.
Il signifie aussi figurément, Composer qnel-
qiie ouvrage d'esprit. Tous les Auteurs ont ont
écrit sur cette matière. Ecrire en prose. Ecrire
en vers. Ecrire en Latin, en Grec.
Il se dit aussi particulièrement Du style. Il
est savant, mais il ne sait pas écrive. Il étrit
poliment, nettement y doctement, élégamment .
Il écrit mal, grossièrement. Tous ceux (jui ecri-
vent bien. Il se mêle d'écrire. Cet homme parle
bien, mais il écrit mal.
H signifie aussi, Enseigner par écrit que....
Aristotc a écrit rue les animaux. ...
ÉcniT, iTE. participe.
On dit figurément , que La destinée des
hommes est écrite au Ciel, qu'une chose était
l'.crite ait Ciel.
On dJt,qu'f7ne cl.cse a été écrits au courant
de lu plume, pour dire, qu'On n'y a pas mis
beaucoup de temps, de réflexion, etc.
On dit aussi, // est écrit, pour dire, Il esl
décidé. // est écrit que je ne gagnerai jamais.
On dit proverbialement, Ce (jui est écrit est
écrit j pour dire, qu'On ne veut rien changer à
ce qui est écrit, â ce qu'on a résolu.
Il signifie quelquefois , Marqué. Son mal-
heur est écrit sur son visage. Il portait son
crijMC écrit sur son visage, sur sou front, sa
condamnation écrite sur le front. Les rides ont
écrit son dge sur son front.
Il se dit aussi d'Un papier sur lequel on a
écrit. Ce! n'est pas un papia- blanc , c'est u.i
papier écrit. Papier eenl de.'^ deux cotes.
ÉCRIT, s. m. Ce qui esl écrit sur du papier.
Quel écrit est-ce là? Il tira un e'ciil de su
poche.
Il se dit principalement d'Un acte, d'un mé-
moire portant promesse , convention. // est
homme de mauvaise foi, il plaide contre son
écrit. Vous ne pouvez pas me le nier, j'en ai
votrt écrit.
On appelle Remontrances par écrit. Des re-
monlranecs raisonnées; et Procès par écrit. Un
procès qui se juge par rapport, cl qui ne se
plaide point.
ECR
On dit, Mi'ltre pur écrit, rédiger par écrit,
pour dire, Ki rire ce qu'on o lu, ce (lu'ou a
peiiM. Mettet-moi cela par écrit.
On dit encore , Mettre en écrit une chme
pour s'en souvenir, pour dire, L'écrire sur ses
tablettes, sur quelque morceau de papier; et
Coiic'ier par écrit, pour signifier, Mettre par
écrit ; CoucAcr bien par écrit , pour dire ,
Écrire en bons termes. Ces deux derniers soni
du stjlc familier.
LcniTS, au pluriel, se dit Des ouvrages que
l'on compose sur queUjuc matière. On ne fera
imprimer ses écrits (ju après sa mort.
Il signifie auRsi Les leçons, les cahiers qu'on
écri! sous un Professeur qui les dicte. Je ((iirdc
encore mes écrits de riiilosop}iie , de Théo-
logie.
ECRITEAU. s. m. Certaine inscription en
grosses lettres, qu'on met sur un papier, sur
du bois,ett:. pour faire connoitrc quelque cliosc
au public. Ecriteau de maison j de chamhre à
louer. Il a mis écritcau sur sa porte pour mar-
(fuer ((lie sa maison est à louer ou à vendre. Il
a mis un écriteau pour faire savoir qu'il mon-
tre à écrire, au il prend des pensionnaires. On
a pendu cet homme avec un écriteau devant et
derrière, oui niaraunit son crime.
liCRl'l'OIlîE. s. i'. Ce qui contient ou ren-
ferme les c!<oses nécessaires pour écrire, encre,
papier, plumes, canif, etc. Eaitoire qu'on
porte sur soi. Ecritoii'e de corne, d^ivoire, de
cuivre. Écritoire de cabinet. Ecritoire de bu-
reau. Ecritoire if argent , de verre. Ecritoiie
bien qarnie.
Ou opi«'lc Greffier de lÊcritoire , Vn
Grellier qui écrit les rapports des Jcucs ou
Experts en ^laçoniicrie, Cliarpenteric, etc.
llCKITL'RE. t. f. Car.ictùres écrits. On a
l'oniti e[J'ucer l'écriture. C'est de vieille écri-
ture. Belle écritiu-c. Mauvaise écriture. Ecri-
ture dijltcile. Ecriture bâtarde, ronde, cou-
lie, etc.
Il se dit De la minière de former les carac
tèrcs. Il m'a fait voir de son ca-itnre. lies Ex-
perts nommés pour vérifer les écritures. Il a
reconnu son êciitwe.
En termes de Prali.^u", Les écritures sont
les écrits qu'on fait et q>i'on produit pour dé-
fendre sa cause. Qui' C5t t Avocat qui a fait vos
écr'itures?
t^Miand on dit, L'Ecriturc-Satnte, ou sim-
plentcnt, VEcritutc , ou les Ecrilurci, on en-
tend l'Ancien et le Nouveau Te-tament. .\onj
I joni dans VEcriture-Saintc. Il a cité plu-
sieurs passages de l'Ecriture. C'est aux l'as-
Irun li nom ex^IifjUiT les Ecritures, tes saintes
Ecr, litres.
Un dit proverbialement. Concilier les Ecri
tures, iHiur dire. Accorder les choses qui pa-
roissent contraires.
IXr.'.VAlI.LKUn. ». m. Méchant Auteur,
qui étril iK-uicoup. Il c»t familier.
fXHiV.M.N. 5. ro. (Jui montre i écrire.
DlalL-e Kri ••.•.i:.i. Ecrivain Jwé.
Il te dit nussi De ceux qui éerÏTent bien ou
iii«L C'cil UH bon, an mi'c'iunl J^'rriiMiu.
ECT
Il se dit encore d'Un Auteur qn'i compose
qut'lipie Livre. C'est tin excellent Ecrivain j
un fameux Ecrivain. Tous les Ecrivains du
dernier siècle. Méchant Ecrivain.
Sur les Vaisseaux et sur les Galères, il y a
un Officier qu'on appelle VKcrivain^ qui tienl
registre de ce qui est dans le Vaisseau, et de
tout ce qui s'y coDsoranie, et qui a le litre à*E-
crivain iht Roi.
On appelle ai/sîi Ecrivain, Celui qui ^crîl
|)our le public, des lettres, des ménioiies, des
demandes, etc.
lùCROU. s. m. I.e trou dans lerpiel entre la
vi.s en (ournanl. Celle fis nest pas assez qvosse
jwur l'êcron. Elle s'est rompue dans Yccrou.
Vèc^ou d'un pressoir.
ECUOU. s. ru. Article du registre des em-
prisonnemens, contenant le jour et la cause
pour laquelle on n mis quelqu'un en prison. Il
fdut lever votre écrou et le joindre à itoïre le-
quête. L'Arrêt porte (fue son écroit sera rayé cl
bip.
ECROUELLES. s, f. pi. Tumeur pituilcuse
et maligne, causée par des humeurs froides, et
qui vient aux parties glanduleu.ses , mais plus
ordinairement 5 la gorge. Le Roi de France
toucho:t les écrouelles en certaines occasions.
ÉCROUER. V. a. Ecrire sur le registre des
emprisonneniens, le jour, la cause et par quel
Sergent un homme a été mené en prison. On
l'a écroué un tel jour. Il a été arrêté pjisonnier
et écroué.
Échoué, £e. participe
ÉCHOUES, s. I. p). État? ou rôles de la dé-
peuic de bouche de la Maison du Roi. Les
écroucs ne sont pas encore signées et arrêtées.
ÉCROUIR. V. a. Terme d'Arl. liittre un
méuil à froid, pour le rendre plus dcuse, cl
pour lui donner du ressort.
Ecnoci, IK. paiticipe.
ÉCROUISSEMEST s. m. Action d'écioii r,
ou l'enel de cette action.
ÉCROULEMENT, s. ra. Éboulemenl , en
tout ou en partie, de ten«s, de murailles, d'édi-
fices mal soutenus. i.'écrouïeme;it diinepnilie
de la courtine.
ÉCROULER , s'écrouler, v. pronom,
'l'oiuber eu s'aO'aissanl. La terre écroula sous
leurs pieds. Cette muison vint tout d'un coup
à s'écioiiler.
Écnoii.É, ts. participe. Mur écroulé.
ÉCROÛTER. V. a. Ôter la croule. 71 faut
'^cro-'iter le pain pour ceux qui n'ont pas de den is.
EcnorTt, ^E. participe
ÉtJRU, UE. adj. On appelle 5oie écnic,
Celle qui n'a point été mise .'i l'eau l>ouillaDte.
On appelle Fil Jcru , Celui qui n'a point été lavé.
ECS
ECSARCOME. s. m. Terme de Chirui^ic
Excroissjiice charnue.
ECT
ECTRGPIOM. •. m.r-c. Tenue de Médecine.
Re:tvci\enicn: de là pntipitrc inférieure. On
l'o^ipelle commuucii^cnl ^raitlemenl.
ECU 4(>7
ECTYLOTIQUE. ndj. des ?. genres. Tenne
de Pharmacie. I! se dit des remèdes propres
.'i consimier les callosités et les durillons.
ECl'YPE. s. f. Terme d'Antiquaire. Copie,
empreinte d'une médaille, d'un cachet, ou co-
pie figurée d'une inscriptiau.
ECU
ECU. s. m. Espèce de bouclier que les Ca-
valiers portoient autrefois. Il avoit son écu
tout percé de traits. Comkallrc avec la lance et
Vécu.
Écu, se prend aussi pour La figure de ce
bouclier, sur lequel .se peignent les ormoiiies.
Le I^oi de Fran'-e porte trois fleurs de lis dans
son écu. Vécu de France. L'éru de Navarre.
Son écuest parti, coupé, tranché, écartelé , etc.
V.CV , se dit aussi d'Une pièce de monnoie
d'or ou d'argent. Ecu d'or. Ecu-sou. Ectt d'ar-
gent, ou plus ordinairement, Ecu (>/iimc. On
l'a payé en écus blancs. Ecn de trois livics, ou
petit écu. Ecu de sir livres, ou de six francs. ,
On dit proverbialen.ent d'Un homme qui a
beaucoup d'argent comptant, que C'est le pér€
fl'ri.r écus, r^!l'il a des écus ù remuer à la pelle ;
d'Un homme réduit .'i l'indigence, qu'// n'a pas
vaillant un quart-d'écu.
Ou dit proverbialement , Vi'eiu! amis et
v'ieux écus, pour dire, que Les vieux amissont
les meilleurs de tous.
Écu, est aussi Une monnoie de compte de
la valeur de trois !i\Tcs ou soixante sous tour-
nois. ])/i/ïc écus , Cent mille écus. Il a mille écus
de rente.
Écu - QtAiiT. Monnoie de compte valant
soi\ante-<]uatre sous. On paye les épiccs de
Mes-ieurs du Parlement en écns-qnart^.
On dit proferï.'iairment et en plaisantant,
quand on voit arriver quelqu'un d.iiis une cojïï-
p^tgnie, Voict le reste de notre écu, de iiCS
écus.
QuAnT-i>' l'eu. Pièce d'argent, qui sidnn les
temps 0 valu plus ou moins, comme quinz*
sous , puis seize , puis vingt On ne volt plus d-
quarts- d'écus.
ÉCUBIER. s. m. Terme de Marine. Trou de
l'avant du vaisseau, par lequel on fait passer le
càlde pour mouiller.
ÉCUEIL. s. m. (On prononce i'ieiii/.) Ro-
cher dans la mer. Dttnqeren.t: écueil. Naviguer
dans une mer pleine d'ccueils.Ilsebrisa contrs
un êcucil. Ce 7taisseau s'est brisé contre un
écuc I. Ce port est fermé par des ècueils.
Écueil, se dît figurémcnl Urs clioses (dan-
gereuses pour la vertu, l'honneur, la fortune ,
la répulation, etc. Le monde Cilj]|ein décueib.
Il fiut éviter cela romiic un écueil. C'è>t un
écueil 011 lc.< plus avisés font naufrage.
ÉCUELLE. .suhst. f. ( les lettres U E foM
diphthonguc dans ce mot et le suivant.) l'iict
de vaisselle d'argent, d'étoin. de bois, déterre,
etc. qui sert le plus communément U mellrc du
Innitlon, du potuge , etc. Eciielle coiii-eilc.
EcufUc il oreilles. Lnx'er \es ieutlles. I.aveust
d'eeiuUes. En cette dernière phrase , Ecutlles
se prend pour toutes sortes de vaisseUci.
59.
468 ECU
On dit û^unjment , Roijncr lècuellc ù quel
au'uii, pourdin^, Lui retrancher de sa subsis-
tance, de son revenu. Il est bas.
On dit aussi De quelque chose de snlo,Celii
est propre comme une écucllc à chat. 11 est bas.
On dit d'Un; personne i «jui il est arrivé
beaucoup de bien , qu7î 11 '"'« p'" ''""^ «o"
icueUs. Il est bas.
On dit proverbiaîem. et figurcment, M élire
tout par écuelhs. pour dire, Ne rien dpargner
pour faire gr.iml'ilitrc h qneliju'un. Quimd il
traite ses omis, il met tout par écnelles.
Ondii provcibialenient, que Celui qui s\il-
tend à iécuellc iVautrui est souvent mal dtiié,
Une mal, pour dire, qu'On ne doit guirc
compter sur los antres.
On appelle .-/rc/icr (îe rcrneïlc , Un Arclier
qui a !a commission de prendre les mcndians et
de les mener h l'Hôpital. Les Archers de lécuelU
ont ordre de prendre tous les (jueux.
On diten parlant De (juelqu'iin qui n'a point
de ménage, qu'il n'a ni pot au jeu, ni écucllt
lavée. II est f'^Knilier.
On dit aussi proverbialement, /is-ie rticconi-
moiieronl à reciiel!ecom»ieles(jueuj:,ponrdire,
qu'ils se réconcilieront en buvant ensemble.
ÉCUEI.I.E i vitrifier. Synonyme de Tel, ou
de Scorificatoire.
liCUELUili. s. f. Plein une .ruelle. Une
ecuellée de soupe, de houillon. Il en a manrji
une bonne, une qrande écucUée.
ÉCtISSEll. V. a. Faire éclater un arbre en
l'abattant.
Êci'issÉ , iE. participe.
ÉCUI.ER , V. a. se dit Des bottes et des sou
liera qui s'abaissent pnr-derriire sur le talon
Eculer des souliers. Eculer des hottes.
H ie met aussi avec le pronom personnel
Quand un soulier est trop court, il s'écule fa-
cilement.
ÉCDLÉ , ÉE. participe.
ÉCUME, s. (ém. Esptce de mousse blan-
châtre qui se forme et qui suniagc sur l'eau , ou
sur quelque autre liqueur agitée ouéchauflee.
L'écume de la mer. L'écume des flvts. L'écumt
d'un pot qui bout.
On appelle aussi Ecume, I,a bave de quel-
ques aninraux, lorsqu'ils sont échaulTcs ou en
colère. L'ecuine d'un cheval, d'un chien, etc.
Quand cet homme est en colère, l'écume lui
sort de la bouche.
l\ se dit aussi De la sueur qui s'amasse siu
le corps du cheval. Ce élevai éloit tout cou-
vert d'écume.
ÉCU.Mfv.NICn'É , K^.UMfC^•lQUF., ÈCU-
M.'ïîiiyUEMliNT. Voyez OEcuMtNicrrÉ, etc.
ÉCUMER. V. n. Jeter de l'ccume. La mer
écume. Cet homme écumoit de colère, de raqe.
Ce vin, celte bièi'e écume. Son cheval commen-
goit à écumcr.
On dit proverbialement et bossera. Il écume
conifMC un rerraf.
' Il est aussi actif, et signifie , Otcr l'écume
' de ce qui bout sur le feu. Ecumer le pot, la
piarmite. Ecumer du lucre, des confitures,
du sirop.
ECU
On dit fi^nrement et familièrcmr'nt d'Unpn- v'
rasite, d'un ecorniflcur, qu /! va ecumer les
marmites.
(Jn (Ht fic;urdni!'nt et familiirrmrnt, Ecu-
mer^ pour dire, Prendre ci et là. Jl va partout
ecumer des nouvelles.
On dit dans le mûme seus, Ecumer un héri-
ta(je, un livre j pour dire, Y prendre ce qu'il y
a de meilleur.
On dit aussi, Ecumer Us mers, ecumer Ica
côtes., pour dire, Exercer la piraterie. Il se dil
toujours en mauvaise part.
l'XUMÉ, ÉE. participe.
KCUMEUR. s. m. <^)ui écume. Il n'e^ît point
en usage au propre; mais on dit au figure et fa-
milièrement, Un ecumeur <le marmite y pour
dire, Un parasite; et , f/n écumcur de mer.
pour dire. Un corsaire, un pirate.
ÉCUMEUX, EUSE. odj. «,^uî jette, qui
pousse de l'ccume. F/ofs ccunieu.Cj houclw écu-
meuse. Ce mol est du style poétique.
ÉCUMOIRE. s. f. Ustensile de. cuisine fait
en forme de cuiller plate, percée de plusieurs
petits trous, et qui sert U ecumer. hcumoire
d'arqent, de Cuivre, dVtam, etc.
ÉGUIÏER. V. a. Neitoyer, frotter, éclaircii'
avec du sablon, de la lie, ou autre cliose sem-
hiahic. Il se dit Ue la vaisselle, de la batterie
de cuisine, ou autres ustensiles de même na-
ture. Ecurer de la vaisselle. Il faut êcurer c«
chiiudrous , CCS poêles^ ces chenets. Ecur^.r aveu
de la lie, avec du sablon. Cn dit aussi, Ecurer
lin "puits. Voyez CuiiEn.
Ecun^, ÉK. participe.
ÉflUREUIL. s. m. Petit animal sauva(;c
quadrupède , vivant dans les bois, sautant d«
blanche en branche. IJ'êcureuil se couvre dii
sa queue. Nourrir un ccureud en cane. LV'rjj-
rc»(/ est aisé à appriK/oiser. Les écureuils aiment
Ici noisettes.
i:CUREUR, KUSE. s. Celui ou celle qui
écure la vaisselle et la batterie de cuisine.
' ECURIE, s. f. Uieu destiné à loger des che-
vaux. Mettez ces chevaux à l'ecuric. Au sortir
de V écurie. Écurie bien garnie. La cour des
écuries. Les écuries du Roi.
l'cuiiiE, s'sgnifie aussi. Train, équipage, qui
roniprend Ecuyers , Pages, carrosses , chevaux,
ntnlels, etc. d'un Prince, d'un graml Seigneur,
L'écurie du Prince est partie. La qrande écurie,
la petite écurie du Roi. Les Pages de la qrande^
de ht petite écurie. Ce Sdqneur a toujours une
mafjnijique écurie. C^est un tel qui a soin di
l'écurie.
ECUSSON. 8. m. Ecu d'armoiries. Il ne se
dit qu'(n termes de Blason. L'ccusson de
b\nnce.
En termes de Jardinage, C'est une mniiirrr
d'enter, de grefTcr. Enter en crussou. Ce Jar-
dinier fait trèi-hien un écusson.
ÉCUSSONNER. v. a. Enter en écusson.
Tous les arbres que ce Jardinier a écussonnês
sont bien venus.
ÉcussoNNÉ, ÉE. paiticipe.
ÉGUSSONNOIR. s. m. Petit couteau dont
on se sert pour ècussonner.
EDI
riCUYKR . s. m. se disoît autrefois il'uu
Gcnlil!ioinmc qui suivoit et accompaj^noil lin
Chevalier , et porlui t son cou, lui aidoit à prendre
ses aimes et à se dciarmer. Un Chevalier étoit
accompaqné de son Ecuyer.
Autrefois les jcuaes gens de la plu» haute
tjuahté ne porloient que le titre d'Kcuyer,
jusqu'à ce qu'ils eussent été faits Chevaliei-s
avec les cérémonies qui se pratiquoieut cn pa-
reil cas.
Aujourd'Ifui , Êcuyer est \r. litre que por-
tent les simples Geulilsliommes et les Ano-
blis. Il est dcjendii de prendre la qualité d'E-
cuyer., si Von n'est noble.
EcuYEiï, signifie aussi Celui qui a la charge,
l'intendance de l'écurie d'un Prince, d'un Sei-
gneur. Le qrand Ecuyer de France. Le prt'
rui'cr Ecuyer. Cela n'est pas de la charqe de
VEcuycr. Ecuyer Cavalcadour.
ÉccYEn, signifie encore Celui qui enseigne
ù monter i cheval, qui apprend le manège, qui
dresse les c!ievau\ au manège. Les Ecuyers du
Roi. Ecuyer de la qrande,^ de la petite Ecurie.
Ou a mis ce jeune Gentilhomme à l'Académie
chez un tel Ecuyer,
On dit qu'Un homme est bon Ecuyer, pour
dire, qu'il monte bien h cheval, qu'il sait bier
mener, dresser un cheval.
Il se dit aussi De celui qui donne la main
i une Dame poui la mener. Le premier Ecuyer
de la Reine. VEcuyer d'une telle Princesse,, etc.
On appelle, chez le Roi, Ecuyei- de main
(pour le distinguer de VEcuya' Cavalcadour),
Celui qui donne Ja main au Roi pour monur
en voilure, etc.
Écuvkh xnANCHANT, est l'Officier qui coupe
les viandes à la table d'un Piincp, dun Souve-
rain. Ecuyer de bouche^ de cuisine j est I,c
maitre Cuisinier d'un Priitce ou d'un grand
Seigneur.
E D D
EDDA. s. f. Nom d'un célthre recueil my-
thologique des peuples du Nord. Un bon coni'
mentaire de l'Edda rcpandroit beaucoup de lu-
mière sur notre Histoire ancienne.
E DE
ÉDEN. s. m. (On prononce Edèn) ^om
(pic l'Écriture- Sainte donne au Paradis ler^
reslre.
ÉDEMEU V. a. User, rompre les dent»
d'une scie, d'ini peigne, etc. Il a edentè son
veitjne. Vous êdenlercz votre scie,
ÉdentÉ,ép:. participe. Ou dit, Une vicilU
rdcntée, pour dire , Une vieille qui u'a plus de
dents.
E D I
ÉDIFIANT, ANTE. adj. Oui pnrie i 1«
vertu cl h !a pieté par l'exemple ou par le dis-
cours. Cela est édijiant. H mené une vie très-
édifiante. C'est un livre fort édifiant. Il a fait
un Sermon fort édifiant. Il prêche d'une mo'
nuire très-cdiftante. Cela n'est ^uère édifiant.
Rien Ji'est plus édifiant.
EDI
EDTFIC^TEUR. s. m. Celui qui Civve, (jiu
coiifltnût un ('difice.
EDIFICATION, s. f. Action de h.Uir. Il ne
se dit guère ou proiire qu'en parlant Des Tem-
ples. L'édificalion du Temyle de Jàusalcm fut
réservée à Saîomon.
Il se dit au figuré Des scntimcns de pieté et
de vertu que l'on inspire par l'exemple ou pnr
le discours. Cela est de p^u d'cdipcalion , de
grande édification. Faire Us cho':cs pour \a
qloire de Dieu, et pour l'édificalîon du pro-
chain. Prêcher avec édificution. Dire un mol
d'édification.
ÉDiriCE. s. m. RJtimenl. On ne s'en sert
guiire qu'en parlant Des Temples, des Palais et
autres grands bAiimens publics. Bel éd:jicc.
Grand édifice. Superbe édifice. Les édiftccf pu-
blics. Elever' un édifice. Construire un édifce.
La structure d'un édifice.
ÉDIFIER. V. a. Bâtir. On ne s'en sert f;iièic
qu'en parlant Des Temples et autres grands bAti-
mens publics. É(ïi/icr un Temple, un Palais y etc.
On s'en sert figurcœent,et alors on l'oi^pose
d'ordinaire à Détruire. Ainsi l'on dit d'L'n
l:nmmc qui ^ loin d élalJir la paix et l'ordre
dans luï lieu où il a autorité , y apporte du
désordre et de la confusion, qu'// di'/nuf, au
lieu d'édifier. Vous êtes envoyé pour édijicr^ et
non pas pour détruire.
Il signifie encore figurémcnt, Porter à la
piété, à la vertu par l'exemple ou par le dis-
cours. Edifier le prochain. Edifier ses domes-
tiques. Edifier tout le monde var son e.rempif.
Sa vit, ses actions ^ ses paroles^ son air mêmt
et sa démarche^ tout prêche^ tout éAifie en lui
La hclurc de ce livre édifie beaucoup. Cet
homme prêche d'une manière qui édifie.
Il signifie encore. Satisfaire par son pro-
cédé, donner bonne opinion de soi. La con-
duite qu'il a tenue dans cette affaire m'édifie
ejcirêmement. Il est bien édifié de la réception
oti'ori bii a faite. Il neat pas trop édifié, il est
mal édifié de ce qu'un tcl^a fait.
Edifié, ée. pai-licipe. Touche. Il se dit tou-
jours en bonne part. Il s'en retourne trcs-édift'.:
du sermon. Il est opjiosé à Scandalise.
On dit, Mal édifié, pour dire. Scandalisé. 7/
fut mal édifié du discours d'un tel.
ÉD1I<E. s. m. Magistrat Romniii, qui avoit
inspection sur les édifices publics, sur les
jeux , etc.
KDIIJTE. snbsl. f. Magistrature de rÉdltc.
Obtenir VÊdilité. Exercer VEdilité. Pendant
son Edilité.
EDIT. t. m. Loi, Ordonnance. Constitution
eu SouTcrain. Édit du Prince. Vérifier ^ enre-
gistrer un Edit. Publier un Édit. Révoquer un
Edu. Retirer un Edit. Renouveler un EdiL
Faire un Edit. Les Edits du Roi. La date des
f diU est du mois, et la date des Déclarations
est du jour. f
On api>eIoil nutrefois dons les Parlemens,
Chambre de VEdit, Une Cliambrc institurc p.u
l'Edit de Niiulc*, |x>ur connoitrc des affaires
dM Pr.i!e5tan5. ri qui étoîl lui-patlie dcCatbo-
lifjuei et de Calvinitt^.
EFF
EDITEUR, s. m. Celui qui prend soin de
revoir et de faire imprimer l'ouvrage d'autrui.
Cet CHvrane parott avec une belle Prtfr.ce de
l'Editeur. Un Editeur aroniine.
ÉDITION, s. f. Publication d'un livre. La
première, la seconde édition d'un outrage.
Il veut dire aussi Impression. Ce livre est de
l'édition de Manuce. Belle édition. Mauvaise
édition. Edition correcte, ou fautive.
On dit , Su'.nt Augustin de L'édition d'E'
ra^me,dc l édition des Pères Bcnedictinsj pour
(lire, Qui at'tcpubliéj revu, conigéparÉrasmc,
par les Pères Bénédictins.
E DR
ÉDREDON. s. m. Duvet de certains oiseaux
du Nord, qui sert à faire des couvertures. Un
couvre-pied d'édredon.
EDU
ÉDUCATION, s. f. Le soin qu'on prend de
i'iustruclion des enfans. soit en ce qui regarde
les exercices de l'espnt, soil en ce qui regarde
les exercices du corps, et principalement en ce
t|ui regarde les mœurs. Bonne éJucalion. Mau-
vaise éducation. Prendje soin de l'éducation
des enfnns. Il se sent bien de la bonne éduca-
tion qu'il a rcçue^ quii a eue. La bonne éduca-
tion rectifie le mauvais naturel.
On dit, Il n'a nulle éducation j pour dire,
Il est incivil et grossier.
KDULCOUATION. s. f. Action dédulcorer.
ÉDUr.CORER. v. a. Verser de l'eau sur des
suljsiances en poudre, pour eu enlever le*
parties salines qu'elles pourroient encore con-
tenir.
ÉDin.conÉ, ÉE. participe.
EF A
ÉF.AUFIEER. v. a. Tirer la soie dun rubar
ou d'un bout d'étoffé pour juger de sa qualité,
ou pour en faire de la ouate.
Êfacfilé, ée. participe.
E FF
EFFAÇABLE, adj. des 2 genres. Qui peul
être effiicé. Cclfe éaiture est effaçable avec d(
Veau-forte.
EFF.ACER. V. a. Ôler la figure, l'image, le
caractère, les couleurs, les iniis, l'cmpreinti'
de quelque cliose, rayer, ralarer. Effacer une
liqne, deux lianes d'écriture. Il faut effacer ces
mott-là. Le temps a effacé les traits et les cou-
leurs de ce tableau.
On dit, Effacer la mémoire, effacer les idées,
effacer de la mémoire. Les bienfaits sont bientôt
effacés de la mémoire des ingrats.
Il se dît aussi De la beauté des femmes. Celle
femme étoit belle, mais le temps a fort effacé sa
beauté. Elle avoit de belles couleurs, mais la
maladie les a effacées.
Il .se dit au!isi figurément Des choses morales.
Effacer ses péchés par ses larmes. Ses dernières
actions ont effiicé les taches de sa vie passée.
On dit , qu'f '^n homme a effacé la gloire de
c« /incëtiesy qu'il 0 '*;^"cc tou* c«u.r nui l'ont
EFF 469
précédé t pour dire, quII a acquis plus de célé-
brité par sa vertu, ïon mérite, ses talens, ses
belles actions. Ce Général a effacé tous les
grands Capitaines de son temps.
Il se dit aussi De plusieurs autres cnoses :
Celte Dame effaça toutes celles qui étoient dans
l'assemblée, pour dire» qu'Elle panit la plus
belle. Ce Seigneur effaça par sa tonne mine
et par sa magnificence tous ceux qui partirent
à ce carrousel. Ce Pocie a effacé tous ses con-
tempcrains.
Dans certains exercices du corps , comme
L'esci-imc , la danse , le manège , on dit , Effa-
cer le corps, efjiicer une épaule, etc. pour dirc'i
Les tenir dans la position qui donne le moins
de prise, le plus de giâcc. Effacez t'épaule
gaucJie.
Effacé, ée. participe. L'écrilme de celle
lettre est tout effacée.
Dans le dernier sens îl est aussi adjectif. Ce
Soldat a les épaules bien effacées.
EFFAÇUIIE. s. f. Ce qui est effacé , soit par
accident, scit i dessein. L'effaçure n^empêche.
pas qt/on ne lise encore quelque chose de ce
qui étoit écrit. Cette lettre étoit pleine d'effa-
cures.
EFFA>'ER. verbe a. 'Terme d'Agriculture.
C'est la même chose qn Effc-uHlei- ^ mais il ne
se dit guère que Des blc'â.
Efiaxé, ée. participe.
EFFARER, v. actif. Troubler quelqu'un de
manière 5 ce qu'il paroisse quelque chose do
rude, de li.i^ard dans sa mine, dans son air,
dans ses yeux. Qtt'a-t-on pu vous dire qui vont
ait si fort effaré?
Il se joint avec le pronom personnel. Pouj-
quoi vous effiirer de si peu de chose? Un homme
<ujet à s'effarer.
Son plus grand usage est au participe , et
signifie, Qui est tout troublé, tout hors de soi.
// étoit tout effaré. Il est venu tout effaré vous
dire que Visage effaré.
EtfarÉ, ée. participe.
Il est aussi adjectif en termes de Blason, et
se dit d'Un cheval qui est levé sur ses pieds.
D'azur au cheval gai cl effare d'argent.
EFFAROUCHER, verbe actif. Epouv.Tm ter,
effrayer , faire éloigner. Effaroucher des pigeons:
Effaroucher le gibier.
On dit proverbialement et figurément , Effa-
roucher les pigeons, pourdh'C, Eloigner dune
maison ceux qui y î.pportent du profit. Un
Marchand qui surfait trop effiirouche les pi-
geons.
Il signifie figurément. Rendre moins traita-
ble , donner de l'éloignemenl, dégoûter. Si
vous lui faites cette proposition, vous l'effa-
roucherez. C'est un homme qui i?£ffarouthr
aisémettt.
EFFAnorciiÉ, ée. participe.
EFFECTIF, IVE. adj. Qui est rc^Uemcni
et de fait. Une armée de trente mille hommes
effectifs. SI a div mille cens effectif* dans son
coffre. Il a payé en deniers effectifs.
On dit , qu'f/n homme est effectif, que su
jarolc est effective^ pour dire, que C'est un
470 EFF
liomme (jiii fj!l ce i]u'ililit, qui ne prompt ricr
(ju'îl ne fjssç.
EFFKCTIVKMKNT. ndv. Rt'ollcnicr.t , en
effet. 7/ lie vous coule poinl iÎm fnhU's, cela ai
^jfctivement vrai. Cela est kitiVc efficllvcmenl.
]l prétend avoir droit sur celle Terre, et e/Jec-
tii'emcHl il a de hon$ iilre>. il parolt moins
louché (fu'il ne l'est effccliiement.
EFFECTUER, v. a. Mcltic à cflet, en exé-
cution. Il a eff'cliié ses promesses. Ce n'est pas
tout ijut de promellre, il faut effectuer.
EfF^CTCÉ, iE. participe.
EFFliMINEU. V. o. Rendre foibV; comme
l'est orcilraircmcnt une femme. Il n'y a rien
nui soil si capable d'efféminer le courane que
VoisiiVlé et les délices. Les voluptés effimineni
l'âme cl le rorps. Le luxe efjèmine une nation
EiTtMiyÉ , ÉE. participe.
TI est aussi aJjertif ^et signifie, Qui tient de
la folblcsse de la femme, ifomnic e^'mrni'.
C'tur elfeminé. Mine cjj'cminée. Visii<je ejjcmini:
Air efféminé. A'uliirel e^pniinc.
Il est aussi substantif. C'est un efjéminc. Il
n'y a (jiie des ejjèminés (jui puissent avoir de
res scntiniens-Iù.
EFrE>'DI. s. masc. Homme de Loi chez les
Turcs. ÂcUmet EjJ.'ndi, veut dire, Achinet
lioiume ds Loi. Rcis Effndi, le Clief des
]-o;rinics de Loi; ce (jui repond à Cliancelici.
EFFERVESCENCE, subst. f. Mouvement
intestin qui ressemble à l'ébullitiou, et qid
6 e\cite par le mélange de deux sulistances. On
«lit. Faire effervescence. Les alcalis [uni e/Jer-
vescer.ce avec les acides. 11 ne faut point con-
fondre Effervescence avec Fei*meji(uIi'on , ni
avec Ebullition, La bière est en fermentation,
l'eau qui bout est en éliullilion, et le fer dans
l'eaa-forte fait effervescence.
EiFEnvESCiiNCE, SB pFCud fi ^urémcnt pour
exprimer Une émotion vive et passagère dans
les imes , dans les esprits.
EFFET, s. m. Ce qui est produit pnr quel-
que cause. L'on effet. Mauvais efjel. Ef].!
extraordinaire, Ùlez la cause , vous ôterez l'ef ■
/<•!. /îciJionliT des effets jusqu'aux causes. Il
n'y a point d'effet sans cause. Vn bon effet
d'une mauvaise cause. Cela ne sauroit faire un
bon effet. Cela a produit un bon, un mauvais
eff'-l. Ces couleurs bien mêlées font un bel efjet.
L'effl d'une machine. L'effet d'une médeci.ie.
L'effet d'une mine.
I£n tei-mes de Peinture, et en parlant De
certaines louclies de lumière qui font im bel
cDèt dans un lablesu , on dit , Voilà un bel ef -
fet de lumière.
On dit aussi en termes de Peinture, Vn bel
efft de clair-obscur, Lorsque les ombres et h
lumière sont bien mèua_^é:-s et bien entendues.
Kpfet, se prend aussi pourlexécution d'une
cijose. En a>e<iir li l'effet. Des paroles , ils en
vinrent aux eff.^ts. Voilù de belles proposi-
tions, mais il faut les mettre à cff^t. Il fani
que iej'i.t s'ensuive. Il en faut voir /'c'y'ôl. La
chose a eu son effi t, son plein cl entier e.f-.t,
tu demeurée sans effet.
Pow cet eff.t. A cet cffl. À quel effa. A
EFF
l'efft (?e. Façons de parler cjui oiu chacune leur
iignificuùon et leur usnijc.
Puur cet l'/JÎ't, si^niiîc. Pour rexccntion de
juoi, et peut s'employer fort bieu dans loutefi
sortes de styles.
A cet ejjctj signifie la même cliose; mais il
est un peu ïnoins eu usage.
.i (jdcï r^('(? signifie, À rouelle intention?
Pourtjuoi ?
A l'efjct de... signifie, Pour Vexccuiion dp...
pour racconiplissemeut de... Il n'est que du
style de Pratique.
Kffet, signifii" aussi Une portion, une par-
tie du bieu d'un particulier, d'unlioniroc à\.i'-
faîrcs, d'un Négociant, d'un Banquier, d un
!\larcliand. Vne lettre de.chan(je sur un telncst
pas un trop hou effet. Les effets d'une succès-
iion. EfJ'cts mobiliers. Il n^a pas assez d^cffets
pour payer ses créuvciers. Ses dettes surpassent
ses cfjcls de plus de la moitié. Il a beaucoup
y effets dans son portefeuille. Il a abandonne
SCS effets à ses crcaticicrs. C'est un Banquerou-
tier ^ il a dctournéj caché, souïitrait ses e-fcts.
Rn ce sens il est plus usité au pluriel qu'au sin-
gulier.
Kpt EFFET, plirase adverbiale. Réellement.
Cela n'esî pas en ima<jiiiiilion ^ muw en ej]et.
H a raison en effet. Il le mente en e^et.
Quand ces- mois En effet, coninimcent une
phrase, ils annoncent le plus souvent qu'on va
donner une preuve- de ce qu'on vient de dire.
Il s'emploie uuKsi par nianicrc de conjonc-
tion , et pour servir de liaison au discours. //
maintient (jite telle chose est :cn effet, pcut-oji
sn douter après tant d'expériences?
Effets avn.s. Droits, avanta;^es accordées
aux rè..^nicolcs par les Lois Civiles, et dont ne
jouissent poïut les aubaius, ni ceux qui sont
morts civilement icomnie le droit de tester, etc.
1:FF£UIIJJ:R. v. a. Ôier les feuilles, dé-
jiouillcr de feuilles. Effeuiller une brandie
d\trhre. Effeuiller dss roses.
Il se met aussi avec le pronom personnel.
Les roses êpanouie:< s'efj'euillent du matin au
»oir.
Effeuillé, éf.. pariicipe.
EFFiC.\CE. adj. des 2 {.-enres. Qui produit
son eîTv.'t. Ce remède est fort efficace contre les
venins., les poisons. Discours efficace. La pa-
role de Dieu est cfltcacc.
Lis Thcologiens appellent Griîce efficace^
La grâce qui a toujours son elTcl.
EFFICACE, s. f. La force, la vertu de quel-
que cause, pour faire son eflfet. L^efjicace dUin
icmcde. L'EloqucncCj ,^uand on sait bien s'en
servir, est d'une grande efficace^ a une tjrande
■fflcacc. Ucfficarc de la tpâce.
KFFICACE.MK>'T. adv. D'une manière cf-
(Îcîjcc. Travailler efficucemcni à quelque chose.
i^ouhir ciftcacciaent quelque chose.
EFFICACITÉ, sub.i. f. Il signifie la même
chosL' qu'JE /Jicu(C, substantif ; mais ilest beau-
coup plus en usiigç. L^cfjicacilc d\tn remède.
L^clficucilé de.i pi tcres. L^cfficucitc de la grâce.
iiFFIClKM, li^ïTE. adj. Qui produit ccr-
^ai:i efr^-t. Il u csl eu usige qu'au femiuin, et en
EFF
cetlc seule plirase du style didactique ; Cause
efficiente. Le Soleil est la cause efficiente de la
chaleur.
EFFKilE. s. f. Figure, repr(îsentalion d'une
personne. Il ne se dit guère que dans les exem-
ples suivans : On doit pot ter respect à l'effiqie
du Prince, c'est-à-dire, h la représentation du
Prince, soit en relief , soit en peinture. Après
la mort des Rois et des grands Princes, on ex-
pose leur effiqie en public , c'cst-i-dire , leur
i'ej)rcscntation eu cire. On sert leurefflqie pen-
dant quelques jours avec les mêmes cérémonies
qu'on a accoutumé d'observer pour leur propre
personne quand ils sont vivans.
Ou dit, Exécuta- un criminel en effiqie,
pour dire, Attacher un tableau à une potence,
dans lequel le criuiinei qui est en fuite est re-
présenté comme souffrant le supplice auquel il
a été condamné, et au bas duquel son nom et
l'Arrêt qui le condamne sont écrits. Il fut pendu
en cffinie. Il eut la tête tranchée en effiqie.
EFFIGIER. V. a. Exécuter en effigie. Effl-
qier un criminel condamné par contumace.
ErriGiE, ÉE. participe.
EFFILER. V. a. Défaire un li.<su fil à Cl.
Effiler une toile. Douqicr le bord d'une lotie
ou d'une étoffe, de peur qu'elle ne s'effile.
EiTiLÉ, ÉE. particiiK.
On dit, Avoir la ta'dle effilée, pour dire,
.•\voir une taille trop menue et trop délice; et,
^l'oir le visage effilé, pour dire. Avoir le vi-
sage e'troil et long. Cheval effilé, c'esl-.i-dire,
qui a l'encolure fine et déliée.
EFFILE, s. m. On appelle ainsi Le lin^
qui est effilé par le bout en espèce de frau,:;e ,
et qu'on porte dans le deuil. Porter de l'effilt.
EFFILOQUER. v. a. Elfder une étoil'c de
soie pour faire de la ouate.
Effiloqué, ék. participe
EFFIOLER. V. a. (Jtcr la fiole ou la feuille
des blés, lorsque, avant l'hiver, elle pousse
trop fort. 11 si; dit, en plusieurs endroits, pour
Effaner ou Effeuiller.
ErnoLÉ, ÉK. parlici|ic.
EFFLA]N'(^)UER. v. a. Il ne se dit propro-
ment que Des chevaux, que l'excès du travail
ou le défaut de nourrilure a maigris, jusqu'J
leur rendre les flancs creux et abaltu.s. £//'«n-
((iier un cheval à force de le travailler. Le tra-
vail l'a tout efflanqué. La mauvaise nourritui»
l'a efflanqué.
ICitiAiiQt'É, ÉE. participe. Vn cheval cfflan-i
que. Vue bête efflanquée.
EFFLEURER, v. a. Ne faire qu'enlever la
su])erficie. Le coup n'a fait que lui effleurer la
peau. Il s'est effleuré la jambe en tombant. Ce
Labouixur ne fait qu'effleurer la terre.
Il signifie Cgurémcnt, 'Toucher légèrement
une matière sans l'aiiprofondir. Il n'a fait qu'ef-
fleurer la matière. Il ne fait qu'effleurer les
choses, il ne va pas au fond.
EiFLEUnEB, terme de Fleuriste. Oter les
IleiU'S. Efpeura' une rose, une anémone.
Epm.eubé, ÉE. participe.
EFFLEUIUR. v. n. Terme deCbimi*. Tom-
ber en eflloresccnae.
EFF
ErriEuni, ie. participe.
EFFLORESCESCE. s. f. Ciangoincut qui
arrive à une sulistnnce mint-ralc , lorsiiu'ell!' est
cJiarj;ce de parties salines qui se montrent à sa
surface, et y Çjrnicnt un enduit scnilil.ilile i
de la moisissure. On dit, Il y a des Pyritei
(fui clpeurissent, ou (jui loinlient en efjlores-
cence à l'air.
On dit.y^voir Jes efjlorescences fur la peau,
pour dire, Y avoir des clevnres, des l'iiul-
Utions.
EFFI.CENCE. s. f. Ternie de Pliysiqu'-.
Émanation de coq)nsciiles dans les corps élec-
triques. Les corpuscules sortent des corps pm
l eljîuence; ils y reviennent par l'afflucnce.
EFFLUENT, E:iTE. adj. Il n'est guirc
d'usage qu'en Pliysique, et dans cette plirase :
Matière ejjiucnte. pour signifier, Les émana-
tioDS qui sortent d'un corps.
EFFONDREMENT, s. m. Terme de Jardi-
nage. Action d'eflondreret de fouiller des terres
A la profondeur de plusieurs pieds.
EFFONDRER, v. a. Remuer, fouiller des
terres en y mêlant de l'engrais. Les ta-res pier-
veuses doivent être souvent effondrées.
Ekfo.ndiieii. Enfoncer, rompre, briser. Ef-
fondrer un coffre y une armoire^ un buffet.
11 signifie aussi Vider. En ce sens il ne se
dit que Des volailles qu'on vide avant que ùr
les mettre ctiire. Effondrer un chapon. Eljhn-
irer des poulets.
ErrosonÉ, ée. participe.
EFFONDRILLES. s. f. plur. Les parties
prossièrcs qui p slerit au fond d'un vase dans
lequel on a fait cuire ou infuser qiielquc cliose.
Ce bouillon est plein d^ efjnndrilles.
EFFORCER, S'EFFORCER, v. pron. Em-
ployer toute sa force A faire qtielque chose , ne
pas assez ménager ses forces en faisant quelque
i-hose. A'e l'ous cffncez point à parler. Ne tou--
e!p;rce^ pas , vous vous blessereî. Il s'est efforcé
à courir.
II signifie aussi, Employer son industrie
pour parvenir à une fin. S'efforcer de ijarjner
les bonnes yrjces de quelqu'un.
EFFORT, s. m. Action faite en s'cfToi^ant.
en y employant beaucoup de force. Il se dil
Drs actions et du corps et de l'esprit. Grand ef-
fort. Faire le dernier effort. Vain effort. Ef-
fort inutile. Employer tous sesefprts. Il en est
venu à bout sans beaucoup d'efforts. Faire
beaucoup d'efp'Vts, des efforts redoublés^ l'm-
puissans. Les ennemis ont fait un grand effort
pour emporter cette PLit-e. Fuites un effort pour
trouver de l'arqenl. Failcsy vos effrrts, tous
vos efforts. Effort d'esprit. Effort d'imanina-
tion. Effort de mèmoiie.
Il signifie encore L'ouvrage qui est produit
par une action où l'on s'est efforcé de faire tout
ce qu on {touToiL Ainsi on dira d'Une excel-
lente pièce d°blu<|ueocc, de la solution d'un
prublènie ti is-diOicilc , etc. que C'est un eff' ri
d'etprtt, le dernier effort de l'esprit ; et d'Cue
ncelIcDIc production de l'art, que C'est un ef-
fort de l'art, un i.'e> plu» tjrand.. effrts d:
l'arL
EFF
rFFO HT, se dît aussi Des choses qu*on ne
fait c;u'avcc beaucoup de ptiue, et en s'incom-
niodant. H a fait un effort pour l'ctahlîssemenl
(ïe son f\ls, pour marier sa ûUe.
On dit figurcincnt, Tout l'effort àe cetlt
voûte porte sur les contre-murs. Tout Vcfforl de
la {juene va se porter sur VAUemanne.
On dit , qu't/ri cleval a un effort^ pour dire,
qu'il s'est I)lcsstj t'ii nuisant un cfibrt.
EFFRACTION, s. fcm. Terme de Pratique.
Fracture, ruptme que fait le voleur pour déro-
ber. Il y a eu vol avtc effraction.
KFFltAlE. s. f. Voy: Fulsaie.
EFFRAYANT, ANTK. adj. Qui donne de
la frayeur, l-n songe effrayant. L'n speclucle
efjrayunt. Fiqnre effrayante.
EFFRAYER, v. a. ( Il se conjugue comme
Payer.) Dcnuer de la frayeur, épouvanter.
Vous m'avez effrayé par cette nouvelle. Cela a
effrayé tout le monde.
Il se met aussi avec le prononi personnel, ci
signifie, S'étonner, prendre de la fraytur. /i
i effraie de peu de chose.
EitnAYÉ, ÉE. participe.
En termes de Blason, il se dît dX'n cheval
fjui est dans une action rampante.
EFFRENE, ÉE. adject. Qui est sans frein .
sans retenue. Licence effrénée. Langue effré-
née. Ambition effrénée. Il ne se dit gucie qu'au
Gjjuré,
EFFRITER. V. a. Terme de Jardinage. User,
;ipuiser une terre.
Il s enqiloie avec le pronom personnel ,pour
dire , S'épuiser , perdre s:i li-rlilité. La terre
s'f^Jnte, si Von n'y met pas d engrais.
ErFiiiTÉ, ÉE. participe.
EFFROI, s. masc. Frayeur, lerrcur, épou-
vante. Porïerre//roi' partout. Trembler d'e^i'io;.
Pâlir d'effroi.
EFFRONTE, ÉE. adj. Qui est impudent,
rt qui n'a honte de rien. 71 est bien effronté. Ln
tomme effronté. Une femme effrontée.
On dit proverbialement d'Un homme fort
imprudent, qu'// est effronté comme un Pag:
de Cour.
EpfnoSTÉ, est aussi substantif. C'est un ef-
fronté. C'est une effrontée.
EFFKONTÉIVIENT. adv. D'une manière ef-
frontée, impudemmtrul. Il est entré e/Jîonïé-
mcnt. Parler efJ'rontémcrA. P<egardcr effronté-
ment. <ioutenir effrontcntCiA un mertSonne.
EFFRONTERIE, s. f. Impudence. Etrange
efffonterie. Il n'a que de l'cffronleriv. Il a m
l'effronterie de le menacer,
EFFROYABLE, adject. des 2 genres. Qui
cause de reflroi. Un spectacle effioyable. Il /ùi-
soit dci scrmcns effroyables.
Il sv dil par ('xagération , pour signifier , Ex-
irénienient diflormc, laid. Cette j^vimc-tà est
effroyable.
Il si.iîiiilicmissi, Excessif , étonnant, prodi-
gieux. Elle est d'une laideur effroyable. Elle
fait une dépense effroyable. C^csl une choie ef-
froyable combien H m'en coûte. Il est effioya-
* ble combien il a perdu au jeu.
EFFROYABLEMENT, adv. Dune roanièn»
excessive et prodigieuse. E//ec^ïe/JioyaI;ïement
laide. Il dépense effroyablement.
EFFUSION, s. f. Éponchement. Veffusion
du vin dans les Sacrifices. Il y eut une grande
ep^usion de sang dans ce combat.
On dit aussi au fiijuré. Effusion de ccew\
I our dire, Vive et sincère démonstration de
confi.incc et d'amitié.
EFO
ÉFOURCEAU. s. m. Machine composée d'un
essieu, deux roues et un tiraon, pour trans-
porter des fardeaux très-pesans, tels que des
troncs d'arbres, etc.
EGA
ÉGAGROPU.E. s. f. Pelote de poils, de
rrins ou de soies, qui se forme dans l'estomac
(les animnux quadrupèdes, et surtout de ceux
qui luminenC
EGAL, A UE. adj. Pareil , semblable, I3
même, soit en nature, soit en quantité, soit ca
rpiuliié. Deux lignes égales. Deux poids égaux.
Deux personnes d'une fortune égale , d'uîie
condition égale.
Ou dit, que Tout est égal à guelgu^un, pour
dire, que Tout lui est indiiTérent, qu'il aime
tout autant d'une manière que d'une autre.
Qu'on lui donne froid, nu^on lui donne chaud^
tout lui est égal.
On dil proverbialement, Vhonneur est égal
entre nous, pour dire. Nous n'avons point de
supériorité l'un sur l'autre; et L'honneur v^t
egui entre hc-js, pour dire, Vous partager
rhoiincur de cette action.
Ou dit. Faire tout égal, Lorsque entre deux
itu plusieurs personnes on tient la mcni" con-
iluite , qu'on ne favorise pas plus l'une que
.'ati!re.
On dit dans le mcme sens, Tenir la balance
cqale.
ÉgAt,, signifie fi'4urémcnl, Qui est toujours
le mime. Un esprit égal. Une dme égale. Une
humeur égale. Un caractère égal.
Ec.vî, , signifie aussi , Uni , qui n'est point
raboteux, qui est de niveau. Une aire bien
égale. Un chemin bien égal. Une allée bien
égale.
Il signifie encore, Uniforme. 5l^'ïc égal. Il
a toujours tenu une conduite égale dans toutes
les affaires. Il m toujours marché d'un vas
égal
Égal, est quelquefois substantif. 7/ n'et
wn égal ni en force ni en mérite. Se butlie
conltc son égal Vivre avec ses ègaiLC. Cela Cii
bon entre égaux. D'égal d égal.
On dit , À l'égal de, pour dire. Autant que,
aussi-bien que. Il est craint à l'égal du ton-
H erre.
l^r.ALÉ j ÉE. adj. Terme de Fauconnerie.
.Moucheté. OUeau égalé.
ÉGALEMENT, s. m. Disinbution préalable
']ui se fait avant paila^c entre des cnfans licri-
ticrs de leur père ou mère, qui avuit donne m
ovanccmenl d'hoirie aux uns plus qu'aux au-
tres. On donne à ceux cui ont rcç^i moins m
jTi F G A
ti^aUtneiit ic!, qu'ils aient autant tjuc celuî (j"i
a reçu h plus.
É(iAI EMKM. adv. D'une niaiiirrc c^Ae
Il les traite tous également. Il les estime c(ja
leinent. Ils ont été partacjés ètjalement. Il en
a toujours usé également bien envers tout U
monde.
Il signifie encore, Aul.mt, pareillement. Il
est chéri et respecté également. Cet élahlisse-
ment sera également glurieiux et utile.
ÉGALEK. v.û.Ucndre égal. ÉtjuïtrltfS ports
et les poi tiens. Eaaler les hicns et les coricli-
tions des personnes. La mort égah tous les
hommes.
Il signifie au-ss:. Rendre uni. Cette allée csl
raboteuse y il faut Végaler.
Il signifie aussi, Ltre égal, se rendre e'gnl à
quelqu'un, ('e Prince égale AlcJcandre.Cet au-
teur a égalé les Anciens. Les ejcploits ai Gen-
\ qis-Kati ont égalé ceiux d'Alexandre. Egaler
'juelqu.'un en mérite, en beauté j en talcnSj etc.
Ou dit encore ) Égaler quelrjuun à un an-
ne, pour dire, Prétendre qu'il lui est égal. Il
n'y a personne (^ucn lui puisse égaler. Il se
veut égaler à un tel. Il prétend s'égaler à tout
ce ipi'il y a de plus qrand.
Égalk, ée. participe,
Éc;AI.ISATI()N. s. f. Il n'est d*usa^e qu'en
titvle de Pratique. Action par laquelle on e'^ale
Je parta:jc des lots. Egalisation des lots.
ÉClAUSER. V. a. Rendre égal. Egaliser les
lots (l'un piiJ lage. L'amour égalise toutes le:
. conditions.
Oo dit . l^y^aliser un ïerrûi», 'pour dire,
Eg-iier un leir.iin.
Égalisé, ée. participe.
ÉGALITÉ. ». f. Confomiiltï , parité, rap-
port entre des choses égales. L'égalité des per-
sonnes el des conditions.
> On dit, Distrihuei' avec égalité, pour dire,
Distribuer en parties égales, en porli<ru:i égali s.
; Il signifie aussi Unilormilé. Egalité d'esprit
et d'humeur. Grande égalité de conduite. Egn-
lité de style.
• ÈGALURES. s. f. pluriel. Terme de Fau
connerie. ÎMouchctures blanches qui sont sur le
dos d'un oiseau.
■ l ÉG.\RD. s. m. Considération, circon.spec-
tion, déférence, attention, marques d'eslinu'.
// aura quelque égard à vïti prière. Vous n u-
vez eu nul égard à ce gue je vous ai rcjtré-
senlé. Avoir de grands égards pour gueltpi'un.
17/1 homme fort circonspect , tout rempli de-
qards. C'est un homme sans égards. La science
des égards est une partie esHutielU de ta hcUe
efIuc:itiori. Les hommes se doivent f^es é'^'ut/ï-
réciprogucs.
On dit encore, Avoir égaid, pour dire,
Considérer. H faut avoir égard uu mérite des
personnes. S aits avoir égai'd, aucun égavd, flitc
prières aux sollicitations. Sans avoir égjrd à
la reguéte. Il n'a eu nul égard à mes raisons.
. On d'it,'Ku cgard, pour dire, Ayant égard,
£u égard à la qualité de l'affaire.
A l'egaiid. l'nçon de parler qui signifie,
Vflur ce qui r-garde, pour ce qui co.iccrnc. A
EG i .
mon égard. Â son égar tl, À Vcgard de ce gue
vous disiez, A l'égard des propositions que vous
faites.
On dit en ce sens, A cet égard-là, à cet
égard, pour dire, Par rapport à cet objet.
A i.'ÉGAKD, signifie aussi, Par comparaison.
par proportion. La terre est petite à l'cjard du
Soleil.
On dit aussi, À dijftrens égards j sous divers
égards, à certains égards, pour dire, Sous
difTérenlcs vues, so"us certains points de vue.
KGARD, sulïst. m. Ou appeloit autrefois
Maitrcs-Égards dans l*^ Coninninautiis de .Mar-
chands, ceux qu'on munme auiuurd'huî pyr
corruption, Maîtres et Gardes; et Von disoît
d'Une pJiVj d'étofit; qu'ils avoient examinée et
approuvée, que Cette pièce étvit cgard<:e. Ce
nom s'est conservé dans quelques endroits.
I-'oAnD, est encore à Malie le nom d'un
Tribunal qui juge par commission les procès
entre les (Jievaliers.
ÉGaKF,MK> T s. m. Méprise du voyageui
ijiii s'écarte de son rhemin. Aprèi un long égU'
renient, ils revinrent dans leur chemin.
U s'emploie pius ordinairement au figuré
Les tgaremens des Philosophes. Egat cmcnt d'es^
prit. Le cœur a ses éguremens comme Vesprît.
Il se dît aussi Ou dérèglement des mœurs,
// (■;:( revenu des égaremcns de sa jciinesye.
Egarement d'espiit, signifie aussi, Aliéna-
lion d'esjH it.
l'.GAREU. V. a. Fourvoyer, mettre, tire;
hors (In drf ' ''f^miu Notre quide n€V.séqara.
Il signifie figurémcnl, Jeter dans l'erreur.
Défiez-vous de ce Ditecl ur, il pourroit bien
vous égater. La prospérité nous c-jare.
On dit, Egarer la bouche d^un cheval, pour
dire, Lui g.Uer la bouche eu le menant mal.
On dit, qu't/ïic maladie , une affliction, un
effroi soudain a égaré Vesprij à quelqu'un, pour
signifier, qu'il en a l'esprit troublé.
Il se dit aussi d'Une chose qu'on ne trouve
pas, et qui néanir.oins n'est pas perdue. J'im
ff^nré CCS papiers, iU ne sont pas pet dus. Egarer
us lunettes j ses gants.
S'Ér.AttEn, avec le pronom personnel, signi
. j. S'écarter de .son chemin, se fourvoyer. Il
sV'st éqaré de sott chunin. Je m'éjivai dans hi
forêt. Je me suis egaié d'une l'eue.
Il siguifio fi<ïi>'-enjeut , Se tromper dans ce
qui regarde l^ ?^xi...,Iûou la Foi. Les Philosophe-'
Piiîcns se sont égarés duri? la recherche de la
vérité. La pre'soirq.tion , l'orgueil, font que Ic^
hérétiques s'égarent. S'égarer dan.\ ses pensées
U signifie encore. S'éloigner du suj*:'! qu'on
traite. Il se pcid, il j'éqtirc dans son discours.
I ÉuAnÉ, ÉE. participe. Brebis égalée. Il a la
■ vue égarée. Il a la yeux égarés. ïi j l'esprit
égaré. Air égaré. Ce cheval a la bouche égayée.
t On appelle fif.;urém. Brebis égarées. Ceux
qui sont sortis du sein de l'église pour em-
brasser l'hérésie. Ramener ies brebis égarées.
FGARROTÈ, Kli. adj. Terme de Manège.
11 se dit d'un cheval blessé au garrot. ^
ÉGAYER, v. a. ( Il se conj. comme Payer.)
< Béjouir, tundrc gai. Egaya- la conversation.
EGL
u fuut ftiirc ce c^u'on pourra pour égayer et
malade. Tdchez de vous égayer Vespiit, H /àut
sV(7(i >'Cr.
On dit, avec le pronom personnel, qu'l7n
Auteur s'igaye, Loraqu'il dit quelque chose
d'agréable qui n'est pas lout-i-faitde son sujet,
ou du ton de Sun sujet. Ou dit aussi , S'égayer
sur quelqu'un, pour dire, Se permettre de»
plaisanteries sur son compte.
On dit, Egayer un oui'rage, égayer son
style, égayer son sujet, pour dire. Le rendre
plus agréable , plus libre, le traiter d'une ma-
nière plus riante. Egayer la matière. Il a fdit
entrer cette description pour égayer la jiialière.
En ce sens on dit aussi : Egayer un hdtî-
mvnt. Ecjayer un tableau, une broderie, etc.
On dit'aussi, Egayer son deuil, pour dire,
Commencer à porter un deuil moins grand,
nicins exact, moins régulier.
Il sigiiilie aussi eu termes de Jardinage, Oto£
les branches qui éloulTcnl trop un arbre.
KcAïÉ, ÉE. participe.
Lga\eh utj LISCE. Voyez AlCfAYEn,
^ EG i
li<;iDE; s. f. C'est ainsi qu'où nomme por-
liculi/Tement Le bouclier ou la cuirasse do
['allas. La tête de Méduse étoit sur l'Egide 4:
Pallas.
On dit au figiu'é, Egide, pour signifier, (*a
qui met h couvert. Sa protection a été moi
égide contre mti ennemis. U me sert d'ég:ds%
Il e^t mon éciidgi
JÎGILOPS. 3. m. Ulcère au grand ang'e ae
Toeil. L'Egilops diffère de lu fistule lactymal^,
en ce gue la ji^tule est Végilops devenu c.dleux
et sinueua°.
EGL
EGLANTIER, s. m. Sorte de rosier sau-
vage, qui vient ordinairement dans les buissons
et dans les haies.
ÉCiLÂNTlNE. s. f. La (leur de l'f:glanlier.
ÉGLISE, s. f. L'Assemblée des Fidèlfs.
L'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine.
L'Eqlise Viiii'erseHc. Pi otrc M ère Sainte Eglise,
Les Commandcmens de lEglise. La pi-imil.vt
Eijlise. Les Pères de l'Eglise. Le Pap- est '<
Chef visible de l'Eglise. Dans la nnissar"-,
de l'Eglise. Participer aux prières de l'E-
qli.':e. Hors de l'Eqlise il n'y a poitit 'V
salut. 'Ramener un Uérélique au giron de l'E-
gl'se. Il fut retranché de la Communion Je
l'Eglise. Il faut croire ce que l'Eglise crr.il.
prescrit, enseigne. La croyance de l'Eglise.
L'autorité de l'Eiflise. L'Église célèbre la fSte
de... Les cérémonies de l'Eglise. Le chant de
l'Eglise. Les Canons de l'Éqlise. Le Roi est U
fis aine de l'Eglise. Cet homme a vécu quelque
temps dans l'erreur, mais il est mort enfani de
l'Eglise. L'Ëgli^'e est l'Epouse rfe JésusChiust.
L'Eglise Militante. L'Eglise Triomphante.
L'Eglise ScujJ'rante.
Ou dil,qu't/n mariage a été fait en face de
l'Eqlise. pour dire, qu'il a clé fait avec toulri
les cércmonics cl toutes les solennités de ITgli! i
EGO
On doaiie aussi le nom d'Eglise aux parties
de l'Église Universelle, «-n les distinguant pai
les nom» des 1 eux. L'Ècjiise d'Orient. L'Eglise'
i'Occident. L'Eglise l.uline.L'F.gliieG rei<iuf
L'Eglise d'Afrique. L'Eglise Gullicatie. Il fit!
appelé par la Providence au gou\-ernemctit de
l'Église de Milan. Il passa de l'Eglise deI\'oyoii
à celle de Reims. Selun l'usage de l'Eglise île
Paris.
On le dit aussi, par extension, Oes Assem-
îjli'es bére'tiques et sciiisni.-iliijues. L'Éqlisc An
glicone. Les Eijlises Protestantes y etc.
Église, sij;nifio aussi Ua Temple consacre
j Dieu, un lieu destine ù la célébration du Ser-
vice divin. Bdtir une Eglise. Consacrer une
Église. La nef, la l'oilte, le choeur de VÈglisc
Le portail d'une Eglise. Le clocïier d'une Eglise.
Les fonts d'une Église. L'orgtte d'une Église.
Eglise paroissiale. Eglise Collégiale. Église
métropolitaine. Enlise Cathédrale. Bénir une
Église. Rebénir une Eglise. Dédicace d'uni:
Eglise.
On dit proverbialem. Prés de l'Eglise et loin
de Dieu , en parlant I>c celui qui loge près de
l'Égliï^e, et qui s'acquitte mal du devoir d'un
bon Chrétien.
Ou dit aussi provcrhialem. Gueux comme
un rat d'Eglise, en parlant d'Un lionune si
p.iuvre. qu'il n'a pas de quoi vivre; et d'Un
dovot, C'est un pilia- d'Église.
Église, se prend encore pour l'I'^t.it du
Cl rg^, connue étint plus particulièreniciit dé-
xnn ■ ou service de 1 Église. C'est un ho>nnie
d'Eglise. Les gens dEglise. 6e /une d'Lgl:
Il fut destiné de bonne heure à l'Eglise. Passé
àer du bien de l'Église. Conseiller d'Eglise.
Dans les cérémonies l'Eglise a le pas. Il faut
rendre honneur à l'Egl'se.
On appelle Cour d'Eglise , La Juiidictiou
ide l'Êvêque ou de l'Arclievéque.
KOLOGCE. s. f. Sorte de Poésie pastorale,
où d'ordinaire on fait parler des Bergers. Lei
Eglogues de Virgile.
EGO
ÉCiOlSER. V. n. Parler trop de .loi.
E(iOISME. s. m. Amour propre qui consiste
i parler trop di' soi , uu qui rapporte tout ii sol.
Il se dit eiKore De l'opinion de certiiins Thilo-
sophes qui piétcndent qu'on ne peut clr : siii
<iuc de sa propre existence.
EGOÏSTE, s. Celui ou celle qui i le v'te: ou
qui suit la doctrine de ré:.;ol5nie.
EGORGER, V. a. Couper lu gorge. Egorger
un b.ruf, un mouton, etc.
Il signifie aussi (wr extension, Tue<-, mnssa-
crtr. Ces deux hommes se sont èeorgès j our
un mol. Les Iiafcilans égoigtreni toute la qar-
liiion.
Eoon.^tn. signifie figurér.,ent Ruiner lafijr-
lune, les affaires de qur:.|u'un, lui porter un
prcjudic- cunsidrrabir. Dans l'emharras où /.
lui», me drn,„„Jfr -e l'argent , c ejl ni égorger
Cci joueurs ne se quitteront pas. sans que lui,
•Il égorgé Vautre. la mauvaise adminittratiut
it ce Tuteur a égorgé un papille,
i one /.
EGR
tconcÉ, ÉE. participe.
ÉGOSILLER, v.a. Éfiorger. Vieux mot. En
ce sens il n'est pins d'usage que p.ir exa^cra-
tiim avec le pronom personnel ; ei- alors S'éqo-
•;i7/fr sii;nifie, Se faire mal ù la gori^e à force
lie crier. Il s^éijosiUe. Il s^est cgosillé à force
lU crier.
Il se dit aussi d'Ln oiseau cfui cl:anle beau-
coup et fort haut. Cette fauvette s'égosille.
EGULT. s. ni. -La clialc , IV-coulcmcnt des
eaux qui viennent de queKjUe endroit. // a re-
cueilli l'égotit de plusicws sources, et en a fait
de belles fontaine'^. Il a l'éqout des eaux (h
cette terre, et il les a conduites dans son
jardin.
il se dit aussi De la rhule et de l'ccouicmcnt
des eaux de pluie. // net pus pa mis de laisser
tomber iêijout de ses euux sur son voisin. On
fait des canaux de plomh pour recevoir l'éqouî
des eaux.
11 signifie aussi, Cloaque, conduit par où
('rcoultnt K's eaux et les immondicci d*une Ville.
L'cgout est bouclié^ /•« eaux reqorqent.
Dn dit par extension, quT'ne plaie, un
ulcèrcyune jambe ouverte, *st l'égout du corps.
On dit figurument , qu'L'ne Ville, qu'un
Itfu est Vcgout d'un Pays y pour dire, qu'Ello
est ou qu'il est le lieu où se rendent les gens de
mauvaise vie, etc.
KGOUITER, V. n. Il se dit De certaines
rlioscs dont on fait peu à peu écouler l'eau. //
faut laisser cgoutler , faire égoutter ce lait caillé ,
ce fromage. Mettre éguutter des cardrsy dcj as-
icrg*"-^ .fcC i.i mo.-UL', de
On dit -lussi avec le pionom persounety Ce
fromage s'égontta-a peu à peu.
Il se prend quelquefois activement. Faire
•les saignées pour éqoutter tes terres basses.
On dit , hgouttcr une glace , pour dire , En
faire écouler le vif-arj;cnt, quand on l'étame.
On dit aussi, Egoutter la chandelle^ pour,
La mettre sur l'élabli afin qu'elle y sèclie.
KcoiTTÉ, ÉK. participe.
EGOUTroiR. s. ni. Î^Iorccau^e bois long,
place dans les cuisines, sur lequel on met égout-
(er la vaisselle.
EGR
ÉGRAINER. Voyez ÉcnENEit.
É(;RAPPER. t a Terme d'Agriculture.
Détac! er le raisin de la qroppe.
Er.nAPi'É, i:z. participe.
EliRATl(;>ER. V. a. Entamer et déchirer
légf-rmient la peau avec Its ongles, avec une
pinjjle, ou quchpie cliose de semblable. Le
chat Va égratignê. Ces deux enfans nesauroient
ouer ememble, uils ne s'égratignent.
On dit proverbialement, 5*il ne peut mordre ^
il cqrd.'iane.
U se dit auui d'Cne certaine façon qui se
fait sur quelqu 9 clolTcs de soie nvc-c la pointe
l'un 1er. Egratigner du satin.
Il se dit encore co Pcintute, d'Cn« manièrtf
de peindre.
£cnATii;>é, tz. participe.
Od dit d'L'o* pljuchc ^avce, ^'ElU n*'^
EGU 473
qu'égralignée , l^orsque le cuivre n'« pas eli'
coupé avec Iiardit-ss»; et netteté.
EGU.VriCNUr,!;, s. r. Légère hlcssuic ijiii
se tiit en cgr.iligniini. Une légère égratignuii
sur le visa e. Se fiire une éqratignure.
Ou dit quelquefiils d'Une lésére l)less:ire
I que Ce n'e-t qu'une étjratiqnnre.
Il $i;;nific aussi La ni.uque qui demeure
quand on a été égralignt^. Qui vous a fait critt
éijratignure?
On dit proverhîalenicnl d'Une personne mnl
endurante ou trop délicate, qu'Ellc ne saurait
, soufjrir la moindre é'iratiqnure.
I:GR\VILL0.\'.M-;R. v. a. Terme de Jari-
nage. Lever des arbns en motte, et en reliai. -
cbcr une partie de la terre avant que dn Ici
replanter, afin que les racines puissent profiter
des sels de la nouvelle teiTe.
Éci\Avii.LOK>:'., tE. p:irtlcii>e.
ÉGRENER. V. a. Faire sortir le grain de
l'épi, la groine des plantes, dét.-icber les grains
de la grappe. Egrener des épis. Egrener du
ilé. Egrener du fenouil, de l'anis. Egrener
du ra'tsïn.
Il se met aussi avec le pronom personnel.
Ce hlé est trop mùr,il s'égrène. (Juandon larde
trop à l'endanger , le raisin s'égrène. La sèchc'
rcsse fait égrener les raisins.
Er.HF.SE , ÉE. participe.
É(;RlLL.U;n, ARDE. adjecl. Vif, éveillé,
L;:âllard. Il a l'air bien égrillard. Il est d'une
humeur bien égrillarde.
On l'emploie aussi substantivement. C'est
dU egi utui a. Il est ou tt^ le lait.iliei.
EGRISElv. T. a.Ûter les parties brutes i'ua
diamant.
Éghisk, ÉE. participe.
ÉGRUCvEOIR. s. m. Sorte de petit vaisseas
ordinairement de buis, dans lequel on egrugo.
on brise îe sel avec un pilon. jl/ct(es ce sel
dans l'éqrugeoir.
ÉGKUGER. v. a. Casser, briser, mellrc en
poudre dans l'égrugeoir. Egruger du sua-e,
du sel.
Écnccï, ÉE. participe.
E G U
ÉGUEULEMENl". s. mase. Altération à la
boiicbe des pii-ces d'artillerie, qui provient le
plus souvent des battemens du boulet lorsqu'il
sort du canon , ou bien de ce que l'alliage de )•
pièce se trouve trop doux.
EGUEULER. v. a Casser le baut d'un gou-
lot d'un vaisseau de terre oa de verre. // a
egueute sa auche . son pot.
On dit fi^urc.-uent et bassement , tp'Vji
homme s'égueule de crier, à force de crier,
pour dire, qu'A force décrier il se fait mal tt la
On dit en termes d'.\rtilierie, qu'(7ne pièce
de canon s'é<jueule. qu'une pièce de canon est
égueitlée. Lorsque sa bouche a change de forma
par le service que la pièce a r< ndu , ou par
qiiel<|iie acrident.
lù.iEULt:, ÉE. participe.
Il s'etnpioie quelquefois aulisiantWemenl ; •*
60
474
EL A
oii dit 6giirenicm it hasscmmt d'Une persoimi'
<jui dit des grossièretés, Ce;! un rtjiieiilé, c'efi
une l'raiicl,e étjueu\<e.
EG ï
EGYPTIEN. ENNE. s. î-'orle de vagahondi
qu'on appelle aussi Boliemicns. i-'oy. BoHÉi\i£.
KH
En. Iiitcrjiciion d'adroinilioii, de surprise
Eh: qui nui vit p" croire que...
F. H A
ÉHA.VCH!:. VoyCS DfHANCHÉ.
EH E
ÉHEUCEU. V. a. Terme de .irdinaje. Voy.
SAnCLin.
EH O
ÉHONTK, ÉE. adject. Qui est sans I]onte,
sans pudeur. Il est vieux.
ÉHOUI'EU. V. a. Terme d'Eaux et l'erèts
Couper la cime d'un arbre.
ÉHOtPÉ, es. participe.
E J .V
ÉJACULATION. subst. f. Terme de Phy-
sique. I-'.mission de la semence avec unecortainj
force.
Ejacl'LAtios, se ilit aussi d'Une prière fer-
vente, et qui part du cœur.
h l. A
ÉLABORATION, s. f. Terme de Physique.
Oporatiou par laquelle la nature prépare cl
perfectionne graduellement les sucs , les Iiu-
menrs, etc. I/clal^oiuitwn liu chyle. La .*e'i'e,
dans les véfjt'taïuv, n-rolt àif]iTcntes Haboratiom
(]ui seri'cnt ù les déirclupper , à les faire croître.
ELABORER, v. a. Préparer et perfectionner
graduellement les sucs, les humeurs, etc. Il se
dit i>rineipalemcnt Des opérations secrètes de
la nature.
ELAiionA, ÉE. [■articipe.
ELAGAGE. s. m. Action d'élaguer, i! en a
tant coûte pour Vclanaqe de cette alijc.
U signifie aussi, Les hranches qu'on a re-
tranchées en e'iaguant. O'i a ilonnéau jardinier
Vclitqnqe pour son payement.
' ÉLAGUER. V. a. Ébranclin , dépouiller uti
arhrc de s^s branches jusqu'.'i une certaine hau-
teur. Éclairoir un arbre en coupant une partie
de ses branches. Elacjuer des arhrts. H f:ul
faire élanuer ces arbres.
Il se dit aussi C^urt^ment, en parlant Des
ouvra|;es d'esprit. Ccl ej-orie a besoin d'être
«(aiyué. H ftiudroit claquer celle scène.
Élagué , ic. participe.
ELAtiUEUR. a. m. Celui qui élague.
ELAN. s. m. Espèce d'animal qui se trouve
dans les pays scptentiionaux. Corne d'iilan.
Pied d'élan. V-ne banne faite de corne d'élan.
ÉLAN. s. ni. Mouvement subit avec eObrf.
Il fit un rjnr.d c/iri et se inuiii ("ciilre les
KL A
mni'niî th ceux qui le tenoictit. Vn cheval nui
ne va que j:ay éJiins. Les eiuus du cerf. Le cerf
fst deux ou trois cJitns.
Il s« dit aussi Des moiivimcns afTcctueiix et
douloureux de l'âme. Des élans de dévotion,
d'amow de Dieu. On ne lui saurait parler de
la mort de son fis , (juîl ne lui prenne des
i'iaus de douleur.
ÉLANCKIVHiNT. s. masc. L'impre^îon que
î'ait en quelque partie du corps une douleur su
Site et do peu de durée, provenaut.de quelque
:r.use interne. Cela me cause de très- qrnnd
éluncemeliSj des élanccmcns redoublés. Sentii
des elancenientt,
U se dit encore va termes de dévotion, rt si
pnifie, Un mouvement afîcclncux et subit; cl
en ce sens il n'est gutre d'usage qu'en celle
phrase, Les elanccmerys de l'âme vers D:eu.
ÉLANCER, s'ii:LANf:i:K. veihe qui ne
s'emploie qu'avec le pronon; personnel. Se lan-
rcr, se jeter en avant ave'j înipetuosilc. // s'é-
lança au travers des ennemi^:. Les serpcns s'é-
lancent. Le chien s'élança sur lu\ Son cheval
s'éïi.nt élaiïcé.
Il est aussi neutre, et alors il n'est d'asage
qu'à l;i troisième personne, et se dit De la dou-
leur aiguë que l'on souflVe, pareille à celle que
fait sentir la pointe d'une aîgtiille ou d'une
fclêne. Cela m'élance. Je sens quelque chose qui
m^élance. Le doiqt m'élance.
Klascé, ÉE. participe.
11 se dil en termes de Blason, d'Un cerf cou-
vert. D'azur au cerf éhincé d'or.
II est aussi adjcctU', et se dit proprement
d'Un cheval qui a natiuellement le boyau
étroit, ou qui est devenu eîïlanqné par le tra-
vail, ou faute de nounitnrc. Vn cUeval élancé
et haut sur jamhes. De vieux chevaux maigres
et élances.
U se dit par dérision d'Une personne qui a la
taille trop cffilt'c. Oe^t nue (jrande crétUttre
ilancée.
On appelle, Un arbre élancé ^ Un arbre qui
B beaucoup de hauteur et peu de grosseur; et
Unt branche élancée., Une branche longue,
peu i^rosse à proportion, et dégarnie d'autres
branches.
ÉL^VRGIR. V. a. iteiuirc plus brge. ÈUrfjir
un pourpoint., des souliers^ un justaucorps.
Êlarqir une chambre, nue allée., un parCy un
Ou dit De quciqu'ini , qnfl sélarqitj pour
Jive , qu'il prend plus de ic^T.iin , d'espace,
qu'il étend, qu'il agrandit sa terre, son parc, etc.
«ïoit par acquisition ou aulremerrt. Il s'ct^tclart^i
du côte de Le grajid chemin Ccmpcche de
s'clarqir.
Ki,Ancin , signifie aussi , Mettre hors de pri-
son. // avait été mis en prison pour dettes^ on
Va élargi. Il a été cJargi à caution.
On dit en termes de Gravure, Elargir les
tailles, pour dire, Rendre les tailles plus laides.
S'Éi.Annin. Devenir plus large. Le chemin
s'élargit en cet endroit, l'a en s' élargissant.
On dit aussi rrcutralemcni» La fice lui est
élargie. Il est familier.
ELE
Élatïci, ie. partiripe.
ÉLARtMSSKMIîNT. s. m. AuRmeulation 'de
largeur. fAanjissement d'un canal, dune ri-
vière, d'une allée, d'une route dans une forêt,
d'un chemin, d'une rue. Il n'est guère d'usage
que dans ces sortes de phrases.
Il signiGc aussi. Délivrance de prison. Tï
poursuit, il a obtenu son élargissement , l'élar-
gtssement de sa personne. lUargissement pro-
visoire.
ÉLARGISSURE. subst. f. La largeur qu'on
ajoute .1 un habit, à un meuble, pour le ren-
dre plus large. L'élargissure d!un corps de jupe,
d'une robe, etc.
LLASTlCrrK. s. f. Propriété par laquelle
uti corps est élastique. L'é/iï.-.dVi'té de iair.
ELASriQUi-;. adj. des 2 genres. <^>ui a du
ressoit, qui fait ressort, c'est-à-dire, qui ayant
été romprimé se rétablit de lui-même. Corps
élastique. U signifie aussi. Qui produit le res-
sort, 1 élasticltc. Force ou vcitu élastique, c'est-
'i-dirc, La qualité par laquelle un coqis fait
ressort.
ELE
ELÉAGNUS. s. m. Arbrisseau dont i! y a
plusieurs espèces, une, entre autres, qu on
nomme Obt-icr de Bohème, Son fniîl est sem-
blable h celui de l'olii'ier.
ÉLECTEUR, s. m. Celui qui élit. Les Élec-
teurs s* assembleront demain.
Il se dit surtout Des l^lecteiu^ de l'Empire.
L^Êlecteur de Cologne. L^ Électeur de M ayenee,
L'Electeur de Bavière. L''£lccteur de Saxe.
Ou appelle £/ecti ic8, La femme d'un Elef-
leur.
ÉLECTIF, rVE. adj. Oui se fait par éle€-
lion. Le Pape e^it électif Roi électif. L'Kvêque
de Strasbourg est un hvcqne électif. L'Arche-
vêque de Cologne est un Archevêque électif.
Abbé électif.
On appelle Royaume électif. Le Royaume
où le Roi se fait par élection.
ÉLECTION, s. f. Action d'élire. Choix fait
par plusieurs personnes. Corps ou Communes,
au concours des suffrages. Faire une c'ïerdon.
Approuver y con^r mer une élection. L'élection
de l'Empereur se ft un tel jour. Il dtnna sa
voix pour Vélection de Assister à um clcc-
tion.
On dit e:i termes de Pratique, Faire élection
de domicile, jour dire, Marquer un lieu où
l'on recevi ,1 le»- assiguatioos cl autres actes ju-
diciaires.
IxECTioTï, signifie aussi Un Tribunal cora-
p)sé de plusieurs Officiers, comme Présîdens,
Élu», etc. pour juger les diflérens qui concer-
nent les Tailles, les .\ide5 et les Gabelles. /( «
été assigné à l'Election, condamné j)ar l'Elec-
tion. Sentence de l'Election.
IClectioîi, signifie aussi Toute IVtendue de
pays qui est du r. ssort de ce Tribunal. Les dê-
partemens da TailLs se font par Elections,
Cette Election porte tant. Vne Election qui est
I bien chargée, (irande Election. Petite Election.
Cette Election est composée de tant deParoissei.
ELE
On apïîcllc Pays d'Election, par opposition
aux l'ujs d'Ktal, Celui dont toute raJniiuibtia-
tion est «•uuinisc ik l'Iuteiidant.
ÉLECTUlïAL, ALE. adj. Qui oppaiticnt i
rEleclcur, aux Électeurs. Coîlégc f.lccturai
Botwet Electoral. Son Altesse Electorale.
On donne le titre de Prince Electoral au
(i!s aiuu d'un iJcctcur.
i:i,ECTORAr. s. m. 1^ dij^nitc d'Électeur.
L'Electoral dans l'Empire est la ^ lus grande
dinnitc après celle de l'Enif-creur^ et du Roi
des îlomains.
Il signifie aussi L'étendue de pays à laquelle
•3t alljchê uu titre d'iilcctoral. Dan* fout l'E-
lectoral de Trêves.
ÉLECTHICITÉ. s. fera. Propriété des corps
<*ui, étant frottes^ eu attirent d'autres. L^élcc-
triciié du verre est encore plus jvrtc (juc celle
de l'ambre.
ÉLECrRIQCK. adj. des 2 genres. U se dit
De tout ce qui a la propriété d'attirer par le
moyen du froltemcnt, ou de ce quia rapport \
cette propriété. Corps électrique. Vcriu élec-
trique.
ÉLECTRISER. t. a. Communiquer la vertg
éU'Ctri4ue.
l'LECTiiisÉ. LE. participe.
ELEGTROMKTRE. s. m. Instrument qui
sert à mesurer la force de l'électricité.
ELECÏUAÏRE. subsL m. EspiVe d'opiat
composé de plusieurs ingrédiens cJiuisis, qui le
rendent cxcsllent et souverain pour la santé.
L'élcctuaire de l'orviétan. Un électuaire contrt
U$ poisons. Les électuaires sont des siUislancef
en poudre incorporées avec du mîel, du siiop.
de« extraits, du vin, etc.
ÉLÉGAM.MENT. adv. Avec élégance. Par-
ler élégamment. Ecrire élcqamment.
ELKGAKCE.s.f. Choix dr mota et de tours,
doii rcsultrnt la gr.iC:- et la facilité du langage.
Parler avec élcqance. Sans élégance. Elégance
sans a fj, dation. L'clétjance du style.
Ou appelle aussi Elégance, Un certain goût
fin et délicat qui se fait sentir dans la Peinture,
la Sculptur-. l'Arc! iircture, cl dans quelques
:iutrcs arts. iJèléijajice du pinceau dti Corrège.
L'élégance du de>sin } lait plus quehi régularité.
On dit, L'éléqaiice de la taille, pour dire,
I.a grâce et la uobt'.'sse de la taille.
Ellcance^cd Mallténiatique, si;;nifie, .Sim-
plicité et facilité. L'élégance d'une ^oliifion.
ÉLÉOAiN r, ANTK. adj. Qui a de l'éléganoe.
Un discours élégant. Fa':on de parler éléijante.
Tour élégant. Tournure élégante. Motéléqant.
Termes clégans. Auteur él'ijant. Il se dit aussi ,
par extension. De. tous les ouvrages des Arts
susceptibles d'élé-ance. t ne parure élé ;ante.
( >n appelle Taiile ér'c^unte , Ollc qui rcunil
la ^xikct et la noblesse. Kl on appelle en Matlic-
malique , Solutiun élég.mte . Jéiiionslmlion
élégante, U.ie solution , une démonsUation
umple et facile.
Et.LCA!ir , »r dit snUuintivpïncnt d'Ui
Somme r«c!:crrhé ilao» son ton. ses manim>
cl u parure. C'est un élégant. Il a toute la
tournure d< noi élégant^ d'un élégant.
ELE
ÉLÉGlAÇfUE. adjectif drs 2 -enrcs. Qui
appartient ù TElégic. Vers élëjiat/HM. Poésies î
élégiiiquei. Pcetes clégiaques. \
Il se dit principalement IVs vers et Auteurs
[.alins ou Grecs. Tihulle, Ovide, et Propercc
•■ont les p^-us connu-i des Poètes élêgiaqnes.
ELEGIE, subsl. f. Espèce de Poésie dont le
^uJet est triste et tendre. Elégie amoureuse.
Composer nue Elégie. lAégic plaintive. Elcqic
tendre. L'Elcqic Françoise est ordinairement
en l'cc: .'tlcrundrins.
ELh^IENT. s. m. Corps simple qui entre
ilans ia composition des corps mixtes. Les qua-
tre élémens. L'élément du f'ëu. Vêlement de \
l'eau. L'élément de l'air. L^élément de la terre. '
Elément chaud et sec. Elément froid et hu-
mide, etc. Le mélange des élémens. Le combat ,
des élémens. La contrariété des élémens. Les i
Cartésiens n'admettent que trois élémens. \
On dit (l^uxément , quX'n homme est dans '
■on é.'cint*M(, pour dire, qu'il est dans un lieu,
dans une compagnie où il se plaît. On dil aussi,
qu7ï est hors de son élément ^ Quand il est
dans un lieu, dans uue compagnie ou il ue se
plail pas. Quand il est û Paris, il est dans son
élément. Quand il n'est pas à la Cour, il est
hors de son élément.
On dit encore Des choses à quoi une per-
sonne s'adonne et se plaît le plus , que C'est
son élément. La chasse est son élément. La
guerre est son élément. L'étude est son eîé-
m£nL
Ellmens, au pluriel, se dît Des principes
d'un art ou d'une science. Les élément de la
Géométrie y de la Grammaire. Apprendre les
élémens d\ine sctance. Il en est encore aux élé-
mens^ aux premiers élémens.
On dit, quX'n homme n'a pas les premiers
clémens d'une science, pour dire, qu'il n'en a
aucune counuissance, qu'il y est extiémeraenl
ignorant. '
Elémens , en Cliimic . ce sont Les parties les
plus simples dont les corps sont composés. Ce
mot est synonyme de Principes.
ÉLÉMENTAIRE, adject. des 2 genres. Qui
j|:'p;irticr.t .'i un élément , qui constitue Iclé-
nicnl. Les corps élémentaires. Le jeu élément
laiie. Parties élémentaire:. Les qualités élé-
mentaires.
On appelle Géométrie élémentaire. Les élé-
nirn&de Géomérric; et en général, Un cuiTage
élémentaire ^ Un ouvrage qui contient les élé-
aieiH d'une science.
i;LÉ>n. subst. m. Résine d'Amérique, qui
découle d'un arbre, et qui entre dans )a com-
|>otition des cmpl.1tr?5 et des onguun^ éniollii.ns ,
résolutifs . détersifs, etc.
ÉLKOSACCMARUM. subst. masc. Ccst, en
t Jiimic, une liuilc essontiellc, incorporée avec
du sucre.
ELI^PIIANT. s. ni. Le plus grand des qua-
■ Iruprdes, qui a une trompe, et dont les dents
principal'*s, quand e les sont détacliécs df la
gueule de l'anim.il, s'ap{)'?llcnt tvoire. Monter
un éléphant. Gouverner un èlépf.ant. On se
teivûit autrefois des éléphans ù la guerre^ et on
ELE 4-i>
s^en sert encore dans les fudcf^ Orientale)^ tin
même nage. I)ie-.^er un éléphant.
On dit provethi ilcment. Faire d'une mou-
che un éléphant, pour dire, Altribuet à une
chose plus d'inipnrlaiice qu'elle ne mériie.
ÉLÉIMIAMIASIS. s. fém. Espèce de lèpre
qtii rend la peau ridée comme ccll- de l'élc-
pliant.
ELKPHAS.s.ni. Plante labiée eten ma$<fiie,
ainsi nomméi; , parce que sa lèvre supérieure a
quelque rapport avec la trompe d'un éléphant.
On en ignore les projjriétés.
ÉLÉVATION, s. f. Exi.aussement. Il [nul
donner p/ii$ d'élévation à ce p/tmc/jcr, (i rvtle
muraille. Une t'/cfo(ion de quinze à svlze pieds
sous poutre.
On dit, Elévation de lerroin, ou simple-
ment A/eVation, pour dire. Un t:rrain élevé,
une éminencx. Il monta sur une élévation. Une
élévation bornoit la vue de ce ciité là.
lÙLtVATlOV , sr dit aussi p.ir opposition à Plan
géométral, et signifie, Iteprésenlalinn d'une
face de bâtiment dessinée aucrayo:i,ii la]>lnme,
gravée au burin, etc. L'élévation du Portail
d'une Eglise. Elévation de la face principale
d'un Palais, d'une maison, d'un hitliment.
On dit, L'é/éy<ition de Vllostic. ou siinplc-
raentL'c/étiitton, Quand le Prêtre clùvc l'IJoitie
^ la Messe. On ctoit à l'élévation.
Les Matliématicicns appellent Elsivation du
Pôle ^ et simplement Elévation, La hauteur
du pôle sur riiorizon. A tant de degrés délé-
■jatinn.
En termes de Médecine, on diî, L'éI«'fl(i'or.
(M pouls y pour dire. Le nmn veinent du pouls,
lorsque le hatlement rst pliîs ii it qu'à l'ordi-
naire.
Élkvatios , signifie figurémeat^ Conslilu-
liou eu dignité. Depuis qu'il est dans ce degté
d'élévation. Il lui doit son élévation. Dan r- cette
prodigieuse élévation.
Il signifie aussi L'action de s'élever. H r,
iMincu tous les obstacles qui s'opposoicnt à son
élévation.
Il se 4il aussi Des niouvemf ns vifs cl atT r
lueux de l'Ame vers Dieu , et de ccilaincs
prières qui excitent ces mouvemens. LV/lV.iÏiok
à Dieu. L'clèvulion du Citur à Dieu.
Il signifie aussi, Grandeur d'âme, noblesse'
de sentimcns. // a beaucoup d'élévation dans
l'thne.On remarque urc grande élévation dans
ses senlimen.v, dans ses p'rnsées. Cela vient
d'une grande élévation d'âme.
On dit, qu'Un homme a beaucoup Releva*
tion d'esprit, dam l'esprit., pour dire, qu'il a
un esprit sublime et capddc des plus grande^
choses.
Il se dit aussi De la noblesse et de la subli-
mité du 5t)le. // y a beaucoup d'élévation dans
son style. Un discours simple et sans aucune
élévation.
On appelle Elévation de voix , Le passage
d'un ton ù iHi ton plus haut. On juqea qu'il
êtoit en colère à l élévation de :a voi.x. Il
y a des élévations de noix nécetsaires dans la
déclamation.
Go.
476 ELE
KLÉVATOIRE. s. m. Ce mol 'dé*i:;iie Un
înstruinent de Chirurgie, dont on se sert pour
relever les os, coninie ceux du crJnc, etc. lors-
qu'ils o.it t'tô enfoncés.
|'';LI::VK. s. nlsciple c|ui :i vté instruit, formé
par quelque Maitrc en l'art de Peinture, .Sculp-
ture , Arcliilcclurr , etc. C'est Vêlève d'un tel
Peintre, d'un tel Sculpteur, d'un Ici Archi-
tecte. Un Peintre qui a (ait de hoiis élèves^ de
bonnes éîèvL's.
On dit p.ir extension, C'est mon élève, pour
dire, C'est un lio.ume que j'ai instruit..
l'XKVi^^K. V. a. Hausser, nicUn; plus haut.
porter plus haut, rendre plus iinur, faire mou-
ler plus haut. Klevcz davantaqe ce chandelier ,
ce tableau, ce d^ûs, Ce-tnur n'a (jue sept pieds,
il faut l'éle'^cr encore di trois pieds. Elever de.^
eaux pour faite des jets d'eau, des cascades^
etc. S*clever en l'air. S*élcver en haut.
Ou (lit, Elever sa voijL-, pour dire, Parler
plus liant qu'à l'ordinaire; et figurémcnl, Ele-
ver son style ^ pour dire, Preiuîre uu slyle plus
noble.
On dit, en levmcs de (îc^oriM^trie, Élever uni
perpendiculaire, jour dire. D'un point pris sur
une ligue mener une pcrpcndieiil iiic à ccltfl
ligne.
On dit. que Le soleil élève les vapeurs^ pour
"dire, qu'il les attire en liant.
Où dit figurémcnt, Elever son crur^ son es-
prit, son urne à Dieu, pour dire. Port .r ses
pensées, ses dé.sirs vers Dieu.
On à\' nussi figurc-meut : Elever ijuclrjuur.
tiux charge::, aux dignités^ aux donneurs. La
faveur l'a élevé de bien h.is. Dieu élève les uns,
et ahaisse les autres. Et on dit encore, Elever
ijuelr^u'un ati-de/sus des autres, pour dire , Lui
donner la supériorité «ur les autres. Elever
auehjuun jusqu'atu; nues. Jl lui a donné des
louanijes excessives, il Va élevé jusqu'au Ciel
Il la élevé au-dessus de tous les autres.
On dit, Elever le cœur^ Vâme, le courage.
l'esprit, les scnlimens.
ÉLKVEn , signifie aussi, Construire, biîlîi-,
dresser, erîj^er. Elever un bâtiment, un mur,
un pavillon. Elever un parapet à hauteur d'ap
put. Elever des autels. Elever une statue. Elever
une pyramide, un obélisque. Elever des trophées.
On dit li^Mi\Jraent, Elever autel contre
autel, pour dire, Faire un schisme ou une
division dans l'Église ou dans quelque Com-
munauté.
On ledit en d'autres matières, pour dire,
Opposer "jnc nouvelle puiss;ince à une puis-
«ance déjîi t'ia-'jlîi;.
ÉLEVicn , signifie aussi, îfourrir un enfant
jusqu'à ce qu'il ait acquis une certaine force.
Cette femme a eu plusieurs enfans, mais elle
n'en a pu éleva- aucun. Cet enfant est faible, il
sera malaisé à élever. Elever par charité.
On le dit aussi Des autres animaux, et
môme des arbres et des plintes. Les paons sont
Dialaisés à élever. On ne saurait élever de ces
ommaïuCf de ces otscauxlii en ce pays-ci. J'ai
pris de la pei:ie à élever ces piaule., res fleurs ^
ces athrca.
Il signifie figuîiîment, Instruire, donner de
-.l'éducation, Elever la jeunesse, Vélever dans la
crainte de Dieu. C^est un tel qui a élevé ce
Prince. Son père Va fait élever par des gens
sages et vertueux. Il a été élevé dans la bomu
i.eUgîon. Il a eu le malheur d'être éhvê dan
l'hérésie. Il a été élevé avec un tel.
S'ÊLEVEH , avec le prouoni pcisoniuJ. Ou
dit, qu'Une tempête, qu'un orage s'est élevé,
pour dire, (ju'II est survenu une tempête, un
ora;^c.
On dit, que Les vapeurs s'élèvent de teric ,
que les j'iimécs s^élèvent au cerveau, pour dire,
que l.cs vapeurs se portent en liant, que les fu-
mées se portent au cervctu.
On dit fi.'.urément linns le même sens : /!
s'elcva un bruit dans Vus:" emblée. Une di.'ipute.
une sédition s'est élevée. En ce temps-là il s'é-
'.eva des sectes nouvelles ^ des héiésies, etc.
On dit, S'élever contre quelqu'un, pour
d\rc, Se déclarer contre lui, ccnfrc ce qu'il pro-
pose. Dès- au'il eut ouvi'it son avis, tout le
monde s'éleva conti'c lui.
S'i'.LEVEu, se dit aussi dans le l;mg^j;e de
l'Kcriture, pour dire, Accuser, porter téinoî-
gnage. Les Niuivites s'élvcront au Jugement
contre les Juifs. Le ûls s'élèvera contre le père.
Mou peehé s'élèvera contre moi,
S'Éi.EVEn, se ilit aussi pour S'enorgueillir
Vous avez beau le louer ^ il ne s'en élèvera pas
davantage.
.•^'ÉLEVEn , se dit encore au neutre, et avec
!c pronom personnel, eii pnrl.tnt De la peau,
pour dire, i;u'll y survient <U s lini es, des pu!^
tules. La moindre rhosc lui fait élever toute la
peau y fait que toute sa peau s'élève.
Élevé, ée. participe.
On dit, Avoir le pouls élevé^ pour dire,
Avoir le mouvement , le battement du pouls
phis vif, plus fort, plus fréquent qu'à l'ordinjure.
ÉLEVURK. s. f. Petite bubc qui vient sur
Irj peau. Il a le visage plein d'élevures. Les per-
sonnes sanguines sont .sujettes à avoir des de-
vui es sur la peau.
EU
KMCTROÏDE. adj. Terme d'Anatomie, qui
se dit d'une meud>rane des tcsliouli-s. La mem-
brane élirtroide.
EIJDER. V. a. Faire une élisîon, retrancher
une vovelle finale, la supprimer dans lécrituni
ou dans la prononciation en François. On met
une apostrophe dans l'écriture à lu place de l,i
voyelle qu'on élide. On clidc dans la pronon-
ciation Vc f''mininy quand H est suivi d'u-u-
î cycîle ou d'un h muet-
H se met aussi avec le pronom personnel.
Cette lettre s'élide, pour dire. Souffre cUsiou.
pn écrit 5 'i7 vient, pour, Si il vient.
ICltdé, ée. participe.
f:iJGlBlUTÉ. s. f. Terme de Droit Cann
nique. C;ip,iritc d'être élu. Il lui fiut un Brcj
d'éligibilité pour
ÉLIGini.i:. ûdjeci. des 2; genres. Qui peut
dtrc elu. // c.<t éligible par sa naissance ^ mais
il ne l'est peint par wn Jnc.
ELL
ÉLIMER, s'ÉLIMER.v.qui s'emploie avec
le pronom personnel, et qui signifie, S'user à
force d'être porté. Celte étoffa s'est élimée en
moins de rien. Cet habit, ic /iune est tout élimé.
hUMi: , EE. parlici|)e.
ELIMINER. V. a. (Ihasser, expulser, mettre
dehors. Il faut éliminer les impor tuns. Ce y erhc
est peu usité.
Er.niïNÉ, ÉE. participe.
ELIRE. V. a. (Il se conjur^ue comme Lire.)
Choisir, prendre par préférence, nommer à une
iii;;nilé, à unecliar^o, à une place par le con-
cours des sufiTruges. Elire au sort. Élire à la
pluralité des voi.c. EUre un Pape, un Roi, un
Empereur. Elire le plus digne. Élire un Ma-
gistrat. Elire un tuteur.
Éu»E, se dit aussi en parlant De la GrÂcc.
Ceu.r que Dieu a élus, il les a prédestinés.
On dit. Elire sa sépulture^ pour dire, Mar-
quer le lieu où l'on veut être enterré.
On dit en termes de Pratique, EUre domi-
cile, pour dire, A.ssigner un lieu ccrtnin et
ronnu, où tous les actes de Justice puissent
t-tre signifiés.
Élu, ue. participe.
ÉLÏSIO.N. s. f. Suppression d'une voyelle
finale à la rencontre d'une autre voyelle. L cli-
(ion se marque en François par une apostrophe ,
romnie en ces mots, L'urne, qu'elle, s'i7.
Dans la prononciation, il se fait beaucoup
irélisions qui ne se marquent pas dans l'écri-
lure, comme, Il marche après lui. On ne pro-
nonce pas l'c final de marche, et on l'écrit. U
le fait plusieurs élisions dans la prononciation
ïamilière , qui n'ont pas lieu dans la pronon-
tinlion soutenue.
ÉLÏTE. sulist. f. Ce qu'il y a d'excellent en
iliaipic genre , et de plus dii;ne d'être choisi.
Troupe d'élite. Soldats d'élite. L'élite de la
f^ohlessc. L'élite de l'armée. Il a eu Vélîte de
toutes ces marchandises. J'ai eu Vclitc de sa
\ivres , de sa hihhoihéque.
ÉLIXATION. s. f. Terme do Pharmacie.
Dpération par laquelle on fait bouillir un rc-
fiïide dans une liqueur convenable, et à petit feu.
ELIMR. s. m. Liqueur spiritueuse exU'aile
il'une ou plusieurs substances. C'est la menu;
rhose que ce que l'on nomme Teinture, Ouin-
'essence j Extrait; c'est la substance la plus
punr que l'on lire de certaines choses. E.rccl-
lent élirir. Précieu.x èlivir. Tirer Vélixir de
'juelque cJiosc. Elixir de propriété.
Il se dit aussi nu figuré , De ee qu'il y
I de meilleur dans un discours, dans un ou-
vrage.
E L L
ELLE. Pronoin personnel féminin. Il est
toujours relatif. Elle fait, elle dit , elles vont .
elles parlent, elles viennent.
Ce pronom se met pour l'ordinaire înimcr.
dialcmenl devant le verbe, sans qu'il y f.it rie»
entre-deux, si ce n'est des particules cl des
pronoms personnels, comme : Elle nous dit.
Elle lui parla. Elles ne veulent pas. Elles nn-
sero'icnt. Elle n'en veut pas. Elle y veut alkr.
ELO
Quelqiicfuis aussi on interpose clcj^ainineul
quelques mots entre ce pronom et le verbe
£iïc, sans s'embarrasser des suites ^ prend le
parti th... Elle, ifui se prétend si sage^ a fall
pourtant une jolie,
\\ se met aussi immédiatement aprt's le verbe
dans les interrogations : Que fait-elle / Oii sont-
elles? Dort-elle? Ricnt-cUes'' ou mcnie sans in-
terrogation , tjuand le verbe est précédé de quel-
que adverbe ou de quelque interjection. A!ors,
dit-elle.
ELLÉBORE, s. m. Herbe médicinale qui
entre dans beaucoup de remèdes , et que les
^ucicDs ont cru propre à guérir la folie. Ellé-
bore hlanc. Klléhore noir.
On dit provcrbialem. quUn hommcahc:oin
d'ellèhorc, pour dire, qu'il a l'esprit tioul»!',
et qu'il n'est pas en son bon sens.
Ellkuore BLANC, OU VÉrathum. S. masc.
Plante dont on connoît plusieurs espi'^ccs. On
n'emploie guùre en Médecine que celles dont
les fleurs sont rouges, cl principalement dans
les maladies qui viennent d'une afiection mé-
lancolique, connue la folie et autres maladies
qui ont le ni^me principe. L'ellcbore hhwc
purge violemment par haut et par bas.
ELLKBonE Noin. s. m. Il y ,en a de plusieurs
espèces, dont qncluues - unes sont cultivées
dans le» jardins, parce que la fleur en e^t assez
belle. Toutes le.-» espèces d'Elléhore noir pur-
gent avec violence, et ou ne les emploie qu'avec
quelque correctif pour en tempérer l'clli l.
EI-LÉBORINE. s. f. Plante ainsi nommée.
parce que plusienr» de ses espèces oui les feuilleiî
semlilables j celles de TEllébore. On n'en fiiit
Mucun usage en ^Tédccine.
ELLIPSE, s. f. Terme de Grammaire. Rc-
irancliemcut d'un ou de plusieurs mots, qui
seroieut nécessaires pour la régularité de la
a^nstructlon , mais que l'usage permet de sup-
primer. <^uand on dit, la Saint-Jean^ pour
dire, lu fête de Saint Jean, c'est une ellipse;
// a pris sur lui d'attaifuer, c'est une ellipse;
pour dire , Le rwijne d'atta(pter. Quand vicn-
dra-t-il.^ Demain. On sons-entend, il viendra.
Elliï»se. Terme de Géomdtrie. Courl>e qu'on
furnie en coupant obliquement un cône droit
pai un plan qui le traverse entièrement. Pro-
finetè de VelUpse. L'ellipse a deux foyers.
ELLIPlinCE. adj. des 2 genres. Qui lient
de l'ellipse. Façon de parler eUipti(iue. Fiqurt
flliptiqui: Langue clliptiipie, pour, Langue
qui fait uu fi-équeut usage de relli|>se.
ELM
ELME. (FEU .S.) s. ni- >'oni qu'on donne
à certains feux qui yoUigcnt sur la surface des
eaux . qui s'allaclient quelquefois tiux mâl>
d'un vaisseau, et <|ui paroïv^ent ordi.iaircnichl
apiV'S une imqïéic. Les Anciens 1.^ nommoieui
Castor et Poltiix.
ELO
fcLOClvnoN. s. f. C'est la partie de la Rhé-
torique qui a pour objet le clioix et l'arrange-
ineot des nmis. Il se prcnil communément pour
ELO
La manière dont ou s'exprime. iLloaition uctlty
élegantCy belle, noble, simplcj sublime^ f^f/"'
ree, pure, claire. Cet Auteur a beaucoup de
noblesse dans son élocution. Elocution foihle,
languissante, triviale, embarrassécj confuse.
Traité de Vélocutton.
ÉLOGE, s. masc. Discours à la louange de
quelqu'un, l.lûgc pompeux, magnijujuc. Il a
fuit Vélogc d'un tel. Elnge funèbre.
Il se prend aussi quelquefois pour De sim-
ples louanges. On a fait de grands éloges de
lui. Kn prétendant le Marner, vous faites son
éloge. Donner des éloges.
ÉLOt;E, se dit aussi Des clioses. Elcgc histo
riifue d'une Ville. Syncsius a fait l'éloge de lu
pauvreté, Favorin de la Imdeur , Erasme de ht
folie, etc.
ÉLOIG^'KMEN'T. s. m. Action par laquelle
on éloigne, on s'éloigne, ou l'eftct de cette action.
Ce Prince a rétabli ses affaires par Véloiqne-
ment du Ministre qui le trompait. L'éloigné-
ment des occasions du péché. Il a eu ordre de
se retirer de la Cour j et depuis son éloignc-
mcnt... Durant son éloignement.
Il signifie aussi. Antipathie, aversion, soil
(our les personnes, soit pour les clioses. Il a
de l'êloignemcnt pour cet honime~là. Il a dt
V éloignement pour ce mariage.
Or ditd'Un Iiommcqui vitdaus une grande
inattention pour 'es cboscs de son salut, qu'il
vit dans 'in grand éloignement de Dieu, dam
un grand éloignement des choses de Dieu. El
ou oit, que L^éloignement de Diui est unt
dose tarible, poui- dire, que L'état d'un pc-
cbeur dont Dieu s'éloigne, est déplorable.
Éloignemknt , signifie aussi Absence.
Depuis son éloignement de Paris. Triste et fâ-
cheux éloignement. Son éloignement n'a pai
duré. Je ne me console point de votre éloigne-
ment. Vivre dans la retraite. dansVéloignenieni
du monde.
Il signifie aussi, Distance, soit delîeu, soit
de temps. L'éloigncment de nos nmîson.s' , de
nos terres j nous empêche de nous voir souvent.
Cette maison de campagne est dons un éloigne-
ment raisonnable de Pariy. Il Ç'ut renardes
cette statue f cette perspective dajis un certain
Éloignement. L'éloigncnient des temps est cause
de l'ohscuiite qu'il y a ilans une telle histoire.
On le dit Des objets qui teiniincnt la vue
dans une distance fort éloignée. La vue est ad-
mirable en ce lieu-là y on y voit des coteaux,
des prairies f la rivière qui serpente, et Pari-
en cloiqncnient, dans Véloignement.
On dit d'Un bomme qui n'est pns riclic .
mais qui a une graude succession ù espérer ;
qu7/ l'Oit de gratith biens en éloignement.
IIloiuse-mest, se prend aussi quelquefois
puur Les derniers plan.-, d'im tableau. Dam.
l'éloigncment on voit des licrgeri^ qui Kn
ee sens il n'est guère d'usigc qu'dlant emploie
avec la préposilion Dans.
ÈLOIGNEIi. V. actif. Ecarter une chose *>i
une personne d'une autre. K/oiqi>csccIïcc/iflî'v
i/u /eu. Eloignez cette table de la fcntUrc. Elot-
gne:^les Vundc Vautie. Il faut éloigner ce jeun.!
ELO 477
liomme des mauvaises compagi.ies quU fié-
' quente. Eloigner quelqu'un de ses parensy de
son pays. Eloigner quclqu\in de lu Cour. Le
Roi l'a éloigné d'auprès de lui, l'a éloigné des
affaires. On vous veut jouer un mauvais tour ,
èloignez-vous pour quelque temps. S'éloigner
ce son pays, ^éloigner du rivage. Il faut s'é-
loigner des occasions du péché. S'éloigna- de
son but.
On dit en termes de Peintiue, qu'r^rie/îï^tjre
s'eloigiic bien dans un ta^lcuu, pour dire ,
qu'Elle paroit fort éloignée.
On dit figurémcnt : Eloigticz de vous ces
mauvaises pensées. Prions Dieu qu'il ê'.oigne ca
malheur de dessus nos têtes.
On dit, qv.'Vne personne ne s'éloigne pas de
quelque chose , pouidire, qu'Elle n'y témoigne
pas de répugnance, ou même qu'elle y a de la
disposition. Il n& s'cloiqne pas beaucoup de
consentir à ce qu'on lui demande. Il ne varoit
\}as qu'il s'éloigne fort de la proposition qu'un
lui fait.
On dit aussi, S'éloigner de son de\'oirj s'é-
loigna'du respect qu'on doit à (ptelqu'un , pour
:iiic, Manquer ù son devoir, manquer au res-
pect qu'on doit à quelqu'un.
l*'.i-OiGNEn , signifie ;iussi , Retarder, diflfcrer.
Il a éloigné cet accommodcntent . ce mariage.
Toutes ces difjicultés cloijuent la paix. Les
rhicunes ont éloigné le jugement de ce procès.
I.loigner un payement.
Il signifie aussi, Louner de l'aliénation. //
ny a rien qui éloigne plus IcscQ'urs, lesesprits,
les affctionsj que les mépris, les mauvais tiai-
temeus, etc.
Eloigné, ée. participe. Ptiysc'/oinné. Temps
cloigné. Po.itérité éloignée.
On dit, qu'Cn lomme est bien éloigné de
faire une chose , pour dire , qull n'en a p.is
l'intcutiou ou li: pouvoir. Il est bien éloigné d^
f'.ire ce que vous dites, ce que vous souhaitez.
Il en est bien éloigné.
On dit, que Detuv per.sonnes sont fcic» cïoi-
gnées de compte j pour dire, qu'Elles sont bien
éloignées de s'accorder , que leurs calculs ne
s'acrordent pas; et figurément, qu'Un homme
est éloigné de son compte, pour dire, qu'il s«
trompe dans quelfiue penst.'e, dans quelque-
projet, dans quelque prétention.
On appelle en termes didactiques, Causas
éloignées, Lcscausesqui nesont pasimjnédiaies.
Ou dit, qii L'mc chose est fort étoinnéc de la
véritéy pour dire. qu'J'.Ile est très-fausse.
Ou dit aussi, t'c/u est ô-en éloigné de ma
/'CHSce, pour dire, Il s'en faut bîen que je|H:n$e
de la sorte.
!';LO>'<;.ATIO>'. s. f. Tcnne d'Astronomie.
Angle compris entre le lîcu du soleil vu de la
terre, et le lieu d'une planète, aussi vu de la
terre. La plus grande élongation de Vénus est
d'eni*iron quarante-huit degrés.
f:LOQL'E.M\iEM\ adv. Avec élixjucnce.
Parler éloquemrAcnt, Ecrire éloquemment.
ÉLOQUENCE, s. f. L'art, le talent de bien
dire, d'émouvoir, de persuader. Haute, »it
hlime éloquence. Êioquenccmôle,r«tpid(. Douci
47» EMA
ékaiicnce, Kloiucîtce naturelle. La vrt ic tlo-
rucrice. La /îtiisse éio(jucm'f. LVfrirjJien r de lu
Chaire. Uêlofjnencc du Barreau. Cd h tinic a
beaucoup d'éloquence. Un discours pic: 3 d'clo-
quencc. La force de l'éloquence. La virttahlc
èlocfucnce consiste encore plus dans Ut choses
quz dans les paroles.
ÉhOQVEyr, K?fTE. ndj. Qui n da Télo-
quence. 7/onime cloquent. Démoslhène, Cicc-
ron^ sont les plus éh'fuens Orateurs de Vanti-
nuitc'. Il y a i-es gens qui sont uaUireUemenl
cloquen.:
Il se (Ut iiu!=&i '^("s discours et dts ouvrajjcs
d'esprit. Celte harangue ^ celte pièce est fort
éloquentr. il a p-vnoncé un paucçiyritiuc f ri
êloquci.t.
ÏÎLOQt'EST, «e dit iiissi Ucs t*nnt*s dont on
se sert pour s'exprt:ïi:T; et alors il sif;niût ,
Noble, choisi, etc. S'exprimer en termes éh
quens.
U se dit fîgurement Des larmes. Ainsi on dit,
qtir Les larmes sont éloquentes, pour dire,
qu'Elles persuadent mieux que tout ce cju'on
■ pourroit dire. Cn dit dans le même sens, que
Ln colère eslelo(7uen(e,pour dire, qu'MIIcrL'nd
cloquent. On dit aussi, 5i7enctî éloq lent ^ geste
éloquent j regard éloquent.
ÉLU, s. m. veut diie en niaiièrf; do Reli-
^011. Prédestine à la vie clernell».*. Il y n beau-
coup d'appelés^ mais peu d'Elus. Etre dti tiom-
hre des £Itw.
F.LU, e«t aussi Un O.iicier d'une Klcclion.
dont la principale fonction est de juger en pre-
mière inslance des colltcstations sur le fait des
tailles, aides, et autres impositions. Lca 7',/ii*;
d'une telle Ville. Une charge d'Ebi. Un office
d'Elu.
On appcUf VAue, I.n frmmc d'un i\\u.
ÉLU(:UIïnATIO>. s. feiii. Terme didac-
tique. Il se dit d'Un ouvrage composé k force
lie veilles et de travail. On ne s'en sert giii're
que pour de'sîgtier des ouvrages d'érudilîon.
KLUDER. v. a. Eviter avec adresse. Ju lien
de répondre juste, i/ a éludé la dilJiculté. Elu-
der les poursuites, les artifices de quelqu'un.
Eluder Ut Un.
Éi.UDK, tn. participe.
E LY
ÉLïSÉE.s.m. Terme de Mythoiogîr.Séiour
-Hi il n'y a d'admis quelcsHi'ios cl les Hommes
Tcrtueux après leur mort.
On dit aussi dans le même sens , Les
Champs Elysées ou les Champs FAysïcns ; ei
■lors il est adjectif.
On a doime à Paris, le nomdcC/.unf^sf/^-
sées, à des allées d'aihres, qui font une jïromc-
uadc très-belle et très -agréai) le.
E M A
ÈMAlL. s. m. Composition faite de verre
ealciiie, de sel, de métaux, etc. que Vczi ap-
plique avec le feu sur des ouvrages d'or, d'ar-
^al, de cuivre, de fer, etc. i>our les embellir.
EMA .
Faire appliquer de Véntail. Email nriV, Verf,
rouge, blanc, etc. Peintre en émail. Portrait
cn émail.
On appelle Email use, ('clui qui a été usé
pour le r'rndre égal et poli. Il est opposé à Email
en relief.
Email, se prend quelpiefois pour L'ou-
vrage émaillc. Ainsi l'on dit : Des émaux de
Nevers. Il est curieux en émaux. Ce Peintre
ne réussit pas également bien dans les difprens
eniaux.
On dit, qu'ï/iie porcelaine est d'un bel
émiil, pour dire, que Les <-oiiieurs en sont
vives et brillantes.
Emak, , si^uînc Sgurèment el poétiquemeiil,
La varit:t(î, la diversité des flenrs. L'émai/ d'un
■j'arîerrc. L'ètnail d'une prairie.
On dit (îgmémfint, L émail des (Ie?ifs, pour
dire, L'éclat drfi deuls fort îdaiiclics. !a super-
ficie luisante ijui couvre la partie osseuse de la
dent.
fvMAux, au pluriel, se dit aussi Des cou-
leurs et des métaux en armoiries. Les pièces de
ces deux c eus sont les mêmes, mais les émaux
cn sont diljêrcns.
KMAILLKU. v. a. Orner, embellir avec de
l'émail, appliijuer de l'émail. Faites émailler
cette haque.
Émailleb, se dit ausni figurément et poéti-
quement, pour, Orner, embellir. Ln nainre
a émaillc ces prairies d'une variété admira^de
de fleurs.
LmauxÉ, i':e. participe. Prairie éniaiîlée de
ve: t , dt roiK e, de bleu, etc. Un parterre
émaillé. Des j j-és ématUés de fleurs.
KMAILLEUR. s. m. Ouvrier i^ui travaille
en émait
KMAILT URK. s. f. Artd'émailler. // dxcelJ.-
dans Véinaillurc.
Il se prend aussi pour L'ouvrage de TÈmail
leur. Emaillurc délicate, ijrosùvre. Cette émail*
!urc s'est écailliC.
KM A NATION, subsl. f. L'action d'émaner.
L'émanation du Vcrhe. Par voie d'émanation
f^'cmanation de la lumière.
Émanation . se prend qtielquefois pour La
rliose qui émane. Les odeurs sont des émana-
tions des corps odorans. L'autorité du Parle-
ment est une émanation de lapuismnceJloyale.
l'-:MANCIfÊ, ÉE. adj. Terme âc Blason. U
se dit des partitions de l'écu où les pièces sont
enclavées Tune dans l'autre en forme de pyra-
mide triangulaire.
KAlAiNCiPATION. s. f. Acte juridique, pai
Ief|nelon est émancipé. Lettres d'éniarcipation .
ou de bénéjice d'dge.
I;IVTAN(_;IPI:h. v. a. Meure un fils ou une
fille hors de la pnis.sanec paternelle, ou mettre
un mineur cn état de jouir de ses revenus. Se
faire émanciper. Ce père a émancipé son fils
Cn fils de famille ne peut dans le Pays de Droit
écrit, ni conïmcter, ni acquérir pour lui, jus-
qu^à ce que son père Vait émancipe. lî faut des
lettres du Prince pour émanciper un mineur
dans les Pays de Coitiumc
ÉMANCiPEn, Iniîqu'iil est joint avec le pro-
EMB
nom personnel, signifie fif;urcment. Se donner
trop de licence, sortir des termes du devoir, ne
pas gard'T les mesures nécessaires et convena-
bles i l'état où l'on est. Vons vow: émancipez
trop. Il s'est un peu émancipé. Il s'est extrême-
ment émancipé en cette rencontre. S'émanciper
cn quelque chose. Vous 7yous émancipez beau-
coup pour un homme qui ne fait que de relcwr
fie ninlfidîc. Il s'est émancipé à lui parlei' peu
respectueusement.
l'^iANCiPv;, ÉE. participe.
Ê^lANER. V. n. Tirer son origine, sortir,
découler de quelipie cbo.sc. Le Verbe émane du
■ère Eternel. Le Saint-E»prit émane du Père
et du Fils, es influences qui émanent des pht-
néti<:, Vn Edit qui émane de la puissanceRornla.
Il y a des corpiscujes qui éniimetit des coryé
û(?ornns, et qui causent les odeurs.
Emank, ée. participe. Des lettres émanées
du Prince. Vn décret émané d'une telle Juri-
diction.
ÈMAWGEMEXy. s. m. Action d'émarger.
DU cequi*:3*'porlé en marge d'un compte, d'un
inémoiie. e;c. ! .'émargement des sommes énon-
cées.
ÉMA^02R. V. a. Porter, arrêter quelque
rîiose en marge d'un compte, d'un inventaire.
Emarger les différentes sommes dune impo-
tition.
EMAncr, LE. participe
EMB
EMBABOUINER. v. a. Engager quelqu'mi
par des caresses, jiar des pai'oles flatteuses, N
fuln^ ce qu'on souliailc de lui. Celte fjnme Va
emhabnuiué. Il s'en lai-sé embahouiner. Il est
du st)lc familier.
Ev.uAcouiNK, VE. participe.
EMBALT.AGE. s. m. Il se dit De l'action de
celui qui emballe, et des choses (pii servent û
embalUîr. Travailler à l'endyallaqe.
KMBWJMTX. v.a. Empaqueter, mettre ds'U
are balle. Emballer des hardes, des livres, etc.
Embalt.é, Ék. participe.
i::\IliALLEUK. s. m. Qui emballe des mar-
chandises, des bardes, etc. Allez quérir un
av.halîenr.
Il çignifie aussi Un hâbleur, «pu ta fait ae-
croire. Ne croyez pas ce quil dit, ne vous fies
pas à ses promesses, c'wï un emballeur. Il est
populaire.
Ii^MIiAUGO. s. m. Terme de Marine, em-
iminté de l'Espagnol. Défense faite aux vais-
seaux niarcliands de sorlir des ports. Mettre un
emhiirqo.
EMMAUQUEMENT. s. m. Action de s'em-
barquer, ou d*end)an[uer quelque chose. De-
puis nutre emlnuquemcnl nous avons ete un
mois sur mer., sur la mer. Embarquement de
qcns de guerre. Embarquement de marehgn
dises.
EMDAnQUr.MFNT, se dit jiour Les frai:* qu'il
en coûte pour emliarquer des marchandises.
Cet cinharquement a conté 6oO livres.
EMBARQUER, v. a. Mettre dans la barque,
dans le navire, dans le vaisseau. Il ^e dit l)<^
EMB
boBuncft, des armes, des vivres, dc.% mnrclian-
disos, etc. Enihar(juer Vannée. Emharijiier des
marchaniVt>:es
On dit. r.mhiir(fti£r en gren-er y pour, em-
barquer sans cnilialler. 0/1 eniharfiue en gre-
nier, le sel, le hlé, le biscuit, etc.
On dit , S'enthurijuer , poiii dire , Entrer dans
un vnisseau, on dans quelque aulre liÂtiment.
pour faire route. Nous nous cmluri^tiâmes à
Toulon.
Embar{juer , signiHe figurcmcnt, Encnî^er i'i
(luclquc chose , ou dans queltjue ciiosc. Ou l\i
riiibiirqné dans une méchante afj'itire.
H s'eniploie aussi avec le pronom personnel,
et signiGc , S'engager 5 quelque cLose , s'y .idon -
oer. iSV»ii»ti7(^uer au jeu. Ne vous yemhar(juez
pas, si vous tue croyez. S'embarquer dans une
méchante ulJhire. S'embarquer trop avant danâ
une fausse démarche.
On dit figurément et provcrhialcmcnt , S'em-
barquer sans fciA-cui(,pour dire, S'engager dans
quelque afTiiire, sans avoir les moyens uéces-
satres pour la faire réussir.
H'M'îAHQfÊ , ÉE. participe.
EMBARRAS, s. m.OlïSiaclequon rencontre
dans un cliemîn, dai.s un passage. Il y a tvu-
jours dt T::::nharras dans une telle rue. Vem-
harras des carrosses et des chai-rettes. Grand
embarras. Faire de l'embarras. Faire , causer
un embarras. Se tirer d'un embarras. Eviter
Us embarras.
Il signifie figurcment La confosion de plu-
sieurs ch"*e» diSicilcs A débrouiller. îl y a bien
de Vemhiirras dans ce procès-là , dans cette suc-
ée sx ion
Il sigaifîe aussi T.a peine que doune une
multitude d'aiïàires qui surviennent toutes à U
fois. Je me trouve dans un embarras d'ajjdirei
U plus grand du monde.
Il veut dire encore L'irrésolution dans la-
quelle ou se trouve lorsqu'on ne sait quel p.uti
prendre, ni par quellu voie se tirer de quelque
pas diOicilr. Je mesuîs vu dans un étrange em-
barras.
On dit,£ni2)(irras (Tesprtt , pour dire. Peine
d'esprit, irrésolution d'esprit.
Embarua^, en parlant De maladie, tignine.
Un commencement d'ub^liucUon. Il y a de
l'embarras. Ce n'est qu'un embarras dans le
foie,
E»IBARRASSA:ST, AJUTE. adj. Qui cîus*
de l'embarras. Les bananes sont cmharras.^ans
dant une marche. Ce nhouc est embarrass^mt
Ces choses-là sont embarr assaut ts. Cela at cm
barrassant à porter.
On dit aussi Des personnes : Cet homme c.<t
embarrassant. Cette jcmme est embarrassante.
EMBARRASSER, v. a. Causer de l'embar-
res. Embarrasser le chemin. Embarrasser la
rues. Cette charrette embanas.e le chemin
Voilà un lit qui embarrasse trop cette chambre.
Ces moulins embarrassent le cours de la riVicrr
H signiGc cnrorc, Kmp^cîicr la i:i>crlé du
mouvement Utc7 votre manteau j il ne fait qut
vous etnbarraiser. Les bottes embarrassent à
marcher.
EMB
On (lit figurénient, EmWrasser une o/JùiVe,
ein/xiJTiisstT u/JCfluesïio/i, pour dire, La rendre
obscure et pleine de didicullés, la rendre mal-
aisée ^ démêler.
Il si^nlGe au; si, Mettre en peine, donner de
l'iiTcsolulion. C'e que vou.< dites m'embarrasse
joli. On Va (crt embarrasse , il ne sait quel parti
prendre.
On le juinl avec le pronom personnel ; il
s*embarnissc de .'oi;ï, pour dire, Les moindres
choses lui fontùe la peine; V. s'embarrasse dcns
ses discourf,j po:ir dite. Il perd la suite d« s's
discours, et ne s.' t plus par où en sortir; Ne
vous embairasscz point dans cette affairc-là ,
pour dire, Ne vous en mêlez pas, car vous
vous y trouverez eiubairassé ; Ne vous embar~
r assez point fie cette afjitire-îà, pour dire, Ke
vous en inquiétez pas; C'est un homme qui ne
s'embarrasse de rien , pour dire, qtie Rica ne
lui fait de la peine, ne lui donne de l'inquié-
tude.
On dit d'Un homme malade, que 5(i Ictc
■<' embarrasse j ^our dire, que Le tiansport au
cerveau commetiee ^ se dt-clarer , ou qu'on craint
qu'il ne se déclare. Ou dît aussi, que Sa poi-
trine s'embarrasse j pour dire, qu'ElIe com-
mence à s'emplir.
E.MBAnnAs>É, ÉE. participe. Il a la tête, la
langue embiirrassée. Air embarrassé. Conte-
nance emban-asséc.
EMBASEMEIST. s. m. Terme d'.Aichitec-
lure. Espèce de j)iédestal continu sous la mass.
\Vun b/itîment.
EMRATAGE. ?. m. Application de bandes
de for sur une roue,
EMBATER. v. act. Eaire un bit pour une
bête de somme. Emhater un une., un cheval,
un mulet. Cel ouvrier est fort adroit à bien eni-
h:'ter les mulets.
Il signiHe figurémcut Charger quelqu'un
d'une chose qui l'incommoJe. On Va cmbdté
d'tnic charge qui lui pèse fort. Qui est-ce qui
m'a emhiUê d*un si sot homme? Il est du style
familier.
EmbatÉ , KE. participe.
EMBAtoNNER. v. a. Armer d'un bûiou. îl
est familier et de p3u d'usaj^e.
EMBAroNsi, KE. par'Jcipc.
EM.UTRE. T. Q. Terme de .'llaréchal. Cou
vm* une roue avec des baiTcs de fer.
Embatl', ci:, participe.
KVii VTTES. subst. m. pi. Vents réglés qn.
souflîcnt sur la Méditerranée après la canicule.
I:MBAUCUAGE. ftubst. m. L'action d'em-
baucher.
EMBAUCHER, v. actif. Engager un garçon
pour un métier dans une boutique. Il est du
blvlc familier.
Il sti;nine sussi» Enrôler nn bomme pai
adixsse. Il l'a embauché fort adroitement,
Embaichi':, i-z. participe.
EMBAUCUI'.UR. s. m. Celui qui engage nn
jeune garçon |>our nn métier, ou qui l'curdlc
conuue soldat. Il est du style familier.
EMBAUMEMENT, s. m. Action d'cmbor- ■
mer un coqis mon. Les cmb.iumemens se font
EMB 470
avec des poudres aromatiques et des bauyaes
liquides.
EMBAUMER, v. a. Remplir de l)a;une et
d'autres drogues pour enq)écliei la conupI:«:i.
Il ne se dit en ce sens que Des corps morîs.
Embaumer un corps mort. On l'a embaumé.
Il sij;nific aussi simplement , Parfumer, rem-
plir de bonne odeur. Il i;ien( une odeur de ces
oranqcs qtci embaume toute la nuiisoii. Vos
gants ont embaunit' ma chambre. Cela m'em-
baume.
Un dit, qu'C/n vin embaume la bouche,
[lour dire, qu'il a une odeur exquise,
Emuaumî:, ée. parliripe.
EMBI-:gUI>'EU. v. a. Mettre un béguin. Il
n'est guèrt* en usage dans cette significntiou.
Il signifie aussi, Env(Io])per la léle de linge
uu d'autre chose on forme de béguin. Qui vous
a ehibéguiné si plaisamment ?
Il sii^iJîGc fi^urément et iamilièrem. Mettre
){ue!que chose dans la li'-le, daiis l'esprit, enté-
1er , persuader. On Va embéguiné de cette
\:mme. Il s'e.-^ laissé cmhcguiner de cette oui'
'HOU. i-'on plus grand us.ige est au passif, ou
Iprès le pronom personnel. Il est embéguiné ^
\l sV,s( embéguiné d'ime étrange opinion. Il es'
i;n/)é.]umc de cette femme. Il se prend touiours
m mauvaise part-
I'mbkcuiné, ée. participe.
!".!MBELLIR. verbe a. Rendre beau, oniei.
Cette Ciiu embellit le teint. EmbclUr une mai-
ion. Embellir un ouvrage. Une fontaine embellit
(iTt un jardin. Les ajustemcns emhelUssct.i
une femme.
E:.iBKr.un. v. neut. Devenir bc.u. Cette flU
enibcUit au croître. Cette expression est du styln
familier. Elle ne fait que croître eî cinbellir.
On dit provcrbifilcment et par n)«iit're de
plaisanterie, Hes cîioses qui au;:pnenl'-)it, soK
m bien, soit en mal, Cela ne fait que croître
tt embellir.
On dit, Eir.'>cUlr un conte ^ embellir une
histoire^ pour dire, Les orner aux dépens de la
vérité, ou les rendre plus agréable» par des dé-
tails intéressons.
EMBEr.u, lE. participe.
i:MB::LLtSSEMy.>T. s. ma«c. L'action pu
laquelle on cnibcllll. Cet homme travaille beau-
coup à Vcmbellisacmcnt de sa maison.
Il signifie auï>si La chose même qui fuit
l'embellissement. Ce c.ina.' est un grand embel-
lissement à cc'îe maison. Les figures sont la
cmbcllissemcns du discours.
s'E.MUERLUCOQUER. v.qui ne s'emploio
qu'avec le pronom personnel. Terme populaire.
Se coiffer d'une opinion, s'en pré*occupcr telle-
ment, qu'en rn juge aussi mal que si on ...voit
la berlue.
«.MBESOCmi: , ée. pQrticii>e du vcrbo
inusité Embe.^ogner. Occupe ^ quelque lx-»o-
Çnc, à quelque aflaire. Un iomme emhesogué.
Il Cjt du stvic familier, et se dit par p'aisan-
teric.
EMBLAVER, v. .i. Semci- nm- icrre en ble
Emblaver une terre.
EiiatAVE, CE. pirrticip<-
/^So EMB
KMBLAVDRE. s-fém. Terre ensemencée de
(>lé.
EMBI.E. s. m. Voj-» Ambie.
EMBLÉE. 5. f. Ce mot ne se dit qii'adver-
bblcnicnt avec lu préi-osilioii De, t't signifie ,
Du pieinier effort, de plein saut, et nVst guère
d'usage que dans rts plirasis : I rendre une
Ville ir emblée. En:}n,rter une Ville iVembUe.
(In dit aussi figim'iumt, Emporter une af-
faire, emporter ijuflilue chose d'cmhlce, pour
dire , En veuir .'t bout prouiptenienl et d'un
premier eO'orl.
EMBLÉMATIQUE, adj. des 2 genres. Qui
tient de l'cniblénio. Figure emb/e'nicidijiie.
E.MBLICJII*'.. s. m. I^spère de figure sjnilin-
Uipie, qui <^t d'ovdinnire accompagnée de quel-
ques paroles en forme sentencieuse, hes em-
blèmes d'.llcial. Vn tel emblème. Emblème in-
ijénieujc. Expliquer un emblème. Composer un
emblème.
EMBLER. V. a. Kavir avec violence ou p.it
«urprise. Vieux mot qui n'est plus en usage, el
qui ne s'est conservé que dans cet endroit dei
Commandemens de Dieu en vieux François ,
i^'ayoir d'ii»I/-ui tu u'embleras.
EMBOIRE. v. qui s'emploie avec le pronom
personnel. Ternie de Peinture. S' iml)ilier.
Embu, ue. participe. Il se dit d'Un tableau
dont les couleurs et les difl'crcntes touches de-
viennent mates, et ne se discernent pas.
EÎNFBOISER. T. a. Eng.iger quelqu'un par
de petites (lattirics, par des cajoleries et par
aes promesses, ii faire ce qu'on soubaite de lui
/( ne voulait pus favc cela, mais ils itn:t)ûi,
iérent. Il est populaire.
KaiBOisÉ, ÉE. participe.
EMRDLSEUR, EISE. s. Celui , celle qui
cml>oi^e. C'e!:t un emboiseur, une emboiseuse.
EMBOÎTE.MENT. s. m. La po.sition d'un o
«iaus un autre. L'emhoitement d'un os.
IvMROÎTER. verbe act. Encl).isser une cliose
dans une autre. C'est une merveille de voir
comme la niiture emboîte les os le.i uns dans les
autres.
Il se dit aussi Des assemblages de menuise-
rie, et d'.intrcs ouvrages de bois. Ces ais sont
bien em^joUês l'un dans Vautre. Ces pièces dt
l/ois s'embotlent Vune dans l'aulj'e. On le dil
utissî Des ouvrages de mêlai.
Embciter des tuyaiLX , C'est mettre le boul
d uc tuvau dans un autre tuyau.
■•■«uoÎTÉ , KE. participe.
KMBOÎTL'RE. s. f. L'endroit où les chose»
s'^niboilent. I.'cmboîturc des os. Il sii;nifie aussi
L'insertion d'une cbnse dans une autre. Embul'
I •re b'ien ju.sic, Vxcn faite.
Les embûitttres{tune porte, Ce sont les deux
lis de travers en liant et en bas . dans lesquels
les autres ais sont eiiiboitcs. Il faut niclbe une
rnihollure à cette porte.
EMBOLISME. s. m. Terme d'Astronomie.
Intercal.-itieiL
EMBULISMIQUE. adj, de» 2 génies. Terme
de Cliroiiologie. Ce mot signifie IntTcalaire , el
se dit Des mois surdjoutés dans cert.iines an-
ueespu les cnronolo|^isies pour former lecyclo
I-: M R
liuaîrf de tli:c ncur aus. Mcv eçiboJ jmique.
Anuçe emhoVismi^ue.
EMBONPOINT, s. m. lion dlal , ou bonnt
hibitudc du, corps. Il se dit surtout Des per-
sonnes un peu grasses. Avoir tic V emhoy^joinX.
Avoir Uop â^emhonpcînt. Prendre de l'embon-
point. Reprendre,, recouvrer son civ.hoapoint.Jl
(I heaucotip perdu de son emhonpoint.
On dit aussi, que Des hifuj's,, dci. '•Iicvnux,
etc. ont repris leur emhoupoiut , pour dire,
fju'Ils sont lïieu charnus , qu'ils ont le poil
luisant,
E.'MnORUURER. v. a. Moltre une Lordun
à un taiilcau. Il a fait emhordurcr richement
ce tableau.
Kmhoudi'hé, ée. p.'trtîcipc.
EMBOUCHER, y i. Ce verbe a diverses
sinnificaiions selon les divers substantifs avec
les'juels il se jo'nt.
On dit, Emboucher une trompe'ACj emhoii-
cJicr un cor. pour dire, Mettre mie trompette,
un cor à sa bouclie, afin d'en tirrr^les sons.
On dit fîgurcment, Emboucher lu trompette
héroïque, pour dire, Composer des vers épi-
ques, un Poëme épique.
On dit aussi Emboucher un cheval,, pour,
Lui faire un mors convcn.'iblc à sa houclic.
Cet Epcronnier s'entend à bien emboucher un
cheval.
On dit, Emboucher quelqu'un^ pour dire,
I.C bien instruire de ce ^ju'il a à dire. // l'a bien
emhouch':. On l'a mal embouché. Il est du
tylc familier.
On dil. i|u'Un homme est mal embauché.
iiu'Mne jcmme est mal embouchée, ponr d-re
qu'ils parlent impcrtineinment , qu'ils disetil
ou des iu joies, ou des paroles indécentes. Il
n'est qu'' du style familier.
On dit. que Des trains de bois, des bateaux
'ont embouchés dans un perluis, dans les ar-
ches d'un pontj pour dire, qu'il» y sont eng-i-
gés , t'X commencent à y passe^.
S'embolchkh, v. qui s'emploie avec le pro-
nom personnel. U ne se dit que d'Une rivière
|UÎ se jette dans une autre, ou qui se dëcliarge
dans la mer. Celte rivière, a/TCs avoir passé U
louij des murailles de la Ville, va s'emboucher
rluns 'a mer. A deiLc îieu&s de Paris, la Marne
:\:mboucle dans la Seine,
Embouché, ée. participe.
l'.MBoncHÉ, cil teinifis de Blason, se dil
d'Un cornet , d'une trompe , d'un cor dont
le bout est d'uH émail difll-rent de celui du
cor, etc.
EMBOUCHOTK. s. m. Instrument dt bois
dont on se sert pour élargir les hottes. Watfrc
(les ï'olfc.": ù rcintoiic/ioir.
Emhoucuoir, se dit aussi Du bout d'une
iroinpi tte ou d'un cor, qui se S(?pare , et qu'on
appiiiju:- loisqu'ou veut eu sonner.
EMBOUCHURE, s. f. L'entrw- d'une rivitVe
dans la mer, ou dans une autre rivière. L em-
bouchure de la rivière de Seine. L'embouchure
de la Loire. Celte rivière a tant de lieues de
larqe à son cmhouc' iire dans la mer. A Vem-
bouchurr de la Marne dans la Seine.
EMB
l-MB ucnrnE, se dit aussi De la partie du
mors qui entre dans la lioucbe du elicval. £nu
houchure rude, aisée. Avoir diverses embou'
chures pour toutes sortes de chevaux.
Embocchure, se dil encore De la manière
dont on cndïi) M lie certains itistrumens. Ce
joueur de flûte a l'embouchure crcellenfc. Une
des cjrandes difjicultcs de la flûte traversière
c'est l'embcuchitrc.
On appelle Embouchure de trompette, de
flûte et de flafjcolet , I.^ partie de ces in&tni-
mens que l'on met dans ia bouche pour (to
JDuer ou pour en sonner.
EMIîOUER. v. a. Couvrir, salir de boue. H
csl iiuiiilier,et même populaire.
EMIÎOUQUER. v. n. Terme de Marine. En-
trer dins un d.aroit, dans un canal. C est le
conlr.iire de Dchouquer.
EMBOURBER, v. a. MetUe dans un bour-
bier. Ce cocher nous a embourbés.
Il se joint avec le pronom personnel. Le car-
rosse s^est embourbé. -Vous nous sommes em-
bourbés. On dil qu't'n cocher , qu'un c/mr-
reticr s'est embourbé, pour dîie, cpi'IIs ont «m-
bourbe leur voilure.
Il se dil en Médecine, pour dire, Se charger
d'Iiunieurs épaisses ou corrompues. Le cerveav
i'embourhe dans les éptïepsies.
On tlit fij^urcnicnt et familièrem., Emïjour-
hcr quelquun dans une mauvaise alJair» ,
<,)uand on l'y engage si avant, qu'il ne s'en
peut tirer que dilïicilement. Jl Va embourbé
dans cette affaire. Il se dit aussi en ce aens-h
avec le pruncmi persi»nnel. S embow l'^-r Uiii.^
une méchante afjaire.
E.MnourtRÉ , ée. participe. Qui est cnfonre
dans l;i bourbe. Cheval embourbé. Carrosse eni-
bourbê.
On dit proverbialement, Il jure comme m-i
cnorrcfier embourbé.
EIMBOURRER. v. act. Garnir de bourre.
Embouner une chaise. Emhourrer une selle.
i)n dit plus eonimunément. Rembourrer.
EMTïounni:, i.E. participe. Selle bien em-
!)otirree.
E^tBOURSER. V. aet. Mettre en bourse.
J\ii dépcnr.é Varqent que fai reçu, je n'en ai
rien embourse. Ce que nous jouons est pour
couper, et non pour cinf>ourscr.
EMnornsi-:, v'e. participe. //p*jcnf embourse,
EMBRASEMENT, s. m. (Jrand incendie.
L'embiasement de Tioie. Une létjère étincelU
peut causer un qrand embrasement.
II SI- dit au figura pour Combustion, désor-
dre, i^rand trouble dans un r.iat. Cet embrase-
ment allait qagner les Provinces, on Varréta
■ eurcifiemcni.
E^IBRASER. V. u. Mctire en feu. Emfcro*er
une maison . une ville.
Il s'emploie aussi avec le pronom pei*»ooneJ.
Cette matière sUmbrase facilement.
Embuaseb, se dit figun^ment De la ;;ucrTe,
de l'amour. L'amour dtvîn cmfcrajte son cœur,
La guerre a embrasé toute l'Europe.
\ Embrasi':. i.-. participe.
EMBRASSADE, s. f. Action de deux (wr-
EMB
$ofines qui s'cmbi absent ea se terrant entre
leiTs bras. Ih se ftrfnt mille embrassades,
EiMBRASSf:.Mi:NT. s. m. Action d'embras-
ser. Leur contestation finit par des embrasse^
mens mutuels.
li signifie queI<juffoÎ3 La conjonction dfi
I liomine et de la femme. Emhrassemens lèçji*
iimes. Embrassemeus Ultfjitimc^. Achille nn-
auit des embrassemens de Thvtis et de Pelée,
En ce sens il no se tlït qu'au pluriel.
EMBRASSER, v, a. Serrer, ctr^indrc avc(
(es deux bras. Embrasser une personne. Eni-
brasser bras dessus bras dessous. On a fait leur
accommodement, et Us se sont embrassés. Si
jeter aux pieds d'un Prince^ lui embrasser les
aenouT. Cet arbre est si gros ^ (jue deux per^
.'^nues ne sau^oi^nt Vembrasser.
On dit, qu'^n homme embrasse bien uH
r.heval. pour dire, qu'il le serre bien avec les
.misses, jtout cire plus ferme,
n signifie figurcraenl, Environner, ceindre.
La mer embrasse la terre. Celte rivière se se-
pare en deux, et embrasse une grande êttnduà
de pays. Il y a vingt bastions à cette place,
cela embrasse bien du terrain. La vigne em-
brasse l'ormeau.
H signifie aussi Bgurémciïl, Contenir, ren/
fermer. Ce projet embrasse bien des choses.
Cette (Question embras-^e bien des matières. C'est
un génie, an esprit capabie dUmbrasser toutes
sortes de sciences.
n signifie encore, Entreprendre une afliiiic,
s en charger, /f rm^r-T'ï-* fouff'v IfvaiJoires (Jk •
lui' propose, ît en embrasse trop.
En ce sens on dit proveibialement, Qut
li-cp embras:^e mal êuctnl , pour dire, que Qii
entreprend trop de choses à la fois, n*en faî]
bien aucune.
On dit aussi figurëment : Embrasser un
î urti^. Embrasrer un ctal, une profession. Em-
braiser la défense, la cause de (^uclquiin. Em-
brasser sa guerclle. Embrasser la vie religieuse.
Embrasser la profession des armes, pour dire,
S'y attacher, la choisir, ia préférer.
Embrassé . iz. participe. En termes de Bla-
Ron, il se dit d'Un ccu parti, coupé ou tranclic
d'une seule cmanchure qui s'étend d'un flanc it
l'antre. D^argent embrassé de gueules.
EMBRASL'RE. s. f. Ouverture qu'on pra
dquc dans les batlori<*s, dans les bastions, oit
«ur les murailles des Places fortes, pour tirl
le canon. Les embrasura d'un bastion, d'une
viuradle^ ele.
Il st;;nific aussi L'espace qui est en dedans
aux ouverture» des miir.iilles îi l'endroit des
fenêtres ou des portes. Il m'a parlé dans lem
"brasure de la fenêtre.
Il signifie «u.«i Le biais qu'on donne à l'é-
paisseur dct mur* \ l'endroit des fcnèlres. Les
côtés de cette fenêtre n'ont pas assez d'embra-
sure. Il fiut lambrisicr cille embrasure.
EMBRENER. v. a. Salir de bran, de m.ilicrp
féciHc. Il est bas.
On ditfiguremenl,5Vnifcrener dam quelque
oj]-ire, poiur dire. S'engager mal Jpropos dau:"
uue méchante afTL'rc. Il i^t bas.
Tome I.
EMB
TMBnEst, tE. participe.
EMBROCAnON, s. f. Terme de Chirurgie.
Espèce d'arrosement et de fonienlalion qu'on
Ctil en pressant entre les mnîns, sur quelque
partie malade, une éponge, des étoupcs, etc.
EMBROCHER, v. a. MctUc en broche ou
h la broche. jBicn embrocher la viande, la mal
embrocher.
On dit bassement, Embrocher quelqu'un,
pour dire. Lui donner un coup d'épée au tra-
vers du corps.
Embroché, ée. participe.
lOIBROUl ELEMENT, subst. m. Embarras ,
confusion. Embrouillement d'ajjaircs. Em-
Irouilicment d esprit.
EMBROUILLER, v. a. Mettre de la confu-
sion, de robscurité. /I a embrouillé Vajfaire. Il
m'a cmbronillé l'esprit.
Il se joint quel^uïifois a.ic le pronom per-
sonnel, pour dire. Perdre le fil de sa pensée,
ile son discours. // s'embrouille aisément.
Embrouillé, tn. participe. Esprit cm*
brouillé. Écrivain embrouillé. Style emlrouil/é,
Ajjtiire embrouillée. Paroles embrouillées. Ideei
embrouillées.
E.MBRUMÉ, ÉE. adj. Qui est chargé dfl
brouillard. Un temps embrumé. Des terres em-
'irumécs.
EMBRYOLOGIE, s. f. Terme de Médecine,
i'raitc sur le fœtus pendant son séjour dans I-i
:t::itnce.
EMBRYON, s. m. Foetus qui commence îi
fnrmfT dans le ventre do I.i mi'ie
On dit figurément ou par mépris, dTJn fort
petit homme, Ce n'est (juun embryon.
Embiiton, se dit en Botanique, Ves plantes
£t des fniits qui ne sont pas encore développés
dans les germes des semences et des boutons
des arbres qui les conticnnont.
EMBRYOTOMIE. s. f. Terme de Chirurgie.
Opération par laquelle on coupe en pi^*ces la
fœtus mort dans la matrice. Ce mot signifie
aussi. Dissection anatomi(|ue d'un embryon.
EMBRYULKIE. s. f. Terme de Chirurgie.
Opération par laquelle ou tire l'enfant du ventre
de la mère dans un accpuchement contre na-
ture.
EMBUCliE. s. féoL Enlrepriss scci*te pour
surprendre quelqu'un, pour lui nuire. Il lui
avo:l dressé une embûche gui a été découverte.
Drcs.^er des embûches. H s'est sauvé des embû-
ches qu'on lui avoit dresiées. Il est plus usité
au pluriel.
EMBUSCADE, s. f. Enilmche dressée dan^
nn l>ois ou dans quelque lieu couvert, pour
surprendre les ennemis. Dresser une embus-
cade, h aire une embuscade. Donner dans une
embuscade. Tomba- dam une embuscade. Evi-
ter une embuscade. Se mettre en embuscade.
Découvrir une embuscade. Etre en embuscade.
Se tenir en embuscade,
EMBUSQUER , S'EMBUSQUER, v. qui ne
s'emploie qu'avec le pronom personnel. Se
mettre en embuscade. 11$ t'étoient embusqués
dans un bois,
EMBisgvT:, CE participe.
EME
EME
48 1
ÉATENDER. V. a. Terme de Palai». Coruiger,
réformer. La Cour émendant, ordonne..,,
Émkndk, ée. participe.
ÉMERAUDE. s. f. l'ierre précit;use et 'dia-
phane de couleur verte. £me?fl«i/cd'Oricn! ou
Orientale. Emeraude qui a des taches , des
nuages. Table d'émeraude. Bracelet d'éme-
raudes. Emeraude bien taillée. Un vert d'éme-
raude. Êmcraude brute.
fOIERCENT. adjcct. Terme de Physique. Il
n estç;uére d'usage que dans celte phrase, Lci
rayons émergeas ^ po'ir signifier, l^es rayon»
de bnni^equi sortent d'un milieu après l'avoir
traverse.
EMERI. s. m. Pierre ferrugineuse fort 'dure,
.dont on se sert pour polir les métaux et Icj
pierres. On polit le dumunt avec la poudre
d'énieri.
ÉMERÏLLON. s. m. Oiseau de Fa<iconnerie
qui est des plus i>olits et des plus vifs. Il chas-
soit aux alouclUs avec un êmerillon.
E:\IKRILLONNE, ÉE. pariiwpe du vcrba
£niei-i//onner, qui n'est point en usage, (iai,
vif, éveillé comme un émcrillon. Je Toui troiwe
bien émcrillonné aujourd'hui. Qu'elle est émerih
tonnée! Elle a Vœil cmcrillonné. Il est fomilier.
ÉMÉRITE. adj. Il se dit De celui qui, ayatl
cxercj un Emploi pndmt un certain temps,
le quitte pour jouir des honneurs et de la ri-
compcose de ses services. Professeur éméiite.
KM'-:p<:to\. s. f 'iVrnip d'Asirooomie. Il se
dil en parlant Des planètes , quand après avoir
été cachées par l'ombre on p;ir l'inlerposïti» n
d'une autre planùlc, elles rommcncenl à repa-
roître. L'emersion des satellites de Jupiter.
EMERVEILLER, v. a. DoTuicr de l'admi-
ration , étonner. Cela a émerveillé tout le monde.
Il n'est guère d'usage que dans le passif. JVra
suis tout émerveillé. Tout le monde en a été
émerveillé. Qui n'en seroït cniervcilli ?
On s'en sert aussi avec le pronom personnel,
etilsignifîc, Avoir de l'admiration, s'étonner.
Il n'y a pas de quoi s'émerveiller. Ne vous en
émerveillez pas. Qui ne s^en émerveilleroit ? Il
n'est guère d'usage que dans le style familier.
EMKnVEUJ.Ê, ÉE. participe.
EMÉTIQUE. subst. m. Vomitif qui est une
préparation d'antimoine. On lui a donne de
Vémétique. Il ne veut point prendre d'énvclique»
L'émétiquc Va sauvé.
Il se prend aussi adjcctivomcnt, Poudrecmé-
tique. Vin émétique. Tartre émétique.
ÊMÉTISKR. v. a. Mêler de l'émctique dans
quelque boisson. Tisane émétisêe.
ICmétisè, le. participe.
ÉMETTRE. V. à. Il n'est guère dusage que
dans cette phrase, £mcïïre un vœu, ou tUs
VU'UX.
Émis. ise. partictpe.
On dit en termes de Droit Canonique ; Des
voeux non valablement émis, pour dire, De<
vœux qui ne sont point valides.
EMEUTE. ». f. Tumulte séditieux, soulè-
vement dan» le peuple. Grande émeute. Dan-
(il
482 EMI
aereuse émaite. D'où vient celte émeute? Qui a
causé cette émeute? Apaiser une l'mnifr.
ÉMEUTIR. V. n. Fienter, se dccluirger le
ventre. Il n'est plus d'usage que dans la F.iu
eonneiie. Les oiseaux émcutisscnt loin ijuaml
ils se portent bien. ^
E M 1
EMIER. T, a. Troisser sn corps entre les
do'ts ponr le mettre en petites parties. ÊniiVr
du pain, de la cassonade, de l'alun. Cela s'é-
mte. Prenez garde de l éniicr.
ÉiMit. ÉE. participe.
ÉMIETTT.R. V. a. Réduire du pain en pciili
morceaux, en miettes.
Émieité , ÉE. participe.
ÉMIGR.\NT. s. m. Celui qui soit de son
pays pour aller s'établir ailleurs. I.a multUudit
des émînratis annonce le malheur d'un pays.
H est aussi adjectif. Troupe éinicjrante.
ÉMI(-iRATU>N. s. f. Action de sortir de sou
pays pour aller s'établir ailleurs. Tl se dit aussi
De l'effet de cette action.
ÉMIGRER. y. n. Quitter son pajs pout
aller s'établir dans un autre. Il se eonjugnj
avec l'auxiliaire Avoir. Vue foule de cultiva-
leurs a émigré d'Europe en Américjuc. ( eltl
Loi est trop dure , elle fera cmicjrer bien fin
inonfle.
ÉuicnÉ, ÉE. participe.
ÉMIMCER. V. act. Couper de la viande et
tranches fort minces. U ne s'emploie gucrs
gu'au participa.
Kmin'Ci;, t.K. participe. Du mouton cmincé.
On l'emidoie tiihslantivcment. Un éminc
de poularde. Cet émincé est crcellent.
ÉJIINF.AIMKNT. adv. F.xcellemracnl , pal
excellence, au plus haut point, au souverain
degré de perfection. Il possède éminemmcn
cette cjualité, celte science, c.'tle vertu.
On le dit aussi dans le style dida/'llipie, pai
opposition à Formellement , comme quand on
dit : VefJ'l est contenu éminemment dans l.i
cause. Toutes choses sont éminemment enDicu
ÉMINKNCE. s. f. Hauteur, lieu élevé , lieu
éminent. Les erinemis se sont loyés sur uni
iminence. Il s'est saisi de toutes les éminences.
S'emparer d'une éminence.
C'eol aus-,i I.e titre d'honneur qu'on doiuin
auxCardina-ix. Votro Eminenccifeut-elle (jue..?
Son Eminence lui dit. On lui donne dt l'h-
nunence.
On traite d'Emineiice, l£ Grand Maiire de
Malte, aussi-bien que les Cardinaux.
ÉlMlMiNT, FNTE. adjccl. Haut, élevé. L'ii
lieu éminent.
Il signifie figurément, Excellent, et surpas-
sant tous les autres. Un homme éminent en
doctrine, en piété, d'un savoir éminent. Qui a
des Qualités éminentcs. D'une cmincnte vertu.
Dans un degré érin'rient.
Il «'emploie quelquefois pour Imminent , cl
signifie , <^ui menace et qui est tout proche et
couiiue présent ; et il n'est en usage que dam
ces phrases ; Péril énitnent. Danger éminent.
E.MINEMISSI.ME. adjectif .supirlalif des
EMM
2 genres. Titre donne aux ('ardinaux cl nu
Grand Maître de Mahc. Àïtesse Einîncntissime,
KMIR. s. m. Titre de dignitti (jue les Maho-
metanà donnent îi ceux de la race de !\Iahomct.
l.esÈinirs (h'sceudcnt de ^Julomet par femmes,
ÉMlSSAlRli. s. m. Celui cjui est envoyé se-
crètnnent pour découvrir cjuelque chose , pour
semer dus bruits, pour donner des avis, etc. Il
a fait semer ce hruit par ses émissaires. On a
découvert ses êmiisaives. Il a fait donner cet
avis par ses émissaires. l\ se prend ordinaire-
ment en mauvaise part.
Il se dit aussi De ceux qui , sans avoir été
envoyés, ont une correspondance secrète avec
un parti, avec des étrangers.
Dans l'Ancien Testament, on appcloît Bonr
Emissaire,, Un Bouc que l'on cliassoit dans le
désert, après l'avoir cîiarfrt? des malédictions
fju on vouloit détourner de dessus le peupl''.
ÉMISSION, s. f. Terme didactique. Action
par la(|uelle une chose est poussée au dehors.
L'émission des rayons du soleil. L\)deur est
Vimptession que fait sur nous Vém'.ssion des
corpuscules émanés des corps odoran:/:.
Ou dit en termes de Jurisprudence Cano-
nique , Émission des vœux , pour dire , Pro-
nonciation solennelle des vœux. On a cinq nui
pour réclamer^ àcomptcr du jour de l'émission-
des vœux.
EMM
EMMAGASINER, v. a. Mctirc en un mnija-
sm. Emmagasiner des >uart.landi:ics.
Emmagasiné, îe. participe.
K^IMAKWUli. V. act. Rendre maigre. Le
jeûne, le vinaigre cmmaiqrit. I.e travail vom
Il eminaigri.
Il est aussi neutre. Il emmaicjrit tous la
jours.
Il se met aussi avec le pronom personnel. J.i
\ionve (jue son visage, sa gorge, s'emmaigrit.
lîlle dorl ju^(juà midi, tant elle a peur dti
'cmmaiqrir.
Il signifie la même chose qu'Amaigrir ; et
même au Heu d'Emmai^rir^ on ne prononce
['lus ([n'Amaigrir.
EMM.Mc.ni, lE. participe.
EMMAILLOTTER. v, ». Meltre un enfant
ifans son maillot. LesSauvagcs n^emmaillotlent
point les ettfans.
Emmmiloité, ÉE. participe.
EMMAWCIII':ME>T. s. m. Terme de Des-
sin. Il se dit Des jointures des membres au
tronc d'une figure, et de la jonction des parlies
d'un ni( mbre les unes aux autres.
E\IMA{*ÏCHER. V. a. Mettre un manche h
tiuflquo instrument, etc. .Emmunc/icr une co-
ifnce. I nmianchcr des couteaux. Emmancher
d'ivoirCy de corne. VoUn lui couteau (jtte ion a
bien emmanche. Emmancher une faux.
On dit proveiliialement cl figurément, Cela
ne s^emmanche pas ainsi, ne s'emmanche pas
romfnc vous pensez, pour dire. Cela n'est pas
si aisé que vous pensez, ou bien ne s'ajuslcpas
de celle sorte.
Emmanché, ée. participe.
EMM
Eu termes de Blason, il se dit Dis liacLes,
faux, etc. qui ont un uinnclie d'un émail diffé-
rent. D'azur à trois faïuv d'argent emmanchées
d'or.
EMMASCniJL'R. s. m. (Jui emmanche un
iustnmieu:. Un cmmancheur de couteaux.
EMMASNEQUINER. v. a. Meiue de petits
trbrcs dans des mannequins. Le Jardinier a
soin d'cmmannequiner les petits arbres précieux
et délicats.
I->iM \>NLQt;iNi , ÉE. participe.
EMMANTELÉ, ÉE. adj. 11 n'est en ùsaga
'ju'en ce seul exemple, Corneille eninujnfeli'e.
C'est une espèce de corneille qui est de plu-
mage gris cendré sur les ailes, et noir sous le
ventre,
EMMARINER. v. a. Caruii; un vaisseau de
l'équipage nécessaire pour le nionler.
E>i.MAnisÉ, ÉE. participe.
E.MMÉNAGEME.XT. s. m. Action de ranger
lies meubles dans une maison où l'on va loger.
M ï?i'eu a tant conîc pour mou cnfuénagcmcnl.
EMMÉNAGER, s'EMMÉNACCR. v. pron.
Mettre ses meubles eu place qnand en les a
transportés d'une maison dans une autre. Il se
yasse plusieurs jours avant que l'on soit enimé-
'lagé. Il lui a fallu huit jours pour s^emmé-
nager,
11 signifie aussi , .Se pourvoir de mcublcf. de
ménage. Il s'emménage peu à peu. Il n'est pas
lincore emménagé.
Emmùsagk, ÉE. participe.
F.IWMÉNAGOGULS.s. m. pl.Tern.e de:v:c-
i'ccine. ]\îédic:îmcns qui provoquent les règles.
E.M.MENF.R. V. a. Mener quelqu'un avec soi
)lu lieu où il est dans quelque auue lieu. Km-
vienez cet homme, je voius prie. Il Va emmené
dans son carrosse. Il guittti l'iirniée et ctnrnena
dciLC Régimcns avec lui. ^'oilà les Sergens <jui
irnniènent vos bestiaux. Il a emmené ses inur-
tlumdises, etc.
Emmené, ée. participe.
EMMENOTTER.v. a.^VIeltre des fers ou dns
menottes aux mains d'un prisonnier, d'un es-
clave. On emmenotte les criminels.
Ejimenotté, ÉE. participe.
EMMIELLER, v. a. Enduire de miel. Eiii-
mieller les bords d'un vase. Il faut emmicliu'
le mors aux jeunes poulains pour les y accou-
tumer.
Il signifia aussi, Mettre du miel dans uua
liqueur. EmmiclLr du cidre, emmieller du vin
d'Espagne.
I'.MMiEi.i.É, ÉE. parliripe.
On dii figurément. Dc.< paroles emmiellées,
en parlant d'Un discours flatteur, et qui est
d'un;' douceur alTcetéc.
EMMIELLURl',. s. f. Sorte de cataphism»
dont les Maréchaux se servent poui' guérir !cs
enflures et les foulures des chevaux.
EALMITOUFLER. t. a. Envelopper quel-
qu'un de fourrures et autres choses pour le
tenir chaudem-nt et h sou aise , principalement
par In tête et pu- le cou. 7/ faut bien emmitou-
fler ce vieillard par le froid (/u'il fait. Il uime
à s'emmitoufler. Il est du jtyk familier.
EMO
On (lit, qu'r/iie fmme s'emmilou(le , est
enwHtoiiflèe dans ses coiff-s , pour dire, qu 'Elle
s'enveloppe et se cache dans ses coilTcs.
K.MMiTriFLÉ, ÉE. pailiciiic.
On dit pi-ovirbialcnient,i/«niuis c!inl emini-
loiiflé ne prit souris, pour dire, que Pour faire
d:' certaines clioscs qui (leniandcnl ijuelque li-
berté d'action , il ne faut être cntliarrassé de
lien qui empêche d'agir.
EMAIORTAISIiR. v. a. Faire entrer dans
une mortaise le bout d'une pitte de bois ou de
fer. Cc}a est bieu emmorlaisc.
Emmoutaisé, Ée. participe.
EMMorrÉ, KE. adj. Vn arbre emmoité,
.Arbre dont la racine est entourée d'une motte
d« terre. Les Génois vendent déjeunes orangers
tt citronniej-s bien enimoltcs.
EADlL'SEIJîR. V. a. Mettre une muselière.
Tlmmuyeler un cheval. Emniusder un veau
your Vempécher de téter.
Ehml'selé, te participe.
EMO
ÉMOI. s. m. Émotion, souci, inquiétude.
Grand émoi. l\trc en émoi. Il est vieux.
ÉMOI.UE>T, ESTE. adj. Terme de Méde-
cine. Qui amollit. Remède cmoUient. EmpUUre
tmoUient.
Il se prend aussi substaotivera. Faire usa<je
des êmolltens.
ÉM0LL':ME>T. s. masc. Profit, avantasc.
Tirer un qrand énulument , de grands éniolu-
mens de quelque chose. Il n'a reçu aucun énio-
lutnent it cette affaire.
Il se prend aussi plus particulièrement poui'
I,e9 profits et avantages casuels ijui proviennent
d tme charge; et eu ce sens il est opposé au!
revenus Éxes et certains, et il ne s'emploie
qu'au pluriel. Il s'est réservé les gages de cet
office, de cette charge, et il en laisse les émo-
lumens à ceu.x qui travaillent sous lui.
ÉMOLU^IE.NTKR. v. n. Synonyme de Ga-
gucr. Cet homme cherche à cmulumcritcr. Il se
dit en mauvaise part.
É.'MO>'CroiRE. s. m. Certaines glandes aux
aines, aux aisselles, derritTC les oreilles , etc.
servant h la dccliarge des luimcurs superflues.
Il a les émonctoires des aisselles enflés. Oa s'en
sert ordinairement au pluriel.
Éuo^CTOlnE, se dit encore Des ouvertures
du cor}>s destinées fi laisser sortir les excrémens.
Ka ce scus l'anus , le nez , la boucltc , les porcsf
etc. sont des émonctoires. On les appelle natu-
rels, par opposition aux artificiels, tels que les
t>>res , etc.
ÉMUSDER. v. a. Couper, retrancher d'un
arbre certaines brancliei qui empêchent que les
autres ne profitent Le Jardinier u lienénion<îé
ces arbres fruitiers.
Émosué, it. participe.
KMOMIICS. s. f. pluriel. Dranchcs super-
flues qu'on retranche des arbres. On fait des
^gots avec des èmondes.
ÉMOTION, s.-r. Altération, trouble, mou-
vement c\rii • dans les humeurt , dans les es-
prits, dans Tâmc. J'ai peur d'avoir la fièvre.
EMO
fat senti (juelqtie émotion. Il n'a plus la fièvre,
mais je hti trouve encore ijHel(jue émotion, âe
Icniotivti. Il a trop marché , cela lui a donné,
lui a causé de l'émotion. Ce discours le filcha^
onvit de lémotion sur son vi-^aqe. Il n'en eut pas
h moindre émotion. Il attendit le coup sans
nnotiou. Il a de Vémotion dans le pouls. Les
émotions du cœur. Les émotions de la haine
et de la colère. Cet Orateur excite de grandes
émotions dans lesprit de ses auditeurs.
On tiit, Il y a de l'émotion dans le peuple.
pour dire, qu'il y a de la disposition dans le
peuple à se .soulever.
ÉMOTTER. V. a. Briser les molles d'un
tliamp, avec un maillet^ une hei'se, un rou-
leau, etc. On émolte les terres, quand il n'a ptn
ylu depuis loncj-temps.
ÉMOTTt, ÉE. parlicipe.
E:\IOUCHER. V. a. Chasser les niouclies.
îHmoucher un cheval. Les chevaux s'énwuchent
9vec leur queue.
Émol'CHÉ, ée. participe.
ÉMOUCHET. s. m. Oiseriu de proie, sem-
blable à l'épervier, mais plus petit.
KMOUCHETTE. s. f. Sorte Je caparavon
ijui est fait de treillis ou de réseau, avec de
petites cordes flottantes tout autour, et qui srrl
t garantir les clicvaux des mouches. Mettre une
imouchctle sur un cheval.
ÉMOUCHOIR. s. m. Queue de cheval alta-
jhée â un mnuche, et dont on se sert pour
lîiasser les mouches. Quand on ferre un che-
7a(, on se sert de Vénwuchoir pour chasser la
nouches.
ÉMOUDRE. V. a. (Il se conjugue comme
Moudre.) Aiguiser sur une meufc. ]!^moudre ,
faire émoudre des couteaux, des ciseaux^ etc.
Kmoui.u, ce. participe. Qui est aiguisa: et
affilé, pointu.
On dît tant au propre qu'au figuré, Com-
battre à fer émoulu, pour dire. Combattre tout
lie bon et à outrance.
On dit famiiièrenienl , d'Un homme qui a
approfondi quelque matière depuis peu de
lemp^. qu'il est frais émoulu.
l'ÎMOULEUR. s. m. Celui qui fait le métier
tl'cmoudre les couteaux, les ciseaux et autres
ferrcmcns. Portez ces couteaux à l'cmoulenr.
ÉMOUSSER. V. a. Rendre moins tran-
thant, moins'perçanl, ûtcf la pointe ou te tran-
tliant ^ on inslrumcnt qui perce, qui coupe.
Enwusser la pointe d'une cpce. Emousser un
rasoir.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Les fcrremens s'emoussent quand on frappe sur
quelque chose de tiop dur. L'acier de Damas
coupe le fer sans s^émousser. Les lanccl^is s'é-
mousserit facilement.
On dit fièrement, Le.f afflictions cmoussenl
Vesprit, |K»ur dire, Abattent l'esprit. L'oisiveté
émousse le courage,
Émocs-slh.sc dit aussi c-n parlant Des ar-
bres, et signifie, lui 6ler la mousse. On émonssc
Ut arbres quand il a plu.
Emoussé , t\:. participe. Vn instrumc it
émvutsé. Lit aihre b.en taillé j bien émoussé.
EMP 483
ÉMOUVOIR. V. a. ( Il se conjugue comme
Mouvoir,) Mettre en raouvemejit, faire mou-
voir. Il ne se dit guère que des p;irtics les plus
suhtiles et les plus nn»l>iles d'un corps, comme
sont les Immeurs, les vapeurs, les tsprils. Cette
drogue émeut les humeurs, la hile, et ne purge
pas. Le vin blanc émeut.
II se dit aussi De rbomme. Cette médecirxt
n^a fait que Vémouvoir,€lle ne l'a pas purqé.
Il est facile j dilJlctlc à émouvoir.
I-^MOUvoin, signifie aussi, Exciter, agiter,
soulever, et se dit en parlant Des flots de la
mer, d'une tempôte, etc. Alors on s'en sert dans
l'actif et dans le réfléchi. Il ne faut que le
moindre vent pour émouvoir les flots. La mer
commençoit à s'émouvoir. Il s' émut une grande
tempête.
J-'^iorvoin,. signifie aussi , Exciter quelque
mouvement, quelque passion dans le cœur,
causer du trouble, de l'altération dans les cs-
prili. Emouvoir la colèie. Emouvoir le coeur de
compassion. Être ému de crainte et de pitié. Il
sait l'art d^émouvoir les passions. C'es-l un
homme qui ne se trouble de rien, que rîen n'é-
meut.
On dit aussi avec le pronom personnel : Le
peup/e commençoit à s^èmouvoir.Il s'émut à la
vue du péril. Il ne sauroit voir cet homme sans
i^entouvoir.
Ou dit proverbialement, L'objet émeut la
puissance, pour dire, que La présence de l'oli*
jet excite !e désir.
On dit d'Un homme prompt, que Sa hile
'st luséc à émouvoir, pour dire, qu'il se met eu
ïolère pour pw de chc-îe.
On dit, £j?ioufotr une sédition, une nuc-
relle, pour dira. Exciter, Faire naiire une se-
iHlion, une querelle.
On dit , jÇmoufoir Uiic noise, pour diro,
Taire nnitie une querelle, une conteslaliou.
C'e.ïf lui qui a ému la noise. Il est familier.
On dit encore. Emouvoir une dispute, -pour
dire, Commencer une dispute, la faire naître.
On dit figurcment et proverbialement,/! ne
faut pas émouvoir les frelons, pour, Il ne faut
point se faire d'ennemis, quelque petits qu'ils
soient.
On dit quelquefois, Emouvoir à compassion ^
émouvoir à sédition ^ pour dire, Porter à.
JImu, ue. participe.
On dit. Il a été émude compission à la vue
de. Il a été ému par ses larmes.
EMP
EMPAILLER. v.M. Garnir de paille. Em-
pailler des chaises.
Empailler, si|;nifie aussi, Envelopper de
paille. Il faut hierh empailla- ces ballots, ces
bûltesy ces porcelaines.
Empailled, Mettre de la paille nutonx d'une
planta, d'un jeune arbre. Empaliez vos arti-
chiuts. .\oi c.irdoni d'Espagne sont empaillés.
On dit aussi, Empailler, pour Remplir de
paille. 0/1 empaille la peau de quelques ani-
maux dont on vent conserver la fgurz par eu-
riosité. etc.
(il.
48/i
EMP
EMi'Aïu.t:, Kt. participe.
EMPA!MJ:iJU. s. m. Celui qui empaille dea
iv.eul)lcs, des cliaises, etc.
EMPAI.KMENT.s.m. Supplice que l'on fait
sonfiiir p:ir le moyen d'un pal ai^" ^^clid dnns
le fondement, et qwi traverse tout le corps.
L'emyAilcment est un des plus cruels supplices.
E^H'ALKR. V. a. Terme dont on ne se sert
tiu'cn parlant d'Une sorte de supplice qui est
fort en usai;e parmi les Turcs. Ficher un pal
aieu dans le fondement d'un homme , et le faire
sortir par les épaules. Les Turcs empalent cer-
tains criminels.
EiiPALÉ , KE. participe.
EMPAN, s. ni. Sorte de mesure qui est de-
puis l'extrémité du pouce jusqu'à celle du pelii
doigt , quand ces deux extreinitcs sont aussi
éloignées l'une de Tautre qu'elles peuvent l'être.
Long iVun empan ^ de deux empans.
EMPANACHKR. v. a. Garnir d'un panache,
Empanacher un casfiue.
Empanaché, ée. participe.
EMPANNER, v. a. Terme de Martuc. Meltrt
«n vaisseau en panne, en disposer les voilcl
pour qu'il n'avance pas. On empanne le vais'
seau pour prendre les hauteurs.
EMPAQUETER, v. act. Mettre en paquet
Empaauctez tous ces habits. Empaqueter du
lincjCy des livres, etc.
s'EaiPAguLTEn, signifie aussi, S'cnvelnppcr.
Il s^empc/jucla dans son manlcau. Cette jcmmi
£toit empaauctée dans ses coifjrs.
Il se dit figuicment et familièrement Uet
personnes qui .-^ont presséts dans un carrosse .
dans un coche , etc. iVous étions empaquetét.
âans ce carrosse.
Empaquetk , ÉE. participe.
EMPARER, s'EMPARKR. v. qui ne s'em-
ploie qu'avec le pronom personnel. Se saisit
d'une chose, s'en rendremaître, l'occuper, l'en
vahir. Les ennemis se sontemparés d\tne Placi
pur surprise. S^emparer d'un héritage. Il s'c^
emparé detous mes papiers ^dc tous mes titres
S'emparer d'une maison. S'emparer de l'Em-
pire.
11 se dit figurément Des passions. Quan\
l'amour s'est une fais empare d'un coeur. Qnan I
i'amhitiony la jiilousic, la haine, la colèj-e, M
sont une fois emparées de aiiclgu'un, se sont
emparées de l'dme. A'c tous emparez pas de U
conversation. S'emparer de Tcsprit de (jueU
^u'uriw
EMPASME. s. m. Poudre parfumée qu'où
répand sur le corps.
EMPATEMENT, s. m. Terme d'Architec-
ture. Épaisseur de maçonDCric qui sert de pied
à un mur. U se dit aussi Des pi^ces de bois qui
lervcDt de base à une grue.
EMPÂTEMENT, s. m. État de ce qui esl
pAtcux , ou cmp^itê. Vempâtcment de la langue.
L^empdtement des mains. L^empâtcment du
(oie y de.i glandes. L^empâtement de% couleurs.
Onditdus&i, L'empiitcment des dindons^ etc.
EMPATER. V. a. Remplir de pâte. Il n'es!
gufcre d'usoge qu'en quelques n-ncontrcs :
comme, Cclu m'a emf dtê les mains, pour dire,
EMP
Cela m'a rempli les mains de pâte, ou de quel-
que antre clïose qui fait l'elTot de la p'ite.
Il signifie aussi, Rendre pâteux; et alors il
ne se dit guère qu'eu ces phrases : Cela empâte
la langue. Cela tn'a tout enWiîté la bouche.
Il signifie aussi , Engraisser la volaille avec
une certaine pâtée.
On dit en termes de Peinture, Empâter un
tableau de cotileurs , pour dire, Coucher les
lûuh'urs avec l'abondance et la consistance né-
cessaires pour ûtre maniées d'une façon moel-
leuse.
On dit parcilicmeiit en Gravure, que Des
chairs sont bien empalées , Lorsque le travail dca
tailles et des points rend le moelleux de li
Peinture.
Empati:, ée. partieii>e.
EMPAUMER. V. a. Recevoir une balle, ui
cteuf à plein dans le miheu de la paume de i.i
main, de la raquette, ou du battoir, et U
pousser fortement. Empaumer la balle. Quan^
tl empaume un éteuf^ ïl le pousse à pa'te de vue.
Il signifie figurément , Se rendre maitre d(
l'esprit d'une personne pour lui faire faire lou|
te qu'on veut. C'est un homme dangercuXj s'l\
empaume une fois ce jeune homme, il le rui-
nera. Ils l'ont empaume, ils lui feront croirt
tt faire tout ce qu'ils veulent. Il s'ext laissé enu
vaumcr comme un sot. Il est du stvle faniilirx
On dit encore figurément et fatuihèremcnt
Empaumer une affaire ^ pour dire, La biet
prendre, la bien manier.
Ou dit aussi figurément et familiiirementi
[Empaumer la parole^ pour dire, S'emparer dj
la parole.
' EMpacmer la voie , en termes de Chasse
le dit Des chiens, qui, rencontrant la piste, Il
suivent et l'annoncent par leurs abois.
Empaume, ée. participe.
E!\1PAUMURE. s. f. Terme de Vénerie, û
liaut de la tète du cerf ou du chevreuil, où i
y a trois ou quatre andouillcrs.
EMpAtiMuiiE , se dit aussi De la partie du
i;ant qui couvre la paume de la main. Une em-
^Hiuinure bien faite.
KMPÉCIIEMICNT. s. m. Obstacle, opposi-
lioti. Apporter de l'c'np^chemefit à gnchjni
rhose.Je n'y mets point i^'jmpec'emenf. Mcilri
fmpvchemcnt à un mariaqc. Empêcliemcnt le-
sjitime. Empécliement dirimant. Empcchemenl
tanonicutc.
EMPÊCHER. V. a. Appoilcr de l'opposi-
lion , faire obstacle. Empêcher le jugement d^un
fW'Ocès, un mariage. Empêcher la dèlivrancû
d'une somme. Cette muraille empêche la rme.
Cette digue empêche tes inondations. Je n em-
pêche pas au il ne fasse^ ou gu^U fasse ce <juM
voudra. Je Vempêcherai bien défaire ce *j«'il
dit. La ^duie empêcha qu'on ne s'^allât pro-
mener.
On dit, S'empêcher de. .. pour, Se défendre
de, s'ai»stcnir de. Je ne puis m'empêcher dj
vous donner cet avis. Il ne sauroit s'empêcha
du joucr^ de médire.
; Eaipf:cHÉ, ÉE. participe.
Il signifie ai^ssi foioiUétement , Embarrasse .
EMP
occupé. Voilà un homme bien empêché à rendre
SCS comptes. Il a les mains empêchées.
On dit proverbialement, 17 rt homme empê-
ché de sa personne, de sa contenance, pour
dire. Un homme qui e.'^t dans un grand em-
barras d'esprit , ou simplement qui ne sait
comment se tenir.
EMPEIGNE, s. f. La partie de dessus d'un
soulier. L'empeigne de ce soulia- est trop dure.
EMPENNELLE. s. f. Terme de Marine.
Petite ancre qu'on mouilb; au-devant d'une
grande, et qui y est attachée.
EMPENNI-:R. v. a. (Les lettres EN se pro-
noncent comme dans Amen. ) Il se dit Des
îlèches , et signifie, Les garnir de plumes. JEm-
pcuner une flèche.
Empenné, ée. participe. Flèche empennée.
EMPEREUR, s. m. Monarqaî, Chef, Sou-
verain d'un Empire. Les Empereurs Romains,
Empereur d'Orient. Empereur d'Occident.
L'Empei'eur de la Chine. L'Empereur du Ja-
\on. Et quand on dil , L'Empereur, sans addi-
iion, cela s'entend de l'Empereur d'Allemagne :
»; c'est toujours ainsi qu'on le nomme au Par-
lement,
Quelques-uns se servent mal ii' propos du
ïerme d'£mpcrei/r, en parlant Du titre d'hon-
lieur que les Soldats Romains déféroicnt par ac-
llamaliou à leur Général après une expédition
lieurruse; mais en ce cas il faut conserver le
Biot latin hnpcrator. Cicéron fut salué Impera-
^T y après l'expédition delà CHicîe. L'Empe-
reur Domitien fut salué plusieurs fois ïmperaior.
\u Collège, on appelle Empereurs , Les deux
Écoliers qui sont les premiers de leur classe, il
tst toujours Empereur.
E.MPESAGE. subst. m. L'action d'empeser.
L enipesanc lui a gâté les mains,
. Il signifie aussi La façon dont une chose est
>mpesce. Voilà un bel empesage, un i^ilnm
t'yipesage. Payer rempcstine.
EMPICSER. V. a. Accommoder le linge avec
ie l'empois. Empeser un rabat. Empeser un
iiouchoij-. Empeser de la dentelle. Cela n*est
\as bien empesé. Cela est empesé trop ferme.
E:\n'ESER un>-- voile. Terme de Marine. La
riouiller parce qu'elle est trop claire, et que le
lent passe au travers. On empèse la voile pour
fluj son tissu se resserre.
Empesé, ée. participe.
On dit figurément et familièrement, qu'C/ii
homme est empesé, qu'une femme est empesée.
Lorsqu'ils ont un air trop composé, el des ma-
nières aireclées.
On tlit, quUn style est empesé. Lorsqu'on
y«remnrque une trop grande afïèctation d'ar-
raiigon)ent, d'ex.ictilude et de purisme qui y
donne de la pesanteur et de la roidcnr.
EMPESEUR, EUSE. s. Celui ou celle qui
empèse.
EMPESTER. V. a. lnfcc&?r de peste, de mal
contagieux. On ouvrit des ballots qui venoient
d'un lieu pestiféré, el qui empestèrent toute ta
i'itle. Les corps morts qui étoicnt demeurés sur
le champ de butnille, avoietit empesté l'air.
l\%iQriï^c figurément, Empuantir, infecter
EMP
àe mauvaise odeur. Il enifesle lout le monde
de son haleine.
Empesxé, iiE. participe.
EMPÈTI'.KR. V. a. I£mburrasser , engager. 11
M dit proprement Des pieds. Ce c/iiiiii s'est
empélri dans ses traits. Il s'est empêtré la pieds.
Il s\st empêtré.
Il s'eiuploie aussi dans le figure. £mpi.'lrcr
auelauun dans une mécliantc ajjttiie. Pourquoi
m'avez-vous empêtré de cette femme-là? Il
i'cst empêtré sottement. Il est familier.
Evpt'mÉ, ïE. paiticipc.
Ou dit r)e quelqu'un , qu7/ a Vair empUlréf
tout empêtré j pour dire, qu'il a le maintien
embarrassé.
EMPKTKU.M. s. ui. Pl,inte dont on connoil
deux espèces principales. L'une porte des baies
uoires, et l'autre des b.iies blanches. Elles son!
d'un goût aigrelet et as-iez agréable, infusées
dans de l'eau. Elles désaltèrent les fébririians,
et fortifient la vue, lorsqu'on s'en bussiiie le^
jeux.
E.MPH.^SE. 5. f. Pompe aOccléc dans le dis.
cours ou dans la prononciation. Cet honimt
parle avec emphase. Déclamer , parler avet
emphase.
EMPH.VTIQUE. adjcct. des 2 genres. Qui «
de rcmpliase. Discours emphatique. Pronon*
cialioiiemp/ialirpe. Ton emphatique.il a parU
iun air emphatique.
EMPH.VlIQUt.MENT. «dv. D'une maDi*n
emphatique. Cel/ioninie p(ir!eem^/i:iti(7uer):en£
E.MPIIKACIIQUE ou EMPL.\STIgUli
dxljci'l. des 2 genres. Ternie de rliGtni.ieie. Il si
dit Des niédicameus visqueux, par opposition
aux Ecphractiques.
EMPHYSÈME, s. m. Terme de Médecine,
maladie qui fait enfler le corps. '1 umeur furni<i
d'air.
E.'MPHVTÉOSE. s. f. Biil i longues années
pour dix, vini;t, trente années, et qui peul
durer ju.'iqu'ii ijuatre-vingt-dix-neuf ans. Le,
emphytéoses sont des espèces d'aliénations , À
catise de leur longue durée.
E.'UPIiVrÉOTE. subst.des 2 genres. Celui
celle qui juuit d'un fonds par bail emphytéo-
tique.
E.MPIIYTI.OnQUR. adj. des 2 genres. Qui
appartient i l'Emphy téose. Bail emphytéotique.
Redevance emphytéotique.
EMPIETER, v. acl. ( Les lettres 1 E font ici
une diplithongue.) Usurper dan» l'héritage d'au.
Irui. il 11 enipie'té sur moi pliu d'un arpent. Ce
Laboureur empiète tous les ans quelques siltbns
sur l'héritage dt son voisin.
On dit par exttnsicn , que La mer empiète
sur les côtes, qu'uiie rivière empiète, pour dire,
quElle prend sur le terrain voisin.
Il signifie f;gurcmcnt . Entreprendre sur
quelqu'un au-delj du droit qu'on a. i'ous oi'c:
enipiele lur mu charge, sur mon emploi, sur
met droits. Il empiète sur moi. Il empiète au.
tant qu'il peut.
EMPiËTKn, te dit ausii, en tcrmode Fau-
connccie , De l'autour qui arrête le gibier avec
EMP
. Empiété, ée. participe.
^ EMIMI'1-.RKR. V. a. faire mangor exccssi\e
meut. Vous empifj'iez cet enfant. EmpilJ'icr un
enfant de confitures, de pâtisserie.
Il signifir cucore, Rendre excessivement gras
et replet. Trop mancjcr et t)op dormir l'ont
enipifl'rcàun tel point qu'il n est pas reconnais:-
stibU.
Il se met aussi avec le pronom personne!, ei
sij^niûc deux choses; ou, Manger avec excès :
Il l'empijfva tAlement à ce repas, quil en (ul
malade, ou, il signifie, Devenir excessivement
gnis et replet. Il s'est bien empiffré depuis peu.
Vous vous empiffrez à la vie (fue vous menez.
Dai!s toutes ces acceptions, il est du style fa-
milirr,
EM?irFnK, ÉE. participe.
EMPILEMENT, s. m. Action d'empiler.
EMriLER.v. a. Mettre en pile. Empiler iu
hois. Empiler des livres. Empiler des paaucts,
du fumier, des boulets, des ho'nhes.
Empilé, ée. participe.
EMPIRE, s. m. Commandement, puissance,
Butorité. Vous avez un empire absolu sur moi.
Il ejcerce un empire tyrannique sur ses amis.
Il a pris empire, beaucoup d^empire sur un tel.
On dit aussi, Exercer un empire despotique
dans sa maison , sur ses valets ^ sur sa femme,
sur ces enfans.
Ou dît en et sens : L'empire de la raison.
Vempire des passions. L'empire de la mort.
L'empire de tamour.
On dit, Avoir de l'empire sur soi-même^
nour dire, Savoir comuKtndcr à ses pussions.
On dit, Traiter quelifu'un avec empire, pour
dire, Le traiter avec orgueil, avec hauteur,
avec rudesse.
II signifie aussi, Domination, Monarchie.
L'Empire des Assyriens. L'Empire des Perses.
L'Empire des Grecs, des Romains. Alcvandrs
aspiroit à l'Empire de toute la terre. Tenir la
rênes de VEmpirc.Le siège de l'Empire. Trans-
porter le sicfje de l'Empire.
Il se prend aussi pour Le temps que dure le
rt^ne d'un Empereur. Cet Auteur vivait sous
l'Empire d'Auguste. Cela se passa sous l'Em-
pire de Charlemaqnc.
EMPiitE, «îgnilie encore L'étendue des paya
qui sont sous la domination d'un Empereur.
L'Empire d'Orient. L'empire d'Occident. L'Em-
pire Ottoman. L'Empire Romain s'étendoii
depuis l'Océan occidental jus'fu'à l'Euphratc.
Etendie les bornes d'un Empire.
Il se (lit aussi De tons les Pays qui sont sou
la domination d'un grand RoL L'Empire Fran-
çois.
On appelle Le bas Empire , Les derniers
temps de lEmpirc Romain , qui se prennent
ordinairement drpiiis Constantin. Auteur du
bas Empire. Médaille du bas Empire.
EMi'tnE, se dit encore plus parliculicremcni
cl absolument de l'Empire d.Vllemagne. Les
Electeurs de l'Empire. Les Princes de l'Empire
Eeudiitaire de l'Empire. C'est un Fief de l'Em
pire. Releva- de l'Empire. Terre d'Empire ou
de l'Eiiij):re L*% Cercles de l'Empire. Princt
EMP 485
du Saint- Empire, Comte du Suint- Empire.
Marquis du Saint Empire.
HMPiitE,sedic aussi pour les Peaples. L'Em-
pire se souleva.
On dit proverbialement, Je ne cèdcrois pas
pour un Empire.
EMPIUÉK. Voyez Empyrée.
EMPIRER. V. a. Rendre pire, l'aire deve-
nir de pire qualité, de pire condition, mettre
en pire état. Les remèdes n'ont fait qu^empircr
son mal. Au lieu de rendre voire condition
meilleure, vous ne faites que l'empirer. Cela ne
fait qu'empirer votre marché.
Il est aussi neutre, ck signifie, Devenir pii e ,
tomberez pire état. Ses affaires cmpiienl tous
les jours, empirent de jour en jour. Sa maladie
empire. Le malade empire à vue d'œil.
l^MPiRÉ, LE. participe.
EMPIRIQUE, adj. des a genres. Qui ce
j'attache qu'à l'expérience dans la Me'dccine, et
ijui ne suit pas la métliode ordinaire de l'Art. Il
b'csl guère d" usage qu'eu cette phrase, Médecin
Lmpirique.
Il est quelquefois substantif. VnEmpîrîque.
C'est un Empirique qui h traite. Il se prend le
[jIus souvent pour Charlatan.
EMl'IRISME. s. m. Caractère ou connois-
lance pratique de l'Empirique.
E:\IPLACEMEM'. s. m. Lieu, place consi-
dérée comme propre à y faire un bâtiment , un
jardin, etc. Il se dit plus ordinairement Des
places environnëes de rues, de bùlimens. Voi'M
un bel emplacement pour une maisoji. L'em-
, \jiacemvnt de son jardin est trés-heau. Jl a un
qrand emplacement.
Il signifie aussi L'acJÎon de placer ceitaines
lIioscs dans le lieu (pli leur est destiné. L'em-
placement du scd dans les greniem.
EMPLÂTRE, s. m. Onguent étendu sur un
morceau de linge, de peau, etc. pour être ap-
pliqué sur U partie malade ^t nflli^ée. Appli-
quer un emplâtre. Mettre un emplâtre. Oler
un emplâtre. Lever un emplûlrc. Un emplâtre
\fui résout , qui attire, qui amollit.
On dit proverbi'ilemcnt, qu'Où il n\ a
point £?*? mal, il ne fiut point d'emplâtre.
On dît Ggurém'nt et familièrement, Mettre
un emplâtre à une affaire, pour dire. Couvrir,
réparer ce qu'il y a de mauvais, de défectueux
dans une aflàirc. Il ne sait quel emplâtre mettre
à celte ujfiiire. On ny sauroit mettre un bon
emplâtre.
On dit proverbialement et figunim. d'Une
personne qui est oïdinairement infirme, que
C'est un emplâtre. Elle a un cfnplâtre de mari.
Il se dit au&^i d'Uue personne qui n'a pat
de vigueur d'esprit , et qui n'est pas capable
d'agir. C'esl un pauvre emplâtre,
EMPLETIE. s. f. Achat de marchandises.
Bonne emplette. Mauvaise emplette. Grande
emplette. Faire emplctti. Faire des emplettes.
EMPLIR. V. .1. Koivlre plein. Emplir un
cofjre, une armoire de h^'-rdes. Emplir un vasCy
un verre de quelque liqueur. Emplir une bou-
teille. Emplir u/i sac, etc.
Oo dit familièrement d'Cn homme gros ci
486 EMP
fras, qu'il emylit hlen son paiirjiui.il. li se ilil
iitssi (il'ii homme qui mange beaucoup.
Il se met aussi avec le pronom personnel,
et signifie, Devenir plein. Le vdisr-'-n" s'cmjjjis.
loil tellement d'ew, qu'il éloit j'rès de couler .i
fond.
EMPLt, lE. participe.
EMPLOI, s. ni. I.'u.:ns« î"'"" '^'' '^^ q'"'''
que chose. Faire '"• î«"' «"t'o', "I' "i(""'ni«
emploi de ses biens, de son temps. Il n'a pu
faire voir l'emploi de l'argent qu'il a touclw.
Il faut faire apparoitre de l'emploi des deniers.
On nppclle-lLrnpIoi d'arqtnt, L.i collocatîon
de l'argent. Bon emploi, mauvais emploi. On
7I0US donnera un hon emploi de vos deniers.
Quittancé d'emploi.
On .nppelle Emploi d'une somme, L'action
d'employer une somme, d'en faire mention
• dans un compte, soil en mise, soit en recette.
L'emploi d'une partie coudée dans un compte.
Faux emploi. Double emploi.
Emploi, signifie aussi L'occupation , la fonc-
tion d'une personne qu'on emploie. Grflnrî em.
ploi. Bel emploi. Emploi honorable. Emploi
ruineiLT. Pénible cmplo'i. Donner de l'emploi.
Être sans emploi. Demeurer sans emploi. C'est
un homme (pti cherche de l'emploi. Se bien ac-
quitter de soti emploi. Il a eu de grands em-
plois. Il a eu les plus beaux emplois dans
VÈpée , dans la Piobe.
On dit au Théâtre, qu'Un Acteur a l'emploi
des Rois, des Valets j etc. pour dire, qull joue
les cùlcs de Rois , de Valets , etc.
EMPLOÏEII. V. a. J'emploie, tu emploies,
il emploie; nous employons, •uoiis employé;,
ils emploient. J'employais, vous employiez ,
ils employaient. J'emplolrai Que j'emploie,
que nous employions, que vous employiez.
Que j'employasse. J'emploirois. Employant.
Employé. Mettre en usage. Employer de Ve-
to ff'. Employer de l'argent. Employer son
bien en foïïes dépenses. Employer la plus
grande partie de son revenu en charités , en
aumônes. Employer du bois, de la pierre à
bdtir. Employer du papiei- à écrire. Cet argent
a été employé aux nécessités de l'Etat.
On dit aussi : Employer le temps à quelque
chose. Employer tout son esprit, (ouïe son in-
dustrie, tous ses soins, toute son éloquence.
Employer le crédit de ses amis. Employer^ses
amis. Il emploie tout le monde pour o}>tcnir telle
Charge. Il emploie toutes sortes^ de nuyyent.
Employer ses bons offices.
On dit proverbiaiemeut, Employer le vert
et le sec, pour dire, Mettre toute chose en
usage.
Avec le pronom personnel, il signifie, S'oc-
cuper, s'appliquer, ag'u. Il ne s'emploie qu'.i
cclu. Je m'y emploirai avec joie.
On dit, Eiitployer un mal, une phrase,
pour dire, S'en servir en parlant ou en écri-
vant.
On dit encore. Employer une raison, une
pièce, pour dire, S'en servir pour en tirer quel-
que preuve.
Ou dit aussi. Employer une partie dans un
F, M P
compte , pour dire , La mctti e , la tirer en ligne
de compte.
On dit encore, Employer quelqu\in sur
létat, pour dire , Le mettre sur l'éiat de dépense ,
Bur IVtat de ceux qui doivent Ctre payes.
Kmi'Loyer, sifjnifie aussi. Donner de l'oc-
capition, de l'emploi à un liomme. On a em-
ployé cet homme dans les Pays étrangers. On
Va employé dans de (jrandes ajjaires^ à dt
fjrandes uêqodations. Il est employé dans lei
Finances j dans le^ Fermes. C'est un homme
(jui mérite d'être employé. Cet Officia' est em-
plo-)'C cette année dans l'armée de Flandic.
Employé sur la frontière y employé sur les
côtes.
KmployÉ, Ée. participe.
On dit iiroverbiaIument,C'c5lfci*en employé,
pour dire, que Celui dont on parle, mente
bien le mal qui lui est airivi*.
Employé, se prend aussi substantivement.
Il y a beaucoup d'Employés dans les Fermei
du Hoî. Un Employé des Fermes.
E5IPLUMER. V. a. Garnir de plumes. Il
n'est guère d'usage qu'en parlant Des pcllti
morceaux de plumes dont on garnit un clave-
cin. Emplumer un chivecin.
On dit figuixinicnt et familièrement, // s'esl
bien emphtmc dans cette ajjhire^ il s'y est hten
remplumé, .pour dire, Il s'est enrichi, il a ré-
paré ses pertes.
Emplumé, f.v., participe.
EMPOCHER, v.a. :\:cttre rn poche. Il se
dit vfoprement De l'argent, ou de quelque
autre chose <.pi'on serre davs sa poclic avec
quelque sorte d'empressement, d'aviditc. À
mesure qud qaqne quelque ur.jent au jeu, tl
Pempoc/ie. 71 empoche tout ce qu'il (jacjne.Em-
nociier des fruits^ des truffes ^ des confitures. Il
n'est que du style familier.
Empoché, ke. participe.
EMPOIGNKK. V. a. Prendre et serrer avco
le poinj. Il lempoiqna par le bras. Il Vcmpoi-
ijna par les cheveux. Cela est trop gros , on m
saïu'oit Vempoiqner.Pour bien jouer ù la Paume.,
il faut bien cmpoianer sa racjucttc.
Empoigné, ée. participe.
Empoiqné, en termes de Blason, se .dit De
(lèches ou javelots au moîn.s au nombre de trois .
lit-s inscmble par le milieu.
EMPOIS, s. m. Espèce de colle faite avec de
l'amidon, et dont on se sert pour rendre L
linge plus ferme et plus clair. Empois blanc
Empois bleu. Eau d'empois. Mettre de Vempois.
Mettre du linqe dans Vempois.
EMPOISONNEMEM'. s. m. Action d'em-
poisonner. L'empoisonnement est un crime
capit.i'.
EMPOISONNER, v. a. Donner du poison i
dessein de faire mourir. Le bruit est qu'on
l'empoisonna. Empoisonhcr une personne, un
chien.
Il signifie aussi, Infecter de poison. Empoi-
sonner des 7nandcs, des fruiti. Empoisonner
une fontaine, un puits,, une source. Empoi-
sonner une plaie. Empoisonner des armcs^ un
poiqnardy des flèches. Empoisonner des terres ^
EMP
pour dire. Jeter dans des terres des cliose»
propres à faire mourir les chiens, afin d'empê-
clier la citasse.
EsiPOi.sossEn , V. n. se dit Des choses qui
fçnt mourir par une qualité vénéneuse. 71 y «
des champignons q\ii empoisonnent.
E.MPOtsoNSEii, se dit, par extension. Des
vapeurs qui sont extrêmement infectes. En re-
muant la terre, il en sortit une vapeur qui em-
poisonna tous les travailleurs. Cet homme a
une haleine qui empoisonne. Ce poisson est
pouri, il empoisonne.
Il se dit figureincnl De tout ce qui corrompt
l'esprit et les mœurs. Cette doctrine a empoi-
sonné beaucoup d'esprits. Ses maximes sont ca-
pables d'empoisonner la jeunesse. Il lui empoi-
sonna l'esprit par ses flatteries.
Il signifie aussi. Rapporter une chose en y
donnant un tour malin, défavorable, dange-
reux, contre l'intention de celui qui l'a dite.
C'est un mauvais esprit qui empoisonne le*
choses les plus iniocentes, qui empoisonne
tout ce qu'on dit. Les médisans empoisonnent
(ouf.
Empoisonsé, ée. participe.
On appelle Louanges empoisonnées. De»
louanges données à dessein de nuire.
EMPOISOSKEUll , EUSK. s. Celui , celle
i]ui empoisonne. Il fut condamné comme em-
poisonneur.
On dit figurément d'Un mcichanl Cuinoier,
d'un mauvais Pâtissier, que C'esl un empois
fonneur.
On le dit aussi fignrcm. d'Un homme qui dé.
bïte une doctrine penïicic'iise. C'est un empoi-
sonneur public.
E:»rPOI.SSEK. Vote; Poisser.
E!\IPOISSOXNeVie>T. ». masc. Action par
laquelle on peuple un étang qui a été péché.
Les Fermiers sont obligés de faire faire devant
leursMailrcsl'empoissonncmer.tdeleursétangs.
E:\IP0ISS0NNER. v. a. Peupler, garnir de
poisson. Empoissonner un étang, des fossés,
un canal.
l'Mi'Oi.^soNsÉ, ÉE. participe.
EMPORTÉ , ÉE. adj. Qui se laisse entraîner
par sa passioTi, (|ui se lïiche aisément, qui est
prompt à dire des injures. C'est un horrme em-
porléavec quion ne saurait vivre en paix. C'est
une ft-'mmc emportée au dernier point. Esprit
cmpoJ~ti'.
Il se prend aussi quelquefois substantive-
ment. C'est m fou, c'est un emporté. C'est une
folle, c'est une emportée.
IvMPORTEMEST. s. m. Mouvement déré-
glé, violent, causé par quelque passion. Grand
emportement. "Violent, Icrrtble emportement.
Emportement de colère, de débauche. Empor-
tement d'amour , de joie. Horribles- emporte-
mens.
On dit, dans un sens contraire, Noble em-
portement, stiqe emportement.
Le mot d EmporIcmenI , mis absolument,
tiguifie, Emporfeme/it fie colère.
EMPOKTi;-PIKCE. s. m. Instrument pro-
pre i découper, cl qui enlève la pièce. Il se dit
EMP
nu figuré d'On Sallriiiue. Ce ip.ot csl ■]u style
familier.
E.MPORTIilî. V. a. Enlever, filer d'un lieu
Il 11 fait enifJorliT Ions ses mciiUcs de sa maison.
Emporter un muladi, un homme hhsse.
Il veut dire aussi, l'reiiilie une cliose eu un
Ticu , et la porter avec soi dcliors. Emportez, ce
livre, vous le liiez à loisir.
On dit, (ju'l/'i atné emporte les (îeitr lias
du bien, pour dire, que Le droit d'aiucsse lui
iloimc cet avantage sur ses cadcti.
liaiponTEa, signifie aussi, lùilrainer, arra-
ilier, enlever, einincoer avec cfibrt, avec ra-
pidité, avec violence. Ce carrosse entra si vite,
tjn^il pensa emporter la borne. Ce coup de ca-
non lui a emporté une jambe. Le vent a eni-
porté vion chapeau. Les courans empoi'térent le
vaisseau. Son cheval prit le mors aux dents,
'( Vcmpofta à travers les champs, et absolu-
ment , i'emporla. La rivière a emporté les ponts ,
les chaussées, etc.
On ditd'Un hommequi est monde !a fièvre,
ou de quelque autre maladie. Celle maladie l'a
emportée La peste emporte les jcr^s en peu d<
jours.
On dit, quVn remède emporte la fièire,
pour dire, qu'il la guérit et ta chasse; cl que
Le jus de citron emporte les taches d'encre,
pour 'dire, qu'il les fait disparoitre.
LMFonTKn, se dit ûgurémcut Des passions,
et figuifie, l'irer l'àme/lesa .•;itualion ordinaire,
jeter dans quelque excès blâmable. La colèn
femporla bien loin. Se laisser emporter à sa
vengeance. La douleur Va emporté jusiju' a dire,
juj()u'ii/(i ire La jeunesse se laisse emportei
dua' plaisii-s.
On dit absolument, S'emporter, pour dire.
Se Dcber violemment, s'abandonner îi la colère.
S'emporter contre quelcju'iin. 71 .s'cniporle pour
rien. H s'emporte pour peu qu'on le contredise.
On dit qu't'n cheval s'emporte, pour dire,
iju'Il se livre à sa vivacité, et ne peut être re-
tenu par celui qui le monte.
EiiPonTcn , signifie , Gagner , obtenir. Cel
homme a tant de crédit, iju' il emporte tout ce
qu'il veut. Il emporta cette ajl'aire à force de
sollicitations. Cet orateur emporte, cnlriiîne les
esprits,
EiMPonTEn, signifie encore. Avoir le dessus,
e::cc11er ; et alors il se joint avec le pronom le.
Le v'm de Cltampaane et le vin de Bourgoam
l'emiiorlenl sur tous les autres vins. Le diamant
teinporte sur toutes les autres pierreries. Vir-
gile et Horace l'emportent sur tous les Poëtci
Latins. Il l'a emporté sur tous ses concurrens.
L'amour l'emporte quelquefois sur In raison.
Empuhteh, joint nu mime pronotn, signifia
aussi, Pcicr davantage. L'or l'emporte de beau-
coup sur l'argent , mis en pareil volume dans
une 6attifice.
On dit C:^urément, Emporter la balance,
pour dire. Prévaloir. Celle eoiin'J'-raliun u em-
porté la balance.
On dit, Emporter une Place, pour dire,
S'en rendre mailp' en peu de trmp). /leniporlii
la Pltice en quinie ;uur> île iranc'ie'e oiuerle.
EMP
Emporter une Ville d'tinhlée. Emporter une
PUice iVassaiit.
Un du proverbialement, Emporter rîe haute
lutte j pour dire, L'cnipoiicr rapidcniciil , lual-
gré toute opposition.
Ou dit d'Un Iiommc rjui fait des railleries,
des nitdi.vûnces atroces , que C'cA un homme
qui emporte la pièce,
EMPonxEn, signifie aussi, Attirer, entraîner
par une suite ncccssaïie. La conâamnation à
mort emporte la confiscation tics hiens. La
proposition (jéuèrale emporta lu proposition
particulière.
On dit, c(ue La forme emporte le fond, ou
que le fond emporte la forme, pour dire, qvic
Dan$ le jugement d'un procès la forme prévaut
sur lu fond, ou le fond sur la forme.
On dit proverhialenient d'Un discours frivoU
qui nt doit r.en produire, d'une promesse, d'une
menace tjiii ne doit point avoir d'cfiTt-t, yiutcuii
en emporte le v^nt. Il me promet monts et mer-
veilles^ autant en emporte le vent. Ne vous
alarmez pas (jfi ses menacct, autant en emporte
le vent.
EMPonri:, i'e. participe.
EMPOURPRER, v. a. Colorer de rouge ou
de pourpre. Il n'est d'usage qu'en Poésie.
EMrounpr.É, ÉE. participe. Des raisins em~
pourpres , des fleurs empourprées.
EMPREINDRE, v. a. Ijr.primer une fi-urc
iur quelque chose. Empreindre une fiaurc.
Empreindre une marque, Empreindj-e des ca-
ractèi-es.
Cu (lit fi,;urcment : C'est une loi que îa
nature a empreinte dans nos cœurs. Ce sont des
$cntim^ns que la nature a empreints dans tous
les hommes.
EMPnEiST, EiNTE. participe.
EMPREINTE, s. f. Impression, marque,
figure de ce qui esl empreint. L^ empreinte d'un
cachet,, d'un sceau ^ d'une pierre gravée, d'une
médaille.
On le dit aussi figurément. L'empreinte du
doigt de Dieu se reconnoît dans tous les ou-
vrages de la nature.
EMpntiNTEs , dans l'Histoire Naturelle, sont
des pierres sur les(|Uflles on trouve des figures
de ploiTlcs, de poissons, oic. empreintes de
poissons, empreintes de fougère.
EMPRESSÉ, ÉE. adject. Qui agit avec
ardeur, qui so donne beaucoup de mouvement
pour le 8UCCÙS de co qu'il a entrepris. C'est un
homme /«Tt empresré. Il fait l'empressé aupiùa
d'une telle personne. Rechercher quelque chose
avec une ai'deur empressée. Il a l^air emp-e^sc,
!es manières empressées.
EMI'Ri:SSE>lENT. s. m. Action d'une per-
sonne qui s'empresse; mouvement quo se donne
celui qui rccbcrclie une chose avec ardcur.viotV
avec empressement. Marquer de l'empressement.
Avoir heauccup d'empressement pour quelque
chose. Témoigner beaucoup d'empressement
auprès d'une personne. H a beaucoup d^emprcs-
tement à vous .'ervir.
EMPRESSER, sEMPRESSEK. v. qui ne
s'emploie qu'avec le prouum personnel. A^ii
E I\î F 4S7
avec une nidci.r inquiète pour faire réussir
quelque clioie; s'agiter, s'inquiéter, se tom-
tueiiter^ se donner beaucoup de uiouvcmeiit
pour le succès d'une alKiirc. C'est un homme
qui s'empresse jurt. Il n'aime pas à s'empresser
mal à propos. C'ciC nu homme qui s'empresse,
qui se fait de pie. S'empresser à fiira sa cour.
S'empresser de parler, de prendre la parole.
li,:Mpncsst, is. parliclpe.
i:Ml'lll,SONiMiMi:>r. t. m. Action par la-
'luellc quelqu'un est mis en prison, ou état de
'cluiqui csl emprisonné. Depuis son emprison-
nement.
E.Ml>lUSO^^'En.T.a. MelUe i$i prison. On
i'ii emprisonné. On Va fait emprisonner.
KaipnisoNSK, ée. participe.
EMI'KOM'. s. m. L'action d'emprunter, ou
la cliosa qu'on cmpiuute. Fuire un emprunt.
C'est un homme qui est toujours aux emprunts ,
qui ne vit que d'emprunt. Argent d'emprunt.
Cheval d'emprunt. Aller aux emprunts.
On dit Gguicmcnt, Une ieauté d'emprunt,
ies vérins d'cmpiunt, pour dire, Une beauté
jui n'est point naturelle, des >ertus dont on
n'a que l'app^ircnce.
EMPKUM'ER. V. a. Demander et recevoir
ta prêt. £i)ijjrunle/' de l'urgent. Emprunter à
usure, à gros intérêt. Emprunter un cheval.
Emprunter des livres. Emprunter à quelqu'un
mille écus. J'emprunterai celte somme à quel-
qu'un de mes amis.
On dit, que La Lune emprunte sa lumière
iu Soleil, pour dire, qu'Elle ne !uil point
d'une luuiière qui lui soit propre, uiaid qu'ollo
la reçoit du Soleil.
On dit figurcment : Les .l/nijistrals empriin-
lenl (oHie leur autorité de la justice, de la foret
publique. Emprunter le niosij'ic de la vertu.
Emprunter les apparences de la vérité-
Ondit aussi figurénient. Emprunta- le nom,
le liras, la plume, le crédit de quelqu'un, pour
Jire, Se servir du bras, do la plume, du nom ,
du crédit de quelqu'un.
On dit aussi. Emprunter une pensée d'un
Auteur, pour dire, Emplojcr la pensée, se
servir de la peasée d'un Auteur. Il a emprunte
cela d'Homère, de 'Virgile.
Empbvnté, ts. participe.
On dit. Une beauté empruntée, des citarmes
empruntes, pour dire, qu'Us ne sont pas propres
à la personne, qu'ils ne sont pas nalureU.£cla'
cinprunlé. Luniitre empruntée.
On dit, qu'Un livre a paru sous un nom
emprunté, pour dire, qu'il a paru sous un
autre nom que celui de son Auteur.
On dit. Conter une histoire sous des noiiH
empruntés , pour dire , La conter sous des nonis
déguisés , sous d<' faux noms.
On dit, .tvoir un uir em^uiitc, pour dire.
.'\voir un air embarrassé, contraint, qui n'est
point naturel.
EMPHL'NTECR, EUSE. s. Celai, «Ile qui
cmpninte. C cil un hardi emprunteur. C'est
une emprunteuse.
11 se dit assez ordinaircinfDl d'Un Itominc
accoutumé ^ eiuptuuler.
488 EN
KMPUAKTIR. V. a. Infecter, repanJre une
iiiauvaisi: odeui , la communiquer. Cela em-
(iiinnli't toute la maison. Un cha(jue, un ei/oiil
ijiii empuantit tout le /jua; lier. Empuantir
i^uelquun. Il a empuanti tout le moitde île son
haleine.
ICUPHASTI , II. p.irticipe.
EMPUAM"I.SSK:ME>T. s. m. État d'une
chose qui semiraaniit. /.' faut craindre l'em-
puantissement des eaujc.
EMPYÈAIli. s. ni. .imas de pus dans qudqui
civité du corps, et nnrticulicrcment dans U
uoitriiic. Faire l'opération de Vempyème.
l\ se dit aussi , et plus communément , D(
l'opération môme. L'emp^ème est une opéra-
tion danqeieuse.
EMPYRÉlv adj. Il ne se dit que Du Ciel le
plus élevé où l'on établit le séjour des Bieulieu-
rcu\. Le Ciel Empyrée.
îl est aussi substantif masculin. L'Empyrée,
Juti^ue dans V Empyrée.
EMPYREUM-VllQUE. adj. des 2 genres.
Tenant de l'ompyveume. l ne odeur empyreu-
matique. Une huile cmpyreumattque.
EMPYREU.^IE. s. m. Qualité désagréable
au goût ou à l'odorat, que contractent ceilainej
substances soumises à l'actiou du feu.
E IM 0
ÉMI.'I.ATEUR. s. m. Qui est animé du
stsiimcut d'émulation. £nmïa(cur de la nloirt
d'autrni. Il a eu plus d'envieux de sa fortune
ijite d'emulateurs de sa vertu. Il n'est guère que
ia style soutenu.
ÉMULATION, s. f. Sentiment noble qui
excite à égaler ou à surpasser quelqu'un en
quelque cijosc de louable. NohlCj belle émula-
tion. Honnête, louable émulation. Ils étudie-
ront mietix par cniuïû(ion./Iy « une noniié(e
émulfifîon. E.rcîler , (donner de remuliilion.
L'^miilnlion tâche d'imiter les qrandes actions.
fiMUI.K. s. m. Concurrent, antagoniste. Il
est l'émule d'un tel. C'est son cinule.
Il se dit aussi De deux liommcs qui sont
regardés comme étant d'un mérite égal en rjuel-
que art, en quelque profession. Ces deu.x Pein-
tres éloient émules.
Il .se dit quelquefois au féminin. Carthaqc
cToiï l'émule de Rome.
ÈMUUiENT, ENTE. ac'j. l«nne d'Ani-
tomie. 11 se dit Des artères qui portent le sang
dans les reins, et des veines qui reportent le
même sang. Ar'.ére émulnentc. Veùic émttl-
qente.
EMUL.SION. s. f. Sorte de potion rafraicliis
smtc, dont la couleur et la consistance appro-
clienl fort de celles du lait. On lui fnit prendre
des émulsions.
ÉMUESIONNER. v. act. Mettre des quatre
semences iroides dans ime liqueur ^ dans une
potion. J^nuilsionrier de l'eau de poulet.
ÉMDLsiossÉ, ÉE. participe.
EN
EN. Préposition qui sert h marquer le rap^
port au lieu, et tignitic Dans. £r se prend daui
EN
nne acception iroins cU'-Iern;ince (jue dans. Il
est en place. Il est dans la place la plus élevée.
C'est pourquoi En se met toujours devant un
nom sans article. Etre en France. Passeï' en
Eiipiujne. iVe pouvoir dura' en place. Aller de
Province en Province. En haut^ en has, en
avant, en an'iere, en dedans^ en dehors, yivoîr
\nie occasion' en main. Avoir martel en tête.
IMcttre une afj'aire en bon chemin. Rentrer en
:oi~méme. Revenir en son hon sens. J'êcher en
eau trouble. Dire eti pleine assemblée. Une af-
faire juijée en plein Parlement.
On di.soit autrefois, £» Jérusalem, En Avî-
gion, En Arles, etc. mais c«ttc prépusitiou
ne se joint plus aux uoms propres di.3 ^'^•ÎIi'S.
On dit aujoind'liui, A Jérusalem, à Av-
(inon, à Arles, etc.
En , sert aussi û marquer le rapport au temps,
Cl signifie, Durant, pendant. £n hiver, en été^
en tout temps. En tempi de paix. En temps de
(juerre. En pleine paix. En plein jour.
Il se met aussi poui marquer le tempsqu^on
emploie à faire quelque cJiose.ZinrriVerd en trois
jours. Et il y a cette diflercnce entre cette der-
nière phrase, Jl arrivera en trois jours j et celle-
ci, 71 «'TiVern dans trois jours, que la pre-
mière signifie , qu'il sera trois jours en chemin,
RU lieu que la seconde veut dire, qu'il sera ar-
rivé le Iroisiùme jour.
Il sert encore ^ marquer Ictat, la manière
i'étre, la disposition d'une personne, d'une
rhose. Être en vie, en bonne santé j en bonnt
humeur t en colère* etc. Être en passe, en pOS'
session de jiiire (juelque chose. Se tenir en Hu'
leine, en exercice. Vù'ce en crainte, en espè-
tance. Un enfant en maillot. Un enfant ctt
nourrice. Une femme eiï couche. Une femme en
\missance de mari. Un homme en fureur. Vnt
armée en bataille. Du blé en herbe. Une vîqtii
m peur. Une héte en chaleur. Une allée <jui vi
PI pente j etc. Être en chance, en bonheur.
Çjtrc en son hon sens, revenir en son hon sens.
liller, tomber en décadence, en extase, en dé-
^lillancc.
Es , dans celte acception , se résout quelque
t)is par yfvcc. Etre en justaucorps, en vian-
Iriiii, en deuil. Un livre relié en veau, en par-
îhemin. Prendre un malheur en patience, une
[tcinc en jj;e, elc. (Quelquefois il se résout pat
Comme, à la façcr de ... cri forme de.... Vivit
tn homme de bien, en hon chrétien, en liber-
tin. Afjir en /?oi\ en maître. Parler en étourdi,
en eeervelé , etc. Des aihrei taillés en buisson,
Des perles en poire, etc. Quelquefois il ne sq
résout par aucune nuire particule. Prcntîrc un^
chose en bonne part. Prendre le nom de Dieu
en vain. Une femme travestie en homme. Un
espion dequisé en ermite, etc.
Il sert encore à marquer le motif qui fait
nfjir, la fin pour laquelle on fait quelque chose.
/( fit cela en haine d^in tel , en haine de ce (jue...
en considération de ses services, en reconnais-
sance de... en mémoire de... en dépit de lui. en
faveur du mariaiic. Donner une chose en (jarde.
I ^ Mettre en dc}>ôt, en séquestre.
Ilseitaussi à marquer ù quoi ou est occupô.
EN
Être en affaire j en oraison, en p7-iéres, en dé*
votion. C'est un homme qui est tout en Dieu.
Il sert encore ù martpier le progrès d'une
chose. De mieux en mieux. De mal en pis. De
plus en plus.
On s'en sert aussi dans la signification de
Scion." En bonne l'tnlosoptiie.En bonne Thé»
loqie. En bonne Politique. En bonne Justice,
En roni^cience.
On dit aussi en termes de Pratique . En tant
que, pour dire, Selon que, autant que. En tant
qucje puis. Entant qu'il m' appartient. En tant
nue besoin sera.
En tant que, a aussi quelquefois la signifi-
cation de Comme. J^isus-CunisT en tant nn'/iom-
nie est moins qrand que son Père.
En , s'emploie encore dans la signification de
Pour. Armer en course. Aimer en guerre. Li-
vrer en proie. En mon particulier.
On s'en sert encore dans la signification de
7*(tr. Mettre en pièces. Voir en sonne. A^ir ei
vertu d'un Arrêt, d'un pouvoir.
On s'en sert encore dans la signification d'^.'
n n'a espérance qu'en vous, confance qu'eil
vous.
Il a encore plusieurs autres usages; on se
contentera d'en mettre ici quelques-uns, sans
™ marquer l'explication que l'on trouve k l'ar.
ticle des mots avec lesquels il se joint. Fondre
en larmes. Prendre en amitié. Avoir en vue de
fiire quelque chose. Avoir un ennemi en tête.
Entrer en tiers. S'étendre en paroles. Se rui"
neren folles dépenses. Exceller en quelque chosi.
Abonder en son sens. Mettre en oubli. Cela se
résout en eau. Cela s'en ira en fumée. Etre en
hutte à tout le monde. Etre en fonds, en reste,
en avance, en demeure. Eu cas que cela arrive.
En tout cas, en toute rencontre. En pwe perle.
En tout et en partie. Capitaine en pied. Nar-
cisse changé en fleur, etc. Il est en l'ous d'en
user comme il vous plaira. Il n'est pas en moi
de faire cela.
Il se joint aiisii avec les gérondifs ; et alon
i! a deux principaux u.^ages, qui sont, ou de
marquer le temps : il donna ordie en partant.
Il leur dit en les recevant. Il a déclaré en mou-
rant. On apprend en vieillissant, etc. Ou de
marquer la manière : Parler en Iremblaut. Un
mal qui va en augmentant. Un ruisseau nui
va en serpentant , etc.
Il faut remarquer que quand cette préposi-
tion se joint avec un nom, elle ne reçoit jamais
l'article pluriel les, immcdiaienioiit après elle,
ni l'article le et la singulier , si ce n'est qu'il soit
suivi d'une voyelle, ou d'un h muet. Ainsi on
ne dit point, En les licii-r, en les temps; mait
on dit fort bien : En l'honneur. En Vhanneur
des Saints. En l'absence d'un tel.
On dit aussi , En la pic'.icnce de Dieu ; et il
V a encore quelque.s foi n-ulcs où en reçoit im-
médiatement apris lui l'article le. Ce procès a
été juge en la Grand'Chambre.ConscHler en la
seconde des Enquêtes. Président en la Cham-
bre des Comptes.
En, si'rt encore i former plusieurs root»,
qui signifient , Garnir de. mettre dans, etc.
EN
Cette {iréposition s'écrit avec ivi n» lorsqu'elle
en suivie d'un b , d'un p, ou d'un m. Ou ne
met dans le Diclionnairequx^ les mots composés
qu'un usa^e constant a adnib ; les autres .
qu'un f>rivain liasarde, ou que les Ailis.iiis
font, sont fjcilcs ù entendre : tels sont, Enci-
r«r, enj'icelery tnformer, tmpoler, emmanne-
fumer, etc.
EN. Pronom relatif, ou particule relative,
qui répond à De, et qui sert à designer une
cliose dont a déjà parle, et fait le même eflet
que si on répétoit celle même chose. Celle af-
faire est délicate, le succès en est douteux ;
•'ost-j-dire, Le succi^ de celle alT.iire est dou-
leur. On nedvil jamais se repenlir J'ûtoiV fci'en
fait, austi ne s'en repent-il pas ; c'est-i-dire.
Aussi ne se lepent-il pas d'avoir bien fait. Celle
maladie esl dangereuse, )t pourrait bien en
■lourir. Vicnl-i7 de la Cour? oui, il en vient.
Il avoit deujc jils, il lui en est mort un, etc.
On dit en termes de Pratique, Les Parties
«I viendront au premier jour, pour dire, Les
Partie* Tiendront plaider au premier jour sur
l'affiire dont il s'agit.
Il se met quelquefois sans relation à aucune
cfaotc qui ait éle exprimée auparavant; mais
vendant il ne laisse pas de marquer quelque
«hoaede sous entendu, l'xr exemple. Il en veut
•Irpuu lonçj-temps à un tel, veut dire. Il veut
ou mal i un tel depuis long-temps, .i qui en
■^ulei-vous? veut dire dans un autre sens, À
qui Toulet-Tous parler? que demaadei-vous?
A 9U1 tn avez-vous? veut dire. Contre qui
(ne«-rous de la colère? lîe mtnie, toutes ces
^<7ons de parler : Conimenl vous en va? Il
l'en /ciul fceuucoup. Il ne sait où il en est. Cela
ti'cn «il pas. Il en tient. Il en a dans l'aile. Il
»i veuf découdre. Il en est venu à ce point.
^M.... // en est logé là, etc. marquent quelque
chose de sousenleudu, à quoi en est relatif.
Il te met quelquefois sans relation à aucune
*boM ni exprimée, ni sous-enicndue, mais seu-
WneDt par une certaine redondance que l'usa-'e
a autorisée et rendue cli'gante. Il en est de cela
tomme Je la j luparl des choses du monde. De
U ils tn vinrent aux mains, aux prises, aux
injures, etc.
Il te met encore de la même sorte avecqucl-
qu«i Terl>es qui dcsignint le mouvement local.
«t immiMiatcrnent après les pronoms personnels.
Je m'en vais paitir. Vous en allei-vo'is? Il
s'en retourne en son pays. Nous nous en allons
à h promenade. Ils s'ei vinrent Vépée à la
mam, etc. pour dire : Je vais partir. Allez-vous
•iiei vous ? U retourne en son pays. Nous allons
à la promenade. Ils vinrent lépée i la main.
Il n'en est pas de même lorsque les verbes
Aller, retourner, venir, joints i la particule et
tu pronom, s'emploient dats la significatioD
de Partir, sortir, se rrtirer, et qu'ils n'ont
aucun r.-gime apri-j eut; car alors la particule
ft le pronom sont absolument nécessaires pour
rendre le sens parfait, et ne se peuvent ,'.ier
''''ie'i, je m'en vais. Si vous ave: aff.iire, je
»'"■ iroi. ^llonj-nou,-«n. Voulez vous vôu,
.« '••lourner.' l'eult^i.oiu vous en venir?
Tome I.
ENC
E s A
ENALLAGE. s. f. Terme de Grammaire
Latine, qui consisie, dit-on, à changer les
temps, les modes d'une langue. Lénallaqe n'a
aucun fondement, et ce gu'on veut appeler ainsi
peut s'expliquer par l'ellipse.
ENARUHEMENT. s. m. Voyez .Vnnni;-
SIKST.
F.NARRHER. v. «. Voyeî AnnHEn.
ÉNARTHROSE. s. f. Cavité d'un os dan.,
laquelle esl reçue la léle d'un autre os.
ExNG
4'9
'I
EKC
EXn.VnREMENT. s. m. Action d'encad.pr,
ou reffcl de cette actioD.
ENCADPER. V. a. Mettre dans un cidre,
etc. Faire encadrer une estampe.
Encadoé , ÉE. participe. Une estampe en-
cadrée.
ENGAGER, t. a. Mettre en cage. Il faut en-
cager ces oiseaux.
U se dit aussi (Iguremenl et par plaisante-
rie , pour dire , Mettre en prisou. On l'a ern
cage.
EscAc.é, ÉE. participe.
tNCAISSE.ME.Vr. s. m. Lacllon d'encais-
ser, ou reffet de cette action. 71 lui en coûtera
beaucoup pour l'encaissement de ses marchan-
dises. Cet encaissement n'e.st pas solide.
On dit, Faire un cliemin par encaissement,
pour dire, i' faire des tranchées qu'on remplit
de cailloux; et Fiart un jardin par encaissc-
nicnl, pour dire, Y planter des arbres dans des
Irous qu'on a remplis de bonne tene. Ces
orangers, ces grenadiers ont besoin d'an en-
caissement, pour dire. Ont besoin d'élre mis
dans des caisses nouvelles remplies de bonne
terre.
On dit aussi, Faire un pont par encaisse-
ment, pour dire. Le con^ruire sans épuise-
ment, en descendant les piles louies faites.
ENCAISSER. V. a. Mettre dans une caisse.
Encaisser des raisins.
On dit aussi. Encoisser des orangers, dca
grenadiers, pour dire, Les mettre dans une
caisse remplie de terre préparée.
E.NCAissÉ, ÉE. pariicipe.
On dit, qu'Une rivière ett encaissée, Lors-
que les bords en sont firt escarpi-s.
ENC.AJI. ». m. Cri public qui sr fcit par un
.Sergent pour vendre les meubles i l'endiëre,
.■Uellrc à l'encan. Vendre à l'encan.
ENCANAILLER, S'ENCANAILLER. verbe
ijui s'emploie avec le pronom personnel. Han-
ter de la canaille , avoir conimercc avec de la
canaille. Gardez^vous de vous encanailler. Il
s'est encanaillé.
Quelquefois aussi, Encanaider s» prend ac
livement. Lu compagnie était mal choisie,
tous nous aviez eneanailléi.
ENCARAU.t.i; , lE. participe.
ENCAPLQIONNEH. ^a\< q„i ne s'em-
ploie qu'avec le pronom personnel. Se couvrit
Il télc d'uMi; lorlc de ciii>Mchou. Vuus vouj cicj
plai'sammenl eneapnc/ionné. II esl au sijle Ij-
milier.
EscAPDCHONM^;, KE. participe.
ENC.^QCER. V. a. Mettre dans une caque.
Encaquer du hareng.
U se dit figiirément en parlant Des geus qui
sont pressés H entassés les uns sur les autres
dans un carrosse, ou dans quelque autre voi-
lure, tu sont encaqui* là comme des harengs.
EscAQCÉ , ÉE. participe.
ENCA.STELER, sENCASTELER , verbe
qui s'emploie avec le pronom personnel. Il se
dit proprement d'Un cheval qui a le ulon trop
serre. Ce cheval commence à s'encasteler.
E>c.\STi:i.É , ÉE. participe. Cievol rncnslelè.
ENCASTELURE. s. f. Douleur dans le pied
de devant d'un cheval , eausce par l'étrécisse-
mi ni de la corne des quartiers, qui , resserrant
les deux coti^s du talon , le fait boiter.
ENCASriLLAGE. s. m. Terme de Marine.
La partie du vaisseau qui se voit depuis l'eau
jus'ju'au haut du bois.
ENC iSTREMENT. s. m. Action d'encas-
uer , ou effet de cette action.
ENCASTRER, v. a. Encl..-,5ser , unir une
rliosc .\ une autre par le moyen d'une entaille.
U faut encastrer ce tableau dans le lambris.
Encasthé , ÉE. participe.
ENCAVEMENT. s. m. L'action d'encaver.
ENC.WER. V. a. Meltre en cave. Il ne se
ht que Du vin ou autres lioissons. // esl tenipt
i'cncavcr ce vin-là , d'encaver cette hiére.
Encavé, ék. pariicipe.
KNCAVEUK. s. m. Celui qui encavc. Cn
habile encaveur.
ENCAUSTIQUE, adj. des 2 genres. Il ,c
ilit d'Une peinture, dun lablciu dont le» cou-
leurs sont préparée» avec de la cire. Peinlure
mcaustique.
ENCAUSTIQUE. 5. f. Peinture avec de la
:ire, des couleur». L'encauslifjiic cloit connue
des Anciens. Caylus, Mignai et Bactuiicr ont
ressuscité l'encaustique; ils ont renouvelé il
manière de peindre à l'encaustique.
ENCEINDRE. v. a. Environner, entourer,
enfermer. Enceindre une Ville de mwaillci.
Enceindre de fossés, de palissades.
EsCEisT, Emi-E. participe.
On dit, Une femme enceinte, pour dire.
Une femme grosse ; et alors il est adjectif.
ENCEINTE, s. f. Circuil, lour, cljlure.
L'enceinte des murailles. L'enceinte d'une Ville.
Faire l'enceinte d'une Ville.
Il veut dire aussi, en termes de Chasse, Ce
que fait le Veneur dan» u;i bois, après avoir
détourné uu cerf, pour marquer le liru où il
est, en semant tout amour des brandies et
aulres brisées. Le Veneur a détourné un cerf .
et fait son enceinte.
ENCËNIES. ». f. pi. Fêtes ciier le» Juifs,
en inenioirc de la puriCcatiun du leniplc Bar
Judas -Machabce.
ENCENj!. ». m. Espère de gomme arom«-
lique. Encens mille, (irain d'cnccnt. L'cn.-rns
croit dans l'.lrabie. L'aibre qui porte l'encens.
La (nméc de l'encens nwntoil nu Ciel. I.'cdcur
%c E N G
Ae l'encens at pènitran'.s. Bniler de l'mcens
sur les autel;. Donner de l'encens. J! rrjusa He
donner de l'encens aux- idoles. Bénir l'encens.
Il signifie figiircmcnt, Louange, flatterie.
Cet homme aime l'encens. Il '"' " donné «Je
Fencei%s. Cesl un encens bien préféré.
EKCENSEMlvN 1'. s. m. I.'.iclion J'cncenser.
Les encensemens [ails , le Cil3>vani. . . .
ENCENSKR. v. a. Donner de l'encens. En-
^tma les u«(e/j. Encensa- l'Evécjue, le Célé-
brant , le Peuple.
On dit fisurémi-Mt, Eneenscr (jneliju'un, pour
«lire, Le flatter p^ir des louanges.
En ce sens on dit fig.iri'ment : Encenseï- la
fortune. Encenser les défauts de quelqit'un.
Encensé, ke. participe.
ENCENSEUR, s. m. Qui d'nnede l'encens.
Il n'est d'usage (fie dans le figure. ITncensen,
cteniel. Encenseur fitiqant. Les courtisans sont
des encenseurs de profession.
ENCENSOIR, s. m. Espèce Je cassolette (jni
pend à de petites chaînes, et dont on se ser:
dans l'Église pour enci-nscr. Tenir l'encen.'ioir.
Mettre la main à Vcnccnsoir.^ se dit fignréni
De ceux qui entreprennent sur l'autorité ecclé-
siastique.
On dit provcrbialcm. et figurcni. Donnei
de l'encensoir par le nés, casser îc nez à couj-
d'encensoir, pour dire, Donner en face de.s
louanges outrées, qui font voir qu'on se nioque
de celui qu'on loue ; ou donner des louanges
grossières -^ui blessent plus qu'elles ne flattent,
EîïCESSOin. ou Autel. Constell.itiondc l'he-
niisptiCre austral.
ENCÉPHALE, adj. des 2 genres. Tnrree iv
Médecine. Il se dit Des vers qui s'engendren:
dans la t£te-
EîiClLUjSEMEST. subst. m. 11 n'est guère
d'usage au propre; nais au figuré, il signifie
Liaison, ou suite de plusieurs clioscs de même
nature, de même qu.ilité. Enc/ialnemen( de
malhetu-s. Enchaînement de propositions, ae
paradoxes. L'enchainanent des idées. L'en
ihalnenient deS' prcwi'ss d'un discours.
EiVCn.VÎNER. V. a. Lier et atlacber av .
une chaîne. Enc ainer un chien. Enchaîner Wi
furieux, un prisonnier, de> forçats, descsclave^
U signifie figurément, Captiver, et se dit
particulièremenl l'es ^nnans. iS" fcennïé enchahw
tous les cœurs. Enchaîner lu victoireà son char.
ENCHAiNE», se dit aussi Des clioscs, de
propositions, des raisonnemens qu'on lie les
uns aux autres, .le manière qu'ils dépcndeni
les uns des autres. Il a enchainé toutes ces pro
positions.Ces propositions sont encJiaince.'. / e>
causes naturelles sont enchaînées les unes avd
les aulies, les unes aux autres.
U s'emploie .'im.ssÎ avro le pronom personnel
Les vérités s'enchaînent les unes aux autres.
F.TïCHAiiK.'ÉE. p=nieipe.
EN'CHAÎ.NU/ii:. s. r. Encliaincmeut. Il n.
se dit que Des ouvrage» de l'art.
ENCH A.MELEK. v. a. IMcttrc sur des clinn-
liers. Enchunteler du t>in. On dit aussi. Eu-
chanltler du bois, pour, Le mettre d.ans >in
cluntier.
ENC
ENCHASTKii, iv. parlicipc.
ENCHANTEMICNT.s.iuasc. L'ctTct de pré^
tendus cliamies, de paroles maf^iques, etc. Un
lon(j enchantancnt. ï^cs vieux Romans, comme
les Amadis, etc. sont pleine d'enchuntemens.
Faire un enchantement. Défaire, hriaer, rompre
un enchantement, l'enchantement.
ENCHANrEME!ss,au pluriel , se dît cTU'siqiu i
qucfois pour L'action mi^me de l'encbaiit^ur
Le£ enchantcmens de iMédée.
On dit fi^urimicnt, Les enchantcmens <U-
l Amour , de la Poésie.
ïl se dit aussi figurcment De tout ce qui es'
merveilleux et surprenant. Cette fdte ctoit fort
niilunte, tout y surprenait y c'éloil un cuchan-
icment, une r.ucccs»ion d'enchantement.
KNGliANTER. v. a. Charmer, ensorceler
par des sons, pap des paroles, par des figures,
par des opérations prétendues magiques. Le
peuple croit qu^Hy a desMafjicicns rjui enchan-
tent les hommes, les animaux, etc.
Il signifie aussi figurcment , Surprendre, en-
l^ager par des paroles, par des attraits, par de
belles paroles, de belles promesses. Ceïie|i;mmL'
f-ft belle et arlîjicieuse , elle Venchantera. ISc
vous laissez pas enchanter par cet homme-là.
Se laisser cnclianter par l'éclat des qrandeurs^
yar les plaisirs du monde.
Il signifie aussi, Ravir en admiration. Je
vous Vavoua, cette musicjuc, celte pièce m'a
mchant:.
Enchasté, êe. participe. Tous ses sens
i'oicn( cnchnntéâ.
Il si:;riifie aussi, Fait par encliaiuemew, el
plein d'eufîianteniens. Palais enchanlc. Armei
enchantées. Paroles enchantées.
Il signifie figurément. Merveilleux, extraor
dinaircnicnt Leau , surprenant. 0 «juc ccItc niai-
ion est belle! c'est une maison enchantée, i e
licite, des \ardins stichantés.
EiNCHANTEUR, ERESSE. s. Celui, ci-ll^
lui encliante par des paroles, par des operi
tioiis prétendues magiques. Fameux Enchan
te.'.r. Circc l'Enchanteresse.
Il se dit fii-nrenient dtJu liomnie qui sur-
prend , qui iron pr pnr son bnau langage, pit.
>' s arlifices. DéHcz-voiui-cnj c'est un .enchar.-
teiu' . un qrand enchanteur.
Tl se dit aussi en l>onuc part. Ce Poète c>l
■.tn qrand encliantcn'v. C*e.^l une qrande ca-
hanleresse.
Il s'emploie aussi comme aiiieclif. Style cn-
hanteur. Regard enchanteur.
I:>CHAPERC).\ -KR. V, a. Couvrir la lêf
i'un cliaperou. Enihaperonnsr un oiseau de
i'joie. U est aussi d'usage en parlant Des cérê-
mon'es funèbres. Le Grand Maître el le.
\hdtre< des C&'émonies et îlértiuts d\trmes se
ronl enchaperonnès.
I'nchapkuonnê, it. panicipc.
1';NCHAs.SI:R. v. a. Emaîllcr, mettre, faire
tenir quelque ri ose dans du bois, dans de la
pierre, dans de l'or, de l'argent, etc. Eîiçhds-
ser des Reliques, un morceau de la vraie Croit
dans de Vor, Enchâ.iser un dian.antj un ruhii-
dans une bague. Enchâsser des pales, du co-
ENC
rai/, et^. dans d2 l'or. EnchÂsser un tahlenu
dans une bordure.
Od dit figu»vmcnt, £nc«us$er un passage,
un trait d hi.îvire dan^: un fii5cours,pourdii'e,
L'y placer, l'y iaire entrer- /i a bien encfctîsse'
ce passage de Platon. Ce U'ait d'histoire a èlc
mal enchâssé dans ce discours.
Enchâssé, kh. participe.
E^C^ASSURE. s. f. Action par laquelle
une chose est eucbis^e«. 71 « fort bien réussi
■ lans l'ciu-hdssure de ce diamant.
U se prcud plus ordinairement pour ce qui
résulte de celte action. Vcnchilssurc est fort
riche.
ENCHAUSSER. v. a. Terme de Jardin;ige.
;l se dit Des légumes que lou couvre de paille
1)11 de fumier, pour les faire blanchir, ou pour
lus préserver de la gelée.
Enchaussé, ke. participe.
ENCIïAUSSÉ. adj. Terme de Blason. C'est
le coiuraire de Chape. Voyez Chapl.
ENCïIÈRE. suLsL f. OUVe que l'on fait au-
ilessus de quelqu'un , pour une chose qui 5c
leiid par Justice, au plus offrant, ou que l'on
taille à ferme. Fah-e une enchère. Vendre à
l'enchère. Mettre enchère. Mettre à l'enchère.
Couvrir une endère. Cela a été délivré à la
yrem'iére enchère. On a reçuson enchère, ttctiver
une enchère. Publier les enchères.
On dit figurcment , Mettre aux enchères les
vnplois^ les honneurs , les suffrages y etc. pour
iire , >'e les accorder que par faveur ou à [uix
i' argent.
l'OLLE-ENCiifeHE, sc dit De la peine que don
porter celui qui a fait une enchère témérairc-
Bient et sans y pouvoir satisfaire. // a payé la
{oUe-encl.ère. C'est à lui à payer^ à porter la
\olle-encJière.
'' On dit en ce sans, Revendi'c une terre à la
\i>lle - enchère de quelqu'un, pour dire, La
icvendre à la charge que celui qui a enchéii
mérairemeni, paiera ce qui manquera au prix
lie U seconde adjudication pour remplii le pnx
''e la première.
On dit proverhialement, Pfljer /a /ÔI/c-cu-
t/iè/'C de quelque c/ose, en payer la fAlc-cn-
.hère . pour dire , Porter la peiue de sa témérité,
klc ^oti imprudence.
E>CllMRIR. V. a. Faire une offre au-dessus
■ 11- quelqu'un , mettre enchère sur quelque
rb<ise. En 1 érir une terre. Enchérir une mai-
son sur quelqu'un j au-dessus de quclqu iin. par-
dessus quelqu'un. Ofi dit aussi ;il'soiumcnt, //
(I fait vejiir des gens pow enchérir,
H signifie figurcment, Ajouter à ce qu'un
autre a faiu, le sinpasser en quelque chose, suit
en l)i(;n, soit en mal. Cn tel traita magnifique-
ment., mais cet autre a bien enchéri sur Un.
Enchérir sur Véloquencc des anciens y sur les
ouvrages des anciens. Néron a bien enchéit sur
la cruauté de Tdière.
On dit, qu't/n mot enchérit sur un «uOe,
pour dire, qu'il ajoute à l'idée que lautrc cx-
(Uiine.
Usîgnific aussi, Rendre une marchandise plus
chirc. Ce Marchand a fort enchéri ses denrées.
ENC
n Mt aussi neutre, et signifie. Devenir cher,
hausser tîe prix, /-es biês ont /ôr( eiu-h^ri^ sont
fort cnchcris. Tontes Us marchundises enchè-
rltstnt.
Enchébi, n:. participe.
ENCHÉRISSliMENT. s. m. Haussement de
prix. C'est aux Magistrats à enipcchcr l'enchc-
rascment des vivres.
E.NCHÉBIS.SEUR. s. m. Celui qui met unr
enchère. On adjucjera cette terre i/n tel jour ,
fniles-y trouver des enchérisseurs. On a délivré
celle tapisserie au plus offrant et dernier en-
ehêfisseur.
E>'CnEV.\UCHURE. s. f. Tîrme dArl.
Jonction par feuillure ou recouvrement. La pc-
iition des ardoises est une enchevauchure.
ENCHEVinRIiR. verb. act. Mettre un che
'être, un licou. Il n'est guère en us.ige au
l^rOprc.
.■.'EaciiEviiBEn, se dit d'Un cheval qui cn-
gaî^e un pied dans la longe de son licou. Ce
cheval s'cîl eiicAei'ftré.
Ou dit Ggiuénicnt et familièrement , SVn-
cnev^lrer, pour dire. Prendre un engagement,
S" nictlrcdans une position dont on a de la peine
à se tirer. Il s est enchevêtré mal à propos dans
cette affiiire-là.Il l'enchevitra dans un roùon-
nenient */om( il eut peine à sertir.
EscutvÉTtiÉ, TE. p,irticipe.
On dit au li;;uré, que Des phrases, des
p.—iodes sont fort enchevêtrées , pour dire ,
qti Elles sont embarrassccs, enibrouill«5c5.
E>CHEVÊTRURE. i. f. .issembiasc dr so-
es djns im plancner jour environner le
-ter d'une cheminée, et porter les barres de
' r qui le soutiennent, et pour donner passage
MX luv't'X de cheminée qui passent derrière.
Solives d*e:ii'he\ (trure. Les solives d'enchcvê-
Irure doivent être plus fortes que les autres.
ENCHEvtTncnE,est aussi I.c mal qu'Un che-
val K fait à un pied, en l'engageant dans l.i
longe de son licou. Mon cheval est hoiteu ■■
d'une enchevétritrc- *
ENaiIFr,E>E.ME:«r. $. m. Embarrasdani
'r net, causé ordin.aircnient par un rhume de
"rveau.EI/e a un enchifrenement (jui Ci'ncom
mode heauenup..
E>CHIFRi:>'ER. V. a. Causer un rhume
de ;*rveau qui embarrasse le nez. Cet air froid
m'a tout enchifrené.
ExcHiFKESE, ie. paiiicipe. 71 est foui en-
chifrené.
ENCHYMaSE. s. f. Terme de Médecine,
l'.frusiou loudainc du sang dans les vaisseaux
< ui mes. .
KNCL.AVE. $. f. Les bornes , les limites
iTitir Terre ou d'une Juridiction. Celle leirc:
est dant Vrni-lavt,dam les enclaves de la ixitre
Cela f<t J.mt l'enclcee ie votre Juridiction.
horx de vt'lre Juridiction.
11 se dit au.s5i d'Une étendue de terre qui
avance et qui e^t eiicLv« dans une autre. Ccll.:
lerre fat une enflai'.-, une lonjue enclave dans
1" vCtrt,
On dit auwi, quTne Varoiite est une en-
. 'aee rf'uri tel F.viché . |)Our signifier Une fi-
ENC
roisse d'un Diocèse qui est eue! ivée dans u.i
«uue.
ENCI..4VE.AIENT. s. m. I.'cfl'el <Ie laclion
d'enclaver. LV'nclai'Cincnl d'une leric dans une
autre.
ENCL.WER. V. a. Enfermer, enclore une
chose dans une anlre. U ne se dit guère que
d'Une pièce de terre, d'un hcrit.age ou d'une
Juridiction. U veut enclave- celle pi'èce de terre
dans son parc.
EscL.WK, EE. parjicipe. Deux Juridictions
enclavées lune dans Vautre.
ENCLIN , I.\!:. =dj. Porté de son u.-turel h
(uelque c^.Me. U est enclin au bien. Il est en-
clin au .;ial, ù Vivroynerie. Enclin à malfaire,
à nédire. La nature de l'homme est encline au
liai. Ce mot se dit plutôt du mal que du bien
ENCLITIQUE, s. f. Terme de Grammai»c.
Se dit De certains mois de la Lan;;uc Grecque,
qui s'appuient sur le mot précédent, et qui
semblent ne faire qu'un avec ce mot.
ENCLORE. V. a. Clore de murailles, de
haies, de fossés, etc. // faut enclore ce champ.
Knilore un jardin de murailles. Enclore sa
maison de fossés. Il a les mêmes temps que
L Une, dont il est composé.
On dit. Enclore les fnnhourqs dans la Ville,
pour dire, Donner une plus grande enceinte 6
la \'ille, en sorte que les faubourjs en fassent
[■artic.
Ou dit dans le même sens. Il a enclos ce
l'rê, ce bois dans son parc.
Enclos . o-iK. p.-»rtieipe.
ENCLOS, s. m. Espace contenu dans une
•nccinte de maisons, de haies, de murailles, de
fosses , ptc. t'enclos du Louvre. L'enclos du
Palais. Grand enclos. Bel enclos. Enj'enner
dans l'ciicJos. Comprendre dans IViicIov.
11 se prend aussi pour L'enceinte mêhie.
Faire un enclos, l'éparer son enclos.
ENCLOUER. T. a. Piquer un clseval Jus-
ju'au vif avec un clou quand on l- fene. Ce
cheval est aisi: à enclouer. Le 'ilaréchal l'a en-
c'oué.
On dit, quTn cheval s'e^i encloué , jKjnr
dire, qu'En ninrchanl il a rtnconué ua cLu
qui lui est entré dan» le pied.
U signi.le ai-.s<i. Enfoncer de fore? un clou
ilans la lumière d'un canon, pour emp>'cliei
que les enneiiiis ne s'en servent. iVou.< fimn
une sortie, et nous enclomtme- leur canmi. /Il
jI/an(Joon<rcn' leur cunoil, après l'avoir en-
cloué.
Esctoré , it. participe.
ESCLOCUUE. s. f. Le mal, l'incon.molité
■ l'un cheval encloiic. Celle enefouiire est dan-
tjereuse. Ce cheval est boiteux d'une enctiuurt.
Il n'est pas enccre bien yuéri de son ençlouurr.
Il signifie figurémenl. Empêchement, obs-
tacle, nœud d'une dilHculté. Voilà où est l'cn-
elduure. Ce n'est pas là {enclouurc. J'ai dé-
couvert lenclouure. Il ti'eil que du stvie fa-
milier.
ENCLUME, s. f. Masse de fer sur laquelle
on bat le fer. l'orient et autres métaux. En-
clume de ,1/nre'c'aJ. Enclume de Serrurier.
ENC A'),
^ Enclume ù'oi fevre. Battre sur renclunie. Frap-
per sur l'cncliime.Plus dur iju'une enclume.
On dit proverbialement et fisurcment, ÊIrt
entre le marteau cl l'enclume, [wur dire, Avoir
1 soulTrir des doux cOi s, eirc entre deux maux
également fïclieui ; et aussi poui dire , Être
fort cmbariossé i se déterminer enue deux
partis qui peroisscnt cgalenunt hasardeux et
diflicilea.
Ou ditaussi familièrement, qu'Ilvaul mieua:
tire marteau qu'enclume, pour dire,qull vaut
mieux battre que d'être battu.
On dit figurément , Remettre un ouitui/c
sur l'enclume, pour dir»;, Lui dounei une autre
forme, une meilleure forme.
On appelle en Anatomie, £»clume, Un os-
selet de l'organe de l'ouïe.
ENCLUME AU ou ENCLtTMOT. s. m. Petite
enclume à la main.
ENCCCHER. v. a. Mettre la corde d'un
«rc dans la coche dluic flècîie. Encocher une
(lèche-
E!tCOCHÉ, ÉE. participe. Fliche eneochée.
EV'COFl'RER.v. a. Enfcrn]er dans un coffre.
II ne se dit ordinairement que Des choses que
l'on serre par avarice ou par friponnerie. Il
devait dUtrihuer cet arcjent à ses compagnons ,
ma'us il l'a tout encofl'ri.
Encofkbi':, ïe. participe.
ENC0K;NUE£. s. f. (Plusieurs écrivent
Eneojnure, parce qu'on ne prononce plus l'i.)
Endroit où aboutissent deux murailles qui foi>t
un coin. On a ménagé un cabinet dans celle
encoignure. Ficrie u'cutuiunuie.
ENCOLURE, s. f. Toute cette parUe dn
cheval , qui s'clend depuis la tète jusqu'aux
Épaules et au poitrail. Belle encolure. Vilaine
encolure. Ce cheval a l'encolure fine. L'enco-
lure du cygne. L'encolure chaigée, déchargée.
Il est chargé, déchai-gé it encolure. lia l'enco-
lure d'un cheval d'Espagne, d'un Barbe, etc.
EscotCFE. se dit aussi ligurément et fanû-
iièrement Des hommes , pour signifier L'air ,
l'apparence ; et il se prend ordirairement en
mauvaise part. // a l'encolure d'un sot. C'est uu
fripon, et il en a toute l'encolure.
ENCOMBRE, s. m. Empêchement, embar-
ras. Je suis arrive jjns enconil'rc. Il est fa-
milier.
ENCOMBRE.MENT. s. m. Action d'encom-
brer, ou l'eirut de cette action.
ENCOMBIIER. \. a. î.mharrasser une rue.
un passa^^e ou queljiie antre lieu, de gravois,
de pierres, etc. Ces fossé-., ces puih sont ei-
cojn'Tes.
Encoi^cé, ée. participe.
ENCONTRE, s. f. Aventure. Vieux mot qui
n'est plus en usage. £oniic enconbe. On disnii
ausji autrefois Maie encontre, pour. Mauvaise
rencontre.
À i'eiCOSTIIE de. Phrase adverbiale. ConUe.
Il plaide pour un tel, à l'encontre d'un le/. Il
est vieux.
On dit figurément, MIer i l'encontre de
quelque chose, jwiir dire. S'y oppose.-, y être
conirïire. Je ne vais point à l'encontre de ee
6a
4.^2 ENG
nue vous iites. Cn dit absolument , C > «'
juste , personne ne va à Venconire. Il (. t du
style familier.
ENCOKBELLKMENT. «ubst. raasc. '.r.rm'
d'Architecture. Saillie |i,.rtnnt .i faux au-.lelà
du nu du mur, coimiir une console, uo cor-
beau, etc.
ENCORK. adviilicdc temps, qui s'emploie
pour le passe, pour le présent, et pour l'avïiir.
il rénnoit cniore il y a viiujl ans. EUc ■.•Mt
encore. Il vivra encore (lans viucjl ans. Il n'est
pas encore jour, encore nuit. Il n'est fias encorr
venu. H n'est pas encore en dije. Il est enoCfc
au lit. Il n'est pas mort, il respire encore, âl
n'est pas encore temps d'agir. On ne l'a pas tu
encore s'impatienter. Depuis vingt ans qu'ils
font ensemhle, ils sont encore à ni'oir la pre-
mière (jnerelle.
Il si>;nifie aussi. De nouveau. Donnez-nK'
encore à boire. Je veux essayer encore si j'y
pourrai réussir.
11 signifie aussi, De plus. Outre l'oré-e ((u'di
lut avoit donné, on lui commanda encore de. ._
On ajouta encore à cela , etc.
1] signifie ijuelfjuefois, Du moins. Encot
s'il voulait se reLUher sur cela, on lui pouiTO.
accorder le reste.
11 se niet(|Uclquefois avec la particule Muts
par opposition h IS on-seulement. Non-sculemen
il est h7'c/-ul, mais encore il est prodigue.
En Poésie, on dit indifieremmenl , £ncor,
ou Encore , selon le besoin.
Encore qie. Conjonction. Bien que, quoi-
no». Encore qu'il soit fort jeune, il ne loitsl
pas d'être fort sage. i
ENCORKÉ, ÉE. adj. Qui a de» cornes. Un
bilier haut encorné. Il ne te dit que dans le
style familier.
On app'jlle Jai'ait encorné, Un javart qui
vient sous la corne tlu cheval.
ENCOURAGKMKNT. s. m. Ce qui encou-
rage. Les Arts, les Manufactures ont hcsoin
d'encouragement. Les louanges sagement pin-
cées sont des cncouragemens à la vertu , pour
la vertu.
ENCOURAGER. T. act. Donner courage,
exciter, inciter. Encourager à bien jaire. Il
m'encouragea à cela. Ce bon succès l'a fort
encouragé. Quand il eut cncomagé ses soldats
Ils s'encourageoient l'un l'autre. Encoui agc
les citiens.
EncoubagÉ, ÉE. participe.
ENCOURIR. V. a. (H se conjusue comme
Courir.) Attirer sur soi, mériter, tomiicr en....
Il rie se dit que D:s maux ou des pcini-i qui
viennent des Puissances supérieures. Encourir
les peines portées par la l.oi. Encouru- les Cett-
sures Ecclcsiastiijues. Il a encouru e.xcommu-
nication . l'crcommunication. Vous encourrez
Vindiijnaiun. la haine de Dieu, du Roi. Sou^
peine d'encourir..,. Encourir le déshonneur.
Encourir l'infamie, la haine publique, le me-
pris public, lu honte, l'opprobre.
Eîtcocni:, i;r.. participe.
E^CHA.SSl.R. v. act. Reodie cnisseiix. /.u
^bai'c encrasse les habits.
ENG
r est aussi neutre. Laisser encrasser un
habit.
Il s'emploie avec le pronom personnel. La
veau s'encrasse quand on n'a pas soin de se
laver. Il y a des étoffes qui s'encrassent aisé-
ment.
-s'Encrasseb, se dit aussi figurémcnt et fa-
milièrement De ceux (jui s'avilissent eu se mes-
alliant, ou en fréquentant mauvaise com]>a^nie.
Il s'est bien encrassé par ce mariage. Il s'en-
crasse j'urieusement par tous ses mauvais com-
merces.
Enci\assé, ÉE. participe.
ENCRE, s. r. Liqueur noire, do.nt on se sert
pour écrire. Encre double. Bonne enci z. Encre
luisante. De l'encre bien nette. Cette encte est
trop blanche, trop épaisse. Cornet à encre.
Bouteille à encre. Tache d'e.ncre. Encre en
masse.
Ou appelle aussi Encre, Une compositioi:
noire et épaisse dont on se sert pour imprimer.
Ou appelle aussi Encre rouge, encre verte.
etc. Des liqueurs ou composition,' dont on si
sert pour écrire.
On dit figurément et familièrement , iVriti
de bonne encre, de la bonne encre à quelqu'un,
pour dire. En termes forts et pressans, e:
nième menaçans.
ENCnE DE LA Chine. Composition sèche cl
noire qui vient de la Chine, et dont on se sert
pour dessiner. Ji faut délayer Vencre de la
Chine pour pouvoir s'en servir. Dessin à l'cncri
de la Chine.
ENCRIER. ,s. u> Petit vase où l'on met de
l'encre. Encrier d'urgent. Encrier de verre.
Il se dit aussi d'Une sorte de planche ou d(
table carrée sur laquelle les Imprimeurs preu'
leiit avec leurs balles I encre dont ils noircissent
eur forme.
ENCROUfi. adj. Il se dit d'Un arbre qui esl
•)iTil)c sur nn autre lorsqu'on l'abatloit, et qui
est embarrassé dans ses branches. Les ordon-
.allées portent des dispositions relatives aiu
ÏKMs encroues.
ENCUIRASSER, et avec le pronom persor.-
tE.1, s'E^CI-':ilAssEB. v. 11 .se dit De la peau, dei
laiM.-mx, du linge, des habits, des étolTes, etc.
I n[uc. la crasse , la graisse , la poudre et l'or-
,1. e s'y amassent et s'y unissent fortement, l'ii
I- 1S eiicuirassé de poussièie. Du linge encui-
n .■ e d'ordures.
'.scmnASSÉ, ÉE. participe.
: '.NCUVER. V. act. Mettre dans une cuve.
E.: uvcr la vendange. Eniuver le linge.
tNCUvi-, , ÉE. participe.
ENCYCLIQUE, adjcct. des 2 genres. Circu-
Laira. Lettre encyclique.
H'HCVCI.OPÉDIE. ». f. Terme didactique.
Enci ainemcnl de toutes les .Sciences. C'est un
dessen fort vaste à un homme, que de préten-
dre a.:qucrir t Encyclopédie. Encyclopédie des
Sciences.
On dit figurém. d'Un ouvrage où l'on traite
de tcttes les Sciences, que C'est une véritable
Encyclopédie.
ENCYCLOPÉDIQUE, iidj. des 2 genr. Qui
END
appartient h l'Encyclopédie. Arbre encyclopé-
dique.
On dit figurément d'Un homme qui réunit
des connoissances de tous les genres, qu'il a
un esprit, une érudition encyclopédique.
ENCYCLOPÉDLSTE. s. m. Celui qui tra-
vaille ou qui a travaillé à l'Encyclopédie.
E N D
ENDÉMIQUE, adj. des 2 genres. Ce qui est
particulier à lui peuple, à une nation. Il s'ap-
plique surtout aux maladies. La lèpre étoit en-
démique en Judée, en Syrie, etc. La plique est
endémique en Pologne.
ENDIONTÉ, ÉE. adj. Terme de Blasou.Il se
dit d'Un pal, d'une bande et autres pièces com-
posées de triangles alternés de divers émaux.
Endenté, signifie aussi, Garni de dents.
Elle a la bouche bien endentée, mal endentée.
ENDETTER, v. a. Charger de dettes, enga-
ger dans des dettes. l'acJiat de cette terre l'a
fort endetté.
Il s'emploie avec le pronom personnel, il
i'est furt endetté.
Endetté , ÉE. participe.
ENDÈVÉ , ÉE. adj. Mutin , chagrin , impa-
tient, emporté. /! faut être bien endévé pour
s' obstiner à cela. Il est populaire.
Il est aussi sulalaniif. C'est un endévè. Il
fait l'cndêvé. Il est populaire.
ENDÈVER. V. neut. Avoir grand dépit de
quelque chose. Il ende'eoit de cela. Il endéve de
voir qu'on ne lui parle pas. Faire endCvcr quel-
i/u'nn. Il est populaire.
1-;M)I.ABLE. ÉE. adj. Furieux, enragé, ex-
tiéinemcnt méchant dans son genre. Esp-il e»*-
didlile. Chemin endiablé. Il est familier.
Il se dit aussi substantivement. C'est un en-
diablé, une endititlcc.
ENDI.ABLER. v. n. Il ne se dit guère qu'en
ce sens : f «ire endiabler quelqu'un. Il endia-
hloit des conirainle.î qu'on lui faisoit épouver.
Il est familier.
ENDIMANCHER, avec le pronom person-
nel, s'ENDIMANCIIER. v. n. Mettre .«es ha-
bits du Dimanche. Terme de plaisanterie , qui
se dit d'Une personne du peuple qui a mis se»
beau: habits. Il s'est endimanché, il est du
style familier.
EsuiMANCHÉ, ÉE. participe.
ENDIVE, s. f. Plante potagère du nomlire
des ciiicorées.
ENDOCTRINER, v. a. Instruire quelqu'un,
lui enseigner quelque science, quelque doc-
trine. A'oiiS n'avons rien oublié pour le faire
endoctriner. Il a été mal endoctriné. Il ne s<
dit guère en ce seus-li qu'en plaisantant.
Au figuré il signifie, Instruire de quelque
chose, donner les lumières nitessaircs sur quel-
que affaire. Il s'acquittera bien de sa commif-
sion, on l'a bien endoctrine.
Eaw)CTni>K, ée. participe.
ENDOMMAGER, v. a. Apporter du dom-
mage il Cela a endommagé les jrain», les
fruits. Le mur est fort emhitnmagé du uuf»
de canon. Il ne se dit que Ues choses.
END
EsDOMMAoÉ, ÉE. participe.
KMKiRMEUR. subsL masc. Il n'ert d'usagt '
qu'au fipuré. Fbueur, eniôl#nr. En ce sens
on dit provcrbialeic. C'est «n endormeur de
mulots.
ENDORMIR. V. act. ( Il se conjugue comme
Dormir.) Faîre ilnrmir. Endormez cet enfant.
On ne le saurott endormir. Il est dtiJicile à en-
dormir. Bercer un enfant your l'endormir.
Il se prend figurcnu'ut pour, Amuse*- quel-
qu'un, afin de \s tromper, et de l'cnipt^cher
d'af;ir. Il la endormi de belles poro/c*, avec de
9aines espérances , par de vaines promesses.
Il signifie anssi Kngourilir. Cela m'a en-
dormi la jambe. Il lui a fallu endormir le bras
avant (jue de le couper. Endormir la douleur.
Il y a des remèdes qui endorment le mid de
4ients.
Etidomuh , se met avec le pronom person-
nel, et signifie, Conmiencer à dormir. // s'en-
dort. Je ne saurcis m'endormir. Je me suis, en-
dormi sur les trois heures.
On dit figurëment et familièrement. S'en-
dormir^ pour dire, Négliger une afTaîre, man-
<|uer ï la vigilance, à l'attention nécessaire
C'est un }iomme <jui ne s'endort pas. Ce n>,st
pas un homme à s'endormir sur ses intérêts. }\
s'est trop endormi sur cette affaire.
On dit encore figurément, S'endormir dam
le vice y dans les voluptés, pour dire, Demeu-
rer, croupir dans le vice, dans les voluptés,
dans les délices.
On dit tifjurément par exagération. qw'Vnt
chtfsej une personne endort , pour dire, qu Elll
«inuie fort- Cette pièce est si ennuyeuse, qucl\
endort. Ce livre endort. La conversation de ci
aomm« m'endormoit,
EsnOR.'kn , ir.. participe. Ce tableau repré-
:<nte une lymphe endormie.
On dit au figuré, Un homme endormi, pour,
Un homme lent, peu animé; et Ln esprit en*
dormi^ pour. Un esprit paresseux.
On dit aussi figurément, Endormi, pour
Engourdi. J^ai la jambe endormiCy le bras en*
dormi.
ENDOSSE, s. f.(La pénultième est longue.)
Le faix et toute la peine de quelque cliosc.
Vous en aurez l'endosse. Donner lendosse. Il
est du style familier.
ENDOSSEMENT, s. m. Ce que l'on écrit au
dos d'ua acte. Il se dit surtout en parlant Des
lettres de change. Mettre l'endossement y son
ettdossement sur une lettre de change. Cette
leitre de chanije a plusieurs endossemens.
ENIX)SSER. T. acl. Mettre sur son dos. Il
oVit guère d'usage qu'en cette phrase, Endos-
ser U /larnoîj, la cuirasse. On le dit aussi en
plai!,.-intene, en parlant De celui qui prend le
paru de la robe. H porte la robe au Palais ^ il
lui a fallu endosser le haruois.
F-TïDosstn, s« dit aussi figurément, pour,
Cbarger quelqu'un de quelque chose de dcs-
agréahJe, de ftrhcui. On ta endossé de cela.
Il est du nyir familier.
On dit. Endosser une lettre de change, une
promeste, etc. pour dire. Meure le reçu au dos
END
de la lettre, ou simplement la signature, ou
l'ordre de payer à un outie.
Endosse, £e. participe.
ENDOSSEUR, s. m. Celui qui met son nom
sur le dos d'une lettre de change pour la trans
porter à quei<[u'uti. Il y a plusieurs entiosseun
solvables à cette lettre de channe.
ENDROIT, s. m. Lieu, place, partie d'ui
espace éiendu. VoiVi i'cnciroit où l'on veut bâ-
tir. Vous le trouverez en tel endroit. Voilà l'en
droit où fit tué un tel Général. Cette nouvcH
me nient de plusiours endroits.
II se dit aussi Du corps. Voilà Verdroit où
il est blessé.
Ekdroit, se dit populairement Du lieu où
un homme est né. Cet homme est de mon en-
droit. Il est allé dar^ son endroit.
l\ se dit aussi Des choses qu'on mange cl
qu'on coupe. Donnai-moi de cet endroit-là. Je
m^en vais vous donner d^un bon endroit, du
bon endroit.,
Il se dit encore d'Uuc partie d'un Discours,
d'un Poënie, d'un Traité. H y a un bel endroit
dans ce discours. Voilà le bel endroit. Il sait
les plus beaux endroits ^Homère j de Virgile.
On dit figurément , quX n homme se fait
l'OT, qu'il se montre par son bel endroit, poui
dire, qu'il se fait voir par les choses qni liu
sont les plus avantageuses.
On dit au contraire, qu'// se montre par son
mauvais endroit ^ pa» son vdam endroit, par
un vilain endroit. Il est familier.
f)u dit aussi figurément en parlant d'Un
homme, CVst le plus bel endroit de savie, pour
dire, C'est la plus belle partie de sa vie; et
pour dire le contraire. C'est le vilain endroit
de sa vie.
On dit encore. Prendre guelgu'un par son
endi'oit sensible^ par son endroit foible y pour
dire. Le prendre par ce qui l'intéresse le plus.
Il se prend quelquefois pour Le beau côté
d'une étofle, et il est opposé h L'envers. Voilà
l'endroit de ce drap. Quel est l'endroit?
En mon endroit. En votre endroit. En son
endroit. En leur endroit. Façons de parler ad-
verbiales, qui signifient, Envers moi, envers
vous, envers lui, envers eux. À l'endroit d'u«
tel. Ces façons de parler sont hors d'usage , si ce
n'est dans le style de Pratique.
On dit anssi en termes de Pratique , Chacun
endroit soi, pour dire, Chacun pour sol , cha
tun pour ce qui le regarde.
ENDUIRE. T. a. Couvrir d'une couche, soit
de chaux, soit de pUlre,on autie matière dé-
trempée. Enduire une muraille de ptàtre. En-
duire un vaisseau de qoudron.
INDUIT, rrE. participe.
ENDUIT, s. m. Cimche de chaux, de pLlre,
etc. Il se dit proprement de celle qu'on appli-
que sur les murailles. Un enduit de pldtrc.
Faiie un enduit.
ENDL'R.VNT, ANTE. adj. Qui souffre aisé
ment 1rs injures , U contrariété , les mauvais
procédés. Ce n'est pas un homme endurant. Il
n'est pas d'humeir endurante. Il n'est pas trop
endutiint. Cet homme u ôfé 6icn endtaant.
ENE 4<,3
U s'emploie plus urdinaiiement avec la nég»-
tivc.
C'est un homme mal endurent, une femme
peu endurante y pour dire, que CVsl une per-
sonne colère, et qui a le ressentiment vif.
ENDURCIR, v. act. Rendre dur. Le grand
air endurcit la pierre. Donner une nouvelle
trempe à du jer pour l'endurcir davantage.
KNnLncm, signifie aussi, Rendre fort, rcn-
ire robuste. Le travail endurcit le corps.
Il signifie encore. Accoutumer à ce qui est
dur, fâcheux, pénible. H est bon d'endurcir de
f>orme heure les jeunes gens au travolly aiLv in-
tempériesde l'air, aux privât ions, à ladouleiu.
On dit aui.M , Endurcir aux injures , aux
affronts, aux coups.
Il signifie aussi. Rendre impitoyable, ioseik-
sible. L^avarice lui a entiurc-î le cœur.
Esonncin, s'emploie avec le pronom pei*-
sonnel, et signifie, Devenir dur. Le corail s'eti-
durcit à Voir. La plante des pieds s^endurcit à
force de marcher.
On dit aussi, S^endurcir au travail, à ItL
peine, pour dire. S'y accoutumer.
On dit figurément d^ns le même sens, S'en-
durcir dans le vice, dans le crime, pour dire,
Contracter l'habitude du vice, du crime, an
point de n'en avoir plus de honte, de remords.
On dit aui«î dans le même sens, S'endurcir
au crime, à la douleur, aux misères d'autrui.
L'Écriture- Sainte dit, que Dieu endurcit le
tœur des pécheurs, pour dire, qu'il les abau-
donne h leur cg;irement. Dieu avoit endurci Je
cœur de Pharaon.
Endcbci, lE. participe. Vif homme endurci
aux coups, à la peine, au crime, etc.
ENnURCISSE:\IENT. s. m. Il n'eal point
d'us.^^e au propre, et signifie figurément L'ét.it
d'une Âme qui n'a plus de sentiment pour U
vertu et pour les choses de Dieu. Cela margne
un grand endurcissement. Tomber dans l'en-
durcissementy dan% l'endurcissement de cœur.
ENDURFR. V. a. Souffrir. Endurer du mal.
Les peines que j^endure. Endurer du froid. En-
durer un grand froid. Endurer la fiim , la
soif.
Il signifie quelquefois, Supporter avec pu-
tiouce, avec fermeté, avec constance. Il y a des
gens gui endurent les injiwes , les opprohrei,
les adversités et les persécutions mieux guc les
autres.
Il signifie aussi Permettre. N^endurez pu
qu'un fasse tort à personne.
EnDvniytt. participe.
EUE
ÉnÉORÉ^IE. subsl. m. Terme deM-deene.
Espèce de nuage ou substance légère qni nage
au milieu de l'urine.
ÉNER(;iE. 5. f. Efficace, vertu, force. Il se
dit prinripalrment Du discours, de la parole.
H y (I dans les Prophètes des expression» d'une
qrande énergie. Il f\t un discours plein d'éner-
gie. Parole pleine d'énergie. S'exprimer avec
énergie.
Il se «lit nuf si De la conduite dai:s Ici • boscs-
494 ENF
piibliiincs et privées. Vue r.dmlnntratinn
lileinr d'énaqi -, Il se comporte avec henucouf ■<
tCénenjie.
ÉMînCIOUn;. adj. des 2 genres. Qui a de
l'énergie. Style énerjiijuc. Discours éner<jique.
Ce mot est fort énertjiqiw. Termes énergiques.
Une conànite énergique.
ÉNERGIQCEMi;>l'- ••><'^- 1'""= nianiùrc
inergicfue. Il lui jMrla éiiergiquemcnl. Il s'ex-
prime énerqiq:lemenl. Il se compnite c'neriji-
quement.
l'';Nl!;RGtIiVlfcNE. «. des a g. Possède du
dinhlc. J^.rorciser un éncr<jumène
Ou le dit au figuré, d'Un liomme qui se
livre à des mouveinens exccssiis d'ciitlmu-
sia-'iine, de colf'îrc. C'est ur* éucrqumène.
KNERVER. V. 11. AIToiblir par la d.^ijauolie ,
ou par quelque auti"c cause. Le Ir-op qrand
uSttqe tin vin eU capable d'énervtrr un homme.
Sci tlébniiches Vont cncn'é. il s*t.'sl cnervé à
force de déhanches.
Ou dit lii^urénicnt. que Les voluptés éner-
vent, (qu'elles énervent le cmiraqe, pour dire,
qu'Elles amollissent, qu'elles afToildissrînt te
Éournge. Et ou dit aussi iignrément, que Le
trop de .soi/1, le trop d'ornement énervelc style .
pour dire, qu'il. le rend Ibiblc et lâche.
Kneiivé, ÉÎ. participe. Vn corps énenié pur
tes excès.
E K F
ENFAÏTK.AU. s. m. Tuile creuse qui se me!
«or le faite d'une maison.
ClNF.llTEMEN i'. s. m. Table de plomb qui
se met sur les liiites des maisons couvertes d'ar
doises. Des crochets de fer arrêtent el soutien-
nent les eiifittemens.
ENFAITER. v. a. Couvrir le faite dune
nialson avec de la tuile ou du plomb, etc.
ICspAÎTÉ, K£. p.irticipe.
KNK.\.\CE. s. f. L'ilgc de rLoinme depuis
la naÎMarcc jiisqu'i douze .ins ou environ. De;
mon enfance. Dans mon enfance. Dans la plus
tendre enfance. Dés sa plus tendre enf.ince.
Sortir de l'enfmce.
On appelle Enfance, Une puérilité, quel
.lue cliose qui convient à un enfant : C'est un.'
vraie enfance ; et en ce sens il a un pluriel. C^
sont là des en'f-nces.
Être en enfance^ tomber en tnfinee, se dii
d'Une vieille personne qui est imbêciie, qui
n'a plus l'us.i^e de la raison.
Ilsodit li;;nriiuent quelquefois pour Coin-
iiencement. l.'cnjiinct du monde. L'enfance d(
la société. L'enfance de la R'pnldique. L'en
fance de Rome, !'c.
ENFANT. ». m. Fils ou lillc par relation au
p^r8 cl à la mère, jlvoir des enfnns. Enftin:
ni, île. Une fenune qui est tjrosse d'cnfiint, en
mal d'enfant, en travail d'enfant. Être c/iui /;
d'enfons. Une mère qui aime f'trt ses enfans.
C ette mère souffre tnntes choses à ses cnfans ,
ellejes (u1te. Enfant qtitc.Enfins mineurs. En
fiint adoplif. Enfant d'adoption. La parabole
:1c VEnfanl jrrodiqne.
Il s« dit nukiil par cxteimon , Des fteiits . fils
ENF
et arriire-petiLvfîls. C e père <Ic famille a dine
(U'ec tous ses tnfans.
Il se (lit encore, pour sif^nifîcr, Tous It-a
Jescendans d'une même snuclie. Nous sommes
tous enfatis d^Adam. LesJmj's sont af'j'vlés le>
cfifans (i'/.NToeL
On -.iyYyvWe Enfans de b'raticCj }^e<i Princes
cnfans Icf^itimcs des Hois . et ceux qui descen-
dent des aines. Gouverneur des en/iins i:(
France. Gouvernante des enfans de France.
On dit. Enfant deParis^ enfant de Lyon,
enfant d'Orléans, etc. pour dire, Natif do
Paîis, de Lyon, d'Orléans. il u'eitfiuedu style
familier.
On dit fîpircjîicnt , que A'ous sommes en-
Çana de Dieu pnr la qiùcc, «jne tous les Fidèlei
tant cnfans de Dieit^ enfans de lEqlisc.
On dit en style de IKcrllure Sainte, qu<
Tous les hommes naissent etifarts de colère
parce qu'ils naissent daiu le péclié originel.
On dit aussi en style de l'Ecrituie-Sainte
Enfans de lumière, enfans de tcnèhres.
On appelle aussi fii;urémentet poétiquemeni
Les Guerriers, les Poêles, Enfans de Bcllont
au de 3i(ij's, Enfans d'Apollon.
On dit proverbi;ilenient et £;^ure'ment , qu<
i.es menteurs sont enfans du Diable.
On appelle ï-ts enians d'un Maitie de Je;|
ie Pnume, Les cnfans de la halle.
On appelle Hgurémcnt, Enfans de la halle.
Les enfans qui exercent la profossion de leuri
jiêrea, et qui sout censés la faire mit;ux que lei
jutrcs.
Eniant , se dit encore d'Un garçon ou d'uni
Elle en bas âi;c , et jusqu'à l'âge de dix ou doiiza
ins^ sans aucune relation au p-ie et à la mère.
Vn bel enfant. Un petit enfant. Un joli enfant.
Vn enfant opiniâtre. Vn enpmt à la mamelle,
Vn enfant qui telte. Sevrer un enfant. Un en*
{ont niorl-né. Un eiifant bien né. Un enfa.nl
naî né. Pleurer comm:: un enfant. Badiner
:omme un enfant. Des jouets, des habwle^<
i'enfans.t
On dit proverbialement, Faire Vcifantf
[)our dire , Biidin.*r cnnimc un enfant , s'amuseï
i des choses puériles; Se conduire comme un
rnjtinï, parler comme un enfant^ pour dire,
Agir sans niflexicK», tenu* des discours puérils.
Ou dit à quelqu'un qui a fait une faute,
lu'On le traitera en enfant de bonne .viaison,
pour dire, qu'Un le cLûtiera sans l'épargner. Il
rçt fiiniilier.
On appelle Enfans trouviU , Les enfani
•(u'on trouve (xi>oscs^ et dont le pure et l.i
ni«rc ne se font pus connoitre.
On dit provcrbialrnicul , quand on veul
assurer (ju'on n'est point coupable d'une chosn
dont on est accusé. qu'On en est aussi inno-
cent qwj l'enfant fjui vient de naître^ fliii est a
naître.
Quand il s'a:;ît d'une cliosc sérieuse et îm
portante, on dit, que Ce n'eêt pcs un jeu
d'enfant^ ce n'ect pas jeu dcjifanl.
On appelle Lnfant de C ''«ur. Un enfant
dont l'emploi est de cbantir dans lli^glise, et
de r.crvir îi quelques autres fonctions du Chœur.
ENF
On niipoloit autrefois En fins perdus^ Les
soldats (irl.'icliés qui commençoieiu l'attaciue
un jour de combat. Coinniundcr les enfans
perdus.
On appeloit Enfans d'honneur^ De jeunes
i;ens de (|ualilc qui étoient nounis auprès d"nu
Prince pendant son bas .if;e.
E.NFAST, est aussi uii terme dont on se sert
piir flalteric et par fantiHarite. C'est un bon en-
fuit. Mon enfant.
En ce sejîs on le fait quelquefois fcminio an
sinjçulier, en parlant d'Une fort jeune fille,
l'oi/ù une belle enfant Vous êtes une jtdie en-
l'tnt. CV.st la meilleure enfant du monde. La
pauvre enfant.
On dit aussi familicrem. , en parlant d'Lhie
jeune femme d'un caractère doux et facile,
C'est une bonne enfmty une bien bonne en^<int.
On dit pruverbiatenicnt,. quand on voit un
i-nfant qui a de la raison et de l'esprit de
Imnne heure-, qu7/ n'y a plus d'cnfans.
On dit d'Un enfant, C'est l'enfant de sa
mère., pour dire, qu'il lui ressemble, qu'il a
toutes ses manières.
On s'en sert aussi en parlant & des inicrieiivs.
dllonsy enfans. Couraçje, enfans.
]'on enfant^ est aussi un terme dont on »e
icrt lorsqu'on veut parler avec un air de bonté
DU d'intérêt, d'aflàbilité, à des Rcns cMrême-
lucut inférieurs. Mon enfant, dites- moi , etc.
\lon enfant, allez avertir mes gens.
EiVrANÏEMLIST. s. m. Action d'enfanteo.
F(iri7((cr l'en/antemenl. ilûler l'enfantement
Ces douleurs de ienfintement.
On dit ftgiu-cnient d'Un Auteur q:ti finr -
|;ose avec beaucoup de difiicuiié, que Lorstju'd
Iravaille, il est dans les douleurs del enfante
ment
ENFA?ÎT£R. ▼. a. -Accoucher d'un -niant
fl est dit dans l^ Ecriture Sainte , une Vierqv
roncevra et enfantera un fih. Ueureiue la mère
ijui Va enfanté!
Quand quelque projet, quelque dessein,
rjuelque promesse qui a fait beaucoup de bruit
it d'éclat dans le monde, ne produit rien qui
réponde i lespcranee qu'on en avoit conçue.
»n dit, que C'est la monta me qui a enfunU
une soui'is, qui enfante une souris. .
On se sert d'ordinaire de ce mot Ew/tinfcrj
absolument et sans régime. Enfanter avec dou-
leur. Après qu'une femme a enfante.
Il se dit Gi^urcraont Des productions d'espril.
Cet auteur, tous les ans, enf mie de gros vo-
lumes. Il enfante avec peine.
On dit aussi il^urément, Les guerres civiles
enfantent mille maux dans un Êtut
EsiAsrÉjÉE. purlicipe.
EM* ANTILL.4Gi:..n. m. Discours, manii^res
qui ne convicnncut (]u à un enfant II ne se dit
[ue Des persouues qui ont passe l'cnfane*.
('our un bomme de j otrc (;qc, de votre carac-
tère,voilà hwn de l'enfant dlage. Il est familier.
EiSEANTlS, L\E. adj. Qui est d'entint.
Visage enfantin. Voix enfantine.
ENf AlUN'ER. V. a. Poudrer de farine. Un
bateleur, un boufjon qui s^enfarine le visage.
ENF
KNrAtîisK, ÉE. participe.
On dit pioverliialement qu'Un homme e^
vettUf la nueule enfarinée, dire ou f lire tjuehpti.
rhose, pour dire, tpi'Il est venu inconsidon-
ment et nvcc iine sotte confiance.
On dit familiènmicnt , qu'f/n homme est en-
fariné de quciaue chose , de <pe/(jue science, etc.
pour dire, tju'Ii n'en a qu'une légère teinture.
On dit de nn>uie, qu'Un /lumme est enfa-
riné d'une opinion y de quelque m om- aise doc-
trine y pour dire, qu'il en est un peu pré-
venu.
ENFER, s. m. (On prononce le R.) Lieu
.'estiiiL- pour l."* supplice des damnc&. Les tour-
mens de l'enfer. La crainte de Venfer.^Ienacer
de Venfer. LUnfer est le parlaqe des réprouves.
JÊsus-CiinisT (I promis que les portes de l'enfer
ne prévaudront point contre son Église. Les
puissances de Venfer. Furie d'enfer. Monstre
que l'enfer a vomi. ,
Kd ce mot le pluriel n'ajoute rien à la signi-
fication du singulier. Ainsi, .-/u /ond des en-
fers y ne veut dire autre chose «ju'Au fond d«
l'eofep.
Il se dit nussi au pluriel , Du lieu où ctoieni
les Jnies* 4ue >otre-Si i^aeur délivra sprcs s.^
juort. jKsos-CBnisT est descendu aujc enfers.
On dit figurémcnt d'Un lieu où l'on se dé-
plaît, ou l'on est e.xtrcin ornent gêné , tourmen-
té^ ou il y a beaucoup de coofusian et de désor-
dre, que C'est un en fer j un vrai enfer. C'est
un enfer pour moi que celte maison.
On dit encore fiflurément, Porter son enfer
0vec SOI, |iOur dire. Porter son supplice avec
soi. Les mèchans portent leur enfer avec eux.
On appelle fij;uiémenl c' provcrbialenjent.
Tison d'enfvr. Un luccltant homme qui evcJtc
ri qui porte au mal, ou qui cause de grandj
maux pnr<c5 discours, ou par son exemple.
E>rEu , bignîfie ausâi Ggurément , Les Dé-
mons , les Puissances de l'cufcr. L^enfcr en gé-
mtl. L'enfer se déchaîne contre lut.
Enker, en termes de Chimie, est Un Tais-
seau propre ^ calciner le mercure. On l'appelle
nusai Enf-r de Boyle.
Enfeos, an pluiicl, se prend encore pour
Le fieu où les Païens cro^oient que les ânics
alloienl aprî-s la mon. Orphée alla chercher
Eurydice au.x enfers. Hercule ci Ênèe descen-
dirent aux enfers.
ENFERMER, v. a. Fermer un lieu en telle
loric, que le» (wrsonne» qui y sont ne puissent
pM en sortir, ou >pis les choses qu'on y a mises ne
pui!>5entpasètrcdérolH'es.£n/^-rnierun fommc
dans une maison. Enfermer des habits doits
un coffre. Enfermer de* papiers ^ des livres
<lans im cabinet. Enfermer des cl evaux dam
une ècuiic Enfirmer à la clef , sous la clef
Enf-rmer entre quatre murailles.
Eïi'uiujin, te dit ab^ilumeut, pour dire, |
Ue|b« un lionune daiii un lïôpitjl de f.ius .
diiis un lieu de corrrclioti , etc. C'est un
homme à enfermer. Ses dtporleniens l'ont fa
enfermer.
On dit proverhi.ilrnient et fi^nrénient d'Un
Chirurgien qui a hiu^i fermer une pluie trop
ENF
tôt, et qui ne la ^ut-iie que superâcielleme. t ,
qn'// a enfermé le loup dans la bergerie.
Il i.i^ni(ie au.^sl , Environner et clore d^'
toutes paits. Enfermer un pure de murailles
Enfjrmer de haic.<. Les ennemis se sont laif^st
enfermer entre deux rivièreSj entre deux mon
tagnes.
Ou dit, S'enfermer dans une Place, poui
dire, Demeurer dans une i lace qui va êtr<
jssicgée, pfjur la défendre.
5Vn/frmer datts un Cloitre, pour dire, ii
f.iire Religieux.
On dit. S'enfermer avec un malade^ pour
dire , S'enfermer avec quel ju'un qui lomljc
inâbde, pour y dcmemer jusqu'à la Qn de su
maladie. Elle s'est er^fermée avec son mari qn
a la petite vérole.
On dit encore, S'enfermer, pour dire, Sf
retirer dans son cabinet, et n'y vouloir voir
personne. On ne saurait le voir, il s'est en-
fermé.
EtKFEKMEn , signifie figui^mcnt. Contenir,
comprendre. Ce passage enferme beaucoup Jl
vérités. Cet article, cette proposition , en enfer-
ment beaucoup d'autres.
EsKERHi^, ÉE. participe. Il s'emploie commi
substantif dans cette phrase, Sentir l'enfermé;
ce qui se dit d'une chose qui sent mauvais, ù
cause qu'il y a loug-tcmps qu'elle n'a clt-.i l'air.
Cette chambre sent l'enfermé. Et dans ce seul
on dit ausai et mieux, Renfermé.
E>'FERREK. v. a. Percer avec une épéc,
uiit piquR, une hallebaroe, un cpieu. Enferrer
Son emitmi.
Il s'emploie avec le pronom personnel. I!
s'cxl cn/è;Té lui-même.
Ou dit n^urément et ûmilièrcment, iS'en
ferrer^ pour dire, Se nuiie inconsidéréincnl ^
soî-mt^nie par ses paroles, ses raisonnemcns. sa
couduile. Il nous a conté son affaire , et en
nous parlant il s'est enferré lui-même. Laisser
/tî venir ^ lais^icz-lcs parler y ils s'enfetreronl
d^eux- mêmes. Son argument prouve le con-
traire de ce qn il veut établir, il s'est enfenè
lui-même.
ENPEnnÉ, ée. participe.
ENFILADE, s. 1. Il ne se dit proprement
que d'Une Ionique suite de cli.unbrcs sur une
même ligne. Une lonque enfilade de chambrci..
l y a une belle enfilade dans ce bâtiment.
On dit fis;nrément, Une longue enfilade de
phra%es. d'épithetes, pour dire, Unt* ioncue cl
''iMiuycuse suite de phrases, d'cpitiiètc«.
EsKiLAUE, se dit au jeu du Tricrrac. d'Un
;cu mis en un Ici état, qu'un ne peut presque
cviicr de perdre le tour, il ne sawx:''t év*iet
l'enfilade.
i-.NKiLER. T. act Passer uu GI par le Irou
d'une aiguille, d'une perle, etc. £ii^i/erune <Jt-
ijuille. Enfiler des pertes. Enfiler u/i chapelet,
un biacelet.
Ou du proverbialement, Je fi« sui'x pas venu
ici pofir enfiler des pet les ^ pour dire, Pour m'a-
mus/T-'i dc> bagatelles, pour piitircmun temps
à des eli'>«i« frivoi'-s, iu.itih'>. El on dit De c«t-
t^nes cl.uscs qui «ont plus dillîcilcs .1 faire qu'il
ENF
/io^
uc paroU , ^ue CcJj ne s'enfile pa's comme des
perles.
On dit, Enfiler un chemin , une route, ui. :
allée, pourdire,Preiidreun chemin, une route,
et Les suivre.
Enfiler le degré , pour dire , S'dcliappei viii
;'ar un degré. Il est du style familier.
Lt proTerbialem. Enfiler la i-enclïe, poar
ire. S'enfuir.
Ou dit figurémenl et familièrement, Enfder
in dùcouri, pour dir«,S'eQgai;er, s'embarquer
Juiis un long discours.
On dit, Enfiler une tranchée : le canon de
'.a place enfile la tranchée, poui dire, qu'il la
Ml eu ligne droite. Il fautquun Ingénieur ail
vin que la tranchée qu'il tr.ice ne soit pas en-
ilée. Le feu de la Place enfle cette tranchée.
, On dit dans le même sens, que Le t;enf enfile
ine rue.
KsFiLEn , se dit familièrement en parlant du
leu, pour signifier, En^aijcr quelqu'un dan>
une partie desavantageuse , l'entrainer dans une
grosse perle. UnescrocVa enfilé dans un tn'pol,
n lui a gagné dix mille écuj.
On le dît aussi familitrcmeut, pour. Enga-
ger quelqu'un dans une couversalion longue et
riinuycusc. Je me suis lai>sc enfiler par le plus
inmpportable bavard^ qui m'a tenu deux heures
ù cntentbe son rabâchage.
EiiFiLi:a, avec le ptouom personnel, so dit
lu 'i'ricLrac, quand on a mis sou jeu dans un
tel désordre, qu'on ne peut éviter de perdre le
tour ou plusieurs trous. Il s'est cn/i/e' pour
avoir trop pressé son jeu.
On dit aussi : Il a fait un sonnez qui Va en-*
j'i/e. lia étécnjîlé par un sonnez, par un quine.
On (lit aussi, eu parlant Uujeu en général.
S'enfiler, pour dire, Se laisser aller ù faire une
perte considt'ra!)le.
l'.NFii.É, LE. participe.
ENFIN, adv. Après tout, pour conclusion,
bref, en un mot. Enfin cette ajjiiire est termi-
née. Eupn il m'a dit que... Enpn pour abréger.
Puisqii'etijîn vous le voulez. Car enfin que
pouvo^'.-il faire:' Maiienfinque vous a-t-il dit^
ENFLAMMER, v. act. Alhuncr, mclUc eu
feu. Une seule étincelle en^ammc de la poudre
à canon. Tout le Palais fut enflammé dans un
montent.
U s'emploie avec le pronom personnel. On
iHt tout le l'aisscau s'enflammer en un instani.
Ce bois-là s'enVimme jactlenient. Les roues d'un
chariot s'enllamtnent ptu- ht rapidité" du mou-
vement.
Eitt'LAM-MtK, 6i!;nine (igurémcnl, l!!clauni-r,
donner de ht cl.aleur, de l'ardeur. Le i>in en-
flamme le sang et les esprits, enflamme la b:le.
i'et onguent a en/2dmmé l'otie plaie. La colère
cn'Janime les yen c enflu^nme le visaqe.
il i>i;;niGe aus^i fi.;urément. Exciter, irriter.
C(' sont tws péchés '/ui uni enflammé la colère
de Dieu.
U m: dit auMi G^nriimeot 13c l'amour. Ses
ycue enflamment tous les caun. Vardem qui
Icn/Iiimnie.
lise nkd atbai nu réfléihL D*abùrd qu'il vtl
Sç)6 ENF
eettf fdle, il s'enflamma d'amour. Dit tpt'on
lui parie de cela , il s'enflamme de colère.
Esri.AMMÉ , ÉE. participe.
ENFl.ÉCHURKS. s. f.pl. Terme de Marine
Cordes qui traversent les haubans, et qtu ser-
vent d'cclielons pour monter aux Imnes, au
haut des mâts.
ENFLER. V. 0. Keniplirde vent ou d'autre
ïliose qui donne une p!"s grande extension
iju'à l'ordinaire, qui f.iil evcéder la grosseur ou
1,1 mesure ordinain-. Enfler un ballon. Enfle
une cornemuse. Knjler la joue. Enfler les joues.
Enfler les voiles. L'iiydropisic enfle le corps.
Les pluies ont enfle la rivière.
On dit figurcment, Enfler le coeur, enfler
le courage, pour dire, Augmenter le courage
Cela lui a enflé le couraije. Ce bon succès a en-
flé le cœur aux troupes. Par leurs promesses ils
enflaient ses espérances.
Ou dit aussi quelquefois , Enfler , pour dire.
Leorgucillir , donner de la vanité. La prospé-
rité l'a extrêmement enflé. Cela l'a tellement
enflé, que Von ne peut plus vivre avec lui. El
U)solument , La science enfle.
On dit figurénient et familièrement d'Un
glorieux, qu'yi est enflé comme un talion.
On dit aussi Bgurement, Enfler son style,
jjour a"ire, licrirc d'un style ampoulé.
On dit aussi figurcment. Enfler le caliier-,
enfler les rôles , pour dire , Y mettre des choses
inutiles afin de les grossir.
On dit aussi. Enfler la dépense, pour dire,
y emplover de faussns parties pour la ijiossir et
b faire monter plus haut.
On -iit dans le même sens , Enfler un mé-
moire, un compte.
Il est aussi neutre, et dans le propre et dans
le figuré. Les vemns font enfler le corps. Les
jambes lui enflent à vue d'wil. La rivière enfle
tous les jours.
Il s'emploie avec le pronom personnel au
propre et au figuré. La rivière Renfle. Ses jam-
bes commencent à s'enfler. Il s'enfle d'orijueil.
Il ne faut pas s'enfler des bons succès.
Esi-LÉ, ÉK. participe. Un corps enflé.
On dit absolument, d'Un hydropique, qu'/i
eti enflé.
On dit figurém. Un rflle enflé, unslyh enflé.
ENFI.URIi. t. f. Tumeur, exlinsion, gro»
«cur , bouffissure qui sur^'ient extraordinaire-
men* en (jnelque endroit du corps. L'enflure de
Vhydropisie. Uncenflurequiinent d'unefluxion.
d'un coup reçu, ou de la morsure d'une Inti
vernnicuse.
On dit figurcment. L'enflure du .ilyle, poiu
dire, Le vice d'nn style enilc.
On dit aussi figurémeat, L'enflure du avur,
yoar dire , L'orgueil , la vanité.
E.M'ONCEMEIVT. s. m. Ce qui paroît de
plus éloigné, de plas reculé dans un lieu en-
fonce. Dans Vcn(onccmcni de la vallée il y
avait uti ruisseau. Un enfoncement dans la
perspective, dans la peinture. Un bel enfonce
ment. Vo'là un beau taMeau ; on roi't dan
l'enfoncement de ce théâtre, un Palais, uru.
canipaijne, etc.
ENF
À II .signifie aussi I, 'action ii'eafona^r, de rom-
yi pre , de briser. L'enfoncement d'une porte,
d'une barricade. *
ÇNFO?JGER. V. a. Mettre au fond, pousser
vers le fond, faire pénétrer bien avant. Enfon-
cer un vase dans Veau. Enfoncer des pieujr.
Enfimcerdes pilotis. Enfoncer un clou dans în
muraille. Enfoncer le burin dans le cuivre.
Enfoncer un poiqnard dans le sein. Il lui cn-
fon{;a son éf-êe ]us(ju'aux qardes.
On dit, Enfoncer son chapeau dans la U'ir .
pour dire, Faire que la tète entre plus avani
rians le chapeau.
Enfoncer , signifie aussi , Rompre , brise;.
Enfoncer une porte. Enfyncer un cabinet. ÎU
enfoncèrent le plancher. La bombe enfonça la
l'Otite de la cave. Enfoncer une cote.
On dit , Enfoncer un bataillon , enfonce
un escadron , enfoncer les ranqs ,, pour dire.
r,es percer, les rompre, les renverser en don-
oant dedans.
ENroNCEii. V. n. Aller au fond. Lu nacelli
enfonça dans l'eau. Un cheval qui enfonce dam
la houe jusqu'au poitrail.
s'Enfonceu. Pénétrer bien avant vers l'i
fond , vers le bout. S'enfoncer dans le bois
S'^enfmcer dans une caverne. S'enfoncer dam
le In.
Il se dit fi^uit'mcnt avec le ptonora person-
nel, pour (liiC, Se donner tout entier à quel-
que chose. Cet homme s'enfonce dans l'étude^
dans la déhanche^ dans le jeu.
On dit provrrltîaleitient de quelqu'un, qu'/l
enfonce une porte ouverte. Voyez liNFosCEUB.
Enfoncé, ke. participe.
On dit , Avoir les yeux enfoncés dans i .
tête, pour dire. Avoir les yeux creux.
Kl on dit fij;urément d'Un homme épais vi
stnpide , qu'// a l'esprit enfimcC dans la ma-
tière : et d'Un bomra;' profondément occupé,
iiu7I est €nf:>nc€ dans ses méditations.
ENFONCEUR. s. m. Il n'est fi^uère d'usni^e
que dans cette manière de parler proverbiale :
Enfonceur de portes ouvertes, pour ignifier,
Un liommc qui se vante d'avoir fait une choso
trés-facilf- , comme sï elle eût été* fort dîllicile.
FNFONÇURE. subet. f. collect. Toutes Ici
[)ii:c » <pii fout le fond d'une futaille, d'un
tonnrou , «te. 1 oute l'enfonçure de ce muid-là
ne faut rien.
Il 8e dit aus« De i 'afcsenil)1age de^ ais que
l'on met au Iviii d'un iit pour en soutenir la
paillasse, Ipjs niatalai. Une enfoncure de lit.
KNF()Kr;iK. V. a. Rcniire plus fort. Enf>rcn
un nwir. La bonne nourntwe a enforci ce che-
'^lI. Il cftt de peu d'usage en parlant Des per-
so oncsi.
Il est ausfïi neutre, et si^ifie , Devenir plus
'"ort. Ce cheval en forcit tous les jours. Cet enfant
a ^jiforci de. moitié.
U s'emploie dana le m^me sens avec le
pronom jursonuel. Il s'enforctra. Ce vin s'en-
forcit à la qelée.
EFi'onci, [E. participe.
KNFOUIR.*. a. Gacliet en terre. Enfouh
. un trctor. Enjouir de l'arqent. f
ENF
On dit aussi, Enfouir du fumier, enfouir
des plantes , des arbres , pour dire, Les mettre
en terre, les couvrir de terre.
On dit figurcment, qu'/l ne faut pas enfouir
le (aient ijue Dieu nous a donné; et absolu-
ment, qu'il ne faut pas enfouir le talent, pour
dire , qu'il ne faut pas laisser inutile le talent
qu'il a plu il Dieu de nous donuer.
EsFOni , lE. participe.
ENFOURCHER, verb. act. Monter à chevtl
j.'imbede-çù, jambe de-là. Cfllcpinmcen^liurclw
un cheval comme ferait un cavalier. Il n'est
i]ue du style familier.
EsrotincHÉ, in. participe.
ENFOURNER, v. ael. M«lti« dans le four.
iLnfourner U pain. Enfournar de la pâtisserie.
On dit pioverbialement, A mal enfourner
on fait les pains cornus, pour dire, que Si l'on
ne commence j)as bien une aflàire , et qu'on lie
la prenne pas d abord du bon biais, on a de la
peine i'i en venir h bout.
On dit figurcment et familièrement, Bien
enfourner, mal enfourner, pour dire. Bien
sommencer une aflàire , ou la commencer mal.
Il a b'ien enfourné. Il a mal enfourné.
Enfourné, ée. participe.
ENFREINDRE, v. a. Transgresser, violer,
rompre, contrevenir à Il n'est d'usage qu'en
parlant de Traité, de Loi, de Privilège, d'Or-
donnance, et autres choses semblables. En-
jrcinilre les Lois, les Hèrjles . les Coutumes, let
Priviléaes. Enfreindre les Ordonnances. En-
(reindrt un Traité. C'est lui qui a enfreint le
fraité, tes condilwns du Traité.
F.Ni-llElNr, EINTE. participe.
EM'RilQUEn. V. art. Faire Moine. Ils m
lont rendus maîtres de ce jeune liomme, et l'otit
\nfro(jué. Il s'est enfroqué. Il ne se dit qu'eu
jlaisauterie et par méprit, f I n'est bon à rien ,
i! faut l'enfroqucr.
Enfroqué, es. participe.
ENFUIR, verbe neutre, qui ne s'emploie
|u'avec le pronom personnel, s'enfuih. Fuir
de quelque lieu. S'enfuir de la prison. On l'a
rnis en prison, mais il s'en est enfui. Il vouloit
s'enfuir, on Va^irrété.Sivous me parleiencore
de cela, je m'enfuis. Vous me ferez enfuir. Il
s'enfuit. Il s'est enfui, elle s'est enfuie, ik se
sont cM^ii^.
Ou dit figurcment d'Une liqueur qui sort,
rjui s'éboule il'un pot, d'un vase, cpi'Elle s'en-
fuit. Prenez qarde, votre vin s'enfuit.
On dit proverbialement. Ce n'est pas par-li
'(lie le pot s'en|iii(, pour dire, Ce n'eit pas là
qu'est le mai.
Ou dit encore figuiémcnt et proverbialem. ,
Ce n'est pas par-là que le pot s'enfuit, po«r
ilirc, Ce n'est p.ispar-l'i que l'aflaire manquera,
re n'est pas là le défaut de cet homme.
Il se dit aussi Du vase même d'où l» liqueur
sort. Celle cruche est fêlée, elle s'enfuit. Le
tonneau est mal relié, il s'enfuit.
EUFUi, tr. participe.
ENFUMER, v. a. Noii-cir par la fiuni'e. Eii-
ptmer des tableaux pour les faire paraître an-
e»C7iï. La qrandc qaantité de flambeaux. iM
ENG
Bonifiée, dechaiulelles, enfument les meu}yle5.
]^njumer âes rene-i de lunettes.
Il signiûe aussi, Iiicoipmodcr par l;i funu-c.
V'jus allez vous en(umer^ si vous multez du
hcit l'crt an [i-u.
On (lit, iù u fume- Acs renards^ deibUnrcaux,
yKna dire. Les obliger par l(i funiee i'i sortir de
leurs terriers. On dit do mùiiic, Enjumcr de^
mouches à miel.
KsFUMÉ, ÉE. participe.
On dit provcrbiiilemcnt, Etijumc comme de
Vi€ux renard*.
ENG
ENGAGEANT, ANTE. adj. Insinuant, alti-
Ittnt. Cet homme a Vesprit doux et ennaijeunt.
Toutes ses manières sont enqaqeiintes. C'est
une personne fort enqaqeantc^ d'une douceur.
rf'unc bonté engageante.
ENGAGEMENT, s. m. L'nclion d'enj^agcr,
ou l'eflet de cette action. Tenir une tcirc par
enqancment. Ce n*cst au'un engagement , il
n'en a pas la propriétc.
On appelle Engagement y Une Seigneurie
engagée, un Domaine engagé. Cette terre csf
un engagement.
Il signitic aussi Une promesse, un atl.iclio-
inCDt,uneobligation qui ne laisse plus l.i liberté
de faire ce que l'on \ent. Engagement de .<afi>i.
Engagement de sa parole. C'est un engagement
tacré. Il voit souvent une femme assez aimable:
j'ai pew qu'il n*y ait quelque engagement de
OKur, Je ne Vai pas voulu voir^ parce que c'eût
ite une espèce d\ni,agement. }^ rendre un en-
gagement, de* entiagemens. Entra' dans un
engagement. Rompre un engagement. Manquer
à un engagement. Le succès quil a eu est un
engagement d'en mériter i^auti es.
On dit, Il se.^t détourné de l'ennemi^ afin
d'évita- un cnqatïemcnt, pour dire. Un combat.
ODC bataille.
Il se prund aiis*-i pour I/enrûlemcnt d'un
soldat, et ni^-me \>oiiT Tarant qu'il reçoit en
^'enrôlant. L'engagement de ce soldai n'est que
pota' six ans.llareçu trois louis d'engagement.
ENGAliER. V. a. Mettre en gage, donner
en gage. Engager ses meubles , sa vaisi-clle
d'argent. Engager son innnfeuu, etc.
Il signiûe aussi, Donner pour assurance.
Ejigager son bwn. Engager sa Charge. Enga-
ger une maison à da créanciers. Engager un
Domaine.
Od dit figurém. Engager sa /ùi, m parole.
Von honneur.
On dit ûgurcm. Engager son cû»iir, pour
dire. Donner »on cœur, aimer. Les jeunes gens
tngigent leur cttur facilement.
E.'4<.AGi:n, signifie aussi, Dôtemiiner par la
persuasion, ».ins aucune viuli nce, à faire quel-
que chose, lima engagé à cela par ses hon-
nêtetés. On lit engagé à entrer dans ce parti.
Il m'a engagé à soHiciter pour lui. Elle m'en-
tfaoe n ï'rtimrr elcrneffemenf. Cette Charge en-
goge à beaucoup de dépeme.
On dit, En.jager le rom/iû(, pour dire, Le
|irnvoqucr, foinnicnccr t'aïU'juc. Ce Géttéial
[orne /,
ENG
îff vonhii pas engager le combat. CeWt e^cax-~
mout'/ie a engagé le combat, pour dire, qu'Ellc
en a été l'occasinn.E'scrtrmouf/jer sans engager
le co"tbat. L'aile dioile de l'armée engagea le
combat.
On dit aussi , Engager le combat, un combat,
pour dire, Mettre l'ennemi dans la nécessité de
combattre.
On dit figiirément, Engager le combat, un
combat, pour dire, Provoquer ou commencer
une (juiTelle, une dispute.
On dil en termes d Escrime, £n(ya(jer le fer,
pour dire, Saisir avec le fort de son rpéc le
t'oible de celle de l'ennemi ^ en sorie qu'il ne
j)cut plus détourner le fer. Quelquefois il signi-
lic seulemeut, Toucher le fer de sou ennemi.
Engagez de quarte, et tirez de tierce.
Ou dit, qu"£//ie c/jo5C engage la poitrine,
pour dire, qu'Elle cause de l'opprcssron à 1?
poitrine.
On l'emploie en fjrmedcréfiéeliî. 5^cn(y(7(jer,
pour dire, Sobligcr, promettre. Je mengaqt
à vous servir dans cette ajjairc. Il s'est engaqc
à nous venir t^oir en tel (enip.
s'ENr.ACER, signifie aussi, S'ohligcr à servir
quelqu'un pour un certain temps. // sV'si en
qagé pour trois ans, moyennant une telle
somme.
On dit. qn'Un soldat s'engage, pour dire,
qu'il s'enrôle j et Engagei- un soldat, pour
dire, L'enrôler.
Ou dit d'Un malade, que iSii poitrine s^cn-
jaqe. pour dire, qu'Elie s'embarrasse, qu'elle
l'emplit.
On dil , que Le rombat s'at engagé, qu'une
dispute s'engage, dans le sens où l'on dit, En-
g^'gei- un combat, une dispute.
11 signifie aussi , Accumuler ses dettes. Il est
déjà endetté, et il s^enqaqe tous les jours de
plus en plus. Je me suis bien engagé pour lui.
Il veut dire encore, S'embarrasser, s'empé-
irer. Cette pcrdiia: s'est engagée dans les filcls.
Il s'engagea le pted dans un étrier en tombant
de cheval. La clef s'est engagée dans la serrure.
Il veut dire aussi figurera., S'embarrasser,
entrer djns une aflaire, dans une enlieprise
plus avant qu'il ne faudroit. Vous vous enga-
qcz dans une étrange affaire, dans de grandes
dijjtcullês. Ne vous engagez point dans la lec-
ture de ce gros livre.
On dit. S'engager dans ixn bols, dam un
défilé, pour dire, Y entrer trop avant.
E!<cAGÉ, ^.E. participe. C est une afjiiire er
gagée, pour dire, Coramcncée.
Il s'emploie quelquefois substantivement.
Un rion^I engagé,
ENGAGiSTE. s. m. Qui jouit d'un Domaine
du Roi par cngagcmcnL // n'est pas proprié-
taire, il n'est gti'engagiste. Les engagbtes du
Domaine du Roi.
ENG.Vl.NER. V. a. Mettre dans une gaine.
Engainer des couteaux.
ENCAiKÉ, tt. participe.
ENGE.VNOE. s. f. Race. Il ne se dil propre-
ment que De qucl'|ucs animaux domestiques^
et patticulicrenieui de certaines espèces de,vo-
ENG 497
laîiles. Ca canes sont d\ine belle engeance.De$
poules de la grande enqeance.
Il ne se dil Des hommes qu'en mauvaise
part, et parinjure. Maudite , mauvaise engeance.
Engeance de vipères.
ENGEANCER. v. a. Il est du style familier,
et ne se prend qu'en mauvaise paît. On ne
l'emploie guère que dans cette phrase ou d'au-
tres senibliblcs : Qui nous a engeances de cet
homme-là? pour dire, Qui eat-oe qui nous en
a embarrassés ?
Engeance, ée. participe.
EN(;e1GNER, s'ENGEIGNER. Voyez In-
CÉNIEn, s'iNGÉNIEn.
ENGELURE, s. fém. Enûnre aux pieds ou
aux mains, causée par un froid excessif, el
accompagnée d'inflammation. Avoir des enge-
lures. Il a les mains pleines d'engelures. Des
engelures aur pieds, aux talons.
EN(;ENDRER. V. actif. Produire son sem-
blobie. Il se dit De l'homme et des animaux.
Engendrer des enfans. Chaque animal enqcn-
dre son semblable. La vertu d'cnijcndrer. Il se
dit plus communément du mule.
En parlant Des Personnes divines, on dît,
que Le Père engendre le Fils de toute éternité.
Il signifie quelquefois , Produire quelque
cbose que ce soit, et de quelque manière que
ce soit. Le mauvais air engendre des maladies,
des catatrhcs, des fluxions. Cela engendre des
vers.
En ce sens il s'emploie aussi avec le pronom
personnel. L'or s'enqendre dans /ec entrailles
de la terre. Les vas s^eurjendrent dans U4
cadavi'e^.
Il signifie figurémcnt , Être cinse on orra-
sion du quelque chose', et il ne se dit guèifî
qu'en niauviise part. La diversité d'intértHs
engendrt tes inimitiés, les querelles. Ce testa-
ment a engendré bien des procès. L^oisiveté c»*
gendre le vice.
On dit proverbialement et figurément d'U'\
liommc extrêmement gai, qii'Il n'engendre pas
de mélancolie.
On dit aussi proverbialement et figurément,.
que La fiiniiliartlc engendre le mépris.
Il s'emploie dans ce sens avec le pronom
personnel. Les procès s'engendrent niséinenl
dans les familles.
ENGF.Noné, ÉE. participe
ENGEOLER. V. a. Voyez Esjôleb.
ENGER. V. 0. Embarrasser, charger. Il est
vieux II m'a voulu enger du plus sot valei d»
.nonde. Qui m'a engc de cet animal.^
E:»GC, tt. participe.
KNGERBER. v. n. xMctîrc en gerbe. Il fo-U
cngerber cci javelles.
Il signifie aussi , Entasser des choses les une«
sur le* autres. Engcrber des tonneaux de vin.
EvGEnB^, ;!:e. participe.
ENGIN', s. ma&c. Industrie. Vieux mol qui,
dan» ce sMis, n est plus d'usage qu'en ce vient
provcrlic : Mtcu.t vaut enqin que force.
Il si;^nifi<* au.ssi Instrument dans les Mécani-
ques // frJlut élever du canon à force d'engint
pour battre U Place.
63
498 EXG
ÀTant l'usaj^c des canons, on oppcîoit lîn
nom d'Enqin.'i de querre^ Lvs inacliities Jont
on se servoit à la guerre.
E>"(;roni^a. v. aci. Renfermrr une chose
d.ms une nuire, rcunir plusieurs choses pour
en former un tout. Il a enqhlié plusieurs terres
dans la sif.rmc. Il a englobé pluùeuis Fie^s
pour se former une grande Seigneurie.
ENr.rooé,ÊE. parlinpe.
ENGI.OUTiR. V, a. Avaler gloutonnement.
Jl cnnloulit les morceaux sans les mâcher. Un
gros brvclict engloutit uive carpe tout d'un
coup.
I! signifie fîgurémcnt Absorber. La mer a
englouti bien des vaisseaux j bien des richesses.
Cette Ville fut engloutie par un tremblement
de terre.
Il signifie nussi , Consumer , dissiper des
biens, des richesses. Il a englouli en peu de
temps toute cette grande, succession.
Il signifie oussi , familièrement, Inferler
d'une mauvaise odeur qui saisil le cœur, etc.
Cette puanteur noity u tous engloutis. Son ha-
leine nous engloutit.
KNr.roiTi, lE. particfi)/*.
ENGLUER. V. a. Frotter, enduire de glu.
Engluer de petites verges^ de petites branches
pour prendre des oiseaur. Cet oiseau s'estsibicn
englué les ailes, guil ti^a pu s'envoler.
ENftiuÉ, ÉF. participe.
ENGO^f:i;U. V. 0. Il se dit d'Un habit, ou
d'une nianirre de s'bahillcr qui donne un air
j;auchc et contraint, de mnni'Tc que le cou
pdroù enfoncé daus Ie3 épaules. Cet habit vous
engonce for*.
Eyc o^CÉ , ÉF. participe. // a le corps engonce
dai*s cet hab t. Jl est tout engoncé.
E^'GOIUiEÎMENT. s. m. Ilnibarras formé
dans un tuyau, dans un canal. I^'cngor(jement
a fait crever ces tuyaur. La stiignée remédie à
l'engorgement des vaisseaux. H est malade d'«ri
engorgement au foie.
ENGOR*.iEU. V. a. lîoudicr le passage pir
où les eaux se doivent écou!er. Les immon^
Aires oui engorgé cet égout. Ce tuyau est en-
corgé.
Il s'emploie avec le pronom personnel. Ce
tuyau sV/ioorne. Quand il y a plénitude de
sang , les vaisseatu: s*engorgent.
On dit aussi , Ce havre s'finfjor(7e,pour dire,
£e coml le de sable et de galets.
' EK('OnoÉ, in. participe. Des cunanv cn-
florflés. Des glandes engorqées.
Il se dit aussi d'L'n cheval dont les janibt s
sont ph'ines de mauvaises humeurs. Ce d evnl
tt les jambes engoi gée!:.
Ou dit, que Des moulus sont enrorrés ,
(>\inin\ l'epu est si liante qu'el'c empêche les
roues (!c tourner.
ENGOUinUCNT. s. m. (On pron. Engoû-
wént. ) Empêchement causé pur quchpie cl.osu
qui engoue.
Il fci^nifie figurcment , Préoccupation en fa-
Tfur lie quelque cI)09C , eîilùtcmcut. On ne le
Sai.roif faire revenu- de ron engouement.
ENVOUEIî. T. a. Embfltrrsser , empêcher
ENG
le prïSSTge du gosier. À f>rce de crier ^ il sVn-
goua. Il huvoii et mangeoit si avidement , guW
s'est engoue.
On l'emploie fi^urémcnt avec le pronom
personnel, 5'ennoiit'r, être engoue d'une per-
sonne., d'un owi'Crtfjie, pour diie, Se passionner.
s'cïHhousiasmer pour une personne, pour un
ouvrage, en être eulété. G"u ne sdt pourquoi
cette femme s'est engcuèe de ce freluquet.
Enc*cÉ, ée. participe. // est engoué de la
Cour.
ENGOUFFRER, avec le pronom person-
nel, S'ENGOUFFRER, v. n. se dit propre-
niPnt Des lortrbiilons de vtnl,lors'iu'ils entrent ,
([u'ils s'enferment en quelque e.idioîl. Le vent
s'est enqouffc dans la clieminée.
U se dit aussi Des rivi«Tes ou des ravines
d'eau, lorsqu'elles toml)rnt et se perdent en
qntiquc ouverlure de la terre. Le Hhône s'en-
qoujlre dans un endroit ,el ressort par un autre.
On dit gtte la Guadiane s^enqonfjre et se perd
i'-space d'environ trois lieues.
ENGOULER. V. a. Prendre tout d'uii coup
avec la gueule. Ce chien engoule tout ce (ju'oii
lui jette. U est populaire.
Encollé, ée. participe.
EscoDi.É, se dit en termes de Blason, Des
pièces dont les e^t^émitcs tiitrent dans des
gueules d'animaux.
ElN'CiOURDIR. V. a. Rendre comme perclus ,
endormir une partie du corps, en sorte qu'elle
loît prJ'sqne sans moiivemei;tctsans sentiment.
Le froid ejiijourdii les main^. La iorville en-
gourdit la main de celui qui lu touche. Il y a
des venins^ des plantes gui engonrdisr.ent.
Ou dit fignrémenl: L'oîsivetè engourdit l'es-
prit. La mollesse engourdit le courage. Un long
repos avotl enqoitrdi le cottrage des soldats.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel.
Les mains s*engourdissent par le froid. L'esprit
s'engourdit par Voisiveté.
ENOornni, te. participe. Avoir la jamhi
engourdie.
On dit figurcment , Un esprit engourdi,
])Our signifier Un esprit pesant , lourd ; et. Une
dme engourdie, pour dire, Une ûme froide, iu-
se lisible.
ENGOURDISSEMENT, s. m. Etat de quel-
que partie du corps qui est engourdie, ^v^oiriifi
C'i(jo«fdiS5Cnient au l-ras. Cet engourdissement
est un commencement de paralysie.
U se dit aussi dans !e fignrt*. Jl est dans un
étrange engourdissement d'esprit. Tous les es-
prits étoient dans un engourdtssenicrrC et dans
une léthargie étranger.
E.NGRALS. s. m. Il se dit Des herbages o;*i
1 on met engraisser certains animaux domes-
tiipics qui servent à la nourriture de l'homnie.
Mettre des bœufs à l'engrais. Voilà de bons
engrais.
U se dit encore De la pilture qu'on donne \
des volailles pour les engraisser. .Vc((rei/cs cha-
pons, des oies à l'engrais.
Il se dit encore Des fimiiers et autres ma-
tières avec lesquelles on amende Us terres. Un
Fermier est o^lif c de laisser les engrais à la
ENG
fin de son bail. Ce fermier a emporté tous lt9
engrais de cette Ferme.
ENGRAISSEMENT, s. m. Action d'engrais-
ser. Il se prend dans le s<*ns actif etd melescus
neutre. S'occuper de l'engraissement des hes~
tiaux. On dit gue l'engraissement est un des
premiers signes de la \^ieillesse.
ENGRAISSER, v. act. Faire devenir gro».
Enj^raisser desbœufs , des moutons, des coc'iont,
des chapons, des oisons., etc.
On dit proverbialement et figureracnt , que
L^œil du mattre engraisse le cheval, pour dire,
que Quand on prend soin de ses aflaircs, et que
l'on ne s'en repose pas sur les autres, elles en
vont mieux.
Engraisser , se dit aussi en parlant Des
terres; et il signifie. Amender, fertiliser, ann^
liorcr. Etigraisser des terres avec du fumier^
avec de la marne.
Il signifie encore. Souiller de graisse , rendre
sale et crasseux. Engraisser ses habits ^ son
linge. Engraisser de l'étoffe en'la maniant.
EN(.nAissEn. v. n. Devenir gras et prendre
de l'embonpoint. On a beau prendre soin de
bien nourrir ce cheval, il n'engraisse point.
On dit proverhialement d'Un homme qui se
porte }>icu dans le travail ou dan« radvcrsifé,
qu'/l engraisse de mal avoir.
On dit aussi figurcment d'Un homme . qu'il
engraisse de ma/ciiir(ions,pour dire, que Tom
lui prospère, que tout lui réussit, malgré les
imprécations qu'on fait contre lui.
U s'emploie avec le pronom personnel tel
signifie encon*. Devenir gras et en cml.onpomt.
Ce cheval prendra corps y et s'enqraissera avec
le (e"in=.
Ou dit figurt'ment et familièrement, rjuTn
ïiomnie s' ett engraisse dans une affaire^ pour
dire, qu'il y a fait un grand gain, un grand
profit.
On dit aussi figurémcnt : S^engraisscr da
misères publiques. S'engraisser du sang de la
veuve et de Vorvhclin.
U si:;nîfie aussi, Devenir sale et crasscax.
Ces étoffes s'engraissent ai émeut.
Il signifie encore, en parlant De vîn et de
rertaines liqueurs, S'épaissir, contracter une
rertaiuc graisse. Ce vin sVîC engraissé ^ il ne
vaut plus rien.
EsanAissÉ, FE, particip''.
ENGRANGER, v. a. Serrer des prr.ins dmt
la grange. Jl aura bientôt achevé d'engranger
(on (c 5(1 moisson. Il ne craint plus le mauvais
temps j tous ses blés sont engrangés.
ENGnANc.K, ÊE. participe.
ENGRAVEMENT. s. m. Et rt d'un bateau
cngravé. L'engravcmcnt dura deux heures.
EN(iRAVER. T. a. Engager un bateau dans
le snblc, de sorte qu'il ne flotte plus. Ce bate-
lier rnfllijJroit cnqrava son hatettu. Prenez
garde de nous cn(}riiver.
Il se prend aussi neulralement. Nous tngra-
vâmes à Ventiée du port.
Il s'emploie avec le pronom personnel.
Notre bateau s'est engravé.
EscnAVE, ÉE. participe.
ENH *
EltGRÉLÉ, Éi:. aJj. Tcrnip de Biason.Il ta
Jit Dtr certaine» pièct'S h<'noial>ies Ue Tecu .
^iii sonl dcnicliVs tout autour. // porte J ur ù
la croix ennri'lée tJe queula. Il porte de sahîc
lia chevron engrélè d'argent.
E.NGKÈI.UKK. s. i<-*"'- Soile de [iclil poîm
Irès-étroituueronmclàuno dcntellr. // fuutre-
tnettrc une enqiélure à ce point, à cette dentelle.
C'c»l aussi un terme de Blason, pour signi-
ÏJer Vne bordure cni;ri^lL'e, (jui n'u de largeur
'juc le quart de la l)oniurc ordinaire.
ENGRENA(;K. s. niasc. IJisposiiion de plu-
fticurs roues i]ui eiigrùneut les unes dans les
outres.
ENGRE>*EU. T. act. C.ommenccr à mettre
fOU ]ilc danslalreniic du nioutin pour moudre.
ICnqrener Ui trémie. It se dit plus souvent ab-
solument. Puisiju'H a engrenéj c'est à lui à
moudre. Le Meunier ne Va pas f ouIm laisser
engrena-.
On dit fi;;urt'mcnt et familiiirement , Il a
hien engrené, il réussira dans cette ajjUirc~là,
jwur dire, Il u bien commence, ies premières
démarches ont été bien faites. On dit dans lo
•cns contraire, qu7l ii mal engrené.
Kif(;ni:7i£(i, signifie auisi , Mettre en bon
|>oint les clievaux en les nourrissant de bon
grain. Il faut engrener vos chevaux^ si vous
voulez en tirer du service.
On dit aussi, Engrener la volaille^ pour
dire, I/engraisseravccdu grain, pur opposition
à Empâter.
E>GRENER, r, n. se dit d'Une roue dont
les dents entrent dans ci-Ilcs d'uue autre roue.
fit sorte que l'une fait tourner l'autre. Cette
petite roue engrène bien dam cette arande.
Ces deux rouet engrènent bien , s'engrènent
bien. Et co ce sens il se met avec le pronom
pei-sonnel.
E:(cnE^En la pompe. Terme de .Marine. Faire
jouer la [>ompe pour vider Teau.
EscnE^Ê, £E. participe.
E.NGKKNURK. ». f. Terme dUorloprrie.
Position respective de deux roues, dont lune
engrène dans l'autre. L'engrenurc de ces roues
&t hien faîte.
EriGRI. s. m. Espèce de tigre qui se trouve
dans la basse Ëtliiopie.
EXiROSSER. v. a. Rendre une femme en-
ceinte. Il est du style familier.
Kacrto^sÉ, ÉE. participe.
EKGRUMEI.ER. v. n. Se mettre en gru-
meaux. Cela fait engrumeler le sang.
Il (emploie dans le même sens avec le pro-
nom personnel. Le sang s'engrumelle. Le lait
de cette nourrice s'est engrumeîé,
LscnUMELÊ, ÊE, participe.
E.NOLICIIURE. ». f. Terme de Cl.aste.En-
lipc de la trompe.
EN n
KSHARDIR. y. a. (U en aspiré, et EN s'y
prononce comme dans Engourdir..) Rer«drc
liardi , encourtg.r. Enhardir quel ^u'un à faire
uni chose. Ce bon tuecéi lavoit cxircmemenl
tnhûrtli
ENI
Il s'emploie avec le pronom personoel. Je
me suis enhardi à faire une telle demande. Il
s^est enhardi à parler en public.
E:<HAnDi, IL', participe.
EMI VR.MOMQL'E. adjcct. des a genres.
Terme de Musupie. Qui procède par quarts de
ton. Genre enharmotiiijue. Intervalle enhar-
monitjue.
ENHARNACUKR. t. a. ( H est aspiré. )
Mettre les ]iarnoi:> li un clieval; et il signifie la
même chose que Harnacher.
ENHAiiNAcnÉ, ÉE. participe.
On dit fîgurèmcnt cl pnr ploisautene à un
homme vctu d'une manière extraoïdiniirc ,
Vous voilà bien enharnaché j plaisamment en-
hiwnachè.
EMIERDER. v. a. Mettre eu lierl)c. En/itr-
ber un terrain
Autrefois, Enfctrfcer si{;nifioii Empoisonner,
parce que les venins se tirent ordinaircmeut
des herbes.
ENUt:nBÊ, ÉE. participe.
E N ï
ÉNIGMATIQUE.adj.dcs 2 genres. Qui ap-
partient à IVnignjc, qui renferme une énigme.
Purolcj cni(fmati<pies. Discours énigmatiauc.
Peinture énigmatiquc. Sens ènigmatigue.
ÉMG.^Uï^QUKME^r. adv. D'une ma-
nière énigmatique. Il parle toujours ênigmati'
auement.
ENIGME, s. f. Description, exposition d'une
chose naturelle en Icinies qui la dc|;nisent, el
ijui la rendent di(Ficilc à deviner. Faire uni
énigme. Deviner une énigme.
Il se dit aussi De certains tableaux qu'on ex-
tase dans les Collèges , pour exercer l'espril
lies écoliers h deviner le sens caché sous les
figures.
Il se dit figurément dX'n discours dont on
ne pénètre pas bien le sens. Ce que vous me
dites est une énigme pour moi. Vous parlez par
inigmes.
On dit aussi figurément : Le caractère de
cet homme est une énigme pour moi. La nutiu-e
est une grande énigme proposée à l'intelligence
du sage.
ENIVRA>T, ANTE. participe et adjectif.
(Ce mot et les suivant se prononcent conune
s'il y avoit deux N, le premier nasal, le second
articule'. ) Qui enivre. Vin enivrant. Boisson
enivrante.
On dit Ggnrcment , Louanges enivrantes^
applaudissement enivrons.
ZJîIVREMEyr. s. ni. ttat d'une personne
ivie. U r'est gm^rc d'usage qu'au figure. Veni-
vrement di Vamour et des passions^ l'enivre-
ment où iIj se trouvent y ne leur pa-met pas de
discerner..., C^est perdre le temps gue de lui
parler pendant quil est encore dans Vaiivre-
ment de ses piusions.
K.M\ I;EU. t. a. Rendre ivre. Il la enim
Ils le firent tant hidre , guils l'enivrérenl. La
bière enivre aussi-bien gue le vin. Il e.yt aisé à
enivrer.
l\ t'emploie aiiiM avec te pronom prrsoHiML
... ^^^^ 49D
Jl s*esl enivré à ce repas. Il s'eniVre (oiii les
jours.
On dit par extension, que Le tabac enivre,
que les vapeurs d'un pressoir ^ que ceittiinfi
odcrir5 eruVrent.
On dit figurément, que Les louanqes, que
les flatteries enivrent^ pour dire, qu'Elles rem-
plissent l'esprit de vanité. Ou dit aussi , que La
prospérité enivre.
On dit aussi, quX^n homme s'enivre tVespê-
rancCj s'enivre de la bonne opinion de lui-
même.
On dit provcibialemcnt,Cf( Aomme ï'eniVre
de son ■vin, pour dire, quTl ost dupe de ce
qu'il imagine»
EïiiTiiÉ, ÉE. participe. Enivré ds sa fortune.
E>- J
ENJAMBEE, s. f. L'espace qu'on cnjaml>e;
l'action, le pas, qu'on fait pour enjamber. Faire
de grandes enjambées.
ENJAMBEMENT, s. m. Terme de Poésie. Il
se dit lorsque le sens commence dans un vei-»,
et finit dans une partie du vers suivant. L'en-
jambement est un défaut, lorsqu'il ne produit
pas une beauté.
ENJAMBER, v. n. Étendre la jambe plus
qu'i l'ordinaire, pour passer par-dessus ou au-
delà de quelque chose. Il faut bien enjamber
pour passer le ruisseau. Il a enjamb<^ par-dessus.
U signifie aussi, Marcher ^ grands pas.
Voyez comme il enjambe.
11 est quelquefois actif. Enjamber le ruisseau.
Eniumbet- dtux marche< à la /ôi's, etc.
Il s'emploie aussi G.'iironenl, et signifie,
.avancer, passer sur quelque chose plus qu'il
ne faut. Celte poutre enjambe sur U mur du
voisin.
On dit, qu'Un t'crs enjambe sur le vers
suivant f I.ors(]ue le sens d'un vers n'est achevé
qu'au commencement ou au milieu du vcis qni
le suiL
E5JAMB£n , signifie encore, Usnrper, ei»-
piéter. lia enjambe sur l'Iiéritaqe de som'oisin.
Il a beaucoup enjambé sur moi, sw les com-
munes.
On dit familièrement d'Un bomme qui a les
jamlics extraordinaircmcnt longues , qu'/i est
haut enjambé.
E:<jA'mbÊ, f.t, participe.
ENJAVEI.KR. v. a. J'cn/at'e//e, ]i'en|iii'c/ui,
j'enjavellerai. Mettre en javelle des bics, des
avoines, ou d'autres grains. Enjavcïer des blés.
Enjavcler des avoines, ^'oycz Javelle.
ESJAVELÉ, ÉE. participe
ENJEU, s. m. Ce que l'on met au jeu en
commentant îi jouer, |>our être pris par celui
qui gagnera. Vcilj mon enjeu. Vous ne voulet
plus jouer, il favt donc gue chacun reprenne
son enjeu. Garder- les enjetLz. lietirer son enjcât.
On dit figurément, Retirer son enjeu, pour
dire, Se retirer d'une affaire, d'une culrcpii^e
où Inii couruit quelque risque.
ENJO!NI>RE. V. a. Ordiuiner, comman.lcr
eiprcftsément. La déclaration du lioi erq'oi'il m
toiu tes sujets de,... On enjoignit n tous Icf
o3.
5oo ENL
OiJiciers de Cela m'a été enjoint e^pessê-
tnent. Lu loi ilc Dieu nous enjoint de Lu
charité nous enjoint de L'Eglise enjoint
l'observation des^ Fêtes j du Curénte, etc.
Enjoint, iste. ^artiripc.
ENJÙLER. V, a. Suiprcntlre, attirer, en-
gager pur des paroles fliilttnises. tromper. Il est
tJtt style fimîlier. Enjôler une l'cmme, une jiUe.
Ce niarihiUid lu eiijôk:
EsJÔLÉ, i'e. participe.
ENJÔLE LIR, EL'SE. suhst. Celui, celle qui
surprend etijui aliire par des paroles flalteuses.
C'est un enjôleur. C'est une enjôleuse.
ENJOLIVEI^IENT. s. ni^Ornemcnt, ajustc-
meut qui rend une clio^e plus jolie. Un petit
enjolivement, Ilabiuifaitdc.; snjoVivemens ù sa
nmison. Il y a fuit de nouveaux enjolivemens.
EA'JOLIVER. V. a. Rendre joli, rendre plus
Joli. Il ne se dît point Des personnes. Voiis avez
bien enjolive cet habit avec des rubans^ etc. Il
il enjolivé son cabinet .^ sa maison j son lonis.
Enjolivé, ée. participe.
ENJOLIVEUR, s. m. (^)ui pare, rjui enjolive.
ENJOLIVURE, s. f. Il ne se dit que Des
enjolivemens qu'on fait h de certains petits
ouvi --gts de peu de valeur. Cet étui-là est trop
uni, i7 y faut mettre (juelques enjolivures.
EyJOVÈj ÉE. adj. Qui a de l'enjouement*
Je l'ous trouve bien enjoué. Que celte fcnimi
est enjouée! Su conversation est fort enjouée.
Il a Vhumi'.ur enjouée^ l'esprit enjoué^ l'air
enjoué.
Il se dit aussi Des pièces et des productions
d'esprit qui sont fort gaies. Cette pièce est forl
enjouée.
ENJOUEMENT, s. m. (On prononce En-
jonment.) Ciaicté douce, badinaj^e léger. Il esl
aujourd'hui d'un enjouement ipii ne lui est pai
ordinaire. Cette personne a beaucoup d'enjoué'
ment, il n'y a pus assez d'enjouementj il y il
trop d'enjouement dans celle pièce, dans cetti
lel'tre. L'enjouement ne sied pas à tous les dqcs,
ni à tous les caractères.
EN K
ENKIRIDION. s. m. Petit livre porl.vif,
contenant des remai-ques, des préceptes, dt i
principes secrets. L'Kniiirtdion des Alchimistes.
ENKISTÊ, ÉE. adj. 'IVimo de Médecine. Il
se dit d'Un corps enfermé dans une pellicule,
une menibiane. Pierre enkistée,
ENL
ENLACEMENT, s. m. Action d'enlacer, ou
l'efllt de celte ocliou.
ENLACER. V. a. Mêler, passer des cordons,
des lacets l'un dans l'auUe. Enlacer des rubans
l'un dans l'autre.
On dit, £n/((rer des branches d'arbres les
unes dans les antres-.
On dit iitissi , Enlacer des papiers^ V*^^^ dire,
I^s p.isiicr tous dans un même lacet.
* Lm.aci:, le. participe.
ENLAIDIR. V. a. Rendre laid. // y a des
personnes ijne la parure enldidit. La petite vc-
rois ta ejcoimenutnl enlaidie.
KNL .
Il est aussi neutre. Devenir laîd. CeHc femme
enlaidit tous les jours.
Enlaidi, ie. participe,
ENLÈVEMENT, s. ni. Rapt, ravissement;
action par laquelle une personne est enlevée
malgré elle, ou par laquelle une chose est en-
levée malgré celui à qui elle appartient. L'en-
lèvement de Proserpine. L'enlèvement des Sa-
bines. L'enlèvement de sa personne. Après l'en-
lèvement de ses meubles. Il se fit un enlèvement
de fjrnins qui amena la disette.
ENLEVER. V. a. Lever en haut. On enlève
ie^ plus grosses pierres avec une grue. Qucî(jnes
Historiens disent que les machines d'/irchi-
mède enleyoïent les vaisseaux des Romains.
U signifie encore, Lever eu haut avec rapi-
dité , avec violence. Il vint un tourbillon qui
l'enleva. Un coup de veut a enlevé le toit de
cette tnaison.
Il signifie aussi Ravir, emporter, emmener
par force, // aimait celte filh, il Va enlevée.
On lui a enlevé sa femme. On l'a enlevé de sa
maison. Faire enlever un homme en vertu
r/'im décret de prise de corps. On le nienoit en
l'risort, ses amis ren/ei-'èrcnt des mains des Ar~
chers. Les Serqens lui ont enlevé tous ses meu-
res. Il a enlevé par force les fruits de cctu
\erre.
On dit dans le même sens, En/cver un postCj
IMÏei'er une ville d'assaut, pour dire, S'en ren*
dre niaitre.
On dit, Enlever un corps., pour dire, Pren»
ire un corps mort pour le porter en terre, ou
pour le meitre en dépôt diins quelque Eglise.
On dit, que La Justice a enlevé un corjjs^
pour dire, qu'Eue s'est saisie du cadavre du t
homme tué, noyd, etc.
On dit , Enlever des marchandises ^ poui
dire, Se b..ter de les aclieter, de s'en fournir
nvant que les autres Mjirchands s'en soieni
fournis. On ne trouve pjesaue p/uî de celti
sorte de drap à acheter que chez un tel, parc6
ijuil a enlevé tout ce qu'il y en avait dans la
magasins. Ce Maître d^Hôlel a enlevé le plui
beau poisron de la halle.
On dit, que .Lfl mort a enlevé un jcuns
homme à la jliur de son dge, que la pestc^ la
^'tèvre l'a enlevé en peu de jours ^ qu'un Princi
a ete enlevé et ses sujets ^ un père, une mère ù
ses en fan f.
On dit en termes de Gueirc, EnlcVer nit
fptijrlà'r, enlever un Régiment , pour dire ,
Surprendre et foro-T des troupes dans Icui
qu.ntier.
On dit aussi, Enhver une Place, une Pio~
vlnce j pour dire, Ôter une Place, une Pro-
\iiirc a l'eimcmi, et s'en rendre maîl:e en peu
rie lemps. En une }.cule campagne H enleva les
meilleures places des ennemis.
Ou dit proveihiîilement , Cela enîès-c la
paille-, pouç diic,Cela est au-dessus de tout,
cela est décisif. On dit plus communériicnt,
Cela lè\'e la puUlc.
On dit avec le pronom personnel, que La
peau s'enlève y L4)rsquc quelque chullitioti de
sang^ ou <]uelque autre cause que ce soit, la
ENL
fait cliver. En ceitainei maladies la peau t'a-
léi'e purluut.
Il se dit aussi Du corps mcme ou des parties
donl la jjcau s'est élevée. Cette ébidUtiun lut a
fait enlever toute la peau. Il a bu dans un verre
([ui ii'éloit pat net, cela lui a fait enlever toutes
les lèvres.
Enlever, se dit aussi figurémSDt, pour,
Trarjsporler d'admiration, ravir, charmer. C<
Prédicateur enlève ses audit.-urs. Ses vers en-
lèvent. Sa n:usique enlève tout le monde.
Il signifie aussi, Oter de manière qu'il n'en
reste aucun vertige. Enfei'er des taches. Enle-
ver de l'écriture.
Eu termes de Chasse, Enlever lu meute.
C'est entraîner les cliieus par le plus court rhe-
min où l'on a vu le ceri", et où l'on retrouve
la voie.
Enlevé, i;e. participe.
ENLKVUKE. s. fem. Petite vessie ou bube
i|ui viifnt sur la peau. // a le visage tout cou-
vert d'enlevures. Aujourd'hui on ne dit plu»
■^aElevure.
ENLIER. v. a. Ternie de Maçonnerie. Join-
tlre et engager des pierres eusemhle eu élevant
des murs.
Enlié , ÉE. participe.
ENLIUNEK. verlie act. Terme d'Architec-
ture, du Charpenterie, d'Imprimerie, etc. Pla-
cer plusieius corps contigus sur une mèni0
ligne.
Enligsé , ÉE. particiiw. Des pierres, iei
poutres, des pages bien enllqnécs.
ENLUMINER. V. a. Colorier une ist.impe,
y mettre des couleurs convenables. Enlumitt*y
des imaijes. Des cartes enluminées.
Il signifie aussi, Rendre rouge et enflamme;
et en ce sens il n'est d'usage qu'en parlant lïti
teint, du visage. V ardeur de la tievre lui avort
enluminé le visaqe. Une einiable pudeur enlu-
minoit son front.
Ou dit proverbialement et bassement, S'en-
luminer Iti trogne, enluminer sa trotjne, pour
dire , Boire avec excès ; parce qu'ordinairement
teu.\ qui boivent excessivement ont le visage
iort rouge.
, Enlo.miné, ÉE. participe.
E>'I.UMI^EUll, EUSE. s. Celui, celle qni
fait métier d'enluminer des estampes, «'es carte»
de Gé();y-aphie. Enlumineur d'images.
EKI,L'SII>UKE. s. féiu. L'an d'enluminer,
l'art d'appliquer des couleurs sur des estampes,
etc. Il entend bien l'enluminure.
Il se dit aussi figurdment Ces omemcns du
discours, mais, pris en mauvaise part II a ré-
pandu dans soti Poème du brillant, de l'enlu-
minure , pour dite , Des omemcns peu naturels
et rccllerchés.
ENLUMiMJnE , signifie aussi I, 'ouvrage de
l'HuInmineur. L'estampe est belle, mais l'cnlu-
m:inire ne l est pas.
On le dit aussi) d'Une gravun; enluminée.
Cela n'est pas peint, ce n'est qu'une enlumi-
nure.
ENiS
ESN
ENNÈAGONE. 3. m. ( Les deux N se pro^
Boaceot. ) Terme de Géométrie. Figure de ueuf
côtés. Er.niii^one régulier.
ESNEMI, lE. s. (Prononcez comme s'il y
avoit £nenti\ c'est idiie, avec un é ouvert. )
Celui ou trïleqni hait quelqu'im. qui veut du
mal ù qucLju'uii. Ennemi ikclarc. Ennemi cou^
vert. Ennemi capital y juré^ mortel ^ îrréconci-
liable^ puissant^ cruel. Ennemi implacable.
C'est être ennemi de Dieu et des hommes. Il esl
ennemi de cette famille. Ennemi de h'Êtat, de
la Patrie. Se déclarer ennemi de quelfju'un. Se
faire un ennemi, des ennemis. Il a bien (fes en-
nemis. Surmonter y xHiiticre ses ennemis. Triom
pher de ses ennemis. Dieu commande d^aime4
ses ennemis^ de pardonner à ses ennemis. H
faut êlrcbien ennemi de soi~tnême pour vou^
loir. . .
Ensemi, étiinl dit absolument et ïndéfmi.
tncnt, soit au siui:;ulier. soit au plnriel , signi
fie, Le p:irti contraire qui lait guerre ouverte.
L'enrieiru marthe. Les ennemis viennent. L'en,
ucnii est fort. À la vue de l'ennemi. Tombe!
entre les mdin^ dc5 ennemis. Etre pris par le\
ennemis. En terre d'ennemis. En présence di
l'ennemi. Battre^ chasser les ennemis. Repous-
Tcr l'ennemi^ les ennemis. De nouvelles troupes
ijut n'ont pas encore vu l'ennemi
EN^CMf.se dit pour -Marquer toute sort*
d'averïtiun, d oppo ilion qu'où peut avoir pout
d*rs cîioses niauv 'iscs ou .V>tines, juhlcs ou in-
fuites. Ennemi de toute violence. Ennemi dei
procès. Ennejni des cérémonies. Ennemi du re
pos . de la paix , de la joie. Ennemi de lu vertu,
du bon sensy de la raûon , de la société, de li
Musiijiu. Ennemi de la contrainte.
Un dit familièrement, quX u homme est en-
nemi de na(tire,pnur dire, qu'il n'aime ui à s<
divertir, ni îi voir les autres se divertir.
On appelle Le diable» L'ennemi du. qenn
humain , ou absolument L'ennemi. Oa dit,
que Le diablcy la chair et le monde, sont les
trois ennemis de l'homme.
Ey^tMijSe dit aussi Des animaux, pour
marquer l'tvcrsion qu'ils ont les uus pour les
autres. Le crapaud est ennemi de la belette. Le
oiiat est ennemi de la souris.
Il se dit aussi De toutes les autres cJioses qui
ont de l'antipathie, de la contrariélé entre ellis,
soit au physique, suit au moral. L'eau et le feu
U}nt ennemis. Le chou est ennemi de la vujiw.
Ennemi de la vie, des nerfs. L'orijueii est l'en-
nemi des vertus.
Enskmi/ie. ad). Il se dit dons le mhne sens
qu'L^nnerni suhrt Un voisin ennemi, des peu-
ples ennemis. t<ie terre^ une nation ennemie.
En pay t ennctni. Le chaud et le froid sont des
i^ualités ennemies.
On dit (Miêtiqucmcnt : La foitune cnnc^nie.
Les destins enoenus. Les vtnts ennemis.
On api»i'llc PU l*«inture,Cou/fur!t eniiemiGc,
De» coukurs qui par leur opposilioji produi-
Rnt un ton dur.
On dit proverliialomcut , Plus de morts,
ENO
moins d'ennemis. Ami au prêter, ennemi au
rendre.
C'est autant de pris sur l'ennemi, pour dire,
(jue c'est toujours beaucoup d'avoir tire quel-
que chose d'une personne av;uc qui ne veut
jamais rien donner.
E>>OBI.lK. V. a. (La première syllabe est
nasale dans ce mot, dans£nnui et ses dt'rivés.)
Hendre plus considérable, plus Doble , plus
illustre. Les Sciences, les Beaux-Arts enno-
blissent une Lanque.
On confond souvent Ennoblù* avec yinobiïr;
le dernier mot ne se prend que pour donner la
noblesse. Voyez AsoBun.
Ennobli, ie. participe.
ENNOIE. s. m. C'est le serpent ainphisbène,
ou Serpent à de'uc léles, parce qu'il a la queue
arrondie, et presque aussi grosse que la tête.
E>'>LI. s. m. Lassitude, langueur, fatigue
ou inaction d'esprit, causée par une chose (pii
déplaît par elle-même, ou par sa durée, ou p;ir
le défaut d'inlorct, ou par la disposition dans
laquelle on se trouve. On ne 5(iwroi( çntentbe
cela sans ennui, sans mourir d'ennui. L'ennui
rst plus dijjicile à supporter que la douleur. On
ilit, L'ennui de la vie, pour, Le dégoût de
b vie,
U signifie aussi, générnlenient , Fâcherie,
thagrin, déplaisir, souci. Vn homme accablé
d'ennuis. Les ennuis de la vieillesse. De mor-
\els ennuis. Cette aijiiire lui a donné beaucoup
d'ennui. Cela sert à adoucir les ennuis, à char,
tner les enuuij.
ENNUYA]NT,ANTE. adj. Qui ennuie. C'est
une chose bien ennuyante que d'attendre. Cela
tst fort ennuyant. C'est un homme bien en~
tiuyant. Lu temps ennuyant. On ne se sert
[•lus <;uère du mol en mtyant pour les personnes ;
DU n'emploie plus qu'L"nn»>euj:.
EN^UVEU. V. a. Lasser l'esprit par quelque
those de désagréable ou de trop long. Cet
homme ennuie tous ses auditeurs. Ce spectacle
tst assez beau, mais il ennu:e par sa lonqueui:
Cela ennuie à la mort.
Il s'emploie avec le pronom personnel, et
olors il signifie, que L'on trouve le temps long.
Je mV'nuuic d<tre ici. C'est un homme inquiet
qui s'ennuie partout.
En ce sens on s'en sert uppcrsonnellement.
Il m'ennuie. Il m'ennuie très-jvrt d'être ici. Il
m'ennuyoit de ne vous point voir.
E.N.NUYEL'SEME^T. advcrl). Avec ennui.
Passer la journée efinnycii5emefit. 7/ ni'n iii-
conté de point çn point fort emuiycusement
son histoire.
ENNUYEUX, EUSE. odj. Qui ennuie. Dit-
cours ennuyeux. Temps ennu> eux. Cet Itomme
est bien ennuyeux.
Il se prend quciquefoia substantivenicm.
C'est un ounu^ei^r, un ijrand ennuyeux.
ENO
l-INOXCER. V. ft. Exprimer ce qu'on a dans
ta pcns»-e. Ce n'eft pas tout que. de bien penser.,
il faut savoir bien énoncer ce que Von pense.
La maniuie dont il énonce ses penices leur
ENQ Soi
^oniie de la ftrcc. On avoit énoncé dans le
contrat. Les cho.'ies y étoient si c/aii*enten( énon-
cées. Un des articlt"i de ce traite étoU énoncé
de telle sorte, que les deux partis le pouvoient
interpréter à leur avantaqe.
On dit eu termes de Pratique, £nonccr^ÎHu:,
l>oiir dire , Avancer quelque chose contre la
vérité.
Ou se sert plus ordinairement de ce verbe
avec le pronom personnel. C'est un homme qui
s'énonce en bons termes, qui s'énonce bien, qui
s'énonce mal. On ne peut pas se mieux énoncer
qu'il fait. Il pense assez bien, mais il ne sau-
roil s'énoncer. Il n*a pas le don de s'énoncer.
Enoncé, ée. participe.
Oik l'emploie aussi substantivement Un
simple énoncé, un faux énoncé, pour dire,
t'nc chose avancée sans explication, sans dé-
veloppement, ou une chose avancée contre U
vciiié.
ÉIVONCIATIF, IVK, adj. Terme de Lo-
gique et de Palais. Qui énonce. Terme enor»-
ciatif
ÉNONCIATION. s. f. Expression. Vne M'm-
^Ic enonciation dans les titres anciens, est une
espèce de preuve. En matière de Théologie, il
faut prendre qarde aux moindres énonciations.
U signiGe aussi La manière de senoncer,
quftnt h rc;;pression et quant à l'organe. Avoir.
l'énonciation facile, iénonciation heureuse.
On appelle en Logique, iénonciation, Une
proposition qui nie ou qui affirme. Il y a ù-ois
ovérations àe l'entendement, la simple percep^
tiun, iénonciation f( le raisonnement.
ENORGUEILLIR, v. a. (U se prononce
comme s'il y avoit deux N, le premier nasal,
!c second arlicule. J Rendre orgueilleux. La fa^
veur l'a enorqueilli.
Il s'emploie avec le pronom personnel. 5'en-*
orqneillir de son savoir, de sa bonne fortune.
ENonGUEtLLi, lE. participe.
ÉNoU.ME. adj. des 2 g. Démesuré, excessif
en grandeur ou en grosseur Un colosse d'une
qrandeur énorme.
Il se dit iigurémeot, et il ne s'applique
qu'aux choses mauvaises. Crime énorme. Cas
énorme. Faute énorme. l\lalice énorme. Trahi-
son éjtorme. Avarice énorme. Lésion énorme,
Innratilude énorme. Laideur énorme.
ÉNORMÉMENT, adv. Excessivement. 71
;iré(cnd avoir été énormémctU lésé. Il est énor'
méfiient ^rund.
ÉNOIIMITÉ. s. f. U se dit quelquefois De
l'cxcis de U grandeur de la taille. On est surptis
de réiiormilc de la taille de ce géant.
Il s'emploie plus ordinairement dans le figu-
ré, et signifie Atrocité. L'énormilé d'un aimd
L'énormiié du fait. L'énormité du cas.
ÉNOUER. V. a. Enoucr une étoffe^ En ôlçr
les nœuds.
Énul'é, es. participe.
E><>
ENQUf'J^AM, ANTE. ad^. Qui s'eoquiçrt
jivcclropdi'curiftsité. Voiu étcs trop enquèranU
Il est du ityk fi«nilier.
5o2 EXQ
ENQUKRIR. T. a. dans «on orij^inc, intiï .
tjo5 ne s'emploie plus qu avec le pronom [«r-
«onnel, sENQUERIR. Je m'enquiris, tu iVri
fuiers, il j'ciiquierl; nous nous cnijue'ront,
vous TOUS enflueres, ils seiKJiiièrcnt. Je m'en-
ijuérois.Je m'eniJuis.Je m'en (ui'rrui. Encjui'crs-
foi, qu'il s'enquiére. Que je m'cnijuière. Que
je m'enijuisse. Je m'cnijucrruis. S'iufonner,
Ciire r«liprclie. II se dit Ues personnes et des
tlioses. Enquéretvous zoicjneusement àe cela.
Jt me suis ennuis Je cet homme-là partout, et
je n'ai pu en avoir des noui'cllcs. Jl faut s'en-
quvrir Je h rérité du fait. KrujuÎTez-vnut-en
i ceu.r qui le savent. Je me suis enquis d'un tel ,
eu à un tel, si le bruit qui court esê vrai.
t^QCts, LSE. Participe du verbe Enquérir
CCI. qui n'est plus d'usage '^u'cn style de Pra-
liqu*. Ce ténioin enquis s'il avoit l'u a
ttponJu Cette fumnie cnquisc de son âge.
de ses qualités, etc. a répondu que Cela ne
%e dit nue Des tcinoins. Et l'on dit Des arcus^'-s
6u des criminels, Un tel interro(jé , une telle
interrogée.
EXQUERRE. v. a. Vieux mol qui signifie
la nicrae chose que S'enquérir, ( t n'a presque
aucun usage que dans le Blason , où l'on ap-
pelle Armes à enquerre, Des armes qui ayant
couleur sur couleur, ou métal sur métal , don-
nent lieu de s'informer pourquoi on les a faites
contre les règles ordinaires du Blason.
Ou dit en ce sens proTetLiolemcnt , Trop en-
guerre n'est pas bon.
ESQiTEnBE, s'emploie par ex^;'nsi<^n « subs-
faniiveuicnt , pour si;;nilier I.a r-clu relie <lc
l'clymologie, de l'acception d'nn mot, l'éclair-
eisscmcnt d'un fait de littJralurc. Faire en-
querre d'un terme d'art. ?Iettre un mol ù l'en-
querre, à enquerre.
ENQUÊTE, s. f. Reclicrclie qui se fait pat
ardre de Justice, Diligente, soigneuse enquête.
L'enquête faite, on a trouvé que Enquctt
par limoins. Les enquêtes par fourbes seul
«broqe'e.;. Procès verbal d'enquête. Clôture , con-
fection, ouverture, pufclicfll ion d'enquête.
On appelle i-JntJuefe en matière civile, C::
qui s'appelle Infurmation en matière cri-
minelle.
On dit, que Les informations ont été con-
Krfies en enquêtes, I.oi-qu'on i civilisé un
procès criminel.
Il y a dans les Parlcrnens de» Cl»aml)r;'s
qu'on appelle Les Chambres des Enquêtes, qui
•ont celles où l'on juge les n[»pcllations tifs
Sentences rendues sur procès par e'crit; et on
les appelle quelquefois absolument , Les En-
quêtes. Son procès e^t à la primi}re, à la se-
conde dci tiKjuéfe.'i. Les Enquêtes ont deman-
dé l'iisscmtlée i(cs Chambivs. Président eux
Enquêtes, des Enquêtes. Doyen de la pre-
i;tière, d£ la seconde des Enquêtes. On monte
des Enquêtes à la Grand'Chamhre.
E>\>UÈTKR, V. qui ne s'emploie qu'avec le
jTouoni personnel, »'E?î*v*UÏ^TI'-R. S'enquérir.
Je m'en suis enquêté pco-tout. Je vous prie, en-
«ujfex-vous de cela.
On dit proverbialement, Il ne s'efujuflc de
ENR
rierij ou absolument, 71 tic s'enquête,, pour ■
dire, Il nf se sourie, il ne se met en peine de rien, l
ENQUlh'EUR. suhst. va. Juge ou OOicier
commis pour fuire des enijuêtes. Commissaire
Ex(imint!îetn--En(juétcurj ou .-ïimpU'ment , En-
(juêtew. Grand MuUre En(jttcteur et Général
liéfotmateur des Eaux et Forêts.
ENR
ENRACINER, v. a. qui sVmploie plus com
mune'ment au neutre ;ivcc le pronom personnel.
s'IilNRACïNER. Prendre racine. ?rn plus grnnd
usaaie est au figuré. // ne faut fas /oisser enraci-
ner la muu,r, cniacincr Ivsahus, lec mauvaisea
habitudes . les mauvaises opinions. Si celle
optni'o» vient une fois à s'enraaner dans Ivs
esprits.
E^nAcl^é, ÉE. pnrtlripe. Un arhre bien en-
racine. Un mal enraciné. Une fi aine enracinée.
ENRAGEANT, ÀNTE, adjm. Qui cnxiat
lieaiicôup de peine, un chagrin violent. C^cst
une chose bien enraijeanlc pour lui de voir
{^uon lui a pré firé ^on plus qrand ennemi. Cela
est enrageant. Il est du style familier.
ENRAGER, v. n. Êti-e saisi de U rage. Si
l'on ne donne ù boire à ce chien ^ il enraqera.
Cet homme a été mordu d^un chien enraqé , et
il court risque d'enraqcr s'il ne fait des remèdes.
Enb ACEn, se dit figurement et familièrement
De celui ([\ù souflrc une douleur excessive. Il
enraùe des dénis , du mal des deuls. Enrager
de douleur.
Il se dit aussi dlUn liesoin vif et pressant,
•t accompagne de douleur, Il enrane de jnini ;
d'Undi^sir ardf^nt et vioicul, // enrage de jouer .^
il eni'oge de parler.
Il signifie aussi, fltredanstuic jirande colère.
// est enraqê contre lui.
Il se dit aussi d'Un dépit, d'un dé|'laisii
grand et sensible. Jl enraqe de voir son ennemi
dans ce poste. Il cnranc de dépit. Il enrage tout
vif. Il enrage de bon cœur. Il prend patience
en enrageant. Dùl-il enrager. Il a une méchantt
femme qui le fait cnraqer.
On dit proverbialement. Il n^enrane pas
pour mentir^ pour dire. U a une ^ande Iwbi-
lude, une grande inclioilinn à mentir.
Et un tilt provcrbuilcm. d'Un liommc qui
ne lait quî Iracasfcrj et qu'en v.t sauioil satis-
faire sur ;!e.i , qu7/ feroit enrager la bétt et it
Ahtrchatid.
Eî*R\.'rÉ, ÉE participe. Un chien enraqè.
On dit familièrement. Vu mal enragé, une
douleur enragée, pour dire, Un mal violent,
une extrême douleur. Une passion enratjle.
Une faim erraqêe.
On dit aussi d'iJn liomn e qui s*? \f.\ssft em-
port;T par SvT passion à faire des cboses Iiors de
raÎNon, qu'/l c<:t enraqê de faire ce quil fait. Il
faut que vous soyez enragé, si vous prenez ce
parti~là. On dit d'Un homme fougueux et im-
pétueux, que CVst un enragcj qu'iï se bat
comme un enragé,, qu'i/ crie comme un enragé;
et dnns ce sens il est substantif.
On ('it proverbialement qu't/n homme a
mange de la vache enragée, jK>ur dire, qu'il a
ENIl
{ait un métier dur et pénible, où il a beaucoup
pûti.
ENRAYER, t. a. qui se ronjuc;ue comme
PaycK Terme d'Art. Garnir une roue de rais.
Enrayer une roue.
EisnATEB, signifie rnissî, Arrêter une roue
par les rais, en sorte qu'elle ne tourne point,
mais qu'elle ne fasse que glisser. La roue qu*on
avoit enrayée se rompit. U se dit d'ordinaiR
j-.bsolumcnt et sans régime. Cette descente est
trop roidcj il faut enrayer^
Enhayeu , s'emploie aussi familièrement au
neutre, pour dire, S'arrêter. Vous faites trop
de dépense, je vous conseille ^enrayer. Être
encore occupe d^amouretles à votre âtje .' il
scroit temps d'enrayer.
On dit en Agriculture Enrayer, pour dire,
Tracer le premier sillon.
Enrayé, ée. participe,
ENRAYURE. s. f. Ce qui sert ii enrayer.
L'enrayure cassa au milieu de la descente.
ENRÉG1MENT;:R. v. q. Former un Régi-
ment de plusieurs hommes ou de pludeurs
compagnies séparées.
ENnÉGiMEMTÉ , ÉE. participe.
ENREGISTREMENT, s. mise. (Plusieurs
prononcent et écrivent Enreqitrement.) Actiou
d'enregistrer. On s'est opposé à l'enregistre-
ment. Enregistrement des lettres. Enregistre^
ment des actes puMics. Droit d^ enregistrement.
Il signifie aussi L'acte qui s'écrit sur une Dé-
claration, sur un Edil, sur un Privilège, etc.
pour faire foi qu'ils ont été enregistrés. Lisez l'en-
reffistrement. L'Arrêt d'enregistrement. L'enit-
(jistrement de ce Priviîéqc.
E>rvEGISTRER. v.'a. {Plusieui-s ne pro-
noncent ni n'écrivent IS. ) iMcitre une chose
sur les registres où sont contenus les actes pu-
blics, pour la rendre plus authentique, et lui
donner plus de force. L'on ne trouve point cet
Arrèly cet Acte, il n'a pus été enregistré. Dé-
claration du Roi lue, publiée, enregistrée au
Parlement. Une sai.ie réelle ne vaut rien, ù
elle n'est enr»qistrée.
ExiitciSTnÉ, ÉE. participe.
ENRHUMER, v. net. Causer du rhume. Le
vioindre changement de temps lenrhume.
Il s'emploie avec le pronom pcrsonntl. iv-
fez. rhumidité , ou vous l'ous enrhumei-cz.
On dit figurcmcnt et pojîiilairemenl, C"««t
ce qui ^>ou$ enrhume^ pour dire, C'est en quoi
vous VCJU5 irompei.
EîinHtrMK, ÉE. participe.
ENRICHIR. V. net. Ren.lre riche. Le trafic
des draus, des vins l'a enrichi. Le commerce
enrichit fort un Pays. À quoi s'est-il enrichi^
S'enridiir de ses éparqnes. S enrichir aux Je-
pcns d'autrui., des dépouilles d'mfrur'.
Cn dit proverbialemeut , Qui s'acquitte,
s'enrichit.
l\ signifie an<si .Onier par quelque chose de
riche , «le précieux. Lu broderie enrichit fort
les habits. Enrichir de pierreries une montre,
une boîte à portrait, e'c. Enrichir un Inic de
ftgures. de tailles-douces . de vigntttes , etc.
Ou dit figurcmcut, Enrichir un ouvrnrc
ENR
d'esprit ^ un Po^ine^ pour dire, Y ajouter des
omemcDs. H a erutchi son discuuis de /iijiirc.''
touchantes, d'expressions nobles. Il a enrichi
iOn ouvraqe de rechercltes curieuses. Enrichir
son esprit de nouvelles connoissances.
Ou dit encore figurera. Enrichir un conte
ou un récit, pour diie, Ajouter pltisieun cir-
coiisiauccs inventées, pour l'embellir, le rendre
plus a:;rcable.
Un dit aiis&i Cgurém.Enric/iir une Langue,
pour dire, La rt:Ddre plus abocdunte, plus
riche par de nouveaux mou ou de uouvelles
phrases <jue rti!«a^e adopte.
E^RiCiiin, s'emploie uussî kvtc le pronom
personnel. Devenir plus richt- , plus orué. Le
cabinet de ce curieux s'enrichit tous les jours
de nouvelles raretés.
On dit H^urcmenl, La mémoire s'enrichit
par la lecture.
Knbichi, ie. participe.
EMUCiUSSEMEM. s. m. Parure, orne-
ment, augmentation de richesses. L'enrichisse-
ment d'un habit j d'une tapisserie. Vor est un
qrand enrichissement dans les étoffes. Les pein.
tares, les durures , sont un grand enrichisse-
ment dans une belle maison.
On le dit aussi au sens Gguré. Il a ajouté à
son ducours des citations, des traits (jui sont
un grand enrichissement. Il a embelli son
Poème de belles descriptions gui y font un
^rand enrichissement. Ln sage emploi de mots
êtrangtrs contribue à l'enrichissemenl d'une
Langue
liNR<*)LE.ME?*r. s. m. Action d'cniùlcr, ou
de s'enrôler. Les eniôlemens forcés sont défen'
dus. Son enrôlement a été volontaire.
ENftûiXMOr, signilie aussi L'acte » la feuille
«ù tViirùlenieot est tcril. J'ai son enrvlemenl
dans ma poçl.e.
ENKOI-ER. V. a. Mettre, écrire sur le rCle.
Il se dit parlicuiicienieut Des gens de guerre.
Eniôler des soldats. Enrôler des matelots. On
Va enrôlé dans une compagnie d'Infanterie. On
dit, avec le pronom personnel, i»'cmu/er, pour
dire, Hc faîte soldat. // s'est enrôlé depuis deux
jours.
On dit par extension et dans le style fami-
lier, *\u. L n homme s'est enrôlé datu une con-
fréiiCj dans une compagnie, dans une société.
EsutÙLH , KE. participe.
ENHOUE.MK.vr. s. m. (On prcronce En-
roûmept,) Ltal, incommodité de celui qui csl
torou'!. Avoir un grand enrouement.
LMIOUEU. V. net. Ueudrc la voix rau«[ue,
moins uetic et moins libre qu'û l'ordinaire. Le
hrvndlard ^ le serein l'u enroue. Les efftts
gu d a fatts pour se faire entendie de tes audi-
teur> l ont atrouc,
11 % emploie avec le pronom prrsonnel ,5cn-
rotic- à jurée de parler. À furce de crier, la
VOIX s'enti-ue. Je me luis enroue.
LanotiL, i%. participe, t» homme atrouê.
Avoir 1 1 1 nr enrouée,
. Gm dit. Il parle enroué; elEnrouf- se |irru.i
advurltitlcnic-ti daus celle phrase.
EXKOUlLLEb. V. act. iU-udre rouiUc,ett-
EN S
gendier de la rouille sur L^humidité eh-
rouille le fer.
M s'emploie au.\si avec le pronom pcrsouoel.
Le ft:r s'enrouille.
On dit fïgurement : La Province enrouLlU
un homme. L'oisivele enrouillc Vesprit. Il s'est
tout-à-fait enrouillé dans sa campagne.
Enrolilix, tF. participe.
ENROULE.MEM. s. m. Terme d'Architec-
ture et de Jardinage. Ce qui est tourne en spi-
rale. L'enroulement d'un chapiteau^ d'un ga-
zon, etc.
E.NRUE. .«. f. Terme a'Ai;ricuUure. Sillon
fort large, composé de plusieurs raies de terres
relevées par !a charru«î. Lalourcj' en enru^i,
ENb
ESSABLEMEXT. subst. m. Amas de sable
formé p:ir un courant d'eau, ou par le vent. Il
y a un etisablement gui gêne la navigation
dans celte rivière. Le vent cause des ensablc-
mens dans les déserts de VArabie.
ENSABLER. V. acu Faire échouer sur le
sable. // n'y avait pas as^ez d'eau dans la ri-
vière, le batelier nous a ensables. Il ne se dit
que sur les rivières.
Il s'emploie nussi avec le pronom person-
nel. Le bateau s'est ensablé. Il s'ensable à tous
niomens.
ENSAtiLE, £E. participe.
E>'SACIIEK. V. acl. Mettre dans un grand
sac. Ensacher des noix , des pommes , des
ijraius, etc.
Ensaché, ée. p:irticipe.
ENSAiSliNEMENT. s, m. Acte par lequel
on cnsaîsiue. Droit d'ensaisinement. L'ensaisi-
nement est d^un tel jour, Ensaisinement d'un
contrat,
EÎNSAISINER. V. a. Il n'est dusagc qu'en
celle phrase, Ensaisincr un contrat, et se dit
du .*^eigncur censicr, lorsrjuc par un acte il ro-
ronnoil un acquéreur pour son nouveau te-
nancier.
EnsaisïsÉ, tp. participe.
E^SA^■GLA^'TER. <■. act. Tacher de sang,
souiller de san*;. La blcssuie qu'il reçut cn.s(m-
glanta tout son habit. La tarre étvit tout en-
sanglantée.
Cn dit G;^urémcnt, qu't'n Prince a ensan-
glanté son règne, pour dir^, qu'il a éic cruel,
et qu'il a fait mourir beaucoup do monde.
On die aussi figurément, qu7J ne faut pas
ensanglanter la scène, pour dire, qu'il ne ùui
reprcseulcr aucun meurtre sur le thc;itre.
Ensanclasté, t£. participe.
ENSEIGNE, s. f. .Marque, indice servant à
fdire recoimoilrc quelque cl-ose. Je le reconnus
à ien>eigne guon m'en avoit dontiie.
On s'en sert plus oniiiiuïrcmrnt au pitu'iel.
J'ai été chez vous^ à telles enseignes gue, etc.
c'est-à-dire, Et la preuve en est que, etc. Don.
ner de Intunes enseignes, de fausses enseignes.
Venir à bonnes emeignes, à fausses enseignes.
Un dit aiiMi,.-! bonues cniCidnci, pour dire,
À bon litre, à juste liti-e.
E3>ti*...'«t:,sijutile aussi Le t«blca\i, talïgare,
ENS 5o3
OU autre chose que l'on altoclie ou qoe l'on
pend à la m.iisoti d un Marchand, d'un Arti-
san, d'un Caliartlier, pour la de'si^nfr. Il loge
à une telle enseigne. -\ y al-il point d'enseigne
ù votre logis? À l'enseigne de VEcu deFrance,
du Lion d'ur, etc. L ne maison où pend pouf,
enseigne le Cheval blanc.
Un dit proverbialement d Un mécliant pc r-
trait, d'un méeliant tableau, quV/ n'est bon
gu'à faire une ensei<fne à bière.
Il si;;ninoit autiofuis Les drapeaux que porte
r Infanterie, et qui nerveiit à dibtin^^uer les corjîs,
et à les faire n'Connoilre plus facilement aui
soldats ; mais il ne se dit plus (;uère en ce sens.
On dit néanmoins enccre : Tambour battant et
Enseignes déployées. Combattre sous les Ensei-
gnes de guel'ju^unjmarcher sous sesEnseignes,
Les Enseignes Romaines élolenl des aîglc^.
On dit fij;urémenl, iUmc/icr sou5 les Ensei-
gnes de gttelgu'un, pour dire, Suivre son parti.
U signifie aussi La charg*' de celui qui porte
le drapeau, qu'on appeloit Enseigne. Le Roi «
donne' une Enseigne à un tel. Il a eu VEnsti'
gne de lu Colonelle.
li signifie aussi Ccini qui a celte cliarge, et
qui porte le drapeau ditus les occasions; cloi-s
il est masculin. Un EmeLjtie aux Gatdfs a
monté U premier à la hièche.
Il y a aussi des Oflkiers q:i'oa appellr En-
seignes, dans U Ceud'irmerie, dons les Gardes
du Corps et dans les Mousquetaires, siu* lec
Galères et sur les Vaisseaux.
Ou appelle Enseigne de diamans, enseigne
de pierrei'îes. Plusieurs pierreries arrangées et
montées en forroe de rose, ou de uuelque autre
(ïgurc, dont ou sescivoil autrefois. Il portait
une en-eigne de diamans au chapeau. Elle
portoit à sa coijjure une enseigne de pierreries,
ENSEIGNEMENT, subst. m. lusiruction ,
préci pte. Il se dit plus ordinairement en par-
lant Des clioses morales. Donner de bons en-
seignemens. Il n'a guère proiite des bons en-
seignemens guon lui a donnés. Les malheurt
d'autrui nous doivent servir d'enseignement.
Il se dit aussi De l'action d'cu&eigner. Ce
Maître a la pratigue de l'enseignement. L'en-
seignement demande des méthodes appropriées
à lintelîigence et à la capacité de ceiu: gu'on
vtfut instruii'e. L'enseignement pidihc at fort
négligé.
On appelle en termes da Pialiijue, Ensei-
gnemens, Les pit'ctls qui servent à protiver, ^
ctabUr un droif, une possession, une qualité,
etc. Fournir des titres et cnsetgnemcns. Sous-
traire, détoUrna" des titres cl enscignemens. On
ne lo dit guère seul et sans le u:ot de Titres.
ENSEIGNER, v. a. Instruire, jEn*fi<^M<r la
jeunesse. Enseigner les ignorans. Enseigner
des en fans.
Il sigoiJîe au&ïi , Montrer quelque science,
cn douner tV s Uçous. Enstigntr la Philosophie
à guclguun. Enseigner la Théologie. Ensei-
gna les' LangjKs. Mvthodi d'euseigncr les
KienceK En^eigtier la vertu.
Il veut dii'^cUGrire, litJiquer ,f.iiTe conooîlr«
que'quu chose que ut mnL LfHtJ^nex- ttwi une
5o4
ENS
EN S
ENT
recfUe. Enseiqfiet-moî sa maison. Emeîgnezr-
nous le chemin. La nature nous ense'Kfne (jue
tous Jes excès sont pei'nicieux. QueUjues am-
tnaux nous ont enseigné à hdiir des nuiisons.
Enseigné, ée. porliciiie. U ne se dit que Des
choses. Les sciences enseignées méthodiquement
ne s'ouhUent guère.
Ou dit néanmoins de quelqu'un , qu7l a été
mal enseigne, pour dire, qu'On lui a donne de
mauvais piinripcs, qu'on a suivi i sou égard de
mauvaises méihodea.
ENSELLÊ, liE. participe 'du verbe Ensel-
tEB . qui n'est point en usage. Il se diî d'Un
dieva! qui a le dos un peu enfoncé coirime le
siège d'une selle. Je ne f)eur point de ce chauih
là, il est ensellé^ trop enscllè. Une béte, unû
jument ensellée.
Il se dit aussi d'Un vaisseau dont le milieu
est bas, et les extrémités sont .-élevées. Un
vaisseau ensellé.
ENSEMBLE, adv. L'un avec l'autre, les
mis avec les autres. Tout ensemble, tout à la
fois. Ils sont sortis enscnibïe. Il a acheté toul
cela ensemble. ChantonSy dansons ensemble.
{^lettre ensemble. Oter d'erweniMc.
On dit aussi en termes de Dessin , Celle
figure, cette tête n'est pas d'ensemble, pour
dire, que Les diflcrentes parties n'y sont pas
dans leurs justes proportions. Il y a (juel(jucs
(Ufauis dans ce tableau ^ mais le tout ensemble
ne laisse pas de plaire. El cette cxprcscion
► étend aussi h d'autres cboses. Cette femme a
plusieurs traits irréguHers, mais le toul en-
semble pUiU infinnnrnt.
Il s'emploie substiintivcnicnt, poiu' dire ue
qui résÉilie de l'union Jcs piiilics dinéientes qui
composent un tout II y a de belles figures
dans ce tableau , de heaii.v morccaiix dans ce
bâtiment, mais il n'y a pas d^ensemblc^ l'en-
semble n'en vaut rien.
ENSEMENCER, v. a. Jeter In semence dans
une terre , dans un champ destiné à la recevoir.
Ensemencer un champ j une terre. Ce Labou-
reur a ensemencé des tetres. Les terres ont été
bien ensemencées.
E5sE^;F.scÉ, i.z. participe.
I':N.SERRER. V. act. Enfermer, enclore. 11
est principalement d'usage en Poésie. Ce que
la tondye enserre. Tout ce (jue le monde en-
sei-re, etc.
ENSEnnET». Meure dans la serre. Ensarcr
des oratigcrs.
ENSEimÉ, ÉE. participe.
, ENSEVELIR, v. a. Envelopper un corj>>,
mort dans un drap, d.ms un linceul. C'c^t une
o:u\nc de charité d'ensevelir les morts. Il est
mort si pauvre, gu'd n'a pas laisse un drap
pour Vensevelir.
Un dit figurémcnt d'Un Ciouverncur, d'un
Commandant, qu'il s'est enseveli sous les ruines
de fta Place, pour dire, qu'il s'est fuit tuer en
dcfcndaiil sa Fl-ice jusqu'à i'cxlréniîlé.
On dit aussi Cgurcmenl, qu'Un hommesUst
enseveli dans la retraite, dans la .toli^ude^potu*
^ire, qu'il s'est entièrement retiré du monde.
On dit encore âgiuément, £l/4Cruei-cU dan$
une profonde rc^erïe, pour dire, Rêver pro-V En ce sens on s'en sert souvent 3 l'impcr-
fondénient. On dit. Etre enseveli dans le cha-
grin, pour dire, Avoir un chagrin profond. Ou
dit, iSon fiof» est enseveli dans l'oubli, pour
dire, Il est entièrement oublié. On appelle Un
homme enseveli dans les livres, Un homme qui
ht sans cesse, qui étudie sans rel tche.
On dil aussi, Être enseveli dans la débauche,
dans la crnpi/ïe, pour dire. S'y abandonner
toul entier.
On dit, Être cna^vcti dans le sommeil, pour
dire, Dormir profondément.
Enseveli, ie. pirttcipe.
ENSEVELI.SSEMENT. s. m. Action d'cnsc
velir. L'ensevelissement des morts est au nombre
des œuvres de niisêriçorde.
ENSORCELER, v. a. Donner par prélcndu
soitilége, par maléfice, des maladies extraordi-
naires, ou de corps ou d'cs]>rit. Il y a quchjue
chose de si étonnant dans sa înaladie , gu'on
dirait qu^il est ensorcelé. Elle CH si jmssionnée
de cet homme, (juoiqu il n'ait ni mérite, ni bien ^
ni agrément, (pi*il semble qu'il l'ait ensorcelée.
On dit familièrement et par exagération,
tpi'Une femme a ensorcelé quelqu'un, pour
dire, qu'il en est épris, qu'il l'aime passionné-
ment, qu'il l'aînie jusju'i la folie, jusqu'ù la
fureur. Elle l'ensorcellera, s' il ti'y prend garde.
EssonCELK, ÉE. parlicipc. '
ENSORCELEUR, EUSE. s. Celui , celle qui
«nsorcclle, qui enchante.
ENS01U;ELLE:\li::VT.s.m. Action d'cnsor-
Lcler, ou l'cfuît prétendu de crtic .nction. Il y a
lis l'ensorcellement à cclo 11 n*esl pas bien
(jwcri, il n'est pas encore dclivré de son ensor-
cellen'^.nl.
Il s'emploie aussi au figuré dans le même
sens qu'£'nsoiccIer.
ENSOUFREK. v. a. Enduire de soufre. En-
soufrer des tonneaux. Ensonjrer des hunes.
Un dit plus communément. Soufrer.
Ensoufré , ÉE. participe.
ENSUITE, advcrb. Après, h la suite de.
Ensuite nous ferons le reste. Vous irez là ci-
suite.
Quand il est suivi de la particoJe de, il a la
qualité de préposition , et ne se dit guère qu'en
ces deu\ phrases : Ensuite de cela. Ensuite de
auoi.
ENSUIVANT. Terme de Pratique. Il n'e-t
r^uérc d'usage qu'en quelques 'ibrr^^es ciuï mar-
([Ncnt postéri'n-ilé de temps. Le DtTOtncV en-
mivant. Le mois ensuivant, etc.
ENSUIVRE, verhe qui ne s'emploie qu';i-
vec le pronom personnel, s'ENSLIVRE. Sui-
vre , ùu-e après. Il ne se dit que d.ms la morale,
Cl qu'à la troisième j>ersonne iniit du singulier
que du phirlcl. Le prcmia' chapitj-c et tout ce
nui s'eti/uît.
Il signifie aussi, Dériver, procéder, venir de.
Vn qrand bien s^cnsaivit de tant de maux. Le
Parlement cassa laprocèdure et tout ce qui s'é-
toit ensuivi.
Il se dit aussi d'Une conséquence qu'on tire ù
de qticlquc prinripe. 'i-'oy^- '^' erreurs <[UI
s'ensuivraient de clHc wnooji'd'on.
soruicl. // s'ensuit de là que... Il s'ensuivroit de
cette proposition que... De là il s'ensMtVoit
que... De cette proposition il j'ensuif que...
Si vous établissez ce principe, il s'ensuivra
que...
Ensuivi, ie. participe.
!•: N T
ENTABLEMENT, s. m. La saillie qui est p.u
liant des murs d'un h.'ilimenf , rt qui en soi.-
li-_'nt la couverture. Ce bâtiment ic/fl hienfât
achevé, on en est à V entablement.
On appelle aussi Entablement .en Arcliilec-
lure , l'architrave, la frise et la corniche, prises
cnscml)lc,
E-NTABLKR, vrrhc qui ne s'emploie qu'a-
\Tc le pronom personnel, s'ENTABLE^R. Terme
de Mcnége. On ditdUn cheval ,qu7/s'enIaWc,
Lorsrjue les hanches devancent les épaules,
quand il raanre de deux pistes, tant sur \»s
voltes que sur les ch'angemens de mafn.
ENTACHER, v. a. Infecter, gûler. Il est
vieux, et n'est guère d'usage qu'au participe.
On dit en stvle de Barreau : Cet arrêt l'a en-
taché en son honneur. Une famille entachée de
ladrerie. Vn homme entaché de lèpre.
Il se dil figurément dans les choses morales.
Être entaché d'avarice.
Entaché, ée. participe-
ENTAILLE, s. f. Coupure avec enlèvement
de parties, faite dans une pierre, dans nu*
pièce de bois, soït poiu' y en cmlioiter uu€
autie. soit jiour ijucl'jue autre objet. t^'aitcOd
entailles dena une j outre.
Il se dit i>ar exicnsîon. Des ronpnrfs faite»
dans les c1)ï*»"S. Il a reçu dans le bras un coup
de sabre qui '"^i a /dit une qrande entaille.
ENTAlLLL'^ v. act. Tailler, creuser ime
pièce de bois, ei ^orle qu'une liulrc puisse s'y
l'inboîter. Entaillf^une poutie pouryemboitàr
des solives.
EsTAn.LÉ,ÊE. participe.
ENTAILLURE. s. f. Entaille. Fùire une
entaillure,
ENTAME, subst. f. Premier morceau qu'on
coupe d'un pain. Réservez-moi l'entame.
ENTAMER, v. a. Faire une petite intisimi ,
une petite déclïirure. Entamer la peau. Eutn-
mer la chair. Le coup lui entame los. On en-
tame lécorce de certains arbres pour en tirer
la qonime.
Il signifie aussi, Oter une petite partie d'une
chose entière. Entamer du pain . un melnu , un
pâté. Ey.tamer une pièce de drap. Entamer un
sac d'argent,
1) sii'iiifie figurémcnt. Commencer. Entamer
une ni(itic/e, un discours, une afj'nire, unt
ncqocmtion.
Ou dit (igurëment. Entamer tm corps tk
troupes, pour dire. Commencer à l'ouvrir, a
le rompre. Des que la premiàe ligne fut erf
lamée, toul le reste s'enfuit
On dil figurcmeni, qn'î/n homme se laissé
entamer. Lorsqu'il souflTrc qne d'autres entre-
prennent sur ses droits, sur Sn charge, Ou ïoi»*
ENT
cpi'll se laisse fléchir pour faire quel<nic cliose
contre son devoir, ou contre sa resolution.
Voilà un homme perdu y s'il se laisse entamer.
C'est un homme mon, il s'est laissé entamer.
Prenez bien (jarde qu'on ne vous entame. C'est
un hommo impénétrable , on ne sait par où
fentamer.
EsTAMÉ, iB. participe.
CM'AMURK. s. f. Petite décliinire, petite
incision. Ce coup ne lui a fuît fjuune meurtris^
sure, mais il n'y a point d'ct\tamure. Le coup
lui a fait une Icjère entumure.
En parlant d'Un pain, on appellr? Entamiue,
r.e premier mnrcpau qu'on coupe d'un pain. Ji
aime Vcntamure du pain.
On dit Qussif L'entamure d'un pâté, ^un
jambon^ pour» L'ouverture d'un pât(î, d'un
jambon. Je me suis trouve à Veutiimwe d'un
bon pâté, d'un hou jambon.
EN TANT QUE. Particule conjonctive.
Comme, en qualité de. On s'en sert pour
tpccitlrr et pour restreindre quelque idée,
quelque proposition. Je m'y oppose en tant
ijue cela me touche. NotreSeiqneur en tant
(ju'homme. Il a ce droit-là en tant que Se-
crctaire du Roi.
rCNTASSEMENT. s. m. Amas de phisicun
olioies entassées les unes sur It's autres, il y a
un 51 jrand entassement de papiers^ de livres
tt de meubles dans cette chambrej quon n*y
peut entrer.
Il se dit aussi fîgurément Un entassement
d'iictv . de figures, de mots^ d'alfaires^ etc.
£STASSER. V. a. Mettre en tas. il a entasse
$ts meubles l'un sur l'antre. Il entasse papiers
sur piîpiers. Entûsser des nerbes. Lntasser du
foin.
Il signifie aussi figurément, Accumuler,
amasser l'un sur l'autre en grande quantité.
Entasser procès sur procès. Il a entassé trop de
ciLitions dans ce !iV?-e.
Ondild'Cn avare, '[u'Il entasse écu sur écu.
(Jn dit d'Une personne qui parle beaucoup,
«ans rien dire , ^u'Elle ne fait qu'entassa' po'
roUs sur paroles.
ENTASSÉ , ÉE. participe.
On dit par exagération, que Da gens sont
alitasses les uns sur les autres en quelque V.eu^
pour dire, quTls sont extrém^meot presses.
On dit l'ainiliénment, qu'Ain homme e^t
e.'itosté, pour dire, qu'il est contraint d.ins s.i
ijîlle, qu'il a la têlc enfoncée dans les cp.iules,
ENTE. a. f. Greffo; un scion d'arbre, lors-
qu'il est grcfTé sur un autre arbre. Une helU
aite. Uaire une ente. Faire des cnles.
Il se dit atUïi De Tprliic ni-'rp où l'on fait
une ente. Il y a beaucoup de jeunes entes dans
« jardin.
ENTE, sulwl. f. Terme de Printure. C'est le
morceau de I>oisquï sert de manche au pinceau.
L'ente d'un pinceau.
EM'ELK( JÏIE. s. f. Terme didactique cni-
\Aoyv par Ari&ioti-, et sur U signifirntion duquel
les Philosophe» sont peu d'accord. Il nignifr* la
furnie c&si;nltcllc qui constitue un individu
dans »oa espJxrc, et qui le meut coniinùmeut
Tome /,
ENT
vers les fins convenables A son org.inisation.
Telle est l'âme végétative dans les phintcs,
ielon la philosophie ancienne, et l'imc sensîtivo
dans les animaux.
ENTENDEMENT. 5. m. Faculté de l'iîme,
par laquelle elle conçoit. L'erite/uïement/inmain.
L'entendement j la mémoire et la volonté sont
les trois facultés de l'dme. Entendetaent subtil,
grossier. Premii'rc opération de Ventcndemcnt.
Il signifie aussi, Sens, jugement, bon esprit.
C^est un homme d'entendement. C'est un homme
de petit entendement. Il ti'a point d'entende-
ment. Il faut avoir perdu Vcntendemcnt pour
rn user comme il a fait
ENTENDEUR, s. ni. Qui entend et qui coir-
foit bien quchpie chose. U n'est d'usage qu'en
ces façons de parler proverbiales : À bon en-
tendeur salut, pour dire, Que celui qui ni'en-
lend bien en fasse son profit. On dit aussi, A
bon entendeur peu de paroles.
ENTENDIS E. v. a. Ouïr; Recevoir rimpres-
(ion des sons par l'organe de l'ouie. J'ctoïs si
loin que je ne pouvais entendre. Il n'entend pas
bien clair. On fait tant de bruit , qu^on ne s'en-
\cnd pas. Entendre le sermon. J^enlends sa
voix. J*ai entendu dire.
On dit aussi , Entendre dur , pour dire , Être
nn peu sourd.
Ou dit, Entendre la Messe pour, Assister
\ la Messe.
On dit, Je ne Vai jiimais entendu^ pour
iîrc, 3f ne l'ai point oui prêcher, plaider,
)hanter, jouer du luth, etc.
un dit provi-ibialcmcnt , On fait tant de
hruit, (ju'on n'cntcndroit pas Dieu tonner.
Ou dit proverbialement, vu'Il n^y a point
3e pire sourd que celui qui ne veut pas en-
tendre. Ce qui se dit proprement et fîgurément
De celui qui feint de uc pas ouïr, ou de ne pas
rom prendre.
Il signifie encore dans le sens d'ouïr, Prêter
volontiers l'oreille, et se donner la patience
d'écouter. Entendre les Parties j les Supplians.
Entendre des témoins. Entendre une lecture.
Il signifie aussi, Comprendre, concevoir en
»on esprit, avoir l'intclliganccde quelque chose.
Entendre le sens dun Auteur. Entcndj'e un
Auteur. Entendre les passages les plus dijji-
ciles.
On dit, Je m*intend.< hien^ pour dire, Je
sais bien ce que je veux dire. Et, Entendons'
nous, pour dire, Comprenons bien les inten-
tions les uns des autres, ou Ecoutons ce que
chacun de nous dît. f^ntcnJuru-nous, signifie
ans-î, Soyons birn d'intelligence et de concert
(rntre nous,pout réussir dans ce que nous vou-
lons faire.
On dit. Entendre à demi-mot^ pour <lire,
Entendre fiicilemcnt, sons avoir besoin d'une
grande explication.
On dit, Entendre fnesse, entendre malice
à quelque r/iosc,pour dire, Donner un sens lin
et malin à quelque choi»e. Je ne sais pas quelle
finesse vous entendez à cela. Il entend fvtcs.-^e à
tout. Il n entend malice à rien.
On dit aussi, y entendre ni rinit m raison ^
ENT CoS
poiu- dire, Refuser par humeur de se rendre à
ce qu'on propose de plus raisonnabi"
U veut dire aussi. Avoir connolssancc et
pratique d'une chose. // entend tien sen nié-
tier. Entendre le négoce , la chicane , la
guerre j etc.
On dit qnX^i homme entend la Cour, pour
dire, qu'il connoit bien l'esprit, le ton, l'éli-
quelte du la Cour,
On dit absolument, mais famîIièrtEment , //
f'cnfeuJ, pour dire, U sait bien ce qu'il fait,
il est habile. Et au contraire, ZI ne l'entend
point, pour dire, ïl ne sait ce qu'il fait. Vous
l'entendez. Vous ne l'entendez pas. Faire ce
que vous avez fait^c'est l'entendre.
On dit aussi absolument, // en(enrI,pour
dire, Il comprend ce qu'un lui dit, il est au fait
de la cliose dont on parle. On dit de même, et
ilans un *<eus contraire, /( n'entend pat, il n'y
tntend rien.
On dit, JE^nïentïrc un mot, pour dire, En
ïavoir la signification; et Entendre le Grec, le
Latin, entendre les Langues, pour dire, Savoir
la signification des termes Grecs, des termes
Latins, savoir la "lignification des termes des
Langues différentes.
Il veut dire encore, Donner son consente-
ment, consentir, approuver. Je le lui propose-
rai pour savoir s'il y veut entendre. Il n'y veut
point entendre. Et alors il n Vst pas propre-
ïient actif , mais on s'en sert neutralemeiil avec
la préposition à. S'il veut entendre aumariage
ju'on lui a proposé, on offre, S'il veut en-
tend} 3 à celle ajjiiij'e
Donrier (î entendre, laisser entendre^ se di|
pour, Insinuer, dire quelque chose pour iiiire
rroire. Il m'avoit laissa entendre. Il m'avoit
donné à entendre que vous vouliez... On dit,
Sous un faux donné à entendre^ pour dire.
Sur une fausse supposition.
On dit proverbialement, C/tiici<n/ài(comnie
il Ventendy pour dire, Chacun fait comme il
juge h propos.
On dit aussi quelquefois, Comment Ven-
tend-il.^ pour dire, De quel droit Ait-il oelo,
ilil-ilcela? Voui me parlez bien haut; com-
ment Ventendez-vous donc?
On se sert aussi de ce verbe avec le pronom
personnel et la préposition à. S'entendre à
ijuelque choze, pour dire , La savoir bien faii'C ,
s'y prendre bien. Il ne s'entend pas mal à telle
chose. Il ne s'y entend pas trop bien.
En ce sens on dit proverbialement, Il s'en'
tend à cela comme à faire un coffre j ou comme
Il ramer des c/toux, c'csl-à-dirc, qu'il n'y en-
tend rien.
On dit, quUn homme s'entend en musique^
en tiibleauxj en bonne c/ière, etc. pour dire,
qu'il s'y conooit fort bien.
U veut dire encore avec la préposition i^i'ec,
Agir de ''Concert. S'entendre avec quelqu'un.
S'entendre avec l'ennemi.
On dit proverbialement et en ma^Tnise part ,
Ils s'entendent comme larrons en foire^ pour
dire, Us sont d'intelligence sur la chose dont il
s'qgîl.
64
5o6
ENT
On dita'Unc chose, qa'EUe i'enleml ohc-
ment, qu'elle t\e s'entend point, pour dire,
qu'lille cfil liiséc h comprendre, ou quon ne
petit la coinprendrt'.
On dit aussi al^so!ume^l,C<'^I s'entend, cela
s'entend bien, pourdlrr, Ola se suppose ninsi,
cela doit être ainsi, il faut bieu que cela soit
uinsi.
On dit d'Cn homme i qui plusieurs parlent
à la fois , nu'7/ ne suit au(jitcï entendre.
Entesdue, veut dire encore, Vouloir, avoir
iutenlioii. Je vous }e promets, mai<i aussi j'en-
tends que lions fissiez cVst-à-dlre, Mon in-
tention est. J'ai toujours entendu t^uc vous fe-
riez cela. Quand je dis qu'il écrit bien, j'en-
tends varier de sa prose, et non de ses vers.
Entlndu, ce. participe.
Il est aussi adjectif , et veut dire,iiitelligf'nt.
Un ^oDime bien entendu aux affaires, dans lei
afJlïireSj au jardinane, au métier do la guerre.
Il se dit aussi sans l'adverbe Sien, et sani
rien ajouter. H est entendu , U est fort entendu.
On le prend aussi en mauvaise part. ïl fai\
Veniendu.
On dit, Faire l'entendu, pour dire , Faire 1<
capable, le suffisant, l'iniporlant.
Il Si: dit nussi De certaines choses ; et en et
sens il se prend pour Bien assorti, fait avec art,
avec goût, avec intelligence. Un hiUimcnt bien
sntcudu. Un meuMe bien entendu. Un hahit
bien entendu. Un repas bien entendu. Un ta-
bleau bien entendu.
On dit d'Un tableau, que L'ordonnance en
ist bien entendue, pour dire, qu'il est disposa
avec beaucoup d'art, avec intelligence, et selon
les règles.
On dit souvent De deux pei'sonnes qui ne
t'accordent pas : Ils ne différent que par un
malentendu. Ce n'est qu'un malentendu qui la
a brouillés. Celte différence d'opinions ne vient
que d'un malentendu.
1ÎIE5 ESTENDU QUE. PbrasG conjonctivc, qui
signifie, À condition pourtant que, avec cette
restriction pourtant que. Je vous accorde cela,
mais bien entendu que vous ferez.... Voilà la
rèqlc, bien entendu quil y a des exceptions.
On le dit aussi absolument, et il signifie,
Sans doute, assurément. Vîendrez-vous comme
vous l'avez promise Bien entendu.
ENTETrK. s. f(!m. U se dit proprement De
l'interprétation qu'on donne à un mot équivo-
que, et qui peut recevoir plusieurs sens. Mots
à double enfenfe, à deux ententes.
On dit prov<Tbialemeiit, L'entente est au
di.tciir, pour dire, que Celui qui parle sait le
véritable sens qu'il a voulu donner à ses pa-
roles.
Entsttc, se dit aussi dans les arts du des-
vn, pour signifier, Intelligence dans la distri-
bution. L'ententt du coloris, des opposithus,
du clair-obscur. Cet Architecte a de l'entente
dans la distribution. Il n'y a point d'entente à
ee tableau.
ENTER. T. a. GrefTcr, fuire une ente. Enter
nn poirier^ un pommier. Enter franc sur franc.
Enter sur sauvafjeon. Enter sur un connassler.
ENT
Enfer en écttsson, en fente, en œillcl, en ceïl
(loriiifliit. En(cr en bouton. Enler en pou-
pée, etc.
On dit figurtiment , qu'î7fie maison, qu'une
famille est entée sur une autre, pour dire,
qu'Elle y est entiêe, et qu'elle en a pris le nom
cl les armes.
Il se dit aussi, Lorsqu'un liommc joint cn-
erniMe diverses qualit/'S. C'est un Einancia
cn[.'- sur un Praticien. Un Gascon enté sur un
Normand. Il a beaucoup de vices entés sur dt
bonnes qualités.
Entl:,1Èe. participe.
On dit qu '-t.' ne canne est enfêe, Lorsqu'elle
est composée de plusieurs pièces emboîta les
uii-s dans les autres.
Ejfé, se dît en termes de Blason, Des par-
titions, des bandes, pals, etc. qui entrent lei
uns dans les autres en ondes.
ENTÉRINEMENT, s. m. Terme de Juris-
prudence. Quand il se dit d'une simple re-
quête, il signifie L'admission d'une requête.
PLvnsiiiVre l'enférinemenf d'une requête. Quanij
il se dit d'Une requête civile, d'une grâce, d'uni
rémission j etc. il signifie Vérification, liomolo*
gation. L^ entérinement d'une qrîlce.
ENTI^RINEU.v. a. Tenue de Jurisprudence
Ratifier légalement un acte. Entériner une re-
quête. Entériner des lettres de grdce.
On dit, Entériner des lettres, pour dire
Déchirer juridiquement qu'elles doivent avciî
leur effet.
On dit aussi dans le m^me sens : Etitcrine
une qsace. Enttriner une rémission. Enfêrinn
des lettres de rescision. Entériner une requétt
civile.
l'.NTKRiNÊ, ÉE. participe.
EriXICROCf'.LE. s. f. Terme de Médecine
Hernie ou descente des intestins dans le pli di
l'aine.
ENTÉROLOGIE. s. f. Terme de Médecine
Traiti; sur les viscères.
ENTERREMENT, s. m. Inlmmation , céré-
monie avec laquelle on met un corps en terre
Enferrcnienï sorn^(He(t.r. Enterrement muqni
fique. Enterrement sans pompe, sans cérémo-
nie. .'Hier à l'enterrement. Êtrcpriéd'un enter
lement. Billet d'enterrement. Assister à Vcuten
rcmcnt. Voir passer un enterrement.
ENTERRER, v. a. Enfouir, mettre dans li
lerre. Enterres' des canons de tulipe. Quan\
on a arraché du plant, il faut l'enterrer promjy-
t-.mvnt, de peur qu'il ne se sèche. Enferrer d:
l'anjent dans une cave. L'avare enterre se;
trésors, plutvt que d'en jouir.
On dit figurément et familicrcment, d'Une
maison de campagne, d'un jardin où l'on fait
de grandes déjK'nses à remuer la terre, qu'On
y a enterre beaucoup d'argent.
On dit figurcment dans le môme sens, En-
terrer son secret, enterrer ses talens, pour dire,
Les tenir c.iclu-s.
EsTEnitEn. Inhumer, mettre en tcne un
corps mort, ou censé mort.Entcrro"»» homme,
^ une femme, un enfant. Enterrer en ta-re sainte,
:îan$ un cimetière, dans V enlise, daus le chœur.
E'iT
0/1 Va enterre la nu) sans cérémonie. On Va
enlené avec hcaucottj de pompe. On l'eiiloia
tout vivant.
Enterrer qne^qu'ln , signifie quelquefois,
I-iii survivre. Eu ci tcns on dit d'Un liomme
lortsaiuqui promeli; ac longue vie, Cet Jionunc-
là nous enteirern tels.
On dit aussi , J Interrer qttelqu^un , pour
dire , EfiUcer sa rc|i nation au point de la faiie
oublier.
On dit proverbi lemenl , Enterrer la iyna-
jnijiic avec l.oniiei' ; pour dire, Terminer une
alTalre, sortir d'un .'ngagcmcnt, d'une Ii.-iison,
avec bienséance , et d'une maniùre irrépro-
chal>le.
On dit d'Un 1; mime qui a été accablé p*»-
la cluitc d'un bit] oent.quTI a été enterré sois
\es ruines.
On dit figui-ctï , d'Un Gouverneur de Place,
i[ull se reut ^l'i e enterrer sous les ruines rfe
taWiice, pour cl x , qu'il veut plutôt mourli
ijt« de la rendre.
On dit aussi ' àgurément d'Un liomme qui
n quitté le gratH monde pour se retirer t!an«
la Province, (i\lïl s'est enterre dans la Pro-
vince.
On dit, qu'il s'est enterré tout vif, pour
dire, qu'il s'est i întièremcnt retiré de tout coitN
raercc du mon.' e. Entrer âans un Ordre ans.-**
ir.istère, c'est s1 ntcrrer tout vif.
Estehhé, C'!. participe.
On appelle I7ne maison enterrée, un jardin
enfen-e. Une maison, un jardin dont lu situa-
tion est ïrop 11 £se.
ENTÊTEr.f E>"r. s. ni. .Vllaclicmcnt opini,.tic
dans ses opinî ins ou dans ses goûts. Son entê-
tement est d: nqcretuc. Il a un nrand entë'.e-
tjienl pour cl Itc femme. C'est un ctranqc mtt'-
Icment (jue l : sien. L'entêtement est un nrt::ui
obstacle à la découverte tic la vérité.
ENTÊTE R. V. a. Envoyer h la tcîe dos v.i-
peurs iucorf modes et fûclieuses. Il peut s'eai
ployer sans :cgîinc ou avec régime. Le chorhou
entête. Il y 2 des cens que Vodeur des roses en-
tête. Ce vin est fumeux, il entête. Le tahac eu
fcte ceux q li nont pas coutume d'en prendj e.
Ce parfum tst trop fort, il m'entête.
On dit / gurcnient et familièrement, que La
louannes a itêtcnt, pour dire, qn'Elles donnenl
lie la vani»:. Je l'orgueil.
Il signiic encore figurément, Préoccuper,
prévenir c a favc ur d'une personne , ou d'une
iiplnion. ('ni est-ce qui vous a entité de cet
liommelà , de ce système?
U s'ca ploie dans le niônie sens avec le pro-
nom peri jiinel, et se prend tou)ours en mnu-
v.nisc pad. // s'est cntelé de cette femme, de cet
Auteur, lie ce Roman, iTun certain système J»
Philosophie, des nouvelles opiniont. Les igno-
rans s'a iélent facilement
U s'a aploie ubsoluicenl pour dire , Se pr<-
Dcciipcr , se laisser prévenir. C'est un nomma,
c'cd un Juije dangereux, il est trop sujet à
s'entête, i
Esrf.Tii, KE. parlidpc. Il n'est guiie d'usage
que pour signifier, Opiniâtre, trop préveno,
ENT
Jortemont préoccupe. Un enfant ^ un vieillard
entéti.
l\ est aussi siiLstaulif ; et nlors il signifie Un
hoinmt^ qui s'iittaclie opiniâtrcuïcnt aux cliosci
dont il u 4;lc une fuis prcoccupO. C'est unenU'û;
ENTHOUSIASME, s. m. Émotion cxtiaor-
djoaire de l'Ame, causée par une inspiraltuu
qui cH ou qui parnit divine. Soûl se Uouvant
parmi les Prophètes, fut misï ilu même en-
tliousiainie ^uVmx. Il se dit plus ordinairement
Des Sibylles, de Ja Pythie, et de ceux qui pro-
uouçoicDt les Oracles du Paganisme. La Stbyllt
dans son enthousiasme avoii prétlit que,...
II ii^uific aussi Un mouvement extraordi-
naire de l'àme, qu'uo Poêle, uu Orateur, un
homme qui travaille de gcnie, éprouve d^ml
le moment de la composition, et qui l'tilève en
(pieîque sorte au-dessus de lui-même, //c»-
rf u.r , iiuhle cntfwusiusme. Enthousiusnie poé-
tique. Quand l enthousiasme le prend. H ne
parle que par cntliomiasme. Entrer en enlhou-
iiasme.
Il signiGe aussi ^ Admiration outrée, goût
cccessif ptiur une personne ou poui' une chose.
Son enthousiasme pour cet .iuït'w, ^our cel
vuvragej ia^-euqie. C'est un homme à enf/iou-
$iasme. Ses enthoiniasmes sont ridicules, mais
ils ne dwcnt pas,
I:M'U0USIASMER. v. a. Charmer, ravir
en admiration. La lecture de cet ouvrage Vavûit
enthousiasmé. Il s*est fuisse cnf/iou£iasnier dt
cette musique, de la voix de cette femme.
11 V. mploie aussi avec le pronom personri"!.
Cet homme s'L'rithousiasmeaiscrnenMl se prend
plus souvent en mauvaise part.
ENTHOUSIASMÉ , ÉE. participe,
ENTHOUSIASTE, s. des a g. Visionnaire,
fanatique. C'est un enthousiaste. On appcloii
ainsi Ccrtaius Ucrctiques qui se croyoicnt ins-
pires
11 siguifîe aussi Admirateur outré. // est cn-
tf'Oiisiaste de cet ouvraae.
ENTHY.MtME. s. ra. Terme de Lo;;iquc.
Ar^^meul qui ne consiste que dans deux pro-
|x^sitioQS> dont l'une est la conséquence de
l'autre. La raillerie fût des ennemis, donc il
faut l'éviter, est un entliymème. Les Oraieun
te servent plus ordinairement de tenthymcmc
(fue du syllogisme.
^>1TCHI:1R. v. a. Commencer à giter, ù
QncTompre. Son plus grand usage est au parti-
cipa*. Cc< fruits sont un peu entichés.
n se dit figuréiUL-nl et faïuilièroment , en
pnrlnnl Oe mauvaises opinions en fait de doc-
trine et de religion. Qui vous a entiché de cette
opinion? On le soupçonne d'être un peu enti-
thé de Jansénume. Il tst du style familier.
E5XICHÉ , tE. participe.
ENTIER, IKRE. adj. Complet, qui a loulcs
tC9parli•-^, ou que l'on coosidèro dans lonti^
100 étendue. Un pain entier. Un jour entier.
i'ne année enûère. Une Province entière Li-
mande entier, /.'univrrs eMier.
Onjrioiut quelquefois le nom de Toul, pour
appuyLi «laranta^c. Attendre une heure toute
entière. Lireun livre tout entier.
ENT
1) s'applique aussi aux cboscs morales. Vivra
daiis un entier tiétuchement des c}wses du
monde. Avoir une entière confiunce en Dieu.
Conserver sa raison toute entière. Vivre dans
un entier abandonnement , un entier délaisse-
ment. Laisser une entière Uhcrtè à ses amis.
Conserver sa réputation entière, sa vertu en-
tiéie.
On dit, en style de Barreau surtout , eu par-
lant ii"L'n e'tat de choses dont les circonstances
ne sont plus les niOincs, Les choses ne sont pas
entières.
On dit figurément, qu'l'iic affaire, «ju'um!
fonction, qu'une ciiorje, qu'une science de-
mande un homme tout entier, |)our dire, qu'il
est nécessaire qu'il y emploie tous ses soins,
toute sou .ittentioD et tout sou temps.
On dit dans le même sens, Cette occupation
m^inléresse, je ni y suis livré tout entier, elle
prend lion temps tout entier, mon attention
l.mte entière.
Un dit aussi, Mourir tout entier , pour dire,
Ne laisser aucun souvenir, aucune rcuomiuéâ
api es sa mort.
En son entier. En leur cnïier. Façons da
parler qu'où emploie substantivement, pour
marquer qu'il n'y a rien de change, de gitt',
d'altéré dans les choses dont ou parle, qu'elles
sont encore au même ctnt qu'auparavaut. Cette
pièce est rapportée en son entier dans un tel U-
ne. Cet Àmphunèdlrc, ce Temple est encort
en son entier. Cette affaire est encore en son
entier, La chose est en son entier. Remettre
les choses en leur entier,
EsTiEit , s'emploie aussi subslantivement ,
tn termes d'.Vrilhmétique, pour. Un nom-
hre composé de toutes ses parties. Quatre quart]
font un entier.
Entier , signifie aussi , Opiniâtre , attacbc à
105 sentimCDS. C'est un homme entier, bien en-
tier, fort entier en ses opinions. C'est un esprit
(ort entier. Celte femme est fort opiniâtre, fort
entière.
On dit. Un cheval entier, pour dire, Un
[hevnl qui n'est pas hongre.
ENTIÈREMENT, adv. Totalement, lout-.\-
fuit. £ftti(h*eriicrit ruiné. Abandonna- entière-
ment. Se livrer entièiemenl à l'élude, au jeu,
aux plaisirs, etc.
ENTITi'*. s. féni. Terme did:ictiquc de l'an-
cienne r'-cole. Ce qui constitue l'être ou res.seucc
Je quelque chose. Ainsi les Sco1asti^uesdi:x)ient,
l'Entité df Pierre, pour Jésigncr, La qualilO
qui le constitue £lre.
ENTOIL.\GE. s. m. Toile ou réseau imitant
la dentelle, auquel on cuud une dentelle. En-
toilaije de mousseline, Entoilaqe de toile de
Frise,
ENTOILER, y. a. Rimctue de la toile ù l.i
dentelle d'une cravate , d'un mouchoir de cou ,
etc. £n(oi(cr un mouchoir, une cravate.
On dit. Entoiler une estampe, une carte dg
Géographie, pour dire , Les coller sur une toile.
Il a fait entoiler toutes ses estampes,
Entoii.k, i'X. parîici|ic.
EliTUNN'L^n. V. a. Verser une liqueur d;iiit
EIST 5u7
un tonneau. Entonner du vin^ du cidre ^ du
vinaigre j etc. Il faut prendre garde que Us fu-
tailles soient bonnes avant que d'y entonner le
vin.
On dit familièrement d'Un Iiommc qui Loit
beaucoup, qu7i entonne bien.
EwTONStR, avec le pronom personnel» st
dit Du vent lorsqu'il eolie avec impétuosité
datrsun lieu étro't. Kn ce sens il est réciproque.
Le vent s'entonne dans cette cheniince.
E>'TONNER. V. a. Mctlre un air sur le ton.
Entonner les notes. Enloniu:r VAnlienne. En-
tonner un air.
Il se dit aussi absolument Ce chantre en-
tonne bien, entonne juste. Il a mal entonné.
Il signifie aussi, Chanter lecommcuccment,
les preBiicrcs paroles d'iuie Hymne , d'iia
Psaume, d'une Auliennc, d un air, etc. Enton-
ner le Te Deum. £n(onncï le Magnificat. En-
tonner le Salve Regina.
Entonné, ée. participe.
ENTOISNOIR. s. m. Inslrument avec lequel
nu entonne uoe liqueur. Entonnoir de bois.
Entonnoir de fcr-blunc. Il y a àc petits enton-
noirs d'or et d'argent pour remplir de petits
façons.
EsTONsoin, en Analomie, c'est une cavité
ou foi^ctte qu'où trouve entre la base du pilier
:mtéricur de la voûte du cerveau, et la partie
antérieure du point de rôunion des nerfsoptique;-.
C'est auÀsi un instrument de Chirurgie ,
dont on se sert pour conduire le cautère actuel
bur l'os Unguis dans l'opération de U listule
lacrymale.
On appelle en Botanique, Fleurs en enfoii-
noi)- y Des Heurs qu i ont la forme d'un entonuoir.
ENTORSE, s. f. Il a la même signification
que Détorse. Se donner une entorse. Il s'e.1
donné une furieuse entorse au poignet , au pied.
On dit figmémeut et familièrement d'Un
hoiiime en place, eji charité, en faveur, dont
DU a diminué par quelque moyen l'autorité ou
le crédit, qu'Où lui a donne une entorse. Cet
bomnie se croyoii bien établi dans le poste où
il êtoit, mais on lut a donné une rude, une
terrible entorse.
On dit d.ins le mâroe sens, Sa fortune, son
crédit a souy^.' rt une rude entorse.
On dit aussi , Donner une entorse à un t«xt£,
ù un passaije, pour diic, Le détourner de son
vrai seiis, de sou sens nuturci, et lui faire ti-
gniticr autre chose que ce qu'il signifie.
ESTOUTILLEMENT. s. masc. (On mouille
les L dans ce mot et le suivant.) L'action de ce
qui s'entortille autour de quelque cliose, l'état
d'une chose entortillée autour d'uue autre.
L'entortillement d'un serpent. L'entortiHement
du lierre, de la vigne.
Il se dit au figuré Oc l'embarras et de l'obs-
curilé du style. Il y a de l'entortillement dan-
cette phrase.
EMXJRTILLER. v. acl. Envelopper dans
quelque chose, envelopper tout autour en tor-
tillant. Entorlitîe: ceid dans du papier. S'en'
tort iller dans son niantedu, dans sa couverture.
Un dit Des dioscs qui s'aitachcnt à d autrrc,
G4.
5o8 ENT
en faisant plasîeurs tours, quElles s'y entor-
tillent. Ce serpent $' entortille autour de ma
jamhc. La vigti£ j Je lierre s'entortille autour
des ormes.
Figurémcnt il s« dit pour, Tonslruire une
pcriodf, ou exprimer ses i(î»'cs dune.manitTf
cmi-arrassée, obscure, trop recherchée.// en-
tortille ses phrases de façon (ju'on n'y entend
rien.
ENTonnuÉ, ke. participe.
On dit figurémcnt, Période entortillée, un
style entortillé^ une pensée cntortillcCj pour
dire, L'n st) le embarrasse, une pensée con-
fuse , etc.
ENTOUR. s. m. Environs, circuit, l! nVsl
d'usage qu'au plurich//s'c5t assuré des entoura
de h Place.
Onditfigurcnient,Lc5en(oar5 de (judt^.i'un^
pour dire, Ceux qui vivent dans sa faniili;i~
cité, sa soGÎcté intime, et qui ont quelque ac-
dit sur lui. Cet homme est (jouverné par ses en-
tours.
Od dit figurément , qu't/n homme sait hicn
prendre Îc5 cnïour.'!,pour'dire, qu'il sait mettre
dans ses intcri--t5 ceux qui out du crédit sur l'es-
prit des personnes dont il a besoin.
ENTOURER. V, act. Environner, ceindre.
Entourer une Ville de murailles. Le Pritia
étoit entouré de ses Gardes^ des Seiqneurs de
sa Cour.
EBTOunÉ, ÉE. participe.
On dit iGgurcnicnt, qu't/n homme est mal
^nfouré, pour dire, que Les personnes avec
lesquelles il vit habituellement, neméritenlpai
sa confiance, lui donnent de mauvais conseils.
E>'TOUR>'UUE. s. fém. Échnncrure d'une
maiichc, dans la partie qui touche à l'aisselle.
ENTlî'ACCUSKR, avec !e pronom person-
nel, s'ENTR'ACCUSER. v. S'accuser l'un l'au-
tre. Ils s'entr^accusoient de crimes énormes.
ENTR'ACTE. s. m. Espace, intervalle qui
est entre deux actes d'un Drame. Il y a plu-
sieurs évcnemens que Von suppose s'être passci
pendant le^ entractes.
On appelle aussi Enlr^actes , Ce qui se chante,
se joue, ou se représente entre les actes d'une
pièce de TliéAtre, pour délasser les spectateurs.
H y uvoit des danses pour entr^actes. Ln des
entr^actcs etoit une noce de villaqe.
ENTK'AlI-lER , avec le pronom personnel,
s'ENTR 'AIDER, vcrb. S'aider mutuellement.
Les hommes douant s'entr'aidcr.
ENTRAILLES, s. f. pi. Intestins, boyaux.
Avoir les entrailles échaujj'ces, les entrailles
hrûlées. Humecter, rafraîchir les entrailU-r^.
Des vapeurs f|ia i>ien?ient des entrailles. Il a
une colique qui lui déchire les entrailles. On a
porté son cœur dans une telle Ëolise , et ses en-
trailles dans une auU'e.
Il se prend quelquefois dans un sens plus
{?,én^ral pour Tous les visc<îrcs, toutes les par-
ties enfermées dans le corjis des hommes et des
animaux. On Va ou\'ert, et on lui a trouvé
tontes les entrniiles fort saines. Les Patens con-
Miltoient les cnlrailîes des anima:tx.
Il signifie aussi figurcincnt, Tendre aOùction.
ENT .
Entreilles paternelles. Cette femme a des er>-
traillcs de mère pour cet enfant.
On dit figurément, qnUn homme a des cn^
trailles, pour dire, qu'il a un cœur trtstendre
et très-sensible pour ses amis, pour ceux qui
souffrent.
On dit au9si fî^urément, Entnnllr^ , pour,
Sa funulle, son enfant. C'est un homme armé
contre ses propres entrailles.
On dit en langage mystique. Les entrailles
de la miséricorde de Dieu, pour dire, La ten-
dresse et la bonté que Oieu a pour les hommes.
On dit, qu't/rfc Acteiu- a des entrailles, pour
dire, qu'il rerd avec chaleur et vc'rité les rôles
pathétiques, les choses de scnsiljilité.
Entrailles, se dit encore figurcincct l^M
lieux Il-s plus profonds de la terre. On fcuilU
daiii. les entraillfis de la terre pour en tirer /ci
métaux.
L'in'R'AliMER, verbe qui ne s'emploie qua
vec le pronom personnel , s'ICISTR'AlAIER
S'aimer l'un l'autre. Ils s"* entr'aiment depuis
lonj-temps,
ENTRAÎNEMENT, s. m. Action d'entraî-
ner, ou l'état de ce qui est entraîne. Une se dii
ç;u6rc qu'au figiu'é. L'entraînement des pns*
sions, de l'habitude , de l'exemple. Ce'Ae Tra'
(jedie a produit h plus qrand effet, et l'cntraU
ncment a éfé qéncral.
ENTRAÎNER, v. act. Traîner avec soi. Les
torrens entraînent tout. Le déqel est venu tout
à coup, et la débdclc a entruiné tous les ha'
te aux.
Il se dit fîgurdm. De tout ce qui nous porte
Il quelque chose avec force, et comme malgré
nous. Cet Orateur entraîne tous les cspritf!. I\
a dit de si fortes raisons quHl a cnti-atné tou\
le monde dans son sentiment. La passion l'a
entraîné. L^cxemple entraîne souvent. Le pen-
chant nous entraîne. Le temps nous cntrflîne.
L^occasîon nous entraîne malqré now:. Entraî-
ner les suffraqes. Entraîner les cœurs.
On dit, qu'Une chose entraîne arec elle det
suites fort fâcheuses, pour dire, qu'Elle caus«
bcaucoupde malheurs. La guerre entrniticavci
cllcj upiès elle hicn des maux.
ENrnAÎNÉ, TE. participe.
ENTRANT, ANTE. adj. Insinuant, enga-
geant. Un liomme dont le caractère a je ne sait
quoi d entrant. Il est de peu d'usage.
EN TK'APPELl^R . verbe qui ne s'emploie
qu'avec le pronom personnel, s'ENTR'.iPPE-
LER. S'appeler l'nn l'auirc. Dans ce désordre
et dans l'obscurité ils .s'cntr^appeloicnt.
EYIR AVAILLÉ,ÈE. adj. Termede Blason.
Il se dit Des oiseaux qui ont un bâton passiî
entre les ailes ou les pieds,
ENTRAVER. V. a.iMcttrc des entraves. En-
traver un cheval.
On dit figurément, Entraver j pour dire.
Arrêter le mouvement, embarrasser la niQrcln;
de quelque chose. Des fxirmcs trop minuticusef.
ntlruvent les affaires. Il cherchait à entraver
par des chicanes le jyj'ogrcs de la procédure, de
la négociation.
Enthavé, tE. participe.
ENT
ENTR'AVERTIR, verLe qui ne s'emploie
(qu'avec iepronom personnel, b'ENTR AVERr
TIR. S'avertir mnluellenient. Ils firent des feu.x
sur les montaqncs pour s'entr avertir.
ENTRAVES, s. f. pi. Ce qui sert ù lier les
jambes d'un clieval, ou pour le dresser à l'om-
ble, on pour l'empêcher de s'éloigner trop
du lieu ou Ton veut qu'il paisse. Mettre des
CNtrflfes à un cheviil.
n signifie figurément. Obstacle, empêche-
ment. Cet homme s^est donné des entraves à
lui-même.
Il se met aussi quelquefois au singulier en ce
sens. La jeunesse est nfifurellcmenï emportée,
elle fl besoin de quelque entrave qui lareticnne.
ENTRE. Préposition de lieu. Au milieu , ou
ti peu prt'S au milieu. 71 étoit assis entre nous
deux. Il sVsT venu mettre entre ces deux hom-
mes qui se battoient. l'itampes est entre Paris cl
Orléans. Entre les deux mers. Entre les deux
rives. Ce bataillon se trouvait entr.e deux
feux.
On dit proverbialement, 5c mcffre , ïs fron-
i^er enirc deux selles, le cul par terre.
On dit familièremeint. Cela soit dit entre
nous- et même ab.^olument, Enïre nous, pour
dire, Que cda ne soit point redit à d'autres.
On dit dans le même sens, Entre vous et
moi, je ne crois pas que ce mariaqc se fasse.
On dit aussi, Regarder quchpi un entre deux
yeux^ pour dire, Le regarder fixement.
On s'en sert aussi dans les choses morales.
La vertu est entre dcuv a'ice.N. Il se trouvoit
filtre deux cxtrémilês fdcl-.euses.
On dit d'Un homme dont ln vie est dans un
danger imminent, qu7/ est entre la vie et la
mort.
On dit, "Mettre un homme entre quatre mu-
lailles. pour dire, Le mettre en prison.
Il signifie aussi Parmi. Il a été trouvé entre
les morts. Entre tontes les merveilles de la na-
ture, il n^y en a point de plus admirable que...
Il fut choisi entre tous les autres.
Entre autres, est une façon depailer adver-
biale et elliptique, qui indique une désignation
jiarticulière d'une personne ou d'une chose
parmi d'autres personnes ou d'autres clioses.
J\ii vu les plus heaiuc tahleaH,Tde Rome, entre
autres la Transfiquration de Raphaël.
Il veut dire encore, Dans, en. Je le remet-
trai entre vos mains. Il est demeure entre mes
mains. Il se met aussi avec la pri'qiosîtîon de.
On Va retiré d'entre ses mains.
Il se dit au.sîïi De ce qui est dans tout l'es-
pace enferme par les deux extnhnités dont on
parle. Entre les deux pôles. Entre le ciel et la
terre. Entre Paris et Rome.
\\ se dit encore Du temps, Entre onze heu-
res et midi. Entre ci et demain. El l'on dit,
Entre deu.x soleils, poxH" dire, Entre lo lever
et le coucher du soleil.
On dit aussi yH y a procès , querelle, inimi-
tié, liaison, intelligence entre ces dcu.c /lom-
mes , pour dire, qu'ils sont en proci-s, en quc-
lellc, en inimitié, en liaison, en intelligence.
On dit aussi, Il y a ceUc dijfacnce entre
ENT
MU chose ei telle nuire, pour dire, Jl y a cette
diflereucc dune telle cliose avec une autre.
Oii dit dans le nicme secs, Il y a entre ce
Aeux c/ioses, entre ces deux hommes la même
différence, tju'entre le jour et h nuit.
0:i se sert aussi de celte préposition pour
exprimer ce qui tient de deux choses. Le ijris
est entre le hlunc et le noir. Et en ce sens on
dit proverbialement, Entre chien et loup, poiu'
dire, Celte partie du soir qui tient du jour el
'de la nuit. On dit aussi de munie, Enlie doux
et haqard, pour dite, Qui tient de l'un et de
l'autre.
Cette préposition est une de celles qui en-
trent dans la composition des noms et des ver-
bes. Enlre-(Jeua:.t"nlrc/(iild4i.£nlr'iicl«.£nlri>
mets. Entrecouper. Entrelacer, etc.
DiDS les verbes où celle préposition esl
jointe avec le pronom personnel, elle signilii
Une action réciproque. 5'enlre nuire. 5'enlrc-
lallre. S'enli'uimer. 5'enlre-sccourir. 5'enlrO'
elioouer, etc. On ti cuvera dans leur ordre ceui
qui sont les plus usités.
E>TnE , signiGe aussi dans la composition
de quelques verbes , Une aclion diminutivc
Enlr'ouwir, Entr'ouir, Enlrcwir, pour dire.
Ouvrir, ouïr, et voir à demi.
E^TKE-B.MLLER. v. a. Entr'ouvrir légc-
cemcnl. Enlrc-i)ailicr une porte.
E»Tit£-BAiLLL, ÉE. participe.
EN l'RE-BAILLÉ , ÉK. adj. Il ne se dit qn«
d'Une porte ou d'une fenêtre qui n'est pas en-
tièrement fermée. Il faut laisser cette porte en-
te-baitlèe,
ENfRE-BAISER , v. qui ne s'emploie
qu'avec le pronom personnel, s'ESTRE-B.VI-
SER. Se baiser l'un l'autre. Ils s'entre -baisen\
avec une (jrande affection.
EMRECHAT. s. m. Sorte de mouvement
qu'on fuit dans la danse li.uite, où le danseui
croise les janihet à plusieure reprises pendant
qu'il est en l'.'iir. Il fait fnrt bien Us intrechuts.
BatL-e un entrechat. Entrechut à six, à huit.
Un entrechat bien passé.
E>'ÏRE-CHO(JUER, verbe qui ne s'em-
ploie qu'avec le pronom personnel. S'ENTRE-
CHOQUER. Se choquer l'un l'autre. En cou-
rant ils se sont entrechutjués.
Il sipniGr l);.;urénient, Se contredire avec ai-
greur, s'opposer l'un i l'autre pour se nuire.
Ces deux hommes ne songent au'à se détruire
l'un l'autre, ils ne font aue s'entre-choquer.
ENTRE-COLONNE, ou ENTRE-COLON-
NEMENT. ». m. Terme d'Arcbitcclurc. L'es-
pace qui est outre deux colonnes. Les Archi-
teetcs ne se servciil guère de rc mot qu'au plu-
riel. Dans les entre-colonnes.
E.N'IRE-CÔTE. s. m. Morceau de viande
conpc entre deux cotec de bceuf . Cet entre-céte
cri fc-és-leiidre.
ENTRECOUPER, v. a. Couper en divers
endroits , par divers endroits. Les canaux qui
antrecoufcnt les j'.ir.liiK, h, rendent plus afjréu-
lies. Ce pays est tout entrecoupé de ruisseaux,
de collines.
On dit Ggurément , qu Un diseours est en-
ENT
trecouyi de digressionsy de citations, deparen
thèses.
On dit , que Ses soupirs entrecoupoient si.
voiXj ses paroks.
s'EMxnECOUPEn, se dit Des chevaux et au-
trc<; animaux <]ui se blessent en se frottant un
[)ii'd contre l'autic quand ils marchent. Ce che-
val est sujet à s'entrecoupa: Ce mulet s^cnUe-
coupe des pieds de devant.
On dit plus ordinairement, Se coupe.
EnthecoupÉt ée. participe. Style entrecoupé.
Voix entrecoupée.
KNTIÏK-DEUX. s. m. Partie qui est au mi
lieu de deux choses avec lesquelles elle a rela-
tion ou contiguïté. On a âté l'entre-deux qui
sépuroit ces deux chamh-cs. Dans Ventre-deux
de ces deux pilotis. L^entre-deux des épaules.
On appelle Entre-deux de morue, Là partie
qui est entre la tète et la queue.
Entre-detLCy s'emploie adverbialement dans
ces phrases ou d'autres semblables : Ce mouton
est-il tendre ou dur? Entre-deux, lail-ii froid?
Entrc-dcux.
ENTRE-DONNER, verbe qui ne s'cmploia
çu'ûvcc le pronom personnel, s'ENTRE-ÏXJN-
NER. Se dcnuer mutuellement quelque cliose.
ENTREE, s. f. Le lieu par où l'on entre,
L'enttée de la Ville. Ventrée de la matwn.
L'entrée de l'Eglise. L'entrée du pont. Boucher,
fermer Ventrée. Entrée étroite^ large^ obscure,
claire. Dès Ventrée. Tout à Ventrée. Cette mai-
son est belle ^ mais Ventrée en est incommodCi
en est vilaine.
On dit aussi : L'entté<i d'un chapeau, d'um
lotte, d^un soulier, d'une manche j etc. Cei
lottes sont trop larges d'entrée. L'entrée d'un;
lerrure.
Il signilîe aussi L'action d'entrer. II entra
dans la chambre^ et à son entrée, dès son entrée,
on reconnut (ju'il avait du chagrin. Se trouver
à l'entrée des Juges.
11 se dit encore plus ordinairement De Tac-
lion d'entrer solennellpmenl dans une Ville.
L'entrt'e du Hoî. L'entrée de la Reine. Uenlrét
du Légat. L'entrée d'un Ambassadeur, d'un
Gouverneur de Province, etc. Faire son entrée
dans une Ville. Faire son entrée publique.
Il veut dire aussi La réception solennelle
qu'on fait à un Roï, à une Reine, h un L^gat,
etc. lorsiju'ils entrent en cérémonie dans une
Ville. On fit une magnifique entré* à ce Prince,
à cette Princesse.
Enthkes, au pluriel, se dit aussi Du droit
qui est attaché ^ certaines Charges, ou accordé
i certaines personnes, de pouvoir entrer dans
la cliambre du Roi ii de* heures au les autie^
Courtisans n'entrent point. Cette C'iarqc donne
(oiitci les entrées. Cet Ojjicier a vendu fo
Charge, et lePrince lui a conservé les entrées.
Avoir les entrées. Prendre ses entrées. Il y a le
grandes et la petites entrées. Les entiers de la
chambre.
Esrnix, se prend au^si quelquefois poui
Séance dons un lïibunal, aux États, dans une
C Diélc. dans mte As-w-mbléc. Le Gouverneur de
Paris a entrée au Parlement. Ccpritice a entrée
ENT 5or,
à la Diète. Ce Baron na point d'enlréc uuc
Ëtats.
On dit d'Un homme qui entre sans payer h
l'Opéra, h la Comédie, qi//! a son entrée, «es
entrées à TOpéni, à la Comédie.
Il signifie aussi figurcm. , Occasion, ouver-
ture. L*hérésie de Luther a. donné entrée à une
infinité d'autres erreurs. Cet incident a donné
entrée à la proposition que j'ai faite. Le luxe
a donne entrée à beaucoup de désordres. Cela
lui a donne' entrée dans les bonnes grâces du
Vrijice.
Il bi^niûc fîgurémcnt, Commencement. .4
l'entrée, vers Ventrée de Vhîvcr. Dès l'entrée du
repas. À Vtntrée de son discours, .i Ventiée du
livre. L'entrée de son Pontificat.
On dit aussi, Dés Ventrée de taMe, pour
(lire. Dès le coinnieuccmcnt d\i repas.
EsTni'^K, se oit aussi Ile certains mets qui se
servent nu commencement du repas. Les potages
L'tûient bons j mais les entrées ne valaient rien.
Il y avait tatit de plats d'entrée. Tourte d'en-
trée , etc.
EuxnÉE, signifie Le droit qu'on paye pour
les marchandises qui entrent dans une Ville,
dans une Province, dans un Royaume, etc.
Payer Ventrée, les droits d'entrée. L'entrée du
vin. Droits d'entrée el de sortie. Cela paye
entrée.
Entrée de Ballet. Partie d'un Ballet dai»-
sant, laquelle Y fait le mtïnic cfTiitque les scènes
dans les pièces dramatiques. Il se dit aussi Dca
at-tes d'un Opéra-Jîallet , lorsque chaque acte
est un sujet détaché. La première, la seconde
entrée.
On dit proverbialement et fièrement d'Vn
homme qui entre dans une compagnie, et qui
en sort aussitôt après avoir fait ou dit quelque
chose de ridicule, de mal à propo:» , qu'il a fait
une belle entrée de ballet, une étrange entrée
de ballet.
On dit adverbialement, D^entrée, pour dire,
D'abord. Il nous dit d'entrée trois ou quatre
fausses nouvelles. Il est vieux.
On dit, D'entrée de jeu, pour dire, Dt» le
commcDcement du jeu. Il se mit à jouer, et
d^entrée de jeu il perdit la moitié de son argent.
On dit figurémeiit et familièrement, D'entrée
de jeu, pour dire, D'abord. D'entrée de ju il
se mit en colcrcf D'cntrcc de jeu il ft paroitrc
son extravagance.
ENTREI'WrrES. 8. f. pL Ce mot ne se dit
que dans ces manières de parler adverbiales :
Dans ces entrefaites, sur ces entrefaites, pour
dire, Pendant ce temps- li. pendant que Les
choses étoicnt dens un lel élaL Un ne l'emploie
puère qu'au pluriel. On dit ce[>cndanl quek|ue-
fois, Dans Ventrtfaite, dans cette cntrefaitc.
ENTRE-FRAPPER. verbe qui ne s'emploie
:ju*avcc le pron. personnel, s'tMRE-FRAP-
PER. Se frapper l'un l'aulre.
ENTREGENT, s. m. Manière adroite de se
conduire dans le monde. C'ct homme ne ^era
pas fortune, il n'a point d'entregent. Il ett do
style familier.
EXrn'ÊGORGER, verbe qui ne s'cmploi»
5ix) ' EXT
qu'aveo le pronom personnel, s'ENTR'ÉGOR ,
i;ER. S'égorger l'un l'auU'c. Voyez Ecom.En.
EyrUELACliMENÏ. s. m. J.Vt.a de plu
ïii'iirs choses entrelacées les unes d.inslejoulrcs
La eiitrcUcemens de ces c/u|'|lts sont faits avei
t ejucoup d^aft.
ENTRELACER, t. art. Enlarcr l'un dans
l'autre. Entrelacer des hrancises d'aihrcs Vum
dans l'autre. Entrehicer les cheveiix de rubans,
lia Ikurs, de ficries, de diamaiis.
Oii (lit li'urcment, i'nlreiacer un discours
ic citations, de moralités, etc. pour dire, Y en
faire entrer, y en méler„
Entiiki ACB, ÉE. parlitipe. ""
ENTRELACS, s. m. (On ne prononce pas
le C ) so dit de plusieurs cordons ou cLiflics
ènlaci;s l'un dans l'autre, qui font un ornenjciil
dans l'Architecture. Voilà un entrelacs bien
(ait.
ENTRELARDER, v. a. Piquer de lard une
viande. Il faut entrelarder cette viande pour
on faire une daube.
Il se dit figurément en parlant De certiiines
clioses à manger, lorsqu'on y entremêle de ccr
tains ingrediens. En(re/ar<?ep un pâté , uni
ilâu5e, un pain d^épice, etc. de clous de giro-
fle, de cannelle, d'écorce de citron, etc.
Ou dit figurém. Entrelarder un discours,
un cuvraqCj de vers, de passa(jes Grecs ou La-
■ tins, pour dire, Y insérer des vers, des pas-
sages Grecs ou Latins. 11 est du style familier.
ENTDELAr.DÉ , ÉE. participe.
Oïl ïîppellc Une viande entrelardée , Vue
7iandc méléo de gras et de muijrc.
ENTRE-LIGNE, s. m. signifie, comme In-
Jwligne, L'espace entre dcut lignes. Il ne jaut
vas écrire dam Ventre-liffne.
Il signifie aussi Ce qui est &ril dans cet es-
pace. Il est défendu aux Notaires décrire en
entre-ligne, il faut iju'ils fassent des renvois cl
des apostilles paraphées des Parties.
ENTRE-LUIRE. v. neut. Luire à demi. On
opoyoil la Lnne entie-lu\re à (riwer.'; les /cuil-
lages des arbres.
ENTRE-MANGER, verlw qui ne s'emploie
qu'avec le pronom personnel, s'ENTRJ". 5IAN
GER. Se manger l'un l'autre. Vo3e; Mangeh.
KNTREArÈLER. v. a. Insérer, mêler une
clioscavec d'autres. /! faut cnlreniclcr icsoinn-
aers et les citronniers. Entremêler des fltun
rounes parmi les blanches.
Il se dit aussi au figuic. // ne faut point en-
tremêler des questions si dijljèrentes.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel,
et lignifie dans le style familier, S'entremellre.
ENTREMETS, s. m. se dit proprement De
oc f^fU' se sert sur table après le rôti, et avant
le fruit. Après cela on servit l'enlremcls. On
apporta l'entremets. Il y avoit tant de plais el
(uni «î'asstcllcs d'entremets. On servit à l'en-
lremcls, pour l'entremets. Pendant qu'on éloil
à t'entremets.
ENTREMETTEUR , EUSE. s. Celui , celle
oui s'entremet, qui s'emploie dans une nllàirc
entic deux ou plusieurs personnes. Il a été l'en-
trciiirilciir de cette ajfiire.
ENT
On ne s'en sert f^uèie au féminin qu'en maa-
v.'iise part, et en pailai't d'Une pcrsoune qui 93
nitMc de quelque commerce illicite.
KNTaKiMKïTUl-:, verhe qui ne s'emploie
qu'avec le pronom personnel, S'ENTREMET-
TKE. S'employer pour une chose qui regarde
l'intérêt d'un autre. Il s'csl entremis pour les
accorder. Il s'entremet pour lui faire avoir sa
(jnlce.
Cn dit aussi, 5'entremeflre Sfune affliire.
pour dire, Se mêler d une âfïàire, agir dans
une aOCiire, et entrer pour cela en négociation
;ivec ceux qu'elle regarde principalement. C'est
une aj^iiire dont il sVsî entremis long- temps
vour accommoder les Parties. S' entremettj-e des
affaires jnihliques. H s[est entremis de leur ac-
commodement. Il s*en est entremis d'ofjicc.
C'est un homme (jui s^cntremet de beaucoup dt
ihoses.
E>'TREMISE. s. fém. Interposition, action
d'une personne qui interpose ses offices, son
crédit, etc. Il se sa'vit de lentremiae d'un te
uour y réussir. Cela se fit par son entremise.
La paix se fit par l'entremise des Pm'ssancfi
neutres. L'Empereur offrit son entremise.
Jl signifie quelquefois simplement, Minis-
:ère, médiaùoD par laquelle une chose se fait.
Dieu a sow^ent déclaré sa volonlé aux hommc\
\>ar l'entremise des Anqes.
ENTRE-NUIRE , verbe qui ne s'emploii
ju'avee le pron. personnel, s'EINTREKUlRE.
^e nuire l'un îi l'autre.
KMKEPAS. s. m. Allure d'im rliev^l . la
[urllc approche de l'amble. Ce cheval va Vcn^
^•epas. Vu bon entrepas.
ENTRE -PERCER, verbe qui ne s'enqiloio
ju'avec le pronom personnel, s'E>'TRE-PER-
î;ER. Se percer l'un l'autre. Ces deux liommei
i'entre-percèrcnî.
ENTREPOSER, v. a. Déposer dans un lieu
les marchandises dcitiaées à être porlées ail-
leurs.
Entkeposé, ée. participe.
ENTREPOSEUR, s. m. Commis des Fermes
générales 1 qui vend le tabac aux di-ljitans.
Il se dit aussi De celui qui est commis à b
{.irde des marchandises entreposées.
ENTREPÔT, s. masc. C'est un Heu où l'on
met en dépôt des marchandises qwe l'on veut
porter ailleurs. C*e$t un bon entrepôt. Un lieu
iTentrcuoI. Une Ville d'entrepôt. Entrepôt de
tabac.
ENTREPRENANT, ANTE. adj. Hardi, qui
se porte aisément à quc]({ue entreprise. Ce Gé-
néral d^rmée est entreprenant.
Il se prend quelquefois en mauvaise pavt,
et signifie Témériiirc, et qui entreprend sur h
droit d'aulrui. Cet homme est querelleur et en-
treprenant. Cet homme est trop entreprenant.
H esl d'/iu»icur entreprenante.
ENTREPRENDRE, v. act. (Il se conju^mi
comme Prendre.) Prendre !a ré.iolutiou de faire
quelque chose, quelque action, quelque ou-
vrage. Etilreprendre une hcsofjne^ un voyaijc,
un bâtiment^ nue guerre. Entreprendre de tra-
duire^ d'cjcpliQucr un Auteur. Il a entrepris de
ENT
forcer cette Place, Ce Prince est venu à bout
de tout ce qu'il a entrepris.
Il signifie aussi , S'engager à qtielque chose i
certaines conditions. Il a entrejiris de fuumiir
les vivres pour un tel prix. Cet Architecte a
entrepris un tel bîltiment pour une telle somme.
Ou dit famiUèrenient , £jib'epreniJrc quel-
qu'un, pour dire. Le poursuivra, le persécu-
ter, le pousser, le railler. Si j'entreprends cet
homme-là , je lui ferai iioir bien du pays. Voui
courez grand risque a'clre malmené, s'il votu
entreprend.
Il signifie encore, Embarrasser, rendre per-
clus. Il a un rhumat'isme qui lui entreprend
luute la jambe,
ENTni:pn£NDSE, avec U préposition Sur, se
ilit pour, Usurjïcr. Ce Juqe entreprend sur la
^urid'ict'wn , sur Vautoiitê des Supérieurs. 71
t'ntreprcnd sur son voisin. Il entreprend sur les
droits de...
Il signifit aussi , Attenter !k. Ce'sar enlz-cpril
nir la liberté du Peup'^e liomain. Il a entrepris
uir la vie d'un tel.
EMTiiEpnis, I9E. participe.
Il est aussi adjectif, et signifie Embarrassé,
pi'rclus. J'ai la te'le (ont enbeprise. Il a le brat
tntrepris.
ENTREPRENEUR, EUSE. s. Celui, celle
^ui entreprend à forfait quelque ouvrage con-
iidfrable, comme des fortifications, un pont,
le pavé d'une Ville, la fourniture des vivrea,
lie. etc.
Il se dit plus particulièrement dX'n Archi-
tecte qui entreprend un édifice. Vn bon, un
habilelintrepreneur.Entrepieneitrdebiltimens.
11 .s'emploie quelquefois au féminin , en par-
lant d'Une femme qui entreprend quelque be-
M>gne, et qui a plusieurs ouvrières sous elle.
ENTRi;PIUSE. ». f. Dessein formé, ce q ic
l'on a entrepris. Une belle, hardie, grande,
tjlorieusc, vaste entreprise. Entreprise chimé-
rique, téméraire. C'est une vaine entreprise.
Faire une entreprise. Former une entreprise.
E.récuter une entreprise. Venir à bout d'une
entreprise. Manquer son entreprise. Mesurer
une entrepr'me à ses forces.
On dit aussi : Faire une entreprise de œni-
incrce. Placer son argent dans une enti éprise
de commerce, de finances, etc.
ENTnEpnisE , veut dire aussi quelquefois
Violence, action injuste, par laquelle on entre-
prend sur lo bien , sur les droits d'autrui. C'est
une entreprise sur les droits de la Courotine.
C'est une cnlrcprùe contre le droil des gens,
contre lu f'i publique.
]:N ri!E-yUERELLKR , v. qui ne s'emploie
qu'avec le pronom personnel, s ENTRE-QUE-
RELLER. Se quereller luri l'autre. Ils ne font
que s'enire-qiiereller.
ENIRER. v. n. (Il se conjugue avec le
verbe elrc aux temps composes.) Passer dn
dehors au dedans. Entrer dans une chambre.
Entrer dans la Ville. Entrer dans un pré,
dans un jardin. Faire entrer quelqu'un en
quelque lieu. Entrer d'un pays dans un aiitrt.
Au sortir des Alpes , on «nlr« dant la Loin-
ENT
hardi: Entrer d.ms le yott. Entrer eu yort.
I.e Soleil entre dans Ariés au Printemps. En-
ter dans la lice. Entrer en lice. Chez les Juifs,
il n'étoit yermis <ju'au Grond Prêtre d'entrer
dar^s le Sanctuaire.
Od dit, tjuX'n chafcau ne peut entrer,
n'iïnïre pas bien dans la (de, pour dirt^quc
la tête ne peut eDlrer, n cotre pas bicu daos
Iti chapeau.
On dit fif;urôment, qu7/ ne faut pas entrer
dans le Sanctuaire^ pour dire, qu'il ne faut
pas vouloir pom-trer dans les myslèrcs que
Dieu n'a point rcvcU-s, dans les secrets que le^
Princes veulent cacher.
Entrer en danse^ se dit provcrbiolemcnt ei
figurémcnt , pour dire , S'cnga{;er ou se tmuvci
engage duns une aflaire , dans une intrigue .
dans une guerre dont on n'a été lonj^-temps
que spectateur. Il s'emploie aussi pour signi-
iiei-j Être à son tour d'agir, de parler, d'Ctrc
mis en jeu. C'est à vous à entrer en danse.
On dit, £ntrcr en prison, pour dire, Etre
mis CD prison.
Entrer en Heliijion, pour dire, Prtaidrc
Piabit de Religieux ou de Religieuse.
Entrer en condition, entrer au service de
ifuel^u'un, pour dire. Devenir domestique de
quelqu'un.
Entrer Pa^e chez le Roi, chez un Prince.
Oo dit auss', £n(rer cji charge, pour dire,
Prendre une charge. Il signiGe aussi, Commen-
cer \ exercer une cborge dont on est revêtu.
On dit. Entrer en exercice, pour dise ,
Commencer son annce dexcrcice; et dans ce
sens il se dit De tout homiue revêtu dune
ciiarge dont l'exercice est alternatif ou tiicnnal.
On dit , Le J'arlement n'entre quaprcs Lt
Saint-Martin , pour dire, L^ Parlement ne
recommence 6 tenir ses séances qu'après la Saint
Martin.
On dit In même chose des autres Cours cl
des autres Tribunaux.
On dit. Entrer à tahle, pour dire, Com-
mencer 5 se mettre à table pour dîner ou pour
souper. Ils ne font que d'entrer à table. On dil
dans le nicme sens : Le Prédicateur ne fnit ijue
d'entrer en cfiaire. Le Prêtre vient d'entrer u
lauteL
On dit, Entrer dans le monde^ entrer à lu
Cour, pour dire, Commencer à paroltrc dan
1t monde, h la Cour.
11 signiGc encore, Pcnéircr dans quclqni
chose. Le coup entre bien avant dans les chairs.
Ce bois est si dur, i\ue la cognée n'y saurait
entrer.
On dit à peu près dans le même Mnfl,quTti
bruit entre dans la t^te, entre dans les oreilles.
pour dire, qu'il inipurlune, qu'il étourdit
Ou dit figurcment, qu'On ne sauroit rien
fsire entrer dans la tête d'un homme, pour
dire, qu'On nd uurnit lui rien faire com-
]>rendre.
On dit aussi, qu'On ne j^ut lui faire enber
une chose datu 1j *<fCc, pour dire, qu'On ne
peut la lui |>€rsua<lcr.
On dit Ggurcmrn:, £T(ircr dam k sens,
ENT
dans la pensée d'un Auteur, pour dire, Pén5-
trer dans le sens, d;ins la pensée d'un Auteur.
On dit aussi fîgurt'nient. Vous n'entrez p es
dans ma pensée., pour dire, Vous ne conccvo?.
pas ce que je \eux vous faire entendre.
On dit encore figurcment. Entrer dans la
stntimens de (jneUiu'un, pour dire, Se confor-
mer aux sentimrns de quelqu'un. Kt on dit
dans le même sens, Jinfrer dans les expédient
tju'on propose.
On dit figurcment , qu't/ne chose n'est ja-
mais entrée dans Vaprit, dans lapensêe, dan^
In ft'ïe, dans V imaqination , pour dire, qu'On
ne l'a jamais crue , qu'on n'y a pas même songé.
// ne m'est jamais entré en pensée (ju'il pût
m(in(jucr à son devoir. Il ne niVst jamai'^ entré
dans l'esprit, dans la tête que cela pût être. Il
ne m'est jamais entré dans l'imaqînation d«
faire ni de dire telle chose. Ce sont de ceschoses
nui ne sont jamais entrées dans Vesprit.
On dit. Cela n^est jamais entré dans la tête
de pcrscmne, pour dire, qu'Une chose est si
kbsurdc cl si extravagante, que personne n';t
eu une pareille idée.
On dit, Fiiirt' entrer ^ue!(jue chose dans un
traité, dans un livre, dans un discours^ poul
dire , L'y insérer , l'y pincer.
On dit, qu'Une drogue enti-e dans la com-
position d'un remède, pour dire, qu'Elle fait
partie d un remède. En ce sens il se met aussi
impersonaellcmcnt ii entre de l'esprit de vitriol
ians ce remède. Il y entre du quinquina.
On dit figincment , qu7i entre de l'amhi-
lion et de Vintérêt dans nuelaue dessein, pour
[lire, que L'ambition et l'intérêt s'y mêlent, y
Diit pnrt.
On dit aussi dans le même sens, Il entre
bien de l'homme en cela, pour dire, que C'est
[)iir des considérations humaines qu'on agit.
On dit aussi, /2 entre tant de drap^ tant
d'êtoÇ/ dans cet hahit^ dans cet ameublement .
pour dire, qu'il faut tant de drap, tant d'clofic
pour cet habit, poiu: cet ameublement. £t dans
loutes CCS dernières phrases , ce verbe est
rommc impersonnel.
On dit, Cfu'Vn Auteur, un Prcdicatew , un
Peintr» entre bien dans les passions , pour
ilire, qu'il les exprime bien, qu'il les repré-
» nte bien.
On dit ausai, qu'Un Comédien entre Inei
dans la passion, dans le airactère de son per-
sonnage, pour dire, qu'il paroit ressentir 1»
passion, qu'il semble être vcritoblement laper
%onne qu'il pcprcscnte.
On dit, Entra- dans le détail des choses,
pour dire, Examiner h-s choses en détail.
On dil aussi absolument, Entrer dans le dé-
tail, pour dire, Expliquer une chose en détail.
On dit en termes de Palais, Entrer cm ordre
parmi d'autres créanciers, pour dire, Être mis
dans l'ordre, dans le raog de ceux qui doivent
Lire payes.
Entrer en comparaîfon , en parallèle, pour
dire, Être mis en comparaison, en parallèle.
Entrer en concurrence aifcc^urlqu 'un, pour,
Devenir ion coacurrcnu
ENT
fin
On dit, Etilier dans sa vingtième année,
ians sa Irenliéme nniii'e, etc. pour dire, (;om-
nicncer ù être dans ba vingiiûme, dans sa Uvn-
tiùine nniice.
On dit figurément, Entrer en preu\-e, en
nmtièje, etc. pour dire , Entamer une preuve,
une matière.
Entrer en j^rocès,en qucrre, en débat, es
fonleslation , en dispute, etc. pour dire, Com-
mcuccr un procès, une contestation , etc. On
dit dans le mime sent, £nlrer en explication.
On dit, Entrer en colère, en furie, pour
dire. Se mettre rn colère, en furie.
On dit Des femelles de certains animaux,
quXIIeî entrent en chaleur, en iimour , pour
dire , qii'lillcs conuiienccnt h être cliaudcs.
On dit. Entrer en connùissance de cause,
en iiaycmcnt, pour dire, Commencer à premlre
eonnoissance, à payer une partie de et qu'on
iloit.
Entrer en jeu, se dit en certains jeux de
rartes , De celui <|ui , ayant levé une main , est
m étal de jouer comme il lui plait.
Il se dit fîgui-ément et familièrement, pour
ilirc. Entrer dans une alTaire , dans un dis-
cours, avoir son tour, soit pour agir, soit pour
parler, etc.
On dit. Entrer en nêqociation , pour dire,
Entamer une négociation.
Entrer en composition, pour dire, Écouler
les propo.sitions d'un acconimodcmenL
Entrer en défiance, en soupçon, etc. pour
(lire. Concevoir du .soupçon, d:; la déGance.
(Il dit figurémcnt, Entrer ijiins une aflaire,
pour dire. Prendre part dans une aflaire, soit
pour la conduire, soit pour en tirer du proGt.
On dit aussi, en parlant d'Une aflaire d'in-
térêt, cju'Un homme y entre pour tant, poiu:
dire, qu'il y est intéresse pour un tel denier.
On dil. Entrer dans les Af\aires du Roi,
Et absolument, dans les Afjiiires, pour dire.
Être intéressé dans lis Fermes , les Sous-Fermes ,
les Traités, et autres objets de Finances.
On dit aussi figuréinent, Entrer dans les
secrets, dans les plaisirs, dans les intérlts,
dans la douleur de '/uef(^n'un,pour dire,. \ voir
part aux secrets, aux plaisirs de quelqu'un;
prendre part à sa douleur, 1 ses intérêts.
On dit, Entrer en joil, pour dire. Com-
mencer à prendre goût à quelque cliose.
ENTnÉ, T.Z. participe.
E>TRE-Ri;PONDnE, v. qui ne s'emploie
'lu'avcc le pronom perso incI , s'E.N'TRE-RÈ-
PONDRE. Se répondre 1 un à l'autre. Ces deux
chœurs de Musitptc s'culrc-répondoient.
ENTRE-SECOURlil, v. qui ne s'emploie
qu'avec le pronom peisonnel, s'EMUE-SE-
COL'RIR. Se sccouiir uiutuellenicnL Les lieu-
pes sont bien postées pour s'cntre-sccourir.
ENTRE-SOI.. s. m. Logement pris sur la
liautcur d'un éta.;e. L'/i bel entfe.soL Un enl: c
wl obscur. Entre-sol bien éclairé.
Il se dit plus commununient d'(*n logement
pratiqué dans la partie supérieure du rct-de-
diausacc.
ENTRE-SUIVRE , verbe qui ne s'emploie
5i2 ENT
(ju'avec lo pronom personnel, s'E>*TRK-SUI-
VRE. Aller de suite Tua aprt^s l'autre. /-«
jours et les nuits s enlre-suit/eut.
ENTRETAILLE, subst. f. Tonne de Danse.
C'est le nom d'un pas qui se fait en jetant un
pied h. lo place de l'outre.
KNTRETAILLE. s. f. Ternie de Gravure.
Taille lêgcre qu'on glisse entre des tailles plus
fortes , pour donner de reilèt h certaines parties.
ENTRE-TAILLEK. verhequi ne s'emploie
qu'avec le pronom personnel, s'E>*TRE~TAlIj-
LER. Il ne se dit qu'en parlant d'Un cheval
qui se lieurle les jambes l'nnc contre l'autre en
niarcljant, et qui s'entrecoupe. Un cheval qui
$'entrC'tatlle.
KNTRETAILT.URE. s. f. Blessure que <c
fait Lui irênie un cheval qui s'entrc-laille. Cette
cntrctailltii'C est fâcheuse.
KNTKE-TEMPS. s. m. Intervalle de temps
qui sccoulc entre deux actions. Je n'ai fiil
qu'aller et venir, dans cet entre- temps voui
êtes arrivé. Il profila de V entre-temps.
EMRETÊNE-MENX. s. m. Subsistance; ce
qu'on donne ù quelqu'un pour vivre, pour
s'habiller, etc. Il faut beaucoup d^ argent pour
Venlretcnement d'une armée, pour l'cnlretène-
ment des troupes. Il faut tant pour Venlrelènc-
ment de cet llopilnl. Il est de peu d'usage,
excepte en style de Finances et de Valais; el
l'on oit plus ordinairement , £'i(reïifn.
Il se dit aussi pour L'entreprise d'entretenir
les chemins, le pave des rue*. Il est chargé dt
l'cntrctènçinent du r}avé de Vans,
ENTRETENIR, v. a. Arrêter tt tenir en
semble. Cette pièce de hois entretient toute la
tûiarpente.
s'E>TnETE^iii, se Knir rOciproquemeut. Ces
deux pièces de hois s'cntrcljcnnent.
Entretenir, signifie aussi -, Tenir en bon
lîtat. Entretenir un hdtiment, un jardin. En-
tretenir les pontSj les chaussées, les chemins.
Entretenir une maison de couverture. Entre-
tenir la couverture d'im bâtiment.
n signifie encore, Faire qu'une chose,
qa'nne personne subsisie, continue dans un
certain état. EnfrrteHirrofMHiercc.Enïrc/cniVîa
paix. Entretenir Vamitié. Entretenir la corres-
pondance, des correspondances dans les Pays
étranners. Entretenir bonne correspondance
avec ses alliés. Entretenir des inlcUiqer.ces avec
ics ennemis. Entretenir la désunion dans une fa-
mille. Entretenir une famille en union, en con-
corde. Entretenir des peuples dans l'erreur. En-
tretenir des païens dans l'union. Entretenir le
feu. Les Vestales entretenaient le f'u saa'c. Les
Ions ojhccs entretiennent l'amitié.
On dit, Entretenir un homme d'espérance,
Vcnlrctenir de belles promecses j pour dire, L'a-
muser en lui faisant espérer, en lui promettant
licaucoup de choses.
Il signifie aussi, Fournir les choses néces-
saires il la subsistance. Entretenir ses enfans.
Entretenir su maison. Entretenir une armée.
Entretenir un enfant au Collé qe^ à i^yicadéniic.
Entretenir une qarnison.
Un dit dans le mcmc sens avec le pronom
ENT
personnel: Il a de quoi s'entretenir honnête-
ment. Il s'entretient de ce que le Roi lui donjie.
Il s'entretient d'habits^ de linqe, etc. Je donnl
tant à mon valet pour s'entretenir. Il s'entre-
tient de tout. On l'emploie aussi pour, Se con-
server. Cette femme s'entretient toujours fraîche.
Des chevaux qui s'entretiennent gras. L'union
ne s'entretient pas long -temps entre des per-
sonnes (fui ont des intérêts contraires. Il y a
di's arbres qui sentretiennent'toujours v^rts.
On dit, Entretenir un griind irain , uji
grand équipage, etc. pour dire, Avcir beau-
coup de valets, de chevaux, etc.
Un dit, Entretenir une femme ^ pour dire,
l'^'ane subsister une femme avec laquelle on est
en commeice.
On dit, qu Un homme setiltetient du jeu
pour dire, qu'il y gai;ne de quoi s'entretenir.
EMnETENin, sij^nifie aussi, Parler à quel-
ijn'ui», tenir quelque discours à quelqu'un. Jt
l'ai enfreieriu familièrement dans son cabinet.
Jl faut chercher l'occasion de l'entretenir di
cette affaire. De quoi nous entretenez- vouî
là? Voilà assez de jiowfe!les pour vous entretc
nir deiux jours.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel
Les amis s'entretiennent pur Icllres. Ils s'entre^
tiennent de bagaicUcs. S'entretenir de propot
sérieux, de. propos frivoles. tS'VntrefeniV d^
quelqu'un. S'entretenir de ses propres pensées.
S'entretenir avec soi-même.
S'cntietenir de Dieu, pour dire, Parl^ff de
Dieu^
S'entretenir avec Dieu, pour sif^niflcr, Ven-
ter h Dieu , méditer la parole de Dieu.
On dit, Entretenir ses pensées, entretenir
tes rêveries, pour dire, Penser à quelque chose,
méditer. r<5vcr.
Entultenï:, ue. participe.
On appelle dans les troupes, Capitaine en-
\retenu, Un (]npilaine paye par le Roi, quoi-
Jju'il n'ait point de compagnie sur pied.
Ou dit plus ordinairement , Capitaine ré-
formé.
On dit, Une femme entretenue, pour dire,
Une femme que son galart fait subsister.
£n(re(cn» , se dit en termes do Blason, Des
rlcfs et autres cfioscs pareilles, liées enscmblâ
par leurs anneaux.
ENTRETIEN, s. m. Subsistance; ce qu'on
donne à quelqu'un pour vivre et pour s'ha-
biller. Il dépense tant pour l'entretien de sa
maison. Fournir à l'entretien d'une garnison ,
d'une aj-»icc.
Il siL;nifie aussi Ce que l'on dépense pour
niainlenir une chose en état. Ce b/itiment est di
grand entretien.
Il signifie encore simplement Ce que l'on
donne à sa femme, à son fils, h son domes-
tique pour subsister, et pour ses menus plai-
sirs. // donne tant à sa femme, il donne tant à
son fils pour son entrelien.
Entretien , signifie aussi , Conversation ;
let discours, les propos qui sont la matitrc de la
^ conversation. Entretien familier. Entretien sé-
rieux. Il eut un grand entretien avec lui ISous
ENT
eûmes un long entrelien ensemhle. 71 intei^
rompit notie entretien. Il troubla notre ert-
tretien.
On dit il'lTnp personne, d'une chose dont
tout le monde parle, qu Elle fait l'entretien du
public, We loiilci ics sociétés.
Cu appelle Entretiens spirituels , Des dis-
cours de piété que les ILcclesiasticjucs font dans
les assen;blecs convoquées pour cet e0et.
ENTRETOILE, s. f. ICsijèce de réseau on
(le dentelle qu'on met entre dLUx bandes de
loile pour servir d'ornement.
EKTRETOISE. s. f. Terme de Cliar()ente-
rie. Pièce de bois qui se met entre d' autres
[)our les soutfîoir.
On appelle Entretoise croisée , Un nsseni-
blagc de pièces de bois en forme de sautoir.
ENTREVOIR, v. a. (Il se conjugue comme
Voir.) Voir imparfaitement , ou en passa.^1.
Le témoin n'a pu reconnoltre le meurtrie.
parce (ju'il n'avoit fait f^ue l'entrevoir. J'entre^
vois auelaue cfiose. il ue voit pas distincte"
menlf il ne fait t^u entrevoir.
11 se dit aussi Des vues de l'esprit. J'ai en-
trevu les desicinsj les intentions de cet homme.
iVos lumières sont si foihles ^ <jue nous ne jai-
lons (qu'entrevoir la vérité.
s'EsxnEvoin. Avoir une entrevue. Pour oc-
commoder, pour fnir leur af^iire, il faudioit
iju'ils s'entrevissent. Ils s'e?i(rei'ircnt dans une
\elle maison.
11 signifie aussi. Se rendre visite. Ils sont u
voisins . qu'ils s'entrevoient souvent les urtf
r/ici les autres. Il n'est plus guère d'usage en
îe sens.
ENTKEVOUS. s. m. Terme de Maçonnerie.
On donne ce nom i l'intervalle d'une solive îi
l'autre d.-ms un plancher , et aux espaces gar-
nis de pUtre qui sont entre les poteau.x d'une
cloison.
ENTREVUE, s. f. Visite, rencontre concor-
te'e entre deux ou plusieurs personnes pour
se voir, pour parler d'.ifTaires. Ils ont eu plu-
ùews entrevues. La première entrevue se passa
en complijnens. Demander une enirefue. Con-
venir d'une entrevue.
ENTR'OUÏR. V. act. Cuir imparfaitement.
)'ai eutr'oui sa voix. J'ai entr'oui ijuelque
chose de ce que vous me dites là.
Estr'olî, îe. participe.
KNTR 'OUVRIR, v. act. Ouvrir à demi , ou-
vrir un peu. Enfr'ouirir la porte, la jenetre.
Entrouvrir les yciLT.
Il s'emploie quelquefois avec le pronom per-
sonnel. La terre s'cnlr'ouire. Les rosescommcn-
cent à s'entr'ouvrir. À la fin ses yeux s'cnti'oi»-
irircnt. Celle voiitc commence à s'entr'ouvrir.
Esxn'ouvEnT , ttiTE. participe.
On dit,qu't/n chev:d c^t enb-'ouvert, pour
dire, qu'il a f.iit qui l.jue cITort, et qu'il s'est
écarté les jambes de derrière avec un mouve-
ment si violent , qu'il lui en reste une jurande
incommodité.
ENTURE. s. f. L endroit où l'on place une
ente. /( faut faire Vcnturc avant (jue de placer
tente, nulreaicn! dite la jre^Jc.
ENV
Od appelle nussi Entures^ De petites pièces
de bois qui en traTcrsent une grosse pour fur-
mer (les ».k:heloiis ilcs deux côtés, connue tiaiis
les roues Jes carrières.
ENU
ÉNULA-CAîVfPANA. s. f. Plante. Voyei
ACWEE.
. ÉMJMÉRATIF, IVE. adj. Qui énumôre.
E>'UMÉRATlOIV. subst. f. ïKnonihrement.
Ample inuméralion. Simple énumêration. La
simple énumération de ses conquêtes fait son
tioge. Il m\i fait une ample et exacte énumé-
ration. L'énumcrution des paities est un i!cs
lieux communs de la Rhêtonaue.
ÉNJJMÊRKR. V. a. Dénombrer. Il a bien
ennméré toutes les circonstances.
ËNUM^.nÉ, ÉE. participe.
ENV
ENVAHIR. V. acL Usnrpcr, prendre par
force, par violence, par fraude, injustement.
Envahir un Etat^ une Province. Il a envahi
mon bien, ma lerrc, mon hcritafje.
On dit aussi : Envahit- la puissance souve-
raine. Envahir l'atiturité.
Envahi, re. participe.
ENVAHISSEMENT, s. ni. L'action d'enva-
liir. L'envahissement d'une Province. Il a des
projets d'eMvrt'ii5semcnI.
ENVELOPPE, s. f. Ce ijui sert ii envelop-
per. L'enveloppe d'un pn(juel. ôterj défaire
I enveloppe d'un paquet Enveloppe de cuir, d'
toile cirée. Papier ^enveloppe. Toile d'enve-
loppe. Sur l'enveloppe était écrit, « Monsieur...
nndil, KcriVesows Venveloppe de (juelriu un .
pour dire, Mettre sous l'adresse de quelqu'un
des lettres qui sont pour un outre.
EsvEt.oppE , en termes de Fortifications ,
signifie Un ouvraj;e qui en couvre, qui en dé-
fend un autre. Première, seconde enveloppe.
ENVELOPPER, v. act. Mettre autour de
quelque cliosc une etotTc, un linge ,etc. qui en-
ferme, qui environne de tous côtés. Envelop-
per du linqe , des hahits. Envelopper J«
tonfitures sèches dans du papier. S'envelopper
le doigt ^ la tHe avec du linge. S'envelopper le
corps àe son manteau.
l\ signifie au-isi , Cocher , déguiser. Les
Poètes ont enveloppé la vérité sous des fables.
II enveloppe à dessein sa pensée.
On dit en ce ^ens , Envelopper quelque chose,
Quand on raconte en paroles couvertes et lion-
uC'lcs quelque cliose de trop libre.
Il veut dire aussi fii^urémenl, Environner,
entourer. Envelopper J'cnriemî de foiifei parts.
H faut envelopper cette hauteur ^ ce village.
On dit figurcment, envelopper quelqu'un
dans une accusation^ dans une déposition^
dans un crime, pour dire. Le comprendre
ivec d autres dans une accusation , dans une
àéposUion, dans un crime. On l'a enveloppe
mal à propos dans cette ajjoire^ dans ce procès.
EiivELnppK, LK. participe.
Ou dit. Se trouver enveloppé dans de mau-
waiiu affaiies, pour dire, S'y trouver engagé,
Tvmc I.
S.NV
embarrasse. Il s'est trouvé enveloppé dans cc'.te
banqueroute.
On dit. Discours enveloppé, pour, Vn dis-
cours où par circonspection on donne plus à
entendre qu'un ne dit. On dit aussi. Raisonne-
ment enveloppé, pour dire, Obscur, embar-
rassé.
On dit daji» le même ^ens , d'Un homme
dont les idées sont confuses vl les expressions
obscures, que C'est un esprit enveloppé, t\n'il
a Vesprit enveloppé; et d'Un linmme grossier,
qu'il a l'esprit enveloppé dans la matière.
ENVENIMER, v. n. Infrcter de venin, com-
muniquer une qualité venimeuse. On prétend
que les crapauds enveniment les herbes en y ré-
pandant de la bave.
On dit aussi, qu't/ne herbe a envenimé la
bouche, poiu- dire, qu'ElIe y a causé des éle-
vures.
On dit, £nyentmer une pt:iic, pour dire,
La rendre plus douloureust; , plus difficile îi
guérir. Il a envenimé sa plaie en la grattant.
On dit, Envenimer un discours, un fait, le
récit d'un fait, pour dire. Les rapporter d'unu
manière odieuse.
Et on dit, Knveninier l'esprit de quelqu'un,
pour dire, L'aigrir, l'irritnr. Il a envenime
îVïpril de cet homme-là. Il Va envenimé con-
tre moi.
Envenimé, ée. participe. Langue envenimée.
Discours envenimés,
ENVERGER. v. a. Garnir de petites braa-
cbes d'osier.
KNVtr.r-E, EE. participe.
ENVKRGUER. v. n. Terme de Marine, qui
■ii'gnifie, Attacher les voiles aux vergues.
Enveugcé, ée. participe.
ENVERGURE, s. fém. Terme de Marine,
.Vrrangcmcnt des voiles avec les vergues et les
mâts.
Il signifie aussi L'étendue qu'il y a entie les
deux extrémités des ailes déploj'écs d'un vola-
tile. Il y a des volatiles qui ont jusqu'à vingt-
cinq pieds d'envergure.
ENVERS. Préposition. À l'égard de
Charitable envers les pauvres. Pietix envers
Dieu. Ingrat envers son bienfaiteur. Traître
envers sa Patrie.
On dit. Je vous servirai, je vous aiderai, je
votis défendrai envers et contre tous, pour dire,
Contre tout le monde; et aiors on ne se sert d"£n-
rers, qu'en le joignant avec Contre.
ENVERS, s. m. On appelle ainsi dans une
ctone, Le côté le moins beau : et dans un ou-
vrage de toile , comme des collets . manchettes .
cliemises, Le côté de la couture. Voilà l'endroit
de cette étoffe, voilà Venvers. Elle n'a ni en-
droit ni cnvas.
On nppcUe Une étotT: ti deux envers. Celle
dont les deux côtés sont également beaux, rVsi-
à-dire, proprement, Sjins envers. 5crflc li deux
envers, i'eloius à deux envers,
À i.'e>veiis. Façon de parler adverbiale, qui
0 dilTérenies significations selon les difTcrentcs
choses auxquelles ou l'applique. Ainsi, Mettre
un manteau ù Tt/iverj, C'est le mettre du m*»*
ENV îi3
vais côté de l'dlofTc ; fl/el(re un cuUcl et des
maf.chetles ù l'envers. C'est les niellrt en sorte
t|ue le cûtc de la couture soit en dcliors ; et ,
Tomler à l'ciiven, C'est tomber sur le dos.
Il s'emploie aussi figuréiricnt en ilivcrset
signiCcatiuns. Ainsi on dit familièrement, ijue
/,!■< ii/Jiiiifs d'un homme vont ù l'envers , pour
dire, qu'Elles vont mal; et. qu Tu homme a
l'esprit à l'envers, pour dire, qu'il a l'esprit
faux, qu'il manque de jugement. On dit au^-si,
Cet accident lui a mis lit tête d l'envers, pour
dire, Lui a troul>lé l'esprit.
On dit populairement , Mettre l'ilmc à l'ert-
vers à queh/u'un , pour dire, I.c tuer.
ENVI. s. m. Il ne se dit qu'en cette façon de
p.irler adverbiale , À tenvi, Avec émulation.
Us étudient à l'envi. Ils travaillent à l'envi
l'un de l'autre. À l'envi les uns des autres.
ENVIE, s. f. Cliagrin qu'on ressent du bon.
Iieur, des succès, des avantages d'aulrui. Envie
maligne, secrète. Avoir une mortelle envie con-
tre quelqu'un. Etre ronqé d'envie. L'envie U
dévore. Sécher d'envie. Su bonne fortune lai
attire l'envie de tout le monde. Exciter l'envie.
Son mérite est au-*dessus de l'envie, hors des
atteintes de rcni»je. Les traits de l'cni'jc. Il ne
peut voir personne dans la prospérité sans lu:
porter envie.
On dit, Faire envie, pour dire, Donner de
l'envie, e-xciler l'envie ; et l'ou du lîans ce sens-
\h, qu'il vaut tniciu: faire envie nue pitié.
On dit proverbialement, Les envieux mour-
ront, mais non jamais l'envie; et ligurément.
te .'cr()enl de l'cni-ie a sifflé dans son coeur.
On dit, Porlw envie n quelqu'un, pour
dire simplement, Souhaiter un bunlieur pareil
au sien , sans en avoir de déplaisir. Et l'on dit
dans le même sens. Je porte envie à mon ami
de ce qu'il a le plaisir d'éire avec nous. On em-
ploie Envie dans le même sens, lorsqu'on dit.
Mon sort est digne d'envie.
Esviï, signifie aussi Désir, volonté. Grande
envie. Léijére envie. Envie déréglée, désordon-
née, furieuse, immodérée. Avoir envie, une ex-
trême envie de dire , de savoir , d'apprendre , elc.
Avoir envie de manger, de dormir, de parler.
Je n'ai nulle envie de vous nuire. Il ne l'o'i/oil
point de cette terre, tuais en lui en a fait venir
l'envie, on lui en a fait naître l'envie. Il a envie
de ce tableau. On lui en a donne envie. Sil'envte
lui en prend. Il lui a pris envie de se retirer.
L'envie lui a piis daller à Rome. Je brûlt
d'envie, je meurs d'envie de vous revoir. Je
meurs d'envie que vous soyez content, L'cnvit
de vo^-ager lui a passé.
Envie , signifie quelquefois Besoin. J'ai
grande envie de dormir.
On dit. Passer son envie de quelque choie,
pour dire. Satisfaire le désir qu'on a d'une chose.
El on dit. L'envie lui en est passée, lui en a
pasi-é, |K)uc dire, Il ne la désire plus.
On dii , Fiiire puï*cr l'envie de quelque chose
à quelqu'un, pour dire. Ou l'en rassasiir, ou
ol'en dégoûter.
< )n .qip'll^ Envie de femme grosse , I,e désir
siihii il prcuaul, sou\cDt mèillc désurdonac,
65
5.4 ENV
(jtie quelques femmes grosses ont de certaiuc<
cJioscs.
lixviE , se dit aussi Des marques que des
enfans appoi It'nt quelquefois en uaîssaut , cl
qu'on suppose tire une saile des impressions
reçues par leurs mères pendant qu'elles ctoieni
grosses. Qu'est-ce ijue i-clte inar<jue (ju'ii a au
visane? C'est une envie.
On appelle aussi Em'ic , Certains petits filets ,
qui se déinclient de la peau autour des ongles,
quelquefois avec douleur. .'Imiv des envies aiu(
doigts. Couper une envie.
ENVIKILLIR. V. act. Faire paroître vieux.
Cet ajustement l'envieillil.
Esvtrjj.1 , lÊ. participe. Ce mot n'est en usagi
qu'au figuré. Pécheur envieiUi. Erreurs, habi-
tudes envietUies.
ENVIER. V. a. Être attristé des avantogei
d'autrui. Tout le monde l'envie. Envier le bon-
heur d'autrui. Je ne lui envie foint sa bonn^
fortune. Les nrands, les favoris sont ordinai-
rement enviés. À. l'actif, il se dit plus souveul
Des choses que des personnes.
■ On dit aussi, Envier, pour dire simplement,
Souhaiter pour soi-même un bonheur par:.il i
celui qu'un autre possède, sans être fâché qu'il
l'ait. Je voudrois bien être aussi indépendant
que vous, j'envie votre bonheur.
Il se prend quelquefois poiu" Désirer. Voili
le poste du monde que j'envierois le plus, poui
dire, <Jue je désirerois le plus.
EsviÉ, ÉE. participe
On du, Une charge, une place bien enviée,
jonr dire, Une charge fort rcchercl.ee, foil
iouhaitée de tout le mon.îe.
EKVIliU.X , KU.SE. a.;). Qui a de l'envie,
qui est sujet i l'envie. Vn homme cnviciu;,
une femme envieuse. Jl e.-;! cnvieuxdema bonm
fortune. Envicu.v du bien d'autrui. Un esprii
envieiLT.
Il est aussi substantif. Vn ciu'ieiu: n'a ja-
mais de repos. Les envieux sont toujours tour-
mentes.
ENVIRON, adv. A peu près, un peu plus,
<sn peu moins. Il y a environ deu.v heures, en.
firon di.x ans. Son armée éîoit d'environ vinni
mille hommes. Il uvoit fait environ deiuc lieues.
Combien y a-t-il dans ce sac? H y a environ
trois cents francs, tjuatre cents francs ou en-
viron.
ENVIRONNER, v. a. Entourer, enlemier,
être autotu- de quelque chose ou de quelqu'un.
Environner une Ville de fossés, de murailles.
Les ennemis environnaient la Place. Le Prev6[
it ses Archers avoienl environné la maison. Le*
Gardes, lesGeniilshommes, les Courti'suns qui
invironnoient le Roi.
On dit aussi au figiu-é : Les dangers l'enyi-
ronnoierit de toutes parts. Les malheurs qui
renyironMcn(. Il est environne de flatteurs.
L'éclat qui l'environne. Il est environne dt
tjlo'ae. Cette aU'aire est environnée d'épines.
Esviiio:isÉ, ÉE. participe.
ENVIRONS. •. m. plur. Lieux d'alentour.
P«ii.i cl ses environs. L'armée se logea aux en-
virons de la riace. Il ne s'est pas litoigné de la
ENV
VilU^ il (SÏ encore campé dans fe$ environs.
On (1 public cette Ordonnance dans tous les
environs j dans les Paroisses des environs,
ENVISAGER. V. a. Uegarder une personne an
visage. Dès(jiieje Veusenvisané , je le reconnus,
Envisofjez tin peu cet 1 ommc. il noseroit seu-
lement in\nvisu(jer.
Il se dit figureni. Des actions et uts atV;iires.
Celle action est belle ^ cette action est bonne y si
vous Venvisaqez de ce c6té-là.
II ss dit aussi De touli-s les choses sur îes-
[^uelles on porte sa rénexion , et que Ton coi<-
BÎtlère en esprit. Le Sage nenvisuqe pus les ri-
chesses comme un bien. Envisager Vavenir.
Knvisaqcr la mort y les tourmsns^ le j;eri7, lu
\yauvrelé, sans en être c'uu. Il a envisané la
mort conune la fin de nés misères. îl envisagea
\e Ciel comme le but de ses espérances. Envi'
laqer les suites d'une uffaire. Nous envisugcont
\a nature sous d'autres points de vue gue Ici
dnciens.
ENVISAGÉ, KE. parlicip:*.
ENVOI, s. m. Action par h^jnelle on envoie.
Il se dit pnrlicuLiêrement Dos marchandises.
Cette marchandise est de hon débit, on en a
déjà fait deux enfois à.... Par Venvoi d'un tc\
jour , on dit avoir reçu
Envoi, dans de certains ouvrages de Poésie,
comme tes Chants Royaux et k-s lîallades, esl
un couplet' qui termine la Iî;i!kide. et qui scri
h adresser l'ouvrage ù celui pour qnî il o ét<
fait.
ENVOILER , verbe qui s'emploie avec U
pronum persounel , sK'.NVUiLER. Terme de
Serrurerie, qui signifie, Se courber, et qui se
dit Du fer l'i la tiempe. Jl s^envoile.
ENVOlSlNîi, ÉE. adj. Celui qui a des voi-
«ns. Il est fort bien , fort mal envoisiné. Il «-si
familier.
ENVOEER,v. qui scmploic avec le pro-
nom personnel, s'envoler. Prendre son vol
s'enfuir eu volanl. Les oiseaux étoient déjà
drus, ils se sont envolés. Le moindre bruit fai\
envoler les canards.
On dit figurcnienl, que Le temps sUnvolc.
que l'occasion s\nvole , pour dire, que Le
lemps, l'occasion, passent rapidement. Àv^c
Viiqe, les plaisirs s'envolent, pour dire, -qu'En
vieillissant ou perd h goût des plaisirs.
On dit proverl)i;fl('î!:cntcl(îgurcment , Lors-
fju'ori cherche une personne ou une chose en
un endroit où elle n'est plus, // n'y a plus que
le nid, les oiseaux s'en sont envolés.
EsvoLÉ, ÉE. participe. Les oiseaux sont
envolés,
ENVOÛTER, v.o. Terme de Magie. Piquer,
déchirer, bn'tler une image de cire avec ccr-
loines paroles ou cérémonies, dans la pensée
que la personne représentée par celte image
Bouflrir.i les mûmes maux.
Envoûté, ée. panicipe.
ENVOYER. v.n.J^cnvoy ois., vous envoyiez .
nous envoyions. Futur de l'indicat. J'cnrerru!.
Conditionnel. J'cnvtTroi.t. Subjonctif. Qml" jVii^
i»oye ou j'envoie j que vous envoyiez. Doiuier
ordre, faire en .sori'' qu'une personne cille, ou
EPA
qu'une cliose soit portée en un certain li'u.
£ni'0^'er un homme à la campagne, en Pro-
vince, en Italie, en mer, à la 'Ville. Envoyer
des chevaux. Envoyer un paquet par le -llessn-
ger, pur le Courrier. Envoyer des éttennes.
Envoyer du secours dans une Place. Les enne-
mis envoyèrent reconnaître la Plate. Envoyer
faire compitntcnt. Envoyer demander quelque
chose à quelqu^un.
On dit familièrement, envoyer en raw(;c
nioM(/e, dans l'autre monde, potir dire, Faire
mourir. On dit d'Un Médecin malhabile , qu'//
u envoyé son malade dans l'autre monde.
Envoïek, se dit aussi dans les clioses mo-
rales. Les biens et les mau.x que Dieu nous
envoie
On le dit aussi De toutes les choses qui nous
viennent de Dieu. Dieu nous a envoyé de la
pluie, du beau temps, une bonne année, etc.
On dit, que' Le fin envoie des famées ,-,
la Icle.
Envoyé, ée. participe.
Il est quelquefois substantif; et alors il si-
gnifie L'n Ministre envoyé d'un Prince Souve-
rain , ou d'une Républitjue, dans la Cour d'uu
autre Prince ; et c'est un grade inférieur à celui
d'.\nibassadeur. il est Envoyé d'un tel Prince.
Envoyé extraordinaire. Il n'y a point d'Am-
bassadeur de tel Prince en cette Cour, il n'y a
qu'un Envoyé. Il a été Envoyi crtraordinaire
du Roi en tel Royaume. L^Envayé de FtoM
lence, de Gènes.
On appelle La femme d'un Envoyé, En-
rôlée. L'i:.'nvoyée de Gênas
EOL
ÉOLIEN, ÉOLIQIJE. adj.'VoyeiDiki.tcri
n Mode.
ÉOLIPYLE. s. m. liou'ie de cuivre, de fer.
ne. qui a une petite ouvertur»î recourbée, et
:iui , étant remplie d'eau et approchée du feu ,
fait du vent jusqu'à ce que l'eau soit entière-
ment évaporée. On exjdiaue la nature ot la
rause des vents par la Cf^mparaison des Ea-
Upyles.
EV .\
lïP.'VCT!:. s. f. Nombre de jours qu'on ajoute
à l'année lunaire, pour l'égalera l'onnét solaire
et qui sert à connoitre l'.ige de la lune. On .■. en
sert aussi pour trouver le jour de Piques et les
réles Mobiles. L'Epacle courante. La distri-
bution des Epacles. Nous avons tant d'Epactei
celle (jnnéc.
ÉPAGNKUL. ELLE. 2. Chien di chasse .1
long poil , dont la race vient d'E'pagne. Petit
cpaqneul. Cette épagneule u le ret excellent,
ÉPAIS, AISSE, adj. se dit d'Un corps so-
lide considéré par npport :'i sa pToIbudcnr
Mur épais de tant de jâcds. Planclie épaisse de
deu.T pouces. Vn livre épais de trois doigts. Le
verre trop épais n'est pas bon pour cet usage.
Cet homme-là a une grande difficulté à parler,
il a la langue épaisse. Du drap , du l'cloins
i, épais , etc.
On dit d'rti homme, qu'il esl éyais, put
EPA
opposition ît Un liomnic d'une taille dctiLC. Il
a la taille épaisse.
On dit dans le même sens, Vu cliauii if.u-
pour dire. In cbcvul qui n'est pas fin.
On dit oussi , Dtouillaril ïpais , tétièbres
épaisses, un air t'piis, nuit éjHiisse, icjnonmce
êputsse^ pour dire. Un grand lnouiliord, une
grande obscurité; un air grossier, une nuir
noire , et une ignorance profun Je.
On dit figurt-nicnt d'Un lionune , <\u'Il a
l'esprit épais^ ViutcUi<fence t'paijve, pour dire,
qu'il a l'esprit grossier, lourd, pesant; qu'il •'
peine à comprendre.
Oo dit oussi dans le même sens : Vn hommt
épais, Lne taille épaisse.
Oc dit aussi f qu't/n homme a la mitchoirt
épaisse, que c^est une nt,lchoire épaisse, poui
dire, qu'il a l'esprit pesant.
Épais f se dit aussi d'Un amas de certnincs
clioses qui sont fort près les unes des aulrc.^
Ce bois est bien épais. Ces blés sont (rop e/xii .
Il y aura bien du /. m dans ce pré, VhtTbe
y est bien épaisse. Des bataillons épais, l.cs.
cheveux épai*. Il étuit dans le plus épais du
6 où.
Il se dit encore d'Une chose liquide qui
prend une consistance plus ferme. Cb sirop
n'est pas assez ipuis. De l'encre trop épaisse.
Du vin trop épais. De la bouillie trop épaisse.
Il est quclquelbiâ substantif . et signifie
E^isseur. V.nc pierre ip*i a deux pieds d'épais.
Il y a de la neige deux pieds d'épais, Cetti
Çemme met beaucoup de rouge, elle en a tou-
jours un do'i(jt d'épais.
Il est quelquefois, adverbe , comme en ces
phrTises : Cette graine ne se doit pas semer si
epnis. Il a neigé épais de trois doigts.
ÊPAïSSKUrx.s.f. La profond) ur d'un corps
solide. Cette pierre a tant de pieds de longueur
et tant d'épaisseur. Daiis Vépaisseur du mur.
Ce ditiniant ti une grande épaisseur. PrtiliqriCf
une armoire, un escalier, une cheminée dans
l'épaisseur du mur.
On appelle L'épaisseur d\in bois , d'uni
forêt. L'endroit ou les arbres sont les plus près
les uns des .lutrr-s.
On dit. L't'puÙ3eur des brouillards, l'épais-,
leur de Vair.
On dit aussi, L'épaisseur des ténèbres.
ÉPAISSIR. T. a. Rendre épais. Mettez du
<ucre dans ce sirop peur l épaissir. Les vapeurt
rpais$istent l'air.
Il est aussi neutre. Le bouillon t'paissit en
cuiidnt.
Il s'emploie avec le pron<)m personnel. Li
sirop s'épaissit. La langue s^êpai.isit.
On dit aussi De quelqu'un, 5ii tailletépais-
lil, pour dire, Il grossit.
On dit nuui au figuré, Son esprit s'épai»i1
tous les jours.
Épaissi, ic participe.
ÊPAISSISSEMENT. t. m. Condensation.
Vépaississement îles nues. L'épaistissement dei
lif^ueurj. L'cpuusiisem«n( de la lymphe.
Il lignifie aussi L'ctat de cr qui est rpai\si.
L'épaissiisttncnt de la langue.
EPAMPRRMi:>"T. .9. m. L'action d'cpampra
la vij;ne.
I-;PAMPRi:a. v. a. Ùter de l.i vigne In
pampres , les Icuilles inutiles qui cmpêclivnl
que le raisin ne mûrisse. Il faudroit èpamprer
cette vigne.
KpAMpnÉ , Éc. participe.
ÉPA>CHE.MENT.s. m. Effusion. É^nnc^ic-
ment de bile. Son plus grand usage est au figu-
ré. £panc/iemenï de cœur. Ëpanchement de
joie.
ÉP.VNCIIER. V. a. Verser doucement, ré-
pandre. F.pancher du vin, de l'huile.
On dit figiu-ément, Epancher son ccew,
pour dip!, L'ouvrir avec sincérité, avec ten-
dresse, avec confiance, etc. Epancher sonceeur
dans le sein de l'amilié.
Epanché, ée. participe.
ÉPA>DRE. V. a, ( M se conjugue comme
Rendre. ) Jeter ci et là en plusieurs endroits,
t'parpiller. lise dit Des clioses liquides, et de
celles qui peuvent aisément s'amasser ensem-
ble et aisément se scparcrj comme de l'eau . de
In paille, du foin, du fumier, du sable, des
pièces d'aigent, etc. Ce fleuve épand ses eaux
dans la campaqnc. Epandre du foin pour le
faner. Êpandie du fumier dans un champpour
l'engraisser. Epandre du qrain dans une terre.
Un dit figurcmeul : Les Cehtes s'épandirent
dans Htiilie. Les Vandales s'épandirent dans
i'Afrigue, etc. Il est vieux, et l'on dit aujour-
d'hui, Répandi'e, dans le mémo sens.
Il s'emploie avec le pronom personnel , pour,
S'étendre. Les eaux sépaitinrer.t par la cam-
pa qne.
Éi'ANDU, VE, participe.
ÉPANURTHOSE. s. f. Figure de Rhétori-
que, par laquelle on feiut de rétracter ce qu'on
avoit dit, comme trop foible,- et l'on ajoute
quelque chose de plus fort.
KPA50UIR, avec le pronom personnel,
s'Épanouir, se dit Des fleurs qui commen-
cent in déployer leurs feuilles et à sortir du bou-
lon. Les fleurs commençaient à s'épanouir, i'n
bouton de rose (jut s^épanouit. Le soleil fait
épanouir les fleurs.
Dans le figuré, il est actif en crttc phrase,
Kpnnoliîr la rate , pour dire. Rcjouir. Je lui
ai fait un conte (fui lui a bien épanoui la rate.
Il est du style familier.
On dit, 5on visage s'épanouit, son front
s'épanouit, pour dire, qu'il se déride, qu'il de
vient serein.
I^.PAKOUI , lE. participe.
Il t'emploie au propre et au figuré. Vncro^e
vpanouie. Son visage étoii tout épanoui.
EPANOUISSEMENT, s. m. Action de s'é-
pannuir. Le chaud contribue beaucoup à Véva-
noui-'^sement des fleurs.
On dit aussi figurémenl : Epanouissement
de rate. Epanoui%sement de coeur.
EPAIU'ET. s. m. Espt-cc de foin fort com-
mun en Dauphinë. So graine lient ji^u d'avoint
et d'orgr. L'Êparcet est succulent et très-nour-
rissant
ÉPARER , verl* qui ne s'cmploia qu'ave-
EPA
5i5
le pronom personnel, s'ÉPAREI!. Terme de
Manège, qui se dit d'Un cheval lorsqu'il déta-
che des ruades. Le cheval s^épare.
ÉP.UtCN.VNT, ANTE. adiect.Qui lu^ d'é-
pargne, qui est trop méitagev. Ceï /ior?rne est
trop épargnant. Il ne jntit pas être si éptr-
tjnant dans une occasion sembluhle. 1 1 est d'hu-
nu'ur épargnante.
EP.\J1G>'K. s. f. Parcimouie, ménage dans
la dépense. Epargne honteusey sordide, coiisi-
àéiable, mesquine, etc. Il a amassé de grands
biens par son épargne, C'esl un homme de
grande épargne. Il faut aller à Vépargne. Il a
beaucoup amassé par ses épargnes. Il a fait un
grand bâtiment avec ses épargnes , tie ses épar-
gnes. Il vit de ses épargnes.
On appeloit autrefois L'Epargne, ce qu'on
appelle aujourd'hui Le Tiéso." Royal, où l'on
porte rari;»'tit du Roi. Trésorier de l'Epargne.
Billet de VEpargnc. Ordonnance de l'Epargne.
Epaboe, se dit aussi Vax temps et de toute
autre chose qu'on ménage. // n'y a point de
plus belle épargne que celle du temps. Il afjccte
une grande concision dans son style, il va à
V(-parqne des mol-.
Il y a une sorte de poiiequ'on appelle Poirt
d'épargne.
ÉPARiiNER. V. a. User d'épargne dans la
dépense, employer avec réserve, ménager la
dépense. Epargner son bien, son argent. Nous
n'avons guère de provisions, il les faut é^ ar-
guer. On ne leur épargne pas l'argent. Ls VÎm
ne futpas épargné à cette noce. N' épargnez pus
ma bourse. Celte sauce est de haut ifodt,on n'y
a pus épargné le sel, le poiiie. Il est si nvare^
(pi'il s'épargne jusqu^à la nourritwe. On n'é-
pargne rien pour vous satisfaire. J'csj^re que
TOUS serez content de mes soins, je n'y épnr-
gnerai rien. Vous cherchez en vain à me pa--
suaderf épargnez-vous ce soin.
On dit figurém. Eparqner sa peine, épar-
gner ses p«j, pour dire. ^léna^er ses peines,
ses pas, ou s'exempter de la peine, s'exempter
d'agir.
On dit. avec le pronom personnel, S'épar-
gner, pont dire, M<'na^er ses soins, ses pas,
son crédit. Quand il peut ohliqcr, il ne s\
épargne pas. S'il peut vous nuire, il ne s'y
épargnera pas.
Il se dit dans les choses morales. Ep^rgneti-
moi le chagrin, la douleur y la confusion, la
honte.
On dit aussi fi^rirément, Ne m'épargne'i
pas, pour dire, E.nplo_vei-moi librement.
On dit aussi figurém., Eparqurn" quelqu'un ,
pnurdiie, Ne lui faiic pas tout le m<iuv.iis trai*
lement qu'on pourroit. Je pouvais lui faire
bciiucoup de mal, mais je l'ai éjuirgné. On ne
l'a pas taxe si haut que les autres, on Va voulu
épargner. La mort n'éfkirgne personne. La
peste épargna peu de getis.
<Jn dit encoro. Cet homme n'épargne per-
sonne, pour dire, qu'il médit de tout le monde.
ÉPAnr.?iKn. est nu.*si un trruie d'Art, pour
dire. Ména;;cr quelque chose dans la m tiière
que l'on travaille, t faire en ïortc qu'iui en
65.
5i6'
EPA
lire quelque cnihelUssciucnt, quehjue ornement
qui n'eu soit pris détaché» on qui fu&sc m^'nje
une piôce utile. Celte table a î-tt épurante dans
l'épaisseur du roc.
On dit Épargna-, en lemics de Dessin et de
Miuiature sur ivoire, Ou.itid le papier ou l'i-
Toire produit sans crayon ni peinture les lu-
mières des chairs.
Ou dit aussi <iu'Vn Tailleur, »|u'wne Cou-
turière éparque de /Vfo^t', pour (Kre, qu'En la
taillant ils font en sorte qu'il en reste pour en
luire quelque autre cliose que ce q\i'ils ont en-
irei'U'. Ce Tailleur a épanjnê uue culotte dans
le drap de ce manteau,
Épahcné, le. participt*.
rPARPILLK.VIENT. s. m. Action d'épar-
piller, ou l'élat de ce qui est éparpillé. L'épar-
paiement de la lumière. Véparpillcment de set
troupes lui jjt perdre la hatuille.
KPAUPILLER. V. a.Epyndre dru vt menu,
Çi et là. Il se dit Des choses légères, minces,
et qui sont en petit Corps. Eparpiller de la
paille, du foin, de la cetidre, de la braise, des
papiers, etc. Un tourbillon qui a i^parpillé ce
foin , ces javelUs.
On dit figurement et familièrement d'Un
'dissipateur, qu'// a }>ien ('parpillè de Varcicnt,
pour sif^nificr, qu'il .n Leaucoup employé iCir-
gent en folles dépenses.
Éparpillé, ée. p.iriicipe.
ftPARS, ARSE. adj. Êp.nidu ç.i et l\ en
divers endroits. Les loups avoient épouvmité U
troupeau, d étoit èpurs dans les blêf . dans les
Vignes. Leis Juifs n'ont point lie / to'.* cefi^nn.
ils sont épars dans tous les Pays du monde.
Bataillons épais. Il a ramassé toutes les parti'
cularitês de notre histoire (jui étaient éparses
dmns les livres, dans les chartes, etc.
ÉPARV'IN ou KpF.RViN. s. m.Tumcrir dure,
boue qui vient aux j.inels d'un cheval, qui lui
fait lever la jambe pins haut qu'il ne feroit sans
cela. Ce cheval a un éparvin, les éparvins,
ÉPATER. V. a. Il n'est guère d'usage qu'au
participe Épaté, qui ne se dit au propre que
d'Un verre qui a le pied cassé. Un verre épaté.
On appelle Nez épaté, Un gros nez large et
oourt.
f-'pATé, iz. participe.
KPAULARD. s. m. Nom d'un grand poisson
de mer de la forme d'un dauphin, mais heau-
coup plus gros. Il s'en trouve qui pèsent jusqu'à
mille livres.
EPAULE, s. f. Partie, membre du corps,
qui 3st au-dcsscus du chignon du cou, et se
joint au bras d»ns l'homme, et à ta jambe de
devant dans les aiiiuiau'x h quatre pieds. Cet
homme a une épaule haute, une grosse épaide.
Il a l'épinilc démise, rompue , fr-tcassée. Il
porte un fardeau sur l'épaule. Portée le mous-
quet 5w l'épaule, sur son épaule. On lui 6ta le
manteau de dessus les épaules. Sur les deux
épaules. Il est tngoncé , il a la tétc dans les
épaules. Pousser de l'épaule, avec l'épaule. Prê-
ter l'épaule pour relever un fardeau. Il est plm
haut que vous de toutes les épaules. H a les
épaules larges, de larges épaules. I paulc de
EPA
mouton. Kpaule de veau. Ce sanglier, ce cheval
est blessé à Vépaulc.
On dit faniilièreraeiit, Manger par- dessus
l'épaule, jouer pardessus l'épaule, pour dire,
Manger derrière les autres, jouer quand on n'a
point de place à la table où l'on joue.
On dit de même, qu'On a mis un homme
dehors par les épaules, pour dire. qu'On l'a
chassé honteusement.
On dit figurément et familièrement. Regarder
(juclqu'un par-dessus l'épaule, pour dire, I>'
regarder avec mépris.
On dit, /fausser les épaules , lever Icsépaules,
pour dire, Témoigner en haussant les épaules,
qu'une chose déplaît, qu'elle choque, et plus
souvent qu'elle n'inspire que du mépris. Cela
me fait hausser les épaules. Il n''y a rien à ré-
pondre à cela, il n'y aquà hausser les épaules.
On dit figiu^émenl et familièrement. Je porte
cet homme sur mes épaules , pour dire , Cet
homme me pèse, ilm'està charge parles choses
qu'il fait, ou par celles qu'il dit.
On dit encore familièrem. , Pliej' les épaules^
baisser les épaules , pour dire , Recevoir avec
soumission une chose fâcheuse, désagréable.
On lui dit des parolesduresj il s^cn alla pliant,
baissant les épaules.
On dit proverbialement et figurém. , qu'Un
liOTume fera, une chose par-dessus l épaule,
pour dire, qu'il ne la fera point du tout. Pen^
qu'il
paye? il vous paiera par-
dessus Vcpaule. U est populaire
On dit fi^urémenl et faî.iilièrement d'Uu
liouinic qui n*a pas assez de capacité, assez de
lieu, qu'il na pas les épaules assez /ojles,
qu'il a les épaules trop foihles pour un te>
emploi, pour soutenir une charge, une diifnitr
On dit figurémenl et familièrement, Pn'ter
l'épaule à quelqu'un , pour dire. Lui aider, le
soutenir. Il a des amis qui lui prêtent l'épaule,
sans quoi il ne pourmit pas soutenir cette af-
faire, cette dépende.
On dit figurément et familièrement. Donner
un coup d'épaule, pour dire, Aider à quelque
rlio-îe, venir au secours de quelqu'un.
On dit figurément et familn' rement , Potisseï
le temps avec Vépaule, piwir dire, Siil>si.ster
avec peine eu atlcudant mieux, ou gagner du
temps poar attendre quelque conjoncture plus
favoiable.
On dit proverbialement et populairement
d'Un av.ire, qu'il ne jette pas les épaules dé
mouton pur li f'.nêtre.
On appel! j Vépaule d\in bastion, Le flant
d'un bastion; et Angle de l'épaule, L'angle qui
est entre le flanc et la face.
ÉPAULÉE, s. f. Enùrtqu'onfaitdc l'épaule
pour pousser quelque cliose. On a roulé cette
pieire, cette poutre par épaulées.
Ondil figurément cl familièrement, F«i>eu'ic
c/i05e prir épaulées, pour dire, La faiie à di-
verses reprises, cl nc-^ligeumient,
Onditen termes de rtoucheric, Une épaulée,
pour dire, Le quartier de devant du monloii ,
tiont on a reiranclié l'épaule.
ÉPAULEME>'T. s. m. Terme de Foiiifica-
EPE
lion. Espèce de lempart fait de fascines et de
Y terre, etc. <|ui sert principalement pour couvrir
une batterie de canon, pour couvrir des trou-
pes. Cet épaulement est bien fait. Cet épatile-
ment doit être épais pour le moins de vinqt
pieds de terre remuée. Les embrasures d'un
éptiuionenf.
ÉPA'ULER. v. actif. Rompre ou démettre,
disloquer l'épaule. Je lui avois prêté mon che-
val, il l'a épaulé. U n'est d'usage qu'en parlant
Des bêtes à quatre pieds.
U se met avtc le pronom personnel. Ce che- .
val s'est épaulé. *
ÉpAULEn, signifie figurément, Assister, ai-
der. Je vuits épaulerai. Il fut épaulé par tels et
tels. Cet homme réussira dans cette entreprise,
il est fcii^n épaulé.
On dit Des troupes qui sont exposées au ca-
non, qn'Il faut les épauler, pour diie , qu'il
faut les mettre à couvert.
Épaulé, ée. participe. Ce maquignon a ton-
jours des hétes épaulè-is.
On appelle figurément Une fille qui s'est
déshonorée, Une bête épaulée. On Va trompé,
on lui a donné en jnariage une bête épaulée.
On dit aussi familièrement 'd'Une personne
qui est absolument saus esprit, que C'est une
héle épaulée.
ÉPAULEITE. s. f. La partie du corps de
jupe qui couvre le dessus de l'épaule.
On donne aussi ce nom à Uue petite bande
de toile qui est sur l'épault: de la chemise.
On appelle encore Epauletle. Vn tissu d or
[)U d'nri^en: que les Officiers mditaires purleni
sur Pcpaule, et qui seit à distinguer lesdilT*-
ren> grades.
ÉPAVE, adject. des 2 gemes. Il se dit Des
choses égarées, et dont on ne coniioîl j>oint \f.
maître , le propriétaire ; mais principalement
Des chevaux, vaches et autres bestiaux. Un
cheval épave. Les bêles épaves. Biens épaves.
Il se prend plus souvent au substan!:*^ , ei
idor^ il est féminin. Les épaves appartiew e'tt
iiu Seigneur sur la tore duquel elles se trouvent.
Il se dit aussi Des choses que la mer jette sur
les côtes.
Droit d'épave, (st Le Droit qu'a le Seigneur
rlc se saisir, de s'approprier les cliosts épaves
qui se trouvent sur ses terres.
EPE
ÉPEAUTRE. s. m. Sorte de blé-fromecL
Quelques-uns Tappellent Froment locor.
Il y a encore une espèce d'épcaulre qu*ou
nomme Seigle hlrnc,
ÉPÉE. s. f. Arme ofiensive et défensive qiie
l'on porte i son côté. Longue épèe. Courte épée.
F.pée de longueur.É,pée de rencontre. Epée de
combat. Éjtée à garde dorée. Épée à garde d'ar-
gent, à poignée d'itrqcnt. Epée enrichie de
druuitins, ou simplement Epée de diamans. Se
battre à l'épéc et au poignard. Ceux qui por*
tent l'épce. Mettre une épée à son côté. Le Con-
nétable porte iépéc haute et nue devant le Roi.
Le Grand Ecuya' porte l'épée du liai. Ils
uvoi^nl l'épéc nue. Mettre l'épéeà lamain. Tirer
EPE
Vépèe. Becevoir des coups de vlat à^cpèe. Je ini
fis rendre l'êpêe , rengainer Vépée. Si je le ren-
contie , nous mesurerons nos cpees. Remettra
î'êpte dans U fourreau. H lui donna de /V'/u't
dans le ventre. Il lui passa son épêe au travers
du corps. Il lui enfonça Vcpt:e jusqu'aux ijur-
des f jusau'à la garde. Voilà un grand coup
d'épce. Il le poursuivit Vipéedans les reins. A'o5
saltiuts attaquèrent le retranchement des enne-
mis têpêe à la main. Emporter un ouvragt
Vèpêe à la main. Charger l'êpce à la main. Ga-
gner le fort de l'épée. Je lui fis tomber l'cpéc
des mains. La Ville fut prise d'assautyOn passa
tout au fil de iépce. Jouer de l'cpée à deux
mains , ou de l'espadon. Autrefois, (^uand on
fiîsoit un Chevalier^ on lui ceignoit lépcc
On appelle absolument L'Epêc, L'élat Jca
Gens d'elle, particulièrement par opposition à
U Robe. Il a quitté la robe pour l'cpée, pour
prendre l'êpi'e. Les Gens d'êpée. Homme d'c-
pée. On la mis dans l'èpèe. On lui a fait pren-
dre le parti de l'cpée.
Onditproverl>ialement et GgurCment, Pour-
suivre, presser un homme l'êpce dans les reins,
pour dire, Le presser fort de conclure, d'ache-
ver une aflàirc.
On le dit aussi pour dire, Le presser dam
la dispute par de sî fortes raisons, qu'il ne sail
que répondre.
On dit figurément, Emporter une chose à la
pointe de Vépce, pour dire, L'emporter n^rès
de gtaiuls eHurls.
Uq dit proverbialement et &;urcment d'Un
Gentithomine qui n'a point de bien, iju'i/ n'.,
que la cape et l'épêe.
On dit aussi d'Un Auteur, d'un ouvrai;»'.
qu'il n'a que la cape et Vépèe^ jx>ur dire, quil
n'a rien de solide. U se dit par extension ï)e
diverses autres clioses qui n'ont pas la force cl
la solidité qu'elles devroient avoir.
On dit proverbialement, A vaillant homme
courte epée, pour dire, que La valeur supplée
aux armes.
On dit troniquemcnt d'Un homme qui a fiiil
une sottise remarquable, qu'/I a fait un beau
coup d'èpèe.
On dit d'Unc tentative qui n'a point de
suite, qui n'a point d'cfièt,que C'est un coup
d'èpJe dans Veau.
Un dit ngurémcnt d'Un Lomme aoroit et
vaillant, que C'est une bonne, une rude épée,
qu'il est bruve comme l'cpée qu'il porte. Bravt
comme son êpée.
On dit aus<>i figurément d'Un homme qtn*
e* toujours prêt ^ mettre l'épée h la main, que
Son épée ne tient pus au fourreau.
On dit provcrbidliiiient et fi;^urément quand
un houune ne peut parvenir j quelque c!iose
qu'il voudroit bien avoir, que Son épée est trop
courte
Oo dit, que L'èpèe de quelqu'un est vierge^
po*ir dire, «pill n'a jamai.* tiré lépéc.
On dit I)e griis qu'on %oil dans une si
^ndtt mrsinlcllii^cncc , qu'ib se querellent
pour la moindre chose, qu'ils en sont toujours
«u-c c^cs et aux couteaux. Ces parens ne peu-
E P E
vent s'accorder, ils sont aux cpca et aux cou-
teaux.
Ou appelle par mépris Traîneur d'épée, Un
bretteur, un batteur de pavé, qui porte une
longue épije sans aller U la guerre.
Onditprovcrbi;dementetfigiirément,qu'f/n
homme se fait tout blanc de ron épée , pour
dire, qu'il se vante d'avoir beaucoup d': pou-
voir, de crédit pour dire réussir une aflàire.
On dit d'Un homme en qui la vivacité d'es-
prit nuit à la santé, que L'épée use le fourreau.
On dit tlgurément et proverbialement, en
parlant d'Un homme qui est toujours prêt à
servir quelqu'un de sa personne, de ses con-
seils, ou de son industrie, C'est Vêpcc de chevet
d'un tel.
On dit proverbialement et figurcmcnt.-Veïtre
quelque chose du côté de Vépcc, pour dire.
Mettre quelque profit, quelque gain à couvert,
en réserve. Il se dit plus ordinairement en mau-
vaise part, et il est du style familier.
On dit proverbialement, .Vourir d'une belle
epcCy poui" dire, Succomber sous un ennemi
auquel il est glorieux de céder; et fii^urcmcnt
pour dire, Recevoii- du dommage parune chose
qui est belle, aj;réable et qui fait plaisir.
On dit eu style familier, Il s'est laissé d in
cela l'épée au coté, pour dire, qu'il a soufiTerl
qu'où lui dit telle chose sans rien répondre,
sans répliquer.
ÉPELER. v. a. Nommer les lettres qui com-
posent un mot, et en former des syl]al>escn les
ass/>mblant l'une avec l'autre. Il commence à
éfieler. Epelez ce mot.
Épelé . ÉE. participe,
KPELLATION. s. f. Action d'épeler, l'art
d'épeler. Il entend bien Vépellation. Essayez
iêpellation de ce mot.
ÉPERhU, UK. adj. Qui est tout étonné,
qui a Tesprit comme troublé par la crainte ou
par quelque autre passion. Elle sut qu'or, at-
taqnoit son mari ^ elle cowut aussitôt tout éper-
due pour le serouiir. Tout éperdu d'amour.
ÉPFRDUMi:>T. adv. Violemment et dune
manière éperdue. Il est cperdumeyit amoureux.
Cet deux personnes s'aiment cpcrdument. U se
dit Des désirs violens, et particulièrement de
l'amour.
EPERLAN. s. m. Espèce de petit poisson
de mer. Des èpf.rlans frits.
ÉPERO>'. s. m. Pftite l>ranche de fer ou
d'autre métal, qui se met autour des talons, el
au milieu de laquelle joue une espèce d'étoile
appelée .l/o/c(lc, dont les pointes servent à pi-
rpicr le clieval afin qu'il aille plus vite. Eperon
doré. Eperon d'argent. Branche d'éperon. Wo-
lette d'éperon. Dessus if éperon. Dessous d'épe-
ron. Ce cheval est tendre^ est sensUde à Vépc-
ron. Dur à /Vperon. Ce che\'al est vif, il a plu*
besoin de bride que d'éperon. Il craint Vépen n.
Vous dcsespènz ce c/icva/, vous lui tenez tou-
jours répaon dans le flanc. Enfoncer l'épervn.
Chausser les éperons. Déchausser les éperons.
.iutrcfoiS qtutud on fiisoit des Chevalia's^ on
leur chaussoit les éperons. Les éperous dorés , .
etoicnt une marque de Chevalerie.
EPE
On (lit figurément, Cliausstr les éperons à
i (Quelqu'un, jiour dire, I.e poursuivre vivcmein
(juand il fuit, /.es ennemie se reliraient, notre
Cavalerie leur chaussa les éperons. Il est vieux.
On dit figurcmcut et familièrement, Donner
un coup d'éperon jusiju'à un certain endroit,
pour dire, Y cuurir, j aile; en diligence. Si
vous allez en tel endroit, la maison d'un tel
n'en est pas loin, donnez un coup d'éperon jui-
(fue-là.
On dit, qu'Un cheval n'a ni boiicfie ni ejie-
ron, pour dire, qu'Ilala bourlie forte, et qn il
n'e^l point sensible à l'éperon.
On dit fi;;urément et familicrement' d'Un
liomnic, qu'il n'a ni bouche ni éperon, foui
dire, qu 11 est stupidc, qu'il n'a ni sentiment
ni courage.
' On dit figiirt-mrnt et ramili^rcment, qu't/n
homme a besoin J'i'peron.qu'i! lui fauldonner
un coup d'éperon, pour dire, qu'il faut le
presser, l'cxcilcr ; el qu'/l a plus besoin de
bride que d'éperon, pour dire, qu'il a plus be-
soin d'être retenu que d'être excité.
Éi'EnoN, se dit aussi De certaines rides qui
se voient au coin de l'ouil des personnes qui
vieillissent.
11 se dit aussi De l'ergot que quel([ues ani-
maux, connue les coqs, ont den'iêre la jambe
vers le bas , et que les cliiens ont derrière les
jambes de devant.
11 se dit aussi De cette pointe qui fait ia
proue des Galères. î 'Éperon d'un Vaisseau,
qu'on nomme lussî Soulaine^ Cap, ou Avan-
tage, est La partie de l'avant du Vaisseau qui
se termine en pointe en faisant une grande sail-
lie, et s'av.ïuce la première en mer.
Il se dit aussi d'L'ne sorte de fbrlificadoil
en angle saillant, qui se fait, ou au milieu des
courtines, ou au-devant des portes, pour les
tîètcndn'.
On appelle encore Epei on , Tout ouvrage
en pointe qui sert à rompre le cours de l'eau
devant les piles des ponts , ou sur les bords des
rivières.
On appelle aussi Eperon, Certains ouvrages
de maçonnerie terminés en pointe, faits en de-i
liors d'un Kilimcnt ou d'une muraille pour les
soutenir.
ÉpEnos. Ternie de Botanique. Il signifie Jjà
pointe de certaines fleurs. La /leur f/c IdLinairt
est terminée en éperon.
On appelle encore Eperons, Des braucbes
qui sont courtes, droites, regardant l'horizon,
et qui sont placées tii forme d'éperon. Les Ani-
brettes sont su\cttcs à porter des éperons.
ÉPKRON.Nfi, ÉE. adj. qui a des Éperons
aux talons. /( c<l bollé el c'peronné, loiil prit i
monter à cheval.
\\ se dit aussi Des coqs et des cliiens. Vn eot^
éperonné. On dit que les chiens épavnnès ne
sont pas sujets à la rage.
On dit aussi d'Une personne, qu'£IIe n lei
yeux êpcronnès , quelle est èperonnêe, pour
dire, quTClle a des rides no coin de l'oeil.
Il se dit encore Des fleurs qui ont Jes cpc*
tons. Une fleur cperonnée.
5. s
EPH
ÉPERONSIER. s. masc. .\rlisan qui fait ou
^end des éperons, des mors, des élriers, eic.
Épewiinier du Roi. Maître Eperunnier.
ÉPlîRVIKR. s. m. Oiseau de Fauconnerie
Lâcher Vépervier.
On dit proTcrljùilement d'L'n mariage où la
femme est plus habile , plus agissante que le
mari, C'est un mariage d'épervicr, la femelle
vaut mieux q^ie le mille.
ÉPEBVtEr. , est aussi Une sorte de filet à
prendre du poi«on. Jelcs l'cper\fier. Coup d'é-
pti' i'itT.
lipEnviEB , in Cliirurgic , est Un bandage
dont oi: se sert pour les plaies et fractures du
ncï.
liPH
ÈPHKBE. s. ni. Jsuiie homme arrivé ^ l'âge
de pubcrtë, c'est-i-dirs, à quatorze ans.
KPHÊDRE. s. m. Celoit, chez les Anciens,
uji athlète qui dcnicuroit impair, c'cst-i-dire,
sans antagonisU", après qu'on avoit ré^lê par le
sort ceux qui dev()ient conibatUc ensomble. 11
étoit obligé de se bntlrc contre le dernier vain-
queur.
ÉPHÈDRE. s. f. Arbrisseau sendilable i la
prèle, mais plus grand, et qui porte une espèce
de petite mure rouge et aigre.
ÉPHÉLIDES. subst. fem. pi. Taclies larges,
rudes , coirltres qui viennent au visngc par
l'ardeur du Soleil , ou par quelque inflamma-
tion.
On appelle aussi Éphélides, Des taches lar-
ges, ordinairement brunes, quelquefois rouges,
qui sur\ lennent aux femmes grosses , et au\
filles qriî atteif;nent la puberté.
ÉPHK.MÈRE. adj. des 2 genres. Qui ne dure
qu'un jour. Fièvre éphcmèn. Des animaux
éphémères. Fleur éphémère. Opinion éphémère.
Succé.i éphémère.
ÉPHÉMÉRIDES. s. m. pi. Tables Astrono-
miques, par lesquelles on détermine pour cha-
que jour le lieu de chaque Planète dans le Zo-
diaque. Les Ephêmérides d'Arçjolus. Consulter
!c.î Ephêmérides.
ÉPHESTRIE. s. m. Kom d'une sorte d'habit
- et de surtout usilc en Grèce.
On donnoit aussi le nom d'£p''«lric i une
ancienne fête à l'honneur du devin 'l'irépi&s ,
dans laquelle on promcnoit sa statue faal>illee
en femme; et on l'habilluit, au retour, en ha-
bit d'homme.
Ou a nommé Epheilries quelques masca-
rades modernes où l'on a vu les m£mes chan-
(•cmens.
fiPHÈTES. s. m. plur. Magistrats Atliénicns
iiKtitués par le Roi Demophou pour juger Ica
meurtriers.
EPHlALFEb ou CAUCHEMAR, subst. m.
Asthujc uoctutnc , espèce d'oppivssion noc-
'unie. Vo;) es Calchejiau.
ÉPHOD. t. m. ( Ou prononce lo D. ) Espèce
de ceinture à l'usage des Prêtres Hcbrcuic. L'é-
pnod se passait derrière le cou comme une
fiole, et faisait plusieurs tours en se croisant
autour du corps.
EPI
ÉPHORKS. s. nj. pi. Juges I^actornonicoa
1, établis pour servir de contre -poids ù l'autorltc
<ies Rois.
EPI i
KPI. s. m. La tête du Uiyan de h\i: dnns la-
quelle est le grain. Gros épi. hpi hiv.n gurui.
£pi maiqre. Kpi de /'/e, dWf/e , etc. Kpi (h
froment. Quiiud les hlcs sont en e'/)i, motitent
en épi. Les barbes des épis ^orqe sont plus Ion.
nues (jue celles des épis de seiqle.
< n dit commuDement , que Januiii Avril ne
se passa sans épi.
ÉPI. s. m. Terme de Chirurgie. Espèce de
bandage. Voyez Spica.
ÉPIALE. adj. Terme de Médecine. On ap-
pelle Fièvre èpialey Vue espèce de fièvre conti-
nue dans laquelle on scnl, avec unt; cfaaleui
reprindue p.ir tout le corps, des frjs.\o;,s Vf gués
et inegulîers.
I PîAN. s. m. (Vulgairement Pian.) Maln-
dic conmiune en Amérique» qu'on ne croit pas
diirJrcntc du mal véncrien, mais plus aisée à
guérir. Voyez Pian.
l'.PICARPK. s. masc. Terme de Piiarmacie.
Tiqiique qu'on applique au poignet sur le pouls,
n y a des épicarpes fébrifuges et des épicarpcs
confvrtalip. On dit aussi Péricarpe dans le
même sens.
EPICE. s. f. Sorte de drogue aromatique,
cliaude et piquante , et dont on se sert pnui
assaisonner des viandes, comme r,ont le clou
do f^itoflc. la muscade, le poivre, le gingem-
bre, etc. Fines, tonne.*! épi'ces. Epices éi'cr.tr:c<:.
On apporte les épines des Indes Oricntiies. 1.
y a trop d'épices à ce pâté.
On appelle Puin-d'Epice, Une espèce de
I pRin qui vsi fuit de farine de seigle, de miel.
t d'épices, etc.
; Ou appelle fi ;urcnu-nt et dans le style fami-
lier, Un homme qui est fin et rusé, Fine épïcc.
' On dit provcrbiali'ment Oes personnes pc-
1 lites, mais spirituelles, Dans les petits soa
sont les fnes , sont les bonnes épicéa.
Ou appelle proverbialement et p)pnl;iir( -
ment, C/jcrc e^jice, Les marchandises qui sont
plus chères qu'elles ne dcvroienl ^trc.
' Autrefois on appelnil Êpices , Les dragées cl
les confitures. Les Anciens Historiens maraucnl
souvent (ju'à la fin des festins en apportait U
; vin et les épices.
; Épices, au pluriel, signifie Ce qui est du
I aux Juges pour le jugement d'un procôs par
Lcrit. C'est un grand procès^ H y aura plus de
deux cents cens d'épices. Il faut paya' les épica
pour lever VArrét. Autrefjis les épices étoicnt
••ûlontaires ^ et se payoient en nature.
ÈVlCÈ]!iE. adj. Terme de Grammaire. Nom
que l'on donne aux mots communs aux deux
sexes. Z/Ci moU Enfans, Parens, sont Epicéncs.
ÉPICER. V. a. Assaisonner avec de répice.
lY'épicei pas tant ce pâté. Ce Cuisinier cpicc
trop.
On dit Ggtircmcnt ci familièrement, qu'(/n
fuge épice rudement^ pour dire, qu'il taxe trop
haut le.^ épices d'un procès.
EPI
ÊficÉ, iz. participe. 71 n'aime ni salé ni
picé.
ÉPICÈRASTIQUE. adj. des 2 gcnr. ferme
; de Médecine. Ou appelle ainsi les mcdicaraens
qui, par leur ljumiilit<- tempérée, ont la vertu
d'adoucir l'acrimonie des humeurs. Les racines
de mauve, de nuimauve, etc. sont des remèdes
îpicérasti(jues. On l'emploie aussi substantlrc-
tuent.
ÉPICERIE, s. f . Nom rollectif qui comprend
non-seulement toutes sortes d'épices, comme
la cannelle, la muscade, le poivre, etc. mais
encore le sucre, le miel et toutes les drogues
médicinales qui viennent des Pays éloignés. JI
traficiuc en épicerie. Les lîollandois font un
qvand commerce d'épiceries.
Éi'ici^ni£, se dit aussi pour Le corps des
Marchands Épiciers.
ÉPICIIÉRÈME. s. m. (On prononce Épilté-
réme.) Terme de dialectique. Syllogisme dans
lequel chacune des prémisses est accompagnée
de sa preuve.
ÉPICIER, 1ÈRE. s. Celui, celle qui vend
des épiceries. Marchand Epicier. Riche Epicier.
ÈPICRANE. subst. m. Ce qui environne k
crâne.
ÉPICURIEN, s. masc. Il signifie au propre .
Un sectateur d'Epicure , et par extension , un
voluptueux, un homme qui ne songe qu'à son
plaisir. C^est un franc Epicurien,
11 se prend aussi adjectivement. Le système
épicurien. La morale épicurienne.
ÉPICURISME. s. m. Système, morale, nw
nière de vivre d'Epicure et des Epicuriens.
ÉPICYCLE. sulist. ra. Terme d'AsIronomic.
Petit corde imaginé par quelques -Astronomes,
n dont le centre est dans le point de la circon-
férence d'un plus grand cercle. Épicycle de
.1.'ar.v
ÉPICYCLOÏOE. s. f. Terme de Géométrie.
Courbe engendrée par la révolution d'un point
de la circonférence d'un cercle, qui roule sur
la partie concave ou convexe d'uu autre cercle.
I'PI-D'EATJ. s. masc. Plante aquatique qui
l'r'Ut dans les étangs et les marais. L'i'pi- d'eau
c.-I astrinn''nt et réfriqiTant.
ÉPIDÉMIE, s. f. Terme de Médecine. .Ma-
ladie générale ou populaire qui dépend d'une
cause commune et accidentelle , comme l'allé-
ration de l'air ou des alimcns. Celle mnlndie
(i^-iinl commence' pnr peu de personnes, dégé-
néra en épidémie.
On dit figurément , Il y a des épidémies mo-
rales.
KPiniÎMIQUE. adj. des s genres. Qui tient
de l'épidémie. Mal cpidémujue. Maladie épidé-
miaue.
Ou dit aussi au figiu^ : Des passions épidé-
wiques. Des maladies épidémii^ucs de corps et
d'esprit.
ÉPII)É>nU>I. s. m. Plante qui croit sur le.s
hautes montagnes d'Italie. On l'élève aisément
dans les jardins. L iyidémium ne craint point
le froid, il est rafruichissanl et épaississant.
ÉPIDERME. s. masc. Surpeau, R> premièri
peau de l'.animal et la plus miocr. Cela n'a fait
EPI
fue lui e///eu/er Vépidamc. Enlever, e'corcfcer
Vcp'uUrmc.
ÉPIDIDYME. s. ni_»sc Éniinence qui sVIèvc
autour de cliaimc Icsticulc.
ÉPUîR. V. u. Mouler en epi. Les Mis corn
mencenl d épit'r,
Épii, ÉE. porticipe- ies seigles sont <(tj« épiés.
On dit, ï/nc /^iifiie i/e cW-nq^ùv. pour dire,
Kparpillcc en forme d'épi ; Un chien épié. Ce-
lai qui au milieu du front a du poii plus grand
«ju'aiUrurs.
ÉPIER. 7. a. Observer secritemenl et athoi-
tement îcô uctioiîs , les discours de quel»ju'un.
On l'a mis auprès de ce jeune Princepoitr épier
ce (ju'il fiil. Prenez (jarde à ce que vous direz,
vous êtes épié. Je le fais épier.
On dit aussi : Epivrle mouvement des enne-
mis. Epier l'occnsiin, le temps d'aijir. Bpier le
moment.
Épié , F.f . participe.
ÉPIEKRKR. V. a. Ôlcc les ]iicnes d'un jar-
din. Il faut éfiicrrer les onremix où l'on veut
planter des fleurs. Il y a des lerroû'S qu'on m
tauroit épierrcr.
ÉPlEnnÉ, LE. participe.
ÉPIEU. s. m. Sorte d'arme d'bast à fer plul
et pointu, dont on se sert pins ordinnircmcnt h
la cijasse du san^;licr. /( tUlendit le san(jlia' dt
pied ferme avec son épieu, et Venferra.
ÉPI(;.\STRi;. s. ninsc. Terme d'Anatomie.
Partie supérieur du l>as-vontre.
ÉPIG.ASÏRi-, LE. adj. des 2 senr«. Oui
appartient i 1 1 plgaslrc. licijion épiijnstriijue.
ÊP1GE0>N;;R. v. a. 'lemic de Maçonnerie
Employer le plilrc un peu sciTé, en sorte que
San? le plaipicr ni le jeter, on le lève avec l.i
main et la truelle par poignée, comme aux
tuyaux de cheminée iju'on fail de pi Ute pur
EnoEOSNÉ, KE. participe.
ÉPIGr.O'tTE.s. f. Terme d'.inalomie. C'est
le nom '|uVn donne à la languette qui couvre
et fcrrac la glotte. On la nomme autrement
Luelle.
ÉP[C;K.tMlI.\TIQUE. odj. des 2 genres.
Qui appartient à l'épigranune. Style épigram-
matiijue. Trait épigrumm.tiquc. Tournure épi
t]rammati(jite.
ÉPIGR.VMMVTISTE. s. m. Celui qui fuit,
qui compose dr»^ Epi;^ammcs. Les épi^amma-
tistes sont (jnelipief. is liceneieu.x.
ÉPIGR A.M.ME. s. f. Espèce de petite poésie,
qui se termine ordinairement par un trait pi-
quant ou par un bon mot. Vue bonne épi-
^'uirme. Pointe d'épiqramme. Il y a peu de jcl
dans cette
eptqr
On donne aussi (î|;urément le nom d'i^pi-
tjiamm:, à Vn mot , un trait qui. dans la con-
versation ou dans un écrit, présente tine crili-
q!n vi\ e, une raillerie mordante. C'iiiijurf lirasc
de cet errit est uneêpigramme.Sa conversation
est toute- eu epiçjrûmme. Celle touonije est si
exancrée qu'elle 11 l'air d'une épirjramme.
KPlURAi'ilE. ». r. Iiucription qn'on met
sur lui liùtiraent, pour en marquer l'usage,
(Kiiir indiquer le temps de sa construction , etc.
y.a ce len» nu dit plus toirvciit [i:scriplion.
EPI
11 K dit aussi et plus ordinairement De ces
sentences ou devises que quelques Auteurs
mettent »u frontispice de leurs ouvrages, et
qui en indiquent l'objet. '
ÉI'IL.ATlIIKE. adj. des 2 genres. Qui ■iorl à
épiler. Pille, onjueul épilatoive. '
ÉPII.EPSIE. s.f. Mal caduc, liaut-mal, que
le vulgaire appelle Mal de Saint-Jean, ou mnl
de Saint. Convulsion irrégulière de tout le
corps, ou de (|uclquc partie, particuliircmenl
de la mâchoire inférieure, qui saisit 'subitemeiu
et fait tonil)cr le malnde. Il e.;l sujet ù l'épilep.
sic. // a eu des attaques d'épilcr-<ie.
ÉPII.EPTIQUK. adj. des 2 genres. Qui ap-
partient h lépilepsie. Symptôme épilcptiqut.
Convulsions épileptiques.
Il est aussi quelqucibis substantif ; et alor;-
il ne se dit que Des personnes, et signifie, Su-
jet à l'épilepsie, attaqué d'épilepsie. Les épi-
leptiques perdent toute connoissance en un mo-
ment.
LPILER. V. a. Arracber le poil , ou le faire
tomberau moyen de quelque topique. Onqucnt
à épiler. Il est allé chez le Baigneur pour se
ffiii-c érilcr.
ÉriLE, it. i>articipe.
EP!IX)GIJE. s. m. La dcrni.^re partie, ou la
ronclusion d'un discours oratoire. Il'épiloijue
doit être court. L^épilotjue doit résumer les
^incipaux points d'un di.fcours. Il se dit par-
ticulièrement De la conclusion d'un l'ocme.
ÉPILOGCER. V. n. Il n'est point d'usage
ilans le propre; et il signifie figurément, Cpo-
surer, trouvet'à redite. C'est un homiite qui
épilogue sur tout.
Il est aussi quelquefois actif. Epiloquer la
nctions d'autrui. Il est du styL- familier.
ÉPILOGUEUR. 5. m. Qui aime ii épilogucr.
C'est un (jrand épilogucur. Il est aussi du slvle
fajuilicr.
ÉPINARD. s. m. 11 n'est d'as.-!ge qu'au plu-
riel. Sorte d'herbage que l'on mange cuit. Fri-
casser des épinards. Unplat d'épinards. Tourte
d'épinards. Grnine d'épinards.
On d'il , ({il' Une franqc e^t à qraine d'éjn-
fiards, Lorsque ses grains sont en forme de
'graine d'épinards.
ÉPtNÇOIR. s. m. Tei-nie d'Art. C'est le nom
d'uu gros marteau fendu en aiv^W par les deux
bouts, qui sert partîculièieiur-U aux tailleiiis
de pavé.
EPINE, s. f. Espèce liarbre «u d'arbrisseau
dont les brandies ont des piipians. Epincblan-
clic. Epine noire. Une haie d'épines. Sa len «
.st en friche , il n'y ooll ijue des épines. Lu
Ciiironue d'fpines de Notre-Sciqneur.
Éri5E, se dit aussi Iles piijuansquivieuueiit
il I épine cl à quelques, autres nrbres, comme
auï sauvageons des prunier» et des poiriers, cl
i quelques arbustes , tels que sont le» rosiers ,
(es groseilliers, les ronces, etc. Une épine lu
piqué. Il lui est entré unr. épine dans le pied,
dans le doitft.
On dit figutémcnld'Uu embarras, d'un cm-
pfebcnimt, d'un obsinrlt qu'une personne ou
une chose f.iil à qi:el'ju'iju, que C'eil une èj'ine
EPI 519
au fiied. /! a dans ce concwrcnt une (lirieuse
' ipine au pied.
On dit en ce seus,qu'On s'est tiré une /</-
cheme épine du pied, qu'on a une terrible
fpinc hors du pied, Lorsqu'on a surmonté un
ubstacle, un cnd)arras considérable.
On dit proverbiulem. d'On lioninie revéche
et fâchent, que C'est un fajo: d'épines, qu'on
ne suit par où le p-endre.
On dit figtuéni. d'On bomnie qui est dans
de grandes inquiétudes et dans do grandes ini-
palieuces, 71 est sur des épines, sur les épines.
ÉpmE , siguiGe figurémî-ut , Difficultés , cho-
ses qui donnent bien de la peine. Les épines de
la cJiicanc. Les épines de la Logique. Le momie
■ st plem d'épines, fl n'y o point de scienee
ilont l'étude ne soit pleine d'épines et de difji-
rullés. En ce sens il ne se dit qu'au pluriel.
Ou dit d'Un homme qui reucoutre des diHi-
tulits * tout moment dans une entreprise, dans
un discours qu'il fait. iju'/( niurclie sur des
i-p'ines.
On dit proverbialement, qu'il n'est point de
roses sans épines, pour dire, qu'il n'y a point
de plaisir sans quelque mélange d'ennui , lîe
chngiin.
On apjwlle L'épine du dos. Celle suite de
vertèbres qui règne le long du dos de l'homme.
Cl de plusieurs autres animaux. Il s'est rompu
l'épine du dos. Il s'est blessé à l'épine du dos.
Épine- An.\BignE. s. f. Plante de la incinc
natm-c que L'cpine-hlanche. Sa racine est as-
tringente et propre au Hux des femmes , -lu
Lfdclienient ûc .s;iiig et autres îluxious.
KpixE-VisETTE. S. f. Espèce d arinissean ou
il y -i des piquuus, qui porte an fruit rouge et
«igre. Sirop d'épine • vinelte. Dragée i'épine-
vinette.
ÉPINES, s. f. pi. Terme de Cliimie. C'est le
cui>Te hérissé de pointes qui reste apiès l'opé-
ration du ressua;;e et de la liqualion.
ÉPINEITE. s. f. Tnslrument de musique à
clavier et à coixles de fU d'arclial, plus petit
iju'un clavecin. Il joue fort bien de l'épinette.
Le clavier de mon épinette est-rompu.
iiPI>"EUX , EL'SE. adj. Qui a des piqujus.
Arbres épineux. La plupart des sauvageons
sont épineux.
Il se dit (igurcmcnt Des choses qui sont
pleines de diOTicultés, d'embarras. Une affaire
épineuse. La Logique, la Grammaire est fott
épincu<e. Celte matiéi e est fort difficile à traiter,
fort épineuse. Question épineuse. Les princip:»
desSciences sontépineux. La carrière des Belles-
Lettres est épineuse.
Il se dit iiiissi Des personnes, et siguifie,Qui
fail des diirieulti's sur tout Un homme épineux.
Esprit épineux. Il est désagréable d'avoir af-
faire à lui, il est trop épineux.
ËPINGAJIE. sabst. m. Nom d'tuic pièce dii
tauou qui ne pas.sc pas une livre de balle.
ÉPINGLE, s. f. Petit brin de Gl de laiton
ou de caivre.'poiniu pa^ un bout, qui a une
léle .V l'aulrc, et dont nn .se sert pour attacher
' quel juc r4ifve. Petite épingle. Grosse épingle.
Epingle jaune. Epinglebltinchc. Eyinqle i;jiit
'520 EPT
F.p'.nnhs d'Anqleierre. Tête d'épin(j}e. Pointe
d'épincjlt, Piijiire (J'épinjie. Un milUer, un
cent, un (juarteron (Vépincjles. Attacher avec
une épinyle. Il s'est enfoncé une épingle dam
k doicft. Les enfans jouent iiux épingles. Il y
a des épingles à deux têtes.
On appelle Ëpinrjlcs lU diiinumt, Colles dont
k tête est montc'e il'uii piiit di-imant.
On dit provorliiajcmeiitelligureraeiit, Tirer
son épingle du jeu, pour dire, Se retirer, sf
dëonger d'une mauvaise aSàirc, d'une partie
périlleuse. 7/ s'eloi"! mis dans ce parti, dans
unefiiclieuse inlri<]ue, tnais il a tiré son épinijlc
du jeu.
On dit d'Une chose de trùs-petite valeur.
qu'Elle ne vaut pas, qu'on n'en donnerait pas
une épinnle. Ces deu.x choses sont si écjales,
que j'en donneroîs le choix pour une épinjlc.
Oii dit figuréinent et familièrement, d'Une
femme affectée ou minutieusement rccIierclM-c
dans sa parure, et d'un liomme gui affecte trop
de propreté, nu Elle est tirée, tju'i! est tiré <1
auatre épingles.
11 se dit aussi figurcment et .'arailicTetirent
d'Un discours dont Ir' style est soigneusement
reclierché , etc. Ce discours est tiré à quatre
épingles.
Épingles , au pluriel , signifie figurément ,
Les dons ou gratifications qu'on accorde h dos
femmes de qui on a leçu quelques services. La
payant une marchandise ou un ouvrage qu'on
a fait faire, s'il v a quelque cliose au-delà du
prix convenu, on dit. C'est pour le.*: épinçjlcs
2« filles. Cela s'étend aussi & ce ^uon donne 5
une femme, quand on fait quelque traite' avec
le mari. Un tel m'a vendu sa Terre, j'ai donné
cent louis pour les épingles de sa femme. Ce
sont les épingles de Madame.
É1'IN<;UER, 1ÈRE. s. Faiseur, Marchand
DU marchande il'épingli'S. Epinglier de lu Reine.
EPINIÈRIi. adj. f. Ce qui appartient à l'é-
pine du dos. La moelle épinière. Les artéie,
épinières.
ÉPINIERS. s. m. plur. Terme de Chasse.
Bois ou fournies d'épines, où les bêles noires
le retirent.
ÉPINOCHE. s. m. Nom que les Droguistes
donnent au café de U meilleure qualité.
ÉPIKYCÏIDES. subst. f. plur. Tumeurs ou
pustules grosses comme une fève , qui s'élèvent
la nuit sur la peau. Les épinyctides sontacrom-
paqnées d'injlajnmation et de douleur.
EPIPII.'VNIE. s. f. Fête de la manifestation
de J^D» - Chkist aux Gentils , et particulière-
ment de l'Adoration des Rois, appelée conunu-
nénicnt Le jour des Rois. La Fête de l'Epipha-
nie. Le premier Dimanche après l'Epiphanie.
f.PIPHOSÈME. s. m. Nom d'une figure de
Rliétorique. C'est une e.\clamation sentencieuse
par laquelle ou termine quclcjue récit intéres-
sant.
' ÉPIPlïORE. subst. f. Terme de Médecine.
Écoulement continuel de larmes avee infiam-
mation, rougeur et picotement.
ÉPU'HV.bE. s. f. Terme d'Ariatomie. Emi-
neuce cartilagiueuae unie au corps d'uo os-
EPI
ÉPrPT.OCÊLE. s. f. Terme fie Médecine.
Esptl-ce de lieniie causée prèr la cliule de l'épi- '
plooD dans l'aiuc ou le scrotum.
KPIPLOÏQUE. adj. des a seules. Qui ap-
Dartieut à IVpiploon. Artère j veine êpiplol(^ue.
ÉPIPLOMPHALE. s. f. Terme de Médecine.
Hernie de l'omljHic, causée par la sortie de l'é-
piploon. I
ÉPIPLOON. s. m. Terme d'Analoniic. Mem-
brane trôs- mince et très- fine, plus ou moins
garnie de graisse, qui couvre les intestins en
devant.
KPIQlJE. ad], des 2 genres. Il n'est j^ucrc
d asnge qu'en parlant du Poëme KpùjuCj qui
c:,t un grand ouvrage de poésie , où le Poète
raconte quelque action iicrcique qu'il embellil
d'épisod'^s, de firtions et d'événemen.s merveil-
leux. Le Poëme Epicjue raconte ■ lePoëineDra-
mutique représente.
On dit aussi : Un Poêle ïlpique. La PoésU
hpifjne. On dit de même. Des vers l!^pinucs.
On le dit aussi en Critique, pour Les ou-
vrages de poésie où le style, le ton est ti-op re-
levé, trop figuré pour la nature du sujet, il 4
h ton trnp Epique. Ce ne sont pas des vcri
Dramatiques ,, ce sont des l'ers iLpiques. î
ÉPISCOPAL, ALK. adj. Qui appartient :1
l'Évoque. Ornemens Episcopaux. Ditjnitê Epis-
copale. Fonction hpiscopale , etc. '
ÉPISCOPAT. s. m. Dignité d'Évêque. // esl
entré dans Vhpiscopat.
Il se dit au&bi Du corps des Ëvêques. Il fait
nanneur à VKpiscopat.
V. se dit cncoïc Du ïemps pendant lequel
un Evoque a occuj>é son Siège. PenaatU i^on
Episcopat.
EPISCOPAUX. ^. m. pî. C'est le nom qu'oc
donne en Angleterre h ceux qui tiennent pour
l'Épiscopat; et on le dit par opposition aiu
Presbytériens.
ÉPISODE, s. m. Action subordonnée à lac
tîon principale dans un Potme , ■ dans um
pièce de Théùtre, dans tui Uonian. I^èpisodi
doit être lié à l'action principale. Un épisodi
bien amenée intéressant.
ÉPISODIQUE. adj. des a genres. Qui ap-
partient h l'Épisode, et qui n'est pas essenti'.:!
au sujet. Action cpisodi que. Personnaf^ épiso
au nie.
ÈPîSPASTIQtlE adj. des 2 genres. Terme
de Pharmacie. Médîcamens topiques qui atliienl
fortement les humeurs en dehors. Les cantha-
rides ^ la i/iould/dd, Vail ^ etc. sont èpispas^
tiques.
ÉPÏSSEK. V. a. Entrelacer une corde avec
une autre, en mêlant ensemble leurs fils ou
cotdoqs. On dit aussi, Epissoir et Épissure.
Épissé, iîe. participe.
ÉPISTEMONAlÎQUE. s. m. Ancien litre
d'office dans l'Église Grecque. VEpistetno-
narquc étnit un Officier EccIésia.stJquc qui avoit
rinspcction de tout ce qui appartennit h la
Foi.
ÉPiSTOLArRE. adj. des 2 genres. Qui ap-
partient à l'épitre, qui regarde la manière d'e-^
criredcs kltrcs. Il ne»' guère d'usage qu'en ces
EPI
deux phrases : Style épistolaiie. Le genre épit-
tûlaiie.
U se dit aussi Des Auteurs dont les lettres
ont été recueillies; et alors il se prend substan-
tivement, 0/1 U trouve parmi les Epistolaires.
ÉPISTYLE. s. f. Ancieu terme d'Archilec-
tut«. C'est ce qu'on nomme aujourd'hui Arclii-
trave. Pierre ou pièce de bois qui pose sur k-
chai)iteau d'une colonne.
EPITAPHE. s. fém. Inscription que l'on
met sur un tombeau , ou qui est ffiite pour être
mise sur un tomlieau. Belle cpitaphe. Mettre,
graver une épitaphe. Epitaphe en veis. Epi-
laphe satirique. Epitaphe en style lapidaire.
On dit proverbial. d'Un homme sain et ro-
buste, fait pour vivre long-temps, qu'/l ferait
l'cpitaphe du genre humain.
Ou dit aussi proverbialement d'Un homme
exagéré dans ses éloges, Menteur comme une
Epitaphe.
ÉPITASE. 6. f. La partie du Poème Dra-
matique, qui vient Innnédiatement après la
protase ou l'exposition, et qui loutient les iji-
cidens qui font le nœud de la pièce.
ÉPITHALAME. s. m. Sorte de Pocme qui
se fait à l'uccasion d'un niarîage,et à la louange
des nouveaux mariés. Faire un épithalanic, un
bel épithalanic.
ÉPITHÈME. s. m. Terme de Pharmacie.
Topique spiritueux qu'on appli<ine sur la ré-
gion du cœur, du foie, de l'estomac, etc. On
emploie les épithèmes dans les inflammations
irysipélateuses.
El^l IHI'ME. s, f Terme sdjritiV, c;ui ètj«. .
loinl à un sulistantif , y désigne quelque qua-
lité , comme dans ces deux phrases ; Nuit ahs"
cure, Fays froid, où ces mots, obscur et froid.
sont des épilhètes. Une belle épithéte. Cette
épithéte n'est pas bien placée. Ces vers sont
chargés de trop d'épithétes. Epithéte oiseuse.
ÉPITHVME. s. m. Fleur médicinale, qu'on
apporte de Candie et de Venise , mais qtii périt
bientôt, si elle ne se trouve près de quelque
autre plante qui la nourrisse. L'épithyme qui
sort du thym et du lin est le plus commun.
l''.PlïOGE. s. f. Espèce de chaperon ou de
rapuce que les Présidens à Mortier, et le (îref-
licr en chrf du Parlement, portoient autrefois
sur la tète dans les grandes cérémonies , et qu'ils
ne portent plus que sur l'épaule.
KPITOME. s. m. Abrégé d'un livre, et par-
ticulièrement d'une histoire. Epitomc de Tiogue
Pompée par Justin. Epitome de Baronius. On
disoit autrefois Epitomer, pour dire, Faire on
abrège.
ÉPÎTRE. s. f. Lettre missive. Il ne te dll
guère (pic Des lettres des Anciens. Les Epitrcs
de CiVéron. Les Eptircs familières. Les Epltres
de Saint Paul. Les Epitres de Saint Jérôme.
Les Epltres Canoniques. Les Epitres Catho-
liques,
Il (C dit aussi quelquefois De ceruines pièces
de vers , adressées h quelqu'un. Epitre en vers.
Epitre satirique. Epllre héroïque. Epitre mo-
i,ru/». Les Epltres de lioileau . de Pope.
Wn appelle Epitre aédicaloire , La lc!ir«
EPL
<]ui se met i la lôle d'uu Livre qu'on deilic à
<juel<ju'un.
11 siguifie aussi , I.econ tirée de rÊcriturc-
Saiiite, et plus orilinairciueut des ICuitres de
Saint Paul, ou des 1-^pîtres Cauo!iit|ucs, (pii se
dit un peu avant l'i^van^ile, et qui se cljantc
par le Sous diacre dans les iMcsscs liantes. C/hi;h
tt'r l Ei>tlre. La Misse en est à Vl-^pitre,
On appelle Le celé de VEyitre, Le coté
droit de l'Autel en entrant dans le CliOfur.
Dam lelle cérimonie, tels Ol]iciuns étoieiU du
côté de l'Epitre.Duns les Catli,':dialcs, le trône
Episcopal est placé du câtè de VEpttre.
ÉPrnîDl'E. s. ni. Nom que les Grecs mo-
dernes donnent à une espèce d'.Vrljitre qui ter-
mine leurs diflïrens, lorsqu'ils veulent éviter
d'être traduits devant les Magistrats Turcs.
EPITKOPE. s. f. Nom d'une Ugure de nl.é
torique, qui consiste ù accorder quelque chose
qu'on peut nier, afin de faire recevoir plus fa-
cilenieut ce qu'on veut persuader.
EPIZOOTIE. s. fém. ( Le T est dur dans ce
mot et dans le suivant. ) Maladie contagieuse
des bestiaux.
LPIZOOTIQUE. adj. des 2 g. Qui lient de
1 cpizootie.
EPL
EPLORE , EE. adj. Qui est tout en pleurs.
Elle entra (oui èvlorie. Je l/oui'ui ses parent
tout êfdofés.
EPLOYE, EE. adj. Terme de Blason, qui
ne$l guère d'usage qu'en cette plnase, Aiqh
éployée, qui signlGe Une aigle dont les ailes
•ont étendues. D'arnent à l'aiqle éployée de
sable.
ÉPLUCHEMEST. sobst. masc. Action d'é-
pluclicr.
ÉPLUCHER. V. a. Kettoyer en séparant
avec la main les ordures et ce qu'il y a de mau-
vais , de gâté. Il se dit principalement Des
Iierkes et des graines. Eplucher des herbes, de
la salade.
Il signifie aussi, Oter de la vermine. Les
ijueiu: SL-plucliCnt au soleil. Il est du style bas.
Ondit,qu'L'n oiseau s'epluc/ic,Lorsqu'avec
son bec il nettoie ses plumes.
Ou dit figurèmont cl raniilièrcmcnt, £.'plu-
c/icr un ouvra<je. Eplucher la généaloqie , la
l'ie, les actions de que^uun ^ pour dire, Re-
clietchcr avec soin, avec un scrupule critique,
ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais, de
reprochable.
EpiDCttt , ÉE. participe.
EPLUCHEUR, EUSE. s. Celui, celle qui
épluche. Il se dil aussi au figure. C'csl un grand
ipluchew de mots.
KPLL'CIIOIR. s. m. Sorte de petit couteau
dont se servent quelques .Vrtisans pour éplucher
Cl rendre plus unis les ouvrages qu'ils ont faits
ou défiiu. comme lu Fabricnns d'cioffes, les
\ anniers, les Tailleur», etc.
EPLUCIRUE. s. f. L'ordure que l'on ûto
de quelque chose qu'on épluche. C/icrc/.crdunj
Ici ép/uc/iure<. Il est plus mité au plurieh
EPO
EPO
EPODE. s. f. Terme de la Poésie Lyrique
des Grecs, qui .signifie, La troisième partie
d'un chant divisé en strophe , aniistrophc et
cpode.
On appelle aussi Les Epodes d'Horace, Le
dernier des livres de ses Poésies Lyriques.
ÉPOIiN'TÉ, ÉK. adj. Terme de Manège et
de Chasse. Vn cheval épointé , est celui qui
s'est démis les Iianches par quelque effort.
Un chien de chasse est épointé , lorsqu'il
s'est casse les os des cuisses.
EPOLNTER. V. a. Ôler la pointe i qu. Iqur
inslrumcnt. jT^pointer un coiiteuu, une ainuillc.
Epointé, ée. participe.
EPOIS. s. m. pluriel. Cors qui sont au som-
met de la tète du cerf.
ÉPOSGE. s. f. Espèce de plante marine al-
lachée aux rocjicrs dans la mir. (;'cst un corps
léger , fort poreux, facile à s'imbiber de li-
queur, et dont on se sert li divers usages, li
fini une éponge au Palefrenier pour laver Ici
jiinifies de ses chevaux. Ce diap ne vaut rien,
il prend, il boit Veau comme une éponge.
Eponge jînc.
On dit. Passer l'éponge sur guclque closi
de peint ou d'écrit, pour dire, L'effacer.
On dit aussi Cgurément , Passer Vêponnt
sur quelque action, pour dire. En cfTaccr le sou-
venir, l'oublier, n'en parler plus.
On dit proverbialement, qu't" Il homme boit
comme une éponge, pour dire, qu'il boit beau-
coup.
On dit figurcmcnt, Presser l'éponge, poui
dire , Contraindre à restitution ceu.\ qui ont
pris indiimcul les deniers d'autrui , dont ils
avoicnt le maniement. Ces gens -là ont trop
pris , ils sont devenus trop riclies , il faut pres-
ser Véponge.
On appelle aussi Eponge, Ce qui forme le
talon des animaux.
EPONGER. V. a. Nettoyer avec une éponge.
Eponqer un carrosse.
EposcÉ , ÉE. participe.
EPOPEE, s. f. Caractère, genre du Poème
Epique. L'épopée dcmatide un génie élevé.
ÉPOQUE, s. f. Point fixe dans IHistoire,
dont on se sert dans la Chronologie , ou dont
on peut «c servir pour commencer à compter
les années , et qui ordinairement est marqué
par quelque événement considérable. L'époque
du Déluge. La naissance de J£sns-CBniST est
l'époque d'où la plupart des Chrétiens commen-
cent à compter les années.
I-'.POUDRER. v. a. Ôler la poudre de des-
sus les bardes. Epoudrcr un tapis, un habit,
des meubles , des livres , des lulleaux.
Epoloré , iz. participe,
ÉPOUKEER. V. qui s'emploie avec le pro-
Doni [lersonncl, s'ÉPOUI'FEH. Scufuir secrè-
tcmcut , se dérober, disparoitre. On le poursui-
voit, il s'est épouffc dans la foule. 11 est p(,pu-
laire,
Epocité, tf. parliclpr.
tPOUlLLEll. v. a. ôtcr dct poux, lut nier»
EPO 5a,
ijui épouille son enfant. Vn gueux eiui sép-
pouille.
Erofaii, ir.. participe.
EPOUMONER, v. a. F^.tiguer les poumons.
Il m'a époumoné. Il se met av<c le pronom
personnel. Je me suis époumoné. Il est familier.
ÉPOiMiosÉ, £e. participe.
ÉPOUSAILLES, s. f. pluriel. La célébra-
lion du mariage. Le jour de leurs épousailles.
Les parens assistèrent aux épousailles,
ÉPOUSIO. s. f. Voyez Époux.
EPOUSEE, s. f. Celle qu'un homme vient
d épouser, ou qu'il va épouser. Mener lépousée
a l Eglise. Marcher comme une épousée.
On dit provcioialcment d'L'ne personne ri-
iliculement ajustée , et parée avec affectation ,
qu'£î/c csl piiicc comme une épousée devillage.
EPOUSER. V. a. Prendre en mariage. /( a
épousé une telle. Elle ne l'a pas voulu épouser.
Il veut l'épouser en face de l'Eglise. Ils ont
fait long- temps l'amour, à la jin ils se sont
épousés. Tel fiance cjui n'épouse pas. Cette der-
nière phrase se dit aussi figurément Des per-
sonnes qui, ayant avancé une affaire, ne l'a-
chèvent pas.
ÊPOUSEn, signifie figurément. S'attacher par
choix à une 'chose, h une personne. Je n'épouse
point de parti. Je n'épouse aucune opinion. Je
n'ai point de Marchand affecté, je n'épouse
pasoiuie. Epouser les intérêts, les passions, la
gua-elle de quelqu'un.
On dit. Qui épouse la femme, épouse les
dettes.
Épousé, ee. participe.
EPOUSE UR. s. m. Celui qui est en disposi-
tion de se marier, et connu pour tel Je ne
veux point de galans pour ma fille, je veux des
époliseurs. Cet homme-là n'a pas l'air d'un
épouseur. Il est du style familier.
EPOUS6ETKR. verbe a. Vergeter, nettoyer
avec des époussettes. i'pousselc: bien ce man-
teau, ce tapis, etc.
Il est encore usité au figuré, et signifie,
Battre. On l'a bien épousseté. Je l'épousseterai
comme il faut. Il est familier.
ÉPODSSETÉ, ÉE. participe.
ÉPOUSSEITE. s. f. Il se dit plus oi^inai:
rcment au pluriel. Plusieurs brins de bruyère,
ou de jonc, ou de crin et de poil joints ensem-
ble, dont on se sert pour nettoyer les habits,
les bardes, etc. 'Voilà des époussettes trop rudes.
Il vieillit.
ÉPOUVANTABLE, adj. des a genres. Qui
cause de l'épouvante. Vn sjyeclre, une vision -
épouvantable. Menaces épouvantables.
Il se dit généralement De tout ce qui est
étonnant, incroyable, étrange, excessif, et se
prend ordinairement en inaiivai.sc part. Cet
homme a mangé tout son bien en un an; cela
est épouvantable. Laidciu- épouvantable. Dou-
leurs épouvantables. Faim épouvantable. Bruit,
fracas épouvantable,
ÉPUUVANTABLE.MENT. .ndv. D'une ma-
nière épouvautalile , extrêmement , avec excès.
Ccl homme est épouvaittablcmcnt laid.
ÉPOUVANTAIL. subst.m. Haillon que 1 ou
66
5^î EPR
mcl au bout d'un bûlon dans les rliènevière»,
Han» les champs, dans les jordlns, pour q^ou
vamcr les oiseaux. Il faut mctlre /ù "" epou-
vantail.
On dit proverbialement d'Une personne for[
laide, hideuse, qui fait peur, que C'est un
épouvantail de chènevicre , à chènevière.
On dit aussi d'Une rliose, d'une personne
qni fait peur sans ponvoir faire de mal, que
C'est un cpouviuittiil de chincviére , ou simple-
ment, Un épouvantail.
ÉPOUVANTE, s, fem. Grande et soudaine
peur, causée par quelcjne chose d'imprévu.
Furieuse, ierrihlc cpouvanfe. Causer, donner de
lépouvaTite. Jeter Vépouvunte dans le Pays
ennemi. L'epouvajite etoit, se mit dans le camp,
dans l'armcc. Vcpouvaute l'a pris, Va saisi. Ili
ont pris l'épouvante.
ÉPOUVA>'TER. V. acl. Causer de Icpou-
vante. La marche de cctle armée a fort epou-
vanté tout ce pays-là. Ces menaces Vont épou-
vanté. Il pensoit m'époHvanter , mais je ne
m'étonne pas pour h hruit. La moindre chose,
nn rien, tout l'épouvante.
Il s'emploie avec le pronom personnel. Il ne
t'épouvante pas ntVéfHcnf.
Épodvantk, tE. participe.
ÉPOUX, OUSE. s. Qui est conjoint par
mariajjc. Son époux. Son cher êpoiix. Voilà
votre époux. Le futur époiur. La future épouse.
On dit, en p-ulanl De NoJfe- Seigneur
3vlsu£-Ci!niST, qu'H est l'Époux de son EçjUse,
l'P.P'^tic des Vie.rge<, le ri-V^M Pjwur. V.t on
ftppclle TÊglisc, L'i\pouse de JÉst's-CnnisT.
On appelle aussi Les Religieuses et les filles
fjni ont fait vœu de virp;inilé, Les êfoufcs, du
JÉsus-CnnisT.F.tdansleCnnliquedesCnntiqucS:
on dital)SoUimcnt, LT.poux et l'Epouse.
Époux, au pluriel, s'emploie quelquefois
pour le mari et la femme. Les époux doiveni
être unis.
EPR
EPREINDRK V. a. Sener, presser quelque
chose pour en tirer le suc, en exprimer le jns.
E.preindre des herbes. Êpreindre du verjus.
Faites bouillir ces racines, ces fcuillesj et les
cpreignez. Epreicjnez^en le suc.
ÉpnEiNT, KiNTE. participe.
EPREINTE. s. f. Douleur cause'e par une
matière âcrOj qui donne de fausses envies d'aller
à la selle. La bile cause des vpreiutes. Il a bien
senti.des éprcinles. Dans le flux de sang^ on
n, à tous womens, de crueVes, de itiulcntes
éprcinles.
tiPRENDRE. V. qui s'emploie avec le pro-
nom personnel, s'ÊPRENORE. (Il se conjugue
comme Prendre. ) Se laisser surprendre par une
passion. Il n'est j^iêre d'usage qu'an participe.
Épnis, isE. participe. Il est épris d'amour
pour cette femme. Epris de belle passion. Avoir
le cfcur épris des beautés célestes.
EPREUVE, s. f. Essai, expérience qu'on
tiîl de quelque chose. Faire l'épreuve d'une
machine nouvelle. J''en ai fait l'épreuve. L'é-
preuve en est aisée à faire. Cela est d'une épreuve
EPR
difficile. Faire Vépreuve d'un canon. Je •"oiiï
donne cela à Vépreuve. Mettre la constance, la
fidtUte, la patience de aueUni'un à Vépreuve.
Vous Vavez mis à de rudes épreuves.
On appeloit autrefois. L'épreuve dit feuj du
fer chaud, de Veau bouillante, de Veau froide,
etc. L'épreuve que les personnes aceu.sées de
quelque crime, dont il n'y avoit pas de convie-
lion , étoicnl obligées de subir, pour justifier leur
innocence, en marchant sur des fers chauds, sur
des charbons ardnns, en mettant la main dans
l'eau bouillante, ou c'tant jetées dans l'eau. Le
('■preuves du feu, de Vcuu, du duel, etc. sont
ubolies.
On dit. qu't/nc cuirasse est à Vépreuve du
mousquet j pour dire, que Le mousquet ne li
perce point; qu'l/n chapeau^ qu'un manteitu
est à Vcpreuve de la pluie, pour dire, que La
pluie ne perce point le chapeau ou le man-
teau.
On dit .qu'Un homme n'est point à Vépreuve
de Varqentj pour dire, qu'il est capable de se
lai.sser corrompre par' de l'argent.
On dit, que La vertu d'un homme est à
Vépreuve de la médisance , pour dire, qu'Eile
est .'ui-dessus de la médisance, qu'elle ne ci-ainî.
point les attaques, les atteintes de la médisance.
On dit fij;urément , qu'L'n homme est à
.'épreuve de tout, qu'il est à toute épreuve, pour
ilire, qu'il est d'une probité reconnue, d'une
lidélité incorruptible.
On dit aussi d'Un liommc , qu'7I est ami^
qu'il est serviteur d'un autre à toute épreuve,
pour dire, que Dans tontes les occasions, on
(leut compter sur toiu ce qui peut dôpendie
Je lui
< n dit, qu'r7n h.omme est à Vépreuve de la
tentation y pour dire, qu'il résiste h la, tenta-
tion ; qu'il n'est pus à Vépreuve de la tenta-
tion , pour dire , qu'il y succondiP.
On dit,quX'^n I omme n'est point à l'épreuve
de la raillerie, pour dire, qu'il ne peut sonfirit
la moindre raillerie. Il est honncte homme, mais
il ne sauroit souffi'ir mien le raille, il n'estpas
à Vépreuve de cela. Sa paJiencc nest pas à
Vépreuve des injures.
On appelle Epreuve, en termes d'Imprime-
rie, La feuille d'impression qu'on envoie à
l'Auicur pour en corrif;cr les fautes avant que
de la tirer. La première épreuve. La seconde
épreuve. Corriger une épreuve. Revoir une
épreuve. Uépreuve est revue, il n'y a c^u'à tirer.
Cet Auteur veut voir jus(ju'ù trois épreuves
avant que de laisser tirer.
Il se dit aussi Des premières feuilles qu'on
lire d'une estampe. La première épieuve de
cette estampe n'est pas bien venue.
ÉPROUVER. V. a. Essayer. Eprouver nue
arme à feu. Eprouver un canon. Eprouver une
cuiras^^e. Eprouvez si cela vous fera du bien.
C'est un remède que j*ai éprouvé.
ÉPnouvEn, signifie encore, Faire expérience,
connoitre par expérience. Il a éprouvé Vunc et
Vautre fortune. Eprouva- la jidêlitc de quel-
qu\n.
Éphouvè, £e. participe. C\st un homme
EPU
d'une valeur j d'une vertu, d^une fidélité éprou-
vées.
ÉPROUVETTE. s. f. Terme de Chirurgie,
qui se dit De certaines sondes. C'est aussi le
nom d'une machine dont on se sert poiu éprou-
ver la force de la poudre.
E P T
EPTACORDE. s. m. Lyre h sept cordes,
r'éioit la plus célèbre de toutes, et celle dont
•)n faiïioit le plus d'usage.
EPTAGONE. s. m. Terme de Gëomëirie ,
q-ù signifie Une figure h sept côtés et à sept
angles.
Il se dit aussi d Une Place fortifiée qui »
.•rpt bastions.
EPU
f'PUCER. V. act. Oter, chasser les puces.
f.j-ucer uu chien.
EpucÉ, EE. participe.
EPUISABLE. adj. des 2 genres. Qui peut
t:trc épuisé. Il est de peu d'usage.
ÉPUISEMI'.îiT. s. m. Dissipation de forces
et d'esprit. On Va tant saigne, qu'il est tombé
dans un êp:iiscment dont il a peine à revenir.
Les jeûnes et les veifies l'ont jeté dans lépuise-
ment. Un travail force cause de Vépuisement.
Ses éludes et ses méditations continuelles lui
ont causé un grand épuisement. L^cpuisement
vil il e.'it tombé ne vient que de ses débauches.
U se dit au.ssi Des finances, lorsqu'elles ont
:?té épuisées par d^s dépenses excessive?: L'é'
puisement des finances fut cause qu'il fallut re-
courir ci des voies extraordinaires.
Epuiser, v. a. Tarir, mettre ^ sec. Èpui-
:cr une fontaine à force d'en tirer de Veau.
L'armée étoit si nombi^e use ^ que partout où elle
eampoit, elle épuisoit les fontaines et les ruis-
seaux.
U se dit aussi en parlant Du sang, de l'hu-
niidc radical, des C'prit.s vitaux, et de tout ce
qui Contribue à rcntreiien des forces naturelles.
On Va tant saigné^ quon Va épuisé de sang.
Dans Vdge où il est ^. et sec comme il est, une
trop grande application épuise les esprits. Ses
débauches ont épuisé ses forces. Il s^est épuisé
par ses débauches.
On dit figurémcnl, Épuiser U bourse de $ei
(ifnîs, pour dire. Emprunter de l'argent de sci
amis jusqu'à les incommoder. Et on dit, l:,piu'-
•i-r le trésor public, épuiser les finances, pour
dire, Tirer tout l'argent du trésor public. Cette
guerre épuisa les finances j épuisa le trésor pù-
blic.
On dit aussi figurémcnt,qu'On a épuisé unt
Province d'hommes et d'argent, pourdire,qu«»
Ion eu atiré tant d'hommes etd'ar;;ent,qu'c[l«
en ci't demeurée incommodée, alLaiitlie. Et ou
dit dins lemômcsens, Épuiserun hommed'ar-
gent.
On dit aussi fi^urément, qu'î/n Auteur a
épuisé la matière, pour dire, qu'il n'a rien ou-
blié de tout ce qui se pouvoit dire sur le sujet
qu'il a traité.
On dit d'Un homme qui a un grand fond»
EQU
de savoir , el qui parle bien et fjcilcmcnt sur
mutes soriej de niilii'res, que C'est un hvmme
qu'on ne Siiurtnt épuiser.
Épvisk, i':k. parlîci[>c.
On (lit, Un esprit épuisi, iisi-, pour dire.
Qui ne peut plus rien produire de :iou\eau.
liPL'LlE. s. f. Terme de Chirurgie. Tuber-
cule ou excroissance île cliair qui se forme aux
gencives des dents muluires.
ÉPt'LONS. s. ni. pi. Nom decertiins Prêtres
de TaDcienne Rome, institués |)our présider
aux festins qui se faisoieut en l'honneur des
Dieux, lia vcilloient au.>^âi au hou ordre dans les
wcriâccs.
ÉPULOTIQUK. ndj.des 2 genres. Tcrmedc
PLarmacic. Il se dit l>s niédic.imens topiques
propres à cicatriser les plaies et les ulcères. La
cérusCj la colophane ^ sont épuloti(jn€s. Il se
prend aussi substaulivenient.
ÉPURE. sutst.f. Terme d'.ArcInlcclure.qui
signiGc Un dessin en grand de quelque cdiiicc.
Un fait aussi des épwcs séparées de cbaque
partie.
ÉPURER. V. a Rendre pur, rendre plus pur.
Il faut èpwcr ce sirop. Epurer </e l'e-.iu boiu-
Muse, en la jiltrant avec du sahle.
Un dit, Epurer liiXu'i^ue, pour dire. Ren-
dre la Langue plus pure et plus polie; Epurer
un Auteur j pour dire, Retrancher d'un Auteur
ce qu'il peut y avoir d'obscène et de trop ld)re.
£pura' le ThiûL-e, se dit Des Poètes qui font
des Pièccsdc Théâtre, où il n'y arien quiiniisse
blesser la pudeur , et qui par leur exemple por-
leut les autres à la uiénic modestie.
On dit. Epurer son coeur^ ses sentimens^
ses intentions , pour dire , Chasser de son espril
et de son caur, les pensies, les scotiniens con-
traires u la Religion, aux bonnes mœurs et à la
droiture. L'infortune a épuré son cœur de tous
sentimens ctorqueil et de vanité.
On dît aussi dans le môme sens. Epurer son
corwr de toute afpction teirestrt.
On dit encore, Epurer le août, pour dire.
Le rendre plus sûr et plus délicat
s Ept'nEn,avec le pronom personnel, signi-
fie, Devenir plus pur. Il faut laisser reposer
cette liqueur , elle s'épurera avec le temps. L'or
s'épure dans le creuset.
On dit aussi lîgurément. que L'esprit, que
les nueurs, que le style s'épurent, pour dire,
c|U*lls$e perfectionnent. La vertu s'épure dans
les soufj'rances du corps. Le goût s'cpure par de
lonties Icclurei.
Epuni, ÉE. participe. On dit, Des sentimens
épures, des intentions épurées, pour dire, Des
Kijlimens nobles et détachés de tout inu-rct.
EPURG E, ou Petite Cat.vpl CE. s. f. Herbe
q-ii purge violemment par haut it par bas.
L'cpurje est une espèce de tithymalt.
EQU
ÉQUARRIR. V. a. Tailler i angles droits.
Equarrir une poutre, une pierr», un bloc de
fnarbre,
E<<CAnai, it. p.irlicipe.
EQUAJUUS6AGE. •. m. Terme de Ch.r-
EQU
psntcric. lîtaldc ccquiestcqnarri. Cette poutre
a (innize pouces d'ccjuarrissagCy c'cst-îi-iiîrc, A
quinze pouces en tous sens.
Ou appelle Bois d^équarrissaqe. Le boïs qui
doit avoir au moins six {X>uccs ; et celui qui est
au-dessous s'appt-lle Chevron,
liQUAIïKïSSElMENT. s. m. L'action d'é-
quarrir. Tailler une pierre, un iiioneiju de hoîi
en équitnissement,
EQUATEUR. s. ni. (l'rouonccz Écouatcur.)
Un des grands cercles de la Splitirc cgalcnient
distant des deux pôles. Quand le Soleil est à
Vhauateur ,, les nuits et les jours sont éiiaux.
ÉQUATION, s. r. (Prouonc,-x Ecouation.)
Terme d'Astronomie. DilTérence marquée jour
par jour, entre riuuxc moyenne que donne la
pendule, et ! hcurevr.Tie indiquée par le cadran
solaire.
KquatïON, e^l aussi un terme d"Alg.'*hrc. ei
signiGc Une expression ou une formule qui
indique une égalité de valeur entre des quan-
tités dincreniment exprimées.
EQUKRRE. subst, f. Instrument servant à
iracer un angle droit, dont se servent ordinai-
rement les MatliL-niaticiens, les Cliarpenticrs,
les Mcnuisieitf. les Maçons, etc. Fait à iéquirrc
Poser Vcqucjre. Dresser à Vcqucrrc. Bâti à
fausse êqucrre.Ce hdtiment n'est pas d'équerre,
ÉQUESTRE, adj. de a genres. (L'U se pro-
nonce dans ce mol et les quatre suivans. ) U
n'est en usage qu'en ces phrases : Statue éques-
trCj Fiijure équestre, qui est une statue d'une
personne à clie val; et dans cette phrase y VOrdre
équestre, pour désiijner l'Ordre dos Chevaliers
Romains, et encore la ^'oblessc du second rang
en Pologne.
EQUIA>GLE. adj. des ?, («rnres. Terme de
Géométrie, qui signifie qu'une fij^urc, un
triangle, etc. a ses angles é^aux îk ceux d'un antre.
ÉQUIDISTA>T, A>'TE. adiectif. Qui dans
toutes ses parties est é^aîenicnt éloigné de.s par-
ties d'un autre corps. Les lianes parallèles sont
équidistantes.
ÉQUILATÉRAL, ALE. adiect. Terme do
Géométrie. Il se dit Du triangle qui a les côtés
égaux. Trianfjle équilatéraL
ÉQUILATÈRE. adj. des 2 genres. Terme
de Géométrie, qui se dît Des figures dont les
côtés sont <^aux à ceux d'une autre.
ÉQUILIBRE, subst. m. État des choses qui,
étant pesL-es, sont d'un poids si égal, qu'elles
n'cmportr^nt la balance d'aucun côté. Cela est
en équilibre. Dans un juste i-quHihre. Mettre
dans lèquilibre. Cela fait V équilibre, L'équilibre
des liqueurs.
On dit figurément, Mettre dans VvquHibre,
tenir dans l'équilibre, jwurdirc, Mettre diins
l'égalité, tenir dan» l'égalité. Tenir les Puis-
sauces voisines dans l'équilibre. Jl tenait tous
tes voisins dans l'équilibre. L'équilibrede VEw
ropc Le système de l'équilibre.
On dit aussi figurénicnt, Fdi're l'cauili&re,
pour din*. Rendre les choses égales.
ÉQUIML LTIPLE.,adi. (LU se prononce.)
Terme d'Aritlimétique. Nom que l'on donne
aux nombres qui contiennent leurs sou<multi-
EQU 5a3
pies autant de fuis l'un que l'autre. Douze el
six sont équiniuhiples ds quatre et de deux,
parce qu'ils contiennent l'un quatre et l'autre
deux un nombre de fois égal.
EQUINOXE. subst. m. Le temps de l'année
auquel le Soleil passant par PÉqualcur, fait les
jours el les nuits égaux. L'Êquinoxe du Prin-
temps. L'Equinoxe d' Automne. La pluir.de ['£•
quinoxe est excellente pour les biens de la terre.
ÉQUINOXIAL, ALE. adj. Qui appartient
à l'Équinoxc. Cercle cquinoxial, ou Equateur.
Li^ne équinoxiale.
Il est quelquefois substantif, et alors c'cit
la même chose que l'Equateur.
Équipai; I-:. s. m. se dit Du tr.iin,dc U
suite, mulets, cl:evaux, carrosses, valets, bar-
des, etc. 6'r«nd, superbe équipage. Equipage
de guerre. Équipage de chasse. Son équipage
est parti et arrivé. Il a perdu son équipage.
Faire son équipage. Les équipages de larméc.
Se mettre en équipage.
On dit, // « un équipage, pour dire, U a
un carrosse; // est venu avec son équipage,
pour dire , U est veuu avec son carrosse cl ses
chevaux.
On dit proverbialement, L'équipage de Jean
de Parisy pour dirï, Un équipage n;agnifique;
et, L'fi équipage de Bohème, pour dire, Un
équipage délabré.
On dit. Etre en hon ou mauvais équipage,
pour dire, Être bien ou mal velu. Cet hommt
est en fort mauvais équipage.
On dît figurément , qu'Un homme est en
mauvais, en triste, en pauvre équipagt, pour
dire, que Sa santé, ses afiàires sont en mau-
vais état.
On dit aussi, L^cquipage d'un Vaisseau, et
alors il signifie seulement Les soldats el les
matelots. Le Vaisseau a péri, maïs on a sauvé
l'équipage. Il y a des Vaisseaux de douze
cents hommes d'équipage. Renforcer les éaiii-
pages. Transporter l'équipage d'un Vaisseau
sur un autre.
ÉQUIPÉE, s. f . Action, entreprise indiscrète,
téméraire , et qui réussit mal. Vous avez fait
là une belle équipée. Voilà une plaisante équi~
pée. Cet Officier entreprit cette affaire mal à
propos, et celte équipée lui coûta cher. Cet êcO'
lier, par un esprit de libertinage, s'est allé en-
rôicr, ce n'est pas sa première e'quïpéc.
ÉQUIPEMENT, s. m. Action d'équiper. U
faut tant de mois pour l'équipement de la Flotte,
U se dit aussi De la provision de tout ce qui est
nécessaire ^ la subsistance, à la manœuvre et à
la sûreté d'un Vaisseau. L'équipement de c€
Vaisseau a coûté beaucoup.
ÉQUIPER, v. a. Pourvoir quelqu'un det
choses qui lui sont nécessaires, iiijiii'/er un Ca^
valicr. Il a cm'oyc son fils au collège, et Va
équipé de toutes choses.
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel
Il lui faut tant pour $*équiper.
U le dit aussi d'Une Flotte, d'un Vaisseau ^
d'un Navire, d'une Galère, pour dire, Lts
pourvoir de tout ce qui leur est nécessaire.
ÉojUirK , LE. pjriifipc.
66.
5-4
EOU
En ternies de Blason, il se dit d'Un V:iis-
scan (jui a ses voiles et ses cordcges. De gueules
à la nef ùqtiipée d'argent.
ÉQL'IPULLKNCE. s. f. (On prononce Les
/, dans ce mot et les deux suivans. ) 'l'iTmc di-
dactique. Il ne se dit ç^utrc que dans celte
plirase, L'équipoUence des propositions, pour
dire, Des propositions qui reviennent, qui équi-
valent l'une i l'autre.
ftÇUIPOLLKNl', l'"M"E. adj. Qui vaut au-
tant que . . . /■'"" "' equipoUent à Vautre. Le
vropt est éauipollent à la perle. Celte raison est
èfjuipollenle à Vautre.
Il est aussi sulistaiilif , et signifie. Égal en
valeur. Je lui ai rendu VéfjnipoUent. Je lui ai
rendu lérjuipollenl de ce iju'il m'a prélé.
À l'équipollent. adv. A proportion, ;'t l'a-
venant, S'ion la mesure et le rapport qu'une
cliose peut avoir avec une autre. // a perdu
mille êcus dan^ cette afjiiirc , et les autres à
Véfjuipollenl, à léipiipollcnl de ce (ju'ils y ont
mis. H fait une dépense de Prince, il a chiens, [
cltevau.x , Panes , et tout le reste à Véquipol-
le ni.
ÉQUIPOLl.En. V. a. Valoir autant que . . .
Le gain équipoUe la perte. L'un équipollc Vau-
tre. Il faut que le gain soit qrand pour équi-
f aller la perle.
11 est aussi neutre. Une clause qui équipolle
à Vautre. Une mîson qui équipolle à une autre.
Ce verbe et ses dérivés sont plus en usage d.tns
le Conimeicc et dans la Pratique, que dans le
style ordinaire.
ÉQUIPOLLE . ÉE. participe. Compensé , com-
passé. La perle eijuipollec nu gain.
On dit en termes de Dlason. Cinij/oinl.'^ d'or
rquipollés à quatre d'azur, pour signifier, Kcuf
carrés mi» en forme d'écliitjuier, dont il y en a
cinq, savoir, ceux des qu.itre coins et du mi-
lieu, d'un email dlflerenl do celui des quatre
autres carrés.
ÉQL'IT.\BLE. adj. des 2 genres. Qui a de
l'équité. Un Jionime éijniliifc/c. Un Juge équi-
table. Il y a peu de gens équitahles.
Il se dit aussi Des clioscs qui sont conformes
aux règles de l'équité. Sentiment éijriilnMc. Ju-
gement cquitiiiie. Partage équitable. Distribu-
tion eijullut>!e. Cela est équitable, n'est pasequi-
table.
ÉtJUITABLEMENT. adv. D'une manière
équitable, avec équité et justice. Il faut juger
équifablement de toutes choses.
l'iQUITATION. s. f . ( ru se prononce. ) L'ait
de monter i cheval. Il y a des dissertations sur
Véquilation ancienne et moderne.
ÉQUITÉ, .s. fém. Justice, droiture. Il juge
avec équité. Conirc louleéquité.En toute équité.
Selon Véquilé. Homme plein d'équité. C'est un
homme sans équité, qui n'a point d'équité.
I\Ianqucr à toutes les réqles de l'équité.
11 signifie aussi quelquefois La justice exer-
cée, non pa» selon la rigueur de la Loi, mais
avec une modération et un adoucissement rai-
sonnable. On l'a absous, parce qu'on a eu plus
â'égard à l'i'(|uilé qu'à la justice rigoureuse.
Les arbitres jugent ordinairement plutôt selon
E R A
Icsrèrjles àe VéquitCj (^ic selon l'a ri-jueiir des
Lois. Les Jiifjes mhalternes sont des Juges de
rigueur^ et les Jikjca supérieurs yeuvcnt juqer
selon l'érjuité.
KQULVALENTjE^TE. adioct. Qui est de
même prix, de niônie valeur. Je lui donnerai
un hérita(jc ét^uivalent. Une chose ê juivulente.
Il est aus.si substantif. On n'a pu remettre
ce Prince en possession des Villes qu'on lui
avuit prises, mais on lui en a donne l'énuiva-
lent. C'est un équivalent. O/Jrir des équivaleus.
Dcdommaner par un équivalent.
I.QL'IVALOIR. V. n. (H se conjugue comme
Valoir.) Être de m^-me prix, de même valeur
que qtiel'jue chose. Vne otice d'or équivaut à
quinze onces d'argent. 11 est de peu d'usage h
rinfinitif.
ÉQUIVOQUE, ad), des 2 genres. Qui a un
double sens, qui peut recevoir plusieurs inter
prétalions, et qui convient îi dilTi'rontcs choses.
Ce discours est équivoque. Parole , (crme, mot
équivoque. Cela est équivoque. Expression cq'*'-
voque.
Il se dit aussi I)« toutes les choses sur les-
quelles on peut Taire des jugemeus opposés. Ac-
tion équivoque. Réputation équivoque. Mérite
équivoque. Vertu équivoque. Sinnc équivoque.
On appelle eu Médecine, Un signe équivo-
que. Un signe qui peut cojjvcnir à p]u:>icurs
maladies.
Équivoque, se prend quelquefois substanti-
vement dans le prcm'er sens, et il est féminin.
C'eut ui\t énatvoqiie. Il se sert d'équivoques.
Basses équivoques. Il faut éviterles équivoques,
tlquivoque grossière. Plaisante équivoque. Au-
trefois ce mot étoit indifferenuuent masculin
ou féminin.
ÉQUIVOQUER. V. n. User d'équivoque. /I
équivoque continuellement.
s'KquivoQueh, avec le pronom personnel.
Dire un mot pour un autre. Il s'est équivoque
plaisamment. Il n'est que du style familier.
ER A
ÉnACLR. s. m. Espôcc d'arbre du f;cnre de
ceux qui ne portent point de fruits. L'èrahle a
le bois extrêmement dur et veiuctLT. Vérahle a
lécorce fort raboteuse. Palissade d'érahle. Ra-
cine d'érahle. Menuiserie d'érable. Le bois d'é
rable est fort bon pour faire des violons cl au-
tres instrumens de musique. Sua'e d'érable.
ÉRADICATIF, IVE , adj. se dit en Méde-
cine, De certains rcmcdcs vioiens qui empor-
tent la maladie et toulcs ses causes.
ÉlîAniCATïON. s. f. Terme de Physique,
qui signifie L'action d'arracher quelque chose
p.'ir la racine.
ÉKAFLER. v.a. Ecorclier légrrcmcnt , ef-
fleurer la peau. Cette épingle m'a éraflé. Cette
cpiuc m'a éraflé le visage. Jl a reçu un coup
à'èprc qui ne lui a fait qu'éraflerla peau. Il rsi
familier.
ÉnAir.i':, ke. participe.
ÉRAFI.UKE. s. fém. Écorchurc légère. // a
une érajlurc à la main. Une éraflure d'épingle,
d'épine f etc.
ERE
ÉUAILI.E.MENT. a. m. Terme de Médecine.
Voyez EctuoimOs.
ÉHAILLKIÏ. V. a. II se dit Des toiles el des
étoiles de soie dont le tissu est relâché ou ef-
hlé. Erailler du satin. Ces étofjcs sont sujettes
à s'érailler.
Éhaillé, ki:. p.irticipc. De Vétoffe {raillée.
On dit,qu'r'ii homme aVoeil ern t!/t', Lors-
qu'il a naturellement des filets rouges dans l'ceil.
ÊRAILLUKE. s. f. La marque qui reste à
une étoflc de soie ou à une toile, quand elle est
rraillce.
ÉRATER. V. a. Ôler la raie. On a ératé des
cliiais pour savoir s'ils pouvaient vivre sant
rate.
EnATÉ, tz. participe.
ERE
fiRE. s. fém. Terme de Chronologie. Point
fixe d'où l'on commence h compter les années.
L'Ere d'Espaqv.e est plus ancienrie que l'Ere
Chrétienne. ï.'Ere de Nuoonassar. L'Ère des
Séleucides. Fixer VLre. La naissance de Jcsiiï-
Christ e?-t VÊre des Chrétiens; et celle des Ma-
hométans ou VUègirc est la j'uile de Mahomel.
Il se dit aussi Ile la suite des années que l'en
compte depuis ce point iîxc. L'hre des Espa-
gnols commence environ 38 ans avant l'Ere
des Chrétiens^ et fnit vers i35i.
ÉRECTEUR. adj. Terme d'Analomie. C'eit
le nom qu'on donne aux muscles qui servent à
élever certaines parties.
On le prend ;iussi substantivement. I*«c'rec-
icurs de la 7>erge^ les érecteurs du clitoris.
ÉRECTION, s. f. Insliluiion, étnblisscmcnt.
L'érection d\in Parlement. L'érection d'un
I re^iidial. L^ércction d'une Commission^ d'ttne
Chargeen titre d'Office. L'érection d'une Terre
\'n Duché. A^oia'ciîc érec(ion. .Lucienne ércc-
lion. Il n'est guère d'usage que dans ces séries
lie phrases.
On dit aussi, L'érccd'on d'une statue^ d'un
monument , pour dire. L'espèce de consécration
que l'on cil fait en l'honneur d'un Prince, ou
de quelque autre personnage illustre.
ÉnECTioN, est aussi un terme de Médecine,
ipù se dit De l'action de certaines parties du
corps.
ÉREINTEil. verbe actif. Fouler ou rompre
les reins. Si vous lui mettez un fardeau si pe-
Hitit sur le dos^ vous Véreinterez. Jl fit un si
grand effort j qu'il s'éreinta.
ÉnEi^TÉ, EE. participe.
ÉRÉMITIQUE. adi. des 2 p. Il n'est guère
dnsa;;e que dans cette phrase, Vie érémitique^
qui se dit De la vie que mènent les Solitaires
dans le désert, par opposition à la vie cénobi-
tique, qui est celle dts Religieux qui vivent en
commun.
ÉRÉSIE. s. fém. Genre de plante à fleur*
monopeîales.
ÉRÉSIPÉLATEUX. Voy. ftnYSiPÉi^TEUX.
ERÉSIPÈT.E. Voyez ÊnYSii'ÈLK.
ÉRÉTIII.s:\IK. 5. m. Terme de Médecine.
Tension violente des fibres.
ERM
E RO
ERGO-GI.U. FaçoD de pnrler fnmill.rr,
dont on sf «rt pour se moquer dus grands rai-
sonneracns qui nu concluent rien.
EUCJor. s. in.lCspèce de petit ongle pointu,
qui vient au deriiire du pied de quelques ani-
iniiui. tes tTJols il'un coij, li'un chitn.
On ditfigurcnienl et l'aniiliùrenunt , 5e lerer
5nr ses a'qoti, se tenir sur ses ergots^ nionlcr-
îur ses errjots, pour dirw, Parler avec colère,
et d'un ton fier et êlrvé.
EnooT, est aussi le nom d'une maladie cpii
attaque le seiyle, ei qui en rend le pain tits-
dangereux.
ERGUTIC, ÉE. adj. Qui a des ergots, l'n
col) bien erqutê. Vn chien ergolc, Qui a un
on^le de surcroît au dedans et au dessus du
pied. On dit , Du seigle ergoté , ou Hu fc.V
curnu.
ERGOrCR. V. n. Poimiller. contester mal
à propos et avec iniportunitu, clticaner dans la
dispute. 71 est imjjorturi, il ne suit (ju'erijoler.
ti est familier.
11 signifie figurément, Trouver à redire à
tout, il cinole sur loriles choses.
EHUOIEUR, EUSIi. s. Pointilleux, poin-
tilleuse qui conteste mal à propos. Ce n'est
(iii'uri ernoteur. C'est une ergoteuse. Il est
familier.
E RI
EBIDAN. s. m. Nom d'une constellation 'de
l*liL'iinsplière ans^rul. On la rcpres:-nfe sur les
^l(il>es par l.i figure d'une rivière. C'est l'ancien
Doin du Pô.
ERIGER. V. a. Consacrer, élever, établir.
Eriger une statue. Eriger ur. autel. Eriger uri
trophée^ lies trophées. Eriger une statue à
guelnu' un. Eriga' un moMunienI ù la oloire tic
tjuelipt'un.
On dit. Eriger une Comrnission en tilrt
d'O/Jice, pour dire, Faire d'une CommissioD
amovible, une Cliai'go dont le Prince donne
des provisions.
Ou dit aa.ssi, Eriger une Terre en Comté,
en Marquisat, en Duché, pour dire, En faire
un Comté, un Marquisat, un Duclié. Le Roi,
par ses LetO-es patentes , a ériqé cette Terre en
Duché.
Il s'emploie avec le pronom personnel , e1
signifie, S'atlrihiirr tine autorité, un droit, une
qualité qu'on n'a pas, ou qui ne convient pas.
ii'èriger en censeur public. S'ériger en rélor-
niateur. II l'est érigé en bel esprit. S'ériger en
jiuUtir , en Savant. S'ériger en diseur de bons
invti, en Censeur, en Critique.
Enir.c, ÉE. participe.
t.lilGSE ou ÉRWE. s. fi'm. Terme de Clii-
ntrgie. l'eiil instrument terminé par un cro-
eiiet, doni on se sert pour «lever et soutenir les
pviics qu'on veut dinéquer.
ERM
ERMIN. s. m. >om qu'on donne, dans les
Échelln du Levant, an Droit de Douane qui
EllR
se paye pour l'entrée et la sortie des mar-
chandises.
ER MITA fî F. s. m. L'habitation d'un Ermite.
C\'t Ermite ne sort jamais de son ermitaqe.
H se prend fîpirément pour Un lieu ccartë
et solitaire, et semblable à ceux que les Ermites
choisissent pour lour relrailc. C'est un vrai er-
mitage, un juli ermitage.
Il se dit aussi figurément pour Une maison
ecnrtce et cliantpôirc. Me viendrez- vous voir
dans mo7} ermitage^ à mon ermitage?
ERMITK. s. m. Solilnirc qui s'est relire dans
un drscrt pour y servir Dieu. Saint Piiul pre-
mier Ermite. Les Ermites de la Thcbaide. Un
vieil Ermite. Un saint Ermite.
On dit, quX'n homme vit comme un Er-
mite, pourdiri', qu'il mt^no une vie fort rcli-
rce, et «ju'll fuit la sociélc du monde.
!•: R o
ÉROSION, s. f. Terme de Mcilccinc. Action
de toute liqueur acide qui ronge quelque sui)s
tance. Les humeurs acres mantjent les chairs
par érosion.
tilUTK^îUE. adj. des 2 genres. Qui appar-
tient à l'amour, qui en procîdc. Délire eroti-
nue. Poème, re/ï êrotitiues. Chanson ero(i(|iic.
ÉROTOMAME. s. f. Terme de Môlecinc.
Délire aaiourcux.
ER R
ERRAM, ANTE. .idj. (On prononce les
deux R dans ce mot et les stiivans. ) Vag-ibond.
qui erre de côté et d'aut.-e. // est errant et va-
ipthond. Chevalier errant. Le Juif errant , que
le vulgaire croit être un Juif allant de Ville en
Ville, et qui sera ainsi cnant jusqu'à la fin du
monde.
Errant, se dit aussi De celui qui est dans
l'erreur en matière de Foi. Nos frères errans.
On dit aussi, Etoiles errantes, pour dire.
Les Planètes, par opposition aux Etoiles fixes.
On dit figurc'mcnt d'Un homme qui change
souvent de demeure, qui voyage sans cesse,
.]ue C'est un Chevalier errant ^ un Juif errant
On dit aussi figurément, Cet homme a limU'
gination errante et vaqahonde.
Il est aussi quelquefois substantif; et alors
il signifie, Celui qui crredan-i la Foi. Redresser
les errans. Errans dans la Foi.
ERRATA, s. m. Terme emprunté du Latin.
Liste des fautes survenues dans l'impression
li'un ouvrage. // a marfiué ces piutcs-là dans
l errata. Il a fait un errata fort ejract. Les er-
rata çont nécessaires dans les livres. Lorsqu'il
ne s'agit que d'une faute *i relever, on dit
Erratum.
ERRATIQUE, adj. des 7. genres. Terme de
Médecine. Irrégulicr, déréglé. Fièvre errati(jnc.
ERRE. sul>%L f. Train, allure. Ce mot n'est
d'usage qu'en ce» façons de parler , Aller
grand'cne., aller belle erre, pour dire , Aller
bon train, aller vile.
On dit figurément, Mlcr grand'errej aller
belle are, pour dire. Faire trop grande de-
ERR
5aS
pense. Ce jeune homme va grand'erre, il aura
bientôt mangé tout son bien.
EnBE. Terme de Marine. Marche , lenteur
ou vitesse d'un vaisseau. Ce vaisseau a repris
son erre.
EnRES, au pluriel, se dit Des iraccs bu voies
du cerf j et l'on dit au figuré, Suivre les erres ^
marcher sw les eires , aller sur les ares de
(juelf^uun , pour dire , Tenir la même conduite
que lui, suivre les mêmes voies, être dans les
mêmes sentimens.
On dit aussi en parlant d'AfTalres , Repren-
dre les premières erres ^ les dernières erres,
pour dire, Recommencer 3 travailler sur une
affaire, et la reprendre où on l'avolt laissée.
ERREMENS. s. m. pi. Erres. Il n'est d'usage
qu'au figuré et en parlant d'Affaires. Reprendre
les derniers crremcns d'une affaire. On le dit
plus ordinairement qu'Erras.
ERRER. V. n. Vaguer de côté et d'autre,
aller ci et là à l'aventure. Errer de câté et
d'autre. Errer par la campagne. Errer ça et là.
Aller errant. Errer dans une foret, dans un
désert. Errer sur mer au gré des vents.
On dit aussi, Laisser errer ses pensées, pour
dire. Rêver en méditant sans suite et sans
liaison dans ses idées.
Il veut dire aussi, Se tromper, avoir une
fausse opinion. // n'y a personne (jui ne puisse
errer, nui ne soil sujet à erra\ Vous errez dans
votre calcul. Er-rer dans la Foi. Errer dans les
principes. Il fiut redresser ceux qui crrenL
Errer dans le droit. Errer dans le fait.
ERREUR, s. f. Fausse opinion. Douce er-
reur. Agtiahle erreur. Erreur capitale. Erreur
grossière. Tomber dans l'erreur. Sortir d'er-
reur. Il est encore dans Va-rcur. Il est retenu
de son erreur. Tirer guehjuun d'erreur. C*est
une erreur que de s^imaginer que . . . Erreur
dans la Foi, en matière de Foi. Vivre dans
Verreur. Persister dans l'erreur. La doctrine
de cet homme est pleine d'erreurs. On a con-
damné ses erreurs. Combattre l'erreur. Vaincre
Verreur.
Jl se prend aussi quelquefois au pluriel pour
Dérèglement dans les mœurs. Les folles aretai
de la jeunesse. Il est bien revenu de ses erreius.
Il est houlciix de ses erreurs passées.
II signifie aussi, Faute, méprise. Conimc(/re
«ne erreur. // y a une erreur dans cette cita-
tion. Erreur de nom. Erreur de fait. Erreur,
de droit.
On dit aussi, Erreur de calcul, pour dire,
Manquement dans le calcul. Scuf encur de
calcul. Il y a erreur dans ce calcul. Les erreurs
de calcul ne se couvrent point.
On dit aussi dans le même sens, Erreur
dans la Chronologie.
EnnEcn5,au plurie!, se dit quelquefois pour
signifier De longs voyages remplis de traverses.
Il n'est guère en usage que dans cette phrase,
Les erreurs d'Ulysse.
ERRHINE. s. f. Terme de Médecine. Re-
mède qu'on introduit dans les narines. Il y en
a de deux sorte.t; ceux qui ont pour objet de
iàire étcrnuer, tels que le tabac, la bctoin*^
526 ERY
et ceux qui ont pour objet d'arrêter le sang,
tels que le corail , le vitriol.
KIÎllONÉ , ÉE. ad). Qui couliciil ilc l'er-
reur. 5eii(imcJi( erroné, Opinion eriunte. Pro-
position erronée,
ERS
ERS, s. m. ou Vi:^cc NOinE, s. f. Plante
Ic-guiiiincuse et aiuiu-Ue. L'ers est incisil", abs-
tereif et purifiant, il ■> encore d'autres vertus.
ERV
ÉRUC.VGUE, ou ÉRUCAGO. s. f. Plante
qui est une espèce de roquette , et qui croit
dans les blés de nos Provinces méridionales.
L'érucaque tire la pituite, et fait élernuer.
ÉRUCTATION, s. f. Éruption des venio
sites de l'estomac par la bouclie, avec un bniil
désagréable. Il ne se dk qu'en Médecine.
ÉRUDIT, ITE. adj.yuJ a beaucoup d'éru-
dition.
Il s'emploie aussi substantivement, et quel-
quefois en mauvaise part. Ce n'est qu'un c/iulit.
ÉRUDITION, s. f. Grande étendue de sa-
voir, couuoissance fort étendue d. ns les liclles-
Leltrcs et dans toute sorte de Littérature.
Grande, profonde, rare, singulière érudition.
Il est /;oinrae tj'crurfilion. 71 ii de Vérudition,
beaucoup d'érudiliou. Il n'a qu'une utedwcre
érnddion,
Ént-DiTiOîi , signrfje aussi . Rcn-arque , re-
cherche savanle, curieuse. Voilà une érudition
t Irés-recierc/iée, mnis mal placée. Ouvragct
d'érudition. ïriii-aux (ï'éruJiliou. Rec/icrc/ii"-
d'érud'.tion,
ÉRUGINl^UX, EUSE. adj. Qui tient de l.i
rouille de cuivre, ou qui lui ressemble. Dde
iruqineuse.
f'.RUPTlON. s. f. En Médecine , il signifie
ou lévacuaiion subite et abondante d'un li-
(;uide, tel que le sang, le pus, les vents, etc.;
ou la sortie des taches, pustules, boufous ou
Butres exanlbtmes il la peau. L'éruption de la
petite vérole a fait cesser la fièvre.
Il se dit aussi De toute sortie prompte et
avec efToi't. L'éruption du Vésuve a fait cesser
le (rcniMeiiicnt de terre.
ERY
ÉRYNGE, suLst. masc. ou PANICAUT, ou
CHARDON À. CENT TÊTES. Plante dont les
feuilles encore tendres se mangent confites au
vinaigre. Sa racine est apéritive, propre aux
maladies du foie , et contre le poison.
Il y a aussi un £rynge marin, fort comnnin
aux environs de Venise, et qui.se man^c comme:
le terrestre.
ÉRYSIME. s. m. Plante qu'on appelle au-
trement Velar, ou Tor(c/Ic. Vojci \ii.kn.
ÉRYSIPÉLATEUX, EUSE. adj. Qui tient
de 1 érysipélc. Bouton êrysipélaleux.
ÉUYSIPÉLE. s. m. Tumeur superficielle,
inflanimdtoire, qui s'étrnd facilement sur la
peau, qui est accompagnée d'une clnleur acre
et Drùlaulc. Ery.ipik dartrctuc, crysipéle flefj-
iiuneu.!.
ESC
ES
ES. Mot fait par contraction de la préposi-
tion En y et de l'article pluriel les, pour signi-
fier Daîis les. Il n'est plus d'usaj^e que dans
cette locution, Maître es Ails, et en quelques
autres qui sont purement du slyte de Pratique.
ESC
KSCABEAU. s. ninsc. Simple siège 'de bois
sans hras ni dossier. S'asseoir sur un escabeau.
ESCABELLE. s. f. Il a la mcnie significa-
tion luEscaheau.
Ou dit figurément et familièrement, qu'On
n bien ilêrnntjc les cscahclles à quclciuun, pour
dire, qu'On lui a rompu toutes ses mesures,
qu'on a mis du désordre dans ses affaires.
On dit provtrlnalemcnt, Remuer les csca-
hclUs, pour dire, lîéincnager, changer de do-
micile. Il a été ohîigê de remuer ^cs cscahclles.
Il se dit aussi au figuré et familiêrem. pour
dire. Clianger d'état, de fortune, de situation.
Je lui ferai bien remuer ses cscahclles.
ESCACHE. s. f. Mors différent du canon,
en ce que le canon est rond, et l'escache ovale.
Ordinairement les filets sont en ef^cache.
ESCADRE, s. f. Nombre de galères ou d<
vaisseaux de guerre sous un même Chef. Cetfi
escadre éloit composée de dix vaisseaux^ d^
tant de galères. On a arnié une Escadre à Brest
Chef n'EsCADnE. Officier Gcueial de Marin*
au-dessous du Lieutenant Céuéral, et au des-
sus du Capitaine.
K.SCADKON. s. masc. Troupe de Cnvnlerie,
con;po.séc ordinairement de quatre compagniea
Petit corps de ('avalerie rangé, mis en ordri
pour combattre. Un escadron de Chcvau-Lé-
qers. Un Escadron de Carabiniers. Gros Esca'
dron. Escadron serre. Former un Escadron.
Enfoncer un Escadron. Rompre un Escadron.
Ouvrir un Escadron. Escadron (jui plie. De-
fairc un Escadron. Renverser un Escadron. La
tête d'un Escadron. Le flanc d'un Escadi-on.li
partaqca sa troupe en deux Escadron>.
KSCADRONNER. v. n. Se mctlrc en Esca-
dron. iV'otre cavalerie cscadronne bien.
On dit, que Deux troupes (/t Cavalerie es*
cadronnent ensemble, pour dire, qu'Ellcs st
joignent pour former un même escadron.
ES(-ALADE. s. f. Attaque d'nnt- Place avec
des écliclles, a,?saut que l'on donne ïivec dej
(■chellcs. Aller, monter à Vescalade. Ils empor-
tèrent la Place par escalade. La vutraillc est
trop haute, elle est hors d'escalade.
ESC:ALAUER. v. a. Attaquer, emporter par
escalade. Les bastions u'ctoient pas encore à
lumtcurj ils les escaladèrent. La Place fat es-
caladée en plein jour. Les Géans vouloieni es-
calader le Ciel.
On dit aussi, Escalader une maison, une
muraille , pour dire , qu'On monte avec des
écliclles dans une maison, par-dessus une mu-
raille. Les voleurs ont escaladé la maison, ont
escaladé ce mur.
Escaladé, ée. participe.
ESCALE, s. fém. Terme de Marine. Fuîre
ESC
escale dans un Port, C'est y mouiller, y rc!J-
cher.
ESCALIER, s. m. Degré, la partie du bâti-
ment qui sert à monter et à descendre. Escalier
de hais, de pierre de taille. Escalier à noyau.
Escalier à deux rampes. Escalier à jour. Le
palier^ le repos d'un escalier. Grand escalier.
Petit escalier. Escalier vrîs, pratiaué dans Vé-
patsseur du mur. Esctdïcr dans œuvre, hors
d'œuvre. Escalia' dérobé. Le haut , le bas de
V es calie): Monter, descendre l' esc -.lier. Escalier
en limaçon. Escalier couimuri.
ESCALIN. s. m. pièce de monnoîe des Pays-
Bas. Cette étofj& vaut vinql esculins l'aune.
ESCAMOTER. V. act. Ôtor, changer, faire
disparoitre quelque chose par un tour de main
sans qu'on s'en aperçoive, escamote/' des bou-
les, des dés, des cartes.
Il signifie par extension, Dérober subtile-
ment sans qu'on s'en aperçoive. On lui a esca-
moté sa bourse.
Escamoté , ée. participe.
ESC.'L'\IOTEUR. s. m. Qui escamote. C'est
un grand escamoteur.
ESCAMPEK. V. neut. Se retirer, s'enfuir en
grande hâte. H crai(jnoit d'clie battu, il es-
campa. Il est populaire.
ESCAMPETTE, s. f. Il n'cit d'usage que
dans celle phrase populaire , Il a pris la poudre
d'escampette, pour dire, qu'Cu homme s'csl
enfui.
ESCAPADE, s. f. Échappée. Il est sujM à
faite des escapades. C'est une escapade d'écolier.
ESCAPE. s. f. Terme d'Architecture, qui
se prend pour tout le fût d'une colonne, mais
qui n'est proprement que la purtie infcrieureet
la plus proclie de la buse.
ESCAKIîALLE. s. f. Nom que l'on donne
dans le Commerce aux deuls deluphant du
poids de vingt livres et au-dessous.
ESCARÏKLLABD, ARDE. adject. I-Aeillê,
gai, de bonne humeur. Drôle fort escarhillard.
Enfant escarbillard. Il est du style familier.
Il est aussi substantif. C'est un escarbillard,
il n'aime aue la joie.
ESCARGOT, s. masc. Sorle d insectes, dont
quelques-uns ont des ailes, des cornes, ttc il
y a plusieurs sortes d'cscarbots.
ESCARBOUCLE. s. f. Espèce de rubis qui
a beaucoup d'éclat, cl est d'un rouge foncô..
Une belle cscarhoucle. On a cru aut$-efois (jn»
l'escarboucïe luisoit dans les téncJirc.<.
ESCVRCELLE. s. f. Gronde bourse û l'an-
lique. Ce nu)l n'est plus guère d'usage qu'en
plaisanterie. Il a rempli son escarcelle. Il vient
de jouer, il a vidé son escarcelle. Mettre la
main à l'escarcelle. Fouiller dans l'escarcdle.
ESC.VRGOT. s. ni. Espè-ce de limaçon i\ co-
quille. Un gros escargot. Un petit escargot.
Manger des escargots.
On dit d'Un homme mal fait, qu'il est fut
comme un escargot.
ESCARLINGUE, ou Co>TnE-<ji:iLi.E. $. f.
Voyez CAnMNGiE.
ESCARMOUCHE, s. f. Combat qui se fait
par de» gens détaches en pclil uombrCj quand
ESC
Afii\ nnnées sont proches l'une de l'autre.
liude esi-armouche. Furieuse escurmoiiche. Es-
carmouche bioii chaude. Léijère escarmpuc}:e.
Commencer Vescarmouclie. Allaijutf, enrjajer
t'escarmoiiche. Aller ù l'escarmoiiclie.
KSnAI'.MOUClIKR. v. n. Conihatlic par
csi'arniourjics. Les deux armées escarmouche-
reni tout le jour. On ne combattit point, on ne
fit iju'escai^ouchcr.
Il M dil aussi (igiirénicnt Des disputes et des
l'oiitcsUtions. On n'a pas approfondi la rjues-
.'io«, on n\i fait tjuescarmoucher. Ces deux
Docteurs escarmouchèrent.
II se joint ({uclqucfois avec le pronom per-
sonnel j S'escarmonchcr. Ces deux Docteurs
i'escarmoucf-èrent lonn-temps.
1'.S(:AI!MOUCHEUR.suLs[. maso. Qui va à
t'c-sc.n-niouclic. C'est un hon, un hardi escar-
mouclieur. Les escarmoucheurs enqiiqèrent U
combat.
ESCAnOTKlUES , ou EsciiAnOTiQUis.
s. ni. plur. Rentè.lcs causlicpies qui brûlent la
\tc7in cl la cliair. 11 est aussi adjectii".
I^SCAliPE. s. f. Le mur intérieur du fossé,
celui qui est du cùlc de la Place. 11 ne se di<
guère que par rapport h \a Contrescarp?.
ESCARPEMENT, s. m. Terme de Fortifica
lion. Pente. Faire Vcscarpemeul d'un fosse.
ESCARPER. T. a. Couper droit, de haut en
bas. Il ne se dit que d'Un rocher, d'une mon-
tagne, d'un fosse, et choses semblables, comme,
Escarper un rocher^ une montagne^ etc. On a es.
earfiécette montatjnepourlu rendre inaccessible.
EscAnpt, *E. participe.
Il Mt aussi adjertif. En ce sens on dil, /?o-
eher escarpé, montagne escarpée, chemin es^
carf c, pour dire, qu'Un rocher, une montagne
est fort rude, de tri:s-diB!cile accès.
ESC.'VRPIN. s. m. Soulier à simple semelle,
"jue l'on portoit autrefois dans des nulles. D«n-
ler en escarpin , avec des escarpins. Se mettre
en escarpins pour jouer à la paume. Prendn
des escarpins pour faire des armes.
Il se dit au pluriel, d'Une cjipécc de torture
m l'on serre les pieds. Donner les escarpins. 71
u eu la escarpins.
ESCARPOLEITE. s. f. Espèce de siège
suspendu par des cordes-, sur lequel on se mei
l»jur iMre pousse et repoussé d-ms l'air, St
mettre à Vescarpolelle.
On dit, qu'Un homme a la tête à l'escarpo-
lette , pour dire, qu'il est étourdi. Il est du style
familier.
E.'"CAnRE. s, f. Croûte noire qui se forme
•ur la peau, !a chair, les plaies et les ulcères,
par l'application de quehpies c.-iustiques. 71
l'^ut attendre ijue l'cicarre loiiifie.
.)\ si;;niCe aussi fijurément. Ouverture faite
• Tfc violence, fracns. 7,e cnnon a fait une
grande escarre dans ce balailtcn, dans la mu-
raille de la Place. Si vous abattez cinq cents
ariret dans votre bois, cela fera une grande
escarre.
ESCAVESSADE. s, f. Terme d- Mauéjje,
S<eou(se du cavetson, lonqu'un veut pressir
U chiral d'ubcir.
ESC
ESCHILI.Oî^. s. m. Nom qu'on donne dins
les mers du Levant ù un melénre fort dange-
reux. C'est une nu6c épuissc , dOu sort nnv.
longue (|UPue, qui s'allonge jusqu'à la mer, el
qui en lire l'eau comme une pompe, avec un
grand bouillonnement.
ESCIENT, s. m. Il ne se met qu'avec I.i p.ir-
ticute «. Ainsi on dît, Faite (jiielque chose à
bon escient^ et plus ordinaircntcnl, à son es-
cient, pour dire, Sciemment et sachant bien ce
qu'on fait. Il vieillit.
À Bos EsciEST. Façon de parler ndverbialc.
Tout de hon, sans feinte. Dites-vous cela à
} on escient? Je parle à hon escient. U vieillit.
ESCLAIRE. s. m. Terme de Fauconnerie.
()ise;m d'une belle longueur. Les csclaires sont
bcn\tx voleurs.
ESCr.ANDRK. s. m. IMalhcur, accident qui
fait de l'cclat, et qui est accompagné de qucU
f]iie lioule. Il est arrivé un qraud esclandre
dans cette famille.
On dit, Faire esclandre, pour dire , Que-
reller quelqu'un eu public; Causer de Vcs-
c!(in(/rc, pour dire, Faire tapage, occasloner
quelque scandale.
ESCLAVAGE, s. m. Etal, condition d'un
rsclave. Rude, dur, o'ucl , perpétuel esclavage.
H cloit en esclavage en Turquie. Il aima micu.c
mourir tjue de tomber en esclavage
U se dit aussi 6gurèmcnt h fcgard des em-
plois , des passioiLs , etc. Cet emploi est luci\itif,
mais c'est un và-itahle esclavage. L'amour est
un esclavntje. Vivre sous un Despote, c'est être
en esclavage.
ESCL.VVE. s. des 2 genres qui s'emploie
aussi adjectivement. Celui, celle qui est en ser-
vitude , el sous la puissance absolue d'un m.'iître.
Un jeune, une jeune esclave. Esclave iVore.
Esclave Turc. Esclave Chrétien. Vendre, ache-
ïer, délivier, racheter des esclaves. Dès qu'un
esclave touche la terre de France, il est libre.
/iffraiichir un esclave. Parmi les Romains, U
maître avait puissance de vie el de mort sui ses
esclaves.
On appelle figurémcnt Esclaves, Ceux qui
par fliitleric, par inlérêl , se rendent drpendans
de quelqu'un, et font avenglément tout ce
qu'ils croient lui devoir plaire, soit bien, soit
mal. 7/ est rsclavc de tous ceux qui peuvent
contribuer à sa fortune.
On dit dans le même sens, Avoir une dme
d^esclave^ pour dire, Une âme vïlc et basse.
On dil aussi fîgurcm. qu'Un homme est es-
clave de la faveur, de ses intérêts, de ses pas-
sions, pour d-rc, qu'il i^il tout pour la faveur,
pour SCS intérêts , pour &alisfatie .ses passions.
On dit aussi d'Un liouunc qui est tellement
ottaclié au service de quelqu'un ou ;ï quelque
emploi, qu'il ne peut s'éloigner, ci faire autre
rhosc, qu7/ est esclave. On est esclave aupi es
de ce maltrc-là. On est esclave céans.
On dil , qu'Cn homme est esclave de sa pa-
role., |>our dire, qu'il est ."ligicux h tenir ce
qu'il proniPt; el au contraire, iWïrc pus es-
clave de >a parole, pour dire, N'êlrc pas exact
b la gttider.
ESC 527
On dit en Poésie , Esclave, pour dire , Amant.
ESCOFFION.s. m. Coîmire de tcieponr d.-s
femmes. Il ne se dit guère qu'en «tyle bur-
lesque et par m(q)iis. Il la battit et lui arracha
son escofjion. Cette femme avoit un étrange es-
cofjion. Il est populaire.
ESCOGRIFFE, s. m. Qui prend hardiment
sans demander. C'est un escoqriffe. C\st un
franc escogriffe. C'est un tour d'escogriffr.
On appelle encore ainsi Les hommes de
grande t.iillc et malbâtis, dont on se veut mo-
quer. C'est un grand escogrifjl:. ïl est burlesque.
ESCOMPTIC. subsl. m. Remise que fait au
payeur celui qui veut être paye avant 1 eclicance.
Il a pris tant peur l'escompte. L'escompte est
aisé à faire, ^ous en ferons l'escompte. 11 aura
tant d'escompte. On disoit autrefois Excompte,
ESCOMPTER, v.a. Faire l'escompte. Quand
un Banquier paye une lettre de change avant
l'échéance, il escompte î'tntéict du temps. Es'
compter un billet. Autrefois on disoit Ex-
compter.
Escompté, êe. participe.
ESCOPETTE. s. f. Arme à feu, espèce de
carabine que l'on portoit ordinaireineut en
bandoulière. Il est vieux.
ESCOPETTERIE. s. f. Salve, dcchnrge de
jdusicurs escopcttes, carabines, fusils et mous-
quets en m*>me temps. Une terrible escopettcric.
ESCORTE, s. f. Compagnie pour la sùrctc
de ceux qui marchent. A'e vous hasardez pas à
passe." ptir ce pays-là sans bonne escorte. £»'cî-
corfe qui avoit conduit le convoi ramena un
tel. Donner une escorte. Escorte du bagage.
Attaquer, battre une escorte. Vaisseau d'escorte.
Servir d'escorte. Marcher sous bonne escorte.
On lui dotina deux cents hommes d'escorte.
On dit. Faire escorte, pour dire, Servir
d'escorte. Si vous voulez, je vous ferai escorte.
ESCORTER. V. a. Accompagner pour mettre
en sûrclc, pour mcttredans le chemin. Il a des
ennemis, il se fait toujours bien escorter. On
détacha tant de cavalerie, tant d'infanta'ie
pour escorter le convoi , pour escorter le bagage.
EsconxÉ, ÉE. participe.
ESCOUADE, s. f. Certain nombre de gens
de pied détachés d'une compagnie, qui sont
rommandes par un bas Officier. Il ne se dit
f^uère qu'en parlant du Uuet à pied. On prit
une escouade du Guet,
ESCOURGÉE. s. f. Fouet qui est fait de
plusieurs courroies de cuir. Fouetter avec des
cscourqées,
ESCOURGEON, s. m. Esp^:e de grain qui
est une sorte d'orge lijtive, qu'on fuit ordinai-
rement maufjCr en vert aux chevaux.
ESCOUSSE. subst. f. Mouvement, action,
course qui sert ^ mieux sauter, d s'êlanccr avec
plus de force, avec plus de légèreté. Prendre
son escousse. Il est du style familier.
E.SCRIME. s. fdîm. .Art de faire des arme*,
exercice par lequel on apprend avec de» fleu-
rets h se li.ittrc à l'épée seule, ou à l'cpce el ou
poignard. Il sait tous les tours d'etaime. Salle
d'escrime. Maître dcscrime. Ou dît plus ordi-
uairemeot, Vn maître d'armes.
5^8
ESP
On dit figiirément et faiiilliùrenicnt, <|u'f ii
homme est hors d'escrime, qu'o/i l'a mis hors
J'escrime, pour dire, qu'il ni; sait où il en est,
qu'il ne peut plus se défendre.
liSCRDlEK. V. n. ScNercer, se bnltri avec
des fleurets. Ces deujc hommes escriment tous
les jours l'un contre l'autre.
Il signifie aussi figinJmrnt, Disputer l'un
contre l'autre sur que^iuo matière d'érudition,
de science. Us ■•'""' '"'" '^""^ savans, il y a
vlaitir à les voir escrimer l'un contre l'autre.
11 est aussi réfléchi; et on dit figurémcut.
S'escrimer île cjuelque c/iose, pour dire, Savoir
$'en servir, failes-t'ous (îcs Dcrs.^ Je m'en es-
crime nuelquefois. Joue-t-il Au luth? Il s'en
escrime un peu. Il est du style familier.
On dit en plaisantant, qu' Un homme escrime
bien, s'escrime bien de la mâchoire, pour dire,
qu'il mange beaucoup. Il est bas.
ESCRDIEUR. s. m. Qui entend l'art d'es-
crimer. Il y a plaisir à voir faire des armes à
deux hons escrimeurs. Escrimeurs à outrance.
ESCROC, s. m. Fripon , fourbe, qui a cou-
tume de tirer, d'attraper quelque chose par
fourberie , par impudence , pai artifice. C'est un
escroc* G ardez.vous des escrocs.
ESCROQUER, v. a. Tirer quelque chose
d'uuo personne par fourberie, etc. 71 m'a es-
ci'oijué dijc pistoles, une montre, un cheval, etc.
Ou dit aussi, Escroijuer quelqu'un, pour
dire, Tirer de lui quelque chose par fourberie,
par arllGcc. Il escroijue tout le monde. Il n'y a
^oiul de Marchand ipt'il n'escronue.
On le dit aussi absolument. Il escroque tant
qu'il peut, partout oii il peut.
Ou dit proverbialenieut d'L'n parasite, qu'il
escroque un dîner.
EscnOQOÉ, ÉE. parlicipe.
ESCROQUERIE, s. f. Action d'escroquer.
Grande, petite escroquerie. Il n'a usé que d'es-
croquerie pour amasser le hien qu il a.
ESCROQUEUR, ECSE. s. Celui, celle qui
escroque. C'est un escroquctir de Livres. On ne
le dit jamais qu'avec un régime.
K S I
E-SI-MI. Terme de Musique, par lequel ou
désigne le mode ou ton de Mi. Cet air est en
E-si-mi.
E S P
ESPACE, s. m. Étendue de lieu depuis un
certain ternie jusqu'A un autre. Grand espace.
Lonq espace. Espace vide, rempli. Cela est
corilenti dans l'espace d'une lieue, li'im arpent,
etc. Il n'y a pas assez d'espace. D'eapace en es-
pace. Garder les espaces.
11 se dit aussi Ue l'étendue du temps. Il y a
un qrand espace de temps. Dans l'espace de six
mois, d'un an.
On appelle Espace-^ imaqinaircf:. Des espaces
qui n'existent point , et qu'on a cru être hors de
l'enceinte 'du monde.
' On dit figurément d'Un homme, qu'il se
moméne dans les espaces imaqinaiics, pour
Hitf, qu'il se forme de» visions.
EvSP
On cppcllc Espace duiis l'Imprimerie, ce
qui sert h. espacer les mots, et alors il est com-
inuiiénioiit féminin.
ESPACCME>T. suhst. m. Ternie d'Ardu-
[cciurc. Distanco entre un corps et un :mtre.
L^ espacement de:; fioleauXj lia solives^ des co-
lonnes. Il se dit aussi en Typographie.
ESPACER. V. a. Ranger les cliosts de tirih
raanièrequ'on laisse les espaces nécessair(!S cnlrc-
deux. Ces deux arbres- U\ ne sont pas hien es-
pacés. Colonnes bien capacées.
On le dit principalement Des lettres, d(<
mots et des lignes dans l'Imprimerie. Le Com-
positeur n'espace pas bien ses lianes. Ses liqnes
ne sont pas bien espacées.
EsPACK, ïE. participe.
ESPADON, s. m. Grande et large ('■pée qu'on
icnoit à deux mains. Il joue hien de lespadon.
Espadon, est aussi Une sorte de poisson. du
muflo duquel sort un os plat, qui est comme
un espadon,
ESPADON>'ER. y. n. Se servir de l'espadon.
Il espadonnc bien.
ESPAGNOLETTE. sul)st. f. Sorte de rotinc
fine. Une camisole d^f^paqnolctle.
Espagnolette, signilic encore Uue espèce
de ferrure [>our les fenêtres.
EîiPALE. s. f. On appelle ainsi L'espace qui
est entre le premier banc des rameurs et la
poupe dans une galère. Celle espuîe ncst peu
assct grande,
ESPALIEU. s. m. Ramcui-quiest le premier
d'un bnnc dans unp enlère. Il e<t fnrt , il set-oit
bon à serK'ir d^rspalicr dans une nalère.
ESPAHEM. s. m. Rangce d arbres fruitiers,
et dont les brandies sont étendues, cou-
chées, dressées contre un mur, soit avec des
clous, soit avec un treillage de percbes. d'ê-
clialas. Des arbres en espalier. Plier ^ Uiider ^
accommoder un espalier.
ESPALMER. v.'a. Enduire de suif fondu et
autre composition, le dessous d'un vaisseau,
d'une galère. Espalmer un vaisseau ^ une ga-
lère. Il se dit parliculièrenicnt d'Une galère.
Esi'AlmÉ, ÉE. participe. Un navtrc cspulmc
de frais est meilleur voilier (pi un autre à pro~
portioîi.
ESPAR GOUITE, subst. fémin. ou PETIT
MUGUET,